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ERFGOEDBIBLIOTHEEK H. CONSCIENCE
03 08 0461812 9
302046
LE
CODE DE COMMERCE
EN VIGUEUR EN BELGIQUE
Bruxelles .
Imp. ÉMILE BRUYLANT, rue de la Régence, 67.
-LoveMontauk LE
CODE DE COMMERCE
ACTUELLEMENT
EN VIGUEUR EN BELGIQUE
ANNOTÉ
PAR H. BIOT
GREFFIER DU TRIBUNAL DE COMMERCE DE BRUXELLES
Nouvelle édition, entièrement refondue
ET COMPRENANT :
10 TOUS LES ARTICLES DU CODE REVISÉS ;
20 LES ARTICLES DU CODE DE 1808 ENCORE EN VIGUEUR ;
ET SOUS FORME D'APPENDICE :
30 LES TEXTES DES LOIS ET ARRÊTÉS LES PLUS USUELS
EN MATIÈRE COMMERCIALE,
ET COMPLÉTÉE PAR LES LOIS ET ARRÊTÉS CONCERNANT LA LÉGISLATION
OUVRIÈRE
MISE AU COURANT JUSQU'A FIN SEPTEMBRE 1897.
BRUXELLES
BRUYLANT- CHRISTOPHE & Cie, ÉDITEURS,
SUCCESSEUR
EMILE BRUYLANT, rue de la Régence, 67.
1897
ABRÉVIATIONS
Com . signifie : Code de commerce de 1808.
C. civ. Code civil.
C. pr. civ.
Pr.
Code de procédure civile.
C. pénal. Code pénal .
L. Loi .
S. مص et suivants .
LouiMs
ombach
TABLE ANALYTIQUE
DES MATIERES
LIVRE Jer
Du commerce en général .
Pages.
TITRE Ier . Des commerçants 5
TITRE II. Des conventions matrimoniales des commerçants 9
TITRE III . Des livres de commerce 10
TITRE IV. - De la preuve des engagements commerciaux 11
TITRE IX . - Des sociétés 12
Section Ire . Dispositions générales 12
Section II . Des sociétés en nom collectif 15
Section III . Des sociétés en commandite simple 15
Section IV 17
§ 1er. De la nature et de la qualification des sociétés
anonymes 17
§ 2. De la constitution des sociétés anonymes 18
§ 3. Des actions et de leur transmission . 19
§ 4. De l'administration et de la surveillance des
sociétés anonymes 21
§ 5. Des assemblées générales 23
§ 6. Des inventaires et des bilans 26
§ 7. De certaines indications à faire dans les actes . 27
§ 8. De l'émission des obligations 28
§ 9. De la durée et de la dissolution des sociétés ano-
nymes 20
Section V. Des sociétés en commandite par actions . 20
II TABLE ANALYTIQUE .
Pages.
Section VI. Des sociétés coopératives 31
§ 1er. De la nature et de la constitution des sociétés
coopératives 31
§ 2. Des changements dans le personnel et du fonds
social . 33
§ 3. Des mesures dans l'intérêt des tiers . 34
Section VII. Des associations momentanées et des asso-
ciations en participation . 35
Section VIII. De la liquidation des sociétés . 36
Section IX . Des actionset des prescriptions 38
Section X. Des sociétés constituées en pays étrangers . 39
Section XI . Dispositions pénales 40
Dispositions additionnelles 41
Dispositions transitoires 42
ARRÉTÉ ROYAL du 21 mai 1873 relatif au dépôt et à la publi-
cation des actes et documents concernant les sociétés com-
merciales. 43
TITRE V. Des bourses de commerce, agents de change et
courtiers . 45
Section Ire . Des bourses de commerce 45
Section II. Des agentsde change et courtiers . 46
TITRE VI et VII. Du gage et de la commission 47
TITRE ler . Du gage 47
TITRE II. De la commission 49
Section Ire . Des commissionnaires en général 49
Section II . Des commissionnaires ou consignataires. 49
Disposition générale 50
TITRE VIIbis . - Du contrat de transport . 50
Chapitre Icr. - Dispositions générales . 50
Chapitre II. Des transports par chemin de fer. 53
§ 1er . Dispositions générales . 53
§ 2. Des voyageurs . 54
§ 3. Des bagages et des marchandises . 54
§ 4. De la responsabilité 58
TITRE VIII. De la lettre de change et du billet à ordre. 62
Section Ire. De la lettre de change ou mandat à ordre . 62
TABLE ANALYTIQUE . III
Pages.
§ 4er. De la forme de la lettre de change ou mandat à
ordre . 62
§ 2. De la provision . 62
§ 3. De l'acceptation. 63
§ 4. De l'acceptation par intervention 65
§ 5. De l'échéance 65
§ 6. De l'endossement 67
§ 7. De la solidarité . 67
§ 8 De l'aval 68
§ 9. Du payement 68
§ 10. Du payement par intervention 70
§ 11. Des droits et des devoirs du porteur 71
§ 12. Des protêts . 74
§ 13. Du rechange 78
§ 14. De la prescription 79
Section II . Du billet à ordre. 80
TITRE X. Des assurances en général 80
Chapitre Ier. - Dispositions générales 80
Chapitre II. - Des personnes qui peuvent faire assurer 81
Chapitre III . - Des obligations de l'assureur et de l'assuré 82
Chapitre IV. De la preuve du contrat 85
Chapitre V. De quelques cas de résolution du contrat 86
Chapitre VI. De la prescription 87
TITRE XI . De quelques assurances terrestres en particulier . 87
Chapitre Ier. Des assurances contre l'incendie 87
Chapitre II . Des assurances de récoltes. 88
Chapitre III . Des assurances sur la vie 89
LIVRE II
Du commerce maritime .
TITRE Jer . Des navires et autres bâtiments de mer . 90
TITRE II. Des propriétaires des navires et des équipages . 93
Chapitre Ier. Des propriétaires de navires . 93
Chapitre II. - Des équipages . 94
IV TABLE ANALYTIQUE .
Pages.
Section Ire . 94
Du capitaine .
§ 1ºr . Des droits et devoirs du capitaine 94
§ 2. Du connaissement . 99
Section II. Des matelots et gens de l'équipage 101
Disposition commune aux deux sections précédentes. 104
TITRE III. De la charte partie ou du contrat de louage mari-
time 105
De la nature et de la forme du contrat . 105
Chapitre Ier.
Des effets du contrat. 106
Chapitre II.
Section Ire . Des obligations du fréteur 106
Section II. Des obligations de l'affréteur 106
§ 1er . Règles générales . 106
§ 2. Du retard dans l'arrivée à destination 108
§ 3. Du cas où le chargement n'arrive pas à destination 108
Chapitre III. Des avaries et de leur règlement 111
TITRE IV. Du transport des passagers par mer . 114
TITRE V. - De l'hypothèque maritime . 146
TITRE VI. Du contrat à la grosse . 119
TITRE VII . Des assurances maritimes 121
Section Ire . Du contrat d'assurance , de sa forme et de
son objet 121
Section II. Des obligations de l'assureur et de l'assuré. 123
Section III . Du délaissement 127
TITRE VIII. De l'abordage 131
TITRE IX . Des fins de non-recevoir et prescriptions 132
Disposition transitoire 133
De la saisie et vente des navires (code de commerce de 1808). 134
LIVRE III
Des faillites , banqueroutes et sursis .
138
Disposition préliminaire
138
Dispositions générales .
TITRE Icr . De la faillite. 139
TABLE ANALYTIQUE . V
Pages.
Chapitre Ier. De l'aveu, de la déclaration de la faillite
et de la cessation de payement .. 139
Chapitre II. Des effets de la faillite 141
Chapitre III. - De l'administration et de la liquidation de
la faillite 143
Section Ire . Dispositions générales 143
Section II. Des formalités relatives à la déclaration
de faillite et des premières dispositions à l'égard de
la personne et des biens du failli 146
Chapitre IV. De la déclaration et de la vérification des
créances 153
Chapitre V.- Du concordat 158
Section Ire . De l'assemblée des créanciers 158
Section II . De la formation du concordat 159
Section III .- De l'annulation et de la résolution du con-
cordat 162
Chapitre VI. - De la liquidation de la faillite . 161
Chapitre VII. - Des différentes espèces de créanciers et
de leurs droits 167
Section Ire . -Des coobligés et des cautions 167
Section II. Des créanciers nantis de gage et des créan-
ciers privilégiés sur les biens meubles 168
Section III. - Des droitsdes créanciers hypothécaires
et privilégiés sur les immeubles . 169
Section IV . Des droits de la femme en cas de faillite
dumari . 170
Chapitre VIII. De la répartition entre les créan-
ciers : 172
Chapitre IX . - De la vente des immeubles du failli . 173
Chapitre X. De la revendication 174
TITRE II. Des banqueroutes 175
Chapitre Ier. De la banqueroute simple . 175
Chapitre II . De la banqueroute frauduleuse 177
Chapitre III. Dispositions générales . 178
Chapitre IV. - De l'administration des biens en cas de
banqueroute 179
VI TABLE ANALYTIQUE .
Pages.
TITRE III . De la réhabilitation 179
TITRE IV. - Des sursisde payement 181
LIVRE IV
De la juridiction commerciale.
TITRE Ier . De l'organisation des tribunaux de commerce. 138
TITRE II. De la compétence des tribunaux de commerce 138
TITRE III . De la forme de procéder devant les tribunaux de
commerce 190
TITRE IV. - De la forme de procéder devant les cours d'appel. 190
LOIS USUELLES
PREMIÈRE PARTIE
Législation commerciale .
Caisse des dépôts et consignations . 195
Chemins de fer 200
200
Chèques.
Contrainte par corps 202
206
Concordat préventif de la faillite
Faillites . A. Concordat préventif 206
B. Procédure gratuite . 215
Greffe (droits de) . 216
228
Hypothèques
Navigation . 266
Prêt à intérêt . 286
Propriété artistique et littéraire . 237
TABLE ANALYTIQUE . VII
Pages.
Tribunaux de commerce. A. Organisation 294
B. Compétence . 322
C. Procédure 327
Saisies - arrêts 343
Sociétés . 344
Ventes des immeubles appartenant à des mineurs . 346
Vices rédhibitoires 350
Warrants . 355
DEUXIÈME PARTIE
Législation industrielle.
Brevets d'invention 365
Conseils de prud'hommes 377
Dessins et modèles industriels 410
Habitations ouvrières 412
Marques de fabrique . 415
TROISIÈME PARTIE
Législation ouvrière.
Ateliers. Réglementation et hygiène des ateliers 436
Liberté du travail . 446
Salaires . 447
Travail des femmes, des adolescents et des enfants 453
CODE DE COMMERCE
LIVRE PREMIER
DU COMMERCE EN GÉNÉRAL
TITRE PREMIER. -
Des commerçants.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 15 DÉCEMBRE 1872'(1) (Moniteur du 22décembre).
Art. 1er. Sont commerçants ceux qui exercent des
actes qualifiés commerciaux par la loi et qui en font leur
profession habituelle . - Comm., 2, 3 (2) .
Art. 2. La loi répute acte de commerce (3) :
Tout achat de denrées et marchandises pour les reven-
dre soit en nature, soit après les avoir travaillées et
mises en œuvre, ou même pour en louer simplement
l'usage (4) ; toute vente ou location qui est la suite d'un
tel achat; toute location de meubles pour sous-louer, et
toute sous-location qui en est la suite ;
Toute entreprise de manufactures ou d'usines, de tra-
vaux publics ou privés, de commission de transport par
terre ou par eau ; Loi du 25 mars 1876, article 12,
3º; Loi du 25 août 1891 sur le contrat de transport.
Toute entreprise de fournitures , d'agences, bureaux
(1) Cette loi abroge les titres Ier, II (art. 1 à 17), IV (art. 65 à 70) et VII
(art. 109) du livre Ier du code de commerce de 1808.
(2) Reproduction textuelle de l'article 1er du code de 1808.
(3) Cette disposition remplace l'article 632 du code de 1808, lequel est
abrogé.
(4) Reproduction textuelle de l'article 632, § ler.
1
6 LIVRE PREMIER .
d'affaires , établissements de ventes à l'encan, de spec-
tacles publics (1) et d'assurances à primes (2) ;
Toute opération de banque, change ou courtage ;
Toutes les opérations de banques publiques ;
Les lettres de change, mandats , billets ou autres effets
à ordre ou au porteur; - L. 20 mai 1872 .
Toutes obligations des commerçants, à moins qu'il ne
soit prouvé qu'elles aient une cause étrangère au com-
merce .
Art. 3 (3) . La loi répute pareillement actes de com-
merce :
Toute entreprise de construction et tous achats, ventes
et reventes volontaires de bâtiments pour la navigation
intérieure et extérieure ;
Toutes expéditions maritimes ;
Tout achat ou vente d'agrès, apparaux et avitaille-
ments;
Tout affrétement ou nolissement, emprunt ou prêt à la
grosse ;
Toutes assurances ou autres contrats concernant le
commerce de mer;
Tous accords et conventions pour salaires et loyers
d'équipage ; - Com. , 250 s .
Tous engagements de gens de mer, pour le service de
bâtiments de commerce .
Art. 4. Tout mineur émancipé de l'un ou de l'autre
sexe, âgé de dix-huit ans accomplis, qui veut profiter de
la faculté que lui accorde l'article 487 du code civil de
faire le commerce, ne peut en commencer les opérations,
ni être réputé majeur quant aux engagements par lui
contractés pour faits de commerce : 1º s'il n'y a été préa-
lablement autorisé par son père, ou par sa mère en cas
d'interdiction, décès ou absence du père, ou, à défaut du
père et de la mère, par une délibération du conseil de
famille homologuée par le tribunal civil ; 2º si , en outre,
l'acte d'autorisation n'a été transmis en expédition, dans
(1) Reproduction textuelle de l'article 632, § 3.
(2).Extension de la compétence de la juridiction consulaire.,
(3) Cette disposition remplace l'article 633 du code de 1808, lequel est
abrogé.
DES COMMERÇANTS . 7
le mois de sa date, au greffe du tribunal de commerce du
lieu où le mineur veut établir son domicile, ou, à défaut
de tribunal de commerce, au greffe du tribunal civil,
pour y être transcrit dans un registre tenu à cet effet.
C. civ. , 406 s. , 476, 1125, 1308 ; C. pr. civ. , 885 s.
Le registre, suivi d'une table alphabétique, sera com-
muniqué sans frais à toute personne qui en fera la
demande.
L'autorisation du père ou de la mère est accordée par
une déclaration faite devant le juge de paix, ou devant
notaire, ou devant le greffier du tribunal de commerce ;
le juge de paix ou le notaire qui aura reçu la déclaration
sera tenu d'en remettre expédition, dans le mois de sa
date, au greffe du tribunal de commerce, sous les peines
indiquées par l'article 13 ci-après .
Art. 5. Le père, la mère ou le conseil de famille qui
a accordé l'autorisation peut en demander le retrait par
requête adressée au président du tribunal civil du domi-
cile du mineur, qui rendra ordonnance portant permis-
sion de citer le mineur, à jour indiqué, à la chambre du
conseil, pour y proposer ses observations.
Le mineur entendu ou faute, par lui, de se présenter,
il sera rendu, sur les conclusions du ministère public,
jugement qui statuera sur la demande de retrait.
Un extrait du jugement autorisant le retrait sera trans-
mis, dans le délai d'un mois, au greffe du tribunal de
commerce, pour y être transcrit dans le registre men-
tionné à l'article précédent.
Art. 6. Les actes de commerce indiqués dans les arti-
cles 2 et 3 ne seront valables comme tels à l'égard des
-mineurs non commerçants que s'ils ont été faits avec
toutes les conditions requises par l'article 4 pour qu'un
mineur puisse exercer le commerce.
Art. 7. Les mineurs commerçants autorisés, comme
il est dit ci-dessus,peuventengagerethypothéquer leurs
immeubles . C. civ. , 457 s., 484, 487; Loi du 12 juin
1816. Voir aux Lois usuelles .
Ils peuvent même les aliéner, en suivant les formalités
prescrites pour la vente des biens immobiliers des mi-
neurs .
Art. 8. Le commerce des parents du mineur est
8 LIVRE PREMIER.
continué par son tuteur si le conseil de famille le juge
utile et sous les conditions qu'il détermine. - C. civ. ,
406 s .
La direction peut en être confiée à un administrateur
spécial, sous la surveillance du tuteur.
La délibération du conseil de famille sera, dans la
quinzaine, soumise à l'homologation du tribunal. Elle sera
immédiatement exécutée et ne cessera ses effets que si
l'homologation est refusée. C. pr. civ. , 885 s .
Le conseil de famille, en observant la même formalité,
pourra toujours révoquer son consentement. Sa décision,
dans ce cas , ne sera exécutée qu'après avoir été homo-
loguée par le tribunal.
Art. 9. La femme ne peut être marchande publique
sans le consentement de son mari. - C. civ., 217, 1125,
1308.
En cas d'absence ou d'interdiction du mari, le tribunal
de première instance peut autoriser la femme à faire le
commerce. - C. civ. , 112 s., 3SS, 476, 489 s .
L'effet de l'autorisation cesse avec la cause qui y a
donné lieu .
Le greffier du tribunal civil est tenu, dans les arron-
dissements où il existe un tribunal de commerce, de
transmettre expédition de l'autorisation, dans le mois de
sa date, au greffe de ce dernier tribunal, sous les peines
indiquées à l'article 13 ; l'autorisation sera transcrite
dans le même registre que les autorisations accordées
aux mineurs .
En cas de minorité du mari, celui-ci ne pourra autoriser
sa femme à faire le commerce qu'après avoir été autorisé
lui-même à donner ce consentement, conformément aux
règles et dans les formes établies par l'article 4.
Le retrait de l'autorisation sera soumis aux mêmes
formalités.
Art. 10. La femme, si elle est marchande publique,
peut, sans l'autorisation de son mari, s'obliger pour ce
qui concerne son négoce ; et, au dit cas, elle oblige aussi
son mari s'il y a communauté entre eux. C. civ., 215,
220, 1409 s . , 1426.
Elle n'est pas réputée marchande publique si elle ne
fait que détailler les marchandises du commerce de son
DES CONVENTIONS MATRIMONIALES . 9
mari ; elle n'est réputée telle que lorsqu'elle fait un com-
merce séparé. - C. civ., 220.
Art. 11. Les femmes marchandes publiques peuvent
engager, hypothéquer et aliéner leurs immeubles.
Toutefois, leurs biens stipulés dotaux, quand elles sont
mariées sous le régime dotal, ne peuvent être hypothé-
qués ni aliénés que dans les cas déterminés et avec les
formes réglées par le code civil. - C. civ., 1538, 1540 s . ,
1554 s .; L. 16 déc. 1851 , art. 75.
TITRE II . -
Des conventions matrimoniales
des commerçants (1).
Art. 12. Tout contrat de mariage entre époux dont
l'un sera commerçant sera transmis par extrait, dans le
mois de sa date, au greffe du tribunal de commerce du
domicile du mari, ou, à défaut de tribunal de commerce,
au greffe du tribunal civil, pour y être transcrit dans un
registre tenu à cet effet.
L'extrait énoncera si les époux sont mariés en commu-
nauté, en indiquant les dérogations au droit commun, ou
s'ils ont adopté le régime exclusif de communauté, celui
de la séparation des biens ou le régime dotal .
Le registre, suivi d'une table alphabétique, sera com-
muniqué sans frais à toute personne qui en fera la de-
mande.
Art. 13. Le notaire qui aura reçu le contrat de ma-
riage sera tenu de faire la remise ordonnée par l'article
précédent, sous peine de vingt-six francs à cent francs
d'amende, et même de destitution et de responsabilité
envers les créanciers s'il est prouvé que l'omission soit la
suite d'une collusion .
Art. 14. Tout époux marié sous un régime autre que
celui de la communauté légale, qui embrasserait la pro-
fession de commerçant postérieurement à son mariage,
(1) Ce titre remplace le titre IV, liv. Ier, du code de 1808 intitulé
Des séparations de biens (art. 65 s.). Il en est la reproduction presque
textuelle.
10 LIVRE I'REMIER .
sera tenu de faire pareille remise, dans le mois du jour
où il aura ouvert son commerce ; à défaut de quoi, ii
pourra, en cas de faillite, être puni comme banqueroutier
simple(1).
Art. 15. Tout jugement qui prononcera une sépara-
tion de corps ou un divorce entre mari et femme, dont
l'un serait commerçant, sera publié dans les formes pres-
crites par le code de procédure civile, à défaut de quoi
les créanciers seront toujours admis à s'y opposer pour
ce qui touche leurs intérêts et à contredire toute liqui-
dation qui en aurait été la suite.- Pr. civ., 865 s .; C. civ. ,
1445 s.
TITRE III . Des livres de commerce (2) .
Art. 16. Tout commerçant est tenu d'avoir un livre-
journal qui présente, jour par jour, ses dettes actives et
passives, les opérations de son commerce, ses négocia-
tions, acceptations ou endossements d'effets et générale-
ment tout ce qu'il reçoit et paye, à quelque titre que ce
soit, et qui én once, mois par mois, les sommes employées
à la dépense de sa maison ; le tout indépendamment des
autres livres usités dans le commerce, mais qui ne sont
pas indispensables.-- L. 18 avril 1851, art. 574, 6°; C. pé-
nal , 489 ; L. 30 décembre 1867.
* Il est tenu de mettre en liasse les lettres missives et
les télégrammes qu'il reçoit et de copier dans un registre
les lettres et les télégrammes qu'il envoie .
Art. 17. Il est tenu de faire, tous les ans , sous seing
privé, un inventaire de ses effets mobiliers et immobi-
liers et de ses dettes actives et passives, et de le copier,
année par année, sur un registre spécial à ce destiné . -
L. 18 avril 1851, art. 574, 6º; C. pén. , 489.
Art. 18. Les livres dont la tenue est ordonnée par les
articles 16 et 17 sont cotés.
Ceux dont la tenue est ordonnée par les articles 16,
(1) Code pénal de 1867, article 489 et 400.
(2) Les livres de commerce sont exempts du timbre (code du timbre,
25 mars 1891, art. 62, 810).
ENGAGEMENTS COMMERCIAUX . 11
§ 1er, et 17 seront paraphés et visés soit par un des juges
des tribunaux de commerce, soit par le bourgmestre ou
un échevin, dans la forme ordinaire et sans frais .
Le paraphe pourra être remplacé par le sceau du tri
bunal ou de l'administration communale .
Art. 19. Tous les livres seront tenus par ordre de
dates , sans blancs, lacunes ni transports en marge.
Les commerçants sont tenus de les conserver pendant
dix ans , L. 18 avril 1851 , art. 577, 578.
Art. 20. Les livres de commerce régulièrement tenus
peuvent être admis par le juge pour faire preuve entre
commerçants pour faits de commerce . - C. civ., 1329,
2272.
Art . 21. La communication des livres et inventaires
ne peut être ordonnée en justice que dans les affaires de
succession, communauté, partage de société et en cas de
faillite . L. 18 avril 1851, art. 441 .
Art. 22. Dans le cours d'une contestation, la repré-
sentation des livres peut être ordonnée par le juge, même
d'office, à l'effet d'en extraire ce qui concerne le diffé-
rend. C. pr. civ. , 853 s .
Art. 23. En cas que les livres dont la représentation
est offerte, requise ou ordonnée soient dans des lieux
éloignés du tribunal saisi de l'affaire, les juges peuvent
adresser une commission rogatoire au tribunal de com-
merce du lieu, ou déléguer un juge de paix pour en
prendre connaissance, dresser un procès-verbal du con-
tenu et l'envoyer au tribunal saisi de l'affaire. - C. pr.
civ. , 1035 ; L. 18 juin 1869, 137 s .
Art. 24. Si la partie aux livres de laquelle on offre
d'ajouter foi refuse de les représenter, le juge peut défé-.
rer le serment à l'autre partie. - C. civ., 1366 s .
TITRE IV. - De la preuve des engagements commerciaux.
Art. 25. Indépendamment des moyens de preuve ad-
mis par le droit civil, les engagements commerciaux
pourront être constatés par la preuve testimoniale, dans
tous les cas où le tribunal croira devoir l'admettre, sauf
les exceptions établies pour des cas particuliers.- C. civ .,
12 LIVRE PREMIER .
1341 s., 1349 s., 1445, 1923, 1924, 1950, 2044; C. pr. civ. ,
872.
Les achats et les ventes pourront se prouver au moyen
d'une facture acceptée, sans préjudice des autres modes
de preuve admis par la loi commerciale.- C. civ. , 1317 s. ,
1322 s .
TITRE IX (1). Des sociétés.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 18 MAI 1873, AVEC LES MODIFICATIONS RÉSULTANT DE LA LOI
DU 22 MAI 1886 (2). (Moniteur du 2 juin 1886.)
SECTION PREMIÈRE. DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
Art. 1er. Les sociétés commerciales sont celles qui ont
pour objet des actes de commerce. Com. , 632, 633 .
Elles se règlent par les conventions des parties , par les
lois particulières au commerce et par le droit civil.
C. civ. , 1832 s . , 1873.
Art. 2. La loi reconnaît cinq espèces de sociétés com-
merciales :
La société en nom collectif ; - 15 s .
La société en commandite simple ; - 18 s.
La société anonyme ; 26 s .
• La société en commandite par actions ; - 74 s.
La société coopérative . - 85 s .
Chacune d'elles constitue une individualité juridique
distincte de celle des associés .
✓ Art. 3: Il y a, en outre, des associations commerciales
momentanées et des associations commerciales en parti-
cipation, auxquelles la loi ne reconnaît aucune valeur
juridique. - 108 s .
Art. 4. Les sociétés en nom collectif, les sociétés en
(1) Ce titre remplacele titre III du code de 1808.
(2) Lesmodifications résultant de la loi du 22 mai 1886, sont indiquées en
caractères italiques. Les renvois se rapportent aux articles de la loi.
DES SOCIÉTÉS . 13
commandite simple et les sociétés coopératives sont, à
peine de nullité, formées par des actes spéciaux, publics
ou sous signature privée, en se conformant, dans ce der-
nier cas, à l'article 1325 du code civil . Il suffit de deux
originaux pour les sociétés coopératives . - C. civ. , 1341 ,
1347, 1834.
Les sociétés anonymes et les sociétés en commandite
par actions sont, à peine de nullité, formées par des actes
publics. C. civ. , 1317 s .; 26 s.
Toutefois, ces nullités ne peuvent être opposées aux
tiers par les associés ; entre les associés, elles n'opérent
qu'à dater de la demande tendante à les faire prononcer.
Art. 5. Les associations momentanées et les associa-
tions en participation peuvent être constatées par la
représentation des livres, de la correspondance ou par la
preuve testimoniale si le tribunal juge qu'elle peut être
admise.
Art . 6. Les actes de société en nom collectif et de
société en commandite simple sont publiés, par extrait,
aux frais des intéressés . 7 s . , 15 s. , 18 s .
Art . 7. L'extrait contient :
La désignation précise des associés solidaires ;
La raison de commerce de la société ;
La désignation des associés ayant la gestion et la signa-
ture sociale ;
L'indication des valeurs fournies ou à fournir en com-
mandite;
La désignation précise des commanditaires qui doivent
fournir des valeurs, avec l'indication des obligations de
chacun;
L'époque où la société doit commencer et celle où elle
doit finir. - Com. , 43 .
Art. 8. L'extrait des actes de société est signé : pour
les actes publics , par les notaires , et pour les actes sous
seing privé, par tous les associés solidaires . Com., 44.
Art. 9. Les actes de société anonyme, de société en
commandite par actions et de société coopérative sont
publiés en entier, aux frais des intéressés . -26 s . , 74 s . ,
85 s .
Art. 10. Les actes ou extraits d'actes dont les articles
précédents prescrivent la publication seront , dans la
1.
14 LIVRE PREMIER .
quinzaine de la date des actes définitifs, déposés en mains
des fonctionnaires préposés à cet effet ; ils en donneront
récépissé. La publication devra être faite dans les dix
jours du dépôt, à peine de dommages-intérêts contre les
fonctionnaires auxquels l'omission ou le retard serait
imputable. - Com. , 42.
La publication sera faite par la voie du Moniteur, sous
forme d'annexes, qui seront adressées aux greffes des
cours et tribunaux, où chacun pourra en prendre con-
naissance gratuitement et qui seront réunies dans un
recueil spécial.
ep for anc
/ Un arrêté royal indiquera les fonctionnaires qui rece-
der griffiepvront les actes ou extraits d'actes et déterminera la forme
Aribaue et les conditions du dépôt et de la publication (1).
Commerce La publication n'aura d'effet que le cinquième jour
civils après la date de l'insertion au Moniteur.
Art. 11. Si le dépôt n'est pas fait dans le délai prescrit
par l'article précédent, la publication des actes ou extraits
d'actes sera soumise à une amende qui sera d'un pour
mille du capital social, sans qu'elle puisse être moindre de
50 francs ni supérieure de 5,000 francs .
Cette amende sera exigible sur l'enregistrement de la
publication qui sera opérée d'office ; elle sera due solidai-
rement, quant aux actes publics, par les notaires, et quant
aux actes sous seing privé, par les associés solidaires ou,
à défaut de ceux-ci, par les associés fondateurs .
Toute action intentée par une société dont l'acte cons-
titutif n'aura pas été publié conformément aux articles
précédents sera non recevable. Les associés ne pourront
se prévaloir des actes de société à l'égard des tiers qui
auront traité avant la publication; mais le défautde publi-
cation ne pourra être opposé aux tiers par les associés .
Art . 12. Toute modification conventionnelle aux actes
de société doit, à peine de nullité, être faite en la forme
requise pour l'acte de constitution de la société.
Les actes apportant changement aux dispositions dont
la loi prescrit la publicité, les nominations d'administra-
(1) Arrêté royal en date du 21 mai 1873, reproduit à la suite du présent
titre. Voir aussi, aux Lois usuelles, l'arrêté royal du 8 février 1894.
DES SOCIÉTÉS . 15
teurs dans les sociétés anonymes, ainsi que les actes
déterminant le mode de liquidation seront publiés con-
formément aux articles précédents, à peine de ne pou-
voir être opposés aux tiers, qui néanmoins pourront s'en
prévaloir. - 7 s.
Art. 13. Les sociétés agissent par leurs gérants ou
administrateurs, dont les pouvoirs s'établissent par l'acte
constitutif ou par les actes postérieurs faits en exécution
de l'acte constitutif.
Art. 14. Les associations commerciales momentanées
et les associations commerciales en participation ne
sont pas sujettes aux formalités prescrites pour les
sociétés .
SECTION II. - DES SOCIÉTÉS EN NOM COLLECTIF.
Art. 15. La société en nom collectif est celle que con-
tractent deux personnes ou un plus grand nombre et qui
a pour objet de faire le commerce sous une raison
sociale (1) . - 6, 7 s .
Art. 16. Les noms des associés peuvent seuls faire
partie de la raison sociale (1) .
Art. 17. Les associés en nom collectif sont solidaires
pour tous les engagements de la société, encore qu'un
seul des associés ait signé, pourvu que ce soit sous la
raison sociale. - C. civ., 1862 s.; Com., 22.
SECTION III . - DES SOCIÉTÉS EN COMMANDITE SIMPLE.
Art. 18. La société en commandite simple est celle
que contractent un ou plusieurs associés responsables et
solidaires que l'on nomme commandités, et un ou plu-
sieurs associés simples bailleurs de fonds, que l'on nomme
commanditaires . Com. , 23.
Art. 19. La raison sociale comprend nécessairement
le nom d'un ou de plusieurs associés commandités .
Com. , 23.
(1) Reproduction textuelle des articles 20 et 21 du code de 1808.
16 LIVRE PREMIER .
Le nom d'un associé commanditaire ne peut faire
partie de la raison sociale. Com. , 25.
Art. 20. Lorsqu'il y a plusieurs associés indéfiniment
responsables, la société est en nom collectif à leur égard
et en commandite à l'égard des simples bailleurs de
fonds. - 15 s .; Com., 24.
Art. 21. L'associé commanditaire n'est passible des
dettes et pertes de la société que jusqu'à concurrence des
fonds qu'il a promis d'y apporter. - C. civ. , 1862 s . ,
Com., 26.
Il peut être contraint par les tiers à rapporter les inté-
rêts et les dividendes qu'ils a reçus s'ils n'ont pas été
prélevés sur les bénéfices réels de la société et, dans ce
cas, s'il y a fraude, mauvaise foi ou négligence grave de
la part du gérant, le commanditaire pourra le poursuivre
en payement de ce qu'il aura dû restituer.
Art. 22. L'associé commanditaire ne peut, même en
vertu de procuration, faire aucun acte de gestion . -
Com., 27(1).
Les avis et les conseils, les actes de contrôle et de sur-
veillance et les autorisations données aux gérants pour
les actes qui sortent de leurs pouvoirs, n'engagent pas
l'associé commanditaire .
Art . 23. L'associé commanditaire est solidairement
tenu, à l'égard des tiers, de tous les engagements de la
société auxquels il aurait participé en contravention à la
prohibition de l'article précédent. - Com. , 28.
Il est tenu solidairement, à l'égard des tiers, même des
engagements auxquels il n'aurait pas participé, s'il a
habituellement géré les affaires de la société ou si son
nom fait partie de la raison sociale (1).
Art. 24. La cession des parts ou intérêts que le contrat
autorise ne peut être faite que d'après les formes du
droit civil ; elle ne peut avoir d'effet quant aux engage-
(1) Avis du Conseil d'Etat , du 29 avril 1809 .
" Le Conseil d'Etat, qui , en exécutiondu renvoi ordonné par Sa Majesté, a
entendu le rapport de la section de l'intérieur sur celui du ministre de ce
département, tendant à faire décider si la défense portée aux articles 27et
28 du code de commerce, aux associés commanditaires, de faire aucun acte
de gestion des affaires de la société en commandite, sous peine d'être obligés
DES SOCIÉTÉS . 17
ments de la société antérieurs à sa publication. - C. civ. ,
1689 s .
Art. 25. Dans le cas de décès du gérant, ainsi que
dans le cas d'incapacité légale ou d'empêchement, s'il a
été stipulé que la société continuerait, le président du
tribunal civil peut, si les statuts n'y ont autrement
pourvu, désigner, à la requête de tout intéressé, un
administrateur commanditaire ou autre qui fera les actes
urgents et de simple administration durant le délai qui
sera fixé par l'ordonnance, sans que ce délai puisse
excéder un mois.
L'administrateur provisoire n'est responsable que de
l'exécution de son mandat. - C. civ., 1991 s.
SECTION IV .
§ 1er. De la nature et de la qualification des
sociétés anonymes .
Art. 26. La société anonyme est celle dans laquelle
les associés n'engagent qu'une mise déterminée.
Com. , 33 ; loi du 9 août 1889 sur les habitations ouvrières,
art. 11 .
Art. 27. Elle n'existe point sous une raison sociale ;
elle n'est désignée par le nom d'aucun des associés .
Com. , 29.
Art . 28. La société anonyme est qualifiée par une
dénomination particulière ou par la dénomination de
l'objet de son entreprise. - Com. , 30.
Cette dénomination ou désignation doit être différente
de celle de toute autre société .
Si elle est identique, ou si sa ressemblance peut induire
solidairement, s'applique aux transactions commerciales réciproques, étran-
gères à la gestion de la maison commanditée;
" Est d'avis que les articles 27 et 28 du code de commerce ne sont appli-
cables qu'aux actes que les associés commanditaires feraient en représentant
comme gérants la maison commanditée, même par procuration, et qu'ils no
s'appliquent pas aux transactions commerciales que la maison commanditée
peut faire pour son compte avec le commanditaire, et réciproquement le com-
manditaire avec la maison commanditée, comme avec toute autre maison de
commerce . "
18 LIVRE PREMIER .
en erreur, toutintéressé peut la faire modifier et réclamer
des dommages-intérêts, s'il y a lieu.
§ 2. De la constitution des sociétés anonymes .
Art. 29. La constitution d'une société anonyme
requiert :
1º Qu'il y ait sept associés au moins ;
20 Que le capital soit intégralement souscrit ;
30 Que chaque action soit libérée d'un dixième au
moins par un versement en numéraire ou un apport
effectif.
L'accomplissement de ces conditions doit être constaté
dans un acte authentique.
Art. 30. La société peut être constituée par un ou
plusieurs actes authentiques dans lesquels comparaissent
tous les associés en personne, ou par porteurs de mandats
Lauthentiques ou privés .
Les comparants à ces actes seront considérés comme
fondateurs de la société. Toutefois si les actes désignent
comme fondateurs un ou plusieurs actionnaires possédant
ensemble au moins un tiers du capital social, les autres
comparants qui se bornent à souscrire des actions contre
espèces sans recevoir aucun avantage particulier, seront
tenus pour simples souscripteurs.
Art. 31. La société peut aussi être constituée au moyen
Vdesipilas
L'acte de société est préalablement publié à titre deprojet.
Les souscriptions doivent être faites en double et
indiquer :
La date de l'acte authentique de société et de sa publi-
<
cation ;
L'objet de la société, le capital social et le nombre
d'actions;
Les apports et les conditions auxquelles ils sont faits ;
Les avantages particuliers attribués aux fondateurs ;
Le versement sur chaque action d'un dixième au moins
de la souscription.
Elles contiennent convocation des souscripteurs à une
assemblée qui sera tenue dans les trois mois pour la
constitution définitive de la société.
DES SOCIÉTÉS . 19
Art. 32. Au jour fixé, les fondateurs présenteront à
l'assemblée, qui sera tenue devant notaire,la justification
de l'existence des conditions requises par l'article 29 avec
les pièces à l'appui.
Si la majorité des souscripteurs présents, autres que
les fondateurs, ne s'oppose pas à la constitution de la
société, les fondateurs déclareront qu'elle est définitive-
ment constituée .
Le procès-verbal authentique de cette assemblée, qui
contiendra la liste des souscripteurs et l'état des verse-
ments faits , constituera définitivement la société.
C. civ., 1317 s .
Art . 33. Lorsqu'une émission d'actions a lieu en vertu
soit d'une disposition des statuts, soit d'une modification
aux statuts, les souscriptions devront être faites en double
et contenir les énonciations indiquées en l'article 31 .
Art. 34. Les fondateurs sont tenus solidairement
envers les intéressés et malgré toute stipulation contraire :
1º De tous les engagements sociaux contractés jusqu'à
-ce que la société ait sept membres au moins ;
20 De toute la partie du capital qui ne serait pas
valablement souscrite ; ils en sont de plein droit réputés
souscripteurs ;
3º De la libération effective des actions jusqu'à concur-
rence d'un dixième ;
4º De la réparation du préjudice qui est une suite
immédiate et directe, soit de la nullité de la société déri-
vant de l'inobservation de l'article 4, soit de l'absence ou
de la fausseté des énonciations prescrites par l'article 31
dans les souscriptions .
Ceux qui ont pris un engagement pour des tiers, soit
comme mandataires, soit en se portant fort, sont réputés
personnellement obligés, s'il n'y a pas mandat valable ou
si l'engagement n'est pas ratifié. Les fondateurs en sont
solidairement garants;
5° Des engagements pris par des incapables.
§ 3. Des actions et de leur transmission.
Art. 35. Le capital des sociétés anonymes se divise en
Lactions.
20 LIVRE PREMIER .
Les actions peuvent être divisées en coupures qui,
réunies en nombre suffisant, confèrent les mêmes droits
que l'action.
Les actions et les coupures portent un numéro d'ordre .
-Com. , 34.
Art. 36. Il est tenu au siège social un registre des
actions nominatives, dont tout actionnaire pourra prendre
connaissance ; ce registre contient :
La désignation précise de chaque actionnaire et l'indi-
cation du nombre de ses actions ;
L'indication des versements effectués ;
Les transferts avec leur date ou leur conversion des
actions en titres au porteur, si les statuts l'autorisent.
Art. 37. La propriété de l'action nominative s'établit
par une inscription sur le registre prescrit par l'article
précédent.
La cession s'opère par une déclaration de transfert
inscrite sur le même registre, datée et signée par le cédant
et le cessionnaire ou par leurs fondés de pouvoirs.- 36.
Des certificats constatant ces inscriptions seront déli-
vrés aux actionnaires .
S'il y a plusieurs propriétaires d'une action, la société
a le droit de suspendre l'exercice des droits y afférents,
jusqu'à ce qu'une seule personne soit désignée comme
étant, à son égard, propriétaire de l'action .
Art. 38. L'action au porteur est signée par deux
administrateurs au moins. L'une des deux signatures
peut être apposée au moyen d'une griffe.
L'action indique :
La date de l'acte constitutif de la société et de sa publi-
cation ;
Le nombre et la nature de chaque catégorie d'actions,
ainsi que la valeur nominale des titres ou la part sociale
qu'il représente ;
La consistance sommaire des apports et les conditions
auxquelles ils sont faits ;
Les avantages particuliers attribués aux fondateurs ;
La durée de la société ;
Le jour et l'heure de l'assemblée générale annuelle.
Art. 39. La cession de l'action au porteur s'opère par
la seule tradition du titre . - 36 .
DES SOCIÉTÉS . 21
Art. 40. Les cessions d'actions ne sont valables
qu'après la constitution définitive de la société ; elles
ne peuvent être inscrites sur le registre d'actionnaires
qu'après versement du cinquième de l'import des actions .
Les actions sont nominatives jusqu'à leur entière libé-
Lration 35.
Art. 41. La situation du capital social sera publiée,
lure d'au moins une fois par année, à la suite du bilan.
Elle comprendra :
L'indication des versements effectués ;
La liste des actionnaires qui n'ont pas encore entière-
ment libéré leurs actions, avec l'indication des sommes
dont ils sont redevables .
La publication de cette liste a, pour les changements
d'actionnaires qu'elle constate, la même valeur qu'une
publication faite conformément à l'article 12.
Art. 42. Les souscripteurs d'actions sont, nonobstant
toute stipulation contraire, responsables du montant
total de leurs actions ; la cession des actions ne peut les
affranchir de contribuer aux dettes antérieures à sa
publication.
L'ancien propriétaire a un recours solidaire contre
celui à qui il a cédé son titre et contre les cessionnaires
ultérieurs . C. civ. , 1200 s.
§ 4. De l'administration et de la surveillance des sociétés
anonymes .
Art. 43. Les sociétés anonymes sont administrées
par des mandataires à temps, révocables, salariés ou
gratuits . 13.
Art. 44. A défaut de dispositions contraires dans les
statuts, ces mandataires ont le pouvoir de faire tous
actes d'administration et de soutenir toutes actions au
nom de la société, soit en demandant, soit en défen-
dant.
Art. 45. Les administrateurs doivent être au nombre
✔de trois au moins .
Ils sont nommés par l'assemblée générale des action-
Inaires ; ils peuvent cependant, pour la première fois,
être nommés par l'acte de constitution de la société .
122 LIVRE PREMIER .
Le terme de leur mandat ne peut excéder six ans ; ils
sont toujours révocables par l'assemblée générale.
En cas de vacance d'une place d'administrateur et sauf
disposition contraire dans les statuts, les administrateurs
restants et les commissaires réunis ont le droit d'y
pourvoir provisoirement. Dans ce cas, l'assemblée géné-
rale, lors de la première réunion, procède à l'élection
définitive .
Art. 46. Sauf disposition contraire dans l'acte de
société, les administrateurs sont rééligibles ; en cas de
vacance avant l'expiration du terme d'un mandat,
l'administrateur nommé achève le terme de celui qu'il
remplace.
Art. 47. Chaque administrateur doit affecter, par
X& privilège, un certain nombre d'actions à la garantie de
sa gestion . Mention de cette affectation est faite par le
propriétaire des actions sur le registre d'actionnaires
pour les actions nominatives, Les actions au porteur sont
déposées dans la caisse de la société ou d'un tiers dési-
gné par les statuts ou par l'assemblée générale.
Art. 48. Chaque administrateur nommé parles statuts
doit déposer un nombre d'actions représentant la cin-
quantième partie du capital social, sans que cette part
doive s'élever au delà de cinquante mille francs, valeur
nominale des actions .
Les statuts fixent le nombre d'actions à déposer par
les administrateurs nommés par l'assemblée générale.
Si les actions n'appartiennent pas à l'administrateur
dont elles garantissent la gestion, le nom du propriétaire
doit être indiqué lors du dépôt ; il en est donné connais-
sance à la première assemblée générale.
Art . 49. A défaut de s'être conformé aux conditions
prescrites par les deux articles précédents dans le mois
de la constitution définitive de la société s'il s'agit d'un
administrateur nommé par les statuts, ou dans le mois de
sa nomination ou de la notification qui devra lui en être
faite si elle a eu lieu en son absence et qu'il s'agisse
d'un administrateur nommé par l'assemblée générale,
tout administrateur sera réputé démissionnaire et il
sera pourvu à son remplacement par l'assemblée géné-
rale.
DES SOCIÉTÉS. 23
Art. 50. L'administrateur qui a un intérêt opposé à
celui de la société, dans une opération soumise à l'appro-
bation du conseil d'administration, est tenu d'en prévenir
le conseil et de faire mentionner cette déclaration au
procès-verbal de la séance. Il ne peut prendre part à
cette délibération .
Il est spécialement rendu compte, à la première
assemblée générale, avant tout vote sur d'autres réso-
lutions, des opérations dans lesquelles un des adminis-
trateurs aurait eu un intérêt opposé à celui de la
société .
Art. 51. Les administrateurs ne contractent aucune
Lobligation
la société.
personnelle relativement aux engagements de
Art. 52. Les administrateurs sont responsables, con-
formément au droit commun, de l'exécution du mandat
qu'ils ont reçu et des fautes commises dans leur gestion .
- C. civ. , 1991 s .
Ils sont solidairement responsables, soit envers la
société, soit envers les tiers, de tous dommages et intérêts
résultant d'infractions aux dispositions du présent titre
ou des statuts sociaux. Ils ne seront déchargés de cette
responsabilité , quant aux infractions auxquelles ils
n'ont pas pris part, que si aucune faute ne leur est impu-
table et s'ils ont dénoncé ces infractions à l'assemblée
générale la plus prochaine après qu'ils en auront eu con-
naissance. -C. civ., 1200 s .
Art. 53. La gestion journalière des affaires de la
société, ainsi que la représentation de la société, en ce
qui concerne cette gestion, peuvent être déléguées à des
directeurs , gérantis et autres agents, associés ou non
associés , dont la nomination, la révocation et les attribu-
tions sont réglées par les statuts.
- La responsabilité de ces agents , à raison de leur ges-
tion, se détermine conformément aux règles générales
dumandat. C. civ. , 1991 s .
Art. 54. La surveillance de la société doit être confiée
à un ou plusieurs commissaires, associés ou non.
La nomination est faite, pour la première fois, par
l'acte qui constitue définitivement la société, et ensuite
par l'assemblée générale des actionnaires .
24 LIVRE PREMIER .
La durée de leur mandat ne peut excéder six ans ;
ils sont toujours révocables par l'assemblée géné-
rale.
Le nombre des commissaires est fixé par les statuts,
mais il peut être modifié par l'assemblée générale .
L'assemblée générale fixe les émoluments des commis-
saires , lesquels ne peuvent être supérieurs au tiers de
ceux d'un administrateur.
Si le nombre des commissaires est réduit, par suite de
décès ou autrement, de plus de moitié, le conseil d'admi-
nistration doit convoquer immédiatement l'assemblée
générale pour pourvoir au remplacement des commis-
saires manquants .
Art . 55. Les commissaires ont un droit illimité de
surveillance et de contrôle sur toutes les opérations de
✔ la société. Ils peuvent prendre connaissance, sans dé-
placement, des livres, de la correspondance, des procès-
verbaux et généralement de toutes les écritures de la
société.
Il leur est remis, chaque semestre, par l'administra-
tion un état résumant la situation active et passive.
Les commissaires doivent soumettre à l'assemblée géné-
rale le résultat de leur mission avec les propositions qu'ils
croient convenables, et lui faire connaître le mode d'après
lequel ils ont contrôlé les inventaires. Voir suite art63
Leur responsabilité en tant qu'elle dérive de leurs
devoirs de surveillance et de contrôle, est déterminée
d'après les mêmes règles que la responsabilité des admi-
nistrateurs . C. civ. , 1991 s .
Art . 56. Les administrateurs et les commissaires
forment des collèges qui délibèrent suivant le mode
établi par les statuts et, à défaut de dispositions à cet
égard, suivant les règles ordinaires des assemblées déli-
bérantes .
Art. 57. Les statuts peuvent disposer que les admi-
nistrateurs et les commissaires réunis formeront le con-
seil général ; ils en détermineront les attributions.
Art. 58. Les commissaires fournissent en actions de
✔ la société le cautionnement fixé par les statuts.
L'article 47, les deux derniers paragraphes de l'arti-
cle 48 et l'article 49 sont applicables aux commissaires.
DES SOCIÉTÉS . 25
§ 5. Des assemblées générales.
Art. 59. L'assemblée générale des actionnaires a les
✔pouvoirs les plus étendus pour faire ou ratifier les actes
qui intéressent la société.
Elle a, sauf disposition contraire, le droit d'apporter
des modifications aux statuts , mais sans pouvoir changer
l'objet essentiel de la société.
Lorsqu'il s'agit de délibérer sur les modifications aux
statuts, l'assemblée n'est valablement constituée que si
les convocations ont mis cet objet à l'ordre du jour et si
ceux qui assistent à la réunion représentent la moitié au
moins du capital social.
Si cette dernière condition n'est pas remplie, une nou-
velle convocation sera nécessaire et la nouvelle assemblée
délibérera valablement, quelle que soit la portion du
capital représentée par les actionnaires présents.
Aucune modification n'est admise que si elle réunit les
trois quarts des voix.
Art. 60. Il doit être tenu, chaque année, au moins une
✔ assemblée générale dans la commune, aux jour et heure
indiqués par les statuts.
Le conseil d'administration et les commissaires peu-
vent convoquer l'assemblée générale. Ils doivent la con-
voquer sur la demande d'actionnaires représentant le
cinquième du capital social.
Les convocations pour toute assemblée générale con-
tiennent l'ordre du jour et sont faites par des annonces
insérées deux fois, à huit jours d'intervalle au moins
det huit jours avant l'assemblée, dans le Moniteur belge,
dans un journal de Bruxelles et dans un journal de la
province ou de l'arrondissement où se trouve le siège de
la société.
Des lettres missives seront adressées, huit jours avant
l'assemblée, aux actionnaires en nom, mais sans qu'il doive
être justifié de l'accomplissement de cette formalité .
Quand toutes les actions sont nominatives, les convo-
cations peuvent être faites uniquement par lettres recom-
mandées .
Art . 61. Les statuts déterminent le mode de délibéra-
tion de l'assemblée générale et les formalités nécessaires
26 LIVRE PREMIER .
pour y être admis. En l'absence de dispositions, les
nominations se font et les décisions se prennent d'après
les règles ordinaires des assemblées délibérantes ; les
procès-verbaux sont signés par les actionnaires néces-
saires à la formation de la majorité ; les expéditions à
délivrer aux tiers sont signées par la majorité des admi-
nistrateurs et des commissaires .
Tous les actionnaires ont, nonobstant disposition con-
traire , mais en se conformant aux règles des statuts, le
droit de voter par eux-mêmes ou par mandataire ; nul ne
peut prendre part au vote pour un nombre d'actions
dépassant la cinquième partie du nombre des actions
émises ou les deux cinquièmes des actions pour lesquelles
il est pris part au vote.
§ 6. Des inventaires et des bilans (1) .
Art. 62. Chaque année, l'administration doit dresser
un inventaire contenant l'indication des valeurs mobi-
lières et immobilières et de toutes les dettes actives et
passives de la société, avec une annexe contenant, en
résumé, tous ses engagements .
L'administration forme le bilan et le compte des profits
et pertes, dans lesquels les amortissements nécessaires
doivent être faits .
Il est fait annuellement, sur les bénéfices nets, un pré-
lèvement d'un vingtième au moins, affecté à la formation
d'un fonds de réserve ; ce prélèvement cesse d'être obli-
gatoire lorsque le fonds de réserve a atteint le dixième
du capital social.
L'administration remet les pièces avec un rapport sur
les opérations de la société un mois au moins avant l'as-
semblée générale ordinaire, aux commissaires qui doi-
vent faire un rapport contenant leurs propositions.
Art. 63. Quinze jours avant l'assemblée générale, le
a bilan, le compte des profits et pertes, ainsi que la liste
des actionnaires indiquant le nombre de leurs actions et
(1) Voir, aux Lois usuelles, la loi du 26 décembre 1881 sur le faux dans les
bilans et dans les comptes de profits et pertes des sociétés .
DES SOCIÉTÉS . 27
leur domicile sont, au siège social, à l'inspection de ces
derniers.
Le bilan et le compte sont adressés aux actionnaires
en nom, en même temps que la convocation, de même
que le rapport des commissaires s'il ne conclut pas à
l'adoption complète du bilan.
Art. 64. L'assemblée générale entend les rapports des
administrateurs et des commissaires et discute le bilan .
Le conseil d'administration ai le drot de proroger,
Lséance tenante, l'assemblée à trois semaines. Cette pro-
rogation annule toute décision prise. La seconde assem-
blée a le droit d'arrêter définitivement le bilan .
L'adoption du bilan par l'assemblée générale vaut
décharge pour les administrateurs et les commissaires
de la société, mais en tant seulement que l'assemblée
n'ait pas fait de réserve contraire et que le bilan ne con-
tienne ni omission, ni indication fausse dissimulant la
situation réelle de la société . Toutefois, cette décharge
n'est pas opposable aux actionnaires absents, quant aux
actes faits en dehors des statuts s'ils ne sont spécialement
indiqués dans la convocation,
Art. 65. Le bilan et le compte des profits et pertes
doivent, dans la quinzaine après leur approbation, être
publiés aux frais de la société et par les soins des admi-
nistrateurs, conformément au mode déterminé par l'ar-
ticle 10.
§ 7. De certaines indications à faire dans les actes (1).
Art. 66. Dans tous les actes, factures , annonces ,
publications et autres pièces émanées des sociétés ano-
nymes, on doit trouver la dénomination sociale précédée
T
(1) Seront sans effet les soumissions faites auprès des administrations
publiques par des sociétés anonymes ou coopératives auxquelles ne serait pas
annexéun certificat délivré par le greffier du tribunal de commerce auquel
ressortit la société soumissionnaire, attestant que les dispositions légales
relatives à la publicité du bilan et, s'il y a licu, de la liste des membres ont
été observées pendant l'année précédente ou depuis la constitution de la
société, si cette constitution remonte à moins d'une année (art. 5 de la loi du
6 juillet 1891). T
28 LIVRE PREMIER .
ou suivie immédiatement de ces mots écrits lisiblement
et en toutes lettres : SOCIÉTÉ ANΟΝΥΜΕ .
Si les pièces ci-dessus indiquées énoncent le capital
social, ce capital devra être celui qui résulte du dernier
bilan.
Art. 67. Toute personne qui interviendra pour une
société anonyme dans un acte où la prescription de l'ar-
ticle précédent ne sera pas remplie pourra, suivant les
circonstances, être déclarée personnellement responsa-
ble des engagements qui y sont pris par la société. En
cas d'exagération du capital, le tiers aura le droit de
réclamer de cette personne, à défaut de la société, une
somme suffisante pour qu'il soit dans la même situation
que si le capital énoncé avait été le capital réel.
§ 8. De l'émission des obligations .
Art. 68. Les sociétés anonymes ne peuvent émettre
dd'obligations remboursables par voie de tirage au sort à
un taux supérieur au prix d'émission, qu'à la condition
que les obligations rapportent 3 p . c. d'intérêt au moins ;
que toutes soient remboursables par la même somme, et
que le montant de l'annuité comprenant l'amortissement
et les intérêts soit le même pendant toute la durée de
l'emprunt.
Il ne peut être émis d'obligations de cette nature
qu'après la constitution de la société.
Le montant de ces obligations ne pourra, en aucun
cas, être supérieur au capital social versé .
Art. 69. En cas de liquidation, ces obligations ne
seront admises au passif que pour une somme totale
lvie égale au capital qu'on obtiendra en ramenant à leur
valeur actuelle, au taux de 5 p . c,, les annuités d'intérêts
et d'amortissement qui restent à échoir. Chaque obliga-
tion sera admise pour une somme égale au quotient de
ce capital, divisé par le nombre des obligations non
encore éteintes .
Art. 70. Les porteurs d'obligations ont le droit de
Q prendre connaissance des pièces déposéesenconformité
de l'article 63. Ils peuvent assister aux assemblées géné-
rales, mais avec voie consultative seulement.
t
DES SOCIÉTÉS . 29
§ 9. De la durée et de la dissolution des sociétés i
anonymes .
Art. 71. Les sociétés anonymes qui ont pour obje
l'exploitation d'une concession accordée par le gouver
nement peuvent être formées pour la durée de la conces-
sion .
La durée des autres sociétés ne peut excéder trente
ans. S'il est stipulé une durée plus longue, elle est réduite
à ce terme .
La société peut être successivement prorogée dans les
formes prescrites pour les modifications aux statuts pour
un nouveau terme expirant dans les trente ans de la pro-
rogation .
α Art. 72. En cas de perte de la moitié du capital
social , les administrateurs doivent soumettre à l'assem-
blée générale la question de dissolution de la société .
Si la perte atteint les trois quarts du capital , la disso-
lution pourra être prononcée par les actionnaires possé-
dant un quart des actions représentées à l'assemblée.
Art. 73. La dissolution doit être prononcée sur la
demande de tout intéressé lorsque' six mois se sont
écoulés depuis l'époque où le nombre des associés a été
réduit à moins de sept.
SECTION V. - DES SOCIÉTÉS EN COMMANDITE PAR ACTIONS .
Art. 74. La société en commandite par actions est
dcelle que contractent un ou plusieurs associés respon-
sables et solidaires avec des actionnaires qui n'engagent
qu'une mise déterminée . - 23, 38 ; C. civ. , 1862 s .
Art . 75. La société existe sous une raison sociale qui
ne comprendra que le nom d'un ou plusieurs associés
responsables. Il peut y être ajouté une déncmination
particulière ou la désignation de l'objet de son entre-
prise. - 23.
a Art. 76. Les dispositions relatives aux sociétés ano-
nymes sont applicables aux commandites par actions,
sauf les modifications indiquées dans la présente section.
26 s .
Art. 77. Les associés gérants sont nécessairement
2
30 LIVRE PREMIER .
indiqués dans l'acte constitutif et sont responsables
comme fondateurs de la société .
Art. 78. Les actions sont signées par les gérants et
par deux commissaires .
La signature de l'un des gérants et de l'un des commis-
saires doit être manuscrite . Les autres peuvent être appo-
sées au moyen d'une griffe .
Art. 79. La gérance de la société appartient à des
associés désignés par les statuts et dont les droits sont
aussi fixés par les statuts .
✔ Art. commissaires
80. La surveillance de la société doit être confiée
à trois au moins .
Art. 81. Le conseil de surveillance peut donner ses
avis sur les affaires que les gérants lui soumettent et
autoriser les actes que les statuts lui ont réservés .
L'actionnaire qui prend la signature sociale autrement
que par procuration ou dont le nom figure dans la raison
sociale devient, vis-à-vis des tiers, solidairement respon-
sable des engagements de la société.- Com. , 27, 28 ; avis
du conseil d'Etat de 1809, reproduit, p. 16 .
Art. 82. Sauf disposition contraire des statuts, l'as-
semblée générale des actionnaires ne fait et ne ratifie les
actes qui intéressent la société à l'égard des tiers ou qui
modifient les statuts que d'accord avec les gérants .
Elle représente les actionnaires vis-à-vis des gérants .
Art. 83. Si la société prend une dénomination particu-
lière,dans tous les actes, factures, annonces, publications
et autres pièces , on doit trouver la dénomination sociale
le précédée ou suivie de ces mots : COMMANDITE PAR ACTIONS.
Art. 84. Sauf stipulation contraire, la société prend
fin par la mort du gérant.
Les commissaires peuvent, s'il n'y est autrement pourvu
par les statuts , désigner, dans le cas de décès, d'incaра-
cité légale ou d'empêch
'empêchement du gérant, un administra-
teur actionnaire ou non, qui fera les actes urgents et de
simple administration, jusqu'à la réunion de l'assemblée
générale.
L'administrateur, dans la quinzaine de sa nomination,
convoquera l'assemblée générale suivant le mode déter-
miné par les statuts .
Il n'est responsable que de l'exécution de son mandat.
DES SOCIÉTÉS . 31
SECTION VI . -
DES SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES (1) .
§ 1er. De la nature et de la constitution des sociétés
coopératives.
Art. 85. La société coopérative est celle qui se
compose d'associés dont le nombre ou les apports
sont variables et dont les parts sont incessibles à des
tiers.
Art. 86. La société coopérative n'existe pas sous une
raison sociale ; elle est qualifiée par une dénomination
particulière .
La société doit être composée de sept personnes au
moins .
Elle est administrée par un ou plusieurs mandataires,
associés ou non associés, qui ne sont responsables que du
mandat qu'ils ont reçu. C. civ. , 1991 s .
Les associés peuvent s'engager solidairement ou divi-
sément, indéfiniment ou jusqu'à concurrence d'une cer-
taine valeur.
Art . 87. L'acte constitutif de la société doit détermi-
ner, à peine de nullité, les points suivants :
1º La dénomination de la société, son siège ;
2° L'objet de la société ;
3º La désignation précise des associés ;
4° La manière dont le fonds social est ou sera ultérieu-
rement formé , et son minimum .
Art . 88. L'acte indiquera, en outre :
1º La durée de la société, qui ne peut excéder trente
ans;
2º Les conditions d'admission, de démission et d'exclu-
sion des associés et les conditions de retrait de verse-
ments;
3º Comment et par qui les affaires sociales seront
administrées et contrôlées et, s'il y a lieu, le mode de
(1) Voir, aux Lois usuelles, la loi du 2 juillet 1875 portant exemption de
diversdroits, en faveur des sociétés coopératives, et laloi du 9 août 1889 sur
les habitations ouvrières .
32 LIVRE PREMIER .
nomination et de révocation du gérant, des administra-
tours et des commissaires , l'étendue de leur pouvoir et
la durée de leur mandat ;
4º Les droits des associés , le mode de convocation, la
majorité requise pour la validité des délibérations, le
mode de votation ;
5° La répartition des bénéfices et des pertes ;
6º L'étendue de la responsabilité des associés, s'ils
sont tenus des engagements de la société, solidairement
ou divisément, sur tout leur patrimoine ou jusqu'à con-
currence d'une somme déterminée seulement .
Art . 89. A défaut de dispositions sur les points
indiqués en l'article précédent, ils seront réglés comme
suit :
1º La société dure dix ans ;
2º Les associés peuvent se retirer de la société ; ils ne
peuvent en être exclus que pour inexécution du contrat ;
l'assemblée générale prononce les exclusions et les
admissions et autorise les retraits de versements ;
3° La société est gérée par un administrateur et sur-
veillée par trois commissaires, nommés de la même
manière dans les sociétés anonymes ;
4° Tous les associés peuvent voter dans l'assemblée
générale ; ils ont voix égale ; les convocations se font par
lettre recommandée, signée de l'administration ; les réso-
lutions sont prises en suivant les règles indiquées pour
les sociétés anonymes . - 59 s .;
5º Les bénéfices et les pertes se partagent chaque
année, par moitié par parts égales entre les associés, et
par moitié à raison de leur mise ;
6º Les associés sont tous solidaires . - C. civ. , 1200 s .
Art. 90. Toute société coopérative doit tenir un re-
ss
ve e
gistre contenant à sa première page l'acte constitutif de
r
la société et indiquant à la suite de cet acte : 1º les noms ,
ti
professions et demeures des sociétaires ; 2º la date de
leur admission , de leur démission ou de leur exclusion ;
3º le compte des sommes versées ou retirées par chacun
d'eux .
Ce livre sera coté, paraphé et visé, soit par un des juges
du tribunal de commerce, soit par le bourgmestre de la
:
commune, et sans frais .
DES SOCIÉTÉS . 33
Le paraphe pourra être remplacé par le sceau
tribunal ou de l'administration communale.
du
Liv. I ,
tit. III , 18s .
La mention des retraits de mise est signée par le soció-
taire qui les a opérés .
§ 2. Des changements dans le personnel
et du fonds social.
Art. 91. L'admission des sociétaires est constatée par
P'apposition de leur signature, précédée de la date , en
regard de leur nom, sur le registre de la société.
Art. 92. Lorsque les statuts donnent aux associés le
droit de se retirer, ils ne peuvent donner leur démission
que dans les six premiers mois de l'année sociale.
Art. 93. La démission est constatée par la mention du
fait sur le titre de l'associé et sur le registre de la société,
en marge du nom du démissionnaire . 90.
Ces mentions sont datées et signées par l'associé et par
celui qui a la gestion et la signature sociale.
Art. 94. Si le gérant refuse de constater la démission ,
elle est reçue au greffe de la justice de paix du siège
social.
Le greffier en dresse procès-verbal et en donne con-
naissance à la société par lettre recommandée, envoyée
dans les vingt-quatre heures .
Le procès-verbal est sur papier libre et enregistré
gratis.
Art. 95. L'exclusion de la société résulte d'un procès-
verbal dressé et signé par le gérant. Ce procès-verbal
relate les faits établissant que l'exclusion a été prononcée
conformément aux statuts ; il est transcrit sur le registre
des membres de la société et copie conforme en est adres-
sée au sociétaire exclu, dans les deux jours, par lettre
recommandée .
Art. 96. L'associé démissionnaire ou exclu ne peut
provoquer la liquidation de la société ; il à droit à recevoir
sa part telle qu'elle résultera du bilan de l'année sociale
pendant laquelle la démission a été donnée ou l'exclusion
prononcée .
Art. 97. En cas de décès, de faillite, de déconfiture on
34 LIVRE PREMIER .
d'interdiction d'un associé, ses héritiers, créanciers ou
représentants recouvrent sa part de la manière déterminée
par l'article 96.
Ils ne peuvent provoquer la liquidation de la société.
Art. 98. Tout sociétaire démissionnaire ou exclu reste
personnellement tenu, dans les limites où il s'est engagé
etersonnelleme
pendant cinq ans, à partir de sa démission ou de son
exclusion, sauf le cas de prescription plus courte établie
par la loi, de tous les engagements contractés avant la fin
de l'année dans laquelle sa retraite a été publiée .
Art. 99. Les droits de chaque associé sont repré-
sentés par un titre nominatif, qui porte la dénomination
de la société, les nom, prénoms, qualité et demeure du
titulaire, la date de son admission, le tout signé par le
titulaire et par celui qui a la gestion et la signature
sociale.
Il mentionne, par ordre de date, les versements et les
retraits de sommes parle titulaire. Ces annotations sont,
selon le cas, signées par le représentant de la société ou
par le titulaire et valent quittance .
Il contient les statuts de la société.
Il est exempt du timbre et de l'enregistrement.
Art. 100. Les créanciers personnels de l'associé ne
peuvent saisir que les intérêts et dividendes lui revenant
et la part qui lui sera attribuée à la dissolution de la
société. C. civ. , 1166, 1167.
§ 3. Des mesures dans l'intérêt des tiers .
Art. 101. Chaque année, à l'époque fixée par les
statuts , l'administration dresse un inventaire dans la
forme prescrite par l'article 62.
Un fonds de réserve sera formé de la manière déter-
minée par le dit article .
Art. 102. Dans tous les actes, factures, annonces ,
publications et autres pièces émanées des sociétés coo-
pératives, on doit trouver la dénomination sociale pré-
cédée ou suivie immédiatement de ces mots, écrits lisi-
blement et en toutes lettres : SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE . -66.
Art. 103. Τoute personne qui interviendra pour une
DES SOCIÉTÉS . 35
société coopérative dans un acte où la prescription de
l'article précédent ne sera pas remplie, pourra, suivant
les circonstances , être déclarée personnellement res-
ponsable des engagements qui y sont pris par la société.
67.
Art. 104. Le bilan sera déposé, dans la quinzaine
après son approbation, au greffe du tribunal de commerce
du siège de la société (1).
Art. 105. Celui ou ceux qui gèrent la société devront
déposer tous les six mois, au même greffe, une liste
indiquant par ordre alphabétique les noms , professions
et demeures de tous les associés , datée et certifiée véri-
table par les signataires (1).
Ceux-ci seront responsables de toute fausse énonciation
dans les dites listes .
Art. 106. Dans les huit jours de leur nomination, les
gérants doivent déposer au greffe du tribunal de com-
merce un extrait de l'acte constatant leur pouvoir. Ils
doivent donner leur signature en présence du greffier,
ou la faire parvenir au greffe dans la forme authen-
tique.
Art. 107. Le public est admis à prendre gratuitement
connaissance des listes des membres, des actes conférant
la gérance et des bilans. Chacun peut en demander
copie, sur papier libre, moyennant payement des frais
degreffe .
SECTION VII . -DES ASSOCIATIONS MOMENTANÉES ET DES
ASSOCIATIONS EN PARTICIPATION.
Art. 108. L'association momentanée est celle qui a
pour objet de traiter, sans raison sociale, une ou plusieurs
opérations de commerce déterminées .
Les associés sont tenus solidairement envers les tiers
avec qui ils ont traité. C. civ. , 1200 s .
Art. 109. L'association en participation est celle par
laquelle une ou plusieurs personnes s'intéressent dans
(1) Voir lanote de la page 27 sous l'article 66.
36 LIVRE PREMIER .
des opérations qu'une ou plusieurs autres gèrent en leur
propre nom. Com., 48 s .
Art . 110. Les associations momentanées et les asso-
ciations en participation ont lieu entre les associés pour
les objets, dans les formes, avec les proportions d'in-
térêt et aux conditions convenues entre eux . - Com. ,
48 s .
SECTION VIII . - DE LA LIQUIDATION DES SOCIÉTÉS .
Art. 111. Les sociétés commerciales sont, après leur
dissolution, réputées exister pour leur liquidation.
Toutes les pièces émanées d'une société dissoute men-
tionnent qu'elle est en liquidation.
Art. 112. A défaut de convention contraire , le mode
de liquidation est déterminé et les liquidateurs sont
nommés par l'assemblée générale des associés . Dans les
sociétés en nom collectif et dans les sociétés en comman-
dite simple, les décisions ne sont valablement prises que
par l'assentiment de la moitié des associés possédant les
trois quarts de l'avoir social ; à défaut de cette majorité,
il est statué par les tribunaux .
Dans les cas de nullité de société, les tribunaux peuvent
déterminer le mode de liquidation et nommer les liqui-
dateurs .
Art. 113. A défaut de nomination de liquidateurs, les
associés gérants dans les sociétés en nom collectif ou en
commandite et dans les sociétés coopératives, et les
administrateurs dans les sociétés anonymes , seront, à
l'égard des tiers, considérés comme liquidateurs .
Art. 114. A défaut de disposition contraire dans les
statuts ou dans l'acte de nomination, les liquidateurs
peuvent intenter et soutenir toutes actions pour la
société, recevoir tous payements, donner mainlevée avec
ou sans quittance, réaliser toutes les valeurs mobilières
de la société, endosser tous effets de commerce, transiger
ou compromettre sur toutes contestations . Ils peuvent
aliéner les immeubles de la société par adjudication
publique , s'ils jugent la vente nécessaire pour payer les
dettes sociales ou si le nombre des associés est de sept.
ou plus .
DES SOCIÉTÉS . 37
Art. 115. Ils peuvent, mais seulement avec l'autorisa-
tion de l'assemblée générale des associés, donnés con-
formément à l'article 112, continuer jusqu'à réalisation
l'industrie ou le commerce de la société, emprunter pour
payer les dettes sociales, créer des effets de commerce,
hypothéquer les biens de la société, les donner en gage,
aliéner ses immeubles même de gré à gré, et faire apport
de l'avoir social dans d'autres sociétés .
Art. 116. Les liquidateurs peuvent exiger des associés
le payement des sommes qu'ils se sont engagés à verser
dans la société et qui paraissent nécessaires au payement
des dettes et des frais de liquidation .
Art. 117. Les liquidateurs . sans préjudice aux droits
des créanciers privilégiés, payeront toutes les dettes de
la scciété, proportionnellement et sans distinction entre
les dettes exigibles et les dettes non exigibles, sous
déduction de l'escompte, pour celles-ci.
Ils pourront cependant, sous leur garantie personnelle,
payer d'abord les créances exigibles, si l'actif dépasse
notablement le passif ou si les créances à terme ont une
garantie suffisante et sauf le droit des créanciers de
recourir aux tribunaux .
Art. 118. Après le payement ou la consignation des
sommes nécessaires au payement des dettes, les liquida-
teurs distribueront aux sociétaires les sommes ou valeurs
qui peuvent former des répartitions égales ; ils leur
remettront les biens qui auraient dû être conservés pour
être partagés .
Ils peuvent, moyennant l'autorisation indiquée en
l'article 115, racheter les actions de la société, soit à la
hourse , soit par souscription ou soumission, auxquelles
tous les sociétaires seraient admis à participer.
Art. 119. Les liquidateurs sont responsables, tant
envers les tiers qu'envers les associés , de l'exécution de
leur mandat et des fautes commises dans leur gestion .
Art. 120. Chaque année , les résultats de la liquidation
sont soumis à l'assemblée générale de la société, avec
l'indication des causes qui ont empêché la liquidation
d'être terminée. Dans les sociétés anonymes, le bilan
est, en outre, publié .
Art. 121. Lorsque la liquidation sera terminée,
2.
38 LIVRE PREMIER .
les liquidateurs feront un rapport à l'assemblée géné-
rale sur l'emploi des valeurs sociales et soumettront les
comptes et les pièces à l'appui. L'assemblée nommera
des commissaires pour examiner ces documents et
fixera une nouvelle réunion dans laquelle il sera statué,
après le rapport des commissaires, sur la gestion des
liquidateurs .
La clôture de la liquidation sera publiée conformément
à l'article 10.
SECTION IX . DES ACTIONS ET DES PRESCRIPTIONS .
Art. 122. Aucun jugement à raison d'engagements
de la société , portant condamnation personnelle des asso-
ciés en nom collectif ou en commandite simple et des
gérants de commandite par actions, ne peut être rendu
avant qu'il y ait condamnation contre la société.
Art. 123. Les créanciers peuvent, dans toutes les
sociétés , faire décréter par la justice les versements
stipulés aux statuts et qui sont nécessaires à la conserva-
tion de leurs droits ; la société peut écarter l'action en
remboursant leur créance, à sa valeur, après déduction
de l'escompte .
Les gérants ou administrateurs sont personnellement
obligés d'exécuter les jugéments rendus à cette fin.
Les créanciers peuvent exercer, conformément à l'ar-
ticle 1166 du code civil , contre les associés ou action-
naires , les droits de la société quant aux versements à
faire et qui sont exigibles en vertu des statuts, de déci-
sion sociale ou de jugements .
Art. 124. Le tribunal de commerce peut, dans des
circonstances exceptionnelles, sur requête d'actionnaires
ou de coopérants possédant le cinquième des intérêts
sociaux , signifiée avec assignation à la société, nommer
un ou plusieurs commissaires ayant pour mission de véri-
fier les livres et comptes de la société .
Il entend les parties en chambre du conseil et statue en
audience publique .
Le jugement précisera les points sur lesquels portera
l'investigation et fixera la consignation préalable à effec-
tuer pour le payement des frais ; ces frais pourront être
DES SOCIÉTÉS . 39
compris dans ceux de l'instance auxquels donneraient
lieu les faits constatés .
Le rapport sera déposé au greffe.
Art. 125. Les associés momentanés seront assignés
directement et individuellement.
Il n'y a entre les tiers et le participant qui s'est tenu dans
les termes d'une simple participation aucune action directe
Art 126. Les actions contre les sociétés se prescrivent
dans le même temps que les actions contre les particuliers .
Art. 127. Sont prescrites par cinq ans :
Toutes actions contre les associés ou actionnaires, à par-
tir de la publication, soit de leur retraite de la société, soit
d'un acic de dissolution de la société, ou à partir de son
terme contractuel ;
Toutes actions de tiers en restitution de dividendes
indûment distribués, à partir de la distribution ;
Toutes actions contre les liquidateurs, en cette qua-
lité, à partir de la publication prescrite par l'article 121 ;
Toutes actions contre les gérants, administrateurs , com-
missaires, liquidateurs, pour faits de leurs fonctions, à
partir de ces faits ou s'ils ont été celés par dol, à partir de
la découverte de ces faits . Toutefois, l'action individuelle
des actionnaires, dans le cas où l'assemblée génerale a
approuvé la gestion sociale, devra être intentée dans l'an-
née à partir de cette approbation;
Toutes actions en nullité d'une société par actions ou
d'une société coopérative, à partir de la publication, lors-
que le contrat a reçu son exécution pendant cinq ans au
moins, sans préjudice aux dommages-intérêts qui seraient
dus. Toutefois, la nullité des sociétés dont l'existence est
contraire à la loi peut être demandée, même après la fres-
cription accomplie, mais dans ce cas la nullité n'opère que
pour l'avenir.
SECTION X. DES SOCIÉTÉS CONSTITUÉES EN PAYS
ÉTRANGERS .
Art. 128 (1). Les sociétés anonymes et les autres
(1) Application générale du principe consacré par la loi du 14 mars 1855.
Cette loi est abrogée.
40 LIVRE PREMIER .
associations commerciales, industrielles ou financières
constituées et ayant leur siège en pays étranger pourront
faire leurs opérations et ester en justice en Belgique.
Art. 129. Toute société dont le principal établisse-
ment est en Belgique est soumise à la loi belge, bien que
l'acte constitutif ait été passé en pays étranger.
Art. 130. Les articles relatifs à la publication des
actes et des bians et l'article 66 sont applicables aux
sociétés étrangères qui fonderont en Belgique une suc-
cursale ou un siège quelconque d'opération .
Les personnes préposées à la gestion de l'établissement
belge sont soumises à la même responsabilité envers les
tiers que si elles géraient une société belge .
SECTION XI . - DISPOSITIONS PÉNALES .
Art. 131. Seront punis d'une amende de 50 francs à
10,000 francs :
Ceux qui, en se présentant comme propriétaires d'ac-
tions qui ne leur appartiennent pas , ont, dans une
société constituée sous l'empire de la présente loi, pris
part au vote dans une assemblée générale d'actionnaires ;
Ceux qui ont remis les actions pour en faire l'usage ci-
dessus prévu.
Art. 132. Seront considérés comme coupables d'es-
croquerie et punis des peines portées par le code pénal :
-C. pénal, 496 s.
1º Ceux qui, par simulation de souscriptions ou de
versements à une société ou par la publication faite de
mauvaise foi de souscriptions ou de versements qui
n'existent pas ou de tous autres faits faux, ont obtenu ou
tenté d'obtenir des souscriptions ou des versements ;
2º Ceux qui, pour provoquer des souscriptions ou
des versements, ont, de mauvaise foi, publié les noms
de personnes désignées , contrairement à la vérité,
comme étant ou devant être attachées à la société, à un
titre quelconque .
Art. 133. Seront punis d'une amende de 50 francs à
10,000 francs et pourront en outre être punis d'un empri-
sonnement d'un mois à un an, les gérants ou administra-
teurs qui, en l'absence d'inventaires, malgré les inven-
DES SOCIÉTÉS . 41
taires ou au moyen d'inventaires frauduleux, ont opéré
la répartition aux actionnaires de dividendes ou d'inté-
rêts non prélevés sur les bénéfices réels .
Art . 134. Seront punis des mêmes peines tous ceux qui ,
comme administrateurs, commissaires, gérants ou тет-
bres du comité de surveillance auront sciemment racheté
des actions ou parts sociales, en diminuant le capital social
ou la réserve légalement obligatoire ; fait des prêts ou
avances au moyen de fonds sociauæ sur des actions ouparts
d'intérêts de la société; fait, par un moyen quelconque
auæ frais de la société, des versements sur les actions ou
admis comme faits des versements qui ne sont pas effec-
tués réellement de la manière et aux époques prescrites .
Art. 135. La preuve des imputations dirigées, à rai-
son de faits relatifs à leur gestion ou à la surveillance
contre les gérants , administrateurs et commissaires des
sociétés en commandite par actions, des sociétés ano-
nymes et des sociétés coopératives , sera admise par toutes
les voics ordinaires, sauf la preuve contraire, par les
mêmes voies , conformément aux articles 6, 7 et 8 du dé-
cret du 20 juillet 1831 , sur la presse.
DISPOSITIONS ADDITIONNELLES .
Art . 136. Les sociétés dont l'objet est l'exploitation
des mines, minières et carrières, peuvent, sans perdre
leur caractère civil, emprunter les formes des sociétés
commerciales en se soumettant auæ dispositions du pré-
sent titre .
Les sociétés civiles ayant l'exploitation des mines pour
objet peuvent, quelle que soit l'époque de leur constitution,
si aucune disposition de leurs contrats constitutifs ne l'in-
terdit, étre transformées en sociétés anonymes par décision
d'une assemblée générale, spécialement convoquée à cet
effet . Cette assemblée arrêtera les statuts de la société ano-
nyme. La décision n'est valable que si elle obtient l'adhé-
sion des titulaires de parts représentant les trois cin-
quièmes au moins des parts sociāles .
Art . 137. Le titre III du livre Ier du code de commerce
est abrogé à partir du jour de la mise en vigueur de la
présente loi.
42 LIVRE PREMIER .
DISPOSITIONS TRANSITOIRES .
Art. 138. Les articles 12, § 2, et 65 sont applicables aux
sociétés formées sous l'empire de la loi antérieure.
La prescription de cinq ans établie par l'article 127 est
applicable même aux faits passés sous l'empire de la loi
antérieure et pour lesquels il faudrait encore plus de cing
anspour que la prescription fût accomplie aux termes de
cette loi.
Art. 139. Les sociétés anonymes existantes avant la
mise en vigueur du présent titre ne pourront être conti-
nuées au delà du terme fixé pour leur durée qu'en suppri-
mant toutes clauses des statuts qui y seraient contraires
et en se soumettant à toutes ses dispositions .
Elles pourront apporter des modifications à leurs sta-
tuts aux mêmes conditions, sans que, dans ce cas, l'auto-
risation du gouvernement soit nécessaire .
Toutefois, les sociétés concessionnaires de chemins de
fer ou d'autres travaux d'utilité publique resteront sou-
mises, en ce cas, aux mesures de contrôle ou de surveil-
lance établies par leurs statuts actuels .
Art. 2 de la loi du 22 mai 1886. Les sociétés qui, après
la promulgation de la présente loi, auront régulièrement
fonctionné pendant un an sans que la validité en ait été
attaquée, ne peuvent plus être déclarées nulles du chefdes
articles 42 à 45 du Code de commerce de 1808, et 29 de la
loi du 18 mai 1873, ni, s'il s'agit de sociétés ayant pour
objet l'exploitation des minières ou des carrières, du chef
de ce qu'elles n'étaient pas autorisées à prendre une forme
commerciale. Toutefois, la prescription de la nullité déri-
vant de l'inobservation de l'article 29 précité ne courra que
du jour de la publication d'un acte authentique dans
lequel il sera constaté qu'il a été satisfait à la disposition
de cet article .
DES SOCIÉTÉS . 43
Arrêté royal du 21 mai 1873 relatif au dépôt et à la publication
des actes et documents concernant les sociétés commerciales .
ART. 1er. Les greffiers des tribunaux de commerce et,
dans les arrondissements où il n'existe pas de tribunal de
commerce, les greffiers des tribunaux civils qui en tien-
nent lieu, recevront le dépôt de tous les actes, extraits
d'actes , procès-verbaux et documents quelconques dont
le dépôt ou la publication sont ordonnés par la loi (1).
ART. 2. Les pièces dont la publication par la voie du
Moniteur est requise seront accompagnées d'une copie
sur papier libre.
ART. 3. Les dépôts ne seront reçus que moyennant
consignation , entre les mains du greffier, d'une somme
suffisante pour couvrir les frais relatifs au dépôt et à la
publication.
ART, 4. Le greffier délivrera un récépissé sur timbre
des actes remis et des sommes consignées .
ART. 5. Il adressera dans les quarante-huit heures, par
(1) Aux termes de l'article 1er de l'arrêté royal du 21 mai 1873, les greffiers
des tribunaux de commerce et, dans les arrondissements où il n'existe pas de
tribunal de commerce, les greffiers des tribunaux civils, qui en tiennent lieu,
sont appelés à recevoir le dépôt de tous les actes, extraits d'actes , procès-
verbaux et documents quelconques dont le dépôt ou la publication sont
prescrits, en matière de sociétés, par la loi du 18 mai 1873.
On s'est demandé s'il devait être dressé au greffe un acte de ces dépôts
divers. La réponse doit être négative. L'article 10, en effet, de la loi sur les
sociétés, tel qu'il était formulé dans le projet proposé par la commission à la
Chambre des représentants à la suite de son rapport du 9 février 1866, pres-
crivait la rédaction d'un acte de dépôt, mais, par suite d'un amendement
présenté par le gouvernement et adopté par la Chambre dans la séance du
4février1870, cet acte a été remplacé par un simple récépissé. Ce changement
ne peut avoir été opéré que dans un but d'économie de frais. Le récépissé, à
la vérité, semble soumis, comme un acte de dépôt proprement dit, aux droits
d'enregistrement et de greffo. Mais comme la délivrance par le greffier en est
subordonnée à la volonté des parties, il est toujours facultatif à celles - ci
d'éviter tous frais en s'abstenant de la requérir.
(Circulaire du ministre de la justice, du 4 juillet 1873, à MM. les
greffiers des tribunaux de commerce et des tribunaux de première
instancefaisant fonctions de tribunal de commerce.)
44 DES SOCIÉTÉS .
lettre recommandée, à la direction du Moniteur, la copie
des pièces à publier qui lui aura été remise.
ART. 6. Il sera tenu , à la direction du Moniteur, un
registre indiquant la date de la réception des pièces dont
la publication est demandée.
Les greffiers mentionneront la date tant du dépôt que
de l'envoi des dites pièces en marge de l'acte déposé et de
la copie.
ART . 7. La publication sera faite par la voie du Moni-
teur, sous forme d'annexes, dans les délais que la loi
détermine. Ces annexes seront, dans les trois jours de la
publication, adressées aux greffes des cours et tribunaux,
où chacun pourra en prendre connaissance gratuitement,
Elles seront réunies dans un recueil spécial .
ART. 8. Le ministre de la justice fixera le tarif des frais
de publication (1) .
ART. 9. Les dispositions qui précèdent ne s'appliquent
pas aux convocations . Celles-ci seront adressées par les
intéressés à la direction du Moniteur et publiées en forme
d'annonces .
ART. 10. Le présent arrêté sera obligatoire le jour de
la mise en vigueur de la loi.
(1) Les frais de la publication, par la voie du Moniteur, des actes, extraits
d'actes et documents publiés en exécution de la loi du 18 mai 1873, sont fixés
à vingt centimes par ligne d'impression. Toutefois, le prix de l'insertion ne
sera pas inférieur à cinq francs, même dans le cas où le nombre de lignes ne
serait pas de vingt-cinq. Les blancs de titres seront comptés comme lignes
pleines, en proportion de la place qu'ils occuperont. Le présent tarif ne
s'applique pas aux avis de convocation et autres. Ceux-ci continueront à
figurer sous la rubrique : Annonces, à la fin du journal , et restent soumis au
tarif ordinaire des annonces. (Arrêté min., 23 mai 1873.)
DES BOURSES DE COMMERCE . 45
TITRE V. - Des bourses de commerce, agents de change
et courtiers.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 30 DÉCEMBRE 1867 (Moniteur du ler janvier 1868) MODIFIÉE PAR CELLE
DU 11 JUIN 1883 (Moniteur du 15 juin).
ART. 1er. Le titre V, livre Ier du code de commerce est abrogé et remplacé
par les dispositions suivantes :
TITRE V. Des bourses de commerce, agents de change et courtiers (1)
SECTION Ire . DES BOURSES DE COMMERCE .
Art. 61. Une bourse de commerce est une réunion
publique de commerçants, capitaines de navires, agents
de change et courtiers d'une place de commerce.
L'autorité communale en a la police .
Art . 62. Les résultats des négociations et des transac-
tions qui s'opèrent dans les bourses de commerce servent
à déterminer le cours du change, des effets publics et
autres .
Art. 63. Ce cours est constaté par une commission
composée de six à quinze membres, que délègue pour
trois ans le collège échevinal sur la présentation de deux
listes doubles, dressées, l'une par le tribunal de com-
merce , et l'autre par les agents de change et courtiers ,
réunis en assemblée générale, conformément aux dispo-
sitions arrêtées par le conseil communal .
Ne seront admis à cette assemblée que les agents de
change et courtiers ayant le droit de coter en vertu des
règlements locaux depuis trois ans au moins sans inter- .
ruption . (Loi du 11 juin 1883) (2).
Un tiers de membres de la commission sortira chaque
année.
(1) Les articles de cette loi auront d'autres numéros lorsque le travail de
codification sera fait.
(2) Cette modification était devenue nécessaire par suite de la suppression
des chambres du commerce (loi du 11 juin 1875) .
46 LIVRE PREMIER .
Les membres ne pourront être réélus qu'après un
intervalle d'une année .
La première sortie sera réglée par le sort.
La constatation des cours sera faite dans la forme pres-
crite par les règlements locaux .
SECTION II . - DES AGENTS DE CHANGE ET COURTIERS .
Art. 64. Les agents de change et courtiers sont ceux
qui servent d'intermédiaires pour les actes de commerce .
Art. 65. Les agents de change et courtiers sont tenus
d'avoir un livre revêtu des formes prescrites par l'ar-
ticle 11 du code de commerce .
Ils doivent consigner dans ce livre , jour par jour et par
ordre de dates, sans ratures, entrelignes ni transpositions,
et sans abréviations ni chiffres, les conditions de toutes
les opérations faites par leur intermédiaire.
Art., 66. Les agents de change et courtiers sont aussi
tenus de consigner leurs opérations sur des carnets
immédiatement après les avoir conclues .
Ils sont obligés, en outre, de représenter leurs livres
et carnets aux juges ou arbitres .
Art. 67. Ils sont responsables de la livraison et du
payement de ce qu'ils auront vendu ou acheté.
Cette responsabilité cesse lorsqu'ils ont fait connaître,
en contractant, le nom de l'acheteur ou du vendeur à la
personne avec laquelle ils contractent et que celle-ci a
accepté le marché .
Art. 68. Les agents de change et courtiers sont civile-
ment responsables de la vérité de la dernière signature
des lettres de change ou autres effets qu'ils négocient.
ART. 2. Le no lo de l'article 8 de la loi du 31 décembre 1851 est modifié
comme suit :
1º Les opérations financières des puissances étrangères
faites avec primes ou remboursables par la voie du sort,
lorsque l'émission des titres relatifs à ces opérations aura
été autorisée par le gouvernement.
DU GAGE . 47
TITRES VI et VII . Du gage et de la commission.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 5 MAI 1872 PORTANT REVISION DES DISPOSITIONS DU CODE DE COMMERCE
RELATIVES AU GAGE ET A LA COMMISSION (Moniteur du 7 mai).
TITRE PREMIER. Du gage(1) .
Art. 1er. Le gage constitué pour sûreté d'un engage-
ment commercial, confère au créancier le droit de se
faire payer sur la chose engagée par privilège et préfé-
rence aux autres créanciers , lorsqu'il est établi confor-
mément aux modes admis en matière de commerce pour
la vente de choses de même nature et que l'objet du gage
a été mis et est resté en la possession du créancier ou d'un
tiers convenu entre parties . C. civ. , 2073, 2084, 2279,
2689 s .
La preuve de la date du nantissement incombe au
créancier. Elle peut être faite par tous les moyens de
droit.
Art. 2. Le créancier est réputé avoir les marchandises
⚫en sa possession lorsqu'elles sont à sa disposition dans
ses magasins ou navires, à la douane ou dans un dépôt
public, ou si, avant qu'elles soient arrivées, il en est saisi
par un connaissement ou par une lettre de voiture .
C. civ. , 2081 s,; L. 18 avril 1851, 567 s .
Art. 3. Le créancier gagiste perçoit aux échéances les
intérêts, les dividendes et les capitaux des valeurs don-
nées en gage, et les impute sur sa créance. C. civ. ,
1220, 1254, 2081, 2085.
Si le gage consiste en effets de commerce, le créancier
gagiste exerce les droits et est soumis aux devoirs du
porteur.
Art. 4. A défaut de payement à l'échéance de la
créance garantie par le gage, le créancier peut, après une
mise en demeure signifiée à l'emprunteur et au tiers bail-
(1) Les articles de cette loi auront d'autres numéros lorsque le travail de
codification sera fait.
48 LIVRE PREMIER .
leur de gage , s'il y en a un, et en s'adressant par requête
au président du tribunal de commerce, obtenir l'autori-
sation de faire vendre le gage, soit publiquement, soit de
gré à gré, au choix du président et par la personne qu'il
désigne. C. civ. , 2078 .
Il ne sera statué sur cette requête que deux jours francs
après qu'elle aura été signifiée au débiteur et au bailleur
de gage, s'il y en a un, avec invitation de faire, dans
l'intervalle, parvenir au président leurs observations, s'il
y échet.
Art. 5. L'ordonnance ainsi obtenue n'est exécutoire
qu'après avoir été signifiée à l'emprunteur et au tiers
pailleur de gage, s'il y en a un, avec indication des jour,
lieu et heure auxquels il seraprocédé à laventepublique,
si elle a été ordonnée. La dite ordonnance devient défini-
tive et en dernier ressort si , dans les trois jours de cette
signification, l'emprunteur ou le tiers bailleur de gage,
s'il y en a un, n'y forme pas opposition avec assignation
devant le tribunal de commerce . L. 25 mars 1841 ,
21, 22.
Art. 6. Le délai pour interjeter appel du jugement
rendu sur cette opposition sera de huit jours à dater de
la signification.
Art. 7. L'ordonnance et le jugement sont de plein
droit exécutoires sans caution, nonobstant l'opposition ou
l'appel. - C. proc. civ., 439 ; L. 25 mars 1841, 20.
Art. 3. Les délais ci-avant fixés ne sont pas suscep-
tibles d'être augmentés en raison des distances .
Si le débiteur ou le tiers bailleur de gage, s'il y en a un,
n'est pas domicilié dans le ressort du tribunal de com-
merce ou s'il n'y a pas fait élection de domicile, les signi-
fications mentionnées aux articles qui précèdent, sauf
celle dont il est question à l'article 4, sont valablement
faites au greffe de ce tribunal .
Art. 9. L'exercice des droits conférés au créancier
gagiste par les articles précédents n'est suspendu ni par
la faillite, ni par l'état de sursis, ni par le décès du débi-
teur ou du tiers bailleur de gage.
-
L. 17 avril 1851,
542 s .
Art. 10. Toute clause qui autoriserait le créancier à
s'approprier le gage ou à en disposer, sans les formalités
DE LA COMMISSION . 49
ci-dessus prescrites , est nulle . C. civ. , 1133, 1172, 2088,
2089 (1 ) .
Art. 11. Les articles 2 et 4 à 10 inclus du présent titre
sont applicables au gage assurant le privilège légal des
commissionnaires ou de leurs bailleurs de fonds, dont il
sera parlé à la section II du titre II ci-après.
TITRE II . De la commission.
SECTION Ire . DES COMMISSIONNAIRES EN GÉNÉRAL.
Art. 12. Le commissionnaire est celui qui agit en son
propre nom ou sous un nom social, pour le compte d'un
commettant (2).
Art . 13. Les devoirs et les droits de la personne qui
agit au nom d'un commettant sont déterminés par le code
civil, liv. III , tit. XIII . C. civ. , 1984 s. (3).
SECTION II . DES COMMISSIONNAIRES OU CONSIGNATAIRES
Art. 14. Tout commissionnaire a privilège sur la
valeur des marchandises à lui expédiées, déposées ou
consignées , par le fait seul de l'expédition, du dépôt ou
de la consignation, pour tous prêts, avances ou paye-
ments faits par lui, en sa qualité de commissionnaire,
soit avant l'expédition des marchandises, soit pendant le
temps qu'elles sont en sa possession. L. 16 déc. 1851 ,
12, 20, 70.
Ce privilège ne subsiste que sous la condition que le
commissionnaire ou un tiers convenu entre les parties
a été mis et est resté en possession des marchandises .
Dans la créance privilégiée du commissionnaire sont
compris , avec le principal , les intérêts, commission et frais.
Art. 15. Si les marchandises ont été vendues et livrées
pour le compte du commettant, le commissionnaire se
rembourse, sur le produit de la vente , du montant de sa
* (1) Reproduction textuelle du dernier paragraphe de l'article 2078du code
civil.
(2) Reproduction de l'article 91 du code de commerce de 1808.
(3)-Reproduction de l'article 92 du code de commerce de 1808.
50 LIVRE PREMIER .
créance, par préférence aux créanciers du commet -
tant (1).
Art. 16. Tout bailleur de fonds qui fournit au commis-
sionnaire en espèces ou valeurs commerciales les sommes
nécessaires aux prêts , avances ou payements dont il est
parlé au § 1er de l'article 14 ci-dessus, jouit, pour garantie
du remboursement des sommes fournies et des intérêts,
du même privilège sur les mêmes objets et de la même
manière qu'il est dit aux articles 14 et 15 ci-dessus .
Ce privilège ne subsiste que sous la condition que le
bailleur de fonds ou un tiers convenu entre les parties
ait été nanti, par le commissionnaire, du connaissement
ou de la lettre de voiture .
Art. 17. Le privilège du bailleur de fonds prime celui
du commissionnaire.
DISPOSITION GÉNÉRALE .
Art. 18. Les articles 91 à 95 du code de commerce sont
abrogés .
TITRE VII bis. -
Du contrat de transport.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 25 AOUT 1891 (2) (Moniteur du 26 août 1891).
CHAPITRE Ier . DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
Art. 1er. Le contrat de transport se constate par tous
moyens de droit et notamment par la lettre de voiture.
La lettre de voiture indique :
1º Le lieu et la date de l'expédition ;
2º Le nom et le domicile de l'expéditeur;
3º Le nom et le domicile du destinataire ;
4º Le nom et le domicile du voiturier ou des commis-
sionnaires par l'entremise duquel le transport s'opère ;
(1) Reproduction de l'article 94 du code de commercede 1808.
(2) Cette loi remplace les articles 96 à 108 de la section II du titre VI du
codede commerce de 180S.
CONTRAT DE TRANSPORT . 51
5º La nature, le poids ou la contenance des objets à
transporter, le nombre et la marque particulière des colis ;
6º Le délai et le prix du transport ou les conditions
réglementaires auxquelles se réfèrent les parties .
La lettre de voiture est signée par l'expéditeur ou par
le commissionnaire .
Art . 2. Le commissionnaire ou le voiturier est tenu
d'inscrire sur son livre-journal, d'après les déclarations
de l'expéditeur, la nature, la quantité et, s'il en est requis,
la valeur des objets à transporter.
Art. 3. Il répond de l'arrivée, dans le délai convenu,
des personnes ou des choses à transporter, sauf les cas
fortuits ou de force majeure.
Art. 4. Il est responsable de l'avarie ou de la perte des
choses, ainsi que des accidents survenus aux voyageurs,
s'il ne prouve pas que l'avarie, la perte ou les accidents
proviennent d'une cause étrangère qui ne peut lui être
imputée.
Art. 5. Il est garant des faits du commissionnaire ou
du voiturier intermédiaire auquel il adresse les objets à
transporter.
Art. 6. Jusqu'à la remise des objets à destination et
sauf stipulation contraire dans la lettre de voiture, le voi-
turier est tenu de suivre les instructions de l'expéditeur,
qui seul reste maître de disposer de l'expédition.
Le droit de l'expéditeur cesse à partir de la remise de
la marchandise au camionnage ou de l'envoi au destina-
taire de l'avis d'arrivée.
Art. 7. La réception des objets transportés éteint toute
action contre le voiturier et le commissionnaire, sauf le
cas de réserves spéciales ou d'avaries occultes .
Les réserves ou réclamations doivent être formulées
par écrit et adressées au voiturier le surlendemain au
plus tard de la réception, pour les dommages apparents
et les pertes , et dans un délai ne dépassant pas sept jours,
non compris celui de la réception, pour les retards.
Toutefois , le destinataire sera tenu d'admettre immé-
diatement la vérification des objets transportés , si l'avarie
ou la perte partielle est signalée par le voiturier au
moment de la livraison .
Dans le cas d'avarie occulte ou de manquant à l'inté
52 LIVRE PREMIER .
rieur des objets transportés, la réclamation du destina-
taire pourra encore être admise, si elle est formulée par
écrit et adressée au voiturier dans un délai ne dépassant
pas sept jours, non compris celui de la réception, et s'il .
est prouvé que l'avarie ou le manquant est antérieur à la
livraison .
L'exception prévue dans le cas d'avarie occulte ou de
manquant à l'intérieur des objets transportés n'est pas
applicable si la vérification de la marchandise a été
offerte, au moment de la livraison, au destinataire ou à
son fondé de pouvoir.
L'action ne reste ouverte que relativement aux points
qui ont fait l'objet d'une réserve ou d'une réclamation
spéciale.
Art. 8. En cas de refus des objets transportés ou de
contestation pour leur réception, leur état est vérifié, si
un intéressé le demande, par un ou trois experts nommés
par une ordonnance du président du tribunal de com-
merce rendue au pied d'une requête.
Le destinataire des objets transportés sera appelé par
lettre recommandée indiquant le jour et l'heure de l'ex-
pertise.
L'ordonnance peut prescrire le dépôt ou séquestre des
objets ainsi que leur transport dans un local public ou
privé.
Elle peut en ordonner la vente en faveur du voiturier
ou du commissionnaire , jusqu'à concurrence de ce qui lui
est dû à l'occasion du transport. Cette vente a lieu publi-
quement dans la localité désignée par le président, et
trois jours francs au moins après l'avis qui en est trans-
mis au destinataire et à l'expéditeur. Ce délai est porté
au double lorsque l'un des intéressés réside à l'étranger.
En cas d'urgence, le président peut abréger ces délais.
L'ordonnance n'est susceptible ni d'opposition, ni
d'appel. Elle sera exécutoire sur minute, et avant enre-
gistrement.
Art. 9. Toutes actions dérivant du contrat de transport
des choses, à l'exception de celles qui résultent d'un fait
qualifié par la loi pénale , sont prescrites après six mois
en matière de transports intérieurs, et après un an en
matière de transports internationaux.
CONTRAT DE TRANSPORT . 53
La prescription court, en cas de perte totale ou de
retard, du jour où le transport aurait dû être effectué, et,
pour le cas de perte partielle ou d'avarie, du jour de la
remise des marchandises.
En cas d'application irrégulière du tarif ou d'erreur de
calcul dans la fixation des frais de transports et des frais
accessoires , la prescription court à partir du jour du
payement.
Les actions nées du contrat de transport des personnes,
à l'exception de celles qui résultent d'un fait qualifié par
la loi pénale, sont prescrites par un an .
La prescription court à partir du jour où s'est produit
le fait qui donne lieu à l'action.
Les actions récursoires devront, à peine de déchéance,
être introduites dans le délai d'un mois à dater de l'assi-
gnation qui donne lieu au recours .
Art. 10. Les dispositions contenues dans le présent
chapitre sont applicables aux exploitations de chemins de
fer, sauf les dérogations résultant du chapitre II .
CHAPITRE II . DES TRANSPORTS PAR CHEMIN DE FER .
§ 1er. Dispositions générales .
Art. 11. L'administration de tout chemin de fer mis à
la disposition du public est tenue d'effectuer les trans-
ports de personnes et de marchandises, en vue desquels
le chemin de fer a été établi .
Art. 12. Les livres et écritures pour l'enregistrement
des transports et la perception des taxes seront déter-
minés par des règlements particuliers .
Ces règlements seront arrêtés par le ministre des che-
mins de fer, postes et télégraphes, pour les chemins de
fer de l'Etat. Ils le seront, pour les chemins de fer con-
cédés et pour les chemins de fer vicinaux, par leur
administration et sous l'approbation du ministre com-
pétent.
Ces livres et écritures auront la même valeur en jus-
tice que les livres et les écritures des commerçants et des
commissionnaires
Art. 13. Le contrat de transport est conclu aux prix et
3
54 LIVRE PREMIER .
aux conditions des tarifs et des règlements légalement
publiés .
Art. 14. Les prix et les conditions du transport sont
fixés : sur les chemins de fer de l'Etat, par une loi spéciale
ou en vertu de cette loi ; sur les chemins de fer concédés
et sur les chemins de fer vicinaux , par leur administra-
tion, dans les limites du cahier des charges et sous l'ap-
probation du ministre compétent, sauf les dérogations
consenties en vertu d'une loi spéciale.
Tout arrêté approuvant ou modifiant les prix et les
conditions des transports ne peut être mis à exécution
que quinze jours après sa publication au Moniteur. Tou-
tefois ce délai sera au minimum de trois mois pour tout
relèvement de tarif, sauf disposition contraire dans les
actes de concession .
Les deux délais peuvent être réduits à vingt-quatre
heures lorsqu'il s'agit de transports internationaux.
L'administration de tout chemin de fer est tenue de
publier les tarifs et horaires dans ses stations, par affi-
ches ou autrement .
Art. 15. Il est interdit à toute administration de che-
min de fer de conclure des traités particuliers dérogeant
aux prix et conditions des tarifs .
Toutefois , sont autorisées les réductions de prix
dûment publiées et également accessibles à tous aux
mêmes conditions et dans les mêmes circonstances .
§ 2. Des voyageurs .
Art. 16. Un règlement détermine les conditions d'ad-
mission des voyageurs au transport. Il énumère les voya-
geurs qui ne peuvent être admis dans les trains .
Art. 17. Il est interdit à l'administration d'insérer dans
ses tarifs ou règlements des stipulations qui modifient, en
ce qui concerne les accidents survenus aux voyageurs , la
responsabilité qui lui incombe d'après le droit commun.
§ 3. Des bagages et des marchandises .
Art. 18. Un règlement détermine les conditions aux-
quelles le voyageur a le droit de faire transporter ses
3
CONTRAT DE TRANSPORT . 55
bagages par le train où il est admis et quels sont les
bagages qu'il peut garder avec lui.
L'administration n'encourt du chef de ces derniers
aucune responsabilité, à moins que sa faute ne soit
établie .
Art. 19. Il est délivré, contre remise des bagages à
l'expédition , un bulletin numéroté et daté, indiquant les
points de départ et de destination, le nombre et le poids
total des colis, le prix perçu et, le cas échéant, les décla-
rations d'intérêt à la livraison .
Art. 20. Les bagages sont délivrés à l'arrivée du train,
en échange du bulletin.
Art. 21. Dans chaque station, l'administration est
obligée d'avoir un local où sont placés en sûreté les
bagages non réclamés après l'arrivée du train et ceux que
les voyageurs demandent à laisser en dépôt,
La responsabilité de l'administration est limitée aux
obligations du dépositaire .
Le déposant reçoit un bulletin constatant la nature, le
nombre et, s'il le désire, le poids total de ses colis .
Faute par lui de les réclamer dans le délai fixé par
les règlements , l'administration est autorisée à provo-
quer la vente de ces objets, conformément à l'article 8,
ou à les remettre au domaine, en exécution des lois en
vigueur.
Art. 22. Un règlement détermine les conditions
d'admission des marchandises au transport. Il énumère
les marchandises qui ne peuvent être admises au trans-
port. Il énonce également les expéditions pour lesquelles
une lettre de voiture est exigée.
Art . 23. Dans le cas où la lettre de voiture n'est pas
exigée, les agents de l'administration enregistrent les
déclarations verbales de l'expéditeur.
Art. 24. L'administration est tenue de remettre à
l'expéditeur, si celui-ci le demande, un récépissé cons-
tatant le nombre des colis, le poids total, le jour et l'heure
de l'acceptation, la destination, le tarif aux conditions
duquel le transport doit s'effectuer, ses déclarations quant
à la nature de la marchandise et, éventuellement, celles
qu'indiquent les articles 41 et 42.
Art . 25. Toutes les énonciations des lettres de voiture
56 LIVRE PREMIER .
et des récépissés , contraires aux stipulations réglemen-
taires autorisées par la loi, sont réputées nulles et non
avenues
Art. 26. Toute fausse déclaration qui a pour but ou
pour conséquence d'altérer ou d'éluder l'application des
tarifs et des règlements donne lieu au payement de la
taxe supplémentaire fixée par les tarifs et règlements,
sans préjudice aux pénalités comminées par les lois et
aux dommages-intérêts , s'il y a lieu.
Art. 27. Si l'administration a des motifs sérieux de
présumer une fausse déclaration ou la présence de
matières nuisibles ou dangereuses non déclarées ou
prohibées au transport, elle peut faire procéder à l'ou-
verture des colis ou bagagés, même de ceux qui sont
remis en dépôt et de ceux que les règlements autorisent
les voyageurs à garder auprès d'eux , soit contradictoire-
ment avec l'expéditeur ou le voyageur, soit, en cas
d'absence ou de refus, à l'intervention d'un officier de
police judiciaire.
Art. 28. L'administration est tenue d'opérer les trans-
ports de marchandises dans l'ordre où ils lui sont confiés ,
sauf les raisons de préférence qui seraient fondées sur
l'intérêt public ou les nécessités du service.
Art. 29. Les règlements déterminent les délais dans
lesquels doivent s'opérer :
1º L'acceptation des transports ou la mise des wagons
à la disposition de l'expéditeur ;
2º Les transports ;
3º La remise des marchandises au destinataire .
Il ne peut être stipulé de délais pour l'acceptation des
transports destinés à l'intérieur du pays que s'il s'agit :
1º D'expéditions par charge complète en service de
petite vitesse ;
2º D'animaux vivants .
Le délai ne peut être de plus de deux jours pour les
transports qui nécessitent l'emploi de moins de cinq
wagons, et de quatre jours lorsque le matériel demandé
est plus considérable.
La fourniture, dans un délai déterminé, du matériel
spécial , tel qu'il sera défini par les règlements, n'est pas
obligatoire.
CONTRAT DE TRANSPORT . 57
L'administration n'est pas tenue de recevoir la mar-
chandise avant que le chargement doive en voir lieu.
Art . 30. Les délais sont calculés d'heure à heure .
Les heures de nuit ne sont pas décomptées.
Art. 31. L'acceptation des transports ou la mise des
wagons à la disposition de l'expéditeur, ainsi que la déli-
vrance des marchandises au destinataire, ne sont pas
obligatoires les dimanches et jours fériés .
Lorsque le jour qui suit celui de la remise en gare de
départ est un dimanche ou un jour férié, le délai de
livraison commence à courir vingt-quatre heures plus
tard.
De même, lorsque le dernier jour du délai de livraison
est un dimanche ou un jour férié , le délai n'expire que le
jour qui suit immédiatement.
Ces diverses exceptions ne sont pas applicables à cer-
taines marchandises qui seront déterminées par un
règlement.
Dans le cas où l'administration introduirait dans ses
règlements l'interruption de transport des marchandises
pendant les dimanches et jours fériés, les délais de livrai-
son du matériel et les délais de transport seront aug-
mentés à proportion .
Art. 32. Lorsque le chargement ne peut se faire
immédiatement, les demandes de transport sont consta-
tées par leur inscription dans un registre spécial et, en
outre, si l'expéditeur le réclame, à l'aide d'un bulletin
indiquant le jour et l'heure où elles sont remises à l'admi-
nistration .
Art. 33. Les marchandises susceptibles d'une prompte
détérioration peuvent, après l'expiration du délai fixé
pour l'enlèvement, être vendues même de la main à la
main, après avis donné au destinataire, et sans autre
formalité que la constatation préalable de leur état par
un officier de police judiciaire .
Le résultat de la vente est annoncé à l'expéditeur et au
destinataire .
Dans tous les autres cas, si le destinataire ne prend
pas livraison des marchandises dans le délai fixé par les
règlements, l'administration est autorisée à provoquer la
vente des marchandises, conformément à l'article 8, ou
58 LIVRE PREMIER .
à les remettre au domaine, en exécution des lois en
vigueur.
§ 4. De la responsabilité.
: Art . 34. Toute perte ou avarie, tout refus ou retard ,
soit dans l'agréation des demandes de transports ou dans
ja livraison du matériel, soit dans la remise des marchan-
dises ou des bagages , oblige l'administration du chemin
de fer à réparer, conformément au droit commun, le
préjudice causé.
Aucune indemnité n'est due, même en cas d'assurance ,
si la perte, l'avarie, le refus ou le retard est la consé-
quence d'un cas fortuit, d'une force majeure ou d'une
cause étrangère qui ne puisse être imputée à l'adminis-
tration .
Sera considérée comme un cas de force majeure, en ce
qui concerne le refus ou le retard, la circonstance que les
transports ont excédé les limites du trafic normal .
Art. 35. Les dispositions relatives : 1º aux délais dans
lesquels doivent s'opérer l'acceptation des transports ou
la mise des wagons à la disposition de l'expéditeur ; 2º au
retard dans l'agréation des demandes de transports ou
dans la livraison du matériel , ne sont pas applicables aux
chemins de fer vicinaux .
Art. 36. Les tarifs ou règlements ne peuvent, hors les
cas prévus ci-après, modifier au profit de l'administration
les conditions et l'étendue de la responsabilité qui lui
incombe d'après l'article 34.
Néanmoins , en matière de transports internationaux,
l'administration est libre de stipuler qu'elle ne répond
des faits survenus hors du pays que dans les limites où
les administrations étrangères en sont tenues vis-à-vis
d'elle .
Art. 37. Il est permis à l'administration de stipuler
qu'elle ne répond ni des pertes ou avaries, ni des risques
auxquels sont exposés en cours de voyage :
1º Les animaux vivants ;
2º Les marchandises réglementairement considérées
comme sujettes à avarie par leur nature propre ou par le
seul fait du transport en chemin de fer ;
3º Les marchandises qui, à la demande formelle et
CONTRAT DE TRANSPORT . 59
écrite de l'expéditeur, sont transportées, soit par wagon
découvert, alors que les règlements en prescrivent le
chargement sur wagon fermé ou bâché, soit sans embal-
lage ou avec emballage insuffisant, alors que, en raison
de leur nature , elles doivent être convenablement
emballées ;
4° Les objets placés dans les voitures transportées ;
5º Les marchandises renfermées dans des wagons voya-
geant sous le plomb de l'expéditeur et à la demande de
celui-ci, pourvu que les plombs soient intacts ;
6º Les marchandises qui, en vertu des règlements ou
ensuite de conventions, sont convoyées par l'expéditeur
ou par ses préposés ;
7º Les marchandises dont le chargement a été fait par
les soins de l'expéditeur.
La disposition concernant le chargement fait par les
soins de l'expéditeur n'est pas applicable au chargement
opéré sous la surveillance spéciale des agents du chemin
de fer, lorsque cette surveillance a été réclamée confor-
mément aux conditions réglementaires .
Pour le chargement opéré en dehors de cette surveil-
lance, l'administration peut, en outre, stipuler qu'elle ne
garantit pas le nombre de colis et le poids mentionnés
dans le récépissé ou dans la lettre de voiture, à moins
que la vérification du nombre de colis et du poids n'ait
été réclamée par l'expéditeur pour être opérée, soit dans
les installations du chemin de fer, soit dans celles de
l'expéditeur, conformément aux règlements .
Art. 38. Lorsque les marchandises sont exposées à
subir, pendant le transport, une diminution de poids ,
l'administration peut stipuler qu'elle n'est pas respon-
sable du manquant, à concurrence d'une certaine quotité
à déterminer par les règlements .
Art . 39. Si le déchargement a lieu par les soins du
destinataire , l'administration peut stipuler qu'elle n'est
responsable ni des avaries, ni du manquant dans le
nombre de colis ou dans le poids des marchandises , à
moins que les avaries ou le manquant n'aient été cons-
tatés contradictoirement avec les agents de l'administra-
tion, au moment du déchargement ou de la remise du
wagon au destinataire.
60 LIVRE PREMIER .
Si le destinataire l'exige, l'administration est tenue de
procéder à cette vérification conformément aux condi-
tions réglementaires .
Art. 40. Dans les cas prévus par les articles 37, 38 et 39,
l'intéressé conserve son droit à la réparation du dom-
mage conformément au droit commun, s'il établit que les
pertes ou avaries ne résultent point des circonstances
spéciales qui autorisent l'administration à décliner sa
responsabilité.
Art. 41. L'expéditeur a la faculté d'évaluer , au
moment de la remise de la marchandise et moyennant le
payement d'une taxe proportionnelle , un intérêt à la
livraison .
