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Projets Durables en Constructions Publiques

Le guide de la MIQCP vise à promouvoir la qualité des constructions publiques et à encourager des projets durables en intégrant l'architecture, l'urbanisme et la participation citoyenne. Il aborde les fondamentaux du développement durable, les principes d'une conception durable et la mise en œuvre de projets, tout en soulignant l'importance de l'entretien et de la gestion tout au long de la vie d'un bâtiment. Ce document s'inscrit dans un contexte d'urgence climatique et de nécessité d'adaptation des modes de vie.

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Projets Durables en Constructions Publiques

Le guide de la MIQCP vise à promouvoir la qualité des constructions publiques et à encourager des projets durables en intégrant l'architecture, l'urbanisme et la participation citoyenne. Il aborde les fondamentaux du développement durable, les principes d'une conception durable et la mise en œuvre de projets, tout en soulignant l'importance de l'entretien et de la gestion tout au long de la vie d'un bâtiment. Ce document s'inscrit dans un contexte d'urgence climatique et de nécessité d'adaptation des modes de vie.

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Guider

La qualité s’invente et se partage


mission
interministérielle

Maîtrise d’ouvrage publique


pour la qualité
Placée auprès du Ministre chargé de l’architecture, la MIQCP a pour vocation de des constructions
publiques

Maîtrise d’ouvrage publique Quelle démarche pour des projets durables ?


promouvoir la qualité des constructions publiques, Son positionnement interministériel
lui permet d'associer dans sa réflexion de nombreux partenaires, publics et privés, en
France et en Europe, et de fonder ses recommandations sur l'observation et l'analyse
Quelle démarche pour des projets durables ?
de leurs pratiques.

Ce guide donne des pistes pour engager des démarches de projets durables, du
bâtiment aux espaces publics. Conçu plutôt pour des projets neufs, ses principes
peuvent s'appliquer tout autant à l'existant.

En raison de l'évolution des modes de vie, du rôle central de l'architecture et de


l'urbanisme dans les projets d'établissements humains durables, du recours à la
participation citoyenne, de l'interdépendance des "trois piliers", ce guide réaffirme
l'importance de retenir "la culture comme quatrième pilier du développement durable",
et en particulier la place de l'architecture, du patrimoine et des territoires.

L'ouvrage aborde dans une première partie les fondamentaux d'un projet de
développement durable. Les facteurs et principes d'une conception durable sont
détaillés dans une deuxième partie. La troisième partie aborde la démarche de projet,
l'importance de l'organisation de la maîtrise d'ouvrage et des modes de concertation,
de la définition des besoins à la réalisation puis à la mise en service. Ce guide rappelle
également l'importance de l'entretien et de la gestion au quotidien durant toute la vie
d'un bâtiment ou d'un site.

mission
interministérielle
pour la qualité
des constructions
publiques

couv + [Link] 1 24/10/11 15:07


Directeur de la publication : Christian Romon
Coordination : Véronique Le Bouteiller et Hélène Villemant
Rédaction : équipe de la MIQCP sur la base du travail d'Alain Bornarel,
Véronique Lancelin et Philippe Madec
Communication : Franck Vercruysse
Conception graphique : créatis communication en collaboration avec greenpix
Impression : créatis communication
Septembre 2011
N° ISBN : 978-2-11-128284-1
Mission interministérielle pour la qualité
des constructions publiques
Grande Arche - Paroi Nord
92055 La Défense Cedex
Téléphone : 01 40 81 23 30 – Télécopie : 01 40 81 23 78
[Link]

couv + [Link] 2 24/10/11 15:07


mission
interministérielle
pour la qualité
des constructions
publiques

Maîtrise d’ouvrage publique


Quelle démarche pour des projets durables ?

Guide ok [Link] 3 21/10/11 15:22


Avant-propos

Dès 2003, la MIQCP publiait un ouvrage intitulé "Constructions


publiques – Architecture et HQE", réédité en 2006, tandis que
sortait le guide "Ouvrages publics et coût global".

Depuis, les publications et les colloques foisonnent à propos du


développement durable. Alors, pourquoi un nouvel ouvrage sur le
sujet ?

D’une part, parce que l’urgence à agir augmente, comme le


précisent depuis 1990 les cinq rapports du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur le
réchauffement climatique, l’évolution de la planète, de ses espèces
et de ses ressources. Ces modifications planétaires ont déjà et
auront plus encore des conséquences majeures, notamment sur
nos modes de vie. L’homme par ses comportements individuels
et collectifs fait face à la nécessité de s’adapter à de nouvelles
conditions d’existence et d’inventer une nouvelle façon de vivre
ensemble.

Guide ok [Link] 4 21/10/11 15:22


D’autre part, si les composantes d’un développement durable
sont comprises par tous, chacun dans son champ d’activité porte
la responsabilité de les développer en actions concrètes. Dans le
domaine des établissements humains (métropoles, villes, villages,
bourgs, bâtiments, zones d’activités, centres commerciaux,
aménagements touristiques ou sportifs, aménagements paysagers
et infrastructures, …), il s’agit de concilier les qualités architecturale,
urbaine et d’usage à la qualité environnementale des bâtiments et
à leur performance énergétique.

Pour la MIQCP qui œuvre depuis 1977 à la qualité des constructions


publiques, il s’agit de dépasser la dimension "mécaniste" ou de simple
affichage du recours aux labels et aux certifications, pour redonner
toute sa place à la création architecturale et urbaine, capable de
répondre, dans le temps et dans un lieu chaque fois spécifique, aux
enjeux culturels, sociaux, économiques et environnementaux du
programme du maître d’ouvrage.

François KOSCIUSKO-MORIZET
Président de la MIQCP
Maire de Sèvres
Vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine

Guide ok [Link] 5 21/10/11 15:22


SOMMAIRE

Avant-propos........................................................................................................................................................................................4
Introduction.........................................................................................................................................................................................8

1 Les fondamentaux de la démarche de développement durable................................................. 13


1.1_ Une approche globale adaptée au contexte local.......................................................................................................................14
1.2_ Une démarche plus large que la Haute qualité environnementale............................................................................................ 14
1.3_ Les données incontournables d’une conception écoresponsable............................................................................................ 16
1.4_ Le rôle de l’évaluation, du management et de la certification................................................................................................... 20
1.5_ L’écoresponsabilité : partenariat pluridisciplinaire, citoyen et quotidien.................................................................................... 24
1.6_ Le rôle du temps dans la conception spatiale........................................................................................................................... 25
1.6.1 "Cultiver" l'espace fini 25
1.6.2 Intégrer le temps dans la conception 25
1.7_ Politiques territoriales et projets spécifiques.............................................................................................................................30
1.7.1 Les politiques de développement durable à l’échelle du territoire 30
1.7.2 L’échelle des projets de bâtiment et d’aménagement durables 34
1.7.3 La réhabilitation urbaine : une démarche durable 34

2 Une conception durable.................................................................................................................. 39


2.1_ La qualité d’usage......................................................................................................................................................................40
2.2_ La réaffirmation du coût global..................................................................................................................................................44
2.3_ L’architecture dans une démarche de développement durable..................................................................................................45
2.3.1 Une métamorphose 45
2.3.2 La culture, quatrième pilier du développement durable 45
2.3.3 Une démarche ouverte 46
2.3.4 Le rôle central de l’architecture 47
2.4_ Une conception bioclimatique "élargie"......................................................................................................................................48
2.4.1 De la bioclimatique à la "bio tech" 48
2.4.2 Anciens et nouveaux sujets de la bioclimatique 49
2.4.3 Les principaux arbitrages bioclimatiques 55
2.5_ L’énergie : une préoccupation incontournable...........................................................................................................................60
2.5.1 L’urgence des enjeux de la planète 60
2.5.2 Les niveaux réglementaires 60
2.5.3 La stratégie énergétique 62
2.5.4 L’énergie grise 62
2.6_ Le choix des sources d’énergie et le recours aux énergies renouvelables................................................................................64
2.6.1 Les énergies du soleil et du vent 64
2.6.2 Les énergies du sol et de l’eau 64
2.6.3 Les énergies de la biomasse 65
2.6.4 Les énergies non renouvelables 66

Guide ok [Link] 6 21/10/11 15:22


2.7_ Des règles, des normes et des labels à foison..........................................................................................................................66
2.7.1 Les réglementations thermiques 66
2.7.2 La cohérence réglementaire 67
2.7.3 Les labels énergétiques 68
2.7.4 Les normes environnementales liées au bâtiment 70
2.7.5 Autres normes et standards 71
2.7.6 Les certifications environnementales 72

3 La mise en œuvre d’un projet durable........................................................................................... 77


3.1_ L’impact du développement durable dans le projet....................................................................................................................78
3.2_ Organisation de la maîtrise d’ouvrage et place des différents acteurs......................................................................................79
3.2.1 Désigner un chef de projet, pivot et garant de la qualité durable de l’opération 79
3.2.2 Jeter les bases d’un management participatif 79
3.2.3 Définir un processus de décision précis et transparent 82
3.2.4 Recourir à un programmiste et éventuellement à une assistance à maîtrise d’ouvrage 82
3.3_ La programmation d’un projet durable.......................................................................................................................................83
3.3.1 Les études pré-opérationnelles et le pré-programme 83
3.3.2 Le programme de la consultation 87
3.4_ Les études de maîtrise d’œuvre d’un projet durable.................................................................................................................90
3.4.1 Les conditions de la qualité 90
3.4.2 Le choix de l’équipe de maîtrise d’œuvre 93
3.4.3 Le suivi des études de maîtrise d’œuvre, l’adéquation programme-projet 96
3.5_ La consultation des entreprises et le chantier d’un projet durable............................................................................................98
3.5.1 La consultation des entreprises : les leviers du développement durable 98
3.5.2 L'organisation d'un chantier vert 100
3.5.3 La maîtrise de la qualité durable du bâtiment pendant la phase du chantier 100
3.5.4 L’élaboration des documents pour l’exploitation et l’usage du bâtiment 101
3.6_ La mise en service................................................................................................................................................................... 101
3.6.1 La transmission de la mémoire du bâtiment 101
3.6.2 Des suivis écoresponsables 102
3.6.3 Evaluer, suivre les performances, corriger 102

4 Conclusion.......................................................................................................................................105
Annexe 1 - Eléments indicatifs d'une mission d’AMO développement durable 106
Annexe 2 - Un renforcement de la mission de maîtrise d’œuvre 107
Annexe 3 - Définitions des termes utilisés 110
Annexe 4 - Lexique des sigles 113
Annexe 5 - Eléments concernant les bâtiments existants 115
Annexe 6 - Eléments de bibliographie 116
Annexe 7 - Textes juridiques et contractuels 118

Guide ok [Link] 7 21/10/11 15:22


INTRODUCTION

Dès 1968, l’italien Aurelio Peccei et l’écossais Alexander En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, un
King fondent le Club de Rome avec "l’ambitieux projet d’aider programme d’actions pour le XXIe siècle, appelé "action 21",
à comprendre et maîtriser le futur, face aux contradictions mais désigné par son intitulé anglais "agenda 21" met en avant
éclatantes du devenir de l’humanité, et parce qu’il n’est plus de nouvelles priorités telles que la lutte contre la pauvreté, la
possible d’ignorer l’impérieuse nécessité d’une approche globale protection des ressources naturelles, la gestion des déchets et
des interactions techniques, sociales, économiques, politiques de des résidus toxiques, l’aménagement harmonieux du territoire,
notre monde"1. l’accès à l’éducation pour tous, le changement de politique de
consommation.
Dans les années 70, son contemporain, le mathématicien
et économiste américain d’origine roumaine Nicholas Georgescu- Dans un souci constant d’associer la population aux décisions
Rœgen invente la théorie de la décroissance et met en lumière la locales, certaines collectivités territoriales décident, avec l’appui
contradiction entre la dégradation inéluctable, suite à leur usage, de la Commission européenne, de signer lors de la conférence
des ressources naturelles utiles à l’humanité et une croissance d’Aalborg de 1994 une Charte des villes européennes pour un
matérielle sans limites, entre une Terre finie et l’idée d’une développement durable, traduite en agendas 21 locaux.
croissance infinie.
En 2005, est promulguée la loi relative à la Charte de
À la même époque, le polonais Ignacy Sachs rejoint par l’environnement qui pose les droits et devoirs de chacun, et précise
le canadien Maurice Strong initie l’idée de développement en particulier que "les politiques publiques doivent promouvoir un
durable à l’occasion du premier sommet de l’environnement à développement durable. A cet effet, elles concilient la protection
Stockholm en 1972. En 1987, Madame Gro Harlem Brundtland2, et la mise en valeur de l’environnement, le développement
alors Premier ministre de la Norvège, remet le rapport devenu économique et le progrès social."
depuis lors éponyme, sous le titre "Our common future", "Notre
avenir à tous". Ce document sur l’état de la planète des hommes
lui est commandé par l’Organisation des Nations Unies en tant
En 2007, le Grenelle de l’environnement développe ces enjeux
globaux. Ainsi, le bâtiment qui représente à lui seul 43% de la
que présidente de la Commission mondiale sur l’environnement
consommation énergétique finale (Cef) - avec une émission de
et le développement. L’histoire voit dans la publication du rapport
18% du total des gaz à effet de serre (GES) et de 23 % du gaz
Brundtland la naissance de la notion de développement durable,
carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) -, reçoit-il des objectifs
c’est-à-dire celle d’un développement "qui répond aux besoins du
de réduction significative de ses consommations énergétiques.
présent sans compromettre la capacité des générations futures
Tout l’enjeu consiste à intégrer ces objectifs techniques dans des
de répondre aux leurs".
projets prenant en compte, de manière indissociable dans leur
interdépendance, les trois piliers du développement durable :
social, environnemental et économique.

