Cadre Normatif du Système LMD en RDC
Cadre Normatif du Système LMD en RDC
de l ESU en RDC Sommaire des normes, des critères et textes juridiques associés Tableau 3 :
Organisation de la formation de la Licence Tableau 4 : Organisation de la formation de la Maîtrise
Tableau 5 : Modalités d'évaluation Tableau 6 : Échelle de notation des crédits ECTS Tableau 7 : Modèle
de l annexe au diplôme proposé par l'unesco/cepes Figure : Organisation des cycles d études et leur
durée selon le système LMD en RDC 55 viii
9 Préface Il est communément reconnu que l éducation est un des services publics les plus importants et
sa qualité a une influence significative sur le niveau de développement et l évolution d une nation. Seule
l éducation peut donner à un pays les compétences dont il a besoin pour asseoir durablement la
croissance de son économie et améliorer la qualité de vie de sa population. Cette considération,
partagée par de nombreux pays et organismes internationaux à travers le monde, fait que les systèmes
éducatifs connaissent aujourd hui une métamorphose qui est certainement l une des plus importantes
de toute l histoire de l éducation. En Afrique, les engagements pris pour parvenir à un enseignement
supérieur et universitaire de qualité se traduisent par une forte volonté exprimée par les États de ratifier
et de tenir compte des instruments juridiques internationaux notamment l Acte constitutif de l UNESCO,
la Déclaration mondiale sur l Éducation pour tous, l Accord de Florence et le Protocole de Nairobi de
1963 relatif à la libre circulation des biens à caractère scientifique, culturel et éducatif et l évolution des
systèmes de l enseignement supérieur et universitaire, tel qu exprimé par le processus de Bologne de
juin C est donc l ensemble des États africains qui sont interpellés, aux fins d une meilleure adaptation de
leurs formations aux standards internationaux. Ainsi, les universités de plusieurs pays africains sont
pleinement engagées actuellement dans un vaste chantier en vue de leur arrimage au système LMD.
Singulièrement, l Enseignement Supérieur et Universitaire congolais se trouve alors, confronté au défi
de l adoption du Système LMD découlant du processus de Bologne et considéré aujourd hui, comme l
aspect pédagogique et scientifique de la ix
10 mondialisation. En effet, loin d uniformiser les différents systèmes éducatifs, le LMD permet
néanmoins une meilleure lisibilité et une harmonisation des grades au niveau international. Certes, le
corollaire de la réforme LMD est bien entendu la culture de piloter et de gérer autrement, d enseigner
autrement, d évaluer autrement, la primauté de la professionnalisation et la reconnaissance de l
enseignement supérieur comme moteur de tout développement. Dans ce contexte, le Gouvernement
de la République Démocratique du Congo, par sa Loi-Cadre n o 14/004 du 11 février 2014 de l
Enseignement National et aux termes de son art.98, recommande une introduction progressive du
Système LMD dont la finalité est d harmoniser les cursus dans l enseignement supérieur et universitaire
et de favoriser la mobilité du personnel et de l étudiant à l échelle mondiale. Comme l exige l art. 238,
«dans un délai de douze mois suivant la promulgation de la Loicadre, le Gouvernement est tenu de
prendre toutes les mesures réglementaires d application.» Par conséquent, aux termes de l art.239,
«tout établissement public ou privé agréé déjà existant est tenu de se conformer à la présente loi et aux
mesures d application évoquées à l article 238 de la présente loi.» Pour baliser la voie devant conduire
progressivement à cette réforme, le Ministère de l Enseignement Supérieur et Universitaire congolais a
décidé d élaborer un Cadre Normatif du Système LMD en République Démocratique du Congo, en tant
qu un référentiel commun qui va permettre à chaque établissement d atteindre des finalités éducatives
faisant du Système d Enseignement Supérieur et Universitaire un pool d intelligence ouvert à tous et
assurant l égalité des chances de l emploi à tous les diplômés. x
11 Le présent Cadre Normatif, élaboré grâce au Projet d'éducation pour la Qualité et la Pertinence des
Enseignements aux niveaux Secondaire et Universitaire (PEQPESU) financé par la Banque mondiale,
propose ainsi des normes et des critères pour mettre en place un système LMD contextualisé
permettant la comparabilité et facilitant ainsi l équivalence des diplômes aux niveaux national, régional
et international. Ce Cadre Normatif contextualisé voudrait résolument engager la République
Démocratique du Congo dans le processus de développement et de l économie du savoir. C est un outil
efficient pour les Instituts supérieurs et les Universités aux fins de la production de diplômés polyvalents
aptes à s adapter dans un contexte international en pleines mutations. Donc, j invite tous les acteurs du
Système d Enseignement Supérieur et Universitaire de s approprier ce document, car vous y trouverez
sans aucun doute des informations très pertinentes pouvant vous inspirer dans l implémentation réussie
du Système LMD. Steve MBIKAYI MABULUKI Ministre de l Enseignement Supérieur et Universitaire xi
13 étudiants et des enseignements, la qualité des infrastructures et équipements, le profil des personnel
enseignant et administratif, la qualité de la recherche menée et l utilisation des TIC. C est pourquoi le
MESU a voulu élaborer un Cadre Normatif contextualisé clair, détaillé et précis déclinant les conditions d
application du Système LMD aux réalités congolaises et ce, afin d éviter tout dysfonctionnement. Ce
Cadre Normatif est principalement basé sur les principes fondamentaux du LMD tels qu énoncés dans le
Processus de Bologne en Cependant, afin d adapter le Système LMD aux réalités congolaises, il a été
jugé pertinent de le contextualiser en tenant compte des textes légaux et règlementaires congolais
dont, la Loi-Cadre de l Enseignement National, la Stratégie Sectorielle de l Éducation et de la Formation ,
le Vade-Mecum du Gestionnaire d une Institution d Enseignement Supérieur et Universitaire (2014), les
Instructions Académiques qui régissent le fonctionnement quotidien des EES congolais. Notons qu à la
suite de l adoption du présent Cadre Normatif, il faudra réviser en conséquence le Vade-Mecum du
gestionnaire en vue de l adapter aux normes du Système LMD. Le présent Cadre Normatif est constitué
des trois parties. La première Partie présente le contexte de l ESU congolais. La deuxième partie décrit
les différentes normes relatives à la mise en œuvre du Système LMD. Enfin, la troisième partie traite du
chronogramme de l arrimage des EES au Système LMD. Nous terminons le document en y présentant un
lexique d une terminologie de base propre au Système LMD. En effet, une norme est un énoncé général
qui décrit ce qui est généralement attendu d un EES relativement à xiii
15 polyvalents aptes à s adapter dans un contexte international en pleines mutations. À cet effet, il
propose des outils méthodologiques d accompagnement mais également des pistes juridiques sur la
mise en œuvre de cette Réforme. Puisse alors que ce document atteindre l objectif qui lui est assigné,
celui de venir en aide aux différents acteurs universitaires à aplanir les contraintes et les obstacles qui
seraient la conséquence des tâches accomplies au quotidien. xv
21 Introduction La RDC, comme tous les autres pays africains, s est vue confronter au défi du
mouvement de la mondialisation du système d Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU),
mouvement ayant privilégié le Système Licence Maîtrise Doctorat, en sigle LMD (Encadré 2). Le Système
LMD est censé répondre à plusieurs préoccupations de l Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU)
congolais dont (i) l amélioration des offres de formation supérieur et universitaire tout au long de la vie,
(ii) l harmonisation des programmes d études sur le territoire national et au sein des espaces africains
(CAMES, SADC, etc.) et internationaux (Espace Européen, Espace Anglo-saxon, Espace nord-américain,
etc.), (iii) la promotion des approches pédagogiques et administratives innovantes, (iv) l insertion
professionnelle des étudiants en ouvrant les établissements d enseignement supérieur et universitaire
sur le monde professionnel, (v) l autonomisation des apprenants dans leurs différents parcours de
formation, (vi) la souplesse dans le parcours de formation pour l étudiant et, (vii) le respect des normes
internationales en matière de l enseignement supérieur et universitaire afin de favoriser la mobilité du
personnel enseignant et des étudiants à l échelle mondiale. En date du 11 février 2014, a été promulgué
la Loi-Cadre n 14/004 de l Enseignement National. Cette Loi consacre en son article 98 pour ce qui est de
l ESU, l organisation des études en trois cycles en instituant le système «Licence-Maitrise-Doctorat». 1
22 Quant à ses articles 238 et 239, il est stipulé que tout établissement public ou privé agréé déjà
existant soit tenu de se conformer à cette Loi-Cadre et aux mesures d application évoquées à l article
238 de ladite Loi. L Ordonnance n 16/071 du 29 septembre 2016, portant organisation et
fonctionnement des organes de l Administration de l enseignement supérieur, accorde de l importance à
une Commission qui devra suivre la réforme à cette nouvelle architecture. Certes, pour marquer son
engagement dans l évolution internationale et par ricochet se fondant sur les textes légaux
susmentionnés, le Gouvernement a prévu, dans sa Feuille de route , de se doter d un Cadre Normatif du
Système LMD contextualisé avec effets sur les curricula, les stratégies d enseignement et de gestion, les
modalités d évaluation, les infrastructures et équipements, le profil d enseignants et du personnel
administratif, la recherche et les capacités en TIC. Cependant, quelques établissements autorisés et d
autres non autorisés se sont déjà lancés dans le Système LMD, alors qu il n existe pas encore de base
commune de référence d évaluation ni de cadre réglementaire pouvant permettre la reconnaissance
officielle des diplômes décernés. Donc, le présent Cadre-Normatif a pour objectif d harmoniser la mise
en œuvre du Système LMD dans tous les EES en vue de faciliter cette reconnaissance des diplômes. 2
23 Tout en évitant d en être une copie conforme, mais au regard du contexte particulier de tout pays
ayant adhéré au Processus de Bologne dont la RDC, on ne peut pas définir un Cadre Normatif du
Système LMD sans y aller dans la droite ligne des principes fondamentaux découlant du Processus de
Bologne dont on s inspire. Car, contextualiser ne signifie pas s exclure totalement et encore moins
rejeter aveuglement les principes fondamentaux de réussite de ce qui vient de l extérieur. Au contraire,
c est faire un choix judicieux ou réflexif en tenant compte de l ensemble d éléments spatiotemporels de l
environnement sociopolitique et éducatif dans lequel baignent les apprenants et les autres acteurs
éducatifs et qui est susceptible d influencer l implémentation réussie de la Réforme LMD. Qui plus est, l
élaboration du présent Cadre Normatif nous invite à nous inspirer, d une part des normes du LMD telles
que définies initialement par le Processus de Bologne et, d autre part des textes juridiques locaux
régissant la gestion académique et le pilotage de l Enseignement Supérieur et Universitaire congolais. Le
Cadre normatif est un outil essentiel à l égard de la reconnaissance dans la certification des
enseignements/apprentissages qui sont organisés dans les établissements sous format LMD. Il est donc
non seulement un instrument de contrôle ou de sanctions, mais aussi un instrument d appui et d
orientation. Ceci est particulièrement pertinent dans le contexte du Système LMD où tous les acteurs
concernés par l ESU ont besoin d accompagnement et d encadrement pour pouvoir réussir avec succès
sa mise en œuvre. 3
24 Il serait utile, et il pourrait même s avérer nécessaire, d identifier des mesures d accompagnement
pour les établissements qui n ont pas encore ou qui ne réussissent pas encore à respecter les normes
relatives à l implémentation réussie du Système LMD, afin qu ils puissent y arriver avec succès et ce,
pour le souci de la qualité et de la pertinence de l enseignement supérieur et universitaire national. D
emblée, il semble évident qu un appui efficace exige de considérer des points abordés plus haut qui
peuvent se résumer sous la forme de la question principale générale suivante : L élaboration du cadre
Normatif national pour l implémentation du Système LMD s inscrit-elle dans une approche
multisectorielle qui prenne en compte la réalité contextuelle de l Enseignement Supérieur et
Universitaire congolais? De cette question générale découle une série de sous-questions plus
spécifiques, à savoir : o Quels sont les différents groupes de promoteurs de l enseignement supérieur et
universitaire en RDC et quels défis cela impose dans l élaboration d un cadre normatif harmonisé? o
Quel est l état de connaissance de divers groupes de partenaires sociaux, techniques et financiers, des
textes juridiques congolais en matière de l ESU, notamment la Loi-Cadre de l Enseignement National, la
Stratégie Sectorielle de l Éducation et de la Formation et le Vade-Mecum du Gestionnaire d une
Institution d Enseignement Supérieur et Universitaire? 4
25 o Comment ces différents textes juridiques congolais peuvent être utilisés pour appuyer l élaboration
et l interprétation du Cadre Normatif contextualisé du LMD? o Quel est l état de connaissance de
différents groupes d acteurs au sein des établissements mais, également au sein des différents groupes
des partenaires techniques et financiers, des normes internationales du Système LMD? o Les normes du
Système LMD sont-elles à l encontre des objectifs de la Loi-Cadre de l Enseignement National et de la
Stratégie Sectorielle de l Éducation et de la Formation ? o Le Cadre Normatif élaboré, répond-t-il à la fois
aux réalités contextuelles congolaises et aux standards internationaux permettant ainsi au Système
Éducatif congolais d atteindre sa finalité visée aux termes de l Art.98 de la Loi-Cadre, à savoir : (i)
harmoniser le cursus de l enseignement supérieur et universitaire et (ii) favoriser la mobilité du
personnel enseignant et des étudiants à l échelle mondiale. o Comment faire afin que ce Cadre Normatif
soit inscrit dans l'inconscient collectif des divers groupes d acteurs en vue de susciter la rupture avec le
paradigme de l enseignement supérieur et universitaire du passé? Ce sont là quelques-unes des
questions parmi tant d autres qui ont guidé l élaboration du présent Cadre Normatif et par ricochet, qui
doivent également servir de guide pour sa lecture, son appréciation et sa mise en application. 5
26 Cet ouvrage se propose, donc, d'apporter des éléments d'information, de réflexion, de clarification,
voire d'aide de décision afin d éviter de porter une attention critique sur des réalités trop souvent
méconnues, ou faisant l'objet de simplifications hâtives, lors des discussions consacrées au système
LMD. 6
31 n arrivent malheureusement pas à assurer l encadrement appropriés des étudiants. 6) Une faible
efficacité interne. Elle est caractérisée par des taux d abandon et de redoublement très importants
particulièrement dans les premières années d études, variant entre 30 et 40% selon les disciplines. 7)
Une insuffisance de financement étatique, et une nonstructuration de la recherche scientifique
universitaire. Il en résulte une absence des universités et instituts supérieurs congolais dans le
classement régional, continental et international. Or, depuis les années 70, les données du Tableau 1
cidessous révèlent la volonté continue du Gouvernement congolais quant aux divers types d initiatives
ou de réformes entreprises pour tenter de créer un système d enseignement supérieur et universitaire
propice, d une part à l essor du développement socio-économique de la Nation congolaise et, d autre
part à l arrimage aux standards internationaux. I.2. : Des réformes entreprises antérieurement pour
redynamiser l ESU Le Tableau 1 ci-dessous présente quelques principales phases historiques marquant
les réformes de l ESU en RD Congo depuis les années 70. Ces diverses initiatives reflètent la volonté
politique perpétuelle de l État de vouloir redynamiser son système éducatif afin de répondre aux
besoins socio-économiques locaux tout en l arrimant aux standards internationaux. 11
32 Tableau 1: Quelques principales phases historiques de réformes de l ESU en RDC Type de réforme
Année Actes législatifs et réglementaires But de la réforme Réformes structurelles Création et extension
des EES Nationalisation et Centralisation des EES Décentralisation de l ESU Libéralisation de l
enseignement national Libéralisation de l ESU Les actes de création de 3 Universités et 63 ISP et IST
jouissant d une autonomie 1971 Ordonnance-loi n 71/075 du 6 août 1971 portant création de l UNAZA
1981 Ordonnance-loi n 81/025 du 3 octobre 1981 portant organisation générale de l ESU 1986 Loi-cadre
n 86/005 du 22 septembre 1986 portant organisation de l enseignement au Zaïre 1989 Décision d État n
75/CC/89 du 29 avril 1989 portant abolition du monopole de l Etat sur l ESU 12 Formation des cadres
qualifiés Harmonisation du système d enseignement et des diplômes de l ESU Abolition de l UNAZA Fin
du monopole de l État sur l EPSP Fin du monopole de l Etat sur l ESU Objectif visé Besoins en cadres
nationaux pour remplacer les cadres étrangers Formation des hommes de métier, créateurs d emploi,
agents de développement et conducteurs d hommes Autonomisation des EES Élargissement de l offre
éducative au niveau primaire et secondaire aux privés Élargissement de l offre éducative au niveau
supérieur et universitaire aux privés
33 Partenariat éducatif Charte nationale de l éducation de la CNS (non exécutée) Etat des lieux de l
éducation nationale Modernisation des programmes 2. Réflexions et études Ouverture de l
enseignement national aux apports d autres intervenants Arrêtés ministériels Poser le diagnostic du
convoquant les États généraux système éducatif de la RDC de l éducation, les Tables rondes sur l
enseignement supérieur et universitaire, les ateliers d évaluation du système éducatif, etc. 3. Réformes
curriculaires 2003 Pacte de modernisation de l enseignement supérieur et universitaire (PADEM)
Adoption du LMD 2014 Loi-Cadre n 14/004 du 11 février 2014 de l enseignement national Créer les
conditions nécessaires à l éducation scolaire par tous et pour tous, la formation des élites pour un
développement harmonieux et durable et l éradication de l analphabétisme Pourvoir aux carences des
pouvoirs publics en matière de l éducation Emettre des principes, vœux et recommandations à tous les
niveaux du système éducatif Instaurer le système LMD afin d harmoniser le cursus de l ESU et de
favoriser la mobilité du personnel enseignant et des étudiants à l échelle mondiale 13
34 Outre les réformes ci-dessus, le Gouvernement congolais n a cessé d initier plusieurs autres
réflexions portant sur le développement de son système d ESU. À titre d exemples, il convient de citer
les réflexions contenues dans les documents officiels ci-après: 1) L Ordonnance No 16/071 du 29
septembre 2016 portant organisation et fonctionnement des organes d administration de l
Enseignement Supérieur et Universitaire; 2) La Stratégie Sectorielle de l Éducation et de la Formation ; 3)
L introduction en 2016 dans certains établissements du système des Contrats de Performance (CDP)
grâce au Projet d Éducation pour la Qualité et la Pertinence des Enseignements aux niveaux Secondaire
et Universitaire (PEQPESU); 4) La Réforme de l Enseignement Supérieur et Universitaire en Dix Points ; 5)
Le Plan Stratégique de l Enseignement Supérieur et Universitaire de la République Démocratique du
Congo 2011/ /2016; 6) Le Forum de Zongo en février 2014 réunissant la Communauté universitaire
congolaise pour réfléchir sur le redressement du sous-secteur de l Enseignement Supérieur et
