Résumé détaillé en français simple (avec termes orthophoniques)
🔹 Définition de l’aphasie
L’aphasie est un trouble du langage acquis, causé par une lésion cérébrale (souvent un AVC,
un traumatisme crânien ou une tumeur).
Elle touche :
le pôle expressif (quand la personne parle ou écrit),
et/ou le pôle réceptif (quand elle écoute ou lit).
👉 Cela peut concerner le langage oral (parlé/entendu) et le langage écrit (lu/écrit).
Ce trouble est lié à une atteinte des aires du cerveau spécialisées dans le langage : souvent
dans l’hémisphère gauche chez les droitiers (aire de Broca, aire de Wernicke...).
🚫 Ce que l’aphasie n’est pas
Il est important de ne pas confondre l’aphasie avec d’autres troubles du langage. Voici ceux
cités dans ton texte :
❌ Trouble ✔️Ce que c’est ❗ Différences avec l’aphasie
Présent dès l’enfance, alors que
Retard dans l'acquisition du
Retard de langage l’aphasie est acquise après une
langage chez l’enfant
lésion
Trouble global du Le langage est proportionnel au
Déficience intellectuelle
développement cognitif niveau global de développement
Retard de parole / retard Développement plus lent que Se résorbe souvent avec le temps,
simple de langage la norme, mais sans lésion sans séquelles
Présent dès l’enfance, d’origine
Trouble développemental
Dysphasie neurologique, sans lésion acquise
sévère du langage
identifiable
Langage oral souvent préservé,
Dyslexie Trouble de l'apprentissage de
différent du trouble global
développementale la lecture
d’aphasie
Problème psychiatrique, sans
Discours incohérents chez Trouble du contenu du
atteinte directe des structures du
les psychotiques langage (ex : schizophrénie)
langage
Pistes pour t’améliorer
1. Apprends à faire la différence entre les troubles développementaux et acquis.
2. Utilise des cas cliniques imaginaires pour t’entraîner : "Un enfant ne parle pas à 3 ans
: aphasie ? dysphasie ?"
3. Résume chaque concept avec une phrase-clé et un exemple simple.
❓ Questions pour aller plus loin
1. Quels tests permettaient de distinguer une aphasie d’une dysphasie ?
2. Pourquoi les aires de Broca et Wernicke sont-elles si importantes ?
3. Que se passe-t-il si seule la compréhension écrite est touchée ?
4. Peux-tu imaginer un patient avec une aphasie expressive mais une bonne
compréhension ?
Définition du mutisme (en français simple)
🔹 Qu’est-ce que le mutisme ?
Le mutisme est une absence totale de parole. La personne n’émet aucun son, même pas des
mots simples.
👉 Ce n’est pas un choix volontaire ou un blocage psychologique (comme dans certains
troubles psychiatriques), mais une impossibilité physique ou neurologique de parler.
🔹 Origine neurologique
Il survient souvent après une lésion cérébrale brutale, par exemple :
un AVC (accident vasculaire cérébral) ;
un traumatisme crânien (ex. : accident de la route).
En général, cela arrive au réveil du coma. Le patient ne produit aucun mot, parfois même
pas un cri, alors qu’il est conscient.
🕒 Durée variable : peut durer quelques jours, quelques semaines… cela dépend de la gravité
de la lésion et du type d’aphasie.
🔹 Quel est le rôle de l’orthophoniste ?
L’orthophoniste a un rôle fondamental : il aide le patient à retrouver une première
communication.
On parle alors de démutisation, c’est-à-dire :
relancer l’émission volontaire de sons, de mots ;
soutenir les premières tentatives de communication (mimiques, gestes,
onomatopées, etc.) ;
valoriser chaque essai, même minime.
Cela demande patience, stimulation adaptée, et un travail progressif.
📘 Termes orthophoniques à retenir
Terme Définition
Mutisme Absence totale de parole suite à une lésion cérébrale
Démutisation Processus de rééducation visant à faire réapparaître la parole
Aphasie globale Forme sévère d’aphasie pouvant inclure un mutisme au début
Communication Moyens non verbaux utilisés temporairement : gestes, images,
alternative etc.
✅ Comment améliorer ta compréhension ?
Regarde des vidéos de bilans orthophoniques post-AVC (si disponibles) pour
observer le mutisme en contexte.
Entraîne-toi à proposer des activités de démutisation simples (ex. : sons familiers,
onomatopées, gestes quotidiens).
Fais la différence entre mutisme organique (lésion) et sélectif (trouble
psychologique).
❓ Questions pour réfléchir
1. Quels types d’exercices peuvent initier la démutisation ?
2. Comment repérer si un mutisme est lié à une aphasie ou à un trouble psychique ?
3. Quels moyens de communication peut-on mettre en place si la parole ne revient pas
tout de suite ?
4. Comment accompagner émotionnellement un patient mutique qui reste lucide ?
1. Stéréotypies verbales
🔹 Définition simple
Les stéréotypies verbales sont des expressions répétées involontairement, souvent toujours
les mêmes (ex : « tan », « oh là là », « crenom », etc.), qu’on entend dans presque toutes les
tentatives de parler, quel que soit le contexte.
Exemple
Le patient dit « tan tan tan » même si on lui demande son nom, ce qu’il veut manger, etc.
🔄 À différencier des persévérations
Les persévérations, c’est quand un mot ou une phrase déjà utilisé correctement dans une
situation revient de façon inappropriée ensuite.
🧩 Exemple
Si on demande au patient « qu’est-ce que c’est ? » (il montre une pomme et dit « pomme »),
puis plus tard on lui montre une voiture, il répond encore « pomme ».
📘 Résumé étudiant débutant
Terme Définition Exemple
Stéréotypie Répétition automatique d’un mot
"Tan tan tan" à tout moment
verbale ou son, souvent vide de sens
Répétition inappropriée d’un mot "Pomme" pour désigner une voiture
Persévération
déjà utilisé correctement après l’avoir dit pour une vraie pomme
🧠 2. Réduction quantitative / Manque du mot
🔹 Définition simple
Il s’agit d’un trouble de l’accès au lexique : le patient sait ce qu’il veut dire, mais il n’arrive
pas à retrouver le mot exact.
💬 Comment ça se manifeste ?
Il utilise des formules longues et détournées (circonlocutions).
Il essaie de décrire ou mimer ce qu’il veut dire.
Parfois, il propose un mot approché, mais pas exact (approximation).
Exemple
« Pour manger… euh… on le tient comme ça, dans la main… avec des dents… pour la viande…
on coupe… » → il cherche le mot « couteau ».
📘 Résumé étudiant débutant
Terme Définition Exemple
Manque du mot Incapacité à produire « euh… pour la viande… ça
(anomie) volontairement un mot connu coupe… » = couteau
Tournure longue pour compenser « on le met sur la tête… pour le
Circonlocution
un mot oublié soleil… » = chapeau
Approximation Le mot produit est proche en sens « chaise » au lieu de « tabouret
synonymique mais pas exact »
✅ Comment améliorer ta compréhension ?
Entraîne-toi à analyser des réponses de patients fictifs.
Observe si la réponse est automatique (stéréotypie), répétée (persévération) ou une
recherche lexicale (manque du mot).
Crée un tableau pour classer les symptômes selon la fluidité et la précision.
❓ Questions pour réfléchir
1. Pourquoi est-il important de distinguer une stéréotypie d’un manque du mot ?
2. Que peux-tu proposer comme activité orthophonique pour un patient qui a des
stéréotypies ?
3. En quoi la conduite d’approche peut-elle être un indice intéressant du
fonctionnement lexical ?
4. Penses-tu que les stéréotypies peuvent cacher une tentative de communication ?
Pourquoi ?
1. Désintégration phonétique
🔹 Définition simple
La désintégration phonétique est un trouble de l’articulation des sons de la parole. Ce n’est
pas un problème de langage, mais un problème moteur lié à la production des sons (on
parle aussi de trouble de la 3e articulation).
🔸 On parle aussi de :
trouble arthrique ;
anarthrie (perte totale de l’articulation) ;
aphémie (parole absente ou très réduite) ;
aphasie motrice (quand le langage est réduit à cause d’un défaut d’articulation).
👉 Ces termes ont tous été employés selon les époques, notamment par Alajouanine, célèbre
neurologue français.
Comment ça se manifeste ?
Parole hachée, syllabée, lente.
Omissions ou répétitions de phonèmes.
Parfois, les mots sont très déformés : « chapeau » → « a…po ».
Les consonnes sourdes (p, t, k) sont préférées aux sonores (b, d, g).
Les groupes de consonnes sont supprimés (« spectacle » → « pec…ta…le »).
🧩 Résultat : la parole perd son intelligibilité → difficile à comprendre pour l’interlocuteur.
🧠 2. Les paraphasies
🔹 Définition générale
Une paraphasie est une erreur dans la production du langage, où un mot ou un son est
remplacé par un autre. Cela peut toucher différents niveaux :
📘 Types de paraphasies (tableau récapitulatif)
Type de Articulation
Description Exemple
paraphasie touchée
Remplacement, ajout,
Phonémique (ou "terbomètre" pour 2e articulation
déplacement de sons
littérale) "thermomètre" (phonologique)
(phonèmes)
Type de Articulation
Description Exemple
paraphasie touchée
Verbale Le mot prononcé ressemble
"tuile" pour "tulipe" Lexique perturbé
morphologique au mot cible
Verbale Le mot prononcé a un lien 1re articulation
"chaise" pour "table"
sémantique de sens avec le mot cible (choix du mot)
⚠️Quand la structure du mot est trop déformée, il devient méconnaissable → on parle
alors de néologisme (ex : "kratékoer" pour "lavabo").
✅ Résumé pour débutant
Terme orthophonique Explication simple Exemple
Désintégration
Problème d’articulation des sons "spectacle" → "pec-ta-le"
phonétique
"colomotive" pour
Paraphasie phonémique Sons du mot mal placés
"locomotive"
Paraphasie Mot ressemblant "constitution" →
morphologique phonétiquement "consultation"
Paraphasie sémantique Mot ayant un lien de sens "clé" → "fer"
🔍 Comment approfondir ta compréhension ?
Entraîne-toi à classer les erreurs observées dans des phrases inventées.
Regarde si le problème est phonétique (articulation), phonologique (structure des
sons) ou sémantique (choix du mot).
Utilise des fiches de tri pour t’aider à les identifier rapidement.
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Comment distinguer une paraphasie phonémique d’une désintégration phonétique ?
2. Pourquoi certaines paraphasies sont-elles plus fréquentes dans les aphasies fluentes ?
3. Comment peut-on aider un patient à réduire ses paraphasies en séance ?
4. Que faire si les néologismes sont tellement nombreux que le discours devient
incompréhensible ?
1. Apraxie bucco-faciale
🔹 Définition simple
L’apraxie bucco-faciale est une incapacité à réaliser volontairement des mouvements de la
bouche et du visage, même si les muscles fonctionnent normalement.
👉 Le patient n’arrive pas à tirer la langue, souffler, faire un bisou ou gonfler les joues quand
on le lui demande, que ce soit :
sur ordre verbal (« fais un bisou »),
ou par imitation (on lui montre le geste).
🔍 Elle est souvent associée à :
l’aphasie de Broca,
les atteintes du lobe frontal,
ou la désintégration phonétique.
🧠 2. Dysprosodie
🔹 Définition simple
La dysprosodie est une altération de la prosodie, c’est-à-dire de la mélodie de la parole
(intonation, rythme, accentuation).
👂 Résultat : le patient semble parler avec un accent étranger, ou parle de manière :
hachée (syllabe par syllabe),
avec des consonnes sourdes exagérées,
et une intonation étrange (accent pseudo-allemand ou pseudo-anglais).
Exemples :
« Bonjour, Docteur » devient « Pon…chou…Tô Teu…e… »
« Je suis malade » devient « Je-é sé-uis ma-é la-éde »
🔍 Elle est souvent observée dans l’aphasie de Broca.
🧠 3. Agrammatisme
🔹 Définition simple
L’agrammatisme est une perte partielle ou totale de la capacité à utiliser correctement la
grammaire. Le patient utilise :
des phrases très courtes,
sans articles, ni prépositions, ni conjugaisons,
souvent des noms ou verbes à l’infinitif.
Exemples :
« Trois semaines… panier… femme… avant… maintenant. »
« Moi parler maison. Hier marché. »
🔍 C’est un symptôme typique des aphasies non fluentes, notamment l’aphasie de Broca.
🧠 4. Dysyntaxie
🔹 Définition simple
La dysyntaxie est l’emploi incorrect des mots grammaticaux (prépositions, pronoms,
conjonctions…), souvent en trop ou mal placés, ce qui donne une phrase difficile à
comprendre.
Exemples :
« L’enfant que je tendais un bonbon vient par la prendre »
« La route dont je pars »
🔍 Elle accompagne :
les langages paraphasiques,
et une absence de conscience des erreurs grammaticales (le patient ne se rend pas
compte de ses fautes).
On parle parfois d’agrammatisme inexpressif, car les erreurs sont grammaticales mais
différentes de l’agrammatisme "classique".
📘 Résumé visuel pour étudiant débutant
Terme Définition simple Exemple Observé dans…
Apraxie bucco- Incapacité à faire des gestes Ne peut pas souffler Aphasie de Broca,
faciale de la bouche sur demande lobe frontal
Dysprosodie Altération du rythme et de la Accent étrange, Aphasie de Broca
Terme Définition simple Exemple Observé dans…
mélodie de la parole parole hachée
Perte des structures
Agrammatisme « Moi maison hier » Aphasie non fluente
grammaticales
Mauvais usage des mots « L’enfant que je Langage
Dysyntaxie
grammaticaux tendais un bonbon » paraphasique
✅ Conseils pour bien retenir
Associe chaque concept à un exemple oral typique.
Crée des fiches de symptômes pour chaque type d’aphasie.
Observe la différence entre forme expressive (agrammatisme) et forme syntaxique
confuse (dysyntaxie).
❓ Questions pour aller plus loin
1. Comment distinguer un agrammatisme d’une dysyntaxie à l’oral ?
2. Pourquoi la prosodie est-elle si importante pour la compréhension du langage ?
3. Quels exercices peut-on proposer pour rééduquer une apraxie bucco-faciale ?
4. Est-il possible qu’un patient ait plusieurs de ces troubles en même temps ?
Pourquoi ?
1. Alexies aphasiques
🔹 Définition simple
L’alexie aphasique est un trouble de la lecture associé à l’aphasie. Le patient lit des mots,
mais les déforme, de la même manière qu’il ferait des paraphasies à l’oral.
Cela donne des paralexies :
phonémiques : erreurs sur les sons (ex : crayon → crason)
verbales morphologiques : mots proches (ex : tulipe → tuile)
🔍 Observée dans :
l’aphasie de Wernicke (souvent avec agraphie)
parfois dans l’aphasie de Broca, mais la compréhension peut être bonne malgré des
tentatives de correction répétées.
📘 2. Agraphies aphasiques
🔹 Définition simple
L’agraphie aphasique est un trouble de l’écriture lié à l’aphasie. Ce que le patient écrit
reflète les mêmes erreurs que dans son langage oral.
On peut observer :
des paragraphies : erreurs dans les mots écrits (ex : couteau → courtao)
une jargonagraphie : écriture remplie de mots déformés, sans sens, ressemblant à un
"jargon" écrit
👉 Ces erreurs peuvent être :
quantitatives : écriture réduite ou absente
qualitatives : nombreux mots déformés
📌 Il existe aussi des agraphies pures : troubles de l’écriture sans aphasie ni alexie.
🧠 3. Jargon, Jargonaphasie, Jargonagraphie
Terme Définition simple Exemples / Manifestation
Langage oral déformé, avec beaucoup
Le patient dit un flot de mots
Jargon d’erreurs phonémiques et
incompréhensibles
sémantiques
L’aphasie produisant ce jargon, Les phrases sont longues, les mots
Jargonaphasie
souvent fluente mais incohérente sont déformés ou inventés
Le même phénomène mais à l’écrit : Écriture presque impossible à lire,
Jargonagraphie l’écriture est pleine de néologismes ou mais le patient peut bien former ses
d’erreurs graves lettres
✅ Résumé pour étudiant débutant
Trouble Modalité touchée Type d'erreur Observé dans…
Alexie aphasique Lecture Paralexies (comme à l’oral) Wernicke, Broca
Agraphie Tous types
Écriture Paragraphies, jargonagraphie
aphasique d’aphasie
Trouble Modalité touchée Type d'erreur Observé dans…
Trop d’erreurs → discours
Jargon Langage oral Wernicke
incompréhensible
Production orale Paraphasies massives,
Jargonaphasie Wernicke
pathologique néologismes
Wernicke, parfois
Jargonagraphie Écriture pathologique Même chose mais à l’écrit
Broca
Comment bien apprendre tout ça ?
Fais des comparaisons visuelles (oral vs écrit).
Crée des cartes-mémo avec d’un côté le terme et de l’autre la définition + exemple.
Entraîne-toi à imaginer des cas cliniques : "Un patient lit 'table' → 'trable', écrit
'chaise' → 'chireze' : que peut-on soupçonner ?"
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Pourquoi dit-on que l’écriture reflète souvent les mêmes erreurs que le langage oral
dans l’aphasie ?
2. Quelle est la différence entre une alexie aphasique et une alexie pure ?
3. Un patient a une écriture très déformée mais les lettres sont bien formées : de quel
trouble s’agit-il ?
4. Peut-on rééduquer la lecture et l’écriture séparément dans une aphasie ? Pourquoi ?
Objectif du schéma
Ce schéma montre les types d’erreurs produites quand un patient tente de nommer une
image, par exemple :
1 = papillon
2 = chat
Ces erreurs s’appellent des paraphasies, et elles peuvent être de plusieurs types.
🧠 Niveau A : erreurs de surface (forme des mots)
🔹 1. Paraphasie phonémique
Le patient modifie ou déforme les sons du mot-cible :
papillon → atillon
chat → chata
🧩 Ce sont des erreurs au niveau phonologique (sons mal agencés).
🔹 2. Paraphasie verbale morphologique
Le patient remplace le mot par un autre qui ressemble dans la forme :
papillon → cotillon
chat → chape
🧩 Ce sont des erreurs lexicales, mais proches phonétiquement du mot cible.
🧠 Niveau B : paraphasies sémantiques (erreurs de sens)
Le mot produit a un lien de sens avec le mot attendu, mais ce n’est pas le bon mot. On
distingue deux grands types :
📚 (1) Relation classificatoire
Le patient reste dans le même champ lexical (la même "catégorie").
a. Type catégoriel
Coordonné / co-hyponyme :
o papillon → abeille
o chat → chien
🟢 Ce sont des mots du même niveau de classification.
