LU1MA002 – CC n° 1 – MIPI / PEIP-1A / CMI-M màj 27 mai, 2021 09:42
LU1MA002 – Mathématiques pour les Études Scientifiques II
Examen final – MIPI / PEIP-1A / CMI-M – 11 mai 2021 – durée 1h30
Tous les appareils électroniques et notes de cours sont interdits.
Toutes les réponses doivent être justifiées par un calcul ou un raisonnement ou en invoquant à bon escient le cours.
Cette épreuve est notée sur 55 points. (Le barème donné pour chaque exercice est indicatif.)
Les exercices sont indépendants.
Le corrigé ci-dessous est très détaillé. On n’attend pas nécessairement autant de détails sur une copie rédigée en 1h30. Il peut
également y avoir, pour les questions purement calculatoires, d’autres solutions que celles proposées ici.
x 2x + y
Exercice 1 (12 points) Soit f l’endomorphisme de R3 défini par f y = −3x − y + z .
1. Donner une base du noyau de f . z x−z
2x + y
=0
Solution : le plus simple est de résoudre directement le système −3x − y + z = 0 . La dernière équation donne x = z qui,
x−z =0
x z 1
substitué dans les autres
équations
donne 2z + y = 0 et −2z − y = 0 d’où y = −2z = z −2 . Le noyau de f a donc
1 z z 1
pour base le vecteur −2 .
1
2. Quelle est la matrice de l’application linéaire f ◦ f ? Quel est son rang ?
2 1 0 1 1 1
Solution : La matrice de f est la matrice M = −3 −1 1 . La matrice de f ◦f est donc N = M ×M = −2 −2 −2 .
1 0 −1 1 1 1
Les trois lignes de N sont deux à deux proportionnelles donc N est de rang 1.
3. Cette question peut se faire sans calcul. D’après les questions précédentes, quelle est la dimension de Ker(f ) ?
La dimension de Ker(f ◦ f ) ? En déduire la dimension de Im(f ) et de Im(f ◦ f ).
Solution : Le théorème du rang dit que dim(Im f ) + dim(Ker f ) = dim R3 = 3 et dim(Im f ◦ f ) + dim(Ker f ◦ f ) = dim R3 = 3.
Or dim(Ker f ) = 1 d’après la question 1 donc dim(Im f ) = 2, et dim(Im f ◦ f ) = 1 d’après la question 2 donc dim(Ker f ◦ f ) = 2.
−4 0 6
Exercice 2 (12 points) On considère la matrice A = 1 2 3 .
1. Montrer que −7 est une valeur propre de A. 2 0 −3
Solution : Dire que −7 est
une valeur propre de A est équivalent à dire que det(A + 7I) = 0, où I est la matrice identité 3 × 3.
3 0 6
On a A + 7I = 1 9 3 . On calcule le déterminant en développant par rapport à la deuxième colonne (car cette colonne a
2 0 4
3 6
un seul coefficient non nul), ce qui donne det(A + 7I) = 9 × = 9 × (3 × 4 − 2 × 6) = 0. Le nombre −7 est donc bien une
2 4
valeur propre de A.
2. Calculer le polynôme caractéristique de A.
−4 − λ 0 6
Solution : Le polynôme caractéristique est défini par P (λ) = det(A − λI) = 1 2−λ 3 . Comme précédemment
2 0 −3 − λ
−4 − λ 6
on calcule le déterminant en développant par rapport à la deuxième colonne, ce qui donne P (λ) = (2 − λ) =
2 2 −3 − λ
(2 − λ) (−4 − λ)(−3 − λ) − 12 = (2 − λ)(λ + 7λ) = λ(2 − λ)(λ + 7).
3. Quelles sont les valeurs propres de A.
Solution : Les valeurs propres de A sont les racines du polynôme caractéristique P (λ) = λ(2 − λ)(λ + 7). Ce sont donc les
nombres 0, 2 et −7.
4. Donner la définition de la matrice M ∈ Mn (R) est diagonalisable . Est-ce le cas de la matrice A ?
Solution : la définition de M ∈ Mn (R) est diagonalisable est il existe une base de Rn formée de vecteurs propres de M .