Universitaire afin de s approprier la Loi-cadre; 7) La Stratégie Nationale 2020 portant sur la Formation
Universitaire et Technique en Gestion des ressources naturelles renouvelables lancée en 2011; 8) Le
VADE-MECUM du Gestionnaire d une Institution d Enseignement Supérieur et Universitaire, 2010; 14
35 9) La mise en place de l Agence Nationale d Assurance Qualité (ANAQ) et la mise en place des Cellules
locales d Assurance Qualité dans les EES ; 10) L organisation en 2009 de l Audit organisationnel des
établissements et la fermeture des quelques EES classés non viables ; 11) Les États Généraux de la
recherche scientifique et technologique en RDC organisés en 2005; 12) Le Pacte de Modernisation de l
Enseignement Supérieur et Universitaire (PADEM) en Tous les observateurs s entendent pour conclure
que ces initiatives initialement louables semblent s être soldées par un certain constat d échec, à cause
notamment : (i) (ii) (iii) (iv) (v) du manque d un suivi politique rassurant, de l insuffisance d un soutien
financier étatique continu, de l existence d une culture de l impunité pour la non application des textes
juridiques et règlementaires existants, du vide d un cadre normatif obligatoire, de l absence d un
leadership réflexif et dynamique soutenu. Plus spécifiquement, l absence d un Cadre Normatif bien
défini et l existence d une culture de l impunité quant au nonrespect des normes retenues pénalisent la
RDC dans ses efforts de définir réellement l ESU en tant que promoteur d un pool d intelligence pour le
développement du pays et d inscrire son système éducatif à l arrimage des standards internationaux. 15
36 I.3. : De l éducation en tant que promotion d un pool d intelligence La vision du Gouvernement pour
le secteur de l éducation est «la construction d un système éducatif inclusif et de qualité contribuant
efficacement au développement national». Cette vision est évidente dans l Article 2 de la Loi-Cadre, base
de la réforme LMD initiée au niveau de l ESU (Encadré 2). Encadré 2 : Article 2 : de la Loi-Cadre La
présente Loi a pour finalité de créer les conditions nécessaires à : l accès à l éducation scolaire par tous
et pour tous; la formation des élites pour un développement harmonieux et durable; l éradication de l
analphabétisme. Dans la même foulée, la Stratégie Sectorielle de l Education et de la Formation retient
trois grands axes stratégiques pour construire le système éducatif de 2025 : 1) promouvoir un système
éducatif plus équitable, au service de la croissance et de l emploi; 2) créer les conditions d un système
éducatif de qualité propice à l apprentissage; 3) instaurer une gouvernance transparente et efficace par
la mise en place de normes et de mécanismes transparents de gestion des ressources en s appuyant sur
des partenaires mieux organisés. 16
37 En ce qui concerne le premier axe, visant à assurer la promotion d un système éducatif plus équitable
au service de la croissance et de l emploi, le Gouvernement invite l ESU, à privilégier la modération de la
croissance du nombre d étudiants dans les filières classiques et la diversification des filières
professionnelles et technologiques en partenariat avec le monde du travail, en renforçant l équité d
accès dans les filières prioritaires. Encadré 3 : PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE Loi-Cadre no14/004 du 11
février 2014 de l Enseignement National Exposé des motifs La présente Loi tient compte d une part, des
instruments juridiques internationaux ratifiés par la République Démocratique du Congo notamment : la
Déclaration Universelle des Droits de l Homme,, l Acte constitutif de l UNESCO, la Déclaration mondiale
sur l Éducation pour tous, l Accord de Florence, le Protocole de Nairobi de 1963 relatifs à la libre
circulation des biens à caractère scientifique, culturel et éducatif, des recommandations des États
Généraux de l Éducation tenus à Kinshasa en février Elle tient également compte de l évolution des
systèmes de l enseignement supérieur et universitaire, tel que exprimé par le processus de Bologne de
juin D emblée, c est de manière très résolue que la RDC s est inscrite dans ce mouvement du
développement de son ESU en fixant rapidement le cadre réglementaire source du présent Cadre
Normatif qui permet aux universités de définir une nouvelle offre de formation, conforme à la Réforme
LMD. 17
38 I.4. : Du Processus de Bologne et du système LMD Le Processus de Bologne et le Système LMD qui en
découle (Encadré 3) s inscrivent dans le cadre de la modernisation des offres de formations supérieures
en Europe et de plus en plus à travers le monde. Ils visent à : 1) assurer la réussite, et réduire autant que
possible les échecs dans l enseignement supérieur ; 2) promouvoir un système de diplômes
universitaires lisibles et comparables aux niveaux national et international en privilégiant un système
commun de diplômes : Licence Maîtrise - Doctorat; 3) favoriser la mobilité nationale et internationale
des étudiants, des enseignants et des chercheurs et leur intégration sur le marché du travail
international; 4) développer la professionnalisation des formations supérieures, tout en préservant la
nature généraliste des enseignements ; 5) renforcer l apprentissage des compétences transversales,
telles que la maîtrise des langues vivantes étrangères, notamment l anglais, et celle des outils
informatiques ; 6) permettre à l étudiant de construire progressivement un parcours de formation
personnalisé. Donc, le Processus de Bologne offre la possibilité de créer des passerelles entre
continents, pays, établissements pour des certifications reconnues mondialement. 18
39 Les échanges académiques et scientifiques internationaux sont des indicateurs essentiels de vitalité d
un pays et de toute institution universitaire. De plus en plus fréquemment, on constate que les
enseignants et les chercheurs séjournent dans les institutions étrangères et que les universités
accueillent des étudiants venus de divers horizons. Donc, il est évident que la RDC doit trouver sa place
dans ce panorama éducatif et scientifique international. Le Système LMD est donc une opportunité d
ouverture pour les EES congolais, en même temps qu il est l occasion d une meilleure articulation entre l
offre de formation et les besoins en compétences professionnelles. Bon nombre d organisations
internationales telles que l UNESCO, l Union Européenne, la Banque mondiale, la Coopération
Allemande (GIZ), encouragent et dans certains cas financent l ajustement des systèmes d enseignement
universitaire africain au modèle de Bologne. Actuellement, plus d une vingtaine des pays africains ont
déjà adopté le Système LMD. C est le cas, par exemple, des pays membres du Réseau pour l Excellence
de l Enseignement Supérieur en Afrique de l Ouest (REESAO), les pays membres de la Communauté
Économique et Monétaire d Afrique Centrale (CEMAC), les membres du Conseil Africain et Malgache
pour l Enseignement Supérieur (CAMES) et les pays de Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie ). En outre,
plusieurs conférences internationales, régionales et nationales organisées ou co-organisées par l AUF ou
d autres ont servi de cadre de réflexion sur l appropriation par les universités africaines du Système
LMD. 19
40 En élaborant son Cadre Normatif contextualisé du LMD, la RDC s offre la possibilité de repenser l
intégralité de son système d ESU pour s approprier une réforme mondiale mieux adaptée qui se doit d
être réaliste, c'est-à-dire construite à partir de l analyse de la situation éducationnelle locale existante et
guidé d une part par des textes juridiques nationaux, et d autre part par les principes du LMD issus du
Processus de Bologne. I.5. : De la contextualisation du système LMD en RD Congo. Rappelons que,
contextualiser ne signifie pas s exclure totalement et encore moins rejeter aveuglement ce qui est bien
parce que cela tire son origine de l extérieur; cela ne veut pas non plus dire diluer des normes jugées
meilleures d une réforme internationale dans les faiblesses du Système local. Au contraire, c est plutôt
faire un choix raisonné qui tient compte de l ensemble d éléments spatiotemporels de l environnement
sociopolitique local dans lequel baignent les apprenants et qui est susceptible d influencer l
implémentation réussie de la Réforme LMD. En d autres termes, dans la logique d une réforme
éducative innovante, la contextualisation signifie plutôt un ajustement du système éducatif local qui fait
partie d un ensemble du système éducatif mondial afin d obtenir un tout cohérent! Comme il a été dit
précédemment, grâce à cet ajustement qu il est possible d atteindre la finalité visée par la Loi-cadre
dans son article 98 : (i) harmoniser le cursus de l enseignement supérieur et universitaire et (ii) favoriser
la mobilité du personnel enseignant et des étudiants à l échelle mondiale. Aux termes des exigences
internationales, en principe l adoption du LMD doit harmonieusement s appuyer sur les cinq principales
recommandations de Bologne ci-après: 20
41 1. une architecture commune des cursus en vue de faciliter la lisibilité des diplômes au niveau
international en définissant trois niveaux de sortie possible (Licence Maîtrise Doctorat) orientés vers l
employabilité; 2. un recours au système de crédits qui garantit la «transférabilité et la capitalisation»
des éléments de formation validés; 3. un découpage de la formation par semestres facilitant la mobilité
vers des universités étrangères; 4. une diversification des cursus notamment dans le cycle licence, en
offrant la possibilité de suivre des études pluridisciplinaires articulées aux besoins en emplois, d acquérir
une compétence en langues vivantes et d utiliser les technologies de l information et de la
communication; 5. l obtention de diplômes offrant une possibilité d insertion sur le marché du travail
pour chaque cycle. Ces cinq principes ne s opposent pas aux visées de la Loi- Cadre de l Enseignement
National et de la Stratégie Sectorielle de l Éducation et de la Formation de l État congolais. Dans ce
contexte, la réforme implique un cadre normatif contextualisé afin de susciter une évolution des
fondements conceptuels sur lesquels repose aujourd hui le dispositif académique congolais. Que ce soit
aux niveaux politique, institutionnel, académique, chaque groupe d acteurs se doit d être conscient de
ces exigences normatives à initier en profondeur au sein du système éducatif du pays pour ne pas
risquer de changer sans réellement innover. En effet, le seul changement de la sémantique (Licence,
Maîtrise, Doctorat, Crédit, Semestres, etc.) de l existant 21
42 ne suffirait pas pour attester la conformité d un EES aux normes internationales du système LMD.
I.6. : Des obstacles à surmonter dans la mise en œuvre du Système LMD La nécessité d arrimage au
Système LMD soulève des défis à surmonter dans le contexte congolais, notamment : 1) La réticence vis-
à-vis des principes fondamentaux du Système LMD. Celle-ci s observe dans les hésitations des
établissements à mettre en œuvre le LMD qu ils considèrent comme étant un système importé,
complexe et exigeant. 2) La résistance au changement due à la philosophie pérennialiste de certains
acteurs qui considèrent le paradigme classique comme étant immuable. 3) La culture de l impunité peut
entrainer la non application rigoureuse du Cadre Normatif du LMD. Conséquence, les objectifs visés par
la réforme ne seront atteints que partiellement ou pas du tout. 4) La mise en œuvre, par certains
établissements, d une version cosmétique du LMD : procéder ainsi va à l encontre des stratégies de
pilotage et des pratiques pédagogiques sur lesquelles repose la réforme LMD à savoir : (i) gérer
autrement, (ii) enseigner autrement, (iii) évaluer autrement, (iv) étudier autrement, (v) piloter
autrement, (vi) professionnaliser autrement, etc. 5) L absence d un cadre permettant de faire participer
toutes les parties prenantes à la mise en œuvre du LMD notamment les 22
44 I.7. : Des constats sur l État actuel de basculement des Établissements au Système LMD depuis l
adoption de la Loi-Cadre n 14/004 de l Enseignement National L état actuel de basculement des EES au
Système LMD n est pas officiellement examiné. Toutefois, les quelques données disponibles permettent
de distinguer trois cas types sur ce plan, ce qui a des incidences sur les modalités d arrimage au nouveau
Système LMD. Le premier groupe représente un petit nombre d EES, notamment quelques facultés, qui
ont effectivement effectué avec un certain succès une telle transformation et adopté une structure des
études du type Licence-Maitrise-Doctorat. Dès lors, on peut supposer que l arrimage au nouveau
système est chose faite et la certification ne pourrait être alors plus ou moins qu une formalité. Il s agit
généralement de quelques établissements publics jouissant d une autorisation officielle du Ministère de
Tutelle et de quelques établissements publics ou privés qui ont adopté cette réforme anticipativement
sur base volontaire. Toutefois, c est à la suite d un Audit de viabilité qu un tel jugement pourrait être
réellement confirmé. Un second petit groupe d EES a en quelque sorte adopté une version mimétique
du processus et proposé une structure des études de type Licence-Maitrise-Doctorat, mais sans
vraiment mettre en question tous les aspects de la culture académique traditionnelle. Dans ce cas, l
obtention de la certification exigera que ces EES complètent certaines des opérations, laissées pour
compte, du cahier de charge et témoignent du fait qu ils ont pris les dispositions nécessaires pour s y
conformer entièrement. 24
45 Un dernier groupe d EES, qui est très majoritaire, n a pas encore amorcé cette transformation de la
nouvelle culture académique. Dans ce dernier cas, c est l ensemble des opérations prévues au cahier de
charge qui devront être effectuées. Ainsi, s agissant de la rénovation de la culture académique dans les
EES en RDC, et compte tenu des expériences réussies, une approche différentiée serait pertinente tant
sur le plan institutionnel que chronologique. En effet, ce sont des institutions de taille moyenne (faculté
ou école) qui ont réussi la transformation envisagée et cela sur une période de temps s étalant sur deux
à trois années lorsqu elles sont accompagnées dans le processus. Dans cette perspective, c est donc
faculté par faculté que s opérera la transformation de la culture académique au sein des EES et il est
raisonnable de penser que le processus sera complété pour l ensemble des EES dans les cinq prochaines
années, en autant que le MESU fournira les mesures d accompagnement et le financement nécessaires.
De cet état actuel de la mise en œuvre du Système LMD dans les EES de la RDC, nous faisons les constats
suivants que nous croyons être parmi les raisons qui justifient la rédaction du présent Cadre Normatif :
La réflexion pédagogique est encore placée au second plan même dans les établissements ayant déjà
basculé au LMD. Il convient de noter que ce n est pas parce qu une offre de formation a fait l objet d une
habilitation que l établissement maîtrise effectivement les normes et les critères relatifs à l
implémentation réussie de la philosophie pédagogique du Système LMD. En effet, l un des objectifs les
plus ambitieux de la réforme, qui est l amélioration de la qualité pédagogique de 25
46 l enseignement/apprentissage, demande des évolutions de mentalités et des approches
pédagogiques innovantes qui ne sont malheureusement pas encore acquises par la plupart des
enseignants et des gestionnaires des établissements. C est donc un travail approfondi qui doit être
amorcé dans cet environnement académique où n existait pas au départ de réflexion préalable
comparable. Il n est donc pas étonnant que même dans des facultés qui ont volontairement adopté le
Système, malheureusement, la réflexion pédagogique est encore passée au second plan. Dans les
établissements où coexistent le Système classique et le Système LMD, les apprenants de deux systèmes
n arrivent pas vraiment à vivre effectivement ce qui différencie ces deux philosophies pédagogiques sur
les plans pédagogique, administratif et pilotage : 1) Certaines formations sont plus formellement que
réellement intégrées dans le LMD. Il n est pas exagéré de faire un constat qu une partie des formations
paraît être davantage transposée que transformée. Cela est autant vrai pour les institutions publiques
qui ont bénéficié de l autorisation du Ministère de tutelle que pour les privés qui ont basculé
volontairement au Système LMD. Nous pensons surtout à la lutte des disciplines pour préserver les
mêmes domaines disciplinaires classiques existants en continuant à polluer les nouvelles maquettes de
programmes du nouveau Système LMD. 2) L accompagnement des étudiants paraît être encore non
réellement pratiqué, adopté ou généralisé. Dans un système où l accompagnement des étudiants n a
jamais fait partie de la philosophie pédagogique institutionnelle traditionnelle, il n est pas étonnant de
26
47 constater que les établissements, ayant adopté le LMD, ont encore du mal à dégager des moyens
nécessaires à un encadrement plus étroit et plus formel des étudiants. La réflexion de fond sur la nature
de cet accompagnement tarde encore à être entamée. 3) Le travail sur l Approche par compétences n
est guère entamé ou avancé. Les nouveaux programmes de formation tout comme les nouveaux
diplômes devraient être définis par compétences, connaissances et savoir-faire qu ils permettent d
acquérir. Cette démarche, fortement recommandée pour la professionnalisation des formations dans
LMD, n a pas encore effectivement été opérationnalisée. Une première conséquence pratique est l
incapacité dans laquelle se trouvent la plupart des établissements ou facultés ayant adopté le LMD de
rédiger le supplément au diplôme qui doit normalement décrire ces compétences. 4) L utilisation des
nouvelles technologies (TIC) tarde à accompagner la réforme LMD. L entrée dans le LMD des
établissements qui y sont déjà ne s est pas encore accompagnée d une révolution pédagogique et
technologique. Les enseignants, les gestionnaires et les personnels administratifs ont des difficultés à
modifier leurs schémas traditionnels de pensée et de gestion : absence d environnement numérique de
travail, absence d ensemble intégré d outils de communication ou des simulateurs de parcours qui
amène les étudiants à réfléchir sur leurs propres choix et les enseignants sur leurs propres
enseignements. 27
48 L absence d utilisation de TIC fait qu en général même au niveau de pilotage, les établissements dans
le LMD continuent à gérer d une manière artisanale les dossiers des étudiants or, ce n est qu en faisant
recours aux TIC qu on peut faciliter la gestion des UE en termes de capitalisation ou de transférabilité de
crédits. 5) Absence de l interface entre les établissements et les milieux professionnels : les programmes
de formations au format LMD existant dans les établissements n ont pas nécessairement bénéficié de la
participation des représentants de milieux professionnels tant au niveau de conception des nouveaux
curricula qu au niveau des enseignements de cours développés (à l exception des établissements du
réseau de la Stratégie 2020, qui ont fait un effort dans ce sens). 28
49 Chapitre II : Du concept du cadre normatif Dans ce chapitre, nous en venons d abord à certaines
notions préalables à la compréhension réflexive du concept de cadre normatif et ce, afin d en apprécier
la valeur à la fois scientifique et légale dans le contexte de la Réforme LMD dans l ESU congolais. C est
dans la deuxième section du chapitre que nous en venons en suite aux normes et critères de mise en
œuvre de la Réforme LMD. II.1. : De la définition du concept «cadre normatif» Un Cadre Normatif est un
document établi par consensus et approuvé par un organisme ou une institution, contenant un
ensemble de normes nationalement et/ou internationalement reconnues ayant pour objectif d orienter
le comportement des individus ou d'évaluer de façon impartiale la qualité d un produit ou d un service.
