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Droit du commerce international expliqué

Le document traite du droit commercial international, soulignant son rôle essentiel dans la régulation des échanges commerciaux entre pays interdépendants. Il définit le droit du commerce international, ses sources, et les acteurs impliqués, tout en expliquant la complexité de cette discipline qui se situe à l'intersection du droit public et privé. Enfin, il aborde l'organisation institutionnelle du commerce international, mettant en avant le rôle des organisations internationales et des traités dans la régulation des échanges.

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Droit du commerce international expliqué

Le document traite du droit commercial international, soulignant son rôle essentiel dans la régulation des échanges commerciaux entre pays interdépendants. Il définit le droit du commerce international, ses sources, et les acteurs impliqués, tout en expliquant la complexité de cette discipline qui se situe à l'intersection du droit public et privé. Enfin, il aborde l'organisation institutionnelle du commerce international, mettant en avant le rôle des organisations internationales et des traités dans la régulation des échanges.

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INTRODUCTION

Le fonctionnement du monde actuel est dominé dans une large mesure, par
les échanges commerciaux, échanges de marchandises et échanges de services.
Tous les pays sont interdépendants au point que les produits consommés dans
un pays donné proviennent en partie d’autres pays. Cette globalisation ou cette
mondialisation des échanges, nécessite la mise en place des règles susceptibles de
créer les conditions d’un commerce équitable pour tous. C’est justement le but et
l’objet du droit commercial international ou droit du commerce international.
Plus qu’en droit interne, le droit est plus qu’indispensable dans les relations
commerciales internationales. En effet, « le commerce international se déploie
dans une société foncièrement hétérogène et où les conflits d’intérêts sont
considérables et les enjeux énormes »1.
Dans ces conditions, le commerce international ne peut se passer du droit. La
première tâche du droit ici est de déterminer les règles qui président à la régulation
juridique des échanges dans la société internationale. Cette régulation se fera à
travers une organisation institutionnelle et juridique des échanges et à travers une
organisation des opérations du commerce international proprement dit.
La nature même des relations commerciales internationales en raison des
différences de lois et d’opérateurs économiques, peut donner lieu à un contentieux
fertile. Le droit aura pour seconde tâche d’encadrer ce contentieux commerce
international.
Nous verrons donc dans un premier titre l’organisation des échanges dans
la société internationale et dans un second titre le règlement des litiges en droit du
commerce international.
TITRE I : L’ORGANISATION DES ECHANGES DANS LA SOCIETE
INTERNATIONALE

1
- (Jacquet et Delebecque, droit du commerce international, 34 ed, Dalloz p-6)
Ce titre appel des précisions à deux niveaux essentiels. D’une part la
définition, les sources, les institutions du commerce international et d’autres part,
les opérations du commerce international.

CHAPITRE I - DEFINITION, SOURCES ET INSTITUTIONS DU


COMMERCE INTERNATIONAL

La définition et les sources d’abord, les institutions du commerce


international ensuite seront étudiées.

SECTION I - DEFINITION ET SOURCES DU DROIT DU COMMERCE


INTERNATIONAL

Paragraphe 1 - DEFINITION DU DROIT DU COMMERCE


INTERNATIONAL

Définir le droit du commerce international revient à préciser son contenu et


de l’opposer aux autres disciplines avec lesquelles il a des affinités.

A- DEFINITION DU DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL

Le binôme droit et commerce international peut être appréhendé séparément.


Le droit c’est connu de tous, est l’ensemble des règles applicables ou
régissant un domaine donné dans un espace donné et émanent d’une autorité ayant
compétence pour l’édicter.
Le commerce international est le commerce qui transcende un ordre de
souveraineté donné pour concerner plusieurs ordres de souveraineté. C’est le
commerce qui déborde l’espace d’un Etat. Mais, dans les relations commerciales
internationales, la notion même de droit mérite des précisions à cause de la
diversité des acteurs ayant un pouvoir normatif. Les acteurs publics tels que l’Etat,
les acteurs privés que sont les personnes privées (personnes physiques ou
morales), les institutions du commerce international telle que l’O.M.C, sont
habilitées à prendre des textes susceptibles de régir les relations commerciales
internationales.
Au regard de ce qui précède, le droit du commerce international est le droit
qui s’applique aux rapports de commerce dans lesquels intervient un élément
d’extranéité.
L’élément d’extranéité qui imprime son caractère international à une relation
commerciale est variable.
Il peut être la nationalité différente des opérateurs économiques impliqués
dans les relations commerciales. Il peut s’agir, de la différence du lieu d’exécution
d’un contrat commercial et du lieu de sa conclusion.
Après l’analyse qui précède, on peut définir le droit du commerce
international comme l’ensemble des règles applicables aux rapports de
commerce dans lesquels intervient un élément d’extranéité.
Comme ci-dessus défini, le droit du commerce international se situe au
carrefour de plusieurs disciplines.

B- LE DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL


ET LES AUTRES DISCIPLINES

Nous avons déjà révélé, la complexité de la discipline, qui implique


différents opérateurs économiques et se déploie à travers plusieurs ordres de
souveraineté.
Compte tenu de sa nature, le droit du commerce international est une
discipline difficile à classer dans l’une des branche du droit, à savoir : le droit
public et le droit privé. En effet, le droit du commerce international met en relation
les personnes publiques que sont les Etats et les personnes privées que sont les
individus ou les sociétés privées, entre elles ou avec l’Etat.
Compte tenu de cette interpénétration des acteurs et des règles, le droit du
commerce international est un droit composite2.
Le droit du commerce international présente des affinités originaires avec le
droit civil, et ses dérivés comme le droit commercial où les dérivés de celui-ci.
Il partage avec le droit international privé, le trait caractéristique de
s’appliquer à des relations juridiques qui se détachent plus ou moins
complètement de leur contexte national, pour évoluer dans un espace
international.
Le droit du commerce international a également des liens pour des raisons
évidentes, avec le droit international économique et le droit public économique.
« Mais cette affinité n’est pas absolue en effet les deux disciplines diffèrent
par leur objet.
Le droit international économique a pour objet la macro-régulation du
commerce international. C’est le droit par lequel les Etats fixent les règles
relatives à l’ouverture et à la protection de leurs marchés selon les secteurs
aux produits et services d’origines étrangère.
Quant au droit du commerce international, il a pour objet la
microrégulation du commerce international, c'est-à-dire, la fixation des
règles qui s’appliquent aux opérations qui concrétisent les échanges. »3

Paragraphe 2 - LES SOURCES DU DROIT DU COMMERCE


INTERNATIONAL

2
- Jacquet et Delebecque, op. cit p.4
3
- Jacquet et Delebecque, ibidem
Le droit du commerce international présente des sources "composites". Il est
composite en ce sens qu’il se compose aussi bien à partir des règles d’origine
nationale, que des règles d’origine interétatiques et même des règles d’origine
spontanée, des usages du commerce international.
On a d’une part, les sources internes et d’autre part, les sources
internationales et la lex merctoria.

A- LES SOURCES INTERNES DU DROIT DU COMMERCE


INTERNATIONAL

Les sources internes sont essentiellement constituées par les sources


d’origine étatique. Le rôle normatif de l’Etat s’affirme en droit du commerce
international, de plusieurs manières.
C’est d’abord la régulation juridique des relations commerciales internes
(obligations, contrats civils et commerciaux…) ces règles d’origine interne,
trouveront application par la mise en oeuvre des règles de conflit de lois, elles
mêmes d’origine interne.
Ensuite, indépendamment de leur désignation par une règle de conflit, les
lois des Etats pourront trouver application selon le mécanisme des lois
d’application immédiate ou lois de police.
L’action unilatérale des Etats englobe aussi l’activité de leurs juridictions en
matière de litiges du commerce international. Fixation des règles de compétence
internationale de leurs tribunaux (voir art.14 et 15 du code civil ivoirien. Les
conditions de l’exequatur d’une décision étrangère ou d’une sentence arbitrale.

