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Prise en charge des TCA et CIM-10

Le document traite des troubles des conduites alimentaires (TCA), notamment l'anorexie et la boulimie, en décrivant leurs symptômes, les signes d'alerte, et les méthodes de traitement qui impliquent un suivi médical, psychologique et nutritionnel. Il souligne l'importance de la participation de la famille et des soins en consultation ou en hospitalisation selon la gravité des cas. Enfin, il aborde le soutien que l'entourage peut apporter aux personnes concernées par ces troubles.

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Prise en charge des TCA et CIM-10

Le document traite des troubles des conduites alimentaires (TCA), notamment l'anorexie et la boulimie, en décrivant leurs symptômes, les signes d'alerte, et les méthodes de traitement qui impliquent un suivi médical, psychologique et nutritionnel. Il souligne l'importance de la participation de la famille et des soins en consultation ou en hospitalisation selon la gravité des cas. Enfin, il aborde le soutien que l'entourage peut apporter aux personnes concernées par ces troubles.

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Sujet : La prise en charge des personnes souffrant de

troubles de comportement alimentaire.

Plan l'exo

I. Introduction

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Troubles des conduites alimentaires (TCA)

MISE À JOUR : 12/12/2023

Troubles des conduites alimentaires (TCA)


Dans les troubles des conduites alimentaires comme l'anorexie et la boulimie, la relation à la nourriture
est perturbée. Le plus souvent, le traitement de ces troubles implique à la fois médecins, psychologues
et diététiciens.

SOMMAIRE

L’anorexie, qu’est ce que c’est ?

Les symptômes de l’anorexie

Les signes auxquels prêter attention

Quand ce n’est pas de l’anorexie

La boulimie, qu’est ce que c’est ?

Les symptômes de la boulimie

Les signes auxquels prêter attention

Comment traiter les troubles des conduites alimentaires

Le suivi physique et psychologique

La rééducation nutritionnelle

Le recours à la psychothérapie

La participation de la famille

Les soins en consultation

Les soins en hospitalisation

S’aider par soi-même

Vivre avec une personne concernée par un trouble des conduites alimentaires

L’anorexie, qu’est ce que c’est ?

L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires (TCA), c’est-à-dire une perturbation de la
relation à l’alimentation. Elle se caractérise par une perte de poids intentionnelle. Les personnes les plus
concernées sont les jeunes filles, à l’adolescence, mais cela peut aussi toucher les jeunes hommes.

L’anorexie, comme les autres TCA, peut avoir des conséquences importantes sur notre vie affective,
familiale, sur les études, le travail et les relations amicales. Malgré ces difficultés, il est possible de se
rétablir de ce trouble.
Les symptômes de l’anorexie

Les symptômes de l’anorexie mentale sont indiqués dans la Classification internationale des maladies
(CIM-10, 2008), l’une des deux classifications de référence. Ils comprennent :

Perte de poids intentionnelle, associée à la peur de grossir et d’avoir un corps flasque

Maintien d’un poids faible, en dessous des normes pour l’âge et la taille

Vomissements provoqués et utilisation de laxatifs (accélérant le transit intestinal), coupe-faims et


diurétiques (augmentant la production d’urine)

Dénutrition de gravité variable, s’accompagnant de perturbations des fonctions physiologiques,


notamment un arrêt des règles pour les jeunes filles et les femmes

Restriction des choix alimentaires (la personne supprime certains aliments)

Pratique excessive d’exercices physiques.

L’anorexie peut apparaître seule, ou accompagnée d’épisodes de boulimie associés à une sensation de
perte de contrôle, un profond sentiment de culpabilité et de l’angoisse.

Pendant un moment, les symptômes de l’anorexie peuvent passer inaperçus. Puis, les conflits entre la
personne et son entourage deviennent majeurs. Celle-ci est décrite comme tyrannique, imposant ses
volontés à sa famille, et elle-même décrit sa famille comme ne la laissant pas tranquille, l’épiant et ne
pensant qu’à la faire manger.

Les signes auxquels prêter attention

Certains signes doivent nous alerter ou alerter notre entourage, et nous encourager à chercher l’aide de
professionnels. Parmi ceux-ci :

La perte de poids se poursuit au-delà d’un poids considéré comme un minimum pour l’âge et la taille de
la personne

Les préoccupations autour de la nourriture et/ou la forme du corps deviennent envahissantes, au point
d’avoir des répercussions sur les relations sociales et familiales de la personne
Les règles s’espacent ou disparaissent chez une jeune fille pour laquelle celles-ci étaient jusque-là
régulières, ou bien une hyperpilosité apparaît

La nourriture est l’occasion de conflits systématiques et violents avec l’entourage.

L’anorexie peut survenir subitement à la suite d’une déception scolaire ou sentimentale, d’un deuil ou
d’un régime amaigrissant commencé suite à une remarque « vexante » sur le physique de la personne.
Un début plus progressif est également possible.

