Gestion des risques climatiques en finance
Gestion des risques climatiques en finance
liés au climat et à
l’environnement
Attentes prudentielles en matière de
gestion et de déclaration des risques
Novembre 2020
Sommaire
1 Introduction 3
2 Portée et application 6
3.1 Définitions 11
Références 57
La transition vers une économie sobre en carbone et plus circulaire recouvre aussi
bien des risques que des opportunités pour l’économie et les établissements
financiers 2, tandis que les dommages physiques causés par le changement
climatique et la dégradation de l’environnement peuvent avoir une incidence
importante sur l’économie réelle et le système financier. Pour la deuxième année
consécutive, la Banque centrale européenne (BCE), a reconnu dans la cartographie
des risques du MSU (mécanisme de surveillance prudentielle) que les risques
climatiques constituaient un des principaux facteurs de risque pour les banques de la
zone euro. La BCE considère que les établissements de crédit devraient adopter une
approche stratégique, globale et prospective en matière de risques liés au climat et à
l’environnement.
La BCE suit attentivement les évolutions susceptibles d’avoir des répercussions sur
les établissements de la zone euro. Le plan d’action de la Commission sur le
financement de la croissance durable vise à réorienter les flux de capitaux vers des
investissements durables, intégrer la durabilité dans la gestion des risques et favoriser
la transparence et une vision de long terme. En ce qui concerne le secteur bancaire,
plusieurs mandats ont été confiés à l’Autorité bancaire européenne (ABE) pour qu’elle
évalue comment les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG)
pouvaient être pris en compte dans les trois piliers de la surveillance prudentielle. À ce
titre, elle a publié un plan d’action sur la finance durable et une note de discussion
relative à l’intégration des risques ESG dans le cadre réglementaire et de surveillance.
Le présent guide expose comment la BCE conçoit une gestion sûre et prudente des
risques liés au climat et à l’environnement dans le cadre prudentiel actuel. Il explique
la façon dont la BCE entend que les établissements de crédit considèrent ces risques
(en tant que facteurs à l’origine des catégories de risques existantes) lorsqu’ils
formulent et mettent en œuvre leur stratégie ainsi que leurs dispositifs de
gouvernance et de gestion des risques. Il indique également que la BCE attend des
1
Suite à l’évaluation mondiale réalisée par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique
sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on
Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES), d’autres accords internationaux sont attendus, dans le
cadre de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, dans le but de promouvoir
l’utilisation durable des écosystèmes et de réduire les causes de la perte de biodiversité.
2
Cf., par exemple, Financial Stability Review, BCE, mai 2019 (en anglais uniquement).
Encadré 1
Vue d’ensemble des attentes prudentielles de la BCE
1. Il est attendu des établissements de crédit qu’ils comprennent l’incidence, à court, moyen et
long terme, des risques liés au climat et à l’environnement sur l’environnement économique
dans lequel ils exercent leurs activités, afin d’être en mesure de prendre leurs décisions
stratégiques et opérationnelles en toute connaissance de cause.
3. Il est attendu de l’organe de direction qu’il tienne compte des risques liés au climat et à
l’environnement lorsqu’il définit la stratégie opérationnelle globale de l’établissement, ses
objectifs opérationnels et son dispositif de gestion des risques, et qu’il assure une surveillance
efficace de ces risques.
4. Il est attendu des établissements qu’ils incluent explicitement les risques liés au climat et à
l’environnement dans leur cadre d’appétence pour le risque.
5. Il est attendu des établissements qu’ils répartissent les responsabilités en matière de gestion
des risques liés au climat et à l’environnement au sein de leur structure organisationnelle
conformément au modèle des trois lignes de défense.
6. Aux fins des rapports internes, il est attendu des établissements qu’ils déclarent des données
agrégées sur le risque reflétant leur exposition aux risques liés au climat et à l’environnement,
afin de permettre à l’organe de direction et aux sous-comités concernés de prendre leurs
décisions en toute connaissance de cause.
7. Il est attendu des établissements qu’ils intègrent les risques liés au climat et à l’environnement
dans leur cadre de gestion des risques existant, comme des facteurs à l’origine des catégories
de risques existantes, afin de les gérer, de les suivre et de les atténuer sur une période
suffisamment longue, et leurs dispositifs devraient être réexaminés régulièrement. Les
établissements devraient inscrire la détection et la quantification de ces risques dans leur
processus global visant à assurer l’adéquation des fonds propres.
9. Il est attendu des établissements qu’ils examinent comment les événements climatiques et
environnementaux pourraient avoir une incidence défavorable sur la continuité de leurs activités
et dans quelle mesure la nature de leurs activités pourrait accroître les risques de réputation
et/ou de responsabilité.
10. Il est attendu des établissements qu’ils suivent en permanence les effets des facteurs liés au
climat et à l’environnement sur leur exposition actuelle au risque de marché et sur leurs
placements futurs, et qu’ils mettent au point des tests de résistance incorporant les risques
climatiques et environnementaux.
11. Il est attendu des établissements présentant des risques significatifs liés au climat et à
l’environnement qu’ils évaluent l’adéquation de leurs tests de résistance en vue de leur
intégration dans les scénarios de référence et les scénarios adverses.
12. Il est attendu des établissements qu’ils évaluent si des risques significatifs liés au climat et à
l’environnement pourraient entraîner des sorties nettes de trésorerie ou une diminution de leurs
coussins de liquidité et, le cas échéant, qu’ils incluent ces facteurs dans leur cadre de gestion du
risque de liquidité et leur calibrage des coussins de liquidité.
13. Aux fins des déclarations réglementaires, il est attendu des établissements qu’ils publient des
informations utiles et des indicateurs-clés sur les risques liés au climat et à l’environnement
qu’ils estiment significatifs, en tenant dûment compte de la communication de la Commission
européenne intitulée « Lignes directrices sur l’information non financière : Supplément relatif
aux informations en rapport avec le climat (2019/C 209/01) ».
Il est attendu des établissements importants qu’ils utilisent ce guide en tenant compte
du caractère significatif de leur exposition aux risques liés au climat et à
l’environnement. Aux fins du présent guide, le caractère significatif doit être considéré
à la lumière des dispositions applicables de la CRD et du CRR 7. Il convient de
remarquer que l’évaluation du caractère significatif est propre à chaque établissement
puisqu’elle tient compte des spécificités de son modèle d’activité, de son
environnement opérationnel et de son profil de risque. En fonction de ces trois
éléments, un établissement, indépendamment de sa taille, pourrait se concentrer sur
un marché, un secteur ou une zone géographique exposé à des risques physique et
de transition significatifs, ce qui le rendrait extrêmement vulnérable aux effets du
3
Cela signifie, en pratique, que le présent guide n’entend pas imposer des exigences d’audit
supplémentaires.
4
Cf. Guide de la BCE relatif au processus interne d’évaluation de l’adéquation du capital (ICAAP), BCE,
2018. Le présent guide précise en outre comment les particularités des risques liés au climat et à
l’environnement devraient être prises en compte dans la gestion des risques pesant sur les fonds
propres.
5
Directive 2013/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant l’accès à
l’activité des établissements de crédit et la surveillance prudentielle des établissements de crédit et des
entreprises d’investissement, modifiant la directive 2002/87/CE et abrogeant les directives 2006/48/CE
et 2006/49/CE (JO L 176, 27.6.2013, p. 338).
6
Règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les
exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement et
modifiant le règlement (UE) no 648/2012 (JO L 176 du 27.6.2013, p. 1).
7
Cf. également chapitres 6 et 7 du présent guide.
Il convient de noter que les exemples de pratiques observées décrites dans les
encadrés sont fournis uniquement à titre d’illustrations. Ces pratiques ne sont pas
nécessairement à reproduire et ne remplissent pas nécessairement toutes les
attentes prudentielles.
8
Cf. Guide for Supervisors: Integrating climate-related and environmental risks in prudential supervision
(guide à l’intention des autorités prudentielles : intégrer les risques climatiques et environnementaux à la
surveillance prudentielle, en anglais uniquement), document technique, NGFS, mai 2020.
9
Cf., par exemple, Guidance Notice on Dealing with Sustainability Risks (note d’orientation sur le
traitement des risques en matière de durabilité, en anglais et allemand uniquement), Office fédéral
allemand de contrôle des services financiers (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht, BaFin),
2019 ; Integration of climate-related risk considerations into banks’ risk management (bonne
pratique intégration des considérations de risque climatique dans la gestion des risques des
établissements de crédit, en anglais uniquement), Banque des Pays-Bas, 2020 ; et Guide for Handling
Sustainability Risks (guide de la gestion des risques en matière de durabilité, en anglais et allemand
uniquement), document de consultation, Autorité autrichienne de contrôle des marchés financiers
(Finanzmarktaufsichtsbehörde, FMA), 2020.
• L’article 74, paragraphe 2, de la CRD stipule que « les dispositifs, les processus
et les mécanismes visés au paragraphe 1 sont exhaustifs et adaptés à la nature,
à l’échelle et à la complexité des risques inhérents au modèle d’entreprise et aux
activités de l’établissement. Il est tenu compte des critères techniques définis aux
articles 76 à 95 ».
• L’article 76, paragraphe 1, de la CRD exige que « les États membres veillent à ce
que l’organe de direction approuve et revoie régulièrement les stratégies et
politiques régissant la prise, la gestion, le suivi et l’atténuation des risques
auxquels l’établissement est ou pourrait être exposé, y compris les risques
générés par l’environnement macroéconomique dans lequel il opère, eu égard à
l’état du cycle économique ».
3.1 Définitions
Le changement climatique et la dégradation de l’environnement sont sources de
changements structurels qui peuvent avoir une influence sur l’activité économique et,
par suite, sur le système financier. Les risques liés au climat et à l’environnement sont
communément considérés comme comprenant deux principaux facteurs de risque.
10
Cf. Guide for Supervisors: Integrating climate-related and environmental risks in prudential supervision
(guide à l’intention des autorités prudentielles : intégrer les risques climatiques et environnementaux à la
surveillance prudentielle, en anglais uniquement), document technique, NGFS, mai 2020.
11
Cf. Values at risk? Sustainability risks and goals in the Dutch financial sector (valeurs en risque ?
Risques et objectifs en matière de durabilité dans le secteur financier néerlandais, en anglais
uniquement), Banque des Pays-Bas, 2019 ; Indebted to nature: exploring biodiversity risks for the Dutch
financial sector (une dette envers la nature : étude des risques de perte de biodiversité pour le secteur
financier néerlandais, en anglais uniquement), Banque des Pays-Bas, juin 2020 ; et Guide for
supervisors: Integrating climate-related and environmental risks in prudential supervision (guide à
l’intention des autorités prudentielles : intégrer les risques climatiques et environnementaux à la
surveillance prudentielle, en anglais uniquement), document technique, NGFS, mai 2020
Ces risques pèsent aussi sur la capacité de résistance du modèle opérationnel des
établissements à moyen-long terme, surtout lorsque le modèle est centré sur des
secteurs et des marchés particulièrement vulnérables aux risques liés au climat et à
l’environnement. Les risques physiques et de transition peuvent également provoquer
d’autres pertes, découlant, directement ou indirectement, de recours juridiques (ce
qu’on appelle couramment le « risque de responsabilité » 13) et de pertes de réputation
résultant du fait que le public, les contreparties et/ou les investisseurs de
l’établissement associent la banque à des effets négatifs sur l’environnement
(« risque de réputation »).
