Gouvernance locale des ressources forestières
Gouvernance locale des ressources forestières
Juillet 2014
I . P R E S E N TA T I O N D E L’ O N G T R E E A I D
TREE AID est une ONG britannique dont le siège est établi à Bristol en Angleterre depuis 1987. Elle
est présente en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est. Son bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest
est basé à Ouagadougou au Burkina Faso depuis 1997 et couvre quatre pays : le Burkina Faso, le
Ghana, le Mali et le Niger.
Vision : Voir se développer de façon durable des communautés épanouies dans les zones arides d’Afrique.
Mission : Permettre à des personnes vivantes dans les zones arides en Afrique à libérer le potentiel de l’arbre afin
de réduire la pauvreté et protéger l’environnement.
Conception-Réalisation
06 BP BP 9248 Ouagadougou 06
SOMMAIRE
« Des populations rurales pauvres générant des revenus à partir de l’arbre, à travers une gouvernance
locale durable des ressources forestières, dans le cadre du processus de décentralisation dans le
secteur forestier », telle est la vision de TREE AID. L’ONG s’est fixé pour mission de réduire à terme et
de façon durable, la pauvreté tout en conservant et améliorant l’environnement. Pour conduire sa
mission, TREE AID travaille sur la base de programmes stratégiques pluriannuels dont les contenus
répondent aux besoins des communautés rurales et cadrent avec les politiques des pays.
Au cours de sa longue expérience TREE AID travaille surtout à développer une expertise locale pour
une intégration de l’arbre au centre des actions de lutte contre la pauvreté menées par les populations
rurales. Elle travaille également en partenariat au niveau national, avec les structures de l’Etat, les
organisations de recherches pour la mise en œuvre efficace de sa politique centrée sur l’utilisation
efficace et efficiente des ressources forestières par les communautés locales.
II. OBJECTIFS
L’objectif général est de disposer d’un modèle de gouvernance Locale des ressources Forestière
comme un Outil de la décentralisation dans le secteur forestier
Le modèle devra permettre aux acteurs et décideurs de gouvernance forestière :
- De connaître et de se familiariser avec le processus développé et conduit par TREE AID et ses
partenaires
- De mettre en exergue les leçons tirées de cette expériences ;
- D’avoir un outil de partage des acquis dans un objectif d’apprentissage mutuel et d’expansion ;
Ce modèle devra contribuer à promouvoir la gouvernance locale des ressources forestières au Burkina
Faso et dans d’autres pays et à légitimer l’expérience de TREE AID vis à vis des pouvoirs publics.
Gouvernance Forestière
La gouvernance forestière peut se définir comme l’ensemble des mesures publiques, d’ordre politique,
économique et administratif, permettant à l’État, aux collectivités locales, aux communautés de base,
au secteur privé et aux organisations de la société civile d’entrer en dialogue sur les modalités
consensuelles d’accès équitable aux ressources forestières en vue de satisfaire les aspirations
générales et particulières d’ordre environnemental, économique, social et culturel, tout en assurant le
développement des forêts et l’exploitation durable des ressources.
C’est l’exercice de l’autorité locale aux plans règlementaire, institutionnel, technique et financier
prenant en compte les réalités socioculturelles et permettant aux collectivités locales, aux
communautés de base, aux organisations privées et aux acteurs étatiques d’entrer en dialogue sur
les modalités consensuelles d’accès équitable aux ressources forestières
et de partage équitable des bénéfices, en vue de satisfaire les aspirations générales et particulières
d’ordre environnemental, économique, social et culturel, tout en assurant le développement des forêts,
sans préjudice des autres utilisations de la terre, et l’exploitation durable des ressources.
L’une des spécificités du modèle de TREE AID, est l’implication dès le début du processus d’un certain
nombre d’associations/ONGs partenaires dans l’accompagnement des communes et des
communautés de base dans la mise en œuvre du PGLRF. La sélection de ces partenaires a été opérée
sur la base d’un certain nombre de critères dont:
• La présence établie de l’Organisation, sa connaissance du contexte local et son expérience
opérationnelle des communautés dans les sites pilotes choisis ;
• Une expérience confirmée dans la mise en œuvre de Projets de foresterie communautaire en
collaboration avec TREE AID et le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) ;
• Une capacité institutionnelle et technique à assumer les responsabilités de mise en œuvre des
activités du Projet sur le terrain ;
Sur la base de ces critères, les 5 Associations et ONGsuivantes ont été sélectionnées, avec lesquelles
TREE AID a établi dès 2007 des contrats de partenariat:
1. L’Association Base Fandima (ABF) dans la région Est., pour un appui aux communes de Fada-
N’Gourma et Diapangou, Province du Gourma ;
2. L’Association des Femmes pour la Régénération du Sahel (AFRS) dans la région du Centre-Nord
pour un appui à la commune Barsalogho, Province du Sanmatenga;
3. L’Association pour le Développement Economique, Culturel et Social de Séguénéga (ADECUSS)
dans la région du Nord pour un appui à la commune de Séguénega, Province du Yatenga
(Ouahigouya) ;
4. La Fondation NATURAMA, dans la Région du Centre-Sud pour un appui aux communes de Nobéré,
Province du Zoundwéogo et de Pô, Province du Nahouri ;
5. L’Association Solidarité et Entraide Mutuelle au Sahel (SEMUS) dans la région du Nord, pour un
appui aux communes de Lâtoden et de Gomponsom, Province du Passoré.
A côté des Associations et ONG partenaires de terrain, TREE AID a établi un protocole de
collaboration avec le Groupe de Recherche-action pour la Gouvernance Forestière au Burkina
Faso (GAGF) en vue d’apporter un appui stratégique et une orientation continue à la mise en
œuvre du PGLRF, de faciliter l’analyse des expériences pilotes, des enseignements tirés et
des débats et autres ateliers nationaux. Créé en 2008 à l’initiative de TREE AID, le GAGF
œuvre dans le domaine de la gouvernance forestière et de la gestion décentralisée des
ressources forestières. Il s’est fixé comme objectif de contribuer au débat sur cette double
problématique à travers des études et des réflexions dans le but d’influencer les politiques en
la matière et améliorer ainsi l’efficacité des stratégies, programmes et plans d’action publics
aussi bien dans leur élaboration, leur mise en œuvre et leur sui-évaluation.
Les premières relations entre TREE AID et les Collectivités territoriales ont été établies dans le
cadre du projet dénommé « Village Tree Entreprise1 » (VTE) qui apparait comme le précurseur,
voire le déclencheur du Projet GLRF2. Suite à l’évaluation à mi-parcours (en 2010) du projet
GLRF, il a été constaté que l’implication des acteurs, surtout des collectivités territoriales,
demeurait passive et n’engendrait pas une réelle appropriation du processus par les
Communes.
C’est ainsi que grâce à la Coopération Suédoise (ASDI), les activités du projet ont connu à
partir de juillet 2010 un appui financier additionnel pour un ancrage effectif du projet au niveau
national et communal. TREE AID procèdera de manière progressive à l’établissement d’un
Protocole de collaboration directement avec chacune des huit communes (Barsalogho, Fada
N’Gourma et Diapangou dans une première phase (2012) puis Nobéré et Pô, Gomponsom
et Latodin et Séguénéga), en vue de les responsabiliser dans la conduite effective du projet
sur le terrain.
Pour valoriser les acquis de son projet VTE, TREE AIDa mis en exergue l’idée du PGLRF, comme réponse à la
2.
question fondamentale suivante : Comment exploiter les PFNL sans abîmer les forêts, dès lors que chaque village
veut avoir sa forêt, à partir du moment où les gains financiers sont mis en avant ?
Outre les parties prenantes institutionnelles, les communautés locales des Communes partenaires
sont les plus concernées, en tant qu’acteurs et bénéficiaires directs de l’appui du projet. L’analyse
de l’état des lieux de l’exploitation et de la gestion des forêts et des ressources forestières montre
une diversité d’acteurs impliqués dans le secteur d’activité. Il s’agit de :
• les communautés villageoises constituées des femmes, des hommes et des jeunes ;
• les dépositaires des us et des coutumes ;
• les producteurs (les agriculteurs familiaux, les nouveaux acteurs, les éleveurs sédentaires et les
transhumants, etc.) ;
• les acteurs socio-économiques locaux (les bûcherons, les artisans, les tradipraticiens, les
transformateurs des produits forestiers non ligneux, les chasseurs, etc.);
• les associations et groupements d’appui au développement local.
4.4. L’Etat
Pour la mise en œuvre de la première phase du projet (2007-2012), TREE AID s’est appuyé sur un
partenariat qu’il a établi avec des organisations de la société civile (OSC). Le recours aux OSC répond
à la stratégie d’intervention de TREE AID pour qui il s’est agi de renforcer les capacités des partenaires
en matière de gouvernance locale des ressources forestières pour accompagner les communautés
locales et les communes afin de :
• Améliorer la connaissance sur le lien entre gestion décentralisée et gouvernance forestière avec la
réduction de la pauvreté ;
• Changer les comportements des communautés dans la gestion des ressources forestières ;
• Améliorer l’accès aux ressources forestières au niveau local par une bonne gouvernance locale ;
• Assurer une meilleure gestion des ressources forestières pour un accroissement des profits tirés de
ces ressources par les populations rurales, surtout les plus pauvres.
Les activités ont été organisées sur la base de protocoles d’accord établis avec une durée d’un an
renouvelable avec cinq OSC sélectionnées sur les critères ci-dessus:
• Association Base Fandima (ABF) pour la région de l’Est
• Association pour le Développement Economique, Culturel et Social du département de Séguénéga
(ADECUSS) pour la Région du Nord (Yatenga),
• Association Solidarité Entraide Mutuelle au Sahel (SEMUS) pour la région du Nord (Passoré)
• Association des Femmes pour la Régénération du Sahel (AFRS) pour la région du Centre-Nord
(Sanmatenga)
• Fondation des Amis de la Nature (NATURAMA) pour la région du Centre-Sud (Zounweogo et
Nahouri),
Ce partenariat a permis aux OSC d’accompagner les huit (08) communes pilotes bénéficiaires du
projet. Il a débuté par une session d’information à travers des ateliers, pour mieux expliquer aux
responsables et animateurs des OSC, le concept de gouvernance locale des ressources forestières.
