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Suites arithmétiques et géométriques

Le document traite des suites numériques, en se concentrant sur les suites arithmétiques et géométriques, ainsi que sur leurs relations récurrentes et génériques. Il présente également des exemples d'application pour illustrer le calcul de termes spécifiques dans ces suites. Enfin, il aborde la notion d'intérêts simples, en définissant les concepts de valeur nominale, valeur acquise et valeur actuelle.

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Suites arithmétiques et géométriques

Le document traite des suites numériques, en se concentrant sur les suites arithmétiques et géométriques, ainsi que sur leurs relations récurrentes et génériques. Il présente également des exemples d'application pour illustrer le calcul de termes spécifiques dans ces suites. Enfin, il aborde la notion d'intérêts simples, en définissant les concepts de valeur nominale, valeur acquise et valeur actuelle.

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Mathématiques

financières
Chapitre
Les suites numériques
1
1 Les suites arithmétiques
A – La définition d’une suite numérique
Une suite numérique est un ensemble « ordonné » de nombres réels appelés termes pouvant être définie par une
relation de récurrence ou une relation générique.
Une relation de récurrence est une relation qui permet de déterminer le terme de rang p + 1 en fonction du terme
qui le précède et qui est de rang p (p > 0) : up+1 = f(u )p
Une relation générique permet de déterminer un terme en fonction de son rang p et de u 1, premier terme de la suite
considérée : up = F(u ;p)1

À noter • Il existe deux grands types de suites : les suites arithmétiques et les suites géométriques (ces suites sont
encore appelées progressions arithmétiques ou progressions géométriques).

B – La définition d’une suite arithmétique


Une suite arithmétique est une suite numérique qui correspond à la relation de récurrence suivante : up+1 = f(u )p

= up + R ou R étant une constante réelle appelée raison.


Nous allons, grace à un raisonnement par récurrence, déterminer une relation générique à partir de cette relation
de récurrence.
Nous avons : u2 = u1 + R
= u2 + R
u3 u1 + 2R
= R =
u4 u3 + = u1 + 3R
= + = + − Si nous posons u up 1− R u1 (p 1)R
p

Nous obtenons up 1+ = up + R = u1 + pR
Nous arrivons à une relation analogue à celles qui nous permettent de déterminer les premiers termes de la suites :
le terme de rang p d’une suite arithmétique est égal au premier terme de cette suite augmenté d’un nombre égal
au produit de la raison par le rang du terme cherché diminué de 1.
D’où la relation générique : up = F(u1

;p) = u1 + (p-1)R

Nous pouvons constater qu’une suite arithmétique est entièrement déterminée par la donnée de son premier terme
et de sa raison.

Nous noterons A u ;R( 1 ) une suite arithmétique de premier terme u1 et de raison R.

C – Les suites arithmétiques finies


Une suite arithmétique finie est une suite arithmétique dont le nombre de termes est fixé à l’avance. Par exemple
la suite arithmétique u1 ; u2 ; u3 ; ... ; up ; ... ; un-1 ; un est une suite arithmétique de n termes. Cette suite finie sera
notée A(u1 ; R ; n).
Si nous écrivons cette suite « à l’envers », nous arrivons à une autre suite arithmétique finie
A(v1 ; R ; n) :
v1 = u ; vn 2 = un 1− ; ... ; vp = un− +p 1 ; ... ; vn 1− = u ; ... v2 1 = un
n u3 + + up ++ un 1− +
=
Si nous posons Sn ∑ up = u1 + u2 + u ,n
p=1

nous constatons que Sn est également égale à


n + + vn
∑ vp = v1 + v2 + vn 1−
v3 + + vp + p=1
un 1−
Sn = u1 + u2 + u3 +
+ up + + un
+ v n 1−
Nous avons donc : Sn = v1 + v2 + v3 + + vp + + vn

+
Sn = u1 + u2 + u3 + + + + un 1− + un
up
+
un p 1− + ++ u2 + u1
Soit encore : Sn = un + un 1− + un 2− +
En utilisant la relation générique, nous constatons que up + un p 1− + est égal à u1 + un

Par addition, nous obtenons que 2Sn = n(u1 + u )n

∑n n(u1 + u )n
Soit up = Sn =
2
p=1

Chapitre 6 • Les suites numériques G91

2 Les suites géométriques


A – La définition d’une suite géométrique
Une suite géométrique est une suite numérique qui correspond à la relation de récurrence suivante : up+1 =
f(u )p = up ×q, q étant une constante réelle appelée raison.
Nous allons, grace à un raisonnement par récurrence, déterminer une relation générique à partir de cette relation
de récurrence.
u u
Nous avons : 2 = 1× q

u3 = u2× q = u1×
q2
u4 = u3× q =
u1×
q3
q q
Si nous posons up = up−1×q = u1× p 1− , nous obtenons up+1 = up ×q = u1× p
Nous constatons alors que nous obtenons une relation analogue à celles qui nous permettent de déterminer les
premiers termes de la suites : le terme de rang p d’une suite géométrique est égal au premier terme de cette suite
multiplié par un nombre égal à la raison élevée à une puissance égale au rang du terme cherché diminué de 1, d’où
q
la relation générique : up = F(u ;p)1 = u1× p 1−
Nous pouvons alors constater qu’une suite géométrique est entièrement déterminée par la donnée de son premier
terme et de sa raison.

Nous noterons G u ;q( 1 ) une suite géométrique de premier terme u1 et de raison q.

B – Les suites géométriques finies


Une suite géométrique finie est une suite géométrique dont le nombre de termes est fixé à l’avance. Par exemple la
suite géométrique u ; u ; u3 ; ... ; up ; ... ; un-1 ; un est une suite géométrique de n termes.

Cette suite finie sera notée


n u1 + u2 +u3 + + up + + un 1− + un
=
Posons Sn ∑ up =
p=1

Nous remarquons que


n
qS n q
up u2 u3 u4 up 1
un q un
p 1=

Sn = u1 + u2 + u3 + + up + + + un
Nous avons donc : un 1−
q
Sn u2 u3 u4 up 1 un q un
Par différence membre à membre, nous arrivons à :

(q 1) S−n = q ×un −u1 u (q1 n − 1)


=
D’où les résultats suivants :

Si q ≠ 1 alors Sn = u1 qqn −− 11 = u11 1 −− qqn

Par contre si q = 1, tous les termes de la suite sont égaux entre eux et en particulier à u1 , d’où le résultat suivant : si
q = 1 alors Sn = n x u1.

À noter • Ce chapitre n’est pas très développé car des applications apparaitrons dans les chapitres suivants. Il sera
alors demandé au lecteur de reconnaître une suite arithmétique, une suite géométrique ou une combinaison des
deux.

3 Trois exemples d’utilisation


A – L’exemple 1 : Travail sur une suite arithmétique
Une suite arithmétique est telle que la somme de ses 100 premiers termes est égale à 20 800 et la somme de ses 60
premiers termes est égale à 7 680. Calculer le 50e terme de cette suite.
Soient u1 le premier terme et R la raison de cette suite.
Nous avons : 100

∑u p = u 1 + u 2 + u 3 + ...... + u99 + u100 = 20 800 =

p=1

= 50 (2u 1 + 99R)

d’où 2 u1 + 99 R = 416

60

∑u p = u 1 + u 2 + u 3 + ....... + u59 + u60 = 7 680 = p 1=

= 30 (2u 1 + 59R)
d’où 2 u1 + 59 R = 256.
Soit à résoudre :
2 u1 + 99 R = 416 u1 = 10
+ 59R = 256 ⇒ = 4
R
2 u1
Nous travaillons donc avec la suite arithmétique A(10 ; 4).
Le 50e terme de cette suite est donc égal à u1 + 49 R = 206.

Chapitre 6 • Les suites numériques G93

B – L’exemple 2 : Travail sur une suite géométrique


Déterminer le 6e terme d’une suite géométrique croissante dont le 3e terme est égal à 80 et le 5e terme à 1 280.
Désignons par q la raison de cette suite.
Nous pouvons écrire que u5 = u3 x q2 soit 1 280 = 80 x q2 d’où q2 = 16.
La suite étant croissante, nous en déduisons que la raison doit être supérieure à 1.
La seule valeur acceptable pour q est donc 4.
Nous travaillons donc avec la suite géométrique G(u1 ;4) Le 6e terme
est donc égal à 20 480 (u6 = u5 x q).

À noter • La connaissance de la valeur de u1 est inutile.

C – L’exemple 3 : travail sur une suite « bizarre »


Calculer la somme des carrés des n premiers entiers naturels non nuls.
Soit à calculer S2 = 12 + 22 + 32 + 42 + ... + (n – 1)2 + n2.
Nous poserons S = 1 + 2 + 3 + 4 + ... + (n – 1) + n.
Nous savons que (a + b)3 = a3 + 3 a2 b + 3 a b2 + b3 (identité remarquable).
Donc, si b = 1 (raison de la suite arithmétique représentant les entiers naturels), nous pouvons écrire :
si a = 0 (a + 1)3 = a3 + 3 a2 + 3 a + 1

→ si a = 1 13 = + 3*12 + 3*1
23 = 13 + 3*22 + 3*2
→ si a = 2 33 = 23 + 3*32 + 3*3
- - -
43 = 33 -
→ si a = 3 - - -
- - -
- - - 1
- -
+ + 3*(n-1) + 1
→ - - 3*(n-1)2 3*n2 3*n +
+ + 1
- -
+ 1
- - -
- -
-
- - -
n3 = (n-
si a = n-1 → 1)3 - -
si a = n → (n + 1)3 = + 1
n3 + 1
(n + 1)3 = 3*S2 + 3*S + (n + 1)*1

Nous savons que S = n (n + 1)


2

(c’est la somme des n premiers termes d’une suite arithmétique de premier terme 1 et de raison 1).
D’où
3 ×S 2 = (n + 1) - 33 × n(n + 1) - (n + 1) = n(n + 1)(2n + 1)

2 2
n(n + 1) (2n + 1)
S = 2
6

4 Le résumé

Suites arithmétiques A(u1 ; R)

Somme des n premiers termes :


Relation récurrente : up 1+ =up + R

Sn = n(u1 + u )n
2
Relation générique : up = u1+ (p 1)R−
Somme des n premiers termes :

Si q ≠ 1
Relation récurrente : up 1+ = up ×q

= u1qn
−− 11 =u111 −− qqn
Sn q
Relation générique : up = u1×qp 1−
si q = 1 ⇒ Sn = n ×u1
Chapitre
Les intérêts simples
2
1 L’introduction
A – Les généralités
Il est parfois intéressant, dès qu’une certaine liquidité d’argent est disponible, de déposer son argent sur un compte
qui rapporte un intérêt. Il est parfois nécessaire d’avoir besoin d’argent frais pour effectuer un investissement et de
contracter un emprunt qui nous obligera à payer un intérêt.
Nous voyons ainsi apparaître la notion d’intérêt qui peut être considéré comme la rémunération d’un placement (ou
d’un prêt).ou comme le prix payé par un emprunteur pour utiliser un capital pendant un temps donné. L’intérêt peut
donc être considéré comme le loyer de l’argent prêté.
Au niveau théorique, un prêt et un emprunt sont des notions similaires et symétriques : s’il y a prêt, c’est qu’il y a
emprunteur. Tout problème financier peut donc se résumer par une relation entre une partie prêteuse et une partie
emprunteuse.

