Simulies du Cameroun Occidental
Simulies du Cameroun Occidental
RÉSUMÉ.
Les auteurs fournissent des informations su1 la répartifiion des simulies au
Cameroun Occidental, et signalent pour la première fois de ce territoire, un certain nom-
bre d’espéces. La discusdon de ces données fuit apparaitre un net ètagement altitudinal
de la faune, auquel se superposent, dans le nord du pays, des influences zoogéographiques
liées au uoisinage du domaine soudano-guinPen.
SUMMART.
INTRODUCTION
167
P
‘X
%
CJ
%
----
~-- -- ---
--
I/
tno 110
168
nor,d permirent ia description des espèces suirantes : Simzzlium cerz~icornzztzzm Pomeroy ;
S. unicornzzfum Pomeroy ; S. rczzreosiinile [Link] ; S. gilzjipes Pomeroy (= S. denfzzlo-
szzm Roubau.d, 1915) et S. medzzsaeforme Pomeroy. Il existe, en outre, dans les collections
du Br,itish Museum, des spécimens de. S. d«mnoszzm Theobald. 1903, capturés à Tinto par
cet auteur en 1916 (in L~~IS, 196Oj.
Il faut ensuiteattendre 1.969 pour que. des régions forestières basses <du sud,
CROSSRET (c(> et LEWIS signalent pour la première fois : S. \dkocki Pomeroy, 1922 ;
S. johannae Wanson, 1947 ; S. kenycze ,de hieillon. 1940 ; S. zznicornzzfzznz f. pnlmeri Pome-
roy, 1922 ; S. hirszzfzxm Pomeroy, 1922 ; S. ndcrsi Porneroy, 1922 et S. lozztcfense Grenier
et Ovazza, 1951. L’article du premier de ces auteurs [Link] une mise au point rassem-
blant la totalité des données alors disponibles sur la faune simuliclienne du #Cameroun
0,ccidental (douze espèces) et précise notamment la distribution des stations de capture
de S. damnosum.
Par la suite, GRENIER, GERMAIN et MOUCHET (1965, a, b, c) décrivent successive-
ment, de la partie montagneuse, S. berneri kzznzboense (forme dont les stades pré-imagi-
naux sont associés à des larves nymphes d’éphémères) et S. leberrei. Enfin GERMAIN,
GRENIEK et MOUCHET (19661, font connaitre une autre espèce ,nourelle : S. rickenbnchi,
également inféod.ée à .des Ephéméroptères.
169
II nous suffira, pour notre propos, de ‘distinguer les deux régions naturelles sui-
vantes :
170
de moyenne altitude, susceptible de s’apparenter, au moins en partie. au type bas-monta-
gnard de transition décrit du Kivu, entre 950 et 1.950 m, par LEBRUN, 19% (in HAWKINS
et BRUNT]. Cette formation ne subsiste plus qu’en #de Tares points, une savane humide
arbustive ou à boqueteaux l’ayant presque partout remplacée.
La région située entre Wum et Nkambé montre, par ses savanes dont le faciés
rappelle les paysages du sud de l’hdamaoua, qu’elle subit particul&ement des influences
soucdano-guinéennes. La vallée de la rivière Metchoum, qui entame profondément le socle
au nord de Bamenda, jouit, à une altitude de 550-700 m, d’un climat très chaud et humide
facilitant le maintien en larges nappes d’une forêt dense de type planitiaire. Il faut enfin
faire une place à part à la haute vallée du Noun (plaine du Ndop), au sud-est, cuvette
Séd(imentaire qu’occupe une savane guinéenne alternant avec ,des marécages (altitude
moyenne : 1.100 m).
Le haut-pays volcanique s’étend depuis Nkambé et la région ,de Kumbo (au nord
et à l’est), jusqu’aux abords <de Bamenda et la région de Santa ‘(à l’ouest et au sud). Il
réalise un moutonnement de plateaux et montagnes au profil arrondi, culminant au Mont-
Olku (3.008 m) et jouit *d’un climat frais, humide et à [Link] nébulosité, pleinement carac-
Gristique de l’étage montagnard supérieur. Le [Link], au-dessus de 1.500 m est une forêl-
dense, humide de montagne, [Link] différenciée et dont ne subsistent plus que des nappes
relictuelles, la plus importante d,e ces dernières recouvrant encore largement le massif
d’Oku. Partout ailleurs l’ont remplacés une savane herbeuse d’altitwle (prairies à Nypar-
rhenin, à Sporobolus~ et des fac& culturaux.