L’opérationnalisation sur le terrain s’est faite par la mise à disposition des fonds aux Associations et
ONG pour la conduite des activités d’accompagnement des communes.
Le suivi des activités a consisté pour TREE AID à organiser des rencontres semestrielles au niveau
communal et annuelles pour les parties prenantes, couplées à des sorties sur le terrain pour un
appui/conseil.
Pour la seconde phase du projet (2012-2015), et s’appuyant sur les résultats de la première phase,
TREE AID a décidé d’engager une approche progressive de transfert de compétences, permettant
aux communes de s’approprier les principes de gouvernance locale des ressources forestières. Cette
démarche de transfert de compétences est basée sur des postulats et les objectifs suivants :
• l’appui-accompagnement des communes par les OSC a contribué à une prise de conscience des
acteurs communaux et des populations sur la nécessité de gérer de manière participative les
ressources naturelles ;
• le développement de compétences des communes dans divers domaines notamment dans
l’organisation des acteurs, l’élaboration des outils de gestion et la gestion des ressources forestières ;
• l’opportunité offerte aux communes pour une application de la gestion décentralisée des ressources
forestières ;
• la préparation des communes d’intervention au transfert de compétences prévu dans par la loi sur
la décentralisation : mise à disposition des communes et pour la durée du projet de 2 conseillers
techniques communaux (CTC) pour gérer les questions forestières.
Le transfert des compétences et l’ancrage institutionnel du projet aux communes a été décidé à l’issue
de l’évaluation à mi-parcours de la première phase (2010). Un « guide d’ancrage » a été élaboré dans
lequel on indique comment devront être réglées les questions concernant:
• la gestion des fonds mis à la disposition des communes par TREE AID;
• le recrutement et la gestion du personnel du projet;
• le rôle des Commissions Environnement et Développement Local.
Ainsi, le processus a conduit au recrutement dans chaque commune de deux Conseillers Techniques
Communaux (CTC) en gestion de ressources forestières en juin-Juillet 20123 . Travaillant sous la
responsabilité du Maire de la Commune, les CTC sont chargés de la mise en œuvre de l’ensemble
des activités du projet sur le terrain au niveau de la commune, constituant ainsi la cheville ouvrière du
processus d’ancrage communal du projet.
3.
Soit un total de seize (16) CTC pour la zone du projet. Les facilitateurs qui travaillaient avec les OSC dans la
première phase du projet ont ainsi été recrutés pour le compte des communes.
La démarche a été conduite de manière progressive : après une phase expérimentale ayant impliqué
d’abord trois (3) communes (Barsalogho, Fada N’Gourma et Diapangou) d’avril 2012 à mars 2013,
l’expérience a été étendue aux 5 autres communes. Un Protocole de collaboration a été établi
directement entre TREE AID et chaque Commune pour la responsabiliser dans la conduite effective
du projet sur le terrain.
Ce protocole a permis de :
• doter chaque commune en (i) équipements et fournitures de bureau, (ii) équipements et moyens de
déplacement pour les Conseillers(ères) Techniques Communaux;
• assurer la formation des Conseillers(ères) Techniques Communaux ;
• former les Comptables communaux aux règles et aux outils de gestion utilisés par le projet ;
• prolonger les protocoles de partenariat entre TREE AID et les OSC en vue d’apporter aux Commune
une assistance technique à la gestion financière du projet ;
S’appuyant sur les dispositions du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT), les maires des
huit (8) communes pilotes ont constitué le Réseau des communes partenaires de TREE AID pour la
gestion des ressources forestières. Ainsi, les huit Conseils municipaux ont, par délibérations
intervenues courant juin-juillet 2011, décidé d’engager les communes dans le Réseau, en vue de :
• Renforcer les capacités mutuelles des membres à travers les formations et voyages d’échanges
tant à l’intérieur du Burkina Faso qu’avec les pays voisins;
• Faciliter le partage d’expériences entre les acteurs de la gouvernance locale des ressources
forestières (élus, services techniques déconcentrés, ONGs, associations, coutumiers, structures
communautaires de gestion ou d’exploitation des forêts) ;
• Développer le plaidoyer en faveur de la mise en œuvre effective de la décentralisation dans le secteur
forestier au Burkina Faso ;
• Promouvoir le dialogue entre les acteurs de la gestion décentralisée et la gouvernance locale des
ressources forestières du Burkina Faso et du Mali. Dans ce sens, un plan de dialogue entre acteurs
du Burkina Faso et du Mali sur la gestion décentralisée et la gouvernance locale des ressources
forestières (GDGLRF) été élaboré validé en juin 2013, assorti d’un plan d’actions pour la période de
juillet 2013 à juin 2014.
Un dispositif de suivi et d’évaluation de l’impact du projet avec des indicateurs et des outils :
Au niveau villageois une enquête de base évalue les indicateurs de pauvreté et les attentes de ce Projet ;
des enquêtes biennales des ménages permettent ensuite de suivre les changements (matériels, d’attitudes
et de comportement). Les résultats de l’enquête sont confrontés aux conclusions des débats dans les
groupes cibles notamment les groupements des hommes, des femmes, des jeunes et des groupes
minoritaires. Au fur et à mesure de leur émergence, les groupes d’utilisateurs des forêts sont également
impliqués dans les échantillons d’enquêtes. Une fois établis, ces groupes sont encouragés à développer
eux-mêmes un rôle de suivi, et de produire des rapports aussi bien pour leurs communautés que pour les
autres acteurs, y compris au niveau communal et national ;
Au niveau communal, les agents sur le terrain réalisent des interviews auprès d’informateurs clés du
service forestier, des élus locaux et tous les autres acteurs importants identifiés lors des concertations
préliminaires ;
Au niveau national, le groupe de recherche-action pour la gouvernance forestière au Burkina Faso
(GAGF) a été désigné pour évaluer et produire des rapports sur l’évolution et les réformes en matière
de gouvernance forestière et de décentralisation dans le secteur forestier, en s’inspirant des résultats
des ateliers nationaux et internationaux qu’il organise ou auxquels il prend part, et en faisant appel à
l’expertise et à l’expérience nécessaire. L’évaluation des résultats attendus du projet à la troisième
année et l’évaluation de fin de Projet seront confiées à des personnes ressources externes.
TREE AID produit des rapports de suivi semestriels qui (i) documentent l’avancement par rapport à
chaque résultat attendu, (ii) résument l’information collectée pour évaluer l’impact du Projet, (iii)
identifient les questions majeurs touchant à la mise en œuvre du Projet, (iv) enregistrent les leçons
acquises et (v) exposent le plan de mise en œuvre pour le prochain semestre.
Au niveau national où les leçons et expérience des Projets pilotes et les conclusions retenues à travers
le travail plus large du GAGF sont analysées, documentées et développées sous forme de: (i) notes
d’information politique4 pour les décideurs clé ; (ii) outils méthodologiques et approches en vue
d’influencer efficacement les politiques environnementales (iii) émissions radio pour divulguer la
compréhension de nouvelles règles spécifiques. Chacun de ces outils sera produit dans des formats
conçus pour l’audience visée et dans les langues appropriées pour la diffusion en direction de ces
acteurs, villageois comme législateurs nationaux ;
Au niveau sous-régional, des contacts réguliers et des ateliers annuels fournissent un cadre d’échange
d’expérience et d’apprentissage mutuel entre les GAGF au Burkina, du Mali et du Ghana; des
représentants du GAGF Burkina Faso participent aux rencontres internationales annuelles des GAGF
planifiées par IIED. Des rapports résumés en Anglais sont produits et rendus disponibles au niveau
international, notamment sur le site Web du Projet pour informer la communauté internationale des
acquis du projet.
Bien que la politique de décentralisation du Gouvernement offre aux populations rurales une excellente
opportunité de prendre davantage de responsabilités dans la gestion de leurs ressources forestières,
elle leur présente aussi des défis énormes à relever. Il y a des lacunes dans la législation régissant le
secteur forestier elle-même, dans sa compréhension par les parties prenantes à tous les niveaux ; en
même temps, l’ensemble des parties prenantes fait face à la lenteur que connaît le processus de
transfert des compétences aux Collectivités territoriales.
Les progrès en matière de décentralisation dans le secteur forestier ont été freinés par une combinaison
de facteurs dont (i) un manque de ressources pour la mise en œuvre par le Gouvernement du « Plan
d'action pour la mise en œuvre des Réformes Institutionnelles et Juridiques pour la Décentralisation
dans le Secteur Forestier (PRIJD/SF) adopté en 2006 » et (ii) l'absence d'un cadre institutionnel pouvant
faciliter la capitalisation des expériences et la création de synergie entre les différents acteurs. Cette
situation explique, la méfiance dans certains milieux du MEDD vis-à-vis du processus de
décentralisation et une réticence à investir dans sa mise en œuvre.
4.
Policy briefs en Anglais
C’est pourquoi TREE AID a aussi décidé, dans le cadre du projet de GLRF, de s’investir à côté de
l’Etat et en particulier du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable (MEDD), afin de
soutenir les efforts visant à apporter de la valeur ajoutée au PRIJD/SF. C’est ainsi qu’en 2011 sur la
base de l’expérience du projet, le MEDD a créé par arrêté N° 2011-001 /MEDD du 26 janvier 2011
un Groupe de Travail sur la Décentralisation dans le Secteur Forestier (GDSEF), afin de travailler à
asseoir les conditions pour la mise en place effective d’un mécanisme d’appui à la Décentralisation,
qui réponde aux attentes du MEDD et des différents acteurs du Secteur Forestier.
Ce groupe a travaillé durant 16 mois dont les conclusions ont contribué la création d’un Point Focal
Décentralisation par le MEDD avec ancrage à la Direction des Forêts (DIFOR) pour l’appui à la
décentralisation dans le secteur forestier. Pour accompagner la mise en œuvre des recommandations
faites par le GDSEF et approuvées parle MEDD, TREE AID a établi un protocole de collaboration avec
le Point Focal pour une durée de 2 ans (juillet 2012 –juin 2014).
