Cours d’Economie Générale : Filières Hôtellerie et Restauration/Secrétariat (SC ; SB ; AD…)
Préparé par Simon BEKOLLE, Ingénieur Conseil en Finance-Stratégie-Comptabilité
MODULE III : LA PRODUCTION
La production est réalisée par des entreprises de nature différente, mais toutes visent à fournir
des biens et services pour satisfaire les besoins individuels ou collectifs.
Pour atteindre son objectif, l’entreprise est appelée à prendre certaines décisions telles que : que
produire ? Dans quel secteur investir ? Quelle est la combinaison optimale des facteurs de
production à retenir ? Enfin, quels sont les choix ou les contraintes techniques qui s’imposent à
l’entreprise et qui vont l’amener à améliorer l’efficacité du processus de production ?
Ce présent chapitre a pour but d’aborder ces différents problèmes en mettant l’accent sur
l’importance de la production dans l’analyse économique.
VII-1/ Généralités sur la production
VII-1-1/ Définition et mesure de la production :
La comptabilité nationale définit la production comme : l’activité économique socialement
organisée, consistant à créer des besoins et des services s’échangeant habituellement sur un
marché et destinés à la satisfaction directe ou indirecte des besoins des hommes vivant en
société.
Cette définition permet la distinction entre la production marchande et la production non
marchande.
-La production marchande : elle concerne les entreprises qui produisent des biens et services
qui s’échangent, ou sont susceptibles de l’être, sur le marché à un prix couvrant au moins son
coût de production.
La valeur de la production (P) est égale à la quantité produite (q) multipliée par le prix de marché
p:P=q*p;
-La production non marchande : par convention, il n’existe pas de biens non marchands, la
production non marchande correspond aux services livrés aux usagers sans contrepartie
monétaire directe. Ces services sont fournis principalement par les administrations publiques.
La production, qu’elle soit marchande ou non marchande, est obtenue suite à la mise en œuvre
d’un certain nombre de facteurs de production appelés inputs. Quels sont ces facteurs de
production ?
VII-1-2/ les facteurs de production :
Ce sont toutes les ressources économiques qui entrent dans la fabrication d’un produit. Si les
classiques distinguent trois principaux facteurs de production : la terre, le capital et le travail ;
les néoclassiques privilégient uniquement deux facteurs de production à savoir le capital et le
travail, la terre n’étant qu’une forme de capital.
Le facteur travail :
1
Cours d’Economie Générale : Filières Hôtellerie et Restauration/Secrétariat (SC ; SB ; AD…)
Préparé par Simon BEKOLLE, Ingénieur Conseil en Finance-Stratégie-Comptabilité
C’est l’énergie humaine utilisée au niveau de l’unité de production. Le facteur travail correspond
à la force de travail nécessaire à l’activité de production offerte par la population active et
demandée par les entreprises. Le facteur de production est analysé sous deux aspects : l’aspect
quantitatif et l’aspect qualitatif.
L’aspect quantitatif : la quantité de travail disponible dans une économie est fonction :
des besoins de la totalité des agents économiques ;
de l’importance de la population active ;
de la durée légale du travail et de la législation du travail (influant sur la durée d’utilisation des
unités de travail).
L’aspect qualitatif : le travail n’est pas une donnée homogène puisqu’il nécessite des
compétences particulières et l’acquisition d’un savoir-faire spécifique. Ces compétences
dépendent de la qualification des travailleurs. On distingue deux types de main d’œuvre :
la main d’œuvre non qualifiée : elle se limite à des travaux d’exécution, sans formation
préalable la main d’œuvre qualifiée : elle se charge des travaux de conception et
d’encadrement. Dans la théorie économique, le travail qualifié est assimilé à du capital, on parle
même d’investissement dans le capital humain. Avec le progrès technique, l’entreprise a besoin
de plus en plus d’une main d’œuvre qualifiée et performante.
Le facteur capital :
Il se réfère à l’ensemble des biens qui sont eux même produits par la firme (machine, matériel,
équipement…) et qui sont destinés à produire d’autres biens. Pour acquérir ce type de capital,
appelé capital technique, l’entreprise a besoin de procéder à des investissements.
Avant de définir les modes et les déterminants de l’investissement, passons à l’étude de la
fonction de production.