Superordonné :
o papillon → insecte
o chat → animal
🟢 Ce sont des mots plus généraux que le mot cible.
b. Type associatif
papillon → fleur
chat → souris
🟢 Ce sont des mots souvent associés mentalement (co-activation sémantique), mais qui ne
font pas partie de la même catégorie.
🧾 (2) Relation propositionnelle
Le patient dit quelque chose qui décrit ou qualifie le mot cible, mais ce n’est pas un nom.
a. Verbe d’action
papillon → vole
chat → miaule
🟢 C’est une action typique associée à l’image.
b. Attribut
papillon → jaune
chat → gris
🟢 C’est une caractéristique descriptive du mot cible.
✅ Résumé clair en tableau
Type de paraphasie Description Exemple
Phonémique Sons déformés papillon → atillon
Morphologique Mot ressemblant à l’oreille chat → chape
Sémantique Mot de même famille (coordonné ou chat → chien ou
catégorielle superordonné) animal
Sémantique Mot souvent associé mais d’une autre
chat → souris
associative catégorie
Sémantique verbale Verbe typique du mot chat → miaule
Sémantique attributive Adjectif ou qualité chat → gris
❓ Questions pour t’entraîner à réfléchir
1. Si un patient dit "oiseau" au lieu de "papillon", quel type de paraphasie est-ce ?
2. Quelle différence fais-tu entre un mot superordonné et un mot coordonné ?
3. Dans quel type d’aphasie trouve-t-on le plus souvent les paraphasies sémantiques ?
4. Pourquoi ces erreurs sont-elles intéressantes à analyser pour adapter la rééducation ?
Structure du langage : du plus petit au plus grand
Ce schéma présente comment le langage se construit en couches, des sons les plus
élémentaires jusqu’aux phrases complètes. On parle de trois niveaux d’articulation, ou trois
articulations du langage.
🔤 1. Troisième articulation : les traits phonétiques
Les traits sont les caractéristiques physiques du son (par exemple : sourd/sonore,
oral/nasal, occlusif/fricatif…).
Ces traits se combinent pour former les phonèmes.
🧠 Exemple : /p/ est un phonème composé de traits [occlusif], [bilabial], [sourd].
🟠 En cas de désintégration phonétique, ce niveau est atteint → problème d’articulation,
parole déformée (aphasie motrice, anarthrie).
🔡 2. Deuxième articulation : les phonèmes → monèmes
Les phonèmes sont les plus petits sons distinctifs du langage. Ils n'ont pas de sens
seuls, mais permettent de différencier les mots (ex. : /p/ vs /b/ dans "pain" vs
"bain").
Les monèmes sont les plus petites unités de sens (ex. : "chat", "re-", "-s").
🧠 Exemple : Le mot "repartis" contient plusieurs monèmes : "re" (préfixe), "part" (verbe), "is"
(marque verbale).
🟠 En cas de paraphasie phonémique, ce niveau est perturbé : les phonèmes sont mal
combinés → mots déformés mais encore reconnaissables.
🧩 3. Première articulation : les monèmes → syntagmes
Les syntagmes sont des groupes de mots organisés, qui forment des phrases ou des
bouts de phrases (ex. : "le petit chat", "va dormir").
🧠 Ce niveau gère :
la syntaxe (ordre des mots),
la grammaire,
le choix du mot.
🟠 En cas de paraphasie sémantique ou dysyntaxie, ce niveau est atteint : les mots sont mal
choisis, mal combinés, voire absents (comme dans l’agrammatisme).
✅ Résumé étudiant orthophoniste
Niveau Nom Unité manipulée Exemple Trouble lié
3e Traits → /p/, /b/,
Phonétique Désintégration phonétique
articulation phonèmes [sourd]
2e Phonèmes → /p-a-r/ =
Phonologique Paraphasie phonémique
articulation monèmes "par"
1re Lexico- Monèmes → "le petit chat Agrammatisme, paraphasie
articulation syntaxique syntagmes dort" sémantique, jargon
❓ Questions pour aller plus loin
1. À quel niveau se situe une erreur comme "bâteau" → "tâteau" ?
2. Un patient dit "chien" pour "chat" : quelle articulation est concernée ?
3. Que signifie qu’un trouble touche la première articulation ?
4. Peut-on avoir un trouble de la première articulation sans toucher les autres ?
ÉTIOLOGIES DES APHASIES – Explication pour débutant
🩺 Qu’est-ce qu’une étiologie ?
Le terme étiologie désigne la cause ou l’origine d’un trouble.
L’aphasie est un trouble du langage acquis, donc elle a toujours une cause neurologique
identifiable, généralement liée à une lésion dans l’hémisphère gauche, où se trouvent les
principales aires du langage.
⚡ Causes principales des aphasies (selon l’image)
🔹 1. AVC (Accident Vasculaire Cérébral)
C’est la cause la plus fréquente d’aphasie.
Elle entraîne une lésion soudaine et focale (localisée).
Peut toucher une aire spécifique comme Broca ou Wernicke.
L’étude du pronostic est essentielle : certains patients récupèrent bien, d’autres ont
des séquelles durables.
🔹 2. Autres causes
Ces causes sont moins fréquentes mais importantes à connaître :
Cause Explication simple
Tumeurs cérébrales Compression progressive des zones du langage
Traumatismes crâniens Lésion diffuse ou focale après un choc
Abcès cérébraux Infections localisées dans le cerveau
Pathologies
Ex. : encéphalites, méningites, sclérose en plaques
infectieuses/inflammatoires
Ex. : maladie d’Alzheimer, aphasie primaire
Pathologies dégénératives
progressive
🔄 Évolution de l’aphasie
Le mode évolutif dépend de la pathologie causale :
Mode évolutif Ce que ça veut dire
Régression
Le langage peut s’améliorer avec le temps (ex. : après un AVC)
partielle
Aggravation Le trouble du langage s’aggrave progressivement (ex. : aphasie primaire
progressive progressive liée à une maladie neurodégénérative)
✅ Résumé pédagogique
Élément À retenir
Étiologie Cause de l’aphasie
Cause principale AVC (souvent soudain et localisé)
Autres causes Tumeur, trauma, infection, dégénérescence
Élément À retenir
Évolution Peut être régressive (meilleure) ou progressive (pire)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi les AVC entraînent-ils souvent des aphasies gauches ?
2. Comment l’évolution d’une aphasie peut-elle orienter le diagnostic ?
3. Quelle est la différence entre une aphasie post-traumatique et une aphasie
progressive ?
4. Que faut-il surveiller dans l’évolution d’une aphasie après un AVC ?
L’AVC, cause majeure des aphasies
🔹 Fréquence des AVC en France
130 000 AVC chaque année.
Parmi eux, 20 % développent une aphasie.
o Donc : 25 000 à 30 000 nouveaux cas d’aphasie par an en lien avec un AVC.
👉 Cela en fait une cause majeure de handicap du langage chez l’adulte.
📊 Données de la Copenhagen Stroke Study (Pedersen et al., 1995)
Étude sur 887 patients AVC.
38 % étaient aphasiques pendant la phase aiguë.
18 % restaient aphasiques à la sortie de la phase aiguë.
🧠 Interprétation : certains patients récupèrent une partie du langage rapidement.
⚠️Signes associés fréquents
Hémiplégie droite souvent associée (car AVC dans l’hémisphère gauche = zone du
langage chez les droitiers).
o Affecte la marche et le membre supérieur droit.
👉 Cette association aide à localiser la lésion cérébrale.
🩸 Types d’AVC
Type d’AVC Fréquence Caractéristiques
Ischémique 85 % Obstruction d’une artère (manque d’oxygène)
Hémorragique 15 % Rupture d’un vaisseau → saignement
Meilleur pronostic fonctionnel si la lésion est superficielle
✅ Résumé pour étudiant débutant
Élément À retenir
Fréquence AVC 130 000 cas/an
Taux d’aphasie post-AVC Environ 1 patient sur 5
Lésion typique Hémisphère gauche, souvent avec hémiplégie droite
Types Ischémique = 85 %, Hémorragique = 15 %
Pronostic Meilleur si AVC hémorragique superficiel
❓ Questions pour aller plus loin
1. Pourquoi les AVC gauches entraînent-ils souvent des aphasies ?
2. En quoi une hémiplégie droite peut-elle orienter le diagnostic d’aphasie ?
3. Quelles différences cliniques peut-on observer entre un AVC ischémique et
hémorragique ?
4. Que peut-on faire en orthophonie dès la phase aiguë de l’AVC
Récupération spontanée vs récupération avec rééducation
Quand un patient devient aphasique après un AVC, on observe deux types de progression :
1. Récupération spontanée : amélioration naturelle, sans intervention spécifique.
2. Récupération avec rééducation : amélioration grâce à l’intervention orthophonique.
La question posée ici est : l’amélioration observée est-elle due à la récupération naturelle ou
à la rééducation ?
🕒 Décours temporel de la récupération spontanée
🔹 D’après la méta-analyse de Robey (1998) :
La récupération spontanée est maximale dans les 6 premiers mois après l’AVC.
Elle diminue progressivement au cours de la première année.
Elle est quasi nulle après 1 an.
📌 Cela veut dire que le temps est un facteur essentiel : plus l’orthophonie commence tôt,
plus elle peut aider à exploiter cette récupération naturelle.
🔹 Étude de Pedersen et al. (1995)
Étude dans la phase aiguë de l’AVC.
Ils trouvent 30 % de récupération spontanée.
Elle est maximale entre la 2e et la 6e semaine après l'AVC.
🧠 C’est une période critique pour observer les premières améliorations.
🔍 Quels aspects du langage peuvent récupérer spontanément ?
Selon Lomas et Kertesz (1978) : La récupération spontanée peut concerner :
Tous les aspects du langage,
Mais en particulier :
o la compréhension orale,
o la fluence verbale (fluidité à parler),
o et la dénomination (trouver le bon mot).
✅ Résumé simple pour étudiant orthophoniste
Élément Détails
Récupération spontanée Amélioration sans thérapie, naturelle
Période critique Surtout les 6 premiers mois, surtout entre 2 et 6 semaines
Après 1 an Récupération spontanée presque nulle
Langage récupéré Compréhension, fluence, dénomination (Lomas & Kertesz)
Taux de récupération Environ 30 % selon Pedersen
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il si important de commencer la rééducation orthophonique tôt après
un AVC ?
2. Si un patient montre des progrès entre la 2e et la 6e semaine, peut-on attribuer cela
uniquement à l’orthophonie ?
3. Comment peut-on distinguer récupération spontanée et progrès grâce à la
rééducation ?
4. Quelles techniques orthophoniques peuvent cibler spécifiquement la fluence ou la
dénomination ?
Mécanismes de la récupération spontanée
Quand une lésion affecte les aires du langage (surtout dans l’hémisphère gauche), le cerveau
essaie de compenser cette perte de fonction. Cette compensation repose sur deux grands
types de zones :
🔹 1. Zones adjacentes de l’hémisphère gauche
Ce sont les zones proches de la région lésée (par exemple autour de l’aire de Broca
ou Wernicke).
Elles peuvent parfois reprendre partiellement les fonctions perdues.
Si elles sont bien activées, la récupération est plus efficace et de meilleure qualité.
👉 Conclusion du document : l’hémisphère gauche l’emporte dans les bonnes récupérations.
Cela veut dire que, quand le langage se "reconstruit" dans l’hémisphère gauche, la
récupération est plus fluide, plus précise.
🔹 2. Zones homologues de l’hémisphère droit
Ce sont les zones "miroirs" des aires du langage, mais situées à droite.
Elles peuvent aider temporairement, surtout si la lésion gauche est sévère.
Mais une suractivation du droit peut parfois freiner une bonne récupération, car ces
zones ne sont pas spécialisées pour le langage.
🔸 Bonne récupération = activation de la zone temporale gauche
Selon les études d’imagerie (IRM fonctionnelle, TEP…), les patients qui récupèrent bien
montrent une réactivation de l’aire temporale gauche (autour de Wernicke, souvent).
Cela signifie que la rééducation orthophonique doit viser à stimuler les réseaux
linguistiques gauches (même s’ils sont partiellement abîmés).
✅ Résumé simplifié pour étudiant débutant
Élément Rôle dans la récupération
Zones adjacentes gauches Meilleure récupération si elles sont réactivées
Hémisphère droit Peut compenser, mais moins efficace
Activation temporale gauche Associée à une bonne récupération
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi l’hémisphère gauche est-il plus performant pour récupérer le langage ?
2. Que pourrait-on faire en rééducation pour favoriser l’activation des zones gauches ?
3. En quoi la neuroplasticité est-elle un concept clé dans la récupération ?
4. Quels tests pourraient montrer si un patient utilise plutôt son hémisphère droit ou
gauche pour parler ?
Critères cliniques du pronostic – Partie 1 : La sévérité de l’aphasie
🔹 Pourquoi la sévérité est-elle un critère essentiel ?
Plus une aphasie est sévère au départ, plus il est difficile de récupérer le langage et plus le
risque de mortalité est élevé.
🧠 C’est un critère pronostique majeur car il reflète la gravité de la lésion cérébrale sous-
jacente.
📊 Données de l’étude de Pedersen et al. (1995)
Type d’aphasie Récupération Mortalité
Légère 54 % 20 %
Sévère 8% 70 %
🔎 Interprétation :
Une aphasie légère a plus d’une chance sur deux de s’améliorer.
Une aphasie sévère a une récupération très faible (8 %), et un risque de décès très
élevé (70 %).
📌 Ce lien entre sévérité et pronostic a été confirmé par une étude de 2003, ce qui renforce
sa fiabilité.
✅ Résumé simple pour étudiant en orthophonie
Ce qu’il faut retenir Pourquoi c’est important
La sévérité est le critère principal de Plus l’aphasie est sévère, plus la récupération est
pronostic difficile
Aphasie légère → bonne chance de
Rééducation efficace, bon pronostic fonctionnel
récupération
Aphasie sévère → peu de récupération, Besoin d’adapter les objectifs (compensation,
mortalité élevée outils alternatifs)
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Quels signes cliniques peuvent t’aider à estimer la sévérité d’une aphasie ?
2. Comment adapter la rééducation orthophonique selon que l’aphasie est légère ou
sévère ?
3. Pourquoi la sévérité peut-elle aussi refléter un risque vital ?
4. Peut-on imaginer des outils standardisés pour évaluer la sévérité dès la phase aiguë ?
Critères cliniques du pronostic – Suite : la sévérité (à nuancer)
🔹 Même une aphasie sévère peut s'améliorer
Des études (Nicholas et al., 1993 ; Pedersen et al., 2003) montrent que la sévérité initiale ne
condamne pas forcément à un mauvais pronostic.
📌 Cela veut dire que l’évolution n’est pas figée, et la rééducation peut être très utile, même
dans les formes graves.
❓ Mais alors, qu’est-ce qu’une aphasie sévère ?
Voici les deux critères principaux selon la littérature :
🔸 1. Présence de troubles de la compréhension
C’est un critère majeur de sévérité. Si le patient ne comprend pas ce qu’on lui dit, la
communication est très limitée :
Peu de réponses appropriées,
Difficulté à suivre les consignes,
Pas de feedback possible.
👉 Ces troubles sont observés dans les aphasies de Wernicke, globales, ou transcorticales
sensorielles.
📚 Références : Kertesz et al., 1989 ; Lomas et Kertesz, 1978
🔸 2. Type d’aphasie
Certaines formes d’aphasie sont en elles-mêmes plus sévères :
Type d’aphasie Sévérité typique
Aphasie globale Très sévère
Aphasie de Wernicke Sévère (incompréhension)
Aphasie de Broca Moins sévère si compréhension préservée
Aphasies légères (anomie, conduction…) Bon pronostic
📚 Référence : Kertesz & McCabe, 1993
✅ Résumé clair pour étudiant débutant
Élément Ce qu’il faut retenir
Aphasie sévère Difficultés majeures en compréhension et en production
Mais Certaines s’améliorent (rééducation efficace)
Critères de sévérité 1. Troubles de compréhension / 2. Type d’aphasie
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Quels signes cliniques peuvent montrer que la compréhension est sévèrement
atteinte ?
2. Pourquoi la rééducation est-elle quand même utile en cas d’aphasie sévère ?
3. Comment adapter ton intervention si le patient comprend mal mais veut
communiquer ?
4. Quelles stratégies non verbales pourrais-tu mettre en place ?
Critères cliniques du pronostic – Partie 2 : caractéristiques du patient
L’évolution de l’aphasie ne dépend pas seulement de la lésion elle-même, mais aussi de qui
est le patient, c’est-à-dire de ses facteurs personnels, sociaux, médicaux et cognitifs.
🔹 1. Âge
Ce n’est pas un critère isolé de pronostic.
Mais le langage des personnes âgées est souvent :
o moins fluide,
o plus réduit (lexique, vitesse...).
À sémiologie équivalente, le pronostic peut être identique, quel que soit l’âge.
⚠️Mais il faut tenir compte de la polypathologie fréquente :
o Troubles sensoriels (audition, vision),
o Altération de l’état général,
o Troubles cognitifs déjà présents (ex. : début de démence).
🔹 2. Autres facteurs du patient
Facteur Impact possible sur la récupération
Sexe Pas de consensus clair, parfois étudié
Les gauchers peuvent avoir une organisation cérébrale différente (langage
Latéralité
moins latéralisé à gauche)
Bilinguisme Peut influencer la récupération (langue dominante, interférences…)
Plus le patient est stimulé cognitivement, plus il peut utiliser de stratégies
Niveau culturel
compensatoires
Facteur clé : un patient motivé s’investit plus, ce qui améliore la
Motivation
récupération
Facteur Impact possible sur la récupération
Troubles Ex : hémiplégie, dépression, fatigue → peuvent limiter la participation à la
associés rééducation
Famille, accompagnement, interactions sociales → très important pour la
Environnement
stimulation et l’engagement
✅ Résumé simple pour étudiant orthophoniste
Élément Ce qu’il faut retenir
Âge Pas suffisant à lui seul, mais attention aux comorbidités
Motivation Essentielle à la progression
Niveau culturel Aide à la compensation
Environnement Soutien social = meilleur engagement en rééducation
Troubles associés Peuvent freiner la récupération ou compliquer la prise en charge
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Comment peux-tu repérer si un patient est motivé pour sa rééducation ?
2. En quoi un bon entourage peut-il changer l’évolution d’une aphasie ?
3. Pourquoi faut-il adapter la rééducation à un patient poly-pathologique ?
4. Quel impact peut avoir le bilinguisme sur la stratégie de rééducation ?
Critères anatomiques du pronostic
La localisation de la lésion cérébrale joue un rôle très important dans la récupération après
une aphasie. Certaines zones sont plus critiques que d’autres pour le langage.