Les zones d’intervention du projet « gouvernance locale des ressources forestières » deTREE AID,
sont des zones écologiquement variées ayant en point commun une forte dégradation de leurs
ressources forestières. Pour la quasi-totalité des communes, l’expérience de protection et de gestion
des ressources forestières se déroule sur des sites qui ne sont pas des forêts classées de type contrôlé
par l’Etat5 : il s’agit généralement de jachères pour les communes du Nord, du Centre Nord, de
reliques forestières pour les communes de l’Est et du Centre Sud. L’ensemble de ces forêts est soumis
à des modes d’exploitation incontrôlés avant la mise en place de pratiques de protection et de
conservation.
Il a fallu dans la plupart des cas, «agir sur les esprits des populations et des autres acteurs pour les
amener à prendre conscience de la nécessité de s’organiser pour protéger leurs ressources forestières
en vue d’en tirer un maximum de profit ». C’est ce travail que les OSC partenaires de TA avaient à
faire au démarrage du projet.
5.
A l’exception de la «forêt de Vohoko» dans la commune de Nobéré qui est située dans la zone tampon du Parc National Kaboré Tambi (PNKT)
6
Les populations locales se réfèrent encore pour l’essentiel aux autorités coutumières.
7
Les massifs forestiers renferment généralement des jachères, voire des champs encore en exploitation
8
Les propriétaires terriens sont les lignages qui détiennent un droit de propriété foncier.
Des rencontres villageoises et inter-villageoises impliquant les chefs coutumiers (ou à leur initiative)
sont organisées autour de la problématique de dégradation et de gestion des terres en général et des
ressources forestières en particulier.
Dans la plupart des cas7 des concertations entre les chefs coutumiers et les propriétaires terriens8
sont faites afin d’amener ces derniers à adhérer à l’approche commune de préservation et de gestion
des ressources forestières, moyennant, le cas échéant, des garanties en ce qui concerne la poursuite,
sous certaines conditions, de leurs activités. Une décision collégiale de préserver les ressources
forestières est prise et les limites potentielles de la zone forestière sont identifiées.
A l’issue de ces concertations, des rencontres d’information sont organisées au niveau de chaque
village en vue d’assurer la mobilisation des populations autour des actions qui seront identifiées.
Le schéma d’organisation autour des zones forestières part du niveau village, passe par le niveau
inter- villages lorsque nécessaire, jusqu’au niveau communal.
Dans chaque village riverain de la zone forestière, il est mis en place un comité villageois de gestion
forestière (CVGF) dont le bureau compte 04 à 05 personnes9 . Le choix des membres du bureau du
CVGF est fait au cours d’une assemblée générale du village, sur la base de critère communément
acceptés.
Un comité inter villageois de gestion forestière (CIVGF) regroupe les différents comités mis en place
dans chaque village. Le CIVGF est l’organe de gestion et d’exploitation rationnelle de la forêt ; il
comprend une Assemblée générale (AG) l’organe suprême de la structure, composée des
représentants des CVGF et un bureau. En moyenne 15 personnes constituent le bureau du CIVGF. Il
coordonne avec les autres instances du village (conseillers municipaux, CVD, GV…), les activités de
gestion et d’exploitation de la forêt.
Des rencontres sont organisées avec les membres pour prendre des décisions relatives à la gestion
de la forêt. Au niveau de chaque CIVGF, un comité de surveillance est institué, avec pour mission
d’assurer la surveillance des activités dans la zone forestière, d’informer et sensibiliser les populations
sur les limites et les modes d’accès et d’exploitation de la zone, d’aider à la mise en œuvre des
techniques de protection. La surveillance est faite le plus souvent par groupe de 3 personnes par jour.
9.
Pour le cas de Nobéré, il n'y a pas de bureau ; les membres sont au nombre de 9 dont 6 sont actifs, les 3 autres jouant
le rôle de conseiller.
L’appellation des comités de gestion varie d’une localité à l’autre, de même que cette organisation a
connu une adaptation locale selon les sensibilités, selon le background du projet et selon les
expériences vécues des acteurs: à Gomponsom par exemple, on a assisté à la création de
Groupements de Gestion Forestière (GGF) dotés de 2 organes : le bureau et le comité de contrôle ou
de surveillance. Le GGF a pour mission :
• d’amener la population à appréhender la nécessité de bien gérer les ressources forestières et en
assurer la bonne surveillance ;
• La conduite d’actions visant à impliquer et responsabiliser les populations dans la gestion des
ressources forestières ;
• L’organisation de l’exploitation des ressources forestières
• La participation aux formations organisées par l’Union des GGF de base, avec pour finalité de créer
un jour une Coopérative de Gestion Forestière (CGF) regroupant les GGF de Tolia & les GGF de
Tanyendé.
Les GGF ont créé à l’échelle de chaque massif forestier (la Commune de Gomponsom a deux massifs
forestiers d’une superficie totale d’environ 4.500 ha) une union des GGF (UGGF) ; à terme, les acteurs
visent la création à l’échelle de toute la commune d’une Coopérative de Gestion Forestière (CGF)
regroupant les GGF des deux massifs forestiers (Tolia & Tanyendé).
La matérialisation des limites de chaque zone forestière est l’autre étape clé de l’identification. Elle se
fait de manière participative : l’ensemble des parties prenantes, sous l’égide des autorités coutumières,
identifient les limites de la zone forestière. Dans la plupart des cas, la matérialisation est faite à l’aide
de peinture sur des arbres et autres éléments naturels connus de tous. Ainsi des marques sont laissées
sur les grands arbres et les noms des bas-fonds et des rivières, limites de la zone sont annoncés.
La matérialisation des limites des massifs forestiers est généralement suivie d’un levé au GPS des
coordonnées des points marqués à la peinture, en vue de produire une carte du massif forestier
concerné. Ce travail est réalisé par Service technique de l’environnement.
Au cours de la première phase, et par les soins des OSC partenaires, le projet a appuyé le
développement, au profit des communes, d’un ensemble d’outils de planification et de renforcement
des capacités des acteurs impliqués dans la gouvernance locale des ressources forestières dont les
utilisateurs des forêts.
De même, en vue de protéger et gérer chaque massif forestier identifié, des outils de gestion ont été ou
sont en cours d’élaboration selon une approche participative impliquant toutes les parties prenantes :
les conventions locales de gestion des forêts et les plans d’aménagement et de gestion des forêts.
a. Elaboration et mise en œuvre de Plans de Renforcement des Capacités des groupes d’utilisateurs
des forêts
Dès 2009, et avec l’appui du Projet, un plan de renforcement des capacités des groupes d’utilisateurs
a été développé de manière participative autour de 5 zones forestières, notamment dans les
communes de Fada N’gourma et Diapangou dans la région de l’Est, Pô et Nobéré dans la région du
Centre-Sud.
Il s’est agi pour chaque zone forestière ciblée, de :
• réaliser un diagnostic organisationnel des groupes d’utilisateurs de forêt ;
• renseigner l’histoire des forêts ainsi que ses potentialités ;
• caractériser l’organisation mise en place pour gérer ses forêts
• évaluer l’importance des forêts pour les communautés
• Identifier et analyser les principales contraintes / solutions par volet ;
• hiérarchiser les contraintes/solutions autour de chaque forêt ;
• Appuyer les communautés à élaborer un plan d’actions de renforcement de leurs capacités
L’approche méthodologique utilisée pour ces exercice a été généralement basée sur :
• Une démarche méthodologique globale centrée sur la participation des utilisateurs des forêts y
compris les groupes spécifiques (marginalisés, pauvres).
• Le recours à des méthodologies éprouvées et à des outils MARP appropriés pour les diagnostics
organisationnels (échanges, débats, questions réponses, cartes de villages, ISS, focus groups, profil
historique, diagrammes de VENN et de Flux, matrice des critères pyramide des problèmes et des
solutions etc.);
• L’utilisation d’une démarche séquentielle en 4 axes de recherche (i) l’histoire de la forêt, (ii) les
potentialités de la forêt, (iii) l’organisation mise en place pour la gestion de la forêt et (iv) l’importance
de la forêt pour les communautés.
Dès 2012, et avec l’appui-accompagnement du projet, deux communes pilotes (Diapangou et Pô)
ont été les premières à s’engager dans la conception et l’élaboration de stratégies communales de
gestion décentralisée des ressources forestières ; lesquelles seront déclinées en plans d’actions pour
la période 2013-2015.
Pour ce faire, un guide méthodologique de conception et de mise en œuvre d’une stratégie de gestion
décentralisée des ressources forestières au profit des communes a été élaboré par le projet avec
l’assistance de consultants (août 2012). Ce guide a servi à développer les stratégies puis les plans
communaux ci-dessus.
Le processus, piloté par des consultants, s’est appuyé sur une approche impliquant les acteurs au
niveau communal, notamment à travers :
• la mise en place d’un Comité communal d’orientation composé des représentants des services
techniques, des associations intervenant dans le domaine de l’environnement et du secteur rural, de
la mairie et de personnes ressources ;
• des interviews des principaux acteurs impliqués dans la réflexion sur la gestion décentralisée des
ressources forestières au niveau central ;
• la tenue d’un atelier de validation de la stratégie et du plan d’action, élargi aux représentants des
CVD, aux élus locaux, aux agents des services techniques, aux représentants des associations de
développement et au personnel de la mairie. Una attention particulière a été accordée à la
représentation des femmes dans ces discussions.
Etape 1 : collecte des propositions des villages en ce qui concerne les règles de gestion de la forêt. La
collecte de propositions se fait auprès de l’ensemble des acteurs (CVD, Conseillers, CVGF, groupement
éleveurs, agriculteurs, population…) et permet de prendre en compte les besoins de l’ensemble des
sensibilités du village ;
Etape 3 : restitution aux personnes ressources du village (autorités coutumières, CVD, conseillers)
des résultats de la rencontre de consolidation Une assemblée villageoise est organisée pour informer
l’ensemble de la population sur le contenu des règles de gestion consolidées. A cette étape,
l’ensemble de la population est déjà informée des règles constitutives de la convention locale en
élaboration ;
Etape 4 : rédaction proprement dite de la convention, avec l’appui d’une personne ressource,
notamment un juriste, pour la vérification de la conformité des règles proposées par les populations
avec les législations (textes et lois dans le domaine forestier en vigueur).
Etape 5 : adoption de la convention au cours d’une session ordinaire du Conseil Municipal élargie aux
autorités coutumières, aux services techniques déconcentrés de l’Etat, aux CVD et Associations
locales. Le document est examiné au cours de la session en présence de tous les acteurs concernés.
