Résolution spectrale en télédétection
Résolution spectrale en télédétection
Par:
NWAGOUM KEYAMFE
Christin Steve
1. Le rayonnement électromagnétique................................................................... 10
a) Diffusion .............................................................................................................. 13
b) Absorption .......................................................................................................... 14
2. Plates-formes aéroportées................................................................................... 20
1. L’orbite ................................................................................................................ 20
2. La fauchée ........................................................................................................... 22
i
Télédétection
Table des matières
1. Forme passive...................................................................................................... 29
2. L’interférométrie ................................................................................................. 40
ii
Télédétection
Table des matières
1. Pré-traitement ...................................................................................................... 48
2. Rehaussement ..................................................................................................... 49
1. Agriculture ........................................................................................................... 53
2. Foresterie ............................................................................................................. 55
4. Hydrologie .......................................................................................................... 59
iii
Télédétection
Table des illustrations
Figure 13 : La fauchée............................................................................................................................ 22
Figure 21 : Deux images d’un champ acquises avec des bandes d’hyperfréquences différentes .............. 34
Figure 22 : images d’un champ acquises avec différentes combinaison de polarisation ........................... 35
Figure 27 : Image radar avant (gauche) et après (droite) la réduction des taches par le filtre moyen ....... 39
iv
Télédétection
Table des illustrations
Figure 33 : intégration des données (multi temporelles, plans scannés, image satellite et vecteur et analyse
....................................................................................................................................................................... 52
Figure 34 : Surveillance des plantations cas de violent orage et d’insecte ravageur ................................... 55
v
Télédétection
Chapitre I : Introduction à la télédétection
I. Définition
Le mot télédétection (en anglais «remote sensing») désigne l'ensemble des techniques qui
permettent d'étudier à distance des objets ou des phénomènes. Le néologisme «remote sensing»
fait son apparition aux Etats-Unis dans les années soixante, lorsque des capteurs nouveaux
viennent compléter la traditionnelle photographie aérienne. Le terme de télédétection a été
introduit officiellement dans la langue française en 1973 et sa définition officielle est la suivante :
Selon cette définition très vaste, la télédétection peut se pratiquer de la surface de la Terre vers
l’atmosphère ou vers l’espace, comme de l’espace vers la Terre, et l'astronomie utilise largement
la télédétection. Mais ce cours concerne plus précisément les techniques de la télédétection
aérospatiale, qui a pour but l'étude de la surface de la Terre, des océans et de l'atmosphère à
partir d'avions, de ballons ou de satellites, en utilisant les propriétés du rayonnement
électromagnétique émis, réfléchi ou diffusé par les corps ou surfaces que l'on étudie.
Une définition plus précise, et pour nous plus opérationnelle, de la télédétection est la suivante :
« La télédétection est l’ensemble des techniques qui permettent, par l’acquisition d’images,
d’obtenir de l’information sur la surface de la Terre (y compris l’atmosphère et les océans), sans
contact direct avec celle-ci. La télédétection englobe tout le processus qui consiste à capter et
enregistrer l’énergie d’un rayonnement électromagnétique émis ou réfléchi, à traiter et analyser
l’information qu’il représente, pour ensuite mettre en application cette information. »
Jusqu'il y a environ 30 ans, le principal capteur utilisé était l'appareil photographique, un capteur
analogique utilisant des émulsions chimiques photosensibles (sensibles à la lumière visible
essentiellement) pour produire des photographies aériennes ; l'utilisation de la télédétection se
6
Chapitre II : Les capteurs
L'histoire des techniques de la télédétection peut être découpée en cinq grandes époques :
- de 1856, date à laquelle, pour la première fois, un appareil photographique a été installé de
façon fixe à bord d'un ballon, à la première guerre mondiale, se déroule l'époque des pionniers,
pendant laquelle sont explorées les possibilités de la photographie aérienne verticale pour la
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
- de la première guerre mondiale à la fin des années 50, la photographie aérienne devient un outil
opérationnel pour la cartographie, la recherche pétrolière, la surveillance de la végétation. On
assiste à un progrès continu de l'aviation, des appareils photographiques et des émulsions
(couleur, infrarouge noir et blanc, infrarouge fausse couleur). Les méthodes de la photo-
interprétation sont précisées et codifiées.
- la période qui commence en 1957 et s'achève en 1972 marque les débuts de l’exploration de
l’Espace et prépare l'avènement de la télédétection actuelle. Le lancement des premiers satellites,
puis de vaisseaux spatiaux habités à bord desquels sont embarqués des caméras, révèle l'intérêt
de la télédétection depuis l'espace. Parallèlement, les radiomètres-imageurs sont mis au point et
perfectionnés, de même que les premiers radars embarqués à bord d'avions. La première
application opérationnelle de la télédétection spatiale apparaît dans les années 60 avec les
satellites météorologiques de la série ESA.
- le lancement en 1972 du satellite ERTS (rebaptisé ensuite Landsat 1), premier satellite de
télédétection des ressources terrestres, ouvre l’époque de la télédétection moderne. Le
développement constant des capteurs et des méthodes de traitement des données numériques
ouvre de plus en plus le champ des applications de la télédétection et en fait un instrument
indispensable de gestion de la planète, et, de plus en plus, un outil économique.
- la diversification des capteurs qui utilisent des domaines de plus en plus variés et spécialisés du
spectre électromagnétique. Dans les années 90, on assiste ainsi à la multiplication des satellites
équipés de capteurs actifs, radars en particulier. Dans le domaine du rayonnement visible et
infrarouge, les capteurs à très haute résolution spectrale sont aujourd’hui d’utilisation courante
dans leur version aéroportée et font leur apparition à bord de satellites.
- la diffusion des données sur une base commerciale, envisagée dès le lancement du programme
SPOT en 1986, se traduit aujourd’hui par le lancement de satellites de télédétection par des
sociétés privées. Les données de télédétection deviennent l’objet d’un marché concurrentiel.
-Rayonnement et atmosphère (B) Durant son parcours entre la source d'énergie et la cible, le
rayonnement interagit avec l'atmosphère. Une seconde interaction se produit lors du trajet entre
la cible et le capteur.
-Interaction avec la cible (C) Une fois parvenue à la cible, l'énergie interagit avec la surface de
celle-ci. La nature de cette interaction dépend des caractéristiques du rayonnement et des
propriétés de la surface. Ces interactions peuvent donc se faire soit par absorption, soit par
réflexion, soit par transmission.
-Enregistrement de l'énergie par le capteur (D) Une fois l'énergie diffusée ou émise par la cible,
elle doit être captée à distance (par un capteur qui n'est pas en contact avec la cible) pour être
enfin enregistrée.
-Transmission, réception et traitement (E) L'énergie enregistrée par le capteur est transmise,
souvent par des moyens électroniques, soit à une station de réception au sol, soit à des satellites
relais où l'information est transformée en images.
-Analyse, traitement et interprétation (F) La dernière étape du processus consiste se fait au moyen
des traitements basés sur des théories et des techniques souvent complexes et servent à extraire
les informations utiles. Ces informations sont ensuite utilisées pour caractériser la cible étudiée.
9
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
1. Le rayonnement électromagnétique
Selon la théorie des ondes, tout rayonnement électromagnétique possède des propriétés
fondamentales et se comporte de façon prévisible. Le rayonnement électromagnétique est
composé d'un champ électrique (E) et d'un
champ magnétique (M). Le champ électrique
varie en grandeur et est orienté de façon
perpendiculaire à la direction de propagation
du rayonnement. Le champ magnétique est
orienté de façon perpendiculaire au champ
électrique. Les deux champs se déplacent à la
vitesse de la lumière.
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
La longueur d'onde équivaut à la longueur d'un cycle d'une onde, ce qui correspond à la distance
entre deux crêtes successives d'une onde. La longueur d'onde est représentée habituellement par
la lettre grecque lambda (), et est mesurée en mètres ou en l'un de ces sous-multiples tels que
les nanomètres (nm, 10-9 mètre) ou micromètres (µm, 10-6 mètre). La fréquence (f) représente
le nombre d'oscillations par unité de temps. La fréquence est normalement mesurée en Hertz
(Hz) (c.-à-d. en oscillations par seconde). La formule suivante illustre la relation entre la longueur
d'onde et la fréquence : c = f
La longueur d'onde et la fréquence sont donc inversement proportionnelles, c'est-à-dire que plus
la longueur d'onde est petite, plus la fréquence est élevée, et plus la longueur d'onde est grande,
plus la fréquence est basse. Afin de comprendre l'information tirée des données de télédétection,
il est essentiel de bien saisir les caractéristiques du rayonnement électromagnétique. Nous
examinerons maintenant la classification du rayonnement électromagnétique.
2. Le spectre électromagnétique
Le spectre électromagnétique s'étend des courtes longueurs d'onde (dont font partie les rayons
gamma et les rayons X) aux grandes longueurs d'onde (micro-ondes et ondes radio). La
télédétection utilise plusieurs régions du spectre électromagnétique.
11
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Hyperfréquences
Les plus petites longueurs d'onde utilisées pour la télédétection se situent dans le domaine de
l'ultraviolet. Certains matériaux de la surface terrestre, surtout des roches et minéraux, entrent en
fluorescence ou émettent de la lumière visible quand ils sont illuminés par un rayonnement
ultraviolet.