1 Robert LATTES, "Le nénuphar qui tue", préface de "Halte à la croissance", Le Club
de Rome, Rapport Meadows, [Link]., p.5
2 Gro Harlem BRUNDTLAND, “Our Common Future”, Oxford, 1987. En 1983, à la
demande du secrétaire général de l’ONU, elle crée et préside la Commission
Mondiale pour l’environnement et le développement. Son rapport, publié en 1987,
provoque le sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro.

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Au-delà de la reconnaissance effective des trois piliers, la Le présent ouvrage aborde dans une première partie les
mise en place d’un projet durable dépend fondamentalement fondamentaux d’un projet de développement durable. Les
de sa gouvernance, avant, pendant et après le projet, depuis facteurs et principes d’une conception durable sont détaillés dans
sa programmation et sa conception jusqu’à sa mise en une deuxième partie. La troisième partie aborde la démarche de
service et son usage. La gouvernance est définie comme une projet, l’importance de l’organisation de la maîtrise d’ouvrage
dynamique d’actions partagées et solidaires entre les acteurs, et des modes de concertation, de la définition des besoins à la
issue d’un partenariat entre le public, le privé et la société civile. réalisation puis à la mise en service. Ce guide rappelle également
Elle est fondée sur l’éthique de la responsabilité citoyenne et sur l’importance de l’entretien et de la gestion au quotidien durant
la pluralité des points de vue. toute la vie d’un bâtiment ou d’un site.

En conséquence, le recours essentiel à la participation La réflexion a surtout été menée pour des constructions neuves,
citoyenne s’accroît au fur et à mesure que la prise de s’insérant dans des contextes urbains ou naturels. Ses principes
conscience de l’enjeu environnemental se diffuse et que les peuvent être transposés à des opérations d’infrastructures, de
moyens d’actions s’installent. Ainsi la Convention des Maires réhabilitation, de reconversion de bâtiments ou de sites existants.
pour une énergie locale durable lancée par la Commission Aucun de ces cas n’échappe au processus de projet décrit de
Européenne en janvier 2009 est-elle une initiative très ambitieuse longue date par la MIQCP (et repris par de nombreux acteurs et
pour faire participer la population à la lutte contre le réchauffement associations), même si les réglementations diffèrent, et même si
planétaire. la nécessaire phase de diagnostic est plus fine dans l’existant et
comporte une phase spécifique d’analyse sociale.
En raison de l’évolution des modes de vie, du rôle central de
l’architecture et de l’urbanisme dans les projets d’établissements Pour tenter de dénouer la complexité de la situation contemporaine
humains durables, du recours à la participation citoyenne, de dont tous les aspects culturels, sociaux, environnementaux
l’interdépendance des trois piliers, il semble important de confirmer et économiques sont interdépendants, le recours à toutes les
"la culture comme quatrième pilier du développement compétences collectives et individuelles s’avère nécessaire.
durable" (cf. déclaration de Jacques Chirac à Johannesburgh),
et en particulier la place de l’architecture, du patrimoine et des
Des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’usage, des maîtres
territoires.
d’œuvre, des constructeurs et leurs partenaires inventent
déjà une autre manière de travailler en commun qui reconnaît
et défend les diversités culturelles, porte les préoccupations
sociales, prend garde à la planète et à l’environnement et
engage l’éthique dans l’économie.

Guide ok [Link] 9 21/10/11 15:22


" Nous n’héritons
pas de la Terre
de nos ancêtres,
nous l’empruntons
à nos enfants. "
Proverbe amérindien souvent prêté
à Antoine de Saint-Exupéry

10

Guide ok [Link] 10 21/10/11 15:22


Loi constitutionnelle n°2005-205 du 1er mars 2005 Art. 1er Chacun a le droit de vivre dans un environnement
relative à la Charte de l'environnement. équilibré et respectueux de la santé.
Art. 2 oute personne a le devoir de prendre part à la
T
Le peuple français, préservation et à l'amélioration de l'environnement.
Art. 3 oute personne doit, dans les conditions définies par
T
Considérant, la loi, prévenir les atteintes qu'elle est susceptible de
porter à l'environnement ou, à défaut, en limiter les
conséquences.
• Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné
l'émergence de l'humanité ; Art. 4 oute personne doit contribuer à la réparation des
T
dommages qu'elle cause à l'environnement, dans les
• Que l'avenir et l'existence même de l'humanité sont conditions définies par la loi.
indissociables de son milieu naturel ; Art. 5 
L orsque la réalisation d'un dommage, bien
qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques,
• Que l'environnement est le patrimoine commun
pourrait affecter de manière grave et irréversible
des êtres humains ;
l'environnement, les autorités publiques veillent,
• Que l'homme exerce une influence croissante par application du principe de précaution et dans
leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de
sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ;
procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de
• Que la diversité biologique, l'épanouissement de la personne mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la
et le progrès des sociétés humaines sont affectés par réalisation du dommage.
certains modes de consommation ou de production et par Art. 6 es politiques publiques doivent promouvoir un
L
l'exploitation excessive des ressources naturelles ; développement durable. A cet effet, elles concilient la
protection et la mise en valeur de l'environnement, le
• Que la préservation de l'environnement doit être recherchée développement économique et le progrès social.
au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la
Art. 7 oute personne a le droit, dans les conditions et les
T
Nation ; limites définies par la loi, d'accéder aux informations
relatives à l'environnement détenues par les autorités
• Qu'afin d'assurer un développement durable, les choix
publiques et de participer à l'élaboration des décisions
destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas
publiques ayant une incidence sur l'environnement.
compromettre la capacité des générations futures et des
autres peuples à satisfaire leurs propres besoins, Art. 8  'éducation et la formation à l'environnement doivent
L
contribuer à l'exercice des droits et devoirs définis par la
présente Charte.
Proclame : Art. 9 a recherche et l'innovation doivent apporter leur
L
concours à la préservation et à la mise en valeur de
l'environnement.
Art. 10 L
a présente Charte inspire l'action européenne et
internationale de la France.

11

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Guide ok [Link] 12 21/10/11 15:22
Les fondamentaux de la démarche 1
de développement durable

13

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

1.1 Une approche globale Une démarche de développement durable induit de ne plus traiter
les territoires comme des "îles" coupées de leur environnement,
adaptée au contexte local mais d’entrer dans une approche systémique, itérative, des "micros-
préoccupations" aux "macro-préoccupations", et réciproquement.
Les référentiels conçus à vocation nationale ou internationale, utiles Selon les problèmes à traiter, les échelles pertinentes ne sont pas
à l’origine de la démarche, connaissent dorénavant leurs limites. les mêmes, les interlocuteurs non plus. Au-delà de la technicité
S’il peut rester utile de se référer à des grilles de questionnement d’un projet, la mobilisation précise des échelons décisionnels, des
générique, passe-partout ou à des indicateurs simples et reconnus compétences et du système adéquat des acteurs, publics et privés,
(comme l’empreinte écologique, le bilan carbone, l’analyse du cycle citoyens, est la clé de réussite d’un projet dans sa durée.
de vie) qui permettent d’évaluer les progrès ou les dérives à grande
Les premières étapes de l’histoire française de l’écoresponsabilité
échelle, de plus en plus de pays voire de régions, d’agglomérations ou
appliquée au cadre de vie étaient peu soucieuses de ces différentes
de grands maîtres d’ouvrage développent des démarches spécifiques,
interactions. La démarche Haute qualité environnementale (HQE) au
plus locales, avec des objectifs et des indicateurs adaptés. Ce sont
des plans climat-énergie territoriaux (PCET), des agendas 21, des départ se focalisait sur le bâtiment et sa parcelle. Dans l’approche
chartes de qualité environnementale, des chartes d’objectifs de anglaise BREEAM3, la proximité aux transports en commun compte
développement durable. d’emblée. On a ensuite vu apparaître des écoquartiers, parfois
pensés comme une fin en soi, parfois peu soucieux de leur contexte,
Dans le champ du projet architectural et urbain, le développement allant jusqu’à s’enfermer pour vivre paisiblement leurs différences
durable a repris et mis en œuvre le concept slogan de René Dubos environnementales ; des écoquartiers assumant alors une fracture
énoncé en 1972 : "penser globalement, agir localement". Il sociale, "quartiers de bobos", dit-on parfois, et/ou n’échappant pas à
conjugue, dans le temps long, quatre aspects fondamentaux : la tentation communautariste. Un écoquartier n’est pas objet en soi,
- 
l’ancrage dans un territoire, son histoire, son patrimoine matériel mais il constitue une partie d’un projet plus large, un aménagement
et immatériel, sa topographie, son climat, ses ressources, ses local au sein d’une ville durable, ou encore l’amorce d’une ville en train
potentialités et ses dysfonctionnements ; de devenir durable, le morceau d’une "EcoCité".
- la prise en considération des besoins des citoyens et des
usagers, notamment des plus démunis, leur expression et leur
analyse, l’écoute et la concertation avec l’ensemble des acteurs
dans la réalisation de projets de proximité et la gestion du quotidien ;
1.2 Une démarche plus large que la
- la prise en compte des contraintes résultant des limites des Haute qualité environnementale
ressources naturelles et de l’état actuel des techniques et de
l’organisation sociale ; La démarche HQE, promue et développée dès 1997 par l’association
- 
la mise au point de projets désirables et partagés, préservant HQE, a joué un rôle historique. Elle a édifié la qualité environnementale
les intérêts des générations futures dans le cadre d’une en tant que préoccupation déterminante pour la conception, la
vision prospective à l’échelle des grands territoires intégrant réalisation et la gestion des bâtiments. Elle a permis de fortement
notamment les critères suivants : sensibiliser le milieu professionnel à ces questions. Elle a établi
- la solidarité, l’équité et le respect des règles de vie en société ; les bases d’une doctrine en matière de qualité environnementale
appliquée aux bâtiments : les quatorze cibles. Elle a ouvert la possibilité
- le respect de l’environnement et l’économie des ressources ;
en France de construire des bâtiments sains et confortables à plus
- l’éthique, la sobriété et la qualité dans le choix des techniques, faible impact sur l’environnement.
des matériaux et des projets (prise en compte de l’usage et du
coût global, du territoire et de la culture, des filières de production, 3 BREEAM : Building Research Establishment Environnemental
des modes de réalisation). Assessment Method, équivalent britannique de la certification HQE®

14

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Les quatorze cibles et
sous-cibles de la démarche HQE : Les fondamentaux de la démarche de développement durable

N° de cible cible HQE sous-cible HQE


ECO-CONSTRUCTION
Relation des bâtiments avec leur Prise en compte des avantages et désavantages du contexte vis-à-vis du climat, des vues,
Cible 1 des nuisances, des pollutions, des risques, des eaux pluviales et des ressources locales
environnement immédiat Aménagement de la parcelle pour créer un cadre de vie agréable et pour réduire les impacts liés aux transports

Adaptabilité et durabilité du bâtiment


Choix intégré des produits, systèmes
Cible 2 Choix des procédés de construction afin de limiter les impacts environnementaux et sanitaires
et procédés de construction
Choix des produits de construction afin de limiter les impacts environnementaux et sanitaires
Préparation technique du chantier afin de limiter la production de déchets et d’optimiser leur gestion
Chantier à faible impact Gestion différenciée et valorisation des déchets de chantier
Cible 3 Réductions des nuisances et des pollutions
environnemental
Maîtrise des ressources en eau et en énergie
ECO-GESTION
Réduction de la consommation d’énergie primaire non renouvelable
Cible 4 Gestion de l’énergie
Maîtrise des pollutions
Economie d’eau potable
Cible 5 Gestion de l’eau Gestion des eaux pluviales
Gestion des eaux usées
Maîtrise de la production de déchets
Adéquation entre collecte interne et externe
Cible 6 Gestion des déchets d’activité
Maîtrise du tri des déchets
Optimisation du système de collecte interne
Optimisation des besoins de maintenance
Gestion de l’entretien Maîtrise des effets environnementaux et sanitaires des produits et procédés de maintenance
Cible 7 Facilité d’accès pour l’exécution de la maintenance et simplicité des opérations
et de la maintenance
Equipements pour le maintien des performances en phase d’exploitation
CONFORT
Création de conditions de confort hygrothermique en hiver et en mi-saison
Cible 8 Confort hygrothermique Création de conditions de confort hygrothermique en été dans les bâtiments non climatisés
Création de conditions de confort hygrothermiquee en été dans les bâtiments ou locaux climatisés
Adopter des dispositions architecturales spatiales favorisant un bon confort acoustique
Assurer une bonne isolation acoustique
Cible 9 Confort acoustique
Assurer la correction acoustique des locaux si nécessaire
Protéger du bruit les riverains et les usagers des bâtiments mitoyens
Profiter de façon optimale de l’agrément de la lumière naturelle tout en évitant ses inconvénients
Disposer d’un éclairage artificiel confortable
Cible 10 Confort visuel
Disposer d’une relation visuelle satisfaisante avec l’extérieur
Disposer d’un éclairage artificiel des zones extérieures confortable et sécurisant
Réduction des sources d’odeurs désagréables
Cible 11 Confort olfactif
Limiter les sensations olfactives désagréables
Qualité sanitaire Limiter les nuisances issues de l’espace intérieur et des surfaces
Cible 12 Créer de bonnes conditions d’hygiène spécifiques
des espaces
Maîtriser les sources de pollution
Cible 13 Qualité sanitaire de l’air
Limiter les effets polluants de l’air sur la santé
Assurer le maintien de la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine dans les réseaux internes du bâtiment
Cible 14 Qualité sanitaire de l’eau Contrôler l’accès aux réseaux de distribution collective d’eau
Maîtriser la qualité de l’eau ne provenant pas d’un réseau de distribution d’eau potable