🔹 Autres régions impliquées dans le pronostic (selon Naesser et al., 1989)
1. Lobe pariétal inférieur gauche
C’est une zone située en arrière de l’aire de Wernicke, souvent impliquée dans la
compréhension et le traitement des mots.
Elle est fréquemment touchée dans l’aphasie de Wernicke.
👉 Si cette zone est gravement atteinte, cela peut aggraver le trouble de
compréhension, et donc rendre la récupération plus difficile.
2. Régions sous-corticales gauches
Il s’agit des structures profondes du cerveau (comme le thalamus, la capsule interne,
les noyaux gris centraux).
Elles ne font pas partie du cortex du langage, mais participent à son bon
fonctionnement, notamment via les connexions avec les zones corticales.
👉 Des lésions sous-corticales gauches peuvent entraîner des aphasies sévères ou
atypiques, parfois avec troubles moteurs associés.
✅ Résumé simple pour étudiant débutant
Zone cérébrale Impact sur l’aphasie
Lobe pariétal inférieur Souvent touché dans l’aphasie de Wernicke, troubles de
gauche compréhension aggravés
Régions sous- Peuvent provoquer des aphasies complexes ou mixtes ; atteinte des
corticales gauches connexions importantes pour le langage
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi une atteinte sous-corticale gauche peut-elle provoquer une aphasie même
si les aires de Broca et Wernicke sont intactes ?
2. Comment la localisation lésionnelle influence-t-elle le type d’aphasie ?
3. En quoi ces zones peuvent être des indicateurs de pronostic pour la récupération ?
4. Comment ces données anatomiques peuvent t’aider à adapter ta prise en charge
orthophonique ?
Pronostic en imagerie fonctionnelle
L’imagerie fonctionnelle (comme le PET-scan) permet d’observer l’activité cérébrale en
temps réel. On peut ainsi voir quelles zones s’activent, même si elles ont été partiellement
lésées.
🔹 Étude de Karbe et al. (1995)
Ils ont comparé :
les résultats d’un bilan de langage (compétences linguistiques mesurées),
avec les données d’un PET-scan initial (activité cérébrale à un moment donné).
👉 Leur objectif : trouver quelles zones cérébrales actives au début permettent de prédire
une bonne récupération.
🔍 Résultats de l’étude
🧠 1. Activité du lobe temporal gauche
Quand cette région est active dès le début, cela favorise l’amélioration de la
compréhension orale.
🧩 Pourquoi ? → Cette zone est proche de l’aire de Wernicke, impliquée dans le décodage du
langage entendu.
🧠 2. Activité préfrontale + temporal inférieur gauche
Cette combinaison d’activité est associée à une meilleure récupération de la fluence
verbale (facilité à produire un discours).
🧩 Pourquoi ? → L’aire préfrontale gauche (autour de Broca) est impliquée dans la
planification du discours et la syntaxe.
✅ Résumé clair pour étudiant orthophoniste
Zone cérébrale active (au PET-scan) Pronostic lié
Temporal gauche → amélioration de la compréhension
Préfrontal + temporal inférieur gauche → amélioration de la fluence verbale
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Pourquoi une activité cérébrale conservée est-elle un bon signe pour la rééducation ?
2. Comment pourrait-on utiliser ces données pour adapter un programme
orthophonique personnalisé ?
3. Peut-on imaginer des exercices ciblés pour stimuler spécifiquement l’aire temporale
ou préfrontale ?
4. Que faire si l’imagerie montre une absence d’activation dans ces zones ?
Pronostic précoce en IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
📍 But de l’IRM précoce
Identifier les zones du cerveau lésées ou à risque dès la phase aiguë de l’AVC.
Évaluer les chances de récupération du langage en fonction de ce qu’on appelle la
pénombre ischémique.
🔍 IRM de perfusion / diffusion
IRM de diffusion : montre les zones déjà infarctées, c’est-à-dire les tissus
irrécupérables.
IRM de perfusion : montre les zones mal irriguées mais encore viables, qu’on appelle
pénombre.
👉 Le mismatch entre diffusion et perfusion correspond à cette pénombre : c’est une zone de
tissu cérébral en souffrance mais récupérable si on agit rapidement.
🧠 Résultats clés et lien avec le langage
📌 Étude de Croquelois et al., 2003
Il existe une corrélation entre l’évolution de l’aphasie et l’étendue de la pénombre.
📌 Étude de Hillis (2008)
Plus précisément, si la zone de pénombre touche l’aire 37 gauche (région temporale
impliquée dans la dénomination),
Alors la différence entre perfusion et diffusion dans cette aire est prédictive d’une
amélioration de la dénomination (capacité à nommer des objets, par exemple).
📘 Lexique utile pour toi
Terme Définition
Pénombre Zone cérébrale mal irriguée mais encore récupérable
Infarctus Zone cérébrale définitivement lésée (tissu mort)
Mismatch perfusion/diffusion Différence entre ce qui est atteint et ce qui est sauvable
✅ Résumé clair pour étudiant orthophoniste
Élément Ce qu’il faut retenir
IRM précoce Permet d’évaluer quelles zones du cerveau peuvent encore récupérer
Pénombre Zone en danger mais récupérable
Aire 37 gauche Si elle est en pénombre, bonne chance d’amélioration de la dénomination
Pronostic Meilleur si beaucoup de tissu est en pénombre (et non en infarctus)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il essentiel de repérer une pénombre cérébrale rapidement ?
2. En quoi la localisation (ex. aire 37) guide-t-elle l’orthophoniste dans la prise en
charge ?
3. Quelle différence clinique pourrais-tu attendre entre un infarctus total et une large
pénombre ?
4. Peut-on adapter un programme de rééducation en fonction d’une IRM précoce ?
Comment ?
APPROCHES CONCEPTUELLES DE LA PRODUCTION DU LANGAGE
🔹 Pourquoi ces modèles sont-ils utiles en orthophonie ?
Ils aident à comprendre l’origine des troubles du langage (ex. : paraphasies,
agrammatismes…).
Ils permettent de cibler la rééducation selon l’étape défaillante (idée → mot → son).
🔍 1. Modèle sériel et discret de Levelt et collaborateurs
🧩 C’est un modèle séquentiel : chaque étape doit être terminée avant de passer à la
suivante.
Étapes :
1. Conceptualisation (je veux dire quelque chose)
2. Formulation (je cherche les mots → sélection lexicale)
3. Encodage phonologique (je prépare les sons)
4. Articulation
🔹 Modèle "discret" : chaque niveau fonctionne indépendamment des autres → pas de
retour en arrière.
👉 Permet d’expliquer certaines erreurs de type lexical ou phonologique.
🔍 2. Modèle WEAVER++ de Roelofs
🧠 C’est une extension du modèle de Levelt.
Plus formalisé, utilisé en simulation informatique.
Intègre le rôle des connexions sémantiques et phonologiques dans un système très
structuré.
🔹 Intéressant pour les recherches expérimentales, mais moins utilisé directement en
clinique.
🔍 3. Modèle interactif de Dell
🧠 Contrairement à Levelt, ce modèle est sériel mais non discret : les niveaux peuvent
s’influencer mutuellement (interaction entre sémantique, lexical et phonologique).
🔸 Exemple :
Si je pense à « papillon », le mot « abeille » (sémantiquement proche) peut interférer
→ erreur possible = « abeille » ou même « abillon ».
🔹 Ce modèle explique bien les paraphasies sémantiques et phonémiques, surtout dans les
aphasies fluentes.
🔍 4. Modèle simplifié de Petterson (1986)
📦 Ce modèle est plus pédagogique : il met en lumière les grandes composantes du système
lexical.
Il distingue :
le stock sémantique (le sens des mots),
le lexique d’entrée (reconnaître un mot entendu ou lu),
le lexique de sortie (trouver un mot à dire),
et les représentations phonologiques/orthographiques.
🔹 Très utile pour comprendre les troubles lexico-sémantiques ou phonologiques.
🔍 5. Modèle en cascade de Caramazza
🌀 Ce modèle considère que l’activation circule en cascade, sans attendre la fin du traitement
précédent.
🔸 Exemple :
Dès qu’un mot est sélectionné, ses sons commencent à s’activer, même si le mot
n’est pas encore complètement préparé.
🔹 Cela explique certaines erreurs mi-sémantiques, mi-phonémiques → très courant dans les
aphasies mixtes ou de conduction.
✅ Résumé tableau simplifié
Modèle Type Particularité Apports cliniques
Compréhension de la
Levelt Séquentiel, discret Étapes rigides
planification
Roelofs Informatique, Version enrichie de
Simulation expérimentale
(WEAVER++) séquentiel Levelt
Explique bien les erreurs
Dell Séquentiel, interactif Rétroactions possibles
d’aphasie
Très utile en pédagogie
Petterson Schéma simplifié Mise en lien des lexiques
clinique
Traitements qui se
Caramazza Modèle en cascade Explique les erreurs mixtes
chevauchent
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quel modèle te paraît le plus utile pour comprendre les paraphasies ?
2. Pourquoi certains modèles sont-ils mieux adaptés à la clinique que d’autres ?
3. Dans quel modèle un trouble du lexique de sortie pourrait-il être facilement localisé ?
4. Peux-tu relier un patient aphasique à un modèle pour mieux cibler ta prise en
charge ?
BUT DU SCHÉMA
Ce modèle montre comment nous :
reconnaissons des mots (entendus ou lus),
accédons à leur sens (système sémantique),
les produisons à l’oral ou à l’écrit.
Il inclut :
les voies lexicales (qui passent par le sens),
les voies de conversion directe (qui ne passent pas par le sens).
🔄 3 grands canaux d’entrée
1. Mot entendu → Analyse auditive
o Active le lexique phonologique d’entrée (mots qu’on connaît en tant que
sons).
o Puis, envoie l’info au système sémantique.
2. Mot vu (objet ou dessin) → Description structurale
o Représentation mentale de l’objet (ex : un vélo dessiné).
o Active ensuite le système sémantique.
3. Mot écrit → Analyse visuelle
o Active le lexique orthographique d’entrée (forme écrite des mots connus).
o Envoie ensuite l’info au système sémantique.
🧩 Système sémantique (centre du modèle)
C’est là que se trouve le sens des mots.
Il reçoit les informations d’entrée et les transmet aux lexiques de sortie.
🚪 Sorties : production du langage
1. Expression orale
o Le lexique phonologique de sortie récupère le mot à prononcer.
o Il est maintenu en mémoire à court terme dans le buffer phonologique.
o Ensuite, il est articulé → expression orale.
2. Écriture
o Le lexique orthographique de sortie fournit la forme écrite du mot.
o Il passe par le buffer graphémique → puis écrit.
🔀 Voies de conversion (hors système sémantique)
Conversion acoustico-phonologique : permet de répéter un mot sans en comprendre
le sens (voie directe).
Conversion graphème → phonème : permet de lire à haute voix un mot inconnu.
Conversion phonème → graphème : permet de transcrire un mot entendu sans
passer par le sens (utile pour dictées simples).
✅ Résumé clair pour étudiant débutant
Élément Rôle
Lexique d’entrée Reconnaît le mot (entendu ou écrit)
Système sémantique Comprend le sens
Lexique de sortie Choisit le mot à dire ou écrire
Buffers Maintien temporaire en mémoire pour l’expression
Conversions Passages direct entre son et écriture (sans le sens)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Si un patient peut répéter un mot sans le comprendre, quelle voie est intacte ?
2. Pourquoi certaines aphasies touchent le lexique de sortie mais pas d’entrée ?
3. Comment l’orthophoniste peut-il savoir si le système sémantique est atteint ?
4. Que se passe-t-il si le buffer phonologique est endommagé ?
CLASSIFICATION DES APHASIES ET SEMIOLOGIE
Les aphasies dites «non fluentes»
Aphasie de Broca
Aphasie globale
Aphasie transcorticalemotrice
Aphasie transcorticalemixte.
Les aphasies dites «fluentes»
Avec troubles de compréhension:
Aphasie de Wernicke
Aphasie transcorticalesensorielle
Aphasie sémantique
Les aphasies dites «fluentes»
‘’sans‘’ trouble de compréhension
Aphasie de conduction
Aphasie anomique
Aphasies sous corticales
Aphasies croisées
Aphasie primaire progressive
Aphasie globale – Définition et localisation
🔹 Définition
L’aphasie globale est une atteinte très étendue du langage, aussi bien dans sa
compréhension que dans sa production. Elle correspond à une perte massive de toutes les
fonctions linguistiques.
📍 Localisation cérébrale
Elle résulte d’une lésion vaste dans l’hémisphère gauche, touchant :
l’aire de Broca (production),
l’aire de Wernicke (compréhension),
et la circonvolution supramarginale (intégration sémantique et phonologique).
🧩 Deux grandes formes d’aphasie globale
🔸 1. Aphasie totale de Déjerine (ou grande aphasie de Broca)
Forme très sévère, souvent en lien avec un AVC étendu de la carotide gauche.
Caractéristiques :
o Mutisme (le patient ne parle pas du tout),
o Inhibition totale du langage oral et gestuel,
o Apraxie bucco-faciale constante (incapacité à faire volontairement des
mouvements avec la bouche même sans parler),
o Aucune compensation : pas de gestes ou de mimiques pour tenter de
communiquer.
🧠 → Le patient est très enfermé dans le silence, sans accès au langage ni par la parole, ni par
d’autres moyens.
🔸 2. Grande aphasie de Wernicke
Elle implique aussi une atteinte majeure de la compréhension.
Le patient peut parfois produire des sons ou des mots, mais ceux-ci sont souvent
inappropriés (jargon, paraphasies sévères).
Il y a une absence de conscience des erreurs, ce qui la distingue de la forme de
Déjerine.
✅ Résumé clair pour étudiant orthophoniste
Élément Aphasie globale
Zones touchées Aires de Broca, Wernicke, supramarginale
Langage oral Très altéré ou mutique
Compréhension Très déficitaire
Langage gestuel Inhibé (surtout dans la forme de Déjerine)
Compensations possibles Aucune ou très pauvre
Apraxie bucco-faciale Présente presque toujours
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Quels types de tests pourraient permettre de poser le diagnostic d’aphasie globale ?
2. Comment organiser la première prise en charge orthophonique avec un patient
mutique ?
3. Que mettre en place pour aider à la communication malgré l’absence de langage ?
4. En quoi l’apraxie bucco-faciale aggrave encore la situation communicative du
patient ?
Aphasie de Broca – Comprendre les bases
📍 Localisation
Située dans la 3ᵉ circonvolution frontale gauche (zone de Broca), souvent atteinte par
un AVC sylvien antérieur gauche.
Fréquemment associée à une hémiplégie droite (car le cortex moteur est proche).
🔍 Caractéristiques cliniques principales
Fonction Observation
Compréhension Assez bien préservée, surtout à l’oral, sauf pour les phrases complexes.
Expression orale Très altérée : langage non fluide, parfois mutique au départ.
Lecture / écriture Capacité conservée mais peu utilisée spontanément.
Gestes Peu de compensation gestuelle même sans hémiplégie.
Apraxie bucco- Fréquente au début : difficultés à faire des mouvements volontaires de
faciale la bouche.
🔸 Troubles spécifiques du langage
🔹 1. Agrammatisme
C’est un trouble majeur dans l’aphasie de Broca. Le patient :
Utilise surtout des noms isolés ("mots-phrases").
Parle de manière télégraphique : il supprime les petits mots grammaticaux (articles,
prépositions, verbes conjugués…).
Exemple :
« Arrivée dimanche 15… midi… gare » → au lieu de « Je suis arrivée dimanche 15 à midi à la
gare. »
Il fait aussi des paraphasies verbales sémantiques : il choisit un mot proche du sens,
mais incorrect (ex : "chien" pour "chat").
🔹 2. Désintégration phonétique ("trouble arthrique")
Ce n’est pas un problème de langage mais de réalisation motrice des sons.
Le patient :
o scande exagérément,
o a une prosodie altérée (accent étrange),
o produit un débit irrégulier, haché, avec des explosions vocales,
o simplifie les sons (ex : consonnes sourdes préférées, suppression de groupes
consonantiques).
📈 Évolution et pronostic
La compréhension s’améliore rapidement.
L’expression reste lente à récupérer.
Le pronostic est meilleur si l’évolution se fait vers une désintégration phonétique
isolée (car l’agrammatisme persiste plus longtemps).
Une récupération complète est possible, surtout si la prise en charge orthophonique
est précoce et intensive.
✅ Résumé étudiant en orthophonie
Élément Aphasie de Broca
Type Non fluente
Compréhension Assez bonne
Expression orale Difficile, télégraphique, mots isolés
Troubles associés Apraxie bucco-faciale, parfois hémiplégie
Troubles spécifiques Agrammatisme, désintégration phonétique
Pronostic Bon si amélioration rapide et bonne récupération sémantique
🧠 Exemple clinique simplifié
Une patiente de 70 ans dit : « Fille… école… voiture… non » en montrant des images. Elle
comprend bien ce qu’on lui dit, mais ne produit que des mots isolés. → Aphasie de Broca
probable.
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Comment faire la différence entre agrammatisme et désintégration phonétique ?
2. Quelles stratégies orthophoniques peux-tu utiliser avec un patient mutique mais
compréhensif ?
3. Pourquoi certains patients aphasiques de Broca parlent mieux par écrit que par oral ?
4. Quelle importance a la prosodie dans l’évaluation du langage non fluide ?
Aphasie Transcorticale Motrice – Définition
C’est une aphasie non fluente, qui se manifeste par un manque d’initiative à parler, mais
avec une préservation étonnante de la répétition. Elle est parfois appelée aphasie de Luria,
en lien avec le concept d’adynamisme verbal.
📍 Localisation cérébrale
Lésions frontales situées au-dessus ou en avant de l’aire de Broca.
Ou atteinte de l’aire motrice supplémentaire (AMS), à la face interne de l’hémisphère
gauche.
Fréquemment due à un infarctus de l’artère cérébrale antérieure.
🔍 Caractéristiques cliniques
Fonction Particularités dans l’aphasie transcorticale motrice
Langage spontané Très réduit, jusqu’au mutisme au début
Très bien préservée, parfois écholalique (le patient répète
Répétition
automatiquement)
Compréhension orale et
Bonne, voire normale
écrite
Lecture à voix haute Préservée
Dénomination Manque du mot variable, parfois aidé par une amorce
Fonction Particularités dans l’aphasie transcorticale motrice
Meilleur que le langage spontané – le patient répond bien quand
Langage en dialogue
on le sollicite
Écriture Peut être touchée comme l'expression orale
Programmation Difficulté à initier le langage : trouble de la planification (comme
élocutoire un "blocage de départ")
🧠 Le patient est comme "verrouillé" dans l’initiation : il sait quoi dire, il comprend, mais il ne
parle pas spontanément.
