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Humilité dans l'étude de la Torah

Le document traite de l'importance de ne pas se vanter de ses connaissances en Torah, soulignant que l'étude doit être accompagnée d'humilité et de gratitude envers Hachem. Il encourage à partager ses connaissances avec les autres et à aider ceux qui sont moins avancés, car cela favorise la croissance personnelle en Torah. L'arrogance est identifiée comme un obstacle majeur à l'apprentissage, et des exercices pratiques sont proposés pour cultiver l'humilité et la reconnaissance.

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Le document traite de l'importance de ne pas se vanter de ses connaissances en Torah, soulignant que l'étude doit être accompagnée d'humilité et de gratitude envers Hachem. Il encourage à partager ses connaissances avec les autres et à aider ceux qui sont moins avancés, car cela favorise la croissance personnelle en Torah. L'arrogance est identifiée comme un obstacle majeur à l'apprentissage, et des exercices pratiques sont proposés pour cultiver l'humilité et la reconnaissance.

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28

Ne pas se vanter
de ses connaissances
en Torah
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28 l Ne pas se vanter de ses connaissances en Torah

midda 28 l Ne pas se vanter


de ses connaissances en Torah

Rabbi Yohanan Ben Zacaï enseigne dans la michna 8, chap.2


des Pirke Avot " Si tu as beaucoup étudié la Torah, n’en tire
pas vanité (Tova) car c’est pour cela que tu as été créé ".
En effet, nous avons l’obligation de l’étudier jour et nuit :
comme l’enseigne le verset – Yéhochoua 1-8 : " Ce livre de
la Torah ne quittera pas ta bouche, et tu l’étudieras jour et
nuit ". Rabenou Yona commente en disant que même si on
est très avancé en limoud, nous ne sommes qu’au début de
notre apprentissage vu l’étendue de la Torah. Il n’y a donc
pas de raison de s’enorgueillir. Le Matanat Haïm précise
qu’il faut être très heureux de ce que l’on a appris et de
ce que l’on a retenu (Saméah’béhelko). Mais il a conscience
que cette compréhension est un cadeau d’Hachem, que
sans son aide on ne pourrait appréhender, ne serait-ce que
superficiellement, la grandeur de notre Torah.

Le Rav Obadia Yossef était réputé pour ses connaissances


encyclopédiques : sa mémoire photographique hors du
commun lui permettait de retenir des volumes entiers de livres
de kodesh. On raconte ainsi que, plus jeune et trop pauvre pour
acheter les ouvrages qu’il souhaitait lire, il prit l’habitude de se

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rendre dans les librairies de la capitale pour, avec la permission


du propriétaire, consulter les livres dont les lignes se gravaient
immédiatement dans sa mémoire. C’est durant ces années de
formation que naquit sa connaissance unique de toutes les
sources de la halakha à travers les siècles. Tout ce savoir sans
jamais en tirer une once de fierté, sachant toujours où était sa
place.

Cette midda implique qu’il ne faut pas garder jalousement


pour soi la Torah que l’on a apprise. Au contraire, il faut
diffuser au plus grand nombre ce que l’on apprend et ce que
l’on a découvert -hidouch- en étudiant. C’est ainsi que l’on
grandit et que l’on progresse en Torah. Une fois de plus, le
don aux autres est un don fait à soi-même.

Une histoire éloquente illustre ce principe :


Lorsque le Rav Neiman rechercha un Mashgiah’pour la
Yéshiva Ohr Israel, il fit la connaissance d’une personne
tout à fait appropriée à première vue. Toutefois, il décida de
demander l’avis de Rav Yaakov Rozovsky. Ce dernier, à la grande
surprise de Rav Neiman, disqualifia le postulant. A la question :
pourquoi ? Rav Yaakov répondit que le postulant avait sollicité la
permission de donner un cours supplémentaire à la Yeshiva et,
lorsque le Rav Yaakov lui en demanda la raison, ce dernier
répondit qu’il devait également se soucier de " son " propre
limoud... S’il avait répondu que ce cours était nécessaire pour la
progression des barhourim, il aurait été reçu haut la main, mais
une telle attitude tournée exclusivement vers soi le discréditait
pour transmettre à nos étudiants...

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28 l Ne pas se vanter de ses connaissances en Torah

Une des façons de réaliser cette midda est d’étudier avec un


partenaire d’étude plus faible que soit. C’est une excellente
façon de savoir où l’on se situe soi-même.
Il faut s’enlever de l’esprit que c’est une perte de temps et
que seule une bonne Havrouta peut nous faire progresser.
En fait, le Hessed que l’on prodigue à quelqu’un de plus faible
est justement ce qui va engendrer l’aide divine dans notre
limoud.

