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Médias numériques et crise de confiance

Le document aborde l'impact des médias numériques sur la confiance des Canadiens envers l'information, en soulignant la transition des médias traditionnels vers le numérique et les défis associés, notamment la désinformation. Il mentionne la Loi C-18 qui oblige les plateformes comme Meta à payer pour les nouvelles, et les conséquences de cette loi sur l'utilisation des médias sociaux pour s'informer. Enfin, il met en lumière la crise de confiance croissante envers les médias, exacerbée par la surabondance d'informations et la montée de la désinformation.

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Médias numériques et crise de confiance

Le document aborde l'impact des médias numériques sur la confiance des Canadiens envers l'information, en soulignant la transition des médias traditionnels vers le numérique et les défis associés, notamment la désinformation. Il mentionne la Loi C-18 qui oblige les plateformes comme Meta à payer pour les nouvelles, et les conséquences de cette loi sur l'utilisation des médias sociaux pour s'informer. Enfin, il met en lumière la crise de confiance croissante envers les médias, exacerbée par la surabondance d'informations et la montée de la désinformation.

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CMN-1560| Introduction à l’étude des médias

• Semaine 9-séance 1. Les médias numériques et début du module sur la


crise de la confiance
Présenté par : Julie A. Gramaccia, Ph.D

[Link] [Link]
Travail de réflexion en classe 15%--26 mars
• Rédaction sur papier (15 lignes maximum) sur un sujet d'actualité en lien
avec la matière portant sur les modules allant de la crise de la confiance à
la désinformation. Il vous sera demandé de rédiger un court texte de
réflexion personnelle en lien avec la matière vue en cours. La réflexion
devra être articulée autour d'un ou deux arguments (maximum) et
mentionner au moins 1 source/référence vue en classe.

• Attention, vous pouvez perdre jusqu’à 50 % de vos points à cause des


fautes d’orthographe/syntaxe/conjugaison/grammaire.
• Vous êtes autorisé.e.s à rédiger en anglais mais les mêmes règles
s’appliquent.

[Link]
Les médias numériques
• Définition : Ensemble de médias faisant référence à des techniques
de production et de communication de l'information qui, en
intégrant le numérique et l'interactivité, permettent la création, le
traitement et la distribution de contenus multimédias.

• Source: [Link]
gdt/fiche/8386879/nouveaux-medias

[Link]
Les médias numériques sont:
• Interactifs
• Centrés sur les usagers
• Moins coûteux
• Sans frontières (ou presque)
• Plus difficiles à réglementer
• En temps réel (le plus souvent)

[Link]
Médias traditionnels et médias numériques
• La presse traditionnelle (radio, presse écrite, télévision) a aussi opéré
la transition vers le numérique (séances précédentes) et cela a
soulevé de nouveaux enjeux, notamment en termes de recherche de
revenus.

• Ex: la presse écrite et les différents modèles d’affaires

• Nouveauté: les paywall dynamiques: ex [Link]

[Link]
Les activités médiatiques des [Link].s
• Le Digital News Report (DNR) est une enquête internationale pilotée par le Reuters Institute for the Study
of Journalism de l’Université d’Oxford. Déployée dans 47 pays en 2024, elle s’intéresse aux pratiques et aux
perceptions des consommateurs d’information, en particulier aux questions relatives à l’information en
ligne. Le Centre d’études sur les médias (CEM) est responsable du volet canadien de l’enquête.

• La télévision reste la principale source d’information pour les Canadiens, bien que son usage ait
légèrement diminué par rapport à l’année dernière (38 %, -2 points). En revanche, de plus en plus de
personnes se tournent vers les sites et applications d’actualités (30 %, +3 points). Les médias sociaux, eux,
restent en troisième position (24 %, -1 point).

• Source des données : CEM, 2024 [Link]


[Link]
C-18- L'impact du blocage des nouvelles par
Meta
• Depuis août 2023, Meta limite l’accès aux contenus journalistiques au Canada. Cela a eu un effet notable :
de moins en moins de Canadiens utilisent les médias sociaux comme principale source d’actualités en ligne

• La Loi C-18 oblige les grandes plateformes numériques, comme Meta (Facebook, Instagram) et Google, à
payer les médias canadiens pour les nouvelles qu'elles partagent sur leurs plateformes.
• Meta a refusé de se conformer à cette loi. Leur argument principal est que les entreprises de presse
publient volontairement leurs contenus sur Facebook pour gagner en visibilité et que Meta ne devrait pas
avoir à payer pour cela.

• Également concerné par cette loi, Google a négocié avec le gouvernement. Contrairement à Meta, Google
a trouvé un accord avec le Canada et va payer 100 millions de dollars canadiens par an aux médias.

[Link]
Consommation de l’info en ligne par les
[Link].s (source : CEM, 2024 )
• Facebook en perte de vitesse pour l’info mais il est difficile de dire si cela est uniquement dû au blocage des nouvelles. En effet, cette
tendance baissière a commencé dès 2022 et se retrouve dans plusieurs pays.
• Instagram résiste mieux. Facebook, Instagram voit son usage pour s’informer augmenter (13 %, +3 points), en particulier chez les 18-34
ans (26 %, +6 points). Pourtant, la plateforme est aussi concernée par le blocage des nouvelles imposées par Meta.

• Fiabilité des sources d'information en ligne


On critique souvent Facebook pour son rôle dans la diffusion de fausses nouvelles, mais près de la moitié de ses utilisateurs (48 %)
estiment qu’il est facile d’y faire la différence entre le vrai et le faux
• Les vidéos d’actualité sont très regardées.
• L’intelligence artificielle et l’information. l’idée que l’IA produise des nouvelles inquiète : 52 % des Canadiens ne sont pas à l’aise avec
cette idée, contre seulement 18 % qui le sont. En revanche, si l’IA est simplement utilisée comme outil d’assistance aux journalistes
humains, la perception s’améliore : 39 % des Canadiens sont à l’aise avec cette idée, contre 27 % qui restent sceptiques.
• Moins de confiance dans l’information, mais un intérêt qui remonte. La confiance dans les nouvelles continue de s’effriter au Canada (39
%, -1 point par rapport à 2023 et -16 points depuis 2016).
• Une "fatigue informationnelle" grandissante. Les Canadiens sont de plus en plus nombreux à se sentir submergés par la quantité
d’informations disponibles

