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Modernisation du mariage en Côte d'Ivoire

Le document traite de la modernisation du mariage en Côte d'Ivoire à travers la loi n°2019-570 du 26 juin 2019, qui redéfinit les fondements et conditions du mariage, en affirmant son caractère civil et en précisant qu'il s'agit d'une union entre un homme et une femme. Il aborde également la dépénalisation de la dot et l'assouplissement des conditions de formation du mariage, tout en garantissant l'égalité des époux et la protection des droits individuels. Cette réforme vise à répondre aux évolutions sociales et aux engagements internationaux de la Côte d'Ivoire en matière de droits des femmes et d'égalité de genre.

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Modernisation du mariage en Côte d'Ivoire

Le document traite de la modernisation du mariage en Côte d'Ivoire à travers la loi n°2019-570 du 26 juin 2019, qui redéfinit les fondements et conditions du mariage, en affirmant son caractère civil et en précisant qu'il s'agit d'une union entre un homme et une femme. Il aborde également la dépénalisation de la dot et l'assouplissement des conditions de formation du mariage, tout en garantissant l'égalité des époux et la protection des droits individuels. Cette réforme vise à répondre aux évolutions sociales et aux engagements internationaux de la Côte d'Ivoire en matière de droits des femmes et d'égalité de genre.

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1

SOMMAIRE

INTRODUCTION………………………………………………………………………………………………………………………………3
PARTIE I : LA MODERNISATION DES FONDEMENTS ET CONDITIONS DU MARIAGE………………………….5
CHAPITRE 1 : LA REDÉFINITION DU CADRE CONCEPTUEL DU MARIAGE………………………………………….5
Section 1 : La définition expresse du mariage à l'article 1er de la loi……………………………………………….5
Paragraphe 1 : Les éléments constitutifs de la nouvelle définition légale………………………………………..5
A. L'affirmation du caractère civil du marriage……………………………………………………………………………….5
B. La consécration de l'union entre un homme et une femme ………………………………………………………..5
Paragraphe 2 : La portée juridique de cette définition expresse……………………………………………………..6
A. Les implications sur la nature juridique du marriage………………………………………………………………….6
B. Les conséquences sur la reconnaissance des autres formes d'unions…………………………………………6
Section 2 : La dépénalisation de la dot sans reconnaissance légale……………………………………………….7
Paragraphe 1 : L'évolution du statut juridique de la dot……………………………………………………………….7
A. Le passage d'une interdiction pénale à une tolérance civile……………………………………………………..7
B. L'exclusion de la dot des conditions de validité du marriage…………………………………………………….7
Paragraphe 2 : Les implications socioculturelles de cette innovation…………………………………………..7
A. La préservation des pratiques coutumières sans contrainte légale………………………………………….7
B. La conciliation entre tradition et modernité dans le mariage ivoirien……………………………………..8
CHAPITRE 2 : L'ASSOUPLISSEMENT DES CONDITIONS DE FORMATION DU MARIAGE………………….8
Section 1 : La révision des conditions de fond……………………………………………………………………………..8
Paragraphe 1 : Les modifications relatives à l'âge matrimonial et au consentement………………….9
A. L'harmonisation de l'âge nubile à 18 ans pour les deux sexes…………………………………………………9
B. Le renforcement des garanties de liberté du consentement……………………………………………………9
Paragraphe 2 : La modernisation des empêchements à marriage………………………………………………9
A. La réforme concernant la période de viduité et l'introduction de la preuve médicale…………….9
B. La révision des autres empêchements à marriage…………………………………………………………………10
Section 2 : L’innovation relative au choix et à la modification du régime matrimonial………………10
Paragraphe 1 : La consécration du choix du régime matrimonial……………………………………………..10
A. L’affirmation de la liberté contractuelle des époux……………………………………………………………….10
B. L’encadrement du choix et la protection des tiers…………………………………………………………………11
Paragraphe 2 : La possibilité de modification du régime matrimonial en cours d’union……………11
A. L’introduction d’une procédure de changement de régime…………………………………………………..11
B. Les garanties procédurales et la protection des intérêts familiaux……………………………………….11
PARTIE II : LA RÉNOVATION DES EFFETS ET DE LA DISSOLUTION DU MARIAGE………………………..12
CHAPITRE 1 : LA REDÉFINITION DES EFFETS DU MARIAGE……………………………………………………….12
Section 1 : La refonte des effets personnels du marriage…………………………………………………………12
Paragraphe 1 : L'établissement de l'égalité juridique entre les époux……………………………………..12
A. L'abandon de la notion de chef de famille…………………………………………………………………………..12
B. L'instauration de droits et devoirs réciproques entre époux………………………………………………..12
Paragraphe 2 : La nouvelle réglementation de la vie commune……………………………………………..13
A. Le choix concerté de la résidence conjugale……………………………………………………………………….13
B. L'exercice conjoint de l'autorité parentale………………………………………………………………………….13
Section 2 : La clarification des effets pécuniaires du marriage………………………………………………..13
Paragraphe 1 : La consolidation du régime matrimonial legal………………………………………………..13
A. La réaffirmation de la séparation des biens comme régime de droit commun…………………….13
B. Les précisions apportées à la gestion des biens propres………………………………………………………14
Paragraphe 2 : L'encadrement des relations patrimoniales entre époux…………………………………14
A. Les nouvelles règles relatives à la contribution aux charges du ménage……………………………..14
B. Les dispositions concernant la solidarité des dettes ménagères…………………………………………..14
CHAPITRE 2: TRANSFORMATIONS DU CADRE JURIDIQUE DE LA DISSOLUTION DU MARIAGE…15
Section 1 : La modernisation des causes de dissolution du marriage………………………………………15
2

Paragraphe 1 : La clarification des causes légales de dissolution…………………………………………..15


A. L'énumération expresse des causes de dissolution à l'article 103………………………………………15
B. Les implications juridiques de cette énumération limitative………………………………………………16
Paragraphe 2 : Les innovations concernant certaines causes spécifiques………………………………16
A. Les précisions relatives au décès et à l'absence…………………………………………………………………16
B. L'encadrement des différentes formes de divorce……………………………………………………………..16
Section 2 : La réorganisation des conséquences de la dissolution………………………………………….17
Paragraphe 1 : Les effets personnels de la dissolution du mariage…………………………………..…..17
A. Le sort du nom des époux après la dissolution………………………………………………………………….17
B. L'innovation concernant le délai de viduité et la preuve médicale…………………………………….17
Paragraphe 2 : Les effets patrimoniaux de la dissolution……………………………………………………..17
A. La liquidation du régime matrimonial……………………………………………………………………………..17
B. La protection économique des membres de la famille après la dissolution………………………18
CONCLUSION…………………………………………………………………………………………………………………………………….19
BIBLIGRAPHIE…………………………………………………………………………………………………………………………………….20
3

