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Indice de colmatage en ultrafiltration

Ce mémoire présente une approche innovante pour évaluer le colmatage dans les installations d'osmose inverse en introduisant un nouvel indice de colmatage adimensionnel (MFI-UFad). L'étude compare les résultats de cette approche avec ceux de méthodes classiques, en se concentrant sur l'ultrafiltration de suspensions de bentonite et de solutions d'acides humiques. Les résultats montrent que le modèle adimensionnel est plus représentatif du colmatage causé par les macromolécules humiques que les modèles conventionnels.

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Indice de colmatage en ultrafiltration

Ce mémoire présente une approche innovante pour évaluer le colmatage dans les installations d'osmose inverse en introduisant un nouvel indice de colmatage adimensionnel (MFI-UFad). L'étude compare les résultats de cette approche avec ceux de méthodes classiques, en se concentrant sur l'ultrafiltration de suspensions de bentonite et de solutions d'acides humiques. Les résultats montrent que le modèle adimensionnel est plus représentatif du colmatage causé par les macromolécules humiques que les modèles conventionnels.

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UNIVERSITE SAAD DAHLAB DE BLIDA

Faculté des Sciences de l’Ingénieur

Département de Chimie Industrielle

MEMOIRE DE MAGISTER
Spécialité : Génie de l’environnement

EVALUATION ET MISE EN ŒUVRE D'UN NOUVEL INDICE DE COLMATAGE

MODIFIÉ DANS LES INSTALLATIONS D'OSMOSE INVERSE

Par

Imène ABDELBAKI

Devant le jury composé de :

D.E. HADJ BOUSSAAD Professeur, USDB Président

N. MOULAY Professeur, Université de Médéa Examinateur

A. AOUABED Professeur, USDB Examinateur

M.W. NACEUR Professeur, USDB Rapporteur

Blida, Mai 2012


RÉSUMÉ

Ce travail s’inscrit dans une approche innovante du colmatage. L’objectif principal


étant la mise en œuvre d’un nouvel indicateur de colmatage (MFI-UFad) issu d’une
adimensionnalisation de l’équation de Schippers et al.

La démarche adoptée dans cette étude consiste à comparer les résultats obtenus par
l’approche adimensionnelle à ceux obtenus par la méthode classique.

Pour ce faire, nous nous sommes intéressés principalement à l’ultrafiltration de


solutions modèles : Des suspensions de bentonite et des solutions organiques d’acides
humiques à différentes concentrations, sur une membrane en polyethersulfone.

Dans le cas des suspensions de bentonite, la filtration sur gâteau est démontrée à travers
les courbes t/V versus V et la linéarité du MFI-UF avec la concentration des suspensions ;
l’hypothèse de la filtration sur gâteau n’est pas vérifiée dans le cas des solutions d’acides
humiques, ceci est expliqué par la contribution de phénomènes de blocage et d’adsorption
dans le colmatage.

L’application de l’approche adimensionnelle aux différentes suspensions de bentonite et


solutions d’acides humiques et l’analyse des résultats obtenus pourrait laisser dire que le
modèle de colmatage adimensionnel traduit de manière représentative le colmatage par les
macromolécules humiques.

Mots clés : Ultrafiltration, colmatage, MFI-UF, indicateur de colmatage adimensionnel


(MFI-UFad).
‫ملخص‬

‫‪.MFI-UFad‬‬ ‫انهذف انشئيسي ين هزه انذساسة هى جنفيز و جقييى يؤشش يثحكش نالنسذاد خال ين األتعاد‬

‫األسهىب انًعحًذ في هزه انذساسة هى يقاسنة اننحائج انًحصم عهيها تاسحعًال اننهج انخال ين األتعاد نحهك انحي حصهنا‬
‫عهيها تاألسهىب انكالسيكي‪.‬‬

‫في هزا انصذد ‪ ،‬اهحًًنا في انًقاو األول تانحششيح انفائق نهًحانيم اننًىرجية ‪ :‬يعهقات ين انثنحىنيث ويحانيم عضىية‬
‫ين األحًاض انهيىيية تحشكيضات يخحهفة‪ ،‬ورنك تاسحعًال غشاء يحذد‪.‬‬

‫فيًا يخص يعهقات انثنحىنيث‪ ،‬فشضية االنسذاد انناجج عن جشكيم انكعكة عهى سطح الغشاء جحضح ين خالل ينحنى‬
‫(‪ t/ V =f )V‬و جناسة ‪ MFI-UF‬يع جشكيض انًعهقات‪ .‬نى يحى انححقق ين انفشضية في حانة األحًاض انهيىيية ‪،‬‬
‫يفسش رنك تًساهًة ظىاهش االنسذاد و االيحضاص‪.‬‬

‫جطثيق اننهج انخال ين األتعاد وجحهيم اننحائج انًحصم عهيها قذ يسًح لىب ببلقول أن وموذج االوسداد انخال ين األتعاد قذ‬
‫يكون أكثر تمثيال لالوسداد الىبتح عه الجزيئبت الهيومية ‪.‬‬

‫الكلمات الرئيسية‪ :‬انحششيح انفائق‪ ،‬االنسذاد‪ ،MFI-UF ،‬يؤشش االنسذاد انخال ين األتعاد )‪(MFI-UFad‬‬
ABSTRACT

This work is part of an innovative approach to fouling. The main objective is the
implementation and the evaluation of a new fouling indicator-Dimensionless modified
fouling index ultrafiltration (MFI-UFad) from an adimensionalisation of the equation of
Schippers and al.

The method adopted in this study is to compare the results obtained by the non-
dimensional approach to those obtained by the conventional approach.

In this context, we were mainly interested by the ultrafiltration of model solutions:


Suspensions of bentonite and organic solutions of humic acids at different concentrations,
using a polyethersulfone membrane.

In the case of bentonite suspensions, cake filtration was demonstrated through the curve
t/V versus V and the linearity of the MFI-UF with the concentration of suspensions, the
hypothesis of cake filtration is not accurately verified in the case of humic acid solutions
due to internal fouling such as pore adsorption.
The application of non-dimensional approach to the various suspensions of bentonite and
humic acid solutions and the analysis of the results obtained shows that the dimensionless
fouling model could be more representative of fouling by humic macromolecules than the
conventional model.

Keywords: Ultrafiltration, fouling, MFI-UF, dimensionless modified fouling index (MFI-


UFad).
REMERCIEMENTS

J’ai réalisé ce travail dans le Laboratoire de traitement des eaux de l’Université de

Blida (Labo 206) sous la direction de Mr M.W. Naceur que je souhaite remercier ainsi que

tous les permanents et doctorants en particulier Mme Bouteflika Chahra et Rachid, le

technicien de laboratoire.

Mr [Link] Naceur m’a aidée par sa disponibilité à avancer sereinement et à

franchir les nombreux obstacles rencontrés. Pour ses conseils éclairés, pour sa confiance,

sa patience et sa gentillesse, je lui suis très reconnaissante.

Je remercie Mr D. E. Hadj Boussaad, d’avoir accepté la présidence du jury de

soutenance, Mr A. Aouabed et Mr N. Moulay de l’université de Médéa de siéger au jury de

ce mémoire.

Mes remerciements vont également à Mlle Annane Hannane, l’étudiante en Master

qui m’a aidée à accomplir ce travail, en effectuant une partie des essais avec beaucoup de

sérieux et de patience.

Je souhaite également remercier tous les responsables et enseignants du

département de chimie industrielle en particulier les membres du conseil scientifique et

Mr Soukane pour ses conseils.

Je tiens aussi à remercier mes amis et mes camarades qui m’ont soutenue et encouragée.

Un grand merci à mon mari, mes parents, ma belle famille, mon grand frère et mes

sœurs pour leur patience et leur soutien.


TABLE DES MATIERES

RESUME

REMERCIEMENTS

TABLE DES MATIERES

LISTE DES ILLUSTRATIONS, GRAPHIQUES ET TABLEAUX

INTRODUCTION………………………………………………………………………..…1

CHAPITRE 1 : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE……………………………………………5

1.1. Généralités sur les membranes……………………………………………….……….5


1.1.1. Définition et principe de fonctionnement d’une membrane.........................….....5
1.1.2. Classification des membranes……………………………………………………6
[Link]. Classification d’après le mécanisme de séparation.................................…...6
[Link]. Classification d’après la morphologie………………………………………7
[Link]. Classification d’après la nature du matériau membranaire………………….8
[Link]. Classification d’après la géométrie………………………………………...10
1.1.3. Modules membranaires…………………………………………………………10
[Link]. Les modules plans………………………………………………………….11
[Link]. Les modules spiralés……………………………………………………….11
[Link]. Les modules tubulaires……………………………………………………12
[Link]. Les modules fibres creuses………………………………………………...13
[Link]. Les modules dérivés……………………………………………………….14
1.1.4. Système membranaire…………………………………………………………..15
1.1.5. Caractéristiques des membranes………………………………………………..16
[Link]. Sélectivité d’une membrane………………………………………………..17
[Link]. Perméabilité d’une membrane……………………………………………..19
[Link]. Influence de la température sur la perméabilité de la membrane………….21
[Link]. Résistance d’une membrane……………………………………………….23
1.2. Les techniques séparatives à membranes……………………………………………23
1.2.1. Classification…………………………………………………………………...23
1.2.2. Les différentes opérations de filtration membranaire…………………………..25
[Link]. L’osmose inverse (OI)……………………………………………………..26
[Link]. La nanofiltration (NF)……………………………………………………...26
[Link]. L’ultrafiltration (UF)………………………………………………………27
[Link]. La microfiltration (MF) …………………………………………………..28
[Link]. Sélection du procédé………………………………………………………29
[Link]. Les mécanismes de transfert en filtration membranaire…………………...30
[Link]. Conclusion…………………………………………………………………30
1.2.3. Modes de fonctionnement des procédés membranaires………………………..31
[Link]. Tangentiel / Frontal………………………………………………………...31
[Link]. Pression / Flux constant……………………………………………………35
1.2.4. Avantages et inconvénients des procédés membranaires………………………37
1.2.5. Limites des procédés de filtration membranaire………………………………..39
1.3. Limitations au transfert...............................................................................................40
1.3.1. Concepts fondamentaux………………………………………………………...40
1.3.2. Polarisation de concentration…………………………………………………...42
1.4. Colmatage en ultrafiltration………………………………………………………….44
1.4.1. Généralités sur le colmatage…………………………………………………….44
1.4.2. Facteurs influençant le colmatage…….………………………………………..46
1.4.3. Les différents types de colmatage………………………………………………47
1.4.4. Mécanismes de colmatage en ultrafiltration……………………………………49
1.4.5. Modèles de colmatage………………………………………………………….52
[Link]. Le modèle des résistances en série…………………………………………52
[Link]. Modèle de colmatage particulaire en filtration frontale…………………...53
[Link]. Développement du modèle de filtration sur gâteau………………………..55
1.4.6. Indicateurs de colmatage……………………………………………………….57
[Link]. Silt Density Index (SDI)…………………………………………………...58
[Link]. Modified fouling index (MFI)……………………………………………..60
[Link]. Modified Fouling Index – Ultrafiltration (MFI-UF)……………………….63
[Link]. Développements du MFI-UF………………………………………………65
1.4.7. Comment limiter le colmatage ?..........................................................................70
1.4.8. Eviter le colmatage……………………………………………………………..72
1.4.9. Nettoyage des membranes……………………………………………………...73
CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES…………………………………………...79

2.1. Solutions colmatantes modèles……………………………………………………..79


2.1.1. Préparation des suspensions modèles de bentonite……………………………..80
2.1.2. Préparation des solutions modèles d’acides humiques…………………………80
2.2. Filtration……………………………………………………………………………..81
2.2.1. Description du dispositif expérimental d’UF et principe de fonctionnement…81
2.2.2. Cellule de filtration frontale…………………………………………………….82
2.2.3. Les membranes…………………………………………………………………83
2.2.4. Nettoyage et conservation des membranes……………………………………..84
2.2.5. Essais de filtration et de caractérisation du colmatage…………………………84
[Link]. Mesure de la perméabilité………………………………………………….84
[Link]. Evaluation du colmatage en cours d’opération…………………………….85
2.3. Méthodes d’analyse……………………………………………………....................87

CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION………………………………………...89

3.1. Objectifs, problématique et approche de l’étude…………………………………….89


3.2. Mise en œuvre d’un nouvel indice de colmatage adimensionnel………………….91
3.3. Caractérisation du colmatage en ultrafiltration……………………………………...95
3.3.1. Perméabilité hydraulique……………………………………………………….95
3.3.2. Évolution du flux de perméat dans le temps……………………………………96
[Link]. Filtration des suspensions modèles de bentonite…………………………..97
[Link]. Filtration des solutions d’acides humiques………………………………...99
3.3.3. Détermination des indicateurs de colmatage………………………………….101
[Link]. Pouvoir colmatant des suspensions de bentonite…………………………101
[Link]. Pouvoir colmatant des solutions d’acides humiques……………………..104

CONCLUSION…………………………………………………………………………..109

NOMENCLATURE

APPENDICES

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
LISTE DES ILLUSTRATIONS, GRAPHIQUES ET TABLEAUX

Figure 1.1 : Représentation schématique de la séparation par membrane sélective (adapté


après Malleviale et al 1996)………………………………………………….….....6
Figure 1.2 : Représentation schématique d’une membrane asymétrique…………………..8
Figure 1.3 : Structure interne d’une membrane à spirale (d’après Degrémont – 1989)…..12
Figure 1.4 : Module tubulaire……………………………………………………………..12
Figure 1.5 : Coupe d’un module fibres creuses…………………………………………..13
Figure 1.6 : Détermination du seuil de coupure (Molecular Weight Cut-off) d'une
membrane d'ultrafiltration, à partir d'une courbe de tamisage…………………….19
Figure 1.7 : Rétention des différents types de solutés selon le procédé membranaire-
pression d’utilisation………………………………………………………………25
Figure 1.8 : Organigramme de sélection du procédé membranaire……………………….29
Figure 1.9 : Mise en œuvre de filtrations…………………………………………………32
Figure 1.10 : Principe de fonctionnement de la filtration frontale………………………..33
Figure 1.11 : Principe de fonctionnement de la filtration tangentielle……………………34
Figure 1.12 : Schéma représentatif des deux types de fonctionnement en filtration :
Pression constante et flux constant………………………………………………..36
Figure 1.13: Evolution du flux J avec la pression transmembranaire Ptm ………………...41
Figure 1.14 : Phénomène de polarisation de concentration (Maurel, Technique de
l’Ingénieur)………………………………………………………………………...42
Figure 1.15 : Paramètres influençant le colmatage………………………………………..47
Figure 1.16 : Schématisation des différents mécanismes de colmatage d’une membrane
d’UF………………………………………………………………………………..49
Figure 1.17 : Mesure du Fouling Index FI ou Silt Density Index SDI…………………….59
Figure 1.18 : Représentation graphique t/V versus V avec la mise en évidence de la pente
de la zone linéaire tan α (Schippers et Verdouw 1980; Boerlage et al., 2003A)…..62
Figure 1.19 : Montage expérimental pour déterminer le MFI-UF (Boerlage et al 2002)…65
Figure 1.20 : Mise en œuvre d'un fonctionnement séquentiel perméation-rétrolavage pour
réduire l'impact du colmatage……………………………………………………...74
Figure 1.21 : Efficacités comparées des rétrolavages et nettoyages chimiques…………..75
Figure 2.1 : Schéma du montage de filtration……………………………………………..81
Figure 2.2: Cellule Amicon de filtration frontale (Amicon-Millipore)……………………82
Figure 3.1 : Evolution du flux en fonction de la pression transmembranaire…………….96
Figure 3.2 : Evolution du flux de perméat en fonction du temps au cours de l’ultrafiltration
de suspensions de bentonite à différentes concentrations…………………………97
Figure 3.3 : Evolution du flux de perméat en fonction du temps au cours de l’ultrafiltration
de solutions d’acides humiques à différentes concentrations……………………...99
Figure 3.4 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars) pour des suspensions de
bentonite (1, 2, 3 g/L)…………………………………………………………….102
Figure 3.5 : Variation du MFI-UF en fonction de la concentration pour des suspensions de
bentonite………………………………………………………………………….102
Figure 3.6 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension de
bentonite 1g/L…………………………………………………………………….103
Figure 3.7 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension de
bentonite 2g/L…………………………………………………………………….103
Figure 3.8 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension de
bentonite 3g/L…………………………………………………………………….104
Figure 3.9 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars) pour des solutions d’acides
humiques (5, 20, 40 mg/L)……………………………………………………….105
Figure 3.10 : Variation du MFI-UF en fonction de la concentration pour des solutions
d’acides humiques………………………………………………………………..105
Figure 3.11 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 5 mg/L……………………………………………………………………106
Figure 3.12 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 20 mg/L…………………………………………………………………..106
Figure 3.13 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 40 mg/L…………………………………………………………………..107
Tableau 1.1 : Comparaison des avantages et inconvénients des grandes classes de
matériaux……………………………………………………………………………9
Tableau 1.2 : Description des modules……………………………………………………15
Tableau 1.3 : Ordre de grandeur de la densité de flux volumique des différentes techniques
à membranes……………………………………………………………………….21
Tableau 1.4 : Ordre de grandeur des perméabilités………………………………………..22
Tableau 1.5 : Comparaison des différentes techniques séparatives à membranes………...30
Tableau 1.6 : Conséquences du colmatage selon la conduite des opérations……………39
Tableau 1.7 : Evaluation des contributions………………………………………………..51
Tableau 1.8 : Différents modèles empiriques de filtration frontale……………………….54
Tableau 1.9 : Valeurs repères du SDI……………………………………………………...59
Tableau 1.10 : Produits utilisés lors de nettoyages chimiques…………………………….78
Tableau 2.1 : caractéristiques des membranes…………………………………………….83
Tableau 3.1 : Pourcentages de réduction (%R) de la bentonite par la membrane d’UF…..98
Tableau 3.2 : Pourcentages de réduction (%R) des acides humiques par la membrane
d’UF………………………………………………………………………………100
Tableau 3.3 : Indicateurs de colmatage…………………………………………………..107
1

INTRODUCTION

Au XXe siècle, la population mondiale a triplé et la consommation d’eau a sextuplé.


Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, chaque année, 3,4 millions de personnes,
principalement des enfants, meurent de maladies (essentiellement diarrhée et malaria) dues
à la mauvaise qualité de l’eau et 2,4 milliards de personnes manquent d’eau pour leur
besoin d’hygiène élémentaire. Les ressources en eau douce sont limitées : l’accroissement
prévisible de la population (70 % de la consommation d’eau est destinée à l’agriculture et
10 % pour l’usage domestique), le développement industriel (l’industrie consomme 20 %
de l’eau produite), font craindre une rupture des ressources en eau aux conséquences bien
plus graves que celles qui résulteront de la fin des réserves pétrolières. Il y a des substituts
au pétrole, pas à l’eau : Qualité de l’eau distribuée et quantité suffisante sont donc les mots
clés à considérer pour le traitement des eaux.

Les opérations de séparation par membranes (osmose inverse OI, nanofiltration NF,
ultrafiltration UF) sont bien placées pour aider à résoudre ces problèmes. En effet, comme
les membranes jouent le rôle de barrière physique, elles produisent avec une grande
fiabilité une eau de qualité pour la consommation humaine et l’industrie.

Les procédés membranaires ouvrent de nouvelles possibilités dans l’exploitation de


sources d’eau, notamment les océans. Celles-ci étaient difficilement utilisables auparavant
pour des raisons techniques ou économiques, elles font dorénavant partie des importantes
ressources en eau potable grâce aux techniques de dessalement par OI.

Introduites dans le traitement des eaux usées, ces opérations de séparation permettent un
recyclage ou/et une réutilisation de l’eau réglant ainsi, en partie, le problème de la quantité.

Les procédés de séparation membranaires sont des techniques qui répondent aux
exigences du développement durable, elles permettent de combler les déficits hydriques en
augmentant les ressources en eau et ce tout en étant respectueuses de l’environnement en
2

limitant les rejets polluants ce qui les rend compétitives par rapport au techniques
conventionnelle de traitement des eaux.

Un dernier avantage des techniques membranaires est qu’elles peuvent être utilisées en
continu ce qui permet d’éviter un arrêt des chaînes de productions, elles sont donc
relativement simple à automatiser et à contrôler.

Toutefois, même si l’utilisation de procédés membranaires tend à s’intensifier, ceux-ci


présentent une limitation de taille : le colmatage, c'est-à-dire l’accumulation de matière à la
surface de la membrane qui est inhérente à ce mode de séparation.

En effet, en premier lieu, le colmatage entraîne directement une diminution de la


productivité du procédé. Ensuite, un dépôt sur la surface de la membrane peut entraîner un
changement dans la sélectivité des espèces retenues. Les propriétés initiales de la
membrane ne seront donc plus les mêmes et le dépôt agira comme une seconde membrane
de sélectivité incontrôlée entraînant une rétention d’espèces pas forcément désirée.

En dernier lieu, un colmatage important concourt à accroître la consommation d’énergie, à


augmenter les fréquences de nettoyages et indirectement à réduire la durée de vie des
membranes ; autant d’éléments qui font du colmatage un enjeu majeur du développement
des procédés de séparation mettant en œuvre des membranes.

Le développement de l’utilisation des procédés membranaire à basse pression


notamment l’ultrafiltration, a induit avec un certain délai, un développement similaire en
pré-traitement d’osmose inverse dont la mise en œuvre nécessite une optimisation du fait
que cette étape est la plus couteuse de la filière et présente une hypersensibilité au
colmatage. Les membranes d’UF représentent probablement le meilleur compromis entre
abattement des contaminants particulaires (sélectivité) et productivité de perméat
(perméabilité). Cependant ces membranes sont elles aussi sensibles au colmatage par les
colloïdes et certaines macromolécules.
3

Depuis l’avènement des membranes, de nombreuses études ont eu pour objet


l’amélioration de la compréhension des phénomènes impliqués dans le colmatage avec
pour ambition à plus ou moins court terme de pouvoir l’anticiper, voire le maîtriser. Ces
efforts visent d’une part à identifier les éléments responsables du colmatage, d’autre part à
proposer des méthodes de quantification visant à amener des indications pour améliorer la
conduite des opérations.

C’est dans cette optique que des indicateurs de colmatage ont été développés, notamment
le MFI par des chercheurs hollandais (l’équipe du Dr. Schippers). Ces indicateurs sont
basés sur l’exploitation du modèle de filtration sur gâteau et sont déterminés à l’aide de
tests de filtration frontale. La détermination de l’indicateur de colmatage se fait, dans
l’approche la plus intéressante, avec des membranes d’ultrafiltration (MFI-UF).

Ces indicateurs sont encore relativement peu utilisés dans la pratique, en particulier pour
des eaux chargées en matière organique naturelle (MON). De plus, ces tests sont réalisés
dans des conditions qui sont différentes de celles qui prévalent en général dans les
systèmes à l’échelle industrielle. Il n’est donc pas évident d’utiliser les résultats de ces
tests pour prédire le comportement en conditions réelles.

Dans la littérature, on rencontre une large gamme de valeurs expérimentales de MFI-UF


qui dépendent des conditions opératoires, des membranes utilisées et de la qualité de l’eau
filtrée. L’interprétation de ces résultats et de leur répercussion sur le colmatage en OI ou en
NF est difficile car les mécanismes de colmatage dépendent de la technique de filtration
utilisée.

L’objectif de notre étude consiste à développer une nouvelle approche du colmatage en


proposant un indicateur issu d’une adimensionnalisation de l’équation de Schippers et al..
Le recours à l’indice de colmatage adimensionnel est justifié par la difficulté lors de
l’interprétation et de l’exploitation des valeurs du MFI-UF original. Notre démarche a
pour but de réduire le nombre de paramètres nécessaires à l’interprétation des valeurs du
MFI-UF original en obtenant des estimations relatives à certains paramètres
indépendamment des autres.

Le travail développé dans ce mémoire consiste alors à effectuer des essais


d’ultrafiltration sur différentes solutions modèles et à déterminer expérimentalement leurs
potentiels de colmatage respectifs en introduisant l’approche adimensionnelle.
4

Dans le chapitre 1, les concepts et principes nécessaires à la compréhension du mémoire


sont présentés. Des références bibliographiques, des exemples et les modèles pertinents par
rapport à nos travaux sont expliqués. Ce chapitre commence par des généralités concernant
les membranes (définition, classification et caractéristiques). Par la suite, les applications
des membranes et leurs principes de mise en œuvre sont décrits. Une section importante
porte sur le colmatage des membranes et les indicateurs de colmatage.

Le chapitre 2, sur le matériel et les méthodes, renseigne sur les eaux filtrées, les
membranes utilisées sont présentées, de même que le déroulement de l’essai de filtration et
le plan expérimental. Les méthodes analytiques utilisées sont présentées en fin de chapitre.

Dans le chapitre 3, les résultats des essais de filtration membranaire sont présentés et
discutés, sous forme de l’évolution du flux de perméation dans le temps. Par la suite,
l’applicabilité de la théorie de filtration sur gâteau (MFI-UF) est vérifiée. Le passage à
l’indice de colmatage adimensionnel est réalisé et une comparaison des résultats
expérimentaux est effectuée.