[Link]
Les réseaux sociaux
• Qu’est-ce qu’un réseau social ?
• Source : [Link]
• « Communauté d'internautes reliés entre eux par des liens amicaux ou
professionnels, regroupés ou non par secteurs d'activité, qui favorise
l'interaction sociale, la création et le partage d'informations. Les réseaux
sociaux font partie de ce que l’on appelle les « médias sociaux ». »
• Qu’est-ce qu’un média social ?
• Source : [Link]
• « Média numérique basé sur les caractéristiques du Web 2.0, qui vise à faciliter
la création et le partage de contenu généré par les utilisateurs, la collaboration
et l'interaction sociale. »

[Link]
Comment les sites Internet et les réseaux sociaux
se financent-ils ?
• Placements publicitaires
• Divulgation volontaire des données personnelles de la part des
internautes (Rallet et Rochelandet, 2010)
• Mise en place de “traceurs” ou de “cookies” pour collecter les
données personnelles-utilisation des algorithmes
• Revente des données personnelles aux annonceurs

• Source: Grazia Cecere, Fabrice Le Guel et Fabrice Rochelandet (2015). « Les modèles d’affaires numériques
sont-ils trop indiscrets ? Une analyse empirique ». Réseaux 1/2015 (n° 189) , p. 77-101.

[Link]
CMN-1560| Introduction à l’étude des médias
• Semaine 9-séance 2. Crise économique et crise de la confiance

Présenté par : Julie A. Gramaccia, Ph.D

[Link] [Link]
Exercice de réflexion en classe
• Rédaction sur papier (15 lignes maximum) sur un sujet d'actualité en lien avec la matière portant sur les
modules allant de la crise de la confiance à la désinformation. Il vous sera demandé de rédiger un court
texte de réflexion personnelle en lien avec la matière vue en cours. La réflexion devra être articulée autour
d'un ou deux arguments (maximum) et mentionner au moins 1 source/référence vue en classe.

• Attention, vous pouvez perdre jusqu’à 50 % de vos points à cause des fautes
d’orthographe/syntaxe/conjugaison/grammaire.
• Vous êtes autorisé.e.s à rédiger en anglais mais les mêmes règles s’appliquent.

[Link]
Exemple:
• En pensant aux discussions sur la désinformation et les fausses nouvelles, l’article de The Conversation,
rédigé par Colette Brin et Sébastien Charlton (Juin 2022) "La confiance des Canadiens envers les médias à
son plus bas", m’a vraiment interpellé. Seulement 42 % des Canadiens font encore confiance aux nouvelles,
et la situation est encore pire chez les jeunes. Je remarque que beaucoup de gens de ma génération sont
sceptiques envers les médias traditionnels. C’est compréhensible quand on voit à quel point les réseaux
sociaux sont envahis par des contenus qui se contredisent ou qui cherchent juste à attirer des clics.
• Ce manque de confiance a des effets inquiétants : on devient plus vulnérables aux fausses nouvelles et aux
théories du complot. Je connais des amis qui évitent activement les nouvelles, soit parce qu’elles sont trop
stressantes, soit parce qu'ils pensent que les médias sont influencés par des intérêts politiques ou
financiers. Ça me fait réaliser que ce n’est pas juste une question de préférences : c’est un problème qui
peut nous exposer davantage à la désinformation.
• Pour rétablir la confiance, les médias doivent vraiment montrer qu'ils sont transparents et représentent
une diversité de perspectives. Sinon, la méfiance risque de s’aggraver, et on continuera à douter de ce
qu’on lit, même quand c’est important.

[Link]
Comment les sites Internet et les réseaux sociaux
se financent-ils ?
• Placements publicitaires
• Divulgation volontaire des données personnelles de la part des
internautes (Rallet et Rochelandet, 2010)
• Mise en place de “traceurs” ou de “cookies” pour collecter les
données personnelles-utilisation des algorithmes
• Revente des données personnelles aux annonceurs

• Source: Grazia Cecere, Fabrice Le Guel et Fabrice Rochelandet (2015). « Les modèles d’affaires numériques
sont-ils trop indiscrets ? Une analyse empirique ». Réseaux 1/2015 (n° 189) , p. 77-101.

[Link]
QUIZ !

[Link]
Quiz
• Dans l’article Radio Canada intitulé « C’est l’hécatombe » : les
médias peinent à survivre et l’aide se fait attendre (6 mai 2020 ,
Guilbault) Quelle catégorie de médias a été la plus durement
touchée par la crise ?

[Link]
La crise économique :
• De plus en plus d’usagers se fient à l’information en ligne
• Cela implique une baisse de revenus importantes pour les médias traditionnels (ex: baisse des revenus publicitaires)
• La diffusion de fausses nouvelles en ligne et de contenus de désinformation constitue une menace directe pour la
démocratie mais aussi pour ses institutions ou encore le journalisme
• "Depuis quelques années, les médias, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, traversent une crise. Certains ont
dû mettre la clé sous la porte alors que des entreprises médiatiques d’envergure ont procédé à d’importantes
réductions de personnel. Par exemple, en Angleterre, la BBC a annoncé depuis le début de 2011 de nombreuses
coupes au sein du BBC News Service, entraînant la mise à pied de 800 employés (soit environ 15 % de ses
effectifs)1 et laissant craindre pour des centaines d’autres au cours des quatre ou cinq prochaines années2. Plus
près de nous, aux États-Unis, le dernier rapport State of the News du Pew Research Center faisait état, pour 2011,
d’une diminution des effectifs temps plein de 2,4 % dans les journaux (l’équivalent d’environ 1000 postes). Depuis
le début des années 2000, les effectifs rédactionnels américains des journaux ont diminué de près de 28 %3."
(Brin, St. Pierre, 2013, p. 5)

[Link]
La crise économique :
• Les difficultés traversées par les médias sont causées par de multiples facteurs (cf: les précédentes
séances; ex: fragilité des modèles économiques des médias )
• Mais aussi: montée de la désinformation et la fragmentation de l'attention
• Cette dernière provoque un effet d’exposition sélective qui nuit à la diversification de la consommation de l'information.

• "Si les revenus représentent un indicateur de la vitalité économique des médias, il en va de même des données de lectorat. Au
Québec, entre 2004 et 2011, la proportion de Québécois qui lisent régulièrement un quotidien en semaine (l-v) est passée de 53 à 50
%, malgré la montée en popularité des quotidiens gratuits à Montréal11. En 2004, ces publications rejoignaient 80 % des Québécois
alors qu’en 2011, cette proportion avait chuté à 76 %12. En ce qui concerne les tirages, celui de l’ensemble des titres payants a
diminué de quelque 120 000 exemplaires par semaine en 2011 par rapport à 2010. Huit quotidiens sur douze ont connu une baisse
de leur diffusion hebdomadaire."(Brin, St. Pierre, 2013, p.9).

