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Rupture abusive de fiançailles et dommages-intérêts

Dans cette affaire, Janicot a rompu ses fiançailles avec Mlle X, qui attendait un enfant de lui, pour se fiancer avec Mlle Y, ce qui a conduit Mlle X à demander des dommages-intérêts pour rupture abusive. La Cour de cassation a confirmé la décision des juges du fond, considérant que Janicot n'avait pas fourni de motifs légitimes pour justifier sa rupture, la qualifiant d'abusive et engageant sa responsabilité. La décision souligne que la rupture d'une promesse de mariage sans justification valable peut entraîner des conséquences juridiques, y compris des dommages-intérêts.

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Rupture abusive de fiançailles et dommages-intérêts

Dans cette affaire, Janicot a rompu ses fiançailles avec Mlle X, qui attendait un enfant de lui, pour se fiancer avec Mlle Y, ce qui a conduit Mlle X à demander des dommages-intérêts pour rupture abusive. La Cour de cassation a confirmé la décision des juges du fond, considérant que Janicot n'avait pas fourni de motifs légitimes pour justifier sa rupture, la qualifiant d'abusive et engageant sa responsabilité. La décision souligne que la rupture d'une promesse de mariage sans justification valable peut entraîner des conséquences juridiques, y compris des dommages-intérêts.

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REVISION

Cass. 2e civ, 8 janvier 1973 N° de pourvoi: 71-13001

Corrigé

Phrase d’attaque à faire par les étudiants :

En l’espèce, Janicot a fait une promesse de mariage à Mlle X. Plus tard, le fiancé (Janicot) a
envoyé à sa fiancée (Mlle X) qui attendait un enfant de lui, une lettre de rupture de leurs
fiançailles alors qu’il a fait de nouveau une promesse de mariage à Mlle Y et l’a présenté à sa
famille en fixant d’ailleurs une date proche de leur mariage. D’où nait le litige.

Le litige a été connu d’un tribunal, de la cour d’appel de Colmar, le 12 juin 1970 et de la
deuxième chambre civile de la Cour de cassation dont la décision fait l’objet du présent
commentaire.

Devant les juges du fond, l’ex fiancée (Mlle X) demande que soit condamné son ex fiancé
(Janicot) au paiement de dommages-intérêts. Elle estime que son ex fiancé a rompu
abusivement leurs fiançailles, et ce, sans aucun motif légitime en agissant avec caprice,
légèreté, voire avec déloyauté et perfidie. Son ex fiancé s’y oppose. Il prétend qu’il n’y a pas
rupture abusive puisque l’union projetée n’était pas souhaitable, en raison des oppositions de
caractère et de la précarité de leur mariage.

Les juges du fond ont accueilli la demande de l’ex fiancée en condamnant son ex fiancé au
paiement des dommages-intérêts aux motifs que ce dernier a rompu abusivement leurs
fiançailles, une rupture qui se présentait comme un caprice et avait été dictée par les parents.

Insatisfait, l’ex fiancé, Janicot s’est pourvu en cassation. Il reproche à la cour d’appel de
l’avoir condamné au paiement de dommages-intérêts alors que, d’abord, selon lui, la rupture
d’une promesse de mariage n’est pas, à elle seule, génératrice de dommages-intérêts, si la
preuve d’une faute délictuelle ou quasi délictuelle n’est pas rapportée, ensuite, que la cour
d’appel se serait fondée sur des motifs hypothétiques et enfin que les considérations sérieuses
de la lettre de rupture, “ invoquant “ que l’union projetée n’était pas souhaitable, en raison des
oppositions de caractère et de la précarité d’un mariage, constitueraient une justification
valable.
Le problème juridique qui se pose est celui de savoir si, le fait pour un fiancé de rompre ses
fiançailles sans motif légitime, par caprice et légèreté avec une femme enceinte peut être
considéré comme une rupture abusive entrainant le paiement de dommages-intérêts.