Dans ce cas, si
(V1 , . . . Vn ) est cette base , λn sont tels que M Vi = λi Vi pour 1 ≤ i ≤ n, on forme la matrice diagonale
et si λ1 , . . .
λ1 0
.. −1
D= . et la matrice P = V1 · · · Vn et on a M = P DP . Une définition équivalente de M ∈ Mn (R) est
0 λn
diagonalisable est donc il existe une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que M = P −1 DP .
Par théorème (et non par définition) une matrice M ∈ Mn (R) qui possède n valeurs propres distinctes est diagonalisable. La
matrice A ∈ M3 (R) a trois valeurs propres distinctes qui sont 0, 2 et −7, elle est donc diagonalisable.
1
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1 −2
Exercice 3 (12 points) Soient u1 = 3 et u2 = −6 deux vecteurs de R3 . On note E l’ensemble des
−2 1
vecteurs de v de R3 pour lesquels il est possible de trouver deux réels α et β tels que v = αu1 + βu2 .
1. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de R3 .
Solution : cette question a été traitée de façon incorrecte par beaucoup d’étudiants qui ne connaissaient pas la définition de
sous-espace vectoriel et qui ont essayé maladroitement d’appliquer un théorème, sans dire lequel d’ailleurs ; nous donnons
donc ci-dessous la démonstration attendue, ainsi qu’une seconde démonstration admissible, qui correspond sans doute à ce que
ces étudiants cherchaient à faire. (Certains étudiants ont d’ailleurs donné cette seconde démonstration sans erreur.)
Première démonstration :
Dire que E est un sous-espace vectoriel de R3 signifie que : (a) E est non vide (ce qu’on montre en général en montrant que
0 ∈ E) et (b) E est stable par combinaison linéaire, c’est à dire : si v1 ∈ E, v2 ∈ E et (λ1 , λ2 ) ∈ R2 alors λ1 v1 + λ2 v2 ∈ E.
Montrons donc ces deux points pour l’ensemble E ⊂ R3 donné dans l’énoncé :
(a) le vecteur nul s’écrit 0 = 0 u1 + 0 u2 (qui est bien de la forme αu1 + βu2 avec α = β = 0) donc 0 ∈ E ce qui montre que
E est non vide ;
(b) soit v1 = α1 u1 +β1 u2 ∈ E, v2 = α2 u1 +β2 u2 ∈ E et (λ1 , λ2 ) ∈ R2 ; on a λ1 v1 +λ2 v2 = λ1 (α1 u1 +β1 u2 )+λ2 (α2 u1 +β2 u2 ) =
(λ1 α1 + λ2 α2 )u1 + (λ1 β1 + λ2 β2 )u2 qui est de la forme αu1 + βu2 avec α = λ1 α1 + λ2 α2 et β = λ1 β1 + λ2 β2 donc
λ1 v1 + λ2 v2 ∈ E.
Conclusion E est un sous-espace vectoriel de R3 .
Seconde démonstration :
basée sur le théorème : soit
f :Rn → Rm une application linéaire ; alors Im f est un sous-espace vectoriel de Rm .
α
On définit f = R2 → R3 par f = αu1 +βu2 ; l’ensemble E donné dans l’énoncé est égal à Im f ; de plus f est une application
β
α1 α1 λ1 α1 + λ2 α2
linéaire ; en effet f λ1 + λ2 = f = (λ1 α1 + λ2 α2 )u1 + (λ1 β1 + λ2 β2 )u2 = λ1 (α1 u1 + β1 u2 ) +
β β λ1 β1 + λ2 β2
1 1
α1 α2
λ2 (α2 u1 + β2 u2 ) = λ1 f + λ2 f ; conclusion E = Im f est un un sous-espace vectoriel de R3 .