B – La valeur nominale – La valeur acquise – La valeur actuelle


La valeur nominale d’un capital est celle retenue officiellement et qui sert de base aux calculs. Cette valeur doit
obligatoirement être associée à une date encore appelée date origine (désignée ci après par t 0).
La valeur acquise par un capital est la valeur nominale augmentée de l’intérêt acquis pendant le temps couru au-
delà de la date origine. Le schéma financier correspondant est alors le suivant :

t0 t1

X intérêt Y

X : valeur nominale Y : valeur acquise Y = X + intérêt

La valeur acquise est donc, comme la valeur nominale, associée à une date (désignée ci-dessus par t1).
La valeur actuelle pour un capital, au contraire, se détermine avant sa date origine et est égale à sa valeur nominale
diminuée de l’intérêt qui prend dans ce cas le nom d’escompte. Le schéma financier devient donc :

t -1 t0
Y escompte X

X : valeur nominale Y : valeur acquise Y = X – escompte

La valeur actuelle est donc, comme la valeur nominale, associée à une date (désignée ci-dessus par t-1).
Nous pouvons alors constater que la valeur acquise, comme la valeur actuelle, sont des valeurs d’un capital à une
date choisie encore appelée date d’évaluation. La valeur d’un capital est donc, en général, supérieure à la valeur
nominale si la date d’évaluation est postérieure à la date origine et inférieure à la valeur nominale si la date
d’évaluation est antérieure à la date origine.
Dans tous les cas, l’intérêt, ou l’escompte, sera proportionnel à la valeur nominale et augmentera avec la durée
séparant la date origine de la date d’évaluation.

C – Le taux d’intérêt
Il est courant, pour pouvoir effectuer des comparaisons, que l’intérêt s’exprime par une valeur de base appelée taux
d’intérêt : c’est l’intérêt rapporté par un capital égal à une unité monétaire placé pendant une unité de temps. En
France, et si rien n’est précisé, l’unité monétaire est l’euro (€) et l’unité de temps est l’année. Nous désignerons
souvent ce taux d’intérêt, dit taux annuel, par la lettre i.

D – Le calcul d’une durée


Le calcul du temps pendant lequel un capital rapporte un intérêt ou coûte un escompte pour la durée séparant la
date origine de la date d’évaluation se fait en utilisant la notion d’intervalle.
Par exemple, un capital placé du 10 avril au 25 avril d’une même année sera effectivement placé pendant 15 jours
(il est souvent dit que le 1er jour n’est pas compté et que le dernier l’est) :
10/04 25/04

11
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 12 13
14 15

Il faut également savoir qu’il est courant en comptabilité de considérer qu’une année est composée de 12 mois de
30 jours (année commerciale). Attention, car même dans ce cas, si les durées sont données de date à date les mois
doivent être obligatoirement décomptés pour leurs durées respectives. Il est en effet difficile d’affirmer que le mois
de février ou le mois de juillet ont une durée de 30 jours.
Chapitre 7 • Les intérêts simples

G97
2 Les intérêts simples
A – Le principe
Nous avons vu dans l’introduction que l’intérêt est proportionnel à la valeur nominale. En intérêts simples, celui-ci
est également proportionnel à la durée de placement et au taux d’intérêt.
Si nous désignons par X la valeur nominale (en euros), par n la durée de placement (en années), par i le taux
d’intérêt annuel et par I les intérêts rapportés par ce placement, nous arrivons à la relation de base suivante :
I =Xxixn

La valeur Y acquise par ce placement n années après son commencement sera alors égale à :
Y=X+I

B – Les adaptations de la relation de base


Les intérêts étant proportionnels à la durée, cela revient à dire que le taux d’intérêt est également proportionnel à
la durée et que, par exemple, si le taux d’intérêt annuel est égal à i, le taux d’intérêts simples mensuel correspondant
à ce taux annuel est égal à i/12 vu qu’il y a 12 mois dans l’année. Ce nouveau taux d’intérêt est appelé taux mensuel
proportionnel au taux annuel i.
En général, si l’année est divisée en k périodes d’amplitudes égales, le taux périodique proportionnel au
i
taux annuel i est égal à et si le placement porte sur n périodes, l’intérêt rapporté sera égal à : k

I = Xin
k

Un petit problème se pose cependant pour la détermination du taux d’intérêt journalier. En effet, si nous considérons
que l’année est divisée en 12 mois de 30 jours, soit 360 jours, nous arrivons au taux i
journalier commercial proportionnel au taux i annuel égal à , alors que si nous considérons 360
que l’année est divisée en 365 jours (366 jours pour les années bissextiles), nous arrivons au taux jour-
i i
nalier civil proportionnel au taux i annuel égal à ou .
365 366

À noter • Si aucune précision n’est donnée, le taux d’intérêt sera annuel et la procédure sera celle de l’intérêt
commercial.

N’oublions pas que, même dans ce cas, si la durée est donnée de date à date, les mois doivent être décomptés pour
leurs durées respectives.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
Nous arrivons ainsi à un résultat peut-être gênant : si vous placez un capital de X euros à un taux d’intérêt annuel i

pendant un an, celui-ci vous rapportera un intérêt égal à Xi = I. Si le même capital est placé dans les mêmes conditions
du 1er janvier au 31 décembre de la même année non-bissextile (soit une durée de 364 jours), l’intérêt rapporté
suivant la procédure commerciale sera de :

I ′ = X
× i × 364 360
et celui rapporté suivant la procédure de l’intérêt civil sera égal à :

I ′′= X × i × 364
365

Nous constatons alors que I″ < I < I′. Par soucis de justice et dans ce cas, l’intérêt rapporté sera égal à I.

C – Une remarque
Cette procédure des intérêts simples concerne principalement les opérations financières à court terme.

3 Trois exemple d’utilisation


A – L’exemple 1 : Calcul d’une durée de placement
La valeur acquise par un capital de 5 000 € placés à intérêts simples à 3,6 % est égale, au bout d’un certain temps, à
5 075 €. Quelle est la durée du placement ?
Il y a une inconnue : la durée. N’ayant aucune information sur elle, il faut lui donner un nom : n et une unité : le mois
(ces choix sont personnels et n’influent pas sur le résultat final).

À noter • Le choix de l’unité « mois » évite les problèmes intérêt civil - intérêt commercial.

Pour visualiser le problème, nous le résumerons sur un schéma financier :

t0 n mois t1

5 000 75 5 075
3,6%

Par convention, les dates et la durée se mettront au dessus de l’axe du temps et les capitaux, ainsi que l’intérêt
(différence entre « valeur de fin » et « valeur de début ») iront sous cet axe. Il faut donc résoudre l’équation :

5 075 − 5 000 = 75 = 5 000 × n × 0,036 ⇒n=5


12
Chapitre 7 • Les intérêts simples
La durée du placement est alors de 5 mois.

G99
B – L’exemple 2 : Notion de taux moyen
Trois capitaux sont placés à intérêts simples le 5 mai de l’année N mais à des conditions différentes :
- le premier : 2 500 € à 2,50 % jusqu’au 15 juin de l’année N ;
- le deuxième : 1 500 € à 4,40 % jusqu’au 10 juillet de l’année N ; - le troisième : 2 200 € à
3,60 % jusqu’au 8 août de l’année N.
Calculer le taux moyen applicable à ces trois placements, c’est-à-dire le taux unique qui, appliqué aux trois capitaux
et pour leurs durées respectives de placement, donnerait le même montant d’intérêt total.
Visualisons le problème sur un schéma financier (sur ce schéma, les inconnues choisies sont définies) :
41 jours
05/05 = n1 jours 15/06
2,5%
= i1
2 500 I1 V1
= C1
66 jours
05/05 = n2 jours 10/07
4,4%
= i2
1 500 I2 V2
= C2
95 jours
05/05 = n3 jours 08/08
3,6%
= i3
2 200 I3 V3
= C3

Le taux moyen recherché sera désigné par i.

À noter • Rien n’étant précisé, il faut utiliser la procédure de l’intérêt commercial.

Il faut résoudre l’équation :

C1 × n1 × i1 + C2 × n2 × i2 + C3 × n3 × i3 =
360 360 360

C1 × n1 × i + C2 × n2 × i + C3 × n3 × i
360 360 360

Cette équation peut être simplifiée et devenir :


Chapitre 7 • Les intérêts simples
C1 × n1 × i1 + C2 × n2 × i2 + C3 × n3 × i3 = [C1 × n1 + C2 × n2 + C3 × n ]3 ×
MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES À LA GESTION

100G
D’où :
C1 × n1 × i1 + C2 × n2 × i2 + C3 × n3 × i3

= i C1 × n1 + C2 × n2 + C3 ×

n3

En remplaçant les inconnues par leurs valeurs respectives, nous obtenons un taux moyen de 3,5183 %.

À noter • Le fait de ne pas chiffrer les intérêts partiels et de travailler d’une manière littérale nous indique que
l’appellation « taux moyen » pour i est exacte : ce taux i est la moyenne des taux i 1, i2 et i3 pondérée par des
coefficients qui sont les produits des capitaux par leurs durées de placement respectives en jours (C 1 n1, C2 n2 et C3
n3). Ces coefficients sont encore appelés « Nombres ».

C – L’exemple 3 : Calcul de taux effectifs de placement


Une personne achète un bon de placement de 1 500 € à 5,00 % pour 5 ans. Les intérêts sont comptés suivant la
procédure des intérêts simples.
Les intérêts étant précomptés sur 2 ans, déterminer les taux effectifs de placement brut et net sachant que l’impôt
libératoire s’élève à 30 %.
Les intérêt bruts à percevoir par cette personne sont alors calculés à 5 % sur le nominal du bon de placement, soit 1
500 € et sur 5 ans, ils s’élèvent donc à 1 500 x 5 x 0,05 = 375 €. Si une partie des intérêts n’étaient pas précomptés,
le schéma financier serait le suivant :
5,0% 0 5 ans 5

1 500 375 1 500


+ 375

1 875

Le précomptage des intérêts sur deux ans signifie que cette personne reçoit à l’avance, c’est-à-dire au moment de
son placement, les intérêt de deux ans soit 150 €
Tout revient donc à dire que le capital effectivement placé n’est plus le nominal du bon de placement mais prend
une valeur inférieure au nominal (il est diminué de 150 €). Bien entendu, le capital remis en fin de placement sera
inférieur à celui ci-dessus (il sera également diminué de 150 €).
Le schéma financier correspondant est donc :
Chapitre 7 • Les intérêts simples

ib 0 5 ans 5

1 500 375 1 500


- 150 Intérêts précomptés Solde des intérêts
+ 225
1 350 1 725

• 101 G
Le taux effectif de placement brut est donc le taux i b qui permet à un capital de 1 350 € d’acquérir une valeur de 1
725 € au bout de 5 ans.

