Structures piézoélectriques sur silicium
Structures piézoélectriques sur silicium
THESE
Présentée devant
Pour obtenir
LE GRADE DE DOCTEUR
Formation doctorale : Dispositifs de l’Electronique Intégrée
École doctorale : École doctorale EEA de Lyon
Par
Cyril MILLON
Maître ès sciences
Jury :
Rapporteurs : BALLANDRAS Sylvain Chargé de recherche, LPMO, Besançon
RÈMIENS Denis Professeur, IEMN, Maubeuge
Examinateurs : AÏD Marc Ingénieur, LETI-CEA, Grenoble
BARBIER Daniel Professeur, LPM, INSA de Lyon
GUILLOT Gérard Professeur, LPM, INSA de Lyon
MALHAIRE Christophe Maître de conférences, LPM, INSA de Lyon
EDA417
EDA 407
Informatique et Systèmes Coopératifs pour l’Entreprise
950131 M. A. GUINET
Tél 85.94 Fax 85.38
Biochimie M. M. LAGARDE
INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES- M. A.J. COZZONE M. M. LAGARDE 930032 Tél 82.40 Fax 85.24
SANTE UCBL1 82.40
[Link].72 Fax 85.24
(EDISS) Sec [Link].75
Fax [Link].01
EDA205
EDA 409
Acoustique M. J.L. GUYADER
MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE M. J. BATAILLE M. [Link] 910016 Tél 80.80 Fax 87.12
CIVIL, ACOUSTIQUE ECL 83.03
[Link].56 Fax [Link].80 Génie Civil M. [Link]
(MEGA) Sec [Link].60 992610 Tél 84.60 Fax 85.22
Fax [Link].45
EDA162
Génie Mécanique M. G. DALMAZ
992111 Tél 83.03
Fax [Link].80
Thermique et Energétique
910018 Mme. M. LALLEMAND
Tél 81.54 Fax 60.10
1
En grisé : Les Ecoles doctorales et DEA dont l’INSA est établissement principal
MARS 2002
Directeur : STORCK.A
Professeurs :
AUDISIO S. PHYSICOCHIMIE INDUSTRIELLE
BABOT D. CONT. NON DESTR. PAR RAYONNEMENT IONISANTS
BABOUX J.C. GEMPPM***
BALLAND B. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BAPTISTE P. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS
BARBIER D. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BASTIDE J.P. LAEPSI****
BAYADA G. MODELISATION MATHEMATIQUE ET CALCUL SCIENTIFIQUE
BENADDA B. LAEPSI****
BETEMPS M. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
BIENNIER F. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS
BLANCHARD J.M. LAEPSI****
BOISSON C. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE
BOIVIN M. (Prof. émérite) MECANIQUE DES SOLIDES
BOTTA H. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain
BOTTA-ZIMMERMANN M. (Mme) UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Développement Urbain
BOULAYE G. (Prof. émérite) INFORMATIQUE
BOYER J.C. MECANIQUE DES SOLIDES
BRAU J. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Thermique du bâtiment
BREMOND G. PHYSIQUE DE LA MATIERE
BRISSAUD M. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE
BRUNET M. MECANIQUE DES SOLIDES
BRUNIE L. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION
BUREAU J.C. CEGELY*
CAVAILLE J.Y. GEMPPM***
CHANTE J.P. CEGELY*- Composants de puissance et applications
CHOCAT B. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Hydrologie urbaine
COMBESCURE A. MECANIQUE DES CONTACTS
COUSIN M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures
DAUMAS F. (Mme) CETHIL – Energétique et Thermique
DOUTHEAU A. CHIMIE ORGANIQUE
DUFOUR R. MECANIQUE DES STRUCTURES
DUPUY J.C. PHYSIQUE DE LA MATIERE
EMPTOZ H. RECONNAISSANCE DES FORMES ET VISION
ESNOUF C. GEMPPM***
EYRAUD L. (Prof. émérite) GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE
FANTOZZI G. GEMPPM***
FAVREL J. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS
FAYARD J.M. BIOLOGIE APPLIQUEE
FAYET M. MECANIQUE DES SOLIDES
FERRARIS-BESSO G. MECANIQUE DES STRUCTURES
FLAMAND L. MECANIQUE DES CONTACTS
FLORY A. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION
2
FOUGERES R. GEMPPM***
FOUQUET F. GEMPPM***
FRECON L. INFORMATIQUE
GERARD J.F. MATERIAUX MACROMOLECULAIRES
GERMAIN P. LAEPSI****
GIMENEZ G. CREATIS**
GOBIN P.F. (Prof. émérite) GEMPPM***
GONNARD P. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE
GONTRAND M. CEGELY*- Composants de puissance et applications
GOUTTE R. (Prof. émérite) CREATIS**
GOUJON L. GEMPPM***
GOURDON R. LAEPSI****.
GRANGE G. GENIE ELECTRIQUE ET FERROELECTRICITE
GUENIN G. GEMPPM***
GUICHARDANT M. BIOCHIMIE ET PHARMACOLOGIE
GUILLOT G. PHYSIQUE DE LA MATIERE
GUINET A. PRODUCTIQUE ET INFORMATIQUE DES SYSTEMES MANUFACTURIERS
3
ODET C. CREATIS**
OTTERBEIN M. (Prof. émérite) LAEPSI****
PARIZET E. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE
PASCAULT J.P. MATERIAUX MACROMOLECULAIRES
PAVIC G. VIBRATIONS-ACOUSTIQUE
PELLETIER J.M. GEMPPM***
PERA J. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Matériaux
PERRIAT P. GEMPPM***
PERRIN J. ESCHIL – Equipe Sciences Humaines de l’Insa de Lyon
PINARD P. (Prof. émérite) PHYSIQUE DE LA MATIERE
PINON J.M. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION
PONCET A. PHYSIQUE DE LA MATIERE
POUSIN J. MODELISATION MATHEMATIQUE ET CALCUL SCIENTIFIQUE
PREVOT P. GRACIMP – Groupe de Recherche en Apprentissage, Coopération et Interfaces
Multimodales pour la Productique
PROST R. CREATIS**
RAYNAUD M. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Transferts Interfaces et Matériaux
REDARCE H. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
REYNOUARD J.M. UNITE DE RECHERCHE EN GENIE CIVIL - Structures
RIGAL J.F. MECANIQUE DES SOLIDES
RIEUTORD E. (Prof. émérite) MECANIQUE DES FLUIDES
ROBERT-BAUDOUY J. (Mme) (Prof. émérite) GENETIQUE MOLECULAIRE DES MICROORGANISMES
ROUBY D. GEMPPM***
ROUX J.J. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON – Thermique de l’Habitat
RUBEL P. INGENIERIE DES SYSTEMES D’INFORMATION
RUMELHART C. MECANIQUE DES SOLIDES
SACADURA J.F. CENTRE DE THERMIQUE DE LYON - Transferts Interfaces et Matériaux
SAUTEREAU H. MATERIAUX MACROMOLECULAIRES
SCAVARDA S. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
SOUIFI A. PHYSIQUE DE LA MATIERE
SOUROUILLE J.L. INGENIERIE INFORMATIQUE INDUSTRIELLE
THOMASSET D. AUTOMATIQUE INDUSTRIELLE
UBEDA S. CENTRE D’INNOV. EN TELECOM ET INTEGRATION DE SERVICES
THUDEROZ C. ESCHIL – Equipe Sciences Humaines de l’Insa de Lyon
UNTERREINER R. CREATIS**
VELEX P. MECANIQUE DES CONTACTS
VIGIER G. GEMPPM***
VINCENT A. GEMPPM***
VRAY D. CREATIS**
VUILLERMOZ P.L. (Prof. émérite) PHYSIQUE DE LA MATIERE
4
Directeurs de recherche I.N.R.A. :
FEBVAY G. BIOLOGIE APPLIQUEE
GRENIER S. BIOLOGIE APPLIQUEE
RAHBE Y. BIOLOGIE APPLIQUEE
5
À mon père
Remerciements
Je tiens aussi à remercier Marc Aïd, ingénieur au CEA-LETI, pour avoir regardé mon
travail avec autant d'attention.
Je veux qu'il soit noté que je remercie tous les techniciens pour la qualité de leur
travail, leur disponibilité et leur bonne humeur. Ce travail n'aurait jamais abouti sans leur aide
et leurs connaissances. Je veux surtout remercier Monsieur Manuel Berenguer qui a su
m'aider à de multiples reprises sans jamais perdre le sourire, Monsieur Daniel Laporte,
maintenant à la retraite, Monsieur Philippe Girard pour son perfectionnisme et Monsieur
Robert Perrin (ou Archi pour les intimes). Je tiens aussi à remercier les secrétaires qui font un
travail formidable et qui rendent ce laboratoire très convivial : un grand merci en particulier à
Martine Rojas et à Patricia Combier.
Je remercie tous les membres du sixième étage qui m'ont accompagné tout au long de
cette thèse, et en particulier Madame Christiane Dubois l'experte en SIMS, Jacques Delmas,
Brice Gautier, Jean-Claude Dupuy, Carole Plossu, Pierre-Louis Vuillermoz, Boudjema
Remaki, Vladimir Lysenko, Stéphanie Périchon, Martine Le Berre, Pascal Masson, Kader
Souifi … De même, je remercie tous les membres du second et, en particulier, Monsieur
Georges Bremond qui a été mon tuteur de DEA et m'a permis de postuler à cette thèse. Bien
évidemment, je remercie tous les thésards et les amis qui ont cru en moi et m'ont aidé.
Enfin, je remercie tous les membres proches de ma famille qui ont su me soutenir et
parfois me supporter dans les moments difficiles. Merci à ma mère, ma sœur, mon frère et
Jean-Pierre. Finalement je veux remercier du fond du cœur celle qui est rentrée dans ma vie
au tout début de cette thèse, le 22 décembre 1999 et qui a toujours cru en moi depuis la
première seconde, qui m'a permis de tenir grâce à son amour et à sa force, qui m'a tant donné
sans jamais compter : à Aurélie ma fiancée.
"…A vaincre sans péril, on
triomphe sans gloire…"
Le Cid, Corneille
INTRODUCTION GENERALE ....................................................................................................................... 11
7
BIBLIOGRAPHIE DU CHAPITRE II ............................................................................................................. 61
8
IV.4.3 Influence de la couche tampon en Ti ou en oxyde de titane et du gaz de recuit de l'électrode
inférieure sur la croisance du film de PZT ................................................................................................ 126
IV.4.3.1 Résultats : Les figures de diffraction des rayons X ........................................................................... 130
IV.4.3.2 Résultats : Les cycles ferroélectriques et mise en évidence des échantillons en court-circuit ........... 140
IV.4.3.3 Analyse par microscopie électronique à balayage ............................................................................. 146
IV.4.4 Effet de la variation d'épaisseur de la couche de nucléation en Ti ........................................ 150
IV.5. CONCLUSION SUR LA COUCHE TAMPON EN TITANE ........................................................................... 152
IV.6. CONCLUSION DU CHAPITRE IV.......................................................................................................... 154
9
Introduction générale
Introduction générale
a
CMOS : Complementary Metal Oxide Semiconductor
11
Introduction générale
d'actionner une microstructure en silicium. De plus les différents budgets thermiques doivent
être compatibles avec la technologie CMOS. La pulvérisation cathodique et le recuit rapide
utilisés dans ce travail sont déjà bien exploités en microélectronique et sont rapidement
intégrables dans une ligne de production.
b
RTA : Rapid Thermal Annealing (Recuit rapide par rayonnement et non pas convection)
12
Introduction générale
couche épaisse seront présentés. Enfin, nous enchaînons sur la réalisation de certains
microactionneurs et microcapteurs à base de films minces de PZT déposés sur substrat de
silicium.
13
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Résumé :
Dans ce chapitre nous allons rappeler les définitions et les propriétés associées à la
piézoélectricité. Nous présentons également une partie sur les matériaux de type PZT, le
diagramme de phase et, en particulier, la structure pérovskite. Puis, après avoir rappelé les
équations régissant la piézoélectricité, nous présentons les applications les plus répandues
pour les matériaux piézoélectriques sous forme massive.
15
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
I.1. Introduction
L'effet piézoélectrique a beau avoir été découvert il y a plus d'un siècle, il intéresse
toujours autant la communauté scientifique. En effet, c'est en 1880 que l'effet piézoélectrique
est découvert sur le quartz par les frères Curie. En 1917 Langevin se sert de cristaux de quartz
pour engendrer des ondes de pressions, puis, la découverte dans les années 40 des sels
piézoélectriques comme le BaTiO3 permettent d'augmenter le couplage électromécanique
(application pour les sonars). C'est dans les années 1950-1960 que de nouvelles céramiques,
donnent un deuxième souffle à la piézoélectricité 1 , les oxydes ternaires de plomb (PZT)
permettent de réaliser un saut technologique qui n'a pas été renouvelé depuis. Les principaux
atouts de ces matériaux résident dans d'excellentes propriétés piézoélectriques un fort
coefficient de couplage électromécanique ce qui entraîne une grande efficacité d'actionnement
et une grande linéarité des propriétés. Dans un premier temps, ces matériaux, sous forme de
céramiques massives, étaient utilisés pour effectuer des microdéplacements ou des
micropositionnements. Aujourd'hui, pour des raisons de réduction de taille des transducteurs,
ces céramiques sont intégrées sous forme de films de plus en plus minces. Pour cela les
techniques de dépôt en couches minces utilisées en microélectroniques ont été appliquées à
ces céramiques. D'autres céramiques dérivées du PZT (céramiques dopées : PZNT, PMN-PT,
PLZT…) présentent des propriétés supérieures au PZT mais elles ne sont pas disponibles
industriellement. Ce chapitre commence par un rappel de la piézoélectricité et de la
ferroélectricité. Nous donnerons ensuite les conditions sine qua non pour qu'un matériau
présente l'effet ferroélectrique. Le titanate zirconate de plomb (PZT) est un excellent
représentant de la catégorie des céramiques ferroélectriques. Nous rappellerons la structure
cristalline du PZT ainsi que les phases possibles en fonction du taux de zirconium ajouté. Un
rappel des équations régissant la piézoélectricité pour les céramiques massives nous permet
d'introduire les notions de coefficients piézoélectriques ainsi que de coefficient de couplage.
Enfin, l'utilisation des céramiques massives pour leurs applications privilégiées est présentée
sous la forme d'un tableau non exhaustif.
17
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Certains cristaux naturels tel que le quartz sont piézoélectriques. Une maille de cristal
de quartz est composée d’atomes de silicium portant une charge électrique positive et
d’atomes d’oxygène portant une charge électrique négative. Sur la Figure I-1 on voit qu’en
l’absence de déformation, le barycentre des charges positives est confondu avec celui des
charges négatives (représenté par le point noir). Si on applique une force de compression, la
maille cristalline se déforme de telle sorte que les barycentres des charges positives et
négatives s’écartent. On crée ainsi un dipôle électrique qui par réaction, va faire apparaître des
charges de signes opposés sur les deux électrodes, c'est l'effet piézoélectrique direct. Si au
contraire, on apporte des charges électriques (c'est à dire que l'on crée une différence de
potentiel entre les électrodes), alors, pour rétablir l'équilibre des forces électrostatiques, c'est
la maille cristalline qui se déforme, c'est l'effet inverse ou réciproque.
18
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Figure I-1 - piézoélectricité du quartz naturel à l'équilibre (a) et avec une force appliquée
(b).
Tous les matériaux ne sont pas piézoélectriques, en effet, il faut déjà que la maille
cristalline ne possède pas de centre de symétrie, autrement dit, tous les matériaux
piézoélectriques sont anisotropes. Ceci signifie qu'ils possèdent des propriétés physiques
variant selon la direction considérée. Parmi les 32 classes cristallines existantes, 20 sont
dépourvues de centre de symétrie et peuvent donc présenter l'effet piézoélectrique (voir
Figure I-2).
Dix des vingt classes cristallines piézoélectriques présentent une polarisation électrique
spontanée (aussi appelée moment dipolaire permanent) en l'absence de contrainte ou champ
extérieur. Ces classes sont dites polaires et sont appelées pyroélectriques en raison de l'effet
de la température sur leur polarisation spontanée.
19
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Les cristaux, dont le plus connu est le quartz, ont des propriétés peu attrayantes pour
des applications telles que les générateurs d'ultrasons. Leurs principaux défauts sont un εra et
des constantes piézoélectriques peu élevées, un coefficient de couplage électromécanique trop
faible.
Les polymères ou les co-polymères comme respectivement le Poly-Vinyl-
DiFluoridène ou PVDF et le P(VDF-TrFE) partiellement cristallisés peuvent permettre
d'obtenir des matériaux plus compliants, mécaniquement adaptés aux grandes déformations
ou à l'acoustique sous-marine en réception. Le PVDF en est le représentant le plus connu, les
chaînes de polymère peuvent s'orienter lorsqu'on applique un champ électrique.
Les céramiques piézoélectriques se sont vite imposées par leurs forts coefficients
piézoélectriques. La famille des céramiques comporte de nombreux éléments, citons entre
autres, les titanates de baryum qui sont les ancêtres des céramiques actuelles, les titanates de
plomb ou les méta-niobates de plomb utilisés pour l’imagerie haute résolution. La famille des
PZT (plomb, zirconate, titanate) compte à elle seule cinq à six compositions différentes sans
compter les structures dopées type PLZT. C’est cette famille des PZT qui offre le plus de
possibilités au niveau industrialisation. Par ailleurs le LiNbO3 est couramment utilisé en
imagerie haute fréquence. Notons que les céramiques sont des matériaux fabriqués par frittage
d’un mélange d’oxydes et que les procédés de fabrication sont ajustables afin de pouvoir
adapter leurs propriétés diélectriques, mécaniques et piézoélectriques à la demande.
ci-dessous se trouve un tableau récapitulatif des propriétés des différents matériaux
piézoélectriques évoqués plus haut.
Quartz SiO2 LiNbO3 BaTiO3 PVDF PZT
Densité [Link]-3 2.65 4.64 5.7 1.76 7.5
Constante diélectrique ε11 4.5 40 1700 12 200-4000
Température de Curie en °C 573 1210 130 180 <350
Tableau I-1 - Constantes physiques de matériaux piézoélectriques
I.4.2.1 Définition
La ferroélectricité forme un sous-groupe de la pyroélectricité comme le montre la
Figure I-2. La direction de polarisation d'un cristal ferroélectrique varie en fonction du champ
a
εr est la constante diélectrique relative caractérisant la permittivité de l'isolant par rapport au vide
20
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
électrique extérieur, elle peut être simplement réorientée voire même s'inverser si le champ est
suffisamment intense.
32 classes cristallines
Sous l'application d'un champ électrique, les dipôles de chaque domaine vont se
réorienter plus ou moins facilement selon leur angle initial, à savoir que le retournement des
domaines à 180° se fait sans déformer la maille tandis que les autres domaines vont induire de
fortes déformations pendant leur alignement. Seuls 65% et 53% des domaines seront
réorientés pour un angle initial respectivement égal à 71° et 90°. Cette inégalité entraîne, lors
d'un balayage en tension, la formation d'un cycle d'hystérésis qui se représente par une courbe
P=f(E) (voir Figure I-3). P représente la polarisation moyenne de l'ensemble des domaines et
E est le champ extérieur appliqué au matériau ferroélectrique. La polarisation rémanente Pr
21
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
est la valeur de la polarisation à champ nul. La valeur du champ à polarisation nulle est le
champ coercitif noté Ec qui définit un nouvel axe de polarisation.
Quand le matériau ferroélectrique est chauffé, il existe une température nommée point
de Curie et notée Tc qui correspond à un changement de phase structurale qui a pour
conséquence de supprimer la polarisation rémanente. Le matériau passe alors de l'état
ε
ferroélectrique à l'état para-électrique. La permittivité relative du matériau εr (εr = ) atteint
ε0
alors sa valeur maximale. Pour les matériaux piézoélectriques non ferroélectriques, cette
notion existe également et se caractérise par une modification notoire de leurs propriétés
piézoélectriques. Par exemple, le quartz α se transforme en quatz β (hexagonal) lors du
passage au point de Curie.
22
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
respectivement l'induction électrique et le champ électrique. On peut alors dire que pour un
matériau piézoélectrique on a : S ou T qui peut être fonction de D ou E
Le phénomène de couplage peut être décrit de manière adiabatique s’il s’agit d’une
vibration rapide ou isotherme pour une transformation statique ou lentement variable. Comme
les matériaux piézoélectriques sont anisotropes, leurs propriétés sont représentées par des
tenseurs. Les matrices des constantes piézoélectriques (d, e, g et h) ont six colonnes et trois
lignes, les matrices transposées sont repérées par un suffixe t en exposant, les autres grandeurs
en exposant signifient que cette grandeur est constante ou nulle, par exemple sE définit le
coefficient de compliance à champ constant ou nul. La norme IEEE des notations tensorielles
se trouve référencées sous le standard 176. Soit V une tension appliquée entre deux électrodes
déposées sur les faces perpendiculaires à la polarisation spontanée.
∆a ∆a ′
Il en résulte une déformation de dilatation ou de contraction dans la direction 3 et
a a′
dans les directions 1 et 2. Si la polarisation V est appliquée sur des électrodes déposées sur les
faces perpendiculaires à l’axe 1, donc perpendiculaire aussi à l’axe de polarisation spontanée,
alors la déformation du matériau piézoélectrique sera en cisaillement.
23
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
taille des
Abréviations définitions Type d'énergie
matrices
D Induction électrique C.m-2 (3,1)
E Champ électrique en V.m-1 (3,1)
ε Permittivité électrique en F.m-1 ELECTRIQUE (3,3)
Constante d'imperméabilité
β (3,3)
diélectrique en m.F-1
S Déformation relative (6,1)
T Contrainte en N.m-2 (6,1)
MECANIQUE
s Compliance m².N-1 (6,6)
c Raideur élastique N.m-² (6,6)
Constante piézoélectrique:
proportionnalité entre la
d (3,6)
charge et la contrainte à champ
nul ou constant en C.N-1 ou m.V-1
Constante piézoélectrique:
proportionnalité entre la
e (3,6)
charge et la déformation à champ
nul ou constant en C.m-²
PIEZOELECTRIQUE
Constante piézoélectrique:
proportionnalité entre la
g (3,6)
contrainte et le champ à induction
nulle ou constante en m².C-1
Constante piézoélectrique:
proportionnalité entre la
h (3,6)
déformation et le champ à induction
nulle ou constante en V.m-1 ou N.C-1
Tableau I-2 - Glossaire des symboles dans la piézoélectricité
Les matériaux étant anisotropes pour la plupart, chaque symbole possède un indice, soit
unique comme Di, soit double (εij) ou encore triple. Souvent les indices triples sont contractés
à deux en raison des symétries 3.
Comme dit précédemment, les grandeurs envisagées étant tensorielles, d'ordre 1 pour
le champ et l'induction électrique ou d'ordre 2 (contrainte et déformation), les facteurs les
reliant sont donc aussi tensoriels, d'ordre 4 pour la complaisance ou la raideur, d'ordre 3 pour
les constantes piézoélectriques ou d'ordre 2 pour la permittivité électrique. Le Tableau I-2 est
un glossaire des symboles utilisés dans les différentes équations et matrices.
