Suites arithmétiques et géométriques
Suites arithmétiques et géométriques
financières
Chapitre
Les suites numériques
1
1 Les suites arithmétiques
A – La définition d’une suite numérique
Une suite numérique est un ensemble « ordonné » de nombres réels appelés termes pouvant être définie par une
relation de récurrence ou une relation générique.
Une relation de récurrence est une relation qui permet de déterminer le terme de rang p + 1 en fonction du terme
qui le précède et qui est de rang p (p > 0) : up+1 = f(u )p
Une relation générique permet de déterminer un terme en fonction de son rang p et de u 1, premier terme de la suite
considérée : up = F(u ;p)1
À noter • Il existe deux grands types de suites : les suites arithmétiques et les suites géométriques (ces suites sont
encore appelées progressions arithmétiques ou progressions géométriques).
Nous obtenons up 1+ = up + R = u1 + pR
Nous arrivons à une relation analogue à celles qui nous permettent de déterminer les premiers termes de la suites :
le terme de rang p d’une suite arithmétique est égal au premier terme de cette suite augmenté d’un nombre égal
au produit de la raison par le rang du terme cherché diminué de 1.
D’où la relation générique : up = F(u1
;p) = u1 + (p-1)R
Nous pouvons constater qu’une suite arithmétique est entièrement déterminée par la donnée de son premier terme
et de sa raison.
+
Sn = u1 + u2 + u3 + + + + un 1− + un
up
+
un p 1− + ++ u2 + u1
Soit encore : Sn = un + un 1− + un 2− +
En utilisant la relation générique, nous constatons que up + un p 1− + est égal à u1 + un
∑n n(u1 + u )n
Soit up = Sn =
2
p=1
u3 = u2× q = u1×
q2
u4 = u3× q =
u1×
q3
q q
Si nous posons up = up−1×q = u1× p 1− , nous obtenons up+1 = up ×q = u1× p
Nous constatons alors que nous obtenons une relation analogue à celles qui nous permettent de déterminer les
premiers termes de la suites : le terme de rang p d’une suite géométrique est égal au premier terme de cette suite
multiplié par un nombre égal à la raison élevée à une puissance égale au rang du terme cherché diminué de 1, d’où
q
la relation générique : up = F(u ;p)1 = u1× p 1−
Nous pouvons alors constater qu’une suite géométrique est entièrement déterminée par la donnée de son premier
terme et de sa raison.
Sn = u1 + u2 + u3 + + up + + + un
Nous avons donc : un 1−
q
Sn u2 u3 u4 up 1 un q un
Par différence membre à membre, nous arrivons à :
Par contre si q = 1, tous les termes de la suite sont égaux entre eux et en particulier à u1 , d’où le résultat suivant : si
q = 1 alors Sn = n x u1.
À noter • Ce chapitre n’est pas très développé car des applications apparaitrons dans les chapitres suivants. Il sera
alors demandé au lecteur de reconnaître une suite arithmétique, une suite géométrique ou une combinaison des
deux.
p=1
= 50 (2u 1 + 99R)
d’où 2 u1 + 99 R = 416
60
= 30 (2u 1 + 59R)
d’où 2 u1 + 59 R = 256.
Soit à résoudre :
2 u1 + 99 R = 416 u1 = 10
+ 59R = 256 ⇒ = 4
R
2 u1
Nous travaillons donc avec la suite arithmétique A(10 ; 4).
Le 50e terme de cette suite est donc égal à u1 + 49 R = 206.
→ si a = 1 13 = + 3*12 + 3*1
23 = 13 + 3*22 + 3*2
→ si a = 2 33 = 23 + 3*32 + 3*3
- - -
43 = 33 -
→ si a = 3 - - -
- - -
- - - 1
- -
+ + 3*(n-1) + 1
→ - - 3*(n-1)2 3*n2 3*n +
+ + 1
- -
+ 1
- - -
- -
-
- - -
n3 = (n-
si a = n-1 → 1)3 - -
si a = n → (n + 1)3 = + 1
n3 + 1
(n + 1)3 = 3*S2 + 3*S + (n + 1)*1
(c’est la somme des n premiers termes d’une suite arithmétique de premier terme 1 et de raison 1).
D’où
3 ×S 2 = (n + 1) - 33 × n(n + 1) - (n + 1) = n(n + 1)(2n + 1)
⇒
2 2
n(n + 1) (2n + 1)
S = 2
6
4 Le résumé
Sn = n(u1 + u )n
2
Relation générique : up = u1+ (p 1)R−
Somme des n premiers termes :
Si q ≠ 1
Relation récurrente : up 1+ = up ×q
= u1qn
−− 11 =u111 −− qqn
Sn q
Relation générique : up = u1×qp 1−
si q = 1 ⇒ Sn = n ×u1
Chapitre
Les intérêts simples
2
1 L’introduction
A – Les généralités
Il est parfois intéressant, dès qu’une certaine liquidité d’argent est disponible, de déposer son argent sur un compte
qui rapporte un intérêt. Il est parfois nécessaire d’avoir besoin d’argent frais pour effectuer un investissement et de
contracter un emprunt qui nous obligera à payer un intérêt.
Nous voyons ainsi apparaître la notion d’intérêt qui peut être considéré comme la rémunération d’un placement (ou
d’un prêt).ou comme le prix payé par un emprunteur pour utiliser un capital pendant un temps donné. L’intérêt peut
donc être considéré comme le loyer de l’argent prêté.
Au niveau théorique, un prêt et un emprunt sont des notions similaires et symétriques : s’il y a prêt, c’est qu’il y a
emprunteur. Tout problème financier peut donc se résumer par une relation entre une partie prêteuse et une partie
emprunteuse.
t0 t1
X intérêt Y
La valeur acquise est donc, comme la valeur nominale, associée à une date (désignée ci-dessus par t1).
La valeur actuelle pour un capital, au contraire, se détermine avant sa date origine et est égale à sa valeur nominale
diminuée de l’intérêt qui prend dans ce cas le nom d’escompte. Le schéma financier devient donc :
t -1 t0
Y escompte X
La valeur actuelle est donc, comme la valeur nominale, associée à une date (désignée ci-dessus par t-1).
Nous pouvons alors constater que la valeur acquise, comme la valeur actuelle, sont des valeurs d’un capital à une
date choisie encore appelée date d’évaluation. La valeur d’un capital est donc, en général, supérieure à la valeur
nominale si la date d’évaluation est postérieure à la date origine et inférieure à la valeur nominale si la date
d’évaluation est antérieure à la date origine.
