TEXTE SUPPORT 1
Rien qu’à y penser.
Le car tanguait sur le chemin abrupt comme s’il exécutait une danse macabre. Mais
ses mouvements saccadés n’ébranlaient ni l’attention, ni la conscience de Zango dont le
regard, tel celui d’un fauve en quête de sa pitance quotidienne, observait la pauvre nature
sur laquelle s’était abattue la folie destructrice de l’homme.
Ah, la guerre ! Pourquoi faut-il que les hommes en arrivent à ce stade d’animalité
d’un autre âge ? Pourquoi l’homme, être pensant, ne dominerait-il pas ses instincts
guerriers afin de préserver la vie de ses semblables et la sienne ? Arbres desséchés,
champs fantomatiques, animaux squelettiques, ciel blafard, soleil affamé, vent coléreux…
Tout semblait porter le deuil le deuil de cette funeste entreprise ! Et lui, Zango, avait
ajouté son grain de sel, et non des moindres, à cette folie générale. Mais aujourd’hui,
après plusieurs péripéties comme en recèlent les grandes palabres africaines, la guerre
était bel et bien terminée et il regagnait son village pour retrouver les siens.
Il pensa alors à sa mère, à l’émotion que cette chère et tendre mère éprouvait quand
elle le verrait. Rien qu’à y penser, il était tout ému ! Mais ce qui l’effrayait le plus, c’était la
réaction des villageois. Il avait conscience qu’il ne serait pas le bienvenu dans sa propre
famille, a fortiori dans le village. Mais où aller ? IL n’en avait aucune idée. Soukassa est le
village qui l’a vu naître. Il y avait fait ses premiers pas dans la vie. Et aujourd’hui, plus que
d’ordinaire, il avait besoin de cet endroit et de ses habitants pour repartir dans la vie, après
la douloureuse expérience de la guerre.
Il comprit alors qu’en tout voyage, la difficulté n’est pas tant de partir, mais bien de
revenir au bercail, surtout quand on a été enfant-soldat comme lui, le temps d’une guerre
dont il ignore les raisons.
Après deux heures de routes, pendant lesquelles sa conscience se livra à une véritable
introspection, Zango aperçut enfin la pancarte indiquant Soukassa, son village. Son cœur fit
un énorme bond dans sa poitrine, mais il trouva l’énergie nécessaire pour crier :
-Chauffeur, je descends ici !
Zango, avec cette agilité de soldat qu’il avait acquise le temps de la sale guerre qui
avait déchiré le pays, sauta du car qui devait continuer sa route jusqu’au village voisin.
François d’Assise N’DA, Le retour de l’enfant soldat, Vallesse 2008.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous montrerez que le personnage, par
une introspection, mesure l’absurdité de la guerre.
TEXTE SUPPORT 2 :
Le narrateur revisitait les péripéties de sa vie. Infirmier dévoué dans une petite agglomération
de campagne, il venait d’être élu à une écrasante majorité à la Présidence de la République.
Le pouvoir m’était apparu comme quelque chose de très sérieux et de très lourd
malgré ma carrure d’athlète bien taillée, mes cent deux kilogrammes de chair, d’os et de
sang et d’eau et mes cent quatre-vingt-dix-sept centimètres de longueur. Dimensions
respectables qui me donnaient l’allure d’un haltérophile, mais tellement insignifiantes
pour la charge du pouvoir qui a surtout besoin d’un cœur pour aimer et d’une tête pour
porter l’amphore sacrée des espoirs du peuple. Comment porter, seul, les espoirs de
trente millions d’habitants nourris en principe aux sources de la sagesse ancestrale et dont
les yeux me diraient constamment :
« Cher enfant de notre chère patrie, nous t’avons confié tous nos espoirs : c’est l’amphore
collée sur la tête qui est si lourde. Souviens-toi cher fils de notre chère patrie, que
l’amphore est lourde, très lourde, et qu’elle est vide et que tu as la charge de la combler
pour en anéantir le poids contraignant ».
Déjà je sentais le poids du vase sacré sur ma tête, et celui de l’obsession qui serait
désormais mon lot quotidien : ne jamais briser le vase. Tas yaakar : la grande malédiction.
