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Analyse des Ensembles en Topologie

Le document aborde des concepts fondamentaux en analyse infinésimale, notamment la topologie de Rn, les ensembles dénombrables, convexes, denses, et connexes. Il présente des théorèmes clés tels que le théorème de Heine-Borel-Lebesgue et des propriétés des ensembles connexes, ainsi que des démonstrations associées. Ces notions sont essentielles pour comprendre la structure et les propriétés des espaces mathématiques en analyse.

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Analyse des Ensembles en Topologie

Le document aborde des concepts fondamentaux en analyse infinésimale, notamment la topologie de Rn, les ensembles dénombrables, convexes, denses, et connexes. Il présente des théorèmes clés tels que le théorème de Heine-Borel-Lebesgue et des propriétés des ensembles connexes, ainsi que des démonstrations associées. Ces notions sont essentielles pour comprendre la structure et les propriétés des espaces mathématiques en analyse.

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ANALYSE INFINITESIMALE II

Professeur J. NAVEZ

Faculté des Sciences


Section Polytechnique
2

Chapitre I. Compléments sur la topologie de Rn


_________________________________________________________
1. Ensembles dénombrables
Par définition, numéroter les éléments d’un ensemble consiste à établir une bijection entre
cet ensemble et N0 ou N.
La numérotation est dite effective si on utilise un nombre fini d’entiers successifs, et indéfinie
sinon. Un ensemble est dit fini si on peut numéroter ses éléments effectivement et est dit
infini si on numérote ses éléments de manière indéfinie.
On qualifie de dénombrable un ensemble dont on peut numéroter indéfiniment ou
effectivement les éléments ; si on ne peut pas trouver une numérotation de ses éléments, un
ensemble est dit non-dénombrable.
Exemple : les nombres réels compris entre 0 et 1 sont non-dénombrables car on ne peut pas
trouver de procédé de numérotation.
Par contre, les éléments d’un ensemble dénombrable peuvent être numérotés de plusieurs
façons possibles.
Théorème 1
Deux ensembles en bijection sont simultanément dénombrables ou non-dénombrables.
Théorème 2
Si un ensemble est dénombrable, ses sous-ensembles le sont aussi.
Critère de non-dénombrabilité
Un ensemble qui possède un sous-ensemble non dénombrable est non-dénombrable.
Théorème 3
Si les éléments d’un ensemble peuvent être désignés bijectivement par un nombre fixe N
d’indices entiers ordonnés, prenant au moins deux valeurs chacun, alors cet ensemble est
dénombrable.
En effet, soient 𝑒𝑝1 , … , 𝑒𝑝𝑁 les éléments ; prenons ceux dont la somme des indices vaut 1 :
leur nombre est fini, numérotons les ; prenons ceux dont la somme des indices vaut 2 : leur
nombre est fini, numérotons les et ainsi de suite.
Le théorème reste vrai si N est fini mais varie d’un élément à l’autre.
Le théorème reste vrai si N est fini, fixé ou non, et si les indices varient dans des ensembles
dénombrables.
En effet, il suffit de composer les bijections.
Théorème 4
Si les éléments d’un ensemble sont désignés bijectivement par une suite illimitée d’indices
entiers ordonnés, prenant au moins deux valeurs chacun, alors cet ensemble n’est pas
dénombrable.
En effet, soient 𝑒𝑝1 𝑝2 𝑝3 …. Les éléments et raisonnons par l’absurde : si on donne des n° :
n° 1 : 𝑒𝑎1 𝑎2 𝑎3 ….
n° 2 : 𝑒𝑏1 𝑏2 𝑏3 ….
n° 3 : 𝑒𝑐1 𝑐2 𝑐3 ….
au moins un élément échappe à cette numérotation, il s’agit de 𝑒𝑎′1 𝑏′2 𝑐′3 …. Obtenu en
échangeant le 1er indice du 1er élément, le 2e indice du 2e élément, le 3e indice du 3e
élément… ; il diffère de tous ceux qui sont écrits et n’est pas numéroté.

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3

Le théorème reste vrai si les indices varient dans de ensembles quelconques qui possèdent
au moins deux éléments.
2. Ensembles convexes
Définition : un ensemble E de Rn est dit convexe s’il contient tous les segments joignant un
couple quelconque de points de cet ensemble.
∀𝑥, 𝑦 ∈ 𝐸 ⇒ 𝜃𝑥 + (1 − 𝜃)𝑦 ∈ 𝐸 , 𝜃 ∈ [0,1].
Dans ce cas, 𝜃𝑥 + (1 − 𝜃)𝑦 est la représentation paramétrique du segment xy.
Exemples
1) un intervalle de Rn est convexe ; soit x et y ϵ ]a1, b1[ x …]an, bn[,
𝑎𝑖 < 𝑥𝑖 < 𝑏𝑖 𝑒𝑡 𝑎𝑖 < 𝑦𝑖 < 𝑏𝑖 ⇒ 𝑎𝑖 = 𝜃𝑎𝑖 + (1 − 𝜃)𝑎𝑖 < 𝜃𝑥𝑖 + (1 − 𝜃)𝑦𝑖 < 𝜃𝑏𝑖 + (1 − 𝜃)𝑏𝑖
= 𝑏𝑖
2) une boule de Rn est convexe ; soit {𝑥: |𝑥 − 𝑎| ≤ 𝑟} alors
|𝑥 − 𝑎| ≤ 𝑟 𝑒𝑡 |𝑦 − 𝑎| ≤ 𝑟 ⇒ |𝜃𝑥 + (1 − 𝜃)𝑦 − 𝑎| = |𝜃(𝑥 − 𝑎) + (1 − 𝜃)(𝑦 − 𝑎)|
≤ 𝜃|𝑥 − 𝑎| + (1 − 𝜃)|𝑦 − 𝑎| ≤ 𝜃𝑟 + (1 − 𝜃)𝑟 = 𝑟
3. Ensembles denses
Définition : on dit qu’un ensemble e est dense dans un autre ensemble E si tout élément de E
est limite d’une suite de points de e, soit si 𝐸𝑐𝑒̅.
Exemple : Q est dense dans R : tout nombre réel est limite d’une suite de rationnels.
Théorème 1
Si e est dense dans E, il est dense dans tout sous-ensemble E’ de E
En effet, 𝐸′𝑐𝐸𝑐𝑒̅
Théorème 2
Si e contient un sous ensemble e’ dense dans E, alors e est dense dans E
̅ 𝑐𝐸
En effet, 𝐸𝑐𝑒′
Théorème 3
Si e est dense dans E et si E est dense dans E’, alors e est dense dans E’
En effet, 𝐸𝑐𝑒̅ ⇒ 𝐸̅ 𝑐𝑒̅ 𝑒𝑡 𝐸′𝑐𝐸̅ ⇒ 𝐸′𝑐𝑒̅
Théorème 4
Tout ensemble e de Rn admet au moins un sous-ensemble dense dans e et dénombrable.
En effet, quadrillons Rn par un réseau décimal d’équidistance 10-m ; pour chaque valeur m =
0, 1, 2 3… prenons un élément de e dans chaque maille qui rencontre e ; l’ensemble e’ de
tous ces éléments est dénombrable puisque caractérisé par m et les indices de la maille ; il
est dense dans e car chaque point x de e est la limite (au moins) d’une suite d’éléments de e’
appartenant aux mailles emboîtées qui contiennent x.
4. Théorème de HEINE – BOREL – LEBESGUE
Théorème : Dans Rn, si un compact K est recouvert pr des ouverts Ωi , il est aussi recouvert
par un nombre fini d’entre eux.
Démonstration
On peut quadriller Rn par un quadrillage décimal d’équidistance 10-m à mailles fermées. Pour
m = 0, c’est-à-dire dans le quadrillage par des cubes de côté 1, il y a au moins un cube fermé
dont l’intersection ne peut être recouverte que par une infinité d’ouverts, sinon le théorème
est démontré. Limitons nous à ce dernier cube et divisons le en cubes de côté 10-1 et
ch ;oisissons de la même façon un nouveau cube fermé. Recommençons le raisonnement
pour des cubes de côtés 10-2, 10-3,….Les mailles fermées ainsi choisies forment une suite de

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4

compacts emboîtés dont le diamètre 10−𝑚 √𝑛 tend vers 0 ; ils ont donc un point commun t
et t ϵ K.
Il est donc impossible que chacun des cubes emboîtés qui le définissent soit recouvert par
une infinité d’ouverts puisque quand le diamètre est suffisamment petit, ils sont entièrement
dans un seul ouvert qui contient t ; en effet ce dernier contient non seulement t mais encore
une boule ouverte centrée en t à laquelle appartiennent finalement les cubes
successivement choisis.
Corollaire
Si un compact K est contenu dans un ouvert Ω, on peut recouvrir K par un nombre fini de
boules ouvertes de rayon fixe, centrées dans K et appartenant à Ω.
En effet c’est une conséquence du théorème de HBL puisque K est recouvert par des boules
ouvertes en nombre fini et on prendra le rayon fixe égal à d(K, CΩ) qui est réalisée.
5. Ensembles connexes
Définition : un ensemble est connexe s’il ne peut être partitionné en 2 sous-ensembles dont
chacun ne contient aucune limite de suite de points de l’autre.
Un ensemble n’est pas connexe s’il admet une partition du genre indiqué.
Théorème 1
Un fermé (ouvert) est connexe si et seulement s’il ne peut être partitionné en 2 fermés
(ouverts).
CN Fermés
Si un fermé F est disconnecté par e1 et e2, ceux-ci sont fermés car si xm→x avec xmϵe1, on a
xϵF puisque F est fermé et x ne peut appartenir à e2 puisque e2 ne contient aucune limite de
suite de points de e1 donc xϵe1 et e1 est fermé ; F est donc partitionné en deux fermés
CN Ouverts
Si un ouvert Ω est disconnecté par e1 et par e2, ceux-ci sont ouverts car si x ϵ e1, il n’y a que
des points de e1 dans une boule ouverte centrée en x et de rayon 1/m sinon on pourrait
choisir un point de e2 et former une suite xm → x avec xm ϵ e2, ce qui est interdit ; donc e1 est
un ouvert et par suite Ω est partitionné en 2 ouverts.
CS
Si 2 fermés ou 2 ouverts sont disjoints, l’un ne peut pas contenir de limite d’une suite de
points de l’autre.
Théorème 2
Tout ensemble convexe est connexe.
Démonstration
Soit X un ensemble convexe, supposons que e1 et e2 disconnectent X ; prenons x ϵ e1 et y ϵ e2,
on considère alors le segment 𝑆 = {𝑢 : 𝑢 = 𝜃𝑥 + (1 − 𝜃)𝑦, 𝜃 ∈ [0,1]} et supposons que
θm→θ0 dans [0, 1], alors um→u0 dans S ; les ensembles
𝐶1 = {𝜃 : 𝑢 ∈ 𝑆 ∩ 𝑒1 } 𝑒𝑡 𝐶2 = {𝜃 : 𝑢 ∈ 𝑆 ∩ 𝑒2 } disconnectent le fermé [0, 1] car ils
partitionnent cet ensemble et aucun point de l’un n’est limite d’une suite de points de
l’autre. Cela est impossible car alors
𝜃0 = sup 𝜃
𝜃∈𝐶1
existe et est limite d’une suite de points de C1 car c’est une meilleure borne supérieure et
aussi limite d’une suite de points de C2 car tout θ > θ0 est dans C2.
Corollaire

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5

Dans Rn, les intervalles ouverts, fermés et mixtes, les boules ouvertes et fermées sont des
ensembles connexes.
Composantes connexes
On appelle composante connexe de E tout sous ensemble connexe de E qui n’est contenu
dans aucun autre sans être identique à E.
Lemme
Si deux ensembles connexes ont un point en commun, leur union est connexe.
En effet, supposons que e1 et e2 disconnectent l’union ; l’un d’eux contient nécessairement le
point commun ; l’autre doit contenir des points de l’union donc au moins un point d’un des
deux connexes, cela implique qu’il n’est pas connexe car il est disconnecté par ses
intersections avec e1 et e2.
Définition
On appelle composante connexe engendrée par a ϵ E, l’union de tous les sous-ensembles
connexes de E contenant a.
- la composante connexe engendrée par a contient a
- elle est connexe car c’est une union de connexes ayant un point commun
- elle n’est pas contenue dans un autre connexe plus grand car elle est l’union de tous les
sous-ensembles connexes contenant a
- elle peut être engendrée par n’importe lequel de ses points
En effet, si b est dans la composante connexe engendrée par a, tout x appartenant à cette
composante est dans la composante connexe engendrée par b puisqu’il existe des sous-
ensembles contenant b et a, a et x, donc b et x et inversement.
Théorème 3
Tout ensemble peut être partitionné de manière unique en composantes connexes disjointes
2 à 2.
En effet, tout point de E appartient à une composante connexe (celle qu’il engendre) et une
seule (si il appartenait à 2 composantes, elles coïncideraient) donc E est une union de
composantes connexes disjointes 2 à 2.
Théorème 4
Les composantes connexes d’un fermé (ouvert) sont fermées (ouvertes).
Fermé F
Notons d’abord que 𝑒̅ est connexe en même temps que e. En effet, si e1 et e2 disconnectent
𝑒̅ , ils sont fermés, de plus e1∩e et e2∩e disconnectent e car ces deux ensembles ne sont pas
vides, sont disjoints et aucun point de l’un n’est limite d’une suite de points de l’autre.
Toute composante connexe e de F est fermée sinon comme elle appartient à son adhérence
𝑒̅ qui est dans F et connexe, elle serait incluse dans un connexe plus grand.
Ouvert Ω
Une composante connexe ω non ouverte contient nécessairement un point frontière x0 dans
Ω. Or la boule ouverte de centre x0 et de rayon d(x0, CΩ) non nul est connexe et dans Ω. Dès
lors unie à la composante étudiée elle constituerait un nouveau connexe plus grand ce qui
est impossible.
Théorème 5
Un ouvert a au plus une infinité dénombrable de composantes connexes.
En effet, il suffit de numéroter les points rationnels de Rn et de désigner bijectivement
chaque composante connexe de l’ouvert par celui de ses points dont le numéro est le plus

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6

petit.
Ensembles connexes de R
Théorème 6
Les intervalles bornés ou non sont les seuls ensembles connexes de R.
En effet, les intervalles sont convexes donc connexes. Inversement si e est un connexe de R
soit m et M respectivement ses bornes inférieure et supérieure, éventuellement -∞ ou +∞ si
e n’est pas borné, alors e contient tous les points de l’intervalle (m, M) et s’identifie avec cet
intervalle.
Théorème 7
Tout ouvert de R est une union dénombrable d’intervalles ouverts disjoints.
En effet, on applique les théorèmes 4, 5 et 6.
Théorème 8
Les fermés de R sont les complémentaires des unions dénombrables d’intervalles ouverts
disjoints.
Retour à Rn
Théorème 9
Si un connexe e de Rn contient un point de E et un point de CE, il contient au moins un point
de 𝐸̇ .
En effet, si e ne contient pas de point de 𝐸̇ , 𝑒 ∩ ∁𝐸̅ 𝑒𝑡 𝑒 ∩ 𝐸 0 le disconnectent.
Théorème 10
Un sous ensemble e d’un connexe E coïncide avec E si 𝑒̇ n’a pas de point dans E.
En effet, ecE et E contient au moins un point de Ce si e est distinct de E, donc E devrait
contenir des points de 𝑒̇ .
Propriétés relatives à la distance entre deux ensembles
Théorème 11 : 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) = 𝑑(𝐸, ̅ ̅̅̅
𝐸′)
Puisque 𝐸𝑐𝐸̅ 𝑒𝑡 𝐸 ′ 𝑐𝐸 ̅̅̅′ , on a trivialement 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) ≥ 𝑑(𝐸, ̅ ̅̅̅𝐸 ′ ).
Prouvons l’inégalité inverse :
∀𝑥̅ ∈ 𝐸̅ , ∀𝑥̅′ ∈ ̅̅̅
𝐸 ′ , 𝑥𝑚 ∈ 𝐸 𝑒𝑡 𝑥 ′ 𝑚 ∈ 𝐸 ′ 𝑡𝑒𝑙𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑥𝑚 → 𝑥̅ 𝑒𝑡 𝑥 ′ 𝑚 → 𝑥̅′ on a dès lors
𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥 ′ 𝑚 ) → 𝑑(𝑥̅ , 𝑥̅′ )𝑐𝑎𝑟
|𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥 ′ 𝑚 ) − 𝑑(𝑥̅ , 𝑥̅′ )| ≤ |(𝑥𝑚 − 𝑥 ′ 𝑚 ) − (𝑥̅ − 𝑥̅′ )| = |(𝑥𝑚 − 𝑥) − (𝑥 ′ 𝑚 − 𝑥̅′ )|
≤ 𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥̅ ) + 𝑑(𝑥 ′ 𝑚 , 𝑥̅′ ).
Comme d(xm,x’m)≥d(E, E’), en passant à la limite sur m : 𝑑(𝑥̅ , 𝑥̅′ ) ≥ 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) et en passant
ensuite à l’infimum : 𝑑(𝐸̅ , ̅̅̅ 𝐸 ′ ) ≥ 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ).
Théorème 12 : 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) = 𝑑𝐸̇ , 𝐸′) ̇ pour autant que E et E’ soient disjoints.
Puisque 𝐸̇ 𝑐𝐸̅ 𝑒𝑡 𝐸̇ ′ 𝑐 𝐸′ ̅ on a 𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) = 𝑑(𝐸̅ , ̅̅̅ 𝐸 ′ ) ≤ 𝑑(𝐸̇ , 𝐸̇ ′ ).
Prouvons l’inégalité inverse : soient x ϵ E et x’ ϵ E’, joignons les par un segment {θx + (1-θ)x’,
θ ϵ [0, 1]}, cet ensemble est connexe, il rencontre E et CE d’où 𝐸̇ en z, il rencontre E’ et CE’
d’où 𝐸′̇ en z’. Il s’en suit que 𝑑(𝑥, 𝑥 ′ ) ≥ 𝑑(𝑧, 𝑧 ′ ) ≥ 𝑑(𝐸̇ , 𝐸̇ ′ ) donc
𝑑(𝐸, 𝐸 ′ ) = inf 𝑑(𝑥, 𝑥 ′ ) ≥ 𝑑(𝐸̇ , 𝐸̇ ′ )
𝑥∈𝐸,𝑥′∈𝐸′
Propriétés relatives au diamètre d’un ensemble
Théorème 13 : E et 𝐸̅ sont simultanément bornés et diam E = diam 𝐸̅
En effet si E est borné, E c {x : |𝑥| ≤ 𝑅} et 𝐸̅ est borné ; inversement si 𝐸̅ est borné, E l’est
aussi puisque c’est un sous ensemble.
Puisque E c 𝐸̅ on a trivialement diam E ≤ diam 𝐸̅ . Prouvons l’inégalité inverse : soit

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7

̅ 𝑚 ∈ 𝐸̅ : 𝑑(𝑥̅𝑚 , 𝑥̅′ 𝑚 ) → 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̅


𝑥̅𝑚 𝑒𝑡 𝑥′
1 1
Il existe alors xm et x’m ϵ E tels que 𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥̅𝑚 ) ≤ 𝑚 𝑒𝑡 𝑑(𝑥 ′ 𝑚 , 𝑥̅′ 𝑚 ) ≤ 𝑚 si bien que
2
|𝑑(𝑥̅𝑚 , 𝑥̅′ 𝑚 ) − 𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥 ′ 𝑚 )| ≤
; ceci montre que 𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥 ′ 𝑚 ) → 𝑑𝑖𝑎𝑚𝐸̅ or 𝑑(𝑥𝑚 , 𝑥 ′ 𝑚 ) ≤
𝑚
𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸 donc en passant à la limite 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̅ ≤ 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸.
Théorème 14 : Si E est borné, 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸 = 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̇
Puisque 𝐸̇ 𝑐 𝐸̅ 𝑜𝑛 𝑎 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̇ ≤ 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̅ = 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸. Prouvons l’inégalité inverse : si x et y ϵ E,
{λx + (1-λ)y ;λϵR} rencontre la frontière d’une boule dont l’intérieur contient E en deux points
x’ (λ>0) et y’ (λ<0). Sur les segment xx’ et yy’ (connexes) se trouvent donc des points de la
frontière soit x0 et y0 ; de là d(x,y) ≤ d(x0,y0) et en passant deux fois au supremum :
𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸 ≤ 𝑑𝑖𝑎𝑚 𝐸̇
6. Fonction continue dans un connexe de Rn
Théorème
L’ensemble des valeurs d’une fonction continue dans un connexe EcRn est un connexe de C.
En effet, supposons qu’il n’en soit pas ainsi et que e1 et e2 disconnectent e codomaine de f,
alors les ensembles correspondants de E : E1 = {x : f(x)ϵe1} et E2 = {x : f(x)ϵe2} disconnectent E
car ils constituent une partition de E et comme xm→x dans E implique f(xm)→f(x), aucun point
de e1 par exemple, ne peut être limite d’une suite de points de e2 sinon f(xm) ϵe2 → f(x)ϵe1, ce
qui est impossible.
Remarque : si la fonction est réelle, ses valeurs se trouvent dans un connexe de R donc dans
un intervalle de R.
Conséquences
- Toute fonction réelle continue dans un connexe y prend toute valeur comprise entre deux
quelconques de ses valeurs.
- Elle prend même toute valeur strictement comprise entre 2 limites quelconques de ses
valeurs, notamment entre ses bornes supérieure et inférieure si elles existent, +∞ ou -∞
sinon.
Dans R, ce théorème prend une forme suggestive :
Théorème des valeurs intermédiaires
Dans l’intervalle ]a, b[ borné ou non, la fonction réelle f ϵ C0(]a, b[) telle que
𝐴 = lim 𝑓(𝑥)𝑒𝑡 𝐵 = lim 𝑓(𝑥) existent ou soient ±∞ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝐴 ≠ 𝐵, prend dans ]a,b[ toute
𝑥→𝑎+ 𝑥→𝑏−
valeur strictement comprise entre A et B.
Corollaire
Une fonction réelle f(x) ϵ C0([a, b]) telle que f(a) et f(b) soient de signes contraires, s’annule
dans [a, b].
7. Partition de l’unité
Dans un ensemble non-vide EcRn, on appelle partition de l’unité, un ensemble dénombrable
de fonctions f1, f2, …, positives, définies au moins dans E et pour lesquelles, dans E

∑ 𝑓𝑚 = 1
𝑚=1
Propriétés
1) Une partition de l’unité dans E en est une aussi dans tout sous ensemble de E.
2) Si les fonctions réelles positives f*1, f*2…, définies au moins dans E, dénombrables sont
telles que

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8

∑∞ ∗
𝑚=1 𝑓𝑚 converge vers une somme non nulle dans E, alors les fonctions
𝑓𝑚∗
𝑓𝑚 = ∞
∑𝑚=1 𝑓𝑚∗
constituent une partition de l’unité dans E.
3) Si les fonctions gm’(x) constituent une partition de l’unité dans Rp et hm’’(y) une partition de
l’unité dans Rq alors les fonctions gm’(x)hm’’(y) constituent une partition de l’unité dans Rp+q.

Analyse II J. NAVEZ
9

Chapitre II. Convergence uniforme


___________________________________________
1. Convergence simple ou convergence ponctuelle
Considérons des fonctions fλ définies dans un même ensemble E c Rn et dépendant d’un
paramètre λ ϵ Λ c Rp. Les fonctions fλ convergent ponctuellement vers f dans E lorsque λ tend
vers λ0 (ϵ à l’adhérence de Λ ou ∞ si Λ n’est pas borné) si
lim 𝑓𝜆 (𝑥) = 𝑓(𝑥) ∀𝑥 ∈ 𝐸
𝜆→𝜆0
La notion s’étend immédiatement aux suites et aux séries de fonctions ; par le biais des
fonctions caractéristiques, elle s’étend aussi aux ensembles : on dit que
𝑒𝜆 → 𝑒 𝑠𝑖 𝛿𝑒𝜆 → 𝛿𝑒
Propriétés
Elles découlent encore une fois des propriétés des limites ; avec des notations évidentes, on
a:
a) les relations d’égalité ou d’inégalité dans E entre fλ et gλ sont conservées entre f et g avec
rétablissement éventuel du signe d’égalité.
b)
𝑝 𝑝 𝑝 𝑝
(𝑖) (𝑖) (𝑖) 𝑓𝜆 𝑓
∑ 𝑐𝑖 𝑓𝜆 → ∑ 𝑐𝑖 𝑓 ; ∏ 𝑓𝜆 → ∏ 𝑓 (𝑖) ; → 𝑠𝑖 𝑔 ≠ 0
𝑔𝜆 𝑔
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1

2. Convergence uniforme
Si des fonctions réelles définies dans E y tendent ponctuellement vers 0, leur meilleure borne
supérieure (ou inférieure) si elle existe n’y tend pas nécessairement vers 0. Exemple dans R :
𝑎 𝑏
0 𝑠𝑖 𝑥 𝑛′ 𝑎𝑝𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑒𝑛𝑡𝑝𝑎𝑠 à [ , ]
𝑓𝜆 = { 𝜆 𝜆 , 𝑓𝜆 (𝑥) → 0 𝑚𝑎𝑖𝑠 sup 𝑓𝜆 (𝑥) → 1
1 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛 𝐸

Si f et g sont deux fonctions définies dans E, le nombre sup|𝑓 − 𝑔| s’appelle la distance entre
𝐸
les deux fonctions.
Définition
Les fonctions fλ convergent uniformément vers f dans E c Rn lorsque λ tend vers λ0 dans Λ si
sup|𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| → 0
𝐸
ce que l’on écrit 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓.
𝐸
Cette définition s’étend immédiatement aux suites et aux séries de fonctions.
Relations entre les types de convergence
a) La convergence uniforme dans E entraîne la convergence ponctuelle dans E.
∀𝑥 ∈ 𝐸, 0 ≤ |𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| ≤ sup|𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| → 0
𝐸
b) La convergence uniforme dans E entraîne la convergence uniforme dans tout compact K
de E.
∀𝑥 ∈ 𝐸, 0 ≤ |𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| ≤ sup|𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| ≤ sup|𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| → 0
𝐾𝑐𝐸 𝐸
c)La convergence uniforme dans tout compact K de E entraîne la convergence ponctuelle
dans E.
∀𝑥 ∈ 𝐸, 𝑥 ∈ 𝐾𝑐𝐸 𝑒𝑡 0 ≤ |𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| ≤ sup|𝑓(𝑥) − 𝑓𝜆 (𝑥)| → 0
𝐾

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10

Les propositions réciproques de a), b), c) sont fausses.


En résumé :
⇒ ⇒⇒ ⇒→
𝐸 𝐾𝑐𝐸 𝐸
Propriétés générales
(𝑖) 𝑝 (𝑖) 𝑝
a) Si 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 (𝑖) 𝑒𝑡 𝑠𝑖 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝐸, |𝑐𝑖 (𝑥)| ≤ 𝑀𝑖 , 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 ∑𝑖=1 𝑐𝑖 (𝑥)𝑓𝜆 (𝑥) ⇒ ∑𝑖=1 𝑐𝑖 (𝑥)𝑓 (𝑖) (𝑥)
𝐸 𝐸
En effet,
𝑝 𝑝 𝑝
(𝑖) (𝑖)
sup |∑ 𝑐𝑖 𝑓𝜆 (𝑥) − ∑ 𝑐𝑖 𝑓 (𝑖) (𝑥)| ≤ 𝑀 ∑ sup |𝑓𝜆 − 𝑓 (𝑖) | → 0
𝐸 𝐸
𝑖=1 𝑖=1 𝑖=1
avec M = sup(M1, …,Mp).
(𝑖) 𝑝 (𝑖) 𝑝
b) Si 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 (𝑖) 𝑏𝑜𝑟𝑛é𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝐸, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 ∏𝑖=1 𝑓𝜆 ⇒ ∏𝑖=1 𝑓 (𝑖)
𝐸 𝐸
En effet,
sup|𝑓𝜆 (𝑥)𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑓(𝑥)𝑔(𝑥)|
𝐸
= sup|𝑓(𝑥)[𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑔(𝑥)] + [𝑓𝜆 (𝑥) − 𝑓(𝑥)][𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑔(𝑥)]
𝐸
+ 𝑔(𝑥)[𝑓𝜆 (𝑥) − 𝑓(𝑥)]|
≤ sup|𝑓(𝑥)| sup|𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑔(𝑥)|
𝐸 𝐸
+ sup|𝑓𝜆 (𝑥) − 𝑓(𝑥)| sup|𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑔(𝑥)| + sup|𝑔(𝑥)| sup|𝑔𝜆 (𝑥) − 𝑔(𝑥)|
𝐸 𝐸 𝐸 𝐸
→0
1 1
c) Si 𝑔𝜆 ⇒ 𝑔 𝑒𝑡 𝑠𝑖 inf|𝑔|≠ 0, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 ⇒
𝑔𝜆 𝐸 𝑔
𝐸 𝐸
En effet,
1 1 𝑔 − 𝑔𝜆 sup|𝑔 − 𝑔𝜆 |
sup | − | = sup | |≤ 𝐸 →0
𝐸 𝑔𝜆 𝑔 𝐸 𝑔𝑔𝜆 inf|𝑔| inf|𝑔𝜆 |
𝐸 𝐸
car inf|𝑔𝜆 | → inf|𝑔| ≠ 0
𝐸 𝐸
d) Si 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓, 𝑜𝑛 𝑎 𝑓̅𝜆 ⇒ 𝑓,
̅ 𝑅𝑓𝜆 ⇒ 𝑅𝑓, 𝐼𝑓𝜆 ⇒ 𝐼𝑓, |𝑓𝜆 | ⇒ |𝑓| 𝑒𝑡 𝑠𝑖 𝑙𝑒𝑠 𝑓𝜆 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑟é𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 : 𝑓𝜆+
𝐸 𝐸 𝐸 𝐸 𝐸
⇒ 𝑓+ , 𝑓𝜆− ⇒ 𝑓− . Plus généralement
𝐸 𝐸
𝑠𝑢𝑝 𝑝 𝑠𝑢𝑝
{ 𝑖𝑛𝑓 } [𝑓𝜆1 , … , 𝑓𝜆 ] ⇒ { 𝑖𝑛𝑓 } [𝑓 1 , … , 𝑓 𝑝 ]
𝐸
En effet :
||𝑓𝜆 | − |𝑓|| ≤ |𝑓𝜆 − 𝑓| 𝑒𝑡 sup||𝑓𝜆 | − |𝑓|| ≤ sup|𝑓𝜆 − 𝑓|
𝐸 𝐸
et ainsi de suite.
𝑠𝑢𝑝
e) Si les fλ sont réelles et si 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓, l’existence de { 𝑖𝑛𝑓 } 𝑓𝜆 (𝑥) pour un λ assez voisin de λ0,
𝐸
𝑠𝑢𝑝 𝑠𝑢𝑝 𝑠𝑢𝑝
équivaut à celle de { 𝑖𝑛𝑓 } 𝑓(𝑥) et de plus { 𝑖𝑛𝑓 } 𝑓𝜆 (𝑥) → { 𝑖𝑛𝑓 } 𝑓(𝑥) .
En conséquence, la limite uniforme de fonctions bornées est une fonction bornée.
En effet,
𝑓 = 𝑓𝜆 + (𝑓 − 𝑓𝜆 )𝑒𝑡 𝑓𝜆 = 𝑓 + (𝑓𝜆 − 𝑓) 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑓 ≤ sup 𝑓𝜆 + sup|𝑓 − 𝑓𝜆 | 𝑒𝑡 𝑓𝜆
≤ sup 𝑓 + sup|𝑓 − 𝑓𝜆 |
ce qui implique l’existence de sup f ; dès lors
sup 𝑓 − sup 𝑓𝜆 ≤ sup|𝑓 − 𝑓𝜆 | 𝑒𝑡 sup 𝑓𝜆 ≤ sup|𝑓 − 𝑓𝜆 | d’où
|sup 𝑓 − sup 𝑓𝜆 | ≤ sup|𝑓 − 𝑓𝜆 | → 0 et par suite sup 𝑓𝜆 → sup 𝑓.
On fait la même démonstration pour inf f.

Analyse II J. NAVEZ
11

Critère de CAUCHY
La CNS pour que les fonctions fλ(x) convergent uniformément dans E lorsque 𝜆 → 𝜆0 est que
𝑓𝜇 − 𝑓𝜈 ⇒ 0 pour μ et ν suffisamment proches de λ0.
𝐸
CN. Si 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓, on a 𝑓𝜇 − 𝑓𝜈 = (𝑓𝜇 − 𝑓) − (𝑓𝜈 − 𝑓) ⇒ 0
𝐸 𝐸
CS. Le critère de CAUCHY pour la convergence ponctuelle étant satisfait, on sait que 𝑓𝜆 → 𝑓.
De plus, ∀𝜀 > 0: |𝑓𝜇 − 𝑓𝜈 | ≤ sup|𝑓𝜇 − 𝑓𝜈 | ≤ 𝜀, et dans cette relation, on fait tendre ν vers λ0,
𝐸
la relation reste valable à la limite et par suite ∀𝑥 ∈ 𝐸, sup|𝑓𝜇 − 𝑓| ≤ 𝜀 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑓𝜇 ⇒ 𝑓.
𝐸 𝐸
3. Convergence uniforme et limite des valeurs d’une fonction
Théorème de permutation des limites
𝑆𝑖 lim 𝑓𝜆 (𝑥) existe uniformément dans E et si lim 𝑓𝜆 (𝑥) existe pour chaque λ
𝜆→𝜆0 𝑥→𝑥0
suffisamment proche de λ0, alors
lim lim 𝑓𝜆 (𝑥) = lim lim 𝑓𝜆 (𝑥)
𝑥→𝑥0 𝜆→𝜆0 𝜆→𝜆0 𝑥→𝑥0
En effet, prenons λ0 et x0 finis, les autres cas étant analogues :
|𝑓𝜇 (𝑦) − 𝑓𝜈 (𝑧)| = |𝑓𝜇 (𝑦) − 𝑓𝜈 (𝑦) + 𝑓𝜈 (𝑦) − 𝑓𝜈 (𝑧)| ≤ sup|𝑓𝜇 (𝑦) − 𝑓𝜈 (𝑦)| + |𝑓𝜈 (𝑦) − 𝑓𝜈 (𝑧)|
𝐸
→0
ce qui établit l’existence de
lim 𝑓𝜆 (𝑥)
(𝑥,𝜆)→(𝑥0 ,𝜆0 )
par le critère de CAUCHY dans E x Λ et la possibilité de calculer la limite comme on veut.
Contre-exemple : 𝑒 −𝜆𝑥 → 0 𝑠𝑖 𝜆 → +∞ (𝑝𝑜𝑛𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 !)𝑒𝑡 𝑒 −𝜆𝑥 → 1 𝑠𝑖 𝑥 → 0 +
lim lim 𝑒 −𝜆𝑥 = lim 1 = 1
𝜆→+∞ 𝑥→0+ 𝜆→+∞
lim lim 𝑒 −𝜆𝑥 = lim 0 = 0
𝑥→0+ 𝜆→+∞ 𝑥→0+
4. Convergence uniforme des fonctions continues
a) La limite ponctuelle de fonctions continues dans E n’est pas nécessairement continue dans
E.
b) La limite uniforme dans E de fonctions continues est continue dans E.
lim 𝑓(𝑥) = lim lim 𝑓𝜆 (𝑥) = lim lim 𝑓𝜆 (𝑥) = lim 𝑓𝜆 (𝑥0 ) = 𝑓(𝑥0 )
𝑥→𝑥0 𝑥→𝑥0 𝜆→𝜆0 𝜆→𝜆0 𝑥→𝑥0 𝜆→𝜆0
c) La limite uniforme dans tout compact de E de fonctions continues est continue dans E.
En effet, si une fonction est continue dans tout compact de E, alors elle est continue dans E.
d) Théorème de DINI
Si une suite de fonctions réelles continues dans un compact K, converge monotonement
dans K vers une fonction continue, alors cette suite converge uniformément dans K.
Démonstration.
On peut facilement se ramener au cas : 𝑓𝑚 ↓ 0 , 𝑓𝑚 ∈ 𝐶0 (𝐾)
∀𝜀 > 0, 𝑝𝑜𝑠𝑜𝑛𝑠 𝐶𝑚 = {𝑥: 𝑓𝑚 (𝑥) ≥ 𝜀} ∩ 𝐾
ces ensembles sont compacts vu la continuité des fm, ils sont de plus emboîtés car :
𝑓1 ≥ 𝑓2 ≥ ⋯ ⇒ 𝐶1 ℶ𝐶2 ℶ …
Si ces ensembles Cm ne sont pas vides à partir d’un certain numéro, d’après le théorème de
CANTOR, ⋂𝑚 𝐶𝑚 n’est pas vide et il existe un point ξ où fm(ξ) ne tend pas vers 0, ce qui est
contraire à l’hypothèse. Donc ces ensembles sont vides à partir d’un certain numéro et pour
m≫, 𝑓𝑚 (𝑥) < 𝜀 𝑑′ 𝑜ù sup 𝑓𝑚 (𝑥) ≤ 𝜀 𝑒𝑡 𝑓𝑚 (𝑥) ⇒ 0.
𝐾 𝐾

Analyse II J. NAVEZ
12

5. Approximation des fonctions continues par des polynômes


Définitions
On appelle polynôme p(x) de Rn, toute combinaison linéaire de monômes
𝛼 𝛼
𝑥1 1 … 𝑥𝑛 𝑛 , 𝛼1 … 𝛼𝑛 ∈ 𝑁
Un polynôme est réel si les coefficients de la combinaison linéaire sont réels.
On désigne par P(K) l’ensemble des restrictions de tous les polynômes p(x) à un compact K de
Rn.
On désigne par 𝑃(𝐾)̅̅̅̅̅̅̅ l’ensemble des limites uniformes dans K des éléments de P(K).
Propriétés de ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾)
a) les éléments de 𝑃(𝐾) ̅̅̅̅̅̅̅ sont continus dans K.
̅̅̅̅̅̅̅ contient les limites des suites de ses éléments uniformément convergentes dans K.
b) 𝑃(𝐾)
̅̅̅̅̅̅̅ contient les combinaisons linéaires de ses éléments.
c) 𝑃(𝐾)
̅̅̅̅̅̅̅ contient les produits d’un nombre fini de ses éléments.
d) 𝑃(𝐾)
̅̅̅̅̅̅̅ contient le conjugué d’un quelconque de ses éléments.
e) 𝑃(𝐾)
̅̅̅̅̅̅̅ contient le module d’un quelconque de ses éléments et par conséquent l’enveloppe
f) 𝑃(𝐾)
supérieure ou inférieure d’un nombre fini de ses éléments réels.
Démonstration :
a) c’est une conséquence du §4 b).
b) 𝑆𝑖 𝑓𝑚 ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾) 𝑒𝑡 𝑓𝑚 ⇒ 𝑓, ∃𝑝𝑚,𝑘 : 𝑝𝑚,𝑘 ⇒ 𝑓𝑚 𝑒𝑡 sup|𝑓 − 𝑝𝑚,𝑘 | ≤ sup|𝑓 − 𝑓𝑚 | + sup|𝑓𝑚 −
𝐾 𝐾 𝐾 𝐾 𝐾
𝑝𝑚,𝑘 | → 0
donc 𝑝𝑚,𝑘 ⇒ 𝑓 𝑒𝑡 𝑓 ∈ ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾)
𝐾
c)d)e) évident par les propriétés des limites.
f) on montre d’abord : 𝑠𝑖 0 ≤ 𝑓 ≤ 1 𝑒𝑡 𝑓 ∈ ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾), 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 √𝑓 ∈ ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾).
̅̅̅̅̅̅̅ définis par récurrence :
On considère pour cela les éléments de 𝑃(𝐾)
f1=0
f2=1/2 f1

fm+1=fm + ½(f – fm²)
On montre que cette suite est croissante et bornée supérieurement par √𝑓 . En effet
1
𝑓𝑚+1 − 𝑓𝑚 = (𝑓 − 𝑓𝑚2 ) ≥ 0 𝑠𝑖 𝑓𝑚 ≤ √𝑓
2
ce que l’on peut montrer par récurrence : 𝑓𝑚 ≤ √𝑓 ⇒ 𝑓𝑚+1 ≤ √𝑓 car
1 1
𝑓𝑚+1 = 𝑓𝑚 + (𝑓 − 𝑓𝑚2 ) = 𝑓𝑚 + (√𝑓 − 𝑓𝑚 )(√𝑓 + 𝑓𝑚 ) ≤ 𝑓𝑚 + √𝑓(√𝑓 − 𝑓𝑚 )
2 2
≤ 𝑓𝑚 (1 − √𝑓) + 𝑓 ≤ √𝑓(1 − √𝑓) + 𝑓 = √𝑓
La limite de cette suite définie par récurrence est l = l + ½(f – l²) soit l = √𝑓 et comme √𝑓 ∈
𝐶0 (𝐾), la limite est uniforme en vertu du théorème de DINI et finalement √𝑓 ∈ ̅̅̅̅̅̅̅ 𝑃(𝐾) vu b).
𝐹𝐹̅
Ensuite, si F est un élément quelconque de ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾), on considère (sup|𝐹|)² , cette fonction
𝐾
̅̅̅̅̅̅̅ vu les propriétés d) et e) et est comprise entre 0 et 1 ; on en déduit que
appartient à 𝑃(𝐾)
|𝐹|
∈ ̅̅̅̅̅̅̅
sup|𝐹|
𝑃(𝐾) et finalement que |𝐹| ∈ ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾).
𝐾

Analyse II J. NAVEZ
13

Lemme
∀𝑎, 𝑎′ ∈ 𝐾, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 ≠ 𝑎′ , ∀𝑐, 𝑐 ′ ∈ 𝐶, il existe au moins un polynôme p(x) tel que p(a) = c et
p(a’) = c’. On peut supposer ce polynôme réel si c et c’ le sont.
En effet, on a 𝑎𝑘 ≠ 𝑎′𝑘 pour au moins un k et le polynôme
𝑥𝑘 − 𝑎𝑘 𝑥𝑘 − 𝑎′𝑘
𝑝(𝑥) = 𝑐′ −𝑐
𝑎′𝑘 − 𝑎𝑘 𝑎′𝑘 − 𝑎𝑘
est un parmi ceux qui vérifient ces conditions.
Théorème de WEIERSTRASS
Toute fonction continue dans un compact K peut être approchée uniformément dans K par
des polynômes.
̅̅̅̅̅̅̅
- Autrement dit ∀𝑓 ∈ 𝐶0 (𝐾), 𝑓 ∈ 𝑃(𝐾)
- Il suffit d’établir le théorème pour f réel car s’il est exact pour Rf et If, alors il l’est aussi pour
Rf + iIf.
- Si nous établissons que ∀𝜀 > 0, ∃𝐹 ∈ 𝑃(𝐾)̅̅̅̅̅̅̅ 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝑓 − 𝜀 ≤ 𝐹 ≤ 𝑓 + 𝜀 𝑠𝑜𝑖𝑡 |𝐹 − 𝑓| ≤ 𝜀
∀𝑥 ∈ 𝐾 et par suite sup|𝐹 − 𝑓| ≤ 𝜀, le théorème sera alors facile à démontrer : il suffit de
𝐾
𝜀
considérer une suite de fonctionsFm qui correspondent à des valeurs 𝑚, ces fonctions 𝐹𝑚 ∈
̅̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅̅.
𝑃(𝐾)et sont telles que 𝐹𝑚 ⇒ 𝑓 ce qui montre que f ϵ𝑃(𝐾)
𝐾
- Démontrons donc notre nouvelle thèse.
̅̅̅̅̅̅̅ des éléments réels supérieurs à f - ԑ dans K.
a) ∀𝜀 > 0, il existe dans 𝑃(𝐾)
En effet, à chaque point x1 de K, associons p1(x) qui prend en ce point la valeur f(x1) ; par
continuité ce p1(x) prend dans un ouvert Ω1 (contenant x1) des valeurs supérieures à f - ԑ ;
appliquons le théorème de recouvrement et recouvrons K par un nombre fini de tels ouverts
Ω1, Ω2,… L’enveloppe supérieure des polynômes p1, p2 … est l’élément recherché.
Remarquons qu’on pourrait exiger plus de ces polynômes comme dans le lemme et qu’il y a
donc une infinité d’éléments qui vérifient la condition demandée.
̅̅̅̅̅̅̅ des éléments réels compris entre f - ԑ et f + ԑ dans K.
b) ∀𝜀 > 0, il existe dans 𝑃(𝐾)
En effet, plaçons-nous parmi les éléments réels de 𝑃(𝐾)̅̅̅̅̅̅̅ supérieurs à f - ԑ dans K. A chaque
point y1ϵK associons un élément e1 supérieur à f - ԑ dans K et prenant la valeur f(y1) en ce
point ; par continuité il prendra dans un ouvert Ω’1 des valeurs inférieures à f + ԑ ; appliquons
le théorème de recouvrement et recouvrons K par un nombre fini de tels ouverts Ω’1,
Ω’2,…L’enveloppe inférieure des éléments e1, e2, …est alors l’élément recherché et il
appartient bien à ̅̅̅̅̅̅̅
𝑃(𝐾).