Le ruissellement, sur ce mathrie volcanique ancien, est important et le riche
réseau hydrographique qu’:il engendre consiste en un fin chevelu de ruisseaux et petit,es
rivières ,dont les eaux vives et relativement froides sont favo,rables à une faune spécialisée
de torrenticoles. ,Ces cours d’eau sont souvent accompagnés, dans les prairies, par une
galerie arborée basse dans laquell,e domine un palmier raphia.
Nous avons rassemblé dans les tableaux 1 et 2 quelques données climatologiques
relatives aux stations de Mamfé et de Jakiri. La première est très Teprésentative de la
région basse méridionale (plaines et collines), la seconde, située <dans le haut-pays volca-
nique, fournit quelques informations sur le cli,mat montagnard.
TABLEAU 1
Données climatolog‘iques concernant la station de Mamfé, alt. 150 m.
(d’après HAWKINS et BRUNT)
J F M A M J J A S 0 N D
Précipitations
en mm . . . . 32,5 77,5 157
p----p------ 202 320 430 505 457 555 445 150 37,5
Moyenne des
maxima de
température 30,7”C 31,7 31.3
~----~~~~-~---~ 31,3 30 0 2S,6 26,s 28.2 29,6 30,5 31,l 31,3
Moyenne des
minima de
température 20,4”C 20,3
----- 21,s 22,2 --------
22,3 21,l 21,G 21,7 21.7 21.8 21,9 20,3
Humidité
relative
moyenne
à 13 h . . . . 67 70 G2 66 69 70 75 79 SO 76 73 71 68
TAISLEAU 2
Jhnnées climatologiqrm concernant la station de Jakiri, ait. 1700 ni.
(d’après HAWKINS et BRUNT)
J F M A 34 JJASOND
----------
Prfkipitations
en mm _. . . 7.5 40‘0 140 142 193 265 274 330 303 257 46 10
-------p-p
Moyenne des
maxima de
temperature 21,6 22,4
21,5
-- ----------- 21,5 21,3 21,4 21,2 20,5 21,5 22 22,3
I Moyenne des
minima de
température 13,5 14,3 13,8 13.0 13,5 13 13.û 13,Y 12,9 13,l
12.6 -_<-
------ - - -
Humidité
relative
moyenne
a 13 ll . . . . 52 57 GG 71 77 SO 79 75 75 67 UG
172
~[Link].). Dans nos rocoltes, il apparaît assez souvent aux côtés d’espéces plus ou moins
étroitement rhéopbiles : S. dentzzloszzm, S. colasbelcozzri, S. damnosum, S. medusaeforme
et S. kenyae. La particulière fréquence de sa cohabitation avec S. unicornzztum est remar-
quable et déjà signalée par CROSSREY (19517) du nord de la Nigeria. Cette dcrnibre espèce,
ainsi que S. cerv~icornutum et S. aureosinzilet également fréquents dans les associations,
présentent ,des possibilités d’adaptation comparables aux siennes.
STATIONS :
(Nos récoltes ne situent jamais l’espéce dans de grandes rivières. Sauf mention
spéciale., il s’agit de ruisseaux).
Région ,de Victoria : ruisseaux près de cette ville (CROSSKEY, 1960, a) ; Muea et
Ebongo (LEWIS, 1960 et in CROSSIIEY, Zoc. cif.) ; rivière Ndongo & différents niveaux de
son [Link] (500, 50 1111; affluent de la Limbé ; Tolé (700 ml.
Région de Kumba (altitude moyenne : 150-2550 ml : Ikiliwindi (LEWIS et in CROS-
SUT, Zoc. cit.) ; Black Water River et Kumba Rive,r, petites rivières ; proxirnit& de Kumba
et ‘de Barombi-hIbo ; Banga ; Komboné.
Région de Mamfé : Akwen (100 m).
[Link] cristallin septentrional : Bafout .(1.150 m) ; vallée ,de la RIetchoum, en contre-
bas de Baka, 750 m (formes type et henrardi) et proximité de Mbakong ; Wum (1.000 m) ;
Esou, petite rivière (1.045 m) ; région de Koumfoutou et Fungom (1.200 m) ; Kaminé
(1.000-1.200 ni).