De là nous pouvons écrire les quatre formes tensorielles des équations de la
piézoélectricité :
24
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
S = s E .T + d .E et D = εT .E + d .T
E = βT .D − g.T et S = s D .T + g t .D Équation I-1
D = ε S .E + e.S et T = c E .S − e t .E
E = β S .D − h.S et T = c D .S − h t .D
L'ordre des tenseurs et leurs nombres impliquent qu'un grand nombre de constantes
scalaires sont nécessaires pour décrire le phénoméne piézoélectrique mais les symétries
permettent de réduire de beaucoup ce nombre. La mise sous forme matricielle des coefficients
élastiques, piézoélectriques et diélectriques donne le systéme ci dessous pour un matériau
hexagonal de classe 6mm (c'est à dire possédant un axe de symétrie sénaires et six plans de
symétrie).
⎛ 0 0 0 0 d15 0⎞
⎜ ⎟
⎜ 0 0 0 d15 0 0 ⎟ Matrice des coefficients piézoélectriques (identique
⎜d 0 ⎟⎠
pour d,e,g et h)
⎝ 31 d31 d33 0 0
⎛ ε11 0 0⎞
⎜ ⎟
⎜0 ε11 0⎟
Matrice des coefficients diélectriques (idem pour εS, εT, βS, et βT).
⎜0 0 ε33 ⎟⎠
⎝
25
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
∆Wélect s ETC2 sD
k 2
= =1− D 2 =1− E
∆Wméca .f s TM s
k relie bien l’aptitude de la céramique à transformer l’énergie électrique en énergie
énergie transformée
mécanique : k² =
énergie fournie
L'expression du coefficient de couplage dépend de la forme du matériau et de la distribution
des lignes de champ permettant d'exciter et de détecter les vibrations. Un disque, un barreau
ou un film mince n'auront pas forcément le même coefficient de couplage. Le PZT a un fort
coefficient de couplage, mais ce n'est pas son seul atout, le Tableau I-3 montre un comparatif
entre les céramiques piézoélectriques massives les plus utilisées.
26
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
ε11=39 à 80 8
LiNbO3 3 3,7 0,2 1,3
ε33=26
ε11=7,38
ZnO 3 -0,59 -0,61 1,14
ε33=7,83
Tableau I-3 - Caractéristiques des matériaux piézoélectriques massifs les plus rencontrés.
I.6. Le PZT
I.6.1 Introduction
On sait depuis quelques années que l’existence d’un désordre structural ou chimique
au sein de composés ferroélectriques de structure pérovskite ABO3 induit des changements
drastiques des propriétés physiques de ces matériaux. En particulier, lorsqu’on effectue une
substitution sur le site A ou B de la structure, on peut dans certains cas obtenir des composés
dipolaires désordonnés présentant des propriétés physiques remarquables et à l’origine
d’applications industrielles multiples : condensateurs à forte capacité volumique,
transducteurs piézoélectriques, actionneurs. Il existe notamment une large classe de composés
du type PbBB’O3 (noté PBB’) caractérisés par une très forte valeur de leur constante
diélectrique dans une large gamme de température, contrairement aux composés
b
Valeurs moyennées des résultats obtenus avec différentes méthodes de caractérisation
c
Valeurs provenant de matériaux commercialisés sous l'appellation PZT-4
d
Particule de PZT noyées dans de l'époxy
27
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
ferroélectriques classiques pour lesquels ces fortes valeurs sont confinées au voisinage de la
température critique. De plus, cette constante diélectrique dépend souvent de la fréquence de
mesure, d’où le nom de relaxeur donné à ces composés.
La structure de type pérovskite ABO3 cristallise dans sa forme la plus simple dans une
maille cubique si A est pris comme origine de la maille. Dans cette structure, A est un cation
bivalent de grand rayon et de coordinence douze. Huit cations A forment la maille cubique.
Les ions oxygène sont au centre de chaque face et forment un octaèdre au centre duquel se
trouve le cation B qui doit, de part le fait, avoir un rayon très faible. Il est tétravalent et de
coordinence six. Dans le cas du PZT (Figure I-5), le cation A est Pb2+ de rayon 119 pm, le
cation B est soit un ion Zr4+ (84 pm), soit un ion Ti4+ (61 pm).
Le site octaédrique pouvant être occupé par des ions de tailles différentes, cela
entraîne des distorsions de la maille pérovskite. Ce sont ces distorsions qui donnent un
caractère ferroélectrique au matériau, puisque la maille cubique est paraélectrique.
28
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
e
Solution solide : mélange homogène de titanate de plomb et de zirconate de plomb
29
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Domaine riche en Ti
Maille quadratique
Domaine riche en Zr
Maille rhomboédrique
30
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
31
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Propriété(s)
Définition Application Exemple(s)
du PZT
• l'allume-gaz
• les déclencheurs de lance-
Générateurs haute-tension
roquettes
• les amorces
• Sonars
• Soudure
• usinage et décollement de films
minces (quelques centaines de
microns)
• micro-dispersion des fluides
• contrôle non destructif
Emission d'ultrasons • nettoyage de surface
Pouvoir transformer une
et • en médecine :
transducteur des sons o soins dentaires
énergie mécanique
Céramiques massives
Les céramiques de PZT n'ont pas toutes les mêmes propriétés; elles peuvent se classer en
deux grands groupes, les PZT doux et les PZT durs, en fonction des substituant des sites A et
B formant la maille de PZT.
• Dans les PZT doux, les substituant des sites A et B du PZT sont des ions donneurs
par rapport au Pb2+, Zr4+, Ti4+, comme par exemple les ions La3+, Nb5+, Sb5+ et W6+.
32
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
I.8. Conclusion
33
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
Bibliographie du chapitre I
1 JAFFE B., ROTH R. S., MARZULLO S., piezoelectric properties of lead zirconate
titanate solid solution ceramic, Journal of Apllied Physics, 1954, Vol. 25, pp. 809-810
3 ROYER D., DIEULESAINT E., Ondes élastiques dans les solides, Tome 1, éd.
Masson, Paris, 1996, 328 p.
7 RONCARI E., GALASSI C., CRACIUN F., CAPIANI C., PIANCASTELLI A., A
microstructural study of porous piezoelectric ceramics obtained by different methods, Journal
of the European Ceramic Society, 2001, Vol. 21, pp. 409-417.
34
Chapitre I - Piézoélectricité, ferroélectricité et applications industrielles du PZT
9 JAFFE B., COOK W.R., JAFFE H., piezoelectric ceramics, London : Academic
Press, 1971, p 317
35
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Résumé :
37
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
[Link]
a
MEMS : Micro Electro-Mechanical System ou microsystème électromécanique
39
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
rajouter sur une partie mécanique (poutre micrométrique, etc.) puis de les actionner en
polarisant la céramique à l'aide de contacts à la laque d'argent ou de carbone 4. L'un des
créneaux le plus prometteur de la microélectronique se trouve être les microsystèmes,
suivi aujourd'hui par les nanosystèmes. Pour l’année 2001, le marché mondial des
microsystèmes était d'environ 30 milliards de dollars avec une croissance de 30 % par an 5.
Près des deux tiers de ce marché sont constitués par les têtes d’impression à jet d’encre et
les têtes de lecture de disques durs. Le reste du marché concerne principalement les
capteurs de pression pour l’automobile, l'avionique ou le médical, les accéléromètres des
airbags de voitures et les systèmes de vidéo projection à micro miroirs. Il s'agit le plus
souvent de la conception d'un élément mécanique, d'un capteur ou d'un actionneur sur un
substrat de silicium avec les techniques de la microélectronique. Plus les procédés de
fabrication des éléments mécaniques seront compatibles avec les procédés standards de la
microélectronique, plus l'intégration sera facilitée. De nos jours des capteurs "intelligents"
(smart sensor en anglais) ont déjà fait leur apparition 6. Le concept est de rassembler sur la
même puce la partie capteur et la partie traitement du signal et de l'information. C'est au
début des années 1990 que les microsystèmes ont connu un déploiement dans des
applications commerciales. Les premières commercialisations ont été fondées sur des
accéléromètres, des têtes d'impression ou des micro miroirs. De nos jours les
microsystèmes se rencontrent dans des domaines variés comme la micro fluidique,
l'aérospatial, le domaine biomédical, les analyses chimiques, les communications sans fil,
le stockage de données pour ne citer que les plus répandus 7 , de plus ils sont plus
complexes dans leur architecture. Ce paragraphe donne la tendance actuelle des
microsystèmes hybrides contenant une partie micro structurée en silicium et des disques ou
des petits cylindres de PZT en tant qu'élément actionneur. Les recherches actuelles sur les
céramiques de PZT tendent à augmenter l'amplitude des déformations à tension électrique
constante, mais aussi d'augmenter leurs constantes diélectriques et leurs propriétés
piézoélectriques. Ce gain d'efficacité peut être obtenu par dopage ou par variation du
rapport Zr/Ti. Les réalisations présentées sont, une micro-pompe, un système de compte
goutte, la réalisation de micro-déplacement et un micro-moteur.
40
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Cette micro-pompe, extraite du travail de D.C. Roberts et al. 8 , fait partie des
microsystèmes utilisant des petits cylindres de PZT, les dimensions totales de la pompe
atteignent 10 mm x 10 mm x 2 mm (longueur, largeur et épaisseur). Le but d'une telle
pompe est d'avoir un débit d'environ 1 ml.s-1 avec des pressions différentielles pouvant
atteindre 2 MPa. Des telles pressions nécessitent l'utilisation d'une structure assez rigide et
d'un matériau pouvant déformer assez aisément cette structure : le PZT. D.C. Roberts et al.
ont choisi deux types de PZT :
• Le PZT-5H polycristallin, ce genre de dénomination est standard pour les
céramiques massives, dans ce cas précis, il s'agit d'une céramique de PZT doux.
(
• Et un PZT dopé, le PZN-PT PbZn 1 Nb2 O3 − PbTiO3 .
3 3
)
• Les challenges technologiques d'une telle réalisation sont :
• L'adhérence d'une céramique de PZT massive sur du silicium.
Pulvérisation d'un multicouche Ti-Pt-AuSn-Au puis chauffage à
300°C pour permettre d'obtenir l'eutectique AuSn
• Le contrôle précis des longueurs et des tolérances du cylindre de PZT (hauteur et
rugosité de surface contrôlée).
Les cylindres de PZT sont sélectionnés et mesurés avec une
tolérance de 50 µm puis sont nettoyés.
• La réalisation de la structure piston par gravure du silicium (tranchée ne laissant
que 10 µm de silicium).
Utilisation d'une plaquette de silicium de type SOI b et gravure
ionique réactive qui s'arrête sur l'oxyde de silicium enterré (voir Figure II-2-a).
Les cylindres de PZT sont soit au nombre de trois (placés en triangle sous le piston), soit
unique et disposé au centre et en dessous du piston. Le schéma de principe représenté par
une coupe 3D sur la Figure II-1, montre les éléments piézoélectriques placés en triangle.
b
SOI : Silicon On Insulator, film mince de silicium sur oxyde, le tout sur un substrat de silicium.
41
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Figure II-1 - Vue en coupe 3D de la micro pompe piston avec en blanc les trois plots de
céramique [D. C. Roberts et al.]
Les tests effectués sur ce genre de structures montrent que le fait d'utiliser trois
cylindres réduit considérablement les effets d'inclinaisons ("tilt" en anglais) observés sur
les structures ne possédant qu'un seul cylindre de PZT entre 30 et 80 kHz. Un déplacement
plus important a été obtenu avec les céramiques de type PZN-PT en comparaison avec les
céramiques de type PZT-5H (distance pic à pic de 1,42 µm et de 0,69 µm respectivement).
Les modes de vibration du piston ont été observés par vibromètre laser balayant la
surface mobile. La Figure II-2-b montre ce déplacement à une fréquence de travail de
15 kHz pour une micro-pompe réalisée à l'aide de trois cylindres de PZT-5H .
42
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
(a)
(b)
Figure II-2 - (a) vue en coupe du piston fait à partir d'un substrat SOI et (b)
représentation 3D du mouvement du piston mesuré par vibromètre laser [D. C. Roberts
et al.]
Cet article montre donc que le design donné à la pompe autorise la réalisation d'un
actionneur à haute rigidité. Ces types de microactionneurs ont été réalisés et caractérisés
pour des fréquences dépassant la centaine de kHz et les deux types de PZT (PZT-5H et
PZN-PT) peuvent être intégrés dans cette micro-pompe.
Les céramiques de PZT sont bien connues pour leur grande force d'action ou la
précision des mouvements qui découle des contractions ou des dilations de la céramiques
en fonction du champ électrique imposé. C'est pourquoi la réalisation de micro
déplacements ou la fabrication de micromoteurs sont d'autres façons d'utiliser les
céramiques de PZT en couche de quelques centaines de microns d'épaisseur. Afin de
produire une force d'action suffisante, le PZT est déposé en pile ou "stack" en anglais, il
s'agit la plupart du temps de disques de PZT superposés. Par contre l'un des défauts
majeurs pour certaines applications reste la longueur d'action. Pour générer une plus
grande amplitude de mouvement, le PZT bi-morphe peut être utilisé, il s'agit de deux lames
de PZT collées sur une électrode commune. Le défaut de cette technique réside dans le fait
que les larges déplacements se font, cette fois ci, au détriment de la force d'action. Un
43
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
ingénieux système décrit par Q. Chen et al. 9 permet de palier au défaut majeur des
céramique de PZT disposées en pile. Le système de Q. Chen et al. repose sur trois piles de
PZT disposées selon le schéma de la Figure II-4. Des micro saillies (voir Figure II-3)
obtenues par gravure humide du silicium permettent au système de pouvoir se déplacer à
l'instar d'une chenille par contraction et dilatation successive des céramiques
piézoélectriques disposées en pile.
Figure II-3 - Micro saillies obtenues par gravure humide du silicium orienté (110)
[Q. CHEN et al.]
La composition de ces céramiques de PZT n'est pas détaillée, nous savons juste qu'il s'agit
⎝( 3
)
de PZT/PMN, c'est à dire : ( Pb ( Zrx ,Ti1-x ) O3 ) y − ⎛⎜ Pb Mg 1 Nb 2 O3 ⎞⎟ .
3 ⎠1− y
L'étude montre que les micro saillies en silicium peuvent résister à une contrainte de
cisaillement de 9,6 MPa, ce qui correspond à une force d'action de 250 N. Les vitesses de
déplacement vont de 2 µm.s-1 à 5 mm.s-1. La limite supérieure n'est pas la limite physique
du microsystème mais est due à la partie logicielle et à la partie matérielle du système de
mesure.
44
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Figure II-4 - Schéma de principe pour utiliser la force des empilements de PZT et palier
au faible déplacement. [Q. CHEN et al.]
Les micro-pompes sont beaucoup étudiées pour les nombreuses applications qui en
découlent. Par exemple dans le domaine médical, que ce soit pour des maladies comme le
diabète ou pour des patients Parkinsoniens, un dosage précis de médicament doit être
injecté à heures régulières. Les microsystèmes se trouvent donc bien placés pour faire ce
genre de travail, en effet, la partie actionneur délivre la quantité de médicament tandis
qu'un circuit intégré calcule la dose nécessaire ainsi que l'intervalle de temps depuis la
dernière injection. De plus le fait d'injecter le produit actif directement dans la zone à
10
traiter implique d'utiliser moins de substances . Un autre argument de poids pour
l'utilisation de microsystèmes est son faible prix de revient. Le fait de fabriquer des
microsystèmes réduit les coûts de production par rapport aux techniques traditionnelles.
Les micro-pompes se divisent en deux grandes catégories, à savoir, les pompes à piston ou
péristaltiques et les pompes rotatives. Ces dernières sont utilisées pour des fluides de haute
viscosité. Plusieurs principes d'actionnement pour les micro-pompes ont déjà été
développés comme l'énergie électrostatique 11, la piézoélectricité, l'effet magnétostrictif 12
13
et même les alliages à mémoire de formes ou encore l'effet thermo pneumatique 14 .
L'effet piézoélectrique est souvent retenu puisqu'il produit une pression et un déplacement
modéré pour une faible consommation de puissance.
L'étude faite par L. Cao et al. 15 se place dans le cadre des pompes péristaltiques mais
diffère de celle présentée au paragraphe II.2.1. Ils ont choisi des membranes de Si
actionnées par des disques de PZT qui servent à aspirer, faire circuler et refouler le fluide.
45
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Le débit retenu dans le cahier des charges de cette micro-pompe est de 10 µl.h-1. Le
schéma de principe est représenté sur la Figure II-5, les disques de PZT disposés en pile
actionnent trois membranes qui sont polarisés entre deux électrodes d'argent et un dépôt
d'or permet de rassembler toutes les électrodes inférieures sur un contact déporté. Des
espaceurs en SiO2 servent à l'étanchéité entre la partie en Pyrexc et la plaquette de silicium.
Le PZT utilisé est simplement collé à la main, son épaisseur est de 200 µm et le
fournisseur est : American Piezo Compagny (APC850). La colle employée afin de rendre
solidaire le PZT au dispositif de pompage est une colle conductriced. Pour l'instant cette
micro pompe est dans une phase d'étude mais des premiers résultats avec un système
simplifié ont permis de déterminer les dimensions nécessaires pour les cavités de la pompe.
Les dimensions de la pompe (voir Figure II-5) peuvent paraître grandes pour un
microsystème mais elles sont du même ordre de grandeur certains systèmes déjà implantés
dans le corps humain tel que le Pacemaker (voir la référence de la société Medtronic 16).
c
La référence du Pyrex utilisé est : Pyrex 7740 d'une épaisseur de 500 µm scellé par collage anodique sur Si
d
Colle conductrice : EP21TDCS provenant de Master Bond Compagny
46
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Les micromoteurs sont en pleine expansion, que ce soit pour les baladeurs
ultraplats, les montres plates…Les principaux avantages sont 17 :
• un fonctionnement silencieux
• de forts couples à basses vitesses sans réducteur
• un fort couple de maintien à l’arrêt
• une insensibilité aux champs magnétiques
• un petit nombre de pièces
• La faible consommation
Le PZT sous forme de bi-morphes est utilisé pour la réalisation d'un micro-moteur par M.
Bexell et al. 18. Ce type de micro-moteur a un fonctionnement fondé sur un mécanisme de
pas à pas. Le stator (Photographie II-1-b) de ce micro-moteur est réalisé sur un substrat de
silicium sur lequel est reporté l'électrode inférieure et six éléments piézoélectriques.
Chaque élément piézoélectrique a les dimensions suivantes : hauteur=1,5 mm,
largeur=1,1 mm et épaisseur=0,95 mm, il est constitué de couches de PZT et d'électrodes
qui sont disposées de telle manière que son comportement soit le même que celui d'un bi-
morphe. Ces céramiques sont déformées selon le schéma représenté sur la Figure II-6, et
entraînent par voie de conséquence le rotor.
Figure II-6 - Schéma de principe d'un moteur actionné par un bi-morphe [M. Bexell]
47
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Toutes les pièces formant ce micro-moteur sont représentées sur la Photographie II-1. Leur
déformation est rendue possible grâce à une commande séparée des tensions sur chaque
partie du bi-morphe.
Photographie II-1 - composants du micro moteur, en (b) les six bi-morphe en (c) le rotor
et en (f) le micro-moteur remonté [M. BEXELL et al.]
Le champ électrique imposé aux céramiques de PZT est de 1,67 MV.m-1 ce qui correspond
à une tension de 50 V sur chaque partie composant le bi-morphe. Les résultats donnent un
couple de sortie atteignant les 3,75 mN.m, la vitesse maximale de rotation atteinte est
supérieure à 60 tours par minute pour une excitation à 10 kHz. Cette fréquence est la limite
supérieure imposée par l'électronique de commande. La partie mécanique limitante du
stator est la céramique piézoélectrique. De ce fait, le micromoteur décrit ci dessus aura un
couple de sortie maximal de 12mN.m.
48
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
manière l'élément actif sur le silicium, on peut augmenter la complexité des structures tout
en diminuant la taille de l'actionneur ou du capteur.
e
SAW : Surface Acoustic Waves.
f
IDT : InterDigited Tranducers
49
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Cet exemple, bien qu'il ne soit pas à base de PZT, est intéressant à plusieurs titres. Il
montre tout d'abord le niveau d'intégration actuel et de plus la maturité de la technique de
fabrication des microstructures. Le tableau suivant montre des exemples dans lesquels le
PZT en film mince a su apporter un gain de miniaturisation ou de nouvelles voies pour des
capteurs en tirant partie des autres propriétés du PZT (la pyroélectricité, la ferroélectricité
qui sont plus exploitables en couches minces). Par exemple la pyroélectricité est souvent
utilisée pour la réalisation de capteur infrarouge en vue de mesurer des températures sans
contact. Le PZT en film mince permet de palier la lenteur de ces détecteurs et ainsi pouvoir
réaliser de l'imagerie infrarouge.
50
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Propriété(s)
Définition Application exemple(s)
du PZT
Direction de polarisation
de plus en plus utilisé
d'un cristal pyroélectrique • FeRAM
La ferroélectricité dans le domaine des
pouvant varier en fonction
mémoires • FET ferroélectrique
du champ
(appelés céramiques)
51
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Les résultats ont montré un très faible bruit et des mesures assez sensibles dans la gamme
des ppm sans système de refroidissement. Un exemple de graphe obtenu est présenté sur la
Figure II-8. La précision des mesures atteinte permet de détecter une concentration de
15 ppm de CO2 et de 200 ppm de CO.
g
EPFL : Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
52
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Figure II-8 - Graphique type obtenu par le capteur lorsqu'il est plongé dans une
atmosphère contenant plus ou moins de gaz carbonique. Willings et al.
Les résonateurs à base de PZT dans le domaine des filtres pour les
télécommunications sont toujours au stade de la recherche. Pour l'instant aucune
application industrielle n'a vu le jour. Jusqu'à des dates assez récentes, ce genre de
résonateur utilisait des transducteurs électrostatiques pour la mise en mouvement de
poutres vibrantes en silicium grâce à un dépôt de polysilicium. L'intérêt de l'utilisation des
PZT en film mince vient du fait que le couplage piézoélectrique est bien supérieur au
couplage électrostatique. De plus, il décroît moins rapidement quand la fréquence de
résonance augmente 22 (cette fréquence de résonance est directement liée aux dimensions
de la poutre). Le fait d'augmenter le couplage conduit à un meilleur rapport signal/bruit 23.
Il faut noter que le couplage électrostatique dépend du gap inter électrodes ce qui implique
des difficultés technologiques supplémentaires. D. L. DeVoe et al. ont déjà réalisé un
résonateur à base de ZnO 22 et récemment ils ont publié un résonateur à base de PZT 23. Le
système est fondé sur une poutre encastrée aux deux extrémités comme représentée sur la
Figure II-9. Le PZT utilisé est déposé par Sol-Gel est le rapport de Zr/Ti est de 52/48. Il
s'agit donc d'un PZT se situant sur le diagramme de phase dans la zone morphotropique qui
est la plus utilisée pour avoir de bonnes propriétés pour la réalisation de capteurs ou
d'actionneurs. Le principe repose sur les deux méthodes, à savoir que le PZT est utilisé
53
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
dans un premier temps pour exciter la poutre et dans un deuxième temps pour récupérer un
signal en fonction de la fréquence de résonance de la poutre.
La poutre en SiO2 est créée par une attaque isotropique du Si par gravure plasma appelée
RIE. Des fréquences de résonance variant entre 171 kHz et 9,2 MHz ont été observées
pour des résonateurs dont les dimensions varient entre 6 et 20 µm. Un défaut de cette
méthode de poutres suspendues est qu'une petite variation de longueur entraîne une grande
variation de fréquence de résonance. Actuellement la poutre dépasse de 3 µm la longueur
prévue due à une surexposition de la résine pendant le photo-masquage.