En cas de perte, d'avaries ou de retard , il a droit, dès
lors, non seulement à l'indemnité ordinaire stipulée
d'après l'article 42, mais à des dommages-intérêts, jus-
qu'à concurrence de sa déclaration, et à charge par lui
d'établir le préjudice .
Art. 42. A défaut d'évaluation du préjudice, les
tarifs ou règlements peuvent limiter les dommages-inté-
rêts :
1º En cas de perte, au remboursement de la valeur des
bagages ou de la marchandise, d'après le prix courant du
commerce, au moment et au lieu de l'expédition, outre
les frais de douane et de transports payés postérieu-
rement ;
2º En cas d'avarie, au payement d'une indemnité cal-
culée d'après la valeur fixée comme il vient d'être dit ;
3º En cas de retard, à la restitution de tout ou partie
du prix de transport.
Si la durée du retard dépasse le terme fixé par les
règlements , l'intéressé a droit au dédommagement tel
qu'il est réglé en cas de perte .
Art. 43. Les dispositions réglementaires désigneront
les objets qui, à raison de leur grande valeur, ne seront
admis au transport que sous certaines conditions, y com-
pris les conditions restrictives de la responsabilité, telle
qu'elle est établie dans le présent titre .
Art. 44. L'administration a la faculté d'offrir au public
des tarifs spéciaux à prix réduits, avec fixation d'un maxi-
mum d'indemnité en cas de perte ou avarie .
CONTRAT DE TRANSPORT . 61
L'application de ces conditions doit être acceptée
expressément ou tacitement par l'expéditeur.
Art. 45. Nonobstant les stipulations des articles 42, 43
et 44, les dommages-intérêts sont réglés par le droit
commun dans tous les cas où le dommage a pour cause
un dol ou une faute imputable à l'administration ou à ses
agents .
Art. 46. L'expéditeur ou le destinataire peut réclamer
les marchandises ou les bagages retrouvés en restituant
l'indemnité reçue du chef de la perte, sous déduction de
l'indemnité de retard .
Il est déchu de cette faculté s'il a laissé passer sans
réclamation plus de quinze jours à partir de celui où les
marchandises ou les bagages lui ont été offerts par l'ad-
ministration .
Article additionnel . Sont abrogés : 1º les articles 96
à 108 inclusivement du code de commerce ; 2º l'arrêté
royal du 24 novembre 1829, portant règlement sur le ser-
vice des moyens publics de transport par terre.
Le gouvernement est autorisé à soumettre l'exploi-
tation des diligences et des messageries aux mesures qu'il
jugera nécessaires pour assurer le maintien du bon ordre
et la sécurité des voyageurs .
Arrêté royal du 5 novembre 1891. Sont également
abrogés les arrêtés royaux du 31 janvier 1838 et du 9 avril
1849 (services de messageries) qui avaient modifié le dit
arrêté-loi du 24 novembre 1829.
3.
62 LIVRE PREMIER .
TITRE VIII . De la lettre de change et du billet à ordre.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 20 MAI 1872 (Moniteur du 24 mai).
SECTION Ire . - DE LA LETTRE DE CHANGE
OU MANDAT A ORDRE .
§ 1er. De la forme de la lettre de change
ou mandat à ordre .
Art. 1er. La lettre de change ou mandat à ordre est
datée .
Elle énonce :
La somme à payer ;
Le nom de celui qui doit payer ;
L'époque et le lieu de payement ;
Le nom de celui à l'ordre de qui la lettre est tirée, soit
un tiers, soit le tireur lui-même.
Si elle est par première, deuxième, troisième, qua-
trième, elle l'exprime.
Art. 2. Si une lettre de change n'indique pas l'époque
du payement, elle est payable à vue; si elle n'énonce pas
le lieu, elle est payable au domicile du tiré . C. civ. ,
1235 s . , 1247-1257 s .
Art. 3. Les lettres de change souscrites par des
mineurs non négociants sont nulles à leur égard, sauf les
droits respectifs des parties , conformément à l'article 1312
du code civil. — C. civ. , 1241, 1315 ; com. 114.
§ 2. De la provision.
Art. 4. La provision doit être faite par le tireur ou , si
la lettre est tirée pour le compte d'autrui, par le man-
dant ou donneur d'ordre .
Art . 5. Il y a provision si, à l'échéance de la lettre de
change, celui sur qui elle est fournie est redevable au
tireur, ou à celui pour compte de qui elle est tirée, d'une
somme au moins égale au montant de la lettre de change.
Com. 116.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 63
Art. 6. Le porteur a, vis-à-vis des créanciers du tireur,
un droit exclusif à la provision qui existe entre les mains
du tiré, lors de l'exigibilité de la traite, sans préjudice à
l'application de l'article 445 de ce code. L. 18 avril
1851, 446, 449.
Si plusieurs lettres de change ont été émises par le
même tireur sur la même personne et qu'il n'existe entre
les mains du tiré qu'une provision insuffisante pour les
acquitter toutes, elles sont payées de la manière suivante :
Si la provision est d'un corps certain et déterminé :
Les traites au payement desquelles elle a été spéciale-
ment affectée sont acquittées avant toutes les autres,
toutefois sans préjudice des droits que des acceptations
antérieures auront conférés au tiré .
A défaut d'affectation spéciale, les traites acceptées
sont payées par préférence à celles qui ne le sont point.
Si la provision est fournie en choses fongibles :
Les traites acceptées sont préférées aux traites non
acceptées .
En cas de concours entre plusieurs traites acceptées ou
entre plusieurs traites non acceptées , elles sont payées
au marc le franc.
Le tout sous réserve, en cas d'acceptation, de l'exécu-
tion des obligations personnelles du tiré qui n'est pas en
faillite. - L. 18 avril 1851, 450.
§ 3. De l'acceptation .
d Art. 7. Le tireur et les endosseurs d'une lettre de
change sont garants solidaires de l'acceptation et du
payement à l'échéance . - C. civ., 1200 s. (1).
Art. 8. Entre commerçants et pour dettes commer-
dciales, le créancier a le droit, sauf convention contraire ,
de tirer sur son débiteur une lettre de change pour une
somme qui n'excède pas le montant de la dette, et le tiré
est tenu d'accepter.
Lorsque la somme excède le montant de la dette, le
tiré ne doit accepter que pour la partie de la somme dont
(1) Art. 118 du code de commerce de 1808.
64 LIVRE PREMIER .
il est débiteur.- C. civ. , 1186 s ., 1217, 1253 s ., 1271 s. , 1289s .
Art. 9. Le refus d'acceptation est constaté par un acte
que l'on nomme PROTÈT FAUTE D'ACCEPTATION (1) .
Art. 10. Sur la notification du protêt faute d'accepta-
tion, les endosseurs et le tireur sont respectivement tenus
de donner une caution pour assurer le payement de la
lettre de change à son échéance, ou d'en effectuer le rem-
boursement avec les frais de protêt et de rechange .
Il en est de même du donneur d'aval .
Cette caution est solidaire, mais ne garantit que les enga-
gements de celui qui l'a fournie .- C. civ. , 1200 s . , 2011 S.
Art. 11. Celui qui accepte une lettre de change con-
inh
tracte l'obligation d'en payer le montant.
L'accepteur n'est pas restituable contre son accepta-
tion, quand même le tireur aurait failli à son insu avant
qu'il eût accepté .
Le tiré peut, s'il ne s'est pas dessaisi du titre, biffer son
acceptation aussi longtemps que le délai de vingt-quatre
heures, qui lui est accordé parl'article 16, n'est pas expiré .
Si le tiré ne donne pas au porteur connaissance de la
biffure dans le délai préindiqué, la biffure est nulle .
Art. 12. L'acceptation doit être écrite sur la lettre de
مع
change . Elle s'exprime par le mot ACCEPTÉ, ou par d'au-
tres termes équivalents.
La simple signature du tiré vaut acceptation.
Si la signature est précédée d'énonciations , elle vaut
encore comme acceptation, à moins que ces énoncia-
tions n'expriment clairement la volonté de ne pas
accepter.
Art. 13. L'acceptation d'une lettre de change payable
dans un autre lieu que celui de la résidence de l'acceр-
teur, indique le domicile où le payement doit être effectué
ou les diligences faites (2).
Art. 14. Cette acceptation doit être demandée au
domicile du tiré .
Art. 15. L'acceptation ne peut être conditionnelle, mais
(1) Art. 119 du code de commerce de 1808. Voir la loi du 10 juillet 1877
sur les protêts, ci-après p. 74.
(2) Art. 123 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 65
elle peut être restreinte quant à la somme acceptée (1).
Dans ce cas, le porteur est tenu de faire protester la
lettre de change pour le surplus .
dprésentation,
Art. 16. Uneou,lettre de change doit être acceptée à sa
au plus tard, dans les vingt-quatre
heures de la présentation.
Après les vingt-quatre heures, si elle n'est pas rendue
acceptée ou non acceptée, celui qui l'a retenue est pas-
sible de dommages-intérêts envers le porteur (2) .
§ 4. De l'acceptation par intervention.
Art. 17. Lors du protêt faute d'acceptation, la lettre
Ide
pour le tireur ou pour l'un des endosseurs .
L'acceptation par intervention se fait dans la même
forme que l'acceptation du tiré ; elle est, en outre , men-
tionnée dans l'acte de protêt, ou à la suite de cet acte.
Art . 18. L'intervenant est tenu de notifier sans délai
son intervention à celui pour qui il est intervenu (3) .
Art. 19. Le porteur de la lettre de change conserve
tous ses droits contre le tireur et les endosseurs , à raison
du défaut d'acceptation par celui sur qui la lettre était
tirée, nonobstant toutes acceptations par intervention (4).
§ 5. De l'échéance.
Art. 20. Une lettre de change peut être tirée à vue :
à un ou plusieurs jours
à un ou plusieurs mois de vue.
à une ou plusieurs usances
à un ou plusieurs jours
à un ou plusieurs mois de date .
à une ou plusieurs usances
à jour fixe ou à jour déterminé,
en foire (5) .
(1) Art. 124 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 125 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 127 du code de commerce de 1808.
(4) Art. 128 du code de commerce de 1808.
(5) Art. 129 du code de commerce de 1808.
66 LIVRE PREMIER .
✓ Art. 21. La lettre de change, à vue est payable à sa
présentation (1).
Art. 22. Si la lettre est :
à un ou plusieurs jours
à un ou plusieurs mois de vue,
à une ou plusieurs usances
la date de l'échéance est fixée , soit par la date de
l'acceptation , soit par celle du protêt faute d'accepta-
tion, soit enfin par celle du visa apposé sur la lettre par
le tiré .
Si le tiré refuse de dater son acceptation, ou à défaut
d'acceptation , d'apposer sur la lettre un visa daté, le
porteur pourra faire constater la présentation et le refus
par un exploit d'huissier, dont la date fera courir le délai
de l'échéance .
Les frais de cet acte seront à la charge du tiré, s'ils ont
été occasionnés par son refus .
A défaut d'un tel acte et lorsque le tiré aura omis de
dater son acceptation ou son visa, le jour de l'échéance
sera calculé en partant du dernier jour du délai accordé
la lettre.
pour
[Link]ésenten
23. L'usance est de trente jours , qui courent du
lendemain de la date de la lettre de change .
La lettre de change tirée à un ou plusieurs mois
de date est payable à la date qui, dans le mois de
son échéance, correspond à celle du jour où elle a été
tirée.
Si cette date n'existe pas , la lettre est payable le dernier
jour du mois de l'échéance .
Art. 24. Une lettre de change payable en foire est
échue la veille du jour fixé pour la clôture de la foire, ou
• le jour de la foire si elle ne dure qu'un jour. - Com., 51 ,
52, 53 (2) .
Art . 25. Si l'échéance d'une lettre de change est un
jour férié légal, elle est payable le jour non férié qui
précède. C. proc. civ. , 1037 (3).
(1) Art. 130 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 133 du code de commerce de 1808.
(3) Les jours fériés légaux sont : Noël, Ascension, Assomption, Toussaint,
1er janvier, lundis de Pâques et de la Pentecôte et le 21 juillet.
DE LA LETTRE DE CHANGE. 67
§ 6. De l'endossement .
Art. 26. La propriété d'une lettre de change se trans-
met par voie d'endossement, même après l'échéance, avec
les garanties hypothécaires qui y sont attachées . Toute-
fois, si l'endossement est postérieur à l'échéance, le tiré
pourra opposer au cessionnaire les exceptions qui lui
compétaient contre le propriétaire de la lettre au moment
où elle est échue .
Si l'hypothèque a été consentie pour sûreté d'un crédit
ouvert, les porteurs des effets créés ou négociés en vertu
de cette ouverture de crédit ne pourront en profiter que
jusqu'à concurrence du solde final du compte. L.
16 déc. 1851 , 73, 74, 78 s .
Art . 27. L'endossement est daté .
Il énonce le nom de celui à l'ordre de qui il est passé .
Toutefois, l'endossement fait au moyen d'une simple
signature apposée sur le dos du titre est valable.
Tout possesseur d'une lettre de change peut, le cas de
fraude excepté , remplir l'endossement en blanc qui s'y
trouve . Il a également le droit d'endosser lui-même sans
avoir, au préalable, rempli le blanc.
Art . 28. Si la lettre a été endossée au profit du tireur
d'un endosseur antérieur ou même de l'accepteur et si
elle a été de nouveau endossée par eux avant l'échéance,
tous les endosseurs restent néanmoins tenus vis-à-vis du
porteur. 30; C. civ. , 1200 s .
Art. 29. L'endossement fait foi de sa date , jusqu'à
preuve contraire .
Il est défendu d'antidater les ordres, à peine de faux .
- C. pén . , 196, 197, 213, 509.
Si l'endossement n'est pas daté, c'est au porteur, en cas
de contestation, à établir quelle est cette date.
§ 7. De la solidarité.
Art . 30. Tous ceux qui ont signé, accepté ou endossé
une lettre de change sont tenus à la garantie solidaire
envers le porteur . C. civ. , 1200 s . (1) .
(1) Art. 140 du code de commerce de 1808.
68 LIVRE PREMIER .
§ 8. De l'aval.
Art. 31. Le payement d'une lettre de change, indé-
pendamment de l'acceptation et de l'endossement, peut
être garanti par un aval (1) .
Art. 32. Cette garantie est fournie par un tiers, sur la
lettre même ou par acte séparé.
Le donneur d'aval est tenu solidairement avec les
tireurs et endosseurs, sauf les conventions différentes des
parties (2).
§ 9. Du payement .
Art. 33. Une lettre de change doit être payée dans la
monnaie qu'elle indique.-C. civ., 1243.
S'il s'agit d'une monnaie étrangère, le payement peut
se faire en monnaie nationale au cours du change au jour
de l'échéance ou au cours fixé par l'effet, à moins cepen-
dant que le tireur n'ait prescrit formellement le payement
en monnaie étrangère. - C. civ. , 1248.
Art. 34. Celui qui paye une lettre de change avant son
échéance est responsable de la validité du payement (3).
Art. 35. Celui qui paye une lettre de change à son
échéance et sans opposition est présumé valablement
libéré. C. civ. , 1235 s . (4).
Art. 36. Le porteur d'une lettre de change ne peut
✓êtrecontraintd'enrecevoirle payement avantl'échéance.
C. civ. , 1243, 1244 (5).
کے Art. 37. Le payement d'une lettre de change fait sur
une seconde, troisième,
roisième, quatrième, etc., est valable.
Art. 38. Celui qui paye une lettre de change sur une
seconde, troisième, quatrième, etc. , sans retirer celle sur
laquelle se trouve son acceptation, n'opère point sa libé-
ration à l'égard du tiers porteur de son acceptation (6).
α Art. 39. Il n'est admis d'opposition au payement qu'en
(1) Art. 141 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 142 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 144 du code de commerce de 1808.
(4) Art. 145 du code de commerce de 1808.
(5) Art. 146 du code de commerce de 1808.
(6) Art. 148 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 69
cas de perte de la lettre de change, de la faillite du por-
teur ou de son incapacité de recevoir.
Art. 40. En cas de perte d'une lettre de change NON
ACCEPTÉE, celui a qui elle appartient peut en poursuivre
le payement sur une seconde, troisième, quatrième, etc.
38 (1).
Art. 41. Si la lettre de change perdue est revêtue de
l'acceptation, le payement ne peut en être exigé sur une
seconde, troisième, quatrième, etc., que par ordonnance
du président du tribunal de commerce et en donnant
caution. - Com. , 45 (2) ; C. civ. , 2018 à 2020 .
Art. 42. Si celui qui a perdu la lettre de change ,
qu'elle soit acceptée ou non , ne peut représenter la
seconde, la troisième, la quatrième, etc. , il peut deman-
der le payement de la lettre de change perdue et l'obte-
nir en vertu de l'ordonnance du président du tribunal de
commerce, en justifiant de sa propriété et en donnant
caution. - Com., 45 (3).
Art. 43. En cas de refus de payement, le propriétaire
de la lettre de change perdue conserve tous ses droits par
un acte de protestation (4) .
Cet acte doit être fait, au plus tard, le surlendemain de
l'échéance de la lettre de change perdue .
Il doit être notifié aux tireurs et endosseurs , dans les
formes et délais prescrits ci-après pour la notification du
protêt.
Pour être valable , il ne doit pas être nécessairement pré-
cédé d'une décision judiciaire ou d'une dation de caution.
Art. 44. Le propriétaire de la lettre de change égarée
doit, pour s'en procurer la seconde, s'adresser à son
endosseur immédiat, qui est tenu de lui prêter son nom
et ses soins pour agir envers son propre endosseur ; et
ainsi en remontant d'endosseur en endosseur, jusqu'au
tireur de la lettre .
Après que le tireur aura délivré la seconde, chaque
endosseur sera tenu d'y rétablir son endossement.
(1) Art. 150 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 151 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 152 du code de commerce de 1808.
(4) Voir la loi du 10 juillet 1877 sur les protêts, ci-après p. 74.
70 LIVRE PREMIER .
Le propriétaire de la lettre de change égarée suppor-
tera les frais (1).
Art. 45. L'engagement de la caution, mentionné dans
les articles 41 et 42, est éteint après trois ans si, pendant
ce temps, il n'y a eu ni demandes ni poursuites judi-
ciaires . -82 (2) .
Art. 46. Les payements faits à compte sur le montant
d'une lettre de change sont à la décharge des tireurs et
endosseurs .
Le porteur est tenu de faire protester la lettre de
change pour le surplus, sans pouvoir refuser le payement
partiel qui lui est offert. C. civ. , 1236, 1244.
Art. 47. Le tiré qui a payé une lettre de change fausse
ne peut en réclamer le remboursement au porteur de
bonne foi.
S'il a accepté la lettre, il est tenu de payer au porteur
de bonne foi, sauf son recours contre qui de droit.
Il peut exiger du porteur et de chaque endosseur l'indi-
cation de son cédantet la preuve de la vérité de sa signature .
Le porteur qui découvre la fausseté de la lettre a le
même droit.
Art. 48. Les juges ne peuvent accorder aucun délai
pour le payement d'une lettre de change (3).
§ 10. Du payement par intervention.
Art . 49. Une lettre de change protestée peut être
payée par tout intervenant pour le tireur ou pour l'un
des endosseurs .
L'intervention et le payement seront constatés dans
l'acte de protêt ou à la suite de l'acte . C. civ. , 1236 (4).
Art . 50. Celui qui paye une lettre de change par
intervention est subrogé aux droits du porteur et tenu
des mêmes devoirs pour les formalités à remplir.
Si le payement par intervention est fait pourrle
le compte
du tireur, tous les endosseurs sont libérés .
(1) Art. 154 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 155 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 157 du code de commerce de 1808 .
(4) Art. 158 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 71
✔ S'il est fait pour un endosseur, les endosseurs subsé-
quents sont libérés.
S'il y a concurrence pour le payement d'une lettre de
change par intervention, celui qui opère le plus de libé-
rations est préféré(1).
Si le tiré, qui n'a pas accepté, consent à payer la lettre
pour quelqu'un des intéressés, il est préféré à tous ceux
qui offrentd'intervenir pour la même personne. - C. civ. ,
1236.
§ 11. Des droits et des devoirs du porteur.
Art. 51. Le porteur d'une lettre de change tirée du
continent et des îles de l'Europe et payable en Belgique,
soit à vue, soit à un ou plusieurs jours, ou mois, ou
usances de vue, doit en exiger le payement, l'accepta-
tion ou le visa dans les trois mois de sa date, sous peine
de perdre son recours sur les endosseurs et même sur le
tireur si celui-ci a fait provision.
Le délai est de quatre mois pour la lettre de change
tirée sur la Belgique des Etats du littoral africain et
asiatique de la Méditerranée et du littoral asiatique de
la mer Noire .
Le délai est de six mois pour les lettres de change
tirée sur la Belgique des Etats d'Afrique en deçà du cap
d'Amérique en deçàdù
de Bonne-Espérance, et des Etats d'Améric
cap Horn .
Le délai est d'un an pour les lettres de change tirées
sur la Belgique de toute autre partie du monde .
La même déchéance aura lieu en ce qui concerne les
recours à exercer en Belgique, contre le porteur d'une
lettre de change à vue, à un ou plusieurs jours, mois ou
usances de vue, tirée de la Belgique et payable dans les
pays étrangers, qui n'en exigera pas le payement, l'ac-
ceptation ou le visa dans les délais ci-dessus prescrits
pour chacune des régions respectives .
Les délais ci-dessus seront doublés, en cas de guerre
maritime pour les pays d'outre-mer.
Ces dispositions ne préjudicieront néanmoins pas aux
(1) Art. 159 du code de commerce de 1808 pour les quatre premiers alinéas.
72 LIVRE PREMIER .
stipulations contraires qui pourraient intervenir entre le
preneur, le tireur et même les endosseurs .
Art. 52. Le porteur d'une lettre de change doit en
exiger le payement le jour de son échéance. 59 (1) .
Atr . 53. Le refus de payement doit être constaté au
α plus tard le second jour après celui de l'échéance par un
acte que l'on nomme PROTÈT FAUTE DE PAYEMENT (2) .
Les jours fériés légaux ne sont pas comptés dans ce
délai .
Art. 54. Le porteur n'est dispensé du protêt faute de
payement ni par le protêt faute d'acceptation, ni par la
mort ou faillite de celui sur qui la lettre de change est
tirée.
Dans le cas de faillite de l'accepteur avant l'échéance,
le porteur peut faire protester et exercer son recours (3).
Art. 55. Le porteur d'une lettre de change protestée
faute de payement peut exercer son action en garantie .
59.
Ou individuellement contre le tireur et chacun des
endosseurs ;
Ou collectivement contre les endosseurs et le tireur .
La même faculté existe pour chacun des endosseurs à
l'égard du tireur et des endosseurs qui le précèdent .
30: C. civ.. 1200 s. (4)
Art . 56. Si le porteur exerce le recours individuelle-
ment contre son cédant, il doit, si celui-ci réside dans la
distance de cing myriamètres, le citer en jugement dans
IlesL'assignation
quinze jours contiendra
qui suivent notification
la datedu protêt.
du protêt.
Ce délai, à légard du cédant domicilié àplusdecing
myriamètres de l'endroit où la lettre de change était
payable, sera augmenté d'un jour par cinq myriamètres .
Les fractions de moins de quatre myriamètres ne seront
pas comptées ; les fractions de quatre myriamètres et au-
dessus augmenteront le délai d'un jour. 59 .
Art. 57. Les lettres de change tirées de Belgique et
(1) Art. 161 du code de commerce de 1808.
(2) Voir la loi du 10 juillet 1877 sur les protêts, ci-après p. 74.
(3) Art. 163 du code de commerce de 1808.
(4) Art. 164 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 73
payables en Europe hors du territoire belge étant pro-
testées , les tireurs et endosseurs résidant en Belgique
seront poursuivis dans les délais ci-après .
D'un mois pour celles qui étaient payables en Angle-
terre et dans les Etats limitrophes de la Belgique ; de
deux mois pour celles qui étaient payables dans les autres
Etats , soit de l'Europe, soit du littoral africain et asia-
tique de la Méditerranée et du littoral asiatique de la
mer Noire ; de cinq mois pour celles qui étaient payables
hors d'Europe, deçà des détroits de Malaca et de la
ope, en de
Sonde, et en deçà du cap Horn; de huit mois pour celles
qui étaient payables au delà de ces détroits et au delà du
cap Horn. Les délais ci-dessus seront doublés pour les
pays d'outre-mer en cas de guerre maritime . — 51 ,
Art. 58. Si le porteur exerce son recours collective-
ment contre les endosseurs et le tireur, il jouit, à l'égard
de chacun d'eux , du délai déterminé par les articles pré-
cédents .
Chacun des endosseurs a le droit d'exercer le même
recours , ou individuellement ou collectivement, dans le
même délai.
A leur égard, le délai court du lendemain de la date de
la citation en justice ou du lendemain du jour du rem-
boursement . 56, 57.
Art. 59. Après l'expiration des délais ci-dessus :
Pour la présentation de la lettre de change à vue ou à
un ou plusieurs jours , ou mois, ou usances de vue ;
Pour le protêt faute de payement ;
Pour l'exercice de l'action en garantie ;
Le porteur de la lettre de change est déchu de tous ses
droits contre les endosseurs .
Les conventions particulières recevront néanmoins leur
exécution . La clause du retour sans frais , insérée dans
l'effet par le tireur, dispense le porteur de l'obligation
de faire protester la lettre et d'intenter dans la quinzaine
l'action récursoire avec notification du protêt. Toutefois,
le porteur est tenu d'informer du non-payement de la
lettre, dans la quinzaine qui suit l'échéance, ceux contre
qui il veut conserver son recours, et ceux-ci ont la même
obligation à remplir vis-à-vis de leurs garants, dans la
quinzaine de la réception de l'avis .
74 LIVRE PREMIER .
La clause du retour sans frais émanée d'un endosseur
produit ses effets vis-à-vis de cet endosseur et de ceux qui
le suivent.
Art . 60. Les endosseurs sont également déchus de
toute action en garantie contre leurs cédants après les
délais ci-dessus prescrits, chacun en ce qui le concerne.
55, 56(1) .
Art. 61. La même déchéance a lieu contre le porteur
et les endosseurs, à l'égard du tireur lui-même, si ce
dernier justifie qu'il y avait provision à l'échéance de la
lettre de change.
Le porteur, en ce cas , ne conserve d'action que contre
celui sur qui la lettre était tirée (2) .
Art. 62. Les effets de la déchéance prononcée par les
trois articles précédents cessent en faveur du porteur
contre le tireur, ou contre celui des endosseurs qui,
après l'expiration des délais fixés pour le protêt, la noti-
fication du protêt ou la citation en jugement, a reçu par
compte, compensation ou autrement, les fonds destinés
au payement de la lettre de change (3).
Art. 63. Indépendamment des formalités prescrites
pour l'exercice de l'action en garantie, le porteur d'une
lettre de change protestée faute de payement peut, en
obtenant la permission du président du tribunal de com-
merce, saisir conservatoirement les effets mobiliers des
tireurs, accepteurs et endosseurs (4).
§ 12. Des protéts .
Art. 64 à 71. (Abrogés et remplacés par la loi du
10juillet 1877 sur les protéts .)
ART. 1er. Les protêts faute d'acceptation ou de payement
sont faits par les huissiers .
Dans les communes où ne réside aucun huissier, ou
lorsque les huissiers qui y résident sont empêchés, les
agents désignés parle gouvernement font les protêts faute
(1) Art. 169 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 170 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 171 du code de commerce de 1808.
(4) Art. 172 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 75
de payement des effets à recouvrer par l'administration
des postes .
ART . 2. Le protêt doit être fait :
Au domicile indiqué sur l'effet, et, à défaut d'indication,
au domicile de celui par qui l'effet est payable ou à son
dernier domicile connu dans la commune ;
Au domicile des personnes indiquées sur l'effet, soit par
le tireur, soit par les endosseurs pour le payer au besoin ;
Au domicile du tiers qui a accepté par intervention.
En cas d'indication fausse de domicile, l'acte constate,
le cas échéant, que le débiteur n'a pas été trouvé dans la
commune .
ART . 3. L'acte du protêt est inscrit à sa date dans un
carnet à souche. Il est attaché sous forme d'allonge à
l'effet protesté.
L'employé des postes ou l'huissier qui dresse le protêt
laisse, au domicile où cet acte est fait, un bulletin exempt
de la formalité du timbre, mentionnant le nom et le
domicile du porteur qui aura requis le protêt, le nom de
l'huissier ou de l'employé instrumentant et l'import de
l'effet protesté.
S'il n'est trouvé personne au domicile où l'acte doit
être fait, le protêt le constate et il n'est pas remis de
Cot
bulletin .
ART . 4. L'acte de protêt énonce :
Le montant de l'effet ;
La date de son échéance ;
La présence ou l'absence de celui qui doit payer ;
Les motifs du refus d'accepter ou de payer, et l'im-
puissance ou le refus de signer ;
L'acceptation et le payement par intervention ;
Les nom et prénoms de la personne à qui le bulletin
est remis .
Les droits et émoluments perçus .
La souche du protêt reproduit les mêmes énonciations
que l'allonge et, de plus, le numéro de l'effet et le nom
de celui qui l'a remis .
ART. 5. Les protêts faute d'acceptation ou de payement
peuvent être remplacés, si le porteur y consent, par une
déclaration qui constate le refus de la personne requise
d'accepter ou de payer.
76 LIVRE PREMIER.
La déclaration du refus de payement doit être faite
au plus tard, la veille du dernier jour utile pour le
protêt.
ART. 6. Les déclarations prévues par l'article précé-
dent sont consignées soit sur l'effet, soit dans un acte
séparé .
Elles sont datées et signées par la personne requise
d'accepter ou de payer.
Elles sont enregistrées dans les quatre jours de leurdate .
La formalité de l'enregistrement ne sera donnée que
si les effets sont joints aux déclarations faites par acte
séparé .
ART. 7. Les déclarations faites par acte séparé rap-
pellent la substance de l'effet présenté soit à l'acceptation,
soit au payement.
ART. 8. L'acceptation ou le payement par intervention
peuvent être constatés dans les formes déterminées par
les articles 6 et 7.
ART. 9. Les feuillets des carnets d'actes de protêt sont
lize timbrés au droit de 45 centimes et numérotés à la presse .
L'huissier fait préalablement parapher les souches par
un membre du tribunal de commerce du ressort. Le
paraphe peut être remplacé par une estampille approuvée
par ce tribunal . Les souches sont communiquées aux
préposés de l'enregistrement, à toute réquisition .
Les souches des carnets des agents des postes sont
paraphées ou estampillées par les fonctionnaires que le
ministre des travaux publics désigne .
ART. 10. Les carnets à protêts sont délivrés exclusive-
ment par l'administration du timbre .
Des arrêtés royaux règlent la forme et fixent le prix
de ces carnets (1) .
ART. 11. Les émoluments des agents des postes ne
peuvent pas dépasser 1 fr. 50 c. par protêt .
Les émoluments des huissiers sont de 2 francs pour le
protêt simple à un seul domicile.
Si le protêt doit être fait à plus d'un domicile , il n'est
perçu que 1 franc pour chaque domicile en sus .
(1) Voir arrêté royal du 9 septembre 1877.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 77
0
Un feuilet distinct est employé pour chaque domicile
où le protêt est fait .
ART. 12. Les actes de protêt doivent être enregistrés
dans les quatre jours .
ART. 13. Le droit d'enregistrement de ces actes est fixé
comme il suit :
Effets de moins de 500 francs .fr. 50
de 500 à 2,000 francs exclusivement 1 "
de 2,000 à 10,000 francs exclusivement . 2 "
de 10,000 francs et plus 3 "
Il est perçu pour chaque feuillet employé.
Le même droit d'enregistrement est applicable aux
déclarations . Lorsqu'elles sont écrites sur papier non
า
timbré, elles sont soumises au timbre extraordinaire ou
au visa pour timbre dans le délai fixé à l'article6.
ART. 14. Le protêt n'est pas porté au tableau dressé en
exécution de l'article 443 du code de commerce (loi du
18 avril 1851) si l'huissier ou l'agent des postes qui a
dressé l'acte de protêt atteste, par écrit, au receveur de
l'enregistrement, que l'effet a été payé .
Cette attestation est délivrée sur papier libre ; elle ne
peut pas être refusée au débiteur qui a payé l'effet.
ART. 15. Le gouvernement est autorisé, pour les loca-
lités où il le juge utile et dans les limites à déterminer
par lui, à permettre aux huissiers et aux agents des
postes de déroger, à l'égard des actes de protêt, aux
dispositions de l'article 1037 du code de procédure
civile (1).
ART. 16. La présente loi entrera en vigueur le 1er sep-
tembre 1877.
ART. 17. Seront abrogés, à partir de la même date :
1º La loi du 28 mars 1870 sur les protêts ;
2º Le § 12 de la première section (art. 64 à 71) de la loi
du 20 mai 1872 sur la lettre de change ;
3º Les articles 4, 5, 6 et 7 et le § 1er de l'article 8 de la
loi du 12 mai 1876 sur l'encaissement des effets de com-
merce par la poste.
(1) Les agents des postes peuvent dresser les protêts jusqu'à huit heures
du soir, du 1er octobre au 31 mars (arr. roy. du 12 octobre 1879, art. 74).
4
78 LIVRE PREMIER .
§ 13. Du rechange.
Art. 72. Le rechange s'effectue par une retraite. -
75 (1).
Art 73. La retraite est une nouvelle lettre de change
au moyen de laquelle le porteur se rembourse, sur le
tireur ou sur l'un des endosseurs, du principal de la
lettre protestée, de ses frais et du nouveau change qu'il
paye. -76 (2).
Art. 74. Le rechange se règle, dans les rapports du
porteur ou d'un endosseur avec le tireur, par le cours du
change du lieu où la lettre était payable sur le lieu d'où
elle a été tirée .
Dans aucun cas, le tireur n'est tenu de payer un cours
plus élevé.
Il se règle , dans les rapports du porteur avec l'un des
endosseurs, par le cours du change du lieu où la lettre
était payable sur le lieu où elle a été endossée.
Entin , il se règle, dans les rapports des endosseurs entre
eux, par le cours du change du lieu où l'endosseur qui
tire la retraite a négocié la lettre primitive, sur le lieu
d'où elle a été négociée par celui sur qui le rembourse-
ment s'effectue . L. 30 déc. 1867 .
Art. 75. La retraite est accompagnée d'un compte de
retour (3) .
Art. 76. Le compte de retour comprend
Le principal de la lettre de change protestée ;
Les frais de protêt et autres frais légitimes, tels que
commission de banque, courtage, timbre et ports de
lettres .
Il énonce le nom de celui sur qui la retraite est faite
et le prix du change auquel elle est négociée.
Il est certifié par deux agents de change.
Dans les lieux où il n'y a pas d'agent de change, il est
certifié par deux commerçants.
Il est accompagné de la lettre de change protestée, du
protêt ou d'une expédition de l'acte du protêt.
(1) Art. 177 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 178 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 180 du code de commerce de 1808.
DE LA LETTRE DE CHANGE . 79
Dans le cas où la retraite est faite sur l'un des endos .
seurs , elle est accompagnée, en outre, d'un certificat
qui constate le cours du change du lieu où la lettre de
change était payable sur le lieu d'où elle était tirée .
L. 30 déc. 1867 (1) .
Art. 77 (2) . Il ne peut être fait plusieurs comptes de
retour sur une même lettre de change .
Ce compte de retour est remboursé d'endosseur à
endosseur respectivement, et définitivement parle tireur .
Art. 78. Les rechanges ne peuvent être cumulés .
Chaque endosseur n'en supporte qu'un seul, ainsi que le
tireur.
Art. 79. L'intérêt du principal de la lettre de change
protestée faute de payement est dû à compter du jour du
protêt.
Art . 80. L'intérêt des frais de protêt, rechange et
autres frais légitimes n'est dû qu'à compter du jour de la
demande en justice.
Art. 81. Il n'est point dû de rechange si le compte de
retour n'est pas accompagné des certificats d'agents de
change ou de commerçants prescrits par l'article 76.
§ 14. De la prescription.
Art. 82. Toutes actions relatives aux lettres de change
se prescrivent par cinq ans, à compter du surlendemain
de l'échéance ou du jour de la dernière poursuite judi-
ciaire , s'il n'y a eu condamnation ou si la dette n'a été
reconnue par acte séparé .
Néanmoins, les prétendus débiteurs seront tenus , s'ils
en sont requis d'affirmer sous serment qu'ils ne sont plus
redevables, et leurs veuves , héritiers ou ayants cause,
qu'ils estiment de bonne foi qu'il n'est plus rien dû.
La prescription , en ce qui concerne les lettres à vue ou
à un certain délai de vue dont l'échéance n'a pas été fixée
par la présentation, commence à partir de l'expiration du
(1) Une seule modification à l'article 181 du code de 1808, deux agents de
change au lieu d'un.
(2) Les articles 77 à 87 inclus sont la reproduction textuelle des articles 182
à 186 inclus du code de 1808.
80 LIVRE PREMIER.
délai fixé par l'article 51 pour la présentation au tiré.
C. civ. , 1357 s.; C. proc. civ. , 120, 121 .
SECTION II . – DU BILLET A ORDRE.
Art . 83. Toutes les dispositions relatives aux lettres
de change et concernant :
L'échéance , - 20 s .
L'endossement, - 26 s .
La solidarité , 30.
L'aval , -31 , 32 .
Le payement par intervention, - 49, 50.
Le protêt , 64 s.
Les devoirs et droits du porteur, 51 s .
Le rechange et les intérêts, - 72 s .
La prescription, - 82.
sont applicables aux billets à ordre.
Art . 84. Le billet à ordre est daté .
Il énonce :
La somme à payer;
Le nom de celui à l'ordre de qui il est souscrit ;
L'époque à laquelle le payement doit s'effectuer .
A défaut d'indication d'époque, le billet est payable à
vue .
TITRE X (1) . Des assurances en général (2) .
[PARTIE REVISÉE. ]
LOI DU 11 JUIN 1874 ( Moniteur du 14 juin) .
CHAPITRE Ier . DISPOSITIONS GÉNÉRALES .
Art. 1er. L'assurance est un contrat par lequel l'assu-
reur s'oblige, moyennant une prime, à indemniser
(1) Nousdonnons le commentaire complet de cette partie entièrement nou-
velie de la législation commerciale dans notre Traité théorique et pratique.
(2) L'article 2, § 4, titre Ier du nouveau code de commerce, promulguéle
15 décembre 1872, attribue aux tribunaux de commerce la connaissance des
contestations relatives aux assurances terrestres à primes .
DES ASSURANCES . $1
l'assuré des pertes ou dommages qu'éprouverait celui-
ci par suite de certains événements fortuits ou de force
majeure.
Le profit espéré peut être assuré dans les cas prévus
par la loi. C. civ. , 1104, 1964.
Art . 2. Les associations d'assurances mutuelles sont
régies par leurs règlements, par les principes généraux
du droit et par les dispositions du présent titre, en tant
qu'elles ne sont point incompatibles avec ces sortes d'as-
surances . - C. civ. , 1108 s .
Elles sont représentées en justice par leurs directeurs .
--paragraphe final de l'article 2 de la loi sur les sociétés .
Art. 3. Les dispositions du présent titre, auxquelles il
n'est point dérogé par des articles spéciaux, sont appli-
cables aux assurances maritimes , ainsi qu'aux assu-
rances sur le transport par terre, rivières et canaux .
Com. , 332 s .
CHAPITRE II . DES PERSONNES QUI PEUVENT
FAIRE ASSURER .
Art. 4. Un objet peut être assuré par toute personne
ayant intérêt à sa conservation, à raison d'un droit de
propriété ou autre droit réel ou à raison de la responsa-
bilité à laquelle elle se trouve engagée relativement à la
chose assurée . - C. civ . , 1236 .
Art. 5. L'assurance peut être contractée pour compte
d'autrui en vertu d'un mandat général ou spécial ou même
sans mandat. C. civ. , 1984 s. , 1122.
Les effets en sont réglés en ce dernier cas par les dis-
positions relatives à la gestion d'affaires . C. civ. ,
1372 s .
S'il ne résulte pas de l'assurance qu'elle est faite pour
compte d'un tiers , l'assuré est censé avoir contracté pour
lui-même .
Art. 6. Un créancier peut-faire assurer la solvabilité
de son débiteur ; l'assureur pourra se prévaloir du béné-
fice de discussion, sauf convention contraire. C. civ. ,
2021 s .
Les créanciers saisissants ou nantis d'un gage et les
créanciers privilégiés et hypothécaires peuvent faire
82 LIVRE PREMIER .
assurer en leur nom personnel les biens affectés au paye-
ment de leurs créances . C. civ. , 1236.
Dans ce cas, l'indemnité due à raison du sinistre est
subrogée de plein droit, à leur égard, aux biens assurés
qui formaient leur gage. - C. civ . , 1251.
Art. 7. Lorsque des objets mobiliers ont été assurés,
le payement de l'indemnité fait à l'assuré libère l'assu-
reur s'il n'a point été formé d'opposition entre ses
mains (1). Loi du 16 décembre 1851, article 10..
* Art. 8. Les dispositions des deux articles précédents
n'auront d'effet qu'en tant que le créancier viendrait en
ordre utile dans la collocation ou dans la distribution, si
la perte des objets saisis, engagés, hypothéqués ou sur
lesquels existe le privilège n'était pas arrivée.
CHAPITRE III . DES OBLIGATIONS DE L'ASSUREUR
ET DE L'ASSURÉ .
Art. 9. Toute réticence, toute fausse déclaration de la
part de l'assuré, même sans mauvaise foi, rendent l'assu-
rance nulle, lorsqu'elles diminuent l'opinion du risque ou
en changent le sujet, de telle sorte que l'assureur, s'il en
avait eu connaissance, n'aurait pas contracté aux mêmes
conditions (2). — C. civ. , 1109 s .
Art. 10. Dans tous les cas où le contrat d'assurance
est annulé, en tout ou en partie, l'assureur doit, si l'as-
suré a agi de bonne foi, restituer la prime, soit pour le
tout, soit pour la partie pour laquelle il n'a pas couru de
risques (3) .
La bonne foi ne pourra être invoquée dans le cas du
§ fer de l'article 12.
Art. 11. Si le contrat est annulé pour cause de dol,
fraude ou mauvaise foi, l'assureur conserve la prime,
sans préjudice de l'action publique , s'il ya lieu .- C. civ . ,
1109 s .
(1) Cette disposition comble une lacune que présentait la loi de 1851 sur le
régime hypothécaire, relativement aux privilèges mobiliers.
(2) L'expression assuré s'entend du preneur d'assurance, du contractant.
(3) Cette disposition est d'ordre public. Il n'est pas permis aux parties d'y
déroger par leurs conventions.
DES ASSURANCES . 83
Art. 12. Les choses assurées dont la valeur entière est
couverte par une première assurance, ne peuvent plus
faire l'objet d'une nouvelle assurance contre les mêmes
risques au profit de la même personne (1) .
Si l'entière valeur n'est pas assurée par le premier
contrat, les assureurs qui ont signé les contrats subsé-
quents répondent de l'excédent en suivant l'ordre de la
date des contrats .
Toutes les assurances contractées le même jour seront
censées faites simultanément. Loi du 16 décembre
1851 , article 81 .
Art. 13. La perte, soit totale, soit partielle, se répartit
entre les diverses assurances de même date, dans la pro-
portion des sommes assurées par chacune, et entre les
diverses assurances de date différente , en proportion de
la valeur dont chacune répond.
Art . 14. Les assurances successives des mêmes valeurs
contre les mêmes risques et au profit des mêmes per-
sonnes auront néanmoins effet :
1º Si elles ont lieu du consentement de chacun des
assureurs ; la perte se répartit, dans ce cas, comme si
les deux assurances avaient été prises simultanément ;
2º Si l'assuré décharge le premier assureur de toute
obligation pour l'avenir, sans préjudice de ses propres
obligations.
La renonciation doit, dans ce dernier cas, être notifiée
à l'assureur et il en est fait mention, à peine de nullité,
dans la nouvelle police.
Art. 15. L'assuré peut faire assurer la prime de l'assu-
rance . Com. , 342.
Art. 16. Aucune perte ou dommage, causé par le fait
ou par la faute grave de l'assuré, n'est à la charge de
l'assureur ; celui-ci peut même retenir ou réclamer la
prime s'il a déjà commencé à courir les risques (2) .
1 Art. 17. Dans toute assurance, l'assuré doit faire
toute diligence pour prévenir ou atténuer le dommage : il
(1) Cette disposition est d'ordre public. Il n'est pas permis aux parties d'y
déroger par leurs conventions .
(2) Le fait de l'assuré doit revêtir le caractère doleux. Une simple négli-
gence ne suffit pas.
84 LIVRE PREMIER .
doit, aussitôt que le dommage est arrivé, en donner
connaissance à l'assureur, le tout à peine de dommages-
intérêts, s'il y a lieu (1).
Les frais faits par l'assuré, aux fins d'atténuer le dom-
mage, sont à charge de l'assureur, lors même que le
montant de ces frais , joint au montant du dommage, excé-
derait la somme assurée et que les diligences faites
auraient été sans résultat.
Néanmoins , les tribunaux et les arbitres, lorsque les
parties s'y seront référées, pourront les réduire ou même
refuser de les allouer, s'ils jugent qu'ils ont été faits
inconsidérément, soit en tout, soit en partie. Tit. Ier,
article 2 , § 4 .
Art . 18. L'assureur ne répond pas des pertes et dom-
mages résultant immédiatement du vice propre de la
chose, à moins de stipulation contraire. C. civ. , 1134,
1148 s .
Art . 19. L'assurance ne comprend ni les risques de
guerre, ni les pertes ou dommages occasionnés par
émeutes, sauf convention contraire . - C. civ. , 1148,
1150.
Art. 20. Dans toute assurance, l'indemnité, en cas de
sinistre , est réglée à raison de la valeur de l'objet, au
temps du sinistre (2) .
Si la valeur assurée a été préalablement estimée par
experts , convenus entre parties , l'assureur ne peut con-
tester cette estimation, hors le cas de fraude . C. civ. ,
1134.
La valeur de l'objet peut être établie par tous moyens
de droit . Le juge peut même, en cas d'insuffisance des
preuves , déférer d'office le serment à l'assuré. 25;
C. civ. , 1366 s .
Art . 21. Dans tous les cas où l'assurance ne couvre
qu'une partie de la valeur de l'objet assuré, l'assuré est
considéré lui-même comme assureur pour le surplus de
(1) Le fait de l'assuré doit revêtir le caractère doleux. Une simple négli-
gence ne suffit pas.
(2) Cettedisposition n'est pas applicable aux assurances sur la vie. ( Voir
art. 41 , § 2, de la présente loi.)
DES ASSURANCES . 85
la valeur, sauf convention contraire (1) . Voir art. 13,
supra .
Art. 22. L'assureur qui a payé le dommage est
subrogé à tous les droits de l'assuré contre les tiers du
chef de ce dommage, et l'assuré est responsable de tout
acte qui préjudicierait aux droits de l'assureur contre les
tiers .
Dans les assurances permises par le deuxième alinéa
de l'article 6, l'assureur qui a payé l'indemnité est subrogé
à l'action du créancier contre le débiteur. C. civ. ,
1251 .
La subrogation ne peut, en aucun cas, nuire à l'assuré
qui n'a été indemnisé qu'en partie ; celui-ci peut exercer
ses droits pour le surplus et conserve à cet égard la préfé-
rence sur l'assureur, conformément à l'article 1252 du
code civil (2).
Art. 23. L'assureur a un privilège sur la chose
assurée .
Ce privilège est dispensé de toute inscription. Il prend
rang immédiatement après celui des frais de justice (3).
- Loi du 16 décembre 1851 , art. 19, art. 10.
Il n'existe, quel que soit le mode de payement de la
prime, que pour une somme correspondant à deux
annuités .
Art. 24. L'assureur peut toujours faire réassurer l'ob-
jet de l'assurance.
CHAPITRE IV . - DE LA PREUVE DU CONTRAT .
Art. 25. Le contrat d'assurance doit être prouvé par
écrit, quelle que soit la valeur de l'objet du contrat.
Com . , 332 ; C. civ ., 1315, 1317 s . , 1341 s . , 1349 s .
Néanmoins , la preuve testimoniale peut être admise ,
(1) La jurisprudence admet généralement que la preuve de la valeur des
objets détruits, comme celle de leur existence, peut être faite par toutes voies
de droit.
(2) L'article 22 est applicable aux assurances conclues au profit des créan-
ciers hypothécaires, privilégiés ou saisissants .
(3) Le privilège de l'assureur sur la généralité des meubles n'est primé
que par le privilège des frais de justice.
4.
86 LIVRE PREMIER.
lorsqu'il existe un commencement de preuve par écrit.
C. civ. , 1341 s. , 1347, 1348 .
Art. 26. La même police peut contenir plusieurs assu-
rances , soit à raison des choses assurées, soit à raison du
taux de la prime, soit à raison des différents assureurs.
Com. , 333 .
Art. 27. La police d'assurance énonce :
1º La date du jour où l'assurance est contractée ;
2º Le nom de la personne qui fait assurer pour son
compte ou pour le compte d'autrui ;
3º Les risques que l'assureur prend sur lui et les temps
auxquels les risques doivent commencer et finir (1).
CHAPITRE V. - DE QUELQUES CAS DE RÉSOLUTION
DU CONTRAT .
Art . 28. L'assurance ne peut avoir d'effet sı la chose
assurée n'a point été mise en risque ou si le dommage
prévu existait déjà au moment du contrat . C. civ. ,
1104, 1106, 1131 .
Art. 29. Si l'assureur tombe en faillite lorsque le
risque n'est pas encore fini, l'assuré peut demander cau-
tion ou, à défaut de caution, la résiliation du contrat. -
Com. , 346 .
L'assureur a le même droit en cas de faillite de l'assuré .
- C. civ. , 1188 ; loi du 18 avril 1851 , art. 437.
Art. 30. En cas d'aliénation de la chose assurée , l'as-
surance profite de plein droit, sauf convention contraire,
au nouveau propriétaire, à raison de tous les risques pour
lesquels la prime a été payée au moment de l'aliénation .
C. civ. , 1583 .
Elle profite également au nouveau propriétaire, sauf
convention contraire dans la police, lorsqu'il a été
subrogé aux droits et obligations du précédent proprié-
taire envers les assureurs ou lorsque, de commun accord
entre l'assureur et le nouveau propriétaire, le contrat
(1) L'écriture n'est pas une condition essentielle à la validité du contrat,
mais seulement un mode de preuve déterminé par la loi,
DES ASSURANCES . 87
d'assurance continue à recevoir son exécution. - C. civ. ,
1249 s .
Art. 31. Les obligations de l'assureur cessent lorsqu'un
fait de l'assuré transforme les risques par le changement
d'une circonstance essentielle ou les aggrave de telle
sorte, que si le nouvel état des choses avait existé à
l'époque du contrat, l'assureur n'aurait point consenti a
l'assurance ou ne l'aurait consentie qu'à d'autres condi-
tions. C. civ. , 1110, 1116.
Ne peut se prévaloir de cette disposition, l'assureur qui,
après avoir eu connaissance des modifications apportées
aux risques , a néanmoins continué à exécuter le contrat.
CHAPITRE VI. - DE LA PRESCRIPTION (1).
Art. 32. Toute action dérivant d'une police d'assu-
rance est prescrite après trois ans, à compter de l'événe-
ment qui y donne ouverture. - C. civ., 2219 s. , 2260, 2261 .
TITRE XI . De quelques assurances terrestres
en particulier.
CHAPITRE Icr. - DES ASSURANCES CONTRE L'INCENDIE .
Art. 33. Les risques d'incendie comprennent tous les
dommages survenus aux objets assurés par suite d'incen-
die sans un fait ou une faute grave imputable à l'assuré
personnellement (2) . — C. civ . , 1147.
Art. 34. Sont assimilés aux dommages causés par l'in-
cendie, tout dommage qui est la conséquence de l'incen-
die même arrivé dans un bâtiment voisin, tous dégâts et
dépréciation des objets assurés , soit par l'eau, soit par
d'autres moyens employés pour arrêter ou éteindre l'in-
cendie ; la perte ou détérioration arrivée pendant le sau-
vetage, par quelque cause que ce soit, le dommage résul-
tant de la destruction totale ou partielle de l'immeuble
(1) Avant la présente loi, la prescription était de trente ans .
(2) De plein droit, l'assureur répond de la faute et du fait des personnes
dont l'assuré est civilement responsable.
88 LIVRE PREMIER .
assuré , si elle a été nécessaire pour empêcher le feu de
se propager , ainsi que le dommage occasionné par l'action
de la foudre, les explosions ou autres semblables acci-
dents , qu'ils soient ou non accompagnés d'incendie. -
C. civ. , 1149 s.
Art . 35. La disposition de l'article 18 n'est pas appli-
cable aux vices propres des bâtiments assurés contre
l'incendie , s'il n'est pas prouvé que l'assuré en avait con-
naissance au moment du contrat . C. civ. , 1148 s . , 1134.
Art. 36. En cas d'incendie de propriétés bâties , la
perte éprouvée est évaluée par la comparaison de la
valeur du bâtiment avant le sinistre avec la valeur de ce .
qui reste immédiatement après .
Elle est payée en argent, à moins que la reconstruction
même des bâtiments n'ait été stipulée dans l'assurance .
Dans ce dernier cas, l'assuré doit rebâtir ou réparer,
aux frais des assureurs, dans un temps qui sera déterminé
au besoin par le juge ; l'assureur a le droit de veiller à ce
que la somme dont il est tenu soit employée à cette fin.
Art. 37. Lorsque l'assurance a pour objet jes risques
locatifs ou les risques du recours des voisins, l'assureur,
en cas de sinistre, n'est tenu que des dommages matériels
qui en sont la suite immédiate et directe. C. civ. , 1382,
1733, 1734, 1760.
Art. 38. En cas d'incendie d'un immeuble, l'indemnité
due au locataire qui a fait assurer le risque locatif est
dévolue au propriétaire de l'immeuble, à l'exclusion des
créanciers de l'assuré .
De même, l'indemnité due par l'assureur des risques
du recours des voisins appartient exclusivement à ceux-ci .
Le tout sans préjudice des droits du propriétaire ou des
voisins, dans le cas où l'indemnité ne les couvrirait pas
de la perte. C. civ. , 1151, 1760 .
CHAPITRE II . DES ASSURANCES DE RÉCOLTES .
Art. 39. En cas d'assurance de récoltes, l'indemnité
est réglée sur la valeur que les fruits auraient eue au
temps de leur maturité ou au temps où il est d'usage d'en
jouir si le sinistre n'était pas arrivé. Art. 36, supra;
C. civ. , 1769, 1770.
DES ASSURANCES . 89
Art. 40. Le fermier qui, en cas de sinistre, a été in-
demnisé par l'assureur ne peut demander une remise du
prix de sa location, conformément à l'article 1769 du code
civil, qu'à concurrence des primes qu'il a déboursées .
C. civ ., 1722, 1770 s .
CHAPITRE III . DES ASSURANCES SUR LA VIE.
Art. 41. On peut assurer sa propre vię ou la vie d'un
tiers. Art. 4, supra.
L'indemnité à payer lors du décès est définitivement
réglée au moment du contrat. Art. 20, § 1er, supra.
L'assurance sur la vie d'un tiers est nulle, s'il est établi
que le contractant n'avait aucun intérêt à l'existence de
ce tiers . - C. civ. , 1128 s . , 1147, 1148.
L'assureur ne répond point de la mort de celui qui a
fait assurer sa propre vie, lorsque cette mort est le résul-
tat d'une condamnation judiciaire, d'un duel , d'un sui-
cide, sauf la preuve que celui-ci n'a pas été volontaire ,
ou lorsqu'elle a eu pour cause immédiate et directe un
crime ou un délit commis par l'assuré et dont celui-ci a
pu prévoir les conséquences .
Dans ces divers cas, l'assureur conserve les primes, s'il
n'y a convention contraire .
Art. 42. La transmission des droits résultant de l'assu-
rance s'opère par le transfert de la police signé par le
cédant, le cessionnaire et l'assureur. C. civ. , 1689 s .
Art. 43. La somme stipulée payable au décès de l'as-
suré appartient à la personne désignée dans le contrat,
sans préjudice de l'application des règles du droit civil
relatives au rapport et à la réduction du chef des verse-
ments faits par l'assuré. C. civ. , 843 s ., 920 s.
LIVRE II
DU COMMERCE MARITIME
TITRE PREMIER . Des navires et autres bâtiments de mer.
[PARTIE REVISÉE.]
LOI DU 21 AOUT 1879 (Moniteur du 4 septembre 1879).
Art . 1er . Les navires et autres bâtiments de mer sont
meubles (1) ; néanmoins, ils peuvent être hypothéqués.
3.
Art . 2. La vente volontaire d'un navire doit être faite
par écrit et peut avoir lieu par acte public ou par acte
sous signature privée.
Elle peut être faite pour le navire entier ou pour une
portion du navire, le navire étant dans le port ou en
voyage .
L'acte est transcrit en entier sur un registre à ce des-
tiné au bureau de la conservation des hypothèques à
Anvers . Jusque-là il ne peut être opposé aux tiers qui
auraient contracté sans fraude . :
Art. 3. Les créanciers ayant privilège ou hypothèque
inscrite sur un navire le suivent, en quelques mains qu'il
passe , pour être colloqués et payés suivant l'ordre de
leurs créances ou inscriptions .
Art. 4. Sont privilégiées, dans l'ordre où elles sont
rangées , les créances ci-après désignées : - Comm., 214,
331.
1º Les frais de justice et autres faits pour parvenir à la
vente et à la distribution du prix ; Comm. , 192 .
2º Les droits de navigation établis conformément à la
loi , ainsi que les frais de remorquage ;
(1) Art. 190 du code de commerce de 1808.
DU COMMERCE MARITIME . 91
3º Les gages du gardien et frais de garde du bâtiment,
depuis son entrée dans le port jusqu'à la vente ;
4º Le loyer des magasins où se trouvent déposés les
agrès et les apparaux ;
5º Les frais d'entretien du bâtiment et de ses agrès et
apparaux depuis son entrée dans le port ;
6º Les frais et indemnités dus à l'occasion du sauvetage
ou de l'assistance maritime pour le dernier voyage ;
70 Les loyers et gages du capitaine et autres gens de
l'équipage, employés depuis l'ouverture du dernier rôle
d'équipage, quel que soit le mode de rémunération de
leurs services ;
8º Les sommes prêtées au capitaine pour les besoins
du bâtiment pendant le dernier voyage, et le rembourse-
ment du prix des marchandises par lui vendues pour le
même objet ;
9º Les sommes dues aux créanciers pour fournitures,
travaux, main-d'œuvre, pour radoub , victuailles, arme-
ment et équipement, avant le départ du navire, s'il a déjà
navigué ;
10° Les sommes dues aux fournisseurs et ouvriers
employés à la construction, si le navire n'a point encore
fait de voyage ;
Si les fournisseurs et ouvriers ont su que le navire était
construit à forfait par un entrepreneur pour le compte
d'un tiers , le privilège existe à concurrence seulement
de la somme dont celui-ci se trouve débiteur envers
l'entrepreneur au moment où l'action est intentée ;
11° Les sommes avancées pour la construction d'un
navire par celui pour le compte duquel le navire est cons-
truit, si le navire ne lui a point encore été livré ;
12º Le montant des primes d'assurances faites sur le
corps , quille, agrès, apparaux et sur armement et équi-
pement du navire, dues pour le dernier voyage, quand
l'assurance est faite au voyage, ou pour la dernière année,
quand l'assurance est faite à l'année ;
13º Les dommages-intérêts dus aux affréteurs , pour
défaut de délivrance des marchandises qu'ils ont char-
gées, ou pour remboursement des avaries souffertes par
les dites marchandises par la faute du capitaine ou de
l'équipage ;
92 LIVRE II .
14° Les dommages-intérêts dus pour cause d'abor-
dage;
15° Les sommes dues au vendeur du navire pour son
prix .
Les créanciers compris dans chacun des numéros du
présent article viendront en concurrence et au marc le
franc, en cas d'insuffisance du prix . - C. pr. civ. , 656 s .
Art. 5. Le privilège accordé aux créances énoncées
dans le précédent article ne peut être exercé qu'autant
qu'elles seront justifiées dans les formes suivantes :
Comm. , 192.
1º Les frais de justice seront constatés par les états de
frais arrêtés par les juges ou tribunaux compétents ;
2º Les droits de navigation et autres, par les quittances
légales des receveurs ;
3º Les créances désignées par les nos 3, 4 et 5 de l'ar-
ticle 4 seront constatées par des états arrêtés par le pré-
sident du tribunal de commerce ;
4° Les gages et loyers de l'équipage, par les rôles
d'armement et de désarmement arrêtés dans les bureaux
du commissaire maritime ;
5º Les sommes prêtées et la valeur des marchandises
vendues pour les besoins du navire pendant le dernier
voyage, par des états arrêtés par le capitaine, appuyés de
procès-verbaux signés par le capitaine et les principaux
de l'équipage, constatant la nécessité des emprunts ;
6°º Les fournitures pour l'armement, équipement et
victuailles du navire seront constatées par les mémoires ,
factures ou états visés par le capitaine et arrêtés par
l'armateur, dont un double sera déposé au greffe du tri-
bunal de commerce avant le départ du navire , ou, au plus
tard, dans les dix jours après son départ ;
7º Les sommes dues aux fournisseurs et ouvriers em-.
ployés à la construction du navire et les avances faites
pour sa construction, par tous les moyens de preuve pré-
vus par l'article 25 de la loi du 15 décembre 1872;
Liv. Ier, titre IV .
8º Les primes d'assurances seront constatées par les
polices ou par les extraits des livres des courtiers d'as-
surances ;
9º Les frais et indemnités dus à l'occasion du sauve-
DU COMMERCE MARITIME . 93
tage ou de l'assistance maritime, les dommages-intérêts
dus aux affréteurs et ceux dus pour cause d'abordage ,
seront constatés par les jugements ou par les sentences
arbitrales qui sont intervenues, ou par les règlements
arrêtés entre les parties et approuvés par le président du
tribunal de commerce ;
10° La vente du navire, par un acte ayant date certaine
et rendu public par inscription sur le registre du conser-
vateur des hypothèques . C. civ. , 1317, 1319, 1328 .
Art. 6. Les privilèges des créanciers seront éteints,
indépendamment des moyens généraux d'extinction des
obligations :
Par la vente en justice faite dans les formes établies
par la loi;
Ou par la vente volontaire transcrite conformément à
l'article 2, publiée dans un des journaux d'Anvers , de
Cand et dans ceux du port d'armement, et affichée au
mát ou à la partie la plus apparente du navire, sans
opposition de la part des créanciers du vendeur, notifiée
dans le mois de la publication et de l'affiche tant au ven-
deur qu'à l'acheteur.
Néanmoins , les droits de préférence des créanciers
subsistent sur le prix, tant que celui-ci n'a pas été payé
ou distribué .
TITRE II . - Des propriétaires des navires et des équipages.
CHAPITRE Ier . - DES PROPRIÉTAIRES DE NAVIRES .
Art. 7. Tout propriétaire de navire est civilement
responsable des faits du capitaine et tenu des engage-
ments contractés par ce dernier, pour ce qui est relatif
au navire et à l'expédition .
Il peut, dans tous les cas, s'affranchir de ces obliga-
tions par l'abandon du navire et du fret.
Toutefois , la faculté de se libérer par l'abandon n'est
pas accordée à celui qui est en même temps capitaine et
propriétaire ou copropriétaire du navire . S'il n'est que
opropriétaire, le capitaine n'est responsable des enga-
gements contractés par lui pour ce qui est relatif au
94 LIVRE II .
navire et à l'expédition que dans la proportion de son
intérêt.
Le recours du propriétaire ou des copropriétaires
contre leurs assureurs ne sera pas compris dans l'abandon.
Art. 8. Le propriétaire peut congédier le capitaine .
Il n'y a pas lieu à indemnité, s'il n'y a convention par
écrit (1) .
Art. 9. Si le capitaine congédié est copropriétaire du
navire, il peut renoncer à la copropriété et exiger le
remboursement du capital qui la représente.
Le montant de ce capital est déterminé par des experts
convenus ou nommés d'office (2). - Pr. , 302 s .
Art. 10. L'armateur qui est copropriétaire ou manda-
taire des propriétaires représente en justice les proprié-
taires du navire pour tout ce qui est relatif à l'armement
et à l'expédition.
Art. 11. En tout ce qui concerne l'intérêt commun des
propriétaires d'un navire, l'avis de la majorité est suivi.
La majorité se détermine par une portion d'intérêt
dans le navire, excédant la moitié de sa valeur.
La licitation du navire ne ires
peut être accordée que sur
la demande des propriétaires formant ensemble la
moitié de l'intérêt total dans le navire, s'il n'y a, par
écrit, convention contraire (3). — C. civ. , 815, 1134, 1686 s .
En cas de licitation, les charges grevant chaque part
de propriété du navire passent de plein droit sur la part
duprix qui en représente la valeur.
CHAPITRE II . DES ÉQUIPAGES.
SECTION Ire . - DU CAPITAINE (4) .
§ 1er. Des droits et devoirs du capitaine .
Art. 12. Tout capitaine, maître ou patron, chargé dé
la conduite d'un navire ou autre bâtiment, est garant de
(1) Art. 218 du code de commerce de 1808.
(2) Art. 219 du code de commerce de 1808.
(3) Art. 220 du code de commerce de 1808.
(4) Le législateur n'a apporté que des modifications de pure forme au code
de 1808, art. 221 à 249.
DU COMMERCE MARITIME . 95
ses fautes , mêmes légères, dans l'exercice de ses fonc-
tions .
Art. 13. Il est responsable des marchandises dont il
se charge.
Il en fournit une reconnaissance .
Cette reconnaissance se nomme connaissement.
Art. 14. Il appartient au capitaine de former l'équi-
page du navire et de choisir et louer les matelots et
autres gens de l'équipage ; ce qu'il fera néanmoins de
concert avec les propriétaires, lorsque ceux-ci seront
sur les lieux ou qu'ils y seront représentés par des fondés
de pouvoirs .
Art. 15. Le capitaine tient un registre coté et paraphé
par l'un des juges du tribunal de commerce, ou par le
bourgmestre ou échevin , dans les lieux où il n'y a pas
de tribunal de commerce .
Ce registre contient :
Les résolutions prises pendant le voyage ;
La recette et la dépense concernant le navire, et géné-
ralement tout ce qui concerne le fait de sa charge, et
tout ce qui peut donner lieu à un compte à rendre, à une
demande à former .
Art. 16. Le capitaine est tenu, avant de prendre
charge, de faire visiter son navire, aux termes et dans les
formes prescrits par les règlements.
Le procès-verbal de visite est déposé au greffe du tri-
bunal de commerce ; il en est délivre extrait au capitaine .
Art. 17. Le capitaine est tenu d'avoir à bord :
L'acte de propriété du navire ;
Les lettres de mer; L. , 20 janvier 1873.
Le rôle d'équipage;
Les connaissements ;
Les procès-verbaux de visite ;
Les acquits de payement ou à caution des douanes .
Art. 18. Le capitaine est tenu d'être en personne
dans son navire, à l'entrée et à la sortie des ports, havres
ou rivières .
Art. 19. En cas de contravention aux obligations
imposées par les quatre articles précédents, le capitaine
est responsable de tous les événements envers les inté-
ressés au navire et au chargement.
96 LIVRE II .
Art. 20. Le capitaine répond également de tout le
dommage qui peut arriver aux marchandises qu'il aurait
chargées sur le tillac de son vaisseau, sans le consente-
ment par écrit du chargeur.
Est assimilé au tillac, toute construction ne faisant pas
corps avec la membrure du vaisseau .
Art. 21. La responsabilité du capitaine ne cesse que
par la preuve d'obstacles de force majeure. C. civ. ,
1148, 1302, 1784.
Art . 22. Lorsque les propriétaires ou leurs fondés de
pouvoir sont sur les lieux, le capitaine ne peut, sans leur
autorisation spéciale, faire travailler au radoub du bâti-
ment, acheter des voiles, cordages et autres choses pour
le bâtiment, prendre à cet effet de l'argent sur le corps
du navire, ni fréter le navire.
Art . 23. Si le bâtiment était frété du consentement
des propriétaires et que quelques-uns d'eux fissent refus
de contribuer aux frais nécessaires pour l'expédier, le
capitaine pourra, en ce cas, vingt-quatre heures après
sommation faites aux refusants de fournir leur contin-
gent, emprunter pour leur compte, même hypothécaire-
ment, sur leur portion d'intérêt dans le navire, avec auto-
risation du juge.
Art. 24. Si, pendant le cours du voyage, il y a néces-
sité de pourvoir à des réparations, achats de victuailles
ou autres besoins pressants du navire, le capitaine, après
l'avoir constaté par un procès-verbal signé des principaux
de l'équipage, pourra, en se faisant autoriser en Bel-
gique par le tribunal de commerce, ou, à défaut, par
le juge de paix, chez l'étranger par le consul ou le vice-
consul, ou, à défaut, par le magistrat des lieux , emprun-
ter sur le corps et la quille du vaisseau ou sur le charge-
ment, mettre en gage ou vendre des marchandises jusqu'à
concurrence de la somme que les besoins constatés
exigent.
Le magistrat qui a autorisé l'emprunt en fait mention
sur le registre de bord.
Les propriétaires, ou le capitaine qui les représente,
tiendront compte des marchandises vendues d'après le
cours des marchandises de même nature et qualité dans
le lieu de la décharge du navire , à l'époque de son arrivée.
DU COMMERCE MARITIME . 97
L'affréteur unique ou les chargeurs divers qui sont
tous d'accord, peuvent s'opposer à la vente ou à la miso
en gage de leurs marchandises, en les déchargeant et
en payant le fret à proportion de ce que le voyage est
avancé .
A défaut du consentement d'une partie des chargeurs ,
ceux qui veulent user de la faculté de déchargement sont
tenus du fret entier sur leurs marchandises .
Dans les deux cas, ceux qui auront fait décharger
leurs marchandises devront payer leur quote-part dans
les avaries survenues jusqu'au moment du décharge-
ment.
Art. 25. Le capitaine, avant son départ d'un port
étranger pour revenir en Belgique, sera tenu d'en-
voyer à ses propriétaires ou à leurs fondés de pouvoir,
un compte signé de lui, contenant l'état de son charge-
ment, le prix des marchandises de sa cargaison, les
sommes par lui empruntées, les noms et demeures des
prêteurs.
Art . 26. Le capitaine qui aura sans nécessité pris de
l'argent sur le corps , avitaillement ou équipement du
navire , engagé ou vendu des marchandises ou des vic-,
tuailles , ou qui aura employé dans ses comptes des ava-
ries et des dépenses supposées, sera responsable envers
l'armement, et personnellement tenu du remboursement
de l'argent ou du payement des objets , sans préjudice
de la poursuite criminelle, s'il y a lieu. - L. 21 juillet
1849 , art. 34.
Art. 27. Hors le cas d'innavigabilité légalement cons-
tatée, le capitaine ne peut, à peine de nullité de la vente,
vendre le navire, sans un pouvoir spécial des proprić-
taires. C. civ. , 1987 s .
Art. 28. Tout capitaine de navire, engagé pour un
voyage, est tenu de l'achever, à peine de tous dépens,
dommages-intérêts envers les propriétaires et les affré-
teurs . C. civ., 1149, 1991 .
Art . 29. Le capitaine qui navigue à profit commun
sur le chargement ne peut prendre à bord aucune mar-
chandise pour son compte particulier, s'il n'y a convention
contraire .
Art. 30. En cas de contravention aux dispositions men-
98 • LIVRE II .
tionnées dans l'article précédent, le capitaine est privé de
sa part dans le profit commun sans préjudice de plus
amples dommages-intérêts, s'il y a lieu .
Art. 31. Le capitaine ne peut abandonner son navire
pendant le voyage pour quelque danger que ce soit,
sans l'avis des officiers et principaux de l'équipage ; et,
en ce cas , il est tenu de sauver avec lui l'argent et ce
qu'il pourra des marchandises les plus précieuses de
son chargement, sous peine d'en répondre en son propre
nom .
Si les objets ainsi tirés du navire sont perdus par quel-
que cas fortuit, le capitaine en demeurera déchargé.
C. civ. , 1148, 1302.
Art. 32. Le capitaine est tenu, dans les vingt-quatre
heures de son arrivée, de faire viser son registre et de
faire son rapport .
Le rapport doit énoncer :
Le lieu et le temps de son départ ;
La route qu'il a tenue ;
Les hasards qu'il a courus ;
Les désordres arrivés dans le navire, et toutes les cir-
constances remarquables de son voyage.
Art. 33. Le rapport est fait au greffe devant le prési-
dent du tribunal de commerce .
Dans les lieux où il n'y a pas de tribunal de commerce,
le rapport est fait au juge de paix du canton.
Le juge de paix qui a reçu le rapport est tenu de l'en-
voyer, sans délai, au président du tribunal de commerce
le plus voisin.
Dans l'un et l'autre cas, le dépôt en est fait au greffe du
tribunal de commerce .
Art. 34. Si le capitaine aborde dans un port étranger,
il est tenu de se présenter au consul de Belgique , de lui
faire un rapport et de prendre un certificat constatant
l'époque de son arrivée et de son départ, l'état et la nature
de son chargement.
Art. 35. Si, pendant le cours du voyage, le capitaine
est obligé de relâcher dans un port belge , il est tenu de
déclarer au président du tribunal de commerce du lieu
les causes de sa relâche .
Dans les lieux où il n'y a pas de tribunal de commerce,
DU COMMERCE MARITIME . 99
la déclaration est faite au juge de paix du canton.
Si la relâche forcée a lieu dans un port étranger, la
déclaration est faite au consul de Belgique, ou, à son
défaut, au magistrat du lieu.
Art. 36. Le capitaine qui a fait naufrage , et qui s'est
sauvé seul ou avec partie de son équipage, est tenu de se
présenter, en Belgique, devant le juge du lieu ou, à dé-
faut, devant toute autre autorité civile ; à l'étranger,
devant le consul de Belgique, ou, à son défaut, devant le
magistrat du lieu, d'y faire son rapport, de le faire véri-
fier par ceux de son équipage qui se seraient sauvés et se
trouveraient avec lui, et d'en lever expédition.
Art. 37. Pour vérifier le rapport du capitaine, le juge
reçoit l'interrogatoire des gens de l'équipage , et, s'il est
possible, des passagers, sans préjudice des autres preuves .
Les rapports non vérifiés ne sont point admis à la dé-
charge du capitaine et ne font point foi en justice, excepté
dans le cas où le capitaine naufragé s'est sauvé seul dans
le lieu où il a fait son rapport.
La preuve des faits contraires est réservée aux parties .
-Pr. , 256. s .
Art . 38. Hors les cas de péril imminent, le capitaine
ne peut décharger aucune marchandise, avant d'avoir
fait son rapport.
Art. 39. Si les victuailles du bâtiment manquent pen-
dant le voyage, le capitaine, en prenant l'avis des princi-
paux de l'équipage, pourra contraindre ceux qui auront
des vivres en particulier de les mettre en commun, à la
charge de leur en payer la valeur.
§ 2. Du connaissement (1) .
Art. 40. Le connaissement doit exprimer la nature et
la quantité des objets à transporter.
Il indique :
Le nom et le domicile du chargeur;
Le nom et l'adresse de celui à qui l'expédition est
faite;
(1) A rapprocher des articles 281 à 286 du code de 1808.
100 LIVRE II .
Le nom et le domicile du capitaine ;
Le nom, la nationalité et le tonnage du navire ;
Le lieu du départ et celuide la destination ;
Les stipulations relatives au fret.
Il présente en margeles marques et numéros des objets
à transporter.
Il exprime le nombre des exemplaires délivrés .
Le connaissement peut être à ordre ou au porteur, ou
à personne dénommée . -Liv . Ior, titre VIII, 26 s .
Art. 41. Chaque connaissement est fait en quatre ori-
ginaux au moins : un pour le chargeur, un pour celui à
qui les marchandises sont adressées, un pour le capitaine ,
un pour l'armateur du bâtiment.
L'exemplaire du connaissement destiné au capitaine est
signé par le chargeur ; les autres exemplaires sont signés
par le capitaine.
u'il y a plusieurs exemplaires pour celui à
Lorsqu'il
qui les marchandises sont adressées , chacun de ces
exemplaires énonce s'il est fait par 1er, par 2e ou
par 3º, etc.
Le connaissement doit être signé dans les vingt-quatre
heures du chargement.
Le chargeur est tenu de fournir au capitaine, dans le
même délai, les acquits des marchandises chargées.
Art. 42. Le connaissement, rédigé dans la forme ci-
dessus prescrite, fait foi entre toutes les parties intéres-
sées au chargement, et entre elles et les assureurs .
Art. 43. En cas de diversité entre le connaisse-
ment signé par le chargeur et ceux qui sont signés par
le capitaine, chaque original fait foi contre la partie qui
l'a signé .
Art. 44. Le porteur du connaissement, même en
vertu d'un endossement en blanc, a seul le droit de se
faire délivrer le chargement par le capitaine.
S'il est produit plusieurs exemplaires d'un connaisse-
ment, le capitaine doit s'adresser, en Belgique, au tribu-
nal de commerce ; en pays étranger, au consul de Bel-
gique ou au magistrat du lieu, pour faire nommer un
consignataire auquel il fera la délivrance du chargement
contre le payement du fret .
Art. 45. En cas de naufrage ou de relâche forcée, tout
DỤ COMMERCE MARITIME . 101
Forteur d'un connaissement, alors même qu'il serait à
personne dénommée, peut exercer tous les droits du
chargeur, se faire délivrer la marchandise par le capitaine
et en toucher le produit, à la charge de fournir caution
et en se faisant autoriser, en Belgique , par le tribunal de
commerce; en pays étranger, par le consul de Belgique
ou le magistrat du lieu, qui prescrira telles mesures con-
servatoires des droits des tiers qu'il jugera convenables .
Art. 46. Tout commissionnaire ou consignataire, qui
aura reçu les marchandises mentionnées dans les connais-
sements ou chartes parties, sera tenu d'en donner reçu
au capitaine qui le demandera, à peine de tous dépens ,
dommages-intérêts, même de ceux de retardement.
C. civ. , 1149, 1382 ; Pr. , 126.
SECTION II . - DES MATELOTS ET GENS DE L'ÉQUIPAGE (1) .
Art . 47. Les conditions d'engagement du capitaine et
des hommes d'équipage d'un navire sont constatées par
le rôle d'équipage ou par les conventions des parties .
Art. 48. Si le voyage est rompu par le fait des pro-
priétaires, capitaine ou affréteurs , avant le départ du
navire, les matelots loués au voyage ou au mois sont
payés des journées par eux employées à l'équipement du
navire. Ils retiennent pour indemnité les avances reçues .
Si les avances ne sont pas encore payées, les matelots
loués au mois reçoivent pour indemnité un mois de leurs
gages convenus ; les matelots engagés au voyage , une
somme correspondante à un mois de gage, d'après la
durée présumée du voyage, à moins que cette durée pré-
sumée ne dépasse pas un mois, auquel cas ils sont payés
en entier.
Si la rupture arrive après le voyage commencé, les
matelots loués au voyage sont payés en entier aux termes
de leur convention .
•
Les matelots loués au mois reçoivent leurs loyers
(1) A rapprocher des articles 250 à 273 du code de 1808.
Police maritime.. Voir les lois des 27 septembre 1842, 21 juin 1849,
31 décembre 1851 et 26 juin 1889.
5
102 LIVRE II .
stipulés pour le temps qu'ils ont servi et, en outre, pous
indemnité, la moitié de leurs gages pour le reste den
durée présumée du voyage pour lequel ils étaient
engagés .
Les matelots loués au voyage ou au mois reçoivent, en
outre, leur conduite de retour jusqu'au lieu du départ du
navire , à moins que le capitaine, les propriétaires ou
affréteurs , ou le commissaire maritime ne leur procurent
leur embarquement sur un autre navire revenant au dit
lieu de leur départ.
Art. 49. S'il y a interdiction de commerce avec le lieu
de la destination du navire, ou si le navire est arrêté par
ordre du gouvernement avant le voyage commencé, il
n'est dû aux matelots que les journées employées à équi-
per le bâtiment. — C. civ. , 1148.
Art. 50. Si l'interdiction de commerce ou l'arrêt du
navire arrive pendant le cours du voyage :
Dans le cas d'interdiction, les matelots sont payés à
proportion du temps qu'ils auront servi ;
Dans le cas de l'arrêt, le loyer des matelots engagés
au mois court pour moitié pendant le temps de l'arrêt;
Le loyer des matelots engagés au voyage est payé aux
termes de leur engagement.
Art. 51. Si le voyage est prolongé, le prix des loyers
des matelots engagés au voyage est augmenté à propor-
tion de la prolongation.
Art. 52. Si la décharge du navire se fait volontaire-
ment dans un lieu plus rapproché que celui qui est
désigné par l'affrètement, il ne leur est fait aucune dimi-
nution .
Art . 53. Si les matelots sont engagés au profit ou au
fret, il ne leur est dû aucun dédommagement ni journées
pour la rupture, le retardement ou la prolongation de
voyage occasionnés par force majeure.
Ši la rupture, le retardement ou la prolongation
arrivent par le fait des chargeurs, les gens de l'équi
page ont part aux indemnités qui sont adjugées au
navire.
Ces indemnités sont partagées entre les propriétaires
du navire et les gens de l'équipage, dans la même pro
portion que l'aurait été le fret.
DU COMMERCE MARITIME . 103
Si l'empêchement arrive par le fait du capitaine ou des
propriétaires, ils sont tenus des indemnités dues aux
gens de l'équipage .
Art. 54. En cas de prise, naufrage ou déclaration
d'innavigabilité, les matelots engagés au mois ou au
voyage sont payés de leurs salaires jusqu'à la cessation
de leurs services, et ont droit, en outre , au rapatriement
aux frais du navire, jusqu'au port où ils ont été engagés ,
ou, au choix du capitaine, à une indemnité équivalente,
à moins qu'il ne soit prouvé qu'ils n'ont pas fait tout ce
qui était en leur pouvoir pour sauver le bâtiment.
C. civ. , 1188, 1302.
Dans ce dernier cas, il appartient aux tribunaux de
statuer sur la réduction de salaire qu'ils ont encourue .
Les avances reçues ne sont pas remboursées .
Art. 55. Les matelots engagés au fret sont payés de
leurs loyers seulement sur le fret, àproportion de celui
que reçoit le capitaine.
Art. 56. De quelque manière que les matelots soient
loués, ils sont payés des journées par eux employées à
sauver les débris et les effets naufragés .
Art. 57. Le matelot est payé de ses loyers , traité,
pansé et rapatrié au dépens du navire, s'il tombe malade
pendant le voyage ou s'il est blessé au service du navire .
Les salaires sont dus jusqu'à la fin du voyage pour lequel
l'engagement a été contracté, à moins qu'il ne soit
prouvé que le matelot a été rétabli avant cette époque et
aurait pu rejoindre le navire ou se procurer un autre
engagement.
Art. 58. Le matelot est payé de ses loyers, traité, pansé
et rapatrié aux dépens du navire et du chargement, s'il est
blessé en combattant contre les ennemis et les pirates .
Art. 59. Si la blessure ou la maladie a été occasionnée
par la faute du matelot, ou si, sorti du navire sans auto-
risation, il est blessé à terre, les frais de pånsement et de
traitement sont à sa charge ; il pourra même être congé-
dié par le capitaine. Ses loyers, en ce cas, ne lui seront
payés qu'à proportion du temps qu'il aura servi .
Art. 60. En cas de mort d'un matelot pendant le
voyage, si le matelot est engagé au mois , ses loyers sont
dus à sa succession jusqu'au jour de son décès .
104 LIVRE II .
Si le matelot est engagé au voyage, la moitié de ses
loyers est due, s'il meurt en allant ou au port d'arrivée.
Le total de ces loyers est dû, s'il meurt en revenant.
Si le matelot est engagé au profit ou au fret, sa part
entière est due, s'il meurt le voyage commencé.
Les loyers du matelot tué en défendant le navire sont
dus en entier pour tout le voyage, si le navire arrive à
bon port.
Art. 61. Le matelot fait prisonnier à bord est payé de
ses loyers jusqu'au jour où il est pris .
S'il est pris lorsqu'il a été envoyé en mer ou à terre
pour le service du navire, il a droit à l'entier payement
de ses loyers .
Art. 62. Tout matelot qui justifie qu'il est congédié
sans cause valable a droit à une indemnité contre le
capitaine.
L'indemnité est fixée au tiers des loyers, si le congé a
lieu avant le voyage commencé.
L'indemnité est fixée à la totalité des loyers , et aux frais
du retour, si le congé a lieu pendant le cours du voyage.
Le capitaine ne peut, dans aucun des cas ci-dessus,
répéter le montant de l'indemnité contre les proprié-
taires du navire .
Il n'y a pas lieu à indemnité, si le matelot est congédié
avant la clôture du rôle d'équipage .
Dans aucun cas, le capitaine ne peut congédier un
matelot dans les pays étrangers .
Art. 63. Le navire et les frets acquis pendant la
durée de l'engagement de l'équipage sont affectés , par
privilège, aux loyers des matelots.
Art . 64. Toutes les dispositions concernant les loyers ,
pansement et rapatriement des matelots sont communes
aux officiers et à tous les autres gens de l'équipage .
Art. 65. Toutes les dispositions relatives aux salaires ,
au rapatriement, ainsi qu'au traitement et au pansement
des matelots malades ou blessés, sont d'ordre public.
DISPOSITION COMMUNE AUX DEUX SECTIONS PRÉCÉDENTES .
Art. 66. Le capitaine et les gens de l'équipage ne
peuvent, sous aucun prétexte, charger dans le navire
DU COMMERCE MARITIME . 105
aucune marchandise pour leur compte, sans la permission
des propriétaires et sans en payer le fret, s'ils n'y sont
autorisés par l'engagement (1).
Si, avant le départ du navire, les marchandises indû-
ment chargées n'ont pas été mises à terre, ceux qui les
auront fait charger payeront pour les marchandises un
fret double de celui qu'ils auraient eu à supporter si elles
avaient été chargées avec le consentement des proprié-
taires, sans préjudice à de plus amples dommages et inté-
rêts, s'il y a lieu .
TITRE III . - De la charte partie ou du contrat
de louage maritime (2) .
CHAPITRE Ier. - DE LA NATURE ET DE LA FORME
DU CONTRAT .
Art. 67. Le contrat de louage maritime se constate
par les modes de preuve admis en matière de commerce .
Les conditions qui ne sont pas déterminées par la conven-
tion sont réglées suivant l'usage des lieux. Liv. Ier,
tit. IV, art. 25 .
Art. 68. Le louage d'un navire entier ne comprend
pas la cabine et les autres lieux réservés à l'équipage ;
mais il ne peut être chargé dans la cabine ni dans les
autres lieux réservés à l'équipage des marchandises par
le capitaine, sans le consentement de l'affréteur.
En cas de contravention, le dernier paragraphe de
l'article 66 sera applicable au capitaine.
Art. 69. Si le navire est frété pour un prix fixé par
période de temps, et s'il n'y a convention contraire, le
fret court du jour où le navire a fait voile.
Art . 70. Le prix du loyer d'un navire ou autre bâti-
ment de mer est appelé fret ou nolis .
Il est réglé par les conventions des parties .
Il a lieu pour la totalité ou pour partie du bâtiment,
pour un voyage entier ou pour un temps limité, au
(1) Art. 251 du code de 1808.
(2) A rapprocher des articles 273 et suivants du code de 1808.
106 LIVRE II .
poids, au nombre ou à la mesure, à forfait ou à la cueil-
lette.
Art. 71. Le navire, les agrès et les apparaux, le fret et
les marchandises chargées sont respectivement affectés
à l'exécution des conventions des parties .
CHAPITRE II . DES EFFETS DU CONTRAT .
SECTION Ire . - DES OBLIGATIONS DU FRÉTEUR .
Art. 72. Le fréteur doit procurer à l'affréteur la jouis-
sance du navire telle qu'elle a été promise par la conven-
tion .
Si le navire est loué en totalité, quand même l'affré-
teur ne lui donnerait pas toute sa charge, le capitaine ne
peut prendre d'autres marchandises sans le consentement
de l'affréteur.
L'affréteur profite du fret des marchandises qui com-
plètent le chargement du navire qu'il a entièrement
affrété.
Art. 73. Le capitaine qui a déclaré le navire d'un plus
grand port qu'il n'est, est tenu des dommages-intérêts
envers l'affréteur.
Art. 74. N'est réputé y avoir erreur en la déclaration
du tonnage d'un navire , si l'erreur n'excède un quaran-
tième, ou si la déclaration est conforme au certificat de
jauge.
SECTION II . DES OBLIGATIONS DE L'AFFRÉTEUR.
§ 1er. Règles générales.
Art. 75. L'affréteur est tenu de deux obligations prin-
cipales : 1° d'effectuer le chargement auquel il s'est
engagé ; 2º de payer le fret convenu.
Lorsqu'il n'a pas chargé la quantité de marchandises
portée par la charte partie, il est néanmoins tenu de payer
le fret en entier et pour le chargement complet auquel il
s'est engagé.
DU COMMERCE MARITIME . 107
S'il en charge davantage, il paye le fret de l'excédent
sur le prix réglé par la charte partie .
Si, sans avoir rien chargé, il rompt le voyage avant le
départ, il payera en indemnité, au capitaine, la moitié du
fret convenu par la charte partie pour la totalité du
chargement qu'il devait faire .
Il ne peut plus rompre le voyage dès que le navire a
reçu une partie de son chargement ; si dans ce cas le
navire part à non-charge, le fret entier sera dû au capi-
taine, à moins que le chargement ne soit fait à cueil-
lette .
Art . 76. Quand les marchandises sont arrivées sans
retard au lieu de destination, le chargeur ne peut, en
aucun cas, demander de diminution sur le prix du
fret .
Art. 77. Le chargeur ne peut abandonner pour le fret
les marchandises diminuées de prix ou détériorées par
leur vice propre ou par cas fortuit.
Si toutefois des futailles contenant vin, huile, miel et
autres liquides , ont tellement coulé qu'elles soient vides
ou presque vides, les dites futailles pourront être aban-
données pour le fret.
Art. 78. Si le consignataire refuse de recevoir les
marchandises, le capitaine peut, par autorité de justice,
en faire vendre pour le payement de son fret, et faire
ordonner le dépôt du surplus. - Com . 106 .
S'il y a insuffisance, il conserve son recours contre le
chargeur.
Art. 79. Le capitaine ne peut retenir les marchandises
dans son navire faute de payement de son fret.
Il peut, dans le temps de la décharge, demander le
dépôt en mains tierces jusqu'au payement de son fret .
Com., 106.
Art. 80. Le capitaine est préféré, pour son fret, et le
remboursement des avaries, s'il y a lieu, sur les marchan-
dises de son chargement, pendant quinzaine après leur
délivrance, si elles n'ont pas passé en mains tierces .
Art . 81. En cas de faillite des chargeurs ou réclama-
teurs avant l'expiration de la quinzaine, le capitaine est
privilégié sur tous les créanciers pour le payement de son
fret et des avaries qui lui sont dues .
108 LIVRE II .
§ 2. Du retard dans l'arrivée à destination.
Art. 82. Si le navire est arrêté au départ, pendant
là route ou au lieu de sa décharge, par le fait de l'affré-
teur, les frais du retardement sont dus par l'affréteur.
Si , ayant été frété pour l'aller et le retour, le navire
fait son retour sans chargement ou avec un chargement
incomplet, le fret entier est dû au capitaine, ainsi que
l'intérêt du retardement .
Art. 83. Le capitaine est tenu des dommages-intérêts
envers l'affréteur si, par son fait, le navire a été arrêté
ou retardé au départ, pendant sa route ou au lieu de sa
décharge . - C. civ. , 1149, 1382 ; Pr., 302.
Art. 84. S'il existe une force majeure qui n'empêche
que pour un temps la sortie du navire, les conventions
subsistent, et il n'y a pas lieu à dommages-intérêts à
raison du retard .
Art. 85. Si le vaisseau est arrêté par une force ma-
jeure dans le cours de son voyage, il n'est dû aucun fret
pour le temps de sa détention, si le navire est affrété pour
un prix fixé par période de temps, ni augmentation de
fret, s'il est loué au voyage.
La nourriture et les loyers de l'équipage pendant la
détention du navire sont réputés avaries .
Art. 86. Le chargeur peut, pendant l'arrêt du navire ,
faire décharger ses marchandises à ses frais, à condition
de les recharger ou d'indemniser le capitaine .
§ 3. - Du cas où le chargement n'arrive pas
à destination .
Art . 87. Si le navire est chargé à cueillette, soit au
quintal, au tonneau ou à forfait, le chargeur peut retirer
ses marchandises, avant le départ du navire, en payant le
demi -fret.
Il supportera les frais de charge, ainsi que ceux de
décharge et de rechargement des autres marchandises
qu'il faudrait déplacer et ceux du retardement.
Art . 88. Le capitaine peut faire mettre à terre , dans
le lieu du chargement, les marchandises trouvées dans
DU COMMERCE MARITIME . 109
son navire, si elles ne lui ont point été déclarées , ou en
prendre le fret au plus haut prix qui sera payé dans le
même lieu pour les marchandises de même nature .
Art . 89. Le chargeur qui retire ses marchandises
pendant le voyage est tenu de payer le fret en entier et
tous les frais de déplacement occasionnés par le déchar-
gement; si les marchandises sont retirées pour cause des
faits ou des fautes du capitaine, celui-ci est responsable
de tous les frais .
Art . 90. Si, avant le départ du navire, il y a interdic-
tion de commerce avec le pays pour lequel il est destiné,
les conventions sont résolues sans dommages-intérêts, de
part ni d'autre.
Le chargeur est tenu des frais de la charge et de la
décharge de ses marchandises .
Art . 91. S'il arrive interdiction de commerce avec le
pays pour lequel le navire est en route, et qu'il soit obligé
de revenir avec son chargement, il n'est dû au capitaine
que le fret de l'aller, quoique le vaisseau ait été affrété
pour l'aller et le retour.
Art. 92. Dans le cas de blocus du port pour lequel le
navire est destiné , ou d'une autre force majeure qui
l'empêche d'entrer dans ce port, le capitaine est tenu, s'il
n'a pas reçu d'ordre, ou si les ordres qu'il a reçus ne
peuvent être mis à exécution, d'agir au mieux des inté-
rêts du chargeur, soit en se rendant dans un port voisin ,
soit en revenant au point de départ .
Art. 93. Le fret est dû pour les marchandises que le
capitaine a été contraint de vendre pour subvenir aux
victuailles , radoub et autres nécessités pressantes du
navire, en tenant par lui compte de leur valeur. au prix
que le reste, ou autre pareille marchandise de même
qualité, sera vendu au lieu de la décharge, si le navire
arrive à bon port.
Si le navire se perd, le capitaine tiendra compte des
marchandises sur le pied qu'il les aura vendues, en rete-
nant également le fret porté aux connaissements, sauf
dans ces deux cas , le droit réservé aux propriétaires du
navire par le § 2 de l'article 7.
Lorsque de l'exercice de ce droit résultera une perte
pour ceux dont les marchandises ont été vendues ou mises
5.
110 LIVRE II .
en gage, elle sera répartie au marc le franc sur la valeur
de ces marchandises et de toutes celles qui sont arrivées
à leur destination, ou qui ont été sauvées du naufrage
postérieurement aux événements de mer qui ont nécessité
la vente ou la mise en gage.
Art. 94. Si le capitaine est contraint de faire radou-
ber le navire pendant le voyage, l'affréteur est tenu d'at-
tendre ou de payer le fret en entier.
Dans le cas où le navire ne pourrait être radoubé, le
capitaine est tenu d'en louer un autre
Si le capitaine n'a pu louer un autre navire, le fret est
réglé ainsi qu'il est dit en l'article 97.
Art. 95. Le capitaine perd son fret et répond des
dommages-intérêts de l'affréteur, si celui-ci prouve que,
lorsque le navire a fait voile, il était hors d'état de navi-
guer.
La preuve est admissible nonobstant et contre les cer-
tificats de visite au départ. C. civ. , 1142.
Art. 96. Le capitaine est payé du frêt des marchan-
dises jetées à la mer pour le salut commun, à la charge
de contribution .
Art. 97. Il n'est dû aucun fret pour les marchandises
perdues par naufrage ou échouement, pillées par des
pirates ou prises par les ennemis.
Le capitaine est tenu de restituer le fret qui lui aura
été avancé, s'il n'y a convention contraire .
Il n'est dû aucun fret pour les marchandises qui, après
naufrage ou déclaration d'innavigabilité du navire, ne
seront pas parvenues à destination.
Si les marchandises parviennent à destination à un fret
moindre que celui qui avait été convenu avec le capitaine
du navire naufragé ou déclaré innavigable, la différence
en moins entre les deux frets doit être payée à ce capi-
taine. Mais il ne lui est rien dû si le nouveau fret est égal
à celui qui avait été convenu avec lui ; et si le nouveau
fret est supérieur, la différence en plus est supportée par
le chargeur.
Art. 98. Le capitaine qui a concouru au sauvetage ou
au rachat des marchandises non parvenues à destination
a droit à une indemnité, qui, en cas de contestation, est
réglée par les tribunaux .
DU COMMERCE MARITIME . 111
CHAPITRE III . DES AVARIES
ET DE LEUR RÈGLEMENT (1).
Art . 99. Toutes dépenses extraordinaires faites pour
le navire et les marchandises, conjointement ou séparé-
ment;
Tout dommage qui arrive au navire ou aux marchan-
dises , depuis leur chargement et départ jusqu'à leur
retour et déchargement,
Sont réputés avaries .
Art. 100. A défaut de conventions spéciales entre
toutes les parties , les avaries sont réglées conformément
aux dispositions ci-après .
Art. 101. Les avaries sont de deux classes : avaries
communes et avaries particulières .
Art. 102. Sont avaries communes : les dépenses extra-
ordinaires faites et les dommages soufferts volontaire-
ment pour le bien et salut commun du navire et des mar-
chandises .
Toutes autres avaries sont particulières .
Art . 103. Sont toutefois considérées comme avaries
communes les dépenses de toute relâche effectuée à la
suite de fortune de mer, qui mettrait le navire et la car-
gaison , si la navigation était continuée, en état de péril
commun .
Sont compris dans ces dépenses, les gages et la nourri-
ture de l'équipage, depuis le port de relâche jusqu'au
moment où le navire aura été remis en état de continuer
son voyage.
Si la reláche est motivée par des avaries qui soient
reconnues provenir du vice propre du navire ou d'une
cause imputable au capitaine ou à l'équipage, les dépenses
sont avaries particulières au navire.
Si la reláche est motivée par la fermentation spon-
tanée ou par d'autres vices propres de la marchandise,
toutes les dépenses sont avaries particulières à la mar-
chandise .
(1) A rapprocher des articles 397 et suivants du code de 1808.
112 LIVRE II .
Art. 104. Les avaries communes sont supportées par
les marchandises, par le navire et par le montant net du
fret, au marc le franc de leur valeur.
Les avaries particulières sont supportées et payées par
le propriétaire de la chose qui a essuyé le dommage ou
occasionné la perte.
Art. 105. Le fret non payé ou payé d'avance et resti-
tuable ne contribue que pourla moitié de son montant brut.
Art. 106. Les munitions de guerre et de bouche, les
hardes et salaires des gens de l'équipage et les bagages
des passagers ne contribuent pas à l'avarie commune ;
leur valeur sera payée par contribution sur tous les
autres effets .
Art. 107. Toute marchandise préservée contribue
pour sa valeur nette au lieu du déchargement ou son
produit net, déduction faite du fret à payer. Le fret payé
d'avance et non restituable n'est pas déduit.
Les marchandises jetées ou sacrifiées sont rembour-
sées pour leur valeur, fret compris, à charge de payer
le fret. Elles contribuent pour leur valeur, fret déduit,
de la même manière que les marchandises préservées .
Art . 108. La qualité des marchandises est constatée
par la production des connaissements et des factures , s'il
y en a .
Si la qualité des marchandises a été déguisée par le
connaissement, et qu'elles se trouvent d'une plus grande
valeur, elles contribuent sur le pied de leur estimation,
si elles sont sauvées .
Elles sont payées d'après la qualité désignée par le
connaissement, si elles sont perdues .
Si les marchandises déclarées sont d'une qualité infé-
rieure à celle qui est indiquée par le connaissement, elles
contribuent d'après la qualité indiquée par le connaisse-
ment, si elles sont sauvées .
Elles sont payées sur le pied de leur valeur, si elles sont
jetées ou endommagées .
Art. 109. Les effets dont il n'y a pas de connaissement
ou déclaration du capitaine ne sont pas payés s'ils sont
jetés ; ils contribuent, s'ils sont sauvés .
Les effets chargés sur le tillac du navire contribuent
s'ils sont sauvés .
DU COMMERCE MARITIME . 113
S'ils sont jetés ou endommagés par le jet, le proprié-
taire n'est point admis à former une demande en contri-
bution ; il ne peut exercer son recours que contre le
capitaine.
Art. 110. Le navire contribue pour sa valeur au lieu
du déchargement.
Art. 111. Si le jet ne sauve pas le navire, il n'y a lieu
à aucune contribution .
Les marchandises sauvées ne sont point tenues du
payement ni du dédommagement de celles qui ont été
jetées ou endommagées .
Art. 112. Si le jet sauve le navire, et si le navire , en
continuant sa route, vient à se perdre, les effets sauvés
contribuent au jet sur le pied de leur valeur, en l'état où
ils se trouvent, déduction faite des frais de sauvetage.
Art. 113. Les effets jetés ne contribuent, en aucun
cas , au payement des dommages arrivés depuis le jet aux
marchandises sauvées .
Les marchandises ne contribuent point au payement
du navire perdu ou réduit à l'état d'innavigabilité.
Art. 114. Dans tous les cas ci-dessus exprimés, le
capitaine et l'équipage sont privilégiés sur les marchan-
dises ou le prix en provenant pour le montant de la con-
tribution .
Ils ne peuvent toutefois retenir les marchandises , si
le destinataire donne caution pour le payement de la
contribution .
Art. 115. Si, depuis la répartition , les effets jetés sont
recouvrés par les propriétaires, ils sont tenus de rapporter
au capitaine et aux intéressés ce qu'ils ont reçu dans la
contribution , déduction faite des dommages causés par
lejet et des frais de recouvrement .
Art. 116. Le capitaine est tenu de rédiger par écrit le
procès-verbal du jet et des autres sacrifices faits, aussitôt
qu'il en a les moyens. Le procès-verbal énonce les motifs
qui ont déterminé le sacrifice, les choses sacrifiées,
abandonnées , jetées ou endommagées . Il est signé du
capitaine et des principaux de l'équipage ou énonce les
motifs de leur refus de signer. Il est transcrit sur le
registre.
Art. 117. Au premier port où le navire abordera,
114 LIVRE II .
le capitaine est tenu, dans les vingt-quatre heures de son
arrivée, d'affirmer les faits contenus dans le procès-verbal.
Art. 118. L'état des pertes et dommages est fait dans
le lieu du déchargement du navire, à la diligence du
capitaine et par experts .
Les experts sont nommés par le tribunal de commerce
si le déchargement se fait dans un port belge.
Dans les lieux où il n'y a pas de tribunal de commerce,
les experts sont nommés par le juge de paix.
Ils sont nommés par le consul de Belgique, et, à son
:
défaut, par le magistrat du lieu, si la décharge se fait
dans un port étranger.
Les experts prêtent serment avant d'opérer.
Art. 119. Les experts nommés en vertu de l'article
précédent font la répartition des pertes et dommages.
La répartition est rendue exécutoire par l'homologation
du tribunal .
Dans les ports étrangers, la répartition est rendue
exécutoire par le consul de Belgique, ou, à son défaut,
par tout tribunal compétent sur les lieux .
TITRE IV. Du transport des passagers par mer.
Art. 120. Le passager ne peut, sans l'assentiment du
capitaine, céder les droits résultant de la convention de
transport .
Art. 121. Les frais de nourriture du passager son'
compris dans le prix du passage, s'il n'y a conventior
contraire .
Dans ce dernier cas, le capitaine est tenu de fournir
au passager les aliments nécessaires , moyennant un juste
prix.
Art. 122. Le passager est réputé chargeur à l'égard
dos effets qu'il a sur le navire .
Le capitaine n'est point tenu du dommage survenu
aux effets dont le passager a conservé la garde, à moins
que ce dommage n'ait été causé par le fait de l'équipage.
Art. 123. Le passager est tenu de se conformer aux
instructions du capitaine pour tout ce qui concerne le
maintien de l'ordre à bord.
DU COMMERCE MARITIME . 115
Art. 124. Les effets du passager qui se trouvent à bord
sont affectés, à titre de gage, au payement du prix du
passage ct des frais d'entretien, s'il y a lieu.
Art. 125. Le capitaine veille à la conservation des
effets du passager décédé durant le voyage .
Art. 126. Le capitaine est tenu de se rendre directe-
ment, sauf convention contraire, au lieu de la destination
du navire , à peine de résiliation du contrat et de dom-
mages-intérêts, s'il y a lieu .
Art. 127. Le capitaine n'est pas tenu d'attendre le
passager qui, soit au port d'embarquement, soit dans le
cours du voyage, néglige de se rendre à bord en temps
utile . Le passager, dans ce cas, doit le prix entier du
passage .
Art. 128. Le capitaine n'a droit qu'à la moitié du prix
du passage, si, huit jours avant le départ, le passager
déclare renoncer au contrat ; passé ce délai, sans renon-
ciation, le prix entier du passage est dû .
Il a droit au quart de ce prix, si le passager est dans
l'impossibilité de s'embarquer par suite de décès, de
maladie grave ou de force majeure. Il est, en outre, fait
remise, dans ce cas , des frais d'entretien, s'ils sont com-
pris dans le prix du passage .
Art. 129. Le passager a droit à des dommages-intérêts
et la résiliation du contrat pourra être prononcée, si,
par le fait du capitaine, le départ n'a pas eu lieu au jour
fixé .
Art. 130. Le contrat est résolu sans indemnité de part
et d'autre, si le départ est empêché par l'interdiction de
commerce avec le port de destination, le blocus ou
quelque autre force majeure.
Art. 131. Le passager qui débarque volontairement
durant le cours du voyage paye le prix entier.
Si le passager vient à mourir ou qu'il soit contraint,
par maladie, de quitter le navire, le prix n'est dû qu'à
proportion de ce que le voyage est avancé.
Art. 132. Dans le cas où le navire n'arrive point à
destination par suite de prise, de naufrage ou de déclara-
tion d'innavigabilité du navire, le capitaine n'a droit qu'au
remboursement des frais d'entretien , s'il y a lieu.
Art. 133. Si le capitaine est contraint de faire radouber
116 LIVRE II .
le navire pendant le voyage, le passager est tenu
d'attendre ou de payer le prix entier du passage.
Le passager a droit, pendant la durée des travaux, au
logement gratuit et à l'exécution des conventions relatives
à l'entretien, à moins que le capitaine n'offre de lui faire
achever le voyage sur un autre navire de même qualité.
TITRE V. De l'hypothèque maritime.
Art. 134. Les navires peuvent être hypothéqués par la
convention des parties.
Art. 135. Le contrat par lequel l'hypothèque maritime
est consentie doit être rédigé par écrit ; il peut être fait
par acte sous signature privée (1).
Art. 136. L'hypothèque sur le navire ne peut être
consentie que par le propriétaire ou son mandataire jus-
tifiant d'un mandat spécial. Le mandat doit être donné
par écrit (1).
Art . 137. L'hypothèque maritime s'étend, à moins de
convention contraire, aux agrès, apparaux, machines et
autres accessoires .
Art. 138. L'hypothèque maritime peut être constituée
sur un navire en construction .
Art . 139. L'hypothèque est rendue publique par l'ins-
cription sur un registre spécial tenu par le conservateur
des hypothèques à Anvers .
Art. 140. Pour opérer l'inscription, il est présenté au
bureau du conservateur des hypothèques un des origi-
naux du titre constitutif d'hypothèque, lequel y reste
déposé s'il est sous seing privé, ou une expédition, s'il est
authentique .
Il y estjoint deux bordereaux, dont l'un peut être porté
sur le titre présenté .
Ils contiennent :
1º Les nom, prénoms, profession et domicile du créan-
cier et du débiteur ;
2° La date et la nature du titre ;
(1) Dérogation au principe de l'article 76 de la loi du 16 décembre 1851
DU COMMERCE MARITIME . 117
3º Le montant de la créance exprimée dans ce titre ;
4° Les conventions relatives aux intérêts et au rem-
boursement;
5º Le nom, l'espèce et le tonnage du navire hypothé-
qué, la date des lettres de mer, s'il en a été délivré ;
6º Election de domicile par le créancier dans le lieu
de la résidence du conservateur des hypothèques .
A défaut d'élection de domicile, toute signification et
notification relatives à l'inscription pourront être faites
au procureur du roi de l'arrondissement.
Art. 141. Le conservateur fait mention sur son re-
gistre du contenu aux bordereaux et remet au requérant
l'expédition du titre, s'il est authentique, et l'un des bor-
dereaux, au pied duquel il certifie avoir fait l'inscription,
dont il indique la date, le volume et le numéro d'ordre .
Art. 142. Entre les créanciers , l'hypothèque n'a de
rang que du jour de l'inscription prise sur les registres
du conservateur dans la forme et de la manière prescrites
par la loi.
Tous les créanciers inscrits le même jour exercent en
concurrence une hypothèque à la même date, sans dis-
tinction entre l'inscription du matin et celle du soir,
quand cette différence serait marquée par le conserva-
teur.
Art. 143. L'inscription conserve l'hypothèque pen-
dant trois ans, à compter du jour de sa date. Son effet
cesse si l'inscription n'a été renouvelée avant l'expiration
de ce délai.
Art. 144. Si le titre constitutif de l'hypothèque est à
ordre, sa négociation par voie d'endossement emporte la
translation du droit hypothécaire .
La cession de créance inscrite, de même que la subro-
gation à un droit semblable, ne pourra être opposée aux
tiers s'il n'est pas fait, en marge de l'inscription, mention
de la date et de la nature du titre du cessionnaire, avec
indication des noms, prénoms , professions et domicile
des parties .
Art. 145. L'inscription garantit, au même rang que
le capital , trois années d'intérêt.
Art. 146. Les inscriptions sont rayées ou réduites du
consentement des parties intéressées ayant capacité à
118 LIVRE II .
cet effet, ou en vertu d'un jugement passé en force de
chose jugée.
Art. 147. A défaut du jugement, la radiation totale ou
partielle de l'inscription ne peut être opérée par le con-
servateur des hypothèques que sur dépôt d'un acte écrit
de consentement.
Art. 148. Le conservateur des hypothèques est tenu
de délivrer, à tous ceux qui le requièrent, copie des ins-
criptions subsistantes sur un navire , ou un certificat qu'il
n'en existe aucune .
Art. 149. En cas de perte ou d'innavigabilité du
navire, les droits du créancier s'exerceront sur les
choses sauvées ou sur leur produit, alors même que la
créance ne serait pas encore due.
L'inscription de l'hypothèque vaut opposition au paye-
ment de l'indemnité d'assurance . Dans le cas de règle-
ment d'avaries concernant le navire, le créancier hypo-
thécaire pourra intervenir pour la conservation de ses
droits ; il ne pourra les exercer que dans le cas où l'in-
demnité en tout ou partie n'aurait pas été ou ne serait
pas employée à la réparation du navire .
Art. 150. Le nouveau propriétaire d'un navire hypo-
théqué qui veut se garantir des poursuites autorisées
par l'article 3 est tenu, avant les poursuites ou dans
le délai de la quinzaine à compter de la première som-
mation qui lui est faite , de notifier à tous les créanciers
inscrits , aux domiciles par eux élus dans les inscriptions :
1º Un extrait de son titre contenant la date et la qualité
de l'acte, la désignation des parties, le nom, l'espèce et
le tonnage du navire, le prix et les charges faisant partie
du prix, l'évaluation de la chose si elle a été donnée ou
cédée à tout autre titre que celui de vente ;
20 Indication de la date du volume et du numéro de la
transcription ;
3º Un tableau sur trois colonnes dont la première
contiendra la date des inscriptions , le seconde le nom
des créanciers et la troisième le montant des créances
inscrites .
Art. 151. Le nouveau propriétaire déclarera par le
même acte qu'il acquittera les dettes et charges hypothé-
caires jusqu'à concurrence du prix ou de la valeur décla
DU COMMERCE MARITIME . 119
rée, sans déduction aucune au profit du vendeur ou de
tout autre .
Sauf disposition contraire dans les titres de créances,
il jouira des termes et délais accordés au débiteur
originaire et il observera ceux stipulés contre ce dernier.
Les créances non échues qui ne viennent que pour
partie en ordre utile seront immédiatement exigibles
vis-à-vis du nouveau propriétaire, jusqu'à cette concur-
rence, et pour le tout à l'égard du débiteur.
Art. 152. Tout créancier inscrit peut requérir la mise
du navire aux enchères , en offrant de porter le prix à un
-
vingtième en sus.
Cette réquisition sera signifiée au nouveau proprié-
taire dans les quinze jours, au plus tard, de la notifica-
tion faite à la requête de ce dernier.
Elle contiendra assignation devant le tribunal de com-
merce du lieu où se trouve le navire, ou, s'il est en cours
de voyage, devant le tribunal de commerce du port d'ar-
mement pour voir ordonner qu'il sera procédé aux
enchères requises .
Art. 153. En cas de revente par suite de surenchère,
elle aura lieu suivant les formes établies pour les ventes
sur saisie .
Art. 154. La réquisition de mise aux enchères n'est
pas admise en cas de vente judiciaire .
Art. 155. Faute par les créanciers de s'être réglés
entre eux à l'amiable dans le délai de quinzaine pour la
distribution du prix offert par la notification ou produit
par la surenchère, il y est procédé dans les formes éta-
blies en matière de saisie .
TITRE VI . Du contrat à la grosse (1) .
Art. 156. Le prêt à la grosse ne peut être fait qu'au
capitaine, pour subvenir à des dépenses de réparations ou
autres besoins extraordinaires du navire ou de la car-
gaison, ou pour remplacer des objets perdus par suite
d'accidents de mer.
(1) A rapprocher des articles 311 et suivants du code de 1808
120 LIVRE II .
Il doit être autorisé , en Belgique, par le tribunal de
commerce ou, à défaut, par le juge de paix, à l'étranger
par le consul, le vice-consul ou, à défaut, par le magistrat
du lieu.
Art . 157. L'autorisation doit exprimer si le prêt sera
affecté :
Sur le corps et la quille du navire ;
Sur les agrès et apparaux ;
Sur l'armement et les victuailles ;
Sur le chargement ;
Sur le frêt ;
Sur la totalité de ces objets ou sur une partie détermı-
née de chacun d'eux .
Il ne peut jamais être affecté sur les marchandises qui
n'étaient pas chargées lors de l'événement donnant lieu
au prêt .
Art. 158. Tous emprunts sur le profit espéré des
marchandises sont prohibés . Le prêteur, dans ce cas , n'a
droit qu'au remboursement du capital sans aucun intérêt.
C. civ. 1133, 1172.
Art. 159. S'il y a deux ou plusieurs prêts à la grosse
sur les mêmes choses, celui qui est postérieur en date
est préféré à celui qui le précède .
Les prêts faits dans le même port de relâche durant le
i
même séjour viennent en concurrence.
Art. 160. Les choses sur lesquelles l'emprunt a été
fait sont affectées par privilège et dans la proportion de
la quotité de chacune d'elles au capital et intérêts de
l'argent donné à la grosse .
Art. 161. A défaut de payement à l'échéance, les inté-
rêts du capital et du profit maritime de l'argent donné à
la grosse sont dus à dater du jour du protêt, faute de
payement. - L. , 10 juillet 1877.
Art. 162. Tout acte de prêt à la grosse peut être né-
gocié par la voie de l'endossement, s'il est à ordre.
L'endossement est soumis aux règles établies par la loi
du 20 mai 1872 relative à la lettre de change et au billet
à ordre . - Liv. Ier, tit . VIII, 26 s .
En ce cas, la négociation de cet acte a les mêmes effets
et produit les mêmes actions en garantie que celle des
autres effets de commerce .
DU COMMERCE MARITIME . 121
Art. 163. La garantie de payement ne s'étend pas au
profit maritime, à moins que le contraire n'ait été expres-
sément stipulé.
Art. 164. Si les choses sur lesquelles le prêt à la
grosse a eu lieu sont entièrement perdues, et que
te la perte
soit arrivée dans le temps et dans le lieu des risques, par
cas fortuit ou par baraterie de patron, conformément aux
articles 178 et 184, la somme prêtée ne peut être réclamée.
