Droit des personnes et incapacités juridiques
Droit des personnes et incapacités juridiques
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Le Droit des personnes est une composante du Droit civil. Ce droit a pour objet les
personnes, c’est-à-dire les Sujets du Droit, qu’il faut impérativement distinguer avec les
Biens, objet de de Droit.
Par ailleurs, remarquons d’emblée que, le mot personne n’est pas entendu dans le
même sens, selon qu’il s'agit de la langue courante ou selon qu’il s'agit du langage juridique.
Dans le langage courant, la personne désigne l’Etre humain. Par contre, dans le langage
juridique, le mot a une acception plus ou moins différente. En Droit, la personne est celui qui
est apte à avoir des droits et de pouvoir les exercer, et des obligations à respecter. En
revanche, ces deux définitions ne coïncident pas nécessairement.
D’une part, toute personne humaine n‘est pas sujet de droit. En effet, lorsque l’on
examine l’histoire ancienne, voire récente, on s’aperçoit que dans certains systèmes
juridiques, il a existé des Etres humains qui n’étaient pas des personnes juridiques. C’est le
cas, par exemple, de l’esclavage où l’esclave n’avait pas de droit ; des étrangers qui n’étaient
pas toujours considérés comme des personnes au sens juridique. Etant entendu que la
personnalité juridique était réservée aux citoyens, aux nationaux ; la mort civile était en
quelque sorte une déchéance qui frappait les personnes condamnées à un emprisonnement à
vie. Elles cessaient d’être des personnes au sens juridique du terme. Par conséquent, on
ouvrait leur succession et on partageait leurs biens comme si ces personnes étaient mortes.
Actuellement, dans nos systèmes modernes, ces situations ne se rencontrent plus et toutes les
personnes physiques ont une personnalité juridique.
D’autre part, il n’y a pas que les personnes humaines qui sont sujets de droit. On
constate, en effet, qu’il y a des personnes au sens juridique du terme qui ne sont pas des
personnes humaines : ce sont les personnes morales constituées essentiellement des
groupements de personnes humaines. On distingue les personnes morales de droit privé que
sont les sociétés, les associations, les syndicats, etc., des personnes morales de droit public, à
savoir les collectivités locales (communes, départements, les établissements publics, l’État
lui-même dans ses relations internationales est pourvu de la personnalité morale).
Ceci dit, le droit reconnaît deux catégories distinctes de personnes juridiques : les
personnes physiques et les personnes morales. Ainsi, ce sont ces différentes catégories que
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Nerson, « La condition de l’animal au regard du Droit », D., 1963, chr. P. 1
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La personnalité juridique est l’aptitude pour une personne physique à être sujet de
droits et de les exercer et des obligations, c’est-à-dire à être titulaire actif et passif de droits,
que le droit reconnaît à tout individu. La loi ne la leur attribue pas, elle la leur reconnaît.
Autrement dit, la loi n’accorde pas aux Etres humains la personnalité juridique, celle-ci n’est
pas une création arbitraire de la loi, mais une donnée naturelle. Elle est inhérente à l’Homme.
Elle s’attache à un support qu’est le corps humain, mais à un corps vivant. C’est dans cette
optique, que l’art. 78, al. 1 du Code civil gabonais dispose que : « La personne humaine est
sujet de droits à partir de sa naissance et jusqu’à sa mort ». L’exigence de vie transparaît,
lorsque le législateur gabonais envisage la situation de l’enfant simplement conçu en posant la
règle qu’il puisse être titulaire de droit s’il naît vivant (art. 79 du Code civil). Nous relevons
donc que la durée de la personnalité juridique de la personne physique est concomitante à
l’existence d’un corps humain vivant. Ainsi, après avoir analysé les modalités d’acquisition
de la personnalité juridique de la personne physique (section 1), nous verrons que certaines
évènements peuvent entraîner sa perte (section 2).
La question ici est celle de savoir à quel moment apparaît la personnalité humaine : à
la naissance, à la conception. La loi, notamment le Code civil pose le principe (A) qui
engendre des incertitudes quant au sort réservé à l’enfant simplement conçu (B).
A- Le principe
Aux termes des dispositions de l’art. 78, al. 1 du Code civil, la « la personnalité
juridique débute à la naissance jusqu’à la mort ». Jusqu’à cet instant précis, en effet, l’enfant
n’a pas de personnalité. Il n’est que, pour reprendre une expression latine, pars viscerum
matris, c’est-à-dire un morceau des entrailles de sa mère. Fait juridique, la naissance se
manifeste par l’accouchement dont, comme le relève le Doyen Carbonnier, « la section du
cordon ombilical marque le terme ». A ce moment, s’extériorise l’aptitude à être sujet de
droit. Il est donc important que ce fait soit constaté de manière incontestable.