Piekarski et al. ont pu réaliser un filtre résonant jusqu'à 9,2 MHz avec un facteur de qualité
supérieure (Qs) à 1000 sous une pression de 2,7 Pa et supérieur à 400 sous pression
atmosphérique à cause d'un plus fort facteur d'amortissement.
Nous avons déjà vu que les céramiques de PZT servaient à la réalisation de micro-
moteur 26, mais le PZT en couche mince peut lui aussi actionner de tel moteur comme le
montre par exemple le travail de T. Morita et al. 24. Le principe de ce micro moteur est
fondé sur les ultra-sons transmis par friction au rotor. En effet, un tube en titane recouvert
par un matériau piézoélectrique est excité pour générer en son extrémité une onde
54
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
progressive, qui, transmise au rotor, peut le faire tourner. Afin de pouvoir déposer le PZT
sur une surface courbe, T. Morita et al. ont utilisé une méthode dite hydrothermale 25. Cette
méthode de dépôt est bien adaptée aux surfaces courbes, de plus le PZT obtenu a
d'excellentes caractéristiques
(a) (b)
Figure II-10 - (a) photo du stator recouvert de PZT avec les électrodes et (b) image MEB
du PZT obtenu par une méthode de dépôt hydrothermale [T. MORITA et al.]
Le stator ainsi revêtu de cette couche de PZT de 12 µm26 d'épaisseur est recouvert
de 4 électrodes d'or comme représenté sur la Figure II-10-a. Le d31 obtenu est de -25 pC/N.
La Figure II-10-b montre une image MEB du PZT, on aperçoit des micro cristaux
caractéristiques de la technique hydrothermale utilisée. Le micro-moteur ainsi réalisé a la
particularité d'être réversible et d'avoir un couple en sortie de 0,67 µN.m. Par contre la
méthode utilisée pour déposer le PZT n'est pas encore au point puisque la valeur du e31 du
film est de -0,57 C/m² et que celui de la céramique massive est de -4,1 C/m². P. Muralt et
al. nous donnent un autre exemple de réalisation d'un micro-moteur à ultrasons 27 28. Le
principe du stator diffère puisqu'il s'agit d'une membrane que le PZT vient exciter à sa
fréquence de résonance. Le dépôt du PZT a été réalisé soit par pulvérisation cathodique
soit par la technique sol-gel (voir le paragraphe III.3 pour plus de détails sur ces
techniques). L'épaisseur du dépôt atteint 1 µm et l'électrode inférieure est une bi-couche du
type Pt/Ta.
55
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Que ce soit dans le domaine de la microscopie comme l'AFM ou alors dans celui
des résonateurs (voir ci dessus), les poutres vibrantes de petites dimensions sont en plein
essor. Un travail récent (2002) de Kueppers et al. 29 montre la réalisation de micro poutres
afin d'actionner des micro miroirs par PZT. Ce dernier, déposé par voie chimique (voir le
paragraphe III.3), a une polarisation rémanente de 22 µ[Link]-2 et un champ coercitif de
47 [Link]-1 après recuit RTA (voir le paragraphe III.6.2). La permittivité relative est un peu
faible puisqu'elle ne vaut que 480 à 500 Hz. Sur la Photographie II-3-a, nous pouvons
observer la couche de Pb ( Zr0 ,45 Ti0 ,55 ) O3 cristallisée de 350 nm d'épaisseur sur une
électrode Pt/Ti, les grains ont une taille variant entre 200 et 1000 nm de diamètre. La
tension de commande de l'actionneur varie entre 1,75 et 10,5 V (le champ de claquage
ayant été mesuré à 630 [Link]-1, ce qui correspond à une tension de 22,05 V pour les
350 nm). La déflexion d'une poutre de 390 µm de long obtenue sous une tension de 10 V
est de 20 µm. Kueppers et al. en tire un coeffcient d31 de -12pC.N-1. La Photographie II-3-
b montre les différentes poutre en polysilicium réalisées, les largeurs varient de 60 à
120 µm.
(b)
(a)
Photographie II-3 - Vue au MEB d'une couche de PZT (a) , Micro-poutres (b)
[Kueppers et al.]
La thèse de E. Defaÿ 39, qui s'est déroulée au LPM, était une étude de l'intégration
du PZT par pulvérisation sur silicium. Après une étude poussée sur les paramètres de dépôt
56
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
du PZT, une structure résonante a été fabriquée. Ce dispositif a pour but de pouvoir
mesurer la pression d'un gaz sur une membrane de silicium. En effet, cette dernière a une
fréquence de résonance qui peut varier en fonction de la pression exercée par le gaz. En
mettant en vibration la membrane, nous pouvons rechercher la nouvelle fréquence de
résonance qui correspond à la pression du gaz. La mesure a été effectuée avec des
pressions variant entre 1,5.103 et 1,4.104 Pa et une excellente linéarité a été mesurée entre
2.103 et 1.104 Pa avec un coefficient directeur de 1,15 [Link]-1. Le dispositif de mesure de
la fréquence de résonance est un vibromètre laser, mais ce dernier peut être remplacé par
une mesure d'impédance. Pour plus de détails on se reportera à la référence 30. Nous allons
rappeler brièvement les étapes technologiques nécessaire à la réalisation de ce capteur de
pression résonant. Le principe consiste en une succession de dépôt sur une plaquette de
silicium oxydé. Les différents dépôts sont représentés sur la Figure II-11(a-f). La première
étape consiste à ouvrir une fenêtre carrée dans l'oxyde face arrière ce qui permettra de
libérer la membrane à la dernière étape. Le premier dépôt est celui de l'électrode inférieure
constituée d'une bi couche de Pt/Ti recuit par RTAh (voir III.6.2) à 400°C sous Argon.
L'étape suivante consiste à déposer le film mince de PZT et à le recuire (RTA 700°C sous
air). Comme le PZT n'a pas été gravé, une étape de dépôt de silice sur le cadre de la
membrane est nécessaire à ce niveau afin de protéger électriquement le PZT. Puis le
contact supérieur est déposé et gravé (Figure II-11-g). Enfin, la membrane est gravée par
attaque dans un bain de KOHi.
Légende
a. d.
Silicium
SiO2
PZT
b. e.
Ti/Pt
g.
h
RTA : Rapid Thermal Annealing ou recuit rapide voir III.6.2
i
KOH : solution basique d'hydroxyde de potassium utilisé comme agent de gravure anisotrope
57
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Les dépôts ainsi réalisés, ont permis d'étudier la faisabilité d'un capteur de pression
résonant 31.
58
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Le but de cette thèse est d'apporter des éléments de réponse sur l'homogénéité, la
reproductibilité, les courts-circuits présents dans les couches de PZT, et de montrer que la
nature de l'électrode inférieure (composition, recuit, diffusion des espèces, …) a une
importance capitale sur la tenue électrique et les propriétés physico-chimiques du PZT
déposé en couche mince.
Figure II-12 - Mise en évidence par TEM de hillocks par Nam et al.
[Link]
Les réalisations à base de films épais ou minces de PZT sont très nombreuses. De
plus de nouveaux actionneurs, capteurs ou systèmes utilisant les propriétés
piézoélectriques de ces céramiques naissent chaque mois, c'est pourquoi l'énumération ci-
dessus n'est pas là à titre exhaustif. Nous avons juste retracé les tendances actuelles de
réalisation de microsystèmes à films minces ou avec des céramiques massives. Ces
dernières sont encore bien exploitées pour les micro déplacements tandis que les films
minces sont plutôt employés pour augmenter l'intégration tout en gardant des propriétés
d'actionnement assez élevées. En outre, les films minces ont un champ de recherche
beaucoup plus vaste puisque certaines de leurs propriétés ferroélectriques et
piézoélectriques deviennent plus exploitables en couches minces (permittivité,
pyroélectricité). Une tendance moderne est d'utiliser des palliatifs au PZT, comme par
exemple les polymères piézoélectriques ou encore les élastomères diélectriques 35. Dans ce
chapitre nous avons rappelé l'importance sans cesse croissante de l'intégration des couches
minces piézoélectriques pour toutes les applications. Le PZT est un candidat extrêmement
59
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
bien placé dans la course aux vues de ces bonnes propriétés physiques, meilleures que celle
de l'oxyde de zinc ou le nitrure d'aluminium. A l'heure actuelle, les propriétés
piézoélectriques du matériau ne cesse de s'améliorer grâce aux différents dopants utilisés
(entre autres, le Nb et le Nd). Mais tous les problèmes ne sont pas encore résolus, comme
par exemple les courts-circuits présents dans les couches, le comportement dynamique du
matériau, son vieillissement. Le chapitre suivant présente un état de l'art de l'intégration de
films minces de PZT dans la réalisation de microsystèmes.
60
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
Bibliographie du chapitre II
1 KIM K-T., KIM C-I., LEE S-G., Ferrelectric properties of Pb(Zr, Ti)O3
heterolayered thin films for FRAM applications, Microelectronic engineering, 2003, vol.
66, pp. 662-669
2 KIM W-S., HA S-M., PARK H-H., KIM C. E., The effects of cation-
substitution on the ferroelectric properties of sol-gel derived PZT thin Ælm for FRAM
application, Thin solid films, 1999, Vol. 355-356, pp. 531-535.
6 LEE C., Self-excited piezoelectric PZT microcantilevers for dynamic SFM with
inherent sensing and actuating capabilities, Sensors and actuators 1999, Vol. A72, pp.179-
188
7 FUJITA H., Future of actuators and microsystems, Sensors and actuators, 1996,
Vol. A56, pp. 105-111
8 ROBERTS D. C., LI H., STEYN L., TURNER K. T., MLCAK R., SAGGERE
L., SPEARING S. M., SCHMIDT M. A., HAGOOD N.W., A high-frequency, high-
stiffness piezoelectric actuator for microhydraulic applications, Sensors and actuators,
2002, Vol. A97-98, pp. 620-631
61
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
9 CHEN Q., YAO D. J., KIM C. J., CARMAN G. P., Mesoscale actuator device:
micro interlocking mechanism to transfer macro load, Sensors and Actuators, 1999, Vol.
73, pp. 30-36
13 MAKINO E., MITSUYA T., SHIBATA T., Fabrication of TiNi shape memory
alloy micropump, Sensors and Actuators, 2001, Vol. A88, pp. 256-262
15 CAO L., MANTELL S., POLLA D., Design and simulation of an implantable
medical drug delivery system using microelectromechanical systems technology, Sensors
and Actuators, 2001, Vol. A94, pp. 117-125
62
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
21 WILLING B., KOHLI M., MURALT P., OEHLER O., Thin film pyroelectric
array as a detector for an infrared gas spectrometer, Infrared physics &
technology, 1998, Vol. 39, pp. 443-449
23 PIEKARSKI B., DE VOE D., DUBEY M., KAUL R., CONRAD J., Surface
micromachined piezoelectric resonant beam filter, Sensors and actuators, 2001, Vol. A91,
pp. 313-320
25 KANDA T., MORITA T., KUROSAWA M. K., HIGUCHI T., A flat touch
probe sensor using PZT thin film vibrator, Sensors and actuators, 2000, Vol. 83, pp. 67-75
63
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
27 MURALT P., KOHLI M., MAEDER T., KHOLKIN A., BROOKS K.,
SETTER N., Fabrication and characterization of PZT thin-film vibrators for
micromotors, Sensors and actuators, 1995, Vol. A48, pp. 157-165
28 MURALT P., Feroelectric thin films for micro-sensors and actuators : a review, J.
Micromech. Microeng., 2000, Vol. 10, pp. 136-146
31 DEFAY E., MILLON Cyril, MALHAIRE Ch., BARBIER D., PZT thin films
integration for the realisation of a high sensitivity pressure microsensor based on a
vibrating membrane, Sensors and actuators, 2002, Vol. A99, pp. 64-67
33 DEFAY E., MALHAIRE Ch., DUBOIS C., BARBIER D., Stress and stress
relaxation study of sputtered PZT thin films for microsystems applications, MRS
symposium proceedings, 2000, Vol. 594, pp. 237-242.
34 NAM H. J., CHOI D. K., LEE W. J., Formation of hillocks in Pt/Ti electrodes
and their effects on short phenomena of PZT films deposited by reactive sputtering, Thin
solid films, 2000, Vol.371, pp. 264-271
64
Chapitre II - Intégration du PZT dans les Microsystèmes
65
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Résumé :
III.1. Introduction
a
CMOS : Complementary Metal Oxide Semiconductor
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
La découverte des rayons X a été faite par Wilhem Conrad Röntgen en 1895. Ce
moyen de caractérisation est souvent utilisé afin de connaître le degré de cristallinité d'un
matériau et pouvoir montrer une orientation préférentielle des grains constituant la matière
(voir le chapitre IV.3.3 pour plus de détails). Le matériel utilisé est de marque Rigaku et
son principe de fonctionnement est celui de la diffraction des rayons X par les plans
cristallins récupérés par un diffractomètre θ-2θ. Les rayons X sont issus d'un bloc de
cuivre refroidi bombardé par des électrons. La raie du cuivre utilisée est dénommée Kα
(λ=154,056 pm). Si le matériau est cristallin alors il peut y avoir diffraction de ce rayon si
les conditions de Bragg sont respectées, à savoir :
nλ
2dhkl = où 2dhkl est la distance réticulaire des plans d'atome.
sin θ
nλ est la longueur d'onde des rayons X
θ est l'angle d'incidence des rayons X avec la surface de
l'échantillon.
D'après cette formule nous voyons que sous incidence θ le faisceau diffracté ne
peut provenir que d'une famille de plans dont la distance réticulaire est dhkl.
Alors que l'échantillon tourne sur lui-même d'un angle θ, un compteur Geiger Müller
tourne d'un angle 2θ par rapport à la source de rayons X afin de capter les rayons diffractés
(voir Figure III-1).
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Une banque de donnée nommée "Fiches JCPDS-ICDDb" est accessible et donne les
intensités des rayons diffractés en fonction de 2θ de la plupart des composés organiques et
inorganiques. Le principe de la poudre a été pris pour ne pas privilégier une famille de
plans hkl par rapport à une autre. En effet, l'intensité des rayons diffractés est
proportionnelle aux nombres de plan qui diffractent. Dans un cristal, une orientation
préférentielle est souvent observée, elle se traduit par une intensité plus importante d'un
plan de diffraction par rapport à celle de la fiche JCPDS de la poudre (les intensités étant
normalisées).
b
JCPDS-ICDD : Joint Committee of Powder Diffraction Standard International Centre for Diffraction Data
c
SIMS : Secondary Ion Mass Spectroscopy
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
en raison de l'entourage proche des atomes. Ceci porte le nom d'effet de matrice; ainsi,
pour une matrice de SiO2, le silicium aura un pic plus intense que si la matrice n'était
constituée que de silicium. Dans ce cas, c'est l'oxygène qui exalte le silicium. Pour être
quantitatif, la méthode SIMS doit, soit avoir des étalons, soit être couplée à une autre
technique de caractérisation comme l'analyse nucléaire RBS (Rutherford Back Scattering).
La Figure III-2 est une vue schématique de l'équipement SIMS, celui utilisé pour cette
étude est un CAMECA IMS4F. Il nous a permis d'observer la diffusion de titane dans le
platine et aussi de montrer l'effet de barrière induit par le TiO2.
C'est en 1986 que le premier AFM a été développé 2, l'acronyme signifie : Atomic
Force Microscope (microscopie à force atomique). Le principe de fonctionnement est
relativement simple, il est fondé sur le principe de la force d'interaction à courte distance
entre deux matériau, ici, une pointe et un échantillon. Ce type de microscope a rendu
possible l'observation directe de surfaces d'isolants à la résolution du nanomètre, voire de
l'atome. Il fonctionne selon les principes suivants : la tête de mesure contient un micro-
levier extrêmement souple portant une pointe ultra-fine et un système de détection optique
permettant d'en mesurer les déflexions verticales. La pointe supportée par le micro-levier
est placée en quasi-contact avec la surface de l'échantillon. La force d'interaction entre la
pointe et la surface est évaluée en mesurant la déflexion verticale du levier, d. La force, F,
est donnée par la loi de Hooke :
Pour mesurer la déflexion du levier, le faisceau d'une diode laser est focalisé sur l'extrémité
de celui-ci puis réfléchi vers une diode photo détectrice sensible à la position, constituée de
deux quadrants. La déflexion du levier provoque un déplacement du faisceau réfléchi sur la
diode et donc une variation de la différence de tension mesurée entre les deux quadrants.
Au cours du balayage horizontal de l'échantillon, le signal sur la photodiode mesuré est
comparé (dans l'unité de contrôle) à un signal de référence. Une boucle de rétroaction
ajuste en continu la position verticale de l'échantillon afin d'annuler cette différence, c'est à
dire afin de maintenir la déflexion du levier et donc la force d'interaction pointe-surface
constante. Ce mode de fonctionnement le plus couramment utilisé est appelé le mode
"force constante" ou contact. Les déplacements latéraux et verticaux de l'échantillon sont
enregistrés et traités par l'ordinateur afin de générer une image tridimensionnelle de la
topographie de surface. Ce mode de fonctionnement est couramment utilisé pour réaliser
des images à grande échelle (échelle micrométrique). Sur la Figure III-3 nous pouvons voir
le schéma de principe de l'AFM.
Le mode non-contact ou tapping, laisse le levier vibrer à une fréquence proche de sa
fréquence de résonance. Les caractéristiques de l'oscillateur sont modifiées en présence de
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Figure III-4 - Schéma de l'interaction des électrons issus de la colonne avec la surface
de l'échantillon.
Suivant le type de détecteur utilisé, les électrons rétrodiffusés fournissent une image
topographique (contraste fonction du relief) ou une image de composition (contraste
fonction du numéro atomique). Pour l'observation du PZT, une légère métallisation est
nécessaire afin d'évacuer les charges. Nous utilisons de l'or déposé par un bâti de
pulvérisation dédié au microscope.
Le microscope étant couplé à un système de microanalyse des rayons X, il permet de
connaître la constitution chimique élémentaire d'un produit. Tous les éléments à partir du
carbone (z=6) sont identifiés.
Description du microscope :
• Une colonne contient le canon à électrons à effet de champ (FEGd). La colonne est
sous vide poussé proche de l’ultravide au niveau du canon.
• La chambre d’analyse, maintenue sous vide secondaire, contient l’objectif
focalisant le faisceau sur l’échantillon, l’échantillon et sa platine permettant le
positionnement de ce dernier, ainsi que les détecteurs. Elle est équipée d’un sas afin
d'introduire des échantillons sans casser le vide de la chambre d'analyse.
d
FEG : Field Effect Gun
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Sachant que la charge est la même sur CPZT que sur C0, on obtient donc :
C0Vy
P= S étant la surface de l'électrode supérieure.
S
La tension d'excitation étant sinusoïdale et la céramique étant ferroélectrique, on obtient
donc sur l'écran de l'oscilloscope un cycle d'hystérésis duquel on peut tirer la polarisation
rémanente et le champ coercitif.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Les méthodes de dépôts de films minces peuvent se diviser en deux grands groupes,
à savoir les dépôts par voie chimique ou les dépôts par voie physique (Figure III-6). Un
bref résumé des principales techniques utilisées est représenté ci dessous.
Figure III-6 - Représentation des différents dépôts pour films mince de PZT
Les procédés sol-gel sont voisins de la précipitation. Cette technique est désormais
appelée CSD pour "chemical solution deposition". Deux types de méthodes peuvent
être mis en oeuvre, conduisant soit à des gels colloïdaux soit à des gels polymériques
(Figure III-7). Les précurseurs utilisés sont soit des sels inorganiques (chlorures, nitrates,
etc.), soit des composés moléculaires (alcoolates, acétates, etc…). Ils sont dissous dans un
solvant approprié. La solution obtenue est hydrolysée. On obtient soit une suspension
colloïdale de fines particules, soit la formation d'un réseau de type polymère. L'hydrolyse
mène à un gel qui après dessiccation conduit à un solide (xérogel). Celui-ci peut être
transformé en matériau pulvérulent, fibre, film ou verre par un traitement thermique
approprié.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Pour le dépôt de PZT, les précurseurs les plus utilisés 6 sont de l'acétate de plomb,
de l'isopropoxide de titane et du n-propoxide de zirconium. Dans le schéma ci-dessous
(Figure III-8), Kwon et al. 7 indiquent trois voies de formation du PZT à partir de mélanges
contenant les précurseurs. Ces mélanges sont ensuite, généralement, étalés à la tournette
puis chauffés, afin que les solvants s'évaporent. Comme les épaisseurs obtenues ne sont
souvent que de l'ordre de quelques dizaines de nanomètres, il faut réitérer plusieurs fois ces
deux opérations. Un recuit final est encore nécessaire afin que le PZT cristallise sous sa
forme pérovskite. Notons que lors de l'évaporation, des fissures peuvent apparaître et
rendre ainsi la couche inutilisable. Pu et al. 8 proposent de remédier au problème de fissure
lors de la phase d'évaporation en étalant un film épais (vitesse et temps réduits sur la
tournette) et de directement cristalliser la couche en la chauffant à 600-700 °C pendant 10
minutes. Une couche ainsi réalisée a une épaisseur de 600 nm. En réitérant les opérations,
cette équipe a réussi à obtenir des couches allant jusqu'à 5 µm.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
(C2H5)3PbOCH2C(CH3)3
Zr(O-t-C4H9)4
Ti(O–i-C3H7)4
Les ions métalliques sont stockés dans des récipients sous leurs formes
d'organométalliques volatiles. Ces derniers sont chauffés et introduits à l'aide d'un gaz
porteur à l'intérieur de la chambre de réaction. Afin d'éviter toute condensation le long des
parois des lignes transportant les gaz, celles-ci doivent être chauffées (Figure III-9).
Les avantages de ces dépôts sont communs à tous ceux de la CVD classique, à savoir :
• Une excellente maîtrise (avec les bâtis actuels) de la concentration des réactifs et
donc de la stœchiométrie finale.
• Une très bonne reproductibilité.
• Pour le PZT, des températures de dépôt variant de 395 °C à 440 °C ont donné des
polarisation rémanentes de 20 µC/cm² à 50 µC/cm² 10 11.
Les inconvénients sont, hormis un coût élevé de l'équipement et des sécurités à ajouter
derrière chaque ligne de gaz :
• La stabilité des précurseurs.
• Leurs toxicités.
• Des températures assez hautes qui peuvent parfois rendre le procédé de
fabrication incompatible avec la micro-électronique standard.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Lors de l’interaction d’un champ laser de faible intensité (entre 108 et 1012 W/cm2)
avec une cible solide de PZT ou autre, le plasma créé subit une expansion dans la direction
perpendiculaire à la surface de la cible. De l’interaction de ce plasma formé de différents
types d’espèces (neutres et ions) avec la surface d’un substrat résulte alors en la nucléation
et la croissance d’un film sur ce substrat. Cette technique de dépôt de couches minces est
de plus en plus utilisée pour les dépôts de céramique. Elle permet la réalisation d’une vaste
gamme de matériaux (ferroélectriques, semi-conducteurs, etc.) avec une bonne maîtrise de
la composition et l’absence de contaminant. Ses propriétés intrinsèques font qu’en général
la composition du film reproduit la stœchiométrie de la cible. Pour le PZT, les lasers les
plus utilisés sont soit un type KrF à 248 nm, soit un type Nd-YAG à 1.06 µm.