Pour permettre une appropriation de la convention par les communautés villageoises parties prenantes,
les actions suivantes sont menées :
Celle-ci est traduite en langue locale;
Son contenu est présenté au cours d’Assemblées Générales villageoises par les membres du comité
villageois de gestion forestière ;
Les radios locales et autres canaux traditionnels de communication (lieux de cultes, les espaces
publics, etc.…) sont mis à contribution pour informer du contenu de la convention locale ;
Des rencontres inter communales sont organisées pour présenter les règles de gestion aux villages
riverains de la zone forestière ainsi qu’aux villages des Communes voisines.
Le plan d’aménagement et de gestion est le document de référence pour toutes les actions cohérentes
qui seront entreprises pour une gestion durable des ressources de la forêt identifiée. Il s’agit donc
pour les parties prenantes, et les Communes en particulier, d’un outil de négociation, de plaidoyer et
de recherche de financement. L’élaboration du plan d’aménagement et de gestion de la forêt se fait
toujours selon une approche participative et inclusive, sous la conduite et avec l’assistance technique
d’un spécialiste du domaine forestier.
Une fois l’équipe chargée de conduire le processus mise en place au niveau communal et l’assistant
technique identifié (consultant ou technicien du service technique décentralisé), six étapes caractérisent
le processus :
1. La sensibilisation et l’information de tous les acteurs locaux sur les objectifs du plan d’aménagement
de gestion et le processus de son élaboration ; elle est accompagnée d’une formation des membres
du Bureau du Comité Inter-villageois sur le processus ;
2. Un diagnostic participatif (DP) est réalisé avec la participation de la population, du comité inter-
villageois et avec l’appui-conseil de l’expert forestier. Le DP porte sur (i) les ressources naturelles de
la zone forestière visée (ressources forestières, fauniques et piscicoles, ressources en sols et en eau),
(ii) l’occupation et l’utilisation de l’espace, (iii) le contexte socio-économique et l’organisation des
populations dans les villages riverains, (iv) le partenariat pouvant être développé autour de la forêt
(acteurs extérieurs), etc. Cette étape permet généralement d’établir, pour chaque aspect du DP, les
potentialités, les contraintes et les solutions envisageables pour lever les contraintes. Les contraintes
identifiées à précédemment font l’objet d’une priorisation consensuelle par les acteurs.
Le diagnostic est généralement illustré par une carte de la forêt qui rend compte des potentialités et
des contraintes liées aux ressources naturelles et sur la base desquelles les actions d’aménagement
et de gestion ont été identifiées (ce sont les unités d’aménagement).
4. La mise en forme (écriture) du plan d’aménagement et de gestion. Le draft est rédigé par l’expert
commis à l’appui au processus.
5. Restitution du projet aux parties prenantes locales. Le contenu du projet est soumis à l’examen
des représentants des villages et des services techniques déconcentrés et de la Commune pour
amendement et approbation. Une version finale est préparée par le technicien sur la base des
conclusions et recommandations de cette rencontre.
Les utilisateurs défavorisés de la forêt sont pris en compte et représentés dans les débats politiques
au niveau local
Jusqu’à la fin de la première phase du Projet, les règles locales adoptées10 ont été élaborées sur la
base de la concertation de l’ensemble des groupes d’utilisateurs des forêts dont ceux défavorisés
notamment les femmes et les éleveurs.
Cependant, les efforts d’implication de tous les groupes d’utilisateurs et la multiplication des réunions
n’auraient pas toujours abouti à des règles vraiment consensuelles : l’évaluation menée en 2012
confirme en effet des cas de règles adoptées au niveau local sur la base de la majorité ;
D’autre part, et jusqu’à la fin de la première phase du Projet, les espaces de dialogue ont partiellement
fonctionné du fait des limites des CEDL et CVD. Malgré le renforcement de capacité des premiers
responsables et de quelques membres ces de organes étaient restés encore peu proactifs (et surtout
réactifs). La mise à disposition des conseillers techniques communaux en foresterie aura contribué au
renforcement des CEDL.
Les communautés de base sont impliquées dans la négociation et l’élaboration des plans de gestion
équitable des ressources forestières communautaires
Il existe des outils (guide) pour la conception et la mise en œuvre de la stratégie de gestion communale
de ressources forestières. Les documents de stratégies communales de gestion décentralisée des
ressources forestières et les plans d’action pour la période 2013-2015 ont été finalisés en août2012,
un mois avant la fin de la première phase du Projet ;
10.
Il y en a avait 7 sur 8. Aujourd’hui, chaque commune a adopté une convention locale pour la gestion des ressources
d’au moins une zone forestière
Un processus est également engagé par les huit (8) communes avec les communautés à la base pour
l’aménagement des quinze (15) zones forestières identifiées. Ainsi huit (8) plans d’aménagement et
de gestion ont été élaborés ou validés. Certains connaissent un début d’opérationnalisation comme
à Fada N’Gourma. Ainsi, le Maire de Fada, dans le cadre de la mise en œuvre des opérations HIMO
dans la commune, a intégré les membres des CIVGF pour la période de novembre 2013 à janvier
2014 afin qu’ils procèdent à la délimitation de la forêt communale par l’ouverture de pistes
périmétrales. Pour la zone de pâture, 10 km de piste ont pu être ouvertes. A Fada N’Gourma et
Diapangou, les groupes de surveillance des forêts mis en place ont reçu leurs équipements pour une
meilleure surveillance des zones forestières. Ces équipements sont constitués essentiellement de
bottes, vélos, machettes et tenues de surveillance. (source: TREE AID, rapport annuel 2013-2014).
Les capacités des acteurs communautaires à développer des entreprises forestières villageoises
viables se sont accrues.
Les règles locales adoptées et les plans d’aménagement encours de mise en œuvre offrent des
opportunités d’un meilleur accès des EFV aux produits forestiers non ligneux.
Dans la seule commune de Gomponsom (Passoré), treize (13) Entreprises Forestières Villageoises
(EFV) fonctionnelles dont huit (8) à Kouni et cinq (5) dans les autres villages. Quinze (15) produits
forestiers non ligneux sont ainsi valorisés dont les lianes goïnes, les feuilles de baobab qui sont plantés
désormais, l’amande et le beurre de karité, le néré, les graines d’Acacia m11. (zamnè), le jujubier, le
tamarin, les fleurs de kapokier rouge, Lannea m. (raisins sauvages), les fruits de Diospyros m., les
fruits et l’amande de Sclérocarya b., l’amande de Balanites a., le fruit et l’amande de Ximenia
americana pour l’huile, les fruits de Annona senegalensis, etc.) ;
L’évidence des bénéfices tirés des PFNL par les EFV est établie par l’élaboration de plans d’affaires
et l’engagement des EFV dans des opérations de petits crédits auprès d’institutions de micro-finances
pour améliorer leurs activités de commercialisation des PFNL ;
L’on note également un effort d’amélioration de la qualité des produits issus de la transformation des
PFNL: huiles, végétales, savons, et d’autres produits alimentaires. En plus des bénéfices économiques
qui ont été établis pour 29 villages (à la fin de la première phase), des changements importants ont
été réalisés dans le comportement des entrepreneurs villageois : il s’git en l’occurrence des femmes
qui ont décidé désormais de planter des espèces traditionnelles comme le balanites ou le baobab12.
Cela contribue à une amélioration des paysages agro-forestiers des champs de cultures.
11
L’Acacia macrostachya a repris beaucoup de considération aux yeux des femmes dans la Commune.
12
Cas des femmes de la commune de Gomponsom entre autres
Les acteurs locaux ont une meilleure compréhension de la gouvernance forestière pour la réduction
de la pauvreté.
Incontestablement, les acteurs locaux, qu’il s’agisse des utilisateurs des ressources forestières, des
responsables coutumiers ou des élus locaux, comprennent parfaitement le lien entre :
D’une part :
• leur appropriation des mécanismes de décision concernant la gestion des forêts ;
• leur responsabilité dans la protection des ressources forestières ;
• leurs capacités à s’organiser ainsi que le caractère fonctionnel des structures qu’ils mettent en place
pour protéger et exploiter les ressources de ces forêts ;
Et d’autre part :
• les moyens d’existence et surtout les revenus monétaires que peuvent procurer l’exploitation des
ressources des forêts ;
• les innovations qu’eux-mêmes sont capables de développer en vue d’accroitre les ressources
forestières valorisables et d’améliorer la qualité des produits de la forêt qu’ils mettent sur le marché.
L’illustration de ce résultat peut être résumée dans la reconnaissance des utilisateurs des forêts de la
Commune de Gomponsom à l’égard de TREE AID « qui nous a appris à évaluer autrement les
ressources forestières et à décider de leur transformation et de leur valorisation ». Ils concluent en
effet en disant que :
• « Si avant il n’y avait pas de conscience particulière vis-à-vis de la dégradation des RN, aujourd’hui,
tout le monde en a une vision différente ;
• Nous voyons plus clair concernant les ressources forestières qui nous appartiennent, leur étendue
et leur richesse ;et nous pouvons donc décider de ce que nous laisserons à nos enfants ».
existent des ressources forestières autour desquelles se développe une économie locale : gomme
arabique à Falagountou, bois de chauffe à Bougnounou, miel à Diapangou par exemple…
• L’intérêt manifesté par les communes voisines des huit (8) communes pilote à l’égard de la démarche
du projet de gouvernance locale des ressources forestières, témoigne aussi de l’influence du Projet
et d’une demande qui ne peut que s’accroître.
Les capacités en gestion des ressources forestières au niveau communal se sont renforcées
• Les formations réalisées ont été moyennement assimilées et la capacité des participants à les
répliquer s’en est trouvée limitée : cette faiblesse est liée en grande partie au regroupement inapproprié
de participants de niveaux très différents ;
• Les voyages d’études ont produit des effets importants dans l’amélioration des perceptions des
membres des CEDL et des responsables des structures villageoises de gouvernance mises en place
par le Projet. Il s’est alors développé dans certains cas, cette capacité des utilisateurs des ressources
forestières à évaluer les modèles de gestion des ressources forestières prônés par le Projet en les
comparant à d’autres auxquels ils n’avaient pas prêté attention13 .