En revanche, il importe de préciser que la naissance est le fait de naître vivant. Par
conséquent, le mort-né n’est pas une personne. L’enfant mort-né est celui qui était déjà mort
dans le ventre de sa mère. Il est à distinguer de celui qui n’a vécu que quelques minutes, voire
quelques secondes.
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Ainsi, quand le père est décédé, alors que sa femme est enceinte, l’enfant lorsqu’il
aurait été conçu pourra bénéficier de la succession.
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A- Le décès
Sur la perte de la personnalité juridique, le Code civil est sans équivoque. Il énonce en
son art. 78, al. 1 que la personnalité juridique cesse au décès. C’est donc au décès et par le
décès que s’éteint la personnalité, qu’elle se perd. De fait, il apparaît que la personnalité dure
autant que dure la vie. La règle est donc absolue. En d’autres termes, aucun autre évènement
ne peut entraîner une perte totale de la personnalité juridique.
Fait juridique, le décès n’est pas défini par le législateur. Le droit se préoccupe, en
effet, davantage à mettre en place des procédures de constatation de la mort que de la définir.
C’est donc à la science qu’il est revenu de fournir les éléments qui permettent d’identifier cet
état. De ce fait, deux définitions coexistent. Selon la médecine légale, la mort est entendue
comme étant l’arrêt complet et irréversible des fonctions vitales. C’est l’état de la personne
dont l’activité cardiaque et respiratoire est définitivement arrêtée. Elle est assimilée à l’état de
« cadavre froid ». A côté de cette conception de la médecine légale, le Conseil d’Etat
notamment français a, dans une décision rendue le 02 juillet 1993, consacré la mort cérébrale.
Pour le CE, la mort c’est l’état de la personne dont le système cérébral peut être considéré, par
des artériographies et par des électroencéphalogrammes convergents, comme
irrémédiablement détruit. Cette dernière définition n’est toutefois applicable qu’aux patients
en état de coma dépassé. Elle permet de tracer une frontière entre la vie et la mort, laquelle est
un processus de destruction progressive des fonctions vitales. S’il est vrai que la mort est
facilement reconnaissable, il est aujourd’hui de plus en plus admis que la mort doit être
constatée par un médecin, qui délivre un certificat de décès après avoir constaté cet arrêt.
La présence du corps humain en vie est une certitude sur l’existence de la personnalité,
de même que celle d’un cadavre permet de constater sans hésitation possible sa perte.
Cependant, il est des situations dans lesquelles un doute subsiste quant à l’existence de la
personnalité juridique. Ces situations engendrent des incertitudes que le législateur gabonais
envisage et encadre dans les arts. 121 et suiv. du Code civil. Ces incertitudes peuvent résulter
de l’absence de nouvelles d’une personne pendant une période relativement longue ou des
circonstances dans lesquelles ce manque de nouvelles s’est produit. Ce sont respectivement
l’absence (1) et la disparition (2), et dans la moindre mesure la réapparition de l’absent ou du
disparu (3).
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1- L’absence
Si la déclaration de présomption d’absence peut intervenir deux (2) ans après le dépôt
de la demande et suivant les résultats de l’enquête, le seul dépôt de cette demande produit des
effets. Ainsi, le Tribunal peut prendre deux séries de mesures.
Au plan patrimonial, il résulte des dispositions de l’art. 121, al. 3 du Code civil que le
Tribunal doit désigner un administrateur provisoire des biens dès le dépôt de la demande.
Cet administrateur, qui peut être le conjoint, établit, dès son entrée en fonction, un inventaire
des biens du présumé absent et le dépose au greffe du Tribunal compétent. Il a le pouvoir de
faire les actes conservatoires et de pure administration et peut être autorisé, en cas d’urgence,
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à faire des actes de disposition2. Seul le Tribunal peut révoquer ou remplacer l’administrateur
provisoire de biens.
Au plan extrapatrimonial, les dispositions de l’art. 121 in fine du Code civil énoncent
que, s’il y a des enfants mineurs, le Tribunal saisi de la demande les déclare soumis au régime
de l’administration légale ou de la tutelle.
b- La déclaration d’absence
Elle repose sur l’idée de la forte probabilité qu’une personne qui reste quatre (4)
années sans donner de nouvelles à ses proches ne soit pas en vie. Par conséquent, les intérêts
de ses proches sont fortement pris en compte dans cette phase. Ainsi, l’absence déclarée est
considérée par le législateur comme cause de divorce, et le conjoint de l’absent est fondé à
demander le divorce pour cause d’absence déclarée (art. 142 du Code civil).
c- La déclaration de décès
La déclaration de décès est prévue au niveau de l’art. 148 du Code civil. Ce texte
indique notamment la procédure à suivre pour obtenir un jugement déclaratif de décès. Selon
cet article, la procédure débute par l’introduction d’une demande de déclaration de décès
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Acte par lequel on dispose d’un bien. C’est le cas de la vente ou la donation. Il se distingue de l’acte
conservatoire et de l’acte d’administration.