Les couches obtenues par ce procédé d'élaboration donnent des résultats dans la moyenne
inférieure de ce qui peut se trouver à l'heure actuelle (Pr=4,2 µ[Link]-2) 12 ou au contraire
très bon (Pr=20 µ[Link]-2) 13 14, cela dépend notamment des paramètres de dépôt ainsi que
des substrats utilisés. La vitesse de dépôt est, quant à elle, raisonnable (200 nm.h-1) pour
son intégration dans les procédés de la microélectronique.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Le principe de cette technique consiste à arracher des atomes du matériau que l’on
veut déposer à une cible par l’intermédiaire d’un plasma. Ce plasma est obtenu grâce à une
décharge électrique dans un gaz à faible pression. Ce gaz est souvent de l'argon ou, dans le
cas de la pulvérisation réactive, de l’argon et un gaz réactif (O2). Le plasma froid est dû à
l'ionisation des atomes d'argon subissant les chocs des électrons libres du gaz. Ce plasma
est visible par l'émission de photons dus à la désexcitation des ions Ar+ ayant récupérés un
électron. Ces ions Ar+, accélérés par un champ électrique, bombardent la cible et éjectent
en grande majorité des atomes et en plus faible quantité des ions ou des petits agrégats de
ces deux dernières espèces. Ces atomes sont éjectés dans toutes les directions de l’espace
et une partie va se déposer sur un substrat placé au-dessus de la cible pour constituer la
couche en formation. Les ions du plasma doivent avoir une énergie suffisante afin d'éjecter
des atomes de la cible (Figure III-11). Cette énergie minimale est appelée seuil de
pulvérisation. En se plaçant au-dessus de ce seuil énergétique, le supplément d’énergie est
transformé en chaleur d'où la nécessité d'un système de refroidissement maintenant la cible
à une température inférieure à 100 °C. Ce système a un défaut majeur, l'accumulation des
charges positives sur la cathode fait chuter l'intensité du champ électrique accélérateur en
agissant comme un écran. Si la tension d'accélération n'est pas suffisante, le plasma et donc
la pulvérisation s’arrêtent.
La pulvérisation est utilisée industriellement depuis déjà quelques dizaines
15
d'années, puisque les premiers travaux datent de 1953 et le plus ancien modèle ne
pouvait pulvériser que des matériaux conducteurs en utilisant des grandes tensions
d'accélération comprises entre 3 et 5 kV. Il fonctionnait en tension continue d'où son nom
de pulvérisation cathodique DC. Afin de pouvoir résoudre le problème d'écran évoqué plus
haut et aussi de pouvoir déposer des matériaux isolants (céramique, silice, etc. …), l'idée
introduite a été d'utiliser une tension alternative pour l'excitation du plasma. L'alternance
négative pulvérise la cible, tandis que l'alternance positive rétablit l'équilibre des charges à
la surface de la cible en y précipitant les électrons. Par contre, pendant cette dernière
alternance, on risque de voir les ions Ar+ pulvériser le substrat, il faut donc une fréquence
d'excitation élevée (13,56 MHz) pour limiter leur parcours moyen.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Afin d'augmenter encore le rendement, en particulier pour les oxydes dont les
vitesses de dépôt sont faibles, on utilise un système magnétron pour piéger les électrons
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
(le système complet est représenté sur la Figure III-10). La superposition d'un champ
magnétique perpendiculaire au champ électrique donne une trajectoire hélicoïdale aux
électrons autour des lignes de champ. Ceci a pour effet d'augmenter le nombre de collision
et donc l'ionisation des atomes d'argon dans une zone proche et localisée de la cible. La
vitesse de dépôt peut ainsi être quintuplée voire même dans certains cas décuplée.
Pour une meilleure homogénéité en épaisseur, le porte substrat peut être tournant.
En effet, l'expulsion des atomes de la cible suit la loi de Lambert pour un choc
perpendiculaire de l'ion incident avec une énergie comprise entre 1 et 3 keV (Figure
III-12), ceci produit une distribution du flux d'atomes éjectés anisotrope. Le magnétron, lui
aussi, joue un rôle non négligeable dans l'homogénéité en épaisseur, voir le paragraphe
IV.2 pour plus de détails.
pourcentage d'O2 présent dans le gaz de pulvérisation. Cette méthode donne une
grande flexibilité mais implique des réglages et des débitmètres précis.
• La deuxième solution consiste à déterminer la composition du mélange Ar+O2 et
d'utiliser une bouteille avec cette composition. Bien que beaucoup moins flexible,
cette méthode implique moins de réglage et s'avère surtout transposable sur
beaucoup de bâtis de pulvérisation à moindre frais.
Nous avons opté pour la deuxième solution et le pourcentage d'O2 présent dans la bouteille
à été choisi à 10%. Ce chiffre varie dans la littérature entre 5% et 50 %. La commande de
la pression totale du mélange à l'intérieur de la chambre se fait à l'aide d'une vanne
pointeau qui permet un réglage fin. Afin d'éviter tout problème de saut de pression en
amont, nous avons régulé le débit en sortie de la bouteille en plaçant deux détendeurs en
série, le premier réduit la pression jusqu'à 4 bars et le deuxième, plus précis, la réduit à 2
bars. Le schéma de principe de la machine de pulvérisation ainsi modifié est représenté en
Figure III-13.
Figure III-13 - Modification des arrivées de gaz dans le bâti de pulvérisation cathodique
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Les cibles peuvent se regrouper en deux grandes familles, d'un coté, les cibles
formées des différents métaux composant le PZT (voir la pulvérisation réactive ci-dessus),
et d'un autre coté, les cibles formées directement de l'oxyde qu'il soit stœchiométrique ou
enrichi (généralement avec du Pb). Dans le premier cas, il faut que la pulvérisation de la
cible soit réactive pour que l'oxyde puisse se déposer sur le substrat. Dans le cas de la cible
stœchiométrique, il faut faire attention au fait que le PbO, étant très volatil, n'entraîne pas
une variation de composition entre celle de la cible et celle de la couche déposée. Les
travaux précédents de notre équipe ont fait porter notre choix sur deux types de cible, la
première est une cible stœchiométrique pressée à chaud. La deuxième est une cible
industrielle avec un excès de plomb obtenue par compactage à chaud (MCSE).
important, et c'est pour cette raison que le frittage est effectué dans une atmosphère saturée
en PbO.
Figure III-14 - Elaboration d'une cible de PZT par frittage à 1200 °C. La composition
Zr 52
demandée au LGEF est un rapport = afin de nous trouver dans la phase
Ti 48
morphotropique qui est celle jugée meilleure pour les propriétés piézoélectriques.
(200)
(111)
(100)
(001)
(002)
(102)
20 25 30 35 40 45 50
2θ en deg
Figure III-15 - Mesure des spectres de diffraction des rayons X pour les cibles LGEF I
et LGEF II
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
En ce qui concerne la cible MCSE, le spectre de diffraction X nous a été donné par le
fournisseur (voir Figure III-16).
Figure III-16 - Spectre de diffraction des rayons X de la cible MCSE donné par le
fournisseur et comparaison avec la simulation de la fiche JCPDS du PZT
Cette dernière cible n'a pas pu être exploitée complètement au cours de cette thèse,
puisque les conditions de dépôt des cibles LGEF n'étaient pas adaptées à la cible MCSE
(avec cette dernière nous avons obtenu peu de phase pérovskite et la présence de phase
pyrochlore). Nous pouvons expliquer ces différences par la nature des cibles. En effet,
celle de MCSE est une cible non coalescée et sur-stœchiométrique en plomb (10%). La
réalisation d'un plan d'expérience pour la cible MCSE (pression, type de gaz, distance
inter-électrode, etc.) sortant du cadre de cette thèse, il nous a semblé plus intéressant de
continuer à travailler avec le procédé d'élaboration mis au point au laboratoire 49. Ceci
montre l'importance des paramètres de composition des cibles et l'influence des conditions
de dépôt.
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Il est connu que la surface de la cible varie en composition chimique lors des
premières utilisations. Ceci est dû à l'éjection préférentielle de l'élément qui présente le
rendement de pulvérisation le plus élevé. En effet comme précisé au paragraphe IV.2, le
rendement de pulvérisation n'est pas le même pour chaque type d'atome de la cible de PZT.
Dans notre cas, à la vue de la grande différence de masse atomique entre le plomb et
l'oxygène, respectivement 207.2 [Link]-1 et 16 [Link]-1, nous notons une pulvérisation
préférentielle du plomb. Ceci entraîne, par voie de conséquence, un appauvrissement de la
face pulvérisée en plomb. Mais après un certain temps d'utilisation, la composition de la
cible n'évolue plus. Il se forme en surface une fine couche dite « altérée », et comme le
plasma ne voit plus que cette fine couche qui se reconstruit au fur et à mesure, le dépôt
atteint une stabilité en composition. Bien que ce qui vient d'être présenté paraisse
facilement maîtrisable, la pratique n'est pas aussi évidente. En effet, la pulvérisation de
26
cible multi composants est complexe et encore mal comprise . Pour avoir une
stœchiométrie du dépôt identique à celle de la cible, il faut que les concentrations
superficielles de chaque élément de la cible multipliées par leur rendement de pulvérisation
(voir IV.2) soient tous égaux entre eux, sinon nous observons un appauvrissement
spécifique de la cible.
[Pb] .YPb = [O ] .YO = [Ti ] .YTi = [Zr ] .Yzr
Le dépôt des couches pulvérisées est amorphe puisqu'il se fait par simple
condensation à basse température sur un substrat de silicium. Dans le cas d'une
métallisation ou d'un dépôt de silice un recuit n'est pas indispensable, sauf pour le densifier
ou relaxer ses contraintes. Par contre dans le cas des céramiques en général et du PZT en
particulier, un recuit de la couche est obligatoire. Le principal rôle de ce recuit est la
cristallisation du film afin qu’il passe de l'état amorphe après le dépôt à la phase pérovskite
décrite au chapitre I. Le recuit des couches déposées par pulvérisation cathodique peut se
faire principalement sous deux formes :
Afin d'éviter ces recuits à haute température, notons aussi la possibilité d'un
chauffage in situ. En effet, certains bâtis de pulvérisation sont équipés d'un chauffe-
substrat ou d'une lampe halogène. Ce système de chauffage permet de maîtriser la
température du substrat sur lequel on effectue le dépôt. Cette méthode est de plus en plus
employée. Elle ne dispense pas d'un recuit post-dépôt qui peut être fait par l'une ou l'autre
des deux méthodes précédentes, mais le principal intérêt du chauffage in situ est de
pouvoir baisser la température du recuit final 27 28 29 30 65.
e
RTA : Rapid Thermal annealing (recuit rapide)
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
Système de
pompage
Gaz de recuit
Connu depuis les années 1950, le recuit RTA est aujourd'hui l'un des principaux
procédés utilisés pour la cristallisation de films minces ou pour la diffusion de dopants.
Ces principaux atouts sont une transmission de l'énergie thermique par rayonnement et non
par convection. Il en résulte des montées en température pouvant aujourd'hui atteindre
300°C.s-1 32 grâce à la puissance des lampes halogènes. En général ces recuits durent moins
de 100 s et certains, appelés flash, durent moins de cinq secondes. Ces traitements rapides
permettent d'obtenir des budgets thermiques plus faibles que par les méthodes de recuit
conventionnelles. Ces qualités de faible budget thermique sont bien appréciées pour la
compatibilité des différentes étapes technologiques impliquées dans la réalisation de
composants électroniques. Le four utilisé dans cette étude est de type ADDAX R1000. Il
est constitué de deux fois six lampes halogènes qui représentent une puissance maximale
de 30 kW. La Figure III-17 montre une vue schématique de ce four RTA. Les gaz (argon,
azote ou nitrox f) passent de manière laminaire sur l'échantillon à recuire et la température
est contrôlée par un thermocouple puis enregistrée sur un ordinateur
f
Nitrox : Mélange d'azote et d'oxygène dans un rapport de 5 pour 1
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
• La première est une phase de purge pendant laquelle le gaz de recuit entre dans la
chambre.
• Une seconde phase de préchauffage des lampes. La montée en température jusqu'à
300°C se fait en 12 secondes toujours avec la présence du gaz de recuit.
• Une troisième phase de montée en puissance des lampes jusqu'à atteindre la
température de consigne.
• La quatrième phase est un plateau thermique qui doit être le plus stable possible.
• La dernière est encore une phase de purge pendant laquelle l'échantillon se
refroidi d'abord assez rapidement, de manière radiative puis plus lentement par
convection.
Ι ΙΙ ΙΙΙ ΙV V
700
600
500
Température en °C
400
300
200
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150
Temps en seconde
Figure III-18 - Représentation d'un cycle de température lors d'un recuit rapide
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
74
200°C-800°C 1h00 air
35
650°C 30min. air
36
700°C 10 min. air
37
600°C-750°C 60 sec. oxygène
65
600°C-750°C 5 sec. air ou argon
RTA
68
420°C-700°C 2 min. air
38
700°C 50 sec. air
Tableau III-1 - Comparatif des deux méthodes de recuit post dépôt, recuit classique et
RTA, pour un film de PZT
III.7. Conclusion
Dans ce chapitre, parmi les méthodes de dépôts présentées, notre choix s'est porté
sur la pulvérisation cathodique RF à magnétron en raison de sa compatibilité avec la
réalisation des microsystèmes et surtout pour les connaissances antérieures du laboratoire
dans ce domaine. Les cibles sont soient métalliques pour les dépôts des électrodes, soient
sous forme d'oxyde pour le dépôt de silice ou de PZT. Le gaz de pulvérisation est de
l'argon à 100% pour la pulvérisation du platine, de la silice et du PZT. En ce qui concerne
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
2 BINNIG G., QUATE C.F., GERBER CH., Atomic Force Microscope, Phys. Rev.
Lett., 1986, Vol. 56, p. 930
6 KOLB U., ABRAHAM I., GUTWERK D., ERTEL T.S., HÖRNER W.,
BERTAGNOLLI H., MERKLEIN S;, SPORN D., Structural investigation on PZT
precursors for thin film preparation, Physica B, 1995, Vol. 208&209, pp. 601-603
7 KWON Y. T., LEE I. M., LEE W. I., KIM C. J., YOO I. K., Effect of sol-gel
precursors on the grain structure of PZT thin films, Material research bulletin, 1999, Vol.
34, N°5, pp. 749-760
8 PU X., LUO W., DING A., TIAN H., QIU P., Preparation of PZT thick films by
one-step firing sol-gel process, Material research bulletin, 2001,Vol. 36, pp. 1471-1478
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
9 FUJISAWA H., NONOMURA H., SHIMIZU M., NIU H., Observation of initial
growth stage of epitaxial Pb(Zr,Ti)O3 thin films on SrTiO3(100) substrate by MOCVD,
Journal of crystal growth, 2002, Vol. 237-239, pp. 459-463
10 SHIMIZU M., FUJISAWA H., NIU H., HONDA K., Growth of ferroelectric
PbZrxTi1-xO3 thin films by metalorganic chemical vapor deposition (MOCVD), Journal of
crystal growth, 2002, Vol. 237-239, pp. 448-454
11 TATSUMI, T., MRS Fall meeting presents broad spectrum of current material
research, MRS bulletin, 1999, Vol.24, p.67
12 CHEN Q., WU W. B., MAK C. L., WONG K. H., Growth of highly oriented of
Pb(Zrx, Ti1-x)O3 film on porous silicon, Thin solid films, 2001, Vol. 397, pp. 1-3
13 FUJITA H., MITSUNORI I., MITSUO S., SAKAI A., ZAIMA S., YASUDA
Y., Orientation dependence of ferroelectric properties of Pb(Zrx, Ti1-x)O3 thin films on
Pt/SiO2/Si substrates, applied surface science, 2000, Vol. 159-160, pp. 134-137
14 VERARDI P., DINESCU M., CRACIUM F., Pulsed laser deposition and
characterisation of PZT thin films, Applied surface science, 2000, Vol. 154-155, pp. 514-
518
15 HOLLAND L., SIDDALL G., Reaction sputtering and associated plant design,
Vacuum, Vol. 3, 1953, 375 p.
17 HASE T., SAKUMA T., MIYASAKA Y., HIRATA K., HOSOKAWA N.,
Preparation of Pb(Zr, Ti)O3 thin films by multi-target sputtering, Jpn J. Appl. Phys.,
1993,Vol. 32, pp. 4061-4064
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
19 KIM J. D., SASAKI K., HATA T., Preparation and properties of Pb(Zr, Ti)O3
thin films on Ir electrodes using a sputtering apparatus, Vacuum, 2000,Vol. 59, pp. 559-
566
20 YAMAUCHI S., TAMURA H., YOSHIMARU M., INO M., Electrical and
crystallographic properties of sputtered-Pb(Zr, Ti)O3 films treated by rapid thermal
annealing, Jpn J. Appl. Phys., 1993,Vol. 32, pp. 4118-4121
22 KALPAT S., UCHINO K., Highly oriented lead zirconium titanate thin films:
growth, control of texture, and its effect on dielectric properties, J. Appl. Phys., 2001, Vol.
90, N°6, pp. 2703-2710
23 EYRAUD L., EYRAUD P., BAUER F., Current research in the field of PZT
ceramics and ferroelectric polymers, Adv. Ceram. Mater., 1986, Vol. 1, n°3, pp. 223-231
24 VELU G., REMIENS D., In situ deposition of sputtered PZT films: control of the
growth temperature by sputtered lead flux, Vacuum, 2000, Vol. 56, pp. 199-204
25 HA S-M., KIM D-H., PARK H-H., KIM T-S., Crystallisation and ferroelectric
behaviour of sputter deposited PZT using a target containing excess Pb and O contents,
thin solid films, 1999, Vol. 355-356, pp. 525-530
Chapitre III – Techniques de caractérisation, de dépôt et de recuit des films de PZT
26 FALCONE G., Sputtering theory, rivista del Nuevo cimento, 1990, Vol. 13, N°1,
pp 1-52
27 THOMAS R., MOCHIZUKI S., MIHARA T., ISHIDA T., Effect of substrate
temperature on the crystallisation of Pb(Zr, Ti)O3 films on Pt/Ti/Si substrates prepared by
radio frequency magnetron sputtering with a stoichiometric oxide target, Material science
and engineering, 2002, Vol. B95, pp. 36-42
28 QIN H. X., ZHU J. S., JIN Z. Q., WANG Y., PZT thin films with preferred-
orientation induced by external stress, Thin solid films, 2000, Vol. 379, pp.72-75
29 KANNO I., FUJII S., KAMADA T., TAKAYAMA R., Piezoelectric properties
of c-axis oriented Pb(Zr, Ti)O3 thin films, Appl. Phys. Lett., 1997, Vol. 70, N°11, pp.
1378-1380
30 CAO L. X., XU Y., ZHAO B. R., GUO L. P., LI L., XU B., ZHANG Y. Z.,
CHEN H., ZHU A. J., MAI Z. H., ZHAO J. H., FU Y. F., LI X. J., A structural
investigation of high-quality epitaxial Pb(Zr, Ti)O3 thin films, J. Phys. D: Appl. Phys.,
1997, Vol. 30, pp. 1455-1458
31 BASIT N. A., KIM H. K., Crystallisation of Pb(Zr, Ti)O3 films prepared by radio
frequency magnetron sputtering with a stoichiometric oxide target, J. Vac. Sci. Technol. A,
1995, Vol. 13, N°4, pp. 2214-2220
38 KIM B. Ea., VARNIERE F., AGIUS B., BISARO R., Pt electrode investigation
and electrical properties of RF magnetron sputtered Pb(Zr, Ti)O3, Microelectronic
engineering, 1995, Vol. 29, pp. 231-234
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
multicouche Métal/PZT/Métal
Résumé :
105
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
IV.1. Introduction
Nous avons vu aux chapitres I et II que le PZT, qu'il se présente en couche épaisse
ou en film mince, permet de réaliser et d'envisager de nombreuses applications. Par contre
des recherches sont en cours dans de nombreux laboratoires afin de mieux cerner les
problèmes liés à l'élaboration de couches minces piézoélectriques et à leur intégration dans
les microsystèmes. D'ores et déjà les connaissances actuelles ont permis de mettre en
œuvre bon nombre d'applications, mais la physique de la croissance, de la nucléation ou
des interactions entre le métal et le film piézoélectrique des structures de type MFM a
demandent encore à être éclaircies. Ce chapitre concerne, dans un premier temps,
l'homogénéité en composition et en épaisseur pour un film piézoélectrique obtenu par
pulvérisation cathodique à partie d'une cible de PZT. En effet, la composition en éléments
de la cible pulvérisée varie en fonction du temps de pulvérisation. Ensuite la maîtrise de la
diffusion du Ti dans le Pt servant d'électrode inférieure sera traitée. Enfin le point le plus
important étant la croissance du PZT, nous avons synthétisé les connaissances actuelles sur
ce sujet à partir d'une étude bibliographique sur la nucléation. Les résultats de ce travail
obtenus à partir de caractérisations cristallographiques et ferroélectriques seront interprétés
à la lumière de cette étude bibliographique.
L'un des plus gros inconvénients de la pulvérisation d'une cible multi composants
(comme le PZT) est que la stœchiométrie du film déposé diffère souvent de celle de la
cible. En effet, on voit d'après l'ÉquationIV-1 (page 107) que le rendement de pulvérisation
croit en fonction du numéro atomique.
a
MFM : Métal/Ferroélectrique/Métal
106
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
2 2
⎛ Z Ar ⎞ 3
Z 3
⎜ Z ⎟ + ⎛⎜ cible Z ⎞⎟
1 .9 Zcible
Ypulv = ( E Ar − 0.09 U0 ) avec f = ⎝ cible ⎠ ⎝ Ar ⎠
U0 f 2
ÉquationIV-1
Ypulv est le rendement de pulvérisation de l'élément.
Zcible est le numéro atomique de l'élément de la cible percuté (par exemple : le Pb2+)
ZAr est le numéro atomique de l'élément percutant (Ar+) et EAr son énergie
U0 est l'énergie de liaison
107
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Une étude de l'épaisseur et de l'homogénéité d'un film de PZT après une heure de
pulvérisation a été effectuée sur un substrat de 2 pouces pour avoir une idée plus précise de
la stœchiométrie et de l'uniformité du dépôt de PZT avec notre système de pulvérisation.
L'inhomogénéité en épaisseur est directement visible car le dépôt prend des couleurs
irisées dues aux franges d'interférences. La Figure IV-2-a représente ce phénomène
d'inhomogénéité surfacique pour un film après une heure de pulvérisation. Afin de pouvoir
réaliser les mesures en épaisseur, nous avons gravé la surface par une attaque acide en
utilisant le masque représenté sur la Figure IV-2-b afin de créer des marches successives.
La Figure IV-3 représente les mesures d'épaisseur et nous pouvons remarquer une variation
de plus de 35% entre la périphérie et le centre. Les mesures ont été réalisées par
profilométrie mécanique sur un appareil Tencor P10. Le PZT n'a pas été recuit pour avoir
la véritable valeur de la vitesse de dépôt, en effet, la cristallisation lors du recuit conduit les
atomes à s'organiser d’où une perte de volume. De plus, une perte de matière peut se
produire pendant cette phase de recuit par vaporisation de l'élément le plus volatil.
108
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
(a) (b)
Figure IV-2 - (a) Représentation des couleurs induites par les variations d'épaisseur du
film de PZT et (b) masque utilisé pour graver le PZT afin de mesurer l'épaisseur du
dépôt
évolution de l'épaisseur
de PZT après une heure de pulvérisation
350
300
épaisseur en
250 nm
0
15
200
30 30
14 21
0 6
repères
en mm
Figure IV-3- Mesures d'épaisseur du PZT effectuées par profilométrie mécanique
Les mesures EDX b, quant à elles, nous permettent de connaître la proportion des
éléments constituant le PZT (donc la stœchiométrie). Les rapports notés R1 et R2
permettent de comparer les compositions chimiques des différentes couches.