Enfin, une conclusion générale sur le problème étudié est présentée, elle comporte des
suggestions par rapport à des travaux qui pourraient être menés pour approfondir et
éclaircir davantage certains aspects de la présente étude.
5

CHAPITRE 1
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Le premier chapitre de cette thèse s’attache en premier lieu à présenter les différents
aspects des membranes, à savoir leurs classifications, leurs applications dans le domaine
de l’eau potable, leurs principes de mise en œuvre et les différentes configurations des
modules membranaires.

Les facteurs qui ont concouru au développement des procédés membranaires dans le
secteur du traitement de l’eau et une présentation des principes fondamentaux relatifs à ces
procédés de séparation feront l’objet de la seconde section de façon à mettre en évidence
les spécificités permettant la production d’une eau de qualité.

Puis, une attention toute particulière sera portée aux phénomènes limitants (polarisation de
concentration, colmatage par divers mécanismes) pour lesquels une revue des travaux de
recherche dans le cadre du traitement de l’eau par membrane sera proposée : après une
description des concepts fondamentaux, les divers moyens pour maîtriser le colmatage
seront présentés.

1.4. Généralités sur les membranes

1.4.1. Définition et principe de fonctionnement d’une membrane

De façon générale, une membrane peut être définie comme étant une couche mince
permettant l’arrêt ou le passage sélectif de substances dissoutes ou non, sous l’action d’une
force motrice de transfert [1] (Figure1.1); les critères de séparation des particules, des
molécules ou encore des ions peuvent être d’ordre (Audinos et Isoard, 1986) [2]:
- stérique (dimension et forme),
- chimique (nature),
- d’état physique,
- ou encore dépendre de la charge électrique.
6

Figure 1.1 : Représentation schématique de la séparation par membrane sélective


(Adapté après Mallevialle et al 1996)[2].

La filtration sur membrane est un procédé de séparation physique. Cette opération, qui
se déroule en phase liquide, a pour objet de purifier, concentrer ou fractionner des espèces
dissoutes ou en suspension dans un solvant par passage au travers d’une membrane. À
l’issue de cette opération, nous obtenons d’une part le rétentat, également appelé
concentrat, qui est composé des molécules et/ou des particules retenues par la membrane,
et d’autre part le perméat [3].
Les membranes incluent une grande variété de matériaux et de structure qui forment
autant de possibilités de configuration et de classification [4].

1.4.2. Classification des membranes

[Link]. Classification d’après le mécanisme de séparation

Les mécanismes de séparation par membranes sont complexes et encore partiellement


compris. Les processus qui jouent un rôle dans la séparation membranaire sont : le
tamisage, la friction sur les parois des pores des membranes, la diffusion dans le matériau
membranaire ou dans les pores des membranes, les forces de surface répulsives ou
attractives, notamment la répulsion électrostatique. La classification la plus répandue des
membranes d’après le mécanisme de séparation est la suivante [2]:
7

• Membranes poreuses (MF, UF, NF), où les effets de tamisage et de friction jouent des
rôles important mais où les forces de surface peuvent aussi jouer un rôle important comme
en NF; les pores peuvent être subdivisés en plusieurs catégories :

Macropores – plus grands que 50 nm (MF, UF);

Mésopores – 2 à 50 nm (UF);

Micropores – plus petits que 2 nm (NF).

• Membranes non poreuses (perméation de gaz, pervaporation, osmose inverse (OI)); ces
membranes peuvent être considérées comme des milieux denses où la diffusion des
espèces a lieu dans les volumes libres situés entre les chaînes moléculaires du matériel de
la membrane;

• Membranes échangeuses des ions. Ces types de membranes considérées comme un type
spécial de membranes non poreuses, consistant dans des gels denses ayant une charge
positive (échangeuses des anions) ou négative (échangeuses des cations).

Il faut remarquer que toute la communauté scientifique ne s’entend pas sur cette
classification. Par exemple, certains auteurs considèrent que les membranes d’OI sont des
membranes poreuses. Il faut aussi noter que la plupart des membranes polymériques sont
chargées même si leur charge est plus faible que celles des membranes échangeuses d’ions.

[Link]. Classification d’après la morphologie

Les membranes peuvent également être classées en fonction de leur structure, on


distingue alors [1] :

 Des membranes isotropes, dites symétriques, dont les propriétés structurelles sont
constantes sur toute l’épaisseur, qu’elles soient denses ou poreuses,
 Des membranes anisotropes, qualifiées d’asymétriques, dont la structure varie de
la surface de la membrane vers l’intérieur (Figure 1.2). Parmi ces dernières, on
compte les membranes préparées à partir d’un seul matériau par inversion de
phase et les membranes composites qui sont constituées d’un empilement de
couches de différents polymères.
8

De façon à répondre aux attentes, parfois contradictoires, à savoir assurer séparation et


résistance mécanique mais également permettre des débits importants, la majeure partie de
la membrane est constituée d’une structure très ouverte assurant une tenue mécanique sans
opposer de résistance au transfert, alors que le rôle de séparation est tenu par une couche
moins poreuse ne comptant que pour 1 à 10% de l’épaisseur totale de la membrane.
L’alimentation en fluide à traiter se fait alors du coté présentant la porosité la plus faible
aussi appelé « peau ».

Figure 1.2 : Représentation schématique d’une membrane asymétrique [1].

La plupart des membranes commerciales de MF, UF et de NF sont des membranes à


structure asymétrique car ce type de structure permet d’avoir des perméabilités plus
élevées [2].

[Link]. Classification d’après la nature du matériau membranaire

Les matériaux membranaires doivent avoir une résistance chimique, thermique et


mécanique en accord avec le procédé et le fluide utilisé. Les matériaux doivent pouvoir
être mis en forme facilement et permettre la fabrication d’une membrane fine, résistante,
sélective et perméable [5].
9

Les membranes sont fabriquées à partir de polymères organiques et de matières


inorganiques. Bien qu’il existe des membranes mixtes faites de polymères et de matériaux
inorganiques (membranes polymériques avec des zéolites par exemple), la plupart des
membranes disponibles commercialement sont faites à partir de polymères ou de matériaux
inorganiques. Les principaux polymères utilisés pour la fabrication de membranes sont [2]:

• dérivés de la cellulose : ces polymères considérés généralement comme plus hydrophiles


sont peu coûteux et ont une faible tendance à l’adsorption;

• polyamides ayant des propriétés thermiques et chimiques supérieures à celles des


dérivées de la cellulose (quoique ces polymères sont très sensibles à certains oxydants
comme le chlore);

• polysulfone (PS) et polyethersulfone (PES), qui ont une tendance à l’adsorption plus
élevée que les membranes ci-dessus, mais avec une meilleure stabilité chimique,
mécanique et thermique.

Les membranes inorganiques sont faites de céramique (oxydes d’aluminium, de


zirconium ou de titane). Ces membranes ont une stabilité chimique, mécanique et
thermique supérieure aux membranes polymériques, mais, par contre, elles sont friables et
beaucoup plus coûteuses que les membranes organiques (Aptel et Buckley, 1996).

Tableau 1.1:Comparaison des avantages et inconvénients des grandes classes de matériaux [5]

Matériau Organique Minéral


Grande variété de taille de pore (MF, UF, NF,
OI) Stabilité thermique (T > 300 ˚C)

Avantages Grande variété de géométrie (plan, tube, Stabilité chimique (acide / base, oxydants)
spiralée, fibre creuse)
Résistance aux solvants
Faible coût
Faible stabilité thermique (T < 100 ˚C)
Coût (facteur 10 par rapport aux
membranes organiques)
Faible stabilité chimique (pH extrêmes,
Inconvénients
oxydants)
N’existe pas pour des faibles tailles de
pore (NF, OI)
Faible résistance aux solvants
10

Environ 90 % des membranes d'ultrafiltration et de microfiltration sont constituées de membranes


organiques [6]

[Link]. Classification d’après la géométrie

La géométrie des membranes est souvent assimilée à la géométrie des modules. Ainsi, il
est courant de parler de membrane plane, spiralée, tubulaire ou fibre creuse. En fait, il
n’existe que deux géométries : les membranes planes et les membranes cylindriques [5].

1.4.3. Modules membranaires

Les membranes en elles-mêmes ne constituent qu’une partie du système : elles sont


agencées en unités, appelées modules, dont la mise en œuvre doit répondre à un certain
nombre de critères (Zeman et Zydney 1996) d’ordre mécanique (étanchéité et résistance à
la pression), hydrodynamique (minimiser les pertes de charge et les volumes morts) ou
encore économique (compacité élevée, investissement minimal et facilité d’entretien) [1].

Par conséquent, pour pouvoir assembler des membranes en modules, il faut concilier
plusieurs objectifs contradictoires et donc consentir à un compromis entre le fait de [5]:
 maximiser la surface par module,
 s'assurer de la bonne distribution du débit à l'intérieur du module,
 minimiser la polarisation de concentration et l'accumulation des matières en
suspension à la surface de la membrane,
 minimiser la consommation d'énergie.

Les différents modules sont étroitement reliés à la géométrie des membranes et donc au
matériau [5]. Ainsi, les modules proposés dans le commerce présentent diverses
configurations (d’après Aptel et Buckley 1996) ; la géométrie va de membranes planes
empilées les unes sur les autres à des modules spiralés permettant une compacité maximale
du système, en passant par des fibres creuses d’un diamètre d’environ 1 mm avec une
couche active qui peut être soit à l’intérieur ou a l’extérieur [2].
11

À partir de ces configurations de base, des modules dérivés sont mis sur le marché,
comme les modules vibrants ou les modules en fibres creuses immergées [5].

Les modules les plus utilisés actuellement dans le domaine de l’eau potable sont les
modules à fibres creuses (UF et MF) et les modules spiralés (NF et OI) [2].

[Link].Les modules plans

Cette configuration dérivée des filtres-presses est constituée d’un empilement de


membranes sous forme de feuilles. Leur arrangement permet une circulation en parallèle
ou en série. Ce type de module présente un faible volume et une bonne accessibilité des
membranes. Les surfaces de filtration vont de 100 à 400 m2 par m3 occupé par le
module[1].

[Link].Les modules spiralés

Les feuilles de membranes planes sont empilées et enroulées autour d’un collecteur de
perméat. Cette configuration se rencontre principalement dans le dessalement de l’eau.
Leur compacité est importante (de l’ordre de 900 m 2.m-3) mais pour les eaux turbides, un
prétraitement est nécessaire pour éviter tout encrassement. Ce type de modules est utilisé
uniquement en NF et OI [1].
12

Figure 1.3 : Structure interne d’une membrane à spirale (d’après Degrémont – 1989) [6].

[Link].Les modules tubulaires

Ils comportent une ou plusieurs membranes inorganiques de forme tubulaire, ayant des
diamètres internes entre 6 et 25 mm. Plusieurs tubes individuels peuvent être placés dans
un porte tube en PCV ou en acier inoxydable, soit en série, soit en parallèle, proposant
ainsi des compacités dépassant rarement 300 m2.m-3.

L’eau à traiter circule à l’intérieur des tubes et le perméat est recueilli à l’extérieur des
tubes. L’écoulement à l’intérieur des tubes est turbulent. Un des inconvénients de ces
membranes est un prix par module élevé [1].

Figure 1.4 : Module tubulaire [5].


13

[Link]. Les modules fibres creuses

Ils contiennent plusieurs milliers de fibres assemblées en parallèle, dont le diamètre est
de l’ordre du mm conduisant à des compacités souvent supérieures à 1000 m2.m-3. Les
faisceaux ainsi obtenus sont encollés aux extrémités de façon à assurer l’étanchéité entre le
compartiment eau traitée (perméat) et l’alimentation en eau brute [1].

L’alimentation peut se faire [1] :


 à l’intérieur (interne-externe) : l’eau à traiter circule à l’intérieur des fibres et le
perméat est récupère à l’extérieur des fibres ; il ya écoulement tangentiel canalisé
entre les fibres.
 à l’extérieur (externe-interne) : l’eau à traiter circule à l’extérieur des fibres et le
perméat est récupère à l’intérieur des fibres ; l’écoulement entre les fibres est libre.

L’écoulement à l’intérieur de ces fibres devrait être laminaire. Pour ces membranes, les
risques d’obstruction sont très élevés et elles ne peuvent être utilisées que pour le
traitement d’une eau avec peu de solides en suspension [4].

Les fibres creuses supportent les rétrolavages. Il est à noter que les modules les plus
utilisés dans le domaine du traitement de l’eau au sens large sont les modules à fibres
creuses (UF et MF) ainsi que les modules spiralés (NF et OI) [4].

Figure 1.5 : Coupe d’un module fibres creuses [4].


14

[Link]. Les modules dérivés

a) Module à membranes immergées

Il s’agit de modules en fibres creuses dont les fibres ne sont pas incluses dans un carter
mais simplement suspendues dans un liquide. Ces modules fonctionnent en succion. Ils
sont essentiellement utilisés à ce jour dans des bioréacteurs à membranes.

L’intérêt de ces modules et de ce type de fonctionnement réside dans un système de


filtration simple ne demandant qu’une faible dépense énergétique [5].

b) Module vibrant

Les modules vibrants utilisent des membranes planes ou non. Les membranes sont
mises en vibration selon un axe parallèle à la surface filtrante. L’oscillation de la surface de
la membrane permet de générer des forts taux de cisaillement à la paroi, même en présence
d’un régime hydraulique laminaire. La couche limite hydrodynamique est donc réduite
ainsi que la polarisation de concentration et le colmatage.

Le principal avantage de ce système est que le cisaillement est localisé à la surface de la


membrane et ne dépend pas du taux de cisaillement induit par l’écoulement d’alimentation.
Ainsi, la technologie peut traiter avec succès des fluides extrêmement visqueux ou
concentrés. Le principal défaut est la faible compacité de ces systèmes [5].

Le tableau (1.2) présente une comparaison entre les différents types de modules. Les
avantages et inconvénients que l’on peut déduire de ce tableau ne sont pas à prendre de
manière absolue. Il est nécessaire de les tempérer en considérant les conditions du procédé
(température, pression, agressivité du fluide, coût du produit filtré...).
15

Tableau 1.2 : Description des modules [4].

Module Description Caractéristiques Matériau


-Technologie simple
Membranes sous forme de -Faible compacité -Organique
Tubulaire tube (jusqu’à 13mm de -Le fluide à traiter peut circuler à l’intérieur ou à (rare)
diamètre) l’extérieur des tubes -Minéral
-Peut traiter tous types de produits (fluides visqueux,
chargés), supporte 80 bars
-Coûts d’installation relativement importants
-Meilleure compacité que la tubulaire
Multi- Barreau percé de plusieurs -Technologie simple -Minéral
canal canaux (3 à 30) -Peut traiter tous types de produits (fluides visqueux,
chargés), supporte 80 bars
-Coûts d’installation relativement importants
-Capacité de filtration élevée
-Coût moindre
Spirale Membranes planes roulées -Bonne compacité -Organique
en spirale -Sensibilité au colmatage (pré-traitement nécessaire)
-Difficultés possibles au nettoyage
-Réservé aux produits peu concentrés et au traitement
d’eau
-Système plus souple et plus modulable
-Visualisation du perméat produit par chaque élément
Plans Membranes planes -Système peu compact -Organique
-Très bien adapté à certaines applications ne nécessitant -Minéral
pas de pression de fonctionnement trop élevées (rare)
Fibres Membranes sous forme de -Compacité élevée
creuses capillaire (tube de 1 à 2 -Canaux très fins de l’ordre d’un cheveu-Fragile -Organique
mm de diamètre) -Sensibilité au colmatage
-Inapplicable hors traitement de l’eau

1.4.4. Système membranaire

Un système membranaire comprend [6]:


 Un système de prétraitement ;
 Des pompes ;
 Un système d’agitation (pour les systèmes à membranes immergées) ;
 Un ensemble de modules ;
 Un poste unitaire chimique de nettoyage ;
 Un post-traitement chimique au besoin.

Le prétraitement vise à prévenir le colmatage prématuré des membranes et / ou des canaux


d’écoulement tangentiel. Les pompes servent à bâtir la pression transmembranaire.
16

Les pompes ou le système d’agitation permettent la circulation de l’eau à traiter dans les
modules ou entres les modules.
Le post traitement chimique permet d’ajuster, ou de réajuster, la composition chimique de
l’eau traitée.
Suivant la manière dont est appliquée la pression membranaire, deux types de systèmes
peuvent être distingués :
 Les systèmes de filtration sous pression ;
 Les systèmes à membranes immergées.

1.4.5. Caractéristiques des membranes

La détermination des caractéristiques d’une membrane a pour objectif d’aider au choix


de celle-ci pour une application donnée, mais aussi d’acquérir une meilleure
compréhension de l’évolution de ses performances en cours d’utilisation. Les méthodes
utilisées nous permettent d’accéder à des grandeurs macroscopiques ou microscopiques,
caractéristiques de la structure membranaire et de la chimie du matériau. Certaines de ces
techniques sont propres aux procédés membranaires ou de séparation, d’autres font appel
au domaine des polymères ou sont beaucoup plus générales.

Lors du choix d’une membrane, les caractéristiques structurales et de transfert


(perméabilité hydraulique et courbe de sélectivité) sont les plus importantes car elles nous
renseignent sur les performances de la membrane pour une séparation choisie : débit de
perméat que nous pouvons espérer et taille des molécules qui sont susceptibles d’être
retenues par la membrane. L'objectif de l'utilisateur d'un procédé membranaire est double :
assurer une productivité (perméation) maximale pour minimiser les coûts de
fonctionnement tout en ayant une efficacité (sélectivité) répondant aux contraintes fixées.
La perméation et la sélectivité du procédé sont donc à la base de l'optimisation des
procédés membranaires [7].

Interviennent également, dans le choix des membranes, les propriétés physico-


chimiques et chimiques de surface (charge, caractère hydrophile-hydrophobe, composition
chimique) qui permettent, dans une certaine mesure, de prédire les phénomènes de
17

colmatage et les interactions entre les différents types de molécules à la surface de la


membrane. De plus, elles peuvent avoir un rôle dans les mécanismes de transport [3].

[Link]. Sélectivité d’une membrane

La sélectivité d’une membrane pour une substance (sel, macromolécule, particule)


donnée dépend de sa nature et de sa structure, de l’environnement chimique à proximité de
la membrane et des propriétés de la substance à séparer. La sélectivité s’exprime par un
taux de rétention TR ou par un facteur de sélectivité (Pontié et al., 2001) [2] :

C SP
TR  1  .......... .......... Eq 1.1
C SA

Avec :

 CSA : concentration massique de l'espèce à retenir dans la solution,

 CSP : concentration massique de la même espèce dans le perméat.

Il y a deux valeurs particulières du TR (valeurs exprimées en pourcentages) :

• TR =0% signifie que le soluté n’est pas du tout retenu par la membrane;

• TR=100% signifie que le soluté est entièrement retenu par la membrane.

La transmission est définie comme l’inverse du taux de rétention.

 En osmose inverse, le soluté de référence est souvent le chlorure de sodium


(NaCl), compte tenu du fait que le dessalement de l'eau de mer est une application
importante. On trouve ainsi couramment des membranes d'osmose inverse qui ont
été développées soit pour le dessalement de l'eau de mer et qui ont un taux de rejet
au chlorure de sodium de plus de 99 %, soit pour le dessalement des eaux
saumâtres et qui ont un taux de rejet au NaCl de 96 % et cela dans des conditions
opératoires déterminées (pression, température, taux de conversion...)[7].
18

 En ultrafiltration, l'efficacité de la membrane est en général caractérisée par le


seuil de coupure (cut-off), qui peut être défini comme étant la masse molaire M
(g/mol) correspondant à une rétention élevée (90 % le plus souvent) d'une
macromolécule déterminée (figure 1.6). Cette notion est spécifique à
l'ultrafiltration ; elle n'a pas de sens en osmose inverse ou en nanofiltration dans la
mesure où des entités chimiques de même masse molaire peuvent avoir, dans les
mêmes conditions opératoires, des taux de rejet très différents. Elle n'a pas non plus
de sens en microfiltration malgré une certaine analogie sur le plan des mécanismes,
les espèces retenues (micro-organismes, boues) ne pouvant être définies ni par une
masse molaire ni par une taille en dehors d'un diamètre apparent ou équivalent [7].

Le SC est donc principalement relié à la taille de pores de la membrane, mais il est


aussi beaucoup influencé par la forme de la molécule à filtrer, par sa charge, par
son degré d’hydratation, le pH et le pouvoir ionique de la solution à filtrer, la
pression d’opération et le flux de perméation, l’élasticité et la charge de la
membrane. C’est pour ces raisons qu’il existe de grandes différences entre les SC
rapportés par les compagnies manufacturières de membranes et ceux observés dans
la pratique, étant donné que ces compagnies donnent rarement les conditions de la
mesure du SC. De plus, les SC peuvent être qualifiés comme nominal, apparent,
moyen ou encore absolu (Anselme et Jacobs, 1996). Même si le caractère du SC
reste très relatif, ce paramètre est beaucoup utilisé dans la pratique car il permet de
situer au moins grossièrement les membranes entre elles [2].

 En microfiltration tangentielle, la sélectivité de la membrane est en général


caractérisée par son diamètre de pore (0,45 μm par exemple). Dans certains cas
qui doivent être précisés par les fournisseurs, le diamètre nominal est un diamètre
moyen alors que dans d'autres, il s'agit d'un diamètre maximal [7].
19

Figure 1.6 : Détermination du seuil de coupure (Molecular Weight Cut-off) d'une membrane
d'ultrafiltration, à partir d'une courbe de tamisage [7].

[Link]. Perméabilité d’une membrane

La perméabilité (A) d’une membrane est une caractéristique intrinsèque de la membrane


qui dépend de sa structure. De façon pratique, la perméabilité peut être définie comme
étant le rapport entre le flux de perméation (J P) et la pression transmembranaire effective
(∆Pm) [2]:

Jp
A .......................Eq 1.2
Pm

Le flux de perméation (appelée aussi vitesse de perméation) est un débit de perméation


unitaire, c'est-à-dire, le rapport entre le débit volumétrique de perméation (QP) et la surface
effective de la membrane (S) [2]:

Qp
Jp  .......... .......... ... Eq 1.3
S
20

En remplaçant le flux de perméation Jp défini par l’équation (1.3), dans l’équation (1.2),
on obtient [2]:

Qp
A .......................Eq 1.4
SPm

En pratique, la perméabilité d’une membrane, est déterminée comme la pente de la droite

JP en fonction de ∆Pm.

Il faut mentionner qu’il existe des différences significatives de perméabilité entre divers
coupons d’une même feuille de membrane à cause des irrégularités de fabrication. Pour
cette raison, c’est la perméabilité moyenne qui est utilisée pour caractériser une membrane
[2].

La densité de flux en cours d'opération est la plupart du temps bien inférieure à celle
que l'on peut mesurer avec du solvant pur, ou calculer par le biais de la perméabilité. Cette
densité de flux dépend [7]:

 de la perméabilité de la membrane dont des ordres de grandeur sont donnés dans le


tableau (1.4) ;

 de la différence de pression appliquée (voir tableau 1.3) ;

 de la quantité et du type d'espèces retenues par la membrane.

Du point de vue pratique, les densités de flux volumique augmentent lorsque l'on passe
de l'osmose inverse à la microfiltration bien que les différences de pression appliquées
diminuent. Cela s'explique car les phénomènes de polarisation de concentration ont moins
d'impact sur la pression effective, et la perméabilité des membranes augmente de l'OI vers
la MF. Le tableau (1.3) donne les ordres de grandeur des densités de flux pour ces
différentes techniques.

La densité de flux s'exprime le plus souvent en L · h–1 · m–2. L'unité du système


international est le m3 · m–2 · s–1 [7].
21

Tableau 1.3 : Ordre de grandeur de la densité de flux volumique des différentes techniques à
membranes [7].
Pression appliquée Ordre de grandeur de la densité de flux volumique
Filtration
(105 Pa ou bar) (L · h–1 · m–2)
Osmose inverse 30 à 80 10 à 60
Nanofiltration 10 à 40 50 à 100
Ultrafiltration 1à5 50 à 500
Microfiltration 0,5 à 1,0 150 à 1500

[Link]. Influence de la température sur la perméabilité de la membrane

Pour le cas des membranes d’UF, il est considéré que la structure de la membrane n’est
pas affectée significativement par les changements de température (à condition bien sûr de
rester dans la gamme recommandée par le manufacturier). Dans ce cas, la perméabilité de
la membrane est considérée comme inversement proportionnelle à la viscosité de l’eau
(Cheryan, 1998) [2] :

AT 1  T 1  AT 2  T 2 .......... .......... ... Eq 1.5

Les variations de la viscosité de l’eau en fonction de la température peuvent être


représentées par une fonction polynomiale de troisième degré de la température (Metcalf et
Eddy, 1991) [2] :

  7,299E  09T 3  9,862E  07T 2  5,571E  05T  1,777E  03.............Eq 1.6

Par contre, la structure de certaines membranes de NF est sensible à la variation de la


température. Dans ce cas, le rapport entre la perméabilité correspondant à une température
T et celle correspondant à la température standard (25 oC) est généralement donné par la
fonction exponentielle suivante (Sharma et al. , 2003) [2] :

AT   1 1 
 exp  .................Eq 1.7
A25   298 273  T 
22

L’équation ci-dessus inclut l’effet de la température sur la structure de la membrane et sur


la viscosité de l’eau.

Il convient donc d'être vigilant : les valeurs d'un flux, J ou de la perméabilité, AT, doivent
être impérativement accompagnées de la température à laquelle le flux a été obtenu. Seule
la perméabilité A, de par sa définition, est indépendante de la viscosité et permet de décrire
cette propriété du matériau en faisant abstraction du fluide : c'est sa mesure qui a été
normalisée par l'AFNOR (norme NF X45-103) [7].