🔸 Exemple clinique simple :
Le patient ne dit rien en situation libre. Mais quand on lui dit : « Répétez après moi : le soleil
brille », il le fait sans problème. Quand on lui demande « Qui est-ce ? » en montrant une
photo, il reste silencieux. Mais si on dit : « C’est une… ? », il répond « femme ».
✅ Résumé clair pour étudiant en orthophonie
Élément Aphasie transcorticale motrice
Type Non fluente
Langage spontané Très pauvre voire mutique
Répétition Très bonne, voire excessive
Compréhension Bonne
Initiation Très difficile
Dénomination Possible avec aide
Pronostic Bon si rééducation ciblée sur l’initiation
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Comment peux-tu différencier une aphasie transcorticale motrice d’une aphasie de
Broca ?
2. Pourquoi la répétition est-elle préservée dans cette aphasie ?
3. Quels types d’exercices orthophoniques seraient adaptés pour travailler l’initiation du
langage ?
4. Comment mobiliser le langage spontané chez un patient ATM mutique au départ ?
Grande Aphasie de Wernicke – Généralités
📍 Localisation
Lésion du territoire sylvien postérieur gauche (zone de Wernicke).
Plus précisément : partie postérieure de la 1ʳᵉ circonvolution temporale gauche,
souvent étendue en sous-cortical.
🔎 Caractéristiques générales
Fonction Manifestation
Compréhension orale Très altérée, jusqu’à l’incompréhension totale
Langage oral Fluide, mais non informatif, souvent jargonneux
Répétition Souvent altérée
Motricité Préservée (pas d’hémiplégie)
Présente : le patient ne se rend pas compte de ses
Anosognosie
erreurs
Apraxies associées Bucco-faciale, idéomotrice, idéatoire
Hémianopsie latérale homonyme Fréquente (atteinte du champ visuel droit)
📚 Terminologies diverses
Wernicke Type I : classique, sensorielle (Roch-Lecours et Lhermitte)
Luria : parle d’aphasie acousticomnésique (moins sévère)
Goldstein : aphasie sensorielle centrale
🔍 Sous-types selon la classification neurologique
🔸 Type I : Aphasie de Wernicke "classique"
Élément Description
Zone lésée Partie postérieure de la 1ʳᵉ circonvolution temporale gauche
Élément Description
Trouble majeur Compréhension orale très altérée
Langage oral Logorrhéique, souvent jargonaphasique, paraphasies fréquentes
Comportement Anosognosie + agitation possible
Répétition Touchée
Langage écrit Langage écrit jargonné, parfois supérieur au langage oral
Automatismes Présents à l’écrit (dysorthographie, dyssyntaxie)
🔸 Type II : Aphasie transcorticale sensorielle
Élément Description
Zone lésée Région pariétale inférieure gauche (isole les aires du langage)
Langage oral Fluide et répétition préservée, mais contenu incohérent
Compréhension Altérée à l’oral et à l’écrit
Paraphasies Présentes
Anosognosie Tenace
Peut ressembler à un trouble des fonctions cognitives supérieures
Particularité
(désorientation)
🔸 Type III : Aphasie du gyrus angulaire (hypothétique)
Élément Description
Zone présumée Gyrus angulaire
Trouble majeur Trouble massif de la compréhension écrite
Langage oral Moins touché, mais jargon et manque du mot
Lecture à haute voix (LHV) Très difficile voire impossible
Anosognosie Absente pour l’oral, mais présente pour l’écrit
✅ Résumé étudiant en orthophonie – Tableau synthétique
Type Localisation Compréhension Répétition Langage oral Anosognosie
Wernicke
Type I Très altérée Altérée Logorrhée, jargon Présente
(T1G)
Type II Pariétale inf. G Altérée Préservée Fluide, incohérent Très présente
Type Gyrus Moins fluide, manque Présente pour
Écrite ++ altérée Variable
III angulaire de mot l’écrit
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Comment différencier un type I d’un type II en situation clinique ?
2. Pourquoi la répétition est-elle préservée dans l’aphasie transcorticale sensorielle ?
3. En quoi le jargon est-il typique de l’aphasie de Wernicke ?
4. Quelle stratégie utiliser pour évaluer la compréhension écrite dans une aphasie type
III ?
1. Aphasie thalamique
📍 Étiologies possibles :
Lésion vasculaire (AVC thalamique),
Tumeur,
Ou chirurgie du thalamus (ex. dans le cadre de la maladie de Parkinson).
🔍 Caractéristiques :
Fonction Manifestation
Voix Hypophonie (voix très faible)
Mémoire verbale Trouble majeur et durable
Articulation / prosodie Altérées, débit ralenti, voix monotone
Fluence Diminuée
Langage élaboré Difficile : le patient a du mal à structurer un discours complexe
Compréhension Trouble spécifique : difficulté à comprendre les phrases longues
syntaxique ou complexes
🧠 Le thalamus joue un rôle de relais entre différentes zones du langage → sa lésion provoque
des troubles modulés, souvent moins massifs mais persistants.
👂 2. Surdité verbale pure
📍 Lésion :
Zone médiane de la 1ère circonvolution temporale gauche.
Rupture de la connexion entre l’aire auditive primaire et l’aire de Wernicke.
🔍 Caractéristiques :
Fonction Manifestation
Altérée uniquement pour le langage (pas pour les sons
Compréhension orale
environnementaux)
Répétition Altérée
Audiogramme Normal (pas de surdité "médicale")
Réactions aux sons non
Normales (ex. : bruit de cloche, musique)
verbaux
Lecture labiale Tendance à compenser en lisant sur les lèvres
Lexique Appauvrissement progressif du vocabulaire oral
🧠 Le patient entend parfaitement, mais ne comprend pas les mots → c’est une forme
d’agnosie spécifique au langage oral.
🧩 3. Aphasie transcorticale mixte (ou "syndrome d’isolement de l’aire du langage")
📍 Lésion :
Vastes lésions autour de la zone périsylvienne (aire de Broca, Wernicke, etc.), mais
les centres eux-mêmes sont intacts → ils sont "isolés".
🔍 Caractéristiques :
Fonction Manifestation
Langage spontané Quasi inexistant (mutisme ou énoncés stéréotypés)
Compréhension Très altérée
Répétition Préservée (car les aires de Broca et Wernicke fonctionnent encore)
🧠 C’est un tableau qui ressemble à une aphasie globale, mais la répétition reste intacte, ce
qui est diagnostique.
✅ Résumé comparatif des trois aphasies
Langage
Type d’aphasie Lésion Compréhension Répétition Particularités
spontané
Hypophonie,
Perturbée Fluence
Thalamique Thalamus gauche Variable mémoire verbale
(surtout syntaxe) diminuée
altérée
Connexion aire Audiogramme
Surdité Très altérée pour
auditive / Altérée Appauvri normal, lecture
verbale pure le verbal
Wernicke labiale
Autour de la zone
Transcorticale Très "Aphasie globale
de langage Très altérée Préservée
mixte réduite avec répétition"
(périsylvienne)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi dit-on que la surdité verbale pure n’est pas une vraie surdité ?
2. Comment reconnaîtrais-tu une aphasie transcorticale mixte en bilan ?
3. Quelle place la mémoire verbale joue-t-elle dans la récupération d’une aphasie
thalamique ?
4. Quel intérêt clinique a la préservation de la répétition dans le diagnostic différentiel ?
1. Aphasie amnésique de Pitres
📍 Localisation
Lésions multiples, principalement :
o Circonvolution temporale inférieure
o Gyrus angulaire
👉 Zones impliquées dans la mémorisation lexicale et le stock sémantique.
🔍 Caractéristiques cliniques
Fonction Manifestation
Langage spontané Globalement correct
Fonction Manifestation
Fréquent, souvent contourné par des définitions d’usage (ex. : « C’est
Manque du mot
pour écrire... ça fait des traits » pour "stylo")
Compréhension Normale
Paraphasies Absentes (important pour le diagnostic différentiel)
Production écrite /
Globalement conservée, mais appauvrie lexicalement
orale
🧠 Cette forme d’aphasie est souvent liée à des tumeurs ou des formes dégénératives
(aphasie progressive), ou encore à des formes atténuées ou résiduelles de l’aphasie de
Wernicke.
🧠 2. Aphasie de conduction
📍 Lésions
Sous-corticales, dans la substance blanche du gyrus supramarginalis (aire 40)
Interruption du faisceau arqué, qui connecte les aires de Wernicke (compréhension)
et de Broca (production)
🔍 Caractéristiques cliniques
Fonction Manifestation
Langage spontané Fluide, mais perturbé par de nombreuses paraphasies phonémiques
Répétition Très altérée (signe clé du diagnostic)
Compréhension Normale
Dénomination Affectée par les paraphasies
Conscience du
Bonne, avec tentatives fréquentes d’autocorrection
trouble
Apraxie bucco-faciale Fréquente au début
Spontanée et dictée perturbées, mais copie préservée (intéressant en
Écriture
bilan)
🧠 Le patient "entend et comprend", mais ne peut pas répéter correctement, car le lien entre
perception auditive et production est rompu.
✅ Résumé comparatif étudiant en orthophonie
Langage
Compréhensio Répétitio
Aphasie Localisation spontan Paraphasies Particularités
n n
é
Fluide,
Définitions
Amnésiqu Temporal inf. + mais
Normale Normale Aucune d’usage, pas
e (Pitres) gyrus angulaire manque
de paraphasies
du mot
Faisceau arqué Conscience du
Fluide
Conductio (gyrus Très Phonémique trouble,
mais Normale
n supramarginalis altérée s fréquentes autocorrection
instable
) s
🧠 Exemples cliniques simples
Aphasie amnésique :
« Je veux... euh... c’est pour couper... dans l’assiette... » (cherche le mot "couteau", mais
comprend et communique autrement).
Aphasie de conduction :
"papillon" → "papatillon... papillopon... pap... euh... papillon !", avec efforts visibles pour se
corriger.
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Qu’est-ce qui te permet de différencier une aphasie de conduction d’une aphasie de
Wernicke ?
2. Pourquoi les patients atteints d’aphasie de conduction ont-ils une bonne conscience
de leurs erreurs ?
3. Quels types d’exercices orthophoniques peuvent cibler la répétition phonologique ?
4. Pourquoi dit-on que l’aphasie amnésique peut être un précurseur d’aphasie
progressive primaire ?
Structure du schéma – les circuits du langage
Le haut du schéma représente les zones cérébrales clés pour le traitement du langage, et le
bas correspond à ce qui se passe lorsqu’elles sont lésées.
🧩 Zones principales et leur rôle
Zone Fonction principale
Aires auditives Perception du son, y compris du langage
Aire phonémique (Wernicke) Décodage des sons du langage (phonèmes)
Aire d’intégration
Compréhension du sens des mots
sémantique
Aire de Broca Programmation phonétique (planification de la parole)
Aire motrice primaire (aire
Commande motrice de l’articulation (exécution)
4)
Connexion entre Wernicke ↔ Broca (important pour la
Faisceau arqué
répétition)
🔁 Les circuits numérotés
🔹 Circuit 1 : Aire auditive → Aire phonémique
🧠 Si lésé → Surdité verbale pure
(le patient entend les sons, mais ne comprend pas les mots)
🔹 Circuit 2 : Aire phonémique → Aire d’intégration sémantique
🧠 Si lésé → Aphasie transcorticale sensorielle
(la compréhension est altérée, mais la répétition est préservée)
🔹 Circuit 3 : Aire d’intégration sémantique → Aire phonémique
🧠 Si lésé → Aphasie amnésique
(la compréhension est bonne, mais le patient a du mal à retrouver les mots → manque du
mot)
🔹 Circuit 4 : Aire phonémique → Aire de Broca via le faisceau arqué
🧠 Si lésé → Aphasie de conduction
(compréhension OK, mais troubles de la répétition et paraphasies phonémiques)
🔹 Circuit 5 : Aire de Broca → Aire motrice
🧠 Si lésé → Aphémie (Déjerine) ou Anarthrie pure (Pierre Marie)
(incapacité à articuler correctement, sans trouble du langage "linguistique")
✅ Tableau synthétique des lésions et aphasies
Topographie lésionnelle Type de trouble Autres appellations
Aires auditives
Surdité corticale, agnosie auditive —
(bilatérales)
Circuit 1 Surdité verbale pure —
Aire de Wernicke Aphasie de Wernicke —
Aphasie transcorticale sensorielle avec
Circuit 2 —
intégrité de la dénomination
Aire sémantique (ou
Aphasie transcorticale sensorielle Wernicke type II
circuits 2+3)
Circuit 3 Aphasie amnésique —
Circuit 4 Aphasie de conduction —
Aphasie motrice
Aire de Broca Aphasie de Broca
efférente (Luria)
Anarthrie pure (Pierre
Circuit 5 Aphémie (Déjerine)
Marie)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi la lésion du faisceau arqué entraîne-t-elle des difficultés de répétition ?
2. Quelles zones seraient encore fonctionnelles dans une aphasie transcorticale
sensorielle ?
3. Comment distinguer une aphasie amnésique d’une aphasie de conduction ?
4. En quoi ce modèle peut-il aider à guider un bilan orthophonique ?
Bilan de l’aphasie – Points essentiels
▶ À qui s’adresse ce bilan ?
À tous les patients présentant un trouble du langage d’origine neurologique :
o Vasculaire (AVC),
o Traumatique (traumatisme crânien),
o Infectieuse (encéphalite, etc.),
o Tumorale (lésion cérébrale liée à une tumeur).
👉 C’est un outil diagnostique et thérapeutique central dans la prise en charge
orthophonique.
▶ Quand peut-on le pratiquer ?
Dès que l’état de vigilance du patient le permet.
o ⚠️Important : on attend que le patient soit éveillé et attentif pour garantir la
fiabilité des résultats.
o Cela peut être très tôt après l’AVC ou plus tard selon l’évolution médicale.
▶ Que mesure-t-il exactement ?
Il met en évidence :
o les processus perturbés (ce qui ne fonctionne plus),
o mais aussi les compétences préservées (ce que le patient sait encore faire).
👉 Il s’agit de corréler les signes observés pour comprendre la nature réelle du déficit, pas
juste décrire des symptômes isolés.
▶ Quels sont les intérêts du bilan ?
Il aide à poser un diagnostic différentiel :
Un même symptôme (ex. : mutisme) peut avoir des causes différentes, donc nécessiter des
rééducations différentes.
👉 D’où l’importance de ne pas s’arrêter aux apparences, mais de comprendre les
mécanismes cognitifs sous-jacents.
▶ Quel est le rôle de la famille ?
Le bilan est l’occasion d’un premier contact avec les proches.
Ils sont partie prenante du processus thérapeutique :
o Ils aident à transférer les acquis de la rééducation dans la vie quotidienne.
o Ils doivent être informés et impliqués.
✅ Résumé clair pour étudiant orthophoniste
Question Réponse essentielle
À qui ? Tout patient avec trouble du langage d’origine cérébrale
Quand ? Dès que le patient est suffisamment éveillé
Quoi ? Mesure les fonctions altérées et préservées
Pourquoi ? Aide au diagnostic différentiel et à l’orientation du soin
Et la famille ? Elle doit être informée et impliquée activement
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il important d’objectiver les compétences préservées dans un bilan ?
2. Comment la compréhension fine des mécanismes déficitaires influence-t-elle la
rééducation ?
3. Quels outils ou tests connais-tu pour évaluer l’aphasie ? (ex : MT-86, CADL, Boston...)
4. Comment pourrais-tu expliquer le rôle du bilan à une famille inquiète en termes
simples ?
Les 4 modalités langagières à explorer dans un bilan d’aphasie
L’examen orthophonique d’un patient aphasique ne se limite pas à la parole : il faut évaluer
tout le système langagier, aussi bien en réception qu’en production, à l’oral comme à l’écrit.
🔹 1. L’expression orale
« Ce que le patient est capable de dire à l’oral »
Spontanéité du discours
Recherche de mots / manque du mot
Agrammatisme
Paraphasies (sémantiques, phonémiques)
Fluence verbale
Prosodie
Répétition
🧩 Exemples d’items : dénommer des images, décrire une scène, compléter une phrase.
🔹 2. La compréhension orale
« Ce que le patient comprend quand on lui parle »
Compréhension de consignes simples et complexes
Désignation d’objets / images
Compréhension de questions ouvertes ou fermées
Distinction de mots proches phonologiquement ou sémantiquement
🧩 Exemples : « Montre-moi le crayon », « Est-ce que c’est un fruit ? », « Tu peux toucher ta
tête ? »
🔹 3. La compréhension écrite
« Ce que le patient comprend à la lecture »
Reconnaissance de mots isolés
Compréhension de phrases simples / complexes
Lecture fonctionnelle (panneaux, horaires…)
🧩 Exemples : « Entoure le mot chien », « Lis et exécute : mets la main sur ta tête »
🔹 4. L’expression écrite
« Ce que le patient peut produire à l’écrit »
Copie de mots ou phrases
Écriture sous dictée
Rédaction spontanée (même brève)
Utilisation du lexique écrit, orthographe
🧩 Exemples : écrire son nom, écrire une phrase simple, écrire à partir d’une image
✅ Résumé visuel pour révision rapide
Modalité Réception Production
Orale Compréhension orale Expression orale
Écrite Compréhension écrite Expression écrite
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il indispensable d’évaluer à la fois les modalités orales et écrites ?
2. Dans quels cas un patient pourrait bien comprendre à l’écrit mais pas à l’oral ?
3. Quelles activités ludiques pourrais-tu proposer pour évaluer la compréhension
écrite ?
4. Pourquoi faut-il distinguer un trouble de langage d’un trouble moteur de l’écriture
(agraphie motrice) ?
EXPRESSION ORALE – Évaluation dans le bilan d’aphasie
▶ Épreuves de langage spontané
Le but est de faire parler librement le patient pour observer :
Sa capacité à initier le discours,
La qualité de ses phrases,
Les éventuelles erreurs de langage.
🧩 Exemples d’activités :
Présentation (état civil : nom, prénom, date de naissance),
Dialogue contraint (questions-réponses : « Où habitez-vous ? »),
Récit personnalisé (par exemple : « Racontez-moi votre journée » ou « Que s’est-il
passé ce matin ? »)
▶ Ce que ces épreuves évaluent
Critère Définition
Degré d’incitation verbale Faut-il beaucoup stimuler le patient pour qu’il parle ?
Informativité du discours Le discours est-il riche en contenu, ou vide, vague, stéréotypé ?
▶ Quels signes cliniques peut-on observer ?
