Réglementation et responsabilité de l'IA
Réglementation et responsabilité de l'IA
1
Introduction :
« La capacité d’une unité fonctionnelle à exécuter des fonctions généralement associées à
l’intelligence humaine, tel que le raisonnement et l’apprentissage. Il s’agit d’une sorte de logiciel
inédit qui donne à la machine qu’elle intègre la spécificité de bénéficier d’une certaine capacité
d’autonomie vis-à-vis de l’Homme1 ». L’intelligence artificielle (IA) est l’un des développements
technologiques les plus révolutionnaires du XXIe siècle, En 1950, Snarc2, le premier ordinateur
à réseau de neurones est crée par deux étudiants de Harvard : Marvin Minsky et Dean Edmonds.
La même année, Alan Turing publie le Turing Test qui sert encore pour évaluer les IA. De ce test
découlent les fondations de l’intelligence artificielle de sa vision et de ses objectifs est de répliquer
ou simuler l’intelligence humaine dans les machines. Le fonctionnement d'une intelligence
artificielle repose sur des algorithmes complexes qui sont capables de traiter des volumes massifs
de données afin d'imiter les comportements humains. Les systèmes d'intelligence artificielle
utilisent le machine Learning et le deep Learning pour améliorer de manière continue leur
performance en se basant sur les informations reçues. Grâce à l'utilisation de réseaux neuronaux
artificiels, une IA peut apprendre les relations entre les données d'entrée et les résultats souhaités,
ajuster ses paramètres internes et accroître sa précision. Ce processus, connu sous le nom de
rétropropagation, joue un rôle crucial dans l'amélioration des performances des modèles
d'intelligence artificielle. Le processus d'entraînement d'une intelligence artificielle débute par la
collecte de vastes ensembles de données. En fonction du type d'algorithme utilisé, tel que dans le
cas de l'apprentissage supervisé ou non supervisé, le modèle est alimenté avec ces données afin
d'identifier des schémas significatifs. Durant cette phase d'entraînement, les erreurs résultant des
prédictions sont examinées à l'aide de fonctions de coût. Le modèle ajuste ses paramètres internes
grâce à un procédé nommé descente de gradient, dans le but de minimiser ces erreurs et d'améliorer
sa capacité à effectuer des prédictions précises. L’impact de l’intelligence artificiel s’étend à de
nombreux domaines, des assistants vocaux aux systèmes de recommandation, en passant par les
voitures autonomes ou les outils de diagnostic médical. Il y a quelques mois, un parfum était
élaboré avec l’aide d’une intelligence artificielle devant déterminer les ingrédients les plus à même
1
Définition donnée par la norme ISO/IEC 2382 :2015, site consulté le 14 Mai 2025.
2
DataScientest. Intelligence Artificielle : Définition, histoire, enjeux. Publié le 03-009-
[Link]://[Link]/intelligence-artificielle-definition.Consult2 le 16h:23min
2
d’accroître la confiance en soi de son utilisateur3. Cette utilisation anecdotique de l’intelligence
artificielle ne doit cependant pas faire oublier le principal objectif de cette dernière : apporter du
confort, des économies et de la sécurité à chacun. Le véhicule autonome est ainsi pensé pour
supprimer les accidents de la circulation, l’humain étant plus faillible qu’une machine aux capacités
cognitives stables. Les logiciels de diagnostics médicaux sont également envisagés pour leur plus
grande aptitude à brasser les masses de données nécessaires à passer en revue toutes les pathologies
possibles. Un système d’intelligence artificielle (SIA) s’est même montré plus apte que des juristes
humains à détecter des problèmes juridiques précis lors de l’analyse de contrat4.
Cette technologie est toutefois également susceptible de causer des dommages. C’est ainsi
qu’en 2004, l’agence britannique de traitement des pensions alimentaires se dote d’un système
informatique destiné à accélérer leur paiement. Malheureusement, en raison de la complexité du
logiciel et d’incompatibilités, de nombreuses pensions ne sont pas versées tandis qu’environ deux
millions de personnes reçoivent un sur-paiement dont il résultera un coût d’environ un milliard de
dollars. Plus dramatiquement encore, les défaillances d’un logiciel de dosage de rayonnement à
fins de radiothérapie provoquent le décès d’au moins cinq patients entre 1985 et 1987 aux États-
Unis et au Canada.
3 Céline Mangematin. Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle. 2022 consulté sur
[Link] le 14Mai 2025 A 20h38
4
Étude LawGeex dont la méthode et les résultats ont été analysés par B. Dondero et B. Lamon, Juristes humains
contre IA : l’analyse de contrats, À propos de l’étude LawGeex, JCP 2018, 1201.
3
Chapitre 1. La règlementation juridique de L’IA
Au Maroc, l'essor de l'intelligence artificielle (IA) suscite une évolution rapide du paysage
juridique pour accompagner les avancées technologiques dans ce domaine. Bien que le pays ne
dispose pas encore d'une législation spécifique sur l'IA, diverses initiatives sont en cours pour
combler cette lacune et instaurer un cadre propice à un développement responsable de cette
technologie. Le gouvernement marocain reconnaît l'importance de stimuler l'innovation tout en
garantissant la protection des droits individuels et la transparence des processus liés à l'IA. Dans
l'attente de l'adoption de lois spécifiques sur l'IA, le Maroc s'appuie sur des textes juridiques
existants5.
Le Maroc ne dispose pas encore d’un cadre juridique spécifique dédié à l’intelligence
artificielle, ce qui laisse un vide important face aux avancées technologiques rapides dans ce
domaine. En l’absence de législation claire sur l’IA, ce sont des lois et institutions existantes
Pour mieux cerner les enjeux, il convient d’analyser le cadre juridique et institutionnel
mis en place au niveau national et international.
A- Au niveau juridique :
La montée en puissance du cyberespace a apporté avec elle une série de défis juridiques et
sécuritaires auxquels le Maroc, comme de nombreux autres pays, a dû faire face. L'expansion
rapide de l'utilisation d'Internet, des réseaux sociaux, du commerce électronique, des services en
ligne et de l’utilisation de l’intelligence artificielle a créé de nouvelles opportunités, mais elle a
également ouvert la porte à diverses menaces, notamment la cybercriminalité, la diffusion de
contenus illicites et la violation de la vie privée ainsi que l’exploitation abusive des données
personnelles
5
SEMS, « Cadre réglementaire de l'IA : Perspectives nationales et internationales », [Link], disponible en ligne
sur : [Link] Visité le 14-05-2025 à 17 : 17
4
Pour répondre à ces défis, le Maroc a entrepris un processus de renforcement de son
arsenal juridique et institutionnel relatif au cyberespace. Le renforcement de l'arsenal juridique du
cyberespace au Maroc ne se limite pas à la répression, mais englobe également la protection des
droits numériques des citoyens et la protection de leurs identités numériques. Le Maroc s'efforce
activement de renforcer son arsenal juridique pour faire face aux défis posés par le cyberespace.
Ce processus reflète la volonté du pays de promouvoir la sécurité, la confiance et les opportunités
dans l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, tout en protégeant les
droits et les intérêts de ses citoyens dans cette ère numérique en constante évolution6.
Bien que le Maroc n'ait pas encore instauré un cadre juridique spécifique dédié à
l'intelligence artificielle, plusieurs lois et réglementations offrent une base solide pour la
protection des STAD7 et des données personnelles dans le cyberespace. Ce cadre juridique est
composé d'une série de lois et de réglementations conçues pour protéger les droits des individus
tout en encourageant l'innovation et le progrès technologique. Au cours de la dernière décennie,
le Maroc a adopté plusieurs textes législatifs relatifs au cyberespace et au domaine numérique,
notamment :
La loi 09-08, relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des
données à caractère personnel9.
La loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques10.
6
El Mehdi Adnani et Amine Haounani, « L’intelligence Artificielle au Maroc : Entre éthique et réglementation »,
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413. Vol. 2, No. 3, Juin 2024. P1243.
Visité sur le site [Link] le 06-05-2025 à 17h23
7
Système de traitement automatisé de données.
8
Dahir n° 1-03-197 du 11 novembre 2003 portant promulgation de la loi n° 07-03 complétant le Code pénal en
matière d'infractions relatives aux systèmes de traitement automatisé des données (STAD), Bulletin Officiel n°
5171, 18 décembre 2003, p. 396.
9
Dahir n° 1-09-15 du 22 avril 2009 portant promulgation de la loi n° 09-08 relative à la protection des personnes
physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, Bulletin Officiel n° 5771, 18 mai 2009, p.
2014.
10
Dahir n° 1-20-40 du 10 juillet 2020 portant promulgation de la loi n° 43-20 relative aux services de confiance pour
les transactions électroniques, Bulletin Officiel n° 6959, 16 juillet 2020, p. 3942.
5
La loi 53-05, relative à l'échange électronique de données juridiques12.
La loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes.
12
Dahir n° 1-05-196 du 26 septembre 2005 portant promulgation de la loi n° 53-05 relative à l’échange
électronique de données juridiques, Bulletin Officiel n° 5417, 27 octobre 2005, p. 411
13
Dahir n° 1-20-27 du 22 avril 2020 portant promulgation de la loi n° 05-20 relative à la cybersécurité, Bulletin
Officiel n° 6951, 30 avril 2020, p. 3762.
6
réglementée des comportements liés à l'utilisation de l'IA pourrait également exacerber les
tensions sociales et économiques, en l'absence de mécanismes juridiques appropriés pour gérer
les abus et les litiges14.
Les législations, telles que les textes sur la protection des données ou le droit de la
consommation, touchent indirectement l’IA. Hélas, cela est peu exploitable, voire insuffisant
même au niveau international.
