BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL
BREVET DES MÉTIERS D’ART
SESSION 2024
HISTOIRE – GEOGRAPHIE – ENSEIGNEMENT MORAL ET CIVIQUE
Coefficient : 2,5
Indications sur les attentes
Le règlement d’examen (Arrêté du 17 juin 2020 paru au BOEN du 10 juillet
2020) précise que la sous-épreuve d’histoire-géographie vise à « vérifier les com-
pétences du candidat à :
– maîtriser et utiliser des repères chronologiques et spatiaux : mémoriser et s’ap-
proprier les notions, se repérer, contextualiser (HG) ;
– s’approprier les démarches historiques et géographiques : exploiter les outils
spécifiques aux disciplines, mener et construire une démarche historique ou géo-
graphique et la justifier (HG) ;
– construire et exprimer une argumentation cohérente et étayée en s’appuyant sur
les repères et les notions du programme (EMC) ;
– mettre à distance ses opinions personnelles pour construire son jugement (HG-
EMC);
– mobiliser ses connaissances pour penser et s’engager dans le monde en s’ap-
propriant les principes et les valeurs de la République (HG-EMC). »
L’épreuve comporte trois parties, notées respectivement sur 6, 8 et 6 points.
Cette répartition est immuable.
Dans cette perspective, il apparaît important que les correcteurs prennent
en compte les recommandations suivantes :
- le barème de correction est un barème cumulatif : la note maximale est délivrée
lorsque la réponse du candidat est pertinente au regard de la question posée.
- l’ensemble de l’échelle de notation doit être utilisée ; c’est ainsi qu’une très bonne
copie peut obtenir la note de 20/20 et qu’une très mauvaise copie est sanctionnée
par une note très basse.
- il est nécessaire de rédiger une appréciation générale circonstanciée et de porter
une marque ou une appréciation en face de chaque exercice de façon à ce qu’il
soit visible que tout a été évalué.
Les indications sur les attentes précisent pour chaque partie du sujet, des
éléments attendus (capacités, connaissances, etc.), le cas échéant, des élé-
ments à valoriser.
- Les éléments attendus sont ceux qui doivent être retrouvés dans la copie d’un
candidat à l’issue d’un cycle de scolarité.
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Épreuve E5 Sous-épreuve U52 : Histoire – Géographie – Enseignement Moral et Civique
Repère de l’épreuve : PF 2409-FHG HGEMC 3 1/8
- Les éléments à valoriser portent sur des contenus et des qualités qui ne sont
pas attendus d’un candidat pour le niveau d’examen donné. Ils ne sont pas néces-
saires pour obtenir la note maximale. Ils compensent d’éventuelles faiblesses et
permettent l’attribution de points supplémentaires par rapport à la note globale at-
tribuée à la copie. Le nombre de points de valorisation doit clairement apparaître
sur la copie (à côté de la note initialement donnée et avant l’addition du total des
points).
Grille nationale d’évaluation de la sous-épreuve d’histoire-géographie
et enseignement moral et civique au baccalauréat professionnel.
Grille parue au BOEN n°47 du 16 décembre 2021.
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Épreuve E5 Sous-épreuve U52 : Histoire – Géographie – Enseignement Moral et Civique
Repère de l’épreuve : PF 2409-FHG HGEMC 3 2/8
Première partie : Géographie (6 points)
Thème 2 : Les sociétés et les risques : anticiper, réagir, se coordonner et s’adapter
Question 1 : définissez la notion de risque climatique.
Réponse attendue : un risque climatique désigne un risque lié au climat ; il regroupe les
aléas de la météorologie marine (tempêtes et cyclones), les inondations, les glissements de
terrain (lorsqu’ils sont liées aux précipitations), les épisodes de sécheresse. (Les tsunamis
sont d’origine tectonique et n’en font donc pas partie).
Éléments de valorisation :
- référence pertinente aux notions connexes du programme : risque systémique, adap-
tation...
- inégale exposition des territoires (vulnérabilité)
- prise en compte d’échelles différentes : changements globaux, impacts régionaux et
locaux...
Question 2 : citez :
- deux littoraux menacés par les effets du changement climatique ;
- un acteur qui intervient à l’échelle mondiale dans la gestion des risques.
Réponse attendue :
- les exemples de littoraux menacés que peut citer le candidat sont nombreux. On
attend qu’il cite des littoraux exposés au risque de submersion, à l’érosion des côtes,
aux cyclones. Le candidat peut citer par exemple les îles Kiribati dans le Pacifique,
les Caraïbes, la façade asiatique, les littoraux français (métropole et outre-mer )...
