Réacteurs microstructurés pour propane
Réacteurs microstructurés pour propane
PAR
Olivier WOLFRATH
Ingénieur chimiste diplômé EPF
de nationalité suisse et originaire de Neuchâtel (NE)
Lausanne, EPFL
2001
A mes parents
A Frédériq
Ce travail s'est dérouldu l ejuin 1997 au 30 avril 2001
sous la direction du Prof. Albert Renken. Je tiens à le
remercier sincèremenpour la confiance qu 'il m 'a
toujours témoignÃet pour m'avoir laissÃdiriger mes
recherches dans les directions qui me tenaient a cœur
Abstract ............................................................................................................ 1
Résumé ............................................................................................................. 3
1. Introduction générale ............................................................................... 5
PARTIE I :
2. Introduction ............................................................................................. 11
6. Régénération du catalyseur................................................................... 87
PARTIE II :
APPLICATION DE MICROÉCHANGEURS DE CHALEUR À L’OXYDATION
DIRECTE DU PROPÈNE EN OXYDE DE PROPYLÈNE
Abstract
The aim of this work is first to develop a novel membrane reactor based on a new
microstructured catalytic packing in the filamentous form and to apply it to the non-
oxydative dehydrogenation of propane. A second objective is to develop a reactor with
micro heat exchangers allowing an optimized control of homogeneous reactions. This
reactor was tested with the partial oxidation of propene to propylene oxide.
The microstructured catalyst above is made of thin and long catalytic filaments placed in
parallel with a tubular reactor. This new kind of catalyst is based on silica fibres covered
by a γ-alumina layer. The position in parallel of these filaments of 7 µm diameter forces
the gases to flow in the fibres direction between the filaments. The hydraulic diameter is
about 70 µm. Due to this laminar and regular flow, the pressure drop in the bed was
divided by 5 compared to a conventional bed (100-160 µm spheres) and the residence
time distribution was particularly narrower. Such novel packing brings new opportunities
2 Abstract
to the heterogeneous catalysis domain because it can be used for many other reactions
improving highly the hydrodynamics and keeping an excellent contact with the reactants.
The microstructured catalyst was installed in two concentric zones of a tubular reactor
separated by a palladium-silver membrane permeable to hydrogen. This product was
removed from the gas phase to shift the thermodynamic equilibrium, enhancing the
propane conversion from 22% up to 30%. Another significant advantage in this reactor is
the increase of propene selectivity up to 97% in comparison to conventional industrial
processes reaching 80-90%. This difference is due to the diminution of hydrogenolysis
and hydroisomerization reactions.
The second microstructured reactor was developed integrating two micro heat exchangers
at the inlet and outlet of a macroscopic tube. The aim is to heat up very fast the gas and to
cool it down as well. Without these exchangers, heating and cooling duration
corresponded each to about 20% of the total residence time. The use of the
microstructures allowed diminishing significantly these durations (4-5% each).
Applied to partial oxidation of propene, this reactor reached a more precise control of
reaction temperature and duration. The propylene oxide (PO) selectivity was not increased
with this system but, due to the microstructures, it was possible to work at higher
temperatures where the reaction becomes very fast, without reaching an oxygen
conversion of 100%. Indeed, it is essential to avoid this situation where oligomers and
coke form dividing by 2 the PO selectivity.
So another new kind of reactor was developed suitable for any fast exothermic reaction
whose progression has to be limited because of potential consecutive reactions reducing,
for example, the selectivity of an intermediate desired compound.
3
Résumé
Ils sont caractérisés par des structures miniatures dont les composants ont une taille
inférieure au millimètre. Les canaux d’écoulement, par exemple, ont un diamètre de
quelques dizaines de micromètres. La particularité de ces structures est un rapport
surface/volume très important, compris entre 10'000 et 50'000 m2/m3. Dans ces conditions,
des taux de transfert de chaleur énormes sont atteints, de l’ordre de 25 kW· m-2· K-1. Il est
reconnu que la distribution des temps de séjour dans un réacteur influence grandement la
sélectivité et le rendement des produits. Dans ces canaux de petites dimensions, la DTS
est particulièrement étroite compte tenu des temps de diffusion radiale très courts (ms),
permettant un contrôle précis du temps de résidence.
Un autre avantage de ces microstructures est une sécurité accrue due aux petites quantités
de produits utilisés. Cependant, la fabrication de microréacteurs, particulièrement
l’introduction d’un catalyseur actif dans des microcanaux, reste une opération difficile. Et
l’intégration des microsystèmes dans les procédés classiques reste un défi.
Le catalyseur microstructuré cité ci-dessus est composé de fins et longs filaments placés
en parallèle avec un réacteur tubulaire. Ce catalyseur d’un nouveau genre est à base de
fibres de silice sur lesquelles est déposée une couche de γ-alumine. La juxtaposition en
parallèle de ces filaments d’environ 7 µm de diamètre force les gaz à circuler dans une
direction bien définie (dans le sens des fibres) dans des interstices dont le diamètre
hydraulique est d’environ 70 µm. Grâce à cet écoulement laminaire et régulier, les pertes
4 Résumé
de charges dans le lit ont été diminuées d’un facteur 5 par rapport à un lit conventionnel
(sphères de 100-160 µm) et la distribution des temps de séjour a été particulièrement
amincie. Ce garnissage ouvre de nouvelles portes au domaine de la catalyse hétérogène
puisqu’il peut être utilisé pour une multitude de réactions en améliorant les conditions
hydrodynamiques et en garantissant un excellent contact avec les réactifs.
Ainsi, un nouveau genre de réacteur a encore été développé, convenant à toute réaction
rapide et exothermique dont l’avancement doit être limité à cause de possibles réactions
consécutives réduisant, par exemple, la sélectivité d’un composé intermédiaire désiré.
5
1
Introduction générale
composants, même si leur fabrication reste non triviale et parfois onéreuse. Certains
auteurs parlent même de changement fondamental dans les procédés chimiques du futur
[4].
Figure 1-1 : spectre des différentes tailles de réacteurs (basé sur [5])
des canaux assure également des temps de diffusion courts et l’influence des transferts de
masse sur les vitesses de réaction est réduite efficacement.
Il est proposé dans ce travail de mettre à profit ce nouveau type de structures dans le cadre
du développement de réacteurs chimiques. Il s’agira de se concentrer dans une première
phase sur le développement d’un réacteur microstructuré adapté à la valorisation du
propane par sa conversion en propène. Concrètement, un nouveau type de catalyseur
microstructuré sera développé et un nouveau genre de réacteur sera spécialement
construit.
Puis, une deuxième étude tentera d’optimiser le contrôle des conditions réactionnelles
dans un réacteur tubulaire. Ce réacteur fera intervenir des microéchangeurs de chaleur et
son usage pourra être généralisé à toute réaction homogène en phase gazeuse ou liquide
sur une vaste échelle de température et de pression. L’oxydation partielle du propène en
oxyde de propylène en phase gazeuse sera utilisée comme exemple d’application.
Référence bibliographiques
Partie I
2
Introduction
Utilisation du propène
Le propène est disponible en trois qualités commerciales. La qualité « raffinage » est de
50-70% de propène dans le propane. Les utilisations principales sont la synthèse de GPL
(gaz de pétrole liquéfiés) à usage thermique ou comme composé augmentant l’indice
d’octane dans l’essence automobile. Cette qualité peut aussi être utilisée dans quelques
synthèses chimiques comme celle du cumène ou de l’isopropanol.
La qualité « chimique » est utilisée pour la plupart des dérivés chimiques comme les oxo-
alcools ou l’acrylonitrile.
Les déshydrogénations ont joué un rôle important dans l’histoire de la chimie, d’un point
de vue scientifique et industriel. Le butadiène, styrène et de longues chaînes d’alcènes
sont des composés typiquement formés par déshydrogénation. Depuis les années 80, un
grand intérêt a été porté à cette voie de synthèse car elle se distingue par sa haute
sélectivité en oléfine et qu’elle exploite les ressources en gaz naturel bon marché [2].
En dépit de la multitude de sources, le propène reste caractérisé par une forte demande.
Les sources existantes ont parfois été délaissées, au profit d’une production « sur
demande » par la déshydrogénation du propane à partir de gaz de pétrole liquéfiés
(GPL) [1].
Ainsi, à une température de 550°C, la conversion en propane sera de 30%, à 1 atm. Une
augmentation de pression aura tendance à diminuer cette conversion, alors qu’une
élévation de la température l’augmentera. Mais dans ce cas, la sélectivité en oléfine
diminue par l’apparition de produits de craquage. Il faut donc trouver un compromis avec
la température.
- Garder les pertes de charges dans le réacteur aussi faibles que possible
Cependant une multitude de travaux de recherche sont effectués avec cette réaction. Fathi
et al. [4] ont obtenu une sélectivité en propène de 50% dans un monolithe imprégné de
VMgO. Les produits secondaires sont l’éthène, le méthane, le CO et le CO2. Une autre
étude [5] évoque une sélectivité en propène de 60% sur VSbBiBa/Al2O3 alors que sur
TiO2 [6], cette valeur est de 45%. Le même résultat a été obtenu sur zéolite Mg-USY [7].
On voit donc que la sélectivité du propène est effectivement plus faible que par
déshydrogénation non-oxydante (80-90%).
En dépit de plusieurs formulations proposées, seuls les catalyseurs à base de chrome avec
promoteur et de platine supporté ont été exploités avec succès dans l’industrie.
Le platine combiné à l’étain (Pt-Sn) avec des métaux alcalins, supporté sur alumine, est
fréquemment utilisé (procédé UOP Oleflex). Le procédé Philips STAR utilise également
le platine sur un support de ZnAl2O4 ou MgAl2O4. Les procédés industriels existants
seront décrits au chapitre 2.1.4.
15
Catalyseurs à base de Pt
Il semble qu’un seul atome de platine soit invoqué à la fois dans le mécanisme de
déshydrogénation du propane car l’activité du catalyseur dépend linéairement de la
fraction atomique de Pt. Ceci a été démontré pour des compositions allant de 0.5 à 14
atome% de platine. L’énergie d’activation de la réaction est dans ce cas de 120 kJ/mol [8].
Mais les catalyseurs monométalliques constitués de Pt0 sont trop actifs, ce qui cause une
faible sélectivité en propène due aux réactions d’hydrogènolyse [9].
Hobson et al. [10] ont travaillé avec un catalyseur Pt-Sn avec un rapport atomique 0.7:1,
avec γ-alumine comme support et réduit avec un flux de 10% H2. Dans ces conditions,
l’étain était en solution solide dans le platine avec une composition proche de Pt3Sn. 70 à
80% de l’étain interagissait fortement avec l’alumine et n’entrait pas dans l’alliage avec le
platine. Mais une autre espèce d’étain a encore été identifiée : un ion de surface. Des
mesures TPR ont montré que le platine et une partie de l’étain étaient réduits entre 400 et
700K déjà avec formation de l’alliage alors que le reste de l’étain a été réduit entre 800 et
850K.
16 Chapitre 2: Introduction
Barias et al. confirment l’interaction de l’étain sous forme oxydée avec l’alumine
augmentant la stabilité du catalyseur mais sans modifier son activité [11].
Selon Ertl et al. [2], l’étain sous forme métallique (en solution solide, en petits
agglomérats bimétalliques, en alliage avec le platine ou comme Sn2+ en contact fin avec
les atomes de platine) donne ses électrons à la bande 5d vide du platine. Si cela est le cas,
une très faible quantité d’étain doit modifier les propriétés du platine. Il serait possible
d’expliquer l’effet de promotion de l’étain en considérant que le pouvoir d’adsorption du
Pt dopé serait diminué et que les précurseurs de coke ne seraient pas adsorbés sur la
surface des cristaux mais se déplaceraient plutôt sur le support. Ainsi, la désactivation des
sites actifs est plus lente. Pour la même raison, la liaison C-C ne peut pas être rompue car
l’hydrocarbure n’est pas fortement adsorbé sur le catalyseur. La rupture des liaisons C-H
s’en trouve donc favorisée.
Un effet plus global existe également, lié à la dilution du platine par l’étain. La formation
de coke requiert un grand nombre d’atomes de platine juxtaposés car ces réactions sont
sensibles à la structure géométrique du catalyseur. Et la déshydrogénation ne requiert que
de petit agglomérats de platine ou des centres de platine bien dispersés [2].
Comme effet additionnel, l’étain abaisse l’acidité du support qui est aussi responsable des
réactions de craquage et d’isomérisations. Des métaux alcalins ou terres rares peuvent
supprimer l’acidité de l’alumine. Les plus efficaces sont les Cs, Li et K [2]. Il a été
démontré [12] que l’addition de Ga sur Pt/Al2O3 (0.05-0.66%Ga / 0.3%Pt) augmente la
sélectivité du propène (>0.9) et diminue la vitesse de désactivation du catalyseur. Le Ga
ne modifie que très peu l’acidité de la surface mais change la structure métallique de la
phase.
Mais l’étain est plus traditionnellement utilisé. Son influence sur la stabilité du catalyseur
et la sélectivité du propène a été étudiée par Yarusov et al. [9]. La Figure 2-4 présente
l’augmentation de la sélectivité en propène lorsque la fraction atomique d’étain augmente
jusqu’à un rapport Sn/Pt de 2, puis la sélectivité se stabilise.
Il semble donc que deux parts d’étain pour une part de platine sont nécessaires à
l’obtention d’un catalyseur bien sélectif.
Une étude par TPR définit la gamme de température où un catalyseur Pt-Sn/Al2O3 est
réduit [13]. La Figure 2-5 montre que la consommation d’hydrogène, c’est-à-dire la
vitesse de réduction du catalyseur, est importante entre 250 et 500°C.
Le pic à 680°C est expliqué par un probable changement de phase du support (confirmé
par une mesure TPR avec le support seul). Il est donc conclu qu’un catalyseur Pt-Sn/Al2O3
est complètement réduit à 500°C.
18 Chapitre 2: Introduction
Le temps de passage dans le lit catalytique est variable selon les auteurs. Yarusov et al. [9]
donnent un temps de contact de 0.5 s pour une température de 600°C. Jackson et al. [14]
ont réalisé la réaction avec 0.5 g de catalyseur 0.66%Pt/Alumine (184m2/g). Le temps de
passage est de 1.2 s. Le catalyseur était régénéré par 2%O2/N2.
Le Tableau 2-1 résume les conditions de différentes déshydrogénations, les pressions sont
environ égales à la pression atmosphérique.
Larsson et al. ont étudié la désactivation de catalyseurs de Pt et Pt-Sn [16]. La Figure 2-6
montre que la conversion de propane chute beaucoup plus rapidement avec le catalyseur
de Pt qu’avec le Pt-Sn.
En conclusion, une température de travail comprise entre 500 et 600°C avec un catalyseur
de Pt-Sn/γ-Al2O3 autorise une bonne conversion sans formation de produits secondaires de
craquage. Il faut également éviter de trop excéder la pression atmosphérique ce qui
déplacerait l’équilibre vers une conversion inférieure.
19
Parallèlement, un autre raisonnement a été effectué, basé sur deux types de coke présents
lors de la déshydrogénation de propane sur un catalyseur Pt-Sn/Al2O3 [18]. La suggestion
de départ est que l’étape cinétiquement limitante de la déshydrogénation est l’adsorption
dissociative du propane. Ainsi la vitesse de désactivation est indépendante de la pression
partielle de propane si cette désactivation est due au coke formé à partir des intermédiaires
de réaction. La formation du coke réversible peut être expliquée par un modèle où un
précurseur de coke est formé à partir de propène adsorbé, Figure 2-7.
En dessous de 600°C, l’oxydation de la phase Pt-Sn forme du SnO2 alors que le Pt reste
métallique. Seul une partie de l’étain revient à l’alliage après réduction à cause de
l’interaction de l’oxyde avec le support d’alumine.
La Figure 2-8 présente une série de TPO sur catalyseurs cokés [19]. Quelle que soit la
composition de la phase active, plus aucun CO2 n’est détecté à la sortie du système après
550°C. Même s’il reste du coke à la surface du catalyseur, il est inutile de dépasser cette
température.
21
Mais un tel traitement ne supprime pas toujours tout le coke en surface [14]. Lors d’une
étude de régénération d’un catalyseur Pt/Al2O3, il a été démontré [15] que seul 56% du
coke formé pouvait être enlevé par traitement à l’oxygène à haute température (600°C).
Dans ce cas, un pré-traitement au monoxyde de carbone ou au toluène a formé un dépôt
de coke sur le catalyseur mais a réduit ensuite fortement la formation de coke au cours de
la déshydrogénation et augmenté la sélectivité en propène. Jackson et al. [17] reportent
que l’activité du catalyseur Pt/Al2O3 neuf n’est pas retrouvée à cause de ce coke
persistant. En effet, celui-ci reste sur la surface catalytique et empêche les cristallites de
platine de se réoxyder suite à leur sintering qui se déroule au début de la réaction.
De l’eau peut également être additionnée au réactif (procédé STAR) afin d’éliminer les
précurseurs de coke par la réaction “water-gas” [2].
Ertl et al. font un tour d’horizon des procédés actuels rencontrés dans l’industrie [2].
Procédé Oleflex
Il s’agit d’un procédé où la chaleur de réaction est fournie par un chauffage à la vapeur.
La pression est supérieure à la pression atmosphérique (2-5 bar, 550-620°C), le catalyseur
est à base de platine (0.1-1ma% Pt, 0.1-4ma% étain et 0.1-4ma% de métaux alcalins
supporté sur γ-alumine 50-120 m2/g) et sa durée de vie est de 1 à 3 ans. Il circule
(« moving bed ») en continu entre le réacteur et un circuit séparé de régénération à l’air.
La conversion est ainsi stationnaire. Le gaz réactif est fait de propane frais mélangé à de
l’hydrogène recyclé et à du propane non réagi . Le procédé est continu et la sélectivité du
propène est comprise entre 89 et 91%. Le recyclage du propane permet une conversion
globale de 25%.
Procédé STAR
Le catalyseur contient 0.01-5ma% de platine et 0.1-5ma% d’étain, sur un support
d’aluminate de zinc ou de magnésium additionné d’aluminate de calcium. Pour le procédé
industriel, l’activité initiale du catalyseur ne peut pas être recouvrée, ce qui limite sa durée
de vie à 1 à 2 ans. La vapeur d’eau ajoutée au réactif joue un rôle important. Cela permet
de garder une pression totale supérieure à la pression atmosphérique dans le système
(évitant l’entrée accidentelle d’air) avec une faible pression partielle de propane favorisant
les hautes conversion. Cette eau diminue aussi la quantité de coke par la réaction de
steam-reforming. Les conditions de travail sont 480 à 620°C et 3 à 8 bar. Le rapport eau-
hydrocarbure est d’environ 4 à 5. La conversion obtenue est de 30 à 40% et la sélectivité
en propène est comprise entre 80 et 90%.
conversion obtenue est de 40% et la sélectivité en propène est de 89%. Un des avantages
de ce système est le contrôle du profil de température dans le lit catalytique avec une
haute température à la sortie du réacteur où une grande conversion est nécessaire.
Procédé Linde-BASF
Ce procédé déshydrogène des alcanes légers dans un réacteur isotherme à lit fixe, sans
diluant (faible volume du réacteur ainsi obtenu) à une pression supérieure à la pression
atmosphérique. Le catalyseur est à base d’oxyde de chrome/aluminium. La conversion
obtenue est de 30% et la sélectivité en propène est de 90%.
Séparation propane-propène
La séparation du propane et du propène est difficile car leurs points d’ébullition sont
proches. Des unités de séparation (rectification) complexes sont donc nécessaires, où le
taux de reflux interne est généralement compris entre 0.90 et 0.97 [1]. Pour cette raison,
des solutions pour économiser les besoins en chaleur du procédé de séparation sont
indispensables.
Figure 2-9 : procédé de séparation du propane et propène par rectification dans deux
colonnes [1]
En principe, la séparation peut être effectuée dans une seule colonne de rectification
contenant 150 à 200 plateaux et travaillant à une pression moyenne de 20 bar environ.
Mais une telle installation est très volumineuse, et un procédé à deux colonnes est préféré
car transportables et installables plus facilement. Ce procédé est illustré à la Figure 2-9.
24 Chapitre 2: Introduction
Dans ce cas, seul le reflux de la deuxième colonne de séparation (b) est refroidi par de
l’eau de refroidissement. La pression dans la première colonne (a) (env. 25 bar) est ajustée
pour que ses vapeurs de tête (env. 59°C) puissent condenser dans le bouilleur de la
deuxième colonne (env. 18 bar, 51°C). La phase lourde (enrichie en propane) de la
première colonne constitue l’alimentation de la deuxième colonne.
Des économies d’énergie peuvent être réalisées en n’atteignant que la pureté nécessaire à
une application spécifique sans la dépasser.
Les procédés actuels cohabitent souvent avec ces contraintes sans vraiment toutes les
résoudre. Il arrive que l’une ou l’autre soit évitée par un moyen technique (par exemple
génération de chaleur par oxydation du coke lors de la régénération, procédé Lummus
Catofin), mais certains problèmes subsistent.
Afin de bien définir les objectifs de cette étude, il convient d’énumérer les différents
points à la base des développements à venir.
