EOR
Un gisement n’est pas, comme cela est souvent interprété par le public,
un lac souterrain où il suffit de puiser, mais c’est une roche qui contient le
pétrole dans ses pores. Ceux-ci étant suffisamment petits (capillaires), en
extraire ce liquide visqueux n’est pas une chose simple dans la pratique.
Dès lors, l’exploitation d’un champ pétrolifère s’effectue suivant plusieurs
étapes que l’on désigne par un ordre (éventuellement) chronologique :
La récupération primaire : lorsque l’huile arrive spontanément à la surface
grâce à la présence de gaz comprimé, ou aux différences de pression
hydrostatique ou géostatique. Les quantités recueillies pendant cette
phase sont en général peu importantes (5-10 %) par rapport aux
potentialités du gisement ;
La récupération secondaire : elle consiste à utiliser des méthodes qui ne
modifient pas les propriétés physico-chimiques de l’huile, mais la
remplacent par un autre fluide, nécessairement meilleur marché. On
distingue ainsi, l’utilisation de pompes immergées, l’injection d’eau
(méthode fréquemment employée), l’injection du gaz de la formation ou
d’autres gaz miscibles (azote, CO2…) ;
La récupération tertiaire (ou améliorée) : ici les propriétés physico-
chimiques de l’huile vont être modifiées, par exemple en abaissant la
viscosité du pétrole ou en facilitant sa mobilité dans le gisement. On
obtient ces résultats en injectant de la vapeur d’eau, de la chaleur, du
CO2, des gaz non miscibles, ou mieux encore des surfactifs et des
polymères. D’autres méthodes, comme l’injection de microorganismes
capables de diminuer la longueur des chaînes des hydrocarbures et de
produire in situ des tensioactifs et du CO2, ont été proposées. On désigne
parfois la récupération assistée comme la combinaison des deux dernières
étapes. Quoiqu’il en soit, c’est l’étude du réservoir et de l’huile et les
moyens naturels sur place qui vont déterminer la nature des actions à
mener. | Source
Les techniques de récupération assistée du pétrole visent à modifier la
composition chimique du pétrole pour en faciliter l’extraction, ce qui
permet de récupérer un pourcentage plus élevé du pétrole à partir du
réservoir par rapport aux méthodes de récupération primaire et
secondaire.
Il s’agit d’une série de techniques appliquées aux champs pétrolifères
après les phases de récupération primaire et secondaire bien entendu,
lorsque les méthodes conventionnelles ne suffisent plus pour extraire le
pétrole restant dans le puits.
La récupération assistée du pétrole vise à améliorer le taux de
récupération en injectant divers agents dans le réservoir pour augmenter
la pression et la mobilité du pétrole.
Les méthodes de récupération assistée du pétrole
Il existe plusieurs méthodes de récupération assistée du pétrole dont, trois
principales :
Injection de Gaz
L’injection de gaz, principalement de dioxyde de carbone (CO2) ou de gaz
naturel, est une technique courante de récupération assistée du pétrole.
Le gaz est injecté dans le réservoir pour augmenter la pression et diminuer
la viscosité du pétrole, permettant ainsi son déplacement vers les puits de
production.
D’autres gaz peuvent également être utilisés pour se dissoudre dans le
pétrole, en abaissant sa viscosité et en améliorant son débit.
L’injection de gaz représente près de 60% de la production de pétrole par
récupération améliorée.
Injection d’Eau
L’injection d’eau est une méthode très utilisée dans la récupération
améliorée du pétrole.
L’eau est injectée dans le réservoir pour maintenir la pression et pousser
le pétrole vers les puits de production.
Méthodes Chimiques
Les méthodes chimiques impliquent l’injection de produits chimiques tels
que les polymères, les surfactants ou les agents d’écume pour améliorer la
mobilité du pétrole et réduire les forces de résistance.
En effet, des produits chimiques peuvent être injectés dans le réservoir
pour modifier les propriétés du pétrole et améliorer ses caractéristiques
d’écoulement.
Cela peut inclure l’utilisation de surfactants, de polymères ou d’alcalis
pour modifier la tension interfaciale entre le pétrole et la roche réservoir,
permettant une récupération plus facile du pétrole.
Injection thermique
Cette technique implique l’injection de la chaleur, telle que de la vapeur,
pour abaisser la viscosité et la lourdeur du pétrole et ainsi, améliorer sa
capacité à s’écouler à travers le réservoir.
Avantages et défis de la récupération assistée du pétrole (EOR)
L’utilisation de la récupération améliorée du pétrole présente de nombreux
avantages, mais elle est également confrontée à des défis importants.
Les avantages
Augmentation du taux de récupération : la récupération améliorée du
pétrole permet de récupérer une plus grande quantité de pétrole à partir
des gisements, ce qui prolonge la durée de vie de ces champs pétrolifères.
Optimisation de la production : la récupération assistée du pétrole peut
améliorer le débit de production et maintenir des niveaux de production
élevés, même lorsque les champs pétrolifères arrivent à maturité.
Valorisation des ressources sous-utilisées : L’injection de CO2, par
exemple, peut aider à capturer ce gaz à effet de serre et le réutiliser pour
augmenter la production de pétrole.
Rentabilité : bien que la récupération assistée du pétrole nécessite des
investissements initiaux importants, les retours sur investissement
peuvent être considérables, en particulier lorsque les prix du pétrole sont
élevés.
Les défis et challenges
Coûts élevés : la récupération assistée du pétrole peut être coûteuse à
mettre en œuvre en raison des équipements spéciaux en plus d’opérations
complexes nécessaires.
Disponibilité des agents d’injection : la récupération améliorée du pétrole
dépend de l’injection de gaz, d’eau ou de produits chimiques. Le problème
c’est que leur disponibilité peut être limitée, en particulier pour de gros
projets.
Risques environnementaux : l’injection de CO2, bien qu’utile pour la
récupération assistée du pétrole, peut également présenter des risques
environnementaux en cas de fuites.
Conditions du réservoir : l’efficacité de la récupération assistée du pétrole
dépend des caractéristiques du réservoir, et certaines techniques peuvent
ne pas être applicables dans tous les cas.