• La diversification des contenus entraîne une perte de confiance dans les médias traditionnels.

[Link]
La crise de la confiance
• La notion de confiance est au coeur de nos pratiques sociales et communicationnelles quotidiennes: elle
est ce qui permet de forger les contrats sociaux sur lesquels reposent l'ensemble des sociétés
contemporaines.

• Selon Pierre Bourdieu, la confiance est un élément fondamental du « capital social », c’est-à-dire: "
l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau durable de
relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’interreconnaissance » (Bourdieu,
1986).

• Discussion en classe: Qui parmi vous fait confiance aux médias traditionnels ? Et les médias
numériques ?

[Link]
CMN-1560| Introduction à l’étude des médias
• Semaine 11-séance 1. Infodémie et confiance dans les médias

Présenté par : Julie A. Gramaccia, Ph.D

[Link] [Link]
La crise de la confiance
• La notion de confiance est au coeur de nos pratiques sociales et communicationnelles quotidiennes: elle
est ce qui permet de forger les contrats sociaux sur lesquels reposent l'ensemble des sociétés
contemporaines.

• Selon Pierre Bourdieu, la confiance est un élément fondamental du « capital social », c’est-à-dire: "
l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau durable de
relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’interreconnaissance » (Bourdieu,
1986).

• Discussion en classe: Qui parmi vous fait confiance aux médias traditionnels ? Et les médias
numériques ?

[Link]
État des lieux de la confiance des [Link].s
envers les médias dans les dernières années
• EN 2019
• Les citoyens abandonnent les médias traditionnels pour les médias sociaux. Ils utilisent de plus en plus,
pour s’informer, les pages Facebook de leurs « amis » et les influenceurs.
• La « vérité » des médias traditionnels ne serait plus la « vérité » de ceux qui choisissent plutôt les médias
sociaux pour s’informer (Proulx, 2018).
• Le baromètre 2019 de l’entreprise Edelman, qui évalue depuis plusieurs années la confiance des citoyens
de nombreux pays envers diverses institutions, constate aussi que le fossé s’élargit entre les citoyens
informés et la population en général et fait voir un même monde divisé (Edelman, 2019).
• Phénomène très présent au Canada et au Québec: recul de la fréquentation des médias traditionnels au
profit des médias sociaux et montée d’une certaine méfiance à l’égard des médias

[Link]
État des lieux de la confiance des [Link].s
envers les médias dans les dernières années
• EN 2022 : Se reporter à la lecture obligatoire pour cette séance (article de The Conversation par Brin et
Charlton comme source principale de toute l’information qui suit)
• La confiance à l’égard de l’information journalistique a atteint un creux au Canada.
• L’enquête de 2022 révèle que 42 % des répondants canadiens font confiance « à la plupart des nouvelles la
plupart du temps », une légère diminution depuis l’an dernier.

• L’enquête montre aussi que différents facteurs sont à l’œuvre dans cette crise de la confiance. Pouvez-vous
me les indiquer ?

[Link]
La polarisation et le journalisme en période de
crise
• La polarisation, en contexte politique, décrit une dynamique par laquelle une population tend à se
positionner idéologiquement aux extrêmes, de sorte que deux pôles antagonistes se forment en son sein.
Cette polarisation influence naturellement la vie démocratique et électorale d'une société en proie au
phénomène. (Pew Research Center, 2014)

• Le journalisme en période de crise:


• Critique des programmes gouvernementaux d’aide aux médias, dont les crédits d’impôts au fédéral

• Les auteurs s’interrogent sur la montée ou « prolifération » de la désinformation en ligne et des efforts de
régulation que peuvent déployer les États.

[Link]
Qu’est-ce que la régulation ?
• Définition très générale: “? Fait d'assurer un fonctionnement correct, un rythme régulier. » (merci Google)

• “régulation repose sur une dimension interventionniste des États »(Rapport du gouvernement français sur le
numérique, 2019)
• « Par l’ordonnancement qu’ils réalisent des contenus publiés et par leur politique de modération, les réseaux
sociaux sont en mesure d’agir directement sur ces abus les plus manifestes pour les prévenir ou y répondre et
limiter ainsi les dommages en termes de cohésion sociale. Une intervention publique pour que les plus grands
acteurs adoptent une attitude plus responsable et plus protectrice de la cohésion de nos sociétés apparaît donc
légitime. Compte tenu des enjeux de libertés publiques, cette intervention doit faire l’objet de précautions
particulières. Elle doit (i) respecter la diversité des modèles de réseaux sociaux, qui forment un ensemble
particulièrement hétéroclite, (ii) faire preuve de transparence, notamment en y associant la société civile, (iii)
viser un objectif d’intervention minimum conformément aux principes de nécessité et de proportionnalité et (iv)
s’en remettre aux juridictions pour la qualification de la licéité des contenus pris individuellement. » (Ibid)
• Face aux défis de la désinformation, les gouvernements sont de plus en plus actifs dans la régulation de
l’écosystème des médias numériques et le soutien au journalisme.

[Link]
Infodémie et pandémie
• Source importante : DURAND, Frédérick, GRAMACCIA, Julie, THIBOUDOT, Jennifer, sous la direction de
BRIN,Colette. Portrait d’une infodémie. Retour sur la première vague de la Covid-19, Rapport réalisé
pourl’Observatoire International sur les Impacts Sociétaux de l’IA et du Numérique et pour le
Centred’Études sur les Média, Université Laval, mars [Link]://[Link]/portrait-
infodemie-covid-19/
• les décideurs publics ont dû composer avec les attentes énormes des populations, mais aussi avec un
manque de connaissances scientifiques sur le virus de la COVID-19 → incertitude dans la population
• C’est dans ce contexte que s’est ouverte une « brèche propice » à la propagation de fausses informations
en ligne, un problème que l’OMS a nommé « infodémie » (2020a).
• Selon une étude, 22,3 % des publications à propos de la COVID-19 diffusées sur le réseau social Facebook contiennent de fausses
informations (Ahmed et coll., 2020 : 4). Une proportion semblable (24,8 %) a été observée du côté de la plateforme Twitter (Kouzy
et coll., 2020 : 5).