Enfin, d’autres pays, comme le Japon, se sont également emparés du sujet de l’IA. Ce
dernier s’oppose tout à fait à la vision européenne, en se positionnant en faveur d’une approche
très souple. Le but ? Attirer des entreprises et des investisseurs.
B- Au niveau institutionnel :
L'ADD est une institution publique stratégique établie conformément aux dispositions de
la loi N°61.16. En tant qu'entité autonome, elle exerce ses fonctions sous la tutelle du Ministère
14
El Mehdi Adnani et Amine Haounani, « L’intelligence Artificielle au Maroc : Entre éthique et réglementation »,
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413. Vol. 2, No. 3, Juin 2024. P1243.
Visité sur le site [Link] le 06-05-2025 à 17h23
7
Délégué auprès du Chef du Gouvernement Chargé de la Transition Numérique et de la Réforme de
l'Administration. L'ADD est investie de la mission d'exécuter la stratégie nationale de
développement numérique et de promouvoir l'adoption généralisée des technologies numériques
par les citoyens. L'Agence assume diverses responsabilités transversales, se positionnant en tant
qu'acteur institutionnel de premier plan. Elle s'attache à structurer l'écosystème numérique,
favorisant l'émergence d'acteurs significatifs au sein de l'économie numérique. Elle est également
chargée de promouvoir l'administration numérique, rapprochant ainsi les services publics des
citoyens et des entreprises.
L'ANRT est un organisme public institué pour superviser et réguler le secteur des
télécommunications. Placée sous l'autorité directe du Chef du Gouvernement, elle jouit de la
personnalité juridique et de l'autonomie financière. Créée en février 1998 par la loi n° 24-96 relative
à la Poste et aux Télécommunications, l'ANRT est investie de compétences réglementaires et de
régulation dans le domaine des télécommunications au Maroc. Il participe à l'élaboration du cadre
réglementaire du secteur, procède à l'octroi des licences et autorisations requises, et assure la
supervision de la gestion du domaine Internet. Sur le plan technique, l'ANRT établit des normes,
agrée les équipements et installations radioélectriques, gère les ressources telles que le spectre des
fréquences et surveille la qualité de service des opérateurs.
La DGSN revêt une importance capitale dans le cadre de la sauvegarde des données
personnelles au Maroc. En sa qualité d'entité relevant du Ministère de l'Intérieur, la DGSN est
investie de missions relatives à la sécurité intérieure et à la prévention de la criminalité, notamment
en ce qui concerne les infractions afférentes à la protection des données et à la cybercriminalité.
Au sein de la DGSN, des structures centrales ont été instituées, notamment le Service de lutte
contre la criminalité liée aux Nouvelles Technologies, qui fonctionne sous l'autorité de la Police
Judiciaire. De surcroît, la DGSN a mis en place des brigades spécialisées et des laboratoires
régionaux, déployés sur le terrain en vue d'enquêter sur les actes criminels relatifs à ces domaines
spécifiques.
8
Par ailleurs, il est à noter la mission essentielle dévolue à la DGSSI, qui se consacre à la
mise en œuvre des orientations stratégiques en matière de sécurité numérique. Elle se distingue
notamment par son engagement résolu dans la lutte contre les cyberattaques ciblant tant les
individus que les entités gouvernementales, les organismes publics, ainsi que d'autres
infrastructures d'une importance cruciale. La DGSSI occupe une position prépondérante dans la
préservation des données personnelles au Maroc. En qualité d'entité spécialisée, elle est investie de
la responsabilité de déployer des dispositifs de sécurité et de mettre en place des mécanismes de
surveillance visant à garantir la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des données à caractère
personnel.
9
comme une unité spécialisée chargée de surveiller, d'analyser et de répondre aux menaces et
incidents liés à la technologie de l'information.
Le CSC est une institution qui opère en étroite collaboration avec la Gendarmerie Royale
pour renforcer la cybersécurité au Maroc. Relevant directement du chef du gouvernement, le CSC
joue un rôle crucial dans la coordination des efforts visant à protéger les systèmes d'information du
pays contre les cybermenaces.
Enfin, le Maroc a mis en place une plateforme nationale d'identité numérique, reposant sur
la nouvelle carte nationale d'identité électronique, pour renforcer la sécurité et la fiabilité des
transactions en ligne. Ces éléments démontrent l'engagement du Maroc à créer un environnement
numérique sûr, fiable et propice à l'innovation, tout en protégeant les droits des utilisateurs et en
assurant la conformité aux standards internationaux.
10
Sous-section 2. Les propositions législatives et initiatives internationales
Tant au niveau national, avec des initiatives en cours pour encadrer l’IA, qu’au niveau
international, où des législations comme le "AI Act" européen est déjà en place, il est clair qu’un
cadre juridique adapté est essentiel pour assurer un développement éthique et responsable de
l’intelligence artificielle.
A- Au niveau National
L'IA offre des avantages considérables dans divers secteurs, de la santé à l'industrie, en
passant par l'éducation et les services publics. Cependant, son utilisation soulève des questions
cruciales concernant la protection des données personnelles, la responsabilité en cas d'erreurs ou
de préjudices, l'éthique de l'IA et les implications socioéconomiques. À l'heure actuelle, le Maroc
ne dispose pas d'une législation spécifique pour régir l'IA, ce qui crée un vide juridique et rend
impérative l'adoption d'une loi-cadre pour garantir un développement éthique et responsable de l'IA
dans le pays. Une telle loi devrait définir les principes fondamentaux, les normes de sécurité, les
mécanismes de surveillance, ainsi que les responsabilités des acteurs impliqués dans l'écosystème
de l'IA. Elle contribuera à assurer la protection des droits individuels, la transparence et la confiance
du public dans cette technologie en constante évolution15.
15
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413. Vol. 2, No. 3, Juin 2024. P1250.
Visité sur le site [Link] le 06-05-2025 à 19h53
11
B- Au niveau International
Le "AI Act" représente une avancée majeure dans la réglementation de l'IA, surtout à la
lumière des technologies émergentes telles que ChatGPT. Cette législation pionnière répond à
l'urgence de mettre en place un cadre juridique adapté pour encadrer ces technologies disruptives17.
1. Respect des droits d'auteur et identification des contenus artificiels : Les IA génératives
doivent désormais garantir le respect des droits d'auteur et assurer une identification claire des
contenus artificiels.
2. Contrôle humain pour les IA à haut risque : Les systèmes d'IA jugés à haut risque,
notamment dans les secteurs critiques tels que l'éducation et la sécurité, doivent être soumis à un
contrôle humain perpétuel. Ils doivent également répondre à des exigences strictes telles que la
documentation technique complète et la gestion proactive des risques.
3. Interdiction des utilisations abusives de l'IA : Certaines utilisations de l'IA, telles que la
surveillance massive et l'évaluation citoyenne, seront interdites, conformément aux principes
européens. Cependant, des exemptions seront autorisées pour des motifs de sécurité publique.
Cette législation européenne marque un pas important vers une réglementation efficace de
l'IA, mais elle souligne également la nécessité d'une coopération et d'une coordination
internationales pour relever les défis communs. Des initiatives telles que le Global Partnership on
16
SEMS, « Cadre réglementaire de l'IA : Perspectives nationales et internationales », [Link], disponible en ligne
sur : [Link] Visité le 14-05-2025 à 17 : 16
17
Ibid.
12
AI (GPAI) visent à faciliter le dialogue et la collaboration entre les gouvernements, l'industrie et la
société civile pour garantir une réglementation équilibrée et cohérente de l'IA à l'échelle
mondiale18.
Traditionnellement, la responsabilité repose sur une relation directe entre l’auteur d’un acte
et le dommage causé. Dans cette logique, l’outil est considéré comme un prolongement de l’action
humaine, sans autonomie propre. Toutefois, certaines intelligences artificielles, notamment celles
basées sur des algorithmes évolutifs, peuvent prendre des décisions imprévues par leurs
concepteurs. Ainsi, elles ne sont plus de simples instruments passifs, mais agissent comme de
véritables "agents autonomes", ce qui rend plus difficile l’application du schéma classique de
responsabilité ; pour mieux comprendre on fait la distinction entre l’outil et l’agent autonome
18
SEMS, « Cadre réglementaire de l'IA : Perspectives nationales et internationales », [Link], disponible en ligne
sur : [Link] Visité le 14-05-2025 à 17 : 17
13
l’utilisateur reste libre d’accepter ou non les suggestions. Si un accident survient en suivant cet
itinéraire, l’utilisateur est responsable, car il a conservé le contrôle total. Alors qu’Un agent
autonome est un système qui prend des décisions par lui-même, en s’appuyant sur des données et
sur des algorithmes d’apprentissage par exemple Une IA utilisée dans une voiture autonome détecte
une situation sur la route et décide de freiner si cette action provoque un accident, personne n’a
directement pris la décision : ni l’utilisateur, ni même le programmeur, c’est une décision autonome
(agit sans instruction humain) 19
Des situations concrètes illustrent parfaitement les difficultés posées par l’attribution de la
responsabilité en matière d’intelligence artificielle, en particulier lorsque ces systèmes agissent de
manière autonome.
Prenons d’abord l’exemple des véhicules autonomes. En cas d’accident impliquant une
voiture sans conducteur, la question de la responsabilité devient particulièrement complexe. Doit-
on imputer la faute au constructeur automobile, au concepteur du logiciel, ou à l’utilisateur donc
La multiplicité des intervenants rend difficile l’identification du responsable unique, et ce d’autant
plus si l’accident résulte d’une décision prise de manière autonome par le système embarqué
De même, les systèmes de diagnostic médical fondés sur l’intelligence artificielle posent
des dilemmes éthiques et juridiques similaires. Si une IA recommande un traitement inadapté ou
omet de détecter une pathologie grave, qui doit en assumer les conséquences ? Est-ce le médecin
19
La Résolution du Parlement européen du 20 octobre 2020 sur un cadre de responsabilité civile pour l’intelligence
artificielle aborde en effet la distinction entre les systèmes d’IA autonomes et les outils programmés traditionnels.
