Étude des Complexes d'Inclusion ONIOM
Étude des Complexes d'Inclusion ONIOM
Thèse de Doctorat
Spécialité : Sciences Chimiques
2015
Remerciements
Mes remerciements les plus chaleureux sont adressés à Mme NOUAR Leila, professeur
à l’université de Guelma, pour l’honneur qu’elle me fait en acceptant de présider ce jury.
Je remercie infiniment mes proches et mes amies qui m'ont accompagné, encouragé,
motivé au cours de toutes ces années.
Enfin, mes remerciements vont à toutes les personnes qui de près ou de loin ont
contribué à l’accomplissement de cette thèse.
Liste des abréviations
α− CD: Alpha-Cyclodextrine
β-CD: Beta-cyclodextrine.
CDs: Cyclodextrines
CI: Configuration-Interaction
CM β-CD: Carboxyméthyl-β-Cyclodextrine
Dimeβ: Diméthyl-β-cyclodextrine
γ− CD: Gamma-Cyclodextrine
HP β-CD: HydroxyPropyl-β-Cyclodextrine
HF: Hartree-Fock
IBU: Ibuprofène
Mβ-CD: Méthyl-β-Cyclodextrine
OA: Octopamine
ONIOM: Our Own N-layered Integrated molecular Orbital and molecular Mechanics
SBE-β-CD: Sulfobutyléther-β-cyclodextrine
Trimeβ: Triméthyl-β-cyclodextrine
Figure III.3: Energie de complexation des complexes OA : β-CD à différentes positions (Z) 31
utilisant la méthode PM6.
Figure III.4: Géométries des complexes OA/β-CD: (a) et (c) orientation 1, (b ) et (d) 34
orientation 2 optimisées avec B3LYP/6-31G(d) : HF/3-21G* et WB97XD/6-
31G(d) : HF/3-21G* respectivement.
Figure III.5: Géométries des Complexes OA/β-CD optimisées avec la méthode ONIOM 35
(B3LYP/6-31G (d):B3LYP/3-21G*) : (a) et (c) vue de face des hydroxyles
secondaires de la cavité du β-CD correspondent respectivement aux
orientations 1 et 2, (b) et (d) vue de côté de la paroi du β-CD pour l’orientation
1 et 2 respectivement. Les en pointillées sont les liaisons hydrogènes.
Figure IV.1: Structure de l’ibuprofène (IBU) : a) IBU, b) IBU optimisé avec 44
MPW1PW91/6-311++G(d, p).
Figure IV.2: Les deux modes d’insertion d’IBU à partir de la face large du β-CD. 45
Figure IV.3: Energies d’interaction des complexes d’inclusion IBU:β CD à différentes 45
positions Z (Å) pour les deux modes utilisant la méthode PM6.
Figure IV.4: Structures géométriques des minimums des complexes d'inclusion IBU/ β-CD 47
optimisées par PM6.
Figure IV.5: Géométries des complexes IBU:β-CD optimisées par la méthode ONIOM : 50
B3LYP/6-31G(d):HF/6-31G(d).
Figure IV.6: Géométries des complexes IBU:β-CD optimisées par la méthode B3LYP/6- 50
31G(d).
Figure IV.7: Corrélation graphique du déplacement chimique (ppm) entre les valeurs 56
calculées par la méthode GIAO au niveau de la base 6-31G (d) et
expérimentales de l’IBU libre.
Figure IV.8: Corrélation graphique du déplacement chimique entre les valeurs calculées 56
Liste des Figures
Tableau V.1: Valeurs énergétiques caractéristiques des structures les plus stables des 64
complexes IBU : HPβ-CD.
Tableau V.2: Les énergies ONIOM des complexes IBU:HPβ-CD. 65
Tableau V.3: Résultats d’analyse NBO du complexe IBU:4-HPβ-CD. 66
Tableau V.4: Résultats d’analyse NBO du complexe IBU:6-HPβ-CD. 68
Tableau V.5: Déplacement chimique (RMN 1H) de l’IBU complexé calculé par la méthode 69
DFT.
Tableau V.6: Paramètres a, b et R des équations des complexes IBU :HPB-CD. 71
Résumé
L’utilisation des méthodes de la chimie quantique est devenue indispensable
pour étudier la complexation dans les cyclodextrines à fin d’apporter des informations
sur la géométrie des complexes d’inclusions et expliquer certaines ambiguïtés qui ne
sont pas expliquées par l’expérience.
Dans cette étude on a utilisé une recherche systématique pour localiser les
minimums énergétiques des complexes d’inclusion et la proposition d’un modèle.
Une fois le complexe d’inclusion le plus stable est déterminé, une étude des
différentes interactions entre molécules a été réalisée en utilisant la méthode NBO.
The use of the methods of the quantum chemistry is become the necessary to study
cyclodextrin inclusion complex to end to bring information on the geometry of inclusion
complex and to expound some ambiguities who are not expounded by the experience.
In this work, we studied, firstly complexation of OA with β-cyclodextrin, and then the
phenomena of inclusion complex of IBU in β-cyclodextrin and hydroxypropyl β-cyclodextrin
via the ONIOM and DFT methods to give more information about geometries and stability of
such complexes.
Once, the most stable inclusion complex is determined, the natural bonding orbital
(NBO) analysis is employed to quantify interactions between the host and the guest molecule.
أﯾﻀﺎ درﺳﻨﺎ ﺗﻜﻮﯾﻦ ﻣﻌﻘﺪات ا دﺧﺎل ﻟﺠﺰﺋﯿﺔ ا ﺑﭙﺮوﻓﺎن ﻣﻊ ﻛﻞ ﻣﻦ β۔ دﯾﻜﺴﺘﺮﯾﻦ ﺣﻠﻘﻲ )(β-CD
وٳدروﻛﺴﻲ ﺑﺮوﺑﯿﻞ β۔ دﯾﻜﺴﺘﺮﯾﻦ ﺣﻠﻘﻲ ) (HPβ-CDﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل ﻧﻔﺲ اﻟﻄﺮق اﻟﺴﺎﺑﻘﺔ ﻟﻤﻌﺮﻓﺔ اﻟﺸﻜﻞ
اﻟﮭﻨﺪﺳﻲ و ﻋﻮاﻣﻞ اﺳﺘﻘﺮار اﻟﻤﻌﻘﺪات اﻟﻤﺘﻜﻮﻧﺔ.
ﺗﻢ اﻟﺤﺼﻮل ﻋﻠﻰ اﻟﺤﺪ اﻷدﻧﻰ ﻟﻠﻤﻌﻘﺪات ﺑﺎﻟﻄﺮﯾﻘﺔ اﻟﺸﺒﮫ اﻟﺘﺠﺮﯾﺒﯿﺔ MP6ﺛﻢ اﺧﻀﻌﺖ ﻟﻠﺘﺤﺴﯿﻦ ﺑﺎﻟﻄﺮﯾﻘﺔ
اﻟﮭﺠﯿﻨﺔ ' QM\QMﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل دوال ﻣﺨﺘﻠﻔﺔ.
ﻛﻤﺎ ﺗﻢ ﻣﻘﺎرﻧﺔ اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﻨﻈﺮﯾﺔ اﻟﻤﺘﺤﺼﻞ ﻋﻠﯿﮭﺎ ﺑﺎﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﺘﻄﺒﯿﻘﯿﺔ ﻟﻠﺮﻧﯿﻦ اﻟﻨﻮوي اﻟﻤﻐﻨﺎطﯿﺴﻲ ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل
طﺮﯾﻘﺔ GIAOﻣﻊ ﻗﺎﻋﺪة * B3LYP\6-31Gاﻟﺘﻲ أﺛﺒﺘﺖ ﺗﻮاﻓﻖ ھﺬه اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ.