Plaine de Ndop : Baboungo, Bamessing, petites rivières (1.180 m).
Haut-pays volcanique : hsbengo (1.470 ml : Nkambé (1.300 et 1.700 tn) ; Mbwat
(1.600 rn) ; Ndou (2.000 <ni) ; Choup (1.000 m) ; Vat (1.600 ni) ; Ntoumbo (1.800 m) ;
Mélim, près Kumbo (1.800 m) ; Tabessob, torrent (1.700 m) ; Jakiri (1.700 ni) ; col de
Sabga (1.400-1.640 m).
STATIONS :
Région littorale : rivière Limbé (près de Victoria) ; Rumba River ; ruisseau à
Barombi-Mbo.
Région de MamfG : ruisseau à Xkwen ; petit torrent à proximité dc Widikoum.
(Cette for,me semble avoir une large répartition en Afrique Occi,dentale (GRENIER
et al., 1960). Connue du sud et du nord #du Nigeria (POMEROY 1922 ; CROSSKET 1960, a ;
Davms 1963), elle n’était pas citée jusqu’ici du Cameroun.
173
1.3. S. alcocki forme coalitum Pomeroy, 1922 (carte 2).
Deux nymphes rattachables G cette forme ont été récoltées dans la Kurnba River
(260 ni), en avril et en octobre. Les formes type et occidentale étaient présentes dans la
même station.
Cette forme signalée ,du Cameroun pour la première fois, est connue par ailleurs
du sud d,u Nigeria, dont provient I’holotype, du Ghana (FREEWAN et de MEILLON, 1953) et
de la Cote-d’ivoire (GRENIER et al., 19601.
174 i ’
rivières. Dans le SU.~, il semble présent toute l’année dans ses gites (janvier, avril, août,
nove,mbre). Dans le nord, nous l’avons obtenu tant en avril qu’en octobre. Espèces le
plus souvent associées dans le même gite : S. kenyae, S. unicornz~tum et S. cervicornu-
tum. S. johannae a été trouvé a deux reprises associé à S. dnmnosnm.
STATIONS :
L’espèce é,tait déjà connue de la partie méridionale du territoire (IAEWIS 1960 ;
CROSSKEP 1960, a) : rivière Limbé ; Ebongo ; RIutengéné ; Kumba et Etam.
Nous l’avons, en outre, trouv-te dans les stations suivantes :
- forme à filaments inégaux. - Région montagneuse du nor’d : petite rivière
affluent de la Metchoum (700 m) ; ruisseau torrentiel près de Mbakong 1590 m, gite à
S. damnosumi : Esou, petite rivière en savane guinéenne (1.045 m) :
- forme à filaments subégaux. - Région de Kumba (150 m) : Blaclc Water River
(gîte à S. damnosrzm) ; Réserve forestière de Barombi-Mbo, ruisseau L courant lent.
Région ‘de Mamfé : Rivière Mbassaï à Etoukou (115 m) ; petit torrent forestier près de
Noumba (400 In). - Région montagneuse du nord : Haute-vallee de In hietchoum, ruis-
seau (750 ,rn) ; Sùmonlrofé, ruisseau en forêt de montagne (2.006 m, région d’Okul.
L’espèce, .qui a en Afrique une répartition assez large est egalement connue du
Cameroun Oriental (GRENIER et RAGEAU, 1949) et .du Nigeria (CROSSKEI', 1960, c( ; DAVIES,
1963).
175
Signalée du ,Cameroun pour la première fois, cette espèce qui présente en Afrique
Centrale, Orientale et Méridionale une large répartition a ses stations de récolte les plus
occidentales dans l’ouest ,du Nigeria (CROSSKEP 1960, a). Une forme voisine a été récoltée
en Haute-Volta, ‘Cote d’ivoire et Dahomey (GRENIER et al., 19601, ,mais son appartenance
à l’espèce demeure très incertaine.
176
Dans la région mbridionale, elle semble présente toute I’annee dans ses gîtes.
Dans la région montagneuse, nous l’avons récoltée tant en avril et mai qu’en oct,obre.