- C. civ. , 1104, 1964.
L'emprunteur doit faire toutes diligences pour préve-
nir ou atténuer le dommage, selon ce qui est prescrit à
l'assuré par l'article 17 de la loi du 11 juin 1874.
Liv. Ier, tit. X, 17.
Art. 165. En cas de naufrage, le payement des
sommes empruntées à la grosse est réduit à la valeur des
choses sauvées et affectées au contrat, déduction faite des
frais de sauvetage.
Dans le même cas, le payement des sommes empruntées
à la grosse sur le fret est réduit à ce qui est dû pour fret,
déduction faite des loyers de l'équipage et de la part du
prêteur dans les frais de sauvetage.
Art. 166. En cas de jet de la chose affectée à l'em-
prunt, la somme payée par contribution est affectée par
privilège aux droits du prêteur à la grosse.
Art. 167. Le prêt à la grosse ne contribue pas aux
avaries particulières des choses affectées.
Il contribue aux avaries communes survenues posté-
rieurement au prêt, si l'acte n'exprime que le prêteur en
est affranchi .
TITRE VII. Des assurances maritimes (1).
SECTION Ire. - DU CONTRAT D'ASSURANCE, DE SA FORME
ET DE SON OBJET (2).
Art . 168. L'assurance peut avoir pour objet :
Le corps et la quille du navire ;
(1) Voir la loi du 11 juin 1874, liv. Ier, tit. X, des Assurances, et notam-
ment l'article 3.
(2) A rapprocher des articles 332 et suivants du code de 1808.
122 LIVRE II .
Les agrès et apparaux ;
Les armements et victuailles ;
Le fret ;
Le prix de passage ;
Les sommes prêtées à la grosse et le produit mari-
time;
Les marchandises du chargement ;
Le profit espéré des marchandises ;---- C. civ., 1104, 1964.
Les loyers des gens de mer ;
Le bénéfice d'affrètement ;
Le courtage et les commissions d'achats, de ventes et
de consignations ;
Les sommes employées aux besoins du navire et à
l'expédition des marchandises, avant et pendant le
voyage ;
En général, toutes choses ou valeurs, estimables à prix
d'argent, sujettes aux risques de la navigation, sans pré-
judice des dispositions du livre Ier, relatives aux assu-
rances sur la vie. Liv. Ier, tit . X, art. 4 et 41 .
Art . 169. En cas de fraude dans l'estimation des effets
assurés, en cas de supposition ou de falsification, l'assu-
reur peut faire procéder à la vérification et estimation
des objets , sans préjudice de toutes autres poursuites ,
soit civiles , soit criminelles .
Art. 170. Tout effet dont le prix est stipulé dans le
contrat en monnaie étrangère est évalué au prix que la
monnaie stipulée vaut en monnaie de Belgique, suivant
le cours à l'époque de la signature de la police.
Art. 171. Si la valeur des choses assurées n'est pas
fixée dans le contrat, elle sera justifiée conformément
aux dispositions de la section II du présent titre.
Art. 172. Si le temps des risques n'est pas déterminé
par le contrat, il court à l'égard du navire, des agrès ét
apparaux, de l'armement, des victuailles et du fret, du
moment où le navire commence à charger et, s'il part sur
lest, du moment où il commence à charger le lest ; il finit
au moment du déchargement ou vingt et un jours après
l'arrivée au lieu de destination , à défaut de déchargement
dans ce délai .
A l'égard des marchandises, le temps des risques court
du jour où elles ont été chargées dans le navire ou dans
DU COMMERCE, MARITIME . 123
les gabares destinées à les transborder, jusqu'au jour où
elles sont délivrées à terre .
A l'égard de toutes autres choses, la responsabilité de
l'assureur commence et finit au moment où commencent
et finissent pour l'assuré les risques maritimes .
Art. 173. L'augmentation de prime qui aura été sti-
pulée en temps de paix pour le temps de guerre qui
pourrait survenir, et dont la quotité n'aura pas été
déterminée par les contrats d'assurance, est réglée par
les tribunaux, en ayant égard aux risques, aux cir-
constances et aux stipulations de chaque police d'assu-
rance .
Art. 174. En cas de perte des marchandises assurées
et chargées, pour le compte du capitaine, sur le vais-
seau qu'il commande, le capitaine est tenu de justifier
aux assureurs l'achat des marchandises, et d'en fournir
un connaissement signé par deux des principaux de
l'équipage .
Art. 175. Tout homme de l'équipage et tout passager
qui chargent à bord des marchandises assurées en Bel-
gique, sont tenus d'en laisser un connaissement au lieu
où le chargement s'effectue. En Belgique, ce connaisse-
ment est laissé au greffe du tribunal de commerce ; à
l'étranger, entre les mains du consul belge ou, à défaut,
entre les mains du magistrat du lieu .
Art. 176. Le contrat d'assurance est nul, s'il a pour
objet les sommes empruntées à la grosse.
SECTION II . - DES OBLIGATIONS DE L'ASSUREUR
ET DE L'ASSURÉ (1).
Art . 177. L'assurance est annulée et l'assureur reçoit,
à titre d'indemnité, un demi pour cent de la somme
assurée :
Si, avant le commencement des risques, le voyage est
rompu, même par le fait de l'assuré ;
(1) A rapprocher des articles 349 et suivants du code de 1808. (Voir art. 9 à
25 du titre X, liv. Ier, du code de commerce nouveau.)
124 LIVRE 11 .
Lorsque l'affréteur ayant fait assurer le fret, il arrive
que le fret n'est pas dû ;
Lorsque, dans le cas prévu par l'article 10 de la loi du
11 juin 1874, l'assuré a droit à la restitution de la prime .
Si la prime n'atteint pas le taux de 1 p . c. , l'indemnité
sera de la moitié de la prime.
Art. 178. Sont aux risques des assureurs toutes
pertes et dommages occasionnés par tempête, naufrage ,
échouement, abordage, changements forcés de route ,
de voyage ou de vaisseau, par jet, feu, explosion, pillage
et généralement par toutes les autres fortunes de mer.
Dans le cas où les assureurs ont pris à leur charge les
risques de guerre, ils répondent de tous dommages et
pertes qui arrivent aux choses assurées par hostilité,
représailles , déclaration de guerre, blocus , arrêt par
ordre de puissance, molestation de gouvernements quel-
conques reconnus ou non reconnus, et généralement de
tous accidents et fortunes de guerre .
Art. 179. Dans le cas où l'assurance ne comprend pas
les risques de guerre, le contrat est résilié lorsqu'un fait
de guerre modifie les conditions du voyage.
Toutefois , si ce fait survient en mer, la résiliation du
contrat n'a lieu que du moment où le navire sera ancré
ou amarré au premier port qu'il atteindra.
Art. 180. Dans le cas de l'article précédent, les objets
assurés sont présumés avoir péri par fortune de mer,
jusqu'à preuve du contraire .
Art . 181. Les assureurs qui souscrivent les risques de
guerre seuls sont, indépendamment de leurs obligations
de ce chef, substitués, pour les risques ordinaires, aux
assureurs francs de guerre, à partir du moment où le
contrat, en ce qui concerne ces derniers, a été résilié
conformément à l'article 179 .
Art. 182. Tout changement de route, de voyage, ou de
vaisseau ordonné par l'assuré, et toutes pertes et dom-
mages provenant de son fait, ne sont point à la charge de
l'assureur, et même la prime lui est acquise, s'il a com-
mencé à courir les risques .
Art. 183. Les dommages causés par le fait et faute de
propriétaires , affréteurs ou chargeurs, ne sont point à la
charge des assureurs .
DU COMMERCE MARITIME . 125
Art. 184. L'assureur est tenu des prévarications et
fautes du capitaine et de l'équipage, connues sous le nom
de baraterie de patron, s'il n'y a convention contraire.
Il n'est pas tenu des prévarications du capitaine choisi
par l'assuré s'il n'y a convention contraire .
Art. 185. Il sera fait désignation, dans la police, des
marchandises sujettes, par leur nature, à détérioration
particulière ou diminution, comme blés ou sels , ou mar-
chandises susceptibles de coulage ; sinon les assureurs ne
répondront point des dommages ou pertes qui pourraient
arriver à ces mêmes denrées, si ce n'est toutefois que
l'assuré eût ignoré la nature du chargement lors de la
signature de la police .
Art. 186. Si l'assurance a pour objet des marchandises
pour l'aller et le retour et si, le vaisseau étant parvenu
à sa première destination, il ne se fait point de charge-
ment en retour, ou si le chargement en retour n'est pas
complet, l'assureur reçoit seulement les deux tiers pro-
portionnels de la prime convenue , s'il n'y a stipulation
contraire .
Art. 187. Lorsque l'assurance a pour objet des mar-
chandises, l'estimation est faite sur la valeur qu'elles
avaient au temps et au lieu du chargement, y compris
tous les droits payés et les frais faits jusqu'à bord, la
prime d'assurance et les frais accessoires .
L'estimation des corps , quilles, agrès et apparaux d'un
navire est établie sur leur valeur au jour où les risques
ont commencé .
L'estimation des victuailles , des armements et de
toutes autres choses estimables à prix d'argent est faite
d'après leurs valeurs aux lieux et au temps où les risques
ont commencé .
Art . 188. Un contrat, d'assurance ou de réassurance
consenti pour une somme excédant la valeur des choses
assurées est nul à l'égard de l'assuré seulement, s'il est
prouvé qu'il y a dol ou fraude de sa part.
Art . 189. Dans le même cas , s'il n'y a ni dol ni fraude,
le contrat est valable jusqu'à concurrence de la valeur des
choses assurées, d'après l'estimation qui en est faite ou
convenue .
Art . 190. Si les parties sont convenues de l'évaluation
6
126 LIVRE II .
du profit espéré, cette évaluation fera loi, sans qu'il soit
besoin d'autre justification .
Art. 191. L'assurance des sommes prêtées à la grosse
n'est pas censée comprendre le profit maritime .
Art . 192. Dans le cas d'assurance du fret de choses
assurées , le remboursement fait sur ces choses du chef
d'avaries particulières, aura lieu sur le fret dans la même
proportion .
Art . 193. L'assureur du prix de passage est tenu des
pertes que l'assuré éprouve sur ce prix par l'effet des
risques de mer, tels que les frais de débarquement et de
rembarquement, de nourriture et de logement des passa-
gers dans un port de relâche, le remplacement des vivres
perdus ou endommagés, les dépenses de réexpédition à
bord d'un autre navire .
Art . 194. Si l'assurance a lieu divisément pour des
marchandises qui doivent être chargées sur plusieurs
vaisseaux désignés, avec énonciation de la somme assurée
sur chacun, et si le chargement entier est mis sur un seul
vaisseau , ou sur un moindre nombre qu'il n'en est désigné
dans le contrat, l'assureur n'est tenu que de la somme
qu'il a assurée sur le vaisseau ou sur les vaisseaux qui
ont reçu le chargement, nonobstant la perte de tous les
vaisseaux désignés , et il recevra néanmoins l'indemnité
prévue à l'article 177.
Art . 195. L'assureur est déchargé des risques, et la
prime lui est acquise, si l'assuré envoie le vaisseau en un
lieu plus éloigné que celui qui est désigné par le contrat,
quoique sur la même route .
L'assurance a son entier effet si le voyage est raccourci ,
pourvu que le capitaine s'arrête dans un port d'échelle .
Toutefois , l'assureur est tenu des pertes, dommages et
dépenses antérieures à la prolongation ou au change-
ment de voyage .
Art. 196. Toute assurance faite après la perte ou
l'arrivée des choses assurées est nulle s'il est prouvé
qu'avant la signature du contrat l'assuré a dû être
informé de la perte, ou l'assureur de l'arrivée des choses
assurées .
Art. 197. En cas de preuve contre l'assuré, celui-ci
paye à l'assureur une double prime.
DU COMMERCE MARITIME . 127
En cas de preuve contre l'assureur, celui-ci paye à
l'assuré une somme double de la prime convenue .
Art . 198. La clause " franc d'avarie " affranchit les
assureurs de toutes avaries, soit communes , soit particu-
lières , excepté dans les cas qui donnent ouverture au
délaissement, et, dans ces cas, les assurés ont l'option
entre le délaissement et l'exercice de l'action d'avarie.
SECTION III . DU DÉLAISSEMENT (1).
Art . 199. Le délaissement des choses assurées peut
être fait :
En cas de prise,
De naufrage,
D'échouement avec bris ,
D'innavigabilité par fortune de mer,
En cas d'arrêt d'une puissance étrangère,
En cas de perte ou détérioration des choses assurées,
si la détérioration ou la perte va au moins à trois quarts .
Il peut être fait en cas d'arrêt de la part du gouverne-
ment, après le voyage commencé.
Art. 200. Il ne peut être fait avant le voyage com-
mencé.
Art. 201. Tous autres dommages sont réputés avaries ,
et se règlent entre les assureurs et les assurés , à raison
de leurs intérêts .
Art. 202. Le délaissement des choses assurées ne peut
être partiel ni conditionnel .
Il ne s'étend qu'aux choses qui sont l'objet de l'assu-
rance et du risque.
Art. 203. Le délaissement doit être fait aux assureurs,
dans le terme de six mois, à partir du jour de la réception
de la nouvelle de la perte arrivée aux ports ou côtes
d'Europe, ou sur celles d'Asie et d'Afrique dans la Médi-
terranée ;
Dans le délai d'un an , après la réception de la nouvelle
de la perte arrivée en Afrique en deçà du cap de Bonne-
Espérance ou en Amérique en deçà du cap Horn ;
(1) Voir articles 369 et suivants du code de 1808.
128 LIVRE II .
Dans le délai de dix-huit mois , après la nouvelle des
pertes arrivées dans les autres parties du monde;
Et, ces délais passés, les assurés ne seront plus rece-
vables à faire le délaissement .
En cas de prise et d'arrêt de puissance, les délais pré-
mentionnés ne courent qu'à partir de l'expiration de ceux
fixés par l'article 220.
Art. 204. Sans attendre l'expiration des délais ci-des-
sus , l'assureur peut sommer l'assuré de faire le délais-
sement. Si l'assuré ne le fait pas dans le délai d'un mois,
il n'est plus recevable à le faire.
Art. 205. Dans le cas de réassurance , les réassurés
doivent dénoncer le délaissement au réassureur dans le
délai fixé par l'article 57 de la loi du 20 mai 1872, relative
à la lettre de charge.
Ce délai commence à courir du jour de la notification
du délaissement fait par les assurés primitifs .
Art. 206. Dans le cas où le délaissement peut être fait,
et dans le cas de tous autres accidents aux risques des
assureurs , l'assuré est tenu de signifier à l'assureur les
avis qu'il a reçus, sous peine de dommages-intérêts .
La signification doit être faite dans les trois jours de la
réception de l'avis .
Art. 207. Si, après six mois expirés, à compter du jour
du départ du navire , ou du jour auquel se rapportent les
dernières nouvelles reçues, pour les voyages ordinaires ,
Après un an , pour les voyages de long cours,
L'assuré déclare n'avoir reçu aucune nouvelle de son
navire, il peut faire le délaissement à l'assureur, et de-
mander le payement de l'assurance , sans qu'il soit besoin
d'attestation de la perte .
Après l'expiration des six mois ou de l'an, l'assuré a,
pour agir, les délais établis par l'article 203.
Art. 208. Dans le cas d'une assurance pour temps
limité, après l'expiration de délais établis comme ci-
dessus , pour les voyages ordinaires et pour ceux de
long cours, la perte du navire est présumée arrivée dans
le temps de l'assurance .
Art. 209. Sont réputés voyages de long cours, ceux
qui se font au delà des limites ci-après déterminées :
Au sud, le 30º degré de latitude nord ;
DU COMMERCE MARITIME . 129
Au nord, le 72e degré de latitude nord ;
A l'ouest, le 15e degré de longitude du méridien de
Paris;
A l'est, le 44º degré de longitude du méridien de
Paris .
Art. 210. L'assuré peut, par la signification mention-
née en l'article 206, ou faire le délaissement avec somma-
tion à l'assureur de payer la somme assurée dans le délai
fixé par le contrat, ou se réserver de faire le délaissement
dans les délais fixés par la loi .
Art . 211. L'assuré est tenu, en faisant le délaisse-
ment, de déclarer toutes les assurances qu'il a faites ou
fait faire sur les choses assurées, même celles qu'il a
ordonnées, et celles qui, à sa connaissance , auraient été
faites par d'autres sur les mêmes choses , faute de quoi,
le délai du payement, qui doit commencer à courir du
jour du délaissement, sera suspendu jusqu'au jour où il
fera notifier la dite déclaration, sans qu'il en résulte au-
cune prorogation du délai établi pour former l'action en
délaissement .
Art. 212. En cas de déclaration frauduleuse, l'assuré
est privé des effets de l'assurance.
Art. 213. Si l'époque du payement n'est point fixée
par le contrat, l'assureur est tenu de payer l'assurance
trois mois après la signification du délaissement.
Art. 214. Les actes justificatifs du chargement et de
la perte sont signifiés à l'assureur avant qu'il puisse être
poursuivi pour le payement des sommes assurées .
Art. 215. L'assureur est admis à la preuve des faits
contraires à ceux qui sont consignés dans les attes-
tations .
L'admission à la preuve ne suspend pas les condam-
nations de l'assureur au payement provisoire de la somme
assurée, à la charge par l'assuré de donner caution.
L'engagement de la caution est éteint après deux
années révolues, s'il n'y a pas eu de poursuite .
Art. 216. Le délaissement signifié et accepté ou jugé
valable, les choses assurées appartiennent àl'assu
l'assureur, à
partir de l'époque du délaissement.
L'assureur ne peut, sous prétexte du retour du navire,
se dispenser de payer la somme assurée.
130 LIVRE II .
Art . 217. L'assureur du profit espéré ne peut, en cas
de délaissement, rien demander sur la chose à celui qui
l'a fait assurer .
Art. 218. En cas de délaissement du fret, le fret de
la partie du chargement sauvée ou débarquée aux ports
d'échelle, et le prix du passage dû au moment du sinistre ,
quand même il aurait été payé d'avance ou en cours de
voyage, appartient à l'assureur du frêt, sans préjudice
des droits des prêteurs à la grosse, de ceux des matelots
pour leur loyer et leur rapatriement et des frais et dé-
penses pendant le voyage .
Art. 219. Dans le même cas , l'assureur du fret peut
déduire de la somme assurée tout ce que l'assuré est dis-
pensé de payer pour gages de l'équipage ou pour toutes
autres dépenses comprises dans l'assurance et dont, par
l'événement, il est déchargé
La prime sur le montant déduit sera intégralement
restituée .
Art. 220. En cas de prise par corsaires ou ennemis ou
d'arrêt de la part d'une puissance, l'assuré est tenu de
faire la signitication à l'assureur dans les trois jours de
la réception de la nouvelle.
Le délaissement des choses assurées ne peut être fait :
Qu'après un délai de six mois de la signification, si
la prise ou l'arrêt a eu lieu dans les mers d'Europe, et
dans celles qui séparent l'Europe de l'Asie et de
l'Afrique ;
Qu'après le délai d'un an, si la capture ou l'arrêt a eu
lieu en pays plus éloigné.
Dans le cas où les marchandises capturées ou arrêtées
seraient périssables , les délais ci-dessus mentionnés
sont réduits à un mois et demi pour le premier cas, et à
trois mois pour le second cas .
Si la chose assurée a été jugée de bonne prise , ou si
elle a été confisquée avant l'expiration de ces délais, le
délaissement peut être fait par la signification de cette
nouvelle aux assureurs .
Art. 221. Pendant les délais portés par l'article pré-
cédent, les assurés sont tenus de faire toutes diligences
qui peuvent dépendre d'eux, à l'effet d'obtenir la libéra-
tion et la mainlevée des choses capturées ou arrêtées .
DU COMMERCE MARITIME . 131
Pourront, de leur côté, les assureurs, ou de concert
avec les assurés ou séparément, faire toutes démarches
à même fin .
Art. 222. Le délaissement à titre d'innavigabilité ne
peut être fait, si le navire échoué peut être relevé, réparé
et mis en état de continuer sa route pour le lieu de sa
destination .
Dans ce cas , l'assuré conserve son recours sur les assu-
reurs , pour les frais et avaries occasionnés par l'échoue-
ment.
Art . 223. Si le navire a été déclaré innavigable,
l'assuré sur le chargement est tenu d'en faire la noti-
fication dans le délai de trois jours de la réception de la
nouvelle .
Art. 224. Le capitaine est tenu, dans ce cas, de faire
toutes diligences pour se procurer un autre navire à
l'effet de transporter les marchandises au lieu de leur
destination .
Art. 225. L'assureur court les risques des marchan-
dises chargées sur un autre navire, dans le cas prévu
par l'article précédent, jusqu'à leur arrivée et leur dé-
chargement.
Art. 226. L'assureur est tenu, en outre , des avaries ,
frais de déchargement, magasinage, rembarquement, de
l'excédent du fret, et de tous autres frais qui auront été
faits pour sauver les marchandises .
Art . 227. Si , dans les délais prescrits par l'article 220,
le capitaine n'a pu trouver de navire pour recharger les
marchandises et les conduire au lieu de leur destination,
l'assuré peut en faire le délaissement.
TITRE VIII . - De l'abordage ( 1) .
Art . 228. En cas d'abordage de navires, si l'événement
a été purement fortuit, ou déterminé par des faits de force
majeure , les dommages sont supportés, sans répétition,
par les choses qui les ont éprouvés .
(1) Voir, aux Lois usuelles, l'arrêté royal du 31 mars 1897, contenant
règlement pour prévenir les abordages.
132 LIVRE II .
Si l'abordage a été causé par une faute, tous les dom-
mages sont supportés par le navire à bord duquel la faute
a été commise .
La présence de pilotes ne fait pas obstacle à la respon-
sabilité établie par le paragraphe précédent.
Art. 229. S'il y a faute commise à bord des deux
navires , il est fait masse des dommages, lesquels sont
supportés par les deux navires dans la proportion de la
gravité qu'ont eue les fautes respectivement constatées
comme cause de l'événement.
Art . 230. Le recours est exercé contre le navire abor-
deur en la personne de son capitaine ou de ses proprié-
taires .
Le capitaine n'encourt de responsabilité personnelle
que s'il y a, de sa part, faute ou négligence.
Art. 231. La demande formée par le capitaine ou le
propriétaire du navire abordé conserve les droits des
hommes de l'équipage, des tiers chargeurs , des passagers
et de tous autres intéressés . A défaut du propriétaire ou
du capitaine, la demande peut être formée par tous inté-
ressés .
TITRE IX. Des fins de non-recevoir (1) et prescriptions (2).
Art . 232. Sont non recevables :
Toutes actions contre le capitaine et les assureurs,
pour dommage arrivé à la marchandise, si elle a été
reçue sans protestation ;
Toutes actions contre l'affréteur, pour avarie, si le
capitaine a livré les marchandises et reçu son fret sans
avoir protesté ;
Toutes actions en indemnité pour dommages causés
par l'abordage dans un lieu où le capitaine a pu agir, s'il
n'a point fait de réclamation .
Art . 233. Ces protestations et réclamations sont
nulles , si elles ne sont faites et signifiées dans les vingt-
quatre heures, les jours fériés non compris , et si, dans le
(1) A rapprocher des articles 435 et 436 du code de 1808.
(2) A rapprocher des articles 430 et suivants du code de 1808.
DU COMMERCE MARITIME . 133
mois de leur date, elles ne sont suivies d'une demande en
justice.
Toutefois, dans le cas où l'abordage a causé la perte
entière du navire, le délai de la signification est d'un
mois , à partir du jour où les intéressés ont eu connais-
sance de l'événement.
Art. 234. Sont non recevables , toutes actions à fin de
contribution de la part des réclamateurs de marchandises
non livrées , si la demande n'est pas faite en justice, dans
les trois mois de l'arrivée du navire au port de destina-
tion.
Art. 235. Toutes actions dérivant d'un contrat de prêt
à la grosse, d'un contrat d'hypothèque maritime ou
d'une charte partie , sont prescrites après trois ans, à
compter :
Dù jour où la créance est devenue exigible, s'il s'agit
d'un contrat de prêt à la grosse ou d'hypothèque mari-
time;
Du jour où le voyage s'est terminé, s'il s'agit d'une
charte partie .
Art. 236. Sont prescrites :
Toutes actions en payement pour fret de navire , gages
et loyers des officiers , matelots et autres gens de l'équi-
page, un an après le voyage fini ;
Pour nourriture fournie aux matelots, par l'ordre du
capitaine, un an après la livraison ;
Pour fournitures de choses nécessaires à l'équipement
et à l'avitaillement du navire, un an après ces fournitures
faites ;
Pour salaires d'ouvriers et pour ouvrages faits, un an
après la réception des ouvrages ;
Toute demande en délivrance de marchandises, un an
après l'arrivée du navire.
DISPOSITION TRANSITOIRE .
Art. 237. A dater de la mise en vigueur des disposi-
tions du code de commerce nouveau qui règlent le droit
maritime, les articles 197 à 215 du code de commerce de
1808 seront ajoutés au code de procédure civile, pour y
être observés jusqu'à la revision du dit code.
6.
134 LIVRĘ II .
CODE DE COMMERCE DE 1808 (1) .
DE LA SAISIE ET VENTE DES NAVIRES .
Art. 197. Τous bâtiments de mer peuvent être saisis
et vendus par autorité de justice ; et le privilège des
créanciers sera purgé par les formalités suivantes.
Comm . , 171 , 215 ; C. civ., 531 , 2120 ; Pr. , 583 s . , 620.
Art. 198. Il ne pourra être procédé à la saisie que
vingt-quatre heures après le commandement de payer. —
Pr. , 545, 551 s . , 1033 .
Art. 199. Le commandement devra être fait à la per-
sonne du propriétaire ou à son domicile, s'il s'agit d'une
action générale à exercer contre lui.
Le commandement pourra être fait au capitaine du
navire, si la créance est du nombre de celles qui sont
susceptibles de privilège sur le navire, aux termes de
l'article 191. - Pr . , 68 .
Art. 200. L'huissier énonce dans le procès-verbal :
Les nom, profession et demeure du créancier pour qui
il agit ;
Le titre en vertu duquel il procède ;
Lasommedont ilpoursuit
poursu lepayeme
yement;
L'élection de domicile faite par le créancier dans le
lieu où siège le tribunal devant lequel la vente doit être
poursuivie, et dans le lieu où le navire saisi est amarré ;
Com . , 111 ; Pr. , 442.
Les noms du propriétaire et du capitaine ;
Le nom, l'espèce et le tonnago du bâtiment...
Il fait l'énonciation et la description des chaloupes ,
canots , agrès, ustensiles, armes , munitions et provisions .
- Pr. , 588 .
Il établit un gardien. - Com., 198 : C. civ., 1962 ; Pr. ,
596.
Art. 201. Si le propriétaire du navire saisi demeure
dans l'arrondissement du tribunal, le saisissant doit lui
(1) Voir, à la page précédente, l'article 237de la loi du 21 août 1879.
DU COMMERCE MARITIME . 135
faire notifier, dans le délai de trois jours, copie du pro-
cès-verbal de saisie, et le faire citer devant le tribunal ,
pour voir procéder à la vente des choses saisies . - Pr. ,
59, 61, 68 s .
Si le propriétaire n'est point domicilié dans l'arrondis-
sement du tribunal, les significations et citations lui sont
données à la personne du capitaine du bâtiment saisi, ou,
en son absence, à celui qui représente le propriétaire ou
le capitaine ; et le délai de trois jours est augmenté d'un
jour à raison de deux myriamètres et demi (cinq lieues)
de la distance de son domicile.-Com., 165, 199s.; Pr., 1033 .
S'il est étranger et hors de France, les citations et
significations sont données ainsi qu'il est prescrit par le
code de procédure civile, article 69.
Art. 202. Si la saisie a pour objet un bâtiment dont le
tonnage soit au-dessus de dix tonneaux,
Il sera fait trois criées et publications des objets en
vente.
Les criées et publications seront faites consécutive-
ment, de huitaine en huitaine , à la Bourse et dans la
principale place publique du lieu où le bâtiment est
amarré .
L'avis en sera inséré dans un des papiers publics impri-
més dans le lieu où siège le tribunal devant lequel la
saisie se poursuit ; et s'il n'y en a pas, dans l'un de ceux
qui seraient imprimés dans le département. - Com. , 207 ;
Pr. , 617, 620.
Art. 203. Dans les deux jours qui suivent chaque criée
et publication, il est apposé des affiches :
Âu grand mât du bâtiment saisi,
A la porte principale du tribunal devant lequel on
procède,
Dans la place publique et sur le quai du port où le
bâtiment est amarré, ainsi qu'à la Bourse de commerce;
Art . 204. Les criées, publications et affiches doivent
désigner :
Les nom , profession et demeure du poursuivant,
Les titres en vertu desquels il agit,
Le montant de la somme qui lui est due,
L'élection de domicile par lui faite dans le lieu où siège
le tribunal et dans le lieu où le bâtiment est amarré ,
136 LIVRE II .
Les nom et domicile du propriétaire du navire saisı,
Le nom du bâtiment, et, s'il est armé ou en armement ,
celui du capitaine,
Le tonnage du navire,
Le lieu où il est gisant ou flottant,
Le nom de l'avoué du poursuivant,
La première mise à prix,
Les jours des audiences auxquelles les enchères seront
reçues . Pr. , 442.
Art. 205. Après la première criée, les enchères seront
reçues le jour indiqué par l'affiche .
Le juge commis d'office pour la vente continue de rece-
voir les enchères après chaque criée, de huitaine en hui-
taine, à jour certain fixé par son ordonnance.
Art . 206. Après la troisième criée, l'adjudication est
faite au plus offrant et dernier enchérisseur, à l'extinc-
tion des feux , sans autre formalité.
Le juge commis d'office peut accorder une ou deux
remises, de huitaine chacune.
Elles sont publiées et affichées . Pr. , 624.
Art . 207. Si la saisie porte sur des barques, chaloupes
et autres bâtiments du port de dix tonneaux et au- dessous ,
l'adjudication sera faite à l'audience , après la publication
sur le quai pendant trois jours consécutifs, avec affiche
au mât, ou , à défaut, en autre lieu apparent au bâtiment,
et à la porte du tribunal.
Il sera observé un délai de huit jours francs entre la
signification de la saisie et la vente . Com., 202 ;
Pr. , 620 , 1033.
Art. 208. L'adjudication du navire fait cesser les
fonctions du capitaine ; sauf à lui à se pourvoir en dédom-
magement contre qui de droit. Com. , 221 s .; C. civ . ,
1149, 1382 .
Art . 209. Les adjudicataires des navires de tout ton-
nage seront tenus de payer le prix de leur adjudication
dans le délai de vingt-quatre heures, ou de le consigner,
sans frais, au greffe du tribunal de commerce, à peine d'y
être contraints par corps .
A défaut de payement ou de consignation, le bâtiment
sera remis en vente, et adjugé trois jours après une nou-
velle publication et affiche unique, à la folle enchère des
DU COMMERCE MARITIME . 137
adjudicataires, qui seront également contraints par corps
pour le payement du déficit, des dommages, des intérêts
et des frais.- Pr., 737, 744.
Art . 210. Les demandes en distraction seront formées
et notifiées au greffe du tribunal avant l'adjudication .
Si les demandes en distraction ne sont formées qu'après
l'adjudication, elles seront converties, de plein droit, en
oppositions à la délivrance des sommes provenant de la
vente. Pr. , 727 s .
Art . 211. Le demandeur ou l'opposant aura trois jours
pour fournir ses moyens .
Le défendeur aura trois jours pour contredire .
La cause sera portée à l'audience sur une simple
citation . - Pr. , 82 .
Art. 212. Pendant trois jours après celui de l'adjudi-
cation , les oppositions à la délivrance du prix seront
reçues ; passé ce temps , elles ne seront plus admises .
Pr. , 557 s .
Art. 213. Les créanciers opposants sont tenus de
produire aux greffe leurs titres de créance, dans les
trois jours qui suivent la sommation qui leur en est faite
par le créancier poursuivant ou par le tiers saisi ; faute
de quoi il sera procédé à la distribution du prix de la
vente, sans qu'ils y soient compris . - Pr. , 656 s .
Art . 214. La collocation des créanciers et la distribu-
tion de deniers sont faites entre les créanciers privilégiés ,
dans l'ordre prescrit par l'article 191 ; et entre les autres
créanciers , au marc le franc de leurs créances .
Tout créancier colloqué l'est tant pour son principal
que pour les intérêts et frais .
Art. 215. Le bâtiment prêt à faire voile n'est pas
saisissable, si ce n'est à raison de dettes contractées pour
le voyage qu'il va faire ; et même, dans ce dernier cas,
le cautionnement de ces dettes empêche la saisie .
Com . , 231 .
Le bâtiment est censé prêt à faire voile lorsque le
capitaine est muni des ses expéditions pour son voyage.
LIVRE III
DES FAILLITES, BANQUEROUTES
ET SURSIS
LOI DU 18 AVRIL 1851 SUR LES FAILLITES, BANQUEROUTES ET SURSIS
(Moniteur du 24
Disposition préliminaire.
Le livre III du code de commerce sur les faillites et
banqueroutes , les articles 69 et 635 du même code, ainsi
que l'arrêté du 25 novembre 1814 sur les sursis, sont rem-
placés par les dispositions suivantes :
Dispositions générales.
X Art. 437. Tout commerçant qui cesse ses payements
et dont le crédit se trouve ébranlé est en état de faillite .
Celui qui n'exerce plus le commerce peut être déclaré
en faillite, si la cessation de ses payements remonte à
une époque où il était encore commerçant.
La faillite d'un commerçant peut être déclarée après
son décès , lorsqu'il est mort en état de cessation de
payement.
Art. 438. La faillite est qualifiée banqueroute simple
et punie correctionnellement, si le commerçant failli se
trouve dans l'un des cas de faute grave prévus par le
chapitre Ier du titre II ci-après .
Elle est qualifiée banqueroute frauduleuse et punie
criminellement, si le commerçant failli se trouve dans
l'un des cas de fraude prévus par le chapitre II du même
titre.
Art . 439. Les demandes de sursis seront formées et il
y sera statué conformément aux dispositions du titre IV
ci-après.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 139
TITRE PREMIER . De la faillite.
CHAPITRE Icr . DE L'AVEU, DE LA DÉCLARATION DE LA
FAILLITE ET DE LA CESSATION DE PAYEMENT .
Art. 440. Tout failli sera tenu, dans les trois jours de
la cessation de ses payements , d'en faire l'aveu au greffe
du tribunal de commerce de son domicile. Le jour où il
aura cessé ses payements sera compris dans les trois
jours.
En cas de faillite d'une société en nom collectif, l'aveu
contiendra le nom et l'indication du domicile de chacun
des associés solidaires ; il sera fait au greffe du tribunal
dans le ressort duquel se trouve le siège du principal
établissement de la société.
Lorsqu'une société anonyme aura été déclarée en fail-
lite, la procédure sera poursuivie contre les gérants, qui
seront tenus de fournir au juge-commissaire et aux cura-
teurs tous renseignements, et de comparaître devant eux
quand ils en seront requis .
Art. 441. Le failli joindra à son aveu :
1º Le bilan de ses affaires ou une note indiquant les
motifs qui l'empêcheraient de le déposer ;
ddu2ºcode
Lesderegistres tenus en exécution des articles 8 et 9
commerce ; ces registres seront arrêtés par le
greffier, qui constatera l'état où ils se trouvent .
Le bilan contiendra l'énumération et l'évaluation de
tous les biens mobiliers et immobiliers du débiteur,
l'état des dettes actives et passives , le tableau des profits
et des pertes , le tableau des dépenses ; il devra être cer-
tifié véritable, daté et signé par le débiteur.
Le greffier certifiera au bas de l'aveu du failli et des
pièces y annexées la date de leur remise au greffe, et en
délivrera récépissé, s'il en est requis .
La remise au greffe de toutes autres pièces concer
nant la faillite sera constatée de la même manière, sans
qu'il soit nécessaire d'en dresser aucun autre acte de
dépôt.
oftribunal
Art. 442. La faillite est déclarée par jugement du
de commerce, rendu , soit sur l'aveu du failli,
140 LIVRE III .
soit à la requête d'un ou de plusieurs créanciers, soit
d'office .
Par le même jugement, ou par un jugement ultérieur
A rendu surle rapport dujugarun
de commerce déterminera, soit d'office, soit sur la pour-
suite de toute partie intéressée, l'époque à laquelle a eu
lieu la cessation de payement.
Sauf l'exception portée à l'article 613, cette époque ne
peut toutefois être fixée à une date de plus de six mois
antérieure au jugement déclaratif de la faillite (1).
A défaut de détermination spéciale, la cessation de
payement sera réputée avoir eu lieu à partir du jugement
déclaratif de la faillite, ou à partir du jour du décès ,
quand la faillite aura été déclarée après la mort du failli .
Aucune demande tendante à faire fixer la cessation de
payement à une époque autre que celle qui résulterait
du jugement déclaratif ou d'un jugement ultérieur ne
sera recevable après le jour fixé pour la clôture du procès-
verbal de vérification des créances, sans préjudice toute-
fois à la voie d'opposition ouverte aux intéressés par
l'article 475.
Art. 443. Dans les dix premiers jours de chaque mois ,
les receveurs de l'enregistrement enverront au président
du tribunal de commerce dans le ressort duquel le protêt
a été fait, un tableau des protêts des lettres de change
acceptées et des billets à ordre enregistrés dans le mois
précédent. Ce tableau contiendra : 10 la date du protêt ;
2º les nom, prénoms, profession et domicile de celui au
profit duquel l'effet est créé ou du tireur ; 3º les nom ,
prénoms, profession et domicile du souscripteur du billet
à ordre ou de l'accepteur de la lettre de change ; 4º la
date de l'échéance ; 5º le montant de l'effet ; 6º la mention
de la valeur fournie, et 70 la réponse donnée au protêt.
Semblable tableau sera envoyé au président du tribunal
de commerce du domicile du souscripteur d'un billet à
ordre ou de l'accepteur d'une lettre de change, si ce
(1) L'article 29 de la loi du 29 juin 1887, sur le concordat préventif de la
faillite, permet de reporter l'époque de la cessation de payement au jour où
le concordat a été demandé.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 141
domicile est en Belgique dans un ressort judiciaire autre
que celui où le payement doit être effectué.
Ces tableaux resteront déposés au greffe respectifs
des dits tribunaux, où chacun pourra en prendre connais-
sance .
CHAPITRE II . - DES EFFETS DE LA FAILLITE .
Art . 444. Le failli, à compter du jugement déclaratif
de la faillite , est dessaisi de plein droit de l'administration
de tous ses biens , même de ceux qui peuvent lui échoir
tant qu'il est en état de faillite.
Tous payements, opérations et actes faits par le failli ,
et tous payements faits au failli depuis ce jugement sont
nuls de droit.
Art. 445. Sont nuls et sans effet, relativement à la
masse, lorsqu'ils auront été faits par le débiteur depuis
l'époque déterminée par le tribunal comme étant celle
de la cessation de ses payements ou dans les dix jours qui
auront précédé cette époque :
Tous actes translatifs de propriété mobilière ou immo-
bilière à titre gratuit, ainsi que les actes, opérations ou
contrats commutatifs ou à titre onéreux, si la valeur de
ce qui a été donné par le failli dépasse notablement celle
de ce qu'il a reçuen retour ;
Tous payements , soit en espèces, soit par transport,
vente, compensation ou autrement pour dettes non échues
et pour dettes échues, tous payements faits autrement
qu'en espèces ou effets de commerce;
Toute hypothèque conventionnelle ou judiciaire et
tous droits d'antichrèse ou de gage constitués sur les
biens du débiteur pour dettes antérieurement contrac-
tées .
Art. 446. Tous autres payements faits par le débiteur
pour dettes échues, et tous autres actes à titre onéreux
par lui passés après la cessation de ses payements et
avant le jugement déclaratif, pourront être annulés , si,
de la part de ceux qui ont reçu du débiteur ou qui ont
traité avec lui, ils ont eu lieu avec connaissance de la
cessation de payement.
Art. 447. Les droits d'hypothèque et de privilège
142 LIVRE III .
valablement acquis pourront être inscrits jusqu'au jour
du jugement déclaratif de la faillite .
Néanmoins , les inscriptions prises dans les dix jours
qui ont précédé l'époque de la cessation de payement
ou postérieurement, pourront être déclarées nulles, s'il
s'est écoulé plus de quinze jours entre la date de l'acte
constitutif de l'hypothèque ou du privilège et de celle de
l'inscription.
Art. 448. Tous actes ou payements faits en fraude
des créanciers sont nuls, quelle que soit la date à laquelle
ils ont eu lieu.
Art. 449. Dans le cas où des lettres de change au-
raient été payées après l'époque fixée comme étant celle
de la cessation de payement et avant le jugement décla-
ratif de la faillite, l'action en rapport ne pourra être in-
tentée que contre celui pour le compte duquel la lettre
de change aura été fournie : s'il s'agit d'un billet à ordre ,
l'action ne pourra être exercée que contre le premier
endosseur.
Dans l'un et l'autre cas, la preuve que celui à qui on
demande le rapport avait connaissance de la cessation de
payement à l'époque de l'émission du titre devra être
fournie .
Art . 450. Le jugement déclaratif de la faillite rend
exigibles , à l'égard du failli, les dettes passives non
échues : si le failli est le souscripteur d'un billet à ordre ,
l'accepteur d'une lettre de change, ou le tireur à défaut
d'acceptation, les autres obligés seront tenus de donner
caution pour le payement à l'échéance, s'ils n'aiment
mieux payer immédiatement.
Toutefois, les dettes non échues et ne portant pas
intérêt, dont le terme serait éloigné de plus d'une année,
ne seront admises au passif que sous déduction de l'in-
térêt légal calculé depuis le jugement déclaratif jusqu'à
l'échéance .
En cas de payement immédiat par l'un des coobligés
d'un billet à ordre ou d'une lettre de change non échue
et ne portant pas intérêt, il sera fait sous déduction de
l'intérêt légal pour le temps qui reste à courir jusqu'à
l'expiration du terme .
Art. 451. A compter du jugement déclaratif de la
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 143
faillite, le cours des intérêts de toute créance non ga-
rantie par un privilège, par un nantissement ou par une
hypothèque , est arrêté à l'égard de la masse seulement.
Les intérêts des créances garanties ne peuvent être
réclamés que sur les sommes provenant des biens affec-
tés au privilège, au nantissement ou à l'hypothèque.
Art. 452. A partir du même jugement, toute action
mobilière ou immobilière , toute voie d'exécution sur les
meubles ou sur les immeubles, ne pourra être suivie ,
intentée ou exercée que contre les curateurs à la faillite .
Le tribunal peut néanmoins recevoir le failli partie
intervenante .
Art. 453. Le jugement déclaratif de la faillite arrête
l'exercice de la contrainte par corps sur la personne du
failli, ainsi que toute saisie à la requête des créanciers
chirographaires et non privilégiés sur ses meubles et
immeubles .
Si, antérieurement à ce jugement, le jour de la vente
forcée des meubles ou immeubles saisis a déjà été fixé
et publié par les affiches, cette vente aura lieu pour le
compte de la masse .
Néanmoins, si l'intérêt de la masse l'exige, le tribunal
pourra, sur la demande des curateurs, autoriser la re-
mise de la vente à une autre époque .
Art. 454. Toutes voies d'exécution, pour parvenir au
payement des créances privilégiées sur le mobilier dé-
pendant de la faillite, seront suspendues jusqu'à la clô-
ture du procès-verbal de vérification des créances , sans
préjudice de toute mesure conservatoire et du droit qui
serait acquis au propriétaire des lieux loués d'en repren-
dre possession .
Dans ce dernier cas, la suspension des voies d'exécu-
tion établie au présent article cessera de plein droit en
faveur du propriétaire.
CHAPITRE III . DE L'ADMINISTRATION ET DE LA LIQUI-
DATION DE LA FAILLITE .
SECTION Ire . DISPOSITIONS GÉNÉRALES .
Art. 455. Le gouvernement pourra, sur l'avis con-
forme des cours d'appel respectives, instituer des liqui
144 LIVRE III .
dateurs assermentés près les tribunaux où le nombre et
l'importance des faillites l'exigeront .
Art. 456. Dans les arrondissements où sont établis
des liquidateurs assermentés, les curateurs aux faillites
seront choisis parmi eux, à moins que, pour cause d'éloi-
gnement, de parenté, d'intérêts opposés ou d'autres mo-
tifs de suspicion légitime, la bonne administration de la
faillite n'exige un autre choix .
A défaut de liquidateurs assermentés, et dans le cas où ,
conformément au paragraphe précédent, le tribunal de
commerce croira devoir faire un autre choix, les cura-
teurs seront nommés parmi les personnes qui offriront le
plus de garanties pour l'intelligence et la fidélité de leur
gestion.
Ces curateurs auront les mêmes droits, les mêmes attri-
butions et seront soumis à la même surveillance et aux
mêmes obligations que s'ils avaient été choisis parmi les
liquidateurs assermentés .
Art . 457. Le roi fixe le nombre des liquidateurs asser-
mentés, sur l'avis de la cour d'appel et du tribunal de
commerce, d'après les besoins du service.
Ils sont nommés par le roi sur deux listes doubles pré-
sentées par les mêmes corps .
Art. 458. Les liquidateurs assermentés sont nommés
pour cinq ans et conservent, dans tous les cas, cette qua-
lité jusqu'à la prestation de serment de leurs successeurs .
Ils peuvent être nommés de nouveau .
Le liquidateur assermenté, qui n'aura pas été continué
dans ses fonctions, terminera néanmoins les opérations
qui lui auront été confiées, et la liquidation des faillites
auxquelles il aura été nommé curateur.
Art. 459. Les liquidateurs assermentés sont soumis à
la surveillance du tribunal de commerce . Ils peuvent être
révoqués par le roi.
Art. 460. Les liquidateurs nommés prêtent, dans les
quinze jours de leur nomination, à l'audience publique
du tribunal de commerce, le serment de bien et fidèle-
ment s'acquitter des fonctions de curateur aux fail-
lites .
Art. 461. Les honoraires des curateurs sont réglés
par le tribunal de commerce, suivant la nature et l'im-
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 145
portance de la faillite, d'après les bases qui seront éta-
blies par un arrêté royal .
Art. 462. Le tribunal de commerce pourra, à toutes
les époques, remplacer le juge-commissaire de la faillite
par un autre de ses membres , ainsi que révoquer les
curateurs ou l'un d'eux, les remplacer par d'autres ou en
augmenter le nombre .
Les curateurs dont la révocation sera demandée seront
préalablement appelés et entendus en chambre du con-
seil. Le jugement sera prononcé à l'audience .
Art. 463. Le juge-commissaire est chargé spéciale-
ment d'accélérer et de surveiller les opérations, la ges-
tion et la liquidation de la faillite ; il fera , à l'audience,
le rapport de toutes les contestations qu'elle pourra faire
naître ; il ordonnera les mesures urgentes nécessaires
pour la sûreté et la conservation des biens de la masse,
et il présidera les réunions des créanciers du failli.
Les ordonnances du juge-commissaire sont exécutoires
par provision. Les recours contre ces ordonnances seront
portés devant le tribunal de commerce .
Art. 464. Le procureur du roi peut assister à toutes
les opérations de la faillite, prendre inspection des livres
et papiers du failli, vérifier sa situation et se faire donner
par les curateurs tous les renseignements qu'il jugera
utiles .
Art. 465. Tout jugement rendu en matière de faillite
est exécutoire par provision ; le délai ordinaire pour en
interjeter appel n'est que de quinze jours, à compter de
la signification .
Ne seront susceptibles d'opposition, ni d'appel, ni de
recours en cassation :
1º Les jugements relatifs à la nomination ou au rem-
placement du juge-commissaire, à la nomination ou à la
révocation des curateurs ;
2º Les jugements qui statuent sur les demandes de
sauf-conduits ou de mise en liberté provisoire et sur
celles de secours pour le failli et sa famille ;
3º Les jugements qui autorisent à vendre les effets
ou marchandises appartenant à la faillite, ou, confor-
mément à l'article 453, §3, la remise de la vente d'objets
saisis ;
146 LIVRE III .
4° Les jugements qui prononceront sursis au con-
cordat;
5º Les jugements statuant sur les recours formés
contre les ordonnances du juge-commissaire rendues
dans les limites de ses attributions .
SECTION II . - DES FORMALITÉS RELATIVES A LA DÉCLARATION
DE FAILLITE ET DES PREMIÈRES DISPOSITIONS A L'ÉGARD DE
LA PERSONNE ET DES BIENS DU FAILLI.
Art. 466. Par le jugement qui déclarera la faillite, le
Ltribunal de commerce nommera un juge-commissaire et
ordonnera l'apposition des scellés. Il désignera un ou
plusieurs curateurs , selon l'importance de la faillite. Il
ordonnera aux créanciers du failli de faire au greffe la
déclaration de leurs créances dans un délai qui ne pourra
excéder vingt jours à compter du jugement déclaratif, et
il indiquera les journaux dans lesquels ce jugement et
celui qui pourra fixer ultérieurement l'époque de la ces-
sation de payement seront publiés, conformément à
l'article 472 .
Le même jugement désignera les jours et heures
✓auxquels il sera procédé, au palais de justice, à la clôture
du procès-verbal de vérification des créances et aux
débats sur les contestations à naître de cette vérification .
Ces jours seront fixés de manière qu'il s'écoule cinq jours
au moins et vingt jours au plus entre l'expiration du
délai accordé pour la déclaration des créances et la
clôture du procès-verbal de vérification, et un intervalle
semblable entre cette clôture et les débats sur les contes-
tations .
Le tribunal pourra, par le même jugement, charger le
juge-commissaire d'exercer toutes les attributions dévo-
lues au juge de paix, en vertu des dispositions du pré-
sent code concernant les faillites .
Art. 467. Lorsque le failli ne se sera pas conformé aux
articles 440 et 441, ou qu'il aura sciemment fourni des
renseignements inexacts sur sa situation, le tribunal, par
le même jugement ou par un jugement ultérieur, ordon-
nera le dépôt de sa personne dans la maison d'arrêt pour
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 147
dettes ou sa garde par un officier de police ou de justice
ou par un gendarme .
La disposition de tout jugement qui ordonnera le
dépôt ou la garde du failli sera immédiatement exécutée,
à la diligence soit des curateurs , soit du procureur du roi .
Art . 468. Si le tribunal estime que l'actif peut être
inventorié en un seul jour, il ordonnera qu'en présence
du juge-commissaire ou du juge de paix, il sera immédia-
tement procédé à l'inventaire, sans apposition préalable
des scellés .
Art. 469. Le greffier du tribunal de commerce adres-
sera sur- le-champ au juge de paix , s'il y a lieu, au pro-
cureur du roi et aux curateurs , avis des dispositions du
jugement qui auront ordonné l'apposition des scellés, le
dépôt ou la garde de la personne du failli et nommé
les dits curateurs .
Le juge de paix pourra, même avant le jugement,
apposer les scellés, soit d'office, soit sur la réquisition
d'un ou de plusieurs créanciers, mais seulement dans le
cas de disparition du débiteur ou de détournement de
tout ou partie de son actif.
Art. 470. Les curateurs nommés entreront en fonc-
tions immédiatement après le jugement déclaratif ; s'ils
n'ont pas été choisis parmi les liquidateurs assermentés ,
ils prêteront préalablement, devant le juge-commissaire,
le serment de bien et fidèlement s'acquitter des fonctions
qui leur sont confiées ; ils géreront la faillite en bons
1
pères de famille, sous la surveillance du juge-commis-
saire, et , s'il y a lieu, ils requerront sur-le-champ l'appo-
sition des scellés .
Les scellés seront apposés sur les magasins, comptoirs,
✓caisses,
failli .
portefeuilles,livres,papiers, meubles et effets du
En cas de faillite d'une société en nom collectif, ou en
commandite, les scellés seront apposés non seulement
dans le siège principal de la société, mais encore dans le
domicile de chacun des associés solidaires .
Dans tous les cas, le juge de paix donnera, sans délai,
avis de l'apposition des scellés par lui faite au président
du tribunal de commerce et aux curateurs nommés à la
faillite .
148 LIVRE III .
Art. 471. Ne seront point placés sous les scellés, ou
en seront extraits et remis aux curateurs :
1º Les livres du failli, après avoir été arrêtés par le
juge de paix, qui constatera par son procès-verbal l'état
dans lequel ils se trouvent ;
2º Les effets de portefeuille à courte échéance ou sus-
ceptibles d'acceptation, ou pour lesquels il faudra faire
des actes conservatoires : le bordereau en sera remis au
juge-commissaire ;
3º Les objets sujets à dépérissement prochain ou à
dépréciation imminente ;
4º Les objets servant à l'exploitation du fonds de com-
merce dans le cas prévu par l'article 475 ;
5º Les objets compris dans l'état mentionné à l'arti-
cle 476 .
Les objets mentionnés au présent article seront de suite
inventoriés par les curateurs en présence du juge de
paix, qui signera le procès-verbal.
Art. 472. Le jugement déclaratif de la faillite et celui
qui aura fixé ultérieurement la cessation de payement
seront, à la diligence des curateurs et dans les trois jours
de leur date, affichés dans l'auditoire du tribunal de com-
merce où ils resteront exposés pendant trois mois . Ils
seront, également dans les trois jours, insérés par
extraits dans les journaux qui s'impriment dans les lieux
ou dans les villes les plus rapprochées des lieux où le
failli a son domicile ou des établissements commerciaux,
et qui auront été désignés par le tribunal de commerce.
Il sera justifié de cette insertion par les feuilles conte-
nant les dits extraits, avec la signature de l'imprimeur
légalisée par le bourgmestre .
Art. 473. Le jugement déclaratif de la faillite et celui
qui aura fixé l'époque de la cessation de payement seront
susceptibles d'opposition de la part des intéressés qui n'y
auront pas été parties .
L'opposition ne sera recevable que si elle est formée
par le failli dans la huitaine, et par toute autre partie
intéressée dans la quinzaine de l'insertion de ces juge-
ments dans celui des journaux mentionnés à l'article 472
qui s'imprime dans le lieu le plus voisin de leur domi-
cile.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 149
Art. 474. Si un débiteur, en faisant l'aveu de sa faillite ,
a déclaré que son actif est plus que suffisant pour payer
toutes ses dettes, et s'il a demandé un sursis, le tribunal
de commerce, sans arrêter la marche de la faillite,
pourra ordonner la vérification immédiate de l'état de
ses affaires par un ou plusieurs experts ; et si, d'après le
résultat de cette vérification, il reconnaît que l'actif du
débiteur dépasse réellement son passif, il ordonnera la
convocation immédiate des créanciers, et il sera procédé
comme il est dit au titre IV .
Art . 475. Dans le cas prévu par l'article précédent, et
Ndans tous les cas si le failli a demandé un concordat et si
l'intérêt des créanciers l'exige, le tribunal, sur le rapport
du juge-commissaire, et après avoir entendu les cura-
teurs , pourra ordonner que les opérations commerciales
du failli seront provisoirement continuées par ceux-ci ou
par un tiers sous leur surveillance . Le tribunal, sur le
rapport du juge-commissaire, et après avoir entendu les
curateurs, pourra toujours modifier ou révoquer cette
mesure .
d Art. 476. Les curateurs pourront, avec l'autorisation
du juge-commissaire, délivrer au failli et à sa famille ,
des vêtements, hardes, linges, meubles et effets néces-
saires à leur propre usage . Les curateurs rédigeront un
état de ces objets .
Le failli pourra, en outre, obtenir pour lui et sa famille
des secours alimentaires , qui seront fixés par le tribunal,
sur la proposition des curateurs et le rapport du juge-
commissaire .
Art. 477. Les curateurs pourront, sur l'autorisation
du juge-commissaire, vendre immédiatement les objets
sujets à dépérissement prochain ou à dépréciation immi-
nente .
Les autres objets ne pourront être vendus, avant le
rejet du concordat, qu'en vertu de l'autorisation du tri-
bunal , qui, sur le rapport du juge-commissaire, et le failli
entendu ou dûment appelé, déterminera le mode et les
conditions de la vente .
Art . 478. Les lettres adressées au failli seront remises
aux curateurs qui les ouvriront ; si le failli est présent, il
assistera à leur ouverture .
7
150 LIVRE III .
Art. 479. Les curateurs rechercheront et recouvreront,
sur leurs quittances, toutes les créances ou sommes dues
au failli. Les deniers provenant des ventes et recouvre-
ments faits par les curateurs seront, sous la déduction
des sommes arbitrées par le juge-commissaire, versés à
la caisse des consignations dans les huit jours de la
recette . En cas de retard, les curateurs devront les inté-
rêts commerciaux des sommes qu'ils n'auront pas ver-
sées , sans préjudice à l'application des articles 459 et 462 .
Art . 480. Les sommes versées à la caisse des consi-
gnations pour le compte de la faillite ne pourront être
retirées que sur mandats des curateurs visés par le juge-
commissaire . La remise en sera faite sans autres forma-
lités, sur ces mandats, qui pourront être délivrés au
profit ou à l'ordre des créanciers de la faillite (1) .
Art. 481. Lorsque le tribunal aura ordonné le dépôt
du failli ou la garde de sa personne, le juge-commissaire
pourra, d'après l'état apparent de ses affaires, proposer
de lui accorder un sauf-conduit provisoire. Le tribunal ,
en accordant ce sauf-conduit, pourra obliger le failli à
fournir caution de se représenter, sous peine de paye-
ment d'une somme que le tribunal arbitrera, et qui, le
cas avenant, sera dévolue à la masse .
Le failli pourra demander sa mise en liberté au tribu-
bunal qui statuera en audience publique, après avoir
entendu le juge commissaire .
Art. 482. Le failli ne peut s'absenter sans l'autorisa-
tion du juge-commissaire. Il sera tenu de se rendre à
toutes les convocations qui lui seront faites , soit par le
juge-commissaire, soit par les curateurs.
Dans tous les cas où la présence du débiteur incarcéré
ou gardé hors de prison sera nécessaire aux opérations
de la faillite, il sera, sur l'ordre du juge-commissaire,
extrait de la prison ou du lieu où il est gardé, et conduit
là où sa présence sera requise .
Le failli pourra comparaître par fondé de pouvoir, s'il
justifie de causes d'empêchement reconnues valables par
le juge-commissaire .
(1) Voir, aux Lois usuelles , vo Chèques, la loi du 20juin 1873.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 151
✓d'eux
[Link]
[Link]
Les curateurs appelleront le failli auprès
et arrêter les livres et écritures en sa
présence.
Art. 484. Les curateurs procéderont immédiatement
à la vérification et la rectification du bilan. S'il n'a pas
été déposé, ils le dresseront, à l'aide des livres et papiers
du failli et des renseignements qu'ils pourront se pro-
curer, et ils le déposeront au greffe du tribunal de com-
merce .
Art. 485. Le juge-commissaire est autorisé à enten-
dre le failli, ses commis et employés et toute autre per-
sonne, tant sur ce qui concerne la vérification ou la for-
mation du bilan, que sur les causes et circonstances de
la faillite .
Art . 486. Lorsqu'un commerçant aura été déclaré en
faillite après son décès , ou lorsque le failli viendra à dé-
céder après l'aveu de sa faillite, sa veuve, ses enfants ou
ses héritiers pourront se présenter ou se faire représen-
ter pour le suppléer dans la formation du bilan, ainsi que
dans toutes les opérations de la faillite .
Art. 487. A compter de leur entrée en fonctions , les
curateurs seront tenus , sous leur responsabilité person-
nelle, de faire tous les actes pour la conservation du droit
du failli contre ses débiteurs .
Ils seront aussi tenus de requérir l'inscription des
hypothèques sur les immeubles des débiteurs du failli, si
elle n'a pas été requise par lui ; l'inscription sera prise au
nom de la masse par les curateurs , qui joindront à leur
bordereau un certificat du greffier constatant leur nomi-
nation.
Ils seront tenus, en outre, de prendre inscription au
nom de la masse des créanciers , sur les immeubles du
failli dont ils connaîtront l'existence . L'inscription sera
reçue sur un simple bordereau énonçant qu'il y a faillite
et relatant la date du jugement par lequel ils auront été
nommés .
Art . 488. Dans les trois jours de leur entrée en fonc-
tions, les curateurs requerront, s'il y a lieu, la levée des
scellés , et procéderont à l'inventaire des biens du failli,
lequel sera présent ou dûment appelé .
Les curateurs pourront, avec l'autorisation du juge
152 LIVRE III .
commissaire , se faire aider, pour sa rédaction comme pour
l'estimation des objets, par qui ils jugeront convenable.
Art. 489. L'inventaire sera dressé par les curateurs à
mesure que les scellés seront levés ; le juge de paix y
assistera et le signera à chaque vacation ; la minute sera
déposée , dans les vingt-quatre heures de sa clôture défi-
nitive, au greffe, où les curateurs pourront en prendre
copie sans frais et sans déplacement.
Il sera fait récolement des objets qui, conformément à
l'article 471 , n'auront pas été mis sous les scellés ou qui
en auront été extraits et inventoriés .
Art. 490. En cas de déclaration de faillite après décès ,
lorsqu'il n'aura point été fait d'inventaire antérieurement
à cette déclaration ou en cas de décès du failli avant
l'ouverture de l'inventaire, il y sera procédé immédiate-
ment dans les formes du précédent article, en présence
des héritiers ou eux dûment appelés .
Art. 491. L'inventaire terminé , les marchandises , l'ar-
gent, les papiers, les titres actifs , meubles et effets du
débiteur seront remis aux curateurs, qui s'en chargeront
au pied du dit inventaire.
Art. 492. Les curateurs pourront avec l'autorisation
du juge-commissaire , et le failli dûment appelé, transiger
sur toutes les contestations qui intéressent la masse,
même sur celles qui sont relatives à des actions et droits
immobiliers .
Lorsque la transaction portera sur des droits immobi-
liers, ou quand son objet sera d'une valeur indéterminée
ou qui excède 300 francs, la transaction ne sera obliga-
toire qu'après avoir été homologuée, sur le rapport du
juge-commissaire. Si la contestation sur laquelle il aura
été transigé était de la compétence du tribunal civil, la
transaction sera homologuée par ce tribunal .
Le failli sera appelé à l'homologation ; il aura, dans
tous les cas, la faculté de s'y opposer. Son opposition
suffira pour empêcher la transaction, si elle a pour objet
des biens immobiliers .
Les curateurs pourront aussi , avec l'autorisation du
tribunal de commerce, le failli dûment appelé , déférer le
serment litisdécisoire à la partie adverse, dans les con-
testations dans lesquelles la faillite sera engagée .
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 153
Art. 493. Les curateurs pourront employer le failli
pour faciliter et éclairer leur gestion. Le juge-commis-
saire fixera les conditions de son travail .
A
Art. 494. En toute faillite, les curateurs, dans la
quinzaine de leur entrée en fonctions, seront tenus de
remettre au juge-commissaire un mémoire ou compte
sommaire de l'état apparent de la faillite, de ses princi-
pales causes et circonstances, et des caractères qu'elle
paraît avoir.
Le juge-commissaire transmettra immédiatement le
mémoire avec ses observations au procureur du roi. S'il
ne lui a pas été remis dans le délai prescrit, il en pré-
viendra le procureur du roi, et lui indiquera les causes
du retard .
Art. 495. Si le failli est poursuivi du chef de banque-
route simple ou frauduleuse, s'il y a mandat d'amener,
de dépôt ou d'arrêt décerné contre lui, le procureur du
roi en donnera connaissance sans délai au juge-commis-
saire, et dans ce cas celui-ci ne pourra proposer et le
tribunal ne pourra accorder ni mise en liberté ni sauf-
conduit..
CHAPITRE IV . DE LA DÉCLARATION ET DE LA VÉRIFI-
CATION DES CRÉANCES (1).
Art. 496. Les créanciers du failli sont tenus de déposer
au greffe du tribunal de commerce la déclaration de leurs
créances avec leurs titres, dans le délai fixé au jugement
déclaratif de la faillite. Le greffier en tiendra état et en
donnera récépissé.
Les créanciers sont avertis à cet effet par les publica-
tions et affiches prescrites par l'article 472. Ils le seront,
en outre, par une circulaire chargée à la poste, que les
curateurs leur adresseront aussitôt qu'ils seront connus .
Cette circulaire indiquera les jours et heures fixés pour
la clôture du procès-verbal de vérification des créances
et les débats de contestations à naître de cette vérification .
(1) Les procurations des créanciers sont exemptes du timbre. Elles doivent
être enregistrées .
154 LIVRE III .
Les bulletins de chargement seront et demeureront
annexés à la minute de la circulaire, qui sera visée par le
juge- commissaire.
Art . 497. S'il existe des créanciers, résidants ou domi-
ciliés hors du royaume, à l'égard desquels le délai fixé
par le jugement déclaratif de la faillite serait trop court,
le juge-commissaire le prolongera à leur égard selon les
circonstances ; il sera fait mention de cette prolongation
dans les circulaires adressées à ces créanciers, conformé-
ment à l'article 496.
Art . 498. La déclaration de chaque créancier énoncera
ses nom, prénoms, profession et domicile, le montant et
les causes de sa créance, les privilèges, hypothèques ou
gages qui y sont affectés et le titre d'où elle résulte.
Cette déclaration sera terminée par une affirmation
conçue dans les termes suivants :
« J'affirme que ma présente créance est sincère et
véritable, ainsi Dieu me soit en aide. "
Elle sera signée par le créancier, ou en son nom par
son fondé de pouvoirs ; dans ce cas, la procuration sera
annexée à la déclaration, et elle devra énoncer le mon-
tant de la créance et contenir l'affirmation prescrite par
le présentarticle .
Art. 499. La déclaration contiendra, de la part du
créancier non domicilié dans la commune où siège le
tribunal , élection du domicile dans cette commune.
A défaut d'avoir élu domicile, toutes significations et
toutes informations pourront leur être faites ou données
au greffe du tribunal.
Art. 500. La vérification des créances aura lieu, de la
✔ part
faite des curateurs,
au greffe, à mesure
elle sera opéréeque ladéclaration
en présence en sera
du juge-com-
missaire et à l'intervention du failli, ou lui dûment appelé .
Les titres en seront rapprochés des livres et écritures du
failli .
✔ Les créances des curateurs seront vérifiées par le juge-
commissaire .
Un procès-verbal des opérations sera dressé par les
curateurs et signé à chaque séance par eux et le juge- .
commissaire. Il indiquera le domicile des créanciers et
de leurs fondés de pouvoirs . Il contiendra la description
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 155
sommaire des titres produits, mentionnera les surcharges,
ratures et interlignes, et exprimera si la créance est
admise ou contestée.
En cas de contestation ou si la créance ne paraît pas
pleinement justifiée, les curateurs ajourneront leur déci-
sion jusqu'à la clôture du procès-verbal de vérification,
et si, au moment de cet ajournement, le créancier n'est
pas présent en personne ou par fondé de pouvoirs, ils
la poste .
Art. 501. Après la déclaration de chaque créance et
jusqu'au jour fixé pour les débats sur les contestations
qu'elle soulève , le juge-commissaire pourra, même
d'office, ordonner la comparution personnelle du créan-
cier ou de son fondé de pouvoirs ou de toutes personnes
qui pourront fournir des renseignements. Il dressera
procès-verbal de leurs dires. Il pourra aussi ordonner la
représentation de ses livres ou demander, en vertu d'un
compulsoire, qu'il en soit rapporté un extrait fait par le
juge du lieu .
Art. 502. Dans la séance fixée pour la clôture du
procès-verbal de vérification, toute créance déclarée qui
sera contestée ou qui n'aura pas encore été admise sera
examinée contradictoirement. Les curateurs signeront
sur le titre de chacune des créances admises et non con-
testées la déclaration suivante : Admis au passif de la
faillite de ... , pour la somme de le
Le juge-commissaire visera la déclaration ; il renverra
au tribunal toutes les contestations relatives aux créances
non admises. Toutefois, s'il y a des contestations qui,
à raison de la matière ne sont pas de la compétence du
tribunal de commerce, elles seront renvoyées devant le
juge compétent, pour la décision du fond, et devant le
tribunal de commerce, pour y être statué, conformément
à l'article 504, jusqu'à concurrence de quelle somme le
créancier contesté pourra prendre part aux délibérations
du concordat.
Art. 503. Le failli et les créanciers vérifiés ou portés
au bilan pourront assister à la vérification des créances
et fournir des contredits aux vérifications faites et à faire.
Après la clôture du procès-verbal de vérification, les
156 LIVRE III .
contredits aux vérifications faites et comprises dans ce
procès-verbal ne pourront, à peine de nullité, être formés
que par actes signifiés aux créanciers déclarants , et
déposés au greffe avec les pièces justificatives deux jours
avant l'audience fixée pour les débats sur les contesta-
tions .
Les contredits aux vérifications qui seraient faites après
la clôture du procès -verbal de vérification devront, sous
la même peine, être signifiés dans les dix jours qui sui-
vront l'admission de la créance contestée. Toutefois , ce
délai ne courra, à l'égard des créanciers admis posté-
rieurement à cette dernière époque, qu'à compter de la
vérification de leurs créances .
Art . 504. Au jour fixé par le jugement déclaratif pour
& les débats sur les contestations , le juge-commissaire fera
son rapport, et le tribunal ainsi saisi, sans attendre l'expi-
ration des délais qui auront été prolongés en vertu de
l'article 497, procédera sans citation préalable, par
urgence, toutes affaires cessantes , et, s'il est possible ,
par un seul jugement, à la décision de toutes les contesta-
tions relatives àla vérification des créances . Ce jugement
sera rendu après avoir entendu contradictoirement, s'ils
se présentent, les curateurs , le failli et les créanciers
opposants et déclarants .
Les contestations qui ne pourront recevoir une décision
immédiate seront disjointes ; celles qui ne seront pas de
la compétence du tribunal seront renvoyées devantle juge
compétent. Le tribunal pourra toutefois, dans l'un et
l'autre cas , décider par provision que les créanciers con-
testés seront admis dans les délibérations pour la forma-
tion du concordat, pour une somme qui sera déterminée
par le même jugement. S'il ne statue pas à cet égard, les
créanciers contestés ne pourront prendre part aux opéra-
tions de la faillite tant qu'il ne sera pas intervenu de dé-
cision sur le fond de la contestation .
Aucune opposition ne sera reçue contre le jugement
porté en exécution du présent article, ni contre ceux qui
statueront ultérieurement sur les contestations disjointes .
Le jugement qui prononcera une admission provision-
nelle de créanciers contestés ne sera , en outre, suscep-
tible ni d'appel ni de recours en cassation .
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 157
Art. 505. Toutes contestations , concernant la liqui-
dation des faillites , qui seraient de la compétence des
tribunaux civils, y seront portées à bref délai et jugées
par urgence . Il en sera de même pour toutes les contes-
tations de cette espèce qui seront portées devant les cours
d'appel .
Art. 506. Jusqu'au jugement à intervenir sur les
contestations, toutes les déclarations de créances, les
pièces produites à l'appui et tous actes, procès-verbaux,
contredits et requêtes y relatifs, resteront déposés au
greffe et seront, à toutes réquisitions, communiquées aux
intéressés .
Art. 507. Il sera tenu au greffe, pour chaque faillite,
un tableau divisé en colonnes et contenant, pour chaque
créance déclarée, les énonciations suivantes :
1º Le numéro d'ordre ;
2º Les nom, prénoms, profession et résidence du créan-
cier qui aura déposé sa déclaration et ses titres ;
3º La date de ce dépôt ;
4° Le montant de la créance déclarée ;
5° La désignation sommaire des biens ou objets sur
lesquels on prétend qu'elle serait hypothéquée ou privi-
légiée ;
6° Son admission au passif ou son rejet par les cura-
teurs;
7° La date de cette admission ou de ce rejet ;
8° Les contredits ;
9º Les noms des opposants ;
10° Les dates des contredits ;
11º Le jour auquel le procès-verbal de vérification sera
clos;
12º Le jouroù s'ouvriront les débats sur les contestations ;
13º Le sommaire de la décision définitive ;
14° La date de cette décision , et
15° Les autres renseignements qu'il pourra être utile
de porter à la connaissance des intéressés .
Ce tableau sera dressé parle greffier; les énonciations
exigées y seront faites successivement jour par jour, et
au fur et à mesure que les faits et circonstances auxquelles
elles se rattachent se reproduiront. Il sera, à toute réqui-
sition, communiqué aux intéressés.
7.
158 LIVRE III .
Art . 508. A défaut de déclaration et d'affirmation de
leurs créances dans le délai fixé par le jugement décla-
ratif de la faillite, et prolongé en vertu de l'article 497,
les défaillants connus ou inconnus ne seront pas com-
pris dans les répartitions ; toutefois ils pourront déclarer
et affirmer leurs créances jusqu'à la dernière distribu-
tion des deniers inclusivement. Leurs déclarations ne
suspendront pas les répartitions ordonnées ; mais si de
nouvelles répartitions sont ordonnées après ces déclara-
tions , ils y seront compris pour la somme qui sera provi-
soirement déterminée par le juge-commissaire, et qui
sera tenue en réserve jusqu'à ce que leurs créances aient
été admises . Dans tous les cas, les frais auxquels la véri-
fication et l'admission de ces créances auront donné lieu ,
resteront à leur charge, et ils ne pourront rien réclamer
sur les répartitions ordonnées avant leurs déclarations ;
mais ils auront droit à prélever sur l'actif non encore
réparti les dividendes afférents à leurs créances dans les
premières répartitions, s'ils justifient avoir été dans l'im-
possibilité de faire leur déclaration et affirmation dans
le délai prescrit .
CHAPITRE V. DU CONCORDAT (1).
SECTION Ire. DE L'ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS .
Art. 509. Immédiatement après le jugement porté en
exécution de l'article 504 et sans attendre les délais accor
dés en vertu de l'article 497, il sera passé outre à la for-
mation du concordat.
Le juge-commissaire ordonnera à cet effet la convoca-
tion des créanciers et fixera les lieu, jour et heure de la
réunion .
Le jour de cette réunion sera déterminé de manière
qu'elle ait lieu dans la quinzaine du jugement qui aura
été rendu en exécution de l'article 504, et qu'il soit laissé
à chacun des créanciers, entre sa convocation et le jour
(1) Voir, aux Lois usuelles, vo Faillites, la loi du 29 juin 1887 relative
au concordat préventif de la faillite.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 159
de la réunion, un délai de deux jours, augmenté d'un
jour par cinq myriamètres de distance entre le lieu de
son domicile réel et celui de la réunion .
Art . 510. La convocation des créanciers aura lieu
dans les trois jours qui suivront l'ordonnance du juge-
commissaire; elle sera faite à la diligence des curateurs,
par affiches et publication et par une circulaire adressée
individuellement aux créanciers dont les créances auront
été admises définitivement ou par provision ; le tout de la
manière et dans les formes prescrites par les articles 472
et496.
Art. 511. Aux lieu, jour et heure fixés par le juge-
commissaire, l'assemblée se formera sous sa présidence.
Les créanciers admis définitivement ou par provision ou
leurs fondés de pouvoirs y seront seuls admis .
Le failli sera appelé à cette assemblée ; il ne pourra s'y
faire représenter que pour des motifs valables et approu-
vés par le juge-commissaire .
Le juge-commissaire vérifiera les pouvoirs de ceux qui
se présenteront à l'assemblée comme fondés de procura-
tion . Les curateurs feront un rapport sur l'état de la fail-
lite, sur les formalités qui auront été remplies et les opé-
rations qui auront en lieu, et sur le résultat probable de
la liquidation. Le failli sera entendu. Le rapport des
curateurs sera remis, signé d'eux, au juge-commissaire,
qui dressera procès-verbal de ce qui aura été dit et décidé
dans l'assemblée .
SECTION II . DE LA FORMATION DU CONCORDAT (1) .
Art. 512. Sauf ce qui sera statué à l'article 520, il ne
pourra être consenti de traité entre les créanciers déli-
bérants et le débiteur failli qu'après l'accomplissement
des formalités ci-dessus prescrites (2) .
Ce traité ne s'établira que par le concours d'un nom-
bre de créanciers formant la majorité, et représentant,
(1) Les procurations des créanciers sont exemptes du timbre. Elles doivent
être enregistrées.
(2) L'article 520 a été abrogé par l'article 34 de la loi du 29 juin 1887.
160 LIVRE III .
en outre, les trois quarts de la totalité des créances ad-
mises définitivement ou par provision conformément au
chapitre IV ; le tout à peine de nullité .
Art. 513. Les créanciers hypothécaires inscrits ou
dispensés d'inscription et les créanciers privilégiés ou
nantis de gage, n'auront pas voix dans les opérations
relatives au concordat pour les dites créances, et elles n'y
seront comptées que s'ils renoncent à leurs hypothèques ,
gages ou privilèges .
Le vote au concordat emporte de plein droit cette renon-
ciation ; elle demeurera sans effet si le concordat n'est
pas admis .
Ces créanciers pourront toutefois voter au concordat,
en ne renonçant àleurs privilèges, hypothèques ou gages
que pour une quotité de leurs créances équivalant au
moins à la moitié ; dans ce cas, ces créances ne seront
comptées que pour cette quotité dans les opérations rela-
tives au concordat.
Art. 514. Tout concordat est interdit si le failli se
trouve dans le cas prévu par l'article 495, ou s'il a été
condamné comme banqueroutier frauduleux.
Dans le cas prévu par l'article 495, les créanciers
convoqués pour délibérer sur le concordat pourront, à la
double majorité prescrite par l'article 512, surseoir à sta-
tuer jusqu'après l'issue des poursuites . Le rejet du sursis
emportera rejet du concordat.
Art. 515. Le concordat sera, à peine de nullité, signé
séance tenante . S'il est consenti seulement par la majo-
rité en nombre ou par la majorité des trois quarts en
somme, la délibération sera remise à huitaine pour tout
délai ; dans ce cas, les résolutions prises et les adhésions
données lors de la première assemblée demeureront sans
effet.
Art. 516. Tous les créanciers ayant eu droit de con-
courir au concordat, ou dont les droits auront été recon-
nus depuis, pourront y former opposition .
L'opposition sera motivée et devra être signifiée aux
curateurs et au failli dans les cinq jours qui suivront le
concordat ; le tout à peine de nullité. Dans les cinq jours
qui suivront cette signification, les curateurs et le failli
pourront faire notifier leur requête en réponse à l'oppo-
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 161
sition et la déposer au greffe avec les pièces dont ils feront
usage .
Immédiatement après ce délai , sans autres formalités
ou procédures , le juge-commissaire fera son rapport sur
les caractères de la faillite et l'admissibilité du concordat,
et le tribunal statuera par un seul jugement sur les oppo-
sitions et l'homologation. Les parties pourront toutefois
comparaître ou se faire représenter à l'audience pour y
exposer sommairement les moyens à l'appui de leurs
prétentions.
S'il n'a été nommé qu'un seul curateur et s'il se rend
opposant au concordat, il devra provoquer la nomination
d'un autre curateur vis-à-vis duquel il sera tenu de rem-
plir les formes prescrites au présent article.
Si lejugementde l'opposition
oppositi
est subordonné à la solu-
tion de questions étrangères, à raison de la matière, à la
compétence du tribunal de commerce, ce tribunal sur-
seoira à prononcer jusqu'après la décision de ces ques-
tions .
Art. 517. En cas d'inobservation des dispositions ci-
dessus prescrites , ou lorsque des motifs tirés soit de l'in-
térêt public, soit de l'intérêt des créanciers, paraîtront de
nature à empêcher le concordat, le tribunal en refusera
l'homologation. Dans ce cas, le concordat sera annulé à
l'égard de tous les intéressés .
Art. 518. L'homologation du concordat le rendra obli-
gatoire pour tous les créanciers portés ou non portés au
bilan, vérifiés ou non vérifiés, et même pour les créan-
ciers mentionnés à l'article 497, ainsi que pour ceux qui,
en vertu de l'article 504, auraient été admis par provision
à délibérer, quelle que soit la somme que le jugement
définitif leur attribuerait ultérieurement. Elle conservera
à chacun des créanciers, sur les immeubles du failli,
l'hypothèque inscrite en vertu du dernier paragraphe de
l'article 487. A cet effet, les curateurs feront inscrire aux
hypothèques le jugement d'homologation, à moins qu'il
n'en ait été décidé autrement par le concordat.
Art. 519. Aussitôt après que le jugement d'homolo-
gation sera passé en force de chose jugée, les fonctions
des curateurs cesseront.
Les curateurs rendront au failli leur compte définitif
1
162 LIVRE III .
en présence du juge-commissaire ; ce compte sera dé-
battu et arrêté . Les curateurs remettront au failli l'uni-
versalité de ses biens, livres, papiers et effets ; le failli
en donnera décharge, et il sera dressé du tout procès-
verbal par le juge-commissaire .
En cas de contestation, le tribunal de commerce pro-
noncera, sur le rapport du juge-commissaire .
Art, 520 . . (1) .
SECTION III . DE L'ANNULATION ET DE LA RÉSOLUTION
DU CONCORDAT .
Art. 521. Le concordat sera nul de plein droit si ,
depuis son homologation, le failli a été condamné pour
banqueroute frauduleuse.
Lorsque, après l'homologation du concordat, le faillisera
poursuivi pour banqueroute frauduleuse ou placé sous
mandat de dépôt ou d'arrêt, ou sous mandat d'amener en
cas de fuite, le tribunal de commerce pourra, sur le rap-
port du juge-commissaire, prescrire telles mesures con-
servatoires qu'il appartiendra . Ces mesures cesseront, de
plein droit, du jour de la déclaration qu'il n'y a lieu à
suivre , de l'ordonnance d'acquittement ou de l'arrêt
d'absolution .
Art. 522. Aucune action en nullité de concordat ne
sera recevable après l'homologation que pour cause de
dol découvert depuis cette homologation, et résultant
soit de la dissimulation de l'actif, soit de l'exagération du
passif.
La nullité du concordat, soit pour dol , soit par suite de
condamnation pour banqueroute frauduleuse, opère de
plein droit même à l'égard des cautions.
Art. 523. En cas d'inexécution, par le failli, des con-
ditions de son concordat, la résolution de ce traité pourra
être poursuivie contre lui devant le tribunal de com-
merce, en présence des cautions, s'il en existe, ou elles
dûment appelées .
(1) Abrogé par l'article 34 de la loi du 29 juin 1887, relative au concordat
préventif de la faillite. Voir aux Lois usuelles .
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 163
La résolution du concordat ne libérera pas les cautions
qui y seront intervenues pour en garantir l'exécution
totale ou partielle.
Art. 524. Par le jugement qui prononcera soit l'annu-
lation, soit la résolution du concordat, ou dans les cas
prévus par l'article 521 , par un jugement rendu à la
requête d'un ou de plusieurs créanciers , ou même d'office
sur le rapport du juge-commissaire, le tribunal de com-
merce chargera les curateurs précédemment nommés de
reprendre leurs fonctions ou en nommera de nouveaux,
et il ordonnera aux créanciers du failli, postérieurs à
l'homologation du concordat, de faire la déclaration de
leurs créances dans le délai fixé à l'article 466 .
Ce qui est prescrit aux articles 469 et 472 sera observé
à l'égard de ce jugement.
Les curateurs pourront faire apposer les scellés . Ils
procéderont sans retard, avec l'assistance du juge de paix
ou du juge-commissaire, s'il a été chargé de l'apposition
des scellés sur l'ancien inventaire, au récolement des
valeurs , actions et papiers, et feront, s'il y a lieu, un
supplément d'inventaire. Ils dresseront un bilan supplé-
mentaire, et ils adresseront aux nouveaux créanciers la
circulaire mentionnée à l'article 496.
Art. 525. Les nouvelles créances seront déclarées
affirmées et vérifiées conformément aux dispositions du
chapitre IV .
Il n'y aura pas lieu à nouvelle vérification des créances
antérieurement admises au passif, sans préjudice néan-
moins du rejet ou de la réduction de celles qui, depuis ,
seraient éteintes en tout ou en partie .
Art . 526. Sont nuls et sans effet les différents actes
mentionnés à l'article 445 , faits par le failli postérieure-
ment au jugement d'homologation et antérieurement à
l'annulation ou à la résolution du concordat . Les autres
actes faits dans cet intervalle par le failli ne seront annu-
lés que s'ils ont été consentis au préjudice de l'exécution
du concordat ou en fraude des droits des créanciers .
Art. 527. Les créanciers antérieurs au concordat ren-
treront dans l'intégralité de leurs droits à l'égard du
failli seulement ; mais ils ne pourront figurer dans la
masse que dans les proportions suivantes, savoir : s'ils
164 LIVRE III .
n'ont touché aucune part du dividende, pour l'intégralité
de leurs créances ; s'ils ont reçu une partie du dividende,
pour la portion de leurs créances primitives correspon-
dant à la portion du dividende promis qu'ils n'auront pas
touchée.
Les dispositions du présent article sont applicables au
cas où une seconde faillite viendra à s'ouvrir sans qu'il
y ait eu préalablement annulation ou résolution du con-
cordat.
CHAPITRE VI . DE LA LIQUIDATION DE LA FAILLITE .
Art . 528. S'il n'intervient point de concordat, les
curateurs continueront à représenter la masse des créan-
ciers , et procéderont à la liquidation de la faillite ; ils
feront vendre les immeubles , marchandises et effets mo-
biliers et liquideront les dettes actives et passives ; le tout
sous la surveillance du juge-commissaire, en se confor-
mant aux dispositions des articles 479 et 480, et sans qu'il
soit besoin d'appeler le failli.
Ils pourront transiger de la manière prescrite par l'ar-
ticle 492, sur toute espèce de droits appartenant au failli,
nonobstant toute opposition de sa part.
Art. 529. Les créanciers pourront néanmoins donner
mandat, soit aux curateurs, soit à un tiers, sous la sur-
veillance des curateurs, pour continuer l'exploitation de
l'actif.
La délibération qui leur conférera ce mandat en déter-
minera la durée et l'étendue, et fixera les sommes que les
curateurs pourront garder entre leurs mains à l'effet de
pourvoir aux frais et dépenses ; elle devra être prise im-
médiatement après le rejet du concordat, en présence du
juge-commissaire et à la majorité en nombre et en
sommes déterminée par l'article 512.
La voie de l'opposition sera ouverte contre cette délibé-
ration au failli et aux créanciers dissidents . Cette oppo-
sition ne sera pas suspensive de l'exécution .
Si les opérations des curateurs ou mandataires entraî-
nent des engagements qui excèdent l'actif, les créanciers
qui auront autorisé ces engagements seront seuls tenus
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 165
personnellement au delà de leur part dans l'actif, mais
seulement dans les limites du mandat qu'ils auront donné.
Ils contribueront au prorata de leurs créances .
Art. 530. Lorsqu'une société en nom collectif est en
faillite, les créanciers pourront ne consentir au concor-
dat qu'en faveur d'un ou de plusieurs des associés ; en ce
cas, tout l'actif social demeurera soumis au régime de la
faillite ; les biens personnels de ceux avec lesquels le
concordat aura été consenti en seront exclus, et le traité
particulier conclu avec eux ne pourra contenir l'engage-
ment de payer un dividende que sur des valeurs étran-
gères à l'actif social .
L'associé qui aura obtenu un concordat spécial sera
déchargé de toute solidarité.
Art . 531. Immédiatement après le rejet du concordat,
les créanciers assemblés seront consultés sur le maintien
du secours alimentaire accordé en vertu de l'article 476
ou sur celui qui pourra être accordé ultérieurement au
failli et à sa famille sur l'actif de la faillite . Si la majo-
rité des créanciers présents y consent, le secours sera
maintenu ou pourra être accordé . Les curateurs en
proposeront la quotité, qui sera fixée par le juge-commis-
saire, sauf recours au tribunal , de la part des curateurs
seulement.
Art. 532. Après le rejet ou l'annulation du concordat,
le juge-commissaire pourra convoquer les créanciers
lorsqu'il le jugera nécessaire .
Les créanciers assemblés pourront, à la simple majo-
rité, avec l'autorisation du tribunal, le failli dûment
appelé, charger les curateurs de traiter à forfait de tout
ou partie des droits ou actions dont le recouvrement
n'aurait pas été opéré , et de les aliéner,
Art. 533. Lorsque la liquidation de la faillite sera ter-
minée, les créanciers seront convoqués par le juge-com-
missaire. Il pourra ordonner que le compte des curateurs
soit joint à cette convocation.
Dans cette assemblée, le compte sera débattu , le failli
présent ou dûment appelé. Le reliquat du compte formera
la dernière répartition .
En cas de contestation, il sera procédé comme il est dit
à l'article 519 , § 3.
166 LIVRE III .
Dans la même assemblée, les créanciers donneront
leur avis sur l'excusabilité du failli. Il sera dressé un
procès-verbal dans lequel chacun des créanciers pourra
faire consigner ses dires et observations .
Art. 534. Le juge-commissaire présentera au tribunal ,
en chambre du conseil, la délibération des créanciers
relative à l'excusabilité du failli, et un rapport sur les
caractères et les circonstances de la faillite, et le tribu-
nal prononcera si le failli est ou non excusable .
Ne pourront être déclarés excusables : les banquerou-
tiers frauduleux , le stellionataires, les personnes con-
damnées pour vol, faux , concussion, escroquerie ou abus
de confiance, les dépositaires, les tuteurs, administra-
teurs ou autres comptables qui n'auront pas rendu et
soldé leur compte.
Art. 535. Aucun débiteur commerçant ne sera receva-
ble à demander son admission au bénéfice de cession .
Si le failli est déclaré excusable, il demeurera affran-
chi de la contrainte par corps à l'égard des créanciers
de sa faillite , et ne pourra plus être poursuivi par eux
que sur ses biens, sauf les exceptions prononcées par les
lois spéciales .
S'il n'est pas déclaré excusable, les créanciers rentre-
ront dans l'exercice de leurs actions individuelles tant
contre sa personne que sur ses biens .
Art. 536. Si, à quelque époque que ce soit, avant la
convocation des créanciers pour délibérer sur le concor-
dat, il est reconnu que l'actif ne suffit pas pour couvrir les
frais présumés d'administration et de liquidation de la
faillite, le tribunal de commerce pourra, sur le rapport
du juge- commissaire , prononcer, même d'office, la clô-
ture des opérations de la faillite . Dans ce cas, les créan-
ciers rentreront dans l'exercice de leurs actions indivi-
duelles contre la personne et les biens du failli.
Le tribunal pourra, par le même jugement, prononcer
sur l'excusabilité du failli .
L'exécution du jugement qui aura prononcé cette
clôture sera suspendue pendant un mois .
Le failli ou tout autre intéressé pourra, à toute époque ,
le faire rapporter par le tribunal de commerce en justi-
fiant qu'il existe des fonds suffisants pour faire face aux
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 167
opérations de la faillite , ou en faisant verser à la caisse
des consignations une somme suffisante pour y pourvoir.
Dans tous les cas, les frais des poursuites exercées en
vertu du présent article devront être préalablement
acquittés (1).
CHAPITRE VII . DES DIFFÉRENTES ESPÈCES
DE CRÉANCIERS ET DE LEURS DROITS .
SECTION Ire. DES COOBLIGÉS ET DES CAUTIONS .
Art. 537. Le créancier porteur d'engagements sous-
crits , endossés ou garantis solidairement par le failli et
d'autres coobligés qui sont en faillite, participera aux
distributions dans toutes les masses, et y figurera pour la
valeur nominale de son titre jusqu'à son parfait et entier
payement .
Art. 538. Aucun recours, pour raison des dividendes
payés, n'est ouvert aux faillites des coobligés les uns
contre les autres, si ce n'est lorsque la réunion des divi-
dendes que donneraient ces faillites excéderait le mon-
tant de la créance en principal et accessoires , auquel cas
cet excédent sera dévolu, suivant l'ordre des engage-
ments, à ceux des obligés qui auraient les autres pour
garants .
Art . 539. Si le créancier porteur d'engagements
solidaires entre le failli et d'autres coobligés , ou garantis
par une caution , a reçu, avant la faillite, un acompte sur
sa créance, il ne sera compris dans la masse que sous la
déduction de cet acompte, et conservera, pour ce qui
restera dû, ses droits contre les coobligés ou la caution.
Art. 540. Le coobligé ou la caution qui aura fait le
payement partiel sera compris dans la masse pour tout
ce qu'il aura payé à la décharge du failli .
Art. 541. Nonobstant le concordat, les créanciers
conservent leur action pour la totalité de leur créance
contre les coobligés du failli.
(1) Voir, aux Lois usuelles , vo Faillites, la loi du 26 décembre 1882 sur
la procédure gratuite en matière de faillite.
168 LIVRE III .
SECTION II . DES CRÉANCIERS NANTIS DE GAGE ET
DES CRÉANCIERS PRIVILÉGIÉS SUR LES BIENS MEUBLES .
Art. 542. Les créanciers du failli qui seront valable-
ment nantis de gages ne seront inscrits dans la masse
que pour mémoire .
Art. 543. Les curateurs pourront, à toute époque, avec
l'autorisation du juge-commissaire, retirer les gages au
profit de la faillite en remboursant sa dette .
Art. 544. Si le gage n'est pas retiré par les curateurs,
et s'il est vendu par le créancier pour un prix qui excède
la créance, le surplus sera recouvré par les dits curateurs.
Si le prix est moindre que la créance, le créancier nanti
viendra à contribution pour le surplus dans la masse
comme créancier ordinaire .
Art. 545. Le salaire acquis aux ouvriers employés
directement par le failli pendant le mois qui aura précédé
la déclaration de faillite sera admis au nombre des
créances privilégiées au même rang que le privilège
établi par l'article 2101 du code civil, pour le salaire des
gens de service .
Les salaires dus aux commis pour les six mois qui
auront précédé la déclaration de faillite seront admis au
même rang.
Art. 546. Le privilège et le droit de revendication
établis par le n° 4 de l'article 2102 du code civil au profit
du vendeur d'effets mobiliers ainsi que le droit de résolu-
tion ne seront pas admis en cas de faillite.
Néanmoins ce privilège continuera à exister pendant
deux ans, à partir de la livraison, en faveur des fournis-
seurs de machines et appareils employés dans les éta-
blissements industriels .
Il n'aura d'effet que pour autant que, dans la quinzaine
de cette livraison, l'acte constatant la vente soit transcrit
dans un registre spécial , tenu à cet effet au greffe du
tribunal de commerce de l'arrondissement dans lequel le
débiteur aura son domicile, et, à défaut de domicile, au
greffe du tribunal dans lequel le débiteur aura sa rési-
dence. Le greffier du tribunal sera tenu de donner
connaissance de cette transcription à toutes les personnes
qui en feront la demande.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 169
Ce privilège pourra être exercé même dans le cas où
les machines et appareils seraient devenus immeubles
par destination ou par incorporation .
La livraison sera établie, sauf la preuve contraire, par
les livres du vendeur.
En cas de faillite du débiteur, déclarée avant l'expira-
tion des deux années de la durée du privilège, celui-ci
continuera à subsister jusqu'après la liquidation de la dite
faillite .
Art. 547. Les curateurs présenteront au juge-commis-
saire l'état des créanciers se prétendant privilégiés sur
les biens meubles , etle juge- commissaire autorisera, s'il
y a lieu, le payement de ces créanciers sur les premiers
deniers rentrés .
Si le privilège est contesté, le tribunal prononcera.
SECTION III . DES DROITS DES CRÉANCIERS HYPOTHÉCAIRES
ET PRIVILÉGIÉS SUR LES IMMEUBLES .
Art. 548. Lorsque la distribution du prix des immeubles
sera faite antérieurement à celle du prix des biens
meubles, ou simultanément, les créanciers privilégiés ou
hypothécaires non remplis sur le prix des immeubles
concourront à proportion de ce qui leur restera dû avec
les créanciers chirographaires, sur les deniers dévolus à
la masse chirographaire, pourvu toutefois que leurs
créances aient été affirmées et vérifiées suivant les formes
ci- dessus établies .
Art. 549. Si, avant la distribution du prix des im-
meubles, on procède à une ou plusieurs répartitions de
deniers , les créanciers privilégiés sur les immeubles et
les créanciers hypothécaires concourront à ces réparti-
tions dans la proportion de leurs créances totales , et
sauf, le cas échéant, la distraction dont il sera parlé
ci-après .
Art. 550. Après la vente des immeubles et le règlement
définitif de l'ordre entre les créanciers hypothécaires et
privilégiés , ceux d'entre eux qui viendront en ordre utile
sur le prix des immeubles, pour la totalité de leur
créance, ne toucheront le montant de leur collocation
170 LIVRE III .
hypothécaire que sous la déduction des sommes par eux
reçues dans la masse chirographaire .
Les sommes ainsi déduites ne resteront point dans la
masse hypothécaire, mais retourneront à la masse chiro-
graphaire au profit de laquelle il en sera fait distraction .
Art . 551. A l'égard des créanciers hypothécaires qui
ne seront colloqués que partiellement dans la distribution
du prix des immeubles, il sera procédé comme il suit .
Leurs droits sur la masse chirographaire seront définiti-
vement réglés d'après les sommes dont ils resteront
créanciers après cette collocation immobilière, et les
deniers qu'ils auront touchés au delà de cette proportion ,
dans la distribution antérieure, leur seront retenus sur
le montant de leur collocation hypothécaire, et réservés
dans la masse chirographaire .
Art. 552. Les créanciers hypothécaires qui ne viennent
pas en ordre utile seront considérés comme chirogra-
phaires et soumis comme tels aux effets du concordat et
de toutes les opérations de la masse chirographaire .
SECTION IV . DES DROITS DE LA FEMME EN CAS DE FAILLITE
DU MARI .
Art. 553. La femme dont les apports en immeubles ne
se trouveraient pas mis en communauté les reprendra en
nature , de même que ceux qui lui seront survenus par
succession ou donation entre -vifs ou testamentaire'.
Il en sera de même des immeubles acquis ensuite
d'échange contre des propres de la femme ou de remploi,
lorsque la stipulation de remploi aura été faite dans l'acte
d'acquisition et acceptée par la femme dix jours au moins
avant la cessation de payement.
Art . 554. La femme reprendra pareillement les im-
meubles acquis par elle ou en son nom des deniers
provenant des dites successions et donations, pourvu que
la déclaration d'emploi soit expressément stipulée au
contrat d'acquisition, et que l'origine des deniers soit
constatée par inventaire ou par tout autre acte authen-
tique.
Art. 555. Sous quelque régime qu'ait été formé le con-
d
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 171
trat de mariage, hors le cas prévu par l'article précédent,
la présomption légale est que les biens acquis par la
femme du failli appartiennent à son mari, ont été payés
de ses deniers et doivent être réunis à la masse de son
actif, sauf à la femme à fournir la preuve du contraire.
Art . 556. L'action en reprise, résultant des dispositions
des articles 553 et 554, ne sera exercée par la femme qu'à
charge des dettes et hypothèques dont les biens sont
légalement grevés, soit que la femme s'y soit volontaire-
ment obligée, soit qu'elle y ait été condamnée.
Art. 557. La femme dont le mari était commerçant à
l'époque de la célébration du mariage, ou le sera devenu
dans les deux ans qui auront suivi cette célébration,
ne pourra exercer dans la faillite aucune action à
raison des avantages portés au contrat de mariage ;
et dans ce cas les créanciers ne pourront se prévaloir
des avantages faits par la femme au mari dans le même
contrat .
Art. 558. Si la femme a payé des dettes pour son
marimplemen
de son mari , et elle ne pourra, en conséquence, exercer
aucune action dans la faillite, sauf la preuve contraire ,
comme il est dit à l'article 555.
Art. 559. La femme dont le mari est commerçant à
l'époque de la célébration du mariage, ou le sera devenu
dans les deux années qui auront suivi cette célébration,
n'aura hypothèque que sur les immeubles qui apparte-
naient à son mari à cette époque, ou qui lui sont échus
depuis par succession, et seulement :
1º Pour les deniers et effets mobiliers qu'elle aura ap-
portés en dot ou qui lui sont avenus depuis le mariage
par succession ou donation entre-vifs ou testamentaire,
et dont elle prouvera la délivrance ou le payement par
acte authentique ;
2º Pour le remploi de ses biens aliénés depuis le ma-
riage ;
3º Pour l'indemnité des dettes par elle contractées
avec son mari .
Art . 560. Tous les meubles meublants, effets mobi-
liers , diamants, tableaux , vaisselle d'or et d'argent et
autres objets, tant à l'usage du mari qu'à celui de la
172 LIVRE III .
femme, sous quelque régime qu'ait été formé le contrat
de mariage, seront dévolus aux créanciers, sans que la
femme puisse en recevoir autre chose que les habits et
linges à son usage, qui lui seront accordés d'après la dis-
position de l'article 476.
Toutefois, la femme pourra reprendre en nature les
effets mobiliers qu'elle s'est constitués par contrat de ma-
که riage ou qui lui sont avenus par succession, donations
entre-vifs ou testamentaires, et qui ne sont pas entrés en
communauté , pourvu que l'identité en soit prouvée par
inventaire ou tout autre acte authentique .
La femme judiciairement séparée de biens avant la
déclaration de la faillite reprendra également, et sous
les mêmes conditions, les effets mobiliers qui lui au-
ront été adjugés en exécution du jugement de sépa-
ration .
CHAPITRE VIII . DE LA RÉPARTITION
ENTRE LES CRÉANCIERS .
Art . 561. Le montant de l'actif mobilier du failli,
distraction faite des frais et dépenses de l'administration
de la faillite, des secours qui auraient été accordés
au failli ou à sa famille, et des sommes payées aux
créanciers privilégiés, sera réparti, entre tous les créan-
ciers , au marc le franc de leurs créances affirmées et vé-
rifiées .
A cet effet, les curateurs remettront tous les mois au
juge-commissaire un état de la situation de la faillite et
des deniers déposés à la caisse des consignations; le juge-
commissaire ordonnera, s'il y a lieu, une répartition entre
les créanciers et en fixera la quotité .
Les créanciers seront avertis des décisions du juge-
commissaire et de l'ouverture de la répartition , par cir-
culaires chargées à la poste de la manière prescrite par
l'article 496 .
Art . 562. S'il existe des créanciers non vérifiés , à
l'égard desquels le délai prolongé en vertu de l'article 497
n'estpas encore expiré, ou des créanciers dont les créances
déclarées et affirmées dans le délai prescrit ont donné
lieu à des contestations non encore jugées, il ne sera pro-
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 173
cédé à aucune répartition qu'après la remise en réserve
de la part correspondante à leurs créances , telles
qu'elles sont portées au bilan, quant aux premiers , et
telles qu'elles ont été déclarées et affirmées , quant aux
seconds .
Lorsque les créances appartenant à des créanciers
domiciliés ou résidant hors du royaume , à l'égard
desquels le délai aura été prolongé conformément à
l'article 498 , ne paraîtront pas portées sur le bilan d'une
manière exacte, le juge-commissaire pourra décider
que la réserve sera augmentée, sauf aux curateurs à se
pourvoir contre cette décision devant le tribunal de com-
merce .
Art. 563. Aucun payement ne sera fait par les cura-
teurs que sur la représentation du titre constitutif de la
créance .
Les curateurs mentionneront sur le titre la somme par
eux payée ou mandatée conformément à l'article 480 .
En cas d'impossibilité de représenter le titre, le juge-
commissaire pourra autoriser le payement sur le vu du
procès-verbal de vérification. Dans tous les cas, le créan-
cier donnera la quittance en marge de l'état de répar-
tition .
CHAPITRE IX . DE LA VENTE DES IMMEUBLES
DU FAILLI .
Art. 564. S'il n'y a pas de poursuites en expropria-
tion des immeubles, commencées avant le rejet ou l'an-
nulation du concordat, les curateurs seuls seront admis
à poursuivre la vente ; ils seront tenus d'y procéder
dans la huitaine, sous l'autorisation du juge-commis-
saire, suivant les formes prescrites par la loi du 12 juin
1816.
Les curateurs pourront toujours arrêter les poursuites
commencées, en procédant dans les mêmes formes, avec
l'autorisation du tribunal de commerce, le failli appelé,
à la vente des immeubles saisis .
Ils feront, dans ce cas, notifier au créancier poursuivant
et au failli, huit jours au moins avant la vente, les lieu,
jour et heure auxquels il y sera procédé.
8
174 LIVRE III .
Semblable notification sera faite dans le même délai à
tous les créanciers inscrits en leur domicile élu dans le
bordereau d'inscription.
Art. 565. Pendant quinzaine après l'adjudication,
toute personne aura le droit de surenchérir. La suren-
chère ne pourra être au-dessous du dixième du prix
principal de l'adjudication ; elle sera faite par exploit
d'huissier notifié au notaire qui aura procédé à l'adju-
dication et dénoncé aux curateurs et à l'adjudicataire.
L'adjudication par suite de surenchère sera faite, à la
requête des curateurs sans autorisation ultérieure, par
le même officier public et de la même manière que la
première adjudication .
Toute personne sera admise à concourir à cette adjudi-
cation, qui demeurera définitive et ne pourra être suivie
d'aucune autre surenchère .
CHAPITRE X. DE LA REVENDICATION .
Art. 566. Pourront être revendiquées, en cas de fail-
lite , les remises en effets de commerce ou autres titres
non encore payés, et qui se trouveront en nature dans le
portefeuille du failli à la date du jugement déclaratif de
la faillite, lorsque ces remises auront été faites par le
propriétaire avec simple mandat d'en faire le recouvre-
ment et d'en garder la valeur à sa disposition, ou lors-
qu'elles auront été de sa part spécialement affectées à
des payements déterminés.
Art. 567. Pourront être également revendiquées,
aussi longtemps qu'elles existeront en nature, en tout ou
en partie, les marchandises consignées au failli à titre
de dépôt ou pour être vendues pour le compte de l'en-
voyeur.
Pourra même être revendiqué le prix ou la partie du
prix des dites marchandises qui n'aura été ni payé ni
réglé en valeur, ni compensé en compte courant entre le
failli et l'acheteur.
Art . 568. Pourront aussi être revendiquées les mar-
chandises expédiées au failli, tant que la tradition n'en
aura point été effectuée dans ses magasins , ou dans ceux
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 175
du commissionnaire chargé de les vendre pour le compte
du failli.
Néanmoins , la revendication ne sera pas recevable, si ,
avant leur arrivée, les marchandises ont été vendues sans
fraude, sur connaissements , ou sur factures et lettres de
voiture signées par l'expéditeur.
Le revendiquant devra respecter les droits du créancier
gagiste saisi par un connaissement ou une lettre de voi-
ture (1).
Art. 569. Le revendiquant sera tenu de rembourser à
la masse les acomptes par lui reçus, ainsi que toutes
avances faites pour fret ou voiture, commission, assu-
rance ou autres frais , et de payer les sommes qui seraient
dues pour mêmes causes .
Art . 570. Pourront être retenues pour le vendeur les
marchandises par lui vendues qui ne seront pas délivrées
au failli, ou qui n'auront pas encore été expédiées, soit à
lui, soit à un tiers pour son compte.
Art . 571. Dans le cas prévu par les articles 568 et
570, et sous l'autorisation du juge-commissaire, les cura-
teurs auront la faculté d'exiger la livraison des marchan-
dises , en payant le prix convenu entre lui et le failli.
Art. 572. Les curateurs pourront, avec l'approbation
du juge-commissaire,
ge-commissar admettre les demandes en revendi-
cation, et, s'il y a contestation, le tribunal statuera sur le
rapport du juge-commissaire.
TITRE II . Des banqueroutes.
CHAPITRE Ier. DE LA BANQUEROUTE SIMPLE .
(Code pénal de 1867, art. 489 et 490.)
Art. 573. Sera déclaré banqueroutier simple , tout
commerçant failli qui se trouvera dans l'un des cas sui-
vants :
1º Si les dépenses personnelles ou les dépenses de sa
maison sont jugées excessives ;
(1) Les deux derniers alinéas ont été modifiés par la loi du 31 mai 1890.
176 LIVRE III .
2º S'il a consommé de fortes sommes au jeu, à des opé-
rations de purhasard, ou à des opérations fictives de bourse
ou sur marchandises .
3º Si, dans l'intention de retarder sa faillite, il a fait
des achats pour revendre au-dessous du cours ; si, dans
la même intention, il s'est livré à des emprunts, circula-
tions d'effets , et autres moyens ruineux de se procurer
des fonds ;
4° S'il a supposé des dépenses ou des pertes ou s'il ne
justifie pas de l'existence ou de l'emploi de l'actif de son
dernier inventaire et des deniers , valeurs, meubles et
effets , de quelque nature qu'ils soient, qui lui seraient
avenus postérieurement ;
5º Si , après la cessation de ses payements, il a payé ou
favorisé un créancier au préjudice de la masse .
Art. 574. Pourra être déclaré banqueroutiersimpletout
commerçant qui se trouvera dans l'un des cas suivants :
1° S'il a contracté pour le compte d'autrui, sans rece-
voir des valeurs en échange, des engagements jugés trop
considérables, eu égard à sa situation lorsqu'il les a con-
tractés ;
2° S'il est de nouveau déclaré en faillite , sans avoir
satisfait aux obligations d'un précédent concordat ;
3º Si , étant marié sous le régime dotal, ou séparé de
biens , il ne s'est pas conformé à l'article 69 (1) ;
4° S'il n'a pas fait l'aveu de la cessation de ses paye-
2liques ments dans le délai prescrit par l'article 440 ; si cet aveu
ne contient pas les noms de tous les associés solidaires ;
si, en le faisant, il n'a pas fourni les renseignements et
éclaircissements exigés par l'article 441, ou si ces rensei-
gnements ou éclaircissements sont inexacts .
5º S'il s'est absenté sans l'autorisation du juge-com-
missaire ou si, sans empêchement légitime, il ne s'est pas
rendu en personne aux convocations qui lui ont été faites
par le juge-commissaire ou par les curateurs ;
6° S'il n'a pas tenu les livres exigés par l'article 8 ; s'il
n'a pas fait l'inventaire prescrit par l'article 9 ; si ses
livres et inventaire sont incomplets ou irrégulièrement
(1) Voir, livre Ier, titre II, art. 14, ci-dessus p. 9.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 177
tenus, ou s'ils n'offrent pas sa véritable situation active et
passive, sans néanmoins qu'il y ait fraude.
Art. 575. Seront condamnés aux peines de la banque-
route simple, sans préjudice, s'il y a lieu, à l'application
de l'article 578 :
1º Ceux qui , dans l'intérêt du failli, auront soustrait,
dissimulé ou recélé tout ou partie de ses biens meubles
ou immeubles ;
2º Ceux qui auront frauduleusement présenté dans la
faillite et affirmé, soit en leur nom, soit par interposition
de personne, des créances supposées ou exagérées ;
3º Le créancier qui aura stipulé, soit avec le failli, soit
avec toutes autres personnes , des avantages particuliers
à raison de son vote dans les délibérations de la faillite ,
ou qui aura fait un traité particulier duquel résulterait,
en sa faveur, un avantage à la charge de l'actif du failli ;
4º Le curateur qui se sera rendu coupable de malver-
sation dans sa gestion .
Les coupables seront, en outre, condamnés à une
amende égale à la valeur des avantages illégalement sti-
pulés ou aux restitutions et dommages et intérêts dus à
la masse des créanciers, et qui ne pourra être moindre
de 100 francs .
Art . 576. Pourront être condamnés aux peines de laban-
queroute simple, les gérants des sociétés anonymes qui
n'auront pas fourni les renseignements qui leur auront été
demandés, soit par le juge-commissaire , soit par les cura-
teurs , ou qui auront donné des renseignements inexacts .
Il en sera de même de ceux qui, sans empêchement
légitime, ne se seront pas rendus à la convocation du
juge-commissaire ou du curateur.
CHAPITRE II . - DE LA BANQUEROUTE FRAUDULEUSE .
(Articles 489 et 490 du code pénal de 1867. )
Art. 577. Sera déclaré banqueroutier frauduleux ,
tout commerçant failli qui se trouvera dans l'un des cas
suivants :
1º S'il a soustrait ses livres ou s'il en a frauduleuse-
ment enlevé, effacé ou altéré le contenu ;
178 LIVRE III .
2º S'il a détourné ou dissimulé une partie de son actif ;
3º Si, dans ses écritures, soit par des actes publics ou
des engagements sous signature privée, soit par son
bilan , il s'est frauduleusement reconnu débiteur de
sommes qu'il ne devait pas .
Art . 578. Seront déclarés complices de banqueroutier
frauduleux, ceux qui , par l'un des moyens indiqués en
l'article 60 du code pénal, auront provoqué aux faits
mentionnés à l'article précédent, ou donné des instruc-
tions pour les commettre, et ceux qui auront, avec con-
naissance, aidé le banqueroutier frauduleux dans les faits
qui auront préparé ou facilité sa banqueroute ou dans
ceux qui l'auront consommée .
CHAPITRE III . DISPOSITIONS GÉNÉRALES .
Art. 579. Dans les cas prévus par les articles 575, 577
et 578, la cour ou le tribunal saisi statueront, lors même
qu'il y aurait acquittement :
1º D'office sur la réintégration à la masse des créan-
ciers de tous biens, droits ou actions frauduleusement
soustraits ;
2° Sur les dommages-intérêts qui seraient demandés
et que le jugement ou l'arrêt arbitrera.
Les conventions seront, en outre, déclarées nulles à
l'égard de toutes personnes et même à l'égard du failli .
Le créancier sera tenu de rapporter, à qui de droit, les
sommes ou valeurs qu'il aura reçues en vertu des conven-
tions annulées .
Art . 580. Dans le cas où l'annulation des actes ou
conventions frauduleux mentionnés aux articles 575 et 577
serait poursuivie par la voie civile, l'action sera portée
devant le tribunal de commerce dans le ressort duquel la
faillite s'est ouverte .
Art. 581. Les frais de poursuite en banqueroute simple
ou frauduleuse ne pourront être mis à la charge de la
masse qu'en cas d'acquittement, lorsque les curateurs, à
ce autorisés par une délibération prisé à la majorité indi-
viduelle des créanciers présents, se seront portés partie
civile.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 179
Art. 582. En cas de concordat, le recours du trésor
public contre le failli, pour les frais, ne pourra être
exercé qu'après l'expiration des termes accordés par ce
traité .
Art . 583. Tous arrêts ou jugements de condamnation
rendus en vertu des articles 573 à 578 seront affichés et
publiés de la manière et suivant les formes établies par
l'article 472, et aux frais des condamnés .
CHAPITRE IV . - DE L'ADMINISTRATION DES BIENS
EN CAS DE BANQUEROUTE .
Art. 584. Dans tous les cas de poursuite et de con-
damnation pour banqueroute simple ou frauduleuse, les
actions civiles, autres que celles dont il est parlé à l'ar-
ticle 579, resteront séparées , et toutes les dispositions
relatives aux biens prescrites pour la faillite seront exé-
cutées, sans qu'elles puissent être attribuées ni évoquées
aux tribunaux de police correctionnelle, ni aux cours
d'assises .
Art. 585. Seront cependant tenus les curateurs à la
faillite de remettre au ministère public les pièces, titres ,
papiers et renseignements qui leur seront demandés. Ces
pièces, titres et papiers seront, pendant le cours de l'ins-
truction, tenus en état de communication par la voie du
greffe ; cette communication aura lieu sur la réquisition
des curateurs, qui pourront y prendre des extraits privés
ou en requérir d'authentiques qui leur seront délivrés
sur papier libre et sans frais par le greffier.
Les pièces, titres et papiers dont le dépôt judiciaire
n'aura pas été ordonné seront, après l'arrêt ou le juge-
ment, remis aux curateurs , qui en donneront décharge.
TITRE III . De la réhabilitation .
Art . 586. Le failli qui aura intégralement acquitté,
on principal, intérêts et frais, toutes les sommes par lui
dues, pourra obtenir sa réhabilitation .
Il ne pourra l'obtenir, s'il est l'associé solidaire d'une
180 LIVRE III .
maison de commerce tombée en faillite, qu'après avoir
justifié que toutes les dettes de la société ont été intégra-
lement acquittées en principal, intérêts et frais, lors
même qu'un concordat particulier
particulier lui aurait été consenti.
Le failli pourra être réhabilité après sa mort.
Art . 587. Toute demande en réhabilitation sera adres-
sée à la cour d'appel dans le ressort de laquelle le failli
sera domicilié. Le demandeur joindra à sa requête les
quittances et autres pièces justificatives .