Les juges de la Cour de cassation ont rejeté le pourvoi aux motifs d’un côté, qu’il
n’apparaissait pas des lettres invoquées par l’ex fiancé Janicot, un tempérament ou un
caractère rendant souhaitable la rupture entre deux êtres qui n’étaient pas faits l’un pour
l’autre, de l’autre côté, qu’aucune autre précision n’ a été donné pour expliquer la rupture
alors même que l’ex fiancé a de nouveau fait une promesse de mariage à Mlle Y qu’il a
présenté à sa famille et fixé une date proche de mariage ; enfin, qu’aucun motif ou grief de la
non volonté de réaliser cette union n’a été démontrée. La Cour de cassation a donc affirmé
que la rupture, par Janicot, de sa promesse de mariage, avait un caractère abusif certain et
constituait un fait délictuel engageant sa responsabilité.

Intérêt à faire par les étudiants :

Annonce du plan à faire par les étudiants :

PLAN

I. La rupture abusive des fiançailles


Les juges ont retenu qu’il y a rupture abusive parce que, non seulement, l’ex fiancé ne
rapporte pas de preuve solide du conflit de tempérament ou de caractère qui expliquerait la
rupture (A), mais aussi il n’avance aucun motif légitime (B).

A. Insuffisance de preuve du conflit de tempérament ou de caractère


- La preuve est la démonstration de l’existence d’un fait.
- En l’espèce, les juges de la Cour de cassation ont relevé que « faisant suite
à des lettres dans lesquelles rien ne laissait apparaitre un conflit de
tempéraments ou de caractère, ……une lettre de rupture ne contenant
aucun fait précis ».
- Selon l’article 1398 du code civil, «Hors les cas où la loi en dispose
autrement, la preuve peut être apportée par tout moyen ».
B. Absence de motifs légitimes justifiant la rupture
- Selon le vocabulaire juridique, le motif est une raison de principe ou de
circonstances invoquée pour justifier une décision ou un comportement.
- En l’espèce, la Cour de cassation a affirmé qu’ « qu’aucun grief ou motif,
pour ne pas réaliser cette union n’est démontré par Janicot, qui a agi avec
caprice ou légèreté, voire avec déloyauté et perfidie ».
- Si un fiancé est libre de rompre ses fiançailles au nom de la liberté
matrimoniale, cette rupture ne doit cependant pas se faire par caprice,
légèreté ou avec déloyauté.

II. La mise en cause de la responsabilité du fiancé


Pour obtenir réparation, la victime doit prouver la réunion des conditions de mise en
œuvre de la responsabilité délictuelle. Selon la Cour de cassation, la rupture par l’ex
fiancé constituait un fait délictuel (A) qui aurait causé un dommage à l’autre fiancée
(B).

A. L’existence d’un fait délictuel


- Selon Planiol, la faute est la violation d'une obligation préexistante. Elle
consiste en « la violation d'une prescription légale ou le manquement au
devoir général de prudence ou de diligence ».
- En l’espèce, la Cour de cassation a estimé que « dans les circonstances où
elle s’est produite, la rupture, par Janicot, de sa promesse de mariage,
avait un caractère abusif certain et constituait un fait délictuel engageant
sa responsabilité ; par ces motifs ».
- Aux termes de l’article 1382 ancien ou 1240 nouveau du code civil, « Tout
fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui
par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
- La faute peut résider dans le caractère brusque, imprévisible ou sans motifs
légitimes de la rupture (Civ. 1ère ,20 juillet 1971).

B. La possible existence du dommage


- Le dommage ou le préjudice est l'atteinte subie par la victime dans son
patrimoine ou ses droits extrapatrimoniaux. Il constitue la condition
première de toute responsabilité, puisque c'est sa survenance qui justifie la
demande en indemnisation. Le préjudice peut être moral ou matériel.
- En l’espèce, la Cour de cassation n’a pas fait de référence expresse au
dommage subi par la victime.
- Mais, puisqu’elle a retenu la responsabilité de l’auteur de la rupture qui est
le fiancé, on peut déduire que la victime avait subi un dommage certain.

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