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Résistance au flétrissement bactérien du riz

Cette étude évalue la résistance au flétrissement bactérien de 69 lignées de riz de bas-fonds au Burkina Faso, en utilisant une souche de Xanthomonas oryzae pv. oryzae. Les résultats montrent que 55,07 % des lignées sont résistantes, avec une plus grande résistance observée chez les lignées interspécifiques (78,68 %) par rapport aux lignées intraspécifiques (75 %). Il est recommandé de tester ces lignées en conditions de champ avant leur adoption dans les zones touchées par la maladie.

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Résistance au flétrissement bactérien du riz

Cette étude évalue la résistance au flétrissement bactérien de 69 lignées de riz de bas-fonds au Burkina Faso, en utilisant une souche de Xanthomonas oryzae pv. oryzae. Les résultats montrent que 55,07 % des lignées sont résistantes, avec une plus grande résistance observée chez les lignées interspécifiques (78,68 %) par rapport aux lignées intraspécifiques (75 %). Il est recommandé de tester ces lignées en conditions de champ avant leur adoption dans les zones touchées par la maladie.

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African Crop Science Journal, Vol. 15, No. 4, pp. 191 - 199 ISSN 1021-9730/2007 $4.

00
Printed in Uganda. All rights reserved ©2007, African Crop Science Society

ETUDE DE LA RÉSISTANCE AU FLÉTRISSEMENT BACTÉRIEN DE LIGNÉES INTER- ET


INTRASPÉCIFIQUES DE RIZ DE BAS-FONDS EN CONDITIONS D’INFESTATION
ARTIFICIELLES

S. L. OUEDRAOGO, I. SOMDA1, I. WONNI1 et Y. SERÉ2


Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) Station de Farakoba BP 910 Bobo
Dioulasso, Burkina Faso
1
Institut du Développement Rural, Université Polytechnique de Bobo Dioulasso, BP 1091,
Bobo Dioulasso, Burkina Faso
2
Centre du Riz en Afrique (ADRAO), 01 BP2031 Cotonou, Benin

RÉSUMÉ

Le riz (Oryza sativa) est une nourriture de base importante au Burkina Faso. Cependant, la productivité de riz
au Burkina Faso est affectée par l’infestation bactérienne de flanche menant à l’échec total de récolte dans
beaucoup des cas. Il y a donc urgence d’évaluer et par la suite introduire des cultivars résistants pour toutes les
zones écologiques du Burkina faso. Dans cette étude, cette évaluation de la résistance à la flanche bactérienne
a été faite en utilisant soixante- neuf lignées de riz des basses terres, dont huit lignées intra spécifiques et
soixante et interspécifiques. Une variante de Xanthomonas oryzae pv. oryzae du Burkina Faso a été utilisé pour
tester les lignées candidates. Une variante de référence (NCPPB 1150) a été obtenue au Danemark et de l’eau
distillée a été utilisée respectivement comme le contrôle positif et négatif. La variété susceptible à la bactérie
flanche, la variété chinoise TCS 10 et la résistante FKR19 ont été aussi utilisées comme contrôle. L’expérience
a été conduite en serre à la température de 28-30°C et 12 heures de cycle de lumière. La conception expérimentale
était du type split plot avec trois réplications. Apres quinze jours les vieilles plantes de riz ont été vaccinées
et les symptômes de maladie ont été observés quatorze jours après l’inoculation. Les résultats ont indiqué que
55.07 % des lignées sont résistantes, 23.20 % modérément résistant, 5.80 % modérément susceptible, 7.24 %
susceptible et 8.69 % extrêmement susceptible. Il a été aussi observé que 78.68 % de lignées interspécifiques
étaient plus résistantes en comparaison avec 75 % d’intra spécifiques. La variante bactérienne de Bagre
(Burkina Faso) était plus virulente que le NCPPB de référence 1150. Les lignées inter spécifiques et intra
spécifiques doivent être essayé dans les conditions de champ avant la recommandation pour l’adoption dans les
zones infestées par Xanthomonas oryzae pv. oryzae.

