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La Comédie humaine de Balzac : Analyse

Honoré de Balzac est un écrivain réaliste ancré dans le romantisme, connu pour ses œuvres qui dépeignent la société française entre 1830 et 1850, notamment à travers son projet monumental La Comédie humaine. Ses romans, tels que Le Père Goriot et Eugénie Grandet, explorent des thèmes comme l'amour et l'argent, tout en mettant en lumière les luttes sociales et les relations humaines. Balzac utilise une approche minutieuse et scientifique pour décrire les personnages et leur environnement, créant ainsi un vaste réseau narratif qui reflète les complexités de son époque.

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La Comédie humaine de Balzac : Analyse

Honoré de Balzac est un écrivain réaliste ancré dans le romantisme, connu pour ses œuvres qui dépeignent la société française entre 1830 et 1850, notamment à travers son projet monumental La Comédie humaine. Ses romans, tels que Le Père Goriot et Eugénie Grandet, explorent des thèmes comme l'amour et l'argent, tout en mettant en lumière les luttes sociales et les relations humaines. Balzac utilise une approche minutieuse et scientifique pour décrire les personnages et leur environnement, créant ainsi un vaste réseau narratif qui reflète les complexités de son époque.

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Honoré de Balzac

Sa vie
Il est un écrivain réaliste, mais demeure profondément ancré dans le
romantisme. À l'instar de Zola et Proust, il s'attache à dépeindre la société
française, en particulier durant la période charnière de 1830 à 1850, marquée
par des bouleversements sociaux et politiques.
Pour rendre ses œuvres accessibles à un large public, il choisit de publier ses
romans en feuilletons. Cette méthode, bien que moins coûteuse, l'obligeait à
reprendre régulièrement des éléments déjà abordés, ce qui pouvait devenir
répétitif et ennuyeux pour ses lecteurs. Sa littérature se présente comme un
miroir de la société de son temps, mais elle souffre d'un manque d'analyse
psychologique approfondie des personnages, souvent réduits à des archétypes.
Parmi ses œuvres les plus significatives, Peau de chagrin se distingue particulièrement. Ce roman explore des
thèmes profonds tels que l'énergie vitale et le pacte avec le diable. Chaque fois que le protagoniste, Raphaël,
formule un désir, celui-ci se matérialise, mais à un prix terrible. La notion de désir destructeur est
omniprésente ; Raphaël, en proie à un profond désespoir, envisage le suicide. Cette œuvre a exercé une
influence notable sur l'écrivain anglais Oscar Wilde, qui s'en inspire pour son célèbre Portrait de Dorian Gray.
Balzac, confronté à des difficultés financières, accumule des dettes pour subvenir à ses besoins. Il investit
également dans une maison d'édition, cherchant à contrôler la diffusion de ses écrits. Son approche de
l'écriture est quasi scientifique : il observe et décrit le monde avec une minutie qui vise à démontrer comment
l'environnement social et économique façonne les individus.

La Comédie humaine
Ce projet monumental constitue l'œuvre maîtresse de Balzac. Dans La Comédie humaine, il peint un tableau
détaillé de la haute et de la basse bourgeoisie, même s'il avait affirmé dans l'”Avant-propos” qu'il aborderait
toutes les classes sociales. Initialement prévu pour contenir 137 romans, le projet aboutit finalement à 89
titres, organisés en trois grandes sections. Chacune de ces sections, appelées “études”, est interconnectée
et s'appuie sur la précédente :
1. Étude analytique: qui pose les fondements de la société
2. Étude philosophique: qui examine les raisons et les sentiments influençant les comportements
3. Étude des mœurs: qui analyse comment le milieu social façonne l'individu et les types humains. Cette
étude se divise en scènes, chacune étant liée à un contexte social spécifique.

Le réalisme
Balzac aspire à dépeindre le monde moderne avec la même profondeur que Dante l'a fait pour l'au-delà.
Avec plus de 4000 personnages, dont près de 550 réapparaissent dans plusieurs romans, son œuvre tisse un
vaste réseau narratif. La chronologie de ses récits s'étend de la Révolution française, en 1789, jusqu'à son
époque, en 1848.
Il utilise un narrateur omniscient, ce qui confère à son récit une objectivité et un réalisme saisissants. Les
personnages qu'il crée incarnent des types humains variés, chacun avec des passions et des motivations
distinctes.

