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Comprendre la Mondialisation Moderne

La mondialisation, processus économique émergent depuis le dernier quart du XXe siècle, se caractérise par l'échange généralisé de biens, de services et d'idées à l'échelle mondiale, transformant les relations économiques et politiques. Elle se développe en trois phases : l'internationalisation, la transnationalisation et la globalisation, chacune marquée par des évolutions technologiques et des changements dans la structure des échanges. Ce phénomène soulève des défis contemporains, notamment en matière de gouvernance, d'inégalités et de tensions identitaires, tout en interrogeant le rôle des États face à l'essor des acteurs transnationaux.

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Comprendre la Mondialisation Moderne

La mondialisation, processus économique émergent depuis le dernier quart du XXe siècle, se caractérise par l'échange généralisé de biens, de services et d'idées à l'échelle mondiale, transformant les relations économiques et politiques. Elle se développe en trois phases : l'internationalisation, la transnationalisation et la globalisation, chacune marquée par des évolutions technologiques et des changements dans la structure des échanges. Ce phénomène soulève des défis contemporains, notamment en matière de gouvernance, d'inégalités et de tensions identitaires, tout en interrogeant le rôle des États face à l'essor des acteurs transnationaux.

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Mondialisation

La notion de mondialisation émerge dans le dernier quart du XXe siècle : nombre de commentateurs ont qualifié
la période comme étant celle de la mondialisation. Le partage du monde en deux blocs est balayé par une mutation
technico-économique : création sans précédent de richesses, explosion des flux (capitaux, marchandises, images,
idées…), ralliement de la plupart des sociétés au commerce mondial. Puisque tout peut circuler partout, tout événement,
notamment à travers les médias, se répercute à l’ensemble du monde. Toute grande question, des échanges à la paix,
des armements à l’environnement, a désormais une dimension mondiale. Pour la régler ou au moins la maîtriser, il faut
tenter d’associer la plupart des hommes. Mais l’abus d’usage de ce mot a souvent dispensé de s’interroger sur sa
définition.
La mondialisation est d’abord un processus économique compris comme un échange généralisé entre toutes les parties
du monde. L’espace mondial devient un espace libre de circulation des hommes, des capitaux et des marchandises. Si
le phénomène est marqué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et explose depuis la chute de l’URSS, il n’en est
pas moins un phénomène ancien. Au cours des siècles, l’ensemble des États, des cités, des Empires s’intégrèrent dans
un même système-monde* suivant une logique d’homogénéisation des relations économiques. Nombre d’auteurs situent
les origines de la mondialisation à l’époque des cités-États italiennes lorsque le commerce maritime prend son essor et
que les flux entre Orient et Occident s’accélèrent. Viennent ensuite les Grandes Découvertes, puis la Révolution
Industrielle et l’ère de la colonisation (Christian Grataloup, Géohistoire de la mondialisation).
Le phénomène économique contemporain s’est développé en trois temps. Le premier moment est constitué par le
développement des exportations de biens et de services. On parle alors d’« internationalisation ». Cet essor des échanges
internationaux est proportionnel à la croissance rapide de la production mondiale. La configuration des échanges évolue
au profit des produits manufacturés par rapport aux matières premières. Le second moment est caractérisé par le
développement d’investissements directs à l’étranger entre pays industriels d’abord, grâce aux déréglementations
successives et à la révolution des TIC. C’est un phénomène de « transnationalisation » des entreprises qui correspond
au développement des firmes multinationales*. Enfin, le terme de « globalisation » désigne les mutations les plus
récentes. Dans un monde devenu global, les grandes multinationales combinent et organisent leurs activités dans
l’espace mondial en tissant de nouveaux réseaux. L’importante ouverture des économies nationales aux différents flux
de marchandises et de capitaux conduit à un mode de régulation des activités économiques où l’international prime sur
le national. Dans cette phase de la mondialisation, on constate une participation accrue des PED et des NPI qui
s’industrialisent et rattrapent progressivement la Triade* (États-Unis, Europe, Japon). La globalisation est également
financière grâce aux 3 « D » : déréglementation, désintermédiation, décloisonnement. Cette globalisation financière
repose sur la mobilité instantanée de l’argent grâce à l’interconnexion informatique. Il y a, par ailleurs, une déconnection
croissante entre la finance spéculative et l’économie réelle (production et échanges). La révolution des NTIC,
notamment Internet, y joue un rôle essentiel.
Ce concept de mondialisation est souvent enrichi de dimensions politiques – avec le développement d’organisations
internationales* et ONG* – et culturelles. La thèse de l’émergence d’une culture* mondiale est discutée (Voir
Américanisation*).