Le procureur général près la cour d'appel , sur la com-
munication qui lui aura été faite de la requête , en adres-
sera des expéditions certifiées de lui au procureur du roi
et au président du tribunal de commerce du domicile du
demandeur, et, s'il a changé de domicile depuis la faillite,
au procureur du roi et au président du tribunal de com-
merce de l'arrondissement où elle a eu lieu, en les char-
geant de recueillir tous les renseignements qui seront à
leur portée sur la vérité des faits qui auront été exposés .
A cet effet, à la diligence du procureur du roi, copie
de la dite requête restera affichée , pendant un délai de
deux mois , tant dans les salles d'audience du tribunal
civil et du tribunal de commerce qu'à la Bourse et à la
maison commune, et sera insérée par extraits dans les
papiers publics .
Art. 588. Tout créancier qui n'aura pas été payé inté-
gralement de sa créance , en principal , intérêts et frais ,
et toute autre partie intéressée , pourront, pendant la
durée de l'affiche , former opposition à la réhabilitation
par simple acte au greffe, appuyé de pièces justificatives .
Le créancier opposant ne pourra jamais être partie dans
la procédure relative à la réhabilitation .
Art. 589. Après l'expiration des deux mois , le procu-
d reur du roi et le président du tribunal de commerce trans-
mettront, chacun séparément, au procureur général près
la cour d'appel, les renseignements qu'ils auront recueil-
lis et les oppositions qui auront pu être formées ; ils y
joindront leur avis sur la demande.
Le procureur général près la cour d'appel fera rendre,
sur le tout , arrêt portant admission ou rejet de la de-
mande en réhabilitation . Si la demande est rejetée , elle
ne pourra être reproduite qu'après une année d'intervalle .
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 181
dArt. 590. L'arrêt portant réhabilitation sera adressé
tant au procureur du roi qu'au président des tribunaux
auxquels la demande aura été adressée. Ces tribunaux
en feront faire la lecture publique et la transcription sur
leurs registres.
Art. 591. Ne seront point admis à la réhabilitation,
les banqueroutiers frauduleux, les personnes condam-
rnées pour vol, faux, concussion, escroquerie ou abus de
confiance, les stellionataires , dépositaires, tuteurs , admi-
nistrateurs ou autres comptables qui n'auront pas rendu
et soldé leurs comptes.
Pourra être admis à la réhabilitation, le banqueroutier
simple qui aura subi la peine à laquelle il aura été con-
damné .
Art . 592. Nul commerçant failli ne pourra se présen-
ter à la Bourse, ni assister comme conseil ou représenter
Me les parties comme procureur fondé devant le tribunal de
commerce, à moins qu'il n'ait obtenu la réhabilitation,
TITRE IV. Des sursis de payement.
Art. 593. Le sursis de payement n'est accordé qu'au
commerçant qui, par suite d'événements extraordinaires
et imprévus, est contraint de cesser temporairement ses
payements, mais qui, d'après son bilan dùment vérifié, a
des biens ou moyens suffisants pour satisfaire tous ses
créanciers en principal et intérêts .
En cas de décès d'un commerçant, le sursis au paye-
ment de ses dettes pourra être accordé à ses héritiers
bénéficiaires , pour les causes et dans les conditions déter-
minées au paragraphe précédent.
Art. 594. Le débiteur s'adressera, par requête, simul-
tanément au tribunal de commerce dans l'arrondissement
duquel il estdomicilié et à la cour d'appel du ressort.
II joindra à sa requête :
1º L'exposé des événements sur lesquels il fonde sa
demande;
2º L'état détaillé et estimatif de son actif et de son
passif;
3º La liste nominative de ses créanciers, avec l'indica
8.
182 LIVRE III .
tion de leur domicile et du montant de leurs créances .
La requête adressée à la cour d'appel sera communi-
quée par le premier président au procureur général ; elle
devra être signée par un avoué près de cette cour.
Art. 595. La requête adressée au tribunal de com-
merce sera remise au greffier, qui en donnera récépissé
sans en dresser acte de dépôt.
Sur cette requête, le président fixera les lieu, jour et
heure auxquels, dans la quinzaine, les créanciers seront
convoqués, et il indiquera les journaux dans lesquels ,
outre le Moniteur belge, la convocation sera insérée.
Le tribunal , convoqué, s'il y a lieu , extraordinaire-
ment, nommera un ou plusieurs experts, qui procéde-
ront à la vérification de l'état des affaires du débiteur,
et commettra un de ses juges pour en surveiller les opé-
rations .
Le tribunal pourra, soit immédiatement, soit dans le
cours de l'instruction, accorder au débiteur un sursis
provisoire .
Dans ce cas, le tribunal nommera un ou plusieurs
commissaires chargés de surveiller et de contrôler les
opérations du débiteur pendant toute la durée de ce
sursis .
Art . 596. Les créanciers seront individuellement con-
voqués par le juge-commissaire et par lettres recomman-
dées et remises au bureau des postes huit jours au moins
avant celui qui aura été fixé pour la réunion ; la convoca-
tion sera, en outre, insérée à trois reprises différentes
dans le Moniteur belge, ainsi que dans les journaux dési-
gnés par le juge-commissaire.
Un exemplaire des journaux dans lesquels la convoca-
tion aura été insérée sera déposé au greffe avant la réu-
nion des créanciers .
Le débiteur déposera la somme présumée nécessaire
pour couvrir les frais de ces convocations et insertions ,
entre les mains du greffier par les soins duquel elles
seront faites .
Art. 597. Au jour indiqué, le juge-commissaire fera
son rapport au tribunal en présence des créanciers ou de
leurs fondés de pouvoirs .
Les créanciers ou leurs fondés de pouvoirs seront
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 183
entendus contradictoirement avec le débiteur ; ils décla-
reront individuellement le montant de leurs créances et
s'ils adhèrent ou n'adhèrent pas à la demande .
Il sera dressé du tout un procès-verbal détaillé, auquel
seront annexées les pièces qui auraient été produites
tant par les créanciers que par les débiteurs .
Le tribunal y joindra son avis motivé.
Art . 598. L'avis du tribunal, ainsi que toutes les
pièces relatives à la demande , seront transmis, dans les
trois jours , au procureur général près la cour d'appel
du ressort, qui les soumettra, avec ses conclusions, au
premier président ; celui-ci commettra un conseiller, sur
le rapport duquel la cour statuera dans la huitaine de la
réception des pièces .
Art. 599. La cour ne peut accorder de sursis , alors
même que l'actif suffira pour couvrir le passif, que si la
majorité des créanciers représentant, par leurs créances ,
les trois quarts de toutes les sommes dues, ont adhéré
expressément à la demande.
Les majorités du nombre des créanciers et des créances
s'établiront sans compter les créances et les personnes
des créanciers non comparants , dont la résidence à
l'étranger serait trop éloignée du lieu de la réunion pour
qu'ils aient pu s'y rendre ou s'y faire représenter au jour
fixé .
Ne compteront pas non plus les créances déclarées
privilégiées par l'article 605, ni les personnes auxquelles
ces créances sont dues .
Art. 600. La cour, en accordant un şursis, en fixe la
✔durée, qui ne pourra excéder douze mois.
Elle nommera un ou plusieurs commissaires chargés
✓de surveiller et de contrôler les opérations du débiteur
pendant toute la durée du sursis .
Le sursis peut être prolongé. Aucune prolongation ne
sera accordée pour plus de douze mois . Le bénéfice
✓sursis provisoires etdéfinitifs nepourraexister pendant
plus de deux ans au profit du même débiteur .
Néanmoins , il pourra être accordé une dernière pro-
longation d'un an au plus au débiteur qui justifiera avoir
✔liquidé, pendant les sursis précédents, au moins 60 pour
cent de son passif.
184 LIVRE III .
Toute prolongation de sursis devra être précédée d'une
information faite de la manière prescrite par les arti-
cles 594 et suivants .
Le rejet de la demande emporte, de plein droit, révo-
cation du sursis provisoire .
Le bénéfice du sursis ne passe pas aux héritiers du
débiteur auquel il a été accordé, sauf le cas d'acceptation
de la succession sous bénéfice d'inventaire .
Art . 601. Le jugement qui aura accordé un sursis pro-
visoire , ou l'arrêt qui aura accordé un sursis définitif ou
une prolongation de sursis, sera, à la diligence des com-
missaires surveillants , et dans les trois jours de sa date,
affiché dans l'auditoire du tribunal de commerce et
publié dans le Moniteur belge et dans les journaux dési-
gnés par le président, en vertu de l'article 595.
Art. 602. Les experts vérificateurs et les commis-
saires surveillants sont choisis parmi les personnes domi-
ciliées dans l'arrondissement .
Avant d'entrer en fonctions, les experts vérificateurs
prêteront, entre les mains du juge-commissaire, le ser-
ment de bien et fidèlement remplir leur mission .
Les commissaires surveillants prêteront le même
serment entre les mains du président du tribunal de
commerce .
Leurs honoraires sont taxés par le tribunal de com-
merce , d'après la nature et l'importance des affaires du
débiteur. Ils seront, ainsi que les déboursés, payés par
privilège .
Les créanciers du débiteur, qui auront été nommés
commissaires, n'auront pas droit à des honoraires .
Art . 603. Le payement des créances existant au
moment de la demande ne peut être fait, pendant la durée
du sursis, qu'à tous les créanciers proportionnellement à
leurs créances .
Lorsqu'il y aura des créances contestées, il sera pro-
cédé comme il est dit à l'article 562 du présent code.
Le débiteur ne pourra, sans l'autorisation des commis-
saires surveillants, aliéner, engager ou hypothéquer ses
biens, meubles ou immeubles, plaider, transiger, emprun-
ter, recevoir aucune somme, faire aucun payement, ni se
livrer à aucun acte d'administration .
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 185
En cas d'opposition, il sera statué par le tribunal de
commerce .
Art. 604. Pendant la durée du sursis , aucune voie
d'exécution ne peut être employée contre la personne
ou les biens du débiteur. La contrainte par corps ou les
saisies pratiquées avant le sursis demeureront en état,
mais le tribunal pourra, selon les circonstances , en
accorder mainlevée, après avoir entendu le débiteur, le
créancier et les commissaires surveillants .
Le sursis ne suspend pas le cours des actions intentées
ni l'exercice d'actions nouvelles contre le débiteur, à
moins que ces actions n'aient pour objet la demande de
payement d'une créance non contestée.
Toutefois, il ne pourra être pris, pendant la durée du
sursis provisoire et définitif, aucune inscription hypothé-
caire sur les immeubles du débiteur, en vertu de juge-
ments rendus durant les mêmes périodes .
Art. 605. Le sursis ne s'applique qu'aux engagements
contractés antérieurement à son obtention. Ilne profite
point aux codébiteurs, ni aux cautions qui ont renoncé
au bénéfice de discussion . Il est sans effet relativement :
1º Aux impôts et autres charges publiques, ainsi qu'aux
contributions pour les digues et polders ;
2º Aux créances garanties par des privilèges , hypo-
thèques ou nantissements ;
3º Aux créances dues à titre d'aliments ;
4° Aux fournitures de subsistances faites au débiteur
et à sa famille, pendant les six mois qui ont précédé le
sursis .
Art . 606. Les créanciers hypothécaires ou privilégiés
ne pourront, pendant la durée du sursis , faire procéder à
la saisie ou à la vente des immeubles et de leurs acces-
soires nécessaires à l'exercice de la profession ou de
l'industrie du débiteur, pourvu que les intérêts courants
des créances garanties soient exactement payés .
Art. 607. La révocation du sursis pourra être deman-
dée par un ou plusieurs créanciers ou par les commis-
saires surveillants , si le débiteur s'est rendu coupable de
dol ou de mauvaise foi , s'il a contrevenu à l'article 603,
ou s'il apparaît que son actif n'offre plus de ressources
suffisantes pour payer intégralement toutes ses dettes .
186 LIVRE III.
La demande de révocation sera adressée au tribunal de
commerce, qui, après avoir entendu le débiteur, statuera,
s'il s'agit d'un sursis provisoire, ou émettra son avis , s'il
s'agit d'un sursis définitif .
Tout arrêt ou jugement portant révocation de sursis
sera publié et affiché de la manière et dans les lieux pres-
crits par l'article 601.
Art . 608. Tout retrait d'une demande de sursis sera
adressé tant à la cour d'appel qu'au tribunal de com-
merce .
Il en sera donné acte sur la production de la preuve
qu'un avis annonçant la demande du retrait a été publié
préalablement dans la forme prescrite par l'article 595 .
Art. 609. Le jugement qui aura accordé, refusé ou
révoqué un sursis provisoire ne sera susceptible ni d'op-
position, ni d'appel .
Le débiteur pourra toutefois former opposition au
jugement portant révocation du sursis provisoire, si , par
suite d'un empêchement légitime, il n'a pas été entendu .
Les arrêts rendus en matière de sursis pourront être
déférés à la cour de cassation . '
Art. 610. Τous actes, pièces ou documents tendant à
éclairer la religion du tribunal et de la cour d'appel, sur
les demandes de sursis, pourront être produits et déposés
par le débiteur, les créanciers ou les commissaires sur-
veillants , sans qu'il soit nécessaire de les faire revêtir
préalablement de la formalité du timbre ou de l'enregis-
trement (1).
Seront enregistrés au droit fixe de 3 francs (2) les juge-
ments portant concession, prorogation ou révocation des
sursis provisoires .
Art. 611. Le débiteur sera puni de la même peine que
le banqueroutier simple :
1º Si, pour déterminer ou faciliter la délivrance du sur-
sis , il a, de quelque manière que ce soit, volontairement
dissimulé une partie de son passif ou exagéré son actif ;
(1) Les procurations des créanciers sont exemptes du timbre et de l'enre-
gistrement.
(2) Le droit est de 4 fr. 20 c.; la modification résulte de la loi du 28 juillet
1879.
FAILLITES ET BANQUEROUTES . 187
2º S'il a fait ou laissé intervenir aux délibérations
relatives à la demande de sursis un ou plusieurs créan-
ciers supposés, ou dont les créances à raison desquelles
ils ont pris part aux délibérations ont été exagérées .
Art . 612. Seront punis de la même peine ceux qui,
sans être créanciers , auraient pris part aux délibérations
relatives à la demande de sursis, ou qui, étant créanciers ,
auraient frauduleusement exagéré les créances à raison
desquelles ils ont concouru à ces délibérations .
Art. 613. En cas de faillite du débiteur, dans les six
mois qui suivront l'expiration du sursis, l'époque de ces-
sation de payement, par dérogation à l'article 442,
remontera, de plein droit, au jour de la demande de
sursis .
Indépendamment de la nullité prononcée par l'arti-
cle 445, sont nuls et sans effet tous les actes faits par le
débiteur, sans l'autorisation des commissaires surveil-
lants, dans les cas où cette autorisation est requise .
Art. 614. Le sursis de payement pourra être accordé
aux propriétaires d'établissements industriels qui ne sont
pas réputés commerçants par la loi .
Toutes les dispositions du présent titre sont applicables
à ce sursis, à l'exception de l'article 613.
Si, à l'expiration de ce sursis, il y a déconfiture ou ces-
sion de biens, les hypothèques prises en vertu de juge-
ments rendus pendant sa durée, ainsi que tous les actes
faits par le débiteur sans l'autorisation des commissaires
surveillants, dans le cas où cette autorisation est requise,
seront nuls et de nul effet.
LIVRE IV
DE LA JURIDICTION COMMERCIALE
TITRE PREMIER . De l'organisation des tribunaux
de commerce.
[PARTIE REVISÉE. ]
Cette matière est distraite du code de commerce : elle est
réglée par la loi du 18 juin 1869 , sur l'organisation judi-
ciaire (art. 32 à 66). Voir aux Lois usuelles .
TITRE II . De la compétence des tribunaux de commerce.
La compétence des tribunaux de commerce est réglée
par les articles 12 et 13 de la loi du 2 mars 1876, qui pro-
mulgue le titre premier du livre préliminaire du code de
procédure civile.
Art. 631 (code de 1808). Remplacé par les dispositions
suivantes (loi du 25 mars 1876) .
ART . 12. Les tribunaux de commerce connaissent :
1º Des contestations relatives aux actes réputés com-
merciaux par la loi, et spécialement des actions dirigées
par les tiers contre les facteurs ou commis de marchands,
à raison de leur trafic ;
2º Des contestations entre associés ou entre adminis-
trateurs et associés, pour raison d'une société de com-
merce ;
3º Des contestations relatives au transport des mar-
chandises et objets de toute nature par les chemins de fer
de l'Etat;
4° De tout ce qui concerne les faillites , conformément
à ce qui est prescrit au livre III du code de commerce.
DE LA FORME DE PROCÉDER . 189
ART. 13. Si la contestation a pour objet un acte qui
n'est pas commercial à l'égard de toutes les parties, la
compétence se détermine par la nature de l'engagement
du défendeur (1).
Art. 632. (Remplacé par l'article 2 de la loi du 15 dé-
cembre 1872.)
Art. 633. (Remplacé par l'article 3 de la loi du 15 dé-
cembre 1872.)
Art . 634. (Le 1º de cet article est remplacé par le 1º de
l'article 12 de la loi du 25 mars 1876.)
(Le 2º a disparu de la législation. Cette disposition était
inutile.)
Art. 635. ( Remplacé par l'article 12, 3º , susvisé de la
loi du 25 mars 1876.)
Art. 636. Ces dispositions sont abrogées,actes
les billets à
Art. 637. ordre étant rangés parmi réputés
commerciaux (2).
Art. 638. Cette disposition est abrogéc. Le paragraphe
final de l'article 2, livre ler, titre Ier (loi du 15 décembre
1872) répute actes de commerce toutes les obligations des
commerçants, à moins qu'il ne soit prouvé qu'elles aient
⚫une cause étrangère au commerce. Et les articles 12, 1º,
et 13 de la loi du 25 mars 1876 règlent la compétence des
tribunaux de commerce .
Art. 639. Remplacé par l'article 16 de la loi du 25 mars-
1876 : Le taux du dernier ressort est fixé à 2,500 francs
(1) Aux termes de l'article 86 de la loi du 31 juillet 1889, organique des
conseils de prud'hommes. les tribunaux de commerce connaissent en degré
d'appel des sentences rendues par les conseils de prud'hommes pour toutes
affaires, celles ayant trait aux mines exceptées, dépassant le taux de 500 fr.
Quand il n'existe pas de conscil de prud'hommes, c'est le juge de paix qui
est compétent nour connaitre du payement des salaires des gens de travail,
et sa compétence, sans appel, est limitée à 100 francs. Voir, aux Lois
usuelles , la loi du 25 mars 1876, art. 3, 50.
(2) Aux termes de l'article 2 de la loi du 15 décembre 1872, la loi répute
actes de commerce les lettres de change, mandats , billets ou autres effets à
ordre ou au porteur. En outre, l'article 112 du code de 1808, qui indiquait
dans quels cas les lettres de change dégénéraient en simples promesses, a
disparu de la nouvelle législation. Enfin, la loi du 27 juillet 1871 a supprimé
la contrainte par corps en matière de lettre de change. Aujourd'hui, le tribu-
nal de commerce est compétent pour connaitre de la demande en payement
de toute lettre de change, mandat, billet et de tous effets à ordre ou au por-:
teur. La loi du 20 juin 1873 (Moniteur du 23 juin) a étendu la juridiction
consulaire aux cheques et autres mandatsde payement.
190 LIVRE IV.
pour les jugements des tribunaux de commerce et pour
les ordonnances de référé (1) .
Art. 640. Remplacé par l'article 33 de la loi du 18 juin
Art. 641. 1869 sur l'organisation judiciaire. Voir aux
Lois usuelles .
TITRE III . De la forme de procéder devant les tribunaux
de commerce.
Art. 642. La forme de procéder devant les tribunaux
de commerce sera suivie telle qu'elle a été réglée par le
titre XXV du livre II de la première partie du code de
procédure civile.
Art. 643. Néanmoins les articles 156, 158 et 159 du
même code, relatifs aux jugements par défaut rendus
par les tribunaux inférieurs, seront applicables aux
jugements par défaut rendus par les tribunaux de com-
merce .
Art . 644. Les appels des jugements des tribunaux de
commerce seront portés par-devant les cours dans le res-
sort desquelles ces tribunaux sont situés.
TITRE IV . De la forme de procéder devant les cours d'appel .
Art. 645. Le délai pour interjeter appel des jugements
des tribunaux de commerce sera de trois mois, à compter
du jour de la signification du jugement, pour ceux qui
auront été rendus contradictoirement, et du jour de l'ex-
piration du délai de l'opposition, pour ceux qui auront
été rendus par défaut : l'appel pourra être interjeté le
jour même du jugement,
Art. 646. L'appel ne sera pas reçu lorsque le principal
n'excédera pas la somme ou la valeur de 1,000 francs (2),
(1) Voir, aux Lois usuelles, laloi du 25 mars 1876, art. 37, 38, 41 et 44.
(2) Le taux du dernier ressort est fixé à 2,500 francs (art. 16 de la loi du
25 mars 1876) .
La compétence de la cour de cassation est déterminée par les articles 19
et 20 de laloi du 25 mars 1876. Voir aux Lois usuelles .
DE LA FORME DE PROCÉDER . 191
encore que le jugement n'énonce pas qu'il est rendu en
dernier ressort, et même quand il énoncerait qu'il est
rendu à charge de l'appel. - Com. , 639 ; Pr. 453 .
Art. 647. Les cours d'appel ne pourront, en aucun cas,
à peine de nullité, et même des dommages-intérêts des
parties , s'il y a lieu, accorder des défenses ni surseoir à
l'exécution des jugements des tribunaux de commerce ,
quand même ils seraient attaqués d'incompétence ; mais
elles pourront, suivant l'exigence des cas , accorder la
permission de citer extraordinairement à jour et heure
lixes, pour plaider sur l'appel .- Pr. , 460.
Art. 648. Les appels des jugements des tribunaux de
commerce seront instruits et jugés dans les cours, comme
appels de jugements rendus en matière sommaire . La
procédure, jusques et y compris l'arrêt définitif, sera con-
forme à celle qui est prescrite, pour les causes d'appel
en matière civile, au livre III de la 1re partie du code de
proc. civile. - Pr ., 443 s., 463 s .
LOIS USUELLES
PREMIÈRE PARTIE
Législation commerciale.
LOIS USUELLES
CAISSE DES DÉPOTS ET CONSIGNATIONS.
28 décembre 1867 . Loi apportant des modifica-
tions à la législation qui régit la caisse des dépôts
et consignations et la caisse d'amortissement ( 1) .
(Voir loi du 15 novembre 1847 et arrêtés royaux du 2 novembre 1818
et du 24 novembre 1868).
Art. 1er. Les saisies-arrêts, oppositions, cessions et
généralement toutes significations relatives à des sommes
ou valeurs confiées à la caisse des dépôts et consignations
auront lieu savoir :
Pour les consignations, au bureau de l'agent qui les a
reçues ;
Pour les cautionnements en numéraire, au siège de
l'administration de la caisse ;
Pour les dépôts préalables à l'effet de prendre part à
des adjudications ou entreprises, ainsi que pour les cau-
tionnements en fonds publics mentionnés au no 1 de l'ar-
ticle 7 de la loi du 15 novembre 1847, soit au siège de
l'administration de la caisse, soit à l'agence du trésor
chargée de pourvoir à leur restitution.
(1) Voir, au Bulletin usuel des lois et arrêtés, une circulaire du ministre de
la justice, relative à la gestion des faillites, du 30 janvier 1868 (Moniteur,
du 1er février 1868).
Voir CRACCO, Code expliqué des radiations hypothécaires, 2e éd. (Bruxelles,
[Link], 1893), la nomenclature des pièces à produire à l'appui des actes
de remboursement de consignations.
196 LOIS USUELLES .
Art. 2. Les saisies arrêts et oppositions n'ont d'effet
que pendant cinq ans, à compter de leur date, quels
que soient les traités, actes de procédure ou jugements
intervenus, à moins qu'ils n'aient été notifiés à l'adminis-
tration .
Le terme de cinq ans ne prend cours, pour les saisies-
arrêts et oppositions signifiées ailleurs qu'au siège de
l'administration de la caisse ou à ses agences en province,
qu'à dater du dépôt à la caisse des sommes ou valeurs qui
en sont grevées .
Art. 3. Les saisies- arrêts et oppositions qui auraient
plus de quatre ans de date au jour de la mise à exécution
de la présente loi seront renouvelées dans le délai d'un
an ; celles qui, à la même époque, auraient quatre ans
ou moins le seront dans les cinq ans, le tout à peine de
péremption.
Art. 4. Les cautionnements de comptables dont le
remboursement n'a pas été effectué, faute de production
ou de justification suffisante dans le délai d'une année, à
compter de la cessation des fonctions, seront versés à la
caisse des consignations .
Art. 5. A moins de stipulation contraire, l'article 2 de
la loi du 28 nivôse an XIII et l'article 1261 du code civil
sont applicables aux consignations de toute nature, faites
à la décharge du trésor, soit volontairement, soit en exé-
cution de la loi .
Ces consignations n'interrompent point la prescrip-
tion.
Art. 6. L'intérêt des consignations et des cautionne-
ments qui leur sont assimilés court du 1er du mois qui
suit celui du versement ; il cesse le dernier jour du mois
qui précède le remboursement.
Le mois est compté à raison de trente jours .
Art. 7. Le taux d'intérêt des fonds des enfants mi-
neurs , des interdits , des absents et des faillis peut être
modifié par arrêté royal, dans les limites de 3 à 4 1/2 pour
cent(1).
(1) Le taux d'intérêt est actuellement de 3 p. c. (arr. roy. 20 octobre 1884).
Voir, ci-après, l'arrêté royal du 24 novembre 1868, art. 7.
CAISSE DES DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS. 197
Art. 8. Les reconnaissances des consignations sont à
talon; elles forment titre envers la caisse des dépôts et
consignations, à la charge, par les déposants de les faire
viser et séparer des talons dans les vingt-quatre heures ,
par les fonctionnaires et agents administratifs à désigner
à cet effet.
Ces reconnaissances, ainsi que les mandats et quit-
tances des intérêts des consignations , sont exempts du
timbre et de l'enregistrement.
Art. 9. L'article 2277 du code civil est applicable aux
intérêts des consignations non litigieuses .
Art. 10. Le ministre des finances fera publier au
Moniteur la liste des consignations effectuées, sous les
régimes français et néerlandais , dans la caisse insti-
tuée par la loi du 28 nivôse an XIII, et dont le rem-
boursement ou le payement des intérêts n'a pas été ré-
clamé .
Seront acquises au trésor les consignations qui, dans
les cinq ans à partir de cette publication, n'auraient fait,
de la part des ayants droit, l'objet d'aucune réclama-
tion.
Art. 11. Les placements en rentes sur l'Etat ou en
obligations du trésor, des sommes disponibles de la caisse
des dépôts et consignations, leurs transferts et muta-
tions , se feront sous l'autorité immédiate du ministre des
finances .
Les inscriptions au grand-livre et les extraits qui en
sont délivrés portent l'annotation suivante :
« La présente inscription ne sera transférée qu'en
vertu de l'autorisation spéciale du ministre des finan-
ces . "
Art. 12. Sont abrogés l'article 3 de la loi du 28 nivôse
an XIII , le second alinéa de l'article 37 et l'article 41 de la
loi du 15 mai 1846 ; les articles 11 et 13 de la loi du 15 no-
vembre 1847 .
Art. 13. L'époque de la mise en vigueur de la présente
loi sera fixée par arrêté royal (1).
(1) Mise en vigueur à partir du 1er janvier 1869 .
9
198 LOIS USUELLES .
24 novembre 1868. - Arrêté royal pour l'exécution
de la loi du 28 décembre 1867 relative à la caisse
des dépôts et consignations (1 ) .
Art. 1er . La loi du 28 décembre 1867 sera mise en
vigueur à partir du 1er janvier 1869.
Art. 2. Pour les cautionnements en numéraire ou en
fonds publics et pour les dépôts préalables à l'effet de
prendre part à des adjudications ou entreprises, les
saisies - arrêts , oppositions, cessions et généralement
toutes significations y relatives qui, dans les cas ordi-
naires , sont soumises à la règle prescrite par l'article 1er
de là lọi du 28 décembre 1867, seront, en cas d'urgence,
valablement faites au bureau de l'agent chargé d'effec-
tuer le payement ou de délivrer les valeurs.
Il y a urgence : 10 lorsque celui dans l'intérêt duquel
le dépôt a cu lieu, soit en numéraire, soit en fonds pu-
blics, n'a pas été déclaré adjudicataire ou entrepreneur,
et que, par suite , le dépôt est devenu sans cause ;
2° lorsque le dépôt ou le cautionnement.a fait l'objet de
mandats ou d'ordonnances de restitution avant toute
notification .
Art. 3. Toute consignation effectuée à la charge de
saisies- arrêts ou oppositions sera appuyée des significa-
tions faites entre les mains du consignateur ; la remise
de ces pièces sera mentionnée dans la déclaration de
consignation.
Art. 4. Par application de l'article 6 de la loi du
28 décembre 1867, l'intérêt courra, à partir du 1er janvier
1869 , pour les consignations et les cautionnements qui
leur sont assimilés, dont le versement ne remontera pas
à soixante jours au 31 décembre 1868.
Art. 5. A compter du 1er janvier 1869 , l'intérêt annuel
sera de 3.60 p . c. (2) sur les fonds consignés pour le
compte des faillites , conformément à la loi du 18 avril
(1) Voir, au Bulletin usuel dès lois et arrêtés, une circulaire du ministre de
la justicedu 16 janvier 1868 (Moniteurdu 18janvier 1838). Cette circulaire est
relative aux faillites.
(2) Le taux d'intérêt est actuellement de 3, p. c. (arr. roy., 20 octobre 1884)
CAISSE DES DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS . 199
1851 ; en ce qui concerne les fonds consignés au profit de
mineurs et d'interdits, en vertu de la loi du 16 décembre
1851 , il sera de 4 p . c. jusqu'au premier jour du mois pen-
dant lequel les titulaires seront devenus majeurs ou
auront cessé d'être en état d'interdiction.
Si ces taux sont réduits ultérieurement, ceux qui les
remplaceront seront applicables aux consignations pour
lesquelles ils sont fixés, quelle qu'en soit la date, sans
toutefois porter atteinte aux droits acquis jusqu'au mo-
ment de la réduction.
Art. 6. Les reconnaissances de consignation seront
visées et séparées des talons par l'agent du trésor établi
dans la même localité que le conservateur des hypo-
thèques qui les aura délivrées .
Art. 7. Les intérêts des consignations non litigieuses ,
échus ou acquis au 31 décembre 1868, seront à la dispo-
sition des ayants droit à partir du 1er janvier 1869 ;, s'ils
n'ont pas été réclamés avant l'expiration de l'année 1873 ,
ils seront prescrits au profit du trésor par application de
l'article 9 de la loi du 28 décembre 1867 .
Les intérêts des consignations non litigieuses , qui
écherront à l'avenir, seront payables par année.
Est considérée comme litigieuse, toute consignation
dont les ayants droit ne peuvent disposer, soit par suite
d'un empêchement légal, soit par suite d'un empêche-
ment de fait indépendant de leur volonté.
Art. 8. Notre ministre des finances fera publier au
Moniteur, avant la fin du premier semestre de 1869, la
liste des consignations effectuées, sous les régimes fran-
çais et néerlandais, dans la caisse instituée par la loi du
28 nivôse an XIII, et dont le remboursement ou le paye-
ment des intérêts n'aura pas été réclamé.
Art. 9. Sont abrogés les articles 31 , 33, 35, 36 et 37de
l'arrêté royal du 2 novembre 1848 (Moniteur, nº 309).
200 LOIS USUELLES .
CHEMINS DE FER .
11 mars 1866 . Loi interprétative des articles 2
et 3 de la loi du 12 avril 1835 concernant les péages
et les règlements de police sur les chemins de fer .
Article unique. Les dispositions des articles 2 et 3 de
la loi du 12 avril 1835, en vertu desquelles le gouvernement
peut établir des règlements pour l'exploitation et la
police des chemins de fer et déterminer les peines , con-
formément à la loi du 6 mars 1818, pour réprimer les
infractions à ces règlements , sont applicables tant aux
chemins de fer de l'Etat qu'aux chemins de fer concé-
dés (1) .
CHÈQUES.
20 juin 1873 . Loi sur les chèques et autres
mandats de payement et offres réelles.
Art. 1er . Les chèques, les bons ou mandats de virement,
les accréditifs, les billets de banque à ordre et générale-
ment tous titres à un payement au comptant et à vue sur
fonds disponibles, sont exempts du droit de timbre .
Art . 2. Ces dispositions sont signées par le tireur et
portent l'indication du lieu et du jour où elles sont
faites .
Elles peuvent être nominatives ou au porteur, ou trans-
missibles par voie d'endossement, même en blanc.
(1) Un arrêté royal du 4 avril 1895 contient le règlement concernantles me-
sures à observer pour le transport des voyageurs sur le chemin de fer de
l'Etat et les chemins de fer concédés ; un autre arrêté du 20 mai 1895 contient
le règlement de police pour le chemin de fer de l'Etat et des chemins de fer
concédés : il a trait spécialement à l'accès du chemin defer et de ses dépen-
dances, àla circulation, aux passages à niveau et à la traversée des voies et
àla circulation sur le railway.
CHÈQUES . 201
Art. 3. La loi du 20 mai 1872 sur la lettre de change est
applicable à ces titres, en ce qui concerne la garantie
solidaire du tireur et des endosseurs, l'aval, l'intervention ,
la perte du titre, le protêt faute de payement, la déclara-
tion constatant le refus de payement, l'action en garantie
et la prescription (1) .
Art. 4. Le payement doit être réclamé dans les trois
jours, y compris le jour de la date, si la disposition est
faite de la place où elle est payable, et dans les six jours ,
ycompris le jou
jour de la date, si elle est tirée d'un autre
lieu.
A défaut d'indication du lieu, la disposition est censé
faite de la place où elle est payable
Le titulaire ou porteur qui n'en réclame pas le payement
dans ces délais perd son recours contre les endosseurs ;
il perd aussi son recours contre le tireur, si la provision
a péri par le fait du tiré après les dits délais .
Art. 5. Le tireur qui émet une disposition non datée
ou revêtue d'une fausse date, ou qui, par une contre-
lettre, altère le caractère de la disposition, est passible
d'une amende égale à 10 p. c. de la somme exprimée .
Celui qui dispose sans provision préalable est passible
de la même amende, sans préjudice de l'application des
lois pénales, s'il y a lieu . Pén. , 509.
Art. 6. Les offres réelles peuvent être faites en billets
de la Banque Nationale, aussi longtemps qu'ils sont
payables à vue en monnaie légale .
Cette faculté cesserait de plein droit d'exister, si les
billets de la Banque Nationale n'étaient plus admis en
payement dans les caisses de l'Etat.
(1) Code de commerce, tit. I, liv. VIII, p. 62, et loi du 18juillet 1877 sur les
protêts, p. 74.
202 LOIS USUELLES .
CONTRAINTE PAR CORPS.
21 mars 1859. - Loi sur la contrainte par corps (1) .
TITRE V. - Dispositions communes aux titres précédents.
Art. 17. Toute stipulation de contrainte par corps est
nulle.
Art. 18. Les tribunaux ne peuvent prononcer des con-
damnations par corps hors les cas déterminés par la loi .
Art. 19. La contrainte par corps ne pourra jamais être
appliquée qu'en vertu d'un jugement qui l'aura prononcée
d'une manière formelle .
Elle pourra être prononcée par jugement arbitral .
Art. 20. Lorsque la loi autorise la contrainte par corps
pour l'exécution d'une obligation de faire ou de délivrer
au créancier un corps certain, elle sera exercée jusqu'à
concurrence de la somme que le contraignable aura été
condamné à payer, soit une fois, soit pour chaque jour de
retard .
Art. 21. En prononçant la contrainte par corps, les
juges pourront, lorsque cette voie d'exécution est facul-
tative , ordonner, même d'office, qu'il sera sursis à l'exé-
cution de cette partie du jugement.
Le jugement énoncera les motifs du sursis et en fixera
Ta durée .
Le sursis sera regardé comme non avenu s'il existe déjà
une autre condamnation exécutoire par corps , ou si une
nouvelle condamnation par corps est prononcée contre le
même débiteur au profit d'un autre créancier.
Art. 22. Tous jugements statuant sur la contrainte par
corps seront rendus en premier ressort quant à la dispo-
sition relative à ce mode d'exécution .
L'appel sera toujours suspensif, en ce qui concerne la
(1) La loi du 27 juillet 1871, ci- après p. 205, a abrogéles articles non repro-
duits de la loi du 21 mars 1859 .
CONTRAINTE PAR CORPS . 203
contrainte par corps , à moins que le jugement n'ait
ordonné l'exécution provisoire.
Le débiteur pourra même appeler dans les trois jours
de son incarcération ; il restera en état.
Art. 23. L'acquiescement du débiteur au jugement
attaquable par la voie de l'appel ou de l'opposition sera
sans effet quant à la contrainte par corps .
Art. 24. La contrainte par corps ne peut avoir lieu :
1º entre époux (même séparés de corps ou divorcés) ;
2º entre ascendants et descendants , frères et sœurs ,
oncles, tantes, grands- oncles , grand'tantes et neveux,
nièces , petits- neveüx, petites-nièces (unis par les liens de
la parenté légitime, naturelle ou adoptive), ni enfin entre
alliés au même degré. En cas d'alliance postérieure au
jugement , le débiteur ne pourra être arrêté ; s'il est
détenu, il obtiendra son élargissement.
Art. 26. Elle cesse de plein droit le jour où le débi-
teur a atteint sa soixante et dixième année.
Art. 28. Tout huissier ou exécuteur des mandements
de justice qui, lors de l'arrestation d'un débiteur, se refu-
serait à le conduire en référé, sera condamné à mille
francs d'amende, sans préjudice des dommages et inté-
rêts .
Art. 29. Les débiteurs seront détenus dans une partie
de la prison distincte de celle destinée aux individus
emprisonnés pour crimes, délits ou contraventions de
police, ou pour les restitutions, dommages-intérêts et
frais dont ils seraient tenus de ce chef, ou par suite d'une
condamnation par corps, pour frais prévus par la loi
pénale.
Ils auront la faculté de s'y livrer à tout genre d'occu-
pations qui ne sont pas incompatibles avec les rigueurs
de l'emprisonnement. Toute dépense de luxe leur est
interdite .
Art. 30. Un mois après la publication de la présente
loi, la somme destinée aux aliments sera de trente francs
pour trente jours .
A dater de la même époque, cette somme sera consignée
d'avance pour une ou plusieurs périodes de trente jours .
204 LOIS USUELLES .
L'emprisonnement se compte par jour et non par
heure.
Art. 31. La requête présentée au président du tribu-
nal civil pour obtenir l'élargissement faute de consigna-
tion d'aliments, ne devra être signée que par le débiteur
et par le directeur de la prison. Si le débiteur ne sait pas
signer, elle sera certifiée véritable par le directeur.
Cette requête sera présentée en duplicata. L'ordon-
nance du président, aussi rendue par duplicata, sera exé-
cutée sur l'une des minutes qui restera entre les mains
du directeur ; l'autre minute sera déposée au greffe du
tribunal et enregistrée gratis .
Art. 32. Le débiteur élargi, faute de consignation
d'aliments , ne pourra plus être incarcéré pour la même
dette.
Art. 33. Les frais liquidés que le débiteur doit consi-
gner ou payer pour empêcher l'exécution de la contrainte
par corps , ou pour obtenir son élargissement, conformé-
ment aux articles 798 et 800, § 2, du code de procédure,
ne seront jamais que les frais de l'instance, ceux de l'ex-
pédition et de la signification du jugement et de l'arrêt
s'il y a lieu, ceux enfin de l'exécution relative à la con-
trainte par corps seulement.
Art. 34. Après trois mois de détention, le débiteur
obtiendra son élargissement en payant ou en consignant
le tiers du principal de la dette et des accessoires, et en
fournissant caution pour le surplus.
La caution devra s'obliger solidairement avec le débi-
teur à payer les deux tiers qui resteront dus, dans un délai
qui ne pourra excéder une année.
Si , à l'expiration du délai, le créancier n'est pas inté-
gralement payé , il pourra de nouveau exercer la con-
trainte par corps contre le débiteur, sans préjudice de
ses droits contre la caution .
Art. 36. Dans les cas prévus par les deux articles pré
cédents, quelle que soit la juridiction qui a prononcé la
contrainte, le tribunal compétent sera le tribunal de pre-
mière instance ou le tribunal de commerce, selon la
nature de la dette .
La cause sera portée devant le tribunal du domicile du
CONTRAINTE PAR CORPS . 205
débiteur, et, si celui-ci n'a pas de domicile en Belgique,
devant le tribunal du lieu où il se trouve détenu .
Art . 39. Lorsqu'il sera reconnu nécessaire de faire
comparaître le détenu en justice , comme témoin ou
comme partie, ou lorsque son extraction sera commandée
par d'autres motifs graves, cette mesure sera ordonnée
sur les conclusions du ministère public, par le magistrat
compétent pour accorder le sauf-conduit dans le cas de
l'article 782 du code de procédure .
27 juillet 1871. - Loi sur la contrainte par corps (1).
Art. 1er. La contrainte par corps est supprimée, sauf
les modifications qui suivent.
Art. 2. Elle est maintenue en matière criminelle, cor-
rectionnelle et de police, pour l'exécution des condamna-
tions aux restitutions, aux dommages-intérêts et aux
frais .
Art. 3. Elle peut être prononcée en toute autre ma-
tière pour les restitutions, dommages-intérêts et frais
lorsqu'ils sont le résultat d'un fait prévu par la loi pénale
ou d'un acte illicite, commis méchamment ou de mau-
vaise foi .
Art. 4. Elle n'a lieu que pour une somme excédant
trois cents francs .
Art. 5. La durée de la contrainte par corps est déter-
minée par le jugement ou l'arrêt, d'après la gravité de la
faute commise et l'étendue du dommage à réparer.
Elle ne peut excéder une année . A l'expiration du terme
fixé, la contrainte par corps cesse de plein droit.
Art. 6. La contrainte par corps ne peut, en aucun cas,
être prononcée : 1º contre les personnes civilement res-
ponsables du fait ; 20 contre ceux qui ont atteint leur
soixante et dixième année ; 3º contre les femmes et les
mineurs ; 4º contre les héritiers du contraignable par
corps .
(1) Voir, ci-dessus, p. 202, laloi du 21 mars 1859.
9.
206 LOIS USUELLES .
Art. 7. Sont maintenues les dispositions de l'article 47
du code pénal et des articles 17 à 20, 21 , §§ 1er, 2, 4, 22 à
24, 26, 28 à 34, 36 et 39 de la loi du 21 mars 1859, celles qui
concernent la procédure en matière d'emprisonnement
pour dettes et la consignation d'aliments pour la nourri-
ture des débiteurs de l'Etat détenus en prison, ainsi que
les dispositions relatives à la contrainte par corps contre
les témoins défaillants .
Sont abrogés les autres articles de la loi du 21 mars 1859
et toutes dispositions contraires à la présente loi.
Art. 8. En dehors des exceptions prévues aux articles
précédents , les jugements rendus ne seront plus exécutés,
en ce qui concerne la contrainte par corps ; toute exécu-
tion déjà pratiquée sera abandonnée et la liberté rendue
immédiatement aux débiteurs incarcérés .
Les contestations qui s'élèveront à ce sujet seront por-
tées devant le tribunal civil de première instance du
domicile du débiteur ou devant celui du lieu où il est
détenu .
Art. 9. La présente loi sera obligatoire le lendemain
de sa publication.
CONCORDAT PRÉVENTIF DE LA FAILLITE .
Voir, ci-après, vo Faillites .
FAILLITES.
A. CONCORDAT PRÉVENTIF .
29 juin 1887. Loi relative au concorda
préventif de la faillite
Art. 1er . Le débiteur commerçant pourra éviter la dé-
claration de faillite , s'il obtient de ses créanciers un con-
cordat préventif dans les formes et conditions prescrites
par la présente loi.
Ce concordat peut être également accordé après le
décès du débiteur ...
FAILLITES 207
Art. 2. Ce concordat ne s'établira que si la majorité
des créanciers représentant par leurs créances non con-
testées ou admises par provision, conformément à l'arti-
cle 16, les trois quarts de toutes les sommes dues, ont
adhéré expressément à la demande.
Pour le calcul de la majorité en nombre, s'il existe des
obligations au porteur, ne seront comptés, en ce qui les
concerne, que les créanciers dont les titres auront été
produits conformément aux articles 9 et 14 ci-après .
Le concordat n'aura d'effet que moyennant l'homologa-
tion du tribunal de commerce .
L'homologation ne sera accordée qu'en faveur du débi-
teur malheureux et de bonne foi.
Art. 3. Le débiteur s'adressera par requête au tri-
✓
requête (1) :
1º L'exposé des événements sur lesquels il fonde sa
demande ;
2° L'état détaillé et estimatif de son actif et l'indication
du montant de son passif ;
3º La liste nominative de ses créanciers , reconnus ou
prétendus , avec l'indication de leur domicile et du mon-
tant de leurs créances ;
4° Les propositions concordataires .
Il déposera au greffe, la somme présumée nécessaire
pour couvrir les frais de la procédure en obtention du
concordat.
Art. 4. La requête sera remise au greffe et inscrite
dans un registre spécial ; le greffier en donnera un récé-
pissé sans frais et sans autre formalité.
Il donnera avis de la requête dans les vingt- quatre
heures au procureur du roi, qui pourra assister à toutes
les opérations du concordat, prendre connaissance des
livres et vérifier en tout temps l'état des affaires du dé-
biteur .
Art. 5. Le tribunal, réuni en chambre du conseil ,
avant d'examiner s'il y a lieu de donner suite à larequête,
déléguera un de ses juges pour vérifier la situation du
*(1) La requête doit être écrite sur papier timbré.
208 LOIS USUELLES .
débiteur, et lui faire rapport à bref délai, de manière
qu'il puisse statuer au plus tard dans la huitaine .
Si le tribunal estime que la procéduré pour l'obtention
du concordat peut être poursuivie, il désignera les lieu,
jour et heure, auxquels les créanciers seront convoqués,
et il indiquera un ou plusieurs journaux, outre le Moni-
teur belge, dans lesquels, dans les trois jours , la convoca-
tion sera insérée ; il déléguera un de ses juges pour
présider l'assemblée des créanciers et surveiller les
opérations du concordat. La décision du tribunal délé-
guant un de ses juges pour vérifier la situation du débi-
teur entraîne de plein droit, au profit de ce dernier, un
sursis provisoire à tous actes ultérieurs d'exécution.
Le sursis provisoire ne profite point aux codébiteurs
ni aux cautions qui ont renoncé au bénéfice de discussion .
Art. 6. Le débiteur ne pourra, pendant la procédure
procedure
suivie pour l'obtention du concordat, aliéner, hypothé-
quer ou s'engager, sans l'autorisation du juge délégué .
Art. 7. Le juge délégué pourra, soit immédiatement,
et avant son rapport au tribunal , soit dans le cours de
l'instruction, nommer un ou plusieurs experts qui, après
avoir prêté entre ses mains le serment de bien et fidèle-
ment remplir leur mission, procèderont à la vérification
de l'état des affaires du débiteur.
Leurs honoraires seront taxés par le tribunal ; ils
seront, ainsi que les déboursés, payés par privilège .
Art. 8. Le juge délégué convoquera les créanciers
individuellement, par lettres recommandées à la poste,
huit jours au moins avant celui fixé pour l'assemblée.
Ces lettres contiendront les propositions concorda-
taires et mentionneront le texte de l'article 10.
Les créanciers habitant hors du pays pourront être
convoqués par télégrammes recommandés et indiquant
l'objet de la réunion, sans qu'il faille toutefois y insérer
les dites propositions .
Un exemplaire dûment légalisé des journaux dans les-
quels la convocation aura été insérée , ainsi que la minute
de la lettre et du télégramme adressés aux créanciers et
les bulletins de recommandations seront déposés au greffe
avant la réunion des créanciers .
Art. 9. Au jour fixé pour l'assemblée des créanciers ,
FAILLITES . 209
le juge délégué fera un rapport sur l'état des affaires du
débiteur .
Celui-ci ou un fondé de pouvoirs en son nom formulera
ses propositions ; les créanciers en personne ou par fondé
de pouvoirs feront par écrit la déclaration du montant de
leurs créances et s'ils adhèrent ou non au concordat (1) .
Seront admis à faire leurs déclarations ceux mêmes
qui se prétendraient créanciers et qui n'auraient pas été
convoqués . Toute déclaration de créance pourra être
contestée soit par le débiteur, soit par les créanciers .
Avant qu'il soit procédé au vote, le juge délégué don-
nera lecture de l'article 10 .
Art. 10. Les créanciers hypothécaires ou privilégiés
ou nantis de gages n'auront voix délibérative dans les
opérations relatives au concordat, pour leurs créances, que
s'ils renoncent à leurs hypothèques privilèges ou gages.
Le vote au concordat emporte de plein droit cette
renonciation ; celle-ci demeurera sans effet si le concordat
n'est pas admis .
Ces créanciers pourront toutefois voter au concordat,
en ne rénonçant à leurs privilèges, hypothèques ou gages
que pour une quotité de leurs créances équivalente au
moins à la moitié ; dans ce cas, ces créances ne seront
comptées que pour cette quotité dans les opérations rela-
tives au concordat.
Art. 11. Le juge délégué aura la faculté de proroger
la délibération des créanciers ; il pourra aussi l'ajourner
de manière qu'elle ait lieu, au plus tard dans la quinzaine à
partir du jour de l'ajournement. Mention en sera faite
au procès-verbal. En cas d'ajournement, les créanciers
seront convoqués à nouveau, ainsi qu'il est dit aux arti-
cles 5 et 8 .
Art. 12. Le procès-verbal de l'assemblée dans laquelle
aura lieu la délibération mentionnera :
1º La liste des créanciers comparaissant sur convoca-
tion ou spontanément, avec l'indication du montant et de
la nature de leurs créances ;
(1) Les procurations des créanciers sont exemptes du timbre et de l'enre-'
gistrement.
210 LOIS USUELLES .
20 Les contestations qui auront été soulevées notam-
ment en ce qui concerne la réalité et le montant des
créances ;
3º Les propositions définitives du débiteur;
4º Le résultat du vote sur ces propositions et l'accom-
plissement de la formalité prescrite par le § 4 de l'article 9 ;
50 Le jour auquel le juge délégué fera son rapport au
tribunal, et où le tribunal sera appelé à statuer sur les
contestations et sur l'homologation. Ce procès-verbal
sera, à peine de nullité, signé séance tenante .
Les pièces produites tant par le débiteur que par les
créanciers y seront annexées ..
Art. 13. Le procès-verbal de l'assemblée des créan-
ciers dressé en exécution de l'article 12 et les pièces y
annexées , seront immédiatement déposés au greffe du
tribunal de commerce , à l'inspection des intéressés .
Art. 14. Pendant la huitaine qui suit la même assem-
blée, toute créance pourra être produite au greffe avec
les pièces à l'appui, par les créanciers mentionnés sur la
liste remise par le débiteur au tribunal, conformément à
l'article 3 .
Les créanciers ne figurant pas sur la prédite liste et qui
ne se seront pas présentés volontairement à l'assemblée
pourront également produire au greffe toute créance,
lorsqu'il y aura à l'appui titre authentique ou privé.
Les pièces justificatives seront jointes au dossier.
Laproduction d'une créance nouvelle sera accompagnée
de l'acceptation ou du refus du concordat .
Art. 15. Au jour fixé, en conformité de l'article 12, nº5,
le juge délégué fera son rapport en audience publique
du tribunal ; les créanciers et le débiteur ou leurs fondés
de pouvoirs pourront être entendus, et le tribunal sta-
tuera ensuite, par un seul et même jugement, sur les con-
testations et sur l'homologation.
Art. 16. La décision du tribunal , en ce qui concerne
les créances contestées, ne portera pas sur le fond de la
contestation , mais uniquement sur l'admission des créan-
ciers contestés pour la totalité ou pour partie de leurs
créances dans les délibérations pour la formation du
concordat.
Art. 17. En cas d'inobservation des dispositions ci
FAILLITES . 211
dessus prescrites, ou lorsque des motifs tirés soit de
l'intérêt public, soit de l'intérêt des créanciers paraî-
traient de nature à empêcher le concordat préventif, le
tribunal en refusera l'homologation.
Art. 18. Si, pendant le cour de l'instruction de la de-
mande en concordat, le tribunal acquiert la conviction
que le débiteur n'est pas malheureux et de bonne foi, il
pourra, à toute époque, le déclarer en état de faillite .
Art . 19. Le jugement qui aura statué sur l'homologa-
tion du concordat sera, à la diligence du juge délégué, et
dans les trois jours de sa date, affiché dans l'auditoire du
tribunal de commerce et publié par extrait dans les jour-
naux indiqués à l'article 5.
Art . 20. Ce jugement ne sera pas susceptible d'oppo-
sition, sauf de la part des créanciers qui n'auraient pas
été convoqués, qui ne se seraient pas présentés volontai-
rement à l'assemblée des créanciers ou qui n'auraient
pas fait usage du droit inscrit à l'article 14.
Cette opposition, qui ne sera, pas suspensive de l'exé-
cution, sera motivée et devra être signifiée au débiteur,
dans la huitaine, à partir du jour de la publication dans
les journaux, avec assignation à comparaître devant le
tribunal de commerce. Le délai pour comparaître ne
devra être que d'un jour franc ; le tribunal statuera toutes
affaires cessantes .
Le jugement d'homologation ne pourra être rapporté
que si le tribunal constate la mauvaise foi du débiteur.
Art. 21. Appel pourra être interjeté par le débiteur
Det par les créanciers qui n'auront pas été convoqués, ou
qui auront voté contre l'adoption du concordat, ou dont
-les créances auront été rejetées en tout ou en partie .
L'appel ne sera pas suspensif. 10
Le délai d'appel est de huit jours ; il prendra cours, à
l'égard des créanciers, à compter des publications pres-
crites par l'article 19, et à l'égard du débiteur, à partir
de la prononciation du jugement.
L'appel sera formé par déclaration au greffe du tribu-
nal de commerce inscrite dans un registre spécial ; copie
de cette déclaration , certifiée par le greffier, sera par
celui- ci envoyée, avec tout le dossier, dans les quarante-
huit heures, au greffe de la cour d'appel .
212 LOIS USUELLES .
L'appel interjeté par les créanciers sera, en outre,
signifié au débiteur avec assignation à comparaître
devant la cour d'appel, dans un délai qui ne devra être
que de quatre jours francs.
L'affaire sera fixée à l'une des plus prochaines au-
diences de la cour; celle-ci statuera toutes affaires ces-
santes ; le ministère public sera entendu.
Tous créanciers ayant fait valoir leurs droits devant le
tribunal de commerce pourront intervenir ; l'interven-
tion se fera par simple requête, signifiée à l'avoué de l'ap-
pelant ; elle ne pourra retarder les débats .
L'arrêt de la cour d'appel sera affiché et publié confor-
mément aux prescriptions de l'article 19 .
Art. 22. Les arrêts qui auront statué sur l'homologa-
tion du concordat pourront être déférés à la cour de
cassation .
Le pourvoi devra être formé dans les huitjours à partir
de l'affiche et de la publication, dans les journaux , de
l'arrêt de la cour d'appel .
Art. 23. L'homologation du concordat le rendra obli-
Agatoire pour tous les créanciers; il ne s'applique qu'aux
zenques engagements contractés antérieurement à son obtention.
Lorsqu'il y aura des créances contestées, il sera procédé,
lire pour l'application des stipulations concordataires, comme
il est dit à l'article 562 de la loi du 18 avril 1851 .
Le concordat préventif ne profitepointaux codébiteurs,
ni aux cautions qui ont renoncé au bénéfice de discussion .
Il est sans effet relativement :
1º Aux impôts et autres charges publiques, ainsi qu'aux
contributions pour les digues et polders ;
2º Aux créances garanties par des privilèges, hypo-
thèques ou nantissements ;
3º Aux créances dues à titre d'aliments .
Art. 24. En cas de concordat par abandon d'actif, les
créanciers devront désigner, dans le concordat, une ou
plusieurs personnes chargées de réaliser l'avoir du débi-
teur sous la surveillance du juge délégué. Celui-ci déter-
minera le mode et les conditions de la vente des marchan-
dises et effets mobiliers , sans devoir se conformer aux
dispositions de la loi du 20 mai 1846 sur la vente en détail
des marchandises neuves à cri public.
FAILLITES . 213
A défaut par les créanciers d'avoir pourvu à la nomina-
tion des liquidateurs , ceux-ci seront désignés par le tri-
bunal de commerce, soit dans le jugement d'homologa-
tion, soit dans un jugement postérieur rendu sur requête
présentée par la partie la plus diligente .
Le choix des créanciers ou du tribunal pourra s'arrêter
sur le débiteur lui-même .
Les honoraires des liquidateurs seront taxés par le tri-
bunal ; ils seront, ainsi que les déboursés, payables par
privilège.
Art. 25. Celui qui a obtenu le concordat est tenu, en
بع cas de retour à meilleure fortune, de payer intégralement
ses créanciers .
Art. 26. Les cautions et tous créanciers liés par le
concordat peuvent en demander l'annulation soit par
suite de condamnation pour banqueroute simple ou frau-
duleuse intervenue après l'homologation, soit pour cause
de dol découvert depuis la dite homologation et résul-
tant soit de la dissimulation de l'actif, soit de l'exagéra-
tion du passif.
Le tribunal , dans ces deux cas, pourra aussi, sur le
rapport du juge délégué, et après avoir entendu le débi-
teur et les cautions, ou eux dûment appelés, prononcer la
résolution du concordat et déclarer la faillite.
L'annulation du concordat libère de plein droit les
cautions .
Art. 27. En cas d'inexécution du concordat, la résolu-
tion peut en être poursuivie en présence des cautions qui
y seront intervenues pour en garantir l'exécution totale
ou partielle , ou elles dûment appelées .
La résolution du concordat ne libérera pas ces cau-
tions .
Art. 28. Tous les trois mois au moins, et chaque fois
que le tribunal l'ordonnera, le juge délégué sera tenu
d'examiner l'état des affaires du débiteur concordataire,
en se faisant, s'il le croit utile, assister d'experts confor-
mément à l'article 7.
Le juge délégué fera rapport au tribunal qui, après
avoir entendu le débiteur et les cautions, ou eux dûment
appelés , pourra prononcer la résolution du concordat, et
déclarer la faillite .
214 LOIS USUELLES .
Art . 29. En cas de faillite du débiteur dans les six
mois qui suivront la résolution du concordat, l'époque de
cessation de payement, par dérogation à l'article 442 de
la loi du 18 avril 1881 , pourra être reportée au jour où le
concordat a été demandé .
Indépendamment de la nullité prononcée par l'arti-
cle 445 de la dite loi, sont nuls et sans effet tous les actes
faits par le débiteur sans l'autorisation du juge délégué,
dans les cas où cette autorisation est requise .
Art. 30. Les dispositions de la loi du 14 juin 1851 et de
l'article 610, § 1er, du code de commerce, modifiées par
l'article 4 de la loi du 14 août 1857, et relatives au droit
de timbre et d'enregistrement des actes en matière de
faillites , sont applicables aux actes produits en justice ou
dressés en exécution de la présente loi .
Art . 31. Le débiteur sera condamné à la même peine
que le banqueroutier simple :
1º Si, pour déterminer ou faciliter la délivrance du
concordat, il a, de quelque manière que ce soit, volontai-
rement dissimulé une partie de son actif, ou exagéré cet
actif;
2° S'il a fait ou laissé sciemment intervenir aux délibé-
rations un ou plusieurs créanciers supposés ou dont les
créances ont été exagérées ;
3º S'il a fait sciemment une ou plusieurs omissions
dans la liste de ses créanciers .
Art . 32. Seront condamnés à l'amende comminée par
l'article 490 du code pénal , ceux qui, frauduleusement,
auraient sans être créanciers, pris part aux délibérations
du concordat, ou , étant créanciers , exagéré leurs
créances et ceux qui auraient stipulé, soit avec le débi-
teur, soit avec toutes autres personnes, des avantages
particuliers à raison de leur vote dans les délibérations
du concordat ou qui auraient fait un traité particulier
duquel résulterait en leur faveur un avantage à charge
de l'actif du débiteur.
Art . 33. L'article 19 des lois électorales coordonnées
n'est applicable, en aucun cas , à ceux qui ont obtenu ou
obtiendront un concordat préventif de faillite.
Art. 34. Sont abrogés l'article 520 de la loi du 18 avril
1851 et la loi du 20 juin 1883 .
FAILLITES . 215
Art. 35. La présente loi sera obligatoire le lendemain
du jour de sa publication .
B. PROCÉDURE GRATUITE .
26 décembre 1882 . Loi sur la procédure gratuite
en matière de faillite .
Art. 1er. Lorsque l'actif d'une faillite sera présumé
insuffisant pour couvrir les premiers frais de liquidation,
le tribunal de commerce, d'office ou sur la requête du
curateur, ordonnera la gratuité de la procédure pour le
jugement de déclaration de la faillite, l'affiche de ce juge-
ment, l'apposition et la levée des scellés, l'inventaire, le
procès -verbal de la vérification des créances, le procès-
verbal tenu en vertu de l'article 533 du code de commerce
et le jugement sur l'excusabilité du failli.
La gratuité sera également accordée pour les actes et
les procédures conservatoires jusqu'à l'expiration du
délai de quarante jours à partir du jugement déclaratif
de la faillite .
Art. 2. L'administration de l'enregistrement, sur or-
donnance du juge-commissaire, fera l'avance des frais
résultant de l'insertion dans les journaux du jugement
déclaratif de la faillite .
Art. 3. Par le même jugement qui ordonnera la gra-
tuité , le tribunal de commerce désignera l'huissier
chargé, le cas échéant, de prêter gratuitement son minis-
tère.
Les avoués de première instance et les avoués d'appel
seront, s'il y a lieu, désignés aux mêmes fins, respective-
ment par le président du tribunal de première instance et
par le premier président de la cour d'appel, sur requête
présentée par le curateur.
Art. 4. Il est fait mention de la gratuité de la procé-
dure dans tous les jugements, actes et procès-verbaux de
la faillite .
Les pièces soumises à la formalité du timbre et de
l'enregistrement seront visées pour timbre et enregis-
trées en débet.
216 LOIS USUELLES .
Les droits de greffe seront aussi portés en débet.
Art. 5. Si l'actif est insuffisant pour couvrir tous les
frais résultant des formalités , procédures et actes énu-
mérés dans les articles 1er et 2, ils seront remboursés par
privilège, dans l'ordre suivant :
1º Les avances faites par le trésor, du chef d'insertion
dans les journaux ;
2º Les débours des curateurs ;
3º Les actes et vacations du juge de paix, du greffier du
juge de paix, du greffier du tribunal de commerce, des
avoués et des huissiers ;
4º Les honoraires du curateur ;
5º Les droits dus au trésor public.
S'il y a concours dans le même ordre, le payement se
fera au marc le franc .
GREFFE ( DROITS DE).
25 novembre 1889. — Loi portant réorganisation des
traitements des juges de paix et des greffiers et
suppression de leurs émoluments , et établissant
des droits de greffe au profit de l'Etat .
TITRE PREMIER. - Traitements et indemnités.
Art. 1er. Les traitements des juges de paix et des gref-
fiers en chef, greffiers et greffiers adjoints des cours de
cassation et d'appel, des tribunaux de première instance
et de commerce et des justices de paix sont fixés confor-
mément au tableau A joint à la présente loi.
Art. 2. Les tribunaux de première instance, les tribu-
naux de commerce et les justices de paix sont divisés en
classés, comme l'indique le tableau B joint à la présente
loi .
Art. 3. Les juges de paix ont droit au traitement
moyen après sept années d'exercice à titre effectif des
mêmes fonctions dans un ou plusieurs sièges ; après qua-
torze années, ils ont droit au traitement supérieur. Il n'est
GREFFE (DROITS DE). 217
pas tenu compte du temps pendant lequel les intéressés
ont été privés de leur traitement par suite de congé ou de
mesures disciplinaires .
Art. 4. L'article qui précède est applicable :
1° Aux greffiers en chef, greffiers et greffiers adjoints
des cours de cassation et d'appel et des tribunaux de pre-
mière instance et de commerce ;
2° Aux greffiers des justices de paix .
Art. 5. Le traitement moyen et le traitement supérieur
courent à partir du 1er du mois qui suit le jour où l'inté-
ressé réunit les conditions prescrites par la loi.
Art. 6. Les émoluments alloués aux juges de paix et
aux greffiers sont supprimés .
Art. 7. Le gouvernement est autorisé à accorder une
indemnité aux greffiers pour les couvrir des frais de
greffe mis à leur charge.
L'indemnité devra être exclusivement consacrée au
payement de ces frais. Les greffiers rendront compte de
son emploi par la production au gouvernement d'états
réguliers (1).
Art. 8. Il est interdit aux greffiers de faire les prisées
et ventes de meubles .
Art. 9. Les indemnités de voyage et de séjour en
matière répressive continueront d'être réglées conformé-
ment à l'article 75 du tarif criminel du 18 juin 1853.
Cet article est, en ce qui concerne le taux de l'indem-
nité, rendu applicable en matière civile.
(1) Le ministre de la justice fixe par application de l'article 7 de la loi du
25 novembre 1889, le montant des indemnités à accorder aux greffiers pour
les couvrir des frais de greffe mis à leur charge (arr. roy., 3 décembre 1892,
art. ler).
Les indemnités allouées aux greffiers leur seront payées comme le sont les
traitements et autres dépenses fixes, conformément aux dispositions en vi-
gueur sur la comptabilité de l'Etat. (Idem, art. 2.)
Al'expiration de chaque année, les greffiers rendront compte de l'emploi
des sommes reçues, ainsi qu'il est prescrit par le deuxième alinéa de l'arti-
cle 7 précité. (Ídem, art. 3).
218 LOIS USUELLES .
TITRE 11. Droits de greffe et de timbre ( 1) .
CHAPITRE Ier . JUSTICES DE PAIX .
Art. 10. Il est perçu, au profit de l'Etat, dans les jus-
tices de paix :
1º Un droit de 7 francs par vacation du juge de paix :
A. A l'apposition, la reconnaissance et la levée des
scellés ; en cas de référés, lors de l'apposition des scellés
ou dans le cours de leur levée ou pour présenter un tes-
tament ou autre papier cacheté au président du tribunal
de première instance ;
B. Aux conseils de famille ;
C. Aux inventaires ;
D. Aux actes d'adoption ;
E. Aux actes de tutelle officieuse ;
F. Aux actes d'émancipation ;
G. Aux actes de nomination d'un conseil à la mère sur-
vivante et tutrice ;
H. Aux actes de désignation d'un tuteur par le dernier
mourant des père et mère ;
I. Aux actes d'autorisation de faire le commerce ;
J. A l'examen des projets de cahiers des charges con-
cernant des adjudications publiques d'immeubles, d'actes
`d'échange, de partage ou de liquidation et à la rédaction
d'un procès-verbal d'observations ;
K. Aux opérations de partage et de liquidation et à la
rédaction d'un rapport sur les difficultés qui auraient
surgi pendant ces opérations ;
L. Âu référé devant le président du tribunal de pre-
mière instance concernant les adjudications publiques ,
les échanges, les partages et les liquidations.
L'avance des droits établis sous les lettres J, K, L sera
faite par le notaire .
La durée de chaque vacation est de quatre heures . S'il
n'y a qu'une seule vacation, elle est payée comme com-
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 30 mars 1893 pris en exécution des
dispositions du titre II.
GREFFE (DROITS DE). 219
plète, encore qu'elle n'ait pas été de quatre heures . Il en
est de même de la dernière, lorsqu'il y a plusieurs vaca-
tions .
Les juges de paix mentionnent dans les actes prévus
sous les lettres A, B, C, D, E, F, G, H, I l'heure du com-
mencement et celle de la fin des opérations .
Ils font connaître au notaire le nombre des vacations
qu'ils ont employées à l'examen des cahiers des charges
et des projets d'actes d'échange, à la rédaction du procès-
verbal d'observations et au référé ; l'officier public men-
tionne cette déclaration dans le procès-verbal de ses opé-
rations .
Ils déclarent, dans les actes de partage et de liquida-
tion, le nombre des vacations employées à l'examen et à
la passation de ces actes, à la rédaction du procès-verbal
d'observations sur le projet d'acte, ainsi que du rapport
concernant les difficultés qui ont surgi dans le cours des
opérations et au référé ;
20 Un droit de 5 francs sur les déclarations des tiers
saisis ;
3º Un droit de 3 francs :
A. Pour tout acte de notoriété ou certificat délivré par
le juge de paix ;
B. Pour la déclaration de l'apposition des scellés à ins-
crire sur le registre du greffe du tribunal de première
instance dans les villes où elle est prescrite. Ce droit est
perçu sur le procès-verbal de l'apposition des scellés .
La déclaration ne peut donner lieu à des frais de voyage
ét de séjour ;
4° Un droit de 2 francs pour la mise au rôle de chaque
cause .
Il est tenu au greffe un registre ou rôle général coté et
paraphé par le juge de paix et sur lequel sont inscrites les
causes dans l'ordre de présentation ;
5º Un droit de 1 franc par rôle sur les expéditions et de
50 centimes sur les copies non signées .
Chaque rôle contient vingt lignes à la page et huit à
díx syllabes à la ligne, compensation faite des unes avec
les autres .
Art. 11. Les droits établis par l'article précédent sont
perçus, sous réserve de l'article 19, d'après les règles
220 LOIS USUELLES.
fixées pour les droits de greffe dans les tribunaux de pre-
mière instance .
CHAPITRE II . COURS ET TRIBUNAUX .
Art. 12. Les droits de greffe perçus, au profit de
l'Etat, dans les cours d'appel et dans les tribunaux de
première instance et de commerce, sont modifiés et com-
plétés comme suit :
§ 1er. Le droit pour la mise au rôle est porté à :
4 fr. 50 c. dans les tribunaux de commerce ;
6 francs dans les tribunaux de première instance ;
12 francs dans les cours d'appel.
Le gouvernement est autorisé à régler le salaire des
huissiers pour l'appel des causes sur le rôle et lors des
jugements par défaut, interlocutoires et définitifs (1) .
§ 2. Les droits de 1 fr. 70 c., de 2 francs et de 4 francs
établis pour la rédaction et la transcription des actes sont
fixés à 5 francs .
Le droit de 70 centimes perçu sur les enquêtes, par
chaque déposition de témoin, est fixé à 1 franc.
Le droit perçu sur chaque bordereau ou mandement
de collocation est porté à 50 centimes par 100 francs du
montant de la créance colloquée. Dans aucun cas, la per-
ception ne peut être inférieure à 4 francs.
§ 3. Les droits de 1 fr. 40 c., de 1 fr. 70 c. et de 2 fr. 80 с.
par rôle établis sur les expéditions des actes, jugements
et arrêts, sont fixés à 2 francs par rôle pour toute expédi-
tion délivrée dans les tribunaux de première instance et
de commerce et à 4 francs par rôle pour toute expédition
délivrée dans toutes les cours d'appel,
§ 4. Sont assujettis à un droit de rédaction :
1º De 5 francs , les ordonnances du président du tri-
bunal de première instance prescrivant le dépôt d'un
testament .
Le droit est dû sur la minute de l'ordonnance ;
2º De 50 centimes , les certificats des déclarations de
faillite, des interdictions prononcées et des condamna-
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 7 avril 1891.
GREFFE (DROITS DE). 221
tions portant privation du droit de vote, délivrés pour
servir en matière électorale .
§ 5. Sont assujettis à un droit d'expédition :
1º De 1 franc, les expéditions des actes, jugements et
arrêts délivrés en matière fiscale, électorale, de milice et
de validation des élections des membres des tribunaux de
commerce et des conseils de prud'hommes ;
2º De 50 centimes, les extraits des actes de l'état civil
délivrés pour servir en matière électorale, ainsi que des
extraits des listes électorales et du double des rôles
d'impositions déposés aux greffes des cours d'appel ;
3º De 85 centimes, les expéditions ou extraits des actes
de mariage, d'adoption et de divorce, et de 53 centimes ,
les expéditions ou extraits des actes de naissance, de
décès et de publication de mariage ;
4° De 1 centime par nom, le double des tables décen-
nales des registres de l'état civil destiné aux communes ;
Le droit est perçu sur le double avant son envoi à la
commune ;
5° De 50 centimes par rôle, les copies non signées .
Chaque rôle contient vingt lignes à la page et huit à
dix syllabes à la ligne, compensation faite des unes avec
les autres .
Art. 13. Les droits établis dans les justices de paix sont
également perçus lorsque les juges-commissaires et les
greffiers des tribunaux de commerce exercent, en vertu
de la loi sur les faillites, les attributions dévolues aux
juges de paix et à leurs greffiers .
Art. 14. Les dispositions établissant les droits de
greffe et de timbre au profit de l'Etat dans les cours
d'appel sont rendues applicables à la cour de cassation .
CHAPITRE III . DISPOSITIONS APPLICABLES AUX COURS ,
AUX TRIBUNAUX ET AUX JUSTICES DE PAIX .
Art. 15. Il est perçu au profit de l'Etat, sur chaque
légalisation d'acte des officiers publics, un droit de greffe
de 25 centimes . Néanmoins , le droit n'est pas dù si l'acte,
la copie ou l'extrait sont dispensés du timbre.
Art. 16. Il est perçu au profit de l'Etat, pour la
recherche des actes, jugements et arrêts faits ou rendus
10
222 LOIS USUELLES .
depuis plus d'un an, un droit de greffe de 50 centimes
pour chacune des années qui sont indiquées et sur les-
quelles les recherches ont porté.
Art. 17. Les feuilles d'audience, les registres et le
répertoire sont exempts du timbre.
Les copies non signées peuvent être délivrées sur
papier non timbré, avant l'enregistrement de la minute
ou de l'expédition .
Art. 18. Les droits alloués aux greffiers par le tarif
criminel du 18 juin 1853 seront perçus au profit de l'Etat .
Art. 19. Le gouvernement fixe le mode de perception
des droits et des indemnités de voyage et de séjour prévus
par la présente loi, ainsi que des droits de timbre et
d'enregistrement qui sont actuellement versés au greffe .
7 avril 1891. Arrêté royal fixant le salaire des
. huissiers pour l'appel des causes dans les tribunaux
de commerce .
Art . 1er, Le salaire des huissiers audienciers dans les
tribunaux de commerce est fixé à 1 franc, pour chaque
cause inscrite au rôle et donnant lieu à la perception du
droit de mise au rôle au profit de l'Etat .
Art. 2. Le salaire sera perçu par le greffier, en même
temps que le droit de mise au rôle .
Le montant des salaires perçus sera versé par le gref-
fier au trésorier de la chambre de discipline des huissiers,
tous les trois mois. Le trésorier en fera le partage confor-
mément à l'article 95 du décret du 14 juin 1813.
Art. 3. L'article 94 du décret du 14 juin 1813 est abrogé.
30 mars 1893 . Arrêté royal contenant les mesures
d'exécution de la loi du 25 novembre 1889 , qui règle
la perception des droits de greffe , de timbre et d'en-
registrement et la tenue des registres dans les greffes .
Léopold II, etc. Vu l'article 9 de la loi du 25 novembre
1889, réglant les indemnités de voyage et de séjour des
magistrats et des greffiers ;
GREFFE (DROITS DE). 223
Vu les articles 10 à 19 de la même loi concernant l'éta-
blissemeni ou le mode de perception des droits de greffe,
de timbre et d'enregistrement ;
Sur la proposition de nos ministres de la justice et des
finances ,
Nous avons arrêté et arrêtons :
Art. 1er. Les droits de timbre et d'enregistrement aux-
quels les actes sont assujettis dans les cours de cassation
et d'appel , les tribunaux de première instance et de
commerce et les justices de paix, continuent à être
acquittés par les greffiers d'après les règles actuellement
établies .
Les droits de greffe sont perçus pour le compte du
trésor, de la manière ci après déterminée .
Art. 2. Il est tenu au greffe un registre ou rôle général
sur lequel chaque cause est inscrite, sous un numéro
distinct, dans l'ordre de sa présentation.
En cas de radiation, la cause est replacée à la fin du
rôle, et il y est fait mention du premier placement.
Les causes ne peuvent être appelées que sur les rôles .
Tout jugement porte sur la feuille d'audience le
numéro du rôle général sous lequel la cause est inscrite .
Le 1er de chaque mois, les droits de mise au rôle sont
perçus par le receveur de l'enregistrement, sur le rôle
général qui lui est soumis par le greffier .
Les droits ne peuvent être exigés qu'une seule fois ; les
causes radiées sont réinscrites gratuitement.
Art. 3. Les droits de rédaction et de transcription sont
perçus par le receveur de l'enregistrement, sur les mi-
nutes ou les brevets des actes assujettis aux droits .
Il en est de même des droits établis sur :
1º Les vacations des juges de paix :
A. A l'apposition, la reconnaissance et la levée des
scellés ; en cas de référés lors de l'apposition des scellés
ou dans le cours de leur levée ou pour présenter un tes-
tament ou autre papier cacheté au président du tribunal
de première instance ;
ht B. Aux conseils de famille ;
de C. Aux inventaires ;
D. Aux actes d'adoption ;
224 LOIS USUELLES .
E. Aux actes de tutelle officieuse ;
F. Aux actes d'émancipation ;
G. Aux actes de nomination d'un conseil à la mère
survivante et tutrice :
H. Aux actes de désignation d'un tuteur par le dernier
mourant des père et mère :
I. Aux actes d'autorisation de faire commerce ;
2º Les déclarations de tiers saisis faites devant lesjuges
de paix et
3º Les actes de notoriété ou certificats délivrés par les
juges de paix..
Les droits établis pour les vacations des juges de paix :
1º A l'examen des projets de cahiers des charges con-
cernant des adjudications publiques d'immeubles, d'actes
d'échange, de partage ou de liquidation et à la rédaction
d'un procès-verbal d'observation ;
2º Aux opérations de partage et de liquidation et à la
rédaction d'un rapport sur les difficultés qui auraient
surgi pendant ces opérations ;
3º Au référé devant le président du tribunal de pre-
mière instance concernant les adjudications publiques,
les échanges , les partages et les liquidations.
Sontperçus parles receveurs de l'enregistrement, savoir :
encequiconcerneles adjudicationspubliquesd'immeubles
et les actes d'échange, sur le procès-verbal des opéra-
tions de l'officier public, et, en ce qui concerne les actes
de partage et de liquidation, sur la minute de l'acte .
Le droit dû pour la déclaration de l'apposition des
scellés à inscrire sur le registre du greffe du tribunal de
première instance , est perçu par le receveur de l'enre-
gistrement, sur le procès-verbal de l'apposition des
scellés .
Les droits dus lorsque les juges-commissaires et les
greffiers des tribunaux de commerce exercent, en vertu
de la loi sur les faillites , les attributions dévolues aux
juges de paix et à leurs greffiers, sont perçus de la ma-
nière réglée ci-dessus pour les droits établis dans les jus-
tices de paix .
Art. 4. Les droits d'expédition, de copie et d'extrait
en matière civile, autres que les droits visés aux arti-
cles 6, 7 et 8 ci-après, sont perçus par le receveur. de
GREFFE (DROITS DE) . 225
l'enregistrement, sur les expéditions, copies et extraits
présentés par le greffier .
ui sont présent
quilui
Le droit dû sur le double des tables décennales des
registres de l'état civil est perçupar le receveur de l'enre-
gistrement sur le double avant son envoi à la commune .
Art. 5. Le greffier inscrit, jour par jour, dans un re-
gistre spécial, les droits perçus en exécution des deux
articles précédents, ainsi que les déboursés .
Chaque acte, expédition, copie ou extrait est inscrit
au registre sous un numéro d'ordre distinct.
Art. 6. Les extraits des actes de l'état civil faits pour
servir en matière électorale, les légalisations de signa-
tures et les recherches d'actes sont inscrits jour par jour,
sous des numéros d'ordre distincts, dans le registre tenu
en exécution de l'article 5 ci-dessus. Le greffier men-
tionne au registre l'acte d'où l'extrait est tiré, l'acte léga-
lisé ou l'acte recherché , et le nombre d'années sur les-
quelles les recherches ont porté.
Le premier de chaque mois, les droits sont perçus par
le receveur de l'enregistrement sur le registre qui lui est
soumis par le greffier.
Le ministre de la justice peut autoriser ou prescrire la
tenue de deux ou plusieurs registres pour les actes énu-
mérés dans les articles 3, 4 et 6.
Art. 7. Les expéditions des actes , jugements et arrêts
délivrés en matière fiscale, électorale , de milice et de
validation des élections des membres des tribunaux de
commerce et des conseils de prud'hommes, et les extraits
des listes électorales et des doubles des rôles d'imposi-
tions déposés aux greffes des cours d'appel, sont inscrits
dans un registre spécial , jour par jour, suivant l'ordre
dans lequel les expéditions et les extraits ont été faits .
Les expéditions sont inscrites au registre sous des
numéros d'ordre distincts et sous des numéros d'ordre
collectifs ; il y est fait mention des numéros du rôle
général .
Les extraits sont inscrits sous des numéros d'ordre
distincts .
Le fer de chaque mois, les droits sont perçus par le
receveur de l'enregistrement sur le registre qui lui est
soumis par le greffier.
226 LOIS USUELLES .
Art. 8. Les droits dus sur les expéditions, copies et
extraits délivrés en matière répressive , aux parties
civiles ou autres intéressés, sont perçus par le receveur
de l'enregistrement sur les expéditions , copies et extraits
qui lui sont présentés par le greffier. Le montant en est
immédiatement versé à la caisse du receveur. Les expé-
ditions, copies et extraits , avec le montant des droits et
des déboursés sont inscrits, jour par jour, dans un regis-
tre spécial , sous des numéros d'ordre distincts .
Le greffier mentionne sur les autres expéditions ,
copies et extraits en matière répressive, ainsi que sur les
extraits des actes de l'état civil délivrés aux magistrats
pour être joints à une procédure répressive, le montant
des droits dus et, s'il y a lieu , le nombre de rôles . Il les
comprend, le cas échéant, parmi les frais à recouvrer sur
les condamnés. Les droits dont le montant est prélevé
sur les fonds consignés par les parties civiles, sont ins-
crits jour par jour dans le registre précité ; ils sont
perçus , le premier de chaque mois, par le receveur de
l'enregistrement, sur le registre qui lui est soumis par le
greffier (1) .
Le ministre de la justice peut autoriser ou prescrire la
tenue de deux ou plusieurs registres pour les droits
énumérés au présent article.
Art. 9. Les droits de greffe sont acquittés par les gref-
fiers , à l'exception de ceux établis pour les vacations des
(1) Le deuxième alinéa de l'article 8 de l'arrêté royal du 30 mars 1893 (a)
a été modifié par l'arrêté royal du 21 octobre 1896 ; il était ainsi conçu :
Le greffier mentionne sur les autres expéditions, copies et extraits, en
matière répressive, ainsi quesur les extraits des actes de l'état civil délivrés
aux magistrats pour y être joints à une procédure répressive, le montant des
droits dus et, s'il y a lieu,le nombre des rôles. Il en fait, jour par jour,
l'inscription dans le registre précité, et les comprend, le cas échéant, parmi
les frais à recouvrer sur les condamnés. Les droits dontle montant est prélevé
sur les fonds consignés par les parties civiles sont perçus, le ler de chaque
mois, par le receveur de l'enregistrement, sur le registre qui lui est soumis
par le greffier. "
(a) Une erreur de date figure dans le préambule de l'arrêté royal du
21 octobre 1896 ; il se réfère à l'arrêté du 13 mars 1893 alors qu'il faut lire
30 mars.
GREFFE (DROITS DE). 226a
juges de paix à l'occasion des adjudications publiques
d'immeubles et des actes d'échange , de partage et de
liquidation, lesquels sont acquittés par les officiers
publics
publics.
Art. 10. Les greffiers et les officiers publics peuvent
exiger des intéressés une provision pour couvrirle paye-
ment des droits .
Ils ne peuvent délivrer aucune expédition avant que
les droits , autres que ceux perçus sur les registres ou
liquidés en débet, aient été acquittés , sous peine de res-
titution du droit et de 40 francs d'amende .
Art. 11. Le greffier mentionne au pied des actes , en
minute ou en brevet , des expéditions, copies ou extraits
qu'il délivre, et, à leur défaut, sur un état signé par lui
et qu'il remet à la partie, le détail des déboursés et des
droits perçus, ainsi que les numéros d'ordre des regis-
tres dans lesquels sont inscrits les déboursés et les
droits .
Art. 12. Les droits et indemnités de voyage et de
séjour des magistrats, greffiers , greffiers adjoints et com-
mis greffiers en matière répressive et dans les matières
assimilées à celles-ci, continueront à être payés et
recouvrés conformément aux règles établies par l'arrêté
royal du 18 juin 1853. Les intéressés remettront leurs
mémoires de frais de voyage et de séjour au greffier,
qui en tiendra note dans le registre mentionné ci-dessous,
et, après les avoir visés, les transmettra à l'officier du
ministère public chargé d'en requérir la taxe .
Les droits et indemnités en matière civile dus aux
magistrats , greffiers, greffiers adjoints ou commis gref-
fiers seront payés entre les mains des greffiers qui, le cas ,
échéant, remettent la somme aux ayants droit.
Il est tenu dans les greffes un registre dans lequel sont
inscrits tous les transports des magistrats et des greffiers ,
greffiers adjoints ou commis greffiers en quelque matière
que ce soit. Il y est fait mention de l'affaire à l'occasion
de laquelle le voyage est fait, de la date et du lieu de
transport, du montant des droits et indemnités de voyage
et de séjour, du nom de l'ayant droit, et, si la somme a
été versée entre les mains du greffier, de la date du
226 b LOIS USUELLES .
payement par la partie et de la date de la remise de la
somme à l'ayant droit.
Le ministre de la justice peut autoriser ou prescrire la
tenue de deux ou plusieurs registres pour les droits et les
indemnités énumérés au présent article (1).
Art. 13. Chaque greffier tient un livre général des
recettes dans lequel il inscrit jour par jour toutes les
sommes reçues à un titre quelconque, avec mention du
nom de la personne pour le compte de laquelle la somme
est versée et la destination de celle- ci .
Le greffier constate ensuite l'emploi de la somme.
Acette fin, il mentionne au livre, soit le numéro des regis-
tres de perception où cet emploi est inscrit, soit le
numéro du répertoire sous lequel est porté l'acte au pied
duquel l'emploi de la somme est indiqué, soit le numéro
particulier ouvert dans le registre des consignations des
parties civiles, tenu en exécution de l'article 135 du
tarif criminel . Il constatera au livre, s'il y a lieu, la
remise à l'intéressé du restant disponible de la somme
versée.
Toutefois le greffier est dispensé de mentionner au
livre général des recettes la destination et l'emploi des
sommes qui sont versées entre ses mains par les avocats ,
les avoués et les liquidateurs des faillites qui ont au greffe
des comptes particuliers (1) .
(1) Le texte des articles12 et 13 ont été modifiés par l'arrêté royal du
21 octobre 1896 ; ils étaient ainsi conçus :
ART. 12. Les droits et indemnités de voyage et de séjour des magistrats
et des greffiers, en matière répressive et dans les matières assimilées à
celle-ci, continueront à être payés et recouvrés conformément aux règles
établies par l'arrêté royaldu 18 juin 1853.
" Les droits et indemnités en matière civile dus au magistrat, au greffier,
greffier adjoint ou commis greffier seront payés entre les mains du greffier
qui, le cas échéant, remet la somme à l'ayant droit. Le greffier tient un re-
gistredans lequel il mentionne la date et le lieu du transport, le montant
des droits et indemnités de voyages et de séjour, la date du payement, le
nomde l'ayant droit et la date de la remise dela somme à celui-ci.
ART. 13. Chaque greffier tient un livre général des recettes dans lequel
il inscrit, jour par jour, toutes les sommes reçues, à un titre quelconque,
avec mention du nom de la personne pour le compte de laquelle la somme est
versée et la destination de celle-ci.n
GREFFE (DROITS DE). 227
Art. 14. Chaque greffier tient un livre de dépenses,
dans lequel il inscrit, jour par jour, les sommes payées
pour frais de greffe.
Art. 15. Les registres et les livres dont la tenue est
prescrite par les articles précédents, sont cotés et para-
phés par le premier président de la cour de cassation ou
d'appel, le président du tribunal de première instance ou
de commerce ou le juge de paix .
Art. 16. Il est défendu aux greffiers et à leurs com-
mis d'exiger ni de recevoir d'autres droits de greffe, ni
aucun droit de prompte expédition, à peine de 100 francs
d'amende et de destitution .
Art. 17. Les infractions aux dispositions qui précè-
dent, autres que celles prévues aux articles 10 et 16 ci-
dessus, seront punies conformément à l'article 1er de la
loi du 6 mars 1818 .
Art. 18. Les procureurs généraux, les procureurs du
roi et les juges de paix surveillent l'exécution dans les
greffes des dispositions qui précèdent .
Les greffes sont contrôlés par les fonctionnaires supé-
rieurs de l'administrasion de l'enregistrement. Ils peu-
vent être vérifiés et inspectés par les fonctionnaires
désignés par le ministre de la justice .
Art. 19. Notre arrêté du 30 novembre 1889, pris en
exécution de la loi du 25 du même mois, est rapporté.
Art . 20. Nos ministres de la justice et des finances
prendront les autres mesures nécessaires pour l'exécu-
tion de la loi et du présent arrêté.
10.
223 LOIS USUELLES .
HYPOTHÈQUES.
16 décembre 1851. - Loi sur la revision du régime
hypothécaire .
Art. 1er . Les dispositions ci-après remplaceront, dans
le code civil, le titre XVIII du livre III :
DISPOSITIONS PRÉLIMINAIRES .
De la transmission des droits réels .
ART. 1er. Tous actes entre-vifs à titre gratuit ou oné-
reux translatifs ou déclaratifs de droits réels immobi-
liers , autres que les privilèges et les hypothèques, seront
transcrits en entier sur un registre à ce destiné, au bureau
de la conservation des hypothèques dans l'arrondissement
duquel les biens sont situés . Jusque-là, ils ne pourront
être opposés aux tiers qui auraient contracté sans fraude .
Il en sera de même des jugements passés en force de
chose jugéé, tenant lieu de conventions ou de titres pour
la transmission de ces droits , des actes de renonciation à
ces droits et des baux excédant neuf années , ou contenant
quittance d'au moins trois années de loyer.
Si ces baux n'ont pas été transcrits, la durée en sera
réduite , conformément à l'article 1429 du code civil .
ART. 2. Les jugements, les actes authentiques et les
actes sous seing privé , reconnus en justice ou devant
notaire, seront seuls admis à la transcription. Les procu-
rations relatives à ces actes devront être données dans la
même forme .
ART . 3. Aucune demande tendant à faire prononcer
l'annulation ou la révocation de droits résultant d'actes
soumis à la transcription ne sera reçue dans les tribunaux
qu'après avoir été inscrite en marge de la transcription
prescrite par l'article 1er.
Toute décision rendue sur une semblable demande
HYPOTHÈQUES. 229
sera également inscrite à la suite de l'inscription ordon-
née par le paragraphe précédent.
Les greffiers ne pourront, sous peine de tous dom.
mages et intérêts, délivrer aucune expédition de juge-
ments de cette espèce, avant qu'il leur ait été dûment
justifié , dans la forme prescrite par l'article 84, que
l'inscription a été prise.
ART. 4. Seront valables toutes aliénations faites , toutes
hypothèques et autres charges réelles imposées antérieu-
rement à l'inscription requise par l'article 3, dans le cas
où ni la révocation ni l'annulation ne sont de nature à
préjudicier à de semblables droits consentis avant l'ac-
tion.
Si la demande n'a pas été inscrite, le jugement de révo-
cation ou d'annulation n'aura d'effet, vis-à- vis du tiers,
qu'à dater du jour où il aura été inscrit.
ART. 5. La cession d'une créance privilégiée ou hypo-
thécaire inscrite, de même que la subrogation à un droit
semblable, ne pourra être opposée au tiers, si elle ne
résulte d'actes énoncés en l'article 2, et s'il n'est fait en
marge de l'inscription mention de la date et de la nature
du titre du cessionnaire avec indication des noms , pré-
noms , professions et domiciles des parties .
Le conservateur indiquera, au bas du bordereau, le
changement opéré sur ses registres .
En cas de cession d'une créance privilégiée ou hypothé-
caire non inscrite, ou de subrogation à undroitsemblable,
le cessionnaire ne pourra par l'inscription conserver
l'hypothèque ou le privilège que pour autant que l'acte
de cession soit passé dans la forme requise à l'égard des
créances inscrites .
ART. 6. Toute personne contre laquelle il existe une
inscription hypothécaire prise pour sûreté d'une créance
liquide et certaine pourra, même avant l'échéance de la
dette, être assignée par le cessionnaire du créancier, sans
préliminaire de conciliation, devant le tribunal civil de
son domicile, à l'effet de faire la déclaration prescrite
par l'article 570 du code de procédure civile.
L'assigné sera tenu de se conformer aux dispositions
des articles 571 et suivants du même code ; sinon il pourra
230 LOIS USUELLES .
être réassigné, aux fins d'être déclaré débiteur pur et
simple, par un huissier commis à cet effet.
CHAPITRE Ier . DISPOSITIONS GÉNÉRALES .
ART. 7 (2092) . Quiconque est obligé personnellement
est tenu de remplir ses engagements sur tous ses biens
mobiliers ou immobiliers présents et à venir.
ART . 8 (2093) . Les biens du débiteur sont le gage com-
mun de ses créanciers, et le prix s'en distribue entre eux
par contribution, àmoinsis qu'il
qu'iln'ya
n'y ait entre les créanciers
des causes légitimes de préférence.
ART. 9(209
(2094). Les causes légitimes de préférence sont
les privilèges et hypothèques.
ART. 10. Lorsqu'un immeuble, des récoltes ou des effets
mobiliers auront été assurés soit contre l'incendie, soit
contre tout autre fléau, la somme qui, en cas de sinistre,
se trouvera due par l'assureur devra, si elle n'est pas
appliquée par lui à la réparation de l'objet assuré, être
affectée au payement des créances privilégiées ou hypo-
thécaires, selon le rang de chacune d'elles.
Il en sera de même de toute indemnité qui serait due
par des tiers , à raison de la perte ou de la détérioration
de l'objet grevé de privilège ou d'hypothèque .
Акт. 11 (2120). Il n'est rien innové par le présent code
aux dispositions des lois maritimes concernantles navires
et bâtiments de mer .
CHAPITRE II . DES PRIVILÈGES .
ART. 12 (2095) . Le privilège est un droit que la qualité
de la créance donne à un créancier d'ètre préféré aux
autres créanciers , même hypothécaires .
ART. 13 (2096) . Entre les créanciers privilégiés , la pré-
férence se règle par les différentes qualités des privilèges .
ART. 14 (2097) . Les créanciers privilégiés qui sont dans
le même rang sont payés par concurrence .
ART . 15 (2098) . Le privilège, à raison des droits du tré-
sor public, et l'ordre dans lequel il s'exerce sont réglés
par les lois qui les concernent.
HYPOTHÈQUES . 231
Le trésor public ne peut cependant obtenír de privilège
au préjudice des droits antérieurement acquis à des tiers .
ART. 16 (2099) . Les privilèges peuvent être sur les
meubles ou sur les immeubles.
SECTION Ire . DES PRIVILÈGES QUI S'ÉTENDENT
SUR LES MEUBLES ET LES IMMEUBLES .
ART. 17. Les frais de justice sont privilégiés sur les
meubles et les immeubles, à l'égard de tous les créanciers
dans l'intérêt desquels ils ont été faits (1) .
SECTION II . DES PRIVILÈGES SUR LES MEUBLES .
ART . 18 (2100) . Les privilèges sont ou généraux , ou par-
ticuliers sur certains meubles .
§ 1er. Des privilèges généraux sur les meubles .
ART. 19 (2101). Les créances privilégiées sur la généra-
lité des meubles sont celles ci-après exprimées , et
s'exercent dans l'ordre suivant :
1º Les frais de justice faits dans l'intérêt commun des
créanciers ;
2º Les frais funéraires en rapport avec la condition et
la fortune du défunt ;
3º Les frais de dernière maladie pendant un an ;
4° Les salaires des gens de service pour l'année échue
et ce qui est dû sur l'année courante ; les appointements ,
remises ou commissions des commis pour six mois et le
salaire des ouvriers pour un mois .
Le montant du privilège en ce qui concerne les commis
ne pourra excéder 1,500 francs (2).
(1) Voir, ci -dessus, p. 215, l'article 5 de la loi du 26 décembre 1882 sur la
procédure gratuite en matière de faillite.
(2) Le§ 4º de l'article 19 a été complété, tel qu'il est reproduit ci-dessus,
par la loi du 25 avril 1896.
232 LOIS USUELLES .
5° Les fournitures de subsistances faites au débiteur et
å sa famille, pendant les six mois .
Les époques indiquées aux trois paragraphes précé-
dents sont celles qui précèdent la mort, le dessaisisse-
ment ou la saisie du mobilier.
Lorsque la valeur des immeubles n'a pas été absorbée
par les créances privilégiées ou hypothécaires , la portion
du prix qui reste due est affectée de préférence au payc-
ment des créances énoncées au présent article .
§ 2. Des privilèges sur certains meubles .
ART . 20 (2102) . Les créances privilégiées sur certains
meubles sont :
1º Les loyers et fermages des immeubles, sur les fruits
de la récolte de l'année, et sur le prix de tout ce qui gar-
nit la maison louée ou la ferme, et de tout ce qui sert à
l'exploitation de la ferme, savoir pour deux années
échues , s'il s'agit d'une maison ; pour trois années échues ,
s'il s'agit d'une ferme ; en outre pour l'année courante
ainsi que pour celle qui suivra, et même, si les baux sont
authentiques ou si, étant sous signature privée, ils ont
une date certaine, pour tout ce qui est à échoir ; dans ce
dernier cas , les autres créanciers ont le droit de relouer
la maison ou la ferme, pour le restant du bail, et de
faire leur profit des baux ou fermages, à la charge tou-
tefois de payer au propriétaire tout ce qui lui serait
encore dû .
Le même privilège a lieu pour les réparations loca-
tives et pour tout ce qui concerne l'exécution du bail (1).
Le propriétaire peut saisir les meubles qui garnissent
sa maison ou sa ferme, lorsqu'ils ont été déplacés sans
son consentement, et il conserve sur eux son privilège ,
pourvu qu'il en ait fait la revendication ; savoir : lorsqu'il
(1) Le bailleur n'est privilégié que pour trois années échues des fermages,
pour l'année courante, et pour les dommages- intérêts qui lui seraient accor-
dés à raison de l'inexécution des obligations du fermier relatives aux
réparations locatives et à la culture (loi du 15 avril 1884 sur les prêts agri-
coles, art. 9).
HYPOTHÈQUES . 233
s'agit d'un mobilier qui garnissait une ferme, dans le
délai de quarante jours ; et dans celui de quinzaine, s'il
s'agit de meubles garnissant une maison ;
2º Les sommes dues pour les semences ou pour les
frais de la récolte de l'année, sur le prix de cette récolte,
et celles dues pour ustensiles servant à l'exploitation , sur
le prix de ces ustensiles ;
3º La créance, sur le gage dont le créancier est saisi ;
4° Les frais faits pour la conservation de la chose ;
5º Les prix d'effets mobiliers non payés, s'ils sont
encore en la possession du débiteur, soit qu'il ait acheté
à terme ou sans terme (1).
Le privilège établi par les nos 4 et 5 cessera d'avoir
effet si ces objets mobiliers sont devenus immeubles par
destination ou par incorporation , sauf s'il s'agit de
machines et appareils employés dans les établissements
industriels .
Dans ce cas et pour ces objets, le privilège sera main-
tenu pendant deux ans à partir de la livraison ; toutefois ,
il n'aura d'effet que pour autant que, dans la quinzaine de
cette livraison, l'acte constatant la vente soit transcrit
dans un registre spécial tenu au greffe du tribunal de
commerce de l'arrondissement dans lequel le débiteur
aura son domicile, et, à défaut de domicile, au greffe du
tribunal de commerce de l'arrondissement dans lequel le
débiteur aura sa résidence. Le greffier du tribunal sera
tenu de donner connaissance de cette transcription à
toutes les personnes qui en feront la demande. La livrai-
son sera établie, sauf la preuve contraire, par les livres
du vendeur .
En cas de saisie immobilière pratiquée sur les machines
ou appareils, ou de faillite du débiteur déclarée avant
l'expiration des deux années, le privilège continuera à
subsister jusqu'après la distribution des deniers ou la
liquidation de la faillite .
Si la vente a été faite sans terme, le vendeur peut même
revendiquer les objets vendus, tant qu'ils sont en la
(1) Le privilège et le droit de revendication sont modifiés en cas de fail-
lite. Voir, code de commerce, liv. III, l'article 546 de la loi du 18 avril 1851,
ci-dessus p. 168.
234 LOIS USUELLES .
possession de l'acheteur, et en empêcher la revente,
pourvu que la revendication soit faite dans la huitaine de
la livraison, et qu'ils se trouvent dans le même état que
lors de la livraison .
La déchéance de l'action revendicatoire emporte éga-
lement celle de l'action en résolution, à l'égard des
autres créanciers .
Il n'est rien innové aux lois et usages du commerce sur
la revendication ;
6º Les fournitures d'un aubergiste, sur les effets du
voyageur qui ont été transportés dans son auberge ;
70 Les frais de voiture et les dépenses accessoires , sur
la chose voiturée, pendant que le voiturier en est saisi, et
pendant les vingt-quatre heures qui suivront la remise au
propriétaire ou au destinataire, pourvu qu'ils en aient
conservé la possession ;
8º Les créances résultant d'abus et prévarications
commis par les fonctionnaires publics dans l'exercice de
leurs fonctions, sur les fonds de leur cautionnement et
sur les intérêts qui en peuvent être échus .
§ 3. Du rang de privilèges mobiliers en cas de concours
entre eux .
ART. 21. Les frais de justice priment toutes les créances
dans l'intérêt desquelles ils ont été faits .
ART. 22. Les frais faits pour la conservation de la
chose priment les privilèges antérieurs.
Ils priment même, dans tous les cas, le privilège com-
pris dans les trois derniers numéros de l'article 19.
ART. 23. Le créancier gagiste , l'aubergiste et le voitu-
rier sont préférés au vendeur de l'objet mobilier qui leur
sert de gage, à moins qu'ils n'aient su, en le recevant, que
le prix en était encore dû .
Le privilège du vendeur ne s'exerce qu'après celui du
propriétaire de la maison ou de la ferme, à moins que,
lors du transport des meubles dans les lieux loués, le ven-
deur n'ait fait connaître au bailleur que le prix n'en avait
pas été payé.
ART. 24. Les sommes dues pour les semences ou pour
les frais de la récolte de l'année sont payées sur le prix
HYPOTHÈQUES . 235
de cette récolte, et celles dues pour ustensiles servant å
l'exploitation sur le prix de ces ustensiles, par préférence
au bailleur dans l'un et l'autre cas .
ART. 25. Le privilège des frais funéraires l'emporte sur
tous les autres privilèges, à l'exception du privilège des
frais de justice, du privilège
privilège des frais faits postérieure-
ment pour la conservation de la chose , et du privilège de
l'aubergiste, du voiturier et du créancier gagiste, en tant
que ceux-ci ne sont pas primés par le vendeur de l'objet
donné en gage .
ART. 26. Les autres privilèges généraux sont primés
par les privilèges spéciaux.
SECTION III . DES PRIVILÈGES SUR LES IMMEUBLES .
ART. 27 (2103). Les créanciers privilégiés sur les
immeubles sont :
1º Le vendeur sur l'immeubles vendu, pour le paye-
ment du prix ;
2º Les copermutants , sur les immeubles réciproque-
ment échangés, pour le payement des soultes et retours,
et aussi de la somme fixe qui serait déterminée par l'acte
à titre de dommages et intérêts dans le cas d'éviction ;
3º Le donateur, sur l'immeuble donné, pour les charges
pécuniaires ou autres prestations liquides, imposées au
donataire ;
4° Les cohéritiers ou copartageants, savoir :
Pour le payement des soultes ou retours de lots , sur
tous les immeubles compris dans le lot chargé de la
soulte, à moins que, par l'acte de partage, le privilège
n'ait été restreint à un ou plusieurs de ces immeubles ;
Pour le payement du prix de la licitation, sur le bien
licité;
Pour la garantie établie par l'article 884 du code civil ,
sur tous les immeubles compris dans le lot des garants ,
à moins que l'acte de partage ne restreigne le privilège à
une partie de ces immeubles. Ce privilège n'aura lieu
qu'autant que l'acte de partage contiendra la stipulation
d'une somme fixe pour le cas d'éviction ;
5° Les entrepreneurs, architectes , maçons et autres
236 LOIS USUELLES .
ouvriers employés pour défricher des terres ou dessécher
des marais , pour édifier, reconstruire ou réparer des
bâtiments, canaux ou autres ouvrages quelconques,
pourvu néanmoins que, par un expert nommé d'office par
le président du tribunal de première instance dans le
ressort duquel les biens sont situés , il ait été dressé préa-
lablement un procès-verbal , les créanciers inscrits
dûment appelés, à l'effet de constater l'état des lieux rela-
tivement aux ouvrages que le propriétaire déclarera avoir
dessein de faire, et que les ouvrages aient été, dans les
six mois au plus de leur perfection, reçus par un expert
également nommé d'office.
Mais le montant du privilège ne peut excéder les
valeurs constatées par le second procès-verbal, et il se
réduit à la plus-value existante à l'époque de l'aliéna-
tion de l'immeuble, et résultant des travaux qui y ont été
faits .
ART . 28. L'action résolutoire de la vente, établie par
l'article 1654, et l'action en reprise de l'objet échangé,
établie par l'article 1705 du code civil , ne peuvent être
exercées au préjudice ni du créancier inscrit, ni du sous-
acquéreur, ni des tiers acquéreurs de droits réels, après
l'extinction ou la déchéance du privilège établi par
'article précédent.
La même règle s'applique à l'action en révocation fon-
dée sur l'inexécution des conditions qui auraient pu être
garanties par le privilège .
Dans le cas où le vendeur, l'échangiste, le donateur
exerceraient l'action résolutoire, les tiers pourront tou-
jours arrêter ses effets, en remboursant au demandeur
le capital et les accessoires conservés par l'inscription
du privilège, conformément à l'article 87 de la présente
loi.
Les sommes que le vendeur ou le copermutant pourrait
être condamné à restituer, par suite de l'action en réso-
lution ou en reprise, seront affectées au payement des
créances privilégiées ou hypothécaires qui perdraient ce
caractère par suite de l'une ou l'autre de ces actions, et
ce d'après le rang que ces créances avaient au moment
de la résolution de la vente ou de l'échange .
HYPOTHÈQUES . 247
SECTION IV. COMMENT SE CONSERVENT LES PRIVILÈGES .
ART. 29 (2106). Entre les créanciers, les privilèges ne
produisent d'effet à l'égard des immeubles qu'autant
qu'ils sont renduspublics
ublics par inscription sur les registres
du conservateur dess hypothèques, à l'exception des pri-
vilèges des frais de justice.
ART. 30. Le vendeur conserve son privilège par la
transcription du titre qui a transféré la propriété et qui
constate que la totalité ou partie du prix lui est due .
ART. 31. Les copermutants conservent réciproquement
leur privilège sur les immeubles échangés , par la trans-
cription du contrat d'échange constatant qu'il leur est dû
des soultes , retours de lots ou une somme fixe à titre de
dommages-intérêts en cas d'éviction .
ART. 32. Le donateur conserve son privilège pour les
charges pécuniaires ou autres prestations liquides, impo-
sées au donataire, par la transcription de l'acte de dona-
tion constatant les dites charges et prestations.
ART. 33. Le cohéritier ou copartageant conserve son
privilège, par la transcription de l'acte de partage ou de
l'acte de licitation .
ART. 34. La transcription prescrite par les quatre arti-
cles précédents vaudra inscription pour le vendeur, le
copermutant, le donateur, l'héritier ou le copartageant et
le prêteur également subrogé à leurs droits .
Il en sera de même de la transcription opérée à la
requête de ce dernier.
ART . 35. Sera, le conservateur des hypothèques, tenu ,
sous peine de tous dommages-intérêts envers les tiers ,
de faire d'office, au moment de la transcription, l'inscrip-
tion sur son registre :
1º Des créances résultant de l'acte translatif de pro-
priété;
2º Des soultes ou retours de lots résultant de l'acte
d'échange .
Cette inscription comprendra la somme stipulée à titre
de dommages-intérêts en cas d'éviction ;
3º Des charges pécuniaires et autres prestations liquides
résultant de l'acte de donation ;
238 LOIS USUELLES .
4º Des soultes et retours résultant de l'acte de partage
ou de licitation ;
Cette inscription énoncera, s'il en a été fait, les stipula-
tions relatives à la garantie en cas d'éviction.
ART. 36. Le vendeur, les copermutants, le donateur,
les cohéritiers ou copartageants pourront, par une clause
formelle de l'acte, dispenser le conservateur de prendre
l'inscription d'office .
Dans ce cas , ils seront déchus du privilège et de l'action
résolutoire ou en reprise, mais ils pourront prendre en
vertu de leur titre une inscription hypothécaire qui n'aura
rang qu'à sa date.
ART . 37. Les inscriptions prescrites par les articles
précédents devront être renouvelées par les créanciers ,
en conformité de l'article 90. A défaut de renouvellement,
ceux-ci n'auront plus qu'une hypothèque qui ne prendra
rang que du jour de son inscription .
ART. 38 (2110). Les entrepreneurs, architectes. maçons
et autres ouvriers employés pour faire les ouvrages dont
il est question à l'article 27, conservent : 1º par l'inscrip-
tion faite, avant le commencement des travaux, du pro-
cès-verbal qui constate l'état des lieux ; 2° par celle du
second procès-verbal faite dans la quinzaine de la récep-
tion des ouvrages , leur privilège à la date du premier
procès -verbal .
Après ce dernier délai , ils n'auront qu'une hypothèque
qui ne prendra rang que du jour de l'inscription, et pour
la plus-value seulement.
ART. 39. Les créanciers et légataires ayant, aux termes
de l'article 878 du code civil , le droit de demander la
séparation des patrimoines, conservent ce droit à l'égard
des créanciers des héritiers ou représentants du défunt,
sur les immeubles de la succession, par l'inscription prise
sur chacun de ces immeubles , dans les six mois de l'ou-
verture de la succession .
Jusqu'à l'expiration de ce délai, aucune hypothèque ne
peut être établie sur ces biens , ni aucune aliénation en
être consentie par les héritiers ou représentants du défunt,
au préjudice des créanciers et légataires .
ART. 40. Les cessionnaires de ces diverses créances
privilégiées exercent les mêmes droits que les cédants en
HYPOTHÈQUES. 239
leur lieu et place, en se conformant aux dispositions de
l'article 5 de la présente loi.
CHAPITRE III . DES HYPOTHÈQUES (1) .
ART. 41 (2114). L'hypothèque est un droit réel sur les
immeubles affectés à l'acquittement d'une obligation .
Elle est, de sa nature, indivisible et subsiste en entier
sur tous les immeubles affectés, sur chacun et sur chaque
portion de ces immeubles .
Elle les suit dans quelques mains qu'ils passent .
ART. 42 (2115) . L'hypothèque n'a lieu que dans les cas
et suivant les formes autorisés par la loi.
ART. 43 (2116) . Elle est légale, conventionnelle ou tes-
tamentaire .
ART. 44 (2117) . L'hypothèque légale est celle qui ré-
sulte de la loi .
L'hypothèque conventionnelle est celle qui dépend
des conventions et de la forme extérieure des actes et des
contrats .
L'hypothèque testamentaire est celle qui est établic
par le testateur sur un ou plusieurs immeubles spéciale-
ment désignés dans le testament, pour garantie des legs
par lui faits .
ART. 45 (2118). Sont seuls susceptibles d'hypothèques :
1º Les biens immobiliers qui sont dans le commerce ;
2º Les droits d'usufruit, d'emphytéose et de superficie,
établis sur les mêmes biens pendant la durée de ces
droits .
L'hypothèque acquise s'étend aux accessoires réputés
immeubles, et aux améliorations survenues à l'immeuble
hypothéqué.
Néanmoins, le créancier hypothécaire sera tenu de res-
pecter les ventes des coupes ordinaires de taillis et de
futaie, faites de bonne foi, d'après l'usage des lieux, sauf
à exercer son droit sur le prix non payé.
Les baux contractés de bonne foi après la constitution
(1) Quant à l'hypothèque maritime, voir code de commerce, liv. III,
tit. V, supra, p. 116.
240 LOIS USUELLES .
de l'hypothèque seront aussi respectés : toutefois, s'ils
sont faits pour un terme qui excède neuf ans , la durée
en sera réduite conformément à l'article 1429 du code
civil.
ART. 46 (2119) . Les meubles n'ont pas de suite par
hypothèque.
SECTION Ire . DES HYPOTHÈQUES LÉGALES.
ART. 47 (2121). Les droits et créances auxquels l'hypo-
thèque légale est attribuée sont ceux des femmes ma-
riées , sur les biens de leur mari ; ceux des mineurs et
interdits , sur les biens de leur tuteur ; ceux des personnes
placées dans des établissements d'aliénés, sur les biens
de leur administrateur provisoire ; ceux de l'Etat, des
provinces, des communes et des établissements publics,
sur les biens des receveurs et administrateurs comp-
tables(1).
ART. 48 (2122). L'hypothèque légale de l'Etat, des pro-
vinces , des communes et des établissements publics
s'étend aux biens actuels et futurs du comptable et aux
biens futurs de la femme, à moins qu'elle ne les ait acquis,
soit à titre de succession ou de donation, soit à titre oné-
reux, de ses deniers propres .
§ 1er. Des garanties à fournir par les tuteurs,
dans l'intérêt des mineurs et des interdits .
ART. 49. Lors de la nomination des tuteurs ou avant
l'entrée en exercice de toute tutelle, le conseil de famille
fixera la somme pour laquelle il sera pris inscription
hypothécaire ; il désignera les immeubles sur lesquels
cette inscription devra être requise, eu égard à la for-
tune des mineurs et des interdits, à la nature des valeurs
dont elle se compose et aux éventualités de la responsa-
bilité du tuteur.
Le conseil de famille pourra, d'après les circonstances ,
(1) Voir code de commerce, liv. III, art. 487.
HYPOTHÈQUES. 241
déclarer qu'il ne sera pris aucune inscription sur les biens
du tuteur. Cette déclaration n'aura d'effet que jusqu'à
révocation .
ART . 50. La délibération du conseil de famille sera
motivée.
Dans le cas énoncé au § 1er de l'article précédent, le
tuteur devra être entendu ou appelé.
ART. 51. Le tuteur, le subrogé tuteur, ainsi que tout
membre du conseil de famille pourra, dans la huitaine,
former opposition à la délibération .
Cette opposition, qui dans aucun cas ne sera suspen-
sive, devra être formée contre le subrogé tuteur, si elle
tend à faire réduire les garanties déterminées par le
conseil de famille, au profit des mineurs et des interdits ,
et contre le tuteur, si elle a pour but de les faire aug-
menter.
Le tribunal statuera comme en matière urgente, après
avoir entendu le procureur du roi et contradictoirement
avec lui .
ART. 52. L'inscription sera prise par le tuteur ou le
subrogé tuteur, en vertu de la délibération du conseil de
famille.
Si le tuteur s'ingère dans la gestion avant que cette
formalité ait été remplie, le conseil de famille, convoqué,
soit sur la réquisition des parents ou autres parties inté-
ressées , soit d'office par le juge de paix, pourra lui retirer
la tutelle .
Le subrogé tuteur est tenu, sous sa responsabilité per-
sonnelle, de veiller à ce que l'inscription soit valable-
ment prise sur les biens du tuteur, ou de la prendre lui-
même.
ART. 53. Le conseil de famille pourra spécialement
commettre l'un de ses membres ou toute autre personne
pour requérir l'inscription.
ART. 54. Les greffiers des justices de paix ne pourront,
sous peine de responsabilité personnelle et de destitution ,
s'il y a lieu , délivrer aucune expédition des délibérations
des conseils de famille, à l'exception de celles qui sont
relatives à la nomination de tuteurs et de subrogés
tuteurs, ou qui déterminent l'hypothèque, avant qu'il leur
ait été dùment justifié que l'inscription a été prise contre
242 LOIS USUELLES .
le tuteur, pour les sommes et sur les immeubles désignés
par le conseil de famille.