[Link]
Infodémie
• L’OMS définit l’infodémie comme « une surabondance d’informations,
tant en ligne que hors ligne. Elle se caractérise par des tentatives
délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de
santé publique et de promouvoir les objectifs différents de certains
groupes ou individus. » (OMS, 2020b) Les conséquences sont nombreuses,
car cette surabondance d’informations peut « nuire à la santé physique et
mentale des individus, accroître la stigmatisation, menacer de précieux
acquis en matière de santé et conduire à un non-respect des mesures de
santé publique, réduisant par là même leur efficacité et compromettant la
capacité des pays à enrayer la pandémie » (OMS, 2020b).

[Link]
L’infodémie (2)
• le phénomène d’infodémie ne se limite pas à la diffusion et au
partage de fausses informations à propos de la COVID-19. Le terme
fait également référence à un volume d’informations extrêmement
élevé et qui se caractérise par une diffusion très rapide. Parmi cette
quantité substantielle d’informations, une proportion importante
serait de qualité médiocre (Lits et coll., 2020).

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ?
• Source des données/ extraits du texte ci-dessous : rapport publié en avril 2021
par Simon Langlois et Florian Sauvageau, deux professeurs émérites de
l’Université Laval pour le CEM. Ce rapport, intitulé « La confiance envers les
médias et la désinformation en contexte de pandémie » s’appuie sur une
enquête menée entre le 19 et le 24 novembre 2020 à partir d’un panel web.
• La confiance envers les médias traditionnels reste élevée en temps de pandémie
• Même si près du quart (23,4 %) des répondants estiment avoir moins confiance envers les
médias traditionnels
• Les personnes qui privilégient les médias sociaux comme première source d’information
sont les plus critiques envers les médias traditionnels et disent avoir perdu confiance en
proportions nettement plus élevées
• Une autre partie des adeptes des médias sociaux ont redécouvert les vertus des médias
traditionnels depuis la pandémie et leur manifestent davantage de confiance

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ? (2)
• si la confiance envers les médias traditionnels est en général élevée, les comportements
sont aussi davantage polarisés
• Les personnes qui se fient habituellement à tous les médias traditionnels avancent en
effet que leur confiance s’est accentuée alors que, à l’opposé, les individus qui n’ont
aucune confiance envers ces mêmes médias disent en avoir encore moins depuis le
début de la pandémie (Sauvageau, Langlois, 2021)
• CCL:
• La confiance envers les médias traditionnels reste élevée et une large majorité de
répondants (80 %) considèrent qu’ils ont joué leur rôle en les aidant à mieux
comprendre la crise Un groupe appréciable de répondants (23,4 %) disent toutefois
avoir moins confiance aux médias traditionnels, en contexte de pandémie. De plus, un
répondant sur cinq (20,7 %) fait partie des « complotistes » convaincus. Dans l’un et
l’autre cas, ce sont surtout des jeunes et des adeptes des réseaux sociaux

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ? (3)
• La pandémie, avec les contraintes et l’angoisse qu’elle a entrainées, a
exacerbé la détresse chez les jeunes adultes, et celle-ci serait «
directement associée à une plus grande adhésion aux théories du complot
» (Paré, 2021 cité dans Sauvageau et Langlois, 2021)
• un grand nombre de jeunes ne trouvent pas directement dans les médias
traditionnels les informations qui correspondent à leurs attentes […] les
chiffres sont tels qu’ils ne peuvent tromper : les jeunes se construisent
une culture médiatique propre, distincte de celle des aînés. (Langlois,
Proulx et Sauvageau, 2020, p. 33
• MAIS « les jeunes » ne forment pas un bloc homogène. Ils forment en
réalité plusieurs publics distincts.

[Link]
CMN-1560| Introduction à l’étude des médias
• Semaine 11-séance 2. Infodémie et désordre de l’information

Présenté par : Julie A. Gramaccia, Ph.D

[Link] [Link]
Apprendre à bien construire une bibliographie et à
référencer vos citations :
• Deux possibilités :
• Une citation directe
• Vendredi 13 novembre 2015. La météo est particulièrement clémente pour un mois de novembre. Il y a un an, jour pour jour, vendredi 13
novembre, il fait bon, même le soir, bien après que le soleil s'est couché. Les terrasses parisiennes sont pleines. Il faut bien profiter des dernières
douceurs de l'automne avant l'hiver humide qui s'annonce à Paris. Au stade de France, les Bleus prennent leur revanche amicale sur les Allemands,
sous les yeux du président de la République. Devant le Bataclan, les fans des Eagles of Death Metal se rassemblent pour accueillir le groupe
californien de rock. Ce vendredi aurait pu, aurait dû, rester un vendredi soir comme les autres. Un soir de week-end festif, peut-être arrosé, autour
du sport et de la musique. Une célébration de la vie, comme tous les autres vendredis soirs de l'année à Paris. Mais non, il ne restera pas un
vendredi ordinaire. Dans quelques heures, les pavés de Paris resteront à jamais marqués du sang de ses innocents tombés sous les balles des
terroristes. (Extrait de l’article « Attentats du 13 novembre. Récit d’une soirée où la légèreté s’est envolée », RTL, en ligne) 1.
• Une idée empruntée et reformulée (et TOUJOURS référencée!!!!!) :
• L’intelligence artificielle permettra de libérer les journalistes de tâches chronophages et répétitives (Watine et Gramaccia, 2018, en ligne)
• Plusieurs auteur.e.s abordent le même sujet : (auteur, année, page)
• Parmi ces causes possibles, et afin de comprendre les raisons sous-jacentes à ce déferlement de violence et à la perpétration de ces nombreux
attentats, de nombreux expert set chercheurs ont alors souligné l’importance du rôle de la communication publique et, plus précisément des
médias numériques, comme vecteur possible de la radicalisation d’individus dans une idéologie violente (Aly et al., 2017 ; Aly, 2012, 2017 ; Miller &
Sabir, 2011 ;Weimann, 2006 ; Ducol, 2015, Benmelech & Klor, 2020).

• 1 [Link] est-envolee-7785729525

[Link]
Infodémie et pandémie
• Source importante : DURAND, Frédérick, GRAMACCIA, Julie, THIBOUDOT, Jennifer, sous la direction de
BRIN,Colette. Portrait d’une infodémie. Retour sur la première vague de la Covid-19, Rapport réalisé
pourl’Observatoire International sur les Impacts Sociétaux de l’IA et du Numérique et pour le
Centred’Études sur les Média, Université Laval, mars [Link]://[Link]/portrait-
infodemie-covid-19/
• les décideurs publics ont dû composer avec les attentes énormes des populations, mais aussi avec un
manque de connaissances scientifiques sur le virus de la COVID-19 → incertitude dans la population
• C’est dans ce contexte que s’est ouverte une « brèche propice » à la propagation de fausses informations
en ligne, un problème que l’OMS a nommé « infodémie » (2020a).
• Selon une étude, 22,3 % des publications à propos de la COVID-19 diffusées sur le réseau social Facebook contiennent de fausses
informations (Ahmed et coll., 2020 : 4). Une proportion semblable (24,8 %) a été observée du côté de la plateforme Twitter (Kouzy
et coll., 2020 : 5).

