Cours de Statistique Inférentielle
Cours de Statistique Inférentielle
Département de Mathématiques
STATISTIQUE INFÉRENTIELLE
RÉSUMÉ DU COURS
Niveau : Troisième Anneé
Spécialité : Mathématiques
[Link] 2020/2021 1
Table des matières
1.2 APPROXIMATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2 Le modèle statistique 11
2.1.3 Statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
2.2 Exhaustivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 ESTIMATION 21
3.1.2 Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Estimateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2.3 Espérance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.4 Variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
[Link] 2020/2021 3
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
4.4.1 INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.4.4
Tests d0hmogénéité
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
[Link] 2020/2021 4
Chapitre 1
MODES DE CONVERGENCES ET
APPROXIMATIONS
Soit X une varible alétoire et (Xn ) une suite de variables alétoires définies sue le même espace probabilisé
(Ω, Λ, P ) .
Définition 1.1. la suite (Xn ) Converge en probabilité vers X si ∀ε > 0 limn−→∞ P (|Xn − X| > ε) = 0
Si les variables aléatoires Xn sont deux à deux non covariées, de même loi, d’espérance µ de variance σ 2 ,
n
alors n1
P
Xi −→P µ.
i=1
2.2 Propriétés : (Xn ) Converge en moyenne quadratique vers X si et seulement si limn−→∞ E (Xn ) = E (X)
et limn−→∞ var (Xn − X) = 0.
Définition 1.3. la suite (Xn ) Converge presque sû rement vers X si P (w/ lim0→∞ Xn (w) = X (w)) = 1
5
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Définition 1.4. la suite (Xn ) Converge en loi vers X si por tout x où F est continue, limn→∞ Fn (x) = F (x) .
Distance de Kolmogorov entre deux fonction de répartition G1 et G2 . Elle est définit par ∆ (G1 , G2 ) =
supx∈R |G1 (x) − G2 (x)| .
-Si Xn et X sot des variables aléatoires à valeurs dans N alors Xn −→l X si et seulement si : ∀k ∈ N,
limn→∞ P (Xn = k) = P (X = k) .
Si les variables aléatoires Xn sont mutuellement indépendantes de même loi, d’espérance µ et d’écart-type
σ diff érent de 0 alors :
n
1 X Xi − µ
√ −→l X
n σ
i=1
La convergence en loi est la seule qui ne fait intervenir que les lois des variables aléatoires.
[Link] 2020/2021 6
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Dans le cas où X est une variables aléatoire égale à a ou presque sûrement égale à a :
Xn −→P X ⇔ Xn −→l X
1.2 APPROXIMATION
Considéronons une loi binomiale de paramètres n et p ; Si n et grand et p assez petit, la loi de Poisson
est une bonne approximation de la loi binomiale à condition que le produit np reste fini, et dans ce cas la loi
binomiale B(n, p) tend vers la loi de Poisson P (λ = np)
En pratique, nous utiliserons l’approximation de la loi binomiale par la loi de Poisson dans les conditions
suivantes :
a) n > 50, p < 0.1 n > 50, p > 0.9 car alors q < 0.1 ce qui nous ramène au cas précédent compte tenu du
rôle symétrique que jouent p et q dans le cas d’une loi binomiale.
Soit une variable aléatoire discrète X suivant une loi binomiale B(n, p) telle que : P (X = k) = Cnk pk q n−k .
Si n est suffisamment grand et p pas trop proche de 0 ni de 1 avec np > 5 et nq > 5 alors la loi normale de
√
paramètres m = np et σ = npq constitue une bonne approximation de la loi binomiale.
Remarque 1. Il y a nécessité de remplacer P (X = k) par P (k − 0.5 < X < k + 0.5) (correction de continuité)
car dans le cas d’une loi discrète les probabilités de type P (X = k) sont nulles.
n > 30 p ∈ [0.1, 0.9] car sinon la loi de Poisson réalise une meilleure approximation
np > 5, nq > 5.
λk −λ
Soit une variable aléatoire discrète X suivant la loi de Poisson P (λ) telle que : P (X = k) = %
k!
√
Si λ est suffisamment grand, la loi normale de paramètres m = λ et σ = λ constitue une bonne ap-
proximation de la loi de Poisson..la correction de continuité citée ci-dessus s’applique ici aussi et P (X = k) =
P (k − 0.5 < X < k + 0.5)
APPLICATION
[Link] 2020/2021 7
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
On sait que la probabilité qu’une personne soit allergique à un certain médicament est égale à (10)−3 , On
s’int éresse à un échantillon de 1000 personnes. On appelle X la variable aléatoire dont la valeur est le nombre
de personne allergique dans l’échantillon.
2-En utilisant une approximation que l’on justifiera, calculer les probabilit és des événements suivants :
Que peut-on dire si 30% de la population d’où provient cet é chantillon sont allergiques à ce médicament.
Quand n devient grand [en pratique, quand n ≥ 30], la loi du χ2 tend vers une nouvelle loi normale N (m,
√
s) de moyenne m = n et d’é cart type σ = 2n. Il suffit de centrer et réduire pour passer de la loi du χ2 à une
loi normale centrée ré duite z.
χ2n,α − n √
Par conséquent, √ = zα ou inversement, χ2n,α = n + zα 2n
2n
pour toute valeur de probabilité α.
Loi de Fisher-Snedecor :
χ2v1 /v1
Définition 1.5. F(v1 ,v2 ) =
χ2v2 /v2
Le rapport de deux variables aléatoires distribuées comme khi-carr é, chacune divisée par ses degrés de
liberté, est une variable aléatoire distribuée comme F.
combinaisons possibles de n1 et n2 .
[Link] 2020/2021 8
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Applications
• Analyse de variance.
Loi décrite en 1908 par William Sealy Gosset sous le pseudonyme “Student”. Le premier article de Student,
publié en 1907, avait établi que la distribution des dénombrements de cellules dans les carrés d’un hémacytomètre
suivaient la loi de Poisson (répartition aléatoire).
Applications
• Estimation des paramètres d’une population à partir de renseignements portant sur un échantillon.
• Calcul de la probabilité d’observer un écart donné à la moyenne, en particulier dans le cas de petits
échantillons :
Pour un écart observé , la probabilité d’une telle observation xi est donnée par la variable aléatoire t =
(xi − x) /sx .