Voici les principaux traits sémiologiques que ces épreuves permettent de repérer :
Trouble Caractéristique
Aphasie fluente (ex. Wernicke) Parole fluide mais incohérente, jargon, erreurs nombreuses
Inventions de mots incompréhensibles (ex : "tralabon" pour
Jargon phonémique
"camion")
Jargon sémantique Mots réels mais sans lien logique avec le sens attendu
Réduction de l’initiative verbale, trouble du contrôle du
Syndrome frontal
discours
Anomie Manque du mot, contournement par des phrases floues
Répétition automatique de la même phrase/mot (ex : «
Stéréotypie
bonjourbonjourbonjour… »)
Mutisme aphasique sans
Patient silencieux malgré une compréhension correcte
agrammatisme
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Expression orale
Épreuve Ce qu’on observe
Langage spontané Fluence, contenu, longueur, incitation
Dialogue contraint Réponse à des questions simples : orientation dans le langage
Récit personnalisé Construction d’un discours narratif, spontanéité
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Que signifie un discours fluent mais totalement incompréhensible ?
2. En quoi la distinction entre jargon phonémique et sémantique est-elle utile au
diagnostic ?
3. Quelles stratégies peux-tu utiliser pour stimuler un patient peu spontané (ex : ATM ou
frontal) ?
4. Pourquoi est-il essentiel de noter la qualité du contenu, et pas seulement la longueur
du discours ?
Épreuves de répétition – Objectifs et intérêts
L’épreuve de répétition consiste à faire répéter des sons, mots ou phrases au patient après
les lui avoir entendus. Cela permet d’évaluer :
▶ Ce que cette tâche mobilise :
Étape cognitive impliquée Explication simple
Perception auditive Le patient doit entendre et comprendre ce qui est dit
Transposition auditivo- Il doit transformer ce qu’il entend en programme moteur
phonatoire de parole
Réalisation arthrique Puis il doit articuler correctement ce qu’il a préparé
👉 Un trouble peut apparaître à n’importe laquelle de ces étapes.
🔍 Quels types d’items utilise-t-on ?
🔸 Répétition de syllabes
Permet d’observer les troubles de l’articulation et les effets moteurs purs.
Ex : pa-ta-ka, ba-ba-ba
🔸 Répétition de mots
Les mots sont choisis selon différents critères pour tester plus finement :
o Fréquence d’usage : mots fréquents vs rares
o Complexité articulatoire : ex : "table" vs "extraordinaire"
o Proximité phonologique ou sémantique : pour voir s’il y a des confusions
👉 Ces mots permettent de détecter des paraphasies phonémiques ou sémantiques.
🔸 Répétition de phrases
Classées selon deux axes :
o Paradigmatique : remplacement de mots dans une même structure
grammaticale (ex : "Le chat dort" → "Le chien mange")
o Syntagmatique : structure de phrases avec enchaînement logique (ex : "Je vais
à l’école parce que...")
🧠 Cela teste la capacité du patient à retenir, organiser, et restituer des informations
linguistiques complexes.
✅ Pourquoi cette épreuve est-elle si importante ?
Elle permet d’identifier les aphasies de conduction (répétition très altérée).
Elle différencie certaines aphasies fluentes :
o Aphasie de Wernicke : répétition altérée + incompréhension.
o Aphasie transcorticale sensorielle : répétition préservée, malgré une
compréhension altérée.
Elle permet aussi d’évaluer des troubles praxiques (apraxie bucco-faciale),
phonologiques, ou arthriques.
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-ce que l’aphasie de conduction entraîne une mauvaise répétition malgré
une bonne compréhension ?
2. En quoi la répétition de mots complexes peut-elle aider à repérer une désintégration
phonétique ?
3. Quelle différence observes-tu entre un trouble de répétition dû à une aphasie et celui
dû à une apraxie ?
4. Quel est l’intérêt de proposer des phrases sur les deux axes (paradigmatique vs
syntagmatique) ?
Épreuves de dénomination – Qu’est-ce que c’est ?
La dénomination est la tâche de « mettre un mot sur un objet », une image, un son…
Autrement dit, c’est accéder au mot qui correspond à une représentation.
🎯 On teste ici la disponibilité du lexique : est-ce que le patient retrouve les bons mots ?
▶ Modalités utilisées
Visuelle : nommer une image ou un objet.
Auditive : nommer un bruit, un son ou une définition orale.
🧠 Cela met en jeu la voie sémantique → lexique phonologique de sortie.
▶ Critères qui rendent la tâche plus difficile
Critère Pourquoi c’est plus difficile ?
Effet de fréquence Les mots rares sont plus durs à trouver que les mots
Critère Pourquoi c’est plus difficile ?
fréquents.
Opposition manipulable / non Les objets non manipulables (ex : « horizon ») sont
manipulable souvent plus abstraits.
Les mots longs (ex : « crocodile ») sont plus difficiles à
Effet de longueur
articuler et à mémoriser.
Similarité phonémique / Ex : « bateau » et « château » → erreurs fréquentes par
sémantique proximité phonologique ou sémantique.
Opposition verbo-nominale Les verbes sont plus difficiles à accéder que les noms
(classes grammaticales) (surtout dans les aphasies non fluentes).
▶ Ce que permet d’observer la tâche de dénomination
Trouble identifié Exemple ou explication
Manque du mot (ex : « euh… je sais ce que c’est… » mais pas de
Anomie
mot produit)
Mutation phonétique Altération du mot (ex : "gâteau" → "galo")
Le patient contourne (ex : "c’est pour manger la soupe" au lieu de
Périphrases
"cuillère")
Persévérations Répétition inappropriée d’un mot utilisé juste avant
Différence de fluence Discours bloqué, haché, hésitant
Paraphasies
Altérations des sons (ex : "clé" → "cléf")
phonémiques
Paraphasies Remplacement par un mot du même champ (ex : "chat" →
sémantiques "chien")
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Dénomination
Épreuve Ce qu’elle teste Signes observables
Dénomination visuelle / Accès au mot dans le Anomie, paraphasies, périphrases,
auditive lexique persévérations
Difficultés manipulées Fréquence, longueur, Aide à repérer les types de troubles
Épreuve Ce qu’elle teste Signes observables
volontairement complexité lexicaux
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Comment peux-tu différencier une anomie d’une paraphasie sémantique ?
2. Pourquoi les verbes sont-ils souvent plus touchés que les noms ?
3. Quels types d’indices peux-tu proposer pour aider un patient qui bloque en
dénomination ?
4. Pourquoi est-il utile d’observer les contournements comme les périphrases dans le
bilan ?
Compréhension orale et écrite – 4 niveaux à analyser
Quand on évalue la compréhension, on ne se limite pas à dire “il comprend” ou “il ne
comprend pas”. On distingue 4 niveaux de complexité croissante :
▶ 1. Niveau lexical
Compréhension de mots isolés
🧩 Exemples :
« Montre-moi le chien »
« Donne-moi la tasse »
✅ Cela teste surtout l'accès au lexique mental.
▶ 2. Niveau morphosyntaxique
Compréhension de structures grammaticales
🧩 Exemples :
« Le chat est mordu par le chien » (voix passive)
Comprendre la différence entre sujet et complément
✅ Cela teste l’analyse de la syntaxe (phrases complexes, formes passives…).
▶ 3. Niveau phrastique
Compréhension de phrases complètes, simples ou complexes
🧩 Exemples :
« Le garçon court après le chien » → Montrer la bonne image parmi 2
« La fille que le garçon regarde est en rouge »
✅ On observe si le patient analyse le sens global d’une phrase.
▶ 4. Niveau textuel
Compréhension de petits textes ou paragraphes
🧩 Exemples :
Lire un court texte ou l’écouter, puis répondre à des questions
Replacer des événements dans l’ordre
✅ Cela évalue les compétences discursives (compréhension globale, inférences, mémoire de
travail).
🔍 Interprétation des résultats selon les profils d’aphasie
Observation Interprétation possible
Compréhension orale + écrite Compatible avec un mutisme aphasique ou une
lacunaires (~50 %) aphasie fluente sévère (ex : Wernicke)
En faveur d’une anarthrie pure ou aphasie de
Compréhension orale + écrite intactes
conduction
Compréhension orale abolie +
Forte suspicion de surdité verbale pure
compréhension écrite préservée
✅ Résumé visuel pour étudiant orthophoniste
Niveau Ce qu’on évalue Exemple
Lexical Compréhension de mots « montre-moi la fourchette »
Morphosyntaxique Structure grammaticale Voix passive, subordonnées
Phrastique Phrase complète Représentation visuelle d’une action
Textuel Texte entier Lecture et réponses à questions
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. En quoi l’étude morphosyntaxique est-elle cruciale pour différencier certaines
aphasies non fluentes ?
2. Pourquoi un patient atteint de surdité verbale pure peut-il bien comprendre à l’écrit
mais pas à l’oral ?
3. Comment pourrais-tu adapter ces niveaux si un patient a des troubles visuels associés
?
4. Quels types d’aides pourrais-tu proposer à un patient aphasique lors d’une tâche de
compréhension textuelle ?
Lecture à haute voix – Ce que l’on évalue
La lecture à voix haute permet d’évaluer la reconnaissance des unités écrites (lettres,
syllabes, mots) et la voie de lecture utilisée (phonologique ou lexicale).
▶ Étapes proposées
Type d’unité Exemple Objectif
Évaluer la reconnaissance des
Graphèmes "b", "d", "ch"
unités de base
Syllabes "pa", "tro" Évaluer l’assemblage phonologique
Évaluer la voie phonologique
Non-mots "tralube", "spador"
uniquement
Évaluer l’accès lexical et les effets
Mots Fréquents / rares / longs
de fréquence/longueur
Lexique Homophones / homographes / proches Observer la confusion possible en
spécifique phonémiquement ou sémantiquement cas de trouble de lecture
▶ Difficultés lexicales spécifiques testées
Homophones non homographes : "verre / vert" → mêmes sons, orthographes
différentes
Homographes non homophones : "couvent" (lieu vs. verbe "ils couvent")
Proximité phonémique : "mouton / bouton"
Proximité sémantique : "chien / chat"
Difficultés sérielles : mots avec groupements de lettres similaires (ex : "statistique")
🧠 Ces items testent les voies d’accès lexical et phonologique, ainsi que la précision du
traitement grapho-phonologique.
📘 Analyse au niveau textuel – Lecture + compréhension
Ces sous-tests permettent de voir comment le patient traite l’information écrite dans des
phrases ou textes.
▶ Ce qu’on peut observer :
Observation Interprétation possible
Procédure exclusivement phonologique
(lecture mécanique mais 👉 Alexie de surface / jargon phonémique
incompréhension)
Lecture sans oralisation ni 👉 Alexie profonde, observée dans certains
compréhension mutismes aphasiques
👉 Rappel des difficultés de la conduction ou
Achoppements répétés, interruptions
mutisme arthrique
👉 Observée dans jargon sémantique ou surdité
Compréhension textuelle correcte
verbale, où la lecture peut être mieux préservée
malgré jargon oral
que l’oralisation
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Lecture orale et compréhension textuelle
Niveau testé Objectif Troubles révélés
Graphèmes, syllabes, non-
Voie phonologique Alexie de surface
mots
Mots, homophones, etc. Voie lexicale Confusions lexicales, alexie profonde
Accès global au Mutisme, jargon, troubles d’accès
Lecture de phrases / textes
sens sémantique
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi les non-mots sont-ils si utiles dans l’évaluation de la voie phonologique ?
2. Comment différencier une alexie de surface d’une alexie profonde en bilan ?
3. En quoi une bonne compréhension de lecture peut-elle aider à poser un diagnostic
différentiel ?
4. Quels indices permettent de dire qu’un patient lit en "mode automatique", sans
compréhension ?
EXPRESSION ÉCRITE – Deux modalités d’évaluation
▶ 1. Langage écrit spontané (ou "langage transcrit spontané")
🔹 Similaire à l’expression orale spontanée, mais à l’écrit :
Le patient doit écrire librement à partir de consignes simples :
Activité Objectif
Écrire son état civil Voir si le patient accède aux automatismes
Narration personnalisée Écrire un court texte sur soi ou un souvenir
Dénomination d’images par écrit Évalue le lien entre image et mot écrit
👉 On observe la structuration syntaxique, l’accès au lexique écrit, la graphie, etc.
▶ 2. Expression écrite sous dictée (écriture contrainte)
🔹 Le thérapeute dicte des unités de complexité croissante :
Niveau Exemple
Graphémique Lettres : « écris la lettre B »
Syllabaire Syllabes : « écris la »
Lexical Mots : « écris chaise »
Phrastique Phrases : « Le chat dort sur le tapis »
👉 Ces tâches permettent de repérer les erreurs phonologiques, lexicales ou syntaxiques à
l’écrit.
🧩 Ce que cela permet de détecter :
🔸 Mutisme aphasique de Broca
Anomie écrite (manque de mot à l’écrit)
Agrammatisme
Abolition du langage transcrit (le patient n’écrit rien)
🔸 Aphasie de Wernicke
Jargonagraphie (écriture incompréhensible)
Parfois accompagnée de dyssyntaxie (grammaire perturbée)
🔸 Mutisme arthrique et surdité verbale
Langage transcrit préservé, contrairement à l’oral → très important pour le
diagnostic différentiel
📌 Comparaison utile à faire :
On compare les performances :
en dictée
en répétition
et en lecture à voix haute
🎯 Objectifs :
Confronter les voies d’accès phonologique et lexicale
Identifier le canal de traitement le plus efficace pour la rééducation
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Expression écrite
Type d’épreuve Ce qu’on observe Indications possibles
Écrit spontané Structuration du discours, lexique Anomie, agrammatisme, jargon
Dictée Conversion graphème ↔ phonème Troubles phonologiques, sémantiques
Épellation Accès au code orthographique Erreurs spécifiques, dissociations
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi certaines aphasies ont une écriture plus préservée que l’oral (ex. surdité
verbale) ?
2. En quoi la dictée permet-elle d’explorer les voies phonologique et lexicale d’accès à
l’écriture ?
3. Comment peux-tu distinguer une jargonagraphie d’une dysorthographie
phonologique ?
4. Quels supports pourrais-tu utiliser pour adapter les dictées à un patient très
sévèrement touché ?
Le langage élaboré – Qu’est-ce que c’est ?
Ce type d’évaluation vise à tester des compétences langagières complexes, qui vont au-delà
des simples mots ou phrases. Il s’agit de mobiliser les capacités de raisonnement,
d’abstraction, de logique verbale.
🧠 Ce langage élaboré est souvent touché dans les lésions frontales, ou dans certaines
aphasies résiduelles.
📌 Quand le proposer ?
En début de prise en charge si les déficits sont très légers.
En fin de rééducation, pour estimer les capacités de reprise d’activité
(professionnelle, sociale…).
Quand le langage spontané semble fluide mais que des troubles cognitivo-langagiers
persistent.
🧩 Types d’épreuves proposées
Type d’épreuve Ce que ça teste
Capacité à formuler un contenu sémantique clair (ex. : «
🔹 Définition de mots
Qu’est-ce qu’un marteau ? »)
🔹 Explication de métaphores Abstraction et inférence (ex. : « Il a un cœur de pierre »)
🔹 Compréhension de
Capacité à interpréter le sens figuré
métaphores
🔹 Concaténation de phrases Mise en lien logique entre deux propositions
Résolution analogique (ex. : « En quoi une orange et une
🔹 Similitudes
pastèque se ressemblent ? »)
🔹 Antonymes / Synonymes Accès au lexique, flexibilité sémantique
✅ Ce que ces tâches révèlent
Des troubles discrets du raisonnement verbal,
Une rigidité mentale,
Une difficulté d’accès aux concepts abstraits,
Des troubles sémantiques profonds malgré une expression correcte.
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Langage élaboré
Quand ? Pour qui ? Exemples
Patients avec déficits mineurs, Métaphores, définitions,
En fin de bilan / rééducation
séquelles analogies
En début si les troubles sont Détection fine de troubles
Antonymes, concaténation
très légers cognitifs verbaux
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi une personne fluente et grammaticalement correcte peut-elle échouer à
une tâche de métaphore ?
2. En quoi les épreuves de langage élaboré sont utiles pour la reprise professionnelle ?
3. Quel est le lien entre fonctions exécutives et langage élaboré ?
4. Quelles adaptations proposerais-tu à un patient scolarisé mais très lent dans le
raisonnement ?
RECOMMANDATIONS CLINIQUES – Évaluer, c’est aussi observer humainement
✅ 1. Préserver le bien-être émotionnel du patient
Les personnes aphasiques sont souvent angoissées, frustrées, hypersensibles.
Elles peuvent vivre des réactions catastrophiques : pleurs, colère, abandon.
🧩 Pourquoi ?
→ Parce qu’elles se sentent « piégées dans leur tête », conscientes de leur trouble, mais
incapables de s’exprimer.
💡 Recommandation :
➡️Adopter une posture rassurante, éviter de confronter le patient à des échecs répétés.
Soutenir, valoriser chaque effort.
✅ 2. Respecter les limites cognitives et physiques du patient
Le bilan peut être long et exigeant.
Il faut prévoir des pauses, voire scinder l’évaluation en plusieurs séances.
🧠 Objectif : Préserver la validité des résultats. Un patient fatigué = un patient moins
performant.
✅ 3. Les consignes peuvent être répétées
➡️Cela ne fausse pas l’épreuve, car :
Le but n’est pas de piéger,
Mais de comprendre ce que le patient est capable de faire, avec ou sans aide légère.
✅ 4. Observer le comportement global du patient
Aspect à noter Pourquoi ?
Degré de
Est-il volontaire, impliqué, ou au contraire fermé, désintéressé ?
coopération
Fatigabilité Le patient tient-il une séance entière ? Faiblit-il en fin d’examen ?
Réactions émotionnelles / comportementales observables (voir ci-
Mode réactionnel
dessous)
🧩 Modes réactionnels pathologiques possibles
Réaction Signification possible
Opposition Refus des consignes, réaction de défense
Hyper-contrôle Comportement rigide, anxieux, perfectionniste
Indifférence Détachement émotionnel, parfois signe de dépression
Dépression Démotivation, tristesse, retrait
Réaction Signification possible
Recours au geste Compensation non verbale (mime, pointage), utile à observer
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Recommandations comportementales
Recommandation Pourquoi ?
Préserver le patient
Éviter les blocages, renforcer la confiance
émotionnellement
Faire des pauses fréquentes Garder une bonne qualité de réponse
Répéter les consignes Favoriser la compréhension, éviter les faux échecs
Mieux comprendre les dynamiques affectives et
Noter les comportements
cognitives
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Comment réagir si un patient se met à pleurer pendant une tâche de dénomination ?
2. Pourquoi l’attitude du patient est-elle une source d’information clinique, et non un «
bruit parasite » ?