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devant le Tribunal qui avait rendu le jugement déclaratif d’absence. Elle peut être introduite
par tout intéressé, dix (10) ans après la réception des dernières nouvelles de l’absent. Elle
induit la réalisation d’une enquête complémentaire à la diligence du parquet (ministère
public). C’est au vu des résultats de cette investigation que le Tribunal pourra rendre le
jugement déclaratif de décès, assimilé à un acte de décès.
Le jugement déclaratif de décès comporte tous les effets que le décès de l’absent aurait
produit : ouverture de la succession au lieu du dernier domicile de l’absent, fin des pouvoirs
de l’administrateur provisoire, dissolution du mariage si le divorce n’avait pas été prononcé.
2- La disparition
Pour les hypothèses ou les circonstances dans lesquelles la disparition est intervenue
rendant le décès certain ou du moins infiniment probable, le législateur a consacré un régime
spécifique, fondé sur le raccourcissement et l’allègement de la procédure.
Ainsi, aux termes des dispositions de l’art. 152 du Code civil, la disparition est : « le
fait, pour une personne, de ne reparaître par suite de circonstances de nature à mettre sa vie en
danger, lorsque son corps n’a pu être retrouvé, et qui rendent le décès certain ou, du moins,
infiniment probable ». Ces circonstances sont un péril de mort rendant le décès vraisemblable,
sans que l’on puisse établir que ce péril a effectivement causé la mort, notamment en raison
de l’absence de cadavre.
Si le Tribunal estime que le décès n’est pas suffisamment établi, il peut ordonner toute
mesure d’information complémentaire, notamment une enquête administrative sur les
circonstances de la disparition. La date du décès doit être déterminée : c’est le jour de la
disparition ou un autre jour en fonction des présomptions tirées des circonstances. Mention en
est faite sur les registres de l’état civil du disparu (naissance, mariage).
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a- Au plan patrimonial
Les effets du retour avant le jugement concernent exclusivement l’absent. Ainsi, dès
son retour, l’absent :
Après le jugement, les effets du retour concernent à la fois l’absent et le disparu. Ceci dit,
l’absent ou le disparu :
b- Au plan extrapatrimonial
L’identification est absolument nécessaire afin que l’on puisse reconnaître les droits et
les obligations qui sont attachés à chaque personne. C’est un exercice de classement dans des
catégories prédéterminées. Pour ce faire, trois (3) situations permettent d’individualiser la
personne physique et de l’identifier dans la vie sociale. Parmi ces institutions, nous pouvons
mentionner le nom (section 1), le domicile (section 2) et l’état civil (section 3).
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Le nom, c’est l’appellation par laquelle on désigne une personne. Il a pour but de
permettre l’identification et l’individualisation de toutes personnes physiques, voire morales.
Ainsi, le nom constitue un attribut essentiel de la personnalité. Il est composé de divers
éléments (A) et, est soumis à un régime juridique spécifique (B).
Aux termes des dispositions de l’art. 93 du Code civil : « Tout Gabonais doit avoir un
nom, auquel s’ajoutera celui de son père et éventuellement, un ou plusieurs prénoms ».
Comme on peut le remarquer, le nom de famille est attribué dans les conditions fixées par le
Code civil. En revanche, la réglementation prévue par le législateur permet de distinguer
divers modes d’attribution, selon la situation de famille, en notamment la filiation.
Ainsi, l’enfant légitime ou naturel, reconnu par le géniteur, porte le nom de son père,
si ce nom est héréditaire ou si le père le décide. En cas de désaveu, l’enfant naturel non
reconnu par le géniteur portera le nom de la mère, si ce nom est héréditaire ou si celle-ci le
décide (art. 95 du Code civil).
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En cas de filiation adoptive, l’adoptant peut, s’il a un intérêt légitime, être autorisé à
ajouter son nom à celui de l’adopté (art. 97 du Code civil). S’il s’agit d’une adoption par les
deux époux, le nom du mari est donné à l’adopté. Remarquons que les enfants du mari
adoptés par l’épouse de celui-ci conservent le nom de leur père.
Par ailleurs, le changement de nom d’une personne peut être autorisé, s’il y a juste
motif, par décret du Chef de l’Etat pris après avis de la Cour suprême (art. 101 du Code civil).
Dans les six (6) mois qui suivent la publication du décret au Journal officiel, tout intéressé
peut exercer un recours devant la Cour suprême statuant en référé. S’il n’y a pas eu
d’oppositions dans ce délai de six mois, ou si celles qui ont été faites n’ont point été admises,
le bénéficiaire du décret ne pourra faire usage du nouveau nom qu’après rectification des
actes de l’état civil le concernant.