La lumière que nos yeux (nos tout premiers "capteurs de télédétection") peuvent déceler se trouve
dans ce qui s'appelle le " domaine visible". Il est important de constater que le spectre visible
représente une bien petite partie de l'ensemble du spectre. Une grande partie du rayonnement
électromagnétique qui nous entoure est invisible à l'œil nu, mais il peut cependant être capté par
d'autres dispositifs de télédétection. La couleur qui possède la plus grande longueur d'onde est le
rouge, alors que le violet a la plus courte.
Le domaine de l'infrarouge (IR) du spectre est environ 100 fois plus large que le spectre visible
et se divise en deux catégories: IR réfléchi et IR émis ou thermique. Le rayonnement dans la
région de l'infrarouge réfléchi est utilisé en télédétection de la même façon que le rayonnement
visible tandis que l'infrarouge thermique est très différent du spectre visible et de l'infrarouge
réfléchi. Cette énergie est essentiellement le rayonnement qui est émis sous forme de chaleur par
la surface de la Terre.
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
En matière de réflectivité spectrale, tout corps réel à une émissivité et une réflectivité qui varient
avec la longueur d'onde on parle de signature spectrale.
a) Diffusion
La diffusion se produit lors de l'interaction entre le rayonnement incident et les particules ou les
grosses molécules de gaz présentes dans l'atmosphère. Les particules dévient le rayonnement de
sa trajectoire initiale. Le niveau de diffusion dépend de plusieurs facteurs comme la longueur
d'onde () et de la densité, la taille des particules et des molécules (d). Il existe trois types de
diffusion:
La diffusion de Rayleigh : se produit lorsque la taille des particules est inférieure à la longueur
d'onde du rayonnement (d < ). Celles-ci peuvent être soit des particules de poussière ou des
molécules d'azote ou d'oxygène. Ce phénomène explique pourquoi nous percevons un ciel bleu
durant la journée. Comme la lumière du Soleil traverse l'atmosphère, les courtes longueurs
d'onde (correspondant au bleu) du spectre visible sont dispersées et déviées de façon plus
importante que les grandes longueurs d'onde.
La diffusion de Mie se produit lorsque les particules sont presque aussi grandes que la longueur
d'onde du rayonnement (d ). Ce type de diffusion est souvent produit par la poussière, le
pollen, la fumée et l'eau.
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
La diffusion non-sélective se produit lorsque les particules (les gouttes d'eau et les grosses
particules de poussière) sont beaucoup plus grosses que la longueur d'onde du rayonnement
(d > ). Nous appelons ce genre de diffusion "non-sélective", car toutes les longueurs d'onde sont
dispersées. Les gouttes d'eau de l'atmosphère dispersent le bleu, le vert, et le rouge de façon
presque égale, ce qui produit un rayonnement blanc (lumière bleue + verte + rouge = lumière
blanche). C'est pourquoi le brouillard et les nuages nous paraissent blancs.
Diffusion non-sélective
b) Absorption
Un autre phénomène entre en jeu lorsque le rayonnement électromagnétique interagit avec
l'atmosphère : c'est l'absorption. L'absorption survient lorsque les
grosses molécules de l'atmosphère (ozone, bioxyde de carbone et
vapeur d'eau) absorbent l'énergie de diverses longueurs d'onde.
L'ozone absorbe les rayons ultraviolets qui sont néfastes aux êtres
vivants. Sans cette couche de protection dans l'atmosphère, notre
peau brûlerait lorsqu'elle est exposée au Soleil.
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
c'est un voyage difficile), nous allons examiner ce qu'il advient du rayonnement une fois qu'il
atteint la surface.
4. Interactions rayonnement-cible
Le rayonnement qui n'est pas absorbé ou diffusé dans l'atmosphère peut atteindre et interagir
avec la surface de la Terre. Lorsque l'énergie atteint la cible, la surface peut absorber (A) l'énergie,
la transmettre (T) ou réfléchir (R) l'énergie incidente. L'énergie incidente totale interagira avec la
surface selon l'une ou l'autre de ces trois modes d'interaction ou selon leur combinaison. La
proportion de chaque interaction dépendra de la longueur d'onde de l'énergie, ainsi que de la
nature et des conditions de la surface.
L'absorption (A) se produit lorsque l'énergie du rayonnement est absorbée par la cible, la
transmission (B) lorsque l'énergie du rayonnement passe à travers la cible et la réflexion (C)
lorsque la cible redirige l'énergie du rayonnement. En télédétection, nous mesurons le
rayonnement réfléchi par une cible.
15
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
l'infrarouge, les feuilles paraîtraient très éclatantes sous ces longueurs d'onde. Les scientifiques
utilisent d'ailleurs l'infrarouge pour déterminer l'état de santé de la végétation.
L'eau: l'eau absorbe davantage les grandes longueurs d'onde du rayonnement visible (R et V) et
du proche infrarouge. Ainsi, l'eau paraît généralement bleue ou bleu-vert (présence d’algue) car
elle réfléchit davantage les petites longueurs d’onde (Bleue).
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Les dispositifs de télédétection qui mesurent l'énergie disponible naturellement sont des capteurs
passifs. Le capteur passif peut seulement percevoir l'énergie réfléchie lorsque le Soleil illumine la
Terre. Il n'y a donc pas d'énergie solaire réfléchie le soir, tandis que l'énergie dégagée
naturellement (l'infrarouge thermique) peut être perçue le jour ou la nuit.
Un capteur actif produit sa propre énergie pour illuminer la cible : il dégage un rayonnement
électromagnétique qui est dirigé vers la cible. Le rayonnement réfléchi par la cible est alors perçu
et mesuré par le capteur. Le capteur actif a l'avantage de pouvoir prendre des mesures à n'importe
quel moment de la journée ou de la saison. Les capteurs actifs utilisent les longueurs d'onde qui
ne sont pas produites en quantité suffisante par le Soleil telles que les hyperfréquences ou pour
mieux contrôler la façon dont une cible est illuminée. Par contre, les capteurs actifs doivent
produire une énorme quantité d'énergie pour bien illuminer une cible. Le laser fluoromètre et le
radar à synthèse d'ouverture (RSO) sont des exemples de capteurs actifs.
A Retenir
La télédétection est l’ensemble des techniques qui permettent, par l’acquisition d’images,
d’obtenir de l’information sur la surface de la Terre, sans contact direct avec celle-ci ;
Le principe de base de la télédétection est similaire à celui de la vision de l’homme et
implique une interaction entre l'énergie incidente, la cible et le vecteur ;
Pour comprendre la télédétection, il est indispensable de saisir les deux composantes du
rayonnement électromagnétique que sont la longueur d'onde et la fréquence ;
Tout corps réel à une émissivité et une réflectivité qui varient avec la longueur d'onde on
parle de signature spectrale ;
Durant le voyage du rayonnement électromagnétique (soleil-cible-capteur), celui-ci subit
des effets tels que la diffusion et l'absorption au niveau de l'atmosphère ;
Lorsque l'énergie atteint la cible, cette dernière peut l’absorber (A), la transmettre (T) ou
encore la réfléchir (R);
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
On parle de détection passive lorsque la source du REM est le soleil tandis que la
détection active souligne l’utilisation de l’énergie solaire ou pas.
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Dans le chapitre précédent, on a noté que le principe de base de la télédétection implique une
interaction entre l'énergie incidente, les cibles et un vecteur. Ce dernier est le plus souvent un
satellite à bord duquel on a embarqué un capteur. L’œil humain est d’ailleurs un excellent capteur
car vous-même qui lisez ces lignes, vous êtes en train d’effectuer un acte de perception à distance:
une entité physique, la lumière provenant de la source, dans ce cas, l'écran de votre PC, traverse
une certaine distance jusqu'à ce qu'il soit capturé par un capteur, les yeux, qui est envoyé à un
processeur, votre cerveau. Se référant à l’étape de l’Enregistrement de l'énergie par le capteur
(D), Pour enregistrer adéquatement l'énergie réfléchie ou émise par une surface ou une cible
donnée, on doit installer un capteur sur une plate-forme distante de la surface ou de la cible
observée. Ainsi, le présent chapitre s’attèlera à :
I. Définition
Les satellites sont des objets qui sont en orbite autour d'un autre objet. Par exemple, la Lune est
un satellite naturel de la Terre, par opposition aux satellites artificiels de la Terre que sont les
plates-formes placées en orbite pour les besoins de la télédétection, des communications et de la
télémétrie (positionnement et navigation). Ainsi, dans le domaine de la télédétection un satellite
désigne une plate-forme artificielle, placée en orbite autour de la terre et à bord duquel est installé
un ensemble d’éléments parmi lesquels figurent les capteurs. Etant donné la configuration
presque similaire de la plupart de ces plates-formes, les satellites sont le plus souvent associés aux
capteurs. Ces plates-formes peuvent être situées près de la surface terrestre, comme par exemple
au sol, dans un avion ou un ballon ; ou à l'extérieur de l'atmosphère terrestre, comme par exemple
sur un véhicule spatial ou un satellite.