Sommaire
Introduction générale…………………………………………………………………………… 1
Références………………………………………………………………………………………. 4
Rappels bibliographiques
Chapitre I : présentation générale des cyclodextrines
I.1. Introduction………………………………………………………………………………... 5
I. 2. Caractéristiques des cyclodextrine………………………………………………………... 5
I.2. 1. Origine et caractéristiques structurales des CDS………………….......... 5
I.2.2. Propriétés physico-chimiques des CDs………………………………….. 6
I.2.3. Cyclodextrines modifiées………………………………………………... 7
I.2.4. Biodégradabilité…………………………………………………………. 9
I.2.5. Toxicité des CDs………………………………………………………… 9
I.3. Complexe d’inclusion……………………………………………………... 9
I.3.1. Mécanisme de formation de complexe d’inclusion……………………………………... 10
I.3.2. Etude des complexes…………………………………………………………………….. 11
Références Chapitre I …………………………………………………………………………. 13
Résultats et discussions
Sommaire
Une grande partie des interactions gouvernant cette chimie peut être regroupées en
deux grandes familles : les interactions de types hôte-invité et les interactions récepteur-
substrat [3].
Parmi tous les hôtes potentiels (les xéolithes, les clathrates, les éthers couronnes, les
calixarènes, …), les cyclodextrines sont considérées, à raison, comme un des composés les
plus prometteurs en chimie supramoléculaire. Ces molécules cages, qui sont capables
d’encapsuler d’autres molécules et qui ont des applications aussi bien en pharmacie, en
agroalimentaire qu’en agriculture, intéressent de nombreux secteurs industriels.
Elles sont très intéressantes pour plusieurs raisons : Ce sont des produits "semi
naturels" issus d’une simple conversion enzymatique de l’amidon. Elles sont fabriquées en
grande quantité utilisant des technologies non polluantes. Leur prix initial élevé est devenu
abordable grâce à une augmentation de la production. A partir des complexes d’inclusion
formés, les propriétés des substances complexées peuvent être modifiées. Les effets
secondaires toxiques peuvent être éliminés grâce à une sélection appropriée des dérivés des
cyclodextrines utilisées rendant ainsi possible leur utilisation par l’homme sous forme de
médicaments, de nourriture ou de cosmétique [4-12].
1
Introduction Générale
Cependant, la limite des procédures expérimentales pour décrire les systèmes « hôte-
invitée » (supramoléculaire), formés des cyclodextrines et d’une molécule invitée a permis à
la chimie théorique d’investir ce domaine et de devenir un outil précieux et efficace dans la
détermination des propriétés géométriques et électroniques des supramoléculaires, en
particulier les interactions intermoléculaires. Ceci justifie pleinement notre étude théorique
sur les complexes d’inclusion par les cyclodextrine en utilisant une variété de méthodes à
différents niveaux de calcul allant des méthodes semi-empiriques à celles quantiques et
hybrides ONIOM2. Pour le choix de la méthode, on a tenu compte de la fiabilité de celle ci et
le coût de calcul qui dépend du nombre d'atomes traités.
Dans cette étude nous avons utilisé une recherche systématique pour localiser les
minimums énergétiques des complexes d’inclusion et la proposition d’un modèle. Pour cela
nous avons appliqué un protocole mis au point, depuis des années, au laboratoire de chimie
computationnelle et nanostructures. Une fois l’optimum obtenu, la géométrie est réoptimisée
avec la méthode ONIOM2 en utilisant différentes fonctionnelles de DFT.
Les calculs et les résultats obtenus ont été détaillés dans la deuxième partie. Cette
partie a été divisée en trois chapitres. Un premier chapitre (chapitre III) a été consacré à la
modélisation du complexe d’inclusion formé entre l’octopamine (OA) et la cyclodextrine (β-
CD). Cette technique d’inclusion est utilisée, en pratique, pour analyser ou séparer différentes
amines, qui possèdent des activités différentes vis à vis de la cyclodextrine.
2
Introduction Générale
l’hydroxypropyl β-CD (HP β-CD). L’utilisation des cyclodextrines modifiées est justifiée, en
expérimentale, par une meilleure solubilité par rapport à la β-CD.
Enfin, nous soulignons les principaux résultats obtenus au cours de cette thèse.
3
Références Introduction
[1] J. W. Steed, J. L. Atwood, Supramolecular chemisty, John Wiley & Sons Ltd, Chichester,
England (2000).
[6] [Link], Cyclodextrins and Their Inclusion Complexes, Akademiai Kiado, Budapest
(1982).
[9] P.J. Salústio, G. Feio, J.L. Figueirinhas, H.M. Cabral-Marques, P.C. Costa, J.F. Pinto,
Powder Technology.221 (2012) 245.
[12] [Link], C.G. Amorim, M.C.B.S.M. Montenegro, A.N. Araújo, Sensors and
Actuators B 176 (2013) 660.
4
Chapitre I:
Présentation Général des
Cyclodextrines
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
I.1. Introduction
Elles sont également utilisées dans le domaine des méthodes séparatives et analytiques
telles que la chromatographie gazeuse, chromatographie liquide à haute performance et
l’électrophorèse capillaire ou elles jouent le rôle d’éluant ou support chiral.
Elles ont été découvertes à la fin du XIXéme siècle par Villiers[1]. Caractérisées et
étudiées par Schardinger[2,3] dans les années 1900-1910, elles sont souvent nommées «
dextrines de Schardinger ». Elles font partie de la famille des molécules cages au même titre
que les calyxarènes, les éthers-couronnes, le cucurbituril, etc.
Les CDs sont souvent schématisés par un tore avec une cavité interne dont les
dimensions varient selon le nombre d’unités glucose. Une étude RMN a montré que chaque
[2]
unité glucose adopte une conformation de type chaise . Tous les groupes polaires
(hydroxyles OH) sont localisés à l’extérieur. Les fonctions « alcool primaire » (une par unité
glucose en position 6) sont orientées vers la partie la plus étroite du tronc de cône.
Les fonctions « alcool secondaire » (en position C2 et C3) sont situées à l’opposé sur la partie
large de la couronne (figure I. 2).
5
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
Les trois principales CDs natives sont des composés cristallins, homogènes et non
hygroscopiques. Leurs principales caractéristiques physicochimiques sont regroupées dans le
tableau 1 [6].
6
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
Elles sont solubles dans l’eau et leur solubilité augmente avec la température. La β-CD
est la moins soluble des cyclodextrines natives, à cause de l’orientation et l’intensité des
liaisons hydrogènes établies entre les groupes hydroxyles (C2-OH) et (C3-OH) des entités
[7]
glucoses adjacentes car ces groupes interagissent moins avec l’eau . Pour l’ α-CD, les
liaisons hydrogène sont incomplètes, car l’une de ces unités de glucopyranose est distordue,
par conséquent il n’y a que 4 liaisons hydrogènes formées au lieu de 6.
La γ-CD est non planaire, a une structure plus flexible et se caractérise par un faible
degré d’interaction entre les hydroxyles, sa solubilité dans l’eau est donc plus grande que
celle de l’ α-CD et la β-CD [8].
7
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
Dimeβ 2 1331 57
Trimeβ 3 1429 31
I.2.4. Biodégradabilité
La biodégradation des cyclodextrines natives (α-CD, β-CD, γ-CD) est rapide et
complète tandis que celle des cyclodextrines ramifiées est plus faible et dépend du degré de
[12] [13]
substitution . Selon Verstichel et al. , dans des conditions expérimentales idéales, le
pourcentage de biodégradation des CD natives atteint 90% après 15 jours d’incubation tandis
que seulement 5,6 % de dégradation des CD acétylées a été observé après 45 jours. La
substitution par des groupements méthyl ou hydroxypropyl affecte aussi la biodégradation de
la β-CD. Seulement 20 % de HPCD sont dégradés après 100 jours indiquant que ce type de
CD est tout de même partiellement dégradable dans ces conditions. Fava et al. [14] ont observé
que la dégradation de la β-CD méthylée de façon aléatoire dite « Randomly-méthyl β-
cyclodextrine » (Rameβ) par les bactéries en conditions aérobies est relativement faible.