Jamais. Plutôt mourir que faire figure de traitre […] J’avais toujours considéré la honte
comme le désastre suprême. Une sale bête poisseuse. Sa simple vision m’avait effrayé et
avait déclenché en moi un réflexe d’autodéfense. ¨Non, ce spectre immonde ne me
couvrira jamais. ¨ Un sursaut de détermination avait secoué tous mes nerfs et m’avait, du
coup, libéré des entraves du doute. Pas de dérobade. Le sort en est jeté. Je marcherai droit
devant mon peuple. Je ne briserai jamais l’amphore sacrée confiée par trente millions
d’hommes et de femmes. Ma charge est lourde, mais elle est sublime. Je ne trahirai jamais
mon peuple. […]
Je devais y réussir parce que j’aimais profondément mon pays et cet amour avait été
jusqu’alors ma seule lanterne et la force mystérieuse et dynamique qui m’avait poussé des
salles de garde de l’hôpital jusqu’aux portes du château présidentiel. Un long chemin de
souffrances endurées, d’humiliations bues et de haines refoulées pour arriver au seul but
rêvé : installer le peuple dans la dignité et le bien-être moral et spirituel.
Aminata Sow FALL, L’Ex-Père de la nation, Paris, l’Harmattan, 1987 ; pp12-13.
1-Amphore : vase à deux anses symétriques servant à conserver des aliments.
2-Tas yaakar : briser l’espoir.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous étudierez comment le narrateur
conçoit le pouvoir et présente sa vision du dirigeant idéal.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 1 : Le commentaire composé
Situation d’apprentissage
Au cours de leurs recherches à la bibliothèque, des élèves de la Première A/C/D du Carnot
découvrent dans un ouvrage un sujet de commentaire composé.
Curieux de comprendre le fonctionnement de cet exercice, ces élèves s’organisent pour
analyser le libellé, identifier les centres d’intérêt, rechercher et organiser les idées en vue
de rédiger le commentaire composé.
TEXTE SUPPORT 1 : « Rien qu’à y penser. » ; François d’Assise N’DA, Le retour de l’enfant
soldat, Vallesse 2008.
TEXTE SUPPORT 2 : Aminata Sow FALL, L’Ex-Père de la nation, Paris, l’Harmattan, 1987 ;
pp12-13.
SEANCE 1 : Analyse du libellé et construction du sens du texte
I. Définition
Le commentaire composé est un exercice argumenté visant à mettre en valeur la qualité
d’un texte. Pour cela, il faut faire appel au fond (les idées) et à la forme (les procédés
grammaticaux, les figures de style…). C’est donc le fait de révéler la signification profonde
en allant au-delà de l’explicite.
II. Analyse du libellé
Le texte à commenter est toujours accompagné d’une consigne appelée aussi libellé. La
compréhension de ce libellé est essentielle pour la réussite du devoir parce qu’il donne des
repères pour la compréhension du texte et surtout suggère les grandes articulations du
plan. Il comprend deux composantes.
1. La tâche
Elle indique le type de travail à faire : il s’agit d’un commentaire composé. Elle constitue
généralement la première phrase du libellé.
Exemple : Vous ferez de ce texte un commentaire composé.
2. Les centres d’intérêt
Nous avons le plus souvent deux centres d’intérêt dans le libellé. Ils indiquent les grandes
orientations du développement. Le centre d’intérêt est un thème à exploiter en faisant
ressortir les indices textuels pertinents du texte. Il s’agit de justifier chaque thème à l’aide
d’outils d’analyse tels que les procédés grammaticaux, les figures de style, etc.
Exemple :
-Centre d’intérêt 1 : L’introspection de Zango.
-Centre d’intérêt 2 : L’absurdité de la guerre.
III. Construction du sens du texte
Il s’agit avant tout de savoir à quel genre littéraire appartient le texte (poésie, roman,
théâtre…). Cette étape comprend :
1. Le type ou la nature du texte
Il faut chercher à savoir si le texte est un récit, un dialogue, un discours, une description,
un portrait, un poème…
Exemple : Un texte romanesque ou un récit
2. La tonalité
La tonalité est le sentiment ou l’impression qu’on récent après lecture d’un texte.