$iTIONS :
L’espèce possède au Cameroun Owidental sa localité-type : Bangan, 2.200 m
(POMEROP, 1920’) ne figurant sur aucune carte, mais que l’on peut, à la suite de CROSSKEY
(1960 a), situer avec vraisemblance dans les montagnes au sud de Bamenda. Elle était
également connue .de la riviére Wendé, près ,cle [Link] (CROSSKEY, ~OC. c:it.).
[Link] la font app‘araitre, en outre, dans les localités OLI régions suivantes
(sauf ,mention spéciale, ruisseaux et petites rivières).
Régio,n de Victoria : Tolé (700 m).
Région de Kumba : Kumba River (rare).
Région de Mamfé : Achoum (190 ni), Mamfé, grande rivière (65 m) ; région entre
E~QU~<OU et Noumba ; torrent près de Widikoum (800 mj.
Haut-plateau granitique : Région de Bamenda (1.100 m et 1.400 m) : ri?. Mésam ;
Bafout ; Bafreng ; environ de Bambui et Babanki. Riv. Metchoum (grande rivière) et
affluent ; Esou (,1.045 m) ; région du Koumfoutou ; riv. Mboum (650 m) ; Mésagé ;
Kaminé (env. 1.000 m).
Haut-pays volcanique (1.100 in-2.300 m) : Mbengo ; Belo et torrent Mougom ;
Kouk ; riv. Mentar ; Njinikom ; Nkambe ; Binka ; Yamba : Mbwat ; Choup ; torrent
Mbem ; Ntoumbo ; Nsop ; Kiliwoum ; Kumbo, torrent Wi ; Tadoup ; Tabessob ; Simon-
bofé ; Oku, torrent Mi ; Massif d’Oku (2.300 ni) ; Nkar ; .I’akiri ; col de Sabga ; réserve
forestière de Bafout-Nguemba ; environs de Santa.
Haute-vallée du Noun (1.100-1.200 m) : Babungo ; Bamessing.
L’espèce, dont la répartition est du type pan-éthiopien, est également [Link]
du Cameroun Oriental (GRENIER, MOUCHET, RAGEAU et ADAM] et du Nigeria (CRO%I~E~, Zoc.
cit.).
1.77
Haut-plateau volcanique (1.100-1.470 ml : Kouk ; Mhengo ; région de Nkambé ;
Chup ; Nsop. Ml
Haute-vallée du Noun (1.100-1.200 m) : Baboungo, Bamessing. L’espéce est &ga-
lement connue du Cameroun Oriental (GRENIER et RAGEAU) et du Nigeria (CROSSKEY Zoc.
cif.).
STATION~ :
Région méridionale : l’espèce est connue de Far in Forest, Ebongo, Ikiliwindi
et Etam (~LEWIS, 1960 et in CROSSKE~, 1960, a). Nous l’avons récoltée dans les 1,ocalités
suivantes : Kumba et Barombi-Mbo ; Kumba River ; ruisseaux de la région de Mbanga ;
Akwen, région de Mamfé.
Ré,gion septentrionale : Haute-vallée de la Metchoum. ruisseau en contrebas
de Baka (750 m).
Cette forme est également connue du Cameroun Oriental (GRENIER et RAGEA~)
et du Nigeria, OY elle a sa localité de descripti,on.
STATIONS :
L’espèce possède au Cameroun Occidental sa localité-type : Baliben, près de
Bamenda. Elle est! en outre, signalée des riviéres N’sonnê: et Wendé, près de Victoria
~CROSSKEP, Zoc. cit.) et des berges du Mungo près de Kumba (DUKE, Zoc. cit., images seu-
lement).
17s
Nos stations de ré.colte se situent comme suit :
Haut-plateau granitique (1.000-1.200 m) : région de Bambui et Babanki (cas-
cade) ; Haute-vallée de la Metchoum, ruisseau ; \Vum ; région de K,oumfoutou.
Haut-pays volcanique (1.400-2.300 m) : Binka ; Mbtvat ; Rom ; Kiliwoum ;
Melim ; Tadoup ; Nkar ; Jakiri ; Tabessob, ruisseau et torrent ; Simonkofë ; Oku ; massif
d’Oku (2.300 m, associé A S. cervicornutum) ; c.01 de Sabga ; réserve forestière de Bafout-
Nguemba ; piste de Santa Coffee Estate ; Bégangou ; Santa.
