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Introduction au Sanskrit : Grammaire et Vocabulaire

Ce document présente la première leçon de grammaire du cours de Sanskrit, abordant la morphologie phonétique, la conjugaison, la déclinaison nominale et pronominale, ainsi que le sandhi. Il détaille les trois degrés vocaliques, les verbes thématiques actifs présents, et les pronoms nominaux et accusatifs. Des exercices pratiques sont également inclus pour renforcer l'apprentissage.

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Introduction au Sanskrit : Grammaire et Vocabulaire

Ce document présente la première leçon de grammaire du cours de Sanskrit, abordant la morphologie phonétique, la conjugaison, la déclinaison nominale et pronominale, ainsi que le sandhi. Il détaille les trois degrés vocaliques, les verbes thématiques actifs présents, et les pronoms nominaux et accusatifs. Des exercices pratiques sont également inclus pour renforcer l'apprentissage.

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Cours de Sanskrit : 1ère leçon de grammaire lundi 24 mai 04

Plan :
1. Morphologie phonétique
1. 1 Les trois degrés vocaliques : zéro, plein et long
2. Conjugaison
2. 1. Généralités sur le système verbal sanskrit
2. 2. Les verbes thématiques actifs présents
3. Déclinaison nominale et pronominale
3. 1. Les pronoms de conj. (nominatifs) et les pronoms à l’accusatif
4. Sandhi
4. 1. Sandhi du m
5. Vocabulaire
6. Exercices

1. Morphologie phonétique.

1. 1. Les trois degrés vocaliques.

Comme nous l’avons vu précédemment, le Sanskrit possède des voyelles longues et


des voyelles courtes. De plus les voyelles sanskrites peuvent être classées en cinq
familles de chacune trois degrés. Ces trois degrés sont nommés zéro, plein et long.
Cette répartition est très importante pour la formation des formes verbales et des
noms dérivés d’une racine verbale ou d’un autre nom. Voici, dans un tableau, la
répartition des voyelles dans les cinq familles.

Zéro - i et ī u et ū ṛ et ṝ Ị
Plein a e (ay)* o (av)* ar al
Long ā ai (āy)* au (āv)* ār inexistant
* Selon la règle suivant laquelle deux voyelles ne se suivent jamais en sanskrit, les
formes entre paranthèses remplace un e, o, ai ou au, lorsque celui-ci devrait être
suivi directement par une voyelle.

Rien de tel que des exemples pour illustrer les faits :

zéro : plein : long :


Bhūū- [être] Bhav
avati
av [il est] Bhāv
āvya
āv [qui doit être]
Papt
ptima
pt [nous tombâmes] Paat- [tomber] Pāātayati [il fait tomber]
Diiś [la direction] De
eśa [le lieu] Dai
aiśika
ai [local]
Kṛṛ- [faire] Kar
artṛ
ar [le faiseur] kār
ārya
ār [qui est à faire]
KỊỊp [se bien conduire] Kal
alpate
al [il se conduit bien]
Tu
ulā [la balance] To
olana [la pesée] Tau
aulin
au [le peseur]

2. Conjugaison.

2.1. Généralités sur le système verbal sanskrit.

La base du verbe sanskrit est sa racine. Dans le dictionnaire, les verbes sont
toujours donnés sous leur forme radicale. Sur cette racine se construisent tous les
modes verbaux et par là même, toutes les formes verbales.
Le verbe sanskrit se conjugue en trois nombres (singulier, duel et pluriel) et bien sûr
aux trois personnes.

Contrairement au français, le Sanskrit possède trois voix : l’actif, le moyen et le


passif. L’actif (parasmaipada) est littéralement la voie des autres. Cela signifie que
l’action du verbe porte son bénéfice sur autrui. Lorsque je sacrifie aux dieux, si le
bénéfice de ce sacrifice (par exemple la richesse) doit retomber sur une (ou des)
autre(s) personne(s) que moi, j’utilise l’actif. Mais lorsque je sacrifie et que le
bénéfice va pour moi, j’utilise la voix moyenne (ātmanepada = la voie pour soi).
Quant au passif (karmani prayoga), il rend la même idée qu’en français. Il prend
l’objet de la phrase active et en fait son sujet. Notons deux choses : 1. Les
grammairiens sanskrits considèrent l’actif et le moyen comme une seule et même
voix (kartari proyoga) séparée en deux « sortes » (parasmaipada & ātmanepada).
2. Le moyen et l’actif tendent à se fondre l’un dans l’autre au niveau du sens, surtout
en poésie et en sanskrit tardif. Cependant, dans les épopées (Mahābhārata et
Rāmāyana), ils gardent encore bien leur sens respectif.

Dans cette leçon nous allons voir le présent actif (parasmaipada) des verbes
thématiques. On trouvent 10 classes de verbes en Sanskrit dont quatre sont
thématiques. Ce qui détermine la classe de tel ou tel verbe, c’est le radical du
présent. Si ce radical, se termine en a, le verbe est thématique. S’il ne se termine
pas en a, il est athématique. Seules quatre classes de verbes sont thématiques, mais
cela fait sans doute les deux tiers des verbes sanskrits : la 1ère, la 4ème, la 6ème et la
10ème classe. Nous allons faire l’étude de ces quatre classes dès aujourd’hui.
2. 2. Les verbes thématiques actifs présents.

