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Révisions MPSI 2024/2025 : Polynômes et Opérateurs

Le document traite des opérateurs de translation et de différence dans l'espace des polynômes, en explorant leurs propriétés et applications. Il aborde notamment les degrés et coefficients dominants des polynômes, ainsi que des résultats en combinatoire liés aux surjections. Enfin, il examine les polynômes de Hilbert et les sous-espaces stables par l'application de différence.

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Le document traite des opérateurs de translation et de différence dans l'espace des polynômes, en explorant leurs propriétés et applications. Il aborde notamment les degrés et coefficients dominants des polynômes, ainsi que des résultats en combinatoire liés aux surjections. Enfin, il examine les polynômes de Hilbert et les sous-espaces stables par l'application de différence.

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MP*2 LLG DM 1 de révisions de MPSI 2024/2025

Dans tout le texte, n désigne un entier naturel supérieur ou égal à 1. Pour P ∈ II. L’opérateur de différence ∆ :
R[X], on note deg(P ) le degré de P et, lorsque P est non nul, cd(P ) désigne le On s’intéresse dans ce problème à l’application ∆ de R[X] dans R[X] définie
coefficient dominant de P , c’est-à-dire le coefficient du monôme X deg(P ) . par : pour tout P ∈ R[X], ∆(P ) = P (X + 1) − P (X).
I. L’opérateur de translation (1) Expliquer que ∆ ∈ L(R[X]). Pour un polynôme non constant P ∈ R[X],
L’opérateur de translation est l’endomorphisme τ de Rn [X] donné par : exprimer deg(∆(P )) et cd(∆(P )) à l’aide de deg(P ) et cd(P ).
(2) Déterminer ker ∆.
τ : Rn [X] → Rn [X]
P (X) 7→ P (X + 1) (3) Soit n ∈ N∗ . On note δ l’application induite par ∆ sur Rn [X]. Déterminer
Im(δ) de l’endomorphisme δ.
(1) Pour un polynôme non nul P ∈ Rn [X], exprimer deg(τ (P )) et cd(τ (P )) (4) En déduire Im ∆.
à l’aide de deg(P ) et cd(P ). (5) Plus généralement, pour j ∈ J1, nK, montrer les égalités suivantes :
(2) Donner la matrice M = (Mi,j )16i,j6n+1 de τ dans la base canonique
(X k )0≤k≤n de Rn [X]. On exprimera les coefficients Mi,j en fonction de i ker(δ j ) = Rj−1 [X] et Im(δ j ) = Rn−j [X] (3)
et j.
(6) Pour k ∈ N et P ∈ Rn [X], exprimer δ k (P ) en fonction des τ j (P ) pour
(3) L’application τ est-elle bijective ? Si oui, préciser τ −1 .
j ∈ J0, kK.
(4) Soit P ∈ Rn [X]. Pour k ∈ N, puis Z, donner l’expression de τ k (P ) en
(7) Soit P ∈ Rn−1 [X]. Montrer que :
fonction de P .
(5) Que vaut M −1 ? Exprimer les coefficients (M −1 )i,j en fonction de i et j. n  
X
n−j n
(−1) P (j) = 0 (4)
(6) On se donne une suite réelle (uk )k∈N et on définit, pour tout entier k ∈ N j=0
j

k  
X k (8) Soit u = (un )n∈N ∈ CN une suite complexe. Montrer l’équivalence entre :
vk = uj (1)
j=0
j — ∃P ∈ Cd [X], ∀j ∈ N, uj = P (j).
n  
n−j n
X
Déterminer une matrice Q ∈ Mn+1 (R) telle que — ∀n ∈ N, n ≥ d + 1 ⇒ (−1) uj = 0.
j=0
j
(9) On définit : F = {P ∈ R[X], P (0) = 0}.
   
v0 u0
 v1   u1  a. Montrer que ∆ réalise un isomorphisme de F sur Im ∆.
 ..  = Q  .. 
   