Sur le lien suivant : [Link] consulté le 14 mai
2025 A 20h52
20
ibid.
14
qui s’est appuyé sur l’analyse de l’IA, l’établissement de santé qui l’a intégrée dans ses protocoles,
ou encore le développeur du système ? L’autonomie de la machine brouille les lignes traditionnelles
de la responsabilité médicale.
Enfin, dans le cas des robots d’assistance à domicile, notamment auprès des personnes
âgées ou dépendantes, les enjeux sont tout aussi délicats. Si un robot cause des blessures en
tombant, en administrant mal un médicament ou en négligeant d’assister correctement son
utilisateur, qui en répond juridiquement ? Là encore, l’imputabilité peut être discutée entre le
fournisseur du robot, le concepteur du logiciel, ou encore le service prestataire qui l’a déployé.
Dans ce cas, les tribunaux peuvent se retrouver dans une impasse : aucune personne ne
semble avoir commis de faute identifiable, mais un dommage existe bel et bien. Il devient donc
difficile de déterminer qui doit réparer le préjudice, surtout si l’IA a agi de manière imprévisible
ou non conforme aux intentions de ses créateurs.
Toutes fois dans le cadre d’autonomie de l’IA on peut parler de L’émergence des systèmes
auto-apprenants (comme le machine Learning et le Deep Learning) qui a profondément modifié la
manière dont l’intelligence artificielle interagit avec son environnement et prend des décisions.
21
IBM, « Qu’est-ce que le machine learning ? », IBM Think, [en ligne], [Link]
fr/think/topics/machine-learning (consulté le 09 mai 2025).
15
d'apprendre par elle-même, contrairement à la programmation où elle se contente d'exécuter à la
lettre des règles prédéterminées.22
Ces systèmes qui apprennent seuls grâce aux technologies comme le machine Learning
(apprentissage automatique) et le Deep Learning (apprentissage profond) bouleversent les
principes classiques de la responsabilité juridique. Contrairement aux logiciels traditionnels, ces
IA ne se contentent pas d’exécuter des instructions fixées à l’avance. Elles évoluent de manière
autonome en fonction des données qu’elles traitent, ajustant leur comportement sans intervention
humaine directe. Par exemple Un robot chirurgical utilisant le machine Learning pourrait, au fil
des opérations, modifier sa façon de pratiquer certaines incisions. S’il provoque une lésion
inattendue à un patient, il sera difficile de déterminer si la responsabilité incombe au concepteur
du robot, à l’hôpital, ou au médecin. Surtout si cette action n’était pas programmée, mais apprise
au cours du temps.
22
Futura Sciences, « Deep learning – Définition », [en ligne], [Link]
[Link]/tech/definitions/intelligence-artificielle-deep-learning-17262/ (consulté le 14mai 2025 A 20h54).
16
nécessaires afin de mettre en place des normes éthiques ou encore d’établir la responsabilité en cas
d’accidents impliquant des voitures sans conducteur. C’est ce qu’ont affirmé les députés dans une
résolution adoptée ; « Il est devenu urgent de créer un cadre juridique général clair, cohérent et
complet en matière de responsabilité pour les robots autonomes. »23
Les députés font remarquer qu’un projet législatif est urgent et nécessaire pour clarifier les
questions de responsabilité, en particulier pour les voitures sans conducteur. Ils appellent à un
système d’assurance obligatoire et à un fonds supplémentaire pour garantir le dédommagement
total des victimes en cas d’accidents causés par ce type de voitures. Par ailleurs, les parlementaires
demandent à la Commission d’envisager, à long terme, la possibilité de créer un statut juridique
spécial pour les robots, afin de clarifier la responsabilité en cas de dommages. Le développement
rapide des robots pourrait entraîner des changements sur le marché du travail par la création, le
déplacement et la perte de certains emplois. Le Parlement demande à la Commission de suivre ces
tendances de près.24
23
Parlement européen, Résolution du 16 février 2017 contenant des recommandations à la Commission sur des
règles de droit civil sur la robotique, doc. 2015/2103(INL), disponible en ligne :
[Link] (consulté le 14 mai 2025 A 20h54).
24
Ibid.
17
diligent de parvenir au résultat vers lequel tendait l’obligation25 ; Ensuite, la responsabilité
contractuelle laisse de côté tous les cas où aucune victime n’a signé de contrat parce qu’une IA est
simplement mise à sa disposition, ce qui est le cas dans les affaires Google Suggest, par exemple,
ou toutes les fois qu’un robot engendre un dommage à un tiers qui n’est pas son acheteur26.
25
J-P. CAILLOUX. « La responsabilité des auteurs de systèmes experts ». Droit et intelligence artificielle, une
révolution de la 51 connaissance juridique. Romillat, 2000, p.136.
26
Sur l’absence fréquente de contrat entre un utilisateur d’internet et les autres acteurs du réseau, cf. F. DUPUIS-
TOUBOL. 54 « Responsabilité civile et internet ». JCP. E. n°13. 1997, 640 ; ainsi que M. VIVANT. Lamy Droit du
numérique. Lamy, 2013, n°670
27
ADRIEN BONNET. La responsabilité du fait de l’intelligence artificielle Réflexion sur l’émergence d’un nouvel
agent générateur de dommages.
28
G. COLE. « Tort liability for artificiel intelligence and expert system ». Computer/Law Journal. vol.10, 1990, p.127;
expliquant 47 que « c’est un truisme que de dire que les erreurs de programmation sont inévitables ».
29
M. WALDROP. « No drivers required ». Nature. vol. 518. 2015, p. 21
30
Sur l’imprévisibilité et la difficulté pour une victime d’invoquer la responsabilité pour faute en matière de logiciel,
cf. déjà M. 49 VIVANT. Lamy Droit du numérique. Lamy. 2013, n°690
18
Les régimes actuels de responsabilité limitent le champ au niveau de la responsabilité du
fait des choses ; La preuve d’une faute étant difficile à rapporter, les régimes de responsabilité sans
faute sont des instruments d’apparence plus propice à se saisir de ces faits. Mais tant la
responsabilité du fait des choses de L’IA ; L’application du mécanisme binaire de répartition des
qualifications entre personnes et choses permet en soi une qualification rapide de l’IA comme
chose. Profitant du vague de la notion et de la généralité de l’article 1384 al. 1 du code civil français,
il serait aisé de s’en tenir à l’idée que le régime de responsabilité du fait des choses lui est
applicable. Pourtant, comme le souligne André Lucas, ce régime a été entièrement pensé pour des
objets corporels, et s’accommode mal de l’immatérialité31 ; Sur le plan conceptuel, d’abord, la «
chose » à laquelle fait référence l’article 1384 est une chose qui peut faire l’objet d’un pouvoir
d’usage, de contrôle, et de direction. Elle appartient de ce point de vue originellement au monde
matériel, le caractère non-exclusif, non-rival, et intangible du bien immatériel semblant
ontologiquement opposé à l’idée de garde, même juridique. Sur un plan plus téléologique, ensuite,
la finalité de cette règle telle qu’interprétée actuellement est de faire subir la réparation à celui qui
était le mieux à même de prévenir le dommage en contrôlant ou en entretenant physiquement la
chose, ce qui n’a plus de sens pour l’IA. Sur le plan jurisprudentiel, enfin, aucune décision ne
fournit un exemple d’une hypothèse où l’article 1384 alinéa 1 du code civil français aurait déjà été
appliqué au fait d’une chose incorporelle.32
Cette directive s’applique aux produits défectueux mis en circulation. Elle engage la
responsabilité sans faute du producteur si un défaut de sécurité du produit cause un dommage.33
Mais elle est dépassée face aux IA pour plusieurs raisons : Elle ne couvre que les défauts
présents au moment de la mise sur le marché, alors que les IA évoluent après cette mise en
circulation. Et ainsi le logiciel est difficile à qualifier juridiquement comme produit.
31
A. LUCAS. « La responsabilité des choses immatérielles ». mél. Catala. Litec, 2001, p. 817; dans le même sens cf.
M. VIVANT. 56 Lamy. 2013, préc. n°686. ; v. néanmoins, plus favorables à une responsabilité du fait des choses
immatérielles, G. DANJAUME. « La responsabilité du fait de l’information ». JCP G. n°1. 1996
32
L’article 1384 alinéa 1 du code civil français : On est responsable non-seulement du dommage que l'on cause par
son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses
que l'on a sous sa garde.
33
Directive 85/374/CEE — Responsabilité concernant les produits défectueux
19
Donc les régimes de responsabilité actuels reposent sur des logiques de causalité directe et
de maîtrise humaine, qui ne correspondent plus à la réalité des systèmes d’IA complexes. Une
évolution juridique est donc nécessaire, soit en adaptant les régimes existants, soit en créant un
régime spécial de responsabilité pour l’intelligence artificielle.
Ce droit à la vie privée existait déjà avant la diffusion des systèmes industriels, à travers la
protection de l’espace personnel de l’individu. Cependant, avec le développement de l’intelligence
artificielle et la facilité croissante de la violation de ce droit, la protection de la vie privée est
devenue une nécessité urgente, que ce soit à travers les conventions internationales ou régionales35
L’évolution technologique entraîne une intrusion accrue dans la vie des individus. Avec
l’essor de l’intelligence artificielle, les atteintes à la vie privée se multiplient dans divers domaines.