Mots Clés: Bactérien flanche, Burkina Faso, des basses terres, la résistance, Oryza sativa

ABSTRACT

Rice (Oryza sativa) is an important staple food in Burkina Faso. However, rice productivity in Burkina Faso is
affected by bacterial wilt disease leading to total crop failure in many instances. Therefore, there is need to
evaluate and subsequently introduce cultivars that exhibit resistance under ecological zones in Burkina Faso. In
this study, evaluation of the resistance to bacterial wilt was done using sixty nine lines of low-land rice, eight of
which were intraspecific and sixty one interspecific. A strain of Xanthomonas oryzae pv. oryzae isolated from
Burkina Faso was used to challenge the candidate strains. A reference strain (NCPPB 1150) obtained from
Denmark and distilled water were used as positive and negative control, respectively. The susceptible variety to
bacterial wilt, chinese variety TCS 10 and the resistant one, FKR19 were also used as control. The experiment
was conducted in screenhouse at the temperature of 28-30 °C and 12 hours daylight cycle. Experimental design
was a split splot with three replications. Fifteen days old plants of rice were inoculated and disease symptoms
were observed fourteen days after inoculation. The results indicated that 55,07 % of the lines are resistant, 23,20
192 OUEDRAOGO et al.
% moderately resistant, 5,80 % moderately susceptible, 7,24 % susceptible and 8,69 % highly susceptible. It was
also observed that 78,68 % of interspecific lines were more resistant compared to 75 % of the intraspecific.
Bacterial strain isolated from Bagre (Burkina Faso) was more virulent than the reference NCPPB 1150. The inter
and intraspecific lines need to be tested in the field conditions before recommendation for adoption in zones
infested by Xanthomonas oryzae pv. oryzae.

Key Words: Bacterial wilt, Burkina Faso, low-land, resistance, Oryza sativa

INTRODUCTION Malgré la présence de la maladie et les pertes


qu’elle engendre, aucune méthode de lutte
Le flétrissement bactérien du riz (Oryza sativa efficace et adoptable par les producteurs n’est
L.), causé par Xanthomonas oryzae pv. oryzae disponible. Pour contribuer à la résolution de ce
a été signalé aux Philippines depuis 1950 (Swings problème, la présente étude se propose d’évaluer
et al., 1992 cités par Mew et al., 1994). Cette la résistance au flétrissement bactérien de lignées
maladie est devenue importante à partir des inter- et intraspécifiques de riz de bas-fonds en
années 60 quand les variétés à haut rendement conditions d’infestation artificielles.
ont été adoptées. Elle est, de nos jours considérée
comme l’une des maladies la plus dévastatrice MATERIEL ET METHODES
du riz en Asie (Agarwal et al., 1994 ; Sy et Seré,
1996). D’après Robert et Pamela (1992), les pertes Matériel végétal. Il est composé de 08 lignées
de rendement occasionnées par cette maladie intraspécifiques (Tableau 1) et de 61 lignées
sont de 20-30% et peuvent atteindre jusqu’à 50%. interspécifiques (Tableau 2) de riz de bas-fonds
En Inde, ces pertes atteignent 74-81,3% selon les provenant de l’ADRAO/ Sénégal, de l’ADRAO /
variétés et la saison de culture (Ahmed et Sing, Côte D’Ivoire et du CIAT/Colombie.
1975 ; Sing et Rao, 1977). Aux Philippines, avec
la découverte de variétés résistantes à certaines Matériel biologique. La souche de référence
souches de Xanthomonas oryzae pv. oryzae telles Xanthomonas oryzae pv. oryzae NCPPB 1150 a
que la TKM-6, Sigadis et Cas 209, l’IRRI a procédé été fournie par le laboratoire de bactériologie de
à l’incorporation de gènes de résistance à de l’Institut Danois de Pathologie des Semences.
nouvelles variétés de riz (Mew et al., 1992). La souche XBFB (Xanthomonas oryzae pv.
En Afrique, notamment au Sahel, le oryzae de Bagré, Burkina Faso) a été isolée à
flétrissement bactérien a fait son apparition pour partir des plants de riz infectés de la variété TCS
la première fois au Mali en 1979 (Buddenhagen et 10 collectés sur le périmètre rizicole irrigué de
al.,1979). Il a été ensuite signalé au Sénégal en Bagré.
1980, au Burkina Faso en 1981 et au Niger en 1983
(Institut du Sahel, 1991) . Méthode de détection et d’isolement. Les feuilles
Au Burkina Faso, l’agent pathogène a été de plants de riz flétris prélevées au champ et où
identifié en 1982 (Seré et Nacro, 1992). Cependant, l’on soupçonne la présence de la bactérie, ont
ces deux auteurs indiquent en (1996), que les été coupées en petits morceaux d’environ un cm
pertes causées par la maladie sont peu évaluées et examinés au microscope entre lames et lamelles
en milieu paysan. Elle a été la maladie la plus dans une goutte d’eau distillée stérile. En cas
dévastatrice du riz sur la plaine rizicole de Bagré d’infection, on observe des bactéries qui
au cours de ces dernières années où 50 % de exsudent des tissus végétaux. Les fragments
dégâts ont été enregistrés en 1998 (Ouédraogo infectés sont donc retirés du microscope et
et al. 2004 ; Kaboré et Ouédraogo, 2004) . La laissés pendant 10-15 mn dans un petit becher
variété TCS 10 reconnue pour sa bonne contenant quelques ml d’eau distillée stérile afin
productivité, mais très sensible à la bactériose d’obtenir plus de cellules bactériennes dans l’eau.
est de plus en plus abandonnée par les A l’aide d’une anse, la suspension est prélevée
producteurs au profit de la FKR 19 et FKR 14. du becher et étalée sur le milieu de culture (Facteur
Etude de la résistance au flétrissement bactérien 193
TABLEAU 1. Liste des lignées intraspécifiques et de leurs parents