6. Convergence uniforme des fonctions de Cp


Théorème
𝑓𝜆 ∈ 𝐶1 (Ω)
𝑆𝑖 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜆 → 𝜆0 , {𝑓𝜆 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑢𝑛 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑜𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑛𝑒𝑥𝑒 𝑑𝑒 Ω
𝐷𝑥1 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 (1) , … , 𝐷𝑥𝑛 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 (𝑛) 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑎𝑐𝑡 𝐾 𝑑𝑒 Ω
𝐾 𝐾
𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑎𝑐𝑡 𝐾 𝑑𝑒 Ω
𝐾
𝐴𝑙𝑜𝑟𝑠 { 𝑓 ∈ 𝐶1 (Ω)
𝐷𝑥1 𝑓 = 𝑓 (1) , … , 𝐷𝑥𝑛 𝑓 = 𝑓 (𝑛)
Démonstration
- Raisonnons sur une seule composante connexe rebaptisée Ω et limitons-nous aux seules fλ
réelles quitte à passer par Rfλ et Ifλ.

Analyse II J. NAVEZ
14

a) Démontrons le premier point.


- Si les fλ convergent en x0 ϵ Ω, ils convergent uniformément dans toute boule fermée B de
centre x0 et de rayon r < d(x0, CΩ) : appliquons le critère de CAUCHY :
sup|𝑓𝜇 (𝑥) − 𝑓𝜈 (𝑥)| = sup|[𝑓𝜇 (𝑥) − 𝑓𝜈 (𝑥)] − [𝑓𝜇 (𝑥0 ) − 𝑓𝜈 (𝑥0 )] + [𝑓𝜇 (𝑥0 ) − 𝑓𝜈 (𝑥0 )]|
𝐵 𝐵
𝑛

≤ sup |∑(𝑥𝑘 − 𝑥0,𝑘 )[𝐷𝑥𝑘 (𝑓𝜇 − 𝑓𝜈 ] | + |𝑓𝜇 (𝑥0 ) − 𝑓𝜈 (𝑥0 )|


𝐵 𝑥0,𝑘 +ℎ(𝑘)
𝑘=1
avec |𝑥𝑘 − 𝑥0,𝑘 | ≤ |𝑥 − 𝑥0 | ≤ 𝑟 d’où
𝑛

sup|𝑓𝜇 (𝑥) − 𝑓𝜈 (𝑥)| ≤ 𝑟 sup |∑ ([𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜇 (𝑥)] − [𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜈 (𝑥)] )| + |𝑓𝜇 (𝑥0 ) − 𝑓𝜈 (𝑥0 )|
𝐵 𝐵 𝜉 𝜉
𝑘=1
et cette expression tend vers 0 vu les hypothèses.
- Les fλ convergent uniformément dans toute boule fermée contenue dans Ω et par suite
dans tout compact de Ω qui peut être recouvert par un nombre fini d’intérieurs de ces boules
en appliquant le théorème de recouvrement.
b) Les fonctions f et f(i) sont continues comme limites uniformes dans tout compact K de Ω de
fonctions continues.
c) Reste à démontrer le troisième point. Pour cela, considérons les fonctions auxiliaires
1
𝐹(ℎ) = [𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘 ) − 𝑓(𝑥)] 𝑑é𝑓𝑖𝑛𝑖𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 0 < |ℎ| ≤ |ℎ0 |

1
𝐹𝜆 (ℎ) = [𝑓𝜆 (𝑥 + ℎ𝑒𝑘 ) − 𝑓𝜆 (𝑥)] 𝑑é𝑓𝑖𝑛𝑖𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 0 < |ℎ| ≤ |ℎ0 |

𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑢𝑡 ℎ, 𝐹(ℎ) = lim 𝐹𝜆 (ℎ)
𝜆→𝜆0
Montrons que cette convergence est uniforme ; posons 𝐻 = {ℎ: 0 < |ℎ| ≤ |ℎ0 |} pour h0
suffisamment petit ; appliquons le critère de CAUCHY :
𝑓𝜇 (𝑥 + ℎ𝑒𝑘 ) − 𝑓𝜇 (𝑥) 𝑓𝜈 (𝑥 + ℎ𝑒𝑘 ) − 𝑓𝜈 (𝑥)
sup|𝐹𝜇 (ℎ) − 𝐹𝜈 (ℎ)| = sup | − |
𝐻 𝐻 ℎ ℎ
= sup |(𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜇 ) − (𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜈 ) |
𝐻 𝑥+ℎ′𝑒𝑘 𝑥+ℎ′𝑒𝑘

≤ sup |(𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜇 ) − (𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜈 ) | → 0


|𝑦−𝑥|≤|ℎ0 | 𝑦 𝑦

vu la convergence uniforme des dérivées.


La conclusion vient alors du théorème de permutation des limites :

𝐷𝑥𝑘 𝑓 = lim 𝐹(ℎ) = lim lim 𝐹𝜆 (ℎ) = lim lim 𝐹𝜆 (ℎ) = lim 𝐷𝑥𝑘 𝑓𝜆 = 𝑓 (𝑘)
ℎ→0 ℎ→0 𝜆→𝜆0 𝜆→𝜆0 ℎ→0 𝜆→𝜆0
Généralisations du théorème
𝑓𝜆 𝜖𝐶𝑝 (Ω)
𝛼 𝛼𝑛
𝐷𝑥11 … 𝐷𝑥𝑛 𝑓𝜆 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑𝑖
𝛼𝑖 < 𝑝
I. 𝑆𝑖 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜆 → 𝜆0
𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑢𝑛 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑜𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑛𝑒𝑥𝑒 𝑑𝑒 Ω
𝛼 𝛼
{ 𝐷𝑥11 … 𝐷𝑥𝑛𝑛 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 𝛼1 …𝛼𝑛 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑𝑖 𝛼𝑖 = 𝑝 ∀𝐾𝑐Ω
𝐾
𝛼 𝛼𝑛 𝛼1 …𝛼𝑛
𝐷𝑥11 … 𝐷𝑥𝑛 𝑓𝜆 ⇒ 𝑓 𝑝𝑜𝑢𝑟 ∑𝑖 𝛼𝑖 ≤ 𝑝 𝑒𝑡 ∀𝐾𝑐Ω
𝐾
Alors { 0…0
𝑓 = 𝑓 𝜖𝐶𝑝 (Ω)
𝛼1 𝛼𝑛
𝐷𝑥1 … 𝐷𝑥𝑛 𝑓 = 𝑓 𝛼1 …𝛼𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟 ∑𝑖 𝛼𝑖 ≤𝑝

Analyse II J. NAVEZ
15

𝑓𝑚 ∈ 𝐶𝑝 (Ω)
𝛼1 𝛼
∑∞
𝑚=1 𝐷𝑥1 … 𝐷𝑥𝑛𝑛 𝑓𝑚 𝑝𝑜𝑢𝑟 ∑𝑖 𝛼𝑖 < 𝑝
II. Si
𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑢𝑛 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑜𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑛𝑒𝑥𝑒 𝑑𝑒 Ω
∞ 𝛼1 𝛼𝑛 𝛼1 …𝛼𝑛
{∑𝑚=1 𝐷𝑥1 … 𝐷𝑥𝑛 𝑓𝑚 = 𝑓 𝑝𝑜𝑢𝑟 ∑𝑖 𝛼𝑖 = 𝑝 𝑢𝑛𝑖𝑓𝑜𝑟𝑚é𝑚𝑒𝑛𝑡 ∀𝐾𝑐Ω
∞ 𝛼1 𝛼𝑛
∑𝑚=1 𝐷𝑥1 … 𝐷𝑥𝑛 𝑓𝑚 = 𝑓 1 …𝛼𝑛 𝑢𝑛𝑖𝑓𝑜𝑟𝑚é𝑚𝑒𝑛𝑡 ∀𝐾𝑐Ω
𝛼

𝑓 = 𝑓 0…0 ∈ 𝐶𝑝 (Ω)
Alors 𝛼 𝛼
𝐷𝑥11 … 𝐷𝑥𝑛𝑛 𝑓 = 𝑓 𝛼1 …𝛼𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟 ∑𝑖 𝛼𝑖 ≤ 𝑝
{𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎î𝑛𝑒 𝑙𝑎 𝑑é𝑟𝑖𝑣𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 à 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠é𝑟𝑖𝑒

Application à la fonction exponentielle


a) La série

𝑧𝑚

𝑚!
𝑚=0
converge absolument pour tout z appartenant à C et même uniformément dans tout
compact K de C.
En effet, la convergence absolue pour tout z de C résulte du critère du quotient car
|𝑧|𝑚+1 𝑚! |𝑧|
lim 𝑚
= lim =0
𝑚→∞ (𝑚 + 1)! |𝑧| 𝑚→∞ 𝑚 + 1
Pour la convergence uniforme dans tout compact de C, on applique le critère de CAUCHY
puisque la limite est inconnue :
𝑚
𝑞 𝑞 (sup|𝑧|)
𝑚
𝑧 𝐾
|sup ∑ |≤∑ → 0 𝑠𝑖 𝑝, 𝑞 ≫
𝐾 𝑚! 𝑚!
𝑝 𝑝
en vertu du critère de CAUCHY appliqué à la série numérique à termes positifs
𝑚
𝑞 (sup|𝑧|)
𝐾
∑ →0
𝑚!
𝑝
car cette série est convergente en vertu de ce qui précède.
𝑧𝑚
b) La fonction 𝑒 𝑧 = ∑∞
𝑚=0 ∈ 𝐶∞ (𝐶) 𝑒𝑡 𝐷𝑥 𝑒 𝑧 = −𝑖𝐷𝑦 𝑒 𝑧 = 𝐷𝑧 𝑒 𝑧 = 𝑒 𝑧
𝑚!
En effet, cette série répond aux conditions du théorème généralisé II., puisque
𝑧𝑚
∈ 𝐶∞ (𝐶)
𝑚!

𝑧𝑚
∑ 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 ∀𝑧 ∈ 𝐶
𝑚!
𝑚=0
∞ 𝑚−1
𝑧
∑ = 𝑒 𝑧 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑢𝑛𝑖𝑓𝑜𝑟𝑚é𝑚𝑒𝑛𝑡 ∀𝐾𝑐𝐶
{𝑚=1 (𝑚 − 1)!
On en déduit la dérivabilité terme à terme de la série et la justification de l’énoncé.

Analyse II J. NAVEZ
16

Chapitre III. Intégrales particulières


_____________________________________________
1. Intégrales trigonométriques
Soit (𝑥) ∈ 𝐿1 ([𝑎, 𝛼] ∀𝛼 > 𝑎 , les expressions :
→∞ 𝛼
𝑐𝑜𝑠 𝑐𝑜𝑠
∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥 = lim ∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥
𝑎
𝑠𝑖𝑛 𝛼→∞ 𝑎 𝑠𝑖𝑛
portent le nom d’intégrales trigonométriques.
Elles dépendent paramétriquement de λ ϵ R ; on peut omettre la flèche lorsque l’intégrand
est dans L1([a,+∞]).
Théorème 1
∞ 𝑐𝑜𝑠
La CNS pour que les intégrales (non fléchées) ∫𝑎 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥 aient un sens ∀𝜆 ∈ 𝑅 est
𝑠𝑖𝑛
𝛼 𝑐𝑜𝑠 ∞ 𝑐𝑜𝑠
que f(x) ϵ L1([a,+∞]). Dans ce cas, ∫𝑎 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥 ⇒ ∫𝑎 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 𝛼 → ∞
𝑠𝑖𝑛 𝜆𝜖𝑅 𝑠𝑖𝑛
En effet, si f(x) ϵ L1([a,+∞], on a
𝑐𝑜𝑠 𝑐𝑜𝑠
|𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥| ≤ |𝑓(𝑥)| et f(x) { } 𝜆𝑥 ϵ L1([a,+∞]).
𝑠𝑖𝑛 𝑠𝑖𝑛
𝑐𝑜𝑠
Inversement, si f(x) { } 𝜆𝑥 ϵ L1([a,+∞]), on a f(x) = [f(x)cosλx]cosλx +[f(x)sinλx]sinλx
𝑠𝑖𝑛
|𝑓(𝑥)| ≤ |𝑓(𝑥)𝑐𝑜𝑠𝜆𝑥| + |𝑓(𝑥)𝑠𝑖𝑛𝜆𝑥| et f(x) ϵ L1([a,+∞]). De plus
∞ ∞
𝑐𝑜𝑠
sup |∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥 | ≤ ∫ |𝑓(𝑥)|𝑑𝑥 → 0 𝑠𝑖 𝛼 → ∞
𝜆𝜖𝑅 𝛼 𝑠𝑖𝑛 𝛼
par le théorème de LEBESGUE appliqué aux fonctions 𝐹𝛼 = |𝑓(𝑥)|𝛿[𝛼,∞].
Théorème 2
Si f(x) est réelle et décroît vers 0 lorsque x tend vers l’infini dans [a, +∞], alors
→∞ 𝑐𝑜𝑠
∫𝑎 𝑓(𝑥) { 𝑠𝑖𝑛 } 𝜆𝑥𝑑𝑥 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒 ∀𝜆 ≠ 0 cette intégrale étant nécessairement fléchée si f(x)
→∞ 𝑐𝑜𝑠 2
n’appartient pas à L1([a,+∞]). De plus |∫𝑎 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥𝑑𝑥| ≤ |𝜆| 𝑓(𝑎) et
𝑠𝑖𝑛
𝛼 𝑐𝑜𝑠 →∞ 𝑐𝑜𝑠
∫𝑎 𝑓(𝑥) { 𝑠𝑖𝑛 } 𝜆𝑥𝑑𝑥 ⇒ ∫𝑎 𝑓(𝑥) { 𝑠𝑖𝑛 } 𝜆𝑥𝑑𝑥 𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝛼 → ∞ .
𝜆≠0
Lemme
Si p, q ϵ [a, +∞[ avec p≤q et si f(x) est réelle et ↓0 dans [a, +∞[ , alors
𝑞
𝑐𝑜𝑠 2
|∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 | ≤ 𝑓(𝑝)
𝑝
𝑠𝑖𝑛 |𝜆|
L’hypothèse supplémentaire f(x) ϵ C1(]a,+∞[) permet d’alléger considérablement la
démonstration. En effet,
𝑞 𝑞
𝑐𝑜𝑠 𝑓(𝑥) 𝑠𝑖𝑛 1 𝑞 𝑠𝑖𝑛
∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 = [ { } 𝜆𝑥] + ∫ [−𝐷𝑥 𝑓] { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥
𝑝
𝑠𝑖𝑛 𝜆 −𝑐𝑜𝑠 𝑝 𝜆 𝑝 −𝑐𝑜𝑠
𝑞
𝑐𝑜𝑠 𝑓(𝑞) 𝑓(𝑝) 1 𝑞 2
|∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 | ≤ + + ∫ [−𝐷𝑥 𝑓]𝑑𝑥 ≤ 𝑓(𝑝)
𝑝
𝑠𝑖𝑛 |𝜆| |𝜆| |𝜆| 𝑝 |𝜆|
Démonstration du théorème :
𝛼 𝑐𝑜𝑠
lim ∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 existe en vertu du critère de CAUCHY car
𝛼→∞ 𝑎 𝑠𝑖𝑛
𝑞
𝑐𝑜𝑠 2
|∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 | ≤ 𝑓(𝑝) → 0 𝑠𝑖 𝑝 𝑒𝑡 𝑞 ≫
𝑝
𝑠𝑖𝑛 |𝜆|
En faisant tendre q vers l’infini pour p fixé, il vient à la limite :

Analyse II J. NAVEZ
17

→∞
𝑐𝑜𝑠 2
|∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 | ≤ 𝑓(𝑝)
𝑝
𝑠𝑖𝑛 |𝜆|
En tenant compte de cette dernière inégalité, on a la convergence uniforme dans le
complémentaire de l’origine puisque
→∞
𝑐𝑜𝑠 2 2
sup |∫ 𝑓(𝑥) { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 | ≤ sup 𝑓(𝛼) ≤ 𝑓(𝛼) → 0 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 𝛼 → ∞
𝜆≠0 𝛼 𝑠𝑖𝑛 𝜆≠0 |𝜆| 𝜀
Car on peut toujours poser |𝜆| ≥ 𝜀 puisque 𝜆 ≠ 0.
2. Cas particuliers
a)

𝑐𝑜𝑠 𝑎 1
∫ 𝑒 −𝑎𝑥 { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 = { } 𝑎>0
0
𝑠𝑖𝑛 𝜆 𝑎² + 𝜆²
Cette intégrale existe en vertu du théorème 1, e-ax ϵ L1([0, ∞]) et
∞ ∞ ∞
−𝑎𝑥 𝑐𝑜𝑠 𝑅 𝑅 𝑒 −(𝑎−𝑖𝜆)𝑥 𝑅 1
∫ 𝑒 { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 = { } ∫ 𝑒 −(𝑎−𝑖𝜆)𝑥 𝑑𝑥 = { } [− ] ={ }
0
𝑠𝑖𝑛 𝐼 0 𝐼 𝑎 − 𝑖𝜆 0 𝐼 𝑎 − 𝑖𝜆
𝑎 1
={ }
𝜆 𝑎² + 𝜆²
b)
→∞ →∞
sin 𝜆𝑥 𝜋 sin 𝑥 𝜋
∫= 𝑠𝑖𝑔𝑛𝜆 𝑒𝑡 ∫ 𝑑𝑥 =
0 𝑥 2 0 𝑥 2

On passe de l’une à l’autre en posant 𝑥 = |𝜆|𝑥 rebaptisé x.
Cette intégrale existe en vertu du théorème 2 et doit être fléchée.
𝛼 𝛼 ∞
sin 𝑥
lim ∫ 𝑑𝑥 = lim ∫ sin 𝑥 𝑑𝑥 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 𝑑𝑡 = (∗)
𝛼→∞ 0 𝑥 𝛼→∞ 0 0
En vertu de TONELLI-FUBINI, on peut permuter les deux intégrales car
𝛼 ∞ 𝛼 |sin 𝑥|
∫0 |sin 𝑥|𝑑𝑥 ∫0 𝑒 −𝑥𝑡 𝑑𝑡 = ∫0 𝑥
𝑑𝑥 a un sens.
∞ 𝛼
(∗) = lim ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 sin 𝑥 𝑑𝑥
𝛼→∞ 0 0
∞ ∞ ∞ ∞ ∞
1
= ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 sin 𝑥 𝑑𝑥 − lim ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 sin 𝑥 𝑑𝑥 = ∫ 𝑑𝑡
0 0 𝛼→∞ 0 𝛼 0 1 + 𝑡²
∞ ∞
− lim ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 sin 𝑥 𝑑𝑥
𝛼→∞ 0 𝛼
la limite est 0 car
∞ ∞ ∞
2
∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 sin 𝑥 𝑑𝑥 ≤ 2 ∫ 𝑒 −𝛼𝑡 𝑑𝑡 = →0
0 𝛼 0 𝛼
∞ 1 𝜋
Il reste ∫0 𝑑𝑡 = [𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 𝑡]∞
0 =
1+𝑡² 2
c)

cos 𝜆𝑥 𝜋 −|𝜆|𝑎 →∞ 𝑥 sin 𝜆𝑥 𝜋
∫ 𝑑𝑥 = 𝑒 ,∫ 𝑑𝑥 = 𝑒 −|𝜆|𝑎 𝑠𝑖𝑔𝑛 𝜆 , 𝑎 > 0
0 𝑥² + 𝑎² 2𝑎 0 𝑥² + 𝑎² 2
On vérifie aisément l’existence de ces intégrales.
Pour la première,
∞ ∞ ∞ ∞ ∞
cos 𝜆𝑥 2 2
∫ 𝑑𝑥 = ∫ cos 𝜆𝑥 𝑑𝑥 ∫ 𝑒 −(𝑥 +𝑎 )𝑡 𝑑𝑡 = ∫ 𝑒 −𝑎²𝑡 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥²𝑡 cos 𝜆𝑥 𝑑𝑥 = (∗)
0 𝑥² + 𝑎² 0 0 0 0
On peut permuter les intégrales en vertu de TONELLI-FUBINI car
∞ ∞ 2 +𝑎 2 )𝑡 ∞ |cos 𝜆𝑥|
∫0 |cos 𝜆𝑥|𝑑𝑥 ∫0 𝑒 −(𝑥 𝑑𝑡 = ∫0 𝑥²+𝑎²
𝑑𝑥 a un sens.

Analyse II J. NAVEZ
18

2 𝜆²

−𝑎𝑡²
𝜋 −𝜆² 𝜋 ∞ 𝑒 −𝑎 𝑡−4𝑡 ∞
−𝑎2 𝑢2 −
𝜆² 𝜋 −|𝜆|𝑎
(∗) = ∫ 𝑒 𝑒 𝑑𝑡 = ∫
4𝑡 𝑑𝑡 = 𝜋 ∫ 𝑒 4𝑢² 𝑑𝑢 = 𝑒
0 2𝑡 2 0 𝑡 0 2𝑎
En vertu des formules de POISSON 2 et POISSON 3.
Pour la seconde intégrale, on dérive les deux membres de la première par rapport à λ, ce qui
est permis en vertu des conditions naturelles du théorème de dérivation des intégrales
paramétriques.
𝛼 cos 𝜆𝑥 𝛼 𝑥 sin 𝜆𝑥
−𝐷𝜆 ∫0 𝑥 2 +𝑎 2
𝑑𝑥 = ∫0 𝑥 2 +𝑎2
𝑑𝑥 ∀𝛼 𝑒𝑡 𝑠𝑖 𝛼 → ∞, la seconde intégrale converge
→∞ 𝑥 sin 𝜆𝑥
uniformément (th. 2) vers ∫0 𝑥²+𝑎²
𝑑𝑥 d’où
→∞
𝑥 sin 𝜆𝑥 𝜋 −|𝜆|𝑎
−∫ 𝑑𝑥 = − 𝑒 𝑠𝑖𝑔𝑛 𝜆
0 𝑥 2 + 𝑎2 2
d) Intégrales de FRESNEL
𝑐𝑜𝑠
→∞ { } 𝜆𝑥 𝜋 →∞
𝑐𝑜𝑠 1 𝜋
∫ 𝑠𝑖𝑛 𝑑𝑥 = √ , ∫ { } 𝜆𝑥² 𝑑𝑥 = √ , 𝜆 > 0
0 √𝑥 2𝜆 0 𝑠𝑖𝑛 2 2𝜆
Ces intégrales existent en vertu du théorème 2 mais sont fléchées.
𝑐𝑜𝑠
𝛼{ } 𝜆𝑥 𝛼
𝑐𝑜𝑠 ∞
2𝑒 −𝑥𝑡²
lim ∫ 𝑠𝑖𝑛 𝑑𝑥 = lim ∫ { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 ∫ 𝑑𝑡
𝛼→∞ 0 √𝑥 𝛼→∞ 0 𝑠𝑖𝑛 0 √𝜋
2 ∞ 𝛼
𝑐𝑜𝑠
= lim ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡² { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 = ⋯
𝛼→∞ √𝜋 0 0
𝑠𝑖𝑛
par la formule de POISSON 1 et on a
2 ∞ ∞
2 𝑐𝑜𝑠
∞ ∞
2 𝑐𝑜𝑠
…= ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥 − lim ∫ 𝑑𝑡 ∫ 𝑒 −𝑥𝑡 { } 𝜆𝑥 𝑑𝑥
√𝜋 0 0
𝑠𝑖𝑛 𝛼→∞ 0 𝛼
𝑠𝑖𝑛
et le second membre tend vers 0, il nous reste en appliquant b)
𝑡2 1 −1⁄ 3 1
2 ∞ {𝜆} 2 4𝜆
2 𝐵( , )
…= ∫ 2 𝑑𝑡 = { 4 4 = 1 𝐵 ( 1 , 3) = 1 𝜋
=√
𝜋
𝜋
√𝜋 1 𝜆−1⁄2 𝐵 (1 , 3) 2√𝜋𝜆
4
√𝜋 0 𝜆 + 𝑡 4 4 2√𝜋𝜆 sin 2𝜆
4
4 4 4
par les intégrales eulériennes et la formule des compléments.
La seconde intégrale est un corollaire, elle s’obtient en posant x²=t.
3. Intégrales de LAPLACE
On appelle intégrales ou transformées de LAPLACE, les intégrales de la forme :

𝐿𝑝 𝐹 = 𝑓(𝑝) = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 𝑜ù 𝑝 = 𝜉 + 𝑖𝜂
0
Théorème d’existence
Si 𝑒 −𝑝0 𝑡 𝐹(𝑡)𝜖𝐿1 ([0, ∞]) pour une valeur réelle p0 de p, alors 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡) ∈ 𝐿1 ([0, ∞]) pour
toute valeur de p telle que 𝑅𝑝 ≥ 𝑝0 c’est-à-dire dans le demi-plan complexe {𝑝 : 𝑅𝑝 ≥ 𝑝0 }.

En effet, c’est une simple conséquence du théorème de LEBESGUE, car


|𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)| = |𝑒 −(𝑅𝑝+𝑖𝐼𝑝)𝑡 ||𝐹(𝑡)| = 𝑒 −𝑅𝑝𝑡 |𝐹(𝑡)| ≤ 𝑒 −𝑝0 𝑡 |𝐹(𝑡)| ∈ 𝐿1 ([0, ∞])
En particulier, LpF est définie si |𝐹|est borné dans R+ pour Rp>0 ou si |𝐹| < 𝑐𝑒 𝛼𝑡 dans R+ pour
Rp>α.
On voit que LpF est bien définie lorsque Rp dépasse la borne inférieure des p0 réels pour
lesquels 𝑒 −𝑝0 𝑡 𝐹(𝑡) ∈ 𝐿1 ([0, ∞])ou encore Rp>inf(p0)
Nous allons rebaptiser p0 cette borne inférieure.

Analyse II J. NAVEZ
19

Elle porte le nom d’abscisse de convergence de l’intégrale de LAPLACE LpF et LpF existe (on dit
converge) pour tout p dont la partie réelle est strictement supérieure à l’abscisse de
convergence, c’est-à-dire dans un demi-plan ouvert appelé demi-plan de convergence de LpF.
Propriétés
a) Si LpF1,…,LpFm convergent lorsque Rp>p0, alors 𝐿𝑝 ∑𝑖 𝑐𝑖 𝐹𝑖 converge aussi
et 𝐿𝑝 ∑𝑖 𝑐𝑖 𝐹𝑖 = ∑𝑖 𝑐𝑖 𝐿𝑝 𝐹𝑖
b) Si LpF=f(p) converge pour Rp>p0, alors
𝐿𝑝 [𝑒 −𝑎𝑡 𝐹(𝑎𝑡)] = 𝑓(𝑝 + 𝑎) = 𝐿𝑝+𝑎 𝐹(𝑡) 𝑠𝑖 𝑅𝑝 > 𝑝0 − 𝑅𝑎
1 𝑝 1
𝐿𝑝 [𝐹(𝑎𝑡)] = 𝑎 𝑓 (𝑎) = 𝑎 𝐿𝑝 𝐹(𝑡) 𝑠𝑖 𝑅𝑝 > 𝑝0 𝑎, 𝑎 𝑟é𝑒𝑙.
𝑎
𝑝𝜏
∞ ∞ ∞ 1 ∞
En effet ∫0 𝑒 −(𝑝+𝑎)𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = ∫0 𝑒 −𝑎𝑡 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 et ∫0 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑎𝑡)𝑑𝑡 = 𝑎 ∫0 𝑒 − 𝑎 𝐹(𝜏)𝑑𝜏
𝑡 𝑡
c) la fonction 𝐹 ∗ 𝐺 = ∫0 𝐺(𝜏)𝐹(𝑡 − 𝜏)𝑑𝜏 = ∫0 𝐹(𝜏)𝐺(𝑡 − 𝜏)𝑑𝜏 = 𝐺 ∗ 𝐹 est appelée produit
de convolution de F et de G.
Si LpF et LpG existent pour Rp>p0, alors Lp(F*G) existe aussi pour Rp>p0 et Lp(F*G) = [Link]
En effet,
∞ ∞
𝐿𝑝 𝐹. 𝐿𝑝 𝐺 = ∫ 𝑒 −𝑝𝑥 𝐹(𝑥) 𝑑𝑥 ∫ 𝑒 −𝑝𝑦 𝐺(𝑦) 𝑑𝑦 = ∬ 𝑒 −𝑝(𝑥+𝑦) 𝐹(𝑥)𝐺(𝑦) 𝑑𝑥𝑑𝑦
0 0 𝑅+ 𝑥𝑅+
𝜏=𝑥 𝑥=𝜏 𝜕(𝑥,𝑦)
Posons {𝑡 = 𝑥 + 𝑦 d’où {𝑦 = 𝑡 − 𝜏 et 𝑑𝑡𝑚 𝜕(𝜏,𝑡) = 1 , l’intégrale devient :

∬ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝜏)𝐺(𝑡 − 𝜏)𝑑𝑡𝑑𝜏


[0,∞[𝑥[0,𝑡]
∞ 𝑡 ∞
= ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝑑𝑡 ∫ 𝐹(𝜏)𝐺(𝑡 − 𝜏)𝑑𝜏 = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 (𝐹 ∗ 𝐺)𝑑𝑡 = 𝐿𝑝 (𝐹 ∗ 𝐺)
0 0 0
En particulier, si Rp > sup(0, p0),
𝑡
1
𝐿𝑝 ∫ 𝐹(𝜏)𝑑𝜏 = 𝐿𝑝 (𝐹 ∗ 1) = 𝐿 𝐹
0 𝑝 𝑝
d) Si F(x) est borné dans [0, T] et si F(x) = ± F(x+T) (périodique ou anti-périodique), pour tout x
ϵ R, alors LpF existe pour Rp > 0 et on a :
𝑇
1
𝐿𝑝 𝐹 = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡
1 ∓ 𝑒 −𝑝𝑇 0
en effet, si |𝐹| < 𝑐 dans [0, T], on a |𝐹| < 𝑐 dans R+ et LpF existe pour Rp > 0. De plus :
∞ ∞ (𝑚+1)𝑇
−𝑝𝑡
∫ 𝑒 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = ∑ ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡
0 𝑚=0 𝑚𝑇
∞ 𝑇 𝑇
1 1
= ∑{ 𝑚 } 𝑒 −𝑚𝑝𝑇 ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡
(−1) 0 1 ∓ 𝑒 −𝑝𝑇 0
𝑚=0
e) Soit 𝐿(𝐷𝑡 ) = 𝑎0 + 𝑎1 𝐷𝑡 + ⋯ + 𝑎𝑚 𝐷𝑡𝑚 un opérateur linéaire à coefficients constants
d’ordre m. Si F ϵ Cm(R+) et si F, DtF, … , Dtm-1F admettent des limites en t = 0+, alors que ces
mêmes fonctions multipliées par 𝑒 −𝑝0 𝑡 tendent vers o à l’infini, alors LpF et Lp[L(Dt)F]existent
simultanément pour Rp>p0 et on a :
𝑎𝑚 𝑎𝑚−1 … 𝑎1
… 𝑝𝑚−1
𝑚−1
… … …
𝐿𝑝 [𝐿(𝐷𝑡 )𝐹]=𝐿(𝑝)𝐿𝑝 𝐹 − [𝐹(0), 𝐷𝑡 𝐹(0), … , 𝐷𝑡 𝐹(0)] ( 0 𝑎 ) ( 𝑝 )
𝑎𝑚 𝑚−1
0 0 … 𝑎𝑚 1
m
En effet, en vertu de la linéarité de Lp, il suffit d’établir cette formule pour L = Dt . Dans ce

Analyse II J. NAVEZ
20

cas, elle s’écrit :


1 … 0 𝑝𝑚−1
[𝐿(𝐷 𝑚 𝑚 [𝐹(0), 𝑚−1
𝐿𝑝 𝑡 𝐹)] = 𝑝 𝐿𝑝 𝐹 − 𝐷𝑡 𝐹(0), … , 𝐷𝑡 𝐹(0)] (… … …) ( … )
0 … 1 1
= 𝑝𝑚 𝐿𝑝 𝐹 − [𝑝𝑚−1 𝐹(0) + 𝑝𝑚−2 𝐷𝑡 𝐹(0) + ⋯ + 𝐷𝑡𝑚−1 𝐹(0)]
et elle est évidente car :
∞ ∞
∫ 𝑒 −𝑝𝑡 (𝐷𝑡𝑚 𝐹 − 𝑝𝑚 𝐹)𝑑𝑡 = ∫ 𝐷𝑡 [𝑝𝑚−1 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹 + ⋯ + 𝑒 −𝑝𝑡 𝐷𝑡𝑚−1 𝐹]𝑑𝑡
0 0
Cas particuliers :
𝐿𝑝 (𝑎𝐷𝑡 + 𝑏)𝐹 = (𝑎𝑝 + 𝑏)𝐿𝑝 𝐹 − 𝑎𝐹(0)
𝐿𝑝 (𝑎𝐷𝑡2 + 𝑏𝐷𝑡 + 𝑐) = (𝑎𝑝2 + 𝑏𝑝 + 𝑐)𝐿𝑝 𝐹 − (𝑎𝑝 + 𝑏)𝐹(0) − 𝑎𝐷𝑡 𝐹(0)
Calcul explicite de certaines intégrales de LAPLACE
a)
Γ(𝛼 + 1)
𝐿𝑝 𝑡 𝛼 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛼 > −1 𝑒𝑡 𝑅𝑝 > 0
𝑝𝛼+1
b)
1
𝐿𝑝 𝑒 𝛼𝑡 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑅𝑝 > 𝑅𝛼
𝑝−𝛼
c)
𝑐ℎ 𝑝 1
𝐿𝑝 { } 𝛼𝑡 = { } 2 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑅𝑝 > |𝛼|, 𝛼𝜖𝑅
𝑠ℎ 𝛼 𝑝 − 𝛼2
d)
𝑐𝑜𝑠 𝑝 1
𝐿𝑝 { } 𝛼𝑡 = { } 2 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑅𝑝 > 0, 𝛼𝜖𝑅
𝑠𝑖𝑛 𝛼 𝑝 + 𝛼2
Dépendance des intégrales de LAPLACE vis-à-vis du paramètre p
a) f(p) est C∞ par rapport à ξ et à η, dans son demi-plan de convergence (ξ>p0 ) les dérivées
s’effectuant sous le signe d’intégration.
En effet, les conditions naturelles de dérivation sous le signe sont satisfaites car :
- visiblement e-(ξ+iη)tF(t) ϵ C∞{(ξ, η) :ξ>p0}
- DξDη[e-ptF(t)] = (-1)m+nintm+ne-ptF(t) ϵ L1(R+) quand ξ > p0 puisque
|(−1)𝑚+𝑛 𝑖 𝑛 𝑡 𝑚+𝑛 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)| = 𝑡 𝑚+𝑛 𝑒 −𝜀𝑡 𝑒 −(𝜉−𝜀)𝑡 |𝐹| ≤ 𝐶𝑒 −(𝜉−𝜀)𝑡 |𝐹|𝜖𝐿1 (𝑅 + )
en posant 𝐶 = sup(𝑡 𝑚+𝑛 𝑒 −𝜀𝑡 ) 𝑒𝑡 𝑒𝑛 𝑝𝑟𝑒𝑛𝑎𝑛𝑡 𝜀 ≪ 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝜉 − 𝜀 > 𝑝0 .
𝑡𝜖𝑅
Les conditions supplémentaires sont également vérifiées (sans démonstration).
b) f(p) est bornée dans son demi-plan de convergence et on a
lim 𝑓(𝑝) = 0
𝑅𝑝→∞
et il en de même pour toute dérivée de f(p) par rapport à ξ ou à η.
En effet, si Rp > p0, alors |𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)| ≤ 𝑒 −𝑝0 𝑡 |𝐹| ∈ 𝐿1 (𝑅+ ) donc |𝐿𝑝 𝐹| ≤ 𝐿𝑝0 |𝐹| est borné et
on peut appliquer le théorème de LEBESGUE puisque
lim 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡) = 0
𝑅𝑝→∞
La dernière affirmation résulte des deux autres car 𝐷𝜉𝑚 𝐷𝜂𝑛 𝑓(𝑝) est 𝐿𝑝 [𝑡 𝑚+𝑛 𝐹(𝑡)] à un
facteur constant près.
Conclusion
Les intégrales de LAPLACE sont des fonctions très spéciales du paramètre complexe p. Les
propriétés a) et b) ne sont cependant pas caractéristiques des intégrales de LAPLACE,

Analyse II J. NAVEZ
21

d’autres seraient encore indispensables.


Théorème fondamental
Si 𝐿𝑝 𝐹 = 𝐿𝑝 𝐹 ′ 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑅𝑝 > 𝑝0 𝑟é𝑒𝑙, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝐹 = 𝐹 ′ 𝑝𝑝 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑅 +.
La démonstration de ce théorème découle de l’inversion de la transformation de LAPLACE
qui sera vue en fin d’étude des fonctions de variable complexe.
L’intérêt de ce théorème est double :
- il donne une méthode qui peut parfois être efficace pour établir l’égalité pp de deux
fonctions dans R+ ;
- il affirme que la fonction F(t) éventuelle telle que 𝐿𝑝 𝐹(𝑡) = 𝑓(𝑝)est unique, on la
note 𝐹(𝑡) = 𝐿−1 𝑝 𝑓(𝑝).

Analyse II J. NAVEZ
22

Chapitre IV. Compléments sur la théorie des fonctions et Analyse


vectorielle
_____________________________________________________________________________
1. Primitives dans les ouverts de Rn
Définition
Les n fonctions f1, …, fn (dans l’ordre) admettent une primitive dans un ouvert Ω c Rn s’il
existe une fonction F dérivable dans Ω telle que 𝐷𝑥𝑖 𝐹 = 𝑓𝑖 pour i = 1, …,n en tout point de Ω.
Bien entendu, F ϵ Cp+1(Ω) si f1, …,fn ϵ Cp(Ω).
Dans la suite, nous supposerons sans restrictions que Ω est connexe.
Théorème d’unicité des primitives
Toutes les primitives éventuelles de f1, …, fn dans Ω connexe ne diffèrent que par une
constante additive.
En effet, F et F + c répondent simultanément aux conditions ; en vertu d’un théorème vu en
Analyse I, la différence entre deux primitives éventuelles doit être constante dans Ω puisque
toutes ses dérivées y sont nulles.
Par conséquent, toute primitive de f1, …, fn est définie dans Ω connexe si on donne sa valeur
̅ si cette limite existe.
en un seul point de Ω ou la limite de ses valeurs en un seul point de Ω
n
Condition nécessaire d’existence d’une primitive dans R
Si les fonctions f1, …, fn ϵ C1(Ω) admettent une primitive dans Ω connexe de Rn, elles satisfont
nécessairement aux 𝐶𝑛2 « égalités croisées »
𝐷𝑥𝑗 𝑓𝑖 = 𝐷𝑥𝑖 𝑓𝑗
En effet : 𝐷𝑥𝑗 𝑓𝑖 = 𝐷𝑥𝑗 𝐷𝑥𝑖 𝐹 = 𝐷𝑥𝑖 𝐷𝑥𝑗 𝐹 = 𝐷𝑥𝑖 𝑓𝑗 .
Construction des primitives dont on connaît l’existence
Si les fonctions f1, …, fn ϵ C0(Ω) admettent une primitive dans l’ouvert Ω, on peut calculer
cette primitive en tout point de Ω par la formule :
𝜆1 𝑛
𝐹(𝑥) = 𝐹(𝑎) + ∫ ∑ 𝑓𝑘 [𝑥(𝜆)] 𝐷𝜆 𝑥𝑘 (𝜆)𝑑𝜆
𝜆0 𝑘=1

à partir de sa valeur F(a) donnée arbitrairement.