On peut évoquer, à titre d’exemple, la période de la pandémie de la Covid-19, durant laquelle de
nombreux États n’ont plus toléré le risque de sacrifier leur personnel médical ou leurs citoyens. Ils
ont donc mis en place une série de mesures préventives visant à suivre les citoyens, à l’aide
d’applications intelligentes. En outre, des robots ont été mobilisés pour diagnostiquer les personnes
atteintes du virus.
10 الحماية القانونية للمعطيات ذات الطابع الشخصي بين التشريع الوطني واالتفاقيات الدولية ص:حسن الحافظي34
35
Article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : Nul ne sera l'objet d'immixtions
arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa
réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
20
Cela soulève une problématique juridique : comment les États peuvent-ils garantir une
protection suffisante lors de l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle, sans porter
atteinte à la vie privée ; donc il reste un manque juridique à ce point
Certains juristes estiment que les robots actuels ne sont pas intelligents, ce qui rend
impossible de leur accorder une personnalité juridique. Les technologies de l’intelligence
artificielle ne se sont pas encore développées au point de permettre une programmation équivalente
à celle de l’être humain. Par conséquent, le cadre législatif actuel est incapable d’accepter l’idée de
reconnaître une personnalité juridique aux robots ; Dans ce même contexte, certains chercheurs,
notamment au niveau européen et américain, ont affirmé plus fermement leur rejet de l’idée de
reconnaître une personnalité juridique aux robots intelligents, considérant que cette idée soulève
de nombreuses critiques. Ainsi, la Commission européenne, qui soutient le projet de la « robotique
», a rejeté l’idée de reconnaître aux robots des entités juridiques dotées d’un statut légal semblable
à celui de la personne physique. En effet, un ensemble des juristes dans un rapport sur la robotique
et l’intelligence artificielle, ont exprimé un rejet explicite de cette idée au sein du Parlement
européen concernant l’attribution d’une personnalité juridique aux robots. Ils estiment que cela
reviendrait à accorder aux robots des droits similaires à ceux des époux et des propriétaires, ce qui
permettrait aux fabricants de se désengager de leurs responsabilités envers leurs créations. C’est
cette même approche qui a été adoptée par plusieurs juristes français comme G-Loiseau et M-
Bourgeols, qui considèrent que l’adoption de cette idée entraînerait de nombreux effets juridiques
inacceptables. À leur avis, reconnaître cette qualité juridique mènerait à l’irresponsabilité des
fabricants des appareils intelligents, notamment en cas d’erreurs, et cela entraînerait une absence
de responsabilité juridique claire envers les robots intelligents. En réalité, tant que la personnalité
juridique nécessite une conscience et une volonté propres, il n’est pas envisageable d’en accorder
une à une entité dénuée de vie biologique.36
36
المجموعة العلمية للطبع:ا لناشر،1 طبعة،157-156ص: الكاتبة األستاذة سهام دربال:إشكالية االعتراف بالشخصية القانونية للروبوت الذكي
والنشر
21
serait une personne non humaine mais dotée de certaines capacités à exercer des actes juridiques.
En effet, il ne suffit pas d’accomplir des actes techniques ou scientifiques pour mériter la
personnalité juridique. Celle-ci suppose une volonté propre et une conscience, ce qui reste absent
chez les robots.
37
[Link] consulté le 06/05/2025 à 17h04
38
Article 264 du Code des obligations et des contrats (DOC) portant promulgation du dahir du 9 ramadan 1331,
correspondant au 12 août 1913. Ce texte a été publié au Bulletin Officiel n° 46 du 12 septembre 1913 sur ce site :
[Link] consulté le 06/05/2025 à 17h20
22
Mais que se passe-t-il lorsque l’exécution du contrat repose sur un système d’intelligence
artificielle ? Peut-on toujours imputer la faute à une partie humaine, lorsque le comportement
dommageable découle d’une décision autonome du système ? Cette question soulève des
incertitudes nouvelles : si l’IA agit de manière imprévisible, l’utilisateur ou le fournisseur peut-il
être tenu pour responsable de son comportement ? La réponse n’est pas évidente.
Tout d’abord, la responsabilité contractuelle conserve toute sa pertinence face à l’essor des
systèmes d’intelligence artificielle (SIA), en raison de deux atouts principaux. D’une part, elle
repose sur des régimes juridiques déjà établis, ce qui permet à la victime d’un dommage causé par
une IA d’agir sur le fondement du contrat, en s’appuyant sur le droit national, conformément à la
résolution du Parlement européen. Ce choix constitue un gage de sécurité juridique, bien que
l’interprétation future de la Cour de Justice de l’Union européenne CJUE puisse en limiter la portée,
notamment en matière d’obligations de résultat. D’autre part, le contrat permet aux parties
d’aménager leur responsabilité via des clauses spécifiques (limitatives, exonératoires, de force
majeure, ou de répartition des risques liés à l’IA), offrant ainsi un outil de prévisibilité adapté à
l’incertitude technologique. Toutefois, cette liberté contractuelle se heurte à certaines limites,
notamment dans les relations avec les consommateurs, puisque le règlement européen prohibe toute
clause qui contournerait les droits et obligations qu’il édicte. Ainsi, la responsabilité contractuelle
demeure un fondement central, mais qui doit évoluer avec prudence à l’égard des spécificités
introduites par les IA autonomes39.
Ensuite, qu’en est-il lorsque l’IA pose par elle-même, de manière autonome, le geste fautif
? Lorsqu’un comportement dommageable découle d’une décision autonome d’un système
d’intelligence artificielle (IA), il devient difficile d’imputer directement une faute à une partie
humaine. En effet, l’autonomie et l’imprévisibilité de certains systèmes d’IA compliquent la
détermination de la responsabilité, car l’erreur peut ne pas résulter d’une faute humaine claire, mais
plutôt d’un fonctionnement interne complexe ou d’une décision prise sans intervention humaine
directe40. A titre illustratif, on peut citer l’arrêt de la Cour de cassation française, civile,
39
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, [en ligne]. [Link] Consulté le
14/05/2025 à 17h05.
40
Ellyson, Laura. La responsabilité criminelle et l’intelligence artificielle : quelques pistes de réflexion. Les Cahiers de
propriété intellectuelle (2018). P 888. Sur le suivant : [Link]
23
Chambre civile 1, 19 juin 2013, 12-17.59141. Dans cette affaire, les faits sont les suivants : La
société Lyonnaise de garantie a poursuivi Google en justice parce que, lorsqu’on commençait à
taper son nom dans la barre de recherche Google, la fonctionnalité de saisie semi-automatique
proposait l’expression « lyonnaise de garantie escroc » parmi les suggestions. Considérant cela
comme une injure publique, la société a demandé la suppression de cette suggestion et des
dommages-intérêts.
La cour d’appel a jugé que le fait que Google affiche automatiquement, dans ses suggestions
de recherche, l’expression « lyonnaise de garantie escroc » constitue une injure publique envers la
société Lyonnaise de garantie. Selon elle, même si la suggestion est générée par un algorithme,
Google reste responsable car c’est la société qui a créé ce système et qui peut contrôler ou filtrer
les suggestions. La cour a donc ordonné à Google de supprimer cette suggestion et de verser des
dommages-intérêts à la société Lyonnaise de garantie. Google et son directeur de publication ont
formé le pourvoi en cassation parce qu’ils contestaient la décision de la cour d’appel.
La Cour de cassation a cassé et annulé la décision de la cour d’appel qui avait condamné
Google et son directeur de publication à supprimer la suggestion litigieuse (« lyonnaise de
garantie escroc»)et à verser des dommages-intérêts.
Elle a jugé que la fonctionnalité de suggestion de recherche de Google est le résultat d’un
processus purement automatique et aléatoire, sans volonté de la part de Google d’exprimer une
pensée injurieuse.
Par conséquent, Google ne peut pas être tenu responsable d’injure publique dans ce cas.
La Cour a donc renvoyé l’affaire devant la cour d’appel de Versailles pour qu’elle soit rejugée
conformément à cette interprétation.
responsabilite%CC%81-criminelle-et-lintelligence-artificielle-quelques-pistes-de-re%CC%[Link] consulté le
14/05/2025 à 18h34
41
[Link] consulté le 14/05/2025 à 14h20
24
Cet arrêt constitue un précédent intéressant pour illustrer comment la jurisprudence
a commencé à traiter la question de la responsabilité des systèmes automatisés, même s'il ne
porte pas spécifiquement sur l'IA au sens moderne du terme.
Par ailleurs, certaines IA peuvent conclure automatiquement des contrats illicites, émettre
des conseils erronés ou offensants, ou encore altérer la réputation d’une personne ou d’une
entreprise par l’analyse massive de données disponibles sur internet43.