Les thèmes principaux


Les deux thèmes centraux de son œuvre sont l'amour et l'argent.
- Amour: Pour Balzac, l'amour est le résultat de multiples combinaisons, et il perçoit le mariage comme
une institution sociale dépouillée de tout romantisme. Souvent, il établit un lien direct entre l'amour
et l'argent, soulignant leur interdépendance.
- Argent: L'opposition entre l'avarice de Grandet et la générosité de Goriot illustre parfaitement cette
dualité. Ces deux personnages sont définis par leur rapport à l'argent. Balzac met en lumière la valeur
accordée à l'argent dans la société capitaliste émergente, le présentant presque comme une divinité
vénérée.

Le Père Goriot
Présentation du roman:
Ce roman, souvent considéré comme un roman d'apprentissage, explore le parcours éducatif et moral d'un
jeune provincial, Eugène de Rastignac, qui vient à Paris avec des ambitions nobles mais limitées par sa
pauvreté. L'œuvre met en lumière la dichotomie entre les deux visages de Paris : d'une part, le Paris riche,
flamboyant et séduisant, et d'autre part, le Paris pauvre, dangereux et désenchanté.
Signification du nom:
Le nom Père Goriot n'est pas anodin, il porte une double signification. D'une part, il évoque Jean-Joachim
Goriot, un homme qui ne vit que pour ses fonctions paternelles. D'autre part, il souligne l'ingratitude de ses
deux filles, Delphine et Anastasie, qui ne se soucient guère de lui une fois qu'elles ont atteint leurs objectifs
personnels.
Intrigue:
L'action se déroule en 1819, dans la pension de Madame Vauquer, un lieu où se côtoient des personnages
variés, dont un ancien fabricant de pâtes, le Père Goriot, un jeune héritier rejeté par sa famille, et un homme
mystérieux nommé Vautrin, qui cherche à manipuler les autres. Vautrin propose à Eugène de Rastignac
d'épouser la fille d'un banquier, en échange de quoi il l'aiderait à se débarrasser du frère de cette dernière.
Cependant, Eugène, en proie à des dilemmes moraux, refuse cette offre et commence à saisir la véritable
nature de cette société, où les ambitions et les manipulations règnent en maîtres.
Évolution de Rastignac:
L'évolution morale d'Eugène est au cœur de l'intrigue, illustrant le destin tragique des autres résidents de la
pension. Le Père Goriot, qui a sacrifié toute sa vie pour ses filles, se retrouve désormais isolé et méprisé.
Celles-ci, après avoir épousé des hommes riches, ne se préoccupent plus de lui, ne cherchant qu'à exploiter
son argent. À la fin, Eugène sera le seul à accompagner le cercueil de Goriot, ayant appris une leçon amère :
pour survivre à Paris, il faut parfois être impitoyable.
Personnages
Les personnages du roman sont façonnés par un déterminisme social rigide.
- Père Goriot: Il met toujours les besoins de ses filles avant les siens, apparaissant aux yeux d'Eugène
comme un alchimiste déchu. Il vend même ses biens précieux pour leur fournir de l'argent, sombrant
peu à peu dans la misère. Il incarne l'archétype du père dévoué, sacrifiant tout pour ses enfants.
- Madame Vauquer: Propriétaire de la pension, elle est décrite par Balzac comme une figure avare,
dont le caractère reflète l'atmosphère pesante et dégradante de son établissement.
- Eugène de Rastignac: Il est le protagoniste qui apprend à naviguer dans les eaux troubles de la
société parisienne. Sa relation avec Delphine lui apporte un certain succès, et il partage avec le Père
Goriot ses expériences, renforçant ainsi leur lien.
La déchéance de Goriot:
Le texte commence par dépeindre l'apparence physique du Père Goriot. Les premières lignes évoquent un
homme vieillissant, autrefois bourgeois, désormais seul et négligé: "ses cheveux, d'un gris sale et verdâtre".
Son déclin est palpable. Il ne prend plus soin de lui et semble avoir perdu toute dignité.
À partir de la ligne 16, le lecteur est témoin de sa dégradation. Goriot porte désormais un unique habit, usé
par le temps : "une redingote de drap marron grossier, un gilet en poil de chèvre et un pantalon gris en cuir
de laine". Sa silhouette s'amincit, et Balzac souligne qu'après son installation rue Neuve-Sainte Geneviève, il
a radicalement changé, décrivant un homme qui "semblait un septuagénaire hébété, vacillant, blafard".
Vers la fin de l'extrait, Madame Vauquer, avec une raillerie mordante, questionne Goriot sur l'absence de
visites de ses filles, insinuant ainsi un doute sur son rôle de père. Dans son ton ému, Goriot révèle combien
ces filles ont constitué le centre de sa vie, et il réalise, avec amertume, qu'elles ne lui rendent plus visite,
n'ayant plus besoin de lui.
La mort du Père Goriot:
Le jour des funérailles de Goriot, il est décédé sans avoir revu ses filles, et Eugène assiste, seul et désemparé,
à l'enterrement. Ses filles, indifférentes, n'ont même pas daigné se présenter, leurs voitures arrivant vides.
L'expression "les gens de ces filles, qui disparurent avec le clergé" constitue une double accusation: envers
le clergé, qui aurait dû prier pour lui, et envers la noblesse, qui semble complice de cet abandon. Le prêtre,