B- LES SOURCES INTERNATIONALES ET LA LEX MERCATORIA

1- Les sources internationales


Les sources internationales sont de deux ordres. Celles résultant de l’action
concertée des Etats, et les sources élaborées dans le cadre des organisations
internationales.
L’internationalisation des relations commerciales impose une action
concertée des Etats. Cette action se caractérise d’une part, par l’établissement des
traités bilatéraux définissant les conditions d’établissement des étrangers,
l’exercice de l’activité commerciales par ceux-ci, la reconnaissance et la
jouissance des droits pour les sociétés étrangères. D’autre part, par les traités
multilatéraux tels que les unions économiques (UEMO, ALENA, Union
Européenne, MERCOSUR etc). Toutefois, il est bon de signaler que l’action
concertée des Etats n’annihile pas leur action dans la mesure où ils se ménagent
toujours une marge assez suffisante de manœuvre.
L’action concertée se concrétise également par la signature des conventions.
Il s’agit essentiellement du droit conventionnel. Et en la matière, le droit du
commerce international est issu dans une large mesure, par les conventions. Nous
pouvons citer en matière contractuelle, la convention de Rome de 1980, et en
matière de vente internationale de marchandises la convention de Vienne de 1980.

2- La lex Mercatoria

La lex Mercatoria est la marque de la spécificité du droit du commerce


international et de l’importance accordée aux acteurs du secteur. La lex
Mercatoria se situe entre l’ordre juridique étatique et l’ordre juridique
international. Pour cette raison certains préfèrent la dénommer tiers ordre
juridique, c'est-à-dire que la lex Mercatoria ne provient ni du droit étatique, ni du
droit conventionnel desquels, il est "affranchi".
La lex Mercatoria vise à rendre les échanges Internationaux plus opérationnels,
en établissant des règles uniformes d’exercice de l’activité commerciale
internationale. L’évolution des relations internationales et la naissance de
nouveaux types de contrat, rend le contenu de la lex Mercatoria variable.
Certaines de ces règles sont aujourd’hui utilisées par tous les opérateurs du
commerce international. Il s’agit des INCOTERMS (international commerce
terms).
Les incotermes ont pour objet, de définir sous des appellations concises et
standardisées, les obligations caractéristiques des types de contrat. Ils règlent la
répartition des tâches, des risques et des coûts entre les parties dans la vente
internationale.

SECTION II - LES OPERATEURS ET LES INSTITUTIONS


DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les opérateurs économiques seront étudiés avant les institutions du


commerce international.

Paragraphe 1 - LES OPERATEURS ECONOMIQUES DU COMMERCE


INTERNATIONAL.

Seront successivement envisagés, les Etats et les sociétés internationales.


A – L’ETAT : OPERATEUR ECONOMIQUE

Le rôle de l’Etat n’a cessé de croître sur le marché et dans les relations
internationales du commerce, compte tenu du développement des relations
internationales dans l’ensemble.
L’Etat intervient soit directement soit indirectement sur le marché
international. Dans les pays en voie de développement, cette intervention
s’explique par les faibles moyens et la faible organisation d’un secteur privé peut
dynamique. L’intervention de l’Etat se traduit également par la nationalisation des
sociétés privées.
Cette intervention de l’Etat ne va pas sans poser de problèmes. Dans ses
relations avec un opérateur privé, l’Etat dispose de prérogatives particulières de
puissance publique. Surtout en cas de litige avec l’opérateur privé, "l’immunité
de juridiction" dont il bénéficie prive de toute compétence à l’égard de l’Etat, les
tribunaux d’un Etat étranger sauf renonciation. Même lorsque survient la
condamnation de l’Etat, il bénéficie de l’ "immunité d’exécution".

B – LES SOCIETES COMMERCIALES

Les sociétés commerciales ne sont pas les seules acteurs du marché du


commerce international. Mais comparativement aux personnes physiques, leur
activité est beaucoup plus importante et beaucoup plus visible. Elles constituent
même, les acteurs principaux du commerce international4.
Les problèmes qui se posent aux sociétés diffèrent selon que la société
appartienne à un groupe ou qu’elle est prise isolement. Mais dans les deux cas de
figure, les problèmes qui se posent en matière de droit du commerce international
sont les mêmes. Il s’agit :

4
- Jacquet et Delebecque, op. cit, p.13.
- De la loi applicable à la société ;
- De la nationalité de la société.

1 – La loi applicable à la société en droit du commerce international

Toute société ou presque est soumise à la loi d’un Etat donné.


Les solutions quant à la détermination de cette loi diffèrent selon les
systèmes juridiques.
Dans les pays anglo-saxon et tous les pays dont le droit s’y rapporte, c’est
le critère de l’incorporation. C'est-à-dire que la société est gouvernée par la loi du
lieu de sa constitution.
D’autre pays tels que la France et la Côte d’Ivoire exige un lien beaucoup
plus objectif. La société est soumise à la loi du lieu de son siège social.
Concernant les sociétés appartenant à un groupe, elles sont soumises
chacune à la loi du lieu de leur siège social, indépendamment du lieu du siège du
groupe.
La lex societatis ainsi définie couvre la constitution de la société, son
fonctionnement, sa liquidation, sa dissolution et son partage.

2 – La détermination de la nationalité de la société

Bien que nationalité et loi applicable soient assimilable en apparence et que


leur coïncidence souhaitée, pour des raisons de simplification juridique, loi
applicable et nationalité sont des questions différentes en droit du commerce
international. « La détermination de la loi applicable à une société correspond à
une nécessité de technique juridique et repose sur le choix d’un critère de
rattachement. Quant la détermination de la nationalité d’une société est
l’expression d’une compétence de l’Etat à l’égard de son national ; elle traduit
l’existence d’un lien d’allégeance entre l’Etat et la société, source de droits et
d’obligations. »5
Plusieurs critères sont proposés pour la détermination de la nationalité
d’une société :
- Le critère du contrôle : la société aurait la nationalité des personnes qui
la contrôlent (dirigeants sociaux et principaux actionnaires). Mais ce
critère présente beaucoup d’insuffisances.
- Le critère de l’incorporation : La société aurait la nationalité du lieu
auquel ont été accomplies les formalités constitutives et
l’immatriculation. Ce critère non plus n’est pas satisfaisant.
- Le critère du siège social : Il s’agit de la nationalité du pays du siège
social. Ce critère a la faveur de la jurisprudence. Ce lieu étant le lieu du
centre des intérêts de la société, il est plus réaliste.
Quelque soit le critère retenu, une société étrangère soumise à une loi étrangère
comme lex sociétatis doit être reconnue pour exercer une activité commerciale et
donc juridique, dans un autre pays.
Pour le groupe de société, il faut retenir, compte tenu de l’absence de
personnalité morale du groupe, que chaque société, membre du groupe garde sa
nationalité selon le critère retenu.

Paragraphe 2 - L’ORGANISATION INSTITUTIONNELLE


DU COMMERCE

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les institutions internationales


se sont impliquées dans les relations économiques internationales.
Il faut d’abord, signaler le rôle des organisations internationales rattachées à
l’ONU et ensuite celui des regroupements commerciaux par régions tels que la
CEDEAO, l’UEMOA, la CEE, l’OCDE, l’ALENA (Accord de Libre Echange etc

5
- MAYER et HEUZE, précis du droit international privé.
…) ou par produit, tel que l’OPEP, qui veillent par les institutions mises en place
à assurer un certain équilibre dans les échanges. Il faut enfin noter le rôle
important du GATT puis de l’OMC dans la réglementation du Commerce
International.

