Gestion des fumiers bovins en enclos
Gestion des fumiers bovins en enclos
Mars 1999
Le Guide de bonnes pratiques agroenvironnementales pour la gestion des fumiers
des bovins de boucherie est publié par :
Conjointement avec :
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
Le ministère de l’Environnement du Québec
Ou
Ou
ISBN : 2-9801411-1-9
Dépôt légal :
Bibliothèque nationale du Québec, 1999
Bibliothèque nationale du Canada, 1999
TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS ................................................................................................................................................ 1
INTRODUCTION................................................................................................................................................ 2
4. ÉLEVAGE EN BÂTIMENT............................................................................................................................ 9
7. CONCLUSION..............................................................................................................................................27
8. RÉFÉRENCES..............................................................................................................................................29
ANNEXES
LISTE DES TABLEAUX
TABLEAU 1 Quantité de litière recommandée pour un fumier à 80 % d’humidité et pour retenir les liquides
contenus dans les déjections animales pour les élevages en bâtiment ...........................................10
ANNEXE 1 Mesures additionnelles de protection de l’environnement pour les sites d’élevage possédant plus de
100 vaches-veaux........................................................................................................................30
La Table filière du bœuf a donc confié à un groupe d’experts le mandat de rédiger le présent
Guide de bonnes pratiques agroenvironnementales pour la gestion des fumiers des bovins de
boucherie.
Pendant cette période, les régies décrites dans le guide seront évaluées sur le plan
environnemental. Si les résultats de recherche démontrent qu’elles respectent
l’environnement, elles pourront être intégrées en permanence au RRPOA. Les pratiques
agroenvironnementales décrites dans ce guide sont ainsi établies en fonction des connaissances
actuelles. Elles seront bonifiées à mesure que les résultats de recherche le permettront.
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INTRODUCTION
La société en général et les producteurs agricoles en particulier sont de plus en plus soucieux
de la protection de l’environnement et de la conservation des ressources pour les générations
actuelles et futures. Ces objectifs peuvent être atteints en préservant la viabilité et la
compétitivité des entreprises.
Les fermes bovines qui possèdent déjà un certificat d’autorisation (C.A.) délivré par le
ministère de l’Environnement, doivent continuer de respecter leur C.A. et les normes
d’exploitation en vigueur. Les élevages dont le stockage du fumier solide a été autorisé dans
un champ cultivé ne sont pas tenus d’obtenir une nouvelle autorisation s’ils maintiennent cette
pratique tout en respectant les critères du guide plutôt que de recouvrir le fumier solide en
permanence avec un matériau imperméable. De même, l’exploitant d’un élevage dont
l’entreposage du fumier solide a été autorisé dans un ouvrage d’entreposage non étanche,
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n’est pas tenu d’obtenir une modification de son C.A. pour réaliser les aménagements prévus
dans le guide concernant les enclos aménagés et les bandes végétatives filtrantes. Dans les
autres cas d’aménagement d’enclos et de bandes végétatives filtrantes prévus dans le guide,
une demande de C.A. doit être déposée au ministère de l’Environnement. Dans tous les cas,
le producteur devrait vérifier auprès du ministère de l’Environnement si les changements qu’il
prévoit réaliser nécessitent une modification à son C.A. ou la délivrance d’un nouveau C.A.
Afin de connaître les dates limites d’admissibilité à une aide financière et les conditions s’y
rattachant, les producteurs doivent se référer au Programme d’aide à l’investissement en
agroenvironnement.
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L’élevage vaches-veaux est géré de façon extensive, les bovins se trouvant au pâturage de la
mi-mai jusqu’à la mi-octobre. Généralement, les vaches et leur progéniture alternent d’une
parcelle à une autre durant tout l’été. Chaque parcelle profite ainsi d’un épandage naturel de
fumier.
L’hiver, lorsque le sol est gelé, les bovins sont souvent contenus dans un enclos extérieur avec
bâtiment ou abri minimum. Pour la santé et la productivité du troupeau, l’élevage extérieur
est préférable à l’élevage en réclusion, surtout si les bâtiments sont mal ventilés. L’enclos
d’hivernage est situé, si possible, près d’un boisé à l’abri des vents dominants. Des brise-vent
doivent être construits si la protection naturelle contre les vents n’est pas adéquate. Les
vêlages se font généralement à l’intérieur du bâtiment, puis la vache et son veau sont retournés
avec le troupeau dans l’enclos d’hivernage.
En 1998, environ 725 entreprises québécoises élèvent des bouvillons d’engraissement. Elles
produisent quelque 110 000 têtes, dont 80 000 sont vendues aux fins d’abattage; les
30 000 autres étant de type semi-fini. La taille moyenne des ateliers est alors de 152 têtes,
soit beaucoup moins que les 400 bouvillons nécessaires pour occuper une personne à temps
plein. Seulement une cinquantaine d’entreprises produisent plus de 300 bouvillons, par année,
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Moins de 20 % du cheptel à l’engraissement est élevé sur plancher ajouré. Le fumier produit
par ces élevages est manipulé et géré sous forme liquide. Il est entreposé dans une structure
étanche, sous le parc d’engraissement. Ce type d’aménagement est en régression.
Pour la majorité des entreprises, la gestion actuelle des fumiers se fait sous forme solide ou sur
litière avec entreposage dans un champ en andain. Dans les cours d’exercice bétonnées, une
pente de 1 % à 2 % permet l’écoulement des effluents vers un réservoir. Les absorbants
utilisés sont principalement la sciure de bois, les copeaux de planeurs et la paille. Plusieurs
autres produits peuvent être utilisés comme litière, tels que des tiges de maï s hachées, de la
paille de lin, de la paille de soya et de la mousse de tourbe. Les fumiers sont épandus au
champ avant les semis, à la suite d’une coupe de foin, après la récolte des céréales à paille ou
avant les labours automnaux.
Les périodes critiques pour la gestion des fumiers se situent lors d’un dégel hivernal, au dégel
du printemps et de la fin de l’automne. Pour certains sites, l’automne, avant le gel du sol,
constitue une autre période critique. Ces périodes critiques sont très courtes, de un à deux
mois par année; elles peuvent toutefois atteindre 90 jours annuellement dans certaines
conditions. De bons aménagements bien situés et une bonne gestion limitent les risques de
pollution de l’eau et maintiennent la santé et la productivité du cheptel.
