1) Dans le premier arrêt, Nicolas invoque l’article 8 de la CEDH relatif
au respect de la vie familiale en ce qu’il souhaite obtenir une
expertise génétique qui a été refusé par le tribunal ce qu’il considère
comme une atteinte à son droit de connaitre son ascendance. Dans
le second un homme se prévaut de cet article dans ses prétentions
afin de contredire la solution du tribunal qui annulait sa filiation
envers son fils. En effet annuler cette filiation sans en prévoir le
remplacement irait à l’encontre de ce droit.
2) En ce qui concerne la CA de Douai, celle-ci a retenu dans son arrêt
que l’atteinte à l’article 8 de la CEDH de l’article 33 du code civil
était proportionné aux intérêts de l’État quant à la stabilité de l’État.
en revanche, la cour d’appel de Paris a retenu qu’annuler une
filiation sans en prévoir une derrière était contraire aux intérêts de
l’enfant prévus par le droit au respect de la vie privée et familiale
3) L’arrêt du 22 novembre 2022 se concentre sur une application
stricte des règles de filiation (articles 332 et 333 du Code civil),
privilégiant la vérité biologique sans accorder beaucoup
d’importance à l’intérêt supérieur de l’enfant (articles 3 de la
Convention de New York et 8 CEDH). La filiation est annulée, avec
une motivation juridique peu contextualisée. En revanche, l’arrêt
postérieur de 2023 prend en compte les besoins affectifs et
psychologiques de l’enfant, notamment son handicap et les liens
établis avec M. H. La cour adopte une analyse approfondie et
contextualisée, s’appuyant sur les principes internationaux et une
évolution jurisprudentielle récente, pour maintenir la filiation. La
différence réside dans une évolution vers une approche plus
humaniste et équilibrée, intégrant davantage l’intérêt supérieur de
l’enfant et les droits fondamentaux.
En l’espèce, un homme né le 21 avril 1967, son père décède.
Le 27 et 28 février, lui et son frère assignent par un acte leur mère et leur
sœur en contestation de paternité à l’égard de leur père décédé. Un appel
est ensuite interjeté à la suite duquel le frère forme un pourvois en
cassation.
En effet le demandeur invoque la violation de l’article 8 de la Convention
européenne des droits de l’homme et de l’article 321 du Code civil,
soutenant que la cour d’appel a rejeté son action en reconnaissance de
paternité sans vérifier si l’application du délai de prescription ne portait
pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée. Il
fait valoir que son impossibilité d’agir dans les délais légaux résultait de
circonstances exceptionnelles, notamment l’état psychiatrique dégradé de
sa mère, les pressions qu’elle a subies sous menace d’hospitalisation, la
dépendance économique de sa famille envers son père biologique et
l’opposition de ce dernier à toute reconnaissance officielle de la filiation.
En ne tenant pas compte de ces éléments et en appliquant strictement la
prescription, la cour d’appel aurait méconnu l’exigence de proportionnalité
et privé sa décision de base légale.
Commentaire d’arrêt.
Cet arrêt s’inscrit dans la droite ligne d’une jurisprudence bien établie sur
la conformité des règles de prescription de l’action en contestation de
paternité avec l’article 8 de la Convention européenne des droits de
l’Homme (ci-après Conv. EDH) relatif au droit au respect de sa vie privée.
En l’espèce, le requérant avait été reconnu, à sa naissance, par le mari de
sa mère, qui l’avait élevé. Cependant, il avait parallèlement toujours
entretenu des liens avec son père biologique, au vu et au su de tous. À
l’aube de ses 50 ans et après le décès de son père biologique et de celui
qui l’avait reconnu, il agit en contestation de paternité contre ce dernier.
Son action est déclarée prescrite, et donc irrecevable.
Parallèlement aux moyens soulevés, en vain, afin de faire échec à la
prescription, le demandeur fonde son pourvoi sur la violation de l’article 8
de la Conv. EDH. C’est ce point qui, bien que classique, constitue l’apport
le plus intéressant de l’arrêt.