L’approche est donc complexe car elle fait intervenir des contraintes liées au catalyseur
lui-même et d’autres liées au réacteur. La solution passe donc initialement par une étude
cinétique et hydrodynamique d’un nouveau genre de catalyseur micro-structuré. Celui-ci
doit minimiser au mieux les pertes de charges synonymes de surpressions limitant la
conversion de propane et défavorables d’un point de vue énergétique. Puis, une fois ces
caractéristiques déterminées, le travail consistera à intégrer le catalyseur dans un réacteur
spécialement développé. Afin de palier à l’endothermie de la réaction, le bilan de chaleur
du système devra être étudié de près. Et il sera nécessaire de définir un fonctionnement du
réacteur permettant une régénération continue du catalyseur.
Les solutions aux contraintes de la réaction proposées dans ce travail sont les suivantes:
Oxydation du perméat
L’oxydation du perméat (hydrogène) par de l’air ou de l’oxygène directement
à la surface de la membrane devra fournir la chaleur nécessaire à la
déshydrogénation. Un procédé autotherme sera ainsi réalisé. Un gradient de
concentration de H2 maximal est aussi atteint de part et d’autre de la
membrane.
Fonctionnement périodique
Le fonctionnement périodique du réacteur, c’est-à-dire l’alternance cyclique
entre la déshydrogénation et la régénération du catalyseur à l’air, devra
permettre de conserver une bonne productivité du réacteur.
Le catalyseur à développer devra être formé de longs filaments placés en parallèle. Ses
aspects techniques seront décrits plus loin dans ce travail. Une représentation schématique
est donnée à la Figure 2-10 [21].
Le diamètre des filaments (df) est de quelques micromètres. La distance entre chacun
d’entre eux est variable selon leur arrangement mais doit être du même ordre de grandeur
que leur diamètre. Un arrangement en « triangle », cf. (1) Figure 2-11, offre un espace
interstitiel plus petit qu’une configuration « carrée », cf. (2).
27
Figure 2-11 : estimation du diamètre équivalent des espaces interstitiels entre les
filaments, selon leur arrangement
2 3
d eq(1) = − 1 d f ≅ 0.103 d f Equation 2-1
π
4
d eq( 2 ) = − 1 d f ≅ 0.273 d f Equation 2-2
π
En réalité, cet espace interstitiel varie à cause de la souplesse des brins et les valeurs
calculées ci-dessus constituent un minimum.
Le gaz circule dans une direction bien définie, dans le sens des fibres. Comme dans des
micro-canaux, l’hydrodynamique est très bien définie : écoulement directionnel et
laminaire (car le nombre de Reynolds est linéairement dépendant du diamètre
hydraulique). Ce petit diamètre provoque également des temps de diffusion radiale très
courts, cf. Equation 2-3.
L2 (10 µm ) 2
C’est pourquoi une distribution des temps de séjour dans ce garnissage particulièrement
étroite est attendue.
28 Chapitre 2: Introduction
Cette configuration est donc proche d’un ensemble de micro-canaux placés en parallèle
mais présente une qualité supérieure : le transfert de matière radial par diffusion n’est pas
interdit, contrairement aux micro-canaux qui ne communiquent pas entre eux. Ainsi,
l’hydrogène devrait pouvoir diffuser radialement entre les fibres jusqu’à la membrane.
Le réacteur proposé est présenté schématiquement à la Figure 2-12 [22]. Il est composé de
deux zones concentriques contenant chacune le même catalyseur. Ces deux zones sont
séparées par la membrane perméable à l’hydrogène. D’un côté de la membrane (zone I
dans ce cas) se déroule la déshydrogénation avec diffusion de l’hydrogène au travers de
la membrane alors que de l’autre, le catalyseur est régénéré à l’oxygène. Ce dernier est
donc consommé lors de la combustion du coke en CO2, mais également lors de sa
rencontre avec l’hydrogène ayant passé la membrane. Cette deuxième oxydation forme de
l’eau et est la principale source de chaleur du système. Ainsi, dès que l’hydrogène a passé
la membrane, il est directement consommé, ce qui maintient un gradient constant de
concentration de H2 de part et d’autre de la membrane et favorise son élimination de la
zone de déshydrogénation.
Figure 2-12 : concept du réacteur membranaire avec les deux zones catalytiques séparées
par la membrane perméable à l’hydrogène
29
De manière périodique, les deux flux d’alimentation (air et propane) sont inversés afin de
régénérer le catalyseur venant de se désactiver, et de commencer une nouvelle
déshydrogénation sur le catalyseur frais.
Ci-après suit une étude de l’état de la recherche dans les domaines mentionnés ci-dessus, à
savoir des réacteurs membranaires et des catalyseurs structurés.
D’un point de vue environnemental et énergétique, il est généralement reconnu que les
procédés avec séparation par membrane vont s’imposer dans des applications industrielles
dans un futur proche. Un réacteur membranaire tire son avantage de la séparation directe
d’un ou plusieurs composés via une membrane sélectivement perméable. Cette séparation
est généralement réalisée directement là où se déroule la réaction. De tels systèmes sont
d’ailleurs rencontrés dans d’importantes fonctions biologiques : photosynthèse, digestion,
respiration, etc. Les membranes de synthèse peuvent être classées dans la catégorie des
organiques et des inorganiques. De récents intérêts se sont focalisés sur cette dernière. Ces
membranes inorganiques sont composées soit de matériau finement poreux ou de films
métalliques denses et fins. Dans ce dernier cas, la dissolution du gaz dans le matériau de la
membrane est nécessaire lors du transport [23].
Pantazidis et al. [24] ont utilisé une membrane microporeuse de zéolithe pour la
déshydrogénation oxydante du propane en propène dont la sélectivité a pu être augmentée
grâce à ce moyen.
30 Chapitre 2: Introduction
Les membranes non-poreuse sélectives à l’hydrogène les plus utilisées sont à base de
palladium. Leurs performances (perméabilité et sélectivité au H2) sont de loin supérieures
à celles de SiO2 par exemple [25, 26]. Ces membranes sont donc bien adaptées aux
déshydrogénations non-oxydantes d’hydrocarbures. La configuration optimale est sans
doute une structure robuste faite d’un support poreux (préférablement de l’acier
inoxydable) recouvert d’un film mince de palladium [27], mais cette configuration ne
facilite pas les échanges thermiques de part et d’autre de la membrane.
Mais l’utilisation d’une membrane n’a pas que des avantages. Il est quasiment toujours
reporté une détérioration plus rapide du catalyseur lié à une augmentation de la vitesse de
formation de coke à sa surface [25, 28, 31]. Ceci est dû au manque d’hydrogène dans la
phase gazeuse. Ce rôle du H2 dans la formation de coke a déjà été développé au chapitre
2.1.3. Sheintuch et al. [28] proposent de garder une fraction molaire de H2 de 2% afin de
conserver son effet propice.
Mais parallèlement, vu la faible activité du catalyseur dans les réacteurs membranaires, les
hautes conversions sont atteintes en augmentant soit le temps de passage, soit la
température. Dans les deux cas, les réactions de craquage et d’isomérisation augmentent et
la sélectivité en propène diminue [28].
Les membranes commerciales ne sont pas uniquement faites de palladium mais d’un
alliage de palladium avec 23% d’argent (Ag). En fait, lorsque la température est de 300°C
32 Chapitre 2: Introduction
et la pression inférieure à 2.0 MPa, les hydrures de palladium (PdHn) contenu dans la
membrane effectuent une transition de phase provoquant une dilatation. Ainsi le
palladium pur ne supporte pas beaucoup de tels changements sans se fragiliser. Le rôle de
l’argent et de donner des électrons à la bande 4d du palladium tout comme le fait
l’hydrogène. La transition de phase dans un alliage Pd-Ag se fait alors à une température
et pression nettement plus faible.
Une autre étude (simulations) [34] conclut que le couplage de l’oxydation de l’hydrogène
avec la déshydrogénation du 1-butène dans un réacteur isotherme à membrane de
palladium conduit à une conversion supérieure à celle obtenue dans un réacteur
conventionnel.
canaux du monolithe (appelé monolithe catalytique « washcoat »). Le monolithe peut être
en céramique ou métallique, même si l’étymologie du terme signifie « composé d’une
seule pierre » en grec.
Dans de tels canaux étroits, la résistance interne à la diffusion est faible et les pertes de
charge sont minimes. Grâce au flux laminaire, cette perte de charge est inférieure de deux
ou trois ordres de grandeur. La distribution des flux est également optimale vu la grande
régularité des canaux, de leur taille et de leur caractéristiques de surface. Ainsi, la
probabilité d’apparition de points chauds par exemple est faible par rapport aux lit à
garnissage aléatoire.
Figure 2-14 : réacteur BSR (bead-string reactor), vue éclatée des grains catalytiques
cylindriques attachés en ligne [35]
Les catalyseurs monolithiques ont été utilisés dans le cadre de combustions ou dans des
buts écologiques comme la post-combustion des gaz d’échappement ou l’élimination de
substances nocives de gaz produits par l’industrie. Les premières voitures équipées de
catalyseur sont apparues en 1975. Dix ans plus tard, 100 millions de véhicules de ce type
étaient recensés aux Etats-Unis.
34 Chapitre 2: Introduction
Mais ces catalyseurs monolithiques restent plus coûteux que leurs homologues poudreux à
cause de leur fabrication.
Une variante intéressante de système structuré et donné par Calis et al. [35]. Des cylindres
catalytiques sont attachés en série par un fil, cf. Figure 2-14.
Zlochower [37] reporte que des supports conventionnels (grains ou monolithes) présentent
quelques désavantages lors de leur utilisation automobile. Les garnissages de grains
catalytiques tendent à augmenter la surpression en amont de l’échappement et doivent être
tenus en place par un quelconque moyen. Les systèmes monolithiques laissent plus
facilement passer les gaz mais coûtent cher et sont susceptibles de subire des dommages
mécaniques et thermiques. Un système facile et bon marché à produire et à utiliser est
donc nécessaire, avec une grande surface spécifique. L’utilisation de fibres à base de
borosilicates imprégnées de platine ont permis d’oxyder le CO, l’éthylène et le propane
contenu dans les gaz d’échappement en utilisant moins de catalyseur.
35
Dans quelques-unes des premières études sur fibres catalytiques, des filaments de soie ont
été utilisées (1959) comme support pour le platine ou le palladium pour la réduction
d’aromatiques et de composés nitro aliphatiques. Par la suite, des fibres de nylon, carbone
ou de verre ont été utilisées [36].
Plusieurs études ont été menées sur des catalyseurs de fibres de carbone [38-41]. Mais
dans chaque cas, seule l’influence du support sur l’activité ou les sélectivités a été étudiée.
Aucune étude relative à la disposition des fibres dans le réacteur ou sur l’hydrodynamique
n’est disponible.
Divers travaux ont été effectués sur fibres de verre poreuses (silice, alumine, borosilicates,
etc.). Kiwi-minsker et al. [42] ont étudié l’oxydation totale de CO et d’hydrocarbures sur
des fibres de verre. Il s’agit aussi par exemple de la réduction d’oxydes d’azote [43], de la
combustion de propane et de gaz naturel [44] ou de méthane [45], de la dégradation de
phénol [46], de l’hydrogénation d’éthylène [47] ou d’acétylène [48] et de l’oxydation de
CO [49]. Mais à nouveau, dans aucun cas, l’influence de la structure géométrique du lit
sur l’hydrodynamique n’a été étudiée.
Kiwi-Minsker et al. [50] ont aussi exploité de telles fibres de verre pour des réactions à
phases multiples.
Neyestanaki et Lindfors ont oxydé du propane et du méthane sur des fibres de silice
imprégnées d’oxydes de cobalt et nickel (activés au platine) et de métaux nobles (Pt, Pd).
Les fibres étaient sous la forme de tresses dont la largeur de la maille ne dépassait pas
0.8 mm. Mais l’orientation de ces fibres n’est pas clairement définie, si ce n’est qu’il est
indiqué que d’une manière générale, leur densité (par compression) est déterminante pour
la performance réactionnelle.
Schleppy et Shah [51] ont réduit des oxydes d’azote par le CO et H2 sur des catalyseurs de
Pt-Ru supportés sur fibres de verre. Ici, il est précisé que le catalyseur a été fabriqué à
partir de pièces de tissus tressées découpées en disques de 2.3 cm de diamètre puis
installés perpendiculairement à la direction du flux dans le réacteur tubulaire, les uns sur
les autres. Les filaments élémentaires avaient un diamètre d’environ 10 µm et une surface
spécifique de 52 m2/g. Les performances d’un tel système correspondaient à celles de
supports classiques.
Selon un concept analogue, des supports métalliques ont aussi été exploités. Monnerat et
al. [52] ont utilisé des grilles métalliques pour former un catalyseur structuré à base de
nickel utilisé à la production d’hydrogène par craquage du méthane.
En conclusion, le domaine des catalyseurs fibreux est loin d’avoir été complètement
exploré, notamment du point de vue de la structure macroscopique des filaments, c’est-à-
dire relatif à la disposition des fibres dans le réacteur. La chimie de préparation des fibres
36 Chapitre 2: Introduction
L’optimisation de l’écoulement grâce à un lit fibreux n’est pas un thème vraiment abordé
dans la littérature. Ce type de lit structuré doit apporter certains avantages des monolithes
tout en restant économique, flexible et simple à l’usage. La présente étude va donc, entre
autre, aborder ce sujet dans le but d’apporter de nouvelles solutions aux problèmes de la
catalyse hétérogène. L’idée de former un lit micro-structuré par la juxtaposition de
filaments catalytiques en parallèle est réellement novatrice et a d’ailleurs fait l’objet d’un
brevet européen basé sur ce travail.
16. M. Larsson, B. Andersson, O. A. Barias, and A. Holmen, The Use of the H2-D2
Equilibrium Reaction as a Probe Reaction to Study the Deactivation on Pt/Al2O3
and Pt-Sn/Al2O3 Catalysts during Propane Dehydrogenation, Catalyst
Deactivation, Studies in Surface Science and Catalysis, 88, 233-240 (1994).
29. R. Zhao, R. Govind, and N. Itoh, Studies on Palladium Membrane Reactor for
Dehydrogenation Reaction, Separation Science and Technology, 25 (13-15), 1473-
1488 (1990).
35. A. Cybulski and A. Moulijn, Structured Catalysts and Reactors, Marcel Dekker,
Inc., 1998.
36. T. F. Cooke, Fibers as Supports for Catalysts: a Survey of the Litterature, Journal
of Polymer Engineering, 9, no 1, 1-22 (1990).
oxides on the catalysts based on glass- fiber amorphous mixtures doped with of
metals or their oxides, Dokl. Akad. Nauk, 361, 485-488 (1998).
51. R. Schleppy Jr and Y. T. Shah, Reduction of Nitric Oxides on Fiber Glass, Ind.
Eng. Chem. Prod. Res. Dev., 15 no. 3, 172-176 (1976).
3
Appareillages et méthodes
L’installation est composée d’une rampe d’alimentation des gaz, d’un espace réservé aux
différents réacteurs et d’une zone d’analyse. Le fabricant, le type et les spécificités des
appareils et produits utilisés sont donnés en annexe à la fin de ce document.
Deux catégories de réacteurs ont été utilisées. Un type conventionnel fait d’un tube de
quartz ou d’acier inoxydable et un autre comprenant une ou plusieurs membranes
perméables à l’hydrogène. L’installation est contrôlée par une interface électronique gérée
informatiquement (LabView®).
Le schéma de l’installation est donné à la Figure 3-1. Toute la tubulure est en acier
inoxydable d’un diamètre extérieur de 1/8’’ (≅3.2 mm).
3.1 Alimentation
Les gaz utilisés sont l’azote, l’air (atmosphérique), le propane, l’hydrogène et l’argon
(puretés : cf. annexes à la fin de ce document). Les gaz passent initialement par un
détendeur (4, sur la Figure 3-1) stabilisant leur pression entre 2 et 5 bar. Leurs flux sont
ensuite régulés par cinq contrôleurs de débit massique (MFC) (5) directement connectés à
l’interface LabView®, (cf. chapitre 3.4). Chaque flux est envoyé sur une rampe de vannes
3 voies (2) qui les répartit en deux flux d’alimentation : le flux alimentant la zone centrale
du réacteur et le flux alimentant la partie extérieure du réacteur ou le by-pass. A ce stade,
un capteur de pression différentiel (11) permet d’ajuster les deux pressions d’alimentation
à une valeur identique via la vanne (9).
Les deux flux sont envoyés sur une vanne 4 voies commandée par l’interface LabView®.
Ainsi, en commutant cette vanne, il est possible d’inverser les deux flux alimentant
chacun une zone du réacteur. Ceci a un intérêt lors du fonctionnement périodique du
réacteur où l’inversion se fait cycliquement.
42
(7)
DPI (11)
(7)
(6)
Contrôle
PI (10)
Réacteur
TI 5x (13)
Alimentation TC (12)
Analyse
(2) (2) (2) (2) (2) MS GC
(1)
(10) (8)
(1) (1) (1) (1) (1)
PI PC
(3)
(1)
MFC MFC MFC MFC MFC PI (10)
(5) (5) (5) (5) (5)
PC
(1)
C 3H 8 Air H2 Ar N2
Chapitre 3: Appareillages et méthodes
43
3.2 Réacteurs
Tous les réacteurs sont tubulaires à lit fixe et fonctionnent en continu. Un réacteur en acier
inoxydable de taille supérieure a été utilisé pour les mesures de distribution de temps de
séjour. Un réacteur conventionnel en quartz a été concu pour les déshydrogénations sans
membrane et finalement deux réacteurs membranaires ont été développés pour les
mesures avec paroi perméable à l’hydrogène.
Un réacteur tubulaire destiné aux déshydrogénations sans membrane a été utilisé. Il est
constitué d’un tube de quartz aux dimensions suivantes :
Hauteur 680 mm
Diamètre intérieur 6 mm
Diamètre extérieur 8 mm
Aux deux extrémités ont été placées deux unions Swagelok 8mm-1/8’’ en inox (côté
8 mm : férules en PTFE, côté 1/8’’ : férules en inox). Un schéma de ce réacteur est
présenté à la Figure 3-2.
Avec ce réacteur, les vannes 4 voies permettent de faire passer une des deux alimentations
dans le by-pass. Ceci autorise la mise du réacteur sous inerte ou sous réactifs de manière
très rapide, sans variations de pression.
44 Chapitre 3: Appareillages et méthodes
Le catalyseur est placé dans le tube entre deux coussins de laine de quartz afin de le
maintenir dans sa position et de préparer hydrodynamiquement le flux de gaz avant
l’entrée dans le catalyseur.
300 mm
12 mm
TI
PI
Alimentation I Alimentation II
Thermocouples
Zone de
préchauffage Tube de quartz
(ID=6mm, OD=8mm)
670 mm
Four
Laine de
quartz (h=~10 mm)
By-pass
Catalyseur
(h=10-200 mm)
Laine de
quartz (h=~10 mm)
PC PI PC
Un ou plusieurs thermocouples (d = 0.5 mm) sont introduits dans le lit par le haut au
moyen d’un té 1/8’’ où est utilisé une férule en Vespel percée d’un ou plusieurs trous de
0.5 mm pour faire l’étanchéité entre les thermocouples et le raccord inox.
Hauteur 230 mm
Diamètre intérieur 15 mm
Diamètre extérieur 18 mm
45
Aux deux extrémités de ce tube ont été placées deux unions Swagelok 18 mm-1/8’’ (côté
18 mm : férules remplacées par un O-ring, côté 1/8’’ : férules en inox). Elles ont été
préparées spécialement afin d’être les plus compactes possible en supprimant tous les
volumes morts. Cette condition est nécessaire à l’obtention de courbes de distribution de
temps de séjour ne dépendant que du garnissage du réacteur. La vanne 4 voies en amont
du réacteur (cf. Figure 3-1) a été connectée ensuite directement au raccord 18mm-1/8’’
afin de limiter encore les volumes morts.
Les mesures ont été effectuées à température ambiante. Aucune installation de chauffage
n’a donc été utilisée dans ce cas.
Les deux zones réactionnelles sont donc formées par deux tubes concentriques. Le central
est constitué par la membrane et le plus grand est en quartz. Ils sont réunis en leurs
extrémités par deux tés spécialement préparés (types de férules décrits plus loin dans ce
chapitre). Les deux alimentations convergent vers le premier té et les gaz circulent ensuite
à co-courant dans la zone I et II.
Le chauffage est cette fois assuré par une bande chauffante enroulée autour du tube en
quartz.
Les dimensions a et b sont données ci-après car elles dépendent de la membrane utilisée.
TI
PI
Alimentation I Alimentation II
Bande
chauffante
Zone de a
b
préchauffage
Thermocouples
Tube inox
330 mm
Tube de
180 mm
quartz
Zone II Membrane
Zone I Isolant
PC PI PC
Figure 3-3 : Schéma d’un réacteur membranaire comprenant les zones réactionnelles
I & II
47
Membrane multitubulaire
15 mm
25 mm
22 mm
Figure 3-4 : Schéma du réacteur membranaire multitubulaire
Mais dans ce cas, il n’est pas possible d’installer le catalyseur fibreux dans la zone II car
elle contient des zones inaccessibles.
Les 16 tubes membranaires ont été brasés ensembles à leurs extrémités (brasure XUPER
1020 XFC, fusion à 620-660°C, de Eutectic+Castolin) sur une pièce filetée. Cette pièce
est connectable sur un tube taraudé prolongeant la membrane des deux côtés. Le tout est
donc ainsi insérable dans le tube externe en quartz.