Ce taux est solution de l’équation : 375 = 1 350 x 5 x ib ⇒ ib = 0,055556


Le placement rapporterait donc 5,5556 % d’intérêts simples par an plutôt que 5 % comme annoncé.
Pour déterminer le taux de placement effectif net, il faut tenir compte en plus des impôts libératoires (si nous
supposons que la personne choisit cette option).
Cette personne devra donc verser au fisc 30 % de ses revenus, soit 30 % de 150 € au debut de son placement et 30 %
de 225 € à la fin. En effet, seuls les intérêts sont considérés comme revenus.
Le schéma financier correspondant à la réalité du placement est donc :
in 0 5 ans 5

1 500 375 1 500


- 150 + 225
Intérêts précomptés Solde des intérêts
1 350 1 725
Impôts libératoires
+ 45 - 67,50

1 395 262,50 1 657, 50


Intérêts effectivement perçus

Tout revient donc à ce que cette personne a déboursé 1 395 € et récupéré 1 657,50 € au bout de cinq années de
placement.
Le taux effectif de placement net est donc le taux in qui permet à un capital de 1 395 € d’acquérir une valeur de 1
657,50 € au bout de 5 ans.

Ce taux est solution de l’équation : 262,5 = 1 395 x 5 x in ⇒ in = 0,037634


Ce placement rapporte donc en réalité, effectivement, 3,7634 % d’intérêts simples par an plutôt que 5 % comme
annoncé nominalement.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
Le
résumé
Les intérêts simples

Intérêt I proportionnel au capital X, au taux d’intérêt i et à la durée n (les unités de ces trois
variables doivent être compatibles).
Relation générique : I = Xin

L’escompte à intérêts Chapitre

simples 3
1 La présentation
A – Le problème posé
Aujourd’hui, 9 février 2005, Sylvie vient d’avoir une envie subite et achète un bouquin de mathématiques à Julien. Ce
bouquin de Mathématiques coûte actuellement 46 € et Sylvie n’a pas d’argent, aussi négocie-t-elle cet achat.
Elle demande à Julien si elle peut prendre tout de suite son bouquin de Mathématiques et le lui payer seulement le
15 juin de la même année. Julien, bon prince, accepte mais fait quand même signer une reconnaissance de dette à
Sylvie (on ne sait jamais). Cette reconnaissance de dette, ou effet de commerce, se présente sous la forme suivante :
Montant nominal de la dette

RECONNAISSANCE de DETTE

Moi, Sylvie, reconnaît devoir à Julien la somme de 46 € en échange d’un bouquin de


mathématiques. Je m’engage à payer cette somme le 15 juin 2005.

Fait et signé à Valenciennes, le 09 février 2005

Date de paiement Date de création de la dette


(ou date d’échéance )

Tout se passerait ainsi sans problème si Julien n’avait pas un besoin urgent d’argent le 1er avril 2005.
Chapitre 7 • Les intérêts simples
Le 1er
avril Julien va donc trouver Sylvie et lui demande de verser ce qu’elle lui doit mais celle-ci lui rétorque qu’elle n’a
toujours pas d’argent et que, de toutes façons, elle a signé une reconnaissance de dette stipulant que cette dette
serait réglée le 15 juin (soyez gentil !).
Julien, ayant toujours son besoin de liquidité, va donc trouver Marie, en lui montrant la reconnaissance de dette
signée par Sylvie et lui demande si, par hasard, elle ne pourrait pas lui avancer les 46 €
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

en échange de cette reconnaissance de dette. Marie accepte à condition que Sylvie lui paye les 46 € comme
prévu le 15 juin et de ne verser que 44,50 € à Julien qui devra s’estimer payé.
Le 1er avril s’appelle date de négociation de l’effet et les 44,50 € représentent la valeur actualisée au 1 er avril
des 46 € payables le 15 juin. La différence entre les 46 € et les 44,50 €, 1,50 €, prennent alors le nom
d’escompte.

B – Les définitions
L’escompte, pour le juriste, peut être défini comme l’opération par laquelle un banquier met à la disposition
de son client le montant d’un effet de commerce avant son échéance sous déduction d’un intérêt.
Un effet de commerce, dont le rôle est de reconnaitre une dette, est caractérisé par sa date de création, sa
date d’échéance (ou d’extinction) et sa valeur nominale (ou montant payable à l’échéance).
Cet effet de commerce peut être escompté (ou négocié) à toute date comprise entre sa date de création et
sa date d’échéance. La date où cet effet a été remis à l’escompte prend alors le nom de date de négociation.
Le jour de la négociation, le banquier indiquera à son client, la valeur compensatoire (ou valeur actuelle ou
actualisée) de son effet et le taux d’escompte à la date de remise. L’intérêt prélevé par le banquier prend le
nom d’escompte.
La valeur actuelle à la date de remise d’un effet est égale à sa valeur nominale diminuée de son escompte.

C – L’escompte rationnel
Normalement, le schéma financier correspondant à ce problème d’escompte doit traduire le fait que la valeur
nominale C d’un effet est égale à la valeur acquise par sa valeur actuelle Ar à la date d’échéance, soit n jours
plus tard :
Date de négociation Date d’échéance

Ar n jours C = A r + er

L’escompte er représente donc l’intérêt produit par un capital Ar placé pendant n jours. Si
nous désignons par i le taux d’intérêt (ou d’escompte), nous avons alors :

A nir
er = 360A niret C = Ar + 360 d’où Ar = 360360+C ni et er =
360Cni+ ni

Nous constatons ainsi que, pour calculer Ar, il faut effectuer un calcul relativement compliqué.
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

D – L’escompte commercial
Pour simplifier le calcul ci-dessus et comme la valeur nominale est indiquée sur l’effet, le banquier, tout en
gardant le même schéma, préfère considérer que l’escompte est l’intérêt calculé, non pas sur la valeur
actuelle, mais sur la valeur nominale.
En désignant par ec l’escompte commercial et par Ac la valeur actuelle commerciale, nous arrivons a :
Date de négociation Date d’échéance

Ac n jours C = A c + ec

En désignant toujours par i le taux d’intérêt, nous obtenons ainsi :

Cni Cni C(360 − ni)


ec = et Ac = C - =
360 360 360
Nous pouvons remarquer que, non seulement le calcul est plus facile, mais, qu’en plus l’escompte commercial
est supérieur à l’escompte rationnel.

À noter • Si dans un exercice rien n’est précisé, l’escompte commercial doit être utilisé.

E – L’équivalence entre effets


Deux effets (ou deux capitaux) sont équivalents à une date donnée si, escomptés à cette date, au même taux
et dans le même système d’escompte, leurs valeurs actuelles à la date donnée sont égales.
Par extension, un effet (ou un capital) est équivalent à la somme de plusieurs autres effets à une date donnée
si, escomptés à cette date, au même taux et dans le même système d’escompte, la valeur actuelle de l’effet
unique est égale à la somme des valeurs actuelles à la date d’équivalence donnée.
Nous pourrons également affirmer que deux groupes d’effets sont équivalents à une date donnée si,
escomptés à cette date, au même taux et dans le même système d’escompte, la somme des valeurs actuelles
du premier groupe est égale à la somme des valeurs actuelles du second groupe à la date d’équivalence
donnée.

2 La pratique de l’escompte
A – Le bordereau d’escompte
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

La remise d’effets à l’escompte dans une banque entraine non seulement la retenue de l’escompte, mais aussi
la retenue de diverses commissions et de la TVA. L’ensemble de ces retenues constitue les agios.
Les éléments constitutifs des agios sont les suivants :
– L’escompte calculé par le banquier avec, souvent, un ou plusieurs jours d’escompte supplémentaires (dits
jours de banque). Un minimum de durée d’escompte est même parfois éxigé ainsi qu’un minimum
d’escompte ;
– Des commissions :
• Commission de manipulation ;
• Commission de service ;
• Commission d’endos (prorata temporis) ;
• Commission d’avis de sort ;
• Commission de non-domiciliation ;
• Commission de présentation à l’acceptation ;
• etc...
– la TVA dont sont exonérés les escomptes et la commission d’endos.

B – Le taux réel (ou effectif) d’escompte


Les diverses commissions et la TVA ont pour effet de majorer le taux supporté par l’escompteur auprès de sa
banque.
Le taux réel d’escompte est le taux supporté effectivement par l’escompteur.
Le taux réel d’escompte est donc naturellement supérieur au taux nominal d’escompte.

3 Trois exemples d’utilisation


A – L’exemple 1 : Comparaison escompte commercial et escompte rationnel
Un effet de 1 000 € au 30 juin est escompté le 20 avril de la même année à 15 %.

1) Calculer l’escompte commercial et la valeur actuelle commerciale de cet effet


Du 20 avril au 30 juin, il y a 71 jours.
L’escompte commercial ec se calcule sur la valeur nominale de l’effet
Si nous désignons par Vc la valeur actuelle commerciale, nous avons :

e c = 1 000 × 71 × = 29,58 d'où Vc = 1 000 - 29,58 = 970,42


Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

Cet effet subit donc un escompte commercial de 29,58 € et a donc une valeur actuelle commerciale égale à
970,42 €.
2) Calculer l’escompte rationnel et la valeur actuelle rationnelle de cet effet
L’escompte rationnel er se calcule sur la valeur actuelle de l’effet.
Si nous désignons par Vr la valeur actuelle rationnelle, nous avons :

er = Vr ×71× = 0,0295833 V× r et V r = 1 000 - er ⇒ 1,0295833 × V r =1


000
Cet effet subit donc un escompte commercial de 28,73 € et a donc une valeur actuelle commerciale égale à
971,27 €.

B – L’exemple 2 : Equivalence entre effets


Trois effets sont escomptés le 10 mai à 15 % :
- le premier de 1 540 € au 30 juin de la même année ;
- le deuxième de 1 230 € au 15 juillet de la même année ; - le troisième de 923 € au 30
août de la même année.
Le jour de la négociation, ces trois effet sont remplacés par un effet unique.
1) Déterminer la date d’échéance de cet effet unique si son nominal est égal à 3 600 €
Comme rien n’est précisé, la procédure de l’escompte commercial sera appliquée.
Du 10 mai au 30 juin, il y a 51 jours, du 10 mai au 15 juillet, il y a 66 jours et du 10 mai au 30 août, il y a 112
jours.
Si les trois effets initiaux sont remplacés par une effet unique le 10 mai, c’est que la somme de leurs valeurs
actualisées à cette date est égale à la valeur actualisée à la même date de l’effet unique.
Nous pouvons donc écrire que, en désignant par n le nombre de jours d’escompte concernant l’effet unique
:
× ∗ + × ×

× ∗ = × ×

Nous en déduisons ainsi que n = 11,08.


Nous compterons alors 12 jours d’escompte car 11 jours ne sont pas suffisants.
La date d’échéance de l’effet de remplacement est donc le 21 mai.

2) Déterminer la date d’échéance de cet effet unique si son nominal est égal à 3 693 €.
Quelles sont, dans ce cas, les données inutiles de l’énoncé ?
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

Nous pouvons maintenant écrire que, en désignant toujours par n le nombre de jours d’escompte concernant
l’effet unique :

0,15 0,15
1 540 - 1 540 51× × + 1 230 - 1 230 66×× +
360 360

0,15 0,15
923 - 923 112× × = 3 693 - 3 693 n× ×
360 360
Cependant, dans ce cas, le nominal de l’effet de remplacement est égal à la somme des nominaux des effets
remplacés (1540 + 1 230 + 923 = 3 693).
L’équation à résoudre peut donc se simplifier.
1 540 51 × + 1 230 66 × + 923 112 × = 3 693 n× ⇒ n = 71,24 soit 72 jours

La date d’échéance de l’effet de remplacement est donc le 21 juillet.

