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Cours sur la radioprotection

La radioprotection vise à protéger les individus et l'environnement des effets nocifs des rayonnements ionisants, en établissant des règles et des procédures de prévention. Les effets des rayonnements peuvent être déterministes, provoquant des dommages immédiats, ou stochastiques, entraînant des effets à long terme comme des cancers. Les principes de radioprotection incluent la justification, l'optimisation et la limitation des doses reçues.

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Cours sur la radioprotection

La radioprotection vise à protéger les individus et l'environnement des effets nocifs des rayonnements ionisants, en établissant des règles et des procédures de prévention. Les effets des rayonnements peuvent être déterministes, provoquant des dommages immédiats, ou stochastiques, entraînant des effets à long terme comme des cancers. Les principes de radioprotection incluent la justification, l'optimisation et la limitation des doses reçues.

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LA RADIPROTECTION

Pr Nadia GHOSNE
ISPITSC-2022
I- Introduction:

Peu de temps après la découverte des rayons X par Roentgen en


1895 et du radioactivité naturelle par Becquerel en 1896, il est
devenu évident que les rayonnements ionisants n'était pas seulement
utile pour le diagnostic et le traitement de la maladie, mais aussi
nocif aux tissus humains. Il est reconnu depuis les premières études
sur les rayons X et les minéraux radioactifs dont l'exposition à des
niveaux élevés de rayonnement peut causer des dommages aux
tissus du corps humain. Dans le premier quart du XXème siècle les
effets de ces rayonnements sur la santé ont été soit ignorés soit
fortement mésestimés. Cette "insouciance" a induit un certain
nombre de comportements qui nous paraissent aujourd'hui
effrayants. C'est ainsi que l'on dispose de documents d'époque qui
vantent les mérites de crèmes, savons ou boissons au thorium, de
cures de radium…
 Absence totale de protection contre les RI:
 Utilisation commerciale surprenante de produits radioactifs:
 Des études épidémiologique à long terme menées sur des populations
exposées aux rayonnements, en particulier les survivants des
bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon en
1945, ont démontré que l'exposition aux rayonnements a également un
potentiel d'effets différés comme l'induction de tumeurs malignes ou
des dommages sur le système génétique…
 Suite aux incidents et/ou accidents dus aux RI, des actions ont été
menées pour la mise en place de mesure réglementaire nécessaires
pour permettre l’évaluation de la dose individuelle et collective des
populations soumises à tous types d’expositions, naturelles ou non.
Rayonnements ionisants
- Rayonnement ionisant:

 Un rayonnement est une émission d’une énergie à partir d’une


source.
 Trois catégories à distinguer:
- Rayonnements chargés(particules chargées, ions lourds),
- Rayonnements électromagnétiques(X et γ),
- Rayonnements neutres( Neutron…).
 Interaction : transfert d’énergie du rayonnement incident au milieu
traversé (nature et énergie rayonnement, matière).
 Les effets d’une irradiation dépendent des ionisations et excitations
des atomes le long des trajectoires des particules ionisantes.
 Un rayonnement particulaire ou électromagnétique est ionisant s’il
est susceptible d’arracher des électrons à la matière(E(rayonnement)
> E énergie de liaison des électrons considérés ).
- Rayonnement ionisant:
 Un rayonnement est une émission d’une
énergie à partir d’une source.
 Trois catégories à distinguer:
- Rayonnements chargés(particules
chargées, ions lourds),
- Rayonnements électromagnétiques(X
et γ),
- Rayonnements neutres( Neutron…).
 Interaction : transfert d’énergie du
rayonnement incident au milieu traversé
(nature et énergie rayonnement, matière).
 Les effets d’une irradiation dépendent des
ionisations et excitations des atomes le
long des trajectoires des particules
ionisantes.
 Un rayonnement particulaire ou
électromagnétique est ionisant s’il est
susceptible d’arracher des électrons à la
matière(E(rayonnement) > E énergie de liaison
des électrons considérés ).
II- Effets des rayonnements ionisants:
1- Les rayonnements ionisants:
 Particules chargées : issues de radioactivité:
• Rayonnement α : formé de particules massives (des noyaux
d’hélium), il ne parcourt que quelques centimètres dans l’air et peut
être arrêté par une feuille de papier.
• Rayonnement β : formé d’électrons négatifs et positifs, il parcourt
quelques mètres dans l’air et peut être stoppé par une paroi de bois ou
de verre.
 Particules non chargées : Rayonnement neutronique
Formé de neutrons, il possède un fort pouvoir ionisant mais il est
fortement atténué par les matériaux hydrogénés comme l’eau.
 Les Radiations électromagnétiques
Rayonnement X : formé de photons, des écrans de plomb sont
nécessaires pour l’arrêter
Rayonnement γ : formé de photons, mais plus énergétiques que les
X, il parcourt plusieurs centaines de mètres dans l’air ; des écrans
épais de plomb ou de béton sont nécessaires pour l’arrêter.
2- Types des sources de RI:
2.1- Les sources scellées :
Elles sont des sources constituées par des substances radioactives
solidement incorporées dans des matières inactives.
Radiothérapie
Radiologie
2.1- Les sources non scellées : Ce sont des sources radiologiques non
confinées, dont la présentation et les conditions normales d’utilisation ne
permettent pas de prévenir toute dispersion de substances radioactives.
Exemples : Les substances émettrices de rayonnements γ, β+ comme
l’Iode 125, le Technétium métastable 99, le Fluor 18.

