134 Le contrôle interne ou la finalité de l’audit interne
Les définitions du contrôle interne sont nombreuses, mais l’accord se fait sur
l’essentiel. Les auditeurs externes, commissaires aux comptes, experts-comp-
tables ont été les premiers en France à développer et à approfondir la notion
de contrôle interne, et ce pour atteindre les objectifs spécifiques assignés à
leur fonction : certifier la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes
et résultats. Le contrôle interne est donc pour eux un moyen alors que pour
les auditeurs internes il s’agit d’un objectif. Dès les années 1960-1970, l’Ordre
Français des Experts-Comptables, la Compagnie des Commissaires aux
Comptes, ont cerné et défini cette notion démontrant que la mise en œuvre
de dispositifs de contrôle interne exhaustifs et adéquats dans les domaines
financiers et comptables permet d’obtenir des résultats réguliers, sincères et
fidèles ; et que pour apprécier ces qualités, les réviseurs – au sens le plus
large du terme – doivent examiner les dispositifs en question1. Les études sur
le sujet sont nombreuses et de qualité, on ne saurait les citer toutes2, mais au
fil des années, de congrès en colloques, la notion s’est ainsi précisée et affi-
née.
Les auditeurs internes n’ont eu qu’à s’en emparer et à l’étendre à toutes les
fonctions de l’entreprise en soulignant l’originalité de ses caractères dès l’ins-
tant que lui était conférée une portée universelle.
Ce bref rappel historique permet de comprendre que l’on peut, sans se déju-
ger, partir de l’excellente définition du contrôle interne donnée par l’Ordre
des Experts-Comptables dès 1977 :
« Le contrôle interne est l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de
l’entreprise. Il a pour but d’un côté d’assurer la protection, la sauvegarde du
patrimoine et la qualité de l’information, de l’autre l’application des instruc-
tions de la direction et de favoriser l’amélioration des performances. Il se
manifeste par l’organisation, les méthodes et les procédures de chacune des
activités de l’entreprise, pour maintenir la pérennité de celle-ci. »
Cette définition est relayée :
• par celle du « Consultative Committee of Accountancy » de Grande-Breta-
gne donnée en 1978 :
1. On peut même faire remonter les premières définitions à 1948, mais elles étaient alors étroi-
tement comptables (cf. B. FAIN et V. FAURE, La Révision Comptable).
© Groupe Eyrolles
2. – Le contrôle interne, étude présentée à l’occasion du 32e Congrès National des Experts-
Comptables (1977).
– CNCC Paris, Appréciation du contrôle interne, Notes d’information, n° 3, mars 1984.
– Alain MIKOL, Principes généraux du contrôle interne, RFC, janvier 1991.