3. En quoi la fatigue peut-elle fausser une évaluation lexicale ou syntaxique ?
4. Que faire si un patient mime systématiquement au lieu de parler ?
PANORAMA DES TESTS ( cf cours)
Rééducation de l’aphasie – Principes fondamentaux
▶ Une approche raisonnée
La rééducation ne se limite pas à faire des exercices au hasard.
Elle repose sur des hypothèses concernant le type d’aphasie et le ou les mécanismes
atteints, en lien avec les modèles du langage (par exemple le modèle en deux voies, ou les
trois articulations du langage).
💬 Exemple :
→ Si le patient a une anomie (manque du mot), on peut travailler sur l’accès au lexique
sémantique par des techniques de dénomination induite.
Le choix des techniques dépend :
Du profil langagier du patient (aphasie fluente ou non fluente, etc.)
Des modèles cognitifs du langage (système sémantique, buffer phonologique, etc.)
De l’évolution attendue du trouble (aphasie progressive ou réversible)
Et surtout : des attentes et besoins de communication du patient dans la vie
quotidienne.
💡 Il ne s’agit pas seulement de "réparer" des fonctions, mais d’aider à mieux vivre
avec le trouble.
🎯 Objectifs principaux de la rééducation
Objectif Explication simple
✅ Optimiser la Aider à restaurer les fonctions linguistiques altérées,
récupération par stimulation ciblée
✅ Valoriser les Par exemple, utiliser l’écriture si l’oral est perdu, ou
capacités préservées les gestes
✅ Favoriser l’adaptation Travailler sur les situations concrètes : faire les
sociale courses, appeler un proche, etc.
🧠 C’est ici que l’on parle aussi de compensation fonctionnelle : apprendre à utiliser
autrement ce que le cerveau permet encore.
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Rééducation de l’aphasie
Élément À retenir
Base de
Modèles cognitifs + profil aphasique
travail
Choix des
En fonction des hypothèses + attentes du patient
techniques
Récupération, valorisation des acquis, autonomie
Objectifs
sociale
Important Considérer l’état psychologique et le projet de vie du
Élément À retenir
patient
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
En quoi est-il important d’associer la famille à la rééducation ?
Que ferais-tu si un patient refuse de travailler sur l’oral mais accepte l’écrit ?
Pourquoi certaines aphasies progressives demandent-elles une approche différente ?
Peux-tu citer une technique que tu utiliserais pour une anomie ? Et pour une
dysyntaxie ?
1. Pourquoi abandonner les anciennes descriptions de l’aphasie ?
🧱 Les modèles anatomo-cliniques traditionnels (Broca, Wernicke…) :
Sont basés sur la localisation des lésions (aire de Broca, aire de Wernicke, etc.).
Mais ne tiennent pas toujours compte du fonctionnement réel du langage (ex :
certaines lésions "hors" de Broca peuvent donner des troubles similaires).
Sont limités pour guider la rééducation : ils décrivent où est la lésion, mais pas
comment le langage est altéré.
💡 On privilégie désormais des modèles fonctionnels, centrés sur les processus cognitifs du
langage.
🔍 2. Les regroupements observés selon les zones cérébrales atteintes
Zone touchée Profil clinique typique
Frontale ou ➤ Réduction du langage, agrammatisme, troubles articulatoires (ex :
insulaire aphasie de Broca)
Temporale ou ➤ Langage fluide mais incohérent, paraphasies, jargon, troubles de
pariétale compréhension (ex : aphasie de Wernicke)
➤ Hypophonie, variabilité, répétition souvent préservée (ex : aphasie
Sous-corticale
thalamique)
👉 Ces observations sont utiles pour localiser, mais pas suffisantes pour comprendre le
trouble en profondeur.
📚 3. Une nouvelle façon de penser l’aphasie : les modèles cognitifs
L’aphasie est une atteinte des processus cognitifs qui gèrent le langage. Elle résulte de
l’atteinte de systèmes de représentation.
▶ Une représentation, c’est :
Un état d’activation temporaire d’un réseau de neurones qui encode une information
linguistique (ex : mot, son, structure grammaticale…).
🧠 Quand un de ces systèmes est atteint, la fonction langagière qu’il supporte dysfonctionne.
🧩 4. Les différents systèmes cognitifs du langage
Système Fonction atteinte
Production phonétique Programmation motrice des sons (ex : anarthrie)
Représentations Sélection et organisation des sons (ex : paraphasies
phonologiques phonémiques)
Représentations lexico- Accès au sens et au lexique (ex : anomie, paraphasies
sémantiques sémantiques)
Graphémiques Écriture : orthographe, conversion son-lettre (ex : agraphies)
Morpho-syntaxique Construction grammaticale (ex : agrammatisme, dysyntaxie)
Utilisation du langage dans le contexte social (ex : trouble de la
Pragmatique
cohérence, des actes de langage)
➡️Ces systèmes peuvent être touchés ensemble (atteinte globale) ou de façon isolée
(aphasie sélective).
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Modèles cognitifs du langage
Concept À retenir
Modèle traditionnel Localisation cérébrale (ex : aire de Broca)
Modèle actuel Processus cognitifs (ex : accès au lexique, combinatoire syntaxique…)
Conséquence On rééduque le symptôme (paraphasie, anomie, etc.), pas la lésion
Importance Identifier le(s) système(s) atteint(s) pour adapter la rééducation
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il plus pertinent de parler d’atteinte du système sémantique plutôt que
de « grande aphasie de Wernicke » ?
2. Si un patient a des paraphasies phonémiques, quel système est probablement
atteint ?
3. Quelle différence fais-tu entre représentation phonologique et production
phonétique ?
4. Comment identifier un trouble de la combinatoire morpho-syntaxique dans un
bilan ?
Modèle modulariste sériel – de quoi s'agit-il ?
C’est un modèle cognitiviste qui postule que le langage est traité dans des modules
spécialisés (boîtes), reliés en série (d’un point A à un point B).
Chaque module réalise une opération précise, et une atteinte d’un seul module peut
perturber tout le système.
🔍 Décryptage du schéma
Module Rôle Exemple clinique si atteint
🔹 Analyseur auditif Décode le signal sonore Surdité verbale
🔹 Lexique phonologique Surdité lexicale (mot entendu
Reconnaît les mots entendus
d’entrée mais non reconnu)
🔹 Système de
Identifie visuellement les objets Agnosie visuelle
reconnaissance d’images
Accès au sens des mots (orale Anomie, paraphasies
🔹 Système sémantique
ou écrite) sémantiques
🔹 Lexique phonologique de
Sélectionne les mots à dire Anomie phonologique
sortie
Maintient temporairement les Erreurs de répétition, de
🔹 Buffer phonologique
sons en mémoire dénomination
🔹 Articulation Production motrice de la parole Dysarthrie, anarthrie
👉 Voie écrite parallèle :
Module Fonction
🔹 Analyseur visuel Traitement du mot écrit
🔹 Lexique orthographique d’entrée Reconnaît les mots écrits
🔹 Lexique orthographique de sortie Récupère l’orthographe correcte
🔹 Buffer graphémique Maintient la forme écrite temporairement
🔹 Écriture Production graphique (motrice ou dactylographique)
🔁 Circulation de l’information – Voies possibles
Entrée Traitement Sortie
Mot entendu → Système sémantique →
➤ Nommer un mot qu’on entend
Mot dit
Image → Sémantique → Mot dit ➤ Dénomination d’image
Mot écrit → Sémantique → Mot dit ➤ Lecture à voix haute (voie lexicale)
Image → Sémantique → Écriture ➤ Dénomination écrite
➤ Dictée de pseudo-mots (voie
Son → Phonologique → Écriture
phonologique pure)
✅ Résumé étudiant orthophoniste – modèle sériel du langage
Composant Fonction cognitive Trouble associé
Analyseurs auditif /
Perception sensorielle Surdité verbale / alexie
visuel
Reconnaissance ou production du
Lexiques d’entrée / sortie Surdité lexicale / anomie
mot
Système sémantique Compréhension, sens Paraphasies sémantiques
Erreurs de répétition /
Buffers Mémoire de travail
dictée
Sorties Réalisation motrice Dysarthrie, agraphie
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quelle différence ferais-tu entre un trouble du lexique phonologique de sortie et un
trouble d’articulation ?
2. Pourquoi ce modèle permet-il de mieux cibler les objectifs de rééducation qu’un
modèle purement anatomique ?
3. Si un patient peut écrire un mot entendu mais pas un mot vu, quelle voie est
préservée ?
4. En quoi l’hypothèse "sérielle" peut poser problème dans certains cas cliniques ?
Troubles phonologiques : de quoi s'agit-il ?
Un trouble phonologique correspond à une atteinte du système qui organise les phonèmes
(les sons du langage). Le patient connaît le mot (donc le sens est préservé), mais n’arrive pas
à bien choisir ou agencer les sons.
📊 Analyse du schéma
Le schéma montre :
1. Entrée auditive normale : le mot /tortu/ est bien entendu.
2. Le système sémantique fonctionne : le sens du mot est compris.
3. Mais... au moment d’envoyer ce mot vers la production orale :
o Le système de représentation phonologique est lésé (étoile + "effets lésion").
o Résultat = le mot est mal "encodé phonologiquement" → production
incorrecte : /tartandu/ au lieu de /tortu/.
🧩 Conséquences cliniques d’un trouble phonologique
Symptôme Exemple
🔸 Paraphasies phonémiques "pateau" pour "bateau", "tralon" pour "dragon"
🔸 Néologismes phonémiques Création de mots inexistants par erreurs de sons
🔸 Trouble de répétition Le patient déforme les mots répétés
🔸 Erreurs en lecture à voix haute ou en Car les sons ne sont pas correctement maintenus ou
dictée ordonnés
🧪 Ce qui est préservé
✅ Compréhension orale
✅ Reconnaissance du mot
✅ Système sémantique
✅ Articulation motrice (ce n’est pas une anarthrie)
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Troubles phonologiques
Élément Impact
Système atteint Représentation phonologique (encodage)
Symptômes Paraphasies phonémiques, néologismes, erreurs en répétition
Préservation Compréhension, articulation motrice
Rééducation Exercices d’attention phonémique, répétition syllabique, segmentation
ciblée sonore, appui écrit
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quelle différence fais-tu entre un trouble phonologique et un trouble d’articulation ?
2. Pourquoi le mot est bien compris, mais mal produit ?
3. Comment peux-tu adapter une tâche de dénomination si tu suspectes un trouble
phonologique ?
4. Quelle stratégie utiliserais-tu pour aider à reconstruire un mot phonologiquement
incorrect ?
Troubles d’entrée phonologique – C’est quoi exactement ?
Ce sont des troubles qui empêchent le patient de bien décoder les sons du langage oral,
malgré une audition normale. Le problème n’est pas d’entendre, mais de comprendre ce qui
est entendu.
🎯 Ces troubles touchent les premiers niveaux de traitement phonologique : analyse
auditive, accès au lexique, ou représentation des sons.
🔍 Signes cliniques – Ce qu’on observe
Tâche Ce que ça teste Si perturbé...
Reconnaissance des → Trouble de décodage
Discrimination syllabique / rimes
sons proches phonologique
Tâche Ce que ça teste Si perturbé...
Conscience phonologique (nombre Manipulation
→ Trouble métaphonologique
de syllabes, rimes, genre) consciente des sons
→ Trouble du lexique
Décision lexicale (mot ou non-mot) Accès au lexique
phonologique d’entrée
Exécution d’ordres simples / Compréhension → Trouble syntaxique ou
complexes syntaxique attentionnel
→ Trouble sémantique ou
Désignation d’images Compréhension lexicale
d’accès au sens
Buffer phonologique + → Trouble de mémoire
Répétition mots et non-mots
encodage phonologique
🧩 Dissociations à rechercher
Type Exemple Indice
🔸 Concret / Abstrait "chien" mieux compris que "justice" Trouble sémantique
Trouble phonologique (effet
🔸 Long / Court "mouton" plus difficile que "chat"
longueur)
🔸 En contexte / Meilleure compréhension en phrase
Trouble d’accès lexical isolé
isolé qu’en mot seul
🔸 Lexical vs
Le mot est compris, mais pas la phrase Dissociation syntaxique
syntaxique
✅ Résumé – Étudiant orthophoniste
Niveau touché Symptômes Outils d’évaluation Rééducation
Mauvaise Discrimination auditive,
Analyse auditive / Rimes, syllabes,
discrimination / conscience
phonologique décisions lexicales
compréhension phonologique
Confusion mots / non- Répétition,
Accès au lexique Appui visuel, écrit,
mots, difficulté de appariement mot-
phonologique épellation
répétition image
Représentations Paraphasies, erreurs Répétition non-mots, Conscience syllabique,
Niveau touché Symptômes Outils d’évaluation Rééducation
répétées, segmentation
phonologiques aides visuelles
compréhension floue syllabique
Rééducation – Outils concrets
1. Prise de conscience du trouble (auto-évaluation, feedback immédiat)
2. Ordres simples / complexes (ex : "touche la tasse" → "touche la tasse puis le crayon")
3. Appariement mots-images
4. Travail phonologique :
o Rimes
o Nombres de syllabes
o Genre des mots
5. Répétition de mots / non-mots
6. Utilisation de l’écrit comme appui :
o Association mot écrit - image
o Épellation guidée
o Lecture répétée
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi les non-mots sont-ils importants pour tester la voie phonologique ?
2. Quelle différence fais-tu entre une surdité verbale et une atteinte du lexique
phonologique ?
3. Quels signes peuvent t’alerter d’un trouble phonologique d’entrée sans trouble
auditif ?
4. Comment aider un patient qui comprend mal les consignes orales, mais lit bien ?
Troubles de production phonologique – De quoi parle-t-on ?
Il s'agit de difficultés à produire des mots à cause d'une atteinte de :
1. La sélection phonémique : choix des sons.
2. L’encodage phonémique : organisation correcte des sons dans le mot.
3. La planification motrice du langage (en partie, si interaction avec les troubles
articulatoires).
📍 Le mot est connu mentalement (le sens est là), mais le chemin pour le dire est perturbé.
📊 Symptômes typiques
Trouble observé Exemple Interprétation
Manque du mot Le patient hésite, dit "euh..." Trouble de sélection lexicale
Accès difficile mais partiellement
Ébauche orale "lav... lav... lavabo"
préservé
Paraphasie Substitution, déplacement ou
"balavo" au lieu de "lavabo"
phonémique ajout de sons
"rato" → "chato" (mot réel, faux Choix du mauvais mot dans le
Paraphasie verbale
sens) lexique
Mot inventé, structure
Néologisme "kratékoer" pour "lavabo"
phonologique erronée
Répétition du même mot ("tan tan Blocage du système
Stéréotypie
tan...") phonologique
Répétition du mot précédent dans Déficit du contrôle cognitif de la
Persévérations
un autre contexte production
🧩 Comment les repérer ?
Ces troubles apparaissent dans toutes les tâches de production :
🔁 Répétition de mots / non-mots
Dénomination orale et écrite
📖 Lecture à voix haute
✍️Écriture dictée
💬 Langage spontané (LHV)
🎯 Rééducation – Stratégies efficaces
Objectif Outils
🔸 Faciliter l’accès au mot Ébauche orale, amorçage phonologique, phrase amorcée
🔸 Stimuler la voie phonologique Répétition de mots / non-mots, lecture à voix haute
🔸 Renforcer la conscience des
Rimes, segmentation, syllabation
sons
Contrôle inhibiteur (ex : consigne de silence), thérapie
🔸 Réduire les automatismes
mélodique
🔸 Améliorer la fluidité Contrainte de production lente et contrôlée
🔸 Stimuler la dénomination Association image-mot, aide gestuelle ou écrite
✅ Résumé étudiant orthophoniste – Troubles de production phonologique
Système atteint Conséquence Exemple
Représentations Paraphasies, néologismes, erreurs "meksikositi" au lieu de
phonologiques phonémiques "Mexico city"
Persévérations, erreurs en répétition
Buffer phonologique "lavabo, lav... kratok"
longue
Stéréotypies, productions
Contrôle frontal "tan tan tan" pour tout
automatiques
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quelle est la différence entre paraphasie phonémique et néologisme ?
2. Pourquoi les non-mots sont-ils particulièrement utiles dans l’évaluation ?
3. Quel est l’intérêt d’utiliser la thérapie mélodique chez certains patients ?
4. Comment distinguer un trouble de production phonémique d’un trouble de
l’articulation motrice ?
Troubles lexico-sémantiques – de quoi s’agit-il ?
Ces troubles touchent :
Soit l’entrée lexico-sémantique : le patient entend ou lit les mots, mais n'accède pas
à leur sens.
Soit la sortie lexico-sémantique : le patient a le concept en tête, mais ne parvient
pas à produire le bon mot.
📍 Troubles d’entrée (comprendre le sens)
🧩 Ce que le patient réussit :
Discrimination phonologique correcte (il entend bien les sons).
Décision lexicale (il sait si un mot est réel ou non).
Répétition via la voie non-lexicale (il peut répéter un mot sans le comprendre).
🚨 Ce qui est altéré :
Compréhension des mots (pas de sens attaché aux mots).
Compréhension de phrases logiques, implicites, humoristiques.
Épreuves sémantiques : catégorisation, associations, attributs, généralisation...
📍 Troubles de sortie (trouver le mot)
🧩 Ce que l’on observe :
Manque du mot non aidé par l’ébauche orale (≠ trouble phonologique).
Aide possible si on suggère une catégorie ou par effet de priming (amorçage
sémantique).
Paraphasies sémantiques : le mot produit est dans la même catégorie mais faux (ex :
"lion" → "animal", "pipe" → "cendrier").
Circonlocutions : le patient décrit le mot sans le dire ("c’est pour fumer...").
🔧 Rééducation – Outils orthophoniques efficaces
Objectif Exemple d’activités
- Attributs (oui/non) → "le lion est-il un félin ?"
Renforcer les liens sémantiques
- Classements : "manger / voler / nager..."
- Dénomination d’images par usage ou définition ("on
Améliorer l’accès lexical
s’assoit dessus" → chaise)
Objectif Exemple d’activités
Travailler l’organisation mentale - Fluence catégorielle : "citez des fruits"
du lexique - Production de synonymes / antonymes
- Histoires absurdes
Stimuler la compréhension fine - Intrus logiques
- Compréhension d’implicite, de blagues, d’ironie
- Travail sur la nature grammaticale : substantif vs verbe,
Spécificité linguistique
animé vs inanimé
✅ Résumé étudiant – Troubles lexico-sémantiques
Type de trouble Manifestations Rééducation
D’entrée Compréhension lexicale altérée, Attributs, associations, histoires
(comprendre) difficulté à traiter l’implicite logiques, généralisation
Anomie non aidée par ébauche,
De sortie Dénomination par usage, fluence,
paraphasies sémantiques,
(produire) synonymes, aide par catégories
circonlocutions
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi l’ébauche orale n’aide pas en cas de trouble lexico-sémantique ?