Ces différences sont significatives et peuvent engendrer des changements de production


importants suivant la saison lors de la filtration d'eau naturelle par exemple pour la
potabilisation par ultrafiltration. Il est quelquefois rentable (notamment en osmose inverse)
de prévoir un réchauffage du fluide avant filtration membranaire [7].

Tableau 1.4 : Ordre de grandeur des perméabilités [7].

Perméabilité à l'eau à 20 oC, A20°C Perméabilité A


Catégorie
(m · s–1 · Pa–1) (L · h–1 · m–2 · bar–1) (m)
Microfiltration 1,4 × 10–9 à 2,8 × 10–8 500 à 10 000 (voire plus) 1,4 × 10–12 à 2,8 × 10–11
Ultrafiltration 1,4 × 10–10 à 1,4 × 10–9 50 à 500 1,4 × 10–13 à 1,4 × 10–12
Nanofiltration 2,8 × 10–11 à 2,8 × 10–10 10 à 100 2,8 × 10–14 à 2,8 × 10–13
Osmose inverse 8,3 × 10–12 à 5,5 × 10–11 3 à 20 8,3 × 10–15 à 5,5 × 10–14
23

[Link]. Résistance d’une membrane

La résistance hydraulique (Rm) d’une membrane peut être définie comme étant sa
résistance à l’écoulement du fluide à filtrer à travers cette membrane. La résistance d’une
membrane est l’inverse de sa perméabilité [2] :

1 SPm
Rm  . ..................Eq 1.8
A Qp

Cette relation nous permet de calculer de façon pratique la résistance d’une membrane à
partir des mesures de flux de perméation et de la pression transmembranaire. En supposant
que les pores d’une membrane soient cylindriques et rectilignes, la loi de Poiseuille permet
d’exprimer la résistance d’une membrane comme :

8
Rm  ......................Eq 1.9
n p  rp4

Où δ est l’épaisseur de la couche active de la membrane, n P est le nombre de pores par


unité de surface et rP est le rayon des pores. Cette équation montre que la résistance de la
membrane augmente avec l’augmentation de l’épaisseur de la membrane et diminue avec
sa porosité.

1.5. Les techniques séparatives à membranes

1.5.1. Classification

La principale caractéristique des techniques de séparation membranaires est de mettre


en œuvre des systèmes polyphasés constitués par [6]:
- La phase concentrat reliée à l’alimentation contenant le fluide à traiter (une
solution à dépolluer, une eau à dessaler…) ;
- La phase perméat contenant le fluide traité ;
- La membrane.
24

Ces systèmes en fonctionnement sont hors d’état d’équilibre et vont tendre de manière
spontanée vers un nouvel état d’équilibre. Cette évolution implique obligatoirement un
transfert de matière et d’énergie au niveau de la surface de contact entre les deux phases,
c’est à dire au niveau de l’interface, sous l’effet des contraintes imposées au système.
La barrière (physique ou chimique) constituée par la membrane va jouer le rôle
d’interface sélective entre les deux phases. Le transfert de matière d’une phase à l’autre va
dépendre de l’intensité de la contrainte appliquée de part et d’autre de cette interface. Cette
contrainte a pour but d’accélérer le processus de séparation [6].

Ainsi, il est d’usage de classifier les opérations de séparation par membrane selon la
contrainte ou la force motrice permettant d’opérer la séparation. On peut distinguer ainsi
les procédés basés sur [3]:

 Un gradient de concentration (pervaporation, dialyse)

 Un gradient de potentiel électrique (électrodialyse (ED)).

L’électrodialyse (ED), est un procédé fondamentalement différent. Plutôt que de faire


passer l'eau à travers la membrane, les ions migrent à travers la membrane sous l'effet d'un
potentiel électrique. Le rôle de l'ED se limite à l'élimination des espèces ioniques.

 Un gradient de pression : dans le cas de l’osmose inverse, de la nanofiltration et de


l’ultrafiltration, la force motrice est une différence de pression, ces opérations sont
dites baro-membranaires. Les membranes utilisées sont dites permsélectives
(membranes semi-perméables), ce qui signifie qu’elles favorisent le transfert, du
concentrat vers le perméat, de certaines molécules ou particules par rapport à
d’autres. Les diamètres de pores de ces membranes diminuent progressivement
lorsque l’on passe de l’ultrafiltration à la nanofiltration, puis à l’osmose inverse. Il
faut toutefois noter que, dans ce dernier cas, la membrane utilisée n’est pas une
membrane poreuse mais une membrane dense sans porosité apparente et dont la
sélectivité résulte d’un mécanisme de solubilisation-diffusion.
25

Ces procédés membranaires (qui se distinguent par la taille et le type des espèces qu'ils
peuvent séparer) sont utilisés pour séparer et/ou concentrer des molécules ou des espèces
ioniques en solution et/ou séparer des particules ou microorganismes en suspension dans
un liquide. Ils sont donc bien adaptés au domaine de traitement des eaux [4].

Nous nous attacherons ici à présenter ces systèmes mettant en œuvre un gradient de
pression, communément appelé pression transmembranaire ; ces opérations sont
regroupées sous le terme générique de filtration membranaire [1].

1.5.2. Les différentes opérations de filtration membranaire

Les filtrations membranaires, opérations de séparation utilisant un gradient de pression


en tant que force motrice, peuvent être distinguées selon la taille moyenne des pores de
membranes mises en œuvre mais aussi par les gammes de pression transmembranaire
utilisées pour réaliser la séparation.

Ainsi, la Figure (1.7) présente les opérations à mettre en œuvre en fonction des composés à
retenir, et les pressions qui y sont associées [1].

Figure 1.7 : Rétention des différents types de solutés selon le procédé membranaire-pression
d’utilisation [1].
26

[Link]. L’osmose inverse (OI)

Pontié et al, (Pontié et al., 2001) mentionne que dès 1969, le Dr. Sourirajan présente
l’OI comme un procédé industriel ‹‹ en rupture technologique›› avec les traitements de
l’eau existants à l’époque, en particulier ceux destinés au dessalement de l’eau de mer. Les
mêmes auteurs nous renseignent que Michaels définit le domaine de l’OI comme celui de
la séparation des espèces dont la masse moléculaire est du même ordre de grandeur que
celle du solvant (l’eau) (Pontié et al., 2001).

Les membranes d’OI sont celles qui ont les structures les plus denses de toutes les
membranes utilisées actuellement dans le domaine de l’eau potable, avec des SC plus bas
que 300 Da. Ces membranes ont la capacité de retenir les ions monovalents, de très faible
masse molaire (Na+, Cl-). Par conséquent, les pressions osmotiques, qui sont d’autant plus
importantes que la taille du soluté est faible, peuvent être très fortes si les concentrations en
sels ou en molécules de faible masse moléculaire sont élevées. Cela implique que la
pression d’opération, qui doit être plus élevée que la pression osmotique, peut être très
élevée comme dans le cas du dessalement d’eau de mer (5 à 8 MPa) [2].

[Link]. La nanofiltration (NF)

Dans les années 80, la NF a gagné beaucoup d’intérêt pour des fins d’adoucissement et
pour l’enlèvement de précurseurs de THM. À l’échelle mondiale, et en terme de
production d’eau potable, la NF est le deuxième procédé membranaire en importance
(Mallevialle et al., 1996) [2].

Cette technique se situe entre l’osmose inverse et l’ultrafiltration, les membranes


utilisées ont des seuils de coupure entre 300 et 1000 Da (Hong et Elimelech., 1997) [8] et
conduisent ainsi à la séparation de composants ayant une taille en solution voisine de celle
du nanomètre (soit 10 Å) d’où l’appellation ‘’nanofiltration’’. Les mécanismes de transfert
sont intermédiaires entre ceux de l’osmose inverse et ceux de l’ultrafiltration [6].
27

En plus de permettre un enlèvement des particules et des macromolécules comme en


UF, les membranes de NF sont conçues pour assurer un enlèvement poussé des ions
multivalents (Ca+2, Mg+2, Mn+2, Fe+2). Une conséquence de la rétention des ions
multivalents est une augmentation de la pression osmotique qui peut être significative par
rapport à la pression d’opération. Par contre, les ions monovalents ne sont retenus que
partiellement par les membranes de NF, phénomène qui limite l’augmentation de la
pression osmotique (Mallevialle et al., 1996)[2] et par conséquent de la pression à
appliquer ; par-là même, l'énergie consommée sera moindre. La pression d’opération en
NF varie de 500 à 1500 kPa [9].

[Link]. L’ultrafiltration (UF)

La taille des pores des membranes d’UF est moins élevée que celles des membranes de
MF et plus élevée que celles des membranes de NF quoi qu’il y ait des chevauchements
entre les domaines de l’UF et ceux de la MF et de la NF (les limites ne sont pas clairement
établies).

Les SC des membranes d’UF se situent entre 1000 et 100000 Da. La pression d’opération
en UF reste assez basse (50-500kPa) et les flux de perméation sont moins élevés qu’en MF
(Anselme et Jacobs, 1996). Les membranes d’UF permettent d’enlever les colloïdes, les
particules, et les macromolécules. La séparation est basée sur l'exclusion dimensionnelle,
avec, en plus, l'intervention de la forme et de l'encombrement stérique du composé [9].

Étant donné la taille des pores des membranes d’UF, qui se situe entre quelques nm et
une centaine de nm, certaines membranes d’UF (dans le domaine qui est le plus proche de
la NF) sont capables d’enlever aussi les virus et possiblement une partie de précurseurs
des trihalométhanes (THM) et une partie de la couleur (Bouchard et al. , 2003C) quoique
cela ne soit pas très documenté dans la littérature scientifique [2].

Le plus souvent, l’UF est utilisée comme un outil de prévention. Dans les applications de
traitement des eaux usées, l'UF est la technologie de prétraitement de choix avant osmose
inverse en raison de la nature hautement colmatante de l'eau à traiter (l'effluent présente un
indice de colmatage – Silt Density Index (SDI)- supérieur aux limites requises pour les
membranes d’osmose inverse.
28

Dans les applications de dessalement d'eau de mer, l'UF est de plus en plus populaire.
Cela est dû aux progrès de la technologie membranaire UF et l'ampleur des économies
résultant d'une demande croissante. De récentes comparaisons de coûts ont montré que,
lorsque tous les éléments financiers et les impacts sur les étapes de traitement en aval sont
pris en compte, l'UF rivalise avec les technologies traditionnelles de prétraitement.

Il faut noter également que, parmi les technologies membranaires disponibles,


l'ultrafiltration offre des avantages conséquents par rapport à la microfiltration (MF) : les
membranes d'UF, travaillant à flux identique à celui de la MF, montrent en effet une
meilleure rétention des virus et des matières organiques, ces dernières étant d'ailleurs souvent
responsables du colmatage des membranes de nanofiltration ou d'osmose inverse fonctionnant en
aval [2].

[Link]. La microfiltration (MF)

La MF est le plus ancien de tous les procédés membranaires, étant utilisé et


commercialisé pour la première fois par Sartorius Werke GmbH en Allemagne en 1929.
L’utilisation d’un tel procédé a été nécessaire pour assurer une eau potable sûre du point
de vue bactériologique dans les villes allemandes bombardées durant la Deuxième guerre
mondiale (Belfort et al. , 1994) [10].

Les membranes de MF utilisées dans le domaine de l’eau potable sont capables de retenir
des particules plus grandes que 0,1µm. Ces membranes permettent donc de retenir en
bonne partie les particules à l’origine de la turbidité. Ces membranes permettent aussi de
retenir les bactéries et les kystes de Giardia Lamblia et de Cryptosporidium Parvum.
L’utilisation principale de la MF reste la clarification c’est-à-dire l’enlèvement des
particules en suspension. La pression d’opération en MF est relativement basse (< 350 kPa)
et les flux de perméation sont élevés (10 -2 à 10-4 m/s) (Belfort et al. , 1994)[10]. La MF
peut aussi servir de prétraitement pour la NF et l’OI [2].
29

[Link]. Sélection du procédé

Les critères de sélection d'un procédé à membrane dépendent des caractéristiques des
substances à séparer, de celles de la membrane (dimensions, forme, nature chimique, état
physique, charge électrique…) et des conditions hydrodynamiques de travail (pression
transmembranaire et vitesse tangentielle de circulation du fluide).

La figure simplifiée suivante permet de mieux comprendre comment sélectionner le


meilleur procédé à membranes selon des critères de qualité et de traitement donnés (adapté
d'un article de Bergman et Lozier, 1993) [6].

Figure 1.8 : Organigramme de sélection du procédé membranaire [6].


30

Ces techniques sont utilisées aussi bien au cœur des procédés, en remplacement ou
couplage avec des procédés conventionnels, pour les utilités (production d’eau ultra pure,
etc.), pour la réduction à la source des effluents avec récupération de matière première ou
pour le traitement en bout de chaîne des effluents [4].

Les techniques de filtration membranaires peuvent donc constituer le cœur du traitement


ou encore servir d’étape de prétraitement ou d’affinage [6].

[Link]. Les mécanismes de transfert en filtration membranaire

Les mécanismes de transfert sont différents suivant les procédés :


 En MF, UF et NF, les membranes sont poreuses et les mécanismes sont la convection
et la diffusion dans les pores de la membrane ; la convection domine en MF ; la
diffusion est prépondérante en NF.
 Pour l'OI, la membrane est dense et le mécanisme est une solubilisation puis une
diffusion dans le matériau membranaire [4].

[Link]. Conclusion

Tableau 1.5 : Comparaison des différentes techniques séparatives à membranes [7].

Osmose inverse Nanofiltration Ultrafiltration Microfiltration

Diamètre des pores(nm) < 0,5 #1 1 à 100 102 à 104

Petites molécules Macromolécules, Particules,


Espèces retenues Sels
colloïdes colloïdes

Solubilisation – Solubilisation –
Mécanisme de transfert Capillaire Capillaire
diffusion diffusion + capillaire

Rôle de la pression
Importante Moyenne Faible Négligeable
osmotique

Pression appliquée (en


30 à 80 10 à 40 2 à 10 0,2 à 2
105 Pa ou bar)

Débit-volume
10 à 60 50 à 100 50 à 500 150 à 1500
spécifique (L · h–1 · m–2)

Évaporation Précipitation chimique Centrifugation


Échange d'ions
Procédés concurrents Électrodialyse Chromatographie sur gel Filtration sur
Chromatographie
Échange d'ions Dialyse diatomées
31

Le tableau (1.5) permet de faire une comparaison entre les différentes filières de
filtration membranaire en mettant en évidence leurs principales caractéristiques.

Ainsi, l’ultrafiltration présente deux caractéristiques qui en font une opération


particulièrement adaptée au traitement de l’eau [1]:

- D’une part, la taille des pores permet d’assurer la rétention d’une large gamme d’espèces
notamment les bactéries et les virus tout en laissant passer les sels dissous ce qui permet
d’allier sécurité alimentaire et conservation de l’équilibre minéral, tous deux
indispensables pour une eau destinée à la consommation ;

- D’autre part, l’ultrafiltration met en œuvre des pressions transmembranaires relativement


faibles comparées à la nanofiltration ou l’osmose inverse, ce qui a pour conséquence de
limiter les coûts d’exploitation associés à la consommation énergétique, cette dernière étant
liée à la pression transmembranaire.

1.5.3. Modes de fonctionnement des procédés membranaires

[Link].Tangentiel / Frontal

L’ultrafiltration et les autres procédés de séparation par membrane mettant en jeu un


gradient de pression peuvent être conduits selon deux modes d’écoulement en fonction des
contraintes, et notamment de la qualité de l’effluent à traiter, et/ou des objectifs à atteindre:
la filtration tangentielle ou la filtration frontale [1]. Ces deux modes sont très importants
et correspondent à deux technologies et deux approches complètement différentes de
la filtration [11].

La filtration à flux tangentiel/flux croisé, notée T.F.F/C.F.F (Tangential Flow


Filtration/Cross Flow Filtration) a été mise au point pour diminuer les effets indésirables et
problématiques du colmatage des pores en surface de la membrane et du phénomène dit du
"gâteau". Elle se distingue du mode de filtration classique frontale notée DEF (Dead End
Flow) par le mode d'introduction du flux d'alimentation sur le média filtrant [4].
32

Figure 1.9 : Mise en œuvre de filtrations [1].

a) Filtration frontale

La plus simple à mettre en œuvre et la moins onéreuse est la filtration frontale dont le
principe est de filtrer la solution perpendiculairement à la surface de la membrane
(Figure 1.10). Toute la matière retenue s’accumule sur la membrane. Ce type de
procédé n’atteint jamais un état stationnaire et nécessite une mise en œuvre séquentielle
(succession filtrations – actions de nettoyage).

La filtration frontale est une technique qui nécessite un faible investissement, et


des coûts énergétiques de fonctionnement qui sont faibles par rapport à la filtration
tangentielle. Par contre, ce type de fonctionnement permet essentiellement de filtrer des
suspensions qui sont considérées comme faiblement colmatantes dans un secteur
d’activité donné. En effet si la solution est fortement colmatante, le dépôt devient tel que
les flux deviennent trop faibles pour que l’opération puisse fonctionner avec des
débits raisonnables [11].

Ce type de mise en œuvre est souvent utilisé pour des essais à l’échelle de laboratoire,
dans des cellules de filtration, ayant un volume de moins de quelques litres. Le principal
avantage de cette façon de tester les membranes est sa simplicité (Belfort et al. , 1994)[10].
En effet, il n’est pas utile de recirculer la solution à filtrer, et donc il n’y a pas besoin de
33

pompe de recirculation ce qui simplifie énormément le montage expérimental. Une source


de pression statique (bonbonne de gaz inerte) peut assurer la force motrice nécessaire à la
filtration.

L’écoulement frontal est aussi utilisé à l’échelle industrielle, mais dans une proportion
beaucoup moins élevée que l’écoulement tangentiel [2]. Cette technique est utilisée en
traitement de l’eau pour sa potabilisation, mais aussi dans le secteur médical pour
enlever toute trace de virus ou de bactérie d’une eau de type « eau du réseau » qui est
faiblement colmatante.

Dans ce dernier domaine la filtration frontale est aussi appréciée du fait que cette
technologie est compacte et donc plus facilement stérilisable qu’un circuit qui fait
intervenir plusieurs pompes [9].

Figure : Présentation du fonctionnement de la filtration frontale.

Figure 1.10 : Principe de fonctionnement de la filtration frontale [11].

La filtration tangentielle est par contre utilisée quasi systématiquement lorsque les
fluides ont des taux de matière en suspension élevés [11].

b) Filtration tangentielle

En filtration tangentielle, le fluide circule parallèlement à la surface de la membrane

avec une vitesse moyenne (vitesse tangentielle de circulation du fluide), imposant ainsi un
gradient de cisaillement à la surface de la membrane qui limite ainsi l’accumulation
de matière. En filtration tangentielle lors d’un changement de pression, les espèces
arrivant près de la membrane ainsi que le dépôt (dans le cas où il y en a un) mettent un
34

certain temps à se construire, durant cette phase, le flux décroît (Figure 1.11). Ensuite, un
équilibre peut être atteint et le flux peut se stabiliser dans un état stationnaire.

La filtration tangentielle est souvent utilisée en industrie car elle permet de travailler –
une fois que le régime est établi (entre quelques minutes et quelques heures) – avec un flux
de perméat à peu près constant [11].

Ce mode opératoire peut permettre de produire de façon continue [1], le flux


d'alimentation s'écoule parallèlement à la membrane entraîné par une pompe. Au fur et à
mesure de son passage, le perméat s'écoule perpendiculairement à travers la membrane
tandis que le concentré contenant les particules et solutés de taille supérieure au diamètre
des pores est soit récupéré en sortie (système à simple passage) ou par des pompes de
recirculation (système à recirculation) [9].

Figure 1.11 : Principe de fonctionnement de la filtration tangentielle [11].

Dans le cas de la filtration tangentielle, la pression transmembranaire est calculée de la


façon suivante (figure 1.11) [11]:

 P  P2 
P   1   P3  PTM..............Eq 1.10
 2 

Avec

ΔP : la pression transmembranaire

P1 : la pression en entrée de module s’appliquant sur la membrane

P2 : la pression en sortie de module (reliée à P1 par la perte de charge dans le module)

P3 : la pression dans le compartiment perméat souvent égale à la pression atmosphérique.


35

Il est possible avec ce type de fonctionnement, lorsque l’opération fonctionne à


de faibles pressions d’éviter l’apparition d’un dépôt à la surface de la membrane, cela
correspond à des conditions de fonctionnement en dessous du flux critique. Les points
faibles de ce type de fonctionnement sont le prix de l’investissement et de l’énergie
consommée par les pompes de circulation [11].

Le principal avantage de l’écoulement tangentiel, par rapport à l’écoulement frontal, est


le fait que le mouvement tangentiel de l’alimentation balaie la surface de la membrane. Ce
balayage accélère la remise en suspension des particules déposées ou accumulées à
proximité de la membrane. Cela accélère aussi le transport des solutés, qui tendent à
s’accumuler à la surface de la membrane, vers le cœur de l’écoulement [2].

Il est possible de définir un débit volumétrique et une vitesse d’écoulement tangentiel. Plus
la vitesse d’écoulement tangentiel est élevée, plus les effets mentionnés ci avant (rétro-
transport vers le cœur de l’écoulement) sont accentués, et par conséquent, plus le
colmatage peut être réduit d’une façon significative. C’est à cause de cela que l’écoulement
tangentiel est très répandu dans les applications industrielles [2].

Remarquons aussi que l’écoulement frontal peut être considéré comme un cas limite de
l’écoulement tangentiel, où la vitesse d’écoulement tangentiel tend vers zéro [2].

Ce type de mise en œuvre peut aussi être utilisé à l’échelle du laboratoire. Dans ce
dernier cas, il faut noter que cela oblige à utiliser des volumes plus grands que dans le cas
de l’écoulement frontal (Belfort et al., 1994)[10].

[Link].Pression / Flux constant

Dans les exemples précédents, la filtration a été présentée avec une pression appliquée
sur la membrane. En réalité, les opérations de filtration sont conduites en imposant soit le
gradient de pression, soit le flux de perméation. Il n’existe pas de réel consensus tendant à
privilégier un mode par rapport à l’autre et la littérature présente, sur la façon de conduire
les opérations, des points de vue différents ; ainsi, Chellam observe un colmatage accru en
filtration à flux constant (Chellam et Jacangelo 1998) [12] alors que d’autres travaux
36

(Defrance et Jaffrin 1999, Field et al. 1995) [13,14] indiquent que des filtrations menées à
flux constant, sous réserve d’un choix adapté des paramètres, permettent de mieux
contrôler l’opération. De même pour la détermination du flux critique les travaux de
Metsamuuronen et al. (2002) utilisent le flux constant [15].

L’étude menée en 1996 par Wetterau et ses collaborateurs qui compare quant à elle les
deux modes opératoires de façon globale, c'est-à-dire en tenant compte tant de la
productivité (flux et pertes en eau) que de l’énergie consommée n’a pas permis de
discriminer un système par rapport à l’autre (Wetterau et al. 1996) [16].

Il est important de signaler qu’aucune des études précitées ne fait état de différences en
termes de qualité du perméat obtenu.

Ainsi, en production d’eau potable, le critère de choix du paramètre imposé s’avère


purement d’ordre pratique. Pour assurer la production journalière d’une quantité d’eau
donnée, une conduite des opérations à gradient de pression imposé impliquera la mise en
place d’un réservoir de stockage d’eau produite de façon à pallier toute diminution de
productivité ; c’est pourquoi la majorité des installations aujourd’hui en fonctionnement
opèrent à flux de perméat constant [1].

En pratique, le gradient de pression peut être généré par le fonctionnement d’une pompe
qui fait circuler le liquide au dessus de la membrane ; la pression transmembranaire étant
régulée par une vanne en fin de module (Figure 1.12). L’opération fonctionne alors à
pression constante.
Si par contre la pompe est installée coté perméat, le flux de perméation est régulé par la
pompe et l’opération fonctionne alors à flux constant [11].

Figure 1.12 : Schéma représentatif des deux types de fonctionnement en filtration :


Pression constante et flux constant [11].
37

1.5.4. Avantages et inconvénients des procédés membranaires

a) Avantages des techniques à membranes [7]:

– Elles opèrent à température ambiante en général, d'où l'absence de dénaturation des


molécules fragiles telles que les protéines et le respect des qualités organoleptiques grâce à
l'absence de choc thermique.

– La séparation est fondée sur des critères physiques (diamètres de pores) et ne fait pas
intervenir de réactifs chimiques comme extractant (solvants, acides, bases...), réactifs qui
sont, en général, une source importante de pollution.

Ainsi, dans le cas de la déminéralisation de l'eau, l'osmose inverse présente un avantage


par rapport à l'échange d'ions qui produit des quantités importantes d'effluents.

– Elles ne font pas intervenir de changement de phase ; il n'y a donc pas d'enthalpie à
fournir, ce qui permet, par rapport à l'évaporation, d'être plus économe en énergie.

À titre d'exemple, l'osmose inverse connaît un développement important dans le domaine


du dessalement de l'eau de mer, en particulier parce que la consommation d'énergie
associée au procédé est très faible.

