Cours Complet sur les Probabilités
Cours Complet sur les Probabilités
Iaousse Mbarek
I Part 3
1 Introduction 5
1.1 Fondements et Évolution des Probabilités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Application des Probabilités et Compréhension Conceptuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Dénombrement 29
3.1 Propriétés du Cardinal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.2 Techniques de dénombrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
II 79
i
ii
Cours de Probabilités
Le domaine des probabilités, se situant au croisement des mathématiques, de la logique et de la philosophie, a façonné
la compréhension moderne du monde aléatoire. Qu’il s’agisse d’analyser des tendances financières, de prédire des phéno-
mènes météorologiques ou de comprendre les principes de base de la génétique, les probabilités jouent un rôle fondamen-
tal.
Aperçu du Cours :
1. Introduction.
2. Chapitre 1 : Un peu sur la théorie des ensembles - Il abordera les sections Ensembles et Opérations, Concepts
Fondamentaux des ensembles et applications
3. Chapitre 2 : Dénombrement - Un apercu sur le denombrement et tirage connus.
4. Chapitre 3 : Axioms des proba - un definition regoureuse et mathmatique des probabilites
5. Chapitre 2 : Variables Aléatoires et Distributions - Immersion dans les distributions probabilistes courantes
et leurs implications.
6. Chapitre 3 : Théorèmes Limite et Convergence - Approfondissement des principaux théorèmes et de leurs
conséquences.
Méthodologie Pédagogique :
— Cours Magistraux : Exposition théorique et démonstrations mathématiques pour établir des bases solides.
— Travaux Dirigés : Application des notions à travers des exercices et cas pratiques.
— Études de Cas : Analyses de scénarios réels où les probabilités sont essentielles.
Ce cours est conçu pour offrir à la fois une solide base théorique et encourager une réflexion critique, tout en mettant
l’accent sur l’application de ces compétences à des situations concrètes. La maîtrise des probabilités est essentielle dans
de nombreux domaines professionnels, et ce cours représente une étape essentielle vers l’acquisition de cette expertise.
Part
3
CHAPITRE 1
Introduction
Les probabilités, une branche essentielle des mathématiques, jouent un rôle crucial dans de nombreux domaines allant
des sciences naturelles à la sociologie. Elles permettent de quantifier l’incertitude et de modéliser le hasard en termes
mathématiques. Ce chapitre examine la théorie des probabilités, débutant par ses origines historiques et son importance
fondamentale, puis explore les bases des ensembles et des opérations qui leur sont associées, mettant en évidence les prin-
cipes clés des probabilités. Le chapitre se clôture par une analyse approfondie des méthodes de dénombrement, essentielles
pour relier les concepts de probabilité à la résolution de problèmes complexes.
L’étude des probabilités s’est développée à partir des jeux de hasard et des paris, où des mathématiciens comme Blaise
Pascal et Pierre de Fermat ont posé les premiers jalons d’une approche mathématique de l’incertitude. Par leurs réflexions
sur des questions simples liées aux jeux de dés, ils ont jeté les bases de ce qui allait devenir un outil essentiel dans des
secteurs aussi variés que la finance et l’épidémiologie. Le problème des partis de tennis de Pascal est un exemple notable,
ayant contribué à l’émergence de la probabilité conditionnelle.
Les probabilités modélisent des phénomènes pour refléter la réalité, depuis les prévisions météorologiques jusqu’à l’ana-
lyse des risques en ingénierie. Les probabilités se divisent en deux grandes catégories : les probabilités discrètes, qui
concernent des événements spécifiques comme le lancer de dés, et les probabilités continues, qui s’appliquent à des va-
riables mesurables telles que le poids ou la température. Par exemple, compter les issues possibles lors du lancer de
dés illustre les probabilités discrètes, tandis que l’évaluation des états d’une particule en physique quantique relève des
probabilités continues.
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Cours de Probabilités
Le cours est structuré pour familiariser les étudiants avec le raisonnement probabiliste, indispensable à l’analyse de données
et à la prise de décisions éclairées dans des domaines tels que la statistique, l’actuariat et l’informatique. Dans ce dernier
domaine, la probabilité est fondamentale pour comprendre les algorithmes de cryptographie, l’intelligence artificielle, et
la théorie de l’information.
Les probabilités fournissent un cadre pour gérer l’incertitude et prendre des décisions éclairées en présence d’informations
incomplètes. Par exemple, dans les télécommunications, elles aident à comprendre et à réduire les erreurs de transmission
des données. En médecine, elles sont essentielles à la prise de décision clinique et à la planification des essais thérapeu-
tiques.
Les principes des probabilités sont particulièrement pertinents dans la résolution de problèmes de dénombrement, comme
déterminer le nombre de façons de chiffrer des données. Le dénombrement est aussi crucial pour développer des algo-
rithmes capables de gérer un large éventail de possibilités, que ce soit pour le routage de réseau ou les requêtes dans les
bases de données.
L’histoire des probabilités nous montre que des questions simples peuvent mener à des théories profondes aux applica-
tions étendues et influentes. En informatique, la probabilité est devenue fondamentale, en particulier dans l’apprentissage
automatique et l’analyse algorithmique. Pour conclure, ce cours vise à inculquer les concepts essentiels des probabilités
tout en préparant les étudiants à les appliquer à des problèmes actuels, où l’incertitude est souvent la seule certitude.
6 Chapitre 1. Introduction
CHAPITRE 2
La théorie des ensembles est une fondation des mathématiques qui traite des collections d’objets, nommées ensembles.
2.1.1 Ensemble
Définition
Un ensemble est une collection d’objets, appelés éléments. Les ensembles peuvent être représentés par une énumération
de leurs éléments entre accolades. Par exemple :
Exemple
— L’ensemble 𝐴 = {1, 3, 5, 7, 9} contient 5 éléments.
— L’ensemble 𝐵 = {𝑎} contient un seul élément ; un ensemble contenant un seul élément est dit singleton.
— L’ensemble 𝐶 = {1, 2} contient deux éléments ; un ensemble contenant exactement deux éléments est dit paire.
— L’ensemble vide est l’ensemble qui ne contient aucun élément. Il est dénoté par le symbole ∅ ou simplement par
{}.
Appartenance
Si un objet 𝑎 appartient à un ensemble 𝐴, on écrit :
𝑎∈𝐴
𝑏∉𝐴
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Cours de Probabilités
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3}, alors 2 ∈ 𝐴 mais 4 ∉ 𝐴.
𝐴 ⊂ 𝐵 ⟺ ∀𝑥(𝑥 ∈ 𝐴 ⟹ 𝑥 ∈ 𝐵)
Exemple
Soit 𝐴 = {1, 2} et 𝐵 = {1, 2, 3}. Comme tous les éléments de 𝐴 sont dans 𝐵, 𝐴 est un sous-ensemble de 𝐵, donc
𝐴 ⊂ 𝐵.
Exemple :
Si 𝐴 = {1, 2, {3, 4}}, alors:
— 1 ∈ 𝐴,
— {3, 4} ∈ 𝐴,
— mais {1, 3} ∉ 𝐴.
Exemple :
Si 𝐴 = {1, 2, {3, 4}}, alors:
— {1, {3, 4}} ⊂ 𝐴,
— et {{3, 4}} ⊂ 𝐴,
— mais {3, 4} ⊄ 𝐴.
Ensembles égaux
Deux ensembles 𝐴 et 𝐵 sont dits égaux (noté 𝐴 = 𝐵) si et seulement si chaque élément de 𝐴 est un élément de 𝐵 et
vice versa.
Formellement, cette définition peut être exprimée comme:
𝐴 = 𝐵 ⟺ (∀𝑥)(𝑥 ∈ 𝐴 ⟺ 𝑥 ∈ 𝐵)
ou encore
𝐴 = 𝐵 ⟺ 𝐴 ⊂ 𝐵 et 𝐵 ⊂ 𝐴
Exemples
— Un ensemble de chiffres et de lettres: 𝐴 = {1, 10, 7, 𝑥, 𝑦},
— Un ensemble de couleurs: 𝐵 = {rouge, vert, bleu}.
Exemples
— L’ensemble de tous les nombres pairs: 𝐶 = {𝑥 ∣ 𝑥 est un entier et 𝑥 est pair}
— L’ensemble des nombres réels supérieurs à 10 : 𝐷 = {𝑥 ∣ 𝑥 ∈ ℝ et 𝑥 > 10}
Remarque
— Un ensemble ne contient que des éléments distincts. C’est-à-dire que chaque élément d’un ensemble est unique
et ne peut pas être répété.
Exemple
Considérons un ensemble qui est décrit comme:
𝐸 = {2, 4, 6, 6, 8}
Même si le nombre 6 est mentionné deux fois, en réalité, l’ensemble 𝐸 est simplement :
𝐸 = {2, 4, 6, 8}
— l’ordre des éléments n’a pas d’importance. Cela signifie qu’un ensemble défini avec les éléments dans un certain
ordre est le même que le même ensemble avec les éléments dans un ordre différent.
Exemple
Considérons l’ensemble suivant:
𝐹 = {𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑}
Peu importe comment nous choisissons d’écrire les éléments, l’ensemble reste le même. Ainsi, les ensembles suivants sont
tous équivalents à l’ensemble 𝐹 :
𝐹 = {𝑎, 𝑐, 𝑏, 𝑑}
𝐹 = {𝑑, 𝑐, 𝑏, 𝑎}
𝐹 = {𝑏, 𝑎, 𝑑, 𝑐}
Dans chaque cas, l’ensemble contient exactement les mêmes éléments, donc il est considéré comme identique, indépen-
damment de l’ordre dans lequel les éléments sont listés.
Définition
Pour un ensemble donné 𝐴, l’ensemble des parties de 𝐴, noté 𝒫(𝐴), est l’ensemble de tous les sous-ensembles possibles
de 𝐴.
Exemples :
— Soit 𝐴 = {1, 2}. Alors :
𝒫(𝐴) = {∅, {1}, {2}, {1, 2}}
— Considérons un ensemble 𝐵 dont les éléments sont eux-mêmes des ensembles : 𝐵 = {{1}, {2, 3}, {4, 5, 6}}.
L’ensemble des parties de 𝐵 est :
𝒫(𝐵) = {∅, {{1}}, {{2, 3}}, {{4, 5, 6}}, {{1}, {2, 3}}, {{1}, {4, 5, 6}}, {{2, 3}, {4, 5, 6}}, 𝐵}
2.2.1 Union
Définition
L’union de deux ensembles 𝐴 et 𝐵 est l’ensemble de tous les éléments qui sont dans 𝐴, dans 𝐵, ou dans les deux.
𝐴 ∪ 𝐵 = {𝑥 ∶ 𝑥 ∈ 𝐴 ou 𝑥 ∈ 𝐵}
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3, 𝑎, 𝑏, 𝑐}, 𝐵 = {2, 4, 6, 8, 10, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
Alors
𝐴 ∪ 𝐵 = {1, 2, 3, 4, 6, 8, 10, 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
2.2.2 Intersection
Définition
L’intersection de deux ensembles 𝐴 et 𝐵 contient tous les éléments qui sont à la fois dans 𝐴 et dans 𝐵.
𝐴 ∩ 𝐵 = {𝑥 ∶ 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑥 ∈ 𝐵}
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3, 𝑎, 𝑏, 𝑐}, 𝐵 = {2, 4, 6, 8, 10, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
Alors
𝐴 ∩ 𝐵 = {2, 𝑐}
Remarque
On dit que deux ensembles 𝐴 et 𝐵 sont disjoint si 𝐴 ∩ 𝐵 = ∅. Cette notion va etre necessaire si l’on va parler des
evenements dans le Chapitre 3
2.2.3 Différence
Définition
La différence entre les ensembles 𝐴 et 𝐵 est l’ensemble de tous les éléments qui sont dans 𝐴 mais pas dans 𝐵.
𝐴 ∖ 𝐵 = {𝑥 ∶ 𝑥 ∈ 𝐴 et 𝑥 ∉ 𝐵}
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3, 𝑎, 𝑏, 𝑐}, 𝐵 = {2, 4, 6, 8, 10, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
Alors
𝐴 ∖ 𝐵 = {1, 3, 𝑎, 𝑏}
2.2.4 Complémentaire
Définition
Supposons qu’il existe un ensemble universel 𝑈 qui contient tous les éléments considérés. Le complémentaire de l’en-
semble 𝐴 dans 𝑈 (note 𝐴𝑐 ou 𝐴𝑐 ) est l’ensemble de tous les éléments qui sont dans 𝑈 mais pas dans 𝐴.
𝐴𝑐 = 𝑈 ∖ 𝐴
Avertissement: Pour désigner le complémentaire d’un ensemble 𝐴, nous utiliserons la notation 𝐴𝑐 ou 𝐴𝑐 selon ce
qui nous semble le plus clair dans le contexte. Les deux notations sont équivalentes et couramment utilisées.
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3, 𝑎, 𝑏, 𝑐}, 𝑈 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
Alors
𝐴𝑐 = {4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 𝑑, 𝑒}
Définition
Soient 𝐴 et 𝐵 deux ensembles. La différence symétrique de 𝐴 et 𝐵, notée 𝐴Δ𝐵, est l’ensemble des éléments qui
appartiennent à 𝐴 ou à 𝐵, mais pas à les deux simultanément.
𝐴Δ𝐵 = (𝐴 ∖ 𝐵) ∪ (𝐵 ∖ 𝐴)
Exemple
Si 𝐴 = {1, 2, 3, 𝑎, 𝑏, 𝑐}, 𝐵 = {2, 4, 6, 8, 10, 𝑐, 𝑑, 𝑒}
Alors
2.2.6 Propriétés
Complémentaire
1. Double Complémentaire :
—
(𝐴𝑐 )𝑐 = 𝐴
2. Complémentaire de l’Union et de l’Intersection :
—
(𝐴 ∪ 𝐵)𝑐 = 𝐴𝑐 ∩ 𝐵𝑐
(𝐴 ∩ 𝐵)𝑐 = 𝐴𝑐 ∪ 𝐵𝑐
Différence
𝐴∖𝐴=∅
2. Différence avec l’Ensemble Vide :
—
𝐴∖∅=𝐴
∅∖𝐴=∅
3. Différence et Complémentaire :
—
𝐴 ∖ 𝐵 = 𝐴 ∩ 𝐵𝑐
Différence Symétrique
1. Propriété Commutative :
—
𝐴Δ𝐵 = 𝐵Δ𝐴
2. Propriété Associative :
—
𝐴Δ(𝐵Δ𝐶) = (𝐴Δ𝐵)Δ𝐶
3. Différence Symétrique avec soi-même :
—
𝐴Δ𝐴 = ∅
4. Différence Symétrique avec l’Ensemble Vide :
—
𝐴Δ∅ = 𝐴
5. Relation avec l’Union et l’Intersection :
—
𝐴Δ𝐵 = (𝐴 ∪ 𝐵) ∖ (𝐴 ∩ 𝐵)
𝐴Δ𝐵 = (𝐴 ∖ 𝐵) ∪ (𝐵 − 𝐴)
2.3.1 Couple
Définition
Un couple est une paire ordonnée d’éléments. Si 𝑎 et 𝑏 sont deux éléments (pas nécessairement distincts), le couple formé
par 𝑎 et 𝑏 est noté (𝑎, 𝑏).
Propriété de l’Ordre
La propriété fondamentale des couples est la suivante :
(𝑎, 𝑏) = (𝑐, 𝑑) ⇔ 𝑎 = 𝑐 et 𝑏 = 𝑑
Cela signifie que deux couples sont égaux si et seulement si leurs premiers éléments sont égaux entre eux et leurs seconds
éléments sont égaux entre eux.
Exemple
Si nous avons deux couples (1, 2) et (1, 3), alors ces deux couples sont différents car leurs seconds éléments sont différents.