9
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
D’une manière générale, les petites molécules possédant un seul noyau aromatique
(dérivés du benzène) ou une chaine aliphatique courte épousent bien la cavité de l’α-CD ;
celles composées de deux noyaux (dérivés du naphtalène, du biphényl…) se complexent à la
β-CD et les pyrènes substitués s’incluent dans les cavités de la γ-CD. Des molécules plus
volumineuses peuvent également se complexer aux CDs en ne pénétrant que partiellement
dans la cavité ou en mobilisant deux molécules de cyclodextrines[8,16].
La faculté de complexation des CDs peut être améliorée par une modification
chimique de ces dernières, notamment par substitution des atomes d’hydrogène des fonctions
hydroxyle ou des groupements hydroxyles eux-mêmes.
10
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
mCD + nI ⇌ CD ∶ I (I. 1)
Ce processus peut être quantifié par une constante d’équilibre appelée constante de
stabilité Ks , Kc , ou Km:n [18,19].
[CD : I ]
K : = (I. 2)
[CD] [I]
La formation d’un complexe d’inclusion entre une CD et une molécule invitée confère à
ce complexe des propriétés physico-chimiques et biologiques différentes de celles de la CD et
de la molécule incluse prises séparément:
Modification de la solubilité dans l’eau ;
Modification des propriétés spectrales ;
Modification de la réactivité chimique due à la molécule hôte (protection à
l’oxydation, réduction chirale, Diels-Alder,…) et à la molécule invitée (orientation
de la régiosélectivité) ;
Diminution de la diffusion et de la volatilité (dans le cas de substances volatiles) ;
Modification des propriétés chirales ;
Modification des propriétés biologiques (par exemple, le caractère hémolytique)
11
Chapitre I: Présentation générale des cyclodextrines
12
Références Chapitre I
[13] [Link], [Link] Wilde, [Link], J. Szejtli. J. Polym. Environ. 12 (2004) 1566.
[19] M.E. Brewster, T. Loftsson, Advanced Drug Delivery Reviews. 59 (2007) 645
13
Chapitre II:
Méthodes Théoriques
ChapitreII Méthodes théoriques
[Link]
Ψ= Ψ ( . 1)
Où
= + = + + + + (II. 2)
Les propriétés moléculaires qui peuvent être calculées par la résolution de l'équation de
Schrödinger sont la géométrie moléculaire, et donc les stabilités relatives, les spectres de
vibrations, les moments dipolaires et quadripolaires, les spectres électroniques et aussi des
fonctions descriptives de la réactivité, telles que les charges atomiques. Toutefois, la précision
avec laquelle on peut espérer calculer ces quantités est très variable en fonction de la nature
de ces propriétés.
14
ChapitreII Méthodes théoriques
[2]
L’approximation de Born-Oppenheimer est la première et la plus fondamentale et
est utilisée dans toutes les méthodes de MQ. Selon cette approximation, le mouvement des
électrons est séparé de celui des noyaux en prenant en compte le fait que les électrons sont
beaucoup plus légers, et donc peuvent réagir à chaque changement de positions des noyaux
presque immédiatement. On considère les noyaux comme fixes, donc leur fonction d’onde
électronique dépend seulement de leurs positions (et non de leurs mouvements).
15
ChapitreII Méthodes théoriques
La méthode Hartree-Fock (HF) [6] était la première théorie introduite pour donner une
réponse à ce problème. L’ensemble des électrons est défini de manière à ce que chaque
électron se déplace dans le champ électrostatique moyen des autres électrons.
Le système entier est donc décrit par une série d’équations HF, qui sont résolues par
un processus itératif en utilisant la méthode du self-consistent field (SCF). Dans la SCF
procédure, les fonctions Ψ de toutes les OM (orbitales moléculaires) sont initialement
estimées et sont utilisées pour construire les opérateurs hamiltoniens de chaque électron. Ces
opérateurs hamiltoniens sont nécessaires pour la génération d’une nouvelle série de Ψ, qui
sera plus précise. Ce cycle est répété jusqu’à ce que la convergence soit atteinte. La qualité
des résultats de méthodes HF dépend de la qualité de l’expansion de la fonction d’onde dans
l’ensemble des bases.
Une autre approximation, selon laquelle l’électron est en mouvement dans le potentiel
moyen des autres électrons, et donc que sa position n’est pas affectée par la position des
électrons voisins, ne permet pas de représenter les effets de corrélation électronique. Cette
énergie de corrélation est définie comme la différence entre l’énergie exacte et l’énergie
limite d’HF.
16
ChapitreII Méthodes théoriques
Les méthodes utilisant la DFT sont les plus répandues actuellement. Les raisons de ce
succès sont une bonne précision, un effort calculatoire modéré, la possibilité de traiter de
nombreux atomes.
17
ChapitreII Méthodes théoriques
[17,18]
Perdew et Wang (PW91) . La combinaison de B88 avec LYP appelée BLYP, ou bien la
fonctionnelle hybride B3LYP [19,20] qui est à présent très fréquemment utilisée.
La STO est alors développée en trois GTOs. On peut améliorer la qualité des résultats
en utilisant deux ou trois STOs pour les orbitales atomiques au lieu d’une (ensemble de
fonctions de base double ou triple). Une alternative à cette approche est l’utilisation
d’ensembles de base split-valence 3-21G, 4-31G, 6-31G, ou 6-311G.
Ces bases développent deux (ou trois) STOs pour les électrons de valence, et une STO
pour les électrons des couches internes, en utilisant le nombre approprié de GTOs. Par
exemple dans l’ensemble 6-31G, l’orbitale des couches internes est développée dans une série
de six GTOs, tandis que le orbitales de valence sont développées dans une série de trois GTOs
pour la première orbitale et une GTO pour la deuxième orbitale.
18
ChapitreII Méthodes théoriques
titre que les méthodes de MQ, les méthodes de MM utilisent une alternative à l’approximation
de Born-Oppenheimer, mais les électrons ne sont pas explicitement inclus dans le calcul.
Cette simplification assume que les électrons dans la molécule sont répartis dans leur
distribution optimale, et seules les positions des noyaux sont prises en considération pour la
résolution du problème chimique particulier.
Le théorème fondamental de la MM est que lénergie potentielle totale (Etot) peut être
considérée comme la somme de plusieurs contributions:
= + + + + + ( . 3)
: la fonction d’énergie pour l’étirement d’une liaison entre deux atomes, généralement
définie par une fonction d’oscillateur harmonique,
Etors : représente la fonction pour les variations de torsion (les rotations autour des liaisons).
EvdW, Eelstat et Ecross représentent les fonctions pour les interactions de Van der Waals,
électrostatiques et les termes croisés.
19
ChapitreII Méthodes théoriques
Les deux méthodologies MQ et MM ont leurs points forts et leurs points faibles. Les
méthodes hybrides essaient de tirer avantage des deux méthodes: le pouvoir de la MQ à
modéliser des réactions chimiques ou d’autres processus de transfert d’électrons, et
l’applicabilité de la MM aux grands systèmes moléculaires, comprenant même des molécules
de solvant. Le système modélisé (par exemple une enzyme) est alors divisé en deux parties: la
partie MQ, où la réaction chimique se déroule, et la partie MM, contenant le reste de la
protéine et le solvant environnant. Ces méthodes sont appelées MQ/MM.
= + + ( / ) ( . 4)
L‘énergie totale est calculée comme la somme des énergies calculées séparément par la MM
La région MQ peut être évaluée par n’importe quelle méthode semi-empirique (dans la
majorité de cas par AM1), ab initio ou DFT. La partie MM est calculée par n’importe quel
champ de force. L’interface MQ/MM est calculée soit par l‘approche des atomes liés ou par
l’approche des orbitales hybrides sp2.
La méthode ONIOM est une façon de mimer un niveau de calcul élevé sur un grand
système. Développée principalement par Morokuma, cette méthode consiste à découper le
système macromoléculaire en n couches différentes (analogie à la peau d’oignon).
