REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
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INSTITUT DES SCIENCES
UNIVERSITE DE DOUALA HALIEUTIQUES
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DEPARTEMENT DE GESTION DES ECOSYSTEMES AQUATIQUES
DEPARTMENT OF AQUATIC ECOSYSTEMS MANAGEMENT
EC : INVENTAIRE FORETIER ET AQUAFORESTERIE
Partie I : AQUAFORESTERIE
TPE ; EXPLOITATION DE LA RESSOURCE ANIMAL DANS LES FORETS
AQUATIQUES
Par : TOGUE TASSE Djibryl Noel
Matricule : 22H0128
12ème promotion
Année académique 2024/2025
INTRODUCTION
Lorsque l’on regarde de plus près le menu des habitants de la forêt, on
constate l’omniprésence des produits issus de la pêche. Qu’ils soient végétaux ou
animaux, ceux-ci prodiguent une alimentation variée et nutritionnellement riche,
mobilisable à tout instant, notamment lorsque la production des autres activités de
subsistance diminue. La pêche contribue à assurer la sécurité alimentaire des
peuples forestiers. Pourtant, peu d’études se sont penchées sur son importance
technologique, sociale et culturelle au sein de sociétés dont la subsistance dépend
fortement des ressources forestières.
1- LA PECHE COMME SOURCE PRINCIPALE DE RESSOURCE ANIMAL
DANS LES FORETS AQUATIQUES
Les réseaux hydrographiques des forêts humides sont incroyablement
ramifiés. Leurs innombrables bras, concentrées sur de faibles superficies, offrent une
large gamme d’opportunités de pêche aux villages ou hameaux situées « à portée de
cours d’eau ». À l’instar des Mvae, des Ntumu ou des Njem du Sud-Cameroun, les
peuples forestiers qui excellent dans l’art de la pêche disposent d’un vaste panel de
techniques de captures.
Pourtant, ces peuples ne sont généralement pas des pêcheurs stricts. Ce sont
des sociétés à économie mixte qui pêchent, chassent, cultivent et effectuent la
cueillette en forêt. Pêches diurnes ou nocturnes, masculines, féminines ou mixtes,
d’adultes ou d’enfants, en solitaire, binôme, ou groupe parfois composés de
plusieurs dizaines de protagonistes, ne sont que quelques exemples des
nombreuses combinaisons possibles. De la simple pêche à la ligne au vaste barrage
avec entonnoir rétenteur, en passant par des dispositifs qui rappellent étrangement
des pièges à mammifères, on imagine aisément un éventail hétéroclite de
techniques, éphémères ou permanentes, qui rivalisent d’ingéniosité. Cette diversité,
inhérente aux sociétés de pêcheurs, trouve sa justification dans la possibilité ainsi
offerte d’exploiter les diverses composantes du réseau hydrographique. Saisonnière,
chaque modalité de pêche vise un type particulier de poisson. Ces techniques se
succèdent au gré des fluctuations du niveau de l’eau pour assurer une activité de
pêche quasiment ininterrompue durant l’année, offrant ainsi une immense diversité
de produits : œufs, fretin, gros poissons, poissons à écailles ou sans écailles,
crustacés, mammifères aquatiques, reptiles, batraciens, sauriens…
2- Les diverses techniques de pêche
Un processus d’apprentissage
Au Laos, les jeunes garçons, souvent en groupes, pêchent quotidiennement dans les
petits cours d’eau peu éloignés du village. C’est une pêche de type « chasse sous-marine » car
ils sont équipés de masque ou, au moins l’un d’entre eux, de mini arbalètes dotées d’un
tendeur en caoutchouc avec lesquelles ils décochent de petites flèches de métal ou de bambou
acéré. Les prises sont le plus souvent des petits poissons, crabes et crustacées qui sont pour la
plupart consommés à proximité des lieux de pêche. Cette technique, ludique et rudimentaire,
est considérée comme un apprentissage, une familiarisation avec le milieu aquatique et est
aussi destinée à renforcer les liens sociaux entre individus du même sexe d’une classe d’âge :
ceux pour qui l’entraide et la collaboration seront cruciales tant dans les champs qu’à la
pêche. Les jeunes filles, quant à elles, utilisent surtout des épuisettes, soit en bambous soit en
fibres végétales, pour attraper des crevettes, des petits poissons et des batraciens.