Il exprime un «ensemble de règles d usage, de prescriptions techniques, relatives aux caractéristiques d
un produit ou d un service, édictées dans le but de standardiser et de garantir l harmonisation des
modes de fonctionnement, la sécurité ou l absence de nuisances.» Grâce aux normes définies, les
utilisateurs pourront vérifier que le produit-fini ou le service-rendu est bien conforme au niveau d
assurance requis. 29
50 Par exemple, dans les domaines de commerce 1, on fixe des standards de qualité que les produits ou
les services doivent observer pour pouvoir être mis sur le marché. Sur quoi se baser pour dire que le
projet a été réalisé avec succès dans le respect de la norme établie. Les contrevenants sont punis d une
amende, voire de l exposition au carcan avec les marchandises détruites. La norme 2, c'est donc ce qui
est obligatoire et qui s'impose sous peine de sanction. La norme est souvent inscrite dans l'inconscient
collectif. Elle peut être imposée : i. de manière contractuelle : lorsqu'un donneur d ordre fixe des
normes à respecter pour la réalisation du contrat de référence ; ii. de manière plus étendue : des
dispositions légales ou réglementaires qui imposent, dans des cas précis, le respect des conduites et
procédures dans la conception et la fabrication des biens et services. 1 Par exemple,les critères furent
établis lors du traité de Maastricht, signés par les membres de l'union européenne le 7 février1992, dans
le cadre de la mise en place de l'union économique et monétaire européenne. Les critères de
convergence (ou «critères de Maastricht» ) sont des critères basés sur des indicateurs économiques que
doivent respecter les pays membres de l Union Européenne candidats à l entrée dans l Union
économique et monétaire européenne, la zone euro. Une fois entrés, les pays membres doivent
continuer à respecter ces critères, sous peine d avertissements puis de sanctions. Le respect de ces
critères est jugé nécessaire à la réussite du Pacte de stabilité et de croissance, pour éviter les
phénomènes de «passager clandestin» que les zones monétaires favorisent. 2 Tout ce qui entre dans
une norme est considéré comme «normal», alors que ce qui s en écarte est jugé «anormal» (Weva,
2014). 30
51 En éducation, le concept de la norme est fréquemment, voire toujours, utilisé dans les évaluations en
tant que critère objectif ou standard de réussite fixé à différentes phases du processus d
enseignement/apprentissage pour juger ou sanctionner le degré d atteinte d un ensemble d objectifs
par un groupe de sujets afin de déterminer la validité d une planification didactique, ou encore la
pertinence d une situation pédagogique. Il s agit souvent d un score ou d un seuil sur une échelle à
laquelle on se réfère pour interpréter ou juger des résultats, individuels ou collectifs, obtenus lors d un
test standardisé. On parle d emblée de l évaluation normative où la performance d un sujet est
comparée, au moyen de rang centile ou de stanine à celle des autres personnes d un groupe de
référence d après un même instrument. L évaluation normative peut également s appliquer à l
appréciation de tous les aspects d un système éducatif pour juger que tel système éducatif ou tel
établissement est meilleur comparé à tel autre. Il en est de même pour les différents classements
nationaux, régionaux et internationaux réalisés au cours de ces dernières années pour juger de la qualité
des universités à travers le monde, à titre d exemple, le classement le plus connu mondialement de
Shanghai. Les normes peuvent porter sur le produit, le service, le processus ou l organisation. Sur le
produit : les normes décrivent alors les caractéristiques fonctionnelles et/ou techniques auxquelles ils
doivent satisfaire. C est le cas de l efficacité externe quand il s agit par exemple de juger la performance
des diplômés d un système universitaire ou d un établissement 31
52 d enseignement supérieur donné. Pour le LMD, on peut, par exemple, parler effectivement de
programmes professionnalisant ou non d un établissement selon la performance de ces diplômés sur le
marché d emploi local et international. Sur le service : les normes précisent souvent aussi bien le service
lui-même que sa prestation, c est à dire les moyens qui doivent être mis en œuvre pour le réaliser. C est
le cas, par exemple, de la disponibilité ou non du corps professoral qualifié ou d un manque d
infrastructures et d'équipements des laboratoires scientifiques pour soutenir un enseignement de
qualité. Sur le processus : les normes précisent les conditions de réalisation des produits et les règles à
appliquer pour leur conception, leur fabrication et leur installation. Dans le Système LMD, on fait
spécifiquement référence aux concepts tels que la semestrialisation en tant qu unité de mesure de
temps de formation et d apprentissage ou l Unité d Enseignement (UE) déterminant la charge totale de
travail (CTT) pour être capitalisable et transférable, etc. Sur l organisation : ces normes édictent les
principes que l entreprise se doit de respecter sans pour autant faire totalement abstraction des
impératifs techniques relatifs aux produits et/ou aux processus. Il s agit ici des règles, par exemple,
régissant le pilotage pour la gouvernance du système éducatif, plus spécifiquement du LMD. 32
53 Mais comment repérer les dispositions ayant valeur normative de celles qui n'en ont pas? Dans ce
cas, le concept de norme renvoie à celui des critères. Les critères sont la pierre d assise de la logique
juridique et du raisonnement administratif servant à juger la valeur normative d un produit ou d un
service. Les critères contenus dans une norme doivent être objectifs, vérifiables et définis par des
niveaux de performance mesurables afin qu on puisse s y référer pour juger, apprécier, choisir, classer,
sélectionner un produit ou un service par rapport à un autre. Ils impliquent la compétition, l épreuve et
la sélection entre différents fournisseurs participants. Dans la réalisation d'un objectif ou d'un projet, il
vaut mieux s'appuyer sur plusieurs critères qualitatifs et quantitatifs d évaluation que sur un seul pour
évaluer de façon pertinente une norme. Généralement, ces critères doivent être clairement
indépendants les uns des autres. Il faut également savoir faire une distinction entre les critères les plus
importants et les moins importants. Les normes et les critères reliés à la mise en œuvre du Système LMD
impliquent au préalable une connaissance voire une maîtrise de plusieurs concepts tels que l
architecture organisationnelle, la semestrialisation, le crédit, la capitalisation, le parcours, l Unité d
enseignement, la professionnalisation, le tutorat, etc. De surcroit, ces concepts sont eux seuls porteurs
des jugements de valeur normative et d indices (critères) d appréciation 33
54 portés vis-à-vis de la qualité et la pertinence attendues du Système LMD. Par exemple, l architecture
organisationnelle est une des normes du LMD. Cependant, pour que cette structure soit qualifiée d une
architecture du type LMD, elle doit répondre à certains critères dont Licence (3 ans constitués de 180
crédits) -Maîtrise (2 ans constitués de 120 crédits) Doctorat (3 ans minimum composés de 180 crédits),
etc. Il faut éviter de définir des normes, en espérant que leur simple définition amènera à leur respect.
Cela peut résulter de la définition d un très grand nombre de normes tandis que les ressources ou les
compétences pour leur mise en application ne sont pas suffisantes. Il est important de définir des
normes qui sont réalisables, faisables, et applicables, en tenant compte de la disponibilité des
ressources. Il est contre-productif de définir une norme qui ne peut pas être respectée, quand les
ressources ne le permettent pas du tout. Par exemple, le gouvernement peut définir que le ratio
étudiants/professeur dans un établissement soit de 20 pour favoriser la professionnalisation de la
formation dans le LMD, tandis que le taux actuel est de 200, et alors que la capacité budgétaire
consacrée au renouvellement du corps professoral est très faible. Le risque n est pas seulement que la
norme ne sera pas respectée, mais surtout que, après quelques années, le non-respect de la norme
deviendra acceptable et que même des situations complètement inacceptables (par exemple, un ratio
étudiants/professeur de 300) ne sera plus sanctionné. 34
55 Il est également essentiel que certaines normes soient adaptées au contexte (voir notre
compréhension du concept de la contextualisation plus haut). Il ne serait donc pas surprenant que la
durée, par exemple, du doctorat dans le Système LMD varie entre 3 ans et 5 ans d études en RD Congo
alors qu elle devrait normalement être de 3 ans selon la recommandation du Processus de Bologne.
Cependant, il n est pas acceptable de créer une norme unique et de permettre des exceptions, en
fonction des situations spécifiques, car cela pourrait ouvrir la voie à des abus. Finalement, pour que les
normes aient un véritable pouvoir, il faut évidemment qu elles soient connues et acceptées par ceux qui
doivent les appliquer et qu elles aient un caractère contraignant. Cela veut dire également qu elles
doivent être précises, claires et comprises par tous de la même façon. II.2. : De l audience visée par le
Cadre Normatif Normalement, dans tout système de formation, ce sont les responsables politiques qui
décident des orientations du système et donc des innovations que constituent les réformes telles que le
LMD. Cependant, les innovations devant porter sur divers aspects du système, la mise en œuvre de la
réforme concerne une audience de plusieurs catégories d acteurs. En ce qui concerne le Système LMD, l
innovation doit porter sur l ensemble du système de formation et de ses finalités puisqu il faudra
enseigner autrement, étudier autrement, évaluer autrement, gérer autrement, piloter autrement,
professionnaliser autrement! Ce sont donc les différentes catégories d acteurs d
enseignement/apprentissage qui vont constituer les chevilles 35
57 constituent cette catégorie d utilisateurs. Dans le cas du LMD, cette catégorie d acteurs a besoin d un
Cadre Normatif précis afin de pouvoir définir efficacement et adéquatement des programmes de
formation et des stratégies de gestion et d enseignement innovantes, des ressources pédagogiques,
matérielles et financières conséquentes devant accompagner l implémentation de la nouvelle réforme.
Dans cette catégorie nous plaçons aussi les agences régionales partenaires (exemple, CAMES, SADC,
etc.) et les organismes internationaux (exemple, Banque mondiale, UNESCO, BAD, GIZ, etc.) d appui à l
enseignement supérieur instances techniques spécialement chargées de la mise en place de la réforme
et qui conduisent la réflexion quant à la mise en œuvre du LMD, qui proposent et organisent les activités
d information et de formation à l endroit de divers publics, pilotent la conception des parcours et le
choix des contenus en collaboration avec le personnel académique. Le personnel administratif est aussi
considéré comme développeur parce qu il est directement associé à la mise en place de la réforme.
Dans le système LMD, ce rôle demeure aussi sinon plus important dans la mesure où la formation des
étudiants est plus personnalisée. Grâce au Cadre Normatif, il doit donc s informer des différents aspects
du LMD, participer aux choix des nouveaux outils de gestion des flux et de suivi des étudiants, se former
à la maîtrise des outils qui seront choisis. Les évaluateurs : les évaluateurs trouveront les normes à
utiliser pour évaluer qu'un produit ou un service est conforme à sa cible d'évaluation. En éducation,
généralement les experts sont ceux qui font parties de cette catégorie d utilisateurs. Grâce aux normes
définies, cette catégorie d acteurs pourra vérifier que le Système 37
58 LMD mis en place dans un établissement est bien conforme ou non aux standards nationaux et
internationaux. C est surtout le cas des Agences d Assurance Qualité. C est dans le contexte de cette
réflexion conceptuelle que nous invitons les lecteurs à situer sa lecture et son appréciation du présent
Cadre Normatif pour la réforme LMD en RD Congo. 38
60 Chapitre III : Des normes et des critères du Cadre Normatif du LMD contextualisé en RDC Dans l
exposé des motifs justifiant l adoption de la Loi- Cadre de l Enseignement National n o 14/004 du 11
février 2014 et des innovations qu elle apporte, à la page 4 au point 6, il est noté «l introduction
progressive à l université du Système Licence Maîtrise Doctorat, en sigle L.M.D., dont la finalité est d
harmoniser les cursus dans l enseignement supérieur et universitaire et de favoriser la mobilité du
personnel et de l étudiant à l échelle mondiale.» Afin d adapter le Système LMD au contexte congolais, il
a particulièrement été retenu comme base du présent Cadre Normatif plusieurs textes légaux nationaux
dont, la Loi-Cadre de l Enseignement National, la Stratégie Sectorielle de l Education et de la Formation ,
le Vade-Mecum du Gestionnaire d une Institution d Enseignement Supérieur et Universitaire (2014), les
Instructions Académiques qui régissent le fonctionnement quotidien des EES et principalement les
exigences du LMD telles qu énoncés dans le Processus de Bologne en Le présent Cadre Normatif
comprend des normes et des critères. Rappelons qu une norme est un énoncé général qui décrit ce qui
est généralement attendu d un EES relativement à l implémentation effective du Système LMD. Par
ailleurs, chaque norme est accompagnée des critères qui décrivent les différents moyens par lesquels un
établissement peut se conformer à la norme concernée. Les critères permettent une certaine
interprétation contextuelle des normes. 40
61 Les normes et les critères correspondants reflètent les exigences en matière de la mise en œuvre
réflexive du Système LMD dans le contexte congolais. C est pourquoi le respect de ces normes et critères
sera régulièrement évalué en tenant compte d une part, des textes légaux congolais, et d autre part des
avis de toutes les parties concernées constituant l audience des différents groupes d utilisateurs
précédemment mentionnés (étudiants, personnels académiques et scientifiques, gestionnaires des EES,
autorités politiques concernées, monde professionnel, partenaires techniques et financiers,
communautaires, etc.). Ce Cadre Normatif a pour vocation d accompagner le MESU et les différents
groupes d utilisateurs susmentionnés dans leurs efforts et leurs réflexions sur l implémentation du
système LMD. À cet effet, il propose des outils méthodologiques d accompagnement mais également
des pistes juridiques sur la mise en œuvre effective de cette réforme. 41
62 Tableau 2: Sommaire des normes, des critères et textes juridiques associés Type de normes Critères
associés Références aux textes juridiques (3) NORME 1 : De l énoncé institutionnel de vision et de
mission NORME 2 : De la structuration du système LMD : une architecture des études en trois cycles
NORME 3 : De l organisation administrative de cycles LMD dans les instituts supérieurs, les écoles
supérieures et les universités en RD Congo NORME 4 : De l organisation en domaines, mentions et
spécialités. NORME 5 : De l organisation d une année académique en semestres NORME 6 : De l
organisation des formations en unité d enseignement NORME 7 : Des formations conçues en termes des
compétences NORME 8 : De l évaluation des connaissances et des compétences: évaluer autrement
Critères 1.1 à 1.5 Articles. 86, 88, 90, 91, 92, 93, 95 ; Vade-Mecum, p. 113 Critères 2.1 à 2.8 Articles 97 à
99 Critères 3.1 à 3.2 Articles 97 Critères 4.1 à 4.3 Article 97 Critères 5.1 à 5.2 Articles 98 et 99 et Vade-
Mecum p.97 et 114 Critères 6.1 à Articles 25, 26, 27, 29 et Vade-Mecum p.129 Critères 8.1 à 8.10
Articles 188, 191,194, Vade- Mecum, p , Les textes juridiques font principalement référence aux Articles
de la Loi-Cadre n 0 14/004 du 11 février 2014 de l Enseignement National et du Vade-Mecum du
Gestionnaire des Établissements de l ESU,
63 NORME 9 : De l allocation des crédits Critères 9.1 à NORME 10 : Des Diplômes et Certificats LMD
Critères 10.1 à NORME 11 : Des parties constituant le supplément au diplôme - Articles 7, 147 et 148
Vade-Mecum, p NORME 12 : De l évaluation interne de l offre de - - formation NORME 13 : Du
renforcement des capacités des - Article 98 enseignants NORME 14 : De la mobilité des étudiants,
enseignants et chercheurs Critères 14.1 à 14.7 Article 98 NORME 15 : De la convention d habilitation -
Article 199 conjointe NORME 16 : De la gouvernance administrative dans le système LMD : gérer
autrement NORME 17 : Des activités d accompagnement des étudiants Critères 16.1 à 16.5 Article 32,
Vade-Mecum, p.127 Critères 17.1 à 17.5 Articles, 32, 51, 52, 203 Vade-Mecum, p.52, 57, 58, 114,
Articles191, 203 NORME 18 : De l autonomisation de l étudiant : étudier autrement NORME 19 : Des
ressources à la disposition des - Articles 197, 214, 226, apprenants NORME 20 : De la Cellule Assurance
Qualité - Article 7 43
65 45
66 NORME 1 : Des énoncés institutionnels de vision et de mission La valeur de toute réforme éducative
repose d abord sur la détermination de ses véritables vision et mission. Car, toute organisation doit avoir
une mission à accomplir ; c est à la fois sa raison d être, sa finalité et sa référence. Dans un monde en
perpétuel changement, une organisation, quelle qu elle soit, ne peut pas ne pas s interroger sur les buts
qu elle poursuit et sur son orientation. Est-elle fidèle à sa vision et sa mission? Celles-ci sont-elles
révisées à la lumière des conditions nouvelles? Les buts et les objectifs éducatifs sontils conformes à la
vision et la mission institutionnelles? Les missions assignées aux Établissements d Enseignement
Supérieur et Universitaire (EES) sont définies par l État congolais. Elles émanent de la Loi-Cadre n o
14/004 du 11 février 2014 de l Enseignement National donnant au système éducatif national des
nouvelles options fondamentales qui se traduisent, entre autres, dans les objectifs suivants (Encadré 4) :
1. la professionnalisation de l enseignement et la promotion des établissements techniques,
professionnels, artistiques et métiers ; 46 Encadré 4: Article 86 : L enseignement supérieur et
universitaire a pour mission de : 1. promouvoir l esprit d initiative et de créativité en vue de rendre
service à la communauté; 2. doter le pays des cadres supérieurs; 3. contribuer au développement de la
société par une recherche scientifique organisée en fonction de ses problèmes; 4. promouvoir la culture
nationale tant par la sauvegarde et la valorisation de ses traditions que par la diffusion des nouvelles
connaissances; 5.