Il faut donc dégager la tonalité du texte après l’avoir lu.
Exemple : Tonalité pathétique.
3. Le thème
C’est ce dont parle le texte.
Exemple : La guerre, un fléau aux conséquences désastreuses/la guerre et ses
conséquences/le phénomène des enfants-soldats/les conséquences désastreuses de la
guerre.
4. Idée générale
C’est ce que dit l’auteur à propos du thème ou l’opinion qu’il développe.
Exemple : Le regard de Zango sur les conséquences désastreuses de la guerre.
IV. Les indices textuels
Ce sont les éléments pertinents du texte sélectionnés en fonction des centres d’intérêt
dans le but de les analyser et les interpréter. Ces indices peuvent être : les indices
d’énonciation, les indices lexicaux, les procédés grammaticaux, les figures de style… Il faut
savoir que tous ces éléments ne seront pas forcément repérables dans tous les textes
proposés, mais cela va dépendre du texte à étudier.
1. Les procédés grammaticaux
Exemple : - « Il pensa. », « IL avait conscience. », « Il comprit alors qu’en tout voyage… »,
« Sa conscience se livra à une véritable introspection. » → Présence de propositions de
prise de conscience composées de verbes d’opinion.
- « Rien qu’à y penser, il était tout ému. » → Phrase exclamative exprimant
l’émotion.
« Ah la guerre ! » → Phrase exclamative.
2. Les figures de style
Exemple : « Mais aujourd’hui…les siens. » = Comparaison.
Situation d’évaluation
Analysez le libellé du texte support 2 et construisez le sens du texte.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 2 : Le commentaire composé
SEANCE 2 : Organisation des centres d’intérêts
I. Organisation des centres d’intérêt
Il faut identifier les centres d’intérêt dans un ordre précis imposé par le libellé.
L’organisation des centres d’intérêt se fait en tenant compte des indices textuels.
Autrement dit, les indices textuels sont répartis selon les centres d’intérêt. Cette
organisation se fait en plusieurs étapes.
1. La recherche des sous-titres
Les sous-titres sont des sous-thèmes qui constituent les sous-parties des différents centres
d’intérêt. Au regard des interprétations données aux différents indices textuels, on
cherche à regrouper celle qui sont voisines du point de vue du sens. Ce regroupement des
idées devrait permettre de dégager trois ou quatre sous-thèmes ou sous-titres.
Exemple :
-Sous-titre 1 : L’examen de conscience de Zango.
-Sous-titre 2 : Le regret de Zango.
2. Le plan détaillé
Pour mieux comprendre cette étape, il s’agira de constituer deux tableaux dans lesquels
apparaîtra le plan détaillé. Chaque tableau correspond à un centre d’intérêt.
*Centre d’intérêt 1 : L’introspection de Zango.
Sous-thèmes/sous Indices Analyses Interprétations
titres textuels/repérage (Comment le dit- (Pourquoi le dit-
s il ?) il ?)
(Que dit
l’auteur ?)
- « Il pensa. »
A travers la
- « IL avait
variation de ces
conscience. »
propositions, l’on
- « Il comprit perçoit que Zango
alors qu’en tout Présence de s’adonne à un
voyage… » propositions de profond examen
prise de de conscience.
- « Sa conscience
1- L’examen de conscience Désormais, il
se livra à une
conscience de composées de mesure la gravité
véritable
Zango. verbes d’opinion. de son acte tout en
introspection. » pensant à la
réaction des siens.
- « Rien qu’à y
Aussi, est-il gagné
penser, il était
par l’émotion à
tout ému. »
travers la phrase
exclamative. Cet
état le dérange
énormément.
« Ah, la guerre ! » Phrase Ainsi, pensant à
exclamative. son retour au
bercail, il a
conscience qu’il
sera traité comme
un paria dans le
village. Il faut dire
que Zango fait une
analyse ou un
examen critique de
sa propre
conscience.