Définition
Soient 𝐴 et 𝐵 deux ensembles. Le produit cartésien de 𝐴 et 𝐵, noté 𝐴 × 𝐵, est défini par :
𝐴 × 𝐵 = {(𝑎, 𝑏) ∣ 𝑎 ∈ 𝐴 et 𝑏 ∈ 𝐵}
Exemples
— Considérons les ensembles 𝐴 = {1, 2} et 𝐵 = {𝑎, 𝑏}, alors :
𝐴 × 𝐵 = {(1, 𝑎), (1, 𝑏), (2, 𝑎), (2, 𝑏)}
— Considérons les ensembles 𝐴 = {𝑥, 𝑦} et 𝐵 = {1, 2, 3}. Le produit cartésien de 𝐴 et 𝐵 est :
𝐴 × 𝐵 = {(𝑥, 1), (𝑥, 2), (𝑥, 3), (𝑦, 1), (𝑦, 2), (𝑦, 3)}
Propriété de l’Ordre
Le produit cartésien n’est pas commutatif, c’est-à-dire que 𝐴 × 𝐵 ≠ 𝐵 × 𝐴 en général. Ceci est dû au fait que les couples
(𝑎, 𝑏) et (𝑏, 𝑎) sont considérés comme différents à moins que 𝑎 = 𝑏.
Exemple
n-uplet
Un n-uplet est une liste ordonnée de 𝑛 éléments, où 𝑛 est un entier positif. Si 𝑎1 , 𝑎2 , … , 𝑎𝑛 sont 𝑛 éléments (pas néces-
sairement distincts), le n-uplet formé par ces éléments est noté (𝑎1 , 𝑎2 , … , 𝑎𝑛 ).
Soient 𝐴1 , 𝐴2 , … , 𝐴𝑛 𝑛 ensembles. Le produit cartésien de ces ensembles, noté 𝐴1 × 𝐴2 × … × 𝐴𝑛 , est défini par :
𝑛
∏ 𝐴𝑛 = 𝐴1 × 𝐴2 × … × 𝐴𝑛 = {(𝑎1 , 𝑎2 , … , 𝑎𝑛 ) ∣ 𝑎1 ∈ 𝐴1 , 𝑎2 ∈ 𝐴2 , … , 𝑎𝑛 ∈ 𝐴𝑛 }
𝑖=1
Exemples
Exemple 1 :
Exemple 2 :
𝐴1 × 𝐴2 × 𝐴3 = {(1, 𝑎, •), (1, 𝑏, •), (2, 𝑎, •), (2, 𝑏, •), (1, 𝑎, △), (1, 𝑏, △), (2, 𝑎, △), (2, 𝑏, △)}
Le produit cartésien de 𝑛 copies de l’ensemble des nombres réels, ℝ, est noté ℝ𝑛 et est défini comme suit :
Chaque élément de ℝ𝑛 est un n-uplet où chaque composant 𝑥𝑖 est un nombre réel. Par exemple :
— Dans ℝ2 , les éléments sont des couples de la forme (𝑥, 𝑦), ce qui peut représenter un point dans le plan cartésien.
— Dans ℝ3 , les éléments sont des triplets (𝑥, 𝑦, 𝑧), pouvant représenter un point dans l’espace tridimensionnel.
— De manière générale, dans ℝ𝑛 , les éléments sont des n-uplets qui peuvent représenter des points dans un espace à
𝑛 dimensions.
𝐴1 × 𝐴 2 = ∅
Puisque l’ensemble vide n’a aucun élément, le produit cartésien est également vide.
2.4 Applications
2.4.1 Application
Définition
Soient 𝐴 et 𝐵 deux ensembles.
Une application 𝑓 de 𝐴 dans 𝐵 est un sous-ensemble 𝑓 ⊂ 𝐴 × 𝐵 tel que pour tout 𝑥 ∈ 𝐴, il existe un et un seul 𝑦 ∈ 𝐵
tel que (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑓.
Exemples
1. Si 𝐴 = {𝑥, 𝑦, 𝑧} et 𝐵 = {1, 2, 3, 4} :
— L’ensemble défini par {(𝑥, 1), (𝑦, 2), (𝑧, 3)} est une application de 𝐴 dans 𝐵, car chaque élément de 𝐴 est
associé à un et un seul élément de 𝐵.
— L’ensemble défini par {(𝑥, 1), (𝑦, 2), (𝑧, 2)} est une application de 𝐴 dans 𝐵.
— L’ensemble défini par {(𝑥, 1), (𝑥, 2), (𝑦, 4), (𝑧, 3)} n’est pas une application de 𝐴 dans 𝐵, car l’élément 𝑥 de
𝐴 est associé à plus d’un élément de 𝐵 (1 et 2), ce qui contredit la définition d’une application.
2. L’opération qui élève chaque nombre réel au carré constitue une application de ℝ dans ℝ :
𝑔∶ℝ→ℝ
𝑥 ↦ 𝑥2
3. L’association de chaque nombre réel à sa partie entière définit une application de ℝ vers ℤ :
ℎ∶ℝ→ℤ
𝑥 ↦ ⌊𝑥⌋
Remarque
2.4. Applications 19
Cours de Probabilités
Définition
Soit 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 une application. Pour un sous-ensemble 𝐶 de 𝐴, l’image de 𝐶 par 𝑓 est le sous-ensemble de 𝐵 donné
par:
𝑓(𝐶) = {𝑓(𝑥) ∶ 𝑥 ∈ 𝐶}
𝑓 −1 (𝐷) = {𝑥 ∈ 𝐴 ∶ 𝑓(𝑥) ∈ 𝐷}
Exemples
— Exemple 1: Soit 𝐴 = {𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑥, 𝑦, 𝑧} et 𝐵 = {1, 2, 3, 4, 5} :
On considere l’application 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 défini par {(𝑎, 2), (𝑏, 5), (𝑐, 4), (𝑥, 1), (𝑦, 5), (𝑧, 3)}.
2.4. Applications 21
Cours de Probabilités
Définition
Une application 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 est dite injective si tout élément distinct de 𝐴 a une image distincte dans 𝐵.
Autementdit, ∀𝑥1 , 𝑥2 ∈ 𝐴, 𝑓(𝑥1 ) = 𝑓(𝑥2 ) ⟹ 𝑥1 = 𝑥2 .
Ou encore, ∀𝑥1 , 𝑥2 ∈ 𝐴, 𝑥1 ≠ 𝑥2 ⟹ 𝑓(𝑥1 ) = 𝑓(𝑥2 ).
Exemples
— On considere l’application 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 défini par {(𝑎, 2), (𝑏, 5), (𝑐, 4), (𝑥, 1), (𝑦, 5), (𝑧, 3)}.
Cette apllication n’est pas injective car 𝑏 et 𝑦 sont distincts mais ils ont la meme image 5.
— Considérons 𝑓 ∶ ℤ → ℤ défini par 𝑓(𝑥) = 2𝑥. Cette application est injective car si 𝑥1 ≠ 𝑥2 , alors 2𝑥1 ≠ 2𝑥2 .
Définition
Une application 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 est dite surjective si chaque élément de 𝐵 est l’image d’au moins un élément de 𝐴.
Autrementdit, 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 est dite surjective si ∀𝑦 ∈ 𝐵, ∃𝑥 ∈ 𝐴 tel que 𝑓(𝑥) = 𝑦.
Exemples
— Considérons l’application 𝑓 ∶ ℝ → ℝ+ où ℝ+ est l’ensemble des nombres réels positifs, définie par 𝑓(𝑥) = 𝑥2 .
√
Cette application est surjective car pour tout 𝑦 dans ℝ+ , il existe un 𝑥 tel que 𝑓(𝑥) = 𝑦 (par exemple, 𝑥 = 𝑦
√
ou 𝑥 = − 𝑦).
— En revanche, l’application 𝑓 ∶ ℝ → ℝ définie par 𝑓(𝑥) = 𝑥2 . Cette application n’est pas surjective car les nombres
negatifs n’ont pas d’anticidants.
Définition
Une application 𝑓 ∶ 𝐴 → 𝐵 est dite bijective si elle est à la fois injective et surjective. Cela signifie qu’il y a une
correspondance unique et réciproque entre les éléments de 𝐴 et les éléments de 𝐵.
Exemples
— L’application identite 𝐼𝑑𝐴 definie par:
𝐼𝑑𝐴 ∶ 𝐴 → 𝐴
𝑥↦𝑥
est une bijection de 𝐴 dans 𝐴. car chaque element 𝑥 de 𝐴 a un et un seul anticidant (lui-meme).
— Considérons l’application 𝑓 ∶ ℤ → ℤ définie par 𝑓(𝑥) = 𝑥 + 1. Cette application est bijective. En effet, chaque
element 𝑦 de ℤ a un et un seul anticidant, 𝑥 = 𝑦 − 1.
Propriété
Si une application est bijective, il existe une application inverse 𝑓 −1 ∶ 𝐵 → 𝐴 telle que 𝑓 −1 (𝑓(𝑎)) = 𝑎 pour tout 𝑎 dans
𝐴, et 𝑓(𝑓 −1 (𝑏)) = 𝑏 pour tout 𝑏 dans 𝐵.
Exemples
Pour l’application 𝑓 ∶ ℤ → ℤ définie précédemment par 𝑓(𝑥) = 𝑥 + 1, l’application inverse est 𝑓 −1 (𝑥) = 𝑥 − 1.
Definition
Un ensemble 𝐴 est dit fini s’il vide (𝐴 = ∅) ou s’il existe un nombre entier 𝑛 ≥ 1 et une application bijective 𝑓 ∶ 𝐴 →
{1, … , 𝑛}. L’entier 𝑛 est alors dit cardinal de 𝐴, et on écrit #𝐴 = 𝑛 ou 𝑐𝑎𝑟𝑑 𝐴 = 𝑛 ou encore |𝐴| = 𝑛. On dit que 𝐴
est infini s’il n’est pas fini.
Exemples
— L’ensemble des faces d’un dé est fini et a pour cardinal 6.
— L’ensemble des lettres de l’alphabet est fini et a pour cardinal 26 (en considérant l’alphabet anglais).
Definition
Un ensemble 𝐴 est dit infini dénombrable (ou tout simplement dénombrable) s’il existe une bijection entre 𝐴 et ℕ.
Exemples
— L’ensemble des entiers naturels ℕ est dénombrable (on considerer l’application identite).
— L’ensemble des entiers naturels pairs 2ℕ est dénombrable (l’application de ℕ dans 2ℕ definie par 𝑛 ↦ 2𝑛 est
bijective).
— L’ensemble des entiers naturels impairs 2ℕ + 1 est dénombrable (l’application de ℕ dans 2ℕ + 1 definie par
𝑛 ↦ 2𝑛 + 1 est bijective).
— L’ensemble des entiers relatifs ℤ est dénombrable, même s’il s’étend dans les deux directions à l’infini.
— l’ensemble des rationels ℚ est dénombrable.
Definition
Un ensemble 𝐴 est dit infini non dénombrable (ou tout simplement non dénombrable) s’il est infini et ne peut être mis
en bijection avec les entiers naturels ℕ.
Exemples
— Un exemple classique d’ensemble infini non dénombrable est l’ensemble des nombres réels ℝ.
— Tout ensemble qui est en bejiction avec ℝ est non dénombrable (pourquoi?).
2.6 Exercices
2.6.1 Exercice 1
1. Donner un exemple d’un ensemble qui est un élément d’un autre ensemble.
2. Spécifier l’ensemble 𝐴 = {𝑥 ∈ ℕ ∣ 𝑥 < 4} en utilisant la méthode d’extension.
3. Décrire l’ensemble 𝐵 des entiers pairs plus grands que 3 et inférieurs à 11 en utilisant la méthode de compréhen-
sion.
4. Définissez un ensemble en utilisant la méthode de compréhension (ensemble des nombres pairs entre 0 et 10).
5. Écrivez en extension l’ensemble des nombres entiers compris entre 1 et 5.
6. Écrire l’ensemble des parties de {1, 2, {3, 4}}.
7. Donner un exemple d’un ensemble spécifié par une propriété et non par une énumération.
2.6.2 Exercice 2 :
2.6.3 Exercice 3 :
2.6.4 Exercice 4 :
2.6. Exercices 25
Cours de Probabilités
2.6.5 Exercice 5 :
2.6.6 Exercice 6 :
On considere l’ensemble universel 𝑈 = {1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10}, 𝐴 = {1, 2, 3}, 𝐵 = {3, 4, 5}. Verifier que (𝐴 ∪ 𝐵)𝑐 =
𝐴𝑐 ∩ 𝐵𝑐 et (𝐴 ∩ 𝐵)𝑐 = 𝐴𝑐 ∪ 𝐵𝑐
2.6.7 Exercice 7 :
1. Soient 𝐴 et 𝐵 deux ensembles. Utilisez les lois de De Morgan pour montrer les équivalences suivantes :
1. Montrez que (𝐴 ∪ 𝐵)𝑐 = 𝐴𝑐 ∩ 𝐵𝑐 .
2. Montrez que (𝐴 ∩ 𝐵)𝑐 = 𝐴𝑐 ∪ 𝐵𝑐 .
2. Soient 𝐴1 , 𝐴2 , ..., 𝐴𝑛 une collection finie d’ensembles. Utilisez les lois de De Morgan pour montrer les équiva-
lences suivantes :
𝑛 𝑛
1. Montrez que (⋃𝑖=1 𝐴𝑖 )𝑐 = ⋂𝑖=1 𝐴𝑐𝑖 .
𝑛 𝑛
2. Montrez que (⋂𝑖=1 𝐴𝑖 )𝑐 = ⋃𝑖=1 𝐴𝑐𝑖 .
3. Considérez une collection (dénombrable ou non) d’ensembles {𝐴𝛼 }𝛼∈𝐼 , où 𝐼 est un index quelconque. Utilisez
les lois de De Morgan pour montrer les équivalences suivantes :
1. Montrez que (⋃𝛼∈𝐼 𝐴𝛼 )𝑐 = ⋂𝛼∈𝐼 𝐴𝑐𝛼 .
2. Montrez que (⋂𝛼∈𝐼 𝐴𝛼 )𝑐 = ⋃𝛼∈𝐼 𝐴𝑐𝛼 .
2.6.8 Exercice 8 :
2.6.9 Exercice 9 :
1. Montrez que si 𝐴 et 𝐵 sont des ensembles non vides, alors 𝐴 × 𝐵 est non vide.
2. Démontrez que (𝐴 × 𝐵) ∩ (𝐶 × 𝐷) = (𝐴 ∩ 𝐶) × (𝐵 ∩ 𝐷).
3. Prouvez que si 𝐴 × 𝐵 = 𝐴 × 𝐶 et 𝐴 est non vide, alors 𝐵 = 𝐶.
4. Démontrez que pour tous ensembles 𝐴, 𝐵, 𝐶, (𝐴 × 𝐵) ∪ (𝐴 × 𝐶) = 𝐴 × (𝐵 ∪ 𝐶).
2.6.11 Exercice 11 :
2.6. Exercices 27
Cours de Probabilités
1. Donner un exemple d’une application qui n’est ni injective ni surjective d’un semble 𝐴 dans un ensbmle 𝐵 (les
ensembles a donner).
2. Donner un exemple d’une application qui n’est pas surjective mais injective d’un semble 𝐴 dans un ensbmle 𝐵 (les
ensembles a donner).
3. Donner un exemple d’une application qui n’est pas injective mais surjective d’un semble 𝐴 dans un ensbmle 𝐵 (les
ensembles a donner).
4. Donner un exemple d’une application qui bijective d’un semble 𝐴 dans un ensbmle 𝐵 (les ensembles a donner).
5. Traiter selon les cas (#𝐴 < #𝐵, #𝐴 > #𝐵, et #𝐴 = #𝐵) les types d’applications qu’on peut construire
(injections, surjections, bijections).
6. Pour 𝐴 = {1, 2, 3} et 𝐵 = {𝑎, 𝑏, 𝑐} donner toutes les application, les applications injectives, les applications
surjective, et les applications bijective de 𝐴 dans 𝐵. quel sera le cas si #𝐴 = 𝑛 ?
1. Montrez que l’application 𝑓 ∶ ℕ → 2ℕ définie par 𝑓(𝑛) = 2𝑛 est bijective. En déduire que l’ensemble 2ℕ est
dénombrable.
2. Montrez que l’application 𝑔 ∶ ℕ → 2ℕ + 1 définie par 𝑔(𝑛) = 2𝑛 + 1 est bijective. En déduire que l’ensemble
2ℕ + 1 est dénombrable.
3. Montrez que l’application ℎ ∶ ℕ → ℤ, qui associe à chaque nombre naturel un entier (par exemple, en alternant
positifs et négatifs), est bijective. En déduire que l’ensemble ℤ est dénombrable.
Dénombrement
Le dénombrement concerne le comptage des éléments d’un ensemble, en particulier lorsqu’ils sont finis ou dénombrables.