A - Les institutions a vocation universelle

Dès 1945, on a envisagé, une organisation du commerce concernant tous les


pays du monde, et qui serait directement rattaché à l’Organisation des Nations
Unies, soit inscrite dans une structure autonome.
Ainsi, ont été créées des institutions comme le Conseil Economique et Social
de l’ONU ; la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et de
développement (la CNUCED Genèse 1964) et la Commission des Nations Unies
pour le Droit commercial International (CNUDCI).
Le Conseil Economique et Social de l’ONU a pour but de mettre en œuvre
et coordonner les mesures économiques et sociales des institutions spécialisées
des Nations Unies (OIT, ONUDI, FIDA).
La CNUCED, est un véritable Forum International qui tend à répondre aux
préoccupations des Etats pauvres par la mise en œuvre des réformes souhaitées
par la majorité de ces pays.
Quant à la CNUDCI, elle poursuit un but d’unification du Droit du commerce
International quant au fond. Elle recherche la mise en place d’un droit mondial
des échanges. Elle est l’une des instances à l’origine de la Convention de Vienne
de 1980 sur la vente internationale de marchandises. Elle s’est également attachée
à l’arbitrage international dont elle recherche une unification à travers
l’harmonisation des règles internes de procédure.
Outre ces institutions à caractère économique, il y a des instances financières.
Il s’agit du Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, dite
BIRD ;
Le FMI est crée en 1944 lors de la conférence de Bretton Woods (New
Hamphire, USA). Il veille à la bonne marche du système monétaire international
en favorisant notamment la coopération monétaire internationale par le
mécanisme de la consultation et de la collaboration ; la promotion de la stabilité
des échanges, l’établissement d’un système multilatéral des paiements et
transferts en ce qui concerne les opérations courantes et la réduction des
déséquilibres des balances des paiements des Etats membres.
Les mécanismes de crédit du FMI permettent aux Etats membres d’avoir
accès à des « tranches de réserves ». ce sont des tirages automatiques. Ces
tranches de réserve correspondent au quart de la quote-part versée par chaque Etat
membre en devises officielles. En revanche, « les tranches de crédit »
correspondent à des liquidités conditionnelles. L’Etat demandeur d’une tranche
de crédit devra apporter la preuve de la nécessité d’un tel emprunt en raison des
difficultés financières subies. En contrepartie du crédit accordé, l’Etat membre
doit préparer un programme de la stabilité de sa balance des paiements.
En ce qui concerne les mécanismes de financement, ils sont de plusieurs
sortes. Il y a d’abord, le mécanisme de financement pour imprévus, le mécanisme
de financement des stocks régulateurs et les facilités d’ajustement structurel qui
fournissent aux Etats à faible revenu, des prêts assortis de conditions favorables.
La Banque Mondiale possède une structure et des compétences semblables à
celles du FMI. Elle est l’institution principale du financement du développement
du Tiers-monde.
L’action de la Banque Mondiale est surtout efficace et reconnue grâce à
l’activité de ses filiales, notamment la SFI, l’AID (Agence Internationale de
Développement et l’AMGI (Agence Multilatérale de Garantie des
Investissements).

B- L’OMC ET LES PRINCIPES DU GATT


Le GATT ou Accord Général dur les Tarifs Douaniers et le commerce avait
pour but d’instaurer un code de bonne conduite « néo—libéral » et multilatéral.
Dans le cadre du Gatt, le cycle de l’Uruguay Round commencé en 1986, a
donné lieu à de nombreux accords particuliers et s’est achevé le 14 décembre
1993, par la conclusion d’un accord général dont les dispositions entrées en
vigueur le 1ère Janvier 1995. le premier effet de ces accords est
l’institutionnalisation du GATT avec la mise en place de l’Organisation Mondiale
du Commerce. Cet organe juridique a pour but de gérer l’ensemble des accords et
de contrôler le système de règlement des différends.
En ce qui concerne le fond, ces accords réaffirment les principes déjà en
vigueur, à savoir les principes du commerce sans discrimination, de l’abaissement
général et progressif des droits de douanes, de la prohibition des restrictions
quantitatives, de la prohibition des subventions à l’exportation et de la
réglementation du dumping.

CHAPITRE II : LES OPERATIONS DU COMMERCE


INTERNATIONAL

Un opérateur économique qui souhaite étendre son activité a le choix entre


plusieurs techniques d’intégration dans le circuit commercial international. Il peut
choisir l’intégration directe par l’implantation sur le marché extérieur ce qui
implique bien souvent, la recherche de partenaires locaux (le partenariat
international) et l’intégration indirecte par l’exportation ou l’importation qui se
résout en termes de contrat international.
SECTION I : LE PARTENARIAT INTERNATIONAL

Le principe est ici la recherche de partenaires sur place et la réalisation


d’investissements locaux avec eux. Cela peut être le fait des accords plus limités
tendant à la réalisation d’un unilatéral de connaissances ou de droits de propriété
industrielle (ex, concession, franchise V° droit commercial interne) ou par la mise
en œuvre d’opérations conjointes ou selon la terminologie anglo-saxonne « joint-
venture ».
La notion de joint venture s’est développée de façon empirique et la
pratique utilise le terme pour désigner aussi bien l’entité juridique nouvelle créée
que le contrat qui l’a créé.

Paragraphe 1 - LES ACCORDS D’EXECUTION D’OPERATIONS


CONJOINTES

On verra d’une part la sous traitance et d’autre part, les opérations


d’investissement qui réalisent par des prises de participation dans les sociétés
étrangères.

A- LA SOUS -TRAITANCE

La sous-traitance internationale est une alliance verticale qui concerne


l’approvisionnement. Il s’agit donc d’une relation purement commerciale qui peut
intervenir pour la fourniture par une entreprise locale, de composants essentiels
au produit fini, pour des opérations de recherche et développement pour la
distribution des produits …. En matière internationale, c’est la recherche de
compétence spécialisées, propres à un pays donné, qui justifie de tels partenariats.
Ils sont alors un moyen, non pas d’acquérir des technologies nouvelles pour les
utiliser ensuite directement, mais de parvenir à les intégrer à ses produits en les
sous-traitant.
Une telle relation peut, être de très longue durée et bien souvent, elle
s’accompagne d’une prise de participation dans l’entreprise sous-traitante afin de
consolider la relation commerciale. Il est institué en Côte d’Ivoire une Bourse de
la sous traitance et du partenariat (BSTP) comme il existe un salon européen de
la sous-traitance, le MIDEST (Marché International pour la Diffusion Européenne
de la Sous-Traitance) qui facilitent les contrats entre les entreprises disposant de
compétences technologies spécialisées ou nouvelles et les fabricants susceptibles
de les utiliser.

B– LES OPERATIONS D’INVESTISSEMENT

Elles se réalisent3 ici sous la forme de prise de participations dans les


sociétés étrangères. Cette prise de participation est un moyen pour l’opérateur
d’être sur place à l’étranger et de s’assurer la coopération de ces entreprises
intégrées.
L’investissement ainsi défini peut viser, en outre, à contrôler plus
facilement un partenaire avec qui l’on est déjà lié ou à empêcher la concurrence
de prendre de telles participations dans une entreprise partenaire.
En conséquence, les participations sont généralement prises en fonction des
intérêts et des objectifs de l’investisseur.
Il est fréquent que les opérations d’investissement de ce type précèdent ou
suivent un accord de sous-traitance voire même la création d’un joint-venture.
Elles permettent, en effet, de connaître son partenaire « de l’intérieur » et donc de
mieux l’évaluer.

Paragraphe 2– LE JOINT VENTURE

A l’issue d’un accord de joint-venture, les partenaires se trouvent face à


trois entités juridiques distincts : les deux sociétés partenaires et la structure créée
par leur accord.
Cette structure peut revêtir toutes les formes possibles : société commercial,
GIE association non dotée de la personnalité morale, etc. Le partenariat peut
également être mise en œuvre par une fusion partielle des deux sociétés lorsque
celles-ci souhaitent assurer un contrôle mutuel renforcé sur l’activité commune,
tout en conservant la plus grande indépendance sur le reste de leurs activités.
D’une façon générale, les joints-ventures ont une durée limitée, soit en
raison de leur objet (réalisation d’un chantier de construction, exploitation ou
exploitation de gisement pétrolières, consortiums bancaires tendant à une
opération d’investissement précise…), soit parce que la société qui a utilisé à cette
structure décide de s’implanter à long en créant une filiale ou de se retirer du
marché, selon les résultats obtenus.
A ce niveau, le contrat est essentiel. La première difficulté est la langue. Les
termes techniques et juridiques doivent avoir le même sens et la même portée pour
les deux parties. Ensuite, dans toutes les étapes de la collaboration, la description
précise des activités communes et des apports de chacun doit être la plus détaillée
possible. Il est également possible de prévoir les limites géographiques de son
activité afin qu’il ne puisse pas être possible de concurrencer les sociétés-mères
sur leur propre marché. La définition du leader est également un facteur clé, les
actionnaires égalitaires pouvant engendrer de dangereuses situations de blocage :
il faut veiller, soit à accorder à l’un des partenaires une participation légèrement
majoritaire, soit à introduire dans le capital un tiers minoritaire qui évitera les
blocages décisionnels.