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

Plus récemment, dans le cadre de la démarche HQE aménagement, - 


la maîtrise de la biodiversité, reste traitée marginalement malgré
l’association a étendu ses réflexions au-delà du bâtiment et de sa les importantes avancées du Grenelle de l’Environnement.
parcelle par l’élaboration et la mise en œuvre d’un référentiel qualité
sur la base d’un dialogue privilégié entre l’aménageur et la collectivité.
L’approche environnementale de l’urbanisme (AEU) de l’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) est intégrée
1.3 Les données incontournables
à cette démarche, notamment pour la phase d’analyse initiale sur
l’impact environnemental des projets d’aménagement (diagnostic) et
d’une conception écoresponsable
de hiérarchisation des enjeux. Le diagnostic stratégique et prospectif
Si la démarche HQE aménagement introduit des préoccupations La réalisation d’un diagnostic stratégique et prospectif à plus
d’ordre social, patrimonial et économique, les quatorze cibles de la HQE large échelle permet de vérifier l’opportunité de faire le projet, de ne
bâtiment intègrent aujourd’hui la relation au territoire mais n’incluent pas le faire, de le faire avec d’autres partenaires, de le faire ailleurs, de
pas les dimensions d’équité sociale, de développement économique et le faire différemment, en intégrant en particulier les questions sociales,
solidaire ou de diversité culturelle. économiques, patrimoniales (naturel, urbain et architectural, paysager),
De façon générale, certains thèmes amorcés en 1997, malgré une les contraintes et ressources climatiques et énergétiques, la sécurité,
progression des connaissances, restent traités de façon insuffisante : l’accessibilité et les déplacements, la lutte contre l’étalement urbain.
- la connaissance des risques sur la santé à l’intérieur des bâtiments, Il s’agit de développer, en lien avec les politiques urbaines (SCOT,
qui a cependant opéré des avancées considérables. Un Observatoire PECT, PLU, PADD, …), des approches stratégiques d’entretien, de
de la qualité de l’air a vu le jour et mené plusieurs enquêtes qui mise en valeur et de développement du patrimoine bâti et non bâti
confirment l’importance du sujet : l’air intérieur est souvent plus s’appuyant sur la demande sociale, et une connaissance des contraintes
pollué que l’air extérieur. La connaissance des polluants de l’air et potentialités du territoire, permettant de vérifier la pertinence des
intérieur a fortement progressé et des normes ou labels permettent projets.
aujourd’hui de maîtriser cette question dans le choix des produits.
Des éléments concernant la mesure de la qualité de l’air intérieur La maîtrise des ressources épuisables
ont d’ailleurs été introduits dans la loi Grenelle 24. Cependant, des L’énergie n’est pas la seule ressource utilisée par l’homme.
niveaux d’exigence très différents cohabitent encore d’un pays Sous nos latitudes, l’eau n’est pas encore une ressource rare, en
à l’autre ou d’une norme à l’autre, et de vastes sujets ne font pas dehors de pénuries saisonnières corrigées lors du réapprovisionnement
encore consensus, comme l’impact des ondes électromagnétiques. des nappes. Elle est surtout soumise à la pollution, notamment d’origine
- 
la lumière naturelle, pour laquelle les exigences ont baissé en agricole et industrielle, des sols, nappes et rivières. La problématique
termes de quantification : l’exigence de facteur de lumière de jour environnementale de l’eau vise actuellement à la protection des
est passé de 4 % des premiers lycées HQE à 2 % aujourd’hui, alors nappes contre la pollution et à leur réapprovisionnement le
que c’est un facteur essentiel dans la qualité d’usage. Par ailleurs, plus en amont possible. En termes de réapprovisionnement, ceci
l’indicateur du facteur de lumière de jour, trop simpliste, est remis nécessite de maîtriser le coefficient d’emprise au sol (CES) en limitant
en cause. La nouvelle réglementation thermique (RT 2012) introduit l’imperméabilisation des sols et en favorisant l’infiltration directe avec
cependant une surface vitrée minimale par rapport à la surface traitement de la pollution des rejets et des eaux superficielles. Des
habitable. solutions d’utilisation, voire de retraitement (lagunage, …) d’eau non
- 
le rafraîchissement et la ventilation naturels, qui sont pourtant potable (eaux de pluie, eaux usées) pour certains usages (arrosage,
sources d’importantes économies d’énergie et favorables au confort aménagements paysagers, …) doivent être également envisagées.
d’été, restent toujours des techniques marginales qui méritent d’être Par ailleurs certains matériaux disposent de réserves au moins
mieux traitées dans les certifications, les réglementations et leurs aussi faibles que celles du pétrole. Par exemple, pour le zinc et le
modes de calculs. cuivre, les réserves tournent autour d’une quarantaine d’années.

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

Pourtant, les deux situations sont très différentes : les produits du Le développement des filières locales, des modes de production
bâtiment en cuivre comportent une part importante de cuivre recyclé, ou de maîtrise d’ouvrage alternatifs
à la différence du zinc. De façon générale, il s’agit de privilégier
en priorité les matériaux renouvelables, dont la ressource est Dans l’économie comme dans le social ou la gouvernance, l’échelle
reconstituée en moins d’une génération (bois, isolants issus de locale et le partenariat sont déterminants ; les circuits les plus
l’agriculture …), puis les produits comportant une part importante courts et les modes de régulation les plus souples s’avèrent les
de matière recyclée (en règle générale, les métaux). plus efficaces. De ce point de vue, les formes de maîtrise d’ouvrage
alternatives issues du monde coopératif (coopératives d’habitation
La prévention et le traitement de la pollution ou de construction), fondées sur l’implication forte des futurs
usagers ou habitants, économisant les coûts de promotion et de
Sols et nappes sont des milieux à fort risque de pollution, notamment
commercialisation, bénéficiant des taux de TVA réduits, constituent un
en milieu urbain sur les anciennes friches industrielles, et en milieu
bon exemple.
rural d’agriculture productiviste. Les solutions de dépollution sont
toujours le résultat d’un délicat arbitrage entre, d’une part, des
interventions superficielles qui répondent aux besoins immédiats La concertation et l’élargissement de la participation à tous les acteurs
de construction sur le terrain mais qui en enfouissant la pollution La participation de la société civile fait intégralement partie d’une
lèguent le problème aux générations futures, et, d’autre part, des
approche durable, et de nombreuses expériences étrangères lui
interventions de dépollution en profondeur plus coûteuses. Les
accordent une place importante, comme par exemple les contrats de
délais de mise à disposition des terrains handicapent par ailleurs
les solutions de bio-dépollution (par des bio-particules) ou de quartier à Bruxelles en Belgique5.
phyto-dépollution (par les plantes), moins coûteuses, mais plus
longues, qui nécessitent d’anticiper plusieurs années avant le début L’innovation architecturale et urbaine
des travaux. Rejets aériens, effluents liquides, déchets, sont autant
On ne répondra pas aux enjeux de la planète par la reproduction
d’occasions de disséminer des polluants dans l’air ou les autres
systématique de techniques éprouvées, mais par la recherche d’un
milieux. Ce sont cependant des ressources potentielles d’énergie
ou de matière dans une problématique d’écologie industrielle, de urbanisme et d’une architecture écoresponsables s’appuyant sur la
métabolisme à l’échelle de la ville ou d’un morceau de ville. relecture de techniques et pratiques ancestrales, stimulant le savoir-
faire et l’innovation des entreprises en réponse aux spécificités
du contexte local et à la demande de la collectivité ou des maîtres
La protection et l’accueil de la biodiversité
d’ouvrage, des partenaires économiques et sociaux. Il faut laisser
Le Grenelle de l’environnement a donné une légitimité aux notions de leur chance aux solutions innovantes aujourd’hui marginales, ce que
"continuités écologiques" et de "trames vertes et bleues". A l’échelle valorisent d’ailleurs d’autres démarches, hors de nos frontières.
d’un bâtiment, l’enjeu est celui de l’insertion dans ce maillage, de la
conception isolée sur une ou plusieurs parcelles d’un îlot dans le vaste "Pour définir un présent harmonieux, l'architecte doit être en même
archipel que constitue une ville ou une agglomération du point de temps pétri d'héritages et visionnaire du monde à venir."
vue de la biodiversité. Cet îlot n’est écologiquement efficace que s’il Jacques Rougerie, architecte, élu par le Collège de l'Académie des
constitue, par sa végétation, un milieu familier aux différents animaux Beaux-Arts, section architecture.
vecteurs de biodiversité (oiseaux, insectes volants ou rampants, petits
rongeurs, ...). Telle est la problématique qui devrait guider les choix de
4 Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national
végétaux et de support de végétalisation (sols, toitures, murs). Cette pour l’environnement
problématique doit être confrontée à d’autres fonctions à assurer par 5 cf [Link] : contrats quadriennaux financés par le gouvernement de
la végétalisation (régulation thermique, filtre-vents, gestion des eaux la Région de Bruxelles pour des projets participatifs de revitalisation (logements,
pluviales, qualité des espaces extérieurs). espaces publics,…) de quartiers ou de communes

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UNE DÉMARCHE INNOVANTE AU-DELÀ DE NOS FRONTIÈRES :
LE DÉVELOPPEMENT D’UNE ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE DANS LE VORARLBERG EN AUTRICHE

Dans une petite région à la pointe occidentale de l’Autriche, quelques Le Vorarlberg est la démonstration d’une architecture sensible et
concepteurs cherchent dès les années soixante une alternative raisonnée, synthèse entre ce qui est esthétiquement souhaitable,
à la médiocrité de la production architecturale. Des maisons constructivement judicieux et socialement justifiable : lignes pures,
contemporaines d’une grande simplicité, qui privilégient le soleil et les volumes largement ouverts sur l’extérieur, plans fonctionnels ; système
vues, sont construites en bois, avec un budget relativement modeste. constructif optimisé, matériaux sains,... L’architecture écoresponsable
Le maître à penser de ces jeunes architectes et étudiants est Roland se situe entre l’artisanat et la production industrielle, entre la tradition
Rainer, architecte-urbaniste, théoricien et professeur à l’Académie des et l’innovation : "une relation créative et sans complexe avec la tradition
beaux-arts de Vienne. Il s’élève contre les grands ensembles, prône un est la base de l’innovation. Menuisiers et charpentiers du Vorarlberg
habitat à échelle humaine et dessine plusieurs cités-jardins dont celle de associent avec habileté savoir-faire ancestraux et design contemporain,
Puchenau, près de Linz. Le mouvement reçoit le soutien de nombreux dans le respect de l’enseignement des anciens mais avec les moyens les
artistes et intellectuels locaux, notamment celui de Franz Bertel. Cet plus modernes.", écrit Dominique Gauzin-Müller.
enseignant à l’école normale régionale est à l’initiative d’un bâtiment
emblématique : la cité Halde à Bludenz, conçue en 1967 par l’architecte
Hans Purin.
Ce travail militant donne naissance à ce que l’on appelle les
Baukünstler (artistes du bâtiment). D’abord critiqués et menacés par
l’Ordre national, ces architectes avec ou sans diplôme accèdent à la
commande publique au milieu des années quatre-vingt pour des projets
plus importants. Des conseils en architecture et en développement
communal sont implantés sur le territoire. Des subventions régionales
pour les économies d’énergie et la réhabilitation du patrimoine sont
attribuées. Un cercle vertueux d’innovation et de qualité permet la
création de l’association Holzbaukunst (art de bâtir en bois) en 1996,
de l’Institut d’architecture du Vorarlberg (VAI) en 1997 et deux ans plus
tard du Werkraum Bregenzerwald qui regroupe environ 70 entreprises
La pureté des lignes, la noblesse des matériaux et la qualité des détails
et artisans. Les échanges entre maîtres d’ouvrage, concepteurs, constructifs pour la petite chapelle d’Andelsbuch- Architectes :
entreprises et administrations sont ainsi développés. Selon Wolfgang Cukrovics et Nachbaur, 2009
Ritsch, président du VAI de 1997 à 2005 : "Les Baukünstler conçoivent Dans le Vorarlberg, les élus sont sensibilisés à l’intérêt des concours et
l’architecture comme une part essentielle de la culture et s’engagent en des mesures sont prises pour essayer d’ouvrir la commande aux jeunes
faveur d’un environnement de qualité." générations. Conception et réalisation sont cependant souvent dissociés
Plusieurs principes sont présents : afin de laisser cette dernière aux architectes les plus expérimentés.
- 
l’utilisation du bois local (la filière artisanale et industrielle est très Le nombre d’architectes est passé d’une vingtaine en 1970 à 120
performante) ; agences qui emploient 700 personnes aujourd’hui, toutes générations
- 
la valorisation d’énergies renouvelables locales, en particulier avec des confondues. Les confrères échangent volontiers leurs expériences,
chaufferies communales à la biomasse alimentant un réseau de chaleur ; positives ou négatives, afin d’éviter que d’autres reproduisent leurs
erreurs. L’ambiance n’est pas à la concurrence, mais à l’émulation.
- 
la priorité donnée à l’humain : "le capital social", la transmission
des savoirs et l’intelligence collective, selon le principe du bottom up, Quelques données sur le Vorarlberg
c’est-à-dire "une progression par approximations successives vers un Superficie 2 600 km2
but révisé à chaque étape en profitant du retour d’expérience" ;
Habitants 367 300
- 
une sensibilisation de tous les acteurs à la qualité et la limitation de
la bureaucratie au profit du dialogue entre décideurs publics et privés, Produits alimentaires, textile, papier, bois et dérivés,
Economie
mécanique de précision, électronique et électricité verte
usagers, concepteurs et entreprises.