Dans cette formule, x(λ) désigne un arc régulier de courbe dans Ω lorsque λ ϵ [λ0, λ1], dont les
coordonnées sont dans C1(]λ0, λ1[) et tel que x(λ0) = a et x(λ1) = x.
En effet,
𝑛 𝑛

∑ 𝑓𝑘 [𝑥(𝜆)]𝐷𝜆 𝑥𝑘 (𝜆) = ∑ 𝐷𝑥𝑘 𝐹[𝑥(𝜆)]𝐷𝜆 𝑥𝑘 (𝜆) = 𝐷𝜆 𝐹[𝑥(𝜆)]


𝑘=1 𝑘=1
en vertu du théorème de dérivation des fonctions composées, et
𝜆1 𝑛 𝜆1
∫ ∑ 𝑓𝑘 [𝑥(𝜆)]𝐷𝜆 𝑥𝑘 (𝜆)𝑑𝜆 = ∫ 𝐷𝜆 𝐹[𝑥(𝜆)]𝑑𝜆 = 𝐹(𝑥) − 𝐹(𝑎)
𝜆0 𝑘=1 𝜆0

remarque : quand la primitive existe, son calcul est totalement indépendant du chemin x(λ)
choisi conformément à ce qui précède.
Cas particuliers
a) Si le chemin est un segment de droite : x(λ) = a + λ(x – a), λ ϵ [0, 1], alors
1 𝑛
𝐹(𝑥) = 𝐹(𝑎) + ∫ ∑(𝑥𝑘 − 𝑎𝑘 )𝑓𝑘 [𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎)]𝑑𝜆
0 𝑘=1

Analyse II J. NAVEZ
23

b) Si on décrit le contour coordonné (polygone successivement parallèle à tous les axes de


coordonnées) passant de a à x :
(𝑎1 , … , 𝑎𝑛 ) → (𝑥1 , 𝑎2 , … , 𝑎𝑛 ) → (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑎3 , … , 𝑎𝑛 ) → ⋯ → (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 )
en appliquant plusieurs fois la formule ci-dessus :
𝑛 𝑥𝑘
𝐹(𝑥) = 𝐹(𝑎) + ∑ ∫ 𝑓𝑘 (𝑥1 , … , 𝑥𝑘−1 , 𝜆, 𝑎𝑘+1 , … , 𝑎𝑛 )𝑑𝜆
𝑘=1 𝑎𝑘
Théorème d’existence des primitives dans Rn (différentielles totales exactes)
Si f1, …, fn ϵ C1(Ω), Ω ouvert connexe, et si 𝐷𝑥𝑖 𝑓𝑗 = 𝐷𝑥𝑗 𝑓𝑖 pour i et j = 1, …, n, ces fonctions
admettent au moins une primitive F ϵ C2(Ω) sauf peut-être dans certains ouverts critiques où
son processus de construction aboutit à des incompatibilités.

Contre-exemple pour les ouverts critiques


Dans R², les fonctions :
−𝑦 𝑥 𝑥² − 𝑦²
𝑓1 = 𝑒𝑡 𝑓2 = 𝑣é𝑟𝑖𝑓𝑖𝑒𝑛𝑡 𝐷𝑦 𝑓1 = 𝐷𝑥 𝑓2 = − 2
𝑥² + 𝑦² 𝑥² + 𝑦² (𝑥 + 𝑦 2 )2
f1 et f2 ϵ C∞(∁0). On a par ailleurs :
𝑦 −𝑦 𝑦 𝑥
𝐷𝑥 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 = 𝑒𝑡 𝐷𝑦 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 =
𝑥 𝑥² + 𝑦² 𝑥 𝑥² + 𝑦²
𝑦
La primitive si elle existe est nécessairement l’angle 𝜃(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 𝑥 mais cette fonction
n’est pas bien définie dans le complémentaire de l’origine.
𝑥 𝑦
Remarquons, a contrario, que dans ∁0, 𝑓′1 = 𝑒𝑡 𝑓′2 = ont pour primitive la
𝑥²+𝑦² 𝑥²+𝑦²

fonction ln √𝑥² + 𝑦² qui est parfaitement définie dans ∁0. Donc ∁0 est un ouvert critique
pour f1 et f2 mais non critique pour f’1 et f’2.
Lemme sur la dérivabilité uniforme
Si f ϵ C1(Ω), alors :
𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘 ) − 𝑓(𝑥) 𝜕𝑓
lim sup | − | = 0 ∀𝐾𝑐Ω
ℎ→0 𝑥𝜖𝐾 ℎ 𝜕𝑥𝑘
Pour simplifier, supposons f réelle quitte à passer par Rf et If.
En effet, dès que |ℎ| ≤ 𝛼 < 𝑑(𝐾, ∁Ω), on a
𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘)−𝑓(𝑥) 𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
sup | − | = sup |( ) − |→0
𝑥𝜖𝐾 ℎ 𝜕𝑥𝑘 𝑥∈𝐾 𝜕𝑥𝑘 𝑥+ℎ (𝑘) 𝜕𝑥𝑘
𝜕𝑓
vu le théorème sur la continuité uniforme appliqué à la fonction 𝜕𝑥 continue dans le
𝑘
compact K.
Démonstration du théorème
Si on se donne la valeur F(a) de la primitive au point a, on peut certainement construire cette
dernière en tout point x de Ω qui peut être joint à a par un segment contenu dans Ω. Prenons
1 𝑛
𝐹(𝑥) = 𝐹(𝑎) + ∫ ∑(𝑥𝑘 − 𝑎𝑘 )𝑓𝑘 [𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎)]𝑑𝜆
0 𝑘=1

et vérifions par le calcul que 𝐷𝑥𝑖 𝐹 = 𝑓𝑖


Pour simplifier encore, supposons f réelle quitte à passer par Rf et If.
Admettons provisoirement que nous pouvons dériver sous le signe intégral

Analyse II J. NAVEZ
24

1 𝑛

∫ {𝑓𝑖 [𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎)] + ∑(𝑥𝑘 − 𝑎𝑘 )𝐷𝑥𝑖 𝑓𝑘 [𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎)]} 𝑑𝜆


0 𝑘=1
1 𝑛
𝜕𝑓𝑖
= ∫ {𝑓𝑖 [𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎)] + ∑ 𝜆(𝑥𝑘 − 𝑎𝑘 ) ( ) } 𝑑𝜆
0 𝜕𝑥𝑘 𝑎+𝜆(𝑥−𝑎)
𝑘=1
1
= ∫ 𝐷𝜆 [𝜆𝑓𝑖 (𝑎 + 𝜆(𝑥 − 𝑎))]𝑑𝜆 = 𝑓𝑖 (𝑥)
0
Pour justifier la dérivation sous le signe intégral, on prouve qu’une expression de la forme
𝑏
∫𝑎 𝑓(𝑥, 𝜆)𝑑𝜆 est dérivable sous le signe intégral par rapport à xk si f(x, λ) ϵ C1(Ωx]a-ԑ, b+ԑ[).
En effet, il faut prouver que
𝜕 𝑏 𝑏 𝜕𝑓
∫ 𝑓(𝑥, 𝜆)𝑑𝜆
𝜕𝑥𝑘 𝑎
= ∫𝑎 𝜕𝑥𝑘
𝑑𝜆
𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘 , 𝜆) − 𝑓(𝑥, 𝜆) 𝜕𝑓
𝑠𝑜𝑖𝑡 lim [ −( ) ] 𝑑𝜆 = 0
ℎ→0 ℎ 𝜕𝑥𝑘 (𝑥,𝜆)
Posons, pour λ fixé et ξ ϵ ]a,[ :
𝜉
𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘 , 𝜆) − 𝑓(𝑥, 𝜆) 𝜕𝑓
𝐹(ℎ, 𝜉) = ∫ [ − ] 𝑑𝜆
𝑎 ℎ 𝜕𝑥𝑘
- F(h, ξ) ϵ C1(]a-ԑ, b+ԑ[)
- lim 𝐹(ℎ, 𝑎) = 0 car F(h,a) = 0 pour tout h.
ℎ→0
- 𝐷𝜉 𝐹(ℎ, 𝜉) ⇒ 0 dans tout compact de ]a-ԑ, b+ԑ[ car
𝐾
𝑓(𝑥 + ℎ𝑒𝑘 , 𝜉) − 𝑓(𝑥, 𝜉) 𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝐷𝜉 𝐹(ℎ, 𝜉) = −( ) =( ) −( )
ℎ 𝜕𝑥𝑘 (𝑥,𝜉) 𝜕𝑥𝑘 (𝑥+𝜃𝑒 ,𝜉)
𝜕𝑥 𝑘 (𝑥,𝜉)
𝑘
avec θ ϵ ]0,h[, tend uniformément vers 0 en vertu du lemme sur la dérivabilité uniforme dans
Ω x ]a-ԑ, b+ԑ[. Alors 𝐹(ℎ, 𝜉) ⇒ 0 et la dérivation sous le signe est justifiée.
𝐾
b) On peut par conséquent définir F de proche en proche en tout x qui peut être atteint par
un contour polygonal aP1…Pn-1x issu de a et contenu dans Ω, donc en tout point de Ω.
c) Dans certains ouverts cependant, ce procédé de prolongement peut conduire à des
incompatibilités auquel cas F n’existe pas au sens strict. De fait, le procédé décrit en b) ne
peut convenir que si tous les chemins polygonaux aP1…Pn-1x donnent en x la même valeur à F.
Il en est certainement ainsi pour tout chemin qui reste dans le voisinage d’un autre ou qui
peut se déduire du premier par une transformation continue.
En effet, vu a) on peut définir F dans un certain voisinage de aP1, puis en partant de P1,
définir F dans un voisinage de P1P2 et ainsi de suite. La fonction F est ainsi définie dans un
voisinage de aP1…Pn-1x et on peut la calculer sans difficulté sur toute courbe contenue dans
ce voisinage. Il en est de même pour tout chemin qui s’obtient par déformation continue à
partir de aP1…Pn-1x sans sortir de Ω. On opère alors la transformation : 𝑥(𝜆) → 𝑥[𝜆(𝜆′ )] avec
λ(λ’) ϵ C1.
Mais il peut se faire que les chemins passant de a à x se répartissent en classes entre
lesquelles toute transition continue dans Ω est impossible, ce , par suite de la conformation
de Ω. Dans ce cas, deux chemins appartenant à des classes différentes peuvent donner à F(x)
des valeurs différentes.
Ceci résulte de propriétés globales de Ω qui sont du ressort de la topologie. La caractérisation
précise de ces ouverts critiques dans Rn sort du cadre de ce cours ; cependant dans R² ou R³,
on peut déceler ces ouverts en se représentant visuellement les étapes successives du

Analyse II J. NAVEZ
25

prolongement de F.
d) A priori rien ne permet de déceler si la primitive F de f1…fn ϵ C1(Ω) à dérivées croisées
égales existe ou n’existe pas dans un ouvert critique. C’est en cherchant à déterminer
explicitement F qu’on constate qu’elle peut prendre des valeurs différentes au même point si
on la calcule par des chemins différents.
e) On peut cependant dans le cas d’un ouvert critique, au lieu de décréter que F n’existe pas,
admettre que le processus décrit ci-dessus définit une fonction multiforme F dont la valeur
en chaque point dépend non seulement du point mais aussi de certaines caractéristiques du
chemin suivi pour y parvenir à partir d’un point de départ fixé.
Par exemple la fonction arctg utilisée en trigonométrie pour trouver tous les angles
possibles.
Il s’agit visiblement d’une extension de la notion de fonction telle qu’elle a été vue jusqu’à
présent, celle-ci étant alors appelée par opposition, fonction uniforme.
2. Théorème des fonctions implicites
Remarques préliminaires
En géométrie analytique, il arrive fréquemment que l’équation d’une courbe de R² soit
donnée par F(x, y) = 0 (équation implicite) plutôt que par y = f(x) (équation explicite).
𝑥² 𝑦²
Ainsi une droite est donnée par : 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦 + 𝑐 = 0 et une ellipse est donnée par : 𝑎² + 𝑏² = 1
Pour obtenir l’équation de la courbe sous forme explicite, il est nécessaire de pouvoir
résoudre F(x, y) = 0 par rapport à y (sans restriction : on peut aussi vouloir résoudre par
rapport à x) pour obtenir une équation de la forme y = f(x).
Dans les cas simples, on peut résoudre F(x, y) = 0 par des fonctions élémentaires ou par des
approximations en série. Mais pour conserver un degré de généralité suffisant, il vaut mieux
ne pas exhiber la forme explicite, variable selon les cas, et tirer un maximum de
renseignements de la fonction F elle-même sans donner de préférence à une des deux
variables. L’idée que chaque équation F(x, y) = 0 permet de tirer des fonctions explicites de la
forme y = f(x) ou x = g(y) est fausse.
Par exemple, x² + y² = 0 possède comme solution unique (0, 0) et x² + y² + 1 = 0 ne possède
aucune solution réelle.
Il est donc absolument nécessaire de rechercher dans quelles conditions une fonction F(x, y)
= 0 peut définir une fonction explicite de la forme y = f(x) ou x = g(y) et de savoir quelles sont
les propriétés de ces nouvelles fonctions.
Le théorème des fonctions implicites donne des conditions suffisantes d’existence pour
résoudre une équation implicite et donne en même temps des règles de dérivation.
Théorème des fonctions implicites
Si F(x, y) réelle, ϵ C1(Ω), Ω ouvert de R², et si au point (x0, y0) ϵ Ω, l’équation F(x0, y0) = 0 est
𝜕𝐹
satisfaite tandis que (𝜕𝑦) ≠ 0,
(𝑥0, 𝑦0 )
alors, il existe un intervalle ]x1, x2[ x ]y1, y2[ comprenant (x0, y0) tel que ∀𝑥 ∈]𝑥1 , 𝑥2 [,
l’équation F(x, y) = 0 détermine exactement une valeur de y = f(x) dans l’intervalle ]y1, y2[ .
Cette fonction satisfait l’équation y0 = f(x0) et ∀𝑥 ϵ ]x1, x2[, l’équation Fx, f(x)) = 0 est
satisfaite. La fonction f(x) ϵ C1(]x1, x2[) et sa dérivée est donnée par :
𝜕𝐹
𝑑𝑓
= − 𝜕𝑥
𝑑𝑥 𝜕𝐹
𝜕𝑦

Analyse II J. NAVEZ
26

Démonstration
a) dérivabilité de la fonction f en supposant connues l’existence et la continuité
Rappelons que F(x,y) ϵ C1(Ω), dès lors, par le théorème des accroissements finis :
𝜕𝐹 𝜕𝐹
𝐹(𝑥 + ℎ, 𝑦 + 𝑘) = 𝐹(𝑥, 𝑦) + ℎ ( ) +𝑘( )
𝜕𝑥 (𝑥+ℎ′ ,𝑦+𝑘 ′ ) 𝜕𝑦 (𝑥+ℎ",𝑦+𝑘")
Si nous supposons que x, x+h’ et x+h’’ sont dans ]x1,x2[ et que y+k = f(x+h), alors
F(x,y) = F(x+h,y+k) = 0 si bien que :
𝜕𝐹 𝜕𝐹
ℎ( ) +𝑘( ) =0
𝜕𝑥 (𝑥+ℎ′ ,𝑦+𝑘 ′ ) 𝜕𝑦 (𝑥+ℎ,y+k")
𝜕𝐹 𝜕𝐹
Nous pouvons diviser par ℎ (𝜕𝑦) ≠ 0 car 𝜕𝑦 reste différent de 0 dans une boule centrée en
(x0,y0) et il vient :
𝜕𝐹
( )
𝜕𝑥 (𝑥+ℎ′ ,𝑦+𝑘 ′ ) 𝑘
+ =0
𝜕𝐹 ℎ
( )
𝜕𝑦 (𝑥+ℎ,y+k")
On passe alors à la limite pour h tendant vers 0, et vu la continuité des dérivées :
𝜕𝐹
𝑘
lim = − 𝜕𝑥
ℎ→0 ℎ 𝜕𝐹
𝜕𝑦
𝑘 𝑓(𝑥+ℎ)−𝑓(𝑥)
Comme ℎ = ℎ
, l’existence de cette limite prouve la dérivabilité de f et donne la
formule de dérivation :
𝜕𝐹
𝑑𝑓
= − 𝜕𝑥
𝑑𝑥 𝜕𝐹
𝜕𝑦
Remarque : si nous supposons que F(x,y) ϵ C2(Ω), on peut calculer la dérivée seconde :
2
𝜕 2 𝐹 𝜕𝐹 2 𝜕 2 𝑓 𝜕𝐹 𝜕²𝐹 𝜕𝐹
( ) − 2 + ( )
𝑑²𝑓 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦² 𝜕𝑥
=−
𝑑𝑥² 𝜕𝐹 3
( )
𝜕𝑦
b) Existence de la fonction f
Il faut prouver qu’il existe un intervalle ]x1,x2[ x ]y1,y2[ dans lequel l’équation F(x,y) = 0
𝜕𝐹
détermine une et une seule solution y = f(x). Puisque F(x,y) ϵ C1(Ω) et que (𝜕𝑦) ≠ 0, on
(𝑥0 ,𝑦0)
𝜕𝐹
peut choisir un intervalle I suffisamment petit comprenant (x0,y0) tel que la fonction 𝜕𝑦 y soit
𝜕𝐹
non nulle et garde un signe constant. Pour fixer les idées supposons que 𝜕𝑦> 0 dans I.
𝜕𝐹
Puisque 𝜕𝑦> 0 sur chaque segment de droite x = cste, parallèle à Oy, la fonction F(x,y)
considérée comme fonction de y seulement est strictement croissante sur ce segment. Mais
F(x0,y0) = 0, si bien que si A ϵ I est un point de coordonnées (x0,y1) avec y1 < y0, la valeur de la
fonction en A, F(x0,y1) < 0 tandis qu’en un point B ϵ I, de coordonnées (x0,y2) avec y2 > y0,
F(x0,y2) > 0. En se servant de la continuité de F, on peut dire que :
F(x,y) est > 0 le long d’un segment parallèle à Ox passant par A
F(x,y) est < 0 le long d’un segment parallèle à Ox passant par B
et on peut alors choisir x1 et x2 de telle sorte que pour x ϵ ]x1,x2[, on ait simultanément les

Analyse II J. NAVEZ
27

𝐹(𝑥, 𝑦1 ) < 0
inégalités :{ (∗).
𝐹(𝑥, 𝑦2 ) > 0
Soit H le nouvel intervalle ]x1,x2[ x ]y1,y2[, nous pouvons supposer que H est inclus dans I
quitte à le restreindre éventuellement. Pour tout 𝑥 fixé dans ]x1,x2[ , la fonction F(𝑥,y) est
strictement croissante et continue donc bijective. Pour chaque valeur 𝑥ϵ ]x1,x2[, il y a une
valeur unique et bien déterminée de y soit 𝑦 pour laquelle l’équation F(𝑥, 𝑦 ) = 0 est
]satisfaite et de plus les inégalités (*) ci-dessus impliquent que 𝑦ϵ ]y1,y2[.
Cette valeur de y dépend donc univoquement du x fixé, c’est donc une fonction de x que l’on
baptise y = f(x).
Remarque : ceci est un théorème d’existence « pur » car aucun procédé pratique de
fabrication de la fonction f n’est donné.
c) continuité de f et de sa dérivée
Si nous voulons prouver la continuité de f en un point x*, il faut montrer que :
|𝑓(𝑥) − 𝑓(𝑥 ∗ )| ≤ 𝜀 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 |𝑥 − 𝑥 ∗ | ≤ 𝜂(𝜀)
Nous posons alors y’1 = y* - ԑ et y’2 = y* + ԑ, y* = f(x*) et pour ces valeurs, nous déterminons
comme ci-dessus l’intervalle correspondant ]x’1, x’2[ ce qui nous donne le 𝜂(𝜀).Nous
prouvons ainsi la continuité dans un intervalle H’ inclus dans H mais comme nous pouvons
recommencer l’opération ∀𝑥 ∈]x1,x2[, on prouvera finalement la continuité dans H.
Puisque la fonction est dérivable, son expression nous montre qu’elle est C1.
Généralisation
Théorème : Soit F(x1, …,xn,y)ϵ C1(Ω), Ω ouvert de Rn+1 et soit (x10,…,xn0,y0) ϵ Ω tel que
𝜕𝐹
F(x10,…,xn0,y0) = 0 et que ( ) ≠ 0 alors on peut trouver un ouvert
𝜕𝑦 (𝑥 ,…,𝑥
10 𝑛0)

𝜔 = ]𝑦1 , 𝑦2 [ × 𝜔′ , 𝜔′c Rn ouvert, tel que ∀(x1,…,xn) ϵ 𝜔′, l’équation F(x1,…,xn,y) = 0 soit
satisfaite pour exactement une valeur de y ϵ ]y1, y2[. Pour cette valeur de y, nous posons y =
f(x1,…,xn) la fonction telle que F(x1,…,xn,f(x1,…,xn)) = 0 soit identiquement vérifiée dans 𝜔′.
De plus y0 = f(x10,…,xn0) et f ϵ C1(𝜔′). Les dérivées partielles de f sont données par
𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝜕𝑓
+ =0
𝜕𝑥𝑖 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝑖
La démonstration est la même que pour le cas de deux variables puisque, par exemple,
quand on cherche la dérivée partielle par rapport à x1, on suppose que x2,…, xn restent
constants.
Application aux courbes planes
Nous voulons obtenir l’expression de la tangente, de la normale et de la courbure d’’une
courbe plane donnée sous forme implicite. Soit F(x,y) = 0 l’équation de la courbe avec
𝜕𝐹 𝜕𝐹
F ϵ C2(Ω), on ne peut pas avoir en même temps 𝜕𝑥 = 𝜕𝑦 = 0 sinon la courbe ne serait pas
𝜕𝐹
régulière. Pour fixer les idées supposons qu’en un point P0 = (x0,y0) on ait (𝜕𝑦) ≠ 0 d’après
0
le théorème précédent, on peut tirer y = f(x) localement autour du point P0 et la courbe
admet alors une représentation paramétrique locale : P(x,f(x)) et les paramètres directeurs
𝜕𝐹
𝑑𝑓 𝜕𝑥 𝜕𝐹 𝜕𝐹
de la tangente sont (1, 𝑑𝑥) = (1, − 𝜕𝐹 ) et sont donc proportionnels à (𝜕𝑦 , − 𝜕𝑥 ) si bien que
𝜕𝑦

l’équation de la tangente en P0 s’écrit :


𝜕𝐹 𝜕𝐹
(𝑥 − 𝑥0 ) ( ) + (𝑦 − 𝑦0 ) ( ) = 0
𝜕𝑥 0 𝜕𝑦 0

Analyse II J. NAVEZ
28

de même l’équation de la normale en P0 est :


𝜕𝐹 𝜕𝐹
(𝑥 − 𝑥0 ) ( ) − (𝑦 − 𝑦0 ) ( ) = 0
𝜕𝑦 0 𝜕𝑥 0
Et la courbure dans un voisinage de P0 est donnée par :
𝜕²𝐹 𝜕𝐹 2 𝜕²𝐹 𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝜕²𝐹 𝜕𝐹 2
( ) −2 + ( )
1 𝜕𝑥² 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦² 𝜕𝑥
=− 3/2
𝑅 𝜕𝐹 2 𝜕𝐹 2
[( ) + ( ) ]
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Application aux surfaces de E3
Si on se donne une surface sous la forme implicite F(x,y,z) = 0, on ne peut avoir
𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝜕𝐹
simultanément = = = 0 sinon la portion de surface ne serait plus régulière. En
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕𝐹
supposant par exemple que en P0 = (x0,y0,z0), on ait ( 𝜕𝑧 ) ≠ 0, on peut par le théorème des
0
fonctions implicites tirer z = f(x,y) dans un voisinage de P0 et par suite la portion de surface
admet la représentation paramétrique : (x,y, f(x,y)) ; l’équation du plan tangent en P0 est :
𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝜕𝐹
(𝑥 − 𝑥0 ) ( ) + (𝑦 − 𝑦0 ) ( ) + (𝑧 − 𝑧0 ) ( ) = 0
𝜕𝑥 0 𝜕𝑦 0 𝜕𝑧 0
et pour la normale en P0 :
𝑥 − 𝑥0 𝑦 − 𝑦0 𝑧 − 𝑧0
= =
𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝜕𝐹
( ) ( ) ( )
𝜕𝑥 0 𝜕𝑦 0 𝜕𝑧 0
3. Théorèmes sur les fonctions inverses
Théorème 1
𝑑𝑓
Si f(x) est une fonction réelle, si f ϵ C1(]a,b[) avec ( ) ≠ 0 alors il existe un voisinage de
𝑑𝑥 0
(x0,y0), y0 = f(x0), dans lequel x peut s’exprimer de manière unique comme fonction de y :
x = ϕ(y) et cette fonction ϕ est de classe C1 dans l’intervalle correspondant pour y.
- En effet, ce théorème est un cas particulier du théorème des fonctions implicites appliqué à
𝜕𝐹 𝑑𝑓
F(x,y) = f(x) – y, F ϵ C1(]a,b[ x R) et (𝜕𝑥 ) = (𝑑𝑥) ≠ 0
0 0

Définition : soient ϕ(x,y) et ψ(x,y) deux fonctions dérivables par rapport à x et à y dans un
certain ouvert. On appelle Jacobien de ces deux fonctions l’expression :
𝜕𝜑 𝜕𝜑
𝜕(𝜑,𝜓) 𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝑑𝑡𝑚 𝜕(𝑥,𝑦)
= |𝜕𝜓 𝜕𝜓
|
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Théorème 2
Si ϕ(x,y,λ1,…,λp) et ψ(x,y,λ1,…,λp) sont des fonctions réelles, de classe C1 dans l’intervalle de
variation de (x,y,λ1,…,λp), si les équations
𝜑(𝑥, 𝑦, 𝜆1 , … , 𝜆𝑝 ) = 0
{
𝜓(𝑥, 𝑦, 𝜆1 , … , 𝜆𝑝 ) = 0
sont satisfaites en un point (x0,y0,λ10,…,λp0) et si
( )0 ≠ 0
𝜑=0
alors, il existe un voisinage de P0 dans lequel les équations {
𝜓=0
possèdent une et une seule solution pour x et y qui s’exprime de manière C1 en λ1,…,λp.

Analyse II J. NAVEZ
29

𝜕(𝜑,𝜓)
- En effet, posons D = 𝑑𝑡𝑚 𝜕(𝑥,𝑦) ; au point P0 = (x0,y0,λ10,…,λp0), on ne peut pas avoir
𝜕𝜑 𝜕𝜑 𝜕𝜑
simultanément ( 𝜕𝑥 ) = ( 𝜕𝑦 ) = 0 ; supposons pour fixer les idées que ( 𝜕𝑥 ) ≠ 0.
0 0 0
En appliquant alors le théorème des fonctions implicites dans un voisinage V suffisamment
petit autour de P0, l’équation ϕ(x,y,λ1,…,λp) = 0 peut être résolue de manière unique en
𝜕𝜑
𝜕𝑔 𝜕𝑦
fonction de x : x = g(y,λ1,…,λp), g ϵ C1 et =− 𝜕𝜑 .
𝜕𝑦
𝜕𝑥
Si nous substituons cette fonction dans ψ, nous obtenons :
ψ[g(y,λ1,…,λp),y,λ1,…,λp] = F(y,λ1,…,λp) et
𝜕𝐹 𝜕𝜓 𝜕𝑔 𝜕𝜓 𝐷
= + = ≠ 0 𝑐𝑎𝑟 𝐷 ≠ 0
𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝜑
𝜕𝑥
En appliquant une nouvelle fois le théorème des fonctions implicites, il existe un voisinage V’
de P0 dans lequel l’équation F = 0 détermine exactement une solution y = h(λ1,…,λp) et cette
solution est de classe C1. En nous plaçant maintenant dans V∩V’, nous substituons
l’expression de y dans x = g(y,λ1,…,λp) et on obtient x = g[h(λ1,…,λp),λ1,…,λp] = f(λ1,…,λp)
et cette fonction est de classe C1 par rapport à λ1,…,λp par le théorème sur la dérivabilité des
fonctions composées.
Application aux transformations ponctuelles
On appelle transformation ponctuelle dans le plan, une transformation du type :
𝜉 = 𝜑(𝑥, 𝑦)
{
𝜂 = 𝜓(𝑥, 𝑦)
Théorème : si dans un voisinage d’un point P0 = (x0,y0), les fonctions ϕ(x,y) et ψ(x,y) sont de
𝜕(𝜉,𝜂)
classe C1, si ξ0 = ϕ(x0,y0), η0 = ψ(x0,y0) et si le Jacobien en P0, (𝑑𝑡𝑚 𝜕(𝑥,𝑦)) ≠ 0 alors le
0
𝜉 = 𝜑(𝑥, 𝑦)
système d’équations { possède un inverse unique dans un voisinage
𝜂 = 𝜓(𝑥, 𝑦)
𝑥 = 𝑔(𝜉, 𝜂)
suffisamment petit de P0 : { et de plus les fonctions g et h sont de classe C1 dans
𝑦 = ℎ(𝜉, 𝜂)
le voisinage considéré.
- En effet, c’est une application du théorème 2 aux fonctions :
𝐹(𝑥, 𝑦, 𝜉, 𝜂) = 𝜑(𝑥, 𝑦) − 𝜉
{
𝐺(𝑥, 𝑦, 𝜉, 𝜂) = 𝜓(𝑥, 𝑦) − 𝜂
- Les fonctions g et h de classe C1, possèdent les dérivées suivantes :
𝜕𝑥 1 𝜕𝜂 𝜕𝑥 1 𝜕𝜉
= =−
𝜕𝜉 𝐷 𝜕𝑦 𝜕𝜂 𝐷 𝜕𝑦
𝜕𝑦 1 𝜕𝜂 𝜕𝑦 1 𝜕𝜉
=− =
𝜕𝜉 𝐷 𝜕𝑥 𝜕𝜂 𝐷 𝜕𝑥
𝜕𝜑 𝜕𝑔 𝜕𝜑 𝜕ℎ
𝜕𝑥 𝜕𝜉
+ 𝜕𝑦 𝜕𝜉 = 1
En effet : {𝜕𝜓 𝜕𝑔 𝜕𝜓 𝜕ℎ et le déterminant de ce système est D différent de 0 ; il permet
+ =0
𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝑦 𝜕𝜉
𝜕𝑔 𝜕ℎ 𝜕𝑔 𝜕ℎ
de tirer 𝜕𝜉 𝑒𝑡 𝜕𝜉 . On aboutit aux mêmes conclusions pour 𝜕𝜂 𝑒𝑡 𝜕𝜂
.
Théorème : le Jacobien de la transformation inverse est l’inverse du Jacobien.
- En effet
𝜕(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 1
𝑑𝑡𝑚 = − =
𝜕(𝜉, 𝜂) 𝜕𝜉 𝜕𝜂 𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝐷

Analyse II J. NAVEZ
30

Théorème : le Jacobien de la composée de deux transformations est égal au produit des


Jacobiens de ces transformations.
- En effet, considérons deux transformations ponctuelles successives :
𝜉 = 𝜑(𝑥, 𝑦) 𝐴 = 𝐹(𝜉, 𝜂)
{ 𝑒𝑡 {
𝜂 = 𝜓(𝑥, 𝑦) 𝐵 = 𝐺(𝜉, 𝜂)
en supposant les conditions de dérivabilité réalisées et les Jacobiens non nuls. Alors
𝐴 = 𝐹[𝜑(𝑥, 𝑦), 𝜓(𝑥, 𝑦)]
{
𝐵 = 𝐺[𝜑(𝑥, 𝑦), 𝜓(𝑥, 𝑦)]
𝜕(𝐴, 𝐵) 𝜕(𝐴, 𝐵) 𝜕(𝜉, 𝜂)
𝑑𝑡𝑚 = 𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑡𝑚
𝜕(𝑥, 𝑦) 𝜕(𝜉, 𝜂) 𝜕(𝑥, 𝑦)

4. Opérateurs Gradient, Divergence et Rotationnel


Généralités
Dans ce paragraphe, les fonctions considérées sont définies dans des ouverts de R, R² ou R³ ;
sauf spécification contraire, il s’agit de R³.
- On appelle champ scalaire, une fonction à valeurs complexes f(x,y,z)
- On appelle champ vectoriel, une fonction à valeurs dans les vecteurs complexes de
dimension 3 [(C³,R)] :
𝐹⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = [𝐹1 (𝑥, 𝑦, 𝑧), 𝐹2 (𝑥, 𝑦, 𝑧), 𝐹3 (𝑥, 𝑦, 𝑧)]
Nous dirons qu’un champ vectoriel 𝐹⃗ jouit d’une propriété de continuité, de dérivabilité ou
d’intégrabilité dans E c R³ s’il en est ainsi de toutes ses composantes F1, F2, F3.
Nous utiliserons alors les notations condensées :
𝐹⃗ 𝜖𝐶𝑝 (Ω) ⇔ 𝐹1 , 𝐹2 , 𝐹3 𝜖𝐶𝑝 (Ω)
𝐹⃗ 𝜖𝐿1 (𝐸) ⇔ 𝐹1 , 𝐹2 , 𝐹3 𝜖𝐿1 (𝐸)
𝐷𝑥 𝐹⃗ = (𝐷𝑥 𝐹1 , 𝐷𝑥 𝐹2 , 𝐷𝑥 𝐹3 )

∫ 𝐹⃗ 𝑑𝑥 = (∫ 𝐹1 𝑑𝑥, ∫ 𝐹2 𝑑𝑥, ∫ 𝐹3 𝑑𝑥 )
𝐸 𝐸 𝐸 𝐸
Opérateur « nabla »
Considérons un champ scalaire f et un champ vectoriel 𝐹⃗ tous deux dérivables dans un
⃗⃗ l’opérateur de dérivation vectoriel (Dx, Dy, Dz), on le
ouvert Ω c R³ et représentons par ∇
désigne aussi sous le nom d’opérateur « nabla ». Cet opérateur agit sur les champs f et 𝐹⃗
pour les transformer en d’autres champs. Ainsi :
a) le gradient de f est le nouveau champ vectoriel défini par grad f = ⃗∇⃗𝑓 = (Dxf, Dyf, Dzf)
b) la divergence de 𝐹⃗ est le nouveau champ scalaire défini par div 𝐹⃗ = ∇
⃗⃗. 𝐹⃗ = DxF1+DyF2+DzF3
c) le rotationnel de 𝐹⃗ est le nouveau champ vectoriel défini par :
rot 𝐹⃗ = ⃗∇⃗⋀𝐹⃗ = (DyF3-DzF2, DzF1-DxF3, DxF2-DyF1)
Formules fondamentales
Les champs scalaires et vectoriels f, g, 𝐹⃗ , 𝐺⃗ sont supposés suffisamment dérivables (C1 ou C2)
dans un ouvert Ω c R³ et α, β ϵ C.
Les formules suivantes sont les seules règles de calcul autorisées pour l’opérateur nabla.
a) grad (αf + βg) = α grad f + β grad g
b) div (α𝐹⃗ + β𝐺⃗ ) = α div 𝐹⃗ + β div 𝐺⃗
c) rot (α𝐹⃗ + β𝐺⃗ ) = α rot 𝐹⃗ + β rot 𝐺⃗

Analyse II J. NAVEZ
31

d) div (f𝐹⃗ ) = grad f. 𝐹⃗ + f div 𝐹⃗


e) rot (f𝐹⃗ ) = grad f Λ 𝐹⃗ + f rot 𝐹⃗
f) div (𝐹⃗ Λ𝐺⃗ ) = rot ⃗⃗⃗⃗
𝐹 . 𝐺⃗ - 𝐹⃗ . rot 𝐺⃗
g) rot (𝐹⃗ Λ𝐺⃗ ) = (𝐺⃗ .grad) 𝐹⃗ + (𝐹⃗ .grad) 𝐺⃗ + (div 𝐺⃗ ) 𝐹⃗ – (div 𝐹⃗ ) 𝐺⃗
où (𝐺⃗ .grad) 𝐹⃗ = (𝐺⃗ .grad F1, 𝐺⃗ .grad F2, 𝐺⃗ .grad F3)
h) grad (𝐹⃗ . 𝐺⃗ ) = (𝐺⃗ .grad) 𝐹⃗ + (𝐹⃗ .grad) 𝐺⃗ + 𝐹⃗ Λ rot 𝐺⃗ + 𝐺⃗ Λ rot 𝐹⃗
i) div (grad f) = Δ f (Laplacien de f) où Δ f = D²xxf + D²yyf + D²zzf
j) rot (grad f) = 0
k) div (rot 𝐹⃗ ) = 0
l) rot (rot 𝐹⃗ ) = grad (div 𝐹⃗ ) - Δ𝐹⃗ où Δ𝐹⃗ = (ΔF1, ΔF2, ΔF3)

Les formules a – c découlent de la règle de dérivation des combinaisons linéaires, les


formules d – h proviennent de la règle relative aux produits, les formules i – l sont des
conséquences du théorème d’interversion des dérivées partielles.

5. Dérivées directionnelles
Définition : on dit qu’un champ scalaire f défini dans Ω c R³ est dérivable dans la direction du
vecteur unitaire 𝑒⃗ en un point P ϵ Ω si les expressions
𝑓(𝑃 + ℎ𝑒⃗) − 𝑓(𝑃)

nécessairement définies pour h << possèdent une limite lorsque h tend vers 0.
Cette limite dépend évidemment de 𝑒⃗ et sera notée (𝐷𝑒⃗ 𝑓)𝑃 et appelée dérivée de f dans la
direction 𝑒⃗ au point P.
On dira que f est dérivable dans la direction 𝑒⃗ dans Ω si (𝐷𝑒⃗ 𝑓) existe en tout point P de Ω.
En particulier, (𝐷𝑒⃗ 𝑓 ̅), (𝐷𝑒⃗ 𝑅𝑓), (𝐷𝑒⃗ 𝐼𝑓) existent en même temps que (𝐷𝑒⃗ 𝑓) et vérifient
𝐷𝑒⃗ 𝑓 ̅ = ̅̅̅̅̅
𝐷𝑒⃗ 𝑓 , 𝐷𝑒⃗ 𝑅𝑓 = 𝑅𝐷𝑒⃗ 𝑓, 𝐷𝑒⃗ 𝐼𝑓 = 𝐼𝐷𝑒⃗ 𝑓
Remarquons aussi que
𝐷𝑒⃗1 𝑓 = 𝐷𝑥 𝑓, 𝐷𝑒⃗2 𝑓 = 𝐷𝑦 𝑓, 𝐷𝑒⃗3 𝑓 = 𝐷𝑧 𝑓
où 𝑒⃗1 , 𝑒⃗2 , 𝑒⃗3 est la base naturelle de R³.
Théorème 1
Un champ scalaire f ϵ C1(Ω) possède dans l’ouvert Ω des dérivées dans toutes les directions et
𝐷𝑒⃗ 𝑓 = 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓. 𝑒⃗
- En effet, il suffit de raisonner pour un champ à valeurs réelles, dès que h<<, il vient par la
formule des accroissements finis :
𝑓(𝑃 + ℎ𝑒⃗) − 𝑓(𝑃)
= 𝑒1 (𝐷𝑥 𝑓)𝑃+𝜃ℎ𝑒⃗ + 𝑒2 (𝐷𝑦 𝑓)𝑃+𝜃ℎ𝑒⃗ + 𝑒3 (𝐷𝑧 𝑓)𝑃+𝜃ℎ𝑒⃗

avec θ ϵ ]0, 1[ ; si h tend vers 0, les dérivées du second membre tendent vers leur valeur en
P.
Théorème 2
Si f ϵ C1(R0+) et si r = (x² + y² +z²)1/2 , la dérivée de f(r) dans la direction 𝑟⃗ = (x, y, z) vaut Drf
𝑟⃗ 𝑟⃗ 𝑟⃗
- En effet 𝐷𝑟⃗⃗ 𝑓 = 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 . 𝑟 = 𝐷𝑟 𝑓 𝑟 . 𝑟 = 𝐷𝑟 𝑓
𝑟

Définition : un champ vectoriel 𝐹⃗ est dit dérivable dans la direction du vecteur unitaire 𝑒⃗

Analyse II J. NAVEZ
32

dans un ouvert Ω c R³ si ses composantes le sont et on a :


𝐷𝑒⃗ 𝐹⃗ = (𝐷𝑒⃗ 𝐹1 , 𝐷𝑒⃗ 𝐹2 , 𝐷𝑒⃗ 𝐹3 )
Les résultats précédents deviennent :
Théorème 1’
Un champ vectoriel 𝐹⃗ ϵ C1(Ω) possède dans l’ouvert Ω des dérivées dans toutes les directions
et 𝐷𝑒⃗ 𝐹⃗ = (𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐹1 . 𝑒⃗, 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐹2 . 𝑒⃗, 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐹3 . 𝑒⃗)
Théorème 2’
Si F1, F2, F3 ϵ C1(𝑅0+) et si r = (x² + y² + z²)1/2 , la dérivée de 𝐹⃗ (r) dans la direction du vecteur 𝑟⃗ =
(x, y, z) vaut 𝐷𝑟 𝐹⃗.

6. Champs de gradients
Définition : on appelle champ de gradients tout champ vectoriel de la forme 𝐹⃗ = grad f
où le champ scalaire f ϵ C1(Ω) et est appelé potentiel scalaire du champ 𝐹⃗ .

On remarque immédiatement que f est en fait une primitive des fonctions F1, F2, F3 ; elle est
donc définie à une constante près dans chaque composante connexe de Ω ; son calcul se
ramène à la recherche d’une primitive dans R³.
Théorème
La CNS pour qu’un champ vectoriel 𝐹⃗ s’écrive 𝐹⃗ = grad f, f ϵ C2(Ω) est que 𝐹⃗ ϵ C1(Ω) et que
rot 𝐹⃗ = 0 dans Ω, ouvert connexe et non-critique.
CN. Si 𝐹⃗ = grad f, alors rot (grad f) = 0
CS. On utilise le théorème d’existence des primitives dans R³
𝐷𝑦 𝐹3 − 𝐷𝑧 𝐹2 = 0 𝐷𝑦 𝐷𝑧 𝑓 − 𝐷𝑧 𝐷𝑦 𝑓 = 0

𝑟𝑜𝑡 𝐹 = 0 ⇔ { 𝐷𝑧 𝐹1 − 𝐷𝑥 𝐹3 = 0 ⇔ { 𝐷𝑧 𝐷𝑥 𝑓 − 𝐷𝑥 𝐷𝑧 𝑓 = 0
𝐷𝑥 𝐹2 − 𝐷𝑦 𝐹1 = 0 𝐷𝑥 𝐷𝑦 𝑓 − 𝐷𝑦 𝐷𝑥 𝑓 = 0
et les égalités croisées sont vérifiées. La primitive existe alors dans un ouvert connexe et
non-critique.
Définition
On appelle surface équipotentielle d’un champ de gradients, une surface d’équation
f(x,y,z) = constante.
Puisque f ne prend qu’une valeur en tout point de son ouvert de définition, il ne passe
qu’une seule surface équipotentielle par tout point de cet ouvert.
Théorème
Si f est un champ scalaire de classe C1(Ω), gradP f est normal à la surface équipotentielle
passant par P, en tout point P ϵ Ω où il n’est pas nul.