– Les procédés peuvent fonctionner en continu et sont simples et faciles à automatiser,


du moins en principe. Ainsi, contrairement à la filtration frontale ou à l'échange d'ions, qui
sont des procédés séquentiels (avec des phases de fixation et d'élution pour l'échange
d'ions), la circulation tangentielle du liquide à traiter permet d'éviter l'accumulation
progressive de dépôts. Cet avantage doit toutefois être pondéré par la nécessité de procéder
à des nettoyages périodiques des membranes.

– Une eau produite de qualité constante en termes d’élimination des particules et des
microbes, indépendamment de la qualité de l’eau d’alimentation.

– Les installations sont compactes.


38

–De plus, ces procédés membranaires sont des techniques de séparation peu
consommatrices d’énergie : de 1 à quelques dizaines de kWh/m³ de produit traité, suivant
la taille des composés qui doivent être séparés. Leur consommation énergétique est faible
(quelques kWh/m³ de perméat) par rapport à des procédés thermiques (de 100 à 900
kWh/m³ de produit traité pour un évaporateur, avec ou sans effets multiples).

b) Inconvénients des techniques à membranes [7] :

– Colmatage des membranes, qui se traduit, en général, par une baisse de la perméabilité
et une modification de la sélectivité qui n'est pas toujours souhaitable.

– Sélectivité imparfaite des membranes : elle n'est jamais égale à 100 % sauf dans
certains cas en microfiltration. De plus, en ultrafiltration industrielle, la séparation ne se
fait dans de bonnes conditions que pour des molécules ayant un rapport de masses
moléculaires sur seuil de coupure supérieur ou égal à 10.

– Durée de vie des membranes limitée, soit par perte de résistance mécanique, soit par
suite d'une mauvaise tenue aux réactifs utilisés pour le nettoyage.

– Nécessité de faire circuler le liquide à filtrer tangentiellement à la membrane à des


vitesses relativement élevées (2 à 5 m · s–1), ce qui implique des pompes de grande taille
et de consommations d'énergie élevées (cas, par exemple, de la microfiltration
tangentielle).

Les procédés de filtration membranaire permettent d'assurer certaines fonctions dans les
procédés de séparation et ont ainsi trouvé une place dans l'éventail des solutions techniques
qui s'offre à un ingénieur qui conçoit et optimise des installations de séparation. Le
développement de ce procédé qui met en œuvre des phénomènes complexes exige de la
maîtrise pour garantir des performances élevées en termes de perméabilité et de sélectivité.
Par ailleurs, il est nécessaire d'avoir toujours à l'esprit que l'on profite d'autant mieux des
avantages des procédés membranaires que ces procédés sont couplés à d'autres procédés.
39

1.5.5. Limites des procédés de filtration membranaire

Le frein principal au développement des procédés membranaires réside dans l’altération


des capacités de production des membranes : le colmatage, qui découle de l’accumulation
de matière à la surface des membranes.

Quand un système fonctionne à pression transmembranaire constante, le colmatage se


traduit par une diminution du flux de perméation dans le temps. Lors d’opérations menées
à flux constant, comme le sont le plus souvent les opérations de traitement de l’eau, la
conséquence directe est une augmentation de pression (Tableau 1.6).

Quel que soit le mode opératoire utilisé, d’autres conséquences découlent de cette
accumulation de matière, qu’il s’agisse d’une diminution de la durée de vie des membranes
du fait de lavages plus fréquents, des dépenses supplémentaires d’énergie liées à
l’augmentation de la résistance au transfert ou encore des pertes en eaux occasionnées lors
des séquences de décolmatage [1].

Tableau 1.6 : Conséquences du colmatage selon la conduite des opérations [1].

Ainsi, le colmatage, au sens large du terme, constitue la principale limitation des


opérations de filtration. A ce titre, ce sujet a fait l’objet de nombreux travaux de recherche
visant à identifier les mécanismes, les modéliser et amener des éléments pour pouvoir les
40

limiter. Ainsi une partie de ce chapitre (Section 1.4) sera consacrée à l’état de l’art sur ce
sujet dans le domaine de l’ultrafiltration [1].

1.6. Limitations au transfert

L’ultrafiltration est une technique de filtration permettant de séparer des


macromolécules et des particules d’un solvant et des solutés de faible masse moléculaire
présents en solution. Lorsqu’un fluide est filtré, plusieurs phénomènes de colmatage
conduisant à une perte de capacité des membranes peuvent apparaître [11]. Du fait de la
grande complexité des eaux filtrées, ces phénomènes vont se succéder ou intervenir
simultanément lors de la séparation. La limitation au transfert lors d’une filtration est bien
souvent décrite en dissociant ses diverses contributions en regard de leur degré de
réversibilité respectif ; ainsi on distinguera la polarisation de concentration (Section 1.3.2)
du colmatage (Section1.4) [1].

Bien qu’il soit important de différencier le phénomène de polarisation de concentration


des phénomènes de colmatage, il est impossible de les dissocier totalement dans la mesure
où le colmatage est souvent le résultat d’un phénomène de polarisation accentué.

Cependant, dans la littérature, on retrouve parfois le terme générique de colmatage pour


désigner toute diminution de flux [1].

1.6.1. Concepts fondamentaux

La description de ces phénomènes limitant conduit bien souvent à des approches visant
à dissocier et à identifier les divers mécanismes impliqués dans la diminution de flux [1].

Lors de la filtration d’un solvant pur, la loi de Darcy est utilisée pour traduire le lien de
proportionnalité (zone I, Figure 1.13) entre flux de perméation J et pression
transmembranaire Ptm :

Ptm
J  LP0 Ptm .......... .......... Eq 1.11
 s .Rm
41

Où Rm est la résistance de la membrane, LP0 la perméabilité de la membrane au solvant et


µs la viscosité à la température de l’expérience.

Dans le cas de solutions contenant un soluté retenu par la membrane, s’ajoute une
résistance au transfert via une différence de pression osmotique ΔΠ, opposée au gradient
de pression Ptm, induite par la différence de concentration de part et d’autre de la
membrane. La loi de Darcy modifiée permet alors de décrire l’écoulement [1]:

Ptm  
J .......... ......... Eq 1.12
 s .Rm

Dans ce cas, le flux de perméation n’évolue plus de façon linéaire avec la pression
transmembranaire (zone II, Figure 1.13).

Figure 1.13: Evolution du flux J avec la pression transmembranaire P tm [1].

La différence de pression osmotique est souvent négligée en micro- et ultrafiltration,


considérant que les composés retenus sont de taille importante induisant peu de pression
osmotique (loi de Van’t Hoff).

Enfin, dans la dernière zone (zone III Figure 1.13), à la contribution de la couche
polarisée (Section 1.3.2) s’ajoute l’apparition d’un dépôt à la surface de la membrane qui
limite alors l’augmentation du flux avec la pression [1]. La valeur de flux maximale qui
peut être atteinte lors d’une filtration s’appelle le flux limite, cette valeur correspond à un
42

état où toute la surface de la membrane est colmatée [11]. Par conséquent, l’importance du
phénomène de polarisation de concentration entraîne une limitation du transfert du solvant
qui est fonction de la pression appliquée.

1.6.2. Polarisation de concentration

Bien que souvent négligeable, en terme de contribution à la limitation du transfert en


ultrafiltration, le phénomène de couche de polarisation va être présenté, car il est
nécessaire pour la compréhension des phénomènes limitants en filtration [11].

Lors de la filtration et sous l’effet de la pression transmembranaire, solutés et solvant


sont entraînés par convection vers la membrane. Alors que le solvant passe au travers, les
solutés sont partiellement ou intégralement retenus et s’accumulent à la surface de la
membrane. Le gradient de concentration engendré entraîne un flux de rétro-diffusion de
soluté, tendant ainsi à équilibrer les concentrations.

L’équilibre entre flux convectif (J.C0) et diffusif (D dC/dx) conduit à un profil de


concentration sur une distance à la paroi δ correspondant à l’épaisseur de la couche
polarisée (Figure 1.14) [1].

Figure 1.14 : Phénomène de polarisation de concentration [17].


43

Le bilan de matière peut alors être établi entre le flux de soluté côté perméat et l’équilibre
diffusion convection côté rétentat [1].

La présence de la couche de polarisation de la concentration a comme effet


d’augmenter le gradient de pression osmotique de part et d’autre de la membrane. La
pression osmotique peut être estimée par la relation suivante (Belfort et al, 1994) [10]:

C S RT
  ...................Eq 1.13
M

La pression osmotique est d’autant plus forte que la masse molaire, M, est faible et que la
concentration du soluté, CS, est élevée.

La polarisation de concentration est un phénomène réversible qui disparait si la force


motrice de transfert est annulée [17].

Le phénomène de polarisation de concentration a pour effet d’augmenter la


concentration en amont de la membrane. Globalement ceci se traduit par une réduction de
la perméabilité et une augmentation du risque de colmatage de la membrane. Une bonne
façon pratique de minimiser ce phénomène consiste à augmenter le champ d’écoulement
tangentiel en amont de la membrane, de façon à réduire l’épaisseur de la couche de
concentration .En effet, un accroissement du débit à l’entrée de la membrane a pour effet
de balayer la surface membranaire ce qui accélère le rétro-transport des particules et
réduit donc la concentration à la surface de la membrane [18].

De façon générale, la polarisation de concentration dépend de la vitesse de perméation,


de la mobilité des particules dans le solvant qui est en fonction de leurs caractéristiques
(taille, forme, charge), de la viscosité du solvant et de l’hydrodynamique à proximité de la
surface de la membrane (régime d’écoulement, présence de turbulence, etc.)[18].

Ce phénomène de polarisation de concentration ne prendra une part importante à la


limitation de flux que dans les premiers temps de la filtration, puis, selon les conditions
opératoires, induira une surconcentration à la membrane entraînant la formation d’un dépôt
[1]: Ce dernier accompagné parfois d’autres phénomènes de colmatage pouvant avoir
pour effet de diminuer la perméabilité de la membrane feront l’objet de cette étude
(Section 1.4).
44

1.7. Colmatage en ultrafiltration

1.7.1. Généralités sur le colmatage

L’un des problèmes majeurs auquel se heurte l’utilisation des membranes est le
colmatage que l’on pourrait qualifier du «Talon d’Achille» de cette technologie très
prometteuse [19].

Le colmatage est défini par le processus ayant pour conséquence la perte de


performance d’une membrane [19] : il découle de l’accumulation de matière à la surface
des membranes. Quand un système membranaire opère à pression transmembranaire
constante, la conséquence la plus problématique du colmatage est une diminution, parfois
extrêmement accentuée, du flux de perméation dans le temps. D’autres conséquences
directes ou indirectes du colmatage sont une diminution de la vie active des membranes,
des lavages plus fréquents (arrêt périodique des opérations de filtration), et donc des
consommations de produits chimiques plus importantes et la gestion/disposition d’eaux
usées, et des dépenses supplémentaires d’énergie pour compenser la baisse de perméabilité
des membranes causée par le colmatage.

Le colmatage équivaut à une résistance supplémentaire à l’écoulement à travers la


membrane, il peut aussi influencer le pouvoir de séparation d’une membrane en agissant,
par exemple, comme une deuxième membrane qui se superpose à la membrane originale
[2].

L’accumulation de matière peut se faire à la surface d’une membrane, les particules


peuvent bloquer ses pores, et, dans le cas d’une membrane ayant des pores suffisamment
grands par rapport aux substances présentes dans l’eau à traiter, il peut y avoir une
adsorption et/ou dépôt de substances colmatantes sur la paroi interne de pores. Dans les
modèles de colmatage proposés par plusieurs auteurs et présentés par la suite, nous allons
voir que, de façon générale, les chercheurs considèrent qu’il y a d’abord un
blocage/obstruction de pores, suivi par la croissance d’un gâteau à la surface de la
membrane. Ce gâteau se caractérise par une porosité propre, par une résistance spécifique
opposée à l’écoulement à travers la membrane, une cohésion, une densité spécifique, et une
granulométrie plus ou moins homogène [2].
45

En effet, un très large spectre d’espèces peut contribuer au colmatage, les principaux
agents colmatants peuvent se répartir en trois principales catégories [1] :

- les composés minéraux parmi lesquels on compte les argiles et limons sous forme
colloïdale, mais aussi des métaux (aluminium, fer, manganèse) et des sels dont les sulfates
et carbonates de calcium.

- les composés biologiques : micro-organismes qu’ils soient morts, vivants ou sous forme
de débris qui peuvent donner lieu au colmatage par effet stérique et à la formation de bio
films.

- les composés organiques d’origine naturelle (acides humiques et fulviques, protéines,


polysaccharides) ou les polymères utilisés en coagulation floculation lorsqu’il y a lieu.

De ce fait, les nombreux travaux de recherche réalisés jusqu’à présent dans le but de
mieux appréhender le colmatage portent tant sur des suspensions colloïdales modèles
(protéines, argiles, …) que sur des eaux réelles ou dérivées d’eaux réelles (substances
humiques du commerce par exemple).

La partie du colmatage qui peut être enlevée par nettoyage est appelée « colmatage
réversible ». Le colmatage qui correspond à la perte « définitive » d’une partie de la
perméabilité est généralement appelé « colmatage irréversible ». A priori, ce type de
colmatage est essentiellement dû à une forte adsorption de substances qui ont une grande
affinité pour la membrane. À noter que le caractère réversible du colmatage est très relatif
aux moyens qui sont mis en œuvre pour laver les membranes (rétrolavages ou nettoyage
chimique) [2].

A titre d’exemple, Wiesner et al. (1992), mentionnent la combinaison de deux mécanismes


responsables du colmatage d’une membrane d’ultrafiltration. Après formation d’une
couche de gel liée au dépassement de la limite de solubilité dans la couche de polarisation
de concentration, des phénomènes d’adsorption se développeraient [4].
46

Childress et Deshmukh (1998), ont montré par la mesure du potentiel « zêta » que les
macromolécules de type substances humiques s’adsorbent à la surface membranaire et que
leurs groupes fonctionnels, chargés négativement, dominent la charge de surface de la
membrane [20].

Le colmatage étant la principale limitation en ultrafiltration, il est nécessaire de savoir


quels sont les divers phénomènes mis en jeu, les relations et modèles qui permettent d’en
faire la description (Section 1.4.5 ) ainsi que l’état de l’art en ce qui concerne les solutions
proposées jusqu’à présent pour l’anticiper ( Section 1.4.6 ), le limiter ( Section 1.4.7 ) ou
plus souvent pour y remédier ( Section 1.4.9).

Ainsi, ce sujet a fait l’objet de nombreux travaux de recherche portant sur la modélisation
du colmatage (Jaffrin et al., 1997; Wiesner et Chellam, 1992) [21], sur les indicateurs de
colmatage (Schippers et Verdouw, 1980, Boerlage et al., 2000, 2002, 2003A et B) [22, 23,
24, 25, 26] ou sur les mécanismes de colmatage (Belfort et al., 1994) [10].

1.7.2. Facteurs influençant le colmatage

Le colmatage est fonction de différents phénomènes : la convection du fluide, la


diffusion des espèces présentes dans la solution et d’interactions de surface entre les
particules et entre les particules et la membrane. La convection est liée à la pression
transmembranaire appliquée, et la diffusion des espèces à la nature des particules et des
espèces présentes en solution. Les interactions de surface sont, elles, fonction des espèces
filtrées et de la force ionique du milieu qui les entoure. La connaissance des propriétés des
fluides est par conséquent aussi importante que la connaissance des membranes et de
l’hydrodynamique [11].

Le colmatage des membranes résulte donc d’un grand nombre de facteurs qui interférent,
comme l’indique la figure 1.15 (Fane 1992) :
47

La membrane

 La dimension des pores


 La charge de surface
 L’hydrophobicité
 La rugosité
 La porosité

Conditions opératoires Soluté/ particule


Le colmatage
 L’agrégation
 La pression
 Le pH
 Les forces de cisaillement  L’hydrophobicité
 L’environnement ionique  La charge de surface

Figure 1.15 : Paramètres influençant le colmatage [27].

1.7.3. Les différents types de colmatage

a) Colmatage par entartrage

L’entartrage sur une membrane est principalement causé par [17]:

 le dépassement de la limite de solubilité des composants inorganiques, c'est-à-dire


qu’il y a une sursaturation.
 l’augmentation rapide de la vitesse de déposition. Des sels sursaturés vont précipiter
sur la surface de la membrane et construire une couche fine qui bloque le transfert de
matière à travers la membrane.
 l’entartrage a toujours lieu à la surface de la membrane car la concentration des sels
est augmentée près de la membrane par la polarisation de concentration. Les dépôts
de tartre rencontrés le plus fréquemment dans le dessalement comportent du
carbonate de calcium (CaCO3), du sulfate de calcium (Ca(SO4)2), de l’hydroxyde de
magnésium (Mg(OH)2) et des dépôts de silice (SiO2, CaSiO3, MgSiO3, etc.…).
48

b) Colmatage par dépôt

Le colmatage par dépôt peut être de deux natures différentes qui peuvent coexister:

 le colmatage particulaire ou colloïdal : des colloïdes peuvent être agglomérés et


adhérer à la membrane. Les colloïdes les plus courants sont des argiles de silicate
d’aluminium (0,3-1µm) et des colloïdes de fer. Les microorganismes déposés font
aussi partie de ce colmatage.
 le colmatage par la matière organique : la dégradation de la matière organique
produit une matrice de macromolécules appelée acide humique. Les matières
organiques dans les eaux de surface sont principalement des substances humiques à
des concentrations allant jusqu’à 100 mg/L de COT pour l’eau de mer par exemple.

c) Le bio-colmatage

Toutes les eaux contiennent des microorganismes tels que des bactéries, des algues, des
virus, etc. Ces microorganismes excrètent des substances polymériques extracellulaires qui
adhérent à la surface de la membrane et provoquent la formation d’un biofilm. La première
étape de la formation du biofilm est probablement l’adsorption des molécules organiques
sur la surface de la membrane. Cette couche organique conditionne la surface de la
membrane et améliore l’adhésion des microorganismes. L’étape suivante est donc
l’adhésion des microorganismes sur la surface de la membrane conditionnée.

Cette étape est suivie par l’adhésion microbienne, la croissance des cellules adhérées et par
la suite la production de polymère extracellulaire sachant que l’eau contient tous les
éléments nécessaires pour le développement de micro-organismes [17].
49

1.7.4. Mécanismes de colmatage en ultrafiltration

Les mécanismes de colmatage des membranes demeurent complexes :


Les solutés et particules peuvent colmater la membrane du fait d’interactions physiques
et/ou chimiques spécifiques entre la membrane et les composés présents en solution, ou
entre les composés eux-mêmes, entraînant ainsi une résistance additionnelle au transfert.
Ces interactions sont généralement attribuées à un ou plusieurs des mécanismes suivants :
(a) formation de dépôt ou de gel, (b) blocage des pores, (c) adsorption. La prépondérance
relative de chacun de ces phénomènes peut dépendre tant de la membrane (matériau, seuil
de coupure) que de la nature des solutés, des caractéristiques du milieu (pH, température,
force ionique, etc.) ou encore des conditions opératoires [1].

Figure 1.16 : Schématisation des différents mécanismes de colmatage


d’une membrane d’UF [17].

Les phénomènes de blocage des pores, d’adsorption d’espèces et de capture de particules à


l’intérieur des pores peuvent être regroupés sous l’appellation de colmatage interne du
média filtrant. Ces phénomènes ont pour effet de diminuer la perméabilité de la
membrane.

Ces types de colmatages ne sont pas directement fonction de la pression mais plutôt des
interactions fluide/membrane [11].
50

(a) Formation de dépôt ou de gel

Au-delà de certaines conditions, et en présence de matières en suspension et/ou


colloïdales, le flux de perméation amène une quantité de matière qui se matérialise par
l’apparition d’un dépôt [11].

L’augmentation de la concentration au voisinage de la membrane entraine une agrégation


des colloïdes qui mène indubitablement à la formation d’un dépôt. Ces matières constituent
alors une couche poreuse appelée gâteau de filtration dans lequel peuvent venir aussi
s’accumuler des matières organiques.

D’autre part, l’augmentation de la concentration en macromolécules au voisinage de la


membrane jusqu’à atteindre la limite de solubilité conduit à la formation d’un gel [1].

Ce colmatage est généralement réversible par lavage ou rétrolavage à l’eau [11].

A l’apparition du dépôt est associée une résistance au transfert de solvant. La loi de


Darcy modifiée peut être écrite de cette façon [11]:

P
J .......... ......... Eq 1.14
 ( R m  Rc )

Où Rc est la résistance de colmatage d’importance variable selon la structure du dépôt.

Les caractéristiques du dépôt en termes de porosité, de densité ou encore de stabilité


dépendent des interactions particulaires, de la taille et de la forme des particules, de leur
mode d’empilement ou encore des conditions opératoires [1].

(b) Blocage des pores

Le blocage des pores découle de propriétés stériques : des particules de diamètre proche
ou inférieur à la taille des pores viennent s’inclure dans ces derniers et les bouchent
diminuant ainsi la surface disponible pour l’écoulement [1]. Le blocage du pore peut être
total ou partiel.
51

Ce phénomène est important en microfiltration, mais il n’intervient quasiment pas en


ultrafiltration [17].
Ce type de colmatage nécessitera lui aussi la réalisation de rétrolavages à une pression
sensiblement supérieure à celle de la filtration [1].

(c) Adsorption

L’adsorption résulte d’interactions physico-chimiques entre les solutés présents en


solution ayant une affinité pour la membrane et cette dernière.

Elle peut intervenir tant à la surface de la membrane qu’à l’intérieur des pores, la
conséquence en étant la formation de couches conduisant à une diminution de la section de
passage dans les pores et, par voie de conséquence, à une augmentation de la résistance
hydraulique [1].

Les molécules les plus susceptibles de colmater les membranes par adsorption sont les
macromolécules [18].

Ce mécanisme de colmatage est dit irréversible hydrauliquement. Des lavages


chimiques sont nécessaires afin de casser les liaisons soluté-membrane [17].C’est
généralement à l’adsorption chimique (interaction forte par liaisons covalentes) qu’est
attribuée la part irréversible du colmatage [1].

Ces différents mécanismes de colmatage peuvent parfois coexister en filtration d’eau


où ils vont intervenir avec un poids différent. Ainsi, de façon à prendre en compte ces
divers mécanismes, le modèle des résistances en série qui sera présentée par la suite est
généralement utilisé.

Chacune des contributions est généralement estimée en regard de sa réversibilité et des


moyens à mettre en œuvre pour y remédier [1] :

Tableau 1.7 : Evaluation des contributions [1].

Résistance Mécanismes Moyens à mettre en œuvre


Rads Adsorption Nettoyage chimique
Rrev Dépôt/Blocage interne Rétrolavage
52

1.7.5. Modèles de colmatage

Il n’existe pas actuellement de modèle de colmatage pour la filtration tangentielle de


solution colloïdale qui puisse s’appliquer de manière satisfaisante.

Par contre, plusieurs auteurs ont appliqué des modèles classiques de filtration frontale à la
filtration tangentielle [2]. Ces modèles sont présentés ci-dessous.

[Link]. Le modèle des résistances en série

Le modèle des résistances électriques en série a inspiré le modèle des résistances


hydrauliques en série. L’hypothèse à la base de ce modèle est que la résistance hydraulique
totale est équivalente à une somme de résistances qui sont en série par rapport à
l’écoulement de l’eau. Cela s’exprime très simplement par l’équation suivante [2] :

Rtotale   Ri ..................Eq 1.15

Les différentes résistances en série sont [17] :

• La résistance de la membrane propre R m, il s’agit de l’inverse de la perméabilité de la


membrane propre;

• Une résistance additionnelle due au colmatage; cette résistance peut être décomposée
arbitrairement en deux résistances en série :

- Une résistance qui correspond au colmatage rapide en tout début de


filtration; cette résistance peut être assimilée au blocage des pores(R b). Une
résistance additionnelle (Ra) sera incluse lorsque des mécanismes
d’adsorption ont lieu lors de la filtration.
- Une résistance qui correspond au colmatage progressif de la membrane
durant la filtration; cette résistance peut être assimilée à la formation d’un
gâteau à la surface de la membrane(Rd).
53

Lors de la filtration d’un solvant pur, la loi de Darcy est utilisée pour traduire le lien de
proportionnalité entre le flux de perméat, J, et la pression transmembranaire, Ptm :

Ptm
J  LP0 Ptm
 Rm

Où Rm Résistance de la membrane (m-1)

LP0 Perméabilité de la membrane au solvant (L. [Link]-1)

µ Viscosité du solvant à la température de l’expérience (Pa.s)

Lors de la filtration d’eaux réelles, on observe au cours du temps une diminution de la


perméabilité de la membrane, due au phénomène de colmatage. Le modèle des résistances
en série considère chacun des mécanismes conduisant à une résistance au transfert
s’ajoutant à la résistance de la membrane :

Ptm
J .......... ....... Eq 1.16
 ( Rm  Rd  Rb  Ra )

Avec

Rd Résistance due au dépôt en surface (m-1)

Rb Résistance due au blocage des pores (m-1)

Ra Résistance due à l’adsorption (m-1)

[Link]. Modèle de colmatage particulaire en filtration frontale

La forme générale de l’équation décrivant les mécanismes de colmatages en filtration


frontale est la suivante (Hermans et Bredee (1936)) [17]:

n
d 2t  dt 
 k  ...................Eq 1.17
 dV 
2
dV
54

k et n sont des constantes de filtration. Les valeurs de n de 0 ; 1 ; 1,5 et 2 définissent


respectivement les mécanismes de formation de gâteau, de blocage intermédiaire, de
blocage standard et de blocage complet [19].