On peut passer à côté d’une anorexie mentale, en prenant ce trouble pour :

Un simple caprice alimentaire

Un manque d’appétit, en lien avec une maladie physique ou suite à une contrariété

La caractéristique d’un « petit appétit »

Un régime minceur dont l’objectif serait raisonnable et où le poids perdu amènerait satisfaction.

Quand ce n’est pas de l’anorexie

L’anorexie peut aussi être confondue avec d’autres troubles, pourtant distincts. Parmi ceux-ci :

La dépression

Le syndrome d’alimentation sélective, où tout changement amène une angoisse importante avec un
impact sur la vie sociale

La phobie de déglutition (la peur d’avaler) qui peut apparaître après un événement traumatisant comme
une fausse route ou une intubation

La phobie alimentaire, qui peut se porter sur certains aliments en fonction de leur couleur, ou être liée à
la peur d’attraper des maladies

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC), où la diminution de la prise d’aliments est liée à un besoin de
contrôle sur tous les actes du quotidien.

La boulimie, qu’est ce que c’est ?

La boulimie est également un trouble des conduites alimentaires. Elle correspond à une envie irrésistible
de manger beaucoup et vite, un comportement qu’on appelle hyperphagie. Cette pulsion se manifeste
dans des moments de crise, sans aucune sensation de faim ni sentiment de plaisir. La quantité de
nourriture consommée est importante. Celle-ci peut être ingérée sans être mâchée.

Ce trouble a des points communs avec l’anorexie, notamment la préoccupation excessive du poids et
des formes du corps.

Les symptômes de la boulimie

On distingue, dans la CIM-10, deux types de boulimie, la boulimie tout court, et l’hyperphagie
boulimique.

La boulimie se manifeste par des crises de boulimie suivies de comportements visant à lutter contre la
prise de poids : vomissements provoqués, utilisation de laxatifs, de diurétiques, jeûne, exercice physique
intensif. Le poids de la personne est normal ou légèrement inférieur à la normale.

L’hyperphagie boulimique correspond à des crises de boulimie seules, sans comportement destiné à
éviter de grossir. Elle peut occasionner un surpoids ou une obésité.

Les signes auxquels prêter attention

La crise de boulimie survient presque toujours en dehors des repas. Souvent, nous nous cachons et nous
mangeons le plus vite possible car nous nous sentons coupable. Aussi il est utile que l’entourage soit
attentif à tout comportement qui pourrait évoquer une boulimie, afin d’amener la personne à en parler.

S’il nous arrive de faire des crises de boulimie, nous pouvons nous interroger sur leur fréquence. Quand
elles se reproduisent régulièrement, alors il peut être utile de chercher de l’aide.

La boulimie et l’hyperphagie boulimique sont souvent associées à un état dépressif, une anxiété, un
sentiment de honte lié à la perte de contrôle, une faible estime de soi.

Comment traiter les troubles des conduites alimentaires


Des travaux scientifiques récents tendent à rapprocher les TCA des conduites addictives comme la
toxicomanie ou la dépendance à l’alcool.

La ou le médecin traitant habituel, généraliste ou pédiatre, pose le diagnostic. Elle ou il prescrit les
examens nécessaires et conseille sur le choix d’une consultation spécialisée ou d’un service hospitalier,
de professionnels tels que psychiatre ou pédopsychiatre, psychologue, diététicien. Par la suite, ce
médecin devient le référent pour assurer le suivi dans le temps, en lien avec les autres intervenants.

Le suivi physique et psychologique

Un TCA implique un suivi de notre état général et de notre poids. Des examens peuvent être prescrits,
comme des bilans sanguins, dentaires, digestifs ou cardiaques. Des compléments nutritionnels comme
des vitamines ou du fer peuvent être proposés.

Dans l’anorexie, des séances d’activité physique adaptée (APA) sont proposées par plusieurs centres
hospitaliers. Il s’agit de réaliser des exercices de manière sécurisée, en tenant compte de nos
particularités ou de nos limites, après consultation d’un médecin. Il n’existe pas de recommandation
nationale ou internationale concernant cette pratique, mais des études scientifiques montrent des
résultats encourageants. A la date de novembre 2023, le CHU Paul-Brousse à Villejuif (Val-de-Marne), le
CHU de Nantes (Loire-Atlantique) et l’hôpital Saint Vincent de Paul à Lille (Nord) proposaient l’APA dans
leur programme de soins.

Le suivi psychologique permet d’évaluer notre état psychique et de rechercher d’éventuels troubles
psychiques associés au TCA. Il est fréquent, notamment au début, que la personne ne reconnaisse pas
l’existence d’une anorexie et considère ne pas avoir besoin d’aide. L’installation d’une relation de
confiance permet le plus souvent une prise de conscience et amène à rechercher du soutien.