Ti Pb
R1 = et R 2 =
Zr + Ti Zr + Ti
Dans le cas d'une stœchiométrie idéale, à savoir Pb(Zr0,52Ti0,48)O3, nous devons obtenir
R1=0,48 et R2=1. Afin d'éviter d'intégrer l'électrode inférieure dans les mesures EDX, le
dépôt de PZT se fait sur un substrat de silicium. Le pic du silicium est ensuite supprimé par
b
EDX : de l'anglais "Energy Dispersive X ray" voir III.2.4
109
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
le logiciel. Dans le cas particulier du dépôt étudié, à savoir, une heure de pulvérisation sans
recuit de cristallisation (voir Figure IV-4), il est à noter une sous-stœchiométrie
systématique en Ti (R1moyen=0,420), tandis que la stœchiométrie du plomb est respectée
(R2moyen=0,995). Bien que ces valeurs ne soient pas celle du film de PZT final, l'étape de
recuit pouvant les faire varier, elles sont satisfaisantes pour l'obtention de films minces
piézoélectriques dans la zone morphotropique. La fonction de transfert de la cible au film,
définie comme étant le rapport quantitatif des espèces du film sur celles de la cible, étant
respectée, nous garderons les paramètres de dépôt (pression, nature du gaz, puissance) du
PZT comme ils ont été définis au cours d'un travail précédent 6.
Figure IV-4 - Emplacement des 6 mesures EDX sur une plaquette de Si de 2" de
diamètre
110
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Comme nous l'avons montré aux chapitres précédents, le PZT est utilisé aussi bien
pour l'effet piézoélectrique direct que pour l'effet réciproque. Mais pour ce faire, le PZT,
qu'il soit sous forme massive ou sous forme d'un film mince, doit être placé entre deux
contacts métalliques qui serviront soit à appliquer un champ électrique soit à accumuler
des charges. En technologie silicium et films minces, le métal servant de contact est très
souvent le platine en raison de son inertie chimique et de sa grande conductivité. De plus,
la maîtrise du dépôt par voie physique de ce métal facilite son intégration dans les procédés
standards de la microélectronique. Le platine est encore étudié en tant qu'électrode
inférieure associée au PZT comme le montrent les articles 7 8 pour ne citer que les plus
récents. D'autres articles, plus anciens, font une bonne synthèse des avantages et
inconvénients du Pt 9 10 11. Si les qualités du Pt suffisent en tant qu'électrode inférieure dans
une structure de type MFM, il reste des domaines dans lesquels il se trouve concurrencé
par d'autres conducteurs. En effet, un problème de fatigue est souvent décrit quand le PZT
est pris en sandwich entre deux électrodes de platine 12. Les causes de ce phénomène de
fatigue peuvent être dues à la réorientation graduelle des domaines ferroélectriques dans
une configuration plus stable, à l'injection de porteur de charges qui provoque un pinning
des murs des domaines. Le résultat du pinning est que le matériau aura une propension à
rester dans un état de polarisation malgré l'application d'un champ supérieur au champ
coercitif. Il a été aussi rapporté que la constitution d'une charge d'espace à l'interface
ferroélectrique/métal ou l'apparition de micro fissures dues aux contraintes peuvent aussi
être les causes de cette fatigue. Ce problème devient critique pour les mémoires de type
FRAMc qui subissent plusieurs millions de cycles. C'est pourquoi les oxydes conducteurs,
comme par exemple le RuO2 ou le LiNaO3 sont de plus en plus utilisés en vertu de leur
plus grande stabilité chimique et de leur meilleure résistance à la fatigue pour le PZT 13 14 15
16 17 18 19 20 21
. Pour la réalisation de microsystèmes, la structure en multicouche la plus
c
FeRAM : Ferroelectric Random Access Memory
111
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
112
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
113
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Le vide entre le dépôt de Ti et celui de Pt n'est pas cassé afin d'éviter l'oxydation du
Ti 88.
Comme précisé au paragraphe IV.3.2, le recuit joue trois rôles majeurs :
• Il permet de réduire les contraintes des matériaux déposés en les relaxant.
• Il induit une orientation préférentielle [111] du platine lors de sa cristallisation.
Etant donné le faible désaccord de maille entre le Pt [111] et le PZT [111], le recuit
de l'électrode inférieure améliorera donc la qualité d'interface des deux matériaux et
ainsi facilitera la formation de la phase pérovskite pour un budget thermique donné
du film de PZT 110 98.
• Enfin, le recuit stabilise les espèces chimiquement actives comme le Ti et
l'oxygène.
Le choix du recuit rapide (RTA) résulte de l'expérience ancienne du laboratoire
dans ce domaine et aussi pour son principal avantage, à savoir un budget thermique mieux
maîtrisé que par recuit classique (optimisation des rampes de chauffage, de refroidissement
et maîtrise de la durée du plateau à la seconde près voir III.6.2).
114
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Les dépôts de Pt/Ti ou de Pt/TiOx, ont été analysés par diffraction X comme on
peut le voir sur la Figure IV-6-a-b pour les échantillons Pt/Ti et sur la Figure IV-7-a-b pour
ceux formés de la bi-couche Pt/TiOx. Sur la Figure IV-6-a (Pt/Ti avant recuit), le pic 2θ
centré à 39,78° a été identifié comme le pic principal de l'orientation [111] correspondant à
d111=2.265 Å. Après recuit (Figure IV-6-b), l'intensité du pic augmente, ce qui révèle une
intensification de l'orientation préférentielle. En ce qui concerne la bi-couche Pt/TiOx non
recuite, la Figure IV-7-a, montre que l'on a toujours l'orientation [111] du platine mais avec
une intensité plus forte que dans le cas de la bi-couche Pt/Ti recuite. La sous-couche en
TiOx a donc un effet sur l'orientation du platine avant recuit. En effet, nous pouvons
observer qu'avant recuit le Pt a un nombre de plans (111) déjà supérieur au platine
provenant de la bi-couche Pt/Ti recuite. De plus, un pic de faible intensité centré en 34,46°
est clairement visible. Les fiches JCPDS nous ont permis d'identifier ce pic comme celui
correspondant à l'orientation (-201) d'un oxyde de titane de formule TiO1.8. En réalité, le
procédé d'élaboration fait que l'oxyde de titane est de type TiOx avec x variant dans la
fourchette [1,5-1,9]. Le recuit, dans le cas de la bi-couche Pt/TiOx (échantillon D), a eu le
même effet que dans le cas de l'échantillon A, à savoir une intensification du pic Pt111. Par
contre, on remarque la diminution du pic correspondant au composé TiOx (voir Figure
IV-7-b). Ces résultats montrent que l'oxydation du Ti améliore l'orientation [111] du Pt
dans un procédé de type TiOx/Pt.
115
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
16000 16000
(Pt/Ti)non recuit
(Pt/Ti)Recuit 400°C sous N
14000 14000 2
12000
Pic (111) du Pt
10000 10000
Pic (111) du Pt
8000 8000
6000 6000
4000 4000
Echantillon A Echantillon B
2000 2000
0 0
22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40
2θ
2θ
(a) (b)
Figure IV-6 - Spectres de diffraction X mesurés (a) avant et (b) après un recuit RTA sur
un film de Pt/Ti.
400
CPS unité arbitraire
50000 300
TiO1,8 (201) 50000 300
200
200
40000 40000
100
100
30000 30000
0
30 32 34 36 38 40
0
30 32 34 36 38 40
20000 20000
Figure IV-7 - Spectres de diffraction X mesurés (a) avant et (b) après un recuit RTA sur
un film de Pt/TiOx.
116
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
par des mesures AFM sur une surface de 1 µm². Les échantillons A, B, C et D sont
représentés sur les Figure IV-8 et Figure IV-9. Pour l'échantillon A, Figure IV-8-a, nous
pouvons noter une large distribution de la taille des grains. Nous avons mesuré que 85%
des grains ont une taille inférieure à 40 nm et que le reste présente une taille comprise dans
une gamme allant de 40 à 60 nm. L'effet du recuit, visible sur la Figure IV-8-b, est une
homogénéisation de la taille des grains autour d'une valeur de 60 nm. En ce qui concerne la
rugosité de surface, nous constatons une faible augmentation de 18% de la valeur RMS
entre Pt/ti non recuit (échantillon A) et Pt/Ti recuit (échantillon B). Les Figure IV-9,
montrent la topographie des échantillons C et D. Nous avons mesuré pour l'échantillon C
(Pt/TiOx non recuit Figure IV-9-a), une distribution de la taille des grains centrée à 35 nm.
Après recuit (Figure IV-9-b) la taille moyenne des grains est passée à 95 nm. De plus une
diminution significative de la rugosité de surface a été mesurée (46% après recuit). Nous
sommes passé d'une valeur RMS avant recuit de 1.6 nm à 0.9 nm après recuit.
(a) (b)
Figure IV-8 - Mesure AFM sur Pt/Ti avant (a) et après RTA (b)
(a) (b)
Figure IV-9 - Mesure AFM sur Pt/TiOx avant (a) et après RTA (b)
117
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Le titane est bien connu pour sa facilité à réagir avec l'oxygène et d'autres
composés chimiques. Les analyses par SIMS ont été entreprises pour obtenir une
information qualitative de la diffusion du titane aussi bien dans le silicium que dans le
platine. Plusieurs essais ont été effectués afin de trouver les bons réglages de l'expérience.
Nous avons choisi des ions Cs+ puisqu'ils ont donné un meilleur rendement de pulvérisaton
du platine que les ions O2+. La Figure IV-10 et la Figure IV-11 représentent respectivement
les profils SIMS des quatre échantillons A, B, C et D. Pour une meilleure lisibilité et aussi
parce que la technique SIMS n'est pas quantitative sans étalonnage, nous avons normalisé
toutes les intensités relatives aux différents ions détectés à un en prenant comme référence
celui qui a le plus mauvais rendement de pulvérisation : le Pt194 en surface.
La Figure IV-10-a comparée à la Figure IV-10-b montre bien la diffusion du titane
dans le platine après un recuit à 400°C/30 sec. Bien que le profil de titane ne donne pas une
information quantitative, nous pouvons quand même remarquer que cet élement a diffusé
jusqu'en surface du platine.
Si
1 1
Intensité normalisée
Intensité normalisée
0,1 0,1
Pt
Echantillon B
Echantillon A
0,01 0,01
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 200 400 600 800 1000 1200 1400
temps de pulvérisation (s) temps de pulvérisation (s)
(a) (b)
Figure IV-10 - Profils SIMS de la bi-couche Pt/Ti avant (a) et après (b) recuit
118
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
L'effet d'une sous-couche en TiOx est visible sur la Figure IV-11. Il est à noter que
le fort effet de matrice dû à TiOx exalte le silicium, ce qui explique sa forte intensité sur les
spectres.
TiOx
10 Pt Si 10
Intensité normalisée
Intensité normalisée
1 1
Echantillon D
0,1 Echantillon C 0,1
0,01 0,01
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 200 400 600 800 1000 1200 1400
Figure IV-11 - Profils SIMS de la bi-couche Pt/TiOx avant (a) et après (b) recuit
d
AES : Auger Electron Spectroscopy
119
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Sur la Figure IV-12, est représentée de manière schématique la présence du Ti aux joints
de grain du platine, qui pourrait être à l'origine du blocage de la croissance des grains de
platine dans le plan XY. La croissance ne pourrait donc se faire qu'en Z ce qui pourrait être
cohérent avec l'augmentation de rugosité lors du passage Pt/Ti à Pt/Ti recuit observée par
AFM, ce mécanisme reste néanmoins à démontrer.
Comme nous l'avons montré, une électrode inférieure en Pt déposée sur une couche
d'accrochage en TiOx suivi d'un recuit RTA, permet d'obtenir une rugosité de surface du Pt
plus faible qu'avec un procédé n'utilisant pas d'oxyde de titane. De plus le Ti ne diffuse
plus aux joints de grains du Pt et ne remonte donc plus à sa surface. Bloquer le Ti entre le
SiO2 et le Pt ne va pas à l'encontre du point de vue de certains auteurs qui estiment utile de
le laisser diffuser en surface du Pt pour servir de couche de nucléation [voir le paragraphe
IV.3.1]. Considérant ce point de vue, nous avons voulu nous placer dans un contexte de
reproductibilité. Effectivement, que le titane diffuse à travers les joints de grain du platine
120
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
ne signifie pas que cette diffusion soit homogène. En bloquant cette diffusion non
maîtrisée, et en la remplaçant par un dépôt uniforme de Ti en surface, nous gardons les
avantages de cette sous-couche de Ti tout en assurant une meilleure reproductibilité. En
effet, la raison invoquée par certains auteurs pour la présence d'un film de Ti entre le Pt et
le PZT est que, durant le recuit de cristallisation, la nucléation du PZT est initiée par le Ti.
Ces sites permettent de baisser l'énergie d'activation pour la nucléation du PZT comme
nous allons le montrer dans le paragraphe suivant.
La cristallisation des céramiques massives appelées "bulk" de type PZT est régie
par des séquences de réactions à partir de trois oxydes PbO, ZrO2 et TiO2. Ces réactions
sont aujourd'hui bien connues et des travaux datant de plus de vingt ans les décrivent très
bien 32 33. Bien que différentes phases intermédiaires aient été rapportées dans la littérature,
la majorité des auteurs s'accordent sur les séquences suivantes :
A partir des trois oxydes, à basse température, seuls PbO et TiO2 réagissent afin de
former du PbTiO3. A partir de 650°C, l'oxyde de zirconium réagit avec le reste de PbO et
le PbTiO3 formé pour donner une solution solide riche en zirconium Pb(Zr1-λ',Tiλ')O3. La
dernière étape principale est la formation de Pb(Zr1-λ,Tiλ)O3 où λ>λ' provenant de la
réaction entre PbTiO3 et la solution solide riche en zirconium. Cette suite de réaction
représente les étapes principales de cristallisation d'une céramique massive de PZT en
partant de rapport 2:1:1 pour PbO, ZrO2 et TiO2 respectivement. Cette suite de réactions
est représentée par la Figure IV-13 issue de [Link] et al. 114
qui montre les différentes
phases présentes en fonction de la température. Beaucoup de composés intermédiaires
peuvent se former et dépendent de plusieurs paramètres comme le montrent, par exemple,
les travaux de S. Venkataramani et al. 115
sur l'influence notable de la taille des particules
d'oxydes de zirconium sur la présence de ces composés intermédiaires.
121
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Si le mécanisme de formation du PZT massif est connu, du moins pour les étapes
principales, à contrario, les étapes de cristallisation des films minces sont loin d'être
claires. Nous ne pouvons pas appliquer les connaissances des céramiques massives aux
films minces puisque leur état initial respectif diffère sensiblement. En effet, dans le cas
des céramiques nous partons de trois oxydes broyés en poudre, tandis que pour les films
minces, obtenu par exemple par dépôt physique du type pulvérisation, nous n'avons pas
forcément les phases cristallines de PbO, ZrO2 et TiO2. De plus énormément de paramètres
peuvent modifier la cristallisation, comme la température du substrat pendant le dépôt, et
celle de cristallisation après le dépôt, la méthode de dépôt elle-même qui dans le cas de la
pulvérisation implique de multiples paramètres comme la composition de la cible, le gaz de
plasma, sa pression et la puissance… Malgré la multitude de phases intermédiaires pouvant
être obtenues, nous pouvons dégager les principales. Kumar et al. 34 décrivent ces réactions
dans le cas de films pulvérisés et recuits à différentes températures par le procédé RTA,
puis ils analysent les spectres de diffraction des rayons X pour connaître les différentes
phases en présence. Le dépôt d'un film non recuit présente la structure cristalline de PbO2
orthorhombique noté α-PbO2, quelques traces d'une structure monoclinique de PbTi3O7, et
d'autre de la forme amorphe de TiO2 et de ZrO2. A partir de 550°C une solution solide de
PbO se forme et la quantité de PbTi3O7 augmente tandis qu'un composé riche en Zr
apparaît ainsi que des traces de PbTiO3. A 580°C, il n'y a plus que deux phases en
122
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
présence, à savoir le composé riche en zirconium et PbTiO3 qui se combine à 600°C pour
donner du PZT. Nous remarquons ici l'importance de la formation de PbTiO3 qui est le
produit de la réaction de la solution solide de PbO avec PbTi3O7 . Si à ce moment de la
116
réaction il n'y a plus assez de PbO (composé le plus volatil), alors la réaction s'arrête. Afin
d'obtenir quand même la phase pérovskite du PZT, il faut augmenter la température jusqu'à
750°C, seuil au delà duquel le PbTi3O7 se dissocie en formant PbTiO3 et TiO2. En résumé,
pour que le PZT cristallise en film mince dans la phase pérovskite, il faut que du PbTiO3
soit en présence d'un composé riche en Zr : Pb(Zrλ, Ti1-λ)O3 comme le montrent les
séquences de réactions ci dessous.
Cette formation de PbTiO3 est d'une grande importance, d'ailleurs certains auteurs
déposent une couche très fine de PbTiO3 et la cristallisent avant le dépôt de PZT.
S. H. Kim et al. ont utilisé cette technique pour le dépôt de film mince de PZT par CSD. Ils
mettent, en outre dans leurs travaux, en évidence l'importance de sites de nucléation pour
la croissance du PZT 35. L'énergie d'activation pour la nucléation d'un film de PZT avec un
rapport de Zr/Ti=52/48 est de 441 kJ/mol, alors que l'énergie d'activation nécessaire à la
croissance des grains est seulement de 112 kJ/mol 36 . K. Aoki et al. 37 montrent qu'une
couche tampon de Ti permet une cristallisation complète du PZT à partir de 550°C. Des
germes de PbTiO3 sont formés lors de la réaction entre le Pb et le Ti de la couche tampon
(la température de formation de PbTiO3 est de 350°C). Pour une électrode sans couche
tampon en Ti, la cristallisation du film de PZT ne peut débuter qu'après avoir atteint la
température de nucléation du PZT lui-même, à savoir, 520°C. De plus, un film de PZT
avec une couche tampon en Ti donne une grande homogénéité pour la taille des grains 119.
P. Muralt et al. soulignent que non seulement cette couche tampon permet d'avoir des films
plus denses résultant de l'augmentation du nombre des sites de nucléation, mais qu'elle agit
sur la texturation, c'est à dire l'orientation cristalline préférentielle, des films 38. Dans le
procédé proposé par P. Muralt et al., les dépôts sont réalisés par pulvérisation cathodique
RF et substrat chauffant, la couche tampon est en TiO2. Tant que cette couche n'atteint pas
123
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
une épaisseur supérieure à 3 nm, aucune trace de celle ci ne subsiste, cette vérification a été
réalisée par TEM e, tout le TiO2 a réagi afin de donner du PbTiO3. Cette équipe a montré
qu'une couche de 1 à 2 nm suffit pour orienter le film piézoélectrique dans la direction
[111] et ceci vaut aussi bien pour du PbTiO3 que pour du Pb(Zr,Ti)O3 jusqu'à 60% en Zr.
Trois raisons sont invoquées pour la perte d'orientation du film piézoélectrique quand
l'épaisseur de la sous-couche augmente :
• La couche de TiO2 est orientée dans la direction [110] en raison de la faible
énergie de surface pour cette configuration. Cette orientation disparaît au profit d'un
réarrangement aléatoire de directions [100] et [110] dès que les énergies de volumes
prennent le pas sur celles de surface.
• L'utilisation de Ti implique que l'oxydation peut être incomplète, ce qui est parfois
le cas avec des films dont l'épaisseur croît.
• La nucléation et la transformation du film de TiO2 en PbTiO3 sont pratiquement
simultanée, des couches tampons plus épaisses peuvent impliquer une déficience en
plomb dans les couches formées et ainsi conduire à des phases pyrochlores.
e
Transmission Electron Microscope
124
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Pt (111)
PZT (200)
PZT (100)
20 25 30 35 40 45 50
2 θ (deg.)
Figure IV-14 - figure de diffraction des rayons X d’un film de PZT déposé à 500°C sur
TiOx/Pt/Ti/SiO2/Si [R. Bouregba et al.]
En outre, ils montrent qu'en déposant une couche de TiO2 (obtenue par plasma réactif avec
20% d'oxygène), on induit une cristallisation du PZT dans la phase pérovskite orientée
exclusivement dans la direction [111] comme le montre la Figure IV-15. Pour leurs
travaux, la cible de PZT utilisée est de formule (Pb1.1(Zr0.25,Ti0.75)O3, autrement dit, c'est
une cible enrichie en plomb et qui correspond dans le diagramme de phase à un composé
riche en Ti qui cristallise dans une maille quadratique.
125
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Pt (111)
Intensité (u. arb.)
PZT (111)
20 25 30 35 40 45 50
2 θ (deg.)
Figure IV-15 - figure de diffraction des rayons X d’un film de PZT cristallisé à 500°C
sur TiO2/Pt/Ti/SiO2/Si [R. Bouregba et al.]
Dans cet article , R. Bouregba et al. utilisent une électrode inférieure de type
121
Pt/Ti, et afin d'éviter la diffusion du Ti aux joints de grains, ils se basent sur les travaux de
S. T. Kim et al. 107
Ceux-ci montrent que cette diffusion peut être réduite de manière
importante avec une vitesse de dépôt du Pt faible et une température in situ de 400°C.
126
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
127
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
128
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Atmosphère
Description paramètres durée
étape N° ou gaz
pré pulvérisation
15 min
2 [Link]-2 sous 2 Pa Ar+O2
1 dépôt du TiOx
pulvérisation (90/10)
12 min
1,3 [Link]-2 sous 2 Pa
pré pulvérisation
4 min sans casser
2 [Link]-2 sous 2 Pa
2 dépôt du Pt le vide.
pulvérisation
30 min Ar
0,9 [Link]-2 sous 2 Pa
3 Recuit air RTA à 400°C sous air 30 sec Air
3 bis Recuit azote RTA à 400°C sous azote 30 sec Azote
pré pulvérisation
40 min
2 [Link]-2 sous 2 Pa
4 Dépôt du Ti Ar
pulvérisation
1 min
1,3 [Link]-2 sous 2 Pa
pré pulvérisation
40 min
2 [Link]-2 sous 2 Pa Ar+O2
4 bis Dépôt du TiOx
pulvérisation (90/10)
1 min
1,3 [Link]-2 sous 2 Pa
pré pulvérisation
3 min
2,45 [Link]-2 sous 2 Pa
5 Dépôt du PZT Ar
pulvérisation
1H00
4,45 [Link]-2 sous 8 Pa
6 Recuit RTA à 700°C sous air 30 sec Air
Tableau IV-3 - Paramètres de dépôt et de recuit pour l'obtention des échantillons
129
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
utilisés pour l'électrode inférieure. La forme des contacts a été définie par "lift-off" (pour
plus de détails sur cette technique, se reporter chapitre V).
Dans un premier temps, afin de vérifier la cristallinité des couches, nous les avons
analysées par diffraction X. La Figure IV-17 représente les spectres des échantillons de
type E sans sous-couche de Ti. Pour permettre la comparaison, nous avons placé sur le
même graphique la simulation de la fiche JCPDS normalisée sur l'intensité du pic de plus
forte valeur du PZT. La fiche JCPDS ne nous donnant que la position du pic en 2θ et son
intensité, nous avons représenté chaque pic au moyen d'un trait plein et l'orientation de la
phase est simplement donnée entre parenthèses pour ne pas surcharger le graphique. En ce
qui concerne le Pt, nous avons appliqué le même principe mais cette fois nous l'avons
représentée par l'intermédiaire d'un trait en pointillé. La Figure IV-18 représente quant à
elle, la figure de diffraction X de l'échantillon de type F (avec une couche de nucléation en
Ti). la Figure IV-19 nous donne la comparaison d'un échantillon de type G (avec une
couche de nucléation en TiOx) avec le spectre de diffraction X de la poudre. La Figure
IV-20 permet de comparer les deux méthodes de nucléation à savoir avec une sous-couche
en Ti (F) ou en TiOx (G). Enfin la Figure IV-21 donne le spectre d'un échantillon dont
l'électrode inférieure à été recuite sous azote et qui possède une couche de nucléation en Ti
(échantillon de type H). Le Tableau IV-4 donne une synthèse des différents échantillons et
des figures les représentant.