Par la suite, différentes lois de filtration ont été proposées par Hermia (1982) selon les
mécanismes de colmatage. Ces lois expliquent le comportement du flux sous une condition
de pression transmembranaire constante (Tableau 1.8) [17].

Tableau 1.8 : Différents modèles empiriques de filtration frontale.

V est le volume cumulé du perméat au temps t, J 0 est le flux initial, J est le flux final, et a
et b sont les paramètres du modèle.

Dans le cadre de notre étude, un intérêt particulier sera porté au développement et à


l’exploitation du modèle de filtration sur gâteau.
55

[Link]. Développement du modèle de filtration sur gâteau

Le modèle de filtration sur gâteau est très répandu .Celui-ci découle de la théorie de
‘’Ruth’’. Les premiers travaux d’analyse de l’opération de filtration à pression constante
ont débuté par une constatation expérimentale : le volume de filtrat recueilli et le temps
sont liés par une relation parabolique. En effectuant un grand nombre d’essais
expérimentaux, Ruth et col. (1933a, b) corrèlent leurs résultats avec la relation :

2 PS 2
(V  V f ) 2  (t  t f )......... ...... Eq 1.18
rC

Ruth (1935) a montré que cette équation est capable de décrire le comportement en
filtration pour divers matériaux, indépendamment de leur degré de compressibilité. Cette
équation a servi de base pour de nombreuses études de filtration.

L’approche de Ruth se base sur la loi de Darcy, qui relie le débit du liquide à travers un
milieu poreux à la chute de pression qui est la cause principale de l’écoulement :

 dV P
 .......... .......... .... Eq 1.19
S dt Rm  Rc

Avec Rm la résistance du média filtrant, Rc la résistance du gâteau, µ la viscosité du


liquide, V le volume de filtrat recueilli, S l’aire de la surface de filtration et ΔP la
différence de pression totale aux bornes du système gâteau – media filtrant.

On remarque que, dans ce modèle, Ruth suppose que le « débit spécifique » du liquide
(débit de liquide par unité de surface filtrante) est constant dans le gâteau et le media
filtrant (Tiller et Cooper, 1960), ce qui suppose que la porosité locale du gâteau ne varie
pas au cours du temps.

Si le gâteau est incompressible, la résistance hydraulique du gâteau (R c) est directement


proportionnelle à la masse totale de solide dans le gâteau et inversement proportionnelle à
l’aire du filtre S. Elle est généralement exprimée sous la forme :

ms
RC   ........................Eq 1.20
S
56

Cette résistance peut aussi être exprimée sous la forme :

V
RC  C ......................Eq 1.21
S

Où α et C représentent respectivement la résistance spécifique du gâteau et la masse du


gâteau sec déposé par unité de volume de filtrat.

En combinant (1.19) et (1.21), on obtient :

1 dV P
 ...............Eq 1.22
S dt V
 ( R m  C )
S

Sachant qu’au début de la filtration (t=0), le volume de filtrat est nul (V=0) et en
considérant les grandeurs α, C et Rm constantes tout au long de l’opération, Ruth (1935)
intègre l’équation (1.22) et obtient pour une opération à pression constante l’expression de
l’inverse du débit moyen de filtrat (t/V) sous la forme suivante :

t C R
 V  m ................Eq 1.23
V 2PS 2
SP

L’équation (1.23) est appelée équation de Ruth. Depuis 1935, cette équation est largement
utilisée pour l’analyse de l’opération de filtration à pression constante. Elle permet avec
des données de filtration d’évaluer la résistance spécifique du gâteau (α) et la résistance du
support (Rm) en fonction de la pression imposée [28, 29].

Schippers et Verdouw (1980), ont adapté le modèle de Ruth aux techniques nouvelles de
filtration membranaire :

t I Rm
 V .......... ...... Eq 1.24
V 2Pm S 2
Pm S
57

Avec
µ : Viscosité du perméat (Pa.s)
Rm : Résistance hydraulique de la membrane (m-1)
ΔPm : Pression transmembranaire (bar)
S : Surface de la membrane (m2)
I : Indice de colmatage (m-2)
I=r.C
C : Concentration massique à la membrane
r : Résistance spécifique du dépôt ([Link]-1)

Cette équation est particulièrement importante pour le développement des indicateurs de


colmatage comme cela sera décrit en détail par la suite.

1.7.6. Indicateurs de colmatage

Un contrôle efficace du colmatage exige un bon diagnostic des espèces colmatantes


présentes [19].

Les eaux naturelles contiennent une grande diversité de composants. La taille, la nature et
les caractéristiques physico-chimiques de ces composants déterminent le potentiel
colmatant d’une eau ; le rôle d’un indicateur de colmatage est d’intégrer tous ces facteurs
en un seul paramètre.

Les indicateurs de colmatage développés jusqu’à maintenant sont basés sur des tests de
filtration frontale avec des membranes de MF ou d’UF [2].

Cependant, plusieurs questions se posent concernant l’efficacité de ces indicateurs à


prédire le colmatage [2] :

• Est-ce qu’un même indicateur de colmatage peut couvrir une large gamme de qualité
d’eau ?
58

• Est-ce que le pouvoir colmatant d’une eau est une caractéristique intrinsèque de cette eau
ou bien ce pouvoir colmatant est-il dépendant de la membrane utilisée ?

• Dans le même ordre d’idée, si le test qui sert à déterminer l’indicateur de colmatage fait
appel à une filtration sur membrane, jusqu’à quel point est-il possible de prédire les
performances d’une autre membrane ?

• Si le test qui sert à déterminer l’indicateur de colmatage fait appel à une filtration
frontale, jusqu’à quel point est-il possible de prédire les performances en filtration
tangentielle ?

Bien qu’il ne soit pas facile de répondre de manière exhaustive à ces questions, nous allons
essayer à travers ce paragraphe de faire l’inventaire des tests développés et utilisés jusqu’à
présent afin d’en voir les avantages mais aussi les limitations [1].

[Link]. Silt Density Index (SDI)

Le Silt Density Index, plus connu sous son abréviation de SDI, est considéré comme
l’indicateur le plus classique dans le domaine de la filtration membranaire. Cette méthode
est normalisée (norme ASTM D4189) et date de 1995 [2].

Le principe de ce test (Schippers et Verdouw 1980) consiste à déterminer


l’encrassement d’un filtre en acétate de cellulose de 47 mm de diamètre et présentant une
taille de pores de 0,45 µm après 15 minutes de filtration frontale de la suspension à traiter.
La pression est maintenue constante à 2,1 bars (30 psi) [22].
t1
1
t2
SDI 15   100 .......... ......... Eq 1.25
15

Où t1 est le temps nécessaire pour filtrer les premiers 500 ml de solution, et t 2 le temps
nécessaire pour filtrer 500 ml de solution à compter de 15 min du début de la filtration.

Si le terme ((1-t1/t2) x100), appelé pouvoir encrassant, est supérieur à 75, la seconde
mesure (t2) doit être réalisée après 10 ou 5 minutes de façon à descendre au-dessous de 75.
59

Figure 1.17 : Mesure du Fouling Index FI ou Silt Density Index SDI [7].

L’équation précédente peut être formulée de la façon suivante (Schippers et Verdouw,


1980) :

 500ml 500ml 
1   / 
 t2 t1 
SDI   100...................Eq 1.26
15

Cette équation montre que le SDI est en effet une mesure du pourcentage de diminution du
taux de filtration par unité de temps [2].

Un indice de colmatage supérieur à 5 dénotera le caractère particulièrement colmatant de


l’eau à traiter [1] (Tableau1.9).

Tableau 1.9 : Valeurs repères du SDI.


SDI<3 Peu ou pas de colmatage
3<SDI <5 Colmatage classique
SDI>5 Colmatage excessif
60

L’avantage du SDI est que sa détermination est relativement facile, c’est pourquoi il est
le plus utilisé en général. Il comporte par contre un désavantage majeur : ce test empirique
ne reposant sur aucun fondement théorique ne tient pas compte des différentes phases du
colmatage de la membrane. En effet, on considère qu’il y a d’abord blocage des pores
puis formation d’un gâteau ; tout dépendant de l’eau qui est testée, les mesures de SDI
peuvent être faites en partie ou totalement avant la formation d’un gâteau ce qui complique
l’interprétation des résultats [2].

Autre point mis en évidence expérimentalement par Schippers (Schippers et Verdouw


1980), est la non-linéarité entre cet index et la concentration de la suspension. Ceci est
principalement dû au fait que seule la filtration sur dépôt est prise en compte dans le SDI.
De ce fait cet indicateur ne peut pas être considéré comme outil prédictif pour décrire
l’évolution du flux en cours de filtration.
C’est pourquoi, pour pallier ce problème, ces mêmes auteurs proposent un indicateur de
colmatage, le Modified Fouling Index (MFI) basé sur la considération d’une succession de
mécanismes [1].

[Link]. Modified fouling index (MFI)

Schippers et Verdouw (1980) ont proposé un indicateur de colmatage appelé « Modified


Fouling Index » (MFI). Cet indicateur de colmatage tient compte des mécanismes qui
contrôlent le colmatage. Schippers et Verdouw (1980), et par la suite Boerlage et al.
(2003A), considèrent que le colmatage d’une membrane en filtration frontale où le gradient
de pression est constant a lieu en 3 étapes [22,25]:

• Blocage des pores;

• Formation d’un gâteau incompressible;

• Formation d’un gâteau compressible.


61

Quand il y a formation d’un gâteau incompressible, et d’après les hypothèses énoncées à la


section ([Link].), il doit y avoir une relation linéaire entre le rapport t/V et V (voir
l’équation 1.24) (Schippers et Verdouw, 1980).

Les trois phases de la filtration frontale, d’après Schippers et Verdouw (1980), sont
représentées sur la figure (1.18). La phase qui correspond à la formation d’un gâteau
incompressible est la partie linéaire du graphe t/V versus V comme cela apparaît sur cette
figure. L’indicateur MFI correspond spécifiquement au colmatage par formation d’un
gâteau à la surface de la membrane.

De façon pratique, la détermination du MFI est similaire à celle du SDI. Le même


dispositif expérimental est utilisé. Le volume de perméat est mesuré avec un cylindre
gradué à chaque intervalle de 30 secondes, pour une durée totale maximale de 20 min,
l’origine du temps correspondant au moment où la pression d’opération de 210 kPa (30
psi), est stabilisée. Comme une membrane de 0,45 µm est utilisée dans le MFI original, et
pour se différencier d’un autre indicateur qui sera développé ultérieurement, l’indice
«0,45» est ajouté. L’indicateur est donc appelé MFI0,45 [1].

Ainsi, la méthode utilisant une membrane avec des pores plus petits de 0,05 µm
correspond au MFI0,05 [19].

Les résultats des tests sont donc une série de mesures de temps et de volumes cumulés
de perméat. L’indicateur de colmatage est la pente de la partie linéaire du graphe t/V
versus V, c’est-à-dire la tangente de l’angle α (voir Figure 1.18). D’après l’équation
(1.24), le MFI s’exprime comme :

I
 MFI0, 45  tan  ................Eq 1.27
2PS 2
62

Figure 1.18 : Représentation graphique t/V versus V avec la mise en évidence de la pente de
la zone linéaire tan α (Schippers et Verdouw 1980; Boerlage et al., 2003A).

La valeur de l’indicateur de colmatage déterminée à des conditions de température et de


pression différentes peut être ramenée à une température de 20 oC et à une pression
ΔP0=210 kPa, considérées comme des conditions standards, avec la relation suivante [1] :

 20C P
MFI 0, 45    tan  .......... ...... Eq 1.28
T P0

Bien qu’amenant une amélioration par rapport au SDI, le MFI0,45 présente tout de même
des limitations pour la prévision du colmatage : la mesure étant faite en microfiltration,
quid de son adaptation aux autres procédés impliquant des pressions de filtration et des
flux bien différents ? De plus, le test ne prend en compte que le pouvoir colmatant de
particules relativement grosses et considère la filtration sur dépôt comme étant le
mécanisme prépondérant ; plusieurs questions se posent alors. La filtration sur dépôt sera-
t-elle le mécanisme limitant dans les autres procédés ? Et si tel est le cas, la structure et la
granulométrie du gâteau étant affectées par la taille des composés retenus qui elle va
63

dépendre du matériau membranaire et du seuil de coupure utilisé, quelle extrapolation peut


être faite ? Enfin, ces tests sont systématiquement réalisés à filtration frontale à pression
transmembranaire constante : quelle extrapolation pour des opérations menées à flux
constant ou en mode tangentiel ?

De façon à lever certaines de ces limites, une adaptation de ce paramètre a été développée
tel que présenté dans la prochaine section [1].

[Link]. Modified Fouling Index – Ultrafiltration (MFI-UF)

Boerlage et al. (2000, 2002 et 2003A et B) ont développé un nouvel indicateur de


colmatage appelé «Modified Fouling Index-Ultrafiltration» (MFI-UF). Contrairement aux
indicateurs précédents (SDI et MFI0,45), cet indicateur est déterminé à partir d’un test
réalisé avec une membrane d’UF donc avec des pores plus fins. Cela vise à mieux
caractériser le pouvoir colmatant des eaux qui contiennent des colloïdes assez fins pour
passer à travers une membrane dont la porosité est de 0,45 µm. Il est vrai que le gâteau
formé sur une membrane de 0,45 µm retient une partie des particules de plus petite taille
que celle des pores de la membrane. Mais en choisissant une membrane d’UF de faible SC,
tous les colloïdes devraient être retenus. Donc le MFI-UF devrait mieux rendre compte que
le SDI et le MFI0,45 du colmatage observé en NF ou en OI où les membranes ont des pores
extrêmement fins [23, 24, 25, 26].

Les mécanismes de filtration pris en considération en MFI-UF sont exactement les mêmes
qu’en MFI0,45 (voir Figure 1.18 ). Reprenons l’équation t/V=f(V) proposée pour la
détermination du MFI0,45 :

t I Rm
 V
V 2PS 2
PS

L’indice de colmatage I peut s’exprimer comme étant le produit entre la résistance


spécifique du gâteau rA et la concentration en particules de la solution à filtrer Cb :

I  rA C b .......... .......... ....... Eq 1.29


64

La résistance spécifique du gâteau rA est reliée à la porosité du gâteau ε, au diamètre d p et


à la densité ρp des particules qui forment le gâteau, par l’équation de Carman-Kozeny :

180(1   )
rA  ...........................Eq 1.30
 p d p2 3

En combinant les équations (1.27), (1.29) et (1.30), Boerlage et collaborateurs (Boerlage et


al., 2003) ont obtenu une formulation plus détaillée du MFI0,45 ou du MFI-UF :

 20C 90(1   )Cb


MFI  ....................Eq 1.31
 p d p2 3 PS 2

Cette équation montre que le MFI est fonction de la dimension et la nature des particules
qui forment le gâteau.

Si le gâteau est compressible, l’indice de colmatage I devient (Boerlage et al., 2003B) :

I  cP C b ...........................Eq 1.32

Où ω est le coefficient de compressibilité et c est une constante.

Pour déterminer le MFI-UF, Boerlage et collaborateurs (Boerlage et al., 2002) ont


utilisé un montage expérimental en écoulement frontal à pression constante qui est
représenté schématiquement à la figure (1.19).
65

Figure 1.19 : Montage expérimental pour déterminer le MFI-UF (Boerlage et al 2002) [24].

Comme pour la détermination du SDI et du MFI 0,45, un gradient de pression de 2 bar est
appliqué sur la membrane d’UF. Comme pour la détermination du MFI0,45, le volume filtré
et le temps de filtration sont enregistrés à des intervalles de 5 minutes, à l’aide d’un capteur
de débit, d’un système d’acquisition de données et d’un programme de traitement des
données. Le MFI-UF corrigé en température, en pression et en surface de membrane est
calculé à l’aide de l’équation suivante :

1 2
  P   S  d (t / V )
MFI  UF  20C      ................Eq 1.33
T  P0   S0  dV

[Link]. Développements du MFI-UF

Dans le but de mieux prédire le colmatage, Boerlage S. et al. (2002) a travaillé


intensivement sur le développement du MFI-UF, cette méthode utilisant des membranes
d’ultrafiltration (en mode frontal) permet de tenir compte du colmatage dû aux
particules dont la taille est inférieure à 0,05 µm [24].

Des membranes dont le seuil de coupure variait entre 1 et 100 kDa de deux matériaux
(polysulphone (PS) et polyacrylonitrile (PAN)) ont été testées. La filtration est effectuée à
66

pression transmembranaire constante (1bar) avec une acquisition du volume filtré toutes
les minutes.

Boerlage S. et al. (2002) a insisté sur l’influence de la température de l’essai qui joue sur
la viscosité et peut modifier sensiblement les résultats expérimentaux.

Avec le protocole opératoire décrit (à PTM constante) par Boerlage S. et al. (2002), la
valeur du MFI-UF a pu être déterminée pour les membranes d’acrylonitrile (PAN) après
20 à 50 heures d’essais alors que pour les membranes de polysulfones (PS), le MFI-UF
n’a pu être obtenu dans ces délais.

Les valeurs obtenues par ce protocole varient entre 2000 et 13300 s/l² alors que le MFI 0,45
varie entre 1 à 5 s/l² pour une eau de robinet utilisée. Ces valeurs beaucoup plus
importantes montrent l’inefficacité des membranes traditionnelles de microfiltration pour
la détermination du vrai potentiel de colmatage.

La valeur élevée du MFI-UF est expliquée par la rétention de particules de très faible
diamètre : la valeur de MFI est inversement proportionnelle au carré du diamètre des
particules formant le gâteau.

Le MFI-UF est faiblement dépendant du seuil de coupure des membranes utilisées,


Les valeurs de 2000 et 4500 s/l² ont été respectivement obtenues pour les membranes
PAN et PS dont le seuil de coupure variait entre 3 et 100kDa. Cette conclusion est
valable dans la gamme des seuils de coupure testés et pour le type d’eau qui a été utilisée
pour les essais. A la suite de ces essais une membrane PAN de seuil de coupure 13kDa est
proposée comme membrane de référence pour la détermination du MFI-UF. Le paramètre
limitant est la durée de l’essai (plus de 20 heures).

Une méthode de détermination du MFI-UF à flux de filtration constant a été


développée, cette méthode a permis de déterminer le MFI-UF dans un délai plus court (1-
5h) (Boerlage S. et al., 2004). Les résultats ont également mis en évidence le fait que la
valeur du MFI-UF à flux constant est stable sur une courte durée par rapport au MFI-UF à
pression constante [30].
67

En utilisant les mêmes hypothèses que Boerlage S. et al. (2002), Roorda J.H. et al.
(2001) définit le MFI-UFn (Normalised MFI-UF) , qui est calculé avec la même
formule expérimentale que celle utilisée par Boerlage S. et al. (2002). La seule différence
c’est qu’ils normalisent les MFI par rapport à une surface membranaire de 1m² et une PTM
de 1 bar. Au lieu de suivre l’évolution du volume de filtrat a pression constante, on suit
l’évolution de la pression transmembranaire à débit constant [31].

Les MFI-UF obtenus à PTM constante sont plus importants que ceux obtenus à flux
constant, ceci peut être expliqué par la compressibilité du gâteau.

Boerlage S. et al. (2003) ont constaté que le temps de fonctionnement prédit par le MFI-
UF (pour un déclin de flux de 15%) est faible devant celui observé réellement en osmose
inverse. Ceci est dû au fait qu’en filtration tangentielle, les particules ne sont pas toutes
déposées à la paroi de la membrane. C’est la raison pour laquelle a été introduit un
facteur correctif. De même un facteur de correction de pression a été introduit pour
tenir compte des différences de PTM appliquée en UF, NF et OI [26].

C’est pourquoi Brauns E. et al. (2002) trouvent qu’il est plus approprié d’utiliser une
technique de mesure d’indice de colmatage qui repose sur l’utilisation d’une
membrane adaptée aux conditions réelles d’utilisation du module dont on veut
caractériser le colmatage [32].

Khirani S. et al. (2005) ont utilisé des membranes de NF à PTM constante dans le but
d’améliorer la représentativité du MFI en NF/OI, cette étude a montré que la matière
organique dissoute est responsable du colmatage en NF/OI et doit être prise en
considération lors de la mesure du potentiel de colmatage. Ainsi, le NF-MFI a permis de
mieux rendre compte du colmatage par la matière organique et de l’efficacité d’un
prétraitement. La détermination de l’indice de colmatage se fait dans ce cas dans un délai
plus court (environ 1h) [33].
68

June-Seok Choi et al. (2009) ont développé un indice de colmatage appelé CFI
(combined fouling index) basé sur la mise en œuvre d’un modèle sous forme d’une relation
linéaire regroupant différents MFI correspondant à différents types de membranes (de
microfiltration et d’ultrafiltration) permettant des séparations sélectives de différents types
de matières colmatantes [34].

Cet indice de colmatage a permis de mesurer l’impact de chaque type de colmatant sur le
FDR (flux decline rate) en OI/NF sous forme de facteurs de contribution au colmatage
intervenant dans le modèle décrivant le CFI.

Youngbeom Yu et al. (2010) ont développé une nouvelle approche visant à évaluer le
potentiel colmatant des eaux d’alimentation en OI et NF ; un système à plusieurs
membranes MMAS (multiple membrane array system) dans lequel des membranes de MF,
d’UF et de NF sont connectées en série (la sélection des membranes est basée sur la théorie
de la filtration sur gâteau) a été conçu dans le but de séparer et de cibler les différents
types de colmatants dans les eaux et d’évaluer leurs potentiels de colmatage. Ainsi, les
matières particulaires, colloïdales et organiques sont séparées par les membranes de MF,
UF et NF respectivement de manière consécutive et le MFI est déterminé pour chaque
séparation donnant lieu à trois mesures : particle-MFI, colloid-MFI et organic-MFI. Après
optimisation des séries de configurations des membranes de MF, UF et NF ; les résultats
montrent que l’évaluation du potentiel colmatant de différents types d’eaux (eau de mer
brute, eaux de mer après pré-traitement) par la méthode MMAS est plus précise, cette
méthode donne plus d’informations par rapport aux méthodes conventionnelles (SDI,
MFI). Les potentiels de colmatage déterminés par la méthode MMAS reflètent avec
précision les changements en termes de qualité d’eau par les différents prétraitements
(filtration sur sable, micro※ltration, et ultra※ltration), alors que les mesures classiques ne
sont pas suffisamment sensibles pour détecter ces variations [35].

Il a été montré également que les potentiels de colmatage évalués par MMAS sont en
meilleure corrélation avec le taux de diminution du flux déterminé sur des pilotes d’OI , ce
qui a permis de dire que le MMAS fournit une meilleure prédiction du colmatage et une
meilleure indication pour la sélection du pré-traitement approprié.
69

Un indice de colmatage appelé Cross‼ow Sampler Modi※ed Fouling Index


Ultra※ltration (CFS-MFIUF), mesuré à flux constant, a été développé par Lee Nuang Sim et
al. (2010), cette méthode est capable de capturer les particules tout en simulant les
conditions hydrodynamiques de flux tangentiel en OI [36]. Les indices de colmatage
traditionnels tel que le MFI sont mesurés lors de filtration frontale et les conditions
hydrodynamiques de filtration en OI ne sont pas prises en considération. Les résultats
obtenus sur des acides humiques et de la silice ont montré que le CFS-MFIUF n’est pas
seulement sensible à la présence de colloïdes en solution mais aussi à la matière organique
car une relation linéaire entre cet indicateur et la concentration en acides humiques ajoutée
à la silice a été obtenue. D’autre part, la comparaison entre les mesures du CFS-MFIUF et
du MFI-UFconst.‼ux (Modi※ed Fouling Index Ultra※ltration constant ‼ux) montre que le
[Link] conventionnel tend à prédire un colmatage plus important par rapport au
CFS-MFIUF. Le CFS-MFIUF permet une meilleure détection de l’amélioration de la qualité
de l’eau après pré-traitement par rapport au MFI.

Le CFS-MFIUF prédit un profil de PTM en accord avec le comportement réel en OI avec


seulement 11% de déviation et ce en absence de sels en solution. Ceci permet de dire que
le CFS-MFIUF est une approche plus réaliste pour la détermination du potentiel de
colmatage en OI. Par contre, en présence de sels en solution, le profil de PTM prédit par le
CFS-MFIUF correspondant à la formation d’un gâteau additionné à la pression osmotique
générée par la quantité de sels en solution n’est pas en accord avec le comportement réel
en OI. Ceci indique l’importance de l’effet de la présence de pression osmotique sur la
formation du gâteau dans le colmatage en OI, cette contribution doit être prise en compte
dans la mesure du CFS-MFIUF.

Une étude récente (Lee Nuang Sim et al. (2011)) basée sur une comparaison des
différents MFI : MFI-UF à pression constante, MFI-UF à flux constant et CFS-MFIUF
(Cross‼ow Sampler-Modi※ed Fouling Index Ultra※ltration) ainsi que sur la détermination
des facteurs influençant les performances de ces indicateurs a été effectuées [37].
70

Cette étude a permis alors de mettre en évidence les conditions à prendre en considération
durant la mesure du CFS-MFIUF pour permettre une évaluation plus réaliste du colmatage
en OI.

À travers ce paragraphe, nous avons essayé de faire la synthèse des travaux effectués
jusqu'à présent dans le but d’améliorer la prédiction du colmatage. Cependant, la
représentativité de ces méthodes en conditions réelles reste discutable du fait de :

 Différence du mode de filtration,


 Seuil de coupure des membranes utilisée non représentatif de la distribution des
poids moléculaires des différents composés se trouvant dans les eaux.