La rééducation nutritionnelle

Pour la personne concernée par l’anorexie, un programme de réalimentation progressive est mis en
place. Ce programme est négocié entre la personne et l’équipe soignante, afin d’aboutir à une sorte de
contrat décrivant les différentes étapes pour le retour à une vie satisfaisante. S’il s’agit d’une ou d’un
adolescent, les parents peuvent y être associés.
Dans le cas de la boulimie, le contrat porte sur la conduite à tenir face à la nourriture. Il doit permettre
de réapprendre à se nourrir de manière diversifiée et équilibrée, en retrouvant une régularité dans le
rythme des repas. Dans les TCA, la rééducation nutritionnelle vise, plus globalement, à nous aider à
retrouver le plaisir de la nourriture.

Le recours à la psychothérapie

Le traitement inclue une psychothérapie adaptée aux TCA. Il existe différentes formes de
psychothérapies dont nous pouvons bénéficier : cognitivo-comportementale, systémique, individuelle
ou en groupe, analytique, etc.

La participation de la famille

La famille est soutenue et impliquée dans les soins, en particulier lorsque la personne concernée est une
ou un adolescent. Des entretiens réunissant, à l’initiative d’un thérapeute, la personne et ses parents,
ses frères et sœurs, sa compagne ou compagnon, aident à améliorer la relation avec l’entourage et à se
rétablir.

Les soins en consultation

Le traitement des TCA est réalisé, de manière privilégiée, à travers des consultations et, si besoin, des
hospitalisations la journée seulement. Le rythme plus ou moins soutenu de ces consultations dépend de
notre état de santé physique et mentale. Ce mode de soins, dits ambulatoires, permet de ne pas couper
la personne de sa famille, de sa scolarité, de ses études ou de son travail.

Les soins en hospitalisation

Une hospitalisation peut se révéler nécessaire dans certains cas. Elle peut se dérouler dans un service
ayant une compétence dans le traitement des troubles des comportements alimentaires, ou dans un
service non spécialisé. Un accompagnement au moment du retour à la maison et du retour en cours ou
au travail pourra être proposé.

Les cas qui peuvent nécessiter une hospitalisation sont les suivants :

Complications médicales, comme un trouble cardiaque, une déshydratation


Complications psychologiques, notamment une dépression sévère, des idées

de mort, un risque suicidaire, un refus de soins

Échec du traitement en consultation ou en hôpital de jour avec, dans le cas de l’anorexie, poursuite de la
perte de poids

En cas d’anorexie, dénutrition sévère mettant en jeu la vie de la personne.

Une hospitalisation peut également être nécessaire pour des motifs indépendants de l’état de la
personne :

Coordination des soins difficile, en raison de la situation géographique ou d’un contexte familial peu
propice

Famille épuisée, débordée, ayant besoin d’être relayée.

L’hospitalisation peut être vécue comme un moment éprouvant par la personne et son entourage, car
cette décision vient confirmer la gravité de la situation. Dans le cas où une personne concernée par
l’anorexie court un danger vital, ou si prendre de la nourriture lui est devenu trop difficile, l’équipe
médicale utilise une sonde (un tube fin et flexible allant de la bouche ou du nez jusque dans l’estomac).
Ce dispositif permet une alimentation artificielle par une solution apportant les principaux nutriments.

Malgré son inconfort, ce mode d’alimentation apporte souvent un soulagement, tant le moment des
repas peut être difficile. Des explications claires sont données à la personne et à l’entourage. La
coopération est toujours recherchée. Cependant, dans ces circonstances, la question de soins sans
consentement peut se poser.

S’aider par soi-même

Si le recours aux soins est souvent indispensable en cas de TCA, nous pouvons aussi développer des
ressources personnelles qui peuvent nous aider à aller mieux.

Nous pouvons par exemple porter attention à nos rythmes de sommeil, à notre consommation d’alcool,
de médicaments anxiolytiques ou de substances psychotropes comme le cannabis ou d’autres drogues.
Nous pouvons pratiquer la relaxation ou la méditation, si ce type d’exercice nous convient.
Des échanges avec des personnes vivant ou ayant vécu des troubles des comportements alimentaires
peuvent apporter une aide. Pour cela nous pouvons contacter une association de patients et de proches,
rejoindre un groupe de paroles ou une communauté de patients sur internet.

Des communautés en ligne très actives

De nombreuses personnes vivant avec une anorexie témoignent sur des blogs, des forums ou des sites
internet. Ces communautés sont un moyen de trouver du soutien et de s'entraider. Certaines ont été
accusées d'inciter à la maigreur extrême et de promouvoir l'anorexie. On les a qualifiés de pro-anorexie
ou "pro-ana". Leur interdiction avait été envisagée en France en 2015. Depuis, des sociologues ont
montré que leur contribution est globalement positive et leur interdiction n'est plus d'actualité.

Vivre avec une personne concernée par un trouble des conduites alimentaires

L’entourage ne peut se substituer au médecin ou au psychothérapeute, mais il peut assurer un soutien


essentiel dans ces moments difficiles. Ce soutien peut notamment consister à :

Repérer les signes de souffrance chez son proche et faire le premier pas pour en parler

Aider son proche à chercher de l’aide, à consulter un professionnel et, si besoin, à suivre un traitement

Soutenir son proche dans ses activités de la vie quotidienne si cela est nécessaire.