130
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
platine (111)
1200
(110)
(101)
1000
Coups par seconde
(111)
600
(100)
400
(001)
200
0
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41
2θ en degré
Figure IV-17 - Spectre de Rayons X pour Les échantillons sans la sous-couche de Ti. En
trait fin est représentée la simulation du spectre de la poudre de PZT normalisé sur
l'intensité maximale du PZT de l'échantillon. En pointillé, nous avons représenté l'angle
2θ de la fiche JCPDS 04-0802 du Pt orienté [111]
Les pics répertoriés sur la Figure IV-17 sont presque exclusivement ceux de la
phase pérovskite orientés dans les directions [100], [110] et [111]. Un très léger pic de la
phase pyrochlore orientée dans la direction [400] est présent en 2θ=34,1°. Les pics
correspondants aux orientations des plans (111) du PZT et du platine sont décalés de 0,21°
et 0,22° par rapport à leur fiche JCPDS respective. Le pic correspondant aux plans de la
famille {110} de la phase pérovskite du PZT est, lui, décalé de 0,1° tandis que le pic de
l'orientation des plans (100) n'est pas décalé. L'interprétation de ces décalages sera discutée
en fin de paragraphe.
131
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
platine (111)
1400
(111)
(110)
(101)
1300
1200
1100
Coups par seconde
1000
900
800
700
600
500
400
(100)
(001)
300
200
100
0
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41
2θ en degré
Figure IV-18 - Spectre de Rayons X pour les échantillons de type F avec une sous-
couche de nucléation en Ti
132
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
platine (111)
120
(101)
(110)
110
100
Coups par seconde
90
Pyrochlore (400)
80
70
60
50 Pyrochlore (222)
(111)
40
30
(100)
(001)
20
10
0
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41
2θ en degré
1300
1200
1100
Coups par seconde
1000
900
800
700
600
(110)
500
400
300
(100)
200
100
0
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41
2θ en degré
Figure IV-20 - Représentation des spectres de diffraction X pour les échantillons avec
une couche de nucléation soit en Ti soit en TiOx
133
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Sur la Figure IV-19, l'orientation préférentielle [111] du PZT est bien moins
marquée quand il croît sur une couche de nucléation en TiOx. Malgré tout, on remarque
quand même une augmentation du nombre de plans (111) de la phase pérovskite d'un
facteur deux par rapport à la fiche JCPDS de la poudre. Le pic centré sur 31° semble plutôt
appartenir à la famille de plans {101} qu'à celle {110} de la phase pérovskite. En effet, il y
a 0,19° de différence entre la mesure et l'angle de diffraction des plans (101), tandis que
cette différence va jusqu'à 0,26° en valeur absolue avec le pic de diffraction des plans
orientés (110). Nous pouvons à nouveau noter une corrélation entre le décalage du Pt111 et
celui du PZT111 par rapport aux valeurs théoriques respectives. Une phase pyrochlore est
présente entre 2θ=33° et 2θ=36°. Dans cette série d'échantillons, le pic correspondant à la
diffraction des plans (100) n'est pas parfaitement superposé au pic théorique, un décalage
de 0,10° est visible sur la Figure IV-19.
400
(101)
(110)
platine (111)
300
Coups par seconde
200
Pyrochlore (222)
(111)
100
(100)
(001)
0
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41
2θ en degré
Figure IV-21 - Comparaison entre un échantillon de type H et le fichier de la poudre
normalisé
134
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
pérovskite orientée [101] est nettement présente et majoritaire. Le pic issu de la diffraction
des plans (111) montre une légère orientation préférentielle par rapport à la poudre. Seuls
quelques plans de la phase pyrochlore orientés (222) ont diffracté. De plus, le décalage du
pic Pt111 et PZT111 n'est pas le même que dans le cas des échantillons E, F et G.
PZT100
PZT110 31,2 -0,16 0,04 pérovskite
F NON
PZT111 38,42 0,17 6,66 (111)
Tableau IV-5 - Mesure du décalage des pics par rapport au spectre de la poudre et
rapport entre les intensités mesurées et celle de la poudre normalisée pour les
échantillons E, F, G et H
135
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
La phase pyrochlore
136
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
L'effet du recuit sous azote de l'électrode inférieure montre une augmentation assez
faible mais significative de la phase pyrochlore orientée [222] par rapport au même
échantillon recuit sous air, les deux possédant une couche de nucléation en Ti.
Sur la Figure IV-18 (échantillon F avec une couche de nucléation en Ti), l'effet de
texturation est bien montré puisque la quasi-totalité des plans cristallins du PZT est
orientée dans la direction [111]. Par contre, ces résultats ne sont pas en accord avec ceux
de R. Bouregba et al. 121 qui obtiennent une orientation exclusivement [100] ou [111] pour
une couche de nucléation en Ti pulvérisée en Ar pur ou en TiO2 pulvérisée en Ar+O2.
Cette différence peut trouver une explication dans le procédé d'élaboration des dépôts. R.
Bouregba et al. ne cassent pas le vide entre les deux dépôts de Ti et PZT. De plus, bien que
le gaz utilisé pour le Ti en couche de nucléation soit de l'argon, celui utilisé pour le PZT est
un mélange d'argon et d'oxygène (80/20). En outre, les dépôts se font sur substrats
chauffants ce qui aide à une cristallisation in situ. Dans notre cas, le vide doit être cassé
entre la pulvérisation de Ti et celle de PZT. De plus, le temps nécessaire pour cette
manipulation ne peut, pour des raisons techniques, descendre en dessous de trois minutes,
cela implique que notre dépôt de titane s'oxyde au moins partiellement comme pour R.
Bouregba et al. Par contre cette oxydation sera moindre dans notre cas puisque nous
n'utilisons pas de substrat chauffant ni de gaz réactif pour la pulvérisation du PZT. P.
Muralt et al. 120 obtiennent eux aussi une orientation exclusivement [111] avec une couche
de nucléation en TiO2, le procédé d'élaboration est à peu près identique à celui utilisé par
R. Bouregba et al. (chauffage in situ et le vide n'est pas cassé). En se référant à ces deux
travaux sur la nucléation, nous pouvons donc dire que notre dépôt de Ti déposé en milieu
non oxydant puis suivi d'une remise à l'air, s'oxyde suffisamment pour donner une
orientation [111] au PZT. D'autres échantillons ayant été obtenus sensiblement de la même
manière (temps de remise à l'air entre le dépôt de Ti et celui du PZT variable), ont donné
des résultats montrant toujours une orientation préférentielle [111] pour le PZT mais dans
certains cas, la présence des pics [100] et [110] était plus visible que pour l'échantillon F.
La comparaison entre l'échantillon de type F (avec Ti) précédent et un de type G
(avec TiOx) nous donne la Figure IV-20. La première remarque se situe au niveau des
intensités des deux pics reliés aux plans (111) du PZT. Ces plans sont, en comparaison,
beaucoup moins nombreux pour l'échantillon G que pour l'échantillon F. Ceci ne veut pas
137
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
dire qu'il n'y a pas d'orientation préférentielle (111). En effet, si nous regardons la Figure
IV-19, où sont représentés le spectre de rayons X de la poudre de PZT normalisé sur celui
de l'échantillon de type G, nous constatons une légère orientation préférentielle des plans
hkl indexés (111) (deux fois plus de plans que dans le cas de la poudre). Ce point paraît, de
prime abord, en contradiction avec la littérature puisque la pulvérisation d'une couche de
nucléation en TiO2 donne une orientation [111] de la phase pérovskite exclusive ou au
moins majoritaire. Nous rappelons, dans un premier temps, que nous effectuons un dépôt
de Ti avec un mélange d'argon et d'oxygène à 10%, donc moins réactif que dans la
littérature où ils peuvent aller jusqu'à 50%. Deuxièmement le dépôt ne se fait pas sur
substrat chauffant ce qui peut faire la différence entre nos échantillons et ceux de R.
Bouregba et al. par exemple. En effet, d'après C. V. R. V. Kumar et al., le dépôt d'un
oxyde de titane qui n'a pas subi un recuit post-dépôt est amorphe. Un autre point important
extrait de la littérature est à prendre en compte, il s'agit de la température de dépôt in situ
du PZT. J. Y. Lee et al. montrent que la cristallinité des couches est directement corrélée à
la température in situ. Ainsi, sans aucune influence du Ti, puisque le multicouche est de
type PZT/Pt/SiO2/p-typeSi, J. Y. Lee et al. 40 obtiennent soit une orientation [100] pour une
température de 150°C, soit une orientation [111] pour 340°C, soit un mélange des deux
phases à 250°C. Bien sûr il s'agit des températures du substrat pendant la pulvérisation,
celle ci est suivie d'un recuit de type RTA à 620°C pendant 40 secondes sous azote. S.
Kalpat et al. , quant à eux, montrent que cette croissance orientée du PZT dépend
86
essentiellement du pourcentage d'oxygène dans le plasma ainsi que des rampes de montée
en température pour le recuit post-dépôt de cristallisation de type RTA du PZT
(température du plateau à 700°C). La Figure IV-22, montre comment agissent ces critères
sur l'orientation de la couche ferroélectrique. Ces points font ressortir l'importance de
prendre en compte la quasi-totalité des paramètres de dépôt et donc qu'il apparaît difficile
d'isoler l'influence d'un paramètre quand d'autres peuvent varier.
138
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
discussion sur le décalage des pics entre les spectres mesurés et ceux de la
poudre des fiches JCPDS
Nous constatons que les décalages des pics de diffraction des rayons X pour les
plans (111) de la phase pérovskite du PZT peuvent être directement reliés à ceux du platine
pour les échantillons de type E, F et G. En effet, le PZT croît sur du platine orienté selon
les plans (111), le réseau cristallin du PZT s'adapte aux paramètres de maille du Pt dans la
limite de quelques pour cent. Le recuit de l'électrode inférieure peut ne pas avoir relaxé
toutes les contraintes ou de nouvelles peuvent être venues s'ajouter avec les dépôts des
couches ultérieures, ces contraintes se répercutent donc sur le paramètre de maille du PZT,
ceci entraînant le décalage mesuré.
Le pic centré à 2θ =31,1° sur la Figure IV-19 est celui rassemblant le nombre le
plus important de plans. Mais il est difficile de dire si ces plans appartiennent à la famille
de plans {101} (2θ =30,91°) ou {110} (2θ =31,36°). Il semble quand même d'après les
valeurs mesurées que ce pic représente la famille de plans hkl indexés {101}. L'obtention
de cette phase a été déjà rapportée par N. A. Basit et al 41. Cette équipe en pulvérisant une
139
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Cette discussion sur les rayons X nous permet de faire ressortir plusieurs point :
• Le Ti en couche de nucléation, avec notre méthode de dépôt, donne
une orientation préférentielle et pratiquement exclusive de la phase
pérovskite orientée dans la direction [111]
• Le gaz de recuit de l'électrode inférieure avant le dépôt de la couche
de nucléation en Ti entraîne des changements en terme de cristallinité.
En effet, le recuit sous azote par rapport au recuit sous nitrox entraîne
une diminution nette du nombre de plans (111) de la phase pérovskite
du PZT.
• Une couche de nucléation en TiOx entraîne une perte de l'orientation
de la phase pérovskite dans la direction [111] et produit l'apparition
d'une phase pyrochlore soit orientée dans la direction [222] soit dans la
direction [400].
Après dépôt et lift-off de l'électrode supérieure, les tests électriques sont obtenus au
moyen d'un banc de mesure du type Tower-Sawyer. Ce banc nous a permis, bien sûr, de
relever les courbes de polarisation de la couche de PZT en fonction du champ appliqué
mais aussi de repérer les contacts qui sont en court-circuit. Les motifs donnés à l'électrode
supérieure (voir Figure IV-23 et Erreur ! Source du renvoi introuvable. pour la
technologie) nous ont permis de faire des statistiques sur la reproductibilité des propriétés
140
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
1 cm
141
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Polarisation (µ[Link] )
-2
E 30
20
F 15
(TiOx/Pt)r 400/ Ti /PZTr 700/Pt 10
0
-700 -600 -500 -400 -300 -200 -100 0 100 200 300 400 500 600 700
-5
-1
-10
Champ électrique ([Link] )
-15
-20
-25
-30
Figure IV-24 - Cycles d'hystérésis ferroélectrique pour les échantillons de type E (sans
Ti) et de type F (avec Ti en couche de nucléation)
142
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
cycle d'hystérésis pour un peu moins de 80% des contacts de 450 µm de coté et pour plus
de 85% des contacts de 400 µm de coté. Le champ de claquage des deux types
d'échantillon dépasse la valeur de 600 [Link]-1 pour une épaisseur moyenne estimée de
250 nm. Nous n'en n'avons mesuré qu'une limite inférieure en polarisant avec la tension
continue maximale (15 V) de notre générateur basse fréquence.
Polarisation (µ[Link] )
-2
F 30
(TiOx/Pt)r 400/ Ti /PZTr 700/Pt 25
20
G
(TiOx/Pt)r 400/ TiOx /PZTr 700/Pt 15
10
0
-700 -600 -500 -400 -300 -200 -100 0 100 200 300 400 500 600 700
-5
-1
-10
Champ électrique ([Link] )
-15
-20
-25
-30
Figure IV-25 - Cycle d'hystérésis d'un échantillon avec une couche de nucléation en Ti
(F) et avec une couche de nucléation en TiOx(G)
La différence des cycles sur Figure IV-25 se situe surtout au niveau des champs
coercitifs. Pour l'échantillon F, nous avions un champ coercitif assez symétrique de
153 [Link]-1. L'échantillon qui possède une couche de nucléation en TiOx (G sur la figure)
présente des valeurs de champ coercitif plus faibles et un peu moins symétriques, nous
avons mesuré E+=73 [Link]-1 et E-=-69 [Link]-1. La polarisation rémanente est un peu plus
faible que pour l'échantillon de type F (P+=13,8 µ[Link]-2) puisqu'elle vaut P+=10,4 µ[Link]-
2
. En ce qui concerne les contacts en court-circuit, on observe une augmentation de plus de
42% entre les échantillons de type F et ceux de type G pour une électrode supérieure de
143
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
450 µm de coté. En effet, nous avons mesuré que 37,5% des contacts de cette taille se
trouvaient en court-circuit. Ce chiffre diminue pour des tailles de contact de 400 µm de
coté puisqu'il vaut 29,1%. D'un autre coté, le champ de claquage est, à l'instar des
échantillons de type F, supérieur à 600 [Link]-1.
Polarisation (µ[Link] )
-2
30
F
(TiOx/Pt)r 400/ Ti /PZTr 700/Pt 25
20
H 15
(TiOx/Pt)r 400 sous N / Ti /PZTr 700/Pt 10
2
0
-700 -600 -500 -400 -300 -200 -100 0 100 200 300 400 500 600 700
-5
-1
-10
Champ électrique ([Link] )
-15
-20
-25
-30
144
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Discussion
Les cycles ferroélectriques représentés sur les figures IV-24; 25 et 26 ne sont pas
une moyenne des valeurs mesurées, ils représentent les cycles typiques de chaque
condition d'élaboration.
La première remarque est que la stabilisation de l'électrode inférieure au moyen
d'un film de TiOx donne déjà, à elle seule, de bons résultats en termes de cristallinité du
PZT et nous remarquons aussi que le nombre de court-circuit est lui-même réduit de
manière importante par rapport aux essais réalisés avec une électrode en Pt/Ti recuite sous
azote. Par contre la piètre qualité du cycle d'hystérésis montre des problèmes sans doute
liés à l'interface entre le Pt et le PZT. Vu que le Ti ne peut plus diffuser en surface du
platine, il se peut alors que le manque de sites de nucléation entraîne ces problèmes
d'interface. En effet, nous avons vu que le Ti en site de nucléation favorisait la formation
du PZT en passant par une phase de PbTiO3 116. La comparaison des cycles d'hystérésis des
échantillons E et F (sans et avec une couche de nucléation en Ti) montre une très nette
amélioration des valeurs de la polarisation rémanente et des champs coercitifs.
L'amélioration de la cristallinité montrée précédemment par cette étape de dépôt de Ti en
couche de nucléation est sans doute à l'origine de cette amélioration des caractéristiques
des cycles ferroélectriques.
La comparaison des cycles ferroélectriques entre les deux techniques de couche de
nucléation fait apparaître une première différence au niveau des champs coercitifs. Pour les
échantillons de type F (couche de nucléation en Ti), nous avons vu qu'il y avait un très haut
degré de symétrie entre les valeurs de E+ et E- tandis qu'une légère différence a été mesurée
quand nous avons déposé une couche de nucléation en TiOx. De plus les valeurs de ces
champs sont plus petites et atteignent 73 [Link]-1 pour E+ et 71 [Link]-1 pour E- dans le cas
de la couche de nucléation en TiOx. Une autre différence se situe au niveau de la
polarisation rémanente puisqu'elle baisse de 13,8 µ[Link]-2 pour les échantillons de type F
f
MFM : Métal-Ferroélectrique-Métal
145
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
(Ti) à 6,3 µ[Link]-2 pour ceux de type G (TiOx). De plus la saturation, qui déjà pour les
échantillons de type F était peu marquée, est encore moins bien visible. Si nous analysons
les résultats sur les courts-circuits de ces nouvelles couches, en moyenne 37,5% des
contacts de 450 µm de coté sont complètement court-circuités et cette moyenne baisse à
29,1% quand les dimensions des contacts sont de 400 µm de coté. Ces valeurs représentent
une augmentation des courts-circuits d'un peu moins de 43% entre les échantillons avec
une couche tampon en Ti et ceux avec une couche tampon en TiOx. Le champ de claquage
de ces structures MFM est au minimum de 600 [Link]-1 comme pour les échantillons de
type F. Le fait que les valeurs du champ coercitif soient plus faibles montre que les
domaines peuvent être plus mobiles en fonction du champ électrique mais le stockage
d'énergie sera moins élevé. En ce qui concerne le recuit de l'électrode inférieure sous azote,
il apparaît que pratiquement un contact sur deux (46%) présente un court-circuit malgré
l'utilisation d'une couche tampon en Ti. Les raisons de ce tel écart de comportement entre
une électrode recuite sous nitrox et l'autre sous azote restent encore à montrer.
146
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
(a)
(a) (b)
Photographie IV-1 – image par MEB des échantillons de type F, avec une couche
tampon en titane, (a) vue de la tranche et (b) vue de dessus
Les images prises au microscope optique (représentées en Figure IV-27) montrent, pour les
échantillons de type G et H, des formes de rosettes d'une taille de quelques microns de
diamètre. Ces figures ont déjà été présentées dans la littérature et elles sont associées à une
phase pyrochlore entourée par une phase pérovskite 89.
Figure IV-27 - Observation au microscope optique des rosettes présentes sur les
échantillons de type G et H
147
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Ces prises de vue MEB (Photographie IV-2-a et b) montrent, pour la première, une
surface distinctement séparée en deux zones, l'une claire, et l'autre foncée avec un état de
surface qui semble plus chaotique et la présence de tâches beaucoup plus foncées. La
Photographie IV-2-b est un zoom sur cette partie foncée, nous pouvons nettement voir la
présence d'inclusions très sombres. Les zones claires sont les parties internes des rosettes.
(a)
(a)
Photographie IV-3 - Images MEB des échantillons de type H avec une électrode
inférieure recuite sous azote et une couche de nucléation en Ti. Vue de profil (a) et vue
de dessus (b)
148
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Discussion
L'échantillon F présente une surface très homogène par rapport aux deux autres
échantillons (G et H). La présence de rosettes est uniquement visible sur les échantillons G
et H. Z. Song et al. ont corrélé ces formes particulières avec la présence de la phase
pyrochlore. En fait, d'après ces auteurs, ces rosettes sont des inclusions de phase pérovskite
entourées par une phase pyrochlore orientée [222] ou [400] voire les deux 89. Il en va de
même pour Y. T. Kwon et al. 46 qui relient aussi la phase pyrochlore orientée [311] et [400]
à la formation de ces rosettes. J. H. Jang et al. 94 décrivent la formation de ces rosettes par
l'étude de PbZrO3 et montrent qu'elles sont dues à la forte température de cristallisation
nécessaire pour ce système. Nous avons constaté dans la littérature que ces figures
particulières sont obtenues quelle que soit la méthode dépôt du PZT, que ce soit par CSD
ou par pulvérisation. L'élimination de la formation de ces rosettes est cruciale pour
améliorer la qualité de la couche et ses propriétés. Nous pouvons constater d'après les
figures de diffraction X (Figure IV-21 et Figure IV-19) que la présence de la phase
pyrochlore peut être corrélée avec la présence de rosettes.
Une explication peut être apportée pour la faible épaisseur mesurée pour
l'échantillon H (autour de 170 nm). En effet, il paraît surprenant d'avoir une si faible
épaisseur alors que le minimum mesuré sur l'échantillon test est de 200 nm. La première
remarque est que le recuit a un effet de réorganisation des atomes et que celle-ci est
souvent la cause d'une perte de volume. Quoi qu'il en soit, cette raison n'est pas suffisante à
elle seule pour expliquer une telle différence. La deuxième raison est que les dépôts de
PZT sont réalisés pour toute une série d'échantillon en même temps. Ceci implique un
changement dans la disposition des échantillons (ce n'est plus une seule et unique plaquette
de Si mais plusieurs quarts de plaquette) sur le porte substrat et donc un changement de
l'épaisseur.
149
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
pérovskite
(110)
pérovskite
(100)
21 23 25 27 29 31 33 35 37 39
150
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
L'effet de la couche de nucléation pour une épaisseur de 1,7 nm a été déjà discuté
auparavant. Nous voyons bien que la texturation des couches diminue avec l'épaisseur de
Ti. Ces figures de diffractions X confirment les travaux de P. Muralt et al. qui ont montré
une perte d'orientation préférentielle de la phase pérovskite orientée [111] du PZT avec
l'augmentation de l'épaisseur de la couche de nucléation. Leurs travaux portent sur une
sous-couche en TiO2 et nous constatons le même effet avec le Ti en couche de nucléation.
Nous voyons que sans sous-couche de nucléation l'orientation des phases pérovskite
orientée [100], [110] et [111] du PZT ne présentent pas particulièrement d'orientation
préférentielle par rapport à la poudre. Par contre pour une épaisseur de 1,7 nm de Ti
correspondant à une minute de pulvérisation cathodique, l'orientation préférentielle [111]
est clairement majoritaire. Par contre pour une épaisseur de 3,4 nm ou 6,8 nm d'épaisseur
de Ti en couche de nucléation, l'orientation préférentielle et le nombre de plans qui
diffractent sont visiblement réduits.