IMAGERIE D’ÉMISSION EN MEDECINE NUCLEAIRE


Les actes diagnostiques in vitro: L’Iode 125 période T= 60 jours
Technetium-99m (99mTc,140Kev)
Fluor 18 (FDG) période de 110 min
l’Iode-131 (131I, E = 365kev)
3- Types d’exposition:
L'emploi des RI peut provoquer:
• L'exposition externe: est provoquée par
une source radioactive située à distance de
l'individu pouvant émettre des
rayonnements qui interagissent avec le
corps humain en créant des ionisations.
L’exposition peut être globale ou partielle.
• Une contamination externe: est
provoquée par un produit radioactif qui
s'est déposé sur la peau, les vêtements ou
les plans de travail. Elle peut conduire à
l'incorporation des produits radioactifs
dans l'organisme.
• Une contamination interne: se produit
lorsque les produits radioactifs ont pénétré
dans l'organisme par inhalation, ingestion
ou par voie cutanée (plaie par exemple).
Ce phénomène d’incorporation conduit à
l’exposition interne.
 Les dégâts biologiques provoqués par une exposition interne ou
externe sont de même nature.
 Lors d’une contamination interne, les caractéristiques physico-
chimiques du radionucléide déterminent le tissu biologique sur lequel
il se fixe.
 De sa période biologique (différente de sa période radioactive)
dépend son élimination après métabolisation. La période effective
(Teff) est le temps pendant lequel le radionucléide pourra agir sur
l’organisme. Elle est liée à la période radioactive (Trad) et à la période
biologique (Tbiol) par la relation suivante :

 Exemple : Période effective de l’ Iode 125 fixé sur la thyroïde sa


période radiologique étant de 60,2 jours et sa période biologique de
138 jours, la période effective de l’125I pour cet organe est donc égale
à 42 jours.
4- Effets des RI sur la santé:
L'exposition aux rayonnements peut entraîner des effets néfastes sur la santé :
4.1- Effets déterministes ou obligatoires:
Ce sont des dommages qui apparaissent rapidement et directement suite à
l’irradiation. Ils sont dits déterministes car ils sont certains de se produire et se
déclenchent avec certitude chez tout le monde au dessus d’une dose élevée
appelée seuil. Plus le seuil est dépassé, plus les dommages causés sont graves et
on observe une perte de la capacité fonctionnelle du tissu. Ils englobent les
syndromes d’irradiation aiguë et les brûlures radiologiques uniquement en cas de
dose élevée supérieure à une dose seuil déterminée, exp: mal d’irradiation suite
aux traitement par radiothérapie (Perte d'appétit, nausée , fatigue , diarrhée,
vomissement, perte de cheveux, saignements du nez, hémorragie sous-cutanée,
anémie , infection, insuffisance croissante des cellules sanguines) radiodermite,
opacités du cristallin, cataracte, nausées, rougeurs de la peau ou, dans les cas
graves, des syndromes plus aigus sont cliniquement exprimés chez les personnes
exposées dans un laps de temps relativement court après l'exposition.
Les effets déterministes sont le résultat de divers processus, principalement la
mort cellulaire ou division cellulaire retardée, causée par une exposition à des
niveaux élevés de rayonnement. Si suffisamment étendus, ces effets peuvent
altérer la fonction des tissus exposés.
Dose (Gy) Effet
0.25 Effet non discernable
1.00 Changement dans le sang
2.00 Maladie des rayonnements pas de décès
4.50 50% des personnes exposées décèdent si pas d’intervention
10 100% des personnes irradiées décèdent
Irradiation du corps entier avec des doses aiguës
Exemple d’effets déterministes

Brulure à cause d’une


forte dose reçue lors
d’une intervention sur un
Brulure d'un accident d'irradiation G.X
dans un irradiateur accident

Nombre de Dose
Décès
personnes estimée
21 6 -16 Gy 20

Dose en profondeur estimée à 30-40 Gy (g) 21 4 - 6 Gy 7


55 2 - 4 Gy 1
140 < 2 Gy 0
28
Chernobyl. Ten Years On. Nuclear Energy
4.2- Effets stochastiques dits aussi aléatoires:
 L'exposition aux RI peut également induire des effets retardés tels que
des tumeurs malignes, qui sont survenus après une période de latence et
peuvent être épidémiologiquement détectable dans une population; cette
induction est supposée avoir lieu sur la gamme complète de doses, sans
seuil, également en cas de faible dose et d’autant plus probable lorsque la dose
augmente avec un risque accru de cancer.
 Ils sont associés à la transformation des cellules, plus qu’à leur
destruction.
 Ils se traduisent par des dommages (cancers, effets génétiques) qui
risquent d’autant plus d’apparaître que la dose de rayonnement a été
importante.
 La probabilité d’apparition d’un cancer dépend de la dose reçue. Ils ne
sont pas caractéristiques des rayonnements.
 Autres effets aléatoires possibles sont les troubles hématologiques
persistants (anémie, leucopénie, thrombopénie) qui pourraient conduire à
une leucémie (cancer du sang),
 Ces effets sont du type probaliste « tout ou rien » : un cancer se déclenche
ou ne se déclenche pas, mais il n’est pas plus ou moins grave.
 leur temps d'apparition est long (quelques années à quelques dizaines
Exemples d’effets Stochastiques:
Autres effet (cataracte, maladies cardiaques et vasculaires, effets
génétiques, Anomalies congénitales…)
- En fonction de l’âge : + jeune = + sensible aux rayonnements,
- En fonction du sexe : femmes + sensibles que les hommes