68 Critère 1.1 : Du contenu de l énoncé de mission : À toutes fins utiles, la mission constitue la raison d
être de l EES. Elle doit veiller au respect des normes générales applicables à l ensemble des
établissements de l enseignement national en tenant compte des options fondamentales spécifiées dans
l article 9 de la Loi-Cadre de l Enseignement National. Elle doit être définie en termes généraux et
satisfaire aux critères faisant référence aux valeurs énoncées dans la Loi- Cadre de l Enseignement
National (Encadré 5, 6, 7): 1. aux besoins de Encadré 5: Article 88 : L enseignement supérieur a pour
mission de former les cadres de haut niveau, spécialisés pour l exercice d une profession ou d un métier,
notamment dans les secteurs prioritaires qui sont l éducation, la santé, l agriculture, la technologie, la
gestion et les arts. Article 92: L école supérieure est un établissement d enseignement supérieur qui
recrute ses étudiants par concours ou sur titre et assure des formations de haut niveau dans un vaste
éventail de disciplines. Article 93: Les écoles supérieures ont pour mission de : 1. former des cadres de
haut niveau dans divers secteurs en fonction des besoins réels de la société; 2. organiser la recherche
appliquée, orientée vers des solutions aux problèmes spécifiques des domaines de leur création; 3.
assurer les services à la communauté. Paragraphe 2 : Des dispositions communes la société et de la
population congolaise dans le domaine couvert par l offre de formation proposée; 2. à des valeurs
fondamentales universelles d intégrité, d éthique et de respect de la personne humaine; 3. à l
accessibilité aux études universitaires de tous les congolais (sans aucune discrimination basée sur le 48
69 sexe, l origine ethnique, la race, l appartenance régionale, la classe sociale, etc.); 4. à la qualité de la
formation offerte et sa comparabilité avec celle qu offrent d autres milieux universitaires aux niveaux
local, national, régional et international; 5. au rôle capital de l ESU dans le développement intégré et
durable du pays; 6. aux grands domaines de formation et de recherche; 7. à la vocation particulière de l
établissement ou de la faculté, ou de la filière. Dans l énoncé de mission, on doit également tenir
compte des attentes à l égard du LMD à c est qu il permette de: 1. assurer une transition harmonieuse
entre le secondaire et le supérieur; 2. d y trouver un complément de formation destiné à favoriser l
entrée des diplômés sur le marché du travail; 3. résoudre les problèmes pédagogiques; 4. aider les
universités à participer pleinement au processus de développement du pays où elles sont implantées; 5.
aux universités de diversifier à la fois leur offre de formation et leurs stratégies pédagogiques pour
répondre aux besoins des divers publics qu elles attirent; 6. la compétitivité. 49
70 Critère 1.2 : De la participation des membres à l élaboration des énoncés institutionnels de vision et
mission Les énoncées de mission et de vision doivent se faire avec la participation des membres de l EES,
en concertation avec sa tutelle et d autres partenaires (art. 20 à 24 de la Loi-Cadre). Encadré 6: Article 95
: L enseignement universitaire a pour mission de : 1. former des cadres de conception capables de
contribuer à la transformation qualitative de la société; 2. contribuer à l évolution de la science par l
organisation de la recherche fondamentale et appliquée orientée vers le développement; 3. assurer et
promouvoir la diffusion des résultats de recherche. La recherche fondamentale et appliquée est
produite dans les facultés ou centres rattachés à l établissement comme unités d appui à l
enseignement. Critère 1.3 : De la déclinaison des énoncés de vision et de mission La déclinaison de
mission et de vision doit tenir compte des différents éléments sus mentionnés : 1. Les énoncés de vision
et de mission doivent être définis en tenant compte de la triple mission de l enseignement supérieur et
universitaire : enseignement, recherche et service à la communauté. 50
71 2. Les énoncés de mission et de vision de l EES doivent être approuvés et partagés avec les principaux
partenaires et instances concernés tels que le recommande la SECTION 7 de la Loi-Cadre dans ses
articles 20 à Les énoncées de mission et de vision doivent s harmoniser avec la politique pédagogique du
Ministère de Tutelle. 4. Les énoncés de vision et de mission doivent promouvoir un milieu de travail
caractérisé par l inclusion et Encadré 7 : Article 91 : Les instituts supérieurs pédagogiques ont pour
mission de : 1. former les enseignants qualifiés du secondaire dans toutes les disciplines de formation
générale, technique, artistique et professionnelle; 2. organiser la recherche dans le domaine de la
pédagogie appliquée afin d améliorer la qualité de l enseignement maternel, primaire, secondaire et
professionnel; 3. vulgariser les résultats de la recherche notamment par la production et la diffusion des
manuels scolaires adaptés. le respect mutuel, tout en défendant la liberté académique et en respectant
les divergences d opinion. 5. Ils doivent faciliter la définition des objectifs généraux et spécifiques en
matière d enseignement, de formation, de recherche, de service à la communauté. 6. L EES doit pouvoir
démontrer que sa mission éducative et ses programmes, y compris ses procédures et politiques d
admission, répondent aux besoins des communautés locales et nationales. 7. L EES doit prouver que sa
mission et sa vision reflètent la professionnalisation des enseignements/apprentissages dispensés. 51
72 8. L EES doit démontrer comment il lutte contre la déperdition et l inadaptation académiques en vue
d améliorer l efficacité interne. 9. Les objectifs de formation doivent favoriser la promotion de l
intelligence et de l esprit critique. Critère 1.4 : De la définition des objectifs institutionnels de chaque
cycle et chaque filière d études 1. Le programme d enseignement que chaque Établissement met en
œuvre est supposé cadrer avec la mission définie à chacun des niveaux de la hiérarchie. Ce qui lui
permet de répondre à la demande sociale, c est-à-dire aux besoins du marché d emploi (Encadré 8). 2.
La définition des objectifs de chaque cycle et chaque filière d études aide les professeurs à orienter leurs
enseignements. 3. Étant donné l importance de la définition des objectifs des institutions et des
matières, Encadré 8 : Article 90 : Les instituts supérieurs techniques, artistiques et technologiques ont
pour mission de : 1. former des cadres spécialisés dans les domaines des techniques et technologies
appliquées notamment dans les secteurs de la santé, de l agriculture, de l éducation, de la gestion, des
arts, des métiers, des bâtiments, des travaux publics et de l industrie; 2. organiser la recherche en vue
de l adaptation des techniques et technologies nouvelles aux conditions spécifiques du pays; 3.
encourager la promotion et le rayonnement des arts et des métiers. 52
73 il importe donc que chaque unité d enseignement définisse ses objectifs spécifiques à partir des
objectifs globaux de l institution. 4. Les Conseils d Administration doivent tout mettre en œuvre pour
que soient définis aux niveaux des Départements et des Facultés/Sections les objectifs de chacune de
ces entités. 5. L établissement doit définir les objectifs pédagogiques, le contenu, les méthodes d
apprentissage, les modes d évaluation, l évaluation de l enseignement et des enseignants. Critère 1.5 :
Des descriptifs des cours 1. Comme l exige le Vade-Mecum du Gestionnaire d une Institution d
Enseignement Supérieur et Universitaire (3 ème édition, 2014, p ), dès le début de l année académique,
chaque professeur, en accord avec le Conseil de Faculté/Section, arrête le descriptif du cours qu il
compte enseigner (Encadré 9). 2. Ce descriptif 4 doit au préalable faire l objet d une adoption par la
Chaire et le Conseil de Encadré :9 Vade-Mecum du Gestionnaire d une institution d enseignement
supérieur et universitaire, p (3 ème édition, 2014) De l exploitation de différents rapports et procès-
verbaux des Établissements, il nous paraît utile d exiger des unités d enseignement et de recherche la
définition des objectifs à chaque niveau de responsabilité pédagogique et scientifique en vue de le
conformer à la mission des institutions et aux tâches des débouchés. 4 Le descriptif de cours présente
chaque UE ; il comporte les informations suivantes : Sigle, code et intitulé de l UE Public-cible Nom de l
enseignant ou des enseignants qui le donnent 53
74 Département afin de l harmoniser avec les autres cours et de le cadrer avec les objectifs
institutionnels. 3. De leur côté, les étudiants ont tout avantage à avoir, dès le début d un cours, une vue
d ensemble des stratégies d enseignement-apprentissage et d évaluation qui seront mises en œuvre. 4.
Le descriptif de cours (appelé aussi «Guide du cours») doit comprendre : i) le nom de l Établissement et
de la Faculté/Section; ii) iii) iv) le cycle, le domaine, la filière, le parcours, l année d études où le cours est
donné; la dénomination de l UE; le code UE, le code EC, l UE, l EC; v) le nombre d heures consacrées à l
enseignement et aux travaux pratiques et/ou stages; vi) le nom du professeur ou enseignant. La
description sommaire du contenu du cours telle qu elle apparaît dans le répertoire des cours de l
établissement Objectifs spécifiques (correspondant aux capacités et compétences que l apprenant
obtiendra à la fin de cette UE) Contenus Modes et critères d évaluation Nombre de crédits Organisation
pratique Bibliographie 54
75 5. Le descriptif doit aussi expliquer sommairement la nature du cours, les objectifs du cours, le
contenu de l enseignement, les méthodes pédagogiques, les ressources pédagogiques requises, les
types et les échéanciers des travaux pratiques retenus, les stratégies d évaluation, la notice
bibliographique, etc. NORME 2 : De la structuration du système LMD : une architecture des études en
trois cycles Le Gouvernement dans le souci d une harmonisation des études tant au niveau national qu
au niveau international a décidé d adopter une structure des études qui s apparente à celle prôné par le
Processus de Bologne et qui prévaut dans la majorité des pays d Afrique tant Francophones et qu
Anglophones, et qui est plus particulièrement promue par les membres du CAMES dans les pays
africains francophones. La Loi-Cadre nº 14/004 du 11 février 2014 de l Enseignement National en ses
Articles 97 et 98 définit une architecture de l Enseignement Supérieur et Universitaire en trois (3) cycles
et en filières 5. 5 Il convient de mettre en évidence le fait que la RDC est parmi les pays noneuropéens
qui a officiellement adopté le Système LMD en ayant une Loi-cadre de l Enseignement National comme
texte juridique fondateur de cette nouvelle Réforme mondiale. 55
76 Figure 1 : Organisation des cycles d études et leur durée selon le système LMD en RDC Licence
Maîtrise Doctorat 3 ans 2 ans 3 à 5 ans 6 6 semestres d études 4 semestres d études 6 à 10 semestres d
études 180 crédits 120 crédits 180 crédits 6 Dans LMD, la durée du Doctorat est généralement de 3 ans.
Dans le contexte de la RDC, cette durée est de 3 à 5 ans car elle tient compte de la nécessité de
maintenir la formation requise dans le cadre du DES/DEA dans la préparation de la recherche doctorale.
56
77 Critère 2.1 : De l organisation des cycles d études et leur durée Comme l indique la figure 1 ci-dessus,
les études universitaires comprennent désormais trois cycles d études correspondant aux diplômes que
sont la Licence, la Master et le Doctorat dont les durées sont variables, mais qui correspondent à l
obtention par l étudiant d un nombre fixe de crédits. La Licence, qui s étale généralement sur 3 années d
études, nécessite 6 semestres d études et un total de 180 crédits. La Maitrise, qui s étale généralement
sur 2 années, nécessite 4 semestres d études et un total de 120 crédits. Le Doctorat qui s étale sur une
période d études variant entre 3 à 5 années (selon le cas), exige un total de 180 crédits. La durée des
études est variable car un étudiant peut réorienter son cheminement ou pour diverses raisons adopter
un rythme différent plus ou moins rapide pour compléter ses études. Toutefois, ce qui demeure fixe c
est le nombre de crédits qui doit être porté au dossier de l étudiant pour obtenir le diplôme. Critère 2.2 :
De l organisation de la Licence et sa durée Le Premier Cycle consiste en une formation initiale de 3 ans
sanctionnée par le grade académique de Licence. Il couronne un programme devant comporter des
objectifs précis pouvant donner accès au marché du travail ou à des études supérieures. La Licence est,
soit à finalité Professionnelle, soit à finalité Recherche. 57
78 D'une manière générale, la formation en vue de l'obtention du diplôme de Licence comprend trois
étapes comme l illustre le schéma 1 ci-dessous. Tableau 3: Organisation de la formation de la Licence
SEMESTRE SEMESTRE PHASE DE LA FORMATION 5 6 Phase de spécialisation dans le parcours et l option
choisis. 3 4 Phase d approfondisseme nt des connaissances de base de la filière choisie. 1 2 Phase d
imprégnation et d adaptation à la vie universitaire et de découverte des différentes offres de formation.
TYPE D ENSEIGNEMENT VISÉ Enseignements spécifique (80%) et tronc commun (20%) selon la spécialité
et l option choisies. Tronc commun (80%) et spécifique (20%) selon l option choisie. Tronc commun à
toutes les options. COMPOSITION DE LA LICENCE L3 : Dédiée à la mention choisie L2 : Favorisant la
poursuite du parcours L1 : Pré- Licence généraliste 58
79 Les deux finalités devront s adosser sur un même socle commun pendant les deux premiers
semestres (S1 et S2) de la première année. Ils se différencient à partir du troisième semestre (S3).
Critère 2.3 : Des exigences d admission ou d inscription à la Licence (L1) Conformément à l article 101 de
la Loi-cadre de l Enseignement National, «Nul n est admis dans un établissement d enseignement
supérieur ou universitaire, s il n est porteur d un titre sanctionnant la fin d études secondaires ou d un
titre équivalent et s il ne remplit les autres conditions d admission fixées par des textes réglementaires».