Enfin, la femme mariée ne perd pas son nom patronymique par le simple effet du
mariage. En se mariant, elle acquiert seulement la faculté d’user le nom patronymique de son
mari, qu’elle peut substituer ou juxtaposer à son propre nom (art. 98 du Code civil). Le décès
du mari ne prive pas la femme du droit de porter le nom de son défunt mari ou de l’adjoindre
au sien, sauf en cas de remariage. De même, ce droit disparaît en cas de divorce. Ainsi, le
jugement qui prononce la séparation de corps peut, pour des raisons graves, interdire à la
femme d’utiliser le nom de son conjoint, ou l’autoriser à le porter.
En somme, le nom des personnes physiques recèle trois (3) intérêts, à savoir un intérêt
étatique ou public, un intérêt familial et un intérêt individuel. D’une part, l’État a intérêt à ce
que chaque citoyen puisse être désigné de façon stable et singulière. Il veut savoir si les
individus remplissent leurs obligations civiles. Sous cet angle, le nom est une institution de
police civile, c’est-à-dire une institution purement administrative. Ensuite, le nom apparaît
comme la propriété d’une famille. En effet, le nom va unir les membres de la famille, et il est
le symbole d’une certaine cohésion familiale, d’un orgueil familial. Le droit de la famille va
ainsi défendre le nom et chercher à le perpétuer. Enfin, le nom fait l’objet d’un intérêt
individuel, purement personnel, de celui qui le porte. Ce n’est pas une étiquette : il devient
une partie essentielle de la personne, l’individu.
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a- Le prénom
Cette liberté de choix du prénom justifie que les personnes puissent avoir plusieurs
prénoms. Ces prénoms ne peuvent être modifiés que sur décision de justice. L’art. 103 du
Code civil prévoit que le changement de prénom ou l’adjonction d’un prénom pour une
personne peut être autorisé par le Président du Tribunal du domicile du demandeur, s’il y a un
juste motif. Mention de ce changement ou de cette adjonction doit être faite en marge de
l’acte de naissance de l’intéressé.
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dégager les caractères du nom. Désormais, les auteurs s’accordent et reconnaissent que le nom
est à la fois une institution de police civile et un droit subjectif.
Ceci étant dit, le nom, élément d’identification de la personne physique, voire morale,
est soumis à un régime juridique dont les éléments portent sur son usage (1) et sa protection
(2).
1- L’usage du nom
Le nom est obligatoire (a) et immuable (b). Ces deux caractères président aux règles
de l’usage du nom.
Le nom étant une institution de police, toute personne est tenue d’avoir un nom et d’en
faire usage en se désignant et en se faisant désigner par lui. Par ailleurs, tous fonctionnaires et
officiers publics ou ministériels doivent désigner les personnes, dans les actes, expéditions ou
extraits qu’ils rédigent, par leurs titres : noms et prénoms réguliers (art. 107 du Code civil).
b- Immutabilité du nom
2- La protection du nom
Le nom fait l’objet d’une protection stricte. Il apparaît comme un droit subjectif. Ainsi,
nul ne peut être privé d’en avoir. Aussi, il est reconnu à toute personne le droit d’agir en
réclamation de son nom patronymique et celui de s’opposer à son usurpation et à son
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utilisation abusive par les tiers (art. 110, al. 1 du Code civil). De fait, un intérêt, même
purement moral, peut permettre à toute personne d’agir en réclamation de son nom
patronymique et d’interdire à un tiers d’en faire usage. L’usage abusif d’un nom
patronymique et de tous les autres éléments d’identification de la personne engage, s’il y a
préjudice, la responsabilité de son auteur.
A- La notion de domicile
Dans le langage juridique, le terme domicile reçoit une signification très précise. En
effet, alors que dans la langue courante, le domicile c’est le lieu où l‘on demeure
habituellement, dans la langue juridique, par contre, le domicile est, selon l’expression
consacrée, le lieu du principal établissement. C’est en quelque sorte le centre d’intérêts de la
personne. Le domicile va donc traduire un rattachement des personnes à un certain lieu
géographique.
Le domicile constitue, selon la loi, le lieu où est censée être une personne. C’est
l’élément juridique qui permet de situer la personne dans l’espace, de la localiser
géographiquement. En tant qu’institution, le domicile est obligatoire en ce sens que tout
individu doit en avoir un afin d’être rattaché à un lieu donné. Le domicile se caractérise
également par sa stabilité, condition sans laquelle le rattachement ne se ferait pas à un point
précis. Le domicile présente une certaine unité. En d’autres termes, une personne ne peut
avoir qu’un seul domicile pour des considérations de logique – on ne peut être localisé à
plusieurs endroits à la fois – et d’organisation sociale (difficultés de localiser une personne en
cas de pluralité de domicile).
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1- La détermination du domicile
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La loi attache au domicile plusieurs effets juridiques. Elle lui fait jouer un rôle de
localisation de l’individu afin qu’il puisse exercer ses droits civils. Le domicile joue alors un
rôle de centralisation juridique.
