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Mécanismes de dispersion atmosphérique

Le document traite des mécanismes physiques de la dispersion atmosphérique, essentielle pour comprendre l'impact des polluants sur la santé et l'environnement. Il décrit la structure de l'atmosphère, en mettant l'accent sur la couche limite atmosphérique et les facteurs influençant la dispersion, tels que la stabilité atmosphérique et les caractéristiques du vent. Les processus de transport, de diffusion et de déposition des polluants sont également abordés, soulignant l'importance des conditions météorologiques dans la dispersion atmosphérique.

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Mécanismes de dispersion atmosphérique

Le document traite des mécanismes physiques de la dispersion atmosphérique, essentielle pour comprendre l'impact des polluants sur la santé et l'environnement. Il décrit la structure de l'atmosphère, en mettant l'accent sur la couche limite atmosphérique et les facteurs influençant la dispersion, tels que la stabilité atmosphérique et les caractéristiques du vent. Les processus de transport, de diffusion et de déposition des polluants sont également abordés, soulignant l'importance des conditions météorologiques dans la dispersion atmosphérique.

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Chapitre I Mécanismes physiques de la

dispersion atmosphérique
Introduction

La dispersion atmosphérique est un processus central dans l’étude des pollutions


environnementales, qu’elles soient industrielles, chimiques ou radioactives. Ce mécanisme
définit les modalités spatiales et temporelles de la diffusion de ce qui est rejeté vers l’air,
faisant d’elle un facteur déterminant de l’impact vis-à-vis de la santé humaine et de
l’environnement l’étude de la dispersion du rejet nucléaire fait intervenir un certain nombre de
paramètres physiques liés aux conditions de dispersion atmosphérique à savoir :
 La stabilité atmosphérique
 Vitesse et la direction du vent
 La température de l’air
 Le taux d’humidité
 La topographie du site
 La hauteur de rejet
 Les caractéristiques du panache radioactif (densité, température, etc.)

[Link] de l’atmosphère

L’atmosphère dans sa structure verticale est formée de plusieurs couches qui ont chacune des
propriétés et des caractéristiques différentes. La distribution de la température donne le plus
souvent la répartition des différentes couches de l’atmosphère

 Troposphère 0 km - 18 km
– T est décroissante jusqu’à 220 K aux pôles et 190 K équateur
– Gradient moyen de T est de l’ordre de -6.5 K km-1
 Stratosphère 18 km - 50 km
– T est d’abord constante puis croissante jusqu’à 270 K, du fait de l’absorption des
UV solaires par l’ozone O3 et de O2.
– l’existence de cette couche d’inversion au-dessus de la troposphère est une
essentielle et importante caractéristique de la Terre.
 Mésosphère 50 km - 90 km
– T est décroissante jusqu’à 170 K, du fait de la raréfaction d’ozone O3 et dioxygène
O2.
 Thermosphère 90 km - 600 km
– T augmente et devient très dépendante de l’activité solaire
 Exosphère 600 km (jusqu’à 10 000 km ou plus)
– Transition vers l’espace
– Atmosphère très raréfiée, composée de particules légères (hydrogène, hélium)
De toutes ces couches, la troposphère est la couche qui joue un rôle important pour la
dispersion atmosphérique des matières rejetées.
Dans le cadre d’un risque accidentel, les phénomènes physiques de l’atmosphère gouvernant
la dispersion des polluants ou nucléides émis à partir des sources, ne se produisent que dans la
partie basse de l’atmosphère dite couche limite atmosphérique (CLA), en météorologie elle
est appelé couche limite planétaire. Cette couche a une épaisseur h CLA, qui varie de quelques
centaines de mètres au plus 1 à 2 km ce qui correspond au mouvement atmosphérique à petite
échelle (micro-échelles) (mm à 5km), et c’est une région particulièrement importante de la
structure de l’atmosphère, étant donné qu’elle est le siège de transfert thermique d’énergie, de
la quantité de mouvement et de l’humidité entre la surface terrestre et la troposphère libre.
Elle engendre donc relativement un bon mélange d’éléments de la troposphère à méso-échelle
(1km à centaines de km) par les convections verticales et horizontales de ces phénomènes et
l’inversion de température à la tropopause empêche toute diffusion vers la stratosphère. Mais
parfois à une convection profonde on y trouve des éléments qui mènent aux systèmes à
l’échelle synoptique (±1000km).
Ainsi, il est très important d’être familier avec la dynamique de la couche limite
atmosphérique, particulièrement, avec les propriétés des structures des écoulements turbulents
dans cette couche. De plus, étant donné que le suivi du panache radioactif ne se fera que dans
la CLA et il est fortement influencé par les différents paramètres météorologiques. Cependant,
la compréhension globale des phénomènes qui se produisent dans la CLA, constitue un enjeu
majeur pour la compréhension des épisodes de la dispersion des radionucléides.
Pour cela, on a donc focalisé prioritairement nos actions de recherche sur la dynamique de la
CLA. En particulier, on a étudié :
– Les Classes de stabilité dans la CLA
Afin de caractériser un écoulement en mécanique de fluide, en particulier la nature de son
régime on définit un paramètre sans dimension appelé : le nombre de Reynolds.
Il représente le rapport entre les forces d'inertie et les forces visqueuses et on le définit de la
manière suivante :
forces d ' inertie ρUL UL
R = forces visqueuses = µ = ν