Les exigences du LMD en ce qui concernent les admissions corroborent celles déjà énoncées à la page 67
du Vade-Mecum du Gestionnaire d une Institution d ESU, à savoir, «les inscriptions s effectuent dans
chaque établissement en tenant compte de la capacité d accueil. Priorité est accordée aux candidats
ayant suivi la même option aux humanités et classés en ordre utile déterminé en fonction des
pourcentages obtenus au Diplôme d État (60% au moins des points) et au concours (entre 50% et 59%
des points).» Critère 2.4 : Des exigences d admission à la Licence (L2) et la Licence (L3) En général, dans
le Système LMD, le passage au niveau supérieur est automatique après obtention des 60 crédits de l
année 59
80 en cours. Cependant, si un étudiant n'a pas réussi tousses examens, le jury en délibération peut, s'il
l'estime opportun, prononcer sa réussite ou son passage conditionnel pour autant qu'il ait acquis au
moins (45) crédits capitalisables (pour le passage de L1 à L2 ou L2 à L3) ou (45) crédits (pour le passage
de M1 à M2) soit, 75% de la totalité du nombre de crédits requis. L'étudiant est donc admis en année
suivante, mais dans ce cas, il a l'obligation d'acquérir l'année suivante tous les crédits qu'il n'avait pas
obtenus, en plus, évidemment, des crédits propres à l'année d'étude en cours 7 8. Un jury ou une
commission pédagogique propre à chaque domaine ou filière est mise en place pour statuer sur les
admissions aux niveaux supérieurs. Les règles régissant les conditions de progression dans un cycle
varient en fonction des établissements et/ou de la politique du Ministère de tutelle. 7 En fait en Europe,
chaque université applique «à sa manière» la clause des 15% de la Déclaration de Bologne. Selon cette
clause, quand un enseignement pour lequel un étudiant échoue ne représente pas plus de 15% de l
ensemble des crédits de l année en question, l étudiant peut passer en année suivante. Les universités
appliquent cette clause en prenant des seuils variant de 15 à20%. 8 Toutefois, dans certaines
universités, la clause des 15% est sujette à des restrictions. En particulier, elle ne s applique pas à des UE
«majeures», c'est- à-dire considérées comme essentielles dans la spécificité de la mention choisie. 60
81 Critère 2.5 : De l organisation de la Maîtrise, sa durée et ses finalités Le Deuxième Cycle conduit à une
Maitrise 9 qui s obtient en 2 ans 10. La Maîtrise a deux finalités : i. la finalité Recherche Scientifique
orientée vers les études doctorales; la finalité professionnelle dirigée vers des compétences
professionnelles particulières avancées afin d ouvrir les diplômés sur des débouchés professionnels
clairement identifiés. ii. Elle confère un grade, obtenu au bout de 4 semestres. Il est organisé soit par
mention soit par mention et spécialités. Il correspond à l obtention de 120 crédits. La Maîtrise doit
comprendre 11 : des enseignements théoriques des enseignements professionnels spécialisés des
enseignements méthodologiques des stages une formation à la recherche 9 Une Maîtrise est un diplôme
du second cycle universitaire qui correspond au Masters de grée chez les anglophones (Bachelor Master
s Doctor). La Maîtrise suit généralement la Licence (ou le baccalauréat) et précède le Doctorat. 10 Dans
certains pays, par exemple comme la Belgique ou le Canada, à l issue d une Maîtrise en 2 ans, des
Maîtrises complémentaires, dans des domaines connexes, peuvent être acquises en un an d études au
moins. Ces formations visent l acquisition d une qualification professionnelle spécialisée. 11 En général,
selon les exigences du LMD, l'étudiant doit maîtriser au moins une langue vivante étrangère pour se voir
délivrer le diplôme de Maîtrise. 61
82 la rédaction d'un mémoire ou autres travaux personnels, selon le cas. Critère 2.6 : De l admission à la
Maîtrise L accès à un programme de Maîtrise est de plein droit pour tout titulaire d'une Licence en
adéquation avec son parcours disciplinaire. Néanmoins, cette admission doit être conditionnelle à la
capacité d accueil de l établissement et à la qualité du dossier du candidat. Une fois admis à la Maîtrise,
l'étudiant choisit d abord une filière; ensuite le parcours (recherche ou professionnelle) et enfin, la
spécialité à l'issue du deuxième semestre du programme (Schéma 2). 62
85 NORME 3 : De l organisation administrative de cycles LMD dans les instituts supérieurs, les écoles
supérieures et les universités en RDC Conformément à l article 97 de la Loi-Cadre, les études à l
enseignement supérieur et universitaire sont organisées en cycles et filières. Les filières d études sont
subdivisées en options et orientations, selon le cas. Critère3.1 : De l organisation de cycles dans les
Instituts Supérieurs Selon l article 97 de la Loi-cadre, les Instituts supérieurs sont autorisés d organiser
un ou deux cycles. Critère3.2 : De l organisation de cycles dans les Écoles Supérieures et les Universités
En conformité avec l article 97, les Écoles Supérieures et les Universités sont autorisées d organiser deux
ou trois cycles. Le système LMD adopte l organisation administrative des établissements. Encadré 10
Article 97 : Les études à l enseignement supérieur et universitaire sont organisées en cycles et filières.
Les filières d études sont subdivisées en options et orientations, selon le cas. Les instituts supérieurs
organisent un ou deux cycles. Les écoles supérieures et les universités en organisent deux ou trois. Le
personnel scientifique œuvrant dans les instituts supérieurs ou dans les écoles supérieures peut accéder
à un troisième cycle à caractère technique ou pédagogique sous l autorité scientifique exclusive d une
université congolaise ou étrangère dans le cadre de la coopération entre les universités publiques et
privées et les instituts supérieurs. 65
87 que membre du CAMES, s aligne à la typologie des domaines définis par celui-ci. Dans ce système, le
concept «domaine 14 recouvre plusieurs disciplines et leurs champs d application, notamment
professionnels. Il exprime le grand champ de compétences. Par exemple, le domaine de formation en
sciences humaines et sociales peut intégrer les disciplines telles que sociologie, anthropologie,
psychologie, histoire, etc... Les domaines constituent le cadre général de l offre de formation de l
établissement. Chaque établissement détermine ses domaines de formation, en fonction de ses
spécificités propres. Les intitulés sont soumis à accord du ministère. Ces domaines se déclinent en
filières et parfois en spécialités (le champ de formation est une notion plus restreinte constituant un
sous ensemble du domaine de formation). Chaque Domaine est décliné en Mentions qui sont
directement rattachées aux diplômes délivrés. Une mention couvre un champ relativement large qui
permet d'identifier le thème majeur de la formation (cela concerne les licences et les maîtrises). Elles
peuvent correspondre à des enseignements fondamentaux monodisciplinaires (mathématiques ;
informatique ; sociologie ; histoire ), bi-disciplinaires (mathématiques-informatique; sociologie-histoire )
ou encore pluridisciplinaire (électronique, électrotechnique et automatique ). Langues et Arts et 8)
Sciences économiques et de gestion. 14 Notons que le concept de «domaine» n est pas d usage dans le
jargon académique congolais actuel. Mais, il est pertinent dans le LMD car il permet l interdisciplinaire.
Dans LMD, un «domaine» peut englober plusieurs disciplines et leurs champs d application, notamment
professionnels. Il exprime le grand champ de compétences. 67
88 Les mentions sont les équivalents des Filières (art. 97 de la Loi-Cadre) dans le système congolais
actuel (Encadré 11). La mention peut-elle même se décliner en spécialités. Celles-ci précisent les
compétences acquises par l étudiant au cours de sa formation. Il est rappelé qu il n y a pas lieu d afficher
les spécialités au niveau licence, excepté pour les langues. Par exemple, la Licence dans le Domaine des
Sciences et Technologies peut se subdiviser en11 mentions (filières) 15 : Biologie, Chimie, Informatique,
Mathématiques, Mécanique, Sciences et Technologies, Physique, Santé, Sciences de l Ingénieur,
Sciences de la terre, de l'univers et de l'environnement et Techniques Industrielles. Critère 4.2 : Des
avantages pédagogiques et scientifiques du concept de «domaine» Le regroupement des disciplines
classiques sous le concept de domaine de formation n a pas seulement d incidences purement
administratives, mais peut aussi encourager les initiatives de travail interdisciplinaire notamment lorsqu
il s agit de recherches portant sur des problèmes sociaux. une organisation des formations en semestres
et en unités d enseignement ; la mise en place du «système de crédits» -CECT (Crédits d évaluation
capitalisables et transférables) la délivrance d une annexe descriptive aux diplômes dite «supplément au
15 La filière Chimie peut compter des spécialités dont les suivantes: Chimie générale, Chimie organique,
Chimie nucléaire, Chimie analytique, Chimie physique, etc. 68
89 Diplôme». Il précise les objectifs poursuivis : organiser l offre de formation sous forme de parcours
types ; intégrer des approches pluridisciplinaires ; développer la professionnalisation des études
supérieures; encourager la mobilité ; intégrer l apprentissage de compétences transversales (langues,
informatique) ; faciliter la création d enseignements par les techniques de l information et de la
communication. Il organise les parcours-types et fixe la référence de 180 crédits pour la Licence et 120
crédits pour la Maîtrise et 180 crédits pour le Doctorat. i. Des contenus structurés en domaines
comportant des parcours types et des parcours individualisés. ii. iii. Une organisation des formations en
semestres et en UE (Unités d Enseignement capitalisables). Des contenus structurés en domaines
comportant des parcours types et des parcours individualisés. Critère 4.3 : De l organisation de
«domaines», des subdivisions en filières, options et orientations Dans l Enseignement Supérieur et
Universitaire congolais, les études doivent être organisées en cycles, domaines, et filières 69
90 (mentions) d études subdivisées en options et orientations (spécialités), selon le cas (Art.97 de la Loi-
cadre). Compte tenu des avantages pédagogiques, scientifiques et administratifs procurés par l usage du
concept de «domaine», il est fortement conseillé que ce dernier puisse servir de référence pour la
définition de la nouvelle carte facultaire et départementale des établissements de l Enseignement
Supérieur et Universitaire congolais. Ainsi, on pourrait définir les filières d études au sein de domaines.
En conséquence, celles-là seront subdivisées en options et orientations, selon le cas et ce,
conformément à l esprit de la Loicadre et de la Réforme LMD. À titre d exemples on parlerait de : 1)
Domaine des Sciences et Technologies Filière: Mathématiques, Orientation (Spécialité): Mathématiques
appliquées ou Mathématiques pures Filière : Géologie, Orientation (Spécialité) : Exploration et géologie
minières Filière : Chimie, Orientation (Spécialité): Chimie organique 2) Domaine : Psychologie et Sciences
de l éducation Filière : Psychologie, Orientation (Spécialité) : Psychologie scolaire Filière : Sciences de l
éducation, Orientation : Administration et Planification de l éducation 70
92 Critère 5.2 : De la durée d une année académique Selon la tendance internationale, la durée d un
semestre varie entre quatorze (14) et seize (16) semaines. Conformément à l Article 99 de la Loi-Cadre,
en RDC, «L année académique compte deux (2) semestres de 15 semaines fixes chacun réservé aux
activités d enseignement-apprentissage effectif (cours), les travaux pratiques, les stages et les
évaluations». Un semestre pédagogique consiste en une offre d'unités d'enseignement (UE), sous forme
de Cours Magistraux (CM), Travaux Dirigés (TD), Travaux Pratiques (TP), Travaux personnels encadré ou
de l étudiant (TPE) : Stages, Recherche, Mémoires, Rédaction d une thèse, travaux longs, etc. NORME 6 :
De l organisation des formations en unités d enseignement Critère 6.1 : De l Unité d Enseignement (UE)
et de la Capitalisation Une fois les profils de formation et les parcours définis, il faut les décliner en
contenus qui doivent être découpés en Unités d enseignement (UE) que l étudiant doit acquérir une à
une par semestre et qu il capitalise (validation définitive). 72
93 L UE est l unité de base d un parcours de formation. Elle représente une subdivision autonome et
cohérente à l intérieur d un programme d études. Elle doit être un ensemble cohérent impliquant un ou
plusieurs champs disciplinaires. Par exemple, une UE peut être constituée des contenus de formation
disciplinaire ou multidisciplinaire. Critère 6.2 : Des éléments constitutifs (EC) de l UE (EC). Chaque UE
comprend un ou plusieurs éléments constitutifs En général, elle est constituée de 1 à 5 EC homogènes -
correspondant aux cours de base (avec ou sans TD). Une UE est codifiée et numérotée. L ECUE est
constitué d un enseignement, matière ou module spécifique faisant partie d UE. Chaque ECUE peut être
affecté d une note et des crédits correspondants. Dans ce cas, un ECUE est acquis dès que l étudiant y
obtient une note supérieure ou égale à 10/20. Il est capitalisable et transférable Voici un exemple
concret de l UE et de l ECUE dans la Licence recherche en Aménagement des Écosystèmes du domaine
de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables, parcours Aménagement/Conservation de la
biodiversité, à la Faculté des sciences de l Université de Kisangani : UE : Sciences de base; Crédit UE : 8; 4
ECUE ayant chacun 2 crédits constituent cette UE dénommée Sciences de base: Mathématique de base,
Chimie générale analytique, Physique générale, Biologie générale. 73
96 nombre fixe quel que soit le programme de chaque offre de formation. Sur la base de ce principe
simple, il est possible de déterminer la valeur absolue d un crédit, qui correspond à 25 heures de travail
de l étudiant. En effet, dans une année universitaire de 30 semaines, il y a une charge globale de travail
de 1500 heures. On doit donc dispenser 60 créditsen1500 heures. Il en résulte qu un crédit implique 25
heures de travail. Ainsi, si un crédit équivaut à 25 heures de travail, une UE de 6 crédits implique 150
heures de travail. Chacun des trois cycles est ainsi sanctionné par un nombre bien précis de crédits.
Critère 6.7 : De la souplesse des crédits entre les parcours Les crédits favorisent la souplesse entre les
parcours. Ils ont trois principales caractéristiques : 1. ils sont transférables : le contenu de l
enseignement d une UE reste le même, quel que soit le parcours choisi. Ce système de crédits permet
aussi la validation des périodes d études effectuées dans un autre établissement dans la même région
géographique ou à l étranger; 2. ils sont capitalisables : toute validation est acquise définitivement, quel
que soit la durée d un parcours; ils sont conservés d une année à l autre des UE acquises. 3. ils sont
applicables à l ensemble du travail de l étudiant : toutes les activités et les formes d enseignement dont
les stages, les mémoires, les 76
97 projets et le travail personnel sont prises en compte grâce à un contrôle continu renforcé et régulier.
Critère 6.8 : De la désignation de l UE Par un sigle : L UE est désignée par un sigle de trois lettres au
minimum qui indique le(s) champ(s) disciplinaire(s) qu elle couvre, par exemple BIO pour biologie. Par
un code : Au sigle on ajoute un code chiffré qui désigne le niveau de cette UE, par exemple BIO 102 (Bio
=Unité, 1=niveau de l unité, 0=, 2=), UE de biologie du premier semestre 17. Critère 6.9. De l articulation
des UE Dans l'esprit de la réforme LMD, les enseignements doivent être organisés en termes d'ue.