12
Si le changement climatique et la dégradation de l’environnement peuvent donner naissance à un risque
microprudentiel aussi bien que macroprudentiel, il convient de noter que le présent guide est élaboré par
la BCE dans le contexte de la mission qui lui est conférée par le règlement pertinent du MSU et que, de
ce fait, il se limite au risque microprudentiel.
13
Outre les poursuites à l’encontre de l’établissement (risque de responsabilité, cf. attente 9 relative à la
gestion du risque opérationnel), ses contreparties peuvent également faire face à des risques juridiques
résultant de facteurs climatiques et environnementaux qui, à leur tour, peuvent aggraver le risque de
crédit de l’établissement (cf. attente 8 concernant la gestion du risque de crédit).
14
Cf. Un appel à l’action. Le changement climatique comme source de risque financier, NGFS, 2019 ; et
Too late, too sudden: Transition to a low-carbon economy and systemic risk (trop tard, trop brutalement :
transition vers une économie sobre en carbone et risque systémique, en anglais uniquement), Comité
européen du risque systémique (CERS), 2016.
Tableau 1
Exemples de facteurs de risques liés au climat et à l’environnement
Risque physique Risque de transition
Risque de crédit La probabilité de défaut (PD) et la perte en cas de Les normes d’efficacité énergétique sont susceptibles
défaut (loss given default, LGD) dans les secteurs et d’entraîner d’importants coûts d’adaptation et
zones géographiques vulnérables au risque physique d’entamer la rentabilité des entreprises, ce qui peut
peuvent être influencées, par exemple par le biais faire augmenter la PD et baisser la valeur des
d’une diminution des valorisations des sûretés dans garanties.
les portefeuilles immobiliers due à une hausse du
risque d’inondation.
Risque de marché Des événements physiques graves peuvent Les facteurs du risque de transition peuvent être à
provoquer des revirements des anticipations des l’origine d’une brusque revalorisation des titres et des
marchés qui se traduiraient par de soudaines produits dérivés, par exemple les produits associés
revalorisations, un regain de volatilité et des aux secteurs touchés par ce qu’on appelle
moins-values sur actifs sur certaines places. « l’échouement des actifs » (asset stranding).
Risque Les activités d’une banque peuvent être perturbées Un revirement du sentiment des consommateurs
opérationnel par des dommages physiques causés à ses biens relatif aux questions climatiques peut entraîner des
immobiliers, ses filiales et ses centres de données par risques d’atteinte à la réputation et de responsabilité
suite d’événements climatiques extrêmes. en raison des scandales suscités par le financement
d’activités controversées d’un point de vue
environnemental.
Autres types de Le risque de liquidité peut être influencé dans le cas Les facteurs du risque de transition peuvent influencer
risques (risque de où des clients effectuent des retraits sur leur compte la viabilité de certaines lignes métier et entraîner un
liquidité, risque lié pour financer les réparations des dommages. risque stratégique pour certains modèles
au modèle commerciaux si l’adaptation ou la diversification
d’activité) nécessaires n’ont pas lieu. Une revalorisation brutale
des titres (due, par exemple, à l’échouement des
actifs) peut réduire la valeur des actifs liquides de
haute qualité détenus par les banques et, de ce fait,
peser sur les coussins de liquidité.
Source : BCE.
15
Cf. Technical supplement to the first NGFS comprehensive report (supplément technique au premier
rapport complet du NGFS, en anglais uniquement), NGFS, 2019 ; et Long-Term Macroeconomic Effects
of Climate Change: A Cross-Country Analysis (effets macroéconomiques à long terme du changement
climatique : analyse comparative entre pays, en anglais uniquement), IMF Working Papers, Fonds
monétaire international (FMI), 2019.
Les risques liés au climat et à l’environnement ont des caractéristiques distinctives qui
méritent une attention particulière de la part des autorités prudentielles et des
établissements, par exemple leurs effets considérables en termes de portée et
d’ampleur, un horizon temporel incertain et plus long, ainsi que leur dépendance d’une
action à court terme 21.
16
Environ un cinquième des expositions évaluées des établissements financiers néerlandais sur actions et
obligations sont des expositions vis-à-vis de régions en situation de stress hydrique extrême. Cf. Values
at risk? Sustainability risks and goals in the Dutch financial sector (valeurs en risque ? Risques et
objectifs en matière de durabilité dans le secteur financier néerlandais, en anglais uniquement), Banque
des Pays-Bas, 2019. Quelque 8,8 % des expositions sur prêts hypothécaires se situent dans des zones
inondables d’une autre juridiction. Cf. Transition in thinking: The impact of climate change on the UK
banking sector (réflexion en transition : incidence du changement climatique sur le secteur bancaire du
Royaume-Uni, en anglais uniquement), Autorité de réglementation prudentielle du Royaume-Uni,
Banque d’Angleterre, 2018.
17
Ainsi, le CERS (2016) constate que l’exposition des établissements financiers européens (notamment
les banques, les fonds de pension et les sociétés d’assurance) envers les entreprises utilisant des
combustibles fossiles est supérieure à 1 000 milliards d’euros et estime les pertes potentielles à
350-400 milliards d’euros, même dans le scénario d’une transition ordonnée. Les pertes sur actifs
échoués pourraient s’élever à 6 000 milliards de dollars pour l’UE-28 dans le scénario d’une action
retardée des autorités (IRENA, 2017). Une étude de la BCE portant sur un échantillon de 720 milliards
d’euros conclut que 15 % des expositions sont sur les entreprises présentant la plus forte intensité
carbone (BCE, 2019). Selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, 2019), les
expositions des grands groupes bancaires français sur les secteurs présentant la plus forte intensité en
carbone s’élevaient à 12,7 % du total des expositions. Aux Pays-Bas, un test de résistance sur le risque
de transition a montré que le ratio CET1 du secteur bancaire pourrait diminuer de plus de 4 % dans un
scénario de transition grave mais plausible (Banque des Pays-Bas, 2018).
18
Cf. par exemple, Le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques.
Résumé à l’intention des décideurs , Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la
biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity
and Ecosystem Services, IPBES) 2019.
19
Cf. Values at risk? Sustainability risks and goals in the Dutch financial sector (valeurs en risque ?
Risques et objectifs en matière de durabilité dans le secteur financier néerlandais, en anglais
uniquement), Banque des Pays-Bas, 2019.
20
Cf. Guide for Supervisors: Integrating climate-related and environmental risks in prudential supervision
(guide à l’intention des autorités prudentielles : intégrer les risques climatiques et environnementaux à la
surveillance prudentielle), document technique, NGFS, mai 2020.
21
Cf. Un appel à l’action. Le changement climatique comme source de risque financier, Premier rapport
complet, NGFS, 2019.
22
Cf., par exemple, In-depth analysis in support of the Commission communication COM (2018) 773
(analyse détaillée à l’appui de la communication COM(2018) 773 de la Commission, en anglais
uniquement), Commission européenne, 2018.
23
Cf. Guide for Supervisors: Integrating climate-related and environmental risks in prudential supervision
(guide à l’intention des autorités prudentielles : intégrer les risques climatiques et environnementaux à la
surveillance prudentielle), document technique, NGFS, mai 2020.
24
Cf. Climate change, impacts and vulnerability in Europe 2012: An indicator-based report (changement
climatique, effets et vulnérabilité en Europe en 2012 : rapport reposant sur des indicateurs, en anglais
uniquement), AEE, 2012.
25
Cf. cartographie des risques réalisée par le MSU pour 2020, BCE 2019.
26
Cf. EBA report on undue short-term pressure from the financial sector on corporations (rapport de l’ABE
sur des pressions à court terme indues exercées par le secteur financier sur les entreprises, en anglais
uniquement), ABE, 2019 ; Waterproof? An exploration of climate-related risks for the Dutch financial
sector (Exploration des risques climatiques dans le secteur financier néerlandais, en anglais
uniquement), Banque des Pays-Bas, 2017 ; et French banking groups facing climate change-related
risks (Les groupes bancaires français face aux risques liés au changement climatique, en anglais
uniquement), Analyses et synthèses, ACPR, 2019. Les rapports soulignent par ailleurs que, même si la
durée moyenne des crédits est limitée, les établissements accordent également des concours qui sont
généralement renouvelés ou prolongés au-delà de la période de prêt initiale, les rendant potentiellement
particulièrement vulnérables aux risques de long terme tels que les risques liés au climat et à
l’environnement.
27
Les établissements constituant l’échantillon représentent environ 44 % du total des actifs des banques
de la zone euro.
28
Il faut entendre des politiques intégrant l’effet des facteurs environnementaux, sociaux et de
gouvernance.
Comme précisé dans les orientations de l’ABE sur la gouvernance interne 29, les
articles 73 et 74, paragraphe 1, de la CRD exigent des établissements de crédit la
mise en œuvre de dispositifs, processus et mécanismes de gouvernance interne afin
d’assurer une gestion efficace et prudente de chacun d’entre eux. À cet égard, il est
important que les établissements reconnaissent, évaluent et suivent l’incidence
actuelle et prospective des facteurs climatiques et environnementaux sur leur
environnement économique et qu’ils assurent la durabilité et la capacité de résistance
de leur modèle opérationnel à l’avenir.
Attente 1
Il est attendu des établissements de crédit qu’ils comprennent l’incidence, à court,
moyen et long terme, des risques liés au climat et à l’environnement sur leur
environnement économique afin d’être en mesure de prendre leurs décisions
stratégiques et opérationnelles en toute connaissance de cause.
Comme indiqué dans les orientations de l’ABE, les établissements doivent cerner,
évaluer et suivre l’environnement économique dans lequel ils opèrent, celui-ci
fournissant des données essentielles pour l’évaluation des risques et événements
susceptibles de les affecter 30. Il est demandé aux établissements de rendre compte
des facteurs importants ayant une influence sur leur environnement économique.
Celui-ci comprend un large éventail de facteurs et tendances externes qui influencent
les conditions économiques dans lesquelles un établissement exerce, ou est
susceptible d’exercer, son activité sur la base de ses expositions géographiques et
économiques principales ou significatives 31, par exemple les variables
macroéconomiques, le cadre concurrentiel, les politiques et réglementations, la
technologie, les évolutions sociétales/démographiques et les tendances
géopolitiques 32. Or, les risques climatiques et environnementaux peuvent avoir une
incidence sur tous ces domaines.
29
Cf. orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
30
Cf. paragraphe 30 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
31
Cf. paragraphe 64 des orientations révisées de l’ABE sur les procédures et les méthodologies
communes pour le processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (SREP) et les test de résistance
prudentiels (ABE/GL/2014/13).
32
Cf. paragraphe 65 des orientations révisées de l’ABE sur les procédures et les méthodologies
communes pour le processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (SREP) et les test de résistance
prudentiels (ABE/GL/2014/13).
Attente 1.2 Il est attendu des établissements qu’ils comprennent comment les risques liés
au climat et à l’environnement influencent, à court, moyen et long terme, le
cadre dans lequel ils mènent leurs activités, pour alimenter leur processus de
stratégie opérationnelle. La façon dont les établissements réagissent
stratégiquement aux modifications apportées à leur environnement économique par
les risques liés au climat et à l’environnement aura une incidence sur la capacité de
résistance de leur modèle opérationnel dans le temps. C’est pourquoi il est attendu
qu’ils examinent explicitement les changements auxquels les facteurs climatiques et
environnementaux soumettent leur cadre macroéconomique et réglementaire ainsi
33
Cf. aussi paragraphes 59 et 60, principe 4, du guide ICAAP de la BCE.
34
Cf. Indebted to nature: exploring biodiversity risks for the Dutch financial sector (une dette envers la
nature : étude des risques de perte de biodiversité pour le secteur financier néerlandais, en anglais
uniquement), Banque des Pays-Bas, juin 2020.