• Cependant, le faible transfert des acquis aux autres acteurs explique (en partie) l’engagement limité
des membres des CEDL, en plus des contraintes budgétaires qui ne facilitent pas le fonctionnement
des CEDL ;
• De même, l’instabilité des acteurs au sein des Conseils Municipaux en général et des CEDL en
particulier d’une phase à l’autre explique cette faiblesse dans la conservation des acquis, en même
temps qu’elle constitue un des risques de retour en arrière. A titre d’exemple, la vision des différents
groupes d’acteurs de la commune de Gomponsom est très cohérente sur toutes les questions
touchant à la gouvernance des ressources forestières de leur commune, même lorsque vous les
rencontrez séparément ; le Maire et les animateurs de la CEDL sont acteurs du Projet depuis son
début en 2007.
13
Les acteurs de la Commune de Nobéré se réfèrent ainsi à une méthode de « gestion traditionnelle » de la forêt de
Ipelcé, d’une superficie de 100 ha, comme pouvant être une source d’inspiration dans le cadre de la mise en œuvre
du PGLRF
14.
Pour l’instant, ils semblent encore tenus en laisse par les administrations centrales de l’Etat à la fois pour des raisons
objectives et subjectives (voir IV-4 et IV-5)
15.
Même si aujourd’hui ces processus sont freinés par des considérations à caractère juridique
16.
Est-il en effet normal tant au plan juridique que moral que des Services provinciaux des Eaux et Forêts continuent de
délivrer des permis de coupe « sauvages » à des exploitants intérieurs ou extérieurs à une Commune pour aller couper du
bois vert (la DPEDD se disant être « obligée de tolérer cela ») dans des massifs forestiers faisant l’objet d’investissements
aussi importants par les communautés et la collectivité ; investissements auxquels le Service forestier participe au titre du
conseil et de l’assistance technique ?
Du point de vue des démarches techniques, le projet de gouvernance locale des ressources forestières
est marqué par :
• Une approche d’apprentissage progressif, notamment en ce qui concerne l’ancrage institutionnel
et le développement des capacités des Communes : pour la seconde phase, le Projet a d’abord testé
l’ancrage total au niveau communal avec trois (3) communes en 2012, avant de l’étendre à toutes les
huit (8) communes à ce jour. Cette approche a permis de mettre en lumière les contraintes
institutionnelles et de capacités des Communes à piloter sur le plan opérationnel et à gérer au plan
financier le Projet selon les procédures exigées par les bailleurs de fonds.
• Un souci d’harmonisation de la démarche technique en vue de la rendre reproductible. Dans l’esprit
du faire faire, le développement des outils de la gouvernance forestière à l’échelle des communes a
été conduit selon une démarche harmonisée, progressive et participative consistant successivement
à (i) développer les guides méthodologiques applicables à toutes les communes puis à (ii) élaborer
les outils pour chaque commune, en mettant à profit les leçons tirées du même exercice dans des
communes précédentes.
• Les démarches adaptées aux spécificités de chaque commune, voire de chaque zone ou massif
forestier ciblé. Les communes qui expérimentent la démarche de gouvernance locale des ressources
forestières ne présentent ni les mêmes conditions biophysiques ni les mêmes contextes socio-
écologiques régissant l’organisation sociale et culturelle des utilisateurs des ressources forestières ou
la nature des rapports entre les forêts et ces groupes d’utilisateurs. Ainsi, des spécificités ont pu être
observées dans la stratégie d’organisation des acteurs, le développement des capacités ou encore
le dispositif de gestion des forêts, y compris la gestion des conflits, qui sont liées notamment à :
• l’expérience ou aux antécédents de la commune dans la mise en œuvre de projets de gestion de
ressources forestières ;
• l’histoire particulière de chaque zone forestière considérée : statut foncier traditionnel de la zone,
nombre de communautés villageoises concernées, communauté d’appartenance coutumière des
villages, communauté d’intérêt des acteurs, etc. ;
• la situation de la zone forestière par rapport à d’autres communes voisines. Lorsque les ressources
forestières visées sont partagées par des communautés issues de plusieurs communes, cela rend
généralement plus complexes les circuits de communication et de décision concernant le
développement et la mise en œuvre des outils de gestion.
• Des délais variables pour les processus d’apprentissage de la gouvernance. Une des conséquences
du point précédent est que les processus d’apprentissage de la gouvernance connaissent des délais
variables. Ainsi peut-on expliquer que sur quinze (15) zones forestières ciblées par le Projet, seulement
huit (8) disposent à ce jour d’un plan d’aménagement et de gestion.
« La démarche de TREE AID est une démarche nouvelle; et pour que les gens adhèrent il fallait
développer une stratégie permettant d’obtenir l’adhésion de tous les acteurs, notamment les
populations, à travers (i) l’organisation de sessions de formation et de (ii) voyages d’études au Burkina
Faso et au Mali » (Mahamady SAWADOGO, Président du SEMUS).
L’organisation des acteurs à la base répond à un souci d’assurer une pérennité dans la gestion des
zones forestières identifiées. La mise en place de ces organisations est basée sur les réalités locales
et est faite de sorte à prendre en compte les acquis locaux (l’existant). Après l’information et la
sensibilisation pour l’implication de l’ensemble des parties prenantes, la définition des critères et le
mode de scrutin pour la désignation des responsables chargés d’animer l’action sont décidés par les
populations elles-mêmes au cours d’assemblées générales.
La formation de ces responsables constitue à partir de ce moment l’épine dorsale des succès
enregistrés. Un diagnostic organisationnel est systématiquement réalisé, suivi de l’élaboration et de la
mise en œuvre d’un plan de renforcement des capacités des utilisateurs de l’espace forestier identifié.
Dans ce processus de renforcement des capacités des organisations d’utilisateurs des forêts, les
voyages d’échanges, à l’intérieur du Burkina mais aussi dans des pays voisins, occupent une place
prépondérante: démontrer que les ressources forestières peuvent constituer une base pour le
développement d’une économie locale ou convaincre par l’exemple vécu constituent des résultats
probants de ces voyages.
D’autres projets sont orientés vers ces zones de forêts par les partenaires de TREE AID, tel la SEMUS,
pour accroitre la pérennité des résultats : Projet d’amélioration de la résilience des communautés face
aux changements climatiques, passant par les femmes (micro-crédit, dont le financement est assuré
par les femmes elles-mêmes à partir de cotisations tirées des recettes issues du développement des
activités de valorisation des PFNL tirés des forêts) ;
Au regard de la diversité des parcours par Projet dans les huit (8) communes pilotes, on peut penser
que les succès et les résultats enregistrés tiennent à un certain nombre de facteurs ou de constats
pouvant être considérés comme fondamentaux, voire comme des passages obligés. Il s’agit entre
autres de :
1. La clarté des liens entre les bénéfices tirés ou attendus des actions initiées par le Projet et
l’engagement des acteurs. En effet, les Entreprises Forestières Villageoises sont apparues à bien des
égards comme la porte d’entrée ou le fondement du choix des zones forestières à protéger et à gérer.
Le niveau de prise de conscience et d’engagement des utilisateurs des forêts en faveur de leur
conservation est apparu clairement comme ayant un rapport direct avec les bénéfices effectivement
tirés ou objectivement espérés à court terme d’une appropriation et d’une gestion maitrisée de ces
massifs.
2. Les règles coutumières, en particulier celles qui régissent la gestion foncière, sont déterminantes
dans tout le processus : elles sont mises à contribution pour dissuader, convaincre, motiver /engager,
arbitrer les conflits et même venir à bout des manipulations extérieures. Ce constat reste tout à fait
conforme à la réalité des systèmes fonciers qui régissent encore dans les faits l’utilisation des terres
et des ressources naturelles communes dans la plupart des zones rurales du Burkina Faso.
Dans ce sens, les chefs coutumiers apparaissent comme des acteurs incontournables pour la réussite
de processus du même genre (voir encadré 1). Pour ces derniers en effet, le PGLRF est un projet qui
vient les soulager, eux « autrefois garants de la conservation de la nature mais aujourd’hui impuissants
face aux enjeux de la vie moderne ». Malgré tout, ils sont plus que jamais convaincus que « c’est en
associant les connaissances des uns et des autres qu’on porte le toit sur la case ». Pour ceux de
Gomponsom en particulier, leur disponibilité à s’associer aux techniciens qui maîtrisent les aspects
non maîtrisés par les chefs coutumiers a contribué à faire avancer les choses sur le terrain.
Pour les CTC de Nobéré « beaucoup de résultats actuels ont été obtenus grâce à l’implication directe
des chefs coutumiers qui sont représentés dans les comités de gestion comme facilitateurs ; si nous
n’avions pas impliqué ces acteurs particuliers, ç’aurait été un échec17 : lorsqu’on parle traditions, les
communautés ici se sentent plus concernées que lorsqu’on leur parle de Loi ! »
3. La nécessaire clarification des limites dans l’application des règles de gestion, en particulier dans
les cas de ressources partagées avec d’autres communes non impliquées dans le Projet.
17
Voir encadré 1
Le Maire de Gomponsom témoigne : « dans un premier temps, tout le monde s’est dit qu’il n’était
pas indispensable de matérialiser les limites des 2 massifs forestiers : pour TREE AID, là où cela n’était
pas possible, il fallait laisser tomber et faire avec. On s’est concentré sur l’élaboration des règles de
gestion (convention locale) mais rapidement la question de l’espace sur lequel ces règles s’appliquent
nous a ramené à la nécessité de donner des limites à ces forêts. Le processus de délimitation a été
parfois laborieux (en particulier pour la Forêt de Tanyendé. Il a fallu rassurer tous les utilisateurs des
forêts naturelles du moment : rencontres élargies aux villages voisins des Communes de Gourcy (1),
Tongo (2) et Yako (1). Finalement, la délimitation de la dernière forêt (Tanyendé), débutée en 2011 ne
sera achevée qu’en 2013 !) »
6. La stabilité des équipes communales parait essentielle pour assurer une continuité dans les efforts
d’organisation et d’investissement des acteurs. Cette assertion est confirmée par plusieurs acteurs
consultés du Passoré et du Zoundwéogo. A la limite, l’instabilité à la tête de la Mairie et de la CEDL
représente pour le Président de SEMUS un risque pour le maintien des acquis du Projet.
