1.
Introduction
Les émotions telles que la tristesse, la colère et la peur peuvent sembler similaires, mais elles se manifestent
différemment dans le corps et sur le visage, ce qui permet de les distinguer visuellement. Le ressenti émotionnel est
une expérience personnelle difficile à définir, mais qui est partagée dans toutes les cultures. Il est donc complexe de
définir précisément le ressenti, car il est lié à différents états physiologiques. L'expression faciale est une réponse
motrice stéréotypée associée à l'émotion. De plus, il existe des manifestations viscérales associées au système
nerveux central, telles que des changements dans la fréquence respiratoire. Dans tous ces cas, il semble s'agir de
l'expression de l'émotion plutôt que du ressenti lui-même. Par ailleurs, les émotions peuvent également se
manifester par des comportements tels que se cacher ou attaquer.
États physiologiques
- L'étude des réponses corporelles est plus facile que l'étude des expériences pour comprendre les états
physiologiques.
- Les perturbations émotionnelles peuvent être associées à des lésions.
- Il existe deux branches du système nerveux autonome : sympathique et parasympathique.
- Le système nerveux sympathique se met en œuvre face à un danger pour améliorer les chances de survie. Il utilise
la transmission adrénergique comme mécanisme.
- Le système nerveux parasympathique est actif pendant le repos pour la restauration des réserves. Il utilise
l'acétylcholine (ACh) comme neurotransmetteur.
- Les émotions, telles que la peur, sont apparues pour augmenter les chances de survie.
- Lorsqu'il s'agit d'émotions comme la peur, c'est principalement le système nerveux autonome en action, en
particulier le système nerveux sympathique.
Microexpressions faciales
- Les expressions faciales, également appelées micro-expressions, sont des réactions faciales involontaires.
- Elles sont de très courte durée, durent moins d'une demi-seconde et peuvent parfois passer inaperçues.
- Les micro-expressions peuvent être utilisées pour déterminer si quelqu'un ment ou non.
- Les principales micro-expressions sont le dégoût, le mépris, la tristesse, la colère, la peur et la joie.
2. Théories de l’émotion
Théorie de James-Lange
- Selon la théorie de James-Lange, les émotions et les sensations sont le résultat de notre cerveau intégrant les
réponses physiologiques de notre corps.
- Lorsque des stimuli sont perçus par notre cerveau, celui-ci active le système nerveux central (SNC), ce qui entraîne
des réponses comportementales ou endocriniennes. Ces réponses sont détectées par nos récepteurs internes et un
retour d'information est envoyé au cerveau.
- En associant ces réponses corporelles, le cerveau déclenche le ressenti des émotions correspondantes.
- Exemple : qqch sort de l’armoire → tremble → cours et sort de la pièce et seulement après, on se dit qu’on a eu
peur.
- Si nous parvenons à contrôler les modifications somatiques (par exemple, par la méditation), l'intensité de
l'émotion peut diminuer et disparaître.
- Bien que cette théorie présente des éléments convaincants, il existe également des arguments contraires.
Contre argument : Théorie de Cannon-Bard
- Selon la théorie de Cannon-Bard, il existe des contre-arguments à la théorie de James-Lange.
- Le premier contre-argument est que l'émotion n'est pas nécessairement liée à des comportements spécifiques. Par
exemple, on peut être triste sans pleurer, ce qui remet en question le lien direct entre comportement et émotion.
- Le deuxième contre-argument est que même si le cerveau intègre les informations physiologiques, les expressions
émotionnelles peuvent encore être observées chez les animaux dont le cerveau a été sectionné. Cela suggère que les
expressions émotionnelles peuvent se produire sans que les informations physiologiques soient pleinement
intégrées.
- Selon la théorie de Cannon-Bard, le cerveau intègre les informations et déclenche à la fois les réponses
physiologiques et le ressenti émotionnel simultanément.
- L'hypothalamus joue un rôle important dans cette théorie, agissant comme une gare de tri avant d'envoyer des
signaux vers le cortex et d'autres parties du cerveau, ce qui permet de soutenir les contre-arguments mentionnés.