au lieu de rendre hommage à l'homme qu'il a été, se concentre sur l'argent qu'il reçoit. Dans ce monde,
l'argent est le seul dieu qui compte.
La tristesse de la scène est accentuée par un vocabulaire funèbre : "Le corps du Père Goriot fut descendu
dans sa fosse", énoncé sans émotion. La répétition du mot "larme" et des expressions telles que "horrible
tristesse" renforce l'atmosphère de désespoir.
La larme:
La répétition du terme "larme" attire l'attention sur sa signification symbolique. Elle représente la fin de la
jeunesse et de l'innocence d'Eugène. L'expression "sa dernière larme de jeune homme" illustre son passage
à l'âge adulte ; à mesure que cette larme tombe, Rastignac entame une nouvelle phase de sa vie.
La ruche bourdonnante:
L'auteur décrit Paris comme une "ruche bourdonnante", une métaphore qui évoque une ville où chacun
travaille inlassablement pour l'argent, illustrant la frénésie et l'avidité qui caractérisent la société parisienne.
La métamorphose de Rastignac:
En arrivant à Paris, Eugène est naïf et idéaliste. Il réalise rapidement que pour intégrer la bourgeoisie, il doit
changer sa personnalité et s'adapter aux normes de cette nouvelle société. Le texte se divise en deux parties
: la première, au ton romantique, se concentre sur la mort de Goriot et l'indifférence des autres. La seconde
adopte un registre plus réaliste, où le romantisme s'effondre, et Eugène critique la ville qui l'entoure. Ce
passage d'un registre à l'autre souligne la transformation de Rastignac.
L'extrait se termine sur une note ouverte, laissant le lecteur dans l'incertitude quant à l'avenir d'Eugène, qui
mentionne qu'il va dîner chez Mme de Nucingen, sans révéler ce qui se passera ensuite.
L’expérience vécue:
Sur son lit de mort, assisté par Eugène de Rastignac, Goriot appelle ses filles, qui, au final, le laisseront seul
dans sa souffrance.
Les verbes "venir" et "vouloir":
Le texte insiste sur la répétition du verbe "venir", soulignant le désir désespéré d'un père de voir ses filles,
en même temps que l'impossibilité de leur présence. Ce verbe est aussi utilisé pour illustrer le conflit intérieur
de Goriot, qui, à la ligne 15, déclare : “Elles ne viendront pas rafraîchir mon agonie", avant de s'exclamer
deux lignes plus tard : "Elles viendront !" De même, le verbe "vouloir" apparaît fréquemment, exprimant le
désir ardent de Goriot de retrouver ses filles, qu'il considère comme les siennes : "Je veux mes filles, je les ai
faites, elles sont à moi !"
La culpabilité:
À l'heure de sa mort, Goriot prend conscience que ses filles ne l'ont aimé que tant qu'il avait quelque chose
à leur offrir, c'est-à-dire de l'argent. Les mots prononcés par Goriot révèlent une image contradictoire de ses
filles. Dans un premier temps, elles semblent coupables de leur égoïsme, alors que Goriot déclare : "Je leur
ai donné ma vie, elles ne me donneront pas une heure aujourd'hui". Cependant, vers la fin de l'extrait, il
commence à justifier leurs actions, attribuant leur égoïsme à sa propre faiblesse, ayant habitué ses filles à le
manipuler selon leur volonté.
Le délire de Père Goriot:
Dans la dernière partie de l'extrait, la détresse de Goriot se transforme en délire. Il va jusqu'à affirmer qu'il
paiera ses filles pour venir le voir. Pour lui, la seule chose qui compte est de les voir une dernière fois, peu
importe si cela est motivé par l'avarice. Ce délire le prive de sa lucidité, et il commence à se blâmer pour les
actions de ses filles.
Le ton pathétique:
L'ensemble du texte dégage un ton pathétique, accentué par les contradictions et le délire de Goriot, qui
change fréquemment d'interlocuteur. Il tente même de convaincre le lecteur que ses filles viendront, car
c'est la loi qui l'exige, en déclarant : "La loi veut qu'on vienne voir mourir son père".
L'odeur de la pension Vauquer:
Cet extrait décrit en détail le salon de la pension, en particulier son odeur, que Balzac qualifie d'"odeur de
pension". Cette expression souligne le fait que cet endroit "donne froid, est humide au nez, pénètre les
vêtements". Ce n'est pas un lieu accueillant ; le narrateur le compare même à un hospice, offrant une
description très réaliste. La pension est présentée comme un endroit où la vie s'étiole.
Le champ lexical de l'odorat:
Le champ lexical de l'odorat est prédominant, illustré par des expressions telles que "Le goût d'une salle où
l'on a dîné" et "parfumé comme doit l'être un boudoir", qui sont principalement négatives.
Description des meubles: À la ligne 9, commence la description des lieux et des meubles, que l'auteur qualifie
d'"indestructibles", mais les décrit également comme les débris d'une civilisation en déclin, inutiles et
obsolètes.
L'influence du milieu: Selon Balzac, le milieu a une âme et influence profondément les individus. C'est
pourquoi il commence son roman par une description minutieuse du cadre où évoluent les protagonistes.
Balzac affirme que la propriétaire de la pension, Madame Vauquer, est l'incarnation même de cet endroit.

