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Géopolitique des Routes de la Soie

L'article de Thierry Garcin examine le projet chinois des Routes de la soie, lancé en 2013, qui vise à établir des connexions entre la Chine, l'Europe et l'Afrique orientale à travers des infrastructures terrestres et maritimes. Ce projet, perçu comme une stratégie d'expansion géopolitique, soulève des questions sur sa faisabilité face aux défis historiques et politiques des régions concernées. Garcin souligne l'importance de comprendre les enjeux historiques et contemporains pour évaluer l'impact potentiel de cette initiative sur les relations internationales.

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Géopolitique des Routes de la Soie

L'article de Thierry Garcin examine le projet chinois des Routes de la soie, lancé en 2013, qui vise à établir des connexions entre la Chine, l'Europe et l'Afrique orientale à travers des infrastructures terrestres et maritimes. Ce projet, perçu comme une stratégie d'expansion géopolitique, soulève des questions sur sa faisabilité face aux défis historiques et politiques des régions concernées. Garcin souligne l'importance de comprendre les enjeux historiques et contemporains pour évaluer l'impact potentiel de cette initiative sur les relations internationales.

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ISSN : 2111-4307

Eurasie

Le chantier - très géopolitique - des Routes


de la soie
dimanche 18 février 2018,par Thierry GARCIN

Citer cet article / To cite this version :


Thierry GARCIN, Le chantier - très géopolitique - des Routes de la soie,
[Link] : la revue géopolitique, 18 février 2018.

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En cours de réalisation, le projet chinois des Routes de la soie est un véritable défi,
moins technique que géopolitique. Mais à quel prix est-il réalisable, compte tenu du
poids du passé et de la complexité des régions concernées ? Thierry Garcin démontre
brillamment que les Routes de la soie participent d’une volonté patiente mais globale
d’expansion chinoise : présence, influence, puissance. Ce tremplin vers l’Europe
modifiera les rapports de force. Raison de plus pour chercher à en prendre ici la
mesure. Cet article est illustré d’une carte réalisée par Florent Amat.

LE PROJET chinois des « Routes de la soie », qui plonge profondément dans l’histoire, a été
officiellement lancé en 2013 par le président Xi Jinping. Il s’agit de développer des lignes de
communication routières, ferroviaires et maritimes pour relier la Chine à l’Europe et à
l’Afrique orientale. Sur le plan terrestre, l’Asie centrale et le Caucase du Sud ex-soviétique
ainsi que l’Europe orientale, mais aussi l’Iran et la Turquie, sont directement concernés par
cette véritable geste géopolitique chinoise. Sur le plan maritime, la Corne de l’Afrique et
l’Afrique orientale constituent également un objectif d’importance. On voit donc qu’il s’agit
d’un projet global, dont la réalisation demandera des décennies et qui s’appuie à ce stade sur
la construction d’ambitieuses infrastructures, dont les Chinois sont des champions sur le plan
technique.

Cette volonté de « desserrement » occidental de la Chine s’inscrit dans une vision clairement
géopolitique. Pour reprendre une définition sommaire de l’approche géopolitique, nous
sommes bien en présence d’une politique de puissance dans un cadre géographique déterminé,
d’autant plus que la terre et la mer seront utilisées d’une façon conjointe et complémentaire.
Les multiples déclarations du président chinois ne laissent aucun doute sur l’ampleur du projet
et sur la détermination des autorités, d’autant plus qu’à la fin de son second (et dernier ?)
mandat en 2022, le président Xi n’exclut pas de veiller à la poursuite de ce projet.

Bonus vidéo. T. Garcin Les routes de la soie

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un
débat.

Mais, les routes de la soie soulèvent quantité de questions, par-delà l’établissement actuel
d’avant-postes terrestres et maritimes, sortes de comptoirs. D’abord, pourquoi étudier ce
projet à différentes échelles (locale, nationale, régionale, internationale) ? Comment de
considérables barrières naturelles seront-elles contournées (déserts, haute montagne,
Caspienne…) ? Le raccordement de toutes ces sections routières et de ces corridors est-il
politiquement réalisable, notamment dans un Proche-Orient et un Moyen-Orient en grande
partie effondrés ? L’ancienneté, l’isolement et le caractère souvent clanique des sociétés
traversées ne freineront-ils pas les élans ? Les logiques impériales d’hier (perse, ottomane,
tsariste, soviétique…) peuvent-elles être oubliées ? Bref, comment insérer cette volonté
d’expansion dans le temps long, passé et futur ? Perspective d’autant plus essentielle que
cet espace intermédiaire de l’Asie centrale a été pour ainsi dire oublié du XIIIe au XIXe siècle.