Contrairement à la théorie précédente (James-Lange), cela suggère que le processus émotionnel ne nécessite pas
beaucoup de temps.
Théorie de Schachter
- Il existe toujours des théories qui soutiennent ou contestent différentes idées.
- La théorie cognitive de Schachter est de plus en plus adoptée. Elle intègre l'importance de l'intensité du stimulus et
prend en compte en permanence le contexte dans lequel nous nous trouvons, ce qui influence notre ressenti
émotionnel et notre réponse.
- Les stimuli peuvent se produire à tout moment, mais ils peuvent provoquer différentes émotions en fonction du
contexte.
- Par exemple, un bruit étrange en classe ne provoquera pas beaucoup de peur, tandis que le même bruit dans
l'obscurité de la nuit à l'extérieur peut déclencher une réaction de fuite.
- Dans l'exemple donné par le professeur, en séparant les participants en deux groupes, ceux qui étaient informés
qu'ils recevraient une injection augmentant leur battement cardiaque n'ont pas ressenti autant de peur que l'autre
groupe qui ne savait pas ce qui leur était injecté. Cela met en évidence l'impact du contexte sur les émotions
ressenties.
3. Le système limbique → traitement des émotions
Paul Broca : Aire de Broca
- Le système limbique est considéré comme le système des émotions dans le cerveau.
- Selon Paul Broca, une région appelée l'aire de Broca est impliquée dans le langage et la parole, mais il a également
identifié une partie distincte du cortex dans la région médiane, qu'il a appelée le lobe limbique en raison de son
emplacement en bordure (limbus) du cerveau.
- Le lobe limbique englobe une zone corticale qui entoure le corps calleux, qui est un faisceau de fibres permettant la
communication entre les hémisphères gauche et droit du cerveau.
- Le cortex singulaire, en bleu, se prolonge dans le lobe temporal.
James Papez : Circuit de Papez (voir mémoire humaine)
- Le circuit de Papez a été étudié par James Papez et est associé au traitement des émotions.
- Les recherches ont été menées sur des patients présentant des troubles émotionnels dus à des tumeurs et des
lésions dans la région du cortex cingulaire.
- Le cortex cingulaire communique avec le néocortex, formant ainsi une boucle de communication.
- Circuit de Papez : voir mémoire humaine
Syndrome de Kluver-Bucy
- Le syndrome de Kluver-Bucy a été étudié en effectuant des ablations des lobes temporaux médians.
- Les singes ayant subi ces ablations présentaient une agnosie visuelle, c'est-à-dire une incapacité à reconnaître
visuellement les objets, et avaient tendance à porter des objets à leur bouche.
- Ils présentaient également une réduction des réactions émotionnelles, en particulier une diminution de la peur et
une absence d'agressivité.
- Après l'ablation des lobes temporaux médians, ils perdaient l'expression des émotions.
- Cette caractéristique de réduction des réactions émotionnelles, notamment de la peur, est considérée comme une
conséquence de l'ablation d'une partie du système limbique.
3.1. L’amygdale et la peur
- L'amygdale est une structure en forme d'amande composée de matière grise, située médialement.
- Elle contient 12 noyaux importants. Les noyaux basolatéraux reçoivent principalement les informations, qui sont
intégrées par le noyau corticomédian, et la voie de sortie est le noyau central, qui transmet les informations en
dehors de l'amygdale.
- Au niveau du thalamus, il peut y avoir une projection directe vers l'amygdale, ainsi qu'une projection vers le cortex
visuel. Cela permet à l'amygdale de réagir rapidement, puis d'apaiser la réponse émotionnelle ultérieurement.
- En résumé, l'amygdale est une structure en forme d'amande composée de noyaux importants, qui reçoit des
informations du thalamus et d'autres régions du cerveau, et qui joue un rôle essentiel dans la réactivité émotionnelle
rapide.
3.2. Expérience Amygdale
- L'amygdale joue un rôle important dans les émotions de peur et d'agressivité.
- Son rôle a été étudié grâce à des expériences faciles à observer et à mesurer, car la peur est facilement excitée chez
les animaux.
- Dans une expérience typique, un animal est placé dans une cage avec une légère décharge électrique, ce qui
provoque une réaction de peur. Cela crée une réponse inconditionnelle de peur.