ART. 55. Si , lors de la délibération dont il est parlé en
l'article 49, il est reconnu que le tuteur ne possède pas
d'immeubles , le conseil de famille , après avoir, en exécu-
tion de l'article 455 du code civil , fixé la somme à laquelle
commencera pour le tuteur l'obligation d'employer l'ex-
cédent des revenus sur les dépenses , pourra ordonner
qu'en attendant cet emploi les capitaux des mineurs et
des interdits soient versés par le tuteur à la caisse des
dépôts et consignations, à la diligence du subrogé tuteur
ou d'un membre du conseil de famille commis à cet effet .
ART. 56. Si le tuteur possède des immeubles , mais
qu'ils soient jugés insuffisants pour répondre de la tota-
lité de sa gestion, le conseil de famille pourra déterminer
la somme au delà de laquelle le versement devra être fait,
ainsi qu'il est dit à l'article précédent.
ART. 57. Le tuteur ne pourra retirer cés capitaux de
la caisse des dépôts et consignations que pour en faire
l'emploi qui aura été fixé par le conseil de famille, soit
à l'acquittement des dettes des mineurs ou interdits , soit
en acquisition d'immeubles ou de rentes sur l'Etat, soit
en prêts sur privilège immobilier ou sur première hypo-
thèque.
ART. 58. Dans le cas où les garanties données aux
mineurs ou aux interdits seraient devenues insuffisantes,
le conseil de famille pourra exiger ou une augmentation
de la somme que devait garantir l'hypothèque, ou l'exten-
sion de cette hypothèque à d'autres immeubles. Si le
tuteur ne possédait pas d'autres immeubles ou n'en pos-
sédait que d'une valeur jugée insuffisante, le dépôt à la
caisse des consignations pourrait être exigé, comme il est
dit aux articles précédents.
ART . 59. Si, dans le cas des articles 57 et 58, il survient
postérieurement des immeubles au tuteur, il sera procédé
comme il est dit aux articles 49 et suivants .
ART. 60. Si les garanties fournies par le tuteur de-
viennent évidemment excessives pendant le cours de la
tutelle, le conseil de famille pourra, après avoir entendu
le subrogé tuteur, restreindre, par une délibération moti-
vée, les sûretés primitivement exigées ; cette délibération
HYPOTHÈQUES . 243
devra être soumise à l'homologation du tribunal , qui sta-
tuera sur l'avis du ministère public, et contradictoirement
avec lui.
ART. 61. Le tuteur ne peut, sans l'assistance du subrogé
tuteur, recevoir le remboursement de capitaux non exi-
gibles , ni de créances à terme qui ne doivent échoir
qu'après la majorité du pupille .
Le subrogé tuteur veille à ce que les sommes rembour-
sées soient immédiatement versées dans une caisse pu-
blique, à moins que le conseil de famille n'autorise le
tuteur, soit à en faire emploi, ainsi qu'il est dit en l'ar-
ticle 55, soit à les conserver et à les faire valoir ; dans ce
dernier cas, l'autorisation pourra être subordonnée à une
hypothèque à donner ou à un cautionnement à fournir
par le tuteur.
ART. 62. L'article 55 du présent chapitre ne porte
aucune atteinte aux droits assurés aux pères et mères par
les articles 384, 385, 386, 387 et 453 du code civil .
ART. 63. Il sera tenu au greffe de chaque justice de
paix, sous la surveillance du juge et la responsabilité
personnelle du greffier, un état de toutes les tutelles
ouvertes dans le canton. Cet état contiendra la date de
l'ouverture des tutelles, les noms, prénoms et demeures
des mineurs et interdits, tuteurs et subrogés tuteurs ; la
date et le résumé des délibérations des conseils de famille
relatives à l'hypothèque légale des mineurs, des inter-
dits , la date des inscriptions qui auront été prises ou la
mention des causes pour lesquelles il n'en aurait pas été
requis .
Chaque année, dans le courant de décembre, le greffier
adressera , sous sa responsabilité , au procureur du roi de
son arrondissement, copie entière de cet état, pour les
tutelles ouvertes dans l'année, et, pour les autres, la
simple indication des changements survenus dans l'année
courante, relativement à l'hypothèque légale , à son ins-
cription ou aux dépôts que l'absence ou l'insuffisance des
immeubles auront nécessités .
Dans le mois de janvier suivant, le procureur du roi sou-
mettra cet état au tribunal qui, sur le rapport d'un de ses
membres en chambre du conseil , statuera ce que de droit,
tant d'office que sur les réquisitions du ministère public.
11
244 LOIS USUELLES .
Expédition de la décision sera, s'il y a lieu, en tout ou
en partie transmise aux juges de paix qu'elle concerne .
Les greffiers des justices de paix qui contreviendraient
au présent article seront, indépendamment des peines
disciplinaires, punis d'une amende qui n'excédera pas
cent francs . Elle pourra être portée au double en cas de
récidive .
Ces peines , ainsi que celles comminées par les ar-
ticles 132 et 133 de la présente loi et l'article 79 modifié
du code civil, seront appliquées par les tribunaux civils.
§ 2. Des sûretés des femmes mariées.
ART . 64. La femme aura une hypothèque spéciale sur
les biens qui sont affectés par le contrat de mariage , pour
sûreté de sa dot et de ses conventions matrimoniales .
Elle pourra également stipuler, dans son contrat de
mariage , une hypothèque spéciale pour garantie des
reprises de toute nature, même conditionnelles ou éven-
tuelles, qu'elle pourra avoir à exercer contre son mari.
Ces hypothèques seront inscrites par le mari avant la
célébration du mariage, et auront leur effet à dater de
l'inscription.
L'inscription pourra aussi être requise par la femme .
ART. 65. Le contrat désignera les immeubles grevés de
l'hypothèque, l'objet de la garantie et la somme à concur-
rence de laquelle l'inscription pourra être prise.
ART. 66. A défaut de stipulation d'hypothèque ou en
cas d'insuffisance des garanties déterminées par le con-
trat, la femme pourra, pendant le mariage, en vertu de
l'autorisation du président du tribunal de son domicile et
à concurrence de la somme qui sera fixée par lui , requé-
rir des inscriptions hypothécaires sur les immeubles de
son mari, pour sûreté des droits énumérés au § 1er de
l'article 64 .
ART. 67. La femme pourra toujours, nonobstant con-
vention contraire, mais en vertu de l'autorisation du pré-
sident du tribunal de son domicile , requérir, pendant le
mariage, des inscriptions sur les immeubles de son époux,
pour toutes causes de recours qu'elle peut avoir contre
lui, telles que celles qui résultent d'obligations par elle
HYPOTHÈQUES . 245
souscrites , d'aliénation de ses propres, de donations ou
de successions auxquelles elle aurait été appelée .
ART. 68. Les inscriptions prises en vertu des articles 66
et 67 désigneront spécialement chaque immeuble et
exprimeront les sommes pour lesquelles ces inscriptions
sont requises .
ART . 69. Dans les cas prévus par les articles précé-
dents, et en se conformant aux règles qui y sont prescrites ,
les parents et alliés des époux jusqu'au troisième degré
inclusivement pourront requérir les inscriptions au nom
de la femme .
ART. 70. Le juge de paix du canton du domicile mari-
tal et le procureur du roi près le tribunal de première
instance pourront d'office requérir ces inscriptions au
nom de la femme .
Le mari pourra toujours les prendre de son chef.
ART. 71. La femme ne pourra renoncer, directement
au profit de son mari, aux inscriptions prises en vertu des
dispositions précédentes .
ART. 72. Dans le cas des articles 66 , 67 , 69 et 70, le
mari pourra demander que l'hypothèque inscrite pour
raison des reprises de la femme soit réduite aux sommes
que la femme peut avoir à réclamer, et restreinte aux
immeubles suffisants pour les garantir .
Le tribunal statuera comme en matière sommaire , le
procureur du roi entendu et contradictoirement avec lui ,
après avoir pris l'avis des trois plus proches parents de
la femme, et à défaut de parents dans la distance de deux
myriamètres , l'avis de trois personnes connues pour
avoir avec la femme ou sa famille des relations d'amitié .
SECTION II . DES HYPOTHÈQUES CONVENTIONNELLES .
ART. 73 (2124) . Les hypothèques conventionnelles ne
peuvent être consenties que par ceux qui ont la capacité
d'aliéner les immeubles qu'ils y soumettent.
ART. 74 (2125) . Ceux qui n'ont sur l'immeuble qu'un
droit supendu par une condition ou résoluble dans cer-
tains cas, ou sujet à rescision, ne peuvent consentir
qu'une hypothèque soumise aux mêmes conditions ou à la
même rescision.
246 LOIS USUELLES .
ART. 75 (2126) . Les biens des mineurs et des interdits
ne peuvent être hypothéqués que pour les causes et dans
les formes établies par la loi.
L'hypothèque des biens des absents, tant que la pos-
session n'en est déférée que provisoirement, est soumise
aux formalités prescrites pour les mineurs et les inter-
dits .
ART. 76 (2127) . L'hypothèque conventionnelle ne peut
être consentie que par acte authentique ou par acte sous
seing privé reconnu en justice ou devant notaire.
Les procurations à l'effet de constituer hypothèque
doivent être données dans la même forme .
ART. 77 (2128). A défaut de dispositions contraires dans
les traités ou dans les lois politiques, les hypothèques
consenties en pays étranger n'auront d'effet, à l'égard
des biens situés en Belgique, que lorsque les actes qui
en contiennent la stipulation auront été revêtus du visa
du président du tribunal civil de la situation des biens .
Ce magistrat est chargé de vérifier si les actes et les
procurations quien sontle complément réunissent toutes
les conditions nécessaires pour leur authenticité dans le
pays où ils ont été reçus .
L'appel de la décision du président sera interjeté par
requête adressée à la cour, qui statuera comme en matière
d'appel de référé .
ART. 78 (2129). Il n'y a d'hypothèque conventionnelle
valable que celle qui, soit dans le titre authentique cons-
titutif de la créance, soit dans un acte authentique posté-
rieur, déclare spécialement la nature et la situation de
chacun des immeubles actuellement appartenant au
débiteur, sur lesquels il consent l'hypothèque de la
créance .
Les biens à venir ne peuvent pas être hypothéqués .
ART . 79 (2131) . Si les immeubles affectés à l'hypothèque
ont péri ou ont éprouvé des dégradations, de manière
qu'ils soient devenus insuffisants pour la sûreté du créan-
cier, celui-ci a le droit de réclamer le remboursement
de sa créance .
Néanmoins le débiteur sera admis à offrir un supplé-
ment d'hypothèque , si la perte ou les dégradations ont
eu lieu sans sa faute .
HYPOTHÈQUES . 247
ART. 80 (2132) . L'hypothèque conventionnelle n'est va-
lable qu'autant que la somme pour laquelle elle est con-
sentie est déterminée dans l'acte.
Si la créance résultant de l'obligation est condition-
nelle, la condition sera mentionnée dans l'inscription
dont il sera parlé ci-après .
Loi du 15 avril 1889 (1) . L'hypothèque consentie pour
sûreté d'un crédit ouvert est valable ; elle prend rang à la
date de son inscription, sans égard aux époques de l'exé-
cution des engagements pris par le créditeur, laquelle
pourra être établie par tous moyens légaux.
Le créditeur conserve vis -à- vis des tiers le droit de dis-
poser de l'hypothèque, même si des obligations impu-
tables sur le crédit sont représentées par des titres négo-
ciables . Toutefois le porteur de ces titres peut, par une
opposition , suspendre les effets des actes de mainlevée
ou autres qui porteraient atteinte à son droit .
L'opposition doit être signifiée au conservateur des
hypothèques et au créditeur et contenir élection de do-
micile dans l'arrondissement .
Le conservateur la transcrira en marge de l'inscription
et mention de cette transcription sera faite au bas de
l'original de l'exploit. L'opposition n'aura effet que pen-
dant deux ans, si elle n'est renouvelée ; il pourra en être
donné mainlevée par simple exploit.
SECTION III . - DU RANG QUE LES HYPOTHÈQUES ONT
ENTRE ELLES .
ART. 81 (2134) . Entre les créanciers, l'hypothèque n'a
de rang que du jour de l'inscription prise sur les regis-
tres du conservateur, dans la forme et de la manière pres-
crites par la loi .
Tous les créanciers inscrits le même jour exercent en
concurrence une hypothèque de la même date, sans
distinction entre l'inscription du matin et celle du soir,
quand cette différence serait marquée par le conservateur.
(1) Le dernier paragraphe de la loi du 16 décembre 1851 a été modifié par
laloi du 15 avril 1889 et remplacé par le texte des quatre paragraphes repro-
duits ci-dessus.
248 LOIS USUELLES .
CHAPITRE IV . - DU MODE DE L'INSCRIPTION
DES PRIVILÈGES ET HYPOTHÈQUES .
ART. 82 (2146). Les inscriptions se font au bureau de
conservation des hypothèques dans l'arrondissement
duquel sont situés les biens soumis au privilège ou à
l'hypothèque .
Les droits de privilège ou d'hypothèque acquis et qui
n'auraient pas été inscrits avant le décès du débiteur ne
pourront plus l'être que dans les trois mois de l'ouverture
de la succession, sans préjudice aux dispositions de l'ar-
ticle 112 .
L'effet des inscriptions prises avant l'ouverture des
faillites est réglé par les lois particulières sur les faillites .
ART. 83 (2148) . Pour opérer l'inscription, le créancier
représente, soit par lui-même, soit par un tiers, au con-
servateur des hypothèques, l'expédition authentique de
l'acte qui donne naissance au privilège ou à l'hypothèque .
Il y joint deux bordereaux écrits sur papier timbré,
dont l'un peut être porté sur l'expédition du titre . Ces
bordereaux contiennent :
1º Les nom , prénoms , domicile et profession du
créancier;
2º Les nom, prénoms , profession et domicile du débi-
teur ou une désignation individuelle et spéciale, telle
que le conservateur puisse reconnaître et distinguer, dans
tous les cas , l'individu grevé d'hypothèque ;
3º L'indication spéciale de l'acte qui confère l'hypo-
thèque oule privilège, et la date de cet acte ;
4º Le montant du capital et des accessoires des
créances pour lesquelles l'inscription est requise et le
terme assigné à leur payement ;
5° L'indication spéciale de la nature et de la situation
de chacun des immeubles sur lesquels l'inscrivant entend
conserver son privilège ou son hypothèque.
L'inscrivantsera deplus tenu de faire élection de domicile
dans un lieu quelconque de l'arrondissement du bureau ;
et, à défaut d'élection de domicile, toutes significations
et notifications relatives à l'inscription pourront être
faites au procureur du roi.
HYPOTHÈQUES. 249
Le conservateur fait mention, sur son registre, du con-
tenu aux bordereaux; il remet aux requérants l'expédition
du titre et l'un des bordereaux , au pied duquel il certifie
avoir fait l'inscription dont il indique la date, le volume
et le numéro d'ordre .
ART. 84. Pour opérer les inscriptions ou la mention
exigée par les articles 3 et 5, les parties présentent
au conservateur, soit par elles-mêmes, soit par un
tiers : 1º s'il s'agit d'une demande en justice, deux ex-
traits sur timbre contenant les noms, prénoms, profes-
sions et domiciles des parties , les droits dont l'annula-
tion ou la révocation est demandée, et le tribunal qui
doit connaître de l'action ; 2° s'il s'agit d'un jugement,
deux extraits sur timbre délivrés par le greffier, conte-
nant les noms, prénoms, professions et domiciles des
parties , le dispositif de la décision, et le tribunal ou la
cour qui l'a rendue ; 3º s'il s'agit d'une cession, l'expédi-
tion authentique de l'acte, et deux extraits sur timbre
contenant les indications exigées par l'article 5.
Le conservateur remet au requérant un des extraits
sur lequel il certifie que l'inscription ou la mention a été
faite.
ART. 85. L'omission de l'une ou de plusieurs des forma-
lités prescrites par les deux articles précédents n'entraî-
nera la nullité de l'inscription ou de la mention que
lorsqu'il en résultera un préjudice au détriment des tiers .
ART. 86 (2149) . Les inscriptions à faire sur les biens
d'une personne décédée pourront être faites sous la
simple désignation du défunt.
ART. 87 (2151). Le créancier privilégié ou hypothé-
caire, inscrit pour un capital produisant intérêts ou
arrérages, a droit d'être colloqué, pour trois années
seulement, au même rang que pour son capital, sans
préjudice des inscriptions particulières à prendre, portant
hypothèque à compter de leur date, pour les autres inté-
rêts ou arrérages .
ART. 88 (2152). Il est loisible à celui au profit duquel
une inscription existe, ou à ses représentants, de changer
sur le registre des hypothèques le domicile par lui élu, à
la charge d'en choisir et indiquer un autre dans le même
arrondissement.
250 LOIS USUELLES .
A cet effet, il déposera, soit par lui-même, soit par un
tiers , au bureau des hypothèques, un acte authentique
constatant sa volonté à cet égard, ou bien il signera sur
le registre même des hypothèques une déclaration por-
tant changement de domicile.
Dans ce dernier cas, son identité sera, si le conserva-
teur l'exige, certifiée par un notaire qui apposera aussi
sa signature au bas de la déclaration .
ART. 89 (2153). L'hypothèque légale de l'Etat, des
provinces , des communes et des établissements publics ,
est inscrite sur la représentation de deux bordereaux ,
contenant :
Les noms , prénoms, qualités ou désignations précises
du créancier et du débiteur, leur domicile réel, le domi-
cile qui sera élu par le créancier ou pour lui dans l'arron-
dissement, la nature des droits à conserver et le montant
de leur valeur déterminée ou éventuelle ; enfin l'indica-
tion spéciale de la nature et de la situation de chacun des
immeubles .
ART. 90 (2154) . Les inscriptions conservent l'hypo-
thèque et le privilège pendant quinze années à compter
du jour de leur date ; leur effet cesse, si les inscriptions
n'ont été renouvelées avant l'expiration de ce délai.
Néanmoins les inscriptions prises au profit des mineurs,
des interdits , des personnes placées dans des établisse-
ments d'aliénés et des femmes mariées, conformément
aux dispositions contenues aux SS 1er et 2 de la section fre
du chapitre III, seront dispensées de tout renouvellement
jusqu'à l'expiration de l'année qui suivra la cessation de
la tutelle, de l'administration provisoire ou la dissolution
du mariage.
L'inscription en renouvellement ne vaudra que comme
inscription première, si elle ne contient pas l'indication
précise de l'inscription renouvelée, mais il ne sera pas
nécessaire d'y rappeler les inscriptions précédentes .
ART. 91 (2155). Les frais des inscriptions et de leur
renouvellement sont à la charge du débiteur, s'il n'y a
stipulation contraire ; l'avance en est faite par l'inscrivant
si ce n'est quant aux hypothèques légales, pour l'inscrip-
tion desquelles le conservateur a son recours contre le
débiteur.
HYPOTHÈQUES . 251
Les frais de la transcription sont à la charge de l'ac-
quéreur.
CHAPITRE V. - DE LA RADIATION ET RÉDUCTION
DES INSCRIPTIONS .
ART. 92 (2157) . Les inscriptions sont rayées ou réduites
duconsentementdes parties intéressées et aya
ayant capacité
à cet effet, ou en vertu d'un jugement en dernier ressort
ou passé en force de chose jugée .
Le cesssionnaire d'une créance hypothécaire ne peut
consentir de radiation ou de réduction, si la cession ne
résulte d'actes énoncés dans l'article 2.
Le mandat à l'effet de rayer ou de réduire doit être
exprès et authentique .
ART. 93 (2158). Ceux qui requièrent la radiation ou la
réduction déposent, au bureau du conservateur, soit
l'expédition de l'acte authentique ou l'acte en brevet,
portant consentement, soit l'expédition du jugement.
Un extrait littéral de l'acte authentique suffit, lorsqu'il
y est déclaré, par le notaire qui l'a délivré, que l'acte ne
contient ni conditions, ni réserves .
Les actes de consentement à radiation ou réduction,
passés en pays étrangers, ne sont exécutoires en Belgique
qu'après avoir été visés par le président du tribunal de la
situation des biens, qui vérifiera leur authenticité, ainsi
qu'il est dit en l'article 77.
ART. 94 (2159). La demande en radiation ou en réduc-
tion, par action principale , sera portée, sans préliminaire
de conciliation, devant le tribunal dans le ressort duquel
l'inscription a été prise.
Cependant la convention faite par le créancier et le
débiteur de porter, en cas de contestation, la demande à
un tribunal qu'ils auraient désigné, recevra son exécution
entre eux .
Les actions auxquelles les inscriptions peuvent donner
lieu contre les créanciers seront intentées par exploits
faits à leur personne, ou au dernier des domiciles élus
sur le registre ; et ce , nonobstant le décès, soit des créan-
ciers, soit de ceux chez lesquels ils auront fait élection de
domicile .
11.
252 LOIS USUELLES .
ART. 95 (2160). La radiation doit être ordonnée par les
tribunaux lorsque l'inscription a été faite sans être fondée
ni sur la loi, ni sur un titre, ou lorsqu'elle l'a été en vertu
d'un titre, soit irrégulier, soit éteint ou soldé , ou lorsque
les droits de privilège ou d'hypothèque sont effacés par
les voies légales .
CHAPITRE VI .. DE L'EFFET DES PRIVILÈGES
ET HYPOTHÈQUES CONTRE LES TIERS DÉTENTEURS .
ART. 96 (2166). Les créanciers, ayant privilège ou hypo-
thèque inscrits sur un immeuble, le suivent dans quelques
mains qu'il passe , pour être colloqués et payés suivant
l'ordre de leurs créances ou inscriptions .
ART. 97 (2167) . Si le tiers détenteur ne remplit pas les
formalités qui seront ci-après établies pour purger sa
propriété, il demeure, par l'effet seul des inscriptions,
obligé, comme détenteur, à toutes les dettes hypothé-
caires, et jouit des termes et délais accordés au débiteur
originaire .
ART . 98 (2168). Le tiers détenteur est tenu, dans le
même cas , de délaisser l'immeuble hypothéqué sans
réserve, sinon de payer tous les intérêts et capitaux exi-
gibles , à quelque somme qu'ils puissent monter.
ART. 99 (2169). Faute par le tiers détenteur de satis-
faire pleinement à l'une de ses obligations, chaque
créancier hypothécaire a droit de faire vendre sur lui
l'immeuble hypothéqué, trente jours après commande-
ment fait au débiteur originaire, et sommation faite au
tiers détenteur de payer la dette exigible ou de délaisser
l'héritage.
ART. 100 (2172) . Quant au délaissement par hypothèque,
il peut être fait par tous les tiers détenteurs qui ne sont
pas personnellement obligés à la dette et qui ont la capa-
cité d'aliéner.
ART. 101 (2173) . Il peut l'être même après que le tiers
détenteur a reconnu l'obligation ou subi condamnation
en cette qualité seulement. Le délaissement n'empêche
pas que, jusqu'à l'adjudication, le tiers détenteur ne puisse
reprendre l'immeuble, en payant toute la dette et les
frais.
HYPOTHÈQUES . 253
ART. 102 (2174). Le délaissement par nypothèque se
fait au greffe du tribunal de la situation des biens, et il
en est donné acte par ce tribunal .
Sur la pétition du plus diligent des intéressés , il est
créé à l'immeuble délaissé un curateur sur lequel la vente
de l'immeuble est poursuivie dans les formes prescrites
pour les expropriations .
ART. 103 (2175) . Les détériorations qui procèdent du
fait ou de la négligence du tiers détenteur, au préjudice
des créanciers hypothécaires ou privilégiés donnent lieu
contre lui à une action en indemnité ; mais il ne peut
répéter ses impenses et améliorations que jusqu'à
concurrence de la plus-value résultant de l'amélioration.
ART. 104 (2176) . Les fruits de l'immeuble hypothéqué
ne sont dus par le tiers détenteur qu'à compter du jour
de la sommation de délaisser ou de payer ; et, si les
poursuites commencées ont été abandonnées pendant
trois ans, à compter de la nouvelle sommation qui sera
faite.
ART. 105 (2177) . Les servitudes et droits réels, que le
tiers détenteur avait sur l'immeuble avant sa possession,
renaissent après le délaissement ou après l'adjudication
faite sur lui .
Ses créanciers personnels , après tous ceux qui sont
inscrits sur les précédents propriétaires, exercent leur
hypothèque, à leur rang, sur le bien délaissé ou adjugé.
ART . 106 (2178) . Le tiers détenteur qui a payé la dette
hypothécaire, ou délaissé l'immeuble hypothéqué, ou
subi l'expropriation de cet immeuble, a son recours , tel
que de droit, contre le débiteur principal .
ART. 107 (2179) . Le tiers détenteur qui veut purger sa
propriété, en payant le prix, observe les formalités qui
sont établies dans le chapitre VIII ci-après .
CHAPITRE VII . DE L'EXTINCTION DES PRIVILÈGES
ET HYPOTHÈQUES .
ART. 108 (2180). Les privilèges et hypothèques s'étei-
gnent :
1 ° Par l'extinction de l'obligation principale ;
2º Par la renonciation du créancier;
254 LOIS USUELLES .
3º Par l'effet des jugements, dans les cas prévus par
le SS 1er et 2 de la Ire section du chapitre III ;
4° Par l'accomplissement des formalités et conditions
prescrites aux tiers détenteurs pour purger les biens par
eux acquis ;
5º Par la prescription .
La prescription est acquise au débiteur, quant aux
biens qui sont dans ses mains , par le temps fixé pour la
prescription des actions qui donnent l'hypothèque ou le
privilège.
Elle n'est acquise au tiers détenteur que par le temps
requis pour la prescription la plus longue des droits im-
mobiliers .
Les inscriptions prises par le créancier n'interrompent
pas le cours de la prescription établie par la loi en faveur
du débiteur ou du tiers détenteur, mais ce dernier peut
être contraint de fournir, à ses frais, un titre récognitif
de l'hypothèque , à dater de la transcription de son
acquisition . Vingt-huit ans après la date de ce titre , il est
tenu de le renouveler, s'il possède encore l'immeuble
hypothéqué ;
6º Par la cause énoncée au § 2 de l'article 82.
CHAPITRE VIII . DU MODE DE PURGER LES PROPRIÉTÉS
DES PRIVILÈGES ET HYPOTHÈQUES .
ART. 109 (2182) . Le cédant ne transmet à l'acquéreur
que la propriété
été et les droits qu'il avait lui-même sur la
chose cédée : il les transmet sous l'affectation des mêmes
privilèges et hypothèques dont il était chargé.
ART. 110 (2183) . Si le nouveau propriétaire veut se
garantir de l'effet des poursuites autorisées dans le
chapitre
tre VI qui précède, il est tenu, soit avant les pour-
suites, soit dans les trente jours au plus tard à compter
de la première sommation qui lui est faite, de notifier
aux créanciers, aux domiciles par eux élus dans les ins-
criptions :
1º La date de son titre , s'il est authentique, ou celle de
l'acte notarié ou du jugement portant reconnaissance de
l'acte sous seing privé ; le nom et la résidence du notaire
' HYPOTHÈQUES . 255
qui a reçu l'acte, ou bien le tribunal qui a rendu le juge-
ment ; la désignation des parties ; l'indication précise des
immeubles ; le prix et les charges faisant partie du prix
de la vente ; l'évaluation de ces charges, celle du prix
même s'il consiste en une rente viagère ou en toute obli-
gation autre que celle de payer un capital fixe, enfin
l'évaluation de la chose si elle a été donnée ou cédée à
tout autre titre qu'à celui de vente ;
2º Indication de la date, du volume et du numéro de la
transcription ;
3º Un tableau sur trois colonnes, dont la première con-
tiendra la date des hypothèques et celle des inscriptions,
ainsi que l'indication du volume et du numéro de ces ins-
criptions ; la seconde, le nom des créanciers ; et la troi-
sième, le montant des créances inscrites .
ART. 111. Le nouveau propriétaire ne pourra faire
usage de la faculté accordée par le précédent article que
sous condition de faire la notification prescrite, dans l'an-
née de la transcription du titre d'acquisition .
ART. 112. La notification énoncée aux articles précé-
dents ne devra être faite qu'aux créanciers inscrits avant
la transcription de l'acte d'acquisition .
Toute inscription prise sur les précédents proprié-
taires, postérieurement à cette transcription, est inopé-
rante .
ART. 113. Le nouveau propriétaire déclarera, par le
même acte, qu'il acquittera les dettes et charges hypo-
thécaires jusqu'à concurrence du prix ou de la valeur dé-
clarée, sans déduction aucune au profit du vendeur ou de
tout autre .
Sauf disposition contraire dans les titres de créances ,
il jouira des termes et délais accordés au débiteur origi-
naire et il observera ceux stipulés contre ce dernier .
Les créances non échues qui ne viennent que pour par-
tie en ordre utile seront immédiatement exigibles, vis-à-
vis du nouveau propriétaire, jusqu'à cette concurrence,
et pour le tout à l'égard du débiteur.
ART. 114. Si parmi les créanciers se trouve un vendeur
ayant à la fois le privilège et l'action résolutoire, il aura
quarante jours, à partir de la notification à lui faite, pour
opter entre ces deux droits, sous peine d'être déchu de
256 LOIS USUELLES .
l'action en résolution et de ne pouvoir plus réclamer que
son privilège.
S'il opte pour la résolution du contrat, il devra, à peine
de déchéance, le déclarer au greffe du tribunal devant
lequel l'ordre doit être poursuivi.
La déclaration sera faite dans le délai ci-dessus fixé, et
suivie dans les dix jours de la demande en résolution .
A partir du jour où le vendeur aura opté pour l'action
résolutoire, la purge sera suspendue et ne pourra être
reprise qu'après la renonciation, de la part du vendeur,
à l'action résolutoire , ou après le rejet de cette action .
Les dispositions qui précèdent sont applicables au
copermutant et au donateur.
ART. 115 (2185) . Lorsque le nouveau propriétaire a fait
la notification ci-dessus énoncée, dans le délai fixé, tout
créancier dont le titre est inscrit peut requérir la mise de
l'immeuble aux enchères et adjudication publiques, à la
charge :
1º Que cette réquisition sera signifiée par huissier au
nouveau propriétaire, dans les quarante jours au plus
tard de la notification faite à la requête de ce dernier,
en y ajoutant un jour par cinq myriamètres de distance
entre le domicile élu et le domicile réel du créancier le
plus éloigné du tribunal qui doit connaître de l'ordre ;
20 Qu'elle contiendra soumission du requérant, ou
d'une personne présentée par lui, de porter le prix à un
vingtième en sus de celui stipulé dans le contrat, ou dé-
claré par le nouveau propriétaire. Cette enchère portera
sur le prix principal et les charges , sans aucune déduction
préjudiciable aux créanciers inscrits. Elle ne devra point
porter sur les frais du premier contrat ;
3º Que la même signification sera faite, dans le même
délai, au précédent propriétaire et au débiteur principal ;
4° Que l'original et les copies de ces exploits seront
signés par le créancier requérant ou son fondé de procu-
ration expresse, lequel, en ce cas , est tenu de donner
copie de sa procuration. Ils devront aussi être signés, le
cas échéant, par le tiers enchérisseur ;
5° Que le requérant offrira de donner caution person-
nelle ou hypothécaire jusqu'à concurrence de vingt-cinq
pour cent du prix et des charges ; ou qu'ayant consigné
HYPOTHÈQUES. 257
une somme équivalente, il notifiera copie du certificat de
consignation .
Le tout à peine de nullité.
ART. 116 (2186) . A défaut, par les créanciers, d'avoir
requis la mise aux enchères dans les formes et le délai
prescrits, la valeur de l'immeuble demeure définitive-
ment fixée au prix stipulé dans le contrat, ou déclaré par
le nouveau propriétaire.
Les inscriptions qui ne viennent pas en ordre utile sur
le prix seront rayées pour la partie qui l'excédera, par
suite de l'ordre amiable ou judiciaire dressé conformé-
ment aux lois de la procédure.
Le nouveau propriétaire se libérera des privilèges et
hypothèques , soit en payant aux créanciers en ordre utile
l'import des créances exigibles ou de celles qu'il lui est
facultatif d'acquitter, soit en consignant le prix jusqu'à
concurrence de ces créances .
Il reste soumis aux privilèges et hypothèques venant
en ordre utile, à raison des créances non exigibles dont
il ne voudrait ou ne pourrait se libérer.
ART. 117 (2187). En cas de revente par suite de suren-
chère, elle aura lieu suivant les formes établies par le
code de procédure civile.
ART . 118 (2188) . L'adjudicataire est tenu, au delà du
prix de son adjudication, de restituer à l'acquéreur ou
au donataire dépossédé les frais et loyaux coûts de son
contrat, ceux de la transcription sur les registres du con-
servateur, ceux de notification et ceux faits par lui pour
parvenir à la revente.
ART. 119 (2189) . L'acquéreur ou le donataire qui con-
serve l'immeuble mis aux enchères, en se rendant der-
nier enchérisseur, n'est pas tenu de faire transcrire le
jugement d'adjudication .
ART. 120 (2190). Le désistement du créancier requé-
rant la mise aux enchères ne peut, même quand le créan-
cier payerait le montant de la soumission , empêcher
l'adjudication publique, si ce n'est du consentement
exprès de tous les autres créanciers hypothécaires , ou si
ces derniers, sommés par huissier de poursuivre l'adjudi-
cation dans la quinzaine, n'y donnent point suite. En ce
258 LOIS USUELLES .
cas, l'import de la soumission est acquis aux créanciers
dans l'ordre de leurs créances .
ART. 121 (2191). L'acquéreur qui se sera rendu adjudi-
cataire aura son recours tel que de droit contre le ven-
deur, pour le remboursement de ce qui excède le prix
stipulé par son titre, et pour l'intérêt de cet excédent, à
compter du jour de chaque payement.
ART. 122 (2192). Dans le cas où le titre du nouveau
propriétaire comprendrait des immeubles et des meubles ,
ou plusieurs immeubles, les uns hypothéqués , les autres
non hypothéqués, situés dans le même ou dans divers
arrondissements de bureaux , aliénés pour un seul et
même prix, ou pour des prix distincts et séparés, soumis
ou non à la même exploitation, le prix de chaque immeu-
ble frappé d'inscriptions particulières et séparées sera
déclaré dans la notification du nouveau propriétaire, par
ventilation, s'il y a lieu, du prix total exprimé dans le titre .
Le créancier surenchérisseur ne pourra, en aucun cas ,
être contraint d'étendre sa soumission ni sur le mobilier,
ni sur d'autres immeubles que ceux qui sont hypothéqués
à sa créance et situés dans le même arrondissement ;
sauf le recours du nouveau propriétaire contre ses au-
teurs pour l'indemnité du dommage qu'il éprouverait,
soit de la division des objets de son acquisition, soit de
celle des exploitations .
CHAPITRE IX . DE LA PUBLICITÉ DES REGISTRES ET
DE LA RESPONSABILITÉ DES CONSERVATEURS.
ART. 123. Si plusieurs titres, soumis à la publicité, ont
été présentés le même jour à la conservation des hypo-
thèques, la préférence se détermine d'après le numéro
d'ordre sous lequel la remise des titres aura été men-
tionnée au registre destiné à cet effet, sans préjudice
néanmoins de ce qui est prescrit à l'article 81 .
ART . 124. Les conservateurs devront tenir :
1º Un registre de dépôts, où seront constatées par
numéros d'ordre, et à mesure qu'elles s'effectueront, les
remises des titres dont on requiert l'inscription ou la
transcription ;
HYPOTHÈQUES. 259
20 Des registres où seront portées les transcriptions ;
3º Des registres où seront portées les inscriptions des
privilèges et hypothèques et les radiations ou réduc-
tions .
ART. 125. Les conservateurs tiendront, en outre , un
registre sur papier libre ; ils y porteront par extrait au
fur et à mesure de la remise des actes , sous les noms de
chaque propriétaire grevé, et à la case qui lui est des-
i née,les inscriptions, radiations et autres actes qui le
concernent . Ils indiqueront aussi les registres où chacun
des actes est porté, et le numéro sous lequel il est consi-
gné .
ART. 126 (2200). Les conservateurs donneront au requé-
rant, s'il le demande, une reconnaissance sur papier
timbré , de la remise des actes ou bordereaux destinés à
être transcrits ou inscrits . Cette reconnaissance rappel-
lera le numéro du registre sous lequel la remise aura été
inscrite .
Ils ne pourront opérer les transcriptions et inscriptions
sur les registres à ce destinés qu'à la date et dans l'ordre
des remises qui leur en auront été faites .
ART. 127 (2196) . Les conservateurs des hypothèques
sont tenus de délivrer des certificats constatant les muta-
tions et concessions de droits réels, ainsi que les baux
consentis par tous individus indiqués dans les réquisi-
tions écrites qui leur sont faites à cette fin.
Ils sont également tenus de délivrer à tout requérant
copie des inscriptions ou transcriptions existantes, ou
des certificats constatant qu'il n'en existe point.
ART. 128 (2197). Ils sont responsables du préjudice
résultant :
1º De l'omission, sur leurs registres, des transcrip-
tions d'actes soumis à cette formalité, et des inscriptions
requises en leurs bureaux ;
2º Du défaut de mention, dans leurs certificats , d'une
ou de plusieurs des transcriptions ou inscriptions exis-
tantes, à moins que l'erreur ne provienne de désigna-
tions insuffisantes qui ne pourraient leur être imputées .
ART. 129 (2198) . En cas de purge, l'immeuble à l'égard
duquel le conservateur aurait omis , dans ses certificats ,
un ou plnsieurs des droits hypothécaires inscrits, en
260 LOIS USUELLES.
demeure affranchi dans les mains du nouveau possesseur,
pourvu que la demande du certificat indique clairement
le débiteur à charge duquel les inscriptions ont été
prises.
Néanmoins cette disposition ne préjudicie pas au droit
des créanciers omis de requérir la surenchère dans le
délai utile, et de se faire colloquer
colloquer suivant l'ordre qui
leur appartient, tant que le prix n'a pas été payé par l'ac-
quéreur ou tant que l'ordre ouvert entre les créanciers
n'est pas devenu définitif.
ART. 130 (2199). Dans aucun cas, les conservateurs ne
peuvent refuser ni retarder les transcriptions ou inscrip-
tions , ni la délivrance des certificats, sous peine des
dommages et intérêts des parties ; à l'effet de quoi procès-
verbaux des refus ou retards seront, à la diligence des
requérants, dressés sur-le-champ, soit par un juge de
paix , soit par un huissier ou un notaire .
ART . 131 (2201). Tous les registres des conservateurs,
à l'exception de celui énoncé en l'article 125, sont en
papier timbré, cotés et paraphés à chaque feuillet par
premier et dernier, par l'un des juges du tribunal dans
le ressort duquel le bureau est établi.
Le registre de dépôt sera arrêté chaque jour comme
ceux d'enregistrement des actes .
ART. 132 (2202). Les conservateurs sont tenus de se con-
former, dans l'exercice de leurs fonctions, à toutes les
dispositions du présent chapitre, à peine d'une amende
de cinquante à mille francs pour la première contraven-
tion. En cas de récidive, l'amende sera double et la desti-
tution pourra même être prononcée, selon les circons-
tances, le tout sans préjudice des dommages et intérêts
des parties , lesquels seront payés avant l'amende.
ART. 133 (2203). Les mentions de dépôts, les inscrip-
tions et les transcriptions sont faites sur les registres de
suite, sans aucun blanc ni interligne, à peine, contre le
conservateur, de cinq cents à deux mille francs d'amende,
et des dommages-intérêts des parties, payables aussi par
préférence à l'amende .
ART. 134. Le conservateur peut opérer, à ses frais, la
rectification des erreurs qu'il aurait commises, en portant
sur ses registres, mais seulement à la date courante, une
HYPOTHÈQUES . 261
transcription des actes et bordereaux précédée d'une
note qui relatera la première transcription .
DISPOSITIONS TRANSITOIRES .
ART 1er . A l'exception du privilège des frais de justice
et sauf ce qui sera statué en l'article suivant, tous privi-
lèges et hypothèques existants sans inscription au mo-
ment où la présente loi sera obligatoire devront être
inscrits dans l'année qui suivra la mise en vigueur, et
dans les formes établies par l'article 89. L'inscription in-
diquera, en outre, l'époque à laquelle remonte le privi-
lège ou l'hypothèque .
Le mode de purge établi par le chapitre IX , livre III ,
titre XVIII du code civil, continuera d'être observé jus-
qu'à l'expiration du délai ci-dessus fixé .
Toutefois, la purge commencée avant cette expiration
sera continuée dans les formes établies par les disposi-
tions du même chapitre .
Le débiteur pourra, dans les cas prévus par le code
civil, demander la réduction des inscriptions prises en
exécution du présent article .
ART. 2. Le privilège existant à l'époque où la présente
loi sera exécutoire , au profit des créanciers désignés dans
les articles 30 à 33 inclus, et qui n'aurait pas encore été
inscrit, conformément aux dispositions du code civil, le
sera, pour tout délai, dans les six mois à dater de cette
époque, et dans les formes prescrites par l'article 83 .
ART. 3. Les inscriptions prises conformément aux deux
articles précédents conserveront aux créanciers leur pri-
vilège ou hypothèque et le rang que leur assignaient les
lois antérieures.
ART. 4. Les hypothèques qui n'auraient pas été inscrites
conformément à l'article 1er des dispositions transitoires
n'auront d'effet qu'à compter du jour de l'inscription qui
en serait requise postérieurement.
Les privilèges qui n'auraient pas été inscrits confor-
mément aux articles 1er et 2 dégénéreront en simple hypo-
thèque, qui n'aura rang que du jour de son inscription.
La disposition de l'article 28 recevra, en ce cas, son
exécution .
262 LOIS USUELLES .
ART. 5. A l'égard des tutelles et des administrations
provisoires créées par la loi du 18 juin 1850, existantes au
moment de la mise en vigueur de la présente loi, les con-
seils de famille pourront prendre les mesures énoncées
aux articles 49 et suivants .
A défaut de résolution à cet égard, les subrogés tuteurs
sont tenus de veiller à ce que les inscriptions énoncées
en l'article 1er des dispositions transitoires soient prises
en temps utile sur les biens des tuteurs et, au besoin, de
les prendre eux-mêmes .
Ces inscriptions pourront aussi être requises par les
parents et alliés des mineurs ou interdits, jusqu'au qua-
trième degré inclusivement.
leElles
juge pourront, en tout cas , être requises d'office par
de paix du cantondu domicile des mineurs ou
interdits, ou par le procureur du roi près le tribunal de
première instance .
ART. 6. L'inscription des hypothèques légales
ales des
femmes mariées pourra être requise par la femme, ses
parents et ceux de son mari, jusqu'au quatrième degré
inclusivement ; elle pourra, en tout cas, l'être d'office par
le juge de paix du canton du domicile marital , et par le
procureur du roi près le tribunal de première instance .
ART. 7. Sans préjudice aux dispositions qui précèdent,
les maris et les tuteurs sont tenus spécialement de requé-
rir, en temps utile, les inscriptions sur les immeubles à
eux appartenant, sous peine de tous dommages et inté-
rêts .
ART. 8. Toutes les inscriptions actuellement existantes
conserveront leurs effets pendant quinze années , depuis
et y compris le jour de leur date. A défaut de renouvelle-
ment dans ce délai, ces inscriptions seront périmées .
Le renouvellement devra se faire dans les formes pres-
crites par la présente loi.
ART. 9. Toutes hypothèques, tous privilèges pour les-
quels, au moment où la présente loi sera obligatoire, il
aura été pris valablement inscription sans indication de
l'espèce et de la situation de chacun des immeubles affec-
tés à la créance, devront, pour conserver leurs effets, être
inscrits dans l'année, à compter du jour où la loi actuelle
sera exécutoire, savoir : les hypothèques légales, dans la
HYPOTHÈQUES . 263
forme prescrite par l'article 89, et les privilèges et hypo-
thèques judiciaires, conformément aux règles prescrites
par l'article 83, sans toutefois que le créancier soit tenu
de représenter le titre de sa créance.
L'inscription devra en outre contenir l'indication pré-
cise de l'inscription renouvelée .
L'action en réduction est ouverte au débiteur, dans les
cas prévus par le code civil .
ART. 10. Les hypothèques légales et judiciaires ac-
quises antérieurement à la mise en vigueur de la présente
loi ne frapperont les immeubles que le débiteur acquerra
par la suite qu'au moyen d'inscriptions ultérieures
requises dans les formes qu'elle prescrit.
Ces inscriptions donneront rang à l'hypothèque à la
date de la transcription des actes soumis à cette formalité
et à dater du jour de l'acquisition, dans les cas où cette
transcription n'est pas requise, si ces inscriptions sont
prises dans le délai de trois mois à partir d'une de ces
époques ; si elles sont prises après ce délai, elles n'auront
rang qu'à leur date .
ART. 11. Dans les cas prévus par le n° 5 de l'article 108,
la prescription commencée au moment où la loi actuelle
deviendra obligatoire sera réglée conformément aux dis-
positions du code civil.
ART. 12. Le tiers détenteur qui voudra purger sa pro-
priété acquise par un contrat antérieur à l'époque à
laquelle la présente loi sera exécutoire devra exercer
cette faculté dans l'année de sa mise en vigueur.
En ce cas, les articles 110, 113 et suivants, jusques et y
compris 122 du chapitre VIII, seront observés.
ART. 13. Jusqu'à ce que d'autres formalités soient éta-
blies, la vente par suite de surenchère aura lieu suivant
les formes établies par la loi du 12 juin 1816, à la requête,
soit du créancier qui l'aura requise , soit du nouveau pro-
priétaire, soit du créancierinscritleplus diligent, et devant
le notaire commis par jugement rendu sur la requête
du poursuivant, et déclarant la régularité de la surenchère.
Les créanciers inscrits et autres intéressés ne seront
appelés qu'à la première séance de l'adjudication, par
exploit d'huissier signifié, en laissant les délais détermi-
nés par l'article 72 du code de procédure .
264 LOIS USUELLES .
L'exploit sera notifié aux créanciers, aux domiciles
élus dans l'inscription, et aux autres intéressés, en leur
domicile réel .
Le public sera admis à concourir à l'adjudication .
ART. 14. L'adjudication sera annoncée par les placards
qui contiendront :
1º La date et la nature de l'acte d'aliénation sur lequel
la surenchère a été faite, et le nom du notaire qui l'a
reçu;
2º Le prix énoncé dans l'acte, s'il s'agit d'une vente, ou
l'évaluation donnée aux immeubles dans la notification
aux créanciers inscrits, s'il s'agit de tout autre acte ;
3º Le montant de la surenchère ;
4º Les noms, professions et domiciles du précédent
propriétaire , du nouveau propriétaire et du surenchéris-
seur;
5° L'indication sommaire de la nature et de la situation
des biens aliénés ;
6° L'indication des lieu, jour et heure de l'adjudication .
Ces placards seront apposés, quinze jours au moins et
trente jours au plus avant l'adjudication, à la porte de
l'ancien propriétaire, à la porte principale des édifices
aliénés , à la principale porte de la maison commune du
lieu où les biens sont situés, à la porte de l'auditoire du
juge de paix en présence duquel la revente doit avoir
licu, et à la porte extérieure du tribunal de l'arrondisse-
ment de la situation des biens .
Dans le même délai, l'insertion des énonciations qui
précèdent sera faite dans l'un des journaux publiés au
chef-lieu de l'arrondissement, et, s'il n'y en a pas, dans
l'un des journaux imprimés dans la province.
Elle sera réitérée deux fois au moins, dans les quinze
jours qui précéderont l'adjudication .
Art. 2. Les dispositions suivantes seront ajoutées aux
articles 76, 79 et 470 du code civil :
ART. 76. N° 10 ... la date des conventions matrimoniales
des époux et l'indication du notaire qui les aura reçues ;
faute de quoi, les clauses dérogatoires au droit commun
ne pourront être opposées aux tiers qui ont contracté avec
ces époux dans l'ignorance des conventions matrimo-
niales .
HYPOTHÈQUES . 265
ART. 79. L'officier de l'état civil donnera , dans les
vingt-quatre heures, connaissance de cet acte au juge de
paix du canton du domicile du décédé, en lui faisant con-
naître autant que possible s'il y a des héritiers mineurs ou
absents .
L'officier de l'état civil qui contreviendra à ce dernier
paragraphe sera puni d'une amende qui n'excédera pas
100 francs ; s'il y a récidive, l'amende pourra être portée
au double .
ART. 470. Le conseil de famille pourra exiger que le
même compte lui soit rendu aux époques qu'il fixera lors
de l'ouverture de la tutelle .
ART. 1er . Additionnel . La transcription prescrite par la
loi du 3 janvier 1824 est maintenue.
Sont soumis à l'impôt établi par cette loi, et par celle
du 30 mars 1841, non seulement les actes et jugements
qui en sont frappés aux termes de ses articles 3 et 5, mais
en outre tous partages d'immeubles s'il y a retour ou
plus-value, et tous actes contenant acquisition, par licita-
tation, de parts et portions indivises de biens immeubles ,
au profit de l'un des copropriétaires .
Le droit proportionnel sera perçu sur l'import du retour
et sur le prix des portions indivises qui n'appartenaient
pas à l'adjudicataire .
La transcription des autres actes aura lieu gratis, sauf
payement des frais du timbre et du salaire du conservateur .
ART. 2. Additionnel . Le mineur étranger, quand même
la tutelle aurait été déférée en pays étranger, aura hypo-
thèque légale sur les biens de son tuteur situés en Bel-
gique, dans le cas et en conformité des dispositions énon-
cées au § 1er, section Ire, chapitre III de la présente loi.
Pareillement la femme étrangère, même mariée en
pays étranger, aura hypothèque légale sur les biens de
son mari situés en Belgique, dans le cas et en conformité
du § 2, section Ire, du même chapitre.
Si l'inscription est fondée sur des actes passés à l'étran-
ger, elle ne pourra être prise qu'après que ces actes auront
été visés par le président du tribunal de la situation des
biens, conformément à l'article 77 de la présente loi.
ART. 3. Additionnel . Le droit conféré au tribunal civil,
par l'article 29 de la loi du 18 juin 1850, de constituer sur
266 LOIS USUELLES .
les biens de l'administrateur provisoire une hypothèque
jusqu'à concurrence d'une somme déterminée, sera exercé
par le conseil de famille, l'administrateur provisoire
entendu ou appelé . La délibération sera prise conformé-
ment à l'article 49 et pourra être attaquée conformément
à l'article 51 de la présente loi.
NAVIGATION .
4 mars 1851. Arrêté royal portant des mesures
relatives à la navigation dans les fleuves, rivières ,
canaux, ports et rades .
Art. 1er. Lorsque deux navires louvoieront à contre-
bord dans le même chenal, celui qui aura les armures à
tribord continuera sa bordée ; l'autre, au contraire, qui
aura les armures à bâbord, devra laisser arriver ; si la
proximité de la rive ou d'un haut-fond ne lui permet pas
cette manœuvre, il devra virer de bord en temps opportun.
Art. 2. Lorsque deux navires louvoieront dans le même
chenal , le meilleur marcheur laissera à l'autre l'espace
qui lui est nécessaire afin de l'entraver le moins possible
dans ses mouvements .
Art . 3. Les navires marchant vent arrière ou vent
largue laisseront aux bâtiments courant des bordées tout
l'espace nécessaire à leurs mouvements ; ils feront en
sorte de les passer à l'arrière.
Art. 4. Deux navires qui, aidés d'un vent favorable et
marchant en sens inverse, viendront à se rencontrer, se
passeront réciproquement à bâbord .
Art. 5. Tout navire aidé d'un vent favorable et qui
sera gagné par un meilleur marcheur, aura soin de
donner un champ suffisant qui permettra à ce dernier de
le passer au vent.
Art. 6. Les navires à vapeur en marche doivent être
considérés , dans tous les cas, comme un bâtiment navi-
guant avec un vent largue ; par conséquent, ils devront
éviter les navires à voiles, comme le prescrit l'article 3
dn présent arrêté. Si par suite d'accident ou de circons-
NAVIGATION . 267
tances indépendantes de sa volonté, un navire à vapeur ne
pouvait exécuter cette manœuvre, il devra s'arrêter et
hisser un pavillon bleu à mi-mất.
Si cet accident arrive de nuit, le pavillon bleu sera
entaire au mất ; on
remplacé par un fanal blanc supplémentaire
fera en outre usage du porte-voix.
Art. 7. Tout navire à vapeur qui rencontrera un bâti-
ment à vapeur marchant en sens inverse mettra la barre
à bâbord pour le passer à bâbord.
Art. 8. Tout bâtiment à vapeur gagné par un navire à
vapeur meilleur marcheur le laissera passer à tribord en
lui donnant l'espace nécessaire.
Art. 9. Tout bâtiment à vapeur naviguant de nuit devra
porter deux lanternes bien claires et bien allumées ;
l'une, garnie de verres rouges, sera placée à l'arrière et
hissée soit au mât de l'arrière, soit au mât de pavillon, si
le navire n'a qu'un seul mât ; l'autre, garnie de verres
verts, sera hissée au mât de l'avant ou au grand mât si
le navire n'a qu'un seul mât.
Art. 10. Tout bâtiment à vapeur qui arrête sa marche,
sans mouiller toutefois, devra hisser un fanal blanc au
mât, en maintenant allumés les feux de couleur à l'avant
et à l'arrière. S'il mouille, il éteindrales feux de couleur
et tiendra allumé le feu blanc du mât.
Art. 11. Les navires à la remorque d'un bâtiment à
vapeur doivent également hisser une lanterne bien claire
et bien allumée présentant une lumière blanche.
Art. 12. En temps de brouillard, la cloche sera tintée
continuellement à bord des navires à vapeur, qui doivent
en outre diminuer leur marche, de manière à ne pas
courir plus de quatre milles à l'heure .
Art. 13. Il est enjoint aux capitaines des bâtiments à
vapeur de ralentir leur marche et même d'arrêter com-
plètement le mouvement de leurs roues lorsqu'ils appro-
chent de nacelles ou embarcations légères pour lesquelles
l'agitation causée par le sillage pourrait être un danger.
Art. 14. Les canots qui servent à transporter jusqu'aux
bateaux à vapeur les passagers et leurs bagages auront
soin de ne s'approcher de ces navires que lorsque les
machines en seront bien et dûment arrêtées .
Art. 15. Les dispositions du présent arrêté sont appli
12
268 LOIS USUELLES .
cables aux fleuves, rivières, canaux, ports et rades du
royaume .
Art. 16. Les contraventions au présent arrêté seront
punies conformément à la loi du 6 mars 1818.
Art. 17. Les arrêtés royaux du 4 septembre 1824 et du
25 avril 1826 sont rapportés .
30 janvier 1863. - Arrêté royal relatif aux signaux
à employer par les bâtiments de mer à vapeur ou à
voiles, en marche ou au mouillage, pendant la nuit
ou en temps de brume .
Art. 9. Les bateaux de pêche non pontés et tous les
autres bateaux également non pontés ne sont pas tenus
de porter les feux de côté exigés pour les autres navires ;
mais ils doivent, s'ils ne sont pas pourvus de semblables
feux , se servir d'un fanal muni, sur l'un de ses côtés ,
d'une glissoire verte, et sur l'autre , d'une glissoire rouge,
de façon qu'à l'approche d'un navire, ils puissent montrer
ce fanal en temps opportun , pour prévenir l'abordage ,
en ayant soin que le feu vert ne puisse être aperçu de
bâbord et le feu rouge de tribord.
Les navires de pêche et les bateaux non pontés qui sont
à l'ancre, ou qui, ayant leurs filets dehors, sont station-
naires , doivent montrer un feu blanc.
Ces mêmes navires et bateaux peuvent , en outre, faire
usage d'un feu visible à de courts intervalles , s'ils le
jugent convenable .
21 août 1879. - Loi contenant le livre II du code de
commerce relatif au commerce maritime .
Voir, ci-dessus , p . 90 et suiv .
31 mars 1897. Arrêté royal portant un règlement
pour prévenir les abordages en mer ( 1).
PRÉLIMINAIRES .
Mise en vigueur.
A partir du 1er juillet 1897, le présent règlement devra
(1) Ce réglement, mis en vigueur à partir du 1er juillet 1897, abroge les
arrêtés royaux du 1er août 1880 et du 29 août 1881.
NAVIGATION . 269
être suivi, en mer, par tous les navires à voiles ou à
vapeur .
Définitions . – Navires à voiles . - Navires à vapeur.
Dans les règles ci- après, tout navire à vapeur qui
marche à la voile, et non à la vapeur, doit être considéré
comme un navire à voiles, et tout navire qui marche à la
vapeur, qu'il porte ou non des voiles, doit être considéré
comme un navire à vapeur.
Le mot « navire à vapeur » doit comprendre tout navire
mû par une machine .
Un navire fait route ou est en marche, dans le sens de
ces règles, lorsqu'il n'est ni à l'ancre, ni amarré à terre,
ni échoué.
RÈGLES CONCERNANT LES FEUX , ETC. }
Visibilité.
Le mot « visible » , dans ces règles, lorsqu'il s'applique
à des feux, veut dire visible par une nuit noire, avec une
atmosphère pure.
Feux.
Art. 1er. Les règles concernant les feux doivent être
observées par tous les temps , du coucher au lever du
soleil, et pendant cet intervalle , on ne doit montrer aucun
autre feu pouvant être pris pour un des feux prescrits .
Feux que doivent porter les bâtiments à vapeur.
Art. 2. Un navire à vapeur faisant route doit porter :
e
A. Au mât de misaine ou en avant de ce mât, ou bien , si
le navire n'a pas de mât de misaine, sur la partie avant du
navire, à une hauteur au-dessus du plat-bord qui ne soit
pas inférieure à 6m, 10, et, si la largeur du navire dépasse
6m,10, à une hauteur au dessus du plat-bord au moins
égale à cette largeur, sans qu'il soit néanmoins nécessaire
que cette hauteur au-dessus du plat-bord dépasse 12m, 19,
un feu blanc brillant, disposé de manière à montrer une
lumière ininterrompue sur tout le parcours d'un arc de
270 LOIS USUELLES .
l'horizon de 20 quarts ou rumbs du compas, soit 10 quarts
ou rumbs de chaque côté du navire, c'est-à-dire depuis
l'avant jusqu'à 2 quarts sur l'arrière du travers de chaque
bord ; ce feu doit être visible d'une distance d'au moins
5milles;
B. A tribord, un feu vert établi de manière à projeter
une lumière ininterrompue sur tout le parcours d'un arc
de l'horizon de 10 quarts ou rumbs du compas, c'est- à-
dire depuis l'avant jusqu'à 2 quarts sur l'arrière du tra-
vers à tribord ; ce feu doit être visible d'une distance d'au
moins 2 milles ;
C. A bâbord, un feu rouge établi de manière à proje-
ter une lumière ininterrompue sur tout le parcours d'un
arc de l'horizon de 10 quarts ou rumbs du compas, c'est-
à-dire depuis l'avant jusqu'à 2 quarts sur l'arrière du
travers à bâbord ; ce feu doit être visible d'une distance
d'au moins 2 milles ;
D. Les dits feux de côté vert et rouge doivent être
munis, du côté du bâtiment, d'écrans s'avançant au moins
de 91 centimètres en avant du feu, de telle sorte que leur
lumière ne puisse pas être aperçue de tribord devant
pour le feu rouge, et de bâbord devant pour le feu vert.
E. Un navire à vapeur faisant route peut porter un feu
blanc additionnel de même construction que le feu men-
tionné au § A. Ces deux feux devront être placés dans le
plan longitudinal, de manière que l'un soit plus élevé que
l'autre d'au moins 4m,57, et dans une position telle , l'un
par rapport à l'autre , que le feu inférieur soit sur l'avant
du feu supérieur. La distance verticale entre ces feux
devra être moindre que leur distance horizontale.
Feux de navires à vapeur remorquant.
Art. 3. Tout navire à vapeur remorquant un autre
navire doit porter, outre ses feux de côté, deux feux
blancs brillants , placés verticalement à 1m,83 au moins
l'un de l'autre , et lorsqu'il remorque plus d'un navire, il
doit porter un feu blanc brillant additionnel à 1m,83 au-
dessus ou au-dessous des deux précédents, si la longueur
de la remorque, mesurée entre l'arrière du remorqueur
NAVIGATION . 271
et l'arrière du dernier navire remorqué, dépasse 183 mè-
tres . Chacun de ces feux doit être de la même construc-
tion, du même caractère et placé dans la même position
que le feu blanc mentionné à l'article 2 A, à l'exception
du feu additionnel qui peut être à une hauteur de 4m,27
au - dessus du plat-bord.
Le remorqueur peut porter, en arrière de sa cheminée
ou de son mât de l'arrière, un petit feu blanc sur lequel
gouverne le bâtiment remorqué ; mais ce feu ne doit pas
être visible sur l'avant du travers du remorqueur.
Signaux de jour et de nuit à bord des navires qui ne sont
pas maîtres de leur manœuvre.
Art. 4. A. Un navire qui, pour une cause accidentelle,
n'est pas maître de sa manœuvre , doit, pendant la nuit,
porter à la même hauteur que le feu blanc mentionné à
l'article 2 A, à l'endroit où ils seront le plus apparents,
et, si ce navire est à vapeur, à la place de ce dernier feu ,
deux feux rouges disposés verticalement à une distance
l'un de l'autre d'au moins 1m,83 et d'une intensité suffi-
sante pour être visible, tout autour de l'horizon, d'une
distance d'au moins 2 milles ; pendant le jour, ce même
navire devra porter, sur une ligne verticale et à 1m, 83
au moins de distance l'un de l'autre, dans l'endroit où ils
seront le plus apparents , deux ballons ou marques noirs
de 61 centimètres de diamètre chacun.
B. Un navire employé à poser ou à relever un câble
télégraphique doit porter dans la même position que le
feu blanc mentionné à l'article 2 A , et, si c'est un navire
à vapeur, à la place assignée à ce feu, trois feux placés
sur une ligne verticale, à 1m,83 au moins l'un de l'autre.
Le feu supérieur et le feu inférieur sont rouges, le feu
du milieu blanc ; ils auront une intensité suffisante pour
être visible , sur tout l'horizon d'une distance d'au moins
2 milles . De jour, il devra porter, sur une même ligne
verticale , à 1m,83 au moins l'une de l'autre, et placées
dans l'endroit le plus apparent, trois marques de 61 cen-
m timètres au moins du diamètre chacune, dont la plus
baute et la plus basse seront de forme sphérique et de
272 LOIS USUELLES .
couleur rouge, celle du milieu de forme biconique et de
couleur blanche .
C. Les navires dont il est question dans le présent
article ne portent pas de feux de côté quand ils n'ont
aucun sillage, mais ils doivent en avoir, s'ils ont de
l'erre .
D. Les feux et les marques de jour prescrits par le
présent article doivent être regardés par les autres
navires comme des signaux indiquant que le bâtiment
qui les montre n'est pas maître de sa manœuvre et ne
peut , par conséquent, pas s'écarter de sa route.
Ces signaux ne sont pas des signaux de navires en
détresse et demandant assistance ; ces derniers signaux
sont spécifiés à l'article 31 .
Feux des navires à voiles .
Art. 5. Tout navire à voiles qui fait route et tout
navire remorqué doivent porter les feux prescrits à l'ar-
ticle 2 pour un navire à vapeur faisant route, à l'excep-
tion des feux blancs mentionnés dans le dit article, qu'ils
ne doivent jamais porter.
Feux cxceptionnels pour les petits navires
Art. 6. Toutes les fois que les feux de côté, vert et
rouge, ne peuvent être fixés à leur posté comme cela a
lieu à bord des petits bâtiments faisant route par mauvais
temps , ces feux doivent être tenus sous la main , allumés
et prêts à être montrés ; si l'on s'approche
che d'un autre
bâtiment ou si l'on en voit un qui s'approche , on doit
montrer ces feux à leur bord respectif suffisamment à
temps pour prévenir la collision, de telle sorte qu'ils
soient bien apparents et que le feu vert ne puisse pas
être aperçu de bâbord , ni le feu rouge de tribord, et, s'il
est possible, de telle sorte qu'ils ne puissent être vus au
délà de 2 quarts sur l'arrière du travers de leur bord
respectif.
Afin de rendre plus facile et plus sûr l'emploi de ces
feux portatifs, les fanaus doivent être peints extérieure-
NAVIGATION... 273
iment de la couleur du feu qu'ils contiennent respectivc-
iment et doivent être munis d'écrans convenables.
Feux des petits bâtiments et des embarcations.
Art. 7. Les navires à vapeur de moins de 40 tonneaux
de jauge brute et les navires marchant à l'aviron ou à la
voile de moins de 20 tonneaux de jauge brute, ainsi que
les embarcations à l'aviron, lorsqu'ils font route, ne sont
pas astreints à porter les feux mentionnés à l'article 2A,
Bet C; mais, s'ils ne les portent pas , ils doivent être
pourvus des feux suivants :
1º Les navires à vapeur de moins de 40 tonneaux doi-
ventporter :
A. Sur la partie avant du navire, soit sur la cheminée,
soit en avant de celle-ci, à l'endroit où il sera le plus
apparent et à 2m,74 au moins au-dessus du plat-bord, un
feu blanc brillant construit et fixé comme il est prescrit
à l'article 2 A et d'une intensité suffisante pour être visi-
ble d'une distance d'au moins 2 milles ;
B. Des feux de côté, vert et rouge, construits et fixés
comme il est prescrit à l'article 2 Bet C, et d'une inten-
sité suffisante pour être visibles d'une distance d'au
moins 1 mille, ou un fanal combiné pour montrer un feu
vert et un feu rouge depuis l'avant jusqu'à 2 quarts sur
l'arrière du travers de leur bord respectif . Ce fanal ne
doit pas être à moins de 91 centimètres au- dessous du fcu
blanc;
2º Les petits navires à vapeur, tels que les embarcations
que portent les bâtiments de mer, peuvent placer le feu
blanc à moins de 2m,74 au-dessus du plat-bord, mais ce
feu doit être au- dessus du fanal combiné mentionné au
§ 1er, B;
1 3º Les petits navires , à l'aviron ou à la voile , de moins
de 20 tonneaux, doivent avoir prêt, sous la main, un fanal
muni d'une glace verte d'un côté et d'une glace rouge de
1 l'autre côté, et, s'ils s'approchent d'un autre navire ou
s'ils en voient un s'approcher, ils doivent montrer ce
ما fanal assez à temps pour prévenir une collision, de telle
sorte que le feu vert ne puisse être aperçu de bâbord ni
es le feu rouge de tribord ;
274 LOIS USUELLES .
4° Les embarcations à rames, lorsqu'elles marchent à
l'aviron ou à la voile, doivent avoir prêt sous la main un
fanal à feu blanc, qui sera montré temporairement assez
à temps pour prévenir une collision .
Les navires dont il est question dans cet article ne sont
pas obligés de porter les feux prescrits par l'article 4 A
et par l'article 11 , dernier paragraphe.
Feux des bateaux-pilotės .
Art. 8. Les bateaux pilotes, quand ils sont en service à
leur station de pilotage, ne doivent pas porter les feux
exigés des autres navires ; ils doivent avoir en tête de
mât un feu blanc visible tout autour de l'horizon et mon-
trer un ou plusieurs feux provisoires d'une nature quel-
conque (flare- up) à de courts intervalles ne dépassant
jamais quinze minutes.
S'ils s'approchent d'un autre navire ou s'ils en voient un
s'approcher, ils doivent avoir leurs feux de côté allumés,
prêts à servir, mais couverts, et les démasquer et les
remarquer à de courts intervalles , pour indiquer la direc-
tion de leur cap ; mais le feu vert ne doit pas paraître du
côté de bâbord, ni le feu rouge du côté de tribord.
Un bateau-pilote de la catégorie de ceux qui sont
obligés d'accosterun navire pour mettre un pilote à bord,
peut montrer le feu blanc au lieu de le porter en tête de
mát, et peut, au lieu des feux de couleurs ci-dessus men-
tionnés , avoir sous la main, prêt à servir, un fanal muni
d'une glace verte d'un côté, et d'une glace rouge de
l'autre côté , et l'employer comme il est dit plus haut.
Les bateaux-pilotes, lorsqu'ils ne sont pas à leur sta-
tion occupés à un service de pilotage, doivent porter des
feux semblables à ceux des autres navires de leur ton-
nage.
Feux des bateaux de pêche .
Art. 9. Provisoirement (1) les bateaux de pêche auront
à observer les prescriptions ci-après :
Les embarcations non pontées et les bateaux de pêche
(1) En attendant une réglementation définitive, ensuite d'une entente
internationale.
NAVIGATION. 275
de moins de 20 tonneaux (jauge nette) étant en marche
sans avoir leurs filets, chaluts, dragues ou lignes à l'eau,
ne seront pas obligés de porter les feux de couleur de
côté ; mais , dans ce cas, chaque embarcation ou chaque
bateau devra, en leur lieu et place, avoir prêt sous la
main un fanal muni sur l'un des côtés d'un verre vert et
sur l'autre d'un verre rouge ; et s'il approche d'un navire
ou s'il en voit s'approcher un, il devra montrer ce fanal
assez à temps pour prévenir un abordage, et de manière
que le feu vert ne soit pas vu sur le côté de bâbord, ni le
feu rouge sur le côté de tribord.
(La partie suivante de cet article s'applique seulement
aux bateaux et embarcations de pêche, au large de la
côte d'Europe, dans le nord du cap Finistère. )
A. Tous les bateaux et toutes les embarcations de
pêche de 20 tonneaux (jauge nette) et au-dessus, lorsqu'ils
sont en marche et ne se trouvent pas dans l'un des cas
où ils ont à montrer les feux désignés par les prescrip-
tions suivantes de cet article, doivent porter et montrer
les mêmes feux que les autres bâtiments en marche.
B. Tous les bateaux qui seront en pêche avec des filets
flottants ou dérivants devront montrer deux feux blancs
placés de manière qu'ils soient le plus visibles possible .
Ces feux seront disposés de façon que leur écartement
vertical soit de 1m,80 au moins et de 3 mètres au plus et
de manière aussi que leur écartement horizontal , mesuré
dans le sens de la quille du navire, soit de 1m,50 au moins
et de 3 mètres au plus . Le feu inférieur devra être le plus
sur l'avant et les deux feux devront être placés de telle
sorte qu'ils puissent être aperçus de tous les points de
l'horizon, par nuit noire, avec atmosphère pure, à une
distance de 3 milles au moins .
C. Un bateau pêchant à la ligne et ayant ses lignes
dehors devra porter les mêmes feux qu'un bateau en
pêche avec filets flottants ou dérivants .
D. Si un bateau en pêche devient stationnaire par
suite d'un engagement de son appareil de pêche dans un
rocher ou tout autre obstacle, il devra montrer le feu
blanc et faire le signal de brume d'un bâtiment au mouil-
lage.
E. Les bateaux de pêche et les embarcations non pon
12.
276 LOIS USUELLES .
tées peuvent, en toute circonstance, faire usage d'un feu
intermittent (c'est-à-dire alternativement montré et
caché), en plus des autres feux exigés par cet article.
Tous les feux intermittents montrés par un bateau qui
chalute , drague ou pêche avec un filet à drague quel-
conque, devront être montrés de l'arrière du bateau.
Toutefois , si le bateau est tenu par l'arrière à son
chalut, à sa drague ou à son filet à drague, le feu inter-
mittent devra être montré de l'avant .
F. Chaque bateau de pêche ou embarcation non pontée
étant à l'ancre, entre le coucher et le lever du soleil,
devra montrer un feu blanc visible tout autour de l'hori-
zon, à une distance de 1 mille au moins .
G. Par temps de brume , un bateau en pêche avec des
filets flottants ou dérivants et attaché à ses filets , un
bateau chalutant, draguant ou pêchant avec des filets à
drague quelconques, un bateau pêchant à la ligne et
ayant ses lignes dehors, devra, à intervalles de deux
minutes au plus, sonner alternativement du cornet de
brume et de la cloche .
Eclairage des chalutiers .
En ce qui concerne les chalutiers, en attendant la
réglementation définitive à intervenir, leur éclairage est
réglé comme suit :
Les navires pêchant au chalut, c'est-à-dire avec un
appareil draguant le fond de la mer, doivent :
1º Si ce sont des navires à vapeur, porter, dans la même
position que le feu blanc mentionné à l'article 2 A, un
fanal tricolore construit et fixé de manière à montrer à
la fois une lumière blanche depuis l'avant jusqu'à
2 quarts de chaque bord, une lumière verte à tribord et
une lumière rouge à bâbord, depuis 2 quarts à partir de
l'avant jusqu'à 2 quarts sur l'arrière du travers de leur
bord respectif, et porter en outre, à 1m,83 au moins et
3m,66 au plus au- dessous de ce feu tricolore , un feu blanc
dans un fanal construit de façon à projeter une lumière
claire, uniforme et sans interruption tout autour de l'ho
rizon ;
NAVIGATION . 277
2º Si ce sont des navires à voiles, ils doivent porter un
feu blanc dans un fanal construit et fixé de manière à
projeter une lumière claire, uniforme et sans interrup-
tion tout autour de l'horizon ; ils pourront aussi , lors-
qu'ils s'approcheront d'un autre bâtiment ou lorsqu'ils en
verront un s'approcher, brûler une torche assez à temps
pour prévenir une collision .
Tous les feux mentionnés aux §§ 1º et 2º ci-dessus
doivent être visibles d'une distance d'au moins 2 milles .
Navire rattrapé par un autre.
Art. 10. Un navire qui est rattrapé par un autre doit
montrer à celui-ci, de la partie arrière du navire , un feu
blanc ou un feu provisoire d'une nature quelconque
(flare-up).
Le feu blanc mentionné dans cet article peut être fixe
et placé dans un fanal ; mais, dans ce cas , le fanal doit
être muni d'écrans et disposé de telle sorte qu'il projette
une lumière non interrompue sur un arc de l'horizon de
12 rumbs ou quarts du compas, soit 6 rumbs de chaque
bord à partir de l'arrière ; ce feu doit être visible d'au
inoins 1 mille et placé, autant que possible, à la même
hauteur que les feux de côté .
Feux des bâtiments au mouillage.
Art. 11. Un navire de moins de 45m,72 de longueur,
lorsqu'il est au mouillage, doit porter à l'avant, dans
l'endroit où il peut être le plus apparent, mais à une
hauteur n'excédant pas 6m,10 au-dessus du plat-bord , un
feu blanc dans un fanal disposé de manière à projeter
tout autour de l'horizon une lumière claire, uniforme et
1.0n interrompue à une distance d'au moins 1 mille .
Un navire de 45m,72 ou plus de longueur, lorsqu'il est
au mouillage, doit porter à la partie avant, à une hauteur
au- dessus du plat-bord de 6m, 10, au moins et de 12m, 19 au
plus, un feu semblable à celui qui a été mentionné dans
le paragraphe précédent, et à l'arrière ou près de l'ar
278 LOIS USUELLES .
rière un second feu pareil , qui doit être à une hauteur
telle qu'il ne se trouve pas à moins de 4m,57 plus bas que
le feu de l'avant.
On prendra pour la longueur du navire celle qui est
donnée par son certificat d'inscription ou d'immatricula-
tion .
Tout navire échoué dans un chenal ou près d'un chenal
doit porter le feu ou les feux mentionnés ci-dessus , ainsi
que les deux feux rouges prescrits par l'article 4 A.
Feux provisoires et signaux pour appeler l'attention .
Art . 12. Tout navire peut, s'il le juge nécessaire pour
appeler l'attention, montrer, en plus des deux feux pres-
crits par les présentes règles, un feu provisoire d'une
nature quelconque (flare-up) ou faire usage de tout signal
détonant ne pouvant être pris pour un signal de détresse .
Feux de position ou de signаих.
Art. 13. Les présentes règles ne doivent en rien gêner
la mise à exécution des prescriptions spéciales édictées
par un gouvernement quelconque, quant à un plus grand
nombre de feux de position ou de signaux à mettre à
bord des bâtiments de guerre au nombre de deux ou
davantage, ainsi qu'à bord des bâtiments à voiles navi-
guant en convoi, non plus que l'emploi des signaux de
reconnaissance adoptés par les armateurs avec l'autori-
sation de leurs gouvernements respectifs et dûment
enregistrés et publiés .
Navire à vapcur faisant route à la voile seule.
Art 14. Tout navire à vapeur faisant route à la voile
seulement, mais ayant sa cheminée dressée , doit porter
de jour, à l'avant, à l'endroit où il sera le plus apparent,
un ballon noir ou une marque noire de 61 centimètres
de diamètre .
NAVIGATION. 279
SIGNAUX PHONIQUES POUR LA BRUME, ETC.
Signauæ phoniques de brume, de brouillard ou de neige.
Art. 15. Tous les signaux prescrits par le présent
article pour les navires faisant route devront être pro-
duits :
1° A bord des navires à vapeur, au moyen du sifflet ou
de la sirène ;
2º A bord des navires à voiles et des navires remorqués,
au moyen du cornet de brume.
Les mots son prolongé » employés dans cet article
signifient un son de quatre ou cinq secondes de durée.
Tout navire à vapeur doit être pourvu d'un sifflet ou
d'une sirène d'une sonorité suffisante, actionné par la
vapeur ou par tout autre moteur pouvant la remplacer et
placé de telle sorte que le son ne puisse être arrêté par
aucun obstacle ; il doit aussi être pourvu d'un cornet de
brume actionné mécaniquement, ainsi que d'une cloche,
l'un et l'autre suffisamment puissants .
[Dans tous les cas où les présentes règles prescrivent
une cloche, on peut se servir d'un tambour à bord des
navires turcs , ou du gong, lorsque ces objets sont en usage
à bord des petits navires de mer.]
Tout navire à voiles d'un tonnage brut de 20 tonneaux
et au - dessus doit avoir un cornet de brume et une cloche
semblables .
Par les temps de brume, de brouillard, de bruine , de
neige , ou pendant les forts grains de pluie, tant de jour
que de nuit, les signaux décrits dans le présent article
seront employés comme il suit :
A. Tout navire à vapeur ayant de l'erre doit faire
entendre un son prolongé à des intervalles de 2 minutes
au plus ;
B. Tout navire à vapeur en route, mais stoppé et
n'ayant pas d'erre, doit faire entendre, à des intervalles
ne dépassant pas 2 minutes, deux sons prolongés séparés
par un intervalle d'une seconde environ ;
C. Tout navire à voiles faisant route doit faire enten-
dre, à des intervalles n'excédant pas une minute, un son
280 LOIS USUELLES .
quand il est à tribord amures , deux sons consécutifs
quand il est à bâbord amures , et trois sons consécutifs
quand il a le vent de l'arrière du travers ;
D. Tout navire au mouillage doit sonner la cloche
rapidement pendant cinq secondes à des intervalles
n'excédant pas une minute ;
E. Tout navire qui remorque, tout navire employé à
poser ou à lever un câble télégraphique, tout navire fai-
sant route et ne pouvant se déranger de la route d'un
navire qui s'approche, parce qu'il n'est pas maître de sa
manœuvre ou qu'il ne peut manœuvrer comme l'exige ce
règlement, devra, au lieu des signaux prescrits aux
SSA et B du présent article, faire entendre, à des inter-
valles ne dépassant pas 2 minutes , trois sons consécutifs,
savoir : un son prolongé suivi de deux sons brefs . Un
navire remorqué peut faire ce signal, mais il n'en fera
pas d'autres.
Les navires à voiles et embarcations d'un tonnage brut
de moins de 20 tonneaux ne sont pas astreints à faire les
signaux mentionnés ci-dessus ; mais, s'ils ne les font pas,
ils doivent faire tout autre signal phonique d'une inten-
sité suffisante à des intervalles ne dépassant pas une
minute .
LA VITESSE DES NAVIRES DOIT ÊTRE MODÉRÉE
PAR TEMPS DE BRUME, ETC.
Vitesse modérée en temps de brume,
de brouillard, etc.
Art. 16. Tout navire, par temps de brume, de brouil-
lard, de bruine, de neige, ou pendant les forts grains de
pluie, doit aller à une vitesse modérée, en tenant atten-
tivement compte des circonstances et des conditions
existantes .
Tout navire à vapeur, en entendant, dans une direction
qui lui paraît être sur l'avant de son travers, le signal de
brume d'un navire dont la position est incertaine, doit,
autant que les circonstances du cas le comportent, stop-
per sa machine et ensuite naviguer avec précaution
jusqu'à ce que le danger de collision soit passé .
NAVIGATION. 281
RÈGLE DE BARRE ET DE ROUTE . PRÉLIMINAIRES .
RISQUE DE COLLISION .
Constatation du risque de collision .
Le risque de collision peut, quand les circonstances le
permettent, être constaté par l'observation attentive du
relèvement au compas d'un navire qui s'approche . Si ce
relèvement ne change pas d'une façon appréciable, on
doit en conclure que ce risque existe .
Entre deux navires à voiles .
Art. 17. Lorsque deux navires à voiles s'approchent
l'un de l'autre, de manière à faire craindre une collision,
l'un deux doit s'écarter de la route de l'autre comme il
suit, savoir :
A. Tout navire courant largue doit s'écarter de la
route d'un navire qui est au plus près ;
B. Tout navire qui court au plus près bâbord amures
doit s'écarter de la route d'un navire qui est au plus près
tribord amures ;
C. Lorsque deux navires courent largue avec le vent
de bords, opposés, celui qui reçoit le vent de bâbord doit
s'écarter de la route de l'autre ;
D. Lorsque deux navires courent largue avec le vent
du même bord, celui qui est au vent doit s'écarter de la
route de celui qui est sous le vent ;
E. Tout navire vent arrière doit s'écarter de la route
d'un autre navire .
Entre deux navires à vapeur .
Art. 18. Lorsque deux navires marchant à la vapeur
font des routes directement opposées ou à peu près
opposées, de manière à faire craindre une collision,
chacun d'eux doit venir sur tribord de manière à passer
par bâbord l'un de l'autre .
Cet article ne s'applique qu'aux cas où les navires ont
le cap l'un sur l'autre ou presque l'un sur l'autre, en sui-
vant des directions opposées, de telle sorte que la colli
282 LOIS USUELLES .
sion soit à craindre ; il ne s'applique pas à deux navires
qui, s'ils continuent leurs routes respectives, se croise-
ront sûrement sans se toucher.
Les seuls cas que vise cet article sont ceux dans les-
quels chacun des deux bâtiments a le cap sur l'autre, en
d'autres termes, les cas dans lesquels, pendant le jour,
chaque bâtiment voit les mâts de l'autre navire l'un par
l'autre ou à très peu près l'un par l'autre et tout à fait ou
à très peu près dans le prolongement de son cap ; et,
pendant la nuit, le cas où chaque bâtiment est placé de
manière à voir à la fois les deux feux de côté de l'autre .
Il ne s'applique pas au cas où, pendant le jour, un bâti-
ment en aperçoit un autre droit devant lui et coupant sa
route , ni au cas où, pendant la nuit, chaque bâtiment
présentant son feu rouge voit le feu de même couleur de
l'autre, ou chaque bâtiment présentant son feu vert voit
le feu de même couleur de l'autre , ni au cas où un bâti-
ment aperçoit droit devant lui un feu rouge sans voir de
feu vert, ou aperçoit droit devant lui un feu vert sans
voir de feu rouge, enfin ni au cas où un bâtiment aper-
çoit à la fois un feu vert et un feu rouge dans toute autre
direction que droit devant ou à peu près.
Entre deux navires à vapeur se croisant.
Art. 19. Lorsque deux navires marchant à la vapeur
font des routes qui se croisent de manière à faire crain-
dre une collision, le bâtiment qui voit l'autre par tribord
doit s'écarter de la route de cet autre navire .
Entre un navire à voiles et un navire à vapeur.
Art. 20. Lorsque deux navires, l'un à vapeur, l'autre
à voiles, courent de manière à risquer de se rencontrer,
le navire sous vapeur doit s'écarter de la route de celui
qui est à voiles.
Interprétation .
Art. 21. Quand, d'après les règles tracées ci-dessus,
l'un des navires doit changer sa route, l'autre bâti
NAVIGATION. 283
ment doit conserver la sienne et maintenir sa vitesse .
Nota. Il peut se faire, par suite de temps couvert ou
pour d'autres causes, que deux navires viennent à se
trouver tellement rapprochés l'un de l'autre que la colli-
sion ne puisse être évitée par la manœuvre seule de celui
qui doit laisser la route libre ; dans ce cas, l'autre navire
doit faire, de son côté, telle manœuvre qu'il jugera la
meilleure pour empêcher l'abordage. (Voir art. 27 et 29. )
Eviter de couper la route d'un bâtiment sur l'avant.
Art. 22. Tout navire qui est tenu, d'après ces règles,
de s'écarter de la route d'un autre navire, doit, si les cir-
constances de la rencontre le permettent, éviter de cou-
per la route de l'autre navire sur l'avant de celui-ci .
Diminuer de vitesse, stopper et même marcher
en arrière .
Art. 23. Tout navire à vapeur qui est tenu , d'après
ces règles , de s'écarter de la route d'un autre navire,
doit, s'il s'approche de celui-ci, ralentir au besoin sa
vitesse ou même stopper ou marcher en arrière, si les
circonstances le rendent nécessaire .
Navire qui en rattrape un autre.
Art. 24. Quelles que soient les prescriptions des arti-
cles qui précèdent, tout bâtiment qui en rattrape un autre
doit s'écarter de la route de ce dernier .
Tout navire qui se rapproche d'un autre en venant
d'une direction de plus de 2 quarts sur l'arrière du tra-
vers de ce dernier, c'est-à-dire qui se trouve dans une
position telle, par rapport au navire qui est rattrapé,
qu'il ne pourrait, pendant la nuit, apercevoir aucun des
feux de côté de celui-ci, doit être considéré comme un
navire qui en rattrape un autre ; et aucun changement
ultérieur dans le relèvement entre les deux bâtiments ne
pourra faire considérer le navire qui rattrape l'autre
284 LOIS USUELLES .
comme croisant la route de ce dernier au sens propre de
ces règles , et ne pourra l'affranchir de l'obligation de
s'écarter de la route du navire rattrapé jusqu'à ce qu'il
l'ait tout à fait dépassé et paré.
Pendant le jour, un bâtiment qui rattrape un autre
bâtiment ne pouvant pas toujours reconnaître avec certi-
tude s'il est sur l'avant ou sur l'arrière de cette direction
par rapport à ce dernier, doit, s'il y a doute, se considé-
rer comme un navire qui en rattrape un autre et s'écarter
de la route de celui-ci.
Navire à vapeur dans les passes .
Art. 25. Dans les passes étroites, tout navire à vapeur
doit, quand la prescription est d'une exécution possible
et sans danger pour lui, prendre la droite du chenal ou
du milieu du passage .
S'écarter de la route des bateaux de pèche .
Art . 26. Tout navire à voiles faisant route doit
s'écarter de la routedes navires à voiles ou embarcations
pêchant avec des filets , des lignes ou des chaluts . Cette
prescription ne donne pas aux navires ou embarcations
qui sont occupés à une opération de pêche le droit
d'obstruer un chenal fréquenté par des navires autres
que des navires ou embarcations de pêche .
Circonstances particulières.
Art. 27. En suivant et en interprétant les prescrip-
tions qui précèdent, on doit tenir compte de tous les dan-
gers de navigation et de collision, ainsi que des circons-
tances particulières qui peuvent forcer de s'écarter de ces
règles pour éviter un danger immédiat.
SIGNAUX PHONIQUES POUR LES NAVIRES QUI
S'APERÇOIVENT L'UN L'AUTRE .
Sgnaux phoniques pour les navires en vue .
Art. 28. Les mots " son bref » employés dans cet arti-
NAVIGATION . 285
cle signifient un son d'environ une seconde de durée.
Lorsque des navires sont en vue l'un de l'autre, un
navire à vapeur qui est en marche doit, en changeant sa
route conformément à l'autorisation ouaux prescriptions
de ce règlement, indiquer ce changement par les signaux
suivants , faits au moyen de son sifflet ou de sa sirène,
savoir :
Un son bref pour dire : « Je viens sur tribord " ; deux
sons brefs pour dire : « Je viens sur bâbord " ; trois sons
brefs pour dire : " Je marche en arrière à toute vitesse. »
OBSERVATION ABSOLUE EN TOUTES CORCONSTANCES
DES PRÉCAUTIONS ÉLÉMENTAIRES .
Observation des précautions élémentaires.
Art. 29. Rien de ce qui est prescrit dans ces règles ne
doit exonérer un navire ou son propriétaire, ou son
capitaine, ou son équipage, des conséquences d'une négli-
gence quelconque, soit au sujet des feux ou des signaux ,
soit de la part des hommes de veille, soit enfin au sujet
de toute précaution que commandent l'expérience ordi-
naire du marin et les circonstances particulières dans
lesquelles se trouve le bâtiment .
ÉSERVE RELATIVES AUX RÈGLES DE NAVIGATION DANS
LES PORTS ET A L'INTÉRIEUR DES TERRES .
Réserve des règlements des ports .
Art. 30. Rien dans ces règles ne doit entraver l'appli-
cation des règles spéciales, dûment édictées par l'auto-
rité locale , relativement à la navigation dans une rade,
dans une rivière ou dans une étendue d'eau intérieure
quelconque.
SIGNAUX DE DÉTRESSE.
Signaux de détresse .
Art. 31. Lorsqu'un bâtiment est en détresse et
demande des secours à d'autres navires ou à la terre, il
286 LOIS USUELLES .
doit faire usage des signaux suivants , ensemble ou sépa-
rément, savoir :
Pendant le jour.
1º Coups de canon ou autres signaux explosifs tirés à
intervalles d'une minute environ;
2º Le signal de détresse du code international indiqué
par les signes NC ;
3º Le signal de grande distance consistant en un pavil-
lon carré , ayant au-dessus ou au-dessous un ballon ou
quelque chose ressemblant à un ballon ;
4º Un son continu produit par un appareil quelconque
pour signaux de brume.
Pendant la nuit .
1º Coups de canon ou autres signaux explosifs tirés à
intervalles d'une minute environ ;
2º Flammes sur le navire, telle qu'on peut en produire
en brûlant un baril à goudron, à l'huile, etc.;
3º Fusées ou bombes projetant des étoiles de toutes
couleurs et de tous genres, ces fusées ou bombes lancées
une à une à de courts intervalles ;
4º Un son continu produit par un appareil quelconque
pour signaux de brume.
PRÊT A INTÉRÊT.
5 mai 1865. — Loi relative au prêt à intérêt.
Art . 1er . Le taux de l'intérêt conventionnel est déter-
miné librement par les parties contractantes.
Art. 2. Le taux de l'intérêt légal est fixé à cinq pour
cent en matière civile, et à six pour cent en matière de
commerce .
Art. 3. Le bénéfice résultant, pour la Banque Natio-
nale, de la différence entre l'intérêt légal et le taux
PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE . 287
d'intérêt perçu par cette institution, est attribué au tré-
sor public.
Art. 4. Toutes les dispositions contraires à la présente
loi sont abrogées .
PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE.
22 mars 1886 . Loi sur le droit d'auteur.
SECTION Ire . - DU DROIT D'AUTEUR EN GÉNÉRAL.
Art. 1er. L'auteur d'une œuvre littéraire ou artistique
a seul le droit de la reproduire ou d'en autoriser la repro-
duction , de quelque manière et sous quelque forme que
ce soit.
Art. 2. Ce droit se prolonge pendant cinquante ans
après le décès de l'auteur, au profit de ses héritiers ou
ayants droit.
Art. 3. Le droit d'auteur est mobilier, cessible et trans-
missible, en tout ou en partie, conformément aux règles
du code civil .
Art. 4. Les propriétaires d'un ouvrage posthume
jouissent du droit d'auteur pendant cinquante ans à partir
du jour où il est publié , représenté, exécuté ou exposé .
Un arrêté royal déterminera la manière dont sera cons-
tatée la date à partir de laquelle le terme de cinquante
ans prendra cours .
Art. 5. Lorsque l'œuvre est le produit d'une collabo-
ration , le droit d'auteur existe au profit de tous les ayants
droit jusque cinquante ans après la mort du survivant des
collaborateurs .
Art. 6. Lorsque le droit d'auteur est indivis, l'exer-
cice de ce droit est réglé par les conventions . A défaut
de conventions, aucun des copropriétaires ne peut l'exer-
cer isolément, sauf aux tribunaux à prononcer en cas de
désaccord .
Toutefois , chacun des propriétaires reste libre de
poursuivre , en son nom et sans l'intervention des autres,
l'atteinte qui serait portée au droit d'auteur et de récla-
mer des dommages-intérêts pour sa part.
288 LOIS USUELLES .
Les tribunaux pourront toujours subordonner l'au
torisation de publier l'œuvre à telles mesures qu'ils
jugeront utile de prescrire ; ils pourront décider, à la
demande du copropriétaire opposant, que celui-ci ne
participera ni aux frais, ni aux bénéfices de la publica-
tion ou que le nom du collaborateur ne figurera pas sur
l'œuvre .
Art. 7. L'éditeur d'un ouvrage anonyme ou pseudo-
nyme est reputé, à l'égard des tiers , en être l'auteur.
Dès que celui-ci se fait connaître, il reprend l'exercice
de son droit .
Art. 8. Le cessionnaire du droit d'auteur, ou de l'objet
qui matérialise une œuvre de littérature , de musique ou
des arts du dessin, ne peut modifier l'œuvre pour la ven-
dre ou l'exploiter, ni exposer publiquement l'œuvre mo-
difiée, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants
cause .
Art. 9. Sont toujours insaisissables les œuvres litté-
raires et musicales, tant qu'elles sont inédites , et, du
vivant de l'auteur, les autres œuvres d'art, tant qu'elles
ne sont pas prêtes pour la vente ou la publication .
SECTION II . DU DROIT D'AUTEUR SUR LES ŒUVRES
LITTÉRAIRES .
Art. 10. Le droit d'auteur s'applique non seulement
aux écrits de tout genre, mais aux leçons , sermons, con-
férences , discours, ou à toute autre manifestation orale
de la pensée .
Toutefois , les discours prononcés dans les assemblées
délibérantes, dans les audiences publiques des tribunaux ,
ou dans les réunions politiques, peuvent être librement
publiés ; mais à l'auteur seul appartient le droit de les
tirer àpart.
Art. 11. Les actes officiels de l'autorité ne donnent pas
1
lieu au droit d'auteur .
Toutes autres publications faites par l'État ou les
administrations publiques donnent lieu au droit d'auteur,
soit au profit de l'Etat ou de ces administrations pendant
une durée de cinquante ans, à partir de leur date, soit au
289
PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE .
profit de l'auteur s'il ne l'a pas aliéné en faveur de l'Etat
ou de ces administrations .
Un arrêté royal déterminera la manière dont sera
constatée la date de la publication .
Art . 12. Le droit de l'auteur sur une œuvre littéraire
comprend le droit exclusif d'en faire ou d'en autoriser la
traduction .
Art. 13. Le droit de l'auteur n'exclut pas le droit de
faire des citations lorsqu'elles ont lieu dans un but de
critique, de polémique ou d'enseignement .
Art. 14. Tout journal peut reproduire un article publié
dans un autre journal, à la condition d'en indiquer la
source, à moins que cet article ne porte la mention spé-
ciale que la réproduction en est interdite .
Art. 15. Le droit de représentation d'une œuvre litté-
raire est réglé conformément aux dispositions relatives
aux œuvres musicales .
SECTION III . DU DROIT D'AUTEUR SUR LES ŒUVRES
MUSICALES .
Art. 16. Aucune œuvre musicale ne peut être publi-
quement exécutée ou représentée, en tout ou en partie
sans le consentement de l'auteur .
Art. 17. Le droit d'auteur sur les compositions musi-
cales comprend le droit exclusif de faire des arrange-
ments sur des motifs de l'œuvre originale .
Art. 18. Lorsqu'il s'agit d'ouvrages qui se composent
de paroles ou de livrets et de musique, le compositeur et
l'auteur ne pourront traiter de leur œuvre avec un colla-
borateur nouveau . Néanmoins , ils auront le droit de
l'exploiter isolément par des publications, des traduc-
tions ou des exécutions publiques .
SECTION IV. - DU DROIT D'AUTEUR SUR LES ŒUVRES
PLASTIQUES .
Art. 19. La cession d'un objet d'art n'entraîne pas
cession du droit de reproduction au profit de l'acqué
reur .
290 LOIS USUELLES .
Art. 20. Ni l'auteur, ni le propriétaire d'un portrait
n'a le droit de le reproduire ou de l'exposer publique-
ment sans l'assentiment de la personne représentée ou
celui de ses ayants droit, pendant vingt ans à partir de
son décès .
Moyennant le dit assentiment, le propriétaire a le droit
de reproduction, sans toutefois que la copie puisse porter
l'indication d'un nom d'auteur.
Art. 21. L'œuvre d'art reproduite par des procédés
industriels ou appliquée à l'industrie reste néanmoins
soumise aux dispositions de la présente loi.
SECTION V. - DE LA CONTREFAÇON ET DE SA RÉPRESSION.
Art . 22. Toute atteinte méchante ou frauduleuse
portée au droit de l'auteur constitue le délit de contre-
façon .
Ceux qui , avec connaissance, vendent, exposent en
vente, tiennent dans leurs magasins pour être vendus , ou
introduisent sur le territoire belge dans un but com-
mercial les objets contrefaits, sont coupables du même
délit.
Art. 23. Les délits prévus à l'article précédent seront
punis d'une amende de 26 francs à 2,000 francs .
La confiscation des ouvrages ou objets contrefaits, de
même que celle des planches, moules ou matrices et
autres ustensiles ayant directement servi à commettre
ces délits , sera prononcée contre les condamnés .
Art. 24. En cas d'exécution ou de représentation faite
en fraude des droits de l'auteur, les recettes pourront
être saisies par la police judiciaire comme objets prove-
nant du délit, et seront allouées au réclamant, à valoir
sur les réparations lui revenant, mais seulement en pro-
portion de la part que son œuvre aura eue dans la repré-
sentation ou l'exécution .
Art . 25. L'application méchante ou frauduleuse sur
un objet d'art, un ouvrage de littérature ou de musique,
du nom d'un auteur, ou de tout signe distinctif, adopté
par lui pour désigner son œuvre, sera punie d'un empri-
sonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de
PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE . 291
100 francs à 2,000 francs ou de l'une de ces peines seule-
ment .
La confiscation des objets contrefaits sera prononcée
dans tous les cas .
Ceux qui, avec connaissance, vendent, exposent en
vente, tiennent dans leurs magasins ou introduisent sur
le territoire belge, pour être vendus, les objets désignés
dans le paragraphe premier, seront punis des mêmes
peines.
Art. 26. Les infractions à la présente loi, sauf celles
prévues par l'article 25 ne peuvent être poursuivies que
sur la plainte de la personne qui se prétend lésée .
Art. 27. S'il existe des circonstances atténuantes , les
peines d'emprisonnement et d'amende comminées par la
présente loiipourront
pou être réduites conformément à l'arti-
cle 88du codepénal.
enal.
Art. 28. La disposition suivante est ajoutée au nº 23
de l'article 1er de la loi du 15 mars 1874 sur les extradi-
tions : " ... Ainsi que pour le délit prévu par l'article 25
de la loi sur le droit d'auteur . "
SECTION VI . ACTION CIVILE RÉSULTANT DU DROIT
D'AUTEUR .
Art. 29. Les titulaires du droit d'auteur pourront,
avec l'autorisation du président du tribunal de première
instance du lieu de la contrefaçon, obtenue sur requête,
faire procéder par un ou plusieurs experts, que désignera
ce magistrat, à la description des objets prétendus con-
trefaits ou des faits de la contrefaçon et des ustensiles
qui ont directement servi à les accomplir.
Le président pourra, par la même ordonnance, faire
défense aux détenteurs des objets contrefaits de s'en
dessaisir, permettre de constituer gardien ou même de
mettre les objets sous scellés . Cette ordonnance sera
signifiée par un huissier à ce commis .
S'il s'agit de faits qui donnent lieu à recette, le prési-
dent pourra autoriser la saisie conservatoire des deniers
par un huissier qu'il commettra.
Art. 30. La requête contiendra élection de domicile
13
292 LOIS USUELLES .
dans les communes où doit avoir lieu la description.
Les experts prêteront serment entre les mains du pré-
sident avant de commencer leurs opérations .
Art. 31. Le président pourra imposer au requérant
l'obligation de consigner un cautionnement. Dans ce cas ,
l'ordonnance ne sera délivrée que sur la preuve de la con-
signation faite. Le cautionnement sera toujours imposé
à l'étranger.
Art. 32. Les parties pourront être présentes à la des-
cription, si elles y sont spécialement autorisées par le
président.
Art. 33. Si les portes sont fermées ou si l'ouverture en
est refusée, il est procédé conformément à l'article 587
du code de procédure civile .
Art. 34. Copie du procès-verbal de description sera
envoyée par les experts , sous pli recommandé, dans le
plus bref délai au saisi et au saisissant.
Art . 35. Si, dans la huitaine de la date de cet envoi,
constaté par le timbre de la poste, ou de la saisie conser-
vatoire des recettes, il n'y a pas eu assignation devant le
tribunal dans le ressort duquel la description a été faite,
l'ordonnance cessera de plein droit ses effets et le déten-
teur des objets décrits ou des deniers saisis pourra récla-
mer la remise de l'original du procès-verbal avec défense
au requérant de faire usage de son contexte et de le
rendre public, le tout sans préjudice des dommages-inté-
rêts .
Art. 36. La juridiction consulaire ne connaît point des
actions dérivant de la présente loi .
La cause sera jugée comme affaire sommaire et
urgente.
Art . 37. Les recettes et les objets confisqués pourront
être alloués à la partie civile, à compte ou à concurrence
du préjudice souffert .
SECTION VII . DROITS DES ÉTRANGERS .
Art . 38. Les étrangers jouissent en Belgique des droits
garantis par la présente loi sans que la durée de ceux-ci
puisse, en ce qui les concerne, excéder la durée fixée par
PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE . 293
la loi belge. Toutefois, s'ils viennent à expirer plus tôt dans
leur pays, ils cesseront au même moment en Belgique.
SECTION VIII . DISPOSITION TRANSITOIRE .
Art. 39. Il n'est porté aucune atteinte aux contrats sur
la matière légalement formés sous l'empire des lois anté-
rieures . Les auteurs ou leurs héritiers dont les droits
exclusifs, résultant de ces lois , ne seront pas épuisés au
moment de la publication de la présente loi, seront pour
l'avenir régis par celle-ci. Si avant cette publication ils
ont cédé la totalité de leurs droits , ceux-ci resteront
soumis aux lois en vigueur au moment de la cession .
SECTION IX. - ABROGATION DE LA LÉGISLATION EXISTANTE .
Art. 40. Sont abrogées toutes dispositions antérieures
relatives au droit d'auteur réglé par la présente loi .
27 mars 1886 . Arrêté royal . Exécution
des articles 4 et 11 de la loi sur le droit d'auteur .
Art. 1er. Il est ouvert au département de l'agriculture ,
de l'industrie et des travaux publics, des registres spé-
ciaux pour l'enregistrement :
A. Des œuvres posthumes littéraires, musicales ou des
arts plastiques , publiées , représentées , exécutées ou
exposées à partir du 5 avril prochain et dont les proprié-
taires ou ayants droit voudront s'assurer le bénéfice de
l'article 4 de la loi du 22 mars 1886 ;
B. Des publications faites par l'Etat ou les administra-
tions publiques et dont le droit d'auteur stipulé à l'ar-
ticle 11 sera réservé .
Art. 2. L'enregistrement dont il est question à l'ar-
ticle 1er ci- dessus devra, sous peine de déchéance, être
requis dans les six mois à partir soit de la publication, de
la représentation ou de l'exécution, s'il s'agit d'une œuvre
littéraire, dramatique ou musicale, soit de l'exposition,
s'il s'agit d'une œuvre appartenant aux arts plastiques .
294 LOIS USUELLES .
Art . 3. Les intéressés recevront un certificat de l'enre-
gistrement qu'ils auront requis (1).
Art. 4. Notre ministre de l'agriculture, de l'industric
et des travaux publics, chargé de l'exécution du présent
arrêté , déterminera la forme des registres , des déclara-
tions et des certificats d'enregistrement dont il est ques-
tion aux articles précédents (1) .
TRIBUNAUX DE COMMERCE .
A. ORGANISATION .
Loi du 18 juin 1869 sur l'organisation judiciaire . -
Publication nouvelle, décrétée par la loi du 4 sep-
tembre 1891 , article 7. (Arrêté royal du 22 fé-
vrier 1892.) (Extraits.)
TITRE PREMIER. Du pouvoir judiciaire.
CHAPITRE III . DES TRIBUNAUX DE COMMERCE.
L Art. 32. Il y a des tribunaux de commerce.
Le siège, le personnel et le ressort en sont déterminés
par le tableau joint à la présente loi.
Art. 33. Lorsque aucun tribunal de commerce n'est
établi dans un arrondissement, le tribunal de première
instance y exerce la juridiction commerciale.
Dans ce cas , le tribunal de première instance juge sans
l'assistance du ministère public , conformément aux dis-
positions qui régissent les tribunaux de commerce.
Art. 34. Le roi détermine pour chaque tribunal de
commerce le nombre des juges suppléants, suivant les
besoins du service .
Art. 35. Tout commerçant ou tout ancien commerçant
2peutêtre nomméjuge oujuge suppléant,s'ilest age de
vingt-cinq ans accomplis et s'il exerce ou a exercé le
(1) Les formules des registres, certificats et déclarations sont déter minées-
par arrêté ministériel du 3 avril 1886.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 295
commerce avec honneur et distinction pendant cinq ans .
Le président et le vice-président doivent être âgés de
vingt-sept ans accomplis et ne peuvent être choisis que
parmi les juges et les anciens juges.
Art. 36. Loi du 30 juillet 1881 , art. 2 , nº 3 bis (lois électo-
rales coordonnées , nº 4) . Pourla formation des tribunaux de
commerce, sont électeurs les commerçants payant au tré-
sor de l'Etat , du chef de leur patente , la somme de
20 francs et figurant parmi les électeurs communaux .
Art. 37 .
Loi du 30 juillet 1881 , article 2 bis, nº 95 (lois électorales
coordonnées, nº 96). Le gouverneur arrête , par ordre
alphabétique, pour chaque ressort, d'après les listes élec-
torales et sans pouvoir s'en écarter, une liste récapitula-
tive des électeurs des membres du tribunal de commerce .
Un doublede cette liste est transmis au greffe du tri-
bunal avant le 30 juin.
La liste est mise à exécution à partir du 1er juillet.
Art . 38. Les électeurs sont convoqués , à domicile et
par écrit, par le gouverneur de la province, dans le cou-
rant du mois de juillet et au moins dix jours avant celui
de l'élection (loi du 1er mai 1895) .
L'arrêté de convocation fixe le jour du ballottage éven-
tuel en laissant six jours francs entre le premier et le
second scrutin. (Loi du 2 juin 1884, art. 11.)
Les lettres de convocation indiquent le jour, l'heure et
le local où l'élection aura lieu, ainsi que le nombre de
membres à élire.
Les électeurs sont convoqués de la même manière à
d'autres époques, s'il y a lieu, à l'effet de procéder aux
remplacements nécessités par démission ou décès .
Dans ce cas, le membre élu achève le terme de celui
qu'il remplace .
Art. 39. Les lettres de convocation sont remises sous
récépissé, dans chaque commune, par les soins du bourg-
mestre .
Art . 40. Loi du 2 juin 1884 modifiant le mode d'élec-
tion des membres des tribunaux de commerce .
ART. 1er . Les électeurs pour la formation des tribunaux
de commerce se réunissent dans la commune où siège le
tribunal .
296 LOIS USUELLES .
Le collège électoral peut être fractionné en sections .
ART. 2. La répartition des électeurs en sections est
faite par le gouverneur, après avoir pris l'avis des prési-
dents des tribunaux de commerce, en tenant compte des
nécessités locales, et de manière à offrir aux électeurs
toutes les facilités désirables pour prendre part aux opć-
rations électorales .
Un doublede la liste électorale, pour chaque section,
est transmis au président de chaque bureau .
ART. 3. Les candidats doivent être proposés au moins
cinq jours francs avant celui où le scrutin doit avoir lieu.
Les propositions doivent être signées par vingt-cinq
électeurs au moins dans les arrondissements comptant
plus de 1,000 électeurs et par dix électeurs au moins dans
les autres arrondissements .
Elles sont remises par trois des signataires au président
du bureau principal, qui en donne récépissé.
Elles indiquent les noms, prénoms , domicile et profes-
sion des candidats et des électeurs qui les présentent.
Elles sont datées et signées .
Elles contiennent séparément l'indication des fonctions
sollicitées par les candidats présentés .
Les candidats sont inscrits dans l'ordre alphabétique .
ART. 4. Les candidats proposés acceptent , par une
déclaration écrite et signée , qui est remise, en même
temps , au président du bureau principal.
L'acceptation doit contenir l'affirmation faite par les
candidats qu'ils remplissent les conditions exigées par
l'article 35 de la loi du 18 juin 1869 sur l'organisation
judiciaire .
ART. 5. Loi du 1er mai 1895. A l'expiration du terme
utile pour la présentation des candidats, le bureau prin-
cipal arrête la liste des candidats auxquels les suffrages
peuvent être valablement donnés .
Lorsque le nombre des candidats , pour chacune des
diverses catégories de magistrats à élire, ne dépasse pas
celui des places à conférer, ces candidats sont proclamés
élus par le bureau principal, sans autre formalité.
Le procès -verbal de l'élection, rédigé et signé séance
tenante par les membres du bureau , est adressé immé-
diatement au gouverneur de la province, avec les actes
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 297
de présentation. Il en reste un double au greffe du tribu-
nal de commerce, certifié conforme par les membres du
bureau (1).
Des extraits du procès-verbal sont immédiatement
adressés aux élus (2) et publiés par la voie du Moniteur
Lorsque le nombre des candidats dépasse celui des
magistrats à élire, la liste des candidats est immédiate-
ment affichée au chef-lieu de l'arrondissement ; elle in-
dique séparément les candidatures présentées pour les
diverses catégories de places à conférer.
ART. 6. Le bureau principal formule et fait imprimer
les bulletins de vote.
L'emploi de tous autres bulletins est interdit.
7. Il est procédé simultanément, par un seul et
LART.
même bulletin, à l'élection des diverses catégories de
magistrats à élire.
ART. 8. Le président du tribunal de commerce ou, à son
☑défaut, celui qui le remplace, préside le bureau principal .
S'il y a plusieurs sections, la deuxième et les suivantes
sont présidées par l'un des juges ou suppléants suivant
l'ordre d'élection et, au besoin, par les personnes que le
président du bureau principal désigne parmi les électeurs
qui ne sont pas fonctionnaires amovibles .
Trois des électeurs désignés par le président de chacun
des bureaux remplissent, les deux premiers , les fonc-
tions de scrutateurs, le troisième, celles de secrétaire .
L'assemblée ne peut s'occuper d'autres objets que de
l'élection .
Art. 41. Le président a la police de l'assemblée .
Les électeurs seuls y assistent.
A l'ouverture de la séance, le président fait connaître
à l'assemblée le nombre des places vacantes et rappelle
les conditions que la loi a exigées pour l'éligibilité . Il fait
aussi donner lecture des différents articles qui règlent le
mode de voter..
(1) C'est au bureau principal qu'incombe le soin de faire parvenir aux
candidats proclamés élus l'extrait du procès-verbal qui les concerne. (Circu-
lairemin. just. , Moniteur du 19 juillet 1895.)
(2) Le procès-verbal est transmis par le gouverneur au ministère de la
justice par les soins duquel la traduction et la publication au Moniteur sont
effectuées. (Même circulaire).
298 LOIS USUELLES .
Le double de la liste des électeurs, transmis par le
gouverneur au greffe, sera affiché dans la salle de réu-
nion et nul ne pourra être admis à voter s'il n'y est inscrit.
Toutefois , le bureau est tenu d'admettre la réclamation
de tous ceux qui se présenteront munis d'une décision de
l'autorité compétente, constatant qu'ils font partie de ce
collège ou que d'autres n'en font pas partie . (Loi du
2 juin 1884, art. 12.)
Art. 42 ... (Loi du 2 juin 1884, art. 7.) Les électeurs ne
peuvent se faire remplacer.
Art. 43 , 44 , 45
Loi du 2juin 1884, article 9. Les électeurs formulent
leurs votes en observant le mode de votation prescrit par
les lois électorales coordonnées .
Art . 46 ... ( Loi du 2 juin 1884, art. 13.)
Art. 47. Un des scrutateurs prend successivement
chaque bulletin, le déplie et le remet au président, qui en
fait lecture à haute voix et le passe à l'autre scrutateur.
Le résultat de chaque scrutin est immédiatement rendu
public.
Loi du 2 juin 1884, article 10. Dans les collèges électo-
raux divisés en plusieurs sections, le dépouillement du
scrutin se fait dans chaque section. Le nombre des bulle-
tins est vérifié avant le dépouillement. Le nombre des
votants et celui des bulletins trouvés dans l'urne sont
inscrits au procès-verbal. Le résultat du scrutin est arrêté
et signé par le bureau. Il est immédiatement porté par
les membres du bureau de chaque section au bureau prin-
cipal, qui fait, en présence de l'assemblée, le recense-
ment général des votes.
Art. 48. Les bulletins blancs, ceux dans lesquels le
votant se serait fait connaître, ceux qui ne sont pas écrits
à la main, autographiés ou lithographiés à l'encre noire
sur papier blanc non colorié, ceux qui ne contiennent pas
un suffrage valable, sont nuls et ne comptent pas pour
former la majorité.
Sont nuls les suffrages qui ne contiennent pas une dési-
gnation suffisante .
Art. 49. Les membres du tribunal sont élus à la majo-
rité absolue des voix . Si tous les membres n'ont pas été
élus au premier scrutin, le bureau fait une liste des per
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 299
sonnes qui ont obtenu le plus de voix. Cette liste contient
deux fois autant de noms qu'il y a encore de membres à
élire . Les suffrages ne peuvent être donnés qu'à ces can-
didats . La nomination a lieu à la pluralité des votes. S'il y
a parité de votes, le plus âgé est préféré .
Art. 50. Les membres du bureau rédigent , séance
tenante , le procès-verbal de l'élection et l'adressent
immédiatement au gouverneur de la province .
Il en restera un double au greffe du tribunal de
commerce, certifié conforme par les membres du bureau .
Art. 51. Après le dépouillement, les bulletins sont
brûlés en présence de l'assemblée . Ceux qui donnent lieu
à contestation sont paraphés par le réclamant ainsi que
par les membres du bureau et annexés au procès -verbal .
Art . 52 et 53
Loi du 30 juillet 1881 , art. 3 , nº 2. Il est statué par la
cour d'appel sur les réclamations tendant à faire annuler,
pour irrégularité grave, l'élection des membres des tri-
bunaux de commerce et des conseils de prud'hommes .
No 3. Toute demande d'annulation totale ou partielle
de l'élection pour irrégularité grave doit, à peine de dé-
chéance, être formée dans les dix jours de la date du
procès-verbal, par le gouverneur, les intéressés ou les
électeurs .
No 4. Elle est remise par écrit au greffier provincial ,
qui est tenu d'en donner récépissé, et elle est notifiée aux
intéressés par exploit d'huissier, le tout dans le délai
indiqué au numéro précédent sous peine de nullité.
Nº 5. Après l'expiration de ce délai, les demandes
d'annulation sont, avec toutes les pièces relatives à l'élec-
tion , transmises immédiatement par le greffier provincial
au greffier de la cour d'appel, qui doit en accuser récep-
tion.
Le dossier peut ensuite être consulté pendant huit
jours par les parties en cause .
N° 6. La cour d'appel statue conformément aux dispo-
sitions des nos 71, 72, 73, 74, 75, 76, 78 et 79de l'arti-
cle 2 bis de la présente loi. ( Lois électorales coordonnées ,
nos 72 à 77, 79 et 80.)
N° 7. Le recours en cassation est ouvert au procureur
général près la cour d'appel et aux parties en cause .
13.
300 LOIS USUELLES .
Les dispositions des nos 82, 83, 84, 85 et 93, § 1er, de
l'article 2 bis de la présente loi seront rendues applicables
à ce recours. (Lois électorales coordonnées, nos 83 à 86
et 94, § 1er.)
No 8. Les parties peuvent se prévaloir des dispositions
des nos 87, 88 , 89 et 90 du même article de cette loi. ( Lois
électorales coordonnées, nos 88 à 91.)
No 9. Les greffiers des cours d'appel transmettent suc-
cessivement, aux gouverneurs, une copie des arrêts
passés en force de chose jugée, à défaut ou par rejet de
pourvoi.