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2. LOIS ET RÈGLEMENTS
Les distances séparatrices relatives aux installations d’élevage s’appliquent aux bâtiments
d’élevage, aux aires d’alimentation extérieures, aux ouvrages ou installations de stockage des
engrais de ferme, aux enclos d’hivernage et aux aires d’abreuvement. Elles sont obtenues par
des formules qui tiennent compte de sept paramètres, dont le nombre de bovins, la charge
d’odeur, le type de fumier et de projet, les moyens d’atténuation des odeurs utilisés et les
usages à protéger. Les distances séparatrices pour l’épandage des engrais de ferme dépendent
du type de fumier et du mode d’épandage utilisé, et varient selon la date d’épandage.
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Toute régie d’élevage respectueuse de l’environnement doit minimiser les effets sur l’eau, l’air
et le sol, et ce, en dessous des quantités que ces milieux peuvent recycler.
Le choix des sites d’élevage et d’entreposage ainsi que l’épandage doivent être effectués de
façon à protéger la qualité de l’eau souterraine, de l’eau d’abreuvement et des cours d’eau. Ils
doivent respecter les exigences minimales contenues dans le RRPOA, la Directive relative à la
détermination des distances séparatrices relatives à la gestion des odeurs en milieu agricole
et le présent guide. Des zones protégées plus vastes seraient souhaitables pour chaque point
d’eau. Il faut également prendre des précautions pour empêcher les eaux de ruissellement
d’atteindre le site d’élevage. De plus, il est préférable d’empêcher les bovins de s’abreuver
directement dans le cours d’eau.
Dans le cas d’élevage en réclusion, des mesures additionnelles de protection peuvent être
prises pour atténuer les odeurs qui se dégagent. Ceci est d’autant plus vrai dans le cas d’un
élevage avec une gestion sur fumier liquide.
Étant un élevage en gestion extensive, l’élevage vache-veau est parmi les moins générateurs
d’odeurs, puisque les bovins passent l’été au pâturage et que le fumier de la plupart de ces
fermes est géré sous forme solide.
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Certaines méthodes de réduction des odeurs peuvent être utilisées avantageusement, dont :
• Ajout de litière en surface : le fumier solide dégage moins d’odeurs que le fumier
liquide ou lisier. L’ajout de litière réduit l’émission d’odeurs dans l’atmosphère tout
en améliorant la capacité portante pour les bovins.
• Brise-vent : la direction des vents dominants varie selon les saisons. Un brise-vent
peut, s’il est bien conçu, réduire la propagation des odeurs tout en protégeant les
bovins.
Enfin, lors du choix d’un site, il faut considérer notamment la proximité de la forêt, les brise-
vent naturels ou artificiels, la direction des vents dominants et la pente du terrain. Chaque cas
étant unique, chaque situation devrait être évaluée individuellement.
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4. ÉLEVAGE EN BÂTIMENT
Les modèles d’élevage des bovins en bâtiment exclusivement se différencient selon le mode de
gestion des fumiers, soit une gestion sur fumier solide, soit une gestion sur fumier liquide.
Lors de la gestion sur fumier solide, des quantités appropriées de litière, telles que définies aux
paragraphes suivants, devront être ajoutées aux déjections. En fait, dans ce type d’élevage, la
teneur en eau du mélange déjections-litière est inférieure à 85 %. Il est alors possible, à cette
teneur, de manipuler le fumier sous forme solide. La teneur en eau ne devrait toutefois pas
dépasser 80 % si le fumier solide est entreposé dans un champ. En tout temps, il faut respecter
l’article 37 du RRPOA, qui précise que le sol sur lequel une installation d’élevage est construite
doit être protégé de tout contact des déjections animales qui y sont produites. L’installation
proposée doit avoir la capacité de recevoir et d’accumuler sans débordement l’ensemble des
déjections animales.
En stabulation libre, la teneur en eau du mélange déjections-litière doit être inférieure à 80 % pour
un élevage sur fumier solide et une évacuation d'une à deux fois par semaine. Pour un élevage sur
litière, la teneur en eau sera de 75 % et moins, avec une période d’accumulation plus longue de
façon à assurer la portance des bovins, tout en retenant les liquides contenus dans les déjections
animales ainsi que les eaux souillées qui leur sont ajoutées et permettre le stockage dans un champ.
La quantité de litière dépend de la durée du séjour, du poids des bovins, de leur alimentation, du
type d’absorbant utilisé et de son taux d’humidité (tableau 1). Les valeurs présentées au tableau 1
résultent de calculs théoriques. L'information jointe ou les données provenant d’observations
d’élevage ont servi à établir la quantité de litière ou d’absorbant recommandée pour les différents
modèles. De plus, dans les élevages sur litière accumulée, il faut mettre dès le départ, une couche
de 75 à 150 mm de litière de façon à assurer le confort des animaux et la rétention des eaux
souillées.
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Paille de canola :
• lâche 22,8 343 11 2,7 2,2
Foin :
• en balles 100-130 223
Copeaux de planeuse :
• en ballots 200-300 138 12 à 15 2,8 à 3,0 2,2 à 2,3
• lâches 100-150 138 12 à 15 2,8 à 3,0 2,2 à 2,3
Bran de scie :
moulin 225-275 55 58 8,0 6,2
vrac et non séché
200-250 142 36 4,4 3,4
Note 1 : Les quantités de litière sont calculées à partir du taux d’humidité du fumier frais, de celui de la litière et du taux
d’humidité du mélange désiré.
Note 2 : Installations avec accumulation de litière, sans considérer la portance des bovins. À titre d’exemple, le taux
d’humidité désiré sera de 75 % pour assurer la portance d’une vache. Donc, la quantité de litière de paille requise
sera de 6 kg/tête par jour.
Note 3 : D’autres matériaux peuvent être utilisés comme absorbants, tels que des tiges de maï s hachées, de la mousse de
tourbe, etc.
Source : Densité et capacité d’absorption de diverses litières utilisées dans les bâtiments d’élevage. MAPAQ, 1990,
AGDEX 538.