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L’exemple du centre culturel et centre de secours à Hittisau, Bregenzerwald

Le projet du centre culturel et centre de secours à Hittisau résulte


d’un concours, témoignage de la forte volonté de la commune qui
avait déjà montré qu’elle était ouverte à la construction en bois innovante,
en confiant en 1989 sa salle des fêtes aux architectes Hermann Kaufmann
et Christian Lenz.
Le bâtiment abrite à la fois un centre de secours, une salle de musique
et un espace d’exposition, chaque fonction ne devant pas gêner les
deux autres. Il tire parti de la topographie, et le choix des matériaux
permet de distinguer les différentes fonctions.
Le centre de secours en béton brut de décoffrage est enterré sur trois
côtés. Au Nord-Est, les vitres de sa façade principale sont insérées dans
des cadres en acier galvanisé et la tour d’exercice est en béton. Une
esplanade permet un accès facile pour les pompiers et les camions de
la scierie adjacente.
Quatre mètres plus haut que le centre de secours, le centre culturel est
conçu comme une "boîte en bois" posée sur le soubassement constitué
par le centre de secours. Sa façade principale, entièrement vitrée,
s’ouvre au Nord-Ouest vers le centre-bourg. La structure (ossature bois
avec une isolation renforcée, solives de plancher et de toiture en sapin
lamellé-collé), le bardage ventilé et les parements intérieurs utilisent Vue intérieure de la salle de répétitions de la fanfare municipale
subtilement et avec soin le sapin blanc du Vorarlberg.
L’ensemble de l’équipement, comme cinquante autres bâtiments situés
sur la commune, est chauffé par une centrale à la biomasse construite Quelques données sur le centre de secours à Hittisau
en 1989.
Maîtrise d'ouvrage Commune de Hittisau
[Link]/Andreas
Maîtrise d'œuvre Cukrovics et Anton Nachbaur-
Sturm, architectes à Bregenz ;
Siegfried Wäger, architecte associé
BET Structure, Ingo Gehrer à Höchst
Entreprise bois Zimmerei Nenning à Hittisau
Réalisation 1999 - 2000
1,81M € HT, y compris raccord
Coût total aux réseaux, ameublement et
aménagements extérieurs, hors
honoraires
Surface 1 050 m2 utiles

L’ensemble de ces deux pages d’illustrations prend sa source dans


l’ouvrage de Dominique Gauzin-Müller "L’architecture écologique du
Vue de la façade Nord-Est avec la tour d’exercice et l’accès au centre de secours, Vorarlberg – un modèle social, économique et culturel" Editions du
et vue intérieure du centre culturel côté façade vitrée Moniteur 2009

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

La qualité d’usage Les performances énergétiques


La prise en compte de l’usage et du projet de vie pour élaborer le projet L’engagement sur des performances énergétiques vérifiées
architectural et urbain conduit à la recherche et à la mise en œuvre par la mesure des résultats sur le site et, plus largement, la
de solutions durables ; il est indispensable de lui accorder une place lutte contre le dérèglement climatique et l’effet de serre est un
au moins aussi importante, certainement plus stratégique, que celle enjeu déterminant, même si la question énergétique a tendance
qu’occupent aujourd’hui la gestion, l’entretien et la maintenance dans à devenir hégémonique et à éclipser les autres enjeux écologiques
la démarche HQE. Elle doit être intégrée à la conception pour que le ou, pour un bâtiment et un espace public, leur qualité culturelle,
projet soit approprié à sa destination. Elle doit être adaptée et comprise sociale, architecturale, urbaine, paysagère et fonctionnelle. Il s’agit
pour que le projet soit approprié par ses usagers. Force est d’admettre d’arbitrer et de concilier des préoccupations parfois contradictoires.
que la valeur d’une technique même environnementale dépend de La maîtrise des consommations en phase d’utilisation du
l’usage que l’on en a et que si l’utilisateur utilise n’importe comment bâtiment est également essentielle. Ceci nécessite un suivi régulier
un bâtiment écoresponsable, la contre-performance est considérable. des consommations, des actions de sensibilisation et de formation,
ainsi qu’un travail fin de prise en compte de la gestion future et de
La prise en compte systématique du coût global
l’usage dans la conception des projets. La question de l’énergie est
La notion de coût global permettant d’effectuer les bons choix et, développée dans la deuxième partie de ce guide.
le cas échéant, des surinvestissements, mérite d’être prise en
compte systématiquement et ce, dans une échelle de temps plus
longue, à l’exception des retours sur investissement. La démarche 1.4 Le rôle de l’évaluation, du
de développement durable intègre le devenir de l’ouvrage et de ses
composants en fin de vie, lors de la déconstruction, et finalement les management et de la certification
impacts écologiques pour les générations futures. Elle prend aussi en
compte ce qui se passe avant le chantier, à savoir l’énergie et la nature A l’heure actuelle, la certification HQE® est basée sur un référentiel
des ressources utilisées pour l’extraction, la fabrication et le transport unique par type de bâtiment. Même si ce référentiel est national,
des matériaux. Le coût global élargi intègre d’autres facteurs, et il impose une adaptation au niveau de l’opération par un choix des
notamment le coût sanitaire. Il fait référence à la notion de "syndrome niveaux de performance des cibles et sous-cibles justifié par rapport
du bâtiment malsain" initiée aux Etats-Unis. On peut citer l’exemple au contexte local et à ses enjeux. Les exigences sont formulées de
rapporté dans "Making The Business Case For High Performance Green façon performantielle (atteinte d’un résultat) afin de laisser liberté
Buildings", US Green Building Council : "Les dirigeants de Lockheed aux maitres d’œuvre sur les solutions architecturales et techniques à
Martin’s relatent que, dans leurs nouvelles installations de Sunnyvale mettre en œuvre pour atteindre ces exigences
(2 500 employés sur 56 000 m2), le taux d’absentéisme habituel a chuté
de 15%, compensant en une année les surcoûts d’investissement liés La démarche HQE bâtiment et la HQE aménagement reposent
au choix de systèmes techniques à haute performance." respectivement sur un processus qualité intitulé "Système de
management de l’opération" (SMO). Peu discutable en théorie, ce
L’évaluation de l’énergie grise dernier occupe une place importante dans la procédure de certification
Il s’agit de l’énergie nécessaire pour l’extraction et la mise à disposition, de la démarche HQE bâtiment et impose dans les faits une traçabilité
la fabrication et l’approvisionnement, l’entretien, le renouvellement et et une transparence des décisions qui peuvent parfois être perçues
la fin de vie des matériaux et ouvrages du bâtiment. Au fur et à mesure comme une contrainte de relative lourdeur et une rigidité dans le
que les bâtiments deviennent de plus en plus sobres en exploitation, processus, notamment par le remplissage de grilles successives,
cette énergie grise occupe une part de plus en plus importante. De plus, éloignées des pratiques effectives d’élaboration d’un projet.
les techniques performantes sont souvent gourmandes en énergie Néanmoins, à l’aune de la garantie de performance, cette traçabilité et
grise. Il ne faudrait pas que les efforts sur les consommations soient cette transparence entre les acteurs tout au long du projet se révèle
grignotés par une surconsommation d’énergie grise. Une conception être une force pour minimiser les risques de ne pas obtenir le résultat
durable doit donc veiller à l’évaluer. attendu et pour nourrir la participation citoyenne.

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

Au-delà des seuls aspects de qualité environnementale, l’évaluation Ce qu’il faut retenir
de la qualité globale d’une opération se pose. Si l’on peut imaginer
l’évaluation globale d’une opération, celle-ci ne peut se faire qu’à partir La démarche HQE bâtiment, qui a édifié la qualité environnementale
d’une évaluation qualitative et quantitative de la qualité d’usage et comme une préoccupation déterminante dans l’acte de bâtir,
des objectifs du programme, dans un territoire spécifique. La qualité ne constitue qu’un outil au regard des enjeux complexes du
d’usage s’évalue par des méthodes qui font appel aux sciences sociales développement durable. La problématique des constructions
et ne peut pas uniquement répondre à des critères quantitatifs. Quant publiques, nourrie d’équité sociale, de développement
économique local et solidaire, ou culturel, demande de dépasser
au processus, l’évaluation d’une procédure normée comme le SMO
l’échelle de la parcelle pour poser la question de la pertinence
connaît ses limites. La qualité d’une opération dépend certes de
et des interfaces du projet par rapport au territoire, de recourir à
l’organisation et du système de décision mis en place, mais aussi du l’innovation pour répondre aux enjeux de la planète, de réintroduire
professionnalisme et de la qualité de chacun, de sa capacité à engager une approche plus architecturale des projets et d’accorder une
ses compétences au service du projet. En revanche, des objectifs place plus importante à l’usage qui est déterminant sur l’efficacité
précis, par exemple en termes de consommation énergétique, des solutions durables. La démarche de développement durable
peuvent être vérifiés et suivis dans le temps. apparaît donc essentielle. Elle suppose une réelle démarche de
projet.
S’il peut être utile de disposer d’une grille de questionnement globale L’évaluation, et notamment la mesure de la performance
comme aide-mémoire pour la conduite d’un projet de développement énergétique, est essentielle. La certification HQE®, qui donne
durable, tout ne doit pas et ne peut pas être encadré et évalué dans une large place au système SMO et vérifie le respect de la
des cases, au risque d’accroître encore la technicité au détriment procédure, tend à alourdir et rigidifier le système. Appliquée
de la qualité globale d’un projet. Qualité dont les performances comme une recette, elle peut devenir contre-performante. Notons
environnementales peuvent être mesurées, mais qualité qui dépend le développement en cours de la HQE performance.
aussi du bon déroulement de la concertation et de la transposition de En ce qui concerne le bâtiment, il convient bien de resituer la
la valeur d’usage, de l’opportunité de faire ou non le projet, de le faire démarche HQE comme un outil possible au service d’un projet
à tel endroit ou à tel autre, de la pertinence d’insertion dans le site, de architectural : "Un projet de construction est avant tout une
la conception congrue des espaces et des ambiances, du choix des "pensée de l’espace", "une pensée de l’homme dans son espace :
matériaux et du dessin du bâtiment ou des espaces jusque dans ses il met en œuvre des matériaux dont il fait des logements, des
moindres détails. bureaux, des édifices publics. Il mobilise des hommes aux attentes
les plus diverses. Il entraîne ces hommes dans une aventure
Se pose la question de la certification, de la pertinence et des humaine pour abriter une activité humaine. Et lorsque ce projet
modèle avec art les espaces, les volumes, les proportions, règle
modalités de l’évaluation du processus de gestion de projet. On peut,
leurs relations, il prend une dimension culturelle qui transcende
en particulier, s'interroger sur le bien-fondé étendre au domaine du la dimension fonctionnelle. L’espace, les volumes, les matières, la
bâtiment (où chaque projet est unique) des procédures adaptées au lumière sont les véritables matériaux de l’architecture. L’architecte
domaine industriel (où chaque produit fabriqué est le résultat d’un construit, avec tous ces ingrédients et à partir d’un programme
long processus de maquettes, de pré-séries et d’industrialisation de essentiellement utilitaire, une œuvre culturelle, expression de la
sa production). Les réflexions en cours se dirigent vers une "HQE pensée humaine. Cette pensée humaine, appliquée à l’espace
performance" et limitent l’évaluation des objectifs à la mesure de à travers le temps devient patrimoine, témoin construit des
quelques résultats précis. Ce processus va sans doute dans le bon civilisations humaines.6"
sens. On peut par ailleurs souligner l’intérêt des référentiels et labels
développés localement. 6 Cf. guide MIQCP "La qualité des constructions publiques", MIQCP, 1999.

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UNE ARCHITECTURE EXEMPLAIRE CERTIFIÉE NF BÂTIMENTS TERTIAIRES HQE®

Malgré la proximité du centre-ville, un site qui comporte de


nombreuses contraintes :
− le terrain est encadré au Nord-Est par les voies ferrées de la gare de
Lyon, et au Sud par l'autoroute A4 ;
− il est inscrit dans le périmètre d'anciennes carrières ;
− une partie de l'emprise foncière est inscrite dans le Plan de prévention
des risques d'inondation (PPRI).

Une réponse bioclimatique axée sur la recherche d'économie


d'énergie et la qualité d'usage
Le long des infrastructures existantes, deux ailes de bâtiments
d'enseignement fonctionnent comme des boucliers acoustiques. Les
façades externes sont complètement vitrées, constituées d'une double
peau, et alimentées en air tempéré par des puits canadiens; elles assurent
un confort phonique et thermique tout en ménageant de larges vues sur
l'extérieur. Graphiques et sobres, les façades animent le paysage urbain
par un jeu de lignes et de volumes. Plan de masse
Un engagement qui va bien plus loin que la recherche de l'obtention
de la certification HQE®
Tout au long du projet, l'équipe de maîtrise d'œuvre a cherché des
solutions permettant d'intégrer les exigences du développement
durable, au-delà des performances requises : conception du plan
d'ensemble, traitement des façades selon l'exposition, inertie du
béton, utilisation optimale de la lumière naturelle et des vues,
puits canadien, eau chaude solaire, matériaux durables et à faible
émissivité, récupération de l'eau de pluie pour l'arrosage et les
sanitaires,...
La certification demandée in fine par le maître d'ouvrage (au titre
du référentiel technique de 2005) reconnaît de fait une démarche
exemplaire. La certification obtenue a validé les 14 cibles dont 9 très
performantes (1-relation du bâtiment avec son environnement immédiat,
2-choix intégré des produits, systèmes et procédés de construction,
Vue de la façade Sud côté autoroute et de la façade Nord-Est depuis la voie ferrée 4-gestion de l’énergie, 5-gestion de l’eau, 7-maintenance - perennité
des performances environnementales, 9-confort acoustique, 10-confort
Les bâtiments, disposés le long du périmètre du terrain, créent un
visuel, 11-confort olfactif et 13-qualité sanitaire de l’air), sans compter la
espace intérieur protégé des nuisances externes. Un troisième corps
recherche d'autres innovations.
de bâtiment, qui accueille l'administration et les logements de fonction,
permet d’entrer en contact avec la ville. Il fait face à des habitations et Le puits canadien, quasiment invisible est très impressionnant par ses
referme la cour du lycée. dimensions et ses capacités de renouvellement d’air tempéré.