Code Nom des lignées Parents

V2 WAS 57-B-B-17-3-3-6-TGR 20 32 XUAN5C/IR 4630-22-2


V3 WAS 4-B6B-24-4-2-5-TGR 28 IR29725-40-3-2-3/32 XUAN5C
V4 WAS 4-B-B-9-1-4-TGR 48 IR13240-108-2-2-3/ JAVA
V11 WAS 57-B-B-3-1-4-6-TGR 122 32 XUAN5C/IR 4630-22-2
V13 WAS 129-IDSA-B- WAS-1-3-TGR 128 FOFIFA62/BG 90-2//IR13240-108
V15 WAS 114-B-IDSA-B-WAS-1-1-TGR 144 ITA305/IR1320-108-2-2-3
V24 WAS 173-B-B-2-TGR 4 BW293-2/4456
V25 WAS 173-B-B-13-7-TGR 21 BW293-2/4456

TABLEAU 2. Liste des lignées interspécifiques et de leurs parents

Code Nom des lignées Parents

V1 WAS 122-IDSA-10-WAS-3-1-TGR 3 TOG5681/3*IR64


V5 WAS 161-B-4-B-1-TGR 51 TOG5681/4*IR64
V6 WAS 122-IDSA-11-WAS-10-2-TGR 60 TOG5681/3*IR64
V7 WAS 122-IDSA-10-WAS-7-2-FKR 1-TGR 8. TOG5681/3*IR64
V8 WAS 191-1-7-TGR 90 TOG5681/4*IR31785
V9 WAS 126-B-B-1-FKR1-TGR 96 TOG5681/2*IR64//IR31785-58-1-2-3-
V10 WAS 122-IDSA-1- WAS-4-B-1-TGR 121 TOG5681/3*IR64
V12 WAS 191-10-4-FKR 1-TGR 123 IR62/TOG 5681//4*IR 64
V14 WAS 122-IDSA-1- WAS-2-B-1-TGR 132 TOG5681/3*IR64
V16 WAS 122-IDSA-13-WAS10-WAB-B-TGR.. TOG5681/IR64
V17 AS 122-IDSA-1-WAS2-WAB1-TGR 6 TOG5681/3*IR64
V18 WAS 122-IDSA-1-WAS-2-WAB2-TGR 7 TOG5681/3*IR64
V19 WAS 161-B-6-WAB-B-TGR 16 TOG5681/4*IR64
V20 WAS 191-10-WAB-B-TGR 23 IR64/TOG 5681//4*IR 64
V21 FKR 19 Inconnu
V22 WAS 191-9-WAB-B-TGR 24 IR64/TOG 5681//4*IR 64
V23 WAS 192-3-WAB-B-TGR 25 IR31785//TOG 5674/4*IR21785-58
V26 WAS 122-IDSA-1-WAS-6-1 TOG5681/3*IR64
V27 WAS 122-IDSA-1-WAS-2 TOG5681/3*IR64
V28 WAS 122-IDSA-1-WAS-B TOG5681/3*IR64
V29 WAS 161-B-9-3 TOG5681/3*IR64
V30 WAS 163-B-5-3 TOG5674/4*IR 31785
V31 WAS 191-8-3 IR64/TOG5681//4*IR 64
V32 WAS 127-IDSA-2- WAS-1 TOG 5681/2*IR 64//IR31851-96-2-3-2-1
V33 WAS 114-B-IDSA-B- WAS-1-3 TOG5681/3*IR64
V34 L 18-6 Inconnu
V35 L 11-19 Inconnu
V36 L 2-4 Inconnu
V37 WAS 161-B-2-B-2 TOG5681/3*IR64
V38 WAS 161-B-6-B-B-1-B TOG5681/3*IR64
V39 WAS 161-B-2-B-1 TOG5681/3*IR64
V40 WAS 186-B-8-B-2 TOG5681/4*IR64
V41 WAS 161-B-2-B-4 TOG5681/3*IR64
V42 WAS 191-9-B-2 IR 64/TOG 5681//4*IR 64
194 OUEDRAOGO et al.