Membrane monotubulaire
Afin de pouvoir installer n’importe quel catalyseur dans la zone II, un réacteur mono-
tubulaire a été développé, Figure 3-6. La membrane a un diamètre extérieur de 6.14 mm et
un diamètre intérieur de 6 mm. Cette configuration donne 670 m2/m3 de membrane, ce qui
réduit la capacité du système à extraire l’hydrogène d’une zone à l’autre.
8 mm 6 mm 12.05 mm 8.55 mm
La membrane est directement brasée sur deux tubes inox. Cette construction est beaucoup
plus facile à l’usage.
3.3 Analyse
800
600 Propane
Methane Propène
400
Signal TCD [µV]
200 Ethène
CO2 Ethane
Air CO
Eau
0
-200
-400
Hydrogène
-600
-800
0 1 2 3 4 8 10 12
Temps [min]
* la somme des fractions molaires n’est pas égale à 100% (=102.2%) à cause d’une
légère variation de calibrage, principalement sur le propane, mais l’ordre de grandeur
est tout à fait acceptable.
200
180
100
90
60
50 2
100 Nml/min
30
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
Temps d'analyse [min]
Lors de l’analyse d’un mélange CO2 – air, le temps d’analyse est de 5 minutes.
Les courbes de calibrage des différents composés sont données en annexe à la fin de ce
document.
3.4 Automatisation
L’appareillage est commandé informatiquement par une interface LabView®. Les parties
pilotées de l’installation (présentée à la Figure 3-1) sont :
La Figure 3-9 présente le panneau de contrôle. Les vannes 2 et 4 voies du schéma sont des
boutons. Une pression sur l’un d’eux change la position de la vanne physiquement. Les
vannes 3 voies du schéma sont, dans la réalité, commutables manuellement.
Une régulation PID permet d’ajuster la pression dans le réacteur quel que soit le débit de
gaz. Les paramètres du régulateur PID sont :
Ces paramètres ont été déterminés par la réponse à un saut indiciel [1].
Un boîtier électronique est placé entre les cartes LabView® et l’installation afin de mieux
gérer les connexions par câble. Il permet également d’amplifier le signal des
thermocouples (entrée), d’assurer la puissance nécessaire au contrôle de la vanne
progressive et des vannes « tout ou rien » (sorties).
Le programme qui a été développé spécialement pour cette application est illustré en
annexe à la fin de ce document.
4
Développement et caractérisation
des catalyseurs
Dans un premier temps, des mesures ont été réalisées sur des catalyseurs en poudre, afin
d’avoir un aperçu de leur activité et de leur sélectivité, et plus simplement de pouvoir
déterminer les conditions de travail adéquates. Elles ont permis de définir la composition
du catalyseur appropriée pour la fabrication de l’équivalent sous forme fibreuse. Dans une
deuxième phase, ces fibres ont été utilisées pour la création des lits micro-structurés et
pour les études d’hydrodynamiques. Ensuite seulement, elles ont été installées dans les
réacteurs membranaires.
La surface spécifique est de 130 m2/g et la distribution de la taille des pores est
donnée à la Figure 4-1.
0.010
0.008
Dv/Dr [cm /g/Å]
0.006
3
0.004
0.002
0.000
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Rayon [Å]
La fabrication des ces fibres s’est déroulée de la même manière que précédemment
mais en ajoutant l’étape 2 de la fabrication du 1%Pt-0.5%Sn sur poudre. La surface
spécifique est comprise entre 150 et 210 m2/g.
Dans les conditions de 550°C et 1 atm, la conversion à l’équilibre est de 28% [1]. Mais
une augmentation de la pression totale la diminue. Pour calculer la conversion à 1.4 bar, il
est nécessaire de disposer de la constante d’équilibre. Celle-ci peut-être déduite des
concentrations à l’équilibre à 1 atm :
Ke =
[C3 H 6 ][H 2 ] = 1.259 mol / m3 Equation 4-1
[C3 H8 ]
58 Chapitre 4: Développement et caractérisation des catalyseurs
Les nouvelles concentrations donnant une pression totale de 1.4 bar et respectant
l’équilibre sont calculées. Elles correspondent à une conversion d’environ :
X Cequ
3H 6
= 0.22 Equation 4-2
y C 3 H 6 + 23 yC 2 H 6 + 23 y C 2 H 4 + 13 y CH 4
XC3 H8 = Equation 4-7
yC 3 H 8 + yC 3 H 6 + 23 y C 2 H 6 + 23 yC 2 H 4 + 13 yCH 4
ci
yi
Si = 3 Equation 4-8
yC 3 H 6 + 23 yC 2 H 6 + 23 yC 2 H 4 + 13 yCH 4
yH2
S H2 = Equation 4-9
y C3 H 6 − 23 y CH 4 − 13 y C 2 H 6 + 23 y C 2 H 4
Ces calculs négligent la transformation des hydrocarbures en coke sur le catalyseur car
des mesures présentées plus loin dans ce chapitre montrent que cet effet est négligeable.
59
Comme exemple, une analyse des produits de réaction a donné les fractions molaires
suivantes :
Tr = 550°C
pr = 1.40 bar absolus
mcat = 1.03g
hcat = 45 mm
τ = 3.3 – 3.5 s
Le réacteur utilisé est le réacteur tubulaire conventionnel (cf. chapitre 3.2.1, page 43).
Avant la réaction, le catalyseur a été chauffé sous un flux d’azote à 10°C/min jusqu’à la
température de réaction. Après 15 minutes de stabilisation, l’azote est remplacé (saut
échelon) par du propane pur et les produits de réaction ont été analysés dès qu’ils ont
atteint le GC.
60 Chapitre 4: Développement et caractérisation des catalyseurs
0.3 1.0
X(C 3 H 8 ) S ( C H4 ) S(C 2 H 4 )
S(C 3 H 6 ) S(C 2 H 6 )
0.8
Equilibre
0.2
0.6
S [-]
X [-]
0.4
0.1
0.2
0.0 0.0
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
Figure 4-3 : désactivation du catalyseur 1%Pt sur γ-alumine en poudre, 550°C, 1.4 bar,
τ=3.3-3.5 s
Le méthane est le principal sous-produit (sélectivité de ~13%), suivi par l’éthane (~8%) et
l’éthène (~2%).
La sélectivité de l’hydrogène calculée par l’Equation 4-9 est stable à 130%. Ceci indique
que 30% de H2 supplémentaire à la quantité attendue est synthétisé. Ceci peut provenir de
la formation de coke qui fournit de l’hydrogène à la phase gazeuse. Ce phénomène sera
analysé plus loin dans ce chapitre.
La variation maximale de température du lit est de 1°C, ce qui est réellement négligeable.
Cette faible valeur (par rapport à la forte endothermie de la réaction) est due à l’échange
thermique efficace entre le lit catalytique et son environnement.
552
551
550
T [°C]
549
548
547
0 40 80 120 160 200 240
Une déshydrogénation a été réalisée exactement dans les mêmes conditions qu’avec le
catalyseur Pt/γ-Al2O3. La Figure 4-5 indique une conversion stable vers 21%, ce qui
correspond environ à l’équilibre dans ces conditions. Le catalyseur doit bien se désactiver
mais à une vitesse plus faible que sur Pt/γ-Al2O3. Cela n’est pas observable puisque la
réaction a atteint l’équilibre. Le produit secondaire majoritaire n’est plus le méthane mais
l’éthane.
0.32 1.0
0.28
0.8
0.24
0.20
0.6
S [-]
X [-]
0.16 X(C 3 H 8 )
S(C 3 H 6 )
0.4
0.12 S(CH4)
S(C 2 H 6 )
0.08 S(C 2 H 4 )
0.2
0.04
0.00 0.0
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
La comparaison des réactions sur chaque catalyseur est présentée à la Figure 4-6 et Figure
4-7. La différence de stabilité saute aux yeux. La conversion légèrement au-dessus des
22% (équilibre) dans le cas du Pt est due à la présence plus importante des sous-produits
(sélectivité totale de 30% environ). L’équilibre propane-propène n’est en réalité pas
dépassé.
1.0 1.0
0.8 0.8
S(C 3 H 6 ) [-]
0.6 0.6
X [-]
0.5% Pt
0.5% Pt - 1% Sn
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
La sélectivité du propène est augmentée de 10% et approche les 90%, ce qui n’est pas
négligeable. Quant aux sélectivités des sous-produits, celle de l’éthane ne varie pas mais
celle du méthane et de l’éthène chute fortement (de 15% à 3% pour le méthane). Ces
baisses sont expliquées par l’effet de l’étain [1] diminuant l’acidité du support qui est
aussi responsable des réactions de craquage et d’isomérisations.
63
0.20
0.5% Pt S ( C H4 )
0.5% Pt - 1% Sn S(C 2 H 4 )
S(C 2 H 6 )
0.15
S [-]
0.10
0.05
0.00
0 40 80 120 160 200 240
Temps [min]
Pertes de charge
Les pertes de charge dans le lit catalytique à 550°C et 1.4 bar sont assez importantes. Elles
sont d’environ 160 mbar pour le catalyseur de platine sur poudre et de 45 mbar sur le
catalyseur Pt/Sn. Ce dernier est fait de grains plus gros, ce qui explique cette différence.
L’aire sous ces courbes représente la quantité de coke qui a quitté la surface catalytique. Il
est étonnant que les quantités sur catalyseur Pt et Pt-Sn soient les mêmes. En effet, la
désactivation du catalyseur Pt-Sn a été beaucoup plus faible. Mais cela n’est pas lié à un
dépôt de coke plus faible. Ertl et al. [1] ont expliqué ce phénomène par le rôle de l’étain à
empêcher les précurseurs de coke de se déposer sur les sites actifs et de les pousser à se
déposer sur le support.
64 Chapitre 4: Développement et caractérisation des catalyseurs
0.06
0.05 Pt
Pt-Sn
0.04
y C O [-]
0.03
2
0.02
0.01
0.00
0 30 60 90 120 150
Temps [min]
Figure 4-8 : oxydation du coke de surface en CO2, 550°C, 1.4 bar, 10 Nml/min O2 5%
dans l’azote
Sachant que 10 Nml/min de CO2 à 4.5% ont été observés pendant 100 minutes, ceci
correspond à 2.0 mmol de CO2. 2.0 mmol de carbone ont été récupérés lors de
l’oxydation.
240 min sous propane (100%) à 8.8 Nml/min correspondent à 94.3 mmol de C3H8. Donc
283 mmol de carbone ont été introduit dans le réacteur. On déduit donc que
La conversion étant de 20%, seuls 18.9 mmol de C3H8 ont réagi. La sélectivité moyenne
du coke formé est donc de :
Scoke= 4.3 %
Prenons le cas donné au Tableau 4-1 avec une conversion de 14%. Selon les sélectivités
des produits, 0.46 mol de H2 aurait dû être formée par mole de C3H8 convertie en
hydrocarbure (Equation 4-10).
H 2 attendu y C3 H 6 − 23 y CH 4 − 13 y C 2 H 6 + 23 y C 2 H 4
= = 0.46
C 3 H 8 converti y C3 H 8 Equation 4-10
− y C3 H 8
1− X
Ainsi, une sélectivité en hydrogène de 131% indique que 0.14 mol de H2 supplémentaire
(31% de 0.46) est obtenu par mole de propane converti. Ces 0.14 mol de H2 proviennent
65
(1/3) de 0.035 mol de C3H8. Lorsque 1 mol de C3H8 est convertie en C3H6, C2H6, C2H4 et
CH4, 0.035 mol de C3H8 part en coke. La sélectivité du coke est donc :
0.035
S coke = = 3.4 % Equation 4-11
1 + 0.035
Ceci est en accord avec la valeur calculée par la méthode de l’intégration du CO2. Par
contre un même calcul pour la déshydrogénation sur Pt-Sn donne une sélectivité d’environ
12% (SH2 = 170%). Cette valeur est étonnamment haute. Il y a cette fois une discordance
avec la valeur calculée par intégration du CO2 difficile à expliquer. Des composés lourds
(oligomères, polymères) ont été observés à la sortie du réacteur lors de leur condensation
sur les parois froides du réacteur. Il est possible qu’ils soient responsables de la formation
d’une partie de l’hydrogène analysé.
Cependant, vu que :
En conclusion, la conversion à l’équilibre de 22% dans ces conditions a été atteinte par les
deux catalyseurs, mais le Pt-Sn est nettement plus stable et sélectif. Cette composition est
très efficace et sera utilisée pour la fabrication des catalyseurs sur fibres. Les variations de
températures dans le lit ne varient pas plus de 1.5°C, ce qui tout à fait tolérable. Il est
difficile de déterminer la sélectivité du coke sur catalyseur Pt-Sn, mais il convient de
s’intéresser à la conversion de propane en propène, méthane, éthane et éthène. La
sélectivité du coke ne sera donc pas prise en compte.
5
Déshydrogénation sur fibres
catalytiques
Après l’étape d’imprégnation, les catalyseurs ASF sont sous la forme de rectangles de
tissu tressé (cf. figure 4-2, page 57). Il est possible d’arranger ces rectangles de manières
variées dans le réacteur tubulaire modifiant l’hydrodynamique des gaz dans le lit. Cela
peut modifier la performance du réacteur. Les catalyseurs ASF ont donc été caractérisés
dans un réacteur conventionnel en quartz.
La manière la plus simple d’installer le tissu catalytique dans le réacteur est de le rouler
sur lui-même pour en faire un cylindre de 50 mm de longueur (6 mm de diamètre =
diamètre intérieur du tube de quartz). Le lit est ensuite tiré délicatement dans le réacteur,
Figure 5-1.
La porosité est de 88.5% et la longueur du lit est de 57 mm. Les conditions de travail
sont :
Tr = 550°C
pr = 1.4 bar
mcat = 0.63 g
τ = 5.3 s
Le réacteur utilisé est le réacteur tubulaire conventionnel (cf. chapitre 3.2.1, page 43).
La Figure 5-2 présente (en symboles vides, légende #) la désactivation, avec une
conversion passant de 13 à 7% en 4 heures. La sélectivité en propène se situe vers 90%.
Celle de l’hydrogène se situe vers 120% (non indiquée sur le graphique) ce qui indique
que l’hydrogène analysé correspond mieux à la quantité attendue (>100% à cause de la
formation de coke). Ceci est rassurant, en regard des 170% obtenus sur le même
catalyseur en poudre précédemment. La conversion est plus faible (7-13%) par rapport à
celle obtenue sur catalyseur en poudre malgré un temps de passage dans le lit légèrement
supérieur (5.3 s contre 3.4 s).
0.25 1.0
0.20 0.8
0.15 0.6
S [-]
X [-]
∆p=32 mbar
0.05 0.2
S(C 3 H 6 ) || X(C 3 H 8 ) ||
S(C 3 H 6 ) # X(C 3 H 8 ) #
0.00 0.0
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
Figure 5-2 : déshydrogénation catalyseur supporté sur Pt-Sn/γ-Al2O3, 550°C, 1.4 bar,
τ = 5.3 s
La structure géométrique du lit doit être en cause, plus précisément le contact du gaz avec
les fibres. Des volumes morts peuvent exister entre les mailles du tissu augmentant la
distance à parcourir (par convection ou diffusion) du propane jusqu’aux fibres. Un autre
élément intervient : la distribution des temps de séjour. Il est possible que la forme
enroulée du tissu provoque des canaux préférentiels dans le lit. Une partie des gaz passent
ainsi à travers le catalyseur plus rapidement sans rencontrer (à l’extrême) de filaments
69
catalytiques. Ceci réduit la conversion. L’autre partie des gaz sont retardés dans les zones
tortueuses du catalyseur. Ce long temps de séjour favorise les réactions consécutives
abaissant la sélectivité en propène [1].
Afin d’éviter ces inconvénients, un second lit catalytique a été préparé en séparant chaque
fibre du tissu et en les plaçant parallèlement dans le sens du réacteur. Ainsi, les espaces
vides entre chaque maille du tissu sont nettement réduis et le contact avec le gaz est mieux
réparti.
Les filaments catalytiques sont introduits dans le réacteur sous la forme de brins (Figure
5-3, B). Chaque brin a un diamètre d’environ 0.5 mm et est un assemblage d’environ 100
filaments (C) avec un diamètre de ~7 µm. La surface des filaments consiste en une couche
poreuse de γ-alumine imprégnée des métaux actifs (Pt-Sn) (D). Les brins catalytiques sont
placés en parallèle dans le réacteur (A).
Figure 5-3: Pt-Sn déposé sur support ASF sous la forme de brins placés en parallèle dans
le réacteur tubulaire
D’un point de vue pratique, les filaments sont beaucoup plus faciles à installer dans le
réacteur, particulièrement lorsqu’il s’agit de tubes très minces (ID<2 mm). Dans ce cas, un
catalyseur sur poudre serait plus difficile à introduire et à récupérer.
Un catalyseur fibreux comme celui-ci est susceptible d’être utilisé dans n’importe quel
réacteur pour augmenter la surface active par unité de volume. Par exemple, la surface
spécifique de ce garnissage peut être comparée à un tube vide (catalyseur déposé sur la
surface interne lisse) et au réacteurs « washcoat ».
70 Chapitre 5: Déshydrogénation sur fibres catalytiques
Figure 5-4: manières de placer un catalyseur dans un réacteur tubulaire: A: tube vide
(surface lisse); B: « washcoat »; C: tube garni de filaments catalytiques
Tous les calculs sont basés sur un tube d’un diamètre intérieur de 6 mm. Le rapport
surface volume est présenté au Tableau 5-1.
Tableau 5-1: rapport surface/volume selon le type de réacteur: A: tube vide (surface
lisse); B: « washcoat »; C: tube garni de filaments catalytiques, diamètre
intérieur 6 mm
La porosité du lit fibreux dépend de la compression des fibres les unes contres les autres.
Expérimentalement, une équation a été définie afin de pouvoir déterminer cette porosité
uniquement en fonction du nombre de fibres par cm2 de section de réacteur :
6.866 ⋅ 10 −8 ⋅ n
ε = 1− Equation 5-1
π r2
Où : ε porosité [-]
n nombre de fibres en parallèle [-]
r rayon du réacteur [-]
71
Avec ce système, la conversion dans les mêmes conditions, est nettement augmentée, cf.
points remplis sur la Figure 5-2. Elle est même doublée après 90 minutes de réaction. La
sélectivité en propène est légèrement supérieure, ce qui doit être dû à l’écoulement plus
régulier et homogène du réactif dans le lit : la partie des gaz qui restaient trop longtemps
dans le catalyseur n’existe plus et la sélectivité remonte. La sélectivité en hydrogène
baisse encore (à 100%) dans ce cas.
L’avantage d’une telle disposition est clair. Mais il y en a d’autres. En voici un résumé :
Cet arrangement idéal des fibres sera utilisé jusqu’à la fin de ce travail, y compris dans les
réacteurs membranaires.
En regardant la courbe des points remplis sur la Figure 5-2, il semble que la conversion
adopte un plateau après 200 minutes. Afin de vérifier cela à long terme, il convient de
réaliser la même expérience sur une plus longue durée.
0.20 1.0
0.8
0.15
S(C 3 H 6 )
S(CH 4 )
0.6
S(C 2 H 6 )
S [-]
0.10
X [-]
S(C 2 H 4 )
0.4
0.05
0.2
0.00 0.0
0 10 20 30 40 50
Tableau 5-2 : activité, sélectivité et stabilité des différents catalyseurs sur poudre et ASF,
550°C, 1.4 bar, τ=3.1 s, mcat=0.375 g
Sur Pt/Al2O3 en poudre, on retrouve une plus faible sélectivité en propène et une
désactivation nettement plus rapide (perte de 68% de la conversion après 2 heures de
réaction contre 9% pour Pt-Sn/Al2O3).
Sur fibre, c’est à nouveau le catalyseur dopé à l’étain qui est plus favorable. Sa sélectivité
en propène est d’ailleurs plus haute que sur le catalyseur Pt-Sn/poudre (maximum de 93%
contre 88%). Le catalyseur Pt/ASF est extraordinairement peu actif. Il est possible qu’il se
désactive si vite que l’on observe pas (par la méthode d’analyse utilisée) la réelle
conversion initiale.
Il apparaît donc que le catalyseur Pt-Sn/ASF est tout aussi actif et stable que son
équivalent sur poudre. Il est même légèrement plus sélectif (propène). Il n’a donc rien à
envier à son homologue et pourra être utilisé sans restriction dans le réacteur
membranaire.
73
kr
C3H8 C3H6 + H2 Equation 5-2
kr-1
Ke =
[C3 H 6 ][H 2 ] = 1.259 mol / m3 Equation 5-3
[C3 H8 ]
dC p ( z ) du ( z ) k
u( z) + C p ( z) = −k r ⋅ C p ( z ) + r C y ( z ) ⋅ C h ( z) Equation 5-4
dz dz 1.259
dC y ( z ) du ( z ) k
u( z) + Cy ( z) = kr ⋅ C p ( z ) − r C y ( z ) ⋅ Ch ( z ) Equation 5-5
dz dz 1.259
dCh ( z ) du ( z ) k
u( z) + Ch ( z ) = kr ⋅ C p ( z ) − r C y ( z ) ⋅ Ch ( z ) Equation 5-6
dz dz 1.259
Cy ( z)
u ( z ) = u0 1 + yC0 3 H 8 Equation 5-7
C ( z ) + C ( z )
p y
T = 550°C
ptot = 1.4 bar
Le temps de séjour moyen jusqu’à une longueur l est calculé comme suit :
l
dz
t =∫ Equation 5-8
0
u( z)
L’avantage de ce modèle est qu’il tient compte de l’extension de volume qui modifie le
temps de séjour.