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Guide ok [Link] 22 21/10/11 15:22


Le lycée Robert Schuman à Charenton-le-Pont (94)

PRINCIPES HQE - COUPE GÉNÉRALE


Coupe générale de principe mettant
notamment en valeur le puits canadien et
la double peau protectrice, côté autoroute
(à gauche) et côté voies ferrées (à droite)

On peut noter la préfabrication de 5 000 m2 de plaques de béton On peut également souligner le soin apporté à la qualité esthétique des
architectonique. Il s'agit essentiellement de béton blanc brillant toitures conçues comme une cinquième façade : toitures végétales
en façade, poli pour éviter qu'il n'absorbe la pollution de l'air, et dont lorsqu'elles sont vues des riverains, éléments techniques intégrés
l'aspect ressemble au marbre de Carrare. Les soubassements de façade à la construction ou dissimulés par des panneaux photovoltaïques.
sont traités en béton noir, verni pour éviter les tags et graffitis, qui a
l'apparence de l'ardoise. Quelques données sur le Lycée Robert Schuman
Maîtrise d'ouvrage Région Ile-de-France, Unité Lycées
Maîtrise d'ouvrage mandataire SADEV 94
Conseil environnemental OASIS
de la MO
Jean-Michel Buron, EPICURIA
Architectes, architecte mandataire
Maîtrise d'œuvre
François Malisan, AAM
architecte associé
Conseil environnemental Sophie Brindel-Beth
BET CET Ingénierie
Entreprise Urbaine de travaux
Réalisation 2008-2009
Coût total 19,2 M € HT
Vue de la circulation desservant les salles de classe, totalement protégée du bruit
et de la chaleur par la double peau Surface 8 140 m2 SHON

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Guide ok [Link] 23 21/10/11 15:22


MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

1.5 L’écoresponsabilité : Article L110 du Code de l'urbanisme


"Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. Chaque
partenariat pluridisciplinaire, collectivité publique en est le gestionnaire et le garant dans le cadre
de ses compétences. Afin d'aménager le cadre de vie, d'assurer sans
citoyen et quotidien discrimination aux populations résidentes et futures des conditions
d'habitat, d'emploi, de services et de transports répondant à la
diversité de ses besoins et de ses ressources, de gérer le sol de
Une pensée à l’œuvre… façon économe, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de
réduire les consommations d'énergie, d'économiser les ressources
Le développement durable n’est pas un concept en soi. C’est une autre
fossiles d'assurer la protection des milieux naturels et des paysages,
définition du développement. Ce à quoi il sert lui donne son sens :
la préservation de la biodiversité notamment par la conservation, la
"répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
restauration et la création de continuités écologiques, ainsi que la
générations futures de répondre aux leurs", tout comme les moyens
sécurité et la salubrité publiques et de promouvoir l'équilibre entre
mis en œuvre pour y parvenir. Le développement durable, en tant qu’il
les populations résidant dans les zones urbaines et rurales et de
est une action dirigée vers une fin, est une éthique : une pensée du
rationaliser la demande de déplacements, les collectivités publiques
"vivre ensemble" à l’œuvre dans l’attention portée à notre planète. harmonisent, dans le respect réciproque de leur autonomie, leurs
Cette pensée partagée s’appuie sur un socle complexe, polyculturel. prévisions et leurs décisions d'utilisation de l'espace. Leur action
Chaque culture, chaque région du monde, voire chaque pays s’y en matière d'urbanisme contribue à la lutte contre le changement
engage à sa manière. climatique et à l'adaptation à ce changement."

Des actions engagées…


… au quotidien
L’écoresponsabilité est un principe d’actions qui s’inscrit dans une
Nous voilà entrés dans l’époque d’une nécessaire révolution de nos
approche globale, holistique, de prise en compte des différents niveaux
modes de vie et de notre façon de concevoir. Le philosophe allemand
du développement dans leur interdépendance irréductible. Il s’agit avant
Peter Sloterdijk l’a annoncé il y a déjà plus de dix-sept ans : "Pendant
tout pour chaque collectivité et chaque individu, dans son domaine
que les différentes scènes de la culture travaillent à valoriser la nouvelle
de compétence, de se doter des moyens efficaces pour laisser une
instabilité, saluent le chaos et célèbrent l’inconséquence, on assiste
planète viable et vivable pour ses habitants actuels et futurs.
depuis quelques années à une discussion d’un type nouveau ; partie
L’écoresponsabilité concerne toutes les prises de décisions et les des cercles écologistes, elle a été reprise par les milieux de l’économie
actions quotidiennes qui en découlent, et donc a fortiori celles qui et porte sur la durabilité — sustainability. On commence peu à peu à
concernent le cadre de vie des hommes, bâti ou non. comprendre que l’actuel way of life et le long terme sont deux choses
Les collectivités engagées dans la réalisation et la gestion de ce cadre qui s’excluent totalement l’une l’autre.7" Si nous en avons certes
de vie, dans la réalisation et la gestion des établissements humains, conscience aujourd’hui, le propos radical du philosophe n’est pas passé
ont une responsabilité fondamentale. Cette responsabilité est accrue dans les actes, dans les réalisations. Au terme de son propos, il posait
par le poids de ces établissements humains dans la consommation l’obligation d’inventer, d’expérimenter et d’adapter nos pratiques.
d’énergie et des ressources non renouvelables, dans les émissions de Les petits gestes du quotidien contribuent au sauvetage planétaire : ne
gaz à effet de serre. Cette responsabilité, y compris dans les politiques pas laisser couler l’eau quand on se lave les dents, acheter bio, rouler
d’achats des collectivités, s’étend à tous leurs acteurs, maîtres en vélo, éteindre la lumière dans les pièces vides, baisser le chauffage,
d’ouvrage, maîtres d’œuvre et partenaires, jusqu’à tous les usagers. trier les déchets,... Ces petits gestes sont indispensables, mais ils ne
Et ce, au quotidien… suffisent pas. Le monde qui nous environne est certes celui de nos

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

préoccupations et habitudes quotidiennes. Mais il ne s’arrête pas aux


choses de tous les jours, aux petits gestes eux-mêmes. Il est le lieu 1.6 Le rôle du temps dans la
du "vivre ensemble" et du développement de projets durables dont les
gestes simples et concrets soudent la tenue.
conception spatiale
1.6.1. "Cultiver" l’espace fini
Ce qu’il faut retenir Nous vivons dans un monde fini, l’espace de notre Terre, dans lequel
cohabitent les expressions hétérogènes des communautés9. Nous
Le développement durable n’est pas un concept en soi. C’est une consommons actuellement 1,4 planètes en moyenne (2,6 planètes si
éthique, une pensée partagée à l’œuvre dans l’action de sauvetage tous les habitants avaient le mode de vie des français, 5 s’ils prenaient
planétaire, un ensemble d’actions citoyennes écoresponsables. le mode de vie des américains)10. Trop attachée aux bâtiments et aux
Les politiques publiques ont non seulement la responsabilité artéfacts, la résolution actuelle de la crise environnementale ne rend
plurielle du développement durable, mais elles portent aussi un pas compte de cette prise de conscience. Accroître en continu les
devoir d’exemplarité. L’écoresponsabilité ne vise pas seulement les intérieurs climatisés, même s’ils sont sains, constitue un exemple de
politiques d’achats des collectivités, elle s’étend à toutes les prises réponse inadaptée.
de décisions et d’actions quotidiennes. Nous ne sommes pas en expansion, même si la population augmente,
En ce sens, l’architecture et l’aménagement urbain, fruits de et que certains pays connaissent un développement économique.
décisions essentielles dans la vie du citoyen, vécus dans la Nous sommes à l’intérieur d’un monde connu, dans un monde à
quotidienneté, sont des lieux premiers d’écoresponsabilité. "cultiver". Chaque naissance n’élargit pas le monde, mais lui confère
plus de densité, et — on le sait — plus de gravité et de fragilité. C’est
Il s’agit de développer les approches pluridisciplinaires et le un peu plus d’humanité chaque fois ajoutée, dont il faut prendre soin.
croisement des points de vue, d’engager de véritables démarches
L’une des manières d’élargir l’espace fini terrestre, dans lequel nous
collectives de projets désirables, partagés et évalués, "selon
sommes insérés, consiste à développer des analyses fines concernant
une approche holistique, une approche vraiment participative et
les interactions entre les usages et les lieux selon différentes
pluridisciplinaire, qui prend en compte l’ensemble des thèmes8".
approches de la temporalité. La "chronotopie" (corrélation de la relation
entre les temps et les lieux), l’histoire du lieu, l’analyse de l’évolution
des besoins, l’approche prospective, le multi-usages, la mutualisation
des espaces, la flexibilité, l’évolutivité, la saisonnalité, sont autant
d’occasions d’augmenter la possibilité de vivre l’espace. Intégrer les
temporalités dans la conception des lieux permet d’augmenter les
capacités de l’espace.

7 P eter SLOTERDJIK, "Dans le même bateau, essai sur l’hyperbolique", Rivages,


Paris 2002 (publié en Allemagne en 1993 sous le titre "Im selben Boot. Versuch 1.6.2. Intégrer le temps dans la conception
über die Hyperpolitik“.)
8 Dominique GAUZIN-MÜLLER, interview par Chris Younès dans le numéro Dans la conception écoresponsable, le facteur temps devient
d’Octobre 2008 de la Revue Urbanisme fondamental : approche prospective et stratégique aux différentes
9 Jean-Pierre WARNIER, "La mondialisation de la culture", éditions de la Décou- échelles d’espace (interactions entre le site, son contexte et son
verte, Paris, 1999.
territoire) et de temps (court, moyen et long terme); entretien et durée
10 selon "Ecological footprint atlas 2009". Des informations sur le mode de calcul
de l’empreinte écologique sont disponibles sur [Link], de vie des matériaux et équipements; rôle des saisons sur l’apport
[Link] de lumière et de chaleur et sur l’évaporation des eaux de pluie ;

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

prise en compte de l’utilisation des lieux selon les différents moments des usages attendus ou possibles aux différentes échelles de temps
de la journée et de la nuit, selon les saisons ; impact des usages et (jour/nuit/saisons/années), enclencher le cas échéant des réflexions
du nombre de personnes sur la lumière nécessaire, sur le temps de prospectives. Par exemple, il ne faut pas, sous prétexte d’économies,
réverbération et de transmission des sons. s’engager sur des solutions irréversibles en termes d’organisation
et de surfaces, afin de permettre d’éventuelles restructurations,
Pour un bâtiment ou un site, cette prise en compte du temps se
extensions ou changement d’usage.
retrouve à toutes les étapes de sa vie.
Ainsi, les réponses en terme de conception peuvent accroître la
La conception nourrie du développement durable induit, lors de fonctionnalité immédiate, occasionnelle ou à venir :
la conception du programme et du projet, une large extension de
l’échelle de temps, comme de celle de l’espace. Depuis les années 60, - immédiate pour que les dispositions spatiales réalisées autorisent
les maîtres d’ouvrage assurant la double fonction de maître d’ouvrage d’emblée une évolutivité (murs mobiles, occultation aisée,
et de gestionnaire (tels les organismes HLM ou les collectivités positionnement pertinent des équipements techniques, ...) en
territoriales) établissent des projections technico-financières d’abord fonction de la diversité des usages attendus ou possibles et une
surface suffisante (collecte sélective des déchets, rangement des
à l’échelle des 25 années d’emprunt, puis à l’échelle des politiques
deux roues, …) ;
d’entretien-maintenance.
- occasionnelle pour rendre aisées dans le temps des utilisations
La temporalité des usages, même prise en compte dans les différentes ou exceptionnelles, autrement dit pour faire foisonner
programmes classiques de bâtiments, prend une toute autre les usages en un même endroit ;
importance dans une conception écoresponsable. Les différents
- à venir au sens où il s’agit aussi, comme le souligne Françoise-
critères des scénarios d’usage (journalier, nocturne, hebdomadaire,
Hélène Jourda "de permettre aux générations futures d’utiliser
exceptionnel, intermittent, saisonnier) déterminent fortement
le bâtiment selon leurs propres besoins". Ainsi, ajoute-t-elle,
les choix de conception. Ainsi, il n’est pas rare en matière de
"la dimension des bâtiments, leurs hauteurs sous plafond, leur
fonctionnement thermique, de définir des séquences de jour ou
profondeur sont autant de paramètres qui faciliteront ou rendront
de nuit, d’hiver ou d’été. Quand on ne se préoccupait que du
difficile la reconversion des bâtiments11". Pour y parvenir, il convient
dimensionnement des installations, on ne pouvait s’appuyer que sur
aussi de réfléchir au positionnement et aux caractéristiques des
les utilisations extrêmes. Maintenant, penser à la consommation
noyaux techniques et des structures porteuses qui conditionnent la
permet de prendre en compte la réalité, dans toute sa complexité et, flexibilité ou la réversibilité des usages.
qui plus est, d’imaginer des scénarios d’usages très différents pour
intégrer une probable évolution et ne pas construire des bâtiments La seconde concerne la durabilité des matériaux, ouvrages et
d’emblée inadaptés à leur avenir. équipements. Plutôt que de raisonner uniquement en terme de
durée de vie de l’ensemble du bâtiment, il semble judicieux de
Rappelons qu’un bâtiment de bonne qualité, bien et généreusement réfléchir à l’occasion de chaque projet à la durée de vie souhaitée
conçu pour son ou ses usages attendus, se reconvertit facilement ; il ou souhaitable de chaque élément de l’ouvrage, à ses conditions
suffit pour cela de voir la transformation de monuments historiques au d’usage, d’entretien et de recyclage. L’entretien ou la maintenance
cours du temps ou la reconversion de bâtiments industriels. constituent en effet une expression fondamentale de l’intégration du
Cependant, certaines notions doivent être intégrées ou questionnées temps dans la conception spatiale. Les paysagistes l’ont parfaitement
dans le cadre d’une conception durable. intégré au processus de projet. Une démarche de développement
durable suppose de se donner les moyens d’entretenir régulièrement
La première est celle de l’adaptabilité. Tout en se méfiant de la notion et correctement un patrimoine, c’est-à-dire non seulement de le
de polyvalence qui peut conduire à ce que le lieu ne soit finalement préserver, mais aussi de le mettre à niveau. Par ailleurs, la conception
bien adapté à aucun usage, des réflexions doivent être menées dans de bâtiments neufs doit intégrer les conditions de la construction et
le cadre de l’élaboration du programme pour permettre la diversité de la déconstruction.