Il est essentiel en probabilités, notamment pour étudier les variables aléatoires discrètes et leurs distributions. Le dénom-
brement offre les outils nécessaires pour compter le nombre de façons dont un événement peut se produire, que l’on
s’intéresse à des tirages avec remise, sans remise, à des échantillons ordonnés ou non ordonnés.
La discussion antérieure a introduit la notion de cardinalité en théorie des ensembles. La présente section se propose de
développer une compréhension approfondie des propriétés qui régissent le dénombrement.
Principe de l’addition
Si une situation 𝐴 peut se produire de 𝑛1 façons différentes et une autre situation 𝐵 de 𝑛2 façons différentes, et que les
deux situations ne peuvent pas se présenter en même temps, alors il y a 𝑛1 + 𝑛2 manières différentes pour que 𝐴 ou 𝐵 se
réalise.
Ce principe s’appuie sur les propriétés cardinales de l’union et de l’intersection des ensembles.
29
Cours de Probabilités
Union d’Ensembles
Propriété
— Pour deux ensembles 𝐴 et 𝐵 disjoint (i.e #𝐴 ∩ 𝐵 = ∅) on a:
#𝐴 ∪ 𝐵 = #𝐴 + #𝐵
— Plus généralement, si 𝐴1 , 𝐴2 , … , 𝐴𝑛 sont des ensembles deux à deux disjoints (i.e #𝐴𝑖 ∩ 𝐴𝑗 = ∅ pour 𝑖 ≠ 𝑗),
alors:
𝑛 𝑛
# ⋃ 𝐴𝑖 = ∑ #𝐴𝑖
𝑖=1 𝑖=1
Remarque
quite a considerer les ensembles 𝐴 ∖ 𝐵, 𝐵 ∖ 𝐴, et 𝐴 ∩ 𝐵, on trouve que pour deux ensembles quelconques 𝐴 et 𝐵 :
#𝐴 ∪ 𝐵 = #𝐴 + #𝐵 − #𝐴 ∩ 𝐵
Exemples
— Exemple 1 : Soient 𝐴 = {1, 2, 3} et 𝐵 = {3, 4, 5}. Alors, #𝐴∪𝐵 = 5 et #𝐴+#𝐵|−#𝐴∪𝐵 = 3+3−1 = 5.
— Exemple 2 : Soient 𝐴 = {𝑎, 𝑏} et 𝐵 = {1, 2}. Ici, 𝐴 et 𝐵 sont disjoints, donc #𝐴∪𝐵 = #𝐴+#𝐵 = 2+2 = 4.
— Exemple 3 : Si nous avons 3 chemises et 4 pantalons différents, le nombre de façons de choisir un article (une
chemise OU un pantalon) est 3 + 4 = 7.
Intersection d’Ensembles
Propriété
Pour deux ensembles 𝐴 et 𝐵 :
#𝐴 ∩ 𝐵 ≤ min(#𝐴, #𝐵)
Exemples
— Exemple 1 : Soient 𝐴 = {𝑥, 𝑦, 𝑧} et 𝐵 = {𝑦, 𝑧}. Alors, #𝐴 ∩ 𝐵 = 2 et min(#𝐴, #𝐵) = min(3, 2) = 2.
— Exemple 2 : Pour n’importe quel ensemble 𝐴, #𝐴 ∩ ∅ = 0 car l’intersection de tout ensemble avec l’ensemble
vide est l’ensemble vide.
30 Chapitre 3. Dénombrement
Cours de Probabilités
Dans une boutique informatique, on propose à la vente quatre types d’ordinateurs selon le système d’exploitation (OS)
installé :
1. Des ordinateurs avec Windows uniquement.
2. Des ordinateurs avec Linux uniquement.
3. Des ordinateurs avec un système dual boot Windows/Linux.
4. Des ordinateurs sans aucun système d’exploitation installé.
On dispose des informations suivantes : - Il y a 120 ordinateurs au total. - 70 ordinateurs ont Windows installé (ce chiffre
inclut les ordinateurs avec Windows uniquement et ceux avec dual boot). - 50 ordinateurs ont Linux installé (ce chiffre
inclut les ordinateurs avec Linux uniquement et ceux avec dual boot). - 10 ordinateurs n’ont aucun système d’exploitation
installé. - 15 ordinateurs ont à la fois Windows et Linux (dual boot). Questions : A. Combien y a-t-il d’ordinateurs avec
uniquement Windows installé ? B. Combien y a-t-il d’ordinateurs avec uniquement Linux installé ? C. Utilisez les lois de
De Morgan pour confirmer le nombre d’ordinateurs qui ont au moins un système d’exploitation installé. Pour répondre à
ces quesitons, on va suivre les étapes suivantes :
— Soient les ensembles :
— 𝑊 l’ensemble des ordinateurs avec Windows.
— 𝐿 l’ensemble des ordinateurs avec Linux.
— 𝐷 l’ensemble des ordinateurs avec un système dual boot (Windows et Linux).
— 𝑁 l’ensemble des ordinateurs sans aucun système d’exploitation installé.
— On sait que :
— #𝑊 = 70
— #𝐿 = 50
— #𝐷 = 15
— #𝑁 = 10
— Le total des ordinateurs est #(𝑊 ∪ 𝐿 ∪ 𝑁 ) = 120.
— La formule de dénombrement pour deux ensembles avec intersection est :
#(𝑊 ∪ 𝐿) = #𝑊 + #𝐿 − #(𝑊 ∩ 𝐿)
#(𝑊 ∪ 𝐿) = #𝑊 + #𝐿 − #𝐷
— Ainsi, le nombre d’ordinateurs avec soit Windows, soit Linux, soit les deux (sans considérer ceux sans OS) est :
#(𝑊 ∪ 𝐿) = 70 + 50 − 15 = 105
Le principe de la multiplication est connue par Le principe fondamental de dénombrement. La formulation du principe
de la multiplication se présente comme suit :
principe
Si une situation 𝐴 peut se produire de 𝑛1 façons différentes et une autre situation 𝐵 de 𝑛2 façons différentes, alors les
deux situations 𝐴 et 𝐵 peuvent se produire simultanément de 𝑛1 × 𝑛2 façons.
Ce principe s’appuie sur les propriétés cardinales du produit cartésien des ensembles.
Propriété
Pour deux ensembles 𝐴 et 𝐵 :
#𝐴 × 𝐵 = #𝐴 ⋅ #𝐵
Exemples
— Exemple 1 : Soient 𝐴 = {1, 2} et 𝐵 = {𝑎, 𝑏}. Alors, 𝐴 × 𝐵 = {(1, 𝑎), (1, 𝑏), (2, 𝑎), (2, 𝑏)}, donc #𝐴 × 𝐵 =
4 = #𝐴 ⋅ #𝐵.
— Exemple 2 : Si 𝐴 = {1, 2, 3} et 𝐵 = ∅, alors 𝐴 × 𝐵 = ∅ et donc #𝐴 × 𝐵 = 0 = #𝐴 ⋅ #𝐵.
— Exemple 3 : Pour le même ensemble de vêtements, le nombre de façons de choisir une chemise ET un pantalon
est 3 × 4 = 12.
Les opérateurs de télécommunications distribuent des numéros de téléphone uniques pour chaque carte SIM. Imaginons
qu’un opérateur attribue des numéros commençant par 06, suivis de 8 chiffres aléatoires. Nous souhaitons savoir combien
de numéros uniques peuvent être créés et en combien d’années la totalité de ces numéros serait attribuée en prenant en
compte la croissance de la population.
Questions :
1. Combien de numéros uniques de cartes SIM de la forme 06XX-XX-XX-XX sont possibles ?
2. En supposant que la population totale du Maroc est de 40 millions avec un taux de croissance annuel (supposé fixe)
de 1.5%, et en considérant que la population évolue selon la formule de croissance exponentielle ci-dessous, et
que chaque personne possède exactement une carte SIM, combien d’années faudra-t-il pour que tous les numéros
de cartes SIM soient attribués ?
La formule de la croissance exponentielle est :
𝑁 (𝑡) = 𝑁0 ⋅ (1 + 𝑟)𝑡
32 Chapitre 3. Dénombrement
Cours de Probabilités
où 𝑁 (𝑡) est la population totale à l’année 𝑡, 𝑁0 est la population initiale (40 millions), 𝑟 est le taux de croissance annuel
(1.5% ou 0.015), et 𝑡 est le nombre d’années.
Pour résoudre ces questions, nous appliquons le principe de multiplication.
— Pour la question 1, chaque “x” peut prendre une valeur entre 0 et 9, ce qui donne 10 possibilités par “x”. Comme
il y a 8 emplacements pour les “x”, le nombre total de combinaisons de numéros de cartes SIM est :
Remrque
Il est important de noter que le calcul ci-dessus repose sur l’hypothèse simplificatrice d’un taux de croissance démogra-
phique constant et de l’attribution d’une carte SIM à chaque individu. En réalité, le taux de croissance de la population
peut varier et le nombre de personnes possédant une carte SIM est généralement inférieur au nombre total de la popula-
tion. Par conséquent, le délai réel pour attribuer tous les numéros de cartes SIM pourrait être plus long que l’estimation
donnée, ce qui souligne le caractère approximatif de ces calculs.
Propriété
Pour un ensemble 𝐴 :
#𝒫(𝐴) = 2#𝐴
Exemples
— Exemple 1 : Soit 𝐴 = {𝑎, 𝑏}. L’ensemble des parties de 𝐴 est 𝒫(𝐴) = {∅, {𝑎}, {𝑏}, {𝑎, 𝑏}}, donc #𝒫(𝐴) =
4 = 22 = 2#𝐴 .
— Exemple 2 : Si 𝐴 est l’ensemble vide, alors 𝒫(𝐴) = {∅} et #𝒫(𝐴) = 1 = 20 = 2#𝐴 .
Dans cette section, nous allons étudier les méthodes permettant de compter et d’énumérer les différentes façons dont
des éléments peuvent être combinés, arrangés ou choisis dans diverses situations. Ces techniques sont essentielles pour
résoudre une grande variété de problèmes dans des domaines tels que la statistique, la probabilité, la théorie des graphes,
l’informatique, et bien d’autres. Il est à noter que toutes ces techniques sont à la base du principe fondamental du dénom-
brement.
3.2.1 Arrangements
Permutations
Définition
Une permutation est un arrangement de tous les éléments d’un ensemble dans un ordre particulier. En d’autres termes,
c’est une manière de réorganiser les éléments d’un ensemble de façon à ce que chaque élément apparaisse exactement une
fois dans la nouvelle séquence. Le nombre total de permutations possibles pour un ensemble de n éléments est donné par
la factorielle de n, notée n!.
𝑛! = 𝑛 × (𝑛 − 1) × … × 2 × 1
Exemples
1. Pour un ensemble {𝑎, 𝑏, 𝑐}, il existe 3! = 6 permutations possibles : 𝑎𝑏𝑐, 𝑎𝑐𝑏, 𝑏𝑎𝑐, 𝑏𝑐𝑎, 𝑐𝑎𝑏, et 𝑐𝑏𝑎.
2. On souhaite déterminer combien de nombres de 4 chiffres peuvent être formés en utilisant les chiffres 1, 2, 3 et
4 sans répétition. Il s’agit donc de calculer les 4! = 24 permutations possibles, qui sont les suivantes : 1234, 1243,
1324, 1342, 1423, 1432, 2134, 2143, 2314, 2341, 2413, 2431, 3124, 3142, 3214, 3241, 3412, 3421, 4123, 4132,
4213, 4231, 4312, 4321.
Définition
L’arrangement de p éléments distincts parmi n éléments, sans tenir compte de l’ordre, est appelé arrangement. Le nombre
d’arrangements possibles est donné par la formule suivante :
𝑛!
𝐴𝑝𝑛 = = 𝑛 × (𝑛 − 1) × … × 𝑝
(𝑛 − 𝑝)!
Exemples
1. Mathématique : Pour un ensemble {𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑}, le nombre d’arrangements possibles de 2 éléments est 𝐴24 = 12.
2. Réel : Lorsqu’on choisit deux cours parmi cinq pour suivre ce semestre, l’ordre dans lequel les cours sont choisis
n’a pas d’importance. Les arrangements sont utilisés pour calculer le nombre total de choix possibles.
34 Chapitre 3. Dénombrement
Cours de Probabilités
3. Supposons que nous voulons créer un nombre de trois chiffres distincts en utilisant les chiffres 1, 2, 3 et 4. Nous
pouvons utiliser la technique d’arrangement pour déterminer combien de nombres différents nous pouvons former.
En utilisant la formule d’arrangement, nous pouvons calculer le nombre d’arrangements possibles de 3 chiffres
parmi 4 :
4!
𝐴34 = = 24
(4 − 3)!
Il y a donc 24 façons différentes de choisir trois chiffres distincts parmi 1, 2, 3 et 4. Parmi ces arrangements, nous
pouvons former des nombres comme 123, 132, 214, 341, etc.
Définition
Lorsque l’on permet la répétition des éléments dans un arrangement, cela signifie qu’un élément peut apparaître plusieurs
fois dans la séquence. Le nombre d’arrangements possibles de p éléments parmi n éléments avec répétition est donné par :
𝑛𝑝
Exemples
1. Pour un ensemble {𝑎, 𝑏, 𝑐} où la répétition est autorisée, le nombre d’arrangements possibles de 2 éléments est
32 = 9. Ces arrangements sont: 𝑎𝑎, 𝑏𝑏, 𝑐𝑐, 𝑎𝑏, 𝑎𝑐, 𝑏𝑎, 𝑏𝑐, 𝑐𝑎, 𝑐𝑏.
2. Lorsqu’on crée un code PIN à quatre chiffres, chaque chiffre peut être choisi parmi les dix chiffres possibles (0-9).
Le nombre total d’arrangements possibles est de 104 = 10, 000.
3. Le nombre d’applications d’un ensemble 𝐴 dans un ensemble 𝐵 que l’on peut former est: #𝐵𝐴 = #𝐵#𝐴 (d’où
la notation 𝐵𝐴 pour l’ensemble des applications de 𝐴 dans 𝐵).
3.2.2 Combinaisons
Définition
Une combinaison est une sélection de p éléments parmi n éléments, sans tenir compte de l’ordre. Le nombre de combi-
naisons possibles est donné par la formule suivante :
𝑛 𝑛!
( ) = 𝐶𝑛𝑝 =
𝑝 𝑝!(𝑛 − 𝑝)!
Avertissement: Il convient de noter qu’il existe deux notations couramment utilisées pour représenter les combinai-
sons : la notation
nombre de cas possibles 𝑛
( ) ou ( )
nombre de cas favorables 𝑝
et la notation
nombre de cas favorables 𝑝
𝐶nombre de cas possibles ou 𝐶𝑛
Le nombre de cas possibles 𝑛 correspond au total des résultats ou des éléments dans un ensemble, tandis que le nombre
de cas favorables 𝑝 représente le nombre de résultats ou d’éléments souhaités dans cet ensemble. Dans la première
notation, le nombre de cas possibles est placé en haut et le nombre de cas favorables en bas, tandis que dans
la seconde notation, c’est l’inverse.
Exemples
4!
1. Pour un ensemble {𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑}, le nombre de combinaisons possibles de 2 éléments est (42) = 𝐶42 = = 6.
2!(4 − 2)!
ces combinaisons sont: 𝑎𝑏, 𝑎𝑐, 𝑎𝑑, 𝑏𝑐, 𝑏𝑑, 𝑐𝑑.
2. Lorsqu’on forme une équipe de 11 joueurs de football parmi 24 joueurs disponibles, l’ordre des sélections n’a pas
d’importance. Le nombre d’équipes possibles a former est:
24 24!
( )= = 2496144
11 11!(24 − 11)!
Définition
Une combinaison avec répétition est une sélection de p éléments parmi n éléments, où chaque élément peut être choisi
plus d’une fois et l’ordre des éléments n’est pas pris en compte. Le nombre de ces combinaisons est donné par la formule :
𝑛+𝑝−1 (𝑛 + 𝑝 − 1)!
𝐾𝑛𝑝 = ( )=
𝑝 𝑝!(𝑛 − 1)!
Exemples
36 Chapitre 3. Dénombrement
Cours de Probabilités
1. Pour un ensemble {𝑎, 𝑏}, le nombre de combinaisons possibles de 2 éléments avec répétition est 𝐾22 = (2+2−1 2 )=
3 3!