[Link]
Infodémie
• L’OMS définit l’infodémie comme « une surabondance d’informations,
tant en ligne que hors ligne. Elle se caractérise par des tentatives
délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de
santé publique et de promouvoir les objectifs différents de certains
groupes ou individus. » (OMS, 2020b) Les conséquences sont nombreuses,
car cette surabondance d’informations peut « nuire à la santé physique et
mentale des individus, accroître la stigmatisation, menacer de précieux
acquis en matière de santé et conduire à un non-respect des mesures de
santé publique, réduisant par là même leur efficacité et compromettant la
capacité des pays à enrayer la pandémie » (OMS, 2020b).

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L’infodémie (2)
• le phénomène d’infodémie ne se limite pas à la diffusion et au
partage de fausses informations à propos de la COVID-19. Le terme
fait également référence à un volume d’informations extrêmement
élevé et qui se caractérise par une diffusion très rapide. Parmi cette
quantité substantielle d’informations, une proportion importante
serait de qualité médiocre (Lits et coll., 2020).

[Link]
Quiz !

[Link]
Quiz : 1 RÉPONSE AU CHOIX
• Selon l'article "Virus: quand les désinformateurs s’ajustent à
l’actualité" publié par l'Agence Science Presse ( Lapointe, 21 octobre
2022), Quel réseau social a été particulièrement étudié pour la
diffusion des théories du complot ?

• Dans l'article de La Presse "La désinformation qui tue" (Elkouri, 5


avril 2020) Pourquoi les jeunes sont-ils plus enclins à adhérer aux
théories du complot ?

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ?
• Source des données/ extraits du texte ci-dessous : rapport publié en avril 2021
par Simon Langlois et Florian Sauvageau, deux professeurs émérites de
l’Université Laval pour le CEM. Ce rapport, intitulé « La confiance envers les
médias et la désinformation en contexte de pandémie » s’appuie sur une
enquête menée entre le 19 et le 24 novembre 2020 à partir d’un panel web.
• La confiance envers les médias traditionnels reste élevée en temps de pandémie
• Même si près du quart (23,4 %) des répondants estiment avoir moins confiance envers les
médias traditionnels
• Les personnes qui privilégient les médias sociaux comme première source d’information
sont les plus critiques envers les médias traditionnels et disent avoir perdu confiance en
proportions nettement plus élevées
• Une autre partie des adeptes des médias sociaux ont redécouvert les vertus des médias
traditionnels depuis la pandémie et leur manifestent davantage de confiance

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ? (2)
• si la confiance envers les médias traditionnels est en général élevée, les comportements
sont aussi davantage polarisés
• Les personnes qui se fient habituellement à tous les médias traditionnels avancent en
effet que leur confiance s’est accentuée alors que, à l’opposé, les individus qui n’ont
aucune confiance envers ces mêmes médias disent en avoir encore moins depuis le
début de la pandémie (Sauvageau, Langlois, 2021)
• CCL:
• La confiance envers les médias traditionnels reste élevée et une large majorité de
répondants (80 %) considèrent qu’ils ont joué leur rôle en les aidant à mieux
comprendre la crise Un groupe appréciable de répondants (23,4 %) disent toutefois
avoir moins confiance aux médias traditionnels, en contexte de pandémie. De plus, un
répondant sur cinq (20,7 %) fait partie des « complotistes » convaincus. Dans l’un et
l’autre cas, ce sont surtout des jeunes et des adeptes des réseaux sociaux

[Link]
La pandémie a-t-elle eu un effet sur la confiance
envers les médias ? (3)
• La pandémie, avec les contraintes et l’angoisse qu’elle a entrainées, a
exacerbé la détresse chez les jeunes adultes, et celle-ci serait «
directement associée à une plus grande adhésion aux théories du complot
» (Paré, 2021 cité dans Sauvageau et Langlois, 2021)
• un grand nombre de jeunes ne trouvent pas directement dans les médias
traditionnels les informations qui correspondent à leurs attentes […] les
chiffres sont tels qu’ils ne peuvent tromper : les jeunes se construisent
une culture médiatique propre, distincte de celle des aînés. (Langlois,
Proulx et Sauvageau, 2020, p. 33
• MAIS « les jeunes » ne forment pas un bloc homogène. Ils forment en
réalité plusieurs publics distincts.

[Link]
Le désordre de l’information
• Dans cette partie du cours, je souhaite que nous réfléchissions
ensemble aux différentes notions qui gravitent autour de la notion
d’infodémie et dont les effets les plus concrets se manifestent dans
les réseaux sociaux.
Quelles seraient, selon vous, ces notions ?

• L’ensemble de ces notions peuvent être regroupées dans ce que


l’on nomme le désordre de l’information.

[Link]
Les désordres de l’information
• Dans un rapport rédigé pour le Conseil de l’Europe, intitulé LES
DÉSORDRES DE L’INFORMATION : Vers un cadre interdisciplinaire
pour la recherche et l’élaboration des politiques (2017) Claire Wardle
et Hossein Derakhshan tentent de définir le désordre de
l’information. Ils avancent que la majeure partie du discours traitant
des « fausses nouvelles » associe trois notions : la mésinformation,
la désinformation et l’information malveillante

[Link]
Les désordres de l’information

[Link]
source : (Wardle et Derakhshan, 2017, p.23)
Les phases et éléments du désordre de
l’information
• 1) Agent. Qui sont les « agents » qui ont créé, produit et diffusé le contenu en question, et quelle était leur
motivation ?
• 2) Message. De quel type de message s’agit-il ? Sous quel format a-t-il été diffusé ? Quelles étaient ses
caractéristiques ?
• 3) Interprète. Une fois reçu, comment le message a-t-il été interprété par les personnes qui en ont pris
connaissance ? Quelles mesures ont-elles prises, le cas échéant ?
• La vie d’un exemple de désordre de l’information se divise en trois phases :
• 1. Création. Le message est créé.
• 2. Production. Le message est transformé en produit médiatique.
• 3. Diffusion. Le message est diffusé ou rendu public

• (Wardle et Derakhshan, 2017, p.24)