- En effet, supposons par exemple que (𝐷𝑧 𝑓)𝑃0 ≠ 0. En vertu du théorème des fonctions
implicites, il existe un voisinage ouvert V0 du point P0 = (x0, y0, z0) et une fonction ϕ (x, y) ϵ
C1(V0) tels que f(P) = f[x, y, ϕ(x, y)] ∀ (x, y) ϵ V0.
En d’autres termes, la surface équipotentielle qui passe par P0 possède une portion régulière
{P(x, y) = [x, y, ϕ(x, y)] ; (x, y) ϵ V0} au voisinage de P0. La direction de la normale à cette
portion régulière de surface en P0 est donnée par
1
(𝐷𝑥 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑦 𝑃⃗⃗)𝑃 = [−(𝐷𝑥 𝜑)(𝑥0 ,𝑦0 ) , −(𝐷𝑦 𝜑)(𝑥 , 1] = (𝐷 𝑔𝑟𝑎𝑑𝑃0 𝑓
0 0 ,𝑦0 ) 𝑧 𝑓)𝑃0

Analyse II J. NAVEZ
33

7. Champs de rotationnels
Définition : on appelle champ de rotationnels, tout champ vectoriel de la forme 𝐹⃗ = 𝑟𝑜𝑡 𝐺⃗
où ⃗⃗⃗⃗
𝐺 ϵ C1(Ω) est appelé potentiel vectoriel du champ 𝐹⃗ .
Théorème 1
Le champ 𝐺⃗ n’est déterminé qu’à un champ de gradients près, f ϵ C2(Ω) dans toute partie
connexe et non-critique de Ω.
- En effet, rot (𝐺⃗ + grad f) = rot 𝐺⃗
D’autre part rot 𝐺⃗ = rot 𝐻
⃗⃗ implique rot(𝐺⃗ - 𝐻
⃗⃗) = 0 et par suite 𝐺⃗ - 𝐻
⃗⃗ = grad f en vertu du
paragraphe précédent.
La recherche d’un potentiel vectoriel est donc compliquée car elle revient à résoudre un
système d’équations aux dérivées partielles :
𝐷𝑦 𝐺3 − 𝐷𝑧 𝐺2 = 𝐹1
{ 𝐷𝑧 𝐺1 − 𝐷𝑥 𝐺3 = 𝐹2
𝐷𝑥 𝐺2 − 𝐷𝑦 𝐺1 = 𝐹3
dont la solution n’existe et n’est unique que sous certaines conditions supplémentaires
généralement données sur le comportement de 𝐺⃗ à la frontière de Ω (conditions aux limites).
Théorème 2
Tout champ vectoriel 𝐹⃗ ϵ C1(Ω), Ω connexe et étoilé par rapport à P0, s’écrit 𝐹⃗ = rot 𝐺⃗ ,
𝐺⃗ ϵ C2(Ω) si div 𝐹⃗ = 0 dans Ω (on dit que 𝐹⃗ est solénoïdal).

- En effet, Ω étoilé par rapport à P0 signifie que tout point de Ω peut être joint à P0 par un
segment entièrement contenu dans Ω.
Considérons le champ vectoriel défini dans Ω par
1
𝐺⃗ (P) = ∫ 𝜆[𝐹⃗ (𝑃0 + 𝜆𝑃
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
0 𝑃)⋀𝑃0 𝑃]𝑑𝜆
0
où le second membre désigne un vecteur ayant pour composantes les intégrales
correspondantes de 𝜆[𝐹⃗ (𝑃0 + 𝜆𝑃
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
0 𝑃 )⋀𝑃0 𝑃] ; ces intégrales existent car le vecteur dépend
continûment de λ ϵ [0, 1].
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
D’autre part, le point 𝑃′ = 𝑃0 + 𝜆𝑃 0 𝑃 ϵ Ω qui est étoilé par rapport à P0. On a alors
1
𝐺3 (P) = ∫ 𝜆[(𝑦 − 𝑦0 )𝐹1 (𝑃′ ) − (𝑥 − 𝑥0 )𝐹2 (𝑃′ )]𝑑𝜆
0
En appliquant le théorème de dérivation sous le signe intégral puisque c’est une fonction de
classe C1(Ω), on obtient :
1
𝐷𝑦 𝐺3 (P) = ∫ 𝜆[(𝑦 − 𝑦0 )𝐷𝑦 𝐹1 (𝑃′ ) + 𝐹1 (𝑃′ ) − (𝑥 − 𝑥0 )𝐷𝑦 𝐹2 (𝑃′ )]𝑑𝜆
0
1
𝐺2 (P) = ∫ 𝜆[(𝑥 − 𝑥0 )𝐹3 (𝑃′ ) − (𝑧 − 𝑧0 )𝐹1 (𝑃′ )]𝑑𝜆
0
1
𝐷𝑧 𝐺2 (P) = ∫ 𝜆[(𝑥 − 𝑥0 )𝐷𝑧 𝐹3 (𝑃′ ) − (𝑧 − 𝑧0 )𝐷𝑧 𝐹1 (𝑃′ ) − 𝐹1 (𝑃′ )]𝑑𝜆
0
Sachant que
𝐷𝑦 𝐹𝑖 (P′ ) = λ𝐷𝑦′ 𝐹𝑖 et 𝐷𝑧 𝐹𝑖 (P′ ) = λ𝐷𝑧′ 𝐹𝑖
1
𝐷𝑦 𝐺3 (𝑃) = ∫ 𝜆[𝜆(𝑦 − 𝑦0 )𝐷𝑦′ 𝐹1 + 𝐹1 − 𝜆(𝑥 − 𝑥0 )𝐷𝑦′ 𝐹2 ]𝑑𝜆
0

Analyse II J. NAVEZ
34

1
𝐷𝑧 𝐺2 (𝑃) = ∫ 𝜆[𝜆(𝑥 − 𝑥0 )𝐷𝑧′ 𝐹3 − 𝜆(𝑧 − 𝑧0 )𝐷𝑧′ 𝐹1 − 𝐹1 ]𝑑𝜆
0
1
𝐷𝑦 𝐺3 − 𝐷𝑧 𝐺2 = ∫ 𝜆[2𝐹1 − 𝜆(𝑥 − 𝑥0 )(𝐷𝑦′ 𝐹2 + 𝐷𝑧′ 𝐹3 ) + 𝜆(𝑦 − 𝑦0 )𝐷𝑦′ 𝐹1
0
+ 𝜆(𝑧 − 𝑧0 )𝐷𝑧′ 𝐹1 ]𝑑𝜆
En tenant compte de 𝑑𝑖𝑣 𝐹⃗ = 0,
1
𝐷𝑦 𝐺3 − 𝐷𝑧 𝐺2 = ∫ 𝜆[2𝐹1 + 𝜆(𝑥 − 𝑥0 )𝐷𝑥′ 𝐹1 + 𝜆(𝑦 − 𝑦0 )𝐷𝑦′ 𝐹1 + 𝜆(𝑧 − 𝑧0 )𝐷𝑧′ 𝐹1 ]𝑑𝜆
0
1 1
𝐷𝑦 𝐺3 − 𝐷𝑧 𝐺2 = ∫ 𝜆[2𝐹1 + 𝜆𝐷𝜆 𝐹1 ]𝑑𝜆 = ∫ 𝐷𝜆 [𝜆2 𝐹1 (𝑃′ )]𝑑𝜆 = 𝐹1 (𝑃)
0 0
En recherchant de manière analogue les autres composantes de rot 𝐺⃗ , on prouve que
𝐺⃗ ϵ C2(Ω) et que rot 𝐺⃗ = 𝐹⃗ .
8. Intégrales sur une courbe et intégrales curvilignes
On appelle arc régulier de courbe de longueur finie, un ensemble de pointsnreprésentés par
une fonction vectorielle P(u) vérifiant :
i. l’association entre u et P(u) est bijective pp
ii. P(u) ϵ C1(U) , U intervalle ouvert de R
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
iii. 𝐷 𝑢 𝑃 ≠ 0, ∀𝑢 ∈ 𝑈
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
iv. ‖𝐷 𝑢 𝑃‖ ∈ 𝐿1 (𝑈)
Théorème : un arc régulier de courbe de longueur finie considéré avec ses extrémités, c’est-
à-dire {𝑃(𝑢) : 𝑢 ∈ 𝑈 ̅} est un compact de R³.
- En effet, il est fermé car pour toute suite convergente um avec 𝑢𝑚 ∈ 𝑈 ̅, si um tend vers u,
alors 𝑢 ∈ 𝑈 ̅ et P(um) tend vers P(u) en vertu de la continuité. Il est borné car
𝑢
̅, 𝑥(𝑢) = 𝑥0 + ∫ 𝐷𝑡 𝑥𝑑𝑡
∀𝑢 ∈ 𝑈
𝑢0
𝑢
|𝑥(𝑢)| ≤ |𝑥0 | + ∫ |𝐷𝑡 𝑥|𝑑𝑡 ≤ |𝑥0 | + 𝐶𝑠𝑡𝑒
𝑢0
et des inégalités analogues pour y(u) et z(u).

Un arc régulier de courbe peut être orienté de deux façons différentes (sens de parcours)
que nous noterons 𝑃 ⏞ ⏞
0 𝑃1 𝑒𝑡 𝑃1 𝑃0 .
Une courbe est une union finie d’arcs réguliers orientés tels que l’extrémité de l’un soit
l’origine du suivant. Si tous les arcs sont de longueur finie, alors la courbe est de longueur
finie, c’est ce que nous supposerons désormais.
Une courbe peut être fermée si l’origine du premier arc coïncide avec l’extrémité du dernier.
Dans le cas des courbes planes fermées, on distingue plus couramment les orientations C+ :
orientée aire à gauche, et C- : orientée aire à droite.
Définitions
Considérons une fonction f définie au moins sur un arc régulier de courbe de longueur

finie : {𝑃(𝑢) : 𝑢 ∈]𝑢0 , 𝑢1 [}. On appelle intégrale de f sur les arcs 𝑃 ⏞
0 𝑃1 ou 𝑃1 𝑃0 l’expression
𝑢1
∫ 𝑓𝑑𝑠 = − ∫ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑓𝑑𝑠 = ∫ 𝑓[𝑥(𝑢), 𝑦(𝑢), 𝑧(𝑢)]|𝐷 𝑢 𝑃|𝑑𝑢
𝑃⏞
0 𝑃1 𝑃⏞
1 𝑃0 𝑢0

où 𝑃0 𝑃1 est l’orientation selon les u croissants.

Analyse II J. NAVEZ
35

On appelle intégrales curvilignes de f, les expressions


𝑢1
∫ 𝑓𝑑𝑥 = − ∫ 𝑓𝑑𝑥 = ∫ 𝑓[𝑥(𝑢), 𝑦(𝑢), 𝑧(𝑢)]𝐷𝑢 𝑥𝑑𝑢
𝑃⏞
0 𝑃1 𝑃⏞
1 𝑃0 𝑢0
𝑢1
∫ 𝑓𝑑𝑦 = − ∫ 𝑓𝑑𝑦 = ∫ 𝑓[𝑥(𝑢), 𝑦(𝑢), 𝑧(𝑢)]𝐷𝑢 𝑦𝑑𝑢
𝑃⏞
0 𝑃1 𝑃⏞
1 𝑃0 𝑢0
𝑢1
∫ 𝑓𝑑𝑧 = − ∫ 𝑓𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑥(𝑢), 𝑦(𝑢), 𝑧(𝑢)]𝐷𝑢 𝑧𝑑𝑢
𝑃⏞
0 𝑃1 𝑃⏞
1 𝑃0 𝑢0
Vu le théorème du changement de variables dans les intégrales, ces intégrales ne dépendent
pas du paramètre choisi pour représenter l’arc ; elles dépendent cependant quant au signe
de l’orientation de l’arc.
Ces notions s’étendent sans peine aux courbes constituées de plusieurs arcs réguliers
successifs en additionnant les intégrales relatives à ces arcs.
- Les intégrales sur une courbe et les intégrales curvilignes sont reliées par les formules :

∫ 𝑓𝑑𝑥 = ∫ 𝑓𝑡1 𝑑𝑠
𝐶 𝐶

∫ 𝑓𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑡2 𝑑𝑠
𝐶 𝐶

∫ 𝑓𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑡3 𝑑𝑠
𝐶 𝐶
𝐷𝑢 𝑃⃗⃗
avec 𝑡⃗ = (𝑡1 , 𝑡2 , 𝑡3 ) =
|𝐷𝑢 𝑃⃗⃗|
- En effet, pour chaque arc AB constitutif de C, il vient :
𝑏 𝑏
∫ 𝑓𝑑𝑥 = ∫ 𝑓[𝑃(𝑢)] 𝐷𝑢 𝑥𝑑𝑢 = ∫ 𝑓[𝑃(𝑢)]𝑡1 (𝑢)|𝐷𝑢 𝑃⃗⃗|𝑑𝑢 = ∫ 𝑓𝑡1 𝑑𝑠
𝐴𝐵 𝑎 𝑎 𝐴𝐵

On appelle circulation de 𝐹⃗ sur C, l’expression :

⃗⃗⃗⃗⃗ = ∫ 𝐹1 𝑑𝑥 + ∫ 𝐹2 𝑑𝑦 + ∫ 𝐹3 𝑑𝑧
∫ 𝐹⃗ . 𝑑𝑟
𝐶 𝐶 𝐶 𝐶
pour autant que les intégrales du second membre soient définies.

On dit qu’un champ vectoriel 𝐹⃗ est conservatif dans un ouvert Ω c R³ si sa circulation sur
toute courbe formée d’arcs réguliers successifs intérieurs à Ω, extrémités comprises, est
définie et ne dépend que des extrémités de cette courbe.
Théorème fondamental sur les intégrales curvilignes
La CNS pour qu’un champ vectoriel 𝐹⃗ ϵ C0(Ω) soit conservatif est qu’il soit le gradient d’un
champ scalaire f ϵ C1(Ω), Ω étant connexe.
CN. Fixons un point P0 ϵ Ω et considérons la fonction définie dans Ω par :

⃗⃗⃗⃗⃗
𝑓(𝑃) = ∫ 𝐹⃗ . 𝑑𝑟

𝑃0𝑃

où 𝑃0 𝑃 désigne une courbe formée par des arcs réguliers successifs. Une telle courbe existe
toujours puisque Ω est connexe et f(P) existe et est unique puisque 𝐹⃗ est conservatif.
Nous allons montrer que Dxf existe et vaut F1 en tout point de Ω. En reproduisant le
raisonnement pour F2 et F3, la proposition sera établie.

Analyse II J. NAVEZ
36

𝑓(𝑃 + ℎ𝑒⃗⃗⃗⃗)
1 − 𝑓(𝑃) 1
𝑆𝑖 |ℎ| ≤ 𝑑(𝑃, ∁Ω), = ∫ ⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹⃗ . 𝑑𝑟
ℎ ℎ ⏞ ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑃+ℎ𝑒 1

On peut prendre comme arc ⏞ 𝑃𝑃 + ℎ𝑒⃗⃗⃗⃗1 le segment de droite défini par P et P+h𝑒⃗⃗⃗⃗1 soit
(x+θh,y,z) avec θ ϵ ]0, 1[, quand h << ; il vient
⃗⃗⃗⃗⃗)−𝑓(𝑃)
𝑓(𝑃+ℎ𝑒 1
1 ⃗⃗⃗⃗⃗ = (ℎ𝑑𝜃, 0,0)
= ∫0 𝐹1 (𝑥 + 𝜃 ℎ, 𝑦, 𝑧)𝑑𝜃 car 𝑑𝑟

Cette dernière intégrale tend vers F1(x,y,z) par application du théorème de LEBESGUE.
̅} ; cet arc
CS. Il suffit de l’établir pour un arc régulier considéré avec ses extrémités {P(u) :𝑢𝜖𝑈
est un compact et la circulation de grad f :
𝑢1
∫ [(𝐷𝑥 𝑓)𝑃 𝐷𝑢 𝑥 + (𝐷𝑦 𝑓)𝑃 𝐷𝑢 𝑦 + (𝐷𝑧 𝑓)𝑃 𝐷𝑢 𝑧] 𝑑𝑢
𝑢0
est définie car chaque terme de l’intégrand est majoré par
sup[|𝑔𝑟𝑎𝑑𝑃 𝑓||𝐷𝑢 𝑃⃗⃗|] 𝜖𝐿1 (𝑈)
𝑃⏞
0 𝑃1
et l’intégrale vaut
𝑢1
∫ 𝐷𝑢 [𝑓(𝑃(𝑢))]𝑑𝑢 = 𝑓(𝑃1 ) − 𝑓(𝑃0 )
𝑢0
en vertu du théorème de dérivation des fonctions composées et du théorème fondamental
du calcul intégral.
Remarque : le résultat que nous venons d’établir montre que le caractère conservatif d’un
champ vectoriel 𝐹⃗ ϵ C0(Ω) est lié au fait que la forme 𝐹⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟 est la différentielle d’une fonction
f ϵ C1(Ω). On dit que c’est une différentielle totale exacte.
Les formules de GREEN
Considérons un compact K du plan Considérons un compact K du plan
Oxy limité par les droites x = a et x = b Oxy limité par les droites y = a et y = b
et par deux arcs réguliers de longueur et par deux arcs réguliers de longueur
finie d’équations y = α1(x) et y = α2(x) finie d’équations x = α1(y) et x = α2(y)
avec α1 < α2. avec α1 < α2.
Un tel compact est appelé compact Un tel compact est appelé compact
simple parallèle à Oy. simple parallèle à Ox.
Sa frontière C+ se compose des arcs Sa frontière se compose des arcs
AB : [x, α1(x)], x ϵ ]a,b[ AB : [α1(y), y], y ϵ ]a, b[
BC : [b, y], y ϵ ]α1(b), α2(b)[ BC : [x, b], x ϵ ]α1(b), α2(b)[
CD : [x, α2(x)], x ϵ ]a, b[ CD : [α2(y), y], y ϵ ]a, b[
DA : [a, y], y ϵ ]α1(a), α2(a)[ DA : [x, a], x ϵ ]α1(a), α2(a)[
On appelle alors contour borné la frontière d’un compact qui est à la fois union finie de
compacts simples parallèles à Ox d’intérieurs disjoints et union finie de compacts simples
parallèles à Oy d’intérieurs disjoints.
Si C désigne un contour borné limitant un compact K et si f ϵ C1(K), alors

∬ 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑑𝑦
𝐾 𝐶+

∬ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = − ∫ 𝑓𝑑𝑥
𝐾 𝐶+
- En effet, si K est un compact simple parallèle à Oy, le théorème de FUBINI implique

Analyse II J. NAVEZ
37

𝑏 𝛼2 (𝑥)
∬ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑑𝑥 ∫ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑦
𝐾 𝑎 𝛼1 (𝑥)
𝑏
= ∫ 𝑓[𝑥, 𝛼2 (𝑥)]𝑑𝑥
𝑎
𝑏
− ∫ 𝑓[𝑥, 𝛼1 (𝑥)]𝑑𝑥 = − ∫ 𝑓𝑑𝑥 − ∫ 𝑓𝑑𝑥 = − ∫ 𝑓𝑑𝑥
𝑎 𝐶𝐷 𝐴𝐵 𝐶+
puisque les intégrales curvilignes relatives à BC et DA sont nulles.
Ces formules s’étendent au cas d’un contour borné quelconque en décomposant le compact
K en compacts simples parallèles à Oy. L’intégrale étendue à K vaut la somme des intégrales
étendues à chacun des compacts simples ; celles-ci dégénèrent en intégrales curvilignes dont
la somme restitue l’intégrale relative au contour limitant K puisque les transversales ont une
contribution nulle.
En utilisant la décomposition en compacts simples parallèles à Ox, on établit de manière
analogue la première formule.
Corollaire 1
Si f et g ϵ C1(K) :

∬ (𝐷𝑥 𝑔 − 𝐷𝑦 𝑓)𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑑𝑥 + 𝑔𝑑𝑦


𝐾 𝐶+
Corollaire 2 : formules d’intégration par parties
Si u et v ϵ C1(K), en posant f = uv

∬ 𝑢𝐷𝑥 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑢𝑣𝑑𝑦 − ∬ 𝑣𝐷𝑥 𝑢𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐾 𝐶+ 𝐾

∬ 𝑢𝐷𝑦 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦 = − ∫ 𝑢𝑣𝑑𝑥 − ∬ 𝑣𝐷𝑦 𝑢𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐾 𝐶+ 𝐾
Corollaire 3 : formules de réciprocité
Si u et v ϵ C2(K)

∬ (𝑢∆𝑣 − 𝑣∆𝑢)𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ (𝑢𝐷𝑛⃗⃗ 𝑣 − 𝑣𝐷𝑛⃗⃗ 𝑢)𝑑𝑠


𝐾 𝐶+
où 𝑛⃗⃗ désigne le vecteur normal unitaire à C dirigé vers l’extérieur du compact (attention à
cette convention différente de celle prise en géométrie analytique).
- En effet, si (t1, t2) sont les composantes du vecteur unitaire tangent à C+,
2 2
∬ 𝑢∆𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∬ 𝑢(𝐷𝑥𝑥 𝑣 + 𝐷𝑦𝑦 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦
𝐾 𝐾

= ∫ 𝑢𝐷𝑥 𝑣𝑑𝑦 − ∫ 𝑢𝐷𝑦 𝑣𝑑𝑥 − ∬ (𝐷𝑥 𝑢𝐷𝑥 𝑣 + 𝐷𝑦 𝑢𝐷𝑦 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦 𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐶+ 𝐶+ 𝐾

= ∫ 𝑢(𝑡2 𝐷𝑥 𝑣 − 𝑡1 𝐷𝑦 𝑣)𝑑𝑠 − ∬ (𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢. 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣) 𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐶+ 𝐾

= ∫ 𝑢(𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣. 𝑛⃗⃗)𝑑𝑠 − ∬ (𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢. 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐶+ 𝐾
car 𝑛⃗⃗ = (t2, -t1) et le résultat est alors immédiat.

9. Intégrales sur une surface et intégrales superficielles


On appelle portion régulière de surface d’aire finie, un ensemble de points représentés par

Analyse II J. NAVEZ
38

une fonction vectorielle P(u, v), (u, v) ϵ Ω ouvert de R² vérifiant :


i. l’association entre (u, v) et P(u, v) est bijective pp
ii. P(u, v) ϵ C1(Ω)
iii. 𝐷𝑢 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗ ≠ ⃗0⃗
iv. ‖𝐷𝑢 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗‖ ∈ 𝐿1 (Ω)
Une portion régulière de surface admet en chacun de ses points un vecteur normal unitaire
𝐷 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗
𝑁⃗⃗ = 𝑢
‖𝐷𝑢 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗‖
Nous pouvons considérer qu’une portion régulière de surface possède deux faces
⃗⃗ et par S- celle qui correspond
différentes, on désigne par S+ celle qui correspond au vecteur 𝑁
au vecteur - 𝑁⃗⃗.
Une surface est une union finie de portions régulières de surface. Le problème de
l’orientation d’une surface est beaucoup plus délicat que celui d’une portion régulière.
On fixe arbitrairement en un point la normale à la surface puis on la définit de proche en
proche ; cette procédure exige que si P décrit une courbe fermée sur la surface, le sens de la
normale doit être le même à l’arrivée qu’au départ. Nous ne considérerons ici que des
surfaces jouissant de cette propriété : on les qualifie d’orientables. Il y a là bien sûr une
hypothèse sous-jacente sur la forme de la surface : elle doit posséder 2 « faces » distinctes.
Ce n’est pas le cas de toutes les surfaces : par exemples, le ruban de MÖBIUS ou la bouteille
de KLEIN n’ont qu’une face, ce sont des surfaces unilatères.

Considérons une fonction f définie au moins sur une portion régulière de surface S.
On appelle intégrale de f sur la surface S, l’expression :

∫ 𝑓𝑑𝜎 = ∬ 𝑓[𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣)]|𝐷𝑢 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗|𝑑𝑢𝑑𝑣


𝑆 Ω
pour autant que l’intégrale du second membre ait un sens.
On appelle intégrales superficielles de f, les expressions :
𝜕(𝑦, 𝑧)
∫ 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧 = − ∫ 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∬ 𝑓[𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣)]𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑢𝑑𝑣
𝑆+ 𝑆− Ω 𝜕(𝑢, 𝑣)
𝜕(𝑧, 𝑥)
∫ 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥 = − ∫ 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥 = ∬ 𝑓[𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣)]𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑢𝑑𝑣
𝑆+ 𝑆− Ω 𝜕(𝑢, 𝑣)
𝜕(𝑥, 𝑦)
∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = − ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∬ 𝑓[𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣), 𝑧(𝑢, 𝑣)]𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑢𝑑𝑣
𝑆+ 𝑆− Ω 𝜕(𝑢, 𝑣)
pour autant que les derniers membres soient définis.

Vu le théorème du changement de variables dans les intégrales, l’intégrale sur une portion
régulière de surface et les intégrales superficielles ne dépendent pas des paramètres choisis
pour représenter la surface.

On peut passer des intégrales superficielles aux intégrales sur une surface par les formules :

∫ 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑁1 𝑑𝜎
𝑆± 𝑆±

Analyse II J. NAVEZ
39

∫ 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥 = ∫ 𝑓𝑁2 𝑑𝜎
𝑆± 𝑆±

∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑁3 𝑑𝜎
𝑆± 𝑆±
⃗⃗ pour S+ et les composantes de
À condition de prendre pour (N1,N2,N3) les composantes de 𝑁
⃗⃗ pour S-.
–𝑁
En effet, on a
𝜕(𝑦, 𝑧) 𝜕(𝑧, 𝑥) 𝜕(𝑥, 𝑦)
𝐷𝑢 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑣 𝑃⃗⃗ = (𝑑𝑡𝑚 , 𝑑𝑡𝑚 , 𝑑𝑡𝑚 )
𝜕(𝑢, 𝑣) 𝜕(𝑢, 𝑣) 𝜕(𝑢, 𝑣)
Les notions d’intégrales sur une surface et d’intégrales superficielles s’étendent sans peine
aux surfaces orientables en additionnant les intégrales relatives à chacune des portions
régulières qui constituent ces surfaces.
Formules d’OSTROGRADSKY
Dans R³, considérons deux portions régulières de surface S1 et S2 d’équations cartésiennes
z = ϕ1(x,y) et z = ϕ2(x,y) avec ϕ1 < ϕ2, (x,y) ϵ Ω borné, ϕ1 et ϕ2 ϵ C1(Ω) et ϵ C0(Ω ̅ ).
Considérons alors l’ensemble K = {(x,y,z) : (x,y) ϵ Ω ̅ et z ϵ [ϕ1(x,y),ϕ2(x,y)]}, un tel ensemble est
appelé compact simple parallèle à Oz.
On introduit de manière analogue les notions de compacts simples parallèles à Ox ou Oy.
Les formules d’OSTROGRADSKY s’énoncent comme suit.
Soit K un compact de R³, à la fois union finie de compacts simples parallèles à Ox, parallèles à
Oy, parallèles à Oz, d’intérieurs disjoints, et soit Se sa surface extérieure, si f ϵ C1(K), alors

∭ 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧
𝐾 𝑆𝑒

∭ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥
𝐾 𝑆𝑒

∭ 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦
𝐾 𝑆𝑒
En effet, si K est un compact simple parallèle à Oz, le théorème de FUBINI implique que

∭ 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧
𝐾
𝜑2 (𝑥,𝑦)
= ∬ 𝑑𝑥𝑑𝑦 ∫ 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑧
Ω 𝜑1 (𝑥,𝑦)

= ∬ 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑2 (𝑥, 𝑦)]𝑑𝑥𝑑𝑦


Ω
𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦
− ∬ 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑1 (𝑥, 𝑦)]𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 + ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫
Ω 𝑆2+ 𝑆1− 𝑆𝑒

car 𝐷𝑥 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑦 𝑃⃗⃗ = (−𝐷𝑥 𝜑𝑖 , −𝐷𝑦 𝜑𝑖 , 1) et

∬ 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑2 (𝑥, 𝑦)]1𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦


̅
Ω 𝑆2+

∬Ω̅ 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑1 (𝑥, 𝑦)]1𝑑𝑥𝑑𝑦 = − ∫𝑆 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦


1−
si bien que :

Analyse II J. NAVEZ
40

∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 + ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 + ∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦


𝑆𝑒 𝑆1− 𝑆2+ 𝑆𝑙𝑎𝑡
avec Slat = surface latérale ; mais sur la surface latérale N3 = 0 et alors

∫ 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ 𝑓𝑁3 𝑑𝜎 = 0
𝑆𝑙𝑎𝑡 𝑆𝑙𝑎𝑡
On passe sans peine aux compacts K, unions finies de compacts simples parallèles à Oz
d’intérieurs disjoints et on établit de manière analogue les formules relatives à Dxf et Dyf.
Corollaire 1
Les formules d’OSTROGRADSKY peuvent se mettre sous la forme :

∭ 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑁1 𝑑𝜎
𝐾 𝑆𝑒

∭ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑁2 𝑑𝜎
𝐾 𝑆𝑒

∭ 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑁3 𝑑𝜎
𝐾 𝑆𝑒
où (N1,N2,N3) sont les composantes de la normale correspondant à Se+ (normale extérieure)
limitant K.
Corollaire 2
Formules vectorielles d’OSTROGRADSKY : si f et 𝐹⃗ ϵ C1(Ω)

∭ 𝑑𝑖𝑣 ⃗⃗⃗⃗
𝐹 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ (𝐹⃗ . 𝑁
⃗⃗)𝑑𝜎
𝐾 𝑆𝑒

∭ 𝑟𝑜𝑡⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ∧ 𝐹⃗ )𝑑𝜎
𝐹 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ (𝑁
𝐾 𝑆𝑒

⃗⃗ 𝑑𝜎
∭ 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑓𝑁
𝐾 𝑆𝑒
Corollaire 3
Formules d’intégration par parties : si u et v ϵ C1(K)

∭ 𝑢𝐷𝑥 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑢𝑣𝑑𝑦𝑑𝑧 − ∭ 𝑣𝐷𝑥 𝑢𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧


𝐾 𝑆𝑒 𝐾

∭ 𝑢𝐷𝑦 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑢𝑣𝑑𝑧𝑑𝑥 − ∭ 𝑣𝐷𝑦 𝑢𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧


𝐾 𝑆𝑒 𝐾

∭ 𝑢𝐷𝑧 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ 𝑢𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦 − ∭ 𝑣𝐷𝑧 𝑢𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧


𝐾 𝑆𝑒 𝐾
obtenues en appliquant les formules précédentes à f = uv.
Corollaire 4
Formule de réciprocité : si u et v ϵ C2(K)

∭ (𝑢Δ𝑣 − 𝑣Δ𝑢)𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ (𝑢𝐷𝑁⃗⃗ 𝑣 − 𝑣𝐷𝑁⃗⃗ 𝑢)𝑑𝜎


𝐾 𝑆𝑒
En effet,
2 2 2
∭ 𝑢Δ𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∭ 𝑢(𝐷𝑥𝑥 𝑣 + 𝐷𝑦𝑦 𝑣 + 𝐷𝑧𝑧 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧
𝐾 𝐾

Analyse II J. NAVEZ
41

= ∫ 𝑢𝐷𝑥 𝑣𝑑𝑦𝑑𝑧 + ∫ 𝑢𝐷𝑦 𝑣𝑑𝑧𝑑𝑥 + ∫ 𝑢𝐷𝑧 𝑣𝑑𝑥𝑑𝑦 − ∭ (𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢. 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧


𝑆𝑒 𝑆𝑒 𝑆𝑒 𝐾

⃗⃗)𝑑𝜎 − ∭ (𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢. 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧


= ∫ 𝑢(𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣. 𝑁
𝑆𝑒 𝐾
Formules de STOKES - AMPERE
Si S est la calotte déterminée sur une portion régulière de surface admettant une des
représentations cartésienne x= x(y,z) ou y = y(x,z) ou z = z(x,y) par une courbe fermée C se
projetant dans le plan de coordonnées correspondant selon un contour borné et si f ϵ C1(Ω),
K c Ω, alors

∫ 𝑓𝑑𝑥 = ∫ 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥 − 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫ (𝑁2 𝐷𝑧 𝑓 − 𝑁3 𝐷𝑦 𝑓)𝑑𝜎


𝐶 𝑆0 𝑆

∫ 𝑓𝑑𝑦 = ∫ 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑥𝑑𝑦 − 𝐷𝑧 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧 = ∫ (𝑁3 𝐷𝑥 𝑓 − 𝑁1 𝐷𝑧 𝑓)𝑑𝜎


𝐶 𝑆0 𝑆

∫ 𝑓𝑑𝑧 = ∫ 𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑦𝑑𝑧 − 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥 = ∫ (𝑁1 𝐷𝑦 𝑓 − 𝑁2 𝐷𝑥 𝑓)𝑑𝜎


𝐶 𝑆0 𝑆
où S0 désigne le côté de S correspondant à l’orientation de C selon la règle du tire-bouchon et
(N1,N2,N3) est le vecteur normal unitaire correspondant.
- En effet, considérons pour fixer les idées, une portion régulière de surface d’équation
cartésienne z = ϕ(x,y) avec ϕ ϵ C2(Ω). En fait l’hypothèse C1 suffit mais nous allons prendre C2
pour faciliter la démonstration. Traçons sur cette surface une courbe fermée C se projetant
dans le plan z = 0 selon le contour borné ϒ.
Nous choisissons pour côté de la calotte, le côté S+ qui est déterminé par la règle du tire-
bouchon et qui correspond à
𝐷𝑥 𝑃⃗⃗ ∧ 𝐷𝑦 𝑃⃗⃗ = (−𝐷𝑥 𝜑, −𝐷𝑦 𝜑, 1)
Montrons d’abord que C est nécessairement union finie d’arcs réguliers de courbe de
longueur finie.
- En effet, ϒ est un contour borné et il peut donc se décomposer en un nombre d’arcs
réguliers de longueur finie admettant une représentation cartésienne y = αi(x) ou x = βi(y)
avec αi et βi ϵ C1(]ai, bi[), ϵC0([ai, bi] et ϵ L1([ai, bi]).
Il leur correspond une décomposition de C en les arcs :
Pi(x) = [x, αi(x), ϕ(x, αi(x))] ou Pi(y) = [βi(y), y, ϕ(βi(y), y)]
Chacun d’eux est un arc régulier de longueur finie car par exemple pour les premiers :
i. l’association entre x et Pi(x) est bijective dans ]ai, bi[ vu la première composante du vecteur
ii. Pi(x) ϵ C1(]ai, bi[) vu le théorème de dérivabilité des fonctions composées
𝑑𝛼 𝜕𝜑 𝜕𝜑 𝑑𝛼
iii. 𝐷𝑥 ⃗⃗⃗
𝑃𝑖 = [1, 𝑑𝑥𝑖 , 𝜕𝑥 + 𝜕𝑦 𝑑𝑥𝑖] ≠ 0
𝑑𝛼 𝜕𝜑
iv. 𝐷𝑥 ⃗⃗⃗
𝑃𝑖 ϵ L1([ai, bi]) vu l’intégrabilité de 1 et 𝑑𝑥𝑖 dans [ai, bi] et le fait que les fonctions 𝜕𝑥 et
𝜕𝜑
𝜕𝑦
soient bornées dans le compact [ai, bi].
Considérons alors une fonction f(x, y, z) ϵ C1(Ω), il vient

∫ 𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑(𝑥, 𝑦)](𝐷𝑥 𝜑𝑑𝑥 + 𝐷𝑦 𝑑𝑦)


𝐶 𝛾
puisque chaque intégrale curviligne se ramène à une somme d’expressions du type :

Analyse II J. NAVEZ
42

𝑏𝑖 𝑏𝑖
𝜕𝜑 𝜕𝜑 𝑑𝛼𝑖 𝜕𝜑 𝑑𝛽𝑖 𝜕𝜑
∫ 𝑓[𝑃𝑖 (𝑥)] ( + ) 𝑑𝑥 𝑜𝑢 ∫ 𝑓[𝑃𝑖 (𝑦)] ( + ) 𝑑𝑦
𝑎𝑖 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝑑𝑥 𝑎𝑖 𝜕𝑥 𝑑𝑦 𝜕𝑦

et que l’on a :
𝑢1
∫ 𝑓𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑥(𝑢), 𝑦(𝑢), 𝑧(𝑢)]𝐷𝑢 𝑧𝑑𝑢
𝑃⏞
0 𝑃1 𝑢0
Par les formules de GREEN, nous avons ensuite
∫𝛾 𝑓[𝑥, 𝑦, 𝜑(𝑥, 𝑦)](𝐷𝑥 𝜑𝑑𝑥 + 𝐷𝑦 𝑑𝑦) = ∬𝐾 {−𝐷𝑦 [𝑓𝐷𝑥 𝜑] + 𝐷𝑥 [𝑓𝐷𝑦 𝜑]}𝑑𝑥𝑑𝑦 =

∬𝐾 [𝐷𝑦 𝑓(−𝐷𝑥 𝜑) − 𝐷𝑥 𝑓(−𝐷𝑦 𝜑)]𝑑𝑥𝑑𝑦 = ∫𝑆 (𝐷𝑦 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑦 − 𝐷𝑥 𝑓𝑑𝑧𝑑𝑥) = ∫𝑆 (𝑁1 𝐷𝑦 𝑓 −


+
𝑁2 𝐷𝑥 𝑓)𝑑𝜎
et on établit de même les deux autres formules.
Corollaire : forme vectorielle des formules de STOKES – AMPERE

⃗⃗ ∧ 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓)𝑑𝜎
∫ 𝑓 𝑡⃗𝑑𝑠 = ∫ (𝑁
𝐶 𝑆

∫ 𝐹⃗ . ⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗. 𝑟𝑜𝑡 𝐹⃗ )𝑑𝜎


𝑑𝑟 = ∫ (𝑁
𝐶 𝑆
où f et 𝐹⃗ ϵ C1(Ω) et où 𝑡⃗ est le vecteur tangent à C+.
Rappelons que dans ces deux formules, 𝑁 ⃗⃗ est le vecteur unitaire normal à S orienté d’après
le sens de parcours de C selon la règle du tire-bouchon.

Analyse II J. NAVEZ
43

Chapitre V. Intégrales et séries de FOURIER

___________________________________________________

A. INTÉGRALES DE FOURIER
L’étude des intégrales (ou transformées) et des séries de FOURIER est à la base de l’analyse
harmonique. De nombreux appareils en Physique réalisent une transformée de FOURIER.

1. Définitions
Dans Rn, on appelle intégrale de FOURIER, une intégrale de la forme :

𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑥)𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑑𝑥


𝑅𝑛
Théorème d’existence.
L’intégrale de FOURIER de f existe ∀𝑦 ∈ 𝑅 𝑛 si et seulement si f est intégrable dans Rn.
En effet, 𝑠𝑖 𝑓 ∈ 𝐿1 , |𝑓(𝑥)𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 | = |𝑓(𝑥)| ∈ 𝐿1
𝑒𝑡 𝑠𝑖 𝑓𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 ∈ 𝐿1 , |𝑓(𝑥)| = |𝑓(𝑥)𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑒 ∓𝑖𝑥.𝑦 | ∈ 𝐿1
Dans R, les intégrales trigonométriques :
∞ ∞
𝐹𝑦𝑐 𝑓(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑥) cos 𝑥𝑦 𝑑𝑥 𝑒𝑡 𝐹𝑦𝑠 (𝑓(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑥) sin 𝑥𝑦 𝑑𝑥
0 0
sont appelées transformées de FOURIER en cosinus ou en sinus. Elles peuvent s’exprimer au
moyen des intégrales générales de FOURIER par les relations :
1 1
𝐹𝑦𝑐 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦± 𝑓𝑠 (𝑥) 𝑒𝑡 𝐹𝑦𝑠 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦± 𝑓𝑎 (𝑥)
2 2𝑖
𝑓(𝑥) 𝑠𝑖 𝑥 > 0 𝑓(𝑥) 𝑠𝑖 𝑥 > 0
en posant 𝑓𝑠 (𝑥) = { et 𝑓𝑎 (𝑥) = {
𝑓(−𝑥) 𝑠𝑖 𝑥 < 0 −𝑓(−𝑥) 𝑠𝑖 𝑥 < 0
on voit que 𝑓𝑠 𝑒𝑡 𝑓𝑎 ∈ 𝐿1 𝑠𝑖 𝑒𝑡 𝑠𝑒𝑢𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑖 𝑓 ∈ 𝐿1 (𝑅+ ).
Par ailleurs, 𝑠𝑖 𝑓 ∈ 𝐿1, 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦𝑐 [𝑓(𝑥) − 𝑓(−𝑥)] ± 𝑖𝐹𝑦𝑠 [𝑓(𝑥) − 𝑓(−𝑥)].
𝑝𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑓(−𝑥) ± 𝐹𝑦𝑐
En particulier, si f est { , c’est-à-dire si f(x)= { , on a 𝐹𝑦 𝑓(𝑥) = 2 { 𝑓(𝑥).
𝑖𝑚𝑝𝑎𝑖𝑟𝑒 −𝑓(−𝑥) ±𝑖𝐹𝑦𝑠
Les résultats précédents permettent d’étendre aux intégrales trigonométriques tout résultat
obtenu pour les transformées de FOURIER et vice-versa.
2. Transformées de FOURIER usuelles dans R
𝑒 ±𝑖𝑏𝑦 −𝑒 ±𝑖𝑎𝑦
a) 𝐹𝑦± 𝛿[𝑎,𝑏] (𝑥) = ±𝑖𝑦
(=b-a si y=0)
sin 𝑎𝑦
En particulier 𝐹𝑦± 𝛿[−𝑎,𝑎] (𝑥) = 2 𝑦
(=2a si y=0)
1 𝑦 2
1−𝑘|𝑥| 𝑠𝑖 |𝑥| ≤ 𝑘 , 𝑘 > 0 1 sin
b) 𝐹𝑦± { } = 𝑘 ( 𝑦2𝑘 ) (=1/k si y=0)
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛 2𝑘
± 𝑐 ∞ 1/𝑘
En effet, 𝐹𝑦 𝑓(𝑥) = 2𝐹𝑦 𝑓(𝑥) = 2 ∫0 (1 − 𝑘|𝑥|) cos 𝑥𝑦 𝑑𝑥 = 2 ∫0 (1 − 𝑘𝑥) cos 𝑥𝑦 𝑑𝑥 =
sin 𝑥𝑦 1/𝑘 1/𝑘 sin 𝑥𝑦 2𝑘 cos 𝑥𝑦 1/𝑘 4𝑘 𝑦
2 [(1 − 𝑘𝑥) 𝑦
] + 2𝑘 ∫0 𝑦
𝑑𝑥 = 𝑦
[− 𝑦 ] = 𝑦2 𝑠𝑖𝑛² 2𝑘
0 0
1 𝜋
c) 𝐹𝑦± 𝑥²+𝑘²=𝑘 𝑒 −𝑘|𝑦| (𝑘 > 0)

Analyse II J. NAVEZ
44

2𝑘
d) 𝐹𝑦± 𝑒 −𝑘|𝑥| = (𝑘 > 0)
𝑘²+𝑥²
𝑦²
𝜋 −
e) 𝐹𝑦± 𝑒 −𝑘𝑥² = √ 𝑒 4𝑘 (𝑘 > 0)
𝑘

3. Transformées de FOURIER de quelques fonctions spéciales dans Rn


a) Fonction séparée
Une fonction de la forme 𝑓(𝑥) = 𝑓1 (𝜉1 )…𝑓𝑝 (𝜉𝑝 ) où les composantes de x sont réparties en
𝜉1 , … , 𝜉𝑝 est dite séparée.
Tapez une équation [Link] transformée de FOURIER d’une fonction séparée intégrable est
séparée et on a :

𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = 𝐹𝜂±1 𝑓1 (𝜉1 ) … 𝐹𝜂±𝑝 𝑓𝑝 (𝜉𝑝 )


En effet, c’est une application du théorème de FUBINI :
𝑝

∫ 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓1 (𝜉1 ) … 𝑓𝑝 (𝜉𝑝 )𝑑𝑥 = ∏ ∫ 𝑒 ±𝑖𝜉𝑘 .𝜂𝑘 𝑓𝑘 (𝜉𝑘 )𝑑𝜉𝑘


𝑝𝑘
𝑅𝑛 𝑘=1 𝑅
b) Fonction radiale
On dit qu’une fonction de Rn est radiale si elle ne dépend que de |𝑥| .
La transformée de FOURIER d’une fonction radiale est une fonction radiale.
En effet, soit f(|𝑥|) une fonction radiale intégrable et 𝐹(𝑦) = 𝐹𝑦± 𝑓(|𝑥|). Montrons que F(y) =
F(Uy) où U est une matrice orthogonale.