7. La capacité de l’Etat à empêcher la dégradation de l’environnement est presque nulle, les Services
Techniques Déconcentrés n’ayant aucune emprise sur les ressources des « forêts protégées ». A
contrario, les Collectivités Territoriales et les communautés, lorsqu’elles sont organisées et appuyées
par des partenaires crédibles, sont capables de réussir là où l’Etat a échoué, et de mieux contrôler la
dégradation de l’environnement.
Développer la RNA dans les exploitations agricoles pour combler les besoins en produits forestiers
Au Passoré et dans le Nord en général, la situation de départ était bien différente de celles des autres
zones couvertes par le Projet (Centre-Sud ou Est) où il y avait des bases (massifs forestiers avec des
limites plus ou moins connues). On a surtout agi sur les esprits des populations et des autres acteurs
pour engager le processus de la GLRF. De sorte que les objectifs de gestion imaginés au départ
n’étaient pas nécessairement compatibles avec les ressources réellement disponibles : de 60.000 ha
imaginés au départ par les initiateurs pour les 4 massifs forestiers dans les deux (2) Communes
couvertes par le Projet (Gomponsom et Latodin), les résultats finaux font à peine 5.000 ha.
Recourir aux coutumes lorsqu’il le faut pour débloquer les situations délicates
Le recours aux « malédictions coutumières » à travers les radios locales par la chefferie coutumière de
Gomponsom a servi comme un puissant moyen de sensibilisation et de dissuasion des exploitants
de bois vert, particulièrement les femmes. A la demande du Chef de canton, une couverture
radiophonique de l’une des rencontres trimestrielles des parties prenantes au niveau provincial,
organisées dans le cadre du Projet, a permis de diffuser les messages des trois (3) principaux chefs
de terres de la Commune pendant 1 mois. « Dès lors, on faisait beaucoup plus attention du côté de
YAKO par rapport à la coupe du bois vert dans nos zones forestières ».
Dans le même registre, le recours aux coutumes a parfois permis de débloquer des situations
inextricables comme dans l’exercice de délimitation de la forêt de Tanyendé.
Malgré les précautions prises en amont pour l’identification de cette zone de conservation, les
habitants de M, dont les chefs traditionnels eux-mêmes, contestent les droits coutumiers de
L. sur une partie de la zone et bloquent alors l’opération de délimitation participative. Le Maire
de la commune dont relève le village de M. et même les autorités de tutelle sont saisis d’une
plainte. Malgré une réunion des deux (2) Maires pour trouver le consensus, il a fallu recourir à
la technique coutumière de confrontation par le sacrifice du poulet.
Sur les conseils du Chef de canton de Gomponsom, le chef de terre de L. invite celui de M. à
apporter son poulet pour qu’ensemble ils « interrogent la terre elle-même ». Voyant venir le
danger, la délégation de M. se dérobe, arguant que «nous sommes des princes et nous ne
sacrifions point de poulet ». Cinq mois après, le chef de M. finit par envoyer un émissaire
auprès du Chef de canton de Gomponsom pour avouer leur tort et demander une médiation
auprès des responsables de L.
Ech1 : Parce qu’il s’agit d’une démarche nouvelle et innovante, la mise en œuvre du Projet de
gouvernance a été et demeure confrontée à plusieurs contraintes dont certaines peuvent même être
considérées comme des obstacles à surmonter. Ces contraintes sont à la fois d’ordre organisationnel,
technique, juridique ou administratif.
1. La multiplicité des structures locales impliquées dans la gestion des forêts. Dans les villages, les
comités villageois ou inter-villageois de gestion forestière côtoient les CVD18 ainsi que d’autres
structures mises en place par d’autres projets comme les Groupements de Gestion Forestière et
l’Union des GGF19 dans la commune de Nobéré et même dans la province la province du
Zoundwéogo. Dans certains cas, ces structures d’origines et aux missions différentes utilisent le
même personnel, sans qu’il n’existe un cadre de concertation ou de rencontre dans lequel elles
pourraient coordonner leurs actions ou partager les leçons tirées20 . Cette situation est susceptible de
poser des problèmes au minimum dans l’harmonisation des approches et des mesures de gestion
des ressources forestières21 , et de gêner les mécanismes de décision à différentes échelles.
2. Le manque de légitimité des comités de surveillance et de gestion mis en place vis-à-vis de certains
utilisateurs qui les récusent de ne posséder aucun acte administratif formel qui les missionne dans la
gestion des ressources forestières dans la commune ;
18.
A priori, l’existence d’une structure qui s’investit dans la gestion des ressources forestières, dans le développement pastoral ou encore la gestion de l’eau,
n’est en rien incompatible avec celle du CVD qui coordonne l’ensemble des actions de développement du village.
19.
Les GGF et l’UGGF du Zoundweogo ont été créés à l’initiative du projet d’appui au secteur de l’énergie (PASE) dont l’objectif premier est de soutenir
l’aménagement et la gestion des forêts aux fins d’alimenter les centre urbains et semi-urbains en bois de chauffe.
20.
A priori c’est bien le rôle du CVD de servir comme un tel cadre
21.
Voir le point V-8
22.
L’élaboration des Plans d’Occupation des Sols (POS) comme outils d’aide à l’affectation et à la planification des ressources foncières se révèle à ce jour
bien plus qu’un chemin de croix pour les Commune rurales du Burkina Faso
5. La pression sur les terres : dans une région comme le Nord, cette pression est telle qu’il est très
difficile d’avoir des massifs forestiers continus de taille significative sans y trouver des champs de
cultures, à cause de la pression élevée sur les terres. Dans l’impossibilité de trouver d’autres terres
pour les besoins de subsistance de leurs exploitants, la gestion de ces enclaves dans les plans
d’aménagement apparait parfois complexe et peut influencer significativement la qualité de
l’engagement des communautés riveraines.
Plusieurs contraintes d’ordre juridique et réglementaire identifiées sur le terrain entravent assez
clairement la bonne gouvernance des ressources forestières à l’échelle des communes. Certaines
constituent même des risques de retour en arrière (voir V-8). Au nombre de ces contraintes, on peut
retenir :
• D’importants problèmes d’harmonisation de la compréhension et d’interprétation de certaines
dispositions des lois qui régissent la décentralisation (le Code Général des Collectivités daté de 2004),
la loi portant Régime Foncier en milieu Rural (2009) et la loi portant Réorganisation Agraire et Foncière
(2012). Si la perspicacité du pouvoir législatif s’est accrue au fur et à mesure de l’adoption de ces
lois, les problèmes d’harmonie apparus dans l’interprétation des concepts, termes ou dispositions
de ces textes apparaissent aujourd’hui comme une des explications de la lenteur dans l’élaboration
des textes d’application devant constater le transfert, aux Communes et aux Régions, des
compétences et des ressources de l’Etat en matière de gestion des ressources naturelles et plus
globalement de gestion du foncier rural.
• Dans ce registre, il est reproché aux conventions locales pour la gestion des ressources forestières
élaborées et validées par toutes les Communes pilotes, un manque de base juridique (ou légale)24 ;
au seul motif que le concept de convention locale n’est prévu par aucun texte de loi, même si ce
concept peut parfaitement être rendu assez précisément par celui de « charte foncière locale » prévu
par la loi portant régime foncier rural.
• La méconnaissance, par de nombreux acteurs majeurs du Projet et par une proportion importante
de la population rurale en particulier, des nouveaux règlements en matière de gestion du foncier rural.
23
Dans le cas de Nobéré, les communautés s’attendaient au démarrage du Projet à voir quelque chose de « concret », comme dans d’autres projets qui initient
des activités génératrices de revenus en faveur des principaux groupes cibles, comme source de motivation des bénéficiaires qui s’engagent dans la mise en
œuvre de ces projets;
24
Ces conventions locales n’ont en conséquence été validées par aucune autorité administrative, même si les processus de leur élaboration sont à peu de
choses près les mêmes que ceux des « chartes foncières locales » appliquées à des ressources foncières particulières.
• La contestation par certains acteurs déconcentrés de l’Etat et sur la base de seules considérations
administratives, de la légitimité des membres des comités de surveillance mis en place par les
communautés et les collectivités;
Pour les acteurs rencontrés, le Projet a aussi connu des ratés qui sont à certains égards ressentis
comme des échecs. C’est le cas, à titre d’exemple, du non aboutissement et des difficultés
conséquentes de mise en œuvre des Conventions Locales élaborées au cours de la première phase
du Projet. L’échec de la validation des Conventions Locales, est en effet vécu par plusieurs acteurs
consultés comme un échec pour le Projet, bien que leur élaboration ait été très enthousiaste et
participative.
Il apparait assez clairement dans certains cas que les mêmes acteurs qui ont accompagné la
commune et les communautés dans l’élaboration de cet outil prennent (paradoxalement) d’autres
positions lorsqu’ils doivent se prononcer en tant que structures déconcentrées de l’Etat. De même,
on reconnait que dans d’autres cas, les règles de gestion consignées dans les conventions locales
n’ont pas toujours été discutées à fond au moment de la validation par les Conseils municipaux et
que certains acteurs clés (comme la chefferie traditionnelle) n’ont pas pu se prononcer sur le projet
final.
L’application des règles locales et des outils de gestion durable des ressources forestières est un
processus dynamique qui requiert une concertation permanente entre tous les acteurs en vue de
mesurer le degré d’application et tenir compte des situations socio politiques changeantes : en effet,
l’arrêt des rencontres semestrielles de suivi élargies à l’ensemble des partenaires techniques du Projet
au niveau provincial explique les blocages constatés dans les processus de validation des conventions
locales de certaines communes ou encore les reculs liés aux changements d’attitudes des
responsables de STD.
La mise en œuvre du Projet de gouvernance locale des ressources forestières a créé les conditions
pour le développement de plusieurs actions induites. Sont de celles-ci, dans la région du Nord en
particulier, le développement à grande échelle de la Régénération Naturelle Assistée (RNA) dans les
terroirs des villages concernés par le PGLRF : produire son bois et d’autres produits forestiers non-
ligneux dans son champ est devenu une démarche normale pour la plupart des paysans.