35
Cf. aussi principe 4 du guide ICAAP de la BCE.
Attente 2
Lorsqu’ils définissent et mettent en œuvre leur stratégie opérationnelle, les
établissements devraient y intégrer les risques liés au climat et à l’environnement qui
ont une incidence sur leur environnement économique à court, moyen et long terme.
36
Conformément aux orientations de l’ABE sur la gouvernance interne, les termes « l’organe de direction
dans sa fonction exécutive » et « l’organe de direction dans sa fonction de surveillance » sont utilisés
dans le présent guide sans recommander ni désigner une structure de gouvernance spécifique, et les
références aux fonctions de direction (fonction exécutive) ou de surveillance (fonction non exécutive)
doivent être comprises comme s’appliquant aux organes ou membres de l’organe de direction
responsables de la fonction considérée en vertu de la législation nationale.
37
Les « politiques publiques » désignent les règles, lois et réglementations édictées par une administration
publique.
38
Pour une analyse de l’effet prudentiel potentiel d’un resserrement des normes d’efficacité énergétique
appliquées aux établissements de crédit, voir, par exemple, le rapport de l’Autorité de réglementation
prudentielle britannique Transition in thinking: the impact of climate change on the UK banking sector
(réflexion en transition : incidence du changement climatique sur le secteur bancaire du Royaume-Uni,
en anglais uniquement), Encadré 3, Banque d’Angleterre, 2018.
39
Cf. paragraphe 23 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
40
Cf. aussi paragraphes 25, 32 et 34, principes 2 et 4, du guide ICAAP de la BCE.
1. Une évaluation à court-moyen terme devrait contenir une analyse des risques
liés au climat et à l’environnement auxquels l’établissement est exposé au cours
de son horizon de planification actuel (3 à 5 ans).
2. En outre, il serait nécessaire de mener une évaluation à plus long terme portant
sur une période plus longue que l’horizon de planification habituel (supérieure à
5 ans, donc conforme aux engagements des politiques publiques en matière de
transition vers une économie plus durable) 45 de la capacité de résistance du
modèle opérationnel actuel dans plusieurs scénarios plausibles pour l’avenir et
41
Plusieurs publications pourraient aider les établissements de crédit à mener leurs analyses de scénarios
ou à trouver des scénarios pertinents, par exemple : Technical supplement. The use of scenario analysis
in disclosure of climate-related risks and opportunities (supplément technique : utilisation de l’analyse de
scénarios dans les communications relatives aux risques et opportunités liés au climat, en anglais
uniquement), GTCC, 2017 ; et Requirements for scenario-analysis (exigences relatives à l’analyse de
scénarios), NGFS, à paraître. Cf. attente 11 : « Les établissements devraient aussi tenir compte des
scénarios climatiques de l’AIE et du GIEC en matière de risque physique ».
42
Cf. paragraphes 30 et 72 des orientations de l’ABE sur les tests de résistance des établissements
(ABE/GL/2018/04).
43
Cf. Technical supplement. The use of scenario analysis in disclosure of climate-related risks and
opportunities (supplément technique : utilisation de l’analyse de scénarios dans les communications
relatives aux risques et opportunités liés au climat, en anglais uniquement), GTCC, 2017.
44
Des matrices du caractère significatif pourraient être envisagées pour déterminer les paramètres et
hypothèses à utiliser dans chacun des scénarios. De telles matrices aideraient à hiérarchiser les
paramètres en fonction des dimensions prédéfinies (sur chaque axe) : par exemple, la sensibilité au
risque climatique et environnemental par secteur sur un axe et l’exposition de l’établissement à ces
secteurs sur l’autre.
45
Cf., par exemple, les objectifs de réduction des émissions de l’UE d’ici 2030 fixés par la Commission
européenne.
Attente 2.2 La stratégie opérationnelle d’un établissement ainsi que sa mise en œuvre
devraient refléter les risques liés au climat et à l’environnement, par exemple
grâce à la fixation et au suivi d’indicateurs-clés de performance (key
performance indicators, KPI) qui sont répercutés vers les lignes métier et les
portefeuilles. Conformément aux orientations de l’ABE 46, le cadre de gestion des
risques d’un établissement devrait lui permettre de former ses décisions relatives à la
prise de risque en toute connaissance de cause, notamment les décisions concernant
les évolutions internes comme externes. Pour soutenir leur stratégie opérationnelle,
les établissements peuvent fixer des KPI pour tout type de risque lié au climat et à
l’environnement. Ces KPI devraient, si possible, être mesurables et quantifiables.
Selon la nature des activités de l’établissement, ces KPI devraient être répercutés
vers les lignes métier et les portefeuilles pertinents. Il est également attendu des
établissements qu’ils aient les capacités d’intégrer les risques significatifs liés au
climat et à l’environnement aux niveaux concernés de leur organisation en attribuant
des tâches spécifiques, en assurant le flux de communication entre les diverses
fonctions, en suivant les progrès réalisés, en prenant les mesures correctives en
temps utile et en surveillant toutes les charges budgétaires correspondantes.
Lorsqu’ils déterminent leurs objectifs stratégiques, les établissements devraient
notamment tenir compte des risques que présente la transition vers une économie
plus durable, à faible intensité carbone, pour leurs portefeuilles de prêts et de
négociation. Toute décision stratégique relative aux facteurs climatiques et
environnementaux significatifs devrait être incorporée aux politiques de
l’établissement, par exemple à ses politiques de crédit par secteur et par produit.
Encadré 2
Exemple de pratique observée : indicateurs-clés de performance liés au climat et à
l’environnement
La BCE a observé un établissement qui a intégré les KPI suivants liés au climat et à l’environnement
dans son cadre stratégique, dans le but de rendre mesurable sa stratégie de réduction de son
exposition aux risques de transition : a) empreinte carbone de ses actifs ; b) étiquette énergétique
moyenne de ses portefeuilles de prêts hypothécaires ; c) nombre de logements ayant connu une
amélioration de leur étiquette énergétique grâce à son financement. Outre les KPI, l’établissement
soumet ses portefeuilles à des tensions en recourant à un scénario de crise liée au climat. Le résultat
du scénario est défini en termes d’effets macroéconomiques négatifs, ce qui peut ensuite être utilisé
par l’établissement comme un indicateur pour piloter ses décisions stratégiques concernant les
portefeuilles au cours du temps. L’approche stratégique de la banque en matière de risques
provenant du changement climatique et d’autres évolutions environnementales repose à la fois sur
les KPI et sur les résultats de l’analyse des scénarios. Ces indicateurs sont répercutés au niveau des
lignes métier (par exemple, banque de détail, banque privée, banque commerciale et services
46
Cf. paragraphes 136 et 139 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11)
Attente 3
Il est attendu de l’organe de direction qu’il tienne compte des risques liés au climat et à
l’environnement lorsqu’il définit la stratégie opérationnelle globale de l’établissement,
ses objectifs opérationnels et son dispositif de gestion des risques, et qu’il assure une
surveillance efficace de ces risques.
Comme exposé dans les orientations de l’ABE 48, les responsabilités de l’organe de
direction 49 comprennent la définition, l’approbation et la supervision de la mise en
œuvre des éléments suivants : la stratégie opérationnelle globale et les principales
politiques ; la stratégie globale en matière de risques ; un cadre adéquat de
gouvernance et de contrôle internes. Étant donné l’incidence des risques liés au
climat et à l’environnement sur ces éléments, l’organe de direction joue un rôle-clé en
ce qui concerne sa fonction de surveillance comme sa fonction exécutive 50.
Attente 3.1 Il est attendu de l’organe de direction qu’il attribue explicitement les rôles et
responsabilités en matière de risques liés au climat et à l’environnement à ses
membres et/ou ses sous-comités. Selon les orientations de l’ABE, l’organe de
direction doit s’assurer que les rapports hiérarchiques et la répartition des
47
Cf. également paragraphe 30 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11)
48
Cf. paragraphe 23 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
49
Cf. note de bas de page no°29 pour une explication de l’utilisation des termes « l’organe de direction
dans sa fonction exécutive » et « l’organe de direction dans sa fonction de surveillance » et le
paragraphe 9 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
50
Cf. également article 91 de la CRD et orientations communes de l’AEMF et de l’ABE sur l’évaluation de
l’aptitude des membres de l’organe de direction (ABE/GL/2017/12).
Encadré 3
Exemple de pratique observée : instauration de comités spécifiques
La BCE a observé plusieurs établissements qui ont instauré des comités spécifiques dans le cadre de
leurs efforts pour tenir pleinement compte des risques liés au climat et à l’environnement. Ainsi, dans
le contexte de son plan stratégique à moyen terme, une banque procède à la mise en place d’un
comité recourant à des experts internes et externes (comme des chercheurs dans les disciplines
concernées) pour conseiller l’organe de direction et l’aider à définir sa stratégie ESG (qui inclut les
risques liés au climat et à l’environnement). Pour cela, la banque examine, par exemple, les risques
climatiques et environnementaux auxquels elle est exposée ainsi que les politiques de financement
sectorielles associées, qui définissent des objectifs et des limites aux expositions de certains
secteurs. Un autre établissement a institué un comité dédié chargé de fournir des lignes directrices
avisées concernant les transactions ayant des implications complexes pour le climat et
l’environnement. Ce comité est présidé par la direction générale.
Attente 3.2 Il est attendu de l’organe de direction qu’il tienne compte des connaissances,
des compétences et de l’expérience de ses membres en matière de risques liés
au climat et à l’environnement lorsqu’il évalue leur aptitude collective. Comme
exposé dans la CRD et précisé dans les orientations communes de l’AEMF et de
l’ABE 53, l’organe de direction dispose collectivement des connaissances, des
compétences et de l’expérience nécessaires à la compréhension des activités de
l’établissement, y compris des principaux risques auxquels il est exposé, et il doit les
passer en revue régulièrement 54. Il est également attendu de l’organe de direction qu’il
dispose d’une compréhension adéquate des risques liés au climat et à
l’environnement, afin de pouvoir tenir compte, lors de son évaluation de l’aptitude
collective de ses membres, des connaissances, des compétences et de l’expérience
51
Cf. paragraphes 20 et 67 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
52
Cf. paragraphe 41 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
53
Cf. orientations communes de l’AEMF et de l’ABE sur l’évaluation de l’aptitude des membres de l’organe
de direction et des titulaires de postes-clés au titre de la directive 2013/36/UE et de la directive
2014/65/UE (EBA/GL/2017/12).
54
Cf. article 91 de la CRD.
Pour atteindre une vision holistique des risques 61, tout en tenant compte des intérêts
financiers à long terme 62 de l’établissement, l’organe de direction devrait étudier
explicitement la réaction de l’établissement aux objectifs fixés par les traités
internationaux comme l’accord de Paris (2015), les politiques de l’UE relatives à
l’environnement telles que le pacte vert pour l’Europe, les politiques locales et
nationales ainsi que les résultats d’évaluations solides des risques liés au climat et à
l’environnement, par exemple celles du GIEC et de l’IPBES.
Attente 3.4 Il est attendu de l’organe de direction qu’il exerce une surveillance efficace de
l’exposition de l’établissement et de sa réaction aux risques liés au climat et à
l’environnement. Comme exposé dans les orientations de l’ABE 63, la fonction de
supervision comprend l’examen de l’accomplissement de la fonction de direction et de
l’atteinte des objectifs. Pour favoriser une fonction de supervision efficace et une prise
de décisions avisée 64, il est recommandé à l’organe de direction, dans sa fonction
exécutive, de fixer des indicateurs-clés de performance (KPI) et des indicateurs-clés
de risque (key risk indicators, KRI), comme expliqué dans les parties précédente et
55
Cf. aussi principes 1 a), 2 c et e), ainsi que paragraphes 32 et 34 du guide ICAAP de la BCE.