14. Shnulium berneri kumboense Grenier, Germain et Mouchet, 1965 (carte 9).
Cette simulie, dont les stades préimaginaux, comme chez les autres formes de
l’espèce, sont inféodés à :des larves-nymphes d’éphémères * appartenant au genre Ehso-
neuria Eaton (Oligoneuridae), a été décrite du torrent de Tabessob, dans le haut-pays
volcanique, et n’est connue que de trois autres stations du voisinage, toutes situées entre
1.700 et 2.000 m : Oku ; torrent Mi, près ,de cette localité, et torrent Ewok, dans le massif
montagneux voisin. Les modalités de sa fixation SUI I’épl$mère ont étP étudiées par
GERMAIN, GRENIER et MOUCHET (19671.
l A propos de ces espéces inféodées à des arthropodes aquatiques, nous citerons S. ouazzne Grenier
et Mouchet, 1959 non signalée jusqu’ici du Cameroun Occidental, mais qui a été récoltée sur crabe
Pofamonaufes chaperi, à moins de 15 km des limites de ce territoire : haute-vallée ~II hnun, Uamind.
jing, 1.300 m (GRENIER et al., 1961). II est probable qu’elle appartient également à la faune des régions
montagneuses qui nous intéresse.
179
15. Shnnlinm rickenbachi Germain, Grenier et Monchet, 1966 (carte 9).
Cette espèce, voisine de S. copleyi, n’est connue que de la série type provenant du
même torrent de Tabessob. Elle est également inf&odée à des éphémères qui appartiennent
21~1genre A fronzzrus, Lestage (Meptageniidae).
STATIONS :
L’espèce n’était [Link] que de la station-type ‘de S. gilvipes POMEROT, 1920 :
Bangan, 2.200 m (sur cette localith, voir plus haut au sujet de S. cervicornutzzm).
Lieux de nos rkoltes (toujours dans des ruisseaux) :
Haut-pays volcanique : Binlta (1.650 m) ; Vat (1.600 m) ; Ntonmbo (1.800 m) ;
Simonkofé (2.000 mj ; forét d’OItu (2.000 m), cascade ; col de Szbga (2.000 rn.1, réserve
forestière de Bafout-Nguemba (1.700 ni), cascade ; Santa CofYee Estate (1.650 m) ; piste
de cette ,dernière localité à Bali-Bagham (1.200 mj, [Link] ; région de Santa.
L’espèce est connue du Cameroun Oriental, et notamment du massif limitrophe
des Bambouto et du plateau BamilélG (GRENIER et al., 1961). Elle n’est pas citée du Nigéria.
‘ Cette espèce, qui n’avait jamais été semble-t-il trouvée jusqu’ici ailkurs qu’au Kivu et Ituri, avait
cependant étt. déterminée par l’un de nous (P.G.I (d’aprés une seule nymphe) dans les récoltes effectuées
par M. OVAZZAau Moyen Congo (juillet 1949), à Bobo Sangho dans la rivière Loutete. Cet exemplaire
unique était accompagné par S. zznirornufum, dans un bras mort du cours d’eau, oh le courant était
particuliérement lent.
180
STATIONS :
Région de Kumba (200-250 m) : Ikiliwindi, ruisseau rapide (LEWIS, LSBO et in
CROSSREP, ~OC. cif.) ; gorges de Kalté ; réserve forestière de Barombi-ilIbo, associé A
S. colasbelcouri.
Haute-vallée ,de la Metchoum : ruisseau en contrebas de Baka (750 m), également
associée à S. colasbelcouri.
20.2. Simuliam colnsbelcoari, Grenier et Ovazza, 1951 ; forme décrite de la Nigeria par
Crosskey (1957) (carte 7).
Cette forme semble cantonnte dans la régi031 montagneuse du nord hors de
laquelle nous ne l’avons jamais rencontrte. Cette partie du Cameroun Occidental est
d’ailleurs limitrophe des Obudu Hills nigériennes dont elle a été dkrite. Ses gites parais-
sent plus densément distribués que ne le sont. dans la moitié méri,dionale du territoire,
ceux de la forme-type. Ce fait s’expIiquc peut-ètre par des exigences écologiques moins
ctroi tes. Loin de montrer une prédilection quasi-exclusive pour les petites cascades, cette
forme apparait dans des habitats plus divers : cascades, mais aussi sections à caractère
torrentueux de cours d’eau d’importance variable. Elle montre la méme tendance que la
forme-type à s’agglomérer en nappe sur des supports divers (mintraux et végétaux). Espé-
ces le plus souvent associées : S. cervicornrrtnm, S. kengac, S. auroesimile. Récoltée tant
en avril qu’en oct,obre.