Il existe autant de courbes de densité de probabilité de t que de valeurs possibles de n. Voir la table de la
distribution de t
Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires mutuellement indé pendantes de même loi de moyenne µ et
1 P
d’écart-type σ et soit X = ( ni=1 Xi ) . Pour n ≥ 30, la variable aléatoire X suit, approximativement, la loi
n
normale de moyenne µ et d’écart-type √σn .
[Link] 2020/2021 9
Chapitre 2
Le modèle statistique
Un modèle statistique est un objet mathématique associé à l’observation de données issues d’un phénomène
aléatoire.
Une expérience statistique consiste a recueillir une observation x d’un elément aléatoire X, à valeurs dans
un espace χ et dont on ne connait pas exactement la loi de probabilité P. Des consid érations de modélisation
du phénomène observé amè nent à admettre que P appartient a une famille P de lois de probabilit é possibles.
Définition 2.1. Le modèle statistique (ou la structure statistique) associé a cette expérience est le triplet
(χ; A; P ), où :
L’int erêt de cette notion de modèle statistique est qu’elle permet de traiter avec le même formalisme tous
les types d’observations possibles.
On dit que le modèle est discret quand X est fini ou dénombrable. Dans ce cas, la tribu A est l’ensemble des
parties de X : A = P (X).
On dit que le modèle est continu quand X⊂ IRp et ∀ P ∈ P , P admet une densité (par rapport à la mesure
de Lebesgue) dans IRp . Dans ce cas, A est la tribu des boréliens de X (tribu engendrée par les ouverts de X) :
A = B(X).
On peut aussi envisager des modèles ni continus ni discrets, par exemple si l’observation
10
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Le cas le plus fréquent, est celui o u l’élément aléatoire observé est constitué de variables aléatoires indé-
pendantes et de même loi (i.i.d.) : X = (X1 , ..., Xn ), où les Xi sont i.i.d. On dit que l’on a alors un modèle
d’échantillon.
Dans ce cas, par convention, si on note (X; A; P ) le modèle correspondant a un echantillon de taille 1, on
notera (X; A; P )n le mod éle correspondant a un echantillon de taille n.
Exemple 2.2. l’expérience consiste à recueillir les durées de vie, supposé es indépendantes et de même loi
exponentielle, de n ampoules electriques. L’observation est de la forme x = (x1 , ..., xn ), où les xi sont des
réalisations de variables al eatoires Xi indé pendantes et de même loi exponentielle de paramètre inconnu.
Le modè le est continu. Comme on admet que la loi est exponentielle mais que son paramètre est inconnu,
l’ensemble des lois de probabilités possibles pour chaque Xi est exp(λ); λ ∈ IR+ , Comme les Xi sont ind
ependantes, la loi de probabilité du vecteur (X1 , ..., Xn ) est la loi produit P = {exp(λ)xn ; λ ∈ IR+ }, ensemble
des lois de probabilité des vecteurs al éatoires de taille n dont les composantes sont indépendantes et de même
loi exponentielle de paramètre inconnu.
Un modèle paramétrique est un modèle où l’on suppose que le type de loi de X est connu, mais qu’il dépend
d’un paramètre inconnu, de dimension d. Alors, la famille de lois de probabilité possibles pour X peut s’écrire
P = pθ ; θ ∈ IRd .
Un modèle non paramétrique est un modèle où P ne peut pas se mettre sous la forme ci-dessus. Par exemple,
P peut être :
l’ensemble des lois de probabilit e sur IR symétriques par rapport a l’origine, etc...
Dans ce cadre, il est possible de déterminer des estimations, des intervalles de confiance, d’effectuer des tests
d’hypothèses. Mais les objets sur lesquels portent ces procédures statistiques ne sont plus des paramètres de lois
de probabilité. On peut vouloir estimer des quantités réelles comme l’espérance et la variance des observations.
On peut aussi vouloir estimer des fonctions, comme la fonction de répartition et la densité des observations.
[Link] 2020/2021 11
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Pour un modèle d’échantillon discret, l’élément aléatoire observé est X = (X1 , ..., Xn ), où les Xi sont ind
ependantes et de même loi discrète. Alors la fonction de vraisemblance est :
Pour un modèle d’échantillon continu, l’élément aléatoire observé est X = (X1 , ..., Xn ), où les Xi sont ind
ependantes et de même loi continue. Alors la fonction de vraisemblance est :
Définition 2.3. La fonction de vraisemblance du modèle (X; A; {Pθ } ; θ ∈ Θ) est la fonction de définie par :
R
∀A ∈ A; Pθ (A) = P (X ∈ A; θ) = L(θ; x)du(x) :
A
Cas des modèles continus. Si X est un vecteur alèatoire admettant une densitè fX (x; θ) (par rapport a la
R
mesure de Lebesgue), on sait bien que P (X ∈ A; θ) = fX (x; θ)dx.
A
Donc la mesure dominante est la mesure de Lebesgue et la fonction de vraisemblance est L(θ; x) = fX (x; θ).
Cas des modèles discrets. Si X est un vecteur aléatoire de loi discrète, définie par les probabilités elémentaires
P (X = x; θ), alors :P (X ∈ A; θ) =
P R
P (X = x; θ) = P (X = x; θ)dud (x)
x∈A A
2.1.3 Statistique
Définition 2.4. Dans un modèle statistique (X; A; P ), une statistique est une application mesurable t de (X; A)
dans un espace Y muni d’une tribu B.
Définition 2.5. La loi de probabilité PT de T est appelée loi image par t et le modèle (Y ; B; {PT ; P ∈ P }) est
le modèle image par t de (X; A; P ).
Exemple des ampoules. Le modèle est (IR+; B(IR+) ; {exp(λ); λ ∈ IR+}n . X = (X1 , ..., Xn ),
n
où les Xi sont des variables aléatoires indépendantes et de même loi exp(λ). On sait qu’alors T = Xi est
P
i=1
n
de loi gamma G(n; λ). Donc la loi image par t(x) = xi est la loi G(n; λ) et le modèle image est le mod ele
P
i=1
(IR+; B(IR+) ; {G(n; λ); λ ∈ IR+}.
[Link] 2020/2021 12
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Définition 2.6. Soit une propriété définie par la v.a. X à valeur dans X, application mesurable de (Ω, A, P ) →
(X, B, P X ), B étant ici la tribu des Boréliens. Le modèle d’échantillonnage de taille n est l’espace produit
(X, B, P )n = (Xn , Bn , PnX )
On notera Xi la ième observation, v.a. de même loi que X et l’ensemble des observations (X1 , ..., Xn ) est
l’échantillon aléatoire.