20
ChapitreII Méthodes théoriques
L’idée dominante est de traiter la partie active appelée système « modèle » avec le niveau de
théorie le plus élevé, le reste du système étant traité avec un niveau inférieur, tout ceci dans le
but de réduire les temps de calcul.
La méthode ONIOM (Our own N-layered Integrated molecular Orbital and molecular
Mechanics) [21-23] permet d'étudier des systèmes de grande taille à un niveau de calcul élevé et
avec un temps de calcul réduit. Elle consiste à découper le système étudié en plusieurs
couches (comme onion en anglais, d’où le nom), chacune des couches étant traitée à un
niveau de calcul différent.
Cette méthode permet donc de décrire de façon précise la partie du système qui
présente un intérêt particulier pour l'étude, appelée couche interne ou encore système modèle,
et de décrire de façon moins précise le reste du système, appelé couche externe ou
environnement. L'addition de la couche interne et de la couche externe constitue le système en
entier, appelé système réel. La décomposition d'un système en ces deux couches est illustrée
sur la figure II.1.
21
ChapitreII Méthodes théoriques
D'après le schéma de la figure II.2, l'énergie du système réel peut donc être calculée au
haut niveau selon la formule suivante :
(ℎ , é )= ( , é ) + (ℎ , )− ( , è ) (II.5)
Dans cette méthode, les deux calculs sur le système modèle permettent donc d'obtenir
un facteur correctif sur le calcul du système réel effectué à bas niveau. Les deux niveaux de
calcul peuvent être très différents, comme par exemple le couple DFT / mécanique
moléculaire. Dans notre cas, la méthode utilisée pour traiter le haut niveau est la méthode
DFT, avec différentes fonctionnelles et la base 6-31G*. La méthode utilisée pour traiter le bas
niveau est la méthode semi empérique PM6.
(, )
=Δ = (II.6)
22
ChapitreII Méthodes théoriques
Où qi est l'occupation de l’orbitale donneur, F (i,j) est l’opérateur de Fock et єi, єj sont les
énergies des orbitales NBOs.
[25]
Elles furent introduites dès 1937 par London dans le cadre de la théorie des
[26]
susceptibilités magnétiques. Un peu plus tard, Pople en fit usage pour le calcul des
déplacements chimiques de RMN. Les premiers calculs magnétiques de type ‘ab initio’ ont
été mené par Hameka [27] pour la molécule d’Hydrogène, puis par Zeroka et Hameka [28] sur la
base des Orbitales de Type Slater(STO). La dénomination ‘gauge invariant atomic orbital’ est
apparue la première fois en 1959 dans un article de Hameka relatif au calcul de susceptibilités
[29]
magnétiques ; l’acronyme GIAO fut introduit en 1962 par ce même auteur . La même
[30]
année, Pople suggéra l’appellation ‘gauge-dependant atomic orbital’.
Notons qu’en français, on utilise le terme OAIJ (Orbitales Atomiques Invariantes de Jauge).
= . − ℏ . ⃗. ⃗ (II.7)
Pour chaque orbitale atomique , centrée au point i et sur lequel règne un potentiel ⃗.
Les résultats obtenus dans un cadre théorique relativiste et non-relativistes seront ainsi
indépendants du choix de l’origine des coordonnées moléculaires.
23
ChapitreII Méthodes théoriques
Chaque atome i, de vecteur position Xi et de masse mi subira une accélération ai telle que
selon la loi de Newton:
= . = . ( . 8)
24
Références ChapitreII
[12] F. Jensen, Introduction to computational chemistry, Ed. J. Wiley & Sons Ltd (1999).
25
Références ChapitreII
[23] M. Svensson, S. Humbel, K. Morokuma. J. Chem. Phys. 105 (9) (1996) 3654.
[24] S. Mirabdullah Sadjadi, Babak Sadeghi, K. Zare. J. Mol. Struct. (THEOCHEM). 817
(2007) 27.
26
Chapitre III:
Etude théorique des complexes
d’inclusion
OA/ β-cyclodextrine
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
III. 1. Introduction
Ce stimulant a été découvert en 1948 par Erspamer et al.[3] dans les glandes salivaires
postérieures de la pieuvre commune (Octopus vulgaris). Sa structure a été établie en 1952 par
Erspamer et al. (Figure III.1) [4].
L’octopamine est présente dans les plantes, les bactéries, les invertébrés ainsi que les
vertébrés dont l’humains. Elle est plus fréquemment retrouvée dans certaines parties d'une
plante très utilisée chez les sportifs, Citrus aurantium (orange amer), dans d’autres
préparations à base de Citrus aurantium [Link] L, ainsi que d’autres espèces de Citrus
telle que la mandarine [5-8].
Les amines biogènes ont une activité adrénergique et peuvent provoquer des effets
cardiovasculaires ainsi que d’autres effets indésirables similaires à ceux induits par les
alcaloïdes de l’éphédrine [9].
Dans notre étude, la cyclodextrine est la molécule dite hôte (host) et l’octopamine est
dite la molécule invitée (guest). La structure initiale de l’invitée est construite par le logiciel
Cambridge Chem Bio 3D Ultra (version 11.0), ensuite elle est optimisée dans le vide par la
méthode B3LYP au niveau 6-31G(d). Quand à la structure de la β-CD, elle a été extraite de
la base de données du même logiciel. Tous les calculs ont été effectués en utilisant les
logiciels : MOPAC (2009 et 2012) [11] et Gaussian09W [12].
27
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
La publication de Liu [13,14] rapporte la méthode la plus efficace dans la mise en œuvre
d’une procédure, de formation d’une manière théorique, d’un complexe d’inclusion.
Nous avons donc choisi deux orientations de pénétration de la molécule invitée : Dans
la première, notée 1, la chaîne pénètre la première (via l’ouverture large de la β-CD), en
revanche dans la deuxième, notée 2, le cycle aromatique pénètre le premier à l’intérieure de la
cavité de la molécule hôte figure III.2.
Dans la troisième étape, la molécule invitée est placée selon l’axe OZ et un atome de
référence est choisi pour servir comme une référence de déplacement. Ensuite, l’atome de
référence de la molécule OA (C3), placé au préalable à la position -6Å, est déplacé, par un pas
de 1Å, selon l’axe OZ, vers le point 6Å, en traversant la cavité de la β-CD. Le procédé
d’inclusion est exécuté en maintenant fixe les coordonnées du β-CD et en déplaçant la
molécule invitée.
28
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
On note que l’utilisation de ces minimums locaux permet de tracer les courbes de
l’énergie de complexation en fonction de la distance entre l’atome de référence de l’invité et
le centre de la cyclodextrine.
Lors de cette étude nous avons utilisé différentes formules permettant de caractériser
les complexes d’inclusion :
29
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
= −( , + , ) ( . 2)
Energie de déformation :
é ( )= ( ) − ( ) ( . 3)
E = E , + E , + E é, (III. 4)
30
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Le processus d’inclusion illustré sur la figure III.3 commence par une énergie de
complexation ΔE= -13.48 kcal/mol. Elle diminue jusqu’au point -3Å, position dans laquelle la
molécule invitée est partiellement encapsulée dans la cavité de la β-CD (ΔE= -17.70
kcal/mol). Ensuite, on constate l’augmentation de l’énergie de complexation jusqu’au point
où la molécule OA quitte la cavité (orientation 1).
Orientation-1
-10
Orientation-2
-12
EComplexation (kcal/mol)
-14
-16
-18
-20
-6 -4 -2 0 2 4 6
Z (A°)
Dans le tableau III.1, sont récapitulées les énergies de formation du complexe OA : β-CD par
différents niveaux de calcul.
31
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
PM6
HF/3-21G*
ONIOM
B3LYP/6-31G(d) : HF/3-21G*
WB97XD/6-31G(d) : HF/3-21G*
32
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Contrairement, la β-CD présente une déformation, qui révèle bien que cette
déformation est l’un des facteurs gouvernant la formation de ce complexe d’inclusion.
