Chronique – L’esprit du Parti, l’âme du collectif
Il y a parfois des textes qui transcendent la simple actualité pour devenir de véritables repères
politiques et moraux. L’éditorial signé le mercredi 16 avril courant dans le Journal l’Action par
Christophe Mien Zok s’inscrit dans cette veine rare. Plus qu’un commentaire, c’est une boussole. Un
rappel fort, clair, sans détours, de ce que signifie véritablement militer dans un grand parti : non pas
pour soi, mais pour une idée plus vaste, plus ambitieuse, plus structurante — celle de l’unité dans
l’action. Le moment choisi pour publier une telle réflexion ne doit rien au hasard. À quelques
semaines d’une date hautement symbolique dans notre calendrier national et dans un contexte de
remobilisation organique, il était crucial d’éclairer les nouveaux visages promus à certaines fonctions
avec lucidité et fermeté. Car ce ne sont pas les titres qui font l’autorité, mais la manière de servir, de
rassembler, de renforcer l’édifice existant sans en fragiliser les fondations. Ce message, limpide, est
une piqûre de rappel bienvenue. Dans une formation où l’expérience est un atout et la mémoire une
richesse, nul n’est de trop. Chaque militant, ancien ou nouvellement promu, est une pièce du même
mécanisme. Et pour que cette machine avance, elle a besoin de coordination, d’humilité et surtout
d’intelligence collective. L’idée défendue ici par le sémillant Christophe Mien Zok est donc profonde :
le leadership n’est pas une conquête solitaire, c’est une charge partagée, un exercice à plusieurs voix,
à plusieurs cœurs battants au même rythme. Le style de l’auteur, rigoureux sans être austère,
didactique mais jamais condescendant, traduit une maîtrise parfaite des enjeux internes. Il parle aux
militants avec une voix familière, celle d’un homme du sérail, mais aussi avec la hauteur de vue que
lui confère son rôle institutionnel. Sa parole porte, car elle s’appuie sur une connaissance intime du
terrain, des dynamiques humaines, et surtout des attentes d’un peuple militant qui ne demande qu’à
être guidé, reconnu, valorisé. L’autre force de ce texte réside dans sa pédagogie politique. Il rappelle
avec une élégance ferme les limites des fonctions, la nécessité de respecter les cadres établis,
d’écouter la base, de respecter la hiérarchie sans servilité ni arrogance. C’est là un art délicat que
seuls les vrais stratèges savent manier : faire respecter les règles tout en laissant chacun jouer sa
partition, dans un orchestre où chaque instrument compte. Ce n’est donc pas un simple éditorial.
C’est une exhortation. Un manifeste pour la discipline, la loyauté, et surtout, pour cette valeur
cardinale qui fait la grandeur des grands ensembles politiques : le sens du collectif. En cela, le
message est à la fois ancien et terriblement moderne. Ancien, car il puise dans les fondements
mêmes du militantisme. Moderne, car il répond aux défis contemporains d’une époque saturée
d’individualismes mal maîtrisés. Les promus sont désormais avertis. Leur mission est noble, leur
marge de manœuvre réelle, mais leur responsabilité collective encore plus grande.
Le fonctionnement harmonieux d’une grande formation politique ne tient pas aux slogans ou aux
apparences de mobilisation. Il repose sur une architecture claire, éprouvée, bâtie sur des
responsabilités définies, des prérogatives respectées, des rôles assumés dans leur juste mesure. À la
base de cette organisation, une vérité que nul ne devrait ignorer, encore moins contester : dans
chaque arrondissement, dans chaque circonscription, le seul véritable chef politique local, c’est le
Président de Section. C’est à ce titre que les Présidents de Section portent la charge quotidienne
d’animation, de mobilisation, de coordination militante. Ils sont l’incarnation vivante du Parti sur le
terrain, le relais naturel de ses décisions, le canal légitime de ses messages. Vouloir éclipser ces
figures structurantes, les marginaliser, voire les humilier par des pratiques arrogantes ou des
interférences hasardeuses, c’est saper les fondements même de la discipline et de l’efficacité
collective. Or, il faut le dire sans détour, un phénomène préoccupant prend de l’ampleur. Sous
prétexte de missions confiées aux délégations permanentes, certains mandataires en viennent à se
croire investis d’un pouvoir supérieur, à confondre coordination et commandement, à transformer
des descentes de terrain en démonstrations d’ego. Ils créent des meetings parallèles au sein des
meetings officiels, bousculent les protocoles établis, imposent leurs propres dispositifs d’accueil,
leurs propres rangs, leur propre mise en scène. Ils se font acclamer à la place des institutions du
Parti, détournent l’attention du message essentiel pour le recentrer sur leur seule personne. Cette
dérive est non seulement contraire aux textes, mais surtout destructrice de la cohésion militante. Elle
provoque des frustrations, exacerbe les tensions locales, introduit de la confusion là où il devrait y
avoir clarté. Elle ridiculise nos principes, fragilise l’unité, dénature l’esprit du rassemblement.
Célébrer le Parti, ce n’est pas se faire célébrer soi-même. Célébrer son Président national, Son
Excellence Paul Biya, ce n’est pas se substituer à lui en cherchant à briller par des artifices de
protocole ou des mises en scène personnelles. Ce n’est pas en multipliant les caméras autour de soi
qu’on démontre sa loyauté. La loyauté, la vraie, c’est celle qui se manifeste par le respect scrupuleux
de l’ordre interne, par la mise en valeur des organes de base, par le renforcement silencieux des
circuits de dialogue et de concertation. Tout le reste est vaine agitation. Dans ce contexte, l’éditorial
récemment publié par Christophe Mien Zok s’impose comme une lumière dans l’obscurité des
vanités. Il est à la fois un avertissement, un appel et une leçon. Par son élégance de style, sa
profondeur de vue, sa pertinence dans l’analyse et sa loyauté totale envers les idéaux du Parti, il
démontre une fois encore l’étendue de la sagesse de son auteur. Ce cadre émérite du Parti, dont
l’engagement ne s’est jamais départi d’une haute tenue intellectuelle et morale, rappelle aux
militants, nouveaux comme anciens, les règles du jeu, les valeurs fondamentales, l’essence même de
notre combat commun. Son propos est à méditer, à diffuser, à relayer. Il devrait être lu et relu dans
toutes les cellules de base, dans chaque comité, chaque sous-section. Car il ne s’adresse pas
seulement à des individus, mais à l’esprit collectif lui-même. Il rappelle que le combat politique n’est
pas une course de prestige personnel, mais une œuvre de construction patiente où chacun doit
s’effacer devant la grandeur de l’ensemble. Puissent tous ceux qui aiment véritablement le Parti
entendre cette voix — ferme, lucide, digne — et s’en inspirer. Car ce que nous défendons, ce n’est
pas l’orgueil d’un jour, mais une fidélité durable à une œuvre commune.