Celles-ci sont définies comme étant des ensembles de formation cohérents, capitalisables et
transférables. Cet esprit du LMD exige que les UE soient organisées en progressions pédagogiques
adaptées, dont l'élaboration nécessite: 1. de définir les objectifs en termes de métiers ou de poursuite
d'études au niveau supérieur; 2. de préciser les compétences attendues en fin de parcours pour pouvoir
exercer une fonction ou poursuivre des études 17 Exemples de codes des Maquettes LMD en Gestion
des Ressources Naturelles Renouvelables des Institutions de la Stratégie 2020 : GE10203 Gestion de l
Environnement I; SV10206 Sciences du vivant et de la Terre II; AR20308 Aménagement des RNR IA. Dans
leur cas ils ont opté pour des sigles de deux lettres. 77
98 plus avancées et; 3. de décliner les contenus des UE en semestres avec une spécialisation progressive
facilitant les réorientations. Ainsi, la progression pédagogique exige une implémentation progressive
année après année et conséquemment une telle approche impose qu'un travail préalable sur
l'articulation des UE du premier semestre au dernier semestre d un parcours donné soit considéré. En d
autres termes, l ensemble des enseignements d un cursus de formation d un parcours (cycle) donné d
une filière doivent être définis à la fois au cours d une année précédant leur mise en application les
années suivantes. Critère 6.10 : Des types et du report des UE Les UE composant l offre de formation d
un parcours peuvent être obligatoires ou optionnelles. Ainsi, l UE (obligatoire ou optionnelle) peut être
«reportable» ou «non reportable». Dans ce cas, l étudiant a la possibilité de reporter à l'année suivante,
un certain nombre d UE (10-15 crédits). Dans le livret des facultés, ces UE sont spécifiquement
désignées par la mention «reportables». Le report des UE n est pas possible au niveau de la dernière
année d un cycle et se fait en concertation avec l équipe de formation. NORME 7 : Des formations
conçues en fonction des compétences Dans le dispositif du LMD les formations sont conçues en
parcours en fonction des compétences que l étudiant doit présenter à sa sortie de l Université. Une
compétence est un ensemble intégré de savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir qui
permettent, 78
99 face à une catégorie de situations, de s adapter, de réaliser une tâche ou un projet, de résoudre un
problème courant ; elle correspond donc à un ensemble de capacités et d aptitudes reliées entre elles
dans un domaine donné. Elle est un pouvoir reconnu à poser des actes, à effectuer une tâche, à assumer
une responsabilité. Une capacité correspond à la possibilité déjà démontrée de produire un savoir, un
savoir-faire, un savoir-être, c est l actualisation de l aptitude. Les compétences dépendent en fait des
profils de formation puisqu un profil de formation se définit comme l ensemble d aptitudes que doit
posséder la personne à former au départ et à la fin de la formation. Les UE doivent être définies en
termes des compétences obligatoires et des compétences optionnelles. 79
100 NORME 8 : De l évaluation des connaissances et des compétences : Évaluer autrement Les
évaluations des étudiants et des enseignements constituent l occasion de vérifier l assimilation des
connaissances et l acquisition des compétences par les étudiants, mais aussi d apprécier les méthodes et
techniques pédagogiques mises en œuvre par l enseignant pour transmettre ces connaissances et
compétences. Dans le Système LMD, l évaluation a pour but de fournir : 1. une mesure quantitative des
savoirs, savoir-faire, Encadré 12 Article 194 : Le niveau supérieur et universitaire est évalué et
sanctionné pour : a. le premier cycle par des stages, des examens et la présentation et/ou la défense d
un travail de fin de cycle, sanctionné par un diplôme de licence; b. le second cycle par des stages, des
examens, la présentation et la défense d un mémoire, sanctionné par un diplôme de maîtrise; c. le
troisième cycle par des examens, le diplôme d études approfondies, la présentation et la soutenance
publique d une thèse inédite, sanctionné par un diplôme de docteur ou d agrégé en médecine. savoir-
être et savoirdevenir des apprenants; 2. une mesure qualitative de compétences, c est-à-dire apprécier
la conduite en situation-problème. 80
101 Critère 8.1 : De l évaluation des compétences En LMD, il est important d évaluer les apprentissages
en termes de savoirs, de savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir, bref en termes des compétences
(Encadré 12). En effet, la mesure des apprentissages est d ordre quantitatif, elle cherche à vérifier la
présence d un nombre suffisant de capacités alors que la mesure des compétences est d ordre qualitatif,
elle cherche à apprécier la conduite en situation-problème. Or, dans le dispositif pédagogique du LMD
les formations sont conçues en parcours que l on peut définir comme le chemin choisi par l étudiant
pour réaliser son projet de formation et son projet professionnel grâce à l ensemble des UE qui lui sont
proposées dans les différents domaines de formation. Dans cette perspective, l évaluation balise le
parcours de l étudiant ; cela permet, d abord à lui-même et aux enseignants, ensuite à l institution
universitaire, de décider s il peut : entreprendre un parcours se réorienter compléter sa formation
valider l unité, le semestre obtenir une certification, etc. En fin de compte, l évaluation donne les
éléments nécessaires pour garantir la valeur professionnelle de l étudiant en fin de parcours : elle doit
donc vérifier tout le long du parcours s il présente les capacités, 81
102 et mieux que cela, les ensembles de capacités correspondant à son projet professionnel. L
évaluation en LMD est donc axée sur les compétences. Critère 8. 2 : Des qualités d une bonne évaluation
LMD Une bonne évaluation LMD cherche à: 1. favoriser l approche formative sans négliger l approche
sommative; 2. valoriser et non à sélectionner ou à sanctionner; 3. accentuer la réussite de l étudiant et
non simplement à éviter son échec; 4. bâtir les instruments d évaluation autour d objectifs d
enseignement clairs et précis qui servent continuellement de points de référence pour tous; 5. mettre d
abord l accent sur l individu en tant que tel, avant le groupe ou la classe; 6. consentir le maximum d
effort pour encadrer les étudiants en difficulté. L évaluation des enseignements LMD doit aussi intégrer l
évaluation de l enseignant. Critère 8.3 : Des modalités d évaluation et des délibérations Les modalités d
évaluation (écrit, oral, pratique, etc.) doivent être définies dans les guides méthodologiques qui
accompagnent les référentiels de formation de l EES et doivent être reprises et adaptées dans le
descriptif de cours élaborés par le professeur titulaire de chaque cours et ce, conformément à l Art. 194
de la Loi-Cadre et aux exigences du LMD (Encadré 12). 82
103 Les connaissances et les compétences sont évaluées semestriellement par des contrôles continus
(évaluation formative) et par un examen final ou terminal (évaluation sommative). Deux sessions d
examen sont organisées au cours de la même année académique (un examen à la fin de chaque
semestre): i. Première session : à la fin de chaque semestre, un examen écrit, oral ou pratique est
organisé pour chaque UE et chaque ECUE dispensées en plus des contrôles continus (des contrôles de
TD, de TP, de l évaluation du travail personnel, des travaux de recherche, des exposés, des
interrogations orales ou écrites etc.). ii. Deuxième session: un examen de la deuxième chance ou
examen de rattrapage sera accordé à l étudiant n ayant pas obtenu une moyenne supérieure ou égale à
10/20 dans chaque EU ou dans chaque ECUE. Les modalités d organisation de cet examen de deuxième
session ou de rattrapage sont les mêmes que celles de la première session. Les modalités d évaluation
sont fonction de matière à évaluer. Elles peuvent être mixtes (combinant les contrôles continus et les
contrôles terminaux) avec une seule session de rattrapage ou à contrôles continus exclusifs. Dans tout le
cas, elles suivent la répartition ci-après : 83
104 Tableau 5: Modalités d'évaluation Types de contrôles Contrôle Continu Sessions Semestre 1
Rattrapage Semestre 2 Rattrapage Examen Total Examen seulement Contrôle Continu Examen Total
Examen seulement Pourcentage des notes 50% 50% 100% 100% 50% 50% 100% 100% 84
105 Les modalités d évaluation doivent respecter les principes suivants : 1. allègement du nombre d
examens finaux et réduction de leur durée; 2. adoption du principe du contrôle continu comme faisant
partie intégrante de la formation, en vue d inculquer à l étudiant la culture de l effort afin de suivre la
progression de ses connaissances et de ses savoir-faire. Critère 8.4: De l organisation des sessions d
examens pour évaluer Comme il est mentionné au critère 8.3, chaque semestre se termine par deux
sessions d examen : 1) une session principale immédiatement à la fin du semestre; 2) une session de
rattrapage ouverte aux étudiants qui n ont pas obtenu des résultats satisfaisants lors de la session
principale et qui a lieu au moins une semaine après la proclamation des résultats de la session
principale. En pratique il est préférable que la session de rattrapage unique ait lieu après la proclamation
des résultats de la session principale du 2 e semestre. Concernant les stages et autres projets de fin d
études, le jury d examens peut accorder un délai supplémentaire de 3 mois au maximum pour le
rattrapage en cas d insuccès. 85
106 Critère 8.5 : Du seuil de réussite de l évaluation finale L évaluation finale d une UE se fait sous la
forme d une note comprise entre 0 et 20. Le seuil minimal de réussite est de 10/20. Une appréciation
des UE, semestre et année est attribuée selon le barème suivant : 10/20=Passable (E); 12/20=Assez Bien
(D); 14/20=Bien (C); 16/20=Très Bien (B) 18/20=Excellence (A) Dans la plupart des universités appliquant
le système LMD, en cas d'échec à une UE, les crédits correspondant aux enseignements pour lesquels
l'étudiant a obtenu une note 12/20 ne seront pas octroyés d'office mais la note sera reportée. Ainsi, si
l'étudiant le souhaite, il pourra, à ses risques et périls, présenter à nouveau l'examen pour améliorer sa
note. Pour chaque examen réussi, le jury de délibération octroie à l étudiant le nombre de crédits
attribués à l UE correspondante, ou décide de reporter la note. Les reports seront maintenus pendant 5
ans dans le même parcours, même si l'étudiant change d'établissement. Chaque examen est obligatoire
et ne peut être présenté que deux fois au cours de la même année académique. Lorsque l étudiant a
établi un programme d études étalées dans le temps, le 86
107 jury délibère de sa situation à l issue de chaque session. S il obtient les crédits correspondant aux
enseignements de son programme personnalisé, l étudiant peut poursuivre ses études sans être
considéré comme doublant. Par contre, il est considéré comme ajourné si les résultats déjà enregistrés
ne laissent aucun doute sur son ajournement au terme de son parcours personnalisé. Enfin, il sera
considéré comme absent s'il n'a pas présenté tous les examens prévus au plan de fractionnement pour l
année académique en cours à l issue des 2 sessions. L'étudiant «ajourné», à l issue de la deuxième
session de l année académique, est autorisé à se réinscrire comme doublant. À la fin de la dernière
année académique de l étalement, le Jury procède à la délibération sur les résultats globaux pour
l'étudiant pour l'année d'études qui a été échelonnée. Critère 8.6: Des règles de progression dans les
études L évaluation est semestrielle. Cependant, le passage est annuel. L étudiant passe d une classe à
une autre s il a validé l année avec ou sans «compensation» (avec une moyenne supérieure ou égale à
10 sur 20). 87
108 Le principe de compensation est défini dans le critère 9.2. Il peut aussi passer par le système de
crédit s il a obtenu 75% de crédits de la première année (L1 ou M1) c est-à-dire 45 crédits sur 60 crédits
annuels. Il reste néanmoins redevable des unités représentant les 25% de crédits en instance. L étudiant
peut passer de la deuxième à la troisième Licence par le système de crédit s il a obtenu 75% de crédits
sur 60 crédits de la deuxième année, à condition de l obtention de tous les crédits de la première année.
Il reste néanmoins redevable de 25% de crédits en instance, c est-à-dire 15 crédits sur 60. Pour liquider
les unités en instance, l établissement a le choix entre organiser l année académique prochaine une
session spéciale de rachat ou considérer les sessions normales de février et de juillet comme tenant lieu
de sessions de rachat. Les notes dont les étudiants sont redevables sont comptabilisées avec les notes
de l année en cours. Critère 8.7: Du redoublement L étudiant non admis à progresser en année
supérieure d un parcours de formation est, selon les cas, autorisé à se réinscrire dans le même parcours
ou réorienté par l équipe pédagogique vers un autre parcours de formation. La procédure d orientation
doit conduire à la construction d un parcours plus conforme aux aptitudes de l étudiant et 88
109 devrait lui permettre une meilleure progression dans son cursus d études. Il est donc nécessaire de
redynamiser les cellules d orientation d encadrement des étudiants à l université (COEEU). Critère 8.8 :
Des jurys de délibération : composition et fonctionnement Les jurys de délibération des UE sont
organisés à la fin de chaque semestre. Ils comprennent les enseignants responsables des EC au sein de
chaque UE du semestre. A l issue de la délibération, les jurys des UE remettent au chef de département
les notes des UE et des EC qui composent celles-ci, les Procès-verbaux des notes des UE avec leurs EC
ainsi que des éventuelles recommandations de délibération. Le jury de délibération du semestre est
organisé à la fin de chaque session d examens. Il est composé des responsables des UE du semestre. Le
président du jury de délibération de semestre est désigné parmi les membres de jury de grade élevé, par
le comité pédagogique. Les jurys du semestre impair et du semestre pair de la même année académique
se réunissent ensemble pour procéder aux délibérations de l année académique concernée. La présence
aux délibérations de tous les membres du jury est obligatoire. 89
110 Les membres des jurys sont tenus de préserver le secret de délibération. Critère 8.9: Des
prérogatives des jurys de délibération Lors de la délibération, les membres du jury ont pour mission de :
1. valider la scolarité des étudiants et leurs résultats obtenus durant le semestre; 2. se prononcer sur l
admission, l ajournement ou l exclusion des étudiants dans les EC, les UE, et les semestres; 3. procéder, s
il y a lieu au rachat d étudiants, au cas par cas, en appréciant globalement leur scolarité sur base des
paramètres tels que l assiduité, la progression pédagogique, la participation, la discipline, Dans ce cas, la
note concernée par le rachat, doit être ramenée à 10/20. Le rachat n est pas un droit. Il relève
exclusivement des prérogatives du jury; 4. proposer, s il y a lieu, une orientation de l étudiant en
situation d échec; 5. les jurys de délibération du dernier semestre d un cycle d études a pour
prérogatives, également, de valider l ensemble de la scolarité des étudiants de la même promotion et de
remettre au chef d établissement un procès-verbal de délibération portant la liste des lauréats pour la
confection et la délivrance des attestations provisoires de succès et des diplômes. 90
111 Critère 8.10: Des Résultats et recours des jurys de délibération 1. Les résultats finaux de
délibérations doivent être portés à la connaissance des étudiants, par voie d affichage dans l
établissement ou via le site Web de l établissement. 2. En cas d erreur, dûment établie, de saisie de
notes ou de calcul de moyenne, l étudiant peut déposer un recours, au plus tard dans les deux jours
ouvrables qui suivent l affichage du procès-verbal de délibération, auprès du chef de département qui se
chargera de la saisine du jury. 3. Le même jury est à nouveau convoqué pour discuter des recours
introduits par les étudiants et procéder aux correctifs des erreurs. A l issue de ce jury, un PV portant
mention «PV additif au PV initial» sera établi. 4. Une demande de recours peut également entraîner une
contre correction sur demande de l étudiant après consultation de ses copies. 5. Le contre-correcteur
est désigné sous le régime d anonymat de rang égal ou supérieur au correcteur. 6. Les recours sont
reçus dans les 48 heures (2 Jours franc) qui suivent l affichage des résultats. Ils sont traités dans les 72
heures (3 Jours franc) qui suivent leur réception. En outre, un étudiant peut, sur décision du jury de
recours, valider par compensation annuelle l un des deux semestres de l une des deux premières années
de Licence ou de 1ère année de Maîtrise, s il ne l a pas validé séparément. 91
112 NORME 9: De l allocation des crédits Critère 9.1 : De la définition de crédits Les crédits expriment le
volume de travail qui incombe à l étudiant, tandis que les notes attestent de la qualité des résultats
obtenus par l étudiant. Les crédits et les notes ne doivent pas être confondus. À l issue de chaque
semestre d un cycle de formation, le jury procède à l allocation de crédits. Les conditions de validation
des crédits, UE et cycle sont aussi définies par l équipe de formation. Les crédits affectés à une UE sont
alloués aux étudiants dans les cas suivants : - L étudiant a acquis la moyenne dans l'ue; - L étudiant n a
pas acquis la moyenne dans l'ue mais il a obtenu la moyenne générale pour le semestre pédagogique.
Dans ce cas, les crédits affectés à l'ue sont alloués par compensation. Critère 9.2 : Du Principe de la
compensation La compensation est la possibilité que des notes supérieures à la moyenne puissent en
compenser de moins bonnes. La compensation peut se faire à l intérieur d une UE et entre les UE d un
même semestre. Elle ne peut avoir lieu que si toutes les épreuves ont été effectivement passées. 92
113 Il est alors possible de valider une entité (UE ou semestre) en obtenant une moyenne pondérée
égale ou supérieure à 10/20, sans avoir obligatoirement obtenu une note supérieure ou égale à 10/20 à
chacun des éléments qui la composent. En outre, un étudiant peut, sur décision du jury, obtenir par
compensation annuelle l un des deux semestres de l une des années de Licence ou de 1ère année de
Maîtrise, s il ne l a pas validée séparément. Critère 9.3 : De la progression dans un parcours L évolution
de l étudiant dans un parcours est basée sur l évaluation des unités d enseignement selon quatre
systèmes : 1. un système basé sur le contrôle continu; 2. un système basé sur le contrôle continu et les
examens avec une session principale par semestre et une session de rattrapage à la fin de l année; 3. la
validation d une unité d enseignement par l obtention de la moyenne de la note (ex.10/20) ou par
compensation; 4. la capitalisation par obtention des crédits des unités d enseignement validées La
capitalisation : définitivement acquise à la moyenne, y compris les éléments constitutifs des UE. La
compensation : un diplôme s obtient soit par acquisition de chaque UE, soit par application des
modalités de compensation 93
114 entre UE. Le passage est annuel : soit automatique après obtention des 60 crédits de l année en
cours, soit conditionnel si l étudiant obtient au moins (45) crédits (pour le passage de L1 à L2) ou au
moins (45) crédits (pour le passage de M1 à M2), les crédits manquants doivent être régularisés pendant
l année qui suit. Dans un parcours de Maîtrise, à l'issue du deuxième semestre, c'est-à-dire que quand
60 crédits sont capitalisés, l'étudiant se détermine pour la spécificité (Recherche ou Professionnelle) et
la spécialité. Si des problèmes de capacité d'accueil se posent, le passage du deuxième semestre au
troisième semestre de Maîtrise s'effectue après une étude de dossier. Les normes régissant l évolution d
un niveau à l autre dans les différents parcours peuvent suivre les principes ci-après : Passage du L1 au
L2 Cas 1 : (dans l un ou l autre cas, l étudiant a capitalisé 60 crédits) L étudiant est admis en L2 s il a
validé les deux semestres de la 1ère année du cycle de formation L étudiant est admis en L2 s il a validé l
année par compensation entre les UE de la 1ère année. Cas 2 : (l étudiant a capitalisé au moins 45
crédits) L étudiant peut être autorisé à poursuivre les enseignements de L2 s il valide au moins 50% des
crédits de L1, dont au moins 1/3 dans un semestre. Il est alors tenu de s inscrire aux matières non
acquises des UE non acquises en L1. Passage du L2 au L3 94
115 Cas 1 (Capitalisation) Cas 2 (Compensation) L étudiant est admis en L3 s il a validé les quatre
premiers semestres du cycle de formation. L étudiant est admis en L3 s il a validé l année par
compensation entre les UE de L2, et qu il n a pas de dettes de L1. La progression en L3 peut être
autorisée pour tout étudiant justifiant au moins 90 crédits des 2 premières années, et ayant validé
toutes les UE fondamentales indispensables à la poursuite des études en spécialité. Dans ce cas, l
étudiant est tenu de se réinscrire aux matières non acquises des UE en L1 et L 2 des quatre premiers
semestres. Important : L étudiant ne remplissant aucune de ces conditions est déclaré doublant s il n a
pas dépassé 5 années dans le cursus de Licence même dans le cas de réorientation. En cas de
redoublement, les notes de CC (contrôle continu) sont effacées pour la/les matière(s) concernée(s). L
étudiant devra alors repasser ces CC. Passage du M1 au M2 Cas 1 L étudiant est admis en M2 s il a validé
les deux semestres de M1. Cas 2 la poursuite des études en spécialité. Important : Si l étudiant ne
remplit aucune de ces conditions, il est déclaré doublant s il n a pas dépassé 3 années dans le cursus de
Maîtrise même dans le cas de réorientation. 95
116 En cas de redoublement, les notes de CC sont effacées pour la/les matière(s) concernée(s). L
étudiant devra alors repasser ces CC. Critère 9. 4 : De la validation d une année académique L évaluation
globale d une année académique s exprime généralement sous la forme d une note comprise entre 0 et
20. Mais, dans la plupart des pays appliquant le Système LMD, les seuils de réussite varient entre 10/20
et 12/20 dans toutes les UE. Ainsi, une année est réussie lorsque la moyenne générale est au moins
égale à 10/20. Ainsi, dans ce cas, la compensation n est appliquée que si la plus faible note obtenue dans
les UE est supérieure ou égale à 8/20. Toutefois, l étudiant concerné est tenu de passer à nouveau les
examens des UE pour lesquelles il a une note inférieure à 10/20. Tout au long d'un cycle de formation,
les crédits obtenus sont capitalisés : - Une Licence est validée dès lorsque 180 crédits ont été obtenus; -
Une Maîtrise est validée dès lors que 120 crédits ont été obtenus; - Un Doctorat est validé dès lors que
180 crédits ont été obtenus. Critère 9. 5 : De l annotation des crédits notes. Les résultats des évaluations
sont généralement exprimés en Or, de multiples systèmes de notation coexistent, par ou 96
117 exemple dans les universités européennes. Pour aider les établissements à interpréter les notes
obtenues par les étudiants dans les établissements étrangers, une échelle de notation a été mise au
point pour les pays européens. Cette échelle propose un système de notation en lettres (de A à F) qui
permet d évaluer la qualité du travail fourni par l étudiant. Cependant, l'échelle de notation ne se
substitue en aucun cas au système de notation en vigueur localement, mais apporte une information
complémentaire à la performance des étudiants au sein de l'établissement. L'échelle de notation des
crédits est donnée dans le tableau1 ci-dessous, elle est valable tant pour les UE que pour les ECUE.