β1 β2
a
2. À quelle(s) condition(s) sur les réels a, b et c le vecteur b appartient-il à l’ensemble E ?
c
a a
Solution : par définition de E, le vecteur b appartient à E si et seulement si l’équation x u1 + y u2 = b (où x et y sont
c c
les
inconnues) à au moins une solution ; il s’agit
du système d’équations ci-dessous qu’on
transforme par la méthode du pivot :
x − 2y = a (E1 ) −3E1 + E2 → E2 x − 2y =a (E1 ) x − 2y =a (E1 )
E2 ↔ E3
3x − 6y = b (E2 ) 2E1 + E3 → E3 0 = −3a + b (E2 ) −3y = 2a + c (E2 )
−−−−− −−→
−2x + y = c (E3 ) −−−−−−−−− −−→ −3y = 2a + c (E3 ) 0 = −3a + b (E3 )
le dernier système (équivalent au premier) est échelonné ; il a une solution si et seulement si −3a + b = 0 qui est la condition
demandée.
3. Est-il possible de trouver trois vecteurs qui appartiennent à E et qui forment une famille libre ? Justifier.
Solution : les deux vecteurs u1 et u2 forment un système générateur de E ce qui montre que dim E ≤ 2 ; (il est vrai que dim E = 2
mais pour le justifier il faut montrer que u1 et u2 forment une famille libre ; ce n’est pas demandé et on n’en a pas besoin ici ;)
conclusion : un système de trois vecteurs de E est nécessairement liés ; il n’est pas possible de trouver trois vecteurs de E qui
forment une famille libre.
Exercice 4 (6 + 9 + 6 = 21 points) Les questions 1, 2 et 3 de cet exercice sont indépendantes les unes des autres.
1. Dans une pizzeria, on peut créer sa propre pizza en choisissant 4 ingrédients dans une liste contenant 30 possi-
bilités.
(a) Le nombre total de pizzas possibles correspond t-il a un arrangement ou à une combinaison ? Justifier.
Solution : c’est une combinaison car le menu de la pizzeria ne précise pas l’ordre dans lequel les ingrédients sont placés sur la
pizza. (On fait confiance au pizzaiolo pour cela, et sinon, on va manger ailleurs. . .)
(b) Combien de pizzas différentes sont possibles ? On notera N1 ce nombre. On simplifiera le plus possible les
calculs à faire mais on pourra ne pas faire toutes les multiplications impliquées.
30 30 × 29 × 28 × 27
Solution : le nombre de combinaison de 4 (ingrédients) parmi 30 est = = N1 .
4 24
(c) En plus de choisir ses ingrédients, on choisit la taille de la pizza (petite, moyenne ou grande) et la sauce
(tomate ou crème). Exprimer, en fonction de N1 , le nombre total de possibilités.
Solution : Il y a 3 choix de taille et 2 choix de sauce ; le nombre total de pizza est 6N1 .
2
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2. La pizzeria propose trois prix pour ses pizzas : les basiques à 8 euros, les classiques à 12 euros et les
délices à 16 euros. Les basiques sont choisies par 30% des clients, les classiques par la moitié et les délices par
les autres. Indépendamment de leur catégorie de pizza, une personne sur 10 craque pour l’option fromage à
4 euros.
Solution : comme indiqué dans l’énoncé, le choix de la formule et le choix de l’option fromage sont indépendants, ce qui permet
de placer les probabilités sur les branches de l’arbre de probabilité suivant ; la probabilité de chaque feuille de l’arbre s’obtient
alors simplement en multipliant les probabilités des branches qui y mènent ; on désigne par B l’événement choix d’une pizza
basique , par C l’événement choix d’une pizza classique , par D l’événement choix d’une pizza délice , par F l’événement
avec option fromage et par F l’événement sans option fromage ; on note par ailleurs p le prix et P la probabilité.
p = prix P = probabilité
0.1 D et F 20 euros 0.2 × 0.1 = 0.02
D
0.9 D et F 16 euros 0.2 × 0.9 = 0.18
0.2
0.1 C et F 16 euros 0.5 × 0.1 = 0.05
0.5
C
0.9 C et F 12 euros 0.5 × 0.9 = 0.45
0.3
0.1 B et F 12 euros 0.3 × 0.1 = 0.03
B
0.9 B et F 8 euros 0.3 × 0.9 = 0.27
(a) Quelle est la probabilité qu’un client paye exactement 8 euros ?