′ .𝑈𝑦
𝐹(𝑈𝑦) = ∫ 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑈𝑦 𝑓(|𝑥|)𝑑𝑥 = ∫ 𝑒 ±𝑖𝑈𝑥 𝑓(|𝑥 ′ |)𝑑𝑥 ′
𝑅𝑛 𝑅𝑛
en posant x’ = U-1x, dx’ = |𝑑𝑡𝑚 𝑈| 𝑑𝑥 = dx, et comme Ux’.Uy = tUUx’.y = x’.y, on a

𝐹(𝑈𝑦) = ∫ 𝑒 ±𝑖𝑥 .𝑦 𝑓(|𝑥 ′ |)𝑑𝑥 ′ = 𝐹(𝑦)
𝑅𝑛
Alors F(y) est une fonction radiale parce que Uy représente un point quelconque de la sphère
de centre O et de rayon |𝑦| et on voit que F(y) ne dépend que du rayon de cette sphère.
On calcule la transformée de FOURIER d’une fonction radiale intégrable dans Rn par

l’intégrale simple : 𝐹𝑦± 𝑓(|𝑥|) = ∫0 𝑓(𝑟)𝑟 𝑛−1 𝑉𝑛 (𝑟|𝑦|)𝑑𝑟
𝑛−1 𝜋
4𝜋 2 2
𝑉1 (𝑥) = 2 cos 𝑥 𝑒𝑡 𝑉𝑛 (𝑥) = ∫ cos(𝑥 cos 𝜃) 𝑠𝑖𝑛𝑛−2 𝜃 𝑑𝜃
𝑛−1
Γ( 2 ) 0
(Formule de BOCHNER).
Pour ne pas compliquer les calculs et les notations, nous donnons la démonstration pour n=1
et n=3.
1) Pour n=1

La formule devient 𝐹𝑦± (𝑓|𝑥|) = 2 ∫0 𝑓(𝑟) cos(𝑟|𝑦|)𝑑𝑟
∞ ∞
En effet : 𝐹𝑦± 𝑓(|𝑥|) = 2𝐹𝑦𝑐 𝑓(|𝑥|) = 2 ∫0 𝑓(|𝑥|) cos 𝑥𝑦 𝑑𝑥 = 2 ∫0 𝑓(𝑟) cos(𝑟|𝑦|)𝑑𝑟
puisque f est paire et en posant |𝑥| = 𝑟
2) Pour n=3
Puisque la fonction 𝐹𝑦± est radiale, on se contente de la calculer au point (|𝑦|, 0, 0)

𝐹𝑦± 𝑓(|𝑥|) = ∫ 𝑓(|𝑥|)𝑒 ±𝑖𝑥1 |𝑦| 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = (∗)


𝑅3

Analyse II J. NAVEZ
45

𝑥2 = 𝜌 cos 𝜑
et on passe aux coordonnées polaires dans le plan (x2, x3), { 𝑥 = 𝜌 sin 𝜑 avec |𝐽| = ρ
3
∞ ∞ 2𝜋 ∞ ∞
(∗) = ∫ ∫ ∫ 𝑓(𝑥12 + ρ²)𝑒 ±𝑖𝑥1 |𝑦| ρd𝑥1 dρdφ = 2𝜋 ∫ ∫ 𝑓(𝑥12 + ρ²)𝑒 ±𝑖𝑥1 |𝑦| ρd𝑥1 dρ
−∞ 0 0 −∞ 0
= (∗∗)
𝑥1 = 𝑟 cos 𝜃
Faisons ensuite le changement de variables { 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜃 ∈ [0, 𝜋] et |𝐽| = r
𝜌 = 𝑟 sin 𝜃
∞ 𝜋
(∗∗) = 2𝜋 ∫ ∫ 𝑓(𝑟)𝑒 ±𝑖𝑟|𝑦| cos 𝜃 𝑟² sin 𝜃 𝑑𝑟𝑑𝜃
0 0
∞ 𝜋
= 2π ∫ 𝑟 2 𝑓(𝑟)𝑑𝑟 ∫ 𝑒 ±𝑖𝑟|𝑦| cos 𝜃 sin 𝜃 𝑑𝜃
0 0
∞ 𝜋/2
= 4𝜋 ∫ 𝑟 2 𝑓(𝑟)𝑑𝑟 ∫ cos(𝑟|𝑦| cos 𝜃) sin 𝜃 𝑑𝜃
0 0

= 4𝜋 ∫ 𝑟²𝑓(𝑟)𝑉3 (𝑟|𝑦|)dr
0
La démonstration se généralise aisément pour n quelconque.
4. Propriétés de la transformée de FOURIER vis-à-vis de y
a) 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = 𝐹−𝑦∓ ±
𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦∓ 𝑓(−𝑥) = 𝐹−𝑦 𝑓(−𝑥)
b) ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
𝐹 ± 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦∓ ̅̅̅̅̅̅
𝑦 𝑓(𝑥)
𝑆𝑢𝑝 ±
c) 𝐹𝑦± 𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑜𝑟𝑛é𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑅 𝑛 𝑒𝑡 𝑜𝑛 𝑎 |𝐹 𝑓(𝑥)| ≤ ∫𝑅𝑛 |𝑓(𝑥)|𝑑𝑥
𝑅𝑛 𝑦
𝐸𝑛 𝑒𝑓𝑓𝑒𝑡, ∀𝑦 ∈ 𝑅 𝑛 , 𝑜𝑛 𝑎 |𝐹𝑦± 𝑓(𝑥)| = |∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 | ≤ ∫𝑅𝑛 |𝑓(𝑥)|𝑑𝑥
d) 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) → 0 𝑠𝑖 𝑦 → ∞ 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑅 𝑛 (théorème de RIEMANN – LEBESGUE)
Faisons la démonstration dans R pour simplifier.

1 ∞ 𝜋 1 ∞ 𝜋
|∫ 𝑒 ±𝑖𝑥𝑦 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 | = |∫ 𝑒 ±𝑖𝑥𝑦 [𝑓(𝑥) − 𝑓(𝑥 + )] 𝑑𝑥| ≤ ∫ |𝑓(𝑥) − 𝑓(𝑥 + )| 𝑑𝑥
−∞ 2 −∞ 𝑦 2 −∞ 𝑦
n
cette expression tend vers 0 si 𝑦 → ∞ dans R , on a
∞ ∞ 𝜋 ∞
𝜋 ±𝑖𝑦(𝑢− )
∫ 𝑒 ±𝑖𝑥𝑦 𝑓 (𝑥 + ) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑒 𝑦 𝑓(𝑢)𝑑𝑢 = − ∫ 𝑒 ±𝑖𝑦𝑢 𝑓(𝑢)𝑑𝑢 𝑒𝑛 𝑝𝑜𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑢
−∞ 𝑦 −∞ −∞
𝜋
=𝑥+
𝑦
e) 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) ∈ 𝐶0 (𝑅𝑛 ), la continuité étant uniforme dans Rn.
′ ′ ′
En effet, |𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) − 𝐹𝑦′± | = |∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 [𝑒 ±𝑖𝑥.(𝑦−𝑦 ) − 1]𝑓(𝑥)𝑑𝑥 | ≤ ∫𝑅𝑛 |𝑒 ±𝑖𝑥.(𝑦−𝑦 ) −
1||𝑓(𝑥)| 𝑑𝑥
qui tend vers 0 quand |𝑦 − 𝑦′| → 0 par application du théorème de LEBESGUE car
′ ′
|𝑒 ±𝑖𝑥.(𝑦−𝑦 ) − 1||𝑓(𝑥)| ≤ 2|𝑓(𝑥)| ∈ 𝐿1 𝑒𝑡 (𝑒 ±𝑖𝑥.(𝑦−𝑦 ) − 1)𝑓(𝑥) → 0
f) 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) ∈ 𝐶∞ (𝑅𝑛 )
En effet 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) est une intégrale paramétrique en y pour laquelle les dérivées s’effectuent
sous le signe intégral. Les conditions naturelles de dérivation sous le signe sont visiblement
satisfaites.
5. Propriétés des transformées de FOURIER vis-à-vis de f
a) la transformation de FOURIER est linéaire

𝑆𝑖 𝑓1 , … , 𝑓𝑝 ∈ 𝐿1 , 𝐹𝑦± (∑ 𝑐𝑖 𝑓𝑖 ) = ∑ 𝑐𝑖 𝐹𝑦± 𝑓𝑖
𝑖 𝑖

Analyse II J. NAVEZ
46

b) la transformation de FOURIER transforme le produit de convolution en produit ordinaire


𝑆𝑖 𝑓 𝑒𝑡 𝑔 ∈ 𝐿1 , 𝑓 ∗ 𝑔 ≝ ∫𝑅𝑛 𝑓(𝑥 − 𝑡)𝑔(𝑡)𝑑𝑡 𝑒𝑡 𝑜𝑛 𝑎 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 (𝑓 ∗ 𝑔) = (𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓) ∗ (𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑔)
car ∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖(𝑥−𝑡).𝑦 𝑓(𝑥 − 𝑡)𝑒 ±𝑖𝑡.𝑦 𝑔(𝑡)𝑑𝑡 = 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 ∫𝑅𝑛 𝑓(𝑥 − 𝑡)𝑔(𝑡)
d’où, ∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 (𝑓 ∗ 𝑔)𝑑𝑥 = ∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑢.𝑦 𝑓(𝑢)𝑑𝑢 ∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑢.𝑦 𝑔(𝑢)𝑑𝑢
par FUBINI et 𝐹𝑦± (𝑓 ∗ 𝑔) = 𝐹𝑦± 𝑓𝐹𝑦± 𝑔
c) Théorème de transfert : 𝑠𝑖 𝑓 𝑒𝑡 𝑔 ∈ 𝐿1 , ∫𝑅𝑛 𝑔(𝑦)𝐹𝑦± 𝑓(𝑥)𝑑𝑦 = ∫𝑅𝑛 𝑓(𝑦)𝐹𝑦± 𝑔(𝑥)𝑑𝑦
Les intégrales ont un sens car chaque intégrand est le produit d’une fonction intégrable par
une fonction (mesurable) bornée. Tout revient à démontrer que l’on peut changer l’ordre
des intégrations dans : ∫𝑅𝑛 𝑔(𝑦)𝑑𝑦 ∫𝑅𝑛 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 ce qui résulte du théorème de FUBINI-
TONELLI puisque ∫𝑅𝑛 |𝑔(𝑦)| 𝑑𝑦 ∫𝑅𝑛 |𝑓(𝑥)|𝑑𝑥 est bien définie.
d) Si A désigne une matrice non singulière de dimension n et si α ϵ Rn, nous avons :
−1
𝑒 ∓𝑖𝐴 𝛼.𝑦 ±
(1) 𝐹𝑦± 𝑓(𝐴𝑥 + 𝛼)= |𝑑𝑡𝑚 𝐴|
𝐹 𝑡𝐴−1 𝑦 𝑓(𝑥)
−1
± 𝑒 ±𝑖𝑥.𝐴 𝛼
(2) 𝐹𝐴𝑦+𝛼 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑦± |𝑑𝑡𝑚 𝐴|
𝑓( 𝑡𝐴−1 𝑥)
1
En effet, pour (1), on pose u = Ax + α, x = A-1(u-α), 𝑑𝑥 = |𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑢 𝑒𝑡 (1) =
𝐴|
1 −1
∫ 𝑒 ±𝑖𝐴 (𝑢−𝛼).𝑦 𝑓(𝑢)𝑑𝑢
|𝑑𝑡𝑚 𝐴| 𝑅𝑛
1
Pour (2), on pose tAx = u, x = tA-1u, 𝑑𝑥 = |𝑑𝑡𝑚 𝑑𝑢 𝑒𝑡 (2) =
𝐴|
1 ±𝑖(𝐴𝑦+𝛼). 𝑡𝐴−1 𝑢
|𝑑𝑡𝑚 𝐴|
∫𝑅 𝑛 𝑒 𝑓( 𝑡𝐴−1 𝑢)𝑑𝑢
e) Formule de réciprocité de FOURIER
𝑆𝑖 𝑓 𝑒𝑡 𝐹𝑦± ∈ 𝐿1 , 𝑜𝑛 𝑎 𝐹𝑢∓ 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = (2𝜋)𝑛 𝑓(𝑢) 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑜𝑢𝑡.
Et même partout si f est continue dans Rn.
Pour simplifier, faisons la démonstration dans le cas où f est continue et bornée dans Rn.

𝑒 ∓𝑖𝑦.𝑢 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = ∫ 𝑒 ∓𝑖𝑦.𝑢 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓(𝑥)𝑑𝑥


𝑅𝑛

= ∫ 𝑒 ±𝑖(𝑥−𝑢).𝑦 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 = ∫ 𝑒 ±𝑖𝑥.𝑦 𝑓(𝑥 + 𝑢)𝑑𝑥 = 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥 + 𝑢)


𝑅𝑛 𝑅𝑛
en posant x-u=x’ rebaptisé x. Dès lors,
2
𝐹𝑢∓ 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = ∫ 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥 + 𝑢)𝑑𝑦 = lim ∫ 𝑒 −𝜀|𝑦| 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥 + 𝑢)𝑑𝑦
𝑅𝑛 𝜀→0 𝑅𝑛
en justifiant par LEBESGUE.
2
𝐹𝑢∓ 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = lim ∫ 𝑓(𝑦 + 𝑢)𝐹𝑦± 𝑒 −𝜀|𝑥| 𝑑𝑦 = (∗)
𝜀→0 𝑅𝑛
par le théorème de transfert.
En généralisant le résultat obtenu dans R,
𝑛 |𝑦|2 𝑛 |𝑦|2
2 𝜋 − 𝜋 −
𝐹𝑦± 𝑒 −𝜀|𝑥| = (√ 𝜀 ) 𝑒 4𝜀 𝑒𝑡 (∗) = lim (√ 𝜀 ) ∫ 𝑓(𝑦 + 𝑢) 𝑒 4𝜀 𝑑𝑦
𝜀→0 𝑅𝑛
𝑦 1 𝑛
Si on pose 𝑦 ′ = 2 , 𝑑𝑦 ′ = (2 𝜀) 𝑑𝑦 on a par le théorème de LEBESGUE,
√𝜀 √
𝑛 ′ 2 𝑛 ′ |2
(∗) = lim(2√𝜋) ∫ 𝑓((2√𝜀 )𝑦 ′ + 𝑢)𝑒 −|𝑦 | 𝑑𝑦 ′ = (2√𝜋) 𝑓(𝑢) ∫ 𝑒 −|𝑦 𝑑𝑦′
𝜀→0 𝑅𝑛 𝑅𝑛

Analyse II J. NAVEZ
47

𝑛
La dernière intégrale est la généralisation de l’intégrale de POISSON à Rn, elle vaut (√𝜋) .
Finalement, (∗) = (2𝜋)𝑛 𝑓(𝑢)
Conséquences :
- le théorème de FOURIER permet de vérifier l’unicité de la transformation de FOURIER ; f et
g sont égales pp si leurs transformées sont égales.
- le théorème de FOURIER montre aussi pourquoi en physique on utilise souvent un facteur
𝑛
de normalisation (2𝜋) 2 devant la transformée pour que le résultat fasse exactement f(u).
Dans R+, le théorème de FOURIER reste valable pour Fc et Fs sous la forme :
𝜋 𝜋
𝐹𝑢𝑐 𝐹𝑦𝑐 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑢) 𝑒𝑡 𝐹𝑢𝑠 𝐹𝑦𝑠 𝑓(𝑥) = 𝑓(𝑢)
2 2
pour autant que f, Fc et Fs soient intégrables.
En effet, on remarque que Fcf est paire tandis que Fsf est impaire. Il vient alors :
1 1 𝜋 𝜋
𝐹𝑢𝑐 𝐹𝑦𝑐 𝑓(𝑥) = 2 𝐹𝑢+ 𝐹𝑦𝑐 𝑓(𝑥) = 4 𝐹𝑢+ 𝐹𝑦− 𝑓𝑠 (𝑥) = 2 𝑓𝑠 (𝑢) = 2 𝑓(𝑢)
1 1 𝜋 𝜋
𝐹𝑢𝑠 𝐹𝑦𝑠 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑢+ 𝐹𝑦𝑠 𝑓(𝑥) = 𝐹𝑢+ 𝐹𝑦− 𝑓𝑎 (𝑥) = 𝑓𝑎 (𝑢) = 𝑓(𝑢)
2𝑖 4 2 2
f) Formule de PARSEVAL
̅̅̅̅̅̅
𝑆𝑖 𝑓 𝑒𝑡 𝑔 ∈ 𝐿1 𝑒𝑡 𝑠𝑖 𝐹 ± 𝑓 𝑜𝑢 𝐹 ± 𝑔 ∈ 𝐿1 , 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 ∫ 𝐹𝑥± 𝑓𝐹 ± 𝑔 𝑑𝑥 = (2𝜋)𝑛 ∫ 𝑓 𝑔̅ 𝑑𝑥
𝑅𝑛 𝑅𝑛
En effet, en appliquant les théorèmes de transfert et de FOURIER,

∫ 𝐹 ± 𝑓 ̅̅̅̅̅̅
𝐹 ± 𝑔 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓𝐹 ± ̅̅̅̅̅̅
𝐹 ± 𝑔 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓𝐹 ± 𝐹 ∓ 𝑔̅ 𝑑𝑥 = (2𝜋)𝑛 ∫ 𝑓𝑔̅ 𝑑𝑥
𝑅𝑛 𝑅𝑛 𝑅𝑛 𝑅𝑛
± 2
Et en particulier si f = g, ∫𝑅𝑛 |𝐹 𝑓| 𝑑𝑥 = ∫𝑅𝑛 |𝑓|2 𝑑𝑥

Analyse II J. NAVEZ
48

B. SÉRIES DE FOURIER

1. Généralités

Définition On dit qu’une fonction définie pp sur R est localement intégrable dans R si elle est
intégrable dans tout intervalle borné de R.
Notation : 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐 𝑙𝑜𝑐
2 avec 𝐿2 = ensemble des fonctions localement intégrables dans R.a
Théorème : Si une fonction périodique est localement intégrable dans R, on a
𝑎+𝑇 𝑏+𝑇
∫ 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 = ∫ 𝑓(𝑥)𝑑𝑥
𝑎 𝑏
où T est la période, soit f(x+T) = f(x). Cette relation signifie que l’intégrale ne dépend pas de
l’intervalle période choisi.

2. Séries de FOURIER

Définition : On appelle Série de FOURIER, une série de la forme :


+∞
1
𝑎 + ∑(𝑎𝑘 𝑐𝑜𝑠𝑘𝑥 + 𝑏𝑘 𝑠𝑖𝑛𝑘𝑥)
2 0
𝑘=1
où 𝑎𝑘 𝑒𝑡 𝑏𝑘 sont les coefficients réels de la série de FOURIER, k = 1, 2, …
On appelle somme partielle de la série de FOURIER, l’expression :
𝑚
1
𝑆𝑚 (𝑥) = 𝑎0 + ∑(𝑎𝑘 𝑐𝑜𝑠𝑘𝑥 + 𝑏𝑘 𝑠𝑖𝑛𝑘𝑥)
2
𝑘=1
𝑚
1 1
𝑆𝑚 (𝑥) = 𝑎0 + ∑[(𝑎𝑘 − 𝑖𝑏𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥 + (𝑎𝑘 + 𝑖𝑏𝑘 )𝑒 −𝑖𝑘𝑥 ]
2 2
𝑘=1
𝑚 −𝑚
1 1 1
𝑆𝑚 (𝑥) = 𝑎0 + ∑(𝑎𝑘 − 𝑖𝑏𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥 + ∑ (𝑎−𝑘 + 𝑖𝑏−𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥
2 2 2
𝑘=1 𝑘=−1
1
𝛼𝑘 = (𝑎𝑘 − 𝑖𝑏𝑘 )𝑠𝑖 𝑘 > 0
𝑚 2
𝑖𝑘𝑥 1
𝑆𝑚 (𝑥) = ∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛼0 = 𝑎0
2
𝑘=−𝑚
1
{𝛼𝑘 = 2 (𝑎−𝑘 + 𝑖𝑏−𝑘 )𝑠𝑖 𝑘 < 0}
qui sont appelés les coefficients complexes de FOURIER.
Inversement :𝑎𝑘 = 𝛼𝑘 + 𝛼−𝑘 , 𝑏𝑘 = 𝑖(𝛼𝑘 − 𝛼−𝑘 ) , 𝑎0 = 2𝛼0
La série de FOURIER peut alors s’écrire :
+∞

∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑖𝑘𝑥
−∞

Si cette série converge, la somme de la série est une fonction f(x) qui est périodique de période
2𝜋. En effet, 𝑒 𝑖𝑘(𝑥+2𝜋) = 𝑒 𝑖𝑘𝑥 .
Inversement, si on connaît la somme de la série, on peut calculer les coefficients de FOURIER à
partir de la somme f(x) de la série.
𝜋
Lemme : ∫−𝜋 𝑒 𝑖(𝑛−𝑚)𝑥 𝑑𝑥 = 2𝜋𝛿𝑚𝑛 , 𝑚 𝑒𝑡 𝜖 𝑍

Analyse II J. NAVEZ
49

𝜋 𝜋 1
Démonstration : pour m = n, ∫−𝜋 𝑑𝑥 = 2𝜋, pour m≠n, ∫−𝜋 𝑒 𝑖(𝑛−𝑚)𝑥 𝑑𝑥 = 𝑖(𝑛−𝑚) [𝑒 𝑖(𝑛−𝑚)𝑥 ]𝜋−𝜋
2
soit 𝑛−𝑚 sin(𝑛 − 𝑚) 𝜋 = 0.

A partir de la somme f(x), les coefficients de FOURIER sont donnés par

1 𝜋
𝛼𝑘 = ∫ 𝑓(𝑥)𝑒 −𝑖𝑘𝑥 𝑑𝑥
2𝜋 −𝜋

En effet,

𝜋 𝜋 ∞ ∞ 𝜋
−𝑖𝑚𝑥 −𝑖𝑚𝑥 𝑖𝑘𝑥
∫ 𝑒 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 = ∫ 𝑒 (∑ 𝛼𝑘 𝑒 ) 𝑑𝑥 = ∑ 𝛼𝑘 ∫ 𝑒 𝑖(𝑘−𝑚)𝑥 𝑑𝑥 = 2𝜋𝛼𝑚
−𝜋 −𝜋 −∞ −∞ −𝜋

On peut alors en déduire les coefficients réels de FOURIER :

1 𝜋 1 𝜋
𝑎𝑘 = ∫ 𝑓(𝑥)𝑐𝑜𝑠𝑘𝑥𝑑𝑥 𝑏𝑘 = ∫ 𝑓(𝑥)𝑠𝑖𝑛𝑘𝑥𝑑𝑥
𝜋 −𝜋 𝜋 −𝜋

On remarque que si f(x) est paire : bk=0 et si f(x) est impaire :ak=0

3. Inégalité de BESSEL et relation de PARSEVAL

Définition : une fonction f définie pp dans R est dite localement de carré intégrable si|𝑓|² est
localement intégrable.
Notation : on écrit 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐 𝑙𝑜𝑐
2 où 𝐿2 est l’ensemble des fonctions localement de carré intégrable
dans R.
Propriétés
a) Si 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐
2 alors 𝑓 ∈ 𝐿1
𝑙𝑜𝑐

En effet,

1 + |𝑓|²
(|𝑓| − 1)2 ≥ 0 → |𝑓|2 − 2|𝑓| + 1 ≥ 0 → |𝑓| ≤
2
1+|𝑓|²
Et comme 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐 𝑙𝑜𝑐
2 , |𝑓|² ∈ 𝐿1 et 2
∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐
1

b) Si 𝑓𝑖 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐 𝑙𝑜𝑐
2 , alors ∑𝑖 𝑐𝑖 𝑓𝑖 ∈ 𝐿2

Lemme 1 : Si f est périodique de période 2𝜋, et si ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐


2 , alors ses coefficients complexes de
FOURIER vérifient

𝑚 2 𝑚 2 𝑚
𝜋 𝜋
𝑖𝑘𝑥 𝑖𝑘𝑥
∫ |𝑓(𝑥) − ∑ 𝛽𝑘 𝑒 | 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 | 𝑑𝑥 + 2𝜋 ∑|𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 |2
−𝜋 −𝑚 −𝜋 −𝑚 −𝑚

où les 𝛼𝑘 sont les coefficients complexes de FOURIER et les 𝛽𝑘 sont des nombres complexes
quelconques.
Démonstration :

Analyse II J. NAVEZ
50

2 2
𝜋 𝑚 𝜋 𝑚 𝑚
𝑖𝑘𝑥 𝑖𝑘𝑥 𝑖𝑘𝑥
∫ |𝑓(𝑥) − ∑ 𝛽𝑘 𝑒 | 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 + ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝑒 | 𝑑𝑥
−𝜋 −𝑚 −𝜋 −𝑚 −𝑚
𝑘

𝜋 𝑚 𝑚 𝑚

= ∫ [(𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑖𝑘𝑥
) + ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥 ̅̅̅̅̅̅ − ∑ ̅𝛼̅̅𝑘̅ 𝑒 −𝑖𝑘𝑥 )
] [(𝑓(𝑥)
−𝜋 −𝑚 −𝑚 −𝑚
𝑚

̅̅̅𝑘̅ − ̅̅̅
+ ∑(𝛼 𝛽𝑘 )𝑒 −𝑖𝑘𝑥 ] 𝑑𝑥
−𝑚

(1) (2) (3) (4)

𝑚 𝑚 𝑚 2
𝜋 𝜋
(1)𝑥(3) = ∫ (𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑖𝑘𝑥 ̅̅̅̅̅̅ − ∑ ̅𝛼̅̅𝑘̅ 𝑒
) (𝑓(𝑥) −𝑖𝑘𝑥
) 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑖𝑘𝑥
| 𝑑𝑥
−𝜋 −𝑚 −𝑚 −𝜋 −𝑚

𝜋 𝑚 𝑚

(1)𝑥(4) = ∫ (𝑓(𝑥) − ∑ 𝛼𝑘 𝑒 𝑖𝑘𝑥


) (∑(𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 )𝑒 −𝑖𝑙𝑥 ) 𝑑𝑥
−𝜋 −𝑚 −𝑚
𝜋 𝑚 𝜋 𝑚 𝑚

= ∫ 𝑓(𝑥) ∑(𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 ) 𝑒 −𝑖𝑙𝑥 𝑑𝑥 − ∫ ∑ ∑ 𝛼𝑘 (𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 )𝑒 𝑖(𝑘−𝑙)𝑥 𝑑𝑥


−𝜋 −𝑚 −𝜋 −𝑚 −𝑚
𝑚 𝑚

= 2𝜋 ∑(𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 )𝛼𝑙 − 2𝜋 ∑ 𝛼𝑙 (𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 ) = 0


−𝑚 −𝑚

𝜋 𝑚 𝑚
(2)𝑥(3) = ∫ ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥 ̅̅̅̅̅̅ − ∑ 𝛼̅𝑙 𝑒 −𝑖𝑙𝑥 ] 𝑑𝑥
[𝑓(𝑥)
−𝜋 −𝑚 −𝑚
𝑚 𝜋 𝑚 𝑚 𝜋
= ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 ) ∫ ̅̅̅̅̅̅
𝑓(𝑥) 𝑒 𝑖𝑘𝑥 𝑑𝑥 − ∑ ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝛼̅𝑙 ∫ 𝑒 𝑖(𝑘−𝑙)𝑥 𝑑𝑥
−𝑚 −𝜋 −𝑚 −𝑚 −𝜋
𝑚 𝑚

= 2𝜋 ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝛼
̅̅̅𝑘̅ − 2𝜋 ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝛼
̅̅̅̅𝑘 = 0
−𝑚 −𝑚

𝜋 𝑚 𝑚

(2)𝑥(4) = ∫ (∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )𝑒 𝑖𝑘𝑥


) (∑(𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 )𝑒 −𝑖𝑙𝑥 ) 𝑑𝑥
−𝜋 −𝑚 −𝑚
𝑚 𝑚 𝜋 𝑚

= ∑ ∑(𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 )(𝛼̅𝑙 − 𝛽̅𝑙 ) ∫ 𝑒 𝑖(𝑘−𝑙)𝑥 𝑑𝑥 = 2𝜋 ∑|𝛼𝑘 − 𝛽𝑘 |2


−𝑚 −𝑚 −𝜋 −𝑚

Lemme 2 : Si f est périodique de période 2𝜋, et si 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐


2 , alors ses coefficients réels de FOURIER
vérifient :
𝑚
1 1 𝜋 1 𝜋
|𝑎0 |2 + ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) + ∫ |𝑓(𝑥) − 𝑆𝑚 (𝑥)|2 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥
2 𝜋 −𝜋 𝜋 −𝜋
−𝑚

Démonstration : on fait 𝛽𝑘 = 0 dans le lemme 1, on trouve

Analyse II J. NAVEZ
51

𝜋 𝜋 𝑚

∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥) − 𝑆𝑚 (𝑥)| 𝑑𝑥 + 2𝜋 ∑|𝛼𝑘 |2


2
−𝜋 −𝜋 −𝑚

Remplaçons les 𝛼𝑘 par leurs valeurs :


𝑚 −1
1 1
∑|𝛼𝑘 |2 = ∑(|𝑎−𝑘 |2 + |𝑏−𝑘 |2 ) + |𝑎0 |2
4 4
−𝑚 −𝑚
𝑚 𝑚
1 1 1
+ ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) = ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) + |𝑎0 |2
4 2 4
1 1

𝑚
1 𝜋 1 𝜋 1
∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥 = ∫ |𝑓(𝑥) − 𝑆𝑚 (𝑥)|2 𝑑𝑥 + ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) + |𝑎0 |2
𝜋 −𝜋 𝜋 −𝜋 2
1

Inégalité de BESSEL

Si f est périodique de période 2𝜋, et si 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐


2 , alors les coefficients réels de FOURIER vérifient :


1 1 𝜋
|𝑎0 |2 + ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) ≤ ∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥
2 𝜋 −𝜋
1

Démonstration : à partir du lemme 2, on a


𝑚
1 1 𝜋
|𝑎0 |2 + ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) ≤ ∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥
2 𝜋 −𝜋
1

On passe à la limite pour 𝑚 → +∞, les inégalités sont conservées lors du passage à la limite.

Relation de PARSEVAL Si
𝜋
lim ∫ |𝑓(𝑥) − 𝑆𝑚 (𝑥)|2 𝑑𝑥 = 0
𝑚→+∞ −𝜋

On dit que la fonction périodique f(x) est approchée en moyenne par 𝑆𝑚 (𝑥).

On peut démontrer que si f est périodique de période 2𝜋, et si 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐


2 , alors f est approchée en
moyenne par 𝑆𝑚 (𝑥). On a alors la relation de PARSEVAL :
𝑚
1 1 𝜋
|𝑎0 |2 + ∑(|𝑎𝑘 |2 + |𝑏𝑘 |2 ) = ∫ |𝑓(𝑥)|2 𝑑𝑥
2 𝜋 −𝜋
1

C’est une conséquence du lemme 2.

4. Théorème de DIRICHLET

Définition : une fonction définie pp dans R est dite régulière par morceaux, si on peut partitionner
tout intervalle borné en sous intervalles en nombre fini, dans lesquels 𝑓𝜖𝐶1 .

Propriété : si f est régulière par morceaux, alors 𝑓 ∈ 𝐿𝑙𝑜𝑐


2 .

Analyse II J. NAVEZ
52

Théorème de DIRICHLET : Si f est régulière par morceaux et si f est périodique de période 2𝜋, alors sa
série de FOURIER converge et on a :
+∞
1 𝑓(𝑥 +) + 𝑓(𝑥−)
𝑎0 + ∑(𝑎𝑘 cos 𝑘𝑥 + 𝑏𝑘 sin 𝑘𝑥) =
2 2
1

𝑓(𝑥 +) = lim 𝑓(𝑥 + 𝑡) 𝑒𝑡 𝑓(𝑥 −) = lim 𝑓(𝑥 + 𝑡)


𝑡→0+ 𝑡→0−

Lemme 1 :
𝑏
𝑆𝑖 𝑠(𝑡) ∈ 𝐶0 ([𝑎, 𝑏]), 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 lim ∫ 𝑠(𝑡) sin 𝜆𝑡𝑑𝑡 = 0
𝜆→+∞ 𝑎

On le démontre en faisant l’hypothèse supplémentaire suivante : 𝑠(𝑡) ∈ 𝐶1 ([a,b]), et alors


𝑏 𝑏
− cos 𝜆𝑡 1 1 𝑏
∫ 𝑠(𝑡) sin 𝜆𝑡𝑑𝑡 = ∫ 𝑠(𝑡)𝐷𝑡 ( )𝑑𝑡 = [−𝑠(𝑡) cos 𝜆𝑡]𝑏𝑎 + ∫ 𝐷𝑡 𝑠(𝑡) cos 𝜆𝑡𝑑𝑡
𝑎 𝑎 𝜆 𝜆 𝜆 𝑎
𝑏
1 1 𝑏
|∫ 𝑠(𝑡) sin 𝜆𝑡𝑑𝑡| ≤ |𝑠(𝑎) cos 𝜆𝑎 − 𝑠(𝑏) cos 𝜆𝑏| + ∫ |𝐷 𝑠(𝑡)|𝑑𝑡
𝑎 |𝜆| |𝜆| 𝑎 𝑡

On a le résultat en passant à la limite pour 𝜆 → +∞.

Lemme 2 : On a les relations suivantes

1 𝑛 1
sin (𝑛 + ) 𝑡 𝜋 sin (𝑛 + ) 𝑡
2 = ∑ 𝑒 𝑖𝑘𝑡 , ∫ 2 𝑑𝑡 = 𝜋
𝑡 𝑡
sin −𝑛 0 sin
2 2

a)

1 1 1
sin (𝑛 + 2) 𝑡 𝑒 𝑖(𝑛+2)𝑡 − 𝑒 −𝑖(𝑛+2)𝑡 𝑒 𝑖𝑛𝑡 − 𝑒 −𝑖(𝑛+1)𝑡 1 1 − 𝑒 𝑖𝑛𝑡 1 − 𝑒 −𝑖(𝑛+1)𝑡
𝑡 = 𝑡 𝑡 = = +
1 − 𝑒 −𝑖𝑡 𝑒 −𝑖𝑡 1 − 𝑒 𝑖𝑡 1 − 𝑒 −𝑖𝑡
sin 2 𝑒 𝑖2 − 𝑒 −𝑖2
𝑛−1 𝑛 𝑛−1 0 𝑛 0 𝑛
𝑖𝑡 𝑖𝑘𝑡 −𝑖𝑘𝑡 𝑖(𝑘+1)𝑡 𝑖𝑘𝑡 𝑖𝑘𝑡 𝑖𝑘𝑡
=𝑒 ∑𝑒 + ∑𝑒 = ∑𝑒 + ∑𝑒 = ∑𝑒 + ∑𝑒 = ∑ 𝑒 𝑖𝑘𝑡
0 0 0 −𝑛 1 −𝑛 −𝑛

b)

𝜋 sin (𝑛
1
+ 2) 𝑡
∫ 𝑡
0 sin 2
𝑛 𝜋 −1 𝜋 𝜋 𝑛 𝜋 𝑛 𝜋
𝑖𝑘𝑡 𝑖𝑘𝑡 𝑖𝑘𝑡
= ∑∫ 𝑒 𝑑𝑡 = ∑ ∫ 𝑒 𝑑𝑡 + ∫ 𝑑𝑡 + ∑ ∫ 𝑒 𝑑𝑡 = 2 ∑ ∫ cos 𝑘𝑡𝑑𝑡 + 𝜋
−𝑛 0 −𝑛 0 0 1 0 1 0

Analyse II J. NAVEZ
53

𝑛
sin 𝑘𝑡 𝜋
= 2∑[ ] +𝜋 = 𝜋
𝑘 0
1

Démonstration du théorème
𝑛 𝑛 𝜋
𝑖𝑘𝑥
1
𝑆𝑛 (𝑥) = ∑ 𝛼𝑘 𝑒 = ∑ [∫ 𝑓(𝑡)𝑒 −𝑖𝑘𝑡 𝑑𝑡] 𝑒 𝑖𝑘𝑥
2𝜋 −𝜋
−𝑛 −𝑛
𝜋 𝑛 𝜋−𝑥 𝑛
1 −𝑖𝑘(𝑡−𝑥)
1
= ∑ ∫ 𝑓(𝑡)𝑒 𝑑𝑡 = ∑∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡)𝑒 −𝑖𝑘𝑡 𝑑𝑡
2𝜋 −𝜋 2𝜋 −𝜋−𝑥
−𝑛 −𝑛

1 1
1 𝜋−𝑥 sin (𝑛 + 2) 𝑡 1 𝜋 sin (𝑛 + 2) 𝑡
= ∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡) 𝑡 𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡) 𝑡 𝑑𝑡
2𝜋 −𝜋−𝑥 sin 2 2𝜋 −𝜋 sin 2

1 1
1 𝜋 sin (𝑛 + 2) 𝑡 1 0 sin (𝑛 + 2) 𝑡
= ∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡) 𝑡 𝑑𝑡 + ∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡) 𝑡 𝑑𝑡
2𝜋 0 sin 2𝜋 −𝜋 sin
2 2

(1) (2)

1
1 𝜋 𝑡 sin (𝑛 + 2) 𝑡
(1) = ∫ [𝑓(𝑥 +) + 2𝑠(𝑡) sin ] 𝑡 𝑑𝑡
2𝜋 0 2 sin 2
1
1 𝜋 sin (𝑛 + 2) 𝑡 1 𝜋 1
= ∫ 𝑓(𝑥 +) 𝑡 𝑑𝑡 + ∫ 𝑠(𝑡) sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡
2𝜋 0 sin 𝜋 0 2
2
𝑡 𝑓(𝑥+𝑡)−𝑓(𝑥+)
Posons 𝑓(𝑥 + 𝑡) = 2𝑠(𝑡) sin + 𝑓(𝑥+) , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑠(𝑡) = 𝑡 , 𝑠(𝑡) ∈ 𝐶0 ([0, 𝜋]) par L’Hospital
2 2 sin
2
pour 0.

𝑓(𝑥+) 1 𝜋 1
(1) = + ∫ 𝑠(𝑡) sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡
2 𝜋 0 2

Le premier terme découle du lemme 2 et le second tend vers 0 quand 𝑛 → +∞ en vertu du lemme
1.

1 1
1 0 sin (𝑛 + ) 𝑡 1 𝜋 sin (𝑛 + ) 𝑡
(2) = ∫ 𝑓(𝑥 + 𝑡) 2 𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑥 − 𝑡) 2 𝑑𝑡
2𝜋 −𝜋 𝑡 2𝜋 𝑡
sin 2 0 sin 2

𝑡 𝑓(𝑥−𝑡)−𝑓(𝑥−)
Posons 𝑓(𝑥 − 𝑡) = 2𝑠(𝑡) sin + 𝑓(𝑥−), 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑠(𝑡) = 𝑡 , 𝑠(𝑡) ∈ 𝐶0 ([0, 𝜋]) par L’Hospital
2 2 sin
2
pour 0.

Analyse II J. NAVEZ
54

1 𝜋 𝑓(𝑥−) 1 1 𝜋 1
(2) = ∫ [2𝑠(𝑡) + 𝑡 ] sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡 = ∫ 𝑠(𝑡) sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡
2𝜋 0 sin 2 2 𝜋 0 2
1
1 𝜋 sin (𝑛 + 2) 𝑡
+ ∫ 𝑓(𝑥−) 𝑡 𝑑𝑡
2𝜋 0 sin
2
1
𝑓(𝑥−) 𝜋 sin (𝑛 + 2) 𝑡 1 𝜋 1 𝑓(𝑥−) 1 𝜋 1
= ∫ 𝑡 𝑑𝑡 + ∫ 𝑠(𝑡) sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡 = + ∫ 𝑠(𝑡) sin (𝑛 + ) 𝑡𝑑𝑡
2𝜋 0 sin 2 𝜋 0 2 2 𝜋 0 2

Le premier terme découle du lemme 2 et le second tend vers 0 quand 𝑛 → +∞ en vertu du lemme
1.
Au total :
𝑓(𝑥 +) + 𝑓(𝑥−)
lim 𝑆𝑛 (𝑥) = lim (1) + lim (2) =
𝑛→+∞ 𝑛→+∞ 𝑛→+∞ 2

Compléments
a)Si en plus f∈ 𝐶0 (𝑅), alors sa série de FOURIER converge uniformément et absolument.
b)La série de FOURIER converge sur tout intervalle fermé où f est continue et la convergence y est
uniforme et absolue.
𝑇𝑦
c)Si la fonction est périodique de période T, on fait un changement de variable du genre 𝑥 = 2𝜋.

Analyse II J. NAVEZ
55

Chapitre VI. Eléments du calcul des variations


________________________________________________________
1. Enoncé du problème
𝑑Φ
Considérons une fonction réelle 𝐹 (𝑥, Φ(𝑥), 𝑑𝑥 ) , 𝐹 ∈ 𝐶2 (Ω) où Ω est un ouvert de R3. L’intégrale :
𝑥1
𝑑Φ
𝐼(Φ) = ∫ 𝐹(𝑥, Φ(𝑥), ) 𝑑𝑥
𝑥0 𝑑𝑥
est un nombre qui dépend de la fonction Φ ; on dit qu’il s’agit d’une fonctionnelle.
Le problème fondamental du calcul des variations est le suivant : parmi toutes les fonctions
Φ(𝑥) ∈ 𝐶2 (]𝑥0 , 𝑥1 [) et pour lesquelles les valeurs Φ(x0) = y0 et Φ(x1) = y1 sont données, trouver
celle(s) pour la(les)quelle(s) l’intégrale I (Φ) prend une valeur extrémale.
De tels problèmes se posent souvent en géométrie et en physique : recherche des géodésiques,
principe de FERMAT en optique géométrique…
Condition nécessaire pour avoir un extremum
Supposons que la fonction u(x) est une solution du problème et posons : Φ(𝑥, 𝜀) = 𝑢(𝑥) + 𝜀𝜂(𝑥)
avec
𝜂(𝑥0 ) = 𝜂(𝑥1) = 0
L’expression 𝛿𝑢 = 𝜀𝜂(𝑥) est appelée variation première de la fonction u.
𝑥 𝑑𝑢 𝑑𝜂
Dès lors, 𝐼(𝑢 + 𝜀𝜂) = ∫𝑥 1 𝐹(𝑥, 𝑢 + 𝜀𝜂, 𝑑𝑥 + 𝜀 𝑑𝑥) 𝑑𝑥 est une fonction de 𝜀.
0
𝑑𝐼
La condition revient donc à exprimer que I est extremum pour 𝜀 = 0, soit ( ) = 0.
𝑑𝜀 0
𝑑𝐼
Si une fonction u satisfait à l’équation (𝑑𝜀) = 0 pour toutes les fonctions 𝜂, on dit que l’intégrale I
0
est stationnaire pour Φ = u.
𝑑𝐼
L’expression 𝛿(𝐼) = 𝜀 (𝑑𝜀) est appelée variation première de l’intégrale I.
0
Le caractère stationnaire d’une intégrale ou l’annulation de la variation première de cette intégrale
expriment donc la même chose. Notre objet dans la suite va être de transformer la condition
𝑑𝐼
(𝑑𝜀) = 0
0
de telle sorte qu’elle devienne une condition sur u uniquement et que la fonction arbitraire n’y
apparaisse plus.