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

Une autre question concerne la pertinence de la démolition ou


de la déconstruction, à chaque moment et en particulier à l’issue Ce qu’il faut retenir
de la durée de vie théorique d’un bâtiment ou d’un élément. Il
convient de vérifier, au cas par cas, la pertinence de la démolition ou Le développement durable nous invite à élargir l’espace fini dans
de la déconstruction et d’étudier les alternatives selon les critères de lequel les projets s’insèrent. De nouvelles échelles de temps
l’analyse de cycle de vie, l’usage, le budget, ... Par exemple, vaut-il interviennent dans la conception des lieux de vie. La chronotopie,
mieux jeter une menuiserie bois et la remplacer par une menuiserie la mutualisation ou la programmation coordonnée des espaces
PVC dont la durée de vie est limitée et dont on ne saura que faire des à une autre échelle territoriale, la flexibilité, la saisonnalité, sont
déchets, ou vaut-il mieux réparer l’existante? La notion de coût global, autant d’occasions d’augmenter la possibilité de vivre et de cultiver
entendue au sens large du terme, donne des éléments pour effectuer l’espace.
les bons choix à chaque étape.
Toute conception écoresponsable fait siens les usages présents et
D’un point de vue soutenable, il vaut mieux consolider que à venir et la vie future du bâtiment qui les accueille, son entretien
détruire, réhabiliter que démolir12, quand entrent en ligne de et son exploitation, ses fonctions aux différents moments de
compte l’énergie engagée dans la démolition, l’énergie engagée dans la journée, de la nuit, des saisons, à court, moyen et long terme.
l’évacuation des déchets, l’énergie et les ressources nécessaires pour Elle conduit à s’interroger sur la durée de vie des bâtiments et des
les matériaux de la construction neuve, les pollutions produites par la espaces extérieurs, mais aussi de chacun des éléments du futur
démolition, le coût du traitement des déchets (le volume des déchets ouvrage ou aménagement, jusqu’à leur recyclage, déconstruction
issus du secteur du bâtiment est supérieur au volume des déchets ou démontage. Les conditions et les moyens affectés à un entretien
ménagers). Et quand on prend en compte les relations profondes et une mise à niveau corrects d’un patrimoine à court, moyen et
existantes entre une société et son territoire, ses équipements, ses long terme, sont essentiels. Chaque démolition envisagée ou tout
institutions, ses logements, on ne compte plus. remplacement d’élément devrait, par ailleurs, se faire au minimum
au vu d’un scénario alternatif d’entretien, d’amélioration ou de
La réalisation de bâtiments éphémères constitue en soi un cas valorisation.
d’école par lequel on peut vérifier que durable ne veut pas forcément
dire pérenne mais adapté à un usage dans un contexte donné. Il est
parfois pertinent selon le contexte local, au vu des enjeux sociaux,
économiques, architecturaux et environnementaux, de retenir le
principe d’une construction éphémère. C’est alors le principe de
démontabilité qui s’avère le plus adapté, avec le calcul des coûts
induits en terme d’études, d’énergie grise. Il convient cependant d’être
extrêmement vigilant car, dans la réalité, les bâtiments provisoires
ou à durée déterminée sont souvent là des années après avec les
problèmes de vétusté et de détérioration que l’on peut connaître.
11 Françoise-Hélène JOURDA, "Petit Manuel de la Conception Durable", Archibooks +
Sautereau éditeurs, Paris, 2009, question #30, pas de numéro de page.
12 P  atrick BOUCHAIN, à propos de la réhabilitation de La Condition Publique à La gare d'Orsay, exemple emblématique d'une reconversion réussie à travers
Roubaix, écrivait : "Consolider plutôt que réparer, réparer plutôt que restaurer, le temps : elle abritera successivement des voies ferrées, la compagnie de
restaurer plutôt que refaire, refaire plutôt qu’embellir", in CASTANY Laurence, "La théâtre Renaud-Barrault, les ventes aux enchères de l'hôtel Drouot alors en
Condition Publique", Sujet-Objet éditions, Paris, 2004, p.75 travaux puis, les chefs-d'œuvre de l'art du XIXe siècle.

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LA RÉHABILITATION, ALTERNATIVE À LA DÉMOLITION
UNE PENSÉE À L’ŒUVRE : TRANSFORMER LE PASSÉ POUR LE RENDRE CONTEMPORAIN

En 2000, des habitants propriétaires se constituent en association ("Rase


"Longtemps les architectes ont considéré que ce qu’on appelait
pas mon quartier") et finiront par éviter la démolition de leurs maisons.
la réhabilitation ou la restauration n’allait pas dans le sens de la
La SEM Ville renouvelée, en charge du projet général de l’Union, devient
modernité. Moi, quand je suis sorti de l’école, j’avais décidé de ne pas
maître d’ouvrage du projet de la rue Stéphenson. Elle définit son contenu
construire et de ne faire qu’un acte d’entretien ou de transformation.
programmatique et met en œuvre un processus de réalisation original
Et contrairement à ce que pensent les architectes, quand vous
croisant les enjeux de l’habitat, du patrimoine, de la culture et des
transformez un bâtiment existant, vous parlez plus d’architecture que
relations sociales. Une mission de maîtrise d’œuvre est confiée à Notre
quand vous construisez un bâtiment neuf. Car dans ce cas vous faites
atelier commun (NAC), dont le mandataire est Patrick Bouchain.
un acte d’autorité sur une collectivité en faisant croire que vous êtes le
seul à pouvoir faire cet acte de construction et que toute critique serait Une première expérience de réhabilitation de 24 maisons (12 restant
une atteinte à la liberté de création. Alors que quand vous réhabilitez, privées, 12 revenant à un bailleur social) démarre en 2008. Un ancien
réparez ou restaurez un bâtiment, vous avez comme interlocuteurs atelier électrique, transformé en baraque de chantier et en maison
le futur usager ou le commanditaire, l’architecte qui est donc le du projet, devient un lieu de présentation de la maquette de l’îlot et
transformateur, et aussi un troisième qui est le bâtiment existant qui de coproduction de l’opération avec les habitants. Des diagnostics fins
se met sans cesse devant vous et vous dit: j’ai été construit avec sont effectués, les matériaux sont récupérés,… Une première maison-
tel matériau qui n’existe peut-être plus aujourd’hui, alors faut-il le témoin est inaugurée en 2010 ; elle offre une façade restaurée sur rue et
garder, le remplacer ou le recycler ? Je suis contre la table rase et totalement transformée sur cour afin d’intégrer les exigences de confort
pour la transformation des choses qui existent. Pas pour tout garder et d’isolation.
sous prétexte que le passé est indispensable, mais au contraire pour
le transformer et faire qu’il devienne contemporain. C’est pourquoi "Plus que la haute qualité environnementale, c’est la qualité humaine qui
j’ai souvent utilisé des bâtiments ou des œuvres d’art pour m’intéresse. (…) C’est ça le développement durable : faire attention aux
"mettre en scène" ma méthode". habitants, faire attention aux constructions qui existent au lieu de les
détruire, et les remettre en vie. Ce n’est pas faire des maisons
Cf Patrick Bouchain "Construire autrement" en paille et en terre crue. (…)", dit Patrick Bouchain dans la
Editions Actes Sud 2007 Voix du Nord (décembre 2008).
La mission de maîtrise d’œuvre se poursuit
aujourd’hui :
Dans le cadre d’un grand projet - curetage des maisons abîmées ou mérulées ;
de reconquête urbaine de - accompagnement des habitants (restés sur
80 hectares mené par Lille- place et nouveaux venus) dans leurs projets
Métropole sur l’écoquartier et leurs travaux de remise aux normes et
de l’Union à Tourcoing, de transformation de leurs maisons ;
se distingue un projet
participatif significatif - projets et travaux de réoccupation par
sur l‘îlot Stephenson, dont de nouveaux habitants des maisons
l’urbaniste en chef est vacantes
Bernard Reichen. -
construction de certaines parcelles
vacantes ;
- réalisation des espaces partagés ;
-
élaboration d’un schéma global
Vue d’organisation de l’îlot.
aérienne
de l’îlot

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Guide ok [Link] 28 21/10/11 15:22


L’exemple de l’îlot Stéphenson dans le quartier de l’Union à Tourcoing (59)

Notons que ce projet a notamment engendré sur le trottoir d’en Données sur la maison-témoin (106 rue de la Tossée)
face le rachat et la reconversion d’une ancienne usine textile par un
cabinet d’avocats. D’autres reconversions, par marcottage, suivent et Maîtrise d'ouvrage SEM Ville renouvelée
contribuent à requalifier le quartier. Architectes CONSTRUIRE :
Maîtrise d'œuvre Patrick Bouchain, Loïc Julienne,
Les acteurs de l’îlot Stephenson Denis Favret, Marie Blanckaert,
Solveig Debrock
Maîtrise d'ouvrage Ville de Tourcoing
Jardin Tiphaine Hameau
Mandataire SEM Ville renouvelée APINOR, VALMI, DELECROIX,
Entreprises NOGEIRA, DELPORTE, RENOV
Maîtrise d'œuvre Patrick Bouchain, Loïc Julienne, DECORATION, SMETS, TECNIM,
Marie Blankaert, Denis Favret WILLEM, SMETS
Les habitants Association
"Rase pas mon quartier", … Réalisation 2010
159 400 € HT
Calendrier Coût total dont 10 072 € HT déconstruction
et 18 104 € HT aménagement
Démarrage de l’opération 2000 95 m2 SHON avant travaux,
Surface 134 m2 SHON après travaux,
163 m2 superficie parcelle

Maquettes d’études,
Vue d’une façade restaurée sur rue supports de la concertation

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE
Quelle démarche pour des projets durables ?

1.7 Politiques territoriales DOCUMENTS OPPOSABLES

et projets spécifiques L’article L 121-1 du Code de l’urbanisme tel qu’il a été rédigé
suite à la loi Grenelle 2 donne la portée des SCOT et des PLU.

Toute architecture projetée participe au futur paysage, urbain ou "Les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme
naturel, et doit prendre en compte l’évolution de cet environnement, et les cartes communales déterminent les conditions permettant
son historique, sa dynamique à l’œuvre. Il s’agit dans chaque d'assurer, dans le respect des objectifs du développement durable,
projet d’intégrer les dimensions culturelle, sociale, économique
et environnementale, pour s’ancrer dans une histoire et dans des l’équilibre entre :
territoires avec des habitants, dans les mouvements en cours aux − le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la
différentes échelles de temps et d’espace, pour concevoir et réaliser restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres
des espaces désirables, équitables et économes en ressources.
urbains et ruraux, la mise en valeur des entrées de ville et le
développement rural ;
1.7.1.Les politiques de développement durable
− l'utilisation économe des espaces naturels, la préservation des
à l’échelle du territoire espaces affectés aux activités agricoles et forestières, et la
Des outils de planification spécifiquement nourris du protection des sites, des milieux et paysages naturels ;
développement durable se développent aux différentes échelles − 
la sauvegarde des ensembles urbains et du patrimoine bâti
des territoires.
remarquables ;
Beaucoup d’entre eux ne sont pas des documents réglementaires, − la diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale
opposables aux tiers, mais des documents cadre, politiquement dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de
validés par les assemblées territoriales concernées (directives
réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination,
territoriales d’aménagement et de développement durable, agendas
21, chartes locales, …). Ils permettent de définir une stratégie des besoins présents et futurs en matière d'habitat, d'activités
dans les différents champs de l’aménagement durable. Leur non économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général
opposabilité constitue leur faiblesse. Celle-ci peut être compensée ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial,
par la recherche d’une plus grande cohérence avec les documents en tenant compte en particulier des objectifs de répartition
réglementaires aux échelles correspondantes. géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces
et services, d'amélioration des performances énergétiques, de
Les schémas de cohérence territoriale (SCOT) et les plans locaux
d’urbanisme (PLU) s’élaborent, par ailleurs, de plus en plus développement des communications électroniques, de diminution
dans une démarche de projet dont les aspects réglementaires, des obligations de déplacements et de développement des
développés notamment dans la loi Grenelle 213, favorisent un transports collectifs ;
développement durable des territoires. Les conclusions de cette loi − la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la maîtrise
devraient également conduire à la définition de PLU intercommunaux de l'énergie et la production énergétique à partir de sources
intégrant les PDU (Plans de déplacements urbains) et les PLH
renouvelables, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol
(Programmes locaux de l’habitat). D'autres outils sont également
valorisés (Plans climat-énergie territoriaux, projets territoriaux de et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des
développement durable, …). écosystèmes, des espaces verts, la préservation et la remise en
bon état des continuités écologiques, et la prévention des risques
13 L oi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national naturels prévisibles, des risques technologiques, des pollutions et
pour l’environnement
des nuisances de toute nature."
14 Loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et
au renouvellement urbains