de Croissance (FG). La souche de référence est bactérie de référence est utilisée comme témoin
aussi étalée sur le même milieu pour comparaison. positif. Les tubes sont mis en incubation à 28°C
Les boîtes de Pétri sont incubées en position et les observations sont faites quotidiennement
inversée à la température de 25-30° C pendant 48- à partir du troisième jour jusqu’à deux semaines.
72 heures. L’isolement se fait sous la hotte à flux Un changement de couleur de vert olive au jaune
laminaire. dans le tube non couvert d’huile indique une
oxydation tandis qu’une coloration jaune dans
Purification et identification des colonies les deux tubes indique une fermentation.
isolées. Les colonies suspectes de Xanthomonas
oryzae pv. oryzae sont purifiées sur le milieu d) Test d’hydrolyse de l’amidon (Lelliot et Stead,
King’s B. La souche de référence NCPPB 1150 1987). Une culture bactérienne de 24 heures est
est aussi étalée sur le même milieu pour prélevée à l’aide d’une anse pour dessiner une
comparaison. figure serpentée sur le milieu d’amidon contenu
Les tests biochimiques standards utilisés dans une boîte de Pétri. Les boîtes de Pétri
pour l’identification des bactéries après inoculées (une boîte par isolat) sont incubées
purification sont : pendant 3-4 jours à la température de 28-30°C. A
la fin de la période d’incubation, les boîtes sont
a) Réaction de Gram (Test de solubilité dans inondées avec l’iode de lugole. L’apparition d’une
KOH, Lelliot et Stead, 1987). A l’aide d’un cure couleur jaunâtre autour ou sous la culture
dent stérile, les bactéries sont prélevées à partir bactérienne indique une réaction positive. Par
d’une culture pure de 24-48 heures et frottées contre, si le milieu vire au bleu ou si on obtient
rapidement dans une goutte d’une solution une coloration rougeâtre, la réaction est négative,
aqueuse de 3% de KOH préalablement déposée donc l’amidon n’est pas hydrolysé.
sur une lame de verre. Au bout de quelques
secondes, on soulève le cure dent de quelques e) Test d’hydrolyse de la gélatine (Fahy et
cm au dessus de la lame. S’il se forme un filet Persley, 1983; Lelliot et Stead, 1987). Un tube
visqueux, la bactérie est Gram négatif. Les à essai par isolat contenant le milieu gélatine est
bactéries Gram positif ne produisent pas de filet. inoculé d’une culture bactérienne de 24 heures.
Les tubes sont ensuite incubés à 28-30°C pendant
b) Test d’oxydase (Kovac’s, 1956). Une solution 3-4 jours. Après incubation, les tubes sont placés
aqueuse de 1% de dihydrochlorure à 6°C pendant 30 mn pour favoriser la gélification.
tétramétylparaphénylènediamine a été préparée. Une réaction positive se traduit par une
Une goutte de cette solution est déposée sur du liquéfaction du milieu: on dit qu’il y a gélatinolyse.
papier Whatman. Un prélèvement de culture A l’issu des tests biochimiques, les souches dont
bactérienne de 24-48 heures est effectué à l’aide les caractéristiques ont été conformes à celles de
d’une anse et frottée dans la goutte. Si le réactif la référence de NCPPB 1150 sont utilisées pour
vire au pourpre de façon instantanée ou dans les les tests d’inoculation.
10 secondes qui suivent l’application de la
culture, la réaction est positive. Dans le cas f) Test d’hypersensibilité sur le tabac. Une
contraire, elle est considérée négative. suspension bactérienne de concentration 10 9
bactéries/ml est préparée à partir d’une culture
c) Oxydation/ Fermentation (O/F) (Fahy et de 24-48 heures. Cette suspension est ensuite
Persley, 1983). Pour chaque isolat à tester, deux injectée dans le mésophylle du limbe d’une feuille