L’ancrage du Projet aux Communes Rurales et la mise à disposition de deux (2) CTC ont généré
rapidement des idées dans certaines communes : mettre en place un Service Foncier Rural. Des
maires se sont mis, avec l’appui technique des CTC, dans une démarche de recherche de partenariat
en vue d’opérationnaliser cette structure qui confère à la Commune les capacités à mettre en œuvre
les dispositions de la loi portant régime foncier en milieu rural.
Dans la zone du Nord, le processus est parti du « néant » ; on a surtout agi sur les esprits des
populations et des autres acteurs pour engager le processus de la GLRF : de 60.000 ha espérés par
les communautés pour les quatre (4) massifs forestiers dans les 2 Communes couvertes par le Projet,
à peine 6.000 ha ont pu être identifiés.
Le Projet initié par TREE AID semble bien en avance par rapport aux capacités opérationnelles des
communes (les communes n’étaient pas nécessairement bien préparées pour accueillir le Projet de
Gouvernance Locale des Ressources Forestières) mais aussi par rapport à la vision politique et aux
stratégies publiques en matière de gouvernance forestière. Il subsiste en effet au sein des services
techniques déconcentrés, un instinct de « sauvegarde de leurs prérogatives » (supposées être celles
de l’Etat), face à la volonté des communautés de disposer des compétences qui leur permettraient
de « décider enfin de ce qu’elles laisseront à leurs enfants ».
Dans la Commune de Gomponsom, le Maire est à la fois chef de canton, et joue aussi à l’occasion
le rôle de Surveillant de zone ; il a été très sollicité dans des situations complexes. Cette double
casquette mais aussi la particularité de la personnalité de ce chef/maire, est apparue, et contrairement
à l’opinion de certains responsables de STD, comme l’un des facteurs clé des performances du Projet
dans la commune de Gomponsom)
L’analphabétisme des structures de base (CVGF, CIVGF), des utilisateurs des plans d’aménagement
et de gestion et des conventions locales; facteur limitant dans la maîtrise des outils, même traduits
en langues d’alphabétisation ;
Il est apparu (et c’est le paradoxe) que des responsables de services forestiers disent être « obligés
de tolérer la coupe du bois vert, parce que connaissant mieux les besoins des communautés de leur
province que les maires concernés» ; Ce genre de prise de position, qui remet en cause les règles
communément acceptées par les acteurs communaux, désarme les responsables communaux et
coutumiers. Dans le cas de Gomponsom, il en a résulté une recrudescence de la coupe anarchique
du bois vert dans les massifs forestiers dont la conservation a été décidée par tous les acteurs.
Le Projet GLRF prend fin dans un an. Et il est paru important de mesurer la façon dont les acteurs
perçoivent la solidité des acquis engrangés ou, au contraire, les « risques de retour en arrière » en cas
de retrait du Projet. Bien qu’exprimés par les différentes catégories d’acteurs de deux communes
consultés lors de l’exercice de capitalisation, les points de vue semblent illustrer une réalité d’ensemble
du Projet dans les huit (8) communes pilotes ; réalité traduite par les expressions comme « la
conservation des acquis sera difficile car les fruits ne sont pas encore mûrs » ou encore «le Projet
nous a amenés à nous percher su le tronc de l’arbre, mais nous n’avons pas encore pu en saisir les
branches». Parmi les risques les mieux exprimés, on pourra retenir les suivants :
La difficile conciliation d’une conscience de conservation de plus en plus forte et des attentes de
retombées économiques toutes aussi pressantes: l’existence dans les mêmes communes, d’autres
expériences de gestion forestière basées sur d’autres options, telles que l’exploitation et la
commercialisation du bois de feu (cas du Projet d’Appui au Secteur de l’Energie – PASE dans le
Zoundwéogo, un projet du Ministère de l’Environnement) suscite parfois chez les acteurs du PGLRF,
les hommes en particulier, des sentiments partagés voire contradictoires : d’un côté une démarche
de conservation patiemment mise en œuvre avec TREE AID et la Commune de Nobéré et dont les
fruits tardent quelque peu à « tomber » et de l’autre, une approche « très pragmatique »26
principalement centrée sur l’exploitation et la commercialisation du bois de feu, dont on perçoit les
retombées financières pour les acteurs mais qui suscite pas moins d’inquiétudes chez les
communautés28.
A cet égard, il y a une exigence de concertation entre les initiatives de gestion des ressources
forestières développées dans les Communes, qui doit être encouragée à partir du niveau central et
qui pourrait s’intégrer dans le processus de réflexion en cours du groupe de travail sur la
décentralisation dans le secteur forestier.
Des incompréhensions sont nées entre acteurs locaux et Services Forestiers accusés de déboiser les
forêts naturelles des territoires des communes, en délivrant des permis de coupe du bois vert « pour
la consommation familiale » et même pour « le ravitaillement des centres urbains ». En se croyant «
obligé de tolérer la coupe du bois vert28 » , même dans les formations forestières dans lesquelles les
communautés et les collectivités ont investi tant d’énergie et de ressources pour leur restauration et
leur gestion durable, la DPEDD de cette province du Nord sape le moral des communautés engagées
qui ne comprennent pas qu’on puisse « vous laver le dos le jour et vous porter des coups au flanc la
nuit ». Il urge dans cette situation que l’administration du MEDD prenne ses responsabilités de façon
à ne pas compromettre tant d’efforts investi dans la bonne gouvernance des ressources forestières à
l’échelle communale.
La mobilité des conseillers municipaux, pour cause de non renouvellement du mandat électif, en
particulier ceux membres des CEDL, engendre des déperditions importantes des acquis liés à toutes
les formations dont ces conseillers municipaux ont bénéficié. Cela est susceptible de freiner ou
d’amoindrir les capacités des communes à assurer une continuité suffisante dans l’effort de
gouvernance des ressources forestières, y compris dans la planification de projets et la mobilisation
de ressources destinées à financer la gestion économiquement profitable et écologiquement durable
des forêts.
Malgré les bons résultats obtenus par le PGLRF, diverses évaluations, revues du Projet ainsi que la
présente étude de capitalisation du Modèle de TREE AID, ont relevé de nombreuses préoccupations
qui pourraient compromettre la durabilité des acquis du Projet. En réponse à ces préoccupations, les
mesures de consolidation suivantes apparaissent comme nécessaires au terme du PGLRF ; et
devraient être prises en considération dans la planification des activités de la dernière année du Projet
1. Le transfert effectif des compétences aux communes dans le secteur forestier est plus qu’une
urgence : les capacités de l’Etat à assurer la conservation des « forêts protégées » situées dans les
25
A Nobéré, les Groupements de Gestion Forestière (GGF) mis en place à l’instigation du PASE sont désignés trivialement par « les
coupeurs de bois »
26
Les chantiers d’exploitation forestière basés sur le bois de feu suscitent malgré tout une certaine crainte chez les acteurs de la zone
forestière de Vohoko, crainte que la coupe de bois n’affecte la disponibilité des PFNL ou n’engendre à terme l’épuisement des
ressources forestières.
27
Au nom d’une conviction « qu’il n’y a plus de bois mort et que les populations sont donc obligées de couper du bois vert » ou
encore que « ce ne sont pas les PFNL qui sont la priorité des utilisateurs de la forêt mais le bois » !
terroirs communaux est quasi nulle dans le contexte actuel de pauvreté rurale. Le refus ou tout retard
dans le transfert des compétences en matière de gestion des ressources naturelles, au nom de
l’insuffisance des capacités des collectivités territoriales ou de prétendus risques de dilapidation des
formations forestières aura pour conséquences de déresponsabiliser davantage ces collectivités vis-
à-vis de ressources communes menacées de dégradation accélérée. C’est pourquoi cet objectif
stratégique devrait constituer la cible du protocole qui lie TREE AID au MEDD pour les 12 derniers
mois du Projet.
2. Ce transfert des compétences et des ressources devrait permettre de renforcer les capacités des
communes rurales en particulier à planifier et à gérer de façon durable et profitable les ressources
forestières avec la participation consciente des communautés rurales. En effet, la création d’un service
forestier communal parait aujourd’hui comme le seul moyen de renforcer l’efficacité des actions de
préservation des ressources forestières et leur valorisation au bénéfice des populations et des
collectivités.
1. La concession des zones forestières aux communautés apparait comme l’option viable qui
permettrait de consolider et d’élargir les acquis du Projet, comme condition de la conservation et
d’une gestion durable des ressources forestières.
2. Il urge de « transformer » les Conventions Locales (CL) de gestion forestières en Chartes Foncières
locales (CFL) de gestion des ressources forestières, afin de les conformer à la législation foncière
nationale et de donner à ces outils le cachet de la légalité permettant de les mettre en œuvre en toute
légitimité; cet exercice pourra offrir l’occasion de relire celles dont le processus d’élaboration comporte
des faiblesses en termes de légitimité. Cette « transformation » ouvrira la voie au développement
d’outils semblables pour les zones forestières non couvertes dans les huit (8) communes pilotes et
au-delà.
3. La formalisation des articulations du modèle de gouvernance locale des ressources forestières avec
les dispositions légales en matière de foncier rural, en vue d’une sécurisation foncière des forêts pilotes
et de la reconnaissance légale des organisations communautaires mises en place par le Projet pour
la gestion de ces forêts.
4. En même temps que le transfert des compétences aux collectivités territoriales, il urge de compléter
le cadre juridique en matière de fiscalité forestière afin de permettre aux acteurs des communautés
locales et aux communes de participer plus activement à la valorisation économique des ressources
forestières, ligneuses et non ligneuses.
1. Il y a une impérieuse nécessité de doter chaque massif forestier d’un plan d’aménagement et de
gestion conforme aux potentialités réelles de ces formations et à toutes les aspirations réalisables des
utilisateurs des ressources naturelles.
2. Il sera judicieux de mettre en place, aux échelles communale et nationale voire régionale, un
mécanisme permanent de suivi des acquis du Projet de gouvernance locale des ressources
forestières, afin de capitaliser le modèle au profit de l’ensemble des communes et régions du Burkina
Faso.
