LYCÉE DE CIKANSÉ.
BURKINA FASO
Responsabilité Travail Succès. La patrie ou la mort nous vaincrons
CLASSE : 2nde A4.
Année Scolaire : 2024-2025
Prof : M.
EXPOSÉ D’HISTOIRE ET GEOGRAPHIE
THÈME :
EXPLOITATION COLONIALE
MEMBRES DU GROUPE 2
SANDWIDI Emmanuella
SOURGOU A. Waliou
BAGAGNAN Soumaïla
SOURGOU Nématou
THIOMBIANO Boukaré
Plan
Introduction
I- L'EXPLOITATION ECONOMIQUE DES COLONIES
1. L'utilisation de la main d'œuvre humaine
2. L'impact de l'impôt de capitation
3. L'introduction des cultures commerciales
4. L'exploitation des ressources minières
II- L’UTILISATION DES STRUCTURES SOCIALES POUR LA
DOMINATION DES COLONIES
1- La contribution des missions chrétiennes
2- Le rôle des structures éducatives et sanitaires
2.1. Le rôle de l'école
2.2. Le rôle des structures sanitaires
III- LE PILLAGE DES OBJETS CULTURELS EN AFRIQUE
Conclusion
Introduction
Après le succès des conquêtes territoriales en Afrique, chaque métropole
coloniale élabora un vaste programme d'exploitation et de mise en valeur des
colonies à son seul profit. Ce programme suivait une logique particulière qui
plaçait en première ligne les intérêts politiques, sociaux et surtout
économiques de la métropole.
Dans cette leçon, nous découvrirons comment cette exploitation s'est opérée
sur le plan économique et sur le plan socioculturel.
I- L'EXPLOITATION ECONOMIQUE DES COLONIES
1. L'utilisation de la main d'œuvre humaine
L'exploitation économique des colonies à travers la production agricole,
l'exploitation minière et l'installation des voies de communication (routes,
ponts, des ports et chemins de fer) pour les activités commerciales
nécessitait la mobilisation d'une main d’œuvre locale importante. Pour cela,
les colons ont réquisitionné sur place la main d'œuvre noire, gratuite et
moins chère pour la construction de tous les travaux dans les colonies.
L'administration coloniale française pratiqua les travaux forcés et les corvées
institués par « le code de l'indigénat ». Ces travaux forcés étaient exécutés
pendant 2 à 6 semaines par an et par habitant adulte. Le refus d'exécuter ces
travaux forcés était passible de bastonnade, de peines d'emprisonnement et
d'amandes.
Dans le cadre de la mobilisation de la main d’œuvre locale, certaines
colonies étaient considérées comme réservoir de main d’œuvre qui devrait
alimenter les colonies qui n'en disposaient pas assez. Ce fut le cas de la
colonie de Haute-Volta où la main d’œuvre était convoyée vers la Côte-
d’Ivoire voisine moins peuplée mais disposant de ressources naturelles qui
avaient besoin d'être mises en valeurs.
Ainsi, la suppression de la colonie de Haute-Volta en 1932 a entrainé le
départ forcé de travailleurs voltaïques vers les plantations agricoles de Côte
d'Ivoire et de l'Office du Niger.
2. L'impact de l'impôt de capitation
L'administration et la mise en valeur des colonies nécessitaient de gros frais
et d'importantes sommes d'investissements. Par exemple, pour construire les
infrastructures comme les routes, les ponts, voire les ports et les chemins de
fer ou pour payer la police chargée d'assurer la paix et l'ordre social, il fallait
des moyens financiers.
Pour avoir ses frais et sommes d'argent, il fallut recourir à l'impôt soit de
capitation (système français), soit de case (système anglais et allemand).
L'impôt de capitation était une forme de contribution obligatoire que les
peuples colonisés devaient verser aux métropoles pour assurer le
financement de leur domination. Le taux de l'impôt de capitation est alors
fixé par tête d'habitant et par famille, en fonction de l'âge, du sexe et des
potentialités économiques de chaque colonie. Cet impôt peut croître en
fonction des circonstances comme les guerres et les crises économiques. Il
était payé en espèces (pièces et billets de monnaie, pépites et poudres d'or,
pierres précieuses...) mais aussi en nature (vivres, bétail, ...).
3. L'introduction des cultures commerciales
Les colonies devraient alimenter les industries européennes en matières
premières. Ainsi donc les Européens ont pratiqué l'agriculture de rente dans
les nouveaux territoires coloniaux afin de récolter les matières premières
pour leurs industries.
Pour ce faire, les puissances colonisatrices se sont accaparés des terres des
indigènes et des terres vacantes (vides), puis les ont vendues ou concédées
soit à des colons, soit à des compagnies ou sociétés disposant de puissants
moyens financiers pour entreprendre de grands travaux de défrichement et
de plantation des cultures commerciales (cacao, café, coton, huile de palme,
arachide, etc.) au détriment des cultures vivrières.