- Barrage et entonnoir rétenteur
Cette technique, que l’on appelle également « pêche au tremplin », est surtout pratiquée
dans les cours d’eau secondaires subissant un fort étiage en saison sèche. Le tremplin est un
plateau de bambou et de raphia orienté dans le sens du courant mais émergeant à son
extrémité. Cette technique s’accompagne de l’installation d’un barrage, afin de canaliser l’eau
sur le plateau, et implique une entraide lors de l’installation. L’eau qui vient se projeter contre
le barrage ne peut que s’écouler avec force par le passage contraint de l’entonnoir. Le
plancher à claire-voie de l’entonnoir laisse passer l’eau, les alevins et les poissons de petit
gabarit. Les plus gros poissons ne peuvent plus remonter le courant et sont généralement
propulsés hors de l’eau par la force du courant. La mise en œuvre du dispositif peut prendre
trois semaines de travail à temps plein au plus tard de la saison sèche. L’extrémité rehaussée
du tremplin rétenteur peut être allongée au fur et à mesure de la montée des eaux.
L’installation est exploitée en permanence, de jour comme de nuit, durant toute la saison des
hautes eaux.
- Pêche au carrelet
La pêche au carrelet est une activité masculine, nocturne ou diurne. Elle se pratique dans
des cours d’eau secondaires à débit modéré. Elle a lieu lors de nuits sans lune, ou en journée
juste après une pluie suffisamment forte pour accroître la turbidité de l’eau, plus propice à la
discrétion des pêcheurs. Ces derniers immergent obliquement un large tamis circulaire à
maille lâche et en armature de rotin, qu’ils manœuvrent comme une herse. Le carrelet est
basculé autour d’un support fixe émergeant et est maintenu perpendiculairement au courant.
La base, qui repose au fond de l’eau, est hissée à l’aide d’une gaule par le pêcheur en poste à
l’aplomb de l’eau sur un échafaudage.
- Pêche à l’épervier
Pêche diurne ou nocturne, masculine, individuelle, elle s’adresse aux pêcheurs adultes
confirmés. L’usage de l’épervier est assez polyvalent depuis les eaux vives à faible tirant
d’eau jusqu’à des eaux calmes et profondes (le lancer s’effectue alors depuis une
embarcation). Cet éclectisme autorise une pratique continue tout au long de l’année. Avant
l’adoption du fil nylon, l’épervier était confectionné en fibres végétales.
- Trouble et abri de bois empilés
Chez les Mvae du sud du Cameroun, cette pêche féminine porte le même nom que
Raiamas buchholzi, l’espèce de Cyprinidae la plus communément capturée selon cette
procédure. Le principe de cette pêche conduite en binôme ou trinôme (souvent une mère et
ses filles) consiste à bâtir un abri artificiel de 10 à 20 m2 de surface, composé de bois empilé
et recouvert de palmes de raphia. Les femmes choisissent une bifurcation ombragée d’un
cours d’eau secondaire, afin de ménager un abri de saison des pluies que les poissons
adopteront au cours de leur frayage vers l’amont. À l’occasion de la visite hebdomadaire, les
participantes dévient l’écoulement d’eau par une butte de terre argileuse et de débris végétaux
prélevés à l’avenant. Les morceaux de bois sont ensuite progressivement retirés d’aval en
amont. L’eau résiduelle est écopée en contrebas d’un trouble tenu verticalement, afin de
retenir les poissons entraînés par le flux d’évidage. L’abri est reconstitué après saisie des
derniers poissons, en vue d’une visite ultérieure. La séance de pêche dure environ 3 à 4
heures. Chez les Mvae, pourtant gros amateurs de gibier, Raiamas buchholzi occupe le
premier rang des préférences alimentaires. C’est dire l’importance accordée à cette pêche qui
constitue une forme originale de pseudo-élevage.
- La pêche à la nivrée
La capture de poissons par asphyxie est une pratique qui se rencontre sous toutes les
latitudes. Cette pêche témoigne d’une bonne connaissance du milieu, puisqu’elle consiste à
neutraliser le poisson au moyen de produits neurotoxiques, qui doivent, en retour, rester
inoffensifs sur le consommateur : pour la totalité des plantes connues à cette fin, il est inutile
de recourir à une détoxication pré-culinaire. Il convient toutefois d’éviter de consommer l’eau
du bassin empoisonné durant les heures qui suivent la pêche, au risque de troubles gastriques
de gravité variable. Le comportement du poisson est souvent assimilé à un état d’ébriété :
L’asphyxie occasionnée par la toxine le contraint à venir respirer en surface, où il est
alors saisi ou assommé par les pêcheurs à l’affût. D’autres poissons et crustacés sont saisis
d’immobilisme et sont alors capturés dans les trous d’eau longeant les rives. Chez les Ntumu
et les Mvae, la nivrée s’organise de manière collective et mixte et se déroule dans les cours
d’eau secondaires, à partir des campements de pêche de saison sèche.
