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Hegel et le Savoir Absolu en Philosophie

Le document explore la philosophie de Georg W. F. Hegel, qui cherche à dépasser les limitations de la connaissance de Kant à travers un système dialectique visant à atteindre le savoir absolu. Il aborde également le stoïcisme, fondé par Zénon, qui prône la maîtrise de soi et la vertu dans un monde régi par une raison divine. Les deux philosophies soulignent l'importance de la compréhension de soi et de l'action dans le monde, tout en reconnaissant les limites de notre contrôle.

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Hegel et le Savoir Absolu en Philosophie

Le document explore la philosophie de Georg W. F. Hegel, qui cherche à dépasser les limitations de la connaissance de Kant à travers un système dialectique visant à atteindre le savoir absolu. Il aborde également le stoïcisme, fondé par Zénon, qui prône la maîtrise de soi et la vertu dans un monde régi par une raison divine. Les deux philosophies soulignent l'importance de la compréhension de soi et de l'action dans le monde, tout en reconnaissant les limites de notre contrôle.

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Georg W. F.

Hegel

Et si nous parvenions à dépasser les limites de la connaissance posées par Kant et


à atteindre l’absolu ? Bref, à comprendre le fonctionnement du Monde dans sa
totalité ? Et si la réalité, son dynamisme, sa persistance et son mouvement, se
déployait et se conscientisait de manière dialectique ? Hegel construit un système
englobant la totalité de monde, basé sur la dialectique, ce processus qui veut
que tout développement consiste dans le dépassement des contradictions.

Pour Hegel, la réalité, la vie est en perpétuel mouvement. Tout est en devenir
(Héraclite). Le concept pourtant fige la réalité. Il s’agit dès lors de saisir ce
mouvement par la dialectique. L’idéalisme allemand s’élève au point de dépasser
les limitations de la connaissance posées par Emanuel Kant, afin d’atteindre le
« savoir absolu », la totalité de l’être[1].

Phénoménologie de l’Esprit

La phénoménologie de l’Esprit consiste, à partir des formes immédiates de


l’expérience de la conscience que sont les sensations et les perceptions, à
atteindre le savoir absolu.

Tout d’abord, nous avons une certitude : la certitude sensible. Parce qu’elle est
immédiate et ne peut être exprimée, celle-ci ne peut être que vraie.

Ensuite vient la perception. Cette conscience percevante permet d’unifier et de


synthétiser l’objet[2].

À partir de la perception, la conscience s’élève jusqu’à l’entendement, qui


recherche la nécessité de la loi, « image constante d’une apparence
inconstante »[3]. Toutefois, face à cette contradiction, à cette tension,
l’entendement prend conscience de ses limites. L’intellect prend alors
conscience de soi.

La conscience de soi procède du désir de vivre, de prendre le dessus sur l’autre


conscience. Seule la Raison permet de tendre vers l’unité. Celle-ci unifie la
pensée et l’objet.

La Raison connaît néanmoins différents stades d’évolution, dont celle de la Raison


observante, qui observe la nature (organique) et la conscience de soi (logique et
psychologique). Reste que les tentatives individuelles sont condamnées à l’échec.
Seule la conscience collective peut aboutir à l’Esprit (« Geist ») et au Savoir
absolu.

Philosophie du droit

Hegel s’intéresse au droit et à sa conception. Ce qui est réel est rationnel ; ce qui
est rationnel est réel.

À partir du droit abstrait, celui des contrats unifiant de simples volontés, en


passant par la moralité subjective, incarnée selon lui par l’impératif catégorique
kantien limité au niveau formel, Hegel aboutit à la moralité objective.

L’étude de la moralité objective passe par la famille, la société civile et en à l’État.


Ce dernier incarne la Raison en soi et pour soi, la morale réalisée.

Dialectique

Hegel parvient avec une méthode et un processus à construire un système


grandiose, qui explique l’ensemble du monde. Cette méthode et ce processus
répondent à un principe : la dialectique.

La dialectique est un processus ou une méthode qui prétend que tout


développement consiste dans le dépassement des contradictions.

« C’est seulement par le risque de sa vie que l’on conserve la liberté« .

Illustrations
Portrait de Hegel, Mitchell Nolte (tiré de [Link]
Notes
[1] Philosophie magazine, S’initier à la philosophie – hors série –, n° 59, 2024, p.
18.

[2] RUSS, Jacqueline, Philosophie : les auteurs, les œuvres, Paris, 2003, p. 279.

[3] Idem.

Le stoïcisme

Et si une véritable communion avec la nature et la maîtrise de nos affects


permettaient de tendre vers la sérénité de l’âme ? L’école du Portique propose
une pratique exigeante, se limitant à ce qui relève de notre contrôle, dans un
monde cosmopolite où chacun est citoyen du monde.

Zénon et l’école du Portique


Zénon de Citium (334-262 av. notre ère) est né à Citium (Kition) sur l’ile de
Chypre. Il suit les cours des cyniques (Cratès) et des platoniciens à Athènes.
Zénon tente de concilier ces deux courants en y intégrant une conception
matérialiste. En 301 avant notre ère, il fonde sa propre école sous un portique
(stoa) au centre d’Athènes. Son enseignement eut un rayonnement considérable.
Ces élèves et successeurs à la tête du Portique furent Cléanthe (- 330 à – 230) et
Chrysippe de Soles (- 230 à – 206).
Sa philosophie fut néanmoins approfondie et consolidée durant les siècles
suivants, notamment durant la Rome Antique.