Il est donc nécessaire d’essayer de développer d’autres méthodes de mesure qui


permettrait de mieux prédire le potentiel de colmatage des membranes d’osmose inverse
et de nanofiltration d’une part et qui servirait d’autre part à tester l’efficacité des
différents procédés de prétraitement en évaluant le potentiel colmatant de l’eau
prétraitée.

1.4.7. Comment limiter le colmatage ?

Limiter le colmatage est actuellement un des grands axes de la recherche appliquée en


techniques membranaires.

De nombreuses stratégies sont développées face à ce problème, l’une consiste à rechercher


le meilleur compromis membrane/fluide (adsorption minimisée, taille des pores adaptée à
la taille des solutés retenus), une autre à ajuster les conditions opératoires de manière à
réduire le colmatage en régime établi, et une troisième stratégie peut consister à perturber
périodiquement le système de manière à éviter le développement du colmatage. Enfin il est
nécessaire de procéder périodiquement à des nettoyages chimiques [7].
71

Pour le colmatage de type adsorption par exemple, les solutions technologiques sont liées à
la préparation des solutions à filtrer (i.e. : comme par l’ajustement du pH), mais aussi par
l’ajustement des propriétés de la membrane (Shen et al. 2003, propriétés structurales et
physicochimiques) [38].

Outre l’augmentation de la vitesse de circulation tangentielle, pour limiter le


développement de la couche de polarisation, plusieurs méthodes mécaniques existent :
promoteurs de turbulence à la surface de la membrane, vibrations mécaniques (Al Akoum
et al. 2002) [39], infrasons (Czekaj et al. 2000) [40], etc.. Par ailleurs, la création de vortex
de Dean en faisant faire des torons à la membrane (Ghogomu et al. 2001) [41] augmente de
façon importante le transfert de matière. L’agitation par le biais de bulles d’air est aussi
une possibilité pour limiter le colmatage (Ghosh et al. 1999) [42]. Le développement de la
couche limite et l’amélioration du transfert peuvent aussi être liés à la conception des
membranes comme les membranes à gradient de porosité [11].

Donc, pour limiter le colmatage, il est nécessaire de choisir des conditions


opératoires adaptées à un couple donné fluide/membrane. L’anticipation du colmatage peut
être améliorée en caractérisant expérimentalement (en filtration) un couple fluide-
membrane afin de palier les problèmes d’interactions physicochimiques entre ces deux
derniers [9].

Le prétraitement joue également un rôle très important dans la prévention du colmatage


[23,26].

Le colmatage biologique peut être limité en faisant des désinfections régulières du


système. Le choix des solutions désinfectantes est alors limité par la nature du matériau
membranaire.

Les différentes stratégies de prévention du colmatage citées ci-dessus peuvent être


combinées [6].
72

1.4.8. Eviter le colmatage

Eviter la formation d’un dépôt cohésif à long terme reste un des objectifs prioritaires
dans les procédés membranaires puisque cela est synonyme d’une augmentation
significative de la productivité. Depuis le milieu des années 90, les recherches se sont
portées sur l’identification des conditions opératoires conduisant à la formation d’un
colmatage irréversible. C’est ainsi qu’est apparu le concept de flux critique.

Le flux critique est défini comme étant le flux conduisant à la transition entre limitation
au transfert réversible (polarisation de concentration qui disparait dès que la force motrice
de transfert est annulée) et colmatage irréversible (formation de dépôt ou de gel) (Bacchin
1995, Field et al. 1995, Howell 1995) [43, 14, 44].

Ce phénomène au niveau de la filtration colloïdale est généralement la conséquence des


interactions répulsives (interparticulaires ou particules-membrane) et de la force de traînée
(dues au déplacement du solvant à travers la membrane). Au-delà d’une certaine valeur de
flux, lorsque les forces répulsives sont dépassées par les forces de traînées, un dépôt
apparaît et crée une résistance. Ce phénomène de formation de dépôt n’est pas instantané et
peut prendre de quelques minutes à quelques heures pour s’établir selon les conditions
opératoires et le type de particules.

D’après ces développements théoriques relatifs à la stabilité des particules, localement,


une fois que le flux critique est dépassé, une diminution de la pression (ou du flux)
n’entraînera pas une redispersion des particules.

En filtration tangentielle, il existe un flux critique en dessous duquel un colmatage


irréversible peut être évité, le flux reste stable dans cette zone qu’elle que soit la durée de
la filtration. Cependant, cette condition critique est directement liée à un autre paramètre
opératoire : la vitesse de circulation.

Ainsi, pour une vitesse de circulation donnée, un flux critique peut être déterminé
(Espinasse et al. 2002) ou pour un flux de perméation donné, il existe une vitesse critique
(Espinasse et al. 2002) [45].
73

Dans le cas de la filtration tangentielle, la méthode de détermination la plus adaptée pour


mettre en évidence cette transition irréversible est basée sur l’application d’échelons de
flux (ou de pression) et le suivi de la réponse en terme de pression (ou de flux) à l’état
stationnaire. Les déterminations réalisées à partir d’échelons de flux croissant (Wu et al.
1999) identifient le flux critique lorsque la pression augmente de façon continue [46].

Dans la mesure où une filtration menée en mode frontal implique continuellement un état
transitoire, une extrapolation directe du concept de flux critique, tel que défini en filtration
tangentielle, semble difficile. De plus, il a longtemps été admis que pour des particules, un
dépôt se forme dès le début de la filtration (modèle de filtration sur gâteau) [1].

1.4.9. Nettoyage des membranes

Quels que soient les procédés à membranes, les matériaux membranaires et les fluides
filtrés, force est de constater qu'un colmatage plus ou moins important se met en place de
façon systématique au cours de la filtration (tangentielle comme frontale). Outre la
limitation du flux et la modification de la sélectivité des transferts à travers la membrane,
le colmatage, lorsqu'il est d'origine organique, constitue un apport nutritif aux micro-
organismes qui, s'ils ne sont pas éradiqués, sont alors libres de se développer dans les
équipements, provoquant potentiellement des problèmes de sécurité sanitaire des
productions suite à l'installation quasi irréversible d'un biofilm. Ce constat général peut
cependant être nuancé selon les applications [47].

Une interruption de production périodique pour nettoyage est une solution qui génère
des pertes en temps, coûte en lessives et en retraitement des effluents. On cherche donc à
espacer ces séquences de nettoyage chimique autant que possible par le choix de
conditions opératoires (voir Section 1.4.7), mais également en appliquant des moyens en
ligne permettant de décolmater partiellement les membranes sans arrêter la production. Ces
moyens peuvent être purement hydrodynamiques (utilisation de jets intermittents, de
vortex de Dean dans des modules spécialement conçus) ou bien mécaniques.
74

Actuellement, deux méthodes sont couramment employées sur des installations


industrielles : les rétrolavages et les écoulements diphasiques [48].

- Nettoyage physique : rinçage et rétrolavage

Des techniques physiques de nettoyage peuvent être utilisées séquentiellement pour limiter
le colmatage. Elles sont généralement mises en œuvre quand la perméabilité (flux de
perméat) descend au-dessous d'une valeur limite [7] :

Une première technique consiste à effectuer un rinçage de la boucle de filtration en


arrêtant la filtration. L'arrêt de la filtration peut en effet entraîner une relaxation des
couches concentrées à la surface de la membrane qui sont ensuite éliminées par un rinçage
du module membranaire. Ce moyen est peu coûteux sur un plan énergétique et consomme
une quantité limitée de fluide mais présente une efficacité très limitée pour les dépôts
adhérant à la membrane ;

Figure 1.20 : Mise en œuvre d'un fonctionnement séquentiel perméation-rétrolavage pour


réduire l'impact du colmatage.

Une deuxième solution est d'effectuer un rétrolavage (backflush ou backwash) c'est-à-


dire de faire passer le liquide dans le sens inverse du sens de filtration (Figure 1.20) : ceci
consiste à inverser le sens de la différence de pression périodiquement (typiquement de
toutes les dix minutes à toutes les heures), pendant une durée très courte (quelques dizaines
de secondes).
75

Après un rinçage, ce nettoyage peut permettre d'éliminer de la surface une bonne partie
de la matière déposée et/ou du colmatage interne par blocage des pores. Il est en revanche
relativement coûteux sur un plan énergétique et consomme une partie du produit filtré. Les
rétrolavages doivent ainsi rester relativement peu fréquents pour ne pas grever la rentabilité
du procédé. Par ailleurs, toutes les membranes ne supportent pas les rétrolavages qui
peuvent entraîner un décollement à terme de la peau superficielle.

Ces techniques de rinçage et de rétrolavage peuvent être améliorées significativement


en générant un écoulement diphasique au-dessus des fibres lors du nettoyage par injection
d'air à l'aide d'un compresseur. La présence de ce type d'écoulement augmente les
contraintes pariétales et améliore le décollement des couches concentrées.

Quoi qu’il en soit, les rétrolavages, quel que soit leur mode de mise en œuvre, ne
permettent généralement pas d’assurer la restauration intégrale à long terme de la
perméabilité des membranes ; ainsi, il est d’usage de pratiquer des nettoyages chimiques
qui font l’objet du paragraphe suivant.

- Nettoyage chimique

Le nettoyage chimique des membranes demeure la solution de recours lorsque le


colmatage irréversible, c’est-à-dire réfractaire aux moyens hydrodynamiques et aux
perturbations de flux, domine, et que le rendement d’une installation est devenu insuffisant
[48]. Ce colmatage est généralement attribué à des phénomènes d’adsorption et/ou de
précipitations [1].

Figure 1.21 : Efficacités comparées des rétrolavages et nettoyages chimiques [1].


76

Les nettoyages chimiques peuvent être à base d'acide (particulièrement efficace pour la
dissolution de précipités minéraux), de base (pour éliminer graisses et protéines) et de
détergent (pour augmenter la mouillabilité des surfaces et la solubilisation des produits
colmatants). L'efficacité du nettoyage peut être améliorée à chaud. Il faut cependant
vérifier l'innocuité de ces agents par rapport aux membranes et aux autres éléments du
procédé. Pour des matériaux peu tolérants aux réactifs chimiques comme l'acétate de
cellulose, un nettoyage enzymatique peut être envisagé.

Généralement, les étapes principales d’un nettoyage comportent [48] :

 un rinçage de l’installation pour éliminer tous les constituants solubles et non


irréversiblement attachés aux membranes. Au cours de ce rinçage, il faut éviter de
faire précipiter des sels ou des solutés, et donc ajuster le pH ou la force ionique de
manière à ne pas provoquer d’insolubilisation (en d’autres termes, un rinçage à
l’eau déminéralisée ou à l’eau du réseau un peu dure ne sont pas forcément les plus
adaptés) ;
 une phase de nettoyage acide dynamique (avec circulation des fluides et mise sous
pression) ;
 un rinçage jusqu’à neutralisation ;
 une phase de nettoyage alcalin dynamique (avec circulation des fluides et mise sous
pression).

Les séquences de nettoyage acide et alcalin peuvent durer de 20 à 60 min après


optimisation. Dans les cas où des séquences dynamiques de 60 min ne sont pas
suffisamment efficaces, il est préférable de ne pas prolonger cette séquence et d’opter pour
un nettoyage en statique (sans circulation des fluides ni mise sous pression, mais sur une
durée plus longue (plusieurs heures)). Dans ce cas, on laisse le temps à la diffusion des
agents nettoyants dans les couches déposées ou à l’intérieur des milieux poreux et à la mise
en œuvre de réactions hétérogènes lentes permettant d’atteindre le résultat escompté.
77

L’utilisation de nettoyages chimiques est indispensable, cependant elle doit être limitée
pour de nombreuses raisons, notamment environnementales. En effet, si l’utilisation de
membranes permet souvent de réduire les volumes de solvants ainsi que la masse d’additifs
ou d’intermédiaires de réaction, il faut considérer les solutions de nettoyage comme des
sous-produits, dont le devenir doit être pris en compte, techniquement et économiquement.

Le volume d’effluent produit varie avec le type d’application mais on peut donner une
fourchette de base allant de 1 à 10 L d’effluent par mètre carré de membrane en
fonctionnement. Ces effluents sont en général chargés en matières organiques, contiennent
parfois des molécules à haute valeur ajoutée que certains envisagent de récupérer et, enfin,
les autres composantes des lessives de nettoyage. Sur les installations de taille importante,
on peut envisager de recycler une partie de ces solutions, en particulier par le biais de
systèmes à membranes auxiliaires [48].

- Chloration, fouling et biofouling

Sur des systèmes d'ultrafiltration par exemple, on profite des périodes de rétrolavage pour
introduire du chlore dans les modules, (sous forme d'hypochlorite) à des concentrations
d'environ 5 à 20 g/m3, plusieurs fois par jour.

- Vieillissement des matériaux

Le lavage périodique d’installations membranaires les soumet à des conditions chimiques


difficiles, qui peuvent entraîner un vieillissement des matériaux. Les conséquences en sont
d’une part un risque accru de rupture des membranes (rupture de fibres dans un module,
perforation d’une membrane dans un module spiralé) et, d’autre part, un changement de
leurs propriétés de sélectivité et de perméabilité.
78

Les travaux les plus récents suggèrent que des matériaux tels que les polysulfones
supportent très bien des lavages alcalins pendant de longues périodes sans dommage ni
structurels ni fonctionnels. Ces travaux montrent également qu’en présence d’hypochlorite,
souvent utilisé pour désinfecter les installations (en rétrolavages ou en nettoyages
chimiques), les risques de dégradation des membranes sont surtout développés lorsque les
ions hypochlorites et l’acide hypochloreux sont présents simultanément, c’est-à-dire pour
des pH compris entre 8 et 11 environ. Dans ce cas, une dégradation plus rapide des
propriétés mécaniques et structurales des membranes est mise en évidence, cependant
qu’elles conservent leurs propriétés fonctionnelles de manière remarquable [48].

Le tableau (1.10) présente, outre le chlore souvent utilisé en première intention, les
différents produits de nettoyage que l’on peut rencontrer. Il est à préciser que des formules
commerciales complexes sont proposées pour combiner trois actions : hydrolyse alcaline
et/ou enzymatique, effet complexant sur les éléments minéraux (fer et aluminium) et effet
dispersant des matières organiques par l’action de tensioactifs anioniques, cationiques ou
non ioniques.

Tableau 1.10 : Produits utilisés lors de nettoyages chimiques [1].


79

CHAPITRE 2
MATERIEL ET METHODES

L’objectif de ce chapitre est de présenter le matériel et les méthodes utilisées au cours


de notre étude.

Ainsi, dans un premier temps, le choix des solutions modèles ainsi que les protocoles de
préparation de ces dernières seront présentés.

Ensuite, le dispositif d’ultrafiltration, sa mise en œuvre, les membranes qui lui sont
associées ainsi que les méthodes de caractérisation du colmatage seront décrites.

Pour finir, les méthodes de caractérisation analytique des fluides seront détaillées : il
s’agira de décrire les appareils utilisés pour la détermination de paramètres globaux
susceptibles d’amener des éléments d’interprétation pour le comportement des diverses
solutions étudiées en filtration.

3.1. Solutions colmatantes modèles

La difficulté amenée par la variabilité de qualité des eaux naturelles rend délicate
l’étude comparative de filtrations ; c’est pourquoi des solutions dites « modèles » ou
dérivées d’eaux réelles sont dans un premier temps étudiées puisqu’elles permettent
d’assurer des expériences reproductibles.

Il s’agit de solutions colloïdales minérales (argiles) ou organiques (acides humiques) ;


rappelons que les colloïdes sont, de façon générale, des particules de taille comprise entre 1
nm et 1 µm, qui contribuent à la coloration et la turbidité des eaux et dont les interactions
sont régies par leurs propriétés de surface. Ils proviennent de la dissolution de substances
minérales, de l'érosion, de la décomposition des matières organiques, des déchets agricoles
entre autres.
80

Les colloïdes sont une classe importante de composés présents dans l’eau qui, par leur
taille du même ordre de grandeur que les pores d’une membrane d’ultrafiltration, se
prêtent bien à l’étude du procédé.

Le colmatage par la matière colloïdale en UF est incontournable, il est attribué à


l’accumulation de ces particules à la surface de la membrane et à l’adsorption de matières
organiques sur les parois internes des pores de la membrane dans certains cas.

Deux types de solutions sont utilisés au cours de cette étude du fait de leurs avantages
respectifs : des suspensions de particules de bentonite et des solutions organiques d’acides
humiques.

2.1.1. Préparation des suspensions modèles de bentonite

La bentonite brute utilisée est extraite du gisement de Roussel de Maghnia.

Les suspensions en question sont des suspensions de montmorillonite-sodique ; obtenue


par la purification de la bentonite brute de Roussel ; à des concentrations de 1g/L, 2g/L et
3g/L. Elles sont préparées la veille de leur utilisation et sont mises en agitation pendant 2h
avant de les laisser reposer pour que la bentonite gonfle.
Les suspensions sont à nouveau mises en agitation pendant 1h avant le début des essais
d’UF.

2.1.2. Préparation des solutions modèles d’acides humiques

Les acides humiques utilisés sont des produits commerciaux, fournis par la société
“ACROS-Sodium Salt. New Jersey USA ’’. Ces composés se présentent sous forme de
poudre brune.

Une solution concentrée de 1 g/L est préparée en dissolvant 1g d’acide humique dans
62,5 ml de NaOH (2N) et en complétant jusqu’au trait de jauge dans une fiole de 1L avec
de l’eau distillée.
81

Le mélange est mis sous agitation pendant 48 heures, à l’abri de la lumière (la fiole est
recouverte de papier aluminium), afin d’éviter aux acides humiques toute sorte de
dégradation. La conservation de la solution se fait dans un endroit sombre et à une
température de 4°C.

A partir de cette solution, des dilutions avec de l’eau distillée ont permis de préparer
des solutions filles d’acides humiques à des concentrations de 5 mg/L, 10 mg/L, 20 mg/L,
40 mg/L.

Puisque le pH est un facteur important influençant le comportement des AH, il sera


maintenu à une valeur de 6 (pH=6) pour les différentes solutions filles et ceci par
ajustement en utilisant des solutions de HCl (0,1 et 0,01 N) et de NaOH (2N).

2.2. Filtration

Le dispositif expérimental d’ultrafiltration utilisé dans notre étude fonctionne en mode


frontal à pression transmembranaire constante. Une description du matériel utilisé, sa mise
en œuvre ainsi que les membranes associées sont présentées dans ce qui suit.

2.2.1. Description du dispositif expérimental d’UF et principe de fonctionnement

Le montage de filtration frontale est schématisé à la figure suivante :

Figure 2.1 : Schéma du montage de filtration.

Figure 2.1 : Schéma du montage de filtration.


82

Le système de filtration à pression constante est composé d’une cellule de filtration de


200 ml, d’une bouteille d’azote assurant la pression d’opération réglée par l’intermédiaire
d’un manomètre détendeur situé sur la bouteille et d’un bécher gradué pour contenir le
perméat recueilli.

Le principe de fonctionnement est le suivant : La cellule de filtration frontale contenant


la membrane circulaire, est remplie de la solution à filtrer et l’air est complètement évacué
du système, par une soupape située sur le couvercle de la cellule de filtration. La bonbonne
d’azote assure la pression d’opération maintenue constante à une valeur de 2 bars, elle est
réglée par l’intermède d’une valve de détente située sur la bonbonne et lue sur le
manomètre. Le perméat sort de la cellule par un tuyau fin, il est récupéré dans le bécher
tandis que la solution à filtrer se concentre dans la cellule. Cette unité de filtration propose
une faible surface filtrante ce qui permet d’étudier la filtration de quantités relativement
faibles.

2.2.2. Cellule de filtration frontale

La cellule de filtration est de type Amicon-Millipore Model 8200. Cette cellule est un
cylindre en polyéthylène, pouvant contenir 200 ml de solution (voir Figure 2.2). Son
couvercle est muni d’une valve pour relâcher la pression, et est connecté au tuyau de mise
sous pression. La pression maximale d’opération est de 4,7 atm. La cellule permet
d’accueillir des membranes planes de 63,5 mm de diamètre, reposant sur une fine grille
plastique, offrant ainsi une surface utile de 28,7 cm 2.

Figure 2.2: Cellule Amicon de filtration frontale (Amicon-Millipore).


83

2.2.3. Les membranes

Pour cette étude, des membranes d’ultrafiltration adaptées à la cellule Amicon de type
Biomax PB en polyéthersulfone (PES), fournies par le fabricant ‘’Millipore’’, ont été
choisies avec un seuil de coupure de 5 kDa. Les membranes sont sous forme de disques,
de 63,5 mm de diamètre, à l’état sec.

La microstructure ouverte de ces membranes permet des séparations rapides. Le tableau


(2.1) regroupe les caractéristiques de ces membranes.

Tableau 2.1 : caractéristiques des membranes.

Caractéristiques Membrane
Fournisseur Millipore
No PBCC 062 10
Matériau High-flow PES
NMWL 5000 Da
CWF (à 2 bars) ≈ 50 L/h.m2
Diamètre de la membrane 63,5 mm (nominal 62)
Surface effective 28,7 cm2

Avant toute utilisation, les membranes doivent passer par une étape de déconditionnement.
Cette étape permet l’élimination des produits dits de conditionnement utilisés par les
fabricants pour éviter toute contamination des membranes lors du transport et/ou du
stockage mais aussi l’humidification et le mouillage total des pores de la membrane.

Parmi les produits de conditionnement, on retrouve le bisulfite de sodium, qui est un


antioxydant, et la glycérine.
84

Suivant le protocole de déconditionnement donné par le fournisseur, on procède au


compactage et au mouillage de la membrane, humidifiée préalablement par un rinçage
abondant à l’eau bidistillée, afin de stabiliser sa perméabilité.

Cette étape consiste en une filtration d’un volume d’eau bidistillée à la pression indiquée
par le fournisseur (P=2bar) jusqu’à ce que les mesures de perméabilité hydraulique
deviennent stables.

2.2.4. Nettoyage et conservation des membranes

Après la filtration, la membrane est nettoyée par un lavage alcalin qui consiste en une
immersion de la membrane pendant 30 min dans 50 ml d’une solution de NaOH (0,1 M).
Par la suite, la membrane est rincée abondamment à l’eau bidistillée et réutilisée pour un
nouvel essai de filtration après contrôle de sa perméabilité et l’obtention d’une perméabilité
variant de moins de 20 % ; autrement, un autre lavage serait nécessaire.

La membrane nettoyée est conservée dans une solution d’éthanol à 10 % à une


température de 4°C.

2.2.5. Essais de filtration et de caractérisation du colmatage

La procédure appliquée à cette unité d’ultrafiltration de façon à évaluer le colmatage


engendré en cours d’opération par les différentes solutions est décrite dans ce qui suit.

[Link]. Mesure de la perméabilité

Chaque essai de filtration doit être précédé par la mesure de la perméabilité de la


membrane à l’eau propre. Selon la loi de Darcy, la perméabilité (LP0) reliant le flux de
perméat à la pression transmembranaire est définie par l’équation (2.1).
85

P
J T  LP0 P  ....................Eq 2.1
T .Rm

Avec

LP0 Perméabilité de la membrane ([Link]-1)


JT Flux de perméat à la température de l’expérience (L.h-1.m-2)
ΔP Pression transmembranaire (bar)
μ Viscosité de l’eau à la température de l’expérience (Pa.s)
Rm Résistance de la membrane (m-1)

Ainsi, un test à l’eau bidistillée à température ambiante est effectué afin de déterminer les
performances initiales de la membrane installée dans la cellule avec une eau de référence.

La cellule Amicon est donc totalement remplie d’eau bidistillée. La mesure est réalisée
par paliers de pression : 1 – 1,5 – 2 – 2,5 – 3 bars.

Pour les différentes valeurs de pression appliquée, le flux instantané à l’eau bidistillée a été
déterminé en mesurant le temps (Δt) nécessaire pour la filtration d’un volume V=2 ml.
Connaissant la surface utile de la membrane (S=28,7cm 2), les flux J correspondants
peuvent être calculés par la relation suivante (Appendice A) :

V
J  ....................Eq 2.2
S . t

La perméabilité de la membrane est déterminée par la pente de J versus ΔP.

[Link]. Evaluation du colmatage en cours d’opération

Dans ce contexte, et avant le recours à la mesure des indices de colmatage, on suivra


dans un premier temps la chute de flux due au colmatage au cours de la filtration.
86

Lors de la filtration d’une solution, le flux de perméat varie au cours de la filtration en


raison de la résistance due au colmatage (Rcolmatage). La loi de Darcy devient donc :

P
JT  ....................Eq 2.3
T ( Rm  Rcolmatage )

Avec

Rm Résistance de la membrane (m-1)

Rcolmatage Résistance due au colmatage au cours de la filtration (m-1)

La cellule est alors remplie de la solution à filtrer. L’installation étant bien étanchée, la
pression est ensuite ajustée et les mesures commencent dès que la pression se stabilise à
une valeur de 2 bars, celle-ci est maintenue constante tout au long de l’opération. La
filtration est arrêtée par relâchement de la pression lorsque toute la solution (500ml) a été
filtrée.

L’exploitation des résultats obtenus en cours de filtration par les mesure de temps
cumulatifs (t) correspondant à chaque 5 ml de perrméat recueilli (Appendice B) a permis
d’évaluer le potentiel de colmatage par le suivi de l’évolution du flux de perméation dans
le temps pendant la filtration.