L’énergie de déformation de la β-CD dans l’orientation 2 est de 1.86kcal/mol.
Les résultats obtenus avec la HF/3-21G* favorisent aussi l’orientation 2. Ainsi, l’écart
énergétique entre les deux orientations est de l’ordre de 10 kcal/mol (tableau III.1).
Les résultats des calculs ONIOM2 sont en accord avec ceux obtenus par la méthode
semi empirique PM6 et HF ; l’énergie de l’orientation 2 est plus négative que celle de
l’orientation 1. On peut suggérer que l’orientation 2 est la plus stable pour tous les niveaux de
calcul. L’écart énergétique est plus prononcé, avec la méthode B3LYP/6-31G(d) : B3LYP /3-
21G*, il dépasse 25kcal/mol (voir tableau III.1).
Comme il est illustré dans la figure III.4, les structures du complexe OA : β-CD dans
les deux orientations obtenues par l’optimisation ONIOM2 montrent que l’invité dans
l’orientation 2 est totalement inclus dans la cavité de la β-CD.
33
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Figure III.4: Géométries des complexes OA:β-CD: (a) et (c) orientation 1, (b) et (d)
orientation 2 optimisées avec B3LYP/6-31G(d) : HF/3-21G* et WB97XD/6-31G(d) : HF/3-
21G* respectivement.
34
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Figure III.5: Géométries des Complexes OA:β-CD optimisées avec la méthode ONIOM
(B3LYP/6-31G (d):B3LYP/3-21G*) : (a) et (c) vue de face des hydroxyles secondaires de la
cavité du β-CD correspondent respectivement aux orientations 1 et 2, (b) et (d) vue de côté
de la paroi du β-CD pour l’orientation 1 et 2 respectivement. Les lignes en pointillées sont les
liaisons hydrogènes.
35
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
La différenciation entre les deux orientations est plus nette avec la B3LYP/6-31G*,
Cela nous permet de conclure que la B3LYP/6-31G* peut être adopté comme méthode
standard de calcul des complexes d’inclusion.
36
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Tableau III.2: Valeurs énergétiques caractéristiques des complexes OA:β-CD évaluées aux
niveaux B3LYP et WB97XD.
B3LYP/6-31G(d)
WB97XD/6-31G(d)
[Link] NBO
37
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Deux liaisons hydrogènes de type O-H…O sont formées entre la cyclodextrine qui agit
comme donneur de proton et l’octopamine. La première établie entre l’hydroxyle du cycle
(O11-H22) et l’oxygène glucosidique O69 (O11-H22…O69) et l’autre entre l’hydrogène de
l’hydroxyle aliphatique et l’oxygène (O83) de l’hydroxyle secondaire (O8-H17…O83).une
troisième liaison est observée entre l’hydrogène de la liaison N10-H21 de l’invité et
l’oxygène glucosidique O87 (O87…H21-N10). Leurs énergies se trouvent surestimées (entre
6 et 27 kcal/mol).
Donc on peut déduire que les liaisons d’hydrogène sont un facteur déterminant dans la
stabilité du complexe d’inclusion OA /β-CD et que les interactions dans l’orientation 2 sont
les plus fortes, suggérant qu’elle est la plus stable orientation. On peut déduire aussi, que les
liaisons d’hydrogène les plus fortes correspondent à celle qui possède les conditions
géométriques les plus favorables, qui sont : une court distance Y…H et un angle Y…H-X
proche de 180°.
38
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Complexe 1
Complexe 2
39
Chapitre III Etude théorique des complexes OA/β-CD
Effet de solvant :
Vu le nombre assez important des atomes du système étudié, Les deux minimums
obtenus avec la méthode PM6 ont subi un calcul « single point » en utilisant la fonctionnelle
B3LYP/6-31G(d) et WB97XD/6-31G(d).Bien que l’écart énergétique dans la solution
diminue par rapport aux résultats obtenus dans le vide, il confirme la stabilité du complexe 2.
Tableau III.4: Energies « single point » des complexes OA:β-CD évaluées aux niveaux
B3LYP et WB97XD dans le vide et dans l’eau.
Dans le vide
B3LYP/6-31G(d)
WB97XD/6-31G(d)
Dans l’eau
B3LYP/6-31G(d)
WB97XD/6-31G(d)
40
Références Chapitre III
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42
Chapitre IV :
Etude théorique des complexes
d’inclusion
IBU/ β-cyclodextrine
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
IV. 1. Introduction
Pour résoudre ce problème, différentes tentatives ont été faites pour masquer le gout
de l’ibuprofène et pour améliorer sa solubilité. A cet égard, il existe dans l’état de la technique
des références où des procédés sont décrits visant à masquer le gout de l’ibuprofène et
augmenter sa solubilité en le complexant avec la cyclodextrine.
L’analyse NBO a été appliquée comme une puissante approche de l'évaluation des
interactions intermoléculaires entre les deux molécules (hôte et invitée).
43
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
La méthodologie d’approches entre les deux molécules (hôte et invitée) est la même
décrite précédemment (chapitre III) à savoir que la molécule invitée est placée à une distance
Z (coordonnée de la translation) de la molécule hôte. Le contrôle de cette distance nous
permettra d’obtenir des profils énergétiques qui sont la résultante d’un balayage de la surface
potentiel. Là aussi, tout au long du processus d’inclusion, les coordonnées de la β-CD sont
maintenues figées, seuls les atomes de la molécule invitée seront libres. La structure initiale
d’IBU (figure IV.1) est optimisée par la fonctionnelle MWP1WP91 avec la base 6-311G++
(d,p). Les paramètres géométriques et structuraux obtenus en utilisant cette fonctionnelle sont
en accord avec les résultats expérimentaux [13,14].
Hf Hg
CH3a Hd CH3b
Hc C C C COOH
CH3a Hd He
Hf Hg
Deux modes d’introduction d’IBU à l'intérieur de la - CD, ont été examinées pour
déterminer le complexe de plus basse énergie (figure IV.2). A savoir le mode A, dans lequel
le groupe isopropionate de l’ibuprofène est placé en face de la face large du β-CD) et le mode
B (le groupe isobutyl est pointé vers les hydroxyles secondaires de la β-CD). L’inclusion a été
imitée en déplaçant la molécule invitée à partir de -7Å au 7Å par paliers de 1Å.
A la fin du processus d’inclusion, une surface d’énergie est générée. Cette surface, ou
plutôt ces minimums, est affiné avec une méthode plus sophistiquée.
44
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Figure IV.2: Les deux modes d’insertion d’IBU à partir de la face large du β-CD.
Complex A
-13 Complex B
Energie d'interaction (Kcal/mol)
-14
-15
-16
-17
-18
-8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8
Z (A°)
45
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Par la suite, on a optimisé les géométries des minimums obtenus dans les deux modes
par la méthode PM7 et HF au niveau 6-31G*, dans le but de faire une comparaison avec la
méthode PM6. Les valeurs des énergies de complexation obtenues montrent que le complexe
formé par le mode A est plus stable que le mode B avec une différence d’énergie égale à 8.82
et 7.09 kcal/mol respectivement (tableau IV. 1). Le meilleur résultat est donné par la méthode
semi empirique PM7.
Tableau IV.1: Valeurs énergétiques caractéristiques des structures les plus stables des
complexes IBU/ β-CD.
Energie Kcal/mol IBU β-CD Mode A Mode B ΔE
PM6
PM7
HF/6-31G(d)
46
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Figure IV.4: Structures géométriques des minimums des complexes d'inclusion IBU/ β-CD
optimisées par PM6.
47
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Tableau IV.2: Energies ONIOM du complexe IBU/β-CD pour les deux modes avec
différentes fonctionnelles en kcal/mol.