Un philosophie du devoir et de la vertu


Contrairement aux épicuriens, les stoïciens pensent qu’une raison divine conduit
le monde. Dieu ou les dieux et le monde ne font qu’un. Une cause finale dirige,
selon un plan défini, la totalité de l’univers vers une fin. Le monde est ainsi
constitué de matière dans laquelle la raison universelle pénètre. Nous sommes
dès lors, certes, citoyens d’une cité, mais avant tout citoyen du monde… dans
lequel nous devons agir.

En tant que citoyen du monde, les stoïciens ont le devoir de se mêler à la


politique. Parce que nous sommes des êtres sociaux et raisonnables, nous nous
devons d’agir. Selon Chrysippe de Soles, il nous faut « arrêter le vice et
encourager la vertu« .

Distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en


dépend pas
Tout comme les épicuriens, le stoïcisme ambitionne la connaissance du vrai et
une vie tournée vers la plénitude. La philosophie stoïcienne vise plus
particulièrement l’ataraxie, cette absence de troubles. Ces troubles et ces
affections résultent de nos attentes erronées sur le monde, qui engendrent de la
souffrance. Pour bien conduire notre vie, nous devons donc nous conformer à la
nature, au cosmos. Si nous avons l’obligation d’agir, il nous faut néanmoins
distinguer ce qui dépend de nous, ce qui est sous notre contrôle, de ce qu’il
ne l’est pas.

L’éthique réside dans la maîtrise de notre volonté et de notre jugement. La liberté


stoïcienne se limite donc à notre sphère de compétence, c’est-à-dire nos
jugements. Si nous sommes dans l’incapacité d’agir, il nous faut changer et
maîtriser nos représentations, nos pensées et opinions sur le monde. Le
point d’orgue consiste en l’apathie, c’est-à-dire à l’absence d’affects, voir
d’émotions non adéquates. Ainsi, après s’être blessé à un doigt de pied et de la
main, Zénon, selon le biographe Diogène Laërce, se suicide, acceptant son destin.

Le stoïcisme reste cependant bel et bien une philosophie de l’action. Dans de


nombreux cas, nous avons le pouvoir, voir le devoir d’agir et de changer le
monde. Reste à connaître et à reconnaître ce qui dépend réellement de nous de ce
qui est indépendant de notre volonté et de notre action.

L’un des exemples modernes et régulièrement mis en avant pour expliciter cette
distinction est celui d’un embouteillage routier. Pris dans celui-ci, nous ne devons
pas porter de jugement moral sur cette situation : « c’est terrible, j’arriverai en
retard ». Il s’agit de préserver notre moi, afin de ne pas générer de la souffrance
inutile. Il s’agit de tenir le rang et de faire preuve de dignité et de vertu.

Comme la plupart des philosophies antiques, le stoïcisme est une discipline, une
pratique. Elle est en tout point tournée non pas vers la pure recherche du plaisir,
mais vers celle de la vertu. Elle consiste à :

discipliner son corps


contrôler ses affects
faire son devoir, ce d’autant plus que nous avons une tâche spécifique
dans un Univers ordonné.
bâtir une forteresse intérieure[1].

Une philosophie portée par un esclave…


La philosophie stoïcienne recoupe trois domaines : la physique, la logique et
l’éthique. L’époque romaine consacrera le stoïcisme, en le complétant. Cette
philosophie fut défendue et théorisée aussi bien par un esclave affranchi,
Epictète, que par l’un des plus grands empereur de la Rome antique, Marc
Aurèle.

Epictète (50- env. 125) : né esclave en Asie Mineure (à Phrygie), Épictète est
vendu à Rome. Affranchi, probablement à la mort de son maître, il fonde une
école stoïcienne. En 89, à la suite de l’édit de l’empereur Domitien, qui expulse
les philosophes de la cité de Rome, Épictète se retire à Nicopolis (Grèce).

Ces œuvres sont les Entretiens et le Manuel.

… par un écrivain et un empereur


Sénèque (4 av. notre ère – 65) : homme politique, écrivain et philosophe,
Sénèque est proche de l’empereur Caligula. Ce dernier est Assassiné en 41.
Condamné à mort, Sénèque voit sa peine commuée en exile. Il part en Corse. En
49, l’empereur Claude le rappelle pour devenir précepteur de son fils adoptif
Néron. Sénèque souhaite lui enseigner le stoïcisme.

En 54, la mère de Néron, Agrippine, fait assassiner son mari, Claude. Néron lui
succède. Devenu l’un des hommes plus influents et les plus riches de l’Empire,
Sénèque bénéficie dans un premier temps des largesses de l’empereur. Sénèque
pousse Néron à se distancer de sa mère, Agrippine. Néron fait alors assassiner sa
propre mère. En 62, Sénèque tombe en disgrâce. Il se retire de la vie publique.
Son sort est scellé : il doit se donner la mort.

Marc Aurèle (121 – 180) : Consul, puis empereur romain, succédant à Antonin,
Marc Aurèle bénéficie d’une tradition helléniste, bercée de lettres. Philosophe et
dernier empereur de la Pax Romana, il passe la presque totalité de son règne sur
les champs de bataille contraint de défendre les frontières de l’Empire.

Sa philosophie stoïcienne nous est parvenue par ses Pensées pour moi-même.

Citations
Les tourments des hommes ne viennent pas des choses, mais des idées qu’ils se
font des choses, Épictète.

Notes
[1] Philosophie magazine, S’initier à la philosophie / Hors série, n° 59, 2024, p.
16.

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