Photographie IV-4 - Prise de vue MEB de l'échantillon de type I avec une sous-couche
en Ti de 3,4 nm
151
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Electrode
inférieure
152
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
153
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
L'étude bibliographique nous a montré que l'historique des recherches sur les
céramiques dites massives est peu applicable aux couches minces compte tenu leur état
initial respectif. Elle montre cependant que l'architecture ainsi que la physico-chimie de
surface de l'électrode inférieure détermine la croissance du PZT. C'est pourquoi une étude
approfondie de cette électrode a été entreprise au cours de ce travail. Dans un premier
temps nous avons montré que la stabilisation de cette électrode, en terme de diffusion du
Ti, passe par l'utilisation d'une bi-couche Pt/TiOx. Nous avons confirmé dans ce chapitre au
moyen de mesures SIMS qu'un recuit du type RTA à 400°C ne provoque plus la diffusion
du Ti aux joints de grains du platine. De plus nous avons observé que le recuit de
l'électrode inférieure à 400°C, s'il est réalisé sous air, entraîne de meilleures
caractéristiques pour le PZT. Le blocage de la diffusion du Ti permet de maîtriser
l'épaisseur et l'homogénéité d'une couche ultra-mince qui favorise la nucléation du PZT.
Cette couche de Ti ou de TiOx a un rôle physico-chimique, dans un premier temps elle se
combine avec le Pb pour former un oxyde de titane et de plomb (PbTiO3) qui va assister
les tous premiers stades de la nucléation du PZT en phase pérovskite. De plus, nous avons
confirmé que cette couche de quelques nanomètres d'épaisseur augmente de manière
significative l'orientation de la phase pérovskite dans la direction [111] et aussi entraîne
une diminution de la densité surfacique de zone de courts-circuits dans les films. En effet,
lors des nombreux tests avec un multicouche du type Pt/PZT/Pt/Ti/Si élaboré dans notre
laboratoire, le nombre de court-circuit s'est révélé trop élevé sur une matrice d'électrode
pour pouvoir utiliser de façon fiable la couche de PZT comme élément d'actionnement.
L'épaisseur critique de la couche de nucléation en Ti a été vérifiée et peut aller jusqu'à
2 nm. Une épaisseur plus importante conduit, pour notre procédé d'élaboration, à des
dégradations des propriétés cristallographiques qui s'accompagnent de la formation de
cloques à la surface du PZT.
La réalisation du multicouche développé se présente maintenant sous la forme :
Pt/PZT/Ti/Pt/TiOx/Si avec deux recuits sous air, un pour l'électrode inférieure à 400°C et
l'autre pour la cristallisation du PZT à 700°C. Dans le dernier chapitre, nous allons
démontrer l'efficacité d'actionnement de ce multicouche par la réalisation de
démonstrateurs qui seront utilisés notamment pour la caractérisation des propriétés
piézoélectriques.
154
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
Bibliographie du chapitre IV
1 KANNO I., FUJII S., KAMADA T., TAKAYAMA R., Piezoelectric properties
of c-axis oriented Pb(Zr, Ti)O3 thin films, Appl. Phys. Lett., 1997, Vol. 70, N°11, pp.
1378-1380
3 VELU G., REMIENS D., In situ deposition of sputtered PZT films: control of the
growth temperature by sputtered lead flux, Vacuum, 2000, Vol. 56, pp. 199-204
4 KALPAT S., UCHINO K., Highly oriented lead zirconium titanate thin films:
growth, control of texture, and its effect on dielectric properties, J. Appl. Phys., 2001, Vol.
90, N°6, pp. 2703-2710
5 HASE T., SAKUMA T., MIYASAKA Y., HIRATA K., HOSOKAWA N.,
Preparation of Pb(Zr, Ti)O3 thin films by multi-target sputtering, Jpn J. Appl. Phys.,
1993,Vol. 32, pp. 4061-4064
8 VILQUIN B., LE RHUN G., BOUREGBA R., POULLAIN G., MURRAY H.,
Effect of in situ Pt bottom electrode deposition and Pt top electrode preparation on PZT
thin films properties, Applied surface science, 2002, Vol. 195, pp.63-73
155
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
9 LEE W. J., KIM Y. M., KIM H. G., Pt-base electrodes and effects on phase
formations and electrical properties of high-dielectric thin films, Thin solid films, 1995,
Vol. 269, pp. 75-79
10 KIM B. Ea., VARNIERE F., AGIUS B., BISARO R., Pt electrode investigation
and electrical properties of RF magnetron sputtered Pb(Zr, Ti)O3, Microelectronic
engineering, 1995, Vol. 29, pp. 231-234
13 MAEDER T., MURALT P., SAGALOWICZ L., SETTER N., In situ sputter
deposition of PT and PZT films on platinum and RuO2 electrodes, Microelectronic
engineering, 1995, Vol. 29, pp. 177-180
14 MENG X. J., MA Z. X., SUN J. L., BO L. X., YE H. J., GUO S. L., CHU J. H.,
Highly oriented PbZr0.3Ti0.7O3 thin film on LaNiO3-coated Si substrate derived from a
chemical solution technique, Thin solid films, 2000, Vol. 372, pp. 271-275
156
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
18 CHAE B. G., YANG Y. S., LEE S. H., JANG M. S., LEE S. J., KIM S. H.,
BAEK W. S., KWON S. C., Comparative analysis for the crystalline and ferroelectric
properties of Pb(Zr,Ti)O3 thin films deposited on metallic LaNiO3 and Pt electrodes, Thin
solid films ,2002, Vol. 410, pp. 107-113
19 WANG B., CHAN H. L. W., KWOK K. W., PLOSS B., CHOY C. L., TONG
K. Y., Effect of fatigue on the pyroelectric and dielectric properties of PZT films, Journal
of the European ceramic society, 2001, Vol. 21, pp. 1589-1592
20 MENG X. J., CHENG J. G., SUN J. L., YE H. J., GUO S. L., CHU J. H.,
Growth of (100)-oriented LaNiO3 thin films directly on Si substrates by a simple
metalorganic decomposition technique for the highly oriented PET thin films, Journal of
crystal growth, 2000, Vol. 220, pp. 100-104
21 LAW C. W., TONG K. Y., LI J. H., LI K., Leakage current in PZT films with
sputtered RuOx electrodes, solid-state electronics, 2000, Vol. 44, pp. 1569-1571
24 SONG Z.T., CHONG N., WONG CHAN L. W. H., CHOY C. L., LIN C. L.,
Thermal stability of electrode stacks for application in oxide film devices, Thin solid films,
2002, Vol. 406, pp. 268-274
157
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
25 KIM S. T., KIM H. H., LEE M. Y., LEE W. J., Investigation of Pt/Ti bottom
electrodes for Pb(Zr,Ti)O3 films, Jpn. J. Appl. Phys., 1997, Vol. 36, pp. 294-300
26 SHIN J. S., LEE W. J., A comparative study on the nucleation and growth of
ECR-PECVD PLZT ((Pb,La)(Zr,Ti)O3) thin films on Pt/siO2/Si substrates and on
Pt/Ti/SiO2/Si substrates, Thin solid films, 1998, Vol. 333, pp. 142-149
28 QIN H. X., ZHU J. S., JIN Z. Q., WANG Y., PZT thin films with preferred-
orientation induced by external stress, Thin solid films, 2000, Vol. 379, pp.72-75
29 DEFAY E., MALHAIRE C., DUBOIS C., BARBIER D., Stress and stress
relaxation study of sputtered PZT thin films for microsystems applications, MRS
symposium proceedings, 2000, Vol. 594, pp. 237-242
31 NAM H. J., CHOI D. K., LEE W. J., Formation of hillocks in Pt/Ti electrodes
and their effects on short phenomena of PZT films deposited by reactive sputtering, Thin
solid films, 2000, Vol.371, pp. 264-271
158
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
35 KIM S-H., KIM C-E., OH Y-J., Influence of Al2O3 diffusion barrier and PbTiO3
seed layer on microstructural and ferroelectric characteristics of PZT thin films by sol-gel
spin coating method, Thin solid films, 1997, Vol. 305, pp. 321-326
37 AOKI K., FUKUDA Y., NUMATA K., NISHIMURA A., Effect of titanium
buffer layer on lead-zirconate-titanate crystallisation processes in sol-gel deposition
technique, Jpn. J. Appl. Phys., 1995, Vol. 34, pp. 192-195
38 MURALT P., MAEDER T., SAGALOWICZ L., HIBOUX S., Texture control
of PbTiO3 and Pb(Zr,Ti)O3 thin films with TiO2 seeding, Journal of applied physics, 1998,
Vol. 83, N°7, pp. 3835-3841
40 LEE J. Y., LEE B. S., Orientation control and electrical properties of sputtered
Pb(Zr,Ti)O3 films, Materials science and engineering, 2001, Vol. B79, pp. 86-89
159
Chapitre IV - Optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
41 BASIT N. A., KIM H. K., Crystallisation of Pb(Zr, Ti)O3 films prepared by radio
frequency magnetron sputtering with a stoichiometric oxide target, J. Vac. Sci. Technol. A,
1995, Vol. 13, N°4, pp. 2214-2220
43 SHIMIZU M., FUJISAWA H., NIU H., HONDA K., Growth of ferroelectric
PbZrxTi1-xO3 thin films by metalorganic chemical vapor deposition (MOCVD), Journal of
crystal growth, 2002, Vol. 237-239, pp. 448-454
44 LEE S-G., KIM K-T., LEE Y-H., Characterization of lead zirconate titanate
heterolayered thin films prepared on Pt/Ti/SiO2/Si substrate by the sol-gel method, Thin
solid films, 2000, Vol. 372, pp. 45-49
45 LIU X., LIU Z. G., YIN J., LIU J. M., Microstructure and electrical properties of
ferroelectric Pb(Zr0.53Ti0.47)O3 films on Si with TiO2 buffer layers, J. Phys. : Condens.
Matter, 2000, Vol. 12, pp. 9189-9194
46 KWON Y. T., LEE I. M., LEE W. I., KIM C. J., YOO I. K., Effect of sol-gel
precursors on the grain structure of PET thin films, Material research bulletin, 1999, Vol.
34, N°5, pp. 749-760
47 KIM S. H., PARK D. Y., WOO H. J., LEE D. S., HA J., HWANG C. S., SHIM
I. B., KINGON A. I., Orientation effects in chemical solution derived Pb(Zr0.3,Ti0.7)O3
thin films on ferroelectric properties, Thin solid films, 2002, Vol. 416, pp. 264-270
160
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
piézoélectrique d31
Résumé :
161
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
V.1. Introduction
Une fois le procédé d'élaboration optimisé, il est important de montrer qu'il est
compatible avec toutes les étapes technologiques nécessaires à la réalisation de
démonstrateurs. Nous allons détailler ces étapes technologiques qui font en particulier
intervenir la structuration des électrodes et du PZT par des techniques de lift-off et de gravure.
Ces procédés de réalisation seront les mêmes quelle que soit l'application visée, seuls les
masques changeront. Puis nous nous servirons de cette technologie pour réaliser des poutres
servant à mesurer le coefficient d31 de notre matériau. En effet, bien qu'un matériau
ferroélectrique soit forcément piézoélectrique, il est important de pouvoir le mesurer. Nous
allons présenter les différentes méthodes de caractérisation existantes en insistant sur la
méthode de détermination du coefficient d31 optimisée au laboratoire. Elle consiste à mesurer
le coefficient d31 du PZT au moyen d'un dépôt de ce matériau sur une poutre en silicium que
l'on fera vibrer dans son mode fondamental. Nous présenterons les résultats des mesures de ce
coefficient et, dans un dernier point, nous montrerons la possibilité de réalisation, avec notre
procédé d'élaboration optimisé au chapitre IV, d'un autre démonstrateur : une membrane
vibrante actionnée par une couche mince de PZT.
Nous avons vu au paragraphe IV.4.3.2, page 140, certaines étapes technologique qui
sont, en vue de la réalisation de démonstrateurs, complétées par des contacts déportés et la
mise en forme (design) du PZT. De plus ces étapes rendent compte de l'intégration possible
des structures à base de PZT. La première partie montre le travail sur la structuration du PZT
et la deuxième présente la structuration des électrodes et de la silice.
163
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Pour cette étude, nous avons choisi un motif présentant différentes dimensions et des
angles droits afin de tester la gravure sur des formes géométriques un peu plus complexes que
des cercles ou des carrées (voir Figure V-1-a). Nous avons répertorié plusieurs acides ou
mélange d'acides dans la littérature afin de graver le PZT (l'acide fluorhydrique, l'acide
nitrique…). Pour des raisons de coût, de sécurité et surtout de compatibilité avec la résine,
nous avons opté pour l'acide chlorhydrique (HCl). Dans un premier temps, nous avons montré
que le PZT doit être gravé avant le recuit. En effet, si l'électrode inférieure a déjà été
structurée, alors le dépôt de PZT recouvre l'électrode inférieure et le SiO2. Lors du recuit, le
PZT forme un composé avec le SiO2 qui ne peut pas être attaqué par une solution d'HCl. Les
résultats en terme de température de la solution d'attaque (acide chlorhydrique) montrent que
la vitesse de gravure évolue de 40 nm.s-1 à température ambiante jusqu'à 1 µm.s-1 à 90°C. La
Figure V-1-b montre un détail du motif test avec en pointillé les dimensions initiales de la
résine après son développement. C'est le phénomène de surgravure qui est à l'origine de cette
différence entre les dimensions initiales données à la résine et celles du motif une fois gravé.
Nous avons fait varier la température, la concentration en acide et le temps de gravure. Le
meilleur compromis entre la gravure totale du PZT non masqué par la résine et la surgravure
la plus faible possible aux endroit masqués, nous donne : une concentration en HCl de 35%,
une température de la solution d'attaque de 20°C et un temps de gravure de 45 secondes (voir
Figure V-1-b). La surgravure est alors de l'ordre de 8% qui peuvent être ratrappés par une
taille de masque plus grande. L'évolution de cette surgravure en fonction du temps est
représentée sur la Figure V-2. Nous voyons qu'un temps de gravure supérieur à 60 secondes
devient critique pour les motifs les plus fins.
164
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Motif ut
mesure
d'attaqu
par de l
Pt
chlorhyd
500µm PZT
(a)
(b) 20 µm
Figure V-1 - Motif test utilisé pour mesurer la vitesse de gravure du PZT (a) et PZT
(en foncé) après gravure avec en pointillé la forme du masque initial donnée à la résine (b)
PZT
PZT
Résine Résine
Figure V-2 - Effet de la sur-gravure, le masque en résine n'a pas encore été enlevé et l'on
voit par transparence le PZT en dessous. Ces prises de vues correspondent à 45 s. pour (a),
60 s. pour (b) et 75 s. pour (c) dans la solution de gravure
La technique lift-off est maintenant bien connue, son principe permet de s'affranchir
d'un agent de gravure. En effet, surtout pour les métaux, il existe beaucoup de solutions
d'attaque qui ne sont pas forcément compatibles avec les autres dépôts. Pour réaliser un lift-
off, le substrat est recouvert d'une résine négative ouverte à certains endroits par
165
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
photolithogravure. Ensuite le dépôt est réalisé puis le substrat est placé dans une solution qui
dissout la résine. Les détails de cette technique se trouvent sur la Figure V-3. La résine
négative est étalée sur la plaquette de silicium à la tournette (Figure V-3-a). Elle est ensuite
insolée à travers un masque (Figure V-3-b). Après un recuit nommé "soft bake", la résine
insolée devient insoluble dans le développeur (Figure V-3-c). Il se forme alors un profil en
forme de casquette qui est dû aux effets de bords. Après le dépôt et le passage dans un solvant
approprié, il ne reste que le métal aux endroits précédemment masqués (Figure V-3-d et e).
Figure V-3 - étapes technologiques nécessaires au lift-off. (a) La résine est d'abord étalée,
puis (b) elle est insolée au travers d'un masque. Après un recuit et un développement (c), le
profil en forme de casquette apparaît. Il ne reste plus qu'à réaliser le dépôt (d) et enlever la
résine pour avoir le motif voulu (e).
Grâce à ces différentes techniques de gravure et de masquage pendant les dépôts, nous
avons pu réaliser des séries de masques et ainsi obtenir une micro poutre avec une couche de
PZT prise entre deux contacts déportés afin d'extraire le coefficient d31 du PZT. La Figure V-4
montre la réalisation de ces poutres sur une plaquette de Si de 2 pouces. Cette plaquette est
découpée et donne ainsi deux poutres comportant chacune trois motifs de test. Les détails
technologiques pour la réalisation de cette poutre se trouvent en annexe I.
166
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Figure V-4 - Photographie de la face avant avec toutes les étapes technologiques réalisées
coefficient d31
Comme nous l'avons dit au paragraphe II.3, les coefficients piézoélectriques pour les
films minces sont assez difficiles à mesurer, les raisons sont que les films ont des épaisseurs
très inférieures à celles des substrats, il en résulte que la relation entre la contrainte et la
déformation des films est en grande partie imposée par le substrat. Ainsi, la décorrélation des
effets dus au film (coefficients de compliance et coefficients piézoélectriques) et ceux dus au
substrat est assez difficile. La solution adoptée dans la littérature est d'utiliser la matrice des
coefficients de compliance du substrat afin d'estimer les propriétés piézoélectriques du film
mince.
La matrice piézoélectrique possède trois coefficients indépendants notés d15, d33 et d31
(voir le paragraphe I.5.1). Dans le cas des couches minces, comme son nom l'indique, les
longueurs et largeurs peuvent être plusieurs milliers de fois supérieures à l'épaisseur. Le
champ électrique appliqué ne peut donc être que parallèle à l'épaisseur, or le coefficient d31
relie la déformation mécanique dans le plan lorsqu'un champ électrique est appliqué suivant la
normale à ce plan. Le d33 caractérise, quant à lui, la déformation normale au plan pour le
167
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
même champ électrique que précédemment. le coefficient piézoélectrique d31 est donc le
mieux adapté dans le cas de la déflexion d'une membrane ou de celle d'une micro poutre
actionnée par un film mince de PZT pris en sandwich entre deux électrodes 1. C'est un nombre
négatif, qui multiplié par le champ électrique normal au plan, donne la contraction ou la
dilatation latérale du film polarisé. Ceci résulte de l'effet inverse de la piézoélectricité qui
courbe de manière convexe ou concave selon le sens du champ électrique la membrane ou la
poutre qui soutient le PZT. La mesure des coefficients dij du PZT à partir de l'effet réciproque
est très délicate, en effet, elle nécessite la mesure d'un déplacement très faible pour un film
mince de PZT sur un substrat épais dont les caractéristiques sont bien connues. Grâce à
l'interférométrie optique K. Tsuchiya et al.2 ont mesuré le coefficient d33 d'un film mince de
500 nm de PZT, sur un substrat en invara. Cette mesure donne un coefficient proche de celui
du PZT massif (d33 massif = 450 pC.N-1). Des travaux moins récents (Ph. Luginbuhl et al. 3) sur
poutre de silicium en régime quasi-statique donnent une valeur de d31 pour un film de PZT
déposé par CSD (voir le paragraphe III.3.1) qui se rapproche du tiers de la valeur du PZT
massif (d31massif= -93 pC.N-1 132). Une autre façon de caractériser le PZT est d'utiliser l'effet
direct, à savoir qu'une sollicitation mécanique engendre l'apparition de charges électriques sur
les faces du PZT. Afin de mesurer les coefficients dij, les auteurs utilisent souvent la méthode
de la poutre vibrante libre. Il s'agit d'une poutre, le plus souvent en silicium sur laquelle deux
électrodes déportées prennent en sandwich un film de PZT. Un vérin piloté par ordinateur ou
une pointe montée sur une cale piézoélectrique applique une force sur l'extrémité libre de la
poutre, il en résulte une déformation. De manière rapide, la force cesse d'être appliquée ce qui
entraîne la vibration de la poutre à la fréquence de résonance du mode fondamental de
flexion. Le PZT réagit à ces oscillations et un signal électrique de même fréquence que celle
de la poutre est récupérée soit sur un oscilloscope soit sur un ordinateur. Une fois le signal
enregistré, plusieurs méthodes fournissent le coefficient d31 ou e31. Par exemple E. Cattan et
al. 4 ont appliqué la méthode du premier maximum afin d'évaluer le coefficient effectif e31.
Une autre méthode prend en considération la totalité du signal en sortie du PZT, cette
méthode détaillée plus loin se nommant méthode de l'intégrale 5 est utilisée au sein du
laboratoire. Elle a permis, lors d'un précédent travail, de mesurer un coefficient d31 sur des
film de PZT allant de -15 pC.N-1 juste après polarisation à environ -8 pC.N-1 après une
stabilisation.
a
Invar : alliage constitué de nickel pour 42% et de fer pour 58%
168
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
développé prend en compte la théorie des petites déformations où l'effet piézoélectrique peut
être considéré comme linéaire. Les hypothèses simplificatrices introduites dans la méthode de
calcul ont un domaine de validité qui a été démontré dans un précédent travail 134
. Ces
hypothèses sont les suivantes :
• Les déformations sont continues à l'interface PZT-Substrat
• La poutre de silicium impose sa déformation au film de PZT
• Contraintes en cisaillement T4, T5, T6 négligeables par rapport à T1 et T2 dans le plan
• La surface supérieure du PZT ne subit aucune contrainte (déplacement libre) Î T3=0
• Champ électrique transversal E3 principal par rapport à E1 et E2
• Contraintes et déformations constantes le long de l'épaisseur du PZT
Electrode supérieure
Vers l'extrémité de la poutre
PZT Electrode inférieure
169
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
avec
D: Déplacement électrique
T: Contrainte
dij : Coefficient piézoélectrique
S: Déformation relative
sij : Coefficient de compliance
εij : Coefficient diélectrique
E: Le Champ électrique
Or le champ E3 peut être replacé par -U/tPZT en considérant tPZT comme l'épaisseur et le signe
moins provenant de la convention de signe adoptée pour la Figure V-5, alors D3 devient :
d31 ⎡ T 2d 312 ⎤ dU
D3 = E ( S1 + S2 ) − ⎢ ε33 − E E ⎥
s11 + s12E ⎣ s11 + s12 ⎦ dt
170
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Or le courant peut être déduit de la double intégrale sur la surface de l'électrode supérieure (Σ)
de la dérivée de D3 par rapport au temps (t), on obtient :
dD3
I = ∫∫
∑
dt
d'où
d31 d ( S1 + S 2 ) ⎡ T 2d 2 ⎤ dU ∑
I=
s11 + s12E
E ∫∫
∑
dt
d ∑ − ⎢ ε33
⎣
− E 31 E ⎥
s11 + s12 ⎦ dt t PZT
Par rapport au schéma équivallent d'un film de PZT, nous avons une source de courant
en parallèle avec une capacité.
d31 d ( S1 + S2 )
I PZT =
s + s12E
E
11
∫∫
∑
dt
d∑
⎡ T 2d312 ⎤ ∑
CPZT = ⎢ ε33 − E ⎥
⎣ s11 + s12E ⎦ t PZT
à ce modèle doit etre rajouter une résistance de fuite R f
dU U
I PZT = CPZT +
dt R f
Cette équation rend bien compte du schéma équivalent représentant le film de PZT :
• Une source de courant IPZT en parallèle avec une capacité CPZT et une résistance de
fuite Rf.