tubes contenant le milieu O/F sont inoculés à de tabac en introduisant l’aiguille d’une seringue
l’aide d’une culture bactérienne de 24-48 heures. hypodermique à 0,4 mm de diamètre environ dans
L’inoculation consiste à introduire une anse pleine la nervure de la feuille. La bactérie de référence et
de bactéries directement au fond du tube à essai l’eau distillée stérile sont utilisées respectivement
et à la retirer aussitôt. L’un des tubes est recouvert comme témoins positif et négatif. Les plants sont
d’huile de paraffine d’un à deux cm d’épaisseur mis en incubation à la température de 28-30°C
afin d’empêcher toute infiltration d’oxygène. La pendant 24, 48 et 72 heures. L’apparition d’un
Etude de la résistance au flétrissement bactérien 195
aspect vitreux suivi d’un brunissement des parties l) remplis de terreau stérilisé. Les pots sont placés
infiltrées indique une réaction positive. sous serre à 30 °C avec une alternance de 12
heures de lumière et 12 heures d’obscurité.
g) Test de pathogénie. La variété de riz TCS 10
sensible au flétrissement bactérien a été utilisée Inoculum et Inoculation. Des plantules âgées de
pour ce test. On prépare une suspension 15 jours ont été inoculées suivant la méthode
bactérienne de 109 bactéries/ml avec une culture (Kauffman et al., 1973). Elle consiste d’abord à
de 48 heures. Des plantules âgées de 14 jours préparer une suspension bactérienne de 109
sont inoculées avec la suspension selon la bactéries/ml. Les extrémités des feuilles sont
méthode Kauffman et al. (1973). Deux semaines sectionnées à l’aide d’une paire de ciseaux
après inoculation, la bactérie est ré isolée des préalablement désinfectée à l’alcool et trempée
plantules flétries pour confirmer sa présence . La dans la suspension bactérienne. Après
conservation des bactéries isolée se fait au inoculation, les plantules sont recouvertes d’un
congélateur sur le milieu de culture Yeast Glucose sachet plastique transparent et mises en
Chalk Agar medium (YGCA medium) dont la incubation pendant 24 heures afin de favoriser
composition est la suivante : Yest extract (10 g) ; l’infection.
D-glucose (10g) ; CACO3 (10g) ; Agar (15g) et
eau distillée (1000ml). Evaluation des symptômes. Elle est réalisée sur la
base de l’apparence générale des plantules d’une
INOCULATION DES PLANTULES DE RIZ même répétition. L’échelle de notation utilisée est
celle de Kauffman et al., (1973) (Tableau 3). Les
Dispositif expérimental. Un dispositif Split plot observations ont été faites à 3, 7 et 14 jours après
à trois répétitions a été utilisé. Les deux souches inoculation (JAI). Les moyennes des notes
de Xanthomonas oryzae pv. oryzae (XBFB et obtenues ont été regroupées dans des intervalles
NCPPB1150) ont été affectées aux parcelles définis par l’échelle utilisée.
principales et les soixante neuf lignées aux
parcelles secondaires. La souche NCPPB 1150 et Analyse des données. Le logiciel SAS a été utilisé
l’eau distillée ont servi respectivement de témoins pour l’analyse statistique des données. L’analyse
positif et négatif. Les variétés de riz TCS 10 de variance a porté sur la comparaison du pouvoir
sensible, et FKR 19 résistante ont servi de pathogène des souches de Xanthomonas oryzae
témoins. pv. oryzae NCPBB 1150 et XBFB vis-à-vis des
lignées. La comparaison des moyennes a été
Culture du riz. Cinquante grains de chaque lignée effectuée avec le test de ANOVA. Le logiciel
préalablement désinfectés à l’eau chaude (53°C) Microsoft Excel 2000 a servi à la saisie des
pendant 30 mn ont été semés dans des pots (1,5 données.