Dans tous les cas, l’intérêt, ou l’escompte, sera proportionnel à la valeur nominale et augmentera avec la durée
séparant la date origine de la date d’évaluation.
C – Le taux d’intérêt
Il est courant, pour pouvoir effectuer des comparaisons, que l’intérêt s’exprime par une valeur de base appelée taux
d’intérêt : c’est l’intérêt rapporté par un capital égal à une unité monétaire placé pendant une unité de temps. En
France, et si rien n’est précisé, l’unité monétaire est l’euro (€) et l’unité de temps est l’année. Nous désignerons
souvent ce taux d’intérêt, dit taux annuel, par la lettre i.
11
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 12 13
14 15
Il faut également savoir qu’il est courant en comptabilité de considérer qu’une année est composée de 12 mois de
30 jours (année commerciale). Attention, car même dans ce cas, si les durées sont données de date à date les mois
doivent être obligatoirement décomptés pour leurs durées respectives. Il est en effet difficile d’affirmer que le mois
de février ou le mois de juillet ont une durée de 30 jours.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
G97
2 Les intérêts simples
A – Le principe
Nous avons vu dans l’introduction que l’intérêt est proportionnel à la valeur nominale. En intérêts simples, celui-ci
est également proportionnel à la durée de placement et au taux d’intérêt.
Si nous désignons par X la valeur nominale (en euros), par n la durée de placement (en années), par i le taux
d’intérêt annuel et par I les intérêts rapportés par ce placement, nous arrivons à la relation de base suivante :
I =Xxixn
La valeur Y acquise par ce placement n années après son commencement sera alors égale à :
Y=X+I
I = Xin
k
Un petit problème se pose cependant pour la détermination du taux d’intérêt journalier. En effet, si nous considérons
que l’année est divisée en 12 mois de 30 jours, soit 360 jours, nous arrivons au taux i
journalier commercial proportionnel au taux i annuel égal à , alors que si nous considérons 360
que l’année est divisée en 365 jours (366 jours pour les années bissextiles), nous arrivons au taux jour-
i i
nalier civil proportionnel au taux i annuel égal à ou .
365 366
À noter • Si aucune précision n’est donnée, le taux d’intérêt sera annuel et la procédure sera celle de l’intérêt
commercial.
N’oublions pas que, même dans ce cas, si la durée est donnée de date à date, les mois doivent être décomptés pour
leurs durées respectives.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
Nous arrivons ainsi à un résultat peut-être gênant : si vous placez un capital de X euros à un taux d’intérêt annuel i
pendant un an, celui-ci vous rapportera un intérêt égal à Xi = I. Si le même capital est placé dans les mêmes conditions
du 1er janvier au 31 décembre de la même année non-bissextile (soit une durée de 364 jours), l’intérêt rapporté
suivant la procédure commerciale sera de :
I ′ = X
× i × 364 360
et celui rapporté suivant la procédure de l’intérêt civil sera égal à :
I ′′= X × i × 364
365
Nous constatons alors que I″ < I < I′. Par soucis de justice et dans ce cas, l’intérêt rapporté sera égal à I.
C – Une remarque
Cette procédure des intérêts simples concerne principalement les opérations financières à court terme.
À noter • Le choix de l’unité « mois » évite les problèmes intérêt civil - intérêt commercial.
t0 n mois t1
5 000 75 5 075
3,6%
Par convention, les dates et la durée se mettront au dessus de l’axe du temps et les capitaux, ainsi que l’intérêt
(différence entre « valeur de fin » et « valeur de début ») iront sous cet axe. Il faut donc résoudre l’équation :
G99
B – L’exemple 2 : Notion de taux moyen
Trois capitaux sont placés à intérêts simples le 5 mai de l’année N mais à des conditions différentes :
- le premier : 2 500 € à 2,50 % jusqu’au 15 juin de l’année N ;
- le deuxième : 1 500 € à 4,40 % jusqu’au 10 juillet de l’année N ; - le troisième : 2 200 € à
3,60 % jusqu’au 8 août de l’année N.
Calculer le taux moyen applicable à ces trois placements, c’est-à-dire le taux unique qui, appliqué aux trois capitaux
et pour leurs durées respectives de placement, donnerait le même montant d’intérêt total.
Visualisons le problème sur un schéma financier (sur ce schéma, les inconnues choisies sont définies) :
41 jours
05/05 = n1 jours 15/06
2,5%
= i1
2 500 I1 V1
= C1
66 jours
05/05 = n2 jours 10/07
4,4%
= i2
1 500 I2 V2
= C2
95 jours
05/05 = n3 jours 08/08
3,6%
= i3
2 200 I3 V3
= C3
C1 × n1 × i1 + C2 × n2 × i2 + C3 × n3 × i3 =
360 360 360
C1 × n1 × i + C2 × n2 × i + C3 × n3 × i
360 360 360
100G
D’où :
C1 × n1 × i1 + C2 × n2 × i2 + C3 × n3 × i3
= i C1 × n1 + C2 × n2 + C3 ×
n3
En remplaçant les inconnues par leurs valeurs respectives, nous obtenons un taux moyen de 3,5183 %.
À noter • Le fait de ne pas chiffrer les intérêts partiels et de travailler d’une manière littérale nous indique que
l’appellation « taux moyen » pour i est exacte : ce taux i est la moyenne des taux i 1, i2 et i3 pondérée par des
coefficients qui sont les produits des capitaux par leurs durées de placement respectives en jours (C 1 n1, C2 n2 et C3
n3). Ces coefficients sont encore appelés « Nombres ».
1 875
Le précomptage des intérêts sur deux ans signifie que cette personne reçoit à l’avance, c’est-à-dire au moment de
son placement, les intérêt de deux ans soit 150 €
Tout revient donc à dire que le capital effectivement placé n’est plus le nominal du bon de placement mais prend
une valeur inférieure au nominal (il est diminué de 150 €). Bien entendu, le capital remis en fin de placement sera
inférieur à celui ci-dessus (il sera également diminué de 150 €).
Le schéma financier correspondant est donc :
Chapitre 7 • Les intérêts simples
ib 0 5 ans 5
• 101 G
Le taux effectif de placement brut est donc le taux i b qui permet à un capital de 1 350 € d’acquérir une valeur de 1
725 € au bout de 5 ans.
Tout revient donc à ce que cette personne a déboursé 1 395 € et récupéré 1 657,50 € au bout de cinq années de
placement.
Le taux effectif de placement net est donc le taux in qui permet à un capital de 1 395 € d’acquérir une valeur de 1
657,50 € au bout de 5 ans.