INTRODUCTION

Le mariage, institution fondamentale et socle de la famille, a toujours occupé une place de choix
dans la société ivoirienne. Historiquement, son encadrement juridique a reflété les valeurs, les
rapports sociaux et les conceptions du genre propres à chaque époque. La loi n°64-375 du 7 octobre
1964, qui a longtemps régi le mariage en Côte d’Ivoire, a été adoptée dans un contexte postcolonial
marqué par la volonté de modernisation mais aussi par la persistance de schémas patriarcaux hérités
du droit français et des traditions locales. Malgré quelques réformes ponctuelles, cette législation est
progressivement apparue inadaptée face à l’évolution des réalités sociales, à la montée des
revendications pour l’égalité de genre et à la nécessité d’harmonisation avec les engagements
internationaux de la Côte d’Ivoire. Ainsi le Vendredi 12 juillet 2019, le Journal Officiel de la
République de Côte d’Ivoire à travers le numéro spécial de la soixante et unième année – n°10 à
partir de la page 253 jusqu’à la page 259 publie au titre de la partie officielle des actes présidentielles
la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage en côte d’ivoire, promulguée le 26 juin 2019 en 7
pages1. Celle-ci en son article 104 dispose comme suit : « La présente loi abroge la loi n° 64-375 du 7
octobre 1964 relative au mariage modifiée par les lois n° 83-800 du 2 août 1983 et n° 2013-33 du 25
janvier 2013 et la loi n° 64-381 du 7 octobre 1964 relative aux dispositions diverses applicables aux
matières régies par la loi sur le mariage et aux dispositions particulières applicables à la dot »2.

On assiste alors pour la première fois de l’histoire de la côte d’ivoire à une novation de l’arsenal
matrimonial qui semble rompre avec les valeurs occidentales héritées du colon notamment à travers
le code Civil français de 1804.

L’adoption de la loi du 26 juin 2019 portant marriage, comme nous le citérons comme-ci tout au long
de cette étude, s’inscrit dans une dynamique de refondation du droit de la famille. Cette réforme
répond à plusieurs impératifs : mettre fin aux discriminations entre époux, garantir la dignité et
l’autonomie de la femme, sécuriser les effets patrimoniaux du mariage et offrir un cadre juridique
cohérent à une société en mutation. Elle intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire a ratifié des
instruments internationaux majeurs, tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes (CEDEF, 1995)3 et le Protocole de Maputo (2011), qui imposent
une égalité stricte dans les rapports conjugaux et familiaux4.

L’étude des innovations de la loi de 2019 revêt un intérêt doctrinal et pratique majeur. D’un point de
vue scientifique, elle permet d’interroger la capacité du droit ivoirien à s’adapter aux évolutions
sociales, à concilier tradition et modernité, et à protéger les droits fondamentaux des individus au
sein de la famille. Sur le plan social, la réforme du mariage touche directement la vie de millions de
citoyens, conditionne la sécurité juridique des enfants et des conjoints, et influence les rapports de
genre dans la société ivoirienne.

Dès lors, la question centrale qui guide ce mémoire est la suivante:

Dans quelle mesure la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 parvient-elle à moderniser les fondements et
les conditions du mariage en Côte d’Ivoire, tout en assurant l’égalité des époux et la protection des
droits individuels, face aux défis posés par les traditions et les mutations sociales ?
1
JORCI Numéro spécial n°10 du vendredi
2
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage en Côte d’Ivoire, article 104
3
CEDEF, convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, ONU, 1979
4
Protocole de Maputo, Union Africaine, 2003
4

Cette problématique invite à une analyse critique et comparative du nouveau régime juridique du
mariage, à l’aune de l’ancien droit, des exigences internationales et des réalités ivoiriennes.

L’hypothèse principale de ce travail est que la loi de 2019, en rompant avec le modèle patriarcal et
en modernisant les conditions et les effets du mariage, pose les bases d’une égalité réelle entre
époux et d’une meilleure protection de la famille, mais que son effectivité dépendra de
l’appropriation sociale et de la capacité des institutions à garantir l’application des nouvelles normes.

La démarche adoptée est à la fois comparative et analytique. Elle consiste à:

- Examiner les textes législatifs anciens et nouveaux, en s’appuyant sur les articles de loi, les travaux
préparatoires et les débats parlementaires;

- Mobiliser la doctrine ivoirienne et les analyses des praticiens du droit;

- Mettre en perspective les innovations ivoiriennes avec les standards internationaux et les
expériences d’autres pays africains.

Ce mémoire se concentre sur l’étude des innovations apportées par la loi de 2019 aux fondements,
aux conditions de formation, aux effets et à la dissolution du mariage civil en Côte d’Ivoire. Les
unions coutumières et religieuses ne seront abordées que dans la mesure où elles interfèrent avec le
droit civil.

L’analyse se déploiera en deux grandes parties:

Dans la première partie, l’analyse portera sur la modernisation des fondements et conditions du
mariage, qui mettra en évidence la redéfinition du cadre conceptual (chapitre 1), la dépénalisation de
la dot, et l’assouplissement des conditions de formation du marriage (chapitre 2). Et dans la
deuxième partie, il s’agira de voir la rénovation des effets et de la dissolution du mariage, qui
étudiera la refonte des effets personnels et patrimoniaux (chapitre 1), ainsi que les transformations
du cadre juridique de la dissolution du mariage et la question du nom de la femme mariée (chapitre
2).

Ce travail vise à éclairer les étudiants et les décideurs sur les enjeux contemporains du droit
matrimonial ivoirien, à proposer des pistes pour une application effective de la réforme, et à
contribuer à la réflexion sur l’évolution du statut de la femme en Côte d’Ivoire.
5

PARTIE I: LA MODERNISATION DES FONDEMENTS ET CONDITIONS DU MARIAGE

Cette modernisation transparait à travers la redefinition du cadre conceptual du marriage (chapitre


1) et l’assoupissement des conditions de formation du marriage (chapitre 2) qui feront l’objet de
notre étude dans cette première partie.

CHAPITRE 1: LA REDÉFINITION DU CADRE CONCEPTUEL DU MARIAGE


La Loi du 26 juin 2019 portant marriage rédefinie le cadre conceptual du marriage à travers la
definition expresse du marriage (section 1) et la dépénalisation de la dot sans reconnaissance légale
(section 2)

Section 1: La définition expresse du mariage à l'article 1er de la loi


La réforme de 2019 s’ouvre par une innovation de principe: la définition expresse du mariage à
l’article 1er de la loi qui dispose: “ — Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme célébrée
par devant l’officier de l’état civil. “5

Cette démarche, inédite dans l’histoire législative ivoirienne, vise à clarifier la nature et les contours
de l’institution matrimoniale, à l’heure où les mutations sociales et les débats internationaux sur le
mariage, notamment autour des unions de même sexe et du pluralisme normative imposent une
sécurité juridique accrue. La comparaison avec l’ancien régime permet de mesurer la portée de cette
nouvelle définition, tant sur le plan de la forme que du fond.