1. Plates-formes terrestres
Les capteurs au sol sont souvent utilisés pour enregistrer des informations détaillées sur la surface
de la Terre. Ces informations sont, par la suite, comparées aux informations recueillies par avion
ou à partir d'un satellite. Dans certains cas, on utilise les capteurs au sol pour mieux caractériser
les cibles observées par d'autres capteurs, de manière à améliorer la compréhension de
l'information de l'image. Les capteurs au sol sont souvent placés sur des échelles, des
19
Chapitre II : Les capteurs
échafaudages, des édifices élevés, des grues, etc. Les plates-formes aéroportées sont
principalement situées sur des avions à ailes fixes, quoique des hélicoptères soient parfois utilisés.
2. Plates-formes aéroportées
Dans l'espace, la télédétection est parfois effectuée à partir de la navette spatiale ou plus
fréquemment, à partir de satellites. Grâce à leur orbite, les plates-formes spatiales permettent une
couverture répétitive et continue de la surface de la Terre. Le coût est souvent un facteur
déterminant dans le choix des différentes plates-formes.
Dans la section précédente, nous avons vu que les capteurs peuvent être placés sur différentes
plates-formes. Bien que les plates-formes terrestres ou aéroportées soient utilisées, ce sont les
satellites qui fournissent la majeure partie des données recueillies par télédétection de nos jours.
Certaines caractéristiques propres aux satellites en font des instruments particulièrement utiles
pour l'acquisition d'information sur la surface de la Terre.
1. L’orbite
La trajectoire effectuée par un satellite autour de la Terre est appelée orbite. L'orbite d'un satellite
est choisie en fonction de la capacité des capteurs qu'il transporte et des objectifs de sa mission.
Le choix d'une orbite est déterminé par l'altitude (la hauteur du satellite au-dessus de la surface
de la Terre), l'orientation et la rotation du satellite par rapport à la Terre. Les orbites les plus
utilisées sont l’orbite géostationnaire, l’orbite quasi polaire et l’orbite inclinée.
a) Orbite géostationnaire
Certains satellites ont une altitude très élevée et regardent toujours la même région de la surface
de la Terre, ils ont une orbite géostationnaire. Ces satellites géostationnaires ont une altitude
d'environ 36 000 kilomètres et se déplacent à une vitesse qui correspond à celle de la Terre,
donnant ainsi l'impression qu'ils sont stationnaires. Cette configuration orbitale permet au satellite
d'observer et d'amasser continuellement de l'information sur une région spécifique. Les satellites
de communication et d'observation des conditions météorologiques sont situés sur de telles
orbites. L'altitude élevée de certains satellites météorologiques leur permet d'observer les nuages
et les conditions qui couvrent un hémisphère complet de la Terre. Ex : GOES
d'orbite est appelé orbite quasi polaire à cause de l'inclinaison de l'orbite par rapport à une ligne
passant par les pôles Nord et Sud de la Terre. La plupart des satellites sur orbite quasi-polaires
ont aussi une orbite héliosynchrone ; de cette façon, ils observent toujours chaque région du
globe à la même heure locale solaire. Pour une latitude donnée, la position du Soleil dans le ciel
au moment où le satellite survole une certaine région au cours d'une saison donnée sera donc
toujours la même. Cette caractéristique orbitale assure des conditions d'illumination solaire
similaires, lorsqu'on recueille des données pour une saison particulière sur plusieurs années ou
pour une région particulière sur plusieurs jours. Ex : AQUA
c) Orbite inclinée
Il existe également des satellites qui décrivent une orbite inclinée. Ces derniers se déplacent donc
vers le nord d'un côté de la Terre, et vers le sud dans l'autre moitié de leur orbite. Ce type de
passage du satellite décrit deux (02) sous orbites qui se nomment respectivement orbite
ascendante et orbite descendante. Si l'orbite est aussi héliosynchrone, l'orbite ascendante du
satellite se fait du côté ombragé de la Terre, tandis que l'orbite descendante se fait du côté éclairé
par le Soleil. Les capteurs qui enregistrent l'énergie solaire réfléchie par la Terre ne recueillent
donc de l'information qu'au cours leur orbite descendante, lorsque le Soleil illumine la Terre.
Les capteurs actifs qui possèdent leur propre source d'illumination ou les capteurs passifs qui
enregistrent l'énergie émise par la planète (l'énergie infrarouge thermique par exemple) peuvent
amasser des données autant lors des orbites ascendantes que descendantes de leurs satellites. Ex :
TRMM…
21
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
2. La fauchée
Lorsqu'un satellite est en orbite autour de la Terre, le capteur "observe" une certaine partie de la
surface. Cette surface porte le nom de couloir-couvert ou fauchée. Les capteurs sur plate-forme
spatiale ont une fauchée dont la largeur varie généralement entre une dizaine et une centaine de
kilomètres. Pour les satellites à orbite quasi polaire, le satellite se déplace selon une trajectoire
nord-sud. Cependant, vue de la Terre, la trajectoire du satellite semble avoir une composante
vers l'ouest à cause de la rotation de la Terre. Ce mouvement apparent du satellite permet à la
fauchée du capteur d'observer une nouvelle région à chacun des passages consécutifs du satellite.
Figure 13 : La fauchée
Les points sur la surface de la Terre qui se trouvent directement en dessous de la trajectoire du
satellite sont appelés les points nadir. On définit le cycle de passage du satellite comme étant la
période de temps nécessaire pour que le satellite revienne au-dessus d'un point nadir pris au
hasard. Le satellite aura alors effectué un cycle orbital complet. La période de temps nécessaire
pour compléter un cycle orbital complet varie d'un satellite à l'autre.
Les capteurs sont également caractérisés par leur résolution qu’elle soit spatiale, temporelle,
spectrale ou encore radiométrique.
1. Résolution spatiale
Pour certains instruments de télédétection, la distance entre la cible observée et la plateforme
joue un rôle important puisqu'elle détermine la grandeur de la région observée et le détail qu'il
sera possible d'obtenir. Un capteur placé sur une plate-forme éloignée de la cible pourra observer
22
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
une plus grande région, mais ne sera pas en mesure de fournir beaucoup de détails. Par exemple,
pensez à ce que voit un astronaute à bord de la navette spatiale lorsqu'il regarde la Terre par
rapport à ce que vous pouvez observer à bord d'un avion. L'astronaute pourra voir une province
entière d'un seul coup d'œil mais ne pourra pas distinguer les maisons. Lors d'un vol en avion au-
dessus d'une ville, il est possible de voir des édifices et des automobiles, mais la région observée
est beaucoup plus petite que celle vue par l'astronaute. Il y a une différence semblable, quoique
moins marquée, entre les images satellitaires et les photographies aériennes. Le détail qu'il est
possible de discerner sur une image dépend de la résolution spatiale du capteur utilisé. La
résolution spatiale est fonction de la dimension du plus petit élément qu'il est possible de détecter.
En somme, la résolution spatiale est la Capacité d’un capteur à discerner des objets. Ainsi, en
fonction de la résolution spatiale on distinguera 4 types de satellite :
Basse résolution : pixel = 1 km
Moyenne résolution : pixel ~ 100 m
Haute résolution : 5 m < pixel < 10 m
Très haute résolution : pixel < 5m
2. Résolution spectrale
Dans le chapitre précédent, nous avons abordé la réponse spectrale et les courbes d'émissivité
spectrale qui caractérisent une cible ou une surface pour un ensemble de longueurs d'onde. Il est
souvent possible de distinguer des classes de caractéristiques et de détails dans une image en
comparant leurs réponses différentes sur un ensemble de longueurs d'onde. La résolution
spectrale décrit la capacité d'un capteur à utiliser des petites fenêtres de longueurs d'onde. Plus la
résolution spectrale est fine, plus les fenêtres des différents canaux du capteur sont étroites.
23
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Une pellicule noir et blanc utilisée dans un appareil photographique enregistre les longueurs
d'onde sur presque toutes les longueurs d'onde situées dans le spectre visible. Sa résolution
spectrale est assez grossière, car les différentes longueurs d'onde ne sont pas différenciées par la
pellicule qui n'enregistre que l'ensemble de l'énergie lumineuse captée par l'objectif. Tandis
qu’une pellicule couleur est sensible elle aussi à l'ensemble des longueurs d'onde visibles, mais
elle possède une résolution spectrale plus élevée puisqu'elle peut distinguer les longueurs d'onde
dans le bleu, le vert et le rouge. Cette pellicule peut donc caractériser l'intensité lumineuse
détectée selon ces intervalles de longueurs d'onde.
Plusieurs instruments de télédétection peuvent enregistrer l'énergie reçue selon des intervalles de
longueurs d'onde à différentes résolutions spectrales. Ces instruments sont appelés capteurs
multispectraux et seront décrits plus en détail dans les sections suivantes. Des capteurs
multispectraux plus développés, appelés capteurs hyperspectraux, sont capables de détecter des
centaines de bandes spectrales très fines dans la portion du spectre des ondes électromagnétiques
réunissant le visible, le proche infrarouge et l'infrarouge moyen. La très grande résolution
spectrale des capteurs hyperspectraux facilite la différenciation des caractéristiques d'une image
basée sur la réponse différente dans chacune des bandes spectrales.