Intérêt I proportionnel au capital X, au taux d’intérêt i et à la durée n (les unités de ces trois
variables doivent être compatibles).
Relation générique : I = Xin
simples 3
1 La présentation
A – Le problème posé
Aujourd’hui, 9 février 2005, Sylvie vient d’avoir une envie subite et achète un bouquin de mathématiques à Julien. Ce
bouquin de Mathématiques coûte actuellement 46 € et Sylvie n’a pas d’argent, aussi négocie-t-elle cet achat.
Elle demande à Julien si elle peut prendre tout de suite son bouquin de Mathématiques et le lui payer seulement le
15 juin de la même année. Julien, bon prince, accepte mais fait quand même signer une reconnaissance de dette à
Sylvie (on ne sait jamais). Cette reconnaissance de dette, ou effet de commerce, se présente sous la forme suivante :
Montant nominal de la dette
RECONNAISSANCE de DETTE
Tout se passerait ainsi sans problème si Julien n’avait pas un besoin urgent d’argent le 1er avril 2005.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
Le 1er
avril Julien va donc trouver Sylvie et lui demande de verser ce qu’elle lui doit mais celle-ci lui rétorque qu’elle n’a
toujours pas d’argent et que, de toutes façons, elle a signé une reconnaissance de dette stipulant que cette dette
serait réglée le 15 juin (soyez gentil !).
Julien, ayant toujours son besoin de liquidité, va donc trouver Marie, en lui montrant la reconnaissance de dette
signée par Sylvie et lui demande si, par hasard, elle ne pourrait pas lui avancer les 46 €
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples
en échange de cette reconnaissance de dette. Marie accepte à condition que Sylvie lui paye les 46 € comme
prévu le 15 juin et de ne verser que 44,50 € à Julien qui devra s’estimer payé.
Le 1er avril s’appelle date de négociation de l’effet et les 44,50 € représentent la valeur actualisée au 1 er avril
des 46 € payables le 15 juin. La différence entre les 46 € et les 44,50 €, 1,50 €, prennent alors le nom
d’escompte.
B – Les définitions
L’escompte, pour le juriste, peut être défini comme l’opération par laquelle un banquier met à la disposition
de son client le montant d’un effet de commerce avant son échéance sous déduction d’un intérêt.
Un effet de commerce, dont le rôle est de reconnaitre une dette, est caractérisé par sa date de création, sa
date d’échéance (ou d’extinction) et sa valeur nominale (ou montant payable à l’échéance).
Cet effet de commerce peut être escompté (ou négocié) à toute date comprise entre sa date de création et
sa date d’échéance. La date où cet effet a été remis à l’escompte prend alors le nom de date de négociation.
Le jour de la négociation, le banquier indiquera à son client, la valeur compensatoire (ou valeur actuelle ou
actualisée) de son effet et le taux d’escompte à la date de remise. L’intérêt prélevé par le banquier prend le
nom d’escompte.
La valeur actuelle à la date de remise d’un effet est égale à sa valeur nominale diminuée de son escompte.
C – L’escompte rationnel
Normalement, le schéma financier correspondant à ce problème d’escompte doit traduire le fait que la valeur
nominale C d’un effet est égale à la valeur acquise par sa valeur actuelle Ar à la date d’échéance, soit n jours
plus tard :
Date de négociation Date d’échéance
Ar n jours C = A r + er
L’escompte er représente donc l’intérêt produit par un capital Ar placé pendant n jours. Si
nous désignons par i le taux d’intérêt (ou d’escompte), nous avons alors :
A nir
er = 360A niret C = Ar + 360 d’où Ar = 360360+C ni et er =
360Cni+ ni
Nous constatons ainsi que, pour calculer Ar, il faut effectuer un calcul relativement compliqué.
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples
D – L’escompte commercial
Pour simplifier le calcul ci-dessus et comme la valeur nominale est indiquée sur l’effet, le banquier, tout en
gardant le même schéma, préfère considérer que l’escompte est l’intérêt calculé, non pas sur la valeur
actuelle, mais sur la valeur nominale.
En désignant par ec l’escompte commercial et par Ac la valeur actuelle commerciale, nous arrivons a :
Date de négociation Date d’échéance
Ac n jours C = A c + ec
À noter • Si dans un exercice rien n’est précisé, l’escompte commercial doit être utilisé.
2 La pratique de l’escompte
A – Le bordereau d’escompte
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples
La remise d’effets à l’escompte dans une banque entraine non seulement la retenue de l’escompte, mais aussi
la retenue de diverses commissions et de la TVA. L’ensemble de ces retenues constitue les agios.
Les éléments constitutifs des agios sont les suivants :
– L’escompte calculé par le banquier avec, souvent, un ou plusieurs jours d’escompte supplémentaires (dits
jours de banque). Un minimum de durée d’escompte est même parfois éxigé ainsi qu’un minimum
d’escompte ;
– Des commissions :
• Commission de manipulation ;
• Commission de service ;
• Commission d’endos (prorata temporis) ;
• Commission d’avis de sort ;
• Commission de non-domiciliation ;
• Commission de présentation à l’acceptation ;
• etc...
– la TVA dont sont exonérés les escomptes et la commission d’endos.
Cet effet subit donc un escompte commercial de 29,58 € et a donc une valeur actuelle commerciale égale à
970,42 €.
2) Calculer l’escompte rationnel et la valeur actuelle rationnelle de cet effet
L’escompte rationnel er se calcule sur la valeur actuelle de l’effet.
Si nous désignons par Vr la valeur actuelle rationnelle, nous avons :
× ∗ = × ×
2) Déterminer la date d’échéance de cet effet unique si son nominal est égal à 3 693 €.
Quelles sont, dans ce cas, les données inutiles de l’énoncé ?
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples
Nous pouvons maintenant écrire que, en désignant toujours par n le nombre de jours d’escompte concernant
l’effet unique :
0,15 0,15
1 540 - 1 540 51× × + 1 230 - 1 230 66×× +
360 360
0,15 0,15
923 - 923 112× × = 3 693 - 3 693 n× ×
360 360
Cependant, dans ce cas, le nominal de l’effet de remplacement est égal à la somme des nominaux des effets
remplacés (1540 + 1 230 + 923 = 3 693).
L’équation à résoudre peut donc se simplifier.
1 540 51 × + 1 230 66 × + 923 112 × = 3 693 n× ⇒ n = 71,24 soit 72 jours
À noter • Nous avons pu simplifier par le taux d’escompte, la donnée du taux d’escompte est donc inutile
dans ce cas.