Paragraphe 1 : Les éléments constitutifs de la nouvelle définition légale


A. L’affirmation du caractère civil du mariage

L’article 1er de la loi n°2019-570 dispose désormais que le mariage est un acte civil, public et
solennel. Cette affirmation tranche avec l’ancien texte, qui ne précisait pas explicitement la nature du
mariage, laissant subsister une ambiguïté entre le mariage civil, le mariage coutumier et le mariage
religieux tout en laissant place à diverses interpretations. En posant le principe de la primauté du
mariage civil, le législateur ivoirien entend garantir l’égalité de traitement des citoyens devant la loi
et la prééminence de l’État dans la régulation des rapports familiaux6.

Cette clarification répond à la nécessité de sécuriser les droits des époux et des enfants, notamment
en matière de filiation, de succession et de protection contre les discriminations. Elle s’inscrit
également dans la logique des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, qui imposent la
reconnaissance d’un cadre juridique unique pour le mariage7.

B. La consécration de l’union entre un homme et une femme

La nouvelle définition précise que le mariage est l’union entre un homme et une femme, excluant de
facto la reconnaissance des unions de même sexe. Cette précision, absente de la loi de 1964 et de ses
modifications antérieurs, vise à prévenir toute interprétation extensive à la lumière des débats

5
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage, art. 1er
6
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 1er ; Loi n°64-375 du 7 octobre 1964 (ancien régime)
7
CEDEF, art 16 ; Protocole de Maputo, art. 6
6

contemporains sur la diversité des formes d’union. Elle réaffirme le choix du législateur ivoirien de
s’aligner sur les valeurs sociales majoritaires, tout en répondant à une demande de clarté juridique 8.

D’un point de vue doctrinal, cette position a suscité des débats : certains auteurs y voient une
protection des valeurs traditionnelles, d’autres regrettent une fermeture à l’évolution des droits
familiaux observée dans d’autres systèmes juridiques africains ou occidentaux9.

Paragraphe 2: La portée juridique de cette définition expresse

A. Les implications sur la nature juridique du mariage

La consécration du mariage comme institution civile implique que seuls les mariages célébrés devant
l’officier d’état civil produisent des effets juridiques. Les mariages coutumiers ou religieux, bien que
socialement reconnus, ne confèrent plus aucun droit ou obligation en matière d’état civil, de filiation
ou de succession. Cette évolution vise à lutter contre l’insécurité juridique, notamment pour les
femmes et les enfants issus de mariages non déclarés10.

Sur le plan procédural, cette définition renforce le contrôle de l’État sur l’accès au mariage et la
protection des droits fondamentaux des époux, en particulier l’égalité, la liberté du consentement et
la publicité de l’acte matrimonial.

B. Les conséquences sur la reconnaissance des autres formes d’unions

La loi de 2019 exclut toute reconnaissance automatique des unions coutumières, religieuses ou de
fait, comme le concubinage. Cette clarification met fin à la dualité normative qui prévalait sous
l’ancien régime, où les pratiques coutumières pouvaient concurrencer le droit civil et générer des
conflits d’interprétation11.

Toutefois, en tolérant la coexistence sociale des pratiques coutumières, notamment à travers la


dépénalisation de la dot, le Legislateur semble chercher un équilibre entre la modernité juridique et
le respect des identités culturelles ivoiriennes. Cette conciliation reste l’un des défis majeurs de
l’effectivité de la réforme.

En définitive, la définition expresse du mariage à l’article 1er de la loi de 2019 constitue une avancée
majeure pour la sécurité juridique et l’égalité des citoyens. Toutefois, cette clarification conceptuelle
n’aurait qu’une portée limitée sans une réforme parallèle des pratiques socioculturelles qui
entourent la formation du mariage. C’est pourquoi la loi innove également en matière de dot, de
conditions de fond et de forme, comme l’analyse la section suivante.

8
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.24-26
9
Koffi Victor Brou, « la modernisation du droit du mariage en Côte d’Ivoire » Village Justicle, 2020
10
Trabi Botty Jérôme, DELD, ministère de la Justice, conférence du 18 juillet 2019.
11
Kouadio A., « Mariage coutumier et mariage civil en droit ivoirien », Revue Ivoirienne de Droit, 2018
7

SECTION 2: La dépénalisation de la dot sans reconnaissance légale

La dot, pratique ancestrale profondément ancrée dans les traditions ivoiriennes, a longtemps
constitué un point de friction entre le droit positif et la coutume. La loi de 1964 avait fait le choix
radical de l’interdiction et de la pénalisation de la dot, dans une volonté de modernisation et
d’émancipation de la femme. Pourtant, la réalité sociale a largement ignoré cette prohibition, la dot
restant un passage quasi-obligé dans la pratique matrimoniale. La loi n°2019-570 du 26 juin 2019
opère un revirement majeur: elle dépénalise la dot, sans toutefois lui conférer un statut de condition
légale du mariage civil. Cette évolution soulève de nouveaux enjeux juridiques et socioculturels.

Paragraphe 1 : L’évolution du statut juridique de la dot

A- Le passage d’une interdiction pénale à une tolérance civile

Sous l’empire de la loi n°64-381 du 7 octobre 1964, la dot était non seulement interdite, mais
également sanctionnée pénalement. L’article 20 abrogeait expressément l’institution de la dot, et les
articles 21 et 22 prévoyaient des peines d’emprisonnement et d’amende pour toute personne
sollicitant, recevant ou versant une dot12. Cette politique répressive, inspirée d’une volonté de
rompre avec les pratiques perçues comme attentatoires à la dignité de la femme, s’est toutefois
heurtée à la résistance des mentalités et à la force de la coutume13.

La loi n°2019-570 marque un tournant: l’article 104 abroge la prohibition et la pénalisation de la dot.
Désormais, la dot n’est plus une infraction. Elle redevient une pratique tolérée par la loi, même si elle
n’est pas expressément reconnue comme une condition du mariage civil14. Ce choix législatif vise à
apaiser le conflit entre droit et société, tout en maintenant la primauté du mariage civil.

B- L’exclusion de la dot des conditions de validité du mariage

L’un des apports majeurs de la réforme est de dissocier clairement la dot du mariage civil. L’officier
d’état civil n’a plus à s’assurer du versement de la dot avant de célébrer le mariage. La dot, bien
qu’autorisée, n’est pas une condition de validité du mariage civil : le mariage légal peut être célébré
que la dot ait été versée ou non15. Cette clarification rompt avec la confusion ancienne, où la dot était
perçue, dans la pratique, comme une étape préalable et obligatoire à la célébration du mariage.

