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La technique : pouvoir ou danger ?

La technique est un moyen puissant permettant à l'homme de transformer la nature pour satisfaire ses besoins, mais elle peut également représenter un danger pour l'humanité et l'environnement. Bien qu'elle soit essentielle au progrès et à la civilisation, son utilisation excessive peut mener à des conséquences catastrophiques, comme le montre l'usage des armes nucléaires. Les philosophes appellent à une réflexion sur les limites de la technoscience et à une réévaluation de notre relation avec la nature pour préserver notre humanité.

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La technique : pouvoir ou danger ?

La technique est un moyen puissant permettant à l'homme de transformer la nature pour satisfaire ses besoins, mais elle peut également représenter un danger pour l'humanité et l'environnement. Bien qu'elle soit essentielle au progrès et à la civilisation, son utilisation excessive peut mener à des conséquences catastrophiques, comme le montre l'usage des armes nucléaires. Les philosophes appellent à une réflexion sur les limites de la technoscience et à une réévaluation de notre relation avec la nature pour préserver notre humanité.

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La technique

I- Qu’est-ce que la technique


La technique fournit à l’homme des moyens de plus en plus puissant en vue de
renforcer sa domination sur la nature. C’est ainsi qu’elle a permis à l’humanité de
transformer la matière afin de survivre et de réaliser ses objectifs à la différence de
l’animal qui se contente à s’adapter à ses milieux naturels, l’homme adapte la nature
à la satisfaction de ses besoins et de ses désirs. Par-là, la capacité technique est
spécifique à l’être-humain. Mieux, la technique est au fondement de toutes cultures et
de toutes civilisations, c’est pourquoi Bergson (philosophe français du XXème siècle)
définit l’homme comme fondamentalement un « homo faber », c’est-à-dire un être
fabricateur d’outils et inventeur de techniques.
Le problème qui nous intéresse donc est le suivant : faut-il concevoir la technique
comme simplement un bien au service de l’humanité ? Ou bien devons-nous prendre
conscience de la distance qui sépare l’idéal culturel de la technique de sa réalité
historique ? En ce sens, il suffit d’observer la société techniciennes dont laquelle nous
vivons pour saisir l’idée selon laquelle la technique n’est pas toujours synonyme de
progrès et de puissance. Au contraire elle représente une menace et un danger à la
fois pour l’homme et pour la nature.
Mais avant tout propos, une clarification du concept s’impose. Par définition la
technique est l’ensemble des outils, des méthodes et des machines qui visent la
transformation de la matière pour réaliser des buts humains préétablies. D’après
l’étymologie du terme, la technique vient du mot grec« Teknè »qui signifie savoir-faire
et habileté. De même la mythologie grecque nous propose le récit de Prométhée qui
symbolise le pouvoir technique humain. En effet l’homme est un être faible et démunis,
Prométhée lui offre le feu qu’il a dérobé aux Dieux afin de compenser sa faiblesse
naturel. La colère des dieux prend la forme d’un châtiment horrible infligé par Zeus à
Prométhée : se faire dévorer le foie par un aigle éternellement. De ce point de vue, la
technique se présente comme un tournent décisif dans l’histoire humaine et comme
une sorte de revanche contre le destin et la volonté des Dieux.
D’ailleurs le père de la modernité Descartes considère dans son livre « Discours de la
méthode », que « la science et la technique vont nous rendre comme des maîtres et
possesseurs de la nature ». En d’autre terme le philosophe français nous révèle que
la modernité se passe sous le signe d’une collaboration entre la connaissance
scientifique et l’invention technique. Selon lui la technique est un l’un des fruits de
l’arbre de la science avec la médecine et la morale. Par là dès le 17éme siècle la
science et la technique vont faire de plus en plus alliance. La recherche scientifique va
permettre des innovations techniques (exemple : la physique quantique qui a donné
lieu à l’invention des centrales nucléaires ou des cellules photovoltaïque qui transforme
l’énergie solaire en énergie électrique) ou réciproquement les instruments techniques
qui ont contribué aux développements théoriques et scientifiques (microscope,
télescope, lunette astronomique, les techniques de d’imagerie (scanner, IRM…)).
Le fondateur français du positivisme Auguste Comte nous révèle le lien nécessaire
entre la technique et la science qui produise une logique interne « la technoscience »
« science, d’où prévoyance d’où action » Autrement dit la science nous permet
d’expliquer les phénomènes naturels en identifiant leurs causes et leurs effets, et par
la suite on devient capable de les prévoir, d’où la possibilité de les contrôler et de les
transformer.

II- La technique : un pouvoir ou un danger pour l’homme et pour la nature ?


Désormais les philosophes novices que nous sommes devront tracer les limites du
phénomène actuel de la technoscience. Notre devoir est à la fois humain et écologique,
il consiste à saisir le côté obscur lié à ce projet délirant et déraisonnable de la
domination du monde. Pire le progrès technique a rendu possible des pratiques
excessives qui osent agir sur le vivant lui-même. L’humanité actuelle ne semble plus
en mesure de maîtriser le pouvoir de la technique, elle se retrouve dépassé par les
évènements et le prétendu progrès technique se révèle tragiquement comme étant une
autodestruction de l’homme. Cela se manifeste par exemple à travers la course
infernale pour obtenir les armes les plus développées de destructions massives.
Devant la deuxième guerre mondiale l’usage de la bombe nucléaire au Japon a
supprimé toutes vies humaines, animales et végétales.
Comme le disait Jean Rostand « la science et la technique ont fait de nous des dieux
avant que nous ne méritions d’être des hommes ». La conquête technoscientifique de
la nature s’avère être un drame que ce soit sur le plan humanitaire ou
environnementale. A ce niveau la pensée anxieuse de Bergson est très utile. En effet
la technique a provoqué une rupture entre l’âme et le corps chez l’homme, sa
puissance technique est inadéquate à ses capacités spirituelles. Selon lui, un
« supplément d’âme » s’impose pour sauver l’humanité d’où l’intérêt de revaloriser les
sources de spiritualités artistiques, religieuses et morales. Cependant notre critique de
la technique ne justifie en aucun cas, le fait de regretter la préhistoire et l’absence de
la technique. Cette dernière demeure sans aucun doute le fondement de la civilisation
et du progrès humain. Elle a réalisé une qualité de vie et un confort matériel sans
précédent. Un ordinateur vaut mieux qu’un boulier, une machine à laver vaut mieux
qu’un lavoir, un vaccin vaut mieux qu’un grigri.
Paradoxalement l’homme dont l’ère du machinisme est dépossédé de lui-même, de
nos jours tous se fait par des machines : l’apprentissage, la communication, la guerre
et même l’amour et l’amitié. Afin de retrouver notre humanité, le philosophe allemand
Hans Jonas nous propose de fonder une nouvelle morale libérée de
l’anthropocentrisme et qui prend en compte la primauté de la nature au dépend de la
technique. C’est pourquoi il faut respecter le droit sacré des générations futures et de
la nature en générale. Comme il l’affirme dans son œuvre Principe de responsabilité,
« Agis de telle façon que les effets de ton action soient compatible avec une vie
authentiquement humaine sur terre ».

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