À noter • Nous avons pu simplifier par le taux d’escompte, la donnée du taux d’escompte est donc inutile
dans ce cas.

Nous pouvons remarquer que si nous diminuons arbitrairement les nombres de jour d’escompte de x jours,
l’équation obtenue aura toujours la même solution :

1 540 (51 - x) × + 1 230 (66 - x) × + 923÷(112 - x) =

3 693 (n - x× ) ⇒ n = 71,24 soit 72 jours

La date de remplacement est donc inutile : nous pouvons choisir n’importe qu’elle date entre le 10 mai et le
30 juin comme date d’équivalence.

C – L’exemple 3 : Choix entre conditions d’escompte


Un commerçant a le choix pour l’escompte de ses effets de commerce entre deux banques A et B qui lui font
les conditions suivantes :
- Banque A : Taux d’escompte : 9,5 % commission : 3 %.
- Banque B : Taux d’escompte : 12 % commission : 2,5 %.
Sachant qu’aussi bien à la banque A qu’à la banque B les commissions sont indépendantes du temps mais
soumises à la TVA à 19,60 %, déterminer la banque qui fait les conditions les plus avantageuses suivant
l’échéance des effets à négocier.
Pour comparer les conditions offertes par les deux établissements financiers, nous allons prendre un effet de
nominal X escompté pendant n jours.
Chapitre 8 • L’escompte à intérêts simples

Dans l’établissement A, la valeur actualisée est désignée par VA et dans l’établissement B, la valeur actualisée
est désignée par VB.
Nous pouvons écrire (en plus de l’escompte, il faudra déduire la commission TTC) :

V A = X - X n× × - 0,030×X
1,196×
0,120
V B = X - X n×× 360 - 0,025 X 1,196× ×

Le commerçant préférera l’établissement le plus offrant, c’est-à-dire celui qui lui proposera la plus forte valeur
actualisée.
Ce commerçant ira donc négocier son effet à la banque A si VA est strictement supérieur à VB, à la banque B
si VA est strictement inférieur à VB et choisira indiferemment la banque A ou la banque B si VA est égal à VB.
Étudions le premier cas :

VA > VB ⇒

0,095 0,120
X - X n ×× - 0,030×X 1,196 × > X - X n× × - 0,025 X
1,196× ×
360 360

D’où, en simplifiant par X (≠ 0), n > 86,112.


Le commerçant ira donc négocier son effet à la banque A si le nombre de jours d’escompte est supérieur ou
égal à 87 et à la banque B si le nombre de jours d’escompte est inférieur ou égal à 86.

À noter • Le nominal de l’effet n’influencera pas le choix du commerçant (nous avons simplifié par X).

4 Le résumé
Escompte à intérêts simples

Escompte rationnel : Intérêts calculés sur la valeur actuelle d’un effet

Escompte commercial : Intérêts calculés sur la valeur nominale d’un effet


Chapitre
Les intérêts composés
4
1 La présentation
A – Le principe
Aurélie est une personne très dévouée aussi a-t-elle l’habitude de prêter de l’argent à ses petits camarades.
Dernièrement, elle a prêté de l’argent à Marie, argent remboursable en plusieurs années moyennant, bien
entendu, un petit remerciement sous forme d’intérêts payables annuellement.
De ce fait chaque année, Aurélie perçoit la valeur des intérêts produits par tous ses prêts et reprête
immédiatement et aux mêmes conditions le capital total qu’elle perçoit. Comme cela ses intérêts produits
l’années n porteront eux-mêmes intérêts l’année n + 1 : c’est le principe des intérêts composés.

B – La capitalisation des intérêts


Lorsque la durée d’un prêt dépasse un an, il est rare que l’intérêt soit payable en une seule fois. Le créancier
demande, en général, que l’intérêt lui soit payé périodiquement, au moins une fois par an, soit à terme échu,
soit, plus rarement, d’avance.
Le créancier a donc la possibilité de replacer l’intérêt ainsi perçu pendant la durée restante du prêt.
Si nous supposons que cet intérêt pourra toujours être replacé au même taux que le capital initial, tout se
passe comme si les intérêts étaient ajoutés au capital pour produire eux-mêmes des intérêts : nous dirons que
les intérêts sont capitalisés.
C – Le schéma de base

Ce qui vient d’être écrit ci-dessus peut être schématisé de la manière suivante si nous désignons par C 0 le
capital initial et par Cn la valeur acquise par ce capital en fin de nième année de placement en supposant les
intérêts à terme échu calculés au taux annuel i :
0 1 2 n-1 n

C0 C0 C1 Cn-2 Cn-1
+ + + +
i C0 i C1 i Cn-2 i Cn-1
= = = =
C1 C2 Cn-1 Cn
Nous constatons ainsi que : C1 = C0(1 + i) C2 = C1(1 + i) = C0(1 + i)2 ...

=C + i) = C n
Par récurrence, nous obtenons : Cn n-1(1 0(1 + i) .

D – Les taux d’intérêts proportionnels – Les taux d’intérêts équivalents


Soit i l’intérêt versé à la fin de chaque année pour un capital de 1 € et supposons qu’au lieu de verser l’intérêt
annuel en une fois, nous décidions de verser un intérêt à la fin de chacune des k sous-périodes égales
contenues dans l’année tout en gardant la même valeur acquise en fin d’année soit 1 + i.
i
Nous pourrions choisir cet intérêt périodique comme étant égal à mais, dans ces conditions, et en k
appliquant la relation concernant les intérêts composés, nous obtenons que la valeur acquise en fin d’année
i
est égale à : 1+ k
= 1 + i + ... ≥ 1 + i k

Nous constatons donc qu’il n’y a pas équivalence entre les deux modes de versement. Le taux d’intérêt i
sera appelé taux périodique proportionnel au taux annuel i. k
Pour avoir l’équivalence, et en désignant par ik le taux périodique correspondant, l’équation suivante
1

doit être vérifiée : (1 + ik)k = 1 + i d’où ik = (1 + i) k


- 1

Le taux d’intérêt ik sera appelé taux périodique équivalent au taux annuel i.

i
Comme nous avons vu que 1+ k
≥ 1 + i = (1 + ik)k nous en déduisons que le taux d’intérêt pro-
k
i
portionnel est supérieur ou égal au taux d’intérêt équivalent : ≥ ik k
Le produit k ik = jk est appelé taux annuel payable k fois par an.

Chapitre 9 • Les intérêts composés 113 G

E – Le taux annuel continu


Nous venons de voir que : 1 + i = (1 + ik)k d’où ln(1 + i) = k ln(1 + ik)
Ces égalités sont valables quelque soit le nombre de périodes existant dans une année, et en particulier si ce
nombre de périodes tend vers l’infini :
lim (k ln(1 × + i ) k ) = ln(1 + i) (cette dernière valeur ne dépend pas de k) k → ∞

i i
Or, 0 ≤ ik ≤ donc 0 ≤ lim i k ≤ lim k = 0
k k→∞ k→∞
Nous en déduisons donc que, pour k important, ln(1 + ik) ≈ ik

Par conséquent : lim (k ln(1 × + i ) k ) = lim k ik × = ln(1 + i) = j k → ∞ k → ∞


Le taux d’intérêt j est appelé taux annuel continu.

À noter • À partir de ce chapitre, et sauf indications contraires, les intérêts seront calculés suivant la méthode
des intérêts composés. Si aucune indication n’est donnée, la capitalisation sera considérée comme continue.

2 Trois exemples d’utilisation


A – L’exemple 1 : Différence entre capitalisation annuelle et capitalisation
continue
Calculer la valeur acquise par un capital de 5 430 € placés à 9 % pendant 3 ans et 4 mois sachant que :

1) La capitalisation n’est qu’annuelleSchéma financier :


0 1 2 3 4

5 430
?

Si la capitalisation n’est qu’annuelle, il nous faut travailler en intérêts composés sur les trois premières années
(qui sont entières) et en intérêts simples sur les quatre derniers mois.
La valeur acquise par ce capital au bout de trois ans est égale à 5 430 (1,09)3 = 7 032,01

Les intérêts produits sur les quatre derniers mois sont égaux à : 7 032,01 4
210,96
Ce capital a donc acquis, dans ces conditions, une valeur de 7 242,97 € au bout de 3 ans et 4 mois.
2) La capitalisation est continue
Le schéma financier est le même que celui ci-dessus.
Si la capitalisation est continue, la valeur acquise par ce capital au bout de 3 ans est 4 mois est égale à :

5 430 (1,09) 7 236,94

Ce capital a donc acquis, dans ces conditions, une valeur de 7 236,94 € au bout de 3 ans et 4 mois.

À noter • La valeur acquise par la capitalisation continue est plus faible que dans le premier cas.

B – L’exemple 2 : Que faire si les taux d’intérêts changent ?


Un capital de 10 000,00 € est placé pendant 9 ans et 9 mois aux conditions suivantes :
- 12 % les cinq premières années ; - 14
% les sept semestres suivants ; - 9 % le
reste du temps.
Calculer la valeur acquise par ce capital en fin de placement.
Schéma financier :
12% 14% 9%
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

10 000
?

Les taux donnés sont annuels et la capitalisation est continue (aucune précision donnée).
À la fin des 5 premières années le capital de 10 000 € a acquis une valeur de
10 000 (1,12)5 = 17 623,42.
C’est ce capital qui portera intérêts à 14 % les 7 semestres suivants.
Donc à la fin des 7 semestres suivants, il aura acquis une valeur de 17 623,42 (1,14)3,5.
Soit une valeur de 10 000 (1,12)5 (1,14)3,5 = 27 877,71. (Remarquons que 7 semestres correspondent à une
durée de 3,5 années).
C’est ce dernier capital qui portera intérêts à 9 % sur les 1 an et 3 mois de placement qui restent soit sur 1,25
ans de placement.
D’où, à la fin du placement, ce capital aura acquis une valeur de 27 877,71 (1,09)1,25.
Soit une valeur de 10 000 (1,12)5 (1,14)3,5 (1,09)1,25 = 31 048,47 €.

Chapitre 9 • Les intérêts composés 115 G


C – L’exemple 3 : Taux proportionnels – Taux équivalents –
Taux annuel continu
Soit un taux annuel i de 14 %.

1) Calculer le taux mensuel proportionnel


C’est sans doute le plus facile des taux à calculer : il suffit d’appliquer la proportionnalité :

0,14
Le taux mensuel proportionnel à i est i = = 0,011666 = 1,1667 %
12 12
Rappelons qu’il y a 12 mois dans l’année. 2) Calculer
le taux trimestriel équivalent
Schéma financier :
14% annuel
0 1 an 1

C C (1,14)1

i4 trimestriel
0 4 trimestres 4

C C (1 + i4)4

Nous avons désigné par i4 le taux trimestriel cherché (il y a 4 trimestres dans l’année).
Au vu du schéma financier ci-dessus, i4 et équivalent à i si le capital C a acquis une même valeur au bout d’une
année, soit si C (1,14)1 = C (1 + i4)4.
Si nous supposons que le capital C est non-nul, nous pouvons simplifier par C (le montant du capital est inutile
pour déterminer un taux équivalent).

Soit à résoudre : (1 + i4)4 = 1,14 ⇒ 1 + i4 = 41,14 = 1,14 = 1,033299


Le taux trimestriel équivalent à 14 % annuel est égal à 3,3299 %.