Paragraphe 2 : Les implications socioculturelles de cette innovation

A- La préservation des pratiques coutumières sans contrainte légale

En dépénalisant la dot, le législateur ivoirien reconnaît la force de la tradition tout en refusant de


l’ériger en exigence légale. Cette approche permet de préserver la valeur symbolique et sociale de la
dot, qui demeure un marqueur important de l’alliance entre familles et de la reconnaissance sociale

12
Loi n°64-381 du 7 octobre 1964, art.20, 21, 22
13
[Link], « La dot, interdite dans la loi ivoirienne mais toujours pratiquée »
14
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art.104
15
Koffi Victor Brou, « Le régime juridique de la dot en droit ivoirien », Village Justice
8

du couple16. Toutefois, elle évite de soumettre le mariage civil à des exigences coutumières
potentiellement discriminatoires ou sources d’abus.

B- La conciliation entre tradition et modernité dans le mariage ivoirien

La réforme de 2019 tente d’opérer une synthèse entre la modernité juridique et le respect des
identités culturelles. En tolérant la dot sans en faire une condition légale, la loi permet aux familles
de perpétuer leurs rites tout en assurant l’égalité des époux devant la loi. Cette conciliation n’est pas
sans ambiguïtés : certains auteurs soulignent que la dot, bien que dépénalisée, continue d’exercer
une pression sociale forte, notamment sur la liberté matrimoniale de la femme17. D’autres y voient
un compromis pragmatique, permettant d’accompagner l’évolution des mentalités sans rupture
brutale18.

La dépénalisation de la dot par la loi de 2019 illustre la volonté du législateur de moderniser le droit
du mariage tout en respectant les réalités socioculturelles ivoiriennes. Cette innovation, qui met fin à
un demi-siècle de prohibition inefficace, prépare le terrain à la réforme des conditions de fond et de
forme du mariage, analysée dans la section suivante. La redéfinition du cadre conceptuel du mariage
et la clarification du statut de la dot par la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 traduisent la volonté du
législateur ivoirien de poser des bases solides et modernes à l’institution matrimoniale. En affirmant
la primauté du mariage civil, en précisant l’union comme étant entre un homme et une femme, et en
dépénalisant la dot sans l’ériger en condition légale, la réforme opère une synthèse entre exigences
juridiques contemporaines et respect des réalités socioculturelles ivoiriennes. Toutefois, ces
innovations conceptuelles et symboliques n’auraient qu’une portée limitée sans une réforme
profonde des conditions de formation du mariage.

C’est pourquoi, après avoir posé les nouveaux fondements du mariage, la loi de 2019 s’attache à
moderniser les conditions de fond et de forme requises pour la validité et la célébration du mariage.
Cette modernisation vise à garantir l’égalité réelle des futurs époux, à renforcer la liberté du
consentement et à simplifier les démarches administratives, tout en tenant compte des défis
spécifiques liés à la diversité des pratiques et à l’accès au service public dans le contexte ivoirien.

Le chapitre suivant analysera ainsi en détail l’assouplissement des conditions de formation du


mariage, en mettant en lumière les innovations majeures introduites par la réforme de 2019, tant sur
le plan du fond que de la procédure.

CHAPITRE 2 : L’ASSOUPLISSEMENT DES CONDITIONS DE FORMATION DU MARIAGE

Section 1 : La révision des conditions de fond

Après avoir redéfini le cadre conceptuel du mariage, la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 poursuit sa
modernisation par une réforme en profondeur des conditions de fond requises pour la validité du
mariage. L’objectif affiché est double : garantir l’égalité des futurs époux et renforcer la protection de

16
Introduction Dote en Côte d’Ivoire, Scribd, 2025
17
Idem ; voir aussi les analyses critiques sur la pression sociale de la dot.
18
BAORE Bi Baore Anicet, « Nouvelle loi de 2019 relative au mariage en Côte d’Ivoire : la dot légalisée », Ivoire
Juriste, 2019
9

la liberté matrimoniale, tout en tenant compte des réalités sociales et des engagements
internationaux de la Côte d’Ivoire. Cette révision porte principalement sur l’âge matrimonial, le
consentement, la période de viduité et la clarification des empêchements à mariage, rompant ainsi
avec les rigidités et les ambiguïtés de l’ancien droit.

Paragraphe 1: Les modifications relatives à l’âge matrimonial et au consentement

A- L’harmonisation de l’âge nubile à 18 ans pour les deux sexes

L’une des innovations majeures de la loi de 2019 concerne la fixation de l’âge minimal du mariage à
18 ans révolus pour l’homme comme pour la femme (art. 2)19. Sous l’empire de la loi de 1964, l’âge
nubile était fixé à 20 ans pour l’homme et 18 ans pour la femme, ce qui traduisait une inégalité de
traitement et ouvrait la porte à des mariages précoces, notamment pour les filles 20.

Cette harmonisation répond à une double exigence:

- Conformité aux normes internationales, notamment la CEDEF (art. 16) et la Charte africaine des
droits et du bien-être de l’enfant, qui imposent la lutte contre les mariages d’enfants 21 ;

- Protection de l’enfance et égalité de genre, en posant un seuil unique et non dérogatoire, sauf
dispense exceptionnelle accordée par le juge pour « motif grave », dans l’intérêt de l’enfant 22.

B- Le renforcement des garanties de liberté du consentement

La loi de 2019 renforce la protection du consentement matrimonial. Désormais, le consentement doit


être libre, éclairé et exempt de toute contrainte ou pression, sous peine de nullité du mariage (art. 10
et 11)23.

L’ancien droit, bien que posant le principe du consentement, restait peu explicite sur les moyens de
contrôle et la sanction des mariages forcés ou viciés. La réforme introduit:

- Un contrôle plus strict de l’officier d’état civil sur la liberté du consentement;

- La possibilité pour tout intéressé de former opposition ou de demander l’annulation pour vice de
consentement24. Cette évolution vise à lutter contre les mariages forcés, encore fréquents dans
certaines régions, et à garantir le respect de la volonté des futurs époux.

Paragraphe 2: La modernisation des empêchements à mariage

A- La réforme concernant la période de viduité et l’introduction de la preuve médicale

L’ancien droit imposait à la femme divorcée ou veuve un délai de viduité de 300 jours avant tout
remariage, afin d’éviter les conflits de filiation (art. 9 loi de 1964). Cette règle, souvent vécue comme
discriminatoire et inadaptée, est assouplie par la loi de 2019. Désormais, la femme peut se remarier

19
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art.2.
20
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art.21
21
CEDEF, art. 16 ; Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, art. 21.
22
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.32-34.
23
Loi n°2019-570, art. 6
24
Koffi Victor Brou, « le consentement matrionial en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
10

avant l’expiration du délai si elle produit un certificat médical attestant de l’absence de grossesse
(art. 6)25. Cette innovation, saluée par la doctrine, allège une contrainte pesant exclusivement sur la
femme et adapte le droit aux progrès de la médecine et aux exigences d’égalité26.