2. Equation d’EULER
La CNS pour que l’intégrale
𝑥1
𝑑Φ
𝐼(Φ) = ∫ 𝐹(𝑥, Φ(𝑥), ) 𝑑𝑥
𝑥0 𝑑𝑥
soit stationnaire pour Φ = u est que Φ = u soit une fonction admissible satisfaisant l’équation
d’EULER :
𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹 𝑑𝑢
− ( ′ ) = 0 𝑜ù 𝑢′ =
𝜕𝑢 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝑑𝑥
Démonstration
𝑥 𝑑𝑢 𝑑𝜂
Nous pouvons dériver l’expression 𝐼(𝜀) = ∫𝑥 1 𝐹(𝑥, 𝑢 + 𝜀𝜂, +𝜀 ) 𝑑𝑥 sous le signe d’intégration
0 𝑑𝑥 𝑑𝑥
car les conditions naturelles et supplémentaires sont remplies. Nous obtenons :
𝑥1
𝑑𝐼 𝜕𝐹 𝑑𝜂 𝜕𝐹
= ∫ (𝜂 + ) 𝑑𝑥
𝑑𝜀 𝑥0 𝜕Φ 𝑑𝑥 𝜕Φ′

Analyse II J. NAVEZ
56

𝑥1
𝑑𝐼 𝜕𝐹 𝑑𝜂 𝜕𝐹
( ) = ∫ (𝜂 + ) 𝑑𝑥 = 0
𝑑𝜀 0 𝑥0 𝜕u 𝑑𝑥 𝜕u′
𝑑𝜂
dans cette expression, apparaissenf(t la fonction arbitraire 𝜂 et sa dérivée 𝑑𝑥 ; nous pouvons nous
débarrasser facilement de cette dernière par une intégration par parties :
𝑥1
𝑑𝜂 𝜕𝐹 𝜕𝐹 𝑥1 𝑥1
𝑑 𝜕𝐹 𝑥1
𝑑 𝜕𝐹
∫ ′
𝑑𝑥 = [𝜂 ′ ] − ∫ 𝜂 ( ′
) 𝑑𝑥 = − ∫ 𝜂 ( ′ ) 𝑑𝑥, 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒 𝜂(𝑥0 ) = 𝜂(𝑥1 )
𝑥0 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝑥0 𝑥0 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝑥0 𝑑𝑥 𝜕𝑢
=0
L’équation devient donc
𝑥 𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹
∫𝑥 1 𝜂 [𝜕𝑢 − 𝑑𝑥 (𝜕𝑢′ )] 𝑑𝑥 = 0
0
et cette équation doit être satisfaite ∀𝜂.
𝑏
Lemme 𝑆𝑖 𝑓𝜖𝐶0 (]𝑎, 𝑏[) 𝑠𝑎𝑡𝑖𝑠𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑎 𝑟𝑒𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ∫𝑎 𝑓(𝑥)𝜂(𝑥)𝑑𝑥 =
0 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝜂(𝑥)𝜖𝐶0 (]𝑎, 𝑏[) 𝑒𝑡 𝑡𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝜂(𝑎) = 𝜂(𝑏) = 0, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑓 = 0 𝑑𝑎𝑛𝑠 ]𝑎, 𝑏[.
En effet, supposons qu’en un point 𝜉𝜖]𝑎, 𝑏[, 𝑓(𝜉) ≠ 0, 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑓(𝜉) > 0 sans restrictions ; en vertu de la
continuité, on peut trouver un sous-intervalle 𝜉 − 𝑐 < 𝑥 < 𝜉 + 𝑐 dans lequel f(x) reste positif.
[(𝑥 − 𝜉)2 − 𝑐²] 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑐𝑒𝑡 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑣𝑎𝑙𝑙𝑒
Donnons-nous 𝜂 = { . Cette fonction satisfait visiblement les
0 𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠
conditions de l’énoncé, 𝜂(𝑥)𝑓(𝑥) est strictement positive dans le sous-intervalle et nulle ailleurs.
𝑏
L’intégrale ∫𝑎 𝑓(𝑥)𝜂(𝑥)𝑑𝑥 ne peut donc être nulle. En considérant de la même manière 𝑓(𝜉) < 0 on
aboutirait à la même conclusion et il s’en suit que 𝑓(𝜉) = 0.
Remarques :
- on peut améliorer ce lemme en supposant seulement que 𝑓 ∈ 𝐿1 (]𝑎, 𝑏[) mais la conclusion est
alors que
f = 0 pp dans ]𝑎, 𝑏[.
- on peut aussi diminuer les hypothèses sur les fonctions 𝜂(𝑥), il suffit qu’elles soient continues et à
support compact dans ]𝑎, 𝑏[.
Suite de la démonstration

𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹
En vertu du lemme, on peut conclure que 𝜕𝑢 − 𝑑𝑥 (𝜕𝑢′ ) = 0

3. Cas particuliers importants


1) Théorème : si la variable indépendante x n’apparaît pas explicitement dans le problème
variationnel, alors
𝜕𝐹
𝐸 = 𝐹(𝑢, 𝑢′ ) − 𝑢′ = 𝑐 𝑠𝑡𝑒
𝜕𝑢′
est une intégrale première de l’équation aux dérivées partielles d’EULER.
Cela signifie que si on substitue dans cette expression une solution u(x) de l’équation d’EULER,
l’expression devient une constante indépendante de x. En effet, si F = F(u, u’), calculons :
𝑑𝐸 𝑑𝑢 𝜕𝐹 𝑑𝑢 𝜕 2 𝐹 𝑑²𝑢 𝜕²𝐹 𝑑𝑢 𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹
= [ − ′
,− ]= [ − ( )] = 0
𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝑑𝑥 𝜕𝑢𝜕𝑢 𝑑𝑥² 𝜕𝑢′² 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝑑𝑥 𝜕𝑢′
et nous voyons que pour toute solution u de l’équation d’EULER, nous avons E = cste et E set une
intégrale première de l’équation du second ordre d’EULER.
Ce théorème permet de trouver des solutions u : supposons qu’on puisse tirer u’ de l’équation E =
cste, soit
𝑑𝑥
u’ =f(u, c), c’est une équation du premier ordre et une simple quadrature appliquée à l’équation 𝑑𝑢 =

Analyse II J. NAVEZ
57

1
𝑓(𝑢,𝑐)
nous donne x = g(u, c) + d où d est une autre constante d’intégration. En résolvant cette dernière
équation par rapport à u, on obtient finalement u = u(x, c, d) et la solution générale de, l’équation
d’EULER dépendant de deux constantes arbitraires peut ainsi être obtenue.
2) Théorème : si l’intégrand de I est une différentielle totale exacte, l’équation d’EULER est satisfaite
pour toute fonction admissible, c’est donc une identité.
𝑥 𝑥 𝑑𝑢 𝜕𝑎
En effet, supposons que 𝐼 = ∫𝑥 1 𝑎(𝑥, 𝑢)𝑑𝑢 + 𝑏(𝑥, 𝑢)𝑑𝑥 = ∫𝑥 1 [𝑎(𝑥, 𝑢) 𝑑𝑥 + 𝑏(𝑥, 𝑢)] 𝑑𝑥 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜕𝑥 =
0 0
𝜕𝑏
𝜕𝑢
𝜕𝑎 𝜕𝑏 𝑑
l’équation d’EULER devient : 𝜕𝑢 𝑢′ + 𝜕𝑢 − 𝑑𝑥 [𝑎(𝑥, 𝑢)] = 0
et elle est bien sûr vérifiée pour toute fonction u admissible.
4. Généralisations
1) Intégrales ayant plusieurs fonctions en argument
𝑥
Soit à résoudre 𝛿𝐼(Φ1 , … , Φ𝑝 ) = 𝛿 ∫𝑥 1 𝐹(𝑥, Φ1 , … , Φ𝑝 , Φ′1 , … , Φ′ 𝑝 )𝑑𝑥 = 0 𝑎𝑣𝑒𝑐 Φ𝑖 𝜖𝐶2 (Ω)
0
et ayant des valeurs fixées en x0 et en x1.
Nous allons rechercher pour quel système de fonctions en argument, cette intégrale est stationnaire.
Le concept de valeur stationnaire pour cette intégrale est défini de la même manière que pour une
seule fonction Φ. A savoir, soit 𝜂1 (𝑥), … , 𝜂𝑝 (𝑥), 𝑝 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑟𝑏𝑖𝑡𝑟𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 𝜖𝐶2 (Ω) et s’annulant en x0
et en x1, nous considérons alors la famille de fonctions : Φ𝑖 (𝑥) = 𝑢𝑖 (𝑥) + 𝜀𝜂𝑖 (𝑥), l’expression 𝛿𝑢𝑖 =
𝜀𝜂𝑖 est appelée variation première de la fonction ui et si nous substituons cette valeur dans I :
𝑥1
𝐼(𝜀) = ∫ 𝐹(𝑥, 𝑢1 + 𝜀𝜂1 , … , 𝑢𝑝 + 𝜀𝜂𝑝 , 𝑢′1 + 𝜖𝜂 ′1 , … , 𝑢′ 𝑝 + 𝜀𝜂 ′ 𝑝 )𝑑𝑥
𝑥0
est une fonction du paramètre 𝜀.
Une condition nécessaire pour avoir un extremum pour Φ𝑖 = 𝑢i, c’est-à-dire pour 𝜀 = 0 est que
𝑑𝐼
(𝑑𝜀) = 0
0
𝑑𝐼
ou encore 𝛿𝐼 = 𝜀 ( ) = 0 quel que soit le choix des fonctions 𝜂 i.
𝑑𝜀 0
Pour résoudre ce problème :
- prenons d’abord 𝜂 2, 𝜂 3,…, 𝜂 p identiquement nulles, c’est-à-dire laissons varier uniquement Φ1 , par
𝑑𝐼 𝜕𝐹
ce que nous venons de voir, la condition (𝑑𝜀) = 0 est équivalente à l’équation d’EULER 𝜕𝑢 −
0
𝑑 𝜕𝐹
( ) = 0.
𝑑𝑥 𝜕𝑢′
- nous pouvons poursuivre le raisonnement pour n’importe laquelle des ui, nous obtenons alors le
théorème suivant :
Une CNS pour que l’intégrale I(u1,…,up) soit stationnaire est que les p fonctions ui(x) satisfassent le
𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹
système d’équations d’EULER : − ( ) = 0, i = 1,…,p.
𝜕𝑢 𝑑𝑥 𝜕𝑢′
2) Intégrales faisant intervenir des dérivées d’ordre supérieur à 1
Supposons qu’on veuille traiter le cas des valeurs extr^mes d’une intégrale de la forme :
𝑥1
𝑑Φ d²Φ
𝐼(Φ) = ∫ 𝐹(𝑥, Φ, Φ′ , Φ")𝑑𝑥 𝑜ù Φ′ = 𝑒𝑡 Φ" = , 𝐹𝜖𝐶4 (Ω) 𝑒𝑡 Φ 𝑒𝑡 Φ′
𝑥0 𝑑𝑥 dx²
ayant des valeurs fixées en x0 et x1.
Posons comme d’habitude Φ(𝑥) = 𝑢(𝑥) + 𝜀𝜂(𝑥) et la condition nécessaire pour avoir une intégrale
𝑑𝐼
stationnaire est (𝑑𝜀) = 0. En dérivant sous le signe d’intégration, on obtient :
0

Analyse II J. NAVEZ
58

𝑥1 𝜕𝐹
𝜕𝐹 ′ 𝜕𝐹
∫ (𝜂 + 𝜂 𝜕𝑢′ + 𝜂" ) 𝑑𝑥 = 0
𝑥0 𝜕𝑢 𝜕𝑢"
En intégrant deux fois par parties, il vient :
𝑥1
𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹 𝑑² 𝜕𝐹
∫ 𝜂[ − ( ′) + ( )] 𝑑𝑥 = 0
𝑥0 𝜕𝑢 𝑑𝑥 𝜕𝑢 𝑑𝑥² 𝜕𝑢"
Théorème : la CNS pour que l’intégrale I(u, u’, u’’) soit stationnaire est que la fonction u satisfasse à
𝜕𝐹 𝑑 𝜕𝐹 𝑑2 𝜕𝐹
l’équation d’EULER : 𝜕𝑢 − 𝑑𝑥 (𝜕𝑢′ ) + 𝑑𝑥 2 (𝜕𝑢") = 0.

C’est une équation aux dérivées partielles du 4e ordre.

3) Plusieurs variables indépendantes


𝜕Φ 𝜕Φ
Soit K un compact du plan R²(x, y) limité par un contour borné Γ 𝑑𝑒 𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑒 𝐶∞ . Soit 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦 )
une fonction C2 pour tous ses arguments. Supposons que Φ𝜖𝐶2 (𝐾) et a des valeurs fixées sur Γ.
L’intégrale
𝜕Φ 𝜕Φ
𝐼 = ∬ 𝐹(𝑥, 𝑦, , )𝑑𝑥𝑑𝑦
𝐾 𝜕𝑥 𝜕𝑦
a des valeurs qui dépendent de Φ.
Le problème consiste a trouver une valeur extrémale pour I.
Toujours par la même méthode, on pose Φ(𝑥, 𝑦) = 𝑢(𝑥, 𝑦) + 𝜀𝜂(𝑥, 𝑦) avec 𝜂(𝑥, 𝑦) = 0 sur Γ, et le
𝑑𝐼
problème revient à calculer ( ) = 0. Comme auparavant, cette condition peut s’écrire :
𝑑𝜀 0

𝜕𝐹 𝜕𝜂 𝜕𝐹 𝜕𝜂 𝜕𝐹 𝜕𝑢 𝜕𝑢
∬ (𝜂 + + ) 𝑑𝑥𝑑𝑦 = 0 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑢𝑥 = 𝑒𝑡 𝑢𝑦 =
𝐾 𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑢𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑢𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
En appliquant FUBINI, en intégrant par parties et en tenant compte du fait que 𝜂 = 0 sur Γ, il vient
𝜕𝐹 𝜕 𝜕𝐹 𝜕 𝜕𝐹
∬ 𝜂[ − ( )− ( )] 𝑑𝑥𝑑𝑦 = 0
𝐾 𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑢𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑢𝑦
Nous obtenons ainsi l’équation aux dérivées partielles d’EULER du second ordre :
𝜕𝐹 𝜕 𝜕𝐹 𝜕 𝜕𝐹
− ( )− ( )=0
𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑢𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑢𝑦

Analyse II J. NAVEZ
59

Chapitre VII. Fonctions d’une variable complexe


___________________________________________________________
Définitions
Soit C l’ensemble des nombres complexes z = x + iy ; à chacun d’eux, on associe son affixe (𝑥, 𝑦) ∈
𝑅 2, point d’un plan qui prend alors le nom de plan complexe (ou plan de GAUSS).
On dit que 𝑧 → 𝑧0 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝐶 𝑠𝑖 |𝑧 − 𝑧0 | → 0 ; 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 |𝑧 − 𝑧0 | = √(𝑥 − 𝑥0 )2 + (𝑦 − 𝑦0 )2 =
𝑑[(𝑥, 𝑦), (𝑥0 , 𝑦0 )], on voit qu’un nombre complexe z tend vers un nombre complexe z0 s’il en est
ainsi de leurs affixes.
Une fonction complexe f(z) de la variable complexe z = x + iy définie dans un ensemble E de C est une
loi qui associe à tout nombre z = x + iy de E un et un seul nombre complexe déterminé ; on peut aussi
dire que c’est une loi qui au couple (x, y) de E dans R² associe un et un seul nombre complexe
déterminé.
Une telle fonction peut toujours s’écrire sous la forme : f(z) = f(x,y)= Rf(x,y) + iIf(x,y) où Rf(x,y) et
If(x,y) désignent les parties réelle et imaginaire de f(x,y) ; ces deux fonctions sont des fonctions
réelles de deux variables réelles.
Par ce moyen, on peut étendre aux fonctions complexes d’une variable complexe, les notations et
définitions vues pour les fonctions de plusieurs variables réelles. Ainsi par extension de langage, on
dit que 𝑓(𝑥) ∈ 𝐶𝑝 (Ω), Ω désignant un ouvert de R², si 𝑅𝑓 𝑒𝑡 𝐼𝑓𝜖𝐶𝑝 (Ω) ; de même, on dit que
𝑓(𝑧)𝜖𝐿1 (𝐸) 𝑠𝑖 𝑅𝑓 𝑒𝑡 𝐼𝑓𝜖𝐿1 (𝐸).

Intégrales de f(z)
Soit f(z) = u(x,y) + iv(x,y) une fonction complexe de z = x + iy appartenant à C1(Ω) où Ω est un ouvert
de R² ; soit d’autre part, un arc régulier de courbe C compris dans Ω , alors on pose par définition :

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ (𝑢 + 𝑖𝑣)(𝑑𝑥 + 𝑖𝑑𝑦) = ∫ 𝑢𝑑𝑥 − 𝑣𝑑𝑦 + 𝑖 ∫ 𝑣𝑑𝑥 + 𝑢𝑑𝑦


𝐶 𝐶 𝐶 𝐶

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅ = ∫ (𝑢 + 𝑖𝑣)(𝑑𝑥 − 𝑖𝑑𝑦) = ∫ 𝑢𝑑𝑥 + 𝑣𝑑𝑦 + 𝑖 ∫ 𝑣𝑑𝑥 − 𝑢𝑑𝑦


𝐶 𝐶 𝐶 𝐶
On introduit ainsi la notion d’intégrale de f(z) sur une courbe C. Si on passe à une représentation
paramétrique de l’arc z(t) = [x(t),y(t)], on peut écrire ces intégrales comme :
𝑏 𝑏
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑧(𝑡)]𝐷𝑡 𝑧𝑑𝑡 = ∫ [𝑢(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡)) + 𝑖𝑣(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))](𝐷𝑡 𝑥 + 𝑖𝐷𝑡 𝑦)𝑑𝑡
𝐶 𝑎 𝑎
𝑏 𝑏
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅ = ∫ 𝑓[𝑧(𝑡)]𝐷𝑡 𝑧̅𝑑𝑡 = ∫ [𝑢(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡)) + 𝑖𝑣(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))](𝐷𝑡 𝑥 − 𝑖𝐷𝑡 𝑦)𝑑𝑡
𝐶 𝑎 𝑎
Propriétés de ces intégrales
Les 4 premières propriétés sont évidentes, elles découlent de la définition et des propriétés des
intégrales curvilignes.
̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅𝑑𝑧̅
a) ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫𝐶 𝑓(𝑧)
𝑝 𝑝 𝑝 𝑝
b) ∫𝐶 ∑1 𝑐𝑘 𝑓𝑘 𝑑𝑧 = ∑1 𝑐𝑘 ∫𝐶 𝑓𝑘 𝑑𝑧, ∫𝐶 ∑1 𝑐𝑘 𝑓𝑘 𝑑𝑧̅ = ∑1 𝑐𝑘 ∫𝐶 𝑓𝑘 𝑑𝑧̅
𝑝 𝑝
c) ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∑1 ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧, ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅ = ∑1 ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅
𝑘 𝑘
si C est une courbe union des arcs réguliers successifs C1,…,Ck.
d) ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = − ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧, ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅ = − ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅
− −

e) |∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧| ≤ ∫𝐶 |𝑓(𝑧)| 𝑑𝑠, |∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅| ≤ ∫𝐶 |𝑓(𝑧)| 𝑑𝑠

Analyse II J. NAVEZ
60

En particulier si LC désigne la longueur de l’arc régulier C, on a l’importante majoration


𝑑𝑧
|∫ 𝑓(𝑧) { }| ≤ sup|𝑓(𝑧)| . 𝐿𝐶
𝐶 𝑑𝑧̅ 𝐶
Nous pouvons raisonner pour un seul arc régulier, s’il y en a plusieurs, on effectue simplement la
sommation des longueurs. On a successivement :
𝑏 𝑏
𝑑𝑧
|∫ 𝑓(𝑧) { }| = |∫ (𝑅𝑓 + 𝑖𝐼𝑓)(𝐷𝑡 𝑥 ± 𝑖𝐷𝑡 𝑦)𝑑𝑡| ≤ ∫ |(𝑅𝑓 + 𝑖𝐼𝑓)(𝐷𝑡 𝑥 ± 𝑖𝐷𝑡 𝑦| 𝑑𝑡
𝐶 𝑑𝑧̅ 𝑎 𝑎
𝑏
≤ ∫ |𝑓(𝑧)| √(𝐷𝑡 𝑥)² + (𝐷𝑡 𝑦)²𝑑𝑡 ≤ ∫ |𝑓(𝑧)|𝑑𝑠
𝑎 𝐶
Le cas particulier est évident car un arc régulier de longueur finie considéré avec ses extrémités est
un compact.
f) Lorsque C est un contour borné délimitant un compact K compris dans Ω, et que C+ désigne
l’orientation « aire à gauche »,

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝑖 ∬ (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧)𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐶+ 𝐾

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧̅ = −𝑖 ∬ (𝐷𝑥 − 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧)𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐶+ 𝐾
En effet, si on applique la formule de GREEN et si f=u+iv, on obtient dans le premier cas :

𝑖 ∬ (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )(𝑢 + 𝑖𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐾

= ∬ (𝑖𝐷𝑥 𝑢 − 𝐷𝑥 𝑣 − 𝐷𝑦 𝑢 − 𝑖𝐷𝑦 𝑣)𝑑𝑥𝑑𝑦


𝐾

= ∫ 𝑖𝑢𝑑𝑥 − 𝑣𝑑𝑦 + 𝑢𝑑𝑥 + 𝑖𝑣𝑑𝑦 = ∫ (𝑢𝑑𝑥 − 𝑣𝑑𝑦) + 𝑖(𝑢𝑑𝑦 − 𝑣𝑑𝑥) = ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧


𝐶+ 𝐶+ 𝐶+
La seconde formule se traite de la même façon.

Analyse II J. NAVEZ
61

Chapitre VIII. Les fonctions holomorphes


___________________________________________________
Définitions
On qualifie d’holomorphe dans un ouvert Ω de R², une fonction f(z) d’une variable complexe z définie
dans cet ouvert, telle que :
i. 𝑓(𝑧) ∈ 𝐶1 (Ω)
ii.(𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧) = 0
Cette dernière relation s’appelle équation de CAUCHY-RIEMANN sous forme complexe.
Exemples :
- une constante dans C est holomorphe dans C ;
- z est holomorphe dans C ;
- 𝑧̅ n’est pas holomorphe dans C.
On peut donner aux équations de CAUCHY-RIEMANN une forme réelle :
(𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓 = (𝐷𝑥 𝑅𝑓 − 𝐷𝑦 𝐼𝑓) + 𝑖(𝐷𝑦 𝑅𝑓 + 𝐷𝑥 𝐼𝑓) = 0 soit
𝐷𝑥 𝑅𝑓 = 𝐷𝑦 𝐼𝑓
{
𝐷𝑦 𝑅𝑓 = −𝐷𝑥 𝐼𝑓
Conséquences :
- les fonctions holomorphes sont essentiellement complexes ; une fonction ou un multiple constant
(complexe) d’une fonction réelle ne peut être holomorphe sans se réduire à une constante.
𝐸𝑛 𝑒𝑓𝑓𝑒𝑡, 𝑐(𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓 = 0 ⇒ 𝐷𝑥 𝑓 = 𝐷𝑦 𝑓 = 0.
- si f est holomorphe dans Ω et si 𝑓(𝑧) ∈ 𝐶2 (Ω), alors le Laplacien de f est nul.
2 2
∆𝑓 = (𝐷𝑥𝑥 + 𝐷𝑦𝑦 )𝑓 = (𝐷𝑥 − 𝑖𝐷𝑦 )(𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓 = 0
Les fonctions f(z) ∈ 𝐶2 (Ω)et dont le Laplacien est nul s’appellent des fonctions harmoniques. Les
fonctions holomorphes ∈ 𝐶2 (Ω) sont donc des cas particuliers des fonctions harmoniques. La
restriction ∈ 𝐶2 (Ω) sera d’ailleurs bientôt levée.
Notations et abréviations :
- Ω s’appelle ouvert d’holomorphie de la fonction f(z) holomorphe.
- le mot holomorphe est souvent noté hlm.

Opérations sur les fonctions holomorphes


a) Toute combinaison linéaire à coefficients complexes constants de fonctions f1,…,fp hlm dans Ω est
hlm dans Ω.
En effet, i. ∑𝑘 𝑐𝑘 𝑓𝑘 ∈ 𝐶1 (Ω)
ii. (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 ) ∑𝑘 𝑐𝑘 𝑓𝑘 = ∑𝑘 𝑐𝑘 (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓𝑘 = 0
b) Si f est hlm dans Ω, 𝑓 ̅ ne p eut l’être que si f est constante.
1 1
En effet si f et 𝑓 ̅ sont hlm, alors 2 (𝑓 + 𝑓 ̅) 𝑒𝑡 2𝑖
(𝑓 − 𝑓 ̅) le sont aussi et sont constantes comme
multiples d’une fonction réelle.
c) Le produit f1…fp des fonctions f1,…,fp hlm dans Ω est hlm dans Ω.
En effet, i. 𝑓1 … 𝑓𝑝 ∈ 𝐶1 (Ω)
ii. (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 ) ∏𝑘 𝑓𝑘 = [(𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓1 ]𝑓2 … 𝑓𝑝 + ⋯ + 𝑓1 … 𝑓𝑝−1 (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓𝑝 = 0
d) L’inverse d’une fonction hlm dans Ω est hlm dans Ω ∩ {𝑧: 𝑓(𝑧) ≠ 0}.
En effet, on remarque d’abord que l’ensemble {z : f(z) ≠ 0} est un ouvert car si f(z) ≠0 en un point,
elle l’est aussi par continuité dans toute boule suffisamment petite centrée autour de ce point.

Analyse II J. NAVEZ
62

1
i. 𝑓 ∈ 𝐶1 [Ω ∩ {𝑧: 𝑓(𝑧) ≠ 0}]
1 1
ii. (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 ) 𝑓 = − 𝑓2 (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓 = 0
e) On résume les propriétés précédentes en disant que toute fonction obtenue par un nombre fini
d’opérations algébriques en partant de fonctions hlm dans Ω est hlm dans Ω à condition d’éviter de
diviser par zéro et de passer aux fonctions conjuguées.
f) Théorème d’holomorphie des fonctions composéesSi f(z) est hlm dans Ω et si F est hlm dans un
ouvert contenant {f(z) : z ∈ Ω} ,alors F[f(z)] est hlm dans Ω .
En effet, i. F[f(z)] ∈ C1(Ω) en vertu du théorème de dérivabilité des fonctions composées.
ii. F = RF(x,y) + iIF(x,y) soit F[f(z)] = RF(Rf,If) + i IF(Rf,If)
𝜕𝑅𝐹 𝜕𝑅𝑓 𝜕𝑅𝐹 𝜕𝐼𝑓 𝜕𝐼𝐹 𝜕𝐼𝑓 𝜕𝐼𝐹 𝜕𝑅𝑓
𝐷𝑥 𝑅𝐹 = 𝜕𝑅𝑓 𝜕𝑥
+ 𝜕𝐼𝑓 𝜕𝑥
= 𝜕𝐼𝑓 𝜕𝑦
+ 𝜕𝑅𝑓 𝜕𝑦
= 𝐷𝑦 𝐼𝐹
𝜕𝐼𝐹 𝜕𝑅𝑓 𝜕𝐼𝐹 ∂If ∂RF ∂If ∂RF ∂Rf
𝐷𝑦 𝐼𝐹 = + =− − = −𝐷𝑥 RF
𝜕𝑅𝑓 𝜕𝑦 𝜕𝐼𝑓 ∂y ∂If ∂x ∂Rf ∂x
g) Toute dérivée d’ordre p par rapport à x ou y d’une fonction hlm dans Ω et au moins dans Cp+1(Ω)
est hlm dans Ω
En effet
𝑝′ 𝑝"
𝑖. 𝐷𝑥 𝐷𝑦 f ∈ 𝐶1 (Ω) si p’+p’’=p
𝑝′ 𝑝" 𝑝′ 𝑝"
ii. (𝐷𝑥 + i𝐷𝑦 )𝐷𝑥 𝐷𝑦 f = 𝐷𝑥 𝐷𝑦 (𝐷𝑥 + i𝐷𝑦 )f = 0

Dérivée des fonctions holomorphes par rapport à z


Si f est hlm dans Ω, nous savons que Dxf=-iDyf, posons alors par définition Dzf = Dxf = -iDyf.
Appelons Dzf dérivée complexe de f ou dérivée de f par rapport à z ou encore dérivée si aucune
confusion n’est à craindre.
Propriétés
Soient f, g, f1, f2… des fonctions hlm dans le même ouvert Ω supposées autant de fois continûment
dérivables dans cet ouvert qu’il est nécessaire pour écrire les formules suivantes.
a) 𝐷𝑧 ∑𝑘 𝑐𝑘 𝑓𝑘 = ∑𝑘 𝑐𝑘 𝐷𝑧 𝑓𝑘
b) 𝐷𝑧 (𝑓1 … 𝑓𝑝 ) = (𝐷𝑧 𝑓1 )𝑓2 … 𝑓𝑝 + ⋯ + 𝑓1 … 𝑓𝑝−1 𝐷𝑧 𝑓𝑝
𝑓 (𝐷𝑧 𝑓)𝑔−𝑓𝐷𝑧 𝑔
c) 𝐷𝑧 (𝑔) = 𝑔2
d) Sous les conditions du théorème d’holomorphie des fonctions composées,
𝐷𝑧 F[f(z)] = 𝐷𝑓 F𝐷𝑧 f
∂F ∂Rf ∂F ∂If ∂F ∂Rf ∂If ∂F ∂f ∂F ∂f
En effet, 𝐷𝑧 F = 𝐷𝑥 F = ∂Rf ∂x
+ ∂If ∂x = ∂Rf ( ∂x + i ∂x ) = ∂Rf ∂x = ∂f ∂z
e) Si Dzf = 0 dans Ω connexe, f(z) = cste dans Ω
𝐷𝑥 (𝑅𝑓 + 𝑖𝐼𝑓) = 0
En effet, 𝐷𝑧 f = 0 ⇒ { } ⇒ Rf = c et If = c ′
𝐷𝑦 (𝑅𝐹 + 𝑖𝐼𝑓) = 0
f) Si a et b sont unis par un arc régulier C entièrement compris dans Ω, on a :
𝑏
∫ 𝐷𝑧 f(z)dz = f(b) − f(a)
𝑎
En effet,

Analyse II J. NAVEZ
63

∫ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧) = ∫ 𝐷𝑥 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ (𝐷𝑥 𝑅𝑓 + i𝐷𝑥 𝐼𝑓)(𝑑𝑥 + 𝑖𝑑𝑦)


𝐶 𝐶 𝐶

= ∫ (𝐷𝑥 𝑅𝑓𝑑𝑥 − 𝐷𝑥 𝐼𝑓𝑑𝑦) + i ∫ (𝐷𝑥 𝐼𝑓𝑑𝑥 + 𝐷𝑥 𝑅𝑓𝑑𝑦)


𝐶 𝐶

= ∫ (𝐷𝑥 𝑅𝑓𝑑𝑥 + 𝐷𝑦 𝑅𝑓𝑑𝑦) + 𝑖 ∫ (𝐷𝑥 𝐼𝑓𝑑𝑥 + 𝐷𝑦 𝐼𝑓𝑑𝑦)


𝐶 𝐶
𝑡𝑏
= ∫ [𝐷𝑥 𝑅𝑓(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝐷𝑡 𝑥 + 𝐷𝑦 𝑅𝑓(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝐷𝑡 𝑦]𝑑𝑡
𝑡𝑎
𝑡𝑏
+ ∫ [𝐷𝑥 𝐼𝑓(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝐷𝑡 𝑥 + 𝐷𝑦 𝐼𝑓(𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝐷𝑡 𝑦]𝑑𝑡
𝑡𝑎
𝑡𝑏 𝑡𝑏
= ∫ 𝐷𝑡 𝑅𝑓𝑑𝑡 + i ∫ 𝐷𝑡 𝐼𝑓𝑑𝑡 = 𝑅𝑓]𝑏𝑎 + i𝐼𝑓]𝑏𝑎 = 𝑓]𝑏𝑎
𝑡𝑎 𝑡𝑎

g) Si on a un changement de variable régulier entre z ∈ Ω et z’∈ Ω’ représenté par des équations 𝑧 =


𝜑(𝑧 ′ ) 𝑒𝑡 𝑧 ′ = 𝜌(𝑧) qui sont toutes deux des fonctions hlm et si C de Ω et C’ de Ω’ sont des arcs
réguliers qui se correspondent, on a :

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑧(𝑧 ′ )]𝐷𝑧′ 𝑧 𝑑𝑧 ′


𝐶 𝐶′
(Formule du changement de variable dans les intégrales curvilignes).
En effet, pour simplifier, on peut choisir le même paramètre t dans ]a, b[ pour représenter les deux
arcs C et C’. C = {z(t), t ∈ ]a, b[}, C’ = {z’(t), t ∈ ]a, b[}.
𝑏 𝑏
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓[𝑧(𝑡)]𝐷𝑡 𝑧𝑑𝑡 = ∫ 𝑓[ 𝜑(𝑧 ′ (𝑡))]𝐷𝑡 𝑧𝑑𝑡
𝐶 𝑎 𝑎
𝑏 𝑏
= ∫ 𝑓[𝜑(𝑧 ′ (𝑡))](𝐷𝑥 ′ 𝜑𝐷𝑡 𝑥′ + 𝐷𝑦′ 𝜑𝐷𝑡 𝑦′)𝑑𝑡 = ∫ 𝑓[𝜑(𝑧 ′ (𝑡))]𝐷𝑧′ 𝜑(𝑧′)𝐷𝑡 𝑧′𝑑𝑡
𝑎 𝑎

= ∫ 𝑓[𝜑(𝑧 ′ )]𝐷𝑧′ 𝜑𝑑𝑧′


𝐶′
𝑝′ 𝑝" 𝑝′ +𝑝"
h) 𝐷𝑧 𝐷𝑧 𝑓(𝑧) = 𝐷𝑧 𝑓(𝑧)

𝑝 𝑝" ′
𝑝 +𝑝"
i) 𝐷𝑥 𝐷𝑦 𝑓(𝑧) = 𝑖 𝑝" 𝐷𝑧 𝑓(𝑧)
𝑝
j) 𝑠𝑖 𝑓(𝑧)𝑒𝑠𝑡 ℎ𝑙𝑚 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝐷𝑧 𝑓(𝑧) 𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑢𝑠𝑠𝑖 ℎ𝑙𝑚.

Fonctions holomorphes élémentaires


A. Fonctions rationnelles de z
- Puissances entières de z
- Polynômes de z
- Fractions rationnelles de z
D’après le cours d’Analyse I, nous savons que ces fonctions
i. sont C1 dans le complémentaire des pôles
ii. Vérifient Dxf = -iDyf
elles sont donc holomorphes dans le complémentaire des pôles.
B. Fonctions exponentielle, hyperboliques et circulaires de z
D’après le cours d’Analyse I, nous savons que ces fonctions sont holomorphes dans C.
C. Symboles à déterminations multiples
1) Arg z, pour𝑧 ∈ ∁𝑜

Analyse II J. NAVEZ
64

Chaque nombre complexe z peut s’écrire 𝑧 = |𝑧|𝑒 𝑖𝜃 𝑠𝑖 𝑧 ∈ ∁𝑜, 𝜃 est appelé argument de z et est noté
arg z ; il est défini par les relations :
𝑧 𝑅𝑧 𝐼𝑧
𝑒 𝑖𝜃 = 𝑠𝑜𝑖𝑡 cos 𝜃 = 𝑒𝑡 sin 𝜃 =
|𝑧| |𝑧| |𝑧|
Arg z est défini ∀𝑧 ∈ ∁𝑜
Arg z n’est pas univoquement défini, pour tout z, il admet une infinité de valeurs qui ne différent que
par l’addition d’un multiple entier positif ou négatif de 2π, noté M(2π).
Arg z possède une interprétation géométrique remarquable : il représente l’angle polaire à l’origine
du point d’affixe (Rz, Iz) ; cette interprétation rend évidente son indétermination foncière.
Propriétés
a) arg (zz’) = arg z + arg z’ + M(2π) ; arg zm = m arg z + M(2π)
b) arg (z/z’) = arg z – arg z’ + M(2π)
2) Ln z pour𝑧 ∈ ∁𝑜
Par définition : ln 𝑧 = ln|𝑧| + 𝑖 arg 𝑧 𝑒𝑡 ln 𝑧 𝑒𝑠𝑡 𝑑é𝑓𝑖𝑛𝑖 ∀𝑧 ∈ ∁𝑜.
Ln z n’est défini qu’à un M(2iπ) près à cause de arg z
Si z est réel et positif, ln z possède une détermination réelle qui coïncide avec la fonction élémentaire
classique ln x.
Propriétés : les égalités suivantes ne sont valables qu’à un M(2iπ) près
a) ̅̅̅̅̅
ln 𝑧 = ln 𝑧, ̅ 𝑅 ln 𝑧 = ln|𝑧|, 𝐼 ln 𝑧 = arg 𝑧
b) ln(𝑧1 … 𝑧𝑝 ) = ln 𝑧1 + ⋯ + ln 𝑧𝑝
En effet,
ln(𝑧1 … 𝑧𝑝 ) = ln|𝑧1 … 𝑧𝑝 | + 𝑖𝑎𝑟𝑔 (𝑧1 … 𝑧𝑝 ) = ln|𝑧1 | + ⋯ + ln|𝑧𝑝 | + 𝑖(arg 𝑧1 + ⋯ + arg 𝑧𝑝)
En particulier ln 1/z = - ln z et ln z/z’ = ln z – ln z’ ; cela découle de ln 1 = 0.
c) eln z = z et ln ez = z + M(2iπ)
En effet, 𝑒 ln 𝑧 = 𝑒 ln|𝑧|+𝑖 arg 𝑧 = |𝑧|𝑒 𝑖 arg 𝑧 = 𝑧
ln 𝑒 𝑧 = ln(𝑒 𝑅𝑧 𝑒 𝐼𝑧 ) = ln 𝑒 𝑅𝑧 + ln 𝑒 𝑖𝐼𝑧 = 𝑅𝑧 + ln|𝑒 𝑖𝐼𝑧 | + 𝑖 arg 𝑒 𝑖𝐼𝑧 = 𝑅𝑧 + 𝑖𝐼𝑧 + 𝑀(2𝑖𝜋)
d) ln z n’a pas d’autre zéro que 1.
ln|𝑧| = 0
En effet ln 𝑧 = 0 ⇔ { } ⇔ 𝑧 = 1𝑒 2𝑖𝑘𝜋 = 1
arg 𝑧 = 2𝑘𝜋
En corollaire ln z = ln z’ implique que z = z’.
3) zα pour z ∈ ∁𝑜 𝑒𝑡 𝛼 𝜖 𝐶
On pose par définition zα = eα ln z
zα est défini pour tout z différent de 0 et pour tout α
zα n’est défini qu’à un facteur eM(2iπ)α près.
En particulier, si α est réel, 𝑧 𝛼 = 𝑒 𝛼(ln|𝑧|+𝑖 arg 𝑧) = 𝑒 𝛼 ln|𝑧| 𝑒 𝑖 arg 𝑧 = |𝑧|𝛼 𝑒 𝑖 arg 𝑧
- si α = m, m relatif, l’indétermination disparaît car e2iπm = 1
1
𝑚
- si α = 1/m, m naturel, on pose √𝑧 = 𝑧 𝑚 et on l’appelle racine m-ième de z.
L’indétermination de zα est considérablement diminuée puisqu’elle est réduite aux m facteurs
suivants e2iπ/m,…, e2iπ(m-1)/n, tout autre facteur d’indétermination étant égal aux précédents
- si α = n/m, on retrouve les m facteurs d’indétermination précédents.
Propriétés (les égalités sont à un facteur d’indétermination près)
a) ̅̅̅
𝑧 𝛼 =𝑧̅ 𝛼̅
En effet, 𝑧̅̅̅𝛼 = ̅̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅
𝑒 𝛼 ln 𝑧 = 𝑒 𝛼̅ ln 𝑧 = 𝑒 𝛼̅ ln 𝑧̅ = 𝑧̅ 𝛼̅
′ ′ ′ ′ 𝛼
b) 𝑧 𝛼 𝑧 𝛼 = 𝑧 𝛼+𝛼 , (𝑧 𝛼 )𝛼 = 𝑧 𝛼𝛼 , 𝑧 𝛼 𝑧 ′ = (𝑧𝑧 ′ )𝛼

Analyse II J. NAVEZ
65

′ ′ ln 𝑧 ′ ) ln 𝑧 ′
En effet, 𝑧 𝛼 𝑧 𝛼 = 𝑒 𝛼 ln 𝑧 𝑒 𝛼 = 𝑒 (𝛼+𝛼 = 𝑧 𝛼+𝛼
′ 𝛼′ ′ ln 𝑒 𝛼 ln 𝑧 ′ ln 𝑧 ′
(𝑧 𝛼 )𝛼 = (𝑒 𝛼 ln 𝑧 ) = 𝑒 𝛼 = 𝑒 𝛼𝛼 = 𝑧 𝛼𝛼

(𝑧𝑧 ′ )𝛼 = 𝑒 𝛼 ln 𝑧𝑧 = 𝑒 𝛼(ln 𝑧+ln 𝑧′) =𝑧 𝛼 𝑧 ′ 𝛼
1 𝛼 𝑚
1 𝑛
En particulier : 𝑧 −𝛼 = 𝑧𝛼 , (𝑧 𝛼 ) = 𝑧, 𝑧 𝑛 = √𝑧 𝑚 si m et n sont entiers.
c) (𝑒 𝑧 )𝛼 = 𝑒 𝛼𝑧 , ln 𝑧 𝛼 = 𝛼 ln 𝑧
𝑧
En effet, (𝑒 𝑧 )𝛼 = 𝑒 𝛼 ln 𝑒 = 𝑒 𝛼𝑧 , ln 𝑧 𝛼 = ln 𝑒 𝛼 ln 𝑧 = 𝛼 ln 𝑧
Fonctions élémentaires inverses ln z et zα pour z ∈ ∁𝑜
Les symboles ln z et zα sont des symboles à déterminations multiples, ce ne sont pas des fonctions ;
plus exactement ce sont des fonctions multiformes. On peut en faire des fonctions ordinaires que
l’on dit uniformes à condition de choisir une bonne coordination de leurs valeurs en restant toujours
sur un même chemin de définition : on dit qu’on choisit une branche de la fonction multiforme.
Théorème 1
On peut coordonner les valeurs de arg z de manière à en faire une fonction C∞ mais non holomorphe
dont les dérivées se calculent par
−𝑦 𝑥
𝐷𝑥 arg 𝑧 = 2 2
, 𝐷𝑦 arg 𝑧 = 2
𝑥 +𝑦 𝑥 + 𝑦2
dans tout ouvert connexe contenu dans le complémentaire de l’origine et qui ne contient aucune
courbe fermée entourant 0, à condition d’avoir choisi une détermination de arg z en un point z0 de
cet ouvert.
En pratique, l’intuition nous montre comment coordonner les valeurs de arg z en se reportant à son
interprétation géométrique.
- De fait, si nous fixons la détermination prise par l’angle polaire de z en un point, nous pouvons par
continuité définir l’angle polaire en un point voisin et ainsi de suite.
- L’absence de courbes entourant l’origine est indispensable car sur une telle courbe, on revient par
continuité au point départ avec un argument augmenté de 2π après avoir contourné l’origine.
En théorie, on raisonne comme suit : supposons sans restriction que z et z0 sont suffisamment voisins
pour que Oz et Oz0 forment un angle inférieur à π/2, on peut alors choisir les déterminations de arg z
et arg z0 pour que
𝑥0 𝑦−𝑥𝑦0
arg 𝑧 = arg 𝑧0 + 𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 𝑥𝑥0 +𝑦𝑦0
𝜋 𝜋
Comme 𝑟𝑐𝑡𝑔 ∈] − 2 , 2 [ , il suffit d’établir l’égalité des tangentes des deux membres pour que leurs
cosinus et sinus soient égaux.
𝑡𝑔 arg 𝑧 − 𝑡𝑔 arg 𝑧0 𝑥0 𝑦 − 𝑥𝑦0
𝑡𝑔 (arg 𝑧 − arg 𝑧0 ) = =
1 + (𝑡𝑔 arg 𝑧)(𝑡𝑔 arg 𝑧0 ) 𝑥𝑥0 + 𝑦𝑦0
car tg arg z = y/x et tg arg z0 = y0/x0.
La relation permet alors de définir arg z de proche en proche à partir de sa valeur en un point z0
donné. L’absence de courbe fermée entourant l’origine est indispensable pour que ce processus de
prolongement fonctionne.
On peut également utiliser la formule pour calculer les dérivées partielles de la fonction.
𝑥0 𝑦 − 𝑥𝑦0 −𝑦
𝐷𝑥 arg 𝑧 = 𝐷𝑥 (𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 )= 2
𝑥𝑥0 + 𝑦𝑦0 𝑥 + 𝑦2
𝑥𝑦0 − 𝑦𝑥0 𝑥
𝐷𝑦 arg 𝑧 = 𝐷𝑦 (𝑎𝑟𝑐𝑡𝑔 )= 2
𝑥𝑥0 + 𝑦𝑦0 𝑥 + 𝑦2
Il convient de remarquer que la fonction arg z n’est pas holomorphe puisque
(Dx+iDy)arg z = i/z, c’est d’ailleurs une fonction réelle.