On notera que
dans le cas où
ou la densité jointe dans le cas continu (P X admet une densité fX relativement à la mesure de Lebesgue) :
On se place dans le cas d’une population E de taille finie N pour laquelle la propriété X n’est observée
que sur un ensemble En de taille n ≤ N . On note (x1 , ..., xN ) l’ensemble des valeurs prises par la propriété X
sur l’ensemble de la population E = {e1 , ..., eN }. Ces valeurs sont déterministes, elles appartiennent à X. On a
alors les vraies moyenne µ et variance σ 2 de X :
N N
1 X 1 X
µ= .xj ; σ2 = . (xj − µ)2
N N
j=1 j=1
La moyenne empirique
[Link] 2020/2021 13
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Pour calculer E(XN ) et V ar(XN ) dans le cas d’une population finie E de taille N , il faut distinguer le mode
de tirage.
n
1X
E(Xn ) = .E(Xj )
n
j=1
Chacune des variables Xj est tirée de l’ensemble {x1 , ..., xN } avec la probabilité 1/N , c’est-à-dire P (Xj =
xl ) = 1/N , ∀l = 1, ..., N . D’où
n
1X
E(Xj ) = .xl = µ
n
j=1
Pour calculer la variance, notons que les Xj sont des variables aléatoires indépendantes, et donc
1 P n
V ar(Xn )= .V ar(Xj )
n2 j=1
Définition 2.7. Un modèle paramétrique important en Statistique est celui des familles exponentielles. Il re-
couvre de nombreux modèle paramétriques classiques : normal, binomial, poisson, gamma etc...
. Un modèle statistique (E; E; P ) sur un espace des observations E est dit famille exponentielle générale
s’il existe un entier p, des fonctions η,T ,C et h tels que les densités puisse s’écrire, pour tout θ de Θ, sous la
forme : fθ (x) = e<η(θ),T (x)> C(θ)h(x);
avec les contraintes que T soit une fonction mesurable à valeurs dans Rp ; η soit une fonction à valeurs
dans Rp ; C soit une fonction réelle positive qui ne dépend pas x ; h soit une fonction borélienne positive qui
ne dépend pas de θ. Le vecteur aléatoire T (X) est appelé statistique canonique du modèle. Si la fonction T est
l’identité, la famille exponentielle est dite naturelle. On parle de forme canonique d’une famille exponentielle
générale quand les densités de probabilités ont la forme fθ (x) = e<θ,T (x)> C(θ)h(x); pour tout θ de Θ, ce qu’il
0
est toujours possible d’obtenir quitte à reparamétriser la famille par θ = η θ . Dans ce cas le paramètre θ de la
famille exponentielle est appelé paramètre canonique.
p x
Exemple 2.8. Revenons sur le modèle de Bernoulli. La densité s’écrit : fp (x) = px (1 − p)1−x = ( )(1 − p)
1−p
p
xln( )
=e 1 − p (1 − p) = e<η(p),T (x)> C(p)h(x) ;
p
avec η(p) = ; T (x) = x; C(p) = (1p)eth(x) = 1.
1−p
[Link] 2020/2021 14
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Considérons un vecteur aléatoire X de loi P connue sur (Rn ; BRn )net A un sous espace de Rn . Pour tout a
dans A et tout b dans R+ , on note Pa;b la loin du vecteur Y = a + bX.
PA;b = {Pa;b : a ∈ A; b ∈ R+ } est appelé modèle position-échelle engendré par P (ou par X). Le paramètre
a est appelé paramètre de position et b paramètre d’échelle.
Si b est fixé (par exemple à 1) on parle de modèle de position. Dans le cas où A ne contient que le vecteur
nul de Rn , on parle de modèle échelle. Exemple :Le Modèle gaussien unidimensionne
Le modèle P = N (u; σ 2 ); u ∈ R, σ 2 > 0 est un modèle position-échelle engendré par la loi N (0; 1).
2.2 Exhaustivité
Statistique
Soit X une v.a. à valeurs dans (X, B) et soit (Y, C) un espace mesurable auxiliaire quelconque.
Par exemple, X = Y = R et
n
1X
T (X1 , ..., Xn ) = Xj = Xn
n
j=1
n
1 X 2
T (X1 , ..., Xn ) = Xj − Xn
n
j=1
Définition 2.10. On appelle modèle statistique paramétrique de paramètre θ ∈ Θ pour un certain espace de
dimension fini le couple (X, Pθ ), où X est l’espace des valeurs de X, v.a. du modèle, et Pθ la loi de probabilité
de X
Définition 2.11. La statistique T sera dite exhaustive pour θ si la loi conditionnelle de X sachant T (X) = t
n’est pas une fonction du paramètre θ : Pθ (X|T (X) = t) ne dépend pas de θ
[Link] 2020/2021 15
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
continue) et on retrouve la densité fθ (x) ou la mesure de comptage (variables aléatoires de loi discrète) et on
retrouve le système Pθ (X = x). On note X l’échantillon (X1 , ..., Xn ) issu du même modèle (X, Pθ )
Exemple la vraisemblance d’un échantillon X = (X1 ; ...; Xn ) dans un tel modèle est :
n
P n
P
xi n− xi
L(x1 , ..., xn ; p) = P i=1 (1 − p) i=1
On peut écrire :
avec gp (x) = px (1 − p)n−x et h égale à 1. Grâce au théorème de factorisation on retrouve que la Statistique
n
Xi est bien exhaustive pour le paramètre p dans ce modèle.
P
T (X) =
i=1
Exemples :
n
et donc T (X1 , ..., Xn ) = Xj est bien une statistique exhaustive. Soit X ∼ P (θ). On a f (x1 , ..., xn , θ) =
P
j=1
n
P
xj
e−nθ θj=1 Πnj=1 xj !
n
et donc T (X1 , ..., Xn ) = Xj est bien une statistique exhaustive.
P
j=1
!
n n
– Soit X ∼ N (µ, σ 2 ). Alors la statistique T (X1 , ..., Xn ) = 1
Xj ; n1 Xj2 est une statistique exhaus-
P P
n
j=1 j=1
tive pour θ = (µ, σ 2 ).