Eugénie Grandet:
Action
Le roman se déroule dans une petite ville de province où l'avare père Grandet, ancien tonnelier respecté par
les habitants, consacre sa vie à amasser des richesses considérables. La mère et la fille Grandet vivent dans
une atmosphère sombre et monotone, passant leurs journées à coudre et à raccommoder des vêtements,
tandis que la fidèle servante Nanon veille sur le foyer. Deux familles, les Cruchot et les Des Grassins, rivalisent
pour obtenir la main d'Eugénie, promise à un avenir de riche héritière. Cependant, l’arrivée inattendue de
son cousin Charles Grandet en provenance de Paris bouleverse son existence. Eugénie, tombant follement
amoureuse de lui, se retrouve entraînée dans une lutte contre l’avarice de son père, cherchant à rendre la
vie de Charles aussi agréable que possible. Elle n’hésite pas à utiliser son propre argent pour permettre à
Charles de partir faire fortune aux Indes, mais finalement, il ne reviendra pas, et leurs rêves de mariage
s’évanouiront.

Personnages
Les personnages principaux sont au nombre de quatre:
- Eugénie Grandet: Fille du père Grandet, elle se distingue par sa sensibilité et sa générosité, contrastant avec
l’avarice de son père. Elle idéalise sa relation avec Charles, espérant un avenir radieux à ses côtés.
- Père Grandet: Contrairement à Père Goriot, qui sacrifie tout pour ses filles, Grandet est un avare qui refuse
de laisser sa fille épouser l'homme qu'elle aime, préférant conserver son argent.
- Charles Grandet: Cousin d'Eugénie, il est conscient de la richesse de son oncle, mais choisit de ne pas en
parler. Il s’en va à l’étranger avec l’argent d’Eugénie, promettant de revenir pour l’épouser. Bien qu'il soit
fasciné par la pureté d’âme d’Eugénie, il ne lui témoigne pas un amour véritable.
- Nanon: Servante dévouée de la maison Grandet, elle observe les événements avec une loyauté silencieuse
envers Eugénie.
Promesses:
Eugénie, éperdument amoureuse de Charles, lui confie sa bourse pour qu'il puisse partir aux Indes faire
fortune. Ils se promettent de se marier à son retour. Dans l'extrait, trois moments chronologiques se
distinguent:
1. Le baiser: Le dialogue entre Eugénie et Charles se termine par un baiser, décrit comme "le plus pur, le plus
suave, mais aussi le plus entier de tous les baisers". Ce baiser symbolise la promesse d’Eugénie de rester
fidèle à Charles, attendant son retour pour l’épouser. Elle idéalise ce moment, le percevant comme parfait,
ce qui laisse présager une fin tragique pour leur relation. Nanon interrompt ce moment chargé d’émotion.
2. Les interruption: Les interruptions, notamment par Nanon et le père Grandet, ramènent les amoureux à
la dure réalité de leur situation.
3. Entre le baiser et le départ: Ce passage est empreint de tristesse, illustrant les pensées d’Eugénie qui prend
conscience qu’elle doit désormais se fier à la promesse du retour de Charles. Ce moment est marqué par
l'imparfait, évoquant des habitudes passées. Désormais, son désir est de s’échapper avec lui.
4. Le départ: À ce moment crucial, Charles laisse à Eugénie la clé du bahut contenant un coffret avec les
portraits de ses parents décédés. À l’intérieur se trouve également une bourse vide, qui contenait autrefois
l’argent d’Eugénie. Balzac souligne la valeur émotionnelle de cet objet, car Eugénie déclare: "Elle ne sortira
pas de là, mon ami", et Charles répond: "Eh bien, mon cœur y sera toujours ici", symbolisant ainsi
l'attachement profond qu'ils partagent. Ils se séparent en se promettant un amour éternel avec les mots: "À
toi pour jamais".
L'amour:
Les deux personnages sont sincères, ayant réellement développé des sentiments l'un pour l'autre.
Cependant, leur promesse ne sera pas tenue, car Charles reviendra des Indes enrichi, mais épousera une
autre femme. Eugénie conserve sa pureté d’âme jusqu’à la fin, convaincue qu’un jour elle épousera son
cousin. Elle idéalise cet amour, tandis que Charles, lui, est davantage fasciné par la noblesse d’âme d’Eugénie
que par un véritable amour. À la fin du texte, l’adverbe "momentanément" souligne que l’amour de Charles
n’est pas aussi sincère que celui d’Eugénie. La promesse faite au moment du départ n’a purifié que
temporairement les sentiments de Charles pour elle.
L'argent:
L’argent est un thème central du roman. Balzac souhaite dépeindre la société française telle qu'elle est,
fondée presque exclusivement sur l’argent et les intérêts matériels.

