1.
INTRODUCTION
1. DEFINITION DU PARLEMENT ET SON IMPORTANCE DANS LE
SYSTEME POLITIQUE CONGOLAIS.
Définition
Le Parlement est une institution politique qui représente le pouvoir
législatif dans un système politique.
Importance dans le système politique congolais
Équilibre des pouvoirs : Le Parlement limite l’exécutif (Président et
gouvernement) pour éviter l’abus de pouvoir.
Démocratie participative : Il permet une représentation des
différentes sensibilités politiques et régionales.
Stabilité institutionnelle : En théorie, il joue un rôle de médiation
entre le gouvernement et l’opposition.
2. CONTEXTE HISTORIQUE : ÉVOLUTION DU PARLEMENT EN RDC
(de l’indépendance a aujourd’hui).
1. Période postindépendance (1960-1965) : Instabilité et multipartisme
1960 : À l’indépendance, la RDC (alors Congo-Léopoldville) adopte
une Constitution parlementaire inspirée de la Belgique.
Parlement bicaméral : Chambre des députés et Sénat.
Premier ministre : Patrice Lumumba (issu de la majorité
parlementaire).
Conflits politiques : Luttes entre le Président Joseph Kasa-Vubu et le
Premier ministre, conduisant à des dissolutions et à l’instabilité.
1965 : Coup d’État de Mobutu, suspension du Parlement.
2. Régime Mobutu (1965-1990) : Un Parlement fantoche
1967 : Nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel
autoritaire.
1970-1990 : Le MPR (Mouvement Populaire de la Révolution) est
parti unique.
Le Parlement (Conseil législatif) n’a qu’un rôle décoratif, entièrement
soumis à Mobutu.
1990 : Sous pression internationale, Mobutu accepte le
multipartisme, rétablissant un Parlement pluraliste, mais toujours
faible.
3. Transition et guerres (1990-2006) : Parlement en crise
1997 : Chute de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila prend le pouvoir et
suspend les institutions.
2003 : Après la guerre (1998-2003), un gouvernement de transition
inclut un Parlement de transition (500 membres issus des factions
rebelles et de l’opposition).
Mission : Préparer les élections et une nouvelle Constitution.
4. Depuis 2006 : Constitution démocratique et Parlement bicaméral
2006 : Adoption d’une nouvelle Constitution établissant un régime
semi-présidentiel avec un Parlement fort (Assemblée nationale +
Sénat).
Rôle renforcé : Vote des lois, contrôle du gouvernement,
commissions d’enquête.
Problèmes persistants :
Clientélisme et corruption (députés « achètent » des postes).
Faible opposition face au pouvoir exécutif (sous Tshisekedi, certains
députés changent de camp).
Crises politiques (ex : report des élections, contestations des
résultats).
Références :
- Constitution de la RDC (1960, 1967, 2006).
- « Histoire politique du Congo-Kinshasa » (J.-C. Willame).
- Rapports de la MONUSCO sur la gouvernance en RDC.
2. DEVELOPPEMENT
I. ORGANISATION ET COMPOSITION DU PARLEMENT
CONGOLAIS
I.1. STRUCTURE BICAMERALE
I.1.1. ASSEMBLEE NATIONALE (CHAMBRE BASSE) : COMPOSITION,
MODE D’ELECTION (Scrutin proportionnel).
En République Démocratique du Congo (RDC), l’Assemblée nationale
est la chambre basse du Parlement bicaméral, composée de députés élus
au suffrage universel direct. Voici les principales caractéristiques de sa
composition et de son mode d’élection :
1. Composition
Nombre de députés : 500 membres (ce nombre peut varier
légèrement selon les circonscriptions électorales).
Durée du mandat : 5 ans (renouvelable).
2. Mode d’élection
Système électoral : Scrutin proportionnel plurinominal avec listes
ouvertes dans des circonscriptions électorales correspondant aux
provinces.
Répartition des sièges :
Les sièges sont attribués aux partis politiques ou aux candidats
indépendants en fonction des résultats obtenus dans chaque
circonscription.
La méthode utilisée est généralement celle du plus fort reste (ou parfois
Hondt pour certains scrutins).
I.1.2. SENAT (CHAMBRE HAUTE) : ROLE DES PROVINCES ET DES
SENATEURS (ELUS PAR LES ASSEMBLEES PROVINCIALES).
1. Rôle du Sénat
Chambre haute du Parlement (avec un rôle de modération et de
représentation des provinces).