SECTION II - LE CONTRAT INTERNATIONAL

L’intégration indirecte se fait par l’exportation ou l’importation lesquelles


se réalisent par la conclusion de contrat d’échange international portant sur un
bien ou un service.
Les règles de droit étant différentes d’un Etat à un autre, on peut envisager
de s’en remettre à un corps de règles spécifiques, dès lors que l’échange est
international. Ce droit international du commerce existe, il s’est crée par
l’intervention des Etats, sous la forme de conventions portant loi uniforme. On
désigne ainsi les conventions qui créent des règles matérielles, susceptibles de
régir directement une situation juridique : Exemples, les conventions de Genève
de 1930 et 1931 relatives aux effets de commerce et aux chèques, ou plus
récemment, la convention de Vienne de 1980 sur la vente commerciale
internationale, et dans le cadre Africain, les actes uniformes du traité OHADA.
Aces sources du Droit de Commerce International, s’ajoute l’ensemble des
éléments de la Lex Mercatoria. Cependant, tout cela ne suffit pas pour donner un
cadre juridique complet aux échanges internationaux. On doit avoir recours à de
nombreuses règles appartenant au droit interne des différents pays.
Les échanges commerciaux imposent souvent le recours à des règles
particulières qui reflètent les différents aspects de l’activité contractuelle, dès lors
qu’elle se déroule en milieu international.
L’opération la plus courante et qui permet la mise en œuvre de ces règles,
est la vente. On peut la considérer comme le pivot de l’ensemble des opérations
juridiques du commerce international, autour de laquelle pourront se greffer
d’autres contrats.

Paragraphe 1 – LA NOTION DE CONTRAT INTERNATIONAL

Sur cette question, les solutions vont varier selon que l’on applique les
règles de droit commun propres à chaque pays ou les dispositions d’une
convention internationale.
A– LE CARACTERE INTERNATIONAL EN DROIT COMMUN DU
CONTRAT

La nécessité de différencier le contrat interne du contrat international se fait


sentir dans deux séries de circonstances. Tantôt il s’agit de savoir si la règle de
conflit de lois entre en jeu, et notamment si les parties ont toue liberté de désigner
la loi applicable à leur contrat. Tantôt il s’agit de savoir si le contrat international
peut directement relever de certaines règles qui lui sont propres. Dans ce cas
comme dans l’autre la définition présente donc un caractère fonctionnel.
S’agissant de la définition du contrat international, il ne suffit pas qu’un ou
plusieurs éléments d’un contrat échappent à la souveraineté d’un seul Etat pour
en déduire que le contrat prend un caractère international. Par exemple, la
différence de nationalités des parties, ou un lieu de conclusion diffèrent du lieu
d’exécution ne suffit pas pour donner un aspect international au contrat.
Ainsi, lorsqu’un Ivoirien, résidant à Marseille achète un véhicule
d’occasion à un Algérien, domicilié à Aix-en-Province, le contrat reste un contrat
interne. De même, si deux industriels Ivoiriens se rencontrent à l’aéroport de
Dakar et concluent un contrat de fourniture de services intéressant leurs deux
sociétés, dont les sièges sociaux sont en Côte d’Ivoire, le contrat n’est pas
international. En l’espèce, le lieu de conclusion du contrat est fortuit et ne suffit
pas à faire échapper l’engagement au droit ivoirien.
On comprend mieux la nécessité de disposer d’un critère permettant le
contrat. Dans la recherche de ce critère, on est passé d’une appréciation purement
économique à une détermination par référence à des considérations juridiques.

1 – Le critère économique
Suivant ce critère, le contrat est considéré comme international dès lors
qu’il entraîne « un double mouvement de flux et de reflux » d’un pays à un autre.
Ainsi, la vente est internationale dès lors que la marchandise passe du vendeur à
celui de l’acheteur et que le paiement suit l’itinéraire inverse.
A plusieurs reprises, les juridictions du fond ont repris cette solution, mais
elles ont aussi admis une conception plus souple de ce critère économique en
considérant comme international le contrat dépassant le cadre de l’économie
interne, ou celui qui met en jeu les intérêts du commerce international. C’est à
cette dernière solution que le législateur ivoirien s’était rallié, lorsqu’il a eu, dans
la loi du 9 août 1993, à distinguer l’arbitrage interne de l’arbitrage international.
La précision limitée d’un tel critère a conduit à préférer au critère
économique, une approche purement juridique.

2 – Le critère juridique

Dans certaines décisions de justice, c’est en faisant référence au conflit de


lois né d’un contrat que la jurisprudence a caractérisé le contrat international.
Ainsi, elle considère comme international le contrat rattachant à des normes
juridiques émanant d’Etats différents. En considérant le moment de la formation
du contrat, ou l’exécution des différentes obligations des parties, on constate qu’il
s’agit d’un acte qui a des liens avec les lois de plusieurs Etats.
Le recours à la notion de contrat international qui résulte de cette définition
conduit donc à recenser les différents éléments d’extranéité qui se présentent sans
distinguer selon que ceux-ci sont relatifs à la personne des contractant ou à
l’exécution du contrat lui-même. Il suffit en principe qu’un élément extranéité
apparaisse pour que le contrat soit considéré comme international. Ce
rattachement à plusieurs systèmes juridiques ne doit pas être artificiel, ni inspiré
par le seul désir de réaliser une fraude.
Peut-on cependant tenir tous les éléments d’extranéité pour équivalents ?
Ainsi doit-on considérer que le commerçant mauritanien du quartier installé
depuis des années conclut avec sa clientèle habituelle des contrats
internationaux ? La jurisprudence ne s’est jamais prononcée directement en
fournissant une définition du contrat international. Dans un arrêt en date du 19
janvier 1976 (RC 1977.503) la cour de cassation a posé le principe selon lequel le
caractère international du contra est la condition nécessaire pour que les parties
aient la faculté de désigner la loi à la quelle il sera soumis.
On peut relever l’imprécision des deux critères économique et juridique,
qui peut conduire à des appréciations parfois surprenantes de la part des juges.
Mais on doit aussi comprendre le refus des tribunaux de se laisser enfermer dans
un système trop rigoureux, fondé sur la seule considération d’éléments objectifs
comme, par exemple, la résidence des parties dans deux Etats différents.

B- LE CONTENU DU DROIT CONVENTIONNEL

Plusieurs conventions internationales ayant pour objet la plupart des


contrats ou relatives seulement à la vente, sont adoptées sur la question du
caractère international du contrat. Ces conventions sont d’un apport très limité en
droit ivoirien. Seule l’une d’entre elle est applicable en Côte d’Ivoire. Celle qui
est actuellement en vigueur dans divers pays dont la Côte d’Ivoire est la
convention du 15 juin 1955 relative à la loi applicable aux ventes à caractère
international d’objets mobiliers corporels. Mais, elle ne contient aucune indication
sur la détermination du caractère international de la vente.
Il faut noter l’existence de :
1. La convention de Rome du 19 juin 1980 applicable à presque tous les contrats.
Dans son article premier alinéa 1, il est indiqué que la convention régit les
situations contractuelles « comportant un conflit de lois ». Pour la mise en œuvre
de ce critère le juge aura tendance à se référer aux solutions déjà acquise en droit
commun.
2. La convention du 22 décembre 1986, relative aux contrats de vente
internationale de marchandises. L’article premier de cette convention qualifie
de vente internationale :
- Les ventes dont les parties ont leurs établissements dans des Etats
différents ;
- Les ventes qui donnent lieu à un conflit de lois, pourvu que ce
rattachement aux lois d’Etats différents ne soit pas artificiellement créé
par les parties.
3. La convention de Vienne du 11 avril 1980, portant loi uniforme en matière de
vente internationale de marchandises prévoit, dans son article premier, que al
vente est internationale dès lors que l’établissement du vendeur et celui de
l’acheteur sont dans des Etats différents.

Paragraphe 2– LE REGLEMENT DU CONFLIT DE LOIS

Une règle presque universellement admise aux parties de choisir librement


la loi applicable au contrat international. Ce mode de rattachement à un ordre
juridique national, est désigné par l’expression « loi d’autonomie ».
Il importe d’examiner le mécanisme du choix applicable et de déterminer
quels sont les éléments du contrat qui sont soumis à cette loi.