À noter • À partir de ce taux trimestriel, nous pouvons calculer le taux annuel payable trimestriellement
équivalent à 14 % annuel, c’est le taux trimestriel équivalent multiplié par le nombre de trimestres d’une
année soit 4. Dans notre cas, ce taux, désigné par j4, est égal à 13,3198 %.
3) Calculer le taux annuel continu équivalent
D’après le E du 1 ci-dessus, ce taux est égal à ln(1,14) = 0,131028.
Le taux annuel continu correspondant à 14 % annuel est égal à 13,1028 %.
À noter • Nous venons de parler de taux équivalents, 14 % annuel, 13,3198 % annuel payable
trimestriellement, 13,1028 % annuel continu. Il est alors tentant d’oublier les adjectifs et de ne parler que de
taux annuels. Pour un placement le taux serait de 14 % et pour un emprunt le taux serait de 13,1028 %. Cela
reviendrait au même mais le commercial aurait un avantage.

3 Le résumé
Intérêts composés

Valeur acquise Cn par un capital C0 placé au taux i par période pendant n périodes :
n
Cn = C0 (1 + i)
i
Taux périodique proportionnel du taux annuel i :
k
i
+
Taux d’intérêt ik équivalent au taux annuel i : (1 i) k - 1
Le taux d’intérêt proportionnel est supérieur ou égal au taux d’intérêt équivalent

Le produit k ik = jk est appelé taux annuel payable k fois par an


Chapitre
Les annuités
5
1 Les généralités
A – Le problème posé
Imaginons Monsieur Papy recevant Monsieur Nasser représentant en voitures automobiles et discutant sur le
coût de revient d’un crédit (prêt ou emprunt).
Le véhicule choisi par Monsieur Papy coute 16 900 € au comptant et Monsieur Nasser présente le plan de
financement suivant : 10 % à la livraison, soit 1 690 €, puis 36 mensualités de 500 €.
Monsieur Nasser veut prouver à Monsieur Papy que ce mode de financement n’est pas très cher et calcule
donc un coût de crédit sous la forme d’un taux annuel en faisant le raisonnement suivant :
Les 36 mensualités de 500,00 € valent 18 000 € et servent à rembourser un crédit de (16 900 – 1 690) € soit
de 15 210 €. L’écart 18 000 – 15 210 représente donc le coût du crédit qui s’élève ainsi à 2 790 €.
Cet écart représente les intérêts payés par Monsieur Papy sur un crédit portant sur un capital de 15 210 €
remboursables en trois ans.
Le schéma correspondant à ce problème est donc le suivant :
0 1 2 3

15 210 2 790 18 000

Le taux d’intérêt serait alors tel que : 2 790 = 15 210 x 3 x i d’où i = 0,061144
Monsieur Nasser affirmera donc à Monsieur Papy que ce crédit lui coûte 6,1144 % par an.
Monsieur Papy fait alors remarquer à Monsieur Nasser que la procédure des intérêts simples est dépassée et
qu’il faudrait mieux prendre celle des intérêts composés qui donnerait un taux d’intérêt tel que :
3
18 000 = 15 210 (1 + i) soit i = 0,057745 d’où un coût de 5,7745 % par an.
Voilà donc déja deux taux qui permettraient à Monsieur Papy d’avoir une idée du coût de ce crédit qui
s’élèverait environ à 6 %.
Cependant Monsieur Papy a oublié que son remboursement n’était pas effectué en une seule fois mais en
plusieurs. Quelle est alors l’influence du fractionnement du remboursement d’un prêt sur son coût ?
Nous arrivons ainsi à la notion d’annuités.
B – Les définitions
Par suite d’annuités, nous désignerons une suite de réglements effectués à intervalles de temps égaux. Cette
suite de réglements (ou termes) constitue une rente pour celui qui en bénéficie.
L’intervalle de temps séparant deux versements est une période.
La rente est dite certaine quand le nombre de ses termes est fixé à l’avance (c’est le cas énoncé dans
l’introduction).
La rente est dite aléatoire quand le versement de ses termes peut être interrompu par l’arrivée d’un
événement qui ne peut être prévu à l’avance (c’est le cas d’achats en viager).
La rente est dite temporaire si le nombre de ses termes est fini. Dans le cas contraire la rente est dite
perpétuelle.
La rente est dite immédiate, ou à termes échus, si la date origine précède d’une période la date du premier
versement :

0 1 2

Date origine a1 a2

La rente est dite différée si la date origine précède de plus d’une période la date du premier versement :

0 1 2

Date origine a1 a2

La rente est dite anticipée si la date origine précède de moins d’une période la date du premier versement :

0 1 2

a1 a2
Date origine
Chapitre 10 • Les annuités

Si la rente est anticipée d’une période, la date origine coïncide avec la date du premier versement et la rente
est dite à échoir ou versée d’avance :

0 1 2

a1
a2

Date origine

C – La valeur acquise par une rente temporaire


La valeur acquise par une rente à une date donnée, postérieure à celle du dernier versement, est égale à la
somme des valeurs acquises à la même date par chacun des termes constituant cette rente.
Pour calculer la valeur acquise par une rente temporaire immédiatement après le dernier terme, nous
utiliserons le schéma suivant :

Si nous désignons par Vn cette valeur acquise, nous


obtenons :

Vn = a1(1 + i)n-1 + a2(1 + i)n-2 + ... + ap(1 + i)n-p + ... + an-

1(1 + i)1 + an n

Soit : V n = ∑ a (1 i)p+ n p−
p=1

Valeurs des annuités actualisées à la date n

D – La valeur actuelle d’une rente temporaire


La valeur actuelle d’une rente temporaire à une date donnée, antérieure à la date où est effectué le premier
versement, est égale à la somme des valeurs actualisées à cette même date de chacun des termes constituant
cette rente.
Nous pouvons, par exemple, calculer la valeur actuelle d’une rente immédiate en utilisant le schéma suivant
:
Chapitre 10 • Les annuités

-p

n
À noter • Vn = V0(1 + i) .

2 Deux méthodes de recherche d’un taux


A – La méthode par interpolation linéaire
Imaginons que nous ayons à résoudre l’équation F(i) = 0 où F est une fonction monotone sur son domaine
d’étude.

Nous allons essayer de trouver deux valeurs i1 et i2, assez proches l’une de l’autre telles que le produit F(i1)
F(i2) soit négatif c’est-à-dire que F(i1) et F(i2) sont de signes contraires.

La valeur i solution de l’équation F(i) = 0 située sur l’intervalle [i1 ; i2] est alors solution de l’équation :

i2i−− i1i1 = F(i )02 −− F(F(i )i1)1 d’où i = i1 − F(i )1 F(i )2i2 −− F(i )i1 1

B – La méthode de la tangente
Imaginons que nous ayons toujours à résoudre l’équation F(i) = 0 où F est une fonction monotone sur son
domaine d’étude et où F est en plus dérivable.
Le raisonnement est basé sur le schéma ci-après nous montre que l’équation de la tangente à la courbe
représentative de la fonction F au point d’abscisse i1 est donnée par l’équation : y - F(i1) = F′(i1) (i - i1) et que
cette tangente coupe l’axe des abscisses au point de coordonnées (i2 ; 0) tel que :
Chapitre 10 • Les annuités

′ F (i1 )
0 - F(i ) 1 = F (i ) (i - i ) 1 2 1 d’où i 2 = i - 1 F (i ) ′ 1
Nous construisons ainsi une suite récurrente de termes in tels que :
F(i )n
− ′
in 1+ = in F (i ) n ,

suite qui converge rapidement vers la solution de l’équation.

F(i)

F(i 1 )

F(i 2 ) i

i2 i1 i
0

i3

Il va sans dire que nous utiliserons cette méthode quand nous utiliserons du matériel informatique.

À noter • La méthode « calculatrice » avec utilisation du menu « Solveur » existe également. La méthode «
tables numériques » n’est pas étudiées ici : elle s’apparente à l’interpolation linéaire.

C – L’application au cas de Monsieur Papy


Nous avons vu que les taux calculés dans l’introduction ne prenaient pas en compte le fait que les versements
étaient fractionnés.
Nous pouvons, dans un souci de simplification, considérer que le crédit portant sur 15 210 € est remboursé
par le versement de trois annuités de 500 x 12 = 6 000 €.
Le schéma correspondant à cette hypothèse est alors le suivant :
Chapitre 10 • Les annuités

0 1 2 3

X 6000
+
Y 6000
+
Z 6000
=
15210
Le montant du crédit représente donc la valeur actuelle d’une suite de trois annuités égales 6 000 €. En
désignant par i le taux annuel de crédit, nous pouvons donc écrire, en actualisant à la date 0, que : 15 210 =
-1 -2 -3
6 000 (1 + i) + 6 000 (1 + i) + 6 000 (1 + i)
En remarquant que le second membre de cette équation est une suite de trois termes en progression
géométrique de raison (1 + i) (quand on le lit de droite à gauche), nous pouvons encore écrire cette équation
sous la forme :

(1
15 210 = 6 000 (1 i)+ -3 +i)3 −1 = 6 000 1 −
(1+i)−3
(1+i) − 1 i

Pour illustrer la méthode de la tangente vue ci avant, nous allons introduire la fonction F telle que :

F(i) = 6 000 1 −(1+i)−3 - 15 210


i
Nous pouvons alors remarquer que le taux de crédit est solution de l’équation F(i) = 0.
Nous avons :

F (i) ′= 6 000 3i(1 i+ )−4 − 1+


(1+i)−3

i2
Nous pouvons également comprendre que cette dérivée est négative car si le taux augmente, pour les mêmes
montants d’annuités, le montant du crédit diminue (les intérêts augmentent), la fonction F est donc
monotone décroissante : la méthode de la tangente s’applique donc.

Nous partirons de i1 = 10 % et nous construirons le tableau suivant pour trouver la suite récurrente des taux
in qui converge vers le taux cherché :
Chapitre 10 • Les annuités

in 0,1 0,08900257 0,08917963 0,08917967

F(in) - 288,888054 4,80688366 0,00128335 0,00000000

F’(in) - 26268,6975 - 27149,4564 - 27134,9614 - 27134,9575


Le taux de crédit s’élève alors, suivant cette procédure, à 8,918 %.
Si nous prenons en compte le fait que les versements sont mensuels, nous devrions utiliser le taux mensuel
x et écrire, en actualisant à la date 0, que :
-1 -2 -35 -36
15 210 = 500 (1 + x) + 500 (1 + x) + ... + 500 (1 + x) + 500 (1 + x)
En remarquant que le second membre de cette équation est une suite de trois termes en progression
géométrique de raison (1 + x) (quand on le lit de droite à gauche), nous pouvons encore écrire cette équation
sous la forme :

15 210 = 500 (1 i)+ -36 (1+ x)36 −1 = 500 1 −


−36
(1+ x)
(1+ x) − 1 x
Nous allons ici utiliser la fonction :

F(x) = 5001 − (1+


x)−36 - 15 210 x

et employer la méthode par interpolation linéaire pour calculer x.


Nous avons : F(0,009) = 106,710189 et F(0,010) = - 156,247481

D’où x − 0,009 = 0 − 106,710189 ⇒ x = 0,009405


0,010 − 0,009 −156,247481 − 106,710189

Le taux mensuel de crédit est donc égal à 0,9405 %.