B3LYP/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -14.99 -10.67 4.32
MPW1PW91/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -14.98 -10.58 4.40
WB97XD/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -15.98 -10.48 5.50
B3LYP/6-31G(d) : HF/6-31G(d)
Ecomplexation -9.43 -2.85 6.58
MPW1PW91/6-31G(d) : HF/6-
31G(d)
Ecomplexation -9.39 -2.93 6.46
WB97XD/6-31G(d) : HF/6-31G(d)
Ecomplexation -9.27 -2.77 6.50
ΔE=EComplexe B- EComplexe A
Tous les calculs confirment que le mode A (complexe A) est plus stable que le mode B
(complexe B).
Dans tous les cas, l’écart énergétique entre les deux modes est de même ordre et ne
dépasse pas 7 kcal/mol, malgré que les combinaisons soient différentes et les
fonctionnelles appartiennent à des familles différentes : hybride GGA pour la B3LYP,
hybride méta-GGA pour la MPW1PW91 et hybride gama- GGA pour la WB97XD.
Ce qui, semble que le niveau DFT : PM6 est suffisant pour la recherche de la stabilité
du système.
Les calculs computationnelles obtenus avec les méthodes ONIOM2 sont comparés,
eux aussi, avec des calculs obtenus en utilisant la ‘’full’’ DFT à un niveau de 6-31G(d). On a
48
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
inclus, ici, l’énergie de déformation pour mieux évaluer les modifications géométriques des
molécules dans le complexe d’inclusion par rapport à leurs géométries initiales. Toutes les
énergies de complexation ont été corrigées pour l'erreur de superposition de base (Basis set
[15]
superposition error: BSSE) en utilisant la méthode du contre poids de Boys et Bernardi .
Les résultats DFT sont mentionnés dans le tableau IV.3 où Sont indiquées les énergies de
complexation avec BSSE, les énergies de déformation des deux modes ainsi que l’écart
énergétique entre ces deux modes du complexe d’inclusion IBU : β-CD.
Tableau IV.3: Energies des complexes IBU/β-CD évaluées aux niveaux B3LYP et
MPW1PW91 dans le vide.
MPW1PW91/6-31G(d)
Ecomplexation -15.66 -10.99 4.67
La différenciation entre les deux modes est plus nette en prenant en compte la
correction de la BSSE.
49
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Aussi, pour l’énergie de déformation, on remarque qu'aussi bien pour le mode 'A'
que 'B' l'énergie de déformation de la molécule IBU est faible et la différence est d’ordre 3
[Link]-1 pour les deux méthodes, alors qu'elle est plus importante pour la β-CD ce qui
s'explique par la disponibilité de celle ci à adopter une conformation plus flexible pour inclure
la molécule invitée.
Les figures IV.5 et IV.6 montrent les structures des énergies minimums. Elles sont
presque similaires, ce qui montre que le niveau ONIOM est largement suffisant pour la
recherche du modèle géométrique.
Figure IV.5: Géométries des complexes IBU:β-CD optimisées par la méthode ONIOM :
B3LYP/6-31G(d):HF/6-31G(d).
50
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
A partir des résultats d’IBU complexée, il est clair que la structure géométrique est
complètement altérée. Cette altération est très signifiante à travers la grande variation
des angles de torsion de l’IBU qui a subi une grande distorsion pour adopter une
conformation spécifique menant à la formation du complexe le plus stable. Ces
changements conformationnels de la molécule invitée entre dans le cadre de ce qu'on
appelle adaptation stérique.
51
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
La plus large modification après complexation est celle observée sur l’angle de torsion
O(11)-C(9)-O(10)H(22) du complexe B, qui passe de 2.1 avant complexation à 9.6 et
8.7° avec B3LYP et MPW1PW91 respectivement.
Pour les deux complexes, la déformation est claire avec la méthode B3LYP.
La modification est importante dans le mode B, ce qui explique une forte interaction
entre l’invité et la CD.
D’après le tableau IV.5, comme on peut le voir dans tous les cas, les liaisons C-H de la
molécule invitée jouent le rôle d’accepteur, et la CD agit comme donneur dans leur
interaction mutuelle. Dans le mode le plus favorable on a trouvé la présence d’une liaison
d’hydrogène de type conventionnelle entre l’atome d’oxygène O158 de l’IBU et la liaison
O62-H138 de la CD. En revanche, malgré que le complexe B soit moins favorable, deux
liaisons d’hydrogène ont été établies avec la cyclodextrine. Ce qui semble montré que le
nombre de liaison d’hydrogène n’est pas le seul « driving force » de la formation du complexe
d’inclusion IBU : β-CD. Les énergies de ces deux liaisons sont surestimées, 7 et 16 kcal/mol.
On remarque également que la différence d’énergie calculée avec les deux méthodes
B3LYP/6.31G (d) et MPW1PW91/6- 31G (d) est très faible et ne dépasse pas 0,1 kcal / mol.
Cela montrerait que l’analyse NBO sur une géométrie donnée est indépendante de la méthode
utilisée.
52
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Tableau IV. 4: Paramètres géométriques d’IBU avant et après inclusion dans la β-CD
calculés par les méthodes DFT.
Géométrie Exp IBU libre Complexe A Complexe B
B3LYP MPW1PW91 B3LYP MPW1PW91
Distance (Å)
C(9)-O(10) 1.306 1.345 1.346 1.337 1.330 1.320
C(9)-O(11) 1.204 1.203 1.219 1.215 1.225 1.221
C(5)-C(7) 1.525 1.519 1.530 1.522 1.532 1.525
C(7)-C(8) 1.500 1.527 1.538 1.528 1.533 1.525
C(7)-C(9) 1.503 1.514 1.520 1.513 1.527 1.320
C(2)-C(12) 1.493 1.505 1.513 1.506 1.514 1.507
C(12)-C(13) 1.529 1.539 1.550 1.541 1.549 1.541
C(13)-C(26) 1.508 1.525 1.534 1.526 1.533 1.525
C(13)-C(27) 1.519 1.525 1.535 1.527 1.534 1.527
O(10)-H(22) 0.963 0.965 0.976 0.972 1.004 1.004
C(7)-H(18) 1.091 1.092 1.095 1.094 1.095 1.094
C(8)-H(20) 1.081 1.092 1.095 1.093 1.095 1.093
C(8)-H(19) 1.053 1.090 1.094 1.092 1.093 1.092
C(8)-H(21) 1.073 1.091 1.094 1.092 1.094 1.091
C(12)-H(24) 1.101 1.095 1.098 1.097 1.099 1.098
C(12)-H(23) 1.102 1.095 1.099 1.097 1.099 1.097
C(13)-H(25) 1.085 1.097 1.100 1.099 1.099 1.097
C(26)-H(31) 1.061 1.093 1.096 1.095 1.096 1.095
C(26)-H(33) 1.062 1.093 1.097 1.095 1.097 1.095
C(26)-H(32) 1.097 1.095 1.098 1.096 1.098 1.096
C(27)-H(29) 1.067 1.092 1.096 1.095 1.095 1.094
C(27)-H(28) 1.099 1.095 1.098 1.097 1.099 1.097
C(27)-H(30) 1.044 1.093 1.095 1.094 1.095 1.094
Angle (°)
O(11)-C(9)-O(10) 123.4 122.4 121.9 122.1 124.0 124.3
O(10)-C(9)-C(7) 115.4 111.9 112.3 112.3 113.0 113.1
O(11)-C(9)-C(7) 121.1 125.6 125.7 125.6 122.8 122.5
C(9)-C(7)-C(8) 111.7 110.8 110.3 110.4 111.0 110.6
C(9)-C(7)-C(5) 106.7 108.8 110.3 109.9 104.9 105.6
C(8)-C(7)-C(5) 114.4 112.5 112.1 112.1 115.4 115.1
C(13)-C(12)-C(2) 113.9 114.3 114.6 114.4 114.6 114.4
C(26)-C(13)-C(12) 110.1 110.2 110.2 110.2 110.6 110.3
C(27)-C(13)-C(12) 111.5 111.8 112.1 111.8 112.3 111.9
C(27)-C(13)-C(26) 111.5 111.1 110.9 110.9 110.8 110.9
Angle de torsion (°)
C(5)-C(7)-C(9)-O(11) -89.6 -92.9 -95.8 -98.1 -88.3 -85.9
C(5)-C(7)-C(9)-O(10) 88.7 85.9 83.5 81.2 87.7 90.9
O(11)-C(9)-O(10)H(22) -3.3 2.1 1.9 2.2 9.6 8.7
C(7)-C(9)-O(10)-H(22) -175.1 -176.7 -177.5 -177.1 -166.3 168.1
C(8)-C(7)-C(9)-O(11) 36.0 31.3 28.6 26.0 37.0 39.3
C(8)-C(7)-C(9)-O(10) / -149.9 -152.0 -154.6 -146.9 143.8
C(2)-C(12)-C(13)C(26) 168.5 173.6 171.7 170.8 169.6 170.7
C(2)-C(12)-C(13)H(25) 50.4 56.0 54.1 53.0 52.1 52.7
C(2)-C(12)-C(13)C(27) -67.1 -62.2 -64.2 -65.3 -65.9 -65.3
Exp : données expérimentales [14]
53
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Tableau IV.5 : Energies de stabilisation E(2) (kcal/mol), les interactions entre les orbitales
vacantes et les orbitales occupées des complexes IBU/β-CD.