- l’ONU, les ONG et les États sont les principaux acteurs qui interviennent à l’échelle
mondiale.
Éléments de valorisation :
- toute précision concernant les missions assurées par l’acteur international en matière
de gestion des risques : aide humanitaire, expertise technique (réduction de la
vulnérabilité), accompagnement des pays en voie de développement pour
l’élaboration de politiques de prévention...
Compétence évaluée : S’approprier les démarches géographiques (3 points)
Question 3 : présentez l’intérêt d’un plan de prévention des risques dans un texte argumenté
d’une dizaine de lignes.
Réponse attendue : Un plan de prévention des risques, naturels ou technologiques, est un
document d’urbanisme élaboré par les services déconcentrés de l’État pour assurer la sé-
curité des personnes et des biens. Il est l’outil privilégié d’une politique globale de gestion
des risques.
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Épreuve E5 Sous-épreuve U52 : Histoire – Géographie – Enseignement Moral et Civique
Repère de l’épreuve : PF 2409-FHG HGEMC 3 3/8
Il réglemente l’utilisation des sols en tenant compte des risques identifiés sur cette zone
(aléas et enjeux), il précise les degrés de vulnérabilité du territoire et mentionne les mesures
de prévention, de protection et de sauvegarde.
Élément de valorisation :
- tout exemple pertinent (capacité du programme).
Deuxième partie : Histoire (8 points)
Thème 1 : Le jeu des puissances dans les relations internationales depuis 1945
Capacités évaluées :
- Maîtriser et utiliser des repères chronologiques : mémoriser et s’approprier les no-
tions, se repérer, contextualiser.
- Mener et construire une argumentation historique et la justifier.
- Dégager l’intérêt, la portée et le sens d’un document de la période (discours, actes
de séminaires internationaux, conférences, traités, etc.)
Sujet : L’O.N.U. dans le jeu des puissances pendant la Guerre froide (1945-1975)
Questions et réponses possibles
Question 1 : expliquez la création de l’ONU : contexte, acteurs et enjeux. (Document 1)
Réponse possible : Basée à New York, l’Organisation des Nations Unies est officiellement
créée le 24 octobre 1945 lorsque la Charte des Nations Unies est signée puis ratifiée par
51 États désignés comme membres fondateurs. Parmi eux figurent les vainqueurs de la
Seconde Guerre mondiale (Chine, États-Unis, Royaume-Uni, URSS). C’est une idée appa-
rue durant la Seconde Guerre mondiale, afin de lutter contre les puissances de l’Axe et de
mettre fin au fléau de la guerre.
Les enjeux sont le maintien de la paix, la sécurité internationale, la promotion et la défense
des Droits de l’Homme, le développement de la coopération internationale.
Éléments de valorisation :
- mention de la conférence de San Francisco et de la déclaration de la Déclaration des
Nations Unies (1942) ;
- toute référence à la S.D.N. dissoute avec la Seconde Guerre mondiale ;
- toute explication sur l’organisation des Nations Unies : Assemblée Générale, Conseil de
sécurité, modalités de vote ;
- toute mention des organisations spécialisées internationales : FAO, UNESCO par
exemple.
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Repère de l’épreuve : PF 2409-FHG HGEMC 3 4/8
Question 2 : expliquez pourquoi le droit de veto limite l’utilisation de la Charte des Nations-
Unies. (Documents 1 et 2)
Réponse possible : le droit de veto du Conseil de sécurité est un droit accordé uniquement
aux cinq membres permanents de ce Conseil (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et
États-Unis) qui leur permet de bloquer toute résolution ou décision, quel que soit l’avis ma-
joritaire des membres. De 1945 à 1965, la majorité des vetos provient de l’Union Soviétique
; à partir de 1965, l’URSS abandonne peu à peu ce droit. En revanche, à partir des années
1960, les États-Unis commencent à l’utiliser à leur tour massivement.
Ce recours au droit de veto met en évidence la bipolarisation du monde, l’opposition entre
les deux Blocs, le Bloc de l’Ouest, sous l’égide des États-Unis et le Bloc de l’Est sous la
domination de l’URSS. Le droit de veto devient alors une arme politique puisqu’il bloque les
résolutions de l’adversaire.
Éléments de valorisation :
- utilisation de connaissances pour expliquer les raisons de l’évolution, comme la pratique
de « la chaise vide » (l’abstention avait valeur de droit de veto).