Je n’ai plus mon or


Eugénie a donné par amour à Charles les pièces d'or que son père lui avait offertes pour sa fête. Le 1er janvier
1820, comme à son habitude, Grandet demande à sa fille de lui montrer son trésor afin d’y ajouter une
nouvelle pièce, découvrant avec consternation qu’elle ne l’a plus.
- Eugénie: Dans cette scène, Eugénie apparaît sous un jour très différent de celui qu'elle avait dans
"Promesses", où elle était complètement soumise à l’amour. Ici, elle se confronte à son père avec
détermination, lui tenant tête. Cela est particulièrement évident dans les lignes 45-50 et vers la fin de
l’extrait, où elle lui répond : "Mais tu es une enfant", "majeure".
- Le réalisme: À travers son langage et certaines expressions, Balzac illustre clairement le réalisme de son
œuvre : "Par la serpette de mon père", "comme un cheval qui entend tirer le canon à dix pas de lui".
- Les adjectifs possessifs: Les adjectifs possessifs jouent un rôle crucial dans le récit : "mon or", "votre or".
Père Grandet est obsédé par l’argent ; il est avare, et son or est tout ce qui l’intéresse. Cette obsession
rappelle le personnage de Grandet à celui de *L'École des femmes* de Molière.
- L'ironie: Balzac utilise également l'ironie pour décrire la scène. Par exemple, il écrit : "Une voix alla
crescendo", un terme élégant pour décrire la montée du ton de la voix de Grandet.
- Mme Grandet: Dès la ligne 13 jusqu'à la ligne 21, on assiste à un malaise de Mme Grandet, qui est escortée
dans sa chambre. Elle déclare : "Grandet, ta colère me fera mourir", affirmant ainsi que son malheur est
causé par l’obsession de son mari pour l’argent.
- M. Grandet maudit sa fille: À la suite d'une dispute entre père et fille, à la dernière ligne de l'extrait, Père
Grandet maudit Eugénie en déclarant: "Mais je te maudis, toi, ton cousin et tes enfants".
- Père et fille: Eugénie et Grandet représentent deux pôles opposés. Grandet, avare, n’a même pas informé
sa famille de sa richesse. En revanche, Eugénie est généreuse ; elle donne la seule portion d’or qu’elle
possède à Charles pour l’aider à partir faire fortune.
- Axes: Les deux axes d’analyse pourraient être l’obsession de Grandet pour son argent et le contraste entre
Eugénie et son père.

Père Goriot et Père Grandet


Père Goriot donne tout son argent à ses filles, vivant uniquement pour elles. En revanche, Père Grandet, qui
est très riche grâce à l’accumulation de ses biens, cache sa fortune à sa famille, révélant ainsi une avarice
profonde. La seule chose qui unit ces deux pères est leur dévotion, bien que celle de Goriot soit empreinte
d’amour, tandis que celle de Grandet est teintée d’égoïsme.

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