CPZT
IPZT Rf U
171
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
avec
δ le déplacement de la poutre, δ' la dérivée d'ordre I et δ" la dérivée d'ordre II
tSi l'épaisseur de la plaquette de silicium
sxx Si sont les coefficients de compliance
r le coefficient d'amortissement
ω la pulsation
L la longueur de la poutre
x l'abscisse de l'électrode supérieure avec comme origine l'encastrement
D'où en remplaçant S1 et S2 par leur solution analytique dans l'expression de IPZT on obtient
donc :
⎛ 3t ( L − x ) s12 Si 3tSi ( L − x ) ⎞
d ⎜ Si 3 δ+ δ⎟
d31 ⎜ 2 L s 2 L3 ⎟
⎝ ⎠d∑
s11 + s12E ∫∫
11 Si
I PZT = E
∑
dt
172
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
1 1 ⎛ 1 1 ⎞ 1
∞
=− ⎜⎜ + ⎟⎟ de pente p = −
Aδ0 ⎝ R f Rimpédance ⎠ Aδ0
∫ Udt
0
173
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
d31 = A
(s E
11 )
+ s12E 2 L3
⎛ s12 Si ⎞
⎜⎜ 1 + ⎟⎟ 3tSi ( L − x ) ∑
⎝ s11 Si ⎠
Le banc de mesure est constitué d'un micro vérin piloté par ordinateur dont la position
peut être réglée au micron près. La libération de la poutre peut être commandée par un
électro-aimant lui aussi piloté par ordinateur. La poutre est encastrée, puis sa longueur est
mesurée ainsi que sa fréquence de résonance par profilométrie optique. Des fils d'or sont
collés à la laque d'argent sur les contacts déportés et transmettent le signal sur un circuit
permettant d'augmenter l'impédance d'entrée de l'oscilloscope numérique Tektronic TDS 210
pris comme système de mesure. Une cage de Faraday a été spécialement étudiée afin de
réduire au maximum les perturbations électromagnétiques extérieures. L'oscilloscope est
interfacé avec un ordinateur afin de traiter les données (voir Figure V-6). La poutre et le vérin
sont représentés en gros plan sur la Figure V-7, nous pouvons distinguer l'embout spécial
employé pour le vérin afin d'avoir une meilleure précision sur le point d'application de la
force. La poutre est découpée selon les plans cristallographique (110) du Si avec les
dimensions suivantes : L=40 mm et l=10 mm, ce qui fait qu'une poutre sera encastrée sur une
longueur de 10 mm pour avoir une longueur libre de 30 mm.
174
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Cage de Faraday
Electroaimant
Encastrement à mettre sur
la platine
Oscilloscope
numérique
Réhausseur
d'impédance
175
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Avant toute manipulation, nous avons polarisé le PZT avec un champ électrique de
233 [Link]-1 (Nous avons appliqué une tension de 6 V pour une épaisseur de 257 nm) afin
d'orienter les dipôles dans une direction quasi unique. En ce qui concerne la mesure, pour
chaque valeur de résistance, nous avons réalisé six acquisitions successives que nous avons
moyenné afin de réduire au maximum le bruit de mesure et pour chacune de ces six
acquisitions nous avons soustrait une tension d'offset de quelques micro-volts provenant de
notre montage. Ce décalage est calculé sur les premiers points de l'acquisition quand
l'impulsion n'est pas encore donnée à la poutre. La Figure V-8 donne un exemple typique de
courbe obtenue pour une flèche initiale de la poutre de 900 µm et pour une résistance en
parallèle de 6,8 MΩ. En tout 36 mesures sont réalisées pour extraire un coefficient
piézoélectrique d31. La Figure V-9 montre, quant à elle, la régression linéaire calculée sur
chaque point dans le repère 1/intégrale en fonction 1/Rparallèle pour la poutre 552 heures après
la polarisation, quand la constante piézoélectrique d31 est stabilisée (voir la fin de ce
paragraphe).
6,8 MΩ
0,005
0,000
Tension en V
-0,005
-0,010
-0,015
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Temps en sec.
Figure V-8 - Réponse électrique du PZT sollicité par les vibrations de la poutre. La
résistance en parallèle est de 6,8 MΩ
176
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Juste après la polarisation, le coefficient piézoélectrique d31 est de -17,8 pC.N-1, ce qui
représente un peu moins du tiers de la valeur du matériau massif. Ce coefficient diminue assez
brutalement au cours du temps et se stabilise à une valeur un peu supérieure à 7 pC.N-1 en
valeur absolue voir le Tableau V-1. Cette baisse du coefficient d31 représentée sur la Figure
V-10 est due au vieillissement du matériau piézoélectrique qui provient d'une dépolarisation
sans doute due à un champ interne 6.
-1
d31= -7,4 pC.N , mesure effectuée 552 heures
après la polarisation
-1000
-4000
1/intégrale en s.V
-5000
-6000
-7000
-8000
-9000
-10000
-8 -7 -7 -7 -7 -7 -7 -7
0,0 x10 x10 x10 x10 x10 x10 x10 x10
5,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
-1
1/Re en Ω
Figure V-9 - Droite de régression linéaire à partir de laquelle on peut extraire le coefficient
piézoélectrique d31.
Coefficient
-17,8 -11,7 -8,6 -8,2 -7,4 -18,4
d31 en pC/N
177
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
18
points de mesure
17 Ajustement exponentiel décroissant
16
15
14
-1
|d31| en pC.N
13
12
11
10
7
0 100 200 300 400 500 600
Nombre d'heures après la polarisation
Figure V-10 - Variation du coefficient d31 en fonction du temps et ajustement par une
exponentielle décroissante.
Sur les trois motifs de test disponibles, deux n'étaient pas en court-circuit et ont donné
des résultats assez similaires en terme de coefficient piézoélectrique d31. Nous avons mesuré
le coefficient d31 par la méthode du premier maximum, les valeurs trouvées sont en moyenne
inférieures de 30% par rapport à celles mesurées par la méthode de l'intégrale. Cette
différence à déjà été observée dans la littérature et peut venir de la mesure de la capacité par
l'impédancemètre 134.
178
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
En effet, vu que le PZT est gravé et que les masques sont réalisés de telle sorte que l'électrode
supérieure soit plus petite que le PZT, nous avons donc pu mesurer à l'aide d'un profilomètre
mécanique l'épaisseur de cette couche : 257 nm. À partir de là, connaissant l'épaisseur, la
surface de l'électrode supérieure et en mesurant la capacité, nous pouvons déterminer la
constante diélectrique relative du film mince de PZT qui est de 936 à 540 Hz. Si nous
balayons en tension, nous obtenons la courbe représentée sur la Figure V-11. Cette courbe a
été obtenue après polarisation de la couche de PZT (230 [Link]-1/40 min) et nous pouvons
tout d'abord constater qu'en faisant varier la tension de -4V à 4V puis de 4V à -4V, les
courbes ne sont pas superposables. Ceci est dû aux domaines ferroélectriques qui ne basculent
pas tous en même temps mais de façon graduelle. Le deuxième fait visible sur la Figure V-11
est le décalage entre la hauteur des pics de chaque coté du zéro, ce décalage peut être dû à un
champ interne qui est attribué aux contraintes dans les couches minces et au recuit rapide 7.
900
850
800
750
700
650
600
550
500
450
-150 -100 -50 0 50 100 150
-1
Champ en ([Link] )
179
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
V.4.4 Dicussion
Les résultats sur le coefficient d31 sont comparables à ceux précédemment obtenus
pour un film mince de PZT sans sous-couche de nucléation en Ti et sans barrière de diffusion
en TiOx pour l'électrode inférieure. Ceci signifie que les propriétés piézoélectriques ne sont
pas dégradées ou réduites par l'ajout des étapes technologiques présentées au chapitre IV.
Nous obtenons donc un matériau avec un coefficient d31 suffisant pour son intégration dans
les microsystèmes et une probabilité de court-circuit inférieure à 20%. En continuant dans les
comparaisons, nous avons appliqué la méthode du premier maximum pour le calcul du
coefficient d31. En moyenne, nous avons trouvé une réduction de la valeur d'un peu plus de
30% (-11,7 pC.N-1 au lieu de -17,8 pC.N-1 pour l'échantillon analysé juste après la
polarisation). Pour effectuer ce calcul nous avons dû mesurer la capacité de la structure MIM
à la fréquence de résonance de la poutre ainsi qu'estimer la résistance de fuite du PZT. Pour la
capacité, nous avons utilisé un impédancemètre HP 4192A tandis que nous avons déduit Rf
de l'ordonnée à l'origine de la droite obtenue, par exemple, sur la Figure V-9. En effet, si nous
analysons l'Equation I, nous voyons que le coefficient directeur divisé par l'ordonnée à
l'origine nous donne directement Rf. Dès lors deux points rentrent en ligne de compte, le
premier est que l'erreur sur cette valeur est assez grande (entre 15% et 20%) mais le deuxième
est que la résistance calculée est très grande devant la résistance d'entrée du système
d'acquisition. Ceci implique que Rf n'influence que très faiblement le résultat du calcul du d31.
En ce qui concerne la capacité, E. Defaÿ 134 a montré, par une méthode de calcul basée sur un
l'ajustement des points expérimentaux par un algorithme que la capacité, ainsi calculée, était
supérieure de plus de 20% à celle mesurée par l'impédancemètre. De plus, la méthode du
premier maximum est directement proportionnelle à la valeur de cette capacité 133
. La
fréquence de résonance a été mesurée par profilométrie optique et un résumé de toutes les
valeurs nécessaires aux différents calculs se trouve dans le Tableau V-2.
180
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
mesure calcul
déflexion de la poutre δ0 900 µm
fréquence de résonance 540,2 Hz 543,97 Hz
longueur de la poutre
30 mm
depuis l'encastrement
surface de l'électrode 500x500 µm²
14 mm
position de l'électrode
16 mm
de l'encastrement au centre
18 mm
résistance de fuite 227 MΩ
capacité à 540 Hz 8,05 nF
épaisseur du silicium 347 µm
valeur des résistances 3/4,7/6,8/10/
d'entrée en MΩ 15/22/33/47
Tableau V-2 - Tableau récapitulatif des éléments rentrants dans le calcul du coefficient d31
par la méthode du premier maximum et de l'intégrale
Des démonstrateurs à base de films minces de PZT ont déjà été publiés que ce soit par P.
Muralt ou par notre équipe (voir chapitre II). Le but de cette application est de montrer que
l'intégration des films minces de PZT optimisés par le procédé d'élaboration mis au point dans
le chapitre IV est possible. Pour ce faire, nous avons réalisé une membrane de silicium
actionnée par PZT, le détail de cette réalisation se trouve en Annexe II.
La modélisation a été réalisée avec le logiciel ANSYS 5.7, son principe repose sur la
division en éléments d'une structure. Les sommets de ces éléments sont des nœuds sur
lesquels nous appliquons des degrés de liberté (translation, rotation, permittivité, …). L'intérêt
de la simulation est de nous donner un ordre de grandeur de la fréquence de résonance et de la
déflexion statique de notre démonstrateur composé d'une membrane carrée et actionné par un
film mince de PZT. Le maillage, qui est la discrétisation en éléments simples de notre
structure (membrane en Si et PZT), prend en compte l'anisotropie de gravure par KOH du Si
et la forme donnée au PZT (un carré de 1 mm de coté) réalisé par attaque acide. Ce maillage
181
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
est plus resserré aux endroits où les contraintes sont les plus fortes, sous le PZT et sur le bord
de la membrane. Les dimensions de cette membrane sont mesurées et introduites dans la
simulation. L'épaisseur est mesurée au moyen d'un Palmer et la longueur du coté de la
membrane est obtenue par une mesure au profilomètre mécanique (épaisseur de 88 µm et
2,73 mm de coté pour la membrane). La première simulation nous permet de calculer le
premier mode de résonance de notre structure (simulation modale) tandis que la deuxième
nous donne la déflexion au centre de la membrane pour une tension déterminée (simulation
statique).
Le premier mode, comme le montre la Figure V-12, d'une telle structure a été trouvée
à : 155 kHz. Cette fréquence est assez élevée en raison de l'épaisseur de la membrane.
L'épaisseur du film de PZT à été mesurée sur nos structures par profilométrie mécanique, la
valeur trouvée est de 250 nm. La simulation de la déflexion statique est montrée sur la Figure
V-13 : pour une tension appliquée de 10 V, elle vaut 44,3 nm, ce qui fait une déflexion de
4,4 nm.V-1. C'est encore une fois l'épaisseur de la membrane (88 µm) qui est la cause de la
faible déflexion obtenue.
Fréquence de résonance
154,96 kHz
182
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Déplacement de la membrane
44,3 nm
Figure V-13 - Simulation par élément finis de la déflexion statique de la membrane sous
l'action du PZT polarisé à une tension de 10 V
183
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
dδ
δ = A sin(ωt ) → v = = Aω cos(ωt )
dt Équation N°2
avec ω = 2πf
La mesure a été effectuée après polarisation du PZT sous un champ de 170 [Link]-1
pendant 40 min sur deux membranes. L'amplitude du déplacement est visible sur la Figure
V-14, elle vaut 1,47 nm.V-1 et le premier mode de résonance se trouve à 162,4 kHz. Nous
n'avons pas pu observer les modes d'ordre supérieur en raison de la limite de bande passante
imposée par l'amplificateur qui interface l'analyseur de réseau et la membrane. En outre, nous
remarquons que ce pic n'est pas unique, ce sont certainement les conditions d'encastrement
qui jouent ici un rôle prépondérant. Sur la Figure V-15 nous avons représenté la phase en
fonction de la fréquence pour la deuxième membrane testée. Nous pouvons observer un
changement de phase autour de la fréquence de résonance. Les mesures sur deux membranes
provenant de la même plaquette de silicium ont donné les mêmes résultats, en prenant en
compte l'inhomogénéité de gravure du silicium en face arrière et aussi de la précision du
palmer pour mesurer l'épaisseur de la membrane (± 3 µm). L'écart maximum que nous avons
mesuré entre la simulation de la fréquence de résonance et nos membranes ne dépasse pas les
5%.
La simulation de la déflexion statique de la membrane ne prend pas en compte dans le calcul
les coefficients piézoélectriques du matériau massif mais des valeurs correspondant environ
au tiers de celles-ci compte tenu de ce qui a été dit au paragraphe II-3. Cette division par un
facteur trois est en accord avec ce que nous avons mesuré pour le coefficient d31. La
simulation ne donne qu'un ordre de grandeur qui est de 4 nm.V-1 et ne doit pas être comparée
à nos résultats de mesure de déplacement (1,47 nm.V-1). En effet, la simulation représente la
déflexion statique de la membrane.
Nous avons, au cours des différents tests, remarqué une "fatigue" du PZT en fonction du
temps. En effet, juste après la polarisation le déplacement est un peu inférieur à 3nm/V, puis il
184
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
se stabilise ensuite autour de 1,5 nm/V (au bout de quarante minutes d'excitation à la
fréquence de résonance, le déplacement est de 1,3 nm/V).
1,4
-1
déplacement de la membrane en nm.V
1,2
-1
1,0 1,47 nm.V
162,4 kHz
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
0 50 100 150 200 250 300 350
Fréquence en kHz
185
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
0
Phase en deg
-50
-100
-150
V.6. Conclusion
Nous avons réalisé des poutres et des membranes avec un motif de PZT dont les
paramètres de dépôt ont été optimisés dans le chapitre IV. La mesure du coefficient d31 a été
effectuée par la méthode de la poutre vibrante. Nous avons éliminé la détermination délicate
de plusieurs facteurs (résistance de fuite, capacité du PZT) en appliquant la méthode de
l'intégrale mise au point au laboratoire par E. Defaÿ. Les résultats sont 30% supérieurs à ceux
obtenus par la méthode du premier maximum. Nous obtenons une valeur du d31
de -17,8 pC.N-1 qui se stabilise autour de -7 pC.N-1 après une centaine d'heure. La constante
diélectrique relative est de 936 à 540 Hz. Ces valeurs se situent dans la moyenne des films
minces de PZT déposés par pulvérisation. L'actionnement d'une membrane de Si par un motif
de PZT a été simulé par éléments finis et mesuré par vibromètre laser. La simulation et les
mesures tombent en accord pour les fréquences de résonance à 5% près. Le déplacement de la
membrane en fonction de la tension appliquée aux bornes du PZT donne une valeur de
1,47 nm.V-1 avec un changement de phase autour de la fréquence de résonance. La simulation
186
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
en mode statique nous a donné un ordre de grandeur de 4 nm.V-1. De plus nous avons
remarqué le phénomène de fatigue du PZT puisque à fréquence constante, la déflexion de la
membrane diminue en fonction du temps. Ce phénomène est bien connu pour des électrodes
en platine, il est souvent attribué au "pinning" des domaines qui bloque ou au moins diminue
la mobilité de ceux ci. Cette fatigue peut être réduite par l'utilisation d'oxydes conducteurs
comme le RuO2 (voir paragraphe IV.3).
187
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
Bibliographie du chapitre V
4 CATTAN E., HACCART T., VELU G., REMIENS D., BERGAUD C., NICU L.,
Piezoelectric properties of PZT films for microcantilever, Sensors and Actuators, 1999, Vol.
74, pp. 60-64
6 GROSSMANN M., LOHSE O., BOLTEN D., BOETTGER U., SCHNELLER T.,
The interface screening model as origin of imprint in PbZrxTi1-xO3 thin films. I. dopant,
illumnation, and bias dependence, Jounal of applied physics, 2002, Vol. 95, N°5, pp.2680-
2687
188
Chapitre V - Technologie pour la réalisation de démonstrateurs et mesure du coefficient piézoélectrique d31
189
Conclusion générale
Conclusion générale
Le travail de recherche s'est déroulé autour de deux grands axes. Le premier axe
concernait les interactions entre les différentes couches métalliques lors des recuits rapides
avec en particulier l'étude des phénomènes de diffusion du Ti. Le second axe consistait à
améliorer la cristallisation du PZT dans la phase pérovskite orientée [111]. Notre recherche a
été guidée par une étude bibliographique portant sur les phénomènes de nucléation du PZT
par des films de Ti. En effet la littérature nous montre qu'une fine couche de Ti ou d'un
composé riche en Ti (PbTiO3) à l'interface PZT/Pt provoque une diminution de la température
de nucléation et une orientation préférentielle [111] de la phase pérovskite. L'emploi de cette
technique de nucléation a surtout été décrit pour les dépôts de PZT par voie liquide. Ce travail
de thèse a donc contribué à l'amélioration des connaissances des effets de cette couche pour
les dépôts obtenus par pulvérisation cathodique.
Nous avons élaboré des films minces de PZT (52/48) par pulvérisation cathodique
radio-fréquence magnétron à partir d'une cible stœchiométrique frittée à chaud. Les dépôts
métalliques ont été aussi réalisés par pulvérisation cathodique avec des cibles de Ti ou de Pt.
Les cristallisations des différentes couches ont été effectuées par recuit rapide de type RTA
afin de maîtriser le budget thermique.
191
Conclusion générale
192
Conclusion générale
polarisation rémanente de 13,8 µ[Link]-2, un champ coercitif de 150 [Link]-1 et une constante
diélectrique relative, après polarisation, de plus de 930.
Le coefficient piézoélectrique d31 a été mesuré par la méthode de la poutre vibrante, et
vaut -17,8 pC.N-1 après polarisation (ce qui correspond presque au tiers de la valeur courante
pour le matériau massif). Cette valeur a été obtenue par la méthode de l'intégrale qui nous
dispense des mesures délicates de paramètres comme la résistance de fuite ou la capacité du
multicouche inhérentes à la méthode du premier maximum. La valeur mesurée dans ce travail
est 30% supérieure à celle calculée par la méthode du premier maximum.
Un microsystème a été réalisé au moyen du procédé d'élaboration optimisé par la barrière de
diffusion pour l'électrode inférieure et par la couche de nucléation en Ti pour le PZT. Il s'agit
d'une membrane de 88 µm d'épaisseur et d'une surface de 7,45 mm² actionnée par un film
mince (257 nm) de PZT orienté [111]. La fréquence de résonance confirmée par simulation
par éléments finis, est de 162,4 kHz et le déplacement de la membrane à cette fréquence de
résonance est de 1,47 nm.V-1.
Nous avons donc défini une suite d'étapes technologiques optimale pour l'élaboration
du multicouche Métal/PZT/Métal, afin de l'intégrer avec succès dans un procédé complet
destinés à la fabrication de microsystèmes piézoélectriques.
193
ANNEXE I
195
ANNEXE I
197
ANNEXE II
199
ANNEXE II
Dans cette annexe nous décrivons les étapes technologiques et les masques
nécessaires à l'obtention de la membrane vibrante. Les figures ci dessous montrent une vue de
dessus, une vue en coupe en perspective et une photographie de la face avant de la micro-
pompe. Les masques montrent le nombre d'étapes de gravures soit par lift-off soit par attaque
acide. La taille du substrat est cette d'une plaquette de silicium de 2" (5,08 cm). Seules les
étapes de face avant ont été réalisées.
Photographie du dispositif avec toutes les étapes technologiques réalisées en face avant
201
ANNEXE II
202
ANNEXE III
203
ANNEXE III
Photographie du design des électrodes supérieures utilisées pour la caractérisation des cycles
ferroélectriques. La taille des électrodes varie de 50 µm à 450 µm de coté.
205
FOLIO ADMINISTRATIF
THESE SOUTENUE DEVANT L'INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES
DE LYON
TITRE :
Contribution à l'étude de procédés de réalisation de structures métal/PZT/métal sur silicium pour microsystèmes
piézoélectriques
RESUME :
Ce travail de thèse a pour but l'optimisation du procédé d'élaboration du multicouche Métal/PZT/Métal
sur substrat de silicium. Nous avons élaboré des films minces de PZT(52/48) (Pb(Zr0,52Ti0,48)O3) par
pulvérisation cathodique. Les cristallisations des différentes couches ont été effectuées par recuit rapide de type
RTA. Nous avons dans un premier temps confirmé la stabilisation de l'électrode inférieure par l'arrêt de la
pénétration du Ti au travers du Pt dans la bi-couche de type Pt/TiOx. Les mesures réalisées par SIMS montrent
qu'une couche de TiOx de 20 nm d'épaisseur stoppe la diffusion du titane dans le Pt lors du recuit de l'ensemble
de l'électrode inférieure. Par ailleurs une couche de nucléation en Ti déposée sur une électrode de type Pt/TiOx
améliore la cristallinité du PZT lors du recuit de cristallisation. L'orientation exclusive ou au moins majoritaire
de la phase pérovskite du PZT dans la direction [111] a été montrée par diffraction X. Une étude systématique de
l'homogénéité surfacique des propriétés ferroélectriques des cycles d'hystérésis a été réalisée. Elle a montré que
le Ti en couche de nucléation permet d'avoir un rendement de 80% de contacts carrés de 450 µm de coté sans
court-circuit. L'oxydation en TiOx de cette couche de nucléation montre une dégradation des propriétés
ferroélectriques et une perte de l'orientation préférentielle du PZT dans la direction [111]. Nous avons constaté
que le recuit de l'électrode inférieure sous azote augmentait l'occurrence de court-circuit. De plus une phase
pyrochlore orientée [222] ou [400] apparaît sur les figures de diffraction X que ce soit dans le cas d'une sous-
couche en TiOx ou dans le cas d'un recuit de l'électrode inférieure sous azote. Une étude sur l'épaisseur de la
couche de nucléation a confirmé l'existence d'une épaisseur critique (3 nm) au-delà de laquelle une perte
d'orientation cristalline de la couche de PZT et aussi une dégradation de cette couche a été observée. Des
mesures piézoélectriques ont été réalisées au moyen d'une poutre vibrante, la valeur du d31 juste après la
polarisation est de -17,8pC.N-1. Un démonstrateur a montré que le film mince de PZT, élaboré d'après
l'optimisation décrite ci dessus, permet de mettre en vibration une membrane de silicium de 88 µm d'épaisseur.
MOTS-CLES :
PZT, Silicium, films minces, pulvérisation cathodique, recuit rapide, couche de nucléation en titane, diffusion du
titane, MEMS
Président de jury :
Composition du jury : Denis RÈMIENS, Sylvain BALLANDRAS, Daniel BARBIER, Gérard GUILLOT,
Marc AÏD, Christophe MALHAIRE