Vote les lois (en collaboration avec l’Assemblée nationale).
Contrôle le gouvernement (commissions d’enquête, questions aux
ministres).
Représente les provinces (défend les intérêts des entités
territoriales).
Joue un rôle dans les nominations (ex : juges de la Cour
constitutionnelle, membres de la CENI).
2. Composition
Nombre de sénateurs : 108 membres (élus indirectement).
96 sénateurs : Élus par les Assemblées provinciales (8 sénateurs
par province, sauf exceptions).
12 sénateurs : Cooptés (désignés par les autres sénateurs,
souvent issus de la société civile ou des minorités).
Durée du mandat : 5 ans (renouvelable).
3. Mode d’Élection
Élus par les Assemblées provinciales :
Les députés provinciaux votent pour choisir les sénateurs.
Système majoritaire à deux tours (ou parfois proportionnel selon la
loi électorale en vigueur).
Cooptation
Les 12 sénateurs restants sont choisis par leurs pairs sur des
critères politiques ou communautaires.
I.2. ORGANES DE FONCTIONNEMENT
I.2.1. BUREAU DE CHAQUE CHAMBRE (PRESIDENT, VICE-PRESIDENT,
QUESTEURS).
Bureau des Chambres du Parlement en RDC
En République Démocratique du Congo (RDC), chaque chambre du
Parlement (Assemblée nationale et Sénat) est dirigée par un bureau
composé de membres élus en son sein. Voici leur composition et leurs
rôles :
1. Bureau de l’Assemblée nationale
Le bureau de l’Assemblée nationale est composé de :
Un Président (élu pour la législature, soit 5 ans)
Rôle : Dirige les débats, représente l’Assemblée, veille au respect
du règlement intérieur.
Actuel (2024) : Christophe Mboso N’Kodia Pwanga (depuis 2021,
issu de l’opposition modérée).
2 Vice-présidents
Assistent le président et le remplacent en cas d’absence.
3 Questeurs
Gèrent les finances et le budget de l’Assemblée.
12 Secrétaires parlementaires
Chargés de la rédaction des procès-verbaux et du bon
déroulement des votes.
Le bureau est renouvelé en début de législature ou en cas de
vacance.
2. Bureau du Sénat
Le bureau du Sénat comprend :
1 Président (élu pour 5 ans)
Rôle : Dirige les séances, représente le Sénat, participe aux
nominations clés (Cour constitutionnelle, CENI, etc.).
Actuel (2024) : Modeste Bahati Lukwebo (réélu en 2023, proche du
pouvoir).
2 Vice-présidents
Suppléent le président et animent les débats.
3 Questeurs
Supervisent les aspects financiers et logistiques du Sénat.
8 Secrétaires parlementaires
Vérifient les votes et tiennent les registres des débats.
Le bureau est élu en début de mandat ou en cas de modification politique.
II. LES FONCTIONS DU PARLEMENT EN RDC
II.1. FONCTION LEGISLATIVE
II.1.1. PROCESSUS D’ADOPTION DES LOIS (INITIATIVE, EXAMEN, VOTE).
En République démocratique du Congo (RDC), le processus d'adoption
des lois est régi par la Constitution de 2006 (révisée en 2011) et le
Règlement intérieur de l'Assemblée nationale et du Sénat. Voici les
principales étapes du processus législatif :
1. Initiative des lois (Dépôt du projet ou proposition)
Qui peut proposer une loi ?
Le gouvernement (projet de loi).
Les députés (proposition de loi, individuelle ou collective).
Les sénateurs (proposition de loi).
L'initiative populaire (rare, mais possible sous certaines
conditions).
Dépôt du texte
À l'Assemblée nationale ou au Sénat, selon le type de loi
(certaines lois doivent être d'abord examinées par l'une ou l'autre
chambre).
2. Examen et vote en première lecture
a. À l’Assemblée nationale
(AN)
Examen en commission :
Le texte est envoyé à une commission permanente compétente
pour étude.
La commission peut proposer des amendements.
Rapport en séance plénière :
Un rapporteur présente le texte et les amendements.
Débat et vote article par article, puis vote global.
Majorité simple requise (sauf pour les lois organiques et certaines
matières spécifiques).
b. Au Sénat
Si le texte vient de l’AN, il est transmis au Sénat pour navette
parlementaire.
Même processus : examen en commission, amendements, débat
et vote.