Les phrases
- « Ah, la guerre ! » → Phrase exclamatives et
exclamative interrogatives, la
comparaison, la
proposition
emphatique et
l’adverbe de temps
- « Pourquoi faut-il mettent en
… d’un autre exergue l’état
âge ? » -Interrogations ou d’âme de Zango ;
- « Pourquoi questions elles expriment
l’homme … la rhétoriques son regret, sa
sienne ? » désolation, son
2-Le regret de - « Mais où désarroi et son
Zango aller ? » inquiétude. En
effet, après la
douloureuse
expérience de la
guerre, le retour
de Zango auprès
-Comparaison des siens est
- « Mais inévitable. Ces
aujourd’hui … les différentes
siens. » interrogations
-Proposition paraissent comme
emphatique catharsis
- « Mais ce qui (purification) pour
l’effrayait…villageo le libérer de ses
is. » impairs
(maladresses).
Présence C’est un remède
d’adverbe de qui va lui
temps. permettre de
- « Et aujourd’hui, ‘’Aujourd’hui’’ guérir du remords
plus que … et du traumatisme
guerre. » de la guerre. Il faut
donc souligner le
chagrin ou la
mauvaise humeur
de Zango
provoquée par la
guerre.
Transition : (Bilan du centre d’intérêt 1 et annonce du 2ème centre d’intérêt)
Le personnage principal, dans une introspection se rend compte de la gravité et de
l’absurdité de la guerre.
*Centre d’intérêt 2 : L’absurdité de la guerre.
Sous-thèmes/sous Indices Analyses Interprétations
titres textuels/repérages (Comment le dit- (Pourquoi le dit-
(Que dit l’auteur ?) il ?) il ?)
-
« folie destructrice -L’emploi du
» champ lexical de la
- « arbres -Champ lexical de destruction
1-La destruction de desséchés » la destruction doublée de
la nature. - « animaux doublé de métaphores et de
squelettiques » métaphores. la phrase
- « champs exclamative
fantomatiques » doublée d’une
- « funeste hyperbole
entreprise » marquent le
- « ciel blafard » caractère horrible
- « soleil affamé » et exécrable de la
- « vent coléreux » guerre, et du
désastre commis.
En effet, à travers
l’hyperbole, l’on se
-Phrase trouve au bord de
exclamative l’apocalypse. Ce
- « Tout doublée d’une fut une guerre sans
semblait…funeste hyperbole merci. Elle n’a
entreprise ! » épargné aucun
élément de la
nature : la faune, la
flore et le monde
astral ont subi tour
à tour les affres de
la guerre. Il faut
noter que la guerre
est contraire à la
logique.
- « ZAngo dont le -Comparaison
regard, tel celui La comparaison et
d’un fauve…de la proposition
2-La l’homme » péjorative
déshumanisation montrent que la
guerre ravale l’être
humain au rang de
-Proposition l’animal et
- « …les hommes péjorative de la montrent aussi
en arrivent à ce déshumanisation comment la guerre
stade peut transformer
d’animalité…un l’homme et faire
autre âge ? » perdre à celui-ci sa
valeur sa valeur
humaine.
Conclusion partielle :
II. SITUATION D’EVALUATION
Elaborez le plan détaillé du texte support 2.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 2 : Le commentaire composé
SEANCE 3 : Rédaction d’un paragraphe
I. Paragraphe argumentatif
1. Définition
C’est un paragraphe qui expose des thèses (idées).
2. Les composantes d’un paragraphe argumentatif
Il comporte :
a. Une idée directrice (sous-thème).
Elle constitue un argument exposé pour démontrer la validité de la thèse que constitue le
centre d’intérêt en question. Cet argument est développé à travers un paragraphe et un
seul. Tout changement d’idée oblige au changement de paragraphe, avec passage à la
ligne.
b. Explication du sous-thème
L’objectif de tout argumentateur étant de convaincre, il a le devoir d’expliquer l’idée qu’il
défend, de dire ce qu’elle signifie exactement.
c. Illustration du sous-thème
Il faut l’illustrer par un ou deux indices textuels. Le commentaire composé prend ses
exemples dans le texte support.
d- Conclusion du sous-thème et annonce du sous-thème suivant
Elle reprend sous une autre forme l’idée développée dans ce paragraphe et établit le lien
avec l’idée qui sera développée dans le paragraphe suivant.