Pris comme lieu privé, le domicile exerce une fonction d’approche. A ce titre, il
permet de poser une présomption de présence permanente de la personne. De fait, même si la
personne destinataire d’un acte n’est pas effectivement à son domicile au moment où on l’y
recherche, c’est à ce domicile, pris comme demeure, qu’il est supposé revenir. De la sorte, les
actes de procédures sont portés à la connaissance de la personne par notification à domicile
(cette notification est appelée signification, lorsqu’elle est faite par huissier de justice). En
outre, les dettes étant quérables, leur paiement doit être fait au domicile du débiteur.
Retenu comme un point d’un ressort territorial, le domicile exerce une fonction de
rattachement à une compétence territoriale. Autrement dit, le domicile permet de rattacher la
personne au ressort géographique d’une autorité donnée. En effet, la compétence de chaque
autorité est limitativement fixée dans l’espace. C’est le domicile qui permet de fixer, pour
chaque situation, l’autorité compétente, qu’il s’agisse d’une autorité judiciaire ou
administrative. Le Tribunal du lieu du domicile du défendeur, le dernier domicile connu du
présume absent ou de sa dernière résidence. En matière d’état civil, les actes d’état civil,
notamment le mariage, doivent être établis dans le ressort territorial de l’une des parties.
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Section 3 : L’état-civil
Des critères de fond sont utilisés pour établir l’état-civil de la personne. Certains sont
d’ordre naturel (1) et donc intrinsèques à la personne, et d’autres d’ordre social (2), résultant
de la situation de famille de la personne.
a- Le sexe
Le sexe opère un classement binaire dans la population. Il est un critère distinctif qui
se manifeste par des signes familiers rarement équivoques : apparence corporelle,
comportements vestimentaires (désormais travesti par la modernité). La différence de sexe est
ainsi reconnue et le législateur en tient compte dans diverses situations. De ce fait, la mention
du sexe de l’enfant devient un impératif dans l’acte d’état-civil. Ce travail incombe aux
cliniques, maternités puisque ce sont elles qui déclarent la naissance. Le sexe est repérable dès
la naissance et de nos jours avec l’échographie, c’est-à-dire avant la naissance. Aussi,
davantage encore chez nous, la différence de sexe est une condition de validité du mariage.
Malgré cette prise en compte, la règle de l’égalité des sexes est de rigueur, même si
dans certaines situations, il est patent que cette règle demeure un vœu pieux. Ainsi, la
différence de sexe est un élément de différenciation au plan salarial.
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Cependant, tout n’est pas aussi simple avec le sexe. En effet, il existe des situations à
problèmes qui imposent aux juristes et au Droit un regard particulier sur certaines questions
liées au sexe. Il en est ainsi de l’hermaphrodisme qui est un phénomène biologique dans
lequel la personne est morphologiquement mâle et femelle, soit successivement, soit
alternativement. Il désigne une intersexualité, considérée comme une maladie sans problème
de santé associé.
Lorsqu’il est vrai, la personne a des chromosomes sexuels variables, mais naît avec
une ambiguïté sexuelle : il a à la fois un pénis érectile, un vagin et un utérus ; le
transsexualisme qui met en évidence la complexification du sexe avec la prise en compte de
composantes d’ordre physiologique, psychologique et social qui ne sont pas fixées à la
naissance. En somme, le sexe est une juxtaposition de plusieurs éléments, anatomiques,
génétiques, sociologiques et psychologiques.
Pour le juriste, la question est de savoir s’il faut – si on doit – rectifier les actes d’état-
civil de la personne pour prendre en considération cette évolution. Dans notre droit positif, en
vigueur, la réponse est bien évidemment et sans ambages négative, en raison du principe de
l’immutabilité du sexe constaté dans l’acte d’état-civil, et surtout du poids de la coutume. En
revanche, en France, depuis un arrêt de la Cour de cassation en date du 11 décembre 1992, le
changement de sexe est possible, mais dans certaines conditions (JCP, 1993, II, 2, 1991).
b- L’âge
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affecté un statut juridique approprié. Exemple, la distinction entre majeur et mineur, selon que
l’on a 18 ans révolus ou non) et un âge réel.
Ces éléments concernent, d’une part, la filiation et, d’autre part, la situation
matrimoniale. La prise en compte de la filiation s une importance particulière sur la
détermination du nom dont le statut de composante de l’état-civil ne fait aucun doute. La
situation matrimoniale détermine l’état d’époux ou non de la personne. Est pris en compte ici,
le mariage, le célibat ou le divorce, le veuvage ou la séparation de corps. Cette situation
familiale peut également avoir une influence sur le nom.