Analyse II J. NAVEZ
66

Théorème 2
Une fonction de la forme α1 arg(z-a1)+…+αparg(z-ap) avec ∑𝑘 𝛼𝑘 = 0 est bien définie et C∞ dans tout
ouvert Ω connexe contenu dans le complémentaire de {a1,…,ap} et qui ne contient pas de contours
fermés entourant les ak à moins de les entourer tous, et à condition d’avoir choisi une détermination
pour chacun des arg (z-ak) en un point de cet ouvert.

La démonstration est analogue ; on remarquera cependant ici que si on considère une courbe fermée
qui entoure tous les ak, la variation de 2π de chacun des arguments entraîne une variation totale de
2𝜋 ∑𝑘 𝛼𝑘 = 0 de la fonction considérée et ne cause donc pas de problème.

Théorème 3
Les fonctions ln z et zα sont holomorphes dans tout ouvert connexe situé dans le complémentaire de
l’origine et ne contenant aucune courbe fermée entourant l’origine, à condition d’avoir fixé la
détermination de arg z en un point de l’ouvert Ω. Les dérivées sont :
1
𝐷𝑧 ln 𝑧 = 𝑒𝑡 𝐷𝑧 𝑧 𝛼 = 𝛼𝑧 𝛼−1
𝑧
Etudions d’abord ln z
i. ln z ϵ C1(Ω) puisque ln|𝑧| et arg z ϵ C∞(Ω)
1 𝑥−𝑖𝑦
ii. Dx ln z = 𝐷𝑥 ln(𝑥 2 + 𝑦 2 ) + 𝑖𝐷𝑥 arg 𝑧 =
2 𝑥 2 +𝑦 2
1 𝑦+𝑖𝑥
Dy ln z = 𝐷 ln(𝑥 2
2 𝑦
+ 𝑦 2 ) + 𝑖𝐷𝑦 arg 𝑧 = 𝑥 2 +𝑦 2
(Dx+iDy) ln z = 0 et Dz ln z = 1/z
La fonction zα est holomorphe en vertu du théorème d’holomorphie des fonctions composées. De
plus
𝛼 𝛼
𝐷𝑧 𝑧 𝛼 = 𝐷𝑧 𝑒 𝛼 ln 𝑧 = 𝑒 𝛼 ln 𝑧 = 𝑧 𝛼 = 𝛼𝑧 𝛼−1
𝑧 𝑧
Théorème 4
Les fonctions
𝛼
ln[(𝑧 − 𝑎1 )𝛼1 … (𝑧 − 𝑎𝑝 ) 𝑝 ] 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑𝑘 𝛼𝑘 = 0

𝛼𝑝
𝑒𝑡 (𝑧 − 𝑎1 )𝛼1 … (𝑧 − 𝑎𝑝 ) 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑ 𝛼𝑘 𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑟
𝑘
sont holomorphes dans tout ouvert connexe Ω contenu dans le complémentaire de
{a1, …, ap} qui ne contient aucune courbe fermée entourant un des points sans les entourer tous et à
condition d’avoir choisi une détermination pour chaque arg (z-ak) en un point z0 de cet ouvert.
La démonstration est analogue au précédent et on note que 𝑒 2𝑖𝜋 ∑𝑘 𝛼𝑘 = 1 si ∑𝑘 𝛼𝑘 est entier ; le
facteur d’indétermination étant 1, il ne pose pas de problème.

Intégrale des fonctions holomorphes par rapport à z


Considérons un contour borné C situé dans l’ouvert d’holomorphie Ω de f(z) ; soit K le compact dont
C est la frontière.
Théorème de CAUCHY
Si K est compris entièrement dans Ω, alors ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 0

Analyse II J. NAVEZ
67

En effet, ∫𝐶 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝑖 ∬𝐾 (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧)𝑑𝑥𝑑𝑦 = 0


Corollaires
1) L’intégrale d’une fonction holomorphe dans Ω sur une courbe régulière orientée quelconque
joignant les deux points a et b de Ω tout en restant dans Ω est indépendante de cette courbe pour
autant que les différentes courbes délimitent 2 à 2 des compacts de Ω.
En effet,

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 + ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 0 ⇒ ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧


𝐶 𝐶 ′− 𝐶 𝐶′
2) Si C n’entoure qu’un seul ensemble E non compris dans Ω, alors la valeur de l’intégrale étudiée ne
dépend pas de C pour autant qu’elle n’entoure que E.
En effet il suffit d’appliquer le théorème de CAUCHY à l’union de deux courbes.
3) Si C entoure au total un nombre fini d’ensembles disjoints E1,…, Ep non compris dans Ω, alors
𝑝

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∑ ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧
𝐶 𝑘=1 𝐶𝑘
quels que soient les contours C1,…, Cp qui n’entourent respectivement que E1,…, Ep
En effet, il suffit d’appliquer le théorème de CAUCHY à l’union de tous les contours.
Théorème de représentation des fonctions holomorphes
Soit un contour borné C limitant un compact K intérieur à l’ouvert d’holomorphie de f(z) et z0 un
point intérieur à K ; dans ces conditions :
1 𝑓(𝑧)
𝑖. 𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 𝑧 − 𝑧0
𝑖𝑖. 𝑓(𝑧)𝜖𝐶∞ (Ω)
𝑝 𝑝! 𝑓(𝑧)
𝑖𝑖𝑖. 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝+1
Démonstration
𝑓(𝑧)
i. Notons que 𝑧−𝑧 est holomorphe dans Ω ∩ ∁𝑧0 et que vu le corollaire 2, l’intégrale étudiée vaut
0
𝑓(𝑧)
∫𝐶 𝑧−𝑧 𝑑𝑧, Cԑ désignant un cercle de centre z0 et de rayon ԑ. Calculons cette dernière intégrale en
𝜀 0
paramétrant z = z0 + ԑeiθ :
1 𝑓(𝑧) 1 2𝜋
∫ 𝑑𝑧 = ∫ 𝑓(𝑧0 + 𝜀𝑒 𝑖𝜃 )𝑑𝜃
2𝑖𝜋 𝐶𝜀 𝑧 − 𝑧0 2𝜋 0
L’expression ci-dessus est valable pour tout ԑ et est égale à sa limite pour ԑ→0 donc à f(z0) comme le
montre une application immédiate du théorème de LEBESGUE :
|𝑓(𝑧0 + 𝜀𝑒 𝑖𝜃 )| ≤ |𝑓(𝑧0 )| + 𝑐
ii. Il suffit de montrer que f(z) ϵ C∞ de l’intérieur d’une boule fermée quelconque de Ω ; si z0 est dans
une telle boule

𝑝
𝑏𝑘
𝑓(𝑧) 𝑓[𝑥(𝑡) + 𝑖𝑦(𝑡)](𝐷𝑡 𝑥 + 𝑖𝐷𝑡 𝑦)
∫ 𝑑𝑧 = ∑ ∫ 𝑑𝑡
𝐶 𝑧 − 𝑧0 𝑎𝑘 [𝑥(𝑡) − 𝑥0 (𝑡)] + 𝑖[𝑦(𝑡) − 𝑦0 (𝑡)]
𝑘=1
satisfait visiblement aux conditions naturelles de dérivation sous le signe intégral et est C∞ par
rapport à x0 et y0.
iii.

Analyse II J. NAVEZ
68

𝑝′ 𝑝" 1 𝑝′ 𝑝" 1
𝐷𝑥0 𝐷𝑦0 𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝐷𝑥0 𝐷𝑦0 ( ) 𝑓(𝑧)𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 𝑧 − 𝑧0
1 1 𝑝 1 𝑝!
et comme 𝐷𝑧0 (𝑧−𝑧 ) = (𝑧−𝑧 … 𝐷𝑧0 (𝑧−𝑧 ) = (𝑧−𝑧 𝑝+1
0 0 )² 0 0)
on obtient la formule annoncée.

Inégalités relatives aux fonctions holomorphes


Théorème 1
Soient K un compact situé dans l’ouvert d’holomorphie Ω de f(z) et C un contour borné qui entoure
ce compact tout en restant dans Ω, alors on a
𝑝+1
𝑝 𝐿𝐶 1
|𝐷𝑧 𝑓(𝑧)| ≤ 𝑝! [ ] sup|𝑓(𝑧)|
2𝜋 𝑑(𝐾, 𝐶) 𝐶
En effet, entourons K par C de manière à ce que d(K, C) ne soit pas nulle, pour tout z de K, on a donc
𝑝 𝑝! 𝑓(𝑍)
𝐷𝑧 𝑓(𝑧) = ∫ 𝑑𝑍
2𝑖𝜋 𝐶 (𝑍 − 𝑧)𝑝+1
d’où

car

|𝑍 − 𝑧| ≥ 𝑑(𝐾, 𝐶)𝑒𝑡 |𝑓(𝑍)| ≤ sup|𝑓(𝑧)|


𝐶
Théorème 2
En tout point z0 de l’ouvert d’holomorphie Ω de f(z), on a
𝑝 𝑝!
|𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )| ≤ 𝑝 sup |𝑓(𝑧)|
𝑅 |𝑧−𝑧0 |=𝑅
pour autant que R < d(z0, CΩ) c’est-à-dire que le cercle de centre z0 et de rayon R soit entièrement
dans Ω.
En effet
𝑝 𝑝! 𝑓(𝑧) 𝑝! 2𝜋𝑅 𝑝!
|𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )| = | ∫ 𝑑𝑧| ≤ sup |𝑓(𝑧)| = 𝑝 𝑠𝑢𝑝 |𝑓(𝑧)|
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑧 − 𝑧0 2𝜋 𝑅 𝑝+1 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑅 |𝑧−𝑧0 |=𝑅
Théorèmes de LIOUVILLE
a) Si f(z) est holomorphe dans C et borné par une constante pour |𝑧| ≫ (ce qui arrive notamment
lorsque f(z) tend vers une constante quand z tend vers l’infini), alors f(z) se réduit à une constante.
En effet,
𝑝 1 𝑐
∀𝑧0 ∈ 𝐶, |𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )| ≤ sup |𝑓(𝑧)| ≤
𝑅 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑅
et on voit en faisant R tendre vers l’infini, que la dérivée s’annule et par conséquent f(z) = constante.
Corollaire : théorème fondamental de l’Algèbre
Tout polynôme Ap(z) avec p>0 a au moins un zéro dans C.
En effet, si Ap(z) n’avait pas de zéro dans C, son inverse 1/Ap(z) serait holomorphe dans C ; or
1/Ap(z) → 0 quand z→∞ ; du théorème de LIOUVILLE il résulte que 1/Ap(z) est constant et même nul
dans C, ce qui est impossible.
b) Si f(z) est holomorphe dans C et si pour |𝑧|suffisamment grand on a |𝑓(𝑧)| ≤ 𝑐|𝑧|𝑝 (ce qui arrive
notamment si f(z)/zp admet une limite finie quand z→∞) alors f(z) se réduit à un polynôme de degré
p.
En effet, la démonstration est analogue mais on utilise la dérivée (p+1)ème :

Analyse II J. NAVEZ
69

𝑝+1 (𝑝 + 1)! 𝑐 𝑧0 𝑝
|𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )| ≤ 𝑠𝑢𝑝 |𝑓(𝑧)| ≤ (𝑝 + 1)! (1 + )
𝑅 𝑝+1 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑅 𝑅
car
|𝑧|𝑝 = |𝑧 − 𝑧0 + 𝑧0 |𝑝 ≤ (|𝑧 − 𝑧0 | + |𝑧0 |)𝑝 ≤ (𝑅 + |𝑧0 |)𝑝

Suites et séries de fonctions holomorphes


La limite d’une suite de fonctions holomorphes n’est généralement pas holomorphe.
Théorème de WEIERSTRASS
Si les fm(z) sont holomorphes dans l’ouvert Ω et convergent uniformément vers f(z) dans tout
compact K de Ω, alors :
i. f(z) est hlm dans Ω
𝑝 𝑝
𝑖𝑖. 𝐷𝑧 𝑓𝑚 (𝑧) ⇒ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧)
𝐾𝑐Ω
𝑝′ 𝑝" 𝑝" 𝑝′ +𝑝"
En effet, soit 𝑓𝑚 (𝑧) ⇒ 𝑓(𝑧) 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝐷𝑥 𝐷𝑦 𝑓𝑚 (𝑧) = 𝑖 𝐷𝑧 𝑓𝑚 (𝑧) ⇒
𝐾𝑐Ω 𝐾𝑐Ω
car si C désigne un contour borné contenu dans Ω et entourant K
𝑝 𝑝 𝑝 𝑝! 𝐿𝐶
sup|𝐷𝑧 𝑓𝑟 (𝑧) − 𝐷𝑧 𝑓𝑠 (𝑧)| = sup|𝐷𝑧 (𝑓𝑟 (𝑧) − 𝑓𝑠 (𝑧))| ≤ sup|𝑓 (𝑧) − 𝑓𝑠 (𝑧)|
𝐾 𝐾 2𝜋 𝑑 (𝐾, 𝐶) 𝐶 𝑟
𝑝+1

→ 0 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑟 𝑒𝑡 𝑠 ≫
d’où la seconde thèse par le critère de CAUCHY.
Par application du théorème sur la convergence uniforme et les fonctions ϵ Cp(Ω), il vient
𝑓(𝑧) ∈ 𝐶∞ (Ω)
{ 𝑝′ 𝑝" 𝑝′ 𝑝"
𝐷𝑥 𝐷𝑦 𝑓𝑚 (𝑧) ⇒ 𝐷𝑥 𝐷𝑦 𝑓(𝑧)
𝐾𝑐Ω
ce qui implique que f(z) est holomorphe car
lim (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓𝑚 (𝑧) = (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧) = 0
𝑚→∞
Remarques
1) Une variante de ce théorème autorise fm à n’être hlm que dans Ωm compris dans Ω avec
Ω1 c Ω2 c … et l’union des Ωi vaut Ω. Dans ce cas la proposition est exacte dans chaque Ωm et par suite
dans Ω.
2) le théorème de WEIERSTRASS s’applique bien sûr aux séries de fonctions hlm.

Développement des fonctions holomorphes en séries de puissances


Définition
On appelle série de puissances au point z0 une série de la forme

∑ 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚
𝑚=0
Les a0, a1,a2… ϵ C sont appelés les coefficients de la série
Théorème d’ABEL
Si la série de puissances au point z0,

∑ 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚
𝑚=0
converge (ponctuellement) au point z*, elle converge absolument dans le cercle ouvert de centre z0
et de rayon d(z0, z*) et même uniformément dans tout compact compris dans ce cercle.
En effet, on applique les critères de CAUCHY relatifs à la convergence absolue et à la convergence
uniforme.

Analyse II J. NAVEZ
70

𝑞 𝑞
𝑧 − 𝑧0 𝑚 ∗
∑|𝑎𝑚 ||𝑧 − 𝑧0 |𝑚 = ∑|𝑎𝑚 | | | |𝑧 − 𝑧0 |𝑚
𝑧 ∗ − 𝑧0
𝑝 𝑝
or la série

∑ 𝑎𝑚 (𝑧 ∗ − 𝑧0 )𝑚
𝑚=0
converge, donc son terme général tend vers 0 quand m tend vers l’infini et l’ensemble des am(z*-z0)m
est borné par une constante, d’où
𝑞 𝑞 𝑞 sup|𝑧 − 𝑧 |𝑚
𝑧 − 𝑧0 𝑚 ∗ 0
𝑚
sup ∑|𝑎𝑚 ||𝑧 − 𝑧0 | ≤ sup ∑|𝑎𝑚 | | ∗ | |𝑧 − 𝑧0 | ≤ 𝑐 ∑ 𝐾 ∗
𝑚
𝐾 𝐾 𝑧 − 𝑧0 |𝑧 − 𝑧0 |𝑚
𝑝 𝑝 𝑝
et le dernier membre tend vers 0 quand p et q tendent vers l’infini vu le critère de CAUCHY appliqué
à la série géométrique de raison inférieure à 1 :
𝑚
∞ sup|𝑧 − 𝑧0 |
∑( 𝐾 ∗ )
|𝑧 − 𝑧0 |
0
Le théorème d’ABEL permet d’introduire la notion suivante.
Cercle ouvert de convergence d’une série de puissances
C’est le plus grand disque ouvert de centre z0 dans lequel la série converge. Son rayon R s’appelle
rayon de convergence de la série considérée. Il est caractérisé par le fait que

𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑠𝑖 |𝑧 − 𝑧0 | < 𝑅
∑ 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚 {
𝑑𝑖𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑠𝑖|𝑧 − 𝑧0 | > 𝑅
0
Théorème
Le rayon du cercle de convergence est l’inverse de la plus grande des limites des sous-suites
𝑚 |𝑎𝑚+1 |
convergentes extraites des suites { √|𝑎𝑚 |} 𝑜𝑢 { |𝑎𝑚 |
}.
En effet, si L est cette limite, celle qui correspond à
𝑚 𝑚 |𝑎𝑚+1 ||𝑧 − 𝑧0 |𝑚+1 |𝑎𝑚+1 |
√|𝑎𝑚 ||𝑧 − 𝑧0 |𝑚 = √|𝑎𝑚 | |𝑧 − 𝑧0 | 𝑜𝑢 = |𝑧 − 𝑧0 |
|𝑎𝑚 ||𝑧 − 𝑧0 |𝑚 |𝑚|
est alors 𝐿|𝑧 − 𝑧0 |
Dès lors, par les critères de la racine et du quotient,

1
𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑎𝑏𝑠𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑖 𝐿|𝑧 − 𝑧0 | < 1 𝑠𝑜𝑖𝑡 |𝑧 − 𝑧0 | <
∑ 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚 { 𝐿
1
0 𝑑𝑖𝑣𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑠𝑖 𝐿|𝑧 − 𝑧0 | > 1 𝑠𝑜𝑖𝑡 |𝑧 − 𝑧0 | >
𝐿
Corollaire
L est donnée par
𝑚 |𝑎𝑚+1 |
lim √|𝑎𝑚 | 𝑜𝑢 lim
𝑚→∞ 𝑚→∞ |𝑎𝑚 |
si l’une ou l’autre de ces limites existe.
Elles peuvent ne pas exister, cependant l’existence de la première entraîne l’existence de la seconde
et leur égalité (voir Analyse infinitésimale I).
On peut se demander ce qui se passe sur la frontière du cercle de convergence. Divers cas peuvent se
présenter : ou bien la série converge, ou bien elle diverge mais en général, elle converge en certains
points et diverge en d’autres points.
Exemples

Analyse II J. NAVEZ
71

𝑧𝑚 𝑚2
1) Considérons la série ∑∞
1 𝑚2 son rayon de convergence est 1 car (𝑚+1)2 → 1
𝑧𝑚 1
et sur le cercle de convergence ∑∞ ∞
1 | 𝑚² | = ∑1 𝑚² converge (critère de RIEMANN)
𝑧𝑚 𝑚
2) Considérons la série ∑∞
1 𝑚
son rayon de convergence est 1 car 𝑚+1 → 1
𝑧𝑚 𝑒 𝑖𝑚𝜃
et sur le cercle de convergence ∑∞
1 𝑚
= ∑∞
1 𝑚
converge en certains points (θ=π) et diverge en
d’autres points (θ=0).
1
3) Considérons la série ∑∞ 𝑚
1 𝑧 son rayon de convergence est 1 car 1 → 1
et sur le cercle convergence |𝑧 𝑚 | = 1 ce qui fait que la série diverge partout puisque son terme
général ne tend pas vers 0.
Propriétés
Dans son disque ouvert de convergence C, une série de puissances ∑∞ 𝑚
0 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 ) possède les
propriétés suivantes :
- elle converge uniformément dans tout compact et sa limite S(z) est hlm dans le disque ;
- les séries de puissances obtenues en dérivant terme à terme convergent uniformément dans tout
compact vers la dérivée correspondante de S(z) ;
1 𝑝
- ses coefficients sont donnés par 𝑎𝑝 = 𝑝! 𝐷𝑧 𝑆(𝑧0 ) si bien que la série apparaît toujours comme le
développement de TAYLOR de la fonction :

(𝑧 − 𝑧0 )𝑚 𝑚
𝑆(𝑧) = ∑ 𝐷𝑧 𝑆(𝑧0 )
𝑚!
0
En effet, les deux premières propriétés résultent des théorèmes de WEIERSTRASS et d’ABEL
appliqués à 𝑆𝑚 (𝑧) = ∑𝑚 𝑘
0 𝑎𝑘 (𝑧 − 𝑧0 ) pour la troisième, on note que

𝑆(𝑧) = ∑ 𝑎𝑚 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚
0

𝑝
𝐷𝑧 𝑆(𝑧) = ∑ 𝑎𝑚 𝑚(𝑚 − 1) … (𝑚 − 𝑝 + 1)(𝑧 − 𝑧0 )𝑚−𝑝
𝑝
𝑝
𝐷𝑧 𝑆(𝑧0 ) = 𝑝! 𝑎𝑝
Théorème de TAYLOR
On peut développer une fonction holomorphe en série de puissances au voisinage de tout point z0 de
son ouvert d’holomorphie Ω. Cette série converge en tout point z de Ω tel que d(z, z0)< d(z0, CΩ) :

(𝑧 − 𝑧0 )𝑚 𝑚
𝑓(𝑧) = ∑ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )
𝑚!
0
Le rayon de convergence de cette série vaut d(z0, CΩ).
Démonstration
a) On recherche une forme intégrale du reste du développement de TAYLOR :
si z0 désigne un point de Ω et si R < d(z0, CΩ), on a

Analyse II J. NAVEZ
72

𝑀 𝑀
(𝑧 − 𝑧0 )𝑚 𝑚 1 1 (𝑧 − 𝑧0 )𝑚
𝑓(𝑧) − ∑ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝑓(𝑍) [ −∑ ] 𝑑𝑍
𝑚! 2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑍−𝑧 (𝑍 − 𝑧0 )𝑚+1
0 0
1 1 (𝑍 − 𝑧0 )𝑀+1
− (𝑧 − 𝑧0 )𝑀+1
= ∫ 𝑓(𝑍) [ − ] 𝑑𝑍
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑍−𝑧 (𝑍 − 𝑧)(𝑍 − 𝑧0 )𝑀+1
1 𝑓(𝑍) (𝑧 − 𝑧0 )𝑀+1
= ∫ 𝑑𝑍
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑍 − 𝑧 (𝑍 − 𝑧0 )𝑀+1
b) Majoration du reste
𝑀
(𝑧 − 𝑧0 )𝑚 𝑚 𝑅 𝑟 𝑀+1
|𝑓(𝑧) − ∑ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )| ≤ ( ) sup |𝑓(𝑧)|
𝑚! 𝑅−𝑟 𝑅 |𝑧−𝑧0 |=𝑅
0
où |𝑧 − 𝑧0 | = 𝑟 < 𝑅 < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω) et |𝑍 − 𝑧| = |(𝑍 − 𝑧0 ) − (𝑧 − 𝑧0 )| ≥ 𝑅 − 𝑟
c)Puisque d(z, z0)<d(z0, CΩ), on peut trouver un disque fermé de rayon R<d(z0,CΩ) qui contient z et
dans lequel on a l’inégalité précédente. Si M tend vers l’infini, le premier membre qui est le reste de
la série tend vers 0 ce qui établit la convergence.
d) Le développement de TAYLOR est unique.
S’il n’en était pas ainsi, on aurait par différence
0= ∑𝑚(𝑎𝑚 − 𝑎′𝑚 ) (𝑧 − 𝑧0 )𝑚 𝑎𝑣𝑒𝑐 |𝑧 − 𝑧0 | < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω)
et en vertu des propriétés des séries de puissances, les am – a’m sont donnés par les dérivées
successives de 0 et sont donc tous nuls.

On peut énoncer un théorème d’unicité plus précis.


Théorème : si par un procédé quelconque, on a obtenu un développement de la forme suivante avec
h(z) hlm au voisinage de z0
f(z) = a0 + a1 (𝑧 − 𝑧0 ) + …+ aM (𝑧 − 𝑧0 )M + (𝑧 − 𝑧0 )M+1 h(z)
les a0, a1,…,aM sont nécessairement les coefficients correspondants du développement de TAYLOR de
f(z).
En effet, par suite de l’égalité donnée, h(z) est hlm au moins dans
{𝑧: |𝑧 − 𝑧0 | < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω)} et pour calculer ap, dérivons p fois par rapport à z puis prenons z = z0, il
vient
𝑝
𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 ) = 𝑝! 𝑎𝑝
et donc ap est un coefficient du développement de TAYLOR.

Un cas particulier de la majoration obtenue lors de la démonstration permet de donner une


interprétation remarquable à la dérivée d’une fonction holomorphe par rapport à z.
Théorème
En tout point de l’ouvert d’holomorphie de f(z), on peut définir Dzf(z) par la formule usuelle :
𝑓(𝑧 + ℎ) − 𝑓(𝑧)
𝐷𝑧 𝑓(𝑧) = lim
ℎ→0 ℎ
où la limite est indépendante de la fçon dont le nombre complexe h tend vers 0

Pour établir cette proposition, prenons z dans Ω et R<d(z, CΩ), on a alors

Analyse II J. NAVEZ
73

𝑓(𝑧 + ℎ) − 𝑓(𝑧) 1
| − 𝐷𝑧 𝑓(𝑧)| = |𝑓(𝑧 + ℎ) − 𝑓(𝑧) − ℎ𝐷𝑧 𝑓(𝑧)|
ℎ |ℎ|
2
1 𝑅 |ℎ|
≤ ( ) sup |𝑓(𝑧 + ℎ)|
|ℎ| 𝑅 − |ℎ| 𝑅 |ℎ|=𝑅
et le majorant tend vers 0 avec h.
Remarquons que si h tend vers 0 sur l’axe réel, Dzf(z) = Dxf(z), si h tend vers 0 sur l’axe imaginaire,
Dzf(z) = -iDyf(z) et les deux sont bien sûr égales.

Développement de TAYLOR des fonctions élémentaires


Le théorème de TAYLOR permet de développer les fonctions holomorphes en séries de puissances et
précise leur disque de convergence d’après la nature de leur ouvert d’holomorphie.
Par exemple, les fonctions suivantes hlm dans C admettent les développements indiqués valables
dans C. Il suffit pour le vérifier de calculer la valeur des dérivées successives en 0.
∞ ∞ ∞
𝑧
𝑧𝑚 𝑧 2𝑚 𝑧 2𝑚+1
𝑒 =∑ cosh 𝑧 = ∑ sinh 𝑧 = ∑
𝑚! (2𝑚)! (2𝑚 + 1)!
0 0 0
∞ 2𝑚 ∞
𝑧 𝑧 2𝑚+1
cos 𝑧 = ∑(−1)𝑚 sin 𝑧 = ∑(−1)𝑚
(2𝑚)! (2𝑚 + 1)!
0 0
Nous connaissions déjà ces développements (voir Analyse infinitésimale I)
Pour les nouvelles fonctions élémentaires ln z et zα, on a :
ln(z+a) qui est hlm au moins dans {𝑧 : |𝑧| < 𝑎}se développe comme suit :

𝑧 𝑧2 𝑧3 (−1)𝑚−1 𝑧 𝑚
ln(𝑧 + 𝑎) = ln 𝑎 + − 2 + 3 + ⋯ = ln 𝑎 + ∑ ( )
𝑎 2𝑎 3𝑎 𝑚 𝑎
1
et converge dans le cercle indiqué.
1 1
En effet, [ln(𝑧 + 𝑎)]0 = ln 𝑎 [𝐷𝑧 ln(𝑧 + 𝑎)]0 = [𝐷𝑧2 ln(𝑧 + 𝑎)]0 = − 2 ….
𝑎 𝑎
(z+a)α est hlm pour au moins |𝑧| < |𝑎| et admet le développement

𝛼 𝛼
𝛼(𝛼 − 1) … (𝛼 − 𝑚 + 1) 𝑧 𝑚
(𝑧 + 𝑎) = 𝑎 ∑ ( )
𝑚! 𝑎
0
𝛼] 𝛼 1 1 2
En effet, [(𝑧 + 𝑎) 0 =𝑎 [𝐷𝑧 (𝑧 + 𝑎)𝛼 ]0 = 𝑎𝛼 𝛼 [𝐷𝑧2 (𝑧 + 𝑎)𝛼 ]0 = 𝑎𝛼 𝛼(𝛼 − 1) ( ) …
𝑎 𝑎
et converge dans le cercle indiqué.
Remarques
Si α est entier positif, la fonction considérée est hlm dans tout le plan et le développement considéré
y converge ; dans ce cas, le développement se réduit à un polynôme et on retrouve la formule du
binôme de NEWTON.
Si on applique le développement de TAYLOR aux fonctions hlm composées de plusieurs fonctions
élémentaires, on est souvent arrêté par des complications qui naissent lors du calcul des dérivées. Si
on ne dérive que les premiers termes du développement cherché, on peut se tirer d’affaire plus
facilement en partant des séries de fonctions élémentaires constitutives et en calculant
formellement les expressions qui y apparaissent comme s’il s’agissait de polynômes ordonnés selon
les puissances croissantes de 𝑧 − 𝑧0 en travaillant aux puissances égales ou supérieures à N près.
Ainsi on combinera linéairement et on multipliera les séries de puissances terme à terme, on
substituera les séries les unes aux autres ; s’il s’agit de faire le quotient de deux séries, on travaillera

Analyse II J. NAVEZ
74

par la méthode des coefficients indéterminés.


Toutes ces opérations formelles donnent un résultat final qui ne peut qu’être le début de la série de
TAYLOR que l’on cherche en vertu du théorème d’unicité précédemment démontré.
𝑧
𝜋
Exemple : rechercher le développement de 𝑒 cos 𝑧 au voisinage de 0 pour |𝑧| ≤ 2
en se limitant à la
puissance 3.
𝑧
Occupons-nous d’abord de cos 𝑧 , on l’obtient par coefficients indéterminés comme :
𝑧
= 𝑎0 + 𝑎1 𝑧 + 𝑎2 𝑧 2 + 𝑎3 𝑧 3 + ⋯
cos 𝑧
𝑧2 𝑧4
𝑧 = (1 − + − ⋯ ) (𝑎0 + 𝑎1 𝑧 + 𝑎2 𝑧 2 + 𝑎3 𝑧 3 + ⋯ )
2 24
𝑧 𝑧³
=𝑧+ +⋯
cos 𝑧 2
2 3
𝑧 𝑧³ 1 𝑧³ 1 𝑧³
𝑒 cos 𝑧 = 1 + (𝑧 + + ⋯ ) + (𝑧 + + ⋯ ) + (𝑧 + + ⋯ ) + ⋯
2 2 2 6 2
𝑧 𝑧² 2
𝑒 cos 𝑧 = 1 + 𝑧 + + 𝑧³ + ⋯
2 3

10. Zéros d’une fonction holomorphe


Définition : on appelle zéro d’une fonction holomorphe dans Ω , un point de cet ouvert où cette
fonction s’annule.
On les classe comme suit :
i. les zéros p-uples (simples si p=1, doubles si p=2…) tels que
f(z0) = Dzf(z0) = …= Dzp-1f(z0) = 0, Dzpf(z0) ≠ 0
ii. Les zéros infinis tels que Dzpf(z0) = 0 pour tout p de N.
Théorème 1 La condition nécessaire et suffisante pour qu’une fonction holomorphe dans Ω s’annule
en un point z0 de Ω avec ses (p-1) premières dérivées est qu’il existe une fonction holomorphe h(z)
telle que f(z) = (z-z0)p h(z) dans un certain voisinage de z0. Dans ce cas
Dzpf(z0) = p!h(z0) et z0 est un zéro p-uple ssi h(z0) ≠ 0.
CN
Si f(z0) = Dzf(z0) = … = Dzp-1f(z0) = 0, la série de TAYLOR de f(z) donne :

(𝑧 − 𝑧0 )𝑚−𝑝 𝑚
𝑆𝑖 |𝑧 − 𝑧0 | < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω), f(z) = (z − 𝑧0 )𝑝 ∑ 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 )
𝑚!
𝑚=𝑝
et il suffit de prendre pour h(z) la somme de la série de puissances convergente :
(𝑧−𝑧0 )𝑚−𝑝 1 𝑝
∑∞
𝑚=𝑝 𝐷𝑧𝑚 𝑓(𝑧0 ) et on a bien ℎ(𝑧0 ) = ℎ! 𝐷𝑧 𝑓(𝑧0 ).
𝑚!
CS
Toute fonction telle que f(z) = (z-z0)ph(z) s’annule manifestement avec ses p-1 premières dérivées en
z0 et Dzpf(z0) prend la valeur p!h(z0) puisque si m < p :
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝
𝐷𝑧𝑚 [(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 ℎ(𝑧)] = 𝑝! 𝐷𝑧𝑚 [ ℎ(𝑧)]
𝑝!
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝−𝑚 1
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝−𝑚−1 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑚
= 𝑝! [ ℎ(𝑧) + 𝐶𝑚 𝐷𝑧 ℎ(𝑧) + ⋯ + 𝐷𝑧 ℎ(𝑧)]
(𝑝 − 𝑚)! (𝑝 − 𝑚 − 1)! 𝑝!
Théorème 2
Si f(z) admet un zéro infini en un point de son ouvert d’holomorphie Ω supposé connexe, elle
s’annule identiquement dans Ω.

Analyse II J. NAVEZ
75

En effet :
a) Tout zéro infini est identique (ou essentiel) car f(z) s’annule identiquement dans un voisinage de ce
zéro, en l’occurrence {𝑧: |𝑧 − 𝑧0 | < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω)}, cela résulte immédiatement du développement de
TAYLOR relatif à z0.
b) Ceci entraîne l’annulation de f(z) dans son ouvert d’holomorphie pour autant qu’il soit connexe. En
effet, si f(z) a un zéro identique, elle admet un ouvert d’annulation identique non vide ω. Tout
revient à démontrer que ω = Ω ou encore que ω n’a pas de point frontière intérieur à Ω. Alors ω et
son complémentaire Сω seraient deux ouverts qui décomposeraient Ω en deux partries disjointes et
cela disconnecterait Ω. De fait un tel point frontière serait un zéro infini de f(z) comme limite de
points où la fonction s’annule avec toutes ses dérivées et par a) ce serait un zéro identique de f(z) ce
qui n’est pas possible puisque tous les zéros identiques appartiennent à l’ouvert ω.
Définitions
Un zéro de f(z) est dit isolé s’il existe au moins un disque centré en ce zéro où la fonction ne s’annule
pas.
Un zéro est dit non-isolé si dans n’importe quel disque centré en ce zéro, il y a au moins un autre
zéro et par suite une infinité de zéros.
Propriétés
- Un zéro p-uple est toujours isolé
En effet, au voisinage d’un tel zéro, on peut écrire f(z) = (z-z0)ph(z) avec h(z0) ≠ 0, et comme h(z) est
continu et non nul en z0, h(z) reste différent de 0 au voisinage de ce point et par conséquent f(z) ne
s’annule plus dans ce voisinage.
- Un zéro non-isolé est infini et son existence entraîne par conséquent l’annulation identique de f(z)
dans son ouvert d’holomorphie supposé connexe. En effet, un zéro non-isolé ne peut être p-uple, il
est donc infini et on applique le théorème 2.
En particulier :
- une fonction holomorphe dans Ω connexe est identiquement nulle si elle possède dans Ω une suite
de zéros convergente dans cet ouvert. En effet, par continuité, elle s’annule au point limite de cette
suite et ce dernier n’est pas isolé.
- une fonction holomorphe dans Ω connexe qui possède une infinité de zéros dans un compact K de
Ω est identiquement nulle. En effet, par le théorème de BOLZANO-WEIERSTRASS, elle possède une
sous-suite convergente de zéros dans K.
Conséquences
a) Théorème de définition complète
Une fonction holomorphe dans un ouvert Ω connexe est complètement définie par sa valeur en un
point et celles de toutes ses dérivées ou bien par les valeurs qu’elle prend en une suite de points qui
convergent dans Ω (à fortiori par les valeurs qu’elle prend dans un sous-ouvert ou un compact infini
de Ω).
Ce théorème montre combien les valeurs d’une fonction holomorphe sont solidaires. Il est équivalent
au théorème suivant dont la démonstration est immédiate.
Théorème d’identification
Deux fonctions holomorphes dans un même ouvert connexe qui coïncident dans les conditions du
théorème précédent sont identiques.
En effet, leur différence est identiquement nulle.
b) Théorème de prolongement des relations fonctionnelles
Des fonctions f1(z), …, fp(z) holomorphes dans un même ouvert Ω connexe vérifient une relation

Analyse II J. NAVEZ
76

F[f1(z), …, fp(z)] = 0 dont le premier membre est holomorphe dans Ω si et seulement si elles kle font
aux points d’une suite qui converge dans Ω (donc à fortiori dans un sous-ouvert ou un compact infini
de Ω).
Exemple : cos z et sin z sont hlm dans C, donc ona cos²z +sin²z = 1 par le simple fait que cette relation
est valable sur l’axe réel.
c) Théorème de prolongement analytique
Si f1(z) est hlm dans Ω1, f2(z) hlm dans Ω2 et si f1(z) = f2(z) au moins en une suite de points
convergente dans Ω1∩ Ω2 supposé connexe et non vide, il existe une seule fonction F(z) hlm dans
Ω1ᴜ Ω2 qui coïncide avec f1 et f2 dans leurs ouverts d’holomorphie respectifs.
𝑓 (𝑧)𝑑𝑎𝑛𝑠 Ω1
En effet, il suffit de poser 𝐹(𝑧) = { 1 ce qui est compatible puisque f1=f2 dans Ω1∩ Ω2
𝑓2 (𝑧)𝑑𝑎𝑛𝑠 Ω2
vu a) ; cette fonction vérifie visiblement les conditions d’holomorphie dans Ω1ᴜ Ω2 et par a), elle
coïncide avec f1 dans Ω1 et avec f2 dans Ω2.
Remarque : si Ω1∩ Ω2 possède plusieurs composantes connexes disjointes, la condition doit être
vérifiée dans chacune d’elles séparément.
d) Théorème de prolongement par symétrie
Si f(z), holomorphe dans un ouvert connexe Ω dont l’intersection avec l’axe réel n’est pas vide, prend
des valeurs réelles sur l’axe réel, alors elle se prolonge dans Ω’, image de Ω par la symétrie d’axe Ox,
par une fonction telle que 𝑓 ̅(𝑧̅) = 𝑓(𝑧).
En effet, puisque 𝑧̅ est l’image de z dans la symétrie d’axe Ox, si f(z) est hlm dans Ω, alors 𝑓 ̅(𝑧̅) est
hlm dans Ω’ car
̅ ) ∈ 𝐶1 (Ω′)
i. 𝑓(𝑧̅
ii. (𝐷𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(̅ 𝑧̅) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
(𝐷𝑥 − 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑧̅) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
(𝐷𝑥 − 𝑖𝐷𝑦 )𝑓(𝑥 − 𝑖𝑦) = (𝐷̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
′ ̅
𝑥 + 𝑖𝐷𝑦 ′ )𝑓(𝑥 + 𝑖𝑦 ) = 0 = 0
en posant y’ = -y.
Les deux fonctions f(z) dans Ω et 𝑓 ̅(𝑧̅) dans Ω’ définissent une seule fonction dans Ωᴜ Ω’ vu c)
puisqu’elles coïncident sur l’axe réel commun à Ω et à Ω’.

Analyse II J. NAVEZ
77

E théorème explique pourquoi des fonctions réelles sur l’axe réel sont définies dans un ouvert
symétrique par rapport à cet axe et vérifient 𝑓 ̅(𝑧) = 𝑓(𝑧̅).