Définition 2.12. Une valeur du paramètre θ0 ∈ Θ est identifiable si ∀θ) 6= θ)0 , Pθ) 6=Pθ . Le modèle (X, Pθ) ),
0
θ ∈ Θ est dit identifiable si tous les paramètres sont identifiables ; c-à-d., si l’application θ) 7−→ Pθ est injective.
[Link] 2020/2021 16
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Définition 2.13. Une valeur du paramètre θ)0 ∈ Θ est localement identifiable s’il existe un voisinage ω0 de θ)0
tel que ∀θ ∈ ω0 : θ 6= θ0 on a Pθ 6= Pθ0 . Le modèle (X, Pθ ), θ ∈ Θ est dit localement identifiable si tous les
paramètres sont localement identifiables.
On définira dans cette section différentes quantités mesurant l’information contenue dans un modèle statis-
tique.
Soit le modèle statistique (X, Pθ ), θ ∈ Θ tel que Pθ admet une densité f (x, θ) relativement à la mesure
dominante µ. On appellera hypothèses usuelles les 4 hypothèses suivantes :
H3 : Pour tout x ∈ X la fonction f (x, θ) est au moins deux fois dérivable par rapport à θ pour tout θ ∈ Θ
et que les dérivées première et seconde sont continues. On dit que θ 7−→ f (x, θ) est C 2 .
H4 : Pour tout B ∈ B l’intégrale f (x, θ)dµ(x) est au moins deux fois dérivable sous le signe d’intégration
R
B
et on peut permuter intégration et dérivation ; c-à-d.,
Z Z
∂ ∂f (x, θ)
f (x, theta)dµ(x) = dµ(x), j = 1, ..., d
∂θj ∂θj
B B
∂2 ∂ 2 f (x, θ)
Z Z
f (x, θ)dµ(x) = dµ(x), i, j = {1, ..., d}
∂θi∂θj ∂θi ∂θj
B B
Lorsque ces 4 hypothèses sont vérifiées, on dit que le modèle est régulier.
Exemple 2.14. Les modèles X P (θ), θ > 0, X Exp(λ), λ > 0 et X N (µ, σ2), θ = (µ, σ2) ∈ R × R∗+
sont réguliers mais pas X U [0, θ], θ > 0.
[Link] 2020/2021 17
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
– Le vecteur score est additif : Soient X et Y deux variables alé atoires indépendantes associées aux modèles
statistiques (X, Pθ ) et (Y, Qθ ). Alors S(X, θ) et S(Y, θ) sont indépendants
2 h i h i
∂logf (X,θ) ∂logf (X,θ) ∂logf (X,θ) ∂logf (X,θ) ∂logf (X,θ)
E ∂θ1 E ∂θ1 ∂θ2 . . . E ∂θ1 ∂θd
. . .
. . .
. . .
2 h i 2
E ∂logf (X,θ)
∂θd E ∂logf (X,θ) ∂logf (X,θ)
∂θd ∂θ 2
. . . E ∂logf (X,θ)
∂θd
h i h i h i
∂ 2 logf (X,θ) ∂ 2 logf (X,θ) ∂ 2 logf (X,θ)
−E ∂θ12
−E ∂θ1 ∂θ2 . . . −E ∂θ1 ∂θd
. . .
. . .
. . .
2 h i h 2 i
∂ 2 logf (X,θ) ∂ 2 logf (X,θ) ∂ logf (X,θ)
−E ∂θd2
E ∂θd ∂θ2 . . . E ∂θd2
h i
∂ 2 logf (X,θ)
et donc pour tout 1 ≤ i, j ≤ d : Iij (θ) = −E ∂θi ∂θj
Notons que pour le calcul de I(θ), l’espérance est prise par rapport à Pθ , à θ fixé.
Propriété On suppose ici que les hypothèses H1 − H4 sont vérifiées, donc que le modèle est régulier.
– L’information de Fischer est une matrice symétrique définie positive. En effet, étant donné que le score
est centré I(θ) = V ar(S(X, θ)) ≥ 0.
– L’information de Fischer est additive : Si X et Y deux variables aléatoires indépendantes dans des modèles
paramétriques au paramètre θ commun alors I(X, Y )(θ) = IX(θ) + IY (θ), ∀θ ∈, Θ
[Link] 2020/2021 18
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
En effet,
1 1
log f (x, µ, σ 2 ) = − log 2Π − Π12 log σ 2 − 2 (x−)2
2 2σ
∂ 2 logf (x, µ, σ 2 )
2
1 ∂ logf (X, µ, σ 2 1
= ⇒ −E ∂µ = 2
∂µ2 σ2 2) σ
Pour un échantillon X1 , ..., Xn , le vecteur score Sn (θ) et l’information de Fischer In (θ) associés à θ sont
donnés par
n
X
Sn (θ) = ∇θ log f (Xi , θ) et In (θ) = var(Sn (θ)).
i=1
où les scores S(X1 , θ), ..., S(Xn , θ) sont (i.i.d). (la loi de S(X, θ) est l’image de la loi de X par l’application
S : x 7−→ S(x, θ)). Etant donné que E(S(X, θ)) = 0, et V ar(S(X, θ)) = I(θ) < +∞, on a donc la relation
In (θ) = nI(θ).
En vertu de la loi forte des grands nombres et du théorème central limite, on a aussi :
1 Sn (θ)
Sn (θ) → 0p.s et √ (L) − → Nd (0, I(θ))
n n
[Link] 2020/2021 19
Chapitre 3
ESTIMATION
Objectif : L’estimation consiste à rechercher la valeur numérique d’un ou plusieur paramètres inconnus
d’une loi de probabilité à partir d’observations (valeurs prises par la v.a. qui suit cette loi de probabilité)
Pour résoudre les problèmes d’estimation de paramètres inconnus, il faut tout d’abord étudier les distribu-
tions d’échantillonnage, c’est à dire la loi de probabilité suivie par l’estimateur.
Soit X une variable aléatoire suivant une loi normale d’espérance µ et de variance σ 2 et n copies indépendantes
X1 ,X2 ,. . . ,Xi ,. . . ,Xn telle que Xi associe le ième élément de chacun des n échantillons avec E(X i ) = µ et V(Xi )
=σ 2 .