TABLEAU 3. Echelle d’évaluation des symptômes de Kauffman et al. (1973)

Note Infection foliaire Comportement

1 Traces Résistant
3 < ¼ feuille Moyennement Résistant
5 ¼ - ½ feuille Moyennement Sensible
7 >½ feuille Sensible
9 Toute la feuille Hautement Sensible

Regroupement des moyennes

[ 1; 2,33 ] = Résistant; ] 2,33; 4,33 ] = Moyennement Résistant; ]4,33; 6,33 ] = Moyennement Sensible; ] 6,33; 7,67 ] = Sensible;
] 7,67; 9 ] = Hautement Sensible
196 OUEDRAOGO et al.

RESULTATS - Le groupe de lignées ne présentant que des


traces de symptômes comme la FKR 19 (témoin
Les tests biochimiques et d’inoculation. Les résistant). Dans ce groupe 45 lignées ont
souches isolées à Bagré ne sont pas presenté une résistance à la souche XBFB
fluorescentes mais elles présentent une coloration contre 55 à la souche NCPPB 1150;
jaune caractéristique des xanthomonas. Elles - Le groupe de lignées moyennement résistantes
présentent un test de GRAM (KOH) et d’ Oxydase présentant moins du ¼ de la surface foliaire
négatifs. Elles sont toutes oxydatives et non infectée. Dans ce groupe 15 lignées sont
fermentatives et ne réduisent pas non plus les moyennement résistantes à la souche XBFB
nitrates. L’amidon et la gélatine ne sont pas contre 13 à la souche NCPPB 1150;
hydrolysés par elles. Le test d’hypersensibilité - Le groupe de lignées sensibles dont la moitié
sur le tabac est positif de même que celui de la de la surface foliaire est infectée. Ce sont : WAS
pathogénie sur les plantules de riz. Elles ont les 173-B-B-2-TGR 4 (V24), WAS 122-IDSA-1-
mêmes caractéristiques biochimiques que la WAS-6-1(V26), WAS 161-B-2-B-1 (V39), WAS
souche de référence. 186-B-8-B-2 (V40), WAS 161-B-2-B-4 (V41),
WAS 186-B-8-B-1 (V45), WAS 127-IDSA 2-
Comportement des lignées vis-à-vis des souches WAS 3-6-FKR 1 (V52), WAS 122-IDSA 11- WAS
bactériennes. L’analyse de variance (Tableau 4) 8-2 (V66), WAS 161-B-4-1 (V68), WAS 191-4-10
indique qu’au seuil de 5%, les souches de (V69).
Xanthomonas oryzae pv. oryzae diffèrent par leur Enfin, à 14 JAI, le comportement des lignées
pouvoir pathogène. Avec l’eau distillée stérile, a été également evalué. Les moyennes obtenues
aucune réaction de sensibilité n’a été observée. et celles des 3 et 7 JAI sont présentées dans le
Les observations des plantules à 3, 7 et 14 jours Tableau 5.
après inoculation ont donné les résultats suivants On note à partir des résultats de ce TABLEAU
(Tableau 4). que la souche XBFB est plus agressive et plus
A 3 JAI, quatre lignées à savoir WAS 122- virulente que la souche de référence NCPPB
IDSA-1-WAS-6-1 (V26), WAS 161-B-2-1 (V39), 1150. Sur 69 lignées testées, 16 lignées (02 intra-
WAS 161-B-4-1 (V68) et le témoin sensible (TCS , 14 interspécifiques) se sont révelées
10) ont présenté des symptômes. Les trois moyennement à hautement sensibles à la souche
premières presentent ¼ d’infection foliaire à la XBFB contre 08 lignées (01 intra-, 07
souche XBFB et la TCS 10 à la souche de référene interspécifiques) à la souche NCPPB 1150.
NCPPB 1150. Les autres lignées n’ont manifesté Par rapport à la résistance on observe que
aucun symptôme aux deux souches bactériennes. sur les 69 lignées testées 53 sont moyennement
résistantes à résistantes à la souche XBFB contre
A 7 JAI, trois groupes de lignées se sont 62 à la souche de référence. De plus, les lignéés
illustrées: V26, V41, V52, V61, V66 et V69 ont été sensibles à

TABLEAU 4. Analyse de variance: Comparaison du pouvoir pathogène des souches bactériennes vis-à-vis des lignées

Origine de la variation SC Ddl CM F F théo Sign

Souches 598,65 2 299,32 197,7 3,01 HS


Lignées 1040,3 70 14,86 9,84 1,32 S
Interaction souche-lignées 939 140 1,51 4,44 1,24 S
Erreur 644,83 426 - -