Afin de pallier la dilution des responsabilités induite par l’usage de systèmes d’intelligence
artificielle, les entreprises ont tout intérêt à anticiper ces risques en mettant en place des
mécanismes de supervision humaine et de traçabilité des décisions algorithmiques. Rappelons que
les règles en matière de responsabilité civile s’appliquent toujours, d’où on peut parler de la
responsabilité objective notamment l’article 88 du DOC44, qui prévoit que : Chacun doit répondre
du dommage causé par les choses qu'il a sous sa garde, lorsqu'il est justifié que ces choses sont la
cause directe du dommage. Ainsi, l’article 1465 du Code civil45 du Québec, prévoit également que
le gardien d’un bien est tenu de réparer le préjudice causé par le fait autonome d’un bien. L’article
1468 du même Code, ajoute que le fabricant et le fournisseur d’un bien meuble sont tenus de
réparer le préjudice causé par le défaut de sécurité du bien. Cela nous pousse vers une réflexion
42
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, sur ce site : [Link] consulté le
14/05/2025 à 16H28
43
Bonnet Adrien, La responsabilité du fait de l’intelligence artificielle – Réflexion sur l’émergence d’un nouvel agent
générateur de dommages, Mémoire de recherche, Master 2 2015. Sur ce site - [Link]
[Link]/nuxeo/site/esupversions/90fcfa29-62e4-4b79-b0b4-d1beacc35e86?inline consulté le 07/05/2025 à 14h12
44
Article 88 du Code des obligations et des contrats (DOC) portant promulgation du dahir du 9 ramadan 1331,
correspondant au 12 août 1913. Ce texte a été publié au Bulletin Officiel n° 46 du 12 septembre 1913 sur ce site :
[Link]
45
[Link] consulté
le 14/05/2025 à 17h21
25
plus large sur les incertitudes juridiques introduites par l’intelligence artificielle dans le domaine
de la responsabilité contractuelle.
Les zones d’ombre que l’intelligence artificielle fait apparaître dans le domaine de
la responsabilité contractuelle
Lorsqu’un système d’IA est utilisé dans le cadre d’une obligation de résultat, c’est la notion
de force majeure qui est mise à l’épreuve. Une erreur commise par l’IA peut-elle être qualifiée
d’événement imprévisible et irrésistible, échappant au contrôle du débiteur ? Deux arguments
militent contre une telle qualification. D’une part, on peut difficilement soutenir que les erreurs de
l’IA soient totalement imprévisibles, en particulier aux débuts de son utilisation. D’autre part, la
jurisprudence semble peu encline à retenir la force majeure dès lors que le professionnel a librement
choisi de recourir à cette technologie, dans une logique comparable à celle refusant de considérer
les fautes d’un préposé ou d’un sous-traitant comme des cas de force majeure. Enfin, dans
l’hypothèse où la responsabilité contractuelle du professionnel utilisateur serait engagé, se poserait
inévitablement la question du recours contre le fournisseur ou le concepteur du système d’IA. Si
ce recours s’appuie sur la garantie des vices cachés, il faudrait alors prouver que le
dysfonctionnement en cause existait au moment de la vente de l’IA, et non qu’il soit apparu
ultérieurement dans le cadre de son apprentissage autonome46.
46
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, sur ce site : [Link] consulté le
14/05/2025 à 15h50
26
Sous-section 2. La responsabilité délictuelle liée à l’utilisation de l’IA
L’identification des régimes de responsabilité applicables en cas de dommage causé par une
intelligence artificielle suppose, en amont, une réflexion sur sa nature juridique. Cette analyse
s’inscrit dans le cadre de la distinction fondamentale entre les personnes et les choses en droit. À
ce titre, l’idée d’attribuer au « robot » entendu ici comme une manifestation matérielle de l’IA un
statut juridique assimilable à celui d’une personne morale a été envisagée pendant un temps,
notamment par le Parlement européen. Toutefois, cette proposition a suscité de vives critiques
doctrinales et politiques, conduisant finalement à son abandon. Par conséquent, il convient
d’écarter l’hypothèse d’une responsabilité fondée sur l’IA en tant qu’ « autrui », ce qui exclut
l’application des régimes juridiques relatifs à la responsabilité du fait d’autrui47.
La responsabilité pour faute constitue depuis longtemps l’un des fondements envisagés pour
permettre la réparation des dommages causés par l’intelligence artificielle.
Avant que ne soit définitivement écartée l’idée d’attribuer une personnalité juridique à l’IA,
certains auteurs avaient même suggéré de reconnaître à cette dernière une responsabilité pour faute
propre. Toutefois, cette hypothèse a rapidement soulevé de nombreuses difficultés, dont certaines
apparaissent particulièrement rédhibitoires. En premier lieu, il semble problématique d’imputer
une faute à une entité non humaine, dépourvue à ce jour de véritables capacités cognitives.
Néanmoins, cet obstacle pourrait théoriquement être surmonté par analogie avec la responsabilité
des personnes morales, reconnue tant par la jurisprudence que par les projets récents de réforme du
droit de la responsabilité civile. Pour ces entités juridiques, la faute peut être comprise comme un
dysfonctionnement dans l’organisation ou le fonctionnement, une conception transposable, dans
une certaine mesure, aux systèmes d’IA.
47
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, sur ce site : [Link] consulté le
14/05/2025 à 18h20
27
Cela étant, cette approche soulève d’autres interrogations majeures. Comment, en second
lieu, distinguer la faute imputable à l’IA de celle de ses concepteurs ou exploitants ? Et, en troisième
lieu, selon quel modèle de référence déterminer ce qui constitue un dysfonctionnement ou un
comportement fautif ?
Dans l’état actuel du droit, la responsabilité dite de droit commun, issue de l’article 1240
du Code civil48, demeure applicable à l’encontre des personnes physiques ou morales impliquées
dans la conception, la programmation ou l’exploitation d’un système d’IA, à condition que soit
démontrée l’existence d’une faute ayant directement causé le dommage. Or, cette exigence
probatoire constitue un obstacle majeur pour la victime, sur qui pèse la charge de la preuve. Celle-
ci devra surmonter deux difficultés : d’une part, la complexité technique du système, nécessitant
souvent l’intervention d’un expert ; d’autre part, l’opacité des chaînes de conception et de décision,
problème pour lequel seule une réglementation spécifique pourrait apporter des solutions
satisfaisantes. Plusieurs auteurs soulignent en effet l’absence actuelle de transparence concernant
l’identité des différents acteurs impliqués dans le développement et la mise en œuvre des systèmes
d’IA. Enfin, l’ensemble des travaux consacrés à la question, y compris ceux du groupe d’experts
de haut niveau mandaté par la Commission européenne, convergent vers un constat préoccupant :
dans de nombreux cas, le recours au régime de la responsabilité pour faute risque de s’avérer
insuffisant, voire inopérant, pour garantir une réparation effective aux victimes. Cette impasse
justifie d’envisager d’autres fondements, à l’instar des régimes de responsabilité du fait des
choses49.
48
[Link]
%20fait%20quelconque%20de%20l,est%20arriv%C3%A9%20%C3%A0%20le%20r%C3%A9parer.&text=Chacun%20e
st%20responsable%20du%20dommage,n%C3%A9gligence%20ou%20par%20son%20imprudence. Consulte le 14
Mai A 18h40
49
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, sur ce site : [Link] consulté le
14/05/2025 à 13h20
28
une chose dans la réalisation du dommage. Parmi ces régimes, on distingue notamment : le régime
général de la responsabilité du fait des choses (1) et la responsabilité du fait des produits défectueux
(2).
La responsabilité du fait des choses, prévue à l’article 1242 du Code civil français, a été
conçue pour les objets matériels dont le comportement est contrôlé par une personne. Or,
l’intelligence artificielle se distingue par son autonomie : elle agit et prend des décisions sans
intervention humaine directe. Dès lors, les dommages causés par l’IA ne relèvent plus seulement
d’un défaut matériel, mais résultent souvent de ses propres choix. Cette autonomie rend difficile
l’application du régime classique, car il devient complexe d’identifier un « gardien » responsable.
Ainsi, le droit actuel montre ses limites et invite à réfléchir à un régime spécifique mieux adapté à
la réalité de l’IA50.
Le régime de responsabilité du fait des produits défectueux peut s’appliquer aux dommages
causés par l’IA, à condition d’y apporter certains ajustements. La qualification de l’IA comme «
produit » pose difficulté, notamment pour les IA dématérialisées, bien que les logiciels aient été
assimilés à des produits dans certaines positions européennes et françaises. La notion de défaut,
centrée sur la sécurité attendue, semble inadaptée aux spécificités de l’IA, surtout lorsque le
dommage n’est pas physique. De même, la définition actuelle du producteur exclut possiblement
les développeurs ou prestataires de services liés à l’IA, ce qui appelle à une redéfinition. Enfin, la
cause d’exonération fondée sur le risque de développement pourrait limiter la responsabilité des
producteurs, posant un dilemme entre protection du public et promotion de l’innovation. Ce régime
reste utilisable, mais son efficacité dépendra de l’interprétation jurisprudentielle et des éventuelles
réformes législatives51.
50
Bonnet Adrien. La responsabilité du fait de l’intelligence artificielle – Réflexion sur l’émergence d’un nouvel agent
générateur de dommages, Mémoire de recherche, Master 2 Droit privé général, 2015, pp. 2, 13-19. Sur ce site -
[Link] consulte le
14 Mai a 16h10
51
Céline Mangematin, « Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle », Presses de l’Université
Toulouse Capitole, p. 447-468, sur ce site : [Link] consulte le 14 Mai A
19h00
29
Section 2. La responsabilité pénale lié à l’utilisation de l’IA
L’émergence de l’IA soulève des incertitudes quant à l’imputabilité pénale. Il est donc
essentiel d’analyser comment cette responsabilité peut être partagée entre les différents acteurs,
Ainsi que la possibilité d’attribuer la personnalité juridique a l’intelligence artificielle
En matière pénale, pour qu’il y ait infraction, trois éléments doivent être réunis.
Premièrement, un élément légal qui suppose l’existence d’un texte incriminant le comportement.