II. Rédaction d’un paragraphe argumentatif
Exemple : 1er paragraphe argumentatif = 1er sous-thème + un ou deux indice(s) textuel(s)
illustratif(s)
Pour mettre en évidence l’introspection du personnage de Zango, l’auteur met en
évidence dans un premier temps, l’examen de conscience de Zango à travers la variation
de ces propositions « Il pensa », « Il avait conscience… », « Il comprit alors qu’en tout
voyage… », « Sa conscience se livra à une véritable introspection » composées de verbes
d’opinions « pensa », « comprit ». L’on s’aperçoit que Zango s’adonne à un profond
examen de conscience. Désormais, il mesure la gravité de son acte tout en pensant à la
réaction des siens. Aussi, est-il gagné par l’émotion à travers la phrase exclamative « Rien
qu’à y penser, il était tout ému ! » Cet état le dérange énormément. Ainsi, pensant à son
retour au bercail, il a conscience qu’il sera traité comme un paria dans le village. Il faut dire
que Zango fait une analyse ou un examen critique de sa propre conscience.
Situation d’évaluation
Rédigez le deuxième paragraphe argumentatif du texte support 2.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 2 : Le commentaire composé
SEANCE 4 : Rédaction d’un centre d’intérêt
I-Rédaction d’un centre d’intérêt.
La rédaction du centre d’intérêt débute toujours par une phrase introductive annonçant le
centre d’intérêt et doit se faire dans une logique. Il faut donc faire appel à des éléments
appropriés tels que les mots de liaison ou phrases de liaison (connecteurs logiques, les
organisateurs textuels…) entre les paragraphes pour une belle ossature.
*Rédaction d’un centre d’intérêt :
Pour mettre en évidence l’introspection du personnage de Zango, l’auteur met en
évidence dans un premier temps, l’examen de conscience de Zango à travers la variation
de ces propositions « Il pensa », « Il avait conscience… », « Il comprit alors qu’en tout
voyage… », « Sa conscience se livra à une véritable introspection » composées de verbes
d’opinions « pensa », « comprit ». L’on s’aperçoit que Zango s’adonne à un profond
examen de conscience. Désormais, il mesure la gravité de son acte tout en pensant à la
réaction des siens. Aussi, est-il gagné par l’émotion à travers la phrase exclamative « Rien
qu’à y penser, il était tout ému ! » Cet état le dérange énormément. Ainsi, pensant à son
retour au bercail, il a conscience qu’il sera traité comme un paria dans le village. Il faut dire
que Zango fait une analyse ou un examen critique de sa propre conscience.
Dans un second temps, l’auteur nous montre comment Zango regrette ses actes qu’il a
commis. Les phrases exclamatives « Ah, la guerre ! » et interrogatives « Pourquoi faut-
il…un autre âge ? », « Pourquoi l’homme…et la sienne ? », « Mais où aller ? », la
comparaison exprimée dans « Mais aujourd’hui…comme en recèlent…retrouver les siens »,
la proposition emphatique « Mais ce qui…villageois », l’adverbe de temps employé
dans « Et aujourd’hui, plus que…expérience de la guerre » mettent en exergue l’état d’âme
de Zango. Elles expriment son regret, sa désolation, son désarroi et son inquiétude. En
effet, après la douloureuse expérience de la guerre, le retour de Zango auprès des siens est
inévitable. Ces différentes interrogations paraissent comme catharsis (une purification)
pour le libérer de ses impairs (maladresses). C’est un remède qui va lui permettre de guérir
du remord et des traumatismes de la guerre. Il faut donc souligner le chagrin ou la
mauvaise humeur de Zango provoquée par la guerre.
Zango, dans son introspection, se rend compte de la gravité et de l’absurdité de la guerre.
(Transition)
Situation d’évaluation
Rédigez le centre d’intérêt 1 du commentaire composé du texte support 2.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.:
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 2 : Le commentaire composé
SEANCE 5 : Rédaction d’une introduction et d’une conclusion
I-L’introduction
Elle comprend trois parties liées les unes aux autres avec des caractéristiques distinctes et
rédigées en un seul paragraphe. Ce sont : le contexte général ou la mise en contexte, la
présentation et l’annonce du plan.