A- LA DETERMINATION DE LA LOI APPLICABLE AU CONTRAT

La connaissance de la loi applicable dépend du choix opéré par les parties.


Le fait de s’en remettre aux parties peut faire surgit deux difficultés : la liberté de
choix permet-elle de désigner n’importe quelle loi ? Comment déterminer la loi
applicable, si les parties ont négligé de désigner une loi ?

1 – La liberté de choix
Le principe et que, dans une situation comportant un conflit de lois, les
contractant peuvent choisir librement la loi qui régira leur contrat.
La cour de cassation avait antérieurement fait sienne une idée de Batiffol,
selon laquelle les contractants ne décident pas exactement de la loi applicable,
mais plutôt de la localisation de leur contrat, et le juge en déduit la loi applicable
(1ère Civ. 25 mars 1980, rev. Crit. 1980.576 note Batiffol. Ce détour traduisait une
réticence à admettre que les contractants puissent choisir leur loi. Il est maintenant
abandonné.
Ce choix n’est pas nécessairement exprès. Il peut être implicite, pourvu
qu’il résulte de façon suffisamment certaine des dispositions ou des circonstances
de la cause.
Le choix des contractants est entièrement libre. Il n’est pas limité, comme
le préconisaient autrefois certains auteurs, aux lois des Etats avec lesquels le
contrat a un rapport, et qui ont ainsi un titre à s’appliquer. Les contractants peuvent
aussi faire le choix d’une loi applicable pour une partie du contrat seulement et
soumettre l’autre partie à une autre loi. Enfin ils peuvent à tout moment, à
condition évidemment d’être d’accord, modifier leur choix primitif.

2– L’absence de choix

Si les parties n’ont pas expressément choisi la loi de rattachement, c’est au


juge qu’il appartient de localiser le contrat c'est-à-dire de déterminer quelle est la
sphère juridique où la convention qui lui est soumise paraît se placer. Selon la
doctrine classique, le juge devait à défaut d’un choix exprès, rechercher quelle
avait été la volonté des parties et si aucune volonté implicite ne peut être dégagée,
découvrir la volonté hypothétique des parties.
La jurisprudence se réfère à des indices de rattachement pour déceler la
volonté implicite voire hypothétique des parties quant au choix de la loi
applicable. Ces indices sont de deux ordres : des indices généraux et des indices
particuliers.
a- Les indices généraux

– Le lieu de formation du contrat

Les auteurs se réfèrent au lieu de conclusion du contrat comme indice


général déterminant la volonté des parties. On estime que les parties ont entendu
soumettre leur contrat à la loi du lieu où elles ont formalisé leur accord de volonté.
Ce rattachement est conforme à la règle traditionnelle locus régit actum. Il
présente une présomption selon laquelle, sous réserve de la preuve contraire, la
volonté des parties se dégage normalement vers la loi locale. Cette loi a le mérite
d’être connue par les parties et de régir la forme du contrat. Mais de nombreux
auteurs reprochent à ce rattachement son inefficacité en plusieurs domaines. En
effet, le lieu de conclusion d’un contrat international est souvent fortuit ou
accidentel par rapport aux intérêts à régir. D’un côté, ce rattachement se trouve
compromis dans le cas des contrats par correspondance. Le lieu de formation du
contrat ne constitue pas une présomption qui justifie un rattachement stable.
– Le lieu d’exécution du contrat

Cet élément est lié aux intérêts des parties. C’est au lieu d’exécution du
contrat que le résultat de l’opération qui donne au contrat sa valeur sera obtenu et
devra être exigé en cas de litige.
Cet avantage ne supprime cependant pas les inconvénients de ce
rattachement. En effet, la solution devient impraticable dans le cas où l’exécution
du contrat se en plusieurs endroits. Pour contourner la difficulté, la jurisprudence
a tendance à rechercher le lieu principal de l’exécution, ce qui amène à déterminer
la prestation caractéristique de l’opération contractuelle. C’st ainsi qu’en matière
de vente, c’est le lieu de la livraison de la marchandise et non le lieu de la
formation du contrat qui détermine la loi applicable.
Parfois, le lieu de la formation du contrat et celui de son exécution ne
permettent pas de déterminer avec certitude la loi applicable. Aussi, se réfère t-on
à des indices particuliers.

b- Les indices particuliers

Certains tiennent à la teneur du contrat, ce sont les indices dits intrinsèques.


D’autres tiennent aux lois en conflit et à l’attitude des parties postérieurement à la
conclusion du contrat. Ce sont les indices extrinsèques.

– Les indices intrinsèques

Ces indices de valeur inégale, peuvent tenir à la personne des contractants,


à l’objet du contrat ou à la forme de sa conclusion.
Il y a d’abord la nationalité des contractants. Mais la jurisprudence admet
difficilement le caractère international d’un contrat entre les parties ayant la même
nationalité.
Il y a ensuite l’objet du contrat qui peut fournir un indice de rattachement.
Par exemple, dans les contrats portant sur un bien immeuble, il y a prévalence du
statut réel sur le droit contractuel. Le problème se pose également dans le cas des
groupes de contrats liés entre eux par l’objet. C’est le cas des contrats de sous-
traitance. La jurisprudence rattache les différents contrats à la loi du contrat
principal.
Dans certains cas, le juge prend en considération la forme notariée ou
consulaire du contrat. On suppose en effet que les parties qui ont suivi une forme
officielle ont entendu se référer à la loi de l’officier rédacteur de l’acte.
D’un autre côté, la langue utilisée dans la rédaction du contrat constitue
également un indice important pour le juge dans le cas où les parties n’ont pas la
même langue.
Les clauses attributives de juridiction et les clauses compromissoires
constituent également des indices en faveur de la loi du for ou des arbitres choisis.

– Les indics extrinsèques

On admet généralement que si l’une des lois en conflit annule le contrat,


c’est celle qui le valide qui est choisie par les parties, car il est in vraisemblable
que les parties aient choisie une loi qui anéantit leur volonté.
L’attitude des parties postérieurement à la conclusion du contrat peut
également constituer un indice de rattachement. Par exemple, la loi par rapport à
laquelle la demande en justice a été formulée est, dans le silence des parties au
moment de la conclusion du contrat, compétente pour régir celui-ci.
En France depuis l’entrée en vigueur de la convention de Rome de 1980,
on renonce maintenant à définir une volonté qui n’a pas hésité. Si les contractants
n’ont pas fait usage de la faculté qui leur était ouverte, la convention désigne elle-
même la loi applicable. Le contrat est alors régi « par la loi du pays avec lequel il
présente les liens les plus étroits ». La mise en œuvre de la formule risque de
soulever des difficultés. Pour les résoudre, la convention a prévu certaines
présomptions, susceptibles d’être écartées par la preuve contraire, et notamment
les deux suivantes :
- Le contrat est présumé présenter les liens les plus étroits avec le pays où la
partie qui doit fournir la « prestation caractéristique » à sa résidence
habituelle ;
- Un contrat relatif à un immeuble est présumé avoir les liens les plus étroits
avec le pays de la situation de l’immeuble. Cette présomption rejoint la
solution dégagée antérieurement par la jurisprudence dans la recherche
d’indices susceptibles de révéler une volonté implicite des contractants.

B- LIMITES DE LA LOI APPLICABLE

La relation contractuelle est un ensemble juridique complexe dont les


éléments ne sont pas tous nécessairement soumis à la loi désignée par les parties
de conflit supplétive. Parce que certaines questions peuvent relever d’autres
catégories de rattachement que le contrat, la loi qui gouverne celui-ci sera écartée
pour laisser place à la loi désignée par une autre règle de conflit.
Est du domaine de la loi contractuelle tout ce qui touche à la formation et
aux effets du contrat. La connaissance du droit interne des contrats suffit pour
déterminer les questions qui relèvent de cette loi. Quels sont les éléments auxquels
on pourra appliquer une loi autre que la loi du contrat ?