75
Il est important lors de mesures de cinétique chimique que la réaction ne soit pas limitée
par le transfert de matière à la surface du catalyseur. Le très petit diamètre des filaments
catalytiques et leur arrangement structuré provoque un écoulement laminaire (car le
nombre de Reynolds est proportionnel au diamètre hydraulique).
0.25
0.20
X(C 3H 8) [-]
0.15
0.10
u 0 = 0.020 m/s
u 0 = 0.010 m/s
0.05
0.00
0 20 40 60 80 100
Temps [min]
Figure 5-6 : effet de l’augmentation du débit de propane sur la conversion, hauteur du lit
de 60 mm et 30 mm pour respectivement 0.020 m/s et 0.010 m/s
Malgré cela, il se peut que de petites turbulences soient créées localement sur des
irrégularités de la surface des filaments. Il convient donc de trouver un débit minimum où
le transfert de matière est suffisamment rapide pour que la réaction chimique soit l’étape
limitante du processus. Dans ce cas, l’augmentation de la vitesse débitante dans le lit
n’augmenterait plus la conversion (avec un temps de passage constant).
0.16
u 0 = 0.046 m/s
u 0 = 0.023 m/s
0.12
X(C 3 H 8) [-]
0.08
0.04
0.00
0 20 40 60 80 100 120
Temps [min]
Un régime non limité par cette diffusion externe a été déterminé expérimentalement.
La Figure 5-6 indique qu’une vitesse débitante de 0.010 m/s n’est pas suffisante pour que
l’étape limitante soit la réaction à la surface. Avec 0.023 m/s, Figure 5-7, le transfert
externe n’est plus limitant car l’augmentation de la vitesse débitante n’augmente pas la
conversion.
La vitesse débitante de 0.023 m/s est donc suffisante pour la réalisation de mesures
cinétiques.
La conversion à l’équilibre dépend de cette fraction d’azote. Elle peut être calculée en
résolvant le système d’équations suivant :
Conditions initiales : C y0 = C h0 = 0
77
Ainsi, en présence d’azote, la conversion à l’équilibre est plus grande qu’avec du propane
pur. Les valeurs sont présentées à la Figure 5-8.
5.3.4 Mesure de kr
Cinq mesures de conversion ont été réalisées pour des fractions molaires de propane de
0.1, 0.2, 0.4, 0.6 et 1.0. Les conditions sont les suivantes :
Pour chacune des 5 expériences, la conversion initiale a été mesurée (l’analyse GC s’est
faite dès l’arrivée des premiers gaz dans la boucle d’injection). Elle est comparée à la
conversion à l’équilibre, cf. Figure 5-8. Le modèle cinétique a ensuite été utilisé pour
simuler les 5 conversions selon les conditions expérimentales. La constante de réaction
apparente kr a été optimisée afin de minimiser l’erreur sur la conversion expérimentale
(méthode des moindres carrés), cf. Figure 5-8.
0.6
équilibre
0.5
mesure
simulation
0.4
X C H [-]
0.3
8
3
0.2
0.1
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
kr = 0.26 s-1
78 Chapitre 5: Déshydrogénation sur fibres catalytiques
Il est clair que cette valeur est attribuée à une activité particulière du catalyseur. Il s’agit
ici d’un catalyseur neuf, composé de 1%Sn-0.5%Pt.
∆G r (T ) = − RT ln K e (T ) Equation 5-15
L’enthalpie libre de chaque composé est calculée à la température T par les équations
suivantes [4] :
T
H i (T ) = ∆H + ∫C
298 K
f ,i p.i (T )dT Equation 5-16
298 K
T
C p .i (T )
S i (T ) = ∆S + ∫
298 K
i dT Equation 5-17
298 K T
G i (T ) = H i (T ) − T ⋅ S i (T ) Equation 5-18
∆G r (T ) = ∑ ν i Gi (T ) Equation 5-19
i
Les capacités calorifiques molaires sont données par les équations suivantes [4] :
Composé i ∆H 298
f ,i
K
[J ⋅ mol −1 ] [
∆S i298 K J ⋅ mol −1 ⋅ K −1 ]
Propane 20430 267
Hydrogène 0 131
Température [°C] [
∆G r (T ) J ⋅ mol −1 ] K e [bar ]
Les vitesses débitantes uo ont été déduites selon la température pour un débit de propane
de 50 Nml/min. Les constantes de vitesse de déshydrogénation apparente ont ainsi pu être
estimées grâce au modèle cinétique quasi-homogène. La linéarisation de ces valeurs via
l’Equation 5-23 a permis d’accéder à l’énergie d’activation de la réaction.
Ea
Arrhenius : ln k = ln k 0 − Equation 5-23
RT
80 Chapitre 5: Déshydrogénation sur fibres catalytiques
-1.2
-1.4
Interpolation linéaire
ln(k r) [-] -1.6
-1.8
-2.0
-2.2
-2.4
-2.6
0.00116 0.00120 0.00124 0.00128
-1
1/T [K ]
Figure 5-9 : calcul de Ea , p=1.4 bar, V&C03 H 8 = 50 Nml/min, yC0 3 H 8 = 0.4, X C3 H 8 = 1.9-5.1 %
80 kJ/mol
Cette valeur est inférieure à celle donnée par Biloen et al. sur un catalyseur Pt/Al2O3 :
120 kJ/mol [6]. Elle est cependant suffisamment élevée pour écarter le risque d’une
limitation par le transfert de masse.
Un flux laminaire (le nombre de Reynolds sera calculé plus loin dans ce chapitre) dans ces
« canaux » combiné à un temps de diffusion radial court doit provoquer une DTS étroite.
Un réacteur tubulaire garni de plusieurs type de particules et des fibres a été installé, cf.
chapitre 3.2.1, page 43.
1.2
10%Ar/N 2 100%N 2 1.0
1.0
0.6
0.6 Signal mesuré
F [-]
F [-]
0.4 0.4
0.2
0.2
0.0
0.0
-25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25
Figure 5-10 : signal d’entrée et de sortie normalisés. Le signal de sortie est interpolé par
l’Equation 5-24, 25°C, 1 atm, 30 Nml/min
La mesure des DTS s’est déroulée de la manière suivante. Un flux de 10%Ar/N2 (30
Nml/min) circule initialement dans le tube garni (dimensions du lit : longueur 230 mm et
ID = 15 mm). Après stabilisation (contrôlée par le spectromètre de masse), ce flux est
remplacé par 100% d’azote. Un saut indiciel de concentration est obtenu grâce à la vanne
4 voie à l’entrée du tube, cf. (3) sur figure 3-1, page 42.
t + d ln( 2 1 / e − 1) − c
−e
F (t ) = a + b 1 − 1 + exp
Equation
d Equation 5-24
empirique
Paramètres: a, b, c, d et e
E (t ) =
dF (t )
=−
( )
b 1 − (1 + exp(β )) (1 + exp(β )) e exp (β )
−e −e
Equation 5-25
dt d (1 + exp(β ))
où β =
( )
t + d ln 2 1 / e − 1 − c
d
La composition de la phase est analysée à la sortie par MS. Ce signal est normalisé à 1, cf.
Figure 5-10. Puis les paramètres de l’Equation 5-24 (empirique) a, b, c, d et e sont
optimisés afin de correspondre au mieux à la mesure, cf. Figure 5-10 graphique de droite.
Cette équation est ensuite dérivée par rapport au temps t. La courbe obtenue est, par
définition, appelée courbe E(t). Le temps (abscisse) est rapporté au temps de passage. La
forme du pic obtenu informe sur la distribution des temps de séjour dans le réacteur.
82 Chapitre 5: Déshydrogénation sur fibres catalytiques
Plusieurs garnissages différents ont été utilisés (silice et alumine), d’une taille allant de
100 µm à quelques millimètres [7]. Les formes vont de la sphère au cylindre en passant
par le grain irrégulier. La Figure 5-11 présente les DTS. Dans tous les cas, la largeur du
pic est particulièrement plus étroite avec le lit structuré. Ce dernier améliore donc
effectivement l’hydrodynamique dans le catalyseur. Les hypothèses posées sont
confirmées.
3.0
2.5
2.0
E(t) [s ]
-1
1.5
1.0
0.5
0.0
Figure 5-11 : distribution des temps de séjour pour un réacteur tubulaire garni de
différents grains en comparaison avec le lit de fibres (ASF), réponse à un
saut indiciel de 10%Ar/N2 à N2, 25°C, 1 atm, porosités de haut en bas :
0.82 ; 0.71 ; 0.84 ; 0.57 ; 0.55
Cette DTS étroite explique la meilleure sélectivité en propène sur ASF (cf. Tableau 5-2)
car les hauts temps de séjour ont tendance à augmenter les réactions de craquage.
Résolution d’analyse
Le réacteur conventionnel de 6 mm de diamètre intérieur n’a pas pu être utilisé pour les
mesures de DTS. Sa trop petite taille n’a pas provoqué une distribution des temps assez
large pour être analysée par le MS à disposition. En effet, la DTS du MS lui-même est de
5-6 s, cf. Figure 5-12. C’est pourquoi il a fallu agrandir le réacteur. Cette même figure
montre, cette fois, la grande différence de largeur des pics de DTS avec un garnissage de
fibres.
83
0.18
0.16 Réponse MS
DTS avec garnissage de fibres
0.14
0.12
0.08
0.06
0.04
0.02
0.00
-0.02
-30 -20 -10 0 10 20 30 40
Temps [s]
Figure 5-12 : réponse suffisamment rapide du MS pour la mesure des DTS, 25°C, 1 atm,
30 Nml/min
Figure 5-13 : diminution nette des pertes de charge par l’usage de catalyseur structuré
fibreux, 25°C, 1 atm, 120 Nml/min.
Comme démontré, le flux axial est nettement favorisé dans le lit structuré. Ce dernier peut
être assimilé à une série de microcanaux cylindriques et parallèles (avec la même
longueur et le même volume vide total). Il serait intéressant de connaître le nombre de
microcanaux (obtenus par divisions successives d’un seul canal) qui provoquerait la
même perte de charge que ce lit structuré. Le raisonnement est présenté à la Figure 5-14.
La valeur de 7 mbar de perte de charge (dans le lit structuré) pour 120 Nml/min de débit
total a été utilisée dans l’Equation 5-26 pour déterminer le rayon d’un microcanal (le débit
V& à bien-sûr été ajusté à un seul canal).
∆p π r 4
Equation de Hagen-Poiseuille V& = Equation 5-26
8µ L
En voici un résumé :
Il peut être envisagé de remplacer le support initial (aluminoborosilicate) par des filaments
métalliques sur lesquels l’alumine poreuse serait déposée. Des fils de chrome pourraient
également être directement oxydés pour former de l’oxyde de chrome en surface, aussi
actifs pour la déshydrogénation non-oxydante du propane.
Et un courant électrique pourrait passer dans ces fils pour chauffer directement le
catalyseur de l’intérieur. Les gradients radiaux de température seraient ainsi évités. Et la
bonne conductivité du métal diminuerait les gradients axiaux en répartissant la chaleur le
long des fils.
6
Régénération du catalyseur
doit être confirmée par l’installation de thermocouples à différents endroits dans le lit, ce
qui sera fait un peu plus loin dans ce chapitre.
0.05
0.04
0.03
y CO [-]
2
0.02
0.01
0.00
0 30 60 90 120 150
Temps sous O 2 /N 2 [min]
1.0 1.0
0.8 0.8
S(C 3 H 6 ) [-]
0.6 0.6
ère
1 déshydrogénation
X [-]
ème
2 déshydrogénation
ème
0.4 3 déshydrogénation 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
0.20
ère
S ( C H4 ) 1 réaction
ème
S(C 2 H 4 ) 2 réaction
S(C 2 H 6 ) ème
3 réaction
0.15
S [-]
0.10
0.05
0.00
0 50 100 150 200 250
Temps sous propane [min]
Figure 6-3 : évolution des sélectivités après chaque régénération, 550°C, 1.4 bar,
mcat=1.02 g, τ=3.3-3.5 s
0.05
1ère régénération
2ème régénération
3ème régénération
0.04
0.03
y CO [-]
2
0.02
0.01
0.00
0 40 80 120 160 200 240
Temps sous O 2 /N 2 [min]
Lors des trois régénérations, la même quantité de coke a été brûlée, comme le montre la
Figure 6-4. La forme des courbes est effectivement différente mais les aires sous les
courbes sont relativement égales. La quantité de coke formé ne change donc pas suivant
les déshydrogénations successives.
Deux thermocouples ont été placés dans le lit catalytique Pt-Sn/Al2O3 lors de sa première
régénération (suite à une déshydrogénation de 4 heures dans les conditions du chapitre
4.2.4, page 61). Le lit a une hauteur de 45 mm et les thermocouples sont à 15 mm (1/3 du
lit) et 30 mm (2/3 du lit).
La Figure 6-5 présente deux pics de température dans le lit catalytique. Ils apparaissent
décalés dans le temps. Ceci montre à nouveau que la réaction d’oxydation est très rapide
et se déroule sur un front chaud qui avance dans le lit au fur et à mesure que le coke est
brûlé. Après 1/3 du temps total de régénération (120 min), ce front chaud arrive au
premier thermocouple (40 min = 120 / 3 min). Le premier pic apparaît. Puis le front arrive
au second thermocouple (80 min = 120 min ⋅ 2/3). La courbe de CO2 est donc
parfaitement ajustée dans le temps aux profils de température.
0.05 570
565
0.04
T 1/3
T 2/3
560
0.03
T cat [°C]
y CO [-]
555
2
0.02
550
0.01
545
0.00 540
0 30 60 90 120 150
L’augmentation de 10°C est importante. Cela est surprenant car elle est environ 8 fois
supérieure à la baisse de température de la déshydrogénation (-1.3°C, figure 4-4, page 61),
alors que la chaleur de déshydrogénation (par unité de temps, en valeur absolue) est
supérieure à celle de l’oxydation du coke (~150 mW contre ~100 mW, cf. chapitre 6 pour
les bilans thermiques). Ceci est dû à la différence des vitesses de réaction. La
déshydrogénation est plus lente. Le réacteur fonctionne en mode quasi-différentiel et il
91
n’y a presque pas de profil axial de température dans le lit. Le pic est très large mais
moins haut. C’est l’inverse avec la régénération.
En tout état de cause, la hausse de 10°C est tolérable pour le système. Cependant il est
difficile de savoir quelle est la hausse de température à la surface-même des cristallites de
Pt. Elle peut être plus grande que celle observée macroscopiquement. Le risque d’abîmer
(surchauffe) la surface catalytique lors de la régénération reste réel.
0.25 1.0
0.20 0.8
0.15 0.6
S(C 3 H 6 ) [-]
X(C 3 H 8 ) [-]
0.10 0.4
régénération
0.05 0.2
0.00 0.0
0 5 10 15 20 25
Temps [h]
Durant les 3 premiers cycles, la conversion moyenne du propane diminue. Puis elle se
stabilise entre le 4ème et 5ème cycle. La moyenne des conversions et sélectivités a été
calculée, Figure 6-7. L’activité du catalyseur se stabilise en effet vers les derniers cycles,
mais la sélectivité du propène diminue lentement et continuellement. Cette tendance est
exactement l’inverse des catalyseurs Pt/Al2O3 en poudre (cf. Figure 6-2) et Pt-Sn/Al2O3 en
poudre (non représentés). Cette inversion n’est pas expliquée. Dans ce cas, l’éthylène est
nettement favorisé. Sa sélectivité peut atteindre 12% lors du dernier cycle.
Ces résultats montrent que le développement d’un catalyseur stable et actif au cours du
temps est crucial.
92 Chapitre 6: Régénération du catalyseur
1.0
0.9
0.12
0.10
0.8
0.08
0.06 0.7
0.04
0.6
0.02
0.00 0.5
1 2 3 4 5
Nombre de cycles [-]
0.05
ère
1 régénération
ème
2 régénération
0.04 ème
3 régénération
ème
4 régénération
y C O [-]
ème
0.03 5 régénération
2
0.02
0.01
0.00
0 30 60 90 120 150
Temps sous O2/N 2 [min]
Figure 6-8 : oxydation du coke sur catalyseur Pt/AGF en CO2, 550°C, 1.4 bar
La quantité de CO2 diminue régulièrement, ce qui indique que l’oxydation se déroule sur
toute la longueur du lit en même temps et qu’il n’y a, cette fois, pas de front chaud. La
différence par rapport aux catalyseurs en poudre (saut quasiment indiciel de la
concentration de CO2) est certainement due à l’écoulement hautement laminaire dans les
fibres contrairement à la poudre créant plus facilement des turbulences. Une limitation de
la vitesse d’oxydation par le transfert de matière est à supposer.
93
Les régénérations ont toujours été effectuées suite à des déshydrogénations à 100% de
propane. Il se peut qu’avec une fraction molaire de propane plus faible, la formation de
coke soit plus lente (bien que le modèle de Larsson et al. [3] prétende que la fraction
molaire de propane n’influence pas la vitesse de formation du coke). Deux
déshydrogénations ont été réalisées avec respectivement ypropane=1.0 et 0.2.
1.0
0.8
X/X 0 [-]
0.6
0.4
0
y C3 H8
=1
0
y C3 H8
=0.2
0.2
0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps sous propane [min]
Après normalisation sur la conversion initiale, les décroissances peuvent être comparées.
L’activité chute plus rapidement quand le réacteur est alimenté en propane pur, ce qui
était attendu. Il faut environ deux fois plus de temps pour atteindre la même perte
d’activité avec 20% de propane qu’avec 100%.
Mais avec une dilution à 20%, la productivité du réacteur est faible puisque le propylène
formé est dilué. Il n’est donc pas rentable de diluer le propane car dans ce cas, une
dilution d’un facteur 5 n’abaisse que d’un facteur 2 la vitesse de désactivation.
Il est possible que l’activité initiale ne soit pas retrouvée à cause d’une régénération
insuffisante. Pour vérifier si une plus longue régénération (au-delà de la durée nécessaire
pour ne quasiment plus observer de CO2 à la sortie du réacteur) permet de retrouver
l’activité du catalyseur neuf, deux traitements à l’oxygène différents ont été effectués
successivement sur un catalyseur 1%Pt/ASF :
Afin de pouvoir associer l’activité du catalyseur à la conversion, cette dernière doit être
faible (4% dans ces conditions de travail). La première régénération (1) a permis de
retrouver quasiment la même activité moyenne du catalyseur, Figure 6-10, alors que la
deuxième (2) a abaissé son activité, malgré un temps sous O2 supérieur. Cela indique
qu’une plus longue régénération ne résout pas le problème, au contraire. La perte
d’activité n’est donc pas liée à du coke resté sur le catalyseur, sauf si celui-ci n’est pas
oxydable dans les conditions.
0.10 1.0
0.08 0.8
0.06 0.6
X [-]
S [-]
0.04 0.4
0.00 0.0
0 50 100 150
Temps sous propane [min]
Figure 6-10 : inefficacité d’une régénération à l’oxygène plus longue sur l’activité du
catalyseur Pt/ASF, 550°C, 1.4 bar, τ=22.7 s
Deux expériences ont été réalisées. L’une est une succession de cycles composés d’une
déshydrogénation et d’une régénération à l’air. Pour l’autre, les cycles comprennent en
plus l’étape de réduction. Les durées sont les suivantes :
Cycle A Cycle B
H2 5% - 10 min
Il est nécessaire d’avoir une conversion éloignée de l’équilibre pour pouvoir juger
l’activité du catalyseur. Les conditions expérimentales sont donc :
4 cycles ont été répétés successivement avec le même catalyseur. La Figure 6-11 présente
chaque déshydrogénation. Le temps est arbitraire. Les conversions sont normalisées à 1
sur la valeur initiale qui vaut environ 0.1. Il apparaît clairement que l’addition de la
réduction n’a pas d’effet favorable sur l’activité. Après le premier cycle, la régénération
est meilleure mais par la suite, la situation est pire. L’oxydation de la surface n’est donc
pas en cause.
1.00
0.95
0.90
X(C 3H 6 )/X 0(C 3H 8)
0.85
0.80
0.75
0.70
sans réduction intermédiaire
0.65 avec réduction intermédiaire
0.60
0 20 40 60 80 100 120 140
Temps sous propane [min]
Ces deux alternatives ont été expérimentées et décrites ci-après et au chapitre 6.2.6.
Tout d’abord, un nouveau catalyseur a été préparé. Les conditions de travail sont les
suivantes :
Tr = 550°C
pr = 1.4 bar
mcat = 0.749 g
hcat = 60 mm
τ = 5.1 s
Figure 6-12 : conversion initiale sur catalyseur Pt-Sn/ASF pour chaque cycle, selon deux
temps de déshydrogénation, régénération à 5% O2, 550°C, 1.4 bar, τ=5.1 s
La Figure 6-12 montre qu’avec des déshydrogénations de 8 minutes, une perte d’activité
du catalyseur subsiste mais devient plus faible. Quantitativement, 6 cycles à 8 min sous
propane font perdre au catalyseur autant d’activité qu’un seul cycle à 240 min sous
propane. Cependant, d’un point de vue de productivité, une seule déshydrogénation de
240 min fournit beaucoup plus de propène que 6 déshydrogénations de 8 min (= 48 min).