Complexe 1
IBU donneur β-CD accepteur
Complexe 2
IBU donneur β-CD accepteur
Dans cette partie, nous avons calculé les déplacements chimiques de la résonance
magnétique nucléaire du proton (RMN 1H) de libuprofène libre et complexé, à l’aide de la
méthode GIAO (Gauge-Independent Atomic Orbital) en utilisant la méthode DFT au
moyen de la fonctionnelle B3LYP/6-31G(d) pour l’optimisation géométrique. Les valeurs
obtenues sont comparées aux données expérimentales dans l’eau. Les valeurs des
déplacements chimiques δ (ppm), calculées et expérimentales, sont reportées dans le
tableau IV. 6.
54
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Tableau IV.6: Déplacement chimique (RMN 1H) de l’IBU libre et complexé calculé par la
méthode DFT.
En utilisant les données du tableau IV. 6 nous pouvons tracer des courbes des
déplacements expérimentaux en fonction des déplacements théoriques, nous avons obtenu une
droite de l’équation suivante: Y = a.X + b, Cependant :
Avec un coefficient de corrélation très élevé R=0.99647, ce qui montre le bon choix de la
méthode de calcul.
55
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
Déplacement expérimentaux
6
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Déplacement théoriques
Figure IV.7: Corrélation graphique du déplacement chimique (ppm) entre les valeurs
calculées par la méthode GIAO au niveau de la base 6-31G (d) et expérimentales de l’IBU
libre.
8 8
7 7
6 6
Déplacement théoriques
Déplacement théoriques
5 5
4 4
3
3
2
2
1
1
0
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Déplacement expérimentaux
Déplacement expérimentaux
Complexe A Complexe B
Figure IV.8: Corrélation graphique du déplacement chimique entre les valeurs calculées par
la méthode GIAO au niveau de la base 6-31G(d) et expérimentales d’IBU complexé.
On remarque que tous les points appartiennent à la droite exp comp A= -0.06517 + 0.99657*
calculé, comp A , calculée par la méthode des moindres carrés avec un coefficient de corrélation
56
Chapitre IV Etude théorique du complexe IBU/β-CD
R=0.996. Ce qui confirme le bon accord entre les valeurs expérimentales et ceux calculées
pour le complexe A. De même pour le complexe B, la droite trouvée a pour équation :
exp comp B = 0.0649 + 0.9707 * calculé, comp B avec un coefficient de corrélation R=0.999.
En comparant ces deux résultats du point de vue statistique, on peut dire ou affirmer
que les méthodes théoriques utilisées sont satisfaisantes pour prédire la structure ou la
géométrie des complexes étudiés.
57
Références Chapitre IV
[2] M.T. Faucci, F. Melani, P. Mura, [Link]. Lett. 358 (2002) 383.
[4] T.F.A. Sousa, C.G. Amorim, M.C.B.S.M. Montenegro, A.N. Araújo, Sensors and
Actuators B 176 (2013) 660.;
[5] M. Iervolin, B. Cappello, S.L. Raghavan, J. Hadgraft, Int. J. Pharm. 212 (2001) 131.
[7] D.A. Godwin, C.J. Wiley, L.A. Felton, Eur. J. Pharm. Biopharm. 62 (2006) 85.
[9] [Link] Cagno, P.C. Stein, N.S. Basnet, M. Brandl, A.B. Brandl, J. Pharm. Biomed. Anal. 55
(2011) 446.
[10] J. Nerurkar, W.J. Beach, M.O. Park, H.W, J. Pharm. Dev. Technol. 10 (2005) 413.
[11] M.M. Al Omari, N.H. Daraghmeh, M.I. El-Barghouthi, M.B. Zughul, B.Z. Chowdhry,
S.A. Leharne, J. Pharm. Biomed. Anal. 50 (2009) 449.
[12] S. Xing, Q. Zhang, C. Zhang, Q. Zhao, H. Ai, D. Sun, J. Solution Chem. 38 (2009) 531.
[14] M.L. Vueba, M.E. Pina, L.A.E. Batista De Carvalho, J. Pharmacol. Sci. 97 (2008) 845.
58
Chapitre V :
Etude théorique des complexes
d’inclusion IBU/ HPβ-
Cyclodextrine
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
V .1. Introduction
Les β-CD sont le plus souvent les mieux adaptées à une majorité de principe actif.
Cependant, les CD naturelles, et en particulier la β-CD, présentent une solubilité dans l'eau
limitée. Aussi, par alkylation ou hydroxyalkylation d'un ou plusieurs groupements hydroxyles
des molécules de glucose, on obtient des CD synthétiques dont la solubilité dans l'eau est
améliorée. L'une des principales raisons de cette augmentation de la solubilité est la
transformation de la CD cristalline en une forme amorphe plus aisément soluble [1].
Dans cette partie, la HPβ-CD (une cyclodextrine modifiée) a été utilisée au lieu de la
β-CD et cela pour la disponibilité de données expérimentales pour le complexe IBU :
HPβ−CD. Les méthodes utilisées sont PM6 et des combinaisons DFT : PM6.
59
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
structures initiales. Ces structures seront celles employées pour la formation des complexes
via les deux modes d’inclusion.
60
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
V.3.Résultats et discution
Les modes d’inclusion décrits précédemment ont été étudiés grâce à la méthode semi
empirique PM6. Le traitement des données du processus de complexation permettra de
localiser un minimum énergétique sur l’axe OZ pour les différents modes envisagés.
Dans le cas des complexes IBU : 4-HPB-CD, les courbes énergétiques sont presque
similaires ce qui permet de supposer que le processus de complexation dans les deux modes
de pénétration est identique. Ainsi, Pour le mode « A » le minimum énergétique a été localisé
vers -3Å correspondant à une énergie d’interaction équivalente à -23.11 kcal/mol. En
revanche, pour le mode « B », le minimum est localisé à –4Å avec une énergie d’interaction
égale à -23.40 kcal/mol (Figure V.4).
61
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
-10
mode A
-12
mode B
Energie d'interaction (kcal/mol)
-14
-16
-18
-20
-22
-24
-6 -4 -2 0 2 4 6
Z(A°)
-12
mode A
-14 mode B
Energie d'interaction (Kcal/mol)
-16
-18
-20
-22
-24
-26
-28
-8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8
Z(A°)
62
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Les structures des minimums de pénétration par la face large, sont montrées : figure V.6 pour
le complexe IBU : 4-HPβ-CD et figure V.7 pour le complexe IBU : 6-HPβ-CD.