1 – Les mesures de police et de sûreté

Il y a dans tous les systèmes juridiques, des situations qui, partiellement ou


totalement, échappent au mécanisme du conflit de lois bien qu’elles naissent d’un
contrat international.
C’est le cas des lois dites « d’application immédiate », parfois appelées
« lois de police contractuelle ». En effet, chaque Etat considère qu’une partie de
sa législation doit s’appliquer à toute situation juridique, même internationale, qui
développe ses effets sur son territoire, et cela sans tenir compte de la loi qui lui
serait normalement applicable.
Les parties à un contrat international ne peuvent donc échapper à certaines
règles qui sont d’application immédiate, c'est-à-dire appliquée sans le détour par
la règle de conflit.
Ainsi, un contrat inter national de travail qui s’exécute en Côte d’Ivoire,
sera soumis pour l’essentiel à la loi ivoirienne, même si, les parties avaient choisi
de la soumettre à une autre loi.

2 – La capacité des parties

La capacité des parties peut être appréciée en vertu d’une loi qu’elles auront
librement choisie ? Ce serait le cas si la capacité dépendait de la loi applicable au
contrat. Ce n’est pas la solution du droit ivoirien, ni celle de nombreux systèmes
juridiques étrangers, qui s’en remettent à la loi personnelle de chaque contactant,
c'est-à-dire sa loi nationale ou celle du domicile.
Afin de protéger l’un des contractants contre une nullité fondée sur
l’incapacité de l’autre, la jurisprudence française admet longtemps l’excuse
d’ignorance légitime de cette incapacité. On retrouve une solution équivalente
dans l’article 11 de la loi convention de Rome.

3 – Le transfert des droits réels

Dans toute vente, il y a transfert de la propriété d’un bien. La loi applicable


au contrat ne régit pas nécessairement la question du transfert du droit réel, que le
bien soit un meuble ou un immeuble. La loi de situation du bien interviendra en
raison de sa force d’attraction particulière à l’égard des biens et de son rôle
essentiel pour la protection des tiers. On avait envisagé de distinguer les effets du
contrat entre les parties des effets à l’égard des tiers pour soumettre les premiers
à la loi du contrat et les seconds à la loi de situation. Renonçant à cette solution
qui introduit une distinction, source de complication et d’incertitude, on préfère
s’en remettre à la loi de situation du bien, pour l’ensemble du contrat.
Cette solution ne présente pas de difficultés particulières pour les
immeubles, d’autant moins que souvent la loi d’autonomie se confondra avec la
loi réelle. En revanche, à l’égard des meubles, susceptibles de déplacement d’un
pays à un autre, la complexité peut être plus grande, principalement en raison de
la particularité de certains droits étrangers comme ceux du Sénégal et de
l’Allemagne.
En effet, dans une vente d’un bien meuble, situé en Allemagne, le transfert
de la propriété s’opérera selon les solutions du droit allemand, même si le contrat
est soumis à la loi française adoptant le transfert solo consensus. L’échange des
consentements ne suffira pas à transférer la propriété, il faudra procéder aux
formalités de tradition prévues par le droit allemand.
Pour la vente d’un bien meuble en France, le transfert de la propriété
s’opérera selon les règles françaises, donc au moment de l’échange des
consentements, même si le contrat est soumis à la loi allemande.
La difficulté à régler cette question explique que dans les diverses
conventions concernant la vente, on ait renoncé à prendre position. Seul le
problème du transfert des risques, souvent lié à l’usage d’un INCOTERM, est
envisagé dans la convention de Vienne.

Paragraphe 3– L’APPLICATION DS INCOTERM

Le contrat de vente est souvent établi de manière très rudimentaire. Il y a


pourtant des points sur lesquels les parties doivent être d’accord, car ils
déterminent l’étendue de leurs engagements dans les diverses phases de
l’exécution du contrat, et en particulier dans la phase du transport.
Il est indispensable que chacun sache à quoi il s’engage, ce qui lui permet
non seulement de s’exécuter, mais aussi de s’assurer contre les risques pouvant
surgir dans les différentes phases d’exécution du contrat.
Par une terminologie simple, constituant les « termes du commerce
international » ou selon la terminologie et l’abréviation anglaise
« INCOTERMS », mise au point par la chambre de commerce internationale, on
a établi les différentes obligations du vendeur et de l’acheteur en répartissant entre
eux les risques et les coûts. Ces INCOTERMS constituent un des aspects de Lex
mercatoria.

A - L’INSTITUTION DES INCOTERMS

La mise en place des INCOTERMS qui s’est opérée dans les années 1920
n’a pas abouti à une réglementation figée. Plusieurs révisions de ces termes ont
eu lieu, la plus récente est celle de 2000, qui a permis de réduire leur nombre, de
mieux préciser leur portée et de faciliter leur compréhension, et donc leur
utilisation, en introduisant une systématisation de leur présentation.
La nouvelle nomenclature des INCOTERMS comprend 13 termes rangés
en quatre catégories. Pour faciliter l’exposé des obligations de chaque partie, on
les a classés en 10 rubriques, classés de A1 à A10 pour le vendeur et B1 à B10
pour l’acheteur.
En plus de l’obligation principale (A1 et B1) pesant sur chacun d’eux qui
est de fournir une marchandise conforme pour le vendeur et d’en payer le prix
pour l’acheteur, chaque INCOTERMS permet de répartir les autres, obligations,
à savoir les licences, autorisations, et accomplir les formalités, prendre en charge
le transport et l’assurance, modalités de la livraison, transfert des risques, la
répartition des frais, les avis à donner à l’autre partie, la preuve de la livraison, les
documents de transport ou les données informatiques équivalentes ; la
vérification, emballages, marquage, inspection de la marchandise et autres
obligations.

B- LES DIFFERENTS GROUPES D’INCOTERMS

Jusqu’à 1990, il n’existait pas un classement précis des INCOTERMS. On


se consentait de les regrouper en fonction des obligations qui pesaient sur l’une
ou l’autre partie, ce qui conduisait à opposer ceux qui paraissaient plus favorables
au vendeur et ceux qui semblaient profiter à l’acheteur. Depuis 1990, on distingue
quatre groupes utilisant la première lettre de chaque INCOTERM pour déterminer
son groupe : groupe E, F, C et D. Dans le premier groupe, « E », il n’y a qu’un
seul terme commercial, tandis qu’on en trouve trois pour « F » ; quatre pour « C »
et cinq pour « D ». Les groupes (voir tableau sur les INCOTERMS)

C - OBLIGATION DANS CHAQUE GROUPE

1 – Terme EXW

C’est l’obligation minimale pour le vendeur, qui doit mettre à la disposition


de l’acheteur, dans son établissement, une marchandise individualisée, à la date
et au lieu convenus. Si rien n’est stipulé sur ce point, on se réfère à l’usage et à la
détermination d’un délai raisonnable. Dès ce moment, il y a transfert des risques,
même si l’acheteur ne prend pas livraison.
L’acheteur doit prendre livraison et procéder à ses frais pour permettre
l’acheminement de la marchandise à destination. Pour cela, il doit être prévenu,
dans un délai raisonnable, du moment et du lieu de la mise à disposition et il doit
bénéficier du concours du vendeur pour obtenir toutes informations nécessaires
pour l’assurance ou l’expédition de la marchandise.

2– Termes relatifs au transport


Dans les deux groupes suivants, termes en « F » et en « C », on prend
position sur la prise en charge du transport, des frais et des risques. L’opération
est souvent accompagnée d’un transport combiné, multimodal, avec un transport
principal, souvent effectué par mer, et des transports d’approche. Cela permet
d’opposer les termes en « F » à ceux en « C ». Dans un cas le vendeur ne paie pas
le transport principal, dans l’autre il devra le faire.

a- Terme « F »