Risque de cancers cutanés radio-induits


Dose (Gy)

Incidence brute de la leucémie par 10.000 hommes par an d’après la radiothérapie


pour spondylarthrite ankylosante. Extrait de Physique des rayonnements avec des
applications en médecine et en biologie 2nd Norman Dyson 1993 31
(100 rad = 1 Gy)

Taux d'incidence du cancer de la thyroïde


Cancer du sein (Hiroshima et Nagasaki). Health chez les enfants exposés avant l'âge de 14
Physics Vol 41 No 4, October 1981 pp 667-8 ans à la suite de l'accident de Tchernobyl
32
(1986)UNSCEAR 2000
III- Principes et définition de la radioprotection:
La radioprotection est par définition la protection contre les
rayonnements ionisants, c'est-à-dire, l'ensemble des règles, des
procédures et des moyens de prévention et de surveillance visant à
empêcher ou à réduire les effets nocifs des rayonnements ionisants
produits sur les personnes, directement ou indirectement, y compris les
atteintes à l'environnement.
La radioprotection est donc :
- Un ensemble de bases scientifiques qui décrivent le risque et les
moyens matériels de s'en protéger,
- L’ensemble des aspects techniques et réglementaires mis en œuvre
pour assurer leur sécurité.
- Des principes généraux fixant les objectifs et les moyens d'y parvenir,
- Une organisation et une réglementation qui imposent le niveau de
protection à atteindre et les dispositions nécessaires pour y parvenir.
La radioprotection a pour objectif donc d’assurer la protection de la
santé des populations soumises aux rayonnements ionisants (personnes
publiques, patients et travailleurs), ainsi que la protection de
l’environnement.
 En 1928, les radiologues étaient les premiers à prendre conscience des
lésions causées par les rayons X et par le radium à leurs patients et à
eux-mêmes.
 La première limite de dose, qui date de 1938, concernait les seuls
professionnels et équivalait à environ 500 millisieverts (mSv) par an.
 Ce système de protection était censé garantir l’absence totale de
risque, puisqu’il protégeait contre les effets des fortes de doses de
rayonnements, les seuls connus à cette époque.
 Après la seconde guerre mondiale, l’action cancérogène des
rayonnements a été reconnue et il est devenu évident que des
expositions supérieures aux limites pouvaient causer des effets
extrêmement graves.
 La Commission internationale de protection radiologique « CIPR »
( 1er organisme expert en radioprotection) recommande alors un
abaissement des limites de dose : 3 mSv par semaine pour les
travailleurs (soit environ 150 mSv par an) et la dixième de cette valeur
pour la population en raison de possibles risques génétiques et de la
sensibilité de certains individus qui les rend particulièrement
vulnérables aux rayonnements.
Principes de la Radioprotection
Les trois principes de la radioprotection selon la directive 96/29/EURATOM du 13 05 96)
sont:
 La justification: Toute activité entraînant une exposition
aux RI doit être justifiée par une analyse coût/avantage
(avantages économiques, sociaux ou autres par rapport
aux dommages sanitaires qu’ils sont susceptibles de
provoquer) mettant ainsi en évidence que le détriment est
suffisamment faible par rapport au bénéfice que l’on
retire de cette pratique.
 L’optimisation: Toutes les expositions doivent être
maintenues au niveau le plus faible raisonnablement
possible, compte tenu des facteurs économiques et
sociaux (principe ALARA « As Low As Reasonably
Achievable »).
 La limitation: La somme des doses reçues par une
même personne ne doit pas dépasser les limites
réglementaires.
IV- Grandeurs utilisées dans le domaine de la radioprotection:
1- Dose absorbée :
 Les rayonnements issus de la source radioactive perdent leur énergie
dans la matière traversée.
 En un point P situé dans une sphère élémentaire du milieu irradié
d’un volume élémentaire dV de matière de masse dm, le
rayonnement dépose une énergie moyenne dE. Au total, La dose
absorbée est l’énergie moyenne dE absorbée par la matière de masse
dm.
 Sa définition formelle est donc : D = dE ⁄ dm
 Elle dépend de l'activité du radionucléide, de la nature et de l'énergie
du rayonnement, du temps d'exposition et de la distance à la source.
 Elle est proportionnelle au nombre de particules incidentes N,
 Elle peut être spécifiée dans un milieu quelconque et pour n’importe
quel type rayonnement ionisant,
 Son unité dans le SI est le Gray tel que : 1Gy = 1J / Kg
 L’ancienne unité est le rad, 1 Gy = 100 rad.
2- Débit de dose absorbée :
3-Dose équivalente: « il vaut mieux recevoir sur la tête un kilo de plume qu'un kilo de plomb »
La notion de dose absorbée s'est révélée insuffisante en radioprotection, car on
s'aperçut dans les années 1950, à l'occasion d'irradiations où étaient mélangés
des photons et des neutrons, qu'un " Gray " de neutrons était environ dix fois
plus cancérigène qu'un « Gray » de photons. Ceci conduisit à multiplier par 10
la dose dans le cas des neutrons et à appeler la nouvelle quantité " dose
équivalente ".
Lorsqu’une matière vivante absorbe le rayonnement, celui-ci peut produire un
effet biologique. Etant donné que l’interaction avec les matières biologiques
varie en fonction des différents types de rayonnement ionisant, des doses
absorbées ayant une valeur identique n’ont pas nécessairement les mêmes effets
biologiques. Par exemple, 1 Gy de rayonnement alpha est plus nocif pour les
tissus que 1 Gy de rayonnement bêta. Ceci s’explique par le fait que les
particules alpha ont une charge plus grande et communiquent leur énergie de
manière plus dense le long de leur trajectoire. D’où un facteur dit de
pondération radiologique « WR » est utilisé pour mettre en équivalence les
différents types de rayonnement et leur efficacité biologique respective.
En radioprotection, ce facteur sans dimension est utilisé pour déterminer la dose
équivalente à partir de la dose absorbée moyenne sur un tissu ou un organe et
est basé sur le type de rayonnement absorbé.
Les doses absorbées sont multipliées par leurs facteurs de pondération radiologique
respectifs afin d’obtenir des doses équivalentes.
La dose équivalente pour un organe et pour un rayonnement R est:
HT, R (Sv) = Dabs (Gy) * WR
Où : HT, R: est la dose équivalente dans le tissus T et pour la qualité de rayonnement R,
L’unité de dose équivalente est le Sievert (Sv).

