Caducée
baguette ornée de serpents,
attribut d’Hermès/Mercure
Le caducée[1] est un des
attributs du dieu Hermès dans
la mythologie grecque,
représenté comme une
baguette de laurier ou d'olivier
surmonté de deux ailes et
entouré de deux serpents
entrelacés. Le caducée sert à
:
guérir les morsures de serpents
et c'est pourquoi il en est orné.
Caducée
Caducée d'Hermès.
Présentation
Type Attribut
Le caducée est souvent
confondu, à tort, avec l'emblème
du corps médical, le bâton
:
d'Asclépios ou bâton
d'Esculape, avec la coupe
d'Hygie des pharmaciens ou
d'autres symboles médicaux ou
paramédicaux dérivés de ces
derniers.
Mythe
:
Hermès tenant le caducée, détail d'un
kylix attique à figures rouges, v. 480-
470 av. J.-C., musée du Louvre.
Le caducée[1] est un des
attributs du dieu Hermès dans
la mythologie grecque ; il est
représenté comme une
baguette de laurier ou d'olivier
surmontée de deux ailes et
:
entourée de deux serpents
entrelacés. Le serpent est un
animal chthonien dont le
symbolisme est clair : les
serpents du caducée, dressés et
entrelacés, signifient l’union du
ciel et de la terre et l’éveil de la
conscience cosmique, comme
on le voit aussi avec le serpent
d’airain de Moïse[2]. Ce symbole
est d’origine sumérienne[3]. Le
caducée sert à guérir les
morsures de serpents et c'est
pourquoi il en est orné. Il est
parfois représenté avec une
:
paire d'ailes. À l'origine ce
n'était qu'un bâton orné de
rubans qui flottaient au vent,
remplacés avec le temps par les
fameux serpents. Le caducée
symbolise tout ce qui se
rapporte au commerce et au
transport, voire l'alchimie : les
deux serpents se faisant face
symboliseraient les substances
élémentaires que sont le soufre
et le mercure quand elles se
trouvent en parfait
équilibre [réf. nécessaire].
:
Outre Hermès, la déesse Iris
était aussi représentée avec un
caducée car elle était la
messagère d'Héra, pendant
féminin d'Hermès, messager de
Zeus.
Selon l'hymne homérique qui lui
est dédié, c'est Apollon qui a
donné à Hermès son bâton
emblématique. En effet, alors
qu'il était encore enfant, il lui
déroba une partie de son
troupeau et se cacha dans une
grotte pour échapper à la colère
:
olympienne. Le dieu de la
beauté et des arts se mit alors à
sa recherche pour le punir de ce
larcin. Pourtant, lorsqu'il trouva
Hermès, ce dernier se mit à
jouer de la lyre qu'il avait
inventée. Apollon en fut si
charmé que sa colère fut
immédiatement apaisée. Un
accord eut lieu entre les deux
divinités : Apollon épargna
Hermès en échange de
l'instrument mélodieux, et fut
tellement ravi qu'il en gratifia en
outre le dieu des carrefours en
:
lui offrant le caducée.
Selon une autre version, après
que Hermès eut donné sa lyre à
Apollon, il inventa la flûte de
Pan, et, en échange de
l'instrument, Apollon lui offrit le
caducée et lui apprit à prédire
l'avenir avec des cailloux.
Jacques de Guyse, dans ses
Chroniques du Hainaut, 1390,
reprend des chroniqueurs ou
auteurs plus anciens qui
présentent le caducée tenu par
l'idole d'or représentant le dieu
:
Mercure dans le temple de
Mercure de la mythique ville de
Belgis comme « une baguette
qui avait une vertu
somnifère »[4]
Ce caducée est le sceptre porté
par les hérauts, qui rend leur
personne inviolable. À l'origine,
il est simplement en olivier,
encore avec ses branches. Par
la suite, les branches sont
enroulées autour du bâton pour
figurer des serpents.
:
Symbole
Caducée de pharmacie.
Il reste aujourd'hui encore un
symbole du commerce comme
de l'éloquence (il figure
notamment sur les côtés de la
tribune de l'Assemblée
nationale de France). Alors que
le caducée d'Asclépios est un
:
symbole de la médecine en
Europe[5], celui d'Hermès
représente la médecine en
Amérique[6].
Le caducée ne doit pas être
confondu avec le bâton
d'Asclépios (ou Esculape, dans
sa version romaine) autour
duquel ne s'enroule qu'un seul
serpent, symbolisant la
couleuvre que promenait ce
dieu antique. Par ailleurs, le
bâton d'Esculape ne porte
jamais l'attribut hermaïque que
:
sont les ailes mais est parfois
surmonté d'un miroir
symbolisant la prudence. Le
bâton d'Esculape est l'emblème
de la médecine. On parle tout
aussi abusivement de
« caducée » pour désigner
l'emblème des pharmaciens, la
coupe d'Hygie qui représente
en réalité une coupe enlacée
d'un unique serpent. Enfin, par
extension, le terme caducée
s'emploie pour désigner
d'autres emblèmes dérivés des
précédents tels le bâton
:
surmonté d'un diapason des
audioprothésistes ou le serpent
représentant la courbure du
ventre de la femme enceinte
pour les sages-femmes.
