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Les
risques
en
aéronautique,
une
réalité
En
tant
que
pilote
vous
êtes
davantage
vulnérables
si
vous
n’êtes
pas
conscient
des
dangers
qui
vous
menacent,
et
la
prévention
commence
par
l’information.
Ramenée
à
l’heure
d’activité,
l’aviation
légère
est
environ
50
fois
plus
dangereuse
que
l’automobile.
Suivant
les
pays,
le
nombre
de
décès
en
aviation
légère
varie
de
2
à
5
environ
pour
100
000
heures
de
vol.
Certaines
familles
de
machines
sont
plus
accidentogènes
que
les
autres,
comme
les
hélicoptères
ou
les
avions
de
collection.
Si
la
dimension
du
risque
n’est
pas
intégrée
dans
votre
esprit,
alors
le
bien
fondé
des
règlements,
des
formations,
des
consignes…
et
de
tout
ce
qui
concoure
à
votre
sécurité
sera
peut-‐être
remis
en
question.
Et
il
est
probable
que
votre
comportement
de
prudence
ne
sera
pas
à
la
hauteur
des
enjeux
de
sécurité.
Il
n’y
a
pas
de
fatalité
Voici
un
extrait
d’un
texte
de
Bruno
Gantenbrink,
pilote
allemand,
ancien
champion
du
monde
de
vol
à
voile
au
milieu
des
années
90.
Son
analyse,
que
tout
pilote
devrait
méditer,
est
le
fruit
d’une
réflexion
basée
sur
de
nombreuses
années
d’expérience.
Toutes
les
activités
en
aviation
légère
sont
concernées
par
ce
qui
suit:
du copiste ou pour une utilisation à but non lucratif © charrier 2012
La copie ou reproduction est réservée à un usage strictement privé
Le
vol
à
voile
est
plus
dangereux
que
n'importe
quoi
d'autre
que
je
fasse
ou
connaisse
dans
ma
vie.
Pourquoi
est-‐ce
que
je
n'arrête
pas
?
Bonne
question.
Je
n'arrête
pas
parce
que
cela
me
procure
plus
de
plaisir
et
de
joie
que
n'importe
quoi
d'autre
que
je
pourrais
envisager
comme
alternative.
Il
y
a
cependant
une
deuxième
raison
déterminante,
la
plus
décisive,
et
c'est
la
raison
de
cet
exposé
:
je
crois
que
le
vol
à
voile
n'est
pas
intrinsèquement
si
dangereux.
Il
pourrait
être
beaucoup
moins
dangereux
si
nous
étions
plus
conscients
de
ses
dangers
et
si
nous
nous
comportions
en
conséquence.
Ce
que
nous
ne
faisons
malheureusement
pas.
Pour
ma
part,
je
suis
très
conscient
des
dangers
que
comporte
le
vol
à
voile
et
je
prends
soin
d'agir
en
conséquence.
Grâce
à
quoi
j'ai
l'espoir
de
pouvoir,
individuellement,
battre
les
statistiques.
Si
je
n'avais
pas
cet
espoir,
si
le
vol
à
voile
était
aussi
dangereux
pour
moi
que
les
statistiques
DEVELOPPEZ
VOS
QUALITES
DE
PILOTE
1
semblent
le
dire,
j'arrêterais
immédiatement.
Presque
tous
les
amis
que
j'ai
perdus
en
vol
ont
succombé
à
une
erreur
humaine
ou
à
une
erreur
de
pilotage.
Il
y
eut
des
choses
en
soi
ridiculement
insignifiantes,
des
négligences
les
plus
simples
aux
conséquences
fatales.
Ils
sont
morts
parce
que,
au
moment
décisif,
quelque
chose
d'autre
était
plus
important
à
leurs
yeux
que
la
sécurité.
Si
le
vol
à
voile
doit
devenir
moins
dangereux
qu'il
ne
l'est,
cela
ne
suffira
pas
de
prendre
l'une
ou
l'autre
mesure.
L'attitude
de
base
doit
changer.
Et
l'attitude
de
base
ne
peut
changer
que
si
nous
évaluons
de
manière
réaliste
le
danger
dans
lequel
nous
nous
plongeons
presque
quotidiennement.