= 2). Deux niveaux de rayonnement voisins peuvent être confondus lorsque le codage est sur 8
bits alors qu’il ne l’est plus pour un codage sur 16 bits.
Il existe une large gamme de satellite qui diffère les uns des autres en fonction de leur utilisation
que ce soit à des fins d’étude météorologiques, d’Observation de la Terre, ou encore
d’Observation des océans.
1. Satellites météorologiques
La prédiction et la surveillance de la météo a été l'une des premières applications civiles (ou non-
militaires) de la télédétection. Le premier satellite météorologique fut TIROS-1 (Television and
25
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Infrared Observation Satellite), qui a été lancé en 1960 par les États-Unis. Plusieurs autres
satellites météorologiques ont été lancés dans les cinq années suivantes. Ces satellites avaient tous
des orbites polaires héliosynchrones, ce qui permettait une couverture répétitive des systèmes
météorologiques mondiaux. En 1966, la NASA (National Aeronautics and Space
Administration) des États-Unis a lancé le satellite géostationnaire Applications Technology
Satellite (ATS1) qui fournissait des Images hémisphériques de la surface de la Terre et de la
couverture de nuages à toutes les 30 minutes. Pour la première fois, le développement et le
mouvement des systèmes météorologiques pouvaient être surveillés de façon continue.
Aujourd'hui, plusieurs pays exploitent des satellites météorologiques pour surveiller les
conditions climatiques autour du globe. Généralement, ces satellites utilisent des capteurs à
résolution spatiale grossière (en comparaison aux systèmes pour l'observation de la Terre) et
couvrent de grandes surfaces du globe. Leur résolution temporelle, généralement élevée, fournit
des observations fréquentes de la surface de la Terre, de l'humidité atmosphérique et de la
couverture de nuages, ce qui permet de surveiller et de prédire les conditions climatiques de
l'ensemble du globe. Nous allons maintenant décrire quelques satellites/capteurs utilisés en
météorologie.
GOES
NOAA AVHRR
SPOT
IRS
Sentinel
SeaWiFS
26
Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
Les données acquises par un capteur aéroporté peuvent être recueillies une fois que l'avion est
de retour au sol. Elles peuvent ensuite être traitées et, finalement, remises à l'utilisateur.
Par contre, les données acquises par un satellite doivent être transmises électroniquement à une
station de réception sur Terre, car le satellite demeure en orbite pour plusieurs années.
Les méthodes de transmission développées pour les satellites peuvent aussi être utilisées dans le
cas d'un avion s'il y a un besoin urgent des données au sol. On utilise trois méthodes de
transmission des données :
A. Les données peuvent être transmises directement à une station de réception sur Terre, si le
satellite se situe dans le cercle de réception de la station.
B. Si le satellite n'est pas dans le cercle de réception d'une station, les données peuvent être
stockées par un enregistreur à bord du satellite.
C. Les données peuvent être aussi retransmises à la station de réception par des satellites de
communication qui sont en orbite géostationnaire autour de la Terre. Les données sont
transmises de satellite à satellite jusqu'à ce qu'on puisse les retransmettre à la station.
A Retenir
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Télédétection
Chapitre II : Les capteurs
28
Télédétection
Chapitre III : Les hyperfréquences
Dans les chapitres précédents, nous avons décrit brièvement les différents domaines du spectre
électromagnétique et donc celui des micro-ondes encore appelé domaine des hyperfréquences.
Depuis quelques temps, ce dernier suscite beaucoup d'intérêt en télédétection. La détection par
hyperfréquences (micro-ondes) comprend la forme active et la forme passive de la télédétection.
La portion du spectre des hyperfréquences couvre une longueur d'onde d'une étendue variant de
1 centimètre à 1 mètre. Ces longueurs d'onde sont grandes par rapport aux ondes visibles et
infrarouges, les hyperfréquences ont donc des propriétés particulières en télédétection. Les ondes
les plus longues passent au travers de la couche nuageuse, la bruine, la poussière et la pluie fine
puisqu'elles ne sont pas sensibles à la diffusion atmosphérique qui affecte les ondes plus courtes.
Cette propriété permet la détection dans presque toutes les conditions atmosphériques, et donc
l'acquisition de données en tout temps.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
L'énergie enregistrée dans la partie du spectre des hyperfréquences par un capteur passif peut
être émise par l'atmosphère (1), réfléchie du sol (2), émise par le sol (3) ou transmise du sous-sol
(4). Parce que la longueur des ondes est aussi grande, l'énergie disponible est très petite par
rapport aux longueurs d'onde visibles. Ainsi, le champ de vision doit être grand afin de détecter
assez d'énergie pour enregistrer un signal. La plupart des capteurs à hyperfréquences sont donc
caractérisés par une résolution spatiale faible.
2. Forme active
Les capteurs actifs à hyperfréquences fournissent leur propre source de rayonnement pour
illuminer la cible. Ils sont généralement divisés en deux catégories distinctes : les capteurs
imageurs et les capteurs non-imageurs. Le plus répandu des systèmes actifs à hyperfréquences est
le radar. De l'anglais (RAdio Detection And Ranging) radar veut dire détection et télémétrie par
ondes radio. Les radars transmettent vers la cible un signal radio dans les hyperfréquences et
détectent la partie rétrodiffusée du signal. L'intensité du signal rétrodiffusé est mesurée pour
discerner les différentes cibles, et le délai entre la transmission et la réception du signal sert à
déterminer la distance (ou la portée) de la cible.
Les capteurs à hyperfréquences non-imageurs incluent les altimètres et les diffusomètres. Dans
la plupart des cas, ces instruments tracent le profil de la cible visée dans une seule dimension,
contrairement aux capteurs imageurs qui sont bidimensionnels. Les altimètres radars
transmettent de courtes impulsions d'hyperfréquences et mesurent le temps aller-retour jusqu'aux
cibles pour déterminer la distance. Généralement, les altimètres pointent directement au nadir
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
(sous la plate-forme) et peuvent ainsi mesurer la hauteur ou l'élévation de la cible (si l'altitude de
la plate-forme est connue précisément). L'altimétrie radar est utilisée dans les avions pour
déterminer l'altitude, et aussi à bord d'avions et de satellites pour la cartographie topographique
et l'estimation de la hauteur de la surface de la mer. Les diffusomètres sont des capteurs qui ne
fournissent pas d'images. Ils sont utilisés pour prendre des mesures précises de la quantité
d'énergie rétrodiffusée par les cibles. La quantité d'énergie diffusée dépend des propriétés de la
surface (telle que la rugosité) et de l'angle de contact des ondes avec la cible. Les mesures de
diffusion au-dessus des océans peuvent aussi être utilisées pour estimer les vents en se basant sur
la rugosité de la surface de la mer. Les diffusomètres au sol sont utilisés pour mesurer précisément
la diffusion provenant des différentes cibles afin de caractériser différents matériaux et types de
surfaces. Ce concept est semblable au concept de signature de réflectance spectrale dans le visible.
Le reste de ce chapitre, sera consacré à l'imagerie radar. Les radars actifs possèdent l'immense
avantage de pouvoir pénétrer la couche nuageuse dans la plupart des conditions météorologiques.
Puisque le radar est un capteur actif, il peut aussi être utilisé pour représenter la surface à
n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Ce sont là les deux principaux avantages du radar:
imagerie sous toutes conditions et de jour comme de nuit. Fait important à comprendre, la
différence fondamentale de fonctionnement qui existe entre le radar actif et les capteurs passifs,
font qu'une image radar est très différente et possède des propriétés distinctes des images
obtenues dans la partie visible et infrarouge du spectre électromagnétique. Ces différences font
que, les données radars et les données obtenues dans le visible peuvent être complémentaires
puisqu'elles offrent différentes perspectives de la surface de la Terre et apportent donc des
informations différentes. Nous allons examiner plus en détail quelques-unes de ces propriétés et
différences fondamentales des radars dans les prochaines sections.
II. Historique
Avant d'entrer dans les détails spécifiques aux radars, regardons brièvement l'origine et l'histoire
de l'imagerie radar, et particulièrement les expériences canadiennes en télédétection radar. La
première expérience réussie d'une transmission d'hyperfréquences et de réflexion par différents
objets fut réalisée par Hertz, en 1886. Au début du 20e siècle, on a développé les premiers radars
rudimentaires pour la détection de navires. Dans les années 1920 à 1930, des radars au sol à
impulsions expérimentaux ont été développés pour la détection d'objets éloignés. Les premiers
radars utilisés pendant la Deuxième Guerre Mondiale avaient un étalage rotatif et étaient utilisés
pour la détection et le positionnement des avions et des navires. Après la guerre, le radar
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
aéroporté à antenne latérale (RAAL) a été développé par les militaires pour la reconnaissance et
la surveillance des terrains. On utilisait alors un radar aéroporté qui imageait une bande de terrain
parallèle au vol de l'avion. Au cours des années 50, les militaires ont amélioré les RAAL et ont
développé le radar à synthétique d'ouverture (RSO) à grande résolution. Dans les années 60, ces
radars ont été rendus disponibles pour les applications civiles et ont commencé à être utilisés
pour des applications de cartographie civile. Depuis, le développement de plusieurs systèmes de
radars aéroportés et spatioportés pour des applications de cartographie et de surveillance s'est
poursuivi.