Facteur de pondération radiologique W pour différents types de rayonnements.


Le concept de dose équivalente permet de comparer le degré de nocivité
potentielle des différents types de rayonnement ionisant. On peut donc
affirmer qu’une dose équivalente correspondant à 1 Sv de rayonnement
alpha aura en moyenne les mêmes effets biologiques qu’une dose
équivalente correspondant à 1 Sv de rayonnement bêta.
Remarque: Lorsque le champ de rayonnement comprend des
rayonnements de types et d'énergies correspondant à des valeurs
différentes de wR, la dose équivalente totale HT est donnée par la formule
:

L'évaluation de la dose équivalente à partir de la dose absorbée en Grays


prend en compte la nocivité des rayonnements responsables d'une
exposition. Il existe une hiérarchie dans cette nocivité. Absorbés ou
inhalés, les particules alpha sont estimées plus dangereuses que les
électrons et photons gamma. La nocivité des neutrons, qui dépend de
l'énergie, est élevée et encore plus forte.
4- Dose efficace:
 Le mode de réaction biologique relatif à un type de rayonnement
donné peut varier en fonction des tissus et des organes. Par exemple, une
dose équivalente donnée risque davantage d’entraîner un cancer fatal du
poumon plutôt que de la glande thyroïdienne.
 Les effets peuvent varier et doivent être pris en considération
lorsqu’on évalue le détriment total de l’exposition au rayonnement sur la
santé humaine.
 Ceci est pris en compte en multipliant la dose équivalente reçue par un
organe ou un tissu par son facteur de pondération dit tissulaire « WT
» respectif.
 Chaque tissu ou organe, n'a pas la même radiosensibilité. Aussi on est
amené à utiliser la notion de dose efficace, particulièrement lorsque
l'irradiation du corps n'est pas homogène, ou est partielle.
 Pour chaque organe ou tissu, les doses pondérées sont calculées en
utilisant leurs facteurs de pondération respectifs, et ils sont ensuite
additionnés pour obtenir la dose efficace totale reçue par l’ensemble de
l’organisme qui correspond à la fraction d'énergie effectivement
transférée .
 La dose efficace est une dose biologique très utilisée en radioprotection permettant
d’évaluer l'exposition d'un individu aux rayonnements, en tenant compte
simultanément de la sensibilité des tissus affectés et de la nature des rayonnements.

Remarque: Seule la dose absorbée est mesurée, les autres –(dose équivalente et dose
efficace ) sont calculées.
V- Règles de protection contre les IR:
Pour se protéger du risque d'exposition externe, il existe trois grands
principes de radioprotection qui une fois appliqués de façon rigoureuse
permettent de réduire les risques d’exposition des utilisateurs de sources
radioactives scellées à savoir:
1- Le temps:
Une dose délivrée pendant un certain temps est caractérisée par un
débit de dose moyen qui s'exprime en Gy/s (unités S.I.).
Il faut diminuer au maximum la durée de son exposition aux
rayonnements. Le fait de diminuer la durée d’exposition entraîne
directement une diminution de la dose de rayonnement reçue car :

Dose = Débit de dose x Durée


D  D t
2- La distance: L’intensité des rayonnements diminue généralement en
fonction du carré de la distance. Pour visualiser l’effet de la distance, il
suffit de mesurer le débit de dose à partir d’une source fixe, à différentes
distances de celle-ci.
 