Les longs cycles sont donc préférables.
La quantité de coke déposé durant ces 8 minutes est-elle importante ? La Figure 6-13
présente (groupe de courbes du bas) les concentrations en CO2. L’intégration de la
moyenne de ces courbes recense ~200 µmol de CO2 contre ~800 µmol pour les réactions
de 4 heures. Le quart du carbone déposé se fait pendant les 8 premières minutes de la
97
réaction (3% de 240 min). La formation de coke est donc très rapide au début de la
déshydrogénation.
0.06
O2 : 5% 7.5 Nlm/min 15% 20 Nml/min
0.05
ère
1 régénération
ème
2 régénération
0.04 ème
3 régénération
ème
4 régénération
y C O [-]
ème
0.03 5 régénération
2
0.02
240 min C 3 H 8 :
8 min C 3 H 8 :
200 µ mol CO 2
0.00
0 30 60 90 120 150
Temps sous O 2 /N 2 [min]
La Figure 6-14 présente une désactivation irréversible importante après chaque cycle de
déshydrogénation-régénération. La perte d’activité est de surcroît la même (env. 20%)
qu’avec une régénération à O2 5% (cf. Figure 6-12). L’éventuelle hausse de température à
la surface lors de l’oxydation ne semble donc pas responsable de cet effet.
0.12
0.1
0.08
0.04
0.02
0
1 2 3 4 5 6
Numéro d'expérience [-]
Figure 6-14 : perte d’activité du catalyseur Pt-Sn/ASF avec régénération à O2 2%, 550°C,
1.4 bar, τ=2.0
L’impossibilité de retrouver l’activité du catalyseur neuf persiste malgré une plus longue
régénération, malgré une plus faible concentration d’oxygène et malgré des
déshydrogénations plus courtes (sensés limiter le sintering du Pt lors de la régénération).
Cette perte d’activité après chaque cycle ne peut pas être due à la formation d’oxydes de
platine, car ceux-ci n’apparaissent qu’au-dessus de 600°C [1]. L’introduction d’une étape
de réduction au H2 n’a d’ailleurs pas amélioré la situation.
Une raison peut être la formation de coke impossible à oxyder et augmentant à chaque
cycle. Webb al. [4] ont montré que seul 56% du coke déposé sur un catalyseur Pt/Al2O3
pouvait être retiré par traitement à l’O2 à 600°C. Cependant, l’idée que la surface
s’agglomère ou s’altère lentement à 550°C, quels que soient les réactifs, reste valable. Cet
effet a été confirmé par une expérience simple. Deux mesures quasiment identiques ont
été réalisées. L’une consiste en une déshydrogénation d’une heure, suivie d’une
régénération de 35 minutes (5% O2) et d’une autre déshydrogénation. L’autre mesure est
identique sauf que le catalyseur a été maintenu 16 heures sous N2 à 550°C après la
régénération. Il apparaît clairement, Figure 6-15, que cette longue étape sous azote
modifie l’activité du catalyseur. Malgré une régénération identique, la conversion du
99
propane est plus faible comparée à la séquence sans passage sous azote. Ce dernier étant
absolument inerte dans ces conditions, seul la température peut être responsable des
modifications de la surface catalytique.
0.20
0.16
X(C 3 H 6) [-]
0.12
1h C 3 H 6 , 35' O 2 5%, 1h C 3 H 6
0.08 Régénération + évent. N 2 1h C 3 H 6 , 35' O 2 5%, 16h N 2 , 1h C 3 H 6
0.04
0.00
0 20 40 60 80 100 120 140
Temps sous propane [-]
Figure 6-15 : perte irréversible d’activité par traitement à 550°C sous azote, 1.4 bar,
hcat=20 mm, τ=0.86 s, 70 fibres
7
Réacteurs membranaires et
opérations périodiques
Déshydrogénation
Considérons que : - ∆Hr25°C, 1 atm = 124.2 kJ/mol [1]
- Flux de propane = 8 Nml/min ≡ 5.95 µmol/s
- X(C3H8) = 0.2
Il est nécessaire de calculer l’enthalpie de réaction à 550°C. Celle-ci est estimée à l’aide
des capacités calorifiques du propane, du propène et de l’hydrogène, cf. équations 5-20 à
5-22 (page 78).
L’Equation 7-1 selon la loi de Hess permet ensuite de calculer l’enthalpie de réaction à
550°C.
550 + 273
∆H r550°C = ∑ ∫ν i C ip (T ) dT + ∆H r25°C Equation 7-1
i 25 + 273
103
130
129
128
∆ rH [kJ/mol]
127
126
125
124
0 100 200 300 400 500 600
T [°C]
153 mW
Formation du coke
Considérant que : - ∆Hr550°C = 129 kJ/mol [2]
- Vitesse de formation du coke = 0.05 × 0.2 × 5.95 µmol/s =
0.06 µmol/s
la puissance consommée est : 8 mW
Combustion de l’hydrogène
Considérant que : - ∆Hr550°C = -226 kJ/mol [3] adapté à 550°C selon [4]
- Flux d’H2 = 0.95 × 0.2 × 5.95 µmol/s = 1.13 µmol/s
la puissance fournie par l’oxydation est : 255 mW
104 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
Combustion du coke
Il est difficile d’estimer cette puissance car la réaction de combustion du coke n’est pas
régulière. Elle se produit essentiellement au début du cycle. Seul une valeur indicative
sera donc calculée (à 25°C).
Considérant que : - Flux d’air = 5.95 µmol/s à Flux d’O2 = 1.19 µmol/s
- La moitié du O2 environ est consommée pour l’oxydation de H2
- Il reste donc 0.6 µmol/s de O2 pour oxyder le coke
- ∆Hr25°C = -394 kJ/mol [3]
la puissance produite est : 0 à 240 mW
l’énergie nécessaire pour chauffer le propane dépend de sa capacité calorifique. Mais cette
dernière dépend de la température selon l’Equation 5-20 (page 78). Il faut ensuite intégrer
cette fonction selon l’Equation 7-2.
550 + 273
P= ∫C (T ) dT ⋅ n& C3 H 8
C3 H 8
p Equation 7-2
25 + 273
Exothermique Endothermique
Oxydation du coke 0-240 mW Déshydrogénation 153 mW
Oxydation du H2 255 mW Formation du coke 8 mW
Chauffage C3H8 378 mW
Chauffage air 94 mW
Si l’on considère le chauffage des flux entrants (propane et air), le bilan est défavorable.
Par contre si l’énergie des flux sortants est utilisée pour préchauffer ces flux entrants (dans
la réalité, la totalité de l’énergie ne peut cependant pas être récupérée), les 255 mW de
l’oxydation de l’hydrogène sont amplement suffisants pour subvenir à la
déshydrogénation et à la formation du coke (161 mW). Le procédé industriel devrait donc
utiliser des échangeurs de chaleur pour récupérer la chaleur des produits de réaction. Le
bilan serait alors positif à 0-240 + 255 - 153 - 8 = 94-334 mW de chaleur fournie.
Ce bilan ne tient pas compte des pertes de chaleur vers l’environnement. A l’échelle de
laboratoire, celles-ci sont grandes vis-à-vis de la puissance de la réaction. Il faut 70 W
pour stabiliser le réacteur en utilisant une isolation efficace, à comparer aux ~100-300
mW fournis par le réacteur (300 × plus).
Dans le cadre de cette étude, le réacteur sera toujours chauffé par une résistance
électrique. C’est à l’échelle industrielle (où plusieurs réacteurs membranaires peuvent être
juxtaposés) que le système peut être autotherme. Là, le volume total des réacteurs est
supérieur et la surface d’échange avec l’environnement est moindre (par unité de volume).
C’est donc uniquement en mettant à grande échelle le réacteur membranaire que la
chaleur fournie chimiquement permettrait de garder le système à sa température de travail.
Le transport de l’hydrogène de la zone I à la zone II (cf. figure 2-12, page 28) peut être
décomposé comme suit [5] :
Scherer [6] a étudié le flux d’hydrogène à travers une membrane en tout point identique à
celle utilisée dans ce travail (multitubulaire). L’Equation 7-4 a été déduite de mesures de
flux empiriquement.
−327
p I − p II
F = 4.08 ⋅ 10 −8 e T
e memb
[mol m −2
s −1 ] Equation 7-4
Où : T température [K]
ememb épaisseur de la membrane [m]
pI,II pression partielle de H2 dans les zones I & II [Pa]
Cette équation fait bien intervenir les pressions partielles d’hydrogène à la puissance 0.5.
[
F = k d C H 2 mol m −2 s −1 ] Equation 7-5
Afin d’évaluer la performance des tubes membranaires de 1.6 mm, la situation suivante a
été modélisée : les tubes sont alimentés en hydrogène dilué dans de l’azote. Les gaz
circulent dans le tube et, au fur et à mesure, le H2 diffuse au travers de la membrane
jusqu’à ce que sa concentration soit nulle. La concentration de H2 en dehors de la
membrane est fixée à zéro. Ce modèle considère pour l’instant que la vitesse de diffusion
des gaz à l’intérieur du tube est suffisante pour qu’il n’y ait pas de gradients radiaux de
concentration.
.
C0H 2, V0
z
Tube
membranaire
.
dz nmH 2
.
C H 2, V
Figure 7-3 : modélisation d’un tube membranaire afin d’estimer le profil axial de
concentration de H2
- Le flux total dans les 16 tubes est de 37.5 Nml/min (2.3 Nml/min par tube)
- La fraction molaire du H2 = 0.2
- Porosité du catalyseur = 0.83
- kd = 0.03 mol½ m-½ s-1
- Pression totale = 1.4 bar, température = 550°C
108 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
Le bilan de matière sur H2 définit le modèle (Equation 7-6) et l’Equation 7-7 exprime la
vitesse débitante variable selon la concentration de H2.
dC H 2 ( z ) du ( z ) 4k d
u( z) + C H 2 ( z) =− CH2 Equation 7-6
dz dz d mem ⋅ ε
1 − y H0 2
u( z) = u 0
1− y 0 CH2 Equation 7-7
H2
C H0 2
C(H 2) [mol/m ]
3
3
0
0.0000 0.0004 0.0008 0.0012 0.0016
z [m]
Figure 7-4 : profil de concentration d’hydrogène dans un tube membranaire de 1.6 mm,
550°C, 1.4 bar, 20% H2 dans N2, débit total 2.3 Nml/min
L2
τd = Equation 7-8
D
Le coefficient de diffusion est très variable selon les gaz et surtout selon la température.
Une équation basée sur la théorie de diffusion dans des systèmes binaires à basse et
moyenne pression est fournie par Reid et al. [4]. Elle a été utilisée pour déterminer le
coefficient de diffusion de l’hydrogène dans N2 à 550°C et 1.4 bar précisément. La valeur
est :
Le temps caractéristique de diffusion vaut donc (L = 0.8 mm) dans l’azote 2 ms. Ceci est
plus de deux cents fois inférieur au temps de passage ci-dessus. On en conclut donc que
l’étape limitante du transfert d’hydrogène est bien le passage dans la membrane et que le
modèle est réaliste. La diffusion radiale du H2 dans N2 n’est pas contraignante. Le profil
de la Figure 7-4 est donc proche de la réalité.
110 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
Malgré ces résultats indiquant que la perméabilité de la membrane est théoriquement très
grande, il convient de vérifier cela expérimentalement par une procédure simple.
L’opération consiste à envoyer, à 550°C, dans la zone I (cf. figure 3-3, page 46) les 37.5
Nml/min de H2 20%. La zone extérieure (zone II) est alimentée à co-courant en azote à
375 Nml/min. Les 16 tubes sont dans ce cas garnis de chacun 4 brins non imprégnés
(aluminoborosilicate) sur toute leur longueur. La porosité est de 0.84. L’idée est de
contrôler si après le passage dans les tubes, la concentration de H2 s’est équilibrée entre
les deux flux. Vu le rapport de 10 entre eux, la fraction molaire finale théorique est de
1.83% de chaque côté.
1.91 1.89
1.5
Fraction
1
molaire [-]
0.5
0
Zone I Zone II
Figure 7-5 : fractions molaires de H2 après équilibrage dans les tubes membranaires,
550°C, 1.4 bar, 37.5 Nml/min H2 20% dans zone I, 375 Nml/min N2 dans
zone II, co-courant
Le débit de 37.5 Nml/min représente un temps de passage de 3.5 s sur une longueur de
membrane de 180 mm. Ce temps de passage est volontairement plus court que celui qui
111
La Figure 7-5 présente les deux fractions molaires de sortie. Les valeurs des zones I & II
sont respectivement 1.91% et 1.89%. Malgré une moyenne légèrement au-dessus
de 1.83% (attribuée aux petites erreurs de calibrage GC), on constate que l’équilibre est
bien atteint. Il a donc aussi été démontré expérimentalement que les membranes de
1.6 mm de diamètre sont tout à fait efficaces pour retirer l’hydrogène de synthèse lors des
futures déshydrogénations.
.
n 0 C3H8
Tube membranaire
garni du catalyseur
z
.
dz n m H2
C C3H 8 ,
C C3H6 , C H2
Définition du modèle
kr
C3H8 C3 H 6 + H 2 Equation 7-9
kr-1
[C 3 H 6 ][H 2 ] [mol / m ]
Ke = 3
[C 3 H 8 ] Equation 7-10
F = kd CH2 =
kd
p H2 [mol / m 2
/s ] Equation 7-11
RT
• La pression est constante dans le réacteur. Il n’y a donc pas de gradient de pression
dans le lit. Ceci reste admissible puisque la perte de charge dans le lit est de
quelques dizaines de mbar, contre 1400 mbar de pression absolue.
La considération d’un système isobare compliquera la résolution mathématique des
équations différentielles du modèle.
• Il n’y a pas de profils de concentration radiaux, le réacteur est du type piston. Ceci
est tout à fait acceptable vu que le garnissage structuré assure un écoulement
homogène des gaz et que le temps caractéristique de diffusion est de l’ordre de
quelques dizaines de millisecondes.
113
dC p ( z ) du ( z ) k
u( z) + C p ( z) = −k r ⋅ C p ( z ) + r C y ( z ) ⋅ C h ( z ) Equation 7-12
dz dz Ke
dC y ( z ) du ( z ) k
u( z) + C y ( z) = k r ⋅ C p ( z ) − r C y ( z) ⋅ C h ( z ) Equation 7-13
dz dz Ke
dC h ( z ) du ( z ) k 4k
u( z) + C h ( z) = k r ⋅ C p ( z) − r C y ( z) ⋅ C h ( z) − d C h ( z) Equation 7-14
dz dz Ke dε
C p ( z) + C y ( z) + Ch ( z)
u( z) = u 0 Equation 7-15
C p ( z) + C y ( z)
1.0
½ -½ -1
Avec membrane (k d =0.03 mol m s )
20
½ -½ -1
Sans membrane (k d =0 mol m s )
0.8
15
0.6
X(C 3H 8) [-]
C [mol/m ]
3
C 3H 8
C 3H 6
X 10
0.4
C 3H 8
X 5
0.2
H2 & C 3H6
H 2 × 1000
0.0 0
0.00 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
Longueur z [m]
1.0
0.8
X(C 3H 8) 70 mm [-]
0.4
0.0
0.000 0.005 0.010 0.015 0.020 0.025 0.030
½ -½ -1
k d [mol m s ]
Une autre simulation avec un kd = 0.003 mol½ m-½ s-1 (10 fois inférieur) provoque une
conversion de 76%, soit 2% de moins. La perméabilité de la membrane n’est pas le
facteur limitant. Il s’agit dans ce cas de la vitesse de déshydrogénation. D’ailleurs, la
dépendance de la conversion selon la perméabilité de la membrane a été estimée et
représentée graphiquement à la Figure 7-8. C’est seulement en dessous de
0.003 mol½ m-½ s-1 que la perméabilité affecte la conversion et que la concentration
d’hydrogène augmente dans le réacteur.
Les simulations indiquent donc que, si l’activité catalytique dans le réacteur membranaire
est la même que dans le réacteur en quartz, de très hautes conversions peuvent être
atteintes dans un réacteur d’environ 10 cm de long seulement.
Air ou azote
H2
Propane
Mais l’adjonction d’une membrane en alliage de palladium peut avoir un effet secondaire.
Il s’agit de son activité catalytique. En effet, le Pd peut catalyser la déshydrogénation. Une
mesure a donc été réalisée pour déceler une éventuelle influence.
116 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
Le catalyseur a été remplacé par des fibres non imprégnées donc non actives. Seule la
membrane de palladium-argent peut avoir un effet catalytique. Les conditions
expérimentales sont les suivantes :
La conversion du propane est très faible (0.5%). Les produits principaux sont le propène
et l’éthène. L’effet de la membrane est donc négligeable lors des déshydrogénations.
0.006 0.5
0.005
0.4
0.004
0.3
X [-]
0.003
S [-]
0.2
0.002
X(C 3 H 8 )
S(C 3 H 6 )
0.1
0.001 S(Methane)
S(Ethylene)
0.000 0.0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps [min]
Figure 7-10 : très faible activité de la membrane Pd-Ag sur la déshydrogénation, 550°C,
1.4 bar, τ=14.5 s
Les 16 tubes membranaires ont été remplis par 4 brins catalytiques d’une longueur de
135 mm. Ces lits sont placés dans la partie inférieure des tubes afin que l’hydrogène ne
puisse plus traverser la membrane lorsqu’il quitte le lit.
La porosité a été calculée d’après l’équation 5-1 (page 70) et vaut 0.84. Dans ce calcul, les
effets de bord sont négligeables puisque les fibres sont souples et se répartissent de
manière homogène dans le tube.
température qui serait provoquée par l’oxydation du perméat et qui modifierait les
conditions réactionnelles.
Cette déshydrogénation a été comparée à une réaction identique sans membrane (réalisée
dans un tube en quartz avec la même vitesse débitante et le même temps de passage). Afin
d’obtenir la même porosité, l’équation 5-1 a à nouveau été utilisée. Il a fallu placer 67
fibres dans le tube de quartz de 6 mm de diamètre intérieur.
Le débit de propane est de 5.4 Nml/min et celui de l’azote circulant dans la zone II est de
114 Nml/min. Ce débit est suffisant pour bien diluer le perméat mais pas trop important,
ce qui risquerait de faire baisser la température de la zone II par ventilation. Les gaz
circulent à co-courant.
0.35 1.0
0.30
0.8
0.25
X(équilibre)
0.6
0.20
X [-]
S [-]
0.15
0.4
0.10 X(Propane)
S(Propène)
0.2
0.05 avec membrane
sans membrane
0.00 0.0
0 30 60 90 120
Temps [min]
Figure 7-11 : comparaison des déshydrogénations avec et sans membrane, 550°C, 1.4 bar,
perméat dilué avec de l’azote, catalyseur Pt-Sn/ASF, τ=19 s
Force est de constater que la conversion est plus faible dans le réacteur membranaire,
alors que l’on s’attendait à une augmentation par suppression de la réaction en retour.
Sheintuch et Dessau [7] reportent que l’absence d’hydrogène dans la phase gazeuse du lit
diminue l’activité du catalyseur à cause d’une cinétique dépendant de la concentration de
H2. Lok et al. [8] ont proposé un mécanisme de déshydrogénation de l’isobutane :
118 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
2 HZ H2 + 2Z Equation 7-19
Z : site actif
L’hydrogène n’a pas de rôle cinétique dans ce mécanisme et n’influence la conversion que
du point de vue thermodynamique (équilibre). Un défaut d’hydrogène conduit selon ce
schéma à une plus grande adsorption des groupes d’hydrocarbures et favoriserait la
formation de l’oléfine.
Si ce mécanisme est transposable au propane, la faible conversion n’est due qu’à une
modification des propriétés du catalyseur et non à la réaction. L’hydrogène, quand il est
présent, peut jouer un rôle de réducteur de la phase active.
En outre, la désactivation du catalyseur est plus rapide dans le réacteur membranaire. Ceci
peut être expliqué par le schéma de la figure 2-7 (chapitre 2.1.3, page 19). En effet,
Larsson et al. [9] précisent que la présence d’hydrogène permet de diminuer la formation
de coke par réduction de ses précurseurs. Cet effet est confirmé par Ertl et al. [10] qui
prétendent que lorsque l’hydrogène est présent dans le mélange réactionnel, il contribue à
diminuer la désactivation du catalyseur par réduction des dialcènes et autres précurseurs
de coke (par « spillover » de l’hydrogène du Pt sur les composés carbonés de la surface).
Quant à la sélectivité du propène, celle-ci passe de 0.94 à 0.98, ce qui est un gain non
négligéable. Matsuda et al. [11] reportent qu’en quasi-absence d’hydrogène, les réactions
indésirables comme l’hydroisomérisation ou l’hydrogènolyse sont supprimées. Une autre
étude évoque également cet effet [12] : l’hydrogène n’étant pas disponible pour des
réactions parallèles, la production de méthane, qui limite la sélectivité du propène dans un
réacteur conventionnel, est nettement moins importante dans un réacteur membranaire.
- le temps de passage ou
- la température ou
- la concentration d’hydrogène dans le lit.
Le système est identique à celui du chapitre 7.4.2, sauf que le flux d’azote est remplacé
par 12.2 Nml/min d’air. Ce flux est largement suffisant pour oxyder tout le H2 formé
malgré une éventuelle haute conversion. Dans ce cas, aucun hydrogène n’a été détecté à la
sortie du réacteur durant le déshydrogénation. Il a donc efficacement été oxydé par l’air.