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Il faut éviter l’utilisation de matériaux moins absorbants (ex. : « vieux foin ») comme litière. La
paille est utilisable comme absorbant; cependant, pour assurer la portance des bovins, on obtient de
meilleurs résultats avec des copeaux de bois et du bran de scie. Tous les types de litière apportent
des amendements organiques au sol.
L’état solide survient lorsque les liquides sont absorbés par la litière. En période de végétation, il
est préférable d’épandre directement au champ le fumier provenant de l’aire de couchage. Par
contre, en période d’hivernage, on peut faire des amas dans un champ en respectant les conditions
des installations de stockage de fumier solide (section 6).
Dans ce cas, le bâtiment est subdivisé longitudinalement en deux aires, une aire d’alimentation le
long d’une mangeoire longitudinale intérieure ou extérieure, et une aire de couchage adjacente à
l’aire d’alimentation (croquis 1). La gestion des fumiers s’effectue selon trois méthodes : aire
d’alimentation sans litière et aire de couchage avec litière accumulée; aire d’alimentation avec ajout
de litière et aire de couchage avec litière accumulée; aire d’alimentation et aire de couchage avec
litière, sans accumulation.
[Link].a Aire d’alimentation sans litière et aire de couchage avec litière accumulée
Selon ce modèle, seule l’aire de couchage reçoit de la litière. Les quantités de déjections qui y sont
produites représentent environ 30 % à 40 % du total des déjections. La teneur en humidité du
mélange doit se situer entre 75 % et 80 %; considérant qu’une teneur de 75 % assure une meilleure
portance aux bovins. En plus de l’application journalière de litière, il faut déposer de 75 à 100 mm
de litière sèche sur toute cette aire, avant l’entrée des bovins.
À titre d’exemple, dans l’aire de couchage, la quantité de litière dosant 12 % d’humidité et devant
être utilisée quotidiennement sera de 0,75 à 2,50 kg par bouvillon, selon le poids de ces derniers, et
de 2,0 kg par vache-veau.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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L’aire de couchage doit être nettoyée au moins une fois par année, de préférence au moment où le
fumier peut être épandu directement au champ. Si le fumier avec litière doit être nettoyé plus d’une
fois par année, il peut être entreposé dans un champ si on respecte les conditions d’installation de
stockage de fumier solide dans un champ cultivé (section 6).
Le fumier de l’aire d’alimentation (de 60 % à 70 % des déjections produites) est enlevé une ou
deux fois par semaine. Comme il n’y a pas de litière ajoutée, ce fumier semi-liquide doit être
entreposé dans un réservoir à lisier, conformément aux normes du RRPOA.
Les quantités de litière à ajouter dans l’aire de couchage doivent abaisser le taux d’humidité entre
75 % et 80 %. Cependant, un taux d’humidité de 75 % assure une meilleure portance aux bovins.
Une quantité de litière est ajoutée dans l’aire d’alimentation pour abaisser le taux d’humidité du
fumier à moins de 80 %.
À titre d’exemple, pour les deux aires, la quantité totale de litière dosant 12 % d’humidité qui doit
être ajoutée est de 0,6 à 3,0 kg par bouvillon/jour, dont le poids varie entre 160 et 500 kg, et
d’environ 3,0 à 4,0 kg par vache-veau/jour.
Le fumier de l’aire d’alimentation peut être évacué du bâtiment une ou deux fois par semaine pour
permettre une période minimale d’absorption, minimiser les quantités de litière utilisées avant
l’entreposage dans un champ (section 6) et assurer le confort des bovins.
Cette méthode de gestion a été développée par certains éleveurs qui ont pris l’habitude d’écurer
l’aire de couchage et l’aire d’alimentation régulièrement, environ une fois par semaine. Pour tirer
pleinement profit de cette technique de nettoyage régulier, il faut respecter les quelques règles
suivantes :
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Comme il n’y a pas d’accumulation de litière, les quantités requises sont plus élevées. À
titre d’exemple, il faut appliquer une quantité de 1,5 à 4,0 kg de litière dosant 12 %
d’humidité par bouvillon, par jour, et de 4,0 kg, par jour, pour l’élevage vache-veau.
Dans ce cas, on laisse s’accumuler le fumier et la litière durant plusieurs semaines, puis on
l’entrepose en amas dans un champ.
Il faut alors appliquer, sur toute la superficie du bâtiment, les quantités de litière requises pour que
les bovins portent sans s’enfoncer. Pour ce faire, la teneur en humidité du mélange déjections-
litière doit être de l’ordre de 75 % à 80 %. À titre d’exemple, les quantités journalières de litière
dosant 12 % d’humidité qui doivent être appliquées varient de 2,0 à 6,0 kg par bouvillon/jour, dont
le poids varie entre 160 et 500 kg, et peuvent atteindre 6,0 kg par vache-veau/jour. Ces quantités
sont en surplus de la litière déposée au départ sur le plancher, soit une couche d’environ 150 mm
(croquis 2).
La gestion sur fumier liquide suppose qu'on ajoute peu ou pas de litière aux déjections. Deux types
d’étables répondent à ces critères, soit l’étable à plancher ajouré et l’étable à plancher de béton
plein.
Dans le cas des étables à plancher ajouré, le lisier est entreposé à l’intérieur, conformément aux
conditions du RRPOA.
Pour ce type d’étable, aucune litière n’est appliquée. Toutefois, on doit ajouter de 300 à 450 mm
d’eau au fond de la fosse pour diluer suffisamment le fumier de manière à être capable de l’agiter et
de le pomper lors de la reprise.
Dans certains cas, l’étable à plancher ajouré peut donner sur une petite cour d’exercice extérieure
bétonnée, adjacente au bâtiment et située de préférence du côté sud (croquis 3). Cette cour aura
une superficie approximative de 1 m2 par bouvillon et de 2 m2 par vache-veau. Elle sera constituée
d’un plancher de béton armé et d’un muret étanche ceinturant la cour. Elle sera inclinée en
direction de l’étable. Le fumier et le purin seront grattés et poussés dans la fosse à lisier sous-
jacente au plancher ajouré.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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Dans ce cas, la manipulation du fumier sous forme liquide exige peu ou pas de litière, que le
bâtiment soit divisé en aires distinctes (croquis 1) ou non.