[Link]
La désinformation (définition générale)
• la notion d’information se distingue d’un fait. L’information, avance Volkoff, est considérée comme telle à partir du moment où
l’on retrouve un informé et un informateur. Il s’agit donc d’une action qui vise à transmettre, à communiquer, un fait (ibid. p.19).
Cette action s’articule selon trois variables dans lesquelles il n’est pas possible d’avoir une confiance absolue : l’informateur, le
moyen de communication et l’informé (ibid.).
• La mise en doute de la fiabilité de ces variables dépendrait à la fois de la perception des instances en jeu ( celle de l’informateur
lorsqu’il observe le fait qu’il rapporte ou celle de l’informé qui recevra cette information selon sa propre grille d’interprétation)
et de la qualité du média—ou moyen de communication—par lequel l’information est véhiculée. Dès lors, cela revient à
admettre que, pour une raison ou une autre, une information n’est pas un objet parfait et peut souvent être altérée et que de
cette altération naitrait la désinformation.
• À propos de qualité, Volkoff donne en exemple une ligne téléphonique qui pourrait grésiller, nuisant de fait à la bonne
compréhension du fait rapporté dans l’information.
• Attention!!! Dans la perspective développée par Volkoff, la désinformation ne se distingue pas de la mésinformation (tous les
chercheur.e.s ne sont pas d’accord entre eux et parfois de nouvelles études viennent en compléter d’autres—souvenez-vous de
l’exemple de la théorie de Newton et de celle de la relativité générale d’Einstein!)
• L’auteur définit à son tour la désinformation comme étant une « Technique permettant de fournir à des tiers des informations
générales erronées les conduisant à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les
désinformateurs » (Volkoff, 1999, p.21

[Link]
La désinformation (définition restreinte)
• “De nos jours, la désinformation désigne généralement la diffusion d’informations fausses, inexactes ou
trompeuses créées délibérément dans l’intention d’induire en erreur ou de causer du tort (Baineset Elliott,
2020, p. 9). L’information diffusée n’est donc pas nécessairement inexacte (Vilmer et coll.,2018 : 21). Elle
peut tout simplement être exagérée, biaisée ou extirpée de son contexte (National Democratic Institute,
2018 : 3). Certains auteurs suggèrent de nommer « malinformation » une information exacte mais
présentée de manière trompeuse, comme une photo prise dans un autre contexte que celui de
l’événement auquel on l’associe (Brennen et coll., 2020). Par ailleurs,
l’envergure de la désinformation varie en fonction des acteurs et des moyens mis à leur disposition.”
(Brin et coll.., 2021, p.10)


• Source: DURAND, Frédérick, GRAMACCIA, Julie, THIBOUDOT, Jennifer, sous la direction de BRIN, Colette.
Portrait d’une infodémie. Retour sur la première vague de la Covid-19, Rapport réalisé pour l’Observatoire
International sur les Impacts Sociétaux de l’IA et du Numérique et pour le Centre d’Études sur les Média,
Université Laval, mars 2021. [Link]

[Link]
CMN-1560| Introduction à l’étude des médias
• Semaine 12-séance 1. Désordre de l’information: mésinformation-Fake
news, théories du complot et rumeur
Présenté par : Julie A. Gramaccia, Ph.D

[Link] [Link]
Les théories du complot
• Les théories du complot véhiculent une vision du monde et des rapports sociaux
déterministe et essentialiste selon laquelle « un groupe ou un individu omnipotent,
naviguant aux marges de la société, contrôle secrètement, en totalité ou en partie,
l’ordre politique et social » (Fenster, 1999 : 1 dans Giry et Tika, 2020 ).

• « Contrairement aux rumeurs, les fake news et les théories du complot sont produites
par une source identifiée, ou au moins identifiable. Elles ne résultent pas d’une
délibération sociale informelle et anonyme. Ainsi, des « citoyens enquêteurs »
(Olmsted, 2011) ou des entrepreneurs politiques en théories du complot (Giry, 2018),
(…) (c’est-à-dire des professionnels du conspirationnisme dans la mesure où ceux-ci
vivent par et pour ces théories qui constituent leur source première de revenus), vont
révéler à foule ignorante l’existence du prétendu complot. » (Giry, 2020)

[Link]
Exemple de théorie du complot (entièrement
fausses!!!!!)
• «LE MONDE EST GOUVERNÉ PAR DES REPTILIENS»
• LA CIVILISATION NE SERAIT NÉE QU’IL Y A 1000 ANS ( LES RÉCENTISTES).
• AVRIL LAVIGNE SERAIT DÉCÉDÉE EN 2003 ET AURAIT ÉTÉ REMPLACÉE PAR UN SOSIE.
• LA TERRE EST CREUSE. DANS SON CENTRE, VIVRAIENT LES DINOSAURES, LES VIKINGS
ET LES NAZIS DANS UNE VALLÉE LUXURIANTE ÉCLAIRÉE PAR SON PROPRE SOLEIL
INTERNE.
• « NOUS NE SOMMES JAMAIS ALLÉS SUR LA LUNE »
• LES OISEAUX N’EXISTENT PLUS DEPUIS 1986 AUX USA, ANNÉE OÙ RONARD REAGAN
AURAIT DÉCIDÉ DE TOUS LES TUER AFIN DE LES REMPLACER PAR DES OISEAUX
DRÔNES POUR NOUS ESPIONNER.

[Link]
Quelle théorie du complot célèbre est liée à la Zone 51 ?

• A) L'assassinat de JFK
B) Les reptiliens
C) Les ovnis et les extraterrestres
D) La conspiration du fluor dans l’eau

[Link]
Quelle organisation est souvent accusée (sans
fondement) d’être derrière un complot mondial ?
• A) L’OMS
B) La NASA
C) Le groupe Bilderberg
D) Toutes ces réponses

[Link]
Quel est le point commun entre les théories du complot sur les
vaccins, la 5G et la fluorisation de l’eau ?
• A) Elles impliquent des entreprises pharmaceutiques
B) Elles exploitent la peur des substances chimiques
C) Elles s’opposent aux recommandations des autorités sanitaires
D) Toutes ces réponses

[Link]
Quelle célèbre société est souvent accusée d’être
liée aux Illuminati ?
• A) Microsoft
B) Disney
C) McDonald's
D) Tesla

[Link]
Quelle catastrophe est parfois présentée comme un
événement intentionnel dans les théories du complot ?
• A) Le naufrage du Titanic
B) L’explosion de Tchernobyl
C) Le tsunami de 2004
D) L’ouragan Katrina