Si le Sénat modifie le texte, il retourne à l’AN pour une nouvelle
lecture.
3. Navette parlementaire (Concertation entre les deux chambres)
Si les deux chambres ne sont pas d’accord, une commission mixte
paritaire (AN + Sénat) peut être formée pour trouver un
compromis.
Si échec, l’Assemblée nationale a le dernier mot (sauf pour les lois
concernant les collectivités territoriales et certaines lois
organiques, où le Sénat est décisionnaire).
4. Adoption définitive et promulgation
Une fois adopté par les deux chambres (ou après dernier mot de
l’AN), le texte est envoyé au Président de la République pour
promulgation.
Le Président peut demander une nouvelle lecture (droit de veto
suspensif), mais si le Parlement confirme le texte à la majorité
absolue, il doit promulguer la loi.
5. Publication au Journal Officiel
La loi entre en vigueur après publication au Journal Officiel de la
RDC.
II.1.2. ROLE DANS LA REVISION CONSTITUTIONNELLE.
Rôle du Parlement dans l’adoption de la révision
a. Vote en termes identiques par les deux chambres
Le texte de révision doit être adopté séparément par l’Assemblée
nationale et le Sénat à la majorité des 2/3 des membres (et non
simplement des présents).
Si les deux chambres ne sont pas d’accord, une commission mixte
paritaire peut être formée pour trouver un compromis.
b. Adoption définitive par le Congrès (AN + Sénat réunis)
Après l’approbation des deux chambres, le texte est soumis au
Congrès (réunion des députés et sénateurs).
La révision est définitivement adoptée si elle obtient la majorité
des 3/5 des membres du Congrès.
c. Alternative : Référendum (si le Congrès n’atteint pas les 3/5)
- Si la majorité des 3/5 n’est pas obtenue au Congrès, le Président
de la République peut soumettre la révision à un référendum.
- La révision est alors adoptée si elle est approuvée par la majorité
des suffrages exprimés.
II.2. FONCTION DE CONTROLE DE L’EXECUTIF
II.2.1. QUESTIONS ORALES/ECRITES AU GOUVERNEMENT.
En République Démocratique du Congo (RDC), le Parlement exerce un
contrôle sur l'action du gouvernement à travers plusieurs mécanismes,
dont les questions écrites et orales. Ces instruments permettent aux
députés et sénateurs d'interroger les membres du gouvernement sur leur
gestion administrative, politique ou économique.
1. La Question Écrite
• Définition : Une interrogation adressée par un parlementaire à un
ministre ou au gouvernement entier, exigeant une réponse écrite.
• Objectif : Obtenir des clarifications sur des politiques publiques,
des projets de loi, ou des problèmes spécifiques.
• Procédure :
• Le parlementaire dépose la question auprès du bureau de
l'Assemblée nationale ou du Sénat.
• Le gouvernement est tenu de répondre dans un délai fixé
(généralement 30 jours, selon le règlement intérieur).
• La réponse est publiée dans le compte-rendu des débats
parlementaires.
2. La Question Orale
• Définition : Une interrogation posée directement en séance
plénière, avec réponse immédiate ou différée.
• Types :
• Question orale sans débat : Réponse brève du ministre concerné.
• Question orale avec débat : Suscite une discussion plus large et
peut déboucher sur des résolutions ou recommandations.
• Objectif : Contrôler l'action gouvernementale de manière plus
dynamique et médiatisée.
• Procédure :
• Le parlementaire inscrit sa question à l'ordre du jour.
• Le ministre concerné répond en séance publique.
II.3. FONCTION DE REPRESENTATION
II.3.1. REPRESENTATION DES PROVINCES ET DES CITOYENS.
En République Démocratique du Congo (RDC), le Parlement est
composé de deux chambres : l’Assemblée nationale (chambre basse) et le
Sénat** (chambre haute). Ces institutions jouent un rôle clé dans la
représentation des provinces et des citoyens congolais, conformément à la
Constitution de 2006 qui consacre la décentralisation. Voici comment cette
représentation s’organise :
1. Représentation des provinces au Parlement
a. Au Sénat (Chambre haute)
• Mode d’élection : Les sénateurs sont élus indirectement par les
assemblées provinciales (députés provinciaux).
• Représentation territoriale : Chacune des 26 provinces est
représentée par 4 sénateurs, assurant une égalité entre provinces
malgré leurs différences démographiques.