À titre d’exemple, le maximum de litière dosant 12 % d’humidité que l’on peut appliquer sera de
0,5 kg par jour par bouvillon et de 1,0 kg par jour par vache-veau.
Lors du nettoyage, le fumier est entreposé dans un réservoir extérieur étanche, non couvert, de
sorte que les précipitations diluent suffisamment le fumier pour assurer sa gestion sous forme
liquide. Cette façon de faire n’est toutefois pas recommandée pour des raisons de santé, de
propreté et de bien-être des bovins. Ce type de régie rend le bâtiment plus humide, affectant ainsi
la santé des bovins et la durée de vie de la construction.
La gestion d’un élevage en bâtiment et à l’extérieur est plus complexe, car elle nécessite des
bâtiments et des cours bétonnées ou des enclos. Les bâtiments serviront, entre autres, à
protéger les bovins des intempéries, à fournir des aires de couchage pour les vaches et les
veaux, à offrir des espaces pour le vêlage et, finalement, à garder les bovins dans des
conditions optimales d’ambiance et de confort.
L’emplacement et l’aménagement des abords des bâtiments doivent être réalisés avec minutie
pour éviter la création de bourbiers. L’installation de gouttières est indispensable si la pente
de toit dirige l’eau vers l’enclos.
Comme le montre le croquis 4, l’espace de bâtiment prévu pour les bovins est de 3 à 4 m2/vache-
veau, si le bétail de remplacement est gardé ailleurs, et de 5 à 6 m2/vache-veau, s’il est conservé
dans le même bâtiment. La cour d’exercice étanche doit offrir une superficie de 5 m2/vache-veau,
sans compter le bétail de remplacement, et de 6 m2/vache-veau, avec le bétail de remplacement.
Pour les bouvillons, les superficies allouées sont de 2 m2/bouvillon à l’intérieur du bâtiment et de
2,5 m2/bouvillon dans la cour d’exercice étanche. Les bovins étant alimentés à l’extérieur, de 60 %
à 70 % du fumier est produit sur la cour d’exercice étanche et environ 30 % à 40 %, à l’intérieur.
La gestion du fumier et de la litière du bâtiment servant alors d’aire de couchage doit être faite de
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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la même manière que celle décrite à la section [Link].a, « Aire d’alimentation sans litière et aire de
couchage avec litière accumulée », pour assurer une meilleure portance des bovins. La cour
étanche doit présenter une pente de 1 % à 2 % vers une des extrémités longitudinales où est situé
un réservoir à lisier. À l’automne et au printemps, la cour doit être grattée quelques fois par
semaine et le fumier, poussé dans le réservoir à lisier. Le grattage est également requis lors d’un
dégel hivernal. Il est conseillé d’enlever le maximum de neige au fur et à mesure qu’elle tombe
dans la cour.
Le réservoir à lisier doit être assez grand pour recevoir le fumier de la cour ainsi que les eaux de
précipitation durant la période considérée. Des fossés de dérivation et des levées de terre
(risbermes) doivent être prévus pour empêcher les eaux de ruissellement d’atteindre la cour. Le
réservoir à lisier peut être remplacé par une plate-forme à fumier en béton avec purot étanche en
terre ou en béton, à condition d’ajouter suffisamment de litière dans la cour pour obtenir un fumier
solide. Toutefois, la cour étanche avec réservoir à lisier ou avec plate-forme à fumier et purot
est difficilement rentable et non recommandable pour les élevages vaches-veaux.
Dans ce modèle, l’espace de bâtiment alloué aux bovins est de 3 à 4 m2/vache-veau si le bétail de
remplacement est gardé ailleurs. S’il est logé dans le même bâtiment, l’espace alloué sera de 5 à
6 m2/vache-veau. Quant aux bouvillons, la superficie est d’environ 2 m2/tête. Les bovins étant
alimentés dans l’enclos à l’extérieur, seulement de 30 % à 40 % du fumier est produit à l’intérieur.
Le fumier et la litière s’accumulent dans le bâtiment durant toute la période d’hivernage, puis ils
sont épandus ou entreposés dans un champ, tel que décrit à la section 6. Les quantités journalières
de litière dosant 12 % d’humidité sont de 2,0 à 3,0 kg/vache-veau et de 1,5 à 3,0 kg/bouvillon,
selon leur poids. L’enclos d’hivernage, tel qu’illustré au croquis 5, est du type à faible densité
jumelé ou non à un enclos à haute densité; il doit être conçu selon les exigences décrites à la
section 5, « Élevage en enclos d’hivernage aménagé ». S’il est utilisé uniquement comme enclos à
haute densité, la période d’utilisation doit être inférieure à 90 jours annuellement.
Afin d’améliorer la portance et la circulation des bovins aux abords des sorties de l’étable et de
faciliter la reprise des fumiers et de la litière, une aire durcie de 6 à 8 m de largeur est aménagée sur
toute la longueur du bâtiment.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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À titre d’exemple, cette aire durcie pourrait être construite de la manière suivante :
Ce modèle de gestion peut être modifié. Ainsi, on peut utiliser un bâtiment froid fermé au
printemps et à l’automne (en lieu et place de l’enclos à haute densité) et l’enclos d’hivernage
aménagé (à faible densité) en hiver.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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L’installation minimale est une façon simple de loger les bovins pour les entreprises vaches-
veaux et de semi-finition. Même si la gestion du troupeau, tout particulièrement celle des
jeunes veaux, demande une attention accrue, ce type d’installation est particulièrement
avantageux compte tenu de sa plus grande aisance pour écurer et alimenter le troupeau, de sa
facilité à gérer les groupes de bovins et des investissements moindres lors de son
aménagement.
L’élevage en enclos d’hivernage aménagé n’est permis que sur les sites d’élevage de bovins de
boucherie n’excédant pas 100 unités animales (u.a.) ou 100 vaches-veaux, le veau étant non
sevré. Des mesures additionnelles de protection de l’environnement devront être appliquées
pour les sites d’élevage contenant entre 100 et 200 vaches-veaux, selon les critères de
l’annexe 1. Une distance séparatrice minimale de 150 mètres est exigée pour aménager plus
d’un site dans la même entreprise.