Le transport principal n’est pas acquitté par le vendeur. Un point est


convenu pour la livraison de la marchandise par le vendeur. Il s’agit généralement
de la remise au transporteur désigné par l’acheteur qui se chargera du transport
principal. Jusqu’à ce point, le vendeur doit organiser et prendre en charge les frais
et risques du pré-acheminement de la marchandise.
Le terme « FCA » sera utilisé pour un transport terrestre, fluvial ou aérien,
ou encore un transport maritime multimodal, dans lequel il ne s’agit pas de livrer
à bord ou le long de quai.
Lorsque le transport se fait par voie maritime, on peut adopter l’un des deux
autres termes prévus dans ce groupe : FAS ou FOB.
« FAS », c’est un terme propre au transport maritime ou fluvial, qui n’est
pas très contraignant pour le vendeur, qui doit livrer la marchandise le long du
navire désigné par l’acheteur soit à quai, soit sur les allèges, à la date convenue.
« FOB », dans ce terme utilisable en matière maritime ou fluvial le
bastingage, c'est-à-dire le passage de l’aplomb des limites du navire, joue un rôle
pratique important. Dans ce cas, la livraison est effectuée dès lors que la
marchandise est à bord. Elle est considérée comme à bord, dès le bastingage. Le
vendeur doit prendre tout ce qui précède ce comment : transport jusqu’au navire,
dédouanement de la marchandise, licence d’exportation, frais et taxes
éventuellement dus pour l’exportation. En ce qui concerne le changement, on
détermine la participation du vendeur et de l’acheteur en fonction des usages du
port, d’où l’intérêt de les connaître.
On déduit de ces différentes situations que la livraison n’est possible que si
le transporteur principal est connu du vendeur. Il est de l’obligation de l’acheteur
de désigner ce transporteur et d’en informer dans un délai raisonnable le vendeur.
Il peut arriver que suivant le contrat ou l’usage, le vendeur conclu le contrat de
transport, ce sera toujours aux frais et risques de l’acheteur. Faute de désignation
d’un transporteur dans un délai prévu pour la livraison, le vendeur peut prendre
l’initiative de conclure le contrat pour le compte de l’acheteur et à ses frais. Ai
aucun transporteur n’est disponible, les risques passeront à l’acheteur au jour pour
la remise au transporteur.

b- Termes « c »

Dans tous ces termes, le transport principal est acquitté par le vendeur. Cela
ne signifie pas pour autant qu’il assume les risques jusqu’au terme du transport.
Pour éviter toute confusion entre les termes « C » et « D », il faut bien retenir la
distinction entre la charge des risques et l’acquittement du prix du transport, avec
certains cas le coût de l’assurance. Dans les termes « C », même si le vendeur paie
le transport principal, et parfois l’assurance, cela n’empêche pas que obligation
de livraison soit exécutée avant que le transport principal ne commence, par la
remise au transporteur. Le transfert des risques se situe au moment où la
marchandise est embarquée. Les confusions peuvent naître de l’indication du
point de destination, avec parfois l’indication d’une date d’arrivée, ce qu’il
faudrait éviter dans un terme « C » ne signifie pas pour autant que le vendeur
s’engage à livrer au lieu de destination. Ce lieu doit être connu seulement pour
pouvoir organiser le contrat de transport, mais le vendeur ne s’engage qu’à
expédier la marchandise à un moment tel qu’elle puisse parvenir à la date prévue.
Parmi les termes « C », on peut établir deux catégories :
- Transport maritime : CFR (ou C & F ) et CIF
- Tous transports : CPT et CIP
Si les deux termes du premier groupe sont réservés au transport maritime,
c’est essentiellement parce qu’ils imposent au vendeur de fournir à l’acheteur un
document qui n’existe qu’e, matière maritime : le connaissement ou une lettre de
transport maritime. Dans tous les cas, CFR et CIF, où le vendeur doit fournir un
connaissement, il doit s’agir d’un connaissement net, c'est-à-dire ne comportant
aucune clause surajoutée par celui qui prend en charge la marchandise et qui
constaterait le mauvais état de cette marchandise ou de son emballage. Sauf
disposition contraire, il doit également s’agir d’un connaissement négociable, qui
permet de vendre la marchandise pendant le transport.
Si dans l’un de ces INCOTERMS en « CF » apparaît la lettre « I », cela
signifie que le vendeur prend en charge l’assurance.

c- Termes en « D » (à l’arrivée)

Pour la plupart des produits manufacturés, il existe une préférence pour ces
termes. L’acheteur peut ainsi comparer le prix entre le produit qu’il trouve sur
place. Ou bien le vendeur veut pouvoir contrôler la phase de transport afin de
s’assurer que ces produits arrivent dans de bonnes conditions. De plus lorsqu’il
s’agit d’un fournisseur ayant un volume important à l’exportation, il dispose d’une
meilleure position que ses clients pour négocier un taux de fret concurrentiel.
Lorsque l’on choisit un terme en « D », il faut savoir comment déterminer
celui qui convient le mieux à la marchandise que l’on doit transporter. Trois
éléments seront pris en considération :
- Le mode de transport ;
- La répartition des risques et des coûts liés au déchargement des
marchandises à destination ;
- La répartition des tâches relatives au dédouanent à l’importation.
Le terme « DES » oblige le vendeur à livrer la marchandise au port de
destination, en informant en temps utile l’acheteur de la date d’arrivée du navire.
Le vendeur doit lui fournir tous les documents permettant de prendre livraison de
la marchandise et de procéder au dédouanement. Dès lors qu’elle est à la
disposition de l’acheteur, mais non déchargée, la livraison est accomplie, les
risques passent à l’acheteur. Il doit dédouaner la marchandise et payer les frais de
déchargement.
Avec le terme « DEQ », le point de partage des frais et celui des risques
coïncident, mais à la différence de la formule « DES », il est déplacé au moment
où la marchandise est à quai. Le vendeur paye le transport, déchargement,
compris, et assume les risques jusqu’au moment de la mise à disposition sur le
quai. La marchandise mise à disposition est une marchandise, pour laquelle on a
transmis le document de transport, généralement un connaissement, et qui a été
dédouanée de l’importation. Elle peut donc quitter librement le port.
Pour tout transport, on peut utiliser l’un des trois termes suivants : DAF,
DDU, ou DDP.
Bien qu’utilisable pour tout transport, le terme DAF est généralement limité
au transport ferroviaire. Quand on utilise le terme DAF on le fait suivre d’un nom
d’un pays, pays du destinataire ou, plus rarement, pays tiers par lequel la
marchandise transite. La plupart du temps, o, indique le nom de la ville frontière.
Cela marque la limite des obligations du vendeur. Il prend en charge tous les frais
et risques relatifs à la marchandise jusqu’à la frontière du pays désigné.
Les termes DDU et DDP intéressent tous types de transports. Retardant la
livraison, et donc le transfert des risques, jusqu’à l’arrivée à un point convenu,
dans le pays de l’acheteur, ils doivent être utilisés avec prudence par le vendeur.
S’il s’agit de vendre dans un pays où les règles et formalités d’importation sont
imprécises, aléatoires ou très variables, le vendeur doit éviter ces termes.
Le terme « DDU », est un terme nouveau, introduit dans les INCOTERMS en
1990. Dans ce terme, le vendeur s’engage à délivrer la marchandise au point de
destination convenue, dans le pays de l’acheteur. Mais il ne prend pas en charge
les opérations de dédouanement, ni le paiement des frais liés à l’entrée de la
marchandise dans le pays l’importateur.

SECTION III- LES GARANTIES D’EXECUTION DES CONTRATS


INTERNATIONAUX.

Si le risque est propre aux relations commerciales, il devient plus grand et


plus accru dans les relations commerciales internationales car, les différents
opérateurs qui entrent en relations se situent dans différents pays et peuvent même
ne pas se connaître.
Les garanties sont donc indispensables pour le créancier du prix de
l’opération, pour dissiper ses craintes et le rassurer quant au recouvrement de sa
créance, ainsi que pour la bénéficiaire de la prestation, pour la bonne exécution
du contrat.
Dans ces relations à risque, les banques représentent les entités les plus sûres,
compte tenu des moyens dont elles disposent et des compétences qui sont les leur.
Les banques sont donc les fournisseurs de garanties afin de rassurer les
relations commerciales internationales et assurer leur développement
harmonieux. Mais dans le commerce international on remarque une variété de
garanties que nous avons dénommé la rose des garanties bancaires du commerce
international.
Parmi ces garanties, deux, compte tenu de leur importance et de leur
fréquence seront étudiées : il s’agit du crédit documentaire et des garanties
autonomes. Mais avant exposons les garanties réelles.
Paragraphe 1 - LES GARANTIES REELLES

Les garanties sont les garanties qui portent directement sur les biens, objets
de la transaction. Il s’agit des garanties connues en droit commun des sûretés
(droit de rétention, gage, nantissement et les privilèges mobiliers spéciaux. Parmi
ces garanties, seul le droit de rétention compte tenu de sa fréquence d’utilisation
en droit du commerce international sera analysé.