VII-2/ La fonction de production
VII-2-1/ Définition :
La fonction de production exprime les relations existant entre la quantité de produit obtenue et
les quantités de facteurs nécessaires. Elle détermine la quantité maximale qu’on peut obtenir à
partir d’un volume donné de moyens de production.
La notion de fonction de production précise le modèle économique simplifié de l’activité de
production. En effet, une entreprise qui dispose de deux facteurs de production : le capital (K) et
le travail (L), elle peut, en les combinant, obtenir un niveau de production f(K,L) dont le
maximum sera Q.
Ainsi, la fonction de production est une fonction qui associe à toute combinaison C(K,L) le
nombre Q = f(K,L) output ou production maximum pour la combinaison C(K,L) et ceci pour une
unité de temps donnée. De la relation entre facteurs de production et production, dépend
2
Cours d’Economie Générale : Filières Hôtellerie et Restauration/Secrétariat (SC ; SB ; AD…)
Préparé par Simon BEKOLLE, Ingénieur Conseil en Finance-Stratégie-Comptabilité
l’efficacité économique de la combinaison productive de l’entreprise. Cette efficacité est évaluée
à partir de la notion de productivité des facteurs.
VII-2-2/ La notion de productivité :
La productivité est le rapport, en termes réels, entre le produit et l’un ou l’ensemble des facteurs
de production.
Selon Antony Giles2, la productivité d’une économie est le rapport entre ce qu’on appelle les
"intrants" ou inputs (le travail, le capital) et les "extrants" ou outputs c'est-à-dire les produits et
les services.
La productivité paraît ainsi comme une comparaison entre la production réalisée et les quantités
de facteurs de production utilisées.
Dans l’analyse économique, on distingue deux types de productivité : la productivité partielle et
la productivité globale.
La productivité partielle des facteurs de production : selon l’emploi des facteurs de
production, la productivité peut prendre deux formes :
-La productivité du facteur travail : elle mesure la quantité de bien ou service que peut
produire une entreprise à l’aide d’une unité de travail engagée. C’est donc le rapport
entre la quantité produite (P) et la quantité de travail mise en œuvre pour l'obtenir (L)
La productivité du travail = Volume de la production / volume de travail = Valeur
de la production obtenue / temps de travail passé pour réaliser cette production
On parle aussi de productivité apparente de travail qui mesure l’efficacité productive des
travailleurs employés = Valeur ajoutée (VA) / Effectif des employés. Il s’agit de la valeur ajoutée
par personne active employé.
-La productivité du facteur capital : elle mesure la quantité de bien ou service que peut
produire une entreprise à l’aide d’une unité de capital investi. C'est aussi, le rapport entre la
quantité produite (P) et le montant de capital fixé (K)
Productivité du capital = Volume de la production / volume du capital fixe
productif.
De même, la notion de productivité apparente du capital existe dans l’analyse économique =
Valeur ajoutée (VA) / Capital fixe productif. C’est un indicateur qui donne une idée de
l’efficacité des investissements et donc de leur capacité à engendrer un profit.
La productivité globale des facteurs de production (PGF) : elle est définie par le
rapport entre la production réalisée par une unité économique et l’ensemble des facteurs
de production (K,L) utilisés dans le processus de production.
PGF = Volume de la production / Volume (Travail + Capital + Investissement)
3
Cours d’Economie Générale : Filières Hôtellerie et Restauration/Secrétariat (SC ; SB ; AD…)
Préparé par Simon BEKOLLE, Ingénieur Conseil en Finance-Stratégie-Comptabilité
Compte tenu de ces définitions, la productivité s’améliore à chaque fois qu’il y a une
augmentation du rapport résultant, soit d’un accroissement de production sur la base des mêmes
quantités de facteurs, soit d’une même quantité de production en utilisant des quantités de
facteurs de production moindres. Quelle que soit l’origine de cet accroissement, les gains de
productivité proviennent principalement du progrès technique.
L’intérêt du calcul de la productivité : la productivité du travail est une notion
importante pour l’entreprise. Elle permet d’évaluer le coût du facteur travail et de
calculer sa rentabilité. Les entrepreneurs peuvent décider de délocaliser leur production
dans des pays plus rentables.