Bâtiment de service
Bâtiment abritant les loges de vêlage, un corral pour la manipulation des bovins, un espace
pour les vaches en fin de gestation ainsi qu’un local isolé contenant un endroit pour entreposer
les médicaments et les équipements obstétricaux, de même qu’une place pour une loge
d’urgence.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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Enclos extérieur sur sol naturel où les bovins passent la majorité de la période d’hivernage.
L’eau et les aliments sont amenés au troupeau. La densité animale est inférieure à 5 kg de
poids vif par mètre carré d’enclos. Pour l’entreprise vaches-veaux, à titre d’exemple, cela
représente une superficie d’environ 150 m2/vache-veau ou 1,5 ha/100 vaches-veaux. Si l’enclos
est situé à proximité d’un boisé ou dans une clairière entourée d’arbres, il doit être clôturé de
manière à ce que les bovins n’aient pas accès au boisé. De plus, il faudra prévoir la
construction de terrasses si la pente de l’enclos est supérieure à 7 %.
Enclos extérieur plus restreint, utilisé tantôt comme aire pour la surveillance des vêlages,
tantôt comme enclos d’appoint pour garder le troupeau pendant les périodes critiques
d’automne et de printemps. La durée de séjour dans cet enclos doit être réduite au minimum.
Il est utilisé durant une période s’étalant normalement entre 60 et 90 jours maximum, par
année et ce, en complément avec un enclos d’hivernage à faible densité.
La superficie de cet enclos est incluse dans la superficie totale de 150 m2 requise par vache-
veau. La densité animale est d’environ 20 kg de poids vif par mètre carré d’enclos, ce qui
représente une superficie d’environ 30 m2/vache-veau. On doit y assurer une capacité portante afin
que les bovins ne s’enfoncent pas plus qu’aux ergots. La capacité portante est améliorée par
l’ajout d’un lit de copeaux, d’écorces broyées (de 400 à 600 mm) ou de matériel granulaire (de 150
à 300 mm) sur un géotextile dont l’ensemble est recouvert de litière, ou en bétonnant une partie ou
l’ensemble de l’enclos. Dans ce dernier cas, la densité animale peut atteindre 110 kg de poids vif
par mètre carré, ce qui représente une superficie minimale de 5 m2 par vache-veau. Dans les deux
cas, on doit utiliser suffisamment de litière pour assurer le confort des bovins et retenir les
déjections animales à l’intérieur de l’enclos.
Afin de concentrer les déjections, il faut limiter l’aire d’alimentation à une superficie équivalant à
10 % à 15 % de la superficie totale de l’enclos et y utiliser au besoin de la litière ou le restant des
fourrages en quantité suffisante pour assurer le confort des bovins, soit environ de 2,0 à
3,0 kg/vache-veau/jour. Comme les animaux se couchent près des mangeoires, une superficie
d’utilisation maximale de 20 % pour les aires d’alimentation et de couchage dans l’enclos
d’hivernage de faible densité est nécessaire pour récupérer le maximum de fumier et de litière.
Les aires d’alimentation et de couchage doivent être situées dans la partie la plus élevée de l’enclos,
recouvertes de litière et préférablement utilisées en alternance d’une année à l’autre. Les
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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mangeoires doivent être changées de lieux à chaque année. Le foin non consommé contribue à
absorber les effluents. Ce mode de gestion de l’aire d’alimentation permet de récupérer le
maximum de fumier. De plus, les aires d’alimentation et de couchage doivent être éloignées au
maximum des points d’eau, excluant les abreuvoirs.
Les abreuvoirs doivent fournir l’eau au bétail sans affecter les cours d’eau naturels. On les
éloignera de l’aire d’alimentation afin de ne pas entraver les travaux normaux de récupération
du fumier. Les abreuvoirs doivent être conçus de manière à assurer un abreuvement hivernal
continu. Ils doivent être placés dans l’enclos, en des points surélevés sur un site bien drainé,
le plus loin possible des cours d’eau et des autres points d’eau. Dans tous les cas, les
abreuvoirs doivent respecter la distance minimale de 60 m des cours d’eau ou de 30 m lorsque
la pente de l’enclos est en sens inverse de ce point d’eau. Exceptionnellement, cette distance
peut être réduite à 15 m lorsque l’approvisionnement en eau ne peut se faire que par gravité à
moins de 60 m de l’enclos en raison de l’absence d’infrastructure d’amenée d’électricité à
proximité du site d’élevage. Le producteur devra alors aménager un corridor d’accès clôturé
d’une largeur maximale de 15 mètres reliant l’enclos et le site d’abreuvement.
Les bovins ne doivent pas avoir accès aux cours d’eau pour s’abreuver. Il serait d’ailleurs
souhaitable que cette norme s’applique aussi au pâturage.
Plusieurs producteurs construisent des abris mobiles pour veaux sans fond et sur patins afin de
les déplacer dans les différents enclos pour assurer le confort des jeunes veaux. Leur
déplacement permet de garder le fond propre et prévient les maladies chez les veaux. Une
litière abondante de 200 mm d’épaisseur est requise pour assurer le confort des nouveau-nés.
On peut également utiliser ces abris comme loges de vêlage supplémentaires.
Le ruissellement des lixiviats et des eaux contaminées provenant des enclos peut être la
principale source de pollution de ce type d’élevage. Cependant, si les précautions nécessaires
sont prises autour des sites d’alimentation et des aires de couchage, les risques de pollution
diminuent grandement.
Une bande végétative filtrante à laquelle les bovins n’ont pas accès, sauf exceptionnellement
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comme pâturage d’appoint, doit être prévue entre les enclos et tout point d’eau afin de mieux
protéger l’environnement. La bande végétative doit être conçue et aménagée pour répartir et
capter sur une surface maximale les eaux contaminées en provenance des enclos d’hivernage à
faible et à haute densité, et pour empêcher que celles-ci n’atteignent, par le biais
d’écoulements préférentiels, un lac, un marécage, un marais naturel, un étang, un cours d’eau,
un puits, une source, une prise d’eau ou encore, la nappe phréatique. De plus, il faudra
prévoir la construction de terrasses si la pente de la bande végétative filtrante est supérieure à
7 %.