Avec :
 U : vitesse du fluide [m.s-1]
 L : la longueur caractéristique de l’écoulement [m]
 v : viscosité cinématique du fluide : ρ ν= [m2.s-1]
 ρ : la masse volumique du fluide [kg.m-3]
 µ : la viscosité dynamique du fluide [Pa.s] ou Poiseuille [PI]
 Si Re < Recritique l’écoulement est dit laminaire
 Si Re > Recritique l’écoulement est dit turbulent

[Link] de la turbulence atmosphérique à petite échelle

La turbulence atmosphérique est générée dans la couche limite atmosphérique, quand les
particules de l’air se déplacent à des vitesses et à des directions différentes. La variation de
ces écoulements est décrite en particulier par deux paramètres fondamentaux
– Le gradient vertical de la vitesse du vent
– Le gradient vertical de la température
Ces gradients sont d’origines de deux principaux mécanismes physiques :
 D’une part, les effets de frottement de l’air sur le sol. Ces effets dépendent des
conditions orographiques locales et ils sont caractérisés par la structure mécanique
 D’autre part, les échanges de chaleur entre le sol et l’atmosphère. Ces échanges vont
varier avec le cycle diurne, les conditions météorologiques et la nature du sol et ils
sont caractérisés par la structure thermique

[Link] thermique

Le degré de la stabilité atmosphérique est déterminé en météorologie par le paramètre de


∂T
stabilité statique :
∂z

> 0 ⇒atmosphère stable


∂T
Si
∂z

= 0 ⇒atmosphère neutre
∂T
Si
∂z

< 0 ⇒atmosphère instable


∂T
Si
∂z
La stabilité de la couche limite atmosphérique (CLA) varie significativement au cours d’une
journée, en fonction de l’ensoleillement, du rayonnement terrestre et des échanges thermiques
entre le sol et l’air.
Durant la nuit, le sol se refroidit par rayonnement, entraînant un refroidissement de l’air
proche du sol. Cette situation génère une inversion thermique, caractéristique d’une
atmosphère stable où les mouvements verticaux sont limités et la dispersion des polluants est
très faible.
Au lever du soleil, le sol commence à se réchauffer, ce qui provoque un réchauffement de
l’air en surface. L’instabilité augmente progressivement : l’atmosphère passe d’un régime
stable à un régime neutre, puis instable, favorisant l’apparition de mouvements convectifs. En
milieu de journée, lorsque le rayonnement solaire est maximal, la CLA devient très instable,
entraînant une forte turbulence et un mélange vertical efficace. Cette période est la plus
favorable à la dispersion atmosphérique
En fin de journée, après le coucher du soleil, le sol cesse d’être chauffé et se refroidit à
nouveau. La stabilité atmosphérique augmente, retournant vers un régime stable nocturne,
marqué par une réduction des mouvements verticaux et donc une accumulation potentielle des
polluants à proximité du sol.

Le degré de la stabilité atmosphérique peut être aussi caractérisé au moyen du nombre de


Richardson de gradient, qui intègre à la fois le paramètre lié au gradient de température et

celui lié à la vitesse du vent : RI =


( ∂T
g ∂z
+T )
( )
T ∂U 2
∂z

Si Ri < 0 ⇒ Atmosphère instable


Si Ri = 0 ⇒ Atmosphère neutre

Si Ri > 0 ⇒ Atmosphère stable



[Link] dynamique

La structure mécanique de la couche limite atmosphérique est caractérisée par le profil


vertical du vent horizontal dont il décrit une variation logarithmique.
En effet, la turbulence d’origine mécanique est générée quand l’air interagie avec quelque
objets comme le cisaillement du vent au contact du sol, bâtiment ou autre obstacles.
De plus, la variation de la vitesse du vent dépend de la nature du sol, de l’orographie du
terrain (prise en compte des effets de reliefs) et de la présence d’obstacles
Sites caractéristiques Classes de rugosité Z0 (m)
Grandes étendues d’eau I de 0.001à 0.01
(mer, océan, lac)
Rases campagnes, aéroport II de 0.01 à 0.10
Zones faiblement III de 0.10 à 0.50
urbanisées, bocages
Zones urbanisées, IV de 0.50 à 1.50
industrielles ou forestières
Centre des villes V de 1.50 à 2.50
Classes de rugosité
Z0 : rugosité de surface
– Est la hauteur de rugosité (ou longueur de rugosité) exprimée en mètres
– C’est un paramètre aérodynamique qui caractérise l’effet du relief ou de la texture du
sol (arbres, bâtiments, végétation...) sur le profil du vent