Nous pouvons remarquer que si nous diminuons arbitrairement les nombres de jour d’escompte de x jours,
l’équation obtenue aura toujours la même solution :
La date de remplacement est donc inutile : nous pouvons choisir n’importe qu’elle date entre le 10 mai et le
30 juin comme date d’équivalence.
Dans l’établissement A, la valeur actualisée est désignée par VA et dans l’établissement B, la valeur actualisée
est désignée par VB.
Nous pouvons écrire (en plus de l’escompte, il faudra déduire la commission TTC) :
V A = X - X n× × - 0,030×X
1,196×
0,120
V B = X - X n×× 360 - 0,025 X 1,196× ×
Le commerçant préférera l’établissement le plus offrant, c’est-à-dire celui qui lui proposera la plus forte valeur
actualisée.
Ce commerçant ira donc négocier son effet à la banque A si VA est strictement supérieur à VB, à la banque B
si VA est strictement inférieur à VB et choisira indiferemment la banque A ou la banque B si VA est égal à VB.
Étudions le premier cas :
VA > VB ⇒
0,095 0,120
X - X n ×× - 0,030×X 1,196 × > X - X n× × - 0,025 X
1,196× ×
360 360
À noter • Le nominal de l’effet n’influencera pas le choix du commerçant (nous avons simplifié par X).
4 Le résumé
Escompte à intérêts simples
Ce qui vient d’être écrit ci-dessus peut être schématisé de la manière suivante si nous désignons par C 0 le
capital initial et par Cn la valeur acquise par ce capital en fin de nième année de placement en supposant les
intérêts à terme échu calculés au taux annuel i :
0 1 2 n-1 n
C0 C0 C1 Cn-2 Cn-1
+ + + +
i C0 i C1 i Cn-2 i Cn-1
= = = =
C1 C2 Cn-1 Cn
Nous constatons ainsi que : C1 = C0(1 + i) C2 = C1(1 + i) = C0(1 + i)2 ...
=C + i) = C n
Par récurrence, nous obtenons : Cn n-1(1 0(1 + i) .
Nous constatons donc qu’il n’y a pas équivalence entre les deux modes de versement. Le taux d’intérêt i
sera appelé taux périodique proportionnel au taux annuel i. k
Pour avoir l’équivalence, et en désignant par ik le taux périodique correspondant, l’équation suivante
1
i
Comme nous avons vu que 1+ k
≥ 1 + i = (1 + ik)k nous en déduisons que le taux d’intérêt pro-
k
i
portionnel est supérieur ou égal au taux d’intérêt équivalent : ≥ ik k
Le produit k ik = jk est appelé taux annuel payable k fois par an.
i i
Or, 0 ≤ ik ≤ donc 0 ≤ lim i k ≤ lim k = 0
k k→∞ k→∞
Nous en déduisons donc que, pour k important, ln(1 + ik) ≈ ik
À noter • À partir de ce chapitre, et sauf indications contraires, les intérêts seront calculés suivant la méthode
des intérêts composés. Si aucune indication n’est donnée, la capitalisation sera considérée comme continue.
5 430
?
Si la capitalisation n’est qu’annuelle, il nous faut travailler en intérêts composés sur les trois premières années
(qui sont entières) et en intérêts simples sur les quatre derniers mois.
La valeur acquise par ce capital au bout de trois ans est égale à 5 430 (1,09)3 = 7 032,01
Les intérêts produits sur les quatre derniers mois sont égaux à : 7 032,01 4
210,96
Ce capital a donc acquis, dans ces conditions, une valeur de 7 242,97 € au bout de 3 ans et 4 mois.
2) La capitalisation est continue
Le schéma financier est le même que celui ci-dessus.
Si la capitalisation est continue, la valeur acquise par ce capital au bout de 3 ans est 4 mois est égale à :
Ce capital a donc acquis, dans ces conditions, une valeur de 7 236,94 € au bout de 3 ans et 4 mois.
À noter • La valeur acquise par la capitalisation continue est plus faible que dans le premier cas.
10 000
?
Les taux donnés sont annuels et la capitalisation est continue (aucune précision donnée).
À la fin des 5 premières années le capital de 10 000 € a acquis une valeur de
10 000 (1,12)5 = 17 623,42.
C’est ce capital qui portera intérêts à 14 % les 7 semestres suivants.
Donc à la fin des 7 semestres suivants, il aura acquis une valeur de 17 623,42 (1,14)3,5.
Soit une valeur de 10 000 (1,12)5 (1,14)3,5 = 27 877,71. (Remarquons que 7 semestres correspondent à une
durée de 3,5 années).
C’est ce dernier capital qui portera intérêts à 9 % sur les 1 an et 3 mois de placement qui restent soit sur 1,25
ans de placement.
D’où, à la fin du placement, ce capital aura acquis une valeur de 27 877,71 (1,09)1,25.
Soit une valeur de 10 000 (1,12)5 (1,14)3,5 (1,09)1,25 = 31 048,47 €.
0,14
Le taux mensuel proportionnel à i est i = = 0,011666 = 1,1667 %
12 12
Rappelons qu’il y a 12 mois dans l’année. 2) Calculer
le taux trimestriel équivalent
Schéma financier :
14% annuel
0 1 an 1
C C (1,14)1
i4 trimestriel
0 4 trimestres 4
C C (1 + i4)4
Nous avons désigné par i4 le taux trimestriel cherché (il y a 4 trimestres dans l’année).
Au vu du schéma financier ci-dessus, i4 et équivalent à i si le capital C a acquis une même valeur au bout d’une
année, soit si C (1,14)1 = C (1 + i4)4.
Si nous supposons que le capital C est non-nul, nous pouvons simplifier par C (le montant du capital est inutile
pour déterminer un taux équivalent).
À noter • À partir de ce taux trimestriel, nous pouvons calculer le taux annuel payable trimestriellement
équivalent à 14 % annuel, c’est le taux trimestriel équivalent multiplié par le nombre de trimestres d’une
année soit 4. Dans notre cas, ce taux, désigné par j4, est égal à 13,3198 %.
3) Calculer le taux annuel continu équivalent
D’après le E du 1 ci-dessus, ce taux est égal à ln(1,14) = 0,131028.
Le taux annuel continu correspondant à 14 % annuel est égal à 13,1028 %.
À noter • Nous venons de parler de taux équivalents, 14 % annuel, 13,3198 % annuel payable
trimestriellement, 13,1028 % annuel continu. Il est alors tentant d’oublier les adjectifs et de ne parler que de
taux annuels. Pour un placement le taux serait de 14 % et pour un emprunt le taux serait de 13,1028 %. Cela
reviendrait au même mais le commercial aurait un avantage.