B- La révision des autres empêchements à mariage

La loi de 2019 clarifie et précise la liste des empêchements à mariage:

- Interdiction du mariage en cas de parenté directe ou collatérale jusqu’au troisième degré inclus;

- Interdiction de la bigamie, sauf pour les personnes dont le divorce ou la dissolution précédente
n’est pas définitivement prononcé;

- Incapacité mentale avérée ou tutelle sans autorisation du juge (art. 7 à 9)27.

Par rapport à l’ancien régime, la liste est plus précise et mieux articulée, ce qui réduit les risques de
contentieux et protège les intérêts des personnes vulnérables.

La révision des conditions de fond du mariage par la loi de 2019 marque une avancée significative
vers l’égalité, la protection de la liberté matrimoniale et la sécurité juridique. Toutefois, l’efficacité de
cette réforme dépend aussi de la simplification des conditions de forme, qui sera examinée dans la
section suivante.

Section 2: L’innovation relative au choix et à la modification du régime matrimonial

L’un des apports majeurs de la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 réside dans la liberté nouvelle
laissée aux époux de choisir leur régime matrimonial et, surtout, de le modifier en cours
d’union. Cette faculté, qui rompt avec la rigidité de l’ancien droit, vise à adapter le cadre
patrimonial du mariage à l’évolution des situations personnelles et économiques des
conjoints. Elle traduit la volonté du législateur de renforcer l’autonomie de la volonté dans le
mariage, tout en assurant la protection des intérêts familiaux et des tiers.

Paragraphe 1: La conécration du choix du régime matrimonial

A- L’affirmation de la liberté contractuelle des époux

Sous la loi de 1964 (modifiée en 1983), la caummunauté de biens réduit au acquêt était le regime de
droit commun conjointement avec la séparation de biens qui elle était le régime d’exeception né de
la reforme de 1983, et la possibilité de choisir un autre régime était limitée, peu connue et rarement
pratiquée28.

La loi de 2019 (art. 59 et 62) consacre la liberté contractuelle :


25
Loi n°2019-570, art. 6
26
Trabi Botty Jérôme, DELD, ministère de la Justice, conférence du 18 juillet 2019.
27
Loi n°2019-570, art. 7 à 9.
28
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 61 ; Loi n°83-800 du 2 Août 1983 (ancien régime)
11

- Les futurs époux peuvent désormais choisir, par contrat de mariage, entre la séparation de biens, la
communauté de biens ou tout autre régime conforme à l’ordre public 29.

- Ce choix doit être formalisé devant notaire avant la célébration du mariage, ce qui garantit la
sécurité juridique et l’information des parties.

B- L’encadrement du choix et la protection des tiers

La loi exige que le choix du régime soit mentionné dans l’acte de mariage et porté à la connaissance
des tiers (art. 62)30. Cette publicité vise à protéger les créanciers et à prévenir les fraudes ou les
manipulations patrimoniales.

En l’absence de convention prélabrement établie entre les époux par acte notarié avant la
celebration du mariage, le régime applicable sera celui choisi entre la communauté de biens et celui
de la separation des biens, par les époux lors de la celebration du mariage. Lesquels sont fixes par la
loi.

Paragraphe 2 : La possibilité de modifier le régime matrimonial en cours d’union

A- L’introduction d’une procedure de changement de regime

L’innovation la plus marquante de la loi de 2019 est la possibilité pour les époux de modifier leur
régime matrimonial après deux ans de mariage, sur requête conjointe ou unilatérale devant le
tribunal (art. 62 et suivants)31.

- Le juge vérifie que le changement ne porte pas atteinte aux droits des tiers ni à l’intérêt de la
famille32.

- Cette souplesse permet d’adapter le cadre patrimonial à l’évolution des besoins (création
d’entreprise, arrivée d’enfants, changement de situation professionnelle, etc.).

B- Les guaranties procedurales et la protection des intérêts familial

La loi de 2019 modernise également le déroulement de la cérémonie de mariage civil:

La procédure de changement est encadrée :

- Information des créanciers et publicité du changement.

- Possibilité pour les enfants majeurs ou les créanciers de s’opposer à la modification si elle leur est
préjudiciable33.

- Le juge peut refuser le changement s’il constate une fraude ou une atteinte à l’intérêt familial.

L’introduction de la liberté de choix et de modification du régime matrimonial par la loi de 2019


marque une avancée décisive vers l’adaptation du droit aux réalités économiques et sociales
29
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 59 et 62.
30
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 62.
31
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 62 et suivants
32
Loi n° 2019-570, art. 61 et art. 65.
33
Koffi Victor Brou, « La reforme du régime matrimonial en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
12

contemporaines. Cette innovation, en renforçant l’autonomie des époux et la protection des tiers,
prépare le terrain à une gestion patrimoniale plus dynamique et plus juste du mariage.

PARTIE II : LA RÉNOVATION DES EFFETS ET DE LA DISSOLUTION DU MARIAGE

CHAPITRE 1 : LA REDÉFINITION DES EFFETS DU MARIAGE

Section 1 : La refonte des effets personnels du mariage

La loi n°2019-570 du 26 juin 2019 s’attache à transformer en profondeur les effets du mariage, en
particulier dans la sphère personnelle. L’objectif est d’instaurer une égalité réelle entre époux, de
garantir la coresponsabilité familiale et de mettre fin aux survivances patriarcales du droit antérieur.
Cette refonte s’inscrit dans une dynamique d’harmonisation avec les standards internationaux et de
protection effective des droits individuels au sein du couple. L’analyse comparative avec l’ancien
régime fait ressortir la portée de ces innovations.

Paragraphe 1: L’établissement de l’égalité juridique entre les époux

A- L’abandon de la notion de chef de famille

Sous l’empire de la loi n°64-375 du 7 octobre 1964, le mari était désigné comme « chef de famille »
(art. 58), concentrant entre ses mains l’essentiel des pouvoirs décisionnels dans la gestion du
ménage, du patrimoine et de l’éducation des enfants34. Cette disposition, critiquée par la doctrine et
les ONG, consacrait une hiérarchie de genre contraire à la Constitution ivoirienne de 2016 et aux
engagements internationaux du pays35. La loi de 2019 opère une rupture : l’article 1er dispose
désormais que « les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille »,
consacrant ainsi la coresponsabilité et l’égalité de principe entre conjoints 36. Le concept de chef de
famille disparaît, ce qui constitue une avancée majeure pour l’émancipation de la femme et la
reconnaissance de son rôle dans la sphère familiale.