2. Quelle est la différence entre une paraphasie phonémique et une paraphasie
sémantique ?
3. Quelles tâches pourraient permettre de faire la différence entre un trouble
sémantique et un trouble syntaxique ?
4. En quoi les fluences catégorielles sont-elles plus utiles que les fluences alphabétiques
dans ces cas ?
1. Que sont les troubles syntaxiques et discursifs ?
Ils apparaissent lorsque le patient :
Ne parvient pas à structurer correctement ses phrases (niveau syntaxique =
microstructure),
Ou ne peut pas organiser un discours cohérent et pertinent (niveau sémantico-
discursif = macrostructure).
Ces troubles peuvent affecter :
Le débit verbal (fluence),
L’élaboration grammaticale,
L’enchaînement logique des idées,
La compréhension de discours complexes.
🔍 2. Manifestations cliniques fréquentes
📤 En production orale (surtout spontanée)
Manifestation Exemple ou description
Le patient parle peu, ou produit des énoncés très
🔹 Réduction de la fluence
courts, hachés
🔹 Suppression grammaticale
"Je… marché… hier… maman"
(agrammatisme)
Flux de parole abondant mais peu structuré,
🔹 Logorrhée
incohérent
🔹 Mélange syntaxique Mauvais accords, inversion de mots
📥 En compréhension de phrases/discours
Manifestation Description
🔸 Difficulté à suivre une phrase Confusion dans les subordonnées, inversion sujet-
complexe objet
Ne comprend pas l’implicite ou les relations de
🔸 Problèmes d’inférences logiques
cause
Ne retient que des détails isolés, sans trame
🔸 Difficulté à restituer un récit
narrative
🔸 Faible mémoire de travail verbale Se perd dans les phrases longues ou les récits oraux
🧩 3. Modèle de Kintsch & Van Dijk (compréhension de texte ou discours)
Niveau Fonction Exemple
🧱 Microstructure Organisation des phrases (syntaxe) "Le chat mange la souris"
Macrostructure Idée principale du texte / sens global "C’est une histoire de chasse"
Niveau Fonction Exemple
"Il fait froid, il met une écharpe
🔁 Inférences Informations non dites mais déduites
→ c’est l’hiver"
🧠 Mémoire de Garde en tête les infos pour Compréhension dépend du
travail construire le sens au fil du récit contexte précédent
🔧 4. Rééducation – Que peut faire l’orthophoniste ?
Objectif Activités
🔹 Travailler la fluence Récits guidés, reformulations, description d’images
🔹 Améliorer la structuration
Compléter des phrases, réorganiser des segments
syntaxique
🔹 Renforcer les inférences Compréhension de petites histoires, questions implicites
🔹 Travailler les connecteurs
"parce que", "donc", "alors", "ensuite"
logiques
🔹 Renforcer la mémoire verbale Rappels de phrases entendues, compréhension différée
Résumer une histoire, structurer un récit en 3 temps
🔹 Organiser le discours global
(début/milieu/fin)
✅ Résumé étudiant – Troubles syntaxiques et discursifs
Trouble Symptôme Stratégie
Agrammatisme, erreurs de Complétion de phrases, travail
Syntaxique
grammaire morpho-syntaxique
Logorrhée, incohérence, Histoires à trous, plans narratifs,
Discursif
désorganisation du discours support visuel
Ne comprend pas l’implicite, se perd Questions implicites, repérage
Compréhension
dans les récits d’éléments clés
Mémoire de Récapitulatif oral, reformulations
Perte du fil, oublis rapides
travail progressives
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. En quoi un trouble syntaxique diffère-t-il d’un trouble sémantique ?
2. Comment un trouble de la mémoire de travail peut-il impacter la compréhension du
discours ?
3. Pourquoi est-il important de travailler aussi bien le récit que la phrase isolée ?
4. Comment peux-tu structurer une activité de compréhension d’implicite chez un
patient aphasique ?
Objectif général : restaurer une parole structurée, fluide et compréhensible
Les troubles syntaxiques et discursifs se traduisent par :
Des phrases mal construites ou réduites,
Un débit trop faible (mutisme, réduction) ou trop élevé (logorrhée),
Une perte de la logique dans les récits,
Des difficultés à engager ou maintenir une conversation fonctionnelle.
La rééducation doit agir à plusieurs niveaux simultanés : phonologique, morpho-syntaxique
et pragmatique.
🔧 Outils et techniques de rééducation
🔁 1. Boucle phonologique (répétition de phrases)
✅ Objectif : automatiser des structures syntaxiques correctes à l’oral.
Activité Exemple
Répétition de phrases courtes « Le chat dort », « La dame achète une robe »
Allongement progressif « Le chat noir dort sous la table »
Répétition avec transformation « Le chat dort » → « Le chien mange »
🧠 Cela mobilise la mémoire de travail, le lexique, la syntaxe et la production articulatoire.
💬 2. Conversation dirigée / semi-spontanée
✅ Objectif : relancer l’utilisation de phrases dans un contexte communicatif réel.
Activité Exemple
Question ouverte avec support
« Que vois-tu sur cette image ? »
visuel
Activité Exemple
Jeu de rôle Ex : au supermarché, chez le médecin
Donner la parole tour à tour pour encourager la prise
Tour de parole structuré
d’initiative
L’orthophoniste aide à reconstruire une phrase mal
Reformulation guidée
formulée
3. Narration / description d’images
✅ Objectif : améliorer la cohérence du discours et la structuration syntaxique.
Activité Exemple
Description d'une image simple « Que fait cet enfant ? »
Bande dessinée sans texte Le patient raconte la scène image par image
Séquençage d’actions « Mets les images dans l’ordre et raconte ce qui se passe »
Récit personnel « Parle-moi de ta journée d’hier »
4. Construction guidée de phrases
✅ Objectif : travailler la syntaxe (sujet-verbe-complément, accord)
Activité Exemple
Compléter une phrase à trous « Le garçon mange … »
Construire une phrase avec des mots
« chat / sur / dort / lit » → « Le chat dort sur le lit »
donnés
Transformer une phrase affirmative en interrogative,
Manipulations syntaxiques
passive, etc.
Utilisation de pictogrammes ou cartes Pour aider à structurer mentalement la phrase
✅ Résumé – Stratégies orthophoniques
Cible Technique Exemples
Syntaxe Répétition, construction, complétion Boucle phonologique, phrases à
Cible Technique Exemples
trous
Jeux de conversation, narrations
Débit / fluence Récit d’image, séquences logiques
guidées
Discours Récits, BD, reformulations Histoire avec aide visuelle
Pragmatisme Jeux de rôle, dialogue structuré Conversation simulée avec relances
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il important de combiner travail syntaxique et travail discursif ?
2. Comment peux-tu adapter ces activités à un patient peu verbal ?
3. Quelles aides visuelles pourrais-tu utiliser pour soutenir la construction de phrase ?
4. En quoi le feedback immédiat et reformulation est-il utile dans la rééducation du
discours ?
I. Troubles de lecture – Types généraux
Les alexies apparaissent quand l’un des processus cognitifs de lecture est altéré :
1. 📍 Analyse visuelle (perception des lettres/mots)
2. 🔠 Voie d’adressage (lexicale) : on reconnaît un mot entier (lecture rapide,
automatique, utile pour les mots irréguliers)
3. 🔡 Voie d’assemblage (phonologique) : on lit un mot lettre par lettre, en le décodant
phonologiquement (utile pour les mots nouveaux ou les non-mots)
4. 📖 Accès au sens (voie sémantique)
🧩 II. Les différents types d’alexies selon la voie atteinte
🔸 1. Alexie de surface (atteinte de la voie d’adressage)
Caractéristiques Explications
Le patient ne reconnaît pas si un mot est réel ou
❌ Décision lexicale altérée
inventé
✅ Mots & non-mots lus pareillement Car il lit par assemblage (lettre à lettre)
❌ Mots irréguliers mal lus Ex : "femme" lu /fɛm/ au lieu de /fam/
Caractéristiques Explications
✅ Pas d’erreur sémantique Car la voie sémantique est préservée
📌 Effet de longueur important Plus le mot est long, plus c’est difficile
🧠 Voie préservée : assemblage (graphème → phonème)
💥 Voie lésée : adresse lexicale
🔸 2. Alexie lexicale pure (atteinte isolée de la voie lexicale)
C’est une forme purement isolée d’alexie de surface.
Lecture très lente, mot par mot.
Non-mots lus facilement (ex : "blurep").
Mots irréguliers → erreurs ou hésitations.
🧠 Le patient lit par assemblage uniquement. La lecture est possible mais coûteuse.
🔸 3. Alexie profonde (atteinte prédominante de la voie d’assemblage)
Caractéristiques Explications
✅ Mots mieux lus que non-mots Car les non-mots exigent l’assemblage, ici altéré
❌ Lecture impossible des non-mots Ex : "trabile" = échec complet
❌ Paralexies sémantiques Lire "chien" au lieu de "chat"
✅ Lecture de mots irréguliers
Grâce à la voie lexicale préservée
possible
❌ Influence de la classe Les mots grammaticaux sont plus difficiles (ex : "mais",
grammaticale "dans")
🧠 Voie lésée : assemblage phonologique
💥 Voie préservée : voie sémantique / lexicale globale
✅ Résumé – Étudiant orthophoniste
Type
Voie atteinte Signes principaux Voie préservée
d’alexie
De surface Lexicale / adressage Mots irréguliers mal lus, lecture lente, Assemblage
Type
Voie atteinte Signes principaux Voie préservée
d’alexie
effet longueur
Lexicale Non-mots lus, irréguliers mal lus, pas
Lexicale (isolée) Assemblage
pure de sens
Assemblage Lexico-
Profonde Non-mots non lus, erreurs sémantiques
phonologique sémantique
📐 Autres signes associés (à connaître)
Trouble Exemple
Paralexie visuelle "maison" → "raison" (mots proches visuellement)
Paralexie dérivationnelle "lecture" → "lecteur"
Trouble de copie sans trouble de dictée Suggestion d’atteinte visuelle pure (analyseur visuel)
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi une alexie de surface affecte surtout les mots irréguliers ?
2. En quoi une alexie profonde témoigne d’une tentative de compensation sémantique
?
3. Comment différencier une alexie phonologique d’un trouble purement visuel ?
4. Quelle stratégie proposerais-tu pour aider un patient avec alexie de surface à mieux
lire les mots irréguliers ?
Alexie lexicale – Voie atteinte : l'adressage
📌 Ce que montre le schéma :
Le mot "chat" est vu par l’analyseur visuel.
Il devrait être reconnu directement dans le lexique orthographique d’entrée (→ voie
d’adressage).
Mais ici, cette voie est lésée : le patient ne reconnaît pas le mot globalement,
comme un tout.
Il passe alors par la voie d’assemblage (conversion grapho-phonémique) :
o Il décompose "c-h-a-t"
o Et il doit reconstruire le mot à partir des sons.
🧩 Ce processus est lent, coûteux cognitivement, et ne fonctionne pas pour les mots
irréguliers (ex. : "femme", "monsieur").
🔍 Conséquences cliniques de l’alexie lexicale
Symptômes observés Interprétation
Le patient lit par assemblage (graphème →
Lecture correcte des non-mots
phonème)
Lecture lente, syllabée des mots connus Il ne reconnaît plus les mots globalement
❌ Mots irréguliers mal lus (ex : "femme" →
Car l’adressage est absent
"fèmme")
❌ Absence de lecture automatique Lecture devient effort conscient et analytique
✅ Compréhension possible après effort Grâce au système sémantique préservé
Rééducation orthophonique – Stratégies spécifiques
🔧 Objectif principal : réactiver ou contourner la voie d’adressage
Stratégie Exemple / activité
📚 Réapprentissage par assemblage "chat" → ch + a + t → CHA-T
📖 Enseignement de règles d’irrégularité "femme" ne se lit pas comme il s’écrit
🧩 Lecture syllabique progressive Segmenter les mots par syllabes
Lire le mot et l’associer à une image (voie
Appariement mot-image
sémantique)
✏️Travail sur la mémoire visuelle des
Dictée de mots irréguliers appris par cœur
mots
🔁 Flashcards visuelles Exposition répétée à des mots fréquents
✅ Résumé pour fiche de révision étudiant
Type
Voie atteinte Ce qui est conservé Ce qui est altéré
d’alexie
Voie d’adressage Voie d’assemblage, Lecture automatique de mots
Lexicale
(reconnaissance globale) conversion G → Ph connus, mots irréguliers
❓ Questions pour réfléchir plus loin
1. Pourquoi un patient avec alexie lexicale peut-il lire un non-mot, mais pas le mot
"monsieur" ?
2. Comment peux-tu différencier une alexie lexicale d’une alexie profonde ?
3. Quels mots choisirais-tu pour commencer une rééducation par assemblage ?
4. Quel rôle joue la mémoire orthographique dans l’accès au lexique écrit ?
Alexie profonde – Voie atteinte : assemblage (graphème → phonème)
🧩 Ce que montre le schéma :
Le patient voit le mot via l’analyseur visuel ✅
Il accède au lexique orthographique d’entrée ✅
Il peut reconnaître le mot globalement (adresse lexicale)
Mais la conversion lettre → son (graphème → phonème) est lésée ❌
Cela empêche la lecture des mots nouveaux ou inconnus (non-mots)
Le patient doit deviner le sens global à partir de la forme visuelle du mot et du
système sémantique
📍 Caractéristiques de l’alexie profonde
Manifestations Explication
✅ Mots réels lus mieux que non-mots Car les mots peuvent être reconnus globalement
❌ Non-mots illisibles Besoin de la voie d’assemblage, ici altérée
✅ Lecture possible des mots fréquents Grâce à la voie lexicale conservée
❌ Erreurs sémantiques (paralexies) Ex : "chien" lu "chat"
✅ Décision lexicale conservée Il sait reconnaître si un mot est réel
❌ Influence de la classe grammaticale Mots grammaticaux (ex : "mais", "donc") plus
Manifestations Explication
difficiles
❌ Effets d’abstraction ou de complexité Plus le mot est abstrait, plus c’est difficile à lire
Rééducation orthophonique – Objectifs et stratégies
🎯 Objectif principal : contourner ou réentraîner la voie d’assemblage, renforcer les
stratégies lexicales
Stratégie Exemple
📚 Renforcement du lexique Lecture répétée de mots fréquents pour automatiser
orthographique leur forme
🧩 Appariement mot-image Ex : "chat" ↔ 🐱
✏️Travail sur les rimes ou la structure
Identifier les sons communs dans les mots connus
syllabique
📖 Relecture avec mots manquants à
"Le _ dort dans le panier" (→ chat)
compléter
📦 Catégorisation sémantique Classer des mots pour renforcer les liens lexicaux
"manon" → "maman" = mots voisins visuellement ou
Lecture de mots par analogie
phonologiquement
✅ Résumé pour ta fiche de révision
Type
Voie atteinte Ce qui est difficile Ce qui est possible
d’alexie
Non-mots, lecture Mots fréquents, lecture
Assemblage (conversion
Profonde analytique, erreurs globale, appui
graphème/phonème)
sémantiques sémantique
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi le patient avec alexie profonde fait-il des erreurs sémantiques mais pas
phonémiques ?
2. Quelle différence avec un patient ayant une alexie lexicale ?
3. Quels types de mots utiliserais-tu en premier dans une rééducation d’alexie profonde
?
4. Quelle est la place de la voie sémantique dans la compensation de l’alexie profonde ?
Le rôle des autres fonctions cognitives dans l’aphasie
Même si l’aphasie est un trouble du langage, sa prise en charge ne peut ignorer les autres
fonctions cognitives. Ces fonctions soutiennent, facilitent ou perturbent le langage selon
qu’elles sont préservées ou atteintes.
1. 🎯 Allocation des ressources attentionnelles
C’est la capacité à se concentrer, à soutenir l’attention, à passer d’une tâche à une autre,
etc.
Si altérée… Conséquence possible
Distraction fréquente Erreurs de compréhension ou perte du fil du discours
Lenteur à traiter l’information Réponses retardées, mutisme apparent
Fatigabilité cognitive Moins de participation aux activités langagières
2. 🧠 Mémoire de travail (très importante !)
Permet de garder temporairement en mémoire une information pour la traiter : "je retiens
ce que tu me dis pour y répondre".
Si altérée… Conséquence possible
Difficulté à suivre des phrases longues Ex : "Le chien que le chat a poursuivi est parti"
Trouble de la compréhension globale Lecture ou discours trop complexes
Incapacité à reformuler ou répéter une phrase Mémoire immédiate verbale faible
🔎 C’est une fonction centrale en aphasie, notamment dans :
Les aphasies de conduction
Les troubles syntaxiques
La compréhension de récits
3. 🧬 Mémoire épisodique
C’est la mémoire des événements vécus, des situations personnelles dans le temps et
l’espace.
Si altérée… Conséquence possible
Oublis de consignes, de séances Impact sur la rééducation à long terme
Difficulté à raconter un souvenir Confusion ou incohérence dans les récits
Trouble de la reconnaissance de visages ou Peut ressembler à de la désorientation
lieux langagière
4. 📚 Mémoire sémantique
Stock des connaissances générales sur le monde, les objets, les mots, les catégories.
Si altérée… Conséquence possible
Anomie persistante Incapacité à nommer des objets même familiers
Paraphasies sémantiques fréquentes Ex : dire "cuillère" pour "fourchette"
Difficulté en fluence catégorielle Peu d’accès aux catégories ("animaux", "fruits", etc.)
5. 🧭 Fonctions exécutives
Ce sont les fonctions de contrôle mental, d’organisation, de planification et de régulation.
Si altérées… Conséquence possible
Comportements stéréotypés ou
Répète toujours la même réponse
persévérants
Problèmes d’autocorrection Ne remarque pas ses erreurs
Incohérence, manque de structuration, difficulté à
Langage désorganisé
commencer ou à terminer une tâche
6. Intégrité des chaînes d’analyse auditive et visuelle
Pour comprendre un message oral ou écrit, il faut que les systèmes sensoriels (audition et
vision) fonctionnent correctement.
Si altérés… Conséquence possible
Trouble auditif (non diagnostiqué) Faux diagnostic d’aphasie de Wernicke
Si altérés… Conséquence possible
Trouble visuel Impacte la lecture, la désignation, la copie de mots
Surdité verbale pure Spécifique à la langue parlée, pas aux sons non verbaux
✅ Résumé étudiant – Fonctions cognitives en lien avec l’aphasie
Fonction Impact sur le langage
Attention Maintien du fil du discours, traitement rapide
Mémoire de travail Compréhension, répétition, syntaxe
Mémoire épisodique Narration, transfert des apprentissages
Mémoire sémantique Dénomination, fluence, compréhension
Fonctions exécutives Organisation du discours, autocorrection
Analyse sensorielle Compréhension auditive/visuelle correcte
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi est-il important d’évaluer la mémoire de travail avant de débuter une
rééducation syntaxique ?