3 Le résumé
Intérêts composés
Valeur acquise Cn par un capital C0 placé au taux i par période pendant n périodes :
n
Cn = C0 (1 + i)
i
Taux périodique proportionnel du taux annuel i :
k
i
+
Taux d’intérêt ik équivalent au taux annuel i : (1 i) k - 1
Le taux d’intérêt proportionnel est supérieur ou égal au taux d’intérêt équivalent
Le taux d’intérêt serait alors tel que : 2 790 = 15 210 x 3 x i d’où i = 0,061144
Monsieur Nasser affirmera donc à Monsieur Papy que ce crédit lui coûte 6,1144 % par an.
Monsieur Papy fait alors remarquer à Monsieur Nasser que la procédure des intérêts simples est dépassée et
qu’il faudrait mieux prendre celle des intérêts composés qui donnerait un taux d’intérêt tel que :
3
18 000 = 15 210 (1 + i) soit i = 0,057745 d’où un coût de 5,7745 % par an.
Voilà donc déja deux taux qui permettraient à Monsieur Papy d’avoir une idée du coût de ce crédit qui
s’élèverait environ à 6 %.
Cependant Monsieur Papy a oublié que son remboursement n’était pas effectué en une seule fois mais en
plusieurs. Quelle est alors l’influence du fractionnement du remboursement d’un prêt sur son coût ?
Nous arrivons ainsi à la notion d’annuités.
B – Les définitions
Par suite d’annuités, nous désignerons une suite de réglements effectués à intervalles de temps égaux. Cette
suite de réglements (ou termes) constitue une rente pour celui qui en bénéficie.
L’intervalle de temps séparant deux versements est une période.
La rente est dite certaine quand le nombre de ses termes est fixé à l’avance (c’est le cas énoncé dans
l’introduction).
La rente est dite aléatoire quand le versement de ses termes peut être interrompu par l’arrivée d’un
événement qui ne peut être prévu à l’avance (c’est le cas d’achats en viager).
La rente est dite temporaire si le nombre de ses termes est fini. Dans le cas contraire la rente est dite
perpétuelle.
La rente est dite immédiate, ou à termes échus, si la date origine précède d’une période la date du premier
versement :
0 1 2
Date origine a1 a2
La rente est dite différée si la date origine précède de plus d’une période la date du premier versement :
0 1 2
Date origine a1 a2
La rente est dite anticipée si la date origine précède de moins d’une période la date du premier versement :
0 1 2
a1 a2
Date origine
Chapitre 10 • Les annuités
Si la rente est anticipée d’une période, la date origine coïncide avec la date du premier versement et la rente
est dite à échoir ou versée d’avance :
0 1 2
a1
a2
Date origine
1(1 + i)1 + an n
Soit : V n = ∑ a (1 i)p+ n p−
p=1
-p
n
À noter • Vn = V0(1 + i) .
Nous allons essayer de trouver deux valeurs i1 et i2, assez proches l’une de l’autre telles que le produit F(i1)
F(i2) soit négatif c’est-à-dire que F(i1) et F(i2) sont de signes contraires.
La valeur i solution de l’équation F(i) = 0 située sur l’intervalle [i1 ; i2] est alors solution de l’équation :
i2i−− i1i1 = F(i )02 −− F(F(i )i1)1 d’où i = i1 − F(i )1 F(i )2i2 −− F(i )i1 1
B – La méthode de la tangente
Imaginons que nous ayons toujours à résoudre l’équation F(i) = 0 où F est une fonction monotone sur son
domaine d’étude et où F est en plus dérivable.
Le raisonnement est basé sur le schéma ci-après nous montre que l’équation de la tangente à la courbe
représentative de la fonction F au point d’abscisse i1 est donnée par l’équation : y - F(i1) = F′(i1) (i - i1) et que
cette tangente coupe l’axe des abscisses au point de coordonnées (i2 ; 0) tel que :
Chapitre 10 • Les annuités
′ F (i1 )
0 - F(i ) 1 = F (i ) (i - i ) 1 2 1 d’où i 2 = i - 1 F (i ) ′ 1
Nous construisons ainsi une suite récurrente de termes in tels que :
F(i )n
− ′
in 1+ = in F (i ) n ,
F(i)
F(i 1 )
F(i 2 ) i
i2 i1 i
0
i3
Il va sans dire que nous utiliserons cette méthode quand nous utiliserons du matériel informatique.
À noter • La méthode « calculatrice » avec utilisation du menu « Solveur » existe également. La méthode «
tables numériques » n’est pas étudiées ici : elle s’apparente à l’interpolation linéaire.
0 1 2 3
X 6000
+
Y 6000
+
Z 6000
=
15210
Le montant du crédit représente donc la valeur actuelle d’une suite de trois annuités égales 6 000 €. En
désignant par i le taux annuel de crédit, nous pouvons donc écrire, en actualisant à la date 0, que : 15 210 =
-1 -2 -3
6 000 (1 + i) + 6 000 (1 + i) + 6 000 (1 + i)
En remarquant que le second membre de cette équation est une suite de trois termes en progression
géométrique de raison (1 + i) (quand on le lit de droite à gauche), nous pouvons encore écrire cette équation
sous la forme :
(1
15 210 = 6 000 (1 i)+ -3 +i)3 −1 = 6 000 1 −
(1+i)−3
(1+i) − 1 i
Pour illustrer la méthode de la tangente vue ci avant, nous allons introduire la fonction F telle que :
i2
Nous pouvons également comprendre que cette dérivée est négative car si le taux augmente, pour les mêmes
montants d’annuités, le montant du crédit diminue (les intérêts augmentent), la fonction F est donc
monotone décroissante : la méthode de la tangente s’applique donc.
Nous partirons de i1 = 10 % et nous construirons le tableau suivant pour trouver la suite récurrente des taux
in qui converge vers le taux cherché :
Chapitre 10 • Les annuités
Il faut également savoir que charge (montant d’un versement) et taux (coût) de crédit varient en sens
contraire.
a a a a a a
V0
Vn
En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « la valeur acquise par des placements est égale à la
somme des valeurs acquises par chacun des placements », nous arrivons à :
Vn = a (1 + i)n-1 + a (1 + i)n-2 + a (1 + i)n-3 + a (1 + i)n-4 + ... + a (1 + i) + a
En lisant la somme ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme de
termes en progression géométrique de n termes dont le premier terme est égal à a et la raison égale à (1 +
i). Cette raison est différente de 1 car le taux d’intérêt est certainement non nul.