B- L’instauration de droits et devoirs réciproques entre époux

L’ancien droit imposait à la femme un devoir d’obéissance au mari (art. 59 de la loi de 1964), alors
que le mari avait le pouvoir de fixer unilatéralement la résidence familiale et de prendre les décisions
majeures37. La loi de 2019 proclame l’égalité des droits et devoirs : respect, fidélité, assistance,
secours et communauté de vie sont désormais réciproques (art. 13 et 14)38.

Cette évolution consacre la symétrie des obligations conjugales et la fin de la subordination de la


femme, en phase avec la CEDEF et le Protocole de Maputo39.

Paragraphe 2 : La nouvelle réglementation de la vie commune

34
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 58 et 59 (ancien régime).
35
Constitution ivoirienne du 8 novembre 2016, art. 36 ; CEDEF, art. 16.
36
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 1er.
37
Loi n°64-375, art. 59 et 60 (ancien régime)
38
Loi n°2019-570, art. 13 et 14.
39
Protocole de Maputo, art. 15.
13

A- Le choix concerté de la résidence conjugale

Auparavant, le mari décidait seul du domicile conjugal (art. 60 de la loi de 1964), la femme étant
tenue de le suivre sauf motif légitime. La loi de 2019 (art. 15) impose désormais que le choix de la
résidence familiale soit fait d’un commun accord entre époux40. Cette innovation protège la liberté
individuelle de la femme et favorise la négociation au sein du couple, en adéquation avec les
évolutions socioprofessionnelles (mobilité, double carrière, etc.).

B- L’exercice conjoint de l’autorité parentale

L’ancien régime, bien que reconnaissant une certaine participation de la mère, laissait une
prééminence au père dans l’exercice de l’autorité parentale. La loi de 2019 (art. 17) pose le principe
de l’exercice conjoint de l’autorité parentale, pour toutes les décisions importantes concernant les
enfants, qu’il s’agisse de leur éducation, de leur santé ou de leur résidence41.

Cette disposition vise à garantir l’égalité des parents dans la prise de décision et à renforcer la
protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément aux standards internationaux 42.

La refonte des effets personnels du mariage par la loi de 2019 marque une étape décisive vers
l’égalité réelle au sein du couple et la coresponsabilité parentale. Cette dynamique d’égalité se
prolonge dans la clarification des effets pécuniaires du mariage, qui fera l’objet de la section
suivante.

Section 2: La clarification des effets pécuniaires du mariage

Au-delà de la sphère personnelle, la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 s’attaque à la clarification et à la


sécurisation des effets patrimoniaux du mariage. L’objectif est de garantir la justice économique
entre époux, de prévenir les abus et de renforcer la sécurité des transactions familiales. Cette
clarification passe par la consolidation du régime matrimonial légal et par l’encadrement précis des
relations patrimoniales entre époux, en rupture avec les imprécisions et déséquilibres de l’ancien
droit.

Paragraphe 1 : La consolidation du régime matrimonial légal

A- La réaffirmation de la séparation des biens comme régime de droit commun

Sous la loi de 1964, la séparation des biens était déjà le régime légal par défaut, mais la pratique et la
rédaction des textes laissaient parfois place à des confusions, notamment lors de l’acquisition de
biens communs ou de la gestion des revenus43. La loi de 2019 (art. 59) réaffirme clairement la
séparation des biens comme régime de droit commun, tout en permettant aux époux d’opter pour
un autre régime par contrat de mariage notarié44. Cette clarification vise à protéger l’autonomie
patrimoniale de chaque époux et à limiter les conflits lors de la dissolution du mariage.

40
Loi n°2019-570, art. 15.
41
Loi n°2019-570, art. 17.
42
Convention Internationale des Droits de l’Enfant, art. 18.
43
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 61 (ancien régime)
44
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 59.
14

B- Les précisions apportées à la gestion des biens propres

La nouvelle loi précise que chaque époux conserve la libre administration, jouissance et disposition
de ses biens propres (art. 60). Toutefois, elle encadre la gestion des biens communs ou indivis : Les
actes de disposition portant sur le logement familial ou sur des biens communs importants
requièrent l’accord des deux époux45. Cette innovation protège le conjoint économiquement
vulnérable et sécurise le patrimoine familial, en évitant qu’un époux ne puisse, seul, compromettre la
stabilité financière du ménage.

Paragraphe 2: L’encadrement des relations patrimoniales entre époux

A- Les nouvelles règles relatives à la contribution aux charges du ménage

L’ancien droit restait vague sur la contribution de chaque époux aux charges du ménage, se
contentant d’une formule générale selon laquelle chacun devait contribuer « à proportion de ses
facultés » (art. 61 de la loi de 1964)46.

La loi de 2019 (art. 63) précise cette obligation:

- Elle prend en compte non seulement les revenus, mais aussi les apports en nature (travail
domestique, soins aux enfants)47.

- En cas de manquement, le juge peut être saisi pour fixer la contribution ou ordonner des mesures
de compensation.

Cette évolution vise à reconnaître la valeur économique du travail non rémunéré, souvent assumé
par la femme, et à garantir une répartition équitable des charges.

B- Les dispositions concernant la solidarité des dettes ménagères

La loi de 2019 (art. 64) consacre la solidarité des époux pour les dettes contractées pour les besoins
du ménage, sauf en cas de dépenses manifestement excessives ou étrangères à l’intérêt familial 48.

- Cette solidarité protège les créanciers et assure la continuité du fonctionnement familial.

- Elle évite que l’un des époux ne soit injustement pénalisé par les engagements de l’autre, tout en
posant des garde-fous contre les abus.

En clarifiant les effets patrimoniaux du mariage, la loi de 2019 renforce la sécurité juridique des
époux et la justice économique au sein du couple. Cette dynamique de rénovation se prolonge dans
la modernisation des règles de dissolution du mariage, qui fera l’objet du chapitre suivant.

La clarification des effets personnels et patrimoniaux du mariage par la loi n°2019-570 du 26 juin
2019 consacre la volonté du législateur ivoirien d’instaurer une véritable égalité et une sécurité

45
Loi n°2019-570, art 60 et 61.
46
Loi n°64-375, art. 61 (ancien régime)
47
Koffi Victor Brou, « la contribution aux charges du ménage en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
48
Loi n°2019-570, art. 64.
15

juridique accrue au sein du couple. En réaffirmant la coresponsabilité des époux, en consolidant la


séparation des biens comme régime de droit commun, et en encadrant la solidarité des dettes
ménagères, la réforme répond aux aspirations contemporaines d’équité, de justice économique et de
protection des intérêts familiaux. Cependant, la vie conjugale n’est pas exempte de ruptures. La
dissolution du mariage, qu’elle résulte d’un décès, d’une absence ou d’un divorce, soulève des enjeux
majeurs en matière de protection des droits des ex-époux et des enfants, de liquidation du
patrimoine et de maintien de la dignité de chacun. C’est pourquoi la loi de 2019 ne se limite pas à
rénover les effets du mariage: elle repense également en profondeur le cadre juridique de sa
dissolution, dans un souci d’humanisation des procédures et de sécurisation des conséquences.