Pn
On construit alors la variable aléatoire X , telle que X = X1 +X2 +..Xi +...+Xn
n = 1
n i=1 Xi
Pn 1 Pn Pn
avec pour espérance : E(X) = E( n1 i=1 Xi ) = E( i=1 Xi ) = 1
n i=1 E(Xi ) == 1
nµ (Propriétés de
n
l’espérance)
La loi de probabilité de la variable aléatoire X , moyenne de n v.a. X de loi de probabilité N(µ, σ), estuneloinormaleN
σ2
Remarque : il est aisé de voir sur un graphe que la variance associée à une moyenne n est plus faible que
20
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Exemple :
Des études statistiques montrent que le taux de glucose dans le sang est une variable normale X d’espérance
µ = 1 g/l et d’écart-type σ = 0,1 g/l.
3.1.2 Convergence
Lorsque la variance σ 2 est connue et n grand (n ≥ 30), on se trouve dans les conditions du théorème central
X−µ
limite et la loi suivie par : √
σ/ n
→ N (0, 1) loi normale réduite
Ceci reste vrai lorsque n ≤ 30 seulement si la loi suivie par X suit une loi normale.
Lorsque la variance σ 2 est inconnue et X suit une loi normale, la loi suivie par la variable centrée réduite
√
est alors : X−µ
σ / n → Tn−1 loi de student à n-1 degrés de liberté.
Lorsque n ≥ 30, la loi de student tend vers une loi normale réduite (voir convergence).
X−µ
Lorsque la variance σ 2 est inconnue et X ne suit pas une loi normale, la loi suivie par σ
√
b/ n
n’est pas connue.
3.2 Estimateur
θb = f (x1 , x2 , . . . , xi , . . . , xn )
L’estimation d’un paramètre inconnu, noté θ est fonction des observations résultant d’un échantillonnage
aléatoire simple de la population. L’estimateur est donc une nouvelle variable aléatoire construite à partir des
données expérimentales et dont la valeur se rapproche du paramètre que l’on cherche à connaître.
[Link] 2020/2021 21
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
L’estimation de θ est une variable aléatoire Θ dont la distribution de probabilité s’appelle la distribution
d’échantillonnage du paramètre θ.
3.2.1 Propriétés
Convergence
L’estimateur Θ doit tendre vers la valeur réelle du paramètre θ lorsque le nombre d’individus étudié aug-
mente. On dit que l’estimateur est convergent.
Le biais d’un estimateur noté B(Θ) est la différence moyenne entre sa valeur et celle du paramètre qu’il
estime. Le biais doit être égal à 0 pour avoir un bon estimateur.
d’où E(Θ) = θ
Ainsi l’estimateur sera sans biais si son espérance est égale à la valeur du paramètre de la population
E(Θ) = θ
Si deux estimateurs sont convergents et sans biais, le plus efficace est celui qui a la variance la plus faible
car ses valeurs sont en moyenne plus proches de la quantité estimée. V (Θ) = E(Θ − E(Θ))2 minimale
Remarque : Quand les estimateurs sont biaisés, en revanche, leur comparaison n’est pas simple. Ainsi un
estimateur peu biaisé mais de variance très faible, pourrait même être préféré à un estimateur sans biais mais
de grande variance.
Si un estimateur est asymptotiquement sans biais et si sa variance tend vers 0 lorsque n −→ ∞, il est
convergent.
V (Θ)
P (|Θ − θ| ≥ ) ≤ avec >0. (Inégalité de Bienaymé-Tchébycheff)
2
[Link] 2020/2021 22
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Cette inégalité exprime que si |Θ − θ| tend vers 0 quand n augmente, V (Θ) doit aussi tendre vers 0.
L’estimation d’un paramètre quelconque θ est ponctuelle si l’on associe une seule valeur à l’estimateur θb à
partir des données observables sur un échantillon aléatoire.
3.2.3 Espérance
Soit X une variable aléatoire continue suivant une loi normale N(µ, σ)dontlavaleurdesparamtresn0 estpasconnueetp
La méthode des moindres carrés consiste à rechercher les coefficients de la combinaison linéaire Θ = a1 X1 +
a2 X2 + . . . + ai Xi + . . . + an Xn telle que E(Θ) = µ et V (Θ) soit minimale.
1 Pn
u
b=X = n i=1 Xi
Voici pourquoi :
V (X)
P ( X − µ ≥ ) ≤ 2
avec >0
V (X) σ2
lorsque n → ∞ 2
= n2
→ 0 et ceci ∀>0.
3.2.4 Variance
Soit X une variable aléatoire continue suivant une loi normale N (µ, σ) pour laquelle on souhaite estimer la
variance σ 2 .
[Link] 2020/2021 23
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
La méthode des moindres carrés consiste à rechercher les coefficients de la combinaison linéaire Θ = a1 (X1 −
µ)2 + a2 (X2 − µ)2 + . . . + ai (Xi − µ)2 + . . . + an (Xn − µ)2
1 Pn
b2 =
σ n i=1 (Xi − µ)2
Remarque : Cette estimation de la variance de la population est rarement utilisée dans la mesure où si la
variance σ 2 n’est pas connue, l’espérance µ ne l’est pas non plus.
Nous allons étudier la relation entre ces deux termes à partir de la variance observée :
1 Pn 1 Pn 2 σ2
s2 = (Xi − X)2 = (Xi − u) − (X − u) = σ 2 −
n i=1 n i=1
n
1 Pn 2
en effet σX
2 = (X − u)2 = (X − u)2 = σ
n i=1 n
(n−1)σ 2
ainsi s2 = n
Pn
l : θ 7−→ i=1 log fθ (xi ) s’appelle la fonction log-vraisemblance du modèle.
En pratique, on fait l’étude de l’une des fonctions L ou l. Il n’y a pas forcément unicité. Ces fonctions ne sont
[Link] 2020/2021 24
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
pas nécessairement dérivables ce qui annule le gradient ne réalise pas forcément un maximum .
Remarque 3. L’estimateur de maximum de vraisemblance n’existe pas toujours et n’est pas toujours unique.
1
n
X
l(θ) = log L(θ) = n log θ − θ xi
i=1
n
∂l(θ) n X n 1
= − xi = 0 ⇐⇒ θ̂ = Pn =
∂θ θ i=1 xi X̄n
i=1
[Link] 2020/2021 25
Chapitre 4
4.1 Introduction
Un test statistique est appelé à dégager un résultat significatif au milieu d’un ensemble de données expéri-
mentales aléatoires.
La méthodologie des tests consiste à répondre à l’aide de résultats expérimentaux à une question concernant
les paramétres de la loi de probabilité des variables aléatoires.