(1
D’où V n= a∗ (1 ++ i) - 1 i) - 1 n = a∗ (1 + i) - 1i n
V n = a× (1 + i) - 1 n = V (1 i)0 +n ⇒
V0 = V (1 i)n + −n = 1 −
(1+i)−n i i
Imaginons qu’une personne place à un taux i annuel n annuités en progression géométrique de raison q. Nous
désignons par a le montant de première annuité.
Le schéma financier est le suivant :
0 1 2 3 4 n- 1 n
En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « la valeur acquise par des placements est égale à la
somme des valeurs acquises par chacun des placements (plus les intérêts » nous arrivons à :
X = a (1 + i)n-1 + a q (1 + i)n-2 + a q2 (1 + i)n-3 + ... + a qn-2 (1 + i) + a qn-1
En lisant la somme ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme de
termes en progression géométrique de n termes dont le premier est égal à a qn-1 et la raison égale à q-1 (1 +
i).
Deux cas sont à distinguer : le cas où la raison est non-nulle (q ≠ 1 + i) et le cas où la raison est nulle (q = 1 +
i)
Si q ≠ 1 + i V n = a q n-1× qq -1 -1(1(1 ++i)i) - 1 n
- 1 = a × (1(1 + + i) - q i) - q n
n
Si q = 1 + i, nous remarquons que tous les termes de la suite géométriques (donc des valeurs actualisées à la
date n des annuités) sont égaux entre eux.
La valeur acquise Vn est donc egale à n fois le premier terme : Vn = n a qn - 1
Pour trouver la valeur actualisée de la suite d’annuités à la date 0, il suffit d’appliquer le « À noter » de
1 D.
C – Les suites d’annuités en progression arithmétique
Imaginons qu’une personne emprunte un capital V0 à un taux i annuel, capital remboursable par le versement
de n annuités en progression arithmétique de raison R. Nous désignons par a le montant de la première
annuité.
Le schéma financier est le suivant :
Chapitre 10 • Les annuités
0 1 2 3 4 n-1
a a a a a a
+ + + + +
V0
R 2R 3R (n –2)R (n –1)R
Vn
En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « le capital emprunté est égal à la somme des valeurs
actualisées des remboursements, nous arrivons à :
En lisant la somme S ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme
de termes en progression géométrique de n termes dont le premier terme est égal à a et la raison égale à (1
+ i). Cette raison est différente de 1 car le taux d’intérêt est certainement non nul.
D’où S = a∗ (1 + i) - 1 n = a∗ (1 + i) - 1 n
(1 + i) - 1 i
En remarquant que cette somme, en excluant le dernier terme, est une somme de termes en progression
géométrique de premier terme 1, de raison (1 + i) et de n termes (nous lisons de droite à gauche). = 1× (1
Chapitre 10 • Les annuités
(1 i) - 1 n n
+ i) - 1 n - n = 1× (1 + i) - 1 n - n⇒T = + -
D’où iT (1 + i) - 1 i i2 i
V (1 0 + i) n= S + R×T = a× (1 + i) - 1i n + R× (1 + i) - 1i2 n - ni
Soit encore :
V (1 0 + i) n =
i i
a× +
(1 + i) - 1 n + R× (1 + i) -
1n - nR = i
R nR
× a +
i i - i
1 - (1 i) R nR
D’où : V 0= + -n × a + i - i ×(1 + i) -n
i
= 1 - (1 + i) -n
V 0 × a + Ri - nRi ×(1 + i) -n =
i
1 - (1 i) R
D’où : V 0 = + -n × a + i
nR
+ nR - i i
4 Le résumé
Les annuités
La valeur acquise par une suite d’annuités immédiatement après le versement de la dernière est
égale à :
n
V n = ∑ a (1 i)p
+ n p− p 1=
La valeur actualisée d’une suite d’annuités une période avant le versement de la première est
égale à :
n
V 0 = ∑ a (1 i)p
+ −p p 1=
Si les annuités sont constantes et égales à a, nous avons :
n = a (1+i)n − 1
V
i
= a1− (1+i)−n
V 0
i
Si les annuités sont en progression arithmétique de première annuité a et de raison R, nous avons :
1 (1
0 = − i
+ −n a
i) R nR
+ i + nR - iV
Chapitre 10 • Les annuités
Si les annuités sont en progression géométique de première annuité a et de raison q, nous avons :
B – Les principes
L’emprunt indivis entraine, pour l’emprunteur le service, au profit du prêteur, d’annuités divisées en deux
composantes :
- l’intérêt toujours calculé sur le capital restant dû ;
- le remboursement d’une partie de la dette : l’amortissement.
=m +iR où a ième
Chaque annuité remboursant un emprunt s’écrit donc sous la forme an n n-1 n représente la n
annuité versée, mn l’amortissement contenu dans cette annuité, Rn-1 le reste dû avant paiement de cette
annuité (donc après paiement de la précédente) et i le taux d’intérêt de l’emprunt.
Nous pouvons remarquer qu’aucune annuité remboursant un emprunt ne peut être nulle car il faut régler au
moins les intérêts. Différer, ou anticiper, un emprunt revient donc à augmenter, ou diminuer, le montant
effectif du capital emprunté.
Remarquons également que la somme des amortissements doit être égale au capital emprunté d’où : n
∑ a (1p + i)−p = K
p=1
C – Le tableau d’amortissement
C’est un tableau donnant la décomposition de chaque annuité en intérêts et amortissements, ainsi que le
capital restant dû après le versement de chaque annuité.
Le tableau d’amortissement peut donc se présenter sous la forme ci-dessous :
n° Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs
Pour nous, les restes dûs seront les restes dûs après paiement de l’annuité correspondante.
D – Un exemple quelconque
Considérons un emprunt portant sur un capital de 100 000 € remboursable par le paiement de 5 annuités
calculées à 12 %.
Imaginons que nous pouvons choisir le montant de nos versements.
Par exemple : les 3 premiers amortissements sont égaux à 15 000 € et la 4e annuité égale à 39 600 €.
Pour construire le tableau d’amortissement, il faut procéder ligne par ligne et appliquer les principes cidessus
:
L’intérêt contenu dans la 1ère annuité est calculé sur le capital total emprunté : 100 000 x 12 % soit 12 000 €.
La première annuité est donc égale à 15 000 (1er amortissement) + 12 000 (1er intérêt) soit 27 000 €.
Le reste dû après paiement de la 1ère annuité est égal à 100 000 (capital emprunté) diminué de 15 000 (1er
amortissement) soit 85 000 €.