STATIONS :
Haut-plateau granitique : Rivière &lésam, if Bamenda (1.200 m), espkce domi-
nante.
Haut-pays volcanique : Mbwat (1.600 m) ; torrent Mbem (1.800 m) esp&e domi-
nante.
Haute-vallée du Noun : Rkière Nkun, région de Bangola (env. 1.300 m), domi-
nante.
182
Cette espèce est également ,[Link] du nord du Cameroun Oriental à des altitudes
bien inférieures ,(GRENIER et nl., 1961). Elle n’était pas signalée jusqu’ici du Cameroun
Occidental. ou ses stations constituent les plus occidentales connues pour l’espèce.
STI~TTONS :
R&$on InCridionale : Des gites pré-imaginaux sont connus des rivières : Cross,
Etain, Ng&i, Moungo, Mémé et Limbé (CROSSKEY, 1960 a, DURE et LEWIS, informateurs).
Captures ,d’adultes : Padouma, Haï, Bimbia. Bombé, Bonjongo, Buta, rivière Etam, Kake,
Kumba, rivière Limbb, Lobe, bIamfé, hIan’o War Bay, Manyemen, rivière Mémé, MukonIé.
rivière Noungo. Mutengéné, Ngusi ferry, Tilto, Tinto, Tombel, Victoria (mêmes auteurs).
Nous signalons, en outre, S. dnmnosnrn (@tes pré-imaginaux) des stations suiran-
tes : région de Virforia : rivière Ndongo (partie inférieure du [Link], prts de Likomba~ ;
rivière Bénoé ; riyière ,Ombé et affluent. Région de Kumbn : RIa& Watrr River ; Kumb:l
River ; gorges de ltnké (gite remarquable .* section rapi’de sur le cnurs supCrieur d’un rnis-
seau forestier, déversoir d’un lac. de cratére, en association avec S. kenyne, juin 1965).
Région de Mam fP“: rivière entre hlfaitolc 1 et II (piste Mamfé-Kumba. km. ,591.
Région montagneuse septentrionale :
Riviére Katsina Ala (Kimbi) près de Mashi (CROSSKEY et al., Zoc. cit.). A Wum
(1.000 m) des femelles se présentent pour piquer sur les berges du lac de cratère (gites
larvaires vainement recherchés). Femelles piquant sur les bords de la rivière Metchoum,
près ,de Bbfang (550 m) ; au niveau des ponts sur In rivière Kimbi et l’un de ses affluents
(km. 46 ,de Wum) sur la route de Wum à Nkambé (SS5 et 778 ml ; sur les berges de la
rivière hiboum (700 m) ; sur celles de la riviére Mbem (1.000 m), près de Chup. Gites lar-
[Link] : petite riviére affluent de la Metchoum, prés de Mbaltang (SS0 m) : rivière hIboum
(700 m).
L’espèce la plus souvent associée à S. damnosam dans ces @tes est S. krnyae.
183
CARTE W 2 : DISTRIBUTION , AU CAMEROUN OCCIDENTAL > DES ESPÈCES: CARTE Na 3 : DISTRIBUTION, AU CAMEROUN OCCIDENTAL, DES ESPECES:
ORIENTAL
c-
:
=
i Z””
I
CARTE N’ 5 : DISTRIBU?ION , AU CAMEROUN OCCIDENTAL, DES ESPÈCES:
CARTE N’ 4 : DISTRIBUTION , AU CAMEROUN OCCIDENTAL > DES ESPECES :
KIENTAL
ORIENTA.
Les données que nous venons de rassembler, sur la faune simuliclienne du Came-
roun [Link], montrent que les espèces y occupent des aires géographiques trés varia-
bles dans leur étendue et leur caractère. On peut se demander quels sont les facteurs
susceptibles d’expliquer de telles différenws.