- le droit de veto évite également la montée aux extrêmes.
- toute définition des notions employées.
Question 3 : relevez dans le document 3 les idéaux du président des États-Unis correspon-
dant à la phrase soulignée dans le document 1.
Réponse possible : dans le document 3, le président des États-Unis expose les idéaux de
liberté et de paix : « Mon pays veut construire et non pas détruire », « Il cherche l’entente
et non la guerre », « Il veut vivre libre, et sûr en même temps que le peuple de tous les
autres pays jouit autant que lui du droit de choisir son propre mode de vie ».
Le but premier de l’ONU est d’empêcher toute nouvelle guerre et de faire respecter le droit
international par la négociation et la sécurité collective. Si un État est menacé, les autres
nations doivent le protéger et sanctionner celui qui le menace.
Éléments de valorisation :
- lien avec d’autres buts de la Charte ;
- référence à l’ancêtre de l’ONU, la SDN.
Question 4 : identifiez l’enjeu que représente la dissuasion nucléaire pendant la Guerre
froide. (Document 3)
Réponse possible :
- La dissuasion consiste à prévenir un acte en persuadant celui qui l'envisage que les coûts
qui en résulteraient inéluctablement en excèderaient les bénéfices attendus. (« la supériorité
numérique des armes, la possibilité, qui en découle, de représailles dévastatrices, ne peut
nullement par elle-même prévenir les effroyables dégâts matériels et les effroyables pertes
de vies humaines, qu’infligerait une agression imprévue »).
L’arme nucléaire maintient un « équilibre de terreur » durant la Guerre froide. (« Mais nous
ne sommes pas les seuls à posséder le terrible secret et les redoutables instruments de la
puissance atomique »). Les deux superpuissances ne pouvant utiliser l’arme nucléaire, sous
peine de provoquer des dégâts irréversibles, il s’agit donc avant tout d’une arme de dissua-
sion. (« [...] Qui voudrait voir son nom attaché dans l’histoire à une telle destruction de son
patrimoine ? »)
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Repère de l’épreuve : PF 2409-FHG HGEMC 3 5/8
- Elles se neutralisent mutuellement par la simple menace, par des déclarations politiques
hostiles.
Éléments de valorisation :
- référence précise à la crise de Cuba en montrant que cet événement a failli mener à une
catastrophe.
- notion de « destruction mutuelle assurée ».
- demeurent des conflits traditionnels : les deux Grands s’opposent par pays interposés.
Question 5 : décrivez le rôle de l’Organisation des Nations Unies dans la Guerre froide dans
un texte d’une dizaine de lignes. Vous vous appuierez sur les documents et sur un exemple
de crise de votre choix.
Réponse possible :
- Instituée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations Unies
réunit au départ 51 États signataires autour des principes de la sécurité collective. Ces prin-
cipes sont affirmés dans la Charte de l’ONU et sont au nombre de quatre : maintenir la paix
et la sécurité internationales, protéger les droits de l'Homme, fournir de l'aide humanitaire
et promouvoir le développement.
- L’ONU est paralysée pendant la Guerre froide par l’opposition entre les États-Unis et
l’URSS, les blocs qu’ils constituent, la course aux armements et la possession de l’arme
nucléaire. Toutefois, au début de la période, la politique de la chaise vide conduite par
l’URSS permet une intervention de l’ONU et des États-Unis dans la guerre de Corée (1950-
1953). Les deux superpuissances s’opposent et se neutralisent. Le droit de veto est un
élément qui limite/rend impossible tout au long de la période les interventions militaires mais
il évite également l’exacerbation des tensions.
- L’ONU ne parvient pas à empêcher les conflits armés et les crises. [Référence au Blocus
de Berlin ou à la Guerre de Corée (1950-1953) ou à la Crise de Cuba (octobre 1962) ou à
la Guerre du Vietnam (1963-1975), en liaison avec le rôle de l’ONU.]
- L’ONU envoie des casques bleus sur certains théâtres d’opération.
- L’ONU est une tribune pour les États qui accèdent à l’indépendance.
- L’ONU conduit des politiques de développement (actions en matière de santé, d’éduca-
tion…) via ses institutions spécialisées.
Éléments de valorisation :
- rôle de ONU dans la décolonisation.
- l’intervention de l’ONU dans la guerre de Corée rendue possible par l’absence du délégué
de l’URSS au Conseil de sécurité.