De nombreuses infractions existant aujourd’hui pourraient être commises par une IA à l’instar de
l’homicide [Link]èmement un élément matériel qui se définit comme un fait ou acte
extérieur par quoi se révèle l’intention criminelle ou la faute pénale. Troisièmement, un élément
moral qui se définit comme l’intention de commettre une infraction. Nul n’étant censé ignorer la
loi, cet élément se matérialise généralement par la simple connaissance de l’auteur qu’il commet
une [Link] infraction résultant du fonctionnement d’une IA pourrait-elle engendrer des
conséquences pénales ?54l’un des grands défis de l’IA réside dans le déséquilibre de pouvoir entre
les machines autonomes et les acteurs humains qui les conçoivent et les contrô[Link] responsabilité
pénale doit-elle être attribuée à l’IA elle-même, à son créateur,ou à l'utilisateur ?55 Au Maroc
jusqu’à présent les infractions pénales liées à l’intelligence artificielle s’inscrivent principalement
dans le cadre du droit pénal numérique et de la protection des données personnelles en l’absence
d’un cadre juridique qui réglemente l’intelligence artificielle. L’écosystème de l’intelligence
artificielle repose sur une chaîne d’acteurs aux rôles complémentaires, dont la responsabilité peut
être engagée à différents niveaux. De la conception à l’utilisation finale, chaque intervenant
52
Légifrance, Code pénal - Titre II : De la responsabilité pénale (Articles 121-1 à 122-9), [en ligne], disponible sur :
[Link] (consulté le 14 mai 2025 A 16h).
53
Affiche [Link] responsabilités en matière d’intelligence [Link]é le vendredi 28 juin
[Link]://[Link]/ile-de-france/les-responsabilites-en-matiere-d-intelligence-artificielle-
[Link]é le 16:23
54
Ibid
55
Yanis MOUHOU. Intelligence artificielle et droit pénal. Actualité législative publié le 27/01/[Link] sur
[Link]
legale,[Link] (consulté le 14 mai 2025 A16h:40min)
30
influence le fonctionnement et les impacts du SIA56. Certains usages sont strictement prohibé tel
que I.A utilisant des techniques subliminales pour manipuler, Exploitation de vulnérabilités (âge,
handicap, précarité) , Surveillance biométrique en temps réel à grande échelle, utiliser, mettre sur
le marché ou déployer de telles IA interdites constitue l’une des infractions les plus lourdement
sanctionnées par l’IA Act57.
Selon le Règlement européen sur l’IA (AI Act)58 plusieurs acteurs peuvent être
responsables pénalement dans le cadre de l'utilisation de l'intelligence artificielle notamment le
Le Mandataire : la personne désignée par le fournisseur établi dans un pays tiers pour
effectuer des tâches en son nom et pour son compte. Le mandat écrit est le document qui atteste sa
désignation et prévoit les missions qui lui sont confiées par le fournisseur.
56
La Robe Numérique, Responsabilité et intelligence artificielle : les fondements mobilisables, publié sur LinkedIn le
28 mars 2025, disponible en ligne : [Link]
artificielle-les-fondements-vpa2e/ (consulté le 14 mai 2025 A 16h:40min).
57
AGN Avocats. Non-conformité à l’AI Act : quelles sanctions pour votre entreprise Non-conformité à l’AI Act :
quelles sanctions pour votre entreprise ? Publié le 6-05-25 disponible sur [Link]
des-affaires/intelligence-artificielle/non-conformite-a-l-ai-act-quelles-sanctions-pour-votre-
entreprise/#:~:text=Amendes%20administratives%20lourdes,%2C%20d%C3%A9faut%20de%20transparence%E2%8
0%A6). (Consulté le 14 mai 2025 A 17h:08min).
58
Jean Dupont, Rapport sur l'Intelligence Artificielle enrichi, HAL-SHS, version 1,publié 12 juillet 2024
[Link] Consulté le 17h :04
59
Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), « Entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA
: les premières questions-réponses de la CNIL », publié le 12 juillet 2024. Entrée en vigueur du règlement européen
sur l’IA : les premières questions-réponses de la CNIL | CNIL. (Consulté le 14 mai 2025 A 17h:08min).
31
L’Importateur : la personne située ou établie dans l’UE qui met sur le marché un SIA en
son nom mais qui est fabriqué par une entité située dans un pays tiers.
Le Distributeur :la personne qui met à disposition un SIA sur le marché de l’UE sans être
ni le fournisseur ni l’importateur. Son rôle est principalement d’assurer la conformité du produit
avant sa distribution60.
Les dirigeants des entreprises : Les dirigeants et les entreprises qui utilisent l’IA peuvent
être tenus personnellement responsables des actions de l’IA, notamment s’ils ont commis une faute
ou une négligence dans la conception, l’implémentation ou l’utilisation de l’IA61. Cependant la
question se pose de savoir si les dirigeants de l’entreprise peuvent être tenus
personnellement responsables des actions de l’IA, ce qui soulève des questions de
responsabilité des dirigeants et de corporategovernance 62.
Les Entreprises : Une entreprise pourrait être poursuivie pénalement si elle utilise une
intelligence artificielle de manière contraire à la loi, par exemple en l'utilisant pour commettre une
fraude. Cependant, il peut être difficile de prouver l’intention criminelle, qui est un élément
clé de la responsabilité pénale, dans le cas de l’IA 63. Cependant, Utiliser ou mettre sur le
marché ou déployer de telles IA interdites constitue l’une des infractions les plus lourdement
sanctionnées par l’AI Act. en cas de non-respect de ces obligations, ces acteurs peuvent s’exposer
à des sanctions pénales et administratives selon le règlement Européen de l’AI Act n’établit pas de
sanctions pénales uniformes. Néanmoins, les dispositions du règlement soulignent que « les
sanctions pénales peuvent être prévues par les législations nationales des États membres » en cas
de le viol les plus graves, en particulier lorsqu’il a été prouvé « que les violations des droits humains
ont été commises intentionnellement ou par négligence en utilisant des technologies d’IA interdites
».
60
La Robe Numérique, Responsabilité et intelligence artificielle : les fondements mobilisables, publié sur LinkedIn le
28 mars 2025, disponible en ligne : [Link]
artificielle-les-fondements-vpa2e/ (consulté le 14 mai 2025 A 17h:17min).
61
ChatLegalIA, « Vers une IA responsable : qui doit répondre des dérives et dommages causés par l’intelligence
artificielle ? », [Link]
causeConsulténtelligence-artificielle/. (Consulté le 14 mai 2025 A 17h:21min).
62
Noémie Le Bouard, « Le droit des affaires à l'ère de l'IA : implications juridiques de l'intelligence artificielle dans
les affaires », Village de la [Link]://[Link]/articles/droit-des-affaires-ere-implications-
juridiques-intelligence-artificielle-dans,[Link]. (Consulté le 14 mai 2025 A 17h:23min).
63
Ibid.
32
En Droit français, la responsabilité pénale des acteurs liés à l’intelligence artificielle repose
sur les principes généraux du Code pénal car l’IA elle-même n’a pas de personnalité juridique et
ne peut être poursuivie pénalement. Le Code pénal français engage la responsabilité des personnes
physiques et morales, l’article L121-364 prévoit que « Il n'y a point de crime ou de délit sans
intention de le commettre. Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger
délibérée de la personne d'autrui. Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute
d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue
par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences
normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses
compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il [Link] le cas prévu par l'alinéa qui
précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé
ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les
mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé
de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par
la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une
particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer. Il n'y a point de contravention en cas de force
majeure. »
L’article 121-3 du Code pénal65 précise que la responsabilité pénale repose sur l’intention
ou la faute s’applique également aux acteurs impliqués dans le domaine de l’intelligence
artificielle. En effet les concepteurs, développeurs et utilisateurs peuvent voir leur responsabilité
engagée en cas de négligence ou de manquement à une obligation de sécurité notamment lorsqu’ils
créent ou laissent perdurer un risque important lié à l’IA. Puisque l’IA ne peut pas avoir d’intention
propre, la responsabilité pénale revient aux personnes physiques qui contrôlent ou utilisent ces
technologies, conformément aux exigences légales en matière de prudence et de sécurité. De même
cette responsabilité peut être engagée pour les personnes morales l’article L121-2 du code pénal
français66 stipule « Les personnes morales, à l'exclusion de l'Etat, sont responsables pénalement,
64
Code pénal, Titre II : « De la responsabilité pénale » (Articles 121-1 à 122-9), version en vigueur au 26 janvier
[Link]://[Link]/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006136037/2022-01-
26/.(consulté le 14 mai 2025 A 17h:31min).
65
Code pénal, art. 121-3, version en vigueur au 10 janvier 2023
[Link] (Consulté le 14 mai 2025 A
17h:35min).
66
Ibid
33
selon les distinctions des articles 121-4 à 121-7, des infractions commises, pour leur compte, par
leurs organes ou représentants. »
En Droit Belge, la responsabilité pénale des acteurs liés à l’intelligence artificielle repose
sur les principes généraux du Code pénal car l’IA elle-même n’a pas de personnalité juridique et
ne peut être poursuivie pé[Link] responsabilité pénale des personnes physiques en droit belge
est encadrée par les articles 3 et 7 du Code pénal, qui définissent le champ d’application et les
sanctions encourues. L’article 3 du code pénal belge67 précise que « L'infraction commise sur le
territoire du royaume, par des Belges ou par des étrangers, est punie conformément aux dispositions
des lois belges. » l’article 7 du code pénal belge68 précise que les personnes physiques peuvent
encourir des peines telles que la réclusion, l’emprisonnement, les amendes ou des peines
alternatives, lorsqu’elles commettent une infraction liée à l’usage ou au développement de l’IA. De
même pour les personnes morales, l’article 569 du code pénal belge « .1 Toute personne morale est
pénalement responsable des infractions qui sont intrinsèquement liées à la réalisation de son objet
ou à la défense de ses intérêts, ou de celles dont les faits concrets démontrent qu'elles ont été
commises pour son compte. Sont assimilées à des personnes morales : 1° les sociétés momentanées
et les sociétés internes ; 2° les sociétés visées à l'article 2, § 4, alinéa 2, du Code des sociétés, ainsi
que les sociétés commerciales en formation ; 3° les sociétés civiles qui n'ont pas pris la forme d'une
société commerciale. La responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle des
personnes physiques auteurs des mêmes faits ou y ayant participé. » Dans le contexte de l’IA les
sociétés peuvent être pénalement responsables par exemple : violation de données, fraude liée à
l’utilisation de l’IA. Cette responsabilité complète celle des personnes physiques et permettant à la
fois de sanctionner à la fois les individus et les entités exploitant ou contrôlant les technologies
d’IA.