Voici tout d’abord la formation générale (donc simplifiée) du radical du présent des
quatre classes thématiques.

1ère classe :

Racine au degré plein + a = radical du présent

Exemples : Vad- + a = vada (parler)


Bhū- > bhav + a = bhava (être)
Bhṛ- > bhar + a = bhara (porter)
Ruh- > roh + a = roha (gravir)

4ème classe :

Racine (sans chagement) + ya = radical du présent

Exemples : Paś- + ya = paśya (voir)


As- + ya = asya (lancer)

6ème classe :

Racine au degré zéro + a = radical du présent

Exemples : Tud- + a = tuda (piquer)


Viś- + a = viśa (s’absorber dans)

10ème classe :

Racine pleine ou longue + (p)aya = radical du présent (la 10ème sert le plus souvent à
la formation des verbes causatifs)

Exemples : Dūṣ- + aya = dūṣaya (corrompre)


Bhū- > bhāv + aya = bhāvaya (faire être > produire)
Tuṣ- > Toṣ + aya = toṣaya (faire devenir content > satisfaire, réjouir)

Ce plan présente néanmoins tant d’exceptions qu’il semble évident que le radical du
présent (ou la troisième personne du présent) doit impérativement être appris par
cœur en même temps que la racine. C’est pourquoi vous trouverez dans le
vocabulaire, toujours les deux (racine et 3ème du présent sing).
Voici les terminaisons du présent actif thématique : Elles se collent sur le radical du
présent.

singulier duel pluriel


1èrepers. (allongement) -mi
mi (allongement) -vas
vas (allongement) -mas
mas
2ème pers. -si -thas -tha
3ème pers. -ti -tas -nti

Exemple paradigmatique : Bhū-, bhavati (être, devenir)

singulier duel pluriel


1ère pers. bhavāmi
bhavāmi bhavāvas
bhavāvas bhavāmas
bhavāmas
2ème pers. bhavasi
bhavasi bhavathas
bhavathas bhavatha
bhavatha
3ème pers. bhavati
bhavati bhavatas
bhavatas bhavanti
bhavanti

3. Déclinaison nominale et pronominale.

3. 1. Les pronoms de conj. (nominatifs) et les pronoms à l’accusatif.

Si le nominatif, comme dans toutes les lagues casuelles, exprime le sujet et l’attribut
du sujet, l’accusatif exprime, lui aussi selon sa fonction, l’objet direct mais également
le lieu directionnel (l’endroit où l’on va).

Les pronoms de conjugaison sont donc des nominatifs. Les pronoms des deux
premières personnes (comme en français) ne distinguent pas leur genre (masc.,
fém., neutre) mais à la troisième personne, les genres se distinguent.

Voyons cela dans un tableau : (nominatif)

singulier duel pluriel


Je, nous aham āvām vayam
Tu, vous tvam yuvām yūyam
Il, ils sa / so*/sa
so*/saḥ
/saḥ** tau te
Elle, Elles sā te tās
(neutre) tat
tat te tāni
* Notons que devant a, sa devient so. Le a en question tombe au profit d’un
avagraha. Exemple : sa + asmān = so’smān. ** On trouve saḥ en fin de phrase.
Quant aux pronoms accusatifs objets directs en voici le tableau : (accusatif)

singulier duel pluriel


me, nous mām (mā) āvām (nau) asmān (nas)
te, vous tvām (tvā) yuvām (vām) yuṣ
yuṣmān (vas)
le, les tam tau tān
la, les tām te tās
(neutre) tat te tāni
Les formes entre paranthèses sont enclytiques. Elles s’emploient indifféremment des
autres.

Exemples de phrases simples :

Il me voit. Sa mām paśyati.


Elle nous voit les deux. Sā nau paśyati / Sāvām (sā+āvām) paśyati.
Tu es elle. Tvam bhavasi sā. (pas d’accus. avec le verbe être)
Vous deux, vous les voyez. Yuvām paśyathas tau.
Je vois ça. Aham paśyāmi tat.
Elles y vont Tās tām gacchanti.

4. Sandhi.

Le Sanskrit, généralement, homogénéise la finale de ses mots avec l’initiale des


mots qui les suivent.
La plus simple de ces homogénéisation (sandhi) est celle du m que nous allons
étudier aujourd’hui.

4. 1. Le sandhi du m.

❶ En règle générale, un m final reste m devant toutes les voyelles et en fin de


phrase. On colle les mots par respect pour la devnāgarī qui ne marque pas l’espace.

Exemple : tvam + āvam = tvamāvām Tvmavamœ

❷ Le plus souvent, un m final devient ṁ (anusvāra) devant n’importe quelle


consonne.