D1  (d1 )  D2  (d 2 ) 2
2

Diminution du débit de dose en fonction de la distance


Source
de rayonnements
ionisants

0 d= 0,1 m d= 2 m

Distance (m) Débit de dose


(mSv/h)

0,1 22,0
0,5 0,9
1,0 0,2
2,0 0,05
Débit de dose équivalente devant un malade en thérapie 4GBq 131I
3- Blindage: Lorsque la diminution du temps d’exposition et
l’éloignement de la source ne suffisent pas à diminuer suffisamment la
radio exposition, il faut mettre un ou plusieurs écrans protecteurs
appropriés entre la source de rayonnement et les personnes. Un écran de
plexiglas d’un centimètre protège l’utilisateur du rayonnement bêta de
haute énergie. Les émetteurs gamma requièrent un blindage dense,
comme le plomb, dont l’épaisseur variera en fonction de l’énergie du
rayonnement en cause.

Effet d’un blindage sur l’irradiation externe


Les Ecrans

52
VII- Moyens de protection:
1- La protection collective :
 Signalisation spécifique des zones de travail:
 L’état des machines :
En radiologie sont installés des voyants lumineux au dessus des portes
des salles:

- Allumé = appareil sous tension = en cours d’utilisation = émission


de rayons : il faut demander l’autorisation d’accès aux utilisateurs
- Eteint = appareil hors tension = aucun risque : accès sans danger

En radiothérapie ou curiethérapie, la signalisation comporte plus de


spécificités
- Vert = appareil sous tension = en cours d’utilisation = émission de
rayons imminente : demander l’autorisation d’accès aux utilisateurs.
- Rouge = appareil en cours d’irradiation = entrée strictement interdite.
- Eteint = appareil hors tension = aucun risque = accès sans danger.
 Le materiel : Il existe pour le matériel une signalisation spécifique :

Container de sources radioactives

stockeur de produits ou matériels radioactifs


2- Protection individuelle:
Chaque travailleur est tenu d’utiliser les moyens de protection
individuelle contre l’exposition externe dont:

Tabliers plombé Paravent plombé Lunette plombée Gants plombés


VI- Moyens de surveillance et de contrôle:
Chaque travailleur susceptible de recevoir une dose de rayonnement du
fait de son activité professionnelle bénéficie d’une surveillance
individuelle qui est médicale et dosimétrique. En effet; le port d’un
dosimètre individuel permet d’enregistrer la dose reçue par le porteur
pendant ses heures de travail. Le dosimètre est individuel, nominatif, non
cessible, et est porté, en fonction des postes et des fonctions, durant 1
mois ou 3 mois avant d’être envoyé à un laboratoire de mesures. Il est
remplacé tous les mois ou 3 mois.
Le laboratoire réalise une lecture du dosimètre et restitue à la médecine
du travail du CRH les résultats pour chaque porteur.
Différent type de surveillance:

 Surveillance passive: C’est une dosimétrie permettant d’informer sur


la dose reçue mais d’une façon asynchrone moyennant des dosifilms qui
sont dits passifs parce qu’ils ne font qu’enregistrer les doses,
contrairement aux dosimètres « actifs » ou« Opérationnels ».
 Surveillance opérationnelle:
Il s’agit d’une dosimétrie active permettant d’informer sur la dose reçue
en temps réel moyennant de nouveaux dosimètres qui sont des détecteurs
électroniques contrôlés par un micro-processeur. Ils sont ultra-sensibles
puisqu’ils permettent d’enregistrer des doses de l’ordre du μSv. Ils sont
dits « actifs » ou« opérationnels » parce que la dose reçue est affichée au
fur et à mesure sur un mini-écran LCD.

Dosimètre actifs
IX- Aspects réglementaire:

Organisation de la radioprotection
1- Organismes internationaux:
 Une organisation assure, depuis sa création en 1928, le rôle d’expert en matière
en radioprotection, c’est la Commission Internationale de Protection
Radiologique (CIPR). Cette Organisation Non Gouvernementale (ONG), propose
des recommandations édictées sous formes de publications. Ces recommandations
n’ont aucun caractère obligatoire, mais font référence sur le plan international.
Elles sont d’ailleurs reconnues par plusieurs instances internationales (OMS, ONU,
communauté Européenne…). La publication qui a le plus influencé la politique de
sûreté nucléaire et de radioprotection en Europe et donc en France, est la CIPR 60.
Dans cette publication sont édictées les recommandations suivantes :
Définitions des grandeurs et unités dosimétriques
Classifications des effets des rayonnements sur l’homme
Evaluation des risques
 Principes fondamentaux en Radioprotection .
 EURATOM: En Europe, cette commission est chargée d’édicter les directives
visant à protéger les populations des états membres contre les rayonnements
ionisants et à réglementer l’activité nucléaire au sein de ces états.
 L'AIEA: l’agence internationale de l’énergie atomique a été créée en 1957 en
réponse aux craintes et attentes profondes générées par les découvertes et les
diverses utilisations de la technologie nucléaire.
2- Les organismes nationaux:
 L’Agence Marocaine de Sûreté et de Sécurité Nucléaires et Radiologiques
« AMSSNuR »: Créée en 2014 en vertu de la loi n°142-12, est un
Etablissement Public à caractère stratégique chargé de la réglementation et du
contrôle des activités mettant en jeu des sources de rayonnements ionisants.
Conformément aux dispositions de la loi n° 142-12, la mission principale
d’AMSSNuR est de veiller au respect de la conformité de la sûreté et de la
sécurité nucléaires et radiologiques des activités et des installations mettant en
jeu des sources de rayonnements ionisants aux dispositions de la loi n° 142-12
et la réglementation y afférente, ainsi qu’aux engagements du Royaume au
niveau international.
 Centre National de l'Energie, des Sciences et des Techniques Nucléaires «
CNESTEN »: C’est un organisme public de recherche en sciences et
technologies nucléaires, prestataire de services au profit des opérateurs socio-
économiques et apportant son appui technique aux pouvoirs publics en matière
de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques.
 Le Centre National de radioprotection « CNRP »: est un organisme public
d’expertise en radioprotection. Principal appui du ministère de la santé et des
autorités publiques, il contribue à la sûreté des installations nucléaires et
radiologique et à la surveillance radiologique du territoire national et des
travailleurs, à la gestion des situations d’urgence et à l’information du public.
En termes de santé publique, la finalité est de mieux maîtriser le risque
lié aux rayonnements ionisants dans différents secteurs concernés et
d’améliorer la sécurité des patients soumis à des rayonnements à visée
diagnostique ou curative, en priorisant la diffusion et l’application du
cadre réglementaire et sa déclinaison en procédures et recommandations
institutionnelles et professionnelles nationales. Cela se décline autour de
six axes :
1. sensibiliser l’ensemble des professionnels concernés à la prise en
compte de la radioprotection pour toute prescription et/ou utilisation
de rayonnements ionisants notamment autour des deux principes, la
justification et l’optimisation ;
2. justifier l’utilisation des rayonnements ionisants (bénéfice/risque)
3. optimiser l’utilisation des rayonnements ionisants ;
4. harmoniser les pratiques pour améliorer la qualité des prises en charge
5. détecter et analyser les événements indésirables ;
6. faciliter l’adhésion et l’appropriation des professionnels (en les
associant largement à la production) aux démarches d’analyse des
pratiques, telles que proposées par la HAS, comme levier de la qualité
et de la sécurité des soins.
Exemples de quelques textes législatifs:

 Directive 96:/29/EURATOM du CE du 13 05 96 fixant les


limites des doses.
 Arrêté du 23 03 1999 fixant les règles de la dosimétrie externe
des travailleurs DATR.
 Décret n° 2003-270 du 24 03 03 relatif à la protection des
personnes exposées à des R.I. à des fins médicales et médico-
légales.
 Décret n° 2003-296 du 31 03 03 relatif à la protection des
travailleurs contre les dangers des R.I.
 Décret n° 2007-1570 du 5 11 07 relatif à la protection des
travailleurs contre les dangers des RI et modifiant le code du
travail (dispositions réglementaires)
 Décret n° 2008-244 du 7 03 08 → nouveau code du travail
Obligations de l’employeur:
 La détermination des zones (ZC, ZS),
 Le classement des travailleurs,
 La formation renouvelée périodiquement (au moins tous les 3 ans),
 La fiche d’exposition,
 La notice rappelant les risques particuliers liés au poste de travail,
 La mise à disposition des moyens de radioprotection collective et
individuelle,
 La mise en place du suivi radiologique,
 Les contrôles obligatoires des installations et des ambiances
Définitions des zones:
 Zone surveillée: dès lors que les travailleurs sont susceptibles de
recevoir, dans les conditions normales de travail, une dose efficace > 1
mSv/an.
 Zone contrôlée: dès lors que les travailleurs sont susceptibles de
recevoir, dans les conditions normales de travail, une dose efficace de 6
mSv/an. Comme un travailleur ne doit pas risquer de dépasser une
limite annuelle pour la catégorie A, des zones particulières, dites zones
à accès spécialement réglementé, sont définies au sein de la zone
contrôlée, avec des conditions d'accès et de séjour restreintes :

Information et formation du personnel:


 Avant même de commencer à travailler, les personnes nouvellement
engagées sont informées par l’expert en radioprotection des règles de
radioprotection applicables.
 Le personnel chargé du nettoyage n’a l’autorisation de travailler dans
les zones contrôlées que s’il a reçu les instructions d’une personne
formée en radioprotection.
Classification des travailleurs et les limites annuelles d’exposition:
 Personnels classés en catégorie A: Ces travailleurs sont appelés
auparavant "directement affectés aux travaux sous rayonnements"
(DATR), dans les conditions normales de travail, ils sont directement
affectés à des travaux sous rayonnements ionisants susceptibles de
recevoir une dose efficace supérieur à 6 mSv. La somme des doses
efficaces ne doit pas dépasser 20 mSv/an. Les limites de doses
équivalentes sont : 500 mSv/an pour les mains, les avant-bras, les
pieds, les chevilles et la peau / 150 mSv/an pour le cristallin.
 Personnels classés en catégorie B et étudiants: Avec la nouvelle
réglementation, ils sont ceux qui ne relèvent pas du classement en
catégorie A. Ils sont donc ceux qui risquent, dans les conditions
normales de travail, de dépasser une limite pour le public mais ne
risquent pas de dépasser une dose efficace de 6 mSv par an.
Les limites de doses équivalentes sont : 150 mSv/an pour les mains, les
avant-bras, les pieds, les chevilles et la peau / 50 mSv/an pour le
cristallin.
2- Définition d’un incident et d’un accident en radiothérapie:

a- Incident:
Tout événement involontaire, y compris les fausses manœuvres, les
défaillances d’équipements, les événements initiateurs, les précurseurs
d’accident, les événements évités de peu ou d’autres anomalies ou les
actes non autorisés, malveillants ou non, dont les conséquences réelles
ou potentielles ne sont pas négligeables du point de vue de la protection
ou de la sûreté.
Le terme incident est souvent employé pour décrire des événements qui
sont, en fait, des accidents mineurs, c’est-à-dire qu’ils se distinguent des
accidents seulement en termes de gravité. Cette distinction est arbitraire
et ne s’appuie que dans une faible mesure sur l’usage normal. Un
incident peut être mineur ou majeur, tout comme un accident.
L’incident rempli ces deux critères suivants:
 Une Situation thérapeutique mal maitrisée,
 Un dysfonctionnement.
Exemple d’incident: Le 22 avril 2013, le centre hospitalier Emile Roux a
déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire ASN un événement significatif relatif
à la radioprotection des patients survenu dans son service de radiothérapie:
Lors d’un contrôle de qualité externe réalisé sur l’accélérateur du centre, un
écart entre les valeurs de dose théoriques attendues et les valeurs de dose
mesurées a été détecté. Après analyse, il s’avère que ce décalage provient
d’une erreur lors de l’étalonnage des faisceaux de det accélérateur. Ce
décalage a entrainé un écart entre la dose prescrite et la dose effectivement
délivrée pour le traitement de 93 patients entre le 29 novembre 2012 et le 17
avril 2013:
- Pour 24 d’entre eux le surdosage est compris entre 2% et 3 % ;
- Pour 21 patients, le surdosage est compris entre 1% et 2% ;
- Pour les 48 autres patients il est inférieur à 1%.
Compte-tenu des faibles valeurs de surdosage, aucune conséquence clinique
n’est attendue pour les patients. Les faisceaux de traitement de l’accélérateur
de radiothérapie ont été ré-étalonnés le 17 avril 2013 et ont fait l’objet d’un
nouveau contrôle de qualité externe le 12 juin 2013. De plus, le centre a
proposé à l’ASN des actions préventives afin d’éviter à l’avenir le
renouvellement d’un évènement similaire, notamment la rédaction d’une
procédure radioprotection des patients.
b- Accident en radiothérapie:
Une exposition en radiothérapie est considérée comme accidentelle si il
existe un écart substantiel à la prescription :
 Erreur sur le patient,
 Erreur sur le site anatomique irradié,
 Différence substantielle par rapport à la dose prescrite à la tumeur,
 Mauvaise distribution de la dose,
 Mauvais fractionnement de la dose...
La classification des accidents, selon la (CIPR), se fait alors selon 2
types :
 Type A : correspond à un surdosage de 25 % ou plus, pouvant être
directement responsable de complications menaçant la vie du
patient ;
 Type B : correspond à un surdosage de 5 à 25 % (augmentant la
probabilité d’une conséquence inacceptable du traitement, sans
menace vitale), ou à un sous dosage, dont l’hypothèse où l’erreur
serait découverte avant la fin du traitement et pourrait être corrigée
(sinon l'accident est de type A).
Quelques particularités de la radiothérapie permettent de comprendre
les raisons pour lesquelles des risques d’accidents existent. D’après la
publication 86 de la CIPR, la maîtrise des risques dans ce domaine
implique une très grande rigueur en raison de :
 L’utilisation de très fortes doses (20 à 80 Gy)
intentionnellement délivrées au « volume-cible clinique» ;
 L’utilisation d’un faisceau de rayonnement directement
focalisé sur le patient ou bien des sources radioactives placées
au contact des tissus pour lesquels toute erreur significative
dans le positionnement peut avoir des conséquences graves ;
 Nombreuses étapes et de nombreux intervenants pour
réaliser le traitement depuis sa prescription jusqu’à la
délivrance de la dose ;
 La mise en œuvre de technologies sophistiquées (calculs par
ordinateur et transferts de données) en parallèle d’activités
manuelles (préparation de la protection de certains organes, de
dispositifs d’immobilisation…).
3- Exemples d’accidents survenus en radiothérapie:
-Cumberland, Etats-Unis-1987-1988: Un fichier informatique utilisé pour le
traitement de cancers de l’encéphale avec un collimateur additionnel
« trimmer » n’a pas été mis à jour lors du changement de la source. Or,
quelques mois plus tard, ce type de traitement a repris et le fichier informatique
des « trimmers » contenant les données de la source précédente a été utilisé. 33
patients ont reçu des doses dépassant de 75% la dose prescrite ; 20 patients
étaient décédés avant la fin du traitement.
- Royaume Uni, 1982-1991: Les calculs manuels constituaient l’unique
méthode pour la planification des traitements et des facteurs correctifs étaient
appliqués. En 1982, cet hôpital fait l’acquisition d’un système de planification
des traitements mais les facteurs de correction sont toujours appliqués alors