C’est sur le fondement de cet article que la Cour de cassation procède
d’abord à un traditionnel contrôle de conventionnalité. Elle rappelle ainsi 1
que les règles internes relatives à la prescription de l’action en
contestation de paternité poursuivent un but légitime en ce qu’elles
protègent les droits des tiers et garantissent la sécurité juridique. Elles
sont donc conformes à l’article 8 de la Conv. EDH.
La Cour de cassation rappelle ensuite l’obligation faite aux juges du fond
de procéder à un contrôle de proportionnalité in concreto entre le droit au
respect de sa vie privée et le but légitime poursuivi afin de s’assurer qu’un
juste équilibre soit préservé entre les intérêts – publics et privés – en jeu. À
défaut d’un tel contrôle, la Cour n’hésite d’ailleurs pas à sanctionner la
cour d’appel 2.
Le présent arrêt est un rappel d’une jurisprudence désormais classique et
installée de la Cour de cassation 3.
Toutefois, il comporte une originalité quant aux éléments retenus pour
conclure à l’absence d’atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale
du requérant. En effet, pour aboutir à cette conclusion, la Cour relève que
l’action en contestation de paternité serait « de nature à entacher
gravement la réputation de son père prétendu et à porter atteinte à la
mémoire de son père légitime ».
Or, prioriser ces éléments au détriment de la nécessité légitime d’un
enfant de voir la réalité de sa filiation et de son origine établie interroge.
Il s’agit certainement, en réalité, de motifs d’opportunité permettant à la
Cour de cassation de rappeler avec force le caractère quasi absolu des
règles de prescription en la matière. À notre connaissance, elle n’a
d’ailleurs jamais rendu d’arrêt dans lequel elle écarterait ces règles de
prescription au motif que celles-ci porteraient une atteinte
disproportionnée au droit à la vie privée et familiale du requérant.
Au contraire, dans un arrêt du 14 octobre 2020 4, elle va même jusqu’à
casser l’arrêt d’une cour d’appel qui avait « fait pencher le plateau de la
balance des intérêts du côté de l’enfant » 5.
Pourtant, l’arrêt commenté intervient dans un contexte général de remise
en question, par une partie de l’opinion publique, de règles de prescription
parfois incomprises et jugées trop restrictives. En effet, certains
mécanismes complexes propres au droit de la famille privent parfois les
intéressés de la possibilité d’agir pendant plusieurs années.
Toutefois, il y a peu de chance que la Cour de cassation accepte
d’assouplir sa jurisprudence dans une matière où la paix des familles
commande de ne pas pouvoir remettre trop longtemps en cause des liens
de filiation.
En l’espèce, Laurent lors d’une journée conviviale à son travail rencontre
la fille de Valérie, une collègue avec qui il a auparavant entretenue des
relations intimes. Sa fille, Amélie est née en octobre 2020 ce qui pose la
date de sa conception en début d’année 2020 à l’époque où les deux
collègues entretenaient des relations intimes. Laurent qui a remarqué une
ressemblance entre lui et la jeune fille décide de confronter Valérie afin de
savoir si l’enfant est le sien. Deux situations sont alors possibles.
Premièrement Valérie avoue à Laurent que Amélie est sa fille (I).
Deuxièmement, Valérie nie le lien biologique entre laurent et Amélie (II).
I. Valérie avoue à laurent son lien biologique avec Amélie.
En l’espèce, après avoir confronté Valérie, celle-ci avoue à Laurent que
Amélie est surement sa fille. Cependant étant donné que leurs relation
s’est terminé avant le 1er confinement, elle préféré ne jamais lui dire et
faire passer Amélie comme la fille de son mari, Frédéric qui s’est investi
pleinement dans l’éducation d’Amélie. Néanmoins, Laurent est bien décidé
à faire reconnaitre son lien de filiation avec Amélie. Comment Laurent
peut-il contester la filiation entre Frédéric et Amélie ? Il convient alors
d’étudier les modalités de la contestations de la filiation (A) puis La
contestation de la filiation (B) Les modalités de la contestations de la
filiation entre Frédéric et Amélie.