Solution : l’événement p=8 correspond à l’unique feuille de l’arbre B et F dont la probabilité et 0.27.
(b) Calculer P (prix ≥ 16 | fromage) la probabilité de payer 16 euros ou plus sachant qu’on a pris l’option
fromage.
P (p ≥ 16 et F )
Solution : on a par définition P (p ≥ 16 | F ) = ; l’événement p ≥ 16 et F correspond aux deux feuilles
P (F )
de l’arbre D et F et C et F donc P (p ≥ 16 et F ) = 0.02 + 0.05 = 0.07 ; on connaı̂t par ailleurs P (F) = 0.1 ; d’où
0.07
P (p ≥ 16 | F ) = = 0.07 × 10 = 0.7.
0.1
(c) Une cliente a payé 16 euros ou plus sa pizza. Quelle est la probabilité qu’elle ait pris l’option fromage ?
Solution :
P (p ≥ 16 | F ) × P (F )
Première solution : on utilise la formule de Bayes qui dit que P (F | p ≥ 16) = =
P (p ≥ 16 | F ) × P (F ) + P (p ≥ 16 | F ) × P (F )
P (p ≥ 16 et F )
; on a calculé à la question précédente P (p ≥ 16 et F ) = 0.07 ; l’événement p ≥ 16 et F
P (p ≥ 16 et F ) + P (p ≥ 16 et F )
0.07 0.07
correspond à la feuille de l’arbre D et F qui a pour probabilité 0.18 ; on a donc P (F | p ≥ 16) = = =
0.07 + 0.18 0.25
0.07 × 4 = 0.28.
P (F et p ≥ 16)
Deuxième solution : on a P (F | p ≥ 16) = ; on connaı̂t déjà P (F et p ≥ 16) = 0.07 ; l’événement p ≥ 16
P (p ≥ 16)
correspond aux trois feuilles de l’arbre D et F , D et F et C et F donc P (p ≥ 16) = 0.02 + 0.18 + 0.05 = 0.25
0.07
d’où P (F | p ≥ 16) = = 0.07 × 4 = 0.28.
0.25
3. W. mange une pizza tout les jours. Au mois de mai, la pizzeria glisse au hasard, dans une boite à pizza sur 10,
un autocollant boisson offerte .
(a) Quelle est la probabilité que W. ait une boisson offerte dès son premier passage ?
1
Solution : cette probabilité est de = 0.1.
10
(b) Justifier que le premier jour où W. trouve un autocollant dans sa boite est décrit par une loi géométrique,
dont on précisera le ou les paramètre(s). Quelle est l’espérance de cette variable aléatoire ?
Solution : à chaque passage la probabilité que W. trouve un autocollant dans sa boite est décrit par une variable aléatoire qui
suit la loi de Bernouilli B(0.1) de paramètre p = 0.1 (en comptant 1 pour l’issu boisson offerte et 0 pour l’issu contraire) ;
d’après le cours, le premier jour où W. trouve un autocollant dans sa boite est décrit par une variable aléatoire qui suit la loi
1
géométrique G (0.1) de paramètre p = 0.1 ; l’espérance de cette variable aléatoire est = 10.
p
(c) La deuxième semaine, W. mange 7 pizzas et se voit offrir 5 boissons. Quelle est la probabilité pour que cela
arrive ?
Solution : à chaque passage la probabilité que W. trouve un autocollant dans sa boite est décrit par une variable aléatoire qui
suit la loi de Bernouilli B(0.1) de paramètre p = 0.1 (en comptant 1 pour l’issu boisson offerte et 0 pour l’issu contraire) ;
d’après le cours, le nombre de jours où W. trouve un autocollant dans sa boite sur 7 jours consécutifs est décrit par une variable
B(7, 0.1) de paramètres N = 7 et p = 0.1 ; la probabilité que W. trouve 5 autocollants sur 7
aléatoire qui suit la loi binomiale
7 7×6
jours consécutifs est donc × 0.15 × 0.92 = × 10−5 × 81 × 10−2 = 1701 × 10−7 = 0.0001701. Quel chanceux !
5 2