Tableau 6 : Échelle de notation des crédits CECT Note sur 20 Grade CECT A Appréciation : Commentaires
EXCELLENT : Résultat remarquable, avec seulement 18 quelques insuffisances mineures B TRES BIEN :
Résultat supérieur à la moyenne, malgré un 16 certain nombre d'insuffisances notables C BIEN : Travail
généralement bon, malgré un certain 14 nombre d'insuffisances notables D ASSZ BIEN : Travail honnête,
mais comportant des 12 lacunes importantes 10 E PASSABLE : Le résultat satisfait aux critères minimaux
8 F INSUFFISANT : Un travail supplémentaire est nécessaire à l'octroi d'un crédit 7 G INSATISFAISANT :
Un travail supplémentaire considérable est nécessaire Pour chaque examen réussi, le jury de
délibération octroie à l étudiant le nombre de crédits attribués à l UE correspondante, ou décide de
reporter la note. Les reports seront maintenus pendant 5 97
118 ans dans le même cycle, même si l'étudiant change d'établissement. Critère 9.6 : De l obligation de l
examen d un cours Chaque examen est obligatoire et ne peut être présenté que deux fois au cours de la
même année académique. Lorsque l étudiant a établi un programme d études étalés dans le temps, le
jury délibère de sa situation à l issue de chaque session. S il obtient les crédits correspondant aux
enseignements de son programme personnalisé, l étudiant peut poursuivre ses études sans être
considéré comme doublant. Par contre, il est considéré comme ajourné si les résultats déjà enregistrés
ne laissent aucun doute sur son ajournement au terme de son parcours personnalisé. Critère 9.7 : De la
réinscription comme étudiant doublant L étudiant sera considéré comme absent s'il n'a pas présenté
tous les examens prévus au plan de fractionnement pour l année académique en cours à l issue des 2
sessions. L'étudiant «ajourné», à l issue de la deuxième session de l année académique, est autorisé à se
réinscrire comme doublant. À la fin de la dernière année académique de l étalement, le Jury procède à la
délibération sur les résultats globaux pour l'étudiant pour l'année d'études qui a été étalée. Critère 9.8:
De la clause de la passerelle et du parcours double cursus dans un cycle Une autre disposition adoptée
par les universités pour 98
119 optimiser la souplesse de la progression dans un parcours est la clause de la «passerelle». Les
passerelles permettent aux étudiants de se réorienter ou d'enrichir leur formation par l'accès à d'autres
cursus du même établissement dans des conditions préalablement définies. Lorsqu un étudiant s inscrit
dans deux disciplines différentes, on dit qu il effectue un parcours double cursus. NORME 10 : Des
Diplômes et Certificats LMD Critère 10.1: Des Diplôme de Licence, Master et Docteur Conformément à l
article 194 de la Loi-Cadre et aux exigences du LMD, la fin des études est sanctionnée par : 1) Pour le
cycle de Licence : le Diplôme de Licence (recherche ou professionnel) ; 2) Pour le cycle de Maitrise : le
Diplôme de Master (recherche ou professionnel) 3) Pour le cycle de Doctorat : le Diplôme de Doctorat
(recherche ou professionnel) Ces Diplômes sont délivrés par l établissement et leurs numéros
enregistrés au Ministère de Tutelle. Il s agit des imprimés de valeurs hautement sécurisés que le
Ministère met à la disposition de l EES public ou privé qui en remplit les conditions. Les mentions
substantielles de ces différents diplômes font l objet des formulaires ad hoc en annexe du présent Cadre
Normatif. Quant aux filières de Médecine, Médecine Vétérinaire, Médecine dentaire, Sciences
Pharmaceutiques, Sciences 99
121 Une formation de courte durée comporte un programme offert à des praticiens ou professionnels
notamment des hauts cadres en vue de renforcer leurs compétences ou d améliorer leurs prestations
professionnelles. Cette formation porte sur une matière ou un ensemble des matières spécifiques. Une
telle formation compte 15 à 60 crédits pour Certificat et de plus de 60 à 120 crédits pour un Diplôme.
NORME 11 : Des parties constituant le supplément au Diplôme Le Supplément au Diplôme est conçu
selon le modèle élaboré par la Commission Européenne, le Conseil de l'europe et l'unesco/cepes18. Il
est composé de 8 parties qui donnent des informations sur le titulaire du diplôme, le diplôme, le niveau
d études, le contenu, les résultats obtenus, le type de la qualification, etc. (Tableau 7). 18 UNESCO-
CEPES (Centre Européen pour l Enseignement Supérieur CEPES) 101
122 Tableau 7: Modèle de l annexe au diplôme proposé par l'unesco/cepes Nom de l Etablissement 1 -
Informations sur le titulaire du diplôme Nom(s) Prénom(s) Date de naissance (J/M/A) Numéro ou code d
identification de l étudiant 2 - Information sur le diplôme Intitulé du diplôme Principal/Principaux
domaine(s) d études couverts par le diplôme Nom et statut de l établissement ayant délivré le diplôme
Nom et statut de l établissement ayant dispensé les cours Langue(s) utilisée(s) pour l enseignement/les
examens 3. - Renseignements concernant le niveau du diplôme Niveau du diplôme Durée officielle du
programme d études Conditions d accès 4 - Informations sur le contenu du diplôme et les résultats
obtenus Organisation des études Exigences du programme Précisions sur le programme (UE étudiées et
nombre de crédits) Système de notation Classification générale du diplôme 5 - Informations sur la
fonction du diplôme Accès à un niveau supérieur Statut professionel conféré 6 - Renseignements
complémentaires Sur le niveau de l étudiant Autres 102
123 7 - Certification de l annexe descriptive Date Signature Qualité du signataire Tampon ou cachet
officiel 8 - Schéma du système national d enseignement supérieur NORME 12 : De l évaluation interne
de l offre de formation L établissement doit établir une procédure pour l évaluation du programme
permettant de suivre l évolution du curriculum et la progression des étudiants, et garantissant que tous
les problèmes du curriculum sont dépistés et examinés tous les cinq (5) ans. Le système d évaluation du
programme doit impliquer la gouvernance et l administration de l établissement, le corps enseignant, les
étudiants et les milieux socioprofessionnels. NORME 13 : Du renforcement des capacités des
enseignants L EES doit régulièrement renforcer les capacités du personnel enseignant afin qu ils puissent
s acquitter efficacement de ses missions. L EES doit assurer le perfectionnement des enseignants dans le
domaine de la pédagogie universitaire (ingénierie de la formation, méthodes d évaluation des acquis,
utilisation des TIC, développement d outils pédagogiques). Ce perfectionnement doit être assuré d une
manière permanente au cours de la durée de la carrière professorale à travers des activités de
perfectionnement 103
124 organisées dans le cadre de la pédagogie universitaire et des congés sabbatiques octroyés aux
membres du corps enseignant. L État doit prévoir le financement requis pour soutenir le renforcement
des capacités des enseignants. L État doit assurer une politique d années sabbatiques pour les
enseignants afin de leur permettre d actualiser leurs connaissances. NORME 14 : De la mobilité des
étudiants, enseignants et chercheurs Critère 14.1: Des principes généraux La mobilité (des étudiants, des
enseignants et des chercheurs) est l un des principes importants de l accord de Bologne. En effet, le
système LMD offre la possibilité de s'ouvrir aux systèmes d enseignement supérieur des autres régions
aux niveaux national, régional et international. Cette mobilité est conforme à celle énoncée dans l article
199 de la Loi-cadre. (Encadré 13) Encadré : 13 Article 199 : L enseignement national est ouvert à la
coopération tant bilatérale que multilatérale. Celle-ci vise notamment le transfert et la maîtrise des
technologies, l échange des enseignants, experts et étudiants ainsi que l octroi des bourses d études, le
développement et la réhabilitation des infrastructures et des équipements d éducation. Elle est fondée
sur le principe du respect et des avantages mutuels. Concernant la mobilité des étudiants, les crédits
validés et capitalisés au cours de la mobilité permettent la reconnaissance d'un niveau de compétences
dans le 104
125 domaine de formation retenue. Cette norme établie au niveau national, voire régional et
continental, doit favoriser les échanges interinstitutionnels tant dans la formation initiale que dans le
cadre de la formation continue. Critère : Des types de mobilité Il existe deux types de mobilité. La
mobilité horizontale permet à l étudiant de suivre des enseignements dans d autres institutions pendant
son parcours de formation selon le plan d études de la filière choisie. Par ailleurs, la mobilité verticale
permet de changer d institution entre deux cycles de formation, par exemple entre les études de Licence
et celles de Maîtrise. Critère : De la reconnaissance académique totale de la mobilité La reconnaissance
académique totale est une condition sine qua non de la mobilité dans le cadre du système LMD. Cette
reconnaissance académique totale suppose que la période d études à l'étranger (y compris les examens
et autres formes d évaluation) remplace effectivement une période d'études comparable (y compris les
examens et autres formes d'évaluation) au sein de l'établissement d'origine, en dépit des éventuelles
différences dans le contenu du programme fixé. Critère : Des formalités administratives régissant la
mobilité estudiantine La mobilité est soumise à un certain nombre de règles et de 105
126 formalités administratives. Trois documents principaux régissent la mobilité estudiantine prévue
dans le système LMD. Le dossier d information Chaque établissement met à l'intention des
établissements partenaires potentiels, des dossiers d'information conçus sous forme de guides à l'usage
des étudiants et du personnel de ces établissements. Ce dossier regroupe des renseignements,
notamment sur les UE, les parcours et les règlements académiques et administratifs. Il fournit toutes les
informations pratiques aux intéressés 19. Le relevé de notes Le transfert de crédits dans le cadre du
système LMD s'effectue par l'échange, entre les établissements d'origine et d'accueil, des relevés des
résultats académiques obtenus par l'étudiant. Le relevé de notes constitue le principal document de
référence à l appui de la demande de reconnaissance académique totale de l'étudiant et de transfert de
crédits. En outre, il représente une preuve que l étudiant pourra montrer plus tard à ses employeurs 19
Le dossier d'information est destiné à faciliter la transparence au niveau du parcours, et à aider les
enseignants dans leur rôle de conseiller et d'assistant à l'égard des étudiants, que ce soit lors de l
élaboration du programme que lors de l organisation du séjour dans un autre établissement. 106
127 pour attester son séjour d'études à l'étranger 20. Le contrat d études Ce contrat lie les
établissements d'origine et d'accueil, ainsi que l'étudiant. Lorsque les trois parties concernées se sont
mises d'accord sur les termes du programme d études à l étranger, ils signent alors un contrat d études
et le joignent au formulaire de candidature 21. Critère 14.5 : Du transfert du dossier de l étudiant Dans
le Système LMD, un étudiant peut décider de changer en transférant son dossier d études dans un autre
établissement tout en maintenant le même parcours de formation sans perdre ses crédits des UE
accumulés dans son institution d origine. Le transfert, qui constitue un changement définitif d
établissement, est fondamentalement différent de la mobilité. Lorsqu un étudiant souhaite changer d
établissement, il demande le transfert de son dossier Une copie signée du relevé de notes doit être
remise à chacune des parties concernées : l'établissement d'origine, l'établissement d'accueil et
l'étudiant. 21 Le relevé de notes produit par l établissement d origine avant le départ de l'étudiant
facilite son insertion dans le programme d'études étranger et aide les coordonnateurs de l
établissement d'accueil à déterminer si le niveau de toutes les UE du programme d'études proposé dans
le formulaire de candidature est adéquat, et si par ailleurs, toutes les conditions préalables ont été
effectivement remplies. 22 A travers le contrat, l étudiant s engage à suivre le programme d études de l
université d accueil en le considérant comme une partie intégrante de ses études supérieures. L
établissement d origine garantit à l étudiant qu il accordera une reconnaissance académique totale aux
UE énumérées dans le contrat d études. En vertu de la bonne pratique, il est également recommandé à l
établissement de remettre à l étudiant une attestation indiquant clairement les modalités qui seront
respectées aux fins de la reconnaissance académique. 107
128 Le transfert n est pas automatique, il ne se fait qu après étude du dossier de l étudiant par les deux
établissements impliqués. Il peut se faire entre les établissements situés sur le même site géographique
ou entre ceux situés sur les sites géographiques différents. Critère 14.6 : De la collaboration
interinstitutionnelle pour la mobilité des professeurs La mise en place du système LMD requiert l
élaboration des maquettes pédagogiques dont le contenu est harmonisé au niveau national afin de
favoriser la mobilité des étudiants et des professeurs. Pour réussir un tel travail, il faut optimiser les
possibilités les plus larges de collaborations au niveau du système d'enseignement supérieur et
universitaire dans son ensemble. (Encadré 14) Encadré 14 En France, le Comité Réseau des Universités
(CRU) a été mis en place, en plus des partenariats institutionnels individuels dans lesquels la plupart des
universités sont engagées. Le CRU est un organe consultatif au service de la Direction de la Recherche du
Ministère de la Jeunesse, de l Éducation Nationale et la Recherche (MJENR), la Conférence des
Présidents d'universités et des établissements d'enseignement supérieur. Avec l'appui de sa cellule
technique, il soutient et organise le développement de services applicatifs utiles à la communauté
universitaire. Enfin, il représente la communauté universitaire auprès des réseaux européens de
l'enseignement supérieur et de la recherche. Le CRU est ainsi un outil d intégration nationale des
universités. Le rôle de tous les établissements dans la mise en œuvre du système LMD est, en plus du
développement de la collaboration nationale et internationale, 108
129 l harmonisation du contenu des UE, des parcours, des conditions d attribution des CECT, des
modalités de mobilité et de création. Critère 14.7 : Des politiques et des ressources pour assurer la
mobilité des personnels enseignant, administratif et chercheurs L EES doit avoir une politique qui
encourage ses membres des personnels à créer des relations de collaboration avec des collègues des
autres établissements nationaux et internationaux. L EES doit mettre à la disposition de ses membres
des moyens pour favoriser cette collaboration. L État doit pouvoir favoriser la mobilité des personnels
enseignant, administratif et chercheur en disponibilisant les ressources nécessaires à cet effet. NORME
15 : De la convention d habilitation conjointe L habilitation conjointe est une forme particulière des
partenariats entre deux ou plusieurs établissements sur des questions d intérêts communs en matière
de formation, de recherche et services à la société. Cette norme est très pertinente dans le mesure où
tous les établissements ne sont pas autorisés à organiser les 3 cycles à la fois. Les établissements
participant à une habilitation conjointe doivent établir une convention, validée par leurs instances 109
130 compétentes et portée à la connaissance des étudiants concernés, qui règle en particulier les
questions suivantes : 1) procédure d'admission des étudiants dans les divers établissements (aux divers
niveaux de maîtrise); 2) règle d'inscription des étudiants dans les établissements concernés; 3) règle
d'utilisation des crédits CECT pris en compte dans la formation, et rôle dans ce domaine des divers
établissements (notamment en cas d'admission en cours de maîtrise); 4) constitution du jury commun;
5) règlement d'examen et modalités de contrôle des connaissances dans les divers semestres; 6) règle
de délivrance du diplôme de maîtrise. En cas de formation co-organisée, un nombre minimal de crédits
de chaque cycle d études doit être effectivement suivi dans l institution diplômante. Ce nombre doit être
déterminé par le Ministère de tutelle 23. NORME 16 : De la gouvernance administrative dans le système
LMD : Gérer autrement 23 Par exemple, dans les universités francophones en Belgique, ce nombre
minimal est égal à 30 crédits. 110
131 Critère De la légalité 1. L EES doit définir les responsabilités des enseignants en matière d
enseignement, de recherche et de services à la communauté auxquelles seront associés des critères d
évaluation interne relatifs aux normes de l assurance qualité. 2. L établissement doit disposer des
infrastructures immobilières, pédagogiques et scientifiques suffisantes répondant aux normes
techniques consacrées. 3. Les gestionnaires de l établissement doivent assumer les divers rôles
inhérents à la qualité et à la pertinence des enseignements/apprentissages. 4. La gestion des offres de
formation, des flux d étudiants, des ressources humaines, des infrastructures et des finances, doit être
prise en compte dans la mise en place effective du LMD. 5. L établissement doit procéder à une
réorganisation de l administration universitaire par le traitement en amont des problèmes de logistique
de la réorganisation des services d information, d accueil et d orientation des étudiants et de l
organisation d un service de suivi du parcours individuel des étudiants. 6. Chaque EES est tenu de
désigner un responsable LMD pour assurer le suivi de la reforme au niveau de chaque «unité
académique» (faculté, section, département,..). 111
132 Constitués en «comité de pilotage», ces responsables assureront également le relais entre les unités
de formation et de recherche. Critère 16.2 : De la transparence 1. Chaque établissement doit disposer d
un plan stratégique de gestion. 2. L établissement doit avoir une ligne claire de responsabilité et d
autorité pour gérer le curriculum avec une autonomie budgétaire suffisante indispensable afin d
administrer les ressources qui lui sont allouées pour la mise en œuvre des programmes d enseignement.