Votre
sécurité
dépend
principalement
de
vous,
de
votre
attitude.
Quelques
généralités
sur
les
risques
L’accident
c’est
une
confrontation
à
un
risque
qui
s’est
mal
terminée
:
un
atterrissage
vent
de
travers
mal
négocié,
une
perte
de
contrôle
dans
des
conditions
de
vol
exigeantes...
Pilotes,
vous
devez
éviter
ces
situations
accidentogènes.
Une
meilleure
perception
des
risques
liés
à
la
pratique
de
votre
activité
est
un
des
moyens
pour
y
parvenir.
Voici
quelques
connaissances
destinées
à
améliorer
la
compréhension
de
votre
activité
sous
l’angle
des
risques.
Risque
ou
danger
?
Avant
d’aborder
la
notion
de
risque
il
nous
faut
parler
des
dangers
puisque
en
aéronautique
c’est
la
confrontation,
ou
l’exposition,
aux
phénomènes
dangereux,
c’est
à
dire
à
une
menace
physique,
qui
devient
un
risque.
Donc,
si
vous
connaissez
les
dangers,
vous
pourrez
déjà
les
éviter,
comme
le
survol
montagneux
avec
du
vent
fort
qui
va
générer
des
rabattants,
alors
que
cette
aérologie
particulière
vous
est
étrangère.
Dans
certains
cas
la
confrontation
au
danger
est
possible,
mais
elle
doit
alors
toujours
être
conditionnée
par
sa
maîtrise
:
le
risque
de
givrage
du
carburateur
sera
maîtrisé
par
la
connaissance
de
son
domaine
d’apparition
et
la
technique
d’utilisation
du
réchauffage
carburateur.
Danger
du copiste ou pour une utilisation à but non lucratif © charrier 2012
La copie ou reproduction est réservée à un usage strictement privé
La
confrontation
au
danger
entraine
un
risque
Gravité
et
probabilité
Le
risque
c’est
donc
la
confrontation
à
un
danger
qui
ne
serait
pas
maîtrisé
et
qui
serait
susceptible
(probabilité)
de
provoquer
un
événement
(accident)
plus
ou
moins
important
(gravité).
Partir
en
vol
sans
effectuer
certaines
vérifications
d’usage
est
susceptible
d’entraîner
un
risque
:
ne
pas
lire
les
NOTAMs
provoque
une
augmentation
de
la
probabilité
d’accident
mais
peut
s’avérer
moins
grave
que
d’omettre
un
complément
de
plein.
.
Ainsi,
plus
le
risque
est
probable
et
plus
il
est
grave,
plus
il
devient
critique.
Si
vous
volez
DEVELOPPEZ
VOS
QUALITES
DE
PILOTE
2
systématiquement
(forte
probabilité)
sans
vérifier
un
élément
vital
de
votre
machine
(forte
gravité),
la
criticité
du
risque
est
importante.
Le
risque
:
l’éviter,
l’atténuer
ou
l’accepter
Quand
vous
apercevez
un
grain
important
sur
votre
route
vous
identifiez
un
danger
et
vous
avez
trois
solutions
:
l’évitement,
la
réduction,
ou
l’acceptation
du
risque.
Si
vous
le
contournez,
vous
ne
serez
pas
confronté
au
danger,
donc
vous
ne
prendrez
pas
de
risques.
Mais
vous
pouvez
aussi
décider
de
ne
pas
passer
sous
le
grain
mais
plutôt
du
côté
où
il
vous
semble
le
moins
actif
pour
atténuer
les
risques.
Enfin,
vous
pouvez
également
continuer
à
votre
cap
sans
rien
changer,
car
vous
considérez
que
le
risque
est
acceptable.
L’évitement
des
dangers
est
le
premier
outil
de
gestion
des
risques
chez
les
pilotes,
et
particulièrement
chez
les
pilotes
de
loisirs.
La
méconnaissance
des
dangers
est
un
facteur
de
risque
On
mesure
donc
le
niveau
du
risque
en
multipliant
sa
gravité
par
sa
probabilité,
mais
il
est
courant
d’utiliser
un
troisième
facteur
qui
est
sa
non
détection.