67
Code pénal belge, Livre premier : « Des infractions et de la répression en général », art. 1er à 18, version en
vigueur au 26 juin
[Link]://[Link]/jurdbconsult/plainWettekstServlet?wettekstId=4166&lang=fr.(Consulté le
14 mai 2025 A 17h:39min).
68
Ibid
69
Code pénal belge, Livre premier : « Des infractions et de la répression en général », art. 1er à 18, version en
vigueur au 26 juin
[Link]://[Link]/jurdbconsult/plainWettekstServlet?wettekstId=4166&lang=fr.(Consulté le
14 mai 2025 A 17h:39min).
34
En Droit Espagnol, la responsabilité pénale des acteurs liés à l’intelligence artificielle
repose sur les principes généraux du Code pénal car l’IA elle-même n’a pas de personnalité
juridique et ne peut être poursuivie pénalement. La responsabilité pénale des personnes physiques
en droit est encadrée par les articles suivants : De l’article 27 jusqu’à l’article 30 du code pénal
espagnole70où se dernier 3071 prévoit que « 1. Lors de délits et contraventions commis en utilisant
des moyens ou des supports de diffusion mécaniques, ni les complices ni ceux qui les ont favorisés
personnellement ou réellement ne sont criminellement responsables. 2. Les auteurs visés à l’article
28 sont responsables de manière échelonnée, exclusive et subsidiaire conformément à l’ordre
suivant : 1º. Les personnes ayant réellement rédigé le texte ou produit le signe en question, et les
personnes qui les ont induits à le faire. 2º. Les directeurs de la publication ou de l’émission dans
laquelle il a été diffusé. 3º. Les directeurs de la société d’édition, d’émission ou de diffusion. 4º.
Les directeurs de la société d’enregistrement, de reproduction ou d’impression. 3. Lorsque du fait
de tout motif autre que l’extinction de la responsabilité pénale, y compris la déclaration de
contumace ou la résidence hors d’Espagne, aucune des personnes comprises dans l’un des numéros
du paragraphe ci-dessus ne peut être poursuivie, la procédure est adressée contre celles
mentionnées au numéro immédiatement postérieur. »
De même cette responsabilité peut être engagée pour les personnes morales. L’article 31
bis72 précise que «1. Dans les cas prévus dans ce code, les personnes morales sont pénalement
responsables des délits commis en leur nom ou pour leur compte, et à leur profit, par leurs
représentants légaux et administrateurs de fait ou de droit. Dans les mêmes cas, les personnes
morales sont de même pénalement responsables des délits commis, dans l’exercice d’activités
sociales et pour le compte et au profit de celles-ci, par quiconque, étant soumis à l’autorité des
personnes physiques mentionnées à l’alinéa précédent, a pu réaliser les faits parce que le contrôle
dû n’a pas été exercé sur lui, eu égard aux circonstances concrètes en l’espèce. 2. La responsabilité
pénale des personnes morales est acquise du moment qu’est constatée la commission d’un délit qui
a dû être commis par la personne qui remplit les mandats ou fonctions cités au paragraphe
70
Code pénal espagnol, LOI ORGANIQUE N° 10/1995 du 23 novembre 1995, publiée au BOE (Journal officiel de
l'État) n° 281 du 24 novembre 1995. [Link]
.(Consulté le 14 mai 2025 A 17h:343min).
71
Ibid
72
Code pénal espagnol, LOI ORGANIQUE N° 10/1995 du 23 novembre 1995, publiée au BOE (Journal officiel de
l'État) n° 281 du 24 novembre 1995.
35
précédent, même si la personne physique responsable concrète n’a pas été individualisée ou s’il
n’a pas été possible d’adresser contre elle la procédure. Quand, suite aux mêmes faits, les deux sont
punies de la peine d’amende, les juges ou tribunaux modulent les montants respectifs, de sorte que
la somme qui en résulte ne soit pas disproportionnée par rapport à leur gravité. 3. L’existence, chez
les personnes ayant réalisé matériellement les faits ou chez celles qui les ont rendus possibles du
fait de ne pas avoir exercé le contrôle dû, de circonstances qui ont une influence sur la culpabilité
de l’accusé ou qui aggravent sa responsabilité, ou le fait que ces personnes soient décédées ou se
soient soustraites à l’action de la justice, n’exclue ni ne modifie la responsabilité pénale des
personnes morales, sans préjudice des dispositions du paragraphe suivant. 4. Seules peuvent être
considérées comme circonstances atténuantes de la responsabilité pénale des personnes morales
les activités suivantes, réalisées après la commission du délit et par l’intermédiaire des
représentants légaux : a) Avoir avoué, avant de connaître que la procédure judiciaire est adressée
contre elle, l’infraction aux autorités. b) Avoir collaboré à l’enquête des faits, à tout moment de la
procédure, par l’apport de preuves qui s’avèrent neuves et décisives pour élucider les
responsabilités pénales découlant des faits. c) Avoir procédé à tout moment de la procédure et avant
le débat oral à réparer ou à diminuer le dommage causé par le délit. d) Avoir établi, avant le début
du débat oral, des mesures efficaces pour prévenir et découvrir les délits pouvant être commis à
l’avenir avec les moyens ou sous le couvert de la personne morale. 5. Les dispositions relatives à
la responsabilité pénale des personnes morales ne sont pas applicables à l’État, aux administrations
publiques territoriales et institutionnelles, aux organismes de régulation, aux agences et entreprises
publiques, aux partis politiques et syndicats, aux organisations internationales de droit public, ni à
tous autres exerçant des pouvoirs publics de souveraineté, administratifs ou lorsqu’il s’agit de
sociétés commerciales de l’État qui exécutent des politiques publiques ou fournissent des services
d’intérêt économique général. Dans ces cas, les organes juridictionnels peuvent effectuer une
déclaration de responsabilité pénale dans le cas où ils apprécieront qu’il s’agit d’une forme
juridique créée par ses promoteurs, fondateurs, administrateurs ou représentants dans le but
d’échapper à une éventuelle responsabilité pénale. »
Selon le règlement de l’union européen de l’IA, les acteurs de l’I.A peuvent être tenue d’une
responsabilité administrative que ce soit pour les personnes physiques ou morales, le règlement de
l’union européen de l’IA a précisé des sanctions administratives lourdes pour ces acteurs qui
s’étend jusqu’à 35 millions d’euros ou 7% du chiffre d’affaires mondial pour l’usage d’I.A
interdites et Jusqu’à 15 millions d’euros ou 3% du chiffre d’affaires mondial pour d’autres
infractions(non-conformité, défaut de transparence…)74
73
Sofie Geeroms. La responsabilité pénale de la personne morale : une étude comparative. Revue
internationale de Droit comparé. Année 1996 48-3. p. 535 publier sur
[Link] (consulté le 14 mai 2025
A18h08).
AGN Avocats, IA et contrats : comment adapter vos CGV et CGU pour rester conforme à l’AI
74
Act, publié le 18 avril 2024, disponible sur : [Link] (consulté le 14 mai 2025
A18h02 ).
75
Gérard Haas, Stéphane Astier et Victoire. Grosjean. Lorsque l’Intelligence Artificielle devient
PDG d’une entreprise.24 octobre 2022. , disponible sur :
[Link]
[Link]. (Consulté le 14 mai 2025 A18h18).
37
entraîne des conséquences négatives, qui est responsable ? Le concept traditionnel de responsabilité
humaine ne s'applique plus directement, car les décisions peuvent être prises à partir de processus
d'apprentissage complexes, rendant l'identification de l'auteur réel d'une action 76.l’intelligence
artificielle est dépourvue de personnalité juridique cela veut dire qu’il n’est ni une personne
physique ou une personne morale. De ce fait l’IA ne peut pas être poursuivie devant la justice pour
cause pénale ou civile.
76
Pamela FEUMBA. Droit des robots et IA : faut-il leur accorder une personnalité juridique
? Publié le 21 juil. 2023 Mis à jour le 21 juil. 2023. Disponible sur : [Link]
[Link]/lamy/articles/droits-des-
robots#:~:text=Face%20%C3%A0%20ces%20d%C3%A9fis%2C%20certains%20experts%20pr
%C3%B4nent%20l%27id%C3%A9e,distinct%20en%20tant%20qu%27entit%C3%A9s%2respon
sables%20de%20leurs%20actions. (Consulté le 14 mai 2025 A18h20).