C’est ce que nous explique le Hazon Ich :


Un Avreh’de Jérusalem fit un jour le voyage vers Bnei
Brak pour poser une question au Hazon Ich. Un de ses
amis voulait avoir un conseil sur le chidouh’qu’il avait rencontré.
Au détour de la question, notre Avreh’ne put s’empêcher de se
plaindre du temps précieux d’étude qu’il avait perdu pour rendre
ce service à son ami. Le Hazon Ich lui fit une réponse extrêmement
enrichissante : " D. préserve de penser que la Torah est une
Sagesse comme les autres. Elle est la conscience -le néfech-
même de chaque juif. Ainsi, lorsque l’on fait du bien à son
prochain, cette conscience grandit en nous et la compréhension
de la Torah s’en trouve renforcée ".

Dans le même sens, le Rav Landau raconte l’histoire


suivante. Il dut un jour se préoccuper de la santé du fils
de son compagnon d’étude. Ces démarches, de médecin en
médecin, furent couronnées de succès mais aux dépens de son
temps de limoud. Il avait ainsi passé près de deux semaines sans
étudier. Il eut beaucoup de regrets et de remords pour cette perte

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de temps irréversible et, lorsqu’il eut l’occasion de se trouver aux


côtés de son maître, le Hazon Ich, il lui fit part de sa peine. Il lui
demanda notamment s’il avait bien fait de délaisser autant son
limoud pour aider son ami à soigner son fils. Le Hazon Ich lui
répondit que la Torah n’est pas simplement la Sagesse, elle est
également de néfech de chaque juif. Lorsque ce néfech grandit en
chacun, par l’accomplissement d’actes de Hessed notamment, il
est apte à recevoir encore plus de Torah. Et on ne perd rien en
retour, bien au contraire.
Après un tel enseignement, on serait tenté de passer ses
journées à faire du Hessed à son prochain . On a a priori tout
à y gagner. Il faut bien comprendre que le limoud Torah est
supérieur à toutes les mitzvot mais il faut aussi éviter l’écueil
consistant à s’enfermer dans sa " bulle de limoud " et à ne
plus faire cas de quiconque. C’est en donnant aux autres que
l’on grandit en Torah.

Un autre exemple :
Un avreh’avait un compagnon d’étude très faible à qui il
fallait répéter de nombreuses fois les choses. Notre
avreh’passait beaucoup de temps à expliquer des connaissances
simples à cette personne alors qu’il aurait pu exceller avec
d’autres Havroutot, pensait-il. Il fit part de ses interrogations au
Steipler, qui lui répondit que ce Hessed qu’il prodiguait à son
‘Haver serait récompensé par une compréhension plus rapide et
plus élevée de ce qu’il étudiait avec d’autres Havroutot. Il ne
fallait donc pas abandonner son faible partenaire.

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Obstacles à l’acquisition de cette midda


L’arrogance est le principal obstacle à l’acquisition de ce
trait de caractère, et à la sagesse par voie de conséquence.
Comme les Sages nous l’enseignent, " Qui est sage ? Celui
qui apprend de tous " (Talmud – Pirkei Avot 4 : 1). Or si vous êtes
arrogant, il est impossible d’apprendre des autres, qu’ils
soient inférieurs ou supérieurs à vous en limoud.
L’arrogance surgit fréquemment dans le domaine des dons
naturels. Les gens sont souvent fiers de leur force physique,
leur santé et leur beauté. La réalité est que chaque chose que
nous possédons est un cadeau de Dieu. Les gens arrogants
ont du mal à le reconnaître. Ils ne veulent pas accepter que
Dieu les a aidés parce qu’ils sentent à tort que cela diminuera
l’impact de leurs réalisations.
Il est également habituel de devenir arrogant à propos des
choses que nous accomplissons par un travail acharné,
parce que l’on pense vraiment que c’est le juste fruit de
notre travail. Mais si on analyse honnêtement la situation,
on se rend vite compte que nous ne sommes pas les seuls
acteurs de cette réalisation. Et même si c’était vraiment
le cas, nous devons cette réussite en majeure partie aux
aptitudes naturelles qu’Hachem a bien voulu nous donner.
Une voie pour se préserver d’une telle arrogance est d’être
reconnaissant envers Hachem pour la finesse que vous avez
eue, et pour les personnes qui vous ont aidé tout au long du
chemin. Nous n’aurions rien pu réussir sans nos parents et
nos professeurs, et sans ceux qui ont " tracé la route " avant
nous. Il est bon de jouir de nos réalisations, mais pas au point
de penser que cela nous rend supérieur aux autres !

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Le meilleur remède contre l’arrogance est de réaliser que


Dieu nous met sur la terre pour accomplir de grandes
choses. Si vous êtes satisfaits de vous-même, alors vous ne
progresserez probablement pas vers des accomplissements
plus importants. Chaque fois que vous vous sentirez devenir
trop fier, rappelez-vous ce qu’est la vraie grandeur, et à
quelle distance vous êtes de l’accomplissement de votre
vrai potentiel. Cela permet de relativiser et de gagner en
humilité.

Exercices pratiques
• Après chaque progression en limoud, remerciez Ha-
chem pour l’aide qu’il vous a octroyée.
• Apprenez à être reconnaissant envers tout le monde.
• Choisissez parmi vos différents partenaires d’étude au
moins une personne en-dessous de votre niveau.

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