L’état-civil des personnes relève de l’ordre public. Affirmer le caractère d’ordre public
de l’état-civil, c’est reconnaître l’intérêt fondamental pour tout être humain, de jouir d’un état-
civil, indispensable pour toute vie juridique. L’intérêt légitime des tiers et l’intérêt général,
d’une part, pour la cause de l’identification et, d’autre part, pour les besoins de la
démographie et de ses mouvements (natalité, nuptialité, mortalité), le caractère d’ordre public
se matérialise et se manifeste à travers l’impérativité du principe (1), l’indisponibilité (2),
l’imprescriptibilité (3) et l’immutabilité de l’état-civil de la personne (4).
1- L’impérativité de l’état-civil
2- L’indisponibilité
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considérée dans ses rapports familiaux »3. En effet, l’état n’est pas consubstantiel à la
personne, mais lui est intimement attaché. En conséquence, elle ne peut s’en dépouiller ni en
être dépouiller. L’état n’est pas un objet de propriété dont la personne disposerait librement.
Lié à la personne, l’état n’est pas un élément de patrimoine. Il s’ensuit que l’état est
indivisible et insaisissable.
3- L’imprescriptibilité de l’état-civil
4- L’immutabilité de l’état-civil
3
CARBONNIR ER (J.), La famille, T. 2, n° 268.
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etc. Ces droits font l’objet d’une protection spécifique en raison de leur rattachement à la
personne. Certains mécanismes de protection se rattachent au droit public, d’autres au droit
civil ou privé. Ainsi, se comprend qu’aient pu se développer, parallèlement, un droit des
droits de l’Homme et un droit des droits de la personnalité.
Les droits de l’Homme, dits aujourd’hui droits fondamentaux se réalisent à travers des
droits-libertés, et des droits-créances. Les droits de la personnalité doivent concourir à
l’épanouissement de la personne. Inhérents à la personne, ces droits sont protégés en eux-
mêmes. Les droits de la personnalité sont des droits extrapatrimoniaux. En principe, ils ne
sont pas appréciables en argent. En revanche, ils peuvent avoir des incidences financières.
C’est le cas notamment lorsqu’ils donnent lieu à une réparation en argent. De cette nature
extrapatrimoniale, il découle qu’ils sont incessibles, insaisissables et non susceptibles de
renonciation. La liste des droits de la personnalité n’est pas exhaustive. Nous aborderons
quelques-uns (section 1), notamment les plus courants, avant d’envisager la sanction des
atteintes à ces droits (section 2).
L’accent sera mis sur le droit à l’intégrité physique (A), le droit à la vie privée (B), à
l’image (C), les libertés civiles (D) et le droit à l’honneur.
Les aspects essentiels du droit à l’intégrité physique ont été envisagés dans le cadre de
l’étude du corps humain, comme support de la personnalité. Nous procéderons, cependant, à
un bref rappel des questions qu’il soulève.
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La Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 déclare en son art. 12 que :
« Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile et
sa correspondance […] Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles
immixtions et de telles atteintes ». De même, l’art. 1er, al. 5 de la Constitution gabonaise
dispose que : « Le secret de la correspondance, des communications postales, télégraphiques,
téléphoniques et télématiques est inviolable. Il ne peut être ordonné de restriction à cette
inviolabilité qu’en application de la loi, pour des raisons d’ordre public et de sécurité de
l’État ». Ces textes ont vocation à assurer à toute personne la protection d’une sphère
d’intimité. Ainsi, reconnaît-on également à chaque individu deux vies : une vie privée et une
vie publique. La question qui se pose est celle de savoir quel est le critère distinctif, qu’est-ce
qui sépare les deux ? Au cœur de la vie privée, il y a la vie personnelle, les données
personnelles (identité, race, religion, santé, orientations sexuelles, etc.), mais également les
éléments de la vie sentimentale, conjugale et familiale.
Cette vie, le plus souvent, se déroule dans le domicile, d’où l’affirmation du principe
de son inviolabilité. Mais aussi celle du secret de la correspondance. La vie privée doit être
protégée contre toute immixtion. Cependant, celle-ci peut être autorisée. Pour la
jurisprudence, « la personne privée a seule le droit de fixer les limites de ce qui peut être
publié ou non de sa vie intime, en même temps que les circonstances dans lesquelles ces
publications peuvent intervenir ». Cette autorisation n’est pas forcément expresse.
C- Le droit à l’image
Le droit à l’image a été consacré par la jurisprudence française. C’est le droit, pour
toute personne, d’interdire aux tiers qui n’y ont pas été expressément ou tacitement autorisés,
la reproduction et la publication de son image. L’atteinte au droit à l’image peut être admise
dès la prise de l’image, avant même sa reproduction et sa diffusion. La légitimité de l’atteinte
n’est pas un justificatif acceptable.