No 10. En cas d'annulation totale ou partielle, les
opérations invalidées sont recommencées dans le mois
de la réception de la copie de ces arrêts au gouvernement
provincial .
Art. 54. Les membres des tribunaux de commerce
d sont institués par le roi.
Art . 55. Les membres des tribunaux de commerce
nouvellement élus, à l'époque ordinaire, entrent en fonc-
tions au 1er octobre qui suit leur élection .
Ceux qui sont élus à d'autres époques entrent en fonc-
tions immédiatement après leur institution. (Loi du
4 juillet 1888, art . 2.)
Art. 56. Les membres des tribunaux de commerce
sont élus pour deux ans.
Le président et le vice-président sont rééligibles pour
un second terme de deux années . Ils ne peuvent ensuite
être réélus, même comme suppléants, qu'après un an
d'intervalle .
Les juges effectifs ne peuvent être réélus, comme juges
ou juges suppléants, qu'après le même intervalle.
Art. 57. Les tribunaux de commerce ne peuvent ren-
dre jugement qu'au nombre fixe de trois juges y compris
le président.
Les juges suppléants ne seront appelés qu'à défaut de
juges .
Art. 58. Les tribunaux de commerce qui n'ont pas de
vice-président ne forment qu'une chambre . Ceux qui
comptent un vice-président se divisent en deux chambres .
Art. 59. Lorsque le besoin momentané du service
l'exige, le tribunal , soit d'office, soit sur l'injonction de la
TRIBUNAUX DE COMMERCE .
301
cour d'appel, constitue une chambre temporaire compo-
sée des juges et des juges suppléants qu'il désigne .
Art. 60. Les juges suppléants peuvent être désignés,
concurremment avec les juges, soit comme commissaires
aux devoirs d'instruction, soit comme commissaires aux
faillites .
Art. 61. Nul ne peut plaider pour une partie devant
les tribunaux de commerce, si la partie présente à l'au-
dience ne l'autorise ou s'il n'est muni d'un pouvoir spé-
cial , lequel peut être donné au bas de l'original ou de la
copie de l'assignation .
Art. 62. Ne sont admis à plaider comme fondés de
pouvoirs que :
1º Les avocats ;
2º Les avoués ;
3º Les personnes que le tribunal agrée spécialement
dans chaque cause .
Art. 63. Il y a dans chaque tribunal de commerce un
greffier, qui est nommé et peut être révoqué par le roi.
Il y a, dans les tribunaux de commerce composés de
deux chambres , un greffier adjoint, qui est nommé et
peut être révoqué par le roi.
Art. 64. Le greffier est assisté d'un ou de plusieurs
commis greffiers, dont le nombre est déterminé par le
roi, selon les besoins dû service .
✔ Art. 65. Nul ne peut être nommé greffier ou greffier
adjoint d'un tribunal de commerce , s'il n'est âgé de
25 ans accomplis et s'il n'est docteur en droit.
Nul ne peut être nommé commis greffier d'un tribunal
de commerce s'il n'a 21 ans accomplis.
Art. 66. Les commis greffiers sont nommés par le tri-
bunal auquel ils sont attachés, sur une liste triple de can-
didats présentée par le greffier.
Ils peuvent être révoqués par le tribunal qui les a
nommés .
302 LOIS USUELLES .
TITRE II . Dispositions générales.
CHAPITRE Icr. - DE L'EXERCICE DES FONCTIONS
JUDICIAIRES .
§ 1er. Des juges .
Art. 137. Le juge n'a de pouvoir que dans le ressort
territorial qui lui est assigné par la loi, sauf les cas où la
loi en a disposé autrement .
Art . 138. Les juges ne peuvent déléguer leur juridic-
tion : ils n'ont que la faculté de commettre un tribunal ou
un juge à l'effet de procéder aux actes d'instruction dans
les cas et de la manière prévus par la loi .
Le tribunal ou le juge délégué est tenu d'exécuter les
commissions rogatoires qu'il reçoit, sauf au tribunal
délégué à nommer suivant les circonstances, soit un
de ses membres, soit un juge de paix, pour procéder aux
opérations ordonnées, et sans préjudice du droit du juge
d'instruction délégué de commettre un juge de paix.
Art. 139. Les juges peuvent adresser des lettres roga-
toires même aux juges étrangers ; mais ils ne peuvent
obtempérer aux commissions rogatoires émanées de
juges étrangers, qu'autant qu'ils y sont autorisés par le
ministre de la justice , et, dans ce cas , ils sont tenus d'y
donner suite .
Art. 140. Les décisions sont prises à la majorité abso-
lue des voix .
Toutefois, s'il y a jugement d'acquittement ou ordon-
nance de non-lieu rendus par un tribunal de première
instance en matière répressive, la cour d'appel saisie de
l'appel , ne pourra prononcer la condamnation ou le
renvoi qu'à l'unanimité de ses membres. La même unani-
mité sera exigée pour que la cour puisse aggraver les
peines prononcées contre l'inculpé. Il en sera de même
en matière de détention préventive, pour réformer une
ordonnance favorable à l'inculpé . (Loi du 4 septembre
1891 , art. 2. )
Art. 141. Dans toutes les causes, le président recueille
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 303
les opinions individuellement, en commençant par le
dernier nommé des juges jusqu'au plus ancien. Le prési-
dent opine le dernier.
Dans les affaires jugées sur rapport, le rapporteur
opine le premier.
Si différents avis sont ouverts, on ira une seconde fois
aux voix .
Art. 142. En matière civile, s'il se forme plus de deux
opinions, sans qu'il y ait majorité absolue , les juges sont
tenus de se réunir à l'une des deux opinions émises par
le plus grand nombre des votants .
Si toutes les opinions réunissent le même nombre de
voix, ou si une seule obtient plus de suffrages que chacune
des autres , on appelle deux juges pour vider le partage.
Art . 143. S'il se forme plus de deux opinions en ma-
tière criminelle ou disciplinaire, les juges qui ont émis
l'opinion la moins favorable à l'inculpé sont tenus de se
réunir à l'une des autres opinions .
Art. 144. Les juges ne peuvent directement ou indi-
rectement, avoir des entretiens particuliers avec les
parties ou leurs avocats ou défenseurs, sur les contesta-
tions qui sont soumises à leur décision .
Art. 145. En matière civile, lorsque les juges conti-
nuent la cause à une prochaine audience pour pronon-
cer le jugement, ils fixent le jour de cette prononciation,
laquelle doit avoir lieu dans le mois à partir de la clôture
des débats ou du réquisitoire du ministère public.
Si la prononciation ne peut avoir lieu dans ce délai, il
est fait mention, au plumitif de l'audience , de la cause du
retard .
Art. 146. En matière criminelle, le jugement est pro-
noncé de suite, ou au plus tard à l'audience qui suivra
celle où les débats ont été clos .
Art. 147. Les cours d'appel ont droit de surveillance
sur les tribunaux de première instance de leur ressort,
et les tribunaux de première instance sur les justices de
paix de leur arrondissement.
Art . 148. Les juges suppléants n'ont pas de fonctions
habituelles ; ils sont uniquement nommés pour remplacer
momentanément soit les juges, soit les membres du
ministère public.
304 LOIS USUELLES .
Art. 149. Les messagers des cours et tribunaux sont
nommés par le premier président ou le président.
Leur nombre et leurs traitements sont déterminés par
le ministre de la justice .
§ 3. Des greffiers .
Art. 158. Le greffier assiste le juge dans tous les actes
et procès-verbaux de son ministère .
Cette règle ne reçoit exception que dans les cas d'ur-
gence.
Art. 159. Legreffiergardeles minutes, registres ettous
les actes afférents à la juridiction près laquelle il est établi.
Il en délivre des grosses, expéditions ou extraits, écrit
ce qui est prononcé ou dicté par le juge et dresse acte
des diverses formalités dont l'accomplissement doit être
constaté.
Il est aussi chargé de conserver les collections des lois
et autres ouvrages à l'usage du juge de paix , du tribunal
ou de la cour .
Le greffier doit, en outre, dresser, à la fin de chaque
année, par ordre alphabétique des noms des parties, une
table de toutes les décisions rendues en matière civile
par la juridiction près laquelle il est établi.
Art . 160. Les greffes sont ouverts tous les jours ,
excepté les dimanches et fêtes, aux heures réglées par la
cour, par le tribunal ou par le juge de paix .
Art. 161. Au moyen de leur traitement, les greffiers
sont chargés de payer leur commis greffier et leurs
employés .
Loi du 25 novembre 1889, art. 7. Le gouvernement est
autorisé à accorder une indemnité aux greffiers pour les
couvrir des frais de greffe mis à leur charge .
L'indemnité devra être exclusivement consacrée au
payement de ces frais. Les greffiers rendront compte de
son emploi par la production, au gouvernement, d'états
réguliers.
Art. 162. Les greffiers sont responsables , à l'égard
des parties , des pièces produites ; ils sont aussi respon-
sables des pièces de conviction remises à leur garde.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 305
Art. 163. En matière civile, si un acte ne peut être
signé par le greffier qui y a concouru, il suffit que le pré-
sident ou le juge qui le remplace le signe et constate
l'impossibilité .
Si, par l'effet d'un accident extraordinaire, le président
se trouvait dans l'impossibilité de signer la feuille d'au-
dience, le greffier doit la faire signer par le plus ancien
des juges ayant assisté à l'audience .
Art. 164. En matière de police, de police correction-
nelle et en matière criminelle, le greffier est tenu de
faire signer, dans les vingt-quatre heures, par les juges
qui les ont rendus, les jugements et arrêts , et ce à peine
de 100 francs d'amende .
En matière criminelle et correctionnelle, si l'un ou
plusieurs des juges se trouvent dans l'impossibilité de
signer, les autres signent seuls en faisant mention de
cette impossibilité .
Si l'impossibilité existe de la part du greffier, il suffit
que les juges en fassent mention en signant.
Dans le cas où l'impossibilité de signer existe de la
part de tous les juges, le greffier dresse procès-verbal de
l'accident et le fait certifier par le président du tribunal
ou de la cour .
Ce procès-verbal est annexé à la minute, et il suffit que
le greffier seul signe .
Art. 165. Cette dernière formalité est également
observée toutes les fois qu'un juge de paix ou un juge
ayant tenu l'audience de police se trouve dans l'impossi-
bilité de signer. Dans ce cas, le procès-verbal du greffier
est certifié par le président du tribunal de première
instance de l'arrondissement .
Lorsque l'impossibilité existe de la part du greffier, le
juge de paix ou le juge de police signe seul, en mention-
nant l'accident.
Art. 166. Le procureur général se fait représenter
tous les mois les feuilles ou procès-verbaux d'audience,
en matière civile et criminelle , et vérifie s'il a été satis-
fait aux dispositions qui précèdent. S'il y a omission , il
peut, suivant l'exigence des cas , ou la faire réparer, ou en
référer à la première chambre de la cour, laquelle pourra ,
suivant les circonstances et sur les conclusions par écrit
306 LOIS USUELLES.
du procureur général , autoriser un des juges qui ont Ar
assisté à ces audiences à en signer les feuilles ou procès-
verbaux .
Le procureur du roi remplit les mêmes devoirs en ce mer
qui concerne les feuilles ou procès-verbaux d'audience du
tribunal de première instance et du tribunal de commerce . тес
Art . 167. Il est procédé de la même manière , le cas тес
échéant, devant la chambre que tient le premier président
de la cour de cassation, pour les feuilles d'audience de
cette cour .
Art. 168. Dans les cas des deux articles précédents,
le greffier est tenu d'informer de l'omission, selon le cas,
le procureur général ou le procureur du roi, dans le
délai de huit jours à peine d'une amende de 100 francs .
Art. 169. En matière civile, les feuilles d'audience
sont de même format et réunies , par année, en forme de
registre.
Art. 170. Les rôles, répertoires et registres tenus au
greffe sont cotés par première et dernière, et paraphés
sur chaque feuille par le juge de paix, par le président du
tribunal ou par le premier président de la cour.
Art . 171. Il est tenu, en chaque greffe du tribunal de
première instance et de cour d'appel , un registre par
ordre alphabétique de tous les individus qui sont appelés
au tribunal correctionnel ou à la cour d'assises, avec une
notice sommaire de leur affaire et des suites qu'elle a eues.
Art. 172. Le greffe est tenu et le service des audiences
solennelles est fait par le greffier en chef.
§ 4. Disposition finale.
Art . 173. Le costume des membres de l'ordre judi-
ciaire dans l'exercice de leurs fonctions et dans les céré-
monies publiques est réglé par arrêté royal .
?
CHAPITRE II . DES INCOMPATIBILITÉS .
§ 1er . Du cumul.
Art. 174. Le cumul des fonctions judiciaires est
interdit .
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 307
Art. 175. Les fonctions de l'ordre judiciaire sont
incompatibles avec celles de gouverneur, de membre de
la députation permanente du conseil provincial , de gref-
fier provincial, de commissaire d'arrondissement ; avec
toute fonction publique sujette à comptabilité pécuniaire ;
avec toute fonction rétribuée de l'ordre administratif ;
avec les fonctions d'avoué , de notaire ou d'huissier, avec
la profession d'avocat, avec l'état militaire ét avec l'état
ccclésiastique .
Art. 176. Les membres des cours, des tribunaux de
première instance et des justices de paix, les procureurs
généraux, procureurs du roi et leurs substituts, les gref-
fiers et greffiers adjoints près des cours et des tribunaux
de première instance et de commerce et les greffiers des
justices de paix ne peuvent être bourgmestres, échevins
ou secrétaires communaux .
Art. 177. Les parties ne peuvent charger de leur
défense, soit verbale, soit par écrit, même à titre de con-
sultation , les juges titulaires en activité de service, pro-
cureurs généraux , procureur du roi, leurs substituts, les
greffiers et greffiers adjoints des cours et des tribunaux
de première instance et de commerce, les greffiers des
justices de paix, même dans les tribunaux autres que ceux
près desquels ils exercent leurs fonctions .
Ces magistrats et fonctionnaires peuvent néanmoins
plaider, dans tous les tribunaux, leurs causes personnelles
et celles de leurs femmes, parents ou alliés en ligne
directe et de leurs pupilles .
Art . 178. Les dispositions des trois articles précédents
ne sont pas applicables aux juges suppléants, lesquels
néanmoins ne peuvent être huissiers ni receveurs des
impôts.
Art. 179. Il est interdit, sous les peines disciplinaires ,
à tout membre de l'ordre judiciaire, d'exercer, soit par
lui-même , soit sous le nom de son épouse ou par toute
autre personne interposée, aucune espèce de commerce,
d'être agent d'affaires ou de participer à la direction ou à
l'administration de toute société ou établissement indus-
triel.
Le roi peut, dans des cas particuliers, relever de cette
interdiction les greffiers et les greffiers adjoints .
308 LOIS USUELLES .
§ 2. De la parenté ou de l'alliance .
Art. 180. Les parents et alliés, jusqu'au degré d'oncle
et de neveu inclusivement, ne peuvent être simultanément
membres d'un même tribunal ou d'une même cour, soit
comme juges ou comme juges suppléants , soit comme
officiers du ministère public, soit comme greffiers, gref-
fiers adjoints ou commis greffiers, sans une dispense
du roi .
Il ne peut être accordé aucune dispense pour les tribu-
naux composés d'une seule chambre.
Art. 181. Même en cas de dispense, les parents ou
alliés au degré prohibé ne peuvent siéger simultanément
dans une même cause .
Art. 182. Les juges de paix, leurs suppléants , leurs
greffiers et commis greffiers ne peuvent être parents ni
alliés entre eux au degré d'oncle et de neveu inclusi-
vement.
Art. 183. En cas d'alliance survenue depuis la nomi-
nation , celui qui l'a contractée ne peut continuer ses
fonctions sans obtenir une dispense du roi, conformément
au § 1er de l'article 180 ci-dessus .
Art. 184. En toute matière , le juge ou l'officier du
ministère public devra s'abstenir, sous telle peine disci-
plinaire que de droit, s'il est parent ou allié de l'avocat,
de l'avoué ou du mandataire de l'une des parties en ligne
directe ou au second degré en ligne collatérale.
Art . 185. L'avocat , l'avoué ou le mandataire qui
auront prêté leur nom pour éluder la disposition qui
précède, seront punis , les premiers, d'une peine discipli-
naire, et le dernier, d'une amende de 50 à 100 francs .
CHAPITRE III . - DE LA RÉCEPTION ET DE LA PRESTATION
DE SERMENT .
Art. 186. La réception du premier président, des pré-
sidents , des conseillers, du procureur général , des avocats
généraux et substituts du procureur général , ainsi que
celle des greffiers en chef, se font devant la cour, cham-
bres assemblées en audience publique.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 309
La réception des présidents, juges et juges suppléants
des tribunaux de première instance et de commerce, des
procureurs du roi et de leurs substituts, des greffiers près
de ces tribunaux, est faite à l'audience publique de la
chambre de la cour d'appel du ressort où siège le pre-
mier président, ou à l'audience de la chambre des va-
cations, si cette réception a lieu pendant le cours des
vacances .
Si les juges de commerce le demandent, la cour commet
le tribunal civil de l'arrondissement pour recevoir leur
serment ; et, dans ce cas, le tribunal en dresse procès-
verbal et l'envoie à la cour qui en ordonne l'insertion sur
ses registres . Ces formalités sont remplies sur les conclu-
sions du ministère public, et sans frais .
La réception des greffiers adjoints des cours a lieu
devant la chambre tenue par le premier président de la
cour, et la réception des greffiers adjoints des tribunaux
de première instance, des greffiers adjoints et des commis
greffiers des tribunaux de commerce, devant la chambre
tenue par le président du tribunal auquel ils sont atta-
chés , ou devant la chambre des vacations, si cette récep-
tion est faite pendant les vacances .
La réception des juges de paix, de leurs suppléants et
greffiers est faite devant le tribunal de leur ressort, à
l'audience publique de la chambre que tient le président,
ou à l'audience de la chambre des vacations, si la récep-
tion a lieu pendant les vacances .
Art . 187. Les premiers présidents des cours de cassa-
tion et d'appel et les procureurs généraux près ces cours
prêtent, entre les mains du roi, en personne ou par écrit,
le serment prescrit par le décret du 20 juillet 1831 .
Les autres fonctionnaires dénommés dans l'article
précédent prêtent ce serment, lors de leur réception,
entre les mains du président de la cour ou du tribunal .
Les commis greffiers des justices de paix prêtent le
serment entre les mains du juge de paix.
Art . 188. Tout citoyen nommé à une fonction de l'or-
dre judiciaire est tenu de prêter serment dans le mois à
compter du jour où sa nomination lui aura été notifiée ;
à défaut de quoi, il peut être pourvu à son remplace-
ment .
310 LOIS USUELLES .
CHAPITRE IV . DU RANG ET DE LA PRÉSÉANCE .
Art. 189. Dans les cours de cassation et d'appel, il esttenu
une liste de rang, sur laquelle tous les membres de la cour,
du parquet et du greffe sont inscrits dans l'ordre qui suit :
Le premier président ;
Les autres présidents de la cour, dans l'ordre de leur
ancienneté comme présidents ;
Tous les conseillers, dans l'ordre de leur ancienneté
comme conseillers .
Membres du parquet :
Le procureur général ;
Les avocats généraux , par rang d'ancienneté de leur
nomination ;
Les substituts de service au parquet, dans le même ordre.
Greffe :
Le greffier en chef;
Les greffiers adjoints, dans l'ordre de leur nomination .
Art. 190. Il est également tenu une liste de rang dans
les tribunaux de première instance, ainsi que dans les
tribunaux de commerce .
Les membres du tribunal y sont inscrits dans l'ordre
suivant :
Le président du tribunal ;
Les vice-présidents, dans l'ordre de leur ancienneté
comme vice -présidents ;
Les juges, dans l'ordre de leur nomination ou de leur
élection;
Les juges suppléants, dans le même ordre.
Membres du parquet :
Le procureur du roi ;
Les substituts du procureur du roi, dans l'ordre de leur
nomination .
Greffe :
Le greffier ;
Les greffiers adjoints et les commis greffiers, dans l'or-
dre de leur nomination .
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 311
Art. 191. Cette liste établit le rang dans les cérémo-
nies publiques, dans les assemblées de la cour ou du tri-
bunal , ainsi que le rang des magistrats siégeant dans la
même chambre .
Art. 192. Les cours et les tribunaux qui assistent à
une cérémonie publique sont réunis en un seul corps ,
observant entre eux l'ordre hiérarchique.
CHAPITRE V. - DU SERVICE DES AUDIENCES
ET DU ROULEMENT .
Art. 193. Indépendamment de la liste de rang, il est
dressé, dans les cours et tribunaux , une liste pour régler
l'ordre du service et qui est renouvelée tous les ans dans
la huitaine qui précède les vacances .
Chaque conseiller ou juge, lors de sa nomination , entre
dans la chambre à laquelle appartenait le conseiller ou
juge dont la démission ou le décès a donné lieu à sa nomi-
nation .
Art. 194 Dans les cours et tribunaux, il se fait cha-
que année, par le premier président ou le président, un
roulement des conseillers et des juges, de manière que
chacun d'eux fasse consécutivement le service de toutes
les chambres, et que chaque chambre soit intégralement
renouvelée en trois années et, autant que possible , par
tiers et que l'exécution de l'article 17bis, ajouté à la loi
du 3 mai 1889 sur l'usage de la langue flamande, soit
assurée . (Loi du 4 septembre 1891, art. 2.)
Art. 195. Néanmoins, celui qui aurait été rapporteur
dans la chambre dont il serait ensuite sorti par le roule-
ment, revient dans cette chambre, pour y faire les rap-
ports dont il aurait été chargé .
Art. 196. Si les membres d'une chambre dépassent le
nombré requis pour siéger, le service des audiences est
réparti entre eux, dans l'ordre arrêté , chaque année, par
la chambre, après le roulement annuel .
Lorsque, par des circonstances extraordinaires, les
membres d'une chambre appelés à siéger dépassent le
nombre requis, le dernier nommé s'abstient .
Art. 197. Le premier président de la cour de cassation
312 LOIS USUELLES .
ou d'une cour d'appel et le président du tribunal de pre-
mière instance composé de plusieurs chambres président
la chambre à laquelle ils veulent s'attacher.
Ils président les autres chambres quand ils le jugent
convenable ; ils y font faire l'appel général des causes,
au moins une fois par semestre.
Art. 198. Le procureur général près la cour de cassa-
tion et près les cours d'appel attache ses avocats géné-
raux , pour le service des audiences, à la chambre où il
croit leur service le plus utile.
Art. 199. Le service d'audience, ainsi que celui du
parquet, est distribué, par le procureur du roi, entre lui
et ses substituts .
Le procureur du roi est toujours le maître de changer
la destination qu'il a donnée à ses substituts. Il peut
aussi , toutes les fois qu'il le juge convenable, remplir lui-
même les fonctions qu'il leur a spécialement déléguées .
Art. 200. Le greffier distribue le service entre lui et
ses greffiers adjoints .
CHAPITRE VI . DES EMPÊCHEMENTS
ET DES REMPLACEMENTS .
Art 201. Lorsque le premier président d'une cour ou
le président d'un tribunal est dans le cas d'être suppléé
pour des fonctions qui lui sont spécialement attribuées,
il est remplacé par le plus ancien des présidents ou vice-
présidents, et, à leur défaut, par le plus ancien des con-
seillers ou juges .
Art . 202. Le premier président et les présidents ou
vice-présidents sont, en cas d'empêchement, remplacés ,
pour le service de l'audience, par le conseiller ou le juge
présent le plus ancien dans l'ordre des nominations .
Les premier président, présidents et vice-présidents
sont, en cas de vacance , respectivement remplacés, même
pour le service de leur chambre , le premier président
par le plus ancien président, le président du tribunal par
le plus ancien vice-président, les présidents de la cour et
les vice-présidents du tribunal , par le plus ancien con-
seiller ou juge.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 313
Art. 203. En cas d'empêchement d'un conseiller ou
juge, il est remplacé par un conseiller ou juge d'une
autre chambre ; le premier président de la cour ou le
président du tribunal peuvent, au besoin, en requérir
A l'assistance .
Dans les tribunaux de première instance et de com-
merce, le juge empêché peut être remplacé par un juge
suppléant.
A défaut de suppléant, on appelle dans les tribunaux
de première instance un avocat belge, et âgé de 25 ans,
attaché au barreau, et, à son défaut, un avoué docteur en
droit, en suivant l'ordre du tableau ou celui des nomina-
tions , pour compléter le tribunal , de manière qu'il y ait
toujours un juge titulaire et que les juges titulaires ou
suppléants y soient toujours en majorité.
Art. 204. En cas d'absence ou d'empêchement du pro-
cureur général ou du procureur du roi, il est remplacé
par le plus ancien avocat général ou par le plus ancien
substitut .
Art. 205. En cas d'empêchement des officiers du minis-
tère public, les fonctions du ministère public sont mo-
mentanément remplies par un conseiller, juge ou juge
suppléant, désigné par la cour ou le tribunal.
Art. 206. En cas d'empêchement, le greffier est sup-
pléé par le greffier adjoint ou le commis greffier, ou, s'il
y a plusieurs greffiers adjoints ou commis greffiers, par
celui qu'il désigne. S'il se trouve dans l'impossibilité de
faire lui-même cette désignation ou s'il vient à décéder
ou à cesser ses fonctions, il y est pourvu par le juge de
paix, par le tribunal ou par la cour.
Art. 207. Lorsque le greffier et tous les greffiers ad-
joints ou commis greffiers se trouvent empêchés, ou
même lorsqu'il y aurait péril à attendre que le greffier ou
l'un des greffiers adjoints ou commis greffiers fût pré-
sent, le juge peut assumer, en qualité de greffier, telle
personne qu'il trouve convenable, pourvu qu'elle soit
Belge , âgée de 21 ans au moins et qu'elle prête préala-
blement, entre ses mains , le serment imposé aux fonc-
tionnaires publics .
Art . 207 bis . L'empêchement comprend notamment
l'ignorance de la langue dont la connaissance est néces
314 LOIS USUELLES .
saire à l'accomplissement des fonctions . ( Loi du 4 septem-
bre 1891 , art. 3).
Art. 208. L'ordre de service dans chaque tribunal et
dans chaque cour estétabli par arrêté royal, pris sur l'avis
du tribunal ou de la cour.
Ce règlement contient les dispositions concernant la
tenue des audiences, l'inscription au rôle , ainsi que la
distribution et la fixation des causes, pour les plaidoi-
ries, la communication au ministère public ; enfin l'attri-
bution à chacune des chambres des affaires qu'elle a à
juger.
Lois électorales coordonnées, nº 72, et lois sur la milice
coordonnées, art . 49ter. Les causes sont, d'après l'ordre
d'entrée, attribuées successivement à chacune des cham-
bres de la cour ; toutefois, les affaires qui ont un caraс-
tère de connexité, ou qui ont des pièces ou des proce-
procé-
dures communes, ou qui soulèvent une question identique,
peuvent être renvoyées à la chambre, saisie la première ,
pour y être débattues en même temps. Le président de la
chambre, qui doit connaître de l'affaire, désigne un con-
seiller pour en faire le rapport en audience publique, et
ordonne que la cause soit portée au rôle, pour y être
plaidée à l'une des premières audiences .
Le rôle des affaires à plaider est affiché au greffe de la
cour , toute affaire fixée par le président y est immédiate-
ment inscrite .
Lois électorales coordonnées, nº 84, et lois sur la milice
coordonnées, art. 49 II . Les affaires sont portées, aussitôt
après leur introduction, par le président de la chambre
qui doit en connaître , au rôle de l'une des premières
audiences , après quinzaine du dépôt de la requête. Le
rapporteur est, en même temps, désigné .
Art. 209. Le roi peut, sur l'avis de la cour de cassa-
tion, fixer le nombre et la durée des audiences pour cha-
cune des chambres de cette cour .
Il peut également, sur l'avis des cours d'appel , fixer le
nombre et la durée des audiences pour chacune des
chambres , tant de ces cours que des tribunaux de pre-
mière instance, ainsi que pour les tribunaux de com-
merce , les justices de paix et les tribunaux de police .
Lois électorales coordonnées, nº 80 , § 2, et lois sur la
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 315
milice coordonnées, art. 4910, § 2. Lorsque les besoins du
service l'exigent, les présidents des diverses chambres
des cours d'appel fixent des audiences spéciales en nom-
bre suffisant pour que les causes portées en appel, en
vertu des présentes lois , soient expédiées avec célérité
et sans préjudice des affaires courantes .
Art. 210. Les procureurs généraux et procureurs du
roi doivent être appelés à toutes les délibérations rela-
tives à l'ordre et au service intérieur des cours et tribu-
naux .
Ils ont droit de faire inscrire sur les registres les réqui-
sitions qu'ils jugent à propos de faire.
CHAPITRE VIII . - DE LA RÉSIDENCE .
Art. 211. Les juges de paix et leurs greffiers sont
tenus de résider au chef-lieu du canton .
Les suppléants des juges de paix sont tenus de résider
dans l'une des communes du canton.
Les présidents, conseillers , juges, juges suppléants,
procureurs généraux, procureurs du roi et leurs subs-
tituts , les greffiers et les greffiers adjoints sont tenus de
résider dans la ville où est établie la cour ou le tri-
bunal .
Le gouvernement pourra accorder une dispense aux
membres des tribunaux de commerce .
Art. 212 En cas d'infraction à la disposition de l'ar-
ticle précédent, les juges de paix sont avertis par le pré-
sident du tribunal de première instance ; les membres du
tribunal de première instance et du tribunal de com-
merce, par le premier président de la cour d'appel ; et
les mesures de la cour d'appel et de la cour de cassation,
par le premier président de cette dernière cour.
L'avertissement se fait par lettre chargée à la poste,
soit d'office , soit sur la réquisition du ministère public .
Faute de se conformer à la loi dans le mois de l'aver-
tissement , ils sont cités , savoir : les juges de paix , les
présidents et les juges du tribunal de première instance
et du tribunal de commerce, devant celle des chambres
de la cour d'appel où siège habituellement le premier
14
316 LOIS USUELLES .
président ; et les membres de la cour d'appel ou de cas-
sation, devant l'assemblée générale de la cour de cassa-
tion. Ils sont déclarés démissionnaires, ou , suivant les
circonstances , il leur est accordé un nouveau délai , lequel
ne pourra excéder trois mois .
Les pièces de l'instruction sont adressées, dans les huit
jours , au ministre de la justice .
CHAPITRE IX . DES ABSENCES ET DES CONGÉS .
Art. 213. Aucun magistrat, greffier, greffier adjoint
ou commis greffier ne peut s'absenter, si le service doit
souffrir de son absence .
En aucun cas, le premier président des cours de cassa-
tion et d'appel et les procureurs généraux auprès de ces
cours ne peuvent s'absenter plus de trois jours, sans
avoir obtenu un congé du ministre de la justice.
Les membres de la cour de cassation et les avocats gé-
néraux près cette cour ne peuvent s'absenter plus de
trois jours , sans avoir obtenu, les premiers , la permis-
sion du premier président, et les seconds , la permission
du procureur général.
Les membres de la cour d'appel , les présidents de la
cour d'assises, les présidents des tribunaux de première
instance et de commerce du ressort ne peuvent s'absenter
plus de trois jours, sans la permission du premier prési-
dent de la cour d'appel.
Les avocats généraux et substituts près la cour d'appel,
ainsi que les procureurs du roi, ne peuvent s'absenter
plus de trois jours, sans la permission du procureur
général près la cour d'appel.
Les vice-présidents et juges des tribunaux de première
instance, les substituts près de ces tribunaux, les juges
des tribunaux de commerce, ainsi que les juges de paix,
ne peuvent s'absenter plus de trois jours , sans en avoir
obtenu la permission, savoir :
Les vice- présidents, juges et juges de paix, du prési-
dent du tribunal et les substituts, du procureur du roi.
Les greffiers , greffiers adjoints et commis greffiers ne
peuvent s'absenter plus de trois jours, sans la permission
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 317
du président de la cour ou du tribunal auquel ils sont
attachés ; les greffiers et commis greffiers des justices de
paix, sans la permission du juge de paix.
Art. 214. Si l'absence doit se prolonger au delà d'un
mois, la permission du ministre de la justice est néces-
saire .
Art. 215. Les dispositions des deux articles précédents
ne s'appliquent pas aux absences qui peuvent être faites ,
pendant les vacations , par les magistrats qui ne sont
retenus par aucun service .
CHAPITRE X. DES VACANCES ET DES CHAMBRES
DES VACATIONS .
Art. 216. Les tribunaux de première instance, les cours
d'appel et la cour de cassation ont deux mois de vacances
chaque année, depuis le 1er août jusqu'au 1er octobre ,
sans toutefois que l'instruction et le jugement des affaires
criminelles, correctionnelles et de police puissent en
ètre empêchés, retardés ni interrompus . ( Loi du 4 juillet
1887, art. 1er .)
Art. 217. Il y a à la cour de cassation, pendant les
vacances , une chambre dite de vacation, chargée de
l'expédition des affaires criminelles , correctionnelles et
de police , ainsi que de toutes affaires qui requièrent
célérité .
Il y a également dans les cours d'appel et dans les tribu-
naux de première instance, une chambre de vacations
chargée de l'expédition des affaires qui requièrent célé-
rité.
La chambre de vacations peut être chargée, en outre,
* si la prompte expédition des affaires le permet, du service
des chambres correctionnelles et des mises en accusation .
Elle juge au nombre de trois conseillers quand elle est
chargée de ces deux derniers services ou de l'un d'eux.
(Loi du 4 septembre 1891 , art . 2.)
La chambre des vacations est renouvelée chaque
année, de manière que tous les membres de la cour ou
du tribunal y fassent le service chacun à son tour. Toute-
fois , elle sera toujours composée de façon à assurer
318 LOIS USUELLES .
l'exécution de l'article 17 bis ajouté à la loi du 3 mai 1889 ,
sur l'usage de la langue flamande. (Loi du 4 septembre
1891, art. 2.)
Les premiers présidents et présidents de chambre,
les présidents et vice- présidents et, dans les tribunaux
qui n'ont pas de vice-président, le président et le plus
ancien juge, y font alternativement le service .
Art. 218. La chambre des vacations tient au moins
deux audiences par semaine, indépendamment des au-
diences consacrées au jugement des affaires correction-
nelles et des mises en accusation, dont elle pourrait se
trouver chargée .
Art. 219. Les juges d'instruction n'ont point de
vacances ; lorsqu'ils appartiennent à une chambre qui
vaque, ils font leurs rapports à la chambre des vacations .
CHAPITRE XI. - DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES .
Art . 220. Les assemblées générales des cours et tribu-
naux sont convoquées par le premier président ou le
président, soit d'office , soit sur la demande faite par l'une
des chambres de la cour ou du tribunal, soit sur la réqui-
sition du ministère public.
Art. 221. Dans toutes les assemblées générales des
cours et tribunaux, l'assemblée ne peut délibérer ou
voter si les membres présents ne forment la majorité.
Toute décision est prise à la majorité absolue des
membres présents ; s'il s'agit d'un objet de service inté-
rieur, et qu'il y ait partage, il est vidé par le président de
l'assemblée.
S'il s'agit de nomination ou de présentation de candi-
dats , et qu'aucun des candidats ne réunisse la majorité
absolue , il est procédé à un scrutin de ballottage entre les
deux candidats qui ont obtenu le plus de voix.
En cas de parité de suffrages, la préférence est accordée
au plus âgé.
Néanmoins, dans les nominations faites par la cour ou
le tribunal, sur présentation, en cas de parité de suffrages ,
la préférence est donnée au candidat le premier en rang
dans l'ordre de la présentation.
Art . 222. Tous les ans, après les vacances , les cours de
TRIBUNAUX DE COMMERCE. 319
cassation et d'appel se réunissent en assemblée générale
et publique. Le procureur général près chaque cour pro-
nonce un discours sur un sujet convenable à la circons-
tance. Le procureur général près la cour d'appel signale,
en outre, la manière dont la justice a été rendue dans
l'étendue du ressort ; il indique les abus qu'il a remarqués ,
il fait enfin les réquisitions qu'il juge convenables d'après
les dispositions de la loi, et la cour est tenue d'en déli-
bérer.
Les procureurs généraux envoient au ministre de la
justice copie de leurs discours et des arrêts intervenus .
Art. 223. Le service des assemblées générales est fait
par le greffier.
CHAPITRE XII . DES TRAITEMENTS .
Art. 224. Les traitements des membres de la cour de
cassation, des cours d'appel, des tribunaux de première
instance, des justices de paix, ainsi que des greffiers et
des greffiers adjoints des tribunaux de commerce, sont
fixés conformément aux tableaux joints à la présente loi .
Loi du 25 novembre 1889 portant réorganisation des
traitements desjuges de paix et des greffiers et suppression
de leurs émoluments .
ART. 1er. Les traitements des juges de paix et des
greffiers en chef, greffiers et greffiers adjoints des cours
de cassation et d'appel, des tribunaux de première ins-
tance et de commerce et des justices de paix sont fixés
conformément au tableau A joint à la présente loi.
ART . 2. Les tribunaux de première instance, les tribu-
naux de commerce et les justices de paix sont divisés
en classes, comme l'indique le tableau B joint à la pré-
sente loi .
ART. 3. Les juges de paix ont droit au traitement moyen
après sept années d'exercice à titre effectif des mêmes
fonctions dans un ou plusieurs sièges ; après quatorze
années , ils ont droit au traitement supérieur. Il n'est pas
tenu compte du temps pendant lequel les intéressés ont
été privés de leur traitement par suite de congé ou de
mesures disciplinaires .
320 LOIS USUELLES .
ART . 4. L'article qui précède est applicable :
1º Aux greffiers en chef, greffiers et greffiers adjoints
des cours de cassation et d'appel et des tribunaux de pre-
mière instance et de commerce ;
2° Aux greffiers des justices de paix .
ART. 5. Le traitement moyen et le traitement supérieur
courent à partir du 1er du mois qui suit le jour où l'inté-
ressé réunit les conditions prescrites par la loi.
ART. 6. Les émoluments alloués aux juges de paix et
aux greffiers sont supprimés .
ART . 7. ... (Voy . art. 161.)
ART. 8. Il est interdit aux greffiers de faire les prisées
et vente de meubles .
ART. 9. Les indemnités de voyage et de séjour en
matière répressive continueront d'être réglées conformé-
ment à l'article 75 du tarif criminel du 18juin 1833.
Cet article est, en ce qui concerne le taux de l'indemnité,
rendu applicable en matière civile .
Dispositions transitoires , art. 20. Les greffiers en fonc-
tions le 17 mai 1884, continueront, à titre personnel , à
faire les prisées et les ventes de meubles, toutes opéra-
tions y relatives sont interdites dans les greffes .
ART. 21. Les juges de paix et les greffiers en fonctions
le 17 mai 1884, dans les sièges indiqués au tableau Cjoint
à la présente loi, recevront les indemnités annuelles
fixées au dit tableau .
Les augmentations de traitement auxquelles les titu-
laires auront ultérieurement droit en vertu des disposi-
tions de la présente loi seront imputées sur le taux des
indemnités .
Les indemnités cesseront d'être dues en cas de nomina-
tion nouvelle .
ART. 22. Les pensions des juges de paix et des greffiers
actuellement en fonctions seront liquidées en prenant
pour base les traitements et les émoluments fixés par la
loi du 18 juin 1869 et les arrêtés pris en exécution de
l'article 37 de la loi du 21 juillet 1844, si ces traitements
et émoluments réunis sont supérieurs aux traitements
alloués par la présente loi.
Lesindemnités accordées en vertu de l'article précédent
n'entreront pas en compte dans la liquidation des pensions .
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 321
Il en sera de même pour la liquidation des pensions
des veuves et des orphelins de ces fonctionnaires . Les
retenues pour la caisse des veuves et des orphelins seront
opérées d'après les mêmes bases .
Loi du 5 juin 1890, art. 3. Le traitement du président
du tribunal de Bruxelles et celui du procureur du roi
près le même tribunal sont portés à 8,500 francs .
Art. 225. (Loi du 25 novembre 1889, art. 6.)
Art . 226. Le traitement des fonctionnaires de l'ordre
judiciaire court à partir du 1er du mois qui suit la presta-
tion du serment ; il cesse le 1er du mois qui suit la cessa-
tion des fonctions .
Art. 227. Lorsque le supplément de traitement accordé
à des magistrats, à raison de leur qualité de président,
vice-président, juge d'instruction, procureur général,
avocat général ou procureur du roi, n'est pas touché par
le titulaire, soit à raison de la vacance de la place, soit
pour tout autre motif, il est dû à celui qui, à titre de son
office, en remplit momentanément les fonctions .
Art 228. Les juges suppléants appelés , en cas de va-
cance, à remplir momentanément les fonctions de juge ou
de substitut, touchent, pendantla durée de leur délégation,
la moitié du traitement affecté à ces fonctions .
Art. 229. Les suppléants des justices de paix appelés à
remplir les fonctions de juge, pendant la vacance de la
place, touchent l'intégralité
lité du traitementy attaché .
Art . 230. (Loi du 25 novembre 1889 , art. 6.)
Art. 231. En cas de vacance d'une place de greffier
près d'une cour, d'un tribunal ou d'une justice de paix,
celui qui la remplit par intérim jouit du traitement, à
charge de pourvoir aux dépenses du greffe . (Loi du 25 no-
vembre 1889 , art . 6 et 7.)
Art. 232. Il ne peut être alloué aux juges, pour des
fonctions à la nomination du roi, aucune indemnité à la
charge du trésor public, autre que les frais de déplace-
ment.
Art. 233. Les conseillers qui présideront les assises
ailleurs que dans le siège de la cour d'appel recevront
25 francs par jour de voyage et de séjour.
Lorsque le procureur général ou l'un de ses substituts
près la cour d'appel portera la parole devant les assises,
322 LOIS USUELLES .
E
il recevra la même indemnité. (Loi des 15 avril 1878 et Ja
23 décembre 1879.)
Art. 234 236. (Dispositions devenues sans objet.)
Art. 237. Le § 2 de l'article 180 n'est pas applicable
aux commis greffiers actuellement en exercice.
Art. 238. Le grade de licencié est assimilé au grade
de docteur en droit pour l'application des dispositions de
la présente loi.
Art. 239. Les greffiers des tribunaux de première
instance et de commerce, les commis greffiers près les
cours d'appel et de cassation, maintenant en fonctions ,
pourront, même sans être docteurs en droit, être nommés
greffiers en chef d'une cour d'appel et de la cour de cas-
sation, à la condition d'avoir rempli pendant dix ans
leurs fonctions actuelles .
B. COMPÉTENCE.
25 mars 1876. Loi contenant le titre Ier du livre
préliminaire du code de procédure civile (1) .
CHAPITRE Ier . DE LA COMPÉTENCE D'ATTRIBUTION .
SECTION Ire . COMPÉTENCE DES DIVERSES JURIDICTIONS .
Art. 1er. La juridiction s'exerce selon les règles ci-après
déterminées . Elle ne peut être prorogée par les parties ,
sauf les cas où la loi en dispose autrement.
Art. 3. Ils connaissent (lesjuges de paix) .
5º Des contestations relatives aux engagements res-
pectifs des gens de travail et de ceux qui les emploient,
des maîtres et des domestiques ou gens de service à
gages , des maîtres et de leurs ouvriers ou apprentis, sans
préjudice à la juridiction des prud'hommes, dans les
lieux où elle est établie ; .....
13º Des contestations relatives aux ventes de semences,
d'engrais et de substances destinées à la nourriture des
animaux , pourvu que l'acheteur n'ait pas fait acte de
commerce. (Loi du 21 décembre 1896.)
Art . 12. Les tribunaux de commerce connaissent :
1º Des contestations relatives aux actes réputés com-
(1) Nous ne réproduisons que les articles de la loi du 25 mars 1876spécia-
lement applicables en matière commerciale.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 323
merciaux par la loi, et spécialement des actions dirigées
par les tiers contre les facteurs ou commis de marchands,
à raison de leur trafic (1 ) ;
2º Descontestations entre associés ou entre administra-
teurs et associés, pour raison d'une société de commerce ;
3º Des contestations relatives au transport des mar-
chandises et objets de toute nature par les chemins de
fer de l'Etat ;
4° De tout ce qui concerne les faillites , conformément
à ce qui est prescrit au livre III du code de commerce (2).
Art. 12bis. Le président du tribunal de commerce
statue provisoirement par voie de référé sur tous les cas
dont il reconnaît l'urgence, à la condition qu'ils rentrent
dans la juridiction des tribunaux de commerce ou dans
celle d'arbitres commerciaux et qu'ils ne soient pas sous-
traits à la juridiction des référés par une disposition
spéciale . (Loi du 26 décembre 1891. )
Art . 13. Si la contestation a pour objet un acte qui
n'est pas commercial à l'égard de toutes les parties, la
compétence se détermine par la nature de l'engagement
du défendeur .
Art . 14. Les tribunaux de commerce ne connaissent
pas de l'exécution de leurs jugements .
Art. 16. Le taux du dernier ressort est fixé à 2,500 fr.
pour les jugements des tribunaux de première instance
et des tribunaux de commerce et pour les ordonnances
de référé .
Art. 17. Les cours d'appel connaissent de l'appel des
jugements rendus en premier ressort par les tribunaux
de première instance et par les tribunaux de coinmerce .
Elles connaissent aussi de l'appel des ordonnances de
référé .
Art. 19. La cour de cassation connaît :
1º Des demandes en cassation contre les arrêts et contre
les jugements rendus en dernier ressort;
(1) Les tribunaux de commerce ne connaissent, en aucun cas, des contesta-
tions ayant pour objet la réparation d'un dommage causé soit par la mort
d'une personne, soit par une lésion corporelle ou une maladie (art. ler de la
loi du 27 mars 1891) .
(2) Voir loi du 31 juillet 1889, article 86 : L'appel des sentences des con-
seils de prud'hommes sera porté devant le tribunal decommerce.
14.
324 LOIS USUELLES .
2º Des règlements de juges, des demandes en renvoi
d'un tribunal à un autre et des prises à partie.
Art . 20. Les arrêts et les jugements rendus en dernier
ressort pourront être déférés à la cour de cassation pour
contravention à la loi ou pour violation des formes , soit
substantielles, soit prescrites à peine de nullité.
SECTION II . MODE DE DÉTERMINER LA COMPÉTENCE
ET LE RESSORT .
Art. 21. La compétence et le taux du dernier ressort
sont déterminés par la nature et par le montant de la
demande .
Art . 22. Les fruits, intérêts , arrérages, dommages-
intérêts , frais et autres accessoires ne seront ajoutés au
principal pour servir à déterminer la compétence et le
dernier ressort, que s'ils ont une cause antérieure à la
demande .
Art . 23. Si la demande a plusieurs chefs qui pro-
viennent de la même cause, on les cumulera pour déter-
miner la compétence et le ressort .
S'ils dépendent de causes distinctes, chacun des chefs
sera, d'après sa valeur propre, jugé en premier ou en
dernier ressort .
Art. 24. Lorsque la somme réclamée fait partie d'une
créance plus forte qui est contestée, le montant de celle-ci
déterminera la compétence et le ressort .
Art. 25. Lorsqu'un ou plusieurs demandeurs agissent
contre un ou plusieurs défendeurs , en vertu d'un même
titre, la somme totale réclamée fixera la compétence et le
ressort, sans égard à la part de chacun d'eux dans cette
somme.
Art. 29. Les fonds publics et autres valeurs cotées
seront évalués au jour de la demande, en prenant pour
base le prix courant qui sera publié chaque semaine par
ordre du gouvernement.
Art. 30. Dans les contestations entre le créancier et le
débiteur relativement aux privilèges ou aux hypothèques,
la compétence et le ressort seront déterminés par le mon-
tant de la créance garantie.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 325
Il en sera de même en matière de saisie mobilière,
pour les contestations entre le saisissant et le débiteur
saisi .
Art. 33. Lorsque les bases indiquées ci-dessus feront
défaut, le demandeur sera tenu d'évaluer le litige dans
l'exploit introductif d'instance ou, au plus tard, dans ses
premières conclusions, sinon le jugement sera en dernier
ressort.
Néanmoins , si l'évaluation du demandeur n'excède pas
le taux du dernier ressort, ou si elle a été omise, le
défendeur pourra faire l'évaluation dans les premières
conclusions qu'il prendra sur le fond du procès, et déter-
minera ainsi le ressort .
Art. 34. Les parties qui, pour ester en justice, doivent
se pourvoir d'une autorisation, seront tenues de justifier
qu'elles sont spécialement autorisées à faire l'évaluation
prescrite par l'article précédent.
Art. 36. Les questions d'état et autres demandes prin-
cipales qui ne sont pas susceptibles d'évaluation ne
pourront être jugées qu'en premier ressort .
Art . 37. Les demandes reconventionnelles n'exerce-
ront, en ce qui touche la compétence et le ressort, aucune
influence sur le jugement de la demande principale .
Elles seront elles-mêmes , à cet égard, considérées
comme demandes principales et soumises aux règles éta-
blies ci -dessus .
Elles seront toutefois retenues par le tribunal saisi de
la demande principale, quoique leur valeur soit inférieure
au taux de sa compétence .
Art. 38. Le juge compétent pour statuer sur la
demande principale connaîtra de tous les incidents et
devoirs d'instruction auxquels donne lieu cette demande .
Toutefois, les juges de paix et les tribunaux de com-
merce ne pourront connaître des inscriptions en faux,
des questions d'état, ni des contestations de qualité .
Al'exception des déclinatoires pour incompétence,
les jugements sur incident et les jugements d'instruction
suivront, pour la recevabilité de l'appel, le sort de la
demande principale.
226 LOIS USUELLES .
CHAPITRE II . - DE LA COMPÉTENCE TERRITORIALE .
Art. 39. Le juge du domicile du défendeur est seul
compétent pour connaître de la cause, sauf les modifica-
tions et exceptions prévues par la loi .
S'il y a plusieurs défendeurs, la cause sera portée, au
choix du demandeur, devant le juge du domicile de l'un
d'eux. Quand le domicile n'est pas connu , la résidence
actuelle en tiendra lieu .
Art. 41. Les sociétés seront assignées devant le juge du
lieu où elles ont leur principal établissement.
Art. 42. En matière mobilière, l'action pourra être
portée devant le juge du lieu dans lequel l'obligation est
née ou dans lequel elle doit être ou a été exécutée.
Loi du 21 décembre 1896. Dans le cas du nº 13º de l'ar-
ticle 3, l'action sera toujours portée devant le juge du
domicile de l'acheteur.
Art. 43. Si un domicile a été élu pour l'exécution d'un
acte, l'action pourra être portée devant le juge de ce
domicile .
Art. 44. Les contestations entre associés ou entre
administrateurs et associés seront portées devant le juge
du lieu où la société a son principal établissement.
Le même juge sera compétent, même après la dissolu-
tion de la société, pour le partage et pour les obligations
qui en résultent, pourvu que l'action soit intentée dans
les deux ans du partage .
Art . 49. Les contestations en matière de faillite seront
portées devant le tribunal dans l'arrondissement duquel
la faillite est ouverte .
Art . 50. Le juge devant lequel la demande originaire
est pendante connaîtra des demandes en garantie et des
demandes reconventionnelles, à moins qu'elles ne sortent
de ses attributions .
En cas de litispendance ou de connexité, la connais-
sance de la cause sera retenue par le juge qui en a été
saisi le premier.
Art. 51. Les contestations élevées sur l'exécution des
jugements seront portées au tribunal de première ins-
tance du lieu où l'exécution se poursuit.
Art. 52. Les étrangers pourront être assignés devant
atom
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 327
les tribunaux du royaume, soit par un Belge, soit par un
étranger, dans les cas suivants :
2º S'ils ont en Belgique un domicile ou une résidence
ou s'ils y ont fait élection de domicile ;
3º Si l'obligation qui sert de base à la demande est née,
a été ou doit être exécutée en Belgique :
6° Si la demande est connexe à un procès déjà pendant
devant un tribunal belge ;
8° S'il s'agit d'une contestation en matière de faillite ,
quand cette faillite est ouverte en Belgique ;
9º S'il s'agit d'une demande en garantie ou d'une
demande reconventionnelle, quand la demande origi-
naire est pendante devant un tribunal belge ;
10° Dans le cas où il y a plusieurs défendeurs , dont
l'un a en Belgique son domicile ou sa résidence .
Art. 53. Lorsque les différentes bases indiquées au
présent chapitre sont insuffisantes pour déterminer la
compétence des tribunaux belges à l'égard des étrangers ,
le demandeur pourra porter la cause devant le juge du
lieu où il a lui- même son domicile ou sa résidence .
Art . 54. Dans les cas non prévus à l'article 52 ci-des-
sus , l'étranger pourra, si ce droit appartient au Belge,
dans le pays de cet étranger, décliner la juridiction des
tribunaux belges ; mais, à défaut par lui de ce faire dans
les premières conclusions, le juge retiendra la cause et y
fera droit .
Cette réciprocité sera constatée soit par les traités con-
clus entre les deux pays, soit par la production des lois
ou actes propres à en établir l'existence .
L'étranger défaillant sera présumé décliner la juridic-
tion des tribunaux belges .
C. PROCÉDURE.
Code de procédure civile . (Extraits .)
TITRE XXIV. – Des matières sommaires.
Art. 404. Seront réputés matières sommaires et ins-
truits comme tels,
Les appels des juges de paix ;
328 LOIS USUELLES .
Les demandes pures personnelles, à quelque somme
qu'elles puissent monter, quand il y a titre , pourvu qu'il
ne soit pas contesté ;
Les demandes formées sans titre , lorsqu'elles n'excè-
dent pas mille francs ;
Les demandes provisoires, ou qui requièrent célérité ;
Les demandes en payement de loyers et fermages et
arrérages de rentes .
Art. 405. Les matières sommaires seront jugées à
l'audience , après les délais de la citation échus , sur un
simple acte, sans autres procédures ni formalités .
Art . 406. Les demandes incidentes et les interventions
seront formées par requête d'avoué, qui ne pourra conte-
nir que des conclusions motivées .
Art . 407. S'il y a lieu à enquête, le jugement qui l'or-
donnera contiendra les faits, sans qu'il soit besoin de les
articuler préalablement, et fixera les jour et heure où les
témoins seront entendus à l'audience.
Néanmoins, le tribunal pourra ordonner que l'enquête
aura lieu devant un juge-commis (1) .
Art. 408. Les témoins seront assignés au moins un
jour avant celui de l'audition .
Art . 409. Si l'une des parties demande prorogation,
l'incident sera jugé sur-le-champ .
Art. 410. Lorsque le jugement ne sera pas susceptible
d'appel, il ne sera point dressé procès-verbal de l'en-
quête ; il sera seulement fait mention , dans le jugement,
des noms des témoins , et du résultat de leurs déposi-
tions .
Art. 411. Si le jugement est susceptible d'appel, il sera
dressé procès-verbal, qui contiendra les serments des
témoins, leur déclaration s'ils sont parents , alliés, servi-
teurs ou domestiques des parties, les reproches qui
auraient été formés contre eux, et le résultat de leurs
dépositions .
Art. 412. Si les témoins sont éloignés ou empêchés , le
(1) Le dernier alinéa a été ajouté à l'article 407 par la loi du 9 septembre
1895, article unique (Moniteur du 21).
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 329
tribunal pourra commettre le tribunal ou le juge de paix
de leur résidence : dans ce cas, l'enquête sera rédigée par
écrit ; il en sera dressé procès-verbal .
Art. 413. Seront observées, en la confection des
enquêtes sommaires , les dispositions du titre XII,
Des enquêtes , relatives aux formalités ci-après :
La copie aux témoins, du dispositif du jugement par
lequel ils sont appelés ;
Copie à la partie, des noms des témoins ;
L'amende et les peines contre les témoins défaillants ;
La prohibition d'entendre les conjoints des parties , les
parents et alliés en ligne directe ;
Les reproches par la partie présente, la manière de les
juger, les interpellations aux témoins, la taxe ;
Le nombre des témoins dont les voyages passent en
taxe;
La faculté d'entendre les individus âgés de moins de
quinze ans révolus .
TITRE XXV . Prccédure devant les tribunaux
de commerce.
Art. 414. La procédure devant les tribunaux de com-
merce se fait sans le ministère d'avoués . - Pr. , 415 s .;
Com. , 627, 642 s .; L. 21 mars 1859, art . 1er, 2 ; 18 juin 1869,
art . 61, 62, 177, 178, 184, 185.
Art. 415. Toute demande doit y être formée par
exploit d'ajournement, suivant les formalités ci-dessus
prescrites au titre Des ajournements . - Pr. , 61, 68, 69 6º,
7º, 8° ; L. 21 mai 1819, art. 31 .
Art. 416. Le délai sera au moins d'un jour (1). - Pr. ,
72, 1033.
Art. 417. Dans les cas qui requerront célérité, le pré-
sident du tribunal pourra permettre d'assigner, même de
jour à jour et d'heure à heure, et de saisir les effets mobi-
liers : il pourra, suivant l'exigence des cas, assujettir le
demandeur à donner caution, ou à justifier de solvabilité
(1) Chemins de fer de l'Etat. Voir 16 juillet 1849, article 4.
330 LOIS USUELLES .
suffisante . Ses ordonnances seront exécutoires nonobstant
opposition ou appel. Pr. , 72 ; C. civ. , 2040 s.
Art . 418. Dans les affaires maritimes où il existe des
parties non domiciliées, et dans celles où il s'agit d'agrès,
victuailles, équipages et radoubs de vaisseaux prêts à
mettre à la voile, et autres matières urgentes etprovi-
soires , l'assignation de jour à jour, ou d'heure à heure,
pourra être donnée sans ordonnance, et le défaut pourra
être jugé sur-le -champ . - Pr . , 808.
Art. 419. Toutes assignations données à bord à la
personne assignée seront valables. Pr. , 68.
Art . 420. ( Cette disposition est abrogée, elle est rempla-
cée par les articles 39 et 42 de la loi du 25 mars 1876 sur
la compétence. ) Voir ci-dessus (1).
Art. 421. Les parties seront tenues de comparaître en
personne, ou par le ministère d'un fondé de procuration
spéciale. Pr. , 9 , 428 ; C. civ. , 1987 ; Com . , 627 ;
L. 21 mai 1819, art. 31 ; 18 juin 1869, art. 61 , 62, 177, 178,
184, 185.
Art. 422. Si les parties comparaissent, et qu'à la pre-
mière audience il n'intervienne pas jugement définitif, les
parties non domiciliées dans le lieu où siège le tribunal
seront tenues d'y faire l'élection d'un domicile.
L'élection de domicile doit être mentionnée sur le plu-
mitif de l'audience ; à défaut de cette élection, toute signi-
fication, même celle du jugement définitif, sera faite
valablement au greffe du tribunal . Pr. , 440.
Art. 423. Les étrangers demandeurs ne peuvent être
obligés , en matière de commerce , à fournir une caution
de payer les frais et dommages-intérêts auxquels ils pour-
ront être condamnés, même lorsque la demande est por-
tée devant un tribunal civil dans les lieux où il n'y a pas
de tribunal de commerce . Pr. , 166, 167 ; C. civ . , 16.
Art. 424. Si le tribunal est incompétent à raison de la
matière, il renverra les parties , encore que le déclinatoire
n'ait pas été proposé .
Le déclinatoire pour toute autre cause ne pourra être
(1) Ces principes sont maintenus parle législateur belge. Voir, los arti-
cles 39 et 42 de laloi du 25 mars 1876, surla compétence, ci-dessus, p . 316.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 331
proposé que préalablement à toute autre défense . - Pr . ,
168, 169, 442.
Art. 425. Le même jugement pourra, en rejetant le
déclinatoire , statuer sur le fond, mais par deux disposi-
tions distinctes, l'une sur la compétence, l'autre sur le
fond ; les dispositions sur la compétence pourront tou-
jours être attaquées par la voie de l'appel . - Pr. , 134,
172, 338 , 454.
Art. 426. Les veuves et héritiers des justiciables du
tribunal de commerce y seront assignés en reprise , ou
par action nouvelle, sauf, si les qualités sont contestées, à
les renvoyer aux tribunaux ordinaires pour y être réglés ,
et ensuite être jugés sur le fond au tribunal de commerce.
Pr. , 174, 187, 342 s . (1) .
Art. 427. Si une pièce produite est méconnue, déniée
ou arguée de faux, et que la partie persiste à s'en servir,
le tribunal renverra devant les juges qui doivent en con-
naître , et il sera sursis au jugement de la demande prin-
cipale.
Néanmoins, si la pièce n'est relative qu'à un des chefs
de la demande, il pourra être passé outre au jugement des
autres chefs . Pr. , 14, 193, 195, 124 s., 218 (1) .
Art. 428. Le tribunal pourra, dans tous les cas, ordon-
ner, même d'office, que les parties seront entendues en
personne, à l'audience ou dans la chambre, et, s'il y a
empêchement légitime, commettre un des juges, ou même
un juge de paix , pour les entendre, lequel dressera pro-
cès-verbal de leurs déclarations . Pr. , 119, 324 s . , 330,
421 s . , 1035 .
Art . 429. S'il y a lieu à renvoyer les parties devant des
arbitres , pour examen de comptes, pièces et registres , il
sera nommé un ou trois arbitres pour entendre les par-
ties , et les concilier, si faire se peut, sinon donner leur avis .
S'il y a lieu à visite ou estimation d'ouvrages ou mar-
chandises , il sera nommé un ou trois experts .
Les arbitres et les experts sont nommés d'office par le
tribunal, à moins que les parties n'en conviennent à l'au-
dience . Pr. , 302 s .; Com . , 52 s .
(1) Voir, l'article 38 de la loi du 25 mars 1876, ci- dessus, p. 315.
332 LOIS USUELLES .
Art. 430. La récusation ne pourra être proposée que
dans les trois jours de la nomination . - Pr. , 308 s.; 1029.
Art. 431. Le rapport des arbitres et des experts sera
déposé au greffe du tribunal. Pr ., 319 ; Com. , 61 .
Art . 432. Si le tribunal ordonne la preuve par témoins,
il y sera procédé dans les formes ci-dessus prescrites
pour les enquêtes sommaires . Néanmoins, dans les causes
sujettes à appel, les dépositions seront rédigées par écrit
par le greffier, et signées par le témoin ; en cas de refus ,
mention en sera faite. - Pr. , 407, 413, 782 ; C. civ. , 1341 ;
Com . , 109, 480, 639 .
Art . 433. Seront observées, dans la rédaction et l'ex-
pédition des jugements , les formes prescrites dans les
articles 141 et 146 pour les tribunaux de première ins-
tance . Pr. , 545 s .
Art. 434. Si le demandeur ne se présente pas, le tri-
bunal donnera défaut , et renverra le défendeur de la
demande .
Si le défendeur ne comparaît pas, il sera donné défaut,
et les conclusions du demandeur seront adjugées si elles
se trouvent justes et bien vérifiées . Pr. , 149 s . , 435 s .;
Com. , 643 .
Art. 435. Aucun jugement par défaut ne pourra être
signifié que par un huissier commis à cet effet par le tri-
bunal ; la signification contiendra, à peine de nullité,
élection de domicile dans la commune où elle se fait, si
le demandeur n'y est domicilié .
Le jugement sera exécutoire un jour après la significa-
tion et jusqu'à l'opposition. Pr . , 155, 156, 1029 ; C. civ . ,
102, 111 .
Art . 436. L'opposition ne sera plus recevable après la
huitaine du jour de la signification . - Pr. , 157 s. , 437 s . ,
1029 ; Com. , 643 ; 18 avril 1851 , 465.
Art . 437. L'opposition contiendra les moyens de l'op-
posant, et assignation dans le délai de la loi ; elle sera
signifiée au domicile élu . Pr. , 20, 161 s. , 416, 1033 ;
C. civ. , 111.
Art . 438. L'opposition faite à l'instant de l'exécution,
par déclaration sur le procès-verbal de l'huissier, arrêtera
l'exécution ; à la charge , par l'opposant, de la réitérer
dans les trois jours, par exploit contenant assignation ;
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 333
passé lequel délai, elle sera censée non avenue. -Pr. ,
156 s. , 162, 1029 .
Art. 439. Les tribunaux de commerce pourront ordon-
ner l'exécution provisoire de leurs jugements, nonobstant
l'appel, et sans caution , lorsqu'il y aura titre non attaqué,
ou condamnation précédente dont il n'y aura pas d'appel ;
dans les autres cas, l'exécution provisoire n'aura lieu
qu'à la charge de donner caution, ou de justifier de sol-
vabilité suffisante (1). - Pr. , 135 s . , 417 s . , 440, 449,
459 s.; C. civ., 2011 , 2040 s .
Art. 440. La caution sera présentée par acte signifié
au domicile de l'appelant, s'il demeure dans le lieu où
siège le tribunal, sinon au domicile par lui élu en exécu-
tion de l'article 422, avec sommation à jour et heure fixes
de se présenter au greffe pour prendre communication ,
sans déplacement, des titres de la caution, s'il est ordonné
qu'elle en fournira, et à l'audience, pour voir prononcer
sur l'admission, en cas de contestation. Pr. , 518 s .;
C. civ. , 102, 111 , 2018 s., 2040 s .
Art. 441. Si l'appelant ne comparaît pas, ou ne con-
teste point la caution, elle fera sa soumission au greffe ;
s'il conteste, il sera statué au jour indiqué par la somma-
tion dans tous les cas , le jugement sera exécutoire
nonobstant opposition ou appel . - Pr., 519 s .
Art. 442. Abrogé, remplacé par l'article 14 de la loi du
25 mars 1876, lequel dispose :
« Les tribunaux de commerce ne connaissent pas de
l'exécution de leurs jugements . »
26 décembre 1882 . Loi sur la procédure gratuite
en matière de faillite .
Le texte de cette loi est reproduit ci-dessus, vo Fail-
lite, p . 206.
(1) Cet article, comme l'article 135 aurait dû être modifié par l'article 20
de la loi du 25 mars 1841. Voir, Revue des Revues de droit, V. p . 82 ; CLOES,
Loi de compétence ; Belgique jud. , I, 161, la controverse engagée sur ce
point.
334 LOIS USUELLES .
30 juillet 1889 . Loi sur l'assistance judiciaire et
la procédure gratuite .
Art. 1er. Les Belges indigents peuvent être admis à
faire valoir leurs droits en justice, soit en demandant, soit
en défendant, sans être astreints au payement des droits
de timbre et d'enregistrement, des frais de greffe et d'ex-
pédition et autres semblables . Dans ce cas, les avocats ,
avoués et huissiers désignés prêtent gratuitement leur
ministère .
Art. 2. Pour obtenir cette admission , l'indigent
s'adresse, par requête en double, au juge devant lequel le
litige est ou doit être porté .
La demande est accueillie si l'indigence est établie,
pourvu que la prétention ne soit pas évidemment mal
fondée .
Art. 3. Le requérant doit fournir en double : 1º un
extrait du rôle de ses contributions ou un certificat cons-'
tatant qu'il n'est pas imposé ; 2º une déclaration de son
indigence, par lui affirmée devant un bourgmestre du
royaume ou son délégué (1), avec l'indication de son
domicile et de sa résidence, l'énumération détaillée de
ses moyens d'existence et l'indication de ses charges .
Art. 4. Devant la Cour de cassation, les Cours d'appel
et les tribunaux civils et de commerce, la requête est
renvoyée à deux commissaires chargés d'entendre le
requérant et la partie adverse et de chercher à les conci-
lier. Il est statué sur le rapport en audience publique .
Le président du tribunal, en matière de référé et pour
les actes de juridiction gracieuse, et le juge de paix sta-
tuent directement sur requête, après avoir entendu la
partie adverse, s'il y a lieu.
Ces diverses décisions ne sont susceptibles d'aucun
recours .
Art. 5. Les commissaires et le président ou le juge
saisis de la requête font appeler devant eux la partie
(1) Les trois mots reproduits en italiques ont été ajoutés au texte de l'arti
cle 3, 20, par la loi du 27 juin 1895.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 335
adverse par appointement mis au bas de chacun des dou-
bles de la requête et fixant le jour de la comparution .
L'un des doubles est adressé par le greffier à la partie
défenderesse, sous plirecommandé, avec les doubles des
pièces exigées par l'article 3 .
Ces convocations doivent être faites dans la huitaine
du dépôt de la requête, et le délai fixé pour la compa-
rution est de trois jours au moins, de huit jours au plus .
Lorsqu'il y a plusieurs défendeurs, il doit être produit
par l'impétrant autant de doubles de la requête et des
pièces qu'il y a de défendeurs .
Art. 6. Le jugement qui admet au bénéfice de la pro-
cédure gratuite est inscrit à la suite de la première
ordonnance, sur l'un des doubles . Il est exécutoire sur
minute .
Il commet les avoués et huissiers chargés de prêter gra-
tuitement leur ministère .
Si l'indigent n'est pas assisté d'un avocat, il lui en sera
désigné un par le bureau de consultation gratuite, s'il n'y
a pas de bureau de consultation gratuite, la désignation
sera faite par le jugement qui admet au bénéfice de la
procédure gratuite .
Art . 7. Si, devant le juge saisi de la demande, la partie
adverse justifie également de son indigence, conformé-
ment à l'article 3, le juge pourra l'admettre sur un simple
exposé verbal au bénéfice de la procédure gratuite.
Art . 8. Moyennant une ordonnance du juge saisi de la
demande ou du litige, les notaires, greffiers et tous
autres dépositaires publics sont tenus à délivrer gratui-
tement expédition des actes ou pièces dont la production
serait jugée nécessaire .
Si l'intervention d'un notaire est nécessaire soit dans
la procédure, soit pour l'exécution d'un jugement ou d'un
arrêt, la chambre des notaires , sur le vu de l'ordonnance,
désigne le notaire chargé d'assister gratuitement l'indi-
gent.
Art. 9. Dans tous les cas où il y aurait péril en la
demeure, le président du tribunal ou de la Cour pourra
admettre l'indigent au bénéfice de la procédure gratuite
pour les actes qui seront déterminés dans l'ordonnance
d'admission .
336 LOIS USUELLES .
Art. 10. Sont exemptes du timbre, de l'enregistrement le
DE
et des droits de greffe , la requête tendant à procéder
gratuitement, la convocation, la minute et l'expédition
du jugement ou ordonnance d'admission. et
0
Les actes et pièces tendant à justifier la demande de
procéder gratis peuvent être produits sans être timbrés
ni enregistrés . I
Lorsqu'il y a lieu à insertion d'un acte de procédure
dans un journal, elle peut, à partir du jugement d'admis-
sion et moyennant une ordonnance du juge saisi du pro-
cès , se faire dans le Moniteur, sauf recouvrement des
frais , ainsi qu'il est dit à l'article 12 .
Art. 11. A partir du jugement d'admission , sont visés
pour timbre et enregistrés en débet, en ce qui concerne 10
l'indigent, tous les actes de la procédure et ceux relatifs
à l'exécution du jugement, ainsi que les pièces invoquées
par lui à l'appui de sa prétention. Les droits de greffe
sont également liquidés en débet. Π
L'original des exploits d'huissier sera, lors de son
enregistrement, visé pour timbre. Il mentionnera le
nombre de feuilles et le droit dû pour les copies . Celles-ci
sont dispensées de la relation du visa si le papier a les
mêmes dimensions que celui de l'original.
Il doit être fait mention de l'admission à la procédure
gratuite dans tous les exploits, expéditions et autres actes
ou pièces du procès .
Le visa pour timbre et l'enregistrement en débet n'ont
d'effet que pour le procès dans lequel la production a eu
lieu.
Art . 12. Si l'indigent obtient gain de cause, les droits
et amendes , ainsi que les frais de greffe , d'expédition ,
d'insertion au Moniteur ou autres et les honoraires
d'avoué et d'huissier pourront être recouvrés à charge de
la partie adverse en vertu d'un extrait du jugement ou
de l'arrêt .
En cas d'opposition ou d'appel les poursuites sont sus-
pendues .
Les greffiers sont tenus de transmettre l'extrait du
jugement, dans le mois, au receveur de l'enregistrement.
Si l'indigent succombe , les droits , amendes , frais et
honoraires ne pourront être recouvrés à sa charge que si
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 337
le bénéfice de la procéure gratuite lui est retiré confor
mément à l'article suivant.
Art. 13. Le bénéfice de la procédure gratuite peut être
retiré par le juge qui l'a accordé , soit s'il survient à l'in-
digent des ressources suffisantes , soit s'il ne l'a obtenu
que grâce à des déclarations fausses .
La demande en retrait est formée par conclusion moti-
vée. Elle ne suspend pas la procédure .
Le droit de demander le retrait appartient également
au ministère public.
Si les déclarations de l'indigent sont reconnues frau-
duleuses , il peut être poursuivi devant le tribunal correc-
tionnel et condamné à une amende égale au montant des
droits et frais fraudés, et à un emprisonnement de huit
jours à trois mois ou à l'une de ces peines seulement,
sans préjudice à l'application de l'article 85 du code
pénal .
Dans tous les cas où le bénéfice de la procédure gra-
tuite est retiré, les droits et honoraires, tenus en suspens ,
deviennent immédiatement exigibles .
Art. 14. Devant la juridiction correctionnelle, si le
prévenu, dont l'indigence est constatée, comme il est dit
à l'article 3, demande l'assistance d'un avocat, trois jours
au moins avant celui fixé pour l'audience, sa requête est
transmise par le président au délégué du bureau de con-
sultation gratuite, et par les soins de celui-ci un défenseur
lui est désigné.
S'il n'y a pas de bureau de consultation gratuite, l'avo-
cat est désigné par le président.
Si l'affaire est en instruction, la demande peut être
adressée au juge d'instruction à partir du premier inter-
rogatoire .
Elle est immédiatement transmise au délégué du bu-
reau de consultation gratuite ou au président, suivant les
distinctions établies ci-dessus .
Art . 15. La partie civile peut être admise au bénéfice
de la procédure gratuite et dispensée de la consignation,
si son indigence est établie conformément à l'article 3 .
Elle adresse sa demande au juge de paix, au tribunal
ou à la Cour.
La décision est rendue en audience publique .
338 LOIS USUELLES .
Art. 16. La présente loi ne s'applique pas aux per-
sonnes civiles, à moins qu'il n'en soit disposé autrement
par une loi spéciale.
Art . 17. L'arrêté-loi du 21 mars 1815 et les arrêtés
des 11 juillet 1815, 17 août 1815 et 26 mai 1824 sont abro-
gés .
5 septembre 1889 . Circulaire relative à la loi du
30 juillet 1889 , sur l'assistance judiciaire et la pro-
cédure gratuite.
J'ai l'honneur de vous faire parvenir le texte de la loi
du 30 juillet, publiée au Moniteur du 5 septembre, nº 248,
par laquelle sont réglées les conditions de l'assistance
judiciaire et de la procédure gratuite .
Cette loi sera obligatoire le 15 septembre.
Elle s'occupe, dans les articles 1 à 13, de la matière
civile et, dans les articles 14 et 15, de la matière répres-
sive.
I. Par l'article 17 sont abrogés les arrêtés des 21 mars
1815, 11 juillet 1815, 17 août 1815 et 26 mai 1824 .
La loi ne touche pas aux dispositions qui sont relatives
à la procédure devant les conseils de prud'hommes (loi
du 31 juillet 1889, art. 123) ; aux contestations entre rem-
plaçant et remplacé (loi du 3 juin 1870, art. 74, circ .
n° 783) ; entre patrons et ouvriers, maîtres et domestiques
(loi du 10 juillet 1883 ; sur les livrets d'ouvriers , circ.
nº 996) ; à la procédure gratuite dans les faillites (loi du
26 décembre 1882, circ. nº 980) ; à l'expulsion des loca-
taires (loi du 9 août 1887, art. 7, dernier alinéa, circ .
n° 1128).
Demeurent également maintenues les faveurs accor-
dées aux sociétés de secours mutuels et aux caisses de
prévoyance des ouvriers mineurs (loi du 3 avril 1851 et
arrêté royal du 5 octobre 1852, pour les sociétés de se-
cours mutuels ; loi du 28 mars 1868 et arrêté royal du
17 août 1874, quant aux caisses de prévoyance).
D'autre part, comme la loi nouvelle n'a trait qu'à la
procédure, elle est absolument étrangère aux dispositions
des arrêtés royaux des 6 septembre 1814, 30 octobre 1814
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 339
et 7 mai 1815, pour les pièces nécessaires au mariage des
indigents.
Ces arrêtés continueront à recevoir exécution. Il en
sera de même de la circulaire du 29 avril 1829, nº 477, et
de celle du 28 septembre 1854, nº 504, qui concernent les
nominations de tuteurs et de subrogés tuteurs à des
enfants mineurs indigents (1) .
Les procédures qui ont pour but la rectification des
actes de l'état civil ou l'inscription d'actes de cette na-
ture sont régies par la loi actuelle.
La loi ne s'applique qu'aux personnes physiques belges,
à l'exclusion des personnes civiles, à moins qu'une loi
spéciale n'en dispose autrement : les administrations
publiques et les établissements publics entre autres , n'en
peuvent profiter (art. 1er et 16 de la loi).
Les étrangers ne sont admissibles au bénéfice du pro
Deo qu'en vertu de conventions internationales (2) .
II . L'article3 indique les pièces à produire et les décla-
rations à faire par celui qui demande son admission au
pro Deo. La requête, les dites pièces , la convocation
(voy. art. 5), la minute et l'expédition
ton du jugement ou de
l'ordonnance d'admission sont exemptes du timbre, de
l'enregistrement et des droits de greffe (art . 10) .
Le 2e alinéa de l'article 10 est conçu comme il suit :
Les actes et pièces tendant à justifier la demande de
procéder gratis peuvent être produits sans être timbrés
ni enregistrés. La disposition a pour objet d'autres pièces
que celles exigées par l'article 3 : par exemple, des docu-
ments permettant d'éclairer les commissaires , et le pré-
(1) Lesnominations de tuteurs à des interdits font partie des actes d'exé-
cution des jugements d'interdiction et tombent sous l'application de l'arti-
cle 11 de la nouvelle loi.
(2) La Belgique a des traités avec les pays dont l'indication suit :
France, 22 mars 1870. Circ. no 780.
Italie, 30 juillet 1870. Circ. no 825.
Grand-duché de Luxembourg, 5août 1870. Circ. no 790.
Espagne, 31 mai 1872. Circ. no 825.
Allemagne,18 octobre 1878. Circ. no 910.
Autriche-Hongrie, 10 février 1881. Circ. no 1175.
Roumanie, 13 août 1881. Circ. no 949.
Serbie, 5-17 janvier 1835. Circ. no 1162.
Suisse, 9 septembre 1886. Circ. ne 1110.
15
340 LOIS USUELLES .
sident ou le juge, sur la nature et le fondement de la pré-
tention du requérant ; si les documents sont assujettis, en
principe , par leur caractère , au timbre et à l'enregistre-
ment, ils ne doivent cependant pas être soumis à ces for-
malités ; mais il n'en demeurent pas indéfiniment affran-
chis , en dehors de la production dont il s'agit dans
l'article .
III . Il se peut que , pour l'appréciation de la demande
de pro Deo ou du litige, le juge estime nécessaires des
expéditions d'actes ou pièces dont la délivrance doit se
faire par des notaires, greffiers ou autres dépositaires
publics (art. 8) . Les conservateurs des hypothèques sont
compris dans cette disposition (1), qui s'étend aussi aux
receveurs de l'enregistrement, dans la limite de ce qu'au-
torise l'article 58 de la loi du 22 frimaire an VII. En consé-
quence, ces fonctionnaires auront à délivrer gratuitement
les pièces , dans un bref délai .
La délivrance s'en fera sur papier libre ; si elle est de-
mandée pour l'examen de la requête tendant à procéder
gratis , la pièce demeurera exempte du timbre selon les
distinctions faites au § II ci-dessus ; si, au contraire, elle
elle est réclamée après l'admission au pro Deo, elle devra
être visée pour valoir timbre en débet, conformément à
l'article 14 , premier alinéa.
IV. Sous l'article 11 , premier alinéa, est réglée la situa-
tion qui s'établit à partir du jugement ou de l'ordonnance
d'admission au pro Deo : les droits de timbre, d'enregis-
trement et de greffe sont liquidés en débet, en ce qui
concerne l'indigent, pour toutes les pièces invoquées par
lui, tous les actes de procédure et ceux relatifs à l'exécu-
tion dujugement ou de l'arrêt.
Le visa pour valoir timbre et l'enregistrement n'ont
d'effet que pour le procès dans lequel les pièces ont été
produites (art. 11, 4e alinéa) .
Les dispositions qui précèdent s'étendent également
aux amendes que pourraient rendre exigibles les pièces
invoquées par l'indigent.
(1) Voir, Annales parlementaires, séances des 14 et 20 juin 1889, p. 1389 et
1445.
TRIBUNAUX DE COMMERCE . 341
L'article 11 , premier alinéa, sera appliqué conformé-
ment aux règles admises sous l'empire de la législation
antérieure .
V. L'article 11 , troisième alinéa, est rédigé en ces
termes .
« Il doit être fait mention de l'admission à la procédure
gratuite dans tous les exploits, expéditions et autres
actes ou pièces du procès . „
Cette disposition sera suivie non seulement par les
huissiers , greffiers, notaires, conservateurs des hypothè-
ques, receveurs de l'enregistrement et autres dépositaires
publics , mais aussi par toute personne qui aura à sou-
mettre aux formalités du timbre et de l'enregistrement
des pièces à produire au nom de l'indigent : chaque pièce
portera une mention indiquant la date du jugement ou
de l'ordonnance d'admission aupro Deo et le juge ou le
tribunal qui l'a rendu .
VI . L'attention est appelée, d'une manière spéciale, sur
le deuxième alinéa de l'article 11, lequel permet aux
huissiers de rédiger l'original et les copies des exploits
sur papier libre et de ne soumettre au visa pour timbre
que l'original , si les copies ont la même dimension que
celui-ci : cette formalité ne doit être accomplie qu'au
moment de l'enregistrement de l'exploit, et la relation
du visa mentionnera, indépendamment du droit dû pour
l'original , le nombre de feuilles utilisées pour les copies
et le droit dû de ce chef ; à cet effet, les huissiers indi-
queront sur l'original le nombre de feuilles employées
pour les copies et certifieront qu'elles ont la même di-
mension que l'original .
VII . D'après les textes formels des articles 12 et 13 ,
l'indigent ne peut être obligé de payer les droits,
amendes , frais et honoraires que si le bénéfice de la pro-
cédure gratuite lui est retiré.
Bien que le dernier alinéa de l'article 13 porte :
« Les droits et honoraires tenus en suspens deviennent
immédiatement exigibles » , il n'exclut pas les amendes
qui auraient été liquidées en débet, du chef, par exemple,
des actes invoqués par l'indigent, ni les frais d'insertion
au Moniteur (voir troisième alinéa de l'article 10) .
Afin de mettre les receveurs de l'enregistrement à
342 LOIS USUELLES .
même de poursuivre le recouvrement qui leur incombe,
les greffiers délivreront sur papier libre extrait du juge-
ment, de l'arrêt ou de l'ordonnance de retrait du pro Deo .
Le dernier alinéa du § VIII ci-après sera observé .
Si le débiteur ne s'exécute pas , le receveur décernera
et fera signifier une contrainte . Les frais d'insertion au
Moniteur seront compris dans la demande.
VIII . L'article 12 est conçu comme il suit : « Si l'indi-
gent obtient gain de cause, les droits et amendes, ainsi
que les frais de greffe, d'expédition, d'insertion au Moni-
teur ou autres, les honoraires d'avoué et d'huissier pour-
ront être recouvrés à charge de la partie adverse, en
vertu d'un extrait du jugement et de l'arrêt.
" En cas d'opposition ou d'appel, les poursuites sont
suspendues .
" Lesgreffiers sont tenus de transmettre l'extrait du ju-
gement, dans le mois, au receveur de l'enregistrement. »
La délivrance de l'extrait se fera sans qu'il faille avoir
égard à la question de savoir si le jugement ou l'arrêt a
acquis force de chose jugée. La circulaire du 22 juin 1883,
nº 990, qui trace les règles à observer pour la mise en
recouvrement des sommes exigibles est maintenue. Seu-
lement, ainsi que le porte l'article 12 transcrit ci-dessus,
" en cas d'opposition ou d'appel, les poursuites sont sus-
pendues " .
La remise de l'extrait sera mentionnée, avec sa date,
en marge de la minute du jugement ou de l'arrêt, et
annotée au sommier des droits en débet tenu au bureau
de l'enregistrement.
IX . Les articles 10 et 12 s'occupent, entre autres, de
frais d'insertion au Moniteur, ainsi qu'on l'a déjà fait
remarquer.
Amesure que des insertions auront été faites, le direc-
teur du Moniteur fera parvenir au receveur de l'enregis-
trement des actes de justice de paix et d'huissier, au
palais de justice, à Bruxelles, une note des frais, indi-
quant l'objet de l'insertion, les noms, prénoms , profes-
sions et domiciles des deux parties en cause, et le nom du
tribunal saisi du litige . Le receveur donnera à cette com-
munication la suite qu'elle comportera .
SAISIES-ARRÊTS . 343
Les frais sont recouvrés, à l'égal des sommes exigibles
à titre de droits et d'amendes, par le receveur compé-
tent.
Le ministre des finances,
A. BEERNAERT .
SAISIES-ARRÊTS.
26 pluviôse- 28 ventose an II (14 février 1794) .
Décret qui interdit provisoirement aux créanciers
particuliers la faculté de faire des saisies- arrêts ou
oppositions sur les fonds destinés aux entrepreneurs
de travaux pour le compte de la nation.
(Voir 13 juin et 12 décembre 1806.)
Art. 1er. Les créanciers particuliers des entrepreneurs
et adjudicataires des ouvrages faits ou à faire pour le
compte de la nation ne peuvent, jusqu'à l'organisation
définitive des travaux publics, faire aucune saisie- arrêt
ni opposition sur les fonds déposés dans les caisses des
receveurs de district, pour être délivrés aux dits entre-
preneurs ou adjudicataires .
Art. 2. Les saisies-arrêts et oppositions qui auraient
été faites jusqu'à ce jour par les créanciers particuliers
des dits entrepreneurs ou adjudicataires sont déclarées
nulles et comme non avenues .
Art . 3. Ne sont point comprises dans les dispositions
des articles précédents, les créances provenant du salaire
des ouvriers employés par les dits entrepreneurs, et les
sommes dues pour fournitures de matériaux et autres
objets servant à la construction des ouvrages .
Art. 4. Néanmoins les sommes qui resteront dues aux
entrepreneurs ou adjudicataires après la réception des
ouvrages pourront être saisřes par leurs créanciers par-
ticuliers , lorsque les dettes mentionnées en l'article 3
auront été acquittées.
344 LOIS USUELLES .
SOCIÉTÉS ( 1) .
2 juillet 1875. - Loi exemptant de divers droits les
sociétés coopératives .
Art. 1er . Sont exempts de la formalité du timbre les
minutes , extraits, copies ou expéditions des actes, procès-
verbaux et registres, constatant la formation de sociétés
coopératives , et les rapports ultérieurs de ces sociétés
avec les gérants, les liquidateurs et les associés en cette
qualité.
L'exemption est limitée aux actes prévus par la loi du
18 mai 1873 et aux procurations données par des associés
pour leurs relations avec la société.
Elle cessera de s'appliquer aux actes prescrits par cette
loi, si ces actes renferment quelques conventions ou
stipulations distinctes .
Art. 2. Sont enregistrés gratis ceux des actes compris
dans l'article précédent, qui sont passés devant notaire
ou faits au greffe de la justice de paix ou du tribunal de
commerce, ainsi que les actes sous seing privé portant
formation, modification, dissolution ou mode de liquida-
tion de société .
Les autres actes sous seing privé sont exempts de la
formalité de l'enregistrement.
Art . 3. Sont exempts des droits de greffe, les minutes
rédigées au greffe du tribunal de commerce, et les extraits,
copies ou expéditions délivrés par le greffier, de tous
actes , procès-verbaux et documents compris dans les
deux articles qui précèdent.
Il est alloué au greffier, à la charge des intéressés,
savoir :
Pour chaque acte , un salaire de rédaction de 15 cen-
times;
Pour les extraits, copies ou expéditions, 80 centimes par
rôle de 30 lignes à la page, et de 16 à 18 syllabes à la ligne .
(1) Voir, code de commerce, liv. ler, tit. IX, p. 12.
SOCIÉTÉS . 345
Le premier rôle sera alloué en entier, qu'elle qu'en soit
l'étendue. S'il y a plus d'un rôle, il n'est rien accordé
pour les fractions qui ne dépassent pas le demi-rôle ;
les fractions plus élevées seront comptées comme rôles
entiers .
Art. 4. La publication, par la voie du Moniteur, des
actes relatifs aux sociétés coopératives, dans les cas
prévus par la loi du 18 mai 1873, sera faite gratuite-
ment .
26 décembre 1881 . Loi sur le faux dans les bilans
ou dans les comptes de profits et pertes des so-
ciétés .
Art. 1er. Seront punies de la reclusion et d'une amende
de 26 francs à 2,000 francs les personnes qui auront
commis un faux, avec une intention frauduleuse ou à
dessein de nuire, dans les bilans ou dans les comptes de
profits et pertes des sociétés, prescrits par la loi ou par
les statuts ,
Soit par fausses signatures ,
Soit par contrefaçon ou altération d'écritures ou de
signatures,
Soit par fabrication de conventions, dispositions , obli-
gations ou décharges ou par leur insertion après coup
dans les bilans ou dans les comptes de profits et
pertes,
Soit par addition ou altération de clauses, de déclara-
tions ou de faits que ces actes ont pour objet de recevoir
et de constater .
Art. 2. Celui qui aura fait usage de ces actes faux sera
puni comme s'il était l'auteur du faux.
Art. 3. Le bilan existe, au point de vue de l'application
des articles précédents, dès qu'il est soumis à l'inspection
des actionnaires ou des sociétaires .
Art. 4. Le livre Ier du code pénal , sans exception du
chapitre VII , des §§ 2 et 3 de l'article 72, du § 2 de l'arti-
cle 76 et de l'article 85, sera appliqué aux infractions
prévues par les articles 1er et 2.
346 LOIS USUELLES .
VENTE DES IMMEUBLES APPARTENANT A DES MINEURS.
12 juin 1816. — Loi qui détermine les formalités à
observer dorénavant à l'égard de la vente des im-
meubles appartenant à des mineurs , à des succes-
sions acceptées sous bénéfice d'inventaire.
(Voir 12 septembre 1822.)
Nous , Guillaume, etc. Ayant pris en considération l'en-
semble et la tendance des dispositions et formalités
prescrites par les lois existantes à l'égard de la vente
publique des biens immeubles appartenant, en tout ou en
partie, à des mineurs ou à des interdits , ou concernant,
soit des successions acceptées sous bénéfice d'inventaire,
soit des successions vacantes, soit enfin des masses admi-
nistrées par les syndics ;
Considérant que la scrupuleuse observation de ces
formalités entraîne des retards dans la liquidation des
successions et masses, et des frais inutiles ;
Et voulant, au moyen d'une loi générale, procurer à
tous ceux de nos sujets qui se trouvent dans le cas d'y
recourir les effets des dispenses particulières que nous
avons accordées jusqu'à présent, en veillant en même
temps avec soin aux intérêts des mineurs et autres per-
sonnes intéressées à la vente publique des immeubles
ci -dessus mentionnés ;
A ces causes, notre conseil d'Etat entendu, et de com-
mun accord avec les Etats généraux,
Avons statué, comme nous statuons par les pré-
sentes :
Art. 1er. Sont abolies par les présentes toutes les dis-
positions et formalités prescrites par les lois encore
existantes à l'égard de l'aliénation publique d'immeubles
appartenant , en tout ou en partie, à des mineurs ou à
des personnes assimilées aux mineurs. ou à des masses
qui doivent être liquidées par des syndics dans l'intérêt
des créanciers ; et seront dorénavant observées, à l'égard
VENTE DES IMMEUBLES APPARTENANT A DES MINEURS . 347
de ces aliénations , les dispositions mentionnées aux
articles suivants :
Art. 2. En premier lieu : sur les immeubles apparte-
nant en tout ou en partie à des mineurs ou aux personnes
qui leur sont assimilées :
§ 1er . Les tuteurs qui jugeront l'aliénation d'immeu-
bles appartenant en tout ou en partie à des mineurs ou à
des interdits , nécessaire pour les intérêts d'iceux , seront
tenus de demander au conseil de famille, composé de la
manière prescrite par les lois, l'autorisation de procéder
à la vente publique des susdits immeubles .
§ 2. L'autorisation accordée par le conseil de famille
sera présentée par requête à l'homologation du tribunal
de première instance, pour y statuer, l'officier du roi
entendu ; si le tribunal accorde l'homologation, il dési-
gnera en même temps un notaire par le ministère duquel
la vente publique aura lieu .
§ 3. Lorsque les immeubles appartiennent en commun
à des majeurs et à des mineurs , ou à ceux qui leur sont
assimilés , et que les majeurs désirent procéder à la vente
publique, ils pourront, sans autorisation préalable du
conseil de famille, s'adresser par requête au tribunal de
première instance, à l'effet d'être autorisés à la vente. Le
tribunal , après avoir entendu les tuteurs des intéressés
mineurs ou interdits, ainsi que les conclusions de l'offi-
cier, prononcera sur la demande des requérants ; et dans
le cas où la requête sera octroyée, il désignera en même
temps un notaire par le ministère duquel la vente
publique aura lieu .
§ 4. Dans les deux cas mentionnés aux §§ 2 et 3, la
vente publique se fera par le ministère du notaire dési-
gné, en présence des tuteurs et des subrogés tuteurs, et
par-devant le juge de paix du canton où la succession est
ouverte.
Art. 3. En second lieu à l'égard d'immeubles appar-
tenant à des successions acceptées sous bénéfice d'inven-
taire ou à des successions vacantes :
§ 1er. Les héritiers ou curateurs respectifs seront tenus
de demander l'autorisation de la vente publique au tribu-
nal de première instance de l'arrondissement où la suc-
cession est ouverte, lequel, après avoir entendu l'officier,
15.
348 LOIS USUELLES .
statuera sur la demande, et, en accordant l'autorisation ,
désignera en même temps le notaire par le ministère
duquel la vente publique aura lieu.
§ 2. La vente publique se fera ensuite par le ministère
du notaire désigné et par-devant le juge de paix du can-
ton où la succession est ouverte .
Art. 4. En troisième lieu , et relativement à des immeu-
bles appartenant à des masses administrées par des
syndics :
§ 1er . Les syndics de ces masses ne pourront procéder
à la vente publique des susdits immeubles qu'après avoir
demandé l'autorisation du juge-commissaire, nommé par
le tribunal de commerce, ou par le tribunal de première
instance jugeant comme tribunal de commerce ; lequel
statuera sur la demande, et, s'il accorde l'autorisation
demandée, désignera en même temps un notaire par le
ministère duquel la vente publique aura lieu.
§ 2. La vente publique se fera ensuite par le ministère
du notaire désigné et par-devant le juge de paix du
canton où la faillite est ouverte .
Art. 5. Cependant si les intérêts des héritiers mineurs,
interdits ou bénéficiaires , ou des successions vacantes,
ou des masses faillies , exigeaient que les immeubles ou
une partie d'iceux fussent vendus dans un ou plusieurs
cantons autres que celui où la succession a été ouverte
ou la faillite déclarée , il en sera fait mention , dans le
premier cas , dans la délibération du conseil de famille,
dans l'homologation du tribunal ; et dans le dernier cas,
dans la disposition du tribunal ou du juge-commissaire
de la faillite ; et le tribunal ou le juge-commissaire délé-
guera en même temps le juge de paix en présence duquel
la vente aura lieu .
Art. 6. Il est alloué aux juges de paix et à leurs
greffiers, pour leur assistance à la vente , pour chaque lot
mis en vente, une vacation sans plus, d'après le tarif
établi pour l'apposition et la levée des scellés . Cependant,
s'il est mis en vente plus de cinq lots provenant de la
même succession , ils ne prendront qu'une demi-vacation
pour chaque lot excédant le nombre de cing.
Art. 7. Les juges de paix veilleront à ce que, dans
ces ventes d'immeubles, il ne se fasse rien au préjudice
VENTE DES IMMEUBLES APPARTENANT A DES MINEURS. 349
des intérêts des héritiers mineurs , interdits ou bénéfi-
ciaires, des successions vacantes ou des masses faillies .
En découvrant quelque chose en ce genre, ils feront sur-
seoir à la vente, après avoir, suivant la nature des alié-
nations, entendu les tuteurs ou les subrogés tuteurs, ou
les héritiers bénéficiaires, ou les curateurs des succes-
sions vacantes, ou enfin les syndics des masses faillies .
Ils feront ensuite leur rapport par écrit au tribunal , si
l'aliénation concerne des mineurs, des interdits , des héri-
tiers bénéficiaires ou des successions vacantes ; ou au
juge-commissaire qui a accordé l'autorisation , si elle
concerne des masses en état de faillite ; et ce, afin qu'il en
soit ordonné par le tribunal ou par le juge-commissaire ,
d'après ce qui sera trouvé convenable.
Art. 8. La vente des immeubles se fera d'ailleurs, dans
tous les cas ci-dessus mentionnés , conformément à ce qui
est usité à l'égard des ventes publiques ordinaires d'im-
meubles .
Art. 9. Sont également abolies par les présentes les
dispositions et formalités prescrites par les lois actuelle-
ment existantes à l'égard du partage, et la licitation des
successions auxquelles sont intéressés des interdits ou
mineurs comme copartageants .
Ce partage se fera désormais par le ministère d'un
notaire et témoins, par-devant le juge de paix du canton
où la succession est ouverte, et en présence des tuteurs,
des tuteurs spéciaux et subrogés des mineurs, ou des
mineurs émancipés , assistés de leurs curateurs, ou, au
lieu de l'émancipé, d'une personne autorisée à cet effet
par procuration spéciale . Le juge de paix devra veiller
particulièrement à ce que les lots soient dûment formés ,
et en général à ce que les intérêts des mineurs soient
convenablement observés dans ces partages. Lorsque les
intéressés majeurs et les tuteurs des mineurs , ou bien ces
derniers entre eux , ne s'accordent point sur la formation
des lots , ou lorsque le juge de paix lui-même le trouvera
convenir pour les intérêts des mineurs, il désignera un
ou plusieurs experts , et leur fera prêter serment à l'effet
de former les susdits lots. Les lots ainsi formés seront,
par-devant le juge de paix, adjugés aux divers coparta-
geants , soit par arrangement à l'aimable , soit par la voie
350 LOIS USUELLES .
du sort ; et il en sera fait mention dans l'acte notarié du
partage.
Il est alloué aux juges de paix et à leurs greffiers, pour
leurs vacations à cet effet, le même salaire qui leur est
respectivement accordé pour leurs vacations à l'apposition
des scellés, sans plus .
VICES RÉDHIBITOIRES.
25 août 1885 . Loi portant revision de la législation
en matière de vices rédhibitoires .
Art. 1er. Sont réputés vices rédhibitoires et donneront
seuls ouverture à l'action résultant de l'article 1641 du
code civil, dans les ventes ou échanges de chevaux , ânes ,
mulets et autres animaux domestiques appartenant aux
espèces ovine, bovine ou porcine, les maladies ou défauts
qui seront désignés par le gouvernement, avec les res-
trictions et conditions qu'il jugera convenables .
Art. 2. Le gouvernement déterminera aussi le délai
dans lequel l'action sera intentée, à peine de déchéance .
Ce délai n'excédera pas trente jours, non compres le
jour fixé pour la livraison.
Le délai pour la comparution devant la juridiction
saisie de la demande , au premier degré, sera d'au moins
un jour, si la partie est domiciliée dans la distance de cinq
myriamètres du lieu de la comparution.
Si elle est domiciliée au delà de cette distance, il sera
ajouté un jour par cinq myriamètres .
Art . 3. Si la livraison de l'animal a été effectuée hors
du lieu du domicile du vendeur, le délai pour intenter
l'action sera augmenté d'un jour par cinq myriamètres
de distance entre le domicile du vendeur et celui de
l'acheteur.
Lorsque l'acheteur a revendu l'animal et qu'il est assi-
gné en résolution de vente, il pourra intenter une action
en garantie contre son vendeur, si le délai pendant
lequel il aurait pu agir par action principale n'est pas
expiré.
Ce délai, pour l'action en garantie, sera, dans ce cas ,
VICES RÉDHIBITOIRES . 351
et quel que soit le lieu où l'animal se trouve, augmenté
d'un jour par cinq myriamètres de distance entre le
domicile de l'acheteur primitif et celui du vendeur pri-
mitif.
Art. 4. Dans le délai qui sera fixé conformément à l'ar-
ticle 2 pour intenter l'action, l'acheteur sera tenu , à peine
de déchéance , de provoquer la nomination d'experts
chargés de vérifier l'existence du vice rédhibitoire et de
dresser procès-verbal de leur vérification.
La requête sera présentée, soit verbalement, soit par
écrit, soit sous forme de télégramme, au juge de paix du
lieu où se trouvera l'animal ; elle exprimera dans tous les
cas, à peine de nullité, le vice dont celui-ci sera préten-
duement atteint .
Ce juge en constatera la date dans son ordonnance ; il
mentionnera le vice à raison duquel l'action est intentée
et nommera immédiatement, suivant l'exigence du cas,
un ou trois experts qui devront opérer dans le plus bref
délai, après serment prêté devant ce magistrat et sans
aucune autre formalité de procédure ; il préviendra par
télégramme assuré le vendeur du jour, de l'heure et du
lieu de l'expertise .
Le procès-verbal d'expertise sera motivé et remis en
minute à la partie.
Si l'expertise n'est commencée ou terminée qu'après
l'expiration des délais fixés conformément à l'article 2,
elle déterminera si le vice qu'elle constate a existé pen-
dant ces délais .
Néanmoins, lorsque dans le délai déterminé pour in-
tenter l'action, l'animal sera abattu, par ordre de l'auto-
rité compétente, pour cause de l'une des maladies donnant
lieu à rédhibition, le procès-verbal, dressé dans ce cas , et
qui sera motivé de la même manière, tiendra lieu de celui
de l'expertise .
Art . 5. Si l'animal a été emmené à l'étranger, l'ache-
teur devra, sous peine de déchéance, le ramener dans le
pays et le conduire soit au lieu du domicile du vendeur
ou au chef-lieu du canton de ce domicile, soit au lieu où
le contrat a été conclu, soit à celui où la livraison a été
faite.
Le délai pour intenter l'action sera, dans ce cas, aug-
352 LOIS USUELLES .
menté d'un jour par quinze myriamètres de distance de
l'endroit où l'animal se trouve au lieu où il sera ramené .
La requête en nomination d'experts devra, sous peine
de déchéance, être présentée au juge de paix du lieu où
l'animal sera conduit, dans le délai fixé conformément à
l'article 2, avec une augmentation de deux jours sans
plus .
L'action en rédhibition devra aussi , dans ce cas, être
toujours intentée devant le juge de ce même lieu.
L'acheteur justifiera du lieu où l'animal aura été
emmené hors du pays.
En aucun cas, cependant, l'acquéreur ne pourra faire
revenir l'animal dans le pays, ni avoir recours à une
action en rédhibition, lorsqu'il s'agira d'un vice rédhibi-
toire contagieux.
L'acheteur ne pourra pas non plus recourir à une sem-
blable action en cas de mort de l'animal à l'étranger.
Art. 6. L'étranger demandeur sera tenu, à la demande
du défendeur, de fournir la caution dont font mention les
articles 16 du code civil , 166 et 167 du code de procédure
civile , sous peine d'être déclaré non recevable en sa
demande .
La caution sera fixée en numéraire dès la première
audience par le juge de paix saisi de l'action .
La somme fixée par le juge sera remise entre les mains
du greffier .
Le jugement sera exécutoire sans devoir être, au préa-
lable, signifié et ne sera pas susceptible d'appel .
Art . 7. Les actions rédhibitoires seront instruites et
jugées comme affaires urgentes .
Art. 8. Si, pendant le délai fixé conformément à l'ar-
ticle 2, l'animal vient à périr, le vendeur ne sera pas tenu
de la garantie, à moins que l'acheteur ne prouve que la
perte de l'animal provient de l'un des vices rédhibitoires
spécifiés en vertu de la présente loi .
Art . 9. Les vices rédhibitoires constatés dans les délais
spécifiés et suivant les formes prescrites ci-dessus seront
présumés avoir existé au moment du contrat, sauf la
preuve contraire .
Art. 10. Le vendeur ou l'échangiste ne sera pas tenu
de la garantie résultant des vices rédhibitoires conta-
VICES RÉDHIBITOIRES . 353
gieux, s'il prouve que , depuis la livraison, l'animal a été
mis en contact avec des animaux atteints d'une maladie
semblable à celle qui a donné lieu à l'action rédhibi-
toire .
Art. 11. La déchéance prononcée par les articles 2, 4
et 5 est absolue et sera appliquée d'office, excepté dans le
cas où le vendeur ou l'échangiste aurait été d'abord assi-
gné de bonne foi devant un juge incompétent.
Art. 12. L'action en réduction de prix, autorisée par
l'article 1644 du code civil, ne pourra être exercée dans
les ventes et échanges d'animaux qui font l'objet de la
présente loi.
Art. 13. [Loi du 3 juillet 1894.] L'action en rédhibi-
tion n'est recevable pour les ventes ou échanges d'ani-
maux domestiques destinés à être abattus pour être
livrés à la consommation, à raison des vices qui les
rendent impropres à cet usage, que si elle est intentée
dans les cinq jours de la livraison de l'animal vendu et
à la condition que l'animal n'ait pas été transporté à
une distance de plus de cinq myriamètres du lieu de la
vente et qu'il ait été déclaré totalement impropre à la
consommation .
Art. 14. La loi du 18 janvier 1850 est abrogée.
3 septembre 1885. Arrêté royal portant vente et
échange des animaux domestiques, et désignation
des vices qui peuvent donner ouverture à l'action
en rédhibition et des délais dans lesquels cette
action doit être intentée .
Léopold II, etc.
Vu la loi du 25 août 1885 sur les vices rédhibitoires dans
les ventes et échanges d'animaux domestiques , et notam-
ment les articles 1er et 2, conçus comme suit :
" ART . 1er . Sont réputés vices rédhibitoires et donneront
seuls ouverture à l'action résultant de l'article 1641 du
code civil, dans les ventes ou échanges de chevaux , ânes ,
mulets et autres animaux domestiques appartenant aux
espèces ovine , bovine ou porcine, les maladies ou défauts
354 LOIS USUELLES .
qui seront désignés par le gouvernement, avec les res
trictions et conditions qu'il jugera convenables.
" ART. 2. Le gouvernement déterminera aussi le délai
dans lequel l'action sera intentée à peine de déchéance.
« Ce délai n'excédera pas trente jours , non compris le
jour fixé pour la livraison .
« Le délai pour la comparution devant la juridiction
saisie de la demande, au premier degré, sera d'au moins
un jour, si la partie est domiciliée dans la distance de
cinq myriamètres du lieu de la comparution. Si elle est
domiciliée au delà de cette distance, il sera ajouté un jour
par cinq myriamètres . „
Revu les arrêtés royaux du 18 février 1862 , du
26 août 1867, du 10 novembre 1869 et du 8 avril 1879, pris
en exécution de la loi du 29 janvier 1850 ;
Sur la proposition de notre ministre de l'agriculture,
de l'industrie et des travaux publics,
Nous avons arrêté et arrêtons :
Art. 1er. Sont réputés vices rédhibitoires dans la vente
et l'échange des animaux domestiques, les maladies et
les défauts suivants :
Pour le cheval , l'âne et le mulet :
La morve ;
Le farcin ;
La fluxion périodique si la valeur de l'animal vendu
des yeux, ou échangé s'élève à plus de
L'immobilité, 300 francs .
Pour l'espèce bovine :
Le typhus contagieux ;
La pleuropneumonie contagieuse ;
La phtisie pulmonaire , ainsi si la valeur de l'ani-
que la phtisie pommelière , mal vendu ou échangé
La non - délivrance , le part s'élève à plus de
n'ayantpas eu lieu chez l'acheteur, ) 150 francs .
Pour l'espèce ovine :
Le typhus contagieux ;
La clavelée .
Art. 2. Le typhus contagieux ou la clavelée reconnus
chez un seul animal entraînera la rédhibition de tous ceux
du troupeau qui portent la marque du vendeur.
WARRANTS .
355
Art. 3. Le délai pour intenter l'action en rédhibition
sera, non compris le jour fixé pour la livraison, de trente
jours pour le cas de pleuropneumonie contagieuse, de
vingt-huit jours pour le cas de fluxion périodique des
yeux et de neuf jours pour les autres cas .
Art. 4. Les arrêtés royaux susvisés sont rapportés .
Art. 5. Le présent arrêté est déclaré exécutoire à dater
du 7 septembre 1885.
Art. 6. Notre ministre de l'agriculture, de l'industrie
et des travaux publics est chargé, etc.
WARRANTS .
18 novembre 1862. - Loi portant institution
du système des warrants .
CHAPITRE Ier. - DES WARRANTS ET DES CÉDULES .
SECTION Ire. - DE L'ÉMISSION, DE LA FORME ET DE L'ENDOS-
SEMENT DES WARRANTS ET DES CÉDULES, ET DES DROITS ET
DES DEVOIRS DU PORTEUR .
Art. 1er. § 1er. Le warrant est un titre de commerce
délivré en double, par un tiers, à la personne qui prouve
avoir la libre disposition des marchandises, objet du titre.
Le double porte le nom de cédule.
§ 2. Pour les marchandises déposées dans les entrepôts
francs et publics régis par la loi du 4 mars 1846, les war-
rants et les cédules sont délivrés par les personnes au nom
desquelles les marchandises ont été transcrites à cet effet.
§ 3. En tout autre cas, les warrants et les cédules
peuvent être délivrés par le dépositaire des marchandises .
Art. 2. Le droit à la libre disposition s'établit par
toutes preuves commerciales .
Art. 3. § 1er. Le warrantporte en tête le mot warrant ;
la cédule, le mot cédule.
§ 2. Il est fait mention sur la cédule que ce titre ne
donne droit, entre les mains du tiers porteur, à la déli-
vrance de la marchandise que contre la représentation du
356 LOIS USUELLES .
warrant, portant ordre de délivrance, signé par le pre-
mier souscripteur de la cédule .
§ 3. Le warrant et la cédule sont datés et sigués par
celui qui les émet, et ils indiquent les nom, qualité et
domicile de celui à qui ils sont délivrés .
§ 4. Ils énoncent l'espèce de la marchandise, sa quan-
tité, son poids, la nature de l'emballage , les marques des
colis, et, s'il y a lieu, la quantité et le poids des échan-
tillons qui auront été levés .
§ 5. Ils désignent le magasin où la marchandise est
déposée, et, s'il y a lieu, par qui elle est assurée contre
les risques d'incendie ou autres .
§ 6. Ils déterminent la date à partir de laquelle les
droits de magasin et les autres charges sont dus .
Art. 4. § 1er. Le warrant accompagné de la cédule
représente, entre les mains de celui qui a levé ces titres
ou à l'ordre duquel ils ont été délivrés, la libre disposi-
tion de la marchandise .
§. 2. Le warrant accompagné de la cédule représente,
entre les mains du tiers porteur, le droit à la libre dispo-
sition de la marchandise, si le warrant porte l'ordre de
délivrance signé par le premier souscripteur.
§ 3. Le warrant séparé de la cédule représente la pos-
session des marchandises à titre de gage.
§ 4. La cédule séparée du warrant représente le droit
de disposer des marchandises grevées de gage par le
warrant.
Art. 5. § 1er. Le warrant et la cédule peuvent être
délivrés à l'ordre d'un tiers .
§ 2. Ils sont transmissibles par endossement. L'endos-
sement peut être opéré en blanc. Il confère, dans ce cas ,
au porteur, les droits d'un endossement régulier .
Art . 6. § 1er. En cas de transmission séparée de la
-
cédule et du warrant, mention est faite sur chacun des
titres de la créance garantie par le warrant et de son
échéance .
§ 2. Cette mention est signée sur la cédule par le por-
teur du warrant, et sur le warrant par le porteur de la
cédule .
§ 3. Si l'échéance est à un jour férié légal, elle est pro-
longée jusqu'au lendemain.
WARRANTS . 357
Art. 7. Le warrant séparé de la cédule vaut, à l'égard
des tiers de bonne foi, titre de gage pour toute la valeur
de la marchandise, s'il n'indique pas le montant de la
somme dont il garantit le payement.
Art. 8. § 1er. Le débiteur et le tiers porteur de la
cédule , obligés de payer, par l'exercice du privilège du
warrant, une somme supérieure à celle qu'ils doivent, ont
un recours , pour la différence dont ils sont lésés, contre
celui qui a abusé du warrant.
§ 2. Le tiers porteur de la cédule a de plus un recours
solidaire contre les endosseurs antérieurs à ce titre .
Art. 9. La transmission des warrants et des cédules ,
qui n'a pas été portée sur les livres régulièrement tenus
du cédant ou du cessionnaire , est présumée, en cas de
faillite , avoir eu lieu postérieurement à l'époque où elle
pouvait être valablement faite .
Art. 10. § 1er. Le tiers porteur du warrant est tenu,
sous peine de tous dommages et intérêts, de remettre,
même avant l'échéance stipulée, au premier souscrip-
teur, ledit titre dûment acquitté ou endossé, contre la
somme qui lui est due.
§ 2. Le premier souscripteur de la cédule est tenu ,
même avant l'échéance de ce titre, de remettre, contre le
payement du solde et sous peine de dommages et intérêts,
au tiers porteur de la cédule, le warrant portant ordre de
délivrance signé de lui.
§ 3. Les cessionnaires successifs du warrant séparé de
la cédule sont tenus de se faire connaître au premier
souscripteur, par lettre chargée, au plus tard dans les
vingt- quatre heures de la transmission, sous peine de
tous dommages et intérêts . Cette lettre indique la teneur
de l'endossement.
Art. 11. § 1er. Si les parties ne sont pas d'accord sur
les conditions du payement, l'emprunteur et le tiers por-
teur de la cédule sont autorisés, après mise en demeure
de la partie en cause, à déposer la somme due sur le war-
rant entre les mains du receveur des consignations du
ressort où les titres ont été levés .
§ 2. Il leur est délivré un récépissé de cette consigna-
tion. Ce récépissé tient lieu du warrant acquitté, ou revêtu
de l'ordre de délivrance .
358 LOIS USUELLES .
§ 3. Le tiers porteur du warrant et le vendeur ont
respectivement leur recours sur la somme consignée .
§ 4. Si le porteur du warrant n'est pas connu, la somme
à déposer est égale à la valeur de la marchandise estimée
par experts nommés par le tribunal de commerce. Le
président du tribunal de commerce peut autoriser l'ayant
droit à retirer la somme qui lui est due, le lendemain de
l'échéance de sa créance .
Art. 12. § 1er. Le tiers porteur de la cédule qui n'en a
pas payé ou consigné le solde dans le délai fixé, perd, par
le fait même de l'échéance, tout droit à la marchandise
et à la somme versée en acompte.
§ 2. Il est libéré de toutes autres obligations envers le
vendeur, à moins de convention contraire .
§ 3. Dans le cas prévu par le § 1er, le vendeur peut
s'adresser au président du tribunal de commerce, qui,
l'acheteur entendu ou dûment appelé, autorise soit la
délivrance d'une nouvelle cédule, soit le retrait de la
marchandise, si le warrant, dûment acquitté ou endossé,
lui est représenté par le vendeur.
§ 4. Celui-ci établit, par toutes preuves commerciales ,
que le terme du payement de solde est échu .
Art. 13. § 1. A défaut de payement ou de consignation
à l'échéance du warrant, le tiers porteur de ce titre peut,
dans les vingt-quatre heures de la mise en demeure signi-
fiée à l'emprunteur, et en s'adressant par requête au
président du tribunal de commerce, obtenir l'autorisa-
tion de faire vendre les marchandises engagées , soit
publiquement, soit de gré à gré, au choix du président.
§ 2. Cette autorisation est accordée nonobstant toute
convention intervenue entre les endosseurs et cession-
naires successifs de la cédule, soit antérieurement, soit
postérieurement à la négociation du warrant.
Art. 14. § 1er . L'ordonnance du président ou du juge
qui le remplace est susceptible d'opposition, endéans les
trois jours de sa signification à l'emprunteur, sinon l'or-
donnance est définitive et en dernier ressort .
§ 2. Le jugement rendu sur cette opposition est suscep-
tible d'appel endéans les huit jours de la signification
faite à la partie succombante , si le prêt excède
2,000 francs .