La Figure 7-12 présente le même type de courbes que ci-dessus. La conversion moyenne
avec oxydation du perméat est toujours faible. Mais la sélectivité en propène dans le
réacteur membranaire est encore supérieure (98%) à celle du réacteur conventionnel. Dans
tous les cas, elle est nettement supérieure aux sélectivités des procédés industriels cités au
chapitre 2.1.4 (page 22) qui sont de 80-90%.
0.35 1.0
0.30
0.8
0.25
X(équilibre)
0.6
0.20
X [-]
S [-]
0.15
0.4
0.10
X(Propane)
S(Propène)
0.2
0.05
avec membrane
sans membrane
0.00 0.0
0 30 60 90 120 150
Temps [min]
Figure 7-12 : comparaison des déshydrogénations avec et sans membrane, 550°C, 1.4 bar,
perméat oxydé par 12.2 Nml/min d’air, catalyseur Pt-Sn/ASF, τ=19 s
Une mesure identique au chapitre 7.2.3 (Essais de perméabilité) a été réalisée après 140
minutes de déshydrogénation. Du coke peut se former sur la membrane catalytiquement
active et diminuer sa perméabilité. On a vu qu’une diminution d’un facteur 10 de ce
paramètre n’affecte théoriquement pas la réaction. Quoiqu’il en soit, les fractions molaires
de H2 se sont à nouveau bien égalisées dans le réacteur, ce qui indique que la perméabilité
est toujours très bonne.
De l’air dilué a été envoyé dans le lit catalytique ayant servi à la déshydrogénation.
L’intégration du CO2 formé permet d’estimer la quantité de coke déposé pendant la
déshydrogénation ci-dessus. Cette évaluation a été comparée au réacteur conventionnel,
cf. Figure 7-13.
Il apparaît clairement qu’environ le double de coke est retiré du catalyseur après une
déshydrogénation dans le réacteur membranaire. Le manque d’hydrogène provoque bien
une augmentation de formation de coke sur le catalyseur. Ceci confirme les observations
faites sur la Figure 7-11.
0.016
Réactif: 2% O2 5% O 2 16% O2
0.014
0.008
2
0.006
0.004
0.002
0.000
0 30 60 90 120 150 180 210 240
Temps [min]
Il s’agit dans ce cas de jouer sur la diffusion radiale du H2 dans le lit catalytique. En effet,
malgré l’important coefficient de diffusion de l’hydrogène dans le propane, le transfert ne
se fait probablement pas aussi facilement dans le lit : les fibres présentent une certaine
tortuosité et résistance au passage du gaz. L’idée consiste à augmenter le diamètre du tube
membranaire pour conserver une quantité minimale de H2 dans le catalyseur. Le chemin à
parcourir pour le H2 est plus grand, le rapport surface/volume de la membrane est diminué
et un profil de concentration apparaît du milieu du tube jusqu’à son bord. Bien sûr, la
concentration n’est pas homogène puisque le centre sera plus riche en H2 que la
circonférence mais toute présence d’hydrogène en petites quantités est la bienvenue.
Catalyseur microstructuré
Alimentation zone II
Alimentation
zone I
Dans un premier temps, la zone II ne sera pas garnie de catalyseur car seul une
déshydrogénation dans la zone I sera réalisée.
Le débit de propane est de 5.4 Nml/min et celui de l’air circulant dans la zone II est de
12.2 Nml/min.
0.35 1.0
X(Propane)
0.30 S(Propène)
monotubulaire 0.8
0.25 multitubulaire
X(équilibre) sans membrane
0.6
0.20
X [-]
S [-]
0.15
0.4
0.10
0.2
0.05
0.00 0.0
0 30 60 90 120 150
Temps [min]
La conversion de propane au début de la réaction dépasse cette fois-ci l’équilibre. Elle est
environ doublée par rapport à celle du réacteur multitubulaire. L’augmentation du
diamètre de la membrane a donc effectivement amélioré la conversion. La fraction
molaire d’hydrogène analysé à la sortie de la zone I (déshydrogénation) est d’environ
2-3%, cf. Tableau 7-1, alors qu’à la sortie du réacteur multitubulaire, aucune trace de H2
n’avait été décelée.
Le but est donc atteint, même s’il ne s’agit pas ici d’une optimisation des dimensions du
réacteur. Il a été montré que son diamètre influence grandement sa productivité.
d’hydrogène à la sortie du réacteur suivent ce même ordre (cf. Tableau 7-1) : cette
sélectivité est donc aussi étroitement liés à la présence d’hydrogène confirmant la théorie
des réactions d’hydroisomérisation et d’hydrogènolyse du chapitre 7.4.2.
Il faut ajouter que s’il reste une petite quantité d’hydrogène au milieu du lit (sur l’axe
central), il s’y produira une expansion de volume. Cela risque de faire varier le temps de
séjour selon la coordonnée radiale dans le réacteur et d’élargir la DTS. Mais dans les
conditions ci-dessus, cet effet est faible (<4%) et n’aura que peu d’effet.
Afin d’augmenter la conversion, il est possible d’allonger le temps de réaction. Ceci a été
réalisé en diminuant le débit de propane de 5.4 Nml/min à 2.0 Nml/min. Le temps de
passage passe de 19 s à 43 s. Les résultats sont présentés à la Figure 7-16.
1.0 0.4
0.8
X(C 3H 8), S(C 3H 6) [-]
X(C 3 H 8 ) 0.3
τ = 19 s
S(C 3 H 6 )
τ = 43 s
Y(C 3H 6 ) [-]
0.6 Y(C 3 H 6 )
0.2
0.4
0.1
0.2
0.0 0.0
0 25 50 75 100 125 150
Temps sous propane [min]
Les sélectivités des produits secondaires (méthane, éthane, éthène) sont toutes
augmentées, cf. Figure 7-17.
0.20
0.10 S(CH 4 )
τ = 19 s
S(CH 4 )
τ = 43 s 0.16
S [-] S(C 2 H 4 )
0.05
0.12
0.00
0.08
S [-]
-0.05
0.04
-0.10 0.00
0 25 50 75 100
Temps [min]
Figure 7-17 : sélectivités des produits secondaires de déshydrogénation, 550°C, 1.4 bar,
perméat oxydé par 12.2 Nml/min d’air, catalyseur Pt Sn/ASF
Une réaction à 600°C a été réalisée dans le réacteur monotubulaire dans des conditions
identiques aux mesures ci-dessus, avec un débit de propane de 2.0 Nml/min. Dans ces
conditions, la conversion à l’équilibre est de 42%.
1.0 0.5
0.8 0.4
X(C 3H 8), S(C 3H 6) [-]
X(C 3 H 8 )
600°C
S(C 3 H 6 )
Y(C 3H 6 ) [-]
0.6 550°C
Y(C 3 H 6 )
0.3
0.4 X(équilibre)
600 ° C 0.2
0.2 X(équilibre)
550°C
0.1
0.0 0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps [min]
Selon la Figure 7-18, une conversion de 60% est obtenue en début de réaction à 600°C
mais elle chute alors rapidement. De plus, la sélectivité du propène est particulièrement
faible (70-80%) toujours à cause de l’augmentation des produits de craquage.
Si l’on considère que les produits secondaires sont peu valorisables, la sélectivité du
propène est une priorité. Il n’est donc pas intéressant de travailler à 600°C.
Des thermocouples ont été placés contre la paroi intérieure du tube membranaire. Ils ont
un diamètre de 0.5 mm, ce qui garantit une mesure ponctuelle et précise, avec un temps de
réponse très court.
Les variations de température ont été relevées au cours d’une déshydrogénation avec
oxydation du perméat dans la zone II. Mais la régulation du four risque dans ce cas de
compenser la hausse de température. La mesure serait alors faussée. Pour parer à ce
problème, une puissance constante (sans régulation) a été fournie au four pour le stabiliser
à 550°C sans réaction (système sous azote).
Dès le passage sous propane, les profils de températures marquent d’abord une rapide
augmentation, cf. Figure 7-19. Puis, après le passage par un maximum, les températures se
stabilisent ~4°C au dessus de 550°C. Après le passage sous inerte (N2), la température
redescend de quelques degrés.
126 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
T [°C]
560 550 570
1
T [°C]
Figure 7-19 : profils de température à la membrane selon trois hauteurs (1: 26/105 mm ;
2: 52/105 mm ; 3: 78/105 mm), 1.4 bar, τ = 13 s
La principale conclusion est que le bilan énergétique est favorable dans le réacteur,
comme prévu au chapitre 7.1, car les variations de température sont toujours positives :
l’oxydation de l’hydrogène fournit plus d’énergie que la déshydrogénation n’en
consomme.
Membrane Membrane
0 0
Il faut préciser ici que la zone II est purgée à l’air environ 10 minutes avant le début de la
déshydrogénation. De l’oxygène a donc tout le temps d’uniformiser sa concentration et de
s’adsorber sur la membrane. Le pic de température pourrait alors s’expliquer selon le
schéma de la Figure 7-20 : au début de la déshydrogénation, l’hydrogène arrive jusqu’à la
membrane, la traverse rapidement à cause du fort gradient de concentration de part et
d’autre du métal, puis rencontre une grande quantité d’oxygène (adsorbé ou en phase
gazeuse). La production de chaleur est très grande. Ensuite, les ressources d’oxygène à la
surface s’épuisent et l’oxydation est limitée par la diffusion radiale d’O2. Le système a
plus de raison d’être limité par la diffusion de O2 que de H2 car le coefficient de diffusion
de l’hydrogène dans le propane est 2.2 fois supérieur [4] à celui de l’oxygène dans l’azote
(550°C, 1.4 bar).
Une autre explication pourrait être la chaleur de dissolution de l’hydrogène dans l’alliage
de palladium, mais aucune données n’indique si ce processus est exothermique. Quoiqu’il
en soit, les mesures qui suivent vont clarifier la situation.
580
575 O2
570
Air
565
T [°C]
560
555
550
545
540
0 5 10 15 20 25 30
Temps [min]
Une autre expérience consiste à alimenter la zone II en oxygène plus tard afin de limiter
ou de supprimer sa présence préalable (adsorption). La Figure 7-22 indique un saut de
température nettement inférieur si l’oxygène est introduit environ 1 minute seulement
128 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
avant la déshydrogénation au lieu de 10. Ce pic est donc bien dû à la présence préalable
d’oxygène sur la membrane.
A long terme, les températures ne s’égalent pas car, entre les deux déshydrogénations, le
catalyseur a été régénéré sans retrouver son activité initiale. La conversion et la
production de chaleur sont donc plus faibles lors de la seconde mesure cependant,
proportionnellement, les pics restent d’une amplitude très différente.
560
558
d'oxygène
554
10 min
1 min
552
550
548
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Temps [min]
En conclusion, le bilan énergétique des réactions est positif, c’est-à-dire qu’il reste de la
chaleur malgré l’endothermie de la déshydrogénation. Mais cette chaleur n’augmente que
très faiblement la température du système à cause de l’isolation insuffisante du réacteur. A
l’échelle de laboratoire, les pertes de chaleur sont très difficiles à minimiser mais à une
plus grande échelle, il pourrait être envisagé de chauffer le système par cet excédent
d’énergie. Dans ce cas, la chaleur des flux sortant du réacteur devrait être transmise aux
flux entrants.
de comparer les déshydrogénations dans les zones I et II. En effet, même si le volume du
lit catalytique, sa longueur et sa masse sont identiques, sa forme géométrique ne l’est pas.
Le lit de la zone I a une section en forme de disque alors que celui de la zone II a une
section annulaire. Il est possible que le transfert d’hydrogène jusqu’à la membrane soit
plus important dans la zone II car l’épaisseur du lit est inférieure.
Deux déshydrogénations ont été réalisées de manière indépendante [13] : l’une dans la
zone I et l’autre dans la zone II. Les conditions de travail sont :
Seul 30 fibres ont été utilisées. Ceci pour deux raisons. Premièrement, il est plus difficile,
techniquement, d’installer les brins dans la zone II de manière homogène et un trop grand
nombre augmente la résistance lorsque le lit est tiré dans le réacteur (risque de casse des
brins). Secondairement, pour disposer plus de fibres, il aurait fallu fabriquer une nouvelle
série de tissu catalytique sans garantie de conserver la même activité.
0.30 1.0
0.25
0.8
0.20
0.6
S [-]
Zone I
X [-]
0.15
Zone II
0.4
0.10
0.2
0.05
0.00 0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps sous propane [min]
Figure 7-23 : conversion plus faible du propane dans la zone II, 550°C, 1.4 bar, τ = 17 s,
perméat oxydé par 15 Nml/min d’air
130 Chapitre 7: Réacteurs membranaires et opérations périodiques
La conversion de propane est plus faible dans la zone II, cf. Figure 7-23. Ceci peut
s’expliquer par un meilleur transfert de l’hydrogène hors de la zone à cause de la forme
annulaire du lit. L’épaisseur de ce dernier est relativement faible (1.2 mm) par rapport au
rayon de la zone I (3 mm). D’ailleurs, on constate en moyenne 6% de H2 à la sortie de la
zone centrale, contre 0.7% à la zone extérieure.
Une autre raison peut être l’existence de canaux préférentiels d’écoulement raccourcissant
le temps de réaction. Une bonne distribution des fibres dans la zone II est difficile car le
tube membranaire n’est pas totalement rectiligne (suite aux soudures).
La géométrie du lit catalytique a donc une influence sur la performance du réacteur. Pour
la zone centrale, la conversion de propane est favorisée par l’usage de la membrane, mais
pour la zone extérieure, le manque d’hydrogène se fait ressentir. Une optimisation de la
géométrie du réacteur (utilisation d’une membrane plane par exemple) pourrait résoudre
ce problème.
Les fibres catalytiques ont cette fois-ci été installées dans les deux zones du réacteur en
même temps [13]. Dans la zone I, le catalyseur issu de la déshydrogénation de la Figure
7-23 est resté à sa place sans régénération. Dans la zone II, le catalyseur a été régénéré
afin de permettre la première déshydrogénation.
0.20 1.0
0.16 0.8
Zone I
Zone II
0.12 0.6
X(C 3H 8) [-]
S(C 3H 6) [-]
0.08 0.4
0.04 0.2
0.00 0.0
0 200 400 600 800 1000
Temps [min]
Le fonctionnement est périodique, c’est-à-dire que les flux d’alimentation sont inversés
cycliquement. La durée d’un cycle est de 170 minutes. L’inversion des alimentations se
fait donc toutes les 85 minutes. Les conditions réactionnelles sont identiques aux mesures
ci-dessus. De l’air est injecté dans la zone de régénération pour oxyder simultanément le
coke et l’hydrogène.
La Figure 7-24 présente les conversions de propane et les sélectivités en propène dans
chaque zone. Il est étonnant de voir que les conversions sont, cette fois-ci, très similaires
d’une zone à l’autre pour un même cycle. Peut-être que la présence des fibres de chaque
côté de la membrane (ce qui n’était pas le cas à la Figure 7-23) a freiné l’oxydation de
l’hydrogène (diffusion gênée de l’O2 dans les fibres) et que l’activité catalytique dans la
zone II a pu en profiter. Les analyses des gaz à la sortie des zones I & II confirment en
tout cas cette fois la similitude des concentrations de H2 (moins de 10% de différence). La
sélectivité en propène est très bonne (95%) et elle reste stable.
570
565
Début déshydrogénation
dans zone II
560
T r [-]
Début déshydrogénation
dans zone I
555
550
545
350 400 450 500 550 600 650 700
Temps sous propane [min]
Par soucis de clarté, seul deux cycles sont représentés. Le saut initial de température est
présent car le débit d’air est environ 3 fois supérieur à celui du propane. L’oxygène a donc
un peu de temps pour s’adsorber sur la membrane et provoquer cet effet transitoire avant
que les premières molécules de H2 ne traversent la membrane. La différence d’intensité
est simplement due au fait que le thermocouple se trouve du côté intérieur de la membrane
(zone I) : lorsque l’oxydation se passe dans la zone II, la membrane fait écran au
thermocouple et amoindrit le saut de température par diffusion de la chaleur.
Outre ces petits pics initiaux, il est difficile de tirer des conclusions sur les variations de
température en général, d’autant plus qu’ici, la régulation du four risque de les amoindrir.
Mais il a déjà été démontré que le système produit plus de chaleur qu’il n’en consomme.
En conclusion, les opérations périodiques montrent que l’intégration complète des deux
catalyseurs offre des performances tout aussi bonnes que dans chaque zone
individuellement. Le comportement du réacteur est très similaire aux opérations
transitoires non-périodiques. La stabilité du catalyseur mérite cependant d’être optimisée.
Quant à la sélectivité du propène, elle est toujours supérieure (94-98%) à celle des
procédés industriels (80-90%). Les variations de température correspondent à ce qui était
attendu par bilan thermique, à l’exception du saut initial.
8
Conclusions
Le premier objectif de cette étude était le développement d’un nouveau type de lit
catalytique structuré, d’une conception analogue aux microstructures rencontrées dans les
récents travaux de recherche. Un tel garnissage microstructuré a pu être réalisé en
disposant en parallèle de longs et fins filaments catalytiques. Ces filaments sont issus de
fibres de silice et recouverts de γ-alumine. En installant une multitude des ces filaments
dans un réacteur tubulaire, un lit anisotrope a pu être créé, forçant les gaz à circuler le
long de la coordonnée axiale du tube. L’espace moyen entre les filaments a été déterminé
par des mesures de perte de charge et est égal à 70 µm provoquant un écoulement
laminaire (Re<1). Ces faibles distances impliquent aussi des temps de diffusion radiale
très court, plus précisément inférieurs à la milliseconde. Les espaces interstitiels entre les
filaments sont donc semblables à des microcanaux tels qu’on les rencontre dans certaines
microstructures. A l’exception près que les microcanaux du lit fibreux communiquent
entre eux autorisant une diffusion moléculaire radiale dans le réacteur, ce qui n’est pas le
cas dans les microstructures. Cette caractéristique a été indispensable dans l’optique du
réacteur membranaire.
Ce nouveau type de garnissage apporte donc une contribution significative dans le secteur
de la catalyse hétérogène. Il ouvre de nouvelles portes au domaine du développement de
procédés puisqu’il peut être utilisé pour une multitude de réactions en améliorant les
conditions hydrodynamiques et en garantissant un excellent contact avec les réactifs. En
remplissant un réacteur (monolithe, tube vide, etc.) avec ces filaments, une grande surface
catalytique spécifique est obtenue tout en améliorant l’hydrodynamique. Un brevet
européen a d’ailleurs été déposé à ce sujet.
136 Chapitre 8: Conclusions
Un objectif tout aussi important avec le réacteur membranaire est son fonctionnement
autotherme. L’hydrogène étant oxydé après son passage au travers de la membrane, de la
chaleur est générée le long du lit catalytique. Un bilan des différentes réactions a montré
que si la chaleur des produits sortant du réacteur était récupérée et transmise aux réactifs
entrants, le bilan était positif, c’est à dire que les réactions d’oxydations produisent plus de
chaleur que la déshydrogénation n’en consomme. A l’échelle de laboratoire, les pertes de
chaleur dans l’environnement sont difficiles à minimiser mais à l’échelle industrielle, il
serait envisageable de maintenir le réacteur à sa température de travail grâce à la chaleur
des réactions.
Finalement, un catalyseur a été installé dans les deux zones du réacteur. L’une et l’autre
subissent alternativement la déshydrogénation et la régénération. Il s’agit d’un mode
périodique, puisque les deux flux d’alimentation sont alternés cycliquement. Ce système a
montré qu’il est possible de synthétiser en continu du propène dans le même réacteur tout
en régénérant le catalyseur en parallèle. Dans ces conditions, la conversion de propane
dans les deux zones est identique et correspond à celle qui est obtenue en faisant
fonctionner chaque zone séparément.
Le réacteur développé a donc permis d’atteindre tous les buts, c’est-à-dire un bilan positif
de chaleur confirmé par l’expérience, une production de propène continue avec une
conversion pouvant dépasser l’équilibre, tout en régénérant le catalyseur en parallèle. Un
avantage très attractif du système membranaire est la haute sélectivité en propène qui est
bien au-dessus des valeurs rencontrées dans les procédés industriels. Une optimisation de
la stabilité du catalyseur est cependant encore nécessaire afin d’obtenir un système
utilisable à long terme.
Il s’agit ici donc d’un concept réellement innovant qui, de surcroît, fonctionne avec un
garnissage microstructuré novateur.
138 Chapitre 8: Conclusions
139
Partie II
Application de microéchangeurs de
chaleur à l’oxydation directe du propène
en oxyde de propylène
140
141
9
Introduction
Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, un très grand intérêt est porté à la
miniaturisation des procédés chimiques. Une nouvelle approche du développement de
réacteurs chimique est née : la technologie des microréacteurs. Ces microréacteurs sont
caractérisés par des structures tri-dimensionnelles dont les composants ont une taille
inférieure au millimètre. Plus concrètement, il s’agit d’unités chimiques comme les
microéchangeurs de chaleur, les micromélangeurs ou les microréacteurs complets. Leurs
avantages sont décrits ci-dessous mais citons d’emblée les microéchangeurs de chaleur
qui autorisent des taux de transfert d’énergie absolument énormes. Ces performances
ouvrent la porte à de nouveaux procédés chimiques irréalisables dans des installations
macroscopiques, notamment au niveau du contrôle des conditions réactionnelles.