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un lieu privé est subordonnée à son consentement. Le droit à l’image est moins étendu,
lorsque la personne est dans un lieu public. En effet, en pareille occurrence, le droit à l’image
doit être concilié avec d’autres impératifs. La reproduction d’une image prise en public est
également assujettie à l’autorisation de la personne. Les solutions peuvent être autres
s’agissant d’image prise en public et selon que la personne intéresse ou non l’actualité.
En vérité, aucune disposition expresse de la loi civile ne concerne ces libertés. Elles
ont valeur de principes généraux des droits, prévus par la Constitution. C’est par ailleurs, la
jurisprudence qui en assure la consécration pratique, mais la protection qu’elle leur accorde
n’est pas absolue. Généralement, il s’agit souvent de valider dans les rapports privés, les
restrictions que les actes juridiques apportent aux libertés civiles. Dans certaines
circonstances, c’est la loi qui fixe les limites à ces libertés. Il en est ainsi notamment, lorsque
la loi détermine les conditions d’exercice d’une liberté déterminée.
Les mesures de publicité, quant à elles, consistent en des insertions dans les organes de
presse afin de suivre les mêmes formes par l’atteinte. C’est principalement le cas, lorsqu’il y a
une atteinte à la vie privée ou une violation du droit à l’image.
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« Tout gabonais a le droit de fixer librement son domicile ou sa résidence en un lieu quelconque du territoire
national et d’y exercer toutes les activités, sous réserve du respect de l’ordre public et de la loi » (art. 1er, al. 11
de la Constitution).
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Le droit connaît deux catégories de personne juridique. En effet, à côté des personnes
physiques, certains groupements se voient reconnaître, par le droit, la personnalité juridique :
ce sont des personnes morales (famille, associations, sociétés commerciales, syndicats,
collectivités locales, l’État, etc.) Cette reconnaissance se fonde sur le fait que le droit
considère ces groupements comme formant, chacun en ce qui le concerne, une unité, une
entité dont l’existence est distincte des parties composantes. En revanche, tous les
groupements n’ont pas la personnalité morale. Il en est ainsi de la famille, de la foule, d’un
public, des indivisions, etc.
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La loi peut créer des groupements dotés de la personnalité juridique. Elle les crée, les
institue, les établit. Par conséquent, il s’ensuit une distinction entre les personnes morales
d’origine légale (1), et les personnes morales constituées, conformément à la loi, mais par des
personnes privées, par la volonté individuelle (2) et auxquelles la loi, à certaines conditions,
reconnaît la personnalité morale.
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Les associations sont des groupements poursuivant un but autre que le partage de
bénéfice ou la réalisation d’économie. Leur but est non lucratif. Aux associations, on enjoint
les congrégations religieuses et les syndicats professionnels qui, tout en étant des variétés
d’associations, ont reçu une condition juridique particulière.
Les groupements de biens qui constituent des personnes morales sont des fondations.
La fondation est définie par le Doyen Carbonnier comme un acte juridique en vertu duquel
une masse de biens est affectée à perpétuité à une œuvre d’intérêt général désintéressée. La
fondation n’a de personnalité morale que lorsqu’elle est reconnue par décret d’utilité
publique. Elle peut avoir un but charitable, culturel ou intellectuel.
La controverse doctrinale (1) doit être rappelée, avant d’envisager les solutions
prétoriennes (2).
1- La controverse doctrinale
De cette controverse qui a duré plus d’un siècle, deux approches sont à retenir : celle
de la fiction (a) et celle de la réalité (b). Avant toutefois de les présenter, précisons qu’une
conception négative, occultant la notion de personnalité morale comme catégorie juridique
autonome a pu être développée. Pour les défenseurs de cette théorie (Planiol, comme leader),
il suffit de mettre en œuvre les catégories juridiques préexistantes, à l’instar de la propriété
collective. En effet, dans la propriété collective, ce sont les membres du groupement qui sont
collectivement propriétaires, et non le groupement lui-même. De même, dans le cadre du
patrimoine d’affectation, la personne morale recouvre, en réalité, un patrimoine sans sujet,
impersonnel qui a pour support l’affectation de celui-ci à un but d’intérêt général.
a- Théorie de la fiction
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Seuls les individus, personnes physiques ont une vérité personnalité. Mais, comme il est
impossible de reconnaître l’existence de groupements et d’intérêts collectifs, le détour de la
personnalité morale est utilisé pour rester fidèle aux principes de départ. Le groupement est
personnifié comme s’il était une personne physique. Cependant, il n’y a là que fiction, parce
que le groupement n’est pas un Être vivant, distinct de ses membres et ne peut en réalité être
titulaire de droits. Créations artificielles, les personnes morales sont des êtres purement
fictifs : elles n’ont ni corps, ni âme, en dehors de la personnalité des membres qui les
composent. Création pure de la loi, la personnalité est un bienfait de la loi, un cadeau que le
législateur fait, dans sa souveraineté et selon son bon vouloir, aux groupements de son choix.
b- La théorie de la réalité
Cette réalité est conçue de plusieurs façons par les tenants de cette théorie. Pour les
tenants de la théorie de la réalité organique, la personne morale est une réalité sociale, une
réalité vivante, un corps animé par une volonté collective. Par contre, cette conception
demeure critiquable. Car, elle procède d’une confusion entre personne morale et groupe social
(indivision, famille). Certains, ont vu dans la personne morale, une institution (HAURIOU).