1- Le Contexte général ou la mise en contexte.
Il est aussi connu sous l’appellation¨ amorce¨.
L’on pourrait partir d’une approche thématique (le thème abordé dans le texte), d’un
mouvement littéraire, d’un contexte littéraire, politique, social… ou d’une approche
biographique (ne donner de la vie de l’auteur et de l’ensemble de ses œuvres que des
informations susceptibles de faciliter la compréhension du texte à commenter.
2-La Présentation du texte.
Présenter le texte c’est donner des informations sur :
-L’auteur : son nom, sa nationalité, son époque, sa date ou année de naissance…
-L’œuvre : le titre, le genre littéraire, la date de publication, un bref aperçu de l’œuvre si
on la connait, sa maison d’édition…
-Le texte : la nature, le titre, la tonalité, l’idée générale.
3-L’annonce du plan ou des centres d’intérêt.
Elle annonce les grandes orientations du devoir à travers le rappel des centres d’intérêt.
II-La technique de rédaction du commentaire composé.
L’exploitation du texte à commenter se fait sans dissocier le fond de la forme.
III-Rédaction d’une introduction.
Exemple :
L’après-guerre constitue une période préoccupante pour de nombreux pays africains.
Cette triste réalité attire l’attention de bon nombre d’écrivains parmi lesquels s’inscrit
François d’Assise N’Da qui, dans son texte extrait de l’œuvre Le Retour de L’enfant Soldat
parue en 2008, évoque, sur un ton pathétique le regard de l’enfant Zango sur les
conséquences funestes de la guerre. Dans le développement qui va suivre, nous allons
faire l’analyse de l’introspection de zango avant de mettre en lumière l’absurdité de la
guerre.
II. La conclusion
Elle comprend deux parties.
1. Le bilan
C’est le résumé des deux centres d’intérêt exploités dans le développement.
2. L’ouverture
Il s’agit de rapprocher le texte étudié avec un autre texte ayant abordé le même thème.
Exemple :
En définitive, nous avons étudié un texte aux accents pathétiques à travers lequel nous
découvrons les effets néfastes et cruels de la guerre qui n’épargne aucun élément de la
nature. Aussi, le narrateur présente-t-il une vision apocalyptique de la guerre et le non-
sens de ce phénomène, fruit de l’immoralité des hommes.
De même que François d’Assise, Voltaire dans Candide a fait la description des atrocités
de la guerre.
SITUATION D’EVALUATION
Rédigez l’introduction du commentaire composé du texte support 2.
COMPETENCE 3 : Traiter des situations relatives à la rédaction des écrits divers.
ACTIVITE : Expression écrite
LEÇON 2 : Le commentaire composé
SEANCE 6 : Rédaction du commentaire composé.
I-Identification des différentes parties du libellé.
Il comprend :
-La tâche ou le type de travail à accomplir.
-Les centres d’intérêt.
II-Explication du centre d’intérêt.
Le centre d’intérêt est un thème à exploiter en faisant ressortir les indices textuels
pertinents du texte.
III-Le plan détaillé
1-L’introduction
-Le contexte général ou la mise en contexte.
-La présentation du texte.
-L’annonce du plan.
2-Le développement
-Centre d’intérêt 1 : La peinture réaliste de la cité des millionnaires.
-Centre d’intérêt 2 : Le regard critique du narrateur.
VI-La technique de rédaction du commentaire composé.
Elle se fait sans dissocier le fond de la forme.
V-Rédaction du commentaire composé partiel.
1-Introduction
L’après-guerre constitue une période préoccupante pour de nombreux pays africains.
Cette triste réalité attire l’attention de bon nombre d’écrivains parmi lesquels s’inscrit
François d’Assise N’Da qui, dans son texte extrait de l’œuvre Le Retour de L’enfant Soldat
parue en 2008, évoque, sur un ton pathétique le regard de l’enfant Zango sur les
conséquences funestes de la guerre. Dans le développement qui va suivre, nous allons
faire l’analyse de l’introspection de zango avant de mettre en lumière l’absurdité de la
guerre.