En un mot, quels poids accorder à l’histoire ? Quel état des lieux ? Quels obstacles majeurs ?
Considérons successivement le fond de tableau historique (I), la geste chinoise (II), les
difficultés et les obstacles (III).

I. Le fond de tableau historique


L’expression « Routes de la soie » est doublement impropre. D’une part, parce qu’il s’agissait
plutôt de tronçons non reliés et saisonniers, de segments joignant des villes plus ou moins
sûres et fortifiées, permettant la mise à l’abri de biens et produits rares ; mais, en toute
hypothèse, le pluriel de routes s’impose. Impropre d’autre part, parce la soie n’était qu’un
élément de ces échanges sino-européens. De fait, il en allait aussi - dans les deux sens - des
chevaux, du cuivre, du jade, des perles, du verre, du lin, des épices, des fruits, du thé, etc., et
bien sûr du commerce des idées. Mais l’expression « routes de la soie » a subi l’épreuve du
temps et est devenue populaire : gardons-la. De fait, on tient que ces routes ont été défrichées
et empruntées dès le IIe siècle avant Jésus-Christ, avec Zhang Qian, explorateur et émissaire
de l’empire. Plus tard, la Chine s’ouvre grandement sur le monde à plusieurs périodes de son
histoire millénaire, notamment du VIIe au Xe siècles (dynastie Tang) et au XVe siècle, avec les
fameuses sept expéditions maritimes de l’amiral Zheng He au cours desquelles celui-ci aurait
touché la Corne de l’Afrique et même le Kenya d’aujourd’hui.

Notons que l’expression « route de la soie » est d’origine à la fois occidentale et géopolitique :
elle a été employée en 1877 - au singulier : « Die Seidenstrasse » - par le géographe, géologue
et baron allemand Ferdinand von Richthofen (deux voyages en Chine), à l’heure où la
géopolitique (« géographie politique », à ses débuts) prenait son essor outre-Rhin, dans une
vision impériale du monde (IIe Reich). Vues d’Europe à l’époque, les routes de la soie
pouvaient être comparées à des confins. Il s’agissait d’abord d’un espace de transition. On
rappellera au passage que ces anciens itinéraires étaient essentiellement terrestres et
marchands, le peuple chinois n’étant aucunement hauturier, encore moins conquistador ou
colonisateur (la seule importante conquête, de voisinage d’ailleurs, a été celle du Vietnam, tout
au long du premier millénaire).

Quoi qu’il en soit, ces routes de la soie, légendaires (sans doute y a-t-il une part de
mythification dans cette expression globalisante), reliaient aussi l’Asie centrale avec elle-
même. Car, on doit d’abord s’interroger sur ce concept et cette appellation d’ « Asie centrale ».
Si, sur le Vieux Continent, on comprend bien que le centre de l’« Europe centrale » n’est autre
que le monde germanique et, finalement, l’empire allemand, on éprouve en revanche quelque
peine à localiser historiquement le centre de l’Asie centrale, espace composite, complexe et
longtemps refermé sur lui-même, car dominé par des empires voisins ou périphériques. La
province du Xingkiang, à l’extrême-ouest de la Chine, signifie « Nouvelle frontière » et les
Occidentaux avaient l’habitude au XIXe siècle d’appeler Turkestan la vaste zone qui va de la
mer Caspienne au Xingkiang chinois (lequel formait justement le Turkestan oriental) et aux
frontières de la Mongolie. On remarque aussi que les Turcs modernes descendent des
Ouïghours aujourd’hui chinois. Même si, en Europe occidentale, on parle parfois d’« Asie
médiane », force est de constater que cette région du monde n’a pas de centre ni de milieu.
Cette hétérogénéité de l’Asie centrale est fondamentale pour la compréhension des enjeux
actuels. D’autant plus que la dynastie Qing a refermé la Chine sur elle-même (milieu du XVIIe-
début XXe siècles), et a subi les agressions occidentales au XIXe siècle (guerre de l’opium,
traités inégaux, occupation, concessions forcées…). En fait, l’Asie centrale, carrefour des
routes de la soie, a surtout dépendu de zones de convoitise et de sphères d’influence.