56
Cf. paragraphe 23 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
57
Cf. paragraphe 28 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
58
Cf. paragraphe 63 du guide de la BCE relatif au processus interne d’évaluation de l’adéquation du capital
(ICAAP).
59
Cf. paragraphe 23 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
60
Cf. paragraphe 33 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
61
Cf. paragraphe 95 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
62
Cf. paragraphe 23 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
63
Cf. paragraphe 24 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
64
Cf. paragraphe 28 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
Attente 4
Il est attendu des établissements qu’ils incluent explicitement les risques liés au climat
et à l’environnement dans leur cadre d’appétence pour le risque.
Attente 4.1 Il est attendu des établissements qu’ils élaborent une description bien définie
des risques liés au climat et à l’environnement dans l’inventaire des risques qui
alimente leur déclaration d’appétence pour le risque. L’inventaire des risques,
aboutissement du processus de détection des risques, devrait reposer sur la
taxonomie interne des risques de l’établissement, qui est une classification des
différents types et facteurs de risque au sein de laquelle les risques liés au climat et à
l’environnement devraient être clairement définis 67. L’inventaire des risques sert de
base à la déclaration d’appétence pour le risque.
Attente 4.2 Il est attendu des établissements qu’ils définissent des indicateurs-clés de
risque appropriés et fixent des limites adaptées afin de gérer efficacement les
risques liés au climat et à l’environnement, conformément à leurs dispositifs
habituels de suivi et de remontée d’informations. Selon les orientations de l’ABE,
les établissements devraient veiller à ce que leur stratégie relative au risque et leur
appétence pour le risque tiennent compte de tous les risques significatifs auxquels ils
sont exposés et qu’ils précisent des limites, tolérances ou seuils de risque 68. En outre,
les établissements devraient disposer d’un cadre de gestion des risques garantissant
que, lorsque des limites sont dépassées, il existe un processus défini pour faire
remonter l’information aux niveaux hiérarchiques supérieurs et réagir, ainsi qu’une
procédure appropriée de suivi 69. La BCE escompte que les établissements suivent et
65
Cf. également paragraphe 21 du guide ICAAP de la BCE.
66
Cf. aussi paragraphes 25,32 et 34, principe 2 c), du guide ICAAP de la BCE.
67
Cf. également paragraphes 31-35 et 59-66 du guide ICAAP de la BCE.
68
Cf. paragraphe 100 des orientations révisées sur les procédures et les méthodologies communes à
appliquer dans le cadre du processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (Supervisory Review and
Evaluation Process, SREP) et des tests de résistance prudentiels, modifiant les orientations
ABE/GL/2014/13 (ABE/GL/2018/03).
69
Cf. paragraphe 138 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
Encadré 4
Exemple de pratique observée : ciblage de l’intensité carbone et contribution du bilan à la
capacité de résistance au changement climatique
La BCE a constaté que plusieurs banques se fixaient comme objectif de maintenir la teneur en
carbone du bouquet énergétique qu’elles financent à des valeurs conformes à l’objectif de l’accord de
Paris de 2015, qui est de contenir l’augmentation des températures bien au-dessous de 1,5-2°C. Il
s’agit-là de l’une des approches possibles pour réduire l’exposition aux risques de transition
provenant des mesures de politique publique annoncées pour les décennies à venir.
Graphique A
Ciblage de l’intensité carbone
Bank targets
IEA Sustainable Development Scenario
600
500
400
CO2 per kW h
300
200
100
0
2014 2018 2030 2040 2050
Attente 4.3 Il est attendu des établissements qu’ils veillent à ce que leurs politiques et
pratiques de rémunération encouragent un comportement conforme à leur
approche (des risques) en matière de climat et d’environnement ainsi qu’à leurs
engagements volontaires. Comme exposé dans les orientations de l’ABE, les
politiques et pratiques de rémunération des établissements devraient être
compatibles avec leur appétence pour le risque, leur stratégie opérationnelle et leurs
objectifs à long terme 70. Les structures d’incitation devraient favoriser les
comportements conformes à leur appétence pour le risque et leurs objectifs
opérationnels à long terme 71 et décourager une prise de risque excessive. Les
politiques et pratiques de rémunération, notamment le report de rémunération et la
mise au point de critères de performance, devraient contribuer à renforcer une
approche à long terme de la gestion des risques liés au climat et à l’environnement,
conforme à l’appétence pour le risque et à la stratégie de chaque établissement. Pour
encourager un comportement conforme à leur approche en la matière, les
établissements disposant d’objectifs relatifs au climat et à l’environnement pourraient
envisager la mise en œuvre d’une composante variable de la rémunération liée à la
réalisation de ces objectifs. Lorsque la quantification des effets financiers des risques
liés au climat et à l’environnement est difficile, l’organe de direction peut inclure des
critères qualitatifs appropriés dans la politique de rémunération.
70
En outre, les établissements de crédit fournissant des services de gestion de portefeuille et/ou des
conseils financiers doivent inclure dans leur politique de rémunération des informations sur la manière
dont ces politiques sont adaptées à l’intégration des risques en matière de durabilité et publier ces
informations, à compter de mars 2021, sur leur site Internet, en vertu de l’article 5 du règlement (UE)
2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations
en matière de durabilité dans le secteur des services financiers.
71
Cf. orientations de l’ABE sur les politiques de rémunération saines, au titre des articles 74, paragraphe 3,
et 75, paragraphe 2, de la directive 2013/36/UE, et la publication d’informations au titre de l’article 450 du
règlement (UE) no 575/2013 (ABE/GL/2015/22).
Attente 5
Il est attendu des établissements qu’ils répartissent les responsabilités en matière de
gestion des risques liés au climat et à l’environnement au sein de leur structure
organisationnelle conformément au modèle des trois lignes de défense.
En vertu de l’article 74 de la CRD et comme précisé dans les orientations de l’ABE, les
établissements devraient disposer d’un processus décisionnel clair, transparent et
documenté ainsi que d’une attribution claire des responsabilités et du pouvoir au sein
de leur dispositif de contrôle interne, incluant notamment les lignes métier, unités
internes et fonctions de contrôle interne 72 qui favorisent une prise de décision en
connaissance de cause par l’organe de direction 73. Par conséquent, les
responsabilités en matière de détection, d’évaluation et de gestion des risques liés au
climat et à l’environnement devraient être réparties de façon équitable entre les
différentes fonctions de l’établissement.
Attente 5.1 Il est attendu des établissements qu’ils attribuent explicitement les
responsabilités en matière de risques liés au climat et à l’environnement au
sein de leur établissement. Ces responsabilités doivent aussi être clairement
attestées dans les politiques, procédures et contrôles pertinents. Les
établissements devraient définir de façon explicite quelles structures internes sont
chargées d’examiner les risques liés au climat et à l’environnement et décrire
clairement leurs mandats et procédures de travail respectifs. Les établissements
peuvent soit répartir ces responsabilités entre les structures existantes, soit, si cela
est jugé utile, envisager la création d’une structure spécifique chargée de coordonner
l’approche globale de la gestion des risques de l’établissement en matière de risques
climatiques et environnementaux. S’ils décident d’établir une structure spécifique, son
intégration aux processus et interfaces d’autres fonctions devra être clairement
définie. Quels que soient les dispositifs choisis, les établissements devront décrire les
relations entre les structures concernées et leurs procédures de travail afin d’assurer
un flux d’informations adéquat entre toutes les parties prenantes.
Attente 5.2 Il est attendu des établissements qu’ils veillent à ce que les fonctions
participant à la gestion des risques liés au climat et à l’environnement
disposent des ressources humaines et financières appropriées. Conformément
aux orientations de l’ABE, les établissements devraient s’assurer que les fonctions de
contrôle interne disposent des ressources financières et humaines appropriées ainsi
que des pouvoirs pour remplir leur rôle efficacement 74. Dans le même esprit, ils
devraient évaluer l’adéquation de la capacité et des ressources pour faire face aux
risques liés au climat et à l’environnement, notamment dans les fonctions qui gèrent
ces risques. Si nécessaire, ils devront renforcer la capacité et les ressources
disponibles, et favoriser une formation appropriée de toutes les fonctions concernées.
72
Cf. paragraphe 131 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
73
Cf. paragraphes 28 et 94 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
74
Cf. paragraphes 155 et 160 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
Attente 5.4 Il est attendu des établissements qu’ils définissent les tâches et
responsabilités de la fonction de gestion des risques en matière de détection,
évaluation, mesure, suivi et déclaration des risques liés au climat et à
l’environnement. La principale responsabilité de la fonction de gestion des risques
est de veiller à ce que tous les risques soient détectés, évalués, mesurés, suivis,
gérés et dûment déclarés par les unités concernées de l’établissement 75. Il est attendu
qu’elle fournisse des informations, des analyses et des expertises indépendantes et
pertinentes sur les expositions aux risques. Les risques liés au climat et à
l’environnement se matérialisant à travers les risques existants, les tâches et
responsabilités devraient être intégrées dans le dispositif de gestion existant, comme
expliqué ci-dessous dans la partie relative à la gestion des risques.
Encadré 5
Exemple de pratique observée : points de contact horizontaux
La BCE a observé plusieurs établissements qui ont mis en œuvre des mesures spécifiques afin de
promouvoir une culture du risque tenant compte des risques liés au climat et à l’environnement. Ainsi,
une banque a désigné certains employés comme points de contact horizontaux pour s’assurer que
les risques climatiques et environnementaux soient correctement intégrés aux procédures de travail
de sa fonction de gestion des risques. Une autre a mis en place des correspondants pour les lignes
métier coopérant activement et ayant des contacts avec les fonctions de gestion des risques et/ou les
autres fonctions impliquées dans les risques ESG (risques environnementaux, sociaux et de
gouvernance) notamment les risques climatiques et environnementaux.
Attente 5.5 Il est attendu des établissements qu’ils définissent les tâches et
responsabilités de la fonction de conformité en s’assurant que le risque de
conformité provenant des risques liés au climat et à l’environnement soit
dûment pris en compte et efficacement intégré à tous les processus concernés.
La fonction de conformité devrait fournir des conseils à l’organe de direction sur les
mesures à adopter pour garantir le respect des lois, règles, règlements et normes
75
Cf. paragraphe 174 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
Attente 5.6 Il est attendu de la fonction d’audit interne qu’elle étudie, dans le cadre de ses
examens, le niveau de préparation de l’établissement pour gérer les risques liés
au climat et à l’environnement. La fonction d’audit interne devrait examiner le
dispositif de contrôle interne et de gestion des risques de l’établissement en
s’intéressant notamment aux événements externes et aux modifications, notamment,
du profil de risque, des produits et/ou des lignes métier de l’établissement 77. Cet
examen devrait également porter sur l’adéquation des dispositifs de gestion des
risques liés au climat et à l’environnement. En outre, les politiques et procédures d’un
établissement en matière de risques liés au climat et à l’environnement relèvent de la
fonction d’audit interne, puisque le rôle de cette dernière est de vérifier le respect des
politiques et procédures internes de l’établissement ainsi que des exigences externes.
Attente 6
Aux fins des rapports internes, il est attendu des établissements qu’ils déclarent des
données agrégées sur le risque reflétant leur exposition aux risques liés au climat et à
l’environnement, afin de permettre à l’organe de direction et aux sous-comités
concernés de prendre leurs décisions en toute connaissance de cause.
