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Formes Linéaires et Hyperplans

Ce document traite des formes linéaires et des hyperplans dans un espace vectoriel K. Il définit les hyperplans comme des sous-espaces vectoriels ayant une dimension de n-1 et introduit des théorèmes sur les relations entre formes linéaires et hyperplans. Des exemples et des exercices illustrent les concepts abordés, notamment les équations des hyperplans et des sous-espaces vectoriels.

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Formes Linéaires et Hyperplans

Ce document traite des formes linéaires et des hyperplans dans un espace vectoriel K. Il définit les hyperplans comme des sous-espaces vectoriels ayant une dimension de n-1 et introduit des théorèmes sur les relations entre formes linéaires et hyperplans. Des exemples et des exercices illustrent les concepts abordés, notamment les équations des hyperplans et des sous-espaces vectoriels.

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FORMES LINÉAIRES

Dans tout le chapitre, K désigne R ou C .

I. Formes linéaires et hyperplans

Déf 1:
Soit E un K -espace vectoriel. On appelle hyperplan de E tout sous-espace vectoriel H de E qui
admet une droite vectorielle pour supplémentaire.
(Rem : Si E est de dimension finie n ∈ N ∗ , cela équivaut à : dim( H ) = n − 1 .)

Prop 1:
.
Si H est un hyperplan de E , alors, pour tout vecteur a ∈
/ H , on a : E = H ⊕ Ka .

Déf 2:
Soit E un K -espace vectoriel. On appelle forme linéaire sur E une application linéaire de E dans le
corps de base K .
L’espace vectoriel L ( E, K ) des formes linéaires sur E s’appelle l’espace vectoriel dual de E , et est
noté E⋆ .
Rem: Si E est de dimension finie, on a : dim E = dim E⋆ (car dim L ( E, K ) = dim E × dim K ).

Exemples de référence
1. Soit D un ensemble non vide et x0 ∈ D . L’application ϕ : f 7→ f ( x0 ) est une forme linéaire sur le
K -espace vectoriel A( D, K ) (appelée évaluation en un point).
Z b
2. Soit [ a ; b] un intervalle de R . L’application ϕ : f 7→ f est une forme linéaire sur le C -espace
a
vectoriel C ([ a ; b], C ) des fonctions continues sur [ a ; b] à valeurs dans C .
3. Soit E un espace vectoriel de dimension finie n , rapporté à une base B = (e1 , . . . , en ) .
On peut alors considérer les n applications de E dans K , e∗i pour i ∈ J1 ; nK, définies par :
n
∀x = ∑ xi ei ∈ E, e∗i ( x ) = xi .
i =1

Alors les e∗i sont des formes linéaires sur E , appelées formes linéaires coordonnées dans la base B .

Il est alors facile de vérifier que la famille e∗i , 1 6 i 6 n est libre ; puisque le cardinal de cette famille
est n = dim E = dim E⋆ , cette famille forme une base de E⋆ , appelée base duale de B .

Théorème 1:
1. Un sous-espace vectoriel H de E est un hyperplan si et seulement si il existe une forme linéaire
ϕ ∈ E⋆ , non nulle, telle que : H = Ker ϕ .
2. Si ϕ et ψ sont deux formes linéaires non nulles sur E telles que Ker ϕ = Ker ψ , alors il existe
λ ∈ K tel que ψ = λϕ .

II. Équations d’un hyperplan

Déf 3:
Si H est un hyperplan de E et si ϕ ∈ E⋆ (non nulle) est telle que H = Ker ϕ = { x ∈ E | ϕ( x ) = 0} ,
l’équation ϕ( x ) = 0 s’appelle une équation de l’hyperplan H .
Dans toute la suite, E désigne un K -espace vectoriel de dimension finie n ∈ N ∗ .

Soit B = (e1 , . . . , en ) une base de E .


On sait que toute forme linéaire ϕ sur E est entièrement caractérisée par la donnée des images des vecteurs
d’une base, donc ici les scalaires ai = ϕ(ei ) .
Si x est un vecteur de E de coordonnées ( x1 , . . . , x n ) dans la base B , on a alors :
!
n n n
ϕ( x ) = ϕ ∑ x i ei = ∑ x i ϕ( ei ) = ∑ ai x i .
i =1 i =1 i =1

Cette expression de ϕ( x ) en fonction des coordonnées de x s’appelle l’expression analytique de ϕ dans la


base B .
Remarques
n n
1. L’égalité ϕ( x ) = ∑ ai xi peut aussi s’écrire ϕ( x ) = ∑ ai e∗i ( x ) , où (e∗i ) désigne la base duale de B .
i =1 i =1
n
Ainsi, ϕ = ∑ ai e∗i , et les ai sont les coordonnées de ϕ dans la base duale.
i =1

2. Réciproquement, il est facile de vérifier que toute application de ce type est bien une forme linéaire
sur E , puisque, d’après le calcul ci-dessus, il s’agit d’une combinaison linéaire des e∗i .
On a donc obtenu ainsi l’expression générale d’une forme linéaire sur un espace vectoriel de dimension finie
dans une base donnée.