(2) = = 3. Ces combinaisons sont: 𝑎𝑎, 𝑎𝑏, 𝑏𝑏.
2!(3 − 2)!
2. Si on a 5 types de fruits et on souhaite choisir 3 fruits avec répétition possible, le nombre de combinaisons serait :
5+3−1 7 7!
𝐾53 = ( )=( )= = 35
3 3 3!(7 − 3)!
Propriétés
Le tableau ci-dessous fournit un aperçu détaillé des différents types de tirages en probabilités, en précisant pour chacun
la formule mathématique associée et un exemple concret. Vous y trouverez les cas de tirages avec ou sans remise, ainsi
que les permutations, avec des explications ordonnées pour une meilleure compréhension des concepts.
Le tableau suivant est une extension du premier, présentant les formules dans le contexte des arrangements d’objets dans
des cases, qui suivent les mêmes principes que les tirages présentés précédemment.
3.3 Exercices
3.3.1 Exercice 1
3.3. Exercices 37
Cours de Probabilités
3.3.2 Exercice 2
Dans une école, il y a 12 enseignants, 10 administratifs et 5 membres du personnel de service. De combien de manières
différentes peut-on les organiser pour une réunion si :
1. Ils peuvent se placer librement.
2. Les enseignants souhaitent se tenir ensemble.
3.3.3 Exercice 3
Une urne contient 10 boules numérotées de 1 à 10. On tire les boules une à une et on les place en ligne.
1. Combien y a-t-il de dispositions possibles si les boules sont tirées au hasard?
2. Combien y a-t-il de dispositions possibles si les boules impaires doivent être placées ensemble?
3.3.4 Exercice 4
Dans un jeu de 52 cartes, on tire au hasard 5 cartes (ces cartes constituent une “main”).
1. Quel est le nombre total de mains possibles ?
2. Combien de mains contiennent exactement 2 as et 3 rois ?
3. Combien de mains contiennent au moins 4 figures (Valet, Dame, Roi) ?
3.3.5 Exercice 5
Calculer:
(11
3) (24
4)
a) (51) b) (53) c) (93) d) (𝑛2) e) (𝑛−2
𝑛
) f) g) 24
(5)
8
(7)
3.3.6 Exercice 6
Dans une classe de 25 élèves, on doit choisir 3 délégués. Combien de façons y a-t-il de les choisir ?
On suppose maintenant que parmi les délégués, il doit y avoir au moins un garçon et une fille. Sachant qu’il y a 15 garçons
dans cette classe, combien de façons y a-t-il alors de choisir un tel groupe de délégués ?
3.3.7 Exercice 7
Un domino est une petite planchette dont la face supérieure est divisée en deux parties portant chacune un chiffre de 0 à
5.
a) Une boîte de dominos contient toutes les associations possibles des chiffres entre 0 et 5 (y compris les doubles). Montrer
qu’une telle boîte contient 21 dominos.
b) Quelle est la probabilité de tirer au hasard un double dans la boîte ?
38 Chapitre 3. Dénombrement
Cours de Probabilités
3.3.8 Exercice 8
Dans une équipe de handball, 7 joueurs ont été sélectionnés. Pour un match, l’entraîneur choisit au hasard 5 joueurs parmi
ceux sélectionnés.
a) Combien l’entraîneur peut-il faire d’équipes différentes ? b) Je suis un des 7 sélectionnés. Montrer que la probabilité
que je fasse partie de l’équipe finalement retenue est 75 .
3.3.9 Exercice 9
On tire au hasard une main de cinq cartes dans un jeu de 52 cartes. Calculer la probabilité des événements suivants:
a) 𝐴 : “la main contient exactement trois as” b) 𝐵 : “la main contient au moins deux dames” c) 𝐶 : “la main contient au
moins un roi” d) 𝐷 : “la main contient 4 figures” (les figures sont les rois, dames et valets) e) 𝐸 : “la main contient un as,
3 rois et une dame”
3.3.10 Exercice 10
𝑛
Montrer que: ∑𝑘=0 (𝑛𝑘) ⋅ 3𝑘 = 4𝑛 .
3.3.11 Exercice 11
3.3. Exercices 39
Cours de Probabilités
40 Chapitre 3. Dénombrement
CHAPITRE 4
Définition
Une expérience est dite aléatoire si son résultat ne peut pas être prévu à l’avance. Autrement dit, si elle est répétée dans
des conditions identiques, elle peut donner lieu à des résultats différents.
— Les résultats obtenus lors d’une expérience aléatoire sont dits réalisations ou observations.
— L’ensemble de tous les résultats possibles d’une expérience s’appelle Univers, noté Ω. Il peut être fini, infini
dénombrable ou infini non dénombrable.
— Un élément 𝜔 de Ω est dit évènement élémentaire.
— Un sous ensemble de Ω est dit évènement.
Exemples
41
Cours de Probabilités
— Univers (Ω) : {0, 1, 2, 3, … , 𝑛} (où 𝑛 est un nombre maximum estimé de clients par jour)
— Réalisations : Le nombre spécifique de clients entrant dans la boutique.
— Évènements élémentaires : Chaque nombre spécifique de clients est un évènement élémentaire.
— Évènements :
— Aucun client n’entre dans la boutique.
— Plus de 50 clients entrent dans la boutique.
— moins de 20 clients entrent dans la boutique.
— …
Definition
Deux évènements 𝐴 et 𝐵 sont dits incompatibles (ou disjoints) si leur intersection est vide, c’est-à-dire 𝐴 ∩ 𝐵 = ∅.
Exemples
Exemples d’évènements incompatibles
1. Dans un lancer de dé, 𝐴 = {obtenir un pair}, 𝐵 = {obtenir un impair}. Ici, 𝐴 ∩ 𝐵 = ∅.
2. Lors du tirage d’une carte, 𝐴 = {tirer un as}, 𝐵 = {tirer un roi}. Aucune carte ne peut être à la fois un as et un
roi, donc 𝐴 ∩ 𝐵 = ∅.
3. Dans un lancer de dé, 𝐶 = {obtenir un nombre inférieur à4}, 𝐷 = {5, 6}. Ici, 𝐶 ∩ 𝐷 = ∅ .
Exemples d’évènements qui ne sont pas incompatibles
1. Dans un lancer de dé, 𝐶 = {obtenir un nombre inférieur à4}, 𝐷 = {obtenir un nombre pair}. Ici, 𝐶 ∩ 𝐷 = {2}
n’est pas vide.
2. Lors du tirage d’une carte, 𝐸 = {tirer un cœur}, 𝐹 = {tirer une carte rouge}. Les cœurs sont rouges, donc
𝐸 ∩ 𝐹 = {toutes les cartes de cœur} n’est pas vide.
Dans le contexte d’une expérience aléatoire, il peut sembler intuitif de considérer que tous les sous-ensembles de l’es-
pace des résultats possibles, Ω, représentent des événements, c’est-à-dire que l’ensemble des événements est équivalent
à l’ensemble de toutes les parties de Ω, noté 𝒫(Ω). Cependant, il est crucial de reconnaître que, dans certains contextes,
il n’est ni approprié ni faisable d’inclure chaque sous-ensemble de Ω comme événement potentiel. Ces cas se présentent
fréquemment quand l’espace Ω est d’une complexité excessive ou de taille non-dénombrablement infinie, par exemple
pour des résultats continus sur un intervalle ou dans des espaces de dimensions infinies.
Dans ces situations, plutôt que de travailler avec l’ensemble de toutes les parties de Ω, nous nous limitons à une collection
spécifique de sous-ensembles de Ω, désignée sous le nom de tribu ou 𝜎-algèbre. Cette collection est choisie de manière à
satisfaire certains critères mathématiques nécessaires à la construction d’une mesure de probabilité cohérente et utile.
Lorsque Ω est fini ou dénombrable à l’infini, il est souvent possible et pratique de définir une mesure de probabilité sur
𝒫(Ω), puisque l’ensemble des sous-ensembles est moins problématique à gérer et que chaque sous-ensemble peut se voir
attribuer une probabilité de manière bien définie.
Définition
Soit Ω un ensemble non vide. Une 𝜎-algèbre (ou tribu) ℱ sur Ω est une collection de sous-ensembles de Ω répondant
aux critères suivants :
1. Ω ∈ ℱ.
2. Si 𝐴 ∈ ℱ, alors son complémentaire 𝐴𝑐 ∈ ℱ aussi.
3. Si (𝐴𝑛 )𝑛≥1 est une suite d’ensembles appartenant à ℱ, alors l’union dénombrable ⋃𝑛≥1 𝐴𝑛 appartient a ℱ, c-a-d,
⋃𝑛≥1 𝐴𝑛 ∈ ℱ.
Si l’esemble Ω est muni d’une tribu ℱ alors on dit que le couple (Ω, ℱ) est un espace probabilisable.
Exemples
Soit Ω un ensemble quelconque. La tribu grossière sur Ω est la 𝜎-algèbre la plus simple et est définie par ℱg = {∅, Ω}.
— Condition 1 : Ω est par définition dans ℱg (satisfait).
— Condition 2 : Le complémentaire de Ω est ∅ et le complémentaire de ∅ est Ω ; tous deux sont présents dans ℱg
(satisfait).
— Condition 3 : Les seules unions dénombrables possibles sont ∅ et Ω eux-mêmes, qui sont déjà dans ℱg (satisfait).
Soit Ω un ensemble quelconque. La tribu discrète sur Ω est ℱd = 𝒫(Ω), où 𝒫(Ω) est l’ensemble de toutes les parties de
Ω (l’ensemble de puissance de Ω).
— Condition 1 : Ω est un membre de 𝒫(Ω), donc Ω ∈ ℱd (satisfait).
— Condition 2 : Pour tout sous-ensemble 𝐴 ⊆ Ω, le complémentaire 𝐴𝑐 = Ω ∖ 𝐴 est également dans 𝒫(Ω), donc
dans ℱd (satisfait).
— Condition 3 : Toute union dénombrable d’ensembles de ℱd est un sous-ensemble de Ω et donc appartient à ℱd
(satisfait).
Exemple 3:
Si Ω est un ensemble et 𝐴 est un sous-ensemble de Ω, alors {∅; 𝐴; 𝐴;̄ Ω} est une tribu sur Ω.
Exemple 4:
Proposition
Si ℱ est une tribu sur un ensemble Ω, alors:
— ∅∈ℱ
— Si (𝐴𝑛 )𝑛≥1 est une suite d’ensembles appartenant à ℱ, alors l’intersection dénombrable ⋂𝑛≥1 𝐴𝑛 appartient a ℱ,
c-a-d ⋂𝑛≥1 𝐴𝑛 ∈ ℱ.
— si 𝐴, 𝐵 ∈ ℱ alors:
— 𝐴 ∪ 𝐵 ∈ 𝑚𝑎𝑡ℎ𝑐𝑎𝑙𝐹 .
— 𝐴 ∩ 𝐵 ∈ 𝑚𝑎𝑡ℎ𝑐𝑎𝑙𝐹 .
— 𝐴∖𝐵 ∈ℱ
— 𝐴Δ𝐵 ∈ ℱ
Approfondissons les propriétés structurelles des 𝜎-algèbres, essentielles pour la construction de la notion de tribu engen-
drée.
Proposition
Soit (ℱ𝑖 )𝑖∈𝐼 une collections de tribus sur Ω. Alors, ℱ = ⋂𝑖∈𝐼 ℱ𝑖 est une tribu sur Ω.
Remarque
Il est crucial de noter que l’intersection en question est quelconque et, de manière significative, n’est pas restreinte à être
dénombrable.
Demonstration
Nous souhaitons démontrer que l’intersection ℱ = ⋂𝑖∈𝐼 ℱ𝑖 d’une famille (ℱ𝑖 )𝑖∈𝐼 de 𝜎-algèbres sur un ensemble Ω est
elle-même une 𝜎-algèbre sur Ω. Pour cela, nous devons vérifier que ℱ satisfait aux trois propriétés caractéristiques d’une
𝜎-algèbre.
Première propriété : Présence de Ω
Puisque chaque ℱ𝑖 est une 𝜎-algèbre, nous avons Ω ∈ ℱ𝑖 pour tout 𝑖 ∈ 𝐼. L’intersection de tous ces ensembles contiendra
aussi Ω, car c’est un élément commun à tous les ℱ𝑖 . Donc, nous avons Ω ∈ ℱ.
Deuxième propriété : Fermeture par passage au complémentaire
Soit 𝐴 ∈ ℱ. Cela signifie que 𝐴 ∈ ℱ𝑖 pour tout 𝑖 ∈ 𝐼. Comme chaque ℱ𝑖 est une 𝜎-algèbre, le complémentaire de 𝐴
dans Ω, noté 𝐴𝑐 , doit également appartenir à chaque ℱ𝑖 . Par conséquent, le complémentaire 𝐴𝑐 appartient à l’intersection
ℱ, car il est inclus dans tous les ℱ𝑖 . Ainsi, ℱ est fermé sous la formation de compléments.
Troisième propriété : Fermeture par union dénombrable
Considérons maintenant une suite dénombrable d’ensembles (𝐴𝑗 )𝑗≥1 tels que pour tout 𝑗 ≥ 1, 𝐴𝑗 ∈ ℱ. Cela implique
que pour tout 𝑗 ≥ 1 et pour tout 𝑖 ∈ 𝐼, 𝐴𝑗 ∈ ℱ𝑖 . Étant donné que chaque ℱ𝑖 est une 𝜎-algèbre, il est fermé sous les
unions dénombrables, donc ⋃𝑗≥1 𝐴𝑗 ∈ ℱ𝑖 pour tout 𝑖 ∈ 𝐼. L’union ⋃𝑗≥1 𝐴𝑗 est donc dans l’intersection ℱ, montrant
que ℱ est fermé sous les unions dénombrables.
Puisque ℱ répond à toutes ces conditions, nous pouvons conclure que ℱ est une sigma-algèbre sur Ω.
Démonstration
Soit 𝒮 l’ensemble des tribus sur Ω qui contiennent 𝒞. Nous avons 𝒮 ≠ ∅ car 𝒫(Ω) ∈ 𝒮, ce qui est évident puisque
l’ensemble des parties de Ω, 𝒫(Ω), est une tribu qui contient tout sous-ensemble de Ω, donc 𝒞 ⊂ 𝒫(Ω).
Considérons l’intersection de toutes ces tribus, notons-la ℱ = ⋂𝒯∈𝒮 𝒯. On obtient ℱ = {𝐴 ∈
𝒯, 𝒯 est un tribu sur Ω, 𝒞 ⊂ 𝒯}.
D’après une proposition antérieure (l’intersection de tribus est une tribu), ℱ est une tribu sur Ω.
De plus, si 𝒢 est une tribu sur Ω contenant 𝒞, alors, puisque ℱ est l’intersection de toutes les tribus contenant 𝒞, il s’ensuit
que ℱ ⊆ 𝒢. Aussi, puisque 𝒞 est inclus dans toutes les tribus considérées, il est inclus dans leur intersection, qui est ℱ.
Donc, ℱ est la plus petite tribu sur Ω contenant 𝒞.
Nous notons 𝜎(𝒞) = ℱ, et nous obtenons ainsi la plus petite tribu contenant 𝒞, qui est précisément 𝜎(𝒞). Formellement,
nous avons :
𝜎(𝒞) = ⋂ 𝒯 = {𝐴 ∈ 𝒯, 𝒯 est une tribu sur Ω et 𝒞 ⊂ 𝒯}
𝒯∈𝒮
Ceci définit la tribu engendrée par 𝒞 comme l’intersection de toutes les tribus contenant 𝒞, ce qui est, par sa définition, la
plus petite tribu par rapport à l’ensemble d’inclusion.
Définition
La tribu borélienne sur ℝ est la tribu engendrée par l’ensemble des intervalles ouverts de ℝ. En d’autres termes, c’est la
plus petite tribu contenant tous les intervalles ouverts (intervalles de la forme ]𝑎, 𝑏[ ; ] − ∞, 𝑎[ ; ]𝑎, +∞[ ; et ] − ∞, +∞[
avec 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ). Formellement, si nous notons ℐ l’ensemble de tous les intervalles ouverts dans ℝ, alors la tribu borélienne,
notée ℬ(ℝ), est donnée par:
ℬ(ℝ) = 𝜎(ℐ)
5. Les intervalles semi-ouverts: Tout ensemble de la forme [𝑎, 𝑏[ ou ]𝑎, 𝑏] est un borelien (pourquoi?).
Exemple
Toute fonction continue 𝑓 ∶ ℝ → ℝ est une application borélienne (Ω = ℝ dans ce cas). Cela découle du fait que la
l’image réciproque de tout ensemble ouvert par une fonction continue est également un ensemble ouvert.