L’expression « routes de la soie » n’a fait florès à nouveau que dans le double contexte des
puissantes réformes économiques chinoises engagées dès 1979 par Deng Xiaoping et de
l’effondrement de l’Union soviétique (1991), lequel a libéré ipso facto tout un espace centre-
asiatique. Cela dit, dès 1988, à la veille de la disparition de l’URSS, l’UNESCO avait déjà lancé
le « Projet ‘Les routes de la soie’. L’Étude intégrale des Routes de la soie : routes de dialogue
(1988-1997) », qui a permis cinq grandes expéditions scientifiques [1]. Sur le seul plan
culturel, l’intérêt était donc là, quand bien même la chute de la maison soviétique aurait joué
un rôle décisif dans l’évolution de l’Asie centrale. Car, si le rideau de fer a fonctionné
parfaitement en Europe pendant quelque 45 ans, un « rideau de laiton » était aussi tombé en
Asie, isolant une grande partie de l’Asie d’avec elle-même durant les 73 ans de la période
soviétique. Ces vastes mouvements d’ouverture et de fermeture, volontaires ou imposés, font
donc partie de l’histoire longue de la Chine. Ils s’expliquent par la vie des empires extérieurs
(d’Alexandre le Grand aux empires perse, tsariste et britannique —ces deux derniers, acteurs
du « Grand Jeu » au XIXe siècle), de la conquête des territoires, de la soumission des peuples
et de l’influence des voyageurs, marchands et explorateurs (notamment, de Fa Xian au Ve
siècle à Marco Polo aux XIII-XIVe siècles, du berbère Ibn Battuta au XIVe siècle aux missions
jésuites dès le XVIe siècle).

II. La geste chinoise


Le lancement des « Routes de la soie » par les autorités chinoises date officiellement de 2013 :
« One Belt, one Road » (OBOR), projet pharaonique et présenté comme tel. C’est « le projet du
siècle » pour le président Xi, chargé de désenclaver la partie occidentale de l’Asie d’ici
2050 [2]. On l’a oublié mais, déjà, la Turquie, dès l’implosion de l’Union soviétique, avait lancé
en 1992 le plan Turkish Cooperation and Coordination Agency (TIKA) vers l’Asie centrale
turcophone, projet ambitieux, généreux, voire euphorique, puis revu à la baisse et élargi à bien
d’autres pays. TIKA première version couvrait une aire de type pantouraniste, de l’Azerbaïdjan
au Tadjikistan, favorisant les liaisons aériennes, l’assistance militaire, la formation des
étudiants (bourses), le développement technique (agriculture, santé…), la construction
d’infrastructures, etc. Déjà aussi, dans les années 2000, cette problématique marchande avait
été évoquée en Europe par les géographes et les politologues, dislocation de l’empire
soviétique aidant. Des travaux universitaires avaient même évalué en France la notion d’« Asie
médiane » [3].

Cette poussée chinoise vers l’Europe doit être économiquement remise en


perspective. De fait, le pays n’a cessé depuis environ quatre décennies d’élargir sa présence,
son influence voire sa puissance selon des cercles « déconcentriques ». Multiplication des
échanges avec les périphéries maritimes asiatiques (Japon, Corée du Sud [4], Asie du Sud-
Est [5], jusqu’à Taïwan entre 2008 et 2016) ; puis, descente du « collier de perles » dans
l’océan Indien, permettant d’encercler l’Inde via la Birmanie, le Bangladesh, Sri Lanka, les
Maldives, le Pakistan. Les périphéries terrestres ont illustré une deuxième étape :
rapprochement avec la Russie (signature de grands contrats gaziers en 2016, portant sur
trente ans) [6] ; routes de la soie enfin [7]. La rationalité géopolitique de la Chine est d’autant
plus évidente que Pékin promeut son expansion avec une vision de très long terme.
Chaque jalon posé s’inscrit toujours dans une stratégie d’ensemble. La Chine n’est-elle pas
déjà bien présente en Afrique subsaharienne et en Arctique ? Depuis une trentaine d’années,
on assiste donc à une politique de desserrement, précautionneuse mais de grande
envergure, et déterminée.

Pour les routes de la soie, les intentions sont connues. D’abord, en interne, procurer « un but,
un espoir et un rêve » (ce sont les termes officiels), ce qui raisonne d’une certaine manière
comme la « Nouvelle frontière » proposée aux États-Unis par le candidat Kennedy en 1960 ;
utiliser les considérables réserves de change ; stabiliser et ouvrir le Xingkiang, province mal
sinisée et malmenée par des groupes indépendantistes terroristes (Parti islamique du
Turkestan, TIP) ; favoriser ses géants industriels ; exporter la main-d’œuvre ; attirer les
étudiants étrangers ; surtout, imposer des normes non-américaines ou non-occidentales. En
externe, profiter dans un premier temps de points d’appui dans l’ex-Asie centrale soviétique ;
utiliser ses excédents financiers ; se créer une clientèle ; affaiblir la Russie ; ouvrir un corridor
terrestre Chine-Pakistan vers l’océan Indien occidental (rôle important du port de Gwadar ;
acquis de la lutte anti-piraterie dans le golfe d’Aden ; présence militaire chinoise permanente à
Djibouti), cet axe permettant d’encercler ou de contenir l’Inde et d’assurer un prolongement
maritime vers l’Afrique. Enfin, on n’oubliera pas non plus que la Chine souhaite devenir la
première puissance mondiale.