[Link] de stabilité de Pasquill

La stabilité atmosphérique est souvent décrite à l’aide de la classe de stabilité de Pasquill. Elle
est la plus utilisée des modèles gaussiens.
L’approche de Pasquill est représentée par six classes allant des atmosphères très instables
(A,B), aux atmosphères très stables (E,F), en passant par des atmosphères neutres (C,D),
comme il est décrit dans le tableau qui suit [Pasquill, 1974]. Il existe cependant d’autres
systèmes de classification comme celle de Doury qui ne définit que deux classes : les classes
de diffusion normale (DN) qui regroupent les classes A à D de Pasquill et les classes de
diffusion faible (DF) qui regroupent les classes E et F de Pasquill
Vitesse du jour nuit
vent à 10 m Rayonnement solaire incident Nébulosité
(m/s) Fort Modéré Faible entre 4/8 et 7/8 < 3/8
<2 A A-B B F F
2-3 A-B B C E F
3-5 B B-C C D E
5-6 C C-D D D D
<6 C D D D D
Classes de stabilité de Pasquill
Comme il est décrit dans ce tableau, cette classe de stabilité de Pasquill varie selon la vitesse
du vent mesurée en m/s et à 10 m, et suivant le taux du rayonnement solaire pendant le jour et
le taux de nébulosité pendant la nuit.

[Link] principales caractéristiques du vent

Le vent est un déplacement de l'air. Il possède une vitesse et une direction. La vitesse est
exprimée en m/s, km/h ou en nœuds (1 nœud représente 1,852 km/h). La direction indique
d'où provient le vent. Ces caractéristiques se résument sous forme de figure dite : rose des
vents
Rose des vents à 10 m pour les 16 directions
Une rose des vents est une figure indiquant les points cardinaux : nord, sud, est, ouest. Elles
indiquent souvent également des orientations intermédiaires, jusqu’à 32 secteurs. En fait, les
roses initiales n’indiquaient pas quatre directions mais huit classes tous les 45°, puis 16
directions tous les 22.5° et la force du vent doit être mesurée pour tous les directions et
suivant les 6 classes de la stabilité.
Des cercles concentriques dessinés à partir du centre de la rose du vent représentent la
fréquence en pourcentage des épisodes du vent soufflant de chaque direction, Plus l’aiguille
d’une direction particulière est longue, plus le vent soufflant de cette direction est fréquent.
La rose des vents compte également une indication de la fréquence des vitesses du vent qui se
situent à l’intérieur de six catégories de vitesses particulières, où les vitesses sont mesurées en
nœuds.

[Link] de la dispersion atmosphérique

La dispersion des rejets par voie atmosphérique est très dépendante des conditions
météorologiques. On distingue trois processus de la dispersion atmosphérique :

Comportement de la dispersion atmosphérique

[Link] transport :

Déplacement essentiellement horizontal par le champ de vent des polluants les plus stables sur
de longues distances
[Link] diffusion

Brassage tridimensionnel par la turbulence de l’atmosphère associée à la couche limite


atmosphérique (CLA)
Deux origines pour la turbulence dans la CLA
– mécanique (cisaillement du vent en contact avec le sol)
– thermique (gradient vertical de température)

I.4.3.Déposition sec et humide

I.4.3.1.Dépôt sec

Le dépôt sec appelé aussi sédimentation : c'est la chute de la particule sous l'effet de la gravité
et de l’inertie des particules. Ceci concerne essentiellement les particules les plus lourdes.
C'est pourquoi on trouve souvent les grosses particules près de leur source d'émission. En
outre, le dépôt sec est fortement dépendant des mouvements atmosphériques : le vent peut
transporter les particules à de très longues distances de leur source.
Cependant, Le dépôt sec dépend principalement du degré de turbulence de l'atmosphère, des
caractéristiques de la surface et des propriétés chimiques émissions.
En effet, le dépôt sec est une conséquence de l'interaction directe entre la surface de la terre et
le nuage contaminé. Il est très important pour les radionucléides dans l'état gazeux,

I.4.3.2.Dépôt humide

Le dépôt humide a lieu en présence d'eau atmosphérique, dans les nuages ou au-dessous
d'eux.
Une partie des aérosols sur lesquels l'eau condense pour former des gouttelettes. Lorsque le
nuage précipite, ces particules à l'intérieur des gouttes sont donc éliminées. De plus, les
gouttes dans le nuage peuvent "attraper" les particules qui les entourent, et ces particules
collectées sont-elles-aussi éliminées par la pluie.
Les aérosols qui sont dans l'air sous le nuage peuvent aussi être emportés au sol par les
gouttes d'eau ou les flocons de neige qui tombent. En effet, le dépôt humide est très efficace
pour le lessivage de l'atmosphère.
Pour les radionucléides, le dépôt humide est décrit par la loi exprimant le débit
d'appauvrissement proportionnel à la concentration volumique des radionucléides

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