L’entourage peut trouver de l’aide pour lui-même, de l’écoute et des conseils auprès d’associations de
patients et de proches.

D'AUTRES RESSOURCES SUR LES TROUBLES DES CONDUITES ALIMENTAIRES

Cet article a été écrit par Estelle Saget (Psycom) à partir de la brochure Troubles des conduites
alimentaires rédigée par Patrick Eche (pédopsychiatre), Céline Loubières (Psycom) et Jean-Baptiste Hazo
(CCOMS).

DECLARATION DE LIENS D'INTERETS

NOS SOURCES

Recommandation de bonne pratique de la Haute autorité de santé “Boulimie et hyperphagie


boulimique, repérage et éléments généraux de prise en charge” (2019)
Article scientifique “Génétique et épigénétique des troubles des conduites alimentaires“, paru dans la
revue Biologie aujourd’hui (2017)

Livre Anorexie boulimie, les paradoxes de l’adolescence, par Philippe Jeammet, éditions Fayard (2013)

Livre Anorexie boulimie, je m’en sors, de Corinne Dubel et Pascale Zrihen, éditions du Dauphin (2017)

Article point de vue “Réprimer les sites «pro-ana», une fausse bonne idée” de Paola Tubaro et Antonio
Casilli, Journal CNRS (2017)

Classification internationale des maladies (CIM-10) de l’Organisation mondiale de la santé, anorexie


mentale et boulimie

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Le rétablissement

Les droits

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Les troubles du comportement alimentaire (TCA)

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des maladies psychiatriques fréquentes qui ne
doivent pas être confondues avec une perte d’appétit, du grignotage ou des restrictions alimentaires
liées à un régime, par exemple. Médicalement reconnus, ces troubles sont potentiellement mortels et
nécessitent une prise en charge multidisciplinaire adaptée.

Les troubles du comportement alimentaire (TCA)

Quelles sont les particularités d’un trouble du comportement alimentaire ? Quelles sont les pathologies
les plus fréquentes et les symptômes associés ? Quels spécialistes consulter pour s’en sortir ?
Explications avec le Dr Filsnoël, médecin psychiatre coordinateur au service TCA de la Clinique des
Vallées à Ville-la-Grand.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un trouble du comportement alimentaire ?

Un trouble du comportement alimentaire (TCA) est une pratique alimentaire « anormale » associée à
une grande souffrance psychique, qui s’installe durablement et dont les conséquences pour la santé de
l’individu peuvent être graves. Dans ce type de maladie mentale, les attitudes face à son corps, à son
poids et à la nourriture sont perturbées. Le fonctionnement psychosocial et la qualité de vie y sont
également très altérés.

L’origine des TCA est multifactorielle et mal connue. On considère qu’il existe pour un individu des
facteurs de vulnérabilité (terrain génétique ou biologique), des facteurs précipitants (régime alimentaire
strict, puberté, modifications hormonales, évènement de vie stressant) et des facteurs de maintien du
trouble (déséquilibres biologiques induits, bénéfices psychologiques ou relationnels).

Les troubles du comportement alimentaire apparaissent généralement à l’adolescence et concernent


majoritairement les femmes. Toutefois, ils peuvent également survenir chez les hommes, se déclencher
pendant l’enfance ou à l’âge adulte.

Certains auteurs mentionnent que les comorbidités touchent jusqu’à 70 % des personnes souffrant de
troubles alimentaires : troubles de l’humeur (plus de 40 %), troubles anxieux (+50 %), comportements
d’automutilation (+20 %) et consommation de substances (+10 %).

Les différents types de troubles alimentaires

On dénombre dans la classification internationale du DSM-5 plusieurs grandes catégories de troubles du


comportement alimentaire. Les plus courants sont l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique.
D’autres TCA tels que les troubles de l’ingestion des aliments (PICA, mérycisme, restriction ou évitement
de l’ingestion d’aliment) sont plus atypiques.

Ces affections complexes engendrent généralement une grande souffrance chez les patients, c’est
pourquoi elles nécessitent une prise en charge adaptée, le plus tôt possible. Par ailleurs, bien que le
calcul de la prévalence de ces troubles soit difficile à estimer, certaines études considèrent qu’ils
touchent entre 4,8 et 9 % de la population mondiale.

> L’anorexie mentale

Il s’agit d’une restriction alimentaire visant une perte de poids significative. L’anorexie mentale se
caractérise par une peur intense de devenir gros, malgré une maigreur apparente et un poids en
dessous de la normale (établi à partir de l’IMC). On retrouve aussi des conduites interférant avec la prise
de poids, alors que celui-ci est significativement bas.

Les personnes souffrant d’anorexie mentale sont principalement des femmes. La maladie survient
généralement après la puberté, lorsque le corps se transforme, et pendant la période de l’adolescence
où les enjeux sont multiples et souvent source d’incertitudes.