3. Les responsabilités, fonctions, qualifications et liens hiérarchiques du personnel administratif doivent
être clairement définis. Critère 16.3 : De la redevabilité L établissement doit avoir un organigramme de
son fonctionnement qui indique aussi bien ses liens avec l Autorité de Tutelle qu avec toutes les autres
instances académiques avec lesquelles il est appelé à collaborer étroitement dans la mise en œuvre de
la réforme LMD. Critère 16.4 : De la participation 1. L établissement doit réactiver le partenariat avec le
monde du travail. 2. Les services centraux de scolarité doivent travailler en étroite concertation avec les
équipes 112
133 pédagogiques au niveau des établissements pour assurer la gestion des flux d étudiants. Critère
16. :. De l équité Les étudiants et le personnel d appui doivent être représentés dans les instances de
décision de l établissement. NORME 17 : Des activités d accompagnement des étudiants La mise en
place du LMD doit avoir comme impact la modification de la structure de l offre de formation, la
rénovation des pratiques administratives et pédagogiques, la transformation des procédures d
apprentissage mais aussi l amélioration de l accueil et du suivi des étudiants. Ce dernier élément va se
réaliser Encadré 15 Article 32 : L État prend des mesures qui s imposent pour éradiquer les fléaux de la
déperdition et de l inadaptation scolaires au niveau des activités d accompagnement, d accueil, d
orientation et d encadrement au début, au cours et à la fin du semestre de chaque année académique
(Encadré 15). Critère 17.1: Du dispositif d accompagnement L étudiant bénéficiera d un
accompagnement socioacadémique tout au long de son parcours pour l aider à s intégrer et à définir ses
objectifs de formation et à les mettre en œuvre. Ainsi, l étudiant pourra construire son parcours de
formation et son projet professionnel sur la base de parcours 113
134 type. Il pourra le modifier ou le faire évoluer par le choix d options. Des passerelles existeront entre
les différents parcours, c est-à-dire il y aura possibilité pour l étudiant d évoluer dans ses choix ou de se
réorienter d une filière vers une autre ou d un domaine vers un autre tout en conservant les acquis des
parcours antérieurs. Le dispositif d'accueil, d'accompagnement et de soutien (guidance) est mis
notamment en œuvre par l EES par l entremise des équipes pédagogiques et des équipes de formation
et complété par le tutorat. Le cursus de licence comporte par ailleurs obligatoirement l'apprentissage
des méthodes du travail universitaire et celui de l'utilisation des ressources documentaires. Critère 17.2 :
De l organisation de tutorat par pairs. L EES est encouragé à mettre en place, un mécanisme de tutorat
au profit des étudiants de 1ère année du cycle Licence. Ce mécanisme doit être transparent et connu de
tous. Un bilan annuel avec rapport de ce tutorat doit être établi. Normalement, les activités reliées à l
accompagnement des étudiants doivent être organisées de manière à respecter la typologie suivante 24
: 24 Les Chapitres VII et VIII pages 127 à 170, du Vade-Mecum du gestionnaire d une institution d
enseignement supérieur et universitaire, sont consacrés aux activités liées à l encadrement pédagogique
des étudiants. Le contenu de ces chapitres se 114
136 6) organiser pour les corps enseignant et administratif des conférences-débats sur le Système LMD;
7) distribuer aux étudiants les maquettes de cours, le guide relatif aux différents règlements des études,
et autres documents d informations pertinentes; 8) organiser des activités sociales pour l accueil des
étudiants; 9) organiser des ateliers d information académiques pour les étudiants; 10) etc. Critère 17.4:
Des activités au courant du semestre : Encadrement des étudiants Liste non limitative des activités à
réaliser LMD au courant du semestre : 1) assurer la cohérence pédagogique des parcours des étudiants;
2) faciliter l orientation des étudiants; 3) favoriser la réussite de projets de formation des étudiants; 4)
constituer des équipes au sein de l établissement pour faciliter l orientation et l encadrement des
étudiants : Comité LMD, Comité pédagogique, etc.; 5) organiser des contrôles continus des cours offerts
dans le cadre de différentes UE; 6) respecter les échéanciers de correction des épreuves une semaine
après qui suit le contrôle; 116
137 7) afficher les résultats des contrôles continus au plus tard deux semaines suivant les examens; 8)
mettre en place au sein de l université un dispositif d encadrement, d information et d orientation des
étudiants dans le processus du choix de leurs parcours de formation; 9) Transmettre les notes au
Département au plus tard deux semaines suivant le contrôle; 10) afficher les heures de consultation à l
intention des étudiants; 11) assurer la distribution des supports pédagogiques; 12) planifier et organiser
des examens de fin de semestre; 13) etc. Critère 17.5: Des activités de fin du semestre 1) gérer des
notes; 2) saisir et afficher les notes : 3) convoquer les jurys de délibération; 4) organiser les jurys de
recours; 5) organiser les jurys de soutenance; 6) instaurer la commission de classement et orientation; 7)
collationner et vérifier les PV de soutenance; 8) vérifier le bulletin avec les notes portées sur les PV; 9)
établir les attestations de diplômes; 10) archiver, après signature, les doubles des attestations; 11)
Établir les bulletins ou relevés de notes, etc. 117
139 dans le processus du choix de leurs parcours de formation. (Encadré 16) NORME 19 : Des ressources
à la disposition des apprenants La qualité des infrastructures immobilières et leur utilisation efficace
sont parmi les normes de l assurance qualité de la formation et de la recherche dans le Système LMD. En
LMD, les apprenants et les membres du personnel enseignant doivent s appuyer sur les ressources
pédagogiques (infrastructures immobilières, bibliothèques, cyber et autres lieux d auto-formation, etc.)
nécessaires à leurs parcours pédagogique et scientifique. (Encadré 17) À travers le monde, les EES ont
appris à s adapter aux exigences académiques internationales de l assurance qualité reliée aux
infrastructures immobilières, équipements et à la documentation pédagogique et scientifique. Ils font
face à l évolution des exigences en matière de 119 Encadré 17 Article 197 : Chaque établissement
dispose d une bibliothèque ou d une médiathèque et d autres infrastructures didactiques spécifiques au
type d enseignement dispensé. Article 214 : L activité pédagogique ou andragogique s exerce dans les
infrastructures appropriées. Elle se dote d un support didactique conséquent et en assure l utilisation
effective par tous les apprenants Article 226 :Il est interdit au personnel enseignant, académique,
scientifique, administratif et technique ou ouvrier, à tout autre membre de la communauté scolaire ou
universitaire, ainsi qu à toute autre personne de :faire fonctionner, faire enseigner ou enseigner aux
élèves, étudiants ou à tout autre apprenant dans un établissement ne remplissant pas les conditions de
viabilité prévues par la présente loi et les règlements particuliers;
140 qualité des espaces (architecture, urbanisme, capacité d accueil, esthétique, confort, exigences
environnementales, etc.). Le personnel académique et les gestionnaires doivent veiller à ce que ces
ressources soient disponibles et utilisables pour les enseignements/apprentissages. Cette norme est
soutenue par la Loi- Cadre dans ses articles 197, 214 à 217, 226. NORME 20 : De la Cellule Assurance
Qualité Tout EES public ou privé doit veiller à la mise en place d une Cellule d Assurance Qualité à son
sein. Il doit : 1) disposer d une référentielle qualité conforme aux directives de la tutelle; 2) disposer d
une politique d évaluation de l enseignement des enseignants par les étudiants conformément à l
ANNEXE II, page 36 du Vade-Mecum du Gestionnaire d une Institution d ESU; 3) instituer une pratique
continue d évaluation institutionnelle interne et externe de l établissement; 4) soumettre les
programmes d études de l établissement à faire l objet d une révision systématique à la fin de la période
d habilitation qui ne peut excéder 5 (cinq) ans; 5) renforcer régulièrement les capacités du personnel
enseignant de l EES afin qu ils puissent s acquitter efficacement de leurs missions; 6) assurer le
perfectionnement des enseignants de l ESS dans le domaine de la pédagogie (ingénierie de la 120
141 formation, méthodes d évaluation des acquis, utilisation des TIC, développement d outils
pédagogiques). NORME 21 : Des approches pédagogiques innovantes : Enseigner autrement
L'innovation dans les approches pédagogiques est un des principaux critères de la qualité et de la
pertinence de l'enseignement dans le système LMD. Elle doit notamment tenir compte de la clientèle à
qui le cours est destiné, du contenu des cours, des objectifs d apprentissage, des méthodes ou stratégies
d enseignement les plus appropriées, des équipements et matériels didactiques d appoint, des modes d
évaluation, des stratégies d accompagnement des apprenants. Tous ces éléments évoluent
perpétuellement grâce aux résultats de la recherche scientifique dans ce domaine. Critère 21.1: Des
pratiques pédagogiques innovantes variées adaptées à l hétérogénéité du public des apprenants Pour
assurer des pratiques pédagogiques innovantes variées adaptées à l hétérogénéité du public des
apprenants, il est requis que : 1) les enseignants rendent leur enseignement pertinent en étant au fait
des nouveautés concernant les connaissances et les savoirs essentiels à transmettre selon les approches
pédagogiques appropriées à la mission éducative institutionnelle; la discipline enseignée, aux besoins
des étudiants et avec les moyens adaptés pour favoriser l apprentissage ; 121
142 2) les approches pédagogiques innovantes doivent découler d un processus continu d évaluation de
l enseignement par les étudiants qui sont les premiers acteurs appelés à en définir la valeur ; 3) l
évaluation de la qualité de l enseignement dans chacun des établissements doit être inscrite dans les
politiques et règlements organisationnels en prévoyant la fréquence et les procédures à suivre ; 4) les
pratiques pédagogiques doivent tenir compte de l usage des technologies d information et de
communication en : a) assurant des cours en ligne et cours en téléprésence immersive utilisables en
modalités présentielle, mixte ou ditancielle; b) faisant recours à l utilisation pédagogique des TIC dans l
enseignement grâce aux différents types de logiciels (traitement de texte interactif, tableurs, gestion de
bases de données, logiciels de présentation, logiciels de simulation pour internet, etc.) ; c) se servant de
la pédagogie universitaire inversée qui consiste à faire travailler les étudiants en amont du cours, pour
consacrer le temps en présentiel du cours à d'autres activités tels que l approfondissement de certaines
notions, la réponse aux questions des étudiants, mais aussi la mise en commun des productions,
échanges et débats... Par exemple, grâce aux outils numériques tels que les MOOC (Massive Online
Open Courses), les enseignants mettent des documents à disposition des étudiants sur les ENT (Espaces
numériques de travail) pour servir de supports relativement aux travaux personnels à être réalisés par
les étudiants ; 122
146 7) mettre en place le tutorat pour accompagner au mieux l étudiant; 8) organiser les enseignements
de mise à niveau; 9) etc. Critère 21.4 : De l évaluation des apprentissages des étudiants 1) En amont de
la formation universitaire, les compétences estimées être des prérequis aux différents apprentissages
devront être évalués par les enseignants. Les résultats de cette évaluation devront guider la planification
des enseignements. 2) L EES doit mettre en place une politique claire des dispositifs, des procédures, des
exigences et des critères sur la base desquels les acquis des étudiants seront évalués par les
enseignants. Ceux-ci doivent préciser, dès le début de l année ou du semestre, les critères sur lesquels
les étudiants seront évalués. 3) L EES doit privilégier des stratégies d évaluation formative au détriment
d évaluation sommative et ce, afin d'optimiser les chances de réussite et d'insertion normale des
apprenants dans la vie professionnelle. 4) L enseignant doit s assurer que l évaluation est basée
essentiellement sur des compétences attendues. 5) L établissement doit standardiser des pratiques d
évaluation tant au niveau institutionnel qu au niveau de chaque filière. 6) Les modalités d évaluation
(écrit, oral, pratique, etc.) doivent être définies dans les guides méthodologiques qui accompagnent les
référentiels de formation de l EES et 126
147 doivent être reprises et adaptées dans les descriptifs de cours élaborés par le professeur titulaire de
chaque cours. 7) Les résultats d évaluation doivent être portés à la connaissance des étudiants, entre
autres mécanismes de communication, par voie d affichage dans l établissement ou via le site Web de l
établissement. NORME 22 : De la professionnalisation de l enseignement: gestion de l enseignement en
termes des compétences et des besoins du marché de l emploi Il sied de préciser d emblée que les deux
finalités (professionnelle et recherche) sont professionalisantes. Professionnaliser, c est préparer
efficacement à un emploi au sens le plus large du terme. C est assurer une formation spécifique orientée
résolument vers des possibilités d emploi et même de création d emplois et d initiatives
professionnelles. Encadré 18: Article 120 : L apprentissage professionnel a pour but de faire acquérir à l
apprenant des compétences professionnelles dans un métier donné sur base des référentiels et des
modules appropriés. Cela signifie élaborer un programme d études axé sur les projets professionnels des
apprenants par la définition (Encadré 18): a) des objectifs et des activités d apprentissage en termes de
compétences ; b) des contenus de la formation en fonction du marché de l emploi mais aussi en lien
étroit avec l autocréation d'emploi; 127
148 c) d un schéma de formation prenant en compte la logique des projets tutorés, l'alternance
entreprise-université, l'évaluation des stages en crédits capitalisables, bref la possibilité d acquérir une
expérience professionnelle à l université même, etc. Cela signifie aussi que la professionnalisation est
une tentative pour répondre aux différents profils d apprenants accueillis dans les universités
congolaises : 1. des étudiants jeunes qui ont besoin de formations ouvrant la voie à un large éventail de
compléments qui feraient d eux des professionnels de haut niveau; 2. des étudiants plus âgés qui
préfèrent des filières à courte durée; 3. des professionnels qui ont besoin de compléments de
formation, etc. En définitive, la réflexion sur la professionnalisation conduit à ne pas exiger de l
université qu elle se contente d une simple adaptation au marché de l emploi mais qu elle adopte une
vision prospective lui permettant de proposer aux étudiants des parcours inédits. Ainsi, la formation
professionnelle est une composante autonome et transversale dans le LMD. Elle associe une formation
aux métiers pointus de l environnement de l apprenant et la culture générale. Elle participe à la nouvelle
pédagogie de l approche par 128
149 compétence, qui donne sa place à la formation aux métiers après un bilan de compétences et un
projet professionnel de l apprenant et non plus seulement aux diplômes universitaires sans base de
formation aux métiers. Les diplômes de la formation professionnelle reposent sur des métiers dont le
savoir-faire et la compétence ne reposent plus uniquement sur les savoirs conduisant aux diplômes,
mais sur les savoir faires opérationnels, innovants et disponibles dans le référentiel des métiers de l
environnement concerné. La formation professionnelle est l une des innovations les plus efficaces de la
réforme du système LMD, puisqu elle apporte une réponse aux problèmes de l emploi à travers les
métiers et les compétences qui y sont adossés. Les cycles de formation professionnelle sont les
suivants : - Licence professionnelle : 3 ans - Master professionnel : 2 ans - Doctorat professionnel : 3 à 5
ans En outre, l enseignement peut dans le cadre de la formation professionnelle, construire de
programmes professionnels de courte durée de moins d un an ou de 1 an ou de deux ans, selon les
indicateurs du référentiel des métiers dans l environnement socio-économique immédiat. Critère 22.1 :
De la définition des objectifs et des activités en termes de compétences Toutes les situations d
enseignement/apprentissage doivent être définies en lien avec les situations professionnelles que les
129
150 apprenants auront à rencontrer plus tard afin qu ils puissent toujours mettre les activités d
apprentissage en relation avec leur projet professionnel. Critère22.2 : De la définition des contenus de la
formation en fonction du marché de l emploi et en lien avec l autocréation d'emploi. La validation de
cette offre ne peut se faire qu en collaboration avec le monde des entreprises et des industries et avec
les employeurs potentiels. 130
151 Critère 22.3 : De la mise en place d un schéma de formation prenant en compte la logique de la
professionnalisation Si l on veut professionnaliser la formation on ne peut pas se contenter seulement
de contenus conventionnels transmis à travers des cours magistraux ; mais il faut aussi y ajouter des
formes d enseignement plus à même de favoriser les compétences à utiliser en milieu professionnel
(Encadré 19) : des simulations, des projets tutorés, des stages, etc. l'alternance entrepriseuniversité
(visites d entreprises et stages de diverses natures); introduction dans les parcours des UE de
connaissance des milieux professionnels, des UE de préparation de projets professionnels et des UE
apprenant aux étudiants à Encadré 19 Article 26 : Le champ d application de la professionnalisation
couvre la structure de l enseignement national au niveau secondaire, supérieur et universitaire, dans la
perspective d une préparation efficace et efficiente à une meilleure insertion dans la société Article 27 :
L enseignement national assure aux élèves et aux étudiants une formation intellectuelle leur permettant
d acquérir des connaissances et des compétences, directement ou indirectement, utiles à la vie en vue
de leur insertion dans le monde en perpétuelle mutation. Il leur offre aussi des opportunités
susceptibles d exercer et de développer leur esprit critique et leur créativité. rechercher un emploi, à se
préparer à un entretien d embauche, etc. 131