En période végétative, les plantes de cette zone utilisent les éléments fertilisants qui ruissellent
des enclos et diminuent ainsi la concentration de la charge polluante. Les connaissances
actuelles sur le comportement des effluents ruisselant hors des enclos nous incitent à croire
que des graminées devront être utilisées dans la bande végétative pour l’absorption maximale
de l’azote. Au moins une fois par année, cette végétation doit être récoltée mécaniquement.
Exceptionnellement, cette superficie pourra être utilisée comme pâturage d’appoint.
La distance minimale entre les enclos d’hivernage et un cours d’eau ou un fossé est de 60 m
pour les 60 premières unités animales. Une distance supplémentaire de 1 m est ajoutée pour
chaque unité animale additionnelle, pour atteindre une distance minimale de 100 m pour un
troupeau de 100 u.a.. Si l’enclos est situé à pente inverse des points d’eau, la distance
minimale est réduite à 30 m. La superficie efficace minimale de la bande végétative doit être
de 1 m2/u.a./jour de séjour total dans les enclos d’hivernage aménagés (faible densité pour
l’hiver et haute densité pour l’automne et le printemps).
Lorsqu’un site d’élevage est aménagé dans une zone boisée, la bande végétative filtrante peut
être constituée en tout ou en partie d’arbres ou d’arbustes. Afin de tenir compte des
difficultés d’aménagement nécessaire à la répartition uniforme des eaux contaminées dans un
milieu boisé, la superficie efficace minimale doit être de 3,5 m2/u.a./jour de séjour total dans
l’enclos d’hivernage aménagé. La distance minimale entre l’enclos et tout point d’eau (lac,
marécage, marais naturel, étang, cours d’eau, puits, source, prise d’eau, nappe phréatique sauf
pour les puits ou prises d’eau servant à l’alimentation du site d’élevage) doit être de 90 m pour
les 60 premières unités animales. Une distance supplémentaire de 1,5 m est ajoutée pour
chaque unité animale additionnelle, pour atteindre une distance minimale de 150 m pour un
troupeau de 100 u.a.. Dans les cas où la bande est constituée d’aires herbacée et arbustive, la
superficie efficace minimale et la distance minimale du cours d’eau doivent être déterminées
au prorata des superficies de chaque type de bande, herbacée et/ou arbustive.
Les superficies de la bande végétative et/ou arbustive indiquées dans cette section sont des
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Chemin d’accès
Chemin liant les différents enclos au bâtiment de service ou aux sites d’entreposage des
fourrages. Il devra être praticable en tout temps, autant pour permettre le passage de la
machinerie (transport des aliments, épandage de la litière) que pour la surveillance et la
circulation des bovins.
Le logement des bovins dans des installations minimales est intéressant, tout particulièrement
pour les entreprises vaches-veaux. Toutefois, ces enclos doivent être bien régis si on ne veut
pas qu’ils deviennent de véritables bourbiers qui, en plus de détériorer l’environnement, auront
une grave incidence sur le taux de mortalité des veaux et sur les maladies du troupeau. Or,
comme ces deux effets sont étroitement liés, une action prise dans le but d’améliorer le
confort et l’hygiène des bovins constitue souvent une mesure de protection de
l’environnement.
Afin de maintenir un bon couvert végétal et ainsi recycler les fertilisants résiduels et accroître
la salubrité des enclos, il faut réensemencer les plaques dénudées des enclos (ray-grass,
fétuque, mil, etc.). En outre, les vêlages devraient se faire dans le bâtiment de service pour
faciliter la surveillance. Après une ou deux semaines, les jeunes veaux en santé et leurs mères
peuvent retourner dans l’enclos d’hivernage aménagé. L’enclos à haute densité peut
également servir comme aire de surveillance des vêlages.
La façon d’aménager et de gérer les enclos d’hivernage peut varier quelque peu, selon les
régions, les précipitations et la nature du sol. Elle doit être adaptée aux bovins et à la gestion
du troupeau. Cependant, la plupart des aménagements et leur gestion sont souvent une
variante ou une combinaison des deux modèles décrits ci-dessous.
Gestion durant l’automne - enclos à haute densité : Durant les automnes pluvieux, lorsque
la capacité portante des pâturages est insuffisante et qu’il y a risque de détériorer les champs,
les producteurs ramènent leur troupeau dans un enclos à haute densité pour y alimenter les
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Après cette période, afin d’éviter l’accumulation de fumier gelé et les problèmes qui
s’ensuivent, les bovins doivent être amenés dans l’enclos à faible densité pour l’hivernage.
Gestion durant l’hiver - enclos d’hivernage aménagé à faible densité : Durant l’hiver, la
gestion recommandée peut se comparer à celle des anciennes « glacières ». On utilise cet
enclos lorsque le sol est gelé et imperméable. En plus des pertes de fourrage à la mangeoire
mobile, on ajoute de la litière au besoin, jusqu’à 2,0 ou 3,0 kg/vache-veau/jour, pour faire un
bon matelas confortable. Une attention particulière doit être apportée lors des périodes
critiques afin d’assurer une capacité portante dans l’enclos et limiter le ruissellement hors de
celui-ci.
Ce paillis isolant devrait être concentré dans les aires de couchage et d’alimentation qui
occupent environ 30 m²/vache-veau, soit 20 % de la superficie de l’enclos. Il facilite la
récupération du fumier et maintient le gel du sol et la capacité portante de l’enclos. Ce paillis
ne devrait pas être fait au même endroit chaque année, mais plutôt en rotation dans l’enclos
afin de permettre au sol et à la végétation de se régénérer.
Au début du printemps avant le dégel, après avoir transféré le troupeau dans l’enclos à haute
densité, on épandra une dernière couche de litière afin de retarder la fonte, laissant ainsi le
temps à la végétation de la bande végétative et/ou arbustive filtrante d’absorber les effluents.