L’anorexie mentale se caractérise aussi par une altération de la perception du poids et de l’image du
corps, proche de la dysmorphobie. Il existe deux types d’anorexie mentale : l’anorexie restrictive, la plus
répandue, caractérisée par une perte de poids via le régime, le jeûne et l’exercice physique excessif, et
l’anorexie avec crises de boulimie et vomissements (type hyperphagique/purgatif).

Le Dr Filsnoël explique que l’anorexie est la pathologie psychiatrique la plus mortelle, car les
complications liées à la dénutrition, en particulier cardiaques, et les risques suicidaires chez les patients
sont très importants.

> La boulimie

La crise boulimique correspond à l’ingestion d’un volume alimentaire largement supérieur à la normale
en un temps limité, de moins de 2 heures en général, de manière compulsive ou ritualisée. La survenue
de ces crises est associée à des sentiments de honte, de culpabilité et de perte de contrôle.

Le Dr Filsnoël souligne que les patients souffrant de boulimie sont généralement des personnes
impulsives et émotives. On observe souvent chez eux une grande insécurité affective, une estime de soi
altérée et une importance excessive portée à l’image du corps.

Les personnes boulimiques mettent souvent en place des comportements compensatoires pour
neutraliser leur prise de poids : vomissements, prise de laxatifs ou de diurétiques, périodes de jeûne et
exercices excessifs. Les crises de boulimie et les comportements compensatoires surviennent au moins
deux fois par semaine pendant trois mois, en moyenne. Elles peuvent en outre devenir
pluriquotidiennes et parfois nocturnes. Le nombre de crises par semaine permet par ailleurs de
quantifier le niveau de sévérité.
Les troubles boulimiques peuvent être associés à d’autres types d’addictions, tels que l’alcool ou le
cannabis. Les patients (en grande majorité des femmes) affichent un poids normal ou sont parfois en
sous-poids ou en surpoids. Toutefois, la boulimie peut passer inaperçue aux yeux de l’entourage.

Bon à savoir : un retentissement fonctionnel peut être retrouvé chez une minorité des patients.

> L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique, ou accès d’hyperphagie, se présente sous la forme de crises de boulimie


incontrôlées et récurrentes, sans comportements compensatoires. Généralement, une certaine
restriction est observable, ce qui renforce les pulsions alimentaires. L’absence de comportements
compensatoires est ce qui différencie l’hyperphagie de la boulimie.

L’individu va manger de grandes quantités de nourriture en l’absence de sensation de faim, jusqu’à


ressentir une pénible distension abdominale. Il recherche cette sensation de distension même si elle est
inconfortable. Il mange seul par gêne et va ensuite se sentir coupable et déprimé. Notons en outre que
le sex-ratio est moins déséquilibré que celui de la boulimie ou l’anorexie.

Cette pathologie, qui génère une grande souffrance psychique, occasionne généralement un surpoids
important, voire une obésité, parfois morbide. Encore peu connue, l’hyperphagie est d’ailleurs souvent
confondue à tort avec de l’obésité. Pourtant, on n’y retrouve pas de valorisation du surpoids telle que
souvent observée dans l’obésité, les comorbidités sont moins nombreuses et l’évolution est plus
favorable lorsqu’une prise en charge psychologique adaptée est proposée. Dans le traitement de cette
pathologie mentale, la mise en place d’un régime ne sert à rien. Un mauvais diagnostic de cette maladie
peut avoir des conséquences désastreuses et aggraver encore davantage le trouble.

> Le trouble des conduites alimentaires non spécifié


Le trouble des conduites alimentaires non spécifié est un diagnostic du DSM-5 utilisé pour qualifier
toutes les problématiques qui ne répondent pas précisément aux critères des troubles du
comportement alimentaire spécifiques, tels que l’anorexie mentale, la boulimie et l’accès
hyperphagique. Les médecins peuvent l’utiliser par exemple lorsqu’ils ne disposent pas de toutes les
informations nécessaires pour évoquer un diagnostic précis de TCA.

Le Dr Filsnoël précise que, bien que ces formes ne rentrent pas dans les cases de durée, de fréquence ou
encore de symptômes définis par le DSM-5, cela ne veut pas dire que le patient n’est pas en souffrance
et n’a pas de réel problème.

> Le mérycisme

Il s’agit d’une régurgitation ou d’une re-mastication des aliments qui peut durer des heures. Ceux-ci sont
à nouveau mastiqués, ruminés, puis généralement ravalés, en l’absence de nausées ou de sentiment de
dégoût. Cette pratique, qui « remplace » l’alimentation adaptée, a pour objectif de tromper la
frustration de faim, et survient après un repas.

Dans le DSM-5, il est précisé que cette conduite doit être fréquente, répétée, et donc « survenir
plusieurs fois par semaine, en principe quotidiennement ». Le mérycisme peut en outre débuter à tout
âge, dès la première enfance. L’impact chez les nourrissons est particulièrement négatif, du fait des
risques de carence qu’il induit.