D’où le taux annuel de crédit de 11,29 % si nous prenons le taux annuel payable mensuellement soit 11,89 %
si nous prenons un taux annuel payable une fois par an.
Nous voyons sur cet exemple que donner un taux de crédit ne veut rien dire si nous ne connaissons pas quel
taux est donné et que, dès fois, pour une durée de remboursement égale, il revient moins cher de prendre
un crédit à 12 % plutôt qu’un crédit à 11,5 %.
Chapitre 10 • Les annuités

Il faut également savoir que charge (montant d’un versement) et taux (coût) de crédit varient en sens
contraire.

3 Trois suites d’annuités particulières


A – Les suites d’annuités constantes
Imaginons que pendant n années, une personne place chaque premier juillet, une annuité de a euros au taux
annuel i.
Le schéma financier est le suivant :
0 1 2 3 4 n-1 n

a a a a a a
V0
Vn

En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « la valeur acquise par des placements est égale à la
somme des valeurs acquises par chacun des placements », nous arrivons à :
Vn = a (1 + i)n-1 + a (1 + i)n-2 + a (1 + i)n-3 + a (1 + i)n-4 + ... + a (1 + i) + a

En lisant la somme ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme de
termes en progression géométrique de n termes dont le premier terme est égal à a et la raison égale à (1 +
i). Cette raison est différente de 1 car le taux d’intérêt est certainement non nul.
(1
D’où V n= a∗ (1 ++ i) - 1 i) - 1 n = a∗ (1 + i) - 1i n

En utilisant le « À noter » de 1 D et en désignant par V0 la valeur de la suite d’annuités à la date 0, nous


pouvons écrire :

V n = a× (1 + i) - 1 n = V (1 i)0 +n ⇒
V0 = V (1 i)n + −n = 1 −
(1+i)−n i i

B – Les suites d’annuités en progression géométrique


Chapitre 10 • Les annuités

Imaginons qu’une personne place à un taux i annuel n annuités en progression géométrique de raison q. Nous
désignons par a le montant de première annuité.
Le schéma financier est le suivant :

0 1 2 3 4 n- 1 n

a aq aq2 aq3 aqn-2 aqn-3


V0
V

En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « la valeur acquise par des placements est égale à la
somme des valeurs acquises par chacun des placements (plus les intérêts » nous arrivons à :
X = a (1 + i)n-1 + a q (1 + i)n-2 + a q2 (1 + i)n-3 + ... + a qn-2 (1 + i) + a qn-1

En lisant la somme ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme de
termes en progression géométrique de n termes dont le premier est égal à a qn-1 et la raison égale à q-1 (1 +
i).

Deux cas sont à distinguer : le cas où la raison est non-nulle (q ≠ 1 + i) et le cas où la raison est nulle (q = 1 +
i)
Si q ≠ 1 + i V n = a q n-1× qq -1 -1(1(1 ++i)i) - 1 n
- 1 = a × (1(1 + + i) - q i) - q n
n

Si q = 1 + i, nous remarquons que tous les termes de la suite géométriques (donc des valeurs actualisées à la
date n des annuités) sont égaux entre eux.
La valeur acquise Vn est donc egale à n fois le premier terme : Vn = n a qn - 1
Pour trouver la valeur actualisée de la suite d’annuités à la date 0, il suffit d’appliquer le « À noter » de
1 D.
C – Les suites d’annuités en progression arithmétique
Imaginons qu’une personne emprunte un capital V0 à un taux i annuel, capital remboursable par le versement
de n annuités en progression arithmétique de raison R. Nous désignons par a le montant de la première
annuité.
Le schéma financier est le suivant :
Chapitre 10 • Les annuités

0 1 2 3 4 n-1

a a a a a a
+ + + + +
V0
R 2R 3R (n –2)R (n –1)R
Vn

En nous plaçant à la date n et en appliquant le principe « le capital emprunté est égal à la somme des valeurs
actualisées des remboursements, nous arrivons à :

V0 (1 + i)n = [a] (1 + i)n-1 + [a + R] (1 + i)n-2 + [a + 2R] (1 + i)n-3 + [a + 3R] (1 + i)n-4 + ...+


[a + (n – 2)R] (1 + i) + [a + (n – 1)R]

Cette somme peut être décomposée de la manière suivante :

V0 (1 + i)n = a (1 + i)n-1 + a (1 + i)n-2 + a (1 + i)n-3 + a (1 + i)n-4 + ... + a (1 + i) + a +


R x [(1 + i)n-2 + 2(1 + i)n-3 + 3(1 + i)n-4 + ... + (n – 2)(1 + i) + (n – 1)]

Nous pouvons donc écrire que : V0 (1 + i)n = S + T x R

S = a (1 + i)n-1 + a (1 + i)n-2 + a (1 + i)n-3 + a (1 + i)n-4 + ... + a (1 + i) + a

En lisant la somme S ci-dessus de droite à gauche, nous pouvons constater que nous calculons une somme
de termes en progression géométrique de n termes dont le premier terme est égal à a et la raison égale à (1
+ i). Cette raison est différente de 1 car le taux d’intérêt est certainement non nul.

D’où S = a∗ (1 + i) - 1 n = a∗ (1 + i) - 1 n
(1 + i) - 1 i

T = (1 + i)n-2 + 2(1 + i)n-3 + 3(1 + i)n-4 + ... + (n – 2)(1 + i) + (n – 1).


D’où T (1 + i) = (1 + i)n-1 + 2(1 + i)n-2 + 3(1 + i)n-3 + ... + (n – 2)(1 + i)2 + (n – 1)(1 + i) Par difference
entre ces deux dernières lignes, nous arrivons à :
iT = (1 + i)n-2 + (1 + i)n-3 + (1 + i)n-4 + ... + (1 + i) + 1 - n

En remarquant que cette somme, en excluant le dernier terme, est une somme de termes en progression
géométrique de premier terme 1, de raison (1 + i) et de n termes (nous lisons de droite à gauche). = 1× (1
Chapitre 10 • Les annuités

(1 i) - 1 n n
+ i) - 1 n - n = 1× (1 + i) - 1 n - n⇒T = + -
D’où iT (1 + i) - 1 i i2 i

Nous arrivons ainsi à :

V (1 0 + i) n= S + R×T = a× (1 + i) - 1i n + R× (1 + i) - 1i2 n - ni

Soit encore :

V (1 0 + i) n =
i i
a× +
(1 + i) - 1 n + R× (1 + i) -
1n - nR = i

R nR
× a +

i i - i

1 - (1 i) R nR
D’où : V 0= + -n × a + i - i ×(1 + i) -n
i

Cette dernière expression peut encore se modifier :

= 1 - (1 + i) -n

V 0 × a + Ri - nRi ×(1 + i) -n =
i

1 - (1 + i) -n × a + Ri - nRi ×(1 + i) -n + nRi - nRi


i
Chapitre 10 • Les annuités

1 - (1 i) R
D’où : V 0 = + -n × a + i

nR
+ nR - i i

4 Le résumé
Les annuités
La valeur acquise par une suite d’annuités immédiatement après le versement de la dernière est
égale à :
n

V n = ∑ a (1 i)p
+ n p− p 1=
La valeur actualisée d’une suite d’annuités une période avant le versement de la première est
égale à :
n

V 0 = ∑ a (1 i)p
+ −p p 1=
Si les annuités sont constantes et égales à a, nous avons :

n = a (1+i)n − 1
V
i

= a1− (1+i)−n
V 0
i
Si les annuités sont en progression arithmétique de première annuité a et de raison R, nous avons :

1 (1
0 = − i
+ −n a
i) R nR
+ i + nR - iV
Chapitre 10 • Les annuités

Si les annuités sont en progression géométique de première annuité a et de raison q, nous avons :

- si q (1 + i) -1 = 1 ⇒ q = 1+i alors V n = n a (1 + i)n - 1


-1 ⇒ q ≠ 1 + i alors V n = a (1 + i)n - 1× (q(1 i) 1+ −−1) − −1 1 n
- si q (1 + i) ≠ 1
q(1 i)+
Chapitre
Les emprunts indivis
6
1 Les généralités
A – La définition
Dans le chapitre précédent, nous avons vu que la théorie des annuités servait à calculer le montant des
versements qu’il fallait effectuer pour rembourser un emprunt.
Nous allons maintenant étudier comment fractionner chaque annuité en amortissement (remboursement du
capital emprunté) et intérêts. Ce fractionnement nous permettra de connaître l’état de la dette après chaque
versement d’annuité.
L’emprunt indivis est celui qui ne comporte qu’un seul prêteur : banquier, établissement financier,...
En général ce type d’emprunt porte sur un capital relativement faible.

B – Les principes
L’emprunt indivis entraine, pour l’emprunteur le service, au profit du prêteur, d’annuités divisées en deux
composantes :
- l’intérêt toujours calculé sur le capital restant dû ;
- le remboursement d’une partie de la dette : l’amortissement.
=m +iR où a ième
Chaque annuité remboursant un emprunt s’écrit donc sous la forme an n n-1 n représente la n
annuité versée, mn l’amortissement contenu dans cette annuité, Rn-1 le reste dû avant paiement de cette
annuité (donc après paiement de la précédente) et i le taux d’intérêt de l’emprunt.
Nous pouvons remarquer qu’aucune annuité remboursant un emprunt ne peut être nulle car il faut régler au
moins les intérêts. Différer, ou anticiper, un emprunt revient donc à augmenter, ou diminuer, le montant
effectif du capital emprunté.
Remarquons également que la somme des amortissements doit être égale au capital emprunté d’où : n

∑ mp = K (K est le capital emprunté).


p=1
Bien entendu, si l’emprunt est remboursé par des annuités immédiates, son montant est égal à la valeur
actualisée par chacune des annuités une période avant le versement de la première d’où :
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

∑ a (1p + i)−p = K
p=1

C – Le tableau d’amortissement
C’est un tableau donnant la décomposition de chaque annuité en intérêts et amortissements, ainsi que le
capital restant dû après le versement de chaque annuité.
Le tableau d’amortissement peut donc se présenter sous la forme ci-dessous :
n° Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs

Pour nous, les restes dûs seront les restes dûs après paiement de l’annuité correspondante.