On profitera de cette glace accumulée pour gratter le fumier par couches successives, au fur et
à mesure du dégel, en l’accumulant en tas. Cela facilitera la circulation de la machinerie tout
en réduisant les risques de ruissellement et d’infiltration des effluents. Ce fumier devra être
sorti de l’enclos le plus rapidement possible et, au plus tard, le 1er août suivant. Il peut être
épandu directement au champ si les conditions de sol ou de culture le permettent, ou mis en
amas dans un champ cultivé et alors géré suivant les dispositions prévues à la section 6.
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Gestion durant l’automne : Généralement avec ce type de sol, le troupeau peut demeurer au
pâturage très tard durant la saison automnale.
Gestion durant l’hiver - enclos d’hivernage aménagé à faible densité : Durant l’hiver, les
bovins sont transférés dans un enclos d’hivernage aménagé à faible densité. Cependant, il
faudra s’assurer que le sol soit bien gelé avant l’entrée des bovins afin de limiter les risques
d’infiltration. Durant cette période, on gérera cet enclos comme un enclos à faible densité, tel
que décrit à la section 5.2.1.
Gestion au printemps : Lors du dégel au début du printemps, s’il y a un risque que les
bovins défoncent la surface, ceux-ci devront être retirés de l’enclos d’hivernage aménagé et
dirigés, si le pâturage n’est pas accessible, vers un autre enclos à haute ou à faible densité en
attendant que la capacité portante du pâturage soit adéquate.
5.3 SOMMAIRE
1. On doit tendre à éloigner au maximum les enclos des cours d’eau et des fossés. La distance
minimale entre l’enclos d’hivernage à basse densité et/ou à haute densité et un cours d’eau
ou un fossé est de 60 m pour les 60 premières unités animales. Une distance
supplémentaire de 1 m est ajoutée pour chaque unité animale additionnelle, pour atteindre
une distance minimale de 100 m pour un troupeau de 100 u.a.. Si la bande filtrante est
totalement arbustive, la distance minimale est de 90 m pour les 60 premières unités
animales. Une distance supplémentaire de 1,5 m est ajoutée pour chaque unité animale
additionnelle, pour atteindre une distance minimale de 150 m pour un troupeau de 100 u.a..
Si l’enclos est situé en pente inverse des points d’eau, la distance minimale est réduite à
30 m.
2. Les enclos doivent être aménagés de façon à permettre le captage maximum des effluents et
éloignés le plus possible de tout point d’eau. Sauf pour les points d’eau mentionnés au
paragraphe 1, les enclos devront être éloignés d’au moins :
• 300 m d’une prise d’eau servant soit à la production d’eau de source ou d’eau minérale
au sens du Règlement sur les eaux embouteillées (R.R.Q., 1981, c. Q-2, r. 5), soit à
l’alimentation d’un réseau d’aqueduc municipal ou d’un réseau d’aqueduc exploité par
le titulaire d’un permis délivré en vertu de l’article 32.1 de la Loi sur la qualité de
l’environnement;
• 75 m d’une source, d’un puits individuel pour les humains ou d’une prise d’eau de
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surface individuelle. Cette distance n’est toutefois pas applicable pour les enclos dans
le cas d’un puits individuel et doit respecter les mêmes exigences que la réglementation
dans le cas des sites d’élevage et d’entreposage;
• 75 m d’un marécage, d’un marais naturel ou d’un étang, exclusion faite de tout étang
réservé uniquement à la lutte contre les incendies ou à l’irrigation des cultures;
4. Il est souhaitable que les enclos d’hivernage aménagés à faible densité ne soient pas situés
près du bâtiment de service afin d’y accumuler le moins de fumier possible et de réduire les
risques de maladies des veaux. Toutefois, il est fortement recommandé que les vêlages se
fassent dans le bâtiment de service.
5. Les enclos doivent être protégés des vents par des brise-vent naturels ou artificiels.
8. Il faut utiliser suffisamment de litière dans les enclos pour abaisser la teneur en eau du
fumier à 80 % et moins, et retenir les déjections animales à l’intérieur de l’enclos.
9. Il faut épandre de la litière pour améliorer la capacité portante sur l’aire d’alimentation et
ralentir la fonte. On doit écurer l’enclos d’hivernage par couches successives lors du dégel.
[Link] l’enclos est situé à proximité d’un boisé ou dans une clairière entourée d’arbres, il doit
être clôturé de manière à éviter que les bovins aient accès au boisé. Cela permet de
récupérer le maximum de fumier et de protéger les arbres.
[Link] fumier devra être sorti de l’enclos le plus rapidement possible et, au plus tard, le 1er août
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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suivant. Il peut être épandu directement au champ si les conditions de sol et de culture le
permettent, ou mis en amas dans un champ cultivé et alors géré suivant les dispositions
prévues à la section 6.
[Link] durée de séjour des bovins dans l’enclos à haute densité doit être réduite au minimum
nécessaire et ne pas dépasser 90 jours annuellement.
[Link] bovins doivent être envoyés au pâturage dès que les conditions de sol le permettent.
[Link] les enclos et les bandes végétatives filtrantes, les dépressions et les baissières doivent
être remplies de façon à mieux répartir les écoulements des enclos d’élevage et éviter les
accumulations localisées. Il faut prévoir la construction de terrasses si la pente dans les
enclos est supérieure à 7 %.
[Link] d’éviter que les eaux de surface atteignent les enclos, celles-ci doivent être déviées par
des fossés intercepteurs, des risbermes (buttes) ou toute autre mesure appropriée.
[Link] faut réensemencer les plaques dénudées des enclos (ray-grass, fétuque, mil, etc.) pour
maintenir un bon couvert végétal et ainsi recycler les fertilisants résiduels et accroître la
salubrité des enclos.
[Link] surface minimale de 1 m2/u.a./jour de séjour total des bovins en enclos doit être
allouée pour les bandes herbacées filtrantes et une surface minimale de 3,5 m2/u.a./jour de
séjour total, pour les bandes arbustives filtrantes.
[Link] bon couvert végétatif doit être conservé dans les bandes végétatives filtrantes et cette
végétation doit être récoltée annuellement. Exceptionnellement, les bandes végétatives
filtrantes pourront être utilisées comme pâturage d’appoint.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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Le stockage de fumier solide dans un champ cultivé est une technique peu coûteuse. Le
producteur qui veut stocker du fumier solide de bovins de boucherie, sans recouvrement, dans
un champ cultivé doit satisfaire aux conditions suivantes.