4. L'exploitation des ressources minières
Les Européens ont réalisé de gros investissements dans l'exploitation des
mines dans les colonies africaines afin de se procurer des ressources
minières dont leurs industries avaient besoin pour fonctionner. Par exemple,
l'industrie européenne ayant besoin de certains minerais comme le cuivre du
Congo belge, les diamants et l'or d'Afrique du Sud, le cuivre, le plomb et le
zinc de Rhodésie et le phosphate de l'Afrique du Nord qu'elle ne trouvait pas
sur son propre sol.
Dans le cadre de l'exploitation minière, les métropoles délivraient elles-
mêmes aux compagnies les permis de recherche et les permis d'extraction.
Les pays colonisés n'avaient pas la possibilité d'exploiter leurs mines pour
leurs propres besoins économiques et financiers.
II- L’UTILISATION DES STRUCTURES SOCIALES POUR LA
DOMINATION DES COLONIES
1- La contribution des missions chrétiennes
Venus pour enseigner l'Evangile et témoigner de leur amour de Dieu et des
hommes, les missionnaires implantèrent les premiers dispensaires et les
premières écoles dans les colonies. Pour mieux soigner et enseigner, ils
apprirent les langues locales et se familiarisèrent avec les coutumes. Ils
luttèrent contre les saines traditions africaines considérées comme
diaboliques, par des autodafés (incendies) d'œuvres religieuses et artistiques
africaines.
Certaines missions pratiquèrent la ségrégation raciale, légitimant du même coup
« le code de l'indigénat » en devenant de précieux auxiliaires de l'administration
coloniale. Par leur enseignement, ces missions ont conduit les indigènes à la
soumission aux Blancs à accepter leur infériorité, « à tendre gracieusement
l'autre joue », bref à accepter les exactions coloniales.
2- Le rôle des structures éducatives et sanitaires
2.1. Le rôle de l'école
Les administrateurs coloniaux et les missionnaires installèrent des écoles
d'abord dans les villes, ensuite dans les régions de fort peuplement.
L'enseignement des écoles missionnaires et celui des écoles laïques ont
formé les premiers cadres africains.
L'école coloniale a été le socle de l'assimilation culturelle, de la «
désafricanisation » des esprits. Les contenus des enseignements firent partie
intégrale du système colonial parce qu'ils étaient tronqués et sacrifiait la
culture générale et l'histoire africaine authentique.
Par exemples :
• Les petits Wolofs apprenaient à connaître leurs « ancêtres les Gaulois »
• Les Toucouleurs récitaient des leçons qui présentèrent El Hadj Omar Tall
comme un sinistre agitateur
• Ces mêmes programmes présentaient l'Almamy Samory Touré non pas
comme un vaillant résistant même plutôt comme un impitoyable
sanguinaire. L'enseignement était dispensé dans les langues du colonisateur,
pour des apprenants habillés en uniforme, exemple de la tenue kaki dans les
colonies françaises et du port obligatoire de la cravate dans celles anglaises.
Dans les écoles missionnaires, la journée d'enseignement débutait et se
terminait par une séance de prières.
2.2. Le rôle des structures sanitaires
Dans les colonies, les administrateurs et les missionnaires luttèrent contre les
grands fléaux pour préserver la main d'œuvre indigène. Ils créèrent des
sociétés de prévoyance et des dispensaires, puis organisèrent des tournées de
médecins pour lutter contre les endémies et épidémies meurtrières comme le
paludisme et la trypanosomiase, la bilharziose et la lèpre, la fièvre jaune et la
variole...
III- LE PILLAGE DES OBJETS CULTURELS EN AFRIQUE
Les explorateurs, les administrateurs et les missionnaires blancs ont pillé des
objets culturels africains. Ce patrimoine pillé a servi à organiser des
expositions coloniales qui permirent aux métropolitains de découvrir les
différentes cultures de leurs empires coloniaux. Qualifiées d'art primitif, ces
œuvres africaines inspirèrent des artistes européens comme les peintres. Ces
expositions sont à l'origine de « la Revue nègre » véhiculée par la littérature
et le cinéma pour un public friand d'une imagerie coloniale.
En Afrique noire française, l'un des plus célèbres objets volés est le sabre de
El Hadj Omar TALL. Par ailleurs, on estime que les musées parisiens
conservent par exemple 4600 objets culturels béninois sur 7000 œuvres
originaires d'Afrique subsaharienne.
Conclusion
Le pillage économique des colonies, principal objectif de la colonisation de
l'Afrique a été réalisé grâce à des programmes précis centrés sur
l'exploitation d'une main d'œuvre locale, gratuite et moins chère. Cette main
d’œuvre a été utilisée pour les cultures de rente, l'exploitation minière et la
construction d'infrastructures.
Les missions chrétiennes contribuèrent grandement au succès de ces
programmes à travers l'évangélisation, l'éducation et la santé.