A l’échelle des communes pilotes, ce mécanisme de suivi aura pour souci de l’affranchir de l’instabilité
potentielle au sein des Conseils municipaux. Dans ce cadre, on pourrait envisager la dynamisation ou
la mise en place de cadres de concertation au niveau communal, provincial ou régional sur la
gouvernance locale des ressources forestières;
3. Le renforcement du niveau d’alphabétisation des membres des organes de gestion des ressources
forestières, notamment les femmes membres des EFV (taux actuel d’alphabétisation : 7 à 15%), des
CVGF CIVGF, GGF et autres UGGF mis en place dans le cadre du Projet. Afin de rendre fonctionnel
cette alphabétisation, le Projet pourra traduire en langues locales les principaux outils de gestion
développés dans le cadre du modèle actuel.
Identification de zones forestières Gouvernance Forestière Gestion Décentralisée des Ressources Forestières Les performances au niveau communautaire
Pour la quasi-totalité des communes, L’ensemble des mesures publiques, d’ordre L’exercice de l’autorité locale permettant aux Les utilisateurs défavorisés de la forêt sont pris en
l’expérience de protection et de gestion des politique, économique et administratif, collectivités locales, aux communautés de compte et représentés dans les débats politiques au
ressources forestières se déroule sur des permettant à l’État, aux collectivités locales, aux base, aux organisations privées et aux acteurs niveau local.
sites qui ne sont pas des forêts classées de communautés de base, au secteur privé et aux étatiques d’entrer en dialogue sur les modalités Les communautés de base sont impliquées dans la
type contrôlé par l’Etat 1 : il s’agit organisations de la société civile d’entrer en consensuelles d’accès équitable aux négociation et l’élaboration des plans de gestion
généralement de jachères pour les dialogue sur les modalités consensuelles ressources forestières et de partage équitable équitable des ressources forestières
communes du Nord, du Centre Nord, de d’accès équitable aux ressources forestières des bénéfices communautaires.
reliques forestières pour les communes de Les capacités des acteurs communautaires à
l’Est et du Centre Sud. développer des entreprises forestières villageoises
viables se sont accrues
Organisation des acteurs pour la gestion LES PARTIES PRENANTES MECANISMES INSTITUTIONNELS
de ces zones forestières Les performances au niveau communal
Dans chaque village riverain de la zone Les acteurs locaux ont une meilleure compréhension
forestière, il est mis en place un comité Des Organisations Etablissement d’un partenariat avec des de la gouvernance forestière pour la réduction de la
villageois de gestion forestière (CVGF). Au de la Société Civile ONG pauvreté.
sein de chaque CVGF, un comité de L’une des spécificités du modèle de TREE AID, Le recours aux OSC répond à la stratégie Les capacités en gestion des ressources forestières
surveillance est institué, Un comité inter est l’implication dès le début du processus d’un d’intervention de TREEAID pour qui il s’est agi au niveau communal se sont renforcées.
villageois de gestion forestière (CIVGF) certain nombre d’associations/ONGs partenaires de renforcer les capacités des partenaires en
regroupe les différents comités mis en place dans l’accompagnement des communes et des matière de gouvernance locale des ressources Les performances au niveau national
dans chaque village. Le CIVGF est l’organe communautés de base dans la mise en œuvre forestières pour accompagner les De façon concrète le Projet a contribué à l’élaboration
de gestion et d’exploitation rationnelle de la du PGLRF. communautés locales et les communes de plusieurs avant-projets de textes d’application à
forêt Cinq (5) Associations et ONG ont été différentes lois qui faciliteront la mise en œuvre de la
sélectionnées, avec lesquelles TREE AID a Transfert de compétences et passage de gestion décentralisée des ressources forestières.
Délimitation des zones établi dès 2007 des contrats de partenariat: relai aux communes Les concepts de la gouvernance forestière et de la
Forestières A côté des Associations et ONG partenaires de Pour la seconde phase du projet (2012-2015), gestion décentralisée des ressources forestières sont
La matérialisation des limites de chaque terrain, TREE AID a établi un protocole de et s’appuyant sur les résultats de la première mieux définis avec l’appui du Projet et des
zone forestière est l’autre étape clé de collaboration avec le Groupe de Recherche- phase, TREEAID a décidé d’engager une documents de référence sont disponibles dans ce
l’identification. Elle se fait de manière action pour la Gouvernance Forestière au approche progressive de transfert de sens.
participative : l’ensemble des parties Burkina Faso (GAGF) en vue d’apporter un compétences, permettant aux communes de L’accès aux bénéficies liés aux produits forestiers
prenantes, sous l’égide des autorités appui stratégique et une orientation continue à la s’approprier les principes de gouvernance ligneux (bois de chauffe, de service et/ou d œuvre)
coutumières, identifient les limites de la mise en œuvre du PGLRF, locale des ressources forestières. demeure un sujet de débat,
zone forestière.
Des Communes comme
partenaires institutionnels LES ASTUCES
Développement des outils de Mise en réseau des
planification et de gestion TREEAID procèdera de manière progressive à Communes pilotes
des forêts l’établissement d’u n Protocole de collaboration S’appuyant sur les dispositions du Code Développer la RNA dans les exploitations
a. Elaboration et mise en œuvre de Plans directement avec chacune des huit Général des Collectivités Territoriales (CGCT), agricoles pour combler les besoins en produits
de Renforcement des Capacités des communes (Barsalogho, Fada N’Gourma et les maires des huit (8) communes pilotes ont forestiers
groupes d’utilisateurs des forêts Diapangou dans une première phase (2012) puis constitué le Réseau des communes
b. Conception des stratégies et plans Nobéré et Pô, Gomponsom et Latodin et partenaires de TREE AID pour la gestion des Recourir aux coutumes lorsqu’il le faut pour
d’actions communaux de gestion Séguénéga), en vue de les responsabiliser dans ressources forestières.
la conduite effective du projet sur le terrain. débloquer les situations délicates
décentralisée de ressources forestières
c. Elaboration de conventions locales
d. Développement des plans Des Communautés de base SUIVI-EVALUATION & PARTAGE DES CONTRAINTES ET DES ECHECS
d’aménagement et de gestion des forêts Les communautés locales des Communes
partenaires sont les plus concernées, en tant DES RESULTATS
Parce qu’il s’agit d’une démarche nouvelle et
qu’acteurs et bénéficiaires directs de l’appui du
innovante, la mise en œuvre du Projet de
FONDAMENTAUX ET PASSAGES projet. L’analyse de l’état des lieux de
Le système de S&E prévoit gouvernance a été et demeure confrontée à
l’exploitation et de la gestion des forêts et des
OBLIGES Un dispositif de suivi et d’évaluation de plusieurs contraintes dont certaines peuvent même
ressources forestières montre une diversité
l’impact du projet avec des indicateurs et des être considérées comme des obstacles à
d’acteurs impliqués dans le secteur d’activité.
outils surmonter. Ces contraintes sont à la fois d’ordre
Harmonisation et souplesse des Un système de rapportage périodique, à organisationnel, technique, juridique ou
démarches techniques L’Etat travers lequel administratif.
Plusieurs Départements Ministériels et structures Un dispositif de partage d’expérience du
publiques participent au processus de mise en Projet : Pour les acteurs rencontrés, le Projet a aussi connu
Le renforcement des capacités des acteurs œuvre de la décentralisation dans le secteur des ratés qui sont à certains égards ressentis
comme base du processus d’apprentissage forestier dont le MEDD est le chef de file comme des échecs. C’est le cas, à titre d’exemple,
de la gouvernance forestière LECONS APPRISES du non aboutissement et des difficultés
conséquentes de mise en œuvre des Conventions
RISQUES DE RETOUR EN ARRIERE Locales élaborées au cours de la première phase
Les règles coutumières demeurent parmi
La mise en œuvre du Projet a créé les du Projet.
les passages obligés
conditions pour le développement de
La difficile conciliation d’une conscience de
plusieurs actions induites. Sont de celles-ci,
conservation de plus en plus forte et des attentes BESOINS DE CONSOLIDATION
dans la région du Nord en particulier, le
IMPLICATIONS POLITIQUES de retombées économiques toutes aussi
développement à grande échelle de la
pressantes.
Régénération Naturelle Assistée (RNA) dans
Des incompréhensions sont nées entre les Au plan politique et institutionnel
les terroirs villageois
Services Forestiers accusés de déboiser les Le refus ou tout retard dans le transfert des
Action sur les politiques et l’appui forêts naturelles des territoires des communes, compétences aura pour conséquences de
institutionnel en délivrant des permis de coupe du bois vert L’ancrage du Projet aux Communes Rurales déresponsabiliser davantage ces collectivités vis-à-
« pour la consommation familiale » et même pour et la mise à disposition de deux (2) CTC ont vis de ressources communes menacées de
Les progrès en matière de décentralisation
« le ravitaillement des centres urbains ». généré rapidement des idées dans certaines dégradation accélérée
dans le secteur forestier ont été freinés par
communes : mettre en place un Service
une combinaison de facteurs dont (i) un
Foncier Rural. Au plan juridique et règlementaire
manque de ressources pour la mise en La mobilité des conseillers municipaux, pour
œuvre par le Gouvernement du « Plan cause de non renouvellement du mandat électif, Il urge de « transformer » les Conventions Locales
d'action pour la mise en œuvre des en particulier ceux membres des CEDL, Le Projet Gouvernance Locale des en Chartes Foncières locales de gestion des
Réformes Institutionnelles et Juridiques pour engendre des déperditions importantes des Ressources Forestières semble bien en ressources forestières
la Décentralisation dans le Secteur Forestier acquis liés à toutes les formations dont ces avance par rapport aux capacités
(PRIJD/SF) adopté en 2006 et (ii) l'absence conseillers municipaux ont bénéficié. opérationnelles des communes (elles Au plan organisationnel et technique
d'un cadre institutionnel pouvant faciliter la L’absence d e plans d’aménagement et de gestion n’étaient pas nécessairement bien préparées Il faut doter chaque massif forestier d’un plan
capitalisation des expériences et la création des massifs forestiers objet de l’intervention du pour accueillir le Projet) mais aussi par d’aménagement et de gestion conforme aux
de synergie entre les différents acteurs. Projet à un an de la fin de celui-ci constitue un rapport à la vision politique et aux stratégies potentialités réelles de ces formations et à toutes
Ceci explique la méfiance de certains risque majeur de retour en arrière pour les acquis publiques en matière de gouvernance les aspirations réalisables des utilisateurs des
milieux Forestiers vis-à-vis du processus. patiemment engrangés. forestière. ressources naturelles.