qu’ils sont déjà intégrés dans le TPS. 1045 patients ont eu une dose inférieure
aux prescriptions et au moins 492 ont développé une rechute locale
probablement en raison du sous dosage.
- Saragosse , Espagne 1991: A la suite d’un problème d’instabilité du
faisceau de rayonnement d’un accélérateur linéaire, le faisceau est restauré
mais des affichages contradictoires sont observés sans être totalement et
correctement analysés. Les traitements sont malgré tout repris, conduisant à la
surexposition de 27 patients dont 15 sont décédés suite à cette surexposition.
San José - Costa Rica – 1996: Une erreur de calibration au cours du
remplacement de la source de cobalt 60 a entraîné l’augmentation du
temps d’exposition des malades. Durant plus de quatre semaines, 115
patients ont été traités et ont reçu des doses 1,6 fois plus élevées que
celles prescrites ; au moins 17 personnes sont décédées suite à cette
surexposition.
Panama - 2000-2001: Un logiciel de planification de traitement (TPS)
est utilisé en dehors de ses limites de validité pour certaines
configurations de traitement. Cela conduit à un surdosage pour 28
patients sur une période de 6 mois. 8 patients au moins sont décédés de
cette surexposition.
Bialystock – Pologne – 2001: Un accélérateur linéaire a été utilisé,
suite à une coupure de courant ayant entraîné un dysfonctionnement de
l'appareil, sans que soient vérifiées les doses délivrées au redémarrage
de l’installation. Cinq patientes traitées pour cancer du sein ont reçu des
doses 10 à 20 fois plus élevées que celles prévues pour leur traitement.
Ce surdosage a entraîné l’apparition de nécroses gravissimes, dont les
plus sérieuses ont été traitées en France à l’Institut Curie.
-Indiana – Etats-Unis – 1992: Un patient doit être traité avec une curiethérapie à
fort débit de dose. Lors de la première fraction, le radiothérapeute rencontre des
difficultés dans le positionnement de la source dans le cathéter et décide de la
retirer, mais la source s’est détachée du mécanisme d’entraînement alors qu’elle
se trouvait encore dans le patient. Le personnel ne tient pas compte d’une alarme
émise par un détecteur. Le patient repart avec la source avant qu’elle ne tombe
quatre jours après. Le patient a reçu une dose importante et meurt peu de temps
après la chute de la source.
- Accident de Grenoble – 2003: Un problème de transmission des données entre
le logiciel de planification de traitement (TPS) et l’accélérateur linéaire s’est
produit. Dès lors, des filtres « en coin » n’ont pas été mis en place contrairement
à ce qu’il aurait fallu. Ceci a conduit à la surexposition d’un patient en 2003.
L’accident n’a été mis en évidence que fin 2004.
- Accident de Lyon – 2004: Une patiente doit être traitée par radiothérapie afin
de circonscrire une malformation artério-veineuse au niveau du cerveau. Suite à
un problème de communication au sein du service, un mauvais réglage du champ
d’irradiation conduit à surexposer une zone plus importante que celle prévue par
le traitement. Après de nombreuses complications obligeant à intervenir par
chirurgie, la patiente décède début 2006 sans que le lien de causalité entre
l’accident et l’apparition d’une fistule oeso-trachéale et d’une fibrose puisse être
Accident de Tours – 2004: Entre septembre et octobre 2004, un patient
a été surexposé lors d’un traitement par radiothérapie externe en raison
de la superposition anormale de deux champs d’irradiation qui auraient
dus être jointifs. Des signes cliniques anormaux ont été diagnostiqués
en novembre 2006, et la vérification des données du traitement par
l’établissement ont mis en évidence que le patient a reçu une dose totale
supérieure à celle initialement prévue.
Accident d'Epinal - 2004 et 2005: Entre mai 2004 et mai 2005, 24
patients pris en charge pour un cancer de la prostate ont été traités dans
des conditions d'irradiation différentes de celles utilisées pour la
planification du traitement. En effet, leur traitement a été planifié avec
coins « statiques » mais réalisé avec des coins « dynamiques ». Ceci a
conduit à une surexposition de l'ordre de 20% par rapport à la dose
prescrite. Cinq décès ont été recensés, dont certains ne sont pas en lien
direct avec l'accident.
Accident de Toulouse - 2006 et 2007: Entre avril 2006 et avril 2007,
des erreurs d'étalonnage de l'appareil de radiochirurgie du CHU de
Toulouse ont entraîné la surexposition de 145 patients.
Surveillance individuelle

Si un cas de surexposition est suspecté, le dosimètre de la


personne doit être immédiatement développé.
Devant le risque radiologique, il y a 3 comportements:

Le peureux « maladif »

Le « je-m’en-foutiste » arrogant

L’informé

Comprendre (information, réflexion….)


Identifier les risques
Evaluer ces risques
Adopter des mesures adaptées
« Nothing in life is to be feared, it’s only to be
understood. Now is the time to understand more, so
that we may fear less»

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