– la question doit être posée de telle sorte qu’il n’y ait que deux réponses possibles : oui et non ;
– on doit avoir des données chiffrées résultant d’un échantillon ou d’une expérimentation ;
– ces données doivent pouvoir être considérées comme la réalisation de variables aléatoires dont la forme de
la loi de probabilité est connue ;
– soit l’acceptation de l’hypothèse, ce qui signifie que les donneés ne sont pas en contradiction avec l’hypo-
thèse ;
– soit le rejet de cette hypothèse, ce qui signifie qu’il est très peu probable d’obtenir les résultats que l’on a
trouvés si l’hypothèse est vraie, ou encore que les données sont en contradiction avec elle.
26
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Un test statistique est un mécanisme qui permet de trancher entre deux hypothèses à partir de résultats
observés sur un ou plusieurs échantillons.
Soit H0 et H1 ces deux hypothèses. La première appelée hypothèse nulle, joue un rôle particulier ; elle
prétendra que les différences observées entre valeurs calculées et valeurs
théoriques sont dûes au hasard. Si on doit rejeter l’hypothèse nulle H0 , on dira que les écarts obsevés sont
significatifs et on choisira H1 appelée hypothèse alternative. Les tests statistiques permettent de retenir ou
de rejeter H0 qui est la seule hypothèse testée et celle qui permet les calculs pour conduire à la conclusion.
On a
H0 vraie et H1 fausse
ou
H0 fausse et H1 vraie
Soit un test qui aboutit à chgoisir H0 ou H1 . Seule une de ces deux hypothèses est vraie et on peut résumer
les différents cas de décision et de validité de cette décision par le tableau suivant :
[Link] 2020/2021 27
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
On appelle risque de première espèce et on note α la probabilité de rejeter l’hypothèse nulle H0 alors qu’elle
sest vraie.
Dans la pratique des tests statistiques, il est d’usage de choisir α a priori α = 1% ou 5% dans la plupart des
cas, cette probabilité est aussi appelée seuil de signification du test.
On appelle risque de seconde espèce et on note β la probabilité d’accipter l’hypothèse nulle H0 alors qu’elle
sest fausse.
α étant fixé, β est déterminé par un calcul de pribabilité si H1 est précisément définie.
-Test bilatéral
Nous nous proposon d’étudier la conformité d’un échantillon par rapport à une norme préalablement définie.
a- position du problème
Dans un laboratoire pharmaceutique, une machine automatique fabrique en grande quantité des suppositoires
contenant du paracétamol.
[Link] 2020/2021 28
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
On désigne par X la variable aléatoire, qui à tout suppositoire pris au hasard dans la production, associe la
masse (en mg) de paracitamol qu’il contient.
On veut contrôler la qualité de fabrication sur une pé riode donnée. Dans ce but, pendant le fonctionnement
de la machine, on prélève d’un temps à l’autre un suppositoire dont on mesure la masse du paracétamole. On
constitue ainsi un échantillon de 100 suppositoires. Les tirages sont supposéss indépendants.
l’hypothèse nulle H00 est m=170 mg et lhypothèse alternative est H1 m 6= 170 mg.
3- Les résultats des mesures de l’échantion prélevé sont donnés dans le tableau :
Masse (mg) [145; 155[ [155; 165[ [165; 175[ [175; 185[ [185; 195[
Effectifs 7 30 43 16 4
b - Lois d’échantillonnage
Puisque n ≥ 30, le théhrème de la limite centrée nous permet de dire que la variable aléatoire X qui à
σ
chaque échantillon de taille n associe sa moyenne, suit approximativement la loi normale N (u; √ ). Alors la
n
X −u
variable aléatoire T = σ suit la loi normale centrée réduite.
√
n
l’hypothèse nulle (H)0 est m=170 mg et l’hypothèse alternative est (H1 ) m6= 170mg
e- Règle de décision :
Fixon, ‘a priori, le risque maximal que nous acceptons de prendre en refusant H0 alors qu’elle est vraie. Ce
risque dit de première espèce, et noté α.
[Link] 2020/2021 29
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Puisque T suit la loi normale centrée réduite, il existe un unique réel strictyement positif tα tel que :p |T | >
α
tα = α.tα = Π−1 1 −
2
Si |T | > tα on rejette H0 avec le risque α de se tromper.
Application numérique
Sous l’hypothèse H0 la variable aléatoire X suit la loi normale N (170; 0, 8) donc la variable aléatoire
X − 170
T = suit la loi normale centrée réduite.
0, 8
au seuil de risque α = 0, 05 on rejette H0 E si |T | > 1, 96.
Pour l’échantillon proposé, en utilisant les centres des classes, on trouve x= 168
Nous disposons de deux échantillons indépendants donnés sous la forme d’un tableau d’éffectifs ou de
fréquences du caractère étudié.
Nous désirons savoir si les différences observées sur la moyenne ou sur le fréquence sont dues u’niquement
au hasard de l’échantillonage ou si elle sont trop importantes est doivent être atribuées à d’autres causes.
a - Position du problème On étudie ici un caractère quantitatif C et on dispose de deux grands échantillons
indépendants
A quelles condition peut-on conclure, qu’à un risque doné, ces deux échantillons proviennent de la même
population ?
[Link] 2020/2021 30
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
On sait que si NA ≥ 30 , La variable aléatoire X qui à tout échantillon de taiile nA associe sa moyenne mA
σ
suit apprximativement la loi normale N (u; √ ).
nA
Même si NB ≥ 30 , La variable aléatoire X qui à tout échantillon de taiile nB associe sa moyenne mB suit
σ0
apprximativement la loi normale N (u0 ; √ )
nB
Les variables alétoires X A etsX B etant indépendantes et La variable aléatoire X A − X B suit approximati-
2
σ2 σ0
vement la loi normale N (u − u0 ; + ).
nA nB
a - Hypotèse à tester Nous nous proposons de tester l’hypothèse nulle, notée H0 "u et u0 ne sont pas
significativement différentes"
c - Règle sde dcision : Sous l’hypothèse H0 , la variable alétoire X A − X B suit approximativement la loi
2
σ2 σ0
normale N (0; + ).
nA nB
XA − XB
Donc la variable alétoire s suit approximativement la loi normale N (0; 1).