Gérard Haas, Stéphane Astier et Victoire. Grosjean. Lorsque l’Intelligence Artificielle devient
77
38
des réglementations appropriées.79 Cette proposition, issue d’une résolution adoptée par le
Parlement européen en février 2017, vise à attribuer aux robots autonomes les plus sophistiqués
une responsabilité juridique notamment pour réparer les dommages qu’ils pourraient causer à des
tiers
D’autres sont contre de donner à l’IA une personnalité juridique, plus de 220 experts de
l’intelligence artificielle – juristes, scientifiques, industriels – de 14 pays alertent sur « le risque de
donner un statut juridique aux robots » dans une lettre ouverte adressée le 14 avril à la Commission
européenne80. Les signataires expriment leur désaccord avec cette idée pour diverses raisons. Ils
considèrent qu'il y a une surestimation des capacités réelles des robots, en particulier en ce qui
concerne leur autonomie, leur capacité d'apprentissage et leur imprévisibilité, souvent déformée
par la science-fiction et les médias sensationnalistes. De plus, ils soulignent qu'un robot ne peut
être assimilé à une entité juridique traditionnelle car cela impliquerait la présence d'une personne
physique pour le représenter et le diriger ce qui n'est pas le cas des robots. Ils mettent en garde
contre les implications philosophiques et éthiques d'un tel statut notamment la confusion entre
droits et responsabilités ainsi que le risque d'accorder des droits aux machines de manière
prématurée et problématique.
79
Pamela FEUMBA. Droit des robots et IA : faut-il leur accorder une personnalité juridique ? Publié
le 21 juil. 2023 Mis à jour le 21 juil. 2023. Disponible sur : [Link]
desrobots#:~:text=Face%20%C3%A0%20ces%20d%C3%A9fis%2C%20certains%20experts%20pr%C3%B4nent%20l%
27id%C3%A9e,distinct%20en%20tant%20qu%27entit%C3%A9s%2responsables%20de%20leurs%20actions.
(Consulté le 14 mai 2025 A 18h28).
80
Phane montet. Une personnalité juridique pour les robots ? Plus de 220 experts sonnent l'alarme. Publié le 20
avril 2018. Disponible sur : [Link]
alarme (Consulté le 14 mai 2025 A 18h38).
81
Jean-Michel Gradt. Voiture autonome : une agence américaine étrille Uber pour l'accident mortel de 2018. Publié
le 20 nov. 2019 à 10:44Mis à jour le 20 nov. 2019 à 11:14. Disponible sur : [Link]
services/tourisme-transport/voiture-autonome-une-agence-americaine-etrille-uber-pour-laccident-mortel-de-
20181149373#:~:text=Industrie%20lourde,Voiture%20autonome%20%3A%20une%20agence%20am%C3%A9ricain
e%20%C3%A9trille%20Uber%20pour%20l'accident,l'Arizona%20en%20mars%202018. (Consulté le 14 mai 2025 A
18h40).
39
soulève de nombreuses interrogations sur la nature de cette responsabilité et sur la place des êtres
humains dans cette chaîne de responsabilité. Jusqu’à présent en l’absence d’un cadre juridique qui
réglemente l’intelligence artificielle au Maroc la responsabilité pénale est attribué juste aux
personnes morales ou physiques c’est-à-dire que seuls les sujets de droit peuvent engager leur
responsabilité pé[Link] même pour les autre pays l’I.A n’est pas responsable parce qu’il ne
dispose pas de la personnalité juridique c.à.d. que l’I.A n’est pas un sujet de droit.
82
Dimitri Rose. La responsabilité pénale face à l'intelligence artificielle. Enregistrée en tant que projet de doctorat le
1er février 2022 à l'Université Polytechnique Hauts-de-France (Valenciennes). Disponible sur :
[Link] . (Consulté le 14 mai 2025 A 18h46).
40
Conclusion
L'intelligence artificielle a un impact significatif sur le e-commerce mais il soulève des défis
juridiques. Jusqu’à présent le cadre législatif marocain se base sur la loin° 09-0883 et la loi 05-2084.
Le Maroc se base sur des lois basiques qui sont insuffisant pour appréhender toute la complexité
et les spécificités de l'IA et en particulier en ce qui concerne la responsabilité de l’I.A Face à cette
lacune juridique. Actuellement Le Maroc envisage un cadre légal pour l'intelligence artificielle
(IA) afin de réguler son utilisation et protéger les droits des citoyens. Le ministre de la Justice,
Abdellatif Ouahbi, a souligné la nécessité de créer une législation avant que l'IA ne devienne
omniprésente, en raison des risques qu'elle pose, notamment en matière de responsabilité en cas
d'infractions85 ainsi que le Maroc vise l'adoption de stratégies ambitieuses telles que "Digital
Morocco 2030"86. Toutefois, l'expérience internationale met en lumière l'importance d'un équilibre
entre l'innovation technologique et la protection des droits fondamentaux. Il devient ainsi essentiel
pour le Maroc d'accélérer l'élaboration d'un cadre juridique spécifique à l'IA, adapté à ses réalités
nationales et conforme aux normes internationales. Ce cadre devra garantir la sécurité juridique
des acteurs du e-commerce et il doit protéger efficacement les consommateurs et leurs données
personnelles parce qu’ils sont considérés comme une partie faible tout en favorisant une innovation
responsable et la confiance dans l'économie numérique.
83
Dahir n° 1-09-15 du 22 avril 2009 portant promulgation de la loi n° 09-08 relative à la protection des personnes
physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, Bulletin Officiel n° 5771, 18 mai 2009, p.
2014.
84
Dahir n° 1-20-27 du 22 avril 2020 portant promulgation de la loi n° 05-20 relative à la cybersécurité, Bulletin
Officiel n° 6951, 30 avril 2020, p. 3762.
41
Bibliographie :
Lois :
-Dahir n° 1-03-197 du 11 novembre 2003 portant promulgation de la loi n° 07-03
-Le code civil français. Version antérieure à l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016,
Ouvrages :
-Céline Mangematin. Droit de la responsabilité civile et l’intelligence artificielle.
-Étude LawGeex dont la méthode et les résultats ont été analysés par B. Dondero et B. Lamon, Juristes
humains contre IA : l’analyse de contrats, À propos de l’étude LawGeex
-El Mehdi Adnani et Amine Haounani, « L’intelligence Artificielle au Maroc : Entre éthique et
réglementation », Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) – ISSN
-G. COLE. « Tort liability for artificiel intelligence and expert system ».
42
-M. WALDROP. « No drivers required ».
الحماية القانونية للمعطيات ذات الطابع الشخصي بين التشريع الوطني واالتفاقيات الدولية:حسن الحافظي-
-Sofie Geeroms. La responsabilité pénale de la personne morale : une étude comparative. Revue
internationale de Droit comparé.
-Pamela FEUMBA. Droit des robots et IA : faut-il leur accorder une personnalité juridique ?
-Phane montet. Une personnalité juridique pour les robots ? Plus de 220 experts sonnent l'alarme.
Thèses et mémoires :
- ADRIEN BONNET sous le thème La responsabilité du fait de l’intelligence artificielle Réflexion sur
l’émergence d’un nouvel agent générateur de dommages
-Dimitri Rose. La responsabilité pénale face à l'intelligence artificielle. Enregistrée en tant que projet de doctorat le
1er février 2022 à l'Université Polytechnique Hauts-de-France (Valenciennes).
Webographie :
-[Link]
-[Link]
-[Link]
-[Link]
-[Link]
- [Link]
-[Link]
- [Link]
pistes-de-re%CC%[Link]
-[Link]
-[Link]
43
-[Link]
-[Link]
legale,[Link]
-[Link]
- [Link]
sanctions-pour-votre-
entreprise/#:~:text=Amendes%20administratives%20lourdes,%2C%20d%C3%A9faut%20de%20transparence%E2%
80%A6).
-[Link]
causeConsulténtelligence-artificielle/.
-[Link]
artificielle-dans,[Link]
-[Link]
-[Link]
pour-laccident-mortel-de-
20181149373#:~:text=Industrie%20lourde,Voiture%20autonome%20%3A%20une%20agence%20am%C3%A9ricai
ne%20%C3%A9trille%20Uber%20pour%20l'accident,l'Arizona%20en%20mars%202018. (Consulté le 14 mai 2025
A 18h40).
44
Table des matières
Sommaire :..................................................................................................................................................... 1
Introduction : ................................................................................................................................................. 2
Chapitre 1. La règlementation juridique de L’IA ........................................................................................ 4
Section1. L’absence du cadre juridique de l’IA. ..................................................................................... 4
Sous-section 1. Évaluation du cadre juridique et institutionnel existant........................................... 4
A- Au niveau juridique : .......................................................................................................... 4
B- Au niveau institutionnel : ................................................................................................... 7
Sous-section 2. Les propositions législatives et initiatives internationales ..................................... 11
A- Au niveau National .......................................................................................................... 11
B- Au niveau International ................................................................................................... 12
Section 2 : Les limites du droit face à la responsabilité de l’intelligence artificielle ............................ 13
Sous-section 1 : L’autonomie de l’IA remet en cause les bases de la responsabilité ....................... 13
Sous-section 2 : un cadre légal encore trop limité ........................................................................... 16
Chapitre 2 : La responsabilité juridique liée à l’utilisation de l’IA............................................................ 22
Section 1. La responsabilité civile liée à l’utilisation de l’IA ................................................................. 22
Sous-section 1. La responsabilité contractuelle liée à l’utilisation de l’IA ....................................... 22
Sous-section 2. La responsabilité délictuelle liée à l’utilisation de l’IA ............................................ 27
A. La responsabilité pour faute face à l’intelligence artificielle. .............................................. 27
B. La responsabilité du fait des choses face à l’intelligence artificielle. .................................. 28
Section 2. La responsabilité pénale lié à l’utilisation de l’IA ................................................................ 30
Sous-section 1 : Responsabilité partagée ........................................................................................ 30
Sous-section 2. La possibilité de donner un statut légal à certaines IA ........................................... 37
Conclusion.................................................................................................................................................... 41
Bibliographie :.............................................................................................................................................. 42
45