D – Un exemple quelconque
Considérons un emprunt portant sur un capital de 100 000 € remboursable par le paiement de 5 annuités
calculées à 12 %.
Imaginons que nous pouvons choisir le montant de nos versements.
Par exemple : les 3 premiers amortissements sont égaux à 15 000 € et la 4e annuité égale à 39 600 €.
Pour construire le tableau d’amortissement, il faut procéder ligne par ligne et appliquer les principes cidessus
:
L’intérêt contenu dans la 1ère annuité est calculé sur le capital total emprunté : 100 000 x 12 % soit 12 000 €.
La première annuité est donc égale à 15 000 (1er amortissement) + 12 000 (1er intérêt) soit 27 000 €.
Le reste dû après paiement de la 1ère annuité est égal à 100 000 (capital emprunté) diminué de 15 000 (1er
amortissement) soit 85 000 €.
L’intérêt contenu dans la 2e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 1ère annuité : 85 000 x 12
% soit 10 200 €.
La deuxième annuité est donc égale à 15 000 (2e amortissement) + 10 200 (2e intérêt) = 25 200 €.
Le reste dû après paiement de la 2e annuité est égal à 85 000 (reste dû après paiement de la 1ère annuité)
diminué de 15 000 (2e amortissement) soit 70 000 €.
L’intérêt contenu dans la 3e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 2e annuité : 70 000 x 12
% soit 8 400 €.
La troisième annuité est donc égale à 15 000 (3e amortissement) + 8 400 (3e intérêt) = 23 400 €.
Le reste dû après paiement de la 3e annuité est égal à 70 000 (reste dû après paiement de la 2e annuité)
diminué de 15 000 (3e amortissement) soit 55 000 €.
L’intérêt contenu dans la 4e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 3e annuité : 55 000 x 12
% soit 6 600 €.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

La quatrième annuité étant égale à 39 600 € et le 4e intérêt égal à 6 600 €, le 4e amortissement est égal à 33
000 €.
Le reste dû après paiement de la 4e annuité est égal à 55 000 (reste dû après paiement de la 3e annuité)
diminué de 33 000 (4e amortissement) soit 22 000 €.
L’intérêt contenu dans la 5e annuité est calculé sur le reste dû après paiement de la 4e annuité : 22 000 x 12
% soit 2 640 €.
Le dernier reste dû doit être égal à 0. Cela signifie que le dernier amortissement doit être égal à l’avant dernier
reste. Le 5e amortissement est donc égal à 22 000 €.
La 5e et dernière annuité remboursant cet emprunt sera donc égale à 22 000 (dernier amortissement) + 2640
(dernier intérêt) soit 24 640 €.
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs

1 27 000,00 15 000,00 12 000,00 85 000,00

2 25 200,00 15 000,00 10 200,00 70 000,00

3 23 400,00 15 000,00 8 400,00 55 000,00

4 39 600,00 33 000,00 6 600,00 22 000,00

5 24 640,00 22 000,00 2 640,00 0,00

100 000,00

À noter • Le dernier reste doit toujours être égal à 0. Le dernier amortissement est donc toujours égal à
l’avant dernier reste. Or cet avant dernier reste sert à calculer le dernier intérêt versé, qui est donc égal au
dernier amortissement multiplié par le taux d’intérêt. La dernière annuité remboursant un emprunt est donc
égale au dernier amortissement multiplié par (1 + i).

Nous pouvons vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une période
avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet :
27 000 x 1,12-1 + 25 200 x 1,12-2 + 23 400 x 1,12-3 + 39 600 x 1,12-4 + 24 640 x 1,12-5 = 100 000

2 Trois types d’emprunts indivis


A – Les amortissements sont constants
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

Considérons le même emprunt que ci-dessus, soit un emprunt portant sur un capital de 100 000 €
remboursable par le paiement de 5 annuités calculées à 12 %.
Considérons que la procédure utilisée est celle des amortissements constants.
Les amortissements étant constants, chacun d’entre eux vaut 20 000, soit le capital total emprunté divisé par
le nombre d’annuités.
En appliquant les principes des emprunts indivis, nous arrivons au tableau d’amortissement ci-dessous :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs

1 32 000,00 20 000,00 12 000,00 80 000,00

2 29 600,00 20 000,00 9 600,00 60 000,00

3 27 200,00 20 000,00 7 200,00 40 000,00

4 24 800,00 20 000,00 4 800,00 20 000,00

5 22 400,00 20 000,00 2 400,00 0,00

100 000,00

Nous remarquons que le capital restant dû diminue de 20 000 à chaque fois, les intérêts diminuent donc de
0,12 x 20 000 = 2 400
Les annuités suivent donc une progression arithmétique de raison égale à moins l’intérêts calculé sur un
amortissement.
Nous pouvons encore vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une
période avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet : 32 000 1,12-1 + 29 600 1,12-2 + 27 200 1,12-3 + 24 800 1,12-4 + 22 400 1,12-5 = 100 000

B – Les annuités sont constantes


Considérons toujours le même emprunt que ci-dessus, soit un emprunt portant sur un capital de 100 000 €
remboursable par le paiement de 5 annuités calculées à 12 %.
Considérons que la procédure utilisée est celle des annuités constantes.
La valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une période avant le versement de la
première annuité est égale au capital emprunté : L’annuité constante a est donc solution de l’équation :
a 1,12-1 + a 1,12-2 + a 1,12-3 + a 1,12-4 + a 1,12-5 = 100 000

Le premier membre de cette equation est une somme de termes en progression géométrique de raison 1,12
et de premier terme a 1,12-5 (nous lisons de droite à gauche).
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

D’où a 1,12 −5 = 100 000


-5
1 - 1,12
Soit 100 000 = a× ⇒ a = 27 740,97

0,12
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs

1 27 740,97 15 740,97 12 000,00 84 259,03

2 27 740,97 17 629,89 10 111,08 66 629,14

3 27 740,97 19 745,48 7 995,50 46 883,66

4 27 740,97 22 114,93 5 626,04 24 768,73

5 27 740,97 24 768,73 2 972,25 0,00

100 000,00

Si nous désignons par ap la pième annuité, par mp le pième amortissement, par Rp le pième reste dû et par Ip le
pième intérêt.

Nous avons : ap = mp + Ip = mp + Rp-1 x i (i représente le taux d’intérêt) ap +

1 = mp + 1 + Ip + 1 = m p + 1 + R p x i

Or Rp = Rp-1 - mp par conséquent ap + 1 = mp + 1 + (Rp-1 - mp) x i


Les annuités étant constantes, nous avons ap + 1 = ap d’où mp + 1 + (Rp-1 - mp) x i = mp + Rp-1 x i
Nous obtenons ainsi mp + 1 = mp (1 + i)

À noter • Si les annuités sont constantes, les amortissements sont en progression géométrique de raison (1
+ i).

C – Le remboursement in fine – Le fonds d’amortissement


Chapitre 11 • Les emprunts indivis

Considérons toujours le même emprunt que ci-dessus, soit un emprunt portant sur un capital de 100 000 €
remboursable par le paiement de 5 annuités calculées à 12 %.
Considérons que cet emprunt est remboursé in fine.
D’où le tableau d’amortissement :
Annuités Amortissements Intérêts Restes dûs

1 12 000,00 0,00 12 000,00 100 000,00

2 12 000,00 0,00 12 000,00 100 000,00

3 12 000,00 0,00 12 000,00 100 000,00

4 12 000,00 0,00 12 000,00 100 000,00

5 112 000,00 100 000,00 12 000,00 0,00

100 000,00

Nous pouvons toujours vérifier que la valeur actualisée par la suite d’annuités remboursant cet emprunt une
période avant le versement de la première annuité est égale au capital emprunté :
En effet :
12 000 x 1,12-1 + 12 000 x 1,12-2 + 12 000 x 1,12-3 + 12 000 x 1,12-4 + 112 000 x 1,12-5 = 100 000
Nous remarquons que les 4 premières annuités sont nettement plus faibles que la dernière. Aussi est-il peut-
être utile de penser au paiement de la dernière annuité.
Cette dernière annuité se décompose en un intérêt (12 000 €) et un amortissement (100 000 €) égal au capital
emprunté.
Le fonds d’amortissement sert à payer le dernier amortissement. Se constituer un fonds d’amortissement
revient donc à verser, dans notre cas, 5 annuités (nous les considérons constantes et égales à a) de placement,
ces 5 annuités devant avoir une valeur acquise de 100 000 € lors du paiement de la dernière.
Nous devons donc avoir :

100 000 = a 1,09 ×4 + a 1,09 ×3 + a 1,09 × 2 + a 1,09 × + a

1,09 - 5 1
Soit 100 000 = a× ⇒ a = 16
709,25 0,09

Il faut donc verser 5 annuités de 16 709,25 € à 9 % pour se constituer un fonds d’amortissement de 100 000
€.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

Nous obtenons alors le schéma financier suivant :

Emprunt 0 1 2 3 4 5
(départ) 12 00012 00012 000 12 000 12 000 +
100 000 100 000

0 1 2 3 4 5
Fonds
d'amortissement a a a a a

0 1 2 3 4 5
Emprunt
(au final) 12 000 12 000 12 000 12 000 12 000
100 000 +a +a +a +a +a

Pour se constituer son fonds d’amortissement et rembourser son emprunt, cette personne doit donc verser
annuellement un montant X égal à 12 000 + 16 709,25, soit 28 709,25 €.
Le taux effectif de placement i est donc solution de l’équation :
X (1 + i)-1 + x (1 + i)-2 + x (1 + i)-3 + x (1 + i)-4 + x (1 + i)-5 = 100 000
Par interpolation linéaire, nous trouvons i = 0,13399. Le taux effectif de cet emprunt est donc égal à 13,40 %
(donc supérieur aux 12 % initiaux). Ce taux effectif aurait été inférieur au taux nominal si le taux de placement
du fonds d’amortissement avait été supérieur à 12 %.

À noter • Le fonds d’amortissement n’a, a priori, aucun rapport avec l’emprunt.

3 Le résumé
Les emprunts indivis

ième
an = mn + i Rn-1 où - an représente la n annuité versée
- mn l’amortissement contenu dans cette annuité
- Rn-1le reste dû avant paiement de cette annuité (donc après paiement de la précédente) - i le taux
d’intérêt de l’emprunt.
Chapitre 11 • Les emprunts indivis

∑m p = K (K est le capital emprunté) p 1=

∑ a (1p + i)−p = K (K est le capital emprunté)


p 1=
Quelques notions sur les Chapitre

emprunts obligataires 7
1 Les généralités

A - La définition
Dans le chapitre précédent, nous avons vu qu’un emprunt indivis est une relation entre un emprunteur et un
seul prêteur, le montant des sommes empruntées (et donc prêtées) sont donc naturellement assez faibles.
Si la somme empruntée est importante, il est rare qu’un seul prêteur puisse apporter le montant demandé,
ce montant demandé est apporté par plusieurs prêteurs ; l’emprunt prend alors le nom d’emprunt obligataire.
Chaque prêteur apporte une part du capital emprunté, cette part s’appelle une obligation.
A priori, les obligations peuvent être de montants différents mais, pour des raisons de commodités,
l’emprunt est divisé en obligations de même valeur, chaque prêteur pouvant apporter (acheter) une ou
plusieurs obligations.
La théorie des emprunts indivis s’appliquent donc en théorie mais il est convenu qu’une obligation est
remboursée ou ne l’est pas : l’amortissement contenu dans une annuité est donc obligatoirement un multiple
du montant de l’obligation.