Le Canada a commencé à s'intéresser à la télédétection par radar au milieu des années 70. On a
alors commencé à percevoir le potentiel que pouvaient représenter les radars pour la surveillance
des vastes étendues nordiques souvent couvertes de nuages et cachées sous les ténèbres durant
l'hiver arctique, ainsi que pour la surveillance et la cartographie des ressources naturelles. Le
Canada a participé au projet SURSAT (Surveillance Satellite) de 1977 à 1979, qui a tracé la voie
à sa participation au programme du satellite radar américain SEASAT, le premier satellite radar
civil. Suite au programme SURSAT, le programme de radar aéroporté Convair-580 du Centre
canadien de télédétection en collaboration avec les programmes de recherche d'autres agences
telles que la NASA et l'Agence Spatiale Européenne (ASE), a conclu en la faisabilité de la
télédétection à partir de satellites. En 1987, le gouvernement canadien a instauré le programme
de développement de données radar (PDDR) avec pour objectif de rendre accessibles aux
Canadiens l'utilisation des données radars. Durant les années 80 et au début des années 90,
plusieurs systèmes radar aéroportés de recherche et commerciaux ont acquis de vastes quantités
d'images tout autour du globe. Ces expériences ont démontré l'utilité des données radar pour une
vaste gamme d'applications. Avec le lancement du satellite ERS-1 de l'ASE en 1991, les
recherches dans le domaine des radars spatioportés se sont intensifiées. Elles ont été suivies en
1992 par le lancement du satellite japonais J-ERS et en 1995 par les lancements du satellite ERS-
2 et du satellite canadien RADARSAT.
Comme nous l'avons mentionné dans la section précédente, un radar est essentiellement un
instrument mesurant des distances. Il consiste en un émetteur, un récepteur, une antenne et un
système électronique pour traiter et enregistrer les données. L'émetteur génère de courtes
impulsions d'hyperfréquences (A) à intervalle régulier qui sont concentrées en un faisceau (B)
par l'antenne. Le faisceau radar illumine latéralement la surface à angle droit par rapport au
déplacement de la plate-forme. L'antenne reçoit une partie de l'énergie réfléchie (rétrodiffusée)
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
par différents objets illuminés par le faisceau (C). En mesurant le délai entre la transmission et la
réception de l'impulsion rétrodiffusée par les différentes cibles que les radars illuminent, on peut
déterminer leur distance au radar, donc leur position. À mesure que le capteur se déplace,
l'enregistrement et le traitement du signal rétrodiffusé construisent une image en deux dimensions
de la surface illuminée par les hyperfréquences.
Bien que nous ayons caractérisé le rayonnement électromagnétique dans les parties visible et
infrarouge du spectre électromagnétique principalement en fonction de leurs longueurs d'onde,
le rayonnement des hyperfréquences est, quant à lui, caractérisé par les fréquences et les
longueurs d'onde. Le domaine des hyperfréquences est beaucoup plus large que le domaine du
visible et de l'infrarouge. Les bandes d'hyperfréquences les plus utilisées sont toujours identifiées
par des lettres qui leur ont été attribuées lors de la Deuxième Guerre Mondiale. En voici un
aperçu :
Bandes Ka, K et Ku : très petites longueurs d'onde, utilisées dans les premiers radars
aéroportés, très peu utilisées de nos jours ;
Bande X : très utilisée dans les systèmes radars aéroportés pour la reconnaissance
militaire et la cartographie ;
Bande C : répandue dans plusieurs systèmes de recherche aéroportés (le Convair-580 du
CCT, le AirSAR de la NASA) et spatioportés (ERS-1 et 2 ainsi que RADARSAT).
Bande S : utilisée par le satellite russe ALMAZ ;
Bande L : utilisée par le satellite américain SEASAT et le satellite japonais JERS-1, ainsi
que dans le système aéroporté de la NASA ;
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Bande P : la plus grande longueur d'onde radar, utilisée pour le système aéroporté
expérimental de la NASA.
Figure 21 : Deux images d’un champ acquises avec des bandes d’hyperfréquences différentes
Ci-dessus, on peut voir deux images radars du même champ mais ayant été acquises avec une
fréquence radar différente. L'image de gauche a été acquise par un radar en bande C et celle de
droite par un radar en bande L. On peut y observer des différences importantes dans l'apparence
des différents champs et récoltes dans chacune des images. Ces différences sont dues aux
différentes façons qu'a l'énergie radar d'interagir avec la végétation en fonction de la longueur
d'onde. Nous aurons l'occasion d'approfondir ce sujet dans les prochaines sections.
V. Polarimétrie radar
l'antenne reçoit de l'énergie rétrodiffusée avec polarisation horizontale ou verticale, mais certains
radars peuvent recevoir les deux. Il peut donc y avoir quatre combinaisons de polarisations de
transmission et réception :
HH polarisation horizontale pour la transmission et la réception
VV polarisation verticale pour la transmission et la réception
HV polarisation horizontale pour la transmission et verticale pour la réception
VH polarisation verticale pour la transmission et horizontale pour la réception.
Les deux premières combinaisons sont appelées polarisations parallèles et les deux dernières
polarisations croisées. Ces images de surfaces agricoles prises en bande C (Figure 22) montrent
la variation des résultats radars suite à des changements de polarisation. Les deux images du haut
sont en polarisations croisées, alors que celles du bas sont en polarisations parallèles. L'image du
coin gauche supérieur montre les trois types de polarisations, chacune étant représentée par une
couleur primaire (rouge, vert et bleu). Tout comme pour les variations de longueurs d'onde, le
type de polarisation à la transmission comme à la réception vont affecter l'interaction du
rayonnement rétrodiffusé par la surface. Ainsi, une image radar acquise en utilisant diverses
combinaisons de polarisation et de longueurs d'onde, peut procurer de l'information
complémentaire sur les cibles.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
La brillance d'un élément sur une image radar est fonction de la portion de l'énergie transmise
qui retourne au radar à partir de la cible à la surface. La magnitude de l'intensité de cette énergie
rétrodiffusée dépend de la manière dont l'énergie radar interagit avec la surface, en fonction de
plusieurs variables ou paramètres. Ces paramètres incluent les caractéristiques particulières des
systèmes radars (fréquence, polarisation, etc.) ainsi que les caractéristiques de la surface (type de
couverture, topographie, relief, etc.). Puisque plusieurs de ces caractéristiques sont liées, il est
impossible de séparer leurs contributions individuelles à l'apparence des éléments sur les images
radars. Des variations de ces paramètres peuvent avoir un impact sur les résultats et peuvent
influencer les autres paramètres, affectant la quantité rétrodiffusée. Ainsi, la brillance d'un
élément sur une image est habituellement une combinaison de plusieurs de ces variables. Ainsi,
nous pouvons regrouper ces caractéristiques en trois catégories qui contrôlent fondamentalement
l'interaction énergie/cible des radars. Ces catégories sont :
1. La rugosité de la surface
La rugosité de la surface d'une structure contrôle la manière dont les hyperfréquences
interagissent avec cette surface ou la cible, ce qui est généralement le facteur dominant dans la
détermination d'une image radar. La rugosité se définit comme la variation moyenne des aspérités
de la surface par rapport à une surface plane. Elle se mesure en centimètres. L'apparence
rugueuse ou lisse d'une surface dépend de la longueur d'onde et de l'angle d'incidence.
Une surface est considérée "lisse" si la variation verticale est beaucoup plus petite que la longueur
d'onde du radar. Lorsque la variation verticale est de l'ordre de la longueur d'onde, la surface
apparaît rugueuse. Donc, une surface donnée apparaît plus rugueuse lorsque la longueur d'onde
diminue, et plus douce lorsque la longueur d'onde augmente. Une surface lisse (A) engendre une
réflexion spéculaire de l'énergie incidente (généralement dans la direction opposée au capteur)
et en conséquence, seule une petite quantité d'énergie retourne au radar. Les surfaces lisses
apparaissent comme des régions en tons plus sombres sur une image. Une surface rugueuse (B)
réfléchira l'énergie dans toutes les directions (il y aura diffusion), et une partie importante de
l'énergie sera rétrodiffusée vers le radar. Les surfaces rugueuses apparaîtront donc en tons plus
clairs sur une image. (Voir figure 23)
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Quand une cible est mouillée, la diffusion provenant de sa partie supérieure (diffusion de surface)
est le procédé de diffusion dominant. Le genre de réflexion (allant de spéculaire à diffuse) et la
magnitude dépendent de la rugosité apparente du matériel balayé par le radar. Si la cible est très
sèche et que la surface semble lisse, l'énergie radar peut être capable de pénétrer sous la surface,
selon qu'elle soit discontinue (forêt avec feuilles et branches) ou continue (sol, sable ou glace).
Pour une surface donnée, les longueurs d'onde plus longues peuvent pénétrer plus profondément
que les longueurs d'onde plus courtes.