76
Cf. paragraphe 192 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
77
Cf. paragraphe 139 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
78
Cf. paragraphe 145 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
Attente 6.1 Il est attendu des établissements qu’ils mettent au point une approche
holistique de la gouvernance des données en matière de risques liés au climat
et à l’environnement. Selon les orientations de l’ABE, des mécanismes de
déclaration réguliers et transparents devraient être établis afin d’assurer la production
en temps utile de rapports précis, concis, compréhensibles et judicieux permettant le
partage des informations pertinentes sur la détection, la mesure ou l’évaluation, le
suivi et la gestion des risques 79. Il est attendu des établissements qu’il définissent et
documentent les risques liés au climat et à l’environnement et qu’ils les intègrent à leur
cadre de déclaration, afin de pouvoir suivre, gérer et atténuer efficacement leur
exposition à ces risques. Cela concerne notamment la gouvernance des données sur
le risque, l’infrastructure informatique, les capacités d’agrégation des données sur le
risque et les procédures de déclaration. Les établissements devraient veiller à ce que
leur cadre de déclaration des données sur les risques climatiques et
environnementaux fonctionne en conjonction avec les indicateurs de ces risques
figurant dans leur déclaration d’appétence pour le risque et leurs processus de gestion
des risques. Le cadre de déclaration devrait aussi étayer, le cas échéant, les KPI
utilisés pour évaluer la performance de l’établissement en termes de risques
climatiques et environnementaux et de communication au public 80.
Attente 6.2 Les risques liés au climat et à l’environnement ayant des caractéristiques
spécifiques, il est attendu des établissements qu’ils envisagent d’adapter leurs
systèmes d’information, afin de recueillir et agréger systématiquement les
données nécessaires pour évaluer leur exposition à ces risques. Même s’il est
attendu des établissements qu’ils incorporent la taxonomie des données de ces
risques, il est également admis que le manque actuel de définitions communes et de
taxonomies et l’insuffisance de données pourraient rendre cette intégration
impossible. En pareil cas, les établissements devraient réfléchir à l’instauration de
processus et procédures de déclaration reposant sur des indicateurs de risque
qualitatifs internes ou externes, afin de s’assurer que l’organe de direction soit informé
de façon adéquate des risques liés au climat et à l’environnement. À cette fin, l’organe
de direction devrait être conscient que la couverture des données qu’il reçoit est
limitée et qu’il existe des contraintes juridiques et techniques. L’organe de direction
devrait utiliser ces informations pour alimenter ses discussions, poser des questions
et prendre ses décisions en matière de gestion des effets des risques climatiques et
environnementaux.
Attente 6.3 Il est attendu que les rapports sur le risque d’un établissement fassent état de
l’incidence des risques liés au climat et à l’environnement sur son modèle
79
Cf. paragraphe 145 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
80
Cf. norme 239 du CBCB, que la BCE utilise comme référence en matière de bonnes pratiques, dans le
cadre de ses activités continues de supervision prudentielle, pour évaluer les capacités d’agrégation des
données sur les risques et les pratiques de déclaration des risques des banques.
Attente 6.4 Les établissements devraient être en mesure de produire en temps utile des
données agrégées et actualisées sur les risques liés au climat et à
l’environnement. Cette attente est conforme aux orientations de l’ABE, selon
lesquelles les établissements doivent disposer de systèmes d’information et de
communication efficaces et fiables, qui gèrent pleinement les capacités d’agrégation
des données sur le risque en temps normal comme en temps de crise 82. La question
des délais est cruciale dans le cas de ces risques en raison, notamment, des effets
d’une transition brutale vers une économie sobre en carbone ou de l’incidence d’un
événement physique sur les activités d’un établissement. Par conséquent, l’organe de
direction devrait rester au courant de toute évolution aux niveaux national,
international, politique et réglementaire susceptible d’avoir une influence sur ses
attentes en matière de communication financière. Un établissement devrait être
capable d’adaptation, afin de produire des données agrégées sur les risques
climatiques et environnementaux permettant de faire face à toutes sortes de
demandes de notifications ponctuelles sur sa gestion des risques, notamment émises
en période de tensions ou de crise, liées à une modification des besoins internes et
provenant des autorités de contrôle, dans la mesure où la demande de rapports sur ce
type de risques augmente.
81
Cf. aussi paragraphes 29 et 30, principe 2, du guide ICAAP de la BCE.
82
Cf. orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11) et partie 5.8 des orientations
révisées sur les procédures et les méthodologies communes à appliquer dans le cadre du SREP
(Supervisory Review and Evaluation Process, processus de contrôle et d’évaluation prudentiels) et des
tests de résistance prudentiels (ABE/GL/2018/03).
Le présent chapitre s’appuie sur le précédent pour fournir des lignes directrices
détaillées sur l’intégration des risques liés au climat et à l’environnement à la gestion
des risques de crédit, opérationnels, de marché et de liquidité, ainsi qu’à l’ICAAP
(Internal Capital Adequacy Assessment Process, processus interne d’évaluation de
l’adéquation du capital) en général. Il traite notamment de la quantification des risques
par des analyses de scénarios et des tests de résistance.
Attente 7
Il est attendu des établissements : a) qu’ils intègrent les risques liés au climat et à
l’environnement dans leur cadre de gestion des risques, en tant que facteurs à
l’origine des catégories de risques existantes, afin de les gérer, de les suivre et de les
atténuer sur une période suffisamment longue ; et b) qu’ils réexaminent régulièrement
leurs dispositifs. Les établissements devraient inscrire la détection et la quantification
de ces risques dans leur processus global visant à assurer l’adéquation des fonds
propres.
83
Cf. paragraphes 136 et 137 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11)
84
Cf. également paragraphes 32 et 34, principe 2 b), du guide ICAAP de la BCE.
85
Cf. paragraphe 60 du guide ICAAP de la BCE.
Attente 7.1 Il est attendu des établissements qu’ils aient une vision holistique et bien
documentée de l’incidence des risques liés au climat et à l’environnement sur
les catégories de risques existantes. Le cadre de gestion des risques d’un
établissement devrait englober les risques de bilan comme de hors bilan, tout en
tenant dûment compte des risques tant financiers que non financiers 86, en ce qui
concerne aussi bien les expositions actuelles que futures. Il appartient à
l’établissement de mettre en œuvre un processus périodique de détection de
l’ensemble des risques significatifs et de les consigner dans un inventaire interne
complet. Cette attente inclut les approches normative et économique de l’ICAAP 87.
Attente 7.2 Les établissements devraient inclure l’ensemble des risques liés au climat et à
l’environnement dans leur évaluation du caractère significatif, pour toutes leurs
unités organisationnelles, à court, moyen et long terme, dans différents
scénarios. L’analyse sous-jacente devrait être adaptée au modèle opérationnel et au
profil de risque de l’établissement et tenir dûment compte des vulnérabilités des
(sous-)secteurs économiques, opérations et implantations géographique de
l’établissement et de ses contreparties. Il est attendu des établissements qu’ils
gardent une trace écrite des risques liés au climat et à l’environnement considérés, et
notamment de leurs canaux de transmission et de leur effet sur le profil de risque. En
outre, ils sont tenus de justifier pourquoi certains risques sont évalués comme non
significatifs en précisant les informations qualitatives et quantitatives utilisées pour
cette évaluation et en fournissant des documents d’appui 88.
Encadré 6
Exemple de pratique observée : mise en correspondance des risques climatiques et des
risques financiers
Certains établissements ont lancé un processus interne reliant les risques climatiques et leurs effets
financiers potentiels. Une banque a ainsi fourni une vue d’ensemble des principaux canaux de
transmission des risques climatiques vers les catégories de risques existantes, qui montre l’incidence
estimée des facteurs climatiques sur son profil de risque ainsi que le délai dans lequel elle est
susceptible de se produire.
86
Cf. paragraphe 136 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11).
87
Cf. principe 4 a) du guide ICAAP de la BCE.
88
Cf. paragraphe 63 du guide ICAAP de la BCE.
Politiques et Dépréciation des actifs des entreprises à haute intensité carbone dans le 1 à 3 ans ** ****
réglementation portefeuille d’investissement
Technologie Remplacement des produits et services existants dans les entreprises clientes du 3 à 5 ans * ***
secteur automobile
Sentiment de marché Report des consommateurs et des investisseurs vers des produits plus durables 1 à 3 ans **** *
Risque physique aigu Dommages aux biens immobiliers et aux actifs dans les zones à haut risque 1 à 3 ans * **
Risque physique L’augmentation des frais engagés par les clients pour réparer les dommages ou 1 à 3 ans * **
chronique combler les pertes causés par des incidents climatiques compromet leur capacité
de remboursement.
Source : BCE.
Attente 7.3 Il est attendu des établissements qu’ils quantifient adéquatement les risques
liés au climat et à l’environnement auxquels ils sont exposés. 89 Comme indiqué
également dans le guide ICAAP de la BCE, les risques difficiles à quantifier ou pour
lesquels il n’existe pas de données pertinentes ne devraient pas être exclus de
l’évaluation 90. Lorsque ces méthodologies de quantification font l’objet de nouvelles
évolutions, prenant également en compte les travaux actuels et les publications à
venir des réseaux et instances de normalisation internationaux 91, les établissements
peuvent recourir à des hypothèses plausibles pour mettre au point des
approximations de l’évaluation. Comme indiqué à la section 6.5, ils pourraient
notamment envisager l’utilisation d’analyses de scénarios et de tests de résistance.
Attente 7.4
Il est attendu des établissements qu’ils adoptent une approche stratégique de
la gestion et/ou de l’atténuation des risques liés au climat et à l’environnement
qui soit conforme à leur stratégie opérationnelle et à leur appétence pour le
risque, et qu’ils adaptent leurs politiques, procédures, limites de risque et
contrôles des risques en conséquence. Selon les orientations de l’ABE, le cadre de
gestion des risques d’un établissement devrait fournir des lignes directrices détaillées
sur la mise en œuvre de ses stratégies et, le cas échéant, fixer et maintenir des limites
internes cohérentes avec son appétence pour le risque et adaptées à son
fonctionnement sain, sa solidité financière, son assise en fonds propres et ses
objectifs stratégiques 92. Aussi, il est attendu des établissements qu’ils envisagent la
nécessité d’adapter leurs politiques relatives aux risques, par exemple en fixant des
critères pour recenser les domaines d’activité (notamment les portefeuilles et les
89
Aux termes du principe 6 du guide ICAAP de la BCE, l’établissement est responsable de l’application de
méthodologies de quantification des risques adaptées à sa situation propre, aussi bien dans le cadre de
l’approche économique que dans l’approche normative.
90
Aux termes du paragraphe 74 du guide ICAAP de la BCE, « il est attendu de l’établissement qu’il
détermine des chiffres relatifs aux risques suffisamment prudents, en tenant compte de toutes les
informations pertinentes et en veillant à l’adéquation et à la cohérence de son choix concernant les
méthodologies de quantification des risques ».
91
Cf. Overview of Environmental Risk Analysis by Financial Institutions (vue d’ensemble de l’analyse des
risques environnementaux menée par les établissements financiers, en anglais uniquement), NGFS,
2020 ; et Case Studies of Environmental Risk Analysis Methodologies (études de cas : méthodologies
d’analyse des risques environnementaux, en anglais uniquement), NGFS, 2020.
92
Cf. paragraphes 135, 137 et 138 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne
(ABE/GL/2017/11).