Car, les moyens sont là. Et, quelles que soient leur utilisation et leur longévité, ils sont
imposants, par-delà le seul effet d’annonce : on a dit que 24 000 milliards d’euros seraient
nécessaires d’ici à 2030.

Bien entendu, un tel projet doit respecter deux prérequis : 1) la continuité dans la volonté
politique. Or, la nature du régime politique en Chine s’y prête, d’autant plus que le président
Xi n’exclurait pas de conserver un rôle après son second mandat ; 2) un financement assuré
dans le temps. Or, la Chine a 3 000 milliards de dollars de réserve de change.

Car, les moyens sont là. Et, quelles que soient leur utilisation et leur longévité, ils sont
imposants, par-delà le seul effet d’annonce : on a dit que 24 000 milliards d’euros seraient
nécessaires d’ici à 2030. Les banques publiques et institutions chinoises délivreront des prêts
aux pays centre-asiatiques pauvres ou isolés : en premier lieu, la Banque asiatique
d’investissements pour les infrastructures (AIIB en anglais), outre le Fonds Routes de la soie,
créé en 2014. En mai 2017, le président Xi avait même annoncé des investissements à hauteur
de 113 milliards d’euros. Cette AIIB, lancée en 2015, inaugurée en janvier 2016 et profitant
d’un capital de 100 milliards de dollars (49 % détenus par la Chine), souhaite concurrencer la
Banque mondiale (BM), présidée depuis 1944 par un Américain et la Banque asiatique de
développement (BAD), présidée depuis 1966 par un Japonais, et compléter le dispositif ONU
(Banque mondiale, Fonds monétaire international) [8]. Quelques repères : 61 pays membres
(23 nouveaux prévus), 24 projets approuvés (dont cinq en Inde), 10 d’entre eux concernant
l’énergie et 7 les transports ; 4,2 milliards de prêts alloués (tous chiffres de fin janvier 2018).
Quant aux investissements directs étrangers chinois dans les pays relevant des routes de la
soie, ils s’élèvent à 8,55 milliards de dollars, représentant 12,4% du total des investissements
directs à l’étranger, en hausse de 4,3% sur un an (septembre 2017) [9].

III. Les difficultés et les obstacles


Certes, depuis une vingtaine d’années, on assiste à une ouverture de l’Asie centrale à ses
propres périphéries, souvent constituées d’anciens empires.

Si l’Union eurasienne russe a fait long feu et n’a pas résisté autraitement de la question
ukrainienne par Moscou (annexion militaire de la Crimée en 2014), des ouvertures ont pu être
constatées : création de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en 2001-2002, qui a
rapidement privilégié la coopération anti-terroriste et vient d’accueillir l’Inde et le Pakistan
(2017, de jure) ; descente des intérêts chinois vers l’océan Indien, concernant une partie des
routes de la soie (« le collier de perles ») ; exportation de gaz russe vers la Chine ; nouveau
rôle régional de l’Iran, après l’accord international de 2015 sur le nucléaire militaire ;
lancement du gazoduc TAPI selon un audacieux itinéraire (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-
Inde) ; etc.

Carte. Quelles ambitions et contraintes pour les Routes de la soie portées par la Chine ?
Cliquer sur la vignette pour voir en grand cette carte d’Eurasie sur les ambitions et contraintes pour les
Routes de la soie portées par la Chine. Conception de la carte et de la légende : T. Garcin avec F. Amat et
P. Verluise. Réalisation : F. Amat
Florent Amat/[Link]

Mais ces nouvelles perspectives ne doivent pas faire oublier que la relance des routes de la
soie par Pékin soulève de multiples interrogations. Quelques obstacles ou limites peuvent
être brièvement mentionnés.

. Sur le plan géographique, le relief est impérieux : le Taklamakan chinois est désertique et
particulièrement hostile à l’homme ; les vastes massifs du Pamir au Tadjikistan (7 719 m) et de
l’Hindou Kouch en Afghanistan et au Pakistan (7 706 m) jouent le rôle de barrières naturelles.

. Sur le plan géographique, les États sont souvent peu peuplés par rapport aux territoires qu’ils
occupent. Seul, l’Ouzbékistan, pièce centrale de l’Asie centrale post-soviétique, affiche 32
millions d’habitants en 2017, le Kazakhstan (grand comme cinq fois la France) n’ayant que 18
millions d’habitants. Toutes les capitales sont excentrées, ce qui n’est pas un avantage

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