Le mérycisme est un trouble du comportement alimentaire lié à la notion de plaisir. En effet, par cette
remontée volontaire des aliments, la personne revit, inconsciemment ou non, la satisfaction qu’elle a
vécu lorsqu’elle les a ingérés. Le mérycisme est souvent associé à l’anorexie mentale.

Comme pour d’autres troubles du comportement alimentaire, la personne qui en souffre développe
généralement une véritable dépendance à cette pratique.

> L’hyperphagie nocturne


Il s’agit d’une prise alimentaire non contrôlée, excessive, pendant la nuit. L’individu se réveille pour aller
manger copieusement. Il va ainsi manger rapidement, de manière compulsive, sans être capable de
refréner cette envie.

Cette conduite alimentaire peut se produire dans un état de demi-sommeil, la personne n’en étant pas
toujours consciente. Le lendemain, elle se réveille avec un souvenir plutôt imprécis de ce qu’elle a
consommé pendant la nuit. Le diagnostic d’hyperphagie nocturne est posé lorsque cette conduite
alimentaire survient plus de deux fois par semaine, pendant au moins six mois.

> La potomanie

La potomanie est un trouble du comportement alimentaire qui se définit par un besoin irrépressible de
boire en grande quantité, principalement de l’eau (polydipsie) ou de l’alcool (dipsomanie). Les
personnes atteintes de potomanie peuvent boire jusqu’à 10 litres par jour, voire davantage.

Ce trouble alimentaire s’inscrit dans une volonté de se purger, se purifier, se nettoyer. Il peut également
avoir pour objectif de se remplir l’estomac au maximum et être associé à une anorexie mentale. Dans ce
cas-là, boire en grande quantité sert à supporter la sensation de faim.

Pour aller plus loin : l’orthorexie, un nouveau TCA ?

Stéphane Mouchabac, membre du comité scientifique Inicea, décrypte ce trouble de plus en plus
fréquent.

Ce trouble fait actuellement l’objet d’un intérêt croissant. Proposé en 1997 par Steven Bratman,
l’orthorexie a pour étymologie les mots grecs orthos, « correct, droit », et orexis, « appétit ». Il s’agit de
conduites alimentaires qui reposent sur le désir de se nourrir d’aliments dits « sains » et d’éliminer des
apports journaliers ceux qui sont considérés comme « malsains » (matières grasses, hydrates de
carbone, sel, produits industriels et préparés, conservateurs). Si la personne est confrontée à des
aliments jugés non conformes, alors elle peut éprouver de l’angoisse, avoir un sentiment d’impureté.
On relève que la personne passe un temps significatif à préparer et planifier ses repas pour répondre
aux exigences orthorexiques en fonction de considérations personnelles sur les qualités (réelles ou non)
des aliments. On retrouve fréquemment associés des éléments motivationnels moraux, religieux ou
éthiques ; les valeurs de la personne dépendent « excessivement » de la pureté perçue des aliments.

Bratman considère que l’orthorexie est un trouble des conduites alimentaire, bien qu’elle ne soit pas
encore reconnue comme étant une entité spécifique dans les classifications internationales. Selon lui, le
fait que l’individu y consacre une part trop importante de son temps au détriment d’autres dimensions
de son fonctionnement psychosocial (famille, travail, scolarité, loisirs) souligne aussi son caractère
pathologique. Elle partage de nombreuses caractéristiques avec l’anorexie en particulier la
préoccupation excessive sur l’alimentation et surtout la dimension restrictive qui peut aboutir aussi à
des carences et complications. Très logiquement, on observera une perte de poids qui peut devenir
pathologique. Certains sportifs peuvent avoir un profil à risque pour ce genre de comportements
(surveillance obsessionnelle de l’hygiène de vie). Ainsi, pour de nombreux spécialistes, il s’agirait d’une
porrote d’entrée potentielle vers l’anorexie chez les sujets à risque.

> Le pica

Ce trouble repose sur l’ingestion répétée de substances dont les qualités nutritives sont nulles, mais
aussi non comestibles (papier, éponges, savon, peinture, métal, argile, etc.). Le type et la nature des
substances varie en fonction de l’âge. Cette conduite doit être répétée dans le temps et jugée grave et
ne correspond pas « à une pratique culturellement ou socialement admise ». Il est plus fréquent chez les
enfants ayant un handicap intellectuel sévère.

Par convention, le pica n’est pas diagnostiqué chez les enfants de moins de 2 ans, car certaines de ces
conduites peuvent faire partie du développement normal. Ces troubles s’accompagnent parfois de
carences biologiques, puisqu’il y a une diminution des apports nutritifs et des défauts d’absorption, mais
aussi des risques en lien avec le type de produits ingérés : d’occlusion ou perforation intestinale,
maladies infectieuses (si ingestion de matières organiques non comestibles) ou intoxications (métaux
lourds par exemple).

Il n’y a pas de traitement spécifique du pica, même si certaines techniques comportementales peuvent
être proposées.