B - La terminologie
Le montant théorique d’une obligation est sa valeur nominale ou pair.
Pour attirer les éventuels « acheteurs » d’obligations (porteurs), il n’est pas rare que la valeur d’émission d’une
obligation soit inférieure au pair : les obligations sont alors dites émises en dessous du pair. Il n’est pas rare
non plus que les obligations soient remboursées au dessus du pair, c’est-à-dire que la valeur de
remboursement soit supérieure au pair.
Dans tous les cas, les intérêts sont calculés sur le pair, l’intérêt annuel rapporté par une obligation prend alors
le nom de coupon.
C - Le taux effectif de placement pour un prêteur
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

Chaque prêteur, ou obligataire, peut donc acheter E € une obligation de nominal égal à P €. Cette obligation
peut lui être remboursée R € n années plus tard.
Si le taux d’intérêt nominal est égal à i, le coupon est égal à c = iP.
Le taux effectif d’intérêt sera celui effectivement perçu par le prêteur.
Le schéma correspondant à ce prêteur est donc le suivant :
0 1 2 3 n-1 n

E c c c c c+
R

Pour ce prêteur, le taux effectif de placement x est donc solution de l’équation (en nous plaçant à la date 0) :

E=c1 − (1+

x)−n + R (1 + x)-n x

Or, si nous prenons un exemple chiffré, si nous considérons que les obligations de 1 000 € sont émises à 980
€ et remboursées à 1 050 €, nous constatons que, si le taux d’intérêt nominal est égal à 10 %, le taux effectif
pour un obligataire remboursé :
-1
- à la date 1 est solution de l’équation : 980 = (1 050 + 100) (1 + x) ⇒ x = 17,347 %
- à la date 2 est solution de l’équation :
-1 -2
980 = 100 x (1 + x) + (1 050 + 100) x (1 + x) ⇒ x = 13,549 %
Les taux effectifs de placement sont donc d’autant plus faibles que la date de remboursement est éloignée.
Les obligataires ont donc intérêt à être remboursés le plus tôt possible. C’est en partie pour cela que, une
année donnée, les obligations remboursées sont désignées par tirage au sort.

D - Le principe de la gestion « SICoVaM »


En général, les obligataires confient la gestion de leurs titres à une banque. Il se pourrait donc que toutes les
obligations émises par une banque soient remboursées la première année : les clients de cette banque sont
donc avantagés par rapport aux clients d’autres banque qui auraient acheté des obligations concernant le
même emprunt.
Pour que toutes les banques émettrices d’obligations concernant le même emprunt obligataire soit sur un
pied d’égalité, celles-ci se font aider dans leur tache par un établissement spécialisé : la « Société
Interprofessionnelle pour la Compensation des Valeurs Mobilières », sauf, peut-être pour ce qui concerne des
emprunt à lots.
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

À chaque échéance d’intérêts et de remboursement, la SICoVaM remet à chaque banque un certificat de


coupons ou de titres qui leur permet d’encaisser chez l’emetteur de l’emprunt les intérêts et les
remboursements, à charge pour elle de répartir ces montants entre ses clients.
Les obligations amorties une année donnée ne sont pas tirées au sort directement chez l’emetteur, mais leur
nombre est réparti entre les banques dépositaires proportionnellement au nombre de titres vendus par
chacune d’elles, ces banques étant chargées de répartir ces titres par tirage au sort entre leurs clients
respectifs : c’est un tirage au sort au second degré.
Le schéma correspondant à ce principe de gestion est le suivant (imaginons que 50 000 obligations d’un
emprunt portant sur les 500 000 obligations émises soient amorties une année donnée) :

500 000 obligations émises 50 000 obligations remboursées


- 30 % par la banque A - 30 % par la banque A
- 50 % par la banque B - 50 % par la banque A - 20 % par la banque C - 20 % par la
banque A

A A
150 000 15 000

B B

250 000 25 000

C C
100 000 10 000

E - Le tableau d’amortissement d’un emprunt obligataire


Le tableau d’amortissement d’un emprunt obligataire ressemble fort à celui d’un emprunt indivis à part qu’il
fait apparaitre, les amortissements devant être multiples des valeurs de remboursement, les nombres
d’obligations amorties (remboursées) et vivantes (non encore remboursées). Le tableau d’amortissement
d’un emprunt obligataire peut donc se présenter sous la forme :
Nombres d’obligations

n° Annuités Amortissements Intérêts amorties vivantes

Dans la colonne « Nombres d’obligations vivantes », nous indiquerons les nombres d’obligations
nonremboursées après paiement de l’annuité correspondante.
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

ième
Si nous désignons par np, le nombre d’obligations amorties l’année p, l’amortissement contenu dans la p
annuité est égal à npR et si nous désignons par Np-1 le nombre d’obligations non encore remboursées avant
ième ième
le paiement de la p annuité, l’intérêt contenu dans la p annuité est égal à Np-1c (rappelons que R est
la valeur de remboursement d’une obligation et c la valeur du coupon).
ième
La p annuité ap est donc égale à npR + Np-1c.

À noter • Les calculs donnent, dès fois (et même souvent), des valeurs non entières pour n p, ces valeurs
appelées nombres théoriques d’obligations amorties (remboursées)n l’année « p » ne donnent pas les vraies
annuités mais leurs valeurs, comme leur nom l’indique, théoriques. Ces valeurs théoriques ne doivent pas
figurer dans un tableau d’amortissement.

2 Deux exemples d’utilisation


A – L’exemple 1 : Construction d’un tableau d’amortissement
Un emprunt obligataire est composé de 250 000 obligations de 2 400 € remboursées au pair. Le taux nominal
de cet emprunt est égal à 12 %. Cet emprunt est amorti par le paiement de huit annuités sensiblement
constantes et les nombres d’obligations remboursées sont arrondis à la dizaine près. Dresser le tableau
d’amortissement de cet emprunt.
Les nombres d’obligations amorties chaque année doivent être entiers (ou arrondis). Il nous faut donc
distinguer le nombre réel d’obligations amorties (annuités sensiblement constantes) du nombre théorique
d’obligations amorties (annuités constantes).
Nous désignons par np le nombre d’obligations théoriquement amorties lors du paiement de p ième annuité ap,
par Np le nombre d’obligations théoriquement vivantes après le paiement de cette annuité (N est le nombre
d’obligations émises).
Le taux d’intérêt de cet emprunt sera désigné par i, le pair par P, la valeur de remboursement par R et par c
le coupon. Nous avons c = i x P ap + 1 = np + 1 x R + Np x c ap = np x R + Np-1 x c Np = Np-1 - np

Comme ap + 1 = ap, nous avons np + 1 x R + (Np-1 - np) x c = np x R + Np x c


D’où np + 1 = np x (1 + c/R)
Donc : si les annuités sont constantes, les nombres d’obligations théoriquement amorties forment une suite
géométrique de raison (1 + c/R).
Suivant la relation ci-dessus, le nombre n1 d’obligations amorties théoriquement la première année est
solution de l’équation (dans notre cas le coupon est égal à 288 €) :
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

288
1 +
8
- 1 ⇒ n 1 = 20 325,71034

250 000 = n1×


Nous avons ainsi, en arrondissant à la dizaine près :
Nb d’obligations amorties

théoriques réels

1 20 325,71034 20 330

2 22 764,79559 22 760

3 25 496,57106 25 500

4 28 556,15958 28 560

5 31 982,89873 31 980

6 35 820,84658 35 820

7 40 119,34817 40 120

8 44 933,66995 44 930

250 000

D’où le tableau d’amortissement (réel) de cet emprunt :


Nb d’obligations

Annuités Amortissements Coupons amorties vivantes

1 120 792 000,00 48 792 000,00 72 000 000,00 20 330 229 670

2 120 768 960,00 54 624 000,00 66 144 960,00 22 760 206 910

3 120 790 080,00 61 200 000,00 59 590 080,00 25 500 181 410

4 120 790 080,00 68 544 000,00 52 246 080,00 28 560 152 850

5 120 772 800,00 76 752 000,00 44 020 800,00 31 980 120 870
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

6 120 778 560,00 85 968 000,00 34 810 560,00 35 820 85 050

7 120 782 400,00 96 288 000,00 24 494 400,00 40 120 44 930

8 120 771 840,00 107 832 000,00 12 939 840,00 44 930 0

250 000

B – L’exemple 2 : Calcul de taux effectifs


Un emprunt obligataire est composé de 750 000 obligations de 4 000 € émises à 3 960 € et remboursées à à
4 320 € par 9 annuités constantes calculées à 10 % et où les nombres d’obligations amorties chaque année
sont arrondis à la dizaine la plus proche. Les frais d’émission s’élèvent à 100 € par obligation émise.
1) Calculer le taux effectif de placement pour un obligataire remboursé : a) Au premier
tirage

Le coupon est égal à 10 % de 4 000 soit 400 €.


Le schéma financier correspondant est :

4 320

3 960
400

4
720

Le taux effectif de placement i pour un obligataire remboursé au premier tirage est solution de l’équation :

3 960 (1 + i) = 4 720 ⇒ i = 0,1919

Ce taux effectif de placement est donc égal à 19,19 %

b) Au second tirage
Le schéma financier correspondant est :

0 1 2
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

4 320

3 960 400
400
4 720

Le taux effectif de placement i pour un obligataire remboursé au second tirage est solution de l’équation (nous
actualisons à la date 2) :

3 960 (1 + i)2 = 400 (1 + i) + 4 720

Ce taux effectif de placement est donc égal à 14,34 %

2) Calculer le taux actuariel brut au réglement


En utilisant la même méthode que dans l’exemple 1, à savoir que, si les annuités sont constantes, les nombres
d’obligation théoriquement amorties forment une suite géométrique de raison (1 + c/R), nous pouvons
déterminer le nombre d’obligation théoriquement amorties en résolvant l’équation cidessous :

400
1 +

9
- 1⇒ n 1= 56 976,260349 750 000 = n1×

L’annuité théorique constante remboursant cet emprunt est donc égale à n 1 x 4 320 + 750 000 x 400. Son
montant est donc de 546 137 444,71 €.
Le capital effectivement prêté par l’ensemble des obligataires est égal à : 750
000 x 3 960 = 2 970 000 000.
Nous pouvons considérer cet emprunt obligataire comme un emprunt indivis de 2 970 000 000 € remboursé
par le versement de 9 annuités immédiates constantes et égales à 546 137 444,71 €.
Le taux actuariel brut au réglement i (TAB) est le taux de cet empruntindivis, il est donc solution de l’équation
:

1 - (1 i)
2 970 000 000 = 546 137 444,71× + -9 ⇒ i =
0,11466 i
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

Le TAB est donc égal à 11,47 %.

3) Calculer le taux de revient de cet emprunt pour la société émettrice


L’annuité théorique constante est toujours la même mais si le capital prêté par l’ensemble des obligataires
n’est pas égal au capital disponible pour la société émettrice : il faut compter les frais qui s’élèvent à 100 €
par obligation émise.
Le capital disponible est donc égal à 750 000 x (3 960 - 100) = 2 895 000 000
En suivant un raisonnement analogue au 2) de cet exemple, nous pouvons considérer cet emprunt obligataire
comme un emprunt indivis de 2 895 000 000 € remboursé par le versement de 9 annuités immédiates
constantes et égales à 546 137 444,71 €.
Le taux de revient i est donc solution de l’équation :

1 - (1 i)
2 895 000 000 = 546 137 444,71 × + -9 ⇒ i = 0,12136
i

Le taux de revient de cet emprunt pour la société émettrice est donc égal à 12,14 %.
Chapitre 12 • Quelques notions sur les emprunts obligataires

144G
3 Le résumé
Les emprunts obligataires

ième
ap = npR + Np-1c où - ap représente la p annuité versée
- np le nombre d’obligations amorties dans cette annuité

- N p-1 le nombre d’obligations vivantes avant paiement de cette annuité


(Donc après paiement de la précédente)
- c le coupon (le coupon est l’intérêt rapporté par une obligation en un an)
- s i i est le taux d’intérêt de cet emprunt et si P est le pair (nominal) d’une obligation, c = i P

∑n p = N (N est le nombre d'obligations émises) = N p 1=

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