Le chapitre suivant sera ainsi consacré aux transformations opérées par la loi de 2019 en matière de
dissolution du mariage, en mettant en lumière les innovations relatives aux causes, aux procédures et
aux effets de la rupture du lien conjugal.

CHAPITRE 2: LES TRANSFORMATIONS DU CADRE JURIDIQUE DE LA DISSOLUTION DU MARIAGE

Section 1: La modernisation des causes de dissolution du mariage

La dissolution du mariage, moment charnière de la vie conjugale, a longtemps été entourée d’un
formalisme rigide et d’une certaine opacité en droit ivoirien. La loi n°2019-570 du 26 juin 2019 opère
une rénovation profonde de ce domaine, en clarifiant les causes légales de dissolution et en précisant
leurs implications. Cette modernisation vise à garantir la sécurité juridique des ex-époux et des
enfants, à prévenir les contentieux et à humaniser la rupture du lien matrimonial. L’analyse
comparative avec l’ancien régime met en relief la portée des innovations introduites.

Paragraphe 1: La clarification des causes légales de dissolution

A- L’énumération expresse des causes de dissolution à l’article 103

Sous l’empire de la loi de 1964, les causes de dissolution du mariage étaient évoquées de façon
dispersée et parfois implicite, ce qui laissait place à l’incertitude et à l’interprétation 49.

La loi de 2019 innove en énumérant de façon claire et exhaustive, à l’article 103, les causes de
dissolution du mariage à savoir: le décès d’un époux, la déclaration d’absence, l’annulation du
mariage, le divorce prononcé par décision de justice.

Cette énumération limitative permet d’éviter les dérives interprétatives et de sécuriser les situations
juridiques des ex-époux et des enfants50.

B- Les implications juridiques de cette énumération limitative

La précision des causes de dissolution a pour effet d’écarter toute dissolution de fait ou résultant de
pratiques coutumières non reconnues par la loi.

49
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 75 à 90 (ancien régime).
50
Loi n°2019-570 du juin 2019, art. 103.
16

- Seule une décision judiciaire ou un acte d’état civil constatant l’un des cas prévus peut produire
effet.

- Cette innovation protège les droits des époux, notamment la femme, contre les répudiations ou
abandons unilatéraux qui subsistaient sous l’ancien régime51.

- Elle garantit également la sécurité des enfants, en clarifiant leur statut après la dissolution du
mariage.

Paragraphe 2: Les innovations concernant certaines causes spécifiques

A- Les précisions rélatives au décès et à l’absence

La loi de 2019 précise les effets du décès et de la déclaration d’absence sur la dissolution du mariage
(art. 104 et 105).

- En cas de décès, la dissolution est automatique, mais la loi prévoit des mesures de protection pour
le conjoint survivant (droit au logement, droits successoraux)52.

- En cas d’absence, la dissolution ne peut être prononcée qu’après une procédure judiciaire stricte,
garantissant les droits du conjoint et la sécurité des enfants53.

B- L’encadrement des différentes formes de divorce

La réforme de 2019 modernise et clarifie les procédures de divorce:

- Le divorce par consentement mutuel est facilité et accéléré (art. 110), permettant aux époux de
rompre à l’amiable sans contentieux long54.

- Le divorce pour faute ou pour altération définitive du lien conjugal est mieux encadré, avec une
exigence de preuve stricte et la possibilité pour le juge de proposer une médiation 55.

- La loi protège le conjoint économiquement vulnérable en permettant au juge d’ordonner des


mesures provisoires (pension alimentaire, attribution du logement familial) dès l’introduction de la
procédure56.

La modernisation des causes et procédures de dissolution du mariage par la loi de 2019 renforce la
sécurité juridique et la dignité des ex-époux. Elle prépare ainsi la réorganisation des conséquences de
la dissolution, qui fera l’objet de la section suivante.

51
Koffi Victor Brou, « La dissolution du mariage en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
52
Loi n°2019-570, art. 104 et 105.
53
Loi n°2019-570, art. 105 ; Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.78-79
54
Loi n°2019-570, art. 110.
55
Loi n°2019-570, art. 111 à 113.
56
Loi n°2019-570, art. 114 à 115.
17

Section 2: La réorganisation des conséquences de la dissolution

La dissolution du mariage entraîne des conséquences juridiques majeures tant sur le plan personnel
que patrimonial. La loi n°2019-570 du 26 juin 2019 apporte des innovations significatives en clarifiant
ces effets, en protégeant les droits des époux après la rupture et en sécurisant les intérêts des
enfants et du conjoint survivant. Cette section analyse la réforme des effets personnels et
patrimoniaux de la dissolution, en comparaison avec l’ancien régime, mettant en lumière les
avancées et les défis.

Paragraphe 1: Les effets personnels de la dissolution du mariage

A- Le sort du nom des époux après la dissolution

Sous l’ancien régime, la femme mariée portait généralement le nom de son mari, et cette pratique se
prolongeait souvent après la dissolution, sans cadre légal clair57. La loi de 2019 innove en
reconnaissant à la femme un droit d’usage du nom marital, mais non une obligation, et en précisant
que cet usage cesse en principe après la dissolution, sauf accord ou décision judiciaire (art. 90) 58.

Cette mesure protège l’identité propre de la femme et évite les confusions administratives, tout en
respectant le choix individuel.

B- L’innovation concernant le délai de viduité et la preuve médicale

La période de viduité, qui empêchait la femme de se remarier pendant 300 jours après la dissolution,
est désormais assouplie. La loi permet la levée anticipée de ce délai sur présentation d’un certificat
médical attestant l’absence de grossesse (art. 6)59.

Cette disposition allège une contrainte ancienne, souvent perçue comme discriminatoire, et s’adapte
aux progrès médicaux et aux réalités sociales.

Paragraphe 2: Les effets patrimoniaux de la dissolution

A- La liquidation du régime matrimonial

La loi de 2019 précise les modalités de liquidation du régime matrimonial lors de la dissolution (art.
91 à 95).

- Elle prévoit la désignation d’un notaire ou d’un juge pour procéder à l’inventaire et au partage des
biens communs ou indivis60.

- La réforme introduit des délais précis pour la liquidation, afin d’éviter les blocages et les conflits
prolongés61.

- En cas de désaccord, le juge peut trancher, garantissant une solution équitable.


57
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 67 (ancien régime)
58
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 90.
59
Loi n°2019-570, art. 6.
60
Loi n°2019-570, art. 91 à 95.
61
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.85-87.
18

B- La protection économique des membres de la famille après la dissolution

La loi renforce la protection du conjoint économiquement vulnérable et des enfants. Le juge peut
ordonner, dès la procédure de dissolution, des mesures provisoires: pension alimentaire, attribution
du logement familial, etc. (art. 96 à 99)62. Cette protection est une avancée majeure par rapport à
l’ancien droit, où les mesures étaient souvent limitées et tardives.