Par la suite, ces mêmes résultats nous permettent d’évaluer le potentiel de colmatage
donné en termes de MFI-UF (modified fouling index). Le MFI est défini par la pente de
t/V versus V :

t
 MFI  V  b....................Eq 2.4
V

Avec

V le volume cumulé du perméat au temps t (L)


87

2.3. Méthodes d’analyse

Plusieurs analyses ont été effectuées durant la filtration des différentes solutions. Les
paramètres suivis et la justification du choix pour chacun de ces paramètres sont présentés
dans ce paragraphe.

En effet, durant ces essais d’UF frontale, l’alimentation a été échantillonnée avant la
filtration et les échantillons de perméat ont été collectés (perméat cumulé), pour être
analysés par la suite. Toutes ces analyses visent à nous renseigner sur la qualité des eaux à
filtrer et sur les performances de séparation des membranes lors des essais de filtration. Les
analyses qualitatives qui ont été réalisés, les appareils qui ont permis de faire ces analyses
et les méthodes standards qui ont été appliquées sont également décrites ci dessous.

 pH

Il est important de connaître la valeur du pH car les matériaux utilisés dans la fabrication
des membranes sont généralement sensibles aux valeurs extrêmes ; de plus, le
comportement des solutés en milieu concentré peut en être modifié. Le pH est ici mesuré à
l’aide d’un pH-mètre type (CRISON MM 40), muni d'une électrode en verre, étalonné
avant chaque utilisation.

 Spectrophotométrie d’absorbance UV

Les acides humiques seront quantifiés par spectrophotométrie UV qui est l’une des
méthodes les plus classiquement utilisées dans le traitement de l’eau pour l’analyse de la
MON.

L’absorption UV est déterminée à 254 nm dans une cuve en quartz de 1cm à l’aide d’un
spectrophotomètre ‘’SCHIMADZU 1700’’. De l’eau distillée est utilisée comme référence.
88

L’efficacité du procédé d’ultrafiltration pour les différentes solutions d’acides


humiques est déterminée en calculant les taux de réduction de l'acide humique par la
relation suivante :
𝐴𝑏𝑠 𝑖 −𝐴𝑏𝑠 𝑓
%𝑅 = 𝑋 100 ……………. Eq 2.5
𝐴𝑏𝑠 𝑖

Absi : absorbance initiale (avant UF) de la solution d’acide humique


Absf : absorbance finale (après ultrafiltration) de la solution d’acide humique

Une courbe d'étalonnage à pH=6 a été tracée pour correspondre au pH choisi pour les
essais d’UF.
A partir d’une solution mère d’une concentration de 1g/L d’acides humiques, nous
préparons par dilution, une série de solutions de concentrations croissantes avec un pH de
6. Celles-ci sont, par la suite, analysées par spectrophotométrie UV.
La courbe d’étalonnage linéaire ainsi établie, représentant l’absorbance (Abs) en fonction
de la concentration C obéit à la loi de Beer Lambert (Appendice D).

 Turbidité

La turbidité donne une première indication sur la teneur en matières en suspension


d’origine organique ou minérale.

La mesure est effectuée à l’aide d’un turbidimètre HACH Model 2100A (en NTU) et les
résultats obtenus avant et après l’ultrafiltration des suspensions de bentonite sont un outil
important pour évaluer la performance du procédé membranaire.

Les taux de réduction de la bentonite sont calculés par la relation suivante :

𝑇𝑢𝑟𝑏 𝑖 −𝑇𝑢𝑟𝑏 𝑓
%𝑅 = 𝑋 100 ……………. Eq 2.6
𝑇𝑢𝑟𝑏 𝑖

Turbi : turbidité initiale (avant UF) de la suspension de bentonite.


Turbf : turbidité finale (après UF).
89

CHAPITRE 3

RESULTATS ET DISCUSSION

3.1. Objectifs, problématique et approche de l’étude - Mise en contexte du


développement d’un nouvel indicateur de colmatage adimensionnel (MFI-UFad)

Le MFI-UF original a fait l’objet de nombreuses critiques concernant son efficacité à


prédire le colmatage dans les installations de filtration membranaire.

C’est dans cette direction que de nombreux travaux de recherche ont été menés dans le
but de corriger les faiblesses du MFI en introduisant des facteurs de correction (facteur de
déposition, facteur de compressibilité, etc..) afin d’améliorer son extrapolation et sa
représentativité en conditions réelles [26].

Dans ce même ordre d’idées, des indicateurs de colmatage issus du MFI original ont aussi
été mis en œuvre tels que le MFI-UF à flux contant, le CFS-MFIUF, le NF-MFI, etc.…dans
le but d’améliorer le pouvoir prédictif de cet indice [30, 33, 36].

Dans la littérature, on rencontre une large gamme de valeurs expérimentales de MFI-UF


qui dépendent des conditions opératoires, des membranes utilisées et de la qualité de l’eau
filtrée. L’interprétation de ces résultats et de leur répercussion sur le colmatage en OI ou en
NF est difficile car les mécanismes de colmatage dépendent de la technique de filtration
utilisée. C’est pour cette raison qu’on ne rencontre pas de valeurs guide du MFI-UF qui
permettent de déterminer un seuil acceptable en terme de colmatage avant l’opération
OI/NF.

Notre approche consiste à proposer un indicateur de colmatage découlant d’une


adimensionnalisation de l’équation de Schippers et Verdouw. Les arguments de cette
démarche sont relatifs aux avantages des équations adimensionnelles.
90

L’adimensionnalisation de l’équation de Schippers et al. (Modèle de colmatage type


gâteau) aboutit à l’obtention d’une équation indépendante du système d’unités.

La description du système par une équation (modèle de Schippers et al.) regroupant


plusieurs variables et paramètres dimensionnels est réduite à travers l’adimensionnalisation
de l’équation à un seul nombre non dimensionnel. Une équation adimensionnelle décrit
tous les systèmes physiques similaires en permettant de passer d’une échelle à une autre
(scale up-down).

Un nombre adimensionnel permet en général de donner de précieuses estimations d’ordre


de grandeur, la valeur de ces estimations est relative au choix de l’échelle. En général, un
nombre adimensionnel possède une interprétation physique qui contribue à la
compréhension physique du phénomène étudié [49].

Ainsi, dans notre cas, le recours à l’indice de colmatage adimensionnel est justifié par la
difficulté, lors de l’interprétation et de l’exploitation des valeurs du MFI-UF original.

Notre but est donc de réduire le nombre de paramètres nécessaires à l’interprétation des
valeurs du MFI-UF original en obtenant des estimations relatives à certains paramètres
indépendamment des autres.

Nous avons donc pensé à considérer uniquement deux paramètres : la membrane et la


charge de l’eau à filtrer.

L’analyse des résultats, obtenus par l’expérimentation et de leur conformité aux objectifs
fixés nous permettra de tirer des conclusions concernant la validation de cette démarche.

Ainsi, des essais d’ultrafiltration seront préalablement réalisés pour la détermination des
indices de colmatage et une comparaison entre les mesures de MFI-UF et de MFI-UFad sera
effectuée, permettant par la suite d’établir une relation entre ces deux grandeurs.
91

3.2. Mise en œuvre d’un nouvel indice de colmatage adimensionnel

En se basant sur les équations fondamentales de la filtration (Section [Link]) ; le


modèle de filtration sur gâteau est sous forme d’une équation dimensionnelle regroupant
des variables (t,V) et des paramètres (μ, r, C, ΔP, S, Rm) dimensionnels :

t rC R
 V  m ................Eq 3.1
V 2PS 2
SP

Avec

rC
 MFI.................Eq 3.2
2PS 2

L’expression du MFI original est sous forme d’un groupe de paramètres dimensionnels, la
dimension totale du MFI correspond à l’unité utilisée (s/L2).

Les paramètres de référence (les échelles) sont des valeurs caractéristiques des variables
(V,t) de l’équation de Schippers et Verdouw. Pour ce faire, le meilleur choix des
paramètres de référence est décrit par les valeurs suivantes :

- Paramètre de référence volume (Vf)

Rm S
Vf  .........E q 3.3
rC

Ce volume a été imaginé par Ruth, il a servi à intégrer la contribution de la résistance


membranaire en l’assimilant à une couche fictive du gâteau ayant une résistance
équivalente et qui se serait formée avant le début réel de la filtration correspondant au
passage de ce volume fictif (Vf) de filtrat [28, 29].
92

- Paramètre de référence temps (tref)

1
t ref  ......... Eq 3.4
Rm J 0

Avec

P
J0  ......... Eq 3.5
  Rm

J0 flux à l’eau propre de la membrane neuve à la pression de l’expérience (CWF)

Ce temps de référence dépend uniquement des caractéristiques initiales de la membrane.

Le choix de ces paramètres n’est pas arbitraire, leurs valeurs dépendent des caractéristiques
initiales de la membrane et de l’eau à filtrer.

En tenant compte de toutes ces considérations, les nouvelles variables adimensionnelles


sont sous la forme suivante :

V
V*  .......... Eq 3.6  V  V * V f
Vf

t
t*  .......... .Eq 3.7  t  t * t ref
t ref

A partir de l’équation (3.1) :

rC Rm 2 Rm S 2PS 2


Eq 3.1  V2  V t V2  V  t........ Eq 3.8
2PS 2
S P rc rC

En combinant l’équation (3.8) avec l’équation (3.3) on obtient :

2PS 2 2PS 2 t
V 2  2V f V  t  V  2V f   ......... Eq 3.9
rC rC V
93

En combinant les paramètres de référence avec les variables de la première linéarisation


de Ruth, le développement des différentes étapes de l’adimensionnalisation de l’équation
est comme suit :

2PS 2 t
Eq 3.9  V * V f  2V f  
rC V * V f

En divisant par Vf :

2PS 2 t 2PS 2 t
V * 2    V * 2   ........Eq 3.10
rC V * V f2
rCV f V *
2

On passe ensuite à la variable temps :

2PS 2 t * t ref 2PS 2 t ref t *


Eq 3.10  V * 2    V * 2   .......Eq 3.11
rCV f2 V* rCV f2 V*

En remplaçant Vf et tref par leurs expressions (Eq (3.3) et Eq (3.4)) dans l’équation

(3.11), on obtient :

2rCP t *
Eq 3.11  V * 2   ........ Eq 3.12
Rm3 J 0 V *

Et

P
J0  ......... Eq 3.5
Rm

En combinant les équations (3.12) et (3.5), nous obtenons :

2rC t *
V * 2  
Rm2 V *
94

La forme analogue au modèle de Schippers de l’équation adimensionnelle est la suivante :

t* R2 R2
 m V *  m ......... Eq 3.13
V * 2rC rC

Rm2
Où le terme est un nombre adimensionnel qu’on qualifiera par analogie à l’équation
2rC
de Schippers d’indice de colmatage adimensionnel MFIad (dimensionless modified fouling

index).

Rm2
MFI ad  .......... .......... .... Eq 3.14
2rC

t*
 MFIad V * 2MFIad .......Eq 3.15
V*

En faisant une comparaison entre les deux formes dimensionnelle et adimensionnelle de


l’équation de Schippers et du MFI, il apparait une simplicité de l’équation sous une forme
linéaire adimensionnelle dépendant d’un nombre réduit de paramètres.

L’indicateur de colmatage adimensionnel est également un groupe de paramètres


dimensionnels, dont la dimension totale est égale à l’unité ; on remarque également que
contrairement au MFI établi par Schippers et al. , le MFI ad est inversement proportionnel à
la concentration et intègre dans son expression les caractéristiques de la membrane en plus
des paramètres relatifs au gâteau.

Il apparait intéressant d’établir une relation entre le MFI et le MFIad. En effet ;

rC 2 MFI PS 2


Eq 3.2  MFI   rC  ...... Eq 3.16
2PS 2 
95

En remplaçant l’équation (3.16) dans l’équation (3.14), on obtient :

Rm2 Rm2
MFIad   MFIad 
 2MFIPS 2  4MFIPS 2
2 
  

Et sachant que :

P  J 0 Rm

La relation devient alors :

Rm 1
MFI ad  2
 ....... Eq 3.17
4J 0 S MFI

3.3. Caractérisation du colmatage en ultrafiltration

Les paramètres étudiés durant l’UF sont essentiellement la perméabilité de la


membrane, le flux de perméation et l’indice de colmatage.

3.3.1. Perméabilité hydraulique

La mesure de la perméabilité hydraulique est un paramètre de suivi des performances


hydrauliques des membranes.
Des tests de performance ont été réalisés pour la membrane d’UF afin de vérifier son
intégrité et sa performance hydraulique.
Les résultats du test initial de la perméabilité à l’eau bidistillée à température ambiante
pour la membrane vierge d’UF (5kDa) utilisée (Appendice A) sont représentés dans la
figure (3.1).
96

80 J0=f(ΔP)
70
60

J0(L/m2 h)
50
40
30
20
10
0
0 1 2 3 4
ΔP(bar)

Figure 3.1 : Evolution du flux en fonction de la pression transmembranaire.

Il apparait d’après la figure (3.1) que le flux augmente linéairement en fonction de la


pression appliquée, ce qui rend bien compte de la loi de Darcy, qui traduit la
proportionnalité entre flux de perméation et pression transmembranaire.

3.3.2. Évolution du flux de perméat dans le temps

Les essais d’UF ont été effectués sur des membranes organiques en polyéthersulfone
avec un seuil de coupure de 5 kDa (dans la limite inferieure de l’UF). Des suspensions de
bentonite et des solutions d’acides humiques à différentes concentrations ont été utilisées.
La pression transmembranaire a été fixée à 2 bars (figure 3.2 et 3.3).

Lorsqu’une pression transmembranaire constante est appliquée sur une membrane, il y a


perméation d’eau à travers cette membrane. Au fur et à mesure que la membrane se
colmate, le débit de perméation diminue. Cette diminution dépend de la membrane, de
l’eau filtrée et des conditions opératoires.
Les résultats qui vont suivre vont nous permettre de visualiser l’effet du type d’espèce
colmatante et de sa concentration sur la diminution du flux au cours de la filtration.
97

[Link]. Filtration des suspensions modèles de bentonite

J(L/m2h) 50
J=f(t) bentonite
40

30
eau bidistillée

20 bentonite 1g/L
bentonite 2g/L
10 bentonite 3g/L

0
0 60 120 180
t(min)

Figure 3.2 : Evolution du flux de perméat en fonction du temps au cours de l’ultrafiltration


de suspensions de bentonite à différentes concentrations.

Le flux de perméation d’une eau bidistillée reste constant tout au long de l’opération
(figure 3.2). Ce flux correspond au flux de permeation de la membrane de 5 kDa pour une
pression de 2 bars (figure 3.1).

Par ailleurs, la perméation des suspensions bentonite, révèle un fort pouvoir colmatant
de celles ci, en particulier pour une concentration de 3g/L, ce colmatage progressif est
décrit par une chute graduelle et importante du flux de perméation (d’environ 40 %)
pendant les premières 60 min de filtration, pour atteindre par la suite un état quasi
stationnaire correspondant à un flux limite autour de 20 L/m2.h (Figure 3.2).

Les particules de bentonite se déposent et s’accumulent à la surface de la membrane,


proportionnellement au volume filtré. Plus la concentration de la suspension augmente et
plus importante est la quantité déposée. Par conséquent, il y a formation d’un gâteau dont
l’épaisseur augmente en fonction de la concentration de la suspension à filtrer, la résistance
98

au transfert du gâteau et donc la limitation du flux de perméation est dans ce cas


proportionnelle à la concentration.

Un simple rinçage à l’eau bidistillée des membranes colmatées a permis d’éliminer les
dépôts apparus. Les performances initiales de la membrane sont retrouvées après un seul
nettoyage ce qui met en évidence le caractère réversible de ce type de colmatage minéral.

Le colmatage réduit donc la productivité des membranes et concourt à accroître la


fréquence des lavages et à réduire éventuellement la durée de vie des membranes.

Les mesures en termes de turbidité avant et après ultrafiltrations des différentes


suspensions nous renseignent sur la sélectivité de la membrane utilisée vis-à-vis des
particules de bentonite.

Le tableau (3.1) regroupe les rendements d’élimination de la bentonite pour les différentes
concentrations par la membrane d’ultrafiltration utilisée.

Tableau 3.1 : Pourcentages de réduction (%R) de la bentonite par la membrane d’UF.

Concentration Turbidité Turbidité %R


g/L NTU (avant UF) NTU (après UF)
1 145 0,4 99,72
2 353 0,6 99,83
3 545 0,8 99,85

On remarque une sélectivité quasi parfaite de la membrane (autour de 100%) pour la


bentonite quelque soit la concentration.

Le choix de la bentonite avec une granulométrie serrée (2µm), nous a permis d’avoir des
particules de tailles équivalentes. En effet, la séparation en UF est basée sur l'exclusion
dimensionnelle c'est-à-dire qu’elle est relative à la taille des particules. Ceci se traduit par
la formation d’un gâteau à la surface de la membrane qui est en fonction de la
concentration de la suspension.
99

Le tracé des courbes t/V versus V nous permettra de conforter ces hypothèses, ceci fera
l’objet de la section (3.3.3).

[Link]. Filtration des solutions d’acides humiques

J(L/m2h) 50
J=f(t) AH
40

30 eau bidistillée
AH 5 mg/L
20 AH 10 mg/L
AH 20 mg/L
10
AH 40 mg/L

0
0 50 100 150 t(min)

Figure 3.3 : Evolution du flux de perméat en fonction du temps au cours de l’ultrafiltration


de solutions d’acides humiques à différentes concentrations.

Dans le cas de la filtration de solutions d’acides humiques, on remarque une diminution


drastique du flux de perméation dès les premiers instants de l’opération et ce quelque soit
la concentration de la solution (figure 3.3).On atteint ensuite une phase quasi stationnaire
ou la diminution du flux est graduelle et presque constante.

Ce colmatage instantané pourrait être expliqué par la tendance des macromolécules


organiques en l’occurrence les acides humiques à s’adsorber à la surface et à l’intérieur des
pores de la membrane PES [50].
100

Ce phénomène conduit souvent à une diminution de la section de passage dans les pores de
la membrane et, par voie de conséquence, à une augmentation de la résistance hydraulique.

On pourrait dire dans ce cas de figure que le mécanisme prédominant (en termes de
résistance au transfert) dans la limitation du flux n’est pas la formation du dépôt.

Ceci s’explique par le fait que le transfert de masse à travers la membrane est contrôlé
par la nouvelle perméabilité de la membrane et non pas par celle du dépôt. Autrement dit le
dépôt offre une résistance très négligeable par rapport à celle de la membrane après les
phénomènes d’adsorption.

Le dépôt est sous forme d’un gel adhérant qui ne s’élimine pas par un simple rinçage. Il
a été nécessaire d’effectuer le nettoyage de la membrane colmatée deux à trois fois pour
retrouver ses performances initiales, ceci donne une indication sur le caractère irréversible
de ce type de colmatage.

Quant à la rétention des acides humiques par la membrane en question, le calcul des %R
se fera par le biais de mesures d’absorbance UV à 254 nm avant et après ultrafiltration.

Le tableau (3.2) regroupe les rendements d’élimination des différentes solutions d’acides
humiques.

Tableau 3.2 : Pourcentages de réduction (%R) des acides humiques par la membrane d’UF.

Concentration UV 254 nm UV 254 nm %R


mg/L (avant UF) (après UF)
10 0,214 0,083 61,21
20 0,437 0,124 71 ,62
40 0,872 0,22 74,77

D’après les résultats du tableau (3.2), il apparait que l’UF est une technique qui se prête
bien à l’étude du colmatage par la matière organique car elle permet des rétentions autour
de 70%. Néanmoins, les mécanismes mis en jeu sont complexes car ce type d’espèces
représente des distributions en termes de masse moléculaire et des configurations (formes)
101

différentes en fonction de certains facteurs, notamment le pH [50], qui a été fixé dans notre
cas à pH=6. Ceci conforte également les hypothèses concernant la contribution de
mécanismes d’adsorption.

3.3.3. Détermination des indicateurs de colmatage

Afin de mieux se rendre compte du colmatage des membranes, la notion de MFI-UF est
introduite.
Cet indicateur est issu de l’exploitation du modèle de la filtration de type gâteau et sa
détermination est basée sur la représentation de l’évolution du rapport t/V en fonction de
V.

Le MFI correspond à la pente de la zone linéaire du tracé t/V =f(V) (Appendice B) :


t
 ( MFI  UF )  V  b
V

Les MFI-UF sont exprimés en (s/L2), ils sont calculés pour les différentes suspensions de
bentonite et solutions d’acides humiques.

[Link]. Pouvoir colmatant des suspensions de bentonite

Les données de filtrations des différentes suspensions de bentonite ont permis de


représenter l’évolution du rapport t/V en fonction de V et par la suite de déduire la valeur
du MFI-UF correspondant.

Il apparaît d’après l’allure des courbes t/V=f(V) pour les différentes suspensions de
bentonite (Appendice B) la prédominance d’une phase représentée par une partie linéaire
prononcée (R2 autour de 0,99) traduisant ainsi la filtration sur gâteau. La pente de cette
partie linéaire correspond à la valeur du MFI-UF (figure 3.4) [25].
102

80000 y = 11714x + 20798 bentonite 1g/L


70000 y = 12538x + 22248 bentonite 2g/L
60000 y = 34425x + 30990 bentonite 3g/L
t/V(s/L) 50000
40000
30000
20000
10000
0
0 0,05 0,1 0,15
V(L)

Figure 3.4 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars) pour des suspensions
de bentonite (1, 2, 3 g/L).

Les valeurs du MFI-UF obtenues confortent les observations précédentes, vis-à-vis de la


variation du flux de perméat en fonction du temps. En effet, l’accroissement de la
concentration occasionne une augmentation du MFI, ce qui est en bon accord avec la
théorie de la filtration sur gâteau .Autrement dit, le MFI-UF est proportionnel à la
concentration, comme le montre la figure (3.5) [25].
La valeur expérimentale du MFI-UF obtenue pour la concentration de 2g/L ne répond pas
au critère de linéarité.

40000
35000
30000
MFI-UF(s/L2)

25000
20000
15000
10000
5000
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5
C(g/L)

Figure 3.5 : Variation du MFI-UF en fonction de la concentration pour des suspensions


de bentonite.
103

La transformation des données expérimentales de filtration en variables adimensionnelles


(t*/V*) et V* (Appendice C) nous permet d’apprécier les valeurs du MFI-UFad pour
chaque concentration (figures (3.6), (3.7) et (3.8)).

bentonite 1g/L y = 4E+13x + 5E+12


8E+12
7E+12
6E+12
5E+12
t*/V*

4E+12
3E+12
2E+12
1E+12
0
0 0,01 0,02 0,03 0,04 0,05 0,06 0,07
V*

Figure 3.6 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension
de bentonite 1g/L.

bentonite 2g/L y = 3E+13x + 5E+12


1E+13
9E+12
8E+12
7E+12
6E+12
t*/V*

5E+12
4E+12
3E+12
2E+12
1E+12
0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14
V*

Figure 3.7 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension
de bentonite 2g/L.
104

bentonite 3g/L y = 1E+13x + 3E+12


7E+12
6E+12
5E+12
t*/V* 4E+12
3E+12
2E+12
1E+12
0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0,3
V*

Figure 3.8 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une suspension
de bentonite 3g/L.

On retrouve la même allure en représentant l’évolution en termes de variables


adimensionnelles (t*/V* en fonction de V*) qu’en termes de variables dimensionnelles
(t/V en fonction de V).

[Link]. Pouvoir colmatant des solutions d’acides humiques

Dans le cas des acides humiques, l’hypothèse de la filtration sur gâteau traduite par la
linéarité de la relation t/V en fonction de V est difficilement appréciable (Appendice B).

Cependant, la meilleure corrélation a été obtenue pour la concentration de 40 mg/L.

Vraisemblablement, les valeurs du MFI-UF obtenues traduisent une surestimation de la


part du colmatage correspondant à la formation d’un dépôt [51].
105

60000

50000

40000

t/V(s/L) 30000
y = 10782x + 37163 AH 5mg/L
20000 y = 30275x + 38449 AH 20mg/L

10000 y = 46307x + 41052 AH 40mg/L

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2
V(L)

Figure 3.9 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars) pour des solutions
d’acides humiques (5, 20, 40 mg/L).

La linéarité imparfaite de la relation MFI-UF versus C (figure 3.10) est un autre élément
qui permet de consolider nos hypothèses concernant la filtration des acides humiques.

50000
45000
40000
35000
MFI-UF(s/L2)

30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
0 10 20 30 40 50
C(mg/L)

Figure 3.10 : Variation du MFI-UF en fonction de la concentration pour des solutions


d’acides humiques.
106

La transformation des données expérimentales de filtration en variables adimensionnelles


(t*/V*) et V* (Appendice C) nous permet d’accéder aux valeurs du MFI-UFad pour
chaque cas (figures (3.11), (3.12) et (3.13)).