L’intérêt contenu dans la 2e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 1ère annuité : 85 000 x 12
% soit 10 200 €.
La deuxième annuité est donc égale à 15 000 (2e amortissement) + 10 200 (2e intérêt) = 25 200 €.
Le reste dû après paiement de la 2e annuité est égal à 85 000 (reste dû après paiement de la 1ère annuité)
diminué de 15 000 (2e amortissement) soit 70 000 €.
L’intérêt contenu dans la 3e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 2e annuité : 70 000 x 12
% soit 8 400 €.
La troisième annuité est donc égale à 15 000 (3e amortissement) + 8 400 (3e intérêt) = 23 400 €.
Le reste dû après paiement de la 3e annuité est égal à 70 000 (reste dû après paiement de la 2e annuité)
diminué de 15 000 (3e amortissement) soit 55 000 €.
L’intérêt contenu dans la 4e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 3e annuité : 55 000 x 12
% soit 6 600 €.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis
La quatrième annuité étant égale à 39 600 € et le 4e intérêt égal à 6 600 €, le 4e amortissement est égal à 33
000 €.
Le reste dû après paiement de la 4e annuité est égal à 55 000 (reste dû après paiement de la 3e annuité)
diminué de 33 000 (4e amortissement) soit 22 000 €.
L’intérêt contenu dans la 5e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 4e annuité : 22 000 x 12
% soit 2 640 €.
Le dernier reste dû doit être égal à 0. Cela signifie que le dernier amortissement doit être égal à l’avant dernier
reste. Le 5e amortissement est donc égal à 22 000 €.
La 5e et dernière annuité remboursant cet emprunt sera donc égale à 22 000 (dernier amortissement) + 2640
(dernier intérêt) soit 24 640 €.
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs
100 000,00
À noter • Le dernier reste doit toujours être égal à 0. Le dernier amortissement est donc toujours égal à
l’avant dernier reste. Or cet avant dernier reste sert à calculer le dernier intérêt versé, qui est donc égal au
dernier amortissement multiplié par le taux d’intérêt. La dernière annuité remboursant un emprunt est donc
égale au dernier amortissement multiplié par (1 + i).
Nous pouvons vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une période
avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet :
27 000 x 1,12-1 + 25 200 x 1,12-2 + 23 400 x 1,12-3 + 39 600 x 1,12-4 + 24 640 x 1,12-5 = 100 000
Considérons le même emprunt que ci-dessus, soit un emprunt portant sur un capital de 100 000 €
remboursable par le paiement de 5 annuités calculées à 12 %.
Considérons que la procédure utilisée est celle des amortissements constants.
Les amortissements étant constants, chacun d’entre eux vaut 20 000, soit le capital total emprunté divisé par
le nombre d’annuités.
En appliquant les principes des emprunts indivis, nous arrivons au tableau d’amortissement ci-dessous :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs
100 000,00
Nous remarquons que le capital restant dû diminue de 20 000 à chaque fois, les intérêts diminuent donc de
0,12 x 20 000 = 2 400
Les annuités suivent donc une progression arithmétique de raison égale à moins l’intérêts calculé sur un
amortissement.
Nous pouvons encore vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une
période avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet : 32 000 1,12-1 + 29 600 1,12-2 + 27 200 1,12-3 + 24 800 1,12-4 + 22 400 1,12-5 = 100 000
Le premier membre de cette equation est une somme de termes en progression géométrique de raison 1,12
et de premier terme a 1,12-5 (nous lisons de droite à gauche).
Chapitre 11 • Les emprunts indivis
0,12
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs
100 000,00
Si nous désignons par ap la pième annuité, par mp le pième amortissement, par Rp le pième reste dû et par Ip le
pième intérêt.
1 = mp + 1 + Ip + 1 = m p + 1 + R p x i
À noter • Si les annuités sont constantes, les amortissements sont en progression géométrique de raison (1
+ i).
Considérons toujours le même emprunt que ci-dessus, soit un emprunt portant sur un capital de 100 000 €
remboursable par le paiement de 5 annuités calculées à 12 %.
Considérons que cet emprunt est remboursé in fine.
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs
100 000,00
Nous pouvons toujours vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une
période avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet :
12 000 x 1,12-1 + 12 000 x 1,12-2 + 12 000 x 1,12-3 + 12 000 x 1,12-4 + 112 000 x 1,12-5 = 100 000
Nous remarquons que les 4 premières annuités sont nettement plus faibles que la dernière. Aussi est-il peut-
être utile de penser au paiement de la dernière annuité.
Cette dernière annuité se décompose en un intérêt (12 000 €) et un amortissement (100 000 €) égal au capital
emprunté.
Le fonds d’amortissement sert à payer le dernier amortissement. Se constituer un fonds d’amortissement
revient donc à verser, dans notre cas, 5 annuités (nous les considérons constantes et égales à a) de placement,
ces 5 annuités devant avoir une valeur acquise de 100 000 € lors du paiement de la dernière.
Nous devons donc avoir :
1,09 - 5 1
Soit 100 000 = a× ⇒ a = 16
709,25 0,09
Il faut donc verser 5 annuités de 16 709,25 € à 9 % pour se constituer un fonds d’amortissement de 100 000
€.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis
Emprunt 0 1 2 3 4 5
(départ) 12 00012 00012 000 12 000 12 000 +
100 000 100 000
0 1 2 3 4 5
Fonds
d'amortissement a a a a a
0 1 2 3 4 5
Emprunt
(au final) 12 000 12 000 12 000 12 000 12 000
100 000 +a +a +a +a +a
Pour se constituer son fonds d’amortissement et rembourser son emprunt, cette personne doit donc verser
annuellement un montant X égal à 12 000 + 16 709,25, soit 28 709,25 €.
Le taux effectif de placement i est donc solution de l’équation :
X (1 + i)-1 + x (1 + i)-2 + x (1 + i)-3 + x (1 + i)-4 + x (1 + i)-5 = 100 000
Par interpolation linéaire, nous trouvons i = 0,13399. Le taux effectif de cet emprunt est donc égal à 13,40 %
(donc supérieur aux 12 % initiaux). Ce taux effectif aurait été inférieur au taux nominal si le taux de placement
du fonds d’amortissement avait été supérieur à 12 %.
3 Le résumé
Les emprunts indivis
ième
an = mn + i Rn-1 où - an représente la n annuité versée
- mn l’amortissement contenu dans cette annuité
- Rn-1le reste dû avant paiement de cette annuité (donc après paiement de la précédente) - i le taux
d’intérêt de l’emprunt.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis
emprunts obligataires 7
1 Les généralités
A - La définition
Dans le chapitre précédent, nous avons vu qu’un emprunt indivis est une relation entre un emprunteur et un
seul prêteur, le montant des sommes empruntées (et donc prêtées) sont donc naturellement assez faibles.