La mesure de probabilité est un concept fondamental en théorie des probabilités, qui assigne à chaque événement défini au
sein d’une certaine structure, la 𝜎-algèbre, une valeur numérique entre 0 et 1, représentant la “chance” ou la “probabilité”
que cet événement se produise.
Définition
Soit (Ω, ℱ) un espace probabilisable, c’est-à-dire, Ω est un ensemble d’issues possibles et ℱ est une 𝜎-algèbre sur Ω. Une
mesure de probabilité (ou tout simplement une probabilité) est une application 𝑃 ∶ ℱ → [0, 1] qui satisfait les conditions
suivantes :
1. 𝑃 (Ω) = 1.
2. Pour toute suite dénombrable (𝐴𝑛 )∞
𝑛=1 d’ensembles mutuellement exclusifs (c-a-d ∀𝑖, 𝑗 ∈ ℕ, 𝑖 ≠ 𝑗 ⟹ 𝐴𝑖 ∩
𝐴𝑗 = ∅) dans ℱ, on a :
∞ ∞
𝑃 ( ⋃ 𝐴𝑛 ) = ∑ 𝑃 (𝐴𝑛 ).
𝑛=1 𝑛=1
Propriétés
Soient (Ω, ℱ, 𝑃 ) un espace probabilisé, 𝐴, 𝐵 deux événements, et 𝐴1 , … , 𝐴𝑛 des événements deux a deux disjoint, alors:
1. Probabilité de l’ensemble vide :
𝑃 (∅) = 0
En particulier, si 𝐴 ∩ 𝐵 = ∅ :
𝑃 (𝐴 ∪ 𝐵) = 𝑃 (𝐴) + 𝑃 (𝐵)
3. Probabilité du complémentaire :
𝑃 (𝐴𝑐 ) = 1 − 𝑃 (𝐴)
𝑃 (𝐴 ∪ 𝐵) = 𝑃 (𝐴) + 𝑃 (𝐵) − 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵)
5. Inégalité de Boole (si cette fois les événements 𝐴1 , 𝐴2 , … , 𝐴𝑛 ne sont pas deux a deux disjoints) :
𝑛 𝑛
𝑃 ( ⋃ 𝐴𝑖 ) ≤ ∑ 𝑃 (𝐴𝑖 ).
𝑖=1 𝑖=1
𝑃 (𝐴) ≤ 𝑃 (𝐵).
Exemples
quelques exemples
Definition
Un événement 𝐴 est dit presque sûr si 𝑃 (𝐴) = 1. Il est dit négligeable si 𝑃 (𝐴) = 0.
Proprietes
Soient 𝐴 et 𝐵 sont deux événements tels que 𝐴 ⊂ 𝐵.
— Si 𝐴 est presque sûr, alors 𝐵 est aussi presque sûr.
— Si 𝐵 est négligeable, alors 𝐴 est aussi négligeable.
— Si (𝐴𝑛 )𝑛≥1 est une suite d’événements négligeables, alors ⋃𝑛≥1 𝐴𝑛 est négligeable.
4.2.5 Equiprobabilité
Definition
On dit qu’il y a équiprobabilité lorsque Ω est fini, de cardinal 𝑛, et tous les événements simples sont de même probabilité.
1
C’est-à-dire, elles ont la même chance de se réaliser (équiprobables). Dans ce cas : 𝑃 (𝜔) = #Ω = 𝑛1 pour tout 𝜔 ∈ Ω
(Pourquoi?). Le cas echeant, on dit que la probabilité 𝑃 sur Ω est uniforme.
#𝐴
Si les événements simples sont équiprobables, la probabilité de tout événement 𝐴 ⊂ Ω est donnée par : 𝑃 (𝐴) = #Ω =
Nombre de cas favorables à 𝐴
(Pourquoi?).
Nombre de cas possibles
Exemples
— Le lancer d’un dé équilibré est une expérience aléatoire avec un univers fini de cardinal 6. La probabilité de
tomber sur un nombre est donc égale à 16 . Si 𝐴 : “Le nombre obtenu est paire” (i.e 𝐴 = {2, 4, 6}) alors:
— Le tirage d’une carte d’un jeu de 52 cartes est une expérience aléatoire avec un univers fini de cardinal 52. La
4 1
probabilité de tirer une carte de pique, de cœur, de carreau ou de trèfle est donc égale à 52 = 13 .
En probabilités, le conditionnement et l’indépendance sont deux notions importantes. Le conditionnement ajuste la proba-
bilité d’un événement en fonction des données déjà connues, tandis que l’indépendance caractérise des événements dont
les probabilités ne sont pas influencées les uns par les autres. Ces concepts sont fondamentaux pour évaluer les chances
d’occurrence d’événements en prenant en compte ou en ignorant les informations disponibles.
Dans tout ce qui suit, (Ω, ℱ, 𝑃 ) est un espace probabilisé arbitraire et tous les ensembles considérés sont des événements
de la 𝜎-algèbre ℱ.
Définition
Soit 𝐴 un événement de probabilité non nulle (i.e 𝑃 (𝐴) ≠ 0). Pour tout événement 𝐵, la probabilité conditionnelle de 𝐵
sachant 𝐴 (notee 𝑃 (𝐵/𝐴) ou 𝑃𝐴 (𝐵)) est définie par :
𝑃 (𝐵 ∩ 𝐴)
𝑃 (𝐵/𝐴) =
𝑃 (𝐴)
L’expression “probabilité de B sachant A” se réfère à la probabilité que l’événement 𝐵 se produise sous la condition
que l’événement 𝐴 soit déjà advenu. Cela indique que même si l’événement B a généralement une faible probabilité
d’occurrence, sa probabilité conditionnelle étant donné 𝐴 pourrait être élevée, soulignant que la survenue de 𝐴 a un effet
significatif sur la probabilité de 𝐵. Inversement, un événement 𝐵 habituellement probable pourrait s’avérer moins probable
dans le contexte où 𝐴 se produit.
Exemples
Exemple 2: Lancer de dé
La connaissance de la réalisation de l’événement 𝐴 peut modifier la probabilité de tous les événements subséquents ; par
conséquent, une nouvelle probabilité conditionnelle 𝑃𝐴 (⋅) peut être définie sur (Ω, ℱ).
Proposition
Soit 𝐴 un événement de probabilité non nulle (i.e 𝑃 (𝐴) ≠ 0). L’application:
𝑃𝐴 ∶ ℱ → [0, 1]
𝐵 ↦ 𝑃𝐴 (𝐵)
Nous allons maintenant présenter quelques propriétés associées aux probabilités conditionnelles.
Definition (Partition)
Soient 𝐴1 , 𝐴2 , … , 𝐴𝑛 des sous-ensembles de Ω. On dit que (𝐴𝑖 )𝑛𝑖=1 est une partition de Ω si leur reunion est eggale a Ω
et leurs intersections deux-a-deux est vide. Autrementdit, si:
𝑛
— ⋃𝑖=1 𝐴𝑖 = 𝐴1 ∪ 𝐴2 ∪ … ∪ 𝐴𝑛 = Ω.
— ∀𝑖, 𝑗 ∈ {1, … , 𝑛}, 𝑖 ≠ 𝑗 ⟹ 𝐴𝑖 ∩ 𝐴𝑗 = ∅.
Remarque
Dans la pratique, on utilise souvent la formule suivante:
Pour 𝑛 = 2, 𝐴1 = 𝐴, 𝐴2 = 𝐴𝑐 sont deux événements qui forment une partition de Ω. Donc:
Exemples
Exemple 1 :
Considérons une urne contenant des boules numérotées qui sont soit rouges soit bleues. Soit 𝐵 : “tirer une boule avec un
numéro pair”. Nous cherchons à calculer la probabilité 𝑃 (𝐵).
Soit 𝐴 : “Tirer une boule rouge”. On suppose que les probabilités suivantes sont connues:
— 𝑃 (𝐴) = 0.6
— 𝑃 (𝐵|𝐴) = 0.5
— 𝑃 (𝐵|𝐴𝑐 ) = 0.3
Le théorème des probabilités totales nous dit que :
Donc :
La probabilité totale de tirer une boule avec un numéro pair de l’urne est donc de 0.42, ou 42%.
Exemple 2 :
Un patient peut avoir l’un de trois types de grippe: 𝐺1 , 𝐺2 , et 𝐺3 . La probabilité qu’une personne choisisse au hasard
ait chacun de ces types de grippe est 𝑃 (𝐺1 ) = 0.5, 𝑃 (𝐺2 ) = 0.3, 𝑃 (𝐺3 ) = 0.2. La probabilité d’avoir un certain
symptôme 𝑆 étant donné ces types de grippe est 𝑃 (𝑆|𝐺1 ) = 0.4, 𝑃 (𝑆|𝐺2 ) = 0.6, et 𝑃 (𝑆|𝐺3 ) = 0.7. La probabilité
totale d’avoir le symptôme 𝑆 est donc:
Calculons:
Donc, la probabilité d’avoir le symptôme 𝑆 pour une personne prise au hasard est de 0.52.
Une autre formule tres importantes, souvent utilisee, liee a la proposition de l’inversement des probabilités conditionnelles
et la formule des probabilités totales. Il s’agit de la formule de Byes.
Proposition
Soient (𝐴𝑖 )𝑛𝑖=1 une suite d’événements qui forment une partition de Ω et 𝐵 un événement. Alors:
𝑃 (𝐵/𝐴𝑖 )𝑃 (𝐴𝑖 )
𝑃 (𝐴𝑖 /𝐵) = 𝑛
∑𝑗=1 𝑃 (𝐵/𝐴𝑗 )𝑃 (𝐴𝑗 )
Exemples
Exemple 1 :
Une urne contient des boules rouges et bleues, chacune numérotée de 1 à 10. On tire une boule au hasard. Soit 𝐵 : “une
boule tirée porte un numéro impair”. Nous voulons calculer la probabilité 𝑃 (𝐵). Soit 𝐴 : Tirer une boule rouge. On
suppose que :
— La répartition des couleurs est équitable.
— Si une boule rouge est tirée, alors la probabilité que le numéro obtenu soit impair est de 0.6.
— Si une boule bleue est tirée, alors la probabilité que le numéro obtenu soit impair est de 0.5.
Alors on a :
— 𝑃 (𝐴) = 𝑃 (𝐴𝑐 ) = 0.5.
— 𝑃 (𝐵|𝐴) = 0.6.
— 𝑃 (𝐵|𝐴𝑐 ) = 0.5.
En appliquant le théorème des probabilités totales :
Donc :
La probabilité de tirer une boule avec un numéro impair de l’urne est donc de 0.55, ou 55%.
Exemple 2 :
Une clinique vétérinaire diagnostique une maladie chez les chiens. Soit 𝐴 : “Le chien a la maladie” et 𝐵 : “Le chien teste
positif pour la maladie”. Le test présente les caractéristiques suivantes :
— Sensibilité de 80% (c’est-à-dire que le test est positif à 80% lorsque le chien est réellement malade).
— Spécificité de 90% (c’est-à-dire que le test est négatif à 90% quand le chien est sain). Une enquête réalisée au
préalable indique que 10% des chiens sont atteints par cette maladie.
Nous souhaitons calculer la probabilité qu’un chien soit réellement malade sachant que le test est négatif, soit 𝑃 (𝐴|𝐵𝑐 ).
Pour ce faire, nous utiliserons la formule de Bayes :
𝑃 (𝐵𝑐 |𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐴)
𝑃 (𝐴|𝐵𝑐 ) =
𝑃 (𝐵𝑐 )
Nous avons besoin de connaître 𝑃 (𝐴), 𝑃 (𝐵𝑐 |𝐴), et 𝑃 (𝐵𝑐 ). Tout d’abord, nous avons :
— 𝑃 (𝐴) = 0.1 : La probabilité a priori qu’un chien soit atteint de la maladie.
— 𝑃 (𝐵|𝐴) = 0.8 : La probabilité qu’un chien teste positif sachant qu’il est malade.
— 𝑃 (𝐵𝑐 |𝐴𝑐 ) = 0.9 : La probabilité qu’un chien teste négatif sachant qu’il n’est pas malade.
Avec ces informations, nous procédons aux calculs suivants :
Calcul de 𝑃 (𝐵𝑐 |𝐴) :
4.3.2 Indépendance
Définition
Deux événements 𝐴 et 𝐵 sont dits indépendants si et seulement si :
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐵).
Proposition
Soient 𝐴 et 𝐵 événements avec 𝑃 (𝐴) ≠ 0 alors 𝐴 et 𝐵 sont indépendants si 𝑃 (𝐵/𝐴) = 𝑃 (𝐵). Ceci dit, l’information
que l’événement 𝐴 se realise ne donne aucune information sur la probabilite de la realisation de 𝐵.
Exemples
Exemple 1:
Une urne contient 12 boules numérotées de 1 à 12. On tire une boule au hasard, et on considère les événements suivants :
— 𝐴 = "tirage d'un nombre pair"
— 𝐵 = "tirage d'un multiple de 3"
La probabilité de tirer un nombre pair (événement 𝐴) est :
Nombre de nombres pairs de 1 à 12 6
𝑃 (𝐴) = = = 0.5
Nombre total de boules 12
La probabilité de tirer un multiple de 3 (événement 𝐵) est :
Nombre de multiples de 3 de 1 à 12 4 1
𝑃 (𝐵) = = =
Nombre total de boules 12 3
La probabilité de tirer une boule qui est à la fois un nombre pair et un multiple de 3 (intersection de 𝐴 et 𝐵) est :
Nombre de boules qui sont à la fois pairs et multiples de 3 2 1
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = = =
Nombre total de boules 12 6
Pour vérifier si 𝐴 et 𝐵 sont indépendants, nous vérifions si 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = 𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) :
1 1
𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) = 0.5 ⋅ =
3 6
Ce qui est égal à 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵). Par conséquent, les événements 𝐴 et 𝐵 sont indépendants.
Exemple 2 :
On reprend le même exemple que précédemment, mais cette fois avec une urne contenant 13 boules.
La probabilité de tirer un nombre pair (événement 𝐴) est maintenant :
Nombre de nombres pairs de 1 à 13 6
𝑃 (𝐴) = =
Nombre total de boules 13
La probabilité de tirer un multiple de 3 (événement 𝐵) reste la même :
1
𝑃 (𝐵) =
3
La probabilité de tirer une boule qui est à la fois un nombre pair et un multiple de 3 (intersection de 𝐴 et 𝐵) est :
Nombre de boules qui sont à la fois pairs et multiples de 3 2
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = =
Nombre total de boules 13
Vérifions à nouveau l’indépendance de 𝐴 et 𝐵 :
6 1 2
𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) = ⋅ ≠
13 3 13
Puisque 𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) ≠ 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵), les événements 𝐴 et 𝐵 ne sont pas indépendants lorsque l’urne contient 13 boules.
Proposition
Si 𝐴 et 𝐵 sont indépendants, alors il en est de même pour :
— 𝐴𝑐 et 𝐵𝑐 .
— 𝐴𝑐 et 𝐵.
— 𝐴 et 𝐵𝑐 .
Considérons une séquence d’évènements (𝐴𝑛 )𝑛𝑛=1 . On dit que ces évènements sont :
— Indépendants 2 a 2 : Si pour n’importe quelle couple d’indices distincts (𝑖, 𝑗), les évènements 𝐴𝑖 et 𝐴𝑗 sont
indépendants.
— Mutuellement indépendants : Si pour n’importe quel ensemble fini d’indices distincts (𝑖1 , ..., 𝑖𝑘 ), la propriété
suivante est vérifiée :
𝑃 (𝐴𝑖1 ∩ ... ∩ 𝐴𝑖𝑘 ) = 𝑃 (𝐴𝑖1 ) × ... × 𝑃 (𝐴𝑖𝑘 )
Exemples
Exemple 1
Un couple a deux enfants, et on ne sait pas s’ils sont des garçons, des filles ou un de chaque. On considère les événements
suivants :
— 𝐴 : “les deux enfants sont de sexes différents”.
— 𝐵 : “l’aîné est une fille”.
— 𝐶 : “le cadet est un garçon”.