Conséquence :
Si H est un hyperplan de E , et si H = Ker ϕ où ϕ est une forme linéaire non nulle sur E , H est
n
l’ensemble des vecteurs x de coordonnées ( x1 , . . . , x n ) tels que ∑ ai xi = 0 (où les ai sont des scalaires
i =1
non tous nuls, ce sont les images des vecteurs de B par ϕ ).
n
L’équation ∑ ai xi = 0 s’appelle alors une équation de H dans la base B .
i =1

Prop 2:
n n
Soient H et H ′ deux hyperplans de E , d’équations respectives dans B : ∑ ai xi = 0 et ∑ bi xi = 0 .
i =1 i =1
Alors H ′ = H si et seulement si il existe un scalaire λ tel que pour tout i ∈ J1 ; nK on ait bi = λai .

Exemples
1. Dans R2 rapporté à sa base canonique (e1 , e2 ) , l’ensemble des couples ( x, y) qui vérifient une équation
de la forme ax + by = 0 avec ( a, b) 6= (0, 0) est une droite : c’est le noyau de la forme linéaire non
nulle ϕ telle que ϕ(e1 ) = a et ϕ(e2 ) = b .
Un vecteur de base de cette droite est le vecteur (−b, a) .
Si a′ x + b′ y = 0 est une autre équation de cette droite, alors il existe λ ∈ R tel que : a′ = λa et b′ = λb .
2. Dans R3 rapporté à sa base canonique (e1 , e2 , e3 ) , l’ensemble des triplets ( x, y, z) qui vérifient une
équation de la forme ax + by + cz = 0 avec ( a, b, c) 6= (0, 0, 0) est un plan (c’est le noyau de la forme
linéaire ϕ telle que ϕ(e1 ) = a , ϕ(e2 ) = b , ϕ(e3 ) = c ).
Si a′ x + b′ y + c′ z = 0 est une autre équation de ce plan, alors il existe λ ∈ R tel que : a′ = λa, b′ = λb
et c′ = λc .

Rem: Ces résultats concernant l’équation d’un hyperplan, et plus particulièrement d’un plan en dimen-
sion 3 , sont importants à retenir, et il faut penser à les utiliser car ils simplifient grandement
certaines démonstrations.

Exercice Dans R3 , écrire une équation du plan P engendré par les vecteurs u = (1, −1, 1) et v = (1, 2, 3) .
III. Équations d’un sous-espace vectoriel

Théorème 2:
Soit E un K -espace vectoriel de dimension finie n ∈ N ∗ .
Si ( ϕ1 , . . . , ϕ p ) est une famille libre de p formes linéaires sur E ( p ∈ N ∗ ), le sous-espace vectoriel
p
\
F= Ker ϕi = { x ∈ E | ∀ i ∈ J1 ; pK , ϕi ( x ) = 0}
i =1

est un sous-espace vectoriel de E de dimension n − p .


L’ensemble des p équations ϕi ( x ) = 0 ( 1 6 i 6 p ) s’appelle un système d’équations de F .

Rem: La même démonstration montre que, si ( ϕ1 , . . . , ϕ p ) est une famille de p formes linéaires sur E ,
de rang r , alors dim F = n − r .

Exercice Déterminer une base du sous-espace vectoriel F de R5 dont un système d’équations est :

 x1 + 3x2 − 2x3 + 2x4 + 3x5 = 0

x1 + 4x2 − 3x3 + 4x4 + 2x5 = 0


2x1 + 3x2 − x3 − 2x4 + 9x5 = 0

Le théorème précédent possède une sorte de réciproque.

Théorème 3:
Soient E un K -espace vectoriel de dimension finie n ∈ N ∗ et F un sous-espace vectoriel de E de
dimension p 6 n − 1 .
Il existe n − p formes linéaires indépendantes ϕ1 , . . . , ϕn− p telles que

n− p
\
F= Ker ϕi
i =1

c’est-à-dire telles que, pour tout x ∈ E :


 
x ∈ F ⇐⇒ ϕ1 ( x ) = 0, ϕ2 ( x ) = 0, . . . , ϕn− p ( x ) = 0 ( S)

(S) est un système d’équations de F .

Exercice Dans R5 , écrire un système d’équations du plan P engendré par les vecteurs u = (1, −1, 1, −1, 0)
et v = (0, 1, −1, 1, −1) .

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