La productivité est un indicateur important dans l’arbitrage entre homme et machine puisqu’on
peut procéder au même calcul pour le facteur capital et aussi comparer la productivité des deux
facteurs. Les économistes considèrent que la productivité joue un rôle important dans le
développement économique d’un pays.
L’amélioration de la productivité est perçue comme étant une condition nécessaire, voire une
priorité pour chaque nation qui veut rattraper son retard et accéder au rang des grands pays
industrialisés.
VII-2-3/ La productivité marginale (Pm) :
C’est une notion aussi importante que la productivité des facteurs. C’est un indicateur
fréquemment utilisé en économie et constitue une base fiable dans la prise de décision sur les
coûts. La productivité marginale constitue la variation positive ou négative de la production à la
suite d’un recrutement d’un travailleur ou l’injection d’une unité de capital dans
l’investissement. En d’autres termes, la productivité marginale d’un facteur est la production
additionnelle que l’on peut obtenir suite à l’utilisation d’une unité additionnelle d’un facteur,
l’autre facteur reste constant.
VII-2-3-2/ La loi des rendements décroissants :
C’est une loi économique selon laquelle l’augmentation de la quantité relative d’un facteur, celle
de l’autre restant fixe, entraine une quantité supplémentaire de produits de moins en moins
grande, c'est-à-dire que la production augmente, mais de moins en moins vite.
Cette loi a été initialement formulée par Turgot puis approfondie par Ricardo. Appliquée à
l’agriculture, la loi stipule que les rendements décroissent, comme dans tout autre domaine,
jusqu’à atteindre un "état stationnaire" où les rendements supplémentaires sont nuls.
En effet, les ressources sont limitées puisque les terres arables ne peuvent être augmentées. Ainsi
en partant du cas de l’agriculture, Ricardo conserve un facteur fixe, la terre, et fait augmenter
progressivement la quantité du facteur travail et il affirme que pour chaque travailleur
supplémentaire, le rapport entre les deux facteurs diminue et les productivités marginales des
unités ajoutées augmentent dans une première étape ce qui correspond à la phase des rendements
croissants. Mais, à partir d’un certain niveau la productivité marginale commence à décroître,
quand le nombre de travailleurs augmente, et la loi des rendements décroissants entre en jeu.
4
Cours d’Economie Générale : Filières Hôtellerie et Restauration/Secrétariat (SC ; SB ; AD…)
Préparé par Simon BEKOLLE, Ingénieur Conseil en Finance-Stratégie-Comptabilité
VII-2-3-3/ La loi des rendements d’échelle :
La notion de rendement d’échelle (RE) est très importante en sciences économiques. Elle aide
l’entreprise à procéder à un choix optimal concernant la taille de son unité de production, le
nombre d’unités de production et la technologie optimale. Les rendements d’échelle indiquent
les conséquences sur le niveau de la production d’une variation simultanée et proportionnelle des
facteurs de production.
L’observation montre que les entreprises sont confrontées aux trois cas de figure. Elles peuvent
connaître des rendements d’échelle croissants, constants ou décroissants, en fonction de
l’importance du taux de croissance de la production par rapport à celui de tous les inputs.
-Les rendements d’échelle sont constants lorsque la production évolue dans les mêmes
proportions que les facteurs de production. Si on multiplie les facteurs de production par un
coefficient λ (λL et λk), la production Q sera multipliée par ce même coefficient λ : (λQ).
-Les rendements d’échelle sont croissants lorsque la production augmente plus
proportionnellement que les facteurs de production. On dit l’entreprise réalise des économies
d’échelle. C'est-à-dire elle enregistre des diminutions de coût de production unitaires obtenues
grâce à une augmentation des dimensions de l’unité de production.
-Les rendements d’échelle sont décroissants quand la production augmente moins
proportionnellement que les facteurs de production. Dans ce cas, l’entreprise subit des des
économies d’échelle.
D’une manière générale, les entreprises qui bénéficient d’économie d’échelle sont plus efficaces.
Elles présentent certaines spécificités telles que : la spécialisation des facteurs de production, la
division des tâches, l’utilisation plus intensive du personnel qualifié ainsi que l’utilisation plus
intensive du capital