Toutes les images radars présentent un effet en quantité variable que l'on appelle le chatoiement
radar. Cet effet se manifeste comme une texture poivre et sel sur les images. Le chatoiement est
produit par l'interférence aléatoire, constructive et destructive, provenant de la diffusion multiple
qui se produit dans chaque cellule de résolution. Par exemple, sans l'effet de chatoiement une
cible homogène (comme une grande étendue de gazon) apparaîtrait en tons plus clairs (A). Mais
la réflexion provenant de chaque brin d'herbe à l'intérieur de chaque cellule de résolution produit
des pixels plus clairs et d'autres plus sombres que la moyenne (B), de sorte que le champ apparaît
tacheté.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Le chatoiement est essentiellement une sorte de bruit qui dégrade la qualité de l'image et peut
rendre l'interprétation (visuelle ou numérique) plus difficile. Ainsi, il est généralement préférable
de réduire le chatoiement avant l'interprétation et l'analyse des images. Deux techniques
permettent de réduire le chatoiement :
Le procédé multi-visée et le filtrage spatial réduisent tous deux le chatoiement radar, puisqu'ils
lissent l'image. L'application spécifique prévue pour l'image et le degré de détail désiré
déterminera donc le niveau de réduction du chatoiement nécessaire. Si l'application requiert des
détails fins et une haute résolution, le traitement multi-visée ou le filtrage spatial ne sont pas très
appropriés. Par contre, si on désire une image à basse résolution pour une application en
cartographie par exemple, alors la réduction du chatoiement peut être tout à fait indiquée.
Figure 27 : Image radar avant (gauche) et après (droite) la réduction des taches par le filtre moyen
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
En plus de l'acquisition et de l'utilisation des données radars normales, il existe trois applications
spécifiques qui méritent d'être mentionnées notamment (i) le radar stéréoscopique, (ii)
l'interférométrie et (iii) le radar polarimétrique.
1. Radar stéréoscopique
La première est le radar stéréoscopique qui est semblable au concept de cartographie stéréo
utilisant la photographie aérienne. Des paires d'images radar stéréo sont obtenues de la même
région, mais avec des angles de visée/incidence différents (A), ou de directions opposées (B).
Contrairement aux photographies aériennes dans lesquelles le déplacement est radial en
s'éloignant du nadir (directement sous la caméra), les images radars présentent un déplacement
seulement dans la direction parallèle à la visée. L'évaluation des distances mesurées et de la
hauteur du terrain pour la cartographie topographique à partir d'images radar stéréo est appelée
radargrammétrie et est semblable à la photométrie utilisée à des fins similaires avec des
photographies aériennes.
2. L’interférométrie
La radargrammétrie est une méthode d'évaluation par radar de la hauteur des surfaces. Une autre
méthode plus avancée est l'interférométrie. Cette dernière est possible grâce à l'étude de la
variation de la phase des ondes électromagnétiques. Supposons que nous ayons deux ondes de
même longueur, mais que le point de départ de l'une d'entre elles soit décalé par rapport à l'autre.
Le déplacement entre les points correspondants sur ces deux ondes (A) s'appelle la différence de
phase. Les systèmes interférométriques utilisent deux antennes parallèles, séparées par une petite
distance, qui enregistrent le signal de retour de chaque cellule de résolution. En mesurant
exactement la différence de phase entre deux signaux rétrodiffusés (A), la différence de leur
longueur de parcours peut être calculée avec une précision de l'ordre de la longueur d'onde (c'est-
à-dire en centimètre). La position de l'antenne par rapport à la surface de la Terre étant connue,
l'on peut déterminer la position (et l'élévation) de la cellule de résolution. La différence de phase
entre des cellules de résolution adjacentes est illustrée dans cet interférogramme, où les couleurs
représentent la variation de la hauteur. L'information contenue dans un interférogramme peut
être utilisée pour dériver de l'information topographique et produire de l'imagerie en trois
dimensions de la hauteur des terrains.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
3. Radar polarimétrique
Nous avons déjà fait allusion au concept de la polarimétrie radar dans la section portant sur les
principes de base des radars. Comme son nom le suggère, la polarimétrie étudie la discrimination
entre les polarisations qu'un système radar peut émettre et recevoir. La plupart des radars
transmettent du rayonnement dans les hyperfréquences avec une polarisation horizontale (H)
ou verticale (V). De même, ils reçoivent le signal rétrodiffusé dans une seule de ces polarisations.
Les radars à polarisations multiples sont capables de transmettre en polarisations H ou V, et
peuvent recevoir en mode parallèle ou croisé (HH, HV, VH et VV, où la première lettre
correspond à la polarisation de transmission et la seconde à la polarisation de réception). Les
radars polarimétriques sont capables de transmettre et de recevoir dans les modes horizontal et
vertical. Ils sont donc capables de recevoir et de traiter les quatre combinaisons de polarisation :
HH, HV, VH et VV. Chacun de ces canaux de polarisation a une sensibilité différente aux
propriétés et caractéristiques de la surface. La disponibilité de données de polarisations multiples
améliore donc l'identification et la discrimination entre les éléments. En plus d'enregistrer la
magnitude (c'est-à-dire la force) du signal de retour pour chaque polarisation, la plupart des radars
polarimétriques sont aussi capables d'enregistrer l'information sur la phase du signal de retour.
A Retenir
La télédétection par hyper fréquence ou radar est très importante de nos jours car elle
présente deux (02) principaux avantages elle est opérationnelle sous toutes conditions et
de jour comme de nuit ;
La détection par hyperfréquences (micro-ondes) comprend la forme active et la forme
passive de la télédétection ;
La télédétection passive par hyperfréquences est semblable à la télédétection thermique
et l'énergie enregistrée dans la partie du spectre des hyperfréquences par un capteur passif
peut être émise par l'atmosphère, réfléchie du sol, émise par le sol ou transmise du sous-
sol ;
Un radar est essentiellement un instrument mesurant des distances
Les capteurs actifs à hyperfréquences fournissent leur propre source de rayonnement
pour illuminer la cible et sont divisés en deux catégories distinctes : les capteurs imageurs
et les capteurs non-imageurs ;
Les capteurs à hyperfréquences non-imageurs tracent le profil de la cible visée dans une
seule dimension, contrairement aux capteurs imageurs qui sont bidimensionnels ;
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Pour tirer avantage des données de télédétection, il faut être En mesure d'extraire de l'information
significative de l'imagerie. C'est le sujet discuté dans ce chapitre.
Les cibles peuvent être des points, des lignes ou des surfaces. Elles peuvent donc
présenter des formes variées : un autobus dans un stationnement, un avion sur une piste,
un pont, une route, un grand champ ou une étendue d'eau.
La cible doit être distinctive, c.-à-d. qu'elle doit contraster avec les structures avoisinantes.
L'interprétation et l'identification des cibles en télédétection sont souvent faites de façon visuelle,
c'est-à-dire par un interprète humain. Dans plusieurs cas, l'imagerie est présentée dans un format
photographique, indépendamment du type de capteurs et de la manière dont les données sont
acquises. Dans ce cas, nous dirons que les données sont en format analogique. Comme nous
l'avons vu au chapitre 1, les images de télédétection peuvent être représentées au moyen d'un
ordinateur par une matrice de pixels, où chaque pixel correspondant à un nombre, représentant
le niveau d'intensité du pixel. Dans ce cas, les données sont en format numérique. L'interprétation
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
visuelle peut aussi être faite en examinant l'imagerie numérique sur un écran d'ordinateur. Les
imageries analogiques et numériques peuvent toutes deux être représentées en noir et blanc
(images monochromatiques) ou en composés couleurs en combinant différents canaux ou bandes
représentant différentes longueurs d'onde.
En général, l'interprétation visuelle requiert peu ou pas d'équipement, tandis que l'analyse
numérique requiert de l'équipement spécialisé et parfois dispendieux. L'interprétation visuelle est
souvent limitée à un seul canal de données ou une seule image à la fois, en raison de la difficulté
d'effectuer une interprétation visuelle avec plusieurs images. Les ordinateurs étant en mesure de
traiter des images plus complexes, l'analyse numérique peut s'effectuer à partir de données
provenant de plusieurs canaux. Dans cette optique, l'analyse numérique, est utile pour l'analyse
simultanée de plusieurs bandes spectrales et elle peut traiter des banques de données plus
rapidement qu'un interprète humain. L'interprétation humaine est un procédé subjectif, ce qui
veut dire que les résultats peuvent varier d'un interprète à l'autre. L'analyse numérique, puisqu'elle
est basée sur la manipulation de nombres par un ordinateur est plus objective, ce qui donne des
résultats reproductibles. Cependant, la précision des résultats provenant de traitements
numériques peut être difficile, puisqu'elle doit être validée par les analystes.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Qu'est-ce qui fait de l'interprétation de l'imagerie une tâche plus difficile que l'interprétation de ce qui nous
entoure dans notre quotidien?
D'abord, nous perdons notre sens de la perspective en regardant une image en deux dimensions,
à moins de la regarder en stéréoscopie pour simuler une troisième dimension. En effet, dans
plusieurs applications, la visualisation stéréo est un atout important pour l'interprétation puisque
la reconnaissance d'une cible y est rehaussée de façon spectaculaire. À vol d'oiseau, les objets
peuvent avoir une apparence très différente de celle à laquelle nous sommes habitués. La
combinaison d'une perspective inhabituelle, d'une échelle très différente et du peu de détails fait
que les objets les plus familiers sont parfois méconnaissables sur une image. Enfin, comme nous
avons l'habitude de ne voir que les longueurs d'onde de la zone visible du spectre
électromagnétique, il nous est plus difficile de comprendre l'imagerie des longueurs d'onde des
autres zones du spectre. La reconnaissance des cibles est la clé de l'interprétation et de l'extraction
d'information.