- On peut utiliser cette réaction pour conditionner la peur.
- Un stimulus conditionnel est utilisé, qui ne provoque pas de réaction de peur initiale marquée (pas
d’augmentation significative de la fréquence cardiaque ou l'immobilisation de l'animal)
- Chaque fois qu'une décharge électrique est donnée, un son est également présenté. Le choc électrique
fournit les caractéristiques spécifiques.
- Après l'entraînement, si le son est présenté seul, il provoque une réponse conditionnée avec les mêmes
effets que le choc électrique. Ainsi, la peur a été conditionnée.
- En cas de lésion de l'amygdale, il n'est plus possible d'obtenir un conditionnement de la peur.
- Avant le conditionnement, il n'y a pas d'activation du noyau de l'amygdale, mais après l'entraînement, le noyau
central est activé. Le conditionnement passe donc par l'activation de l'amygdale et du noyau central, qui envoie des
signaux à l'organisme.
- Les informations sortantes de l'amygdale sont projetées vers l'hypothalamus, qui est la voie de réponse, et elles
atteignent la substance grise périaqueducale. C'est un ensemble de neurones entourant l'aqueduc de Sylvius qui
traite les messages de la douleur. La stimulation électrique de cette région augmente l'état d'alerte. Elle intervient
clairement dans l'association de stimuli potentiellement douloureux avec une réponse émotionnelle.
- Il y a également des projections de l'amygdale vers le cortex cérébral, qui sont impliquées dans l'expérience
émotionnelle.
- Il existe également une réponse de type endocrine (voie indirecte) qui passe par le noyau de la strie terminale.
Cette deuxième voie contrôle la réponse du système endocrine en activant l'axe hypothalamo-hypophysaire. Une
augmentation de l'adrénaline peut se produire en réponse au stress.
- Les voies auditives comportent un relais par le thalamus, puis les informations se dirigent vers l'amygdale sans
entraîner une réponse directe, ainsi que vers le cortex auditif qui projette ensuite vers l'amygdale.
- En association avec d'autres voies, notamment la voie de la nociception (perception de la douleur), il se produit une
plasticité synaptique. Cela signifie que lorsqu'un son est associé à une expérience désagréable, les connexions
synaptiques se renforcent. Par conséquent, le son déclenchera automatiquement une réaction d'alarme.
Maladie de Hurbach-Wieth
La maladie d'Urbach-Wiethe est caractérisée par des lésions dans l'amygdale causées par l'accumulation de
lipoprotéines, ce qui entraîne des calcifications qui altèrent certaines structures. Les calcifications provoquent la mort
des neurones de l'amygdale.
Cas clinique
- Lorsqu'une personne est confrontée à des visages exprimant des émotions telles que la joie, la tristesse, etc., elle
réagit généralement de manière appropriée.
- Cependant, chez les patients qui ont une lésion ou une absence d'amygdale, ils ne réagissent plus aux visages
exprimant la peur, la surprise et la colère, qui se trouvent en dessous du seuil normal.
- Ces patients peuvent reconnaître les visages qui expriment ces émotions, mais ils ne peuvent pas les identifier
comme étant effrayants. Cependant, ils savent que lorsqu'une personne a peur, elle a tendance à se cacher.
4. Expression de l’émotion
- Au-delà de l'amygdale, l'intégration des émotions se fait dans l'hypothalamus, qui joue un rôle central dans
l'expression des émotions.
- Des expériences d'ablation des hémisphères cérébraux chez les chats ont montré que même en l'absence de stimuli
justifiant la colère, les chats exprimaient des comportements de rage, tels que le dos rond, les poils hérissés, les
pupilles dilatées et la queue fouettant.
- Cependant, en ajoutant des lésions à l'hypothalamus, ces comportements de rage pouvaient être supprimés. Selon
ces expériences, l'hypothalamus postérieur est responsable de la rage, et le cortex cérébral inhibe normalement
cette réaction.
- Lorsque l'inhibition est levée en retirant les hémisphères cérébraux, l'hypothalamus est activé, ce qui provoque la
rage.