En droit, l’article 333 alinéa 1 du code civil dispose que Lorsque la
possession d'état est conforme au titre, seuls peuvent agir l'enfant, l'un de
ses père et mère ou celui qui se prétend le parent véritable. L'action se
prescrit par cinq ans à compter du jour où la possession d'état a cessé ou
du décès du parent dont le lien de filiation est contesté.
En l’espèce, Laurent revendique la paternité d’Amélie. Toutefois, Frédéric a
toujours assumé son rôle de père en veillant sur elle et en pourvoyant à
ses besoins. On peut donc admettre une possession d’État qui n’a jamais
cessé entre Frédéric et Amélie. Alors, le délai prévu par l’article 333 n’est
pas dépassé.
Par conséquent, Laurent peut contester la filiation existante entre Frédéric
et Amélie.
A. La contestation de la filiation.
En droit l’article 332 alinéa 2 du code civil prévoit que « La paternité peut
être contestée en rapportant la preuve que le mari ou l'auteur de la
reconnaissance n'est pas le père. »
En l’espèce, Valérie avoue que Laurent est peut-être le père de sa fille.
Par conséquent laurent peur contester cette filiation.
Tel que prévu par l’alinéa 2 de l’article 310-3 d code civil, « Si une action
est engagée en application du chapitre III du présent titre, la filiation se
prouve et se conteste par tous moyens, sous réserve de la recevabilité de
l'action. ». Par ailleurs, l’article 327 alinéa 1 prévoit que « la paternité hors
mariage peut être judiciairement déclarée. ». Enfin, l’arrêt de la 1ere
chambre civile de la Cour de cassation, N° de pourvois 98-12.806 précise
que « l’expertise biologique est de droit en matière de filiation sauf s’il
existe un motif légitime de ne pas y procéder »
En l’espèce, Laurent nous vient nous demander conseil sur les moyens
qu’il aurait pour faire reconnaitre sa filiation, aucune action en justice n’est
encore intentée. De plus, le lien de filiation qui unit Frédéric et Amélie est
du domaine de la présomption de paternité étant donné qu’il est le mari
de Valérie.
Par conséquent, laurent devra assigner Fréderic en contestation du lien de
filiation qui l’unit avec Amélie. Action en justice durant laquelle il pourra
remettre en cause la présomption de paternité à l’aide d’une expertise
biologique.
II. Valérie nie le lien biologique entre laurent et Amélie
En l’espèce, Valérie parvient à convaincre Laurent qu’il n’est pas le père
de Amélie. Néanmoins en 2038 à sa majorité Amélie apprend la vérité,
finalement laurent se trouve être son père. Elle souhaite faire reconnaitre
cette vérité en droit. Comment Amélie peut-elle faire reconnaitre un lien
de filiation entre elle et Laurent.
En droit, l’article 327 du code civil dispose que, « L'action en recherche de
paternité est réservée à l'enfant. » De plus l’article 321 prévoit que « Sauf
lorsqu'elles sont enfermées par la loi dans un autre délai, les actions
relatives à la filiation se prescrivent par dix ans à compter du jour où la
personne a été privée de l'état qu'elle réclame, ou a commencé à jouir de
l'état qui lui est contesté. A l'égard de l'enfant, ce délai est suspendu
pendant sa minorité. »
En l’espèce, en 2038, à la date où Amélie prend conseil, elle vient d’avoir
sa majorité elle dispose donc de 10 ans pour agir quant à une action
relative à sa filiation. De plus Amélie est apparemment la fille de laurent.
Par conséquent Amélie doit faire une action en recherche de paternité
sous la forme d’une expertise biologique.