[Link]
Quel scientifique est souvent mentionné dans des théories du
complot sur des technologies cachées ?
• A) Thomas Edison
B) Nikola Tesla
C) Albert Einstein
D) Stephen Hawking

[Link]
La rumeur
• « Les rumeurs se caractérisent, dans l’immense majorité des cas, par une
source originelle anonyme ou l’impossibilité matérielle de l’identifier dans
la mesure où elles sont le produit ou le fruit d’une délibération sociale
collective et informelle qui s’inscrit dans un imaginaire collectif
préconstitué de sens et de représentations » (Giry, 2020)
• Les rumeurs peuvent parfois être vraies!
• Elles ressemblent (et sont souvent) aux fausses nouvelles
• Leur durée de vie est courte (bien plus courte que celle des fausses
nouvelles)

[Link]
La propagande
• Il est primordial de comprendre ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas.
• Selon Jacques Ellul, cité par Del Valle (2009) "la guerre des représentations est
en ce sens « une guerre totale, c’est-à-dire que la propagande, l’action sur les
populations, la contagion idéologique, y jouent leur rôle, dans la mesure où les
armes psychologiques sont supérieures aux armes militaires" (Ellul, 1962, p.210)

• La propagande est une notion particulièrement difficile à saisir pleinement.


Vous allez trouver dans la littérature scientifique plein de définitions possibles.
Certaines sont plus ou moins solides, d’autres sont surtout complémentaires.
Dans ce module, nous allons parcourir les différentes définitions possibles de
la propagande et de sa relation avec les médias.

[Link]
Discussion en classe :

• Qu’évoque pour vous le mot « propagande »?

[Link]
La propagande
• Initialement forgé dans le discours religieux (la propagation de la
parole religieuse de l’Église catholique romaine à l’époque de la
Contre-Réforme), le terme de propagande a connu de nombreuses
adaptations dans sa conceptualisation.

• La manière dont est élaborée la propagande est intrinsèquement


liée à un contexte social délimité dans l’espace, dans le temps et
dans la langue (Gramaccia, 2020).

[Link]
La propagande
• L'époque moderne, et la naissance des sociétés (et des médias!) de
masse, marque un tournant majeur dans l'évolution de la notion de
propagande. Selon Domenach, "la propagande politique, telle que nous
l'examinons, c'est-à-dire comme une entreprise organisée pour influencer
et diriger l'opinion, n'apparaît qu'au XXe siècle, au terme d'une évolution
qui lui apporte à la fois son champs d'action: la masse moderne--et ses
moyens d'action: les nouvelles techniques d'information et de
communication. Même si l'intention du propagandiste et certains de ses
procédés sont en gros demeurés les mêmes depuis l'origine des sociétés
politiques, la portée de son influence s'est tellement agrandie qu'il faut
parler d'un saut qualitatif" (Domenach, 1962, p. 10).

[Link]
La propagande
• Selon Ellul, pour fonctionner et exister "La propagande doit être
totale. Il faut que le propagandiste utilise l’ensemble des moyens mis
à sa disposition. Ces moyens sont essentiellement : presse, radio,
T.V., cinéma, affiches, réunions porte à porte. La propagande
moderne doit utiliser tous ces moyens. (…) En réalité, chaque moyen
utilisable comporte son efficacité particulière, spécifique mais en
même temps localisée, limitée : il ne peut suffire à lui seul à attaquer
l’individu, à briser ses résistances, à le décider (Ellul, 2008, p. 21).

[Link]
La propagande et les médias de masse
• L’expression « médias de masse », ou « mass media », désigne «
l’ensemble des moyens de communication des informations, par
lesquels une même information est capable d’atteindre, au même
moment, un très grand nombre de gens dispersés dans des points
différents. La radio, la télévision, le cinéma, la presse à grand tirage,
les disques, les journaux lumineux, les affiches sont des mass média.
» (Mucchielli R. 1970, p.10). Dès lors, les médias de masse se
présentent comme étant le vecteur idéal d’une propagande efficace.

[Link]
Petit retour en arrière,Fake news et propagande :
• Certains auteurs (Tandoc et coll., 2018) considèrent la propagande comme
faisant partie d’une sous-catégorie de fausse nouvelle.
• Conceptualisation discutable
• Selon Giry (2021): « Contrairement aux fake news, la notion de propagande ne
requiert pas de faire nécessairement appel à la fabrication délibérée du faux. En
effet, il peut s’agir de l’exaltation de sentiments positifs ou d’une construction
symbolique au travers d’un processus de mythification de totems, de lieux,
d’événements historiques incertains ou controversés, de figures héroïques, voire
d’allégories signifiantes. »
• En effet, la propagande correspond bien davantage à une présentation
tendancieuse, partiale et orientée d’éléments pouvant être réels mais qui
cherchent à mettre en avant la position, les intérêts ou les préférences
idéologiques et politiques de l’émetteur de l’énoncé (Breton, 2000).

[Link]
Encore la propagande :
• « Quatre gazettes hostiles font plus de mal que 100 000 soldats »
aurait dit Napoléon Bonaparte en 1802 » (Géré, 2011, p.70)
• Selon Géré (2011), la propagande vise donc à gagner un individu ou
un groupe à un point de vue, à une cause, à une croyance. Elle
recherche son adhésion ou, à tout le moins, sa soumission
intellectuelle. La propagande peut constituer une information ou
n’être qu’une manière de la présenter, tout dépend de l’intention et
du contexte.
• La propagande ce sont souvent les mots de l’autre, de l’adversaire.

[Link]
Deux propositions de définition
• 1. « Ensemble des méthodes utilisées par un groupe organisé en vue
de faire participer activement ou passivement à son action, une
masse d’individus psychologiquement unifiés par
des manipulations psychologiques et encadrés dans une
organisation. » (Ellul, 1962)
• 2. « Stratégie de communication de masse ayant pour objectif
l’influence de l’opinion et des actions d’individus ou de groupes au
moyen d’informations partiales » (Augé, 2007)

[Link]
Mais c’est encore plus complexe que cela !
Heureusement, Jacques Ellul est là !
(1912-1994)
Historien du droit,
sociologue, penseur de
la société technicienne
et de la modernité,
théologien
de l’espérance
et de la liberté

Source: [Link]
[Link]
La propagande selon Ellul (1962)
• En premier lieu, l’auteur oppose la propagande politique et la propagande
sociologique. Il désigne la première comme étant « celle à laquelle tout le
monde pense lorsqu’on prononce ce mot »(2008 réédition 1962, p.75-76) ou
encore comme « "technique d'influence employée par un gouvernement, un
parti, une administration, un groupe de pression... en vue de modifier le
comportement du public à leur égard. L'usage des moyens est alors volontaire,
calculé ; les résultats à atteindre sont à la fois clairement distingués et assez
précis, mais généralement limités. Le plus souvent les thèmes sont politiques et
les objectifs également » (ibid. p.76). La propagande sociologique, quant à elle,
renvoie à un phénomène « plus vaste » et bien plus incertain. Elle désigne"
l'ensemble des manifestations par lesquelles une société tente d'intégrer en elle
le maximum d'individus, d'unifier les comportements de ses membres par
rapport à un modèle, de diffuser son style de vie à l'extérieur d'elle-même, et
par là de s'imposer à d'autres groupes." (Ibid.)