Les plantes utilisées pour la nivrée sont de tous ordres. Certaines sont des plantes
herbacées aquatiques, comme l’Acanthaceae Justicia extensa. D’autres sont des petits
arbustes buissonnants comme Bertiera elabensis (Rubiaceae) ou des petits arbres de sous-bois
clairs comme Albizia coriaria (Mimosaceae) que les agriculteurs entretiennent dans leurs
plantations de café ou de cacao. Plusieurs sont des lianes ligneuses, comme les Strychnos spp.
(Loganiaceae) et Strophantus gratus (Apocynaceae) (sources respectives de la strychnine et
de la strophantine qui sont des tonicardiaques à usage pharmaceutique répandu), ou des lianes
plus graciles comme Adenia gracilis (Passifloraceae) et Nephthytis poissonii (Araceae).
Plusieurs des espèces employées sont par ailleurs des épices qui contiennent des composés
antimicrobiens que l’on consomme avec parcimonie : Scorodophloeus zenkeri (Mimosaceae)
(écorce à ail), Tetrapleura tetraptera (Mimosaceae) (gousse à « sauce noire »), Zanthoxylum
spp. (Rutaceae) (condiment à nkui, préparation majeure de la gastronomie bamiléké au
Cameroun) et Piper guineense (Piperaceae) (poivrier sauvage). Certaines espèces
ichtyotoxiques sont exclusivement cultivées à cette seule fin : Tephrosia vogelii
(Caesalpiniaceae) en est l’archétype. C’est un arbuste planté dans les jardins de case. Cissus
aralioides (Vitaceae), Diffenbachia spp. (Araceae) et Datura spp. (Solanaceae) sont, à
l’origine, des plantes ornementales. L’emploi de plantes ichtyotoxiques requiert des
précautions particulières d’usage. Chez les Mvae par exemple, outre l’abstinence sexuelle, qui
prélude généralement aux entreprises de grande envergure, il faut éviter de laisser de la
nourriture à proximité de ces plantes, au risque sinon de leur faire perdre toute leur efficacité ;
la femme enceinte doit aussi s’abstenir de tout contact avec la plante et surtout de ne pas
marcher dans l’eau une fois la poudre versée. Le risque encouru est un double échec :
avortement de la future mère et insuccès la campagne de pêche.
- Piégeage de crocodile-nain
La pêche ne se réduit pas à la capture de poissons et crustacées, mais elle est aussi
l’occasion de mobiliser des moyens techniques pour attraper toutes sortes des reptiles,
sauriens, batraciens et mammifères aquatiques. Le dispositif conçu par les Mvae pour capturer
le faux-gavial ou crocodile-nain Osteolaemus tetrapis (Crocodylidae) - un petit saurien
commun des cours d’eau secondaires d’Afrique centrale - s’apparente plus à du piégeage. Le
piège est installé de nuit sur les rives boueuses des eaux stagnantes. Ce piégeage se pratique
en appoint lors de campagnes de pêche ou lors de visites de lignes de pièges éloignées.
- Pêche collective et aménagement piscicole
Au Laos, chez les Khmou, une population de langue môn-khmer présente dans tout le
nord Laos, établie dans des villages de moyenne altitude à proximité immédiate de cours
d’eau, chaque portion de rivière associée à un territoire villageoise, inclus une ou plusieurs
réserves de pêche, où seules les pêches collectives sont autorisées. Tout manquement à la
règle est sévèrement réprimé. Ces zones coïncident avec les frayères de plusieurs espèces de
poisson, qui ne sont exploitées que ponctuellement par une pêche collective aux filets
dérivants dont le produit est destiné à des repas rassemblant tout le village : pour honorer des
visiteurs, lors de cérémonies villageoises, à l’issue de travaux agraires ou villageois collectifs.
Il arrive aussi très souvent que des mares permanentes ou des trous d’eau localisés en forêt,
soient appropriés individuellement, après accord du chef de village et utilisés comme
réservoir piscicole où les poissons, attrapés lors de parties de pêche, sont stockés et nourris
afin qu’ils puissent se développer. Ils sont aussi protégés par un enchevêtrement de
branchages épineux, flottant ou semi immergé, contre les prédateurs volants et les éventuels
braconniers. Ces poissons de semi élevage frais, séchés ou fumés sont surtout destinés à la
vente et sont rarement consommés au sein du village.
3- AUTRES METHODES D’EXPLOITATION DE LA RESSOURCE
ANIMAL
Pour certaines catégories d'éleveurs, la possession de bétail est un élément de prestige,
un critère de réussite, en même temps qu'un facteur de sécurisation économique. Toute une
tradition sociale s'organise autour de l'élevage et se transmet d'une génération à l'autre.