« Scale-out »
Les travaux effectués à l’échelle du laboratoire avec des microsystèmes peuvent être
utilisés directement pour l’établissement d’installations industrielles, sans « scale-up ». En
effet, il suffit d’additionner les microréacteurs les uns à côté des autres pour augmenter la
productivité de l’installation (« scale-out »). Les coûts sont ainsi fortement réduits.
D’autre part, si un des éléments venait à se mettre hors d’usage, un remplacement de cette
unité est facile et ne demande que peu d’intervention mécanique. L’installation chimique
devient un outil extrêmement flexible selon les nouvelles demandes [5].
Sécurité
La synthèse de composés toxiques ou explosifs dans un microréacteur permet d’améliorer
considérablement la sécurité. En cas d’accident, d’explosion ou d’interruption de procédé,
seul un faible volume de matière dangereuse est présent dans l’installation [5]. Il ne se
produit qu’un “micro-accident” [2]. Les avantages écologiques de cette méthode sont donc
évidents. De plus, les taux de transfert de chaleur accessibles dans un microréacteur
garantissent une meilleure évacuation de l’énergie de réaction, évitant ainsi l’emballement
de la réaction.
Désavantages
La conception de microréacteurs nécessite des opérations propres à la microtechnique. Les
hautes pressions et températures peuvent créer des problèmes de résistance et de tensions.
Les microréacteurs conviennent mieux aux réactions rapides. Les réactions lentes
nécessiteraient des canaux très longs, rendant la construction de la microstructure encore
plus difficile. Une autre contrainte est la pureté des flux entrant dans le microréacteur.
143
Ceux-ci doivent être filtrés afin d’éliminer les particules risquant d’obstruer les
microcanaux.
Considérant que les microsystèmes sont particulièrement adaptés aux réactions fortement
exo ou endothermiques avec des vitesses de réaction élevées, l’oxydation partielle du
propène en oxyde de propylène constitue une réaction témoin appropriée :
1_ O
+ O2 ∆H r300°C = −109 kJ / mol [6]
2
Etant donné que le temps de réaction dans ce cas est de plusieurs dizaines de secondes, il
n’est pas possible de réaliser l’oxydation directement à l’intérieur d’un microréacteur. De
plus, les intermédiaires radicalaires seraient détruits à cause du contact avec les paroi des
microcanaux (grande surface spécifique). Il est nécessaire de conserver une zone
réactionnelle tubulaire conventionnelle (tube macroscopique), mais d’y ajouter à son
entrée et à sa sortie des microéchangeurs de chaleur afin d’optimiser le profil de
température. La température du mélange réactionnel subira une élévation brusque dans le
144 Chapitre 9: Introduction
Un tel arrangement n’a pas été rencontré dans la littérature et constitue un concept
nouveau d’intégration de microstructures dans un procédé chimique. De plus, ceci
constitue un défi technologique car la liaison entre le monde du macroscopique et du
microscopique présente bien des contraintes.
Ce concept pourra être utilisé à d’autres fins, comme pour l’étude des mécanismes de
réactions très rapides en phase homogène. En effet, moyennant un débit approprié, des
temps de réaction très courts peuvent être obtenus sans affecter l’allure du profil de
température. D’éventuels intermédiaires de réaction seraient alors identifiés. L’arrêt
rapide d’une réaction est aussi valable en catalyse hétérogène si la ou les réactions se
déroulent dans le volume post-catalytique.
Le point de départ pour l’implantation de microstructures dans les procédés chimiques est
la fabrication de ces petites unités. Cette étape est cruciale et explique pourquoi la
synergie entre la chimie et la microtechnique n’est que récente : les techniques de
construction et les matériaux utilisés par les microtechniciens différent parfois
singulièrement des habitudes du monde de la construction « macroscopique ».
Figure 9-2: image SEM d’une pompe à engrenage, diamètre d’un engrenage 596 µm [9]
Les applications de tels systèmes pour la chimie sont la création de mélangeurs statiques,
d’échangeurs de chaleur, de pompes et d’évaporateurs. D’autre part, il est également
possible d’intégrer plusieurs de ces fonctionnalités en un seul bloc (microréacteur) dont la
taille totale ne dépasse pas quelques centimètres. La Figure 9-2 illustre une micropompe
réalisée dans un alliage fer-nickel par la technique LIGA.
En génie chimique, les premiers exemples sont apparus ces dernières années [10-13].
L’utilisation de microréacteurs est indiquée pour des temps de réaction entre 0.1 et 10
secondes. Pour des temps plus grands, il devient difficile de faire passer les réactifs dans
un système de quelques centimètres seulement.
La réaction doit préférentiellement être hautement exo ou endothermique car dans ce cas,
la température dans un réacteur conventionnel est difficilement homogène. Les
microréacteurs autorisent une température très stable durant la réaction (isothermie). Il est
également possible de faire de brusques sauts de température [14, 15], similairement aux
sauts de concentration pour les études de mécanismes en régime transitoire. Ces nouveaux
systèmes ouvrent donc une nouvelle porte aux études dynamiques des mécanismes
réactionnels.
Cependant, les applications n’en sont qu’à leur début et seul quelques exemples exposent
l’utilisation de microréacteurs pour des réactions homogènes. En catalyse hétérogène
146 Chapitre 9: Introduction
Srinivasan et al. [12] ont réalisé l’oxydation catalytique de NH3 en NO sur le platine dans
un microréacteur en silicium. Un tel système donne les mêmes conversions et sélectivités
qu’un réacteur conventionnel. De plus, des mélanges hautement inflammables ou
explosifs ont pu être oxydés en toute sécurité dans le microréacteur. L’assemblage du
réacteur et sa dégradation à haute température restent un des défis à venir.
Un autre exemple plus proche du travail proposé ici est l’oxydation partielle catalytique
du propène en acroléine sur Cu2O [13]. Le microréacteur a été construit en superposant
des feuilles de cuivre d’une épaisseur de 100 µm préalablement usinées par une pointe en
diamant carrée d’une largeur d’environ 80-90 µm.
Figure 9-3: Microstructure de cuivre à courant croisé, diamètre hydraulique d’un canal :
80-90 µm [13]
147
Le catalyseur Cu2O est ensuite formé par oxydation des parois internes des canaux par O2.
Chacune des 100 couches contient 80 microcanaux de section rectangulaire. Celles-ci sont
liées par diffusion et faisceau d’électron. La très grande surface spécifique obtenue est
d’environ 20’000 m2/m3, ce qui correspond à la densité des poumons humains.
Les microstructures peuvent également être utilisées sans réaction chimique. Leur rôle est
alors uniquement de chauffer ou refroidir des fluides avec des performances jamais
atteintes. Des microéchangeurs de chaleur ont été développés afin de retirer de la chaleur
d’un système avec une grande efficacité et un encombrement minimum. La surface
spécifique ainsi obtenue peut aller jusqu’à 50’000 m2/m3 alors que celle d’un radiateur
d’automobile est de 1’000 m2/m3 et celle des poumons humains dépasse 10’000 m2/m3
[17]. Ces microstructures sont utilisables pour le refroidissement de composés
électroniques ou issus de l’aéronautique et de l’aérospatiale [17]. D’autres appareils aux
dégagements de chaleur plus intenses peuvent être refroidis par ces systèmes, comme les
diodes LASER [18] ou les collimateurs de rayons-X [19] qui développent environ 14’000
W/cm2 (contre 100 W/cm2 pour l’électronique) [20].
La fabrication des ces microéchangeurs est souvent basée sur l’empilement de feuilles
micro-usinées (idem Figure 9-3). La largeur des canaux varie entre 10 et 1000 µm [20].
Schubert et al. [21] ont développé des microéchangeurs de chaleur métalliques munis de
canaux d’une largeur allant de 50 à 300 µm, cf. Figure 9-4. Ils ont une capacité d’échange
de 20 à 200 kW, mesurée avec un système eau chaude/froide. Le débit d’eau maximum
est de 700 à 7000 kg/h avec une perte de charge de 6-8 bar. Les canaux sont fabriqués par
micro-usinage de feuilles métalliques comme l’acier inoxydable, l’aluminium, le cuivre,
le palladium, l’argent et d’autres. Ces feuilles sont ensuite superposées et assemblées par
« diffusion bonding » [19]. La résistance d’une structure en acier inoxydable est alors de
plusieurs centaines d’atmosphères.
Le passage de 35 m3/h d’eau dans cinq de ces échangeurs peut faire passer d’un fluide à
l’autre 1 MW.
Bier et al. [19] ont aussi construit un microéchangeur à courant croisé dont les canaux font
95 µm × 80 µm pour une taille totale de 1 cm3. Le nombre de canaux est de 4’000 donnant
une surface d’échange de 142 cm2. Le flux d’eau est de 12.5 l/min, le nombre de Reynolds
varie entre 800 et 1’700 pour une perte de charge de 4 bar. Le coefficient global de
transfert de chaleur est de 22.8 kW/m2K. Le coefficient de transfert de chaleur volumique
est d’environ 300 MW/m3K. Déjà avec 45 MW/m3K, la capacité volumique est 20 fois
supérieure à celle d’un échangeur compact conventionnel [17].
La perte de charge pour les gaz doit être relativement faible dans les microstructures grâce
à l’écoulement laminaire. Kleiner et al. [22] rapportent une perte de charge de 8.55 mbar
pour de l’air aux conditions standard passant dans des microcanaux d’un diamètre de
quelques centaines de micromètres à 4.7 l/s. La longueur du microéchangeur varie entre
1.5 et 2.5 cm.
L’expérience reste donc le meilleur moyen pour évaluer les performances des
microéchangeurs. Cependant, ces systèmes peuvent être modélisé. Le problème est que le
calcul différentiel et les lois conventionnelles rencontrées à l’échelle macroscopique
(Navier-Stokes [Link].) ne peuvent être utilisés que si les dimensions du système (canaux)
sont au minimum de deux ordres de grandeur supérieur au libre parcours moyen des
particules du fluide [20]. Ainsi, pour les gaz à faible pression, l’approche continue n’est
plus possible. Le nombre adimensionnel de Knudsen permet d’évaluer la validité des lois
conventionnelles pour un système donné :
appelé flux moléculaire libre. Pour 0.1 < Kn < 10, il s’agit d’un régime de transition et
pour 0.01 < Kn < 0.1 il s’agit d’un régime « slip flow ». Pour ce dernier, un coefficient
de moment tangentiel F est défini pour caractériser la fraction des molécules effectuant
une réflexion diffuse, c’est-à-dire aléatoire, contre la paroi. Si toutes les molécules
diffusent de cette manière, F=1. Dans un cas opposé extrême, les molécules conservent
leur moment tangentiel et l’angle de réflexion est égal à l’angle d’incidence sur la paroi.
Dans ce cas, F=0. Mais la rugosité des parois en général est telle que la réflexion se fait de
manière aléatoire et F approche l’unité. Sachant que le libre parcours moyen est donné
par : [23]
kT
λ=
2σp Equation 9-2
Calculs faits, il faut une pression d’azote inférieure à 0.66 mbar (66 Pa) pour avoir un
Kn=1, avec un diamètre caractéristique de 100 µm à 293 K. A 40 bar, 350°C pour un
hydrocarbure, le Kn est de l’ordre de 10-5. Dans ces dernières conditions, le régime est
donc largement descriptible par les lois continues.
9.3.4 Conclusions
L’arrivée sur le marché de microstructures à faible coût ouvre la porte à des domaines
inexplorés de la chimie. Outre le gain de place et de poids, ces nouveaux composants se
caractérisent par des performances thermiques hors du commun. Des microéchangeurs de
chaleur très peu encombrants ont une capacité d’échange 20 fois supérieures aux systèmes
classiques.
Mais un gaz circulant dans des canaux de 100 µm environ aux conditions standard
respecte les lois de l’hydrodynamique classique. Il faudrait descendre à des pressions
beaucoup plus faibles pour entrer dans des régimes de « flux moléculaire libre ».
L’application de ces microstructures aux procédés chimiques en est à ses débuts, même si
un certain savoir-faire est en train de se développer rapidement. Leur intégration reste un
défi à cause, par exemple, des problèmes de connexion entre les parties microscopiques et
macroscopiques. La résistance des matériaux est également un point crucial vu les
conditions de température, de pression ou d’agression chimique rencontrées dans les
procédés industriels.
150 Chapitre 9: Introduction
9.4.1 Introduction
L’oxyde de propylène est un liquide qui bout à 34°C. Il existe sous la forme de deux
isomères optiques puisqu’il a un carbone asymétrique. Le produit fabriqué est le
racémique :
Toutes les réactions se passent en phase liquide soit avec un catalyseur homogène
(naphténate de molybdène, Arco Chemicals) ou hétérogène (oxyde de vanadium par
exemple, Shell). La sélectivité en oxyde de propylène est d’environ 90%. Comme sous-
produits, on recense l’alcool tertiobutylique ou l’alcool α-méthylbenzylique selon le
peroxyde de départ.
151
Dow Chemical Company utilise un procédé à la chlorhydrine déjà utilisé comme ancien
procédé pour la production de l’oxyde d’éthylène. Les réactions sont les suivantes :
CH3–CH=CH2 + HClO à
Equation 9-6
x CH3–CHOH–CH2Cl + y CH3–CHCl–CH2OH, x + y = 1
L’oxyde d’éthylène est synthétisé en phase gazeuse sur un catalyseur d’argent avec une
sélectivité de 70-80 % [27]. Cependant, la réaction analogue avec le propène ne donne
qu’un mélange complexe de produits insaturés résultant de la rupture de la faible liaison
C-H de l’hydrogène allylique. La bonne stabilité du radical allyle est en partie responsable
de l’insuccès de la voie de l’oxydation directe. Par ailleurs, aucun catalyseur spécifique à
l’oxyde de propylène n’a réellement été identifié.
L’oxydation directe du propène par l’oxygène en phase gazeuse sans catalyseur a été
étudiée durant plusieurs années, mais ces procédés ne donnent pas de sélectivités en oxyde
de propylène supérieures à 30 % (50 % à hautes pressions) [27]. Le faible coût des réactifs
et la simplicité de la méthode en font un procédé compétitif mais les faibles rendement en
oxyde de propylène le rendent actuellement peu viable économiquement parlant.
152 Chapitre 9: Introduction
Masai et al. [29] affirment que des radicaux allylperoxy (CH2=CH-CH2OO•) sont formés
par abstraction d’un hydrogène au propène suivi d’une addition d’O2. Ils se décomposent
ensuite en acétaldéhyde qui va, par abstraction d’hydrogène et addition d’O2, donner
naissance au radical acétylperoxy (CH3COOO•). Ce radical va ensuite se combiner au
propène pour former le PO. En parallèle, l’attaque du radical allylperoxy directement sur
le propène donne également du PO. L’activation des ces différents radicaux se fait en
milieu homogène grâce à l’acétaldéhyde. Puisque ce dernier est un produit de réaction, on
peut s’attendre à un comportement autocatalytique pour la formation de PO.
Maslov et al. [30] ont également mis en évidence le rôle du radical acétylperoxy. En
oxydant le propène en PO sur Ag2O entre 66 et 240°C, il a été montré que la réaction
d’oxydation ne se faisait qu’en présence d’acétaldéhyde. Ce composé est ainsi à l’origine
des radicaux acétylperoxy qui favorisent la formation de PO par réaction avec le propène.
Les produits secondaires sont l’acide acétique et le CO2. Il a été montré que le rapport
volume-surface catalytique n’a pas d’influence sur l’époxydation. Le mécanisme proposé
simplifié est le suivant:
O
CH3CHO →
2
CH3CO• Equation 9-9
En 1973, Daniel et al. [31] ont mis en évidence un phénomène catalytique basé sur
l’activité du radical allylperoxy. Le molybdate de bismuth ou l’oxyde de cuivre
engendrent à leur surface des allylperoxy et des allylhydroperoxy qui désorbent dans la
phase gazeuse (volume post-catalytique). Ces espèces oxydent ainsi le propène pour
former le PO. En surface, ces espèces peuvent se décomposer en acroléine. La Figure 9-5
présente ce schéma réactionnel.
Cependant plusieurs articles [33-38] principalement plus récents indiquent que le radical
hydroperoxy (HOO•) peut également réagir avec le propène pour donner le PO :
Baldwin et al. [37] prétendent qu’il s’agit de l’étape cinétiquement limitante dans la
formation de PO.
O O
O O
HOO
OH
O
Quant aux catalyseurs, Blatter et al. [39] ont prétendu en 1995 qu’il n’existait réellement
aucun catalyseur pour l’oxydation directe du propène en PO recensé jusqu’alors.
154 Chapitre 9: Introduction
En 1992, Pennington et Fullington [40] ont proposé un procédé en continu. Les gaz
entrants sont le propène, l’oxygène et le CO2. Ce dernier est un produit de réaction
secondaire qui est utilisé comme diluant pour éviter les hautes concentrations en propène,
minimisant le coking thermique.
Aux hauts temps de résidence, la sélectivité du PO chute fortement alors que celle du PO
et de ses dérivés reste relativement stable. Ceci est dû aux oxydations consécutives du PO.
Il est donc indispensable de contrôler précisément le temps de réaction.
155
Une autre étude a montré [41] qu’une sélectivité en PO de 60% pouvait être atteinte par
oxydation directe du propène à 290°C et 25 bar pour un temps de réaction de ~50 s. Mais
ce résultat est douteux car le monoxyde de carbone n’est pas analysé.
En 1993, Meyer et al. [24] ont proposé un système analogue avec recyclage de
l’acétaldéhyde formé par la réaction. Ce dernier augmente la sélectivité du PO jusqu’à
60% en stabilisant la réaction. La réaction se déroulait à 226°C et 5 bar pendant 90
minutes.
En conclusion, les conditions de travail observées sans catalyseur vont de 200 à 350°C et
la pression totale est relativement haute (comprise entre 5 et 70 bar). Un bon point de
156 Chapitre 9: Introduction
départ serait 20-30 bar à 290°C. Le rapport molaire C3H6 : O2 proposé est de 15 : 1. La
sélectivité en PO atteint au maximum 60 % (en présence d’acétaldéhyde). Une importance
particulière doit être donnée au temps de réaction afin d’éviter les oxydations
consécutives. Sa valeur est de quelques dizaines de secondes, dépendant de la température
et de la pression.
Une notion importante pour la définition des conditions réactionnelles est la limite
d’explosibilité du mélange C3H6/O2. La littérature cite fréquemment ces limites vers 25°C
et 1 atm mais il est difficile de les trouver à 300°C et 20 bar par exemple. Avant de
discuter l’influence de la température et de la pression, la Figure 9-9 présente plusieurs
domaines de combustion.
ilité
Mélange ininflammable
am mab
'infl
(trop riche) re d
rieu
upé
ite s
Lim
peur
Fraction molaire d'hydrocarbure
o nd ev a
Auto-
ensi
inflammation
Mélange inflammable
r b ed et
Cou
Mélange ininflammable
(trop pauvre)
Une autre manière de représenter les domaines d’inflammabilité est le diagramme ternaire
suivant, cf. Figure 9-10. En fixant la concentration de N2 à zéro, on se retrouve sur l’arête
en haut à droite du triangle.
L’augmentation de la pression élargit par contre plus intensément ces limites. Par exemple
le méthane, sous 100 bar, explose entre 4.6 et 50% volumique dans l’air alors qu’à
pression atmosphérique, c’est entre 5 et 15%. La Figure 9-11 illustre l’influence de la
pression sur les limites d’un mélange éthylène/O2/N2. Ici, la fraction molaire du N2 est
constamment de 85%. Des données équivalentes pour le propène n’ont pas été trouvées.
158 Chapitre 9: Introduction
Figure 9-11 : Influence de la pression sur les limites d’inflammabilité d’un mélange
éthylène/O2/N2. yN2=0.85, T=200°C [45]
L’encyclopédie des gaz de “Air liquide” donne comme limite pour le propène dans
l’oxygène 2.1% et 53%. Il est donc possible de travailler sans risque avec 0-47% et 97.9-
100% d’oxygène dans C3H6 (à température ambiante et 1 bar).
32. G. W. Keulks, C. Daniel, and J. R. Monnier, Evidence for the Surface Initiated
Homogeneous Reactions during the Catalytic Oxidation of Propylene, (1972).
38. T. Hayashi, L.-B. Han, and S. Tsubota, Formation of Propylene Oxide by the Gaz-
Phase Reaction of Propane and Propene Mixture with Oxygen, Ind. Eng. Chem.
Res., 34, 2298-2304 (1995).
39. F. Blatter, H. Sun, and H. Frei, Selective Oxidation of Propylene by O2 with Visible
Light in a Zeolite, S. P. J. C. Balzer Ag, Berkeley, 1995.
41. O. Orzesek, Thèse Selective Oxidation von Propen mit Luft zu Propyleneoxid, MPI
für Kohlenforschung (Mülheim/Ruhr), 1998.
43. L'air liquide, L'encyclopédie des gaz, Elsevier, New York, 1976.
10
Appareillages
1 cm
Ces feuillets sont solidement liés par « diffusion bonding » [1]. Le procédé consiste à les
compresser fortement les uns contre les autres à haute température. La résistance
mécanique est alors très grande. Les dimensions de l’échangeur et des canaux sont
données au Tableau 10-1.