2
σ2 σ0
+
nA nB
Fixons alors un seuil de risque α (donc un seil de confiance 1 − α), on sait qu’il existe un réel unique tα
strictement positif tel que P (|T | ≤ tα ) = 1 − α
α
P (|T | ≤ tα ) = 1 − α é quivaut à tα = Π−1 1 −
2
La règle de décision du test en résulte :
mA − mB
d - Mise on oeuvre du test : t = s
2
σ2 σ0
+
nA nB
[Link] 2020/2021 31
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
nA nB
r r
En général σ et σ0 sont inconnus et remplacés dans cette formule par σ
bA = σA et σ
bB = σA
nA − 1 nB − 1
Définition 4.1. Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant respectivement N (0, 1) et X 2 (n).
X
On appelle loi de Student à n degrés de liberté la loi suivie par le rapport : T = p , cette loi est notée Tn .
Y /n
n
E(Tn ) = 0 (n > 1) ; V ar(Tn ) = (n > 2).
n−2
Définition 4.2. Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant respectivement X 2 (n) et X 2 (m).
EX/n
La variable aléatoire F = suit la loi de Fisher-Snedecor à n et m degrés de liberté notée Fn,m
EY /m
1 2m2 (n + m − 2)
E(Fn,m ) = (m > 2); V ar(Tn ) = (m > 4).
m−2 n (m − 4) (m − 2)2
On pratique il est rare que l’on connaisse la valeur de σ ; on n’en connait q’une estimation s, valeur calculée
X −m
de l’estimateur S. Que peut-on dire alors de la variable centrée réduite √ ?.
S/ n
Sous réserve que le caractère étudié soit distribué dans la population selon la loi normale, on peut démontrer
que ce rapport suit une loi de Student 0 (n − 1) degré de liberté et que cette loi converge rapidement vers la loi
de Gauss lorsque n augmente, peut être remplacée par elle dès que n ≥ 30.
On voit donc que pour les petits échantillons (n < 30), il faut faire appel à la loi de [Link] comparaison
de moyennes à partir de petits échantillons (n1 et / ou n2 < 30) va elle aussi utiliser cette loi de Student.
Faisons l’hypothèse que les deux échantillons proviennent de populations de mêmes moyennes (il s’agit de
l’hypothèse m1 = m2 = m) et qu’en outre ses populations sont normales et de mêmes variances(σ12 = σ22 = σ 2 ),
|x1 − x2 |
on peut démontrer que la quantité t = r
1 1
σ
b +
n1 n2
n σ 2 + n σ2
1 e1 2 e2
b2 =
σ
où n1 + n2 − 2 suit la loi de Student à v = n1 + n2 − 2 degrés
xi , σ 2 moyenne et écart-type de l’échantillon numéro i
ei
de liberté. Il devient alors possible de déterminer une région d’acceptation de l’hypothèse nulle H0 d’égalité des
moyennes. Cette région dépend de l’hypothèse alternative H1 , dans le cas où H1 est "m1 6= m2 ”, on mène un
test bilatéral et la région d’acceptation de H0 est donnée par l’ntervalle : −tv;α ; + − tv;α , avec v = n1 + n2 − 2.
où tv;α désigne la valeur de la loi de Student ayant la probabilité α d’être dépassée en valeur absolue.
Remarque : Dans le cas d’une hypothèse alternative conduisant à mener un test unilatéral du type H0 :
"m1 = m2 ” contre H1 : "m1 > m2 ” la région d’acceptation de H0 est de la forme : ]−∞; t2α;v [ .
[Link] 2020/2021 32
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
.On sera souvent amené à tester de façon préalable l’égalité des variance à l’aide d’un test de Fisher-Snedecor
avant de comparer les moyennes à ppartir de deux petits échantillons.
Le test de comparaison de deux variances σ12 et σ22 est basé sur le rapport des deux estimation s21 et s21
calculées à partir d’échantillons, de taille respective n1 et n2 extraits des deux population à comparer. Il n’est
pas nécessaire que n1 et n2 soient grand mais il est impératif que les deux populations soient normalement
distribuées.
On formule l’hypothèse H0 : "σ12 = σ22 ” contre l’hypothèse H1 : "σ12 6= σ22 ” ce test est donc toujours bilatéral.
s2
On calcule la quantité : F = 12 si s21 ≥ s22 . F est toujours supérieure ou égale à un.
s1
La règle de décision est la suivante :
Si F < F α on accepte H0 .
;v1 ;v2
2
Si F ≥ F α on rejette H0 . au risque α.
;v1 ;v2
2
4.4.1 INTRODUCTION
Problème 1 :
Partant des races pures, un sélectionneur a croisé de mufliers ivoires avec des mufliers rouges, il a obtenu en
F 1 des mufliers pâles, puis en F 2 après autofécondation des plantes de la génération F1 : 22 mufliers rouges,
52 mufliers pâles et 23 mufliers ivoires.
Le test chi-deux est fréquemment utilisé par les biologistes. A la différence des autres test, ce test ne s’appuie
pas sur un modèle probabiliste rigoureux, mais sur une loi asymptotique ; il est donc délicat à utiliser et il est
parfois préférable de le remplacer, lorsque c’est possible, par un test non parmétrique plus adapté.
Le test du χ2 est le plus célèbre des tests dits non paramètriques qui n’exigent aucune condition sur
la distriution de la population mère. C’est un test globale qui porte sur l’ensemble des effectifs ou fréquences
observées après expérience et calculés à partir de l’hypothèse testée. On pourra comparer :
[Link] 2020/2021 33
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Une distribution expérimentale et une distribution théorique. Les caractéristiques de cette distribution théo-
rique sont connues ou estimées à partir des observations. Selon le cas, on parlera de test de conformité ou
d’ajustement à une loi théorique.
Plusieurs distributions pour savoir si on peut accépter l’hypothèse qu’elles proviennent de la même population
parente, dans ce cas on mènera un test d’homogéneité ou
Le mécanisme du test du χ2 permet de savoir si les écarts constatés entre les distributions à comparer sont
imputables ou non au hasard.
Définition 4.3. Soit X une v.a de loi.N(0 ;1), alors la v.a X2 est dite v.a de chi-deux à 1 degé de liderté.
Définition 4.4. Soient X1 , X2 ,...,Xn n v.a indépendantes suivent toutes loi N(0 ;1), alors la v.a Z = X12 +
X22 + ... + Xn2 est une v.a de chi-deux à n degés de liderté, avec E(Z)=n et Var(Z)=2n
Remarque 5. Si Z suit la loi du χ2 à n degrés de liberté, la table du chi-deux donne pour un risque α choisi,
le nombre χ2α tel que
P (Z > χ2α ) = α.