Quels sont les symptômes d’un trouble du comportement alimentaire ?


Le Dr Filsnoël explique que ce type de maladie commence de manière insidieuse et se structure
progressivement. Par exemple, pour les pathologies restrictives, tout peut débuter de manière anodine,
par la mise en place d’un régime banal et fréquent dans la population, en particulier féminine, ou avec
l’objectif de manger plus sainement. Peu à peu, cette démarche va s’intensifier, se radicaliser et prendre
une dimension de plus en plus obsessionnelle et addictive.

L’enjeu est celui du repérage précoce, pour éviter les complications et l’évolution vers une forme
chronique de la maladie. Certains symptômes et comportements peuvent alerter :

Les conduites alimentaires : Évitement des repas partagés, rejet systématique de certains aliments
riches, choix d’aliments allégés, contrôle du poids des aliments, intervention dans la réalisation des
courses ou des repas, utilisation de prétextes pour éviter des repas, périodes de jeûne, précipitation aux
toilettes après les repas…

Le poids : Perte de poids anormale en période de croissance ou rapide et excessive en cas de surpoids
initial, prise de poids importante…

Les préoccupations liées au physique : Propos récurrents sur l’apparence physique, pratique d’exercices
physiques à l’excès, déformation de l’image corporelle, valorisation selon son image corporelle. Parfois,
ces préoccupations précèdent ou accompagnent une « reprise en main » sur le plan scolaire ou sportif.

Les changements d’humeur : Isolement et repli sur soi, anxiété, pessimisme, dévalorisation, dépression…

Ces comportements sont en général dissimulés et la dénégation du trouble par les personnes qui en
souffrent est très fréquente, ce qui représente un frein majeur à la prise en charge.

Qui consulter pour des troubles du comportement alimentaire ?

Le dépistage et le traitement des troubles doivent être le plus précoces possible. Les troubles du
comportement alimentaire (TCA) sont des maladies psychiatriques complexes dont l’origine reste
encore mal connue. Les causes directes sont rarement identifiables et souvent multifactorielles. Les
facteurs de vulnérabilité peuvent être familiaux, génétiques, psychologiques, mais aussi socioculturels.

Il faut être particulièrement vigilant chez les sujets dits « à risque », en particulier les adolescents et les
jeunes adultes, les personnes de sexe féminin et ceux ou celles qui ont des antécédents familiaux de
TCA. Certaines populations exercent aussi des activités professionnelles considérées comme « à risque »
(mannequinat), des disciplines sportives nécessitant le contrôle du poids (danse classique, culturisme)
ou comportant des catégories de poids en compétition (arts martiaux, sports de combat).
Les profils et les trajectoires des patients sont variés. Toutefois, le Dr Filsnoël souligne la dimension
perfectionniste et anxieuse très fréquente dans l’anorexie, ainsi que l’instabilité émotionnelle.
L’impulsivité et l’insécurité affective sont aussi très fréquentes dans le trouble boulimique.

C’est pourquoi le traitement d’un trouble du comportement alimentaire doit se faire de manière
pluridisciplinaire et individuelle (adaptée à l’âge du patient et à l’intensité de ses troubles).

Ainsi, plusieurs praticiens de différentes spécialités médicales peuvent intervenir dans la prise en
charge :

Chez un patient adolescent, le dépistage de la maladie peut d’abord se faire par l’infirmière ou le
médecin scolaire.

Le médecin généraliste joue généralement un rôle central. Il peut identifier au plus tôt le trouble
alimentaire lors d’un examen médical de routine, devant une perte de poids ou une aménorrhée, par
exemple. Il va ensuite orienter le patient vers les soins les plus adaptés et l’accompagner tout au long de
son traitement.

Le psychiatre joue un rôle de premier plan, puisqu’il va tenter de mobiliser la motivation au changement
du patient et l’aider à déconstruire les mécanismes qui structurent et entretiennent le trouble. L’objectif
est de travailler en collaboration avec le patient afin d’identifier les facteurs psychologiques de
vulnérabilité à l’origine du trouble du comportement alimentaire. Le psychiatre a également un rôle de
coordinateur entre tous les autres intervenants (médecin généraliste, psychologue, diététicien, familles,
etc.).

Pour le Dr Filsnoël, ce travail en réseau est essentiel. La cohérence et la complémentarité des


interventions permettent au patient de mobiliser toutes les ressources nécessaires au changement. Ce
sont des suivis qui s’inscrivent dans la durée.

Le diététicien ou médecin nutritionniste va réapprendre au patient à manger de manière saine,


équilibrée et diversifiée, en l’aidant à corriger de nombreuses idées erronées sur les aliments. Il lui
apprendra à évaluer ses besoins, lui expliquera comment fonctionne son métabolisme et comment
réguler son poids. Selon le trouble du comportement alimentaire à traiter, il adoptera une approche
différente. Dans le cas d’une anorexie mentale par exemple, il accompagnera le patient dans la reprise
d’un poids de santé, indispensable pour obtenir une rémission du trouble.