CROSSKET (1957), commentant la répartition des simulies dans le nord de la
Nigeria, souligne le rôle, quasi exclusif selon lui, qu’y jouent la nature et la morphologie
du terrain. La présence d’un socle pré-cambrien ou de toute formation gGologique, dont
le mo,delé est propice & l’établissement de forts courants d’eau, constitue le facteur favo-
risant essentiel. Le profil plus égal des bassins s&dimentaires est, inversement, le facteur
limitatif dont il convient surtout de retenir l’importance. La composition et la richesse
des faunes dépend avant tout de Ia prévalence de l’un ou I’autre de ces faciès. Les
influences climatiques n’affectent sérieusement la répartition des espèces que par les
limites qu’elles leur imposent aux approches de la zone sub-désertique. Partout aiHeurs,
la latitude, l’altitude et les économies végétales qui les expriment n’ont qu’une incidence
des plus modestes : e The type of botanical association, even the marked separation of
forest from Savannah seems to hare no significance as for as Simuliidae are concerned ».
Au Cameroun Owidental, cette prkéminence accor,dée par CROSSKEY à la nature
et au modelé du substrat minéral ne peut 6tre retenue. 11 ne nous parait pas que la nature
plus ou moins [Link]ée du milieu puisse suffire A y expliquer les modalitts de la
distribution, sinon, pour [Link] espèce, au niveau de ,détail que constitue le [Link] de ses
gites, ,dans une région où d’autres [Link] dbterminent vraisemblablement sa présence.
Les faciès pré-rambrien et éruptifs, tgalement favorables, sont en effet universellement
représentés dans ce pays. On y relève, par contre, dans des biotopes ,morphologiquement
semblables, l’existence d’association d’espèces settement différentes d’une contrée 2 l’au-
tre. C’est ainsi, par exemple, que chacune des deux grandes régions naturelles possède
sa faune adaptée aux cascades : S. loutetense et S. colasbelcortri dans les pénéplaines du
sud et S. dentulosum, S. berglzei et S. colasbelcoari f. nigérienne, dans les montagnes du
nord.
On peut ,de même remarquer que l’extension de S. darnnoszrrn semble limitée en
altitude par d’autres facteurs que ceux qui ressortissent a% seul modelé, puisque les peti-
tes rivières accidentées de rapides qui lui sont favorables dans le snd, existent également
et en grand nombre ,dans le haut-pays volcanique dont elle parait pourtant ahsente.
Nous [Link] un cas dans lequel la nature du terrain semble avoir sur la distri-
bution une influence décisive. II s’agit du MontXkneroun. Ce volcan, dont nous avons à
deux reprises visité infructueusement les pentes forestières (en avril et mai, donc à des
époques où la pluviosité atteint dans cette région un niveau ,déjà très élevé), semble très
mal se In+ter au peuplement simulidien. Revêtu, bien qu’ancien, d’un matériel éruptif
plus ré[Link] (GEZE, 19431, il présente les caractéristiques propres A tous les faciès volcani-
ques jeunes : ruissellement pauvre en raison ,de la porosité du substrat, koulements
clairsemés et intermittents. Il serait intéressant t,outef,ois de prospecter ses flancs à l’acmé
de la saison pluvieuse. De toute facon, nous inclinons à penser que si la nature du sol,
sur cette montagne culminant à <plus de 4.000 m, avait été autre, sa faune n’eut pas man-
qué d’être largement ,diB’érente de celle cles plaines qui l’entourent pour des raisons
d’ordre essentiellement climatiques.
Nous discernons en effet, au Cameroun Occidental, une nette zonafion verticale
de la faune. En ,dehors de quelques espkces manifestant une remarquable ubiquité et
dont S. alcocki et S. cervicornrrtrrm sont les meilleurs exemples, In plupart des formes
n’apparaissent que ,dans des limites d’altitude assez bien ,définies et le caractère vertical
de cette zonation est d’autant plus marqué que le pays s’étend sous un intervalle de lati-
tude relativement faible, ne réservant de place que sur sa marge septentrionale la plus
extrême à des influences soudano-guinéennes.
L’ensemble ,des éléments de la faune (voir tableau 3) peut se .distribuer dans les
trois classes suivantes :
s. adrrsi
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5. iohonnae
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S. barnrri L,umboenre
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