A- LE MECANISME DE LA CLAUSE DE RESERVE DE PROPRIETE

Le vendeur V demeure propriétaire des biens vendus à l’acheteur A tant


qu’il n’est pas totalement payé.
 A Assume les risques de la Marchandise sauf incoterms convenu.
 V Demeure propriétaire du bien vendu.
 Les avantages pour le V
La vente étant faite à crédit il ne craint pas pour le paiement du prix dans la
mesure où il peut revendiquer à tout moment la Marchandise.
 Les avantages pour A
A est déjà en possession de la marchandise sans avoir entièrement payé le
prix. Il dispose d’une marchandise qu’il peut vendre et payer le prix après.

B- LES MODALITES DE LA CLAUSE DE RESERVE DE PROPRIETE

- La réserve de propriété simple (comme en droit ivoirien et français)


- La réserve de propriété prolongée (qui garantit le vendeur, même après
transformation ou revente de la marchandise.)
- La réserve de propriété élargie (qui subordonne le transfert de la
propriété au règlement de toutes les créances du vendeur envers
l’acheteur, où même s’il s’agit d’un groupe de sociétés, les créances
de toute société appartenant au même groupe que le vendeur.)

C- LE REGIME JURIDIQUE DE LA CLAUSE DE RESERVE


DE PROPRIETE

1- Le droit applicable

Le droit qui régit le contrat principal ou droit propre ?


La clause a son droit propre et ce droit est librement choisi par les parties à
défaut, le droit du contrat principal est applicable.

2- L’efficacité de la clause

- Entre les parties. Loi gouvernement leur rapport


- A l’égard des 1/3 et des créanciers. Loi de la situation du bien.

Paragraphe 2 - LES GARANTIES BANCAIRES

A - LE CREDIT DOCUMENTAIRE

Le CREDOC est réglementé par les RUU (Règles et Usance Uniformes


relatives au CREDOC du CCI, entrées en vigueur en 1994.

1- Le mécanisme de base
a-schéma simple
- Le crédit document fait intervenir au moins 3 entités.
 Le vendeur
Liés par un contrat commercial
 L’acheteur
 La banque de l’acheteur émettrice du crédit.
- Le CREDOC suppose deux contrats.
Un premier contrat qui lie le vendeur à l’acheteur appelé, contrat de base.
Un deuxième contrat qui lie le vendeur à la banque émettrice du crédit.

b- Le schéma complexe-

- L’intervention d’une banque confirmatrice ou notificatrice située dans


le pays du vendeur.
Banque émettrice (située dans le pays
de l’acheteur)
Vendeur
Banque notificatrice (située dans le
pays du vendeur)

NB : - le vendeur se retrouve avec deux banques garantes dont les


garanties sont autonomes l’une de l’autre.
- la banque notificatrice est elle-même garantie par la banque
émettrice dont elle est le plus souvent une filiale.

2- Les etapes de la conclusion du CREDOC

a- Le contrat de base
Accord entre le Vendeur et l’acheteur. C’est ce contrat qui contient la clause
financière indiquant la nature du CREDOC.
La clause financière du contrat indique la nature du CREDOC.

b- Deuxième étape

Accord entre acheteur et banquier émetrice du crédit. (définit les obligations


des deux.)

c- Troisième étape
Emission de l’accréditif par la banque émettrice au profit du vendeur.
(L’accréditif définit les obligations de la banque émettrice, la nature des
documents à fournir, les délais et les droits du bénéficiaire qui est le vendeur)

d- Quatrième étape

C’est l’étape de la remise de l’accréditif par une banque intermédiaire située


dans le pays du vendeur pour confirmer ou simplement notifier l’accréditif.

3- Les modalités du crédit documentaire

a- Le crédit documentaire révocable

(Faible garantie pour le vendeur car la banque émettrice peut à tout moment
remettre en cause son engagement sans l’accord du vendeur ou de l’acheteur)

b- Le crédit documentaire irrévocable

La banque émettrice ne peut révoquer son engagement, ni le modifier


sans de l’acheteur ni du vendeur : garantie efficace pour le vendeur.
NB : Le CREDOC est soit révocable ou irrévocable, peut être confirmé ou
notifié par la banque intermédiaire. (étendue de l’obligation de la banque
intermédiaire.)
Le CREDOC peut se complexifier par l’ajout des techniques bancaires.
c- Le crédit renouvelable ou « revolving »/spécialisé ou fermé
(renouvellement à intervalle régulier. L’acheteur verra le montant du crédit
automatiquement reconstitué ou crédit accordé pour une seule opération)

d- Le crédit « red clause »


Le vendeur est autorisé a recevoir une partie du crédit.
L’expédition et la prestation des documents.

e- Le crédit transférable
f- Le credit « back to back »
VENDEUR BANQUE INTERMEDIAIRE FOURNISSEUR
Bénéficiaire du émettrice du crédit bénéficiaire du crédit
crédit notifié ou adossé adossé
confirmé.
4-La mise en oeuvre du CREDOC
a- La présentation des documents
b- La vérification de la conformité des documents par la banque.
c- Le paiement (modes de paiement)
* Le paiement à vue
* Le paiement différé (se fera à une date postérieure à la remise des
documents)
* Le paiement par acceptation
Le vendeur accompagne les documents d’une traite tirée sur la banque
confirmatrice qui doit l’accepter. A l’échéance la banque émettrice paie la banque
notificatrice.

* Paiement par négociation


Le vendeur remet à son banquier, avec les documents une traite tirée sur la banque
notificatrice. Après vérification, la banque notificatrice escompte la traite.
B- LES GARANTIES AUTONOMES

L’Etat de Côte d’Ivoire maître d’ouvrage, confie le prolongement de


l’autoroute du Nord jusqu’à Yamoussoukro à l’Entreprise Chinoise de
Construction (ECC), entrepreneur. Les travaux sont supervisés pour le compte de
l’Etat de Côte d’Ivoire, par le Bureau Nation d’Etude Technique et de
Développement (BNETD), maître d’œuvre.

1– Les prestations à garantir

a. L’appel d’offre international (garantie de soumission)


b. Conclusion du contrat (garantie de restitution d’acompte)
c. Exécution du contrat (garantie de bonne fin)
d. Fin du contrat (garantie de paiement des droits de douane si le matériel
chinois admis sur le territoire de la Côte d’Ivoire en franchise n’est pas
réexporté à la fin des travaux.

2 – Les intervenants dans le contrat

a. Le schéma simple de la garantie à première demande


 Trois entités interviennent :
- L’Etat de Côte d’Ivoire, bénéficiaire de la garantie
- L’entreprise chinoise, donneur d’ordre
- Une banque chinoise (banque de l’entreprise chinoise située en Chine,
fournisseur de la garantie).
 Deux contrats sont signés
- Le contrat de base liant l’Etat de Côte d’Ivoire à l’entreprise chinoise : contrat
d’entreprise
- Le contrat liant l’Etat de Côte d’Ivoire à la banque chinoise, contrat autonome,
contrat de garantie à première demande (c’est à demande de l’entreprise chinoise
que la banque chinoise s’engage envers l’Etat de Côte d’Ivoire).

b. Le schéma complexe et actuel de la garantie


 Quatre entités interviennent :
- L’Etat de Côte d’Ivoire, bénéficiaire de la garantie ;
- L’entreprise chinoise donneur d’ordre primaire ;
- Une banque chinoise, banque de l’entreprise chinoise garantissant la banque
ivoirienne ;
- Une banque ivoirienne, banque de l’Etat de Côte d’Ivoire, fournisseur de la
garantie.

Banque chinoise (contre garante)

L’Etat de Côte d’Ivoire


Contre-garantie

Banque ivoirienne (garante)

N.B : L’Etat de Côte d’Ivoire bénéficie de deux engagements autonomes :


- Un engagement fourni par la banque chinoise ;
- Un engagement fourni par la banque ivoirienne ;
- La banque ivoirienne elle-même étant garantie par la banque chinoise.

3– Les modalités de la garantie à première demande


a. La garantie pure et simple
b. La garantie justifiée
c. La garantie documentaire (PV d’expertise, décision judiciaire au
fond ou sentence arbitrale)

4 – La mise en œuvre de la garantie

a. Appel à la garantie
b. Les obstacles au paiement
c. Les recours.

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