• Rôle : Le Sénat veille à la prise en compte des intérêts des provinces
dans les lois nationales et contrôle l’application de la
décentralisation.
b) À l’Assemblée nationale (Chambre basse)
• Mode d’élection : Les députés sont élus au suffrage universel direct
par les citoyens dans des circonscriptions électorales.
• Représentation démographique : Le nombre de députés par province
dépend de la population, avec un minimum de 4 députés même
pour les provinces peu peuplées (pour assurer une représentation
minimale).
• Rôle : Les députés défendent les intérêts de leurs circonscriptions et
votent les lois nationales.
2. Représentation des citoyens
• Élections démocratiques : Les députés sont directement choisis par
les citoyens, ce qui permet une représentation plus proche des
préoccupations locales.
• Participation politique : Les partis politiques et les élus sont censés
relayer les demandes sociales, bien que des critiques existent sur la
représentativité réelle (clientélisme, faible présence en zones
rurales).
• Décentralisation : Les provinces et entités territoriales
décentralisées (ETD) ont des compétences propres, ce qui rapproche
la gouvernance des citoyens.
II.3.2. PARTICIPATION AUX GRANDS DEBATS NATIONAUX
(SECURITE, ELECTIONS, ECONOMIE).
La participation du Parlement congolais (Assemblée nationale et
Sénat) au Grand Débat National sur les thèmes de la sécurité, des
élections et de l’économie se manifeste à travers plusieurs mécanismes
institutionnels et politiques. Voici une analyse détaillée :
1. Rôle dans l’organisation et l’animation du débat
• Représentation dans les instances de dialogue : Des parlementaires
sont souvent intégrés dans les comités d’organisation du Grand
Débat (ex : dialogue initié par le pouvoir ou facilité par des acteurs
internationaux).
• Auditions et consultations : Les commissions parlementaires
(Défense, Économie, Lois constitutionnelles) organisent des
auditions avec des experts, la société civile et les ministres
concernés pour alimenter les discussions.
2. Sécurité : Réformes législatives et contrôle
• Lois sur la défense et la sécurité :
- Vote de textes sur la réforme de l’armée et de la police (ex :
statut des militaires, lutte contre les groupes armés).
- Supervision des budgets sécuritaires (ex : fonds alloués aux
opérations dans l’Est).
• Commissions d’enquête : Certains députés demandent des enquêtes
parlementaires sur les défaillances sécuritaires (ex : massacres dans
l’Est, implication des forces armées).
3. Élections : Encadrement législatif et réformes
• Révision des lois électorales :
• Le Parlement discute et adopte des modifications du Code électoral
(ex : financement des partis, modalités de candidature, rôle de la
CENI).
• Débats sur le calendrier électoral (pressions pour éviter les reports
controversés).
• Surveillance du processus : Certains parlementaires siègent dans
des organismes de monitoring électoral ou interviennent pour
dénoncer des irrégularités.
4. Économie : Lois et politiques publiques
• Vote du budget et lois fiscales :
• Le Parlement examine les lois de finances pour orienter les priorités
économiques (ex : relance minière, diversification).
• Adoption de textes sur l’attraction des investissements (ex : révision
du Code minier).
• Lutte contre la corruption : Des députés poussent pour des enquêtes
sur les détournements (ex : fonds publics dans les secteurs clés).
III. LES DEFIS ET ENJEUX DU PARLEMENT CONGOLAIS
III.1. DEFIS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS
III.1.1. INSTABILITE POLITIQUE : CONFLITS ENTRE MAJORITE ET
OPPOSITION.
III.2. DEFIS SOCIO-ECONOMIQUES
III.2.1. CORRUPTION ET CLIENTELISME AU SEIN DU PARLEMENT.
III.2.2. DECONNEXION AVEC LES CITOYENS : MANQUE DE
TRANSPARENCE.
III.3. PERSPECTIVES DE REFORME
III.3.1. RENFORCEMENT DE L’INDEPENDANCE DU PARLEMENT.
III.3.3. AMELIORATION DE LA REPRESENTATIVITE (PARTICIPATION
DES FEMMES ET JEUNES).
3. CONCLUSION
1. RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX POINTS (ROLE,
FONCTIONNEMENT, DEFIS).
2. OUVERTURE : LE PARLEMENT CONGOLAIS PEUT-IL
DEVENIR UN PILIER DE LA DEMOCRATIE OU RESTE-T-IL
AFFAIBLI PAR LES CRISES POLITIQUES ?