Encadré 7
Exemple de pratique observée : quantification des effets climatiques et environnementaux
des financements dans le cadre de l’ICAAP
La BCE a observé une banque qui, dans sa stratégie de capital interne, évalue les effets de ses
financements sur l’environnement et attribue une note environnementale soit à l’actif/au projet
financé, soit à l’emprunteur quand il s’agit d’un financement à usage général, que le client soit une
entreprise ou une entité du secteur public. Cette note est dérivée d’une estimation de l’incidence de la
transaction sur le climat et tient compte de toutes les externalités environnementales importantes,
comme l’utilisation de l’eau, la pollution, les déchets et la biodiversité. Sur la base de cette note, la
banque applique des pénalités aux actifs qui devraient avoir l’incidence la plus élevée sur
l’environnement, ce qui entraîne pour ces expositions une augmentation de la pondération du risque
analytique. La banque indique que les expositions ayant des effets environnementaux et climatiques
négatifs enregistrent une augmentation pouvant aller jusqu’à un quart de leurs actifs pondérés du
risque analytique. En fin de compte, ces effets se reflètent dans le taux de rendement attendu des
actifs, ce qui peut inciter à investir ou désinvestir dans certains secteurs.
Attente 7.5 Il est attendu des établissements qu’ils appliquent les règles de diligence
appropriées aux aspects climatiques et environnementaux, lors de l’ouverture
de la relation avec un nouveau client, puis régulièrement par la suite. Cela
devrait comprendre, notamment, le recueil des informations et données nécessaires
pour évaluer la vulnérabilité aux risques liés au climat et à l’environnement des
expositions et des investissements, surtout avant qu’ils ne soient conclus. Les
établissements devraient vérifier le caractère plausible de ces informations et
données, conformément à leurs politiques et procédures en matière de risques. Ils
devraient connaître l’incidence de leurs clients sur les aspects climatiques et
environnementaux, leur vulnérabilité à ces aspects ainsi que la façon dont ils abordent
93
Cf. paragraphe 59 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts (EBA/GL/2020/06).
Attente 7.6 Il est attendu des établissements qu’ils évaluent l’incidence des risques liés au
climat et à l’environnement sur l’adéquation de leur fonds propres d’un point de
vue économique et normatif. Conformément au guide ICAAP de la BCE, il est
attendu des établissements qu’ils tiennent compte, dans leurs évaluations
prospectives de l’adéquation des fonds propres, de tous les risques et de la
concentration au sein de ces risques et entre eux, susceptibles de survenir en raison
de changements pertinents dans leur environnement opérationnel 95. Dans le même
ordre d’idées, la BCE s’attend à ce que les établissements intègrent le changement
climatique, et notamment la transition énergétique, à l’évaluation dans une
perspective de valeur économique. Les établissements devraient prendre en
considération les effets des risques liés au climat et à l’environnement lorsqu’ils
déterminent l’adéquation de leurs fonds propres, d’une façon qui leur permette de
suivre durablement leur modèle opérationnel en assurant l’adéquation économique et
normative de leur capital 96. Comme exposé dans le guide ICAAP de la BCE, les
établissements devraient mettre en œuvre à la fois une approche normative et une
approche économique qui s’éclairent mutuellement. Dans l’approche économique, ils
devraient prendre en compte les effets potentiels des risques liés au climat et à
l’environnement en termes de valeur économique, tandis que, dans l’approche
normative, ils devraient considérer leur effet potentiel sur les ratios de fonds propres à
venir, qui se traduisent dans les évaluations des scénarios de référence et adverse.
Les établissements devraient également intégrer les résultats de ces évaluations
dans leur appétence pour le risque et leur stratégie opérationnelle ainsi que, plus
généralement, dans leurs prises de décisions.
Attente 7.7 Il est attendu des établissements qu’ils évaluent l’adéquation de leurs
instruments de détection, mesure et atténuation des risques liés au climat et à
l’environnement lors de leurs contrôles réguliers. Ils devraient, par exemple,
effectuer un contrôle interne régulier 97 dans le contexte de l’ICAAP 98 . L’objectif de ce
94
Cf. Les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et Due Diligence for
Responsible Corporate Lending and Securities Underwriting: Key considerations for banks implementing
the OECD Guidelines for Multinational Enterprises (devoir de diligence pour des pratiques responsables
en matière de prêt aux entreprises et de prise ferme de titres d’entreprises : considérations-clés pour les
établissements qui mettent en œuvre les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises
multinationales, en anglais uniquement), OCDE, 2019.
95
Cf. paragraphe 60 du guide ICAAP de la BCE.
96
Les approches normative et économique sont définies dans le principe 3 du guide ICAAP de la BCE.
97
Cf. paragraphe 21 du guide ICAAP de la BCE. La BCE ne prescrit pas la fréquence de ce contrôle mais
elle souhaite s’assurer que les processus internes « demeurent appropriés compte tenu de la situation
actuelle et des évolutions futures ».
98
Cf. article 73, de la CRD IV.
Attente 8
Il est attendu des établissements que, dans le cadre de leur gestion du risque de
crédit, ils prennent en compte les risques liés au climat et à l’environnement à tous les
stades pertinents du processus d’octroi de crédits et qu’ils suivent les risques pesant
sur leurs portefeuilles.
Attente 8.1 Les risques liés au climat et à l’environnement devraient être intégrés à toutes
les étapes pertinentes du processus d’octroi et de traitement des crédits. Plus
précisément, il est attendu des établissements qu’ils se forment une opinion sur la
façon dont les risques liés au climat et à l’environnement affectent le risque de défaut
de l’emprunteur 102. Les facteurs climatiques et environnementaux influençant le
risque de défaillance associé à l’exposition au prêt devraient être répertoriés et
évalués. Pour cette évaluation, les établissements pourraient prendre en
considération la qualité de la gestion des risques liés au climat et à l’environnement
effectuée par les clients. Ils devraient accorder une attention particulière aux
variations du profil de risque de secteurs et régions géographiques vulnérables aux
risques climatiques et environnementaux. Ainsi, la surexploitation des ressources
naturelles telles que l’eau dans certaines régions pourrait entraîner des limitations de
leur utilisation et, par suite, des perturbations de la production et des pertes pour les
contreparties des établissements.
99
Cf. également paragraphe 18, principe 1 c), du guide ICAAP de la BCE.
100
Cf. paragraphe 51 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts (EBA/GL/2020/06).
101
Cf. également principe 2 b) et c) du guide ICAAP de la BCE.
102
Cf. paragraphes 57, 126, 127, 146, 149 et 188 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts
(ABE/GL/2020/06).
La BCE a constaté que les établissements tiennent souvent compte des risques liés au climat et à
l’environnement de façon qualitative dans leur processus d’octroi de crédits. Cependant, certains
sont en train d’examiner ou de mettre au point des méthodes pour incorporer ces risques à leurs
modèles. Ainsi, une banque développe des probabilités de défaut parallèles induites par le climat, qui
doivent être déclarées parallèlement à la probabilité de défaut ordinaire. Ces probabilités de défaut
parallèles prendraient en considération une analyse détaillée des risques physique et de transition
pour des contreparties plus exposées, décelées à travers un processus de filtrage. En cas
d’importante différence entre les deux types de probabilité de défaut, des mesures d’atténuation
seraient nécessaires. Une deuxième banque élabore actuellement un tableau de bord des risques en
matière de durabilité à partir d’éléments qualitatifs. Les données fournies par le tableau de bord
introduiraient une pondération fixe dans le modèle.
Une troisième banque utilise des variables environnementales dans ses modèles internes de
notation des crédits. L’évaluation environnementale a été instaurée pour des secteurs dans lesquels
elle a été jugée pertinente en termes d’analyse différentielle de la qualité de crédit. L’incidence
potentielle des activités sous-jacentes sur l’environnement influence la qualité du crédit. Les modèles
de notation des crédits ont été mis en place pour les expositions sur les grandes entreprises et les
entreprises ainsi que pour les financements de projets.
Attente 8.2 Il est attendu des établissements qu’ils ajustent leurs procédures de
classification des risques afin de déterminer et d’évaluer, au moins
qualitativement, les risques liés au climat et à l’environnement. Les
établissements devraient définir, pour leurs contreparties, des indicateurs ou
notations appropriés du risque général tenant compte des risques liés au climat et à
l’environnement. Dans le cadre de leurs procédures de classification des risques, les
établissements devraient répertorier les emprunteurs susceptibles d’être exposés,
directement ou indirectement, à une augmentation des risques climatiques et
environnementaux 103. Ils devraient souligner les expositions critiques et, le cas
échéant, les examiner dans divers scénarios 104, dans le but de s’assurer qu’ils sont
capables d’évaluer et d’introduire en temps utile toutes mesures adéquates
d’atténuation des risques, y compris la tarification. Les établissements devraient
envisager, par exemple, le recours à une cartographie des risques de type « heat
map » mettant en évidence les risques pesant sur la durabilité en fonction de la
pertinence des (sous-)secteurs économiques pour un client donné.
Attente 8.3 Les établissements devraient tenir compte des risques liés au climat et à
l’environnement dans leurs valorisations des garanties. Les risques liés au climat
et à l’environnement peuvent avoir une incidence sur la valeur des garanties. À cet
égard, les établissements devraient accorder une attention particulière à la situation
103
Cf. paragraphes 57, 126, 127, 146, 149 et 188 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts
(ABE/GL/2020/06).
104
Parmi les scénarios possibles, on peut mentionner un examen des émissions actuelles et projetées de
GES, l’environnement de marché, les attentes prudentielles envers les entreprises considérées, les
effets possibles sur la rentabilité et la solvabilité des emprunteurs, etc.
Attente 8.4 Les établissements devraient suivre et gérer le risque de crédit inhérent à leurs
portefeuilles, notamment grâce à une analyse des concentrations
sectorielles/géographiques à signature unique – y compris les concentrations
de risque de crédit provenant des risques liés au climat et à l’environnement –
et en recourant à des limites sur les expositions ou à des stratégies de
désendettement 106. Il est attendu des établissements qu’ils surveillent dans quelle
mesure la concentration géographique et sectorielle est sensible aux risques liés au
climat et à l’environnement. De même, ils pourraient mesurer les concentrations
d’actifs dont les caractéristiques spécifiques pourraient, de façon plausible, être
ciblées par les politiques de transition, par exemple la distribution d’étiquettes de
rendement énergétique dans les portefeuilles de biens immobiliers commerciaux et
résidentiels, compte tenu de la législation éventuelle. En ce qui concerne les
contreparties de grande taille, les établissements pourraient tenir compte des risques
liés au climat et à l’environnement dans l’analyse des concentrations à signature
unique. Il est recommandé aux établissements de développer leurs capacités de suivi
en conjonction avec les indicateurs et les limites définis aux fins des cadres
d’appétence pour le risque et de gouvernance des données.
Attente 8.5 Les dispositifs de tarification des prêts des établissements devraient refléter
leur appétence pour le risque de crédit et leur stratégie en ce qui concerne les
risques climatiques et environnementaux. 107 En vertu de l’article 76,
paragraphe 3, de la CRD IV, le comité des risques de chaque établissement vérifie
que les prix des actifs offerts aux clients tiennent pleinement compte de son modèle
commercial et de sa stratégie en matière de risque. La tarification des prêts est un
important mécanisme de pilotage pour les établissements, puisqu’elle détermine le
niveau et l’origine de leur revenu futur. Ainsi, dans le cadre de sa stratégie
opérationnelle et de son appétence pour le risque, un établissement peut décider de
réduire ou de limiter son exposition à des secteurs nuisibles à l’environnement ou au
climat ou d’éviter les prêts garantis par des biens immobiliers à faible rendement
énergétique. Dans ce cas, le dispositif de tarification devrait soutenir la perspective et
la stratégie choisies en matière de risques, par exemple en tarifant différemment les
prêts selon le rendement énergétique des expositions ou en y incluant un coût
spécifique au secteur/client. Les établissements pourraient également, conformément
à leur stratégie opérationnelle et à leur appétence pour le risque, inciter leurs clients à
atténuer les risques liés au climat et à l’environnement. Ils pourraient, par exemple,
fixer le taux d’intérêt d’un prêt durable du point de vue de l’environnement à un niveau
compatible avec une plus forte capacité de résistance à ces risques, ce qui
entraînerait une amélioration de la solvabilité de l’établissement dans des conditions
par ailleurs inchangées. Pour les banques octroyant des prêts durables, le processus
105
Cf., par exemple, article 208, troisième partie, du CRR.