Exemple : tvam + vadasi = tvaṁ vadasi Tv< vdis


❸ Optionnellement, un m final peut être remplacé par la nasale du même groupe que
la consonne qui le suit.

Schéma :

m devient ṅ devant k, kh, g, gh, ṅ


ñ devant c, ch, j, jh, ñ, ś
ṇ devant ṭ, ṭh, ḍ, ḍh,ṇ, ṣ
n devant t, th, d, dh, n, s
m reste m devant p, ph, b, bh, m

Cette règle est très rare entre les mots distincts, mais est très fréquente au sein des
mots composés ou entre un verbe et son préfixe.

Exemple : Sam + dhi = Saṁdhi ou Sandhi s<ix o


/ u siNx

❹ Toujours de manière optionnelle, m peut devenir y devant y, v devant v et l


devant l.

Exemples : aham + vadāmi = ahaṁ vadāmi ou ahavvadāmi Ah< vdaim ou


Ah~Vvdaim
Ce point est extrêment rare !!!

5. Vocabulaire.

Khād- khādati oadœ oadit manger


Ji- jayati ij jyit vaincre, conquérir
Tyaj- tyajati Tyjœ Tyjit abandonner
Dhāv- dhāvati xavœ xavit courir
Gam- gacchati gmœ gCDit aller (vers + Acc)
Sad- sīdati sdœ sIdit s’assoire
Pā- pibati pa ipbit boire
Sthā- tiṣṭhati Swa itóit se tenir, être debout, se trouver
Dṛś- (Paś) paśyati d&zœ (pzœ) pZyit voir
Smṛ- smarati Sm& Smrit se souvenir de + Acc
Nī- nayati nI nyit mener, prendre
Bhū- bhavati _aU _avit être, devenir
Budh- bodhati bux baexit savoir, connaître
Vad- vadati vdœ vdit parler, dire
Vas- vasati vsœ vsit demeurer, habiter, séjourner
Pat- patati ptœ ptit tomber
6. Exercices.

❶ Conjuguer au présent de l’actif (parasmaipada) ces racines verbales.

Ji-
Ji- (conquérir)
(conquérir) :

singulier duel pluriel


1èrepers.
2ème pers.
3ème pers.

Dṛś- (Paś-
(Paś-) (voir) :

singulier duel pluriel


1ère pers.
2ème pers.
3ème pers.

Budh-
Budh- (connaître, savoir) :

singulier duel pluriel


1ère pers.
2ème pers.
3ème pers.

Smṛ
Smṛ- (se souvenir) :

singulier duel pluriel


1ère pers.
2ème pers.
3ème pers.

Sad-
Sad- (s’assoire)

singulier duel pluriel


1èrepers.
2ème pers.
3ème pers.
❷ Traduire ces petites phrases en français en étant le plus précis possible. Attention,
il peut y avoir parfois plusieurs possibilités.

Ahaṁ
Ahaṁ vadāmi tvām. Te paśyatas te.

Te tyajanti tām. Te paśyanti te.

Tatpibāma
Tatpibāmaḥ
pibāmaḥ*. Tāntyajāmi. (attention au sandhi)

Gacchanti tāstam.
āstam. Ahantvānnayāmi.

Āvāṁ
Āvāṁ dhāvāva
dhāvāvaḥ
āvāvaḥ. Tvambodhasi tāni.

Sā bodhati tat. Tvaṁ


Tvaṁ te smarasi.

Te sīdatas. So’smān
So’smāntyajati.
āntyajati.

Tvaṁ
Tvaṁ tiṣṭ
tiṣṭhasi.
ṣṭhasi. Sa nastyajati.

Yūyaṁ
Yūyaṁ tāṁ
tāṁ jayatha. Vayaṁ
Vayaṁ khādāmastat.

Tāni patanti. Vadati sā vām.

Vayaṁ
Vayaṁ bhavamaḥ
bhavamaḥ. Āvāvvā
Āvā vvāṁ
vvāṁ jayāvaḥ
jayāvaḥ.

Yūya
Yūyaṁ
yaṁ vasatha. Sa mā tyajati.

Yuvāṁ
Yuvāṁ pibathastām.
pibathastām. Sā nau vadati.

Vayampaśyāmastān. Āvāyyuvā
Āvā yyuvāṁ
yyuvāṁ jayāvaḥ
jayāvaḥ.

Sa khādati mā. Yūyaṁ


Yūyaṁ tatkhādatha.

Tau smaratastvā.
smaratastvā. Tāstāni khādanti.

Ahaṁ
Ahaṁ jayāmi yuṣ
yuṣmān. Tāni patanti

Tāssīdanti. Sāvāṁ
Sāvāṁ (sā+āvaṁ
(sā+āvaṁ) bodhati.

Tāni taṁ
taṁ pibanti. Tvāmahaṁ
Tvāmahaṁ paśyāmi.
* Remarque : un s en fin de phrase se transforme en visarga ḥ.
❸ Rédiger cinq phrases en Sanskrit en indiquant leur traduction précise.

❹ Optionnellement, transcrire les phrases de l’exercice 2 en devanāgarī.

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