Si
par
méconnaissance
le
danger
n’est
pas
identifié
alors
la
probabilité
d’y
être
confrontée
devient
beaucoup
plus
importante.
Le
pilote
va
s’engager
dans
une
vallée
sans
s’apercevoir
qu’elle
remonte
et
se
rétrécie,
il
va
poursuivre
sa
navigation
malgré
des
signes
précurseurs
de
dégradation
météo
qui
n’ont
pas
de
sens
pour
lui.
L’expérience
et
la
gestion
des
risques
La
perception
des
risques
va
augmenter
avec
votre
expérience
et
ainsi
améliorer
votre
jugement
et
la
qualité
de
vos
décisions.
Vous
serez
alors
capable
de
percevoir
des
combinaisons
à
risques
comme
la
brume
lors
un
survol
maritime
qui
pourra
occulter
l’horizon,
ou
l’arrivée
sur
un
aérodrome
inconnu
à
une
heure
de
pointe…
Vous
êtes
capable
d’identifiez
ces
contextes
particuliers
qui
auparavant
n’avaient
pas
de
sens
pour
vous.
Néanmoins,
votre
expérience
ne
doit
pas
vous
amener
à
prendre
d’autres
risques,
à
«
pousser
le
bouchon
un
peu
plus
loin
»,
sous
prétexte
que
vous
maîtrisez
la
situation.
Cette
tendance,
largement
partagée,
d’aller
toujours
plus
loin,
est
contraire
à
l’objectif
de
tout
vol
qui
est
de
ramener
l’avion,
ses
passagers
et
son
équipage
à
bon
(aéro)port.
La
prévention
et
la
précaution,
deux
approches
différentes
et
du copiste ou pour une utilisation à but non lucratif © charrier 2012
La copie ou reproduction est réservée à un usage strictement privé
complémentaires
La
prévention
des
risques
se
base
sur
les
connaissances
:
celles
de
l’environnement
(phénomènes
dangereux,
marge
de
pétrole
réduite,
trafic
dense),
de
votre
machine
et
celles
qui
se
rapportent
à
vos
propres
limites.
Alors
que
la
précaution
consiste
à
adopter
un
comportement
de
prudence
en
l’absence
de
connaissances
précises
des
dangers
ou
des
risques
suspectés,
ou
d’un
doute
quant
à
leur
maîtrise.
Cela
consiste
par
exemple
à
augmenter
vos
marges
de
sécurité
par
rapport
au
danger
perçu
ou
probable
:
attendre
que
la
visibilité
augmente,
contourner
la
TMA
avec
un
cheminement
plus
long
mais
plus
aisé,
demander
une
autre
piste,
annuler
son
vol
…
Vous
ne
sentez
pas
trop
la
situation
et
vous
préférez
«
assurer
»!
DEVELOPPEZ
VOS
QUALITES
DE
PILOTE
3
Le
risque
objectif
ou
subjectif
?
Il
existe
un
écart
entre
le
risque
réel
ou
objectif
et
le
risque
perçu
ou
subjectif.
La
méconnaissance,
l’inexpérience,
la
surconfiance
sont
des
éléments
qui
sont
logiquement
la
cause
de
ce
décalage.
Une
autre
composante
de
la
perception
subjective
du
risque
est
la
sous-‐évaluation
des
risques
pris
par
soi-‐même,
contrairement
à
ceux
pris
au
travers
d’un
tiers,
la
peur
dans
un
avion
de
ligne
est
le
plus
souvent
subjective.
L’individu
effectuant
lui-‐
même
l’activité
ressent
(subjectivement)
un
sentiment
de
maîtrise
des
risques
ce
qui
n’est
pas
forcément
le
cas.
Beaucoup
de
formations,
d’informations
visent
à
réduire
l’écart
entre
le
risque
subjectif
et
le
risque
objectif.
Le
risque
et
le
règlement
En
aéronautique
la
règlementation
est
principalement
un
outil
de
gestion
des
risques.