Si la somme empruntée est importante, il est rare qu’un seul prêteur puisse apporter le montant demandé,
ce montant demandé est apporté par plusieurs prêteurs ; l’emprunt prend alors le nom d’emprunt obligataire.
Chaque prêteur apporte une part du capital emprunté, cette part s’appelle une obligation.
A priori, les obligations peuvent être de montants différents mais, pour des raisons de commodités,
l’emprunt est divisé en obligations de même valeur, chaque prêteur pouvant apporter (acheter) une ou
plusieurs obligations.
La théorie des emprunts indivis s’appliquent donc en théorie mais il est convenu qu’une obligation est
remboursée ou ne l’est pas : l’amortissement contenu dans une annuité est donc obligatoirement un multiple
du montant de l’obligation.
B - La terminologie
Le montant théorique d’une obligation est sa valeur nominale ou pair.
Pour attirer les éventuels « acheteurs » d’obligations (porteurs), il n’est pas rare que la valeur d’émission d’une
obligation soit inférieure au pair : les obligations sont alors dites émises en dessous du pair. Il n’est pas rare
non plus que les obligations soient remboursées au dessus du pair, c’est-à-dire que la valeur de
remboursement soit supérieure au pair.
Dans tous les cas, les intérêts sont calculés sur le pair, l’intérêt annuel rapporté par une obligation prend alors
le nom de coupon.
C - Le taux effectif de placement pour un prêteur
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
Chaque prêteur, ou obligataire, peut donc acheter E € une obligation de nominal égal à P €. Cette obligation
peut lui être remboursée R € n années plus tard.
Si le taux d’intérêt nominal est égal à i, le coupon est égal à c = iP.
Le taux effectif d’intérêt sera celui effectivement perçu par le prêteur.
Le schéma correspondant à ce prêteur est donc le suivant :
0 1 2 3 n-1 n
E c c c c c+
R
Pour ce prêteur, le taux effectif de placement x est donc solution de l’équation (en nous plaçant à la date 0) :
E=c1 − (1+
x)−n + R (1 + x)-n x
Or, si nous prenons un exemple chiffré, si nous considérons que les obligations de 1 000 € sont émises à 980
€ et remboursées à 1 050 €, nous constatons que, si le taux d’intérêt nominal est égal à 10 %, le taux effectif
pour un obligataire remboursé :
-1
- à la date 1 est solution de l’équation : 980 = (1 050 + 100) (1 + x) ⇒ x = 17,347 %
- à la date 2 est solution de l’équation :
-1 -2
980 = 100 x (1 + x) + (1 050 + 100) x (1 + x) ⇒ x = 13,549 %
Les taux effectifs de placement sont donc d’autant plus faibles que la date de remboursement est éloignée.
Les obligataires ont donc intérêt à être remboursés le plus tôt possible. C’est en partie pour cela que, une
année donnée, les obligations remboursées sont désignées par tirage au sort.
A A
150 000 15 000
B B
C C
100 000 10 000
Dans la colonne « Nombres d’obligations vivantes », nous indiquerons les nombres d’obligations
nonremboursées après paiement de l’annuité correspondante.
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
ième
Si nous désignons par np, le nombre d’obligations amorties l’année p, l’amortissement contenu dans la p
annuité est égal à npR et si nous désignons par Np-1 le nombre d’obligations non encore remboursées avant
ième ième
le paiement de la p annuité, l’intérêt contenu dans la p annuité est égal à Np-1c (rappelons que R est
la valeur de remboursement d’une obligation et c la valeur du coupon).
ième
La p annuité ap est donc égale à npR + Np-1c.
À noter • Les calculs donnent, dès fois (et même souvent), des valeurs non entières pour n p, ces valeurs
appelées nombres théoriques d’obligations amorties (remboursées)n l’année « p » ne donnent pas les vraies
annuités mais leurs valeurs, comme leur nom l’indique, théoriques. Ces valeurs théoriques ne doivent pas
figurer dans un tableau d’amortissement.
288
1 +
8
- 1 ⇒ n 1 = 20 325,71034
théoriques réels
1 20 325,71034 20 330
2 22 764,79559 22 760
3 25 496,57106 25 500
4 28 556,15958 28 560
5 31 982,89873 31 980
6 35 820,84658 35 820
7 40 119,34817 40 120
8 44 933,66995 44 930
250 000
1 120 792 000,00 48 792 000,00 72 000 000,00 20 330 229 670
2 120 768 960,00 54 624 000,00 66 144 960,00 22 760 206 910
3 120 790 080,00 61 200 000,00 59 590 080,00 25 500 181 410
4 120 790 080,00 68 544 000,00 52 246 080,00 28 560 152 850
5 120 772 800,00 76 752 000,00 44 020 800,00 31 980 120 870
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
250 000
4 320
3 960
400
4
720
Le taux effectif de placement i pour un obligataire remboursé au premier tirage est solution de l’équation :
b) Au second tirage
Le schéma financier correspondant est :
0 1 2
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
4 320
3 960 400
400
4 720
Le taux effectif de placement i pour un obligataire remboursé au second tirage est solution de l’équation (nous
actualisons à la date 2) :
400
1 +
9
- 1⇒ n 1= 56 976,260349 750 000 = n1×
L’annuité théorique constante remboursant cet emprunt est donc égale à n 1 x 4 320 + 750 000 x 400. Son
montant est donc de 546 137 444,71 €.
Le capital effectivement prêté par l’ensemble des obligataires est égal à : 750
000 x 3 960 = 2 970 000 000.
Nous pouvons considérer cet emprunt obligataire comme un emprunt indivis de 2 970 000 000 € remboursé
par le versement de 9 annuités immédiates constantes et égales à 546 137 444,71 €.
Le taux actuariel brut au réglement i (TAB) est le taux de cet empruntindivis, il est donc solution de l’équation
:
1 - (1 i)
2 970 000 000 = 546 137 444,71× + -9 ⇒ i =
0,11466 i
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
1 - (1 i)
2 895 000 000 = 546 137 444,71 × + -9 ⇒ i = 0,12136
i
Le taux de revient de cet emprunt pour la société émettrice est donc égal à 12,14 %.
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires
144G
3 Le résumé
Les emprunts obligataires
ième
ap = npR + Np-1c où - ap représente la p annuité versée
- np le nombre d’obligations amorties dans cette annuité