Construction du test
Les individus de cet échantillon son classés et on a dénombré la fréquence absolue ou effectif de chaque
classe. On note ni l’effectif observé pour la classe N ◦ i. Si on connait (ou croit connaître) la loi théorique que
suit cette distribution, on est alors capable de calculer les effectifs théoriques de chaque classe. En effet la loi
théorique est connue dès lors que les probabilités attachées à chaque classe le sont. On note Pi la probabilité
qu’un individu tiré au hasard appartienne à la classe N ◦ i. L’effectif théorique associé est alors nPi .
On expliquera d’abord les principes du test sur une loi multinomiale puis dans ses applications les plus
courantes, la méthode non paramétrique qui en découle.
[Link] 2020/2021 34
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
l’observation des valeurs x1 de X1 et x2 de X2 (x1 + x2 = n), On dit que les résultats sont reparties en deux
classes. On désire tester l’hypothèse H0 ”P (E1 ) = P1 et P (E2 ) = P2 contre l’hypothèse H1
”P (E1 ) 6= P1 et P (E2 ) 6= P2 ”.
étant donné le comportement asymptotique de Y, il est clair que Z admet pour loi asymptotique la loi de
χ21 sous H0 .
Pour un niveau α on peut ecrire 1 − α = P −y α2 ≤ Y ≤ y α2 = P 0 ≤ Y 2 ≤ y 2α =
2
P 0 ≤ Z ≤ z α2 avec z α2 = y 2α ,
2
La borne supérieur de l’intervalle d’acceptation (3.481=(1.96)2 au niveau 5%; 6.635 = (2.576)2 au niveau
1%) étant lue dans les tables de χ2 ..
[Link] 2020/2021 35
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Distribution à r classes.
Plus généralement soit une expérience aléatoire E susceptible d’entraîner la réalisation de r évenements
E1 ,E2 , ...,Er de probabilité P (E1 ), P (E2 ), ..., P (Er ), E1 E2 ...Er ,formant un système complet c-à-d P (E1 ) +
P (E2 ) + ... + P (Er ) = 1 et P (Ei ∩ Ej ) = 0 pour i 6= j.
Les résultats de n expériences identiques à E et indépendantes sont donc réparties en r classes. A un tel
ensemble d’expériences, On associe les variables X1 X2 ...Xr représentant respectivement les effectifs des classes
que l’on peut observer,
contre l’hypothèse H1 :
En fait il n’y a parmi r variables que (r − 1) variables indépendantes ; En effet les variables sont liées par la
relation X1 + X2 + ... + Xr = n, dès que le hasard attribué une valeur numérique à r-1 variables, la valeur de
la dernière est imposée.
APPLICATION :
Problème 1 (solutions) :
Solution : Soient p1 , p2 , p3 les probabilités pour q’une plante de la génération F2 ait respectivement des
fleurs rouges, pâles ou ivoires, soient X1 , X2 et X3 les variables représentant les plantes à fleurs rouges, pâles ou
ivoires que l’on peut observer sur 97 plantes.
d’événements ;
[Link] 2020/2021 36
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
P3 (Xi − 97pi )2
Dans ces conditions, sous H0 , la variable Z = i=1 est pratiquement une variable X 2 , on
97pi
effectue un test. L’intervalle d’acceptation de H0 est, au niveau
5% : [0 ; 5, 991] .
Conclusion :
Au niveau 5% on peut accepter l’hypothèse que La couleur des fleurs est gérée par un couple d’allèles.
4.4.4
Tests d0hmogénéité
Principe
Le test χ2 est également utilisé pour la comparaison de plusieurs échantillons. Le principe du test va être
exposé dans un exemple à deux échantillons. on le généralise sans peine pour plusieurs échantillons.
Problème 2 :
On a étudié sur deux échantillons prevenant de deux populations différentes la répartition des quatre groupes
sanguins : O, A, B,AB les résultats obtenus sont réparties dans un tableau dit tableau de contingence, à deux
lignes et à quatre colonnes :
Groupe O A B AB tot
1er éch 121 120 79 33 353
2em éch 118 95 121 30 364
total 239 215 200 63 717
On veut tester l’hypotèse H0 " les quatre groupes sanguins sont réparties de la même manière sur les deux
populations"
[Link] 2020/2021 37
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
Sous H0 . la probabilité, pour un individu prélevé au hasard, d’être d’un groupe donné est la même dans
les deux populations, on ne connaît pas cette probabilité, sinon le problème serait résolu ; on peut cependant
l’estimer et, toujours sous H0 . La meilleure estimation que l’on puise en donner est la proportion des indiviudus
de ce groupe observée sur l’ensemble des deux échantillons. C’est ainsi que l’on obtient les estimations :
Groupe O A B AB total
121 120 79 33
1er éch 353
(117,7) (105,9) (98,5) (31)
118 95 121 30
2em éch 364
(121,3) (109,1) (101,5) (32)
total 239 215 200 63 717
Soient maintenant les variables X1 , X2 , X3 , X4 représentant les effctifs des classes du premiers échantillon
et Y1 , Y2 , Y3 , Y4 représentant les effctifs des classes du deuxième échantillon.
On pose :
Les conditions d’application du test χ2 étant satisfaites pour chaque échantillon, sous H0 , la variable Z
peut être considérée comme la somme de deux variables χ2 , l’indépendance des deux séries d’observations
permet de considérer la varible Z comme une variable χ2 . On est tenté de dire qu’il s’agit d’une variable χ2
[Link] 2020/2021 38
Univ MSBY Jijel Fac SEI Dép de Mathématiques
à 2(4 − 1) = 6 degrés de liberté ; cependant, l’estimation, à partir des observations des trois paramètres qui
déterminent coplètement le modèle probabiliste baisse le nombre de degrés de liberté de 6 à 3. D’où Z → χ23 .
Au niveau 5% l’intervalle d’acceptation est [0; 7, 815], et comme Z ' 11.74 > 7, 815 donc
C’st-à-dire les quatre groupe sanguins sont réparties différemment sur les deux populations d’où proviennent
les deux échantillons. Même au niveau 1% on rejetterait H0 .
[Link] 2020/2021 39