Toutes les institutions ne sont toutefois pas des personnes morales, mais la personne morale
constitue l’institution la plus élaborée. Qu’elle est donc la difficulté ?
Pour les défenseurs de la théorie de la réalité, les personnes morales sont des êtres
réels dont la réalité résulte de la réunion de deux séries d’éléments. Une personne morale est
ordonnée à la défense d’intérêts collectifs distincts des intérêts individuels des membres du
groupement. Mais, le groupement ne devient une réalité de la vie sociale que s’il est organisé.
C’est cette organisation de base qui donne corps à la personne morale. L’accès à la
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personnalité morale est donc subordonné à l’existence d’une faculté d’expression collective
des intérêts autour desquels ils sont centrés. La personne morale est une réalité non pas du
monde sensible, mais de la technique juridique. C’est cette conception qui est consacrée
aujourd’hui par la jurisprudence.
Titulaire actif et passif des droits subjectifs au même titre que la personne physique, la
personne morale a un statut juridique qu’il faut déterminer. Mais, il faut remarquer que
chaque catégorie de personnes morales est assujettie à un régime juridique particulier
déterminé par les lois spéciales. Et, dans une catégorie, les régimes diffèrent. Toutefois, un
droit commun de la personnalité juridique des personnes morales existe. Il s’articule autour de
leurs règles d’existence (A), de leurs droits et obligations et de leurs attributs (B).
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Parfois, c’est l’intervention de l’État qui est requise. En effet, en tant que sujet de
droit, la personne morale peut agir juridiquement, acquérir les droits, les exercer : elle est de
ce fait capable. Cependant, sa capacité est définie par rapport à sa nature particulièrement.
D’une part, sa capacité de jouissance est limitée. Une limitation qui découle de la nature des
choses, de ce que la personne morale ne peut être totalement assimilée à une personne
physique. Ainsi, elle ne jouit pas de certains droits extrapatrimoniaux, comme le droit à
l’intégrité physique, à la vie, au mariage. Mais, il y a une limitation quant à son objet ou son
domaine d’intervention, en vertu du principe de la spécialité, en ce sens que la personne
morale ne peut accomplir que des actes qui correspondent à son objet et à son but, tel qu’il
ressort de la loi ou des statuts.
D’autre part, la personne morale n’a pas la capacité d’exercice ; les actes juridiques
qui l’engagent doivent être faits par son représentant légal. Ainsi, elle peut, par l’intermédiaire
de ce dernier, ester en justice (les intérêts doivent de ce fait être nommément désignés). Enfin,
la dissolution de la personne morale renvoie à la problématique de sa fin ou mort. En principe,
les personnes morales ont une vocation théorique à durer indéfiniment. Toutefois, la loi a
apporté des restrictions. Ainsi, les sociétés commerciales ne peuvent avoir une durée de vie
statutaire supérieure à 99 ans ; elles peuvent par ailleurs connaître des transformations. Aussi,
l’État et la volonté privée peuvent intervenir dans la dissolution de la société. La loi peut
abolir toute une série de personnes morales, et lorsque l’acquisition de celles-ci dépend de
l’autorisation de l’autorité publique, le retrait de celle-ci, entraîne la disparition de la personne
morale.
Le juge peut aussi prononcer la dissolution d’une personne morale. Mais, le rôle le
plus normal dans la dissolution des personnes morales est joué par la volonté des intéressés.
Celle-ci, peut s’exprimer au préalable dans les statuts ou après coup, par une décision en
assemblée générale.
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- Un nom librement choisi par les fondateurs et protégé de l’usurpation, c’est la raison
sociale (société) ou le titre (association) ;
- Un domicile avec tous les effets attachés à cette notion, quant à la compétence
territoriale. Son principal établissement, c’est son siège social, c’est-à-dire le lieu où
fonctionnent les organes de direction et d’administration (pas forcément le centre de
l’exploitation) ;
- Une nationalité avec les effets attachés à cette notion, quant au droit applicable en cas
de litige présentant un élément d’extranéité. En principe, la personne morale a la
nationalité du lieu où se trouve son siège social.
Parallèlement à ses droits, la personne morale a des obligations. Elle contracte et peut
engager sa propre responsabilité du fait personnel, en raison des actes illicites, proscrits
commis par ses organes. Ces actes étant considérés comme les siens propres. Dans certains
cas, la responsabilité pénale de la personne morale peut être retenue.
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