WARRANTS . 359
§ 3. L'ordonnance ou le jugement sont de plein droit
exécutoires sans caution , nonobstant l'opposition ou
l'appel .
Art. 15. § 1er. Les délais fixés par les deux articles
précédents ne sont pas susceptibles d'être augmentés à
raison des distances .
§ 2. Si le débiteur n'est pas domicilié ou s'il n'a pas
fait élection de domicile dans la commune où les mar-
chandises sont déposées, la mise en demeure et la signi-
fication sont valablement faites au greffe du tribunal de
commerce du ressort .
Art. 16. § 1er. L'exercice des droits conférés au créan-
cier gagiste, par les articles 13, 14 et 15, n'est suspendu ni
par la faillite, ni par l'état de sursis, ni par le décès du
débiteur .
§ 2. L'article 2074 du code civil n'est pas applicable au
warrant séparé de la cédule.
Art. 17. Le créancier est payé de sa créance sur le prix
directement, et sans formalité de justice, par préférence
à tous créanciers, sans autre déduction que les sommes
dues pour le recouvrement : 1º des droits de douanes et
accises dus par la marchandise ; 2º du fret, conformément
à l'article 307 du code de commerce, des frais de vente,
de magasinage et des sommes avancées pour la conser-
vation de la marchandise .
Art. 18. La somme excédant celle qui est due au por-
teur du warrant, est remise à l'emprunteur, contre repré-
sentation de la cédule ou justification de non-payement
de solde à l'échéance de celle-ci, conformément à l'arti-
cle 12, sinon elle est déposée aux mains du receveur des
consignations pour être affectée, s'il y a lieu, au rem-
boursement de l'acompte versé par le porteur de la
cédule .
Art. 19. § 1er. Le tiers porteur du warrant a un re-
cours contre l'emprunteur et les endosseurs signataires ,
qui sont tenus solidairement.
§ 2. Il ne peut l'exercer qu'après avoir fait valoir ses
droits sur la marchandise ou sur l'indemnité d'assurance,
et en cas d'insuffisance .
§ 3. Les délais fixés par les articles 165 et suivants du
code de commerce pour l'exercice de l'action contre les
360 LOIS USUELLES .
endosseurs , ne courent que du jour où la vente de la
marchandise est réalisée .
§ 4. Le porteur du warrant perd, en tous cas, son
recours contre les endosseurs, s'il n'a pas fait procéder à
la vente dans les trente jours qui suivent la date de la
mise en demeure .
Art. 20. Les porteurs de warrants et de cédule ont
et perdent, sur les indemnités d'assurance dues, les
mêmes droits et privilèges que sur la marchandise
assurée .
SECTION II. DISPOSITIONS DIVERSES .
Art . 21. § 1er. Quiconque émet des warrants et des
cédules , est responsable envers les tiers de la régularité
de ces titres et de la bonne conservation des marchan-
dises qui en font l'objet.
§ 2. La responsabilité, quant à la bonne conservation
des marchandises déposées en entrepôt franc ou public,
consiste dans l'accomplissement, par celui qui émet les
warrants et les cédules , de l'obligation imposée à l'entre-
positaire par l'article 16 de la loi du 4 mars 1846 .
Art . 22. § 1er . Les warrants et les cédules sont extraits
d'un registre à souche et timbrés à l'extraordinaire au
droit fixe de 25 centimes . Ils sont, le cas échéant, enre-
gistrés gratis .
§2 . L'article 11 du code de commerce est applicable à
ces registres .
Art . 23. § 1er. Le porteur du warrant et de la cédule
a le droit de les faire diviser ou renouveler, contre la
remise de ces titres, entre les mains de la personne qui
les a délivrés .
§ 2. La délivrance de nouveaux titres a lieu aux frais
de celui qui la requiert.
Art. 24. § 1er. Si un warrant ou une cédule est égarée,
le titre perdu cesse d'être valable à partir de la significa-
tion qui en est faite à la personne qui l'a émis.
Dans ce cas , l'ayant droit peut, sur l'ordonnance du
président du tribunal de commerce, en justifiant de sa
propriété et en donnant caution jusqu'à l'expiration de la
huitaine de l'échéance du dépot, obtenir un duplicata du
WARRANTS . 361
titre égaré, après le délai fixé à l'article 25 et l'accom-
plissement des formalités suivantes :
1º Faire publier un avis indiquant la date, le numéro
et l'objet du warrant ou de la cédule, et le nom de la per-
sonne qui l'a émis . Cette publication doit être faite :
a. par affiche à la bourse du lieu où la marchandise est
déposée, ou, s'il n'y existe pas de bourse, à la porte de la
maison communale ; b. par affiches au greffe du tribunal
de commerce ou du tribunal qui en tient lieu ; c. par
annonces insérées trois fois, et de trois jours en trois
jours, dans le Moniteur belge et dans un journal de la
localité, ou, à défaut, dans un journal du chef-lieu de la
province ;
2º Faire une demande écrite à celui qui a délivré le
titre perdu, et y joindre un exemplaire des affiches et des
journaux contenant les annonces . Les exemplaires de
ces affiches et journaux doivent être légalisés par le
bourgmestre de la commune où l'impression en a été
faite.
§ 2. Les frais résultant de ces formalités sont à la
charge de celui qui a égaré le titre .
Art . 25. § 1er. Trente jours après la dernière date des
affiches et annonces exigées par l'article précédent, le
juge pourra ordonner la délivrance du duplicata au
réclamant.
§ 2. Après ce délai, les tiers intéressés sont déchus de
tout recours contre celui qui a délivré le duplicata, sans
préjudice à leur action contre ceux qui auraient indû-
ment disposé de la marchandise ou perçu la somme con-
signée en vertu de l'article 11 .
Art. 26. Il est défendu , sous peine de faux, d'antidater
aucune pièce ni aucun article de journal ou d'autres
livres de commerce relatifs au transfert des warrants et
des cédules .
CHAPITRE II . - DISPOSITIONS GÉNÉRALES .
Art. 27. § 1er. Quiconque émet, en vertu du § 2 de
l'article 1er, des warrants et des cédules pour des mar-
chandises déposées en entrepôt franc ou public, reste
362 LOIS USUELLES .
dépositaire de la reconnaissance de réception en entre-
pôt, et en échange du warrant et de la cédule, il remet
ce document endossé à l'ayant droit qui veut disposer
des marchandises .
§ 2. L'endossement de la reconnaissance de réception
tient lieu de transcription au profit du porteur en nom
pour l'enlèvement des marchandises de l'entrepôt.
Art. 28. §1er. Le gouvernement est autorisé à prendre
des dispositions ultérieures pour assurer l'efficacité de
l'institution des warrants .
§ 2. Ces dispositions sont soumises à l'approbation des
chambres législatives avant la fin de la session, si elles
sont réunies, sinon dans la session suivante.
Art. 29. La loi du 26 mai 1848 est abrogée.
DEUXIÈME PARTIE
Législation industrielle.
16
BREVETS D'INVENTION .
24 mai 1854, - Loi sur les brevets d'invention .
Art. 1er . Il sera accordé des droits exclusifs et tempo-
raires sous le nom de brevets d'invention, de perfection-
nement ou d'importation, pour toute découverte ou
perfectionnement susceptible d'être exploité comme objet
d'industrie ou de commerce .
Art. 2. La concession des brevets se fera sans examen
préalable , aux risques et périls des demandeurs, sans
garantie, soit de la réalité, soit de la nouveauté ou du
mérite de l'invention, soit de l'exactitude de la descrip-
tion, et sans préjudice des droits des tiers .
Art. 3. La durée des brevets est fixée à vingt ans, sauf
le cas prévu à l'article 14 ; elle prendra cours à dater du
jour où aura été dressé le procès-verbal mentionné à l'ar-
ticle 18 .
Il sera payé, pour chaque brevet, une taxe annuelle et
progressive ainsi qu'il suit :
1re année 10 francs .
2e 20
3e 30
et ainsi de suite jusqu'à la 20e année, pour laquelle la
taxe sera de 200 francs. La taxe sera payée par anticipa-
tion et, dans aucun cas , ne sera remboursée .
Il ne sera point exigé de taxe pour les brevets de per-
fectionnement, lorsqu'ils auront été délivrés au titulaire
du brevet principal.
Art. 4. Les brevets confèrent à leurs possesseurs ou
ayants droit, le droit exclusif :
a. D'exploiter à leur profit l'objet breveté ou de le
faire exploiter par ceux qu'ils y autoriseraient ;
366 LOIS USUELLES .
b . De poursuivre devant les tribunaux ceux qui porte-
raient atteinte à leurs droits , soit par la fabrication de
produits , ou l'emploi de moyens compris dans le brevet,
soit en détenant, vendant, exposant en vente ou en
introduisant sur le territoire belge un ou plusieurs objets
contrefaits .
Art. 5. Si les personnes poursuivies en vertu de l'arti-
cle 4, litt. b, ont agi sciemment, les tribunaux prononce-
ront, au profit du breveté ou de ses ayants droit, la
confiscation des objets confectionnés en contravention du
brevet et des instruments et ustensiles spécialement des-
tinés à leur confection , ou alloueront une somme égale
au prix des objets qui seraient déjà vendus .
Si les personnes poursuivies sont de bonne foi, les
tribunaux leur feront défense, sous les peines ci-dessus,
d'employer, dans un but commercial, les machines et
appareils de production reconnus contrefaits et de faire
usage, dans le même but, des instruments et ustensiles
pour confectionner les objets brevetés .
Dans l'un et l'autre cas, des dommages et intérêts
pourront être alloués au breveté ou à ses ayants droit .
Art. 6. Les possesseurs de brevets ou leurs ayants
droit pourront, avec l'autorisation du président du tribu-
nal de première instance, obtenue sur requête, faire
procéder, par un ou plusieurs experts, à la description
des appareils , machines et objets prétendus contrefaits.
Le président pourra, par la même ordonnance, faire
défense aux détenteurs des dits objets de s'en dessaisir,
permettre au breveté de constituer gardien, ou même de
mettre les objets sous scellé .
Cette ordonnance sera signifiée par un huissier à ce
commis .
Art. 7. Le brevet sera joint à la requête, laquelle con-
tiendra élection de domicile dans la commune où doit
avoir lieu la description. Les experts nommés par le pré-
sident prêteront serment entre ses mains , ou entre celles
du juge de paix à ce spécialement autorisé par lui, avant
de commencer leurs opérations (1).
(1) Le texte ci-dessus contient la modification apportée à cet article par
la loi du 27 mars 1857 .
BREVETS D'INVENTION . 367
Art. 8. Leprésident pourra imposer au breveté l'obliga-
tion de consigner un cautionnement. Dans ce cas, l'or-
donnance du président ne sera délivrée que sur la preuve
de la consignation faite (1).
Art. 9. Le breveté pourra être présent à la description ,
s'il y est spécialement autorisé par le président du tri-
bunal .
Art. 10. Si les portes sont fermées ou si l'ouverture en
est refusée, il sera opéré conformément à l'article 587 du
code de procédure civile.
Art. 11. Copie du procès-verbal de description sera
laissée au détenteur des objets décrits .
Art. 12. Si, dans la huitaine, la description n'est pas
suivie d'une assignation devant le tribunal dans le ressort
duquel elle a été faite, l'ordonnance, rendue conformé-
ment à l'article 6, cessera de plein droit ses effets , et le
détenteur des objets décrits pourra réclamer la remise
du procès-verbal original , avec défense au breveté dé
faire usage de son contenu et de le rendre public, le tout
sans préjudice de tous dommages et intérêts .
Art. 13. Les tribunaux connaîtront des affaires relatives
aux brevets comme d'affaires sommaires et urgentes .
Art. 14. L'auteur d'une découverte déjà brevetée à
l'étranger pourra obtenir, par lui-même ou par ses ayants
droit, un brevet d'importation en Belgique ; la durée de
ce brevet n'excédera pas celle du brevet antérieurement
concédé à l'étranger pour le terme le plus long, et dans
aucun cas, la limite fixée par l'article 3.
Art. 15. En cas de modifications à l'objet de la décou-
verte, il pourra être obtenu un brevet de perfectionne-
ment, qui prendra fin en même temps que le brevet
primitif.
Toutefois , si le possesseur du nouveau brevet n'est pas
le breveté principal, il ne pourra, sans le consentement
de ce dernier, se servir de la découverte primitive et,
réciproquement, le breveté principal ne pourra exploiter
(1) Le texte primitif de l'article 8 contenait une disposition finale ainsi
conçue : Le cautionnement sera toujours imposé à l'étranger. » Cette dis-
position a été abrogée par la loi du 5 juillet 1884.
368 LOIS USUELLES .
le perfectionnement sans le consentement du possesseur
du nouveau brevet .
Art. 16. Les brevets d'importation et de perfectionne-
ment confèrent les mêmes droits que les brevets d'inven-
tion.
Art. 17. Quiconque voudra prendre un brevet sera tenu
de déposer, sous cachet, en double , au greffe de l'un des
gouvernéments provinciaux du royaume, ou au bureau
d'un commissariat d'arrondissement, en suivant les for-
malités qui seront déterminées par un arrêté royal , la
description claire et complète, dans l'une des langues
usitées en Belgique, et le dessin exact et sur échelle
métrique de l'objet de l'invention.
Aucun dépôt ne sera reçu que sur la production d'un
récépissé constatant le versement de la première annuité
de la taxe du brevet .
Un procès-verbal , dressé sans frais par le greffier pro-
vincial ou par le commissaire d'arrondissement, sur un
registre à ce destiné, et signé par le demandeur, consta-
tera chaque dépôt en énonçant le jour et l'heure de la
remise des pièces .
Art. 18. La date légale de l'invention est constatée par
le procès-verbal qui sera dressé lors du dépôt de la
demande de brevet .
Un duplicata de ce procès-verbal sera remis, sans frais ,
au déposant.
Art. 19. Un arrêté du ministre de l'intérieur (1), consta-
tant l'accomplissement des formalités prescrites, sera
délivré sans retard au déposant et constituera son brevet.
Cet arrêté sera inséré par extrait au Moniteur.
Art. 20. Les descriptions des brevets concédés seront
publiées textuellement ou en substance, à la diligence de
l'administration, dans un recueil spécial (2) , trois mois
après l'octroi du brevet. Lorsque le breveté requerra la
publication complète ou par un extrait fourni par lui,
cette publication se fera à ses frais .
Après le même terme, le public sera également admis
(1) Actuellement le ministre de l'industrie et du travail.
(2) Publié sous le titre de Recueil spécial des brevets d'invention.
BREVETS D'INVENTION . 369
à prendre connaissance des descriptions, et des copies
pourront en être obtenues moyennant le payement des
frais .
Art. 21. Toute transmission de brevet par acte entre-
vifs ou testamentaire sera enregistrée au droit fixe de
10 francs (1).
Art. 22. Lorsque la taxe fixée à l'article 3 de la loi du
24mai 1854n'aura pas été payée dans le mois de l'échéance ,
le titulaire , après avertissement préalable, devra, sous
peine d'être déchu des droits que lui confère son titre,
acquitter, avant l'expiration des six mois qui suivront
l'échéance , outre l'annuité exigible , une somme de
10 francs .
Les titulaires des brevets accordés depuis la mise en
vigueur de la loi précitée, qui n'auraient pas payé, dans
le délai légal, les annuités exigibles, conformément à
l'article 3 de cette loi, seront relevés de la déchéance
encourue, en payant, dans les trois mois de la publication
de la présente loi, outre les annuités exigibles, une
somme de 10 francs .
La déchéance des brevets sera rendue publique par la
voie du Moniteur .
Il en sera de même, lorsque, en vertu des dispositions
qui précèdent, le breveté aura été, sur sa demande,
relevé de la déchéance (2).
Art. 23. Le possesseur d'un brevet devra exploiter, ou
faire exploiter, en Belgique, l'objet breveté, dans l'année
à dater de la mise en exploitation à l'étranger.
Toutefois, le gouvernement pourra, par un arrêté royal
motivé, inséré au Moniteur avant l'expiration de ce
terme, accorder une prorogation d'une année au plus .
A l'expiration de la première année, ou du délai qui
aura été accordé , le brevet sera annulé par arrêté royal .
L'annulation sera également prononcée lorsque l'objet
breveté, mis en exploitation à l'étranger, aura cessé d'être
exploité en Belgique pendant une année, à moins que le
possesseur du brevet ne justifie des causes de son inaction.
(1) Actuellement, le droit est de 14 francs (loi du 28 juillet 1879) .
(2) Le texte ci-dessus contient la modification apportée à cet article par
la loi du 27 mars 1857.
370 LOIS USUELLES .
Art. 24. Le brevet sera déclaré nul, par les tribunaux,
pour les causes suivantes :
a . Lorsqu'il sera prouvé que l'objet breveté a été em-
ployé, mis en œuvre ou exploité par un tiers, dans le
royaume , dans un but commercial, avant la date légale
de l'invention, de l'importation ou du perfectionnement;
b. Lorsque le breveté, dans la description jointe à sa
demande , aura, avec intention, omis de faire mention
d'une partie de son secret ou l'aura indiqué d'une ma-
nière inexacte ;
c. Lorsqu'il sera prouvé que la spécification complète
et les dessins exacts de l'objet breveté ont été produits
antérieurement à la date du dépôt, dans un ouvrage ou
recueil imprimé et publié , à moins que , pour ce qui con-
cerne les brevets d'importation , cette publication ne
soit exclusivement le fait d'une prescription légale.
Art. 25. Un brevet d'invention sera déclaré nul, par
les tribunaux, dans le cas où l'objet pour lequel il a
été accordé aurait été antérieurement breveté en Belgique
ou à l'étranger.
Toutefois, si le demandeur a la qualité requise par
l'article 14, son brevet pourra être maintenu, comme
brevet d'importation, aux termes du dit article.
Ces dispositions seront appliquées, le cas échéant, aux
brevets de perfectionnement.
Art. 26. Lorsque la nullité ou la déchéance d'un
brevet aura été prononcée , aux termes des articles 24
et 25, par jugement ou arrêt ayant acquis force de chose
jugée, l'annulation du brevet sera proclamée par un
arrêté royal .
Art. 27. Les brevets qui ne seront ni expirés ni annu-
lés à l'époque de la publication de la présente loi, conti-
nueront d'être régis par la loi en vigueur au moment de
leur délivrance .
Néanmoins , il sera libre aux titulaires de faire, dans
l'année qui suivra cette publication, une nouvelle de-
mande de brevet, dans la forme qui sera déterminée par
arrêté royal.
Dans ce cas , le brevet pourra continuer à avoir cours
pendant tout le temps nécessaire pour parfaire la durée
de vingt ans, sauf ce qui est dit à l'article 14.
BREVETS D'INVENTION . 371
Les brevets pour lesquels on aura réclamé le bénéfice
de cette disposition seront régis par la présente loi ;
toutefois, les procédures commencées avant sa publi-
cation seront mises à fin conformément à la loi anté-
rieure .
Les titulaires de ces brevets qui auront acquitté la
totalité de la taxe primitive payeront, après l'expiration
du terme qui avait d'abord été assigné a leur privilège ,
les taxes afférentes aux années suivantes , d'après ce qui
est déterminé à l'article 3 .
Quant aux titulaires des brevets qui n'auraient point
soldé la taxe fixée comme prix d'acquisition du brevet
primitif, il leur sera tenu compte des versements qu'ils
auront déjà opérés , et les annuités seront réglées d'après
les versements faits, conformément à l'article 3 .
24 mai 1854. - Arrêté royal qui règle l'exécution
de la loi sur les brevets .
Art. 1er. Toute personne qui voudra prendre un brevet
d'invention , d'importation ou de perfectionnement devra
déposer une demande à cet effet, au greffe de l'un des
gouvernements provinciaux du royaume, ou au bureau
de l'un des commissariats d'arrondissement situés hors
du chef-lieu de la province.
Acette demande seront joints sous enveloppe cachetée :
1º La description de l'objet inventé ;
2º Les dessins , modèles ou échantillons qui seraient
nécessaires pour l'intelligence de la description ;
3º Un duplicata, certifié conforme, de la description
et des dessins, et
4º Un bordereau des pièces et objets déposés (1) .
Art. 2. Le dépôt des pièces mentionnées à l'article 1er
ne sera reçu que sur la production d'une quittance cons-
tatant le payement de la somme de dix francs , formant la
première annuité de la taxe .
Cette quittance sera jointe aux autres pièces ..
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 12 septembre 1861.
16.
372 LOIS USUELLES .
Art. 3. La demande sera rédigée sur papier timbré (1);
elle indiquera les nom, prénoms, profession et domicile
réel ou élu de l'inventeur, dans le royaume . Elle énoncera
un titre renfermant la désignation sommaire et précise
de l'objet de l'invention . Chaque demande ne comprendra
qu'un seul objet principal avec les détails qui se ratta-
chent à cet objet, et les applications qui auront été indi-
quées .
Lorsqu'il s'agira d'un brevet d'importation, la requête
fera connaître la date et la durée du brevet original et le
pays où il a été concédé. Si l'auteur de la demande n'est
pas le titulaire du brevet étranger, mais son ayant cause ,
celui-ci devra justifier de sa qualité au moyen d'un acte
en due forme .
Art. 4. La description devra être rédigée en langue
française , flamande ou allemande.
La description qui ne serait pas rédigée en français
devra être accompagnée d'une traduction en cette langue
lorsque l'auteur de la découverte ne sera pas domicilié
en Belgique .
La description devra être écrite sans altération ni sur-
charge ; les mots rayés comme nuls seront comptés et
constatés, les pages et les renvois paraphés .
La description fera connaître d'une manière claire et
complète l'invention, et elle se terminera par l'énoncia-
tion précise des caractères constitutifs de celle-ci (2).
Art . 5. Les dessins devront être tracés à l'encre et sur
échelle métrique. Ils représenteront, autant que possible,
l'appareil ou machine à breveter en plan, coupe et éléva-
tion. Les parties des dessins qui caractérisent spéciale-
ment l'invention auront une teinte différente de celle des
autres parties (2) .
Art. 6. Toutes les pièces devront être datées et signées
par le demandeur ou par son mandataire dont le pouvoir,
dûmentlégalisé, restera annexé à la demande.
Art. 7. Un procès-verbal, dressé par le greffier du
(1) La demande est exempte du timbre aux termes de la loi du 28 avril
1888.
(2) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 23 juin 1877 complétant les articles 4
et5.
BREVETS D'INVENTION . 373
gouvernement provincial ou par le commissaire d'arron-
dissement, constatera la remise de chaque paquet aux
jour et heure qu'elle aura été effectuée . L'invention y
sera désignée sous le titre sommaire et véridique que le
demandeur aura indiqué.
Ce procès-verbal contiendra les nom , prénoms, qualité
et domicile du demandeur ou de son mandataire . Il indi-
quera également, lorsqu'il s'agira d'un brevet d'impor-
tation, la date et la durée du brevet d'invention dans le
pays d'origine , et le nom du breveté. Enfin mention y sera
faite du payement de la première annuité.
Ce procès-verbal sera signé par le déposant et par le
rédacteur et sera fixé sur l'enveloppe du paquet conte-
nant les pièces relatives à la demande du brevet.
Une expédition du procès-verbal sera délivrée sans
frais au déposant(1).
Art. 8. La date légale de l'invention est constatée par
le dit procès -verbal .
Art. 9. Les bureaux des greffiers provinciaux et ceux
des commissaires d'arrondissement seront ouverts , pour
les demandes de brevets, tous les jours, les dimanches et
fêtes exceptés , de dix à deux heures de relevée.
Art. 10. Toutes les pièces relatives aux demandes de
brevet seront transmises dans les cinq jours au départe-
ment de l'intérieur (2).
Art. 11. A l'arrivée des pièces au département de
l'intérieur, les demandes seront enregistrées, dans l'ordre
de date de leur entrée, sur un registre spécial, que le
public pourra consulter tous les jours, les dimanches et
fêtes exceptés , de dix heures du matin à deux heures de
relevée .
Art. 12. En cas d'omission ou d'irrégularité dans la
forme , les demandeurs seront invités à effectuer les rec-
tifications nécessaires .
Il sera tenu note de la date de ces rectifications sur le
registre spécial, mentionné à l'article précédent.
Art. 13. Il sera procédé sans retard à la délivrance des
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 12 septembre 1861 .
(2) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
374 LOIS USUELLES .
brevets qui auront été demandés d'une manière régu-
lière .
Un arrêté de notre ministre de l'intérieur (1), consta-
tant l'accomplissement des formalités prescrites , sera
délivre au demandeur et constituera son brevet.
Art. 14. Le brevet mentionnera expressément que la
concession en est faite sans examen préalable, aux
risques et périls des demandeurs, sans garantie, soit de
la réalité, soit de la nouveauté ou du mérite de l'inven-
tion, soit de l'exactitude de la description et sans préju-
dice des droits des tiers .
Art. 15. La première expédition des brevets sera
remise sans frais . Toute expédition ultérieure demandée
par le breveté ou ses ayants cause donnera lieu au rem-
boursement des frais .
Art. 16. Les descriptions des brevets seront publiées
textuellement ou en substance, à la diligence de l'admi-
nistration , dans un recueil spécial (2), trois mois après
l'octroi du brevet .
Lorsque le breveté voudra obtenir la publication com-
plète de ses spécifications ou d'un extrait fourni par lui,
il devra en donner avis à l'administration, au moins un
mois avant l'expiration du terme fixé au paragraphe pré-
cédent, et consigner la somme qui serait nécessaire pour
couvrir les frais de cette publication.
Art. 17. Après le même terme de trois mois, le public
sera admis à prendre connaissance des descriptions, et
des copies pourront en être obtenues moyennant le rem-
boursement des frais .
Art. 18. Le breveté qui voudra obtenir une prolon-
gation de délai , dans le cas prévu par l'article 23 de la
loi, pour la mise à exécution de l'objet breveté, devra
adresser sa demande au ministre de l'intérieur deux
mois au moins avant l'expiration du délai fixé par le dit
article .
Cette demande devra être suffisamment motivée , et
indiquer, dans la limite légale, le terme nécessaire pour
la mise en œuvre de l'invention .
(1) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
2) Publié sous le titre de Recueil spécial des brevets d'invention .
BREVETS D'INVENTION . 375
Art. 19. Toute cession ou mutation, totale ou partielle,
de brevet, devra être notifiée au département de l'inté-
rieur (1).
La notification de la cession ou de tout autre acte em-
portant mutation devra être accompagnée d'un extrait
authentique de l'acte de cession ou de mutation.
Art . 20. Les titulaires dont les brevets ne sont ni
expirés ni annulés à l'époque de la publication de la loi
du 24 mai 1854, pourront obtenir que leurs titres soient
placés sous le régime de cette loi, en formant leur de-
mande avant le 25 mai 1855 .
Les brevetés qui n'auraient point payé, au moment où
ils demanderont à jouir du bénéfice de cette disposition,
une somme égale au montant des annuités échues,
d'après la base établie à l'article 3 de la loi, seront tenus
d'effectuer ou de compléter ce payement et d'en justifier
au moyen d'une quittance qu'ils joindront à leur demande .
Faute d'accomplir cette obligation, la demande sera con-
sidérée comme non avenue .
Une déclaration constatant que le brevet est placé sous
le régime de la loi nouvelle sera envoyée à l'intéressé.
Art . 21. Les concessions de brevet, les actes de cession
ou de mutation , ainsi que les déclarations mentionnées
dans l'article précédent, seront publiés au recueil spécial
des brevets .
Il en sera de même des arrêtés prononçant l'annulation
ou la mise dans le domaine public du brevet.
Art. 22. A l'expiration des brevets, les originaux des
descriptions et dessins seront déposés au Musée de l'in-
dustrie .
12 septembre 1861 . Arrêté royal relatif aux for-
malités à remplir pour opérer le dépôt régulier des
demandes de brevets .
Art. 1er . La demande de brevet, mentionnée aux arti-
cles 1er et 3 de l'arrêté royal du 24 mai 1854, devra, à dater
du 1er octobre 1861 , être faite en double expédition .
(1) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
376 LOIS USUELLES .
L'une de ces expéditions sera écrite súr papier timbré ;
l'autre, sur papier libre, sera remise au déposant et lui
servira de récépissé après que le fonctionnaire, chargé
de recevoir le dépôt, y aura fait l'annotation suivante :
" No ... La demande de brevet, indiquée dans la pré-
" sente requête, a été déposée au greffe du gouverne-
" ment provincial de ..... ou au bureau du commissaire
" de l'arrondissement de ..... , le ..... , à
وه heures ...
66
minutes . „
Cette pièce sera, en outre , revêtue du cachet de l'ad-
ministration et du paraphe du fonctionnaire qui reçoit le
dépôt.
Art . 2. Nonobstant la remise du récépissé ci- dessus
mentionné, il sera délivré au déposant qui en fera la de-
mande, une expédition du proces
procès-verbal de dépôt, en con-
formité du dernier paragraphe de l'article 7 de l'arrêté
royal du 24 mai 1854.
23 juin 1877.- Arrêté royal complétant les articles 4
et 5 de l'arrêté royal du 24 mai 1854 pris pour
l'exécution de la loi du 24 mai 1854 sur les brevets
d'invention .
Art. 1er . Les articles 4 et 5 de l'arrêté royal du 24 mai
1854 sont complétés en ce sens qu'à partir du 1er septem-
bre 1877, la description de l'invention pour laquelle un
brevet est demandé devra être écrite sur papier pro
patria ayant 34 centimètres de haut sur 21 à 22 centi-
mètres de large, avec une marge en blanc de 4 à 5 cen-
timètres , et se terminer par un court résumé indiquant
sans le secours des dessins en quoi consiste principale-
ment l'invention .
Les dessins seront tracés sur du papier-toile ayant les
mêmes dimensions que celles ci-dessus indiquées ; ils
seront faits d'après les règles de l'art, sur échelle métri-
que et à l'encre noire, sauf les parties qui caractérisent
spécialement l'invention, lesquelles devront être repré-
sentées par une couleur différente.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 377
CONSEILS DE PRUD'HOMMES.
31 juillet 1889. Loi organique des conseils
de prud'hommes .
TITRE PREMIER.- De l'organisation des conseils de prud'hommes
et de la nomination des prud'hommes .
Art. 1er. Les conseils de prud'hommes sont institués
dans le but de vider, par voie de conciliation, ou, à défaut
de conciliation, par voie de jugement, les différends qui
s'élèvent soit entre les chefs d'industrie et les ouvriers,
soit entre les ouvriers eux-mêmes, dans les limites et
selon le mode tracés par la présente loi .
Ils exercent, en outre, certaines attributions qui leur
sont spécialement conférées par la loi.
Art. 2. Par chefs d'industrie , on entend : les fabri-
cants, les patrons , les directeurs gérants et les adminis-
trateurs d'établissements industriels ou d'art industriel,
les entrepreneurs qui emploient leurs ouvriers à un tra-
vail industriel, les exploitants, ingénieurs, directeurs ou
sous- directeurs des travaux de mines, minières, carrières
et usines minéralurgiques, et les armateurs et proprié-
taires de bateaux de pêche maritime .
Par ouvriers , on entend : les artisans, les contremaîtres ,
les ouvriers travaillant dans les ateliers ou pour le compte
des chefs d'industrie, et les patrons et pêcheurs inscrits
au rôle d'équipage d'un navire de pêche.
Art. 3. Aucun conseil de prud'hommes ne peut être
établi que par une loi .
Cette loi en détermine le ressort .
Il peut être établi, dans un même ressort, des conseils
de prud'hommes spéciaux pour certains métiers ou indus-
tries , ou certains groupes d'industries ou de métiers
exercés dans ce ressort et présentant une importance
suffisante pour justifier l'institution d'une juridiction dis-
tincte .
Il peut être établi dans un même conseil de prud'hommes
diverses chambres spéciales .
378 LOIS USUELLES .
Le nombre des membres et la composition de chaque
conseil et des chambres sont réglés par arrêté royal .
Seront entendus, au préalable, les conseils communaux
des communes du ressort et la députation permanente du
conseil provincial.
messsont formés , non
Art. 4. Les conseils de prud'hommes
compris le président et le vice-président, s'ils sont nom-
més en dehors du conseil, de six membres au moins .
Le nombre des membres des chambres spéciales ne
pourra être inférieur à quatre .
Les membres du conseil et ceux des chambres spéciales
seront choisis pour moitié parmi les chefs d'industrie et
pour moitié parmi les ouvriers .
Art. 5. Il est nommé près de chaque conseil quatre
suppléants au moins, choisis comme il est dit à l'article 4.
Art . 6. Un collège électoral spécial est formé pour
chacun des conseils établis dans ces conditions .
Ces collèges sont composés des électeurs appartenant
aux industries ou faisant partie des groupes d'industries
pour lesquels les conseils sont établis .
Il est dressé une liste électorale spéciale par collège.
Art. 7. Pour être porté sur la liste des électeurs, il
faut :
1º Appartenir à l'une des catégories énumérées à l'ar-
ticle 2;
2º Etre Belge ;
3º Etre âgé de 25 ans accomplis ;
4º Etre domicilié dans le ressort du conseil depuis un
an au moins , et y exercer effectivement son industrie ou
son métier depuis quatre ans au moins..
Néanmoins, pourront à leur demande être portés sur
la liste électorale de la commune du siège de leur indus-
trie ou de leur métier, quoique non domiciliés dans le
ressort, ceux qui justifieront de l'exercice de leur indus-
trie ou de leur métier dans ce ressort depuis quatre ans
au moins . /
Art. 8. Ne peuvent être électeurs ni en exercer les
droits :
Ceux qui sont privés du droit de vote par condamna-
tion ;
Ceux qui sont en état de faillite déclarée ou d'interdic
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 379
tion judiciaire, ou qui ont fait cession de leurs biens ,
aussi longtemps qu'ils n'ont pas payé intégralement leurs
créanciers ;
Ceux qui sont notoirement connus comme tenant mai-
son de débauche ou de prostitution ;
Ceux qui ont été condamnés, soit à une peine crimi-
nelle, soit pour vol, escroquerie, abus de confiance ou
attentat aux mœurs .
L'interdiction dans ce dernier cas sera de vingt ans , à
partir du jour où le condamné aura subi ou prescrit sa
peine, s'il s'agit d'une peine criminelle , de dix ans s'il
s'agit d'une peine correctionnelle.
Le présent article n'est applicable, en aucun cas , à ceux
qui ont obtenu ou obtiendront un concordat préventif de
la faillite .
Art. 9. L'électorat se constate par l'inscription sur les
listes d'électeurs .
La condition d'indigénat doit exister avant la clôture
définitive des listes, la condition d'âge, avant l'époque où
elles servent aux élections .
Art. 10. La liste des électeurs est permanente , sauf
les radiations et inscriptions qui peuvent avoir lieu lors
de la revision triennale .
La revision est faite conformément aux dispositions
suivantes .
Art. 11. Tous les trois ans , du 1er au 14 février, le col-
des listes des citoyens qui, réunissant à la première de ces
dates les conditions requises , sont appelés à participer à
l'élection des membres des conseils de prud'hommes .
Art. 12. Les listes électorales sont dressées par caté-
gories d'industries et, dans chaque catégorie, par ordre
alphabétique .
Elles mentionnent, en regard du nom de chaque élec-
teur, le lieu et la date de sa naissance, son domicile, l'in-
dustrie ou le métier qu'il exerce et, s'il y a lieu, la date
de sa naturalisation ou la date à laquelle il a réclamé la
qualité de Belge .
Art. 13. Les listes sont provisoirement arrêtées le
14 février de l'année de la revision ; elles sont affichées
le 15 février, envoyées en copie au commissaire d'arron
380 LOIS USUELLES .
dissement le même jour et restent affichées jusqu'au der-
nier jour du mois de février inclusivement.
Elles contiennent invitation aux citoyens domiciliés
dans le ressort du conseil qui croiraient avoir des obser-
vations à faire, d'adresser ces observations au collège des
bourgmestre et échevins .
Les réclamations doivent être adressées au collège des
bourgmestre et échevins avant le 1er mars .
Art. 14. Les listes sont clôturées définitivement le
3 mars .
Elles ne peuvent modifier les listes provisoires que sur
les points qui ont donné lieu à des observations .
Art. 15. Les résolutions du collège des bourgmestre
et échevins sont motivées .
Art. 16. Les noms [Link] inscrits ou rayés sont
affichés à partir du 4 jusqu'au 12 mars.
Art. 17. Lorsque, en procédant à la revision provisoire
ou définitive des listes , le collège des bourgmestre et
échevins raye les noms d'électeurs portés sur les der-
nières listes en vigueur ou sur les listes provisoires arrê-
tées le 14 février, il est tenu d'en avertir ces électeurs par
écrit et à domicile, au plus tard dans les quarante-huit
heures du jour où les listes ont été affichées, en les infor-
mant des motifs de cette radiation .
Art. 18. Ces notifications sont faites sans frais par un
agent de la police communale, qui en retire récépissé, ou,
à défaut de récépissé, constate la notification par une
déclaration qui fait foi jusqu'à preuve contraire .
Art. 19. Dans les vingt- quatre heures de la clôture des
listes , l'administration communale envoie au commissaire
d'arrondissement deux exemplaires de ces listes, toutes
les réclamations, suivies ou non d'effet, qu'elle a reçues et
toutes les pièces au moyen desquelles les citoyens inscrits
auront justifié de leurs droits ou par suite desquelles les
radiations auront été opérées .
Un double des listes est retenu au secrétariat de la
commune ; un autre double est adressé au gouver-
neur .
Dans les vingt-quatre heures de l'arrivée des listes et
des pièces au commissariat, le commissaire adresse un
récépissé au collège des bourgmestre et échevins. Il en
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 381
est immédiatement fait mention dans un registre spécial
coté et paraphé par le greffier provincial .
Art. 20. Dans les communes où les listes électorales
sont imprimées ou autographiées, il en est délivré des
exemplaires , dès le 15 février, à toute personne qui en
fait la demande avant le 1er février .
Le prix est fixé par l'administration communale , sans
qu'il puisse dépasser 1 franc par exemplaire, lorsque la
liste ne comprend pas plus de 1,000 électeurs ; lorsqu'elle
en comprend un plus grand nombre, le prix peut être
augmenté de 1 franc par 1,000 inscrits .
L'administration communale est tenue de faire impri-
mer ou autographier la liste électorale si 100 exemplaires
au moins sont demandés .
Art. 21. Chacun peut prendre inspection et copie des
listes, tant au secrétariat de la commune qu'au commis-
sariat de l'arrondissement. Chacun peut aussi prendre ins-
pection et copie des autres pièces mentionnées ci-dessus .
Art. 22. Tout individu indûment inscrit, omis ou rayé
sur les listes , peut exercer un recours devant la cour
L
d'appel du ressort.
Tout individu jouissant des droits civils et politiques
peut, quant aux listes des électeurs pour le conseil de
prud'hommes, exercer un recours contre les inscriptions ,
radiations ou omissions de noms d'électeurs dans le res-
sort où il est domicilié .
Toutefois , aucune demande d'inscription ou de radia-
tion relative aux listes électorales des prud'hommes ne
sera reçue par la cour si elle n'a fait préalablement
l'objet d'une réclamation régulière, appuyée de toutes
les pièces dont les requérants entendent faire usage ,
devant le collège des bourgmestre et échevins qui est
tenu d'en donner récépissé.
Art. 23. Si le tiers réclamant dans le cas prévu par
l'article précédent vient à décéder avant qu'il ait été défi-
nitivement statué sur l'affaire, tout individu jouissant des
mêmes droits peut, en tout état de cause, adhérer au
recours formé devant la cour d'appel .
Les actes de procédure accomplis et les décisions ren-
dues restent acquis à l'instance qui est continuée au nom
de l'adhérent .
382 LOIS USUELLES .
L'acte d'adhésion doit, à peine de nullité, être déposé
dans les dix jours de la date du décès du tiers réclamant.
Si le décès survenait avant le 25 juin, le dépôt aura licu
au commissariat de l'arrondissement ; dans le cas con-
traire , il sera fait au greffe de la cour d'appel.
Le fonctionnaire qui le reçoit doit en donner récé-
pissé .
L'acte d'adhésion doit être notifié dans les cinq jours
aux parties .
Art. 24. Le recours doit être fait ou remis au commis-
sariat d'arrondissement .
Il est fait par requête ou par déclaration, soit en
personne, soit par fondé de pouvoirs ; il est, s'il y a
licu , dénoncé par exploit d'huissier à la personne inté-
ressée, le tout au plus tard le 31 mars , à peine de nullité.
Il est inscrit à sa date dans un registre spécial ; le fonc-
tionnaire qui le reçoit doit en donner récépissé.
Si la notification prévue par l'article 17 est faite tar-
divement , le recours du chef de radiation sera encore
recevable dans les dix jours à dater de cette notification .
La déchéance ne peut être opposée si aucune notifica-
tion de l'espèce n'a été faite par le collège des bourg-
mestre et échevins .
Art. 25. Immédiatement après l'expiration du délai
fixé à l'article précédent, le commissaire d'arrondisse-
ment dressera, par commune, les listes des recours ten-
dant à inscription ou à radiation d'électeurs en mention-
nant, s'il y a lieu, les noms et domiciles des tiers
réclamants et la date de la réclamation devant le
collège échevinal.
Il transmettra ces listes aux administrations commu-
nales et en affichera en même temps un double au com-
missariat .
Les listes transmises aux administrations communales
seront, par les soins de celles-ci, affichées immédiatement
après réception et demeureront affichées pendant dix
jours.
Si la demande en est faite, ces listes seront imprimées
ou autographiées . Il en sera délivré des exemplaires dès
le 8 avril à toute personne qui en aura fait la demande
avant le 1er avril .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 383
Le prix en est fixé par le gouvernement, sans qu'il
puisse dépasser 5 francs par chaque millier de recours .
Art. 26. Tout individu jouissant des droits civils et
politiques peut, dans les dix jours de cet affichage, inter-
venir dans les contestations relatives à inscription ou à
radiation d'électeurs sur les listes électorales pour le
conseil de prud'hommes , dans le ressort de son domi-
cile.
L'intervention se fait par requête à la cour d'appel,
remise au commissariat d'arrondissement. Elle est noti-
fiée dans le même délai à l'intéressé et, s'il y a lieu, au
tiers requérant, et la preuve de la notification est jointe
à la requête ; le tout à peine de nullité .
Elle est inscrite à sa date au registre mentionné à
l'article 24 de la présente loi.
Art. 27. Le commissaire d'arrondissement, agissant
d'office, pourra exercer les droits de recours et d'inter-
vention mentionnés aux articles 22 et 26 de la présente
loi.
Il inscrira ses recours et interventions à leurs dates au
registre à ce destiné et les notifiera à toutes les parties
intéressées , à peine de nullité .
Ce registre pourra être consulté par les parties en
cause .
Art. 28 .. Les requérants et ceux dont l'inscription est
demandée devront déposer leurs écrits de conclusions au
plus tard le 30 avril .
Les défendeurs sur une demande de radiation et les
intervenants produiront leurs pièces et conclusions en
réponse au plus tard le 31 mai.
Les parties qui auront usé du droit de conclure avant
le 30 avril , auront, du 1er au 15 juin, un nouveau délai
pour répliquer par production de pièces et de conclu-
sions .
Celles qui auront usé du droit de conclure avant le
31 mai, auront à mêmes fins un nouveau délai du 16 au
30 juin .
Toute personne dont l'inscription sur les listes élec-
torales est demandée sera présumée Belge si elle est née
en Belgique d'un père né lui-même en Belgique ; la
preuve contraire est réservée aux intervenants .
384 LOIS USUELLES .
Art. 29. Le commissaire classera toutes les réclama-
tions avec les pièces qui s'y rapportent en dossiers sépa-
rés . Toutes les pièces seront, dès leur réception, par lui
paraphées , datées et numérotées. Elles seront inscrites,
avec leur numéro d'ordre, dans l'inventaire qui sera joint
à chaque dossier.
Les pièces et conclusions produites ne pourront plus
être retirées .
Les dossiers seront tous les jours et pendant les heures
de bureau soumis à l'examen des parties ; ceux relatifs
aux causes pouvant donner lieu à intervention resteront,
en outre, à l'examen de tous les tiers jusqu'à l'expiration
des délais d'intervention . 1
Art . 30. Toutes les affaires dont les parties reconnaî-
tront de commun accord et par déclaration écrite, au plus
tard le 10 juin, que l'instruction est terminée , seront, dès
cette date, envoyées par le commissaire d'arrondisse-
ment au greffe de la cour d'appel.
Ce fonctionnaire joindra à cet envoi un exemplaire des
listes électorales tant provisoires que définitives .
Art. 31. Le 5 juillet, tous les dossiers demeurés au
commissariat d'arrondissement seront transférés au
greffe de la cour d'appel, à la diligence du commissaire
qui les aura classés par communes et cantons de justice
de paix .
Art . 32. Après le 30 juin, toute production de pièces
ou conclusions nouvelles, à l'exception des simples
mémoires , est interdite .
Toutefois, la cour d'appel pourra autoriser une partie
à produire de nouvelles pièces et conclusions si cette
production est nécessitée par le dépôt tardivement opéré
par l'adversaire et à condition que cette partie spécifie
les documents qu'elle entend verser au procès .
Dans ce cas , si la cour estime qu'il y a faute ou négli-
gence de la part du plaideur qui a tardivement déposé
ses documents, elle pourra, à titre de pénalité, le con-
damner à tout ou partie des dépens, quelle que soit l'issue
du procès .
La cour pourra aussi d'office ordonner, si elle le juge
convenable, la production de telles pièces qu'elle indi-
quera.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES. 385
Art. 33. La cour d'appel juge conformément aux dis-
positions des nos 9, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 79 et 80 des lois
électorales coordonnées .
Art. 34. Le recours est suspensif de tout changement
à la dernière liste en vigueur.
Art. 35. Le recours en cassation se fait conformément
aux dispositions des nos 82, 83 , 84, 85, 86, 87, 88 , 89, 90, 92
et 93 des lois électorales coordonnées .
Art . 36. Le greffier de la cour de cassation informe
les greffiers des cours d'appel de l'admission ou du rejet
des pourvois contre les arrêts de leurs cours .
Au plus tard le 15 octobre de chaque année, les greffiers
des cours d'appel transmettent au gouverneur un état des
arrêts passés en force de chose jugée, à défaut ou par
rejet de pourvoi, avec les indications nécessaires pour
faire les changem
changements ordonnés par les arrêts .
Art. 37. Le gouverneur arrête les listes électorales de
chaque commune ou des communes réunies pour le vote
par application de l'article 43 , conformément aux
arrêts passés en force de chose jugée et aux indications
données .
Il les fait mettre à exécution avant le 1er mars qui suit
l'année de la revision (1).
Art. 38. Sont éligibles les électeurs âgés de trente ans
Caccomplis.
Art. 39. Peuvent être appelés à faire également partie
des conseils de prud'hommes, les chefs d'industrie retirés
et les anciens ouvriers, pourvu qu'ils réunissent les autres
conditions de capacité. Toutefois, les membres de cette
catégorie ne pourront jamais former plus du quart du
nombre total des membres du conseil.
Cette proportion sera appliquée séparément aux patrons
et aux ouvriers tant pour les prud'hommes effectifs que
pour les suppléants .
Les contremaîtres et les patrons inscrits au rôle d'équi-
page d'un navire de pêche ne pourront jamais former
Plus du quart des membres du conseil.
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé
tel qu'il est reproduit ci-dessus.
386 LOIS USUELLES .
Art. 40. Ne sont pas éligibles ceux qui exercent la
profession d'aubergiste ou de débitant de boissons.
L'établissement tenu par la femme de l'électeur sera
considéré comme étant tenu par le mari, pour l'applica-
tion de cette disposition .
Art. 41. Toute condamnation à une peine criminelle
ou à une peine d'emprisonnement dépassant six mois ,
emporte privation du droit de faire partie d'un conseil de
prud'hommes .
Art. 42. Deux chefs d'industrie du même établissement
ou de la même raison sociale, ainsi que deux ouvriers
attachés au même atelier ne peuvent faire partie du même
conseil de prud'hommes .
Les membres du conseil ne peuvent être ni parents ni
alliés jusqu'au deuxième degré inclusivement.
Si des candidats se trouvant dans les conditions prévues
aux SS 1er et 2 du présent article, sont élus au même tour
de scrutin, celui qui a obtenu le plus de voix est seul
admis ; en cas de parité de suffrages , le plus âgé est
préféré .
Art . 43. Le vote a licu à la commune .
Toutefois, les communes qui comptent moins de
30 électeurs pourront être réunies pour former une sec-
tion de vote à une ou plusieurs communes contiguës .
Le groupement de ces communes est opéré par arrêté
royal, la députation permanente entendue .
L'arrêté indique la commune où il est procédé au
vote.
Les collèges échevinaux délivrent à chaque électeur
une carte d'identité valable pour trois années .
Cette carte est remise à domicile par un agent de la
police communale qui en retire récépissé, ou, à défaut de
récépissé, constate la remise par une déclaration qui fait
foi jusqu'à preuve contraire.
Les collèges échevinaux convoquent les électeurs :
1º par affiches, apposées au moins dix jours avant celui
de l'élection ; 2º par circulaires, adressées aux électeurs
au moins cinq jours avant celui de l'élection ; les unes et
les autres indiquant le jour, l'heure et le local où l'élec-
tion a lieu , ainsi que le nombre et la profession des
prud'hommes à élire.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 387
Tout arrêté de convocation d'un collège pour les élec-
tions des prud'hommes fixe le jour du ballottage éventuel
en laissant, entre le premier et le deuxième scrutin, un
intervalle d'au moins treize jours francs (1) .
Art. 44. Les chefs d'industrie, réunis en assemblée
( particulière, nomment lesprud'hommeschefsd'industrie.
Les ouvriers, également réunis en assemblée particu-
lière, nomment les prud'hommes ouvriers .
Art. 45. Les électeurs ne sont admis au vote que sur
la présentation de leur carte d'identité .
Toutefois, le bureau sera tenu d'admettre ceux qui
seront portés sur la liste dressée par le gouverneur et
qui justifieront de leur identité.
Art. 46. Lorsque le nombre des électeurs de la com-
mune ou des communes réunies pour le vote n'excède
pas 400, ils ne forment qu'une seule section de vote ; dans
le cas contraire, le gouverneur les répartit en autant de
sections qu'il le juge nécessaire . Dans aucun cas une sec-
tion ne peut comprendre plus de 400 ni moins de 30 élec-
teurs .
Il est assigné à chaque section un local distinct .
On peut, si le nombre des sections l'exige, en convoquer
plusieurs, mais en aucun cas, plus de cinq, dans des salles
faisant partie d'un même bâtiment.
Le classement des électeurs par section s'opère par
catégorie d'industrie et en suivant l'ordre alphabétique .
Un double de la liste électorale pour chaque section est
transmis au président de celle-ci.
Le gouverneur détermine l'ordre des sections par can-
ton en commençant par le chef-lieu .
Dans chaque assemblée, le premier bureau de la com-
mune siège du conseil fonctionne comme bureau prin-
cipal (1).
Art. 47. Chacune des sections électorales est présidée
par un membre du conseil communal du lieu où se fait
l'élection , à désigner par le collège des bourgmestre et
échevins .
En cas d'insuffisance du nombre des conseillers ou
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé te¹
qu'il est reproduit ci-dessus.
17
388 LOIS USUELLES .
d'empêchement de leur part, le collège des bourgmestre
et échevins peut désigner des conseillers appartenant aux
communes du ressort les plus rapprochées .
Le gouverneur dresse par canton un tableau des
présidents des bureaux de vote, en indiquant sous chaque
section le nombre des électeurs qui sont appelés à y
voter.
Dix jours au moins avant l'élection, il adresse un
exemplaire de ce tableau au président du bureau prin-
cipal (1) .
Art. 48. Le président de chaque bureau désigne comme
assesseurs, dix jours au moins avant l'élection, les deux
électeurs de la section les moins âgés parmi ceux ayant
au moins trente ans .
Dans les quarante-huit heures de la désignation des
assesseurs , le président les informe par lettre ouverte et
recommandée ; en cas d'empêchement, ils doivent aviser
le président dans les quarante-huit heures de l'informa-
tion . Le président les remplace dans l'ordre indiqué
ci-dessus .
Si, à l'heure fixée pour l'élection, les assesseurs nt
défaut, le président complète le bureau d'office, au moyen
des électeurs présents .
Le secrétaire est nommé par le président, soit dans le
collège électoral, soit en dehors . Il n'a pas voix délibé-
rative.
Les présidents, secrétaires et témoins votent, s'il y a
lieu, dans les sections où ils remplissent leur mandat (1) .
Art. 49. Les présidents et les assesseurs des bureaux
de vote appelés à fonctionner comme bureaux de dépouil-
lement prêtent le serment suivant :
" Je jure de recenser fidèlement les suffrages et de
garder le secret des votes . »
Les présidents et les assesseurs des bureaux de vote
non appelés à fonctionner comme bureaux de dépouille-
ment, les secrétaires et les témoins des candidats prêtent
le serment suivant : « Je jure de garder le secret des
votes . "
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 389
Le serment est prêté avant le commencement des
opérations, savoir : par les assesseurs , le secrétaire et
les témoins entre les mains du président, et par celui-ci
en présence du bureau constitué.
Le procès-verbal fait mention de ces prestations de
serment (1).
Art. 50. Les candidats doivent être proposés au moins
quinze jours avant celui du scrutin.
Vingt jours au moins avant celui de l'élection, le pré-
sident du bureau principal publie un avis fixant les lieu,
jours et heures auxquels il recevra les présentations des
candidats et les désignations des témoins . L'avis indique
pour la réception des présentations des candidats , deux
jours au moins, en y comprenant le quinzième jour pré-
cédant celui du scrutin et trois heures au moins pour
chacun de ces jours. Pour les désignations des témoins,
il indique deux heures au moins du cinquième jour pré-
cédant l'élection .
Les propositions doivent être signées par 25 électeurs
au moins , dans les ressorts comptant plus de 1,000 élec-
teurs, et par 10 électeurs au moins, dans les autres
ressorts .
Elles sont remises par trois des signataires au prési-
dent du bureau principal, qui en donne récépissé .
Elles indiquent les noms , prénoms , domicile et profes-
sion des candidats et des électeurs qui les présentent.
Elles sont datées.
Elles contiennent séparément l'indication des fonctions
de membre effectif ou de membre suppléant, sollicitées
par les candidats présentés .
Les candidats sont inscrits dans l'ordre alphabé-
tique (1) .
Art. 50 bis . La disposition de l'article 165 du code
électoral, quirègle la désignation des témoins, est appli-
cable aux élections pour les conseils de prud'hommes ,
sauf l'avant-dernier alinéa de cet article (2).
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8janvier 1897 et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus.
(2) Nouvelledisposition ajoutée au texte de l'arrêté par l'arrêté royal du
8 janvier 1897.
300 LOIS USUELLES .
Art. 51. Les candidats proposés acceptent la candida-
ture, soit verbalement, en se présentant accompagnés de
deux témoins par-devant le président du bureau princi-
pal , soit par une déclaration écrite et signée qui est
remise à ce président.
L'acceptation d'une candidature doit être attestée au
moment de la remise de la proposition.
Cette acceptation contient l'affirmation, faite par les
candidats , qu'ils remplissent les conditions exigées pour
l'éligibilité .
Art. 52. A l'expiration du terme utile pour la présen-
tation des candidats, le bureau principal des chefs d'in-
dustrie et le bureau principal des ouvriers arrêtent défi-
nitivement la liste des candidats auxquels les suffrages
peuvent être valablement accordés .
Ces listes sont immédiatement affichées dans toutes les
communes du ressort (1).
Art . 53. Si à l'expiration du même délai une seule
liste de candidats a été présentée, le bureau principal en
dressera procès-verbal et proclamera élus les candidats .
Art. 54. Le bureau principal formule et fait imprimer
les bulletins de vote. L'emploi de tous autres bulletins est
interdit .
Art. 55. Les collèges électoraux ne peuvent s'occuper
que de l'élection pour laquelle ils sont convoqués .
Art . 56. Deux exemplaires au moins des dispositions
législatives en vigueur sur les conseils de prud'hommes
sont mis dans la salle du vote à la disposition des élec-
teurs .
Art . 57. Les électeurs formulent leurs votes en obser-
vant le mode de votation prescrit par les lois électorales
coordonnées, sauf les modifications apportées par l'arrêté
royal du 2 octobre 1896 (1) .
Art. 57 bis . Lorsque le scrutin est clos , le bureau
arrête le chiffre des bulletins déposés dans l'urne, des
bulletins repris et des bulletins non employés . Ces chiffres
sont consignés au procès-verbal . Le président ouvre
ensuite l'urne et en met le contenu sous enveloppe scellée
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 391
des cachets de tous les membres du bureau, enindiquant
sur l'enveloppe le bureau de vote, le nombre des votants
et celui des bulletins .
Il place sous enveloppes spéciales , également scellées,
les bulletins repris et les bulletins non employés . La
suscription de ces enveloppes en indique le contenu.
Le président ou l'un des assesseurs qu'il désigne ,
accompagné
mpagné des témoins, transporte aussitôt ces divers
plis au bureau de dépouillement. Il lui en est donné
récépissé (1).
Art. 58. Il est procédé aux élections par scrutin de
liste. Nul n'est élu au premier tour de scrutin, s'il ne
réunit plus de la moitié des voix.
Si tous les membres du conseil n'ont pas été nommés au
premier tour de scrutin, le bureau principal fait une
liste des candidats de la même catégorie qui ont obtenu
le plus de voix.
Čette liste contient, s'il est possible, deux fois autant
de noms qu'il y a encore de prud'hommes à élire .
Au jour fixé par l'arrêté de convocation du collège, le
scrutin de ballottage est ouvert entre les candidats sans
convocation nouvelle des électeurs en observant les for-
malités prescrites pour le premier tour de scrutin et
sous la présidence du bureau qui l'a dirigé.
La nomination a lieu à la pluralité des votes .
S'il y a parité de suffrages, le candidat le plus âgé est
préféré.
Art. 59. Le dépouillement a lieu aux chefs-lieux de
canton compris dans le ressort du conseil .
Il y a un bureau de dépouillement par 1,200 électeurs .
Les bureaux de vote établis au chef-lieu du canton sont
appelés à fonctionner comme bureaux de dépouillement
suivant l'ordre des sections .
Dans le cas où ils seraient en nombre insuffisant, il est
formé un ou plusieurs bureaux de dépouillement compo-
sés de la manière prévue à l'article 178 du code électoral .
La désignation des témoins pour les bureaux ainsi formés a
lieu conformément à l'article 179 bis du code électoral .
(1) Nouvelle disposition ajoutée au texte de l'arrêté par l'arrêté royal du
8 janvier 1897.
392 LOIS USUELLES .
Chaque bureau de dépouillement vérific, outre le scru-
tin qu'il a reçu, les bulletins provenant des sections qui
lui ont été attribuées par un tirage au sort effectué par le
bureau principal trois jours avant celui de l'élection. Се
tirage au sort se fait d'après un lotissement combiné de
manière à répartir le nombre total des électeurs aussi
é[Link] possible entre les différents burcaux de
dépouillement du canton.
Le président du bureau principal donne immédiate-
ment connaissance aux présidents des bureaux de vote
du lieu de réunion du bureau chargé de dépouiller les
bulletins de leur section.
Lorsque le ressort du conseil comprend des communes
appartenant à un canton judiciaire dont le chef-lieu ne
fait point partie du ressort, le gouverneur, après avoir
pris l'avis des collèges échevinaux des communes inté-
ressées , détermine le chef-lieu de canton où les sections
de vote établies dans chacune de ces communes seront
dépouillées . Ces sections entrent en ligne de compte
pour établir, conformément à l'article 46, l'ordre des
sections de ce canton (1).
Art. 59 bis . Lorsque
dedépouillementareçu
qui lui sont destinés, le président, en pré-
sence des membres du bureau et des témoins, ouvre les
plis et compte, sans les déplier, les bulletins qu'ils con-
tiennent. Il peut charger un ou deux membres du bureau
de procéder simultanément avec lui au dénombrement
des bulletins .
Le nombre des bulletins trouvés sous chaque pli est
inscrit au procès-verbal .
Les enveloppes contenant les bulletins repris et non
employés ne sont pas ouvertes .
Le procès-verbal des opérations est dressé séance
tenante et porte les signatures des membres du bureau et
des témoins .
Les résultats du recensement des suffrages y sont ren-
seignés dans l'ordre et d'après les indications d'un tableau
modèle à dresser par le président du bureau principal .
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1867 et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES. 393
Ce tableau indique notamment :
1º Le nombre des bulletins trouvés dans les urnes ;
2º Le nombre des bulletins blancs ou nuls ;
3º Le nombre des suffrages obtenus par chaque can-
didat.
Un double du tableau dûment certifié conforme et
signé par le président est mis sous enveloppe cachetée à
l'adresse du bureau principal. L'enveloppe porte pour
suscription la désignation du conseil et de l'assemblée
pour lesquels l'élection a lieu, la date de l'élection et la
mention : " Résultat du dépouillement des bulletins reçus
dans les bureaux nos ... ," . Ces inscriptions figurent
également en tête du document placé sous enveloppe.
Cette enveloppe est portée aussitôt par le président,
accompagné des témoins, au bureau de poste le plus voi-
sin. Il lui en est donné récépissé .
Le procès-verbal est également
également placé sous enveloppe
cachetée dont la suscription indique le contenu. Cette en-
veloppe et celles qui contiennent les procès-verbaux des
bureaux de vote sont réunies en un paquet fermé et
cacheté que le président fait parvenir au gouverneur en
application de l'article 63 (1 ).
Art . 59 ter. Le lendemain, à midi, le président du
bureau principal et les témoins se rendent au bureau de
poste et y reçoivent les plis à l'adresse du bureau contre
récépissé . Le président ouvre les plis contenant les
tableaux de recensement dont il est question à l'arti-
cle 59bis, en présence du bureau et des témoins, et le
bureau procède aussitôt au recensement des voix .
Toutefois lorsque le dépouillement n'a lieu que dans la
commune siège du conseil, les plis contenant les tableaux
de recensement sont immédiatement portés par le prési-
dent de chaque bureau de dépouillement, accompagné
des témoins , au bureau principal qui procède au recen-
sement des votes soit immédiatement, soit le lendemain
àmidi (1) .
Art. 60. Les bulletins nuls n'entrent point en compte
pour fixer le nombre des votants.
(1) Nouvelledisposition ajoutée au texte de l'arrêté par l'arrêté royal du
8janvier 1897.
394 LOIS USUELLES .
Art . 61. Sont nuls :
10 Tous les bulletins autres que ceux dont l'usage est
permis par la présente loi ;
2º Les bulletins dont l'usage est permis , s'ils ne con-
tiennent l'expression d'aucun suffrage ou s'ils donnent
plus d'un suffrage à une même personne ou s'ils expri-
ment plus de suffrages qu'il n'y a de membres à élire :
3º Les mêmes bulletins si, par un signe, une rature,
une marque quelconque, non autorisés par la loi, ils sont
rendus réconnaissables, ou s'ils contiennent, à l'intérieur,
un papier ou un objet quelconque .
Art. 62. Un arrêté royal pourra, par dérogation aux
articles 54 , 57, 59 , 60 et 61 , prescrire un autre système
de votation .
Art. 63. Les procès-verbaux de l'élection, rédigés et
signés séance tenante par les membres de chaque bureau
principal, les procès-verbaux des bureaux de vote et de
dépouillement, les listes des votants et les listes des élec-
teurs, les bulletins électoraux , les bulletins repris et les
bulletins non employés seront adressés, dans le délai de
trois jours , au gouverneur. Un double des procès-ver-
baux , rédigé et signé par les membres de chaque bureau
principal, sera déposé au secrétariat de la commune,
siège du conseil de prud'hommes , où chacun pourra en
prendre connaissance .
Les bulletins sont détruits lorsque l'élection est défini-
tivement validée ou annulée (1) .
Art. 64. Il est statué par la cour d'appel sur les récla-
mations tendant à faire annuler, pour irrégularité grave,
l'élection des membres des conseils de prud'hommes.
Toute demande d'annulation totale ou partielle de
l'élection pour irrégularité grave doit, à peine de dé-
chéance, être formée dans les dix jours de la date du
procès-verbal , par le gouverneur, les intéressés ou les
électeurs .
Elle est remise par écrit au greffier provincial, qui est
tenu d'en donner récépissé, et elle est notifiée aux inté-
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé tel
qu'il est reproduit ci- dessus .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 395
ressés par exploit d'huissier, le tout dans le délaiindiqué
à l'alinéa précédent sous peine de nullité .
Après l'expiration de ce délai, les demandes d'annu-
lation sont, avec toutes les pièces relatives à l'élection ,
transmises immédiatement par le greffier provincial au
greffier de la cour d'appel, qui doit en accuser réception .
Le dossier peut ensuite être consulté pendant huit
jours par les parties en cause.
La cour d'appel statue conformément aux dispositions
des nos 72, 73, 74, 75, 76, 77, 79 et 80 des lois électorales
coordonnées .
Le recours en cassation est ouvert au procureur géné-
ral près la cour d'appel et aux parties en cause .
Les dispositions des nos 83, 84, 85, 86 et 94, § 1er, des lois
électorales coordonnées sont applicables à ce recours .
Les parties peuvent se prévaloir des dispositions des
nos 88, 89, 90 et 91 des lois électorales coordonnées .
Les greffiers des cours d'appel transmettent successi-
vement aux gouverneurs une copie des arrêts passés en
force de chose jugée , à défaut ou par rejet de pourvoi.
En cas d'annulation totale ou partielle, à moins qu'il
ne s'agisse que d'un seul mandat, les opérations invali-
dées sont recommencées dans le mois de la réception de
la copie de cesarrêts au gouvernement provincial.
Art. 65. Τous les trois ans, au mois de mars, les
prud'hommes et leurs suppléants sont renouvelés par
moitié.
Les sorties ont lieu par séries composées en nombre
égal de chefs d'industrie et d'ouvriers.
Lors du premier renouvellement, l'ordre de sortie est
déterminé par le sort (1).
Art. 66. Il est procédé pour le renouvellement du
conseil d'après le mode prescrit aux articles 43 et sui-
vants .
Art. 67. Lorsque , par suite de décès ou de démission ,
le nombre des membres de l'une ou de l'autre catégorie
du conseil , y compris celui des suppléants, se trouvera
(1) Cet article a été modifié par l'arrêté royal du 8 janvier 1897 et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus.
17.
396 LOIS USUELLES .
réduit de plus de moitié, les électeurs seront convoqués
extraordinairement pour compléter le conseil .
Tout membre élu en remplacement d'un autre membre
ne demeure en fonctions que pendant la durée du mandat
contié à son prédécesseur.
Tout prud'homme qui s'absente des séances pendant
deux mois consécutifs , sans autorisation du conseil ou
sans motif légitime, ou qui, pendant le cours de son man-
dat, cesse de posséder les conditions voulues pour être
éligible, sera déclaré démissionnaire par la cour d'appel
dans le ressort de laquelle le conseil de prud'hommes
est situé .
Toutefois , les décisions auxquelles il aurait participé,
ne pourront être attaquées de ce chef, s'il n'a pas été
récusé par une des parties en cause .
La démission pourra être provoquée soit par une dé-
libération du conseil qui en transmettra le procès-verbal
au procureur général, soit par l'une des parties en ins-
tance devant le conseil qui observera les formalités pres-
crites par les articles 109 et 110, sauf les modifications
résultant du présent article.
Dans le cas où la démission est provoquée par une déli-
bération du conseil, avis en est donné par huissier au
prud'homme en cause.
Celui-ci, s'il le juge à propos, fera parvenir son oppo-
sition au procureur général , dans les deux jours de la
signification de l'avis du conseil.
La cour d'appel statuera dans la huitaine . L'arrêt sera
communiqué au président du conseil de prud'hommes et
au gouverneur de la province .
Le recours en cassation est ouvert au procureur géné-
ral près la cour d'appel et aux parties en cause.
La décision sera communiquée par le greffier de la
cour au président du conseil de prud'hommes et au gou-
verneur de la province .
Art. 68. Les prud'hommes et leurs suppléants prêtent
le serment prescrit par le décret du Congrès, en date du
20 juillet 1831 , savoir : le doyen d'âge qui préside la
réunion préparatoire du conseil, entre les mains du gou-
verneur ou de son délégué ; les autres membres titulaires
ou suppléants, entre les mains du doyen d'âge .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 397
Après la réception du serment, le conseil de prud'-
hommes est déclaré installé. Tout prud'homme qui s'abs-
tient de prêter serment est considéré comme démission-
naire .
Art. 69. Le président et le vice-président sont nom-
més par arrêté royal , soit dans le sein du conseil, soit en
dehors sur une liste double de candidats choisis, les uns
par les prud'hommes chefs d'industrie, les autres par les
prud'hommes ouvriers .
Le président et le vice-président ne peuvent être choi-
d sis parmi les candidats d'une même liste. La durée de
leurs fonctions est de trois ans. Ils sont rééligibles.
Le président et le vice-président, avant leur entrée
en fonctions, prêtent le serment prescrit par l'article
précédent, le président du conseil entre les mains du
gouverneur ou de son délégué, le vice-président entre
les mains du président.
Lorsqu'un conseil de prud'hommes comprend plusieurs
chambres spéciales, celles-ci nomment dans leur sein un
président et un vice-président, conformément au règle-
ment d'ordre intérieur du conseil .
Art. 70. Dans toute délibération, en cas de partage, la
voix du président est prépondérante.
Art. 71. Un greffier est attaché à chaque conseil de
prud'hommes; il est nommé par arrêté royal , sur la pré-
sentation d'une liste double de candidats dressée par le
conseil de prud'hommes .
En cas d'empêchement du greffier, le conseil de prud'-
hommes assume un commis greffier.
Par mesuretransitoire, les greffiers et commis greffiers
des conseils actuellement existants, rempliront les mêmes
fonctions auprès de tous les conseils de prud'hommes qui
viendraient à être établis dans le même ressort .
A mesure des décès ou de la démission de ces agents ,
la règle précédente reviendra applicable .
Art. 72. Le greffier et le commis greffier, avant d'en-
trer en fonctions, prêtent, entre les mains du président
du conseil , le serment prescrit par l'article 68 .
Art. 73. Chaque conseil de prud'hommes forme dans
son sein un bureau qui a pour mission de concilier les
parties.
398 LOIS USUELLES .
Le bureau de conciliation se compose de deux membres
pris, l'un parmi les chefs d'industrie et l'autre parmi les
ouvriers .
Deux membres suppléants, choisis dans l'une et l'autre
catégorie, sont désignés pour remplacer, le cas échéant,
les membres effectifs . 1
Le greffier assiste aux séances du bureau de concilia-
tion.
Celui- ci est renouvelé tous les trois mois. Les mêmes
membres peuvent être réélus .
Toute affaire non conciliée est renvoyée devant le con-
seil.
Art. 74. Le bureau de conciliation tient au moins une
séance par semaine.
Le président du conseil peut convoquer extraordinai-
rement le bureau de conciliation .
Il peut aussi, d'après la nature des affaires et en se
conformant au § 2 de l'article 73, renvoyer les parties en
conciliation devant deux membres du conseil autres que
ceux qui composent le bureau de conciliation .
Art. 75. Nulle affaire ne peut être déférée au conseil
qu'après avoir été soumise au bureau de conciliation .
Le conseil ne procède au jugement qu'après avoir éga-
lement épuisé la voie de la conciliation.
Art. 76. Le conseil ne peut siéger que moyennant la
presencedeconseguennantla
de prud'hommes ouvriers. Ce nombre est au moins de
deux prud'hommes patrons et de deux prud'hommes
ouvriers . Le président et le vice-président, s'ils ont été
choisis hors du conseil , ne sont pas comptés pour former
ce nombre minimum .
La présence du président ou du vice-président est tou-
jours requise .
Depuis l'installation du conseil jusqu'à l'entrée en fonc-
tions du président ou du vice-président, le conseil sera
présidé par le plus âgé des membres présents .
Art. 77. Chaque fois que les prud'hommes d'une des
catégories se présenteront en nombre supérieur aux
prud'hommes de l'autre catégorie, le conseil désignera,
de commun accord , les membres de la catégorie la plus
nombreuse qui devront se retirer afin d'établir l'égalité .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 399
En cas de désaccord, les membres les plus jeunes ne
prendront point part au jugement.
Art. 78. Si , au jour de l'audience, les membres pré-
sents ne se trouvent point dans les conditions requises
pour siéger, aux termes de l'article 76, les affaires seront
remises à une prochaine audience.
Si, à cette seconde audience, la même circonstance se
reproduit , les prud'hommes présents dressent un procès-
verbal déclarant que le conseil n'a pu siéger et indi-
quant les noms des membres absents aux deux audiences .
Če procès-verbal est transmis sur l'heure au procureur
général .
Les prud'hommes absents seront traduits devant la
cour d'appel du ressort , qui, s'ils ne peuvent justifier
leur absence par des raisons valables, les condamnera
à une amende de 26 à 200 francs et à un emprisonne-
ment de trois à huit jours ou à l'une de ces peines seule-
ment.
Les prud'hommes ainsi condamnés seront réputés dé-
missionnaires .
Après la seconde audience, chacune des parties en cause
sera libre de porter la contestation devant le juge de paix.
La compétence du juge de paix au point de vue du
ressort et sa compétence territoriale, tant pour la de-
mande principale que pour la demande reconventionnelle.
ou en compensation, sont fixées conformément à la pré-
sente loi .
L'appel sera porté devant le tribunal de commerce ou
devant le tribunal civil, suivant les distinctions établies à
l'article 86 .
Art. 79. Dans le cas de l'article précédent, après la
première audience, le greffier convoquera les prud'-
hommes , par écrit et à domicile, pour l'audience suivante.
Le bulletin de convocation devra être remis au moins
trois jours francs avant celui de la réunion. Il fera men-
tion de l'impossibilité où s'est trouvé le conseil de se
constituer et rappellera les dispositions des quatre pre-
miers paragraphes de l'article 78 .
Art. 80. Le conseil tient au moins deux séances par
mois ; en cas d'urgence, il peut être convoqué extraordi-
nairement par le président.
400 LOIS USUELLES .
TITRE II . De la compétence des conseils de prud'hommes.
Art. 81. Les conseils de prud'hommes connaissent des
contestations, soit entre ouvriers, soit entre chefs d'in-
dustrie et leurs ouvriers , des deux sexes, pour tout fait
d'ouvrage, de travail et de salaire , concernant la branche
d'industrie exercée par les justiciables .
La compétence, quant au lieu, est fixée par la situation
de la fabrique, et, pour les ouvriers travaillant à domi-
l'engagement a été contracté.
cile, par l'endroit où reng
Art. 82. Sans préjudice des poursuites devant les tri-
bunaux ordinaires, les conseils de prud'hommes pourront
réprimer, par voie disciplinaire, tout acte d'infidélité,
tout manquement grave et tout fait tendant à troubler
l'ordre et la discipline de l'atelier .
La peine ne pourra excéder 25 francs d'amende .
Art. 83. L'appel des sentences qui prononceront
l'amende sera porté devant le tribunal civil de première
instance de l'arrondissement du siège du conseil de
prud'hommes. Il devra être formé, sous peine de dé-
chéance, par une déclaration faite, au greffe du conseil ,
dans le délai de huit jours à dater de la prononciation, ou
de la signification du jugement s'il est par défaut.
La personne condamnée par défaut par le conseil de
prud'hommes pourra s'opposer à l'exécution du jugement
par déclaration au bas de l'acte de signification ou par
déclaration faite au greffe du conseil, dans les trois jours
de la signification . L'opposition emportera de droit cita-
tion à la première audience .
Elle sera non avenue si l'opposant n'y comparaît pas,
et le jugement que le conseil aura rendu sur l'opposition
ne pourra être attaqué par la partie qui l'aura formé, si
ce n'est par appel, ainsi qu'il a été dit ci-dessus .
Art. 84. Les infractions prévues à l'article 82 se pres-
crivent par quinze jours. Ce délai court, pour les faits
commis à bord des bateaux de pêche, du jour de la ren-
trée du bateau au port .
Art. 85. Les parties peuvent toujours , de commun
accord, se présenter devant les prud'hommes , pour être
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 401
conciliées par eux, même sur les différends en dehors de
la compétence du conseil ; dans ce cas , elles sont tenues
de déclarer qu'elles demandent leurs bons offices .
Cette déclaration est signée par les intéressés , ou
mention en est faite, s'ils ne savent ou ne peuvent pas
signer .
La disposition qui précède est également applicable
aux contestations des chefs d'industrie entre eux .
Art . 86. Les conseils de prud'hommes connaissent des
demandes de leur compétence jusqu'à 200 francs , sans
appel , et, à charge d'appel, à quelque valeur que la
demande puisse monter.
Il n'y aura lieu à l'appel des sentences préparatoires ou
interlocutoires qu'après les sentences définitives et con-
jointement avec l'appel de ces dernières .
L'appel sera porté devant le tribunal de commerce , sauf
pour les affaires des mines, dont connaîtra le tribunal
civil de première instance.
Art. 87. Lorsqu'à la demande principale il est opposé
une demande reconventionnelle ou en compensation, et
que chacune d'elles est susceptible d'être jugée en dernier
ressort, le conseil, de prud'hommes prononce sur toutes
sans appel . Si l'une des demandes n'est susceptible d'être
jugée qu'à charge d'appel, il ne sera prononcé sur toutes
qu'enpremier ressort.
Art. 88. Le conseil de prud'hommes, en cas d'absence
ou d'empêchement du mari ou tuteur, peut autoriser la
femme à ester en justice, et nommer au mineur un tuteur
ad hoc pour remplacer dans l'instance le tuteur absent ou
empêché.
Art. 89. Les dispositions qui régissent actuellement
les attributions des conseils de prud'hommes sur les des-
sins de fabrique demeureront en vigueur jusqu'à ce qu'il
soit autrement statué .
Art. 90. Le gouvernement peut toujours, lorsqu'il le
juge convenable , réunir les conseils de prud'hommes
pour les appeler à donner leur avis sur les questions qui
leur seront posées .
402 LOIS USUELLES .
TITRE III . Du mode de procéder devant les conseils
de prud'hommes.
Art. 91. L'appel des parties, soit devant le bureau de
conciliation , soit devant le conseil , a lieu par une simple
lettre du greffier, indiquant le lieu , le jour et l'heure de
la comparution.
Cette lettre est délivrée sans frais .
Il y aura au moins un jour franc entre la remise de la
lettre et la séance indiquée .
Si le justiciable invité ne se présente pas, il est cité par
huissier .
Le conseil de prud'hommes pourra, en cas d'empêche-
ment légitime, autoriser les parties à se faire représenter
par un de leurs commis, par un chef d'industrie, un contre-
maître ou un ouvrier .
Art. 92. La citation indique les lieu, heure, jour, mois
et an de la comparution ; elle mentionne les noms, pro-
fession et résidence actuelle des parties et énonce som-
mairement l'objet et les motifs de la demande.
Art . 93. La citation est notifiée à la personne ou à la
résidence actuelle du défendeur ; s'il ne se trouve per-
sonne à sa résidence , la copie est laissée au bourgmestre
ou à l'un des échevins de la commune, qui vise l'original
sans frais . Il doit y avoir un jour franc, au moins, entre
celui où la citation a été donnée et le jour indiqué pour
la comparution, si la partie réside dans le rayon de trois
myriamètres ; si elle réside au delà, le délai est augmenté
d'un jour par trois myriamètres .
Art. 94. Dans les cas urgents, le président donnera
une cédule pour abréger les délais et pourra permettre
d'appeler ou de citer les parties, même sur l'heure .
Art. 95. Dans le cas où les délais n'auraient pas été
observés , si le défendeur ne comparaît point, les prud'-
hommes ordonneront une nouvelle citation ; les frais de
la première citation seront à la charge du demandeur.
Art. 96. Le président a la police de l'audience. Les
parties sont tenues de s'exprimer avec modération et de
garder en tout le respect qui est dû à la justice ; si elles
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 403
y manquent, le président les rappelle à l'ordre, d'abord
par un avertissement ; en cas de récidive, elles peuvent
être condamnées à une amende qui n'excédera pas la
somme de 10 francs, avec affiche du jugement dans la
localité où siège le conseil .
Dans le cas d'insulte ou d'irrévérence grave, le prési-
dent en dresse procès -verbal et le conseil peut condamner
séance tenante le coupable à un emprisonnement de trois
jours au plus .
Art. 97. Lorsque, à l'audience, l'un ou plusieurs des
assistants donnent des signes publics soit d'approbation,
soit d'improbation, ou excitent du tumulte de quelque
manière que ce soit, le président les fait expulser ; s'ils
résistent à ses ordres , ou s'ils rentrent, il les fait arrêter
et conduire à la maison d'arrêt : il est fait mention de cet
ordre dans le procès-verbal , et sur l'exhibition qui en
sera faite au gardien de la maison d'arrêt, les perturba-
teurs y seront reçus et retenus pendant vingt-quatre
heures .
Lorsque le tumulte a été accompagné d'injures ou de
voies de fait donnant lieu à l'application ultérieure de
peines de simple police, ces peines peuvent être pronon-
cées séance tenante, et immédiatement après que les faits
ont été constatés ; quand il s'agit d'un crime ou d'un délit
commis à l'audience, le président, après avoir fait arrêter
le délinquant, et après avoir dressé procès-verbal des
faits , envoie ces pièces et le prévenu devant les juges
compétents .
Art . 98. Les sentences rendues en vertu des deux ar-
ticles qui précèdent, sont exécutoires par provision .
Art. 99. Lorsque l'une des parties déclare vouloir
s'inscrire en faux, dénie l'écriture ou déclare ne pas la
reconnaître, le président paraphe les pièces, le conseil
donne acte de la déclaration et renvoie la cause devant
les juges compétents .
Néanmoins, si la pièce n'est relative qu'à un des chefs
de la demande, il pourra être passé outre au jugement
des autres chefs .
Art. 100. Dans les cas urgents, le conseil ou le bureau
de conciliation peuvent prescrire telles mesures qu'ils
jugent nécessaires, à l'effet d'empêcher que les effets
404 LOIS USUELLES .
donnant lieu à une réclamation ne soient enlevés, dépla-
cés ou détériorés .
Art. 101. Le conseil ou le bureau de conciliation
peuvent commettre un ou plusieurs prud'hommes à l'effet
de se transporter sur les lieux pour y vérifier les faits
allégués et entendre les témoins s'il y a lieu ; dans ce cas,
le greffier accompagnera les commissaires et dressera,
le cas échéant, procès-verbal de l'enquête.
Art. 102. Si les parties sont contraires en faits de
nature à être constatés par témoins , et dont le conseil
de prud'hommes trouve la vérification utile et admis-
sible, il ordonnera la preuve et en fixera précisément
l'objet.
Art. 103. Au jour indiqué, les témoins , après avoir dit
leurs noms , profession , âge et demeure, feront le serment
de dire la vérité, et déclareront s'ils sont parents ou alliés
des parties et à quel degré, et s'ils sont leurs serviteurs
ou domestiques .
Art. 104. Les témoins seront entendus séparément,
en présence des parties, si elles comparaissent ; celles-ci
seront tenues de fournir leurs reproches avant la déposi-
tion et de les signer ; si elles ne le saventou ne le peuvent,
il en sera fait mention : les reproches ne pourront être
reçus , après la déposition commencée, qu'autant qu'ils
seront justifiés par écrit.
Art. 105. Les parties n'interrompront point les
témoins ; après la déposition, le président pourra, sur la
réquisition des parties et même d'office , faire aux témoins
les interpellations convenables .
Art. 106. Dans les causes sujettes à l'appel, le greffier
dressera procès-verbal de l'audition des témoins ; cet acte
contiendra leurs noms , âge , profession et demeure, leur
serment de dire la vérité, leur déclaration s'ils sont
parents , alliés, serviteurs ou domestiques des parties et
les reproches qui auraient été fournis contre eux .
Lecture de ce procès-verbal sera faite à chaque témoin
pour la partie qui le concerne ; il signera sa déposition,
ou mention sera faite qu'il ne sait ou ne peut signer. Le
procès-verbal sera, en outre, signé par le président et le
greffier. Il sera procédé au jugement immédiatement, ou,
au plus tard, à la première réunion .
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 405
Art. 107. Dans les causes de nature à être jugées en
dernier ressort, il ne sera pas dressé de procès-verbal ;
mais la sentence énoncera les noms, âge, profession et
demeure des témoins, leur serment, leur déclaration s'ils
sont parents, alliés , serviteurs ou domestiques des par-
ties, les reproches et les résultats des dépositions .
Art. 108. Les membres des conseils de prud'hommes
pourront être récusés :
1º S'ils ont un intérêt personnel à la contestation ;
2º S'ils sont parents ou alliés d'une des parties, jus-
qu'au degré de cousin germain inclusivement ;
3º Si, dans l'année quii aa précédé la récusation, il ya
eu procès criminel entre eux et l'une des parties , ou son
conjoint, ou ses parents et alliés en ligne directe ;.
4° S'il y a procès civil existant entre eux et l'une des
parties ou son conjoint;
5° S'ils ont donné un avis écrit dans l'affaire ;
6° S'ils sont patrons ou ouvriers de l'une des parties
en cause, ou s'ils sont comme contremaîtres au service du
patron de l'une des parties .
Art . 109. La partie qui voudra récuser un membre du
conseil sera tenue de former la récusation et d'en exposer
les motifs par un acte qu'elle fera signifier par huissier
au greffier du conseil, qui visera l'original .
Le membre récusé sera tenu de donner, au bas de cet
acte, dans le délai de deux jours , sa déclaration par écrit
portant, ou son acquiescement à la récusation ou son
refus de s'abstenir, avec ses réponses aux moyens de
récusation .
Art. 110. Dans les trois jours de la réponse du membre
qui refusera de s'abstenir, ou faute par lui de répondre,
expédition de l'acte de récusation et de la déclaration du
membre, s'il y en a, sera envoyée par le greffier, sur la
réquisition de la partie la plus diligente, au procureur du
roi près le tribunal de première instance dans le ressort
duquel le conseil des prud'hommes est situé . La récusa-
tion y sera jugée dans la huitaine, sur les conclusions du
procureur du roi, sans qu'il soit besoin d'appeler les
parties.
Art. 111. Tout membre d'un conseil de prud'hommes
qui aura connaissance d'une cause de récusation en sa
406 LOIS USUELLES .
personne, sera tenu de la déclarer au conseil, qui déci-
dera s'il doit s'abstenir.
Art. 112. Si, au jour indiqué par la citation, l'une
des parties ne comparaît pas, la cause sera jugée par
défaut, sauf la réassignation dans le cas prévu dans l'ar-
ticle 113 .
Art . 113. La partie condamnée par défaut peut former
opposition dans la huitaine de la signification faite par
huissier .
Cette opposition contiendra sommairement les moyens
de la partie et assignation au premier jour de séance,
en observant toutefois les délais prescrits pour les cita-
tions ; elle indiquera en même temps le lieu, le jour et
l'heure de la comparution et sera notifiée ainsi qu'il est
déterminé ci-dessus .
Art. 114. Si le conseil de prud'hommes sait que le
défendeur n'a pu avoir connaissance de la citation , il
peut, en adjugeant le défaut, fixer pour le délai de l'oppo-
sition le temps qui lui paraîtra convenable ; et, dans le
cas où la prorogation n'aurait été ni accordée d'office, ni
demandée, le défaillant pourra être relevé de la rigueur
du délai et admis à l'opposition, en justifiant qu'à raison
d'absence ou de maladie grave, il n'a pu être informé de
la citation .
Art. 115. La partie opposante qui se laisse juger une
seconde fois par défaut n'est plus admise à formuler une
nouvelle opposition .
Art. 116. L'exécution provisoire des sentences peut
être ordonnée avec ou sans caution, jusqu'à concurrence
de 200 francs. Au-dessus de 200 francs , ces sentences ne
peuvent être déclarées exécutoires que moyennant cau-
tion.
Art. 117. Les minutes de toute sentence sont portées
par le greffier sur la feuille d'audience et signées par le
président et le greffier.
La rédaction des sentences contiendra les noms des
prud'hommes , les noms , profession et demeure des
parties , ainsi que l'exposé sommaire de la demande, de
la défense , les motifs et le disp ositif .
Art. 118. Les sentences prononcées par le conseil de
prud'hommes sont signifiées à la partie qui a succombé.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 407
Les expéditions des sentences sont revêtues de la forme
exécutoire .
Ces sentences peuvent être mises à exécution vingt-
quatre heures après la signification .
Art. 119. Ne sera pas recevable l'appel des jugements
mal à propos qualifiés en premier ressort, ou qui, étant
en dernier ressort, n'auraient pas été qualifiés. Seront
sujets à l'appel les jugements qualifiés en dernier ressort,
s'ils ont statué , soit sur des questions de compétence,
soit sur des matières dont le conseil de prud'hommes ne
pouvait connaître qu'en premier ressort. Néanmoins , si
le conseil s'est déclaré compétent, l'appel ne pourra être
interjeté qu'après le jugement définitif et conjointement
avec l'appel de ce jugement.
L'appel des jugements des conseils de prud'hommes ne
sera pas recevable après les quarante jours qui suivront
la signification.
Art. 120. Les sentences qui ne sont pas définitives
ne sont point expédiées, quand elles ont été rendues
contradictoirement et prononcées en présence des par-
ties .
Dans le cas où la sentence, prononcée comme il est dit
ci-dessus , ordonnera une opération à laquelle les parties
devront assister, elle indiquera le lieu, le jour et l'heure,
et la prononciation vaudra citation.
Si le jugement ordonne une opération par des gens de
l'art, le président du conseil de prud'hommes délivrera à
la partie requérante cédule de citation pour appeler les
experts , si ceux-ci refusent de comparaître volontaire-
ment ; cette cédule fera mention du lieu, du jour et de
l'heure , et contiendra le fait, les motifs et la disposition
du jugement relatif à l'opération ordonnée .
Si le jugement ordonne une enquête, la cédule de cita-
tion fera mention de la date du jugement, du lieu, du
jour et de l'heure .
Art. 121. Toute partie qui succombe est condamnée
aux dépens .
Peuvent néanmoins les dépens être compensés, en tout
ou en partie, entre ascendants, descendants , frères et
sœurs ou alliés au même degré, ou entre parties qui suc-
combent respectivement sur quelque chef.
408 LOIS USUELLES .
TITRE IV. Dispositions diverses.
Art. 122. Sont exemptés des formalités et droits de
timbre et des droits d'enregistrement, les actes, juge-
ments et autres pièces relatifs aux poursuites ou actions
devant les conseils de prud'hommes exclusivement, ainsi
que les registres tenus par les prud'hommes et les extraits
ou certificats des dits registres qui peuvent être délivrés
par eux aux intéressés .
Ces actes et pièces quelconques sont pareillement
exemptés des formalités de l'enregistrement, excepté les
citations , jugements et certificats, lesquels sont enregis-
trés gratis .
Art. 123. Le conseil de prud'hommes, sur l'exposé
verbal de la partie qui désire obtenir le pro Deo, et sur la
présentation d'un certificat d'indigence en règle, statue
à l'égard de la demande , sans autre formalité .
Art. 124. Les prud'hommes ont droit à des jetons de
présence . La quotité de ces jetons sera déterminée , dans
chaque province, par la députation permanente du con-
seil provincial, en prenant comme base la moyenne d'une
journée d'ouvrier.
Il est alloué, en outre , aux prud'hommes des frais de
déplacement, lorsque le lieu de leur domicile est situé à
une distance de plus de cinq kilomètres de la localité où
siège le conseil. Ces frais de déplacement seront déter-
minés par un arrêté royal (1) .
Art. 125. Il est alloué au greffieruneindemnité annuelle
à fixer par l'arrêté qui constitue le conseil de prud'hommes.
Ce traitement est à la charge de l'Etat.
Les frais de papier,des registres et des écritures, ainsi que
les menus frais de bureau, sont supportés par le greffier.
Art. 126. Un arrêté royal détermine les droits et
émoluments du greffier, les salaires et indemnités des
huissiers , ainsi que les sommes allouées aux experts et
aux témoins entendus dans les enquêtes ( 1).
(1) Un arrêté royal du 22 octobre 1894 détermine les allocations attribuées
aux prud'hommes ainsi qu'aux greffiers. Un second arrêté du 24octobre 1894
règle la comptabilité des conseils de prud'hommes.
CONSEILS DE PRUD'HOMMES . 409
Art. 127. Tout greffier, tout huissier, convaincu
d'avoir exigé des parties une rétribution ou taxe plus
forte que celle à laquelle il a droit aux termes de l'arti-
cle 126, est puni conformément à ce que prescrivent les
articles 243 et 244 du code pénal .
Art. 128. A partir du 1er janvier de l'année qui
suivra la date de la mise à exécution de la présente loi,
les frais des conseils de prud'hommes seront supportés
respectivement par toutes les communes comprises dans
le ressort du conseil , en proportion du nombre des
ouvriers industriels occupés dans chaque commune du
ressort .
La répartition sera établie par la députation perma-
nente du conseil provincial .
Art. 129. Les locaux nécessaires pour la tenue des
séances sont fournis par les communes du siège de l'ins-
titution .
Il en est de même des locaux pour les mises aux
arrêts .
Art. 130. Un règlement d'administration publique
arrête l'emploi des fonds alloués , par les communes inté-
ressées, aux conseils de prud'hommes, ainsi que l'ordre
de comptabilité à suivre par ces conseils .
Art. 131. Chaque conseil de prud'hommes rédige son
règlement d'ordre intérieur.
Ce règlement est approuvé par arrêté royal avant
d'être mis en vigueur.
Art. 132. Sont applicables aux élections pour les con-
seils de prud'hommes, les autres dispositions des lois
électorales coordonnées auxquelles il n'est pas dérogé
par la présente loi.
Art . 133. Les nos 5 et 97 des lois électorales coordon-
nées sont abrogés .
Art. 134. Disposition transitoire. - Les dispositions de
la présente loi relatives à l'élection des prud'hommes
seront applicables aux conseils actuellement existants à
partir du premier renouvellement triennal .
Art. 135. La présente loi remplace la loi du 7 février
1859 .
410 LOIS USUELLES .
DESSINS ET MODÈLES INDUSTRIELS.
18 mars 1806. Loi portant établissement d'un
conseil de prud'hommes à Lyon. (Extrait.)
Art. 14. Le conseil de prud'hommes est chargé des
mesures conservatrices de la propriété des dessins .
Art. 15. Tout fabricant qui voudra pouvoir revendi-
quer par la suite, devant le tribunal de commerce, la pro-
priété d'un dessin de son invention, sera tenu d'en déposer
aux archives du conseil de prud'hommes un échantillon
plié sous enveloppe , revêtue de ses cachet et signature,
sur laquelle sera également apposé le cachet du conseil
de prud'hommes .
Art. 16. Les dépôts de dessins seront inscrits sur un
registre tenu ad hoc parle conseil de prud'hommes, lequel
délivrera aux fabricants un certificat rappelant le numéro
d'ordre du paquet déposé et contenant la date du dépôt.
Art. 17. En cas de contestation entre deux ou plu-
sieurs fabricants sur la propriété d'un dessin, le conseil de
prud'hommes procédera à l'ouverture des paquets qui lui
auront été déposés par les partics ; il fournira un certificat
indiquant le nom du fabricant qui aura la priorité de date.
Art. 18. En déposant son échantillon, le fabricant dé-
- clarera s'il entend se réserver la propriété exclusive pen-
dant une, trois ou cinq années, ou à perpétuité. Il sera
tenu note de cette déclaration. A l'expiration du délai
fixé par la dite déclaration, si la réserve est temporaire,
tout paquet d'échantillons déposé sous cachet dans les
archives du conseil devra être transmis au Conservatoire
des arts de la ville de Lyon, et les échantillons y contenus
être joints à la collection du Conservatoire .
Art. 19. En déposant son échantillon, le fabricant
acquittera, entre les mains du receveur de la commune,
une indemnité qui sera réglée par le conseil de prud'-
hommes et ne pourra excéder un franc pour chacune des
années pendant lesquelles il voudra conserver la pro-
priété exclusive de son dessin, et sera de dix francs pour
ja propriété perpétuelle .
DESSINS ET MODÈLES INDUSTRIELS . 411
10 décembre 1884. Arrêté royal prescrivant les
mesures d'exécution pour la conservation de la pro-
priété des dessins et modèles industriels .
Art . 1er. Tout auteur d'un dessin ou d'un modèle indus-
triel qui voudra se réserver le droit d'en revendiquer
l'usage exclusif, devra en opérer le dépôt aux archives
du conseil de prud'hommes dans le ressort duquel est
situé son établissement.
Art. 2. Ce dépôt devra être effectué par la partie inté-
ressée ou par son fondé de pouvoir spécial.
La procuration pourra être sous seing privé, mais elle
devra être enregistrée.
Art. 3. Le déposant devra fournir un échantillon ou
une esquisse du dessin ou du modèle , mis sous enveloppe
revêtue de ses cachet et signature .
En déposant son échantillon ou son esquisse, l'inté-
ressé déclarera s'il entend se réserver le droit à l'usage
exclusif pendant une, trois ou cinq années ou à perpé-
tuité .
Il devra acquitter, en outre , entre les mains du recс-
veur compétent une indemnité qui ne pourra excéder
un franc pour chacune des années pendant lesquelles il
voudra conserver le droit à l'usage exclusif de son dessin
ou de son modèle et qui sera de dix francs pour l'usage
perpétuel.
Art. 4. Le greffier dressera le procès-verbal du dépôt
dans l'ordre des présentations, sur des formules qui
seront fournies par l'administration .
Il indiquera dans ce procès-verbal :
1º Le jour et l'heure du dépôt ;
2º Le nom de l'intéressé et celui de son fondé de pou-
voir, si le dépôt se fait par mandataire ;
3º La profession de l'intéressé, son domicile et le
genre d'industrie auquel se rapporte le dessin ou le mo-
dèle.
Chaque procès-verbal portera un numéro d'ordre, et
sera signé tant par le déposant que parle greffier.
Art. 5. Une expédition du procès-verbal sera délivrée
18
412 LOIS USUELLES .
au déposant ; une autre sera transmise, au plus tard, dans
la huitaine, par les soins du greffier, au ministre de l'agri-
culture, de l'industrie et des travaux publics .
Art . 6. Le greffier du conseil de prud'hommes de
Bruxelles, seul compétent pour recevoir, dans le cas prévu
par l'arrêté royal du 10 juillet 1884, le dépôt des dessins
ou des modèles étrangers dont les établissements sont
situés hors de Belgique, mentionnera sur le procès-verbal
de dépôt le pays où est situé l'établissement de l'inté-
ressé , ainsi que la convention diplomatique par laquelle
la réciprocité a été établie .
Art. 7. Au commencement de chaque année, le greffier
dressera sur des formules fournies par l'administration ,
pour être transmis au ministre de l'agriculture, de l'in-
dustrie et des travaux publics, une table ou répertoire
des dessins ou modèles dont il aura reçu le dépôt dans
le cours de l'année précédente.
Art. 8. Les procès-verbaux disposés dans les greffes,
ainsi que les expéditions réunies au département de
l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics seront
communiqués sans frais au public.
Art. 9. Les dispositions qui précèdent entreront en
vigueur à partir du 1er janvier 1885.
HABITATIONS OUVRIÈRES.
9 août 1889. - Loi relative aux habitations ouvrières .
- Exemption du timbre et de la formalité de l'enre-
gistrement. (Extraits .)
Art. 11. Les sociétés ayant pour objet exclusif la
construction , l'achat, la vente ou la location d'habitations
destinées aux classes ouvrières pourront revêtir la
forme anonyme ou coopérative, sans perdre leur carac-
tère civil, en se soumettant aux dispositions, dans le
premier cas, de la section IV, dans le second de la sec-
tion VI et, dans les deux cas, de la section VIII de la loi
du 18 mai 1873 , modifiée par la loi du 22 mai 1886 .
Art. 12. Les actes et procès -verbaux portant forma
HABITATIONS OUVRIERES . 413
tion, modification ou dissolution de sociétés ayant pour
objet les opérations énumérées à l'article 11 sont exempts
du timbre et enregistrés gratis, à moins qu'ils ne renfer-
ment des dispositions assujetties au droit proportionnel
d'enregistrement.
Les extraits, copies ou expéditions de ces actes et
procès-verbaux sont également exempts du timbre.
Ils ne donnent lieu à aucun droit ni émoluments de
greffe.
Art. 13. Sont exempts du timbre et de la formalité de
l'enregistrement, tous actes sous signature privée ne
rentrant pas dans les termes de la disposition précédente
et tous registres concernant exclusivement l'administra-
tion sociale , ainsi que les procurations données par les
fondateurs pour la constitution de la société, et (1) par les
associés pour leurs relations avec la société .
Art. 20. L'article 6 de la loi du 5 juillet 1871 est abrogé .
Cependant, les habitations construites avant le 1er jan-
vier 1889 par des sociétés anonymes ayant pour objet la
construction, l'achat, la vente ou la location d'habitations
destinées aux classes ouvrières continueront à jouir du
bénéfice des exemptions déterminées par les articles fer
et 2 de la loi du 28 mars 1828 .
La loi 12 août 1862, concernant les droits d'enregistre-
ment et de transcription hypothécaire, et la loi du
20 juin 1867, relative à l'anonymat des sociétés d'habita-
tions ouvrières, sont abrogées.
30 juillet 1892. - Loi relative aux habitations
ouvrières et aux sociétés de crédit .
Art. 1er. Les modifications suivantes sont apportées
aux articles 13 et 14 de la loi du 9 août 1889 :
" ART. 13 . (2) .
(1) Les mots en italique ont été ajoutés à l'article 13 par la loi du 30 juil
let 1892. Voir, ci-après.
(2) Voir le texte modifié sous l'article 13de la loi du 9 août 1889, ci-
dessus.
414 LOIS USUELLES .
"
ART. 14. A la fin de cet article, les mots délai de
dix-huit mois sont substitués à délai d'un an . ”
Art. 2. Les dispositions des articles 12, 13, 14, 15, 16
et 18 de la loi du 9 août 1889 sont applicables aux sociétés
anonymes ou coopératives qui ont pour objet exclusif de
faire des prêts en vue de la construction ou de l'achat
d'immeubles destinés à des habitations ouvrières .
Art . 3. Sont assujetties au timbre de dimension, les
reconnaissances sous seing privé : 1º des prêts faits aux
sociétés déterminées à l'article précédent, et 2º des prêts
faits aux sociétés et administrations publiques indiquées
à l'article 16 de la loi du 9 août 1889 , lorsque les actes
contiennent les mentions exigées par cet article .
Art. 4. La publication, par la voie du Moniteur et de
ses annexes des actes relatifs aux sociétés spécifiées à
l'article 2 de la présente loi ou à l'article 11 de la loi du
9 août 1889 , sera faite gratuitement.
L'obligation de la publication dans un journal de
Bruxelles prévue par l'article 60 de la loi du 18 mai 1873
est supprimée pour les actes visés au paragraphe précé-
dent.
Art. 5. Les sociétés déjà constituées et dont l'objet -
est limité aux opérations désignées à l'article 2, jouiront,
à l'avenir, du bénéfice de la présente loi.
Art. 6. La présente loi entrera en vigueur le lende-
main de sa publication.
8 février 1894.–Arrêté royal prescrivant la mention-
sur les actes des sociétés coopératives et des sociétés
anonymés exempts du timbre, de l'enregistrement et
des frais de publication - des numéros du Recueil
spécial sous lesquels les statuts ont été publiés .
Art. 1er. Les actes de toutes les sociétés coopératives
et des sociétés anonymes ayant pour objet exclusif la
construction, l'achat, la vente ou la location d'habitations
destinées aux classes ouvrières ou des prêts à faire en vue
de la construction ou de l'achat d'immeubles destinés à
des habitations ouvrières ainsi que les copies des dits
MARQUES DE FABRIQUE . 415
actes , jouissant de l'exemption du timbre et de l'enregis-
trement et des frais de publication , doivent, lors de leur
dépôt aux greffes des tribunaux et de leur envoi au Moni-
teur, porter à la suite du titre la mention de l'année ou
des années dans lesquelles les statuts de la société ont été
publiés au recueil spécial et le ou les numéros sous
lesquels ils ont été publiés .
A défaut de ces mentions, les greffiers refuseront de
recevoir en dépôt les actes qui ne sont pas timbrés et
enregistrés , et le directeur du Moniteur pourra refuser
de faire gratuitement les publications demandées .
MARQUES DE FABRIQUE.
1er avril 1879. Loi concerrant les marques
de fabique et de commerce .
Art. 1er. Est considéré comme marque de fabrique ou
de commerce tout signe servant à distinguer les produits
d'une industrie, ou les objets d'un commerce.
Peut servir de marque, dans la forme distinctive qui
lui est donnée par l'intéressé, le nom d'une personne ,
ainsi que la raison sociale d'une maison de commerce ou
d'industrie .
Art. 2. Nul ne peut prétendre à l'usage exclusif d'une
marque, s'il n'en a déposé le modèle en triple, avec le
cliché de sa marque, au greffe du tribunal de commerce
dans le ressort duquel est situé son établissement .
Art. 3. Celui qui le premier a fait usage d'une marque
peut seul en opérer le dépôt.
Art. 4. L'acte de dépôt est inscrit sur un registre
spécial et signé tant par le déposant ou son fondé de
pouvoirs que par le greffier ; la procuration reste annexée
à l'acte. Celui-ci énonce le jour et l'heure du dépôt. Il
indique le genre de commerce ou d'industrie pour lequel
le déposant a l'intention de se servir de la marque .
Une expédition de l'acte de dépôt est remise au dépo-
sant.
Une autre expédition est transmise, dans la huitaine,
avec l'un des modèles déposés et le cliché de la marque ,
416 LOIS USUELLES .
à l'administration centrale par les soins de laquelle l'an-
nonce du dépôt, la description et le dessin de la marque
seront publiés dans un Recueil spécial, six mois, au plus,
après la réception de l'envoi.
Art. 5. Il est payé pour chaque marque déposée une
taxe de dix francs .
Le dépôt n'est reçu que sur la production d'une quit-
tance constatant le payement de la taxe .
Art. 6. Les étrangers qui exploitent en Belgique des
établissements d'industrie ou de commerce jouissent;
pour les produits de ces établissements, du bénéfice de
la présente loi, en remplissant les formalités qu'elle pres-
crit.
Il en est de même des étrangers ou des Belges qui
exploitent hors de Belgique leur industrie ou leur com-
merce, si, dans les pays où leurs établissements sont
situés , des conventions internationales ont stipulé la réci-
procité pour les marques belges .
Dans ce dernier cas , le dépôt des marques a lieu au
greffe du tribunal de commerce de Bruxelles .
Art. 7. Une marque ne peut être transmise qu'avec
l'établissement dont elle sert à distinguer les objets de
fabrication ou de commerce .
Toute transmission de marque par acte entre-vifs sera
enregistrée au droit fixe de 10 francs .
La transmission n'a d'effet, à l'égard des tiers, qu'après
le dépôt d'un extrait de l'acte qui la constate dans les
formes prescrites pour le dépôt de la marque .
Art. 8. Sont punis d'un emprisonnement de huit jours
à six mois et d'une amende de 26 francs à 2,000 francs, ou
de l'une de ces deux peines seulement :
A. Ceux qui ont contrefait une marque et ceux qui ont
frauduleusement fait usage d'une marque contrefaite ;
B. Ceux qui frauduleusement ont apposé ou fait apра-
raître par addition, retranchement ou par une altéra-
tion quelconque, sur les produits de leur industrie ou
objets de leur commerce, une marque appartenant à
autrui ;
C. Ceux qui ont sciemment vendu, mis en vente ou en
circulation des produits revêtus d'une marque contrefaite
ou frauduleusement apposée.
MARQUES DE FABRIQUE . 417
Art. 9. Sont punis comme auteurs des délits prévus à
l'article précédent :
Ceux qui les auront exécutés ou qui ont coopéré direc-
tement à leur exécution ;
Ceux qui par un fait quelconque auront prêté pour
l'exécution une aide telle que, sans leur assistance, le
délit n'eût pu être commis ;
Ceux qui , par dons, promesses, menaces, abus d'auto-
rité ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables ,
auront directement provoqué à ce délit.
Art. 10. Peut être condamné à un emprisonnement
d'une année et à une amende de 4,000 francs ou à l'une
de ces peines seulement, celui qui aura commis l'un des
délits prévus par l'article 8 dans les cinq années qui sui-
vront une précédente condamnation prononcée par appli-
cation du même article .
Art . 11. S'il existe des circonstances atténuantes , les
peines d'emprisonnement et d'amende prononcées en
vertu de l'article 8 peuvent respectivement être réduites
au-dessous de huit jours et au-dessous de 26 francs,
sans qu'elles puissent être inférieures aux peines de sim-
ple police.
Art . 12. Peuvent être confisqués, en tout ou en partie,
les produits portant une marque contrefaite ou fraudu-
leusement apposée, ainsi que les instruments et les usten-
siles ayant spécialement servi à commettre le délit, si le
condamné en est propriétaire .
Les objets confisqués peuvent être adjugés au plaignant
quise sera constitué partie civile, à compte ou à concur-
rence de ses dommages-intérêts .
Le tribunal peut ordonner, dans tous les cas, la destruc-
tion des marques contrefaites .
Art . 13. Le tribunal peut ordonner que le jugement
soit affiché dans les lieux qu'il désignera, et inséré en
entier ou en extrait dans les journaux qu'il indiquera, le
tout aux frais du condamné .
Art. 14. L'action publique ne peut être poursuivie que
sur la plainte de la partie lésée.
Art. 15. Les dispositions de la loi du 25 mars 1876 sur
la compétence en matière contentieuse sont applicables
àl'action civile relative à l'usage des marques, lorsque cette
418 LOIS USUELLES .
action est poursuivie séparément de l'action publique .
Art. 16. Le dépôt d'une marque fait en contravention
aux dispositions de la présente loi sera déclaré nul à la
demande de tout intéressé .
Le jugement qui prononce la nullité sera mentionné
en marge de l'acte de dépôt, après qu'il aura acquis force
de chose jugée.
Art. 17. Sont abrogées les dispositions actuellement
en vigueur sur les marques de fabrique, et notamment
l'arrêté du 23 nivôse an Ix, la loi du 22 germinal an xi, les
décrets du 20 février et du 5 septembre 1810, l'arrêté
royal du 25 décembre 1818, l'arrêté du 1er juin 1820, ainsi
que les dispositions de l'article 50 de la loi du 7 février
1859 et des articles 184, 213 et 214 du code pénal, en tant
qu'elles s'appliquent aux dites marques .
Il n'est rien innové en ce qui concerne les marques
spéciales imposées pour la garantie publique, et notam-
ment pour l'exécution des lois de douanes, et les armes à
feu.
Art. 18 Tout dépôt de marque fait en exécution des
lois existantes cessera d'avoir effet le 1er janvier 1881 ,
s'il n'a été renouvelé avant cette date conformément à
l'article 2 .
Le nouveau dépôt sera exempt des droits de timbre et
d'enregistrement, ainsi que de la taxe imposée par l'ar-
ticle 5.
Art. 19. Le gouvernement peut conclure des conven-
tions internationales ou signer des articles additionnels
aux conventions existantes assurant aux étrangers et aux
Belges qui exploitent hors de Belgique leur industrie ou
leur commerce, l'usage exclusif de leurs marques en
Belgique , moyennant l'accomplissement des formalités
prescrites par la présente loi et sous la condition de réci-
procité pour les marques belges .
Il peut aussi, sous les conditions qu'il déterminera, auto-
riser le dépôt des marques et le payement de la taxe dans
les consulats belges établis à l'étranger.
Art. 20. Un arrêté royal déterminera l'époque de la
mise à exécution de la présente loi, les formalités à rem-
plir pour le dépôt et la publicité des marques, ainsi que
les mesures nécessaires pour l'exécution de la loi.
MARQUES DE FABRIQUE . 419
7 juillet 1879 . Arrêté royal qui règle l'exécution
de la loi concernant les marques de fabrique et de
commerce .
Art. 1er . La loi du 1er avril 1879, concernant les mar-
ques de fabrique et de commerce, sera exécutoire à par-
tir du 1er octobre prochain .
Art. 2. Tout fabricant, commerçant ou agriculteur qui
voudra jouir des droits résultant de la loi du 1er avril
1879, devra opérer le dépôt de sa marque au greffe du
tribunal de commerce dans le ressort duquel est situé son
établissement ou, à défaut de tribunal de commerce, au
greffe du tribunal civil.
Art. 3. Ce dépôt devra être effectué par la partie inté-
ressée ou par son fondé de pouvoirs spécial .
La procuration pourra être sous seing privé, mais elle
devra être enregistrée et laissée au greffier.
Art. 4. Le dépôt de la marque ne sera reçu que sur la
production d'une quittance constatant le payement de la
taxe de 10 francs, effectué entre les mains du receveur
compétent. Cette quittance restera déposée au greffe .
Art. 5. Le déposant devra fournir :
1º Un modèle en triple exemplaire de la marque adop-
tée .
Ce modèle, dressé sur papier libre, devra être tracé
dans un cadre qui ne pourra dépasser 8 centimètres de
haut sur 10 centimètres de large ;
20. Un cliché de la marque. Les dimensions de ce cli-
ché, qui sera en métal , ne pourront excéder celles du
cadre susmentionné .
Art. 6. Le greffier dressera le procès-verbal de dépôt,
dans l'ordre des présentations, sur des formules qui seront
fournies par le département de l'intérieur (1).
L'ensemble de ces formules sera relié à la fin de cha-
que année, par les soins du greffier et formera le registre
des actes de dépôt .
(1) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail .
18.
420 LOIS USUELLES .
Le greffier indiquera dans ce procès-verbal , après y
avoir collé l'un des modèles de la marque :
1º Le jour et l'heure du dépôt ;
2º Le nom de l'intéressé et celui de son fondé de pou-
voirs , si le dépôt se fait par mandataire ;
3º La profession de l'intéressé, son domicile et le genre
d'industrie pour lequel il a l'intention de se servir de la
marque .
L'acte de dépôt contiendra, en outre; une description
sommaire de la marque ; il mentionnera si la marque est
en creux ou en relief sur les produits et si elle a dû être
réduite pour ne pas excéder les dimensions prescrites ; il
énoncera enfin la date et le numéro de la quittance de la
taxe, ainsi que l'indication du bureau où le payement a
été effectué . Chaque procès-verbal portera un numéro
d'ordre et sera signé tant par le déposant que par le
greffier.
Art. 7. Une expédition du procès-verbal sera délivrée
au déposant ; une autre sera transmise avec le cliché de
la marque, au plus tard dans la huitaine, parles soins du
greffier, au ministre de l'intérieur (1).
Sur chacune de ces expéditions , le greffier collera l'un
des modèlesde la marque déposée.
Art. 8. Le greffier du tribunal de commerce de
Bruxelles , seul compétent pour recevoir, dans le cas
prévu par l'article 6 de la loi du 1er avril 1879, le dépôt
des marques des étrangers et des Belges dont les établis-
sements sont situés hors de Belgique, mentionnera sur le
procès -verbal de dépôt le pays où est situé l'établissement
industriel ou commercial de l'intéressé, ainsi que la
convention diplomatique par laquelle la réciprocité a été
établie .
Art. 9. Dans le cas prévu par l'article 7, § 3 , de la loi
du 1er avril 1879, le dépôt entre les mains du greffier d'un
seul extrait de l'acte constatant la cession sera suffisant .
Cet extrait sera copié par le greffier sur les expéditions
qui doivent être remises à la partie intéressée et à l'admi-
nistration centrale .
(1) Actuellement le ministre de l'industrie et du travail.
MARQUES DE FABRIQUE . 421
Il sera fait mention par le greffier de la transmission
de la marque , en marge de l'acte de dépôt.
Art . 10. Le jugement prononçant la nullité d'un acte de
dépôtsera égalementmentionné par le greffieren marge de
l'acte de dépôt, après qu'il aura acquis force de chose jugée.
Avis de ce jugement sera transmis par le greffier au
ministre de l'intérieur (1).
Art. 11. Au commencement de chaque année, les gref-
fiers dresseront sur papier libre et d'après le modèle
donné par le ministre de l'intérieur (2), une table ou réper-
toire des marques dont ils auront reçu le dépôt pendant
le cours de l'année précédente.
Art . 12. L'annonce du dépôt, le dessin et la description
de la marque seront publiés, à la diligence de l'adminis-
tration , dans un Recueil spécial, six mois, au plus, après
la réception des pièces au département de l'intérieur (3).
• Le ministre de l'intérieur (4) réglera toutes les disposi-
tions à prendre pour la publication et la mise en vente
de ce Recueil .