L'observation des différences entre les cibles et leurs arrière-plans implique la comparaison entre
différentes cibles en se basant sur une combinaison de sept (07) caractéristiques visuelles
notamment : ton, forme, taille, patron, texture, ombre et association.
Consciemment ou non, nous utilisons régulièrement ces caractéristiques pour les interprétations
visuelles que nous effectuons quotidiennement. L'observation des images satellites lors des
bulletins de météo ou l'observation d'une poursuite rapide à partir d'un hélicoptère sont des
exemples familiers d'interprétation d'images visuelle. L'identification des cibles en télédétection
basée sur ces sept (07) caractéristiques visuelles, nous permet de mieux interpréter et analyser.
Chacune de ces caractéristiques d'interprétation est décrite ci-dessous, avec une image en
exemple pour chaque cas.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
La forme réfère à l'allure générale, la structure ou le contour des objets Pris individuellement. La
forme peut être un indice très important pour
l'interprétation. Les formes aux bordures rectilignes se
retrouvent généralement dans les régions urbaines ou
sont des champs agricoles, alors que les structures
naturelles, telles que les bordures des forêts, sont
généralement plus irrégulières, sauf dans les endroits
où l'homme a construit une route ou effectué une
coupe à blanc. Les fermes où les champs de culture
irrigués par des systèmes d'arrosage automatiques
présentent des formes circulaires.
La taille d'un objet sur une image est fonction de l'échelle. Il est important d'évaluer la taille d'une
cible par rapport aux autres objets dans une scène (taille relative), ainsi que la taille absolue, afin
d'aider l'interprétation de cette cible. Une évaluation
rapide de la taille approximative d'une cible facilite
souvent l'interprétation. Par exemple, dans une image
où l'on aurait à distinguer différentes zones d'utilisation
du sol et à identifier une aire comportant des bâtiments,
les grosses structures telles que les usines ou les
entrepôts suggéreraient des propriétés commerciales,
tandis que de plus petits éléments suggéreraient des
lieux résidentiels.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
La texture réfère à l'arrangement et à la fréquence des variations de teintes dans des régions
particulières d'une image. Des textures rugueuses consisteraient en des tons en rayures où les
niveaux de gris changent brusquement dans une petite région, alors que les textures lisses auraient
peu ou pas de variations de tons. Les textures lisses sont souvent
le résultat de surfaces uniformes telles que des champs, du
pavement ou des terrains gazonnés. Une cible avec une surface
rugueuse et une structure irrégulière, telle qu'une forêt, résulte en
une texture d'apparence rugueuse. La texture est l'un des éléments
les plus importants pour différencier les structures sur une image
radar.
Les ombres sont aussi utiles pour l'interprétation puisqu'elles donnent une idée du profil et de la
hauteur relative des cibles pouvant être identifiées facilement.
Les ombres peuvent cependant réduire, voire éliminer
l'interprétation dans leur entourage, puisque les cibles situées
dans les ombres sont moins, ou pas du tout discernables. En
imagerie radar, les ombres sont particulièrement utiles pour
rehausser ou identifier la topographie et les formes
géologiques, particulièrement en imagerie radar.
L'association tient compte de la relation entre la cible d'intérêt et d'autres objets ou structures
reconnaissables qui sont à proximité. L'identification d'éléments qu'on
s'attend normalement à retrouver à proximité d'autres structures peut
donner de l'information facilitant l'identification. Dans l'exemple ci-
dessous, les propriétés commerciales peuvent être associées avec les routes
à proximité, alors que les aires résidentielles seraient associées avec les
écoles, les terrains de jeux et de sports. Dans notre exemple, un lac est
associé à des bateaux, à une marina et à un parc récréatif tout près.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
De nos jours, la plupart des données de télédétection étant enregistrées en format numérique,
presque toutes les interprétations et analyses d'images requièrent une partie de traitement
numérique. Le traitement numérique des images peut recourir à divers procédés dont le
formatage et la correction des données, le rehaussement numérique pour faciliter l'interprétation
visuelle ou même la classification automatique des cibles et des structures entièrement par
ordinateur.
Le traitement numérique de l'imagerie de télédétection exige que les données soient enregistrées
et disponibles dans un format numérique convenable pour l'entreposage sur disques durs.
1. Pré-traitement
On appelle fonctions de pré-traitement les opérations qui sont normalement requises avant
l'analyse principale et l'extraction de l'information. On distingue deux (02) opérations de pré-
traitement :
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
2. Rehaussement
Les fonctions de rehaussement ont pour but d'améliorer l'apparence de l'imagerie pour aider
l'interprétation et l'analyse visuelles. Les fonctions de rehaussement permettent l'étirement des
contrastes pour augmenter la distinction des tons entre les différents éléments d'une scène, et le
filtrage spatial pour rehausser (ou éliminer) les patrons spatiaux spécifiques sur une image.
3. Transformations d'image
Les transformations d'image sont des opérations similaires à celles de rehaussement de l'image.
Cependant, alors que le rehaussement de l'image qui est normalement appliqué à une seule
bande de données à la fois, la transformation de l'image combine le traitement des données de
plusieurs bandes spectrales. Des opérations arithmétiques (c'est-à-dire addition, soustraction,
multiplication, division) sont faites pour combiner et transformer les bandes originales en de
"nouvelles" images qui montrent plus clairement certains éléments de la scène. La soustraction
d'images est souvent utilisée pour identifier les changements qui sont survenus entre des images
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
obtenues à des dates différentes (analyse diachronique). Cette transformation peut être utile pour
identifier les zones où le développement urbain s’est accru ou pour identifier des zones de
déboisement ou de reforestation.
Il existe également d’autres transformations notamment les méthodes de rapport de bande aussi
appelé rapport spectral (NDVI, NDWI, etc) et un procédé appelé analyse des composantes
principales (ACP). Le but de cette transformation (ACP) est de réduire le nombre de dimensions
(nombre de bandes) et de produire une compression de l'information de plusieurs bandes dans
un nombre plus restreint de bandes. Les "nouvelles" bandes qui résultent de cette compression
statistique sont appelées composantes. Ce procédé vise à maximiser (statistiquement) la quantité
d'information (ou variance) des données originales dans un nombre restreint de composantes.
Les opérations de classification et d'analyse d'image sont utilisées pour identifier et classifier
numériquement des pixels sur une image. La classification est habituellement faite sur des
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
banques de données multi spectrales (A), et ce procédé donne à chaque pixel d'une image une
certaine classe ou thème (B) basé sur les caractéristiques statistiques de la valeur de l'intensité du
pixel. Il existe une variété d'approches prises pour faire une classification numérique. Nous allons
brièvement décrire deux approches générales qui sont souvent utilisées, soit la classification
supervisée et la classification non supervisée.
a) Classification supervisée
Lors de l'utilisation d'une méthode de classification supervisée, l'analyste identifie des échantillons
assez homogènes de l'image qui sont représentatifs de différents types de surfaces. L'analyste
supervise donc la classification d'un ensemble spécifique de classes. Tandis que lors de l'utilisation
d'une méthode de classification non supervisée, l’ordinateur joue dans un certain sens le rôle de
l'analyste (non supervisée).
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
SIG
Figure 33 : intégration des données (multi temporelles, plans scannés, image satellite et vecteur et
analyse
La combinaison des données de différentes sources et de différents types ne constitue que la
pointe de l'iceberg pour l'intégration de données et l'analyse. Dans un environnement numérique,
où toutes les sources de données sont géométriquement liées à une base géographique commune,
le potentiel pour l'extraction de l'information est très grand. Ceci définit le principe de l'analyse
numérique dans un système d'information géographique (SIG). Toutes les données qui peuvent
être repérées dans un système de coordonnées géographiques communes sont susceptibles d'être
utilisées dans ce type d'environnement. Des cartes de types de sols, de classes de surfaces, de
types de forêts, du réseau routier, etc. en sont des exemples parmi tant d'autres. Il est aussi
possible d'utiliser dans un SIG, le résultat d'une classification de données de télédétection sous
forme de carte afin de faire la mise à jour des cartes existantes. En résumé, l'analyse de diverses
sources de données combinées permet d'en extraire de meilleures et plus précises informations.
On profite donc d'une synergie entre les types de données. Les utilisations et le potentiel de cette
analyse sont incalculables. Dans la prochaine section, nous présenterons des exemples
d'utilisation des données de télédétection où plusieurs de ces exemples font usage de l'intégration
de données de plusieurs sources.
IV. Applications
Comme nous l'avons vu dans le chapitre qui traite des capteurs, chaque capteur est conçu pour
des applications spécifiques. Les bandes spectrales acquises par un capteur optique déterminent
les applications pour lesquelles il sera utile. Quant au capteur radar, ce sont l'angle d'incidence et
la fréquence utilisés qui en détermine l'utilisation.
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
Pour chaque application, il existe une combinaison spécifique de résolutions spectrale, spatiale
et temporelle.