Parallèles dans les
religions
Origine biblique …
Dans l'Ancien Testament[7], on
trouve déjà mention d'un bâton
orné de serpents d'airain, qui
joue un rôle thérapeutique
:
(guérir des morsures de
serpent) :
« 8 - L'Éternel dit à
Moïse : Fais-toi un
serpent brûlant, et
place-le sur une perche ;
quiconque aura été
mordu, et le regardera,
conservera la vie.
9 - Moïse fit un serpent
d'airain, et le plaça sur
une perche ; et
quiconque avait été
:
mordu par un serpent,
et regardait le serpent
d'airain, conservait la
vie. »
Le nom du bâton orné de
serpents d'airain s'appelle
Nehuschtan[8]:
« 14 - Il (Ezéchias, roi de
Judas) fit disparaître les
hauts lieux, brisa les
statues, abattit les
idoles, et mit en pièces le
serpent d'airain que
:
Moïse avait fait, car les
enfants d'Israël avaient
jusqu'alors brûlé des
parfums devant lui : on
l'appelait Nehuschtan. »
Dans le Nouveau Testament[9],
le fait de regarder le serpent
symbolise la vie éternelle avec
Jésus-Christ :
« 14 - Et comme Moïse
éleva le serpent dans le
désert, il faut de même
que le Fils de l'homme
:
soit élevé,
15 - afin que quiconque
croit en lui ait la vie
éternelle.
16 - Car Dieu a tant
aimé le monde qu'il a
donné son Fils unique,
afin que quiconque croit
en lui ne périsse point,
mais qu'il ait la vie
éternelle.
17 - Dieu, en effet, n'a
pas envoyé son Fils
:
dans le monde pour qu'il
juge le monde, mais
pour que le monde soit
sauvé par lui.
18 - Celui qui croit en lui
n'est point jugé ; mais
celui qui ne croit pas est
déjà jugé, parce qu'il n'a
pas cru au nom du Fils
unique de Dieu.
19 - Et ce jugement c'est
que, la lumière étant
venue dans le monde,
:
les hommes ont préféré
les ténèbres à la
lumière, parce que leurs
œuvres étaient
mauvaises.
20 - Car quiconque fait
le mal hait la lumière, et
ne vient point à la
lumière, de peur que ses
œuvres ne soient
dévoilées ;
21 - mais celui qui agit
selon la vérité vient à la
:
lumière, afin que ses
œuvres soient
manifestées, parce
qu'elles sont faites en
Dieu. »
Le suffixe -an spécifie qu'il y a
en réalité deux serpents sur le
bâton d'airain, un symbole alors
très proche des serpents
entrelacés du caducée
d'Hermès.
Origine hindouiste …
:
Il existe deux forces selon le
yoga qui s'entremêlent autour
d'une troisième et forment ainsi
schématiquement un caducée
le long de la colonne vertébrale,
en remontant du premier chakra
jusqu'au septième. Le yoga
parle même d'une énergie
primitive lovée au niveau du
premier chakra, symbolisé par
un serpent, dénommé kundalini,
qu'il faut faire jaillir afin
d'atteindre l'hypothétique état
appelé "éveil". Dans de
nombreux livres yogiques, on
:
peut retrouver le symbole de
ces trois forces : ida, pingala et
sushumna[10].
Ésotérisme …
Les ésotéristes de toutes
époques ont interprété à leur
façon ce symbole. Voici
l'interprétation de Omraam
Mikhaël Aïvanhov. Le caducée a
un axe, deux lignes s'élevant en
« un mouvement de spirales
entrelacées », cinq renflements.
Il représente la structure occulte
:
de l'anatomie humaine, telle que
la voient Tantra-Yoga et
Kundalinî Yoga. Le bâton central
est le canal (nâdî) médian
sushumna, à l'intérieur de la
moelle épinière ; le long de ce
canal, qui est « l'axe de la
colonne vertébrale », s'élève
l'énergie kundalinî ; les deux
serpents sont les deux canaux
Idâ, « polarisé négativement et
lié à la Lune », et Pingalâ,
« polarisé positivement et lié au
Soleil » ; de haut en bas, pour
les cinq renflements : cerveau
:
(hémisphère droit et gauche),
poumons (poumon gauche,
cœur ; poumon droit), foie et
rate (foie à droite, rate à
gauche), rein (rein gauche, rein
droit), glandes génitales (glande
à droite, glande à gauche).