Règle de base : Le producteur doit utiliser une quantité suffisante d’absorbants pour
permettre d’abaisser la teneur en eau des déjections à 80 % et moins avant l’entreposage dans
un champ, de façon à retenir les liquides contenus dans les déjections et les eaux souillées qui
leur sont ajoutées.
Le producteur doit suivre les recommandations d’une personne autorisée pour définir les
superficies requises pour l’épandage des fumiers de son exploitation agricole, conformément
aux critères prévus au Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole
(RRPOA). Il doit posséder ou détenir des droits d’utilisation desdites superficies pour son
exploitation agricole ou avoir pris des ententes avec d’autres agriculteurs pour l’épandage du
fumier.
Le sol sur lequel l’installation est aménagée doit avoir une pente inférieure à 5 % et
l’installation ne doit pas demeurer au même endroit deux années consécutives. Les
dimensions de la section d’un andain de fumier dans un champ cultivé ne doivent pas dépasser
4 m de largeur à la base et 2 m de hauteur. Le volume de l’amas est limité par les besoins de
fertilisation du champ où il devra être épandu, tel que décrit dans le RRPOA.
L’installation de stockage de fumier solide dans un champ cultivé doit respecter les distances
minimales suivantes :
• 300 m d’une source, d’un puits ou d’une prise d’eau servant à la production d’eau de
source ou d’eau minérale, ou à l’alimentation d’un réseau d’aqueduc;
• 150 m d’un lac, d’un cours d’eau, d’un marais naturel, d’un marécage ou d’un étang;
• 30 m d’un fossé.
Le producteur doit prendre toute mesure pour empêcher les eaux de ruissellement d’atteindre
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l’installation de stockage et quelque partie du fumier ou l’eau contaminée par ces matières de
parvenir jusqu’à un lac, un marécage, un marais naturel, un étang, un cours d’eau, un fossé, un
puits, une source ou une prise d’eau de même qu’à la nappe phréatique.
Le fumier stocké dans un champ cultivé entre le 1er octobre d’une année et le 31 mai de
l’année suivante doit être épandu dès que les conditions du sol et de la culture le permettent et
ce, avant le 1er août suivant. L’épandage du fumier stocké au champ entre le 1er juin et le
30 septembre doit être effectué selon le Règlement sur la réduction de la pollution d’origine
agricole.
Pour le bon voisinage, on suggère aux producteurs d’éviter d’épandre du fumier certains jours
de l’été, comme le 24 juin et le 1er juillet, alors que beaucoup de gens sont en vacances.
7. CONCLUSION
Les méthodes et les solutions retenues dans le présent guide visent à réduire de façon
significative le taux de pollution, tout en maintenant la compétitivité du secteur bovin.
Les solutions identifiées nous semblent réalisables et parmi les plus acceptables pour atteindre
l’objectif de diminution des risques de pollution. Les auteurs considèrent que les avenues
retenues constituent une nette amélioration par rapport à certaines pratiques appliquées
aujourd’hui. Les modèles présentés reposent sur de meilleures connaissances. Cependant,
des expériences à l’échelle de la ferme, notamment sur l’utilisation d’un filtre végétal, et leur
validation scientifique permettront de bonifier le présent guide dans les années futures.
Guide des bonnes pratiques agro-environnementales pour la gestion des bovins de boucherie
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8. RÉFÉRENCES
ANONYME, 1988. Guide CPAQ, AGDEX 420, Viande bovine, croissance et finition. Conseil
des productions animales du Québec inc., MAPAQ.
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ANNEXE 1
MESURE # 1
Pour chaque vache-veau additionnel à 100 et jusqu’à concurrence de 150, la densité animale
de l’enclos d’hivernage à faible densité sera inférieure à 4 kg de poids vif par mètre carré
d’enclos. Cela représente une superficie supplémentaire de 185 m2/vache-veau additionnel.
Pour la bande végétative filtrante, on devra allouer une superficie minimale additionnelle de
3 m2/vache-veau additionnel/jour de séjour total des bovins en enclos d’hivernage si la bande
est herbacée et une superficie minimale de 5 m2/vache-veau additionnel/jour de séjour total si
la bande est arbustive. Une distance minimale de 1 mètre par vache-veau additionnel entre
l’enclos d’hivernage et un cours d’eau ou un fossé devra être respectée.
MESURE # 2
Si une entreprise possède une superficie de 1,5 ha en culture incluant les pâturages/u.a. ET si
le site d’élevage est situé dans une municipalité à faible densité animale, soit une municipalité
possédant au moins 1,3 ha en culture incluant les pâturages/u.a. tel que défini par les données
du MAPAQ :
Pour chaque vache-veau additionnel à 100 et jusqu’à concurrence de 150, l’enclos sera agrandi
de 150 m2 afin de conserver une densité animale de moins de 5 kg de poids vif par mètre carré
d’enclos. La bande végétative filtrante aura une superficie minimale de 1,5 m2/vache-veau
additionnel/jour de séjour total des bovins en enclos d’hivernage, si la bande est herbacée, et
de 5 m2/vache-veau additionnel/jour de séjour total, si la bande est arbustive. Une distance
minimale de 1 mètre par vache-veau additionnel entre l’enclos d’hivernage et un cours d’eau
ou un fossé devra être respectée.
Pour chaque vache-veau additionnel à 150 et jusqu’à concurrence de 200, l’enclos sera agrandi
de 150 m2 afin de conserver une densité animale de moins de 5 kg de poids vif par mètre carré
d’enclos. La bande végétative filtrante aura une superficie minimale de 3 m2/vache-veau
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additionnel/jour de séjour total des bovins en enclos d’hivernage, si la bande est herbacée, et
de 5 m2/vache-veau additionnel/jour de séjour total, si la bande est arbustive. Toutefois, la
distance entre l’enclos d’hivernage et un cours d’eau ou un fossé est de 150 mètres minimum.
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CROQUIS
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Croquis 2. Exemple d’une étable avec accumulation de fumier sur litière sur toute la
surface de plancher
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Croquis 6. Exemple d’un enclos à faible et haute densité avec aire bétonnée
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