Par exemple, les images panchromatiques, qui captent une grande étendue de toutes les
longueurs d'ondes visibles, ne sont pas aussi sensibles au stress de la végétation que les images
utilisant une bande étroite dans l'infrarouge, la chlorophylle absorbant fortement le rayonnement
infrarouge.
La résolution spatiale fait référence au détail perceptible dans une image. La cartographie
détaillée des marécages requiert une résolution spatiale beaucoup plus détaillée que la
cartographie de régions physiographiques.
La résolution temporelle fait référence au laps de temps écoulé entre deux images. Plusieurs
applications (la surveillance de feux de forêt, un déversement d'hydrocarbures ou le mouvement
de la glace océanique) nécessitent des images répétitives, prises avec la plus grande fréquence
possible. Certaines autres applications (identification de récoltes, invasion d'insectes et
surveillance des marécages) demandent des images saisonnières, tandis que d'autres, comme la
cartographie des structures géologiques, demandent une seule série d'images. Les applications où
le temps est un facteur important nécessitent un traitement et une livraison rapides des images
pour permettre aux utilisateurs d'en retirer l'information le plus rapidement possible.
1. Agriculture
L'agriculture joue un rôle primordial dans l'économie des pays développés et en voie de
développement. Elle peut représenter une industrie rentable pour un pays économiquement fort
ou une production élémentaire de subsistance pour un pays pauvre. La production de nourriture
est fondamentale pour tout le monde et la rentabilité économique est l'objectif de tous
producteurs agricoles, de tous gestionnaires d'exploitation agricole à grande échelle et de toutes
organisations agricoles régionales. Tout producteur agricole a besoin d'information pour gérer
efficacement ses récoltes. Il doit disposer des outils d'information qui lui permettent de planifier
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Télédétection
Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
ses opérations et de faire face aux multiples aléas pouvant menacer sa production, telles que des
infestations d'insectes, intempéries, sécheresses ou dommages reliés au stress des végétaux, qui
peuvent affecter le potentiel de sa récolte et les conditions de sa terre. Les courtiers de matières
premières de sources agro-alimentaires sont aussi intéressés par les données sur la production
agricole car c'est au moyen d'estimations de rendements de récolte (qualité et quantité) que sont
fixés tous les prix pour le commerce international.
Les images satellitaires et aériennes servent à classification des cultures, à l'assurance de la santé
et de la viabilité des productions et à la surveillance des mesures d'intervention. Parmi les
applications de la télédétection à l'agriculture mentionnons :
On peut également citer comme application : l’estimation de la production totale d'une récolte,
la cartographie des caractéristiques du sol, la cartographie des pratiques de gestion du sol, la
surveillance de conformité aux lois et traités, etc.
Ces images montrent les dommages et la destruction de récoltes causées d’une part, par une
tornade au sud-ouest de Winnipeg et d’autre part par les insectes ravageurs en Afrique du sud.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
2. Foresterie
L'importance des forêts comme ressource alimentaire et protectrice, comme habitat, comme
pourvoyeur de papier, de matériaux de construction et de combustion ainsi que de plantes
médicinales est indéniable. Les forêts jouent également un rôle important dans les réserves et
l'équilibre des échanges de CO2 sur la Terre.
Jusqu'à maintenant les humains ont davantage considéré les produits forestiers que les forêts elles-
mêmes. Ainsi, l'extraction du bois est une pratique courante presque partout au monde.
Comme le déboisement a un effet à long terme sur le climat, la conservation du sol, la biodiversité
et les régimes hydrologiques, on le retrouve au cœur même des préoccupations internationales
d’où l’avènement du processus REDD+ (Réduction des émissions liées au déboisement et à la
dégradation forestière) qui a fait de la surveillance environnementale une priorité majeure.
L'exploitation commerciale des forêts est une industrie importante à travers le monde. Des forêts
sont coupées puis replantées et les compagnies d'exploitation forestière sont continuellement à la
recherche de nouvelles sources de bois. Les pressions se faisant grandissantes pour la
conservation des forêts primaires et vierges et les pratiques forestières abusives ayant grandement
limité les régions de coupes potentielles, les compagnies d'exploitation forestière doivent modifier
leurs méthodes et devenir plus efficaces et développer des méthodes d'exploitation plus
écologiques. Leur propre survie de même que l'approvisionnement en bois d'une population
toujours en croissance dépend de la préservation de la ressource.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
L'identification, le tracé et la cartographie de la couverture du sol sont importants pour les études
de surveillance planétaire, de gestion des ressources et de planification d'activités. L'identification
de la couverture du sol établit la ligne de base à partir de laquelle des activités de suivi (et de
détection) des changements peuvent être effectuées, et fournir des informations préliminaires
pour les cartes thématiques.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
L'utilisation du sol fait référence à l'usage qu'on fait du sol, par exemple les loisirs, l'habitat de la
faune ou l'agriculture. L'application de l'utilisation du sol comprend la cartographie de base ainsi
que la surveillance qui en découle, puisque des informations adéquates sont nécessaires pour
connaître quelle superficie de sol correspond à quel type d'utilisation, ainsi que pour identifier
les changements d'utilisation au fil des ans. Ces connaissances vont aider au développement de
stratégies visant à équilibrer les utilisations conflictuelles et les pressions de l'urbanisation. La
disparition et les perturbations des terres arables, l'urbanisation et la détérioration des forêts sont
des sujets qui stimulent le développement d'études sur de l'utilisation du sol.
Il est donc important de faire la distinction entre la couverture du sol et l'utilisation du sol, ainsi
que les informations que nous pouvons en retirer. Les propriétés mesurées par la télédétection
se rapportent à la couverture du sol, à partir de laquelle l'utilisation du sol peut être déduite à
l'aide de données auxiliaires ou de connaissances préalables.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
4. Hydrologie
L'hydrologie est l'étude de l'eau sur la Terre, qu'elle coule à la surface, qu'elle soit gelée sous
forme de glace ou de neige, ou qu'elle soit emprisonnée dans le sol. L'hydrologie est
naturellement liée à plusieurs autres applications de la télédétection, particulièrement à la
foresterie, à l'agriculture et à l'utilisation du sol, parce que l'eau est une composante importante
dans chacun de ces domaines. Comme la plupart des processus hydrologiques sont dynamiques,
de façon saisonnière et quotidienne, une observation fréquente est nécessaire. La télédétection
offre un aperçu synoptique de la distribution spatiale et de la dynamique des processus
hydrologiques, qui n'est généralement pas disponible avec les relevés terrestres. Le radar apporte
une nouvelle dimension aux études hydrologiques, car c'est un capteur actif qui permet
l'acquisition de données le jour, la nuit et même durant les tempêtes.
L'incorporation des données de télédétection dans un SIG permet le calcul et l'évaluation rapides
des niveaux d'eau, des dommages et des régions en danger d'inondation. Les agences de prévision
d'inondations, les compagnies hydroélectriques, les organismes de conservation, les urbanistes,
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les organismes de secours d'urgence et les compagnies d'assurance utilisent tous ce type de
données. L'identification et la cartographie des plaines alluviales, des chenaux de rivières
abandonnés et des méandres sont importantes pour la planification des réseaux de transports.
La capacité de RADARSAT d'acquérir des images durant la nuit et les journées nuageuses et sa
sensibilité aux différences entre la terre et l'eau lui ont permis de produire d'excellentes images
de l'inondation. Sur cette image, l'eau (A)
entoure complètement le village de Morris (B)
que nous voyons comme un point brillant
entouré d'eau foncée.
b) Humidité du sol
L'humidité du sol est une mesure importante pour la détermination du potentiel de production
d'une culture au Canada comme dans des pays souvent menacés de sécheresse.
La télédétection permet de mesurer l'humidité du sol sur une grande superficie, contrairement
aux mesures au sol qui donnent seulement des valeurs ponctuelles. Le radar est un excellent outil
pour obtenir des mesures quantitatives et des images qualitatives, car la rétrodiffusion du radar
dépend de l'humidité du sol, ainsi que de la topographie, de la rugosité de la surface, et de la
quantité et du type de couvert végétal. Si les quatre derniers paramètres demeurent inchangés,
les images radars multi temporelles peuvent démontrer le changement de la teneur en humidité
du sol avec le temps. Le radar est sensible à la constante diélectrique du sol qui est une fonction
du taux d'humidité.
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Chapitre IV : Interprétation et analyse d’image
A Retenir
Il existe sept (07) caractéristiques visuelles permettant l’interprétation visuelle d’une image
satellite notamment : ton, forme, taille, patron, texture, ombre et association ;
Les fonctions de traitement des images peuvent être regroupées en (04) catégories
notamment : (i) Prétraitement, (ii) Rehaussement de l'image, (iii) Transformation de
l'image et (iv) Classification et analyse de l'image ;
Il existe une relation étroite entre les SIG et la télédétection : une fois l’ensemble de
données acquises par diverses méthodes elles sont stockées sur un support numérique
pour être ensuite traitées et analysées dans un SIG ;
Les applications de la télédétection sont nombreuses. On peut citer entre autre
l’agriculture, la foresterie, la couverture et l’utilisation du sol, l’hydrologie, etc.
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Télédétection
Références bibliographiques
Références bibliographiques
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