2-Développement
Pour montrer l’introspection du personnage de Zango, l’auteur met en évidence dans
un premier temps, l’examen de conscience de Zango à travers la variation de ces
propositions « Il pensa », « Il avait conscience… », « Il comprit alors qu’en tout
voyage… », « Sa conscience se livra à une véritable introspection » composées de verbes
d’opinions « pensa », « comprit ». L’on s’aperçoit que Zango s’adonne à un profond
examen de conscience. Désormais, il mesure la gravité de son acte tout en pensant à la
réaction des siens. Aussi, est-il gagné par l’émotion à travers la phrase exclamative « Rien
qu’à y penser, il était tout ému ! » Cet état le dérange énormément. Ainsi, pensant à son
retour au bercail, il a conscience qu’il sera traité comme un paria dans le village. Il faut dire
que Zango fait une analyse ou un examen critique de sa propre conscience.
Dans un second temps, l’auteur nous montre comment Zango regrette ses actes qu’il a
commis. Les phrases exclamatives « Ah, la guerre ! » et interrogatives « Pourquoi faut-
il…un autre âge ? », « Pourquoi l’homme…et la sienne ? », « Mais où aller ? », la
comparaison exprimée dans « Mais aujourd’hui…comme en recèlent…retrouver les siens »,
la proposition emphatique « Mais ce qui…villageois », l’adverbe de temps employé
dans « Et aujourd’hui, plus que…expérience de la guerre » mettent en exergue l’état d’âme
de Zango. Elles expriment son regret, sa désolation, son désarroi et son inquiétude. En
effet, après la douloureuse expérience de la guerre, le retour de Zango auprès des siens est
inévitable. Ces différentes interrogations paraissent comme catharsis (une purification)
pour le libérer de ses impairs (maladresses). C’est un remède qui va lui permettre de guérir
du remord et des traumatismes de la guerre. Il faut donc souligner le chagrin ou la
mauvaise humeur de Zango provoquée par la guerre.
Zango, dans son introspection, se rend compte de la gravité et de l’absurdité de la guerre.
(Transition)
Cette absurdité de la guerre, dans ce second centre d’intérêt se révèle d’abord, par la
destruction de la nature à travers le champ lexical de la destruction doublée de
métaphores « folie destructrice, arbres desséchés, animaux squelettiques, champs
fantomatiques, ciel blafard, soleil affamé, vent coléreux, funeste entreprise », la phrase
exclamative doublée d’une hyperbole « Tout semblait…funeste entreprise » marquant le
caractère horrible et exécrable de la guerre et du désastre commis. En effet, à travers
l’hyperbole, l’on se trouve au bord de l’apocalypse. Ce fut une guerre sans merci. Elle n’a
épargné aucun élément de la nature : la faune, la flore et le monde astral, ont subi tour à
tour les affres de la guerre. Il faut noter que la guerre est contraire à la logique.
Ensuite, l »’auteur montre que la guerre participe à la déshumanisation de l’espèce
humaine. Il le fait savoir à travers la comparaison « Zango dont le regard, tel un
fauve…destructrice de l’homme » et la proposition péjorative « …les hommes en arrivent à
ce stade d’animalité d’un autre âge ? » Ces différents procédés indiquent que la guerre
ravale l’être humain au rang de l’animal et aussi montrent comment la guerre peut
transformer l’homme et faire perdre à celui-ci sa valeur humaine.
Au regard de ce qui précède, la guerre a des effets néfastes sur l’existence humaine.
3-Conclusion
En définitive, nous avons étudié un texte aux accents pathétiques à travers lequel nous
découvrons les effets néfastes et cruels de la guerre qui n’épargne aucun élément de la
nature. Aussi, le narrateur présente-t-il une vision apocalyptique de la guerre et le non-
sens de ce phénomène, fruit de l’immoralité des hommes.
De même que François d’Assise, Voltaire dans Candide a fait la description des atrocités
de la guerre.
SITUATION D’EVALUATION
Rédigez un commentaire composé partiel du texte support 2.