106
Cf. paragraphe 245 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts (EBA/GL/2020/06).
107
Cf. paragraphes 200 et 201 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts (EBA/GL/2020/06).
Encadré 9
Exemple de pratique observée : tarification différenciée des prêts hypothécaires
La BCE a observé un établissement pratiquant une tarification différenciée des prêts hypothécaires
accordés aux particuliers en fonction de l’étiquette énergétique du bien immobilier sous-jacent. Les
hypothèques bénéficiant d’une meilleure classification énergétique coûtent moins cher aux clients
que celles ayant reçu une moins bonne notation énergétique, pour autant que l’établissement peut
envisager d’atteindre son objectif global de rentabilité des prêts hypothécaires. Cette différenciation
repose sur l’idée qu’un portefeuille assorti d’une meilleure étiquette énergétique devrait être moins
vulnérable au risque de transition et que, de ce fait, il est conforme à la stratégie opérationnelle de
l’établissement.
Attente 8.6 Il est attendu que la tarification des prêts accordés par un établissement reflète
les différents coûts entraînés par les risques liés au climat et à
l’environnement. Comme exposé dans les orientations de l’ABE relatives à l’octroi et
au suivi des prêts 108, les établissements devraient mettre en œuvre un dispositif de
tarification dépendant des caractéristiques des prêts qui tienne compte de tous les
coûts associés. L’effet des risques liés au climat et à l’environnement peut se
manifester par le biais de divers facteurs de coûts, comme le coût des fonds propres,
le coût du financement ou le coût du risque de crédit. Les actifs durables d’un point de
vue environnemental peuvent être financés, par exemple, par des instruments
spécifiques comme les obligations vertes (sécurisées) et, de ce fait, être assortis de
coûts de financement différents. Les zones exposées à des risques climatiques
physiques croissants, tels que les inondations et les sécheresses, peuvent enregistrer
une hausse de leur pertes de crédit. Il est attendu des établissements qu’ils tiennent
compte de ces évolutions et les reflètent dans la tarification de leurs prêts, par
exemple en fixant les coûts de crédit à un niveau plus élevé afin de traduire l’incidence
des risques liés au climat et à l’environnement. En outre, les établissements devraient
répercuter dans leur tarification toute hausse des coûts de financement des actifs
particulièrement concernés par le risque physique ou le risque de transition.
108
Cf. paragraphes 186, 187 et 190 des orientations de l’ABE sur l’octroi et le suivi des prêts
(ABE/GL/2020/06).
Attente 9
Il est attendu des établissements qu’ils examinent comment les événements
climatiques et environnementaux pourraient avoir une incidence défavorable sur la
continuité de leurs activités et dans quelle mesure la nature de leurs activités pourrait
accroître les risques de réputation et/ou de responsabilité.
Attente 9.1 Les établissements devraient évaluer l’incidence des risques physiques sur
leurs activités en général, notamment leur aptitude à recouvrer rapidement leur
capacité de poursuivre leurs services. Il est rappelé aux établissements que cette
évaluation doit être menée dans le cadre de leur gestion de la continuité des activités,
comme stipulé dans les orientations de l’ABE sur la gouvernance interne 111. La zone
géographique dans laquelle un établissement mène ses activités peut le rendre plus
vulnérable aux risques physiques. Il est rappelé aux établissements qu’ils doivent
évaluer le caractère significatif du risque opérationnel engendré par le risque
physique, surtout en ce qui concerne les services externalisés et les activités
informatiques, spécialement si les prestataires sont établis dans des lieux
susceptibles de connaître des événements climatiques extrêmes ou d’autres
vulnérabilités environnementales.
109
Cf. paragraphe 255 des orientations révisées sur les procédures et les méthodologies communes à
appliquer dans le cadre du processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (Supervisory Review and
Evaluation Process, SREP) et des tests de résistance prudentiels, modifiant les orientations
ABE/GL/2014/13 (ABE/GL/2018/03).
110
Cf. également principe 4 et paragraphe 60 du guide ICAAP de la BCE.
111
Cf. paragraphes 208-213 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11)
112
Cf. paragraphe 31, section 4, des orientations de l’ABE relatives à l’externalisation (ABE/GL/2019/02).
Encadré 10
Exemple de pratique observée : risque de réputation dans l’ICAAP
La BCE a observé un établissement qui tient compte, dans son processus interne d’évaluation de
l’adéquation du capital (ICAAP), du risque de réputation émanant des effets environnementaux,
sociaux et de gouvernance (ESG). Les facteurs environnementaux et sociaux font peser sur la
banque un risque de réputation considérable étant donné que son modèle opérationnel cible le
financement d’entreprises privées dans les économies de marché émergentes. Aussi, elle classe
chacun de ses clients en fonction du niveau de ses effets ESG potentiellement négatifs. Le système
de classification comprend quatre catégories de risques qui vont de « effet ESG significatif » à
113
Cf. paragraphe 136 des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11). Pour une
évaluation du risque de réputation dans le contexte du risque opérationnel par les autorités compétentes,
cf. sous-section 6.4.3 de la version consolidée des orientations révisées sur les procédures et les
méthodologies communes à appliquer dans le cadre du processus de contrôle et d’évaluation
prudentiels (Supervisory Review and Evaluation Process, SREP) et des tests de résistance prudentiels,
modifiant les orientations ABE/GL/2014/13 du 19 décembre 2014 (ABE/GL/2018/03).
114
En outre, les établissements de crédit fournissant des services de gestion de portefeuille et/ou des
conseils financiers devront respecter les exigences de communication exposées dans le règlement (UE)
2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations
en matière de durabilité dans le secteur des services financiers, qui seront décrites plus en détail dans
les normes techniques à paraître.
Attente 10
Il est attendu des établissements qu’ils suivent en permanence les effets des facteurs
liés au climat et à l’environnement sur leur exposition actuelle au risque de marché et
sur leurs placements futurs, et qu’ils mettent au point des tests de résistance
incorporant les risques climatiques et environnementaux.
115
Cf. également principes 2 et 7 du guide ICAAP de la BCE.
Étant donné les caractéristiques propres des activités de marché, des tests de
résistance internes (par exemple, une analyse de sensibilité) pourraient être utilisés
pour mieux comprendre et évaluer la pertinence des risques climatiques pour le
portefeuille de négociation et le portefeuille bancaire. De telles analyses devraient
porter sur les risques liés au climat et à l’environnement en même temps que sur les
autres risques dans le cadre des approches normative et économique de l’ICAAP,
complétant les distributions sur très longues durées par des suppositions
hypothétiques 116.
Attente 11
Il est attendu des établissements présentant des risques significatifs liés au climat et à
l’environnement qu’ils évaluent l’adéquation de leurs tests de résistance en vue de
leur intégration dans les scénarios de référence et les scénarios adverses.
Dans le cadre de l’ICAAP, il est attendu des établissements qu’ils mènent un examen
approfondi et sur mesure de leurs vulnérabilités par le biais de tests de résistance 117.
Les scénarios de test devraient comprendre tous les risques significatifs susceptibles
de réduire le niveau de capital interne ou d’influencer les ratios de fonds propres
réglementaires et ils devraient être intégrés au programme de tests de résistance de
116
Cf. paragraphe 69 des orientations de l’ABE sur les tests de résistance des établissements
(EBA/GL/2018/04).
117
Cf. paragraphes 140 et seq. des orientations de l’ABE sur la gouvernance interne (ABE/GL/2017/11) et
chapitres 5.4 et 6.5 des orientations de l’ABE sur la collecte d’informations relatives à l’ICAAP et à
l’ILAAP dans le cadre du SREP (ABE/GL/2016/10).
• façon dont l’établissement peut être influencé par le risque physique et le risque
de transition ;
Il est attendu des établissements qu’ils définissent les hypothèses concernant leur
propre profil de risque et les spécifications individuelles et qu’ils envisagent plusieurs
scénarios reposant sur diverses combinaisons d’hypothèses. Dans le cadre de sa
planification des fonds propres, chaque établissement devrait évaluer l’adéquation de
ses fonds propres dans un scénario de base plausible et dans des scénarios adverses
qui lui sont spécifiques.
118
Cf., par exemple, World Energy Model (modèle énergétique mondial, en anglais uniquement), Agence
internationale de l’énergie (AIE), 2019 ; NGFS Climate scenarios for central banks and supervisors
(scénarios climatiques à l’intention des banques et des autorités prudentielles, en anglais uniquement),
NGFS, 2020 ; et Changing course: A comprehensive investor guide to scenario-based methods for
climate risk assessment, in response to the TCFD (changement d’orientation : guide complet de
l’investisseur relatif aux méthodes reposant sur des scénarios pour l’évaluation des risques climatiques,
en anglais uniquement), UNEP FI Investor Pilot ou UNEP FI, 2019.
119
Cf. article 73 du CRR.
120
Cf. paragraphe 44 et note de bas de page no°22 du guide relatif au processus interne d’évaluation de
l’adéquation du capital (ICAAP) de la BCE.
Attente 12
Il est attendu des établissements qu’ils évaluent si des risques significatifs liés au
climat et à l’environnement pourraient entraîner des sorties nettes de trésorerie ou
une diminution de leurs coussins de liquidité et, le cas échéant, qu’ils incluent ces
facteurs dans leur cadre de gestion du risque de liquidité et leur calibrage des
coussins de liquidité.
Pour assurer une gestion robuste du risque de liquidité, les établissements devraient
considérer les effets directs et indirects des risques liés au climat et à l’environnement
sur leur situation de liquidité 122 . 123 Ils sont encouragés à inclure ces considérations
121
Cf. article 5, paragraphe 6, de la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil du
15 mai 2014 établissant un cadre pour le redressement et la résolution des défaillances d’établissements
de crédit et d’entreprises d’investissement (directive BRRD).
122
Comme effet direct résultant d’un événement climatique grave, les clients pourraient effectuer des
retraits sur leurs comptes pour financer les réparations des dommages physiques, ce qui forcerait les
établissements de crédit à céder une grande partie de leurs actifs pour couvrir ces sorties (cf. Guidance
Notice on Dealing with Sustainability Risks (note d’orientation sur le traitement des risques en matière de
durabilité, en anglais et allemand uniquement), Office fédéral allemand de contrôle des services
financiers (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht, BaFin), 2020, p. 18). Comme effet indirect,
les banques dont les bilans seraient touchés par les risques de crédit et de marché pourraient se
retrouver dans l’incapacité de se refinancer seules, ce qui pourrait entraîner des tensions sur le marché
du crédit interbancaire (cf. The Green Swan (le cygne vert, en anglais uniquement), Banque des
règlements internationaux (BRI), 2020, p. 28). En outre, le risque de liquidité des banques pourrait
s’accroître en raison des chocs macroéconomiques causés par les risques physiques et de transition, ce
qui se traduirait, par exemple, par un rétrécissement de l’éventail des titres de placement.