On souhaite démontrer que les événements 𝐴, 𝐵 et 𝐶 sont indépendants deux à deux mais ne sont pas mutuellement
indépendants.
Indépendance deux à deux
Pour deux événements quelconques pour être indépendants, la probabilité que les deux événements se produisent doit être
égale au produit de leurs probabilités individuelles.
Indépendance de 𝐴 et 𝐵 : La probabilité que l’aîné soit une fille, 𝑃 (𝐵), est de 1/2. La probabilité que les deux enfants
soient de sexes différents, 𝑃 (𝐴), est de 1/2 également, car il y a deux cas favorables (garçon-fille ou fille-garçon) sur
quatre cas possibles (garçon-garçon, garçon-fille, fille-garçon, fille-fille).
La probabilité que l’aîné soit une fille et que les enfants soient de sexes différents, 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵), est de 1/4 (seul le cas
fille-garçon satisfait les deux conditions).
Ainsi, 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = 𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) = 1/4, ce qui montre que 𝐴 et 𝐵 sont indépendants.
Indépendance de 𝐴 et 𝐶 : La probabilité que le cadet soit un garçon, 𝑃 (𝐶), est de 1/2. En suivant une logique similaire
à celle ci-dessus, on trouve que 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐶) = 1/4, ce qui indique que 𝐴 et 𝐶 sont indépendants.
Indépendance de 𝐵 et 𝐶 : Ici, 𝑃 (𝐵 ∩ 𝐶) correspond au cas où l’aîné est une fille et le cadet un garçon, ce qui se produit
avec une probabilité de 1/4. Puisque 𝑃 (𝐵) = 1/2 et 𝑃 (𝐶) = 1/2, on a encore 𝑃 (𝐵 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐵) ⋅ 𝑃 (𝐶) = 1/4.
Donc, 𝐵 et 𝐶 sont également indépendants.
Non indépendance mutuelle
Pour que trois événements soient mutuellement indépendants, en plus d’être indépendants deux à deux, il doit également
être vrai que la probabilité que tous les trois événements se produisent ensemble est égale au produit de leurs probabilités
individuelles.
Regardons 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵 ∩ 𝐶). Si l’aîné est une fille et le cadet un garçon, alors ils sont nécessairement de sexes différents, ce
qui signifie que 𝐴 ∩ 𝐵 ∩ 𝐶 = 𝐵 ∩ 𝐶. La probabilité de 𝐵 ∩ 𝐶 est 1/4, comme nous l’avons établi précédemment.
Cependant, le produit 𝑃 (𝐴) ⋅ 𝑃 (𝐵) ⋅ 𝑃 (𝐶) serait (1/2) ⋅ (1/2) ⋅ (1/2) = 1/8, qui est différent de 1/4. Cela signifie que
bien que 𝐴, 𝐵 et 𝐶 soient indépendants deux à deux, ils ne sont pas mutuellement indépendants.
Exemple 2 :
On dispose de trois pièces de monnaie différentes : une pièce de 1 Dh, une pièce de 5 Dh et une pièce de 10 Dh. On lance
chacune de ces pièces une seule fois. On considère les événements suivants :
— 𝐴 : “La pièce de 1 Dh atterrit sur face.”
— 𝐵 : “La pièce de 5 Dh atterrit sur face.”
— 𝐶 : “La pièce de 10 Dh atterrit sur face.”
Les lancers de chaque pièce sont indépendants les uns des autres. La probabilité de chaque événement individuel est de
1/2, car il y a deux issues possibles pour chaque pièce : face ou pile.
Pour vérifier que 𝐴, 𝐵 et 𝐶 sont mutuellement indépendants, nous devons vérifier que :
1. 𝐴 et 𝐵 sont indépendants : 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐵)
2. 𝐴 et 𝐶 sont indépendants : 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐶)
3. 𝐵 et 𝐶 sont indépendants : 𝑃 (𝐵 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐵)𝑃 (𝐶)
4. 𝐴, 𝐵 et 𝐶 sont mutuellement indépendants : 𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐵)𝑃 (𝐶)
Puisque chaque pièce est lancée indépendamment, la probabilité que deux quelconques ou toutes les trois atterrissent sur
face est le produit de leurs probabilités individuelles.
Pour 𝐴 et 𝐵 :
1 1 1
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐵) = ⋅ =
2 2 4
Pour 𝐴 et 𝐶 :
1 1 1
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐶) = ⋅ =
2 2 4
Pour 𝐵 et 𝐶 :
1 1 1
𝑃 (𝐵 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐵)𝑃 (𝐶) = ⋅ =
2 2 4
Et pour les trois événements 𝐴, 𝐵 et 𝐶 :
1 1 1 1
𝑃 (𝐴 ∩ 𝐵 ∩ 𝐶) = 𝑃 (𝐴)𝑃 (𝐵)𝑃 (𝐶) = ⋅ ⋅ =
2 2 2 8
Chaque vérification confirme l’indépendance mutuelle. Cela signifie que le résultat d’un lancer de n’importe quelle pièce
n’influence pas et n’est pas influencé par le résultat des lancers des autres pièces.
4.4 Exercices
4.4.1 Exercice 1
On jette deux dés équilibrés. Quelle est la probabilité qu’au moins l’un d’entre eux montre 6, sachant que les deux résultats
sont différents ?
4.4.2 Exercice 2
4.4.3 Exercice 3
4.4.4 Exercice 4
Une urne contient 12 boules numérotées de 1 à 12. On en tire une au hasard, et on considère les événements :
— A = “tirage d’un nombre pair”
— B = “tirage d’un multiple de 3”
Les événements A et B sont-ils indépendants? Reprendre la question avec une urne contenant 13 boules.
4.4. Exercices 57
Cours de Probabilités
4.4.5 Exercice 5
Un couple a deux enfants dont vous ignorez le sexe. On considère les trois événements suivants :
— A = “les deux enfants sont de sexes différents”
— B = “l’ainé est une fille”
— C = “le cadet est un garçon”
Montrer que A, B et C sont deux à deux indépendants. On suppose que la probabilité à la naissance d’avoir une fille
1
(respectivement un garçon) est égale à .
2
4.4.6 Exercice 6
Soit l’expérience aléatoire “jeter une pièce de monnaie trois fois”. On considère les événements suivants :
— A : “Face apparait exactement deux fois”,
— B : “Face apparait au moins deux fois”,
— C : “Face apparait pour la première fois lorsque Pile est apparue au moins une fois”.
— Donner l’ensemble fondamental Ω.
— Donner les éléments de 𝐴, 𝐵 et 𝐶.
— Décrire les événements 𝐴 ̄ ∩ 𝐵, 𝐴 ̄ ∩ 𝐵̄ et 𝐴 ̄ ∩ 𝐶
4.4.7 Exercice 7
Une maladie atteint 3% d’une population de 20000 individus. On appelle “malade” l’individu atteint de cette maladie et
“bien portant” celui qui ne l’est pas. On dispose d’un test pour la détecter. Ce test donne les résultats suivants :
— Chez les individus malades, 95% des tests sont positifs.
— Chez les individus bien portants, 2% des tests sont positifs.
On note les événements suivants :
— M: “être malade”
— T: “avoir un test positif”
— Calculer 𝑃 (𝑇 ), 𝑃 (𝑇 ∩ 𝑀 ) et 𝑃 (𝑀 ∪ 𝑇 ).
— Sachant que la personne rencontrée est malade, calculer la probabilité que son test soit négatif.
— Sachant que la personne rencontrée a un test positif, calculer la probabilité qu’elle ne soit pas malade.
4.4.8 Exercice 8
4.4.9 Exercice 9
Une station météo A prévoit de la pluie pour demain. Une autre, B, prévoit au contraire du beau temps. Les enregistrements
historiques montrent que la station A se trompe dans 25% de ses prévisions, tandis que la station B a un taux d’erreur
de 30%. Il est également connu que, en général, 60% des jours sont ensoleillés et 40% sont pluvieux. Étant donné ces
informations, évaluez laquelle des deux stations est la plus fiable pour la prévision de demain, et avec quelle probabilité.
4.4.10 Exercice 10
Considérez une tribu 𝒯 sur un ensemble 𝐸 et un sous-ensemble 𝐹 ⊂ 𝐸. Démontrez que 𝒯𝐹 = {𝐴∩𝐹 , 𝐴 ∈ 𝒯} constitue
une tribu sur 𝐹 (appelée tribu trace de 𝒯 sur 𝐹 ).
4.4.11 Exercice 11
Soit Ω un univers et soient 𝐴, 𝐵, 𝐶 trois événements de Ω. Traduire en termes ensemblistes (en utilisant uniquement les
symboles d’union, d’intersection et de passage au complémentaire, ainsi que 𝐴, 𝐵 et 𝐶) les événements suivants :
— Seul 𝐴 se réalise;
— 𝐴 et 𝐵 se réalisent, mais pas 𝐶 ;
— Les trois événements se réalisent;
— Au moins l’un des trois événements se réalise;
— Au moins deux des trois événements se réalisent;
— Aucun ne se réalise.
4.4. Exercices 59
Cours de Probabilités
Lors de l’analyse des résultats d’une expérience aléatoire, l’attention se porte souvent sur certaines fonctions du résultat
plutôt que sur le résultat en lui-même. Considérons, par exemple, un jeu de pile ou face offrant une récompense monétaire :
5 dirhams si le résultat est pile, et 0 dirham si c’est face. Dans ce cas, nous sommes en présence d’une fonction 𝑓 qui associe
à pile la valeur 5, 𝑓(pile) = 5, et à face la valeur 0, 𝑓(face) = 0. Au lieu de se focaliser sur l’issue de chaque lancer, on
s’intéresse au gain potentiel, qui est modélisé par la fonction 𝑓. Cette dernière représente une variable aléatoire, c’est-à-dire
une quantité numérique qui résume les résultats de l’expérience en une seule métrique significative.
En biologie moléculaire, cette méthodologie permet à un scientifique d’analyser une séquence d’ADN en se concentrant
sur le comptage d’une séquence spécifique, ou “mot” génétique, plutôt que sur la totalité des nucléotides. Cette approche
réduit un problème multidimensionnel à une dimension unique, simplifiant l’analyse et l’interprétation des données.
Cette notion s’applique également à divers autres domaines : en économétrie, une variable aléatoire peut représenter le
rendement attendu d’une start-up, intégrant à la fois le risque et l’incertitude. En ingénierie, elle pourrait quantifier la
durée de vie estimée d’un composant sous des contraintes variables, influençant la maintenance préventive et la gestion
des stocks. En informatique, les variables aléatoires aident à modéliser le temps de réponse d’un système face à des entrées
variées, contribuant à l’optimisation des performances. Dans le secteur financier, elles sont essentielles pour estimer la
volatilité des actifs, une composante clé dans l’évaluation des options et la gestion du risque. Enfin, dans le domaine
du machine learning, les variables aléatoires sont au cœur de l’apprentissage statistique, facilitant la modélisation de la
probabilité d’erreur des classificateurs ou l’estimation de la densité d’une distribution sur la base d’échantillons observés.
Dans tout ce qui suit (Ω, ℱ, 𝑃 ) est un espace probabilisé, ℬ(ℝ) est la tribu borélienne sur ℝ
61
Cours de Probabilités
Exemples
1. Fonction de gain d’un jeu de dés : La fonction de gain 𝑔 ∶ {1, 2, 3, 4, 5, 6} → ℝ, où 𝑔(𝜔) = 𝜔 pour un lancer
de dé, est une variable aléatoire. Chaque résultat est mappé directement à un nombre réel représentant le gain, et
comme il existe un nombre fini de résultats, tous les sous-ensembles de l’espace de départ sont mesurables.
2. Fonction de résultat d’un lancer de pièce de monnaie : Pour un lancer de pièce de monnaie, la fonction résultat
𝑋 ∶ {'face', 'pile'} → {0, 1}, où 𝑋(𝜔) = 0 si 𝜔 est ‘face’ et 1 si 𝜔 est ‘pile’, est une variable aléatoire. Tout
comme le dé, la pièce de monnaie a un nombre fini de résultats, et ainsi toute fonction en résultant sera une
variable aléatoire.
3. Si ℱ = 𝒫(Ω), alors toute application 𝑓 ∶ Ω → ℝ est une variable aléatoire.
En effet, pour démontrer cela, considérons n’importe quel ensemble borélien 𝐵 ⊂ ℝ. La préimage de 𝐵 par 𝑓 est
définie comme l’ensemble {𝜔 ∈ Ω ∶ 𝑓(𝜔) ∈ 𝐵}. Puisque tout sous-ensemble de Ω est un élément de ℱ = 𝒫(Ω),
y compris l’image réciproque de 𝐵. Donc 𝑓 est une variable aléatoire.
4. Fonction indicatrice d’un événement : Pour un ensemble 𝐴 ⊂ Ω donné, la fonction indicatrice 1𝐴 ∶ Ω → {0, 1},
définie par 1𝐴 (𝜔) = 1 si 𝜔 ∈ 𝐴, et 0 sinon, est une variable aléatoire (pourquoi?).
Propriétés
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires sur Ω, 𝑓 une application borélienne, et 𝜆 est un réel, alors les fonctions suivantes
sont également des variables aléatoires sur Ω :
1. Somme : 𝑋 + 𝑌 est une variable aléatoire, car la somme de deux fonctions mesurables est mesurable.
𝑋 + 𝑌 ∶ 𝜔 ↦ 𝑋(𝜔) + 𝑌 (𝜔)
2. Multiplication par un scalaire : 𝜆𝑋 est une variable aléatoire, car le produit d’une fonction mesurable par un
scalaire est mesurable.
𝜆𝑋 ∶ 𝜔 ↦ 𝜆 ⋅ 𝑋(𝜔)
3. Produit : 𝑋𝑌 est une variable aléatoire, car le produit de deux fonctions mesurables est mesurable.
𝑋𝑌 ∶ 𝜔 ↦ 𝑋(𝜔) ⋅ 𝑌 (𝜔)
4. Différence : 𝑋 − 𝑌 est une variable aléatoire, car la différence de deux fonctions mesurables est mesurable.
𝑋 − 𝑌 ∶ 𝜔 ↦ 𝑋(𝜔) − 𝑌 (𝜔)
5. Supremum : sup(𝑋, 𝑌 ) est une variable aléatoire, car le supremum de deux fonctions mesurables est mesurable.
sup(𝑋, 𝑌 ) ∶ 𝜔 ↦ max{𝑋(𝜔), 𝑌 (𝜔)}
6. Infimum : inf(𝑋, 𝑌 ) est une variable aléatoire, car l’infimum de deux fonctions mesurables est mesurable.
inf(𝑋, 𝑌 ) ∶ 𝜔 ↦ min{𝑋(𝜔), 𝑌 (𝜔)}
La mesurabilité de ces fonctions est garantie par les propriétés de la tribu borélienne sur ℝ et la définition de la variable
aléatoire.
Notations
Il est usuel et commode d’alléger les notations en variables aléatoires. Si 𝑥, 𝑦 ∈ 𝑋(Ω) ⊂ ℝ on écrit :
— {𝑋 = 𝑥} au lieu de 𝑋 −1 ({𝑥}),
— {𝑋 ≤ 𝑥} au lieu de 𝑋 −1 (] − ∞, 𝑥]),
— {𝑋 < 𝑥} au lieu de 𝑋 −1 (] − ∞, 𝑥[),
— {𝑋 ≥ 𝑥} au lieu de 𝑋 −1 ([𝑥, +∞[),
— {𝑋 > 𝑥} au lieu de 𝑋 −1 (]𝑥, +∞[),
— {𝑥 ≤ 𝑋 ≤ 𝑦} au lieu de 𝑋 −1 ([𝑥, 𝑦])
— …
— Généralement si 𝐴 ∈ ℬ(ℝ) on écrit {𝑋 ∈ 𝐴} au lieu de 𝑋 −1 (𝐴).
Pour plus d’allégement, on écrit 𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴) au lieu de 𝑃 ({𝑋 ∈ 𝐴}), par exemple 𝑃 (𝑋 = 𝑥), ou 𝑃 (𝑋 < 𝑥).