Le Dr Filsnoël explique que guérir d’un trouble du comportement alimentaire (TCA) prend parfois des
mois, voire des années. La prise en charge en ambulatoire est d’abord favorisée. L’hospitalisation sera
nécessaire en cas de complications physiques, psychiques ou d’urgence vitale (dénutrition sévère, risque
suicidaire ou d’auto-agression) ou lorsque l’environnement familial est débordé et devient un facteur
péjoratif.

La Clinique Jouvence Nutrition à Dijon, la Clinique des Vallées à Annemasse et la Clinique de Vontes à
Tours sont des établissements Inicea qui proposent des prises en charge des troubles du comportement
alimentaire, en hospitalisation complète et/ou de jour. N’hésitez pas à les contacter pour avoir plus
d’informations sur les prises en charge proposées.

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Sujet : La prise en charge des personnes souffrant de
troubles de comportement alimentaire.

I. INTRODUCTION

Les troubles de comportement alimentaire


(TCA) sont des maladies psychiatriques
complexes caractérisées par des habitudes
alimentaires perturbées et une
préoccupation excessive à l'égard du poids
et de la forme corporelle. Ces troubles, tels
que l'anorexie mentale, la boulimie
nerveuse et les troubles de l'alimentation
non spécifiés, affectent des millions de
personnes dans le monde et ont un impact
significatif sur la santé mentale et physique.
II- DÉVELOPPEMENT

1- Evaluation initial

Avant de commencer le traitement, une


évaluation complète est essentielle pour
comprendre les besoins individuels de
chaque personne souffrant de TCA. Cela
peut inclure des entretiens cliniques
approfondis, des questionnaires
standardisés sur les comportements
alimentaires et l'image corporelle, ainsi que
des évaluations physiques pour évaluer
l'état de santé général.

2. Approches thérapeutiques
a) Thérapie cognitivo-comportementale
(TCC) :
Cette approche vise à identifier et à
modifier les pensées et les comportements
dysfonctionnels liés à l'alimentation et à
l'image corporelle. Elle aide également à
développer des stratégies pour faire face
aux déclencheurs émotionnels des crises
alimentaires.

b) Thérapie interpersonnelle (TIP) :


La TIP se concentre sur les relations
interpersonnelles et leur impact sur les
habitudes alimentaires. Elle explore les
interactions sociales, familiales et
professionnelles qui peuvent influencer les
comportements alimentaires.

c) Thérapie familiale :
Impliquer la famille dans le processus de
traitement est souvent crucial, surtout chez
les adolescents et les jeunes adultes. La
thérapie familiale aide à améliorer la
communication, à réduire les conflits et à
soutenir le processus de rétablissement.

d) Thérapie dialectique comportementale


(TDC) :
Cette approche combine des techniques de
régulation émotionnelle avec des stratégies
de tolérance à la détresse pour aider les
personnes à faire face aux émotions
intenses qui peuvent déclencher des
comportements alimentaires destructeurs.

3. Interventions médicales

En plus des interventions thérapeutiques,


les personnes souffrant de TCA peuvent
bénéficier de traitements médicaux pour
gérer les complications physiques et
psychiatriques associées. Cela peut inclure
des consultations médicales régulières, des
analyses de laboratoire pour surveiller les
déséquilibres électrolytiques, et l'utilisation
de médicaments tels que les
antidépresseurs ou les stabilisateurs de
l'humeur pour traiter les symptômes
associés tels que la dépression ou l'anxiété.

4. Nutrition et alimentation

Une alimentation équilibrée est un aspect


essentiel du rétablissement des TCA.
Travailler avec un nutritionniste pour
élaborer un plan alimentaire adapté à
chaque individu peut aider à restaurer un
poids santé et à rétablir une relation saine
avec la nourriture. Il est important d'éviter
les régimes restrictifs et de favoriser une
approche flexible et intuitive de
l'alimentation.
5. Soutien social et suivi

Le soutien social joue un rôle crucial dans le


rétablissement des TCA. Les groupes de
soutien, les amis et la famille peuvent offrir
un soutien émotionnel et pratique tout au
long du processus de traitement. Le suivi
régulier avec les professionnels de la santé
mentale et physique est également
essentiel pour évaluer la progression,
ajuster le plan de traitement si nécessaire
et prévenir les rechutes.

6. Prévention
La prévention des TCA est un aspect
important de la prise en charge de ces
troubles. Sensibiliser le public aux facteurs
de risque, promouvoir une image corporelle
positive et encourager des habitudes
alimentaires saines dès le plus jeune âge
peuvent aider à réduire l'incidence des TCA.

III-CONCLUSION

La prise en charge des troubles de


comportement alimentaire est complexe et
nécessite une approche multidisciplinaire.
En combinant des interventions
thérapeutiques, médicales, nutritionnelles
et sociales, il est possible d'aider les
personnes souffrant de TCA à retrouver une
relation saine avec la nourriture et leur
corps, et à mener une vie épanouie et
équilibrée.

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