123
Cf. notamment, principe 4 d), du guide de la BCE relatif au processus interne d’évaluation de
l’adéquation de la liquidité (internal liquidity adequacy assessment process, ILAAP) de novembre 2018.
Les établissements pourraient par exemple envisager la possibilité que des tensions à
la fois idiosyncratiques et de marché apparaissent en même temps que des risques
liés au climat et à l’environnement. De plus, les établissements pourraient réfléchir à la
façon dont leur situation de liquidité peut être influencée par un événement climatique
ou environnemental ayant des répercussions sur la valeur de leurs coussins de
liquidité. Ils pourraient aussi examiner les effets de ces risques sur les positions de
liquidité régionales, par exemple en monnaies locales, ainsi que les obstacles
potentiels, de nature opérationnelle ou autre, à la fourniture de liquidité à des régions
où se concrétisent des risques liés au climat ou à l’environnement.
124
Cf. paragraphes 24 et 25 des orientations du CESB du 27 octobre 2010 relatives à la répartition des
coûts et des avantages liés à la liquidité.
Il convient aussi de souligner que les institutions de l’UE sont arrivés à un accord
politique sur la mise au point d’un système de classification (ou taxonomie) des
investissements durables à l’échelle de l’Union À l’avenir, il sera demandé aux
établissements financiers soumis à la directive sur les déclarations non financières de
déclarer avec plus de transparence dans laquelle mesure leurs activités peuvent être
considérées comme durables du point de vue de l’environnement 126. Dans le même
ordre d’idées, on peut noter que la Commission européenne projette de mener un
examen de la directive sur les déclarations non financières dans le cadre de sa
stratégie de renforcement des fondements de l’investissement durable 127 128.
Attente 13
Aux fins des déclarations réglementaires, il est attendu des établissements qu’ils
publient des informations utiles et des indicateurs-clés sur les risques liés au climat et
à l’environnement qu’ils estiment significatifs, en tenant dûment compte de la
communication de la Commission européenne intitulée « Lignes directrices sur
l’information non financière : Supplément relatif aux informations en rapport avec le
climat (2019/C 209/01) ».
Attente 13.1
125
Cf. titre III des orientations de l’ABE sur le caractère significatif, sensible et confidentiel et sur la
fréquence de publication des informations en vertu de l’article 432, paragraphes 1 et 2, et de l’article 433
du règlement (UE) no 575/2013 (ABE/GL/2014/14).
126
Cf. proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur l’établissement d’un cadre pour
favoriser les investissements durables (14970/19).
127
Cf. directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la
directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations
relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes.
128
Il sera également exigé des grands établissements cotés en bourse qu’ils publient, à compter de
juin 2022, des informations sur leurs risques ESG conformément à l’article 449a du CRR II.
Selon les orientations de l’ABE; il n’existe pas de seuils communs pour le caractère
significatif 133. Ainsi, l’évaluation du caractère significatif des risques liés au climat et à
l’environnement devrait être effectuée à partir d’informations qualitatives et
quantitatives et devrait tenir dûment compte des risques de réputation et de
responsabilité associés à l’effet exercé par l’établissement sur le climat et
l’environnement et suscités par les polémiques sur leurs produits et leurs opérations. Il
est également rappelé aux établissements que la Commission européenne
recommande de ne pas considérer trop rapidement les risques climatiques comme
non significatifs en raison de leur nature à long terme 134. En outre, la publication de
risques significatifs doit être conforme aux articles 433, 434 et 434, point a) du CRR.
Attente 13.2 Dans le cas où un établissement estime les risques climatiques non
significatifs, il devrait produire des documents ainsi que des informations
129
Les attentes décrites dans la présente section se rapportent uniquement aux exigences de publicité
réglementaires à l’égard des établissements et ne sauraient s’appliquer aux normes comptables
existantes.
130
Cf. article 431, paragraphe 3, du CRR.
131
Conformément à l’article 431, paragraphe 3, du CRR et aux explications fournies par les orientations de
l’ABE, le concept de caractère significatif suppose la nécessité de publier des éléments qui ne sont pas
explicitement exigés par des dispositions spécifiques du CRR.
132
Cf. orientations de l’ABE sur le caractère significatif, sensible et confidentiel et sur la fréquence de
publication des informations en vertu de l’article 432, paragraphes 1 et 2, et de l’article 433 du
règlement (UE) no 575/2013, p. 17 (ABE/GL/2014/14)
133
Cf. orientations de l’ABE sur le caractère significatif, sensible et confidentiel et sur la fréquence de
publication des informations en vertu de l’article 432, paragraphes 1 et 2, et de l’article 433 du
règlement (UE) no 575/2013, p. 4 (ABE/GL/2014/14)
134
Cf. communication de la Commission européenne intitulée « Lignes directrices sur l’information non
financière : Supplément relatif aux informations en rapport avec le climat (2019/C 209/01) »
135
Cf. paragraphe 19 des orientations de l’ABE sur le caractère significatif, sensible et confidentiel et sur la
fréquence de publication des informations en vertu de l’article 432, paragraphes 1 et 2, et de l’article 433
du règlement (UE) no 575/2013 (ABE/GL/2014/14).
136
Aux termes de l’article 432, paragraphe 1, du CRR, « une information est considérée comme
significative dans une communication si son omission ou sa présentation faussée ou inexacte peut
modifier ou influencer l’appréciation ou la décision d’un utilisateur qui fonde ses choix économiques sur
ladite information ».
Source : GTCC.
Attente 13.5 Un établissement devrait notamment déclarer les émissions financées de GES
de champ d’application 3 137, pour l’ensemble du groupe. La BCE n’impose pas
le recours à une méthode précise de mesure et/ou d’attribution 138. Cependant, les
établissements sont encouragés à adopter une approche granulaire de la mesure des
émissions de carbone, tout en respectant le protocole des GES, comme exposé dans
le supplément de la Commission européenne. Cette approche pourrait consister, par
exemple, à mesurer, projet par projet, l’intensité carbone des portefeuilles de grandes
entreprises et, bien par bien, la véritable consommation d’énergie ou l’efficacité
énergétique des portefeuilles immobiliers. Les établissements devraient publier 139 :
Il est attendu des établissements qu’ils révèlent les méthodologies utilisées et les
hypothèses formulées, ou qu’ils y fassent référence, et notamment les définitions et
formules employées dans le calcul des indicateurs susmentionnés.
Attente 13.6 Il est attendu des établissements qu’ils publient les KPI et KRI utilisés aux fins
de la détermination de leur stratégie et de leur gestion des risques, ainsi que
leurs résultats actuels par rapport à ces indicateurs. Conformément au
supplément de la Commission européenne et aux messages-clés de l’ABE, il est
attendu des établissements qu’ils déclarent les indicateurs utilisés et notamment les
objectifs pertinents ainsi que leurs résultats actuels par rapport à ces objectifs.
Chaque établissement devrait décrire, grâce aux indicateurs susmentionnés, la
137
Pour la BCE, les émissions du champ d’application 3 comprennent les émissions liées aux actifs d’un
établissement (« émissions financées »).
138
La BCE a observé, par exemple, des établissements qui mesurent et déclarent leurs émissions
financées grâce à la méthode mise au point par le partenariat pour la comptabilisation du carbone par les
établissements financiers (Platform for Carbon Accounting Financials).
139
Cf. annexe 1 de la communication de la Commission européenne intitulée « Lignes directrices sur
l’information non financière : Supplément relatif aux informations en rapport avec le climat (2019/C
209/01) »
Attente 13.7 Les établissements devraient évaluer toutes les autres informations liées au
risque environnemental nécessaires pour donner une image complète de leur
profil de risque. En effet, les risques auxquels ils sont exposés proviennent d’un
large éventail de facteurs environnementaux, comme le stress hydrique, la perte de
biodiversité, la pénurie de ressources et la pollution. Les cadres de déclaration et les
besoins des acteurs du marché évoluant rapidement, les établissements ont tout
intérêt à améliorer activement leurs déclarations.
Encadré 11
Exemple de pratique observée : vue d’ensemble des déclarations respectant les
recommandations du GTCC
La BCE a observé une banque qui fournit une vue d’ensemble de la façon dont elle respecte les
recommandations du GTCC. La banque expose les chapitres précis de ses publications qui s’y
conforment.
Tableau A
Tableau récapitulatif simplifié
Référence aux publications de
Catégorie Recommandation du GTCC l’établissement
Gouvernance a) Décrire la surveillance des risques et opportunités climatiques exercée par le conseil Document X, page ABC
d’administration. Document X, page ABC
b) Décrire le rôle de la direction dans l’évaluation et la gestion des risques et opportunités
climatiques.
Stratégie a) Décrire les risques et opportunités climatiques répertoriés par l’établissement pour le court, Document Y, page ABC
le moyen et le long terme.
b) Décrire l’incidence des risques et opportunités climatiques sur les activités, la stratégie et la Document Y, page ABC
planification financière de l’établissement.
c) Décrire la capacité de résistance de la stratégie de l’établissement en tenant compte de Document X, page ABC
différents scénarios relatifs au climat, et notamment un scénario de hausse des températures
de 2°C au maximum.
Gestion des a) Décrire les processus de l’établissement en matière de détection et d’évaluation des risques Document Z, page ABC
risques climatiques.
b) Décrire les processus de l’établissement en matière de gestion des risques climatiques. Document Z, page ABC
c) Décrire comment les processus de détection, d’évaluation et de gestion des risques Document Z, page ABC
climatiques sont intégrés à la gestion des risques globale de l’établissement.
Indicateurs et a) Déclarer les indicateurs utilisés par l’établissement pour évaluer les risques et opportunités Document X, page ABC
objectifs climatiques conformément à sa stratégie et à son processus de gestion des risques. Décrire
les processus de l’établissement en matière de gestion des risques climatiques.
b) Déclarer les émissions de GES des champs d’application 1, 2 et, le cas échéant, 3, ainsi Document X, page ABC
que les risques associés.
c) Décrire les objectifs utilisés par l’établissement pour gérer les risques et opportunités Document Y, page ABC
climatiques, ainsi que les résultats obtenus.
Banque des Pays-Bas, Waterproof? An exploration of climate risks for the Dutch
financial sector (exploration des risques climatiques dans le secteur financier
néerlandais, en anglais uniquement), 2017.
Banque des Pays-Bas, An energy transition risk stress test for the financial system of
the Netherlands (test de résistance de la transition énergétique pour le secteur
financier des Pays-Bas, en anglais uniquement), 2018.
Banque des Pays-Bas, Values at risk? Sustainability risks and goals in the Dutch
financial sector (valeurs en risque ? Risques et objectifs en matière de durabilité dans
le secteur financier néerlandais, en anglais uniquement), 2019.
Banque des Pays-Bas, Indebted to nature: exploring biodiversity risks for the Dutch
financial sector (une dette envers la nature : étude des risques de perte de biodiversité
pour le secteur financier néerlandais, en anglais uniquement), juin 2020.
Comité européen du risque systémique (CERS), Too late, too sudden: Transition to a
low-carbon economy and systemic risk (trop tard, trop brutalement : transition vers
une économie sobre en carbone et risque systémique, en anglais uniquement), 2016.
OCDE, Due diligence for responsible corporate lending and securities underwriting:
Key considerations for banks implementing the OECD Guidelines for multinational
enterprises (devoir de diligence pour des pratiques responsables en matière de prêt
aux entreprises et de prise ferme de titres d’entreprises : considérations-clés pour les
banques qui mettent en œuvre les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises
multinationales, en anglais uniquement), 2019.