Toutefois, en Afrique et en Asie, la plupart des sociétés traditionnelles d'éleveurs
vivent hors des régions dites forestières. Les groupes qui fréquentent les pays forestiers sont
généralement politiquement minoritaires. En revanche, dans de nombreux pays tempérés et en
Amérique tropicale, l'élevage tient une place importante dans les cultures nationales, tout en
privilégiant les considérations de production et de profit. Il repose sur des catégories sociales
bien définies, généralement organisées et constituant une force politique. C'est ainsi qu'en
Amérique latine, les familles d'éleveurs forment des groupes d'intérêt, constituent des lobbies
de l'élevage, et ont des membres élus dans les organisations gouvernementales et les
ministères, ce qui représente un atout considérable pour favoriser le développement de
l'élevage (Kaimowitz,1994).
D'autres élevages sont conçus essentiellement comme des outils de production
économique et de spéculation. Il s'agit préférentiellement de certaines formes d'activité
comme l'engraissement. L'apparition des sociétés de production en élevage est liée aux
perspectives favorables du marché, ou à l'existence de subventions avantageuses. Les capitaux
sont généralement issus d'autres secteurs de production. Ces formes d'élevage s'adaptent
rapidement ou tendent à disparaître lorsque les conditions économiques changent ou perdent
de leur intérêt pour les productions animales.
Les agriculteurs traditionnels des régions forestières qui élèvent du bétail utilisent
d'abord les animaux pour favoriser la production agricole. Le défrichement est pratiqué
essentiellement pour étendre les surfaces cultivées. Cependant, l'accroissement de la demande
en produits animaux peut entraîner la conversion de surfaces cultivées ou de forêts en prairies.
Il peut en être de même avec des systèmes agricoles récents: ainsi au Vanuatu, des surfaces
toujours en herbe sont maintenant annexées à des plantations de cocotiers pour développer
l'élevage associé à la production de coprah (Msellati, 1993).
Les agriculteurs des fronts pionniers, notamment en Amérique tropicale, sont confrontés à la
perte de fertilité des sols et aux difficultés d'écouler les produits agricoles. La conversion des
terres en pâturages est alors souvent la seule solution viable (Hecht, 1992).
3.1. - les types d’élevages
Aquaculture
Aquaculture en système intégré
enclos
4- QUELQUES FORETS GALERIES AU CAMEROUN
Foret galerie- parc national du Mbam et Djerem
Foret galerie de Koupa matapit dans l’adamaoua
5- CADRE REGLEMENTAIRE SUR L’EXPLOITATION DES RESSOURCES
ANIMALS DANS LES FORETS AQUATIQUES
LOI N° 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche.
Article 11. - La protection des patrimoines forestier, faunique et halieutique est assurée par
l'Etat.
Article 18. - (1) Il est interdit de déverser dans le domaine forestier national, ainsi que dans
les domaines public, fluvial, lacustre et maritime, un produit toxique ou déchet industriel
susceptible de détruire ou de modifier la faune et la flore.
(2) Les unités industrielles, artisanales et autres produisant des produits toxiques ou déchets
sont astreintes à l'obligation de traiter leurs affluents avant leur rejet dans le milieu naturel.
(3) Le déversement dans le milieu naturel des déchets traités est subordonné à une
autorisation administrative préalable délivrée dans des conditions fixées par des textes
particuliers.
Article 19. - Des mesures incitatives peuvent, en tant que de besoin, être prises en vue
d'encourager les reboisements, l'élevage des animaux sauvages, des algues et des animaux
aquatiques par des particuliers
6- Les problèmes
La ressource animale dans les forêts aquatiques sont de plusieurs ordres et subissent de
nombreuse pressions qui sont un frein a leur exploitation rationnelle et durable. A cette effet ,
le braconnage, les surpêche, l’utilisation des engins non conformes a la règlementation, la
majorité informelle des exploitants ; sont entre autres les éléments qui ne permettent pas la
durabilité de la dite ressource.
CONCLUSION
La mise en valeur des écosystèmes aquatiques doit être vue globalement, sans que
soient traitées séparément la gestion des milieux et des ressources d'une part et celle des
activités humaines d'autre part. Savoir gérer correctement les milieux aquatiques, les
ressources et les flottilles dans leur environnement économique et social et ainsi très
important. L’adaptation des économies halieutiques et aquacoles aux contraintes de
fonctionnement des écosystèmes qu'elles exploitent. Il s'agit là d'un enjeu de gestion car avec
la croissance démographique et le développement industriel, les méthodes d’exploitations, les
quantités et la qualité de la ressource animale disponible peuvent subir une dégradation dans
un sens comme dans un autre. Ainsi, en pêche, l'accroissement de la production et de la
rentabilité des entreprises pourraient passer souvent par une réduction des capacités de
capture.