Art. 13. Les registres déposés dans les greffes , ainsi
que les modèles, réunis au bureau des marques de
fabrique ou de commerce (ministère de l'agriculture, de
l'industrie et des travaux publics (5)), serontcommuniqués
sans frais au public.
Les clichés seront retournés aux déposants (6) .
Art. 14. Les intéressés dont la marque aura été dépo-
sée en exécution des lois antérieures, pourront obtenir
que leur marque soit placée sous le régime de la loi du
fer avril 1879, en renouvelant leur dépôt, conformément
à l'article 2 de cette loi, avant le 1er janvier 1881 .
8 juillet 1879. — Circulaire à MM. les gouverneurs .
Monsieur le gouverneur,
La loi du 1er avril 1879, concernant les marques de
fabrique et de commerce, est exécutoire à partir du
(1, 2. 3, et 4) Actuellement le ministre de l'industrie et du travail.
(5) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
(6) L'article 13 a été modifié par arrêté royal du 4 juin 1894, et libellé tel
qu'il est reproduit ci-dessus.
422 LOIS USUELLES .
1er octobre prochain, en vertu de l'arrêté royal du 7 jail-
let.
Avant d'entrer dans l'examen des dispositions princi-
pales de la législation nouvelle , je ne crois pas inutile de
rappeler l'idée fondamentale sur laquelle elle repose.
La loi du 1er avril 1879 a en vue de protéger non seule-
ment les intérêts du producteur ou du négociant qui s'est
approprié l'usage exclusif d'une marque de fabrique ou
de commerce, mais aussi les intérêts du consommateur,
qui doit pouvoir s'assurer de l'origine des produits qu'on
lui livre .
Partant de cette idée , la loi reconnaît à chacun le droit
de prendre dans le domaine commun un signe destiné à
faire reconnaître les produits de sa fabrication ou les
objets de son commerce ; mais elle subordonne la trans-
formation de ce droit en propriété exclusive à une condi-
tion que réclame l'intérêt général : il faut que l'industriel
ou le commerçant ait rendu publique, par la formalité
du dépôt, la marque dont il prétend avoir seul l'usage .
Tel est le caractère général de la loi. Il en résulte que le
dépôt régulièrement fait n'est pas simplement déclaratif,
mais bien attributif de la propriété de la marque .
L'article 1er, comblant une lacune qui existait dans la
66
législation antérieure , définit la marque tout signe
servant à distinguer les produits d'une industrie ou les
objets d'un commerce " .
Par conséquent peuvent être employés comme marques
les noms sous une forme distinctive , les dénominations,
emblèmes, empreintes, timbres, cachets, vignettes , reliefs,
lettres , chiffres , enveloppes, etc.
Si le législateur n'a pas introduit cette énumération
dans la loi , c'est qu'il a cru que ces sortes d'énonciations ,
forcément exemplatives, offrent plus d'inconvénients que
d'avantages .
Les termes produits d'une industrie et objets d'un
commerce, dont se sert la loi nouvelle, doivent manifes-
tement être pris dans leur acception la plus large.
On pourra donc appliquer des marques à des produits
de l'agriculture (grains, fruits, bestiaux, etc.) ou à des
produits minéraux livrés au commerce (eaux miné-
rales, etc. ).
MARQUES DE FABRIQUE . 423
Pour jouir du bénéfice de la loi, il faut, aux termes de
l'article 2, effectuer le dépôt de la marque au greffe du
tribunal de commerce dans le ressort duquel est situé
l'établissement de l'intéressé ou, à défaut de tribunal de
commerce, au greffe du tribunal civil .
Si le déposant ne possède qu'un seul établissement,
nulle difficulté. Mais s'il en possède plusieurs, situés dans
des ressorts différents, où et comment le dépôt devra t-il
être effectué ? La loi ne tranche pas la question, mais il
résulte, tant des discussions que de l'Exposé des motifs,
que l'intéressé ne sera tenu de faire qu'un seul dépôt et
qu'il pourra choisir à cet effet le greffe du tribunal
dans le ressort duquel est situé son principal établisse-
ment.
Le dépôt étant attributiť du droit à l'usage exclusif de
la marque , il est essentiel, Monsieur le gouverneur, de
ne pas perdre de vue les formalités que prescrit la loi à
cet égard.
Le dépôt ne sera reçu par le greffier que sur la produc-
tion des pièces suivantes :
1º Une quittance constatant lé versement de la somme
de 10 francs, montant de la taxe prescrite par la loi
(art. 5) ;
2º Une procuration de la partie intéressée, si le dépôt
est fait par mandataire (art. 4). Cette procuration pourra
être sous seing privé, mais elle devra être enregistrée et
laissée entre les mains du greffier;
3º Un modèle en triple exemplaire de la marque adop-
tée (art. 2). Ce modèle, dressé sur papier libre, sera tracé
dans un cadre dont les dimensions ne pourront dépasser
8 centimètres de hauteur sur 10 centimètres de largeur ;
4° Un cliché de la marque (art. 2); il devra être en
métal et propre à être reproduit dans le recueil des
marques. Le dépôt de ce cliché, dont les dimensions ne
pourront excéder non plus celles qui sont mentionnées
ci-dessus , a pour but de faciliter à l'administration cen-
trale la rédaction du Recueil dont il est question à l'arti-
cle4.
Si ces pièces ne remplissent pas les conditions voulues ,
le greffier les restituera au déposant, pour les faire
rectifier ou remplacer. Si, au contraire, elles sont four-
424 LOIS USUELLES .
nies en règle, le greffier dressera un procès-verbal
constatant le dépôt.
Les actes de dépôt seront dressés sur des formules
fournies par le département de l'intérieur (1). Ces for-
mules seront timbrées à l'extraordinaire ; elles seront
reliées à la fin de chaque année par les soins du greffier
et formeront ainsi le registre des actes de dépôt.
Le procès-verbal énoncera le jour et l'heure du dépôt,
le nom de l'intéressé, sa profession, son domicile et le
genre d'industrie pour lequel il a l'intention de se servir
de la marque. Si le dépôt se fait par mandataire, le pro-
cès-verbal portera, de plus, le nom du fondé de pouvoirs .
L'acte de dépôt contiendra, en outre, une description
sommaire de la marque ; il mentionnera si la marque est
en creux ou en relief sur les produits, et si elle a dû être
réduite pour ne pas excéder les dimensions prescrites ; il
énoncera enfin la date et le numéro de la quittance de la
taxe, ainsi que le nom du bureau où le payement a été
effectué .
L'un des exemplaires de la marque déposée sera collé
sur le procès-verbal dans un cadre tracé à cet effet : ce
cadre devra avoir 8 centimètres de hauteur sur 10 centi-
mètres de largeur.
Chaque procès-verbal portera un numéro d'ordre et
sera signé tant par le déposant que par le greffier.
L'acte de dépôt étant ainsi rédigé, le greffier aura à
dresser deux expéditions du procès-verbal ; l'une sera
délivrée au déposant, l'autre sera transmise par la poste,
avec le cliché de la marque , au plus tard dans la huitaine,
au ministre de l'intérieur (2). Sur chacune de ces expédi-
tions , il collera l'un des exemplaires de la marque dépo-
sće (art. 4).
Telles sont, Monsieur le gouverneur, les formalités à
remplir, en vertu de la loi nouvelle, pour le dépôt des
marques .
Ainsi qu'il est dit à l'article 5, ce dépôt est soumis à une
taxe de 10 francs .
Il est à observer que cette taxe est due pour chaque
(1) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
(2) Actuellement au ministre de l'industrie et du travail.
MARQUES DE FABRIQUE . 425
marque déposée, et non pour chaque dépôt de marque;
par conséquent, s'il est déposé plusieurs marques, il est
dû autant de taxes qu'il y a de marques différentes, chaque
marque devant faire l'objet d'un dépôt distinct.
Toutefois , il doit être entendu que les marques dépo-
sées ensemble et qui ne diffèrent entre elles que par la
dimension ou la couleur, ne constituent qu'un seul dépôt
et ne sont, par conséquent, soumises qu'à une seule taxe.
Dans ce cas, les différentes marques déposées doivent
être de dimension telle qu'elles puissent être toutes con-
tenues dans le cadre tracé sur l'acte de dépôt .
De ce qu'il faui un dépôt spécial pour chaque marque ,
il résulte qu'il faut une procuration spéciale pour chaque
acte de dépôt, dans le cas où le dépôt se fait par manda-
taire : en effet, l'article 4 de la loi exige que la procuration
reste annexée à l'acte .
Vous voudrez bien remarquer, Monsieur le gouverneur,
que la loi s'applique indistinctement et sans restriction
aux Belges et aux étrangers résidant en Belgique ; quant
aux Belges et aux étrangers résidant hors de Belgique ,
ils ne bénéficient des dispositions de la loi que si, dans les
pays où leurs établissements sont situés, des conventions
internationales ont stipulé la réciprocité pour les marques
belges . Dans ce cas, le soin de recevoir le dépôt est confié
exclusivement au greffier du tribunal de commerce de
Bruxelles (art. 6) .
Pour empêcher que la cession des marques ne devienne
l'occasion de fraudes, l'article 7 a posé en principe que la
marque ne pourrait être transmise qu'avec l'établisse-
ment dont elle sert à distinguer les objets de fabrication
et de commerce : la sincérité et la loyauté des opérations
commerciales seront ainsi sauvegardées .
Cette transmission est-elle assujettie à un droit fixe ? La
loi distingue si la transmission se fait par acte entre-
vifs, elle est soumise à un droit fixe de 10 francs ; si, au
contraire , elle se fait en vertu d'une disposition testamen-
taire ou d'une succession ab intestat, elle demeure sous
l'empire des règles ordinaires du droit fiscal .
Mais qu'elle se fasse par acte entre-vifs ou autrement,
la transmission n'aura d'effet à l'égard des tiers qu'après
le dépôt d'un extrait de l'acte qui la constate, dans les
426 LOIS USUELLES .
formes prescrites pour le dépôt de la marque (art. 7).
Une disposition fort importante de la loi, et sur laquelle
je dois attirer toute votre attention, est celle qui s'applique
aux marques existantes : le dépôt des marques effectué en
exécution des lois antérieures cessera d'avoir effetle 1er jan-
vier 1881 , s'il n'a été renouvelé avant cette date (art. 18) .
Il importe de bien saisir la portée de cette disposition :
ainsi , l'intéressé qui n'aura pas renouvelé le dépôt de sa
marque dans le délai fixé ne sera pas déchu de son droit
à tout jamais ; il n'aura, à la vérité, aucune action en
justice avant que le dépôt soit renouvelé, mais il conser-
vera toujours la faculté de l'effectuer et, à partir du jour
de ce dépôt, il jouira pour l'avenir de la protection légale .
Le public est évidemment intéressé à connaître quelles
sont les marques déposées , puisqu'il lui est interdit d'en
faire usage sous peine d'encourir les pénalités pronon-
cées par la loi.
A cet effet, un dépôt central des marques de fabrique
sera établi à Bruxelles, au Musée de l'industrie (1) : се
dépôt aura l'avantage de ne pas mettre ceux qui veulent
savoir si une marque est déposée dans la nécessité de se
rendre dans tous les greffes du royaume .
De plus , afin de satisfaire, autant que possible, aux be-
soins du public, l'administration fera publier, en exécution
de l'article 4 delaloi, un Recueil officiel des marques dépo-
sées .
Telles sont, Monsieur le gouverneur, les règles pré-
cises et efficaces par lesquelles la loi nouvelle a remplacé
une législation surannée et contradictoire .
Vous voudrez bien prévenir, en temps utile, les conseils
de prud'hommes de votre province que toute intervention
de leur part, en matière de marques de fabrique ou de
commerce, cessera à partir du 1er octobre prochain .
Je vous prie, Monsieur le gouverneur, de faire insérer
la présente circulaire au Mémorial administratif, ainsi
que le texte de la loi , l'arrêté royal du 7 de ce mois et la
circulaire adressée aux directeurs de l'enregistrement et
des domaines . Le ministre de l'intérieur,
G. ROLIN-JAEQUEMYNS .
(1) Actuelement au ministère de l'industrie et du travail.
MARQUES DE FABRIQUE . 427
8 juillet 1879 . Circulaire à MM. les directeurs
de l'enregistrement et des domaines .
Monsieur le directeur,
J'ai l'honneur de vous faire parvenir la loi du
1er avril 1879, sur les marques de fabrique et de com-
merce , insérée au Moniteur du 3 avril , nº 93 .
Cette loi nécessite les instructions suivantes :
§ 1er. Le pavement de la taxe de 10 francs fixée par
l'article 5 est fait au bureau de l'enregistrement du domi-
cile de l'intéressé ou du chef-lieu d'arrondissement, au
choix du dit intéressé (1).
Dans le cas du deuxième alinéa de l'article 6, le paye-
ment a lieu au bureau des produits divers à Bruxelles .
Il est délivré une quittance pour chaque taxe payée par
la même personne . La quittance porte un numéro d'ordre
séparé du journal de recette .
Le receveur ne décrit pas la marque.
La recette de la taxe est inscrite dans la comptabilité
sous la rubrique Produits divers et accidentels , avec le
libellé suivant : Taxes pour marques de fabrique et de
commerce .
Une colonne spéciale est affectée à la recette, au jour-
nal nº 17 .
§ 2. L'acte de dépôt dont il s'agit à l'article 4 de la loi
énonce la date et le numéro de la quittance de la taxe, et
le nom du bureau où le payement a été effectué. Ces men-
tions sont reproduites dans le libellé d'enregistrement de
l'acte.
Le receveur qui enregistre l'acte tient au courant un
relevé de ces mentions de payement, formé par le bureau
où la recette a été faite. Ce relevé ne renferme que deux
colonnes , indiquant l'une la date et l'autre le numéro de
la recette . En tête est porté le nom du bureau où celle-ci
a lieu .
(1) Dans les villes où il existe plusieurs bureaux, le payement doit être
effectué au bureau des produits divers.
428 LOIS USUELLES .
Le relevé est envoyé annuellement au directeur, au
plus tard le 10 janvier, après avoir été clôturé à la date
du 31 décembre .
Le directeur le joint aux pièces de la vérification du
bureau précité.
§ 3. L'acte de dépôt est soumis aux droits de timbre,
d'enregistrement et de greffe. Le droit d'enregistrement
s'élève à 4,40 (1) ; il est dû pour droits de greffe 1,70 à
titre de rédaction de la minute, et 1,40 par rôle d'expédi-
tion (2).
Les actes de dépôt et les expéditions seront rédigés
sur des formules imprimées que fournira le département
de l'intérieur (3) . Ces formules pourront être timbrées à
l'extraordinaire .
Les formules destinées aux minutes devant être réunies
en registre, plusieurs formules peuvent être imprimées
sur la même feuille .
§ 4. La minute et les expéditions de l'acte de dépôt dans
le cas de l'article 18, sont écrites sur papier libre dispensé
du visa pour timbre . La minute est enregistrée gratis et,
ainsi que les expéditions, elle est passible des droits de
greffe mentionnés au § 3 .
La procuration pour effectuer le dépôt ne participe pas
à l'exemption du timbre et du droit d'enregistrement.
§ 5. La transmission d'une marque par acte entre-
vifs est tarifée par l'article 7, 2º alinéa, au droit fixe de
10 francs .
Ce droit doit être augmenté des additionnels selon la
loi du budget (4).
Il est dû un droit distinct pour chacune des marques
différentes cédées par un seul acte, que la transmission
ait lieu ou non entre les mêmes personnes. Il n'y a qu'une
seule marque lors même qu'il y a plusieurs spécimens
qui ne diffèrent que sous le rapport de la couleur ou de la
dimension .
(1) La loi du 28 juillet 1879 porte ce droit à 4 fr. 70 c.
(2) Il sera dressé un acte de dépôt pour chaque marque.
(2) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail .
(4) Une colonne spéciale est affectée à ce droit à la première page des bul
letins de statistique.
MARQUES DE FABRIQUE . 429
L'extrait d'un acte sous seing privé ne comprenant
que les dispositions de cet acte qui sont relatives à la ces-
sion d'une marque, peut être admis à la formalité de l'en-
registrement, s'il est signé au moins d'une des parties
contractantes .
L'acte constatant le dépôt prescrit par le 3º alinéa de
l'article 7 est soumis aux droits de timbre, d'enregistre-
ment et de greffe, comme il est dit au § 3 .
§ 6. Un arrêté royal pris conformément à l'article 20
de la loi porte que celle-ci sera mise à exécution le
1er octobre 1879 .
Le ministre des finances,
CHARLES GRAUX.
23 mai 1893 . Arrêté royal réglant les formalités à
remplir pour l'enregistrement international des mar-
ques de fabrique ou de commerce déposées dans le
pays .
Léopold II, etc. Vu la loi du 13 juin 1892, qui approuve
l'arrangement concernant l'enregistrement international
des marques de fabrique ou de commerce, signé à Ma-
drid, le 14 avril 1891 ;
Vu la loi du 5 juillet 1884, qui approuve la convention
conclue à Paris, le 20 mars 1883, pour la protection de la
propriété industrielle ;
Considérant qu'il importe de régler les formalités à
remplir pour l'enregistrement international des marques
de fabrique ou de commerce déposées dans le pays ;
Sur la proposition de notre ministre des affaires étran-
gères et de notre ministre de l'agriculture, de l'industrie
et des travaux publics,
Nous avons arrêté et arrêtons :
Art. 1er. Toute personne domiciliée en Belgique ou y
possédant un établissement industriel ou commercial,
propriétaire d'une marque de fabrique ou de commerce
déposée conformément à la loi du 1er avril 1879 et à l'ar-
rêté du 7 juillet 1879, pris en exécution de cette loi, qui
0
veut s'assurer la protection de cette marque dans les
430 LOIS USUELLES .
Etats qui ont adhéré à l'arrangement du 14 avril 1891
concernant l'enregistrement international des marques
de fabrique ou de commerce, adressera au ministère
de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics (1),
direction de l'industrie, service de la propriété indus-
trielle :
1º Une demande d'enregistrement, en double exem-
plaire, dressée sur formulaire officiel .
Cette demande devra mentionner les nom, profession
et adresse du propriétaire de la marque, le numéro d'or-
dre et la date de l'enregistrement de cette marque en
Belgique ;
2º Un modèle en double exemplaire de la marque,
séparé de la demande d'enregistrement.
Ce modèle, dressé sur papier libre devra être tracé
dans un cadre qui ne pourra dépasser 8 centimètres de
haut sur 10 centimètres de large ;
3º Un cliché de la marque pour la reproduction typo-
graphique de cette dernière dans la publication qui en
sera faite par le bureau international .
Ce cliché doit reproduire exactement la marque enre-
gistrée en Belgique, de telle manière que tous les détails
en ressortent visiblement; il ne doit pas avoir moins de
15 millimètres ni plus de 10 centimètres soit en longueur,
soit en largeur.
L'épaisseur exacte du cliché doit être de 24 milli-
mètres , correspondant à la hauteur des caractères d'im-
primerie ;
4º Une quittance, délivrée par un receveur de l'en-
registrement, constatant le versement d'une somme de
100 francs ;
5° Une procuration , si la demande d'enregistrement
est faite par un mandataire. Cette procuration pourra
être sous seing privé, mais elle devra être enregistrée.
Les formulaires pour demandes d'enregistrement sont
délivrés gratuitement par le ministère de l'agriculture,
de l'industrie et des travaux publics (2), direction de l'in-
dustrie, service de la propriété industrelle .
(1 et 2) Actuellement au ministère de l'industrie et du travail .
MARQUES DE FABRIQUE . 431
Les demandes incomplètes ou irrégulières seront
retournées immédiatement .
Art. 2. Aussitôt après leur admission par le ministère
de l'agriculture , de l'industrie et des travaux publics (1),
les demandes d'enregistrement international seronttrans-
mises au bureau international de la propriété indus-
trielle , à Berne.
Art. 3. Dès que le bureau international de la propriété
industrielle , à Berne, aura notifié au ministère de l'agri-
culture, de l'industrie et des travaux publics (2), l'enregis-
trement international d'une marque belge , avis en sera
donné au requérant, qui recevra en même temps un
exemplaire du certificat d'enregistrement signé par le
bureau international .
Art. 4. Si une marque a fait l'objet d'une cession et si
les intéressés en font la demande, le service de la pro-
priété industrielle du ministère de l'agriculture , de l'in-
dustrie et des travaux publics (3) donnera avis de cette
transmission au bureau international de la propriété
industrielle, à Berne, pourvu que les formalités pres-
crites par l'article 7 de la loi du 1er avril 1879 et par
l'article 9 de l'arrêté du 7 juillet 1879 aient été obser-
vées .
Art. 5. Les annulations de marques , en vertu d'une
décision judiciaire, dont les greffiers auront, conformé-
ment à l'article 10 de l'arrêté royal du 7 juillet 1879,
donné avis au ministère de l'agriculture, de l'industrie
et des travaux publics (4), seront notifiées par le service
spécial de la propriété industrielle au bureau interna-
tional .
Art. 6. Notre ministre des affaires étrangères et notre
ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux
publics sont chargés, etc.
(1, 2, 3 ct 4) Actuellement le ministère de l'industrie et du travail.
TROISIÈME PARTIE
Législation ouvrière.
ATELIERS .
RÉGLEMENTATION ET HYGIÈNE DES ATELIERS
21 septembre 1894. Arrêté royal contenant le
règlement relatif à la salubrité des ateliers et à la
protection des ouvriers contre les accidents du
travail .
Art. 1er. Les prescriptions ci-après, destinées à assurer
la salubrité des ateliers et la protection des ouvriers
contre les accidents du travail, seront observées désor-
mais dans les établissements dangereux, insalubres ou
incommodes :
SECTION Ire . Salubrité des ateliers .
Art . 2. Les ateliers seront tenus dans un état de pro-
preté satisfaisant. Le badigeonnage et la peinture des
murs devront être régulièrement entretenus.
Art. 3. Dans les locaux où l'on travaille des matières
organiques susceptibles de fournir des liquides qui, par
leur décomposition, donneraient lieu à des dégagements
de gaz ou de vapeurs nuisibles ou incommodes, le sol sera
plan, imperméable et disposé de façon à assurer l'écou-
lement des liquides ; les murs seront cimentés sur 1m,00
de hauteur au moins .
Le sol et les murs seront lavés à fond, au moins deux
fois par an , à l'aide d'une solution désinfectante dont
le choix sera indiqué par l'autorité de qui émane l'auto-
risation .
Les résidus putrescibles ne devront jamais séjourner
dans les locaux affectés au travail . Ils seront enlevés au
fur et à mesure et immédiatement désinfectés .
19
436 LOIS USUELLES .
Art. 4. L'atmosphère des locaux de travail sera tenue
constamment à l'abri des émanations provenantd'égouts,
de fosses à purin et à fumier, de fosses d'aisances ou de
toute autre source d'infection .
Les matières excrémentitielles ne pourront être déver-
sées dans des puisards ou puits perdus .
Art. 5. Il y aura, pour vingt-cinq personnes, au moins
un cabinet d'aisances, qui ne pourra pas communiquer
directement avec les locaux de travail .
Art. 6. Dans les locaux fermés affectés au travail ,
chaque ouvrier disposera d'un espace de 10 mètres cubes
d'air au moins .
Le locaux seront convenablement aérés et ventilés . On
assurera un renouvellement d'air de 30 mètres cubes au
moins par heure et par travailleur . Ce minimum ne sera
pas inférieur à 60 mètres cubes dans les locaux qui revê-
tent un caractère spécial d'insalubrité .
Les orifices de prise d'air et d'évacuation d'air vicié
seront placés de manière à ne pas indisposer les ouvriers
et à se trouver hors de leur atteinte.
Art . 7. Il sera installé des hottes avec cheminées d'appel
ou des cheminées d'aspiration s'ouvrant au ras du sol
pour évacuer le plus directement et le plus promptement
possible les buées, vapeurs , gaz et poussières .
Lorsque cette disposition sera insuffisante pour y sous-
traire les ouvriers, les appareils de travail seront enve-
loppés dans la mesure du possible, et une dépression de
l'air séra créée à l'intérieur de ces enveloppes, à l'aide
d'une ventilation énergique.
Art. 8. Les ateliers seront évacués, autant que possible ,
pendant les interruptions du travail. Les ouvriers ne
pourront prendre leurs repas dans aucun local affecté à
des manipulations de substances toxiques .
Art. 9. Les patrons sont tenus de mettre à la disposi-
tion de leur personnel de l'eau de bonne qualité pour la
boisson ou une tisane hygiénique .
SECTION II . Protection contre les accidents .
Art . 10. Les machines motrices devront être entourées
d'un garde-corps, à moins qu'elles ne soient disposées de
ATELIERS . 437
façon à ne présenter aucun danger pour les personnes qui
ne sont pas attachées à leur service.
L'accès du local renfermant les moteurs sera, autant
que possible, interdit à toute autre personne que les
chauffeurs .
Art. 11. Des précautions indiquées par les circons-
tances seront prises à l'égard des transmissions de
mouvement et des pièces saillantes et mobiles des ma-
chines, lorsqu'elles pourraient donner lieu à des acci-
dents .
Art. 12. Les machines- outils à allure rapide doivent
être munies de dispositifs propres à les arrêter dans le
moindre temps possible, sans arrêter le moteur.
Art. 13. Les machines à outils tranchants , marchant à
grande vitesse, tels que machines à hacher, à découper,
à raboter, scier, fraiser et autres analogues, seront dis-
posées de telle façon que les ouvriers ne puissent, de
l'endroit où ils sont occupés, toucher involontairement
les parties tranchantes .
Art. 14. Aucun ouvrier ne pourra être occupé habi-
tuellement aux abords d'un volant ou de tout autre engin
marchant à grande vitesse .
Art. 15. Des grillages préserveront les ouvriers contre
les atteintes de débris ou d'éclats projetés par la matière
mise en œuvre .
Art. 16. Les passages de circulation dans les locaux
affectés au travail doivent avoir une largeur et une hau-
teur suffisantes pour que les ouvriers ne puissent être
atteints par les machines en mouvement.
Art. 17. Les monte-charge, ascenseurs , élévateurs ,
grues et engins analogues devront porter l'indication de
leur puissance, évaluée en kilogrammes, et, s'ils sont
affectés au service du personnel, du nombre de personnes
transportables simultanément sans danger.
Art. 18. Les monte-charge , ascenseurs et élévateurs
seront guidés et disposés de manière que rien ne puisse
entomber.
Les ouvertures ménagées pour ces appareils dans les
planchers seront entourées d'un garde-corps, dont l'un
des côtés sera constitué, en tout ou en partie, par une
barrière mobile s'ouvrant à l'extérieur et se fermant
automatiquement.
438 LOIS USUELLES .
Art. 19. Les puits , citernes , bassins, réservoirs de
liquides corrosifs ou brûlants seront pourvus soit de cou-
vercles, soit de barrières ou garde-corps .
Art. 20. Les mesures nécessaires seront prises pour le
sauvetage des ouvriers en cas d'incendie.
Art. 21. L'éclairage des ateliers devra être suffisant
pour que les ouvriers puissent distinguer les machines ou
transmissions de mouvement avec lesquelles ils peuvent
se trouver en contact.
Lorsque l'éclairage des ateliers aura lieu au pétrole,
les mesures seront prises pour éviter la chute des
lampes .
Les appareils d'éclairage au gaz seront soigneusement
entretenus et surveillés .
Lorsque l'éclairage ou la transmission de la force
s'effectueront par l'électricité, on prendra les dispositions
nécessaires pour soustraire les ouvriers aux dangers que
présentent les courants de haute tension .
SECTION III . Dispositions générales .
Art. 22. Tout accident ayant causé la mort d'un ou-
vrier ou occasionné à un travailleur une blessure capable
de causer une incapacité de travail de huit jours au moins
sera signalé , dans les quarante- huit heures , par le patron
ou son délégué, à l'inspecteur compétent.
La déclaration du patron contiendra le nom et l'adresse
des témoins de l'accident .
Dans tous les cas où il y aura eu mort d'homme ,
l'inspecteur compétent fera une enquête sur les causes
de l'accident .
Un arrêté ministériel déterminera les autres cas où
cette enquête devra également avoir lieu .
Art. 23. Les prescriptions du présent arrêté ne sont
exécutoires que pour autant qu'elles ne soient pas con-
traires aux dispositions des arrêtés d'autorisation anté-
rieurs .
Art. 24. Les députations permanentes pourront, à la
demande des intéressés, et sur l'avis des inspecteurs
compétents , autoriser des dérogations motivées aux
prescriptions du présent arrêté, en ce qui concerne soit
ATELIERS . 439
les établissements déjà en activité, soitles établissements
à autoriser dans l'avenir .
Art. 25. Les infractions aux dispositions du présent
règlement, ainsi qu'au
qu'aux prescriptions des arrêtés spé-
ciaux, seront punies des peines comminées par la loi du
5 mai 1888, relative à l'inspection des établissements dan-
gereux, insalubres ou incommodes .
Art . 26. Le présent arrêté entrera en vigueur à partir
du 1er janvier 1895.
15 juin 1896. — Loi sur les règlements d'atelier .
Art. 1er . Dans les entreprises industrielles et commer-
ciales , ainsi que dans les services des provinces et des
communes , qui emploient dix ouvriers au moins , un
règlement d'atelier écrit doit être arrêté de la manière
prévue par la présente loi.
Cette obligation peut être étendue par arrêté royal
aux entreprises qui emploient moins de dix ouvriers .
Elle le sera, avant l'an 1900, aux entreprises qui emploient
cinq ouvriers au moins .
Sont exceptées les entreprises agricoles, ainsi que les
entreprises industrielles et commerciales où le chef
d'entreprise ne travaille qu'avec son ménage ou des
membres de sa famille habitant avec lui, ou dont les ou-
vriers doivent être considérés comme domestiques ou
gens de la maison .
Le règlement d'atelier doit être rédigé soit en français ,
soit en flamand, soit en allemand ou en plusieurs de ces
langues, de manière qu'il soit compris par tous les
ouvriers attachés à l'entreprise.
Art. 2. Le règlement d'atelier doit indiquer dans la
mesure que comporte la nature de l'entreprise :
1º Le commencement et la fin de la journée de travail
régulière, les intervalles de repos, les jours de chômage
réguliers ;
2° La manière dont le salaire est déterminé et notam-
ment si l'ouvrier est rétribué à l'heure, à la journée, à la
tâche ou à l'entreprise ;
3º Lorsque l'ouvrier est rétribué à la tâche ou à l'en-
treprise, le mode de mesurage et de contrôle ;
440 LOIS USUELLES .
4° Les époques du payement des salaires.
Si les ouvriers ne séjournent dans les locaux de l'en-
treprise pour y prendre des matières premières ou y
remettre le produit de leur travail, l'indication du 1º ci-
dessus est remplacée par celle des jours et heures où les
locaux leur sont accessibles .
Art. 3. Là où l'entreprise le comporte, le règlement
d'atelier doit encore indiquer :
1º Les droits et les devoirs du personnel de surveillance,
le recours ouvert aux ouvriers en cas de plainte ou de
difficultés ;
2º Les fournitures qui sont faites à l'ouvrier à charge
d'imputation sur le salaire ;
3º Si un préavis de congé est exigé, le délai du congé
ainsi que les cas où le contrat peut être rompu sans pré-
avis par l'une ou l'autre des parties ;
4° S'il existe des pénalités ou amendes, la nature
des pénalités, le taux des amendes et l'emploi qui en est
fait.
Art. 4. D'autres pénalités ou amendes que celles
prévues par le règlement ne peuvent être appliquées .
Les pénalités ou amendes doivent être notifiées à ceux
qui les ont encourues le jour même où elles sont infligées,
ou, en cas d'empêchement, le plus tôt possible . Elles sont
renseignées dans un état qui contient, en regard des
noms des ouvriers punis, la date et le motif de la puni-
tion ainsi que la nature de la pénalité ou le chiffre de
l'amende .
Cet état doit être ratifié avant la paye par le chef ou
par un directeur de l'entreprise. Il doit être montré aux
inspecteurs du travail à toute réquisition.
Art. 5. Un arrêté royal peut prescrire que, dans des
catégories d'entreprises déterminées, le règlement d'ate-
lier indiquera en outre :
1º Les règles spéciales adoptées en vue d'assurer la
salubrité, la sécurité, la moralité et les convenances ;
2º Les premiers soins qui seront donnés aux ouvriers
en cas d'accident.
Art. 6. Dans les six mois de la promulgation de la pré-
sente loi, le roi convoquera les sections des conseils de
l'industrie et du travail, aux fins de rédiger, en s'inspirant
ATELIERS . 441
de l'usage, des règlements-types conformes aux pres-
criptions des articles qui précèdent.
Art. 7. Avant d'entrer en vigueur, tout règlement
nouveau ou tout changement à un règlement ancien doit
être porté à la connaissance des ouvriers par voie
d'affiche .
Pendant huit jours au moins à partir de l'affichage, le
chef d'entreprise tient à la disposition de ses ouvriers
un registre ou cahier où ceux-ci peuvent, soit individuel-
lement, soit, le cas échéant, par leurs représentants au
conseil d'usine ou à toute autre délégation analogue,
consigner les observations qu'ils auraient à présenter.
Les ouvriers peuvent, dans le même délai, adresser
individuellement et par écrit leurs observations à l'ins-
pecteur du travail du ressort. L'inspecteur transmet ces
observations au chef d'entreprise, dans les trois jours de
la réception.
Les observations doivent être signées par les ouvriers ;
toutefois , lorsque ceux-ci en auront exprimé le désir,
leurs noms ne pourront être ni communiqués, ni divul-
gués.
Modifié ou non, le règlement ou le changement au
règlemententre en vigueur quinze jours après l'affichage .
Le chef d'entreprise a le droit de prolonger ce délai,
dont la durée totale ne peut toutefois jamais être supé-
rieure à deux mois ; lorsqu'il est fait usage de cette
faculté, le projet affiché doit mentionner la date de l'en-
trée en vigueur.
Le chef d'entreprise envoie au conseil de prud'hommes
et à l'inspecteur du travail un exemplaire du règlement
ou du changement au règlement devenu définitif.
Art. 8. Tout règlement ou tout changement au règle-
ment doit porter l'attestation, dûment signée par le chef
d'entreprise, de la consultation régulière des ouvriers,
conformément à l'article 7 de la présente loi .
Art. 9. Le règlement ou les usages antérieurs sub-
sistent jusqu'à la mise en vigueur du nouveau règlement
d'atelier .
Toutefois, si le règlement doit contenir, conformément
à l'article 5, des règles spéciales concernant la salubrité,
la sécurité, la moralité et les convenances , ces règles , par
442 LOIS USUELLES .
dérogation à l'article 7, alinéa 5, entreront provisoire-
ment en vigueur dès le jour de l'affichage.
Art. 10. Les règlements faits conformément à la
présente loi lient les parties pour toute la durée de
l'engagement, tant dans les dispositions obligatoires
prévues ci-dessus, que dans les dispositions facultatives
qui y seraient jointes en vue d'établir les conditions du
contrat de travail.
Art. 11. Le règlement est et reste affiché dans les
locaux de l'entreprise, à un endroit apparent.
Tout ouvrier a le droit d'en prendre copie .
Les noms et résidences des délégués du gouvernement
pour l'inspection du travail sont affichés en dessous du
règlement d'atelier.
Art. 12. Les chefs d'entreprise soumis à la présente
loi tiennent un état exact de leur personnel ouvrier, sui-
vant un modèle dressé par l'administration .
Art. 13. Un arrêté royal déterminera les entreprises
dans lesquelles un exemplaire des lois et arrêtés relatifs
à la salubrité et à la sécurité doit être mis par le chef
d'entreprise à la disposition des ouvriers .
Le même arrêté indiquera les lois et arrêtés compris
dans cette obligation .
Art. 14. Les délégués du gouvernement pour l'inspec-
tion ont la libre entrée dans les locaux affectés à l'entre-
prise . Ils surveillent l'exécution de la présente loi et
constatent les infractions par des procès-verbaux faisant
foi jusqu'à preuve contraire.
Une copie du procès-verbal sera , dans les quarante-
huit heures, remise au contrevenant, à peine de nullité.
Art. 15. Seront punis d'une amende de 26 à 1,000 francs ,
les chefs d'industrie, patrons, directeurs ou gérants qui
ne seront point pourvus d'un règlement dans les délais
légaux, ou qui auront faussement certifié la consultation
régulière de leurs ouvriers .
Seront punis d'une amende de 26 à 500 francs, les chefs
d'industrie, patrons, directeurs ou gérants qui auront
omis de comprendre dans leurs règlements une ou plu-
sieurs des dispositions prévues par les articles 2, 3, 1º et
2°, 5 et 8 .
Dans les cas ci-dessus, la peine sera encourue à nou
ATELIERS. 443
veau lorsque l'auteur de l'infraction aura négligé de se
conformer à la loi dans les trois mois de la condamnation
contradictoire ou de la signification du jugement de
condamnation par défaut.
Art. 16. Seront punis d'une amende de 26 à 200 francs,
les chefs d'industrie, patrons , directeurs ou gérants qui
contreviendront aux articles 4, 11, 12, 13 et 24 de la pré-
sente loi .
Art. 17. Les chefs d'industrie, patrons, directeurs ou
gérants qui auront mis obstacle à la surveillance orga-
nisée en vertu de la présente loi, seront punis d'une
amende de 26 à 100 francs, sans préjudice, s'il y a lieu, à
l'application des peines comminées par les articles 269 à
274 du code pénal .
En cas de récidive dans les douze mois à partir de la
condamnation antérieure, la peine sera doublée .
Art. 18. Le chapitre VII et l'article 85 du livre Ier du
code pénal sont applicables aux infractions prévues par
la présente loi.
Art . 19. L'action publique résultant d'une infraction
aux dispositions de la présente loi se prescrit par un an .
Art. 20. Les chefs d'industrie sont civilement respon-
sables du payement des amendes prononcées à charge
de leurs directeurs ou gérants .
Art. 21. Les arrêtés royaux qui auraient pour objet
d'étendre l'obligation du règlement d'atelier à des entre-
prises occupant moins de dix ouvriers, indiqueront
l'époque de leur mise en vigueur et le délai qui sera
laissé aux chefs d'entreprise pour se conformer aux
prescriptions légales .
Disposition transitoire.
Art. 22. Les chefs d'entreprise ont un délai qui pren-
dra fin le 31 décembre 1897 pour rédiger ou modifier
leurs règlements d'atelier conformément à la loi .
Dispositions additionnelles .
Art. 23. La disposition ci-après est ajoutée à la suite
du premier alinéa, 1º, de l'article 7 de la loi du 16 août
1887 portant réglementation du payement des salaires
19.
444 LOIS USUELLES .
des ouvriers : " ainsi que du chef d'indemnités pour mal-
façon, emploi abusif de matériaux, ou détérioration de
matériel, matières premières ou produits " (1) .
Art. 24. Le total des amendes infligées par jour à
l'ouvrier ne peut dépasser le cinquième de son salaire
journalier.
Le produit des amendes doit être employé au profit
des ouvriers .
4 septembre 1896. - Arrêté royal , pris en exécution
de l'article 5 de la loi du 15 juin 1896 , sur les
règlements d'atelier relativement aux mesures de
précaution à observer par le personnel .
Art. 1er. Le règlement d'atelier indiquera les mesures
de précaution à observer par le personnel en vue de la
sécurité :
A. Dans les entreprises ou parties d'entreprise où le
travail s'exécute à l'aide d'un moteur activé par une force
élémentaire ou à l'aide de mécaniques actionnées par un
tel moteur ;
B. Dans celles où l'on effectue le transport de matières
pondéreuses ;
C. Dans celles où le travail s'exécute à des niveaux
différents ou à l'aide d'échafaudages ;
D. Dans celles qui tombent sous l'une des rubriques
ci-après :
1. Acide chlorhydrique et sulfate de soude (Fabri-
ques d') ;
2. Acide nitrique (Fabriques d' ) ;
3. Acide sulfurique (Fabriques d ') ;
4. Acide sulfureux et de sulfites (Fabriques d ') ;
5. Alcool (Ateliers de distillation et de rectification
de l') ;
6. Bougies (Fabriques de) ;
7. Bois (Atelier de distillation du)... , et de récupération
des produits distillés ;
(1) Voir le texte de cette loi, ci-dessous p. 447 et s.
ATELIERS . 445
8. Carbonate de soude et de soude caustique (Fabriques
de);
9. Cristalleries , gobeleteries, fabriques de verre à
vitre et de bouteilles ;
10. Ether (Fabriques d') ;
11. Fluorhydrique ( Fabriques d'acide) ;
12. Fonderies de seconde fusion, où l'on moule des
objets en métal ;
13. Gravure sur verre par l'acide fluorhydrique (Ate-
liers de) ;
14. Huile de lin (Ateliers où l'on cuit l' ) ;
15. Liquides inflammables, tels que pétrole, naphte,
éther, essence de térébenthine (Ateliers où l'on manipule
des) par quantités totales supérieures à 200 litres ;
16. Meuneries ;
17. Mines, minières et carrières ;
18. Nitrobenzine (Fabriques de) ;
19. Pétrole , naphte, benzine, huile de goudron ou de
schiste, résines et huile de térébenthine (Ateliers de dis-
tillation de) ;
20. Phosphore ( Fabriques de) ;
21. Produits explosifs (Fabriques de) ;
22. Résineuses (Ateliers où l'on travaille des matières),
soit pour la fonte et l'épuration de ces matières , soit pour
en extrairela térébenthine ;
23. Savons (Fabriques de) ;
24. Sel raffiné (Fabriques de) ;
25. Sulfure de carbone (Fabriques de);
26. Superphosphates de chaux (Fabriques de) ;
27. Usines régies par la loi de 1810.
Art. 2. Dans les entreprises prévues à l'article précé-
dent et qui emploient 100 ouvriers au moins, le règle-
ment d'atelier indiquerales règles prescrites au personnel
pour assurer les premiers soins aux ouvriers en cas
d'accident .
Art. 3. Le règlement d'atelier indiquera les règles
spéciales à observer par le personnel en vue de la salu-
brité, dans les entreprises ou parties d'entreprise qui
rentrent dans une des catégories ci-après :
1. Allumettes dont la pâte renferme du phosphore
blanc (Fabriques d') ;
446 LOIS USUELLES .
2. Aniline (Ateliers affectés à la nitrification et à la
réduction de l') ;
3. Arsenicaux (Fabriques de produits) ;
4. Blanchiment des fils et tissus par le chlore, le chlo-
rure de chaux ou l'acide sulfureux (Ateliers de) ;
5. Caoutchouc vulcanisé par le sulfure de carbone et
soufflé (Fabriques d'objets en) ;
6. Caractères d'imprimerie et clichés typographiques
(Ateliers de fusion de) ;
7. Céruse, litharge, minium et autres composés de
plomb (Fabriques de) ;
8. Ciment, de la chaux , du sulfate de baryte, du plâtre,
des cailloux , du silex, du phosphate de chaux naturel ,
lorsque les poussières dégagées par ces opérations ne
sont pas aspirées par un procédé mécanique (Ateliers de
concassage, de broyage, de blutage, et de mise en sacs
du) ;
9. Chiffons (Ateliers de triage des) ;
10. Etamage des glaces à l'aide du mercure (Ate-
liers d') ;
11. Nitrobenzine (Fabriques de) ;
12. Phosphore (Fabriques de) ;
13. Pomb de chasse (Fabriques de) ;
14. Secrétage des peaux à l'aide du nitrate de mercure
(Ateliers de) ;
15. Tailleries de verre où l'on fait usage de potée à
base de plomb ;
16. Tuyaux d'orgues en plomb (Ateliers où l'on fabri-
queles);
17. Typographes (Ateliers de) ;
18. Vitraux à l'aide de lamelles en plomb (Ateliers de
montage des).
LIBERTÉ DU TRAVAIL.
30 mai 1892 . Loi portant répression des atteintes
à la liberté du travail .
Article unique. L'article 310 du code pénal est modifié
comme suit :
" Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans
LIBERTÉ DU TRAVAIL. 447
et d'une amende de cinquante à mille francs , ou d'une de
ces peines seulement, toute personne qui, dans le but de
forcer la hausse ou la baisse des salaires , ou de porter
atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail
aura commis des violences, proféré des injures ou des
menaces , prononcé des amendes, des défenses , des
interdictions ou toute proscription quelconque, soit con-
tre ceux qui travaillent, soit contre ceux qui font tra-
vailler .
« Il en sera de même de ceux qui auront porté atteinte
à la liberté des maîtres ou des ouvriers, soit par des ras-
semblements près des établissements dans lesquels
s'exerce le travail, ou près de la demeure de ceux qui le
dirigent, soit en se livrant à des actes d'intimidation à
l'adresse des ouvriers qui se rendent au travail ou en
reviennent, soit en provoquant des explosions près des
établissements dans lesquels s'exerce le travail, ou dans
les localités habitées par les ouvriers , soit en détruisant
les clôtures des établissements dans lesquels s'exerce le
travail ou des habitations ou terres occupées par les
ouvriers, soit en détruisant ou en rendant impropres à
l'usage auquel ils sont destinés les outils , instruments ,
appareils ou engins de travail ou d'industrie. »
SALAIRES .
16 août 1887. Loi portant réglementation du
payement des salaires aux ouvriers .
Art. 1er. Les salaires des ouvriers doivent être payés
en monnaie métallique ou fiduciaire , ayant cours légal.
Tous payements effectués sous une autre forme sont nuls
et non avenus .
Art . 2. Toutefois le patron peut fournir à ses ouvriers,
à charge d'imputation sur les salaires :
1º Le logement ;
20 La jouissance d'un terrain ;
3º Les outils ou instruments nécessaires au travail,
ainsi quel'entretien de ceux-ci ;
448 LOIS USUELLES .
4º Les matières ou matériaux nécessaires au travail
et dont les ouvriers ont la charge selon l'usage admis ou
aux termes de leur engagement ;
5° L'uniforme ou le costume spécial que les ouvriers
seraient astreints à porter.
Les objets compris sous les nos 3º, 4º et 5º ne peuvent
être portés en compte à l'ouvrier à un prix dépassant le
prix de revient.
Art. 3. La députation permanente peut autoriser les
patrons à fournir à leurs ouvriers , à charge d'imputation
sur les salaires, les denrées , les vêtements , les combus-
tibles , à condition que ces fournitures soient faites au
prix de revient.
Elle détermine les autres conditions auxquelles l'auto-
risation est subordonnée (1) .
S'il y a dans la localité un conseil de l'industrie et du
travail, ces conditions doivent être préalablement sou-
mises soit à son avis, soit à celui de la section compé-
tente.
L'autorisation esttoujours révocable pour cause d'abus,
le conseil de l'industrie ou la section entendus (2) .
En cas de refus ou de révocation d'autorisation, il peut
être interjeté appel au roi dans le délai d'un mois à dater
de la notification de l'arrêté de la députation permanente
aux intéressés (3).
Art. 4. Le payement des salaires ne peut être fait aux
ouvriers dans des cabarets, débits de boissons, magasins,
boutiques ou dans des locaux y attenant .
Art . 5. Les salaires ne dépassant pas 5 francs par jour
doivent être payés à l'ouvrier au moins deux fois par
mois, à seize jours d'intervalle au plus . Pour les ouvrages
à façon, à la pièce ou par entreprise, le règlement par-
tiel ou définitif sera effectué au moins une fois chaque
mois .
Art. 6. Hors les cas prévus par les nos 3º, 4º et 5º de
l'article 2, il est interdit tant aux patrons qu'aux direc-
(1) Voir l'arrêté royal du 5 décembre 1887, art. 1er et 2.
(2) Voir l'arrêté royal du 5 décembre 1887, art. 5.
(3) Voir l'arrêté royal du 5 décembre 1887, art. 7.
SALAIRES . 449
teurs , contremaîtres, porions, employés d'une adminis-
tration publique ou privée, chefs d'entreprise ou sous-
traitants, d'imposer à l'ouvrier travaillant sous leurs
ordres ou de stipuler conventionnellement avec lui des
conditions de nature à lui enlever la faculté de disposer
librement de son salaire .
Néanmoins, le logement et la jouissance d'un terrain
prévus par les nos 10 et 2º de l'article 2 peuvent former
l'objet de baux entre les patrons , directeurs, contremaî-
tres, porions, employés d'une administration publique
ou privée, chefs d'entreprise ou sous-traitants et les
ouvriers, pourvu que ces baux soient librement conclus .
Art. 7. Il ne peut être fait de retenue sur le salaire de
l'ouvrier que :
1º Du chef d'amendes encourues en vertu du règle-
ment d'ordre intérieur régulièrement affiché dans l'éta-
blissement [ainsi que du chef d'indemnités pour malfaçon,
emploi abusif de matériaux , ou détérioration de matériel,
matières premières ou produits] (1) ;
2º Du chef des cotisations dues par l'ouvrier à des
caisses de secours et de prévoyance ;
3º Du chef des fournitures faites dans les conditions
autorisées par les articles 2 et 3 ;
4º Du chef d'avances faites en argent, mais à concur-
rence du cinquième du salaire seulement (2).
Est considéré comme avance le prix d'un terrain à
bâtir vendu par le patron à l'ouvrier.
Art. 8. N'est pas recevable, sauf pour les fournitures
relatives au commerce exercé par l'ouvrier, l'action du
patron, du directeur ou contremaître, du porion, de
l'employé d'une administration publique ou privée, du
chef d'entreprise ou du sous-traitant, ayant pour objet le
payement de fournitures faites dans d'autres conditions
que celles qui sont indiquées aux articles 2 et 3.
Art. 9. Jusqu'à preuve contraire, toute fourniture faite
par la femme ou par les enfants du patron, directeur,
(1) Les mots placés entre crochets ont été ajoutés à cet alinéa par l'art. 23
dela loi du 15 juin 1896 (voir ci-dessus, p. 439).
(2) Conf. art. 1er de la loi du 18 août 1887, relative à l'incessibilité et à
l'insaisissabilité de salaires, ci-après p. 453 .
450 LOIS USUELLES .
contremaître, porion, employé d'une administration
publique ou privée, chef d'entreprise ou sous-traitant,
est présumée faite par le patron lui-même, le directeur,
contremaître , porion , employé, chef d'entreprise ou
sous -traitant .
De même, est présumée faite à l'ouvrier lui- même toute
fourniture qui aurait été livrée à sa femme ou à ses
enfants vivant avec lui .
Art . 10. Le patron qui aura contrevenu ou fait contre-
venir par ses agents ou mandataires à l'une des disposi-
tions des articles 1er à 7 inclusivement, sera puni d'une
amende de 50 à 2,000 francs .
Les directeurs, contremaîtres, porions, employés d'une
administration publique ou privée, chefs d'entreprise et
sous-traitants qui auront commis la même infraction ,
seront punis de la même peine . Toutefois , s'ils ont agi
d'après les instructions du patron ou d'un préposé ayant
autorité sur eux et sans y avoir un intérêt personnel, ils
ne seront passibles que d'une amende de 26 à 100 francs ,
dont le payement pourra être poursuivi à charge du
patron, sauf recours de celui-ci contre le condamné.
Toute action du chef d'une des infractions prévues par
la présente loi sera prescrite par le laps de six mois à
dater du jour où l'infraction aura été commise.
Art . 10 bis . Nonobstant toute convention contraire,
l'ouvrier a toujours le droit de contrôler les mesurages,
pesées ou toutes autres opérations quelconques qui ont
pour but de déterminer la quantité ou la qualité d'ou-
vrage par lui fourni et ainsi de fixer le montant du
salaire .
Quiconque aura entravé l'ouvrier dans l'exercice de ce
contrôle sera puni conformément à l'alinéa 1er de l'ar-
ticle 10 .
Toute action du chef de cette infraction sera prescrite
par six mois, conformément à l'alinéa 3 de l'article 10 (1).
Art. 11. Le livre Ier du code pénal, sans exception du
(1) L'article 10bis et le second paragraphe de l'article 12 ont été ajoutés
àla loi du 16 août 1887 par celle du 17 juin 1896. Celle-ci a modifié également
l'article 499 du code pénal comme suit :
" Art. 499 (code pénal). Seront condamnés à un emprisonnement de huit
SALAIRES . 451
chapitre VII et de l'article 85, sera appliqué aux infrac-
tions ci -dessus .
Art. 12. La présente loi ne concerne ni les ouvriers
agricoles, ni les domestiques, ni, d'une manière géné-
rale, les ouvriers logés et nourris chez leurs patrons .
Toutefois l'article 10bis concerne tous les ouvriers (1) .
Art. 13. La présente loi ne sera mise en vigueur qu'au
31 décembre 1887 .
5 décembre 1887 . Arrêté royal d'exécution de
la loi du 16 août 1887 , portant réglementation du
payement des salaires aux ouvriers .
Art. 1er. Toute demande d'autorisation aux députa-
tions permanentes ensuite de l'article 3 de la loi du
16 août 1887, sur la réglementation du payement des
salaires , indiquera :
1º L'établissement industriel ou le patron de qui elle
émane;
2° La nature des objets à vendre aux ouvriers ;
3º Le but de l'opération.
Récépissé en sera retiré .
Art. 2. La députation pourra demander tels autres
renseignements ou prescrire tels devoirs d'instruction
qu'elle jugera nécessaires .
Art. 3. Les demandes d'avis à adresser éventuellement
au conseil de l'industrie et du travail seront transmises
au président de la section compétente.
Cette section sera convoquée dans la huitaine, et l'avis
demandé devra être donné dans la huitaine suivante .
Art 4. La décision de la députation permanente devra
intervenir dans le mois du dépôt
dépô de la demande, à moins
jours à un an et à une amende de 26 à 1,000 francs ou à une de ces peines
seulement, ceux qui, par des manœuvres frauduleuses, auront trompé :
" 10 L'acheteur ou le vendeur sur la quantité des choses vendues;
" 20 Les parties engagées dans un contrat de louage d'ouvrage ou l'une
d'elles soit sur la quantité, soit sur la qualité d'ouvrage fourni, lorsque ,
dans ce second cas, la détermination de la qualité d'ouvrage doit servir pour
fixer le montant du salaire. „
(1) Voir lanote de la page précédente.
452 LOIS USUELLES .
que la députation ne prolonge ce délai par un arrêté
motivé.
Cette prolongation ne pourra excéder un mois.
Art. 5. En cas d'abus, la députation pourra, soit d'of-
fice, soit sur la plainte des intéressés, révoquer l'autori-
sation accordée .
L'avis de la section compétente du conseil de l'industrie
et du travail devra être donné dans les délais ci- dessus
fixés à l'article 3 .
Art. 6. Les décisions de la députation portant autori-
sation , refus d'autorisation ou révocation feront l'objet
d'arrêtés motivés ; lecture en sera donnée en séance
publique, et elles seront notifiées aux intéressés par
lettre recommandée .
Art . 7. L'appel au roi, autorisé parle § 5 de l'article 3
de la loi précitée, sera fait par déclaration remise au
greffe du conseil provincial et il en sera donné récépissé.
L'appel sera suspensiť pendant le délai de deux mois.
;
11 avril 1896. — Loi confiant à l'inspection du travail
la mission de surveiller l'exécution de la loi du
16 août 1887 sur le payement des salaires .
Art. 1er. Les délégués du gouvernement à l'inspection
du travail sont chargés de surveiller l'exécution de
la loi du 16 août 1887 portant réglementation du paye-
ment des salaires aux ouvriers .
Ils ont, à cet effet, la libre entrée des locaux affectés
au payement des salaires .
Les chefs d'industrie, patrons , gérants et préposés
doivent, lorsqu'ils en sont requis, produire les états de
payement et sont tenus, ainsi que les ouvriers , de fournir
les renseignements que les agents précités leur deman-
dent pour s'assurer de l'observation de la loi .
En cas d'infraction, ces agents dressent des procès-
verbaux qui font foi jusqu'à preuve contraire .
Une copie du procès-verbal sera, dans les quarante-huit
heures, remise au contrevenant à peine de nullité.
Art. 2. Les chefs d'industrie, patrons , propriétaires ,
directeurs ou gérants qui auront mis obstacle à la sur
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 453
veillance organisée en vertu de la présente loi, seront
punis d'une amende de 26 à 100 francs sans préjudice, s'il
y a lieu , à l'application des peines établies par les arti-
cles 269 à 274 du code pénal.
En cas de récidive , dans les douze mois à partir de la
condamnation antérieure, la peine sera doublée .
Art . 3. Le chapitre VII et l'article 85 du livre Ier du
code pénal sont applicables aux infractions prévues par
ésente loi.
la présente
18 août 1887. - Loi relative à l'incessibilité et à
l'insaisissabilité des salaires des ouvriers .
Art. 1er. Ne pourront être cédées pour plus de deux
cinquièmes ni saisies pour plus d'un cinquième les
sommes à payer aux ouvriers et gens de service du chef
de leurs salaires .
Toute stipulation contraire est nulle.
Art. 2. Il en sera de même pour les appointements
attribués aux employés ou commis des sociétés civiles
ou commerciales , des administrations publiques, des
marchands et autres particuliers, pour autant que leurs
appointements ne dépassent pas 1,200 francs par an .
Art. 3. La présente loi ne concerne pas les cessions
et saisies qui auraient lieu pour des causes déterminées
par les articles 203, 205 et 214 du code civil.
TRAVAIL DES FEMMES, DES ADOLESCENTS
ET DES ENFANTS .
13 décembre 1889. - Loi concernant le travail des
femmes , des adolescents et des enfants dans les
établissements industriels .
Art. 1er. Est soumis au régime de la présente loi le
travail qui s'exécute :
1º Dans les mines, minières, carrières, chantiers ;
2º Dans les usines, manufactures , fabriques ;
454 LOIS USUELLES .
3º Dans les établissements classés comme dangereux,
insalubres ou incommodes , ainsi que dans ceux où le
travail se fait à l'aide de chaudières à vapeur ou de mo-
teurs mécaniques ;
4º Dans les ports, débarcadères , stations ;
5º Dans les transports par terre ou par eau .
Les dispositions de la loi s'appliquent aux établisse-
ments publics, comme aux établissements privés , même
quand ils ont un caractère d'enseignement professionnel
ou debienfaisance .
Sont exceptés :
Les travaux effectués dans les établissements où ne
sont employés que les membres de la famille, sous l'au-
torité soit du père ou de la mère, soit du tuteur, pourvu
que ces établissements ne soient pas classés comme dan-
gereux, insalubres ou incommodes, ou que le travail ne
s'y fasse pas à l'aide de chaudières à vapeur ou de mo-
teurs mécaniques .
Art. 2. Il est interdit d'employer au travail les enfants
âgés de moins de 12 ans .
Art. 3. Le roi peut, de la manière déterminée par
l'article 8, interdire l'emploi des enfants ou des adoles-
cents âgés de moins de 16 ans, ainsi que des filles ou des
femmes âgées de plus de 16 ans et de moins de 21 ans, à
des travaux excédant leurs forces ou qu'il y aurait du
danger à leur laisser effectuer.
Il peut, de la même manière , interdire ou n'autoriser
que pour un certain nombre d'heures par jour, pour un
certain nombre de jours , ou sous certaines conditions ,
l'emploi à des travaux reconnus insalubres , des enfants
ou des adolescents âgés de moins de 16 ans , ainsi que des
filles ou des femmes âgées de plus de 16 ans et de moins
de 21 ans (1) .
Art. 4. Dans le délai de trois ans à partir de la publi-
cation de la présente loi, le roi règlera la durée du tra-
vail journalier, ainsi que la durée et les conditions du
repos , en ce qui concerne les enfants et les adolescents
âgés de moins de 16 ans, ainsi que les filles ou les femmes
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 19 février 1895.
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 455
âgées de plus de 16 ans et de moins de 21 ans , le tout
d'après la nature des occupations auxquelles ils seront
employés et d'après les nécessités des industries, pro-
fessions ou métiers .
Les enfants et les adolescents âgés de moins de 16 ans,
ainsi que les filles ou les femmes âgées de plus de 16 ans
et de moins de 21 ans, ne pourront être employés au
travail plus de douze heures par jour divisées par des
repos, dont la durée totale ne sera pas inférieure à une
heure et demie.
Art. 5. Les femmes ne peuvent être employées au
travail pendant les quatre semaines qui suivent leur
accouchement .
Art. 6. Les enfants et les adolescents âgés de moins
de 16 ans , ainsi que les filles ou les femmes âgées de plus
de 16 ans et de moins de 21 ans , ne peuvent être employés
au travail après 9 heures du soir et avant 5 heures
du matin .
Le roi peut autoriser, soit purement et simplement,
soit moyennant certaines conditions , l'emploi des ado-
lescents âgés de plus de 14 ans, ainsi que des filles ou des
femmes âgées de plus de 16 ans et de moins de 21 ans ,
après 9 heures du soir et avant 5 heures du matin , à des
travaux qui, à raison de leur nature, ne peuvent être
interrompus ou retardés, ou ne peuvent s'effectuer qu'à
des heures déterminées .
En ce qui concerne les travaux des mines, le roi peut
également autoriser l'emploi au travail de nuit de cer-
taines catégories de travailleurs âgés de plus de 14 ans,
ainsi que l'emploi , à partir de 4 heures du matin, des
enfants du sexe masculin, âgés de 12 ans accomplis .
Pareille autorisation pourra être accordée, pour un
temps déterminé, par les gouverneurs , sur le rapport de
l'inspecteur compétent, pour toutes les industries ou
tous les métiers , en cas de chômage résultant de force
majeure ou dans des circonstances exceptionnelles .
L'arrêté du gouverneur cessera ses effets si, dans les
dix jours de sa date, il n'est approuvé par le ministre
ayant dans ses attributions la police de l'industrie.
L'autorisation ne pourra être accordée, conformément
aux deux alinéas précédents, que pour deux mois au
456 LOIS USUELLES .
plus ; elle pourra être renouvelée , l'inspecteur compétent
entendu.
Le présent article entrera en vigueur à partir du
1er janvier 1892.
Art . 7. Les enfants et les adolescents de moins de
16 ans, ainsi que les filles ou les femmes âgées de plus de
16 ans et de moins de 21 ans, ne peuvent être employés
au travail plus de six jours par semaine.
Néanmoins, en ce qui concerne les industries dans les-
quelles le travail, à raison de sa nature, ne souffre ni
interruption, ni retard, le roi pourra autoriser l'emploi
des enfants de plus de 14 ans, ainsi que des filles ou des
femmes âgées de moins de 21 ans , pendant sept jours par
semaine, soit habituellement, soit pour un certain temps,
soit conditionnellement .
Les arrêtés pris en vertu de l'alinéa précédent leur
assureront, dans tous les cas , le temps nécessaire pour
vaquer, une fois par semaine , aux actes de leur culte,
ainsi qu'un jour complet de repos sur quatorze .
En cas de force majeure, les inspecteurs , les bourg-
mestres et les gouverneurs pourront, en ce qui concerne
toutes les industries , autoriser l'emploi des enfants , des
adolescents de moins de 16 ans, ainsi que des filles ou
des femmes âgées de plus de 16 ans et de moins de
21 ans, un septième jour. Ils donneront avis de cette
autorisation au ministre ayant dans ses attributions la
police de l'industrie .
L'autorisation pourra être donnée en cas de force
majeure , pour plusieurs semaines consécutives, par le
ministre, sur le rapport de l'inspecteur, en ce qui con-
cerne les filles ou les femmes âgées de plus de 16 ans et
de moins de 21 ans, et pour six semaines au plus.
Art. 8. Pour exercer les attributions qui lui sont con-
férées par les articles 3 , 4, 6 et 7, le roi prendra l'avis :
1º Des conseils de l'industrie et du travail ou des sec-
tions de ces conseils représentant les industries , profes-
sions et métiers en cause ;
2º De la députation permanente du conseil provin-
cial ;
3º Du conseil supérieur d'hygiène publique ou d'un
comité technique.
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 457
Ils transmettront leur avis dans les deux mois de la
demande qui leur en sera faite, à défaut de quoi il sera
passé outre.
Les arrêtés seront publiés au Moniteur.
Art. 9. A partir du 1er janvier 1892, les filles et les
femmes âgées de moins de 21 ans ne pourront être em-
ployées dans les travaux souterrains des mines , minières
et carrières .
Toutefois , la présente disposition ne sera pas appli-
cable aux filles et aux femmes employées aux dits tra-
vaux avant la date préindiquée.
Art . 10. Les enfants et les adolescents au- dessous de
16 ans, ainsi que les filles et les femmes âgées de plus de
16 ans, et de moins de 21 ans, doivent être porteurs d'un
carnet, qui leur sera délivré gratuitement par l'adminis-
tration communale du lieu de leur domicile ou, à défaut
de domicile connu , du lieu de leur résidence, et qui indi-
quera leurs nom et prénoms, la date et le lieu de leur
naissance, leur domicile, les noms, prénoms et domicile
soit de leur père et mère, soit du tuteur.
Les carnets seront confectionnés d'après un modèle
déterminé par arrêté royal .
Les extraits des registres des actes de l'état civil et
tous autres nécessaires pour la tenue du carnet seront
délivrés sans frais .
Les chefs d'industrie, patrons ou gérants tiennent un
registre d'inscription portant les indications énumérées
au premier alinéa du présent article .
Art. 11. Les chefs d'industrie , patrons ou gérants, sont
tenus de faire afficher dans leurs ateliers, à un endroit
apparent, les dispositions de la présente loi, les règle-
ments généraux pris pour son exécution, les règlements
particuliers concernant leur industrie et le règlement
d'ordre intérieur de l'établissement (1) .
Ce dernier document est déposé au greffe du conseil
de prud'hommes, au secrétariat du conseil de l'industrie
et du travail et au secrétariat de la commune dont relève
leur établissement.
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 4 novembre 1894
458 LOIS USUELLES .
Art. 12. Des fonctionnaires désignés par le gouverne-
ment surveillent l'exécution de la présente loi .
Leurs attributions seront déterminées par arrêté
royal (1).
Art. 13. Les fonctionnaires désignés en vertu de l'ar-
ticle précédent ont la libre entrée des établissements
désignés à l'article 1er.
Ils peuvent exiger la communication des carnets et du
registre prescrits par l'article 10.
Les chefs d'industrie, patrons, gérants, préposés et
ouvriers sont tenus de fournir aux inspecteurs les ren-
seignements qu'ils demandent pour s'assurer de l'obser-
vation de la loi .
En cas d'infraction à la loi, les inspecteurs dressent
des procès-verbaux qui font foi jusqu'à preuve con-
traire .
Une copiedu procès-verbal sera, dans les quarante-huit
heures , remise au contrevenant à peine de nullité.
Art. 14. Les chefs d'industrie, patrons , directeurs ou
gérants, qui auront sciemment contrevenu aux prescrip-
tions de la présente loi et des arrêtés relatifs à son exé-
cution seront punis d'une amende de 26 à 100 francs .
L'amende sera appliquée autant de fois qu'il y a eu de
personnes employées en contravention à la loi ou aux
arrêtés , sans que la somme des peines puisse excéder
1,000 francs .
En cas de récidive dans les douze mois à partir de la
condamnation antérieure , les peines seront doublées
sans que le total des amendes puisse dépasser 2,000 francs .
Art. 15. Les chefs d'industrie, patrons , propriétaires,
directeurs ou gérants qui auront mis obstacle à la sur-
veillance organisée en vertu de la présente loi seront
punis d'une amende de 26 à 100 francs , sans préjudice,
s'il y a lieu, à l'application des peines comminées par les
articles 269 et 274 du code pénal .
En cas de récidive dans les douze mois à partir de la
condamnation antérieure, la peine sera doublée .
Art. 16. Les chefs d'industrie sont civilement respon-
(1) Voir, ci-après, l'arrêté royal du 22 octobre 1895,
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 459
sables du payement des amendes prononcées à charge de
lcurs directeurs ou gérants .
Art. 17. Seront punis d'une amende de 1 à 25 francs
les père, mère ou tuteur qui auront fait ou laisser tra-
vailler leur enfant ou pupille contrairement aux pres-
criptions de la présente loi .
En cas de récidive dans les douze mois à partir de la
condamnation antérieure, l'amende pourra être portée
au double .
Art. 18. Par dérogation à l'article 100 du code pénal,
le chapitre VII et l'article 85 du livre Ier de ce code sont
applicables aux infractions prévues par la présente loi.
Art. 19. L'action publique résultant d'une infraction
aux dispositions de la présente loi sera prescrite après
une année révolue, à compter du jour où l'infraction a
été commise .
Art. 20. La présente loi sera obligatoire un an après
sa publication.
Tous les trois ans , le gouvernement fera rapport aux
Chambres sur l'exécution et les effets de la loi .
Art. 21. Disposition transitoire. En ce qui concerne
l'industrie verrière, le gouvernement pourra, sur le rap-
port des inspecteurs et des députations permanentes,
ajourner d'un an l'application de la loi.
4 novembre 1894, Arrêté royal concernant l'affi-
chage des heures de travail dans les établissements
industriels .
Art. 1er. Dans les établissements industriels , soumis à
la loi du 13 décembre 1889, concernant le travail des
femmes , des adolescents et des enfants, et non visés par
nos arrêtés prémentionnés (1), les chefs d'industrie,
(1) Les arrêtés royaux des 26 et 31 décembre 1892 et du 15 mars 1893 ont
fixé la durée du travail, la durée et les conditions du repos, l'emploi au tra-
vail de nuit ou au travail du septième jour dans les industries suivantes :
filature et tissage du lin, du coton, du chanvre et du jute; l'industrie lai-
nière ; l'impression des journaux ; les industries d'art ; la fabrication du
papier proprement dite ; la fabrication des tabacs et cigares ; la fabrication
20
460 LOIS USUELLES .
patrons ou gérants sont tenus de faire afficher dans leurs
chantiers ou ateliers, à un endroit apparent, un tableau
indiquant les heures du commencement et de la fin :
1º du travail ; 2º des intervalles de repos des personnes
protégées par la dite loi.
Un double du tableau ci-dessus mentionné sera trans-
mis au ministre de l'agriculture, de l'industrie et des tra-
vaux publics (1) .
Tout changement apporté au dit tableau fera l'objet
d'une publication et d'une notification semblables .
19 février 1895. - Arrêté royal indiquant les indus-
tries soumises au régime de la loi du 13 décembre
1889 .
Art. 1er. L'emploi des enfants et des adolescents âgés
de moins de 16 ans, ainsi que des filles ou des femmes
âgées de plus de 16 ans et de moins de 21 ans est interdit
dans les industries indiquées ci-après :
1º Acide fluorhydrique (Fabrication de l' ) ;
2º Acide nitrique (Fabrication de l');
3º Acide sulfureux ( Fabrication de 1') et des sulfites ;
4º Anatomie (Chambres
5º Arsenicaux d');
( Fabriques de produits) ;
6º Cendres bleues et autres composés de cuivre(Fabri-
ques de) ;
7º Cendres d'orfèvre ( Traitement des) par le plomb ;
8º Cendres de plomb (Réduction des) ;
9º Céruse ou blanc de plomb (Fabrication de la) ;
10° Cuirs vernis ou laqués ( Fabrication des) ;
11 ° Débris d'animaux ( Dépôts de) ;
12° Engrais composés de matières animales (Fabrica-
tion des);
du sucre ; l'industrie du mobilier et les industries accessoires du bâtiment;
la fabrication de la poterie et de la faïence; l'industrie de produits réfrac-
taires; l'industrie de la glacerie; l'industrie du verre à vitre; mines et
minières ; mines de houille de Mariemont ; fabrication du coke ; les fabriques
d'agglomérés de charbons ; les carrières et les ateliers qui en dépendent et
dans les usines métallurgiques régies par la loi du 21 avril 1810.
(1) Actuellement au ministre de l'industrie et du travail.
TRAVAIL DES FEMMES , ADOLESCENTS ET ENFANTS . 461
13º Ether (Fabrication de l') ;
142 Massicot et minium (Fabrique du) ;
15º Ménageries renfermant des animaux féroces ou
venimeux ;
16° Naphte etbenzine(Distillation du) ;
17° Orseille (Fabrication de l' );
ore (Fabrication
18° Phosphore (Fabrication du) ;
19° Soies de porc (Ateliers pour la préparation des) par
tous procédés de fermentation ;
20 Sulfure de carbone (Fabrication du).
Art. 2. L'emploi des enfants et des adolescents âgés de
moins de 16 ans est interdit dans les industries indiquées
ci-après :
1º Abattoirs publics et particuliers ;
2º Acide sulfurique, huile de vitriol (Fabrication de l' ) ;
3º Acide chlorhydrique (Fabrication de l' ) ;
4° Blanc de zinc (Fabrication du) ;
50 Boyauderies ;
6º Chlore (Fabrication du) ;
7° Chlorure de chaux sec et dissous (Fabrication du) ;
8º Chromates (Fabrication des) ;
90 Clos d'équarrissage ;
10° Cuirs (vieux cuirs) (Ateliers de démontage des) ;
11 ° Cuivre (Ateliers de désargenture du) ;
12° Déchets de cuisine (Dépôts de) ;
13° Distillation et rectification de l'alcool;
14° Eau de Cologne et autres produits analogues (Fabri-
cation de l') par distillation ;
15° Eau de Javelle par l'action directe du chlore (Fabri-
cation de l') ;
16° Echaudoirs où l'on prépare et où l'on cuit les
intestins, abatis et autres débris d'animaux, et où l'on
traite les têtes et les pieds d'animaux, afin d'en séparer
le poil;
17° Electricité (Ateliers dans lesquels on procède à la
charge d'accumulateurs ou à la production de la lumière
ou de la force à distribuer à distance) ;
18° Equarrissage ( Clos d' ) ;
19° Feutre goudronné propre au doublage des navires
(Fabrication du) ;
20° Feutre vernis, visières (Fabrication du) ;
462 LOIS USUELLES .
21 ° Glaces (Etamage des) ;
aspic (Distillation
22° Huile d'aspic Distillati de l') ;
23° Huiles de goudron, de schistes, de pétrole, etc.
(Distillation des) ;
24° Huile de lin (Cuisson en grand de l') ;
25° Huile de térébenthine (Distillation de l' ) ;
26° Liqueur de Labarraque par l'action directe du
chlore (Fabrication de la) , pour la vente ;
27° Matières inflammables (Dépôts de), pour autant que
ces dépôts soient rangés dans la tre classe des établisse-
ments dangereux, insalubres ou incommodes ;
28° Nitrobenzine (Fabrication de la) ;
29° Poisson (Ateliers pour la salaison et le saurage
du);
30° Prussiate jaune de potasse ( Fabrication du) par
l'azote de l'air sur le charbon alcalin et fabrication
d'autres cyanures ;
31 ° Prussiate jaune de potasse (Fabrication du) par
la calcination des matières animales avec la potasse, ou
par le sulfure de carbone et le sulfhydrate d'ammo-
niaque;
32° Résineuses (Travail en grand de toutes les ma-
tières) , soit pour la fonte et l'épuration de ces matières ,
soit pour extraire la térébenthine ;
330 Résines (Distillation des) pour la fabrication des
huiles fines et des vives essences ;
34° Sang d'animaux ( Dépôts et dessiccation de) ;
35° Soude artificielle par la décomposition de sulfate
(Fabrication de la) ;
36° Soude caustique (Fabrication de la) au moyen de la
soude artificielle brute;
37° Sulfate de cuivre (Fabrication du) au moyen du
soufre et du grillage ;
38° Sulfate de cuivre (Fabrication du) au moyen de
l'oxyde ou du carbonate de ce métal et de l'acide sulfu-
rique ;
39° Sulfate de fer (Fabrication du) par l'action de
l'acide sulfurique sur le fer ou la fonte ;
40° Sulfate de soude (Fabrication du) ;
41° Sulfate de zinc (Fabrication du) par l'acide sulfu-
rique et le métal ;
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 463
42° Sulfure de carbone (Fabriques dans lesquelles on
opère l'extraction des corps gras à l'aide du) ;
43° Viandes (Salaison et préparation des) ;
44º Vernis (Application à chaud de), couleurs ou enduits
quelconques , sur papiers, sur bois, étoffe et générale-
ment sur toute surface , quelle qu'en soit la nature ;
45° Vernis (Fabrique de).
Art . 3. Dans les fabriques d'allumettes chimiques, le
travail des personnes protégées par la loi est soumis aux
conditions suivantes, indépendamment de celles qui sont
fixées par l'arrêté royal du 26 décembre 1896 :
1º Les enfants et les adolescents âgés de moins de
16 ans, ainsi que les filles et les femmes âgées de plus de
16 ans et de moins de 21 ans, ne peuvent être employés
dans les ateliers de confection des pâtes contenant du
phosphore blanc, ni dans les ateliers de séchage des allu-
mettes trempées avec de telles pâtes .
En outre, ces personnes protégées ne peuvent être
occupées au trempage des allumettes au phosphore
blanc;
2º Les enfants âgés de moins de 14 ans ne peuvent être
employés au remplissage des boîtes d'allumettes au phos-
phoreblanc.
Art. 4. Dans les ateliers où l'on traite le caoutchouc
par le sulfure de carbone, le travail des personnes proté-
gées est soumis aux conditions suivantes :
1º La présence et le travail des enfants et des adoles-
cents de moins de 16 ans sont interdits ;
2º La durée du travail des femmes et des filles âgées
de plus de 16 ans et de moins de 21 ans est limitée à
cinq heures par jour, soit deux heures et demie le matin
et deux heures et demie l'après-midi.
Art. 5. Dans les fabriques où l'on opère le secrétage
des peaux de lièvre et de lapin :
1º Il est interdit d'employer des enfants et des adoles-
cents âgés de moins de 16 ans, ainsi que des filles ou des
femmes âgées de moins de 21 ans au travail d'application
sur les peaux du nitrate acide de mercure ;
2º Il est interdit d'employer des enfants et des adoles-
cents âgés de moins de 16 ans, dans tous les ateliers où se
préparent les peaux avant le secrétage, ainsi que pour
464 LOIS USUELLES .
toute manipulation à faire subir aux peaux après le secré-
tage (transport, brossage, coupage).
Art. 6. Dans les établissements indiqués dans le tableau
ci-après, la présence et le travail des enfants et des ado-
lescents âgés de moins de 16 ans sont interdits dans les
locaux spécifiés à ce tableau :
LOCAUX
DÉSIGNATION
dans lesquels la présence
etle travail
des
des enfants et des adolescents
de moins de 16 ans
INDUSTRIES RÉGLEMENTÉES .
sont interdits.
Aniline (Fabrication de l') et de ses. Ateliers affectés à la nitrification et
matières colorantes . à la réduction .
Argenture et dorure sur métaux. Ateliers où l'on effectue la galvani-
sation et ateliers où l'on effectue
la dorure au feu.
Blanchiment des fils ou des tissus Locaux où se dégage l'acide sulfu-
de laine ou de soie par l'acide sul- reux.
fureux.
Blanchiment des fils et toiles de lin, Locaux où l'on dégage le chlore.
chanvre ou coton par le chlore et
les chlorures décolorants .
Bois (Scieries en grand du) . Ateliers où l'on emploie des outils
dangereux.
Ciment (Fabrication du). Ateliers de concassage , broyage,
blutage et mise en sacs, lorsque
les poussières dégagées par ces
opérations ne sont pas aspirées
parun procédé mécanique.
Chapeaux de feutre (Fabrication Locaux où les poussières provenant
des . de la préparation se dégagent
librement.
Chapeaux de soie et autres préparés Locaux où l'on prépare et où l'on
aumoyen d'un vernis (Fabrication emploie le vernis.
des).
Charbon animal (Fabrication du) par Ateliers où l'on procède à l'extrac-
la carbonisation du vieux cuir ou tion de corps gras par la benzine.
de toute autre matière animale.
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS . 465
LOCAUX
DÉSIGNATION dans lesquels la présence
et le travail
des des enfants et des adolescents
de moins de 16 ans
INDUSTRIES RÉGLEMENTÉES . sont interdits.
Charbon animal (Fabrication du) par Ateliers où l'on procède à l'extrac-
la carbonisation des os et révivifi- tion de corps gras par la benzine.
cation du même produit.
Noir animal .
Cordes animales (Fabrication des). Locaux où l'on dépouille les intes-
tins de leurs membranes mu-
queuses par la putréfaction.
Cuir animal frise (Ateliers pour la Locaux où les poussières se dégagent
fabrication du). librement.
Cuivre (Dérochage du) par l'acide Ateliers où les vapeurs nitreuses
azotique. peuvent se dégager librement.
Dégraissage (Ateliers de) à l'aide de Ateliers où l'on manipule le naphte
naphte ou d'autres hydrocarbures. ou des produits toxiques .
Teintureries en général. Ateliers où l'on manipule le naphte
( Teinturiers dégraisseurs . ou des produits toxiques.
Eponges (Lavage ou blanchiment Ateliers où se dégagent les odeurs
des). fétides produites par la décompo-
sition et la fermentation des ma-
tières animales gélatineuses.
Fabriques de produits explosifs de Ateliers dangereux.
toutes espèces.
Huile de pied de bœuf (Fabrication Locaux où se dégagent des odeurs de
del'). matières animales enputréfaction.
Huile de poisson (Fabrication de l'). Locaux où se trouvent les cuves à
macération .
Huile rousse (Fabriques d') extraite Locaux où s'effectuent les opéra
des cretons et des débris de graisse tions.
à unehaute température.
Liqueurs spiritueuses (Fabrication Locaux où se pratique la distilla-
de) par distillation. tion.
Maroquinerie (Ateliers de). Locaux où se dégagent des odeurs
infectes (opérations d'équarris-
sage ou de tannerie).
466 LOIS USUELLES .
LOCAUX
DÉSIGNATION
dans lesquels la présence
des et le travail
des enfants et des adolescents
de moins de 16 ans
INDUSTRIES RÉGLEMENTÉES.
sont interdits .
Matièresminérales et végétales (Ma- Locaux où les poussières se dégagent
nipulation ou mélange en grand librement.
de) pouvant donner des pous-
sières , des fumées ou des odeurs
nuisibles ou incommodes .
Mégisseries . Ateliers où les peaux sont soumises
et travaillées à la chaux et au
sulfure d'arsenic.
Métaux précieux (Affinage des) . Ateliers où l'on opère l'affinage à
l'aide d'acides.
Moulins à broyer les bois de tein- Locaux où les poussières ne sont
ture, les cailloux ou silex, Ja pas évacuées par un procédé mé-
chaux, le ciment, le plâtre, le canique.
sulfate de baryte, etc.
Os (Magasin d') de plus de 25 kilo- Locaux où les os sont déposés à
grammes. l'état frais et locaux où s'effectue
le triage.
Plomb de chasse (Fabrication du) . | Locaux où l'on opère la fusion.
Plumes et duvets (Nettoyage et pré- Locaux où les poussières se dégagent
paration des) . librement.
১
Superphosphates (Fabrication des) . Locaux où se dégagent librement
les poussières des opérations ou
les vapeurs du traitement par les
acides.
Super, hosphate de chaux (travail Locaux où les poussières des opéra-
préparatoire de la craie phospha- tions se dégagent librement.
tée).
Verreries. Locaux où l'on opère le mélange des
matières premières constituantle
verre et où l'on effectue la gravure
à l'aide de l'acide fluorhydrique.
Art. 7. Dans les établissements indiqués dans le tableau
ci- après , la présence et le travail des enfants de moins
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS. 467
de 14 ans sont interdits dans les locaux spécifiés à ce
tableau :
DÉSIGNATION LOCAUX
dans lesquels la présence
des etle
travail des enfants
INDUSTRIES RÉGLEMENTÉES.
de moins de 14 ans sont interdits.
Aiguisage et polissage des pièces Ateliers où s'effectuent l'aiguisage
pour armes à feu à l'aide de et le polissage.
meules mécaniques.
Boutons de métal (Fabrication des) . Ateliers où l'on procède au déca-
page.
Brasseries et distilleries . Germoirs et locaux où s'opère la fer-
mentation .
Brosses (Fabriques de). Ateliers où l'on opère la préparation
et le peignage des fibres et des
soies . (Pour la fermentation des
soies de porc, voir art. ler, § 19. )
Chanvre, lin et textiles analogues Ateliers où se dégagent des pous-
(Peignage en grand du). sières lorsque ces dernières ne sont
Chanvre, lin et textiles analogues pas évacuées à l'aide d'un procédé
(Teillage en grand du). mécanique.
Epaillage des laines et des déchets .
Chiffons (Magasins de) de plus de Ateliers où s'effectuent l'emmaga-
50 kilogrammes (1) . sinage, le déballage et le triage
des chiffons, autres que les chif-
fons neufs, provenant directement
d'ateliers de filature, de tissage,
de confection, etc.
Filature de coton, de lin, de chan-
vre, de laine et de jute. Ateliers où se dégagent des pous-
Fabriques de feuilles d'ouate. sières lorsque ces dernières ne
Laine (Battage en grand et habituel sont pas évacuées à l'aide d'un
de la) .
Laine (Déchets de) . procédé mécanique.
Laine (Effilochage de la).
(1) La disposition concernant les magasins de chiffons et l'article 7 bis
ont été ajoutés à cet arrêté par l'arrêté royal du 5 août 1895.
20.
468 LOIS USUELLES .
DÉSIGNATION LOCAUX
dans lesquels la présence
des etle
travail des enfants
INDUSTRIES RÉGLEMENTÉES. de moins de 14 ans sont interdits .
Matières filamenteuses (Préparation
et opérations accessoires s'appli-
quant aux) telles que le battage, Ateliers où se dégagent des pous-
le cardage, l'échardonnage, lepei- sières lorsque ces dernières ne
gnage, etc. sont pas évacuées à l'aide d'un
Rouissage en grand du chanvre, du procédé mécanique.
lin, etc. , à l'aide d'agents chi-
miques etd'appareils mécaniques.
Etamage des métaux en grand par
la voie sèche.
Fer-blanc (Fabrication du). Ateliers de décapage et d'étamage.
Poterie de fer et de fonte (Etamage
dela).
Faïences (Fabrication des) . Locaux où les poussièresdu broyage
Porcelaine (Fabrication de la). et du blutage se dégagent libre-
ment.
Fonderies de cuivre, de laiton, de Ateliers où s'effectue la fusion des
plomb et de zinc. métaux.
Galvanisation du fer et de la fonte. Ateliers de décapage et de galvani-
sation .
Impressions sur tissus en général.
Papiers peints et marbrés (Fabrica- Ateliers où l'on prépare les pâtes ou
tiondes).
couleurs contenant des matières
Toiles peintes (Impression de). toxiques.
Taffetas cirés ou des toiles cirées ou
vernies (Fabrication des) .
Polissage des pièces de métal nickelé Ateliers où s'effectue le polissage.
à l'aide de meules mécaniques.
Verreries. Tailleries où l'on opère le polissage
à l'aide d'une potée à base de
plomb.
Zingage du fer et de la fonte. | Ateliers de décapage et de zingage.
Art. 7 bis . Dans les magasins de chiffons de plus de
50 kilogrammes, l'atelier dans lequel travaillent les
enfants de 12 à 14 ans est séparé des autres ateliers de
TRAVAIL DES FEMMES, ADOLESCENTS ET ENFANTS . 469
l'établissement ; il doit être convenablement éclairé et
pourvu d'un système de ventilation énergique .
En outre, il doit être mis à la disposition de ces enfants
un vestiaire spécial - séparé de leur atelier - où ils sont
tenus d'échanger leurs vêtements ordinaires contre un
vêtement de travail avant de se mettre à l'ouvrage ( 1) .
22 octobre 1895. Arrêté royal réglant l'inspection
du travail et des établissements dangereux, insa-
lubres ou incommodes .
Art. 1er. Les ingénieurs des mines sont chargés de
surveiller l'exécution de la loi du 13 décembre 1889
concernant le travail des femmes, des adolescents et des
enfants dans les mines, les minières , les carrières, les
usines et les ateliers spécifiés dans la liste A (2) annexée
au présent arrêté .
Cette liste pourra, suivant les besoins constatés , être
modifiée ou complétée par le ministre de l'industrie et du
travail.
Un ingénieur des mines de l'administration centrale
aura, parmi ses attributions, le soin de centraliser ce
service de surveillance .
Art. 2. Pour toutes les industries non visées par l'ar-
(1) L'article 7bis a été ajouté à cet arrêté par l'arrêté royal du 5 août 1895.
(2) ANNEXE A..
INDUSTRIES ET ÉTABLISSEMENTS DONT LA SURVEILLANCE INCOMBE
AUX INGÉNIEURS DES MINES.
I. Dans toute l'étendue du royaume.
a. Mines de houille Avec les dépendances nécessaires aux ser-
b. Mines métalliques vices de l'exploitationet celles pour la prépa-
c. Minières souterraines
ou à ciel ouvert } ration mécanique des produits ainsi que pour
leur expédition;
d. Carrières souterraines, avec les dépendances nécessaires aux services
de l'exploitation et les chantiers ou les ateliers avoisinants pour le travail
des produits (taille, sciage, polissage, broyage, lavage, séchage, cuisson
fours à chaux et à ciments mouture, etc.).-Dépendances pour l'expédi-
tiondes produits;
e. Usines métallurgiques régies par la loi du 21 avril 1810, avec les dépen-
dances nécessaires à l'élaboration des minerais et celles pour l'expédition
des produits. Hauts-fourneaux ; usines à fondre les minerais de plomb, de
470 LOIS USUELLES .
ticle qui précède, la même surveillance est exercée par
un service d'inspection du travail rattaché à l'office du
travail .
Ce service comprend : 1º les inspecteurs du travail à
l'administration centrale ; 2º des inspecteurs et des délé-
gués résidant en province, dont le ressort d'inspection
et la résidence sont fixés par des arrêtés du ministre de
l'industrie et du travail .
Art. 3. Les fonctionnaires et agents désignés dans les
deux articles ci-dessus sont chargés, dans les limites de
leurs attributions respectives :
1º De visiter les établissements industriels soumis à la
loi du 13 décembre 1889 ;
2º De constater les infractions commises à cette loi ,
ainsi qu'aux règlements et arrêtés sur la matière ;
3º D'accorder, le cas échéant, les autorisations prévues
à l'article 7, alinéa 4, de la dite loi ;
4º De faire les rapports et les propositions qui leur
sont réclamés pour l'application de la loi .
Art. 4. Les ingénieurs des mines, pour les établisse-
ments classés comme dangereux , insalubres ou incom-
modes , compris dans la liste A (1), annexée au présent
zinc, de cuivre, etc. , fabriques de fer ; aciéries en grand; usines à ouvrer le
fer, l'acier et le cuivre en produits commerciaux finis, propres aux cons-
tructions métalliques et à la confection d'objets manufacturés (tôles,
barres, etc.); tréfileries dépendant de ces usines ;
f. Usines, avec leurs dépendances, pour le laminage du zinc (par assimila-
tion aux usines définies au littera e) ;
g. Usines éloignées de celles destinées à produire le métal, avec leurs
dépendances, pour calciner ou griller les minerais, sans transformation des
produits gazeux en produits commerciaux.
II . Dans les provinces de Hainaut, de Liège, de Luxembourg et de Namur ,
ainsi que dans la région méridionale de la province de Brabant formant
l'arrondissement de Nivelles et la partie de celui de Bruxelles au sud de
la route de Nivelles à Hal et Ninove.
h. Carrières à ciel ouvert avec les dépendances définies au littera d, à
l'exception des exploitations d'argile pour briques ordinaires .
i. Fabriques de coke. Connexes ou non connexes aux charbonnages
j. Fabriques d'agglomé- avec leurs dépendances, y compris, le cas
rés de charbon.
k. Tourbières .
{ échéant, les usines avoisinantes pour letraite-
ment des sous-produits .
(1) Voir note ci-dessus.
TRAVAIL DES FEMMES , ADOLESCENTS ET ENFANTS . 471
arrêté, et les inspecteurs du travail, ainsi que les délégués
à l'inspection du travail pour les autres établissements
classés, ont, en outre, pour mission :
1º De veiller à l'exécution des lois , règlements et
arrêtés concernant les dits établissements, en les inspec-
tant et en constatant les infractions qui y sont commises .
Cette surveillance s'exercera non seulement au point
de vue de la salubrité et de la sécurité publiques dans le
voisinage des ateliers , mais aussi dans l'intérêt de l'hy-
giène et de la sécurité des ouvriers à l'intérieur des
ateliers ;
2º De vérifier l'efficacité des prescriptions formulées
dans les arrêtés d'autorisation et de proposer des condi-
tions nouvelles en cas d'insuffisance des obligations
prescrites ;
3º De donner leur avis sur les demandes en formation
d'établissements dangereux, insalubres ou incommodes
soumises à leur examen .
Art. 5. Les inspecteurs du travail à l'administration
centrale s'occupent spécialement des industries et des
établissements qui leur sont indiqués par le ministre de
l'industrie et du travail .
Ils contrôlent le service d'inspection des inspecteurs et
des délégués en province.
Les mêmes fonctionnaires et les inspecteurs généraux
des mines donnent leur avis sur les recours au roi en ma-
tière d'établissements dangereux , insalubres ou incom-
modes , relevant respectivement de leur administration
ainsi que sur les questions de classement ou d'assimila-
tion qui leur sont soumises par le ministre.
Art. 6. Les articles 4 et 5 ci-dessus ne sont pas appli-
cables aux établissements mentionnés dans la liste B (1)
annexée au présent arrêté .
(1) ANNEXE В.
ANNEXE A L'ARRÊTÉ ROYAL DU 22 OCTOBRE 1895 .
Abattoirs publics.
Abattoirs particuliers (tueries).
Abeilles (Exploitation en grand des ruches d') , dans les parties agglomé-
rées des communes .
Anatomie (Chambre d') .
472 LOIS USUELLES .
Art. 7. Le ministre pourra toujours , pour des facilités
de service dérivant de la situation topographique des
établissements, charger les inspecteurs du travail de tout
ou partie des attributions nouvelles des ingénieurs des
mines et vice versa .
Bergeries ou étables de moutons en dehors des parties rurales des com-
munes .
Boucheries (étaux où la viande est exposée en vente).
Boues et immondices (Dépôt de).
Boyauderies.
Cendres de foyer (Magasinde).
Charcuteries et magasins de comestibles où se préparent des produits
alimentaires animaux.
Chenils destinés à l'élevage, la reproduction, l'exposition et le commerce
des chiens .
Débris d'animaux (Dépôts de).
Echaudoirs où l'on prépare et où l'on cuit les intestins, abatis et autres
débris d'animaux .
Echaudoirs dans lesquels on traite les têtes et les pieds d'animaux, afin
d'en séparer le poil.
Ecuries de loueurs, marchands de chevaux et autres, établies dans un but
commercial ou industriel, en dehors des parties rurales des communes.
Equarrissage (Clos d').
Etables de vaches, en dehors des parties rurales des communes.
Fumier (Dépôts en grand de).
Harengs (Saurage des).
Immondices (Dépôts d').
Lard (Ateliers àfumer le).
Morue (Sécheries de).
Poisson ( Citernes à dessaler le).
Poisson (Magasins de détaillants de).
Poisson sec (Dépôts ou magasins de).
Porcheries en dehors des parties rurales des communes.
Puits perdus ou puisards pour l'absorption des résidus de fabriques ou de
liquides susceptibles de corruption, dans les communes où ils pourraient
être autorisés .
Roques (Dépôts de) .
Salaison (Ateliers pour la) et le saurage du poisson.
Salaisons liquides (Dépôts de).
Sangd'animaux (Dépôts et dessication de).
Stockfisch (Etablissements où l'on détrempe le) et débits de stockfisch
détrempé.
Triperie (Préparation et cuisson des produits de la).
Triperie (Etaux pour la vente des produits de la) .
Tueries (Abattoirs particuliers), en dehors des parties rurales des com-
munes .
Tueries (Abattoirs particuliers), dans les parties rurales des communes.
Viandes (Salaison et préparation des).
Volailles (Engraissement en grand des), dans les parties agglomérées des
communes .
TRAVAIL DES FEMMES , ADOLESCENTS ET ENFANTS . 473
Art. 8. Les fonctionnaires et délégnés désignés aux
articles 1er et 2 ont pour devoir, indépendamment de
leurs attributions professionnelles , déterminées par le
présent arrêté, de donner les avis et les renseignements
statistiques ou autres qui leur sont demandés par les
autorités dont ils relèvent pour constater les effets de la
législation du travail et étudier les réformes à y intro-
duire .
Art . 9. Un comité, dont la composition et l'organisa-
tion seront réglées par le ministre , veillera à l'applica-
tion régulière et uniforme de la loi du 13 décembre 1889 .
Art. 10. Le traitement des inspecteurs du travail est
fixé par leur arrêté de nomination .
Les délégués pour l'inspection du travail ne jouissent
pas d'un traitement fixe. Ils reçoivent une indemnité de
vacation par journée d'inspection.
Le montant des frais de route et de séjour des inspeс-
teurs ainsi que l'indemnité de vacation et le taux des
frais de route des délégués , sont déterminés conformé-
ment à un tarif arrêté par disposition spéciale.
Art. 11. Le nombre des journées d'inspection sera de
150 à 200 par année pour les inspecteurs du travail rési-
dant en province et de 50 à 100 par année pour les
délégués désignés à titre permanent.
En ce qui concerne les inspecteurs du travail à l'admi-
nistration centrale, le nombre de leurs journées d'ins-
pection est déterminé par le ministre.
Art. 12. Avant d'entrer en fonctions, les inspecteurs
et délégués prêtent entre les mains du ministre ou de
son délégué le serment prescrit par le décret du 20 juil-
let 1831 .
TABLE ALPHABÉTIQUE .
[Les chiffres renvoient aux pages.]
A ASSURANCES en général , 80 s .;
contrat, preuve , 85 ; résolution,
ABORDAGE de navires, 131 s . 86; énonciations de la police,
86.
ACCEPTATION de lettre de change,
63 s .; par intervention , 65. CONTRE L'INCENDIE, 87 .
ACCIDENTS du travail, 435 s . DE RÉCOLTES, 88 .
MARITIMES , 121 s .
ACTE DE COMMERCE, 1 s . TERRESTRES , 87 s .
ACTES CONSERVATOIRES , 151 . SUR LA VIE, 89 .
ACTIF INSUFFISANT, 166. ASSURÉ. Obligations, 82.
ACTION de société, voy. Sociétés ; ASSUREUR . Obligations , 82.
en garantie, 73; publique, 82; ATELIERS. Salubrité, 435 s.; règle-
récursoire , 53. ments , 439 s .
ADMINISTRATION
179.
des biens, 149, AUTEUR (Droit d'), 287 s .
AUTORISATION MARITALE, 8.
ADMINISTRATEUR de sociétés, voyez
Sociétés anonymes ; provisoire, AVAL, 68.
17. AVARIE. Transport par terre , 51 ,
AFFIRMATION des créances, 154. 58 s .; aux navires, 111 s .
AFFRÉTEUR , 106 s . B
AGRÈS ET APPARAUX, 91 S.
AGENTS DE CHANGE, 45 s. , 78. BAGAGES. 55 s .
ANIMAUX. Expédition, 56. BANQUEROUTE, 175 s.; simple, 175
ANTIDATE, 67. s .; frauduleuse, 177 s
APPEL, 190. BÉNÉFICE DE DISCUSSION , 81 .
ARMATEUR, 94. BILANS . Faux bilans , 345 ; voy. So-
cietés .
ASSEMBLÉE des créanciers, 158.
ASSISTANCE judiciaire, 334 s .; ma BILLET A ORDRE 62 s ., 80.
ritime, 91 . BONNE FOI, 82.
ASSOCIATION en participation, 35 ; BOURSESDE COMMERCE, 45 S.
momentanée, 35 . BREVETS D'INVENTION, 365 s .
476 TABLE ALPHABÉTIQUE .
C COURTIERS, 45 s .
CRÉANCES . Déclaration et vérifica-
CAISSE DES DÉPÔTS ET CONSIGNA- tions , 153 s .; recouvrement, 149.
TIONS, 195 S. CRÉANCIERS hypothécaires, 169 ;
nantis de gages, 169 s .; privi-
CAPITAINE DE NAVIRE, 91 , 94 s . légiés, 169 s.
CAPITAL SOCIAL, Voy. Sociétés ano- CURATEURS, 144 s. , 146, 149. 164 s .
nymes .
CAS FORTUIT en matière de trans-
port, 58 s .; en matière d'assu- D
rances , 81 , 87 s .
CAUTIONS. Faillites, 167 s . DÉLAISSEMENT, 127.
CESSATION DE PAYEMENT , 139 s . DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS, 195 s .
CESSION D'ACTIONS, voy. Sociétés DESSINS
410.
ET MODÈLES INDUSTRIELS,
anonymes ; de biens, 166.
CHARTE PARTIE, 105 s . DIVIDENDES, 41.
CHEMINS DE FER. Transport des DIVORCE, 10.
voyageurs , 200 . DOL ET FRAUDE, 82.
CHÈQUES, 200 s DOMMAGES- INTÉRÊTS, voy. Sociétés
COMMANDITE, voy. Sociétés . anonymes .
DROIT D'AUTEUR. 287 s .
COMMERÇANT, 1 s.; voy. Conven
tions . DROITS DE GREFFE, voy. Greffe
COMMERCE MARITIME, 90 S. (Droits de) .
COMMISSAIRES DES SOCIÉTÉS, voyez DROITS DE NAVIGATION, 90.
Sociétés anonymes .
COMMISSION, 47, 49 s. E
COMMISSIONNAIRE, 49 s .
COMPÉTENCE, 188 s ., 312 s . ÉCHÉANCE. Lettre de change , 65 s
CONCORDAT. Faillites, 158 s.; pré- ÉMEUTES, 84.
ventif de la faillite , 206 s . ENDOSSEMENT. Lettre de change, 67.
CONNAISSEMENT, 99 s . ENFANTS (Travail des), 453 s .
CONSEIL de famille, 6 s.; de prud'- ENGAGEMENTS COMMERCIAUX.
hommes , 377 s . Preuve, 11 s .
CONSIGNATAIRE, 49-S . ÉQUIPAGE des navires, 91, 94 s .
CONTRAINTE PAR CORPS , 202 s . ESCROQUERIE, 40.
CONTRAT à la grosse, 119 s .; de ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES, voyez
mariage, 9 ; de transport, 50 s. Ateliers; Travail des femmes,
CONVENTIONS matrimoniales des des adolescents et des enfants .
commerçants , 9 s . EXCUSABILITÉ . Faillites, 166 .
COURS D'APPEL. Procédure, 190 . EXPERT, 52 .
TABLE ALPHABÉTIQUE . 477
F H
FAILLITES. Actes conservatoires , HABITATIONS OUVRIÈRES, 412 s .
154; actif insuffisant, 166; ad- HYPOTHÈQUES, 81. 228 s. , 239 s.;
ministration, 443 s., 149, 179 ; extinction, 253 s.: inscription,
affirmation des créances, 154; 248 s .; purge, 254 ; sur les
assemblée des créanciers, 158 ; navires , 90 ; radiation et réduc-
caution,167 s .; cession de biens, tion des inscriptions , 251 ; rang,
166; clóture faute d'actif, 166 ; 247 s .
concordat. 158s .;concordatpré- LÉGALES, 240 s .
ventif,206 s .; coobligés, 167 s .; MARITIMES, 116 s.
créanciers , 167 , 169 s.; cura-
teurs, 144 s . , 146, 149, 164 s.; HUISSIERS. Salaire dans les tribu-
déclaration , 139 s.; droits de la naux de commerce, 222 s .
femme, 170 s .; effets, 141s ;
excusabilité, 166 ; inventaires , I
147, 164; juge-commissaire, 139
s. , 145 s. , 149, 164 s.; liqui-
dation, 143 s.; procédure gra- IMMEUBLES. Privilèges, 235.
tuite, 215 s.; recouvrement des INSPECTION DU TRAVAIL, 469 s.
créances , 149 ; réhabilitation, INVENTAIRE, 10s., 147, 161; des so-
179 s.; répartition, 172 s .; re- ciétés , voy. Sociétés anonymes .
vendication , 174; scellés , 147,
163; vente des immeubles, 173
s .; vérification des créances , J
153 s .
FEMME commerçante. 8 s.; droits
en cas de faillite du mari , 170 s . JOURS FÉRIÉS , 57, 66.
FEMMES (Travail des), 453 s . JUGE- COMMISSAIRE, 139 s., 145 s .,
149, 164 s .
FINS DE NON-RECEVOIR . Commerce :
maritime, 132.
L
FOIRE. Lettre de change, 66.
FONDS DE RÉSERVE, Voy . Sociétés
LETTRE DE CHANGE, 62 s .; accepta-
anonymes .
tion, 63 s .; droits et devoirs du
FRAUDE, 82 . porteur, 71 s .; échéance, 65 s.;
5
FRET, 106. endossement, 67 ; payable en
FRÉTEUR . Obligations, 106. foire, 66; solidarité, 67.
LETTRE DE VOITURE, 50 s .
G LETTRES MISSIVES, 10 .
LIQUIDATION, voy. Sociétés .
GAGE, 47 s . , 81 . LIVRE DE BORD, 95.
GÉRANTS, Voy. Sociétés anonymes . LIVRES DE COMMERCE, 10 s.
GREFFE (Droits de), 216 s. LOUAGE MARITIME, 105 s .
478 TABLE ALPHABÉTIQUE .
M time, 105; testimoniale, 85 ;
Voy. Engagements commer-
MANDAT DE PAYEMENT, 200 . ciaux.
MARCHANDISES, 54 s . PRIVILEGE, 47 s., 81, 230 s.; voyez
MARQUES DE FABRIQUE, 415 S .; en- Hypothèques ; Immeubles ; Meu-
bles.
registrement international, 429.
MATELOTS, 101 s . PROCÉDURE GRATUITE, voy . Assis-
tance judiciaire ; Faillites .
reuses , 56nuisibles
MATIÈRES ou 327
; sommaires, dange-
s. PROPRIÉTAIRE DE NAVIRE, 93 S.
MEUBLES . Privilèges , 231 . PROPRIÉTÉ ARTISTIQUE ET LITTÉ-
RAIRE, 287 S.
62; vente6des
MINEURS, non négociants,
s.;immeubles, 346 s . PROTÉT, 72, 74 S.
PROVISION, 62 s .
N PRUD'HOMMES (Conseils de), 377 s.
PURGE HYPOTHÉCAIRE, 254 .
NAVIGATION, 266 s.; voy. Droits de
navigation . R
NAVIRES, 90s , 266 s.; voy . Abor-
dage ; Avarie ; Capitaine; Equi- RECHANGE, 78 s .
page; Hypothèque; Proprié- RÈGLEMENTSD'ATELIER, 439 s.
taire ; Saisie ; Vente.
REHABILITATION, Voy. Faillites .
0 RESPONSABILITÉ, 81 ; en matière de
transport , 58 s .
OBLIGATIONS du fréteur, 106; de RÉTICENCE, 82.
société , 28 .
RETRAITE, 78 s .
OFFRES RÉELLES, 200.
RISQUES DE GUERRE, 84.
ORGANISATION JUDICIAIRE, 294 s .
OUVRIERS . Législation ouvrière, S
435 s .
P SAISIES-ARRÊTS, 343 s .; des navires,
134 s .
. PASSAGERS, 114 s. SALAIRES . Payement, 447 s .; in-
PAYEMENT PAR INTERVENTION, 70. cessibilité et insaisissabilité,
453 .
PRESCRIPTION, 53 ; commerce ma-
ritime, 132 ; en matière d'assu- SCELLÉS, 147, 163.
rances, 87 ; lettre de change, SÉPARATION DE CORPS, 10.
79 s .
SOCIÉTÉS . Actions, 38 s .; consti-
PRÊT A INTÉRÊT, 286 . tuées en pays étrangers, 39 s .;
PREUVE des engagements com- dépôt et publication des actes ,
merciaux, 11 s.; du contrat 43 s.; liquidation , 36.
d'assurance, 85 ; louage mari . ANONYMES, 17 s .; action de
TABLE ALPHABÉTIQUE . 479
société, 18 s .; administrateurs , trat de transport ; Responsabi-
21 s .; bilans, 26 s.; capital so- lité.
cial, 18 s.; cession d'actions, 20 TRAVAIL. Inspection, 469 s .; liberté
s.; commissaires, 23 s.; disso- du travail, 446.
lution, 29 ; dommages-intérêts, des femmes, des adolescents et
18; fonds de réserve, 26 ; gé- des enfants , 453 s .
rants, 23 ; inventaires, 26 s .;
obligations, 28 . TRIBUNAUX DE COMMERCE. Compé-
tence, 188 s . , 322 s .; organisa-
SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES, 31 s .; bi- tion 188 s . , 294 s .; procédure,
lan, 35 ; constitution, 31 s.; en- 190 s ., 327 s .; salaires des huis
registrement (exemption),344 s .; siers , 222.
exclusion, 33; fonds social, 33 ;
liquidation, 33. V
EN NOM COLLECTIF, 15.
EN COMMANDITE SIMPLE, 15 s . VENTE des immeubles des mineurs ,
EN COMMANDITE PAR ACTIONS , 346 s .; des navires, 134 s .; de
29 s . semences, d'engrais, 322.
SOLIDARITÉ. Lettre de change, 67 . VICES RÉDHIBITOIRES, 350 s .
SURSIS DE PAYEMENT, 181 S. VOITURIER , 50 s .
VOYAGEURS, 54, 200 ..
T
W
TRANSPORT des passagers. 114 s .;
voy. Avarie ; Cas fortuit ; Con- WARRANTS, 355 s.
TABLE CHRONOLOGIQUE
DES LOIS, ARRÊTÉS ET CIRCULAIRES
reproduits dans les LOIS USUELLES .
Pages.
Code de procédure civile, titres XXIV et XXV, traitant de la
procédure devant les tribunaux de commerce 327
1794 (an 11) 14 février. Saisies-arrêts 343
1806 18 mars . Loi portant établissement d'un conseil de
prud'hommes. 410
1816 12 juin. Vente des immeubles des mineurs . 316
1851 4 mars . Arrêté royal portant des mesures relatives à
la navigation dans les fleuves, rivières,
canaux, ports et rades . 266
1851 16 déc. Loi sur le régime hypothécaire 228
1854 24 mai. Loi sur les brevets d'invention. 365
1854 24 mai. Arrêté royal en exécution de la loi sur les
brevets . 374
1859 21 mars . Loi sur la contrainte par corps 202
1861 12 sept. Arrêté royal relatif aux formalités à remplir
pour opérer le dépôt régulier des demandes
de brevets . 375
1862 18 nov. Loi sur les warrants 355
1863 30 janv. Arrêté royal relatif aux signaux à employer
par les bâtiments de mer . 268
1865 5 mai . Loi relative au prêt à intérêt 286
1866 11 mars . Loi interprétant celle du 12 avril 1835 sur les
chemins de fer 200
482 TABLE CHRONOLOGIQUE .
Pages.
1867 28 déc. Loi réglant la caisse des dépôts et consigna-
tions 195
1868 24 nov . Arrêté royal relatif à la caisse des dépôts et
consignations 198
1869 18 juin. Loi sur l'organisation judiciaire 294
1871 27 juill .Loi sur la contrainte par corps . 205
1873 20 juin . Loi sur les chèques, etc. 200
1875 2 juill. Loi exemptant de divers droits les sociétés
coopératives . 344
1876 25 mars . Loi contenant le titre premier du livre préli-
minaire du code de procédure 322
1877 23 juin. Arrêté royal complétant les articles 4 et 5 de
l'arrêté du 24 mai 1854 sur les brevets d'in-
vention . 376
1879 1er avril. Loi sur les marques de fabrique e de com-
merce 415
1879 7 juill. Arrêté royal qui règle l'exécution de la loi sur
les marques de fabrique et de commerce 419
1879 8 juill. Circulaires concernant l'exécution de la loi sur
les marques de fabrique et de commerce. 421 et427
1881 26 déc. Loi sur le faux dans les bilans . 345
1882 26 déc. Loi sur la procédure gratuite en matière de
faillite 215
1884 2 juin. Loi modifiant le mode d'élection des membres
des tribunaux de commerce . • 295
1884 10 déc. Arrêté royal prescrivant les mesures d'exé-
cution pour la conservation de la propriété
des dessins et modèles industriels . 411
1885 25 août. Loi portant revision de la législation en ma-
tière de vices rédhibitoires 350
1885 3 sept. Arrêté royal portant vente et échange des
animaux domestiques, et désignation des
vices qui peuvent donner ouverture à l'ac-
tion en rédhibition et des délais dans les-
quels cette action doit être intentée 353
1886 22 mars. Loi sur le droit d'auteur . 287
TABLE CHRONOLOGIQUE . 483
Pages.
1886 27 mars. Arrêté royal. Exécution des articles 4 et 11
de la loi sur le droit d'auteur 293
206
1887 29 juin . Loi sur le concordat préventif de la faillite.
1887 16 août. Loi portant réglementation du payement des
salaires aux ouvriers 447
1887 18 août. Loi relative à l'incessibilité et à l'insaisissa-
bilité des salaires des ouvriers . 453
1887 5 déc. Arrêtéroyald'exécutionde laloi du16août 1887
sur le payement des salaires aux ouvriers . 454
334
1889 30 juill. Assistance judiciaire et procédure gratuite.
1889 5 sept. [Link]... 338
1889 25 nov. Loi sur les traitements des juges de paix et des
216
greffiers
377
1889 31 juill. Loi organique des conseils de prud'hommes
1889 9 août. Loi relative aux habitations ouvrières 412
1889 13 déc. Loi concernant le travail des femmes , des
adolescents et des enfants dans les établis-
sements industriels . 453
1891 7 avril . Arrêté royal fixant le salaire des huissiers
pour l'appel des causes dans les tribunaux
de commerce . 222
1892 30 mai . Loi portant répression des atteintes à la
liberté du travail 446
1892 30 juill . Loi relative aux habitations ouvrières et aux
sociétés de crédit 413
1893 30 mars. Arrêté royal contenant les mesures d'exécu-
tion de la loi du 25 novembre 1889 222
1893 23 mai . Arrêté royal réglant les formalités à remplir
pour l'enregistrement international des
marques de fabrique et de commerce. 429
1894 8 févr. Arrêté royal prescrivant la mention sur les
actes des sociétés coopératives et des so-
ciétés anonymes exempts du timbre, de
l'enregistrement et des frais de publication,
des numéros du Recueil spécial sous les-
quels les statuts ont été publiés 414
21
484- TABLE CHRONOLOGIQUE .
Pages.
1894 21 sept. Arrêté royal contenant le règlement relatif à
la salubrité des ateliers et à la protection
des ouvriers contre les accidents du travail. 435
1894 4 nov. Arrêté royal concernant l'affichage des heures
de travail dans les établissements indus-
triels 459
1895 19 fév. Arrêté royal indiquant les industries soumises
au régime de la loi du 13 décembre 1889. 460
1895 1er mai. Loi modifiant le mode d'élection des tribunaux
de commerce . 286
1893 22 octob . Arrêté royal réglant l'inspection du travail et
des établissements dangereux, insalubres
ou incommodes 469
1896 11 avril. Loi confiant à l'inspection du travail la mis-
sion de surveiller l'exécution de la loi du
16 août 1887 sur le payement des salaires
aux ouvriers 452
1896 25 avril. Loi modifiant l'article 19 de la loi du 16 décem-
bre 1851 sur le régime hypothécaire . 228
1896 15 juin. Loi sur les règlements d'atelier 439
1896 4 sept. Arrêté royal pris en exécution de la loi sur les
règlements d'atelier . 444
1896 21 octob . Arrêté royal modifiant l'arrêté royal du 30 mars
1893 relatif aux droits de greffe . 226 et 226 b
1896 21 déc. Loi relative à la falsification des engrais et
des substances destinées à l'alimentation
des animaux de la ferme (extrait) . 323, 326
1897 8 janv. Arrêté royal déterminant la procédure à sui-
vre pour les élections des conseils de prud'-
hommes 385
1897 31 mars . Arrêté royal portant un règlement pour pré-
venir les abordages en mer 268
E 177111
OUVRAGE DU MÊME AUTEUR
Traité théorique et pratique de DROIT COMMER-
CIAL. Divisé en quatre parties, comprenant :
1re partie : le Commentaire du nouveau Code de com-
merce, d'après les travaux législatifs et la jurisprudence;
2º partie : le Droit civil dans ses rapports avec le Code de
commerce;
3º partie : le Commentaire explicatif, au point de vue
pratique, des lois et arrêtés les plus usuels applicables en
matière commerciale et industrielle ;
4e partie : les Règles de la procédure commerciale, et un
Formulaire général .
Deux vol. gr. in-8°, divisés en quatre parties,
contenant ensemble 900 pages .
Prix : 16 francs .
EN VENTE
à la librairie BRUYLANT- CHRISTOPHE & Cie
67, rue de la Régence, à Bruxelles
et chez les principaux libraires du royaume.
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