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

Les schémas de cohérence territoriale (SCOT) - 


ne pas s’opposer "à l’installation de systèmes solaires
(cf L122-1 du Code de l’urbanisme) : thermiques ou photovoltaïques ou de tout dispositif individuel
"Les schémas de cohérence territoriale exposent le diagnostic établi au de production d’énergie renouvelable, à l’utilisation en façade
du bois ou de tout autre matériau renouvelable permettant
regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins
d’éviter des émissions de gaz à effet de serre ni à la pose de
répertoriés en matière de développement économique, d'agriculture,
toitures végétalisées ou retenant les eaux pluviales", sauf
d'aménagement de l'espace, d'environnement, d'équilibre social de dans des secteurs spécifiques du point de vue historique,
l'habitat, de transports, d'équipements et de services.
patrimonial ou paysager.
Ils présentent le projet d'aménagement et de développement durable
Certaines de ces dispositions sont déjà inscrites dans quelques
retenu, qui fixe les objectifs des politiques publiques d'urbanisme
PLU, notamment l’autorisation du dépassement du COS, l’imposition
en matière d'habitat, de développement économique, de loisirs, de
d’un coefficient de biodiversité, la prescription de normes maximales
déplacements des personnes et des marchandises, de stationnement
des véhicules et de régulation du trafic automobile." de stationnement automobile.
La nouvelle mesure qui permet d’imposer sur certains secteurs
Les plans locaux d’urbanisme (PLU) des exigences non seulement énergétiques, mais également
Avec le PLU, la loi SRU14 a amorcé la transformation de environnementales, est particulièrement intéressante en matière
l’outil traditionnel de réglementation urbaine en un outil de développement durable. Elle donne un poids réglementaire
d’aménagement et notamment d’aménagement durable. Ce à des engagements qui n’étaient jusqu’alors que contractuels,
processus s’est poursuivi lors du Grenelle de l’environnement. La notamment dans les cahiers de charges de cession de terrain de
loi Grenelle 2 attribue aux PLU de nouveaux objectifs en matière de Zones d’aménagement concerté (ZAC).
développement durable. L’ensemble de ces avancées ouvre de nouveaux chantiers, parmi
Dans le cadre des objectifs du PLU, le Projet d’aménagement lesquels :
et de développement durable (PADD) définit une stratégie et le - 
celui du "règlement bioclimatique" : l’expression traditionnelle des
Document d’orientation et de programmation (DOP) en détermine règles d’urbanisme sous la forme de mitoyenneté, densité, gabarits,
les orientations générales spécifiques à la collectivité. hauteur, trouve sa justification dans des notions de qualité urbaine et
Dans ses articles 1 à 12, la loi Grenelle 2 ouvre ainsi de nouvelles de qualité d’usage des parcelles mitoyennes. Or ces paramètres sont
possibilités en matière de développement durable : aussi ceux qui déterminent la conception bioclimatique ; il est donc
- préserver et restaurer les continuités écologiques pour maintenir possible d’en définir les règles sur un arbitrage entre préoccupations
la biodiversité ; urbaines et préoccupations durables ;
- fixer des objectifs chiffrés pour économiser l’espace ; - 
celui du "droit au soleil" : la possibilité, garantie dans les PLU
- moduler les prescriptions réglementaires (gabarits, hauteurs, d’installations photovoltaïques, pose le problème de leur pérennité
emprise au sol, Coefficient d’occupation des sols (COS) …) selon
de fonctionnement si l’évolution future de la ville induit de nouveaux
la desserte en transports collectifs, l’existence d’équipements
collectifs ou des protections environnementales ou agricoles ; masques au soleil.
- imposer des normes maximales de stationnement automobile
ou minimales de densité, gabarits, hauteurs, emprise au sol, COS Le plan climat-énergie territorial (PCET)
dans les zones bien desservies en transports collectifs ; Le Grenelle de l’environnement a, parmi toutes les préoccupations
- imposer des exigences énergétiques et environnementales, relevant du développement durable, particulièrement insisté sur la
notamment sur des secteurs nouvellement ouverts à l’urbanisation ;
réduction des gaz à effet de serre (GES). A cette fin, il a valorisé un
- autoriser, par décision du conseil municipal, un dépassement des
autre outil, le plan climat-énergie territorial (PCET). S’il y a un agenda
règles relatives au gabarit et la densité d’occupation des sols
dans la limite de 30 % pour les constructions satisfaisant à des 21, le PCET en constitue le volet climat. Il doit être compatible avec
critères de performance énergétique élevée ou comportant des le schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie défini à l'article L.
équipements performants de production d'énergie renouvelable ; 222-1 du code de l’environnement.

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Guide ok [Link] 31 21/10/11 15:22


MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

On peut lire dans l’article L 229-26 du Code de l’environnement : zones de protection du patrimoine architectural et urbain et paysager
"I. Les régions et la collectivité territoriale de Corse, si elles ne l'ont (ZPPAUP) et prendre en compte les données environnementales et
pas intégré dans le schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie celles liées aux énergies renouvelables.
mentionné à l'article L. 222-1, les départements, les métropoles,
Ayant le caractère de servitude d’utilité publique, "elle a pour objet de
les communautés urbaines, les communautés d'agglomération
ainsi que les communes et les communautés de communes de promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces dans le
plus de 50 000 habitants doivent avoir adopté un plan climat-énergie respect du développement durable. Elle est fondée sur un diagnostic
territorial pour le 31 décembre 2012. architectural, patrimonial et environnemental, prenant en compte les
Lorsque ces collectivités publiques s'engagent dans l'élaboration d'un orientations du projet d'aménagement et de développement durables
projet territorial de développement durable ou agenda 21 local, le plan du plan local d'urbanisme, afin de garantir la qualité architecturale
climat-énergie territorial en constitue le volet climat. des constructions existantes et à venir ainsi que l'aménagement
II. En tenant compte des bilans des émissions de gaz à effet de serre des espaces". (cf. art. L642 du Code du patrimoine modifié par la loi
prévus à l'article L. 229-25, ce plan définit, dans les champs de Grenelle 2).
compétences respectifs de chacune des collectivités publiques
énumérées au I du présent article :
1. Les objectifs stratégiques et opérationnels de la collectivité
DOCUMENTS NON OPPOSABLES
afin d'atténuer et lutter efficacement contre le réchauffement
climatique et de s'y adapter ; Les directives territoriales d’aménagement
et de développement durable (DTADD)
2. Le programme des actions à réaliser afin notamment d'améliorer
l'efficacité énergétique, d'augmenter la production d'énergie Créées par la loi Grenelle 2 et remplaçant les anciennes directives
renouvelable et de réduire l'impact des activités en termes territoriales d’aménagement (DTA) qui étaient opposables, les
d'émissions de gaz à effet de serre, conformément aux objectifs directives territoriales d’aménagement et de développement durables
issus de la législation européenne relative à l'énergie et au climat ; servent à déterminer les objectifs et orientations de l'Etat en matière
3. Un dispositif de suivi et d'évaluation des résultats. (…)" d’urbanisme, de logement, de transports et de déplacements, de
L’objectif poursuivi par la mise en œuvre d’un PCET est de permettre à développement des communications numériques, de développement
la collectivité locale d’adopter une politique climat qui influe de façon économique et culturel, d’espaces publics, de commerce, de
transversale sur toutes ses décisions. Il s’agit de définir par territoire : préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, des
- un diagnostic de territoire pour connaître les émissions de GES sites et des paysages, de cohérence des continuités écologiques,
(repérage des sources, quantification des émissions et des d’amélioration des performances énergétiques et de réduction des
potentiels de réduction) ; émissions de gaz à effet de serre dans des territoires présentant des
- un plan de concertation visant à mobiliser tous les acteurs du enjeux nationaux dans un ou plusieurs de ces domaines. Elles sont
territoire ; élaborées par l’Etat, en concertation avec les collectivités concernées,
- des objectifs stratégiques et opérationnels ; mais ne sont plus opposables.
- un plan d’action visant à réduire les émissions de GES et à adapter Les agendas 21
le territoire permettant sa réalisation ;
- un dispositif de mobilisation et de pilotage organisé autour des Les agendas 21 déclinent localement le plan d’action pour le
acteurs internes et externes pour le concevoir et le mettre en œuvre ; 21ème siècle, adopté lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. La
- un dispositif de suivi et d’évaluation des résultats. procédure des agendas 21 a été précisée dans divers documents,
parmi lesquels la charte des villes européennes pour la durabilité dite
Les aires de mise en valeur de l’architecture Charte d’Aalborg, l’appel de Hanovre du 11 février 2000 lancé par
et du patrimoine (AVAP) les maires européens, et la "déclaration des gouvernements locaux au
Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg" en
Créées à l’initiative d’une commune ou d’un établissement public de
septembre 2002.
coopération intercommunale (EPCI), ces aires de mise en valeur de
l’architecture et du patrimoine vont progressivement se substituer aux L’agenda 21 est un document-cadre qui définit, par axes de

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

travail, la politique de développement durable d’une collectivité Diverses grilles d’analyse des problématiques à l’échelle du
à l’échelle de son territoire. La méthode d’élaboration d’un territoire et des politiques cohabitent actuellement, prenant tout
agenda 21 compte tout autant que son contenu. Il est porté par ou partie du champ d’un développement durable. En termes de
la collectivité, en concertation avec tous les acteurs concernés : élus, champs d’intervention d’une commune ou d’une communauté
services, acteurs socio-économiques, associations, citoyens … Il d’agglomération pour un développement durable, il semble intéressant
procède d’une élaboration itérative, sur deux ou trois ans, qui prend
de citer, en complément de ceux fixés pour les agendas 21, ceux
des formes diverses adaptées à chaque collectivité et à chaque étape :
ateliers de travail thématiques, forums, ... définis par les orientations prioritaires de l’Etat dans la circulaire du
24 mai 2006 relative à l’élaboration des contrats urbains de cohésion
L’agenda 21 comporte quatre étapes que sont le diagnostic, la sociale (CUCS) à l’échelle des communes ou établissements publics
définition d’une stratégie, l’élaboration d’un plan d’actions, et
de coopération intercommunale (EPCI) :
d’indicateurs, puis l’évaluation de ces actions, sur la base d’une
série d’indicateurs. "Outre des actions transversales, l'Etat contractualisera prioritairement
La circulaire relative au cadre de référence pour les projets territoriaux dans les cinq champs définis lors du Comité interministériel des villes
de développement durable et les agendas 21 locaux et appels à (CIV) du 9 mars 2006 :
reconnaissance de tels projets du Ministère de l’écologie et du a) l'habitat et cadre de vie ;
développement durable, des transports et du logement du 13 juillet b) l'accès à l'emploi et le développement économique ;
2006 (NOR : DEVC0650485C) a précisé un cadre pour les objectifs et
c) la réussite éducative ;
la méthodologie.
d) la santé ;
Cinq finalités essentielles sont définies :
e) la citoyenneté et la prévention de la délinquance.
1. la lutte contre le changement climatique
et la protection de l’atmosphère, Lors de l'élaboration du contrat, l'ensemble des objectifs de résultat
2. la préservation de la biodiversité figurant aux articles l et 2 de la loi du 1er août 2003 devront être pris
et la protection des milieux et des ressources, en compte." …
3. l’épanouissement de tous les êtres humains, Ces contrats ont été prolongés jusqu’en 2014 par une circulaire du 8
4. la cohésion sociale et la solidarité entre territoires novembre 2010 (NOR : MTSV1027618C) et une circulaire du 27 avril
et entre générations, 2011 (Circulaire 5528/SG sur la mise en œuvre des contrats urbains
5. les dynamiques de développement suivant des modes de de cohésion sociale (CUCS) expérimentaux, NOR : PRMX1111982C).
production et de consommation responsables.
L’accent est mis sur le pilotage et la direction de projets, la
Cinq éléments déterminent la démarche :
participation des habitants et des acteurs associés, et l’évaluation
1. la participation des acteurs,
(objectifs et indicateurs). Cette méthode semblable à celle des
2. l’organisation du pilotage,
agendas 21 comporte en outre une contractualisation avec l’Etat
3. la transversalité de l’approche,
et ses partenaires. La méthode proposée avec ses cinq champs,
4. l’évaluation partagée, auquel il convient d’ajouter le champ culturel, définis dans le cadre
5. la stratégie d’amélioration continue. de la politique de la ville, pourrait être transposable à toute politique
Les agendas 21 locaux sont complétés dans la loi Grenelle 2 par les territoriale de développement durable, à condition bien entendu de
"projets territoriaux de développement durable" (cf. article 252 renforcer le contenu de chacun des thèmes, et notamment le volet
de la loi). Les agendas 21 et ces projets peuvent désormais faire environnemental et culturel pour l’habitat et le cadre de vie. Ou à
l’objet d’une contractualisation technique et financière avec l’Etat. l’inverse, les agendas 21, d’autant qu’ils peuvent désormais avoir une
Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) et valeur contractuelle, pourraient se nourrir de certains champs existant
Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dans les CUCS.

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MAITRISE D’OUVRAGE PUBLIQUE Quelle démarche pour des projets durables ?