Total 638 - -

SC: Somme des carrées, ddl: dégré de liberté, CM: Carrée moyen, F: valeur de Fisher, Théo: théorique, Sign: Signification, S:
Significatif, HS: Hautement Significatif
Etude de la résistance au flétrissement bactérien 197
TABLEAU 5. Notes de sévérité de l’attaque des souches XBFB et NCPPB 1150 à 3, 7, et 14 jours après inoculation

Code XBFB NCPPB 1150

3 JAI 7 JAI 14 JAI 3 JAI 7 JAI 14 JAI

V1 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 RM 1,00 R


V2 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V3 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 2,33 R 3,00 MR
V4 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 2,33 R 3,67 MR
V5 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V6 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V7 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V8 1,00 R 2,33 R 2,33 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V9 1,00 R 3,00 MR 7,00 S 1,00 R 2,33 R 5,00 MS
V10 1,00 R 3,00 MR 3,67 MS 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V11 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V12 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V13 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 1,67 R 4,33 MR
V14 1,00 R 2,33 R 2,33 R 1,00 R 1,00 R 3,67 MR
V15 1,00 R 3,00 MR 5,00 MS 1,00 R 1,00 R 3,00 MR
V16 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V17 1,00 R 3,00 MR 5,00 MS 1,00 R 1,67 R 1,67 R
V18 1,00 R 1,00 R 1,67 R 1,00 R 1,67 R 3,67 MR
V19 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V20 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V21 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,67 R 1,00 R
V22 1,00 R 1,67 R 1,67 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V23 1,67 R 3,00 MR 4,33 MR 1,00 R 3,00 MR 5,00 MS
V24 1,67 R 7,67 S 8,33 HS 1,00 R 1,67 R 5,67 MS
V25 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 3,67 MR
V26 3,00 MR 8,33 HS 8,33 HS 1,00 R 1,67 R 3,00 MR
V27 1,00 R 3,00 MR 3,00 MR 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V28 1,67 R 3,00 MR 5,00 MS 1,00 R 1,00 R 5,00 MS
V29 1,00 R 3,00 MR 3,67 MR 1,00 R 3,00 MR 3,00 MR
V30 1,00 R 1,67 R 3,67 MR 1,00 R 3,00 MR 3,00 MR
V31 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V32 1,00 R 1,00 R 3,00 MR 1,00 R 1,00 R 3,00 MR
V33 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,67 R 2,33 R 3,00 MR
V34 1,00 R 2,33 R 4,33 MR 1,00 R 4,33 MR 4,33 MR
V35 1,00 R 3,00 MR 3,67 MR 1,00 R 1,00 R 4,33 MR
V36 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R
V37 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 3,00 MR 3,67 MR
V38 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R 1,00 R

XBFB et résistantes à moyennement résistantes de la maladie en fonction du temps montre que


à NCPPB 1150. Seule la lignée V23 s’est révélée l’intensité des symptômes varie en fonction des
moyennement sensible à NCPPB 1150 et lignées et des souches bactériennes de
moyennement résistante à XBFB. Xanthomonas oryzae pv. oryzae (Tableau 5). La
souche isolée à Bagré (XBFB) s’est montrée plus
DISCUSSIONS agressive et plus virulente par rapport à la souche
de référence (NCPPB 1150). La différence de
Analyse comparée du pouvoir pathogène des comportement des deux souches testées vis-à-
souches bactériennes. Le suivi de l’évolution vis des variétés serait liée à leur origine
198 OUEDRAOGO et al.