Définition
La loi de probabilité d’une variable aléatoire 𝑋 est définie par l’application (notée 𝑃𝑋 ) défini par:
𝑃𝑋 ∶ ℬ(ℝ) → [0, 1]
𝐴 ⊂ ℝ ↦ 𝑃𝑋 (𝐴) = 𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴)
Remarque
Les variables aléatoires seront notées par des lettres majuscules, telles que 𝑋, 𝑌 , …. Les valeurs qu’elles prennent pour
une issue donnée 𝜔 seront notées par des lettres minuscules (𝑥, 𝑦, …). Ainsi, on pourra utiliser 𝑥 pour représenter 𝑋(𝜔).
On opère une distinction entre les variables aléatoires discrètes, qui prennent un nombre fini ou dénombrable
de valeurs, et les variables aléatoires continues, qui peuvent prendre des valeurs sur un intervalle ou l’ensemble
des réels.
Définition
Une variable aléatoire sur (Ω, ℱ) est dite discrète si l’image de 𝑋, notée 𝑋(Ω) ou 𝐼𝑚 𝑋, est une partie au plus dénom-
brable (finie ou dénombrable).
Exemples
— Toute fonction constante est une variable aléatoire discrète, appelée variable aléatoire constante.
— Si 𝐴 est un événement, alors la fonction 𝟙𝐴 (fonction indicatrice de 𝐴) est une variable aléatoire discrète, appelée
variable aléatoire de Bernoulli.
Loi de Probabilité
Remarque
Puisque 𝑋(Ω) est au plus dénombrable, alors on peut écrire 𝑋(Ω) = {𝑥1 , …} = ⋃𝑖≥1 {𝑥𝑖 }. On a ∀𝑖, 𝑗 ∈ ℕ∗ , 𝑖 ≠
𝑗 ∶ {𝑥𝑖 } ∩ {𝑥𝑗 } = ∅. Avec la deuxième condition de probabilités on a
𝑃𝑋 (𝑋(Ω)) = 𝑃 (Ω) = 1
Donc ∑𝑖≥1 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 ) = 1
En particulier pour 𝐴 ∈ 𝑋(Ω), 𝑃𝑋 (𝐴) = 𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴) = ∑𝑥∈𝐴 𝑃 (𝑋 = 𝑥). Ceci dit, Pour caractériser la loi de 𝑋, il
suffit donc d’expliciter tous les 𝑃 (𝑋 = 𝑥) pour 𝑥 ∈ 𝑋(Ω).
Exemples
Exemple 1 :
Considérons un lancer de pièce de monnaie équilibrée où 𝑋 vaut 1 si c’est pile et 0 si c’est face. Alors, 𝑃 (𝑋 = 1) =
𝑃 (𝑋 = 0) = 0.5.
Exemple 2 :
— On lance une pièce de monnaie 3 fois. Chaque lancer peut avoir comme résultat pile (noté P) ou face (noté F).
— L’univers Ω de cette expérience est: Ω = {𝑃 𝑃 𝑃 , 𝑃 𝑃 𝐹 , 𝑃 𝐹 𝑃 , 𝐹 𝑃 𝑃 , 𝑃 𝐹 𝐹 , 𝐹 𝑃 𝐹 , 𝐹 𝐹 𝑃 , 𝐹 𝐹 𝐹 }
— À partir de cet ensemble, nous pouvons définir diverses variables aléatoires dont, par exemple, les variables aléa-
toires 𝑋, 𝑌 et 𝑍 :
— X = nombre total de “pile” ;
— Y = nombre de “pile” lors des deux premiers essais ;
— Z = nombre de “pile” lors des deux derniers essais. On remarque que 𝑋 est une variable aléatoire prenant une
valeur dans l’ensemble 𝑋(Ω) = {0, 1, 2, 3}. 𝑌 et 𝑍 sont aussi des variables aléatoires définies sur l’ensemble
fondamental, qui prennent des valeurs incluses dans l’ensemble 𝑌 (Ω) = 𝑍(Ω) = {0, 1, 2}.
Evenements 𝑋 𝑌 𝑍
PPP 3 2 2
PPF 2 2 1
PFP 2 1 1
FPP 2 1 2
PFF 1 1 0
FPF 1 1 1
FFP 1 0 1
FFF 0 0 0
𝑥 0 1 2 3
1 3 3 1
𝑃 (𝑋 = 𝑥)
8 8 8 8
— Pour la variable 𝑌 :
𝑥 0 1 2
2 4 2
𝑃 (𝑌 = 𝑥)
8 8 8
— Pour la variable 𝑍 :
𝑥 0 1 2
2 4 2
𝑃 (𝑍 = 𝑥)
8 8 8
Exemple 3 :
On lance un dé équilibré numéroté de 1 à 6. L’univers Ω de cette expérience est: Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}. On appelle 𝑋 le
numéro obtenu et 𝑌 son complément à 6 et 𝑍 = sup(𝑋, 𝑌 ). On remarque que:
— 𝑋 est une variable aléatoire prenant des valeurs dans l’ensemble 𝑋(Ω) = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
— 𝑌 est une variable aléatoire prenant des valeurs dans l’ensemble 𝑌 (Ω) = {0, 1, 2, 3, 4, 5}.
— 𝑍 est une variable aléatoire prenant des valeurs dans l’ensemble 𝑍(Ω) = {3, 4, 5, 6}.
Results 𝑋 𝑌 𝑍
1 1 5 5
2 2 4 4
3 3 3 3
4 4 2 4
5 5 1 5
6 6 0 6
𝑥 1 2 3 4 5 6
1 1 1 1 1 1
𝑃 (𝑋 = 𝑥)
6 6 6 6 6 6
— Pour la variable 𝑌 :
𝑥 0 1 2 3 4 5
1 1 1 1 1 1
𝑃 (𝑌 = 𝑥)
6 6 6 6 6 6
— Pour la variable 𝑍 :
𝑥 3 4 5 5
1 2 2 1
𝑃 (𝑍 = 𝑥)
6 6 6 6
Fonction de Répartition
La fonction de répartition est un élément essentiel dans l’étude des variables aléatoires. Elle fournit un moyen complet de
décrire la distribution de probabilités d’une variable aléatoire.
Définition
Soit 𝑋 une variable aléatoire définie sur un espace probabilisable (Ω, ℱ, 𝑃 ). La fonction de répartition de 𝑋, notée
𝐹𝑋 , est définie par :
𝐹𝑋 ∶ ℝ → [0, 1]
𝑥 ↦ 𝐹𝑋 (𝑥) = 𝑃 (𝑋 ≤ 𝑥)
La définition ci-dessus signifie que pour chaque valeur réelle 𝑥, 𝐹𝑋 (𝑥) représente la probabilité que la variable aléatoire
𝑋 prenne une valeur inférieure ou égale à 𝑥.
Propriétés
La fonction de répartition d’une variable aléatoire possède plusieurs propriétés clés :
1. Croissante : Pour tous 𝑥1 , 𝑥2 ∈ ℝ avec 𝑥1 ≤ 𝑥2 , 𝐹𝑋 (𝑥1 ) ≤ 𝐹𝑋 (𝑥2 ).
2. Normalisée : lim𝑥→−∞ 𝐹𝑋 (𝑥) = 0 et lim𝑥→+∞ 𝐹𝑋 (𝑥) = 1.
3. Continuité à droite : Pour tout 𝑥 ∈ ℝ, lim𝑦↓𝑥 𝐹𝑋 (𝑦) = 𝐹𝑋 (𝑥).
4. Limite à gauche : Pour tout 𝑥 ∈ ℝ, lim𝑦↑𝑥 𝐹𝑋 (𝑦) = 𝐹𝑋 (𝑥−) ≤ 𝐹𝑋 (𝑥).
Ces propriétés sont valides pour toutes les fonctions de répartition, qu’elles soient issues de variables aléatoires discrètes
ou continues.
Dans le cas d’une variable aléatoire discrète, la fonction de répartition présente des caractéristiques spécifiques.
Dans le cas discret, cette probabilité peut être décomposée en la somme des probabilités des valeurs individuelles que 𝑋
peut prendre jusqu’à 𝑥. Ainsi, nous avons :
𝐹𝑋 (𝑥) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 )
{𝑖∶𝑥𝑖 ≤𝑥}
L’expression précédente est obtenue en sommant les probabilités 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 ) pour toutes les valeurs 𝑥𝑖 telles que 𝑥𝑖 ≤ 𝑥.
La fonction de répartition d’une variable aléatoire discrète n’est pas continue à gauche. En effet, si 𝑋 est une variable
aléatoire discrète, alors pour un certain 𝑖 ≥ 1 tel que 𝑥𝑖 ∈ 𝑋(Ω) = {𝑥1 , …}, la limite de 𝐹𝑋 (𝑥) lorsque 𝑥 tend
vers 𝑥𝑖 par des valeurs inférieures (c’est-à-dire lim𝑥↑𝑥𝑖 𝐹𝑋 (𝑥)) n’est pas égale à 𝐹𝑋 (𝑥𝑖 ) car 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 ) > 0, donc
𝐹𝑋 (𝑥𝑖 ) − 𝐹𝑋 (𝑥𝑖 −) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 ) > 0. Alors il existe une discontinuité en 𝑥𝑖 . Entre les points de discontinuité, la
fonction de répartition reste constante, car il n’y a pas d’augmentation de probabilité pour les valeurs de 𝑋 qui ne sont pas
dans son ensemble de définition.
Exemples
Exemple 1
On considère l’Exemple 1 dans Exemples dans la section précédente. Alors, la fonction de répartition de la variable 𝑋
(lancer de pièce de monnaie équilibrée) est :
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 0 pour 𝑥 < 0,
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 0.5 pour 0 ≤ 𝑥 < 1,
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 1 pour 𝑥 ≥ 1.
Exemple 2
Reprenons l’Exemple 2 dans Exemples sur le triple lancer de pièce. La fonction de répartition des variables 𝑋, 𝑌 et 𝑍
est :
Pour 𝑋 (nombre total de “pile”) :
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 0 pour 𝑥 < 0,
1
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 0 ≤ 𝑥 < 1,
8
4
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 1 ≤ 𝑥 < 2,
8
7
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 2 ≤ 𝑥 < 3,
8
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 1 pour 𝑥 ≥ 3.
Pour 𝑌 (nombre de “pile” lors des deux premiers essais) :
— 𝐹𝑌 (𝑦) = 0 pour 𝑦 < 0,
2
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 0 ≤ 𝑦 < 1,
8
6
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 1 ≤ 𝑦 < 2,
8
— 𝐹𝑌 (𝑦) = 1 pour 𝑦 ≥ 2.
Pour 𝑍 (nombre de “pile” lors des deux derniers essais) :
— 𝐹𝑍 (𝑧) = 0 pour 𝑧 < 0,
2
— 𝐹𝑍 (𝑧) = pour 0 ≤ 𝑧 < 1,
8
6
— 𝐹𝑍 (𝑧) = pour 1 ≤ 𝑧 < 2,
8
— 𝐹𝑍 (𝑧) = 1 pour 𝑧 ≥ 2.
Exemple 3
En reprenant l’Exemple 3 dans Exemples du lancer de dé équilibré, la fonction de répartition des variables 𝑋, 𝑌 et 𝑍 est :
Pour 𝑋 (le numéro obtenu) :
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 0 pour 𝑥 < 1,
1
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 1 ≤ 𝑥 < 2,
6
2
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 2 ≤ 𝑥 < 3,
6
3
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 3 ≤ 𝑥 < 4,
6
4
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 4 ≤ 𝑥 < 5,
6
5
— 𝐹𝑋 (𝑥) = pour 5 ≤ 𝑥 < 6,
6
— 𝐹𝑋 (𝑥) = 1 pour 𝑥 ≥ 6.
Pour 𝑌 (complément à 6 de 𝑋) :
— 𝐹𝑌 (𝑦) = 0 pour 𝑦 < 0,
1
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 0 ≤ 𝑦 < 1,
6
2
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 1 ≤ 𝑦 < 2,
6
3
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 2 ≤ 𝑦 < 3,
6
4
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 3 ≤ 𝑦 < 4,
6
5
— 𝐹𝑌 (𝑦) = pour 4 ≤ 𝑦 < 5,
6
— 𝐹𝑌 (𝑦) = 1 pour 𝑦 ≥ 5.
Pour 𝑍 (sup(𝑋, 𝑌 )) :
— 𝐹𝑍 (𝑧) = 0 pour 𝑧 < 3,
1
— 𝐹𝑍 (𝑧) = pour 3 ≤ 𝑧 < 4,
6
3
— 𝐹𝑍 (𝑧) = pour 4 ≤ 𝑧 < 5,
6
5
— 𝐹𝑍 (𝑧) = pour 5 ≤ 𝑧 < 6,
6
— 𝐹𝑍 (𝑧) = 1 pour 𝑧 ≥ 6.
L’étude des couples de variables aléatoires permet de comprendre les relations et interactions entre deux phénomènes
aléatoires. Dans cette section, nous explorons les concepts de lois marginales et lois conditionnelles. Un couple de variables
aléatoires (𝑋, 𝑌 ) sur (Ω, ℱ) est un couple où 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires sur (Ω, ℱ).
Définition Générale
La loi de probabilité d’un couple de variables aléatoires (𝑋, 𝑌 ) est une application qui associe à chaque 𝐴 × 𝐵 où 𝐴 et
𝐵 sont des boreliens dans ℬ(ℝ) une probabilité. Cette loi est définie par :
Note: Le produit ℬ(ℝ) × ℬ(ℝ) est une triby sru ℝ2 . C’est exactement la tribu borilienne de ℝ2 . C’est la tribu engendrée
par les pavés de la forme ]𝑎1 , 𝑏1 [×]𝑎2 , 𝑏2 [ où −∞ ≤ 𝑎𝑖 ≤ 𝑏𝑖 ≤ +∞ pour 𝑖 = 1, 2. Elle contient tous les pavés fermés,
ouverts et semi-ouverts.
peut être exprimée comme l’ensemble des probabilités conjointes pour chaque paire de valeurs :
𝑃𝑋𝑌 (𝑥𝑖 , 𝑦𝑗 ) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 , 𝑌 = 𝑦𝑗 )
pour tous 𝑖, 𝑗. Cela décrit la probabilité que 𝑋 prenne la valeur 𝑥𝑖 et 𝑌 la valeur 𝑦𝑗 simultanément.
Pour illustrer les probabilités conjointes d’un couple de variables aléatoires discrètes, nous pouvons utiliser le tableau
suivant :
𝑋 𝑦1 𝑦2 … 𝑦𝑛 𝑦 …
𝑥1 𝑝11 𝑝12 … 𝑝1𝑛𝑦 …
𝑥2 𝑝21 𝑝22 … 𝑝2𝑛𝑦 …
⋮ … … … … …
𝑥𝑛𝑥 𝑝𝑛𝑥 1 𝑝𝑛𝑥 2 … 𝑝𝑛𝑥 𝑛𝑦 …
⋮ … … … … …
Dans ce tableau, 𝑝𝑖𝑗 = 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 , 𝑌 = 𝑦𝑗 ) représente la probabilité que 𝑋 prenne la valeur 𝑥𝑖 ∈ 𝑋(Ω) et 𝑌 prenne la
valeur 𝑦𝑗 ∈ 𝑌 (Ω).
Proposition
Si 𝑋 et 𝑌 sonde deux variables discretes de loi de porbabilite conjoint definit par 𝑝𝑖𝑗 = 𝑃𝑋𝑌 (𝑥𝑖 , 𝑦𝑗 ) pour 𝑥𝑖 ∈ 𝑋(Ω) et
𝑦𝑗 ∈ 𝑌 (Ω). Alors on a:
𝑛𝑥 𝑛𝑦 𝑛𝑦 𝑛𝑥
∑ ∑ 𝑝𝑖𝑗 = ∑ ∑ 𝑝𝑖𝑗 = 1
𝑖=1 𝑗=1 𝑗=1 𝑖=1
Exemple
Un sac contient 4 boules numérotées de 1 à 4. On tire successivement deux boules avec remise et on note 𝑋1 et 𝑋2 les
nombres obtenus. Soient les variables aléatoires 𝑋 = 𝑋1 et 𝑌 = 𝑋1 − 𝑋2 .
— L’espace d’échantillonnage Ω pour chaque tirage est {1, 2, 3, 4}.
— Les ensembles de valeurs possibles pour les variables aléatoires 𝑋1 , 𝑋2 , 𝑋 et 𝑌 sont :
— 𝑋1 (Ω) = {1, 2, 3, 4} (le résultat du premier tirage),
— 𝑋2 (Ω) = {1, 2, 3, 4} (le résultat du deuxième tirage),
— 𝑋(Ω) = {1, 2, 3, 4} (car 𝑋 = 𝑋1 ),
— 𝑌 (Ω) = {−3, −2, −1, 0, 1, 2, 3} (car 𝑌 = 𝑋1 − 𝑋2 ).