D’autres dispositions sont précisées ou ajoutées par la loi Grenelle à partir de laquelle s’ouvre la possibilité de l’engagement du territoire,
2, comme l’obligation pour tout département d’être couvert par échelle où se déploient enfin les diversités, échelle pertinente pour
un Plan départemental ou interdépartemental de gestion des intervenir dans le sens d’une équité territoriale.
déchets (cf. L541.14.1-I du Code de l’environnement), le plan de
Ce nécessaire engagement politique n’exclut évidemment pas
gestion des risques d’inondation, les effets sur l’environnement et
la santé dans les études d’impact, l’évaluation environnementale des projets à l’échelle du bâtiment ou du quartier, notamment des
des documents d’urbanisme, … Notons également la mise à jour projets de réaménagement, à condition que ceux-ci soient élaborés
de la réglementation sur les risques sismiques15. Cette loi a aussi en interaction avec les différentes échelles spatiales (îlot, quartiers
institué au niveau régional un Schéma régional du climat, de l’air voisins, ville, espaces de proximité, cages d’escalier, ...). Certains
et de l’énergie à horizon 2020 et 2050, réalisé à l’initiative du Préfet thèmes comme la question des transports et des déplacements
et du Président du Conseil régional (cf. art. L222.1-I du Code de interrogent de fait les différentes échelles.
l’environnement). Le présent ouvrage ne prétend pas être exhaustif. De même, un projet "EcoCité" ne trouve son sens que s’il intervient en
Notons, en particulier, le récent décret n°2011-687 du 17 juin 2011 résonance avec des politiques régionales, nationales, internationales…
relatif au rapport sur la situation en matière de développement durable
dans les collectivités territoriales, et sa circulaire d'application en date 1.7.3. L a réhabilitation urbaine :
du 3 août 2011 (NOR DEVD1121712J).
une démarche durable
L’appel à projets "EcoCité" permet de dépasser la problématique
1.7.2. L’échelle des projets de bâtiment et parfois réductrice de l’écoquartier. Il est bien difficile à l’échelle de
d’aménagement durables la cité de se satisfaire d’un green washing. Cet appel à projets a
Dans le cadre de l’aménagement d’un cadre de vie durable, on assiste permis de voir monter des régions un engagement politique déjà à
en France, comme dans nos pays voisins, à un élargissement de l’œuvre, parfois de longue date, quelles que soient les tendances
l’échelle des préoccupations lorsque l’on intervient sur un projet de des collectivités locales : à Rennes, à Bordeaux, à Plaine Commune,
bâtiment ou d’aménagement. à Strasbourg, … La réhabilitation urbaine et territoriale, entendue au
sens du développement durable et équitable, devient le grand projet
En France, à partir de la philosophie de la démarche "HQE bâtiment", contemporain de nos villes. Plutôt qu’à la fabrique de toutes pièces
une approche "HQE aménagement" a été développée comme outil de nouveaux aménagements, il vise à la réhabilitation et la mise en
pour l’aménagement opérationnel. Les appels à projets du Ministère valeur du patrimoine existant, à son réagencement. Il y a bien sûr une
de l’écologie, du développement durable, du transport et du logement part de renouvellement, mais la métamorphose se joue à l’intérieur
(MEDDTL) sont passés de l’ "EcoQuartier" à l’ "EcoCité"16 et au de nos cités, basée sur un changement radical des modes de vie et
référentiel Ville durable17, marquant en cela les limites d’une approche une amélioration du cadre bâti. L’approche strictement fonctionnaliste
strictement limitée au quartier. contribue au dépérissement de l’espace public. De préférence à
Cet élargissement est une conséquence directe de la mise en œuvre son acception "technique du bâtiment", la réhabilitation comme
progressive d’une écoresponsabilité de plus en plus partagée. En réconciliation s’anime sous un jour culturel.
effet, l’approche écoresponsable, en reconnaissant la multiplication
15 Décret n°2010-1254 du 22 octobre 2010 relatif à la prévention du risque
des problèmes à traiter et leur interdépendance, amène à ne plus sismique, décret n°2010-1255 portant délimitation des zones de sismicité,
isoler chaque partie d’un projet de son contexte large : culturel, social, et arrêté du 22 octobre 2010
environnemental et économique. Une approche prospective à l’échelle 16 Appels à projets lancés par le MEEDDM dans le cadre du Plan Ville Durable
de la "cité" (commune ou communauté d’agglomération), échelon d’octobre 2008
politique décisionnel en matière d’aménagement et d’urbanisme, 17 En déclinaison de la Charte de Leipzig "On sustainable European Cities" de mai
2007, s’est développée une démarche européenne de travail pour définir un
est indispensable. En ce sens, la démarche "EcoCité", qui passe de référentiel de questionnement sur la ville durable. Ce référentiel est en phase de
l’échelle du quartier à celle de la ville a tout son sens ; c’est l’échelle test et sera disponible fin 2011.

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Les fondamentaux de la démarche de développement durable

Article L110-1 du Code de l'environnement


I. L
 es espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, Ce qu’il faut retenir
la qualité de l'air, les espèces animales et végétales, la diversité
et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du
patrimoine commun de la nation. Les politiques et les démarches de développement durable à
l’échelle du territoire sont nombreuses et diversifiées. Avec la mise
II. L eur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en œuvre d’une écoresponsabilité de plus en plus partagée, les
en état et leur gestion sont d'intérêt général et concourent à projets de bâtiments et d’aménagement des collectivités locales
l'objectif de développement durable qui vise à satisfaire les élargissent leurs préoccupations pour intégrer les différentes
besoins de développement et la santé des générations présentes échelles territoriales.
sans compromettre la capacité des générations futures à répondre
aux leurs. Elles s'inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent Des démarches comme l’appel à projets "EcoCité", les agendas 21
la portée, des principes suivants : ou les Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS), témoignent
1° Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, que la commune, ou l’agglomération, constitue une échelle
compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du indispensable pour définir une stratégie d’action dans le sens de
moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et l’équité territoriale, et pour entreprendre une réhabilitation urbaine et
proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves territoriale qui s’impose aujourd’hui. Cette réhabilitation s’entend au
et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement sens du développement durable, mais aussi comme réconciliation
acceptable ; sous un jour culturel de préférence à son acception technique.
2° Le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la Cette échelle de réflexion et d’intervention se réalise en compatibilité
source, des atteintes à l'environnement, en utilisant les meilleures avec les enjeux définis à une échelle plus large. Et elle ne peut exclure
techniques disponibles à un coût économiquement acceptable ; les projets à l’échelle de bâtiments ou quartiers, développés en
3° Le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des interaction avec les territoires voisins et la stratégie de la collectivité.
mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte
contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur ;
4° Le principe de participation, selon lequel chacun a accès aux
informations relatives à l'environnement, y compris celles relatives
aux substances et activités dangereuses, et le public est associé au
processus d'élaboration des projets ayant une incidence importante
sur l'environnement ou l'aménagement du territoire.
III. L'objectif de développement durable, tel qu'indiqué au II, répond,
de façon concomitante et cohérente, à cinq finalités :
1° La lutte contre le changement climatique ;
2° La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources ;
3° 
La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les
générations ;
4° L'épanouissement de tous les êtres humains ;
5° 
Une dynamique de développement suivant des modes de
production et de consommation responsables.
IV. L'Agenda 21 est un projet territorial de développement durable.

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UNE DÉMARCHE LOCALE MULTIPARTENARIALE DANS LE PAYS DE RENNES :
L’APPROCHE DÉVELOPPEMENT DURABLE DANS LES OPÉRATIONS D’URBANISME (L’ADDOU)

La genèse du projet dans le Pays de Rennes : "Sont abordées les problématiques environnementales (eau, déchets,
énergie,…) mais aussi les questions urbanistiques autour des formes
- 
une importante croissance démographique (460 000 habitants en
2007 et 540 000 attendus en 2020), une forte proportion de petites urbaines et de la gestion des déplacements, ainsi que celles concernant
communes (48 sur 67 ont moins de 5 000 habitants) et un urbanisme le vivre ensemble, les besoins en équipements et services, les espaces
qui se traduisait le plus souvent sous la forme de lotissements de proximité, les évolutions des modes de vie, la mixité sociale,…"
dévoreurs d’espace ; Revue [Link]és octobre 2010
- 
une volonté de certains élus de changer le mode d’urbanisation,
facilitée par une forte maîtrise du foncier par l’agglomération ;
- à partir de 1999, des actions de sensibilisation au développement
durable à l’attention des maîtres d’ouvrage et des maîtres d'œuvre :
débats, informations thématiques, voyages d’études ;
- la volonté politique d’un maire (Vezin-le-Coquet - 4 000 habitants) à la
suite d’un voyage en Allemagne en 2002 ; la naissance de l’ADDOU
à partir d’une adaptation des AEU® (approche environnementale de
l’urbanisme développée par l’ADEME) aux besoins locaux, mise en place
par l’ADEME Bretagne, l’AUDIAR et le Clé (ALE), puis le Pays de Rennes.
Le contexte du Pays de Rennes :
- un SCOT validé avec des objectifs chiffrés de densité ;
Atelier participatif
- des PLH (programmes locaux de l’habitat) ambitieux ;
- suite à l'expérimentation de trois premières ADDOU, cette démarche - la mise en évidence des interactions et éventuelles contradictions entre
est proposée à l'ensemble des communes du Pays de Rennes à partir les thèmes, l’émergence d’un diagnostic partagé et de propositions
de 2003, date de la signature du contrat ATEnEE (actions territoriales concrètes (hiérarchisation des propositions) ;
pour l’environnement et l’efficacité énergétique) avec l'ADEME. - la construction d’"une charte de développement durable de l’opération",
Chaque démarche génère une charte ou un document-guide spécifique vivante et évolutive, avec "un nombre restreint d’objectifs". Cette charte
au projet. L'ADDOU n’est pas généralisée, c'est une démarche volontaire. constitue le fil conducteur pour l’équipe de maîtrise d’œuvre tout au
Les conditions de développement d’une démarche locale (27 ADDOU long du projet ("plan-guide d’intentions générales pour le quartier",…) ;
dans le Pays de Rennes fin 2010) : - la transcription des orientations de la charte dans la rédaction du
- une volonté politique forte, avec la nécessité de prévoir un suivi et règlement du PLU qui gère la constructibilité de la ZAC, dans les
des points d’étapes dans le temps long (aménageur, AMO, maîtrise cahiers des charges de cession de terrains,…
d’œuvre urbaine,…) ; Les acteurs de l’ADDOU
- la constitution d’un comité de pilotage et le développement d’une
L’AUDIAR (Agence d’urbanisme et de développement
culture et d’un projet partagés (informer, croiser les points de vue, de l’agglomération rennaise)
construire) à partir d’un premier diagnostic social et environnemental ;
- la mise en place de trois ou quatre ateliers auxquels participent des L’Agence locale de l’énergie et du climat du Pays de Rennes (ALE)
habitants, des élus, des techniciens, l’équipe de maîtrise d’œuvre, des La mise à disposition d’un chargé de mission du Pays de Rennes
représentants associatifs… ;
- fonctionnement concret de la commune et du centre-bourg ; Le financement de l’ADEME
(Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)
- approches thématiques et prospectives ;

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Un exemple local : la ZAC des Champs-Bleus à Vezin-le-Coquet (35)

Plan masse - privilégier les modes de déplacements alternatifs à la voiture (maillage


avec intentions des cheminements piétons avec le “périphérique vert” et les sentiers
et liaisons au
centre-bourg existants, liaisons piétons/vélos en site propre, transformation d’une
route départementale en voie urbaine, hiérarchisation des voiries et
limitation de la vitesse, desserte de la ZAC par une ligne de bus dont
une partie en site propre, …).

Les acteurs du projet urbain de Vezin-le-Coquet


Maîtrise d'ouvrage Commune de Vezin-le-Coquet

Mandataire SEM Territoires


Enet/Dolowy (Urbaniste paysagiste),
Maîtrise d'œuvre Cabinet Desormeaux (Paysagiste),
Safège Environnement (BET VRD),
SINT (BET assainissement alternatif)
Les principes d'aménagement retenus :
Les acteurs de l’ADDOU
- économiser le foncier (extension en greffe par rapport à l’existant,
logements collectifs et semi-collectifs, réduction de la taille moyenne des
lots à bâtir, regroupement des déchets à l’entrée des impasses ,…) ; Calendrier de mise en œuvre du projet urbain de Vezin-le-Coquet
- favoriser la mixité sociale, intergénérationnelle et urbaine (diversité Charte du développement 2000
de la typologie des logements, réalisation d’un pôle de centralité, durable
relocalisation d’un nouvel équipement à la jonction avec le centre Création en 2002, dossier de
bourg, traitement qualitatif des espaces publics,…) ; réalisation en 2005, démarrage
ZAC opérationnel 2006,
- 
concevoir un écosystème urbain (préservation et valorisation des premières livraisons 2007,
fin des travaux prévue en 2020
structures bocagères dans les espaces verts publics et privés, gestion
alternative et paysagère des eaux pluviales, fixation d’un débit maximal Approbation du nouveau PLU 2005
de rejets et d’un coefficient d’imperméabilisation des sols à la parcelle, issu de la réflexion ADDOU
récupération des eaux pluviales pour l’alimentation des toilettes pour Charte de développement
tous les logements,…) ; durable de la Commune à 2006
l’horizon 2020 initiée par
- maîtriser les consommations énergétiques et développer les énergies la réflexion ADDOU
renouvelables (intégration de prescriptions dans les cahiers des charges
de cession de terrains soumis aux particuliers et aux promoteurs, Caractéristiques de la ZAC des Champs bleus
notamment obligation pour les logements d’être 15 % au-dessous de
la réglementation thermique en vigueur…), recours à l’énergie solaire 62,7 ha, 8 tranches 146 115 m2 de SHON
pour l’eau chaude sanitaire pour les logements non raccordés au Surface dont 140 115 m2 de logements et 6 000 m2
d’équipements, environ 1 250 logements
réseau de chaleur ; mise en place d’un dispositif d’accompagnement dont 635 logements aidés
des promoteurs et des futurs acquéreurs ; création d’un réseau
de chaleur bois-énergie pour chauffer les principaux équipements
Densité 28,8 logements/ha ; 54,8 m2 espaces verts
publics du centre-bourg, l’EHPAD, le pôle social-emploi ainsi que 400 publics/habitant
logements collectifs de la ZAC) ;

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