« D'après la Science
initiatique, deux
courants partent des
hémisphères droit et
gauche du cerveau et
descendent en passant
:
alternativement de part
et d'autre de la colonne
vertébrale. Le courant
qui part de l'hémisphère
droit du cerveau passe
par le poumon gauche
et le cœur, se dirige vers
le foie, passe ensuite par
le rein gauche et la
glande génitale droite,
puis se rend dans la
jambe droite. Le second
courant part de
:
l'hémisphère gauche du
cerveau, se rend au
poumon droit, puis dans
la rate et de là dans le
rein droit, puis dans la
glande génitale gauche
et la jambe gauche. Ces
courants se croisent
donc et, à chaque
croisement, s'opère le
passage du positif au
négatif, du masculin au
féminin, et
:
inversement[11]. »
Sources antiques
Cornélius Népos, Vies des
grands hommes, Hannibal
[lire en ligne ] : « Hannibal,
pour indiquer clairement aux
siens où se trouvait Eumène,
envoie un messager dans un
esquif avec le caducée. » Le
caducée était un symbole de
paix mais c'est aussi une
allusion aux serpents
venimeux utilisés pour
effrayer les Pergaméniens.
:
Ovide, Métamorphoses
[détail des éditions] [lire en
ligne ], I : « Mercure met à ses
pieds des ailes, dans sa
puissante main le caducée
qui fait naître le sommeil, et
sur sa tête un casque […]. Il se
sert de ce caducée, comme
un berger de sa houlette, pour
conduire […] un troupeau de
chèvres. »
Homère, Hymne homérique à
Hermès
Hygin, Astronomie [détail des
éditions] [ (la) lire en ligne ], II, 7.
:
Plutarque, Vies parallèles
[détail des éditions] [lire en
ligne ], Thésée : « Il [le
héraut] accepta les
couronnes ; mais, au lieu de
les mettre sur sa tête, il en
entoura son caducée. »
Culture populaire
Dans la série Lost : Les
Disparus, La Caducée est l'une
des stations du Projet Dharma. Il
s'agit, en fait, d'une station à but
médical.
:
Dans le jeu vidéo Assassin's
Creed Odyssey, le Bâton
d’Hermès est un artéfact de la
Première Civilisation.
Notes
1. Définitions
lexicographiques et
étymologiques de
« caducée » du Trésor de
la langue française
informatisé, sur le site du
Centre national de
ressources textuelles et
lexicales
:
2. Jean Richer, Géographie
sacrée du monde grec,
Guy Trédaniel éditeur,
1983, p. 251 note 4.
3. André Parrot, Sumer,
Gallimard, collection
L’Univers des formes,
1968, p. 236 figure n°
289, Gobelet de Lagash
orné de serpents
entrelacés.
4. Fortia d'Urban, dans son
introduction à l’Histoire de
Hainaut de J. de Guyse,
traduite en français avec
:
traduite en français avec
le texte latin en regard, en
19 vols, Paris, 1826-38 ;
Voir page 359.
5. Nicolas Julienne, Étude
symbolique du caducée
médical français
contemporain (Thèse
d'exercice de médecine),
2015
6. (en) F. H. Garrison, M. C.,
« THE USE OF THE
CADUCEUS IN THE
INSIGNIA OF THE ARMY
MEDICAL OFFICER », Bull
Med Libr Assoc.,
:
Med Libr Assoc.,
9 octobre 1919 (lire en
ligne )
7. Bible Segond
1910/Nombres (complet)
21,8-9.
8. Bible Segond
1910/Deuxième livre des
Rois 18,4.
9. Bible Segond 1910/
Évangile selon Jean 3,14-
21.
10. Swami Satyananda
Saraswati, Kundalini
Tantra, Swam éditions
(ISBN 2950338917).
:
(ISBN 2950338917).
11. « La force kundalini et les
chakras », dans Vous êtes
des dieux, éd. Prosveta,
Fréjus, 1997, p. 178-180 et
440-441.
Voir aussi
Bibliographie …
Jean-Pierre Bayard, Le
Symbolisme du caducée, Guy
Trédaniel, 1978, 175 p.
Cazenave, M. éd. (1989),
Encyclopédie des symboles,
:
La Pochothèque, p. 94-95 et
238-239.
Grimal, P. (1969), Dictionnaire
de la mythologie grecque et
romaine, PUF, p. 206-207.
Articles connexes …
Hermès
Bâton d'Asclépios et Coupe
d'Hygie
Croix verte (pharmacie)
Liens externes …
« La guerre des serpents
n'aura pas lieu... » ou le
:
Caducée est-il caduc ? , R.
van Tiggelen et R. Derleyn,
1996
(en) The Caduceus vs the Staff
of Asclepius , Keith Blayney,
2002
[PDF] Les Emblèmes officiels de
la pharmacie française ,
Dominique Kassel, 2003
Caducée infirmier gratuit -
2017
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