géographique. C’est du reste ce qu’affirment La variété FKR 19, résistante aux souches
Horino et al. en 1981. Ces auteurs ont indiqué XBFB et NCPPB 1150 peut être recommandée en
que les races de Xanthomonas oryzae pv. oryzae riziculture de bas-fonds d’autant plus qu’elle est
du Japon, région tempérée, diffèrent de celles des aussi résistante à la pyriculariose (Dembele, 2001).
Philippines région tropicale humide. La souche Mais d’après Ezuka et Sakaguchi (1978) cité par
de référence isolée au Bengladesh différerait par Mew et al. (1992), la variété Asakaze résistante
son agressivité et par sa virulence de la souche au flétrissement bactérien a été sévèrement
isolée au Burkina Faso (Bagré) à cause des affectée par une souche virulente quelques
conditions pédo-climatiques certes différentes. années après son introduction aux champs. La
variété FKR 19 pourrait également être sensible
Analyse du niveau de résistance des lignées. Les plus tard sur les sites de Bagré qui sont très
lignées testées se sont comportées différemment infestés. En effet, l’apparition de nouvelles
par rapport aux deux souches (Tableau 5). Ces souches de la bactérie grâce au phénomène de
différences de comportement variétal vis - à – vis mutation génétique peut rendre la FKR 19
d’une souche donnée seraient liées aux vulnérable.
caractéristiques intrinsèques à chaque variété Pour Reddy et Nayak (1984) cité par Ahmed
(résistance ou sensibilité). Aldrick et al., (1973) ; et al. (1997), une réduction considérable de la
Buddenhagen et Reddy, (1972) ; Ezuka et Horino sévérité du flétrissement bactérien est produite
(1974) cité par Mew et al., (1992) sont parvenus par le mélange de génotypes de riz résistants et
aux mêmes résultats en demontrant le phénomène sensibles.
d’interaction différentielle entre les variétés de Le croisement entre la variété FKR 19,
riz et des souches bactériennes de Xanthomonas résistante et la TCS 10 sensible mais très
oryzae pv. oryzae. productive pourrait être envisagé pour réduire la
Kinoshita (1991) cité par Ahmed et al. (1997) sévérité du flétrissement bactérien sur le périmètre
signale que 18 gènes de résistance au de Bagré et améliorer la productivité du riz.
flétrissement bactérien ont été recommandés.
Plusieurs de ces gènes ont été incorporés dans CONCLUSION
des variétés de riz améliorées (Ogawa et al., 1991
cité par Mew et al. (1992) parmi lesquels, les gènes L’étude de la résistance variétale en conditions
xa-5 et xa-7. Il est fort possible que certains de d’inoculation artificielles a permis d’identifier des
ces gènes soient incorporés dans les lignées lignées résistantes au flétrissement bactérien
résistantes rencontrées au cours de notre étude. causé par Xanthomonas oryzae pv. oryzae.
L’un des multiples facteurs de la résistance L’évaluation de ces lignées vis - à - vis de la
provient de la progéniture. Mew et al. (1992) ont bactériose au champ permettrait de proposer à la
signalé que les cultivars IR utilisés aux Philippines vulgarisation des lignées résistantes et plus
sont modérement sensibles à une race de promotteuses. Il serait intéressant d’ étudier la
Xanthomonas oryzae pv. oryzae. Des résultats structure de la population du pathogène au
de leur étude, il ressort que la variété IR8 est Burkina Faso en utilisant les gènes Xa et xa
sensible à 4 des 5 souches de Xanthomonas disponibles dans les lignées isogéniques. De
oryzae pv. oryzae utilisées alors que la DV85 meme l’étude des gènes de résistance contenus
possédant les gènes xa-1 et xa-5 a été résistante à dans les variétés évaluées ainsi que dans les
toutes les 5 souches. Les 93,33% des lignées qui variétés vulgarisées et en voie de vulgarisation
se sont revèlées sensibles dans notre étude ont au Burkina Faso, constitue une priorité de
un parent IR (TABLEAUX II et V), confirmant recherche sur le flétrissement bactérien.
ainsi les résultats des études des auteurs ci-
dessus mentionnés. Ainsi, si les cultivars IR sont REMERCIEMENT
moyennement sensibles à sensibles au
flétrissement bactérien, la résistance des lignées Les auteurs remercient sincèrement le Centre du
testées serait liée en partie au cultivar TOG. Riz pour l’Afrique (ADRAO), pour sa
Etude de la résistance au flétrissement bactérien 199
contribution financière et sans laquelle ces Institut du Sahel. 1991. Les ennemis des cultures
résultats ne s’auraient être atteints. Ces vivrières dans le Sahel. CILSS. Ouagadougou.
remerciements vont également au Prof. DAKUO Burkina Faso. 93 p.
Dona pour la lecture du manuscrit Kauffman, H.E., Reddya,.P.K., Hiesh, S.P.Y. and
Merca, S.D. 1973. An improved technique for
RÉFÉRENCES evaluating resistance of rice varieties to
Xanthomonas oryzae. Plant Disease
Agarwal, P.C., Mortensen, C. N. and Mathur, S.B. Reporter 57: 537-41.
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ADRAO. 95 p. Effectuée du 24 au 25 Mai 2004. 4p.
Ahmed, H. U., Finch, M. R., Alfonso, R. F. and Mew, T. W., Vera Cruz, C. M. and Reyes, R. C.
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