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Troisième partie :
Enseignement moral et civique (6 points)
Compétences :
- Construire et exprimer une argumentation cohérente et étayée en s’appuyant sur les
repères et les notions du programme.
- Mettre à distance ses opinions personnelles pour construire son jugement.
- Respecter autrui et la pluralité́ des points de vue.
Thème : s’engager et débattre en démocratie autour des défis de société
Sujet :
L’engagement des jeunes en démocratie
Questions et réponses possibles
Question 1 : décrivez et expliquez le rapport de la jeunesse à la démocratie représentative.
(Documents 1 et 2)
Réponse possible : d’après les documents, la jeunesse exprime du désintérêt, du détache-
ment et de la méfiance à l’égard de la démocratie représentative. Cela se traduit par des
difficultés à exprimer une « préférence partisane » et par une hausse de l’abstention aux
élections. Cette désaffectation peut s’expliquer par la crise de confiance envers les gouver-
nants : « difficulté ... à tenir leur promesses » (document 1), « sentiments d’impuissance des
institutions » (document 2).
Question 2 : expliquez la phrase soulignée dans le document 1: « Des formes nouvelles
d’engagement sont à développer ». (Documents 1,2 et 3)
Réponse possible : on attend du candidat qu’il expose les aspirations de la jeunesse de
prendre part à des formes plus participatives de la démocratie qui ne sont pas encadrées
par les partis politiques ou les syndicats. La volonté de s’engager et de participer aux débats
sur les défis du XXIe siècle (questions environnementales, réduction des inégalités, etc.) est
présente chez les jeunes mais ceux-ci cherchent à s’affranchir des organisations en préfé-
rant intégrer des cadres non-formels (document 2) et apartisans (collectifs) et utiliser des
formes nouvelles d’actions (communication sur les réseaux sociaux, pétition, manifestation).
L’initiative de la région Bourgogne Franche Comté visant à recueillir les sujets de préoccu-
pation des jeunes pour en débattre au sein des instances de la région montre que les col-
lectivités territoriales cherchent à développer de nouvelles formes d’engagement des
jeunes.
Question 3 : reproduisez le tableau suivant sur votre copie et complétez-le afin d’identifier
différentes formes de participation de la jeunesse à la vie démocratique. (Documents 1,2 et
3)
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Réponse possible :
Formes traditionnelles Nouvelles formes
de participation de participation
Individuelle Collective Individuelle Collective
- voter - adhérer à un - signer une - organiser un
parti politique, pétition boycott
un syndicat - défendre une - intégrer un
- s’engager dans cause sur collectif
une association internet, les - organiser un
- manifester réseaux sociaux mouvement de
protestation
- participer à des
opérations de
démocratie
directe
- participer à une
concertation
citoyenne
Question 4 : « Voter reste un moyen de faire changer les choses » (document 1). Exprimez
votre point de vue sur cette affirmation dans un texte argumenté d’une quinzaine de lignes.
Réponse possible : on attend du candidat qu’il expose une argumentation personnelle,
construite et étayée, sur la portée du vote et les autres moyens d’engagement et de débat
démocratique. Il pourra préciser :
- le vote est un droit et un devoir : c’est un acte citoyen qui constitue le fondement de
la démocratie. Il permet d’exprimer ses volontés, de participer aux mesures
individuelles ou collectives de la vie en société et d’élire ses représentants. Fruit d’un
long combat, le vote est garanti par la constitution et permet de faire changer les
choses (le candidat pourra citer des exemples de lois en lien par exemple avec les
enjeux du XXIe siècle listés dans les programmes : changements environnementaux,
révolution numérique, biotechnologies et éthique...).
- la démocratie représentative connaît une crise qui se traduit notamment par la
hausse de l’abstention lors des scrutins. Les idées du document 1 pourraient être
réinvesties et approfondies: désintérêt, méfiance envers les institutions notamment
chez les jeunes.
- Faire bouger les choses est aussi possible par d’autres moyens que celui du vote :
le candidat peut exposer d’autres formes d’engagement (associations, syndicats,
collectifs), de pratiques (pétitions, manifestations, boycotts, concertation...) et
d’espaces (numériques, rue...) dont il peut mettre en évidence l’intérêt et les limites.
Éléments de valorisation :
- Qualité du raisonnement, mobilisation d’exemples pertinents qui illustrent les arguments
développés.
- Capacités à nuancer son propos et à entrer dans la délibération.
- Mobilisation des repères du thème annuel.
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