Les géométries des complexes d’inclusion montrent quelques similitudes. Ainsi pour
les complexes IBU : 4-HPβ-CD, dans le mode A, la chaîne aliphatique de l’ibuprofène est à
l’extérieure de la cavité de la CD. En revanche, dans le mode B, le groupe isobutyl et le cycle
aromatique sont encapsulés. Tandis que pour le complexe IBU : 6-HPβ-CD, la zone
aromatique de l’ibuprofène est totalement encapsulée dans les deux modes et les groupes
isobutyles et isopropionate sont situés à chaque extrémité de la cyclodextrine, ici l’inclusion
est plus profonde.
On peut donc supposer, au vu des géométries, que l’ibuprofène pénètre dans x-HPβ-
cyclodextrine par son coté large et qu’ils forment un complexe de stœchiométrie 1 : 1. Ce qui
est en accord avec la bibliographie [8-11].
63
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Le détail énergétique des minimums obtenus par les calculs semi empiriques est
exposé dans le tableau V.1. Les valeurs des énergies de complexation obtenues par la
méthode PM7 pour le complexe IBU: 4-HPβ-CD montrent que le mode « A » (inclusion
partielle) est plus stable que le mode « B » avec une différence d’énergie importante de
l’ordre de 12 kcal/mol contrairement à la méthode PM6 qui favorise l’orientation «B» avec un
écart énergétique trop faible, 0.3 kcal/mol.
Pour le complexe IBU: 6-HPβ-CD les calculs semi empiriques favorisent l’orientation
« B » et l’écart énergétique est plus prononcé avec la méthode PM7.
Tableau V.1: Valeurs énergétiques caractéristiques des structures les plus stables des
complexes IBU : HPβ-CD.
PM7
IBU:6-HPβ-CD
PM6
PM7
64
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
B3LYP/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -9.24 -13.38 4.14
MPW1PW91/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -9.24 -11.29 2.05
6-HPβ-CD
B3LYP/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -16.36 -15.37 -1.01
MPW1PW91/6-31G(d) : PM6
Ecomplexation -24.56 -15.39 -9.17
Pour identifier les interactions mutuelles entre l’hôte et l’invitée, une analyse NBO a
été effectuée par la méthode B3LYP/6-31G* sur les géométries optimisées.
Les résultats des calculs NBO sur le complexe IBU : 4-HPβ-CD sont mentionnés sur le
tableau V.3.
65
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Complexe B
IBU donneur CD accepteur
LP O197 σ*O68 - H156 2.34
LP O197 σ*O74 - H159 1.44
LP O198 σ*O93 - H187 9.63
L’analyse de ces résultats montre que, dans le complexe A, les énergies d’interactions
entre les deux partenaires sont comprises entre 1.61 et 4.83kcal/mol. Une liaison hydrogène
conventionnelle O˗H····O est établie entre l’atome d’oxygène O45 de la CD et la liaison
O197 - H211 de l’IBU (4.83kcal/mol).
Cela démontre certainement, que les liaisons d’hydrogène sont un facteur déterminant
dans la stabilité du complexe d’inclusion IBU : 4-HPβ-CD.
66
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Figure V.8: Géométries des Complexes IBU : 4-HPβ-CD optimisées avec la méthode
ONIOM (B3LYP/6-31G(d) : PM6).
Comme il est exhibé sur la Figure V.8, dans la géométrie favorisée (complexe B),
l’IBU est totalement inclue dans la cavité de la cyclodextrine et le groupe COOH est situé à
l’extrémité des hydroxyles secondaire, Cette disposition lui a permis d’établir les cinq liaisons
d’hydrogène.
Dans le cas du complexe IBU : 6-HPβ-CD, un grand nombre d’interaction a été établi
entre les deux molécules (tableau V.4). Cela est exhibé par la profondeur de l’inclusion qui
est totale dans les deux complexes. L’énergie d’interaction est plus importante dans le
complexe A. Une forte interaction est observée entre l’oxygène 47 de la cyclodextrine et la
liaison O217- H231 de l’IBU ou le groupe COOH se trouve proche des hydroxyles primaires.
La deuxième liaison hydrogène est formée entre O218 et la liaison O47 - H153 de la partie
étroite de la cyclodextrine (5.60kcal/mol).
67
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Complexe B
IBU donneur CD accepteur
LP O217 σ*C93 - H191 1.92
LP O218 σ*O53 - H157 5.14
Cela nous permet de conclure que la liaison hydrogène intermoléculaire joue un rôle
important dans le processus de complexation et que le complexe A est plus stable que le
complexe B. Ce qui est en accord avec les calculs ONIOM.
Figure V.9: Géométries des Complexes IBU : 6-HPβ-CD optimisées avec la méthode
ONIOM (B3LYP/6-31G(d) : PM6).
68
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Tableau V.5: déplacement chimique (RMN 1H) de l’IBU complexé calculé par la méthode
DFT.
exp : déplacement expérimentale (RMN 1H) de l’IBU complexé avec HPβ-CD [13].
69
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
En utilisant les données du tableau V. 5 nous pouvons tracer des courbes des
déplacements expérimentaux en fonction des déplacements théoriques (figure V.10 et V.11).
8 8
7 7
Déplacements expérimentaux
Déplacements expérimentaux
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1
1
0
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1 2 3 4 5 6 7 8
Déplacements théoriques
Déplacemnts théoriques
Complexe A Complexe B
Figure V.10: Corrélation graphique du déplacement chimique entre les valeurs théoriques et
expérimentales d’IBU complexé avec -HPB-CD.
8 10
9
7
8
Déplacements expérimentaux
Déplacements expérimentaux
6
7
5 6
4 5
4
3
3
2
2
1
1
0 0
1 2 3 4 5 6 7 8 0 2 4 6 8 10
Complexe A Complexe B
Figure V.11: Corrélation graphique du déplacement chimique entre les valeurs théoriques et
expérimentales d’IBU complexé avec 6-HPB-CD.
70
Chapitre V Etude théorique des complexes IBU/HPβ-CD
Les paramètres des équations présentées dans les figures ci-dessus sont répertoriés dans le
tableau V.6.
ΔR 0.007 0.004
On constate ainsi que la corrélation est d’autant meilleure pour les complexes IBU/6-
HPB-CD, ce qui est en accord avec les résultats précédents.
71
Références Chapitre V
[2] [Link]/cyclo_export_info.php.
[6] C.L. Yan, X.H. Li, Z.L. Xiu, C. Hao, J. Mol. Struct. (THEOCHEM). 764 (2006) 95.
[9] [4] G.L. Perlovich, M. Skar, [Link], Eur. J. Pharm. Sci. 20 (2003) 197.
[13] [Link] Cagno, P.C. Stein, N.S. Basnet, M. Brandl, A.B. Brandl. J. Pharm. Biomed. Anal.
55 (2011)446.
72
Conclusion Générale
Conclusion générale
Le présent travail est basé sur l’étude des interactions dans les systèmes hôte-invité.
Ces interactions ont été étudiées par différentes méthodes théoriques: Semi empirique, ab
initio, ONIOM et DFT.
Une recherche systématique dans tous les cas , a permis de localiser le minimum
préliminaire de la complexation par la méthode semi empirique PM6 qui par la suite a été
optimisé avec les méthodes ONIOM2 et DFT.
Les résultats obtenus au cours des différentes étapes de ce travail ont permis une
meilleure compréhension des phénomènes et des paramètres contrôlant la complexation, des
molécules organiques, par les CD, dans le vide.
Le succès des méthodes ONIOM se justifie par le fait que ces méthodes permettent
souvent d’obtenir, à plus faible coût, des résultats d’une précision comparable à celle obtenue
avec des calculs « full » DFT.
73
Conclusion générale
Les résultats obtenus tant pour la partie géométrie que paramètres RMN, comparés
aux valeurs expérimentales ont montré la fiabilité des théories quantiques utilisées dans ce
travail.
Enfin, L'effet de solvant qui n’est pas été considéré dans cette étude joue probablement
un rôle important dans la complexation entre invité et cyclodextrines naturelles ou modifiées.
Notamment, lorsqu’il s’agit d’un médicament qui se dissocie dans un milieu biologique.
74