La probabilité de chaque résultat est uniforme, car chaque boule a la même chance d’être tirée. Ainsi, la probabilité 𝑃
pour chaque résultat individuel est 14 .
Table de Loi du Couple (𝑋1 , 𝑋2 ) :
X_1 \ X_2 1 2 3 4
1 1 1 1
1
16 16 16 16
1 1 1 1
2
16 16 16 16
1 1 1 1
3
16 16 16 16
1 1 1 1
4
16 16 16 16
Y\X 1 2 3 4
1
-3 0 0 0
16
1 1
-2 0 0
16 16
1 1 1
-1 0
16 16 16
1 1 1 1
0
16 16 16 16
1 1 1
1 0
16 16 16
1 1
2 0 0
16 16
1
3 0 0 0
16
Dans ces tables, chaque entrée représente la probabilité conjointe 𝑃𝑋𝑌 (𝑥𝑖 , 𝑦𝑗 ) de tirer un certain couple de résultats
(𝑥𝑖 , 𝑦𝑗 ). Pour que ces distributions soient valides, les probabilités doivent satisfaire la condition suivante :
4 4 4 3
∑ ∑ 𝑃𝑋1 𝑋2 (𝑥𝑖 , 𝑥𝑗 ) = ∑ ∑ 𝑃𝑋𝑌 (𝑥𝑖 , 𝑦𝑗 ) = 1
𝑖=1 𝑗=1 𝑖=1 𝑗=−3
Lois Marginales
Définition
La loi marginale d’une variable 𝑋 au sein d’un couple de variables aléatoires (𝑋, 𝑌 ) est la probabilité que cette variable
prenne certaines valeurs, indépendamment de l’autre variable. Dans le cas de variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 , la loi
marginale de 𝑋 est donnée par :
𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 ) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 , 𝑌 = 𝑦𝑗 )
𝑦𝑗 ∈𝑌 (Ω)
pour chaque 𝑥𝑖 ∈ 𝑋(Ω). Une formule similaire s’applique pour la loi marginale de 𝑌 .
Exemple
En considérant l’Exemple précédent, nous allons déterminer les lois marginales des variables 𝑋1 , 𝑋2 , 𝑋 et 𝑌 .
Loi Marginale de 𝑋1 et 𝑋2 : Puisque les tirages sont uniformes et indépendants, la probabilité de chaque valeur pour
𝑋1 et 𝑋2 est la même. Par exemple, pour 𝑋1 :
4
1 1
𝑃 (𝑋1 = 𝑥𝑖 ) = ∑ 𝑃 (𝑋1 = 𝑥𝑖 , 𝑋2 = 𝑗) = 4 × =
𝑗=1
16 4
𝑥 1 2 3 4
1 1 1 1
𝑃 (𝑋 = 𝑥)
4 4 4 4
Loi Marginale de 𝑌 : Calculons la loi marginale de 𝑌 en sommant les probabilités conjointes où 𝑌 prend une valeur
spécifique. Par exemple, pour 𝑌 = 0 :
4 4
1 1
𝑃 (𝑌 = 0) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑖, 𝑌 = 0) = ∑ 𝑃 (𝑋1 = 𝑖, 𝑋1 − 𝑋2 = 0) = 4 × =
𝑖=1 𝑖=1
16 4
En effectuant des calculs similaires pour les autres valeurs de 𝑌 , on obtient les probabilités marginales pour toutes les
valeurs possibles de 𝑌 . Table de Probabilités Marginales pour 𝑌 :
𝑦 -3 -2 -1 0 1 2 3
1 1 3 1 3 1 1
𝑃 (𝑌 = 𝑦)
16 8 16 4 16 8 16
Loi Conditionnelle
La loi conditionnelle est un concept fondamental en probabilités, utilisé pour décrire le comportement d’une variable
aléatoire en présence d’informations supplémentaires.
Définition
La loi conditionnelle de la variable aléatoire 𝑋 sachant l’événement 𝐴 ∈ ℱ (avec 𝑃 (𝐴) > 0) est la probabilité que 𝑋
prenne certaines valeurs, donné que l’événement 𝐴 s’est produit. Elle est définie par :
𝑃 (𝑋 ∈ 𝐵 ∩ 𝐴)
𝑃 (𝑋 ∈ 𝐵|𝐴) =
𝑃 (𝐴)
𝑃 (𝑋 = 𝑥 ∩ 𝐴)
𝑃 (𝑋 = 𝑥|𝐴) =
𝑃 (𝐴)
Définition
Pour deux des variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 , la loi conditionnelle de 𝑋 sachant 𝑌 est donnée pour chaque paire
de valeurs (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑋(Ω) × 𝑌 (Ω) par :
𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑃 (𝑋 = 𝑥|𝑌 = 𝑦) =
𝑃 (𝑌 = 𝑦)
Exemple
Pour reprendre l’exemple précédent des tirages de boules, calculons la loi conditionnelle de 𝑋 sachant (𝑌 = 3) :
— Pour 𝑥 = 1 (𝑃 (𝑋 = 1|𝑌 = 3)) : D’après la table de la loi conjointe, 𝑃 (𝑋 = 1, 𝑌 = 3) = 0. La probabilité
1 0
marginale 𝑃 (𝑌 = 3) = . Ainsi, 𝑃 (𝑋 = 1|𝑌 = 3) = = 0.
16 1
16
— Pour 𝑥 = 2 : De même, 𝑃 (𝑋 = 2, 𝑌 = 3) = 0, donc 𝑃 (𝑋 = 2|𝑌 = 3) = 0.
— Pour 𝑥 = 3 : De même, 𝑃 (𝑋 = 3, 𝑌 = 3) = 0, donc 𝑃 (𝑋 = 3|𝑌 = 3) = 0.
1
1
— Pour 𝑥 = 4 : Ici, 𝑃 (𝑋 = 4, 𝑌 = 3) = . Ainsi, 𝑃 (𝑋 = 4|𝑌 = 3) = 16 = 1.
16 1
16
Ainsi, la table de loi de 𝑃 (𝑋 = 𝑥|𝑌 = 3) est :
𝑋 1 2 3 4
𝑃 (𝑋 = 𝑥|𝑌 = 3) 0 0 0 1
𝑋 1 2 3 4
1 1
𝑃 (𝑋 = 𝑥|𝑌 = −2) 0 0
2 2
Indépendance
Définition
Deux variables aléatoires 𝑋 et 𝑌 sont indépendantes si et seulement si pour tous 𝐴, 𝐵 ∈ ℬ(ℝ)
𝑃𝑋𝑌 (𝐴 × 𝐵) = 𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴, 𝑌 ∈ 𝐵) = 𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴)𝑃 (𝑌 ∈ 𝐵)
𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑃 (𝑌 = 𝑦)
Exemple
Reprenant l’exemple précédent des tirages de boules, vérifions l’indépendance des variables aléatoires 𝑋1 et 𝑋2 puis 𝑋 et
𝑌 :
Pour 𝑋1 et 𝑋2 :
1
— Les valeurs de 𝑃 (𝑋1 = 𝑥1 ) et 𝑃 (𝑋2 = 𝑥2 ) sont pour toutes 𝑥1 et 𝑥2 .
4
1
— Pour chaque combinaison (𝑥1 , 𝑥2 ), 𝑃 (𝑋1 = 𝑥1 , 𝑋2 = 𝑥2 ) = .
16
1 1 1
On a = × pour toutes les paires (𝑥1 , 𝑥2 ), ce qui indique que 𝑋1 et 𝑋2 sont indépendantes.
16 4 4
Astuce: ON DOIT AVOIR L’EGALITE POUR TOUT COUPLE DE VALEURS POUR DIRE QUE LES VA-
RAIBLES SONT INDEPENDANTES
Pour 𝑋 et 𝑌 :
— 𝑋 prend les valeurs {1, 2, 3, 4} et 𝑌 prend les valeurs {−3, −2, −1, 0, 1, 2, 3}.
— Calculons 𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦), 𝑃 (𝑋 = 𝑥) et 𝑃 (𝑌 = 𝑦) pour chaque paire (𝑥, 𝑦) et comparons-les.
𝑋 𝑌 𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) 𝑃 (𝑋 = 𝑥) 𝑃 (𝑌 = 𝑦) Comparaison
1 1 1 1 1 1
1 -2 ≠ ×
16 4 8 16 4 8
1 1 1 1 1 1
2 -2 ≠ ×
16 4 8 16 4 8
1 1 1 1
3 -2 0 0≠ ×
4 8 4 8
1 1 1 1
4 -2 0 0≠ ×
4 8 4 8
Astuce: UNE SEULE COMPARAISON MONTRANT ≠ EST SUFFISENTE POUR DIRE QUE LES DEUX
Loi de la Somme
Définition
Soient 𝑋 et 𝑌 deux variables aléatoires discrètes. La loi de 𝑋 + 𝑌 est définie par la probabilité :
𝑃 (𝑋 + 𝑌 = 𝑧) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑧 − 𝑥) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑧 − 𝑦, 𝑌 = 𝑦)
𝑥∈𝑋(Ω) 𝑦∈𝑌 (Ω)
où 𝑋(Ω) et 𝑌 (Ω) représentent l’ensemble des valeurs que 𝑋 et 𝑌 peuvent respectivement prendre.
𝑃 (𝑋 + 𝑌 = 𝑧) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑃 (𝑌 = 𝑧 − 𝑥) = ∑ 𝑃 (𝑋 = 𝑧 − 𝑦)𝑃 (𝑌 = 𝑦)
𝑥∈𝑋(Ω) 𝑦∈𝑌 (Ω)
Exemple
En reprenant l’exemple précédent des tirages de boules, calculons les lois de 𝑍 = 𝑋1 + 𝑋2 et 𝑊 = 𝑋 + 𝑌 (où 𝑋 = 𝑋1
et 𝑌 = 𝑋1 − 𝑋2 ). On a (𝑍(Ω) = {2, 3, 4, 5, 6, 7, 8} et 𝑊 (Ω) = {−2, −1, 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7}
Loi de 𝑍 = 𝑋1 + 𝑋2
𝑃 (𝑋1 + 𝑋2 = 2) = 𝑃 (𝑋1 = 1)𝑃 (𝑋2 = 2 − 1) + 𝑃 (𝑋1 = 2)𝑃 (𝑋2 = 2 − 2) + 𝑃 (𝑋1 = 3)𝑃 (𝑋2 = 2 − 3) + 𝑃 (𝑋1 = 4)𝑃 (𝑋2 = 2
1
Donc, 𝑃 (𝑍 = 2) = .
16
— Pour 𝑧 = 3 : Les combinaisons (1, 2) et (2, 1) donnent 𝑍 = 3.
2
Donc, 𝑃 (𝑍 = 3) = .
16
— De même, nous calculons pour 𝑧 = 4, 5, 6, 7, 8.
Table de loi de 𝑍 :
𝑧 2 3 4 5 6 7 8
1 2 3 4 3 2 1
𝑃 (𝑍 = 𝑧)
16 16 16 16 16 16 16
Loi de 𝑊 = 𝑋 + 𝑌
𝑃 (𝑊 = −2) = 𝑃 (𝑋 = 1, 𝑌 = −2 − 1) + 𝑃 (𝑋 = 2, 𝑌 = −2 − 2) + 𝑃 (𝑋 = 3, 𝑌 = −2 − 3) + 𝑃 (𝑋 = 4, 𝑌 = −2 − 4) = 𝑃 (𝑋 =
1
Donc, 𝑃 (𝑊 = −2) = .
16
1
— Pour 𝑤 = −1 : La combinaison (2, 3) donne 𝑤 = −1. Donc, 𝑃 (𝑊 = −1) = .
16
— De même, nous calculons pour 𝑤 = 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7.
Table de loi de 𝑊 :
𝑤 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7
1 1 2 2 2 2 2 2 1 1
𝑃 (𝑊 = 𝑤)
16 16 16 16 16 16 16 16 16 16
Loi du Produit
Définition
La loi du produit de deux variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 est la probabilité de chaque paire de valeurs (𝑥, 𝑦) que
peuvent prendre ces variables, multipliée ensemble.
5.2.3 Moments
Espérance Mathématique
Définition
L’espérance mathématique d’une variable aléatoire discrète 𝑋 est la somme des produits de chaque valeur que 𝑋 peut
prendre par sa probabilité, soit 𝐸[𝑋] = ∑𝑥 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥).
Moments d’ordre 𝑛
Définition
Le 𝑛-ième moment (ou moment d’ordre 𝑛) d’une variable aléatoire discrète 𝑋 est défini par 𝐸[𝑋 𝑛 ].
Définition
— Variance : 𝑉 𝑎𝑟(𝑋) = 𝐸[(𝑋 − 𝐸[𝑋])2 ]
— Écart-Type : √𝑉 𝑎𝑟(𝑋)
— Covariance : 𝐶𝑜𝑣(𝑋, 𝑌 ) = 𝐸[(𝑋 − 𝐸[𝑋])(𝑌 − 𝐸[𝑌 ])]
— Corrélation : 𝜌𝑋,𝑌 = √𝑉 𝐶𝑜𝑣(𝑋,𝑌 )
𝑎𝑟(𝑋)𝑉 𝑎𝑟(𝑌 )
Loi Uniforme
Définition
Dans une loi uniforme discrète, chaque événement possible a la même probabilité de se produire.
Loi de Bernoulli
Définition
Une variable aléatoire 𝑋 suit une loi de Bernoulli si elle ne prend que deux valeurs : 1 (avec probabilité 𝑝) et 0 (avec
probabilité 1 − 𝑝).
Loi Binomiale
Définition
Une variable aléatoire suit une loi binomiale 𝐵(𝑛, 𝑝) si elle compte le nombre de succès dans une série de 𝑛 épreuves de
Bernoulli indépendantes, avec probabilité de succès 𝑝.
ffffffffffffffffffffff
Un couple (𝑋, 𝑌 ) est une paire de variables aléatoires discrètes dont la loi conjointe est définie par les probabilités
𝑝𝑖𝑗 = 𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 , 𝑌 = 𝑦𝑗 ).
Lois Marginales
Pour chaque variable 𝑋 et 𝑌 dans le couple, les lois marginales sont obtenues en sommant les probabilités conjointes sur
toutes les valeurs possibles de l’autre variable.
Lois Conditionnelles
𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 , 𝑌 = 𝑦𝑗 )
𝑃 (𝑋 = 𝑥𝑖 |𝑌 = 𝑦𝑗 ) =
𝑃 (𝑌 = 𝑦𝑗 )
Indépendance
Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables aléatoires discrètes indépendantes, la variable 𝑍 = 𝑋 + 𝑌 a pour loi de probabilité la
convolution des lois de 𝑋 et 𝑌 .
Moments
Les moments d’une variable aléatoire donnent des informations sur sa distribution.
— Espérance (premier moment) : 𝐸(𝑋) = ∑ 𝑥𝑖 𝑝𝑖
— Variance (second moment centré) : Var(𝑋) = 𝐸((𝑋 − 𝐸(𝑋))2 ) = ∑(𝑥𝑖 − 𝐸(𝑋))2 𝑝𝑖
Exemple
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Pour un dé équilibré, 𝐸(𝑋) = ∑𝑖=1 𝑖 ⋅ = 3.5 et Var(𝑋) = ∑𝑖=1 (𝑖 − 3.5)2 ⋅ . Chaque section de ce cours peut
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être développée avec des exemples spécifiques, des problèmes résolus, et des discussions pour illustrer et consolider la
compréhension des concepts introduits.
— Loi de probabilité d’une variable aléatoire discrète
— Loi de probabilité
— Fonction de répartition
— Loi de probabilité d’un couple de v.a
— Lois marginales
— Lois conditionnelles
— Indépendance
— Loi de la somme
— Loi de produit
— Moments
— Espérance mathématique
— Moments
— Variance - Ecart-type - Covariance - Corrélation
— Exemples de lois de probabilités discrètes
— Loi uniforme
— Loi de Bernoulli
— Loi Binomiale
— Loi multinômiale
— Loi hypergéométrique
— Loi de poisson
— Loi géométrique
— Loi binomiale négative
— Tableaux des lois de probabilités discrètes
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