Le terme « mondialisation » se distingue en français de la « globalization », terme utilisé pour la première fois par
Theodor Lewitt pour désigner la convergence mondiale des marchés et des modes de consommation dans un article
1
intitulé The Globalization of Markets (1983). Ce processus se caractérise par l’augmentation exponentielle des échanges
et une harmonisation progressive des pratiques. L’interdépendance s’accroît entre les différents systèmes politiques et
économiques. L’espace et le temps se contractent avec la multiplication des échanges de biens et d’informations. Cette
analyse s’inscrit dans la lignée de l’ouvrage War and peace in the Global Village publié par Marshall McLuhan en 1968.
McLuhan est un précurseur en montrant le rôle des nouveaux médias dans l’évolution de la planète qui devient un
« village global ». Les tenants de la Fin de l’histoire* (K. Ohmae) reprennent ce concept de « village global », comme
ceux de la Mondialisation heureuse (Alain Minc). Ce mouvement de globalisation, – porté par les évolutions
technologiques, l’abaissement des barrières, l’extension de la démocratie –, transforme notre planète en un grand village.
Cette question de la mondialisation est élargie ensuite par Kenichi Ohmae dans un ouvrage intitulé La Triade. Il y définit
le concept de firme globale* pour décrire l’émergence de stratégies globales de FMN* focalisées toujours sur les pays
de la Triade* formant un marché de consommation à fort pouvoir d’achat homogène et produisant les ¾ des biens à très
forte valeur ajoutée (maîtrise des nouvelles technologies). Selon K. Ohmae, l’ensemble de chaîne de création de valeur
des multinationales (finance, R&D, production, marketing, commercialisation et recrutement) est repensé de manière
globale. En 1993, le Forum de Davos, cadre informel, consacre le concept de « globalisation ». Les dirigeants des FMN,
les experts et politiques réunis formant la nouvelle classe dirigeante, y accréditent la « pensée globale » comme le
symbole du fonctionnement de cette nouvelle économie internationale. On évoque avec la constitution de ce système-
monde un dépassement, voire un oubli, des États en cours. Mais les analyses sur le degré de réalisation de ce phénomène
varient. La mondialisation actuelle admet des caractéristiques économiques propres aux conséquences géopolitiques
nouvelles.

Aujourd’hui, la mondialisation pose de nouveaux défis. Y répondre suppose des formes de gouvernance* et
d’actions internationales nouvelles de coopération et de régulation (institutionnelle ou informelle) entre des intérêts
particuliers divergents. La priorité est désormais pour les États de s’adapter et survivre dans cette compétition
économique. Celle-ci paraît d’autant plus féroce qu’une nouvelle ère industrielle (suscitée par la révolution des NTIC)
s’épanouit et que de nouveaux rivaux entrent dans le jeu (Voir Émergents*, Dragons, Tigres ou BRICS).
On observe des résistances nombreuses à la mondialisation avec l’émergence de nouveaux acteurs transnationaux. La
mondialisation est sources de nouvelles tensions, engendrant rejets et crispations identitaires. En Europe, le terme
« mondialisation » est associé pour le grand public aux débats sur le chômage avec son cortège de délocalisations. Les
opposants à la pensée globale font entendre leurs voix dans des journaux comme Le Monde diplomatique, dénonçant
cette « pensée unique », expression du néo-impérialisme* américain. Le processus de création de richesses promis par
les libéraux n’a pas permis un meilleur développement, au contraire, pour ces opposants, les inégalités augmentent à
toutes les échelles. Le débat s’élargit à d’autres thèmes : souveraineté* des États, opacité des marchés
financiers, dumping social, concurrence déloyale, marchandisation de la culture*, risques environnementaux,
pandémies, crime organisé*… Le débat devient global. Les mécanismes de la mondialisation sont dénoncés par le
mouvement altermondialiste*. Les partisans de l’altermondialisation souhaitent proposer des alternatives à la
mondialisation contemporaine. La démondialisation est un mot d’ordre répété face aux excès de la mondialisation (crise
financière de 2008, pandémie de Covid-19 de 2020-2021).
Des conflits de natures diverses se multiplient. Ils peuvent renvoyer à la question migratoire*, certaines frontières*
acquièrent une importance nouvelle dans le cadre de la mondialisation. Certains peuples peuvent remettre en question
la suprématie occidentale (de l’antiaméricanisme à des résistances violentes débouchant sur le terrorisme* avec
2
l’islamisme djihadiste). Enfin, la mondialisation a accru également les tensions dans le domaine économique (Voir
guerre économique*).