11. Extrema du module des fonctions holomorphes


Cette étude repose sur le théorème suivant qui est un cas particulier du théorème de représentation.
Théorème de la moyenne
Si f(z) est hlm dans c, sa valeur en z0 est la moyenne de ses valeurs sur toute cercle de centre z0 et
entièrement compris dans Ω,
1 2𝜋
𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝑓(𝑧0 + 𝑅𝑒 𝑖𝜃 )𝑑𝜃 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑅 < 𝑑(𝑧0 , ∁Ω)
2𝜋 0
En effet, si on pose 𝑧 = 𝑧0 + 𝑅𝑒 𝑖𝜃 ,
1 𝑓(𝑧) 1 2𝜋
𝑓(𝑧0 ) = ∫ 𝑑𝑧 = ∫ 𝑓(𝑧0 + 𝑅𝑒 𝑖𝜃 )𝑑𝜃
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝑅 𝑧 − 𝑧0 2𝜋 0
Théorème 1
Le module d’une fonction holomorphe dans un ouvert Ω connexe ne peut atteindre une borne
supérieure dans Ω sans que cette fonction soit constante dans Ω.
En effet, si |𝑓(𝑧)| = 0 dans Ω, alors f(z) = 0 dans Ω et le théorème est trivial.
𝑐 2
Si |𝑓(𝑧)| = 𝑐 𝑠𝑡𝑒 ≠ 0 dans c, alors on a |𝑓(𝑧)|2 = 𝑓(𝑧). ̅̅̅̅̅̅
𝑓(𝑧) = 𝑐 2 , 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑓 ̅(𝑧) = 𝑓(𝑧) est hlm dans Ω
avec f(z), ce qui entraîne que f(z) est constante.
Dans les autres cas, démontrons le théorème par l’absurde : soit |𝑓(𝑧)| non constant dans Ω et z0 un
point où |𝑓(𝑧)|atteint sa borne supérieure : |𝑓(𝑧0 | = sup|𝑓(𝑧)| = 𝑀.
Ω
Considérons l’ensemble non vide 𝜔 = {𝑧 : |𝑓(𝑧)| < 𝑀} ∩ Ω ; 𝜔 n’est pas vide car si la fonction
continue n’est pas constante, le module n’est pas constant, il n’est pas égal partout à M et il n’est pas
plus grand que M, donc il existe des points où il est inférieur à M ; 𝜔 est un ouvert car comme f(z) est
continue, |𝑓(𝑧)| l’est aussi et si une fonction réelle est plus petite qu’une valeur M en un point, elle
l’est aussi dans une boule ouverte centrée en ce point ; en fait 𝜔 ≡ Ω : pour cela il suffit de montrer
que 𝜔 n’a pas de point frontière dans Ω, ce que nous allons faire par l’absurde. Soit 𝜉 un point
frontière de 𝜔 dans Ω, on a |𝑓(𝜉)| = 𝑀 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒 |𝑓(𝑧)| = 𝑀 𝑑𝑎𝑛𝑠 Ω ∩ ∁𝜔. D’autre part, soit 𝑟 <
𝑑(𝜉, ∁Ω), dans toute boule de centre 𝜉et de rayon r, il y a des points de 𝜔 à condition de prendre r
<<, il existe donc au moins un 𝜉’ tel que |𝑓(𝜉 ′ )| < 𝑀 𝑠𝑜𝑖𝑡 |𝑓(𝜉 ′ )| = 𝑀 − 2𝜀. Dans un petit voisinage
de 𝜉 ′ , |𝑓(𝑧)| reste par continuité inférieur à M - 𝜀. Soit C le cercle de centre 𝜉 qui passe par 𝜉 ′ et θ
l’angle en 𝜉 qui sous-tend le voisinage de 𝜉 ′ considéré ci-avant.
1 2𝜋 1 𝜃 2𝜋
|𝑓(𝜉)| = | ∫ 𝑓(𝜉 + |𝜉 − 𝜉 ′ | 𝑒 𝑖𝑡 )𝑑𝑡| = |∫ 𝑓(𝜉 + |𝜉 − 𝜉 ′ |𝑒 𝑖𝑡 )𝑑𝑡 + ∫ 𝑓(𝜉 + |𝜉 − 𝜉 ′ |𝑒 𝑖𝑡 )𝑑𝑡|
2𝜋 0 2𝜋 0 𝜃
1 𝑀 𝜖𝜃
≤ (𝑀 − 𝜀) + (2𝜋 − 𝜃) = 𝑀 − <𝑀
2𝜋 2𝜋 2𝜋
ce qui est impossible car |𝑓(𝜉)| = 𝑀.

Théorème 2
Le module d’une fonction holomorphe dans un ouvert Ω connexe ne peut atteindre dans Ω une
borne inférieure non-nulle sans que la fonction soit constante dans Ω.
- Dans le cas de polynômes, c’est le fameux lemme de Gauss qui est le prélude au théorème
fondamental de l’Algèbre.

Analyse II J. NAVEZ
78

1
- En effet, si f(z) ne s’annule pas dans Ω, 𝑓(𝑧) est hlm dans Ω et donc constant en vertu du th. 1.
Théorème du maximum du module
Dans un compact K intérieur à l’ouvert d’holomorphie de f(z), on a |𝑓(𝑧)| ≤ sup|𝑓(𝑧)|, l’égalité
𝐾
n’étant réalisée dans l’intérieur de K que si f(z) = cste dans K, l’égalité est donc toujours réalisée sur 𝐾̇
si f(z) est différent d’une constante.
En effet, |𝑓(𝑧)| est continu dans le compact et y atteint nécessairement sa borne supérieure en un
point z0 ; ce point ne peut être dans l’intérieur de K sinon f serait constante dans l’intérieur de K et
même dans K par continuité.

12. Singularités ponctuelles


Définition : une fonction holomorphe f(z) admet un point singulier z0 si elle est holomorphe dans
V-{z0} sans être la restriction d’une fonction holomorphe dans V, V étant un voisinage ouvert de z0.
Par définition, un point singulier est donc toujours isolé.
- Un point singulier est un pôle d’ordre p si (z – z0)p f(z) est holomorphe au voisinage de z0 et différent
de 0 en z0.
- Tout autre point singulier est dit essentiel.
Exemples
𝐴𝑚 (𝑧)
1) la fraction rationnelle propre 𝐵𝑞 (𝑧)
admet un pôle d’ordre p en une racine p-uple du dénominateur
𝐴𝑚 (𝑧) 𝐴𝑚 (𝑧)
𝐵𝑞 (𝑧) = (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝐵𝑞−𝑝
∗ (𝑧)
⇒ (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 = ∗
𝐵𝑞 (𝑧) 𝐵𝑞−𝑝 (𝑧)
et ce dernier est parfaitement défini
𝐴 (𝑧0 )
au voisinage de z0 et il possède une limite finie 𝐵∗𝑚 différente de 0 en z0.
𝑞−𝑝 (𝑧0 )
1
2) si H(z) est hlm dans C sans être un polynôme, la fonction 𝐻 (𝑧−𝑧 ) admet un point singulier
0
1
essentiel en z0, comme cos ,…, . En effet si,
𝑧−𝑧0
1
lim (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝐻 ( )
𝑧→𝑧0 𝑧 − 𝑧0
existe ou ce qui revient au même si
1
lim
𝐻(𝑧)
𝑧→∞ 𝑧 𝑝
existe, alors en vertu du théorème de LIOUVILLE, H(z) serait un polynôme et ceci est contraire à
l’hypothèse.
Formule de décomposition de LAURENT
Si f(z) est holomorphe dans V-{z0}, V étant un voisinage ouvert de z0, il existe une fonction h(z),
holomorphe dans un voisinage ouvert V’de z0, inclus dans V, et une fonction H(z) holomorphe dans C,
telles que
1
𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + 𝐻 ( )
𝑧 − 𝑧0
dans V’-{z0}.
Démonstration
1) Construisons d’abord la fonction H(z) ; ∀𝑧 ∈ ∁𝑧0 , associons un cercle 𝐶ԑ compris dans V et de
rayon ԑ avec ԑ < d(z0,z), soit

Analyse II J. NAVEZ
79

1 𝑓(𝑢)
𝜑(𝑧) = − 2𝑖𝜋 ∫𝐶 𝑢−𝑧
𝑑𝑢
ԑ
Cette fonction est bien définie ∀𝑧 ∈ ∁𝑧0 et ne dépend pas de ԑ en vertu du théorème de CAUCHY.
De plus ϕ(z) est hlm dans ∁𝑧0 : on peut dériver sous le signe intégral et les relations de CAUCHY-
RIEMANN sont vérifiées. Posons alors
1
𝐻(𝑧) = {𝜑 (𝑧0 + 𝑧 ) 𝑠𝑖 𝑧 ≠ 0
0 𝑠𝑖 𝑧 = 0
Cette fonction est définie pour tout z de C, elle est holomorphe dans le complémentaire de 0 car
1
𝑧0 + 𝑧 est holomorphe dans le complémentaire de 0 et prend ses valeurs dans le complémentaire de
z0 là où ϕ(z) est hlm ; elle est même hlm dans C si on démontre qu’elle est dérivable en 0, que les
dérivées y sont continues et qu’elles satisfont la condition de CAUCHY-RIEMANN.
- les dérivées existent :
𝐻(ℎ) − 𝐻(0) −1 𝑓(𝑢) 1
[𝐷𝑥 𝐻(𝑧)]𝑧=0 = lim = lim ∫ 𝑑𝑢 = ∫ 𝑓(𝑢)𝑑𝑢
ℎ→0 ℎ ℎ→0 2𝑖𝜋ℎ 𝐶 1 2𝑖𝜋 𝐶ԑ
ԑ 𝑢 − (𝑧0 + )

𝐻(𝑖ℎ) − 𝐻(0) −1 𝑓(𝑢) 1
[𝐷𝑦 𝐻(𝑧)]𝑧=0 = lim = lim ∫ 𝑑𝑢 = ∫ 𝑓(𝑢)𝑑𝑢
ℎ→0 ℎ ℎ→0 2𝑖𝜋ℎ 𝐶ԑ 𝑢 − (𝑧 + ) 1 2𝜋 𝐶ԑ
0 𝑖ℎ
- la relation de CAUCHY-RIEMANN est satisfaite car : (DxH)0 +i (DyH)0 = 0
- les dérivées sont continues en 0
1 𝑓(𝑢) 1 𝑓(𝑢)
𝐷𝑧 𝐻(𝑧) = − ∫ 𝐷𝑧 [ ] 𝑑𝑢 = ∫ 𝑑𝑢
2𝑖𝜋 𝐶ԑ 1 2𝑖𝜋 𝐶ԑ [𝑧(𝑢 − 𝑧0 ) − 1]²
𝑢 − (𝑧0 + )
𝑧
et
1
lim 𝐷𝑧 𝐻(𝑧) = ∫ 𝑓(𝑢)𝑑𝑢
𝑧→0 2𝑖𝜋 𝐶ԑ
2) Construisons la fonction h(z) : soit CR un cercle de centre z0 et de rayon R avec d(z0,z) < R,
entièrement contenu dans V. Posons
1 𝑓(𝑢)
ℎ(𝑧) = ∫ 𝑑𝑢
2𝑖𝜋 𝐶𝑅 𝑢 − 𝑧
Visiblement cette fonction est hlm dans la e disque de centre z0 et de rayon R.
3) Prouvons maintenant la formule : d’après la formule de représentation dans la couronne limitée
par 𝐶ԑ et CR
1 𝑓(𝑢) 1 𝑓(𝑢)
𝑓(𝑧) = ∫ 𝑑𝑢 − ∫ 𝑑𝑢
2𝑖𝜋 𝐶𝑅 𝑢 − 𝑧 2𝑖𝜋 𝐶ԑ 𝑢 − 𝑧
soit f(z) = h(z) + ϕ(z) , or
1
𝑧 = 𝑧0 +
1
𝑧 − 𝑧0
1 1
d’où 𝜑(𝑧) = 𝐻 (𝑧−𝑧 ) 𝑒𝑡 𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + 𝐻 (𝑧−𝑧 )
0 0

Théorème d’identification des pôles


Si z0 est un point singulier de f(z) et si |(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧)| < 𝑐 au voisinage de z0, alors
lim (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧)
𝑧→𝑧0
existe et si cette limite diffère de 0, alors z0 est un pôle d’ordre p.

Analyse II J. NAVEZ
80

1
En effet, 𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + 𝐻 (𝑧−𝑧 )
0
1
|(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝐻 ( )| ≤ |(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧)| + |(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 ℎ(𝑧)| ≤ 𝑐′
𝑧 − 𝑧0

au voisinage de z0. Si on pose


1 𝐻(𝑧 ∗ )
, 𝑧∗ =
| ∗ 𝑝 | ≤ 𝑐′
𝑧 − 𝑧0 (𝑧 )
H(z*) étant hlm dans C, le théorème de LIOUVILLE exige que H(z*) soit un polynôme de degré p.
𝑝 𝑝
∗)
𝑐𝑘 𝑓 ∗ (𝑧)
𝐻(𝑧 = ∑ 𝑐𝑘 (𝑧 ∗ )𝑘 𝑒𝑡 𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + ∑ =
(𝑧 − 𝑧0 )𝑘 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝
𝑘=0 𝑘=0
après réduction au même dénominateur. L’expression (z-z0)p f(z) possède alors une limite en z=z0.
Propriétés des singularités ponctuelles
a) La fonction f(z) est holomorphe en z0 si et seulement si H(z) ≡ 0 ; elle admet un pôle d’ordre p en z0
si et seulement si H(z) est un polynôme de degré p ; elle admet une singularité essentielle si et
seulement si H(z) n’est pas un polynôme.
Ceci résulte du théorème d’identification des pôles.
b) Si f(z) admet un pôle d’ordre p en z0, la fonction
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧) 𝑠𝑖 𝑧 ≠ 𝑧0
{ lim (𝑧 − 𝑧 )𝑝 𝑓(𝑧) 𝑠𝑖 𝑧 = 𝑧 }
0 0
𝑧→𝑧0
est holomorphe dans un voisinage de z0 comprenant z0.
En effet, cette fonction est égale à
𝑝

(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 ℎ(𝑧) + ∑ 𝑐𝑘 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝−𝑘
𝑘=0
qui est visiblement holomorphe au voisinage de z0.
c) Si f(z) admet un pôle d’ordre p en z0, on a
ℎ∗ (𝑧)
𝑓(𝑧) =
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝
avec h*(z) holomorphe dans V et h*(z0) ≠ 0.
En effet, il suffit de poser :
𝑝
∗ (𝑧)
ℎ = (𝑧 − 𝑧0 ℎ(𝑧) + ∑ 𝑐𝑘 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝−𝑘
)𝑝
𝑘=0
et h*(z0) = cp ≠ 0.
1
d) Si f(z) admet un pôle d’ordre p en z0, y admet un zéro p-uple et inversement (Critère de
𝑓(𝑧)
l’inverse pour la détection des pôles). Si f(z) a un point singulier essentiel en z0 , il en est de même
1
pour 𝑓(𝑧) et inversement.
En effet, il suffit de démontrer la première partie de l’énoncé qui implique la seconde.
ℎ∗ (𝑧) ∗ (𝑧 )
1 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 ∗
𝑓(𝑧) = , ℎ 0 ≠ 0 ⇒ = , ℎ (𝑧0 ) ≠ 0
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧) ℎ∗ (𝑧)
1⁄
𝑝 ℎ(𝑧)
𝑓(𝑧) = (𝑧 − 𝑧0 ) ℎ(𝑧), ℎ(𝑧0 ) ≠ 0 ⇒ , ℎ(𝑧0 ) ≠ 0
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝

Analyse II J. NAVEZ
81

e) Si z0 est un pôle d’ordre p de f(z), il est pôle d’ordre p+q de Dqzf(z). Toute dérivée de f(z) possède
les points singuliers essentiels de f(z).
En effet, il suffit de raisonner pour la dérivée première, dans le cas d’un pôle d’ordre p :
ℎ∗ (𝑧) (𝑧 − 𝑧0 )𝐷𝑧 ℎ∗ (𝑧) − 𝑝ℎ∗ (𝑧)
𝑓(𝑧) = 𝑒𝑡 𝐷 𝑧 𝑓(𝑧) =
(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝+1
Dans le cas des points singuliers essentiels, on part de la décomposition de LAURENT :
1 1
𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + 𝐻 (𝑧−𝑧 ) 𝑒𝑡 𝐷𝑧 𝑓(𝑧) = 𝐷𝑧 ℎ(𝑧) − (𝑧−𝑧 2 𝐷𝑢 𝐻(𝑢)
0 0)
qui ne peut redevenir holomorphe en z0 par multiplication par une puissance de (z-z0).

f) Si z tend vers z0, alors f(z) → ∞ dans le cas d’un pôle d’ordre p. Mais si z0 est un point singulier
essentiel, il existe des suites tendant vers z0 telles que f(z) tend vers tout nombre a fixé d’avance.
En effet, dans le cas d’un pôle d’ordre p, f(z) → ∞ si z → z0 car
|ℎ∗ (𝑧)|
lim |𝑓(𝑧)| = lim =∞
𝑧→𝑧0 𝑧→𝑧0 |(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 |
Si le point singulier est essentiel, |𝑓(𝑧)| ne peut pas rester borné au voisinage de z0 sinon la fonction
y serait holomorphe. Il y a donc au moins une suite zm → z0 telle que f(zm) → ∞. Mais la fonction
1
𝜑(𝑧) =
𝑓(𝑧) − 𝑎
possède aussi le même point singulier essentiel car si ce point singulier n’existait pas ou serait un
1
pôle, il en serait de même pour 𝑓(𝑧) = 𝜑(𝑧) + 𝑎 donc, il y a au moins une suite zm → z0 telle que
𝜑(𝑧𝑚 ) → ∞ donc telle que f(zm) → a.

Définition des résidus


Soit z0 un point singulier de f(z), on appelle résidu de f(z) en z0, la valeur commune des intégrales :
1
𝑅𝑧0 𝑓(𝑧) = ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶
pour tout contour C qui entoure seulement z0.
Calcul des résidus
a) Si z0 est un pôle d’ordre p de f(z), on a :
1 𝑝−1
𝑅𝑧0 𝑓(𝑧) = {𝐷𝑧 [(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧)]}𝑧=𝑧
(𝑝 − 1)! 0

En effet,
1 1 (𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧) 1 𝑝−1
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑝
𝑑𝑧 = {𝐷𝑧 [(𝑧 − 𝑧0 )𝑝 𝑓(𝑧)]}𝑧=𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 2𝑖𝜋 𝐶 (𝑧 − 𝑧0 ) (𝑝 − 1)! 0

en vertu de la formule de représentation.

En particulier, si p = 1 (pôle simple),


𝑅𝑧0 𝑓(𝑧) = lim (𝑧 − 𝑧0 ) 𝑓(𝑧)
𝑧→𝑧0
S’il s’agit du quotient de deux fonctions holomorphes dont le dénominateur admet un zéro simple en
z0, on a :
𝑓(𝑧) 𝑓(𝑧0 )
𝑅𝑧0 =
𝑔(𝑧) 𝐷𝑧 𝑔(𝑧0 )
En effet, g(z) = (z-z0)g*(z) avec g*(z0) = Dzg(z0) et
𝑓(𝑧) 𝑓(𝑧) 𝑓(𝑧0 )
[(𝑧 − 𝑧0 ) ] =[ ∗ ] =
𝑔(𝑧) 𝑧=𝑧 𝑔 (𝑧) 𝑧=𝑧 𝐷𝑧 𝑔(𝑧0 )
0 0

Analyse II J. NAVEZ
82

b) Si z0 est un point singulier essentiel pour lequel la décomposition de LAURENT fait intervenir la
fonction H(z) holomorphe dans C, on a :
𝑅𝑧0 𝑓(𝑧) = [𝐷𝑧 𝐻(𝑧)]𝑧=0
1
En effet, si 𝑓(𝑧) = ℎ(𝑧) + 𝐻 (𝑧−𝑧 ) au voisinage de z0 ,
0

1 1 1 1
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ ℎ(𝑧)𝑑𝑧 + ∫ 𝐻( ) 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝜀 2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝜀 2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝜀 𝑧 − 𝑧0
1 1
= ∫ 𝐻( ) 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 |𝑧−𝑧0 |=𝜀 𝑧 − 𝑧0
1 1
puisque h(z) est hlm dans CR qui contient Cԑ. Posons 𝑢 = 𝑧−𝑧 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑧 = 𝑧0 + 𝑢 il vient :
0

1 1 1 𝑑𝑢
∫ 𝐻( ) 𝑑𝑧 = ∫ 𝐻(𝑢)
2𝑖𝜋 𝐶𝜀 𝑧 − 𝑧0 2𝑖𝜋 |𝑢|=1 𝑢²
𝜀
en remarquant que ce changement de variable renverse le sens de parcours sur le cercle car si
z-z0 = ԑeiθ , alors u = 1/ԑ e-iθ. Par suite :
𝐻(𝑢)
𝑅𝑧0 𝑓(𝑧) = 𝑅0 [ ] = [𝐷𝑧 𝐻(𝑧)]𝑧=0
𝑢²

13. Théorème des résidus


Soit C un contour borné ne passant par aucune singularité de f(z), dans ce cas

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 2𝑖𝜋 ∑ 𝑅𝑧𝑘 𝑓(𝑧)


𝐶 𝑘
la somme étant étendue à tous les points singuliers zk, k=1,…,m de f(z) intérieurs à C.

En effet, ceci résulte directement du théorème de CAUCHY :

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∑ ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 2𝑖𝜋 ∑ 𝑅𝑧𝑘 𝑓(𝑧)


𝐶 𝑘 𝐶𝜀𝑘 𝑘
Complications
- Bien que le théorème des résidus ne s’applique pas lorsque le contour C passe par des points
singuliers, on peut cependant y recourir en entourant chaque point singulier par un arc de cercle qui
détermine ainsi ce qu’on appelle une encoche circulaire.
- Le théorème ne s’applique pas non plus lorsque le contour n’est pas borné mais dans ce cas aussi,
on peut y recourir en bornant l’enceinte limitée par C par un autre arc CR qui pourra ainsi limiter C.
On applique alors le théorème des résidus sur le contour ainsi modifié et on fait tendre vers 0 le
rayon des encoches circulaires et vers l’infini les arcs qui limitent C.
Le point délicat dans cette procédure est l’évaluation des limites que l’on appelle contribution des
encoches circulaires et contribution des contours qui s’éloignent indéfiniment.
Le théoréme des résidus devient donc :

∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 + 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑐ℎ𝑒𝑠 𝑐𝑖𝑟𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠


𝐶

+ 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑠 ′ é𝑙𝑜𝑖𝑔𝑛𝑒𝑛𝑡 𝑖𝑛𝑑é𝑓𝑖𝑛𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 = 2𝑖𝜋 ∑ 𝑅𝑧𝑘 𝑓(𝑧)


𝑘
où la somme est étendue aux points singuliers intérieurs à C.
Les propositions suivantes vont résoudre le problème des contributions.
Encoches circulaires angulaires

Analyse II J. NAVEZ
83

Désignons par Cԑ l’arc intercepté sur un cercle de centre z0 et de rayon ԑ par un angle au centre α,
mesuré positivement dans le sens trigonométrique. Alors, si dans cet angle,

lim (𝑧 − 𝑧0 )𝑓(𝑧) = 𝐴 𝑜𝑛 𝑎 lim ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝑖𝐴𝛼


𝑧→𝑧0 𝜀→0 𝐶
𝜀
En effet, on peut écrire

𝐴 𝜂(𝑧)
(𝑧 − 𝑧0 )𝑓(𝑧) = 𝐴 + 𝜂(𝑧)𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑓(𝑧) = +
𝑧 − 𝑧0 𝑧 − 𝑧0
avec dans l’angle
lim 𝜂(𝑧) = 0
𝑧→𝑧0
𝑑𝑧 𝜂(𝑧)
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝐴 ∫ +∫ 𝑑𝑧
𝐶𝜀 𝐶𝜀 𝑧 − 𝑧0 𝐶𝜀 𝑧 − 𝑧0

En posant z = z0 + ԑe la première intégrale vaut iAα tandis que la seconde vaut 0 car
𝜂(𝑧) |𝜂(𝑧)| 1
|∫ 𝑑𝑧| ≤ ∫ 𝑑𝑠 ≤ sup|𝜂(𝑧)| ∫ 𝑑𝑠 = 𝛼 sup|𝜂(𝑧)| → 0
𝐶𝜀 𝑧 − 𝑧0 𝐶𝜀 |𝑧 − 𝑧0 | 𝜀 𝐶𝜀 𝐶𝜀 𝐶𝜀
Contours qui s’éloignent indéfiniment
a) Désignons par CR un segment intercepté par une bande de largeur d sur une perpendiculaire à
cette bande qui s’éloigne indéfiniment d’un côté. Si de ce côté-là de la bande,

lim 𝑓(𝑧) = 0 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 lim ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 0


𝑧→∞ 𝑅→∞ 𝐶
𝑅
En effet, si z tend vers l’infini dans la bande,

|∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧| ≤ 𝑑 sup|𝑓(𝑧)| → 0
𝐶𝑅 𝐶𝑅
b) Désignons par CR l’arc intercepté sur un cercle de centre z0 et de rayon R par un angle au centre
orienté α et si dans cet angle α,

lim ( 𝑧 − 𝑧0 )𝑓(𝑧) = 𝐴 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 lim ∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝑖𝐴𝛼


𝑧→∞ 𝑅→∞ 𝐶
𝑅
En effet, en adoptant les mêmes notations que pour les encoches circulaires, on a
𝑑𝑧 𝜂(𝑧)
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 𝐴 ∫ +∫ 𝑑𝑧
𝐶𝑅 𝐶𝑅 𝑧 − 𝑧0 𝐶𝑅 𝑧 − 𝑧0
La première intégrale vaut iAα tandis que la seconde tend vers 0 car
𝜂(𝑧) |𝜂(𝑧)| 1
|∫ 𝑑𝑧| ≤ ∫ 𝑑𝑠 ≤ sup|𝜂(𝑧)| ∫ 𝑑𝑠 = 𝛼 sup|𝜂(𝑧)| → 0
𝐶𝑅 𝑧 − 𝑧0 𝐶𝑅 |𝑧 − 𝑧0 | 𝑅 𝐶𝑅 𝐶𝑅 𝐶𝑅
c) Lemme de JORDAN
Désignons par CR l’arc intercepté sur un cercle de centre z0 et de rayon R par un angle au centre
orienté α , si dans cet angle α
lim 𝑓(𝑧) = 0
𝑧→∞
et si cet angle se projette sur le prolongement négatif du segment orienté (z0 , z0 + 𝑎̅ ) , alors

lim ∫ 𝑒 𝑎𝑧 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = 0
𝑅→∞ 𝐶
𝑅
En effet, cette proposition résulte de la majoration :

Analyse II J. NAVEZ
84

𝜋
|∫ 𝑒 𝑎𝑧 𝑓(𝑧)𝑑𝑧| ≤ 𝑒 𝑅(𝑎𝑧0) sup|𝑓(𝑧)|𝑅 ∫ 𝑒 𝑅(𝑎(𝑧−𝑧0 )) 𝑑𝜃
𝐶𝑅 𝐶𝑅 0
pour autant que l’on montre que le produit par R de l’intégrale du second membre reste borné
quand R tend vers l’infini. Notons d’abord que
R[a(z – z0)]= Ra (x-x0) – Ia (y-y0) = (Ra,- Ia).(x-x0, y-y0) =
𝜋
𝑧0 𝑧 = |𝑎|𝑅 cos(𝑎̅ , 𝑧 − 𝑧0 ) = |𝑎|𝑅 cos( + 𝜃) = −|𝑎|𝑅 sin 𝜃
𝑎̅ . ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 2
2𝑥
Dans [0, π/2], on a sin 𝑥 ≥ 𝜋
d’où
𝜋
|∫ 𝑒 𝑎𝑧 𝑓(𝑧)𝑑𝑧| ≤ ∫ |𝑒 𝑎𝑧0 𝑒 𝑎(𝑧−𝑧0 ) 𝑓(𝑧)|𝑑𝑠 ≤ 𝑒 𝑅(𝑎𝑧0 ) sup|𝑓(𝑧)|𝑅 ∫ 𝑒 −|𝑎|𝑅 sin 𝜃 𝑑𝜃
𝐶𝑅 𝐶𝑅 𝐶𝑅 0
𝜋
𝜋/2
2 −2|𝑎|𝑅𝜃⁄
= 2𝑅𝑒 𝑅(𝑎𝑧0 ) max|𝑓(𝑧)| ∫ 𝑒 −|𝑎|𝑅 sin 𝜃 𝑑𝜃 ≤ 2𝑅𝑒 𝑅(𝑎𝑧0 ) sup|𝑓(𝑧)| ∫ 𝑒 𝜋 𝑑𝜃
𝐶𝑅 0 𝐶𝑅 0
𝜋
= sup|𝑓(𝑧)|𝑒 𝑅(𝑎𝑧0 ) (1 − 𝑒 −|𝑎|𝑅 ) → 0
|𝑎| 𝐶𝑅
d) Si CR désigne un cercle de centre z0 et de rayon R, on a
1 𝑑𝑧
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓(𝑧0 + )
𝐶𝑅 |𝑧|=
1 𝑧 𝑧²
𝑅
l’intégrale pouvant s’écrire :
1
𝑓(𝑧0 + )
2𝑖𝜋𝑅0 [ 𝑧 ]
𝑧²
si f(z) est holomorphe au voisinage de z0.
1
En effet, si on pose 𝑢 = 𝑧−𝑧
0

1 𝑑𝑢
∫ 𝑓(𝑧)𝑑𝑧 = ∫ 𝑓(𝑧0 + )
𝐶𝑅 |𝑢|=
1 𝑢 𝑢²
𝑅

14. Compléments sur les zéros d’une fonction holomorphe


Théorème 1
Si F(z) est holomorphe dans un ouvert Ω et si C inclus dans Ω désigne un contour borné qui entoure
les zéros z1,…,zm de F(z) d’ordres de multiplicité respectifs k1,…,km et ne passe pas de tels zéros, alors
pour toute fonction f(z) holomorphe dans Ω on a :
𝑚
1 𝐷𝑧 𝐹(𝑧)
∑ 𝑘𝑖 𝑓(𝑧𝑖 ) = ∫ 𝑓(𝑧) 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 𝐹(𝑧)
𝑖=1
𝐷𝑧 𝐹(𝑧)
En d’autres termes, dans Ω, l’expression constitue le facteur sommatoire pour les zéros de f(z).
𝐹(𝑧)
En effet, il suffit de calculer l’intégrale du second membre par le théorème des résidus. Les pôles de
l’intégrand sont les zéros de F(z). Au voisinage d’un zéro zj de multiplicité kj, on a
𝑘
𝐹(𝑧) = (𝑧 − 𝑧𝑗 ) 𝑗 𝐻(𝑧), 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝐻(𝑧𝑗 ) ≠ 0
𝑗 𝑘 −1 𝑘
𝐷𝑧 𝐹(𝑧) 𝑘𝑗 (𝑧 − 𝑧𝑗 ) 𝐻(𝑧) + (𝑧 − 𝑧𝑗 ) 𝑗 𝐷𝑧 𝐻(𝑧) 𝑘𝑗 𝐷𝑧 𝐻(𝑧)
= 𝑘
= +
𝐹(𝑧) 𝑗
(𝑧 − 𝑧𝑗 ) 𝐻(𝑧) 𝑧 − 𝑧𝑗 𝐻(𝑧)
𝑓(𝑧)𝑘𝑗 𝑓(𝑧)𝐷𝑧 𝐻(𝑧) 𝑓(𝑧)𝐷𝑧 𝐻(𝑧)
𝑅𝑧𝑗 [ + ] = [𝑓(𝑧𝑗 )𝑘𝑗 + (𝑧 − 𝑧𝑗 )] = 𝑓(𝑧𝑗 )𝑘𝑗
𝑧 − 𝑧𝑗 𝐻(𝑧) 𝐻(𝑧) 𝑧=𝑧 𝑗

Théorème 2

Analyse II J. NAVEZ
85

Le nombre total de zéros comptés avec leur degré de multiplicité d’une fonction f(z) holomorphe
dans Ω, à l’intérieur d’un contour borné C compris dans Ω et ne passant par aucun zéro est donné par
1
la variation : [𝑎𝑟𝑔𝑓(𝑧)]𝐶+ de l’argument de f(z) sur C décrit dans le sens positif.
2𝜋
En effet, si nous appliquons le théorème précédent à la fonction f(z) = 1 et F(z) = f(z), on obtient
𝑚
1 𝐷𝑧 𝑓(𝑧)
∑ 𝑘𝑖 = ∫ 𝑑𝑧
2𝑖𝜋 𝐶 𝑓(𝑧)
𝑖=1
1 1 1 1
= ∫ 𝐷𝑧 [ln 𝑓(𝑧)]𝑑𝑧 = [ln 𝑓(𝑧)]𝐶+ = [ln|𝑓(𝑧)|]𝐶+ + [arg 𝑓(𝑧)]𝐶+
2𝑖𝜋 𝐶 2𝑖𝜋 2𝑖𝜋 2𝜋
1
= [arg 𝑓(𝑧)]𝐶+
2𝜋
On peut donner une interprétation suggestive à ce résultat : au point z ϵ Ω, associons le point
f(z) = [Rf(z), If(z)] ϵ C ; lorsque z décrit C+ ,f(z) décrit une courbe fermée dans C. Le théorème nous dit
alors que le nombre de zéros de f(z) entourés par C est le nombre de tours décrits par f(z) autour de
l’origine dans le sens positif.
Complications
- Si le contour C n’est pas borné, on peut encore appliquer les considérations précédentes à
condition de limiter C par un arc CR de cercle de centre 0 et de rayon R et d’évaluer sa contribution
c’est-à-dire lorsque R tend vers l’infini, le nombre de tours décrits par f(z) autour de 0 quand z décrit
CR.
Exemple : le nombre de zéros de An(z) = a0 + a1 z +…+ an zn dans le demi plan limité aire à gauche, par
1 𝑛
la droite orientée d est donné par [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝑑+ + s’il n’y a pas de zéros sur d. En particulier,
2𝜋 2
toutes les racines de ce polynôme sont dans ce demi-plan si [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝑑+ = 𝑛𝜋.
En effet, complétons d par CR et prenons R suffisamment grand pour qu’il n’y ait pas de zéro sur CR.
Appelons Φ𝑅 l’angle qui intercepte CR. Tout revient à estimer
lim [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝐶𝑅
𝑅→∞
or sur CR, on a :
𝑎0 𝑎1
𝐴𝑛 (𝑧) = 𝑎0 + 𝑎1 𝑧 + ⋯ + 𝑎𝑛 𝑧 𝑛 = 𝑎𝑛 𝑧 𝑛 ( 𝑛
+ + ⋯ + 1)
𝑎𝑛 𝑧 𝑎𝑛 𝑧 𝑛−1
𝑎0 𝑎1
arg 𝐴𝑛 (𝑧) = arg 𝑎𝑛 + 𝑛 arg 𝑧 + arg ( 𝑛
+ + ⋯ + 1)
𝑎𝑛 𝑧 𝑎𝑛 𝑧 𝑛−1
et si R>>,
[arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝐶𝑅 = 𝑛[arg 𝑧]𝐶𝑅 = 𝑛Φ𝑅
lim [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝐶𝑅 = 𝑛𝜋
𝑅→∞
Le nombre de zéros vaut donc :
1 1 1 𝑛
[arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝑑+ + lim [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝐶𝑅 = [arg 𝐴𝑛 (𝑧)]𝑑+ +
2𝜋 2𝜋 𝑅→∞ 2𝜋 2

- Soit fm(z) une suite de fonctions holomorphes dans Ω qui converge vers une fonction f(z),
holomorphe dans Ω, uniformément dans tout compact K de Ω. Comment se comportent les zéros de
fm(z) par rapport à ceux de f(z) ?
- Exemple : un problème de ce genre se pose notamment pour les racines des polynômes à
coefficients paramétriques :
𝑎0 (𝜆) + 𝑎1 (𝜆)𝑧 + ⋯ + 𝑎𝑛 (𝜆)𝑧 𝑛
tels que 𝑎0 (𝜆) → 𝑎0 (𝜆0 ), 𝑎1 (𝜆) → 𝑎1 (𝜆0 ), … , 𝑎𝑛 (𝜆) → 𝑎𝑛 (𝜆0 )𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝜆 → 𝜆0
De fait dans ce cas, il y a convergence uniforme dans tout compact K de C car

Analyse II J. NAVEZ
86

sup|[𝑎0 (𝜆) − 𝑎0 (𝜆0 ) + ⋯ + [𝑎𝑛 (𝜆) − 𝑎𝑛 (𝜆0 )𝑧 𝑛 ]]| ≤ |𝑎0 (𝜆) − 𝑎0 (𝜆0 )| + ⋯
𝐾
+ |𝑎𝑛 (𝜆) − 𝑎𝑛 (𝜆0 )| sup|𝑧|𝑛 → 0
𝐾
La réponse à cette question est donnée par le théorème suivant.
Théorème de HURWITZ
Si les fonctions fm(z), holomorphes dans Ω, tendent uniformément dans tout compact K de Ω vers
f(z), alors le nombre de zéros de fm(z) à l’intérieur contour borné C de Ω ne passant par aucun des
zéros de f(z) finit par devenir égal à celui des zéros de f(z) dans le même contour.
- Ceci entraîne notamment que, dans tout cercle isolant un zéro p-uple de f(z) finissent par se trouver
p et seulement p zéros de fm(z) comptés avec leur multiplicité.
- Autrement dit, p zéros de fm(z) se rapprochent de chaque zéro p-uple de f(z) et viennent finalement
coïncider avec lui.
La démonstration repose sur un lemme.
Lemme de ROUCHE
f(z) et g(z) holomorphes dans Ω possèdent le même nombre de zéros à l’intérieur de C compris dans
Ω si sur C, on a : |𝑓(𝑧) − 𝑔(𝑧)| < |𝑔(𝑧)| (𝑜𝑢 𝑏𝑖𝑒𝑛 < |𝑓(𝑧)| )
En effet, f(z) et g(z) ne peuvent pas s’annuler sur C vu que l’inégalité est stricte. Sur C, on a
𝑓(𝑧)
|1 − |<1
𝑔(𝑧)
𝑓(𝑧)
et le point 𝑔(𝑧) ne peut donc jamais contourner 0 puisque sa distance à 1 est inférieure à 1.
Il reste donc du même côté que 1.

𝑓(𝑧)
0 = [arg ] = [arg 𝑓(𝑧)]𝐶+ − [arg 𝑔(𝑧)]𝐶+
𝑔(𝑧) 𝐶+
[arg 𝑓(𝑧)]𝐶+ = [arg 𝑔(𝑧)]𝐶+
et la conclusion par le théorème 2.
Démonstration du théorème
Sur un contour borné C quelconque de Ω, on finit toujours par avoir |𝑓𝑚 − 𝑓| < |𝑓| puisque
sup|𝑓𝑚 − 𝑓| → 0
𝐶
et peut donc toujours être rendu inférieur à inf|𝑓| ≠ 0.
𝐶
Comme cette borne inférieure est atteinte puisque C est un compact, elle n’est pas nulle, puisque par
hypothèse, f(z) ne s’annule pas sur C.

15. Inversion de la transformée de LAPLACE


La transformée de LAPLACE d’une fonction F(t) est la fonction f(p) avec 𝑝 = 𝜉 + 𝑖𝜂.

𝑓(𝑝) = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡
0
Elle existe pour tout p tel que Rp > p0 où p0 est l’abscisse de convergence de l’intégrale.
Formule d’inversion :
1 𝑠+𝑖∞ 𝑝𝑡
𝐹(𝑡) = ∫ 𝑒 𝑓(𝑝)𝑑𝑝
2𝑖𝜋 𝑠−𝑖∞
où l’intégrale est prise le long de la droite Rp = s > p0 et doit être comprise au sens de

Analyse II J. NAVEZ
87

1 𝑠+𝑖𝜂 𝑝𝑡
lim ∫ 𝑒 𝑓(𝑝)𝑑𝑝
𝜂→∞ 2𝑖𝜋 𝑠−𝑖𝜂

Pour simplifier la démonstration, nous allons supposer que toutes les conditions d’intégrabilité sont
remplies et nous allons poser que F(t) = 0 si t < 0 ce qui est toujours possible puisque l’intégrale porte
sur R+.
Considérons la fonction
𝜑(𝑡) = 𝑒 −𝑠𝑡 𝐹(𝑡)
où s est un réel arbitraire tel que s > p0. La formule de FOURIER
1 ∓ ±
𝐹𝑢∓ 𝐹𝑦± 𝑓(𝑥) = 2𝜋𝑓(𝑢) 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒 𝑓(𝑢) = 𝐹 𝐹 𝑓(𝑥)
2𝜋 𝑢 𝑦
Posons
∞ ∞
Φ(𝜂) = ∫ 𝑒 −𝑖𝜂𝑡 𝜑(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑒 −𝑖𝜂𝑡 𝜑(𝑡)𝑑𝑡 = 𝐹𝜂− 𝜑(𝑡)
−∞ 0
Alors
𝐹𝑡+ 𝐹𝜂− 𝜑(𝑡) = 2𝜋𝜑(𝑡)
si bien que
1 + 1 ∞ 𝑖𝜂𝑡
𝜑(𝑡) = 𝐹𝑡 Φ(𝜂) = ∫ 𝑒 Φ(𝜂)𝑑𝜂 = (∗)
2𝜋 2𝜋 −∞
Or
∞ ∞ ∞
Φ(η) = ∫ 𝑒 −𝑖𝜂𝑡 𝑒 −𝑠𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑒 −(𝑠+𝑖𝜂)𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑒 −𝑝𝑡 𝐹(𝑡)𝑑𝑡 = 𝑓(𝑝)
0 0 0
où f(p) est la transformée de LAPLACE pour = 𝑠 + 𝑖𝜂 .
La formule (*) devient alors :
1 +∞ 𝑖𝜂𝑡
𝜑(𝑡) = ∫ 𝑒 𝑓(𝑠 + 𝑖𝜂)𝑑𝜂
2𝜋 −∞
et
1 +∞ (𝑠+𝑖𝜂)𝑡 1 𝑠+𝑖∞ 𝑝𝑡
𝐹(𝑡) = 𝑒 𝑠𝑡 𝜑(𝑡) = ∫ 𝑒 𝑓(𝑠 + 𝑖𝜂)𝑑𝜂 = ∫ 𝑒 𝑓(𝑝)𝑑𝑝
2𝜋 −∞ 2𝑖𝜋 𝑠−𝑖∞

*********************************

Analyse II J. NAVEZ
88

Table des matières


_________________________________

Chapitre I. Compléments sur la topologie de Rn 2

Chapitre II. Convergence uniforme 9

Chapitre III. Intégrales particulières 16

Chapitre IV. Compléments sur la théorie des fonctions


et Analyse vectorielle 22

Chapitre V. Intégrales et séries de FOURIER 43

Chapitre VI. Eléments du calcul des variations 55

Chapitre VII. Fonctions d’une variable complexe 59

Chapitre VIII. Les fonctions holomorphes 61

Analyse II J. NAVEZ

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