Or,
celle-‐ci
doit
s’adapter
à
de
nombreux
cas
de
figure
pour
éviter
de
bloquer
le
système.
Cette
nécessité
est
souvent
traduite
en
compromis
qui
vont
laisser
la
porte
ouverte
à
certains
risques
si
l’on
n’y
prend
pas
garde.
Au
coucher
du
soleil
plus
15
mn
au
fond
d’une
vallée
par
temps
couvert
il
fait
nuit,
alors
qu’en
plaine
par
beau
temps
il
fait
grand
jour.
Contrairement
au
transport
public
où
rien
n’est
laissé
au
hasard,
en
aviation
de
loisirs
le
domaine
est
beaucoup
plus
«
ouvert
»,
beaucoup
moins
«
prescrit
».
Vous
devez
en
être
conscient
dans
la
mesure
où
les
dangers
sont
par
conséquent
beaucoup
plus
nombreux
;
leur
connaissance,
associée
à
une
évaluation
la
plus
objective
possibles
des
risques,
devient
alors
essentielle.
La
plupart
des
accidents
se
produisent
alors
que
les
règlements
sont
parfaitement
respectés.
Il
existe
autant
de
niveau
d’acceptabilité
des
risques
que
de
pilotes
Chaque
pilote
possède
sa
propre
perception
des
risques
qui
va
déterminer
son
niveau
d’acceptabilité.
Perception
et
acceptation
vont
être
conditionnées
par
:
votre
formation,
votre
expérience,
votre
éducation,
votre
personnalité,
vos
croyances
(culture).
Autant
de
facteurs
qui
vont
influer
sur
vos
raisonnements
et
votre
attitude.
On
doit
évoquer
également
les
comportements
téméraires,
plus
particulièrement
chez
certains
jeunes
pilotes
à
la
recherche
de
leurs
limites.
La
gestion
des
risques
en
aviation
de
loisirs
En
tant
que
pilote
vous
devez
raisonner,
non
pas
par
rapport
à
vos
seules
connaissances,
mais
admettre
qu’il
peut
y
avoir
des
situations
qui
vous
échappent.
Il
y
a
beaucoup
de
choses
que
vous
ignorez,
vous
devez
en
être
conscient
et
cela
doit
vous
encourager
à
être
du copiste ou pour une utilisation à but non lucratif © charrier 2012
La copie ou reproduction est réservée à un usage strictement privé
vigilant.
L’humilité
est
une
qualité
essentielle
chez
un
pilote.
Ce
que
vous
devez
retenir
La
plupart
des
accidents
en
aviation
légère
sont
dus
à
un
manque
de
prudence.
Méfiez-‐
vous
de
ce
sentiment
d’invulnérabilité,
il
est
dangereux
et
insidieux.
La
méconnaissance
ou
la
sous-‐évaluation
des
risques
conduit
beaucoup
de
pilotes
à
dépasser
leurs
limites
(et
à
accroître
délibérément
ou
inconsciemment
la
criticité
de
cette
activité).
Les
règlements
évitent
certains
risques
mais
ne
garantissent
pas
une
sécurité
absolue.
DEVELOPPEZ
VOS
QUALITES
DE
PILOTE
4
L’aviation
légère,
même
si
c’est
une
activité
de
loisir,
nécessite
en
permanence
de
la
rigueur.
L’accident
n’arrive
pas
par
hasard.
En
analysant,
avant
le
vol,
les
facteurs
pouvant
conduire
à
un
accident,
il
est
possible
d’en
réduire
fortement
la
probabilité.
De
nombreux
accidents
résultent
de
l‘ignorance
et
parfois
du
mépris
de
règles
élémentaires.
Si
vous
avez
un
doute
sur
vos
capacités
à
gérer
une
situation,
faites
profil
bas
:
il
faut
mieux
faire
demi-‐tour
ou
annuler
un
vol
plutôt
que
de
prendre
de
risques
inutiles.
*****************************
du copiste ou pour une utilisation à but non lucratif © charrier 2012
La copie ou reproduction est réservée à un usage strictement privé
DEVELOPPEZ
VOS
QUALITES
DE
PILOTE
5