AH 5mg/L y = 4E+13x + 1E+13

1,24E+13
1,22E+13
1,2E+13
1,18E+13
t*/V*

1,16E+13
1,14E+13
1,12E+13
1,1E+13
0,02 0,03 0,04 0,05 0,06 0,07
V*

Figure 3.11 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 5 mg/L.

y = 1E+12x + 4E+12
AH 20mg/L
3,95E+12

3,9E+12

3,85E+12
t*/V*

3,8E+12

3,75E+12

3,7E+12
0 0,05 0,1 0,15 0,2
V*

Figure 3.12 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 20 mg/L.
107

AH 40mg/L y = 9E+11x + 3E+12


3,1E+12
3,05E+12
3E+12
2,95E+12
2,9E+12
t*/V*

2,85E+12
2,8E+12
2,75E+12
2,7E+12
2,65E+12
2,6E+12
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
V*

Figure 3.13 : Représentation de t*/V* en fonction de V* (P=2 bars) pour une solution
d’AH à 40 mg/L.

Le tableau (3.3) est un tableau récapitulatif regroupant les résultats obtenus lors de la
détermination des indicateurs de colmatage.

Tableau 3.3 : Indicateurs de colmatage.


Bentonite Acides humiques
1g/L 2g/L 3g/L 5mg/L 20mg/L 40mg/L
MFI-UF 11714 12538 34425 10782 30275 46307
MFI-UFad(exp) 4x1013 3x1013 1013 4x10 13
10 12
9x1011
MFI-UFad(cal)* 3,58x1012 3,34x1012 1,22x1012 3,89x1012 1,38x1012 9,06x1011
*
MFI-UFad(cal)=Rm2/2rC
bad(cal)=2x MFI-UFad(cal)
bcal=µRm/SΔP=28919 s/L

L’analyse comparative de ces résultats nous permet de faire les constatations suivantes :

Il est à noter que nous nous sommes également appuyés sur la comparaison des valeurs
expérimentales et calculées des ordonnées à l’origine des différentes équations.
108

- Il apparait que l’application du modèle de colmatage du type gâteau est plus


représentative dans le cas du colmatage minéral (bentonite) de par la linéarité des
relations et la conformité des valeurs expérimentales obtenues.
- En revanche, le passage à l’application du modèle adimensionnel a inversé cette
représentativité ; les résultats expérimentaux et les valeurs des paramètres
adimensionnels obtenues dans le cas des solutions humiques rendent mieux compte
de l’application de l’équation adimensionnelle.

La complexité de l’indice de colmatage adimensionnel, du fait qu’il intègre dans son


expression la résistance membranaire contrairement au MFI classique, laisse penser qu’il
faudrait suivre l’évolution du rapport Rm2/2rC et ce en ayant le maximum de data en
faisant varier ses paramètres, c'est-à-dire en mesurant les indices de colmatage de
différents types d’eau sur différentes membranes (différentes échelles). Les résultats
obtenus jusqu’à maintenant (MFIad=f (rC)) n’ont pas permis d’avoir une idée claire sur la
fiabilité de la démarche. Ainsi, il serait important d’étudier l’évolution du rapport pour
différentes membranes (Rm) car on remarque que ce dernier paramètre aurait une
importante influence (MFIad=f(Rm2)).
109

CONCLUSION

La filtration sur membrane est promise à un bel avenir dans le domaine du traitement
des eaux. Mais comme nous avons pu le voir, le frein principal au développement de ces
techniques est le colmatage des membranes qui réduit considérablement leur productivité.
Il s’agit donc d’un enjeu majeur. Même si de nombreuses études ont été consacrées à ce
problème, le colmatage demeure un phénomène complexe et encore partiellement compris.

Des indicateurs de colmatage ont été développés dans le but de prédire le colmatage
dans les différentes filières de filtration membranaire. Parmi ces indicateurs, on retrouve le
MFI dont l’approche la plus intéressante repose sur l’utilisation de membranes d’UF (MFI-
UF). La représentativité de cet indice et sa fiabilité à prédire le colmatage restent
discutables, toutefois les professionnels du traitement d’eau sont toujours à la recherche
d’outils mieux adaptés à leur problématique.

La présente étude a eu pour objectif le développement d’une nouvelle approche du


colmatage et la mise en œuvre d’un indice de colmatage adimensionnel. Le recours à
l’indice de colmatage adimensionnel est justifié par la difficulté lors de l’interprétation et
de l’exploitation des valeurs du MFI-UF original.

Le travail développé dans ce mémoire est alors basé sur des essais d’ultrafiltration de
différentes solutions modèles de bentonite et d’AH sur une membrane en PES en
déterminant expérimentalement leurs potentiels de colmatage respectifs en introduisant
l’approche adimensionnelle.

Les résultats obtenus pour les différentes suspensions de bentonite sont en bon accord
avec la théorie de la filtration sur gâteau. Dans le cas des acides humiques, interviennent
également dans le colmatage des membranes des phénomènes d’adsorption et de blocage
des pores.
110

L’analyse comparative des résultats obtenus lors de la détermination des indices de


colmatage a permis de faire les constatations suivantes :

- Concernant l’application du modèle de colmatage du type gâteau sous sa forme


originale, elle apparait plus représentative dans le cas du colmatage minéral
(bentonite) de par la linéarité des relations et la conformité des valeurs
expérimentales obtenues.
- Le passage au modèle adimensionnel a inversé cette tendance ; les résultats
expérimentaux obtenus dans le cas des solutions humiques sont plus conformes à
l’application de l’équation adimensionnelle.

Les résultats obtenus jusqu’à maintenant n’ont pas permis d’avoir une idée claire sur la
fiabilité de la démarche. Ainsi, il serait important d’étudier l’évolution du rapport pour
différentes membranes (Rm), car on remarque que ce dernier paramètre aurait une influence
considérable sur l’évolution du rapport (MFIad=f(Rm2)).

Une fois qu’on aura obtenu un maximum de données pour le MFIad, on pourra y voir plus
clair ; l’objectif étant de trouver des intervalles de valeurs du MFIad correspondant à des
types de membranes et de charges.
NOMENCLATURE

A Perméabilité de la membrane m

C Concentration massique à la membrane g.L-1 kg/m3

Cb Concentration en particules de la solution à filtrer g.L-1 kg/m3

Cs Concentration du soluté g.L-1 kg/m3

I Indice de colmatage m-2

J Flux volumique L.m-2.h-1 m.s-1

LP0 Perméabilité hydraulique au solvant pur [Link]-1 [Link]-1

M Masse molaire d’un soluté kg/mol

Ptm Pression tansmembranaire bar Pa

P Pression appliquée bar Pa

ΔP Perte de charge bar Pa

ΔP0 Pression de référence bar Pa

Q Débit volumétrique L.h-1 m3.s-1

R Constante universelle du gaz R=8,314 kg m2/s2mol K

Rm Résistance hydraulique de la membrane m-1

Rc Résistance du gâteau m-1


Rd Résistance du dépôt m-1
Ra Résistance due à l’adsorption m-1
Rb Résistance due au blocage m-1
Rtotale Résistance totale m-1

S Aire membranaire m2
S0 Aire de la membrane de référence m2
T Température °C K

V Volume L m3

Vf Volume fictif de Ruth L m3


dp Diamètre des particules qui forment le gâteau m

ms Masse totale de solide dans le gâteau kg

nP Nombre de pores par unité de surface 1/m2

rP Rayon des pores m

rA Résistance spécifique du gâteau [Link]-1

t Temps s

tref Temps de référence s

Indices
p Perméat
m Membrane
A Alimentation

Caractères grecs

Π Pression osmotique Pa
ΔΠ Gradient de pression osmotique Pa
µ Viscosité dynamique du perméat Pa.s
µs Viscosité du solvant Pa.s
δ Epaisseur de la couche active de la membrane m

α Résistance spécifique du gâteau [Link]-1


ρp Densité des particules qui forment le gâteau kg/m3
ν Nombre d’ions résultant de la dissociation d’une molécule de sels (pour des
solutés non-dissociables ν = 1)
ε Porosité du gâteau
ω Coefficient de compressibilité
Abréviations

AH Acide humique
CWF Clean water flux L.m-2.h-1
COT Carbone organique total mg.L-1
COD Carbone organique dissous mg.L-1
CFS-MFIUF Crossflow sampler-modified fouling index ultrafiltration s.L-2
DEF Dead End Flow
ED Electrodialyse
FDR Flux decline rate
FI Fouling index
MF Microfiltration
MM Masse moléculaire Da
MWCO Molecular weight cut-off
MON Matière organique naturelle
MFI Modified fouling index s.L-2
MFI-UF Modified fouling index-Ultrafiltration s.L-2
MFI-UFconst.‼ux Modified fouling index-Ultrafiltration à flux constant s.L-2
NF Nanofiltration
NF-MFI Nanofiltration- Modified fouling index s.L-2
NMWL Nominal molecular weight limit
OI Osmose inverse
PS Polysulfone
PES Polyethersulfone
PAN Polyacrylonitrile
PTM Pression transmembranaire Pa
RL Rétrolavages
SDI Silt density index
SC Seuil de coupure
TR Taux de rétention
THM Trihalométhanes
T.F.F/C.F.F Tangential Flow Filtration/Cross Flow Filtration
UF Ultrafiltration
UV Absorption Ultra violet
APPENDICE A

ETUDE DE PERMEABILITE

t : temps d’UF (s)

V : Volume de perméat prélevé (ml)

J : flux de perméat (L.h-1.m-2)

P : Pression appliquée (bar)

S =28,7 cm2

Tableau A.1 : Flux à l’eau bidistillée pour différentes valeurs de pression appliquée

P V t J

1 2 112 22,40

1,5 2 81 30,97

2 2 58 43,25

2,5 2 45 55,75

3 2 35 71,68
APPPENDICE B
GRAPHIQUES t/V VERSUS V ET TABLEAUX

 Bentonite 1g/L

Tableau B.1 : Données d’UF (P=2bar)-Bentonite 1g/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,005 91 18240 42,91
0,01 213 21360 42,90
0,015 334 22320 42,57
0,02 454 22740 42,30
0,025 611 24456 42,29
0,03 743 24780 41,93
0,035 870 24857,1429 41,55
0,04 1029 25725 41,20
0,045 1168 25960 41,16
0,05 1326 26520 41,09
0,055 1512 27490,9091 41,04
0,06 1692 28200 41,03
0,065 1865 28698,4615 40,79
0,07 2046 29237,1429 40,60
0,075 2192 29232 40,59
0,08 2357 29467,5 40,57
0,085 2520 29654,1176 40,33
0,09 2669 29660 40,23
0,095 2842 29917,8947 40,07
0,1 3018 30186 40,04
0,105 3244 30897,1429 39,62
0,11 3429 31178,1818 39,32
0,115 3600 31304,3478 38,76
0,12 3708 30900 38,30
0,125 3816 30528 37,89
0,13 3958 30447,6923 37,50
0,135 4127 30573,3333 37,28
0,14 4266 30475,7143 36,74
0,145 4431 30562,7586 36,38
0,15 4612 30752 36,28
0,155 4792 30921,2903 36,19
0,16 4976 31102,5 36,11
0,165 5168 31323,6364 36,04
0,17 5382 31662,3529 35,98
0,175 5583 31902,8571 35,93
0,18 5825 32363,3333 35,89
0,185 6058 32750,2703 35,86
0,19 6289 33104,2105 35,84
0,195 6523 33452,3077 35,83
0,2 6729 33648 35,82
0,205 6999 34144,3902 35,82
0,21 7240 34480 35,80
40000

35000

30000

25000
t/V(s/L) 20000

15000

10000

5000

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
V(L)
Figure B.1 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-Bentonite 1g/L.

 Bentonite 2 g/L

Tableau B.2 : Données d’UF (P=2bar)-Bentonite 2g/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,005 121 24200 42,17
0,01 243 24300 41,04
0,015 368 24533,3333 40,46
0,02 488 24400 39,44
0,025 626 25040 39,15
0,03 745 24833,3333 37,94
0,035 925 26428,5714 37,27
0,04 1085 27125 36,76
0,045 1204 26755,5556 36,13
0,05 1423 28460 35,89
0,055 1636 29745,4545 35,40
0,06 1834 30566,6667 34,84
0,065 2015 31000 34,34
0,07 2226 31800 33,90
0,075 2403 32040 33,50
0,08 2645 33062,5 33,14
0,085 2861 33658,8235 32,82
0,09 3071 34122,2222 32,52
0,095 3298 34715,7895 31,58
0,1 3495 34950 31,05
0,105 3720 35428,5714 30,86
0,11 3960 36000 30,69
0,115 4200 36521,7391 30,26
0,12 4440 37000 29,37
0,125 4680 37440 29,27
0,13 4920 37846,1538 29,18
0,135 5160 38222,2222 29,10
0,14 5400 38571,4286 29,03
0,145 5760 39724,1379 28,97
0,15 6060 40400 28,92
0,155 6300 40645,1613 28,88
0,16 6540 40875 28,85
0,165 6840 41454,5455 28,83
50000
45000
40000
35000
30000

t/V(s/L)
25000
20000
15000
10000
5000
0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14 0,16 0,18 0,2

V(L)

Figure B.2 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-Bentonite 2 g/L.

 Bentonite 3 g/L

Tableau B.3 : Données d’UF (P=2bar)-Bentonite 3g/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,005 151 30200 41,53
0,01 308 30800 40,73
0,015 492 32800 38,24
0,02 708 35400 35,43
0,025 959 38360 32,70
0,03 1202 40066,6667 31,31
0,035 1492 42628,5714 29,42
0,04 1781 44525 28,17
0,045 2093 46511,1111 26,97
0,05 2402 48040 26,11
0,055 2804 50981,8182 24,60
0,06 3190 53166,6667 23,59
0,065 3553 54661,5385 22,95
0,07 3900 55714,2857 22,51
0,075 4320 57600 21,78
0,08 4740 59250 21,17
0,085 5160 60705,8824 20,66
0,09 5580 62000 20,23
0,095 6000 63157,8947 19,86
0,1 6480 64800 19,36
0,105 6960 66285,7143 18,92
0,11 7440 67636,3636 18,54
80000
70000
60000
50000

t/V(s/L)
40000
30000
20000
10000
0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12

V(L)

Figure B.3 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-Bentonite 3 g/L.

 AH 5 mg/L

Tableau B.4 : Données d’UF (P=2bar)-AH 5mg/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,01 220 22000 36,89
0,015 445 29666,6667 34,12
0,02 680 34000 32,55
0,025 919 36760 31,78
0,03 1156 38533,3333 30,65
0,035 1382 39485,7143 29,99
0,04 1637 40925 29,44
0,045 1882 41822,2222 28,94
0,05 2130 42600 28,77
0,055 2384 43345,4545 28,40
0,06 2616 43600 28,07
0,065 2871 44169,2308 27,73
0,07 3128 44685,7143 27,42
0,075 3393 45240 27,34
0,08 3660 45750 27,27
0,085 3900 45882,3529 27,21
0,09 4140 46000 26,80
0,095 4380 46105,2632 26,45
0,1 4680 46800 26,43
0,105 4980 47428,5714 26,42
0,11 5220 47454,5455 26,13
0,115 5460 47478,2609 25,87
0,12 5760 48000 25,88
0,125 6060 48480 25,89
0,13 6300 48461,5385 25,67
0,135 6540 48444,4444
0,14 6840 48857,1429
60000

50000

40000

t/V(s/L)
30000

20000

10000

0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14 0,16

V(L)

Figure B.4 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-AH 5 mg/L.

 AH 20 mg/L

Tableau B.5 : Données d’UF (P=2bar)-AH 20mg/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,005 167 33400 37,55
0,01 369 36900 33,99
0,015 572 38133,3333 32,89
0,02 772 38600 32,50
0,025 977 39080 32,10
0,03 1185 39500 31,76
0,035 1389 39685,7143 31,61
0,04 1589 39725 31,58
0,045 1793 39844,4444 31,48
0,05 1993 39860 31,47
0,055 2198 39963,6364 31,39
0,06 2399 39983,3333 31,37
0,065 2622 40338,4615 31,09
0,07 2843 40614,2857 30,88
0,075 3075 41000 30,59
0,08 3334 41675 30,10
0,085 3538 41623,5294 30,13
0,09 3840 42666,6667 29,40
0,095 4260 44842,1053 27,97
0,1 4620 46200 27,15
50000
45000
40000
35000

t/V(s/L)
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12

V(L)

Figure B.5 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-AH 20 mg/L.

 AH 40 mg/L

Tableau B.6 : Données d’UF (P=2bar)-AH 40mg/L.


V(L) t(sec) t/V(s/L) J (L/m2h)
0,005 180 36000 34,84
0,01 375 37500 33,45
0,015 595 39666,6667 31,62
0,02 815 40750 30,78
0,025 1032 41280 30,39
0,03 1255 41833,3333 29,98
0,035 1483 42371,4286 29,60
0,04 1705 42625 29,43
0,045 1925 42777,7778 29,32
0,05 2160 43200 29,04
0,055 2410 43818,1818 28,63
0,06 2645 44083,3333 28,45
0,065 2876 44246,1538 28,35
0,07 3117 44528,5714 28,17
0,075 3363 44840 27,97
0,08 3595 44937,5 27,91
0,085 3840 45176,4706 27,76
0,09 4080 45333,3333 27,67
0,095 4320 45473,6842 27,58
0,1 4560 45600 27,51
0,105 4800 45714,2857 27,44
0,11 5100 46363,6364 27,05
0,115 5340 46434,7826 27,01
0,12 5580 46500 26,97
0,125 5880 47040 26,66
0,13 6120 47076,9231 26,64
0,135 6360 47111,1111 26,62
0,14 6600 47142,8571 26,61
0,145 6900 47586,2069 26,36
0,15 7200 48000 26,13
0,155 7440 48000 26,13
0,16 7740 48375 25,93
0,165 8040 48727,2727 25,74
60000

50000

40000

t/V(s/L)
30000

20000

10000

0
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14 0,16 0,18 0,2

V(L)

Figure B.6 : Représentation de t/V en fonction de V (P=2 bars)-AH 40 mg/L.


APPENDICE C
VARIABLES ADIMENSIONNELLES

S=28,7 cm2
μ=10-3 Pa.s

P=2 bar
J0=43,25 L/m2h Rm=1,66 *1013m-1

 Bentonite 1g/L

MFI=11714 s/L2
b= 20798 s/L

I =3,86*1013 m-2
Vf=1,234 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,246*109 L/s

Tableau C.1 : Variables adimensionnelles-Bentonite 1g/L.


V t/V V* t*/V*
0,01 21360 0,00810373 5,25456E+12
0,015 22320 0,01215559 5,49072E+12
0,02 22740 0,01620746 5,59404E+12
0,025 24456 0,02025932 6,01618E+12
0,03 24780 0,02431118 6,09588E+12
0,035 24857,1429 0,02836305 6,11486E+12
0,04 25725 0,03241491 6,32835E+12
0,045 25960 0,03646677 6,38616E+12
0,05 26520 0,04051864 6,52392E+12
0,055 27490,9091 0,0445705 6,76276E+12
0,06 28200 0,04862237 6,9372E+12
0,065 28698,4615 0,05267423 7,05982E+12
0,07 29237,1429 0,05672609 7,19234E+12
0,075 29232 0,06077796 7,19107E+12
0,08 29467,5 0,06482982 7,24901E+12
 Bentonite 2g/L

MFI=12538 s/L2
b=22248 s/L

I=4,13*1013 m-2
Vf=1,153 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,230*109 L/s

Tableau C.2 : Variables adimensionnelles-Bentonite 2 g/L.


V t/V V* t*/V*
0,02 24400 0,01734605 5,612E+12
0,025 25040 0,02168257 5,7592E+12
0,03 24833,3333 0,02601908 5,7117E+12
0,035 26428,5714 0,03035559 6,0786E+12
0,04 27125 0,03469211 6,2388E+12
0,045 26755,5556 0,03902862 6,1538E+12
0,05 28460 0,04336513 6,5458E+12
0,055 29745,4545 0,04770165 6,8415E+12
0,06 30566,6667 0,05203816 7,0303E+12
0,065 31000 0,05637467 7,13E+12
0,07 31800 0,06071119 7,314E+12
0,075 32040 0,0650477 7,3692E+12
0,08 33062,5 0,06938422 7,6044E+12
0,085 33658,8235 0,07372073 7,7415E+12
0,09 34122,2222 0,07805724 7,8481E+12
0,095 34715,7895 0,08239376 7,9846E+12
0,1 34950 0,08673027 8,0385E+12
0,105 35428,5714 0,09106678 8,1486E+12
0,11 36000 0,0954033 8,28E+12
0,115 36521,7391 0,09973981 8,4E+12
0,12 37000 0,10407632 8,51E+12
0,125 37440 0,10841284 8,6112E+12
0,13 37846,1538 0,11274935 8,7046E+12
0,135 38222,2222 0,11708586 8,7911E+12
 Bentonite 3g/L

MFI=34425 s/L2
b=30990 s/L

I=1,13*1014 m-2
Vf=0,422 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,084*109 L/s

Tableau C.3 : Variables adimensionnelles-Bentonite 3 g/L.


V t/V V* t*/V*
0,025 38360 0,05924171 3,22224E+12
0,03 40066,6667 0,07109005 3,3656E+12
0,035 42628,5714 0,08293839 3,5808E+12
0,04 44525 0,09478673 3,7401E+12
0,045 46511,1111 0,10663507 3,90693E+12
0,05 48040 0,11848341 4,03536E+12
0,055 50981,8182 0,13033175 4,28247E+12
0,06 53166,6667 0,14218009 4,466E+12
0,065 54661,5385 0,15402844 4,59157E+12
0,07 55714,2857 0,16587678 4,68E+12
0,075 57600 0,17772512 4,8384E+12
0,08 59250 0,18957346 4,977E+12
0,085 60705,8824 0,2014218 5,09929E+12
0,09 62000 0,21327014 5,208E+12
0,095 63157,8947 0,22511848 5,30526E+12
0,1 64800 0,23696682 5,4432E+12
0,105 66285,7143 0,24881517 5,568E+12
0,11 67636,3636 0,26066351 5,68145E+12

 AH 5mg/L

MFI=10782 s/L2
b=37163 s/L

I=3,55*1013 m-2
Vf=1,342 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,268*109 L/s
Tableau C.4 : Variables adimensionnelles-AH 5 mg/L.
V t/V V* t*/V*
0,045 41822,2222 0,03353204 1,12084E+13
0,05 42600 0,03725782 1,14168E+13
0,055 43345,4545 0,04098361 1,16166E+13
0,06 43600 0,04470939 1,16848E+13
0,065 44169,2308 0,04843517 1,18374E+13
0,07 44685,7143 0,05216095 1,19758E+13
0,075 45240 0,05588674 1,21243E+13
0,08 45750 0,05961252 1,2261E+13

 AH 20 mg/L

MFI=30275 s/L2
b=38449 s/L

I=9,97*1013 m-2
Vf=0,478 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,095*109 L/s

Tableau C.5 : Variables adimensionnelles-AH 20 mg/L.


V t/V V* t*/V*
0,025 39080 0,05230126 3,7126E+12
0,03 39500 0,06276151 3,7525E+12
0,035 39685,7143 0,07322176 3,77014E+12
0,04 39725 0,08368201 3,77388E+12
0,045 39844,4444 0,09414226 3,78522E+12
0,05 39860 0,10460251 3,7867E+12
0,055 39963,6364 0,11506276 3,79655E+12
0,06 39983,3333 0,12552301 3,79842E+12
0,065 40338,4615 0,13598326 3,83215E+12
0,07 40614,2857 0,14644351 3,85836E+12
0,075 41000 0,15690377 3,895E+12

 AH 40 mg/L

MFI=46307 s/L2
b=41052 s/L

I=1,53*1014 m-2
Vf=0,311 L
tref=5,01*10-9s
Vf/tref=0,062*109 L/s
Tableau C.6 : Variables adimensionnelles-AH 40 mg/L.
V t/V V* t*/V*
0,035 42371,4286 0,11254019 2,62703E+12
0,04 42625 0,12861736 2,64275E+12
0,045 42777,7778 0,14469453 2,65222E+12
0,05 43200 0,1607717 2,6784E+12
0,055 43818,1818 0,17684887 2,71673E+12
0,06 44083,3333 0,19292605 2,73317E+12
0,065 44246,1538 0,20900322 2,74326E+12
0,07 44528,5714 0,22508039 2,76077E+12
0,075 44840 0,24115756 2,78008E+12
0,08 44937,5 0,25723473 2,78613E+12
0,085 45176,4706 0,2733119 2,80094E+12
0,09 45333,3333 0,28938907 2,81067E+12
0,095 45473,6842 0,30546624 2,81937E+12
0,1 45600 0,32154341 2,8272E+12
0,105 45714,2857 0,33762058 2,83429E+12
0,11 46363,6364 0,35369775 2,87455E+12
0,115 46434,7826 0,36977492 2,87896E+12
0,12 46500 0,38585209 2,883E+12
0,125 47040 0,40192926 2,91648E+12
0,13 47076,9231 0,41800643 2,91877E+12
0,135 47111,1111 0,4340836 2,92089E+12
0,14 47142,8571 0,45016077 2,92286E+12
0,145 47586,2069 0,46623794 2,95034E+12
0,15 48000 0,48231511 2,976E+12
0,155 48000 0,49839228 2,976E+12
0,16 48375 0,51446945 2,99925E+12
0,165 48727,2727 0,53054662 3,02109E+12
0,17 49058,8235 0,54662379 3,04165E+12
0,175 49371,4286 0,56270096 3,06103E+12
APPPENDICE D
COURBE D’ETALONNAGE DES ACIDES HUMIQUES

λ = 254 nm

pH=6

0,9

R² = 0.999
0,8

0,7

0,6
Abs

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

C(mg/L)

Figure D.1 : Courbe d’étalonnage des acides humiques- pH=6.


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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