2. En quoi une atteinte des fonctions exécutives peut-elle être confondue avec une
aphasie fluente ?
3. Comment peux-tu adapter ta séance orthophonique à un patient qui fatigue vite ?
4. Quel outil utiliserais-tu pour évaluer les fonctions cognitives associées chez un
patient aphasique ?
Qu’est-ce que la dimension pragmatique ?
La pragmatique est la science de l’usage du langage en contexte. Elle ne s’intéresse pas
seulement aux mots ou à la grammaire, mais à comment on communique avec autrui, dans
une situation réelle.
C’est donc l’étude de la fonction communicative du langage.
🧩 Pourquoi est-ce important en aphasie ?
Un patient peut produire des phrases correctes… sans jamais vraiment « parler à quelqu’un
».
Ou au contraire : il peut avoir un langage appauvri mais réussir à faire passer son message
par d’autres moyens.
🌟 La pragmatique évalue l’efficacité de la communication globale.
I. Communication verbale – aspects évalués
Élément pragmatique Ce qu’on observe
Est-ce que le patient demande ? informe ? refuse ? exprime un
Type d’actes de langage
sentiment ?
Fluence verbale Nombre de mots par minute, pauses longues ou non
Rapport quantité /
Trop ou trop peu d’informations transmises
concision
Spécificité du lexique Utilise-t-il des mots précis ou vagues ?
Humour Perception et production de blagues ou de jeux de mots
Conversation Prise de tour de parole, écoute de l’autre, rebond sur le sujet
Réparations Corrige-t-il ses erreurs ? Revient-il sur ce qu’il voulait dire ?
🎯 Important en évaluation : Mêmes erreurs linguistiques → efficacité communicative très
différente selon le patient.
🤝 II. Communication non verbale
Le langage non verbal complète ou compense le langage verbal, surtout chez les patients
aphasiques.
Élément Rôle
Prosodie Intonation, rythme, mélodie : marque les émotions, les intentions
Regard Maintien du contact visuel, suivi de la communication
Mimiques Expressions faciales : joie, colère, surprise, doute...
Proxémique Gestion de la distance interpersonnelle
Gestes Illustratifs ou déictiques (ex : montrer, faire des signes)
📍 Certains patients aphasiques utilisent mieux leur regard ou leurs gestes que leur parole.
🧑⚕️Implication clinique pour l’orthophoniste
Ne pas se limiter à la syntaxe et au lexique.
Observer en situation réelle : conversation, appel téléphonique, discussion libre.
Travailler la gestuelle, l’intention communicative, la prise d’initiative.
✅ Résumé pour ta fiche étudiant
Dimension Exemples de manifestations
Pragmatique verbale Types d’actes, concision, fluidité, gestion de la conversation
Pragmatique non verbale Prosodie, regard, mimiques, gestes, distance
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Un patient aphasique qui ne parle presque pas, mais qui rit, mime, montre… est-il
vraiment non communicant ?
2. Comment différencier un trouble pragmatique d’un trouble strictement
linguistique ?
3. Quelle place donnerais-tu à la communication non verbale dans tes séances ?
4. Proposerais-tu des exercices spécifiques de pragmatique dans une rééducation post-
AVC ? Si oui, lesquels ?
Rééducation pragmatique et fonctionnelle : pour les aphasies sévères
💡 Objectif :
Ne pas se focaliser uniquement sur la langue, mais permettre au patient de s’exprimer et
d’interagir dans la vie quotidienne — par tous les moyens disponibles.
🧩 1. Approche PACE (Promoting Aphasia Communicative Effectiveness)
Créée par Davis et Wilcox, c’est une des approches les plus connues de la rééducation
pragmatique.
🎯 Principe :
Utiliser tous les canaux de communication (parole, geste, dessin, pointage, regard…).
Placer le patient dans une situation où il doit transmettre une information nouvelle à
l’orthophoniste.
Peu importe la forme, c’est le message qui compte.
Exemple Mise en pratique
Il doit la décrire ou la
Carte image que seul le patient voit
faire deviner
L’orthophoniste ne doit pas deviner trop vite, pour laisser le
patient chercher des stratégies
📍 On rétablit ainsi une interaction naturelle = véritable communication, pas une série
d’exercices.
📁 2. Classeurs de communication ([Link])
Supports visuels permettant au patient d’indiquer des idées, émotions, objets, lieux,
actions… même sans parler.
✅ Contenu :
Pictogrammes ou photos
Tableaux de vocabulaire (alimentation, toilette, famille…)
Émotions, besoins, horaires, lieux
L’orthophoniste les personnalise selon les besoins du patient.
🧑💻 3. Autres outils de suppléance
Outils Usage
Ordinateur ou tablette Applications de CAA (communication alternative et augmentée)
Gestes, mimes Approche naturelle pour les patients non verbaux
Épellation, lettres Si les capacités écrites sont partiellement conservées
Carnets personnels Journal visuel, photos + mots clés
👥 4. Approches sociales et éducatives
La communication ne se résume pas à l’orthophoniste. Elle implique les proches, les
groupes, le quotidien.
👨👩👧👦 Éducation du conjoint / famille
Expliquer les troubles (anosognosie, frustration, etc.)
Apprendre à poser des questions adaptées, utiliser les gestes, les supports
Favoriser la communication authentique, pas « parler à la place du patient »
🤝 Sociothérapie – groupes d’aphasiques
Groupes de parole, échanges sociaux
Favorise la prise d’initiative langagière
Valorise la personne aphasique dans son rôle social
✅ Résumé étudiant – Fiche express
Approche Objectif Moyens
Communiquer efficacement, même Tous canaux permis (gestes,
PACE
sans langage dessins, etc.)
Aider à se faire comprendre Classeurs ou carnets de
[Link]
visuellement communication
Tablettes, applications, synthèse
Technologies Communication alternative augmentée
vocale
Famille / Éducation, sociothérapie, groupes
Inclusion sociale, soutien émotionnel
groupes de parole
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Pourquoi le modèle PACE peut-il être plus adapté à certains patients que les exercices
classiques de répétition ?
2. Comment pourrais-tu expliquer à une famille le but d’un classeur de
communication ?
3. As-tu des idées pour motiver un patient non verbal à entrer dans une interaction ?
4. Quelle différence ferais-tu entre rééducation du langage et rééducation de la
communication ?
Approches pragmatiques et psychosociales
(ou approche écologique et centrée sur la participation)
🎯 Objectifs principaux
Ces approches ne cherchent pas à "corriger le langage", mais à :
Rompre l’isolement social du patient aphasique
Favoriser la communication dans la vie quotidienne, même avec peu de langage
Redonner une place sociale et familiale au patient
Travailler sur les limitations d’activités (ex : téléphoner, discuter, faire les courses)
Réduire les restrictions de participation (se faire comprendre, être écouté, échanger)
🧠 Fondement : le problème du transfert
Beaucoup de patients progressent dans les exercices orthophoniques, mais n’utilisent pas ce
qu’ils ont appris dans la vraie vie.
D’où l’importance de travailler dans des situations écologiques, c’est-à-dire réalistes, utiles,
et centrées sur les besoins du patient.
Stratégies de suppléance
Hypothèse Moyens
On valorise tous les autres moyens : gestes, mimiques,
Le langage verbal n’est pas le
dessins, photos, objets, communication écrite, tablettes,
seul canal de communication
pictogrammes...
On vise une communication Peu importe la forme, l’important est de se faire
totale comprendre
La méthode PACE (Promoting Aphasia Communication Effectiveness)
🔹 Créée par Davis et Wilcox
1ère technique validée de l’approche pragmatique
📸 Le patient voit une image cachée de l’orthophoniste
🧩 Il doit la faire deviner par tous les moyens (parole, geste, bruit, dessin…)
🔁 Les rôles s’inversent : le patient devient aussi l’interlocuteur actif
🎯 But : mettre le patient en situation de communication authentique, motivante et
créative
🎥 Analyse de Conversation (AC)
🔹 Innovation thérapeutique récente
On enregistre des conversations naturelles (souvent à domicile, avec les proches)
On analyse :
o ✅ Ce qui facilite la communication
o ❌ Ce qui bloque la communication
o 🔁 Comment les interlocuteurs compensent les troubles du langage
🎯 Objectif :
Améliorer les interactions réelles avec les proches en modifiant les stratégies des deux
partenaires :
Le patient aphasique
Son interlocuteur habituel (conjoint, aidant, enfant…)
✅ Résumé étudiant – Fiche synthèse
Approche Objectif Outils / Techniques
Pragmatique / Favoriser la communication
PACE, CAA, carnet de communication
écologique réelle
Rompre l’isolement, restaurer la Groupes, sociothérapie, rôle des
Psychosociale
place sociale aidants
Analyse de Améliorer les conversations Enregistrements à domicile,
Conversation naturelles observation des échanges
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quelle différence vois-tu entre rééduquer un trouble du langage et réhabiliter la
communication ?
2. Pourquoi le rôle des proches est-il central dans ces approches ?
3. Que penses-tu de l’idée de filmer une conversation entre un patient et son conjoint
pour l’analyse ?
4. Dans quels cas utiliserais-tu la méthode PACE en priorité ? Et la méthode AC ?
Approches cognitives en rééducation de l’aphasie
💡 Principe fondamental :
La rééducation est fondée sur une analyse précise du fonctionnement cognitif du langage
du patient, en s’appuyant sur des modèles théoriques validés (ex : modèle sériel de la
production du langage, modèle en double voie de la lecture, etc.).
🧩 1. Le repérage des niveaux de traitement perturbés
On commence par identifier précisément les étapes du traitement langagier qui sont
altérées, en référence aux modèles cognitifs du langage.
Par exemple :
Fonction atteinte Manifestation Exemple
Représentation
Paraphasies phonémiques "lavabo" → "balavo"
phonologique
Paraphasies sémantiques,
Lexique sémantique "lion" → "animal"
anomie
Buffer phonologique Trouble de répétition Erreurs sur les mots longs
"tralibou" ne peut pas être
Voie d’assemblage Lecture des non-mots impossible
lu
Voie d’adressage Mots irréguliers mal lus "femme" → /fɛm/
🔍 Ce repérage précis oriente le choix des tâches thérapeutiques.
🧰 2. Objectif : améliorer les déficiences spécifiques du langage
L’approche cognitive cible les processus cognitifs sous-jacents au langage, et non
uniquement le symptôme.
🎯 Exemple :
Au lieu de faire juste « nommer des images », on travaille l’accès au lexique
sémantique → on stimule les catégories, les attributs, les associations.
🔄 3. Une synthèse entre empirisme et théorie
Avant, il y avait :
🔹 L’approche empirique / sémiologique : on rééduquait le symptôme observé, sans
toujours expliquer pourquoi.
🔹 L’approche théorique / cognitive : on travaillait en profondeur, mais parfois
déconnecté de la vie réelle.
👉 Aujourd’hui, ces deux approches se rejoignent :
On utilise les exercices classiques (répétition, dénomination, lecture, etc.)
Mais on les choisit et structure selon les hypothèses cognitives sur le patient.
✅ Résumé – Étudiant orthophoniste
Élément Détail
🎯 Objectif Rééduquer les processus cognitifs du langage
🔍 Étape 1 Repérage du niveau atteint (phonologique, sémantique, syntaxique, etc.)
🧰 Étape 2 Choix de tâches ciblées selon les modèles cognitifs
🔄 Étape 3 Intégration avec les techniques classiques (empiriques)
🔧 Exemples d'application clinique
Trouble Modèle cognitif utilisé Tâche thérapeutique
Système lexico- Dénomination par catégorie, définition,
Anomie sémantique
sémantique usage
Paraphasies Représentation Répétition de syllabes, discrimination
phonémiques phonologique phonologique
Lecture de mots irréguliers fréquents,
Alexie de surface Modèle en double voie
flashcards
Reconstitution de phrases, travail morpho-
Aphasie syntaxique Modèle syntaxique
syntaxique
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. Quelle différence fais-tu entre rééduquer un symptôme et rééduquer un processus
cognitif ?
2. Pourquoi est-ce utile d’avoir un modèle théorique du langage en tête quand tu
choisis un exercice ?
3. Comment peux-tu adapter une tâche classique (ex : dénomination) à un objectif
cognitif précis ?
4. Quelle place la motivation du patient doit-elle prendre dans le choix des tâches
cognitives ?
Approche de stimulation (SLAC Program)
Inspirée des travaux de Schuell, c’est une approche globale et répétitive.
💡 Hypothèse :
L’aphasie est un trouble unitaire du langage → on stimule tout le système linguistique, sans
chercher à cibler une composante précise.
🎯 Objectif :
➤ Réactiver les capacités résiduelles par des exercices intensifs et variés, dans un
environnement riche et structuré.
🧰 Exemples de tâches :
Répétition, compréhension orale, lecture à haute voix, appariement mot/image,
conversations guidées
📌 Peu d’analyse cognitive fine → plus "pratique", moins théorique
2. 🧬 Théorie de Luria : approche neurofonctionnelle
D’orientation soviétique, développée par A.R. Luria, père de la neuropsychologie moderne.
💡 Hypothèse :
Le cerveau est plastique → il peut réorganiser ses fonctions linguistiques grâce à des
facilitations multisensorielles.
🎯 Objectif :
➤ Travailler sur la restauration fonctionnelle du langage, en sollicitant les voies intactes.
Techniques :
Utilisation du geste, de l'écrit, du dessin, de la mimique
Travail très contextualisé et motivant
📌 Repose sur l'idée que le langage peut se reconstruire ailleurs si l’environnement est bien
adapté.
3. 🔁 Approche béhavioriste / instruction programmée
Inspirée des travaux de Skinner et de la psychologie comportementale.
💡 Hypothèse :
L’aphasie est un comportement langagier inadapté → on peut réinstaller les bons
comportements par renforcement positif.
🎯 Objectif :
➤ Réapprentissage progressif via petits pas, renforcements, stimuli bien contrôlés.
Exemple de technique :
Programme en chaînes : le patient complète une réponse, reçoit un feedback
immédiat, puis passe à l’étape suivante.
📌 Très structuré mais parfois peu souple et centré sur le symptôme observable.
4. 📋 Approche syndromique ou sémiologique
La plus classique en orthophonie francophone.
💡 Hypothèse :
Chaque aphasie correspond à un syndrome clinique identifiable (Broca, Wernicke,
conduction, globale…).
🎯 Objectif :
➤ Adapter la prise en charge selon le type d’aphasie identifié, en se basant sur ses
manifestations linguistiques typiques.
Exemple :
Si aphasie de Broca → travail de la syntaxe et de l’articulation
Si aphasie de Wernicke → travail sur la compréhension, la surveillance des erreurs
📌 Très utilisée en pratique clinique, souvent en combinaison avec des approches cognitives.
✅ Résumé – Fiche étudiant
Approche Hypothèse Objectif Exemple
Stimulation (SLAC) Aphasie = trouble Réactiver par la Répétition, matching
Approche Hypothèse Objectif Exemple
global du langage stimulation répétée mot/image
Reorganiser les
Neurofonctionnelle
Plasticité cérébrale fonctions via des aides Geste + parole + image
(Luria)
sensorielles
Réinstaller des
Langage = Étapes progressives,
Béhavioriste comportements
comportement renforcements
langagiers adaptés
Broca → fluence,
Syndromique / Aphasie = syndrome Adapter à chaque type
Wernicke →
sémiologique clinique d’aphasie
compréhension
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. En quoi l’approche de stimulation diffère-t-elle de l’approche cognitive ?
2. Quels sont les avantages et limites de l’approche comportementale dans la
rééducation du langage ?
3. L’approche sémiologique est-elle suffisante pour un patient avec des troubles
cognitifs associés ?
4. Comment pourrais-tu combiner Luria et modèle cognitif dans une même séance ?
Conclusion – Rééducation de l’aphasie : où en sommes-nous ?
🎯 1. Une diversité d’outils efficaces et complémentaires
Aujourd’hui, la rééducation de l’aphasie s’appuie sur de nombreuses approches, que tu as
étudiées :
Thérapies classiques : dénomination, répétition, compréhension
Méthode PACE : communication par tous les canaux
Classeurs de communication : supports visuels personnalisés
Travail en groupe et associations d’aphasiques : aspect social, partage, motivation
Approches cognitives : ciblent les processus mentaux sous-jacents
Approches pragmatiques et psycho-sociales : visent la participation et l’autonomie
Stratégies de suppléance : gestes, onomatopées, dessins, mimes…
🧠 Ces approches sont souvent combinées selon le patient, son profil cognitif, ses besoins, ses
objectifs.
❗ 2. Mais… pas encore de "recette miracle"
Il n’existe pas encore de théorie unique, capable de :
prédire quel traitement fonctionne pour quel type d’aphasie,
proposer un schéma de rééducation universel et infaillible.
📌 Pourquoi ?
La variabilité des profils aphasiques est immense (type, sévérité, troubles associés…)
Le langage est un système complexe, en lien avec les émotions, les fonctions
cognitives, la motricité, etc.
La réponse au traitement est très individuelle : motivation, contexte familial,
antécédents...
🌟 3. Ce qui change tout : la rigueur et la personnalisation
Ce qui rend aujourd’hui la rééducation de plus en plus efficace, c’est :
Principe Explication
Analyse fine du déficit (ex : voie d’assemblage atteinte en
Rigueur dans l’évaluation
lecture)
"Améliorer la fluence dans les récits", pas juste "mieux
Définition claire des objectifs
parler"
Analyse des tâches proposées Que travaille-t-on exactement dans cet exercice ?
Mesure des effets de la
Suivi des progrès, adaptation continue
thérapie
Cette approche permet une individualisation très fine des séances = clé du succès.
📘 Résumé étudiant – Ce qu’il faut retenir
Ce qui existe Ce qui manque
Approches variées et complémentaires Théorie unifiée de la rééducation
Moyens concrets pour réactiver le langage Modèle prédictif du succès thérapeutique
Ce qui existe Ce qui manque
Intégration des dimensions cognitives et
Standardisation des protocoles
sociales
Importance de l’évaluation, des objectifs et du Moyens de transfert garantis à la vie
suivi quotidienne
❓ Questions pour t’aider à réfléchir
1. En quoi la personnalisation est-elle la clé de la rééducation orthophonique ?
2. Comment pourrais-tu mesurer l’efficacité de ta thérapie chez un patient aphasique ?
3. Que faut-il toujours garder en tête pour ne pas se perdre dans les outils ?
4. Si tu devais créer une thérapie idéale, que combinerais-tu des approches vues ?