.  .  b. En déduire qu’il existe une unique suite de polynômes (Pn )n∈N ∈
vn un R[X]N vérifiant les relations
(
(7) En déduire la formule d’inversion : pour tout entier k ∈ N, P0 = 1
(5)
∀n ∈ N∗ , ∆(Pn ) = Pn−1 , et Pn (0) = 0.
k  
X k
uk = (−1)k−j vj (2)
j c. Pour tout n ∈ N, déterminer le degré et le coefficient dominant de
j=0
Pn .
(8) On considère un réel λ et la suite (uk = λk )k∈N . Quelle est la suite d. Montrer que la famille (Pj )j∈N constitue une base de R[X].
(vk )k∈N définie par la formule (1) ? Vérifier alors la formule (2). e. Soit n ∈ N. Calculer pour k ∈ N, ∆k (Pn ).
MP*2 LLG DM 1 de révisions de MPSI 2024/2025

f. Montrer que tout polynôme P ∈ R[X] se décompose sous la forme (2) Montrer que pour tout polynôme P de degré inférieur ou égal à n, pour
p n  
X X X
P = λn Pn avec λn = (∆n (P ))(0) (avec p un entier que l’on tout a ∈ R, P (X + a) = (∆k (P ))(a).
k
n=0 k=0
déterminera). Remarquons que cette formule peut être considérée comme l’analogue
n
III. Applications en combinatoire X X k (k)
discrète de la formule de Taylor : P (X +a) = P (a) (l’opérateur
Pour tout couple (p, k) d’entiers naturels non nuls, on note S(p, k) le nombre k!
k=0
de surjections de J1, pK dans J1, kK. De façon cohérente, pour tout p ∈ N∗ , on de différence finie est l’analogue discret de la dérivée).
pose S(p, 0) = 0. n−1
X
(1) Quelques cas particuliers (3) Soit Q ∈ R[X]. On cherche à calculer, pour n ∈ N∗ Sn = Q(k)
k=0
a. Que vaut S(p, n) pour p < n ? (analogue discret de l’intégration).
b. Déterminer S(n, n). a. Trouver W ∈ R[X] tel que ∆(W ) = Q.
c. Déterminer S(n + 1, n). b. Exprimer Sn en fonction de W .
n−1 n−1 n−1
(2) Recherche d’une expression générale X X X
c. Retrouver les formules connues pour k, k2 , k3 .
a. Combien y a-t-il d’applications de J1, pK dans J1, nK ? k=0 k=0 k=0
b. Pour p > n, établir la formule V. Polynômes à valeurs entières
n 
(1) Soit k ∈ Z. Calculer Hn (k).

X n
np = S(p, k) (6)
k (2) En déduire que Hn (Z) ⊂ Z, c’est-à-dire que Hn est à valeurs entières sur
k=0
les entiers.
où S(p, 0) = 0 par convention. (3) Soit P ∈ R[X] à valeurs entières sur les entiers. Montrer que ∆(P ) est
c. En déduire une expression générale de S(p, n). aussi à valeurs entières sur les entiers.
d. En utilisant la question II7, commenter la cohérence de cette expres- (4) Soit P ∈ R[X]. Montrer l’équivalence entre :
sion pour p < n.
(i) pour tout k ∈ Z P (k) ∈ Z
(3) Simplifier autant que possible les expressions suivantes : (ii) P est combinaison linéaire à coefficients dans Z des polynômes de
n   n   Hilbert.
n−k n n−k n
X X
(−1) kn et (−1) k n+1 (5) Soit P ∈ R[X] de degré d ∈ N. Montrer que si P est à valeurs entières
k k
k=0 k=0 sur les entiers alors d! P est un polynôme à coefficients entiers. Étudier
la réciproque.
IV. Polynômes de Hilbert : X P (k)
On définitles   tout k ≥ 1,
polynômes de Hilbert de la manière suivante: pour (6) Soit P ∈ Z[X] de degré d. Montrer que la série
k!
converge et
X X(X − 1) . . . (X − k + 1) X que sa somme est un multiple entier de e. Plus précisément montrer que
Hk (X) = = ; et H0 (X) = = 1.
k k! 0 ∞ d
X P (k) X (∆k (P ))(0)
= αe avec α = ∈ Z.
(1) Montrer que les polynômes de Hilbert coı̈ncident avec les polynômes
 (Pn ) k! k!
k=0 k=0
X
obtenus à la question II9, c’est-à-dire : pour tout n ∈ N, Pn = . VI. Sous-espaces stables par ∆ :
n
MP*2 LLG DM 1 de révisions de MPSI 2024/2025

(1) On se place sur Rn [X] et on considère de nouveau l’application δ, ap-


plication induite par ∆ sur F = Rn [X]. Dans cette question, on cherche
tous les sous-espaces vectoriels de Rn [X] stables par l’application δ.
a. Pour P polynôme non nul de degré d 6 n, montrer que la famille
(P, δ(P ), . . . , δ d (P )) est libre. Quel est l’espace vectoriel engendré
par cette famille ?
b. En déduire que si V est un sous-espace vectoriel de Rn [X] stable par
δ et non réduit à {0}, il existe un entier d ∈ J0, nK tel que V = Rd [X].
(2) En déduire les sous-espaces stables de R[X] par ∆.

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