Nombre de niveaux 50
Dimensions d’un niveau 14 × 14 × 0.2 mm
Hauteur totale 10 mm
Canaux par niveau 34
Largeur des canaux 200 µm
Hauteur des canaux 100 µm
Diamètre hydraulique 133 µm
Volume total des canaux 2 × 0.238 ml
Perte de charge à 13.7 Nl/min N2 100 mbar
Capacité maximale d’échange thermique 200 kW (25 kW/(m2· K))
L’unité est ensuite soudée dans une croix munie de connexions type Swagelok 14 mm. La
difficulté est que les connexions avec l’appareillage passent par de la tubulure de 1/8 de
pouce (~3.2 mm). Il serait effectivement possible d’utiliser un raccord classique passant
de 14 mm à 1/8’’ mais celui-ci présente un trop grand volume mort. D’autre part, en
supposant que les gaz frais arrivent jusqu’au premier échangeur pour être chauffés,
l’expérience a montré que la température des raccords (égale environ à la température de
l’échangeur à savoir la température finale de chauffe) les préchauffe trop tôt avant leur
arrivée dans les microcanaux.
Une pièce spéciale a été développée pour diminuer cette transmission de chaleur et faire
arriver les gaz le plus rapidement possible dans la microstructure. Le schéma de cette
pièce est présenté à la Figure 10-2. Il s’agit d’un tube court de 14 mm soudé à une
extrémité à un tube de 1/8’’. A l’endroit de la soudure, un cône a été usiné afin que les gaz
soient répartis de manière homogène dans tous les microcanaux.
Le réacteur tubulaire qui se trouve entre les deux échangeurs peut être de taille variable. Il
suffit pour cela d’utiliser des unions 1/8’’ (côté échangeur) – 1/4’’ si le réacteur a ce
diamètre extérieur. Le tube est chauffé par une bande électrique enroulée. Une isolation de
laine de verre est ensuite ajoutée.
La Figure 10-3 représente cette partie de l’installation. De haut en bas circule le mélange
réactionnel. Perpendiculairement, de l’air chaud ou froid est injecté à 2’000 Nml/min sous
5 bar pour garantir une bonne homogénéité de la température dans l’échangeur. La vanne
de détente est placée après le passage dans la microstructure car plus la pression est
élevée, plus la conductivité thermique du fluide est grande.
TI
Propène + O 2
(1) Préchauffage de
l'air
Air
TI TI
Réacteur
Air
TI TI
Disposer de propène gazeux et l’injecter dans le réacteur sous pression n’est pas trivial.
Comme le montre la Figure 10-4, à 40 bar, le point d’ébullition est de 80°C environ. La
première idée consiste à envoyer le propène liquide dans une pompe HPLC puis, une fois
sous pression, de le chauffer à environ 100°C avant le mélange avec l’oxygène. Mais afin
d’éviter les phénomènes de cavitation dans la pompe (le propène entre à sa température
d’ébullition à 10 bar environ) il serait nécessaire de refroidir la tête du piston de la pompe.
Aucun fabricant n’a accepté de fournir une telle pompe pour le propène, ne pouvant pas
garantir son bon fonctionnement.
80
Propylène
PO
Acétaldéhyde
60 Formaldéhyde
Acroléine
Alcool allylique
p (bar)
40
20
0
0 50 100 150 200 250 300
T (°C)
Une autre technique bien plus simple a été imaginée. Le propène est stocké dans un
réservoir cylindrique de 2 litres environ muni d’un double manteau dans lequel circule de
l’éthylèneglycol. Ce dernier est chauffé à 80°C par exemple pour faire monter la tension
de vapeur du propène à 40 bar. La tubulure de sortie du réservoir est ensuite chauffée pour
garantir l’état gazeux.
Le propène liquide est donc chauffé dans un réservoir de 2 litres, cf. (1) sur la Figure 10-5.
Le gaz passe par une vanne réglable pneumatique (2). Il est ensuite mélangé dans un té à
O2 ou N2 dont le débit est contrôlé par MFC (6). Puis le mélange est envoyé dans le
réacteur (3). Une dernière vanne réglable (4) ajuste la pression dans le GC.
Régulation consécutive
Dans ce cas, la vanne réglable (2) ajuste la pression totale dans le réacteur, cf. Figure
10-5. La vanne réglable (5) ajuste le débit total (dont la consigne est calculée à partir du
débit de propène désiré additionné au débit de O2 ou N2) grâce au MFM (Mass Flow
Meter). L’astuce est que cet appareil est situé après la vanne de détente (5) ce qui
implique qu’il n’a pas besoin d’être chauffé à 100°C, ce qu’il ne supporterait pas.
(1) Réservoir
PDI (3) Réacteur
GC
Propylène
Vanne
réglable (5)
MFC (6) Capteur de PI
MFM
débit (7)
Régulation imbriquée
Dans ce cas, la vanne du propène (2) est liée au capteur de débit et la vanne de détente (5)
à la pression du réacteur, cf. Figure 10-6.
Chacune des ces techniques a ses avantages. La première fixe plus rapidement la pression,
la seconde le débit total. Plusieurs essais ont été réalisés et les paramètres PID sont
difficiles à trouver. La technique utilisée est celle de la réponse indicielle mais elle ne
169
donne pas forcément de bons résultats pour des systèmes du premier ordre comme c’est le
cas ici. De plus, comme le débit volumique total est faible par rapport au volume total de
l’installation (8 litres en conditions normales), la régulation de la pression est très lente.
PI
PDI
Propylène
GC
MFC PI
MFM
O2 N2 Opt N2
Le défaut principal de cette régulation est qu’une variation de pression sera corrigée par le
flux de propène. La concentration d’oxygène va ainsi varier. Comme la vitesse de réaction
est très sensible à cette valeur (explosions) la mise en route de l’installation ne peut se
faire qu’en travaillant avec de l’azote au lieu de l’oxygène. Une fois le système stabilisé,
le N2 est remplacé par O2.
10.5 L’analyse
Le second détecte en plus les gaz permanents et autres produits de combustion complète :
Pour le FID, plusieurs colonnes capillaires ont été testées et il ressort que le mélange
d’hydrocarbures est difficile à séparer à cause de leurs points d’ébullition proches. La
colonne capillaire HP-1 a été choisie. Son seul défaut est de ne pas séparer le
propionaldéhyde de l’acétone. Ceci n’est cependant pas très important car ces produits ne
sont que des dérivés secondaires et minoritaires de la réaction. On note que la longueur et
l’épaisseur du film sont grands, condition indispensable pour avoir une séparation
efficace.
La séparation des gaz permanents sur colonne capillaire n’est pas facile non plus. La
colonne Carboxen 1010 permet de séparer tous ces gaz, sauf le O2 du N2. Un exemple de
chromatogramme est donné à la Figure 10-7.
Le calibrage des composés organiques a créé quelques difficultés car tous les
hydrocarbures (propène excepté) sont liquides aux conditions STP. Seul une boucle
d’injection gazeuse est disponible sur le GC. Le calibrage par colonne à bulle reste peu
reproductible et l’extrême toxicité de certains produits (acroléï ne, PO) en empêche le
remplissage. Un septum « fait main » a été utilisé et installé à la place de la boucle
d’injection. De cette manière, il a été possible d’injecter avec une seringue entre 0.2 et
1 µl d’hydrocarbure liquide. Les courbes de calibrage sont en général très reproductibles
et très linéaires.
Pour les gaz séparés par la Carboxen 1010, tous sont gazeux à l’exception de l’eau. Cette
dernière a été calibrée selon les mêmes techniques que ci-dessus. Le CO2 et le CO ont été
171
dilués par N2. N2 et O2 ont été dilués par le CO2. A nouveau, des courbes de calibrage
reproductibles et linéaires ont été obtenues.
11
Développement du
réacteur
L
Bo = Peax ⋅ Equation 11-1
dt
u dt
Peax = Equation 11-2
Dax
Dax est le coefficient de dispersion axiale qui peut être déterminé à partir de la relation
théorique de Taylor et Aris [1]:
u 2 d t2
Dax = Dm + Equation 11-3
192 Dm
Dm est le coefficient de diffusion moléculaire dans le gaz.
On note que plus la longueur du tube est grande ou plus le diamètre est faible, plus grand
est le Bo. Sachant qu’un Bo supérieur à 100 est nécessaire pour considérer l’écoulement
comme piston, les dimensions suivantes ont été choisies pour le dimensionnement du
réacteur tubulaire:
diamètre intérieur: 5 mm
longueur: 45 cm
Les résultats montrent qu’il est possible de couvrir une large gamme de temps de passage
en conservant un Bo>100. La Figure 11-1 présente un graphique des ces valeurs.
700
600
500
400
Bo [-]
300
200
100
τ [s]
Il est donc acceptable de modifier le temps de réaction en jouant sur le débit total du gaz
au lieu de changer la longueur du réacteur (par souci de conserver les mêmes conditions
hydrodynamiques).
Ces calculs supposent que le gaz est composé de propylène pur, ce qui reste une bonne
estimation puisque la concentration d’oxygène ne dépasse pas une dizaine de pour-cent.
Le passage d’un gaz dans un tube chaud et isotherme fournit une certaine quantité de
chaleur au fluide en un temps donné. La surface d’échange thermique (surface intérieure
du tube) par unité de volume est déterminante. Plus le tube est fin, plus il réchauffera le
gaz efficacement. En supposant un écoulement laminaire et en fixant la température de la
paroi, il est possible de calculer simplement le profil axial de température du gaz. Mieux
encore, il est possible d’estimer l’effet de la diminution du diamètre du tube, ou plus
précisément de la subdivision d’un seul tube en plusieurs autre plus fins.
Ainsi, la division d’un seul canal en plusieurs canaux parallèles de section totale identique
permet le passage de la même quantité de fluide à une même vitesse débitante. Le
transfert de chaleur s’en trouve amélioré, tout comme la distribution des temps de séjour
(liée au Bodenstein). En supposant le régime laminaire, il en découle [3] :
175
Nu =
hd t
λ
= 3.66 ⇒ h = 3.66
λ
dt
[
W ⋅ m − 2 ⋅ K −1 ] Equation 11-4
300
1 canal
250 2 canaux
5 canaux
10 canaux
Température [°C]
200
100 canaux
100
p = 30 bar
.
50 V = 180 Nml/min
T 0 = 25°C
0
0.00 0.02 0.04 0.06 0.08 0.10 0.12
Longueur [m]
Le profil de température obtenu avec les deux microéchangeurs de chaleur est nettement
plus favorable : les montées et descentes en température sont beaucoup plus rapides, cf.
Figure 11-3. Sachant que la réaction d’oxydation du propène est très lente en dessous de
230°C (déterminé expérimentalement à 30 bar et avec 8% d’O2), les microéchangeurs
permettent un contrôle des conditions réellement plus précis.
320
280
240
dans la µ -structure
T (°C)
200
0 10 20 30 40
τ [s]
Figure 11-3 : amélioration du profil de température du propène dans le réacteur grâce aux
microéchangeurs de chaleur, 88 Nml/min C3H6, 20 bar
Vu la diversité des diamètres de tube (raccords, réduction, etc.), les profils ont été
rapportés en terme de temps de passage, ce qui permet une bonne comparaison.
Selon la Figure 11-4, la température maximale est obtenue après environ 100 µm de
distance, ce qui correspond à environ 8 millisecondes de temps de chauffe. Même si cela
n’est qu’une valeur indicative, l’échangeur est absolument suffisant (voire
surdimensionné). Le temps passé à l’intérieur du microéchangeur du chauffage doit être
considéré comme temps de réaction.
L’appareillage peut être utilisé dans cette configuration pour l’oxydation partielle du
propène.
12
Oxydation partielle
du propène
Dans un premier temps, l’oxydation du propène sera réalisée dans un réacteur tubulaire en
acier inoxydable sans microstructures. Une vue d’ensemble des conditions réactionnelles
permettra de mieux orienter les travaux et de bien cerner le rôle des microstructures pour
la réaction.
Quel que soit le réacteur, la procédure commence par le remplissage du système par du
propène à la pression de réaction. Puis la régulation est activée afin d’ajuster le temps de
passage désiré dans le réacteur. A ce stade, 8% d’azote est ajouté au C3H6. Une fois le
système stable, l’azote est remplacé par 8% d’oxygène et la réaction démarre. Cette
quantité d’O2 garantit une vitesse d’oxydation acceptable sans risque d’emballement.
Mais il s’avère que la réaction est très difficile à contrôler à cause de son exothermie. Pour
un temps de passage donné, la conversion du propène a tendance à augmenter au fil du
temps car l’élévation de la température du réacteur de 1 ou 2°C influence
significativement la vitesse d’oxydation. Cela va sans compter avec les petites variations
de concentration d’oxygène liées à la régulation de pression (cf. chapitre 10.4, page 168).
Le système est donc extrêmement sensible.
Equation 12-1
ν i ⋅ yi
Si =
yPO + yAcroléine + 23 yAcéthaldehyde + yPr opionaldehyde+ Acétone + yAlcoolallylique + 13 yCO + 13 yCO2 + 2 y1,5−hexadiène
Equation 12-2
Où : yi est la fraction molaire du gaz i
νi est le coefficient stœchiométrique du composé i
Une première réaction a été réalisée dans un réacteur conventionnel. Les conditions
réactionnelles, les conversions et sélectivités sont données au Tableau 12-1.
Frac. propylène : 92
Frac. oxygène : 8
Débit total [Nml/min] : 67
V réacteur [ml] : 8.84
T réacteur [°C] : 260
p réacteur [bar abs.] : 20
Temps de passage [s] : 80.1
Tableau 12-1 : quantités des produits de réaction après oxydation partielle du propène,
260°C, 20 bar
Les sélectivités des hydrocarbures sont toujours données par rapport au propène et non à
l’oxygène. La sélectivité la plus importante est celle du PO (41%) suivie de près par celle
de l’acétaldéhyde (31%). Les autres produits viennent ensuite en quantités nettement
inférieures.
181
Une telle réaction a été répétée avec différents temps de passage. Les conversions et la
sélectivité du PO sont chaque fois reportées, cf. Figure 12-1.
X(O 2) 0.04
0.8 X(C 3H 6)
S(PO)
S(Acétaldéhyde) 0.03
X(C 3H 6 ) [-]
0.6
0.02
0.4
0.2 0.01
0.0 0.00
0 20 40 60 80 100 120
τ [s]
Un problème majeur survient lorsque la conversion d’oxygène atteint 100%. Dans ce cas,
le réacteur se couvre de coke et des réactions d’oligomérisation et polymérisation
apparaissent, probablement due à la condensation des radicaux de la phase gazeuse ne se
trouvant plus en milieu oxydant. Les oligomérisations ont déjà été observée par Orzesek
[2] dans les mêmes conditions. Le premier désavantage est que l’huile formée s’infiltre
dans les appareils en aval du réacteur et empêche le passage des gaz dans la vanne de
détente. Le système est alors bouché.
Mais un autre désagrément survient. Le coke et les oligomères dans le réacteur modifient
la sélectivité du PO, même lorsque la conversion d’oxygène repasse en dessous de 100%.
La Figure 12-2 montre qu’avec le réacteur coké, la réaction est plus lente et surtout que la
182 Chapitre 12: Oxydation partielle du propène
1.0
X(O 2), S(PO), S(Acétaldéhyde) [-]
0.04
0.8
0.03
X(C 3H 6) [-]
0.6
X(O 2 )
X(C 3 H 6 ) 0.02
0.4 S(PO)
réacteur neuf
réacteur avec coke et oligomères
0.2 0.01
0.0 0.00
20 40 60 80 100 120 140 160
τ [s]
Il est donc indispensable de ne jamais atteindre une conversion d’O2 de 100% sous peine
de devoir changer ou nettoyer à fond le réacteur. Les microéchangeurs de chaleur ont là
un rôle prépondérant à jouer. Le contrôle optimal de la durée de réaction permettrait
d’approcher des conversions d’O2 proches de 100% sans vraiment l’atteindre.
Il est très difficile de travailler à des fractions molaires en oxygène supérieures à 8% car la
vitesse de réaction devient très sensible aux variations de température. La réaction
s’emballe, la conversion est totale et le système n’est plus isotherme. Ces 8% sont donc
fixés.
Selon la Figure 12-3, la meilleure sélectivité en PO (46%) est obtenue à haute température
et basse pression. Mais sans microéchangeurs de chaleur, il n’est pas possible
d’augmenter la température au-delà de 300°C car la réaction devient trop rapide (les
temps de réaction figurent au Tableau 12-2). Le profil de température n’est plus garanti.
Dans la zone « µ » de la Figure 12-3, il est indispensable d’utiliser les microéchangeurs
pour contrôler la réaction.
183
L’idée consiste dès lors à explorer le domaine des plus hautes températures où la
sélectivité en PO devrait être accrue. Les temps de réaction vont se raccourcir fortement et
les microéchangeurs joueront là un rôle prépondérant.
184 Chapitre 12: Oxydation partielle du propène
0.5 160
140
0.4
120
Selectivité du PO [-]
100
0.3
80
τ [s]
0.2
60
40
0.1
20
0.0 0
260 270 280 290 300 310 320
Température [°C]
0.50 150
0.45
125
0.40
0.35
Selectivité du PO [-]
100
0.30
0.25 75
τ [s]
0.20
50
0.15
0.10
25
0.05
0.00 0
230 240 250 260 270 280 290 300 310 320
Température [°C]
Il n’est donc pas favorable de travailler au-dessus de 300°C, en tout cas dans ces
conditions.
Cependant il a été démontré que le réacteur doté des microéchangeurs de chaleur permet
de contrôler une réaction d’oxydation rapide (temps de réaction de quelques secondes)
sans arriver fatalement à une conversion d’oxygène de 100%, qui dans ce cas provoque la
formation d’oligomères. Cela peut être très bénéfique pour des oxydations où des
réactions consécutives sont à éviter pour conserver une bonne sélectivité du composé
intermédiaire. Des réactions exothermiques peuvent également être réalisées à plus haute
température en minimisant le risque d’emballement.
2. O. Orzesek, Thèse Selective Oxidation von Propen mit Luft zu Propyleneoxid, MPI
für Kohlenforschung (Mülheim/Ruhr), 1998.
186 Chapitre 12: Oxydation partielle du propène
187
13
Conclusions
14
Annexes
14.1.3 Calibrages GC
5000
H2
4000
3000
Aire [ua]
2000
1000
calib h2
0
0 20 40 60 80 100
Fraction molaire en % [-]
Figure 14-1 : courbe de calibrage de l’hydrogène sur le TCD (points reliés par segments
droits), pGC=1.4 bar, Tboucle≅100°C
192 Chapitre 14: Annexes
100000
80000
Air
60000
Aire [ua]
40000
Propane
20000
calib air+propane
0
0 20 40 60 80 100
Fraction molaire en % [-]
Figure 14-2 : courbe de calibrage de l’air et du propane sur le TCD (régression linéaire
sur les points), pGC=1.4 bar, Tboucle≅100°C
4000
3500
3000
CO
2500
Aire [ua]
2000
1500
1000 Ethène
500
calib co+ethene
0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
Fraction molaire en % [-]
Figure 14-3 : courbe de calibrage du CO et éthène sur le TCD (régression linéaire sur les
points) pGC=1.4 bar, Tboucle≅100°C
193
16000
14000 CO2
12000
Aire [ua] 10000
8000
6000
Ethane
4000
2000
Methane
calib co2+methane+ethane
0
0 2 4 6 8 10
Fraction molaire en % [-]
Figure 14-4 : courbe de calibrage du CO2 sur le TCD (régression linéaire sur les points) et
du méthane et éthane (points reliés par segments droits), pGC=1.4 bar,
Tboucle≅100°C
30000
25000 Propène
20000
Aire [ua]
15000
10000
5000
calib h2
0
0 10 20 30 40 50 60
Fraction molaire en % [-]
Figure 14-5 : courbe de calibrage du propène sur le TCD (régression linéaire sur les
points), pGC=1.4 bar, Tboucle≅100°C
194 Chapitre 14: Annexes
1 2 3 4
10 9 8 7 6 5
1
195
2
196 Chapitre 14: Annexes
5
197
6
8
10
9
Figure 14-6 : Programme LabView® 5.0 développé pour le contrôle de l’installation par
ordinateur
Symboles grecques
ε Porosité [-]
γ Facteur d’expansion du gaz [-]
λ Conductivité thermique du gaz [W⋅m-1⋅K-1]
λ Libre parcours moyen [m]
µ Viscosité [Pa· s]
νi Coefficient stœchiométrique du composé i [-]
σ Section efficace [m2]
τ Temps de passage [s]
τd Temps caractéristique de diffusion [s]
Indices et exposants
0 Initial
a Activation
ax Axial
cat Catalyseur
d Diffusion
201
D Dérivatif
eq Equivalent
equ Equilibre
f Filament ou formation
I Intégrateur
m Moléculaire ou membrane
mem Membrane
r Réaction
r-1 Réaction en retour
tot Total
Abbréviations
CURRICULUM VITAE
Olivier Wolfrath
Né le 11 décembre 1972 à la Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, CH
Nationalité suisse
FORMATION
1991-1993 & Diplôme d’ingénieur chimiste de l’EPFL, option Génie chimique avancé
1994-1997 : Prix d’Excellence en chimie (Ciba SC).
PUBLICATIONS
PRESENTATIONS ORALES
BREVET