La réorganisation des conséquences de la dissolution du mariage par la loi de 2019 illustre la volonté
du législateur d’humaniser la rupture conjugale et d’assurer une protection équilibrée des droits.
Cette dynamique s’inscrit dans une perspective plus large de promotion de l’égalité et de la dignité
au sein de la famille, thème que nous approfondirons dans la conclusion générale.

62
Loi n°2019-570, art. 96 à 99.
19

CONCLUSION

En définitive, la loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage en Côte d’Ivoire marque un tournant
décisif dans la modernisation du droit matrimonial ivoirien. Ce travail a démontré que la réforme,
loin de se limiter à une simple actualisation des textes, répond à une double exigence : garantir
l’égalité entre les époux et offrir un cadre juridique adapté aux réalités sociales et économiques
contemporaines.

L’analyse a mis en évidence que la loi de 2019 clarifie la définition du mariage, harmonise l’âge
nubile, renforce la liberté du consentement et facilite la formation du mariage civil. Sur le plan des
effets, elle abolit la notion de chef de famille, consacre la coresponsabilité des époux, précise la
gestion des biens et la solidarité des dettes, et introduit la liberté de choix et de modification du
régime matrimonial. En matière de dissolution, la loi sécurise les causes, modernise les procédures et
protège mieux les intérêts du conjoint vulnérable et des enfants. L’usage du nom marital, désormais
facultatif et encadré, symbolise l’émancipation progressive de la femme mariée. Toutefois,
l’effectivité de ces avancées dépend de leur appropriation par la société, de la formation continue
des acteurs judiciaires et de la lutte contre les résistances culturelles et sociales persistantes. Les
défis restent réels : l’accès effectif à la justice, la protection contre les violences conjugales,
l’autonomisation économique et la pleine reconnaissance des droits des femmes dans toutes les
sphères de la vie sociale.

La réforme du mariage s’inscrit dans un mouvement plus large d’amélioration du statut juridique de
la femme ivoirienne. Si la femme mariée bénéficie désormais d’une égalité formelle, la réalité appelle
à poursuivre les efforts pour une égalité substantielle : accès à la propriété, égalité successorale,
représentation politique, lutte contre les discriminations et promotion du leadership féminin dans
tous les secteurs[6][8][9][10]. Ces enjeux sont au cœur des politiques publiques actuelles, comme en
témoignent les initiatives pour l’autonomisation économique, la lutte contre les violences basées sur
le genre et la promotion de la parité.

La loi de 2019 n’est donc qu’une étape : elle doit être accompagnée d’une mobilisation continue des
pouvoirs publics, de la société civile et des femmes elles-mêmes pour faire de l’égalité des droits une
réalité tangible, gage d’une société ivoirienne plus juste, inclusive et prospère.
20

Bibliographie
JORCI Numéro spécial n°10 du vendredi
2
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage en Côte d’Ivoire, article 104
3
CEDEF, convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, ONU, 1979
4
Protocole de Maputo, Union Africaine, 2003
5
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019 portant mariage, art. 1er
6
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 1er ; Loi n°64-375 du 7 octobre 1964 (ancien régime)
7
CEDEF, art 16 ; Protocole de Maputo, art. 6
8
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.24-26
9
Koffi Victor Brou, « la modernisation du droit du mariage en Côte d’Ivoire » Village Justicle, 2020
10
Trabi Botty Jérôme, DELD, ministère de la Justice, conférence du 18 juillet 2019.
11
Kouadio A., « Mariage coutumier et mariage civil en droit ivoirien », Revue Ivoirienne de Droit, 2018
12
Loi n°64-381 du 7 octobre 1964, art.20, 21, 22
13
[Link], « La dot, interdite dans la loi ivoirienne mais toujours pratiquée »
14
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art.104
15
Koffi Victor Brou, « Le régime juridique de la dot en droit ivoirien », Village Justice
16
Introduction Dote en Côte d’Ivoire, Scribd, 2025
17
Idem ; voir aussi les analyses critiques sur la pression sociale de la dot.
18
BAORE Bi Baore Anicet, « Nouvelle loi de 2019 relative au mariage en Côte d’Ivoire : la dot légalisée », Ivoire
Juriste, 2019
19
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art.2.
20
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art.21
21
CEDEF, art. 16 ; Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, art. 21.
22
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.32-34.
23
Loi n°2019-570, art. 6
24
Koffi Victor Brou, « le consentement matrionial en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
25
Loi n°2019-570, art. 6
26
Trabi Botty Jérôme, DELD, ministère de la Justice, conférence du 18 juillet 2019.
27
Loi n°2019-570, art. 7 à 9.
28
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 61 ; Loi n°83-800 du 2 Août 1983 (ancien régime)
29
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 59 et 62.
30
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 62.
31
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 62 et suivants
32
Loi n° 2019-570, art. 61 et art. 65.
33
Koffi Victor Brou, « La reforme du régime matrimonial en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
34
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 58 et 59 (ancien régime).
35
Constitution ivoirienne du 8 novembre 2016, art. 36 ; CEDEF, art. 16.
36
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 1er.
37
Loi n°64-375, art. 59 et 60 (ancien régime)
38
Loi n°2019-570, art. 13 et 14.
39
Protocole de Maputo, art. 15.
40
Loi n°2019-570, art. 15.
41
Loi n°2019-570, art. 17.
42
Convention Internationale des Droits de l’Enfant, art. 18.
43
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 61 (ancien régime)
44
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 59.
45
Loi n°2019-570, art 60 et 61.
46
Loi n°64-375, art. 61 (ancien régime)
47
Koffi Victor Brou, « la contribution aux charges du ménage en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
48
Loi n°2019-570, art. 64.
49
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 75 à 90 (ancien régime).
50
Loi n°2019-570 du juin 2019, art. 103.
51
Koffi Victor Brou, « La dissolution du mariage en droit ivoirien », Village Justice, 2020.
21

52
Loi n°2019-570, art. 104 et 105.
53
Loi n°2019-570, art. 105 ; Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.78-79
54
Loi n°2019-570, art. 110.
55
Loi n°2019-570, art. 111 à 113.
56
Loi n°2019-570, art. 114 à 115.
57
Loi n°64-375 du 7 octobre 1964, art. 67 (ancien régime)
58
Loi n°2019-570 du 26 juin 2019, art. 90.
59
Loi n°2019-570, art. 6.
60
Loi n°2019-570, art. 91 à 95.
61
Débats parlementaires, Journal Officiel, 2019, p.85-87.
62
Loi n°2019-570, art. 96 à 99.

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