Du point de vue géopolitique, la mondialisation abolit-elle la géographie ? En ce qui concerne la géographie, il y


a bien une contraction massive de l’espace* et du temps avec les révolutions des communications et des transports*,
s’accompagnant d’une flexibilité et d’une mobilité accrue des acteurs. C’est le temps des réseaux*, des mafias*, des
diasporas*. Ainsi peuvent être opposées les entités territorialisées immobiles (États) à celles pouvant se déplacer (acteurs
économiques, par exemple les FMN). L’affirmation des acteurs non étatiques transnationaux est interprétée par certains
comme l’annonce de la fin prochaine des États. Les États dominent de moins en moins l’investissement et le commerce
au profit des multinationales, les individus multiplient leurs allégeances (monde, double nationalité, région). Certains
observateurs, affirmant la suprématie des réseaux sur les territoires*, tendent même à remettre en question la validité de
la géopolitique. Selon ces auteurs, il faudrait s’attacher, plutôt qu’aux États, à l’« archipel mégalopolitain mondial »
(l’AMM d’Olivier Dolfuss), sorte de super-espace tramé de réseaux reliant tous les niveaux scalaires. Dans ce nouveau
monde, les acteurs transnationaux et autres réseaux sont les nouveaux pouvoirs géopolitiques. Les États ne sont plus
que des instruments soumis aux options transnationales. À l’inverse, certains géographes et géopoliticiens, qui ont
travaillé sur ces concepts d’abord élaborés par des économistes, réfutent l’idée que la globalisation supprime
l’importance des territoires (Laurent Carroué). La géographie est toujours là, favorisant plutôt les uns (les États-Unis
avec leur double façade maritime), handicapant les autres (l’Afrique enclavée* géographiquement). Pour tout État, son
territoire reste une contrainte et un atout. Si les frontières sont poreuses, elles restent des barrières. La mondialisation
est une réalité spatiale qui renvoie à un double processus d’intégration/fragmentation qui entraîne une polarisation et
une hiérarchisation très forte des territoires mis en compétition. La mondialisation, si elle bouleverse les conditions
d’exercice de la souveraineté étatique, ne touche en rien au cadre étatique lui-même. La dynamique de gouvernance
internationale reste maîtrisée par des États. Même les FMN*, tenants de la mondialisation, restent connectées en partie
à des logiques nationales.
Loin des modélisations abstraites, la géopolitique doit rester concrète et étudier la mondialisation en cherchant les
influences étatiques souterraines. Le phénomène complexe de la mondialisation doit être analysé avec prudence en
gardant à l’esprit l’idée que ces concepts nouveaux ne démodent pas systématiquement les analyses précédentes.
Travail à faire :

1- Comment définiriez-vous la mondialisation en vous basant sur le texte ?


2- Quelles sont les origines historiques de la mondialisation selon l'auteur ?
3- Quelles sont les trois phases du développement économique de la mondialisation identifiées dans le texte ?
4- Comment la « globalisation » diffère-t-elle de l'« internationalisation » ?
5- Quel rôle jouent les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans la mondialisation ?
6- Comment la mondialisation a-t-elle influencé les inégalités économiques et sociales à l'échelle mondiale ?
7- En quoi la mondialisation a-t-elle une dimension politique, en plus de l'économique ?
8- Discutez de l'idée d'une culture mondiale émergente. Quels exemples pouvez-vous donner ?
9- Quelle est la différence entre « mondialisation » et « globalisation » selon le texte ?
10- Comment le concept de « village global » de Marshall McLuhan s'applique-t-il à la mondialisation ?
11- Quels nouveaux défis la mondialisation pose-t-elle aux États et à la gouvernance mondiale ?
12- Quelles sont les formes de résistance à la mondialisation mentionnées dans le texte ?
13- La mondialisation abolit-elle la géographie, selon l'auteur ? Justifiez votre réponse.
14- Comment les États et les firmes multinationales interagissent-ils dans le contexte de la mondialisation ?

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