[Link]
propagande d’agitation et la propagande
d’intégration (optionnel pour l’examen final)
• La seconde paire d’oppositions vise à distinguer la propagande d’agitation et la
propagande d’intégration
• . La propagande d’agitation est l’apanage des groupes d’opposition qui visent à
détruire les gouvernements contre lesquels ils se révoltent. Subversive et
particulièrement visible, elle a été notamment utilisée par de nombreux
mouvements révolutionnaires (Ellul cite en exemple Spartacus, les Communes
ou encore les Croisades) (ibid. p.85). La propagande d’intégration vise, quant à
elle, à renforcer le sentiment d’appartenance des individus à leur communauté,
notamment en favorisant la circulation des symboles, des croyances et des
stéréotypes qui permettent de s’identifier en tant que membre actif et inséré de
cette communauté. Cette propagande est quotidienne et « vise à faire participer
l’individu à sa société de toutes les façons » (ibid. p.89).

[Link]
propagande verticale et propagande horizontale
• L’auteur distingue en effet la propagande verticale, émanant d’une
autorité, d’un leader supérieur à la masse et au groupe, de la
propagande horizontale qui « s’effectue à l’intérieur d’un groupe et
par le moyen de ce groupe, où tous les individus sont en principe
égaux (…) la liaison de l’individu s’effectue avec les autres à son
niveau, et non pas avec un leader. Il s’agit alors toujours d’emporter
une adhésion intellectuelle consciente » (ibid., p. 95).

[Link]
propagande rationnelle et propagande
irrationnelle (optionnel pour l’examen final)
• la première s’adresse à la rationalité qui pousse les individus à
vouloir s’appuyer sur des faits et sur une information jugée valide ;
quand la seconde renvoie aux « sentiments, aux passions » (ibid.
p.99) qui permet aux individus et à la masse de s’indigner, de se
mouvoir et finalement de s’engager.

[Link]
La propagande est toujours efficace
• la propagande est naturellement efficace, dans le cas contraire la
stratégie discursive en question ne pourrait être considérée comme
étant de la propagande : une propagande inefficace n’est pas de la
propagande (Ellul, 2008, p.6). Cette efficacité vient limiter l’exercice
même de la propagande—ou du moins la conditionne—en ce qu’elle
est supposée par l’emploi de l’ensemble des moyens techniques ou
des médias disponibles.

[Link]
La complicité du propagandé et la connaissance du
public
• La pensée ellulienne rompt avec les schémas préexistants de la propagande en ce qu’elle place
le récepteur comme un élément actif de la propagande
• Selon Ellul, que ce soit du point de vue matériel (l’achat du média propagandiste) ou psycho-
social, le « propagandé » est complice de cette propagande, il y consent, « l’appelle » et le
propagandiste ne fait que répondre à ce besoin (ibid. p.140). En somme, la propagande suppose
une forme de participation de la part de son récepteur, que Jacques Ellul nomme la « complicité
du propagandé ».
• La propagande ne vient pas générer de nouvelles croyances chez son récepteur mais poursuit
comme objectif de devenir un moyen de le pousser à l’action. La propagande ne cherche pas à
faire adopter de nouvelles opinions à son public (ce qui est le cas de la persuasion entre les
individus), mais à en renforcer des préexistantes (Victoroff, 1963, p.70).
• La réalisation de la propagande selon Ellul s’articule en un savant dosage entre un
endoctrinement agressif et des stratégies plus douces, proches des relations publiques (Rognon,
2011, p.79), et reposant sur les institutions (médias, État, éducation).

[Link]
La propagande, l’information et la vérité
• Selon Ellul, la propagande résulterait donc d’un cadrage de l’information précis et directionnel
plus que de son altération. La propagande se greffe à l’information diffusée préalablement et
permet de l’interpréter (Vitalis, 2007, p.166) ; conséquemment l’information constitue une
condition préalable à la propagande en ce qu’elle joue un rôle de référence à laquelle se
rapporter (Ellul, 2008, p.130).
• la propagande selon Ellul s’appuie sur des faits et ne revêt pas nécessairement le caractère
mensonger qui lui est souvent attribué. La propagande n’est pourtant pas exempte de
mensonges et de nombreux exemples historiques en sont la preuve.
• Cependant, Ellul met en garde contre une propagande dont les mensonges seraient découverts
en ce qu’elle perdrait son efficacité. Le dévoilement de la supercherie entrainerait une perte de
confiance des récepteurs et les effets recherchés se retournerait contre les propagandistes.
• Opérons ici une distinction peu effectuée par Ellul ; la pratique journalistique ne saurait se
superposer parfaitement à une activité de propagande.

[Link]
Journalisme et propagande
• Dans sa pratique, le journaliste se distingue du propagandiste en ce
qu’il ne poursuit pas les mêmes objectifs de persuasion de la masse.
Le journaliste informe, établit l’ordre du jour médiatique, mais ne
joue pas sur la perception de l’information du public. En d’autres
mots, il dit à « quoi penser » mais pas « comment le penser » et «
quoi faire par la suite ». Si le journaliste devient propagandiste, il
renonce de ce fait à une partie substantielle de sa pratique (éthique
et déontologique) qui conditionne l’établissement même de son
statut. (Gramaccia, 2020)

[Link]
Conclusion du module
• La démocratisation des médias numériques a permis de favoriser la
diffusion d’informations fausses à l’échelle internationale, diffusion
aléatoirement désignée de propagande ou de désinformation. En
effet, dans ce contexte médiatique, les termes de Fake News, de
désinformation et de propagande sont parfois utilisés de manière
synonymique et donc à l’origine de confusions conceptuelles. Il est
donc primordial de bien maîtriser ces notions afin de parvenir à les
distinguer selon les contextes dans lesquels elles se déroulent.

[Link]

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